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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Maître Maçon

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Les devoirs du Maître Maçon

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

« Si tu veux que brille la flamme, médite dans le Temple et agis sur le Forum, mais garde-toi bien de faire du Temple un Forum. »

J. Corneloup.

Introduction

Cette citation résume bien le rôle que doit avoir le Maître Maçon dans la Loge. Celle-ci est un endroit privilégié dont il doit protéger la flamme. A la lumière du Rituel et des symboles il doit remplir ses devoirs et méditer pour pouvoir avoir la force d’apporter au dehors cette lumière sans en trahir ses secrets. La Loge doit rester un lieu en dehors du Temps où règnent la concorde et la fraternité, le Maître Maçon doit toujours préserver ce lieu sacré des querelles et des conflits du monde profane.

Mais il n’y a pas de droits sans devoirs et si un Maître Maçon peut prétendre à des droits, à un salaire dans son Atelier, il devra pour autant avoir accomplit ses devoirs. Par des termes solennels, prononcés à haute voix, le jour de notre élévation,  nous avons tous fait cette promesse solennelle :

  1. JE PROMETS DE ME CONSACRER À L’ÉMANCIPATION INTELLECTUELLE DE L’HOMME, À LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, À LA PAIX AU SEIN DE LA PATRIE ET PARMI LES PEUPLES, ET DE CONSIDÉRER MON DEVOIR SUPÉRIEUR À MA VIE.

Cette profession de foi humanisme est une des clé de l’œuvre et de l’idéal maçonnique. Peut-être que cet idéal est tellement élevé que personne n’a vraiment conscience de pouvoir y contribuer un jour ? Pourtant, les liens fraternels qui unissent tous les Francs-Maçons du monde nous rappellent que nous appartenons à un ensemble plus vaste et que l'homme seul ne peut rien. Car, tant que les hommes seront asservis par l'ignorance, l'intolérance, le dogmatisme et le totalitarisme, la Franc-Maçonnerie aura encore un rôle à jouer. Le Maître Maçon est la sentinelle avancée de l’humanité. Il a compris que les dogmes sont les ennemis du genre humain et son devoir est de croire que l’homme est perfectible. C’est pourquoi, il se doit de toujours donner « sa chance à autrui » en l’aidant à se perfectionner. Il ne se compromettra jamais avec un pouvoir totalitaire, une pensée unique ou une masse populaire qui nie les droit de l’individu et aliène la liberté de tous.

  1. JE PROMETS À NOUVEAU DE CONTINUER À REMPLIR CONSCIENCIEUSEMENT TOUTES LES OBLIGATIONS QUE J’AI CONTRACTÉES LORS DE MON INITIATION ET DE MA PROMOTION ; DE SUIVRE ASSIDÛMENT LES TRAVAUX DE LA LOGE ET DE NE PAS LA QUITTER SANS EN INDIQUER FRANCHEMENT ET SINCÈREMENT LE MOTIF.

Cette partie de la promesse semble très claire. Le devoir de Fraternité est indispensable à la « Chaîne d’Union » qui nous unis. Chaque Frère est un élémosinaire en puissance et il se doit d’avertir le Frère élémosinaire en charge ou le VMEC\ qu’un de nos Frères a besoin d’aide et notre devoir est de lui venir en aide.

Par ailleurs, le Franc-Maçon doit contribuer activement à la concorde, il se doit d’être un homme de conciliation et de dialogue. La Sagesse et la Règle doivent être son seul guide. Malheur à lui s’il apporte dans la Loge, ce lieu sacré, la discorde et la division. Les épées se retourneront contre lui !… La vengeance des Frères dans le monde entier sera réelle, il aura quitté définitivement la « Chaîne d’Union » et sera devenu, pour l’ordre, un renégat.

Enfin, on ne vient pas en Loge seulement pour se faire plaisir en ne sélectionnant que les travaux qui nous plaisent… La Règle est la même pour tous et il est assez évident qu’une participation active à tous les travaux de la loge permettent vraiment d’atteindre les objectifs de la promesse. Les séances d’instruction notamment sont un moment privilégié pour poser des questions, s’exprimer et écouter. Les tenues favorisent « l’abandon des métaux »  et la participation à « l’egregore »  de la Loge. Le rituel favorise l’introspection et permet une certaine communion fraternelle. Les conférences ou tenues blanches ouvertes et les sorties familiales sont aussi une forme d’initiation nécessaire et les  ignorer est une forme d’égoïsme personnel qui n’est pas vraiment compatible avec les devoirs d’un Franc-Maçon. Sans aller jusqu’à dire : « hors de l’église point de salut ! »  Ce qui serait réintroduire le dogme on peu simplement dire que c’est en fréquentant la loge que l’on devient maçon de la même manière que « c’est en forgeant que l’on devient forgeron. »

  1. JE PROMETS DE NE RÉVÉLER À AUCUN PROFANE, NI À AUCUN APPRENTI OU COMPAGNON, LES SIGNES DE RECONNAISSANCE ET LES USAGES DU GRADE DE MAÎTRE.

Le compartimentage du système maçonnique en plusieurs degrés de Lumière est indispensable pour protéger celui qui n’est pas encore prêt à recevoir une Lumière trop vive. Loin d’en arriver à la suffisante et classique phrase : « ce n’est pas de ton grade ! », un juste milieu reste nécessaire. Celui qui pose la question a en lui déjà la moitié de la réponse et c’est une insulte à son intelligence que de ne pas lui répondre. Mais la réponse doit être voilée, elle doit être adaptée au degré de celui qui a posé la question.

L’un des principes de notre ordre semble être la « digestion » ou plutôt, la faculté de « ruminer ». Il est essentiel que chacun trouve ses propres réponses et notre véritable devoir de Maître face aux Compagnons et aux Apprentis est simplement de donner des outils et d’indiquer des portes qu’il incombe à eux seul d’ouvrir et de découvrir. Il est essentiel de comprendre que la Franc-Maçonnerie par ses symboles et ses rites ne cesse de voiler la vérité afin que le véritable adepte ne puisse la découvrir que par lui-même, par la connaissance de ses défauts et qualités et surtout, par sa propre révélation à lui-même…

  1. TOUT CELA, JE LE PROMETS SUR MA PAROLE DE FRANC-MAÇON !

« Malheur à celui qui reniera ce serment… Les épées se retourneront contre lui ! ». C’est bien ainsi que le dit le Rituel… En promettant ainsi solennellement sur sa propre parole de Franc-Maçon, celui-ci s’exposera à être rejeté et méprisé par ces Frères s’il lui arrive un jour de la renier.

Au-delà des mots et des objectifs il y a la Règle, la conscience de chacun et lorsqu’on a perdu la Règle, il ne reste que les règlements… La Règle est manipulable c’est vrai !… Mais il reste cette petite voix au fond de chacun de nous qui continue à nous murmurer la « Voie Royale ». Bien qu’on essaye de la faire taire, ou l’ignorer, elle est toujours là pour nous dire où est le bien et où est le mal. « Errare Humanum est, perseverare diabolicum[1] ! », disaient les romains.

Conclusion

Pourvoir discuter avec des « frères », toutes « griffes » rentrées et entamer un réel dialogue sans crainte, comme dans le monde profane, d'être « jugé », « attaqué » ou « dénigré ». Voilà la meilleure manière de progresser sans risque de sombrer dans l'erreur du dogme car à tout moment, on sentira la main fraternelle d'un frère qui vous indiquera la Voie.

« Connais-toi toi-même » est une devise terrible car il n'y a pire juge que soi-même. La descente aux Enfers et une chose que l'on ne peut faire en solitaire. La main secourable d'un frère est indispensable pour éviter le pire et échapper au dégoût de soi-même. C'est une expérience unique et indispensable, mais dangereuse car il est difficile d'être « libre » et affranchi des dogmes. Les frères sont autant de miroirs qui nous permettent de suivre le processus et de nous voir dans notre réalité. Il n'est pas facile de faire taire tous ces petits « moi » égoïstes qui forment notre conscient et notre inconscient afin de faire naître le véritable Être. Le « Maître » universel qui a toujours été en nous.

Le rituel maçonnique amène l'homme au plan éternel et le met en relation avec le cosmos. Il éveille la conscience d'un chemin qui pourrait réunir la demeure transitoire et l’Être lumineux. La Maîtrise n’est pas une ligne d’arrivée, elle n’est que le début de la véritable initiation. L'initié authentique est celui qui, après avoir refusé les ténèbres a trouvé la lumière et s'efforce de faire régner la justice et l'amour, l'harmonie et la paix sur ce chemin qui donne une direction, une orientation à sa vie.

Le Franc-Maçon s'efforce de bâtir un Temple intérieur dont les murs ne sont jamais assez hauts pour qu'il puisse les terminer et les recouvrir, aussi, symboliquement les étoiles, la lune et le soleil sont toujours visibles de l'intérieur du chantier. Grâce à ce mythe, équivalent à celui de Sisyphe, le Franc-Maçon reste en contact avec le cosmos et ne se coupe pas de l'ordre universel. S'il est intéressant de se demander ce que la Franc-Maçonnerie nous a apporté, il est peut-être plus important de se demander ce qu'on a pu apporté soi-même à la Franc-Maçonnerie?... Il peu arriver qu’on puisse, un jour, être déçu de ce qu’a pu nous apporter d’être maçon et de faire partie d’un atelier. Mais on le sera jamais vraiment de la Franc-Maçonnerie qui est un idéal, à moins de l’avoir soi-même trahit ? D'où la nécessité de l'assiduité et de faire corps avec l'egregore de la Loge.

Toutes les traditions sont intéressantes à étudier, mais est-ce pour autant nécessaire de renier tout ce qu'on est et qui pourrait être profitable aux autres?... Il faut se dire que la Loge est faite d’hommes et qu’elle a de ce fait les qualités et les défauts des hommes. Seule l’esprit de fraternité et le dépôt des métaux aide à pouvoir faire corps avec le rituel, de sentir l’âme de la Loge, d’enrichir sa spiritualité et de recevoir la Lumière authentique.

La Loge est un microcosme peuplé d’hommes de différents horizons et degrés intellectuels, d’origines, de cultures et de fortunes divers. Aider son prochain ou son Frère à progresser doit prendre le pas sur l’élitisme et la suffisance intellectuelle contraire à l’Humanisme auquel le Franc-Maçon se doit d’être fidèle.

L’Atelier est un laboratoire, un Athanor qui possède, en plus simplifié, les mêmes caractéristiques que toute organisation humaine avec leurs défauts et leurs qualités. L’absolue n’y existe forcément pas. La seule différence et la transmission du symbolisme et l’usage de la Règle qui permet de façonner la matière primaire, la Pierre Brute pour créer une alchimie où l’Esprit pourra triompher de la matière.

source : www.trimegiste.ch 

J.-M. C, Epalinges, le 18 novembre 2005.

[1]  “ L’erreur est humaine, persévérer est diabolique ! ”

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G dans images

 

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Discours sur le grade de chevalier Kadosch 1826

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

Un double devoir est imposé au Chevalier chargé du ministère que vos suffrages nous ont confié pendant deux années. Le premier de ce double devoir est de tracer pour l'instruction des nouveaux chevaliers, les données historiques du grade qui leur a été conféré ; le second est d'ajouter à cette instruction consacrée par les rituels, les remarques nécessaires au développement de la morale, plus importante que le matériel quelque brillant qu'il soit. Il est encore un devoir particulier, celui d'exercer une sage critique sur ce qui ne satisfait pas toujours l'esprit dans l'ensemble ou dans les développements du grade. 

Mais avant d'aborder cet important sujet, nous devons fixer l’attention des FF\ admis en ce jour sur leur situation présente, et nous leur dirons : 

Une nouvelle Ere Maçonnique commence pour vous. Vous venez d'être soumis à une rénovation de grade, de vœux, de serments, qui vous lie plus intimement que jamais à notre antique et sainte institution. Nous avons dit antique, car la Maçonnerie continue les associations mystérieuses ou intimes des hommes sages de l'antiquité ; nous avons dit sainte, car elle est chère à ses dignes et fervents sectateurs, hommes pieux, parce qu'ils sont sensibles et reconnaissants ; hommes sages, parce qu'ils sont exempts de préjugés et d'erreurs, ou parce qu'ils s'efforcent de vaincre les passions dangereuses. 

Ne croyez pas, Chevaliers initiés en cette séance, que le sublime grade de Chev\ G\ E\ K\ D\ S\ soit, comme l'ont prétendu quelques Maç\ au moins légers, un grade ajouté à un grand nombre d'autres grades, et qu'il est tout entier dans une noble et magnifique représentation ; dans quelques mots, dans quelques lignes ; ne croyez pas non plus qu'il soit rigoureusement le nec plus ultrà de l'échelle mystérieuse de l'institution maçonnique. 

Supérieur par la haute morale aux degrés qui le précèdent, le K\ D\ S\, inférieur dans l'ordre numérique au trente-troisième degré, est le milieu, le juste milieu de la science, le vrai but où doivent tendre les bons esprits. 

L’instruction est sans bornes, nul doute ; mais s'il est quelques Maçons ardents qui veulent savoir, tout ce que l'on peut apprendre, il est une foule de FF\ qui savent mettre un frein à leur curiosité même recommandable. L'homme laborieux qui se contente d'une modeste fortune, l'homme instruit qui se dit : pour mon bonheur et mon repos, je m'arrêtérai à tel point ; le Maçon qui se dit aussi, je me fixerai au grade de me paraîtra réunir tout ce que je puis désirer, donnent la preuve que la raison peut dominer l'imagination ; et il n'y a pas de meilleur guide que la raison. 

Suivons ce guide, RR\, FF\ : si vous voulez aller plus haut, vous arriverez sans doute, et le grade lui-même sera un degré qu'il aura fallu franchir ; mais si vous voulez prendre du repos après une longue route, trouver ici le terme de votre voyage, RR\ FF\, vous serez satisfaits. 

Ill\ Chev\, nous abordons maintenant le grade de G\ Ch\ El\ K\ D\ S\ dans ses données historiques. 

Partie Historique 

Ce grade est généralement considéré dans l'écossisme comme renfermant tous les degrés de la Maçonnerie : nec plus ultrà. 

Dans le développement de la Maçonnerie qui sert d'historique au grade, on voit que l'institution maçonnique dérive des institutions mystérieuses de l’Egypte. La famille des Athalantes, y est-il dit, apporta dans les pays méridionaux de l'Asie et sur les bords du Nil, les débris des arts et des sciences d'un monde qui avait péri lors du déluge. Hermès, roi de Thèbes, appartenait à cette célèbre famille ; il fut surnommé Trimegiste ou trois fois grand, parce qu'il fut à la fois grand prêtre, grand politique et grand philosophe. Cette triple supériorité le fit placer par la reconnaissance publique au rang des Dieux immortels. 

A cette occasion nous remarquerons que les peuples de l'antiquité ne refusèrent jamais l’apothéose à leurs véritables bienfaiteurs. Telle est peut-être l'origine non de la création de l’homme à l'image de Dieu, mais de Dieu à l'image de l’homme. Jupiter dieu des Grecs ; Odin, dieu des anciens Scandinaves ; Jéhova, dieu des Hébreux ; Dieu le père, Dieu des chrétiens, ont la physionomie de l'homme. 

Hermès, suivant les données historiques du grade, obligea les Mages, mot qui signifie architectes, ou doctes dans les sciences et hommes vertueux, à mettre leurs biens en commun et à vivre en Frères. 

Par Mages, on entend Adorateurs du Feu. En effet, les Mages adoraient le Feu céleste, le Soleil, emblème de la puissance divine. Long-temps après l'établissement du Christianisme, qui, comme toutes les sectes religieuses à leur aurore, fut d'abord doux et pacifique, et plus tard dominateur et exclusif, on a dénaturé le sens de ce mot. Par l’épithète de Magicien, Magie, le peuple ignorant et crédule désignait une prétendue intelligence intime entre les philosophes et les dieux infernaux, à l'existence desquels il croyait. Plus tard encore et toujours stupide, parce que pour le dompter on s'efforce de l'abrutir, le peuple crut que par philosophe on voulait dire athées. Si on croit peu aujourd'hui à cette interprétation ridicule en France, où le peuple au centre des lumières et de la civilisation puise sa philosophie dans un sens droit, naturel, on y croit beaucoup au-delà des Pyrénées, où des peuples pleins d'orgueil et sans industrie, vivent dans l'ignorance et de l'ignorance, odieux triomphe du monachisme. Poursuivons, ТТ\ CC\ FF\, l'exploration de l'histoire du grade. 

Le grand Hermès fut assez heureux pour recueillir une des colonnes érigées par les enfants de Lameth, inventeurs des arts avant le déluge. Cette colonne, trouvée en l'année 2076, de l'ère du monde, retraçait dans la langue primitive ou emblèmes sacrés l'histoire des hommes et des arts avant cette époque reculée. Elle fut l'étincelle qui embrasa le génie du roi Thébain. Il observa par l'étude des astres, les merveilles de la nature, et plus particulièrement les révolutions célestes et terrestres. Ses sublimes combinaisons lui démontrèrent qu'il n'y avait qu'un Dieu, et le fruit de ses observations scientifiques fut la division du jour en douze heures, la division du zodiaque en douze signes et la création de l'écriture hiéroglyphique que les modernes ont cru longtems inexplicable et qu'explique parfaitement un homme aussi instruit que modeste, M. Champollion Figeac le jeune. 

Dirigés par le Trimégiste, les Mages établirent la théologie naturelle, et furent les dépositaires des sciences divines et humaines, parce que seuls ils possédaient la connaissance de la langue symbolique dans laquelle on les avait écrites. Ils étaient chargés d'instruire les hommes que leur naissance appelait à la direction des affaires publiques, et de donner au peuple des lumières à la portée de son esprit. Ce devoir, ils le remplissaient consciencieusement, mais avec prudence ; ils réservaient pour les Initiés qu'ils attachaient au sacerdoce, les secrets les plus cachés. Ils voulaient rester, eux et leurs disciples, les hommes les plus instruits pour être les plus forts, parce que cette forcé était la sagesse : c'était là l'esprit des hautes théocraties. La basse théocratie ou le monachisme, mieux caractérisé par le despotisme et la stupidité, appartiennent aux temps modernes. 

Abraham, Jacob, Joseph, Moïse, durent beaucoup à l'instruction qu ils reçurent des Mages. Elle fit de Moïse un célèbre législateur. 

Le Magisme dégénéra peu à peu par l'oubli des symboles hiéroglyphiques de la langue sacrée. Les Collèges de Memphis et d’Héliopolis le maintinrent longtemps dans sa pureté primitive, et c'est dans ces Collèges que Orphée, Thalès, Pythagore, Solon, etc., puisèrent ces connaissances supérieures qu'ils répandirent dans leur patrie. 

C'est à Pythagore que l'Europe doit la doctrine des Mages, et c'est aux grands développements qu'il y donna, que Copernic, Galilée, Descartes et Neuwtou ont dû les systèmes qui les ont immortalisés. 

Salomon eut aussi d'immenses obligations à ces Mages si célèbres, et pour leur prouver sa reconnaissance royale, il symbolisa le Magisme dans le Temple qu'il éleva au grand Architecte de l'Univers. 

La Voûte secrète est l'allégorie du Dépôt de la science antique des Sages.

Les révolutions parmi les peuples et dans les croyances religieuses, se multiplièrent de toutes parts.

L'Initiation ancienne fut renouvelée.

La primitive Eglise renouvela encore les doctrines religieuses et symboliques des mystères. 

Lors des croisades, les chrétiens, confondus avec les infidèles, furent forcés de tenir leurs assemblées dans le plus grand secret, et de donner à leurs mystères des figures allégoriques. 

Vers la fin du treizième siècle, Godefroi de Bouillon conduisant les croisés à la conquête de la Terre-Sainte, cacha les mystères de la religion du Christ sous des emblèmes et des allégories. Le grade de R\+\ (dont on lui attribue la fondation), fut le point parfait de la Maç\, chrétienne. 

Ainsi furent établis sur cette souche antique, une foule de rites sous les dénominations de Maçonnerie générale d'Hérodom chrétienne, Adhoniramite, Ecossaise de Saint-André d'Yorck, Prussienne, Anglaise et Philosophique. 

De là et inévitablement, cette filière de grades établis par une fausse délicatesse d'opinion, par une ignorance orgueilleuse et même par une honteuse cupidité. 

La Maç\ passa en France dans les temps les plus reculés, mais elle y fut à peu près méconnue ; elle alla, en 926, en Angleterre, où elle reçut d'Athelstan, souverain de ce pays, une protection particulière. En 1422, Jacques 1er, élu Grand-Maître de toutes les Loges, transféra à Hérodom, à 60 milles d'Edinbourg, la grande loge qui, jusque là, avait été tenue à Yorck. La Maçonnerie reparut en France, en 1725 ; depuis lors elle n'a plus cessé d'y être cultivée. Aujourd'hui, elle compte en activité 450 loges, Chap\, Cons\, Trib\, et Consist\. 

Tel est, d'après les documents écrits du grade de Chev\ EL\ K\ D\ S\, l'historique de la Maçonnerie, où nous n'avons à revendiquer que quelques réflexions philosophiques. 

Explication des épreuves 

Nous ne quitterons pas l'histoire du grade, en passant à l'explication ou rappel des épreuves. 

Jeunes Chev\ EL\ K\ D\ S\, veuillez avec nous revenir sur vos pas et vous souvenir que, possesseurs du Subl\ grade de Chev\ du Soleil, 29e degré, vous avez été placés dans un cabinet de réflexion où des questions morales vous ont été présentées. C'était recommencer votre carrière Maçonnique dans le haut grade qui, comme nous vous l'avons dit au commencement de ce discours, renferme tous les degrés de la Maçonnerie. Ces questions avaient pour objet de connaître la haute aptitude de votre esprit, vos doctrines en philosophie, votre résolution devant des épreuves nécessairement plutôt morales que physiques ; car les épreuves corporelles avaient été faites dès les premiers grades. 

Du cabinet des réflexions vous deviez être conduits dans un caveau où vous auriez été précipités un bandeau sur les yeux. Dans ce caveau, éclairé par une faible lumière, votre conducteur vous aurait ôté le bandeau qui vous couvrait la vue et vous auriez aperçu un cercueil d'où se serait soulevé avec colère un F\ qui vous aurait demandé : qui es-tu ? Que me veux-tu ? Et pourquoi viens-tu troubler mon repos ? Votre réponse ne l'ayant pas satisfait, il aurait renversé brusquement la lampe qui éclairait ce lieu lugubre et vous n'auriez plus eu pour vous guider dans votre sortie que la main secourable de votre conducteur. 

La méditation, jeunes Chevaliers, vous fera déterminer vous-mêmes l'analogie qui se trouve entre cette épreuve et le symbole de la mort inoubliable du chef des Trav\ du Temple de Salomon. Elle sert de transition au passage de la Maçonnerie symbolique à la Maçonnerie des hauts grades. C'est du moins sous ce rapport philosophique que vous devez envisager le mystère du caveau. 

Toujours avec votre guide, vous êtes arrivés à la porte du second appartement dont l'entrée est défendue par un servant d'armes couvert d'une armure complète. La porte ouverte, après d'utiles avertissements, vous êtes entrés, un voile noir sur la figure, et vous avez entendu ces leçons imposantes de morale données par les premiers chefs du Conseil : nous les répétons ; on ne peut trop les redire. 

« Adore l'Être Suprême et rends-lui toujours un culte exempt de fanatisme et de superstition ;

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent ;

Aime ton prochain comme toi-même ;

Soulage les malheureux ;

Sois vrai, déteste le mensonge ;

Sois patient ; supporte les défauts des autres ;

Sois fidèle à tes engagements ;

Supporte l'adversité avec résignation. » 

C'est ainsi qu'a été préparé votre esprit aux vérités sublimes du grade. 

Conduits à l'Aréopage ou troisième appartement, l'entrée vous en a été refusée parce que vous n'aviez pas sacrifié à la vertu. Mais ayant brûlé l'encens sur son autel et le grand sacrificateur ayant appelé les bénédictions du ciel sur vous et sur votre sainte entreprise, vous avez été admis dans l'Aréopage où l’on vous a fait connaître à quelles conditions vous obtiendriez la haute Initiation. 

Passant au quatrième appartement où se tient le Sénat, vous y avez vu tomber le voile qui vous dérobait la plus pure lumière ; vous avez été connu de tous les Chevaliers et les épreuves ont été entièrement terminées. Après une allocution du grand Maître, vous avez été conduit par lui au pied de l'échelle mystérieuse. Là il vous en a donné une explication que nous allons vous rappeler en l'abrégeant. Il vous a dit : 

Cette échelle vous révèle par son montant droit, la première base de l’ordre : culte sans superstition ni fanatisme ; par son montant gauche, la seconde base : travail continuel pour le bonheur des hommes. Elle est terminée par la légende du grade : nec plus ultrà. 

A chaque échelon, d'un côté de l'échelle, est tracée une leçon morale. 

Au premier, Dévouement aux malheureux ; 

Au deuxième, Doctrine de l'Evangile renouvelée de la morale des anciens sages, Thalès, Confutzée, etc. : ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui le fût fait ; 

Au troisième, Courage dans l'adversité ; 

Au quatrième, Amour du vrai ; horreur du mensonge ; 

Au cinquième, Perfection comme but de toutes les actions ; 

Au sixième, Patience, résignation, tolérance ; 

Au septième, Fidélité aux engagements ; discrétion sur les mystères de l’ordre. 

A chaque échelon du côté opposé est l'indication d'une des sciences les plus utiles à la dignité et au bonheur de l'homme. 

Sur le premier échelon, Grammaire : rectitude du langage ; 

Sur le second, Rhétorique : art de discourir. 

Sur le troisième, Logique : discernement de ce qui est vrai avec ce qui est faux ; 

Sur le quatrième, Arithmétique : science des nombres, utile au propre comme au figuré ; 

Sur le cinquième, Géométrie : connaissance des lignes, habileté à mesurer les choses matérielles dans tous les sens ; 

Sur le sixième, Musique : harmonie dans les actions, douceur du langage ; 

Sur le septième, Astronomie : étude des corps célestes, dogmes et pratique de la plus haute morale. 

Après cette explication, qui donne beaucoup à penser et dispose à bien agir vous avez été constitués, sous les glaives et avec l'assistance de tous les chevaliers, membres du Souv\ Cons\ des Gds\ Chev\ El\ K\ D\ S\, 30me degré du rite Ec\ ancien et accepté. 

Le mot Kadosh signifie en langue hébraïque, Saint, sanctifié, consacré. 

Le mot qui le précède, élu, signifie initié, admis aux plus sublimes mystères. 

Comme Chev\ El\ K\ D\ S\, vous avez cent ans et plus ; autrement, vous ne comptez plus d'âge. 

Les mots sacrés et de passe, les signes et les batteries vous ont été donnés, expliqués. Vous ne les oublierez pas, ni leur usage, ni leur morale, si vous pratiquez, comme vous le devez et comme nous l'espérons, un grade qui est caractérisé par sa propre légende : Nec plus ultrà. 

Réflexions sur le Grade 

Ce que vous avez vu et fait ; ce qui vous a été dit, ce que nous venons nous-mêmes de vous dire, enfin épreuves et explications, tout dans le grade satisferait en ce moment votre esprit : vous êtes sous l'empire d'un enchantement naturel ; mais réfléchissant bientôt et cherchant à vous rendre compte d'une foule de choses un peu confuses, vous pourriez éprouver des incertitudes que nous devons prévoir en vous communiquant les premiers notre propre embarras. Nous ne vous présentons nos réflexions que comme des questions que nous nous adressons à nous-mêmes, quoiqu'assurés d'avance de votre impuissance à les résoudre, et à nos FF\, plus anciens et plus instruits, qui ont droit de nous remettre dans le chemin légal, si nous avions le malheur, malgré nos bonnes intention, de nous en écarter. 

C'est le propre du grade de se communiquer ses doutes et de s'éclairer les uns les autres. 

Ainsi, nouveaux Chev\, suffisamment avertis, vous n'accorderez à nos observations, que la créance dont elles vous paraîtront dignes. Votre excellente judiciaire peut suppléer votre inexpérience maçonnique dans ce haut grade. 

L'origine du grade de Chev\ EL\ D\ S\, ne présente aucun non sens, quoiqu'elle se perde dans le vague de l’antiquité. Mais les formes et la morale du grade annoncent par leur peu de cohérence entre elles que la main des hommes a passé par là. 

Avec la meilleure disposition à se prêter aux inconséquences involontaires des esprits les plus judicieux, on ne peut concevoir dans une composition aussi capitale que celle du grade K\ D\ S\, ce mélange d'habitudes chevaleresques, avec ces leçons pacifique que donnaient les sages de l'Inde, les hiérophantes de l'Egypte, les doctes de la primitive église. Ce n'était assurément pas pour prêcher la sagesse, la pratique de toutes les vertus que les rudes et vagabonds chevaliers croisés allaient porter le fer et la flamme au milieu de ceux qu'ils qualifiaient d'infidèles. Ils n'allaient pas non plus chercher dans les camps et dans les doctrines de ces infidèles, des principes de foi, des leçons de paix, de charité et de tolérance. 

Les chevaliers croisés n'ont pas pu créer un grade où brillent la plus pure philosophie, l'amour le plus vif des sciences, la morale la plus douce, eux qui ne savaient pas lire et qui voulaient absolument tuer ou convertir ceux qui suivaient une autre religion. 

Le grade a donc été mutilé ; mais qui l'avait créé ? Par qui et quand ont été faites les mutilations ? Etait-il d'abord tout philosophique ? Tout militaire ? Comment, fondateurs ou mutilateurs, ont-ils imaginé de mettre la philosophie et l'amour des sciences sous le protectorat d'hommes ignorans ? Ou comment a-t-on osé donner à ceux qui enseignaient les doctrines de Socrate et de Jésus-Christ, des cuissards, des brassards et des glaives ? La philosophie n'habite guère les camps et n'emprunte guère ses maximes aux lois impérieuses et sanglantes de la guerre. Ce n'est point le raisonnement qui terrasse un homme armé de pied en cap ; ce n'est point avec la pointe d'une épée qu'on établit une question de morale. 

Pour être conséquents avec l'origine et la morale du grade, et même avec les mots hébraïques de l'échelle mystérieuse, de la parole sacrée, etc., les novateurs auraient dû placer l'action dramatique du grade dans les souterrains du temple, et la consécration, non du chevalier, mais du lévite, dans le saint des saints. 

Si le grade est tout militaire pourquoi n'avoir pas adopté exclusivement les formes chevaleresques et ne lui avoir pas donné pour unique but la pratique des vertus guerrières ? 

Résumé 

Dans l'impuissance où nous sommes de décider la question, nous essayerons de concilier des éléments si opposés entre eux. 

Rien n'est plus imposant à toutes les imaginations que l'appareil guerrier du temps de la chevalerie. L'homme aime à s'élever au-dessus de la sphère commune. Son âme est naturellement belliqueuse, et si nos habitudes ou les années ne nous portent pas à la vie pénible des camps, nous en aimons le simulacre, nous en recherchons les nobles jeux. Cette tenue d'apparat, cette dignité militaire, cette idée qu'avec le fer l'homme peut résister au fer, qu'il peut passer sans transition de la fiction à la réalité, tout l'anime, l'enflamme et lui donne une résolution qui centuple sa force naturelle. Et n'avons-nous pas vu il y a quelque peu plus de trente ans, cette foule de jeunes soldats si étrangers à la vie tumultueuse des armes, si timides dans leurs premiers pas, s'élancer tout-à-coup à l'exemple des vieux braves là où étaient les plus grands dangers et imiter les vétérans avec autant d'ardeur que de succès ? Et sous les murs de Paris, en 1814, ces émules de Vauban et de Napoléon se faire hacher sur leurs pièces dans cette campagne d'une heure ?... 

Oui ! L'appareil guerrier du 30e degré donne de l'énergie à l’homme qui sent son coeur, et entretient dans ce cœur généreux ces sentiments supérieurs qui lui font oublier sa propre conservation pour ne songer qu'à celle des autres ! 

Le Chevaliers-Maçon se retrouve-t-il parmi les philosophes, ses frères, il reprend ses habitudes pacifiques ; il étudie, écoute, enseigne ou prêche d'exemple. Sévère pour lui, indulgent pour tout ce qui n'est pas lui, il nous intéresse par sa bonté et nous charme par son éloquence. Sa vie s'écoule sans orages, parce qu'il s'est volontairement placé au-dessus des orages. Il est fort pour résister s’il se laisse atteindre ; il est prudent pour éviter les faiblesses qui l’assiègent comme tous les autres hommes. 

Par sa philosophie, il est préparé à toutes les fortunes : point d'exaltation dans le bonheur ; point de lâcheté dans les revers. L'amour de ses semblables ne s'affaiblit jamais en lui ; il vit toujours en paix avec sa conscience, et quand l'heure fatale a sonné, il meurt doucement, rendant à la terre une enveloppe matérielle qu'il a su ennoblir, et au Dieu suprême qui l'a créé une âme pieuse et pure ; il laisse aussi aux hommes un souvenir utile s'il n'est pas toujours profitable. 

Voilà, jeunes Chev\ et vous tous TT\ CC\ FF\, comme nous expliquons la morale du Subl\ G\ de Chev\ EL\ K\ D\, qui est, sous ce point de vue, le nec plus ultrà de la haute Maçonnerie.

Tuileur Delaunay

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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A tous les faux-maçons

Publié le 16 Avril 2018 par Frédéric II

A tous les faux-maçons hauts-gavés de médailles,
Où qu’ils soient rassemblés, unis vaille que vaille,
Sur la terre ou la mer, voire dans les fumées,
Parés de leurs atours, anneaux et tabliers,
Je souhaite un retour digne d’un T.G.V.
Dans leur pays natal, la fange, où ils sont nés.
Je sais, je vais décevoir nombre de mes Frères sincères, mais je me dois à l'automne ou l'hiver de ma vie (le GADLU ne m'a rien dit) de dire ce que je sais et dire qui je suis.
Moi Maçon, j'ai cru à l'innocence et la pureté possible des hommes.
Moi Maçon, j'ai pensé que certains pouvaient vivre et croire en une inaccessible et accessible étoile.
Moi Maçon, je crois (peut-être à tort, par illusion) avoir atteint cette Etoile.
Moi Maçon, j'ai vu la pauvreté spirituelle de ceux qui se prétendaient Hauts, ceints de leurs certitudes intellectuelles vaines et pitoyables, certifiées par des diplômes, grades ou degrés.
Moi Maçon, je n'ai plus peur de la mort. 
Moi Maçon, je sais que je suis parfois très dur et que j'ose écrire que je n'aime pas tous ceux qui se prétendent maçons, car ils piétinnent avec une ferveur hautement hypocrite notre Fraternité.
Moi Maçon, je ne prétendrai jamais, comme certains l'écrivent, que l'Amour est un devoir, car l'Amour n'est qu'un don, celui de D-ieu.
Moi Maçon, pour ceux qui se croient Maçons, je précise que je mets un tiret entre le D et le "i", car je ne peux écrire son nom, le graver ou le buriner.
Moi Maçon, je pardonne avec difficulté, certes, à tous les cons qui se déclarent maçons, que je ne peux leur dire que je les aime, car j'ose à peine les plaindre.
Moi Maçon, pour la dixième fois, je déclare que je sais que j'ai en moi les deux faces d'une seule et même image: celle de D-ieu et celle de Lucifer.
ndlr : Si vous savez qui est D-ieu, dites-moi qui est Lucifer.
(Seuls les 34 èmes peuvent répondre.)
Publié le 7 janvier 2013 par Frédéric II 
Pour les curieux: qui était Frédéric II ? Ce blog a été créé et cogéré par un 33ème du REAA de Paca et un MM REAA de Septimanie. 
Ils ont été aidés par un 32ème de Septimanie et un 33ème de Paris.
source :
http://deusmeumquejus.over-blog.com/

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Jean-Baptiste Willermoz : doctrine, instruction particulière et secrète à mon fils(1818)(extrait)

Publié le 25 Février 2018 par JBW dans Rites et rituels

DIALOGUE APRES LA RECEPTION D'UN FR. GR. PRO.
ENTRE LE CHEF INITIATEUR ET LE NOUVEAU RECU, SERVANT D'INTRODUCTION AUX EXPLlCATlONS DEMANDEES SUR L'INTRUCTION QU'IL A RECUE ET AUX EVELOPPEMENTS DESIRES DE LA DOCTRINE SECRETE DE L'ORDRE POUR COMPLETER SON INITIATION.
Le Nouveau Initié.
Les sublimes instructions qui m'ont été données pour ma réception dans la haute et dernière Classe secrète de l'ordre maçonnique dans le régime rectifié m'ont rempli de joie. à chaque nouveau trait de lumière j'ai senti s'agrandir tout mon être. Ces instructions destinées à sans curiosité les moyens de parvenir à la connaissance des vérités les plus essentielles à l'homme qui en sent vivement le besoin ont élevé mon esprit en l'éclairant, vers l'éternel créateur de toutes choses, elles ont embrasé mon coeur, et ont excité en moi de vifs élans d'amour et de reconnaissance pour l'auteur de mon existence et pour le divin rédempteur des hommes.
Cependant au milieu de cet immense tableau de faits si importants, divers objets ne se sont présentés à mon esprit que comme des éclairs fugitifs de lumière dont la rapidité ne m'a pas permis d'en saisir la justesse et l'application dans l'obscurité où leur disparition m'a laissé sur ces objets. J'ai cru remarquer des vides, des lacunes, des coupures; dans cette admirable chaîne de faits qui m'attristent, j'ai cru y voir des réticences volontaires, fondées sans doute sur de sages
motifs que j'ignore et que je dois respecter, mais puisque l'initiation a pour but l'instruction des hommes éprouvés, puis-je espérer de recevoir par votre secours de plus grands développements sur les points qui m'embarrassent encore, qui en fixant à cet égard mon imagination sur la ligne
de la vérité l'empêchent d'errer dans le vague et de se livrer à des interprétations incertaines qui exposent souvent à de grands dangers.
Le Chef du Collège
Mon très cher et bien aimé fr.
Vous cesseriez de vous étonner des réticences qui vous affligent, et des obscurités qui vous arrêtent si vous aviez porté vos regards sur vous-même, si vous vous étiez interrogé sur tous les devoirs que vous aviez eu à remplir jusque là. Rappeler vous le conseil important qui vous fût
donné lorsque vous fûtes reçu compagnon dans la classe symbolique, et présenté devant le miroir
voilé, qui est le symbole principal de ce grade. On vous dit alors : "Si tu as un vrai désir, du courage et de l'intelligence, tires ce rideau". C'est a dire écartes le bandeau qui obscurcit ton intelligence, et apprends te connaître.
L'avez-vous fait ? Avez vous eu constamment ce vrai désir sans mélange d'aucun motif humain, ce courage qui ne se laisse point abattre par les obstacles, et qui élève l'intelligence jusqu'à la haute région pour laquelle elle est destinée ? Avez-vous bien étudié votre propre nature, et quels sont vos rapports essentiels avec l'être des êtres qui vous a institué son image et sa ressemblance ?
N'avez-vous point trop négligé ou matérialisé les emblèmes et symboles qui dès lors vous furent offerts pour exercer votre intelligence, et ceux qui vous ont été présentés à chaque pas avec la même intention dans la carrière symbolique, qui tous cependant demandaient de votre part les plus profondes méditations ? Vous vîntes ici en la commencent pour apprendre à vaincre vos passions et soumettre votre volonté pour pouvoir faire de nouveaux progrès dans cette carrière :
Avez vous été fidèle a cette sage résolution ? N'êtes-vous point encore sous le Joug de quelque penchant désordonné, de quelques préjugés, ou de quelques opinions discordantes que l'habitude ou le respect humain vous empêchent d'oser réformer ? La soumission de la volonté de l'homme à
la volonté de Dieu est sans cesse aussi recommandée au Maçon qu'au Chrétien, lui avez-vous fait sincèrement l'abandon et l'entier sacrifice de la votre, et sans cet abandon pouvezvous raisonnablement en attendre les fruits ? Etes-vous parvenu à cet état de simplicité de coeur et de
l'esprit si louée dans les saints évangiles chez les enfants cités pour modèles dont le coeur n'est pas encore ouvert à l'enflûre du savoir et se recommande aux autres ? C'est cependant à ceux qui leur ressemblent, et à ceux là seuls que la lumière est promise. Enfin sachant que toute vraie
lumière vient d'en haut, avez vous contracté l'heureuse habitude de la demander en toute occasion importante à celui qui peut seul vous la donner ? Voilà mon ch. fr. l'examen que vous deviez faire sur vous-même avant de vous livrer à aucune plainte sur les obscurités et les lacunes que vous
avez remarqué, et encore moins sur les réticences qui vous affligent.
L'Initié.
Je reconnais et confesse avec sincérité que je n'ai pas mis par le passé toute l'importance dont vous me faites sentir en ce moment la nécessité, à tous les emblème et symboles qui m'ont été présentés, aux avis et conseils qui m'ont été donnés, qui cependant ont été souvent présents à mon
esprit. mais cette faute sera-t-elle irréparable, et ne peux-je point espérer de l'indulgente amitié de mes frères qu'ils m'aideront à la réparer.
Le Chef du Collège.
Vos frères qui vous observaient, avaient remarqué avec la plus vive satisfaction vos efforts et vous ont donné la plus grande preuve qui soit en leur pouvoir de leur confiance et des espérances que vous leur aviez fait concevoir. Vous pouvez donc compter sur leur secours comme sur leur amitié; mais méditez plus sérieusement que par le passé sur les questions qu'ils viennent de vous faire par mon organe et qui renferment autant de conseils, et n'oubliez jamais que les hommes les
plus instruits, les plus éclairés ne sont que des instruments dans les mains de la providence qui en dispose à son gré, que malgré leur secours vous aurez toujours votre propre travail à faire; que toute vraie lumière vient de Dieu et que lui seul peut vous la donner. La doctrine des Gr. Pro. que vous désirez connaître plus en détail n'est point un système hasardé,
arrangé comme tant d'autres suivant des opinions humaines; Elle remonte dans la plus haute antiquité jusqu'à Moise qui la connut dans toute sa pureté et fut choisi par Dieu pour la faire
connaître au petit nombre de ses Initiés qui furent les principaux chefs des grandes familles du peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité, et sans les voiles dont il dût ensuite la couvrir pour la multitude de la nation composé
d'hommes ignorants, charnels et grossiers qui en auraient bientôt abusé. Les instructions que vous avez reçues ainsi que celles qui pourront les suivre sont un extrait fidèle de cette sainte doctrine parvenue d'âge en âge par l'initiation jusqu'à nous; on y a joint ensuite celles relatives au grand mystère de l'incarnation du verbe divin, et à d'autres grands événements postérieurs à Moise. 
Le forme de cette initiation a quelquefois variée selon les temps et les circonstances, mais le fond, qui est invariable, est toujours resté le même : Recevez-la donc avec un juste sentiment de reconnaissance et méditez en la Doctrine sans préjugé avec ce respect religieux que l'homme dignement préparé sent devoir à ce qui l'instruit et l'éclaire, vous en recueillerez de grands fruits pour vous-même et pour vos frères.

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