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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Jean-Baptiste Willermoz : doctrine, instruction particulière et secrète à mon fils(1818)(extrait)

Publié le 25 Février 2018 par JBW dans Rites et rituels

DIALOGUE APRES LA RECEPTION D'UN FR. GR. PRO.
ENTRE LE CHEF INITIATEUR ET LE NOUVEAU RECU, SERVANT D'INTRODUCTION AUX EXPLlCATlONS DEMANDEES SUR L'INTRUCTION QU'IL A RECUE ET AUX EVELOPPEMENTS DESIRES DE LA DOCTRINE SECRETE DE L'ORDRE POUR COMPLETER SON INITIATION.
Le Nouveau Initié.
Les sublimes instructions qui m'ont été données pour ma réception dans la haute et dernière Classe secrète de l'ordre maçonnique dans le régime rectifié m'ont rempli de joie. à chaque nouveau trait de lumière j'ai senti s'agrandir tout mon être. Ces instructions destinées à sans curiosité les moyens de parvenir à la connaissance des vérités les plus essentielles à l'homme qui en sent vivement le besoin ont élevé mon esprit en l'éclairant, vers l'éternel créateur de toutes choses, elles ont embrasé mon coeur, et ont excité en moi de vifs élans d'amour et de reconnaissance pour l'auteur de mon existence et pour le divin rédempteur des hommes.
Cependant au milieu de cet immense tableau de faits si importants, divers objets ne se sont présentés à mon esprit que comme des éclairs fugitifs de lumière dont la rapidité ne m'a pas permis d'en saisir la justesse et l'application dans l'obscurité où leur disparition m'a laissé sur ces objets. J'ai cru remarquer des vides, des lacunes, des coupures; dans cette admirable chaîne de faits qui m'attristent, j'ai cru y voir des réticences volontaires, fondées sans doute sur de sages
motifs que j'ignore et que je dois respecter, mais puisque l'initiation a pour but l'instruction des hommes éprouvés, puis-je espérer de recevoir par votre secours de plus grands développements sur les points qui m'embarrassent encore, qui en fixant à cet égard mon imagination sur la ligne
de la vérité l'empêchent d'errer dans le vague et de se livrer à des interprétations incertaines qui exposent souvent à de grands dangers.
Le Chef du Collège
Mon très cher et bien aimé fr.
Vous cesseriez de vous étonner des réticences qui vous affligent, et des obscurités qui vous arrêtent si vous aviez porté vos regards sur vous-même, si vous vous étiez interrogé sur tous les devoirs que vous aviez eu à remplir jusque là. Rappeler vous le conseil important qui vous fût
donné lorsque vous fûtes reçu compagnon dans la classe symbolique, et présenté devant le miroir
voilé, qui est le symbole principal de ce grade. On vous dit alors : "Si tu as un vrai désir, du courage et de l'intelligence, tires ce rideau". C'est a dire écartes le bandeau qui obscurcit ton intelligence, et apprends te connaître.
L'avez-vous fait ? Avez vous eu constamment ce vrai désir sans mélange d'aucun motif humain, ce courage qui ne se laisse point abattre par les obstacles, et qui élève l'intelligence jusqu'à la haute région pour laquelle elle est destinée ? Avez-vous bien étudié votre propre nature, et quels sont vos rapports essentiels avec l'être des êtres qui vous a institué son image et sa ressemblance ?
N'avez-vous point trop négligé ou matérialisé les emblèmes et symboles qui dès lors vous furent offerts pour exercer votre intelligence, et ceux qui vous ont été présentés à chaque pas avec la même intention dans la carrière symbolique, qui tous cependant demandaient de votre part les plus profondes méditations ? Vous vîntes ici en la commencent pour apprendre à vaincre vos passions et soumettre votre volonté pour pouvoir faire de nouveaux progrès dans cette carrière :
Avez vous été fidèle a cette sage résolution ? N'êtes-vous point encore sous le Joug de quelque penchant désordonné, de quelques préjugés, ou de quelques opinions discordantes que l'habitude ou le respect humain vous empêchent d'oser réformer ? La soumission de la volonté de l'homme à
la volonté de Dieu est sans cesse aussi recommandée au Maçon qu'au Chrétien, lui avez-vous fait sincèrement l'abandon et l'entier sacrifice de la votre, et sans cet abandon pouvezvous raisonnablement en attendre les fruits ? Etes-vous parvenu à cet état de simplicité de coeur et de
l'esprit si louée dans les saints évangiles chez les enfants cités pour modèles dont le coeur n'est pas encore ouvert à l'enflûre du savoir et se recommande aux autres ? C'est cependant à ceux qui leur ressemblent, et à ceux là seuls que la lumière est promise. Enfin sachant que toute vraie
lumière vient d'en haut, avez vous contracté l'heureuse habitude de la demander en toute occasion importante à celui qui peut seul vous la donner ? Voilà mon ch. fr. l'examen que vous deviez faire sur vous-même avant de vous livrer à aucune plainte sur les obscurités et les lacunes que vous
avez remarqué, et encore moins sur les réticences qui vous affligent.
L'Initié.
Je reconnais et confesse avec sincérité que je n'ai pas mis par le passé toute l'importance dont vous me faites sentir en ce moment la nécessité, à tous les emblème et symboles qui m'ont été présentés, aux avis et conseils qui m'ont été donnés, qui cependant ont été souvent présents à mon
esprit. mais cette faute sera-t-elle irréparable, et ne peux-je point espérer de l'indulgente amitié de mes frères qu'ils m'aideront à la réparer.
Le Chef du Collège.
Vos frères qui vous observaient, avaient remarqué avec la plus vive satisfaction vos efforts et vous ont donné la plus grande preuve qui soit en leur pouvoir de leur confiance et des espérances que vous leur aviez fait concevoir. Vous pouvez donc compter sur leur secours comme sur leur amitié; mais méditez plus sérieusement que par le passé sur les questions qu'ils viennent de vous faire par mon organe et qui renferment autant de conseils, et n'oubliez jamais que les hommes les
plus instruits, les plus éclairés ne sont que des instruments dans les mains de la providence qui en dispose à son gré, que malgré leur secours vous aurez toujours votre propre travail à faire; que toute vraie lumière vient de Dieu et que lui seul peut vous la donner. La doctrine des Gr. Pro. que vous désirez connaître plus en détail n'est point un système hasardé,
arrangé comme tant d'autres suivant des opinions humaines; Elle remonte dans la plus haute antiquité jusqu'à Moise qui la connut dans toute sa pureté et fut choisi par Dieu pour la faire
connaître au petit nombre de ses Initiés qui furent les principaux chefs des grandes familles du peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité, et sans les voiles dont il dût ensuite la couvrir pour la multitude de la nation composé
d'hommes ignorants, charnels et grossiers qui en auraient bientôt abusé. Les instructions que vous avez reçues ainsi que celles qui pourront les suivre sont un extrait fidèle de cette sainte doctrine parvenue d'âge en âge par l'initiation jusqu'à nous; on y a joint ensuite celles relatives au grand mystère de l'incarnation du verbe divin, et à d'autres grands événements postérieurs à Moise. 
Le forme de cette initiation a quelquefois variée selon les temps et les circonstances, mais le fond, qui est invariable, est toujours resté le même : Recevez-la donc avec un juste sentiment de reconnaissance et méditez en la Doctrine sans préjugé avec ce respect religieux que l'homme dignement préparé sent devoir à ce qui l'instruit et l'éclaire, vous en recueillerez de grands fruits pour vous-même et pour vos frères.

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Les gants blancs

Publié le 25 Février 2018 par Solange Sudarskis dans Planches

O

 

 

n peut caractériser  une société traditionnelle par le fait que tous les individus de cette société s'y insèrent en une hiérarchie sociale harmonieuse qui permet de s'accomplir pleinement et de donner carrière aussi bien à l'exercice efficace d'un métier qu’à une réalisation spirituelle effective. La F \M\est une société traditionnelle, elle a conservé ces deux aspects du perfectionnement et certains de ses rituels et symboles manifestent l'origine du métier de bâtisseur en même temps que les valeurs spirituelles sur lesquelles elle repose. Les gants sont un de ces symboles à la fois professionnels et gnostiques. Dans l'histoire du costume, les gants sont, dans un premier temps, considérés comme symbole de déférence, de soumission, de loyauté en particulier. Dès les premiers temps du christianisme, il est d’usage de se déganter devant un supérieur. C'est une exigence que l’on retrouve tout au long des siècles : les juges royaux demeurent mains nues dans l’exercice de leurs fonctions, et on ôte ses gants pour entrer dans les Grandes et Petites Écuries du Roi-Soleil ; aujourd’hui encore, un homme se dégante pour serrer la main d’une femme. Se déganter est un acte de respect et on peut considérer que c'est sur ce registre que le F\M\ se dégante pour prêter ses serments. C’est en acte de soumission que le gant est offert au roi, au Moyen âge, par ses villes vassales. Lors des cérémonies rituelles du couronnement en France, l’archevêque, en bénissant et en présentant une paire de gants au souverain, lui assure, par ce geste, possession de son domaine et loyauté de ses sujets.  

En Occident, c’est vers le VIIe siècle que les gants deviennent des accessoires de luxe et donc de mode. Les comptes d’Isabeau de Bavière mentionnent en 1408 des gants « brodés tout autour », Montaigne ne s’en serait pas plus passé que de sa chemise et Catherine de Médicis les offre en cadeau très apprécié aux dames de la cour ; ils sont alors en soie ou en cuir, si fins qu’ils peuvent être roulés dans une coque de noix, usage qui persistera encore au XIXe siècle, en Angleterre surtout, où la noix est pendue ostensiblement à la taille pour bien marquer la faveur royale. Henri III et ses mignons les affectionnent, pour la nuit, imprégnés de musc, ambre gris, civette et benjoin. 

Laissons là les fioritures de l'histoire et revenons à nos gants blancs. La première pensée qu'il me vient est que les gants blancs sont des masques de main. Le directeur de la prison de la Force où était enfermé  Lacenaire en 1835 dit de son pensionnaire: «  ses actes comme sa personne étaient en contradiction perpétuelle, il était charitable et assassin, il aimait le sang et ses traits n'exprimaient que la douceur. Il n'était repoussant que par ses mains qu'il avait laides et difformes. C'est par là que j'avais deviné Lacenaire. Ainsi ce tigre cachait-il ses griffes sous ses gants. »  

Que cachons nous sous nos gants ? Et bien je dirai que nous ne cachons pas, mais que nous essayons de dominer, comme avec la bavette remontée du tablier, nos pulsions les plus ténébreuses pour les tourner en lumière. La tragédie antique masquait de blanc les acteurs. Cela permettait, outre l'identification cathartique aux personnages, la possibilité de laisser surgir le tragique c'est à dire de doubler les significations et les situations qui se rapportent à l'homme; mais à quel homme ? Ni à vous, ni à moi non plus, mais à l'homme en général, mais à une image de l'homme au centre de l'univers dramatique et c'est ce que l'on peut appeler une philosophie. Derrière le masque, qu'elle qu'en soit sa couleur, l'attitude ne réussit pourtant jamais à se dissimuler. Le blanc ne saurait suffire pour faire d'une main repliée dans son poing une main tendue. Eloge de la Caresse ! La main s'ouvre, déploie ses doigts vers le dehors. Mais lorsqu'elle atteint et rencontre le monde, objet ou sujet, chose ou être humain, les doigts ne se referment pas en un main-tenant, elles restent tendues, ouvertes. Ainsi la main se fait caresse. La caresse, comme je l'ai souvent évoqué sur la planche à tracer, s'oppose à la violence de la griffe. La caresse est un concept ou plutôt un anti-concept qu'Emmanuel Lévinas introduit en philosophie en 1947 dans son essai Le temps et l'autre. Ecoutons le:"La caresse est un mode d'être du sujet, où le sujet, le contact d'un autre va au-delà de ce contact. Le contact, en tant que sensation, fait partie de la lumière". On peut dire avec le philosophe Ouaknin que la caresse découvre une intention, une modalité de l'être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître. La caresse n'est pas un savoir mais une expérience, une rencontre, la caresse n'est pas connaissance de l'être mais son respect. La main gantée de blanc c'est une main qui ne peut être que caresse.  

La réflexion sur les fonctions du rituel a été profondément marquée par Durkheim, qui, utilisant des variables à la fois psychologiques et sociologiques (les «sentiments collectifs»), y a vu des expressions symboliques de l’unité d’une société et de ses valeurs fondamentales, expressions par lesquelles les individus se représentent la société dont ils sont membres. Remarquons que dans le clergé seuls les évêques, archevêques et papes portent des gants et seul le pape les porte blancs. Les gants blancs lissent notre identité commune et nous devenons comme semblables aux groupes de personnes qui mettent aussi des gants blancs rituels. Ce gant blanc était l'attribut des tailleurs de pierre dans la tradition du rite de Salomon. Il signifiait que celui qui le portait était innocent de tout crime. Respect du compagnon pour la vie! 

Mais comment un app\ pourrait être coupable de ce qu'il ne peut pas même approcher ? Faut-il alors n'évoquer pour le blanc des gants que les qualités profanes de pureté, de rectitude dans les actions, de respect de la parole donnée?  

D'un point de vue initiatique nous savons que le blanc, étant la synthèse des couleurs de l'arc en ciel, évoque la lumière spirituelle. Le blanc, couleur initiatique, devient la couleur de la grâce de la transfiguration qui éblouit, éveillant l'entendement. Aux premiers temps du christianisme le baptême se nommait illumination. Et c'était après qu'il eut prononcé ses vœux que le nouveau chrétien, né à la vie véritable, endossait, selon les termes du Pseudo-Denys, des habits d'une éclatante blancheur, car, ajoute l'Aréopagite, échappant par une ferme et divine constance aux attaques des passions et aspirant avec ardeur à l'unité, ce qu'il avait de déréglé entre dans l'ordre, ce qu'il avait de défectueux s'embellit et il resplendit de toute la lumière d'une pure et sainte vie. Ne sourions pas trop car cela peut aussi s'appeler le perfectionnement de l'être, mais c'est la perfection qui reste à définir. Le rituel est à considérer comme une sorte de code linguistique qui permet de découvrir, au-delà de la signification littérale des actes et croyances, leur signification « plus profonde»: les rituels sont des «énoncés symboliques sur l’ordre social », sur les valeurs fondamentales d’une société, des énoncés non analysables en termes rationnels, car ils se mesurent d’après d’autres standards et appartiennent à des registres cognitifs différents.  

Les saint-cyriens en tenue d'apparat portent des gants blancs, symboles du savoir-vivre qui est savoir mourir, symboles d’une certaine société où honneur et panache sont inséparables. 

Dans la tradition compagnonnique, le compagnon fini recevait avec ses gants de travail une autre paire de gants blancs, surnommée la clandestine parce qu'il la remettait à la femme de son choix qui n'était justement pas toujours sa femme légitime! La F \M\masculine reprendra cette tradition dès l'initiation. Combien de mères, d'épouses, de sœurs ou d'amante reçurent cette manifestation d'Amour. Goethe en offrant à Mme de Staël cette seconde paire de gants en dira : C'est la seule chose qu'un homme puisse n'offrir qu'une fois dans sa vie.  

La F \M\ se gante de blanc, pour toutes ces raisons peut-être et  pour que les mains, en palpant ce qui est extérieur, captent, par leurs prédispositions d'antennes, la lumière de nos loges bleues.  

Les gants liturgiques, et les nôtres puisqu'ils appartiennent aux rituels, ces gants furent toujours à doigtiers distincts et non des mitaines. Chaque doigt relevant d'une symbolique planétaire particulière se devait en effet de conserver son indépendance pour laisser agir son rayonnement propre, son énergie et pour mémoire je vous rappellerai : Vénus en pouce, Jupiter en index, Saturne pour le médium, le Soleil avec l'annulaire et Mercure, le petit messager, à l'auriculaire.  

Permettez moi une remarque sur la possibilité de pouvoir opposer le pouce à chacun des autres doigts. Voyez ! Le pouce aligné avec le reste de la main donne au salut une connotation qui vaut tout aussi bien, je devrais dire aussi mal,  celle où le pouce disparaît dans la paume. Le pouce à l'équerre nous préserve de la forme des totalitarismes. Je retourne ma main, comme un miroir, j'y vois dans les doigts écartés, les cinq points de l'étoile flamboyante dans la lumière indéfinissable de l'électrum des anciens. Léonard de Vinci a placé à l'entrée de son labyrinthe un gant de Notre Dame surnommé aussi églantine, fleur blanche à 5 éperons. Cette plante est connue des herboristes pour la guérison des maux d'yeux et pour l'amplification de la vision qu'elle procure. Quand le toucher devient délicatesse et tact, alors la vue devient vision et intuition, l'ouïe permet l'entendement de la voie intérieure, le goût l'appréciation des valeurs spirituelles et l'odorat unit l'intelligence au savoir.  

Mettre des gants blancs, c'est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l'homme en être fraternel. Etre frère c'est avoir la même origine, être fraternel, c'est considérer toute vie comme équivalente d'une autre. C'est dépasser ses différences pour ne retenir que ce qui nous est commun ou partageable, c'est accepter l'autre pour lui-même, c'est ne pas vouloir, par une sur-conscience diminuer l'autre pour se grandir. Avec mes gants blancs, je demeure moi-même, l'autre me complète mais, à ses mains si semblables aux miennes, je n'oublie pas qu'il est aussi un peu de moi.  

Parce que ganté de blanc, le F\M\n'est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu'il n'est pas fusion mais relation, il se dégage d'une assemblée de F\M\une impression d'apaisement et de sérénité. On ne peut manquer d'associer les gants blancs avec le niveau du 1er surv\ dans l'analogie de leur symbolique. Le gant, le niveau nous invitent à inventer une reliance avec les autres.  

Il s'agit de vivre une fraternité organique fondée sur les vérités humaines, de fonder une communauté qui ne repose plus sur le combat pour le pouvoir ni sur la volonté de primer mais sur la joie d'être et l'exaltation des modalités généreuses de l'être. Dès lors que Walt Disney entrera en F\M\,le personnage Mickey sera complété avec des gants blancs qui lui assureront une définitive image de gentillesse.  

 Se recouvrir la chair par des gants de spiritualité c'est affirmer vouloir à la fois se protéger et protéger les autres des influences néfastes, que ce soit celles de notre nature ou celles des énergies et matières manipulées lors de cérémonies rituelles. C'est aussi utiliser un objet pour fixer  la conscience sur les exigences de "chair spirituelle" comprises par son interprétation symbolique. 

Connaître, c'est participer de l'objet connu, dit Corbin. 

Le port des gants est le message apparent du passage du F\M\ à un autre plan d'être. Alors, faut-il permettre, par courtoisie, pour le confort de mieux tourner ses pages, faut-il permettre aux F\et S\qui se présentent au plateau de l'Orat\ de quitter leurs gants au moment où ils s'expriment sur la planche qui trace les plans du chantier sur lequel se bâtit le temple ? Est ce qu'ils seraient autorisés à quitter leur tablier pour des raison de confort ? 

Pour nous c'est justement le temps des symboles et nous ne saurions accorder de quitter ce qui nous protège tous et qui nous indique ainsi la voie de la matière spirituelle. 

Et c'est dans la chaîne d'union, parce qu'en enlaçant nos mains, nous ouvrons aussi nos cœurs, que se quittera l'objet de la conscience, symbole intériorisé par l'égrégore et qui est devenu vivant dans la chair qui est le soufre, qui retient et fixe enfin l'esprit qui est le mercure. L'athanor n'est plus utile, le F\M\ est devenu pierre philosophale.

Source : http://solange-sudarskis.over-blog.com

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29ème degré REAA : Mort, Régénération et Sagesse par la Croix de Saint-André

Publié le 23 Février 2018 dans Rites et rituels

La croix de Saint-André, qui a la forme de la lettre grecque X (khi), est l’hiéroglyphe du scintillement des étoiles, de la dispersion rayonnante de tout ce qui brille, éclaire, irradie. Aussi en a-t-on fait le sceau, la marque de l’illumination et, par extension, de la révélation spirituelle. Elle apparaît à l’avant-dernier des degrés d’Aréopage, où culminent les idées fondatrices du REAA et la traduction de l’Œuvre spirituelle des Maçons à travers l’ésotérisme chrétien, la philosophie grecque, et la symbolique alchimique. La croix synthétise la Tradition chevaleresque, « issue elle-même de la sublimation de la Tradition salomonienne » (Manuel d’instruction 30ème degré REAA). Si pour les Chrétiens la croix est au premier abord le symbole de la mort et de la résurrection du Christ, elle rayonne en Sagesse dans le cœur des Adeptes qui s’appuient sur elle comme sur la Pierre de l’opus alchimique pour accomplir leur régénération.
Mais cette Œuvre nécessite d’abord un état d’esprit, un élan intérieur vers une totalité dépassant les limites de la conscience, un embrasement par lequel les Grands Ecossais de Saint-André vivent « en communauté » leur communion au sein d’une autre dimension spirituelle. Ils sont surtout en état de recevoir ce que « Dieu sème dans le « noûs » humain, la vertu, la raison et la gnose. La régénération intérieure de l’homme procède de la sagesse intelligible et de la semence du bien qui vient de Dieu. » ( Scott, Hermetica) Celle des Grands Ecossais de Saint-André se traduit ainsi par la re-connaissance de leurs devoirs : Respecter la Raison, Servir la Vérité, Défendre la Vertu, Combattre pour le Droit.
Cette régénération « en » Esprit est illustrée par le diptyque mort-renaissance et représentée notamment dans la mythologie égyptienne par le dieu Aker, un lion à double tête, qui jouait un rôle important dans le culte des morts. Lors des cérémonies d’embaumement, dans ses bras se renouvelait le dieu du soleil, et avec lui le mort. Ce couple soleil et mort se retrouve au 29ème degré sur les décors du Frère Expert qui porte un triple triangle avec en son centre un soleil radieux au-dessus duquel se trouve une tête de mort. De même un tombeau avec à sa tête un soleil, et entre les deux un compas, figurent sur la Chambre du Milieu du Tableau de Loge. Sans doute le compas est-il ouvert à angle droit, car pour faire le « signe du Soleil » le Grand Ecossais de Saint-André forme avec sa main un compas ouvert à l’équerre tout en disant « Je compasse jusqu’au Soleil », le pouce de la main droite sur l’œil droit.
L’ensemencement, celui du blé en particulier, est un thème qui renvoie aux mystères égyptiens d’Orisis et traduit un processus de résurrection ou de régénération « post mortem » dans lequel l’un donne naissance au multiple et qui exprime l’identité secrète des « semblables ». Ces grains sont semés en Franc-Maçonnerie dès le degré de Compagnon dont le mot de passe est représenté par un épi de blé. Dans le langage des Pères de l’Eglise, qui a conservé ces images dans leur interprétation antique, on retrouve le blé, symbole du Fils de Dieu, c’est-à-dire du Christ, et spécialement le « grain de blé » qui, en mourant porte beaucoup de fruits (Jean, 12, 24). Ephrem le Syrien appelle le Christ un agriculteur spirituel qui « confia, tel un grain de blé, son propre corps au champ stérile. De même que le grain de blé tombe en terre, le Christ est tombé dans le monde inférieur et s’est élevé comme une gerbe de blé et comme le pain nouveau. Béni son sacrifice ! Il fut enfoui dans les profondeurs par ses meurtriers, comme le grain de blé par le paysan, pour y ressusciter et en éveiller beaucoup d’autres avec lui ».
Ainsi, dit Honoré d’Autun, « De même que le pain est fait de nombreuses graines, de même que le corps du Christ est composé de nombreux élus, le vin est composé de nombreux grains de raisin et il est foulé dans le pressoir. Le corps du Christ est formé d’un grand nombre de justes et il est supplicié sur l’échafaud de la croix. » Et dans la résurrection, dit Petrus Bonus, « le corps devient totalement spirituel, comme l’âme elle-même, et ils deviennent un comme l’eau mêlée à l’eau et ils ne sont plus jamais séparés, car en eux il n’est aucune diversité, mais plutôt unité et identité de nous trois, à savoir, de l’esprit, de l’âme et du corps, sans séparation dans l’éternité. Ainsi sont réellement manifestées l’identité et l’unité dans la Très Sainte Trinité de Dieu, à savoir du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui sont un et le même en Dieu lui-même, avec la distinction des personnes, mais sans diversité dans la substance. »
Pour marquer cette union de la multiplicité dans la substance au 29ème degré, sur le bijou porté par tous les Frères sont figurés au centre d’une croix de Saint-André une pomme de pin et une clé. De même le Président de la Loge, le Patriarche, « le premier parmi ses égaux », passe un anneau au doigt du Grand Ecossais de Saint André au terme de son initiation, et s’en passe un autre à l’annulaire. Ils s’inscrivent ainsi dans la communauté de tous ceux qui ont été illuminés par le Saint-Esprit, dont Dieu habite la « tente », le tabernacle. C’est pour garder et entourer ce trésor universel qu’ils sont « conduits » à « croiser » au cours de l’histoire d’autres Chevaliers chargés de construire ou rebâtir des édifices chrétiens. Dans l’ancien Rite de Perfection au 18ème siècle, le Tableau de Loge des « Chevaliers de Saint-André » est justement le « Camp du Rendez-vous », dont le centre est un triangle équilatéral et l’anneau périphérique une suite de neuf « tentes ».
La croix de Saint-André synthétise à trois niveaux à la fois les démultiplications dans l’union sacrée des Chevaliers, les sublimations alchimiques successives réalisées dans l’opus, et la résurrection du corps spirituel, soit l’Œuvre total de régénération. Cette démultiplication des « 3 en 1 » est symbolisée et s’opère par le signe de croix de la multiplication (X) et le nombre 3. Les nombres 3, 9, 27 et 81 (soit 3 « puissance » 1, 2, 3 et 4) constellent ainsi tous les degrés ou presque du REAA pour symboliser le temps de l’œuvre et son espace sacré. Ils se conjuguent aussi au 29ème degré avec le nombre 1000 (symbole de béatitude) pour traduire par le nombre 27000 l’esprit des 27000 « Croisés » chevauchant vers la Palestine sous la bannière de Saint Louis.
Le baron de Tschoudy, rédacteur présumé du premier rituel du 29ème degré, souligne dans l’« Etoile Flamboyante » sa place essentielle en Franc-Maçonnerie : « L’Art Royal strictement dit est renfermé dans les grades d’Apprenti, Compagnon, sanctifié dans celui de Rose-Croix, complété et développé dans le seul écossisme possible, celui de Saint-André d’Ecosse. » Mais cette Maçonnerie qui « n’est pas faite pour être aperçue », « dépend de la découverte de la circulation des trois principes chimiques, sel, soufre, mercure, formés eux-mêmes par des principes ou éléments principiés. Oserai-je ajouter que de leur action résulte le carré dans le triangle ? Le carré est le symbole des quatre éléments qui sont contenus dans le triangle des trois principes chimiques, ce qui réuni, forme l’unité absolue dans la matière première. » Si le 29ème degré est de Tradition solomonienne pour l’inscription de Salomon, « le roi le plus sage », dans la légende du grade, il l’est aussi pour la Sagesse de la Tradition alchimique, la « Sapientia Dei », la Pierre de l’opus, essentielle dans l’esprit du Grand Ecossais de Saint-André.
La Pierre symbolise sa structure intérieure et les trois pierres angulaires du Tableau de Loge du 29ème degré, nées de sa subdivision, symbolisent à la fois ses vertus et sa totalité, des aspects particuliers d’une seule et même chose. Dans son cheminement intérieur, le Grand Ecossais de Saint-André saisit à quel point la figure de la Sagesse de Dieu, de la Pierre, est « cruciale », car il découvre que ce qu’il cherchait depuis son initiation au premier degré du Rite n’est pas seulement une idée, mais une réalité qui manifeste son existence physique dans un sens beaucoup plus profond, qui peut lui tomber dessus comme la foudre. Sur le Tableau de Loge elle peut ainsi « fondre » du centre du cercle « sur » sa périphérie et atteindre en passant par trois petites colonnes les pierres cubiques dont la pointe repose sur chaque colonne, faisant rayonner la lettre G en leur « milieu ». Au 29ème degré la Pierre, la Sagesse de Dieu, n’est pas seulement un concept intellectuel, mais elle peut se révéler bouleversante, saisie de façon réelle, actuelle et tangible.
L’irruption de la Sagesse, qui confère ainsi à l’âme de l’alchimiste non seulement la connaissance, mais aussi une efficacité dans le domaine de la matière, est précédé d’un certain « amor » ou « appetitus naturalis » allant du sujet vers l’objet de la connaissance. « Selon Bernard de Claivaux, même notre amour de Dieu, et donc tout amour supérieur, commence d’abord par la « concupiscentia », l’instinct de tout être vers son accomplissement individuel. Selon Saint-Thomas également, l’instinct naturel de toute créature tend finalement vers sa perfection, et donc vers la ressemblance divine. Ce désir naît par la connaissance de ce qui est désiré, la contemplation du bon et du beau (et du triptyque Sagesse, Force, Beauté pour les Maçons dès le premier degré du REAA). Le mouvement de l’amour est donc circulaire et l’amour est la vertu unitive proprement dite. La Sagesse de Dieu illumine l’homme qui trouve la vérité dans la nature, dont l’essence la plus authentique est justement de nouveau la Sagesse. » (Von Franz, Aurora Consurgens)
L’idée d’un processus de connaissance circulaire joue également un rôle central dans l’alchimie, où c’est la nature elle-même qui réalise l’œuvre avec l’aide de l’Artiste. Une telle connaissance « naturelle » est obtenue par une intense méditation sur la matière et elle parfait en retour la réalisation de la conscience chez l’alchimiste. Dans le langage alchimique, c’est l’ « extraction » de la « vérité » hors de la matière par l’intermédiaire de conceptions symboliques efficaces, de symboles, d’« aimants » justes. Cette Vérité à extraire est personnifiée par la Sagesse, « la nature très véritable qui ne s’induit pas en erreur ». Grâce au contact de la Sagesse de Dieu, la nature humaine « s’écoule » et commence à suivre son désir le plus naturel qui la porte vers son propre accomplissement et la connaissance de Dieu.
Elle s’accomplit dans l’espace-temps sacré où souffle « à midi » l’Esprit-Saint, l’Esprit de Vérité, l’ « auster », ce vent du sud chaud et sec « qui échauffe toutes choses par le feu de l’amour et provoque l’exaltation, qui lorsqu’il touche les esprits des élus les libère de toute tiédeur et les rend fervents (et semblables aux Grands Ecossais de Saint-André dont les qualités sont le zèle, la ferveur et la constance), afin qu’ils réalisent le bien qu’ils désirent, où sont les ordres cachés des anges (les anges des quatre éléments du 29ème degré), et les replis très secrets de la patrie céleste, que remplit la chaleur du Saint-Esprit. Là, tout le jour, comme à l’heure du midi (soit depuis « midi plein » jusqu’à « l’entrée de la nuit », heures d’ouverture et de fermeture des travaux du degré), le feu du soleil brûle intensément, car l’éclat du Créateur qu’obscurcissent pour l’instant les brumes de notre condition mortelle est vu dans une clarté plus grande et, tel un rayon de la sphère, s’élève vers les espaces supérieurs, car la « vérité » nous illumine de par en part. Là, la lumière de la contemplation intérieure est aperçue sans que s’interpose l’ombre de la mutabilité. » (Von Franz, Aurora Consurgens)
La Sagesse est dans l’Aurora Consurgens (d’origine attribuée à Saint-Thomas d’Aquin) non seulement une hypostase ou un attribut de Dieu, mais un être spirituel qui a une existence autonome auprès de Dieu. De même, dans le Corpus Hermeticum, la Sophia est citée comme Archê (principe originel incréé) indépendante auprès de Dieu. Le Patriarche, Président de la Loge au 29ème degré, est ainsi celui qui détient la mémoire et la marque originelle de sa lignée. Chez Philon d’Alexandrie aussi bien que dans la Sagesse de Salomon, la Sophia a la capacité spirituelle de pénétrer tel un souffle dans l’homme, et de le remplir de sagesse, de vénération, de vertu ou de passion. La Sophia devient donc clairement la Mère par laquelle le Tout fut réalisé. Elle est en même temps identique à l’esprit de Dieu qui planait sur les eaux, parce qu’elle représente le savoir de Dieu.
« Sache, mon fils, dit Alphidius, que cette Sagesse est en un lieu et que ce lieu est partout. Le lieu en est les quatre éléments, et ils sont quatre portes… Cette maison est une maison aux trésors dans laquelle sont amassées toutes les choses sublimes de la science ou de la sagesse, ou les choses glorieuses que l’on ne peut posséder. Elle est fermée de quatre portes, ces quatre portes ont quatre clés, chacune la sienne. Sache donc, mon fils, et note que celui qui ne connaît qu’une seule clé et ne connaît pas les trois autres et ouvre alors la maison avec son unique clé et ne voit pas ce qui est dans la maison, celui-là va à sa perte ; car la maison a une superficie qui tend à une contemplation infinie. Il faut donc ouvrir les quatre portes avec les quatre clés jusqu’à ce que la maison entière soit remplie de lumière, alors chacun peut y entrer et prendre le trésor. »
Les Grands Ecossais de Saint-André doivent ainsi saisir « ensemble », en les unifiant dans le même espace-temps de conscience, les symboles qui se présentent par quatre, ou « par le nombre » quatre, au 29ème degré : les éléments (Terre, Eau, Air, Feu), les croix de Saint-André aux quatre angles de la Loge, les attouchements, les anges et les mots de passe, l’âge (soit la puissance quatre du nombre trois), les coups de maillet du Patriarche sur le cou du candidat durant son initiation. Il peuvent alors goûter les fruits de l’Œuvre, et rejoindre le sens du grade qui constituait à l’origine « la fin de la vraie Maçonnerie et la récompense des travaux d’un vrai Maçon ».
Patrick Carré
mai 2012

Source : http://www.patrick-carre-poesie.net/

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Rituel d'Installation du Vénérable Maître

Publié le 22 Février 2018

Cérémonie d'Installation du Maître Élu 
Conseil de Maîtres Installés
 
  
Après l'ouverture des travaux, en suivant l'ordre du jour, le VM et la Loge reçoivent l’Officier (National ou Provincial) représentant le Grand Maître pour la cérémonie d'installation du Maître Élu. 
Lorsque cet Officier est conduit à l’Orient par le Directeur des Cérémonies, il est d'usage que le VM lui offre le maillet. Pour cette cérémonie particuliere, il lefait en ces termes : 
V.M. : (TR, R ou TV) Frère, en votre qualité de représentant du Grand Maître, la Loge est honorée de votre présence et se place sous votre bienveillante autorité. 
Je remets entre vos mains la Charte de constitution de notre Loge, qui a été octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française en … (date de la création, du transfert ou du réveil de la Loge). 
Le G.O. prend la charte et la repose sur le plateau du VM. 
L’Officier Provincial remercie le VM : 
Grand Officier : Je vous remercie Vénérable Maître. Je suis parmi vous, ce soir, pour entendre les rapports d'activité de votre Loge et m'assurer que la transmission de la Charte de cette Respectable Loge à votre successeur se fait conformement aux règles, us et coutumes de l’Ordre. 
Le Grand Officier refuse le maillet et prend place selon son rang, se réservant d'intervenir au moment de la remise solennelle de la charte. 
Si le VM ne procède pas lui-même à l’installation de son successeur, il transmet son sautoir et le maillet à celui qui en sera chargé. 
  
  
Cérémonie Secrète dite 
« Ésotérisme du conseil de maîtres installés »
 
  
Après avoir fait sortir lex Maîtres Maçons sans saluer, et lorsque le Couvreur Installateur a refermé la porte du Temple, le Directeur des Cérémonies Installateur dispose un coussin ou un prie-dieu au centre de la Loge puis va chercher le Maître Élu qu'il conduit devant le prie-Dieu et lui demande de s'agenouiller. Le Directeur des Cérémonies dispose ensuite (si ce n 'est déjà fait) les trois Grandes Lumières selon la manière appropriée, puis se place en tête de la colonne du midi où il aura préalablement disposé le tablier de Vénérable. 
Il veillera de même au sautoir de PMI. Le DC aura également disposé l'Équerre et le Compas sur le VLS. 
Maître Inst. : À moi mes Frères, au signe de Maître installé. 
Je déclare cette Assemblée dûment constituée en un Conseil de Maîtres Installés. 
Debout, Vénérables Frères. *. 
S. Inst. : *. 
2d. S. Inst. : *. 
Maître Inst. : Mes Frères, tournons-nous vers l’Orient. 
Tons les Frères se tournent vers l’Orient et prennent l’attitude de la prière, au signe de Foi. 
Le D.C. s'assure que tous les Maîtres Installés ainsi que le Maître Élu sont au signe de Foi. (Main droite sur le coeur, doigts joints et pouce caché.) 
Maître Inst.; Prions, mes Frères. 
Daigne, Père Tout-Puissant, Maître Suprême de l’Univers, étendre Ta protection sur ce rite solennel et accorder au digne et respectable Frère qui est sur le point d'être admis au nombre des chefs de l’Ordre, la Sagesse pour comprendre, le jugement pour apprécier et l’habileté pour faire observer Ta Sainte Loi. 
Sanctifie-le de Ta Grâce, fortifie-le de Ta Puissance et enrichis son esprit de la vraie science afin qu'il soit capable d'éclairer l’esprit de ses Frères et de consacrer notre Temple à l’honneur et à la gloire de Ton Saint Nom. 
Ainsi soit-il. 
Tous quittent le signe de Foi et se tournent vers l'Occident. Le Directeur des Cérémonies fait lever le Maître Élu et enlève le prie-dieu ou le coussin. 
Maître Inst. au Maître Élu : Vous avez déjà pris une obligation relative à vos devoirs comme Maître de cette Loge. 
Veuillez maintenant vous avancer et prendre une seconde obligation en ce qui concerne les secrets particuliers à la Chaire de Maître. Le Maître Élu s'avance vers la chaire. 
Agenouillez-vous sur les deux genoux. Le Maître Élu s'exécute. 
Dégantez-vous et posez vos deux mains sur le Volume de la Loi sacrée. Le Maître Élu s'exécute. 
Maître Inst. : Vénérables Frères, veuillez vous mettre au Signe de Fidélité Main droite sur le coeur, doigts joints, pouce à l’équerre. *. 
1er S. Inst. : *. 
2ième S. Inst. : *. 
Maître Inst. : Dites : « Moi », puis déclinez vos prénom et nom : Le Maître Elu dit « Moi » et decline ses prenom et nom. et répétez après moi : En présence du Très Haut et devant ce Conseil de Maîtres Installés, dûment constitué et régulièrement assemblé, de mon plein gré et consentement, par ceci Le Maître Inst. touche les mains du Maître élu de sa main gauche et sur ceci, Le Maître Inst. touche le Volume de la Loi Sacrée de sa main gauche très solennellement, je promets et jure que toujours je cacherai et jamais ne divulguerai aucun des secrets ou mystères particuliers à la chaire de Maître, à personne au monde, sauf à un Maître Installé ou à un candidat dûment élu à cette charge et cela seulement avec le concours d'au moins deux Maîtres Installés, régulièrement assemblés à cet effet. 
Tous ces articles, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, sous peine, si j'en viole un seul, d'a. la m. d. t. au p. et f. sur l’é. g. afin qu'elle s'y f. et s'y d. 
Que le Très Haut me vienne en aide et m'empêche de jamais violer l’Obligation Solennelle que je viens de contracter comme Maître Installé. 
Tous les Frères cessent le signe de Fidélité. 
Maître Inst. : Comme gage de votre fidelité et pour que vos paroles deviennent une Obligation Solennelle, scellez-les trois fois de vos lèvres sur le Volume de la Loi Sacrée. Le Maître Élu exécute. 
Maître Inst. : Permettez-moi de diriger encore une fois votre attention sur les trois Grandes Lumières, bien que Lumières symboliques, de la Franc-Maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas. 
Le Maître Installateur les montre pendant qu'il les énumère. 
Le Volume de la Loi Sacrée, cette Grande Lumière de la Maçonnerie, vous guidera vers toute vérité, dirigera vos pas dans les sentiers du bonheur et vous indiquera tous les devoirs de l’Homme. 
L’Équerre vous enseignera régler votre vie et vos actions selon la ligne et la règle maçonniques. 
Le Compas vous rappellera de limiter vos désirs à tous les stades de la vie, afin que, vous élevant par le mérite a un rang éminent, vous soyez entouré de respect durant votre vie et regretté après votre mort. 
Le Maître Installateur quitte sa chaire par sa gauche et vient se placer à côté du Maître Élu. De sa main droite, il enserre, entre le pouce et l'index, le poignet droit du Maître Élu puis il vient placer sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu. Enfin en pivotant légèrement sur lui-même vers la gauche et en relevant légèrement la main droite etpoussant de la gauche le Maître Élu, il relève celui-ci en disant : 
Relevez-vous G…. M ! 
Ce mouvement se poursuit jusqu'à ce que le Maître Installateur se trouve face au midi et le Maître Élu face à lui (donc face au nord). Puis le Maître Inst. se désengage et recule de deux pas. 
Maître Inst. : La tradition rapporte que, lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé, le roi Salomon accompagné d'une suite nombreuse vint le visiter. 
En entrant dans l’édifice, il aperçut Adoniram à quelque distance et il lui fit signe ainsi : 
Le Maître Inst. élève son bras droit à l’horizontale en direction de l’Ouest, le regard tourné vers l’Occident, le pouce de la main droite replié sur l’annulaire et l’auriculaire tandis qu'il garde l’index et le majeur joints et tendus. Puis, par un mouvement de l’avant bras, il ramène par trois fois sa main à hauteur de l’épaule droite. Le D. C. aide alors le Maître Élu à imiter ce mouvement. Quand cela est fait : 
Maître Inst. : Adoniram, en approchant de son royal maître, allait s'agenouiller, mais le roi l’en empêcha en le prenant ainsi : 
Le Maître Inst. fait signe au Maître Élu de s'agenouiller et l’en empêche en lui prenant le poignet droit entre pouce et index et en plaçant sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu en disant : 
Levez-vous G… M ! 
La signification de ce mot est « Excellent Maçon ». 
Puis le Maître Inst. se désengage et fait deux pas en arrière. 
Maître Inst. : Lorsque le roi et sa suite furent sur le point de partir, Adoniram les salua ainsi ... 
Le Maître Inst. recule son pied droit d'un pas, pointe tournée vers l’Occident, et dans le même temps, il place sa main droite, les doigts dans la position du signe, à hauteur de son épaule gauche et en s'inclinant légèrement en avant, il fait décrire à sa main droite un arc de cercle pour la ramener à sa droite. 
... comme marque d'humilité. 
Ensuite il fait signe au Maître Élu de l’imiter. 
Maître Inst. : De là, viennent l’attouchement et le mot d'un Maître Installé, le signe et le salut d'un Maître ès-Arts et ès-Sciences. 
Le Directeur des Cérémonies présente au Maître Inst. le tablier de Vénérable Maître. Le Maître Inst. ôte le tablier de MM du Maître Élu, le donne au Directeur des Cérémonies, et ceint le Maître Élu du tablier de Vénérable. Puis, ôtant le sautoir de Vénérable Maître qu'il porte, le Maître Installateur en revêt le Maître Élu en disant : Je vous revêts maintenant de l’insigne et du joyau de votre charge qui est le plus grand honneur que la Loge ait en son pouvoir de conférer à l’un de ses membres. 
Il prend dans sa main droite l’équerre du sautoir et dit : 
L’Équerre étant l’instrument qui aide à façonner la pierre brute et à vérifier la justesse de la pierre cubique est employée fort à propos par les Maîtres Maçons pour enseigner les principes les plus purs de la piété et de la Vertu. 
Il tache l’équerre. 
Dans le sens maçonnique, elle doit être le guide de toutes vos actions. 
Alors, le Maître Inst. saisit de sa main droite le poignet droit du Maître Élu, entre le pouce et l’index, puis il pose sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu et lui indique qu'il doit faire de même avec sa main gauche. Le Maître Inst. souffle au Maître Élu de partir du pied gauche et lui-même, reculant en partant du pied droit, entraîne le Maître Elu vers le nord. À reculons, le VM Inst. entraîne le Maître Élu jusqu'au fauteuil de VM. en disant : 
Avec l’attouchement marquer l’attouchement et le mot « G . . . . M » d'un Maître Installé, je vous place à ce moment-là, le Maître Élu étant entre la table et le fauteuil et le VM Inst. s'étant placé entre la table et lui, il l’assoit en le poussant fermement dans le fauteuil dans la chaire du roi Salomon et je suis persuadé que votre conduite future justifiera le choix de vos Frères. 
À la fin de cette circumambulation, le Maître Inst. est à la gauche du Maître nouvellement installé qui est assis. 
Le Maître Inst. va se placer devant la chaire et salue le nouveau Vénérable Maître en Maître Installé (Pied droit en arrière, main droite à l’épaule gauche, index et majeur tendus et joints) puts il décrit un arc de cercle de la main droite en s'inclinant légèrement. 
II prend le maillet sur la Chaire avec la main gauche et, revenant à la gauche du nouveau Vénérable Maître, il lui tend le maillet par-dessus son avant-bras droit en disant : 
Je place, entre vos mains, ce maillet, emblème du pouvoir, qui vous servira à maintenir l’ordre dans la Loge, particulièrement à l’Orient. 
Dans les rites « Modernes » (RER et Français) ainsi qu'au REAA, c'est aussi le moment de remettre l’épée au nouveau Vénérable Maître. Le Maître Installateur prend de la main droite la lame de l'épée sur la Bible et tend la garde par-dessus son bras gauche au Vénérable Maître Installé en disant : 
Je vous remets votre épée, symbole du Verbe et de la Lumière, qui vous sera nécessaire pour éclairer vos Frères dans les travaux de votre Loge. 
Le Maître Installé repose l’épée sur le VLS, lame pointée au nord. 
Maître Inst. : Prêtez attention, Maître assermenté, aux passages des Saintes Écritures que je vais vous énoncer ; ils fondent et déterminent les signes qui vous feront reconnaître dans toutes les Loges de la Grande Loge Nationale Française comme M.I. 
Psaume 137 v. 1 a 6. 
« Sur les bords des fleuves de Babylone, 
Nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. 
Aux saules de la contrée 
Nous avions suspendu nos harpes. 
Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants 
Et nos oppresseurs de la joie. 
Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion ! 
Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel 
Sur une terre étrangère ? 
Si je t'oublie ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! 
Le Maître Inst., avec la main gauche doigts tendus et joints, donne un coup verticalement sur son poignet droit, puis comme s 'il prenait sa main droite avec sa main gauche, il porte sa main droite sur l’épaule gauche. 
Que ma langue s'attache à mon palais 
Le Maître Inst. place sa main droite, poing fermé, pouce levé, sous sa máchoire inférieure. Le maître nouvellement installé l’imite. 
Si je ne me souviens de toi, 
Si je ne fais de Jérusalem 
Le principal sujet de ma joie. » 
Amos, chapitre VII, v. 7 et 8. 
« Le Seigneur se tenait debout près d'un mur aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb. 
l’Éternel me dit : « Que vois-tu Amos ? 
Je dis : « Un fil à plomb. » 
Le Seigneur dit : « Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël. 
Le Maître Inst. tend son bras droit horizontalement devant lui comme s'il tenait de sa main droite, entre le pouce et l’index, la cordelette d'un fil à plomb. Le Vénérable Maître Installé l’imite. 
Désormais, je ne lui pardonnerai plus sa faute. » 
Le Maître Installateur poursuit : 
Maître Inst. : Vénérable Maître, veuillez maintenant investir votre « Passé Maître Immédiat ». Appellation à adapter selon le Rite pratiqué dans la Loge ; "Ancien Vénérable Maître" au REAA, "Ex Maître" au RER et "Précédent Vénérable " au Rite Français. 
V.M. se lève, en tenant le sautoir de PMI, et s'adressant au PMI placé à sa gauche : Vénérable Frère, c'est avec plaisir que je vous revêts des insignes de « Passé Maître Immédiat » à adapter selon le Rite de la Loge. Il lui passe le sautoir de PMI. Jugeant de la façon dont vous avez rempli votre charge, je suis certain que si, à quelque moment, j'avais besoin d'aide, je pourrais compter sur votre coopération. 
Maître Inst. : Mes Frères, nous allons saluer notre Vénérable F. nouvellement installé par cinq, en Maîtres Installés, en vous réglant sur moi. 
Le Maître Inst. invite les VF. à former un arc de cercle devant la chaire du VM pour le saluer par cinq par le Grand Signs ou Signe royal. Ce Signe se fait en élevant latéralement les bras tendus au-dessus de la tête jusqu'à ce que les doigts des deux mains se touchent, puts dans le mouvement inverse, ramener les bras le long du corps. Ce salut se donne sans claquement de mains sur les cuisses. 
Le Maître Inst. demande alors au VM de donner un coup de maillet. 
VM : *. 
Maître Inst. : Je déclare ce Conseil de Maîtres Installés clos. 
VM : *. 
1er S. Inst. : *. 
2nd. S. Inst. : *. 
Le Maître Installateur peut alors demander au nouveau Vénérable Maître d'interrompre momentanément les travaux, au coup de maillet, afin de recevoir les felicitations de ses pairs. 
Lorsqu 'il aura reçu les compliments de chacun, le Vénérable Maître reprendra les travaux au grade correspondant à la sortie des Maîtres de la Loge.

Source : http://www.stichtingargus.nl  2010

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Profès et Grands Profès

Publié le 21 Février 2018

....Enfin, voici le texte de la lettre d'envoi aux Grands Profès de Genève. Moulinié, Peschier et Aubanel, reçus antérieurement par communication et constitués le même jour en Collège métropolitain, des documents qui les habilitaient, ( communication fraternelle de Maharba, à qui grand merci ). Document historique, document doctrinal d'un véritable ésotérisme.
Très chers Frères les Chevaliers et Grands Profès de Genève !
Nous cédons à vos voeux et à notre conviction en vous envoyant la légalisation et autorisation nécessaires à la régularité et à l'extension de vos travaux.
Une seule signature accompagne ici celle du Visiteur général, mais c'est celle du neveu chéri de feu ab Eremo, de celui qui a été l'objet de toute sa tendresse, de ses sollicitations les plus secrètes, ainsi que l'écrivain de la présente en a été l'intime confident. Il le rappelle ici pour votre douce satisfaction et pour que ce nom vénéré ne reparaisse au milieu de vous que couronné par le respect de la reconnaissance qui doivent toujours l'accompagner.
Mon frère aîné est absent, le plus jeune, digne aussi de tous nos suffrages, n'a pu participer aux derniers travaux d'une manière régulière... Tout le reste a disparu.
Du sein de cette sollicitude que tant de souvenirs animent, nos coeurs ont entendu votre voeu, ils l'ont accueilli en se pénétrant de la justice, de la convenance, de l'utilité, de l'autorisation demandée, ils se sont émus de joie et de reconnaissance: Oui ! TT $ CC $ FF $ .
ils vous remercient avec attendrissement et gratitude d'avoir sollicité de nous cet acte de justice~ de devoir et ils supplient le Dieu de toute miséricorde de vous le rendre profitable et d'écarter tout ce qui pourrait en résulter de nuisible en particulier comme en général.
Point d'empressement humain, chers amis et bien-aimés Frères ! Le zèle de l'homme est loin d'être celui de la maison de Dieu ! Soyez pleins de patience, de longanimité, et surtout, Aimez-vous les uns les autres ; adorateurs et enfants de l'unité, honorez-la et soyez un comme votre rédempteur, votre Créateur ( et leur amour qui sans cesse engendre, conserve, régénère ) sont un. Au nom de cette unité, qui triomphera de toutes les divisions du temps, aimez-vous, supportez-vous, secourez-vous les uns et les autres ! Voilà le vrai sens de toutes nos instructions ! En voilà tout l'esprit ! Puissions-nous le sentir, le comprendre et l'expérimenter ! Nous vous serrons dans nos bras et vous demandons la bonne part dans vos souvenirs fraternels, comme nous vous assurons que vous avez dans les nôtres celle que mesure notre devoir et notre sincère affection.
A tous et à chacun de vous nous offrons le vrai salut et baiser fraternels.
Vos affectionnés Frères.
[ Signé: ] Antoine Willermoz Joseph Antoine Pont in ordine a Ponte alto .
Lyon 29 mai 1830

IV. - Confidence du passé, exhortation pour l'avenir.

"Article premier. La Grande Profession de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. " Cette définition est descriptive, d'après les statuts dont elle constitue l'article premier. ( Mais rien, dans la doctrine, n'interdirait qu'un Grand Profès, de même qu'un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, fût un profane, c'est-à-dire un non-Maçon ).
La Grande Profession conserve en son entier le dépôt de la doctrine de la réintégration, voilà qui la définit philosophiquement.
L'une et l'autre définitions se concilient, voire s'articulent, se complètent, pourvu que soient reconnus la vraie origine et le but véritable de la Franc-Maçonnerie, auxquels s'ordonnent et qu'enseignent peu à peu les grades successifs du Rite Ecossais Rectifié et que les Grands Profes cultivent, sous les espèces réelles de la réintégration.
L'essentiel du passé et du futur, Willermoz le déclare dans une lettre à Salzmann, du 3-12 mai 1812 ( inédite, fonds L.A.). Son propos demeure pour tous ceux qu'il peut concerner.
Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe qui furent alors produites, ne serait jamais connu:

I ) Parce qu'elles ne furent livrees qu'à cette condition.

2 ) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3 ) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose. Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation, quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une rédaction plus correcte en langue fraçaise qui avait reçu leur approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai constarnment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [ sc. Joseph-Antoine Pont ], et il en était persuadé lorsqu'il alla à Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas la première et qu'elle avait été commise vers d'autes et peut-être aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [ sc. FR.- R. Salzmann ], lui disje, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris. Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je dois le savoir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait faite. Mais pouvaisje, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que, si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]
Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé au-devant de vos observations sur nos instructions des G.P. et que j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beaucoup de ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes, ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître Ecossais de Saint-André ].
Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus étendues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et il fallut trop abreger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail. Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir à les rendre plus utiles.
Relisez en critique toutes ces instructions; notez, dans quelle partie que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]
En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes, on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la vraie foi n'y gagne rien. L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont hé parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

source : www.hermanubis.com

 

 

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Instructions secrètes des Grands Profès

Publié le 21 Février 2018

Instruction secrète des Grands Profès

Mon Très Respectable et cher Frère !Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même qui l'a assujetti au travail de l'initiation, en se refusant à ses recherches.

Droits primitifs de l'homme

II suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; à cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent et à peine a-t-il une idée superficielle des objets qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible et assidue qu'il apprend à les connaître. Arrivé à l'âge où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort son intelligence de tout ce qui lui est étranger. Cette première initiation fondée sur la dégradation de l'homme et exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science, dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses et qu'ils s'assurèrent de leur constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence que des hiéroglyphes ou des emblèmes difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de toute initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal est ce qu'il doit être ; et dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité . Il est vrai que, parmi les philosophes, il s'en trouve un grand nombre qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet, si on ne voit en lui que des facultés sensibles, il faut bien convenir que sa véritable place est parmi les Etres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux, aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique les philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'étendue de ses facultés intellectuelles. Ce contraste étonnant leur aurait prouvé la grandeur de son origine et sa dégradation, car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante est tellement resserrée et contenue qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses efforts, il est si intimement convaincu de sa supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre à son action, tous les êtres qui l'environnent II est aussi doué d'une intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible; cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres individus de l'univers sont des mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les vérités de la nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Etres spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires. Il a des facultés infinies mais il se voit privé des moyens d'en faire usage étant éloigné de tous les Etres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester. En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un être que l'infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses, qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle, et que des facultés supérieures divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Etres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Etres. Voilà mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité; cette doctrine ayant toujours été la base des initiations, les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route qui peut conduire l'homme à son état primitif et le rétablir dans les droits qu'il a perdus. Voilà mon Cher Frère le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d'en faire usage et qui égare ceux qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles. C'est d'après ces Principes que les initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait aux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages employèrent, figuraient aux apparences sensibles et matérielles de la nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'Univers et des Etres individuels qu'il renferme. Dans l'état actuel de l'homme privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c'est d'oublier ou de nier cette lumière. Aussi l'objet principal des sages instituteurs de l'initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux Peuples, mais de les porter par leur exemple et par leur doctrine, à croire en Elle avec confiance et à lui rendre un sincère hommage, quoiqu'elle fut cachée à leurs yeux. Dans cette vue, ils élevèrent chez les Athéniens un Temple au Dieu inconnu, afin d'éloigner les Peuples de la doctrine impie des Philosophes qui osaient nier hautement l'existence de tout agent créateur ou moteur de la nature générale et particulière. Cependant ces hommes, vains de leurs systèmes, avaient dans leur propre puissance d'action intérieure, un témoignage invincible de la possibilité, ou pour mieux dire de l'existence effective des agents individuels. Mais ils résistaient à ce sentiment intime et attribuaient toutes les forces et puissances de la nature à une certaine organisation fortuite, qu'ils croyaient suffisantes pour ordonner l'Univers et produire tous les individus actifs ou organisés : Ainsi ces philosophes n'admettaient rien au-delà de ce qu'ils pouvaient connaître par leurs sensations superficielles, quoiqu'ils ne puissent douter que les sens sont incapables de donner le moindre indice, non seulement de la nature, mais même de la vraie forme d'aucun individu matériel. Quelque invraisemblable que fut leur doctrine, elle avait fait des progrès d'autant plus rapides parmi les Nations, qu'elle n'exigeait aucun effort de ses sectateurs. En réduisant toute existence possible aux seuls êtres matériels, plus ou moins organisés, elle livrait absolument l'homme à ses jouissances et à ses perceptions sensibles. Le Principe universel agent créateur de tout ce qui existe dans l'Univers hors de l'univers, était généralement regardé comme un être chimérique et l'on ne croyait plus aux agents puissants et actifs qu'il a placés dans la nature pour veiller sur tout être en privation Divine, ainsi que pour gouverner ou produire les formes générales et particulières des individus matériels. C'est par cette voie ténébreuse des sens, que les hommes abjurant les moyens de se rétablir dans leurs premiers droits, auraient insensiblement perdu tous leurs rapports religieux et naturels, si les Sages fidèles à la doctrine des premiers temps ne l'eussent préservé d'un oubli général en la conservant par des initiations. Mais respectant le voile, dont la vérité même s'enveloppe, ils ne la présentèrent que sous des emblèmes et des hiéroglyphes pour ne pas l'exposer au dédain ou à la profanation des hommes ignorants et pervers. C'est ainsi que dans un temple célèbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu'au Sanctuaire, étaient remplies d'initiés de divers rangs et fonctions, on présentait à l'homme de désir, un Tableau parfait de l'Univers et des agents préposés à le diriger.

Les nombres, mon Cher Frère ne sont que l'expression ou le signe représentatif de la nature et de l'action des êtres spirituels ou temporels. Revenons aux rapports qui ont été figurés par le Temple de Salomon. Il eut la forme d'un carré long pour figurer les quatre régions de l'univers. Les proportions du corps de l'homme présentent la même figure. Le Temple eut quatre parties latérales lesquelles, quoique séparées, en formèrent l'enceinte ou le parvis intérieur et furent nécessaires pour que le grand Prêtre pût rendre son sacerdoce réversible sur toute la Nation élue. De même le corps de l'homme a quatre membres ou adhérences, qui sont réunies au tronc et servent à manifester son action sur les Etres qui l'environnent. Cependant, ils peuvent les uns et les autres être séparés sans que l'homme animal périsse, car le foyer de la vie sensible réside essentiellement dans le tronc, comme les fonctions des Lévites et des Sacrificateurs s'opéraient dans l'intérieur du Temple. Le Temple universel est divisé en trois parties qui furent toujours distinguées par les Sages sous le nom de terrestre, céleste et surcéleste. De même celui de Salomon était divisé en trois parties distinctes par leur position et leur forme et par leur destination particulière, savoir le Porche, le Temple intérieur, le Sanctuaire. De même aussi le corps de l'homme est divisé en trois parties bien distinctes, qui sont le ventre, la poitrine et la tête. Les trois parties du temple étaient attenantes et ne formaient qu'un seul tout indivisible. De même les trois parties que nous connaissons dans le Corps de l'homme sont tellement liées qu'elles ne peuvent être séparées sans opérer la mort corporelle ou la destruction de son Temple particulier. Les limites de l'univers créé le séparent à jamais d'une immensité incréée et sans bornes, que les Sages ont appelée immensité divine. Elle est voilée aux yeux de la nature sensible et ne peut être conçue que par l'intelligence. De même au centre du Sanctuaire était le Saint des Saints ou l'Oracle, qui était voilé aux yeux du Peuple et des Prêtres eux-mêmes. Le grand Prêtre seul y pouvait entrer une fois l'an, pour adorer la Majesté suprême au nom de la nation entière ; et s'il était Assez imprudent pour s'y présenter sans être préparé par toutes les purifications légales spirituelles et corporelles, il courrait risque de la mort. Le bruit des sonnettes, qui étaient au bas de ses vêtements venant à cesser, annonçait aux Prêtres le danger où il se trouvait. Les longs cordons, dont il était ceint, conservés encore aujourd'hui dans quelques ornements sacerdotaux et dont les extrémités restaient hors du Sanctuaire, à la disposition des Prêtres, leur servaient pour l'en retirer, dans quelque état qu'il fut ; car en aucun cas il ne leur était permis d'y entrer. De même aussi l'intelligence de l'homme, image et émanation divine, réside dans la tête comme dans le sanctuaire de son Temple particulier, où est l'oracle qui doit diriger son action. Mais les opérations de cette intelligence sont si voilées à l'homme matériel et animal, qu'il n'en a et ne peut en avoir connaissance que par ses effets. C'est ce voile funeste de la matière, qui nous jette dans l'oubli de nos facultés spirituelles, au point de regarder leur puissance et leur existence même comme chimériques, ainsi qu'il est arrivé à ceux qui n'ont exercé leur activité que sur les facultés sensibles.

L'homme bien purifié est le seul grand prêtre qui puisse entrer dans le sanctuaire de l'intelligence, comprendre sa nature, se fortifier par elle et rendre dans son propre Temple un hommage pur à celui dont elle est l'image. S'il néglige de se purifier avant de se placer devant cet autel, les ténèbres épaisses de la matière viennent l'aveugler et il trouve la mort, où il venait puiser la vie. Nous passerions les bornes de cette instruction si nous entreprenions de vous parler des agents qui opèrent dans les trois parties de l'univers créé et des fonctions qu'ils sont chargés d'y remplir. Pour peu qu'on veuille réfléchir sur les fonctions des diverses classes de personnes auxquelles les trois parties du Temple de Jérusalem étaient attribuées et sur les actes particuliers qui s'opérèrent dans les trois divisions de la forme corporelle de l'homme, on pourra concevoir des rapports très intéressants entre le corps humain, le Temple de Salomon et le temple universel. Dans le Porche du Temple de Jérusalem qui figure à la partie terrestre comme le parvis intérieur figurait la terre elle-même, était placée la mer d'airain pour les préparations corporelles matérielles. De même, c'est dans le Ventre, partie inférieure du corps de l'homme que se font les fonctions matérielles de végétation et de reproduction et la séparation des parties les plus impures. La partie intérieure du Temple répond à la division de l'univers appelée céleste. C'est là qu'était l'autel des parfums, les douze pains de proposition qui étaient tous les jours renouvelés en offrande à l'Eternel et le Chandelier circulaire à sept branches dont le feu sacré était sans cesse entretenu par les Lévites et servait à allumer le feu destiné à consumer les holocaustes. De même aussi dans la poitrine, qui est la partie moyenne du corps de l'homme est placé son cœur, qui est tout à la fois le centre de sa forme corporelle et le foyer de sa vie animale. Le cœur siège de toutes ses affections est l'autel sur lequel il doit offrir des parfums journaliers à la Divinité et entretenir avec soin le feu sacré destiné à consumer les holocaustes, sous peine d'être livré à tous les maux, dont était menacé le peuple Hébreu, dans le cas où les Lévites laisseraient éteindre le feu commis à leur garde. Ces maux étaient grands, mon Cher Frère, mais ils étaient bien inférieurs à ceux dont furent frappés les impies qui osèrent offrir dans le Temple, ou devant l'Arche, un feu étranger. L'autel des holocaustes offerts pour la nation entière était placé dans le Parvis intérieur. Ce parvis figure la terre qui est à la fois le réceptacle de toutes les actions temporelles et l'autel spécial sur lequel l'homme, victime passagère, doit s'immoler volontairement à l'imitation de la victime éternelle universelle. Le Sanctuaire du Temple de Jérusalem figure la division de l'univers, que les Sages ont nommé Surcéleste. C'est dans ce lieu sacré qu'était l'Oracle, dont les jugements dirigeaient les Prêtres et la Nation. C'est ainsi que dans la tête de l'homme réside son intelligence comme dans son Sanctuaire pour dominer et diriger suivant sa loi particulière toutes les facultés inférieures. C'est ici le moment, mon Cher Frère de vous rappeler ce qui vous a été dit sur les diverses natures qui composent l'homme actuel.

Vous en reconnaîtrez encore une démonstration sensible dans la Division ternaire, qui vient de vous être présentée. Vous reconnaîtrez que la tête figure la nature Intelligente, que le ventre figure la nature corporelle matérielle et que ces deux parties sont unies et liées par la poitrine, qui figure la puissance animale et qui en est le foyer. C'est dans la tête qu'il sent opérer les actes de son intelligence, tandis que la partie inférieure de son corps n'a pour objets que des actes purement matériels. Cette division ternaire universelle, générale et particulière, a été mystérieusement figurée avant la construction du Temple de Jérusalem par Moïse sur le Sinaï; montagne mystérieuse, qui forme aussi un type de la plus grande attention. Lorsque Moïse se rendit sur le mont Sinaï, pour y adorer le Seigneur et y recevoir la loi destinée à la nation élue, il laissa le peuple dans le camp au bas de la montagne et lui traça des limites qu'il ne devait point passer sous peine de mort. Ce camp dans le désert figure le triste séjour de l'homme sur cette terre et lui indique qu'il ne peut sans crime accélérer volontairement le cours de sa vie temporelle. « Les limites étant posées, le conducteur des Hébreux monta sur la montagne avec Aaron et les soixante dix chefs des Tribus, qu'il laissa à une certaine hauteur au- dessus du camp pour marquer la première division universelle. Il monta ensuite plus haut, avec Josué qu'il laissa sur cette partie de la montagne, pour désigner la seconde Division de l'univers. Enfin il monta seul dans un lieu plus élevé comme le Grand Prêtre dans le Sanctuaire et ce lieu figura à la partie appelée Surcéleste. Après y avoir adoré l'Eternel, il fut par une faveur spéciale et sans exemple, appelé sur le sommet, c'est-à-dire dans le Saint des Saints même, où il reçut la loi pour le peuple et la confirmation de sa mission par un Député divin d'un Ordre supérieur. Si les Ecritures traditionnelles paraissent faire entendre que Moïse y ait vu Dieu face à face, elles ont en même temps limité le sens de ces paroles, en ajoutant qu'il ne le vit que par derrière. En effet quel lieu sur la terre serait assez pur pour recevoir l'action immédiate du Créateur ; quel être de matière, général ou particulier, pourrait subsister en sa présence . Sa pureté éternelle et ineffable n'habite point cet univers ; son centre est dans l'homme incréé où tous les agents spirituels ont reçu la vie et la puissance qui les constitue. C'est par eux qu'il a vivifié l'univers et qu'il lui conserve l'existence. C'est par eux qu'il répand sur l'homme les effets de sa grandeur et de sa clémence et qu'il les envoie manifester son action et ses volontés sous les formes de gloire dont ils sont revêtus ; ainsi qu'il nous a été spécialement enseigné par la vision de Jacob, lorsqu'il aperçut des Puissances célestes qui parcouraient l'intervalle qui sépare le ciel d'avec la terre. Si la montagne de Sinaï est devenue si mémorable par les faits merveilleux qui s'y opérèrent en faveur d'un homme en présence du peuple entier qui en était l'objet, celle sur laquelle fut bâti le Temple de Jérusalem ne mérite pas moins votre attention. Car si ce Temple fut une figure de l'univers, la base sur laquelle il fut élevé ne dut point être choisie indifféremment. Ce fut en effet sur cette montagne qu'Abraham et Isaac opérèrent ensemble un sacrifice de volonté, qui leur fut imputé comme acte parfait. Ce fut dans ce même lieu que Jacob fut témoin de cette étonnante manifestation qui lui fit connaître ses erreurs dans la voie de la science et renoncer à des égarements sur lesquels les Traditions ont évité de s'expliquer. Ce fut là que la Cité Sainte, la ville du Seigneur, fut bâtie ; cette Jérusalem image sensible du centre céleste autour duquel doivent habiter les êtres purs spirituels. Ce fut là que David vit l'ange exterminateur remettre le glaive dans le fourreau et lui assurer le pardon de son crime. Ce fut là que Salomon éleva son Temple à l'Eternel au commencement du quatrième millénaire de l'ère maçonnique; ce fut sur cette montagne enfin qu'environ mille ans après la fondation du Temple, les sacrifices sanglants des animaux furent remplacés par le Sacrifice volontaire du Réparateur universel, médiateur entre Dieu et l'homme. Voilà, mon Cher Frère les opérations sublimes et universelles qui furent manifestées dans le lieu où a été le Temple de Salomon. Vous avez vivement désiré le grade que vous venez de recevoir, qui est le dernier de ceux auxquels vous aviez quelques droits de prétendre depuis votre admission dans l'Ordre maçonnique, puisque son existence vous avait été annoncée depuis longtemps, en vous invitant à travailler sans relâche à vous en rendre digne. L'objet de cette instruction est de vous en faire sentir toute l'importance. D'après ce que vous avez vu dans les trois grades précédents, vous vous attendiez sans doute, dans celui ci, à quelques nouvelles scènes, propres à réveiller votre attention et à faire naître en vous de nouvelles réflexions. Mais quelque grande que soit votre pénétration, vous n'aviez pas pu présumer ni le nombre ni la diversité des objets qui viennent de vous être présentés. Ils méritent tous de votre part de profondes méditations. Les trois premiers grades vous ont présenté, sous le voile des symboles, des emblèmes, des allégories, un tableau raccourci du passé, du présent et de l'avenir. A l'aide des avis, des conseils et des maximes que vous avez reçus, vous avez pu apercevoir, sans de grands efforts, que l'homme moral et intellec­tuel en est le principal ou, pour mieux dire, l'unique objet. Assujetti pour un temps, par l'effet nécessaire de sa dégradation originelle, à l'enveloppe matérielle dont il sent tout le poids, exposé au choc des éléments qui actionnent violemment sur sa nature physique et à toutes les influences qui provoquent sans cesse ses passions et font éclore en lui tant de vices, il a besoin qu'on lui rappelle quels dangers, quels secours l'envi­ronnent, quelles sont les causes des souffrances auxquelles il est journellement en proie, et quelles espérances lui donne la noblesse de son origine. La Franc‑Maçonnerie bien méditée vous présente toutes ces utiles instructions. Elle vous rappelle sans cesse, et par toutes sortes de moyens, à votre propre nature essentielle. Elle cherche constamment à saisir les occasions de vous faire connaître l'origine de l'homme, sa destination primitive, sa chute, les maux qui en sont la suite, et les ressources que lui a ménagées la bonté divine pour en triompher. Jetons un coup d'œil rapide sur les principales circons­tances de vos grades précédents, et vous resterez convaincu des grandes vérités qu'ils vous ont retracées. Dans le premier grade d'Apprenti, après avoir subi l'épreuve des éléments matériels, figuratifs de ceux dans lesquels l'homme actuel est incorporisé, vous avez bientôt reconnu que vous étiez tombé sous le fléau de l'inexorable Justice. Mais on vous exhorta à réclamer la Clémence qui en tempère les rigueurs ; et, pour en assurer sur vous les effets salutaires, on vous fit sentir la nécessité d'en user vous même envers vos semblables. Dans cet état d'obscurité, d'ignorance et d'imperfection, on vous montra la pierre brute comme l'emblème le plus vrai de vous même. On vous fit sentir la nécessité de travailler sans relâche à la dégrossir, à la polir, et à recommencer souvent ce travail dur et difficile, si vous vouliez un jour en recueillir le prix. Et on ne vous dissimula pas que cette tâche vous est imposée pour toute la durée de votre vie. Dans le second grade, entaché des mêmes imperfections, vous vous montriez plein d'une folle présomption ; vous vous applau­dissiez des petits succès de vos premiers efforts, comme s'ils eussent été considérables. Pour vous désabuser, on vous présenta devant l'emblème important des Compagnons, pour y apprendre à vous connaître vraiment tel que vous êtes, en tout ce qui constitue essentiellement votre être moral et intellectuel. Vous comprîtes sans effort que ce miroir qui réfléchissait fidèle­ment vos traits naturels, n'était que la figure d'une étude bien plus importante et plus approfondie que vous aviez à faire sur vous même. Vous dûtes apprendre par là qu'il fallait fouiller au fond de votre cœur, sans complaisance et sans illusion, pour y découvrir vos défauts, peut être aussi des vices qui pour l'ordi­naire sont bien mieux connus des autres que de nous mêmes, et pour vérifier, par un sévère examen, les progrès que vous pouviez avoir faits jusque là dans votre travail sur la pierre brute, et ceux qui vous restaient encore à faire. On ne vous dissimula pas que, pour parvenir à cette connaissance si nécessaire de soi même, il fallait un grand désir, beaucoup de courage, et les efforts soutenus de l'intelligence. Mais, pour vous faciliter ce travail pénible, on vous recommanda de cultiver soigneusement la vertu de Tempérance, de cette tempérance universelle qui embrasse l'homme physique, l'homme moral et l'homme intellectuel, qui embrasse toutes ses pensées, toutes ses paroles, toutes ses actions, en un mot tout son être. Ce fut alors que l'Etoile Flamboyante se présenta à vos regards, pour vous diriger dans l'emploi des moyens que vous aviez à prendre, pour acquérir et perfectionner en vous cette vertu, et pour soutenir vos efforts, d'abord chancelants, pour apprendre à la pratiquer. Considérez, mon cher Frère, quel est l'avantage et la supériorité sur ses semblables de l'homme qui a su se rendre maître de ses pensées, de ses paroles et de ses actions ; vous concevrez alors le prix et l'importance de cette tempérance universelle qui vous a été si fort recommandée.           Le troisième grade, en vous présentant un cadavre, figuré sous vos yeux, vous a rappelé la fin de l'homme physique et de toutes les choses temporelles, comme le premier grade vous en avait annoncé le commencement et le second leur durée. Les nombres, consacrés à ce grade, répétés et multipliés sous différentes formes, ne changent jamais de valeur et n'en peuvent donner aucune autre. Ils vous démontrent l'inertie totale et la nullité absolue de la matière, lorsqu'elle est séparée du principe de vie qui la faisait exister. Ils vous apprennent en même temps à bien distinguer ce qui, par sa nature, est périssable dans l'homme et dans toutes choses d'avec ce qui est indestructible, et à ne jamais le confondre. Le monument funéraire qui avait frappé vos regards en entrant dans ce lieu de deuil et de douleur, vous avait déjà donné cette importante leçon et vous avait appris que l'homme, à la fin de son voyage dans la région terrestre, se dépouille de tout ce qui est étranger à sa vraie nature. Mais la flamme qui s'élevait au dessus de ce monument vous avait appris en même temps que sa nature essentielle est impérissable et lui survit, et qu'elle est destinée à remonter à sa source primitive, si elle l'a mérité. Ce grade est encore destiné à donner à ceux qui y sont appelés, une grande leçon d'un autre genre. Etendu dans le cercueil comme n'existant plus, mais y conservant cependant tous les principes de la vie, vous avez figuré l'homme vicieux et corrompu qui paraît entièrement mort à la vertu, qui, oubliant ce qu'il est, ce qu'il se doit à lui même et aux autres et tous ses rapports sociaux, se livre inconsidérément à tous ses penchants déréglés et aux passions les plus avilissantes, qui ne montre plus qu'un être entièrement perdu pour la société qui gémit de sa perte dans le deuil et dans la tristesse. Cependant il reste toujours capable de sortir de cet état funeste, tant qu'il n'a pas éteint au fond de son âme le germe de bien qui l'unit encore à son principe. Il peut toujours, soit par l'effet des bons conseils, des bons exemples qui l'environnent, soit par l'énergie de ses propres résolutions, sortir de cette profonde léthargie et renaître à la vertu. C'est alors que le secours puissant du Maître vient seconder ses premiers efforts. Rappelez vous ici ceux que le Vénérable Maître, qui figurait cette puissance protectrice, a faits pour vous tirer de cet état funeste, et avec quel tendre empressement il vous a arraché du tombeau et rendu à la vie. Alors vous avez retrouvé vos Frères, la joie a succédé au deuil, à la tristesse, et la lumière aux ténèbres. Le nombre de matière morte qui vous caractérisait s'est dissipé et, en acquérant un nouvel âge, vous avez acquis le nombre de la vie. La prudence, cette vertu favorite du Maître, aussi néces­saire à l'homme qui veut rentrer dans la bonne route dont il a eu le malheur de s'écarter qu'à celui qui veut se garantir des dangers dont il sait qu'il est sans cesse environné, vous avait été annoncée, dès le commencement de votre réception, comme un secours toujours présent dans vos besoins, si vous saviez vous l’approprier. Elle vous avait donné ses conseils, que sans doute vous n’avez pas oubliés. Mais en terminant votre réception, et avant de vous abandonner à vos propres forces, elle s'est présen­tée elle même à vos regards et s'est offerte à vous comme un guide sûr, pour vous diriger dans toutes vos actions et vous conduire au terme heureux de vos espérances. Comme nous avons beaucoup de choses à vous dire sur le grade que vous venez de recevoir, nous ne pouvons pas poursuivre plus longtemps l'analyse des grades précédents. Gravez profon­dement dans votre esprit et dans votre cœur les explications lumineuses qui viennent de vous être données, afin qu'elles deviennent désormais la règle invariable de votre conduite. Le quatrième grade, dont nous allons nous occuper, complète et termine votre initiation maçonnique dans les classes des symboles. Dans celui ci, l'Ordre vous présente les mêmes vérités avec de nouveaux développements, sous des formes et allégories différentes, qui tendent toutes au même but ; et cela ne saurait être autrement, puisque c'est toujours l'histoire de l'homme en général, celle de son état passé, présent et futur, de ses rapports directs avec son créateur, avec ses semblables et avec tout ce qui l'environne dans l'univers créé, qu'il vous présente dans celui ci, ainsi que dans les précédents, comme l'unique objet de la Franc‑Maçonnerie primitive. Ces formes, ces allégo­ries, ne sont tant variées que pour imprimer plus profondément dans votre esprit les vérités importantes qu'elles voilent. Mais comme, en se multipliant sous vos yeux, elles vous apportent toujours quelques nouvelles lumières, elles vous imposent aussi de nouveaux devoirs. Vous devez donc à chaque pas redoubler d'attention pour les connaître, et d'exactitude pour les remplir.

Source : ordination des Grands Profès

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Rituel d'ordination d'un Profès(extrait)

Publié le 21 Février 2018 par J.G

"Viens, Esprit Créateur, visiter les cœurs de Tes enfants. Emplis les de la Grâce d'En-Haut, ces cœurs que tu as créés. Tu es appelé l'Esprit Consolateur, le Don du Dieu Très-Haut, la Source d'Eau Vive, le Fou Divin, la Charité, l'Onction Spirituelle des Ames. Viens avec Tes Sept Dons Précieux, Toi qui est le Doigt de Dieu, Toi l'Objet par excellence de la Promesse du Père, Toi qui mets Sa Parole sur nos lèvres. Eclaires nos esprits de Ta Lumière, embrases nos cœurs de Ton Amour, et sanctifies à tous les instants notre chair fragile. Eloignes de nous l'Esprit Tentateur, emplis-nous d'une paix inaltérable, sois Toi-même notre Guide pour nous faire éviter ce qui nuirait à notre Réintégration. Apprends-nous à connaître le Père, apprends-nous à connaître le Fils, et Toi, Esprit et du Père et du Fils, sois à jamais l'objet de notre Foi. Gloire soit-donc en tous les siècles, à Dieu le Père, au Fils ressuscité d'entre les Morts, et au Saint-Esprit Vivificateur…"

Les Assistants : "Ainsi soit-il…"

source : rituel d'ordination aux degrés de Profès et de Grand Profès

commentaires

Lettre de JB Willermoz à Salzmann, du 3-12 mai 1812 (inédite, fonds L.A.).

Publié le 21 Février 2018

Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à

Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un

Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y

participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux

dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe

qui furent alors produites, ne serait jamais connu :

1) Parce qu'elles ne furent livrées qu'à cette condition.

2) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un

voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent

que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde

tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose.

Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions

secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par

de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les

possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre

intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque

du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le

dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le

complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation,

quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une

rédaction plus correcte en langue française qui avait reçu leur

approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai

constamment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me

suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive

ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [sc.

Joseph-Antoine Pont], et il en était persuadé lorsqu'il alla à

Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut

mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le

voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus

atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les

conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je

fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus

qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas

la première et qu'elle avait été commise vers d'autres et peut-être

aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes

résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [sc. FR.- R.

Salztmann], lui dis-je, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris.

Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je

dois le sa-voir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon

entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de

m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire

une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait

faite. Mais pouvais-je, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un

engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai

pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que,

si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé

la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai

déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par

ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes

projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et

dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès

lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en

moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette

époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]

Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé

au-devant de vos observations sur nos instructions des G.Profès. et que

j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques

parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus

profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire

beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus

entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beau-coup de

ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente

années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait

disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de

latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des

G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me

citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes,

ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs

écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de

l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire

sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et

pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître

Ecossais de Saint-André ].

Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les

grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus

étendues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et

il fallut trop abréger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées

sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail.

Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont

été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été

faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc

aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y

développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur

dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases

invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les

parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir

à les rendre plus utiles.

Relisez en critique toutes ces instructions; notez, dans quelle partie

que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou

de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment

et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus

complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et

d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui

en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]

En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts

des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes,

on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes

hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des

peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la

vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la

vraie foi n'y gagne rien.

L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de

l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la

cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de

l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de

sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication,

de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du

Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses

desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de

crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son

Créateur, ont été parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant

les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors,

elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point

qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion

traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque

cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une

doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans

amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

commentaires

La Profession

Publié le 20 Février 2018 par J.G

INSTRUCTION PREALABLE

La Classe Secrète des Profès et Grands-Profès s'éteignit en France pratiquement à la mort de J.B. Willermoz. On sait, par les correspondances d'Antoine Pont, son neveu, que, ne sachant à qui remettre le dépôt et les archives, Willermoz se résigna à les lui donner, Antoine Pont ne les acceptant qu'à la condition de décider, lui-même librement, s'il devait les conserver, les communiquer, ou les détruire.

Et dans la Patente de Constitution du Grand-Prieuré des Gaules par le Grand-Prieuré d'Helvétie, il est dit qu'en 1828, c'est-à-dire quatre ans après la mort de Willermoz, le Chapitre Provincial de Bourgogne cessait définitivement ses Travaux :

"Attendu que par Acte du 2 août 1828 le Chapitre Provincial de Bourgogne, Vème Province de l'Ordre, en dénonçant au Grand-Prieuré Indépendant d'Helvétie la cessation de ses travaux lui conférait tous ces pouvoirs,

"Attendu que, sous date du 29 mars 1830, le Chapitre Provincial de Genève, par Patente spéciale, émanant de la Province d'Auvergne, IIIème Province de l'Ordre, entrée à son tour en sommeil, acquit le droit de constituer des établissements de son Rite, au lieu et place de la dite Province d'Auvergne....."

Ainsi, en France, à Lyon, de 1828 à 1830, soit dans les six années qui suivirent la mort de Willermoz, les "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte" cessèrent leurs travaux et déposèrent leurs archives.

Comment dès lors imaginer Antoine Pont continuant de perpétuer ce qu'il avait reçu de son oncle, et en même temps abandonnant en des mains fraternelles, mais étrangères, des archives probatrices de ses pouvoirs ? Comment imaginer qu'une cessation aussi officielle, confirmée d'une remise des archives, n'eût pas eu lieu avec l'assentiment des très rares Frères qui vivaient encore à l'époque ? Or, tout porte à croire qu'il n'y en avait pas, et qu'Antoine Pont était le seul survivant, à plus forte raison dans la Profession.

Ce qui confirme cette conclusion, c'est que le Martinisme classique, créé par Papus, n'était dépositaire ni des degrés de l'Ordre Intérieur (Novice et Chevalier-Bienfaisant), ni, à plus forte raison, de la Profession. Ce qui enlève toute valeur à l'affirmation que ses Successeurs en ce domaine aient pu la posséder, c'est que ceux-ci n'accédèrent jamais à l'Ordre Intérieur : Teder et Jean Bricaud notamment. Le très-regretté Frère Chevillon avait été adoubé CBCS par le Très-Révérend Frère Camille Savoire, dans le privé. Et le très-regretté Frère Dupont, son successeur, l'avait été au sein du Grand-Prieuré des Gaules, par le successeur de celui-ci, le Très-Révérend Frère Rybinski. Ainsi donc, à Lyon, autrefois centre actif du "Villermozisme" il n'existait plus rien dans les milieux martinistes, en ce domaine.

Par ailleurs, et selon leurs propres déclarations, les promoteurs de la rénovation de l'Ordre Intérieur en France, les Très-Révérends Frères Savoire, Wibaux, Crampon, estimaient que la Profession avait dû s'étendre très tôt après la mort de Willermoz, cela même en Helvétie. En tous cas, ils ne l'avaient point reçue.

Ici, nous devons faire le point. Aux dires de deux témoins importants, dont les témoignages se recoupent dans les détails de la Cérémonie à laquelle ils participèrent à une époque voisine, à Genève, vers 1932, les Révérends Frères Eques a Rosae Caritatis et Eques a Voluntate, la Profession s'était perpétuée. Mais elle avait été malheureusement dépouillée de tout son aspect rituélique rappelant par trop le Martinisme ancien. Elle était conférée de façon forte simple, et l'essentiel en était la lecture, par l'Impétrant, de l'Instruction secrète de son grade. Ces deux Révérends Frères l'avaient reçue, du Très-Révérend Frère Charles Montchal (Eques a Monte-Calvo), Grand-Prieur d'Helvétie à l'époque, et Amez Droz Grand-Chancelier. (Pour des raisons personnelles, le Révérend Frère Eques a Rosae Caritatis décida, après la guerre de 1939-1945, de nier qu'il fût Grand-Profès, estimant que le secret devait être observé sur cela, et qu'on en parlait trop en certains milieux).

Mais c'est notamment à ce titre qu'il établit, sur des bases solides, la résurgence des Elus-Cohen pendant la période de Clandestinité. Néanmoins, il estimait que la Cérémonie avait perdu une bonne part de sa valeur sacramentelle, pour demeurer simplement un rite initiatique. Evêque gnostique, il désirait revenir à une forme absolument traditionnelle. Cette diminution de la valeur sacramentelle ancienne avait été observée par le second témoin, le Révérend Frère Eques a Voluntate et l'avait un peu déçu.

Or, c'est avec pertinence, que Probst-Biraben fait cette observation :

"Ni chez les Chrétiens ni chez les Musulmans, un Ordre ne saurait se fonder sans "consécration", de la part d'un personnage qualifié, consacré lui-même par transmission de pouvoirs depuis les Apôtres ou les Prophètes. Hugues de Payen, et Geoffroy de Saint-Omer la reçurent du Patriarche Théoclétès, issu, (par la succession apostolique) de Saint-Jean l'Evangéliste. Ce qui explique en partie leur culte pour Saint-Jean, et la doctrine du Johanisne qu'ils ont la réputation d'avoir professée.

"Ils prononcèrent les trois vœux d'Obéissance, de Pauvreté, et de Chasteté ensuite, devant le prélat catholique de la Ville Sainte (Jérusalem), Garimond, et ils prêtèrent en même temps serment de garder les routes suivies par les pèlerins, et de défendre ceux-ci à la fois contre les infidèles et contre les pillards, nombreux dans la Palestine du XIIème siècle..." (Cf. Probst-Biraben : "Les Mystères des Templiers", p. 12 - Nice 1947).

Par la suite, après des recherches poursuivies pendant plusieurs années, une forme sacramentelle, traditionnelle eu égard aux usages des Ordres Militaires anciens, d'une part, et apte à conférer à ses bénéficiaires des pouvoirs thérurgiques d'autre part, a été établie et retenue. Désormais, la Profession de l'Ordre Intérieur puise sa source dans la Succession Apostolique de l'EGLISE GNOSTIQUE APOSTOLIQUE, remontant à Evode, premier patriarche de l'EGLISE d'ANTIOCHE, consacré par l'Apôtre Pierre, toutes choses reposant sur des pièces et des documents inattaquables.

Cette observation pertinente du Révérend Frère Probst-Biraben, est d'ailleurs confirmé par de très anciens usages de la Chevalerie.

Si celle-ci pouvait être conférée librement par le Suzerain du récipiendaire, (Empereur, Rci, grand Feudataire, ou simplement seigneur suzerain) ou par le père à son fils, par voie de transmission familiale, à partir du XIIIème siècle et avec l'apparition du rituel du "Miles Christi" (Chevalier du Christ), elle devient le privilège de certaines autorités spirituelles. Ainsi, les Abbés de monastère, les Prieurs des divers Ordres Chevaleresques, mais surtout les Evêques. Le Chevalier prend rang, dans la Hiérarchie Ecclésiastique, entre le Portier et le Lecteur. A plus forte raison s'il existe dans l'Ordre Chevaleresque une "Profession", avec ses Vœux d'Ordre, l'Evêque est seul habilité à conférer celle-ci. C'est pourquoi, par esprit d'indépendance, les mêmes Ordres (Temple, Malte, Saint—Sépulcre d'alors, Teutoniques, etc…) tiendront-ils à posséder leurs grands aumôniers, aumôniers, chapelains, etc…, dûment reçus eux-mêmes au sein de l'Ordre, détenteurs, à des degrés divers, de la Succession Apostolique. Et le Grand-Aumônier sera toujours un évêque, possédant la plénitude de celle-ci.

Ainsi, à la Chevalerie purement militaire, base de l'édifice, se substitue dans ses hauteurs, une Chevalerie spirituelle, ayant ses rites, ses traditions, ses enseignements, ses usages et ses œuvres, qu'ignorent généralement les Frères ordinaires.

C'est ce qu'avait recherché J.B. Willermoz, en constituait sa classe secrète au sein de l'Ordre Intérieur. Il le déclare en certaines de ses lettres, son but fut de perpétuer, en fait, le Martinisme et sa doctrine, ainsi que certaines "transmissions" initiatiques.

Mais ce qu'il livre en ces correspondances, est encore mieux explicité et établi par certains passages de son rarissime ouvrage in-folio : "Réponse aux assertions contenues dans l'ouvrage du R.F. L.Eques A.Fascia, Prae + Loth. et Vis. Prus. Ausine, ayant pour titre : "De Conventu Generali Latomorum apud Aques Wilhelminas, etc…" Cet ouvrage est dit "Imprimé à Lyon sur la minute déposée aux Archives du + - 1784".

Pour J.B. Willermoz, la Classe Secrète, dite de la Profession, a toujours existée, même _au sein de l'Ordre du Temple. Et il semble bien qu'il fasse allusion à une classe analogue au sein de la Stricte Observance Templière, ce qui y justifierait la réalité de ces mystérieux "supérieurs inconnus", sur lesquels on glosa tant au XVIIIème siècle et que le baron de Hund sut si bien dissimuler. Voici ce qu'en dit le Fondateur de l'Ordre de la Cité Sainte :

"Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu'on l'entend, n'est qu'un but accessoire, et ces allégories, ces emblèmes, sont les instructions bienfaisantes que l'Institution donne à ceux qu'elle reçoit en son sein ! S'ils étaient des signes muets, ou n'étaient susceptibles que d'une interprétation relative à l'Ordre du Temple, je demanderais pourquoi recommander avec tant de soin, au Maçon, de les méditer ? Une Société qui ne veut que soulager l'Humanité devrait-elle pour atteindre ce but, se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des marques de cette nature ? Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l'indigent, on forme un bureau de charité et on ne s'occupe que de cet objet…" 

"A l'égard de l'Ordre Intérieur, il fut pareillement arrêté qu'il serait composé de deux grades ou classes : l'une d'Ecuyers-Novices et l'autre de Chevaliers. Je n'entre dans aucun détail relativement à ces grades. Celui du Noviciat a déjà été agréé tel que vous l'aviez adopté. Si je parlais à d'autres, je dirais que, d'après ce que j'ai exposé dans le cours de cet ouvrage, et particulièrement dans les chapitres II et III, on peut aisément se former une idée de ce qu'ils doivent être, et_ de ce qu'ils laissent espérer, à_ celui qui se rendra digne du titre de "Chevalier de la Foi" dont il sera décoré…" 

Cet Ordre inattendu dont se réclame Willermoz, il le qualifie déjà en un passage antérieur :

"Haut-Ordre essentiel, plus ancien que les Templiers, et qui pourrait avoir été le but primitif de la fondation du leur…"

L'Histoire nous dit que lorsque les Croisés s'emparèrent de Jérusalem, lorsque Godefroy de Bouillon, proclamé roi de Jérusalem par ses pairs ne voulut porter que le titre de baron du Saint-Sépulcre, (qu'il transmit d'ailleurs à ses descendants, les ducs de Bouillon, princes de la Tour d'Auvergne), ils y trouvèrent une communauté chrétienne assez mystérieuse, ayant pour but la prière sur le saint Tombeau, communauté fondée par saint Jacques dès la mort du Christ, et agrandie et privilégiée par l'impératrice Hélène et l'Empereur Constantin. C'est cette communauté qui fournit les premiers chanoines de l'Ordre du Saint-Sépulcre, lesquels eurent immédiatement le privilège de conférer le collée chevaleresque aux pèlerins venus d'Europe, et ainsi, de leur conférer la noblesse personnelle.

Et ce "haut-ordre essentiel", c'est l'Ordre de Melchissedec, c'est cette succession dont se réclama le Christ, "prêtre selon l'Ordre de Melchissedec", selon les Ecritures. Succession remontant à l'époque où Abraham est sacré de cette façon, soit dix-neuf siècles avant notre ère. Ce n'est point ici le lieu d'en parler plus avant, ni de montrer comment et sous quelle forme elle fut l'apanage des Réaux + de Martinez de Pasquallis. Il convient d'observer ici la discrétion et la modestie de Willermoz, qui conclut en disant :

"J'ai reconnu ci-devant qu'il doit y avoir des Supérieurs, qui ont la faculté d'instruire, et non de commander, qui tiennent a un Ordre essentiel, plus ancien que le nôtre, et j'ai indiqué l'idée qu'on peut et qu'on doit en former…" 

La Succession Apostolique, avec ses centaines de rameaux, a toujours été soigneusement tenue à jour par les diverses Eglises constituant la Chrétienté, latine ou orientales. Chaque rameau remonte nécessairement à un des Douze. Et chacun des Douze l'a reçu du Christ, "Prêtre selon l'Ordre de Melchissedec". C'est là l'Ordre Essentiel.

source : rituel ordination Profès et Grand Profès

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