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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Ms d' Edimbourg

Publié le 21 Mai 2026 par T.D

 

LE MANUSCRIT DES ARCHIVES D'ÉDIMBOURG 1696

traduit et commenté par Edmond MAZET

 

INTRODUCTION

Le document dont nous donnons ici la traduction a été découvert aux Archives d'Edimbourg en 1930, par Charles T. Mclnnes. Il a été publié sous forme photographique dans A.Q.C., vol. 43 (1930) par J. Mason Allan, et plusieurs fois imprimé, la dernière édition imprimée étant dans Knoop, Jones et Hamer, Early Masonic Catechisms, 2e édition, Londres, 1975. Il a souvent été utilisé par des auteurs maçonniques de langue française, mais sans qu'aucune traduction française en ait été publiée.

On ignore par qui et dans quelles circonstances il a été rédigé. Mais il porte la suscription suivante: «Quelques questions à propos du mot du Maçon (Some Questions Anent the mason word) 1696.» Il date donc de la période de transition de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative. Naturellement, il est loin d'être le plus ancien texte maçonnique écossais connu; rappelons en particulier, avant lui, les Statuts Schaw de 1598 et de 1599, et plusieurs registres de Loges, comme ceux d'Aitcheson Haven (1598), d'Édimbourg (1599), de Kilwinning (1642) ; d'autre part, à partir de 1660 environ, des Loges d'Écosse ont eu en leur possession des textes de la famille des Old Charges, d'origine anglaise. Mais, si l'on accepte les formules de serment contenues dans quelques manuscrits des Old Charges, le manuscrit des Archives d'Edimbourg est à l'heure actuelle, en Ecosse et dans le monde, le plus ancien document connu de caractère rituel. C'est ce qui fait son intérêt exceptionnel.

Il est à rapprocher, à cet égard, de deux autres textes également publiés dans Knoop, Jones et Hamer : le manuscrit Chetwode Crawley, daté d'environ 1700, donc à peu près contemporain du manuscrit des Archives d'Édimbourg, et un texte un peu plus tardif, le manuscrit Kevan (vers 1714-1720). Ces trois textes sont très voisins les uns des autres et, tout en présentant des variantes notables, dérivent certainement d'une source commune. Sans nous livrer à une comparaison systématique des trois textes, nous avons indiqué en notes quelques-unes de ces variantes, qu'il nous a paru intéressant de relever.

Si l'on ne peut préciser exactement l'origine de notre manuscrit, on peut du moins dégrossir le problème. Tout d'abord, il a certainement été copié sur un manuscrit antérieur (cf. note 9), aujourd'hui perdu. La réponse à la question 8 («Quel est le nom de votre Loge ?  Kilwinning») met vaguement cette source en rapport avec la Loge de ce nom, ou du moins avec les Loges du Sud-Ouest de l'Écosse, sur lesquelles la Loge de Kilwinning exerçait une juridiction plus ou moins bien définie par les Statuts Schaw de 1599, mais il est difficile de préciser davantage ce rapport. En fait, il apparaît clairement à la lecture du texte que celui-ci et sa source n'ont pas été rédigés par des Maçons, mais bien plutôt par des profanes qui avaient réussi (tout au moins l'auteur du manuscrit primitif) à percer le secret des travaux maçonniques.

On peut d'ailleurs se demander à ce propos, jusqu'à quel point notre manuscrit et les deux textes apparentés reflètent fidèlement les travaux des loges du XVIIe siècle. Il est certain que, dans le détail, ils nous transmettent certains termes sous une forme corrompue (cf. notes 2 et 8) ; d'ailleurs, à ce niveau, il existait sans doute dès le XVIIe siècle des variations locales dans la pratique des Loges (cf. note 6). Cependant, la comparaison avec les Statuts Schaw, avec les Old Charges, et avec les registres de Loges d'Écosse du XVIIe siècle, ainsi que l'existence, attestée en Ecosse à partir de 1637, du «mot du Maçon», permettent d'être raisonnablement assuré que, dans l'ensemble, les textes nous donnent une image fidèle de la réalité.

Le manuscrit des Archives d'Édimbourg se compose de deux parties (qui se retrouvent, quoique dans l'ordre inverse, dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan).

La première est une suite de questions et de réponses convenues qui permettaient aux maçons de se reconnaître. Ces «catéchismes», selon le terme de Knoop, Jones et Hamer, sont à l'origine de nos instructions actuelles par demandes et réponses. Il y a de ceux-là à celles-ci une tradition continue que l'on peut suivre tout au long du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne comme sur le continent: ces catéchismes ou instructions se sont développés et enrichis ; non sans glissements ou même oblitération de sens sur certains points, ils se sont diversifiés aussi selon les lieux et les rites, mais la filiation est incontestable.

La seconde partie se présente comme un rituel sommaire de réception. On a un système en deux grades. Le premier grade est celui d'apprenti entré («entered apprentice» : ce terme, qui reparaît dans les Constitutions d'Anderson, est toujours en usage dans la Maçonnerie de langue anglaise) ; la cérémonie de réception s'appelle l'entrée» (entrie). Cela est conforme aux Statuts Schaw qui, un siècle plus tôt, distinguaient déjà nettement deux stades dans l'apprentissage: tout d'abord l'apprenti était «reçu» (ce terme n'impliquant ici aucune cérémonie rituelle) par un maître qui le prenait à son service, le faisait enregistrer sur le livre de sa Loge, et commençait de lui enseigner le métier; quand l'apprenti était suffisamment instruit, il était «entré», et acquérait un minimum d'initiative professionnelle, sans cesser d'être un apprenti.

Le second et dernier grade est indifféremment appelé «compagnon du métier» (fellow craft), ou «maître maçon», ou seulement «maître» ou «maçon», et une fois «parfait maçon», tous ces termes étant équivalents. Cela encore est conforme aux Statuts Schaw, où l'expression master or fellow of craft» revient plusieurs fois.

A chacun de ces grades correspond une cérémonie. Ces cérémonies, très simples, comportent seulement le serment et la communication des secrets, c'est-à-dire ce qui formera toujours le noyau des cérémonies maçonniques plus élaborées, qui se développeront par la suite. Cependant, dans leur simplicité, elles s'accompagnaient de quelques formes tombées ensuite en désuétude, qui ne manquent pas d'intérêt, comme les « paroles de l'entrée », et l'usage émouvant et significatif de faire circuler le mot du plus jeune maçon jusqu'au maître de la Loge avant de le communiquer.

Parmi les secrets, le «mot du maçon» était apparemment considéré comme le plus important puisque la partie rituelle du texte est intitulée «la manière de donner le mot du maçon» (the forme of giveing the mason word). Comme nous l'avons déjà dit, I'existence du mot du maçon est attestée à partir de 1637 par diverses allusions qui y sont faites dans des sources profanes : il était l'objet parmi les gens simples, de craintes superstitieuses. Il ressort de notre texte que chaque grade avait son mot, et que ces mots étaient ceux qui sont encore en usage dans les deux premiers grades (cf. aussi note 11).

Nous n'avons pu donner, dans cette introduction et dans les notes, qu'un bref aperçu de ce que le manuscrit des Archives d'Édimbourg et les textes de la même famille apportent à notre connaissance de la tradition maçonnique. Le lecteur trouvera sans doute par lui même encore bien des remarques intéressantes à faire et bien des questions à se poser.

 

Le manuscrit d'Edimbourg (1696) Traduit et commenté par Edmond MAZET

 

Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui ont le mot, avant de les reconnaître.

Question 1 : Etes-vous maçon ?

Réponse : Oui.

Q. 2 : Comment le connaîtrai-je ?

R. : Vous le connaîtrez en temps et lieu convenables.

Remarques : la dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devriez répondre : par signes, conventions (1) et autres points de mon entrée.

Q. 3 : Quel est le premier point ?

R. : Dites-moi le premier point, je vous dirai le second. Le premier est de celer (2) et cacher ; le second : «sous une peine qui ne saurait être moindre» (3), qui consiste alors à vous c....r la g...e, car vous devez faire ce signe quand vous dites cela.

Q. 4 : Où avez-vous été entré ?

R. : A l'honorable Loge.

Q. 5 : Qu'est-ce qui fait une Loge véritable et parfaite ?

R. : Sept maîtres, cinq apprentis entrés, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter (4).

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une Loge véritable et parfaite ?

R. : Oui, cinq maçons et trois apprentis entrés, & c.

Q. 7 : Et à moins [encore] ?

R. : Plus on est, plus on rit, moins on est, meilleure est la chère.

Q. 8 : Quel est le nom de votre Loge ?

R. : Kilwinning.

Q. 9 : Comment se tient votre Loge ?

R. : Est et Ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q. 10 : Où se tint la première Loge ?

R. : Dans le porche du temple de Salomon.

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre Loge ?

R. : Oui, trois (5) : le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est (6). La première désigne le maître maçon, la seconde le surveillant, la troisième le compagnon poseur (7).

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?

R. : Oui, trois : [un] parpaing, un pavé d'équerre et un large ovale (8).

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre Loge ?

R. : A trois pieds et demi de la porte de la Loge, sous un parpaing et une motte verte. Mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon coeur (9).

Q. 14 : Qu'est la clé de votre Loge ?

R. : Une langue bien pendue.

Q. 15 : Où se trouve la clé ?

R. : Dans la boîte d'os.

Après que les maçons vous ont examinés par toutes ces questions ou par quelques-unes d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait les signes, ils vous reconnaîtront, non pas cependant pour un maître maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils vous diront : je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.

Q. 1 : Etes-vous compagnon du métier ?

R. : Oui.

Q. 2 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?

R. : Cinq, à savoir : pied à pied, genou à genou, coeur à coeur, main à main et oreille à oreille. Faites alors le signe du compagnonnage (10), et serrez la main [de votre interrogateur], et vous serez reconnu pour un véritable maçon. Les mots sont dans le premier livre des Rois, ch. 7, v. 2l et dans le deuxième livre des Chroniques, ch. 3, dernier verset (11).

La manière de donner le mot du maçon.

Tout d'abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit : Par Dieu lui-même et vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit ; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun autre instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu vous soit en aide.

Après qu'il a prêté le serment, on l'emmène hors de la compagnie, avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules. il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre, ce qui est le signe, et les postures et paroles de .son entrée, qui sont comme suit :

Quand il rentre dans la compagnie, il doit d'abord faire un salut ridicule, puis le signe, et dire : Dieu bénisse l'honorable compagnie. Puis, retirant son chapeau d'une manière très extravagante qui ne doit être exécutée que dans ces circonstances (comme le reste des signes), il dit les paroles de son entrée, qui sont comme suit : Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean (12), par l'équerre, le compas et la jauge commune (13), d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura [qu'est ma tombe]. Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite, tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour être un maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit.

Tout d'abord, tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres. Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite, il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maçon pour apprendre les postures et signes du compagnonnage, puis, en rentrant, il fait le signe des maîtres et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le nouveau maçon (14) doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure au plus ancien maçon : les dignes maîtres et l'honorable compagnie vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien.

Alors le maître lui donne le mot et lui serre la main à la manière des maçons, et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.

 

 

NOTES

Knoop, Jones et Hamer, Early Masonic Catechisms, 2e édition, Londres, 1975.

Il est à rapprocher, à cet égard, de deux autres textes également publiés dans Knoop, Jones et Hamer : le manuscrit Chetwode Crawley, daté d'environ 1700, donc à peu près contemporain du manuscrit des Archives d'Édimbourg, et un texte un peu plus tardif, le manuscrit Kevan (vers 1714-1720). Ces trois textes sont très voisins les uns des autres et, tout en présentant des variantes notables, dérivent certainement d'une source commune. Le manuscrit des Archives d'Édimbourg se compose de deux parties (qui se retrouvent, quoique dans l'ordre inverse, dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan).

1. Le mot «token» a pris par la suite dans le langage maçonnique le sens précis d'attouchement ou poignée de main. Dans la fameuse divulgation de Pritchard : Masonry Dissected (1730), on lit : «Que sont les tokens ? Certaines poignées de main régulières et fraternelles» . Dans notre texte, non plus que dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan, il n'est question d'aucune poignée de main pour l'apprenti, alors qu'il en existe indubitablement une pour le compagnon. Le mot «token» désigne probablement ici l'ensemble des postures et gestes convenus qui accompagnent le signe et le mot.

2. Nous traduisons ainsi le mot «heill» (orthographié dans d'autres textes «hail», «heal» ou «hele»), mot archaïque ayant le même sens que le verbe usuel «conceal» qui le suit.

3. Cette formule provient des paroles de l'entrée, que l'on trouvera dans la deuxième partie du texte.

4. Les statuts de 1670 de la loge d'Aberdeen prescrivent que les tenues aient lieu «au milieu des champs», et que les réceptions d'apprentis se fassent «dans l'ancienne loge des champs» sur une paroisse rurale des environs (A.l. Miller, Notes on the early history and records of the Lodge Aberdeen 1 ter ; cité par A.C.F. Jackson, AQC, vol. 91, p. 17).

5. Ces trois lumières sont certainement les trois chandeliers que l'on retrouve (dans des dispositions différentes suivant les rites) dans les loges spéculatives. Prichard (1730) précise : «N.B. Ces lumières sont trois grandes chandelles placées sur de hauts chandeliers».

6. L'interprétation de l'expression «passage de l'est» (eastern passage) peut prêter à discussion ; la plus naturelle relativement au contexte nous parait être : plein est. Les documents iconographiques (gravures et reproductions de tableaux de loge) relatifs à la Maçonnerie spéculative avant 1750, montrent le plus souvent une disposition qui paraît dériver de celle indiquée dans notre texte ; la lumière du «passage de l'est » est seulement venue au sud-est, formant avec les deux autres un rectangle dont, seul, le sommet nord-ouest reste vide. Cette disposition se conserve de nos jours dans le Rite Français. Mais il est probable que dès le XVIIe siècle, la disposition des trois chandeliers variait suivant les loges. Le manuscrit Dumfries n° 4, qui date d'environ 1710, mais dont le contenu remonte presque certainement plus haut, nous dit que les trois lumières se trouvent à l'est, à l'ouest, et « au milieu» (c'est sans doute de là que dérive la disposition que l'on observe dans la Maçonnerie anglo-saxonne actuelle).

7. Le «maître maçon» dont il est question ici est évidemment le maître qui préside la loge. Au lieu de «compagnon poseur» (setter craft) le Chetwode Crawley et le Kevan ont ici simplement «compagnon du métier» (fellow craft). Les maçons opératifs se divisaient en «hewers» (tailleurs de pierre) et «setters» (qui posaient les pierres pour monter les murs). La signification de ces trois lumières a évolué. A partir de Pritchard 1730, elle s'est fixée en «le Soleil, la Lune et le Maître maçon», ou «le Soleil, la Lune et le maître de la Loge». Ces trois lumières ne sont évidemment point à confondre avec les trois grandes lumières symboliques : le volume de la Loi Sacrée, I'équerre et le compas. La Maçonnerie anglaise les en distingue en les appelant «lumières mineures» (lesser lights) .

8. Le parpaing (dans le texte : «perpend esler», corruption de «perpend ashlar») est certainement à l'origine de la pierre brute de la Maçonnerie spéculative, ce qui est un glissement de sens considérable ; le pavé d'équerre (square pavement) est à l'origine du pavé mosaïque. Quant au «large ovale» (broad ovall), c'est probablement la corruption de «broked mall» (marteau bretté), que l'on lit dans le Chetwode Crawley au même endroit ; ce marteau bretté serait alors à l'origine de l'instrument semblable à une hache qui figure sur les tableaux de loge français du XVIIIe siècle, à côté de la pierre cubique à pointe ; ce pourrait être aussi, selon KJH la corruption de broached urnall» mot qui désignerait la pierre cubique à pointe elle-même .

9. Le manuscrit des Archives d'Edimbourg a ici contracté deux questions de sa source, qui sont restées distinctes dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan. «Où trouverai-je la clé de votre loge ? A trois pieds et demi de la porte de la loge sous un parpaing et une motte verte.  Qu'entendez-vous par un parpaing et une motte verte ? J'entends non seulement sous un parpaing et une motte verte mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon coeur».

10. Le Chetwode Crawley et le Kevan ont ici : «Ce sont là les signes du compagnonnage».

11. Le Chetwode Crawley et le Kevan donnent les mots en toutes lettres.

12. On peut voir là une indication de ce que le serment était prêté sur l'Évangile de Saint Jean, comme l'usage en est nettement attesté par la suite dans la Maçonnerie française.

13. Gabarit fixant la dimension des pierres à tailler.

14. Le texte a ici : le plus jeune maçon (the youngest mason), mais c'est évidemment du récipiendaire qu'il s'agit.

 

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Ms Le Régius 1390

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

LE REGIUS 1390 (OLD CHARGES)

 

Ici commencent les statuts de l'art
De Géométrie selon Euclide.

Celui qui voudra lire et chercher
Pourra trouver écrite dans un vieux livre
L'histoire de grands seigneurs et grandes dames,
Qui, certes, avaient beaucoup d'enfants;
Mais n'avaient pas de revenus pour en prendre soin,
Ni en ville, ni à la campagne ou dans les bois;
Ils tinrent ensemble conseil pour eux,

Et décidèrent pour leur bien,
Comment ils pourraient mieux mener leur vie
Sans inconfort, ni souci ni lutte;
Et encore pour la multitude qui viendra

Ils envoyèrent chercher de grands clercs,
Pour leur enseigner alors de bons métiers;

Et nous les prions, pour l'amour de notre Seigneur,
Pour nos enfants de trouver un travail,
Pour qu'ils puisent ainsi gagner leur vie,
Tant bien qu'honnêtement en toute sécurité.
En ce temps-là, par la bonne géométrie,
Cet honnête métier qu'est la bonne maçonnerie
Fut constitué et crée ainsi,
Conçu par ces clercs ;
Sur la prière de ces seigneurs ils inventèrent la géométrie,

Et lui donnèrent le nom de maçonnerie,
A ce plus honnête de tous les métiers.
Les enfants de ces seigneurs s'appliquèrent,
A apprendre de lui le métier de géométrie,
Ce qu'il fit très soigneusement;

A la prière des pères et des mères aussi,
Il les mit à cet honnête métier.
Celui qui apprenait le mieux, et était honnête,
Et surpassait ses compagnons en attention,
Si dans ce métier il les dépassait,
Il devait être plus honoré que le dernier,
Le nom de ce grand clerc était Euclide,
Son nom se répandait fort loin.
Pourtant ce grand clerc ordonna
A celui qui était plus élevé dans ce degré,
Qu'il devait enseigner les plus simples d'esprit
Pour être parfait en cet honnête métier;
Et ainsi ils doivent s'instruire l'un l'autre,
Et s'aimer ensemble comme soeur et frère.

Il ordonna encore que,
Maître doit il être appelé;
Afin qu'il soit le plus honoré,
Alors il devait être nommé ainsi;
Mais jamais maçons ne doivent appeler un autre,

Au sein du métier parmi eux tous,
Ni sujet ni serviteur, mon cher frère,
Même s'il est moins parfait qu'un autre;
Chacun appellera les autres compagnons par amitié,
Car ils sont nés de nobles dames.

De cette manière, par la bonne science de géométrie,
Commença le métier de la maçonnerie;
Le clerc Euclide le fonda ainsi,

Ce métier de géométrie au pays d'Egypte.
En Egypte il l'enseigna tout autour,
Dans diverses pays de tous côtés;
Pendant de nombreuses années, je croix,
Avant que ce métier arrive dans ce pays.

Ce métier arriva en Angleterre, comme je vous dis,
Au temps du bon Roi Athelstane,
Il fit construire alors tant manoir que même bosquet,
Et de hauts temples de grand renom,
Pour s'y divertir le jour comme la nuit,
Ce bon seigneur aimait beaucoup ce métier,
Et voulut le consolider de toutes ses parties,
A cause de divers défauts qu'il trouva dans le métier;

Il envoya à travers le pays
Dire à tous les maçons du métier,
De venir vers lui sans délai,
Pour amender ces défauts tous
Par bon conseil, autant que possible.
Une assemblée alors il réunit
De divers seigneurs en leur rang,
Des ducs, comtes, et barons aussi,
Des chevaliers, écuyers et maintes autres,
Et les grands bourgeois de cette cité,
Ils étaient tous là chacun à son rang;
Ils étaient là tous ensemble,
Pour établir le statut de ces maçons,
Ils y cherchaient de tout leur esprit,
Comment ils pourraient le gouverner;

Quinze articles ils voulaient écrire,
Et quinze points ils y ont crées,

Article 1.

Le premier article de cette géométrie;-
Le maître maçon doit être digne de confiance
A la fois constant, loyal et vrai,
Il ne l'aura alors jamais à regretter;
Tu dois payer tes compagnons selon le cours,
Des victuailles, tu le sais bien;
Et paie les justement, et de bonne foi,
Ce qu'ils peuvent mériter;
Et évites soit par amour soit par crainte,
D'aucune des parties d'accepter des avantages;
Du seigneur ni du compagnon, qui que ce soit,
D'eux tu ne prends aucune sorte de paiement;
Et en juge tiens toi intègre,
Et alors aux deux tu rendra leur bon droit;
Et véritablement fais ceci où que tu ailles,
Ton honneur, ton profit, sera le meilleur.

Article 2.

Le second article de bonne maçonnerie,
Comme vous devez ici l'entendre particulièrement,
Que tout maître, qui est maçon,
Doit assister au rassemblement général,
Pour que précisément il lui soit dit
Le lieu où l'assemblée se tiendra.

Et à cette assemblée il doit se rendre,
Sauf s'il a une excuse raisonnable,
Ou qu'il soit désobéissant à ce métier
Ou s'abandonne au mensonge,
Ou qu'il soit atteint d'une maladie si grave,
Qu'il ne puisse venir parmi eux;
Cela est une excuse bonne et valable,
Pour cette assemblée, si elle est sincère.

Article 3.

Le troisième article est en vérité,
Que le maître ne prenne aucun Apprenti,
Sauf s'il peut lui assurer de le loger
sept ans chez lui, comme je vous dis,
Pour apprendre son métier, qui soit profitable;
En moins de temps il ne sera pas apte
Au profit du seigneur, ni le sien
Comme vous pouvez le comprendre par bonne raison.

Article 4.

Le quatrième article ceci doit être,
Que le maître doit bien veiller,
ne pas prendre un serf comme Apprenti,
Ni l'embaucher pour son propre profit,
Car le seigneur auquel il est lié,
Peut chercher le 'Apprentis où qu'il aille.
Si dans la loge il était pris,
Cela pourrait y faire beaucoup de désordre,
Et un pareil cas pourrait arriver,
Que cela pourrait chagriner certains, ou tous.

Car tous les maçons qui y seront
Se ensemble se tiendront réunis.
Si un tel dans le métier demeurait,
De diverses désordres vous pourrez parler:
Alors pour plus de paix, et honnêteté,
Prenez un Apprenti de meilleure condition.
Dans d'ancien écriture je trouve,
Que l' Apprenti doit être de naissance noble;
Et ainsi parfois, des fils de grands seigneurs
Ont adopté cette géométrie qui est très bonne.

Article 5.

Le cinquième article est très bon,
Que l' Apprenti soit de naissance légitime;
Le maître ne doit, sous aucun prétexte,
Prendre un Apprenti qui soit difforme;
Cela signifie, comme vous le verrez
Qu'il ait tous ses membres entiers ensemble;
Pour le métier cela serait grande honte,
De former un homme estropié ou un boiteux,
Car un homme imparfait de telle naissance
Ne serait que peu utile au métier.
Ainsi chacun de vous peut comprendre,
Le métier veut un homme puissant;
Un homme mutilé n'a pas de force,
Vous devez le savoir depuis longtemps.

Article 6.

Le sixième article vous ne devez pas manquer
Que le maître ne doit pas porter préjudice au seigneur,
En prenant au seigneur pour son Apprenti,
Autant que reçoivent ses compagnons, en tout,
Car dans ce métier ils se sont perfectionnés,
Ce que lui n'est pas, vous devez le comprendre.
Ainsi il serait contraire à bonne raison,
De prendre pour lui égal salaire à celui des compagnons.
Ce même article dans ce cas,
Ordonne que son Apprenti gagne moins
Que ses compagnons, qui sont parfaits.
Sur divers points, sachez en revanche,
Que le maître peut instruire son Apprenti tel,
Que son salaire puisse augmenter rapidement,
Et avant que son apprentissage soit terminé,
Son salaire pourrait s'améliorer de beaucoup.

Article 7.

Le septième article que maintenant voici,
Vous dira pleinement à tous ensemble,
Qu'aucun maître ni par faveur ni par crainte,
Ne doit vêtir ni nourrir aucun voleur.
Des voleurs il n'en hébergera jamais aucun,
Ni celui qui a tué un homme,
Ni celui qui a mauvaise réputation,
De crainte que cela fasse honte au métier.

Article 8.

Le huitième article vous montre ainsi,
Ce que le maître a bien le droit de faire.
S'il emploie un homme du métier,
Et qu'il ne soit pas aussi parfait qu'il devrait,
Il peut le remplacer sans délai,
Et prendre à sa place un homme plus parfait.
Un tel homme, par imprudence,
Pourrait faire déshonneur au métier.

Article 9.

Le neuvième article montre fort bien,
Que le maître doit être sage et fort;
Qu'il n'entreprenne aucun ouvrage,
Qu'il ne puisse achever et réaliser;
Et que ce soit aussi au profit des seigneurs,
Ainsi qu'à son métier, où qu'il aille,
Et que les fondations soient bien construites,
Pour qu'il y ait ni fêlure ni brèche.

Article 10.

Le dixième article sert à savoir,
Parmi tous dans le métier, grands ou modestes,
Qu'aucun maître ne doit supplanter un autre,
Mais être ensemble comme des frères,
Dans ce singulier métier, tous quels qu'ils soient,
Qui travaillent sous un maître maçon.
Ni doit il supplanter aucun homme,
Qui s'est chargé d'un travail,
La peine pour cela est tellement forte,
Qu'elle ne pèse pas moins de dix livres,
A moins qu'il soit prouvé coupable,
Celui qui avait d'abord pris le travail en main;
Car nul homme en maçonnerie
Ne doit supplanter un autre impunément,
Sauf s'il a construit de telle façon,
Que cela réduit l'ouvrage à néant;
Alors un maçon peut solliciter ce travail,
Pour le sauver au profit des seigneurs
Dans un tel cas, si cela arrivait,
Aucun maçon ne s'y opposera.
En vérité celui qui a commencé les fondations,
S'il est un maçon habile et solide,
A fermement dans l'esprit,
De mener l' oeuvre à entière bonne fin.

 

 

Article 11.

L'onzième article je te le dis,
est à la fois juste et franc;
Car il enseigne, avec force,
Qu'aucun maçon ne doit travailler de nuit,
A moins de s'exercer à l'étude,
Par laquelle il pourra s'améliorer

Article 12.

Le douzième article est de grande honnêteté
Pour tout maçon, où qu'il se trouve,
Il ne doit pas déprécier le travail de ses compagnons,
S'il veut sauvegarder son honneur;
Avec des paroles honnêtes il l'approuvera,
Grâce à l'esprit que Dieux t'a donné;
Mais en l'améliorant de tout ton pouvoir,
Entre vous deux sans hésitation.

Article 13.

Le treizième article, que Dieu me garde,
C'est, que si le maître a un Apprenti,
Il l'enseignera de manière complète,
Et qu'il puisse apprendre autant de points,
Pour qu'il connaisse bien le métier,
Où qu'il aille sous le soleil.

Article 14.

Le quatorzième article par bonne raison,
Montre au maître comment agir;
Il ne doit prendre Apprenti,
A moins d'avoir diverses tâches à faire,
Pour qu'il puisse pendant son stage,
Apprendre de lui diverses points.

Article 15.

Le quinzième article est le dernier,
Car pour le maître il est un ami;
Pour lui enseigner qu'envers aucun homme,
Il ne doit adopter un comportement faux,
Ni suivre ses compagnons dans leur erreur,
Quelque bien qu'il puisse y gagner;
Ni souffrir qu'ils fassent de faux serments,
Par souci de leurs âmes,
Sous peine d'attirer sur le métier la honte,
Et sur lui-même un blâme sévère.

Divers statuts.

Dans cette assemblée des points furent adoptés en plus,
Par de grands seigneurs et maîtres aussi.
Le premier point veut que celui qui voudrait connaître ce métier
et l'embrasser,
Doit bien aimer Dieu et la sainte église toujours,
Et son maître aussi avec qui il est,
Où qu'il aille par champs ou par bois,
Et aimes aussi tes compagnons,
Car c'est ce que ton métier veut que tu fasses.

Second point.

Le second point ,
Que le maçon travaille le jour ouvrables,
Aussi consciencieusement qu'il le pourra,
Afin de mériter son salaire pour le jour de repos,
Car celui qui a vraiment fait son travail,
Méritera bien d'avoir sa récompense.

Troisième point.

Le troisième point doit être sévère,
Avec l'apprentis, sachez le bien,
Le conseil de son maître il doit garder et cacher,
Et de ses compagnons de bon gré;
Des secrets de la chambre il ne parlera a nul homme,
Ni de la loge quoi qu'ils y fassent;
Quoi que tu entendes ou les vois faire,
Ne le dis à personne où que tu ailles;
Les propos dans la salle, et même au bosquet,
Gardes les bien pour ton grand honneur,
Sans quoi cela tournera pour toi au blâme,
Et apportera au métier grande honte.

Quatrième point.

Le quatrième point nous enseigne aussi,
Que nul homme à son métier sera infidèle;
Aucune erreur il n'entretiendra
Contre le métier, mais y renoncera;
Ni aucun préjudice il causera
A son maître, ni a son compagnon;
Et bien que l' Apprenti soit tenu au respect,
Il est toutefois soumis à la même loi.

Cinquième point.

Le cinquième point est sans nul doute,
Que lorsque le maçon prendra sa paie
Du maître, qui lui est attribué,
Humblement acceptée elle doit être;
Cependant il est juste que le maître,
L'avertisse dans les formes avant midi,
S'il n'a plus l'intention de l'employer,
Comme il le faisait auparavant;
Contre cet ordre il ne peut se débattre,
S'il réfléchit bien c'est dans son intérêt

Sixième point.

Le sixième point doit être bien connu,
De tous grands et modestes,
Car un tel cas pourrait arriver;
Qu'entre quelques maçons, sinon tous,
Par envie ou haine mortelle,
S'éclate une grande dispute.
Alors le maçon doit, s'il le peut,
Convoquer les deux parties un jour fixé;
Mais ce jour-là ils ne feront pas la paix,
Avant que la journée de travail soit bien finie,
Un jour de congé vous devez bien pouvoir trouver,
Assez de loisir pour placer la réconciliation,
De peur qu'en la plaçant un jour ouvré
La dispute ne les empêche de travailler;
Faites en sorte qu'ils en finissent.
De manière à ce qu'ils demeurent bien dans la loi de Dieu.

 

Septième point.

Le septième point pourrait bien dire,
Comment bien longue vie Dieu nous donne,
Ainsi il le reconnaît bien clairement,
Tu ne coucheras pas avec la femme de ton maître,
Ni de ton compagnon, en aucune manière,
Sous peine d'encourir le mépris du métier;
Ni avec la concubine de ton compagnon,
Pas plus que tu ne voudrais qu'il couche avec la tienne.
La peine pour cela qu'on le sache bien,
Est qu'il reste Apprenti sept années pleines,
Celui qui manque à une de ces prescriptions
Alors il doit être châtié;
Car un grand souci pourrait naître,
D'un aussi odieux péché mortel.

Huitième point.

Le huitième point est, assurément,
Si tu as reçu quelque charge,
A ton maître reste fidèlement soumis,
Car ce point jamais tu ne le regretteras;
Un fidèle médiateur tu dois être,
Entre ton maître et tes compagnons libres;
Fais loyalement tout ce que tu peux,
Envers les deux parties, et cela est bonne justice.

Neuvième point.

Le neuvième point s'adresse à celui,
Qui est l'intendant de notre salle,
Si vous vous trouvez en chambre ensemble,
Servez vous l'un l'autre avec calme gaieté;
Gentils compagnons, vous devez le savoir,
Vous devez être intendant chacun à votre tour,
Semaine après semaine sans aucun doute,
Tous doivent être intendant à leur tour,
Pour servir les uns et les autres aimablement,
Comme s'ils étaient soeur et frère;
Nul ne se permettra aux frais d'un autre
De se libérer pour son avantage,
Mais chaque homme aura la même liberté
Dans cette charge, comme il se doit;
Veille à bien payer tout homme toujours,
A qui tu as acheté des victuailles,
Afin qu'on ne te fasse aucune réclamation,
Ni à tes compagnons à aucun titre,
A tout homme ou femme, qui que ce soit,
Paies les bien et honnêtement, nous le voulons;
A ton compagnon tu en rendras compte exacte,
De ce bon paiement que tu as fait,
De peur de le mettre dans l'embarras,
Et de l'exposer à un grand blâme.
Toutefois bon comptes il doit tenir
De tous les biens qu'il aura acquis,
Des dépenses que tu auras fait sur le bien de tes compagnons,
Du lieu, des circonstances et de l'usage;
De tels comptes tu dois rendre,
Lorsque tes compagnons te les demandent.

Dixième point.

Le dixième point montre la bien bonne vie,
Comment vivre sans souci ni dispute;
Si le maçon mène une vie mauvaise,
Et dans son travail il est malhonnête,
Et se cherche une mauvaise excuse
Il pourra diffamer ses compagnons injustement,
Par de telles calomnies infâmes
Attirer le blâme sur le métier.
S'il déshonore ainsi le métier,
Vous ne devez alors lui faire aucune faveur,
Ni le maintenir dans sa mauvaise vie,
De peur que cela ne tourne en tracas et conflit;
Mais ne lui laissez aucun sursis,
Jusqu'à ce que vous l'ayez contraint,
A comparaître où bon vous semble,
Où vous voudrez, de gré ou de force,
A la prochaine assemblée vous le convoquerez,
A comparaître devant tout ses compagnons,
Et s'il refuse de paraître devant eux,
Il lui faudrait renoncer au métier;
Il sera alors puni selon la loi
Qui fut établie dans les temps anciens.

Onzième point.

Le onzième point est de bonne discrétion,
Comme vous pouvez le comprendre par bonne raison;
Un maçon qui connaît bien son métier,
Qui voit son compagnon tailler une pierre,
Et qu'il est sur le point d'abîmer cette pierre,
Reprends-la aussitôt si tu le peux,
Et montre-lui comment la corriger,
Pour que l' oeuvre du seigneur ne soit pas abîmé,
Et montre-lui avec douceur comment la corriger,
Avec de bonnes paroles, que Dieu te prête;
Pour l'amour de celui que siège là-haut,
Avec de douces paroles nourris son amitié.

Douzième point.

Le douzième point est d'une grande autorité,
Là où l'assemblée se teindra,
Il y aura des maîtres et des compagnons aussi,
Et d'autres grands seigneurs en grand nombre;
Il y aura le shérif de cette contrée,
Et aussi le maire de cette cité,
Il y aura des chevaliers et des écuyers,
Et aussi des échevins, comme vous le verrez;
Toutes les ordonnances qu'ils prendrons là,
Ils s'accorderont pour les faire respecter,
Contre tout homme, quel qu'il soit,
Qui appartient au métier beau et libre.
S'il fait quelque querelle contre eux,
Il sera arrêté et tenu sous garde.

Treizième point.

Le treizième point requiert toute notre volonté,
Il jurera de ne jamais voler,
Ni d'aider celui dans cette mauvaise profession,
Pour aucune part de son butin,
Et tu dois le savoir ou alors pécher,
Ni pour son bien, ni pour sa famille.

Quatorzième point.

Le quatorzième point est excellente loi
Pour celui qui sera sous la crainte;
Un bon et vrai serment il doit prêter là,
A son maître et ses compagnons qui sont là;
Il doit être constant et fidèle aussi
A toutes ces ordonnances, où qu'il aille,
Et a son seigneur lige le roi,
De lui être fidèle par-dessus tout
.
Et tous ces points ci-dessus
A eux tu dois être assermenté,
Et tous prêteront le même serment
Des maçons, de gré ou de force.
A tous ces points ci-dessus,
Ainsi que l'a établie une excellente tradition.
Et ils enquêteront sur chaque homme
S'il les met en pratique de son mieux,
Si un homme est reconnu coupable
Sur l'un de ces points en particulier;
Qu'on le recherche, quel qu'il soit,
Et qu'il soit amené devant l'assemblée.

Quinzième point.

Le quinzième point est excellente tradition,
Pour ceux qui auront là prêté serment,
Cette ordonnance qui fut arrêtée par l'assemblée
De grands seigneurs et maîtres dont on a parlé;
Pour ceux qui soient désobéissants, je sais,
A la présente constitution,
De ces articles qui y furent édictés,
Par de grands seigneurs et maçons ensemble,
Et si leurs fautes sont mises au jour
Devant cette assemblée, tantôt,
Et s'ils ne veulent pas s'en corriger,
Alors ils doivent abandonner le métier;
Et jurer de ne plus jamais l'exercer.
Sauf s'ils acceptent de s'amender,
Ils n'auront plus jamais part au métier;
Et s'ils refusaient de faire ainsi,
Le shérif se saisira d'eux sans délai,
Et les mettra dans un profond cachot,
A cause de leur transgression,
Il confisquera leurs biens et leur bétail
Au profit du roi, en totalité,
Et les y laissera aussi longtemps,
Qu'il plaira à notre lige le roi.

L'art des quatre couronnés.

Prions maintenant Dieu tout-puissant,
Et sa mère Marie radieuse,

Afin que nous puissions garder ces articles,
Et les points tous ensembles,
Comme le firent ces quatre saints martyres,
Qui dans ce métier furent tenus en grand honneur,
Ils étaient aussi bons maçons qu'on puisse trouver sur la terre,
Sculpteurs et imagiers ils étaient aussi,
Car c'étaient des ouvriers d'élite,
L'empereur les tenait en grande estime;
Il désira qu'ils fassent une statue
Qu'on vénérera en son honneur;
En son temps il possédait de tels monuments,
Pour détourner le peuple de la loi du Christ.

Mais eux demeuraient ferme dans la loi du Christ,
Et dans leur métier sans compromis;
Ils aimaient bien Dieu et tout son enseignement,
Et s'étaient voués à son service pour toujours.
En ce temps là ils furent des hommes de vérité,
Et vécurent droitement dans la loi de Dieu;
Ils n'entendaient pas de fabriquer des idoles,
Quelque bénéfices qu'ils puissent en retirer,
Ni prendre cette idole pour leur Dieu,
Ils refusèrent de le faire, malgré sa colère;
Car ils ne voulaient pas renier leur vraie foi,
Et croire à sa fausse loi,
L'empereur les fit arrêter sans délai,
Et les mit dans un profond cachot;
Plus cruellement il les y punissait,
Plus ils se réjouissaient dans la grâce de Dieu,
Alors quand il vit qu'il ne pouvait plus rien,
Il les laissait alors aller à la mort;
Celui qui voudra, trouvera dans le livre
De la légende des saints,
Les noms des quatre couronnés.
Leur fête est bien connue, Le huitième jour après la Toussaint.

Ecoutez ce que j'ai lu,
Que beaucoup d'années après, à grand effroi
Le déluge de Noë eut déferlé,
La tour de Babel fut commencée,
Le plus gros ouvrage de chaux et de pierre,
Que jamais homme ait pu voir;
Si long et si large on l'entreprit,
Que sa hauteur jeta sept miles d'ombre,
Le Roi Nabuchodonosor le fit construire
Aussi puissant pour la défense des hommes,
Que si un tel déluge surviendrait,
Il ne pourrait submerger l'ouvrage;
Parce qu'ils avaient un orgueil si fier, avec grande vantardise
Tout ce travail fut ainsi perdu;
Un ange les frappa en diversifiant leurs langues,
Si bien qu'ils ne se comprenaient plus jamais
l'un l'autre.

Bien des années plus tard, le bon clerc Euclide
Enseigna le métier de géométrie partout autour,
Et il fit en ce temps-là aussi,
Divers métiers en grand nombre.
Par la haute grâce du Christ au ciel,
Il fonda les sept sciences;

Grammaire est la première, je le sais,
Dialectique la seconde, je m'en félicite,
Rhétorique la troisième sans conteste,
Musique la quatrième, je vous le dis,
Astronomie est la cinquième, par ma barbe,
Arithmétique la sixième, sans aucun doute,
Géométrie la septième, clôt la liste,
Car elle est humble et courtoise,

En vérité, la grammaire est la racine,
Chacun l'apprend par le livre;
Mais l'art dépasse ce niveau,
Comme le fruit de l'arbre vaut plus que la racine;
La Rhétorique mesure un langage soigné,
Et la Musique est un chant suave;
L'Astronomie dénombre, mon cher frère,
L'Arithmétique montre qu'une chose est égale à une autre,
La Géométrie est la septième science,
Qui distingue le vrai du faux, je sais
Que ce sont les sept sciences,
Celui qui s'en sert bien peut gagner le ciel.

Maintenant mes chers enfants, ayez bon esprit
Pour laisser de côté orgueil et convoitise,
Et appliquez vous à bien juger,
Et à bien vous conduire, où que vous allez.

Maintenant je vous prie d'être bien attentifs,
Car ceci vous devez savoir,
Mais vous devez en savoir bien plus encore,
Que ce que vous trouvez écrit ici.
Si l'intelligence te fait défaut pour cela,
Prie Dieu de te l'envoyer;
Car le Christ lui-même nous l'enseigne
Que la sainte église est la maison de Dieu,
Elle n'est faite pour rien d'autre
Que pour y prier, comme nous le dit l'Ecriture,
Là le peuple doit se rassembler,
Pour prier et pour pleurer leurs péchés.

Veille à ne pas arriver à l'église en retard,
Pour avoir tenu des propos paillards à la porte;
Alors quand tu es en route vers l'église,
Aie bien en tête à tout instant
De vénérer ton seigneur Dieu jour et nuit,
De tout ton esprit et de toute ta force.
En arrivant à la porte de l'église
Tu prendras un peu de cette eau bénite,
Car chaque goutte que tu toucheras,
Effacera un péché véniel, sois-en sûr.

Mais d'abord tu dois ôter ton capuchon,
Pour l'amour de celui qui est mort sur la croix.
Quand tu entreras dans l'église,
Elève ton coeur vers le Christ, aussitôt;
Lève alors les yeux vers la crois,
Et agenouille toi bien à deux genoux,
Puis prie-le alors de t'aider à oeuvrer,
Selon la loi de la sainte église,
A garder les dix commandements,
Que Dieu donna à tous les hommes;

Et prie-le d'une voix douce
De te garder des sept péchés,
Afin que tu puisse ici, dans cette vie,
Te garder loin des soucis et des querelles;
Et que de plus il t'accorde la grâce,
Pour trouver une place dans la béatitude du ciel.

Dans la sainte église abandonne les paroles frivoles
De langage lascive et plaisanteries obscènes,
Et mets de côté toute vanité,
Et dis ton pater noster et ton ave;
Veille aussi à ne pas faire de bruit,
Mais sois toujours dans tes prières;
Si tu ne veux pas prier toi-même,
Ne gêne aucun autre en aucune manière.
En ce lieu ne te tiens ni assis ni debout,
Mais agenouille toi bien sur le sol,
Et quand je lirai l'Evangile,
Lève toi bien droit sans t'appuyer au mur,
Et signe-toi si tu sais le faire,
Quand on étonne le gloria tibi;
Et quand l'évangile est fini,
A nouveau tu peux t'agenouiller,
Sur tes deux genoux tu tomberas,
Pour l'amour de celui qui nous a tous rachetés;

Et quand tu entends sonner la cloche
Qui annonce le saint sacrement,
Vous devez vous agenouiller tous jeunes et vieux,
Et lever vos deux mains au ciel,
Pour dire alors dans cette attitude,
A voix basse et sans faire de bruit;
"Seigneur Jésus sois le bienvenu,
En forme de pain comme je te vois,
Désormais Jésus par ton saint nom,
Protège-moi du péché et de la honte;
Accorde-moi l'absolution et la communion,
Avant que je m'en aille d'ici,
Et sincère repentir de mes péchés,
Afin, Seigneur, que je ne meure jamais dans cet état;
Et toi qui est né d'une vierge,
Ne souffre pas que je sois jamais perdu;
Mais quand je m'en irai de ce monde,
Accorde-moi la béatitude sans fin;
Amen! Amen! Ainsi soit-il!
A présent douce dame priez pour moi."

Voici ce que tu dois dire, ou une chose semblable,
Quand tu t'agenouille devant le sacrement.
Si tu cherches ton bien, n'épargne rien
Pour vénérer celui qui a tout crée;
Car c'est pour un homme un jour de joie,
Qui une fois ce jour-là a pu le voir;
C'est une chose si précieuse, en vérité,
Que nul ne peut en dire le prix;
Mais cette vision fait tant de bien,

Comme Saint Augustin le dit très justement,
Ce jour où tu vois le corps de Dieu,
Tu possédera ces choses en toute sécurité:-
A manger et à boire à suffisance,
Rien ce jour-là ne te manquera;
Les jurons et vaines paroles,
Dieu te les pardonnera aussi;
La mort subite ce même jour
Tu n'as nullement à la craindre;
Et aussi ce jour-là, je te le promets,
Tu ne perdras pas la vue;

Et chaque pas que tu fais alors,
Pour voir cette sainte vision,
Sera compté en ta faveur,
Quand tu en auras grand besoin;
Ce messager qu'est l'ange Gabriel,
Les conservera exactement.
Après cela je peux passer maintenant,
A parler à d'autres bienfaits de la messe;
Viens donc à l'église, si tu peux,
Et entends la messe chaque jour;

Si tu ne peux pas venir à l'église,
Où que tu travailles,
Quand tu entends sonner la messe,
Prie Dieu dans le silence de ton coeur,
De te donner part à ce service,
Que l'on célèbre dans l'église,

Je vous enseignerai de plus,
Et à vos compagnons, apprenez ceci,
Quand tu te présenteras devant un seigneur,
Dans un manoir, un bosquet, ou à table,
Capuchon ou bonnet tu dois ôter,
Avant d'être près de lui;
Deux ou trois fois, sans nul doute,
Devant ce seigneur tu dois t'incliner;
Tu fléchiras le genou droit,
Tu auras ainsi l'honneur sauf.

Ne remets pas ton bonnet ou capuchon,
Jusqu'à ce que tu en auras la permission.
Tout le temps que tu parleras avec lui,
Tiens le menton haut avec franchise et amabilité;
Ainsi, comme le livre te l'enseigne,
Regardes-le en face avec amabilité.
Tes pieds et mains tiens les tranquilles,
Sans te gratter ni trébucher, sois habile;
Evite aussi de cracher et de te moucher,
Attends pour cela d'être seul,
Et si tu veux être sage et discret,
Tu as grand besoin de bien te contrôler.

Lorsque tu entres dans la salle,
Parmi les gens bien nés, bons et courtois,
Ne présume pas trop de grandeur pour rien,
Ni de ta naissance, ni de ton savoir,
Ne t'assied pas et ne t'appuie pas,
C'est le signe d'une éducation bonne et propre.
Ne te laisse donc pas aller dans ta conduite,
En vérité la bonne éducation sauvera ta situation.
Père et mère, quels qu'ils soient,
Digne est l'enfant qui agit dignement,
En salle, en chambre, où que tu ailles;
Les bonnes manières font l'homme.

Fait attention au rang de ton prochain,
Pour leur rendre la révérence qui convient;
Evite de les saluer tous à la fois,
Sauf si tu les connais.
Quand tu es assis à table,
Mange avec grâce et bienséance;
Veille d'abord que tes mains soient propres,
Et que ton couteau soit tranchant et bien aiguisé,
Et ne coupe ton pain pour la viande,
Qu'autant que tu en mangeras,
Si tu es assis a côté d'un homme de rang supérieur, Au tient.

Laisse le se servir d'abord de la viande,
Avant d'y toucher toi-même.
Ne pique pas le meilleur morceau,
Même s'il te fait grande envie;
Garde tes mains nettes et propres,
Pour ne pas souiller ta serviette;
Ne t'en sers pas pour te moucher,
Et ne te cure pas les dents à table;
Ne plonge pas trop tes lèvres dans la coupe,
Même si tu as grande envie de boire,
Cela te ferait larmoyer.
Ce qui serait alors discourtois.

Veille à ne pas avoir la bouche pleine,
Quand tu te mets à boire ou à parler.
Si tu vois un homme qui boit,
Tout en écoutant tes propos,
Interromps aussitôt ton histoire,
Qu'il boive du vin ou de la bière,
Veille aussi à n'offenser aucun homme,
Si bien parti que tu le voies;
Et ne médis de personne,
Si tu veux sauver ton honneur;
Car de tels mots pourraient t'échapper,
Qui te mettraient dans une situation gênante.

Retiens ta main dans ton poing,
Pour ne pas avoir à dire "si j'avais su",
Dans un salon parmi de belles dames,
Tiens ta langue et sois tout yeux;
Ne ris pas aux grands éclats,
Ne chahute pas comme un ribaud.
Ne badine qu'avec tes pairs,
Et ne répète pas tous ce que tu entends;
Ne proclame pas tes propres actions;
Par plaisanterie ou par intérêt;
Par de beaux discours tu peux réaliser tes désirs,
Mais tu peux par là aussi te perdre.

Quand tu rencontres un homme de valeur,
Tu ne dois pas garder bonnet et capuchon;
A l'église, au marché, ou au portail,
Salue le selon son rang.
Si tu marches avec un homme d'un rang
Supérieur au tien,
Reste en retrait de lui d'une épaule,
Car cela est bonne éducation sans défaut;

Lorsqu'il parle, tiens-toi tranquille,
Quand il a fini, dis ce que tu veux,
Dans tes paroles sois discret,
Et à ce que tu dis fais bien attention;
Mais n'interrompe pas son histoire,
Qu'il en soit au vin ou à la bière.
Que le Christ alors par sa grâce céleste,
Vous donne et l'esprit et le temps,
Pour bien comprendre et lire ce livre,
Afin d'obtenir le ciel en récompense.

Amen! Amen! Ainsi soit-il!
Disons nous tous par charité.

 

 

commentaires

Ms Chetwode Crowley

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

Ms CHETWODE CROWLEY (1700) traduction et note d’Edmond Mazet

 

Le grand secret ou la manière de donner le mot du maçon.

Tout d'abord vous devez faire mettre à genoux la personne qui va recevoir le mot, et après forces cérémonies

destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien ils (1) ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit 

Les mots J et B (2).

Par Dieu lui-même, puisque vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu (vous) soit en aide.

Après qu'il a prêté ce serment, on l'emmène hors de la compagnie avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules, il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre. ce qui est le signe. les paroles et postures de son entrée et c'est comme suit :

Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura (qu'est ma tombe). Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître-maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour (être) (3) un maître-maçon ou compagnon du métier. il y a plus à faire, comme il suit. Tout d'abord tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres.

Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maître pour apprendre les paroles et signes du compagnonnage, puis en rentrant, il fait le signe de maître et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le jeune maître doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure (au plus ancien maçon) (4) les dignes maçons et l'honorable compagnie d'où je viens (5) vous saluent bien, vous saluent bien, (vous saluent bien) (3).

Alors, le maître-maçon lui donne le mot et lui serre la main et après lui tous les maçons font de même (5), et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.

Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui disent avoir (5) le mot, avant de les reconnaître.

Question 1: Etes-vous maçon ?

Réponse: Oui, en effet, je le suis.

Question 2 : Comment le connaîtrai-je ?

Réponse: Vous le connaîtrez en temps et lieu convenable.

NOTA : La dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devrez répondre : par signes et autres conventions d'entrée.

Q. 3 : Quel est le premier point ?

R. : Dites-moi le premier et je vous dirai le second.

Le premier est de celer et cacher ; le second : sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la gorge coupée. Mais vous devez faire le signe quand vous dites cela.

Q. 4 : Où avez-vous été entré ?

R. : A l'honorable loge.

Q. 5 : Ou'est-ce qui fait une vraie loge parfaite ?

R. : Sept maîtres, cinq apprentis, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter.

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une vraie loge parfaite ?

R. : Quatre maîtres, trois apprentis entrés, et le reste comme précédemment.

Q. 7 : Et à moins (encore) ?

R. : Plus on est, plus on rit, et moins on est, meilleure est la chère.

Q. 8 : Quel est le nom de votre loge ?

R. : La loge de Kilwinning.

Q. 9 : Comment se tient votre loge ?

R. : Est et ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q. l0 : Où se tient la première loge ?

R. : Dans le porche du temple de Salomon.

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre loge ?

R. : Trois, le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première désigne le maître maçon, la seconde [le surveillant] (6), et la troisième le compagnon du métier.

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?

R. : Trois, (un) parpaing, un pavé d'équerre, et un marteau bretté (7)

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre loge ?

R. : A trois pieds et demi de la (porte de la) (3) loge, sous le parpaing et une motte verte.

Q. 14 : Qu'entendez-vous par un parpaing et (une) motte verte ?

R. : J'entends non seulement sous un parpaing et (une) motte verte, mais sous le replis de mon foie là où gisent cachés tous les secrets de mon coeur.

Q. 15 : Qu'est la clé de votre loge ?

R. : Une langue bien pendue.

Q. 16 : Où se trouve la clé de votre loge ?

R. : Dans la boîte d'os.

Après que les maçons vous ont examiné par toutes ces questions ou par quelques-uns d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait le signe, ils vous reconnaîtront, non pour un maître- maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils ajouteront :

Q. 17 : Je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.

Q. l 8 : Etes-vous compagnon du métier ?

R. : Oui.

Q. 19 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?

R. : Cinq, à savoir 1°) pied à pied, 2°) genou à genou 3°) coeur à coeur, 4°) main à main, 5°) oreille à oreille. Ce sont là les points du compagnonnage (8). Et, par une poignée de mains, vous serez reconnu pour un vrai maçon.

Q. 20 : Où trouve-t-on les mots ?

R. : En I Rois, chap. 7e, verset 21, et II Chron. 3e chap. dernier verset.

NOTES

 (I) Le manuscrit des Archives d'Edimbourg précise ici : «les maçons».

(2) Les mots sont en toutes lettres dans le manuscrit. Cela doit être une note postérieure au reste du texte.

(3) Restituée d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg.

(4) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a ici « à l'honorable compagnie», mais il s'agit certainement d'une erreur de copiste, dont l'oeil a été attiré par l' «honorable compagnie» de la ligne suivante.

(5) Cette précision intéressante a disparu dans le manuscrit des Archives d'Edimbourg.

(6) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a : «the words», les mots, mais il s'agit certainement d'une faute de copie : «warden», mal écrit dans la source, aura été lu «words» par le copiste.

(7) Broked-mall. Le manuscrit des Archives d'Edimbourg a ici «broad ovall», qui est absurde.

(8) Si on lit then au lieu de these, on doit traduire presque comme dans le manuscrit des Archives d'Edimbourg : «Faites alors les signes du compagnonnage» (cependant signes est ici au pluriel et non au singulier).

commentaires

Ms Indigo Jones

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

LE MANUSCRIT INIGO JONES traduit de l'anglais par Patrick Négrier

 

" L ancienne Constitution des maçons francs et acceptés 1607'

Que la force du Père du ciel, et la sagesse du glorieux Fils, par la grâce et la bonté du Saint-Esprit, trois personnes et un (seul) Dieu, soient avec nous et nous donnent la grâce de nous gouverner ici dans notre vie, de façon à ce que nous puissions parvenir à sa béatitude qui n'aura jamais de fin. Amen. Bons frères et compagnons, notre propos est de vous raconter comment et de quelle manière ce digne métier de maçonnerie commença ; et aussi comment il fut conservé et encouragé par de louables rois et princes et par beaucoup d'autres hommes dignes de louange. En outre à ceux qui sont ici, nous recommandons les devoirs qu'il appartint à tout franc-maçon d'observer ; car de bonne foi, s'ils en tiennent bien compte, ça vaut la peine qu'ils soient bien observés car la maçonnerie est un digne métier, et une curieuse science, et l'un des arts libéraux. Les noms des sept arts libéraux sont ceux-ci : I La grammaire, qui enseigne à l'homme à parler et à écrire en vérité. II La rhétorique, qui enseigne à l'homme à parler de manière équitable, et en termes doux. III La logique, qui enseigne à l'homme à discerner la vérité de l'erreur. IV L'arithmétique, qui enseigne à l'homme à reconnaître et à compter toutes sortes de nombres. V La géométrie, qui enseigne à l'homme à mesurer la terre et toutes (sortes d') autres choses ; laquelle science est appelée maçonnerie. VI La musique, qui donne à l'homme l'habileté pour chanter, en lui apprenant l'art de la composition, et à jouer de manière méthoque de divers instruments comme l'orgue et la harpe. VII L'astronomie, qui enseigne à l'homme à connaître la course du soleil, de la lune et des étoiles. Notez, je vous prie, que ces sept (arts) sont résumés par la géométrie car elle enseigne à l'homme la mesure, la pondération et le poids (des choses), car toutes choses se trouvent dans et sur toute la terre pour que vous les connaissiez. Tout homme du métier travaille avec la mesure. Qu'il achète ou qu'il vende, c'est par poids et mesure. Les fermiers, les navigateurs, les planteurs, tous ceux-ci utilisent la géométrie car ni la grammaire, ni la logique ni aucun autre desdits arts ne peuvent subsister sans la géométrie ; c'est pourquoi elle est très louable et honorable. Vous me demandez comment cette science fut inventée. Ma réponse est la suivante. Avant le déluge universel, qu'on appelle communément le déluge de Noé, il y eut un homme appelé Lamech, comme vous pouvez le lire au chapitre 4 de la Genèse, qui avait deux épouses, l'une appelée Ada, et l'autre Zilla. D'Ada il eut deux fils, Iabal et Iubal ; de Zilla, il eut un fils appelé Tuball, et une fille appelée Naamah. Ces quatre enfants furent à l'origine de tous les métiers dans le monde. Iabal inventa la géométrie, et il divisa les troupeaux de moutons. Il fut le premier à construire une maison de pierre et de bois. Son frère Iubal inventa l'art de musique. Il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe et de l'orgue. Tubal-Cain fut l'instructeur de tout artisan du cuivre et du fer ; et la fille inventa l'art du tissage. Ces enfants savaient bien que Dieu se vengerait du péché par le feu ou par l'eau, c'est pourquoi ils inscrivirent les savoirs qu'ils avaient inventés sur deux piliers qui puissent être retrouvés après le déluge de Noé. L'un des piliers était en marbre pour qu'il ne soit pas brûlé par le feu, et l'autre pierre était en brique pour qu'elle ne soit pas emportée par l'eau. Notre intention maintenant est de vous raconter vraiment comment et de quelle manière on retrouva ces pierres sur lesquelles ces arts étaient inscrits. Le grand Hermès (surnommé Trismégiste, ou trois fois grand), étant à la fois roi, prêtre et philosophe (en Egypte), trouva l'une d'elles et vécut en l'année du monde 2076, sous le règne de Ninus, et quelques-uns pensent qu'il était le le petit-fils de Cush. Cush, qui était le petit-fils de Noé, fut le premier à commencer à abandonner l'astrologie pour admirer les autres merveilles de la nature. Il prouva qu'il n'y avait qu'un Dieu, créateur de toutes choses. Il divisa le jour en douze heures. On pense aussi qu'il fut le premier à diviser le zodiaque en douze signes. Il était sujet d'Osiris roi d'Egypte, et on dit qu'il inventa l'écriture ordinaire et les hiéroglyphes, les premières lois des égyptiens et diverses sciences qu'il enseigna aux autres hommes [Année du monde 1810] Lors de la construction de Babylone, on faisait beaucoup de maçonnerie ; et le roi de Babylone, le puissant Nimrod, était lui-même maçon, comme cela fut rapporté dans l'histoire ancienne. Et quand on construisit la cité de Ninive et d'autres cités de l'est, Nimrod roi de Babylone envoya là-bas des maçons à la requête du roi de Ninive son cousin, et quand il les envoya, il leur donna un devoir dans ce genre. Qu'ils devraient être justes envers autrui, et s'aimer vraiment l'un l'autre. Et qu'ils devraient servir loyalement le Seigneur pour leur paye, de façon à ce que leur maître puisse en retirer de l'honneur et tout ce qui lui revient. Il leur donna aussi plusieurs autres devoirs, et ce fut la première fois qu'un maçon eut un devoir (propre ) à son métier. De plus quand Abraham et son épouse Sarah vinrent en Egypte, et là enseignèrent les sept arts aux égyptiens, il y eut un digne écolâtre dont le nom était Euclyde, et il apprit très bien, et devint un grand maître dans les sept arts. En son temps il arriva que les seigneurs et les états du royaume eurent beaucoup de fils, et qu'ils ne disposèrent pas des moyens nécessaires d'existence pour leurs enfants [Année du monde 1948]. C'est pourquoi ils se réunirent en conseil avec le roi du pays, pour savoir comment ils pourraient faire de leurs enfants d'honnêtes gentilhommes, mais ils ne purent trouver aucune solution appropriée. Alors ils proclamèrent à travers tout le pays que s'il y avait un homme qui puisse les éclairer, il serait bien récompensé de son voyage, et qu'il se tiendrait pour satisfait. Après qu'on eut fait cette proclamation, survint alors le digne clerc Euclyde, et il dit au roi et aux seigneurs : Si vous me donnez vos enfants à gouverner, je leur enseignerai l'un des sept arts, de façon à ce qu'ils puissent vivre comme le feraient des gentilhommes, à condition que vous me les accordiez et que j'aie le pouvoir de les diriger de la façon dont cet art devrait être administré, et que le roi et le conseil me chargent immédiatement de cette affaire et qu'ils l'approuvent. Alors ce digne clerc Euclide prit avec lui ces fils des seigneurs, et il leur enseigna la science de géométrie par la pratique pour oeuvrer sur la pierre toute sorte de ce digne ouvrage qui relève de la construction d'églises, de temples, de tours, de châteaux, et toutes sortes d'autres édifices. Et il leur donna un devoir en ces termes : D'abord qu'ils devraient être loyaux envers le roi et le seigneur qu'ils servent, ainsi qu'envers le compagnonnage dans lequel ils sont admis. Et qu'ils s'aimeraient et seraient justes l'un envers l'autre ; et que chacun appellerait l'autre son compagnon, ou encore frère, et non son domestique ou son valet ni d'aucun autre nom injurieux. Et qu'ils mériteraient vraiment leur paye du seigneur ou du maître d'œuvre qu'ils servent. Qu'ils ordonneraient au plus sage d'entre eux d'être le maître d'œuvre, et que ni par sentiment ni eu égard à son lignage ou à sa richesse ni pour gagner sa faveur ils n'installeraient un autre qui n'a que peu d'habileté comme maître d'œuvre du seigneur, car le seigneur serait mal servi, et ce serait leur honte. Et aussi qu'ils appelleraient maître celui qui dirige le travail pendant la durée où ils travaillent avec lui. Il leur donna encore beaucoup d'autres devoirs qui seraient trop longs à rapporter. Et tous ces devoirs il leur fit jurer (de les observer) par un grand serment, selon l'usage des hommes de ce temps. Puis il ordonna de leur donner une paye raisonnable pour qu'ils puissent vivre de manière honnête. Et aussi qu'ils viendraient à l'assemblée générale une fois par an, pour s'informer de la manière dont ils pourraient travailler mieux à servir le seigneur pour son profit ainsi qu'à leur propre crédit, et qu'ils châtieraient entre eux celui qui a commis une transgression dommageable au métier. Ainsi le métier fut-il fondé là. Et ce digne clerc Euclede lui donna le nom de géométrie ; et maintenant on l'appelle à travers tout le pays maçonnerie. [Année du monde 2474 ; II Sam. 5,6] Longtemps après que les enfants d'Israël pénétrèrent dans le pays des Jébusites qu'on appelle maintenant Jérusalem, le roi David commença le temple qu'on appelle (templum Domini) chez nous le temple de Jérusalem, autrement dit le temple du Seigneur. Le même roi David aimait les maçons et les chérissait, et il leur donna une bonne paye. Il leur donna aussi des devoirs semblables à ceux qui avaient été donnés en Egypte par Euclyde, ainsi que d'autres devoirs supplémentaires que vous entendrez tout à l'heure. Après le décès du roi David, Salomon envoya à Hiram roi de Tyr un artisan habile (appelé Hiram Abif) qui était le fils d'une femme de la tribu de Naphtali et d'Urie l'israélite. [I Rois 7,13] Salomon au roi Hiram. Tu sais que mon père, ayant le désir de construire un temple à Dieu, a été empêché d'accomplir cette réalisation à cause des guerres continuelles et des troubles qu'il a subis. Il ne prit jamais de repos avant d'avoir défait ses ennemis ou des les avoir soumis au tribut envers lui. En ce qui me concerne je remercie Dieu pour la paix dont je jouis, car c'est grâce à ce moyen que j'ai l'opportunité (en accord avec mon propre désir) de construire un temple à Dieu ; car c'est lui qui prédit à mon père que sa maison serait construite durant mon règne, et c'est pourquoi je te prie de m'envoyer un de tes hommes les plus habiles avec mes serviteurs au bois du Liban afin qu'ils coupent des arbres à cet endroit ; car les macédoniens sont plus habiles dans la coupe et dans la préparation du bois que notre peuple, et je paierai les bûcherons en accord avec tes ordres. Hiram au roi Salomon. Tu as raison de remercier Dieu car il a livré le royaume de ton père entre tes mains. Je te dirais, à toi qui es un homme sage et plein de vertu, qu'aucune nouvelle plus grâcieuse ni aucun œuvre d'amour plus estimable que celui-ci ne peuvent me parvenir, et c'est pourquoi j'accomplirai tout ce que tu as demandé. Car maintenant que j'ai produit une grande quantité de cèdre et de bois de cyprès prêt à être coupé, j'ordonnerai à mes serviteurs de te l'envoyer par mer après les avoir fournis en vaisseaux appropriés de marchandise, afin qu'ils puissent la livrer à l'endroit de ton royaume qui te plaira le mieux ; après quoi tes sujets pourront les transporter à Jérusalem. Tu pourvoiras à nous fournir en blé dont nous avons besoin, car nous habitons une île. Salomon, fils du roi David, pour finir le temple que son père avait commencé, envoya chercher des maçons dans divers pays, et il les rassembla si bien qu'il eut quatre vingt mille artisans qui furent des ouvriers de la pierre et furent nommés maçons. Il en choisit trois mille pour être maîtres et diriger son ouvrage. Et Hiram roi de Tyr envoya ses serviteurs à Salomon, car il avait toujours aimé le roi David ; et il envoya à Salomon le bois et des ouvriers pour aider à la construction du temple. Il en envoya un qui s'appelait Hiram Abif, le fils d'une veuve de la tribu de Nephtali. Il était maître en géométrie et il était (le maître) de tous ses maçons, sculpteurs, graveurs et ouvriers du cuivre et de tous les autres métaux qui étaient utilisés pour le temple. Le roi Salomon confirma à la fois les devoirs et les usages que son père avait donnés aux maçons. Ainsi le digne œuvre de maçonnerie fut-il confirmé à Jérusalem et dans beaucoup d'autres royaumes. Et il (Salomon) acheva le temple en l'an du monde 3000. De curieux artisans arpentaient dans toute leur largeur divers pays, les uns pour apprendre davantage le métier et l'habileté, les autres pour enseigner ceux qui avaient peu d'habileté. [Année du monde 3431] Et lorsqu'eut lieu la destruction du premier temple par Nebuchadnezar, celui-ci avait tenu pendant 430 ans. Le second temple fut commencé sous le règne de Cyrus 70 ans après la destruction, à cause des empêchements ; sa construction dura 46 ans et il fut fini sous le règne de Darius. [3522] [3813] Sous le règne de Ptolémée et de Cléopatre, Onias construisit un temple juif en Egypte à l'endroit appelé Bubastis, qu'il appela plus tard de son propre nom. [3942] La tour de Straton (autrement dit Césarée) construite par Hérode en Palestine, et beaucoup d'autres ouvrages curieux en marbre comme le temple de César Agrippa (bâti) à sa mémoire au pays appelé Zénodore près d'un endroit appelé Panion. [Année du monde 3946] Il démolit aussi le second temple qui fut achevé sous le règne de Darius, il employa un millier de chariots pour tirer les pierres jusqu'à l'endroit, et il choisit dix mille ouvriers habiles et experts pour tailler et façonner la pierre, parmi lesquels il choisit un millier qu'il vêtit et dont il fit les maîtres et directeurs de l'œuvre. Et il bâtit un nouveau temple [3947], non inférieur au premier, sur la fondation que Salomon avait laissée. Et il fut achevé neuf ans avant la naissance de notre Sauveur [3956]. Après la nativité de notre Sauveur, Aururiagus était roi de Bretagne lorsque l'empereur Claude survint avec une armée; craignant d'être renversé, il se ligua avec lui, et lui donna sa fille en mariage de manière à faire sien le royaume des romains, puis l'empereur s'en retourna 43 ans après la naissance du Christ. [Année du Christ 43] Les maçons vinrent en Angleterre et construisirent un beau monastère près de Glassenbury, ainsi que beaucoup de châteaux et de tours. [Année du Christ 117] Ce somptueux art de géométrie, étant professé par d'innombrables empereurs, rois, papes, cardinaux et princes qui tous nous laissèrent des monuments durables de cet (art) dans plusieurs endroits de leurs domaines, ne sera pas, je le présume, nié quand on aura bien considéré que la colonne Trajane, exemple renommé qui est l'un des plus superbes vestiges de la magnificence des romains, est encore vue debout et qu'elle a, plus que toutes les plumes des historiens, immortalisé l'empereur Trajan. Elle lui fut érigée par le Sénat et le peuple de Rome en mémoire de ces grands services qu'il avait rendus au pays. Et finalement son souvenir put résister à la succession des époques, et continuer aussi longtemps que l'empire lui-même. [Année du Christ 300] Au temps de saint Alban le roi d'Angleterre, qui était un païen, fit le mur de la ville qu'on appelait Verulum. Saint Alban était un preux chevalier et l'intendant de la maison royale ; il avait obtenu le gouvernement du royaume, ainsi que les murs de la ville, et il aimait bien les maçons, il les chérissait beaucoup, et il fit que leur paye soit vraiment bonne à l'égal de l'état du royaume d'alors, car il leur donna deux shillings par semaine, et trois pences pour leur nourriture. Car avant cette époque dans tout le pays, un maçon ne gagnait qu'un penny par jour en plus de sa nourriture, jusqu'à ce que saint Alban améliore cela. Il leur donna une charte royale pour qu'ils tiennent conseil une fois par an, (conseil) auquel il donna le nom d'assemblée ; il s'y rendit lui-même, il aida à faire des maçons, et il leur donna des devoirs comme (ceux que) vous aurez tout à l'heure. Il se passa alors, après le martyre de saint Alban qu'on appelle proprement le premier martyr d'Angleterre, qu'un certain roi envahit le pays et détruisit la plupart des indigènes par le feu et par l'épée, et que les sciences de maçonnerie déclinèrent beaucoup jusqu'au règne d'Ethelbert roi de Kent. [Année du Seigneur 596] Grégoire Ier surnommé le Grand envoya sur l'île de Bretagne un moine ainsi que d'autres hommes éclairés pour prêcher la foi chrétienne, car cette nation alors ne l'avait pas pleinement reçue. Ledit Ethelbert construisit une église à Canterbury et la dédia à saint Pierre et à saint Paul ; et on suppose qu'il construisit ou restaura l'église de Saint Paul à Londres ; il construisit aussi l'église de Saint André à Rochester. [Année du Seigneur 630] Sibert roi des saxons de l'est, ayant reçu la foi chrétienne sur les insistances d'Athelbert roi de Kent, construisit le monastère à Westminster en l'honneur de Dieu et de saint Pierre. [895] Sigebert, roi de l'est de l'Angleterre, commença à ériger l'université de Cambridge. Athelstane commença à régner. C'était un homme aimé de tous les hommes, il avait une grande dévotion envers les églises, comme cela apparut dans la construction, la décoration et la dotation de monastères. Il en construisit un à Wilton dans le diocèse de Salisbury ; un autre à Michelney dans le Somersetshire ; outre ceux-ci, il y avait peu de monastères célèbres dans ce royaume, mais qu'il orna ceux-ci ou que ce soit avec quelque nouvelle pièce de bâtiment, de joyau, de livre, ou des portions de contrées, il enrichit grandement l'église d'York. Edwyn, frère du roi Athelstane, aimait les maçons beaucoup plus que son frère ne le fit, et il fut un grand praticien de la géométrie. Il se joignit lui-même à leur société et parla avec les maçons pour apprendre le métier ; après quoi en raison de l'amour qu'il avait pour les maçons et pour le métier, il fut fait maçon et obtint de son frère une charte et des instructions pour tenir une assemblée dans le royaume où ils iraient une fois par an pour corriger entre eux les fautes et les transgressions qui ont été commises à l'intérieur du métier. Il tint lui-même une assemblée à York, et là il fit des maçons, il leur donna des devoirs et leur enseigna la coutume. Il ordonna que cette règle soit gardée par la suite pour toujours ; il leur donna la charte et des instructions à garder ; et il fit une ordonnance qui devrait être renouvelée de roi en roi. Et quand l'assembée entière fut réunie, il fit proclamer que tous les vieux maçons et les jeunes qui possédaient un écrit ou une connaissance des devoirs et des coutumes qui étaient pratiqués auparavant dans le pays ou dans un autre les apporteraient pour les montrer. Il apparut alors qu'on en trouva certains en français, certains en grec, certains en anglais, et certains en d'autres langues. Ils avaient tous la même intention et le même propos. Il en fit un livre sur la façon dont le métier fut fondé, et lui-même ordonna qu'on le lise en silence ou à voix haute quand on ferait un maçon afin de lui donner ses devoirs. Et depuis ce jour jusqu'aujourd'hui les coutumes des maçons ont été gardées de cette manière, dans la mesure où les hommes pouvaient l'ordonner. En outre lors de diverses assemblées certains devoirs ont été élaborés et ordonnés sur le meilleur avis des maîtres et compagnons. Tout homme qui est maçon prend exactement bien soin de ces devoirs. Et si un homme se trouve fautif sur l'un de ces devoirs, il devra s'amender et prier Dieu pour sa grâce, spécialement vous qui allez recevoir ces devoirs. Prenez bien soin de pouvoir garder ce devoir vraiment bien, car c'est un grand péril pour un homme de se parjurer sur un livre. Le premier devoir est ceci, que vous serez des hommes fidèles à Dieu et à la sainte Eglise. Deuxièmement, que vous n'userez pas d'hérésie de manière préméditée, ni ne vous précipiterez dans des innovations, mais que vous serez des hommes sages et discrets en toute chose. Troisièmement, que vous ne serez pas déloyaux et ne formerez pas des complots de traitres, mais que si vous entendez parler d'une trahison à l'encontre du gouvernement, vous devrez le révéler si vous ne pouvez pas par ailleurs l'empêcher. Quatrièmement, que vous serez justes l'un envers l'autre, c'est à dire envers tout maçon du métier de maçonnerie qui est un maçon en droit d'exercer. Vous agirez envers eux comme vous voudriez qu'ils agissent envers vous. Cinquièmement, que vous garderez vraiment tous les conseils de vos compagnons, que ce soit dans la loge ou dans la chambre, ainsi que tous les autres conseils qui doivent être gardés par le moyen de la fraternité. Sixièmement, qu'aucun maçon ne sera voleur ni ne dissimulera une action aussi injuste, dès qu'il aura pu en être témoin ou en avoir entendu parler. Septièmement, que tout maçon en droit d'exercer sera juste envers le seigneur ou envers le maître qu'il sert, et il le servira fidèlement à son avantage. Huitièmement, que vous appellerez tout maçon votre compagnon ou frère, sans jamais user envers lui d'un langage calomnieux. Neuvièmement, que vous n'aspirerez pas à un rapport déloyal avec l'épouse de votre compagnon, ni ne loucherez d'un œil dévergondé sur sa fille, avec le désir de la souiller ; que ni sa servante ni aucune femme ne l'expose au déshonneur. Dixièmement, que vous paierez exactement et honnêtement votre nourriture et votre boisson là où vous avez votre pension, afin qu'à cet endroit le métier ne soit pas diffamé. Ce sont les devoirs en général qui appartiennent à tout maçon libre, et qui doivent être gardés à la fois par les maîtres et par les compagnons. Je répéterai les autres devoirs au singulier pour les maîtres et les compagnons. Premièrement, qu'aucun maître ou compagnon ne prenne sur lui le travail d'un seigneur ni le travail d'un autre homme à moins qu'il se sache capable de le réaliser seul, de façon à ce que le métier ne soit pas diffamé ni déshonoré à cet endroit, mais que le seigneur puisse être bien et justement servi. Deuxièmement, qu'aucun maître ne prenne de travail à moins que ce soit de manière raisonnable, de façon à ce que le seigneur puisse être bien servi, et que le maître en retire ce qui lui suffit pour vivre de manière honorable et honnête, et pour payer ses compagnons de manière juste, comme c'est l'usage. Troisièmement, qu'aucun maître ni compagnon ne supplante un autre dans son ouvrage, c'est à dire si un autre a pris un travail en main, ou exerce la fonction de maître pour l'ouvrage d'un seigneur, il ne traitera pas en sous main pour semer la discorde, le diminuer, et le mettre dehors, à moins qu'il soit dénué d'habileté pour accomplir l'ouvrage. Quatrièmement, qu'aucun maître ni compagnon ne prendra un apprenti pour une durée inférieure à sept ans. Quant à l'apprenti, il devra être capable de naissance (c'est à dire être né libre), et intègre dans ses membres comme un homme devrait l'être. Cinquièmement, aucun maître ni compagnon n'est autorisé, fût-ce au prix d'un pot-de-vin, à faire d'un homme un maçon sans l'accord, le consentement et le conseil de ses compagnons ; quant à celui qui sera fait maçon, il devra être capable à des degrés divers, c'est à dire être né libre, être issu d'une bonne souche, être véridique et non esclave, et être physiquement intègre comme un homme devrait l'être. Sixièmement, qu'aucun maître ni compagnon ne prenne d'apprenti à moins d'avoir assez d'occupation pour le mettre au travail ; à plus forte raison il ne mettra pas trois de ses compagnons ni même deux au travail. Septièmement, qu'aucun maître ni compagnon ne se chargera du travail d'un homme qui a l'usage ou qui est habitué à travailler à la journée. Huitièmement, que tout maître donnera à ses compagnons leur paye conformément à ce qu'ils méritent, de façon à ce qu'il ne soit pas déçu par de faux ouvriers. Neuvièmement, qu'aucun homme ne calomnie un autre derrière son dos pour lui faire perdre son bien, sa réputation, au point de le faire souffrir dans son moyen d'existence. Dixièmement, qu'aucun compagnon, à l'intérieur de la loge ou à l'extérieur, ne répondra mal à un autre ni ne lui fera un reproche à voix haute sans quelque cause raisonnable. Onzièmement, que tout maçon respectera son aîné, et lui montrera de la vénération. Douzièmement, qu'aucun maçon ne sera un habitué des jeux de hasard, que ce soit aux dés ou aux cartes, ni à aucun autre jeu déloyal qui puisse diffamer le métier. Treizièmement, qu'aucun maçon ne prendra l'habitude de faire de la lèche, ni ne se montrera complaisant ni ne fera le maquereau, car le métier pourrait en être diffamé. Quatorzièmement, qu'aucun compagnon ne se rendra de nuit dans la cité ou dans la ville, sans avoir un ou deux autres avec lui qui se portent témoins qu'il se trouvait dans des endroits honnêtes. Quinzièmement, que tout maître ou maçon situé à une distance allant jusqu'à cinquante miles se rendra à l'assemblée s'il en a été averti. Et s'il a commis une transgression contre le métier, qu'il supporte la sanction des maîtres et des compagnons, et qu'il fasse une juste satisfaction s'il en est capable ; mais s'il ne se soumet pas à leur raisonnable sanction, qu'alors ils recourent à la loi commune. Seizièmement, qu'aucun maître ni compagnon ne fera de moule ni d'équerre ni de règle ni ne façonnera de pierres avec ces instruments, sinon de la manière qui est autorisée par la fraternité. Dix-septièmement, que tout maçon recevra et chérira les maçons étrangers quand ils arrivent dans le pays, et il les mettra au travail s'ils le désirent comme c'est l'usage, c'est à dire s'il a là où il est de quoi façonner les pierres, à moins qu'il les secoure en leur donnant une somme d'argent qui leur permette de se rendre à la loge la plus proche. Dix-huitièmement, que tout maçon servira justement le seigneur pour sa paye ; et que tout maître achèvera exactement son ouvrage, qu'il soit à la tâche ou à la journée. S'il a ce qu'il demande, il aura tout ce qu'il devrait avoir. Ces devoirs que nous venons de vous répéter, ainsi que tous les autres qui appartiennent aux maçons, vous les garderez. Aussi que Dieu vous aide, etc. Fin "

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Ms Trinity College

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

Ms Trinity College (1711) Note et commentaire d’Edmond Mazet

Sous une peine qui ne saurait être moindre (2).

Question : Quelle sorte d'homme êtes-vous ?

Réponse : Je suis un maçon.

Q : Comment le saurai-je ?

R : Par les signes, conventions et points de mon entrée.

Q : Où avez-vous été entré ?

R : Dans une loge complète (3) et parfaite.

Q : Qu'est-ce qui fait une loge complète et parfaite ?

R : Trois maîtres, 3 compagnons hommes du métier (4) et 3 apprentis entrés.

Q : Comment se tient votre loge ?

R : Est et ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q : Où se tient le maître ?

R : Dans une chaire d'os au milieu d'un pavé d'équerre rectangulaire (5).

Q : Pourquoi se tient-il là ?

R : Pour observer le lever du soleil et voir le moment de mettre ses hommes au travail.

Q : Quelle est la hauteur de votre loge

R : Aussi haut que les étoiles, des pouces et des pieds innombrables.

Q : Où gardez-vous la clé de la loge ?

R : Dans une boîte d'os, à un pied et demi de la porte de la loge.

Q : Quelle distance y a-t-il du cable à l'ancre ?

R : Autant que de la langue au coeur.

Q : Dans quel sens souffle le vent ?

R : Est et ouest, et du sud.

Le signe commun consiste à se frotter la bouche de la main droite, puis à faire passer celle-ci transversalement devant la gorge, et à la poser sur le sein gauche. Le signe de maître est : colonne vertébrale, le mot matchpin. Le signe de compagnon homme du métier est : jointures et tendons, le mot Jachquin (6). Le signe de l'apprenti entré est : tendons, le mot Boaz, ou : c'est creux (7). Pour le maître, pressez la colonne vertébrale, mettez votre genou entre les siens, et dites Matchpin. Pour le compagnon homme du métier, pressez les jointures et les tendons et dites Jachquin (6). Pour l'apprenti entré, pressez les tendons et dites Boaz ou : c'est creux (7). Dans l'obscurité pour savoir s'il y a un maçon à l'entour, dites : «le jour a été fait pour voir, et la nuit pour entendre» .(8) Si vous êtes parmi les frères, et s'ils boivent à votre santé, retournez votre verre de haut en bas ; si après l'avoir fait deux ou trois fois vous les entendez dire : «buvez, et je me porterai garant de vous, c'est qu'ils paieront votre écot. Ou encore, si vous dites «le squire est maigre», ou si vous lancez à l'un d'eux un bourre-pipe en disant : «changez moi ce liard» (9), ils paieront votre écot. Pour envoyer chercher un frère les signes sont les suivants (10). Si vous dites : «La loge n'est pas tuilée», cela revient à dire qu'il y a dans la compagnie quelqu'un que vous soupçonnez d'être un frère (sic). Pour faire descendre un homme d'un échaffaudage, ou de n'importe où, joignez les talons en écartant les bouts des pieds et regardez en l'air, puis, avec la main ou avec une canne, faites un angle droit. Ce geste et tous les autres doivent être faits d'un air très détaché.

 

 

NOTES:

(2) Début de la formule annonçant les châtiments prévus pour le parjure. Cette formule, qui est devenue rituelle dans la Maçonnerie anglaise, se trouvait primitivement dans les « paroles de l'entrée» des catéchismes écossais.

(3) Full.

(4) Le Trinity College, appelle le compagnon fellow craftsman alors que le Sloane 3329 et les catéchismes écossais l'appellent fellow-craft.

(5) Il semble que deux réponses soient mélangées ici, l'une concernant la place du maître, l'autre concernant la place de la clé de la loge.

(6) Lecture incertaine, selon Knoop, Jones et Hamer : on pourrait également lire Jackquin.

(7) Jeu de mots entre Boaz et bose, terme archaïque signifiant : creux. Cela explique le passage du Sloane 3329 (cf. la note 3 de ce texte) qui donne comme moyen de reconnaissance «frapper doucement sur le mur ou sur l'ouvrage en disant : ceci est bose ou creux».

(8) Ce trait apparaît également dans le Sloane 3329.

(9) Groat, pièce de quatre pence. Ce trait se retrouve approximativement dans le Sloane 3329.

(10) Le premier signe représente évidemment une équerre. Il correspond au passage du Sloane 3329 qui prescrit d'envoyer à un maçon «une épingle pliée ou un morceau de papier découpé en forme d'équerre». Les deux autres signes représentent respectivement la loge et un compas mesurant un cercle.

 

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RAPMM33(extrait)

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

  • Chevaliers ... et ..., les cinq serments que vous avez prêtés sont la synthèse de ceux que vous avez prêtés lors de votre accession aux degrés précédents. En les analysant, vous comprendrez que vous ne pourrez parvenir à un degré supérieur de la Connaissance que par la méditation et par des exercices ouvrant votre esprit à l'immanence et la transcendance du Principe Universel. Vous comprendrez que la compassion pour les hommes doit aller jusqu'au don de soi, que le règne en ce monde de l'esprit et de l'amour ne peut être obtenu qu'au prix d'un combat sans merci et sans trêve

- Vous comprendrez mieux alors la devise de notre Ordre: "Ordo ab Chaos", faire régner l'ordre sur le chaos, non seulement l'ordre matériel, mais l'ordre véritable, celui qui résulte de la royauté de l'esprit et de l'amour, le triomphe de la lumière sur les ténèbres, dans le sens exprimé par St-Jean. L'objectif ultime de notre Ordre est l'action. Vous voici mobilisés pour une action salvatrice. Vos serments sont ceux d'un soldat incorporé dans une troupe en armes. Reportez-vous à l'époque où furent édifiées les cathédrales, où naquit la Chevalerie templière, où s'accomplit cette extraordinaire épopée humaine, à la fois religieuse et militante, unissant le rêve poétique de l'Orient à la foi active de l'Occident.

Pause.

  • Voyez le tableau du Camp : la couleur des oriflammes, les figures et autres emblèmes dont s'ornent les Camps des Chevaliers, la succession de ces figures géométriques aux termes impairs laissent deviner la présence d'une Connaissance qui renfermait la sublime pensée que l'homme confiant en son Créateur et en son amour pour lui. Aux angles du triangle, où campent les trois derniers degrés du Rite, apparaissent un corbeau, emblème de la mort, dont la couleur noire rappelle l’œuvre au noir des alchimistes, une colombe, dont la couleur blanche évoque la seconde étape de la formation de la Pierre, les deux premières couleurs se retrouvant chez les Kadosch où elles symbolisent la haine de la tyrannie et l'amour de la vérité; et un phœnix, couleur feu, couleur rouge, troisième phase de la naissance de l’œuvre; oiseau d'amour brûlant et actif, symbole de résurrection. Trois couleurs, trois directions de pensée, trois tendances de l'être, trois paroles venues du lointain des âges sur lesquelles vous pouvez méditer. Toutefois, pour les Chevaliers, au-delà de la méditation, il y avait l'action.
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Rituel de Réau-Croix(extrait)

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

Préparation des parfums

Les R+ chefs opérants concasseront toutes les drogues desdits parfums qui seront mises ensemble dans un mortier de bois ou autre n'importe lequel ; après qu'elles seront ainsi préparées, l'opérant prendra cinq ou six bonnes pincées de soufre qu'il jettera dans le mortier où sont les drogues concassées ; il amalgamera le tout ensemble et s'en servira pour faire ladite offrande.

Les chefs opérants observeront d'allumer ou de faire allumer toute les bougies qui sont

mises dans les cercles et dans les angles par ses assistants avant de faire l'offrande des

parfums./ Les assistants ne pourront sous tel prétexte que ce soit allumer les bougies qui sont placées dans l'angle d’est, ni celles qui sont autour du premier cercle intérieur, cette illumination ne pouvant être faite que par les chefs-opérants mêmes./

Le préalable de ce dernier cérémonial étant rempli, les chefs opérants commenceront

par donner ordre à quelqu'un de leurs assistants de commencer les invocations ; ils choisiront pour le premier début celui pour lequel ils auront le plus de confiance en faveur de la chose ; / ils feront placer les autres assistants pendant le cours desdites invocations les uns dans les cercles de correspondances qui sont en face des trois angles de la chambre qui sont celui d’ouest, du nord et du sud et les autres assistants si le nombre est plus considérable seront placés chacun dans les cercles vautours qui sont au nord-est, au nord-ouest et au sud-ouest.                      

Les chefs opérants ne pourront sous aucun prétexte quelconque recevoir aucun desdits

assistants dans le cercle de correspondance de l'angle d'est, ni dans le cercle vautour du sud-est, cet endroit étant seulement consacré pour la passe des sujets qu'on réclame et qui peuvent même apparaître dans le dit endroit lorsque les chefs opérants sont à faire la consécration desdits angles ce qui arrive le plus souvent.

Les assistants ainsi placés regarderont tous vers le mur qui est dans la partie d'est, ils

observeront également tous les murs de la chambre qu'ils seront à porté de voir sans qu’ils tournent leurs regards derrière eux ; / ils marqueront exactement avec de la craie blanche sur une palette de bois bien dure toutes les figures qu’ils auront pu voir passer devant eux et les remettront aux chefs opérants qui les interpréteront, s’ils le jugent à propos, après tous les travaux finis. 

Les chefs opérants feront commencer les invocations par celle du Maître Coên et

ensuite celle du Grand Architecte ; pendant ce temps là ils feront la consécration des angles et ensuite ils feront eux mêmes l’invocation particulière à haute ou basse voix comme ils le jugeront à propos, ce qui formera en tout trois invocations pour un jour d’opération. On continuera de faire les deux susdites premières invocations pendant les sept jours d’opération d’équinoxe, mais l’invocation particulière changera chaque jour de même que tout le tracé d’opération, relativement aux sept tableaux qui dirigent les sept jours de travail.

Les chefs opérants de même que les Maîtres et apprentis R+ observeront de prendre six caractères conventionnels, trois pour et trois contre en faveur du succès des choses qu’on désire savoir des esprits qu’on réclame selon qu’ils sont marqués dans lesdits plans. On peut laisser subsister les caractères de convention que l’on a pris pour son instruction pendant tout le cours du grand travail.  

Les chefs opérants demanderont aux Maîtres et apprentis R+ les caractères

conventionnels qu’ils auront pris pour leur instruction, avant de faire aucune invocation, ils observeront si quelqu’un desdits assistants n’aurait pas pris le même caractère qu’un autre et si cela arrivait on en fera prendre un autre ou d’autres au R+ à qui l’on jugera a propos de faire changer lesdits caractères : par ce moyen on évitera toute espèce de confusion dans les conventions établies par les uns et par les autres ; les caractères pourront être pris arbitrairement.

Si les chefs opérants laissaient subsister dans quelque opération les doubles emplois des caractères conventionnels il arriverait certainement qu’un des deux sujets qui aurait le même caractère ne recevrait rien du tout de la part de la chose, les sujets qu’on réclame ne pouvant servir deux êtres à la fois, cela n’étant point dans leur loi de nature spirituelle, de sorte que si les conventions étaient les mêmes, il n’y aurait qu’une seule personne qui pourrait tirer quelque fruit de l’opération. 

Cérémonie pour la consécration des Angles

Les chefs opérants commenceront de consacrer l’angle d’Ouest ; ils s’y présenteront à trois pas de distance tenant les deux bras étendus en avant dudit angle et les deux mains ouvertes en équerre comme si l’on voulait repousser quelque chose qui viendrait à nous ; ils avanceront ensuite dans l’angle en faisant trois pas en avant et trois pas en arrière. Les pas en arrière seront moins ouverts que les trois pas en avant afin que lesdits opérants puissent être à portée de faire leur prosternation dans ledit angle et qu’ils puissent avoir la moitié supérieure du corps au dessus du quart de cercle qui marque l’espace que ledit triangle doit avoir. (Cet espace n’est fermé que pour donner la facilité de tracer les mots divins et les noms spirituels, de même que pour contenir la moitié de la personne du chef opérant. Ce quart de cercle aura pour le moins trois pieds de distance de l’angle susdit). Le chef opérant étant à genou au bord dudit quart de cercle, élèvera ses deux mains ouvertes en équerre vers le ciel, il se renversera ensuite la face prosternée contre terre dans le dit angle et dans cette position, il fera la consécration.

S’il arrivait que l’opération tardât à recevoir quelque fruit du travail au gré de l’opérant, on pourra répéter une ou deux fois l’invocation particulière du jour pendant le temps de la contemplation, afin de dissiper par là tous les inconvénients qui contribuent au retard des apparitions des choses qu’on demande. La répétition de l’invocation particulière ne peut être faite que par le chef opérant à haute ou basse voix.

 Les chefs opérants feront la même cérémonie pour consacrer les trois autres angles, ils

observeront de ne point faire deux commandements aux sujets qu’ils réclament, ni de leur donner deux actions à la fois sous peine de confusion. On ne peut aussi dans les opérations journalières d’équinoxe mettre en action deux jours de suite les sujets que l’on a réclamé une fois sous la même peine et de privation d’opération bonne, car en pareil cas on en aurait plutôt une mauvaise..........

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Rituel Opératif Martiniste(extrait)

Publié le 20 Mai 2026 par T.D

Préliminaires :

1.Régime alimentaire : Le jour de l’opération, on devra observer une sobriété raisonnable. Il sera bon de dîner légèrement et de ne boire que de l’eau pure durant le repas. Proscrire, si possible, ce jour-là, le tabac et les excitants tels le café.

2.Régime sexuel : Il est bien évident que tous les excès devront être totalement prohibés dans les jours précédant l’Opération. Le nombre de ces jours en fonction de l’âge et du tempérament de l’opérant. Mais ce dernier ne devra avoir eu, si possible, aucune conjonction sexuelle depuis au moins vingt-quatre heures. Si l’opérant est une femme, elle ne devra jamais opérer durant la période de son impureté mensuelle.

3.Lieu de l’opération : L’idéal est assurément une pièce exclusivement consacrée à l’étude, la méditation et la prière, cabinet de travail, salon...

4.Vêtements : Le mieux est de revêtir l’aube de lin ou de toile blanche. C’est là le vêtement traditionnel. Elle sera complétée d’une cordelière de coton ou de soir, de couleur rouge, et devra faire deux fois le tour de la taille et retomber en deux brins sur la jambe gauche, d’une longueur de soixante centimètres au plus pour chaque brin. Ceux-ci seront terminés par un gland de même nature (soie ou coton). L’aube devra tomber à environ quatre doigts du sol.

On aura aux pieds des sandales de raphia en été, des chaussons de laine en hiver, intérieurement garnis d’une semelle isolante, en liège ou en caoutchouc.

La tête sera nue, les mains non gantées. On aura préalablement quitté tous les objets métalliques habituels : bagues, montres, clefs...

L’opérateur qui oeuvrera en vêtements de ville doit savoir qu’il se prive ainsi d’une part importante de son efficience dans les « plans » immédiats, et qu’il s’expose à être pénétré par des courants psychiques qui peuvent lui retirer une partie de sa puissance spirituelle.

5.Nappe d’Opération : Elle sera entièrement constituée d’une nappe de toite de lin ou de soie, rouge cramoisie, de forme carrée, aux dimension de la coudée pyramidale ou coudée sacrée de l’acienne Egypte (ayant servi aux mesures lors de la construction du Temple de Salomon), soit Om, 635 de côté. Ce qui est, à peu près la section dorée du mètre.

Sur la nappe, au centre, et d’environ Om, 29 de diamètre, on fera broder, peindre, ou galonner, le Pentacle Martiniste Traditionnel, de couleur blanche et noire. On posera, en place, le Bijou de l’ordre, en métal doré, à côté du Flambeau central. Si la nappe est de toile ou de soie blanche, le Pentacle sera brodé en rouge et noir. La nappe sera ourlée sans aucune garniture.

6.Objets accessoires : On se procurera un chandelier de métal, assez haut, destiné à porter le flambeau central, qui sera posé le moment venu au centre du Pentacle. Il sera complété d’un second chandelier, plus petit, destiné à recevoir la bougie ordinaire avec laquelle il enflammera le flambeau central.

Les bougies utilisées seront de cire pure (cire d’abeille brute, ou cire liturgique, à 30% de cire d’abeilles) que l’on trouve chez les marchands spécialisés.

L’encens sera de l’encens d’oliban, dit encore encens mâle, sous forme de larmes, que l’on abritera dans une boîte de métal ou une navette classique. On proscrira les encens dit d’église, pulvérisés et composés de résines fort diverses.

Le poignard (ou glaive) sera du type à garde cruciale, à lame plate à deux tranchants, pointue, droite ou flamboyante. Les ornements de la poignée ou de la garde et du pommeau, représenteront le Pentacle Martiniste, les emblèmes du Temple de Salomon. Il est préférable que la fusée soit en bois, en corne, ou si elle est en métal, recouverte d’une ligature isolante, en laine ou en soie.

L’autel sera érigé sur une table de bois face à l’orient réel. On y posera la nappe d’Opérations, le Pentacle convenablement orienté. L’encensoir sera posé à la droite du Pentacle, c’est-à-dire à la gauche de l’Opérant. Au centre du Pentacle, le Flambeau central. A droite de l’Opérant, la bougie ordinaire. Devant lui, le rituel.

7.Attitudes : L’Opérant opère debout. S’il peut le faire, il tiendra durant ses oraisons ses mains en coupe ouverte face au ciel, les coudes serrés contre le corps, et il lira le rituel posé devant lui. Si la place lui est mesurée, il tiendra le dit rituel posé devant lui, dans sa main droite et le chandelier avec la bougie ordinaire dans la main gauche.

8.Luminaire : On aura préalablement éteint tous les luminaires profanes, en particulier les lampes électriques. Il ne doit demeurer que deux luminaires du rituel, ceci en vertu d’une loi occulte qui fera venir une troisième « lumière » du fait de la présence des deux autres.

9.Généralités : L’Opérant devra faire entretenir l’aube et la cordelière dans un état de propreté parfaite. Elles ne devront pas être mélangées, lors du lavage, avec des linges souillés. Il y aura intérêt à opérer debout sur un tapis de laine assez épais, si petit soit-il.

En dehors du temps des opérations, les accessoires rituels seront enfermés, hors des mains profanes, à l’abri de toute souillure.

L’Opérant soit savoir que les textes utilisés en ce rituel sont des textes anciens du Martinisme traditionnel du 18ème siècle, ou des textes rituéliques provenant de cérémoniaires plus anciens. Comme tels, ils sont donc déjà vitalisés par l’usage. Ceux venant du Martinisme primitif ont eu pour auteur Martinez de Pasqually lui-même. C’est le cas de la plupart des oraisons, d’ailleurs.

10.Temps de l’Opération : Pâques étant, dans l’année, avec la commémoration de la Résurrection du Christ et de sa victoire sur la mort, l’image de la réintégration de l’Humanité toute entière et de sa Réssurection, il est utile d’opérer en tenant compte d’un cycle répercutant, par une sorte d’écho psychique et spirituel, dans l’invisible, cette commémoration solennelle.

C’est pourquoi l’époque mensuelle de cette Opération générale a été fixée au dimanche suivant chaque pleine lune (Pâques étant fixée au dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps.)

L’heure est déterminée ainsi : de vingt-trois heures à minuit, heure réelle.

On devra tenir compte de l’heure locale, qui, souvent, avance d’une heure sur l’heure réelle. En ce cas, l’Opération aura lieu de minuit à une heure du matin.

11.Tav tracés ( + ) au cours des Oraisons : Le signe + ou encore x était le Tav hébraïque cursif, dès avant notre ère et bien après, c’était le « signe des élus » dans l’Ancien Testament, avant que l’apocalypse en fasse mention à ce titre, et bien avant que les chrétiens n’en fassent le rappel de la passion du Christ. Dans ces textes (Ezechiel notamment), il est censé être tracé sur le front des dits Elus par l’ange de YHVH.

A ce titre, il peut être utilisé par tous les initiés de toute appartenance religieuse ou philosophique, car l’ancienne Egypte, les mystères d’Eleusis, de Dionysos, les Gnostiques, ont tous connu le Tav au même titre que l’Israël ancien et ses Kabbalistes. Il était tracé à l’huile d’onction sur le front du Pontife d’Israël à l’instant de son sacre.

Enfin, pour le chrétien, quelle que soit sa confession, il est le signe du salut, celui par lequel tous les démons sont mis en fuite et dispersés. Il rappelle le triomphe du Christ sur la Mort. Les chrétiens d’Afrique du nord, aux premiers siècles, le portaient peint et tatoué sur le front. Il était l’abréviation du Tétragramme divin et les Rabbins médiévaux, dans les flammes des bûchers, s’efforçaient de la visualiser flamboyant au centre de leur front, en une sorte de vision intérieure.

L’Opérant se bornera donc à le tracer, chaque fois, avec le pouce droit, au centre de son propre front. Il pourra également, autre formule, le tracer devant lui avec la flamme de la bougie ordinaire (qui le représente dans le rituel), soit en montant de bas en haut, soit en descendant de haut en bas pour la tige verticale du dit Tav. Ce qui consiste, en fait, à tracer dans l’espace un chiffre 4, droit ou inversé. Et l’ont sait l’importance de ce glyphe pour le Martinisme de tradition. Droit, il symbolise la Réssurection. Inversé, il symbolise l’Incarnation.

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Rite Français Riituel de la Première Arche du cinquième Ordre(extrait)

Publié le 19 Mai 2026 par T.D

 

Voici L’AIGLE l’étoile bleue du Nord-Ouest, symbole choisi par les Princes de la Lumière.

Il est celui qui vole au plus haut et le seul qui plonge son regard dans le soleil. Il est l’intelligence de la matière ou matière de l’intelligence.

Il symbolise l’intellect et la vigilance nécessaires à la construction du langage et de la pensée.

Au plus élevé de l’échelle invisible reliant le début du chantier à ce Grand Cénacle, le Maître d’œuvre a le devoir d’éprouver l’ensemble des matériaux de l’entreprise commune et d’exercer sa VIGILANCE
Le deuxième                          Voici LE PHENIX l’étoile de la nuit du Nord-Est, lumière noire où demeure le secret de l’autre nature.

Il est l’oiseau étincelant lorsqu’il renaît de ses cendres, compagnon des initiés qui symbolise la régénération et la transformation. Seuls demeurent ceux qui renaissent sans cesse. Ceux qui s’arrêtent, refusent de croire au génie de l’homme et se fixent sont condamnés au vieillissement et à la mort.

C’est le principe de la recherche sans fin et de l’engagement personnel, voyages qui nous invitent à cette transformation permanente et nous rappelle à la PERSEVERANCE.

Le troisième                           Voici L’ETOILE FLAMBOYANTE l’étoile verte du Sud-Est, pierre d’Hermès.

Elle est l’emblème du Génie humain qui élève aux grandes choses et aujourd’hui avec plus de raisons encore, elle est le symbole de cette lumière d’espérance d’une société plus éclairée aux rayons de laquelle nous pourrons faire naître la VERITE et exercer la JUSTICE

Le quatrième                          Voici enfin L’ARBRE DES HOMMES l’ étoile rouge du Sud-ouest

L’initiation est un art et une science conduisant chacun au cœur de son jardin intérieur où réside l’arbre symbolisant l’aspiration à nous élever. Chacune de ses feuilles est celle du livre de la haute science écrite en langue des oiseaux.

Cet arbre est le pilier essentiel du Temple de l’homme que nous bâtissons inlassablement et qui ne sera jamais achevé.

Aussi, le Maître d’œuvre est avant tout animé par l’esprit d’une entreprise commune et fraternelle.

A cet instant, la pierre cubique qui s’est changée en rose, symbolise l’AMOUR DE L’HUMANITE.

Le M\ de l’Arche                 Persévérance, Vigilance, Justice, Vérité, Amour de l’Humanité, sont depuis le début, les lumières successives de votre démarche.

J’éclaire aujourd’hui la SAGESSE pour découvrir et comprendre le trait unique qui relie chacun de nous au plan parfait. (Le Maître de l’Arche éclaire l’étoile blanche qui se trouve à sa gauche)

Elle illumine de façon éclatante, les lois immuables de notre entreprise ainsi que la finalité de l’œuvre.

 

 

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Rite Français Rituel de la Troisième Arche du Cinquième Ordre(extrait)

Publié le 19 Mai 2026 par T.D

 

« La vie, partout est à l’œuvre dans l’Univers, elle est l’argent du Sage !... »

« La Matière et l’Esprit sont une même et unique chose ; ils forment les outils parfaits du Sage, qui seul, a le pouvoir de transformer toute chose en un objet précieux!... 

                   

« Le symbole est clef de l’intelligence, du langage et de la pensée. Il est l’eau des Sages car il est le code universel du vivant !... »

La légende qui signe l’Arche est symbole de l’esprit libéré, celui qui commande au passage entre les mondes et établit les ponts entre les deux natures de l’univers humain. Cet esprit du signe, clef hermétique,

affirme sa victoire sur toutes les ignorances, les superstitions ou les Sectarismes.

Il est géométral devenant geste muet, qui enseigne alors la langue des oiseaux. Il est le Verbe des Trois roses de nos cathédrales, l’être ou la lettre symbolique du creuset, la marelle des Compagnons. Il est la hache de la prime histoire ouvrant la triple pierre de l’œuvre parfaite et renouvelant alors le geste qui génère le mythe du feu. Il est encore, cristal de roche, recelant l’étincelle de vie. Pierre de Jacob et marque des Charpentiers.

Il est la matière comme énergie de l’esprit ou l’esprit comme matière de l’énergie.

Ceci est la Chrysopée des Sages, l’or du temps, transmis au seuls SS :. PP :.II\, lorsqu’en silence et à l’aplomb des Roses ils écoutent battre le rythme de la musique des Mondes.

 Un silence…

Le T\S\ et P\M\             Vous avez accepté la haute mission d'éclairer les hommes, d'écarter tout ce qui divise les esprits, de professer tout ce qui peut unir les cœurs.

C'est de ce point élevé, que vous pourrez, avec plus de force, porter vos efforts sur une humanité qui languit courbée sous les préjugés et la superstition.

Je vous félicite pour votre ardeur d'arriver au sommet de l’art maçonnique : au couronnement de la maçonnerie.

Nos méditations doivent prendre un essor plus élevé, développons que ce que l'antiquité a institué, car mon frère cherchez au fond des choses, fouillez dans les mystères d'Isis, d'Osiris, de Pythagore, de Platon, mais que votre raison et votre conscience soient toujours vos ultimes juges. Vous avez pénétré dans l’arcane de la Maçonnerie.

Ici et maintenant et cela à jamais vous appartenez à cette élite d’homme qui ont fondé leur action sur la responsabilité.

 

 

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