Mes Sœurs, mes Frères, nous avons tous un souvenir éprouvant de notre initiation et plus particulièrement du vieil homme qui fut introduit dans le Cabinet de Réflexion pour y rédiger son « testament philosophique ».
Tous les éléments symboliques présents ont eu pour nous une interprétation personnelle en tant que profane, en tant qu'initié, la révélation de la symbolique des éléments placés dans ce réduit froid et obscur nous est parvenu plus tard : - Le Pain et l'Eau était là pour nous rappeler que la nourriture du corps est indispensable, mais qu'elle ne doit pas être le but de l'existence. Le pain symbolisant la force morale et la nourriture spirituelle
. - La banderole « Vigilance et Persévérance » est un phylactère (du grec phulaktérion, antidote), écriture qu'on attachait soit au bras soit au front, sa signification étymologique est « veiller sévèrement », il signifie la patiente persévérance pour celui qui veut acquérir la connaissance de l'idée derrière le symbole. –
Les Ossements, le Crâne, la Faux et le Sablier sont l'emblème de la mort symbolique du profane qui va renaître à la vie spirituelle : la transmutation du plomb en or. - VITRIOL signifiant : visite l'intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la Pierre Occulte, la vraie médecine (VM), est une invitation à la recherche de la vérité en soi, sa conscience est cette terre à qui l'on ne peut mentir. –
Le Soufre, le Sel et le Mercure sont également les trois principes hermétiques figurant dans le cabinet de réflexion. Le Soufre, symbole de l'Esprit. Le Mercure, symbole de l'Ame, sous la forme du Coq signifiant hardiesse et vigilance, attribut d'Hermès présidant à la levée de la lumière du jour.
Enfin, le Sel, résultante du Soufre et du Mercure, est le sujet, le principe neutre souvent omis par les auteurs. Tout le symbolisme du Cabinet de Réflexion se rapporte l'hermétisme, il s'agit de la première phase du Grand Œuvre, celle de la Putréfaction dans la coque de la chrysalide en sommeil, la lyse d'où va sortir le merveilleux papillon...
Après cette brève présentation des éléments qui composent le Cabinet de Réflexion, nous allons donc exposer dans les prochaines lignes un travail concernant plus précisément les trois principes du Soufre, du Sel et du Mercure. Concernant les 3 phases de l'œuvre : Voici tout d'abord un rappel des différentes phases du grand Œuvre alchimique, leurs énumérations n'est pas exhaustives puisque nous ne tiendrons pas compte, ni des nuances, ni de la répétition aléatoire des différentes phases. –
L'Œuvre au noir est la mort symbolique et la putréfaction, où le philosophe doit parcourir dans son ascèse les degrés de l'obscurité et du désespoir, qui aboutissent à l'éveil du corps spirituel. C'est le passage douloureux et dangereux d'une désintégration de la conscience collective au cœur de l'individu.
- L'œuvre au blanc est la phase où l'humidité spirituelle vivifie la terre de l'épreuve, lorsque l'esprit entre en matière. L'union mystique est parachevée, l'équilibre est réalisé et le philosophe renaît au monde pour Pagir
. - L'Œuvre au rouge est le cadre terminal du grand Œuvre. Elle est le moment ultime où toutes les imperfections aboutissent à la Pierre philosophale. Cette sublimation définit le passage du matériel au spirituel, et la perfection du corps spirituel est souvent dépeinte comme un embrasement de l'esprit. Concernant le Mercure :
L'énigme du Mercure est sciemment recouverte par l'énigme de la matière première, car en alchimie, la première phase du Grand Œuvre où se réalise la putréfaction propice à la renaissance, est liée à la première préparation alchimique, difficile entre toutes, celle du « premier agent » ou « mercure ». Pour mémoire, je me souviens d'une étude de santé publique concernant le « saturnisme » cette fameuse intoxication au plomb qui provoque arriération mentale et débilité, chez les personnes qui ingère accidentellement du plomb. La recherche de la matière première introduit le néophyte dans un labyrinthe au centre duquel sont cachés les secrets de la nature, cette quête est un voyage initiatique.
Il a une porte placée obliquement et d'un accès difficile. Plus tu accours du dehors en voulant t'élancer, plus luimême, par ses détours subits, t'engage à l'intérieur, vers la profondeur où se trouve la sortie... Paracelse nous enseigne que l'alchimie est une science qui apprend à changer les métaux d'une espèce en une autre espèce.
L'alchimie, inspirée de l'enseignement secret des mystères antiques, constate que « tout ce qui est observable est symbolique » et que « tout ce qui est symbolique est observable ». En conséquence, le Symbole suprême du Symbole, à savoir l'Unité, est observable et «l'homme vrai» peut contempler l'incarnation du Logos dans la matière.
C'est le vrai sens de l'élaboration du Grand Œuvre, on peut ainsi déterminer tout ce qui est en bas comme tout ce qui est en haut, en ordonnant d'une part, les petits mystères de notre microcosme, où l'homme peut-être le sujet de l'Oeuvre, et d'autre part, les grands mystères du macrocosme où l'humanité peut-être la matière à subir l'Oeuvre de perfectionnement. La science actuelle n'a pas réussi à réaliser le vieux rêves des alchimistes de changer le singe humain en homme véritable. Les anciens maîtres gardaient peu d'illusions concernant la condition réelle de l'homme, le plus important de tous les animaux vivant à la surface de la terre...
Par contre, une capacité d'observation patiente d'eux-mêmes et de la nature, une somme de connaissances traditionnelles leur avaient appris que, dans certaines conditions, l'agrégat humain et minéral pouvaient sous l'influence d'une énergie d'ordre qualitatif, se délivrer d'un déterminisme phénoménal rigoureux. Ceci constituait l'objet de l'enseignement des collèges sacerdotaux de la haute antiquité, et l'alchimie hérita en partie, de ces principes et de ces pratiques secrètes. L'illumination ouvrait, en effet, à l'adepte les portes du royaume de l'éveil.
Pour la conscience maintenu à la pointe de cet état d'extrême lucidité, les métaux, les formes et toutes les apparences sont définitivement changées. Par exemple, un observateur situé au pied d'une haute montagne autour de laquelle tourne une voie de chemin de fer, ne perçoit le convoi que d'une façon discontinue, alors que l'observateur qui se situe au sommet du mont sera capable de suivre la marche du convoi et de prévoir son heure d'arrivée. L'état de conscience de l'opérateur détermine donc son champ de perception.
Cependant, la « projection » de la conscience d'un état de veille et « l'ascension » de la matière transfère la conscience au-delà du « moi » périssable, dans un monde nouveau qui normalement est séparé du nôtre par un rideau de feu. A cet égard, rappelons le sens étymologique du Paradis : Parada en latin signifie rideau, « Pardès » en vieux français. Ce rideau est en partie levé pour l'Opérateur, qui en possession du « dissolvant universel » (le mercure) réalise la désagrégation moléculaire et la « mort » des « métaux » imparfaits afin d'en extraire le noyau. Ce « noyau » est nommé en alchimie le « soufre » du « métal », ce qui symboliquement correspond à son « souffle » ou à son «esprit», tout en permettant d'introduire la seconde partie de ce développement concernant le soufre. Ainsi, le groupe de la « matière première » est lié à celui du « mercure » dans la mesure où, sans cette « matière », le dissolvant mercuriel ne saurait être obtenu. De même, sans le « mercure », le « soufre » des métaux ne peut être extrait.
C'est pourquoi, la triade « matière première-mercure-soufre » répond aux trois degrés de l'élaboration de grand Oeuvre, tandis que la triade « mercure-soufre-sel » se rapporte aux « trois feux » âme-esprit-corps que nous retrouvons par exemple lorsque nous sommes la matière première et le sujet. Ces deux triades unies s'inscrivent également sous le signe symbolique d'un triple « voyage initiatique » : de la « terre » (matière) à la « lune » (mercure) au « soleil » (soufre) à la « terre sainte » (Pierre). Concernant le Soufre : Expérimentalement, le propre du « dissolvant » est de provoquer la « mort » des « métaux » afin de permettre à l'opérateur d'en extraire les « vertus » ou les « noyaux ». en « corporifiant les esprits et en spiritualisant les corps », ce qui constitue la définition de l'opération fondamentale du magistère.
Or il n'existe aucun procédé « chimique » connu capable de produire ce phénomène, et c'est précisément dans l'artifice de la « dissolution » que l'alchimie présente une originalité essentielle : c'est à partir de cette technique secrète qu'elle s'édifie en tant que science sacrée. De même, sur le plan spirituel, toute fin d'un état apparaît comme le commencement d'un autre état. La fin du rêve est le commencement de l'éveil. La mort au monde profane représente donc la condition préliminaire et capitale de toute naissance au monde sacré. C'est pourquoi le terme grec « Teleutai », «initier», signifie «faire mourir » et se rapproche de « Telos » qui a le sens de fin. Le grec « Oros » indique la « limite », attestant ainsi que « l'or » alchimique entraîne le passage à la limite que représente toute transmutation dans les trois règnes du monde manifesté.
On admet difficilement que l'on puisse consacrer 20 ou 30 ans à l'étude et à la pratique d'un savoir sacré qui apporte de terribles épreuves morales, physiques et intellectuelles. Cependant, telle est la « voie royale » d'un art qui, par la douleur, extrait le feu du « soufre », de la lumière naissante du mercure, ainsi, la douleur comme la couleur, n'appartient pas à la matière mais elle est le résultat du traitement que subit la lumière. La douleur absolue est caractérisée par l'absorption par le corps de toute la conscience incidente. Sur le plan théorique, le « soufre » est le but du second œuvre et lié au principe actif, il est sensé apporter la « lumière » ou la « couleur ». Le « mercure » est le but du premier œuvre et lié au principe passif, il est sensé apporter la « forme ». Le « soufre rouge » ne diffère de la Pierre elle-même que par un degré d'élaboration, car il garde en son centre le « rayon » de la lumière originelle, dont la tradition primordiale témoignera jusqu'à la fin des temps. Si actuellement, l'Occident en est plus éloigné qu'il le fut à aucune époque, c'est parce qu'une race coupée de ses racines traditionnelles est condamnée historiquement, à la décadence spirituelle et à la destruction matérielle. Concernant le « sel » :
Tous les métaux, à savoir les êtres des trois règnes soumis à la métamorphose sont composés de deux principes, l'un lumineux et sulfureux, l'autre-formel ou mercuriel. unis à mi-chemin par l'énergie harmonisant du sel ou du son. La lumière, le son et la forme, le soufre, le sel et le mercure composent donc une triade énergétique qui apparaît comme une matière unique. A vrai dire, le sel n'est pas vraiment un principe mais une conséquence de l'union du soufre et du mercure, ce qui explique pourquoi beaucoup d'auteurs traditionnels ont préféré le passer sous silence bien que, sans ce troisième agent, aucune réalisation opérative ne peut être atteinte, selon ce qu'affirmé Basile Valentin :
« Tout artiste qui n'a point de cendres ne peut pas produire le sel nécessaire à notre art et sans sel notre œuvre ne peut jamais se corporifier. » L'action sulfureuse dépend donc de la passion mercurielle et le rôle du sel consiste à maintenir entres elles un constant équilibre. Un bon exemple de ces principes traditionnels se trouve dans la marche ou la course à pied. Pour chacun des membres inférieurs, se succèdent une phase d'appui et une phase de suspension. Durant l'appui, la plante du pied est au sol tandis que la jambe exécute un mouvement de rotation dont le pied est l'axe. Durant la suspension, le pied quitte le sol, se dirige vers son point de chute pendant que la jambe exécute un mouvement de rotation qui a pour axe l'articulation de la hanche. De même, en alchimie, on envisage la composition des êtres des trois règnes d'une façon dynamique et non statique, en ce sens que leur phase d'appui est dite formelle ou mercurielle, et leur phase de suspension lumineuse ou sulfureuse bien que l'équilibre salin de l'ensemble soit sans cesse maintenu par des déséquilibres compensés.
De la même façon, l'épreuve sportive est composé de trois phases semblables au grand œuvre. Une première phase préliminaire de rupture d'avec son milieu social quotidien, avec la préparation à l'épreuve et réchauffement, œuvre au noir mercurielle. Une seconde phase liminaire constituée par l'épreuve en elle-même, l'œuvre au blanc sulfureuse. Et enfin une phase post-liminaire dite de récupération et d'agrégation de l'épreuve, ou troisième phase dite œuvre au rouge. La rotation de l'œuvre de manière à obtenir la purification de la Pierre est la répétition des entraînements du sportif. Au niveau individuel, la réalisation du grand Œuvre est composé de la triade âme, esprit et corps de l'adepte, mercure, soufre et sel.
En résumé, dans l'ordre des opérations, le mercure est lié à la matière première comme le soufre est lié au mercure en sorte que les auteurs affirment justement que le mercure est leur matière première lorsqu'ils ont en vue l'extraction du soufre. Le sel est la résultante de ces deux groupes alchimiques. J'ai rapporté au cours de cette étude, les deux disciplines qui me tiennent le plus à cœur : l'alchimie et le sport parce qu'ils ont été les exemples qui m'ont accompagné tout au long de ma vie profane. Quelles que soient nos disciplines de prédilection, rappelons-nous que ni la vanité, ni la suffisance ne sont capables d'aider l'homme à comprendre les secrets de la nature. La voie unique, directe, royale de la sagesse éternelle est le Calvaire et la Discipline.
De même, à ceux qui raillent la discipline se fait écho l'antique sentence : « Les ignorants ne font que rire du Magistère. S'il n'était pas tourné en dérision par eux, ce ne serait pas le grand Œuvre alchimique ». Tel est le principe de base de l'élaboration lente et douloureuse du « Soufre », issu de la passion d'une matière vile et méprisée, si l'on pense en l'occurrence à l'attention que l'on pouvait prêter au corps humain pendant le moyen âge. « Le Sage trouvera notre pierre jusque dans le fumier tandis que l'ignorant ne pourra croire qu'elle soit dans l'or », déclare le Cosmopolite. Ecoutons Ostanès, mage légendaire antique mentionnée vers 450 avant l'ère chrétienne : « La première chose qu'il faut chercher, c'est fa connaissance de la pierre qui fut recherchée par les Anciens et dont-ils acquirent le secret avec le tranchant du sabre (en grec, le « sabre » et le « couteau » sont nommés par le terme « Makaira ». « Macaira » voile le terme « Makairol » qui signifie les « Bienheureux », car selon la tradition, l'alchimie est attribuée aux «Anges» en Occident, aux «Bienheureux» en Extrême-Orient. Ce symbolisme du couteau se réfère à celui de la « Division », du «Partage» que l'on retrouve dans l'étymologie du mot «Paradis»).
Et il leur fut interdit de la nommer ou, s'il la mentionnait nominativement, ce devait être par un nom vulgaire. Et ils conservaient le secret jusqu'à ce qu'ils pussent le révéler aux âmes pures... La pierre, on l'a décrite en disant qu'elle est l'eau courante, l'eau éternelle, le feu ardent, le feu glacé, la terre morte, la pierre dure, la pierre douce.
C'est l'esclave fugitif, le stable et le rapide, la chose qui fait, celle qui est faite ; celle qui lutte contre le feu. celle qui tue par le feu ; celui qui a été tué injustement, celui qui a été pris de force ; l'objet précieux, l'objet sans valeur ; la plus haute magnificence, la plus basse abjection ; il exalte celui qui le connaît, il illustre celui qui s'y applique , il dédaigne celui qui l'ignore, il abaisse celui qui ne le connaît pas ; il est proclamé chaque jour par toute la Terre.
O vous, cherchez-moi, prenez-moi et faites-moi mourir, puis, après m'avoir tué, brûlez-moi : après tout cela, je ressusciterai et j'enrichis celui qui m'a tué et qui m'a brûlé. S'il m'approche vivant du feu, je le rend glacé. Si l'on me sublime entièrement et qu'on me lie fortement, je retiens alors la vie dans mes convulsions extrêmes et par Dieu je ne m'arrête que lorsque je suis saturé du poison qui doit me tuer. » Enfin, sachons discerner événement et circonstances et accomplissons religieusement notre tâche aussi petite soit t'elle.
Ainsi nous y aurons produit de l'Or et notre milieu bénéficiera des vertus de notre Pierre philosophale. Celle-ci est simultanément humaine et divine. Elle peutêtre humaine en sa substance, en son Sel purifié, mais elle est divinisé par l'Esprit mercuriel qui la pénètre en exaltant le Soufre individuel. Le « Soufre rouge » indique le but final de l'œuvre. Tl montre, en ce qui concerne les opérations matérielles du Grand Œuvre, l'importance et la nature de cet agent « mâle » , « actif» et « fixe » , complémentaire du « mercure » qualifié de « femelle » , « passif» et « volatil » , car la réalisation opérative est à son tour, la base de l'initiation propre à la « réintégration de l'être » et à sa transcendance.
J'ai dit VM
JC S
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