Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

REP Chevalier de Saint André

Publié le 14 Juillet 2026 par T.D

Le Maître Écossais, Chevalier de Saint André au Rite Ecossais Primitif

Comment passer de la perfection du Maître à l’éternité d’une Jérusalem terrestre puis céleste ?

Comment lire les signes qui balisent cette voie royale ?

Quels moyens mettre en œuvre pour construire un temple de lumière ?

C’est ce que nous propose le rituel de Maître Écossais, Chevalier de Saint André.

Nous découvrons l’un des plus anciens des grades Rose-Croix élaborés par la franc-maçonnerie primitive Stuardiste, héritière de l’Ordre de Saint Lazare dont le Chevalier Ramsay fut un brillant représentant, et de l’Ordre de Saint André du Chardon d’Écosse.

Héritier du fonds commun des fidèles d’amour, de l’hermétisme et de la chevalerie occidentale, le rituel du Chevalier de Saint André retentit d’un message étonnamment intemporel et moderne dans notre franc-maçonnerie du XXIème siècle. Notre Saint André, dans son sacrifice, propose ni plus ni moins, un chemin de lumière qui part des quatre coins du monde manifesté pour rejoindre un ciel de lumière.

L’archétype de l’Andros qu’il représente, va par le renouvellement chevaleresque du message d’Amour, ressusciter l’immortel esprit qui sommeille en nous. C’est ici que tous les acquis des grades précédents du REP peuvent être regardés comme un puzzle de spiritualité où rien ne manque. Ce grade apparait à bien des égards comme le plus précieux et le plus authentique de tous les grades Rose-Croix. Il s’inscrit dans la précieuse tradition chevaleresque de quête de lumière et d’Amour par le sacrifice et le don de soi que nous vous invitons à vivre.

Le Maître Ecossais Chevalier de Saint André appartient à la grande famille des grades Rose-Croix qui à vu le jour au début du XVIIIème siècle. Il est le 5èmeb grade du Early Grand Scottish ou Rite Écossais Primitif qui par son antériorité fut la base générique de nombreux rites. Robert Ambelain aimait à rappeler que ce rite était « Primigemus more majorem » le premier parmi les plus anciens. C’était un rite pratiqué par les officiers et bas officiers des régiments Écossais et Irlandais ce qui explique sa simplicité essentielle, son efficacité initiatique et son orientation spirituelle.

E.°.R.°.

« Le lundi 24ème de juin de l'an 1314, à Bannockburn, Robert Bruce roi d'Ecosse battait Edouard II roi d'Angleterre, gendre de Philippe IV le Bel. En ce jour de victoire il institua l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Ecosse, en l'honneur du saint patron de l'Ecosse, en y insérant les Templiers écossais qui avaient participé à la bataille et qui n'avaient plus de nom depuis la destruction de leur Ordre. Tombé dans le silence, le secret ou l'oubli, cet Ordre fut réveillé par Jacques VI d'Ecosse, fils de la reine Marie Stuart et de son époux et cousin Henri Stuart de Lennox, seigneur de Darnley. De nouveau tombé dans l'oubli, le secret et le silence, il fut réveillé une troisième fois à Saint-Germain-en-Laye par son petit-fils Jacques VII d'Ecosse, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande sous le nom de Jacques II, alors en exil en France. C'est de cette troisième filiation que nous tenons la nôtre, sur la foi de nos archives. « 

commentaires
Publicité

RER04 Maitre Ecossais de St André

Publié le 14 Juillet 2026 par T.D

 

           Il nous reste, mon cher Frère, à vous expliquer le quatrième et dernier tableau qui devient, en ce moment, le plus important de tous par les objets nouveaux et infiniment essentiels qu'il a mis sous vos yeux.

           Ici la scène change entièrement. Les symboles cessent, comme on vous l'avait annoncé, et vous laissent dans le portique d'un nouveau Temple où vous aurez à commencer une nouvelle carrière.

L'Ordre vous montre aujourd'hui sans mystère, quoiqu'encore sous le voile léger d'une allégorie qui s'explique bien facilement, le but et le terme général de ses travaux. Tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans nos Loges a eu pour base unique l'Ancien Testament, et pour type général le Temple célèbre de Salomon à Jérusalem qui fut et sera toujours un emblème universel.

           Mais ici vous voyez une enceinte de murailles, percée de douze portes, telle que l'enceinte de la nouvelle Jérusalem est décrite par Saint Jean l'Evangéliste.

           Vous voyez au milieu de cette enceinte la montagne de la nouvelle Sion, et sur son sommet l'Agneau de Dieu triomphant, avec l'étendard de la toute‑puissance qu'il a

acquise par son immolation volontaire et réparatrice.

           Ce tableau allégorique, dont l'explication est si facile, figure pour les Maçons le passage de l'Ancienne Loi qui a cessé, à la Nouvelle Loi apportée aux hommes par le Christ et qu'il a volon­tairement scellée de son sang, pour la rendre à jamais ineffa­çable et universelle.

           La croix de Saint André que vous voyez au bas du même tableau figure aussi le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau Testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean Baptiste, né et prêchant sous l'Ancienne Loi pour préparer les cœurs à la Nouvelle, abandonna son premier Maître pour suivre sans partage Jésus‑Christet scella ensuite de son sang son amour et sa foi pour son vrai Maître.

C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint André.

           C'est pourquoi, depuis bien des siècles, depuis l'époque incertaine où les descendants des anciens initiés du Temple de Jérusalem, ayant été éclairés par la lumière de l'Evangile, purent, avec son secours, perfectionner leurs connaissances et leurs travaux, tous les engagements maçonniques, dans toutes les parties du monde où l'institution s'est successivement répandue, sont contractés sur l'Evangile et spécialement sur le premier chapitre de celui de Saint Jean, dans lequel ce disciple bien aimé, éclairé par une divine lumière, a établi avec tant de sublimité la divinité du Verbe incarné.

C'est sur ce livre saint que depuis votre premier pas dans l'Ordre vous avez contracté tous les vôtres.

           On a voulu par là vous apprendre que la doctrine, la morale, et toutes les vérités voilées sous les symboles maçonniques, sont de tous les temps, de tous les âges, de tous les lieux, et aussi anciennes que le monde, dont l'ère de sa création est si fidèlement conservée dans nos actes ;

mais qu'elles ont été propagées et perfectionnées par la Nouvelle Loi de grâce et de vraie lumière sous laquelle nous vivons. Ce que l'instruction du grade d'apprenti vous avait déjà enseigné.

                           Malgré tous ces rapports de l'institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressément dans les Loges toutes discussions sur les matières de religion, de politique, et de toutes sciences profanes.

Cette règle est infiniment sage et doit être bien conservée, car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l'on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et ne sont point des

écoles de théologie, de politique, ni d’autres objets profanes.

D'un autre côté, vu la diversité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont dû interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l'union et la concorde fraternelle.

           En supposant même que le terme final de l'institution maçonnique pût donner à ceux qui l'atteignent des lumières suffisantes pour résoudre précisément les questions et discussions religieuses qui auraient pu s'élever entre les Frères s'il leur était permis de s'y livrer, où serait, dans les Loges symboliques, le tribunal assez éclairé pour apprécier leurs décisions et les faire respecter ?

Ainsi donc, nous le répétons, les lois qui interdisent expressément toutes discussions sur ces matières sont infiniment sages et doivent être rigoureusement observées.

           Cependant, malgré ces sages réserves, l'Ordre n'a jamais voulu vous laisser penser qu'il fût indifférent en matière de religion.

Il vous a souvent prouvé le contraire car, lorsque vous vous êtes présenté pour y être admis, par la première des trois questions préparatoires qui vous furent proposées, il vous fit demander ce que vous pensiez de la religion chrétienne, dont vous aviez déclaré faire profession.

           L'Ordre, mon cher Frère, est essentiellement tolérant et ne veut que des déclarations libres. Il considère comme frères tous les Maçons qui portent le nom de chrétien et qui ne le déshonorent pas, à quelque communion chrétienne qu'ils appartiennent.

Mais dès lors on vous annonça que cette question importante, ainsi que les deux autres qui y étaient jointes, vous seraient souvent présentées. Elles l'ont été en effet. Mais chaque fois on vous a laissé l'entière liberté de dire franchement votre pensée sur ce sujet. Vous n'avez jamais été contesté. On s'est toujours borné à vous applaudir, à vous encourager, quand on a trouvé dans vos réponses une croyance conforme à celle de l'Ordre, ou à vous donner des conseils fraternels, si on a reconnu que vous en eussiez encore besoin. On a constamment suivi cette marche avec vous, parce que toute opinion contrainte, ou complaisamment adoptée, n'est jamais solide ni profitable et son instabilité se décèle tôt ou tard.

           Mais en même temps vous avez été prévenu qu'il viendrait un moment où vous seriez tenu de vous expliquer nettement, précisé­ment, et de faire connaître sans détour, sans ambiguïté, vos véritables opinions religieuses, et on ne vous a pas dissimulé que vos progrès ultérieurs dépendraient toujours de leur conformité avec celles de l'Ordre.

           Tout vous indique aujourd'hui que le moment qui vous a été annoncé est proche, et que vous devez vous préparer sans délai, au cas que vous n'y soyez pas déjà tout prêt, à édifier sur ce point vos Frères par une déclaration qui remplisse leur attente, si vous voulez que la porte du nouveau Temple s'ouvre un jour devant vous.

           Les tableaux mis sous vos yeux, les explications que vous en avez faites, et les instructions que vous recevez depuis long­temps, vous font assez connaître pourquoi [les juifs, les mahométans, et tous] ceux qui ne professent pas

la religion chrétienne, ne sont point admissibles dans nos Loges.

           Car il est évident que l'admission d'hommes, tant recommandables soient‑ils d'ailleurs, mais qui ne peuvent donner pour la validité de leurs engagements dans l'Ordre la seule garantie qu'il exige partout depuis un temps immémorial, serait une contradiction inconcevable dans ses principes et sa doctrine ; ils vous expliquent assez pourquoi elles rejettent pareillement de leur sein ceux qui se mentent habituellement à eux‑mêmes et à leurs Frères, en déclarant ici qu'ils professent une religion à laquelle ils se glorifient ailleurs de ne pas croire. Si un usage contraire s'est introduit dans quelques Loges, c'est un abus, c'est une sorte de scandale, qui ne peuvent être attribués qu'à l'ignorance absolue des principes fondamentaux de l'institution maçonnique.

           Ceux de nos Frères qui ont été chargés de votre préparation pour chacun des grades précédents, vous ont toujours dit que de votre croyance religieuse, considérée comme le premier garant des vertus maçonniques, dépendraient vos progrès ultérieurs dans l'Ordre. Ce qu'ils vous ont dit alors privément, nous vous le disons aujourd'hui tout haut et sans mystère, parce que le moment est venu de le dire. Oui, l'Ordre est chrétien ; il doit l'être, et il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi, à profiter des conseils fraternels par lesquels il peut les conduire à ce terme.

Ainsi, mon cher Frère, persévérez dans les sentiments que vous nous avez fait connaître jusqu'ici, vos succès ne seront plus douteux.

           Vous êtes appelé, mon cher Frère, par le grade que vous venez de recevoir, à coopérer plus qu'auparavant par vos avis et vos suffrages, à la prospérité de la Loge Rectifiée dont vous faites partie.

Ecartez‑en, autant qu'il dépendra de vous, quand vous serez consulté, ces hommes inutiles à l'Ordre et si souvent dangereux.

La prospérité d'une Loge ne dépendra jamais du grand nombre de ses membres mais du bon choix qu'elle en aura fait, et de leur attachement inviolable aux principes fondamentaux de l'institution.

           Qu'une lâche complaisance ne vous fasse donc point accorder votre suffrage pour l'admission ni pour l'avancement de celui qui se présentera lorsque, dans votre conscience, vous ne l'en jugerez pas digne.

Mais que le fanatisme, qui gâte et corrompt tout ce qu'il touche, ni d'injustes préventions qui surprennent et égarent souvent l'homme le plus équitable, n'influent jamais sur vos déterminations, et que la charité fraternelle soit toujours le principe de celles que vous prendrez.

           Soyez donc indulgent pour celui qui est encore dans l'erreur, mais qui aime la vérité et la cherche de bonne foi. Les conseils, les maximes de l'Ordre, les emblèmes, les symboles même, et plus encore les bons exemples des Frères, seront pour lui un langage éloquent qui les lui rendra profitables.

Vous goûterez alors le plaisir pur de lui avoir rendu le plus important service.

           Mais que celui qui est subjugué par l'esprit d'indépendance et par les penchants déréglés de son cœur, qui, par ton, par habitude, par imitation, par légèreté, fronde les vérités religieuses, ou n’en parle qu'avec indifférence ou mépris, ne souille jamais par sa présence le Temple que les Maçons élèvent à la vertu et à la vérité.

Et n'ayez jamais à vous reprocher d'avoir consenti à cette profanation.

commentaires

Mort, Régénération et Sagesse par la Croix de Saint-André

Publié le 13 Juillet 2026 par T.D

 

La croix de Saint-André, qui a la forme de la lettre grecque X (khi), est l’hiéroglyphe du scintillement des étoiles, de la dispersion rayonnante de tout ce qui brille, éclaire, irradie. Aussi en a-t-on fait le sceau, la marque de l’illumination et, par extension, de la révélation spirituelle. Elle apparaît à l’avant-dernier des degrés d’Aréopage, où culminent les idées fondatrices du REAA et la traduction de l’Œuvre spirituelle des Maçons à travers l’ésotérisme chrétien, la philosophie grecque, et la symbolique alchimique. La croix synthétise la Tradition chevaleresque, « issue elle-même de la sublimation de la Tradition salomonienne » (Manuel d’instruction 30ème degré REAA). Si pour les Chrétiens la croix est au premier abord le symbole de la mort et de la résurrection du Christ, elle rayonne en Sagesse dans le cœur des Adeptes qui s’appuient sur elle comme sur la Pierre de l’opus alchimique pour accomplir leur régénération.
Mais cette Œuvre nécessite d’abord un état d’esprit, un élan intérieur vers une totalité dépassant les limites de la conscience, un embrasement par lequel les Grands Ecossais de Saint-André vivent « en communauté » leur communion au sein d’une autre dimension spirituelle. Ils sont surtout en état de recevoir ce que « Dieu sème dans le « noûs » humain, la vertu, la raison et la gnose. La régénération intérieure de l’homme procède de la sagesse intelligible et de la semence du bien qui vient de Dieu. » ( Scott, Hermetica) Celle des Grands Ecossais de Saint-André se traduit ainsi par la re-connaissance de leurs devoirs : Respecter la Raison, Servir la Vérité, Défendre la Vertu, Combattre pour le Droit.
Cette régénération « en » Esprit est illustrée par le diptyque mort-renaissance et représentée notamment dans la mythologie égyptienne par le dieu Aker, un lion à double tête, qui jouait un rôle important dans le culte des morts. Lors des cérémonies d’embaumement, dans ses bras se renouvelait le dieu du soleil, et avec lui le mort. Ce couple soleil et mort se retrouve au 29ème degré sur les décors du Frère Expert qui porte un triple triangle avec en son centre un soleil radieux au-dessus duquel se trouve une tête de mort. De même un tombeau avec à sa tête un soleil, et entre les deux un compas, figurent sur la Chambre du Milieu du Tableau de Loge. Sans doute le compas est-il ouvert à angle droit, car pour faire le « signe du Soleil » le Grand Ecossais de Saint-André forme avec sa main un compas ouvert à l’équerre tout en disant « Je compasse jusqu’au Soleil », le pouce de la main droite sur l’œil droit.
L’ensemencement, celui du blé en particulier, est un thème qui renvoie aux mystères égyptiens d’Orisis et traduit un processus de résurrection ou de régénération « post mortem » dans lequel l’un donne naissance au multiple et qui exprime l’identité secrète des « semblables ». Ces grains sont semés en Franc-Maçonnerie dès le degré de Compagnon dont le mot de passe est représenté par un épi de blé. Dans le langage des Pères de l’Eglise, qui a conservé ces images dans leur interprétation antique, on retrouve le blé, symbole du Fils de Dieu, c’est-à-dire du Christ, et spécialement le « grain de blé » qui, en mourant porte beaucoup de fruits (Jean, 12, 24). Ephrem le Syrien appelle le Christ un agriculteur spirituel qui « confia, tel un grain de blé, son propre corps au champ stérile. De même que le grain de blé tombe en terre, le Christ est tombé dans le monde inférieur et s’est élevé comme une gerbe de blé et comme le pain nouveau. Béni son sacrifice ! Il fut enfoui dans les profondeurs par ses meurtriers, comme le grain de blé par le paysan, pour y ressusciter et en éveiller beaucoup d’autres avec lui ».
Ainsi, dit Honoré d’Autun, « De même que le pain est fait de nombreuses graines, de même que le corps du Christ est composé de nombreux élus, le vin est composé de nombreux grains de raisin et il est foulé dans le pressoir. Le corps du Christ est formé d’un grand nombre de justes et il est supplicié sur l’échafaud de la croix. » Et dans la résurrection, dit Petrus Bonus, « le corps devient totalement spirituel, comme l’âme elle-même, et ils deviennent un comme l’eau mêlée à l’eau et ils ne sont plus jamais séparés, car en eux il n’est aucune diversité, mais plutôt unité et identité de nous trois, à savoir, de l’esprit, de l’âme et du corps, sans séparation dans l’éternité. Ainsi sont réellement manifestées l’identité et l’unité dans la Très Sainte Trinité de Dieu, à savoir du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui sont un et le même en Dieu lui-même, avec la distinction des personnes, mais sans diversité dans la substance. »
Pour marquer cette union de la multiplicité dans la substance au 29ème degré, sur le bijou porté par tous les Frères sont figurés au centre d’une croix de Saint-André une pomme de pin et une clé. De même le Président de la Loge, le Patriarche, « le premier parmi ses égaux », passe un anneau au doigt du Grand Ecossais de Saint André au terme de son initiation, et s’en passe un autre à l’annulaire. Ils s’inscrivent ainsi dans la communauté de tous ceux qui ont été illuminés par le Saint-Esprit, dont Dieu habite la « tente », le tabernacle. C’est pour garder et entourer ce trésor universel qu’ils sont « conduits » à « croiser » au cours de l’histoire d’autres Chevaliers chargés de construire ou rebâtir des édifices chrétiens. Dans l’ancien Rite de Perfection au 18ème siècle, le Tableau de Loge des « Chevaliers de Saint-André » est justement le « Camp du Rendez-vous », dont le centre est un triangle équilatéral et l’anneau périphérique une suite de neuf « tentes ».
La croix de Saint-André synthétise à trois niveaux à la fois les démultiplications dans l’union sacrée des Chevaliers, les sublimations alchimiques successives réalisées dans l’opus, et la résurrection du corps spirituel, soit l’Œuvre total de régénération. Cette démultiplication des « 3 en 1 » est symbolisée et s’opère par le signe de croix de la multiplication (X) et le nombre 3. Les nombres 3, 9, 27 et 81 (soit 3 « puissance » 1, 2, 3 et 4) constellent ainsi tous les degrés ou presque du REAA pour symboliser le temps de l’œuvre et son espace sacré. Ils se conjuguent aussi au 29ème degré avec le nombre 1000 (symbole de béatitude) pour traduire par le nombre 27000 l’esprit des 27000 « Croisés » chevauchant vers la Palestine sous la bannière de Saint Louis.
Le baron de Tschoudy, rédacteur présumé du premier rituel du 29ème degré, souligne dans l’« Etoile Flamboyante » sa place essentielle en Franc-Maçonnerie : « L’Art Royal strictement dit est renfermé dans les grades d’Apprenti, Compagnon, sanctifié dans celui de Rose-Croix, complété et développé dans le seul écossisme possible, celui de Saint-André d’Ecosse. » Mais cette Maçonnerie qui « n’est pas faite pour être aperçue », « dépend de la découverte de la circulation des trois principes chimiques, sel, soufre, mercure, formés eux-mêmes par des principes ou éléments principiés. Oserai-je ajouter que de leur action résulte le carré dans le triangle ? Le carré est le symbole des quatre éléments qui sont contenus dans le triangle des trois principes chimiques, ce qui réuni, forme l’unité absolue dans la matière première. » Si le 29ème degré est de Tradition solomonienne pour l’inscription de Salomon, « le roi le plus sage », dans la légende du grade, il l’est aussi pour la Sagesse de la Tradition alchimique, la « Sapientia Dei », la Pierre de l’opus, essentielle dans l’esprit du Grand Ecossais de Saint-André.
La Pierre symbolise sa structure intérieure et les trois pierres angulaires du Tableau de Loge du 29ème degré, nées de sa subdivision, symbolisent à la fois ses vertus et sa totalité, des aspects particuliers d’une seule et même chose. Dans son cheminement intérieur, le Grand Ecossais de Saint-André saisit à quel point la figure de la Sagesse de Dieu, de la Pierre, est « cruciale », car il découvre que ce qu’il cherchait depuis son initiation au premier degré du Rite n’est pas seulement une idée, mais une réalité qui manifeste son existence physique dans un sens beaucoup plus profond, qui peut lui tomber dessus comme la foudre. Sur le Tableau de Loge elle peut ainsi « fondre » du centre du cercle « sur » sa périphérie et atteindre en passant par trois petites colonnes les pierres cubiques dont la pointe repose sur chaque colonne, faisant rayonner la lettre G en leur « milieu ». Au 29ème degré la Pierre, la Sagesse de Dieu, n’est pas seulement un concept intellectuel, mais elle peut se révéler bouleversante, saisie de façon réelle, actuelle et tangible.
L’irruption de la Sagesse, qui confère ainsi à l’âme de l’alchimiste non seulement la connaissance, mais aussi une efficacité dans le domaine de la matière, est précédé d’un certain « amor » ou « appetitus naturalis » allant du sujet vers l’objet de la connaissance. « Selon Bernard de Claivaux, même notre amour de Dieu, et donc tout amour supérieur, commence d’abord par la « concupiscentia », l’instinct de tout être vers son accomplissement individuel. Selon Saint-Thomas également, l’instinct naturel de toute créature tend finalement vers sa perfection, et donc vers la ressemblance divine. Ce désir naît par la connaissance de ce qui est désiré, la contemplation du bon et du beau (et du triptyque Sagesse, Force, Beauté pour les Maçons dès le premier degré du REAA). Le mouvement de l’amour est donc circulaire et l’amour est la vertu unitive proprement dite. La Sagesse de Dieu illumine l’homme qui trouve la vérité dans la nature, dont l’essence la plus authentique est justement de nouveau la Sagesse. » (Von Franz, Aurora Consurgens)
L’idée d’un processus de connaissance circulaire joue également un rôle central dans l’alchimie, où c’est la nature elle-même qui réalise l’œuvre avec l’aide de l’Artiste. Une telle connaissance « naturelle » est obtenue par une intense méditation sur la matière et elle parfait en retour la réalisation de la conscience chez l’alchimiste. Dans le langage alchimique, c’est l’ « extraction » de la « vérité » hors de la matière par l’intermédiaire de conceptions symboliques efficaces, de symboles, d’« aimants » justes. Cette Vérité à extraire est personnifiée par la Sagesse, « la nature très véritable qui ne s’induit pas en erreur ». Grâce au contact de la Sagesse de Dieu, la nature humaine « s’écoule » et commence à suivre son désir le plus naturel qui la porte vers son propre accomplissement et la connaissance de Dieu.
Elle s’accomplit dans l’espace-temps sacré où souffle « à midi » l’Esprit-Saint, l’Esprit de Vérité, l’ « auster », ce vent du sud chaud et sec « qui échauffe toutes choses par le feu de l’amour et provoque l’exaltation, qui lorsqu’il touche les esprits des élus les libère de toute tiédeur et les rend fervents (et semblables aux Grands Ecossais de Saint-André dont les qualités sont le zèle, la ferveur et la constance), afin qu’ils réalisent le bien qu’ils désirent, où sont les ordres cachés des anges (les anges des quatre éléments du 29ème degré), et les replis très secrets de la patrie céleste, que remplit la chaleur du Saint-Esprit. Là, tout le jour, comme à l’heure du midi (soit depuis « midi plein » jusqu’à « l’entrée de la nuit », heures d’ouverture et de fermeture des travaux du degré), le feu du soleil brûle intensément, car l’éclat du Créateur qu’obscurcissent pour l’instant les brumes de notre condition mortelle est vu dans une clarté plus grande et, tel un rayon de la sphère, s’élève vers les espaces supérieurs, car la « vérité » nous illumine de par en part. Là, la lumière de la contemplation intérieure est aperçue sans que s’interpose l’ombre de la mutabilité. » (Von Franz, Aurora Consurgens)
La Sagesse est dans l’Aurora Consurgens (d’origine attribuée à Saint-Thomas d’Aquin) non seulement une hypostase ou un attribut de Dieu, mais un être spirituel qui a une existence autonome auprès de Dieu. De même, dans le Corpus Hermeticum, la Sophia est citée comme Archê (principe originel incréé) indépendante auprès de Dieu. Le Patriarche, Président de la Loge au 29ème degré, est ainsi celui qui détient la mémoire et la marque originelle de sa lignée. Chez Philon d’Alexandrie aussi bien que dans la Sagesse de Salomon, la Sophia a la capacité spirituelle de pénétrer tel un souffle dans l’homme, et de le remplir de sagesse, de vénération, de vertu ou de passion. La Sophia devient donc clairement la Mère par laquelle le Tout fut réalisé. Elle est en même temps identique à l’esprit de Dieu qui planait sur les eaux, parce qu’elle représente le savoir de Dieu.
« Sache, mon fils, dit Alphidius, que cette Sagesse est en un lieu et que ce lieu est partout. Le lieu en est les quatre éléments, et ils sont quatre portes… Cette maison est une maison aux trésors dans laquelle sont amassées toutes les choses sublimes de la science ou de la sagesse, ou les choses glorieuses que l’on ne peut posséder. Elle est fermée de quatre portes, ces quatre portes ont quatre clés, chacune la sienne. Sache donc, mon fils, et note que celui qui ne connaît qu’une seule clé et ne connaît pas les trois autres et ouvre alors la maison avec son unique clé et ne voit pas ce qui est dans la maison, celui-là va à sa perte ; car la maison a une superficie qui tend à une contemplation infinie. Il faut donc ouvrir les quatre portes avec les quatre clés jusqu’à ce que la maison entière soit remplie de lumière, alors chacun peut y entrer et prendre le trésor. »
Les Grands Ecossais de Saint-André doivent ainsi saisir « ensemble », en les unifiant dans le même espace-temps de conscience, les symboles qui se présentent par quatre, ou « par le nombre » quatre, au 29ème degré : les éléments (Terre, Eau, Air, Feu), les croix de Saint-André aux quatre angles de la Loge, les attouchements, les anges et les mots de passe, l’âge (soit la puissance quatre du nombre trois), les coups de maillet du Patriarche sur le cou du candidat durant son initiation. Il peuvent alors goûter les fruits de l’Œuvre, et rejoindre le sens du grade qui constituait à l’origine « la fin de la vraie Maçonnerie et la récompense des travaux d’un vrai Maçon ».
Patrick Carré
mai 2012

commentaires

Qui était Saint André ?

Publié le 13 Juillet 2026 par T.D

Au rituel du 4e Grade, désigné à cette époque sous le nom de « Maître Ecossais », approuvé par le Convent des Gaules de 1778, manquait le  dernier tableau, avec la figure de saint André, ainsi que l’ultime instruction qui résume tous les points essentiels de la Maçonnerie symbolique rectifiée, éléments qui furent rajoutés bien après le Convent de Wilhelmsbad (1782).

Dans une lettre, Willermoz expliquait le sens du 4e Grade du Régime rectifié de la manière suivante : « Nous n’avons chez nous qu’un seul grade supérieur et intermédiaire entre les trois gra­des bleus et l’Ordre Intérieur, dénommé, comme je l’ai déjà dit, Maître Ecossais de Saint-André. (…) Notre Maître Ecossais retrace et met en action dans sa réception tou­tes les grandes époques historiques survenues au Temple de Salomon et à la nation élue : la destruction, la réédification et la deuxième dédicace de l’un, la captivité, le re­tour et les combats de l’autre ; car nous ne perdons jamais de vue les révolutions de ce Temple unique, ni le grand emblème du Maître Hiram ; tous ces objets sont mis en scène sous les yeux du candidat par divers tableaux, dont le dernier figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle par Saint-André qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ ; ici finissent les symboles. » [1]

Pourtant, malgré sa place importante dans le Régime rectifié, peu de Frères connaissent qui fut réellement saint André.

Il semble donc intéressant d’éclairer la figure de ce grand saint et Apôtre qui occupe une place charnière au sein du système fondé par Jean-Baptise Willermoz.

Saint André (+ 62), frère de saint Pierre, est le premier des Apôtres qui ait connu Jésus-Christ, aussitôt après Son Baptême sur les bords du Jourdain. Toutefois son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra avec son frère Simon, jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

 Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu’au Pont-Euxin. Les prêtres de l’Achaïe prirent soin d’envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix : « Si je craignais ce supplice, dit-il, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son Apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d’être prêts eux-mêmes au combat.

 Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l’objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. »

 Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l’Apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur.

 D’aussi loin qu’il aperçut la Croix, il s’écria d’une voix forte : « Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de Son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. O bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m’a sauvé. »

 Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d’une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le Saint, du haut de sa Croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes.

 Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d’une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l’âme.

Ainsi, comme le souligne Willermoz, Saint André « figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ », il nous rappelle que la Nouvelle Alliance est rattachée et unie aux alliances antérieures qu’elle réincorpore et « accomplit », mais que l’Incarnation de Jésus-Christ a ceci de particulier qu’elle manifeste non seulement la continuité des promesses qu’elle situe sur un plan céleste et divin, mais surtout fonde pour toujours « l’Alliance éternelle » (Hébreux 13, 20), l’Alliance parfaite, bien supérieure à l’ancienne, l’Alliance nouvelle qui libère la race d’Adam par l’effet de la loi nouvelle de grâce.

commentaires

Saint André, l'apôtre

Publié le 13 Juillet 2026 par T.D

Les évangiles nous le présentent comme l’un des deux disciples de Jean le Baptiste qui suivirent Jésus dès le commencement (Jn 1, 35-39).

André est né à Bethsaïde, en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade. Avec son frère Simon, il était pêcheur. Recherchant Dieu, il avait d’abord été le disciple du prédicateur Jean le Baptiste, qui l’avait certainement baptisé. Lorsque Jean-Baptiste désigna Jésus-Christ en disant : « Voici l’agneau de Dieu », « l’agneau de Dieu qui l’emporte sur les péchés du monde » (Jean 1, 29-40), il le suivit et ne le quitta plus. Il fut ainsi premier disciple appelé par Jésus-Christ.

André servit souvent d’intermédiaire. C’est lui qui amena son frère Simon Pierre à Jésus (Jn 1, 39-42).
C’est encore lui, lors de l’épisode de la multiplication des pains, qui amena le jeune garçon portant les cinq pains et les deux poissons à Jésus pour nourrir une multitude affamée (Jn 6, 9).
C’est lui enfin qui, avec Philippe, son compagnon de Bethsaïde, introduisit auprès de Jésus quelques Grecs qui cherchaient à le rencontrer.

La tradition rapporte qu’après la Pentecôte, il partit prêcher l’Évangile, au cours d’un long voyage, tout autour des côtes de la mer Noire. Ses voyages l’amenèrent en Bithynie (côte turque), à Éphèse, en Mésopotamie, en Ukraine actuelle, en Thrace (région entre le Bosphore et le Danube), à Byzance et finalement en Achaïe (région au nord du Péloponnèse), où il finit crucifié, sous l’empereur Néron, à Patras, en l’an 60. La croix de supplice sur laquelle il a été crucifié était en forme de X, ce qui a donné le nom de croix de Saint-André.

Au IVe siècle, ses reliques furent transportées à Constantinople, mais reposent aujourd’hui à Amalfi en Italie. Dans les années soixante, une grande partie des reliques du saint et de sa croix furent restituées à l’Église de Grèce. Dans la ville de Patras, on construisit une grande église pour les abriter.

L’attribut de saint André est la croix à branches égales, dite croix de saint André, sur laquelle il fut martyrisé. Parfois, l’ancien pêcheur de Galilée tient un grand filet d’où émergent des têtes de poissons.

commentaires
Publicité

Le Serment: je préfèrerais avoir la gorge coupée...

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

Dans le mémento du 1er degré, au chapitre « instruction » il est demandé à l’Apprenti de faire le signe pénal et d’en donner la signification. -

« que signifie ce signe ? » questionne le 1er Surv et le Frère répond « que les secrets qui mont été confiés. »

Cette réponse fait bien sûr écho au serment qu’il a prêté lors de sa cérémonie d’initiation. Souvenons-nous, le VM lui demande d’écouter attentivement la formule du serment. Le récipiendaire jure donc. De ne jamais révéler aucun secret de la FM à qui nen a pas qualité pour les connaître ; lobservance consciencieuse des principes de lOrdre; de suivre régulièrement les travaux ; daimer ses frères. Et il conclut:

« Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d’aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée. »

Rien que ça… Phrase terrible, glaçante qui scelle son serment.

Pour l’instant, le futur initié ignore que tout est symbole — quoiqu’il puisse quand même le deviner, le VM lui a donné quelques indices entre les épreuves. Tout est symbole, certes mais pendant une seconde qui na pas pris cette sentence pardonnez-moi ce jeu de mot au 1er degré ? Qui ne sest pas demandé si à lorigine, jadis dans une société où la peine de mort, la torture, la barbarie étaient assez partagées par des juges peu enclins à la tolérance et à la galéjade ; si cette punition navait pas existé. Après tout, la maçonnerie ne date pas d’hier. Et il y a fort à parier qu’une des origines du fantasme anti maçonnique, de l’accusation calomnieuse des pires infamies auxquelles nous nous livrons et dont heureusement nous savons rire, pourrait venir de là. C’est bien connu toute cérémonie d’initiation quelle qu’elle soit, au mieux intrigue, au pire fait peur. Ce qui est sûr c’est qu’on en sort différent, transformé.

En outre, le VM insiste en demandant par deux fois au néophyte au cas où celui-ci soit devenu relapse entre temps sil persiste, si son serment et ses engagements ne lui donnent aucune inquiétude. Nous remarquerons que dans le memento, cest juste la gorge qui est menacée de tranchage. Il nest pas question de langue arrachée ; de toute façon, lApprenti na pas vraiment eu loccasion de sen servir. Il y a une autre différence. En prononçant lors de linitiation la phrase « sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée », le récipiendaire subit, il est sous une menace. Ce qui le punirait en cas de trahison, c’est une justice immanente, celle du Grand Architecte ou celles des Frères. Bref, cette peine lui serait infligée par d’autres. Quelques années plus tard, alors qu’il a progressé, que les Maitres pensent qu’il est apte à gravir une marche, l’Apprenti qui a travaillé une partie des symboles à son degré est également capable d’être. Capable de dire « je ». « […] je préfèrerais avoir la gorge coupée que de révéler les secrets qui m’ont été confiés. » La conjugaison en dit long. L’Apprenti quitté sa forme passive d’homme imparfait pour commencer à suivre un chemin actif, une voix d’affirmation. Les mots ont leur importance, les secrets sont confiés au Frère. Pas donnés. Ce n’est donc pas tant un contenu, une liste de mots, de gestes ou d’attouchements dont il est question. Mais de confiance. Le terme « signe pénal » est très peu souvent prononcé par le VM ou les Off pendant les tenues régulières au 1er degré. Le mot « signe » sans qualificatif suffit ; « A moi mes Frères ! Par le signe… » ; la signification pénale de ce dernier est intégrée. Intégré, car la mise à l’ordre est tout à la fois le rappel de la mesure — avant de parler, il vaut mieux tourner sept fois dans sa bouche sa langue, surtout si elle n’est pas encore arrachée — mais aussi la façon de se souvenir de notre serment ; la main devient alors le symbole de la lame guetteuse. Une auto punition en suspens.

A propos de serment, à l’heure où je travaillais ce modeste morceau d’architecture, notre F Benoît nous saisissait d’un passage du Recueil des obligations déontologiques des magistrats, publié par le Conseil Supérieur de la Magistrature. En voici la substance : « Le devoir de solidarité entre les membres de certaines organisations ou l’existence d’un système de justice propre à celles-ci peuvent générer un devoir de loyauté incompatible avec l’impartialité à laquelle les magistrats sont tenus. […] La pratique du serment […] qu’implique l’appartenance à certaines organisations philosophiques ou religieuses risque d’être incompatible avec les devoirs d’indépendance et d’impartialité du magistrat. » Le serment maçonnique est en effet double. Le symbolique prononcé à l’intérieur du Temple et celui qui en découle pour le monde profane. Ce dernier m’apparaît moins comme la parole donnée à ne rien dévoiler qu’à une parole tacite de ne pas se dévoiler. Car que faut-il donc taire qui ne soit déjà révélé, commun ? Les livres, les sites se sont chargés de trahir le serment à notre place. Tous les secrets sont accessibles excepté le nôtre évidemment. Et celui de l’appartenance. Le Franc-Maçon sait bien qu’un outil, un symbole doit être manié avec circonspection. Le bandeau sur les yeux de la Justice symbolise son impartialité ; il ne lui cache pas la vue, il la préserve, grâce à lui, elle peut voir clairement, équitablement. Son aveuglement est garant de son impartialité. A l’inverse, celui qui cache les yeux du récipiendaire le maintient dans les ténèbres ; il faut lui ôter pour qu’il reçoive la lumière. Ce qui peut donc inquiéter dans cet abstract du Conseil Supérieur de la Magistrature, quelle que soit notre obédience, c’est l’abolition annoncée entre la légalité et la légitimité. Entre le Droit et le droit d’être. La menace d’un monde, sans symbole et sans symbolique, qui confond tout. Un monde où est jeté dans le même sac, la Franc-Maçonnerie, des associations tolérantes et universalistes et des organisations criminelles, factieuses ou sectaires. La Franc-Maçonnerie encore très suspecte de collusions et d’entre-soi n’est donc pas prête d’être épargnée ou valorisée. Cette « incompatibilité avec les devoirs d’indépendance et d’impartialité du magistrat » nous renvoi encore et toujours à une marginalisation. Car face à ceux qui tranchent et coupent réellement des têtes, des gorges et plus largement des pensées, notre serment, tout sanglant et douloureux qu’il puisse apparaitre est bien inoffensif.

 

Alain KEI.°.

commentaires

L’Autel des serments

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

Le but de la présente planche est de définir ce qui, dans nos Loges, est un autel et traditionnellement désigné comme « Autel des serments » ; de préciser à quoi il sert, dans quelle intention et comment y disposer les objets symboliques.

Essayons tout d’abord de définir ce qu’est l’autel de notre Loge.

Essai de définition de l’Autel

A l’avant du Pavé mosaïque et à courte distance des trois marches conduisant à l’Orient, la Tradition nous fait placer un autel dans l’axe du Vénérable Maître.

Cet « Autel des serments » devrait, selon l’usage des Anciens, se trouver sur le plateau du Vénérable Maître, mais en réalité il est représenté le plus souvent sur un petit meuble immédiatement accolé à son plateau, au-dessus ou au-dessous des trois marches qui délimitent l’Orient de la Loge. Il est plus rarement situé au centre du Carré Long de la Loge. Il s’agit d’un support surélevé destiné à rassembler les éléments symboliques.

Dans la plupart de nos Loges, il s’agit d’un meuble généralement de forme cubique mais ailleurs, il s’agit parfois d’une grosse pierre brute sur laquelle peuvent être posées ce que nous appelons « les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie ».

Que doit-on trouver sur l’Autel des serments ?

L’Autel des serments

En vue du bon déroulement de chaque Tenue, le Frère Architecte dépose sur l’Autel le Volume de la Loi Sacrée fermé. Au Rite moderne, il y joint un compas également fermé ainsi qu’une équerre. Selon le rite pratiqué, d’autres objets doivent parfois être placés sur l’Autel. Ainsi, au Rite Écossais Rectifié, une petite Épée et une Truelle sont également disposées en plus des Trois Grandes Lumières.

Les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie forment symboliquement un tout. On peut en déduire l’intention des Maçons de ne pas accepter le contenu du livre sacré dans son sens littéral, mais bien de l’interpréter au moyen du symbolisme du Compas et de l'Équerre.

Pour certains Maçons, le Volume de la Loi sacrée ne serait qu’un symbole et, à ce titre, il serait susceptible d’interprétation personnelle. Mais la présence de la Bible sur l’Autel est un Landmark contesté par certaines Loges non-régulières. C’est pourquoi, dès 1929, la Grande Loge Unie d’Angleterre – qui est l’héritière de la première Grande Loge de Londres et, à ce titre, la garante de l’archétype de la Franc-maçonnerie spéculative – a publié les huit principes fondamentaux pour la reconnaissance des Grandes Loges.

Sans pour autant vous les rappeler tous, je vous dirai simplement qu’au point 3 de ces Landmarks, il est spécifié que les Initiés devront prêter leur obligation sur le Livre de la Loi Sacrée, ou les yeux fixés sur ce Livre ouvert, par lequel est exprimé la révélation d’en haut par laquelle la conscience de l’individu que l’on initie est irrévocablement liée.

Le Volume de la Loi Sacrée ne se trouve pas seul sur l’Autel. Il est recouvert de l'Équerre et du Compas. La présence de ces deux outils – qui deviennent des symboles une fois les Travaux ouverts – n’a aucune connotation blasphématoire. Nous sommes en présence d’un modèle symbolique universel. Dans ce modèle, l'Équerre représente la partie matérielle du Cosmos, c’est-à-dire pour nous la Terre. Le Compas y représente le Ciel ou les Cieux. L'Équerre est donc l’emblème de l’homme et le Compas celui du Grand Architecte de l’Univers.

Ces Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie constituent un modèle symbolique ternaire. Mais l'Équerre et le Compas, modèle binaire, se juxtaposent, pour en éclairer la portée, avec le Volume de la Loi Sacrée qui, aux yeux de certains autres Maçons, est bien plus qu’un symbole. Pour Guy Boisdenghien notamment, le Volume de la Lois Sacrée contient des passages attribués à des révélations a-humaines ».

Le point 6 des Landmarks précise également que les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie seront toujours exposées pendant les Travaux de la Grande Loge ou des Loges sous son contrôle. La principale de ces Lumières est le Livre (ou Volume) de la Loi Sacrée, concept que je vais à présent essayer d’expliciter.

Le serment

Lors de la cérémonie d’Initiation, immédiatement après les « voyages », l’Impétrant prête son serment sur les trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Le rituel précise bien qu’il s’agit du Volume de la Loi Sacrée, le Compas et l'Équerre.

Dans certaines obédiences ou à certains rites, il est dit au candidat que ce Volume de la Loi sacrée, c’est la Bible. En réalité, ce Volume est toujours la Bible, ouverte au Prologue de l'Evangile de Jean. Agir autrement reviendrait à vider le rite de son sens !

Mais ce livre ne représente peut-être rien pour le candidat. Pour que ce serment ait une valeur, il faut qu’il soit prêté sur un livre représentant la loi morale ou la Tradition.

Conformément à l’article 3 de la Constitution de notre Obédience, la G.L.R.B., toutes les promesses et engagements solennels doivent être pris en apposant la main droite sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie, à savoir le Volume de la Loi Sacrée, ouvert de préférence à l’Évangile selon St Jean,  sous l'Équerre et le Compas. Le Livre sacré exigé par la religion d’un candidat peut à sa demande être ajouté sur l’autel pour le même usage.

La Loge peut donc, le temps du Serment, ajouter à la Bible un autre ouvrage, en concertation préalable avec le candidat pour lequel il aura cette valeur : le Coran, la Torah, les Védas (hindouisme), le Tripitaka (bouddhisme), le Tao te King (taoïsme), les quatre livres de la doctrine (confucianisme), le Zend-Avesta (zoroastrisme).

L’article 32.1 de notre Règlement Général concerne toutes les promesses et engagements solennels », par exemple : les initiations aux trois grades mais aussi le serment du Vénérable Maître lors de son Installation solennelle.

L’article 32.2 précise qu’une Loge peut, à la demande d’un seul Frère ou de plusieurs des membres de la Loge ou même d’un Frère visiteur, décider de placer sur l’autel – à côté de la Bible, ouverte sous l'Équerre et le Compas – d’autres « Volumes de la Loi Sacrée ». Le Grand Comité donne un avis sur les Volumes qui peuvent être pris en compte.

Cet article 32.2 ne concerne que toutes les autres occasions où il n’est pas de question de promesses ni d’engagements solennels.

Concernant l’ouverture du livre de la loi sacré dans notre tradition européenne, nous ouvrons et nous fermons les Travaux avec l’Evangile de saint Jean d’où provient la Vraie Lumière. C’est donc bien la Bible qui doit être ouverte. Il n’y a pas de raison impérative pour que les autres livres soient ouverts.

Précisons aussi que la Bible peut avoir un caractère religieux pour le candidat, ainsi d’ailleurs que pour certains membres de la Loge. Mais, dans son rôle de Volume de la Loi Sacrée, il n’en est rien. Les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie n’ont aucun caractère religieux. Les rites pratiqués à la Grande Loge régulière de Belgique sont ouverts aux hommes de toute confession.

Considérations sur la Bible ou Volume de la Loi Sacrée

La Bible, en tant que « objet – livre » n’a aucun caractère sacré. Un livre ne peut à l’évidence être sacral. Par contre, une partie de son contenu se souche sur la Tradition car, pour reprendre l’expression de Guy Boisdenghien, elle exprime « une révélation a-humaine » ; l’exemple le plus connu étant les Dix Commandements que Yahvé dicta à Moïse sur le mont Sinaï.

On ne lit pas la Bible uniformément mais selon quatre optiques : littérale, historique, morale et ésotérique. Se référer à la lettre des écrits bibliques ne tient plus la route à notre époque. De plus, l’historicité des récits n’est plus prise en compte depuis le siècle dernier. D'ailleurs, tout texte qui se veut enseignement d’une tradition ou d’une révélation n’a que des rapports secondaires et même insignifiants avec la réalité et la chronologie historiques. Demeurent les lectures morales et d’approche ésotérique. A ces niveaux, le Livre n’est plus la propriété du peuple élu en sa partie vétérotestamentaire ni celle des chrétiens dans sa partie néotestamentaire. Ainsi, les gnostiques, les déistes, les agnostiques et même les athées peuvent y glaner des réflexions concernant la Loi Morale ou leur introspection personnelle, spirituelle ou non.

Faut-il nécessairement rappeler que les Évangiles et tout particulièrement celui attribué à Jean contiennent ce remarquable message à l’adresse de toute l’humanité : « aimez-vous les uns les autres ! ».

Pour bon nombre de Maçons réguliers, c’est-à-dire ceux qui se souviennent que notre Maçonnerie traditionnelle et universelle est chrétienne, le Volume de la Loi sacrée représente le livre du Verbe créateur, manifesté sous l’aspect de la révélation. La Tradition révélée par le Volume de la Loi sacrée, dans son sens ésotérique est source de Connaissance et de méditation. L'Eternel a créé le monde par le Verbe qui s’incarne dans la langue sacrée et dans la parole rituelle qui contient l’essence primordiale. Un livre fermé garde son secret. Un livre ouvert instruit celui qui le lit, dévoile ce qui est caché.

Ce livre contient un double message. Le premier comporte un enseignement extérieur, représenté par les dogmes et une loi morale à caractère exotérique. Le second message développe une cosmogonie [1], contient un message symbolique à décrypter qui est à caractère ésotérique. Le second n’exclut pas le premier, mais au contraire l’éclaire en ouvrant sur le champ indéfini des possibles et permet de dépasser les limites étroites de la dualité.

Beaucoup de Maçons réguliers, attachés à la Franc-maçonnerie universelle, considèrent que le Volume de la Loi Sacrée contient le message d’une Tradition intemporelle, celle-ci étant l’expression de la relation entre la Vérité et la Sagesse. Mais à un moindre niveau, elle contient une loi morale sur laquelle devrait s’appuyer tout Franc-maçon.

En ce qui concerne cette approche ésotérique, il est indéniable que plusieurs passages bibliques véhiculent un message caché. Les versets à double sens sont aisément repérables car ils sont précédés d’un signal tel que l’expression « Au commencement » qui peut aussi se traduire par « dans le Principe ». La Genèse, de même que certains passages du Pentateuque, l’Apocalypse et surtout l'Evangile selon saint Jean ne sont réellement clairs qu’après un décryptement. C’est donc par volonté symbolique que, pendant la durée des Travaux d’une Loge, le Volume de la Loi sacrée est ouvert au Prologue de Jean. C’est aussi par référence au Prologue que les Francs-maçons sont parfois nommés « Enfants de la Lumière », dénomination qui exprime bien un des piliers de la Franc-maçonnerie spéculative.

L'Evangile selon saint Jean proclame le Christ en tant que Logos. Il y est énoncé, non comme venant racheter le genre humain mais comme apportant aux hommes la Lumière, en leur inculquant la nécessité de la régénération, car l'Evangile de Jean développe principalement quatre axes qui interpellent tout Franc-maçon par delà sa sensibilité personnelle dans la perception du Grand Architecte de l’Univers :

1°) l’énonciation du message d’Amour ;

2°) l’enseignement de l’égalité de tous les hommes, la fraternité universelle, le pardon des offenses et l’unité de Dieu ;

3°) l’introduction d’un rite de fraternité par le partage du pain et du vin qui sont sa chair et son sang en tant que matérialisation des rayons solaires, c’est-à-dire, pour nous, terriens, la manifestation de la Vie ;

4°) la proposition de méditer ou prier en tous lieux et non en des lieux déterminés, ce qui signifie méditer ou prier en esprit et non par des prières machinales vidées de tout contenu réel.

En énonçant « Dieu est Esprit », « Dieu nous a donné de son esprit » et « Dieu est Amour », Jean exprime la fusion de la Connaissance et de l’Amour. Le quatrième Évangile est donc bien en conformité avec la gnose maçonnique !

Disposition de l’Equerre et du Compas sur l’Autel

Lors de l’Ouverture des Travaux, le Vénérable se place devant l’Autel pour y disposer correctement les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Il appartient au Vénérable Maître, et à lui seul, d’ouvrir le Volume de la Loi Sacrée et de déposer dessus l'Équerre et le Compas, d’une manière spécifique à chaque degré auquel la Loge s’apprête à travailler. Au Rite Écossais Rectifié, c’est le rôle du Frère Maître des cérémonies de procéder à la disposition particulière des trois Grandes Lumières ainsi que de la Truelle et de la petite Épée.

Sur la Bible ouverte au Prologue de saint Jean, l'Équerre et le Compas peuvent être placés de trois façons différentes mais le Compas est toujours ouvert à 45°. Ces dispositions évoquent un progrès moral ou une hiérarchie de valeurs. Elles constituent en quelque sorte des signes distinctifs de chacun des trois degrés et procèdent de l’allégorie.

Au grade d'Apprenti, nous constatons que l’Équerre couvre les deux branches du Compas. Il semblerait que ce soit pour indiquer qu'à ce grade on ne peut demander plus du Néophyte que SINCÉRITÉ et CONFIANCE, conséquences naturelles de la droiture et de la rectitude.

Effectivement, on ne peut pas déjà demander à l’Apprenti la Sagesse qu’il n’a pas encore acquise. Sa probité et sa rectitude naturelles sont tout ce que les Maîtres attendent de lui, principalement le Second Surveillant. La matière prime sur l’Esprit.

Par cette disposition, on signifie à l’Apprenti qu’il œuvre sur la matière. Son rôle consiste à dégrossir la Pierre brute avec les seuls outils dont il dispose, le Maillet et le Ciseau. Il ne sait pas ce que sera l’édifice car il n’a pas eu connaissance des plans.

Je ne vous révèlerai rien en ce qui concerne les autres degrés.

Mais il convient encore de remarquer que, dans le plan horizontal de l’Autel des serments, les pointes du Compas sont tournées vers l’Occident et que l'Équerre est toujours ouverte vers l’Orient. Cela signifie que le Maçon ne doit pas se comporter en pur esprit mais au contraire mettre en application ce qu’il découvre ou apprend.

Demeurer dans le domaine purement spéculatif est un comportement stérile, sans réelle utilité. D'autre part, il ne doit pas rester prisonnier de la matière mais il doit s'efforcer de la dominer en s'élevant lui-même afin de vivre en harmonie avec le monde.

Voilà pour ce qui concerne l’autel et les symboles qui y sont mis en évidence à chacune de nos Tenues. Rappelons, si nécessaire, que le titre de cette planche est « L’Autel des serments ». C’est pourquoi je vais à présent aborder la question de son utilité et développer quelques considérations à propos de notre serment.

Considérations sur notre serment

Lors de notre Initiation, nous nous sommes tous engagés par notre serment à respecter la Constitution, le Règlement général de notre Obédience et le Règlement particulier de notre Loge.

Prêté la main droite dégantée et posée sur le Volume de la Loi Sacrée afin que nous nous engagions sur ce qu’il y a de plus sacré, notre serment nous enjoint :

  • de garder le secret ;
  • de rester fidèle et discret, c’est-à-dire de ne trahir ni l’Ordre maçonnique, ni nos Frères ;
  • de persévérer dans le perfectionnement, c’est-à-dire de marcher sur le chemin de l’Initiation.

Par tout serment solennel, l’homme renonce à une certaine part de sa liberté, ce qu’il fait devant une autorité qui a le pouvoir en tous lieux et en tout temps de constater un manquement à cette renonciation et de le punir.

A ce sujet, René Désaguliers s’est interrogé : « Quelle peut être une telle autorité sinon un Dieu ou le Dieu unique ? ». C’est cet aspect qui est plus particulièrement marqué dans le mot latin « sacramentum », d’où le terme « serment » dérive directement. « Sacramentum » est lié au mot « sacer » qui signifie sacré ou ce qui appartient au monde divin.

Pour moi, le serment est un acte essentiel de la Franc-maçonnerie.

Pratique extrêmement ancienne de l’humanité, le serment est obligatoirement sanctionné par une autorité supérieure à l’homme, par une transcendance capable de le juger. En Franc-maçonnerie, le serment consiste en une promesse solennelle faite par le Néophyte qui s’engage à garder les secrets de la Maçonnerie et à se conformer en toutes choses aux règlements de l’Ordre, conformes aux lois en vigueur dans le pays.

Le serment est empreint d’un caractère solennel, de la gravité d’un pacte, du sérieux extrême de l’engagement indissoluble entre celui qui le prête et celui qui le reçoit.

Ce serment initiatique a aussi un caractère antique et sacré. Il est prononcé de la libre volonté du Récipiendaire, sans contrainte et devant une assemblée de Maçons témoins qui vont devenir ses Frères et en présence du principe de l’Ordre.

Ce serment spécifique se décompose en trois parties : une invocation, une promesse, une imprécation. Le plus souvent, et en tout cas dans notre Obédience régulière, l’invocation est faite à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Le serment est prêté sur la Bible, toujours ouverte au Prologue de l'Evangile de saint Jean. On peut dès lors considérer que notre serment a un caractère d’alliance cosmique avec l’Etre suprême, avec l'Eternel, avec le Grand Architecte, avec Dieu, selon vos convictions les plus intimes et toutes personnelles.

C’est une obligation réciproque consentie librement entre l’Ordre et le Néophyte qui est accepté en qualité de nouveau maillon de la chaîne initiatique. Cette promesse au caractère solennel engage notre être tout entier à être fidèle.

Pour conclure, du moins provisoirement…

L’Équerre, le Compas et le Volume de la Loi Sacrée composent ce que nous appelons « les Trois Grandes Lumières » de la Maçonnerie de Tradition. Ils se trouvent placés sur l’autel des serments. Le Volume de la Loi sacrée est symboliquement ouvert au début et fermé à la fin des Travaux pour marquer le nécessaire mais provisoire rupture avec le monde profane.

Ces symboles placent d’emblée la prestation de serment des Francs-maçons réguliers dans la dimension spirituelle qui caractérise les rites pratiqués à la Grande Loge Régulière de Belgique. Ce caractère sacré souligne l’importance du serment maçonnique, son caractère intangible et inviolable.

Ils signifient également, par leur association dynamique – les trois à la fois – que cette dimension sacrée n’est pas confondue avec le sacré d’une religion particulière, car le Volume de la Loi Sacrée est considéré dans son association avec l'Équerre et le Compas, comme le symbole d’une Tradition et non celui d’une référence théologique.

Il s’agit une fois encore de préserver en ce domaine la liberté de conscience de chacun de ceux qui s’engagent dans notre Obédience régulière et de les encourager à construire des relations humaines tolérantes et respectueuses de la diversité des cultures et des civilisations.

 

R :. F :. A. B.

commentaires

Le serment. Planche du 1er degré

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

A la gloire du grand architecte de l’univers, au nom de la franc-maçonnerie universelle et sous les auspices de la grande loge de France.

Vénérable maître, dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes frères en vos grades et qualités.

Ce midi je viens vous présenter le fruit de mes réflexions. J’ai choisi ce thème volontairement, et en conscience. Pour cela et pour respecter la ligne de réflexion insufflée par notre V :. M :. J’ai organisé mon travail en trois parties. La première abordera le serment profane, nous verront quels ont été les serments prononcés de manière plus ou moins réfléchi. La seconde traitera du serment maçonnique proprement dit. Et lors de la troisième partie je tenterai de vous donner une vision plus personnel de ce serment, et comment grâce à celui-lui je suis passé d’un état de vieil homme a un homme nouveau un certain soir d’avril.

I .Le serment profane

Avant de parcourir les siècles, voyons ce que veux dire le mot serment. Le serment est un Mot qui vient du latin sacramentum, qui signifie sacré. Ce caractère sacré revêt dès lors une importance fondamentale. Le serment est une affirmation, une promesse que l'on fait sur son honneur ou en prenant à témoin ce que l'on regarde comme sacré. Dans mon métier le serment est un mot souvent employé et parfois galvaudé. Il a une signification historique importante. Cependant plus aucun serment n’est prononcé lors de l’engagement militaire. Et a bien y réfléchir il ne reste plus beaucoup à ma connaissance de moment profane où il convient de prêter serment. On jure de moins en moins dans le monde profane ou si l’on jure c’est de manière vulgaire disait Ragon. Il reste ici ou là quelques vestiges de traditions, mais plus rien de vraiment officiel.

Le sacré échapperait il au monde profane ?

Malgré tout plusieurs pages de notre histoire, qu’elles soient militaires ou pas s’y réfèrent.

Serment de Strasbourg (842): Le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petits-fils de l'empereur Charlemagne, se prêtent serment d'assistance mutuelle. Tous les deux sont en guerre contre leur frère aîné Lothaire, qui a hérité du titre d'empereur de leur père Louis le Pieux, mort deux ans plus tôt. Leur serment est repris par tous les soldats dans leur langue habituelle. C’est la première fois dans l’histoire que le français, alors langue uniquement parlée, est utilisée lors d’un écris.

« Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, en tant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles »

Le 20 juin 1789 l’ensemble des députés prêtent Le serment du jeu de paumes Ils jurèrent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume de France. Monté sur une table, Bailly, qui présidait, répéta à haute voix la formule, puis tous les assistants, électrisés, clamèrent leur adhésion, sous les applaudissements de la foule, massée dans les tribunes

« Moi député Bailly, Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable » ils ont tenus parole. Le 2 mars 1941, le colonel Philippe Leclerc prête avec ses hommes le « serment de Koufra » :« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Il respectera ce serment en libérant Strasbourg le 23 novembre 1944 à la tête de la 2e division blindée. Grace à ces exemples de serments profanes ont peux remarquer trois particularités qui auront leur importance plus tard : La première : aucun d’eux n’est un serment individuel. Aucun n’engage l’individu qui le prononce de manière autonome et libre. A chaque fois celui qui prête serment le fait au nom d’une multitude de personnes qui poussée par un effet de masse jure à leur tour. La seconde : A chaque fois, il est prononcé sous une sorte de contrainte belliqueuse, face à une menace ou pour résoudre un problème politique. Il ne se fait jamais en pleine liberté. La troisième : jamais il ne se fait sur une chose sacrée.

II. Alors qu’en est-il du serment maçonnique ?

Le serment maçonnique comporte toujours trois parties :

L’invocation, qui fait généralement appel à quelque chose de sacré. L’honneur ou le GADLU

La promesse qui est l’objet du serment lui-même.

Et l’imprécation qui énumère les châtiments en cas de parjure.

Le serment le plus important prononcé en maçonnerie est celui qui est solennellement énoncé lors de l’initiation au grade d’apprentis. En fait de serment il y en a réellement trois.

Le 1er serment : La discipline du secret.

« Je m’engage sur l’honneur au silence le plus absolu sur tous les genres d’épreuves que l’on pourra me faire subir ».

Ce premier serment est prononcé alors que nous ne sommes encore qu’un humble candidat plongé dans les ténèbres. La coupe des libations pleine d’une eau pure dans une main et l’autre main sur le coeur. Ces deux gestes simultanés symbolisent la pureté et la sincérité du récipiendaire.

Le 2nd serment : l’amour pour nos frères.

« Sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers et en présence de cette Respectable loge de Francs Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée. C’est l’invocation.

De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des Secrets de la Franc Maçonnerie à qui n’a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.

On revient ici sur le premier serment pour réaffirmer cette discipline du silence.

Je jure d’observer consciencieusement les principes de l’Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d’en suivre régulièrement les Travaux, d’aimer mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions. Voila le point culminant du second serment

Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d’aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d’être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur

morale et indigne d’appartenir à la Franc Maçonnerie ». C’est l’imprécation

Ce dernier serment se fait une fois les trois épreuves passées, le candidat a toujours les yeux bandés, il est placé face a l’autel des serments, la main droite tendu au dessus des grandes lumières de la loge et dans la main gauche un compas pointé sur son coeur. Le Compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et, en particulier, envers nos Frères Francs Maçons.

3ème serment : se soumettre à la loi.

Un peu plus tard dans le rite initiatique le V :. M :. aura demandé à ce qu’on donne la lumière au candidat. Le bandeau lui sera enlevé et il devra une troisième fois jurer. Cette fois ci seulement le néophyte pourra apercevoir le livre de la loi sacrée, et les outils symboliques. A cet instant et pour toujours le Volume de la loi Sacrée demeure le symbole de la Tradition. L’Equerre, emblème de la rectitude, nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions ; elle est le symbole de la Loi morale.

« Néophyte, adhérez-vous entièrement aux obligations que vous venez de contracter ?

Confirmez-vous sincèrement et sans restriction le serment solennel que vous avez prêté, il y a quelques instants sous le bandeau ?

Jurez-vous, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre Ordre en ce qu’ils vous commanderont de conforme et non contraire à nos lois ? » Je le jure !

Trois épreuves symboliques

Trois serments simples et solennels

Trois coups de maillet

Et naquis un nouvel homme

III. Ma vision du serment.

Alors maintenant je voudrais vous parler de mon serment maçonnique. Celui que j’ai prêté un certain mois d’avril, devant vous. En réfléchissant bien, le vieil homme que j’étais n’avait jamais prêté serment. Fait des promesses, oui. Pris des engagements, bien évidement, mais prêté serment je n’en ai pas souvenir. Ce jour

là par contre j’ai le souvenir d’un sentiment total de confiance, un acte de totale liberté. Je me souviens que plusieurs fois le V :. M :. Nous a demander de confirmer que nous étions prêt a prêter serment comme pour m’assurer que j’avais toujours le choix, jusqu’au dernier moment. Comme pour nous permettre jusqu’à la fin de refuser ce choix. Cette porte de sortie souvent offerte avant le serment démontre bien que celui qui jure ne doit le faire qu’en totale liberté, en connaissance de cause, sans contrainte quelle soit matérielle ou philosophique. Je me rends compte en préparant ce travail que le serment que j’ai prêté me rend plus libre en fait. Un serment profane oblige, il contraint. Le serment maçonnique apporte la liberté. La liberté de progresser non plus seul dans les ténèbres mais ensemble avec nos frères. Il s’agit bien d’un serment personnel, mais qui implique un travail conjoint. Une sorte d’abandon individuel volontaire. Alors depuis ce temps là je jure. Je jure à chaque fois que le V :. M :. ferme les travaux. Je jure de me taire et d’agir dans le monde profane. C'est-à-dire non plus agir avec ma bouche mais agir avec mon âme et mon coeur.

« Mes Frères, bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action.

Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre idéal.

Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin.

Retirons-nous en paix en jurant de garder la loi du silence ! » Je le jure

Je crois que chaque fois que nous jurons à la fermeture de nos travaux nous renouvelons notre serment. Il nous faut donc nous rappeler ce que nous avons juré :

· De ne jamais révéler nos secrets

· De travailler à la prospérité de notre Respectable Loge, D’en suivre régulièrement les Travaux,

· D’aimer nos Frères, De les aider par nos conseils et nos actions

· D’observer les principes qui régissent la Grande Loge de France et d’Obéir au chef de notre ordre.

Pour terminer je citerai Oswald Wirth qui disait: « Il y a un pacte, en initiation : me consacrant au bien, j’ai le droit au vrai et je ne serai pas trompé, si je reste fidèle à mes engagements de conduite ».

J’ai dit V :. M :.

 

commentaires

Le Serment Initiatique : Une Première Lumière

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Une lecture approfondie du Serment prononcé par le candidat lors de la cérémonie d’Initiation au REAA révèle d’une part la richesse et la complexité de la formule, d’autre part le moment où celui-ci est prononcé ou, pour être plus exact, les moments où celui-ci est prononcé. Car dans le Rite Ecossais Ancien Accepté, le Serment se lit deux fois. Une première fois, lorsque le candidat a accompli les trois Voyages, une deuxième fois lorsqu’il a reçu la Lumière.

Ce Serment reste pourtant le même, mot pour mot, et il faut se demander ce qui a alors changé : à coup sûr, l’état du candidat !

Demande : « Depuis quand êtes-vous Franc-Maçon ? »

Réponse : « Depuis que j’ai reçu la Lumière. »

Révélation et Conversion

La première lecture se fait donc avant d’avoir reçu la lumière

C’est dire si ce moment est précis et solennel. Le candidat est alors Récipiendaire et doit ressentir comme un écho à la démarche qu’il a librement choisie (… moi, de ma propre et libre volonté…) et ce, depuis que son besoin de conversion a germé au fond de lui, conversion dans le sens de métanoïa, de retournement de l’esprit. Cette lecture est ponctuée d’un « Je le jure » fugace, mais qui restera gravé dans la mémoire individuelle puisque, notons-le, c’est le Vénérable de la Loge qui lit le Serment pour le Récipiendaire qui a encore les yeux bandés et qui, de ce fait, a décuplé ses facultés auditives.

Devenir Néophyte : La Seconde Lumière

Le candidat lit une deuxième fois, le Serment parce qu’il vient de recevoir la Lumière, c’est-à-dire qu’il est maintenant un Néophyte, celui qui vient de naître, celui qui vient d’être converti. Il s’agit bien là de la confirmation, en temps que « quasi-Maçon », de son engagement qu’il avait pris intérieurement lorsqu’il était encore profane, lorsqu’il n’avait pas encore été reçu, lorsqu’il était encore dans les Ténèbres.

Cette lecture est cette fois ponctuée d’une signature qui restera gravée dans la mémoire collective de la loge, dans le cahier du Frère Secrétaire.

Un Serment, Deux Lectures

Finalement, ce double engagement n’est-il pas la représentation rituelle de ce que nous préconisons au sein du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée concernant le recrutement des Sœurs et des Frères, à savoir d’une réelle prédisposition, d’un réel besoin motivé d’œuvrer à sa propre édification et non d’un vague désir d’appartenance à un Ordre ?

Ce que nous avons observé pour la Règle de notre communauté initiatique que nous faisons lire aux candidats, et qui est généralement validée sans être toutefois réellement comprise, nous l’observons pour le Serment de la cérémonie d’Initiation. Si le candidat accepte de garder inviolablement le secret maçonnique, il ne peut évidemment pas encore en connaître le sens profond. Et d’ailleurs, combien de Maçon peuvent le prétendre ? Assurément aucun, car nous sommes et resterons à jamais sur le chemin de la recherche constante du sens.

En Maçonnerie, tout se fait par 3. Ainsi, ce Serment nécessite obligatoirement une troisième lecture, cette fois en qualité de Maçon outillé, c’est-à-dire de cherchant. Une lecture, certes silencieuse, intérieure et non rituelle, mais incessante car, à l’évidence, nous nous trouvons devant une formule extrêmement condensée et synthétisant la totalité de notre démarche initiatique.

Serment et Vérité

Nous, Maçons du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée, devons inlassablement réitérer ce Serment, au quotidien, en aucun cas comme une prière ou invocation, plutôt en cherchant à en pénétrer son sens profond, en travaillant les valeurs qui y sont évoquées, en éprouvant constamment leur faisabilité individuelle, tant sur le plan physique que sur le plan moral, et surtout, en mon sens, sur le plan spirituel.

La Règle graduée de 24 pouces du Maçon peut nous aider à ordonner notre engagement. Au départ, seul l’engagement physique, à savoir se rendre disponible, être présent, doit nous mener vers l’engagement moral, à savoir se rendre disponible, être présent pour son prochain. L’absence d’un Maître nuit à l’instruction des Apprentis et Compagnons. L’absence d’un Apprenti ou d’un Compagnon nuit à la vie d’un atelier qui se construit dans la transmission. L’absence d’une Sœur ou d’un Frère officiant nuit à la justesse de son office. Combien de fois, par l’absence, une loge peinera à ouvrir ses travaux, un Morceau d’Architecture ne sera pas pleinement partagé, l’Ordre du jour sera précipitamment modifié, la Planche tracée des derniers travaux ne sera pas lue ? Combien de fois l’Appel des Sœurs et des Frères de la loge sera ponctué d’excuses et de regrets à se demander si nous vivons en période de guerre ou d’épidémie ? Une communauté initiatique ne peut être initiatique que par la présence de ses adeptes. Le Grand Orient Traditionnel de Méditerranée l’a bien compris puisqu’il veut travailler à la réunion des initiés et en a fait le principe 16 de sa règle

Pour autant, suivre assidûment les tenues de son Respectable Atelier, pratiquer l’assistance envers les faibles, la justesse envers tous, le dévouement envers sa famille et envers l’Humanité suffit-il à être un initié ?

Non. Du moins, pas dans la communauté que j’ai choisie.

L’Engagement Spirituel

Il y a un engagement qui conditionne les deux précédents que j’appelle l’engagement spirituel. C’est celui que je ne pouvais encore nommer, mais qui était déjà présent bien avant mon initiation, celui qui m’accompagne dans l’exercice de mon métier, dans mes rapports avec mes proches, celui qui me rend présent à moi-même, celui qui m’ouvre les yeux, qui m’éveille au Monde et qui me fait aimer mes Sœurs et mes Frères en toutes circonstances.

La notion d’Amour est fondamentale. Nous l’utilisons trop souvent pour exprimer uniquement la grande loi de solidarité humaine qui est la doctrine morale de la Franc-Maçonnerie. Mais l’amour, avant de mener à l’amour de l’autre, doit naître ou renaître, se ressentir et s’entretenir en soi. Plus qu’un état d’esprit, il est un rapport à soi et au Monde. L’amour est une suite permanente de révélations et d’émerveillements. Ainsi, l’Amour est le fruit exquis de la Connaissance. Chercher et trouver l’harmonie, la beauté en toute chose n’est pas aisée. Est-ce notre environnement social qui nous abrutit nous tire vers le bas ?

Est-ce notre héritage judéo-chrétien qui, pour nous laver de nos soi-disant péchés, nous maintient dans la culpabilité, la discrétion et l’enfermement ?

Ou bien est-ce nous-même, par paresse ou par peur, qui nous interdisons d’ôter et de définitivement jeter le bandeau à nos pieds ?

Toujours est-il qu’il est beaucoup plus facile de ne pas se poser de questions, de camper sur ses positions, de se nourrir de ses certitudes et de tourner en rond, en luttant, tant bien que mal, contre les difficultés du quotidien. Combien il faut être fort pour continuer à croire en l’Harmonie, lorsqu’un malheur vous frappe, lorsqu’un proche vous quitte ou lorsque des difficultés financières persistent ! Au mieux, il est beaucoup plus facile de paraître aimable aux autres que d’être véritablement aimant… L’Amoureux, lame n°6 du Tarot de Marseille, signifie que l’Amour est le pivot de l’évolution des êtres et de la création des choses. La question de l’engagement est de savoir si chacun d’entre nous aura cette même chance d’accéder à cet état d’Amoureux. Si nous sommes tous inégaux en entrant pour la première fois dans le Temple, nous devons croire en une certaine équité dans notre processus initiatique qui, effectivement, fait part égale à chacun si toutefois nous, Maçons, en sommes convaincus et œuvrons en ce sens sans jamais négliger nos devoirs d’instruction et de transmission. Il sera toujours temps d’observer si « la greffe a fonctionné », comme disent certains.

Promesse et Pratique

Promettre de suivre la Sagesse, de collaborer à la Force Universelle et de travailler dans le cadre de la Beauté est plutôt chose facile car bien abstraite pour le Néophyte. Et pour le Maçon « confirmé », il sait très bien que personne n’aura la prétention de le juger face à cet engagement colossal qui est au moins l’œuvre d’une vie !

Le Travail sur Soi : La Quête Maçonnique Authentique

Notre Serment est plus précis et plus immédiat. Il nous demande de promettre de nous efforcer de travailler à la Sagesse, Force et Beauté. Et là, plus aucune Sœur, plus aucun Frère ne pourra se cacher derrière l’abstraction et la complexité de la tâche puisqu’il est surtout question d’employer toute sa force, ses moyens, son courage, son énergie au travail d’édification et ce, avec zèle, constance et régularité. Là encore, il est clairement exprimé que l’important n’est pas le but, mais de se mettre en chemin, c’est-à-dire de se relever les manches, porter son tablier, ses gants et prendre du plaisir physique et spirituel à découvrir, dénouer et dévoiler ce que nous sommes et tous les « possibles » qui nous sont offerts, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers…

commentaires
Publicité

Les serments de l'Apprenti

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Publié le 10 Août 2009 par Thomas Dalet
Rite de Misraïm
Moi……………….., En présence du Grand Architecte de l’Univers et de cette Respectable Assemblée de Maçons, je promets et jure, sur ma foi et mon honneur d’homme et de Femme libre, solennellement et sincèrement, sans restriction mentale d’aucune sorte, de ne jamais révéler aucun des mystères et des secrets de la Franc-maçonnerie qui vont m’être confiés, qu’a un bon et légitime frère/Sœur, ou dans une loge ou un triangle maçonnique régulièrement constitué, de ne jamais les écrire, tracer ou buriner, sans l’autorisation de mes supérieurs ultimes, ni former aucun caractère par où les secrets de l’ordre maçonnique puissent être dévoilés, sous peine d’avoir la gorge tranchée, d’être déshonoré, et de voir mon nom transcrit à perpétuité sur la colonne d’infamie, alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m’emportent dans un éternel oubli.Je promets et je jure de considérer désormais tous les Francs-maçons comme mes frères, les protégeant, les assistant, et les aidant en leurs besoins, temporels comme spirituels .A partir de ce jour et dés cet instant, je répandrai les enseignements que j’aurais reçus, afin qu’une pleine lumière «éclaire la route des hommes des Femmes, mes frères mes sœurs, et cela sans distinction de classe sociale, de race, de couleur, de religion ou de nation. Je m’efforcerais de donner l’exemple de toutes les vertus, sacrifiant par avance tout vain désir d’honneur, toute ambition, et toute vanité. Et cela non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer à tous le désir de les acquérir. Je pratiquerais la Fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serais le soutien du faible, l’adversaire de l’injustice, m’opposant à toute violence imméritée, d’où qu’elle vienne, qu’elle s’adresse au corps de l’Ame. Et en cela, que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide, et les vivants symboles que je touche de ma main.
REAA(Grande Loge de France)
« Moi, N....... sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers et en présence de cette Respectable Loge de Francs-Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée.De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie à qui n'a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.Je jure d'observer consciencieusement les principes de l'Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d'en suivre régulièrement les Travaux, d'aimer  mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions.Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d'aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d'avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d'être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur morale et indigne d'appartenir à la Franc-Maçonnerie ».
Rite Ecossais Primitif

Moi, N........... ici présent, en présence du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, et de cette Respectable Assemblée, je promets de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franche Maçonnerie qui peuvent m'être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d'avoir la gorge tranchée, le coeur arraché, les entrailles déchirées, mon cadavre brûlé et mes cendres jetées aux vents afin qu'il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes et parmi les Franc-Maçons. Ainsi soit-il, et que le Dieu Tout-Puissant me soit en aide.
Rite York
De mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes.En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité.Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures., si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.
RER
Moi …… , ,sur ma parole d’honneur (prononçant ses noms de baptême et civil), je promets sur le Saint Evangile, en présence du Grand Architecte de Univers, et je m’engage sur ma parole d’honneur, devant cette respectable assemblée, d’être fidèle à la sainte religion chrétienne, au Chef de l’Etat19, aux lois de l’Etat; d’être bienfaisant envers tous les hommes, lorsque je pourrai leur être utile; de ne jamais révéler aucun des Mystères, secrets et symboles de la franc-Maçonnerie, de quelque manière que ce puisse être, et de n’en parler aucun homme que je n’aurai pas reconnu pour un vrai et fidèle maçon. Je promets de me soumettre aux lois de la Franc-Maçonnerie, et d’obéir, en ce qui concerne ces lois, à ceux qui sont chargés de leur exécution; d’aimer tous tes Frères, et de faire respecter et chérir l’Ordre, en pratiquant constamment parmi les hommes les vertus qu’il exige. Si je manque à cet engagement, que je viens de contracter par ma libre volonté et ferme détermination, je consens d’être réputé homme sans foi, sans honneur, et digne du mépris de tous mes Frères; déclarant que je persiste à vouloir être admis dans l’Ordre des Francs-Maçons, et que j’en réitère la demande. Ainsi, que Dieu me soit en aide.
Rite Français
Moi, N..N je jure et promets sur le Volume de la Sainte Loi (1) et sur ce glaive, symbole de l’honneur, devant le Grand Architecte de l’Univers, de garder inviolablement tous les secrets qui me seront confiés par cette Respectable Loge, ainsi que tout ce que j’y aurai vu faire ou entendu dire; de ne jamais les écrire, tracer, graver, ni buriner, que je n’en aie reçu la permission expresse, et de les secourir selon mes facultés; je promets, en outre, de me conformer aux statuts et règlements de cette Respectable Loge. Je consens, si je deviens parjure, à avoir la gorge coupée, le cœur et les entrailles arrachés, le corps brûlé et réduit en cendres, mes cendres jetées au vent, et que ma mémoire soit en exécration à tous les Maçons. Que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.
Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (GLMF)
Moi,…. En présence du Grand Architecte de l'Univers... Et de cette Respectable Assemblée de Maçons... Je promets et je jure... Sur mon honneur d'Homme ou de Femme libre...Solennellement et sincèrement... et sans restriction mentale d'aucune sorte... De ne Jamais révéler... Aucun des Mystères et des Secrets... De la Franc‑Maçonnerie... Qui vont m'être confiés... Qu'à un bon et légitime Maçon... Ou dans une Loge ou un Triangle maçonniques... Régulièrement constitués... De ne jamais les écrire... Tracer ou buriner... Sans autorisation de mes Supérieurs ultimes... Ni former aucun caractère... par où les Secrets de l'Ordre Maçonnique... Puissent être dévoilés ... Sous peine d'avoir la gorge tranchée... D’être déshonoré ... Et de voir mon nom transcrit à perpétuité... Sur la Colonne d'Infamie... Alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer... Afin que le flux et le reflux... M'emportent dans un éternel oubli... Je promets et je jure de considérer désormais... Tous les Francs‑Maçons comme mes (Sœurs «ou et» Frères)... Les protégeant... Les assistant... Et les aidant en leurs besoins... Temporels comme spirituels... A partir de ce jour et dès cet instant... Je répandrai les enseignements que j'aurais reçus... Afin qu'une pleine lumière éclaire la route des Hommes,... Et cela sans distinction de classe sociale... De race, de couleur, de religion ou de nation... Je m'efforcerai de donner l'exemple de toutes les vertus... Sacrifiant par avance tout vain désir d'honneur... Toute Ambition, et toute vanité... Et cela non par orgueil stérile... Mais dans le seul but d'inspirer à tous le désir de les acquérir... Je pratiquerai la Fraternité humaine en toute son amplitude... Pour en démontrer les bienfaits... Je serai le soutien du faible... L'adversaire de l'injustice... M’opposant à toute violence imméritée... D'où qu'elle vienne... qu'elle s'adresse au corps ou à l'âme... Et en cela... Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide... Et les Vivants Symboles que je touche de ma main.
Rite Standard d’Ecosse
Moi, M..., En présence du G.A.D.L.U.,Et de cette digne et Vénérable Loge d'Apprentis Francs-maçons, Honorable, respectable, régulièrement constituée, Assemblée, dédiée et dûment consacrée, De mon plein gré et consentement, Par ceci ... (le Vénérable Maître soulève la main droite du Candidat et la repose sur le V.L.S.),Et sur ceci ... (idem)Sincèrement et solennellement, Je promets et jure que toujours je tairai, Cacherai et jamais ne révélerai Aucune partie ou parcelle Des Secrets ou Mystères Touchant ou appartenant à la Franc-Maçonnerie Soit ceux qui me sont déjà connus, Soit ceux qui vont maintenant m'être communiqués Ou qui me seront révélés à l'avenir, Sauf à un ou plusieurs Frères véritables et réguliers Et cependant même pas à celui-là ou à ceux-là sans les avoir éprouvés, Strictement examinés, Ou sans avoir été assuré par un Frère bien connu Qu'ils sont dignes de cette confiance, Sauf également au sein d'une Loge juste, parfaite et régulière d'Apprentis Francs-Maçons. Je promets en outre solennellement Que je n'écrirai point ces secrets, Je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai Ni ne les tracerai en aucune façon Sur quoi que ce soit de mobile ou d'immobile sous la voûte du ciel, Que je n'engagerai personne à le faire, Ni ne le permettrai S'il est en mon pouvoir de l'en empêcher. Afin que nulle lettre, caractère ou dessin, Ni la moindre trace d'une lettre, d'un caractère ou d'un dessin, Ne puisse être lisible par moi ou par n'importe qui au monde, De crainte que nos Arts Secrets et nos Mystères Puissent être révélés par mon imprudence. Je promets encore solennellement de défendre et de maintenir La Constitution et le Règlement de la Grande Loge Nationale Française D'obéir aux officiers de cette Loge   régulièrement inscrite sur les registres de la Grande Loge Nationale Française Et que je reconnaîtrai toujours comme ma Loge-Mère. Ces différents points, je jure solennellement de les observer Sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, Sous peine, si j'en viole aucun, D'être flétri comme un individu volontairement parjure, D'être stigmatisé comme étant dénué de toute valeur morale, Totalement indigne d'être admis dans cette très Respectable Loge, Ou même dans toute réunion d'hommes qui estiment l'honneur et la vertu Au-dessus des avantages extérieurs du rang et de la fortune. Que Dieu m'aide et m'arme de constance Pour tenir fidèlement l'Obligation Solennelle d'Apprenti Franc-Maçon Que je viens de contracter.
Stricte Observance
Moi, N…, jure devant Dieu, créateur universel du monde entier, de prêter un serment réel et physique, que je ne dévoilerai jamais les secrets de la Franc-Maçonnerie à qui pour cela ne serait ni Sage, ni Franc-Maçon, et d’aucune manière je ne dirai la moindre bribe de ce que je vais voir, entendre et ressentir lors de la vénérable assemblée des francs-maçons, sans auparavant m’être suffisamment éprouvé pour savoir si c’est un vrai Frère. Je déclare, jure et promets solennellement que jamais je n’écrirai, taillerai, enterrerai, n’imprimerai ou ne graverai, ni même n’admettrai que quelqu’un puisse écrire, tailler, enterrer, imprimer ou graver quoi que ce soit sur du papier, du métal, sur la main, absolument rien qui puisse donner l’impression d’une lettre ou d’une figure, que ce soit volubile ou non, solide ou liquide. Je jure et promets solennellement fidélité à mon Souverain, aux lois des puissances sous lesquelles je vis, d’y rester fidèle, aimable et de m’y attacher, et dans cette Loge ou toutes celles où que je pourrai me rendre d’y rester fidèle, de ne causer à aucun ni nuisance ni inconvénient mais de les protéger en mon âme et conscience et si je devais découvrir de telles choses, de les rapporter immédiatement.Je m’engage à être compatissant envers tous les hommes, à me montrer généreux et serviable avec tous et en particulier avec mes Frères et Sœurs, et à être avec eux dans toutes les circonstances, à moins que ce ne soit contraire aux mœurs ou à mon honneur que je promet de préserver. Si je devais manquer à l’un de ces engagements, je veux que ma gorge soit tranchée, ma langue arrachée, mon cercueil transpercé, mon ventre ouvert, mes entrailles retirées et que mon corps ainsi mutilé soit jeté contre une digue, là où le flux et le reflux passeront deux fois en vingt-quatre heures ; que mes restes ensanglantés soient brûlés et que leurs cendres soient éparpillées à l’air libre pour qu’il ne subsiste aucun souvenir de mon être, pas seulement parmi les francs-maçons et autres personnes mais sur toute la surface du globe terrestre. Que Dieu me soit témoin. 
Rite Emulation

En présence du Grand Architecte de l’Univers, et de cette Loge de Maçons Francs et Acceptés, honorable, respectable, régulièrement constituée, assemblée, dédiée et dûment consacrée, de mon plein gré et consentement, par ceci (le VM. touche de sa m.g. la m. d. du Cand.) et sur ceci (le VM. touche de sa m.g. le VLS.) sincèrement et solennellement, je promets et jure que toujours je tairai, cacherai et jamais ne révélerai aucune partie ou parcelle des secrets ou mystères, touchant ou appartenant aux Maçons Francs et Acceptes en FM., soit ceux qui me sont déjà connus, soit ceux qui vont maintenant m’être communiqués ou qui me seront révélés à l’avenir, sauf à un ou plusieurs Frères, véritables et réguliers, et même pas à celui-là ou à ceux-là, sans les avoir éprouvés, strictement examinés, ou sans avoir été

assure par un Frère bien connu qu’ils sont dignes de cette confiance; sauf également, au sein d’une Loge juste, parfaite et régulière d’anciens Francs Maçons. Je promets en outre solennellement, que je n’écrirai pas ces secrets, que je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai, ni ne les tracerai en aucune façon, sur quoi que ce soit de mobile ou d’immobile sous la voûte du ciel, que je n’engagerai personne à le faire, ni ne le permettrai, s’il est en mon pouvoir de l’empêcher, afin que nulle lettre, caractère ou dessin ou la moindre trace d’une lettre, d’un caractère

ou d’un dessin, ne puisse être lisible ou compréhensible par moi, ou par n’importe qui au monde, de crainte que nos arts secrets et nos mystères soient révélés par mon indignité. Ces différents points, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque, ou restriction mentale d’aucune sorte, sous peine si j’en viole un seul,

d’avoir la gorge tranchée, la langue arrachée à la racine et enfouie dans les sables de la mer à marée basse à une encablure du rivage, là où le flux et le reflux se font sentir deux foix par vingt quatre heurs, ou bien sous la peine plus effective d’être flétri comme un individu volontairement parjure, d’être stigmatisé comme étant un être dénué de toute valeur morale, totalement indigne d’être admis dans cette Très Respectable Loge ou dans toute autre Loge légitime, ou même dans toute réunion d’hommes qui estiment l’honneur et la vertu, au-dessus des avantages extérieurs du

rang et de la fortune. Que Dieu m’aide et m’arme de constance pour tenir fidèlement cette obligation solennelle d’Apprenti Franc-Maçon.

commentaires
Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>