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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

INRI REAA

Publié le 25 Juin 2026 par T.D

Il y a lieu, maintenant de vous expliquer la signification du monogramme I.N.R.I.

Certains rituels et le monde profane l'interprètent de la façon suivante :

Iesus Nazarenus Rex Iudæorum.

Jésus de Nazareth, roi des Juifs.

Cette interprétation n'a été, à notre sens, acceptée par le christianisme que parce qu'elle complète l'image de martyr sous laquelle Jésus est présenté aux croyants. En effet, le titre de roi des Juifs ne lui a été donné par ses bourreaux que comme une raillerie ou une insulte.

L'Ordre Écossais, et, particulièrement, les Chevaliers Rose-Croix, lui donnent un autre sens :

Igne Natura Renovatur Integra.

La nature est renouvelée entièrement par le feu.

et ce sens est initiatique.

En effet, n'est-ce pas le feu du soleil qui, au printemps, réveille et renouvelle la vie sur la terre.

L'Écriture ne nous dit-elle pas « De même que l'or est purifié dans la fournaise, ainsi le juste sera purifié en passant par le feu, ce principe de vie qui anime tous les êtres. »

La sublime charité, l'amour inconditionnel de toute vie, n'est-elle pas un feu qui embrase le cœur des initiés et qui les pousse à remédier aux injustices, à rétablir le respect de la loi naturelle là où l'on s'en est écarté, à faire régner l'ordre sur le chaos, à exalter les nobles sentiments, en un mot à rénover incessamment et la société et les hommes.

Le monogramme I.N.R.I. est donc pour nous un symbole qui, comme le Delta ou l'Étoile Flamboyante ou tout autre de nos symboles, est message de vérité universelle et éternelle.

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INRI RF

Publié le 24 Juin 2026 par T.D

 

Tr\Sa\ et Parf\M\ : D'où venez vous ? Récipiendaire : De la Judée.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Par quelle ville êtes vous passé ? Récipiendaire : Par Nazareth.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Qui a été votre conducteur ? Récipiendaire :  Raphaël

Tr\Sa\ et Parf\M\ : De quelle tribu êtes vous ? Récipiendaire : De Juda.

Tr\Sa\ et Parf\M\ :  Donnez moi les lettres initiales de ces quatre mots !

Récipiendaire : J..N…..R..…J.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Que signifient ces quatre lettres ensembles ?

Récipiendaire : INRI

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INRI Rite de MISRAIM

Publié le 24 Juin 2026 par T.D

            C’est la parole !

            Chev\ G\ Expert, ôtez les voiles qui couvrent les Récipiendaires.

            Mes FF\, c’est la Parole, applaudissons !

            A moi par le signe et le contre-signe.

            La batterie    l --  l --  l --  l --  l --  l    l

            Hoschée !   Hoschée !   Hoschée !

            Prenez place, mes FF \

                        Aux Récipiendaires.

Il y a lieu, maintenant, de vous expliquer la signification du monogramme I ‑ N ‑ R ‑ I

            Certains rituels et le monde profane l’interprètent de la façon suivante :

JESUS  NAZARENUS  REX  JUD €   ORUM.

JESUS  DE  NAZARETH  ROI  DES  JUIFS.

 

Des Temples voilé le mystère,

En étouffant toute clarté . . .

L’ombre partout fût répandue . . .

Et la Parole fût perdue . . .

Nuit de fer pour l’humanité ! . . .

Dés lors, l’Etoile Flamboyante

Pâlit dans le ciel assombri . . .

Et la Maçonnerie errante

Pleura sur ses fils sans abri !

Trop longtemps la rude tempête

Sous l’orage a courbé sa tête.

Réveillez votre antique ardeur . . .

Debout ; luttez avec courage,

Brisez d’un mot son long servage,

            Cette interprétation ne peut être acceptée comme vraie, en ce sens que jamais Jésus ne fut roi des Juifs et que ce titre, qui n’était qu’une raillerie et qu’une insulte de la part de ses bourreaux, a été, à tort selon nous, consacré par la légende chrétienne.

            Reste le personnage historique et allégorique : sous ce rapport nous ne vous présentons celui-ci que comme le symbole d’idées morales ; ce nom est celui du fondateur d’une société nouvelle basée sur l ‘égalité et la fraternité universelles.

            Que vous le considériez comme historique ou comme fictif, vous l’accepterez comme la personnification humaine de la Charité, de la Douceur et de la Résignation.

            Vous l’accepterez comme le nom de celui qui a émancipé la femme, affranchi moralement l’esclave et relevé les humbles ; --- de celui, mes FF\ qui, le premier, a prononcé ces belles et consolantes paroles :

« AIMEZ - VOUS  LES  UNS  LES  AUTRES »

            Mais toute parole mystérieuse renferme plusieurs sens également vrais : le sens littéral et le sens spirituel. C’est au véritable initié qu’il appartient de saisir le sens le plus sublime ; car, vous le savez, mes FF\, «la lettre tue et l’esprit vivifie ».

            certains rituels rappellent que les jésuites qui, a-t-on dit, avaient voulu s’emparer

Et ressuscitez sa splendeur !

La Foi vous éclaire et vous guide,

L’Espérance vous sert d’égide ;

Embrassés par la Charité,

Vos cœurs refouleront le doute ;

Allez : . . . au bout de votre route,

Vous trouverez la Vérité . . .

Ainsi parla la Voix . . . Et comme une auréole

Nos yeux virent briller la sublime parole !

Nous ne le redirons que consacrés par vous :

Maître, recevez-la pour nous la rendre à tous ;

La voici . . .

                                   Le  Chev\  M\  des cérémonies,   etc….  Le  reste  comme  ci-dessus.

des Chap\ de R\ C\ pour dominer la Maçonnerie, auraient donné à cet anagramme un sens parfaitement en harmonie avec leur criminelle ambition :

JUSTUM  NECARE  REGES  IMPIOS

IL  EST JUSTE  DE TUER  LES  ROIS  IMPIES

Et ces rituels ajoutent : On sait tout ce que les jésuites ont fait depuis plus de trois cents ans. Ce sont les plus violents ennemis de la Maçonnerie Orientale de Misraïm. Ils ont assassiné des Rois et des Princes qui avaient refusé de leur obéir, et si nous prononçons leurs noms dans ce Saint Temple, c’est afin de vous mettre en garde contre leurs funestes projets.

            Cet anagramme signifie encore

JUSTITIA  NUNC  REGET  IMPERIA

LA  JUSTICE  DÉSORMAIS  GOUVERNERA  LES  EMPIRES

            C’est-à-dire que si la Maçonnerie, qui renferme toute la doctrine de Jésus de Nazareth, venait à triompher, le monde serait uniquement gouverné par la justice.

            En France, nous Chev\ Rose-Croix, nous interprétons plus volontiers ce monogramme par ces mots :

IGNE  NATURA  RENOVATUR  INTEGRA

LA  NATURE  EST RENOUVELÉE  ENTIÈREMENT  PAR  LE  FEU

            Et nous croyons être ici dans le vrai, tant dans le sens littéral que dans le sens spirituel.

            Le premier nous rappelle qu’après que la nature a été engourdie par les froids, le soleil, au retour du solstice, la réchauffe et fait jaillir de son sein les moissons, les fleurs et les fruits ; ce sens suffit aux profanes.

            Mais ceux à qui l’on doit communiquer les hautes sciences et les mystères sublimes, üs quibus datum est noscere mysterium, à ceux-là nous leur donnons la véritable interprétation de ces mots : toute la nature est renouvelée par le feu, ou la nature est renouvelée intègre par le feu. Que nous dit le Verbe ? de même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le juste sera purifié en passant par le feu, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

En  effet,  au  rayonnement  de  ce  feu  sacré  qui  forme  la  parole,  l’homme  a

reconquis tous les droits de sa primitive origine, l’esclave s’est dressé sous l’éclair de l’égalité ; la femme a reçu en principe la faculté de marcher l’égale de son époux et, aux lueurs de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, les hommes ont été appelés à ne former qu’une seule famille de frères.

            Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais dans le chemin de la science et de la vérité.

            Nous ne vous demanderons pas d’autre serment. En est-il besoin à l’égard de celui que la Foi, la Charité et l’Espérance éclairent ?

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INRI RAPMM

Publié le 23 Juin 2026 par T.D

- Si la Parole Perdue fut ainsi qu’on vous l’a enseigné dans le grade de Maître Maçon, l’effet de la Nature rendue muette par l’automne, la Parole Retrouvée symbolise le Printemps; c’est l’ère nouvelle à laquelle, les Chevaliers Rose-Croix, parfaitement libres en coeur et en esprit travaillent avec la Foi la plus pure, dans l’Espérance constante de sa réalisation intégrale et par la pratique de la Charité et de l’Amour fraternel le plus désintéressé.

- Dans le symbolisme particulier des religions profanes, les quatre lettres font allusion à celles qui, en un temps précis et en un certain lieu, stigmatisèrent un acte que l’univers entier réprouvera toujours.

- Pour nous, elles symbolisent cette grande Vérité : IGNEM NATURA REGENERANDO INTEGRAT ou IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA.

- Les nombreux sens qui peuvent être donnés à ces quatre lettres, s’ils suffisent au profane, ne sauraient désormais nous contenter. A ceux à qui l’on doit communiquer les mystères sublimes, à ceux-là, nous donnons la clé traditionnelle : Toute la Nature est renouvelée par le Feu, où : La Nature est renouvelée, intègre, par le Feu.

- Et ce Feu est l’élément principe, c’est ce Feu vivifiant qui embrase toute la Nature spirituelle de l’être humain. C’est cet élément sans lequel tous les autres resteraient froids et inertes, car il communique à l’air sa pureté, à l’eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.

- Que dit le Verbe ? “De même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le Juste sera purifié en passant par le Feu”, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

- C’est au rayonnement de ce Feu Saint qui se manifeste dans le Cosmos par le Verbe et dans l’Homme par la Parole, que l’homme a reconquis tous les droits de sa primitive origine.

- Considerez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais sur le sentier de la Sagesse.

- Nous ne vous demanderons pas de prêter un serment. En est-il besoin de la part de celui que l’Espérance éclaire et que la Foi et la Charité animent ?

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Extrait du discours sur l’ésotérisme maçonnique 

Publié le 23 Juin 2026 par T.D

 

J.E. Marconis de Nègre (1795-1868).

… » Le vice de l’âme, c’est l’ignorance. En effet quand une âme n’a acquis aucune connaissance des êtres, ni de leur nature, ni du Bien, mais qu’elle est toute aveugle, elle subit les secousses violentes des passions corporelles. [… ] Au contraire la vertu de l’âme est la connaissance… « Corpus Hermeticum, Traité X.

 Les Rites dits égyptiens au 18e siècle ne concernait que ceux qui étaient supérieurs au 4e, les trois premiers travaillant la plupart du temps au Rite français. Les Hauts-Grades quant à eux connurent des évolutions extrêmement nombreuses, tant dans leur nombre, leur contenu, leur riche symbolique, que l’ordre dans lequel ils étaient hiérarchisés. Plusieurs Rites ou Ordres ont donc existé à la fin du 18e siècle et faisant très vraisemblablement suite à divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciens. C’est le cas par exemple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parfaits initiés d’Egypte, en 1801 de l’Ordre sacré des Sophisiens… Durant tout le moyen âge on était resté à peu près ignorant de toutes les traditions précédentes… En 1450, Cosme de Médicis et Marsile Ficin fondèrent l’Académie platonicienne à Florence. Durant plusieurs années, Marsile Ficin traduisit les textes hermétistes, platoniciens et néoplatoniciens. Les acteurs de l’académie de Florence redécouvrirent alors la tradition hermétiste des anciens philosophes et à travers eux, l’Egypte. Ils redonnèrent vie à cette « Aurea Catena » (chaîne d’or) qui unit les initiés à leurs ancêtres du bassin méditerranéen. Il est intéressant de dire un mot sur cette « chaîne d’or », qui va devenir le cœur de l’hermétisme reliant par l’esprit chacun des acteurs de cette tradition tout au long de l’histoire et symboliquement les hommes aux Dieux. C’est encore elle qui est présente dans les aspects les plus riches de cette tradition maçonnique égyptienne.

La chaîne d’or est mentionnée sans doute pour la première fois dans le VIIIe chant de l’Iliade. Homère fait parler Zeus qui se déclare le plus grand et le plus puissant des Dieux. Il dit : » Eh bien ! Dieux, tentez une épreuve, afin que tous en soyez convaincus ! Suspendez au ciel une chaîne d’or et accrochez-vous-y, tous, dieux et déesses ; vous ne parviendrez pas à tirer un ciel sur la terre si grand que soit l’effort que vous fassiez. Mais si moi-même alors je me décidai à tirer, je tirerais avec vous et la terre et la mer. Je pourrais ensuite attacher cette chaîne au sommet de l’Olympe et tout resterait suspendu dans les airs, tant je suis au-dessus des dieux et au-dessus des hommes ! » La nouvelle Académie de Florence se plaça dans cette continuité… Ses esprits éclairés concilièrent la tradition d’Hermès et les enseignements de Marsile Ficin, un des acteurs des plus importants du développement de l’hermétisme de la renaissance… Les Rites égyptiens ont développés des caractéristiques, tant positives que problématiques. L’intention des premiers fondateurs du 18e siècle était de réveiller, à partir des connaissances de leur époque, l’esprit et, dans une certaine mesure, la pratique des Mystères sacrés des traditions antiques, les intégrant dans le nouveau cadre de la Franc-maçonnerie. Nous pouvons distinguer deux influences principales, qui définiront deux aspects de la philosophie de ce Rite. Le premier, plus propre à Misraïm et mis en place par les Bédarride, relève d’une influence de kabbale judéo-chrétienne s’inspirant assez vaguement de » l’Ordre des Elus-Cohen » de Martinès de Pasqually et des kabbalistes chrétiens de la Renaissance. Le deuxième, celui de Memphis, activé par Marconis de Nègre, visera plus spécifiquement l’hermétisme classique et les mystères anciens préchrétiens. Nous pourrions presque dire qu’il s’inspire davantage dans l’esprit de » La Haute Maçonnerie égyptienne » de Cagliostro.

Les Maçons de Rite égyptien se sont longtemps considérés comme les représentants de l’ésotérisme maçonnique les garants d’une véritable aristocratie initiatique. Cette idée se fonde sur l’idée que toute initiation véritable vient d’en haut. Ainsi Marconis de Nègre écrit-il dans le préambule du » statut organique » de Memphis : » La voix qui parle du sein de la nuée a dit : ‘Homme, tu as deux oreilles pour entendre le même son, deux yeux pour percevoir le même objet, deux mains pour exécuter le même acte ; c’est pourquoi la science maçonnique, la science par excellence, est ésotérique et exotérique. L’ésotérisme constitue la pensée, l’exotérisme (4) le pouvoir ; l’exotérisme s’apprend, se donne ; l’ésotérisme ne s’apprend, ne s’enseigne ni ne se donne, il vient d’en haut«

 

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L’HERMETISME EGYPTIEN MISRAIMITE

Publié le 22 Juin 2026 par T.D

A la Gloire du Grand Architecte des Mondes,

Vénérable Maître et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos Grades et Qualités.

Hermétiques, égyptiens et Misraïmites. Les rites qui nous rassemblent en ces lieux ont effectivement ces trois vocations. Celle d’être Hermétique, c’est-à-dire difficilement perceptibles à des non-initiés; Egyptiens, parce qu’ils illustrent la présence de l’ancestral thème des mystères de l’Egypte antique ; Et Misraïmites pour leurs différences et leur complémentarités, à savoir celles de Misraïm, de Memphis et de Memphis-Misraïm.

Il faut reconnaître que ceux-ci sont tous incontestablement issus d’un rite Primitif structuré en 90 degré, enrichis de diverses filiations ésotériques et gnostiques, nourris de références alchimiques, occultistes et égyptiennes. Au tout début du 18e siècle, dans le Sud de l’Italie et notamment en Sicile, un certain nombre de Loges y travaillaient déjà hors de la vue de l’église et de sa Sainte Inquisition. L'Egypte et Malte étaient des creusets bouillonnants d’activités hermétiques où s’y rencontraient les religions, les alchimistes, les kabbalistes et notamment, quelques traditions ésotériques venues d’Orient.

C’est à Naples, en 1728, dans l’une de ces Loges atypiques qui se passionnait pour les traditions héritées de l’Antiquité, et pour cette vision de l’Egypte tournée vers l’initiation et ses mystères, que nous avons trouvé les premières traces d’un rite Misraïmite. Ce Rite attirait de nombreux adeptes, et notamment les Francs-maçons de hauts grades philosophiques, souhaitant orienter leurs spiritualité vers de plus anciennes traditions.

D’une façon générale, l’hermétisme se définit comme un ensemble pluraliste de doctrines ésotériques parfois difficiles à appréhender pour des non-initiés. Synonyme de mystérieux, d’énigmatique et de conceptuel, ses adeptes sont des cherchants en toutes sciences humaines.

Pour les Francs-maçons que nous sommes, l’hermétisme serait dans un premier temps, une recherche approfondie de l’esprit des symboles que nous utilisons. La révélation du sens caché des mots (la langue des oiseaux), des lieux (la Loge), de son architecture, des outils utilisés, des formes et des idées reçues. Ce premier pas franchi, la Franc-maçonnerie propose à ses adeptes une étude introspective des sciences occultes (c’est-à-dire occultées par ignorance) et enseignées par initiations (hier dans les écoles de mystères, aujourd’hui dans les universités).

L’hermétisme Misraïmite tel qu’on le conçoit aujourd’hui, est une doctrine issue de l’Égypte et désignée sous les noms d’art hermétique ou d’art sacré. Elle tire son origine de nombreux ouvrages consacrés aux Dieux gréco-égyptiens Thot et Hermès. C’est une philosophie, une religion, un ésotérisme voire une spiritualité gnostique, où le salut passe par la connaissance analogique du cosmos. Fondée sur la recherche intérieure, elle peut être comprise comme un culte où il n’y a pas de révélation, mais où il s’agit de chercher la vérité à l’intérieur de soi. Généralement synonyme d’Alchimie, (la Chimie des Dieux) cette doctrine n’est en réalité que l’une des disciplines de la science hermétique Misraïmite (1).

Hermès Trismégiste (le trois fois grand), dieu du savoir et de la connaissance cachée, fut donc identifié au dieu Thot par les Grecs. Tous deux conduisent les morts, ont inventé l’écriture ainsi que diverses techniques, et considérés comme étant les scribes des dieux. On leur attribue des œuvres mystico-philosophiques tels que le Corpus Hermeticum et les Livres de Thot comprenant des enseignements scientifiques, occultes, médicaux, philosophiques, astronomiques, astrologiques, magiques, alchimiques, tant spirituels qu’opératifs, datant de la nuit des temps.

En Egypte, nous trouvons de très anciens manuscrits (notamment le Papyrus de Westcar) faisant référence aux Livres de Thot, sorte d’encyclopédies des sciences et techniques antédiluviennes dont se serait inspiré le Pharaon Kheops pour l’édification de sa Grande Pyramide, toujours considérée aujourd’hui comme la dernière des 7 Merveilles du monde antique.

Quelques exemples non exhaustifs nous permettront d’appréhender l’hermétisme égyptien, notamment celui proposé à l’étude dans nos Loges.

Selon la légende grecque, énoncée dans la Table d’Emeraude retrouvée dans le Tombeau d’Hermès Trismégiste, une formule allégorique célèbre précisait que « Ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas » et réciproquement.

En Egypte, 3000 ans avant notre ère, sous le règne des premières dynasties pharaoniques, tandis qu’en occident nous n’en étions encore qu’à l’âge de la pierre taillée, les habitants de la vallée du Nil avaient déjà observé que les méandres du fleuve nourricier qui traversait leur pays, étaient physiquement comparables à ceux de la voie lactée serpentant au-dessus de leur tête. Ils s’en sont alors inspirés pour faire correspondre leurs villes et leurs édifices sacrés aux différentes constellations visibles dans leur ciel. Ainsi, sous l’ère du Taureau, ont-ils construit leur première capitale, « Memphis » sous la constellation du Taureau avec pour dieu tutélaire le Taureau Apis.

Coïncidence me direz-vous ? Toujours sous l’ère du Taureau, sous la quatrième dynastie pharaonique, Khéops et ses successeurs directs ont édifié leurs pyramides, alignées sur la rive Ouest du Nil, en correspondance avec les 3 étoiles principales de la constellation d’Orion. Sous sa quatrième étoile, plus vive et légèrement décalée vers l’Est ils ont créé le Sphinx. Celui-ci composé d’un corps de Lion et d’une tête humaine, le regard dirigée en direction de la constellation du Lion, symbolisait le gardien des seuils interdits. Les Livres de Thot précisent qu’un déluge se serait abattu sur la terre 10 000 ans avant notre ère, sous l’ère du Lion, et que le Sphinx, relié par des galeries souterraines à la Grande Pyramide symboliserait cette époque où l’humanité aurait disparu sous la surface de la Terre pour renaître en phénix au sommet de la première terre émergées, symbolisée par la pointe de la Grande Pyramide. Ne retrouvons-nous pas cette légende dans toutes les religions du monde ?

Plus tard, 1500 ans avant notre ère, sous l’ère du Bélier, les monarques du Nouvel Empire égyptien ont déplacé leur capitale à Thèbes, sous la constellation du Bélier. Le dieu tutélaire était alors Amon, dit le caché, représenté sous la forme d’un Sphinx criocéphale, c’est-à-dire avec une tête de Bélier.

Vous connaissez la suite, sous l’ère du Poisson on trouve le Christianisme, et aujourd’hui, sous l’ère du Verseau …… les inondations et les feux à n’en plus finir.

L’astronomie, comme l’astrologie, serait l’une des sciences hermétiques de l’Egypte ancienne que nous retrouvons ici, au centre de la Loge, au-dessus du Naos. Pour certains il ne s’agit que d’un vulgaire zodiaque, mais pour ceux qui scientifiquement l’ont conçu, son positionnement indique très précisément le jour de la consécration de ces locaux, le 15 septembre 1998.

La géométrie sacrée, elle aussi peut avoir un sens plus hermétique qu’elle n’y parait. Lorsque le pharaon Khéops eut connaissance des Livres de Thot et qu’il fit édifier sa Grande Pyramide, ce n’était pas d’un tombeau dont il s’agissait, mais de la mise en œuvre d’une véritable Bible de Pierre contenant dans sa démesure, la forme et l’esprit d’une spiritualité solaire intemporelle.

La Lumière de Rê ; décrite par les prêtres égyptiens comme étant l’ombre de Dieu, était la première des manifestations tangibles du principe créateur se manifestant sur la Terre. Témoignant de cette spiritualité solaire, la Grande Pyramide par sa forme en symbolisait le visuel.

- Sa hauteur de 144 mètres suggérait aux initiés la distance séparant la Terre du Soleil (144 millions de kilomètres) :

- Ses proportions réputées divines, étaient secrètement révélées dans les livres de Thot.

- Sa base carrée et rigoureusement orientée sur les points cardinaux avec une très grande précision, évoquait la Terre dans sa globalité.

- Son poids, estimé à presque 6 millions de tonnes pouvait symboliser celui de la Terre, évalué par nos scientifiques géophysiciens d’aujourd’hui à 597 milliard de milliards de tonnes.

- Ses 8 faces symbolisaient les 8 sphères célestes primordiales composant l’ogdoade, (les huit génies qui ont jailli de l’océan primordial ayant précédé l’existence du monde selon les égyptiens) : (Noun et Nounet, l’espace liquide, Hénou et Henet, l’espace infini, Kékou et Kéket, l’obscurité et le quatrième couple, Imen et Imenet (ou Niaou et Niat) l’insaisissable pouvant être Amon, le caché et Amonet),

- L’infini (la lemniscate) voire l’ordre cosmique.

- Et enfin ses salles réparties sur trois niveaux évoquait les trois dimensions spirituelles de l’humanité. Le corps, l’âme et l’esprit.

Au-delà des apparences, l’hermétisme égyptien est présent au centre même de nos Loges. L’esprit de ce témoignage du passé éclaire nos travaux, symbolisé par le fil à plomb descendant de la Voûte Etoilée pour se manifester pyramidalement sur le Pavé Mosaïque où repose notre Naos.

Au rite Oriental de Misraïm, l’Autel triangulaire recevant les trois grands symboles de la Franc-maçonnerie est orienté vers l’Orient, source de la lumière éclairant ses travaux. Dans ses rituels, le Vénérable Maître, entouré de ses deux Assesseurs, s’y rend pour procéder aux invocations d’usage, face à l’Orient, au lieu même où se manifeste l’esprit de sa lumière. Il se trouve alors au centre géographique de la Loge, qui correspond à celui de la Chambre de haute initiation de la Grande Pyramide appelée vulgairement « La Chambre du Roi ».

Nous avons vu que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Aussi, prolongeant la pointe triangulaire du Naos vers l’Occident, nous rencontrons les plateaux des deux Assesseurs chargés de la mise en œuvre du rituel ainsi que de l’éveil et de l’accompagnement des jeunes maçons. Avec le Vénérable Maître, ils constituent le triangle directeur de la Loge, à laquelle ils impulse une âme et un esprit. Leur positionnement à mi-distance de l’Occident n’est pas sans rappeler celui de la bien nommée « Chambre de la Reine » où règne l’esprit d’Isis, la déesse protectrice de l’Egypte.

Derrière les Assesseurs, à la base du triangle ainsi formé, deux colonnes délimitent l’espace sacré de la Loge. Dans les rites égyptiens, ces colonnes, comparables à celles présentes dans les temples de la Vallée du Nil, étaient de style papyriforme et de couleur rouge du côté Nord, symbolisant la Basse Egypte, et lotiformes de couleur blanche du côté Sud, symbolisant la Haute Egypte. C’est bien plus tard, en 1804, que la maçonnerie écossaise, plus hébraïsante, s’est inspiré de l’architecture du temple de Salomon en conservant leurs couleurs d’origine et en les baptisant Jakin et Boaz signifiant « dans la force, il établira ».

35 mètres sous la surface de la Terre, toujours au centre de la Grande Pyramide, une troisième salle reliée au Sphinx par une longue galerie souterraine évoquait l’accès à la connaissance et à la révélation. C’est pour nous, maçons de la Vieille Egypte, par sa structure inachevée et les divers éléments qui la compose, le modèle équivalent à notre Cabinet de Réflexion.

Aujourd’hui les Livres de Thot et leurs enseignements secrets réservés à de vrais initiés ont été dispersés. La Grande bibliothèque d’Alexandrie fondée en 288 avant notre ère réunissant les ouvrages les plus importants de son histoire n’existe plus. Depuis plus de 5 millénaires, que ce soit sous le joug des Grecs, des Romains ou des Arabes, l’Egypte a toujours conservé ses écoles de mystères dont seules quelques sociétés Copte en conservent encore le souvenir. On retrouve notamment leurs enseignements dans divers courants cabalistiques, basés sur un symbolisme fondamental, et reposant sur des rituels pour créer des ambiances initiatiques comme le font les religions occidentales ou les fraternités dites maçonniques.
Dans les Loges au niveau symbolique permet à chaque étape de sa progression, d’approfondir la signification hermétiquement cachée des éléments qui lui sont proposés. Par exemple, l’ordonnancement des outils qui de degré en degré change de signification pour aboutir à l’Esprit dominant la matière. L’Ouroboros, ce sceau misraïmite mystérieux représentant un serpent se mordant la queue, au centre duquel nombre de symboles sont représentés qui ne s’expliquent et se révèlent que par initiations successives.

L’hermétisme misraïmite concerne l’ensemble des sciences occultes mystérieusement cachées aux profanes, mais qui ne peuvent se découvrir que par un long travail sur soi et nombre d’initiations appropriées. Symboliques, philosophiques, spirituels et mystiques, ses 90 degrés n’enseignent rien à ses adeptes ; ils ne font qu’éveiller et élever progressivement leur conscience sur des sujets qu’ils ont eux-mêmes librement choisis. Ils accompagnent le cherchant dans sa quête d’absolu, contrairement à l’esprit sectaire de certaines sociétés dites éclairées, qui imposent une vérité, …….. la leur.

Les rites égyptiens, et notamment le plus ancien de tous, celui de Misraïm, travaillent à la Gloire du Grand Architecte des Mondes, sous-entendu ceux appartenant à notre galaxie. Ce sont ces mondes que nous avons vocation d’observer et qui peuvent avoir une influence sur notre quotidien comme le Soleil ou la Lune. Le Grand Architecte de l’Univers que nous symbolisons par un point au centre du Delta Lumineux, est encore bien trop abstrait mais toujours présent. « Pour voir loin, il faut y regarder de près » citait notre regretté Frère Pierre Dac. Cette lumière qui illumine les cœurs et que nous venons chercher en Loge, ne peut-on pas la symboliser autrement que par ce qui nous est visible ?

J’ai dit Vénérable Maître

Robert Mingam

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Hermétisme et Franc-maçonnerie, une quête de sagesse intérieure

Publié le 22 Juin 2026 par T.D

 

Dans l’ombre des temples maçonniques, où les symboles murmurent des vérités anciennes, l’hermétisme et la franc-maçonnerie s’entrelacent pour offrir un chemin initiatique d’une profondeur insondable. Comme le souligne Mario Múnera Muñoz, ancien Grand Maître, l’hermétisme, avec sa longue tradition, porte une sagesse qui transcende le monde physique, nous invitant à explorer l’Univers et notre place en son sein.

Cette quête, qui unit le macrocosme (l’Univers) au microcosme (l’individu), est au cœur de la franc-maçonnerie, une institution auguste où l’alchimie, la kabbale et la philosophie hermétique se mêlent pour éclairer le chemin de l’initié.

L’Hermétisme : une Clé pour Comprendre l’Univers et Soi-Même

L’hermétisme, inspiré des textes attribués à Hermès Trismégiste, nous enseigne que tout est interconnecté. La loi fondamentale du Kybalion, « Comme en haut, ainsi en bas », révèle une harmonie universelle : ce qui se manifeste dans le cosmos se reflète dans l’âme humaine. En méditant sur cette relation entre le macrocosme et le microcosme, le maçon comprend qu’il n’est pas un accident dans l’Univers, mais une partie d’un Tout, mû par une causalité profonde. Cette prise de conscience est le premier pas vers la connaissance de soi : d’où venons-nous ? Que faisons-nous ici ? Où allons-nous ? Ces questions, universelles et intemporelles, guident l’initié sur un chemin de transformation intérieure.

L’hermétisme, en franc-maçonnerie, devient une invitation à lever le voile de l’illusion. Comme l’écrit Múnera Muñoz, nous portons en nous une « étincelle » qui nous pousse à chercher la vérité, à ouvrir notre conscience. Cette quête n’est pas intellectuelle, mais spirituelle : elle demande une introspection profonde, une méditation sur les symboles et une volonté de dépasser le monde profane pour atteindre une vérité plus élevée. C’est un voyage vers la lumière intérieure, un processus alchimique où l’initié transmute son plomb intérieur en or spirituel.

La Franc-Maçonnerie : un Temple de Symboles et d’Initiation

 

La franc-maçonnerie, en tant qu’héritière des traditions initiatiques anciennes, s’appuie sur l’hermétisme pour structurer son enseignement. Ses symboles – l’équerre, le compas, le pentagramme – sont des clés ésotériques qui, selon le niveau de conscience de l’initié, révèlent des vérités morales, philosophiques ou métaphysiques. L’équerre symbolise le plan terrestre, le compas la création d’un cosmos ordonné, et le « G » l’unité du Tout, comme le rappelle Albert Pike dans Morals and Dogma : « La Franc-Maçonnerie est plus riche en secrets que les Pyramides, attendant l’interprète. »

Mais tous les maçons ne perçoivent pas cette profondeur. Múnera Muñoz souligne une distinction cruciale : il y a ceux qui accumulent des connaissances sans les comprendre, et ceux qui, par leur état de conscience élevé, accèdent à la véritable transmission initiatique. Les trois degrés symboliques – Apprenti, Compagnon, Maître – contiennent l’intégralité de l’ésotérisme maçonnique, mais leur sens échappe souvent à ceux qui se contentent d’une lecture morale ou intellectuelle. Les degrés supérieurs, du 4e au 33e dans le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), permettent d’approfondir ces mystères, mais seuls les initiés préparés peuvent en saisir la portée.

Le Chemin Initiatique : une Renaissance Spirituelle

 

L’initiation maçonnique est un processus de mort et de renaissance. Le candidat, pour devenir un « ouvrier d’Hiram Abiff », doit se dépouiller de tout ce qui est matériel et profane. Comme dans l’alchimie hermétique, où le sel, le mercure et le soufre symbolisent la purification et la transformation, le maçon traverse des épreuves – le feu, l’eau, l’air, la terre – pour libérer sa lumière intérieure. Ces éléments, associés aux officiers de la loge (le Vénérable Maître comme Soufre, le Premier Surveillant comme Mercure, le Second Surveillant comme Sel), incarnent les forces cosmiques qui opèrent dans le rituel.

Le symbolisme du Temple de Salomon, au cœur de la franc-maçonnerie, est une métaphore puissante : le maçon construit un temple intérieur, un espace sacré où résident la divinité et la fraternité. Les nombres et les figures géométriques, omniprésents dans les rituels, symbolisent des vérités métaphysiques et ontologiques. Le pentagramme, par exemple, représente l’être humain parfait, un idéal que le Maître Maçon doit atteindre en cultivant l’amour et le sacrifice de soi, comme l’enseigne Múnera Muñoz.

La Fraternité : l’Âme de la Franc-Maçonnerie

Au-delà des symboles et des rituels, la franc-maçonnerie est avant tout une fraternité. Sans amour de l’humanité, il n’y a pas de franc-maçonnerie véritable. Cet amour, qui transcende les différences, est le moteur de l’initiation : le maçon ne cherche pas l’illumination pour lui-même, mais pour servir l’humanité. Comme le souligne Múnera Muñoz, l’ésotérisme maçonnique n’est pas une fin en soi, mais un moyen de contribuer au bien commun. Le rituel, en tant que « symbole en action », transmet une influence spirituelle qui transforme l’initié, le préparant à œuvrer pour un monde plus juste et harmonieux.

Une Invitation à la Sagesse

L’union de l’hermétisme et de la franc-maçonnerie est une invitation à approfondir la connaissance de soi et à reconnaître l’interdépendance de toutes choses. Elle nous rappelle que nous sommes des ouvriers d’Hiram Abiff, des bâtisseurs d’un temple intérieur et universel. En méditant sur les symboles, en traversant les épreuves initiatiques, le maçon découvre une vérité qui transcende le rationnel : il fait partie d’un Tout, et sa quête de lumière est aussi une quête pour l’humanité.

Sœurs et Frères, que ce chemin initiatique, riche de sagesse et de mystères, nous guide vers la lumière véritable. Comme le dit Múnera Muñoz, « l’âme de la franc-maçonnerie est vécue dans le domaine de l’intérieur, dans le Temple Intérieur, dans l’ésotérique, réservé uniquement aux initiés ». Que notre travail, inspiré par l’hermétisme, nous permette de construire un monde où règnent la Sagesse, la Force et la Beauté.

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La Gnose hermétique

Publié le 21 Juin 2026 par T.D

A proprement parler, l’hermétisme est une philosophie. La Gnose, mouvement syncrétique, s’est nourrie des ressemblances superficielles entre des données religieuses et philosophiques hétérogènes, les dénaturant et les vidant de leur substance. Il était normal qu’Alexandrie vit ces deux mouvements se croiser avec l’alchimie.
Le résultat ne fut pas ce fatras de croyances contradictoires ravaudées entre elles à grosses coutures comme dans les autres Gnoses.


Réceptacle d’une culture religieuse très ancienne, l’Egypte ne vivait pas sa première intégration d’une civilisation étrangère. Alexandrie, métropole polyglotte, vivait harmonieusement son métissage.


De son nom complet, la capitale de l’Égypte ptolémaïque s’appelait Alexandrie-près-de-l’Égypte. Construite comme une ville grecque avec ses institutions, ses gymnases, ses temples, elle était destinée à imposer ce modèle. Cependant, sa construction ne pouvait se faire sans la contribution de la main d’œuvre locale. Alors même qu’Alexandrie n’était encore qu’un gigantesque chantier, il fallu loger les ouvriers égyptiens. Aux portes de la ville grecque s’éleva une seconde ville avec ses temples monumentaux, ses officines d’embaumeurs, ses nilomètres.


Minorité ethnique dans le pays dont ils étaient « pharaons », les Ptolémées accueillirent avec joie les Juifs quittant leur pays. Ceux-ci étaient déjà hellénisés. Comme tels, ils furent conviés à s’installer dans la ville grecque avec un statut à peine inférieur à celui des citoyens hellène. A tel point, qu’à l’époque de la naissance du Christ, Alexandrie était la première ville juive, bien loin devant Jérusalem. Cette population souffrait quelque peu de l’éloignement de la terre promise. Lorsqu’il devint évident que l'hébreu n’était plus maîtrisé par la population juive, ce fut Ptolémée Philadelphe (285-247) qui ordonna la traduction de la Torah en grec. La septante – née, d’après la légende, du texte identique de soixante-dix rabbins- servit plus tard à l’élaboration de la vulgate, la Bible en latin. Son successeur, Ptolémée Evergète Ier (247-222) alla même jusqu'à offrir un sacrifice au Temple de Salomon, lors d’un passage à Jérusalem. Ce respect leur valu le soutient des Juifs. Réciproquement cet appui fit la fortune de ces derniers.


Le rayonnement des Juifs d’Alexandrie est particulièrement visible dans la description de La Grande Synagogue (détruite par Trajan). Dans le Talmud de Jérusalem il est dit : « Qui n’a pas vu la double colonnade d’Alexandrie, n’a jamais vu la splendeur d’Israël. (…) Il y avait soixante-dix cathèdres d’or incrustées de pierre précieuses et de perles pour les soixante-dix anciens et chacune reposait sur vingt-cinq myriades de deniers d’or. »

Longtemps, les souverains macédoniens se comportèrent avec méfiance, voir avec mépris envers le peuple du pays qu’ils dirigeaient. Mais les rapprochements étaient inévitables. Désirant se décharger de la fonction de grand prêtre qui faisait partie de celle de pharaon, les Ptolémée créent un poste de ministre des cultes égyptien qui fut accordé à un égyptien de souche. Le plus connus d’entre eux, Manéthon écrivit une histoire de l’Egypte qui familiarisa ses maîtres avec le passé complexe de son pays. Le système imaginé par ce prêtre continue encore d’être utilisé de nos jours. Car c’est lui qui inventa la notion d’ancien, moyen et nouveau royaume, la division en dynastie et même l’habitude de numéroter les souverains !


Avec Manéthon, l’Égypte ancienne pénétra dans le palais des rois macédonien. A la fin de l’époque ptolémaïque, les Lagides en étaient venus à rendre culte aussi bien aux dieux olympiens qu’à leurs confères du Nil. Cette politique de rapprochement fut encore une fois initiée par les pharaons lagides. Comme plus tard les Romains, les rois macédoniens traitèrent la religion sur une base purement politique. Ils créèrent de toute pièce un dieu qu’ils baptisèrent Sérapis, si son nom est la fusion d’Osiris et d’Apis, ses attributs seront empruntés à Zeus, Hélios, Esculape et Dionysos (certains disent Hadès). La population grecque, puis romaine le révéra dans toute la Méditerranée.
On ne peut cependant nier l’échec fondamental de Sérapis en Égypte même. Divinité artificielle destinée à remplacer la religion locale et créée par des envahisseurs étrangers, elle ne connut guère de succès.


Mais il y eut cependant une véritable fusion religieuse, plus longue à venir, plus insidieuse. Elle vint de l’apprentissage de la philosophie grecque par les prêtres égyptiens. L’archéologie a en particulier relevé des traces d'assimilation dans des fragments de textes. Ceux-ci, sans doute destinés à être présentés au cours d’une fête religieuse, montrent Thot expliquant les mystères du monde aux autres dieux. L’inspiration hellénistique de ces écrits – rédigés en démotique mais portant des commentaires en grec- est évidente.


Cette intégration de la philosophie grecque par les Égyptiens put se faire sans heurt parce qu’il était aisé de la présenter comme un retour d’enseignement. En effet, dans le Timée de Platon, c’est un prêtre de Saïs en Égypte qui raconte l’histoire de l’Atlantide à Solon. Il n’est guère étonnant que le philosophe grec puise en Égypte la source de son inspiration. Car c’est dans ce pays – à l’instar de Solon, son modèle – qu’il est venu parfaire ses connaissances en astronomie et religion. Platon étudia également les institutions de ce pays, dans le cadre de sa recherche du gouvernement parfait. Il arriva à la conclusion que les Égyptiens se rappelaient le lointain passé, qu’ils en gardaient le récit écris bien avant le déluge. Leurs monuments sont des vestiges de ces époques lointaines. Comme le dit le prêtre de Saïs : « Vous autres Grecs, (…) vous ne serez jamais que des enfants ! Nul Grec ne devient jamais vieux. »
Pour la même raison, l’enseignement des rabbins d’Alexandrie fut accueilli avec indulgence. Après tout, le savoir de Moïse ne venait-il pas de ses années passées en Égypte? Josué n’avait-il pas été vizir de Pharaon ? Salomon, leur plus grand roi, n’avait-il pas épousé la fille d’un de leurs anciens monarques?


Les Égyptiens n’avaient pas cette réaction de rejet que beaucoup de religions ressentent face à des cultes étrangers. Sûrs de la pureté de leur savoir, de son ancienneté, comme de sa place prééminente, rien ne les empêchait d’apprendre des autres.


C’est ainsi que l’hermétisme apparaît aux abords des « Maisons Pures », les temples d’Égypte. Sorti de la bouche des prêtres, il fut recueilli par les gens qui œuvraient en son sein, les mathématiciens surveillant la route des étoiles et les artisans.


Les premiers, recoupant les antiques savoirs de l’Égypte avec les travaux de leurs confrères grecs, créèrent un système de divination encore utilisé de nos jours, l'astrologie.


Les seconds travaillaient à embellir la maison des dieux. Ils passaient pour avoir le pouvoir de créer l’or. Dans l’Égypte antique, la plupart des statues de dieu étaient en bois recouverts de feuille d’or. Pour le peuple crédule et superstitieux d’Égypte, les statues -une fois dorées- paraissaient bel et bien avoir été transmutées en or. Les successeurs des artisans des temples seront les alchimistes.


C’est donc dans ce creuset qu’apparaît les premiers alchimistes à la fin du troisième siècle avant notre ère. Ce premier âge de l’Ars Magna durera jusqu’au cinquième siècle de notre ère. Cultivé dans le secret, il prit un tour de plus en plus ésotérique au fur et à mesure de la montée de l’intolérance des autorités religieuses.


Juifs, chrétiens et païens se côtoyaient pourtant sans heurt dans cette communauté partageant le même illuminisme exalté et une théosophie similaire. Ce fut aussi la seule période qui vit massivement des femmes s’adonner à l’alchimie. Parmi les plus connues, il y avait Cléopâtre la Copte et Théosébie « sœur hermétique » de Zozime.
Les grands noms de cette époque sont Zozime de Panopolis, la « couronne des philosophes » dont les écrits furent en grande partie conservé jusqu’à nos jours. Maria d’Alexandrie dite Marie la Juive, la seule femme à avoir accédé au panthéon restreint des grands alchimistes. On lui doit la cuisson au « bain-marie ». Synésius qui fut peut-être le même Synésius qui fut évêque de Ptolémaïs en Cyrénaïque. Élève de la philosophe néo-platonicienne Hypatie, c’est lui qui coucha par écris le massacre de son maître, découpée en morceau à coup de coquillages. Bien que chrétien, c’était un homme pétris des idéaux de l’hermétisme. Écœuré par le fanatisme des autorités religieuse, il s’indigna que l’on ait pu faire subir un tel traitement à une vierge, belle et douce, tolérante et qui n’avait jamais nuit à quiconque. Nul ne l’écouta. Alexandrie la bienveillante était morte. Durant les siècles qui suivirent, les seuls rapports que connurent les religions furent des rapports de force. La Méditerranée se transforma en champ de bataille où les idées reculèrent devant l’idéologie.


L’art d’Hermès est déjà pour l’essentiel ce que nous imaginons en parlant d’alchimie. Le secret de la transmutation des métaux en or ou en argent grâce à la pierre philosophale et la panacée qui permet une jeunesse éternelle sont déjà professés. Mais le but ultime est la recherche du Bonheur parfait au sein de la Divinité.


Cet art est éminemment gnostique. Tirant le meilleur de cet enseignement, il réussit à aplanir, voir à gommer ses pires côtés. L’art d’Hermès ne prend pas le visage d’une véritable religion. Refusant l’idéologie qui est la seule et véritable idolâtrie, l’hermétisme gnostique prône le monisme. Il n’y a qu’une seule réalité mais autant de perception différente qu’il y a de personnes pour regarder. Ce courant de pensée met en avant la tolérance de chacun, mais n’a pas vraiment de doctrine. La piété et l’intuition de l’existence d’un Tout sont les bases requises. L’initiation a pour but de permettre de « regarder le soleil en face » la vérité étant considérée comme si éblouissante que nul ne peut la voir sans aide. Quelques livres, parfois contradictoires, servent de guides.


On y trouve un Hermès portant un vibrant hommage de la Terre d’Egypte « image du ciel » « temple de l’univers », rapporté dans l’Asclépius. Portrait complété par l’Écrit sans titre du Codex II de Nag Hammadi. Trimégiste y décrit longuement la nature grandiose, les animaux sans pareil. Pour lui l’Égypte est « l’image du paradis de Dieu ».
Cette prose sert en fait de contre-attaque aux écrits de Philon d’Alexandrie. Le Père de l’Église y présente les Égyptiens comme le peuple le plus impie de la Terre. Le culte de la terre, placé au dessus du ciel, est pour lui l’une des pires espèces d’athéisme. La célébration de la crue du Nil n’est pour Philon que le symbole de « la parole grossière, sans instruction et, pour ainsi dire, sans âme ».


La survenue des « barbares » brisant l’équilibre cosmique symbolisé par le maat est un événement que Thot-Hermès avait prédis depuis très longtemps. D’antiques prophéties étaient gravées sur ses temples depuis l’époque intermédiaire (2190-2070 av. J.C.). En 130 av. JC. elles furent traduites en grec dans l’Oracle du Potier.
Selon ce texte, des étrangers viendraient en Égypte pour empêcher les cultes traditionnels. Le cœur et l’esprit bouleversé, les hommes se détourneraient des dieux, provoquant l’assèchement du Nil, l’ébranlement de la terre et du monde entier. Rejetant la pensée d’Hermès et l’admiration naturelle de l’homme pour la création, les étrangers pousseront les Égyptiens à voir le monde comme un fardeau. Leurs valeurs morales détruites, les hommes alors ne vivrons plus qu’en attendant la mort. Méprisant les choses de l’âme, ils interdiront alors les cultes les plus sacrés. Alors, le Créateur reviendra sur Terre et exterminera les méchants par divers fléaux. Puis, il relancera la roue circulaire du temps. Le monde rénové, les hommes l’adorant à nouveau, à son tour l’Artisan connaîtra la renaissance.

L’hermétisme décrit aussi le voyage des âmes après la mort. Ce cheminement très classique – bien qu’influencé par le néo-platonisme- ne présente qu’une particularité comparé aux mythes chrétiens. En effet, le discours parfait décrit un enfer céleste se trouvant sur la voie menant à Dieu. Comme dans la mythologie égyptienne, l’homme est jugé avant de pouvoir poursuivre sa route. Les mauvais restent dans le royaume du « Grand Démon » et de ses serviteurs, les Étrangleurs.


La principale différence entre le christianisme et la Gnose hermétique ne se situe pas là. En effet, Hermès enseigne la réincarnation. L’homme est sans cesse renvoyé à une nouvelle vie matérielle tant qu’il n’est pas gagné par la lassitude du corps, la nostalgie de l’immatériel.


L’Ogdoade et l’Ennéade (littéralement « le huitième ciel et le neuvième ciel ») décrit le terme du voyage des âmes délivrées du fardeau de la chair. Les sphères supérieures sont le domaine des êtres parvenus à l’illumination et des anges de Dieu. De retour sur Terre, l’adepte qui a été guidé par Trimégiste entreprend la construction d’un monument pour commémorer l’événement au beau milieu de l’esplanade du temple d’Hermès (Thot) à Disopolis. La réalisation est de pur style égyptien. Il s’agit bien sûr, d’un bout à l’autre, d’un texte symbolique caractérisé par une foi en un Dieu unique commandant des légions d’anges mais aussi par le respect de l’antique religion égyptienne. Les deux étant représentées en quelque sorte à égalité.


Pourquoi une telle juxtaposition ? Les raisons purement politiques ne doivent pas échapper à un lecteur attentif. Disons simplement que les Hermétiques ratissaient large pour trouver de nouveaux adeptes. Mais, il y a également des raisons de religiosité profonde. Toutes les révélations, les nouveaux visages de Dieu, se confondent dans les sphères supérieures. Le monisme enseigne qu’il n’y a qu’une seule réalité. Dans la littérature gnostique, le temple symbolise l’âme de l’homme. Si l’auteur de L’Ogdoade et l’Ennéade bâtis un temple égyptien, c’est parce qu’il est Égyptien. L’Hermétisme est une philosophie de l’acte. Ce qui marche est bon. Si une maison est solide, je ne la raserais pas pour bâtir la mienne. Si une religion est bien implantée, je l’aménagerais aux nouvelles révélations. Le monde continue sa course depuis la nuit des temps. Pourquoi l’homme – cet éphémère- se donne-t-il le droit de condamner ce qui existe depuis toute éternité ?

Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et des sots. William Faulkner


Anaxagore

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Hermétisme et alchimie

Publié le 21 Juin 2026 par T.D

La présence de l’hermétisme dans les débuts de la science classique a fait l’objet de nombreuses études Il s’agissait bien sûr de corriger une version simplifiée de l’histoire des sciences, qui supposait que les travaux de Kepler, de Galilée ou de Descartes avaient d’un seul coup balayé aussi bien les thèses scolastiques que les idées hermétistes. Cependant, une fois reconnue cette présence persistante de l’hermétisme, des interprétations divergentes ont pu en être proposées. On a fait remarquer à juste titre que l’organisation des savoirs au début du XVIIe siècle n’était pas le même qu’aujourd’hui et que l’approche mathématique du mouvement des planètes pouvait bien s’accompagner, chez Kepler, de la croyance en une âme du monde. Marin Mersenne s’intéresse aussi bien aux travaux de Galilée, dont il fournit une traduction française, qu’aux recettes étranges de la magie naturelle. Il critique les prétentions abusives des alchimistes, mais c’est pourtant un alchimiste, dans La Vérité des sciences, qui est chargé de réfuter les abstractions aristotéliciennes au nom de l’expérience C’est précisément cette persistance de l’alchimie tout au long du XVIIe siècle qui est souvent invoquée comme la preuve la plus flagrante du goût des hommes de ce temps pour les étrangetés de l’hermétisme. L’alchimie prolongerait ainsi, jusqu’au seuil du siècle des Lumières, un amour de l’obscurité et des mystères hermétiques, comme si la rationalité de la science moderne, comme effrayée de ses propres audaces, avait eu besoin de maintenir, à côté de la mécanique, de l’optique ou de l’astronomie, les vieilles croyances de la magie, de l’astrologie et de l’alchimie dont Descartes devait encore se méfier.

Je ne voudrais pas rendre le XVIIe siècle plus rationaliste qu’il ne fut et lui attribuer plus de rigueur scientifique que nous ne saurions en trouver dans l’esprit scientifique du XXe siècle. Il est incontestable que, pendant tout le XVIIe siècle, de nombreux travaux manifestent un désir de pensée libre qui conduit à s’affranchir de toutes les précautions méthodologiques héritées des pratiques universitaires aussi bien que des recherches de la mécanique nouvellePour ne prendre que quelques exemples, les travaux de Gaffarel sur les talismans et la cabale, ceux d’Athanase Kircher sur l’interprétation des hiéroglyphes ou du mathématicien Jean-Baptiste Morin, correspondant de Descartes, sur l’astrologie judiciaire, la fascination pour les écrits de confréries de Rose-Croix qui n’ont jamais existé, tout cela montre la vivacité d’un esprit de fantaisie qui est aussi un esprit de révolte contre la domination de la pensée scolastique On en retrouve l’expression dans des romans comme ceux de Cyrano de Bergerac ou de Montfaucon de Villars. D’un autre côté, on ne saurait nier l’existence d’une « alchimie kaballistique », qui s’est surtout développée au XVIe siècle en Italie et en France Les thèmes alchimiques sont alors mêlés à ceux d’autres traditions chez des auteurs qui, comme Robert Fludd ou Jacob Boehme, ont davantage le souci de construire un système du monde qui soit à la fois théologique, métaphysique et scientifique que de développer des recherches sur les propriétés chimiques de diverses substances.

Or c’est précisément cet intérêt pour la composition des corps mixtes, la recherche des principes et éléments dont ils sont formés, la possibilité de les transformer les uns dans les autres et d’en tirer des substances nouvelles utiles à la médecine et aux divers artisanats qui caractérise, me semble-t-il, les travaux alchimiques, et permet de les distinguer d’autres élaborations théoriques se réclamant, souvent abusivement, de l’hermétisme et de l’alchimie. L’ambiguïté vient cependant de ce que cette alchimie, qui n’est rien d’autre que la chimie de l’époque, s’est volontiers nommée science hermétique, ce qui a engendré, hier et plus encore aujourd’hui, de nombreuses confusions. Il faut donc revenir sur les raisons pour lesquelles les alchimistes se sont référés à Hermès, pour ensuite montrer que cette référence n’est en rien le signe d’une défaillance de la raison.

Que le dieu qui a donné son nom à celui par lequel la science est communiquée aux hommes se nomme aussi Mercure, voilà qui ne pouvait que retenir l’attention des alchimistes, qui désignaient de ce nom aussi bien le vulgaire vif-argent, qui coule et s’amalgame avec tous les métaux, que le principe mercuriel dont la possession rend possible la transmutation des métaux. Pourtant, l’usage du nom d’Hermès est une pratique tardive dans l’histoire de l’alchimie, puisque l’alchimie médiévale, telle que nous la connaissons à travers les nombreux traités qui nous sont parvenus, fait rarement mention du dieu grec ou de son homonyme trois fois très grand. Au XIIIe siècle, époque où s’élabore la doctrine qui va marquer les travaux chimiques jusqu’au XVIIe siècle, le Corpus Hermeticum est inconnu et les auteurs anonymes qui se cachent derrière les noms de Geber, Aristote, Thomas d’Aquin, Raymond Lulle ou Arnaud de Villeneuve, auxquels ils prêtent la paternité de leurs traités, n’ont pas besoin de se référer à une quelconque doctrine hermétique pour développer la doctrine de la formation des métaux et de la composition des corps mixtes à partir de laquelle se met en place leur théorie de la transmutation. L’héritage des traités arabes, traduits et imités dès le XIIIe siècle, offre en effet tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration d’une théorie de la matière qui s’oppose à l’hylémorphisme en supposant que le Mercure et le Soufre sont les deux principes constitutifs des métaux, selon des proportions et des conditions naturelles d’élaboration dans les mines dont les variations expliquent la différence entre les métaux. La nature voudrait toujours faire de l’or et l’objectif de l’alchimiste est de fabriquer une médecine métallique qui confère aux métaux imparfaits la perfection que les cuissons naturelles ne leur ont pas apportée. Ni mystère, ni révélation ne sont nécessaires à l’élaboration de cette doctrine qui s’expose dans des Sommes rigoureusement construites, comme cela se pratique dans les autres domaines du savoir médiéval Nous sommes dans le domaine de la philosophie naturelle et il ne s’agit pas tant pour les alchimistes de s’opposer à la science aristotélicienne que de la compléter dans un domaine où Aristote, après les quelques lignes qu’il consacre à la formation des métaux à la fin du troisième livre des Météorologiques, est resté silencieux.

Ce n’est qu’à la Renaissance que les alchimistes commencent à évoquer le nom d’Hermès en tant que fondateur de leur science, sans pour autant donner à l’alchimie le nom de science hermétique. Le plus souvent, c’est dans les brefs aperçus «historiques» qui introduisent les traités qu’Hermès est cité. Ainsi lit-on dès le début du Livre de la philosophie naturelle des métaux attribué à Bernard le Trévisan, et sans doute écrit vers la fin du XVe siècle (et donc après la publication florentine du Corpus Hermeticum), que « Le premier inventeur de cet Art ce fut Hermès le Triple: car il sut toute triple philosophie naturelle, savoir Minérale, Végétale et Animale» L’auteur continue en rapportant qu’Hermès trouva dans la vallée d’Hébron, après le déluge, sept tables sur lesquelles étaient imprimés les arts libéraux. Il en fit un résumé que nous connaissons comme étant la Table d’Émeraude. Pythagore fut son disciple, et après lui Platon et Aristote, Galien et Hippocrate, ainsi que les Arabes et, plus près de nous, Arnaud de Villeneuve et Raymond Lulle. L’intention de ce texte apparaît clairement: il s’agit de donner à l’alchimie, qui passe pour une science jeune, comparée à la philosophie naturelle des Grecs ou à la médecine, une antiquité telle qu’elle surpasse tous les autres savoirs. Les fabricants d’une telle histoire ne sont pas forcément de mauvaise foi, puisqu’ils ont entre les mains des traités alchimiques attribués à Platon ou Aristote, dont on suppose qu’ils ont appris cette science d’un maître plus ancien. On s’imagine alors, bien entendu, que la science est toujours le résultat d’une transmission, plutôt que d’une découverte progressive, ou plus exactement que la découverte n’est jamais que la réappropriation d’un savoir constitué en des temps reculés, mais qui s’était perdu.

 

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Ordre Maçonnique Hermétique

Publié le 20 Juin 2026 par T.D

A l’issue du Niveau 3, le membre a alors accès aux hauts grades de l’Ordre Maçonnique Hermétique encore appelé : Cercle Intérieur. L’enseignement prend alors un caractère différent, plus initiatique et plus en rapport avec la haute magie.

Les cours traitent ici des plus hauts pouvoirs métaphysiques de l’être humain. Le membre devient alors capable de modifier la Réalité et de créer des événements précis dans sa vie ou celle des autres. Il reçoit également une longue série de leçons sur la technique exacte de projection hors du corps, et apprend comment se rendre visible à distance lors d’une projection.

Nul ne peut demander à être admis dans le Cercle Intérieur, on doit obligatoirement être invité à en faire partie lorsqu’on a fait ses preuves. Autrement dit, ce n’est qu’après l’étude assidue des trois premiers niveaux que nos élèves ont le privilège d’être appelés dans les plus hauts niveaux de notre organisation. Voici à titre d’information la liste non limitative des sujets traités :

– Entraînement complet et progressif à la projection de la conscience hors du corps : projection à travers l’espace et dans les plans supérieurs.
– Exercices pour se souvenir de ses vies antérieures.
– Contact avec la Mémoire universelle.
– Révélation des 7 Lois Cosmiques et de leur utilisation pratique dans votre vie

– Etude complète de la Table d’Emeraude.
– Pratique de l’Alchimie : Grand OEuvre minéral et Alchimie interne.
– Révélations sur la nature de la matière première et du feu secret.
– Exposé détaillé des différentes manipulations à effectuer lors des phases : solve, coagula, multiplications.

– Réalisation de l’Elixir de Vie.
– Constitution du Corps de Gloire (ou Corps d’Immortalité).
– Comment pratiquer la Haute-Magie (sans risque de choc en retour).
– Contact avec la Conscience Cosmique.

Toutes ces disciplines sont complémentaires, et même si vous ne désirez pratiquer que l’une d’entre-elles, il est important pour vous de connaître aussi les autres.

La télépathie et le magnétisme par exemple, ont un rapport avec l’hypnose Un entraînement dans ces deux domaines, vous aidera donc pour l’hypnose. De même, la voyance est en rapport avec l’éveil des centres psychiques. En réalité, tout se recoupe, et celui qui s’intéresse à la parapsychologie ne peut se limiter à un seul domaine.

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