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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Le but de l'Initiation Jean-Baptiste Willermoz

Publié le 29 Mai 2026 par T.D

Le texte que nous vous proposons ici est extrait de l'"Instruction secrètes aux Grands Profes". Il fut écrit au XVIIIe siècle par Jean-Baptiste Willermoz pour l'un des plus hauts grades des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Dans cette "instruction" on retrouve l'essentiel des enseignements de Martinès de pasqually, que son disciple lyonnais s'efforça d'introduire dans la Franc-Maçonnerie.L'extrait suivant traite de

l'origine de l'initiation
Mon Très Respectable et cher Frère !
Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'Initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui, et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler, et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même, qui l'a assujetti au travail de l'Initiation, en se refusant à ses recherches.


Il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; a cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent, et à peine a-t'-il une idée superficielle des objets, qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible h assidue, qu'il apprend à les connaître. arrivé à Page où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine ; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort 'son intelligence de tout ce qui lui est étranger.
Cette première initiation, fondée sur la dégradation de l'homme, et ; exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane, qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'Intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein, qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses, et qu'ils s'assurèrent de leur Constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence, que des hiéroglyphes ou des emblèmes, difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques, qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de tout initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière, que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal, est ce qu'il doit être ; h dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité? Il est vrai, que parmi les Philosophes il s'en trouve un grand nombre, qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet si l'on ne voit en lui, que des facultés sensibles, il faut bien convenir, que sa véritable place est parmi les Êtres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique ces Philosophes ayant ignoré nos prérogatives naturelles, ils auraient pu s'épargner aisément cette méprise, car toutes les facultés de l'homme spirituel sont des preuves évidentes de sa grandeur primitive comme son ignorance et sa faiblesse démontrent sa dégradation. Actif par Essence, l'homme est impuissant et enchaîné ; avec une intelligence sans bornes, qui peut connaître le moindre des Êtres de l'Univers est un mystère impénétrable pour lui. Son œil pénétrant est toujours ouvert, mais environné d'épaisses ténèbres il ne peut rien apercevoir ; avec un désir irrésistible du bonheur et de la jouissance, aucun des objets qui l'entourent ne peut le contenter. Doué enfin de facultés infinies, il est privé des moyens d'en faire usage. Avouons le, cet homme avait une autre destinée, ou il serait le plus inconcevable des Êtres.
Les Sages parfaitement instruits de la vraie nature de l'homme et de sa dégradation, qui le rend indigne d'approcher du sanctuaire de la vérité, eurent grand soin d'enseigner cette doctrine à leurs disciples. Mais quoique les Philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa Nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'Étendue de ses facultés intellectuelles. Ce Contraste étonnant leur aurait prouvé la Grandeur de son origine et sa Dégradation. Car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa Nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante, est tellement resserrée et contenue, qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses Efforts il est si intimement convaincu de sa Supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre a son action, tous les Êtres qui l'environnent.


Il est aussi doué d'une Intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible, cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres Individus de l'univers sont des Mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des Individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les Vérités de la Nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Êtres Spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la Vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires ; Il a des facultés infinies, mais il se voit privé des moyens d'en faire usage, étant éloigné de tous les Êtres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester, En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un Être que l'Infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la Nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle et que les facultés spirituelles divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Êtres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Être.


Voilà Mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa Dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité, cette Doctrine ayant toujours été la base des Initiations les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs Disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des Initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route, qui peut conduire l'homme à son état primitif, et ; le rétablir dans les droits, qu'il a perdus. Voilà, mon cher frère, le vrai, le seul but des Initiations. Telle est cette science mystérieuse et Sacrée, dont la connaissance est un crime pour ceux, qui négligent d'en faire usage, et qui égare ceux, qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles.


C'est d'après ces Principes que les Initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait eux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages y employèrent figuraient aux apparences sensibles et matérielles dé la Nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'univers, et des Êtres individuels qu'il renferme.

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REAA32

Publié le 29 Mai 2026 par T.D

ALLOCUTION DU MINISTRE D'ETAT

 

Te voilà parvenu au grade où il est indispensable que la finalité de l'Ordre devienne pour toi une évidence claire.

Tu as dû te rendre compte déjà que ce n'est pas vers la pure contemplation, mais vers l'action, qu'il dirige ceux de ses adeptes auxquels il fait gravir ses degrés jusqu'à celui-ci.

Quelques explications, complémentaires de l'instruction qui vient de t'être donnée, sont nécessaires pour te bien faire comprendre en quoi consiste cette action et quels sont désormais tes devoirs et obligations.

Au 30ème degré, tu as reçu l'initiation dernière qui a fait de toi un Chevalier Kadosch, un Chevalier sacré. Tu as été consacré comme tel et armé du glaive flamboyant dont on t'a dit qu'il doit être entre tes mains comme la lance de Saint-Georges ou le caducée de Mercure et dont tu dois te servir de telle façon que ce que tu touches de sa pointe se range à tes côtés dans le combat que tu dois mener pour le triomphe des causes justes et nobles.

Ainsi as-tu été invité à l'action. Mais c'était à une action individuelle.

L'initiation à ce grade t'a introduit non pas dans un camp mais dans deux camps, le blanc et le noir, pour marquer que dans tes initiatives d'action, tu oscilles inévitablement entre deux espèces de moyens, ceux de la violence et ceux de la persuasion, et que, dans chaque cas, il te faut opter, voire réaliser un équilibre entre ces deux contraires.

Maintenant, il en va autrement. Ta réception comme Prince du Royal Secret ne comporte plus d'enseignement initiatique proprement dit. Tu viens d'être promu à un poste élevé dans un camp, un seul, un poste qui te crée des devoirs rigoureux et des obligations définies.

C'est à la conception et à l'exécution de l'action d'ensemble de l'Ordre que tu es désormais intimement associé. Il importe que tu en prennes conscience de la façon la plus claire.

Il ne s'agit plus seulement pour toi de mener ton combat isolément sous l'inspiration des principes enseignés aux Kadoschs, mais de prendre un haut rang dans une armée et d'y assumer ta part de charges et de responsabilités.

Cette armée ne comprend pas que les Chevaliers du Royal Secret. On vient de te le dire, elle se compose de la totalité des membres de l'Ordre, répartis par degrés initiatiques et constituant, sur le plan de chaque degré, autant de phalanges auxquelles sont dévolues des tâches particulières en concordance avec le caractère et les enseignements du grade.

Cette armée a des objectifs. Tu as entendu dire précédemment et répéter au cours de la cérémonie qui vient de se dérouler que nous entendons entretenir vivante la Chevalerie Templière criminellement abolie par massacre il y a plus de six siècles.

La cause à laquelle nous demeurons inébranlablement attachés est celle qu'avait embrassée cette Chevalerie : la primauté de l'esprit, la culture et la défense de la pensée libre, la protection des faibles, le respect de la femme, l'avènement des êtres humains à la dignité, l'abolition des privilèges de toutes espèces, la lutte contre les sectarismes, les dogmatismes et les oppressions.

Pour servir cette cause, deux conditions sont indispensables : être, en esprit, un religieux, au sens le plus profondément humain et charitable, conscient d'être en concordance avec la loi universelle qui veut l'harmonie et le perfectionnement par l'évolution; être, en fait, un combattant en activité incessante, entièrement dévoué à la cause, payant de sa personne et de ses moyens de tous ordres.

Au vrai, et malgré la disparition de la Chevalerie Templière, cette cause n'a jamais cessé d'être servie de différentes façons plus ou moins occultes. A défaut d'armures, ce fut par les écrits. Lorsque les écrits furent interdits, on usa de la parole. Quand la parole fut baillonnée, ce fut par la pensée et par l'exemple d'existences entières consacrées à son triomphe. Nombreux sont ceux qui l'ont fait au péril de leur vie ou de leur liberté.

Tels des germes emportés par le vent qui se sèment et se développent, les idées lancées et valorisées par ceux qui furent nos devanciers ont engendré des transformations qui furent les victoires de cette armée agissante bien que presque invisible.

Cinq coups de canon, nombre symbolique, devaient signaler les offensives de cette armée. Sur ces coups de canon, trois ont déjà été tirés qui marquèrent le déclenchement d'actions vigoureuses en faveur de l'émancipation de l'esprit.

Cependant, le combat continue. Deux coups de canon restent à tirer.

En effet, d'autres formes de la tyrannie sont apparues, naissant parfois des excès de ce qui, originairement, était bienfaisant, tant il est vrai que les mauvais instincts sont enracinés en l'homme et difficiles à extirper. Ainsi, la raison, grâce à quoi tant de progrès ont été accomplis, a été abusivement érigée en déesse non moins exigeante que les divinités anciennes, engendrant le rationalisme qui a comprimé et souvent étouffé de précieuses facultés intuitives. Associé à l'accroissement des connaissances issues de la science positive et les exploitant, le rationalisme a conduit à la naissance et au développement de la civilisation industrielle, technicienne et matérialiste où la notion et l'appétit de profit ont été substitués à la culture de l'esprit; qui a implanté chez les hommes la volonté de puissance, de puissance d'argent, de puissance économique, et des idéologies absolutistes qui ont suscité dans les nations des entreprises monstrueuses de domination accompagnées de criminel mépris des personnes humaines. La démocratie a souvent dégénéré en démagogie, amenant une tyrannie des masses qui s'oppose à la libération de l'esprit. Les prodigieux moyens modernes de diffusion de la pensée et des merveilleux fruits de la science, qui devaient servir l'exhaussement des intelligences, des coeurs et des consciences, ont été utilisés par les nouvelles puissances politiques, économiques et financières pour des publicités sordides dont l'effet est de priver les hommes de l'occasion et du goût de penser, de leur dicter leurs divers comportements, de les dépersonnaliser en les acheminant vers un type standardisé et vers une nouvelle espèce d'esclavage.

Et cependant, la rapidité croissante des déplacements des hommes et des échanges de choses sur toute la planète, l'instantanéité des communications entre tous les points de la terre préparent cette unité de l'espèce humaine qui fut l'idéal sublime de nos devanciers.

Comment se fait-il que les progrès inouïs qui auraient dû rendre le genre humain rayonnant de gloire et de bonheur l'ont au contraire plongé dans une nouvelle obscurité où il est la proie de l'angoisse, où ne luit pas l'espérance, où il redoute chaque jour un holocauste qui marquerait sa fin ? N'est-il pas significatif qu'aucune église établie, aucune institution spirituelle ne se soit élevée, dès leur apparition, contre les armes atomiques, qu'aucun débat empreint de quelque noblesse n'ait eu lieu à leur sujet et qu'on n'en ait discuté qu'en termes stratégiques ?

C'est parce qu'on s'est progressivement écarté d'une loi infrangible que nous devons, nous, inscrire en lettres d'or à notre frontispice :

"Il n'est d'évolution bienfaisante et valable que celle qui conduit l'accroissement de la spiritualité."

regrettable et pernicieuse, s'est établie, du fait des découvertes scientifiques et de leurs applications pratiques, entre les mots progrès et perfectionnement. Il n'est de perfectionnement qu'en profondeur, quand la nature humaine est améliorée par une grande emprise de l'esprit sur la vie physique. Or, les progrès dont on se montre si fiers ne sont que de surface, d'ordre matériel et n'intéressent que la vie physique. Ils ont accéléré son rythme jusqu'à le porter à une trépidation perturbante de l'équilibre mental; ils ont inoculé aux hommes une soif croissante de commodités et de jouissances et, loin de leur assurer plus de temps à consacrer à leur perfectionnement spirituel, ils les ont rendus impénétrables par l'esprit.

Car il ne faut pas tenir pour des acquisitions de l'esprit l'accumulation de savoir qui résulte des recherches auxquelles s'adonne le monde moderne. Les hommes, maintenant, savent, en général, beaucoup plus de choses que les anciens en tous les domaines d'érudition, mais ce savoir n'a fait qu'exacerber leur orgueil et leur ambition, et au lieu de les faire avancer dans les voies qui mènent à un exhaussement de l'être humain intrinsèque et à un gain qualitatif, il les a fait régresser.

Ainsi se dessinent les positions à l'assaut desquelles nous devons nous lancer. Ainsi se définissent les raisons et les objectifs de notre combat.

La tradition qui nous inspire est celle de l'esprit triomphant. Elle fut aussi, à leur origine, celle des églises établies, mais celles-ci se sont enlisées dans le temporel. Il appartient désormais à notre Ordre, et à lui seul, de reprendre en mains la destinée du monde, de redonner une âme à une humanité qui en est dépourvue afin de la rédimer, de la relever de sa nouvelle chute.

Il ne s'agit donc plus pour nous de rechercher les moyens d'amélioration des institutions nationales, ni de disputer quant à la valeur des régimes politiques ou sociaux. Il nous faut élargir nos horizons jusqu'à embrasser l'universel.

Notre tâche impérieuse, inéluctable, est d'abord d'opérer notre concentration sur les données de notre enseignement traditionnel, de porter en chacun de nous et en nous tous ensemble, à son plus haut degré possible, notre potentiel de valeur spirituelle et, ensuite, de le diffuser à l'extérieur de l'Ordre par des canaux appropriés qu'il nous faudra découvrir.

Ainsi s'esquisse notre plan d'action.

Nous t'intégrons, nous sublime Chevalier, pour l'accomplissement de cette oeuvre et nous requérons de toi, dans ce but, le meilleur de toi.

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Chevalier de Malte

Publié le 29 Mai 2026 par T.D

DISCOURS

Em.P. Digne Frère Chevalier, il est maintenant de mon devoir d'attirer votre attention sur un bref résumé de l'histoire de l'Ordre des Chevaliers de Saint Jean et ses rapports avec les cérémonies actuelles.

Cet Ordre fut, à l'origine, fondé à Jérusalem durant la première Croisade, vers l'an 1099 de Notre Seigneur, par l'association de plusieurs pieux Chevaliers avec les Frères de l'Hôpital de Saint Jean, un établissement fondé auparavant en 1048 pour secourir les Pèlerins qui s'en venaient vénérer le Saint Sépulcre.

Le nom de Palestine et la date figurant sur la Bannière de la Nativité [La Bannière de la Palestine est déployée] nous rappellent la terre qui vit naître Notre Seigneur, et font référence à la période originelle de l'Ordre ainsi qu'au lieu où il fut fondé.

Après une existence tourmentée de prés de deux cents ans en Terre Sainte, l'Ordre privé des secours escomptés, à cause des guerres qui ravageaient l'Europe, fut contraint dequitter la Palestine [La Bannière de Palestine est repliée] et, en l'an 1291, il s'établit dans l'Ile de Chypre.

[La Bannière de Chypre est déployée.]

Le nom et la date inscrits sur la Bannière de la Vie le sont en mémoire de ce refuge des Chevaliers de Saint Jean.

[La Bannière de Chypre est repliée.]

En l'an 1310, l'Ile de Rhodes devint la propriété de l'Ordre qui [La Bannière de Rhodes est déployée], quelques années auparavant, en 1307, avait été renforcé en nombre et enrichi des possessions des Templiers, exterminés à cette époque par la cruauté et la cupidité du Pape Clément V et du Roi de France, Philippe le Bel.

Les vestiges des fortifications élevées à Rhodes par les Chevaliers portent, aujourd'hui encore, témoignage de leur talent d'architectes et de leur habileté technique.

La B. de la M. fait référence à cette période de notre histoire.

En 1522, l'Ile de Rhodes fut assiégée par les Turcs, conduits par le Sultan Soliman le Magnifique. Après une défense mémorable, l'île tomba entre les mains des Infidèles.

Cependant, la garnison fut autorisée à quitter la place avec tous les honneurs de la guerre [La Bannière de Rhodes est repliée].

A partir de 1523 l'Ordre trouva refuge dans l'Ile de Candie et autres lieux [La Bannière de Candie est déployée] et en 1530, l'Empereur Charles-Quint céda 1'Ile de Malte à l'Ordre [La Bannière de Malte est déployée], à condition que celui-ci consacre tous ses efforts à réprimer les ravages des corsaires barbaresques qui, à cette époque, infestaient la Méditerranée méridionale.

Ces époques de notre histoire sont commémorées par les B de la R et de l'A.

[Les Bannières de Candie et de Malte sont repliées.]

Le Mar. Adjt. ordonne aux Gardes des Bannières de rengainer leur épée et de s'asseoir.

La légende contant l'arrivée des Chevaliers dans ce qui sera leur dernier refuge a donné naissance aux mots distinctifs de l'Ordre. L'histoire rapporte que, venant prendre possession de l'île, ils accostèrent avec leurs galères, à force de rames. Chaque rame était manœuvrée par deux hommes qui, la rame dans la main gauche et l'épée dans la main droite, psalmodiaient « R. des R., S. des S. ».

Les indigènes de l'île, les voyant approcher dans cet appareil guerrier, les hélèrent au moyen d'un porte-voix, disant en arabe :

E. S. A.                    (r)

ce qui signifie: V. V. E.P. ?

A cela les Chevaliers répliquèrent : A. E. S.  (s)

ce qui signifie: N. V. E. P.

ce à quoi les indigènes répondirent :

W. A. E. S.                           (t)

ce qui signifie : A. V. E. P.

On peut remarquer que telle est encore, de nos jours, la salutation ordinaire d'un Arabe et d'un étranger.

La Passe de Méditerranée, que vous avez reçue dans le grade préliminaire de Chevalier de Saint Paul, fut instituée aux premiers temps de l'Ordre, afin que les pèlerins puissent se distinguer des corsaires barbaresques qui s'efforçaient de leur barrer le passage vers la Terre Sainte.

Cinq Officiers du Prieuré, à savoir l'Eminent Prieur et ses gardes du corps, sont assis à l'Orient de la Salle du Conseil à une Table Pentagonale sur laquelle est représentée une Croix latine. Leurs épées sont toutes pointées en un endroit précis, où l'on considère que le C. D. N. S. (u) a reposé, de façon à symboliser le caractère saint de l'Ordre.

Le nombre 5 fait aussi allusion aux C. P. D. C.    (v)

et on le retrouve dans le nombre des barreaux de l'échelle figurée dans un des quartiers de l'Orle qui fait partie du Bijou représenté sur la seconde Table. Ces cinq Officiers formaient l'état-major personnel du Grand Maître de l'Ordre

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Les Chevaliers du Lion

Publié le 28 Mai 2026 par T.D

la Gloire du Grand Architecte de l'Univers FRANCS-MAÇONS ANCIENS ET ACCEPTES Au nom et sous les Auspices de la GRANDE LOGE DE FRANCE Liberté- Egalité- Fraternité R...L...Heureuse Rencontre,Orient de Brest,N° 459. Le 6 avril 1984.

UNE SOCIETE SECRETE MILITAIRE SOUS L ' EMPIRE : LES CHEVALIERS DU LION. Examen d'un rituel figurant dans les archives de notre R...L... et provenant probablement des archives du Chapitre LE REPOS- DU LION à L'Orient de Brest (1812-1815). Joseph Le Roc'h-Morgère V...M… et Vous tous Mes Frères, 2 Les Archives de notre Atelier contiennent, entre autres documents curieux, un rituel d'une société secrète- Les Chevaliers du Lion- société secrète militaire du 1er Empire dont les historiens savent très peu de choses. Ils en savent d'autant moins qu'Oswald Wirth a présenté un prétendu rituel des Chevaliers du Lion qui n'est qu'un rituel maçonnique probablement mort-né... à moins que Wirth, qui avait l'imagination très active, ne l'ait inventé. De surcroit ce rituel est franchement ridicule. Le plus étonnant c'est que les historiens ont accepté la version de Wirth avec une totale absence d'esprit critique.

Ce que de rares Chevaliers du Lion nous ont livré, indique que leur Société n'avait rien d'initiatique, c'était une société patriotique qui semble avoir eu trois objectifs successifs :- en Angleterre (1812), provoquer un soulèvement contrôlé des 80.000 prisonniers français, en conjonction avec un débarquement venu de Boulogne ;- ultérieurement, dans les territoires de l'Empire (France, Belgique, Allemagne...) être une société élitiste militaire.-

Après la chute de l'Empire, retour à la clandestinité. . L'historien P. Chevallier, dans son Histoire de la Franc-maçonnerie, signale l'existence d'un Ordre du Lion Dormant Nos propres archives contiennent divers documents se rapportant à un Chapitre brestois intitulé Le Repos du Lion , chapitre incontestablement maçonnique, qui a disparu en 1815 ; mais il y a quand même quelque chose de curieux, c'est que, encore en 1818, les anciens membres du Repos du Lion se refusaient à remettre leurs archives au Chapitre de l'Heureuse Rencontre...il y avait probablement des choses à cacher. .

Le rituel de Chevaliers du Lion qui a fait l'objet de mes recherches, provient très probablement de ce lot de papiers que l'on souhaitait continuer de cacher. Il ne vous échappera pas que nos archives détiennent ainsi un document de toute première importance concernant l'histoire des Chevaliers du Lion Il permet de rectifier le point de vue "officiel" des historiens, lequel se ramène à dire que les chevaliers du Lion n'étaient qu'une variante maçonnique.

Ce qu'il y a de vrai là-dedans c'est que :- dans la première période (clandestinité en Angleterre) l'Ordre s'est caché derrière la Maçonnerie, qui lui a servi de paravent vis à vis des Anglais, et de vivier pour son recrutement- beaucoup des fondateurs de l'Ordre étaient MM aussi ont-ils emprunté à la M. ce que sa "méthode de conduite de réunion" avait d'efficace,- enfin après la chute de l'Empire, l'Ordre du Lion s'est à nouveau caché derrière le paravent de la M. Mais, comme vous allez le voir l 'Ordre du Lion s'est doté de tout (page manquante…) LES CHEVALIERS DU LION 3

I Alors qu'il rassemblait au camp de Boulogne les moyens de débarquer en Angleterre, Napoléon ou l'un de ses proches s'avisa de l'existence d'une sorte d'armée de réserve qui s'offrait de l'autre côté de la Manche : les quelques 70.000 ou 80.000 militaires et marins qui étaient prisonniers en Angleterre. Le Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie de P. Ligou, en regroupant ce que l'on sait sur les Loges constituées par certains de ces prisonniers, énumère de nombreux lieux de détention tant en Angleterre qu'en Ecosse. Mais pour une part importante ces prisonniers étaient tout bonnement presqu'en face de Boulogne: ils étaient internés dans la région de Portsmouth, les uns sur des pontons, les autres dans divers forts ou camps du comté de Hants.

Avec le recul de l'histoire il apparait qu'en de nombreux endroits les prisonniers n'eurent pas trop à se plaindre de leurs geôliers, Oswald Wirth1 évoque en ce sens les Mémoires d'un Conscrit de 18082 . Et il cite le cas des 7.000 prisonniers du château de Portchester3 où avait été monté un théâtre "français" dont le très sérieux répertoire attirait un large public anglais et était source de bénéfices. Par ailleurs de nombreuses pièces de correspondance- voire des délivrances de patentes consenties par la Grande Loge d'Angleterre à certaines Loges de prisonniers français (cf. le dictionnaire de P. Ligou) indiquent que les Francs-Maçons des deux nationalités entretenaient d'excellentes relations. Les Maçons français étaient autorisés à se réunir entre eux "en les formes accoutumées"... Ce n'était donc pas parmi eux que se trouverait le noyau dur susceptible de préparer un soulèvement des prisonniers français, et ultérieurement de le réaliser selon un plan minutieusement préparé.

Les Mémoires d'un Conscrit de 1808 indiquent que le projet "ne tendait pas moins qu'à délivrer tous les Français prisonniers et forcer l'Angleterre à se soumettre aux conditions qu'il plairait à la France de lui imposer. 70.000 Français qui se trouvaient alors en Angleterre, étaient plus que suffisants pour réussir dans une semblable entreprise, sur un pays dégarni totalement de troupes de ligne, et dont toute la force consistait en quelques régiments de milice".

Et les Souvenirs de guerre et de captivité d'Octave de Barral4 indiquent pareillement que "ce fut en ces circonstances, c'est à dire un an avant la campagne de Moscou, et sous le patronage de l'Empereur, que naquit et se ramifia dans tous les dépôts de prisonniers, l'Ordre du Lion. Le même jour, à la même heure, en Angleterre, en Ecosse (...) partout enfin où résidaient des prisonniers français, devait éclater à un signal donné par le Grand Maître, ces nouvelles Vêpres siciliennes, l'insurrection de 80.000 braves contre leurs geôliers".

L'Ordre du Lion ne recrutait en principe que parmi les officiers mais acceptait aussi des sous-officiers que le Commandeur "considérait d'avance comme officiers", ce qui était de nature à susciter une singulière émulation parmi les sous-officiers. Le projet d'insurrection des 80.000 braves se précisa: il s'agissait de mener une guerre de partisans en vivant sur la campagne. Un inventaire des dépôts d'armes et de munitions avait été fait, en vue de compléter le matériel qui aurait été pris sur place. Lardier (Histoire des pontons et prisons) semble être remonté jusqu'aux origines- le document que nous analyserons le confirmera- quand il fait partir la création de l'Ordre du Lion du cautionnement d'Odiham (comté de Hants)5 par l'adjudant-général Simon ; "les membres se réunissaient et faisaient leurs réceptions au pied d'une vielle tour, dans les environs d'Odiham. Ils s'entendirent ensuite avec les membres d'une loge maçonnique où ils tinrent leurs séances en changeant les décorations".

Le fait d'utiliser les locaux d'une loge maçonnique constituait une réelle habileté puisque les Maçons pouvaient se réunir sans provoquer la méfiance des Anglais, du moins le croyaient-ils... mais, raconte Lardier, un agent anglais pénétra un jour dans la loge au moment où les Chevaliers du Lion en sortaient, il se rendit compte que les décors du local n'avaient rien de maçonnique, les papiers et emblèmes furent saisis ; bien qu'on n'ait pas pu déchiffrer les documents, on conclut à un complot.

Simon fut arrêté mais l'Ordre du Lion continua de se développer6. 1 Oswald Wirth : L'Ordre du Lion (L'Acacia, janvier 1909). 2 Mémoires d'un Conscrit de 1808, recueillis et publiés par Philippe Gille (Victor Havard,3e édition 1892) 3 Portchester Castle est à 5 km à l'Est de Fareham qui est au fond de la baie de Portsmouth Harbour. C'est un château normand du Xlle siècle, agrandi au XlVe. 4 Souvenirs de guerre et de captivité d'Octave de Barral, cités dans la revue Renaissance Traditionnelle d'avril 1971, pp.115 à 118 5 A proximité d'Odiham se trouve Odiham Castle. De ce château, qui a une longue histoire, il ne reste qu'un donjon du Xlle siècle en ruines.

Il y a tout lieu de considérer ce donjon comme ayant été "la Tour" au pied de laquelle l'Ordre du Lion eut ses débuts. 6 Cité dans le numéro de la revue Renaissance Traditionnelle indiqué dans le précédent nota. 4 Les Mémoires et Souvenirs évoqués ci-dessus donnent différentes indications dont nous verrons l'intérêt ultérieurement. Tel l'emploi du signe pour désigner l'Ordre du Lion, signe que l'on trouve plusieurs fois dans les Mémoires d'un Conscrit de 1808. D'autre part on a une description des décorations des chevaliers dans les mémoires de Barral : "quant aux insignes provisoires dont nous nous décorions dans nos réunions, ils consistaient en une large écharpe bleu de ciel avec lisérés et doublure chamois, on y voyait un gantelet d'or et une tête de lion héraldique, ces deux attributs entourés d'une bordure dont la nuance variait suivant la commanderie â laquelle appartenait le chevalier".

Lardier dit à peu près la même chose mais en indiquant la présence d'un glaive doré sur l'écharpe et sans faire allusion au gantelet d'or. Il dit aussi que, lors des séances, on plaçait à côté du président un buste de Napoléon surmonté d'une étoile transparente avec un N dans le milieu... II Au hasard de la manipulation distraite d'un lot de vieux papiers conservés dans une collection particulière de Brest, mon attention a été attirée par un mince cahier dont la couverture bleue était fanée par les ans. Il comprenait une vingtaine de feuillets manuscrits et était intitulé "Chevaliers De La Tour".

En fait il s'agissait des Chevaliers du Lion, comme il est écrit dès la quatrième page7. Il apparaît que les Chevaliers de la Tour constituaient le premier grade d'une hiérarchie ainsi fixée :- Grand Maître (dépendant ou assisté d'un conseil secret)- Commandeurs (dits aussi Majeurs)- Honorables Gaulois,- Très dignes Insulaires,- Chevaliers de la Tour (dits aussi Mineurs). Si l'on se souvient de ce que disait Lardier quand il évoquait la fondation de l'Ordre du Lion sous forme de réunions au pied d'une vieille tour proche d'Odiham, on comprend la valeur symbolique et affective de l'appellation "Chevaliers de la Tour" et de l'emploi du terme "Tour" pour désigner le lieu et les modalités d'une séance, comme l'indique notre cahier. Nous sommes, si l'on peut dire, en pays de connaissances. De plus ce cahier contient un catéchisme des Chevaliers de la Tour qui évoque Odiham comme ayant été "le berceau de l'amitié". Enfin l'une des photocopies ci-incluses montre que l'Ordre du Lion remonte au 22 septembre 1808. Figure aussi dans ce cahier un "cantique de fondation fait de vers de mirliton et prenant pour égide "notre Grand Empereur"... La reproduction ici de l'intégralité du texte de ce cahier aurait posé des problèmes trop difficiles, comme le suggèrent les photocopies ci-jointes, en raison du nombre et de la complexité des tableaux, en raison aussi du codage de différentes parties du texte qu'il aurait fallu assortir d'un libellé en clair8.

On ne trouvera donc ici qu'un résumé des principaux paragraphes, appuyés et complétés d'extraits et de photocopies9. III Un paragraphe de ce cahier indique quelles sont les dispositions d'une Tour . Elle devait avoir autant que possible une forme circulaire et représenter une galerie antique, décrite comme étant constituée de colonnes "à la moresque" reliées par des arcades en ogive, chaque ogive portant "l'étoile du Patron". Au dessus de la porte était placé le buste du Patron surmonté des armes de l'Empire. A l'opposé était un autel sur lequel étaient posés "les attributs" (tout ce qui en est dit c'est que l'on ferme les attributs à la fin de la séance ; on notera que Barral présente le gantelet d'or et la tête de lion comme des attributs).Cet autel est surmonté d'un trophée constitué des bannières de l'Ordre. Au dessus était un soleil rayonnant.

Nous passons sur la décoration très fouillée de chaque arcade, pour ne noter que la tonalité générale de la décoration : le bleu azur "qui est la couleur générale de l'Ordre". Le fauteuil du grand Maître (ou du président ?) était placé devant l'autel. A. sa droite était une petite tour sur laquelle le livre des lois était posé. Et à sa gauche était la table du chancelier. Les commandeurs étaient placés de chaque côté de l'autel, et à droite et à gauche de ceux-ci étaient le trésorier et le rapporteur, l'orateur et l'archiviste. Le maître des cérémonies se tenait sous le buste du Patron, ayant les écuyers de service auprès de lui.

7 On y trouve le rituel de réception et notamment ce dialogue : le Grand Maître : Que désirez-vous ? le parrain : L'honneur d'être admis Chevalier du Lion. 8 Une photocopie intégrale du cahier a été remise à la bibliothèque de la marine à Brest, les Chevaliers du Lion, comme d'ailleurs les autres sociétés secrètes de l'époque (Olympiens, Philadelphes, etc.) ayant regroupé de nombreux marins 9 Je n'ai pas suivi strictement l'ordre des rubriques du cahier celui-ci paraissant avoir été rempli sans grande logique, et parfois en réutilisant certains espaces précédemment laissés libres. La décoration des chevaliers 5 est donnée dans la rubrique "Instruction Générale". Le plus simple est de citer le texte :

"La décoration des Mineurs consiste en un ceinturon bleu de ciel portant sur le devant en forme de plaque une tête de lion brodée en or sur une rosette de la couleur de la commanderie à laquelle le chevalier appartient par sa naissance, à ce ceinturon est pendu une épée". "La décoration des Insulaires consiste en un baudrier bleu auquel pend une épée et le long duquel est brodé une chaine dont les bouts se réunissent sur le devant, une tête de lion brodée en or sur une rosette de la couleur de la commanderie à laquelle le chevalier appartient par sa naissance. Cette rosette est surmontée de l'Etoile du Patron brodée en argent".

"La décoration des Gaulois consiste en un baudrier de la couleur de la commanderie, portant une épée sur le devant du baudrier, une tête de lion brodée en or sur une rosette de la couleur de la commanderie à laquelle le chevalier appartient par sa naissance. Au dessus de la rosette, l'Etoile du Patron en argent et au dessous un gant à la Crispin brodé en or".

"La décoration des commandeurs consiste en un baudrier de la couleur de la commanderie portant une épée. Sur le devant une tête de lion entourée de rayons brodés en or sur une rosette bleu ciel. Au dessus de la rosette un casque antique vu aux trois quarts visière fermée brodé en or et sans panache. Au dessous de la rosette l'Etoile du Patron en argent".

"La décoration du Grand Maître consiste en une écharpe bleu de ciel avec une frange en ordre et portant sur le devant une tête de lion entourée de rayons, au dessus un casque antique visière baissée panache blanc vu de face et au dessous un éperon, le tout brodé en or. Le Grand Maître porte en outre l'Etoile du Patron en argent suspendue en sautoir à un ruban bleu de ciel".10

La tenue d'une Tour s'inspire du thème chevaleresque : la cérémonie se présente comme une suite de joutes, les chevaliers sont porteurs de lances qu'ils mettent en arrêt aux moments solennels, etc. Le début de la séance, dite aussi "cirque" (on ouvrait le cirque), était marqué par le chant du "cantique de fondation" par lequel il était fait appel au Souverain de ce monde pour que sa bonté : "accorde à chaque frère d'heureux destins". Un deuxième couplet concerne Napoléon : " Nous prenons pour égide Notre Grand Empereur Que son esprit le guide Qu'il échauffe son cœur Que la toute Puissance Pour ses projets Accorde à sa vaillance D'heureux succès"

Puis le Grand-Maître demandait aux frères tenant des offices de bien vouloir fournir leur "carrière"11. Ensuite les autres chevaliers formulaient éventuellement des "propositions nouvelles" que les écuyers mineurs12 portaient au maître des cérémonies, mais on ne discutait en cette séance que des propositions faites lors de la séance précédente. Après chaque discussion on fermait la Lice. On votait ensuite pour les "inconnus proposés", c'est à dire les candidats dont l'admission était envisagée.

Suivaient les "propositions de la Justice" qui entraînaient la présentation de "cartels" (accusations). Le récipiendaire, préalablement à sa réception , était interrogé sur son "état civil et militaire", ses motivations eu égard à la gravité de sa démarche, sur ses intentions et sa moralité ("N'a-t-il rien à se reprocher sur ce qui concerne les Vertus de l'homme de Bien et le Bon Cytoyen ?"). On lui faisait prêter le "serment préparatoire" suivant : "Je jure par Dieu, l'honneur et mon épée de ne dévoiler à qui que ce soit rien de ce qui pourra parvenir à ma connaissance soit directement soit indirectement sur tout ce qui concerne l'Ordre du Lion jusqu'à ma confirmation définitive.... Signature du récipiendaire". 10

L'auteur du cahier a multiplié les majuscules, j'en ai réduit le nombre. Par contre la ponctuation fait parfois défaut, je n'ai pas cru bon de la compléter. 11 Fournir une carrière "c'est faire une proposition, une lecture, prononcer un discours, rendre un compte, ou enfin faire toute autre action active du cérémonial telle que présenter un X à son installation" 12 Les écuyers de service gardent les "avenues" du cirque.

Un chevalier retardataire doit frapper cinq coups oo.o.oo à la première barrière. Un écuyer lui répond de l'intérieur par un nombre indéterminé de coups qu'il doit reproduire en même nombre. Il franchit ensuite les autres barrières en fournissant le signe et le mot. 6 Le rituel de réception se limite à une série de questions et de réponses. Le même rituel valait mutatis mutandis pour les élévations de grade. Le rituel est chaque fois très bref et centré sur une formule comme celle-ci :

"Le Grand Maître l'arme, le décore et après lui avoir donné l'accolade il dit : au nom de l'Etoile qui nous guide je t'arme et constitue Chevalier de la Tour, il lui présente la main droite et le fait reconnaître ainsi". On rendait ensuite les honneurs au nouveau chevalier "sur les douze divisions". Ensuite "un chevalier armé de toutes pièces" demandait à fournir une carrière d'honneur. Suivait la "séance de plaisir"13 IV Le cahier contient un catéchisme par grade.

Dans ces catéchismes la description des signes de reconnaissance, d'assistance, etc et les réponses au questionnaire sont en langage chiffré. Ecrites à l'encre rouge, elles apparaissent avec une teinte plus pâle sur les photocopies ci-jointes. Le déchiffrement se fait au moyen d'une grille utilisant toutes les lettres de l'alphabet sauf le W, mais avec in fine le signe &.Elle est bâtie sur le modèle : abcdef………….z& abcde…………. bcde…………. cde…………. de…………. ……….…. ………... z…….. &….. Le catéchisme des chevaliers de la Tour indique que le premier signe de reconnaissance se fait "en portant sur le cœur la main gauche fermée, le pouce détaché et relevé verticalement. La réponse se fait en étendant horizontalement la main droite sur le côté".

Dans le commentaire de ces signes il est dit que "les Chevaliers portent en séance un petit bouclier sur .l'avant-bras gauche, le premier signe est pour en rappeler l'usage (...), le bouclier mistérieux des Chevaliers du Lion présente l'emblème de toutes les vertus qui doivent les décorer (...), derrière cet égide ils trouvent un abri assuré contre les plus grands maux". Le mot de passe est Bienfaisance, c'est aussi la clef de déchiffrement. Le signe pour demander assistance consiste à faire le geste de "rompre un faisceau sur le genou".

Pour arrêter un frère en train de commettre une indiscrétion, il faut "porter sur les lèvres les trois doigts majeurs de la main gauche". D'une "explication" jointe au texte de ce catéchisme on peut retenir que :- une première série de questions évoque le danger de courir les mers car elles sont pleines d'écueils (Albion est citée comme étant la roche infernale et Odiham comme étant le berceau de l'amitié). Ces questions font allusion "aux malheureux Chevaliers fondateurs (...) et ont de plus l'acception morale suivante (...) la vie peut être présentée comme une mer agitée par les passions humaines; nul ne peut être assez vain pour se croire totalement à l'abri de leur influence".

Ce n'est qu'en se tenant continuellement sur ses gardes que le Chevalier peut les éviter. "Le plus dangereux de ces écueils est le malheur (...).C'est dans le malheur que l'homme se montre à découvert"...- les questions ultérieures développent un symbolisme solaire et zodiacal qui prolonge ce thème."Le soleil est l'âme et le premier principe de la Bienfaisance divine sur toute la Nature.

L'Ordre du Lion prend cette planète pour l'Emblème de son but, de même que cet astre radieux source de la vie de l'univers ne s'écarte jamais de la route éternelle qui lui est tracée par le doigt du Tout Puissant, de même le Chevalier du Lion ne doit-il jamais concevoir l'idée de dévier de celle qui lui est tracée par son immortel Patron et ses engagements sacrés". Les signes du zodiaque, les saisons, etc, sont vus comme autant de degrés déterminés d'utilité dans l'ordre des choses...-

on reste ici sur une imprécision : le Patron paraît être tout à la fois Napoléon et le soleil, ou mieux Napoléon servant de guide en tant que parfaitement éclairé par l'exemple du soleil ? On sait que dans une Tour "le buste du Patron couronné de lauriers" fait face au "Soleil rayonnant". Et si l'on se réfère aux symboles dessinés dans la partie intitulée "Instruction Générale" (voir photocopie) on voit que l'Etoile du Patron ne contenait pas un N mais un petit cercle évoquant peut-être le soleil. 13

Le cahier comporte un paragraphe "Signes de table" (comment tenir son verre rituellement, porter un toast à la santé du Patron, etc)."Toute espèce de liqueur bue dans les Banquets s'appelle Oubli" 7 On constate par ailleurs que les catéchismes des deux autres grades n'évoquent plus ce symbolisme solaire et traitent soit de vertus militaires (Insulaires) soit de "guerre à outrance au perfide dragon" qu'est l'Angleterre (Gaulois). Le catéchisme des Insulaires indique qu'ils faisaient le premier signe de reconnaissance "en joignant les deux poignets fermés et-en les séparant avec force". La réponse se faisait en portant les mains à la garde de l'épée. Les mots étaient Animi et Fortitudo, ces deux mots constituent aussi le clef de déchiffrement.

Le catéchisme, fort bref évoque les origines de l'Ordre : "lorsque nos frères remplissaient le devoir sacré de combattre pour la patrie". La devise était "courage, dévouement, persévérance"…14 Ci-dessous le texte complet du catéchisme des Honorables Gaulois .

Nous avons placé entre deux barres / / les parties du texte qui était chiffrée. La clef de déchiffrement est Gallia pugit Albionem : " Le signe de demande se fait en / portant la main droite à hauteur du visage, la paume en dedans, les trois doigts majeurs ouverts, le pouce et le petit doigt fermés /. La réponse se fait en / la main droite au front puis sur le cœur /. Celui qui demande prononce Gallia, l'autre répond Pugit et tous deux ensemble Albionem /. Explication. Le premier signe rappelle les engagements des Chevaliers Gaulois ou plutôt l'objet qu'ils ont en vue. Le second indique qu'ils s'en souviennent et qu'ils l'ont toujours dans le cœur. Les mots sont l'expression de ces engagements. D. Quelle terre as-tu parcourue ? R. /Celle du perfide dragon/. D. Quelle route as-tu suivie ? R. /J'ai marché de l'est à l'ouest/. D. Qu'as-tu découvert ? R. /Des ruines/. D. Que t'ont-elles appris ? R.. /Tue, tout périt/. D. N'as-tu rien vu de plus ? R. /Une inscription tracée en lettres de feu que je n'oublierai jamais/. D. Quelle est-elle ? R. /Haine éternelle, espoir de la vengeance/. D. Qui l'a tracée ? R. /Nos dignes fondateurs lorsqu'ils ont juré l'anéantissement du perfide dragon/. D. Quelle est ta devise ? R. /Guerre, guerre au perfide dragon/." Des indications diverses V peuvent être encore tirés de ce cahier.

Comme on le verra par les photocopies, il y avait des dispositions concernant :- le nombre de Chevaliers nécessaires pour promouvoir aux différents grades (le tableau concernant les Gaulois a été recasé dans un blanc au- début du cahier),- la concordance entre l'année vulgaire et la chronologie de l'Ordre qui prend son origine le 22 septembre 1808.

La succession des mots d'ordre était réglée par divers tableaux, de façon, semble-t-il à avoir un couple toujours renouvelé de mots d'ordre pour chaque séance. Ces couples résultaient d'une apposition entre un nom d'homme célèbre et un nom de lieu (Alcibiade-Anvers ou encore Cassius Carthage par exemple). Parmi les noms propres figurent des noms de l'Antiquité comme on vient de le voir, des noms de marins français (Cassard, Forbin, D'Estrée, Jean Bart, Tourville), de militaires (Marceau, Turenne, Villard...et aussi le cher Napoléon).

Disons enfin que le cahier fournit deux modèles de certificats : un certificat de réception provisoire et un certificat d'acceptation émanant du Grand Maître qui contient la clause "invitant en conséquence les Très honorables membres du Conseil Secret à (...) confirmer (l'intéressé) dans le grade". En marge, l'indication "4e année" est peut-être intéressante pour dater ce cahier, on la retrouve pour les deux certificats. 14 Les photocopies ont été faites de telle sorte que le lecteur dispose de l'ensemble du catéchisme des Insulaires VI 8 Tels sont les principaux renseignements que nous livre ce petit cahier. Il nous présente l'Ordre du Lion alors qu'il avait trouvé un deuxième souffle : l'aventure insulaire était terminée, l'Ordre était établi en France et avait essaimé dans l'empire, comme l'indique la liste des commanderies incluse dans le cahier : Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rouen, Bruxelles, Aix la Chapelle, Troyes, Orléans et Limoges.

Tel est l'ordre de numérotage de ces 13 commanderies associées chacune à un signe du zodiaque et à une couleur (ex. Poissons, Nantes, jaune et violet), Paris étant associé au soleil et au bleu azur. L'Ordre n'a plus à se cacher, notre cahier contient les noms des commandeurs (mais pas celui du Grand Maître) :- à Paris (Grande Tour) le général baron Cormier Dumédic, Grand Maître honoraire,- dans l'ordre des autres commanderies : Vigny, Chev. Pavetty, Gautier, Ouzaneau, Léger,de Miniac, Boiron, Delignac, Messageot de la Garde, de la Rouvraye, de la Pinsonnière.

Dans la liste des grands officiers on trouve les noms suivants : Frison Villeneau, Chamisso, Le Froter (ainé), Brachet,R aymond, Meaume, Dubaudiez, Vincent. VII Pour clore, il reste à examiner sommairement un autre rituel , celui qu'O. Wirth a inclus dans son article cité dans le nota (1).Ce rituel est intitulé "Chevalier du Lion, décoration et disposition du chapitre".

On remarque d'emblée deux choses : le titre est au singulier et le terme "chapitre" est employé en Maçonnerie pour désigner une catégorie définie d'Ateliers au sein de l'Ecossisme, soit actuellement pour les 15, 16, 17 et 18èmes degrés. Et de fait le rituel que présente O. Wirth tend à créer ou décrire une sorte de degré supplémentaire (ce rituel prévoit notamment que les Chevaliers du Lion "doivent toujours avoir le chapeau sur la tête dans toutes les loges au dessous du grade"). Sauf à évoquer un ésotérisme très caché, on est loin des préoccupations des habitués de la vieille tour d'Odiham... La décoration du "chapitre" évoque quelque décor d'opéra :

"Le Nord ainsi que le Midy doivent représenter une chaîne de montagnes en perspective ; l'Occident la ville de Jérusalem. A l'Orient doit être le trône de Salomon devant lequel sera un autel en blanc et bleu, aussi bien que le trône orné de crépines d'or (...)

Dans le fond il doit y avoir un homme couché et (...) un lion figuré le plus naturellement possible". Quant à l'habillement des Chevaliers, on a cette description étonnante : "Ils seront habillés d'une veste et d'une culotte couleur aurore, chaussés en brodequins, le casque en tête, armés d'une massue, une peau de Lion sur l'épaule gauche, un tablier jaune brodé de blanc, avec un lion, un rocher, un olivier et une massue peints dessus; ils auront de gauche à droite un cordon blanc bordé de rouge, auquel seront accrochés un lion et une massue dorés".

Le Vénérable "dans ce grade" (tournure maçonnique à noter) s'appellel'Illustre Grand Maître, les deux Surveillants sont dits Pénitenciers etc, etc. Le thème est le suivant : il s'agit de conserver Salomon et de se venger d'un traître. Au cours de l'initiation à laquelle se présente "un Ecossois qui voudrait connaître (les) mistères et .terrasser le Lion" est développée une légende qui continue celle, proprement maçonnique, de l'assassinat de l'architecte du Temple, Hiram, par trois mauvais compagnons.

Ici il est dit qu'un certain Chrisoppe, considérant comme injuste l'exécution des trois meurtriers, se mit dans la tête de tuer Salomon. Au moment de tuer le roi, il fut tellement impressionné "par son air ferme et majestueux qu'il sauta par la fenêtre qui donnait sur le jardin" (j'ignore si ces détails ont une secrète richesse initiatique). Il alla se cacher dans les montagnes.

Labance, qui avait été inspecteur des travaux du Temple, se mit a sa poursuite. Il dut tuer à coups de massue un lion qui trainait le corps d'un homme qu'il avait étranglé. Cet homme n'était autre que Chrisoppe. Labance cria alors Galaap, ce qui signifie : "Oh ! Vengeance céleste et qui est notre mot sacré"...

A la vue de la tête du traître, Salomon est transporté de joie, il décore Labance d'un ruban blanc orné d'un lion d'or, symbole de la vaillance et d'une massue, symbole de la vengeance. En outre, Salomon le crée Illustre Grand Maître des Chevaliers du Lion... Ce rituel prévoit ensuite un "exercice de la massue" qui consiste à se taper rituellement les uns sur les autres (plaisante affaire, qui me donne la nostalgie des batailles de polochons de mon temps de pensionnaire) ; cet exercice "se fait douze fois de suite, alors le Maître donne un grand coup de massue sur l'autel et la lutte est finie".

Le Chapitre est ensuite clos.». Ce rituel contient aussi diverses indications sur les "travaux de table". On y trouve un vocabulaire tout à fait différent de celui que donne notre cahier ; ici le vin, suivant ses caractéristiques, est appelé " Rosée de Cèdre blanche, rouge, forte ou fulminante"... 9

Le serment, dans ce rituel, est clairement maçonnique :"Je jure et je m'engage, parole d'honneur et de maçon, devant le Grand Architecte de l'Univers et ce respectable Chapitre, de ne jamais révéler les mystères que je viens de connaître (...)" Tel aurait été- selon Oswald Wirth- le rituel de l'ordre des Chevaliers du Lion fondé par les conspirateurs d'Odiham.

On peut grandement en douter. Mis à part le thème de la vengeance, il n'y a rien dans le rituel de Wirth qui puisse évoquer les renseignements fournis par Barral ou Lardier. D'ailleurs, au fil de son article Wirth semble oublier peu à peu son propos initial pour ne plus se préoccuper de la question de savoir ce à quoi tendait son rituel face à la hiérarchie des hauts grades de l'Ecossisme... On peut légitimement penser que ce rituel n'avait rien à voir avec les secrets desseins de l'adjudant général Simon, dont l'ombre hante peut-être encore les dernières ruines de la tour d'Odiham.

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Chevalier de l'orient ou de l'épée

Publié le 28 Mai 2026 par T.D

 

Explication du Grade

Le royaume de Juda fut détruit par les Assyriens sous le règne de Sédécias, vingt-et-unième roi des­cendu de la race de David, en la personne de qui finit la prophétie du prophète royal, ainsi qu'il avait été prédit par Jérémie. Ce fut Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui, jaloux de la grandeur du Peuple de Dieu, entreprit de leur faire la guerre et de les détruire, ce qu'il exécuta, ainsi qu'il avait été prédit par les prophètes parce que Israël avait péché et que ses rois s'étaient [a]donné, [pour] la plupart, à l'idolâ­trie. Nabuchodonosor fit le siège de Jérusalem en la dix-huitième année de son règne et la onzième du règne de Sédécias. La Sainte Citée fut assiégée avec une valeur incroyable et défendue de même; le siège fut opiniâtre et cruel; les assiégés souffrirent, dans cette attaque, les maux les plus cruels, tels que la peste et la famine, la ville fut attaquée de toutes parts, l'ennemi faisant du dégât partout où il se pré­sentait, mais qui était aussitôt réparé par la vigi­lance, l'activité et le zèle des Maçons qui se trou­vaient renfermés dans Jérusalem. Mais il était écrit dans le Décret Divin que Jacob tomberait en servi­tude, que le cuite du Vrai Dieu serait interdit et que Son Temple, chef d 'oeuvre de la première merveille du monde, serait détruit jusqu'au fondement. Cette grande et douloureuse époque arriva l'an du monde 3493, aux six mois dix jours depuis la fondation du Temple.

Le roi Salomon en avait posé lui-même la pre­mière pierre, qui était d'agate, de forme cubique. C'était la quatrième année de son règne et le deuxiè­me jour du mois de.. . La cérémonie se fit avant le lever du Soleil et fut solennisée par de grandes fêtes. Le ciment qu'on employa pour la pose était composé de farine, de lait, d'huile et de vin; on la plaça au milieu de l'endroit destiné dans le plan pour être le Saint des Saints. L'Histoire Sacrée fait une ample description de ce Saint Temple, de même que de sa magnificence. Tout Chevalier doit, avant d'être reçu, en avoir fait la lecture et se l'être rendue familière, afin qu'étant parvenu à ce haut et éminent grade, il puisse, dans les occasions, en don­ner raison. La Sainte Cité fut prise d'assaut après dix-huit mois de siège. Ce fut dans la nuit que les Babyloniens entrèrent dans la ville par sept endroits différents, où ils s'étaient aperçus qu'on ne faisait pas trop bonne garde. Tout de suite, il se rendirent au Temple, où s'étaient réfugiés les principaux de la ville avec toutes leurs richesses, particulièrement la famille royale. La désolation où les ennemis trouvè­rent la ville les porta à la compassion, tellement qu'ils ne firent aucun meurtre, se contentant seule­ment du pillage. Mais, s'étant approchés du Saint Temple, ils furent repoussés d'abord avec fureur par les Maçons libres qui en défendaient les approches; mais, comme leur nombre était beaucoup inférieur à celui des ennemis, ils se rendirent à discrétion. Lors de la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor était à Réblacha, ville de la Syrie, et, ayant reçu la nouvelle, il envoya à Nabuzaradan, son général, les ordres de briser et détruire le Temple après en avoir pris tout ce qui se trouvait en métal et autres choses précieu­ses, de détruire la ville de fond en comble et d'amener tous les habitants captifs à Babylone et de laisser le menu peuple errant.

Nabuzaradan exécuta fidèlement les ordres de son maître, dépouilla entièrement le Temple de ses ornements, le détruisit et le brûla, emporta tous les vases d'or et d'argent au nombre de vingt-sept mille, sans compte ceux d'autres métaux. Il fit aussi em­porter la grande Mer d'Airain et tous les vases de purification, de même que les autels et les deux grandes colonnes J. B. Celle de Booz se brisa en plusieurs pièces. Il enleva aussi quantité d'autres co­lonnes et d'autres ouvrages faits en or ou en argent, les Tables et le Chandelier.

L'Arche d'Alliance et les Livres Saints furent donnés en garde à Cephan, sous condition que sa vie en répondrait. Nabuzaraclan, après le pillage, fit sortir ces ruines de la Sainte Sion, emporta avec lui tous les trésors d'Israël et amena tous les captifs, dont le nombre était de quatre-vingt-un mille, parmi lesquels étaient le roi Sédécias et toute la famille royale, les officiers, les Sacrificateurs et les Lévites, sans compter un grand nombre de gens du peuple et de domestiques.

Nabuchodonosor entra en triomphe dans Baby­lone. Tous les captifs étaient enchaînés, sans en ex­cepter le roi, dont les chaînes étaient d'or. La figure des chaînes était faite en triangle, ayant trois anneaux dont l'un passait la tête, les autres les poignets. Ces chaînes étaient d'autant plus tristes aux yeux des Israélites que leur figure représentait l'emblème de l'Éternel dont le Saint Nom est représenté par un delta, Nom admirable qui avait été méprisé par le peuple imbécile. Dieu permit qu'il leur fut toujours présent dans la plus dure captivité et pour les faire ressouvenir de Sa Bonté, de Sa Clémence, et pour les porter à obtenir grâce de leurs fautes pas­sées.

Nabuchodonosor consacra la dépouille du Saint Temple à ses dieux. Il donna un logement au roi Sédécias et à toute la famille royale, de même qu'aux officiers. Il assigna au reste des captifs des logements aux environs de Babylone. Les plus distingués parmi eux furent consignés dans l'enceinte de la ville, du nombre desquels furent les descendants des Maçons libres, qui avaient construit le Saint Temple et il n'était permis qu'à eux seuls de l'entretenir. Il leur était défendu, paru une loi de Salomon, de travailler à d'autres ouvrages, sous peine de punition, ce qui était gardé inviolablement, ainsi qu'on en voit les effets dans Babylone. Lorsque Artaxerxès voulut faire bâtir un temple à Jupiter, aucun des Maçons libres ne voulut y travailler, ils aimèrent mieux souf­frir la mort que d'employer leurs talents à la décora­tion de l'idolâtrie. Quelle fut la douleur de ces Illus­tres Maçons d'avoir vu détruire un si grand et si bel Edifice, chef d' oeuvre de la main des hommes et conduit par celle du Tout-Puissant ! Leurs larmes coulèrent en abondance et ne cessèrent de couler que le moment que le grand jour arriva, où ils furent mis en liberté pour aller rétablir un nouveau Temple au Dieu Vivant, sur les ruines de l'ancien, non toute­fois aussi beau ni aussi riche, mais selon leurs mo­yens. Trois années après la captivité des Juifs en Syrie, le roi Sédécias mourut et finit la race des des­cendants de David, après avoir régné sur le Peuple de Dieu qua­tre cent quatre-vingt-six ans, sept mois et trois jours. En la personne de ce roi finit la Maçonnerie, atten­du que c'était leur chef et que les Maçons libres étaient devenus captifs.


Convoi funèbre placé ci-après

Tous les grades, depuis l'Apprenti jusqu'au Grand Ecossais, ne retracent que ce qui était fait lors de la construction du Temple ancien. Le seul grade de Chevalier de l'Orient est celui qui renouvelle aujour­d'hui la Maçonnerie, leur but est de rétablir le Temple, lorsque l'Eternel voudra leur en procurer les moyens, car la Maçonnerie renouvelée parmi les ouvriers n'a eu d'autre dessein que de réédifier cet Edifice sur ses anciens fondements.

Explication de la Loge

Le grand carré long qui est tracé au milieu de la loge représente le nouveau Temple de Salomon, bâti selon les dimensions que le roi Cyrus en donna. Dans la partie occidentale du Temple est le Saint des Saints où repose l'Arche d'Alliance, couverte par deux chérubins qui soutiennent de leurs ailes le Del­ta, qui signifie le Saint Nom de Dieu, qu'on ne doit prononcer qu'en tremblant. Le Saint des Saints est séparé par un grand voile des restes du Temple. Dans le lieu très saint se trouvent le Soleil et la Lune. Au devant de ce lieu très saint se trouve l'au­tel des sacrifices, qui est un cœur enflammé et a, dessus, les lettres V.M., qui signifient Vrai Maître ou Vrai Maçon : ceux qui offrent leurs cœurs à Dieu ou qui se dévouent au bien général de l'Ordre. Cet autel est accompagné de tous les instruments nécessaires à la Maçonnerie et dont on se servait pour la cons­truction du Nouveau Temple. Le Temple a trois portes, une à l'orient, qui est la principale et où se trouve le grand escalier à sept branches dont les Frè­res savent la signification, ainsi que des instruments nécessaires et c'est pourquoi on n'en fait pas mention dans le grade. Les autres portes sont au midi et au nord. A l'occident de la loge sont les deux initiales de Juda et de Benjamin. La lettre G est Gabaon, où l'on sacrifiait avant la construction du Temple, la lettre E est le mot hébreu connu de tous les Maçons. A la porte du midi et à celle du nord sont deux bras, l'un orné d'une épée et l'autre d'une truelle. Ces deux principaux instruments servi­rent à la construction du Nouveau Temple, l'un pour bâtir et l'autre pour combattre les ennemis. Du côté du bras qui tient l'épée est un trophée d'armes et un amas de pierres cubiques prêtes à être em­ployées à l'Edifice et, du côté de la gauche est un amas de pierres brutes propres à fortifier la bâtisse 2. Plus bas sont les vases et autres ornements sacrés que Cyrus fit remettre entre les mains de Zoroba­bel 3 pour en orner le Nouveau Temple, comme le Chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, la mer d'Airain, les urnes, pots, vases, plats et autres ustensiles dont le nombre avait été très considérable tant en or qu'en argent et en cui­vre. Le milieu de la loge est traversé, du nord au sud, par le fleuve Star Bussaulier, au milieu duquel est un pont, construit en bois pour le passage des Maçons libres, sur lequel sont trois lettres L..D.P., c'est-à-dire Liberté de Passage. Ledit fleuve est cou­vert de têtes de mort des ennemis qui furent tués lors du combat. Au bout du fleuve sont des chaînes disposées en triangle ainsi qu'il a été dit. La lettre T. exprime l'endroit des carrières de Tyr [d']où l'on a tiré les pierres pour la construction du Temple et la lettre L exprime le mont Liban d'où I'on a tiré le bois. Au-dessus du mont Liban se trouve la figure d'un carré long avec un petit triangle au milieu

c'est le tombeau du roi Sédécias, dernier roi de la race de David et, tout à fait au bas de la loge est une partie du plan de la ville de Babylone.

Chaque article de l'explication de la loge renfer­me en lui bien des morales dont une partie se trou­ve dans le catéchisme et le reste est encore une énig­me jusqu'au grand jour où la vérité sera dévoilée, qui sera au moment où tous les honneurs ne seront attachés uniquement qu'au premier principe de la

Maçonnerie. Cependant, il est constant que l'Or­dre des Maçons doit être regardé comme celui qui sert à ramener tous les amusements à une fin solide et permanente. Mais bien peu de Ma­çons sont trouvés dignes d'y parvenir, aussi le nombre des vrais initiés est très petit. Heureux ceux qui peuvent parvenir à ce lieu.

L'Ordre des Maçons très libres, dits Chevaliers de l'Orient ou la Maçonnerie Renouvelée '. Après que les Tribus de Juda et de Benjamin eurent passé soixante-dix années en captivité dans la Syrie, Dieu fut touché de leurs larmes, ils trouvèrent grâce de­vant Son trône sacré. Il inspira à Cyrus, pour lors roi de Babylone, prince débonnaire, de mettre Israël en liberté. Il écouta, à cet effet, les pressantes requê­tes des principaux et les sollicitations de Zorobabel, de la Tribu de Juda, qui était, depuis longtemps, à son service et dont le mérite lui était connu. Cyrus se laissa toucher aux larmes de ce prince et lui per­mit de sortir de Syrie avec tous les Juifs qui vou­draient le suivre pour aller en Judée rebâtir le Tem­ple de Dieu, que ses prédécesseurs avaient pillé et détruit, et de l'orner de tous ses ornements et vases, tant en or qu'en argent. Pour cet effet, il fit tirer du trésor royal tout ce qui avait été apporté des dépouilles du Temple lors de sa destruction et le fit livrer entre les mains du prince Zorobabel. Cyrus ordonna que le Nouveau Temple aurait soixante coudées de largeur sur cent vingt de longueur et soixante de hauteur. Il ordonna qu'on tirerait les pierres pour la construction du Temple des carrières de Tyr et les bois des forêts du Liban. Il fit, à ce sujet, un Edit, qu'il fit publier dans ses Etats, par lequel il ordonnait à tous ses sujets de laisser sortir librement les Juifs de ses Etats, de ne les troubler en rien et de les secourir dans leurs besoins, sous peine de mort à ceux qui contreviendraient à l'Edit arrêté.

Zorobabel, après avoir reçu un tel bienfait de ce prince, se prosterna aux pieds de son trône, lui baisa la bas de sa robe et le remercia, au nom de toute la nation, de la grâce singulière qu'il daignait lui accor­der, en l'assurant que tout Israël ferait des vœux pour la conservation de sa personne et pour la pros­périté de ses Etats. Après, il se retira pour prendre des arrangements convenables avec les chefs de fa­mille des Tribus sur ce qu'il était à propos de faire pour un si grand projet. Zorobabel et Stenvas fi­rent part de ce grand événement aux chefs des Tri­bus. Ils convoquèrent un conseil où pour préparer les matériaux. La marche des Hébreux fut la plus heureuse jusqu'au fleuve Saint Harlassa­nai, qui sépare le Judée de la Syrie [et] va se perdre dans la mer de Tibériade. La première bande qui arriva au bord du fleuve, pour le traverser, fut celle des Maçons libres. Ils {y} trouvèrent, sur le bord, des gens armés pour les piller et empêcher leur pas­sage. Les chefs des Maçons firent usage du passe­port du roi Cyrus, de même que de l'arrêt qu'il avait donné en les délivrant de la captivité. Mais les bar­bares furent aveuglés par l'apparence du gain [qu'ils Feraient] s'ils pillaient les Hébreux, surtout ayant vu par leurs passeports qu'ils portaient les trésors du Temple. Sans faire attention aux ordres du roi, ils se jetèrent sur les Maçons pour les massacrer. Mais le Grand Architecte en avait disposé autrement car les Assyriens furent taillés en pièces de telle sorte que le fleuve fut couvert, dans un instant, de corps morts. Par ce moyen, ils se rendirent le passage libre et se hâtèrent d'arriver à la triste Jérusalem. Leur marche fut de trois mois [et] cinq jours. Ils arrivèrent le 22 juin, jour du solstice d'été, à trois heures après midi. Après trois jours de repos, les trois architectes et les trois adjoints se mirent en état de commencer le travail. Ils divisèrent les ouvriers par bandes, cha­cune desquelles avait son chef et son adjoint. Il y avait trois sortes de bandes : les plus simples étaient de trois fois sept ouvriers, les secondes de cinq fois sept et les troisièmes de sept fois sept. Chaque bande était payée différemment, la bande de trois par sept à la porte. Chacune de ces bandes avait son nom général, celle de trois par sept avait nom Cassia, celle de cinq par sept Guibelin et celle de sept par sept Tubellain. Outre cela, lorsqu'ils se présentaient pour leur salaire, l'architecte qui devait les payer leur demandait le mot sacré de leur bande. S'ils ne savaient pas répondre, ils n'étaient pas payés mais, au contraire, punis. Le mot de trois par sept était Jehova, celui de cinq par sept Booz et celui de sept par sept Jakin. Tel fut l'arrangement que l'on fit pour l'exécution d'un si grand Edifice. Mais il était écrit qu'Israël souffrirait ce dont l'Eternel voudrait l'exercer car à peine les fondements de ce Nouveau Temple furent commencés qu'ils eurent une guerre à soutenir contre les Samaritains, peuple sorti des Dix Tribus, qui avait abandonné le culte du Vrai Dieu pour l'idolâtrie. Ils tâchèrent, par leurs chicanes, de détourner ou retarder la bâtisse du Temple, ce qui obligea Zorobabel à se tenir sur la défensive, de ma­nière qu'il ordonna, parmi les ouvriers, qu'une partie travaillerait et l'autre combattrait ses ennemis. Par ce moyen, l'ouvrage continuerait tandis qu'on ferait la guerre. Mais, comme le combat devenait plus opi­niâtre et que, d'ailleurs, l'ouvrage allait fort lentement, il fut ordonné qu'on n'irait plus vers les ennemis mais qu'on les attendrait au travail. A cet effet, il fut dit que chaque ouvrier serait armé, c'est-à-dire qu'il tiendrait d'une main une épée et de l'autre une truel­le dont il devait travailler. Etant armés de cette sor­te, ils travaillèrent avec assurance mais non pas si diligemment qu'ils l'avaient souhaité, car la construc­tion du Nouveau Temple dura quarante ans. Cette merveille du monde fut commencée sous le règne du roi Cyrus, continuée sous celui d'Artaxerxès et finie sous le règne de Darius. Quant à la dédicace et à la décoration, on pria les Frères de s'en instruire par la lecture de la Bible. Après que ce Temple fut achevé, les Maçons se mirent à réparer les remparts de la ville et à relever les maisons ruinées et à faire revivre les Lois dans leur ancienne pureté, à suivre les Ordonnances de Moïse, à sanctifier le Temple par des sacrifices sans nombre, à rétablir l'ordre mi­litaire, à donner un arrangement dans les deux Tri­bus de Juda et de Benjamin, et à songer à se procu­rer un roi pour les gouverner aussi sagement que Salomon. Comme ce Second Temple a été aussi dé­truit, les Maçons d'aujourd'hui sont aussi descendus de ceux qui le bâtirent. Aussi doivent-ils les imiter en leur exemple et tâcher, sous la conduite d'un nouveau Zorobabel, de bâtir un troisième Temple au Vrai Dieu.

Cérémonies pour la Réception d'un Chevalier de l'Orient ou de l'Épée

La loge doit être tendue de rouge et éclairée de soixante-douze lumières. Le Maître se nomme Sou­verain, représentant Cyrus, l'aîné des Surveillants s'appelle Nabuzardam, général du roi, le Jeune Sur­veillant représente Mithridate, son grand trésorier, le récipiendaire se nomme Zorobabel. C'est pourquoi tous les Chevaliers, étant en loge, sont appelés prin­ces par le Souverain, attendu que Zorobabel était prince. La porte de la loge doit être gardée par deux gardes, c'est-à-dire par deux Chevaliers qui en font les fonctions, qui sont, ordinairement, les derniers reçus; ils sont armés d'une pique. Le récipiendaire doit venir de lui-même à la porte de la loge, couvert d'un drap noir qui soit poudré de {la} cendre; étant arri­vé à la porte, il soupirera jusqu'au point d'être en­tendu par les gardes, qui ouvriront doucement la porte pour voir ce que c'est. Sur quoi, ayant reconnu que c'est un homme en deuil, ils refermeront la porte pour en donner avis au Second Surveillant, qui se lèvera de sa place, sans rien dire, pour aller join­dre le récipiendaire et pour l'interroger sur le sujet qui l'amène à la porte du roi.


Interrogations hors de la Loge


D. Que demandez-vous ?

R. Je veux, s'il est possible, parler au roi.

D. Qui êtes-vous ?

R. Juif de nation, prince de naissance, sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quel est votre nom ?

R. Zorobabel.

D. Votre âge ?

R. Quatre-vingt-un ans.

D. Quel est le sujet qui vous amène ?

R. Les larmes et la misère de mes Frères.

Le Second Surveillant dit « Attendez au bas de la porte, je vais prier le mi pour vous » Le Second Surveillant vient frapper à la porte, elle lui est ouverte par les gardes qui, l'ayant recon­nu, le laissent entrer.

Lorsque l'on frappe, on doit frapper d'un seul coup, au bas de la porte, avec le pied. Le Jeune Sur­veillant se prosterne au bas du trône du roi, il lui fait le récit de ce qu'il a entendu de Zorobabel, à quoi le roi répond qu'on le laisse entrer.

Le Jeune Surveillant, en quittant le roi, le salue en posant les deux mains sur le visage et va joindre le récipiendaire, auquel il dit : « Vous avez trouve" grâce au pied du trône du plus grand roi du monde. Il vous permet de paraître devant lui, da face couverte ». Alors, il l'intro­duit en frappant à la porte comme il a été dit, la porte ouverte, il est reçu par les deux gardes, qui le conduisent au pied du trône où ils le mettent à ge­noux et l'y laissent pour aller garder la porte.

Nota : que les gardes le fouillent avant qu'il en­tre, pour voir s'il n'aurait pas des armes cachées ou quelque autre chose qui serait contre la vie du roi. L'Orateur de la loge, faisant fonction de Premier Ministre d'Etat, interroge le récipiendaire sur le sujet qui l'amène au pied du trône de sa majesté. Pendant l'interrogation, tous les Chevaliers doivent être de­bout, l'épée à la main, la tête couverte et le récipien­daire le visage découvert.


Interrogations du Ministre


D. Quel sujet vous amène vers le roi ?

R. Pour employer sa bonté et sa sagesse.

D. Pourquoi ?

R. Demander grâce pour mes Frères les Juifs, en servitude depuis soixante-douze ans.

D. Qui êtes-vous ?

R. Zorobabel, prince sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quelle est cette grâce ?

R. Que la bonté du roi nous accorde pardon et li­berté à toute notre nation et de permettre que nous allions exercer notre Religion, en suivant ce que Moïse nous a laissé, nous permettre d'aller réédifier le Temple, que la puissance des Frères étrangers, ou plutôt nos péchés, ont détruit jus­qu'aux fondements.

Après quoi, le Souverain fait signe qu'on le fasse retirer, les deux gardes viennent le relever et le conduisent hors de la chambre, l’un d'eux reste avec lui, l'autre ferme la porte. Après qu'il 2 en est sorti, le roi adresse la parole à tout le Conseil en ces termes : a Il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les Juifs en liberté. je ne sais pourquoi, je suis depuis un temps pénétré de voir ce peuple dans les fers. Le Dieu, qu'ils appel­lent le Dieu Fort, m'est apparu en songe, il me semblait voir un lion rugissant, qui était prît à fondre sur moi pour me dévorer. Au pied de mon lit, j'ai cru voir Nabuchodonosor et Balthasar, deux de mes prédécesseurs, qui servaient de mar­chepied à ce Dieu Terrible. J'ai crû entendre deux paroles qui sortaient de sa bouche en langue hébraïque, qui, en syriaque, signifient "rend Mon peuple libre I': C'est de vous tous, mes chers Princes, que j'attends à délibérer ce que je dois faire sur un tel événement ». Après que k roi a parlé, le Conseil garde un profond silence pendant quelques minutes. Après quoi, les uns et les autres disent au Ministre leurs sentiments, qui fait semblant de recueillir les voix pour en rendre compte. Dès qu'elles sont re­cueillies, le Premier Ministre s'approche de nouveau du roi, qui ordonne de faire entrer Zorobabel. Le Second Surveillant va le joindre et lui fait ôter l'atti­rail lugubre dont il était couvert et le revêt d'une robe blanche, le ceint d'un ruban vert et, dans cet état, le met au pied du trône où, étant arrivé et à genoux, le roi lui dit : je vous accorde votre requête, je consens que tout Israël soit mis en liberté. De plus, qu'il soit libre d'aller bâtir un Temple à Dieu, qu'il soit orné et enrichi des dépouilles du Temple détruit par mes prédécesseurs, et que cela vous soit donné avant le Soleil couché De plus, je vous fais chef de toute la Nation et [ordonne] qu'on vous obéisse en tout et partout, à la réserve que vous payerez un tribut detrois agneaux, cinq moutons et set béliers. Et, pour marque authentique de ma bonté à votre égara je vais vous armer d'une épée terrible que vous porterez pour marque de distinc­tion de l'autorité que vous avez sur tous les Frères j'ordonne à mon général Nabuzardam de vous instruire pour la guerre, en d'être mieux à même de vous défendre contre les ennemis qui pourraient vous attaquer ».

Alors, on le mène au Premier Surveillant, lequel lui dit : « Mon Frère, je me réjouis des grâces que vous venez de recevoir de notre Souverain. Sa bonté doit vous encourager à les mériter. Je vais vous instruire sur l'art de la guerre mais, auparavant, je vair vous recevoir Chevalier ».

Interrogation de Nabuzardam


D. Où est situé votre pays ?

R. Au-delà du fleuve d'Harbassanay.

D. Comment s'appelle-t-il ?

R. La Judée.

D. Comment s'appelle le peuple qui habite ce pays ?

R. Israël, dont nous sommes sortis.

D. Quels noms ont ceux qui sont ici captifs ?

R. Ils sont distingués par deux Tribus, celle de Juda et celle de Benjamin.

Nabuzardam poursuit : « Le roi vous a armé d'une épée pour vous défendre contre vos ennemis. Par le pouvoir qu'il me donne, je vous revêts d'un cordon couleur d'eau, qui représente le passage de l'eau, sujet comme un vaisseau qui flotte au gré des vents, de même, nous flottons au gré de nos passions. Heureux celui qui a évité le danger par l'épée dont le roi vient de vous armer, vous, et toute votre Nation, êtes devenus libres. Ainsi, vous serez appelés Enfants des Tribuslibres, les noms de Juda et de Benjamin vous serviront pour reconnaître les vrais Frères. Je vous donne, outre cela, deux signes. Le premier se fait en portant la main droite sur demie gauche et en la descendant en serpentant sur la poitrine jusqu'à la hanche…..

 

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REP Chevalier de St André

Publié le 28 Mai 2026 par T.D

 

La Cérémoniaire de l'Ordre, rédigé en langue anglaise, entre dans le style des liturgies anglicanes, c'est-à-dire très proche du Miles Christi, composé au XIIème siècle pour la catholicité. L'Ordre lui-même est associé aux cérémonies du Couronnement des souverains de Grande-Bretagne, et les Chevaliers de Saint-André y participent en leur manteau d'Ordre.

Le présent rituel n'en constitue pas moins un simple résumé, rédigé pour certains milieux maçonniques au XIXème siècle, et qui n'a jamais cessé de s'y perpétuer en son essentiel. Il est plus court que le grand rituel précédent.

Toutefois, cette filiation bâtarde, pour valide qu'elle soit maçonniquement, ne relie pas licitement à l'Ordre Royal de Saint-André du Chardon en Grande-Bretagne.

Le Commandeur, assisté si possible de deux Chevaliers, aura devant lui une table recouverte d'une nappe rouge. Sur cette nappe on aura disposé l'Evangile de Jean, ouvert au chapitre 1er, encadré de quatre flambeaux garnis de cires neuves, deux à droite et deux à gauche. Devant le Commandeur sera l'épée de celui-ci, hors du fourreau, une paire d'éperons dorés, et le sautoir rouge du futur chevalier.

Un siège sera placé devant la table, et entre celle-ci et le siège sera un coussin en étoffe rouge. Le Commandeur est ganté de blanc, et a revêtu le sautoir rouge de l'Ordre, pourtant en pointe la médaille de Saint-André sur sa croix.

CEREMONIE CHAPITRALE D'ADOUBEMENT

Le Commandeur

Mon Frère, je vais avoir l'honneur de vous conférer l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Ecosse, tels que je l'ai reçu de mon parrain et tel qu'il l'avait reçu lui-même du sien, et cela depuis sa réouverture en 1689 à Saint-Germain-en-Laye, ville royale, par notre Frère, Jacques II Stuart, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, à qui le Dieu Tout-Puissant Grand Architecte de l'Univers, daigne accorder l'éternel repos. Mais auparavant je vous invite, comme j'invite nos Frères ici-présents, à vous associer à moi pour sanctifier cette salle, afin qu'elle devienne, par la double vertu de la parole et du geste et l'assistance du Dieu Tout-Puissant, le Temple particulier où va se célébrer cette transmission traditionnelle. C'est pourquoi, sous cette forme qu'ont jadis adoptée nos Frères du temps passé, permettons aux divins symboles de se manifester.

Le commandeur, muni du boute-feu, allume selon l'usage les quatre flambeaux en suivant le cheminement d'une crois de Saint-André. Puis il enchaîne

Que cette unique clarté, émanant de ces luminaires pourtant différents, nous manifeste la puissance mystérieuse de Celui qui soutient notre Ordre et son Temple particulier, à la gloire du Dieu Tout-Puissant et de Sa Parole, éternelle et incréée. Car "au Commencement fut la Parole, la Parole était auprès de Dieu, la Parole était Dieu. Toutes choses ont été faites par Elle, et rien de ce qui a été fait l'a été sans Elle. En Elle était la Vie, et cette Vie était pour les hommes la Lumière. Cette Lumière a lui dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont pas conservée.

Le Commandeur fait silence quelques instants, puis il reprend la lecture du rituel.

Mes Frères, recueillons-nous afin que nos esprits et nos coeurs soient en union, par delà la mort, avec ceux de nos Frères du temps passé.

On fait silence quelques instants.

Puis le Commandeur reprend, s'adressant au Récipiendaire :

Le Commandeur

N......, que demandez-vous ?

Le Récipiendaire

Je demande à être reçu dans le saint Ordre de Saint-André du Chardon d'Ecosse en qualité de Chevalier.

Le Commandeur

Le lundi 24ème de juin de l'an 1314, à Bannockburn, Robert Bruce roi d'Ecosse battait Edouard II roi d'Angleterre, gendre de Philippe IV le Bel. En ce jour de victoire il institua l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Ecosse, en l'honneur du saint patron de l'Ecosse, en y insérant les Templiers écossais qui avaient participé à la bataille et qui n'avaient plus de nom depuis la destruction de leur Ordre. Tombé dans le silence, le secret ou l'oubli, cet Ordre fut réveillé par Jacques VI d'Ecosse, fils de la reine Marie Stuart et de son époux et cousin Henri Stuart de Lennox, seigneur de Darnley. De nouveau tombé dans l'oubli, le secret et le silence, il fut réveillé une troisième fois à Saint-Germain-en-Laye par son petit-fils Jacques VII d'Ecosse, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande sous le nom de Jacques II, alors en exil en France. C'est de cette troisième filiation que nous tenons la nôtre, sur la foi de nos archives. C'est pourquoi, avant de vous recevoir, je vous demande, N....., si vous promettez, selon le Code des Rose-Croix jacobites qui vous sera remis, fidélité au Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, à votre Patrie, et à la Spiritualité du coeur et de l'âme. Si oui, la main droite levée, le genou droit en terre, répétez après moi cette promesse.

Moi N......, Maître de Loge selon les anciens usages, sans restriction mentale d'aucune sorte, je promets fidélité au Dieu Tout-Puissant, à ma Patrie, à la Spiritualité du coeur et de l'âme, m'engageant à me conduire toujours en noble homme et à demeurer fidèle au saint Ordre qui m'accueille en ce jour, prenant toujours le parti de l'esprit. Ainsi donc que le Dieu Tout-Puissant me soit en aide. Amen.

Tous les présents

Amen.

Le Commandeur

met l'Epée en main droite du Récipiendaire et dit

N......, sois et demeure fidèle, hardi, bon et robuste chevalier de l'Ordre de Saint-André, afin que le Dieu Tout-Puissant daigne te colloquer avec ses élus. Prends donc ce glaive et uses-en pour la défense de Son Saint Nom, pour la confusion des ennemis de l'esprit, pour la défense du faible ou du malheureux, mais n'offense personne que tu n'y sois autorisé par cette loi. Amen.

Tous les présents

Amen.

Le Commandeur

lui reprend l'épée et présente au Récipiendaire les Eperons d'or, qu'il dépose en ses deux mains tendues.

Prends ces éperons, symboles de la célérité en l'accomplissement de tes devoirs de chevalerie, et que leur présence t'épargne toute négligence et out oubli en ce domaine. Souviens-toi qu'en les temps anciens, symboles sacralisés par un rite préalable, les éperons d'or de la chevalerie coûtaient le poing droit à celui qui s'en emparait frauduleusement. A ce titre ils seront, plus encore que l'épée, le rappel de tes devoirs. Amen

Tous les présents

Amen.

Le Commandeur

reprend les éperons et dit

Le Signe de notre Ordre est celui de la Croix sur laquelle Saint-André conquit la vie éternelle, toutefois souviens-toi que ce symbole possède des résonnances ésotériques bien au-delà du sens ordinaire. Je vais te communiquer notre attouchement d'identification, et pour cela mon Frère, relève-toi.

Le Récipiendaire se relève, face au Commandeur. Celui-ci croise ses bras en mettant la main droite sur l'épaule droite du Récipiendaire, et la main gauche sur l'épaule gauche du dit. Il lui donne alors l'accolade à trois reprises.

Le Commandeur

Frère, agenouille-toi.

Le Commandeur prend l'épée en main droite et en frappe à trois reprises l'épaule gauche du Récipiendaire en prononçant les paroles suivantes

Au nom du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, par Saint-André patron de l'Ecosse, je te fais et constitue Chevalier de Saint-André.

Le Commandeur pose l'épée et passe au col du Récipiendaire le sautoir de l'Ordre en disant

Reçois les couleurs de l'Ordre, et porte-les jusqu'à la vie éternelle. Amen.

Tous les présents

Amen.

Le Commandeur

Mes Frères, un usage universel veut que toutes les cérémonies de la Chevalerie soient closes par le Psaume 132 : Ecce quam bonum. Ce Psaume fut toujours prononcé par nos Frères les Templiers d'Ecosse dont nous tenons notre filiation par l'Ordre de Saint-André. Unissez-vous donc à moi pendant sa lecture :

C'est une bonne et agréable chose lorsque les Frères sont tous unis. Comme le parfum de suave odeur qui, répandu sur la barbe d'Aaron descend sur les deux côtés de celle-ci, et jusqu'au bord de son vêtement, tout comme la rosée descendant sur le mont Harmon ou sur la montagne de Sion. Car c'est là que le Seigneur a ordonné que soient la bénédiction et la vie jusque dans l'éternité.

Amen.

Le Commandeur

Frères, que la Paix, que la Joie, que l'Amour fraternel soient en nos coeurs et sur nos lèvres, maintenant et jusqu'au jour de notre mort.

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Chevalier de la Lune

Publié le 28 Mai 2026 par T.D

Il existe au Rite Ecossais Ancien et Accepté un vingt-huitième degré intitulé Chevalier du Soleil ou Prince adepte. Le Tuileur de Vuillaume (1830) précise que « le local n’est éclairé que par la seule lumière d’un soleil transparent, placé au-dessus de la tête du président » qui se nomme Adam et représente « le père des hommes ». Il n’y a qu’un seul Surveillant « qui est, en même temps, introducteur et préparateur, lorsqu’il y a réception ; il se nomme F\ de la Vérité, et, comme tel, il sera aussi l’orateur en titre du conseil. Les autres membres de la loge sont nommés Chérubins ». Il ne peut y avoir que sept chérubins, nombre « déterminé par celui des anges préposés à la conduite des sept planètes que connaissaient les anciens :

Michaël (Qui est semblable à Dieu) gouverne Saturne.

Gabriel (Homme de Dieu) gouverne Jupiter.

Ouriel (Feu de Dieu) gouverne Mars.

Z’rahhiel (Dieu soleil levant).

Hhamaliel (Indulgence de Dieu) gouverne Vénus.

Raphaël (Médecin de Dieu) gouverne Mercure.

Tsaphiel (Contemplation de Dieu) gouverne la Lune.

Cependant, s’il y a des membres au-delà de ce nombre, on peut les porter jusqu’à douze, les cinq excédents sont nommés Sylphes (habitants des airs).

Le mot de passe est Stibium (antimoine). Quelques loges ajoutent trois mots grecs : Hèlios (le soleil), Mènè (la lune) et Tétragrammaton (le nom de Dieu en quatre lettres ou iod, hé, vav, hé). Le mot sacré est Adonaï, à quoi l’on répond Abra ou Abrag, que l’on interprète : roi sans tache.

Lorsque l’on ouvre, il est nuit sur la terre, mais le soleil est à son midi sur la loge. Lorsque l’on ferme, les hommes suivent toujours l’erreur ; peu la combattent, peu parviennent au saint lieu.

Chambre de préparation

Elle sera tendue de noir et au milieu sera une table couverte d’un tapis de même couleur sur laquelle sera une tête de mort et de chaque côté une terrine allumée remplie d’esprit de vin ; derrière la table, sur la tapisserie, on aura soin d’y placer un grand tableau fond noir représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.

Décoration de la Loge

Elle doit être tendue de couleur de feu ; il n’y aura aucune lumière visible. Au milieu du dais sera une pleine lune en transparent et, de chaque côté, un croissant ; aux 4 coins de la Loge, sur des guéridons de 6 pieds (20) de haut sera un croissant de même en transparent.

Le Maître, qui porte le titre de Tout Puissant, sera sur un trône élevé de 3 degrés et à deux pieds de lui sera un autel couvert d’un tapis couleur de feu galonné en argent tout autour ; sur le devant sera brodé en or un croissant surmonté d’un cœur traversé par deux flèches et le cœur surmonté d’une étoile à cinq rayons. Sur cet autel il y aura un réchaud à esprit de vin, une bouteille remplie de limonade et le livre de l’Evangile.

Au milieu de la Loge on aura soin d’y dresser une table couverte de même d’un tapis couleur de feu galonné de même en argent sur laquelle on y placera 3 boîtes pour l’usage dont il sera parlé ; et au pied de cette table l’on y placera un arbre fait en fer blanc, lequel aura environ deux pieds de hauteur, dont la tige du milieu sera creuse et remplie d’eau de senteur jusqu’aux branches qui sont au nombre de 7, lesquelles doivent être peintes en couleur de bois ainsi que la tige du milieu au haut de laquelle il y aura un bouton, lequel en pressant dessus doit faire jouer un ressort qui fasse tomber les branches ; et de cette chute doit sortir un jet d’eau.

Au dessous de cet arbre sera placé à terre le tableau lequel représente, dans le haut, une pleine lune et, de chaque côté, un croissant ; plus bas est la fortune élevée sur une boule tenant de la main droite la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ; du côté du midi sera un taureau blanc, en face au nord une grenouille verte et, tout à fait au bas du tableau, un cœur traversé par deux flèches.

Dans un des coins de la Loge l’on y placera une machine, laquelle en la faisant partir doit faire un bruit semblable à celui du tonnerre ; la suite en enseignera l’usage.

Chaque S\ aura sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile et sur le front un bandeau couleur de feu avec une étoile brodée en argent au milieu. Le T\ Puissant aura un bonnet de gaze ou d’étoffe d’argent en forme de croissant sur la tête et tous les FF\ et SS\ seront, ainsi que lui, décorés chacun d’une paire de gants et d’un tablier blanc doublés et bordés de couleur de feu et, sur le milieu du tablier, sera brodé un cœur traversé par deux flèches. Les FF\ auront tous l’épée au côté.

Ouverture de la Loge

Le T\ Puissant frappe six coups de cette façon : Oo…Oo…Oo…de son maillet sur l’autel ; c’est-à-dire un gros et un moyen, lesquels lui sont répondus à l’ordinaire ; ensuite il dit au 1er Surveillant :

D. Grand Inspecteur des astres, à quelle heure s’ouvre la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au lever de cet astre, T\ Puissant. En ce cas (reprend le T\ Puissant), Grand Inspecteur des astres, avertissez tous les Illustres Chevaliers et Chevalières habitant les deux points cardinaux qui sont sous votre domination que nous allons profiter des bontés de ce grand astre pour commencer nos travaux.

Ceci annoncé sur les deux colonnes ainsi qu’il est ordonné, tous les FF\ et SS\ lèvent la main droite au ciel ; alors le T\ Puissant frappe 6 coups dans ses mains et dit : Radix vitiosa (21) ; aussitôt tous les FF\ et SS\ laissent tomber ensemble leurs mains sur leur tablier en prononçant de même Radix vitiosa et s’assoient ; chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception comme il suit.

Réception

La Loge étant ouverte, le Chevalier Introducteur se lève, va se mettre à genoux en face du T\ Puissant ; puis, ayant demandé la parole, il lui dit :

La S\ Maîtresse Ecossaise, après avoir éprouvé les bontés de cette Loge l’implore de nouveau pour obtenir les effets favorables du grand astre dont elle désire d’être faite Chevalière.

Le T\ Puissant, prenant la parole, lui dit :

Allez, mon F\, faire avaler à cette S\ le calice d’amertume afin qu’elle soit entièrement purifiée.

Il remplit alors un gobelet de la liqueur qui est sur l’autel, le porte à la S\ et le lui fait boire ; cela étant fait, il lui bande les yeux, puis il la prend par une main et la conduit à la Loge où, étant, il frappe 6 coups comme ci-devant, auxquels on répond en dedans par 6 autres et, après la cérémonie d’usage pour annoncer et ouvrir, le Grand Inspecteur des astres, sur l’ordre du T\ Puissant, se rend à la porte, l’ouvre, fait donner à l’aspirante le mot de passe d’Ecossaise (22) ; puis il l’introduit en Loge. Au moment qu’elle entre, le tonnerre gronde et de suite le Grand Inspecteur des astres lui fait faire deux fois le tour de la Loge. Ces voyages finis, le Grand Inspecteur la fait asseoir sur un siège qui lui est destiné et dit :

T\ Puissant, la S\ a parcouru les 4 points cardinaux qui sont sous ma domination ; elle a traversé sans peine la mer Rouge et il ne lui manque plus qu’à connaître nos mystères.

Alors le T\ Puissant lui dit :

Faites avancer la S\ au pied de l’arbre par 7 pas.

Lorsqu’elle y est arrivée, il la fait mettre à genoux sur un coussin ; ensuite le T\ Puissant lui dit :

Vous voilà, ma S\, arrivée au point de pénétrer nos plus profonds mystères. L’astre qui nous éclaire et que le voile des ténèbres vous cache encore va désormais présider à toutes vos actions ; l’égalité de son cours nous donne lieu d’espérer que cette égalité sera le guide de votre cœur et de votre caractère, comme l’un et l’autre nous sont de sûrs garants de votre zèle pour nos FF\ et SS\ et de votre fidélité d’observer les lois de la Maçonnerie.

Très Illustres FF\ et SS\, consentez-vous que la S\ sorte des ténèbres ?

Toute la Loge applaudit en la forme ordinaire. Alors le T\ Puissant frappe un coup de son maillet sur l’autel pour signal aux FF\ et SS\ de se lever de leurs sièges ; il en frappe un 2ème pour signal aux FF\ de mettre tous la main à l’épée ; au 3ème, ils la tirent ; au 4ème on fait relever l’aspirante ; au 5ème, tous les FF\ lui présentent la pointe de leurs épées à la hauteur du col ; au 6ème, on laisse tomber le bandeau à l’aspirante et toutes les SS\, pendant ce temps, se mettent à genoux ; pendant ce temps aussi, le tonnerre gronde ; après quoi le T\ Puissant frappe un 7ème coup pour signal à tous les FF\ et SS\ de reprendre chacun leur place, ce qu’ils font alors. Le T\ Puissant dit à l’aspirante :

Ma S\, toutes ces épées que vous avez vues en même temps que la lumière du grand astre qui nous éclaire sont autant d’armes prêtes à voler à votre secours dès que vous en aurez besoin ; le bruit qui se fait entendre dans les airs est un signe de joie de l’acquisition d’une S\ telle que vous. Grand Inspecteur, conduisez la S\ au travail.

Celui-ci la conduit alors à l’autel sur lequel sont les 3 boîtes dont on a parlé ; là, il lui fait frapper 3 coups égaux sur celle du milieu et la ramène à sa place où étant, le T\ Puissant lui dit :

D. Qu’a produit le travail de la S\ ?
R. T\ Puissant, la récompense qui est le fruit des vertus.
[Le T\ Puissant :] Apportez-moi, mon F\, le fruit du travail de la S\.

Celui-ci obéit : il porte la boîte fermée sur l’autel du T\ Puissant qui lui dit :

Allez faire faire à la S\ son dernier travail.

Il la mène alors au pied de l’arbre dont on a parlé et lui dit :

Il faut, ma S\, déraciner cet arbre et le porter aux pieds du T\ Puissant.

Il lui montre alors ce qu’elle doit faire et lorsque, après la chute des branches (comme on l’a dit), le jet d’eau a cessé de couler, il lui fait prendre l’arbre et le porter aux pieds du T\ Puissant qui lui dit :

Ma S\, votre travail est complet, vous allez en recevoir la récompense dès que vous aurez prêté votre obligation.

Ce qu’il lui fait faire aussitôt :

Obligation

« Je jure et promets devant le Créateur de l’univers, le conservateur de tous les êtres, et le vengeur du crime, et en présence de mes chers Frères et Sœurs, de na jamais rien révéler du grade de [Chevalière de la Lune] qui va m’être conféré à aucune Apprentie, Compagnonne, Maîtresse [ou Maîtresse Ecossaise] ; de pratiquer les vertus que l’on me prescrira, nonobstant celles qui m’ont été prescrites, sous les peines d’être regardée par les Maçons vertueux comme une parjure qui ne mérite que leur indignation et leur mépris ».

Lorsqu’elle l’a prêté, le T\ Puissant la fait relever et passer à sa droite où étant, il lui met sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile, puis il lui applique sur le front le bandeau dont on a parlé en lui disant :

Par le pouvoir que j’ai reçu et du consentement unanime de cette auguste assemblée, je vous reçois Chevalière de la Lune.

Il lui remet ensuite une paire de gants et un tablier pareil à ceux dont on a vu la description ci-devant ; puis il lui donne les signes, mots et attouchement comme il suit.

Le signe se fait en en levant la main droite vers le ciel, les doigts fermés et l’index levé en l’air. L’on y répond en joignant les deux mains, croisant les deux mains croisées à plat sur le cœur et baissant les yeux. Le 1er signifie que tout dépend de Dieu et le second, je l’aime de tout mon cœur.

L’attouchement se donne en se prenant mutuellement la main droite et se la portant alternativement sur le cœur.

Le mot est amouzin albomatatos qui signifie la vertu récompensée ; il sert aussi de mot de passe.

Il l’embrasse ensuite et l’envoie se faire reconnaître comme Chevalière à toute l’assemblée ; ce qu’elle fait. De retour auprès de lui, il lui fait prendre place parmi les SS\, puis il procède à l’instruction de la manière et ainsi qu’il suit ci-après.

Instruction

D. Etes-vous Chevalière de la Lune ?
R. Mon travail a dû vous le prouver.
D. En quoi a-t-il consisté ?
R. À déraciner l’arbre de vie.
D. Quelle preuve me donnerez-vous que c’était l’arbre de vie ?
R. La chute de ses branches, figure des 7 péchés mortels.
D. Qu’est-il provenu de cette chute ?
R. Il est sorti de sa tige un jet d’eau dont la bonne odeur qu’elle répandit est la figure de la vertu qui est dominée par le vice et qui n’attendait qu’une main vertueuse pour la sortir de l’esclavage où la tenait renfermée le péché originel.
D. Votre travail n’a-t-il procuré rien de plus ?
R. Un cœur traversé de deux flèches monté sur un croissant, lequel est surmonté d’une étoile ; il m’a procuré encore un tablier et des gants blancs.
D. Que signifient toutes ces choses ?
R. Le cœur représente un cœur pénétré de l’amour de Dieu et du prochain ; le croissant comme il est, le commencement du cours de l’astre ; de même, la Maçonnerie est le principe de toutes les vertus et l’étoile nous apprend que la direction de notre cœur doit être toujours vers l’orient, demeure ordinaire du Maître de l’univers qui doit être le but de nos actions.
D. Qui vous a engagée à vous faire recevoir ?
R. Le désir de contribuer à la destruction du vice en me défiant des fausses vertus de mes FF\ et SS\.
D. Qu’a-t-on fait de vous avant de vous introduire ?
R. L’on m’a mis dans une chambre obscure vis-à-vis d’une table sur laquelle il y avait une tête de mort et un tableau représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.
D. Qu’est-ce que cela signifie ?
R. La tête de mort représente le terme de notre esclavage et la délivrance de tous nos maux ; le tableau, combien nous devons nous écarter du vice et de tromper nos FF\ si nous voulons obtenir la récompense promise aux bons Maçons.
D. Qu’a-t-on fait ensuite ?
R. L’on m’a fait dépouiller de tous ornements mondains, on m’a mis un grand fichu sur le col et un voile sur la tête pour me faire voir que la vertu est suffisamment parée d’elle-même, que la modestie est l’apanage de notre sexe et que la pudeur est notre plus bel état et éclat.
D. Qu’a-t-on fait après ?
R. L’on m’a fait avaler le calice d’amertume composée avec du limon pour achever de purifier l’intérieur.
D. Qu’avez-vous entendu en entrant ?
R. Un bruit semblable à celui du tonnerre, signe de la satisfaction de l’Etre suprême lorsqu’il voit une Ecossaise avancer au moment de sa récompense.
D. Que signifie votre marche ?
R. Le passage de la mer Rouge nous représente la délivrance des Israélites, symbole de la délivrance de notre cœur de toutes passions mondaines ; les 4 points cardinaux que j’ai parcourus, que ma réputation doit s’étendre partout ; et la chute enfin des 7 branches de l’arbre de vie est la figure des 7 péchés mortels que je dois fouler aux pieds.
D. Que désignent les 3 lunes sur le tableau ?
R. Le croissant, la figure des vertus qu’on acquiert dans la Maçonnerie ; la pleine lune, leur perfection et le déclin, la retraite des passions.
D. Que signifie la figure de la fortune élevée sur une boule tenant la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ?
R. L’appât qu’elle nous donne pour la suivre et le mépris que nous devons en faire pour ne chercher que le véritable trésor que nous offre la Maçonnerie.
D. Que signifie le taureau blanc ?
R. Cet animal représente par sa force que rien n’est si fort que la pureté de l’âme figurée par sa blancheur pour s’opposer aux vices.
D. Que représente la grenouille verte ?
R. Cet animal, par son coassement continuel, est le plus nuisible et celui qui nous fait connaître le plus de défauts ; et par l’orgueil avec lequel elle a voulu se comparer au bœuf, celui qui nous ronge et qui est la plus forte passion de notre sexe.
D. Qu’avez-vous fait de l’arbre de vie déraciné ?
R. Je l’ai porté aux pieds du T\ Puissant.
D. Pourquoi ?
R. Pour lui servir de preuve que j’avais déracinée le vice et mise la vertu dans tout son jour.
D. Qu’a fait de vous le T\ Puissant après cette preuve ?
R. Il m’a fait prêter mon obligation.
D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Chevalière de la Lune ?
R. A mes signes, mots et attouchement.
D. Donnez-les-moi ?
R. Les voici. (Elle les donne.)
D. Quel âge avez-vous ?
R. L’âge de raison et la connaissance du bien et du mal.
D. A quelle heure se ferme la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au coucher de cet astre.

Après cette réponse, le T\ Puissant frappe six coups comme ci-devant de son maillet, auxquels le Grand Inspecteur des astres répond par 6 autres ; ensuite le T\ Puissant dit à toute l’assemblée : Mes FF\ et SS\, puisque le grand astre qui nous éclaire va terminer sa course, nous allons terminer nos travaux et fermer la Loge.

Le Grand Inspecteur ayant annoncé la même chose sur les deux colonnes, le T\ Puissant dit : Mes FF\ et SS\, la Loge est fermée ; faisons notre devoir.

Tous ensemble on fait alors le signe, on applaudit ensuite par chacun 6 coups comme ci-devant dans ses mains en disant ensemble et tout haut Radix vitiosa ; cela fait, l’on se donne le baiser de paix ; puis, la quête pour les pauvres étant faite, chacun, après le banquet, se retire en paix.

Finis

P\ G\-A\

Source : Loge de Recherche Pierre d’Aumont

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Sur les origines des Templiers et de la franc-maçonnerie.

Publié le 27 Mai 2026 par T.D

 

Blog / Par Thierry Stravers

Pour découvrir réellement la légende des origines des Templiers, il faut remonter près de 3 000 ans en arrière dans l'histoire. Le roi David était le deuxième roi d'Israël. C'était un roi guerrier qui avait uni les deux royaumes de Juda et d'Israël et vaincu les Philistins. Le roi David avait rassemblé les matériaux nécessaires à la construction d'un temple extraordinaire, mais, en punition de Dieu, à cause du sang qu'il avait versé, il n'avait pas le droit de le construire lui-même. Le temple devait être construit sur le mont Moriah, la terre sainte où Dieu avait ordonné à Abraham de tuer son fils Issac, avant de céder au dernier moment. Le roi David a été remplacé par son fils Salomon qui a achevé le plan de son père et, pendant près de 8 ans, de 964 à 956 avant J.-C., il a supervisé la construction du temple. Après son achèvement, le temple est resté inutilisé pendant 13 ans, tandis que le reste de la citadelle et le palais royal étaient achevés, mais en 934 avant J.-C., l'arche d'alliance y a été placée et une grande fête, la fête des Tabernacles, a été organisée.

En 597 avant J.-C., Nabuchodonosor II, roi de Babylone, a conquis Israël. Après dix ans de rébellion du peuple conquis, il décide de détruire Jérusalem et le temple du roi Salomon, vole tous les objets (sauf l'arche d'alliance, qui n'a jamais été retrouvée à ce jour) et les emmène à Babylone, avec un grand nombre de captifs. Environ 50 ans plus tard, Cyrus le Perse a vaincu Nabuchodonosor et a finalement libéré les Israélites et leur a permis de retourner à Jérusalem, où Zerubbabel a construit un second temple sur le site du temple du roi Salomon en 516 avant Jésus-Christ. Ce second temple est resté debout jusqu'en 20 avant J.-C., date à laquelle Hérode le Grand a démantelé le second temple et construit un temple magnifique dans le but de glorifier Jérusalem et son nom. Ce temple a été détruit par l'empereur romain Tital en l'an 70.

Le site du temple est ensuite devenu le troisième lieu le plus sacré de la foi islamique, lorsque le prophète Mahomet est monté au ciel en gravissant une échelle de lumière depuis une pierre sacrée qui faisait autrefois partie du temple du roi Salomon. En 691, le calife Abdul Malik a commencé à construire la mosquée de la Sakhra (Dôme du Rocher) à côté du site du temple, qui a été achevée par son fils, elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois jusqu'à ce que la dernière mosquée Al Aqsa soit achevée en 1099.

Création de l'Ordre du Temple.
L'Ordre du Temple a été fondé en 1118 à Jérusalem, qui avait été libérée des Sarrasins lors de la première croisade en 1099.
Les succès des croisés avaient amené des pèlerins de toute la chrétienté en Terre Sainte, mais les obstacles que les pèlerins devaient surmonter étaient nombreux. Il n'y avait pas de routes ni de moyens de transport, les routes étaient menacées par les voleurs et c'était presque une réalité que d'être trompé par les aubergistes et les commerçants que l'on rencontrait. Afin d'offrir une certaine protection à ces pèlerins autrement non surveillés, Hugues de Payens et sept autres chevaliers ont fondé l'Ordre du Temple. Le roi de Jérusalem, Baudouin II, leur a accordé une résidence près du palais royal, à la mosquée Al Aqsa capturée, sur le site traditionnellement considéré comme celui du Temple de Salomon, également appelé Mont du Temple. Les chevaliers furent connus sous le nom de "Chevaliers du Temple" et, pendant les dix années suivantes, en plus de leurs tâches habituelles, ils fouillèrent les ruines du Temple de Salomon situé sous leurs quartiers. En 1867, une équipe de Royal Engineers, dirigée par le lieutenant Charles Warren et financée par le Fonds d'exploration de la Palestine, a découvert une série de tunnels sous Jérusalem et le mont du Temple, certains directement sous le quartier général des Templiers. Plusieurs petits artefacts ont été trouvés, indiquant que les Templiers avaient utilisé certains des tunnels, bien que l'on ne sache pas exactement qui les a creusés en premier. Certaines des ruines découvertes par Warren datent de plusieurs siècles auparavant.

Hugues de Payens a fait le tour de plusieurs pays européens entre 1124 et 1128, il a reçu les approbations officielles de l'Église catholique au Conseil de Troyes en France en 1124 et il a rendu visite à son camarade Henri Saint Clair, premier comte de Roslin, dans sa maison de Roslin, en Écosse, vers 1126-28. Au cours de cette visite, le roi David Ier d'Écosse lui a accordé des terres pour construire le premier préceptorat templier en dehors de la Terre Sainte, à Balantrodoch près d'Édimbourg, aujourd'hui appelé Temple Midlothian. Vers cette époque, Hugues de Payens a également fondé un préceptorat à Londres, en Angleterre. La visite d'Hugues de Payens en Écosse établit le premier lien entre Rosslyn et les Templiers.

Quant à l'excavation sous le Mont du Temple, aucune preuve n'a été enregistrée, mais il semble que les Templiers aient trouvé quelque chose.
En 1139 (21 ans seulement après la fondation de l'ordre), le pape Innocent II a publié une bulle papale exemptant l'ordre de l'obéissance aux lois locales. Cette décision signifie que les Templiers sont libres de franchir toutes les frontières, qu'ils ne doivent pas payer d'impôts et qu'ils sont exempts de toute autorité, à l'exception de celle du Saint-Siège lui-même. Avec ses colonies et ses généreuses ressources financières, l'Ordre est devenu l'organisation la plus importante et la plus riche de son époque. Les Templiers ont souvent combattu au premier rang des batailles importantes pendant les croisades. Les chevaliers expérimentés et lourdement armés sur leurs chevaux de guerre étaient presque toujours le fer de lance de l'attaque pour percer les lignes ennemies.

Bien que les membres aient prêté serment de pauvreté individuelle, l'Ordre a obtenu le contrôle des richesses au-delà des dons directs. Un noble en route pour les croisades pouvait placer toutes ses possessions sous le contrôle de l'Ordre pendant son absence. En accumulant ainsi des richesses dans toute la chrétienté, l'Ordre a commencé à produire des lettres de crédit pour les pèlerins se rendant en Terre Sainte en 1150.
Les pèlerins déposaient leurs objets de valeur auprès d'un ministre local avant de partir, recevaient un document indiquant la valeur de leur dépôt et utilisaient ensuite ce document à leur arrivée en Terre Sainte pour récupérer leur argent. Le chèque bancaire est né.
Ce système innovant était une forme précoce de banque et était probablement le premier système formel à soutenir l'utilisation de chèques.
Il a amélioré la sécurité des pèlerins en les rendant moins attrayants pour les voleurs et a contribué de manière significative aux coffres de l'Ordre.

Sur la base de ce mélange de dons et de transactions commerciales, l'Ordre a établi des réseaux financiers dans toute la chrétienté.

  • Ils ont acquis de vastes étendues de terres, tant en Europe qu'au Moyen-Orient.
  • Ils ont acheté et géré des fermes et des vignobles
  • Ils ont construit des églises et des châteaux
  • Ils étaient impliqués dans la production, l'importation et l'exportation
  • Ils avaient leur propre flotte de navires
  • Ils ont possédé toute l'île de Chypre pendant un an en 1191.

L'histoire du royaume de Jérusalem est une triste histoire de discorde, et la cause glorieuse qui a amené les croisés en Orient a souvent été oubliée dans les luttes dynastiques et les intrigues politiques. Dans ces circonstances, il est remarquable que le succès final des Sarrasins ait été retardé aussi longtemps, mais ce n'est qu'en 1291 que le dernier bastion de l'Ordre, la ville d'Akko, est tombé. Les restes de l'Ordre se sont retirés à Chypre et le but pour lequel l'Ordre avait été formé a maintenant disparu. Quelques années plus tard, le roi de France, Philippe IV, a un besoin urgent d'argent, car il a contracté trop d'emprunts de guerre. Le roi Philippe était connu comme Philippe le Beau, mais il était tout sauf ça. Il a orchestré l'installation de son propre élu en tant que Pape Clément V nouvellement élu en 1305. Philippe le Beau a maintenant besoin d'argent et a approché l'Ordre, mais a été refusé. Il tente de convaincre l'Ordre de l'accepter comme Grand Maître sous le prétexte qu'il mènerait alors une nouvelle croisade en Terre Sainte, mais les chevaliers ne choisissent pas d'abandonner leur liberté. Le roi Philippe décide alors, avec la coopération réticente mais indispensable du pape Clément V, d'acquérir les richesses de l'Ordre pour son propre usage.

Jacques de Molay a été brûlé sur le bûcher.
En 1307, il arrête soudainement tous les Templiers de France, et persuade tous les pays, à l'exception de l'Écosse et du Portugal, de faire de même.
La richesse, l'indépendance, l'orgueil et le secret de l'Ordre se sont avérés les priver de tout ami influent, et le roi de France a réussi à obtenir leur condamnation pour hérésie. Cependant, Phillip n'a jamais réussi à acquérir les richesses de l'Ordre, car quelqu'un a averti les chevaliers et le jour des arrestations massives, la flotte templière a quitté La Rochelle en France, leur destination restant un mystère - même si beaucoup pensaient à l'époque qu'ils se dirigeaient vers l'Écosse. En France, de nombreux chevaliers de l'Ordre ont été torturés pour obtenir des aveux, et c'est ainsi qu'une grande partie de la légende scandaleuse a été ajoutée à l'histoire de l'Ordre. Beaucoup ont résisté à la force du râtelier et ont été brûlés sur le bûcher comme hérétiques. Le Grand Maître, Jacques de Molay, fut le dernier à être mis à mort à Paris en 1314.

Ses derniers mots émouvants depuis l'échafaud :

"Il est juste qu'à un moment aussi solennel et alors que ma vie a si peu de temps à courir, je révèle la tromperie qui a été pratiquée et défende la vérité. Ecoutez-moi ! Devant le ciel et la terre et vous tous devant mes témoins, je confesse. Je confesse que je suis effectivement coupable de la plus grande honte, mais la honte est que j'ai menti. J'ai menti en admettant les charges dégoûtantes contre mon Ordre. Je déclare, et je dois déclarer, que l'Ordre est innocent. Sa pureté et sa sainteté n'ont jamais été souillées. En vérité, j'aurais témoigné autrement, mais je l'ai fait par crainte de terribles tortures. D'autres chevaliers qui ont retiré leurs confessions ont été conduits au bûcher, je sais. Pourtant, la pensée de mourir n'est pas si horrible que je garderais maintenant la confession de crimes grossiers qui n'ont jamais été commis. La vie m'est offerte, mais au prix de l'infidélité. À un tel prix, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Si la vie ne peut être achetée qu'en accumulant mensonge sur mensonge, je ne m'afflige pas de la perdre."

Les historiens modernes rejettent le procès des Templiers comme totalement injuste et acquittent l'Ordre des accusations portées contre lui. L'Église catholique a longtemps soutenu que l'Ordre était innocent de tout méfait et un document récemment retrouvé, le "Parchemin de Chinon", révèle que le pape Clément V a pardonné à Jacques de Molay en 1314, juste avant sa mort. Les membres survivants de l'Ordre ont fusionné avec d'autres ordres ou se sont cachés. Au Portugal, le roi Denis refuse l'ordre du pape et rebaptise l'ordre "Ordre du Christ". Cet ordre, dont l'histoire se poursuivra jusqu'au XXe siècle, a eu une influence directe sur l'exploration et l'expansion européennes pendant plus de 400 ans.

La chapelle Rosslyn et les débuts de la franc-maçonnerie.
Des légendes ont circulé selon lesquelles certains chevaliers se sont enfuis en Écosse, où un roi excommunié, Robert le Bruce, était engagé dans une bataille contre les Anglais et il semble logique et probable que le Bruce aurait accueilli les Templiers. Les Templiers ont combattu pour les Écossais à Bannockburn en 1314 et ont reçu en retour un refuge, des terres et des titres de la part d'un roi reconnaissant. Plus tard, on l'a appelé la Garde écossaise.
Il existe également une théorie selon laquelle les marins de l'Ordre ont réussi à utiliser leurs compétences pour naviguer sur l'océan Atlantique, où ils ont découvert l'Amérique du Nord. En 1312, l'Ordre des Templiers a été dissous par le Conseil de Vienne et ses biens restants ont été transférés aux Chevaliers de Saint-Jean. Dans les années 1440 (130 ans après la dissolution des Templiers), Sir William Saint Clair, Jarl of Orkney, était l'homme le plus puissant d'Écosse. Il était un descendant direct de William de Saint Clair, le dernier Grand Maître templier d'Écosse, qui mourut avec le cœur de Robert le Bruce (dans le cadre de l'expédition de James Douglas, Lord of Douglas) lors d'une ultime croisade vers Jérusalem.

Sir William Saint Clair voulait construire un temple sur ses terres à Rosslyn, près d'Edimbourg.
Il a demandé et obtenu une charte de l'Église de Rome pour construire une chapelle collégiale en 1446. Ses raisons les plus probables pour vouloir ce temple seraient d'établir un siège d'autorité spirituelle pour imiter le roi Jacques II et d'abriter des objets apportés en Écosse par les Templiers en 1126 (et peut-être après la dissolution de l'ordre) et hérités par la famille Saint Clair.

La chapelle Rosslyn relie le temple juif au temple maçonnique via les Templiers. Les historiens et les chercheurs ont maintenant démontré que la chapelle Rosslyn a été construite dans le même style que l'architecture hérodienne de Jérusalem et qu'elle est une réplique exacte du plan au sol du temple d'Hérode le Roi. Le plan du temple d'Hérode est resté inconnu des archéologues jusqu'au milieu du XIXe siècle, soit près de quatre cents ans après la construction de la chapelle. Sir William Saint Clair a fait venir dans sa chapelle des maçons (à l'époque, le mot maçon signifiait constructeur et incluait les maçons en pierre, en bois et en métal) de toute l'Écosse.

Pour les accueillir, il fit construire la ville de Roslin près de son château et du site de la chapelle, et le 20 septembre 1456, la construction commença. La chapelle Rosslyn contient le plus ancien document montrant une cérémonie moderne du premier degré effectuée par un Templier. Sur le cadre inférieur de la fenêtre de l'angle sud-ouest de la chapelle se trouve une sculpture, taillée entre 1440 et 1450, du premier degré. De nombreux symboles templiers et des images de templiers sont sculptés dans la chapelle. Lorsque le roi Jacques II est mort en 1460, son fils, Jacques III, est monté sur le trône et il a pensé que Sir William représentait une grande menace pour la couronne d'Écosse, il a donc dépouillé Sir William des Orcades (en 1470). Sir William a abdiqué en tant que comte de Caithness en faveur de son fils en 1476 et il est mort en 1484.

La famille Saint Clair, puis Sinclair, était également fortement impliquée dans l'établissement de la franc-maçonnerie à Killwinning, de l'autre côté de l'Écosse. Une preuve de la forte implication de la famille Saint Clair dans la continuation de l'héritage templier au 21ème siècle.

En 1483 (27 ans après le début de la construction de la chapelle Rosslyn), on trouve les premiers documents maçonniques indiquant que le bourg d'Aberdeen est impliqué dans le règlement d'un différend entre six "Masownys of the Lurge".
La franc-maçonnerie commence à se répandre, les loges initiant les candidats et leur donnant la "parole du maître".

Il semble que les francs-maçons qui ont construit la chapelle Rosslyn ont trouvé quelque chose de très précieux dans les cérémonies et les enseignements qu'ils ont appris à Rosslyn et, lorsqu'ils sont rentrés chez eux, ils ont emporté ce rituel et ce sentiment de fraternité.
L'Écosse restera le berceau de la franc-maçonnerie pendant les 100 années suivantes.

En conclusion... devons-nous considérer que les racines de la franc-maçonnerie proviennent de l'époque mégalithique, du roi Salomon, d'Athelstan, des Templiers, des tailleurs de pierre médiévaux, de Schaw, des associations caritatives, du Collège invisible ou des Rose-Croix ? De plus, pensons-nous que les racines de la franc-maçonnerie moderne se trouvent plutôt en Écosse, en Angleterre ou peut-être en France ?
Nous ne le saurons jamais avec certitude et ne pouvons que spéculer sur les lacunes de l'histoire. Quelle que soit la voie empruntée par la franc-maçonnerie, elle a inspiré des millions de personnes dans de nombreux pays pendant plus de trois siècles et attiré des personnalités célèbres d'Europe, des États-Unis d'Amérique et d'autres continents. Si la franc-maçonnerie s'adapte à l'esprit du temps et se manifeste comme une fraternité traditionnelle dans laquelle la connaissance de soi, le respect et le travail sur la pierre brute sont les objectifs principaux, elle continuera sans aucun doute à le faire pendant plusieurs siècles.

 

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Chevalier du Temple

Publié le 27 Mai 2026 par T.D

 

Le Tableau de la Loge
La chambre doit être tendue de noir, rempli de larmes, de têtes de mort et d'os en sautoir.

Les Chevaliers sont ornés d'un ruban noir, bordé de blanc; au milieu du ruban, sur l'estomac, est une tête de mort brodée en argent, un peu plus bas, deux os en sautoir, et trois larmes au-dessus de la tête de mort; au bas du ruban, pour l'attribut, est une lance en argent. On porte un ruban sur l'épaule gauche à la hanche droite, une ceinture de crêpe noir mise par-dessus l'habit, un mouchoir blanc atta­ché au côté gauche, des gants blancs et sur la tête nue. Pour toute lumière, il y a une Etoile Flam­boyante, laquelle donne ses rayons sur le tombeau; on la place au-dessus du tombeau jusqu'à ce que l'on ait retrouvé la lumière.

n'1 Le Maître Sage se place au midi, à genoux sur le genou droit, la main droite en équerre sur le tom­beau et sur le coeur de notre Maître Hiram.

n'2 Le Premier Sage se tient à genoux de même que le Maître, en faisant le signe, ayant les mains renversées en l'air au-dessus de la tête.

n’3 Le Second Sage se tient aussi à genoux, ainsi que le Premier, faisant le signe, les mains l'une dans l'autre et les doigts fermés.

n'4 Le Premier Sage Servant se tient dans le coin de la loge, à la gauche du Maître, à genou sur le ge­nou droit, faisant le même signe que le Second Sage, et a le visage contre terre.

commence donc à d'horizon; commençons nos prières afin qu'il plaise au Grand Architecte de récompenser notre Très Respec­table Maître Hiram, martyrisé pour avoir su se taire. Qu'il soit reçu dans le Jardin d'Eden et, comme l'homme juste, [qui il jouisse de la vue des bons anges, afin que nous L'ado­rions l de concert. Répétons ensemble ! »

Tous les Frères se remettent à genoux, sur le genou droit, la jambe gauche allongée formant une équerre, le visage contre terre appuyé sur les mains, et se frappant la poitrine en disant neuf fois : « II est innocent ! ». Après cela il est répété par les cinq Chevaliers en charge 3. Ensuite, on le relève.

Le Maître dit : a Avant que d'ouvrir la loge, mes Frè­res, examinons et voyons s il ne se trouve pas parmi nous des traîtres et, pour nous donner des preuves de notre sincérité, que les signes, attouchement et parole me parviennent ! ».

Signe

C'est mettre les mains jointes, renversées, sur la tête, et le dedans des mains en dehors, et le genou droit plié, comme si on voulait se mettre à genoux.


Attouchement
C'est de croiser les mains l'une dans l'autre et se tenir à pleines mains et serrer les doigts.

Mots

Abyram, Nicanor, Sidnay me sont connus comme trois scélérats, qui ont privé de la lumière notre Respectable Maître Hiram.

S'il se trouve plus de Chevaliers en loge que les cinq officiers, le Chevalier qui est à la droite du Maî­tre donne le signe au Chevalier qui est à côté de lui, aussi bien quel attouchement et le mot, qu'on se fait passer de Chevalier en Chevalier jusqu'au Premier Sage, qui le donne au Second Servant, le Second Servant au Se­cond Sage et le Second Sage au Premier Servant, et le Premier Servant le donne au Sage Maître. Le Sage Maître dit : « Mes Frères, puisque nous sommes assez heu­reux qu’il ne se trouve point de traître parmi nous, que tous, de concert avec moi, nous en témoignons notre joie. Après quoi, nous ouvrirons le Saint des Saints » Tous les Frères forment une sorte de chaîne et se donnent l'attou­chement en se disant à l'oreille : Nous serons des Elus devant notre Grand Architecte ! ».

Le Sage Maître dit au Frère Premier Sage : « De la part de notre sage 14 nous devons prier pour notre Res­pectable Maître Hiram; ainsi, mes Frères, joignez-vous tousavec moi ». Tous les Frères se remettent à genoux sur le genou droit, la jambe [gauche] allongée formant une équerre, le visage appuyé sur les deux mains. Les Chevaliers peuvent répéter à voix basse avec le Maître Sage :

« Toi, Grand Architecte, qui a tiré du chaos de la terre tous les éléments, Toi, qui es juste, accorde d notre Maître la récompense de ses travaux et le prix de son silence »

Tous les Frères répètent neuf fois : Ainsi soit-il ! ».

Le Maître Sage dit : La prière nous a donné l'ouver­ture à la Loge et le commencement de nos Travaux ». Tous les Frères se relèvent.

Quand il n'y a point de réception, on fait le caté­chisme.

Réception

Le Sage Maître demande au Premier Sage s'il n'y a rien de nouveau.

Le Premier Sage répond : « Un Martre Maçon se présente pour entrer dans le Saint des Saints ».

D. Avez-vous des preuves de son assiduité et s'il a accompli les fonctions qui furent établies par le Roi Sage; et s'il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hiram; et répondez-vous pour lui ?

R. Je ne réponds que pour moi-même

Le Maître lui dit : « Faites-le examiner par le Second Frère Servant et qu'il lui demande s'il n'est pas du nombre des assassins et s'il n'a pas d'armes à feu sur lui; que son épée doit lui suffire pour sa défense, qu'il consulte son courage avant d'aller plus avant, qu'il pourrait peut-être se trouver en danger, ne s'étant trouvé personne qui voulût répondre pour lui, et même ceux qu'il croit ses meilleurs amis ! »

Alors le Premier Sage dit au Second Sage, le Se­cond Sage au Premier Servant, et le Premier Servant au Second, qu'il donne la place au plus ancien des Chevaliers et sorte pour rendre compte au Récipien­daire et revienne dire au Maître ce qu'il a dit.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : « Allez dire qu'on prépare pour lui l'entrée du Saint des Saints ».


Préparation du Récipiendaire
Il doit être pieds nus, la tête nue, les mains nues, sans tablier, les yeux bandés, une corde au col, laquelle lui fait trois ou quatre tours autour du col; le Second Sage Servant le conduit à la porte de la loge en frappant cinq fois neuf coups. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui répond de même. Notez que les huit premiers se frappent vite et qu'il y a un petit inter­valle au neuvième. Ensuite, on ouvre la porte de la loge. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui dit : « Que demandez-vous I ». Le Second lui répond que c'est un Maître Maçon qui demande à être reçu Che­valier du Temple.

Cela revient, de voix en voix, jusqu'au Maître Sage.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : Demandez-lui s'il se sent assez de foire pour surmonter tous les obstacles et les dangers qui peuvent se rencontra . dans ces voyages »

Cela revient toujours de voix en voix. Il répond oui ou non .

D. Demandez-lui son nom de Maître, son âge et le mot de passe de Maître.

R. Il les a rendus; son nom est Gabaon et son âge est sept ans et plus. Le mot de passe est Giblim ou l'acacia m'est connu.

D. Faites-le entrer.

Le Maître Sage demande pourquoi l'on ne fait pas avancer ce Maçon; le Second Sage répond qu'il lui est impossible de pénétrer plus avant.

D. Qui vous empêche ?

R. Sage Maître, le soupçon que l'on a contre le Frère d'avoir eu commerce avec les misérables qui ont assassiné notre Maître Hiram.

Le Sage Maître ordonne qu'on lui donne des ar­mes et qu'il jure et promette, en qualité de vrai Ma­çon, de ne pas faire les voyages qu'il n'ait percé le coeur des traîtres qui ont trempé leurs mains dans le sang de notre Res­pectable Maître Hiram.

Le récipiendaire répond : « Oui, je jure et promets de ne pas finir mes voyages que je n'aie vengé sa mort ! »

Le Second Servant lui donne deux épées, une dans chaque main, les pointes en bas, et les tient à pleines mains par-dessus les siennes. Le Maître Sage dit : « Puisqu'il a des armes et qu'il nous a promis de ven­ger la mort de notre Respectable Maître Hiram et de nous donner des preuves de son courage, qu'il commence ses voyages, que l'orient, l'occident, le midi et le septentrion soient témoins de son zèle et de sa fidélité ! »

On le fait voyager pendant neuf fois le tour de la loge, en commençant par l'orient. Au neuvième tour, il se trouve des Chevaliers au septentrion qui font du bruit avec leurs épées, le Second Servant lui dit : « Mon Frère, il faut retarder nos voyages, voici des Chevaliers en danger de péril, si vous ne les secondez. Ils combattent con­tre les traîtres qui ont assassiné notre Respectable Maître. Montrez votre courage et montrez-vous digne d'être Cheva­lier. »

Le Second Servant lui fait tenir les épées, la poin­te en haut, et lui fait pousser neuf coups. Ensuite, il lui dit : « Mon Frère, je vous félicite, les monstres sont morts et vous vous êtes montré digne de devenir Chevalier »

L'on crie trois fois : « Victoire ! ».

Le Sage Maître dit : « Puisqu'il nous a donné des preuves de son courage, qu'il continue ses voyages par les élé­ments, savoir le feu, le fer, l'eau et l'air ! ». On le fait voyager neuf fois le tour de la loge, tenant les épées comme ci-dessus, la pointe en bas. A son neu­vième tour, tous les Frères forment un cercle autour de lui et on lui fait jurer qu’il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hi­ram.

Ensuite le Sage Maître dit : Qu 'On le fasse passer par le feu ! »

On prend un flambeau, on y jette de la résine, qui forme une espèce d'éclair.

Le Maître Sage ordonne de lui faire continuer ses voyages.

On lui fait faire neuf fois le tour de la loge, comme ci-dessus. Et on lui fait les mêmes questions.

Le Sage Maître commande qu'il passe par le fer, les Chevaliers forment une espèce de voûte avec leurs épées au-dessus de sa tête.

Le Maître dit de continuer ses voyages. Il voyage encore neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

On apporte de l'eau dans une bassine, on lui mouille les pieds, les mains et un peu la tête.

Le Maître Sage dit de continuer ses voyages. Il voyage neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

Le Maître ordonne qu'il passe par l'air. Tous les Chevaliers l'enlèvent en l'air et le couchent, le ventre contre terre, au septentrion.

Le Maître Sage leur dit : « Chevaliers, donnez-lui le secours, il est innocent »

Tous les Chevaliers le relèvent et le portent au­près du Maître, le genou droit en terre, la main gau­che sur son épée. Le Maître Sage, tenant sa main droite, lui fait prononcer son Obligation.

Tous les Chevaliers se remettent dans la posture de l'Ouverture de la Loge.


Obligation

« O Toi, Grand Architecte, qui tire du chaos les quatre éléments, qui nous a formés ci Ton image, qui nous a donné un cœur docile, dans lequel Tu as répandu toutes les semences de toutes les sortes de vertu, donne-moi présentement la force de remplir les engagements, les fonctions et les devoirs aux­quels je vais présentement m'obliger,- accorde-moi Ton secours et Ta bonté Je promets donc et jure à Toi, Grand Architecte, de ne jamais révéler aucuns des secrets, signes, mots et attou­chement qui me seront confiés dans la suite et de ceux qui m'ont été été donnés à aucun profane ni mime à aucun Frère Maçon que dans le Sanaa Sanctorum, en présence du tombeau de notre Respectable Maître Hiram, ayant reconnu des preuves de son innocence. Et, au cas d'infraction, je con­sens d'avoir les lèvres brûlées d'un fer rouge, la main coupée, mon corps pendu pendant la réception d'un Chevalier et qu'ensuite, il soit brûlé et que mes cendres et mon nom soient envoyées par toutes les loges de Chevaliers, afin qu'on se souvienne de ma perfidie. Pour garder les promesses, j'ai re­cours à Toi, Grand Dieu, afin que Tu me donnes la force de résister ainsi qu'a fait' notre Respectable Maître Hiram, à toutes les attaques qu'on pourrait me faire. Aide-moi, Grand Dieu, à garder ma promesse ! »

Ensuite, le Maître Sage dit au Second Servant : « Donnes-lui la lumière, qu'il jouisse des biens accordés par notre Grand Architecte à ceux qui sont du nombre des Chevaliers du Temple ! »

On fait un silence. Le sage Maître, ainsi que tous les Chevaliers, lui disent :

« Sage Chevalier, conservez-vous dans le bonheur dont vous jouissez. Gouttez-en les déli­ces, le sanctuaire de la vérité vous est ouvert, marchez d'un pas ferme. C'est ici le soir de la paix et de l'égalité, l'ami­tié j fixe son empire et rappelle l'homme aux devoirs de l'hu­manité, de la Religion et de la société civile, qualités essentiel­les, sans lesquelles un homme devient un fardeau sur la terre. Frère Premier Sage t, donnez à notre Frère nouvellement initié les signe, attouchement et parole pour que tous les Che­valiers puissent le reconnaître l'accueillir et le secourir dans le Saint des Saints, comme étant du nombre des Chevaliers »

Le Premier Sage lui donne le signe, l'attouche­ment et la parole. Ensuite, il les donne au Second Sage, au Premier Servant, au Second Servant et aux autres Chevaliers et, ensuite, il revient les donner au Maître Sage qui lui explique le signe

Sage Chevalier, le signe que vous venez de me donner ne peut être donné que dans le Saint des Saints, l'attouchement peut se donner par­tout, cependant prenez garde que quelque profane s en aper­çoive. Le mot est "Abram, Nicanor, Sidnay me sont connus"; ce sont les noms des trois scélérats que l’on soup­çonne d’avoir assassiné notre Respectable Maître Hiram, ce qui nous a été reconnu par leur absence et parce qu'ils n'ont plus paru dans le Temple. Voilà ce que vous ignoriez et ce qui vous met au nombre des Chevaliers »

Le Sage Maître dit à tous les Frères :

« Chevaliers Sages, que tous de concert nous nous félicitions d'avoir admis parmi nous un nouveau Chevalier qui, loin de chercher la ruine de la société, ne mérite que les moyens d'en assurer les fondements. Embrassons-nous, mes Frères, et faisons exalter notre joie »

Tous les Frères s'embrassent et frappent chacun neuf coups.

Pour fermer la Loge


Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, nous appro­chons de la dernière heure du jour, le Soleil va finir sa car­rière, il nous faut préparer à finir nos travaux »

Tous les Chevaliers se mettent comme à l'ouver­ture de la loge et on observe le silence.

Le Maître Sage dit : « Premier Sage, informez-vous si le Frère Premier Servant a fini sa prière »

Le Premier Sage répond : « Oui, Sage Maître »

Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, puisque nous avons tous adressé notre prière au Grand Architecte, pour qu'Il lui plaise de récompenser son hèle en faveur de notre Respectable Martre Hiram, martyrisé pour taire un secret, qu'il a souffert la mort plutôt que d'enfreindre le serment qu'il avait fait au Roi des Rois, en présence de son Respec­table Maître Salomon, afin qu'il jouisse de la vue des anges et pour L'adorer de concert avec eux, répétons tous ensemble, Sages Chevaliers, il est innocent ! »

Tous les Frères en charge le répètent neuf fois. Alors le Maître Sage dit :

« Sages Chevaliers, voilà nos prières finies, nous allons fermer la loge du Saint des Saints. Cachons, s'il se peut, un trésor si précieux et renfermons dans nos azurs le de ignoré de tous les profanes et, pour en as­surer la durée, que tous les Chevaliers, de concert avec moi, jurent et promettent au Grand Architecte devant le tombeau de notre Respectable Moere Hiram, de ne jamais révéler à aucun profane, ni mêmes aux Maçons, ce qui se passe dans le Saint des Saints »

Ici, on répète la même Obligation que ci-dessus.

Le Maître Sage leur dit : « Sages Chevaliers, les Obli­gations auxquelles nous venons de nous engager nous sont une preuve que nos cœurs se sont réunis et qu'il ne se trouve pas de traîtres parmi nous, puisque nos travaux n'ont pas été interrompus. Embrassons-nous en véritables Frères et promet­tons et jurons de ne jamais proposer des Maçons, pour être reçus Chevaliers du Temple, qui ne soient doués de toutes les vertus qu'il fauta un vrai Maçon »

Tous les Frères s'embrassent et frappent cinq fois neuf coups ensemble.

Le Maître Sage dit au Premier Sage

« Avertissez les Chevaliers que le Saint des Saints est fermé »


Instruction du Chevalier du Temple

D. Etes-vous Chevalier ?

R. Tous les Chevaliers me reconnaissent.

D. Comment vous faites-vous reconnaître ?

R. Par le bien et la prière.

D. Comment avez-vous voyagé ?

R. Hors du monde.

D. Combien de voyages avez-vous faits ?

R. Cinq fois neuf.

D. Comment ?

R. Du nord au midi par l'orient, du midi au nord par le couchant.

D. Avez-vous voyagé facilement ?

R. Facilement et difficilement.

D. Combien avez-vous surmonté d'obstacles ?

R. Beaucoup.

D. Quels sont les obstacles ?

R. La force de l'air, de l'eau, du feu et du fer, par où j'ai été purifié.

D. Où allez-vous ?

R. Au vrai bien et à l'utilité.

D. Qui vous les montre ?

R. L'Etoile.

D. Qui allume cette Etoile ?

R. Le Grand Architecte.

D. Quel chemin vous montre cette lumière ?

R. Celui de la vertu.

D. Avant d'être Chevalier, où étiez-vous ?

R. Dans l'aveuglement.

D. Pourquoi étiez-vous dans l'aveuglement et privé de la lumière avant d'être Chevalier, vous que l'on avait reconnu pour Maçon ?

R.L'exemple et la mémoire de notre Respectable Maître Hiram la perdit quand il fut assassiné et qu'on l'a retrouvé dans les ténèbres.

D. D'où provient cet aveuglement ?

R. De la faiblesse de la volonté et de la sagesse.

D. Sur quoi est soutenu le Temple ?

R. Sur l'égalité et la liberté.

D. Sur quoi est fondé le Saint des Saints ?

R. Sur les mêmes.

D. Comment vous nommiez-vous avant d'être Che­valier ?

R. Gabaon. D. De quoi vivez-vous à présent ?

R, De la manne.

D. Où êtes-vous présentement ?

R. Dans le monde des Chevaliers.

D. Comment êtes-vous entré dans le Saint des Saints ?

R. J'y suis entré doublement lié de nœuds de ténè­bres.

D, Pourquoi ?

R. Parce qu'il me restait deux degrés de lumière.

D. Par quel secours avez-vous vu ces degrés de lu­mière ?

R. Par le cinquième des Chevaliers.

D. D'où venez-vous ?

R. Du séjour de lamentations; la tristesse qui doit être peinte sur notre visage à l'aspect du tombeau de notre Respectable Maître Hiram. Par la joie vient notre innocence et l'assurance que doivent avoir les véritables Frères de n'être pas du nom­bre de ces scélérats complices de ces assassins et qu'ils n'auront jamais d'entrer dans le Saint des Saints.

D. Qui furent ces assassins ?

R. Abyrarn, Nicanor et Sidnay.

D. Quel est le monde des Elus ?

R. Les Chevaliers qui composent le Saint des Saints.

D. En mémoire de quoi avez-vous voyagé cinq fois neuf ?

R. En mémoire des quarante-cinq Compagnons qui furent à la recherche de notre Respectable Maître Hiram.

D. Pourquoi avez-vous voyagé facilement et difficile­ment ?

R. La difficulté n'était que dans les monstres qu'ils supposaient; la facilité était dans mon courage à défendre les Chevaliers qui me procuraient l'ai­sance de ma réception.

D. Pourquoi vous a-t-on fait passer par les Eléments ? R. C'est que l'on ne peut entrer dans le Saint des Saints sans être dépouillé de ses vices et passions.

D. Comment vous êtes-vous pris pour être reçu Maçon ?

R. En criminel.

D. Pourquoi donc en criminel ?

R. Pour avoir été soupçonné d'un crime qu'il m'a fallu éclaircir.

D. Quel était le crime ?

R. D'avoir trempé mes mains dans le sang de notre Respectable Maître Hiram.

D. Dans quel état avez-vous paru dans le Saint des Saints ?

R. Dans un état pauvre, soumis et humilié.

D. Pourquoi dans cet état ?

R. A l'imitation de Moïse, quand Dieu lui apparu dans un Buisson Ardent, qui lui dit : « Déchausse toi, tu n'es pas digne de fouler la terre que tu habites ! »
D. Combien notre Maître avait-il d'ouvriers sous sa direction ?

R. Soixante-dix mille portefaix, quatre-vingt mille tailleurs de pierres et trois mille six cents commis pour veiller sur les autres.

D. Quels sont ces trois mille six cents commis ?

R. Des Maîtres respectables.

D. Comment les appelait-on ?

R. Héradin.

D. Que veut dire Héradin ?

R. Conducteurs ou prévôts qui assistaient le roi Sa­lomon.

D. Parmi ces trois mille six cents commis que vous appelez Héradin, ne s'en trouvait-il pas de plus experts que les autres ?

R. Oui, Très Sage Maître.

D. Combien y en avait-il ?

R. Trois cents.

D. Comment les nommait-on ?

R. Artistes ou Menatzchim

D. Que veut dire artistes ou Menatzchim ?

R. Inspecteurs et consolateurs des gens du travail.

D. Pourquoi ?

R. Par la connaissance de la double lumière.

D. Combien y avait-il de Grands Maîtres ?

R. Trois.

D. Comment les appelait-on ?

R. Le roi Salomon, le roi Hiram et Hiram.

D. A quoi vous sert la lance que vous portez pour votre attribut ?

R. Pour percer le coeur des traîtres qui ont assassiné notre Respectable Maître Hiram.

D. Où les trouverez-vous ?

R. Dans une des quatre parties du monde.

D. Qui vous y conduira ?

R. La Lumière.

D. Où la trouverez-vous ?

R. Dans le Saint des Saints.

D. Où finira-t-elle ?

R. Au septentrion.

D. Qu'y ferez-vous ?

R. J'y pleurerai sans cesse la mort de notre Respec­table Maître Hiram.

 

 

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Chevalier de St Paul

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

 

Le lendemain, à l'occasion d'une escale â Sidon,

Juiius qui traitait Paul avec humanité, lui permit d'aller trouver ses amis et de profiter de leur accueil. De là, reprenant la mer, nous avons fait route sous Chypre, car les vents nous étaient contraires. Ce fut alors la traversée de la mer qui borde la Cilicie et la Pamphylie et nous avons débarqué à Myre, en Lycie. Le centurion, trouvant là un bateau d'Alexandrie en route vers l'Italie, nous y a fait embarquer. Durant quelques jours notre navigation fut ralentie et c'est â grand' peine que nous sommes arrivés à la hauteur de Cnide. Comme le vent nous contrariait, nous sommes passés sous la Crète, vers le cap Salmonè et, après l'avoir doublé- de justesse, nous sommes arrivés à un endroit appelé "Beaux Ports", près de la ville de Lasaïa.

Mais un certain temps s'était écoulé et il devenait désormais dan2ereux de naviguer, ouisaue le Jeûne était déjà passé. Paul voulut donner son avis: "Mes amis, leur dit-il, je considère- que la navigation va entraîner des dommages et des pertes notables non seulement pour la cargaison et le bateau, mais aussi pour nos personnes".

Le centurion néanmoins se fiait davantage au capitaine et au subrécargue `aux avertissements de Paul. Comme le….

Une petite brise du Sud s'était levée et ils s'imaginèrent que ce projet était réalisable; ayant donc levé l'ancre, ils tentèrent de border la côte de Crète. Mais Dresque aussitôt, venant de l'île

an, qu'on appelle euraquilon, s'abattit sur eux ; le bateau fut emporté, incapable de remonter au vent et, laissant porter, nous allions à la dérive.

un vent d'ouragan Filant sous le couvert d'une petit île appelée Cauda, nous avons pourtant réussi, de justesse, à maîtriser le canot. Après l'avoir hissé, on a eu recours aux moyens de fortune : ceinturer le bateau de cordages et, par crainte d'aller échouer sur la Syrte, filer l'ancre flottante ; et l'on a continué ainsi de dériver. Le lendemain, comme nous étions toujours violemment secoués par la tempête, on jetait du fret et, le troisième jour, de leurs' propres mains les matelots affalèrent le gréement.

Ni le soleil ni les étoiles ne se montraient depuis plusieurs jours ; la tempête, d'une violence peu commune, demeurait dangereuse, tout espoir d'être sauvés nous échappait désormais.

conseil, ne pas quitter la Crète et faire ainsi l'économie de ces dommages et de Ces pertes

Mais, à présent-je vous invite â garder courage: car aucun d'entre vous n'y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu. Cette nuit-même en effet, un ange de Dieu auquel j `aI2partiens et que ~e sers s'est présenté à .,moi et m'a dit: "Sois sans crainte. Paul; il faut que tu comparaisses devant l'empereur et Dieu t'accorde aussi la vie de tous tes compagnons de traversée '" Courage donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu : il en sera comme il m'a dit Nous devons échouer sur une île".

C' était la quatorzième nuit que nous dérivions sur l'Adriatique ; vers minuit, les marins pressen­taient l'approche d'une terre. Jetant alors la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; à quelque distance, ils la jetèrent encore une fois et en trouvèrent quinze. Dans.la crainte que nous ne soyons peut­être dressés sur des récifs, ils ont alors mouillé quatre ancres à l'arrière et souhaité vivement l'arrivée du jour. Mais, comme les marins, sous prétexte de s'embosser sur les ancres de l'avant, cherchaient â s'enfuir du bateau et mettaient le canot à la mer, Paul dit au centurion et aux soldats: "Si ces hommes ne restent pas à bord, vous, vous ne pouvez pas être sauvés". Les soldats ont alors coupé les filins du canot et l'ont laissé partir.

En attendant le jour, Paul engagea tout le monde â prendre de la nourriture: "C'est aujourd'hui le

quatorzième jour que vous passez dans l'expectative, sans manger, et vous ne prenez rien encore. Je vous engage donc a reprendre de la nourriture, car il y va de votre salut. Encore une fois, aucun d'entre vous ne perdra un cheveu de sa tête". Sur ces mots, il prit du pain, rendit grâce à Dieu en présence de tous, le rompit et se mit à manger. Tous alors, reprenant courage, s'alimentèrent à leur tour. Au total, nous étions deux cent soixante-seize personnes à bord. Une fois rassasiés, on allégea le bateau en jetant le blé â la mer. Une fois le jour venu, les marins ne reconnaissaient pas la terre, mais ils distinguaient une baie avec une plage et ils avaient l'intention, si c' était possible, d'y échouer le bateau. Ils ont alors filé les ancres par le bout, les abandonnant à la mer, tandis qu'ils larguaient les avirons de queue; puis, hissant au vent la civadière, ils ont mis le cap sur la plage. Ils touchèrent un banc de sable et échouèrent le vaisseau; la proue, enfoncée, resta prise, tandis que la poupe était disloquée par les coups de mer.

Les soldats eurent alors l'idée de tuer les prisonniers, de peur qu'il ne s'en échappe à la nage. Mais le centurion, décidé à sauver Paul, les empêcha d'exécuter leur projet ; il ordonna à ceux qui savaient nager de sauter à l'eau les premiers et de gagner la terre. Les autres le feraient soit sur des planches soit sur des épaves du bateau. Et c'est ainsi que tous se sont retrouvés à terre, sains et saufs.

Une fois hors de danger, nous avons appris que l'île s’appelait Malte. Les autochtones nous __ont témoigné une humanité peu ordinaire. Allumant en effet un grand feu, ils nous en ont tous fait approcher, car la pluie s'était mise a tomber et il faisait froid. Paul avait ramassé une brassée de bois mort et la jetait dans le feus lorsque la chaleur en fit sortir une vipère qui s' accrocha à sa main. A la vue de cet animal qui, pendait à sa main, les autochtones se disaient les uns aux autres: "Cet homme est certainement une assassin ; il a bien  échappé à la mer. mais la justice divine ne lui permet pas de vivre" Paul, en réalité secoua la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal-, Eux s'attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort ; mais, après une longue attente, ils constatèrent qu'il ne lui arrivait rien d'anormal, Changeant alors d'avis, ils répétaient: "C'est un Dieu ! ". (Traduction Œcuménique de la Bible)

 

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