Publié le 24 Janvier 2019 par T.D
La rose est une synthèse poétique et naturelle de la beauté et de l'harmonie. Elle a une grande valeur symbolique. C'est sans doute cette double valeur symbolique qui justifie sa présence à l'autel de certains loges à ce moment si particulier de la Saint Jean d'Eté. C'est en effet en ce lieu que se realise la conjonction entre l'aspect horizontal du Hekal et l'axe de commuication avec les états superieurs au Débhir. La rose ici présente, fait oeuvre de synthèse harmonieuse entre les deux plans, horizontal et vertical.
La décoration florale dans un temple
La rose blanche est le symbole de la plénitude, qui est pureté, silence et fidélité. Elle rappelle au Maçon deux vertus : la recherche de la vérité et le sens du devoir.
La rose, du point de vue de la botanique
La rose est la fleur du rosier, arbuste du genre Rosa et de la famille des rosacées. Le rosier est d'abord une plante sauvage, dont le représentant le plus connu en Europe est l'églantier. La principale modification observée chez les rosiers cultivés est la multiplication des pétales, qui sont en fait des étamines transformées.
Églantier > Ancêtre de la rose
Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l'Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, ainsi que pour son parfum, elle est devenue la « reine des fleurs ».
Le mot « rose », daté en français au début du 12e siècle, est dérivé du latin Rosa, rosse qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même.
Ce terme, apparenté au grec rodons, aurait été emprunté à une langue orientale.
La rose du point de vue historique
Des rosiers fossiles églantiers, ont été retrouvés aux États-Unis, dans l'Oregon et le Colorado, leur âge a été évalué à 40 millions d'années. La plus ancienne représentation de la rose a été retrouvée en Mongolie, dans les tombeaux de Tchoudi. Des représentations de la Rose en Crète datant de 1600 av. J.-C. nous montrent des fleurs à 5 pétales de couleur blanc rosé. Toute l’antiquité a vénéré la rose et lui a donné une place dans ses mythes et légendes. C’est le symbolisme de la régénération et de l’éternité des cycles de vie, lié à une renaissance spirituelle.
Ceci explique que la rose a été utilisée lors des rituels de momifications durant le règne de Ramsès II et a fait partie de l'ornement des sarcophages et tombeaux.
Un bouquet de roses a été découvert dans le sarcophage de Toutankhamon.
Cette symbolique de la naissance existe également dans l'Empire romain : un esclave affranchi était couvert de roses ; elle ornait sous forme de couronnes les mariés et les guerriers.
Sous forme de poudre, d'infusion, d'eau de rose, elle était principalement utilisée en médecine pour guérir les douleurs, les infections, la nausée…
C'est à cette époque que Pline rédigea le premier ouvrage sur la culture des rosiers.
Pline l'Ancien, dans son « Histoire naturelle », décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance.
Le Moyen Âge et la domination du Christianisme
Le Christianisme a rejeté la rose comme étant un symbole païen par son attachement à Vénus et elle devint alors l'emblème des prostituées. La rose survit alors dans quelques jardins comme ceux de Childebert 1er
(511 – 558), dans quelques couvents ou monastères où elle fut cultivéepour ses propriétés médicinales.
C'est au Moyen Âge que les premières roses ont été cultivées et importées par les Croisés en provenance de l’Orient.
Elle devint l’emblème du silence, on la suspendait au dessus de la table des festins, afin de signifier aux convives que tout ce que l’on entendait devait être tenu secret.
D’où l’origine symbolique « Sous couvert du maillet » que l’on retrouve en Maçonnerie. Quant à l’époque de la Renaissance, elle en fit un vulgaire objet d’étude botanique et médicinale.
C'est au 18e siècle que les Français commencèrent à les croiser pour créer de nouvelles variétés. Dans la seconde moitié du 18e siècle, la rose devint la reine des fleurs.
Au 19e siècle, la rose est devenue une fleur ornementale essentielle, mais ses vertus médicinales sont presque oubliées et son symbolisme religieux également. C’est devenu une rose nouvelle qui va passionner botanistes et horticulteurs.
Les feuilles du rosier
Un botaniste nous dirait que les feuilles du rosier sont alternes, composées et pennées. Sous la fleur, en descendant le long de la tige, les premières feuilles ont, le plus souvent, 3 folioles ; plus bas elles en ont 5 et plus bas encore parfois jusqu’à 7 folioles.
Mais ce qui devrait retenir notre attention, à nous symbolistes, ce sont ces nombres 3 – 5 – 7.
Sans entrer dans trop de détails, survolons rapidement le symbolisme de ces trois nombres.
Symbolisme du nombre trois
Le nombre trois est un nombre universel que l’on retrouve dans toutes les traditions initiatiques.
Il exprime un ordre spirituel dans les plans humains, cosmique ou divin.
Il exprime un ordre intellectuel et spirituel dans le cosmos ou dans l’homme.
Il synthétise la triunité de l’être vivant ou il résulte de la conjonction de 1 et de 2, produit en ce cas de l’Union du Ciel et de la Terre.
Trois n’est pas véritablement le troisième nombre, mais le premier, composé à partir des nombres 1 (nombre du Créateur) et 2 (division, dualité, binaire), trois est le premier nombre mystérieux qui intervient comme la signature de la création dans l’Ordre.
Trois marque toutes les choses créées parce qu’il a présidé à leur création, c’est le nombre de la loi directrice des êtres et du commencement des choses matérielles.
Il est le nombre de toute production à l’image du triangle.
Les naturalistes ont observé de nombreux ternaires dans le corps humain. Il semblerait que toute fonction importante d’un organisme possède cette structure de base.
La raison fondamentale de ce phénomène ternaire universel est sans doute à chercher dans une vue globale de l’unité.
La complexité de tout être dans la nature se résume dans les trois phases de l’existence : apparition, évolution, destruction ; ou naissance, croissance, mort ; ou encore, selon la tradition et l’astrologie : évolution, culmination, involution.
Symbolisme du nombre cinq
Depuis toujours, le nombre cinq est particulièrement chargé de sens.
Il est considéré comme le nombre de la sagesse et de l’harmonie. On ne peut manquer à ce sujet de citer les cinq doigts de la main et du pied, les cinq sens, l’étoile à cinq branches que forme l’homme debout, tous membres déployés.
Cinq est le symbole de l’homme immortalisé par Léonard de Vinci qui avait dessiné l’image d’un homme tenant les bras et les jambes écartées de façon que les quatre extrémités des membres et la tête coïncident avec les sommets d’un pentagone étoilé, inscrit dans un cercle.
Selon cette représentation de l’art de la Renaissance, cinq est le nombre de l’homme, en tant qu’être placé au centre du cosmos !
Cinq se rapporte à la quintessence, conçue comme l’esprit invisible des choses.
Symbolisme du nombre sept
Dans la longue suite des nombres ayant acquis une valeur symbolique au fil des siècles, le nombre sept semble tenir une place particulière.
De fait, toutes les civilisations les plus anciennes lui ont accordé une place à part, lui conférant une aura de plénitude et en faisant quasi unanimement le symbole de la perfection et de l’harmonie, souvent sans la moindre concertation.
Le nombre 7 a été le nombre sacré parmi toutes les nations civilisées de l’Antiquité, le nombre de la perfection, le symbole le plus rayonnant aux faces multiples.
Il est fondamental entre tous et on le rencontre dans toutes les religions.
Sept correspondait au nombre des sages de la Grèce antique : Thalès de Milet, Solon d’Athènes, chilo de Lacédémone, Pittacos de Mitylène, Bias de Priène, Cléobule de Lindos et Périandre de Corinthe.
Mais sept évoquerait aussi les sept vertus : trois théologales (la foi, l’espérance, la charité) et quatre cardinales (la force, la justice, la prudence et la tempérance).
Le nombre « sept » évoque aussi les sept sacrements de l’Église catholique romaine, ainsi que les sept péchés capitaux, correspondant aux sept désirs matériels : l’orgueil, l’avarice, l’impureté, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse.
Sept correspond aussi aux sept signes zodiacaux entre les solstices d’hiver et d’été, entre deux équinoxes.
Le solstice d’été a lieu quand le soleil passe dans le 7e signe zodiacal.
Le solstice d’hiver a lieu quand le soleil a parcouru les sept signes suivants. Le nombre sept est le nombre de la réalisation : il marque la fin d’une évolution, la fin d‘un cycle. Il indique le sens d’un changement après un cycle accompli et celui d’un renouvellement positif : les sept jours de la Création, les sept ans de la construction du Temple de Salomon.
Le symbolisme de la rose
C'est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l'histoire.Voici quelques exemples.
Chez les Grecs, la rose était la fleur d'Aphrodite, déesse de l'amour et d'Aurora, la déesse aux doigts de roses.
Les Romains rattachaient la rose à Vénus. La rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.
Rappelons qu'Aphrodite était la Déesse grecque de la germination, de l'amour, des plaisirs et de la beauté. Son équivalent romain était Vénus Déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté. La première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulé sur un lit de pétales de roses.
Les Rose-Croix, société secrète et mystique, ont pour emblème une rose rouge fixée au centred'une croix.
La Rose-Croix est un ordre hermetiste chrétien légendaire, dont les premières mentions remontent au début du XVIIème siècle en Allemagne.
L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rozencreuz ou Christian Rose-Croix (« le Chrétien à la Rose et à la Croix né en1378 et mort en 1484). Quoi qu'il en soit, à partir du XVIIIème siècle et jusqu'à aujourd'hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix, ou se sont référés à la « tradition rosicrucienne » ou à l'« héritage de Christian Rose+Croix». Leurs membres sont appelés les rosicruciens.
Le terme « Rose-Croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale.
Comme archétype de socièté secrète immémoriale et toute-puissante, les rose-croix apparaissent dans la littérature ésotérisante, souvent comme successeurs des chevaliers du Graal et des Templiers.
Remarquable par sa beauté, sa forme et son parfum, la rose est la fleur symbolique la plus employée en Occident et elle correspond dans l'ensemble à ce qu'est le lotus, en Asie, l'un et l'autre étant très proches du symbole de la roue.
L'aspect le plus général de ce symbolisme floral est celui de la manifestation, issue des eaux primordiales, au-dessus desquelles elle s'élève et s'épanouit.
Elle désigne une perfection achevée, un accomplissement sans défaut.
Elle symbolise la coupe de vie, l'âme, le cœur, l'amour, l’image de l'âme.
La rosace gothique et la rose des vents marquent le passage, du symbolisme de la rose à celui de la roue. La rose, par son rapport avec le sang répandu, paraît souvent être le symbole dune renaissance mystique : sur le champ de bataille où sont tombés de nombreux héros, poussent des rosiers et des églantiers...
La rose et sa couleur sont les symboles du premier degré de régénération et d'initiation aux mystères.
La rose est devenue un symbole de l'amour et plus encore du don de l'amour, de l'amour pur. Blanche ou rouge, la rose est une des fleurs préférées des alchimistes dont les traités s'intitulent souvent rosies des philosophes. La rose blanche, comme le lis, fut liée à la pierre au blanc, but du petit œuvre, tandis que la rose rouge fut associée à la pierre au rouge, but du grand œuvre. La plupart de ces roses ont sept pétales dont chacun évoque un métal ou une opération de l'œuvre.
Une rose bleue serait le symbole de l'impossible.
Pour conclure…
La rose, fleur aux multiples facettes et aux significations si contrastées, a été célébrée au cours des âges pour mille raisons différentes.
L’Antiquité en a fait la fleur des dieux, le Christianisme la fleur de Dieu.
Les roses ont été cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l'âge du bronze. Dans la mythologie grecque, on dédiait la rose à Aphrodite ; chez les Romains, on la dédiait à Vénus, toutes deux déesses de la beauté. De nos jours, la rose est certainement la fleur qui s'offre le plus !
La rose, reine des fleurs depuis près de 6000 ans, symbolise deux notions contradictoires, la passion et la pureté. Rouge, rose d'Aphrodite, elle symbolise l'amour, la beauté et la passion. Blanche, associée à Vénus ou à la Vierge, elle est devenue l'emblème de la pureté et de la vertu.
La rose blanche, unité et synthèse des couleurs, est l'expression de la plus haute spiritualité.
Lao-Tseu (VIe siècle av. J.C)
Nous a enseigné « Celui qui parle ne connaît pas, alors que celui qui connaît ne parle pas »
L’Initiation maçonnique renforce le serment d’obligation de secret prêté à l’Orient et le devoir de silence. Ce n’est donc pas étonnant que les francs-maçons l’aient choisie pour décorer l’autel de leur Loge à l’occasion de la Saint-Jean d’été !
Une citation d’Alfred de Musset (1810-1857)
« La vie est une rose dont chaque pétale est un rêve et chaque épine une réalité »
Poésie de circonstance…
LA VIE EN ROSE
Sous le soleil de midi, majestueux à l’image d’une reine
M’apparut une fleur dont la beauté me fit oublier toutes mes peines.
Elle était là, devant moi dans une blancheur révélant sa pureté
M’imposant le silence, m’animant de passion, et d’un désir de fidélité
Je ressentis en moi une régénération de l’amour pour une éternité
Mon regard ne pouvant qu’admirer sa perfection d’une rare beauté
Dont les pétales aux reflets métalliques font réflexion à la lumière
Tandis que les feuilles démontrent une disposition très particulière
Une particularité qui me fait vérité, une acceptation au plaisir de voir
Oui, c’est bien toi, la rose, la fleur des dieux, lumière du matin et du soir
Qui emplit mes rêves minute après minute à ne plus voir le temps passé
Jusqu’à l’instant où par mégarde à l’une des tes épines je me suis piqué
Levant la tête, je vis la lune et compris que minuit avait sonné
Et c’est dans la lumière lunaire que mes pas chez moi m’ont ramené
Floraison de l‘esprit, floraison de l’âme, floraison de la pensée, la rose est là
La rose est entrée dans ma vie et m’accompagnera pour l’éternité dans l'au-delà.
Chr\Deg\
R\L\Chevalier Gaston IV de Béarn à l’Or\de Nalinnes (Belgique)
Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org
Publié le 21 Janvier 2019 par T.D
Carl Frédérick von Eckleff fonde le 26 Décembre 1759 le rite maçonnique dit Suédois de stricte observance "Eques a soles vivicante" rituel fondateur de la franc-maçonnerie suédoise et norvégienne dont il devient le Grand-Maître.
Dignitaire de cette institution le Duc Carl von Södermanland lui succède comme Grand-Maître le 3O Novembre 1774.
Après la révolution et la déposition de son neveu Gustave IV, le Duc Carl von Södermanland monte sur le trône sous le nom de Charles XIII et ce en 18O9.
Le 27 Mai 1811, Charles XIII décide la fondation d'un Ordre chevaleresque éponyme exclusivement réservé aux Francs-Maçons Suédois de stricte observance. L'institution est limitée en plus des princes royaux à 27 membres civils et 3 ecclésiastiques. Ces récipiendaires devaient au préalable à cet honneur être titulaires du dixième grade ou degré du rite Suédois du Chapitre des Illuminés de Stockholm (Dignitaire Chevalier de la Croix Rouge du Temple). Nous nous garderons bien de prendre position sur l'imaginaire ou réelle succession de l'Ordre du Temple en Franc-Maçonnerie?
Les mauvaises langues prétendent que le roi créa cette dignité aristocratique réservée aux Francs-Maçons en reconnaissance de leurs actions ayant favorisé son accession au trône, mais que ne dit-on pas!
Les membres uniquement nommés par le souverain, portent un costume de velours or, des bottes de mousquetaires, un col de dentelle, un manteau blanc frappé de la croix pattée de gueules, insigne de l'Ordre au cou (Croix rouge) et épée au côté.
Pour être membre de l'Ordre il faut donc être initié Franc-Maçon et posséder les hauts grades néanmoins les princes royaux sont membres au berceau et considérés comme initiés de fait (c'est il me semble le seul exemple. Existe-t-il une cérémonie quelconque à l'imitation,si j'ose dire du baptême, nous aimerions bien le savoir...???)
La Reine Elisabeth Charlotte de Schleswig-Holstein-Gottorp ne pouvant avoir d'enfant Charles XIII adopte dès son accession au trône le prince Christian-Auguste d'Augustenbourg, qui décédé un an après et ne connu donc l'Ordre de Charles XIII. Sans successeur et en pleine crise politique le roi va adopter comme prince royal le Maréchal Jean-Baptiste Bernadotte, prince de Pontecorvo, initié au Grand-Orient de France il en est Grand-Officier d'Honneur. Dès sa réception comme prince suédois Charles XIII lui remet la responsabilité de l'Ordre maçonnique suédois avec le titre de "Procuratores Salomonis", se réservant la dignité de "Vicarius Salominis, sacrificatus, illuminatus, Magnus Jéhovah", titre toujours porté par le roi de Suède dit Maître-Régnant de l'Ordre maçonnique.
A la mort de Charles XIII (1818) le Prince royal de Suède et de Pontécorvo monte sur le trône sous le nom de Jean XIV héritant bien sur de l'ensemble des titres, dignités et responsabilités de son prédécesseur.
Comme nous l'avons dit le titre de "Vicaire de Salomon" est toujours porté par le roi en exercice ce qui en fait avec l'accord du clergé luthérien "comme le représentant du Christ ici bas" et ce depuis le 5 Mars 1780.
Les modifications de la constitution suédoise feront du premier né royal le futur souverain qu'il soit homme ou femme. C'est une princesse qui actuellement est donc héritière de la couronne et qui de ce fait va se retrouver chef de la maçonnerie suédoise, maçonnerie reconnue par l'Angleterre le 8 Mai 1799. Une femme sera donc pour la première fois responsable d'une maçonnerie régulière, le reine Elisabeth II n'en étant que la protectrice.
source : Ordre St Sauveur Mt-Réal
Publié le 21 Janvier 2019 par T.D
Ordres Chevaleresques et Chevalerie à travers les Rites et leurs Rituels
dont ceux du Rite Ecossais Primitif
Dans l’imaginaire, il est des rares sujets capables d’emporter le cœur dans une envolée poétique et culturelle. Tel est le cas du chevalier sur sa monture qui occupe les esprits depuis la plus tendre enfance. Qui n’a pas aperçu le cavalier sur son cheval majestueux à l’assaut du méchant ? N’est-il pas dit ‘‘le beau chevalier servant’’ ?
Au-delà du temps qui passe, de ‘‘7 ans (passés) à 77 ans (et plus ou révolus ??)’’, la Chevalerie dans la substance noble du terme, est un des thèmes qui tient en haleine historiens et cinéastes, écrivains et lecteurs, enfants et écoliers jusqu’aux plus érudits. Elle habite le subconscient dès que la maturité s’empare de l’intellect en partance pour la recherche du beau, du prodigieux et de l’audacieux. La grandeur du chevalier renvoie l’image du guerrier invincible enveloppé de la blanche aura d’un nouvel archange. Bien des générations lui ont déjà attribué une demeure mythique dans le panthéon des dieux et des héros qui ont bercé leurs rêves idylliques.
Les espérances et les chimères en quête de mythes merveilleux poursuivent inlassablement l’ombre fuyante et insaisissable du héros de légende.
Les habitudes prosaïques et monotones de la vie quotidienne suscitent par ailleurs l’approche du prestigieux. Le chevalier sublimé et idéalisé suggère une séduction certaine par son allure de conquérant assortie d’une courtoisie et d’une bienséance qui forment les fondements éthiques de sa mission. La force, alliée à la courtoisie, accentue la grandeur et la noblesse du cœur et de l’esprit du guerrier habituellement dépourvu de ces valeurs. Une conception romancée et romantique du chevalier l’oppose nettement à la rudesse brutale du soudard ou du soldat, pour lui donner un profil de justicier et de protecteur.
La frénésie d’une dévotion puérile à l’égard du chevalier installe ce combattant sur un socle de lumière soutenu des plus belles vertus humaines : la morale, l’honneur, la probité et le devoir. Après une introduction aux accents lyriques qui traduisent une nostalgique interprétation du portrait du chevalier de l’époque médiévale, cette chronique se veut situer le parcours de l’Ordre chevaleresque à travers les continents, depuis son avènement jusqu’à son insertion dans certains rituels maçonniques (dont les rituels des derniers Grades de l’échelle du Rite Ecossais Primitif).
La Chevalerie prit naissance à une période bien précise du Moyen-âge avant de s’engager dans le panorama politique, social et économique de l’Europe, des pays du Bassin méditerranéen jusqu’au Moyen-Orient et en Afrique. Nous situerons la Chevalerie au cœur de ces vieilles civilisations où elle a laissé les marques de son passage glorieux dans une archéologie défiant l’usure du temps, témoin d’une culture artistique et d’une puissance économique, dont les historiens se sont emparés pour écrire leurs ouvrages.
L’itinéraire des Ordres chevaleresques a conduit leurs protagonistes dans le vaste empire romain qui, bien que promis à l’éternité, sombra vers 270 après J.-C. pour être scindé en deux morceaux : la partie occidentale qui comprend l’Europe d’aujourd’hui, et la partie orientale qui a accueilli l’Empire de Byzance jusqu’en Afrique et au Levant.
Dans cette chronique nous nous attacherons à la région occidentale, terrain propice aux grandes invasions conduites par les Francs venus de Germanie, qui s’installent dans la Gaule découpée en petits Etats autonomes dirigés par des institutions rudimentaires. En ce Moyen-âge naissant coexistent deux pouvoirs, celui d’un courant politique et social sous la prépondérance barbare d’une dynastie de fait et celui de droit divin porté par l’Eglise de Rome. Les deux pouvoirs poseront solidement les assises d’une culture et d’une civilisation occidentales.
Vers 358 après J.-C., la petite nation des Francs saliens prenait place dans l’Histoire. Installés aux embouchures du Rhin, ils s’infiltrèrent progressivement en Gaule pour y créer la première dynastie régnante sur le pays qui sera le futur royaume de France.
Cette première dynastie, dite Mérovingienne, s’inspira du nom d’une héroïne sûrement mythique, Mérovée, que l’Histoire rattachait au grand-père de Clovis, personnage le plus emblématique de cette lignée. Pépin-le-Bref destitua le dernier mérovingien vers 751 et se proclama fondateur de la deuxième dynastie, dite carolingienne, dont il emprunta le nom à Charlemagne, son plus illustre patriarche. Il serait dommage de ne pas rappeler que Pépin-le-Bref fut l’instaurateur du sacre royal, dont la consécration conférait au nouvel élu toute sa légitimité héréditaire par le sacrement de souverain dans la digne succession de ses prédécesseurs.
Vers 843, l’empire de Charlemagne fut découpé en trois Etats distribués entre les mains de ses trois petits-fils. Charles le Chauve hérite de la partie la plus occidentale qui devint le royaume de France gouverné par la troisième dynastie qui prend forme à la mort du dernier carolingien en 987. Il s’agit de la dynastie des Capétiens dont la longévité et la puissance de sa postérité étaient alors insoupçonnables. C’est ainsi qu’une assemblée de Grands Laïcs et Ecclésiastiques réunie à Senlis proclama l’élection de Louis V. Hugues Capet, duc des Francs, roi de France. Grossièrement, les Capétiens s’employèrent à agrandir le domaine royal, à affaiblir à leur profit la puissance des forces agissantes considérées comme nuisibles au pouvoir monarchique et enfin à façonner l’histoire de la France pour les siècles à venir. Parmi ces forces, figurait en bonne place l’aristocratie devenue de plus en plus résistante face à la faiblesse d’une monarchie au pouvoir fragilisé dans un royaume désormais parcellé en de multiples circonscriptions, placées sous l’autorité propre de son territoire administré selon le bon vouloir seigneurial. Les coutumes féodales prirent corps et séparèrent définitivement le riche propriétaire et le pauvre dépouillé voué à l’esclavage. Le paysan et l’artisan faisaient partie intégrante du paysage et du sol dont ils avaient la charge de fournir une production ne leur appartenant pas. Peu à peu, émergea un concept de condition humaine régi par des classes ordonnancées selon un schéma de droit divin qui distinguaient ceux qui prient (le clergé), ceux qui combattent (la noblesse) et ceux qui travaillent (tous les autres : cerfs et serviteurs, paysans et artisans : plus généralement tous ceux qui composent le milieu rural et le milieu urbain). Ce fut l’évêque de Laon, Aldabéron, qui en 1030, déclara être le porte-parole de Dieu pour dicter la règle divine : ‘‘Que chacun, donc, se conforme à la volonté divine et sache rester à sa place’’. Ainsi s’affichait le modèle féodal dressé sur un territoire donné, centre d’un édifice social rigide et très hiérarchisé placé sous l’autorité d’un Seigneur protégé dans l’enceinte d’un château, plate-forme où siégeait un pouvoir absolu décentralisé.
Cette dernière phase, dans la chronologie de la configuration politique de la France en ce début du XIe siècle, concomitante à la saisie des rênes de l’Etat par la dynastie capétienne, coïncide avec l’essor de l’Ordre chevaleresque qui part de France à la conquête d’une partie du monde. Aux instances régissant le royaume de France, vient se greffer le cadre institutionnel politique et étatique ci-avant évoqué, opposé à la monarchie régnante, et porté par ce concept moyenâgeux formé au IXesiècle. Ce système saisit l’opportunité de l’instabilité persistante d’un Etat soumis à une succession de dynasties avortées les unes après les autres, pour déployer ses rigides tentacules sur toute l’étendue de son territoire rendu vulnérable. Alors que ce mouvement baptisé sous le vocable de Féodalité s’affirme au XVIIe siècle sous la Révolution française de 1789, ce régime féodal, par sa nature, avait engendré dans les siècles précédents la Chevalerie qui deviendra un de ses plus importants ‘‘supporteurs’’, pour ne pas dire son Fleuron.
La Chevalerie, dite fille de la Féodalité, n’aurait pu exister sans la force motrice de la Féodalité qui a bousculé l’Histoire des peuples de l’Orient à l’Occident par la constitution des Ordres chevaleresques souverains là où ils s’établissent.
La Chevalerie devient l’Antichambre de l’Ordre, vecteur et promoteur des différentes sciences issues des découvertes architecturales, artistiques, techniques, scientifiques, abritées par les diverses institutions créées au sein de Commanderies et de Monastères qui se constituent en véritables centres d’hébergement de travaux de recherche et d’apprentissage, délivrés sur un mode d’enseignement transmis dans les formes définies par l’Ordre. Il en fut ainsi pour l’Ordre Bénédictin etl’Ordre des Cisterciens qui furent les tout premiers.
Dès lors, on assiste à une recrudescence d’Ordres, dont : les Ordres militaires et leurs moines-soldats composés de chevaliers auxquels se joignent des clercs et des laïcs, tel l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, qui subsiste encore de nos jours sous l’appellation de l’Ordre de Malte ; les Ordres Hospitaliers qui ont donné l’Ordre des Chevaliers Teutoniques ; enfin l’Ordre religieux, placé sous la double influence de saint Benoît et de saint Bernard de Clairvaux, qui a donné l’Ordre du Temple. Celui-ci fondé à Jérusalem en 1119 connut une fin tragique sous la pression d’une monarchie, cette fois non pas décousue comme aux premiers temps de la féodalité, mais absolue avec Philippe le Bel.
Ainsi la Chevalerie conçue tel un corps sociétal prend le statut d’une activité de défense et de protection, placée sous la tutelle d’un Ordre chevaleresque auquel sont rattachés les Chevaliers. Toutefois le premier chevalier, certes constitué en homme libre à la solde d’un châtelain qui prenait soin de le maintenir en un niveau de faibles ressources, avait les devoirs de sa charge :
Le Seigneur de son côté avait des obligations envers son vassal à qui il accordait le titre de Chevalier selon une échelle des graduations sociales :
et à tous le suzerain était tenu d’assurer protection en toutes circonstances.
C’est pourquoi la chevalerie, à l’époque de sa naissance au XIe siècle, prenait place directement sous la noblesse de sang, sans prétendre à la notoriété d’un lignage aristocratique pas plus qu’à la richesse, qui relève d’un titre attaché à un domaine seigneurial, ou le droit de ban d’un sire. A cet égard, il convient de préciser que la noblesse ne portait aucune considération à la Chevalerie, contrairement à de fausses suppositions qui ressortent d’une littérature de l’épopée chevaleresque laissant entendre un statut de noblesse à tout chevalier. Dans les faits, ce sont les chevaliers qui ambitionnaient une telle lignée de rang au titre de service rendu à la noblesse, dont l’accès ne leur était pas totalement fermé. Le meilleur moyen d’y parvenir demeurait dans le mariage avec une dame de sang, avec qui les liens matrimoniaux assuraient une promesse de pénétrer le milieu de la noblesse.
Toutefois au début du XIIIe siècle la noblesse, sensible à une incursion non maîtrisée de sa société, inventa une sorte de sacralisation de la qualité de chevalier par l’adoubement réservé à ses descendants, ceci pour se donner les moyens de contrôler l’accès au rang de la noblesse par les liens du mariage. Il s’ensuivit que la noblesse chercha à rejoindre la chevalerie par l’exaltation des valeurs prestigieuses qu’offrait l’Ordre chevaleresque.
La naissance devenait alors une condition pour devenir Chevalier, si bien que dès le XIVe siècle, tous les chevaliers étaient issus de la noblesse ou anoblis, sans que pour autant les nobles ne soient systématiquement chevaliers.
Des chevaliers sont issus les guerriers d’élite et les cavaliers combattants soumis à des conditions de recrutement en fonction de l’âge et de l’endurance physique requise, car l’exigence d’une robustesse corporelle devait supporter une charge importante constituée par le port d’une armure et d’armes. La littérature nous révèle que la Chevalerie tentait à sa création d’agir dans une certaine éthique militaire pour la protection d’un territoire sans combat mortel contre l’adversaire.
Nous n’entrerons pas plus loin sur le terrain guerrier des Croisades qui sort de notre sujet de la Chevalerie.
A la vocation hospitalière, militaire et guerrière de l’Ordre chevaleresque, vient s’ajouter une notoriété religieuse.
Revenons sur le décor des lieux et les acteurs de l’Ordre de la Chevalerie représentés dans les fresques, toiles et peintures qui donnent un aperçu du cérémoniel attaché à l’adoubement. Le rituel de l’adoubement créait le chevalier dans une atmosphère de solennité religieuse au centre de laquelle Dieu était pris à témoin. Sous l’aval de l’Eglise influente dans la bénédiction d’un Ordre tel celui de Chevalier, ‘‘ordre’’ étant pris dans le sens de sacrement, le nouvel élu tient la légitimité morale de sa nouvelle condition à partir de son adoubement. L’adoubement est donc l’acte qui arme le postulant déclaré Chevalier. Cet événement majeur constitue le point d’ancrage dans l’Ordre de Chevalerie. Il relève d’une cérémonie rituélique à caractère initiatique dont la célébration procède d’une élévation à un nouvel état qui repose sur une éthique réservée à un Ordre chevaleresque conférant de nouveaux droits : sociaux par une capacité économique et une faculté d’autonomie, professionnels de par une supériorité désormais acquise, et un devoir religieux dans la défense de la paix et de l’Ordre sans oublier le soutien à l’Eglise. Cette cérémonie, célébrée dans l’enceinte d’une église, était précédée d’une veillée de prières suivies d’une confession. Au matin de la grande fête, le futur chevalier prenait un bain rituélique en signe de renouvellement des promesses de son baptême qui lui procurait une seconde purification. Le célébrant, généralement un ecclésiastique, bénissait l’épée déposée sur l’autel et la remettait entre les mains du postulant. Celui-ci recevait ensuite les armes, avant de ceindre le baudrier portant l’épée qu’il dégainait trois fois avant de la remettre au fourreau. Le Chevalier recevait la bénédiction de l’officiant qui lui donnait le baiser de paix et la fameuse colée, la gifle sensée le réveiller à ses nouveaux devoirs, qu’il ratifiait par une prestation de serment. Ce rituel, très simple au départ, se terminait par la remise des éperons d’or et de la bannière par les nobles présents à cette cérémonie d’investiture. La bannière était l’emblème moral et idéologique des devoirs acceptés par le Chevalier.
Le cérémoniel de l’adoubement au XIIe siècle d’une grande simplicité fut revisité pour donner une consistance plus majestueuse et prendre la forme d’un véritable rituel un siècle plus tard, sans doute pour renforcer la vocation pieuse de l’Ordre. A cet égard d’ailleurs, une date symbolique soigneusement choisie parmi les fêtes religieuses conférait à l’événement un caractère mémorable.
Après avoir dressé les multiples facettes d’une chronologie séculaire de l’Ordre chevaleresque et de son parcours intercontinental où se sont trouvés mêlés tous les genres sociaux, politiques, coutumiers, culturels et religieux, depuis le Moyen-âge jusqu’à l’arrivée des Chevaliers du Temple en la Vieille Ecosse, nous assistons à l’entrée de la Chevalerie dans les Rites maçonniques.
En effet, le roi Robert Bruce sorti victorieux de la Bataille de Bannockburn le 24 juin 1314 grâce aux Chevaliers du Temple, et pour les récompenser de leur participation les constitua en Ordre de Saint André du Chardon, consécration qui signe alors l’entrée de la Chevalerie dans la maçonnerie jacobite.
Toujours à propos des Chevaliers du Temple, Nous saisissons les propos du Grand Maître, Robert Ambelain, qui explique que :
« Jacques VI d’Ecosse fonde la Rose-Croix Royale avec trente-deux chevaliers de Saint André du Chardon, alors qu’il était Grand Maître des Maçons opératifs d’Ecosse. Tombé dans l’oubli, ou faute de recrutement valable, ou raréfié dans le secret, l’Ordre de Saint André du Chardon est rouvert en 1687, avant son exil en France, par le roi Jacques II. Et là on voit apparaître au grand jour cet Ordre maçonnique… qui a pour nom ‘‘Ordre des Maîtres Ecossais de Saint André’’, nom qu’il ne quitta plus. »
Ainsi, la Franc-Maçonnerie emprunta l’éthique chevaleresque pour dresser un socle réservé aux valeurs de la Chevalerie pour laquelle furent établis grades et degrés assortis de Rituels spécifiques à cette classe d'Initiés.
Au Rite Ecossais Primitif et en d’autres Rites (dont bien vraisemblablement le Rite Ecossais Rectifié), les actes rituels, qui composent les Rituels dits d’ ‘‘Adoubement’’, présentent bien des points communs et comparables aux célébrations d’antan, précisément lors de la cérémonie de Réception en la Chambre écossaise chapitrale à l’issue de laquelle l’Impétrant est armé Chevalier. Il y a lieu également de souligner la dénomination de la prestation de serment à ces Grades qui est qualifiée d’Obligation d’Ordre.
Quand pour accéder à la Lumière, le futur Initié donnait la démonstration d’une volonté à posséder des qualités morales, les interrogations n’écartaient aucune incompatibilité à une adhésion plus lointaine de l’aspirant aux valeurs que l’Ordre maçonnique prête au Chevalier. Ainsi, nous prenons conscience de l’impérieuse nécessité d’une introduction dans la Chambre de réflexion préalablement à l’Initiation qui est renouvelée pour l’aspirant à la Chevalerie dans la veillée de prière avant son adoubement, figurée dans le rituel du REP par un nouveau passage placé sous le signe du silence dans l’isolement.
Outre les similitudes avec la Chevalerie du Moyen-âge, dont celle essentielle dans la remise des armes constituant un événement unique et exceptionnel autant que la gestuelle qui entoure l’adoubement, les Chevaliers – issus de la Franc-Maçonnerie du XVIIe siècle – s’attardent sur les aspects d’une nature profonde d’essence philosophique et spirituelle qui relie l’esprit de cette rituélie au Chevalier en habit de Lumière.
Etre Franc-Maçon et Chevalier dans l’Ordre de la Franc-Maçonnerie est un cheminement dans la recherche d’une noblesse et d’une paix intérieures dont la frontière dépasse la pensée profane pour s’attacher à une sensibilité qui côtoie avant tout l’honneur et la probité.
Etre Chevalier c’est éprouver la solidité et la conduite d’une démarche rectiligne et ascensionnelle vers la véritable noblesse du cœur. C’est subir une décantation alchimique des forces de l’âme et du corps pour un équilibre parfait entre l’esprit et la matière.
Le Chevalier d’antan avait deux suppôts dans sa quête de l’absolu : le Saint Graal à la conquête duquel il se muait en perpétuel errant à travers les terres et sa Dame, la nécessaire inspiratrice de son désir de perfectionnement. Le Saint Graal, calice, taillé dans l’émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute finale, parvenu on ne sait par quel miracle au pied du Golgotha pour recueillir le sang du Christ, calice qui contient la plus haute connaissance qui puisse être communiquée à l’Homme, savoir la présence manifestée de Dieu au milieu de sa Création.
Le Saint Graal, sublime et ultime but du chevalier errant, cherchant le secret de la pierre philosophale et la réalisation de sa noblesse intérieure. La Dame, miroir de l’âme transcendante du héros, offre la partie spirituelle de l’homme, sa nature céleste émanée, image divine qu’il reconnaît dans la femme comme appartenant à son noble for intérieur.
L'Impétrant, le bandeau à peine tombé, découvre la Lumière et durant sa nouvelle vie, il s’emploiera à suivre cette lueur lumineuse, son Graal immatériel.
Lors de sa Réception, le nouvel Initié reçoit des mains du Vénérable une deuxième paire de gants (en d’autres Rites que le REP, il s’agit bien souvent d’une rose que les usages modernes ont substituée à ce symbole majeur du nouvel Initié), qu’il doit remettre à la personne qu’il admire le plus et susceptible de le conforter dans son rayonnement maçonnique.
L’armure du Chevalier est taillée dans l’acier de la Force, enveloppée de la soie de la Sagesse et resplendissante par l’éclat de sa Beauté.
Le Chevalier est la FORCE, la force inébranlable de sa mission de protecteur du faible.
Le Chevalier est la SAGESSE, la sagesse de l’homme initié qui dépasse le vulgaire.
Le Chevalier est la BEAUTÉ, la beauté de son esprit qui ordonne toutes ses plus nobles actions.
Ainsi doit être le Maître Parfait Ecossais Chevalier de Saint André, Enfant de la Veuve, familier d’un Rite dont la Spiritualité le conduit à mettre en exergue, dans un monde déshumanisé de ce XXIe siècle, les valeurs héritées de la tradition primordiale, dont :
La Chevalerie des Jacobites du IIIe millénaire est une manière d’être autant qu’une raison d’être.
Nous aurions pu donner pour titre à cette chronique écossoise
‘‘Le REP, un rite militaire et chevaleresque’’
qui définit en quelque mots la double filiation à un Ordre militaire et à un Ordre chevaleresque, par :
Au-delà du temps qui passe, le Rite Ecossais Primitif a gardé cette double appartenance qui transpire au travers de ses Rituels et des Instructions dialoguées qui éclairent leur contenu.
Elisabeth Mutel, Theophilos Eques a Probitas.
(Document déposé sur le site du Rite Ecossais Primitif en décembre 2013)
Source : www.glfriteecossaisprimitif.org
Publié le 21 Janvier 2019 par T.D
Recès du Convent de Wilhelmsbad(extrait)
Juillet et Août 1782
...Un de nos premiers soins s'est tourné vers l'authenticité du système que nous avons suivi jusqu'aujourd'hui et le but final, où il doit conduire nos frères.
Apres plusieurs recherches curieuses sur l'histoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées et comparées dans nos conférences, nous nous sommes convaincus qu'elles ne présentaient que des traditions et des probabilités sans titres authentiques, qui puissent mériter toute notre confiance. et que nous n'étions pas autorisés suffisamment à nous dire les vrais et légitimes successeurs des T, que d'ailleurs la prudence voulait que nous quittions un nom, qui ferait soupçonner le projet de vouloir restaurer un Ordre proscrit par le concours des deux puissances, et que nous abandonnions une forme qui ne cadrerait plus aux mœurs et aux besoins du siècle.
En conséquence nous déclarons, que nous renonçons à un système dangereux dans ses conséquences, et propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernements. Et que si jamais quelque Chapitre ou quelque frère formait le projet de restaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de respecter l'autorité souveraine. A cet effet et pour décliner à jamais toute imputation sinistre et démentir les bruits semés indiscrètement dans le public : nous avons dressé un acte souscrit par nous tous et au nom de nos commettants, par lequel nous consacrons cette détermination sage, et protestons au nom de tout l'Ordre des Francs-maçons réunis et rectifiés devant Dieu et nos frères, que l'unique but de notre association est de rendre chacun de ses membres meilleur et plus utile à l'humanité par l'amour et l'étude de la vérité, l'attachement le plus sincère aux dogmes, devoirs et pratiques de notre sainte religion chrétienne, par une bienfaisance active, éclairée et universelle dans le sens le plus étendu et par notre soumission aux lois de nos patries respectives.
III
Nous ne pouvons cependant nous dissimuler, que notre Ordre a des rapports réels et incontestables avec celui des T prouvés par la tradition la plus confiante, des monuments authentiques et les hiéroglyphes mêmes de notre tapis ; qu'il parait plus que vraisemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plusieurs de ces Chevaliers et a servi de voile à quelques autres au moment de leur catastrophe pour en perpétuer le souvenir. En conséquence, et pour suivre tous les vestiges d'un Ordre, qui parait à un grand nombre de frères avoir possédé des connaissances précieuses, et auquel nous devons la propagation de la science maçonnique nous nous sommes crus obligés de conserver quelques rapports avec lui et de consigner ces rapports dans une instruction historique. et comme nous devons à l'ancien système un plan de Coordination utile et des divisions avantageuses pour maintenir le bon ordre, et qu'en renversant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions sans motif les liens, qui unissent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports seraient conservés dans un Ordre équestre, connu, sous le nom de Chevaliers Bienfaisants et chargé du régime et de l'administration des classes symboliques....