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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

RECEPTION D'UN CHEVALIER-PROFES AU DEGRE DE  GRAND-PROFES.-

Publié le 9 Août 2026 par T.D

 

Le Chapitre des Grands-Profès étant assemblé, l'ouverture des Travaux étant effectuée comme dans le Chapitre de Chevaliers Bienfaisants, et après l'Amen de l'Invocation à Dieu, on ouvre au degré de Profès. Après le "Veni Creator" et le dernier Amen des Assistants, commence le Chapitre des Grands-Profès. Le Profès impétrant est debout devant l'Autel. Le Senior est à sa droite et lui remet le Formulaire contenant les réponses qu'il devra faire aux questions du Commandeur Grand-Profès.

oOo

Le Commandeur Grand-Profès :

"Mon Frère, que demandez-vous ?"

L'Impétrant :

"Je demande à être reçu et admis comme Grand-Profès en la Compagnie des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte du Très-Saint Sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ, Chevalier du Parfait Silence, Silencieux Inconnus…"

Le Commandeur :

"Frère Bien-Aimé, lorsque le Seigneur ordonna à Moïse, afin de l'aider en la conduite d'Israël, de choisir parmi le Peuple soixante-dix hommes sur lesquels Il répandrait les Dons de Son Esprit-Saint, Il lui fit cette recommandation : "Choisis ceux que tu sais être capables d'être comptés dans les Anciens du Peuple…". Vous avez sans doute été préfiguré parmi ces soixante-dix vieillards, Frère Bien-Aimé, si, avec l'aide de l'Esprit-Saint, conservant la Foi du Décalogue, vous faites la preuve de votre sagesse et de votre maturité par le Connaissance et par les Œuvres.

"La même significatin, mystique et préfigurative, apparaît dans le Nouveau Testaient, quand le Seigneur choisit soixante-douze Disciples et les envoya deux à deux devant lui pour préparer ses voies. Il voulait apprendre, par ses paroles et par ses actes, aux Agents qu'il envoyait ainsi, qu'ils devaient être parfaits en leur Foi et en leurs Œuvres, c'est-à-dire enracinés dans le double amour de Dieu et du prochain. Appliquez-vous donc, Frère Bien-Aimé, à être tel que, par la Grâce de Dieu, vous deveniez en votre sphère, le digne coopérateur de Moïse et des Apôtres, c'est-à-dire que vous repreniez la place qu'à l'aube des temps, l'Eternel avait confiés à l'Homme, quant à la Régénération Universelle… Mon Frère, veuillez vous agenouiller…"

Le Senior prend alors l'Evangile ouvert au prologue de Jean, et le dépose, tout ouvert sur la poitrine de l'Impétrant, lequel le retient en croisant ses avant-bras sur sa poitrine au signe du "Bon Pasteur".

Le Commandeur lui impose alors les deux mains ouvertes, pouces en équerre, index unis, sur le sommet de la tête et dit :

"Frère, recevez le Saint-Esprit… Que par la Bénédiction Céleste, votre tête soit ointe et sacrée dans l'Ordre des Grands-Prêtres !
Donnes-lui, Dieu Eternel, d'être par Toi, le Ministre de la Réintégration _en paroles et en œuvres, par la Puissance des Signes et des Prodiges… Donnes-lui, Seigneur, les clés du Royaume d'En-Haut pour qu'il ne fasse pas des Ténèbres la Lumière, ni de la Lumière les Ténèbres. Qu'il soit au service des sages comme des insensés, des savants comme des ignorants. Par le Père Créateur, par le Fils Rédempteur, par l'Esprit Conservateur…"

Le Senior présente au Commandeur l'Huile d'Onction sur un plateau. Le Commandeur prononce la formule de sacralisation de l'Huile, main droite ouverte au-dessus :

Le Commandeur :

"Je vous exorcise, Huile et Aromates, créatures de l'Eternel, afin que toute illusion et toute puissance de l'Esprit Ténébreux s'éloigne de vous à jamais. Que par ce rejet et par la vertu de l'Esprit-Saint, vous deveniez, convenablement mêlées, 1e titre d'adoption filiale pour celui qui va être revêtu de votre onction, N..... (prénoms de l'Impétrant), Eques....... (nom d'Ordre). Nous Te supplions donc, Seigneur, Dieu Tout-Puissant, par Jésus-Christ Ton Fils, Notre Rédempteur, de sanc + tifier par Ta Sainte Béné + diction cette Huile et ces Aromates, Tes Créatures, et de les remplir de la vertu de Ton Esprit-Saint Conservateur. Fais donc, Seigneur, que Ta sanctification, une fois répandue dans l'Homme par cette Onction, la corruption de la Première Nature soit anéantie, et que son Ame, devenue semblable à Ton Saint Temple d'En-Haut, exhale la suave odeur que produit l'innocence de la vie. Que cette Huile et ces Aromates, convenablement mêlées et revêtues de Ta Sainte Béné + diction, soient, pour tous ceux qui renaîtront et de l'Eau du Baptême et du Feu de Ton Saint-Esprit, un Chrême de salut qui les rende participants de la Vie Eternelle et les mette aux rangs de Tes mineurs Elus. Par le Père Créateur, par le Fils Rédempteur, par l'Esprit-Conservateur… Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur, de son pouce droit humecté d'huile, trace une croix de saint André (le khi grec, initiale de Christos, et de Kyrios-Seigneur) entre les sourcils de l'Impétrant, puis, au sommet de la tête, un petit cercle coupé d'une croix diamétrale, en disant :

"Recevez l'Esprit-Saint. Que l'Eternel qui a bien voulu vous élever à la dignité mystérieuse des grands-prêtres, vous signe Lui-même de la liqueur de Son onction mystérieuse, qu'il vous donne la fécondité spirituelle par l'abondance de ses Bénédictions, pour que tout ce que vous bénirez soit béni, que tout ce quo vous sanctifierez soit sanctifié. Recevez également le pouvoir de transmettre, légitimement et régulièrement, ce que vous recevez en ce jour, pour le bien de l'Ordre et pour celui de l'Humanité tout entière. Et que comme l'olivier fertile, l'Eternel vous l'accorde par Sa Grâce. Par le Père Créateur, par le Fils Rédempteur, par l'Esprit-Conservateur… Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :              (Lit le Psaume CXXXIII) :

"Car c'est une chose excellente pour des Frères, d'être unis ensemble. C'est comme l'Huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, descendant ensuite sur le bord de son vêtement, comme la rosée du mont Hermon descend ensuite sur la montagne de Sion… Car c'est là que l'Eternel envoie la Bénédiction et la Vie pour l'Eternité…"

Le Commandeur pose ses deux mains à plat sur les épaules de l'Ordiné et dit :

Le Commandeur :

"N.....(prénom), Eques.....(nom d'Ordre), je te crée et constitue Grand-Profès en l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte du Très-Saint Sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ, Chevalier du Parfait Silence, Silencieux Inconnus…"

Le Commandeur dit alors le Psaume LXXIIl

"Seigneur, donne Tes jugements au Roi et Ta justice au Fils du Roi. Il jugera Ton peuple avec Justice, et Tes malheureux avec équité. Les montagnes porteront la paix pour le peuple, et les collines aussi, par l'effet de Ta justice. Il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre, et il écrasera l'oppresseur. On Te craindra tant que subsistera le soleil, tant que paraîtra la lune, de génération en génération. Il sera comme une pluie qui tombe sur un terrain fauché, comme des ondées qui arrosent la campagne. En ses jours, 1e juste fleurira et la paix sera grande, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lune. Il dominera alors d'une mer à l'autre, et du fleuve aux extrémités de la terre. Devant lui, les habitants du disert fléchiront le genou et ses ennemis lècheront la poussière. Les rois de Tarsis et des Iles paieront des tributs, les rois de Saba et de Séba offriront des présents, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les Nations le serviront, car il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux qui n'a point d'aide. Il aura pitié du misérable et de l'indigent, et il sauvera la vie des pauvres. Il les affranchira de l'oppression et de la violence. Leur sang aura du prix à ses yeux. Ils vivront et lui donneront l'or de Séba. Ils prieront pour lui sans cesse, et ils le béniront chaque jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, et leurs épis s'agiteront comme les arbres du Liban. Les hommes fleuriront dans les villes comme l'herbe de la terre. Son nom subsistera à toujours, aussi longtemps que le soleil il se perpétuera. Par lui, on se bénira mutuellement, et toutes les nations le diront heureux.

Béni soit donc l'Eternel Dieu, le Dieu d'Israël, qui seul fait des prodiges. Béni soit à jamais son Nom glorieux et que toute la Terre sait emplie de Sa Gloire…"

Le Senior replace alors l'Evangile et fait relever l'Impétrant devenu le nouvel Ordiné. Le Commandeur reprend sa place de l'autre côté de l'Autel.

Le Commandeur :

"Je n'ai point besoin, mon cher Frère, de vous souligner que les paroles de ce Psaume ne doivent point être prises à la lettre, mais que bien au contraire elles nous révèlent un aspect de la Régénération future, aussi bien que des Esprits qu'il nous appartient de soumettre de nouveau à l'Eternel…"

Le Commandeur vient alors se placer à droite de l'Ordiné et le Senior à sa gauche. Ce dernier lui remet le texte de l'Invocation ci-après, qu'il devra dire seul. Tous trois s'agenouillent, et l'Ordiné commence la lecture :

L'Ordiné :

"Prosterné devant Toi, ô Dieu Vivant, Action du Père, Sauveur Universel, j'ose Te demander la confirmation de l'Election et de l'Ordination que je viens de recevoir sous les trois puissances divines que le Créateur accorda à son serviteur Zorobabel, pour l'entière délivrance de la Captivité où fut réduit le peuple d'Israël par la force de ses prévarications. A cet exemple, ô Dieu Puissant et Miséricordieux, je ne prosterne devant Toi pour t'offrir tout mon être et le soumettre à Ta Puissance, à Ta justice, à Ta clémence.

"Qu'il Te plaise, ô mon Dieu, de délivrer mon âme pénitente de l'esclavage les Démons et de la servitude de leurs intellects, afin que sous Ta sainte garde, et sous Ta protection, je sois dépouillé de toute passion et de toute affection mondaine, et ne sois plus revêtu et pénétré que de sentiments spirituels, pour la plus grande gloire du Père Créateur + du Fils Rédempteur + de l'Esprit Saint Conservateur + et pour celle de Ton fidèle serviteur et élu (il se nomme par ses prénoms et nom), N....., qui ne veut plus vivre, agir, et mourir qu'en Dieu… Amen + Amen + Amen + …" 

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Les Frères se relèvent, le Commandeur reprend sa place à l'Orient et dit :

Le Commandeur :

"Frères, formons la Chaîne fraternelle…"

On forme la Chaîne, le Commandeur dit le Pater Noster, et tout le reste du Rituel se déroule ensuite comme pour

a)- le Chapitre de Profès et sa fermeture,

b)- le Chapitre de Chevaliers Bienfaisants et sa fermeture.

OBSERVATIONS.-

Etant donné sa longueur, (elle constitue un exposé complet de toute la doctrine Martiniste traditionnelle, telle qu'on la concevait au XVIIIème siècle, directement extraite des enseignements de don Martinez de Pasquallis), l'Instruction des Grands-Profès était remise en lecture au nouvel Ordiné, avec interdiction d'en prendre copie.

C'est d'ailleurs ainsi que les Révérends Frères Eques a Rosae Caritatis et Eques a Voluntate en eurent connaissance, sans le copier, à Genève.

Toutefois, cette remise avait lieu au cours d'une Cérémonie assez simple, qu'on trouvera d'ailleurs reproduite aux pages 248 à 251 du livre de Paul Vulliaud : "Joseph de Maistre franc-maçon", (Paris 1926, Nourry éditeur).

Il y est dit que "la forme de cette Instruction a quelque fois varié selon les temps et les circonstances, mais le fond, qui est invariable, est toujours resté le même…"

Les pages 252 à 257 nous donnent d'ailleurs, en cet ouvrage, le canevas que doit suivre cette Instruction doctrinale. Il ne suffit que d'en parcourir les titres de ses cahiers pour se convaincre qu'il ne s'agit que du Martinisme le plus traditionnelle, et qu'elle s'apparente aux exposés de ce genre usités dans les initiations martinistes dites de “Saint-Martin".

Elle pourrait être résumée par les sujets mêmes de chaque cahier mais on pourrait tout aussi bien faire un résumé suffisamment clair et ordonné du "Traité de la Réintégration des Etres" de don Martinez de Pasquallis.

--- o0o---

VII – ADDITIF.-

"Dieu Tout-Puissant, Créateur et Conservateur du genre humain, Distributeur de tous les Dons Spirituels, Eternel Fondateur de notre salut, daignes Seigneur envoyer des Cieux Ton Esprit-Saint Consolateur, et sur cet Anneau et cette Pierre, symbole et rappel de celle constitutives de Ta Sainte Cité Céleste, répandre Ta Sainte Béné + diction, afin qu'ils soient pour N..... (prénom) une armure puissante contre toutes les forces déchaînées du Monde Inférieur. Par Jésus-Christ Notre Seigneur, ainsi soit—il…"
(La croix (+) qui est tracée au moment du prononcé du mot "Béné + diction", est faite avec le pouce dextre, imbibé de l'Huile d'Onction).

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PROFES

Publié le 9 Août 2026 par T.D

INSTRUCTION SUR LA DECORATION DU TEMPLE CHAPITRAL.–

A – Profession

L'Autel est décoré conformément aux Instructions requises pour un Chapitre ordinaire de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte.

Les Neuf Lumières de l'Ordre Intérieur se trouvent donc allumées entre les parties supérieures des deux Glaives disposés en "croix de Saint-André", (vers les gardes), et constituant ce que le Rituel dénomme le "trophée d'armes". Les Eperons d'or sont disposés de part et d'autre de ce "chrismon", en alpha et en omega. Dans la partie inférieure du dit "chrismon", entre les pointes des lames, l'Evangile de Jean, et sur sa page initiale, la Croix Pectorale de l'Ordre Intérieur.

Au croisement des deux lames, un Masque noir est posé. 

B - Grande-Profession.

L'Autel est décoré de même, le Masque est posé à la croisée des lames des deux Glaives.

Sur la partie inférieure de ces dernières, posées de façon à évoquer la silhouette d'un "W", sont disposées deux Bougies de cire, neuves.

Cerclant le tout, (les Neuf Lumières, l'Evangile, le Masque), et chevauchant ainsi les Glaives, une Cordelière Rouge est disposée en "lacs d'amour", les deux extrémités nouées par un "nœud de carrick." (2)

IV - OUVERTURE DU CHAPITRE DE LA PROFESSION.-

Le Chapitre étant assemblé, l'Ouverture des Travaux étant effectuée, le Commandeur-Profès a prononcé l'Amen de l'Invocation à Dieu. Les Chevaliers-Profès sont debouts, dans la tenue prescrite. L'Impétrant est debout devant l'Autel en la même tenue.

Le Commandeur-Profès :

"Frères, avant de nous mettre en la présence de l'Esprit-Saint, Divin Intermédiaire entre DIEU et l'HOMME, il convient de déposer nos Glaives et de nous recueillir…"

Les Frères déposent leurs Glaives et demeurent debouts.

Le Commandeur (dit le "Veni Creator") :

"Viens, Esprit Créateur, visiter les cœurs de Tes enfants. Emplis les de la Grâce d'En-Haut, ces cœurs que tu as créés. Tu es appelé l'Esprit Consolateur, le Don du Dieu Très-Haut, la Source d'Eau Vive, le Fou Divin, la Charité, l'Onction Spirituelle des Ames. Viens avec Tes Sept Dons Précieux, Toi qui est le Doigt de Dieu, Toi l'Objet par excellence de la Promesse du Père, Toi qui mets Sa Parole sur nos lèvres. Eclaires nos esprits de Ta Lumière, embrases nos cœurs de Ton Amour, et sanctifies à tous les instants notre chair fragile. Eloignes de nous l'Esprit Tentateur, emplis-nous d'une paix inaltérable, sois Toi-même notre Guide pour nous faire éviter ce qui nuirait à notre Réintégration. Apprends-nous à connaître le Père, apprends-nous à connaître le Fils, et Toi, Esprit et du Père et du Fils, sois à jamais l'objet de notre Foi. Gloire soit-donc en tous les siècles, à Dieu le Père, au Fils ressuscité d'entre les Morts, et au Saint-Esprit Vivificateur…"

Les Assistants : "Ainsi soit-il…"

V - RECEPTION D'Un CHEVALIER DANS LA PROFESSION,

AU DEGRE DE PROFES

Le Senior vient se placer à la droite de l'Impétrant et lui remet le Formulaire contenant les réponses qu'il devra faire aux questions du Commandeur-Profès.

Le Commandeur :

"Mon Frère que demandez-vous ?.."

L'Impétrant :

"Je demande à être reçu et admis comme Profès en la Compagnie des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte du Saint-Sépulcre de Jérusalem en Palestine, Chevaliers du Parfait Silence…"

Le Commandeur :

"Réfléchissez, Frère Bien-Aimé, qu'en demandant d'assumer le joug du Seigneur, vous requérez une chose grande, car de cet Ordre, vous ne voyez que l'écorce extérieure. C'est ainsi que vous serez contraint de jeûner lorsque vous aurez envie de manger, vous serez contraint de veiller lorsque vous aurez envie de dormir, vous serez contraint d'obéir lorsque vous aurez envie de vous libérer, (et tout ceci sans vous en donner nécessairement les raisons… Réfléchissez donc bien, avant de vous dépouiller de la pseudo-liberté de ce Monde Temporel, et de la remettre entre les mains du Seigneur…"

L'Impétrant :

"Je la remets totalement entre Ses Mains…"

Le Commandeur :

"N'avez-vous point prononcé des Vœux d'Ordre contraires, en une autre société humaine ?…"

L'Impétrant :

"Quoi qu'il en ait été dans le Passé en ce domaine, je les abjure et ne retiens que ceux conformes à mon désir de ce jour…"

Le Commandeur :

"Nous vous recevons donc avec bonté et ne vous promettons que le Pain et l'Eau, le Travail et la Peine, et le Vêtement d'Humilité. Serez-vous capable, Frère Bien-Aimé, de les souffrir en vue de la Vie Eternelle ?…"

L'Impétrant :

"Je les souffrirai s'il plaît à Dieu…"

Le Commandeur :

"Mon Frère, de même que l'Ordre qui vous a accueilli en son sein comme Chevalier, a perpétué jadis son existence au sein d'un Ordre moins secret, de même un Ordre plus mystérieux encore, plus auguste et plus mystique, perpétua la sienne au sein du Temple disparu. Dépositaire d'une Tradition et d'un Sacerdoce remontant aux premiers âges du Monde, il a pour mission de les transmettre à tout Homme de Désir. Estimant que voua êtes digne de pénétrer à votre tour en cet Ordre Essentiel, nous allons vous en communiquer les Instructions. Frères, veuillez prendre place…"

Les Chevaliers et l'Impétrant s'asseoient.

Le Commandeur :

"Très-Cher et Bien-Aimé Frère ! L'Instruction que vous allez entendre n'est point notre ouvrage, elle est fondamentale pour l'admission des Profès, et nous vous la donnons telle que nous l'avons reçue.....................................................

(Voir_texte_ complet _de _cette_ Instruction)

"Mon Cher Frère, les Instructions que vous venez d'entendre ont été destinées par nos Instituteurs à faire entrevoir aux Profès le vrai but des Initiations anciennes. Donnez-y l'attention la plus sérieuse pour que le bien que nous avons voulu vous faire ne serve pas à votre Condamnation. Nous supplions le Grand Architecte de l'Univers quelles que soient les connaissances que vous pourrez en acquérir, de vous préserver par sa Bonté Infinie du malheur d'en abuser 

Le Commandeur :

"Nous lisons dans le troisième chapitre du Livre des Nombres que le Seigneur parla à Moïse et lui dit :

"Faites approcher le tribu de Lévi, et faites que ceux qui sont de cette tribu se tiennent devant Aaron le Grand-Prêtre, afin qu'ils servent et qu'ils veillent. Qu'ils observent tout ce qui regardera le culte que le Peuple d'Israël doit me rendre devant le Tabernacle du Témoignage. Qu'ils aient en garde les vases du Tabernacle, et qu'ils rendent tous les services qui regardent le Saint Ministère. Car vous donnerez les lévites à Aaron et à ses fils comme un présent que leur font les enfants d'Israël, mais vous établirez Aaron et ses fils pour les fonctions du Sacerdoce. Et tout étranger qui s'approchera du Saint-Ministère sera puni de mort. Car J'ai pris les lévites d'entre les enfants d'Israël, en la place de tous les premiers-nés, c'est pourquoi les lévites seront à Moi… Et ils veilleront dans le Tabernacle de l'Alliance, ayant en mains le Tabernacle lui-même, et tout ce qui appartient au Ministère de l'Autel. Ils garderont l'Arche d'Alliance, la Table des Pains de Proposition, le Chandelier à Sept Branches, les Autels des Parfums et des Holocaustes, et les Vases qui servent au Saint-Ministère, 1e Voile du Saint des Saints, et toutes les choses de cette nature…"

"C'est pourquoi, mon Frère, vous prenez rang en ce jour, par le mystère de cette substitution ésotérique de la Nouvelle Alliance à l'Ancienne, de celle de la Tribu de Lévi aux Premiers-nés d'Israël, dans l'Ordre des Milites gardiens de l'Autel, mais de cet Autel Eternel que saint Jean nous révèle en son Apocalypse. Aujourd'hui donc, alors que vous allez recevoir le premier degré de la Sainte Profession et que vous êtes ainsi choisi pour la garde du Tabernacle, la conduite de l'Arche Sainte, la reconstruction du Saint-Temple (, c'est-à-dire de ce que cela préfigurait, soit la Cité Céleste, l'Eglise Eternelle, qui toujours entourées d'ennemis, leur livrent un incessant combat, il est utile de vous rappeler les paroles de l'Apôtre Paul : “Nous n'avons point à lutter contre la Chair et le Sang, mais contre les Princes de ce Monde Ténébreux, contre les Esprits du Mal, répandu dans les Airs…"

"C'est donc l'accès à cette Jérusalem Céleste que vous devez défendre par la puissance de votre parole, par l'exemple de toutes vos actions, par la vertu des Pouvoirs lévitiques que vous recevrez aujourd'hui. Soyez donc fidèle, courageux, honnête, et sincère. Et puisque Lévi signifie "ajouté" et "élevé", soyez élevé au-dessus de vous-même, au-dessus des tentations matérielles qui assiègent et guettent l'Homme ici-bas, sur les chemins arides de la Cité Sainte d'En-Haut. Justifiez alors ce que dit l'Ecriture : "Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur…" Car vous devenez aujourd'hui le coopérateur, le milite, du Sacrificateur par excellence. Et que l'Eternel vous l'accorde par Sa Grâce. Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :

"Mon Frère, veuillez vous agenouiller…"

Le Senior met sous les yeux de l'Impétrant le texte de la Promesse :

L'Impétrant :

"Moi N...... (Prénom), Eques ...... (nom d'Ordre), en présence des Saints Evangiles, je fais vœu au Dieu Tout-Puissant, à la Glorieuse Vierge Marie (sauter cet élément de la Promesse, si l'Impétrant appartient à la Religion Réformée), à saint Jean-Baptiste, à saint André, à saint Hilaire, d'observer et garder, tout le temps de ma vie en ce Monde Temporel, l'Obéissance, tant aux vérités chrétiennes essentielles qu'à la Règle de l'Ordre et de sa Profession, la Pauvreté spirituelle, par le mépris des biens de ce monde, l'aumône et les bonnes œuvres, La Chasteté, tant dans le célibat qu'en mes devoirs d'époux. Je promets en outre que, chaque jour de ma vie terrestre, et selon les Instructions qui me seront données, je combattrai les Puissances de Prévarication et que, de toute la force et de tout le pouvoir qu'il plaira à l'Eternel de me donner, j'aiderai à conquérir la Terre Sainte de la Jérusalem d'En-Haut, protégeant et défendant, par la Prière et par les Œuvres, le cheminement des Ames vers la Sainte Cité. Ainsi, Dieu me soit en aide, mes Saints Patrons, et mes frères dans l'Ordre…"

Le Commandeur :              Vient devant l'Impétrant, lui impose la main droite sur la tête et dit :

"Recevez la Parole de l'Eternel, en ses saints enseignements, et soyez-en le dépositaire fidèle et sûr. Recevez puissance et autorité sur tous les Esprits Prévaricateurs… Avec la Grâce de l'Esprit Saint Conservateur, vous les pourrez ainsi combattre et chasser, tant des Créatures humaines, animales, végétales, minérales, que des objets et des lieux… Recevez l'Esprit-Saint, et avec lui, le pouvoir de résister à l'Esprit des Ténèbres et à ses tentations… Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :              Prend un Flambeau préalablement allumé par le Senior au Flambeau Central de l'Autel. Il dit alors en le lui remettant :

"Recevez cette Lumière Ardente, et que votre propre clarté brille alors devant les Hommes, afin que, voyant vos œuvres, ils glorifient votre Père, qui est dans les Cieux. Et comme ce Flambeau est lui-même l'Image des Lumières Célestes, c'est-à-dire des Esprits Majeurs environnant l'Autel de l'Eternel, que le Seigneur vous accorde leur protection et leur appui en toutes vos œuvres… Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :              Impose de nouveau la main droite sur le sommet de la tête de l'Impétrant et dit :

"Que le Seigneur allume en vous le Feu de Son Amour et la Flamme de la Charité Eternelle...Ainsi soit-il..."

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :              Maintient sa droite sur la tête de l'Impétrant et dit :

"N....(prénom) Egues....... (nom d'Ordre), je te crée et te constitue Profès en l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte de Notre Seigneur Jésus-Christ. Chevalier du Parfait Silence. Daignes, Seigneur, confirmer cette ordination…"

Le Senior :

"En ton Saint Temple de Jérusalem…"

Le Commandeur :

"Seigneur, exauces ma prière…"

Le Senior :

"Et que mon cri monte jusqu'à Toi…"

Le Senior reprend le Flambeau du nouvel Ordiné et le dépose sur la crédence.

Le Commandeur :              Dit la "Prière de Réconciliation",  agenouillé devant l'Autel, tous font de même.

"Seigneur, Dieu Eternel et Tout-Puissant, ô Dieu Créateur, Vengeur et Rémunérateur, prosternés devant Toi au sein de Ta Puissance Infinie, couverts de honte, accablés de remords, et pénétrés de repentir d'avoir outragé Celui que Tu as daigné revêtir de notre Humanité pour nous régénérer en puissance de Toi, en Lui, et aussi en Ton Esprit Divin, sur tous les Esprits qu'il a fournis par là à notre autorité, par la correspondance d'intelligence qu'Il nous a donnée avec tous les Esprits Saints de Ta Cour Divine, Céleste et Spirituelle, nous Te supplions, par Ton Nom Saint et Redoutable, qui donna tant de force et de puissance à Héli Ton fidèle Elu, que par ce même nom que j'invoque, nous redoublions de vertu et de puissance auprès de Toi, pour obtenir le Pardon Général de toutes nos fautes, à nous tous qui sommes en Ta Sainte Présence, à tous nos Frères absents, et plus particulièrement à notre Bien-Aimé Frère N.....(prénom du nouvel Ordiné). Nous Te prions aussi, ô Dieu de Paix et de Miséricorde, de dissiper autour de nous pour toujours toutes influences de troubles, de discorde et de dissension, afin que nos supplications, nos prières et nos louanges devant Ta Majesté Adorable, ne puissent émaner que de cœurs purs et paisibles. Et s'il reste encore en nos cœurs quelques vestiges de dissensions, si légers et sous telle ombre que ce soit, daignes les dissiper et lés effacer, ô Toi qui seul peut nous donner la Paix en cet instant où, en Ta Sainte Présence, nous nous en donnons tous le signe et l'assurance. Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…"

Le Commandeur :              Il se relève, tous l'imitent. Il va reprendre sa place derrière l'Autel.

"Frères, formons la Chaîne fraternelle…"

On forme la chaîne. Le Commandeur dit alors le Pater et la Prière de Manassé.

"Notre Père, qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne advienne, que Ta Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Donnes-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonnes-nous nos offenses comme nous les pardonnons à tous ceux qui nous ont offensés, ne nous laisse pas succomber à la Tentation, mais libère nous du Mal, car à Toi seul appartienne le Règne, la Puissance et la Gloire, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il…"

Les Assistants :

"Ainsi soit-il…" 

Le Commandeur donne alors le baiser de paix au Frère Senior, qui le transmet au Frère qui est le premier à droite en la Chaîne et le baiser s'échange de Frère à Frère. A chaque fois, on dit, (celui qui le donne) :

"Sicut et cos dimitti mis…"

Lorsque l'échange est terminé :

Le Commandeur :

"Frère, rompons la Chaîne..."

Les Frères rompent la Chaîne.

On revient alors au Rituel de Fermeture du Chapitre de Chevaliers Bienfaisants.

--- o0o---

 

 
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Les origines du Rite Écossais Rectifié : Genèse d’un courant maçonnique chrétien et spiritualiste

Publié le 9 Août 2026 par T.D

Le Rite Écossais Rectifié (plus proprement le Régime Écossais Rectifié) est un Rite maçonnique aux racines essentiellement chrétiennes et chevaleresques, qui intrigue souvent les francs-maçons d’autres Rites, particulièrement dans les pays où la franc-maçonnerie a été comprise comme étant naturellement progressiste et rationaliste, voire anticléricale. Le Rite Écossais Rectifié est pourtant bien un Rite maçonnique, dont la forme et le contenu font écho à tout un pan de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle, le courant illuministe et mystique, qui a toujours coexisté avec le courant rationaliste. Quel est le cheminement qui a conduit à la création officielle du Rite Écossais Rectifié en 1782 ? Quelles sont les différentes sources du Rite Écossais Rectifié et qui en est l’auteur ? Voici, de manière très résumée, les principaux éléments de l’histoire du Rite Écossais Rectifié.

Les sources du Rite Écossais Rectifié : Une synthèse spirituelle du XVIIIe siècle

Tous les Rites maçonniques sont le confluent de plusieurs influences, et c’est particulièrement flagrant pour le Rite Écossais Rectifié. Ce Rite maçonnique plonge en effet ses racines dans plusieurs courants qui ont alimenté la genèse de la franc-maçonnerie sur le continent européen.

La première source est bien entendu la franc-maçonnerie de la GLUA (la Grande Loge des Modernes, diffusée en Europe à partir des années 1725, sous la forme de Loges des trois grades symboliques (Apprenti, Compagnon et Maître). C’est évidemment le point de départ de tous les Rites maçonniques. À cet égard, les grades symboliques du Rite Écossais Rectifié sont un témoin extrêmement précieux des anciens usages maçonniques français. La franc-maçonnerie française du XVIIIe siècle pratiquait des rituels très variés, tous fondés sur la même tradition Moderne, mais différant par de nombreux détails. Seuls deux ont survécu: le Rite Français de 1785 (publié en 1801 sous le titre de "Régulateur du Maçon") et les rituels des loges bleues du RER parfois plus archaïsants dans leur forme que ceux du Rite Français.

Les Hauts Grades et l’Écossisme

La deuxième source est ce l’on convient d’appeler l’"Écossisme", c’est-à-dire le développement, longtemps anarchique et confus, des hauts grades du REAA. Ces degrés, au-delà du grade de Maître, se sont surtout développés en France, mais aussi en Allemagne et en Suède. Les francs-maçons jacobites (c’est-à-dire restés fidèles à la dynastie des Stuart après la Glorieuse Révolution anglaise de 1688), dont beaucoup vivaient en exil en France, jouèrent un rôle important dans l’apparition de ces Hauts Grades, qu’ils connotèrent souvent d’allégories concernant le rétablissement des Stuart sur le trône d’Angleterre.

La légende templière dans les Rites maçonniques

La troisième source, et non la moindre, est la légende templière, apparue en franc-maçonnerie dès les années 1750. Selon cette légende, dont existent plusieurs variantes, les francs-maçons se seraient liés aux Templiers et leur auraient offert refuge lors de leur persécution, leur permettant ainsi de survivre.

Influence mystique : le Martinézisme

La quatrième source est l’une des expressions de la franc-maçonnerie illuministe et mystique du XVIIIe siècle, qui fut multiple, allant de l’alchimie et de l’hermétisme au rosicrucianisme, à la magie et même à la nécromancie. Il s’agit du Martinézisme, une doctrine théosophique et gnostique tendant à permettre aux âmes de réintégrer leur origine divine par la pratique d’évocations d’entités angéliques. On la doit à Martinès de Pasqually (1727-1774), d’origine probablement juive portugaise mais converti au christianisme, qui fonda un ordre paramaçonnique, l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coens de l’Univers, auquel appartenaient la plupart des dirigeants de ce qui allait devenir le Rite Écossais Rectifié. C’est à ce courant, qui engendrera également le Martinisme, que le Rite Écossais Rectifié doit son ésotérisme chrétien.

La Stricte Observance Templière : Origines du Régime Écossais Rectifié

Genèse allemande et influence jacobite

Impossible de parler de l’origine du Rite Écossais Rectifié sans commencer par présenter la SOT, dont il est issu. La Stricte Observance Templière est probablement la forme la plus spectaculaire qu’a pu prendre la légende templière au sein de la franc-maçonnerie. Cet Ordre, qui prétendait restaurer l’Ordre du Temple (et espérait même une réhabilitation officielle des Templiers, avec restitution de leurs biens) fut fondée en Allemagne dans les années 1750, par un curieux personnage qu’on nomme généralement le Baron de Hund pour faire court (1722-1776 ; ses nom et titre complets sont Karl Gotthelf, Reichsfreiherr zu Hundt und Alten-Grotgau).

Ce membre de la petite noblesse foncière allemande (un "Junker", caractéristique du nord-est de l’Allemagne jusqu’en en 1918) s’intéressa très tôt à la franc-maçonnerie, puisqu’il fut initié à l’âge de 19 ans à Francfort-sur-l’Oder. Entre 1742 et 1743, il résida à Paris, où il fréquenta de nombreuses Loges et se convertit au catholicisme, puis il passa quinze jours à Strasbourg, où il visita pas moins de cinq Loges. 

Mais l’événement le plus marquant aurait été sa réception dans un Chapitre Templier, à Paris. Auraient assisté à la cérémonie Lord Kilmarnock (William Boyd, 4e Comte de Kilmarnock, pair du Royaume d’Écosse et fidèle aux Stuart, condamné à mort et exécuté suite à la défaite Jacobite à la bataille de Culloden en 1745) et un mystérieux "Eques a Penna Rubra" (Chevalier au Plumet Rouge) que Hund a toujours prétendu être Charles-Édouard Stuart lui-même, le Jeune Prétendant, petit-fils du roi déchu Jacques II. C’est de ces éminents Jacobites qu’il aurait reçu la double mission de rétablir l’Ordre du Temple et de servir la cause des Stuart. Nous verrons plus loin ce que nous devons penser de cette prétendue réception.

Succès aristocratique et diffusion européenne

De retour en Allemagne, Hund fonda une Loge sur ses terres à Unwürde (en Basse-Lusace, dans l’actuel Land de Saxe) et s’associa avec Wilhelm Marschal von Bieberstein, Grand Maître Provincial de Haute-Saxe et fondateur d’une première ébauche de Rite maçonnique templier. Franc-maçon depuis 1737, ce dernier avait fréquenté en France des exilés Jacobites, dont Lord Kilmarnock: c’est probablement à partir des souvenirs de Marschal que Hund forgea le récit de sa prétendue réception par des mystérieux Jacobites. Marschal et Hund commencèrent entre 1753 et 1755 à mettre sur pied un nouveau système templier et produisirent le fameux Livre Rouge qui contenait la règle et la répartition des provinces de l’Ordre. Marschal mourut avant la fin du travail, et Hund modifia son titre de Grand Maître Provincial de Haute-Saxe (titre d’origine anglaise) en celui de Grand Maître de la VIIe Province Templière, se prétendant du même coup son successeur, aux ordres de prétendus Supérieurs Inconnus (entendez Charles-Édouard Stuart et le clan Jacobite) dont il aurait reçu une mystérieuse Patente chiffrée, parfaitement illisible.

Par l’intelligente construction de sa légende, par l’attrait de ses cérémonies pompeuses, mais aussi par l’espoir entrevu de pouvoir un jour récupérer les biens des Templiers, la Stricte Observance Templière eut beaucoup de succès dans l’aristocratie allemande, au point que plusieurs princes régnants s’y firent recevoir. L’Ordre ne tarda pas à se répandre, en Suisse, à Strasbourg, en France, dans l’Empire Autrichien, au Danemark, en Italie… L’Ordre, très hiérarchique et aristocratique, réservait ses Hauts Grades aux nobles ou aux bourgeois fortunés ou remarqués pour leur profession. Les roturiers ne pouvaient guère espérer dépasser le grade de Maître, et n’étaient pas pas sensés connaître la vraie nature et les vrais objectifs de l’Ordre, secrets réservés aux seuls détenteurs des degrés chevaleresques. Pour les francs-maçons des grades inférieurs ainsi que pour les francs-maçons des autres Rites maçonniques, les structures provinciales qui régissaient les Loges symboliques et les Loges de Saint André du système étaient des Directoires Écossais, alors qu’en réalité il s’agissait des Préfectures de l’Ordre. 

Vers la réforme : du déclin à la renaissance du Rite Rectifié

La crise de légitimité au XVIIIe siècle

L’Ordre avait mis en place un Plan Économique, supposé garantir à ses dignitaires des rentes confortables, qui ne fit que porter les contributions financières des membres à un niveau très élevé. Comme la réhabilitation des Templiers et la récupération de leur bien semblaient tarder, le mécontentement s’installa, et certains se mirent même à douter de la légitimité de Hund. 

Si le Convent d’Altenberg de 1764 avait entériné sans sourciller tout le système et la légende proposés par Hund, il en alla autrement du Convent de Kohlo en 1772. On demanda à Hund de nommer les fameux Supérieurs Inconnus et de produire sa Patente, que personne ne put lire. Pour le reste, Hund se réfugia derrière le serment de secret qu’il aurait prêté à ses Supérieurs pour éluder les questions. Mais personne ne fut dupe et, sans ouvertement désavouer Hund, le Convent désigna Ferdinand de Brunswick-Lunebourg (1721-1782) Grand Supérieur Général de l’Ordre, signifiant implicitement qu’il n’y avait pas de Supérieurs Inconnus. Hund fut quant à lui relégué au rang de Grand Maître de la VIIe Province, Grand Visiteur de l’Ordre. Les premières fissures apparaissaient dans l’édifice néo-templier allemand et l’Ordre prit alors le nom de Loges Unies et Rectifiées, et l’on commença à parler de Maçonnerie Rectifiée de Dresde. Rectifié signifiait rendu à ses vrais objectifs. Mais quels étaient-ils, si l’on commençait à douter de l’origine templière? Le Convent de Kohlo fut ainsi l’apogée de l’Ordre tout autant que les prémices de son déclin.

Lors du Convent de Brunswick de 1775, Hund fut à nouveau attaqué, et sommé de nommer les Supérieurs Inconnus dont il se réclamait et de produire enfin une version lisible de sa fameuse patente. Le malheureux baron s’effondra, reconnaissant implicitement la mystification. Il devait mourir l’année suivante. Ferdinand de Brunswick fit alors une enquête, qui confirma que Hund avait tout inventé et n’avait jamais reçu aucun mandat de Charles-Édouard Stuart, qui n’était même pas à Paris au moment où il prétendait l’avoir rencontré, et qui surtout n’avait jamais été franc-maçon!

Le Convent de Wilhelmsbad et l’abandon de la filiation templière

Tentant de sauver ce qui pouvait l’être, Ferdinand de Brunswick convoqua un Convent qui devait avoir lieu à Wilhelmsbad en 1782, non sans avoir fait parvenir aux Chapitres, dès 1780, une circulaire leur demandant de répondre à une série de questions, que l’on peut résumer ainsi: l’Ordre a-t-il des Supérieurs? Quels sont-ils? L’Ordre remonte-t-il aux Templiers ? Peut-on restaurer l’Ordre du Temple? Les rituels sont-ils adéquats? Les buts de l’Ordre doivent-ils être secrets ou connus de tous? L’Ordre dispose-t-il de connaissances que nul autre n’aurait? L’Ordre fondé par Hund était à peu près complètement dépourvu de substance spirituelle, et plusieurs aventuriers de l’occulte et charlatans avaient tenté d’en profiter, tels Johnson, Rosa et Gugomos. Il était temps de donner enfin un contenu satisfaisant à la Maçonnerie Rectifiée, dont de nombreuses Loges commençaient à faire défection. Tel était le but du Convent de Wlhelmsbad.

Le salut de la Maçonnerie Rectifiée lui vint de France, et plus particulièrement de Lyon, comme nous le verrons plus loin. Les membres français de la Stricte Observance se présentèrent au Convent de Wilhelmsbad avec une réforme qu’ils avaient adoptée au Convent des Gaules de 1778. Et, à une notable exception près, c’est cette réforme qui fut adoptée à Wilhelmsbad en 1782, avec l’abandon explicite de la filiation templière. Mais il était déjà trop tard, et la structure de l’ancien Ordre s’effondra après la mort de Ferdinand de Brunswick en 1792. Le Régime Écossais Rectifié ne survécut guère qu’en France et en Suisse, sous la forme réformée adoptée en 1782.

Jean-Baptiste Willermoz : l’architecte du Régime Écossais Rectifié

Ce que l’on nomme Rite ou Régime Écossais Rectifié correspond à la Réforme de Lyon, adoptée par le Convent des Gaules de 1778 et en grande partie entérinée par le Convent de Wilhelmsbad en 1782. Il est essentiellement l’œuvre de Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824). Mais comment en est-on arrivé là?

Son parcours maçonnique et ses influences

Jean-Baptiste Willermoz (bourgeois cultivé et fabricant d’étoffes de soie à Lyon) fut probablement l’un des francs-maçons les plus passionnés et les plus assidus du XVIIIe siècle. Avide de découvrir le vrai secret de la franc-maçonnerie, il accumula une prodigieuse collection de rituels de toutes origines et s’engagea très activement dans les organisations maçonniques de son temps. Il fut en 1760 l’un des fondateurs de la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon, sorte de Grande Loge Provinciale dépendant de ce qui était encore la Grande Loge de France (et qui deviendra le Grand Orient de France en 1773). En 1767, il fut reçu dans l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coens de l’Univers de Martinès de Pasqually, et pensa y avoir enfin trouvé le vrai secret maçonnique. Son attachement à la doctrine martinéziste ne se démentit jamais.

Au lendemain du Convent de Kohlo de 1772, des francs-maçons strasbourgeois firent à Willermoz un tel éloge de Maçonnerie Rectifiée allemande à laquelle ils venaient de s’affilier qu’il décida d’y adhérer. Il entra alors en correspondance avec Hund, dont il ignorait qu’il était déjà tombé dans une sorte de disgrâce. Le Baron Weiler, qui avait déjà été délégué en 1772 pour installer à Strasbourg le Directoire de la Ve Province de l’Ordre (Bourgogne), fut dépêché en 1773 auprès des Frères lyonnais qui avaient demandé leur affiliation. Il était porteur des rituels traduits en français et des conditions d’adhésion. Willermoz ajouta aux conditions que ses Loges bleues resteraient sous la juridiction du Grand Orient de France, et il obtint, à l’instar des francs-maçons rectifiés strasbourgeois, le droit de continuer à pratiquer deux Hauts Grades typiquement français, le Chevalier d’Orient et le Chevalier Rose-Croix. Une vingtaine de Frères lyonnais, qui devaient constituer le nouveau Chapitre, furent reçus Chevaliers le 21 juillet 1773, et le 25 juillet fut installée la IIe Province de l’Ordre (Auvergne). Les 11 et 13 août 1773, tous les nouveaux Chevaliers faisaient leur Profession Solennelle, atteignant ainsi le plus haut degré de l’Ordre, celui de Chevalier Profès. 

Ayant rempli sa mission à Lyon, Weiler poursuivit sa tâche en se rendant à Montpellier et à Bordeaux, où il installa la IIIe Province de l’Ordre (Occitanie). La France comptait désormais trois Provinces Templières et allait jouer un rôle déterminant dans la destinée de la Maçonnerie Rectifiée.

La Réforme de Lyon et le Convent des Gaules

Un tournant dans l’histoire de la maçonnerie française

Fin connaisseur des rituels maçonniques et convaincu qu’ils devaient nécessairement renfermer un contenu spirituel, Willermoz fut très déçu par les rituels que ses Supérieurs allemands leur avaient transmis. Les trois grades symboliques sont très banals et hormis quelques allégories conduisant à la légende templière, n’offrent aucune originalité. Ils ressemblent à tous les rituels connus des années 1740-1760, en plus pauvres. Le grade d’Écossais Vert est d’une grande inanité, se bornant à attendre du récipiendaire qu’il imite les vertus de quatre animaux (la valeur et la générosité du lion, l’adresse du singe, la clairvoyance de l’épervier et la ruse du renard), et à lui révéler  qu’Hiram est déjà à moitié sorti du tombeau et se relèvera sous les traits de NOTUMA (anagramme d’AUMONT, le supposé successeur de Jacques de Molay selon la légende de la Stricte Observance Templière). Quant aux degrés de l’Ordre intérieur, ouvertement chevaleresque et templier, les cérémonies de réception d’un Novice, d’un Chevalier et d’un Chevalier Profès ne sont que de simples imitations des rituels en usage dans les Ordres religieux catholiques romains, sans contenu réel ni originalité.

Willermoz s’attela alors à réécrire les rituels, non sans y ajouter la dimension martinéziste qui lui était chère, qu’il diffuse lentement et subtilement au gré des grades. Il enrichit considérablement les rituels existants, y ajoutant un contenu qu’il n’avaient pas et proposa une nouvelle échelle de degrés: les Apprentis, Compagnons, Maîtres et Maîtres Écossais de Saint-André constituent une franc-maçonnerie symbolique en quatre grades, ce qui est inédit; les Écuyers Novices et les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte forment l’Ordre Intérieur, chevaleresque et non plus maçonnique; au-dessus de l’Ordre Intérieur sont placées les classes secrètes des Profès et Grands Profès, les seuls à connaître la doctrine explicite et les pratiques théurgiques  martinézistes du Rite.

Naissance du Régime Écossais Rectifié : Une franc-maçonnerie chrétienne et spiritualiste

Cette réforme, que l’on nomme "Réforme de Lyon", comprenait également un nouveau Code maçonnique et une Règle en Neuf Points, œuvres également de Willermoz. Elle fut soumise à un Convent réunissant les trois Provinces françaises de l’Ordre, le Convent des Gaules de 1778, dont le but était de d’affirmer plus d’indépendance vis-à-vis de l’Ordre allemand, de définir des rituels plus satisfaisants et de se prononcer sur la filiation templière. Si certains se montrèrent réticents à l’idée d’abandonner la légende templière, la réforme fut néanmoins largement adoptée par le Convent. L’Ordre devint alors l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, et prit le nom de Régime Écossais Rectifié.

Conclusion : Le RER, entre tradition templière et élévation spirituelle

Comme nous l’avons vu plus haut, les délégués français au Convent de Wilhelmsbad de 1782 apportèrent la Réforme de Lyon avec eux, et le Convent l’adopta, à la notable exception qu’il n’entérina pas les degrés de Profès et de Grand Profès, dont le mysticisme martinézien entrait trop en concurrence avec son homologue du nord de l’Europe, dominé par le Johannisme de Swedenborg. Mais l’Ordre s’éteignit en Allemagne dix ans plus tard. L’histoire du Rite Écossais Rectifié allait désormais s’écrire en France et en Suisse. Mais, comme le disait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire…

 

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Bible et rituels

Publié le 9 Août 2026 par T.D

 Schibboleth Juges 12:4-6

4Jephté rassembla tous les hommes de Galaad et livra bataille à Éphraïm. Les hommes de Galaad battirent Éphraïm qui disait : Vous êtes des fugitifs d’Éphraïm, vous autres de Galaad au milieu d’Éphraïm, au milieu de Manassé ! 5Galaad s’empara des gués du Jourdain du côté d’Éphraïm. Et quand l’un des fugitifs d’Éphraïm disait : Je voudrais passer ! Les hommes de Galaad lui demandaient : Es-tu Éphraïmite ? Il répondait : Non. 6Ils lui disaient alors : Hé bien, dis : Chibboleth. Et il disait : Sibboleth, car il ne pouvait pas bien prononcer. Sur quoi (les hommes de Galaad) le saisissaient et l’égorgeaient près des gués du Jourdain. Il périt en ce temps-là quarante-deux mille hommes d’Éphraïm.

Rite de Misraim

D  -Donnez-moi le Mot de Passe du Compagnon ?

R  -SHIBOLETH

D  -Que signifie-t-il ?

R  -Il signifie « épi » et il est représenté par un épi de blé à côté d’un cours d’eau, allusion à un épisode relaté par la Bible au Livre des Juges. Cet épisode , interprété symboliquement pourrait signifier qu’il ne suffit pas de connaître les mots maçonniques pour être des initiés véritables. Il s ‘agit d’en pénétrer le sens profond car celui qui ne connaît que les mots ne possède pas pour autant le Secret maçonnique . On peut voir aussi dans le Mot de Passe une allusion aux mystères d’Eleusis où l’épi de blé était le symbole d’immortalité .

 

Rite York

 

1 D. : Par le mot de passe de Compagnon.

2 S. : Donnez-le.

1 D. : Shibboleth. Sans le décomposer.

2 S.: Que signifie-t-il?

1 D. : « Abondance ».

2 S.: Comment le représente-t-on?

1 D. : Par une gerbe de blé suspendue près d’un gus, ce qui nous enseigne qu’aussi longtemps que nous avons du pain à manger et de l’eau pure et vive à boire, nous avons tout ce que requiert l’humaine nature.

2 S.: Qui institua ce mot de passe?

1 D. : Jephté, un juge d’Israël, lors de la guerre contre les Ephraïmites. Les Ephraïmites avaient longtemps été un peuple entêté et rebelle que Jephté s’était efforcé de soumettre par des mesures de douceur et d’indulgence, mais en vain. Étant très courroucés contre Jephté pour n’avoir pas été appelés à participer à la guerre contre les Ammonites, ni à partager le riche butin, ils levèrent une puissante armée, traversèrent le Jourdain, et se préparèrent à livrer bataille à Jephté, mais celui-ci ayant été averti de leur approche, appela et rassembla les hommes d’Israël et se porta au-devant d’eux, leur livra bataille et les mit en déroute. Pour parachever sa victoire, il posta des gardes aux différents gués du fleuve et leur dit « Si vous voyez des étranger emprunter ce chemin, dites leur: « Or ça dites Shibboleth » Étant d’une tribu différente, les Ephraïmites s’avéraient incapables de prononcer ce mot et disaient « Sibboleth ».

Ce léger défaut les trahissait et leur coûta la vie et, ce jour-là, il en tomba quarante et deux mille sur le champ de bataille, ainsi qu’aux différents gués sur la berge du fleuve, après quoi Jephté régna en paix sur Israël, jusqu’à sa mort, soit six ans en tout. Ce mot fut, par la suite, utilisé pour reconnaître un ami d’un ennemi et a, depuis lors, été adopté comme le mot de passe juste à donner avant d’entrer dans toute loge de Compagnons, régulière et bien gouverné. (Juges.XII. 1-6)

 

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Schibboleth

Publié le 8 Août 2026 par T.D

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Le mot de passe est un code confidentiel qui a vocation à autoriser le passage et à constituer un droit d’accès individuel donc personnel. De nos jours, il est impossible de quantifier les mots de passe, tant ils sont innombrables dans tous les actes de la vie quotidienne, à des fins d’identi-fication et de certification, de sécurité et de protection.  Dans l’espace public, le mot de passe permet de contrôler tout droit d’entrée qui, s’il est correct, a valeur d’admission ou d’autorisation à engager toute démarche. L’expression ‘‘mot de passe’’ a pris une forme universelle, alors que paradoxalement il ne s’agit pas d’un mot, mais d’une combinai-son de lettres, de chiffres, de symboles, afin de rendre impossible sinon périlleuse toute tentative de fraude par des intrus.

…….S’agissant des vocables employés en certains lieux et situations, et plus précisément en Franc-Maçonnerie, il est établi que les Mots sont totalement figés et non individuels. Variant toutefois d’un Grade à un autre, ils ont une valeur rituelle. Les Mots de chaque Grade, d’origine ancestrale et biblique, font office de Mot de passe, et ils peuvent précéder ou suivre toute forme de marque de reconnaissance, notamment en cas de tuilage des Visiteurs préalablement à leur entrée dans le Temple.

A ce titre, en de nombreux Rites, les Mots peuvent accompagner les Signes et Attouchements. Les Mots appliqués aux Rituels des Grades de saint Jean sont de deux sortes, les Mots de passe et les Mots sacrés, chacun constituant une ‘‘clé’’ d’accès. Les usages maçonniques font appel à d’autres mots, tels que le ‘‘mot de semestre’’, ‘‘mot de Guet’’ à valeur de durée annuelle et donc sujets à renouvellement, ‘‘Mot d’Ordre’’. Employés par quelques Formations maçonniques, tous ceux-ci sortent de notre sujet.  Par ailleurs, nous précisons que les Mots employés en Franc-Maçonnerie sont, eux aussi, en quantité impressionnante, pour constituer un véritable lexique qui fait l’objet d’une énumération alphabétique en huit pages figurant dans l’ouvrage ‘‘La Symbolique maçonnique’’ de Jules Boucher.

…….Une précision s’impose, celle d’évoquer le catéchisme maçonnique qui voit le jour en Ecosse un siècle après la rédaction des Statuts Schaw. Précurseur et ardent défenseur de l’Art de la mémoire, le jacobite William Schaw s’inspire du catéchisme religieux pour l’appliquer à la Franc-Maçonnerie opérative, afin d’établir certaines règles, comprenant la communication des Mots.  Huit catéchismes écossais, dont la datation s’échelonne entre 1696 et 1714, nous sont connus :

  • Edinburgh Register House (1696)
  • Chetwode Crawley (vers 1700)
  • Sloane n° 3329 (1640-1700) contenant des éléments probablement d’origine anglaise
  • Haugfoot (1702),
  • Airlie (1705),
  • Dumfries n° 4 (1710),
  • Trinity College (1711), probablement d’origine irlandaise,
  • Kevan (vers 1714)

A partir de 1726, soit dix-neuf ans après la signature de l’Acte d’Union (1707) et neuf ans après la création de la Grande Loge de Londres, les Loges se multiplient en Angleterre, de même que les catéchismes. On les retrouve dans quelques manuscrits (Ms.), tels que : Ms. Graham (1726), Ms. Wilkinson (vers 1727), Ms. Chesham (vers 1740), mais surtout dans les nombreuses divulgations publiées à partir de 1723.

Depuis lors, les catéchismes de chaque Grade symbolique sont constitués en tant que mémorandum, tel un abrégé des principales caractéristiques qui définissent un Grade, dûment complété des Instructions. C’est ainsi que les Mots sont clairement établis à chaque Grade.

Au même titre que les Signes et Attouchements ont pour objet d’être un moyen de reconnaissance, les Mots recouvrent leur signification dans l’identification d’un Maçon régulièrement initié. Quel que soit le Grade, le Mot de passe à fournir, pour avoir un droit d’entrée dans le Temple, trouve sa légitimité dans la préservation des mystères de l’Initiation et de ses secrets. Les Mots sont alors progressivement délivrés au nouvel Initié par chuchotement, à savoir dans une transmission strictement orale de bouche à oreille, et plus précisément à plusieurs reprises selon la composition dudit mot. Ainsi nous découvrirons qu’ils peuvent être prononcés soit lettre à lettre, soit par syllabe. Nous disons LES Mots, parce qu’ils diffèrent d’un Grade à un autre.

La Franc-Maçonnerie les a empruntés à l’Histoire, la plupart sinon tous étant issus de faits historiques repris dans les Ecritures bibliques, où ils prennent leur source sous forme d’un attribut pour être appliqué à l’identification d’un Initié. Ils font partie intégrante du Secret des premiers Maçons dits Opératifs, parmi lesquels figurait ‘‘le mot des Maçons’’. Nous reprenons ainsi une définition fournie par Paul Naudon (dans son ouvrage ‘‘les origines de la Franc-Maçonnerie’’).

« …dans les Loges écossaises, les Francs-Maçons étaient obligés de recevoir le mot des Maçons qui est un signe secret que possèdent ceux-ci pour se reconnaître dans le monde entier… Celui qui le possède peut amener auprès de lui son frère maçon sans l’appeler et sans que vous vous aperceviez du signe.  Bien que le témoignage date d’une époque où la maçonnerie était déjà largement spéculative, il est à penser qu’il s’agissait là d’une très ancienne tradition du métier. » 

Parallèlement, Paul Naudon précise, que selon les statuts des Tailleurs de pierre :

« La garantie du secret était assurée par la façon de saluer et peut-être par celle de se serrer la main …. Le Maître signifiera à l’ouvrier qu’il a fait recevoir qu’il devra renfermer dans son cœur, au prix du salut de son âme, les mots (Wörter) qui lui ont été confiés et, qu’en aucune façon, il ne pourra en donner connaissance à personne, sauf à un honnête maçon, sous peine de perdre ses droits au métier. »

…….L’Apprenti se rappelle son engagement à ne pas divulguer les Secrets, dont LE Mot sacré, et toutes formes de salut et Signes de reconnaissance, pour les protéger des indiscrets et des Profanes. Dans le prolongement des épreuves de son Initiation et des Voyages qu’il a parcourus, l’Apprenti reçoit seulement le Mot sacré de son Grade qu’il ne peut qu’épeler, car il est encore un Néophyte en voie de devenir Maçon. En effet, au Rite Ecossais Primitif, il n’y a pas de Mot de passe à ce premier Grade (tandis qu’il existe en d’autres Rites), dès lors que venant du monde profane, il ne peut posséder un Mot de passe que nul ne pouvait lui fournir, même secrètement. En revanche, et conformément au cérémonial maçonnique, pour être admis en Loge, le Compagnon aura à prononcer le Mot de passe qui lui sera révélé dans le cours de la cérémonie de son Passage au deuxième Grade, et naturellement le Mot sacré.

……..Au REP, le Mot de passe du deuxième Grade est SCHIBBOLETH, mot hébreu qui signifie épi ; sans doute le plus ancien mot de passe connu (Xe siècle avant J.C.). Lors d’une guerre biblique, il fut utilisé comme mot de reconnaissance par ceux du pays de Galaad (ancienne Palestine), qui l’employaient pour confondre leur ennemi. Il fut donc choisi par Jephté, capitaine des Israélites, comme Mot de gué (endroit d’une rivière à traverser). Lorsque la tribu d’Ephraïm se révolta, Jephté s’empara des bords du Jourdain, passage que la tribu devait emprunter. Ce mot Schibboleth est issu de l’Ancien Testament au chapitre 12 du Livre des Juges, dans lequel est relaté l’épisode de l’exode des Ephraïmites : « Quand les fuyards d’Ephraïm disaient ‘‘laissez-nous passer’’, les gens de Galaad demandaient ‘‘Es-tu Ephraïmite ?’’ S’ils répondaient ‘‘non’’, alors ils lui disaient ‘‘Eh bien dis Schibboleth’’.  Ils disaient ‘‘Sibbolet’’, car ils n’arrivaient pas à prononcer autrement. Alors ils étaient saisis et égorgés près des gués du Jourdain. Il tomba en ce temps-là quarante-deux mille hommes d’Ephraïm. Ce défaut de prononciation entre le ‘‘sCHI’’ et le ‘‘SI’’ les a trahis et a ainsi généré un massacre général pour incapacité d’une transmission parfaite qui a rendu l’obstacle infranchissable. Quant à ces égorgements, ils ne peuvent que rappeler le Signe pénal de l’Apprenti qui a juré préférer avoir la gorge coupée plutôt que de dévoiler les Secrets qui lui ont été confiés ; une autre interprétation est faite du Signe pénal en commémoration de saint Jean-Baptiste décapité. Ce sanglant épisode de l’humanité est la démonstration de l’importance du Mot juste. Il peut s’agir aussi d’une analogie avec bien des événements tragiques vécus au travers des siècles et des générations, ce qui ne manque pas de rappeler aux Maçons leur devoir de confidentialité, selon leur engagement renouvelé lors de chaque prestation de Serment à un Grade.

Cet incident de langage propre à la prononciation d’un seul mot est bien connu dans la pratique d’une langue étrangère à partir d’un accent familier et plus ou moins marqué, et qui rend alors difficile toute compréhension par l’interlocuteur, au profit d’une expression totalement incomprise.

Alors qu’en certains Rites, le Mot de passe au deuxième Grade signifie ‘’passage du fleuve’’, au Rite Ecossais Primitif, Schibboleth prend un autre sens, celui d’ « Epi de blé » adopté parmi les symboles végétaux et comestibles que la Franc-Maçonnerie a retenus, à l’exemple de la grenade qui est à rapprocher de multiplication et union. D’autres symboles végétaux et botaniques, tels que l’olivier qui rappelle la paix, la charité, l’abondance et la fécondité ;  le buis, symbole de fermeté et de persévérance, employé dans la fabrication du Maillet, l’acacia et les feuilles d’acanthe. Nous pouvons aussi citer le chardon, symbole de la victoire de l’Ecosse à la bataille de Bannockburn contre les anglais.

Contrairement au grenadier qui se développe de façon naturelle, le blé nécessite des soins attentifs rythmés et à respecter dans sa culture selon le cycle des saisons (semences, fauchage, battage,…).    A ce titre, la terre doit être traitée de sorte que la semence soit productive et de bonne qualité.  Si la grenade ne nécessite aucune intervention dès lors que ses graines poussent à l’abri d’une coque, le blé grandit sous forme d’épi. Ses graines étant à l’air libre, elles ne font l’objet d’aucune protection. Livrées à elles-mêmes et de la fécondation d’une seule graine de l’épi de blé, une multitude germera, se reproduira et les plus faibles disparaîtront, ce qui rappelle l’alternance de la naissance, de la vie et de la mort : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt il porte beaucoup de fruits (saint Jean) ».  L’épi de blé est porteur d’une multitude de grains nés d’une seule et même tige, il est donc le géniteur d’une semence prochaine. Tout comme Schibboleth est extrait des textes bibliques, l’épi a des origines ancestrales, puisqu’il figurait sur de nombreuses monnaies gauloises ; il fut employé par les celtes, tantôt seul ou associé au Triskell des Bretons, ou bien encore présent sur la garde d’une épée.

A l’identique de l’épi de blé qui grandit avec le travail de l’homme, l’Apprenti, appelé à travailler sur lui-même, est comparable au grain de blé, quand s’opèrent en lui les effets, les sensations et son ressenti à la suite de la cérémonie de sa Réception, qui permettra au nouvel Initié de quitter les ténèbres pour voir de mieux en mieux. Comme la sève d’une ramification qui, dans sa progression à l’intérieur du tronc se trouve protégée, aura à lutter jusqu’à sa floraison contre les agressions, intempéries, et tous phénomènes extérieurs, le Compagnon aura à vaincre ses passions, soumettre sa volonté à ses Devoirs et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie. Il ira à la rencontre de la Lumière à la recherche des vertus pour lesquelles il a prêté serment. En d’autres termes, de la croissance produite à l’intérieur de son être et de son esprit, sorti de l’obscurité, surgira en pleine lumière une maturité neuve gagnée par un développement spirituel, qui a trouvé sa source dans la re-naissance révélée à la suite de l’isolement dans la Chambre de réflexion.

Outre l’emblème de l’épi, Schibboleth est traduit dans plusieurs rituelies, dont notre Instruction dialoguée, par : « nombreux comme des épis de blé». L’épi prend une dimension spirituelle par son aspect d’abondance à l’image d’un champ de blé, où les épis sont serrés les uns contre les autres, comme des Frères à l’unisson. Dispersés comme des troupeaux, même s’ils diffèrent les uns des autres par leur taille, leur forme, et dans la diversité des Rites, les Maçons finissent dans un élan par se rassembler en une Chaîne fraternelle, pour se tourner dans une seule direction, celle de la Lumière.   L’épi, pris sous l’angle de l’évocation de la récolte, peut servir aussi de préfixe à bien des vocables, tels que épicentre ou foyer de naissance comme centre de gravité, et pour l’Initié le milieu du chemin initiatique ; épiphénomène ou additif pris comme complément et accessoire ; épithète ou le rajout d’un mot qui n’est autre qu’un additif ; épidémie ou propagation ; épilogue ou conclusion ou encore dénouement, à l’opposé d’épirogenèse qui traduit une transgression ou régression ; épitexte ou ensemble d’écrits …. ; mais il en est un à ne pas manquer ‘’épigone’’ qui est l’élève, le disciple, le successeur. Car ne l’oublions pas, les Initiés sont tous ‘‘les Enfants de la Veuve’’ qui s’engagent sur le chemin d’Hiram.

Pour rappel, les ‘’Enfants de la Veuve’’ désignent les Francs-Maçons. Pour Plantagenet, nous sommes tous les enfants d’un même père, Hiram, et nous restons solidaires dans la défense commune de sa veuve, ‘’la Franc-Maçonnerie’’, sans lien avec le Tronc de la Veuve, qui est destiné à recevoir les offrandes pour les œuvres de bienfaisance. Cette expression n’est pas en usage au REP qui retient l’Aumônière.

Dans la lecture des messages et des symboles à retenir, l’épi associé au pain prend toute sa dimension dans la similitude de la nourriture, du pain sacré, du pain de l’amour et du partage. Le blé et le pain seront présents tout au long de la vie du Christ, qui ira jusqu’à s’identifier au pain « prenez et mangez, car ceci est mon corps… ».

Pour les Initiés travaillant en Loges de saint Jean, une parabole citée dans son évangile nous dit ceci : « En vérité, en vérité, je vous le dis. Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Comment ne pas faire le rapprochement symbolique avec le cycle de vie de l’aliment basique des hommes depuis les temps les plus reculés : le BLE ?

Dans cet esprit, le Compagnon se remémorera la cérémonie de sa Réception au Grade d’Apprenti depuis la Chambre de réflexion, où il a pénétré dans le centre de la Terre, poursuivant son parcours dans l’obscurité (par le bandeau qui lui couvrait les yeux) durant laquelle il prit conscience de l’eau dans laquelle il plongea les mains, source de vie, puis de l’air qui fouetta son visage pour le fortifier et enfin la chaleur qui le conduira à l’éveil de ses sens et de sa maturité. Le cheminement dans la voie initiatique se poursuit avec une prise de conscience des significations originales attachées aux secrets révélés, pour mieux les comprendre et parvenir jusqu’à la Sagesse par la voie de la Lumière, et du salut en opposition aux Ténèbres qui ne mènent qu’à l’ignorance.

Au titre des symboles végétaux, dont l’épi de blé qui concerne le Mot de passe du Compagnon, l’Acacia donne son nom au Maître-Maçon. En outre, l’acacia rappelle la mémoire de la croix du Sauveur du monde, parce qu’elle fut faite de ce bois dont la Palestine était pourvue. Quant à sa signification symbolique, nous reprenons le propos de Robert Ambelain de même ampleur que celle ci-avant citée :

« Représentation de l’éternelle Vie, que ce rameau vert, image de la résurrection de notre Maître Hiram, soit perpétuellement le signe avant-coureur du triomphe de la Lumière sur les Ténèbres, de la vie sur la mort, de la victoire de Connaissance sur l’ignorance, et de celle de la liberté sur l’oppression. »

 

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Schibboleth : définition, signification

Publié le 8 Août 2026 par T.D

20 juin 2019

Que signifie Schibboleth ? Qu’est-ce qu’un Schibboleth ? Quelle est l’origine de ce mot ?

Le mot Schibboleth apparaît dans le récit biblique du Livre des Juges. 

Schibboleth est le mot que les hommes de Galaad, ayant pris le contrôle des rives du Jourdain, demandaient de prononcer aux individus qui voulaient franchir le fleuve, afin de démasquer parmi eux leurs ennemis Ephraïmites. En effet, ces derniers prononçaient « sibboleth » au lieu de « schibboleth » (lire aussi notre article sur la lettre Shin).

En franc-maçonnerie, c’est un mot important du grade de compagnon, qui fait l’objet de nombreuses planches au 2ème degré.

« Schibboleth » et le récit qui l’accompagne sont très symboliques à plusieurs titres.

Définition de Schibboleth : Aujourd’hui, un Schibboleth est un mot de passe qui nécessite d’être correctement prononcé pour être validé. Toute la difficulté réside donc dans sa prononciation.

Dans la Bible, Schibboleth signifie « épi de blé », ou encore « ruisseau ».

Le symbolisme de l’épi de blé.

Dans la Bible, l’épi de blé représente le bon grain. Mais quand il pousse, apparaît aussi l’ivraie. L’ivraie est une graminée qui sort en même temps que le blé, qui lui ressemble et qui est difficile à séparer.

Le champ, c’est le monde ; la bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du malin. Matthieu 13, 38

Prononcer Schibboleth correctement, ce serait donc savoir séparer le bon grain de l’ivraie.

Mais il ne s’agit pas ici de faire le tri entre les hommes, ce qui ne serait que jugement arbitraire ou racisme, mais plutôt d’identifier ses ennemis intérieurs (voir plus bas).

Lire aussi notre article sur le symbolisme du pain

Schibboleth dans le Livre des Juges.

Le mot schibboleth apparaît dans la Bible au début du livre des Juges :

1) Les hommes d’Ephraïm se rassemblèrent, partirent pour le nord, et dirent à Jephthé : Pourquoi es-tu allé combattre les fils d’Ammon sans nous avoir appelés à marcher avec toi ? Nous voulons incendier ta maison et te brûler avec elle.
2) Jephthé leur répondit : Nous avons eu de grandes contestations, moi et mon peuple, avec les fils d’Ammon ; et quand je vous ai appelés, vous ne m’avez pas délivré de leurs mains.
3) Voyant que tu ne venais pas à mon secours, j’ai exposé ma vie, et j’ai marché contre les fils d’Ammon. L’Eternel les a livrés entre mes mains. Pourquoi donc aujourd’hui montez-vous contre moi pour me faire la guerre ?
4) Jephthé rassembla tous les hommes de Galaad, et livra bataille à Ephraïm. Les hommes de Galaad battirent Ephraïm, parce que les Ephraïmites disaient : Vous êtes des fugitifs d’Ephraïm ! Galaad est au milieu d’Ephraïm, au milieu de Manassé !
5) Galaad s’empara des gués du Jourdain du côté d’Ephraïm. Et quand l’un des fuyards d’Ephraïm disait : Laissez-moi passer ! les hommes de Galaad lui demandaient : Es-tu Ephraïmite ? Il répondait : Non.
6) Ils lui disaient alors : Hé bien, dis Schibboleth. Et il disait Sibboleth, car il ne pouvait pas bien prononcer. Sur quoi les hommes de Galaad le saisissaient, et l’égorgeaient près des gués du Jourdain. Il périt en ce temps-là quarante-deux mille hommes d’Ephraïm.
Juges, 12, 1-6

En clair, le récit parle d’un conflit entre les Ephraïmites et les hommes de Galaad dirigés par Jephté (un chef de bande). Les Ephraïmites (formant l’une des douze tribus d’Israël) veulent conquérir Galaad, terre sur laquelle ils estiment avoir des droits. Ils franchissent le Jourdain mais subissent un revers. Les hommes de Galaad prennent le contrôle des rives du Jourdain et démasquent les fuyards Ephraïmites en leur demandant de prononcer le mot Schibboleth…

Après cet échec, les Israélites ne conquerront Galaad que bien plus tard.

L’interprétation de Schibboleth.

Le symbolisme du mot de passe.

Le mot de passe est un instrument de reconnaissance au sein d’un groupe d’initiés.

Mais Schibboleth est un mot de passe particulier. En effet, le secret consiste d’une part à connaître le mot, mais aussi et surtout à savoir le prononcer. Cela sous-entend que posséder le secret n’est pas suffisant : il faut le comprendre, l’assimiler, l’intérioriser.

Schibboleth en tant que mot de passe est une clé, mais encore faut-il savoir s’en servir. La vraie richesse consiste à savoir l’utiliser. Autrement, la clé n’est qu’un trésor illusoire et trompeur.

Le symbolisme du passage.

Le fleuve est une porte, un point de passage : c’est là que se fait le tri, là que nous sommes jugés devant l’éternité. Pour atteindre l’autre rive, celle où l’on sera sauvé, il faudra s’en montrer digne, prouver que l’on maîtrise les secrets de la Connaissance. Tout usurpateur sera démasqué.

Le fleuve marque la limite entre deux mondes : c’est la promesse d’un nouveau territoire, un autre niveau de conscience.

Le fleuve évoque l’eau, symbole de l’âme changeante. L’eau reflète nos états d’âme. Elle nous invite à mieux nous connaître, à faire le tri en nous :

  • démasquer nos mauvais compagnons : l’ignorance, l’orgueil, l’ambition, les certitudes, les a priori,
  • reconnaître et cultiver les valeurs universelles,
  • rechercher l’action juste,
  • trouver le chemin de la sérénité,
  • distinguer entre le vrai et le faux, le bien et le mal
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Rite d’adoption Chevalières de la Lune

Publié le 8 Août 2026 par T.D

Il existe au Rite Ecossais Ancien et Accepté un vingt-huitième degré intitulé Chevalier du Soleil ou Prince adepte. Le Tuileur de Vuillaume (1830) précise que « le local n’est éclairé que par la seule lumière d’un soleil transparent, placé au-dessus de la tête du président » qui se nomme Adam et représente « le père des hommes ». Il n’y a qu’un seul Surveillant « qui est, en même temps, introducteur et préparateur, lorsqu’il y a réception ; il se nomme F\ de la Vérité, et, comme tel, il sera aussi l’orateur en titre du conseil. Les autres membres de la loge sont nommés Chérubins ». Il ne peut y avoir que sept chérubins, nombre « déterminé par celui des anges préposés à la conduite des sept planètes que connaissaient les anciens :

Michaël (Qui est semblable à Dieu) gouverne Saturne.

Gabriel (Homme de Dieu) gouverne Jupiter.

Ouriel (Feu de Dieu) gouverne Mars.

Z’rahhiel (Dieu soleil levant).

Hhamaliel (Indulgence de Dieu) gouverne Vénus.

Raphaël (Médecin de Dieu) gouverne Mercure.

Tsaphiel (Contemplation de Dieu) gouverne la Lune.

Cependant, s’il y a des membres au-delà de ce nombre, on peut les porter jusqu’à douze, les cinq excédents sont nommés Sylphes (habitants des airs). Le mot de passe est Stibium (antimoine). Quelques loges ajoutent trois mots grecs : Hèlios (le soleil), Mènè (la lune) et Tétragrammaton (le nom de Dieu en quatre lettres ou iod, hé, vav, hé). Le mot sacré est Adonaï, à quoi l’on répond Abra ou Abrag, que l’on interprète : roi sans tache. Lorsque l’on ouvre, il est nuit sur la terre, mais le soleil est à son midi sur la loge. Lorsque l’on ferme, les hommes suivent toujours l’erreur ; peu la combattent, peu parviennent au saint lieu.

Chambre de préparation

Elle sera tendue de noir et au milieu sera une table couverte d’un tapis de même couleur sur laquelle sera une tête de mort et de chaque côté une terrine allumée remplie d’esprit de vin ; derrière la table, sur la tapisserie, on aura soin d’y placer un grand tableau fond noir représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.

Décoration de la L\

Elle doit être tendue de couleur de feu ; il n’y aura aucune lumière visible. Au milieu du dais sera une pleine lune en transparent et, de chaque côté, un croissant ; aux 4 coins de la Loge, sur des guéridons de 6 pieds (20) de haut sera un croissant de même en transparent.

Le Maître, qui porte le titre de Tout Puissant, sera sur un trône élevé de 3 degrés et à deux pieds de lui sera un autel couvert d’un tapis couleur de feu galonné en argent tout autour ; sur le devant sera brodé en or un croissant surmonté d’un cœur traversé par deux flèches et le cœur surmonté d’une étoile à cinq rayons. Sur cet autel il y aura un réchaud à esprit de vin, une bouteille remplie de limonade et le livre de l’Evangile. Au milieu de la Loge on aura soin d’y dresser une table couverte de même d’un tapis couleur de feu galonné de même en argent sur laquelle on y placera 3 boîtes pour l’usage dont il sera parlé ; et au pied de cette table l’on y placera un arbre fait en fer blanc, lequel aura environ deux pieds de hauteur, dont la tige du milieu sera creuse et remplie d’eau de senteur jusqu’aux branches qui sont au nombre de 7, lesquelles doivent être peintes en couleur de bois ainsi que la tige du milieu au haut de laquelle il y aura un bouton, lequel en pressant dessus doit faire jouer un ressort qui fasse tomber les branches ; et de cette chute doit sortir un jet d’eau.

Au dessous de cet arbre sera placé à terre le tableau lequel représente, dans le haut, une pleine lune et, de chaque côté, un croissant ; plus bas est la fortune élevée sur une boule tenant de la main droite la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ; du côté du midi sera un taureau blanc, en face au nord une grenouille verte et, tout à fait au bas du tableau, un cœur traversé par deux flèches. Dans un des coins de la Loge l’on y placera une machine, laquelle en la faisant partir doit faire un bruit semblable à celui du tonnerre ; la suite en enseignera l’usage.

Chaque S\ aura sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile et sur le front un bandeau couleur de feu avec une étoile brodée en argent au milieu. Le T\ Puissant aura un bonnet de gaze ou d’étoffe d’argent en forme de croissant sur la tête et tous les FF\ et SS\ seront, ainsi que lui, décorés chacun d’une paire de gants et d’un tablier blanc doublés et bordés de couleur de feu et, sur le milieu du tablier, sera brodé un cœur traversé par deux flèches. Les FF\ auront tous l’épée au côté.

Ouverture de la L\

Le T\ Puissant frappe six coups de cette façon : Oo…Oo…Oo…de son maillet sur l’autel ; c’est-à-dire un gros et un moyen, lesquels lui sont répondus à l’ordinaire ; ensuite il dit au 1er Surveillant :

D. Grand Inspecteur des astres, à quelle heure s’ouvre la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au lever de cet astre, T\ Puissant. En ce cas (reprend le T\ Puissant), Grand Inspecteur des astres, avertissez tous les Illustres Chevaliers et Chevalières habitant les deux points cardinaux qui sont sous votre domination que nous allons profiter des bontés de ce grand astre pour commencer nos travaux.

Ceci annoncé sur les deux colonnes ainsi qu’il est ordonné, tous les FF\ et SS\ lèvent la main droite au ciel ; alors le T\ Puissant frappe 6 coups dans ses mains et dit : Radix vitiosa; aussitôt tous les FF\ et SS\ laissent tomber ensemble leurs mains sur leur tablier en prononçant de même Radix vitiosa et s’assoient ; chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception comme il suit.

Réception

La Loge étant ouverte, le Chevalier Introducteur se lève, va se mettre à genoux en face du T\ Puissant ; puis, ayant demandé la parole, il lui dit : La S\ Maîtresse Ecossaise, après avoir éprouvé les bontés de cette Loge l’implore de nouveau pour obtenir les effets favorables du grand astre dont elle désire d’être faite Chevalière.

Le T\ Puissant, prenant la parole, lui dit : Allez, mon F\, faire avaler à cette S\ le calice d’amertume afin qu’elle soit entièrement purifiée. Il remplit alors un gobelet de la liqueur qui est sur l’autel, le porte à la S\ et le lui fait boire ; cela étant fait, il lui bande les yeux, puis il la prend par une main et la conduit à la Loge où, étant, il frappe 6 coups comme ci-devant, auxquels on répond en dedans par 6 autres et, après la cérémonie d’usage pour annoncer et ouvrir, le Grand Inspecteur des astres, sur l’ordre du T\ Puissant, se rend à la porte, l’ouvre, fait donner à l’aspirante le mot de passe d’Ecossaise (22) ; puis il l’introduit en Loge. Au moment qu’elle entre, le tonnerre gronde et de suite le Grand Inspecteur des astres lui fait faire deux fois le tour de la Loge. Ces voyages finis, le Grand Inspecteur la fait asseoir sur un siège qui lui est destiné et dit :

T\ Puissant, la S\ a parcouru les 4 points cardinaux qui sont sous ma domination ; elle a traversé sans peine la mer Rouge et il ne lui manque plus qu’à connaître nos mystères.

Alors le T\ Puissant lui dit : Faites avancer la S\ au pied de l’arbre par 7 pas.

Lorsqu’elle y est arrivée, il la fait mettre à genoux sur un coussin ; ensuite le T\ Puissant lui dit : Vous voilà, ma S\, arrivée au point de pénétrer nos plus profonds mystères. L’astre qui nous éclaire et que le voile des ténèbres vous cache encore va désormais présider à toutes vos actions ; l’égalité de son cours nous donne lieu d’espérer que cette égalité sera le guide de votre cœur et de votre caractère, comme l’un et l’autre nous sont de sûrs garants de votre zèle pour nos FF\ et SS\ et de votre fidélité d’observer les lois de la Maçonnerie.

Très Illustres FF\ et SS\, consentez-vous que la S\ sorte des ténèbres ?

Toute la Loge applaudit en la forme ordinaire. Alors le T\ Puissant frappe un coup de son maillet sur l’autel pour signal aux FF\ et SS\ de se lever de leurs sièges ; il en frappe un 2ème pour signal aux FF\ de mettre tous la main à l’épée ; au 3ème, ils la tirent ; au 4ème on fait relever l’aspirante ; au 5ème, tous les FF\ lui présentent la pointe de leurs épées à la hauteur du col ; au 6ème, on laisse tomber le bandeau à l’aspirante et toutes les SS\, pendant ce temps, se mettent à genoux ; pendant ce temps aussi, le tonnerre gronde ; après quoi le T\ Puissant frappe un 7ème coup pour signal à tous les FF\ et SS\ de reprendre chacun leur place, ce qu’ils font alors. Le T\ Puissant dit à l’aspirante :

Ma S\, toutes ces épées que vous avez vues en même temps que la lumière du grand astre qui nous éclaire sont autant d’armes prêtes à voler à votre secours dès que vous en aurez besoin ; le bruit qui se fait entendre dans les airs est un signe de joie de l’acquisition d’une S\ telle que vous. Grand Inspecteur, conduisez la S\ au travail.

Celui-ci la conduit alors à l’autel sur lequel sont les 3 boîtes dont on a parlé ; là, il lui fait frapper 3 coups égaux sur celle du milieu et la ramène à sa place où étant, le T\ Puissant lui dit :

D. Qu’a produit le travail de la S\ ?
R. T\ Puissant, la récompense qui est le fruit des vertus.
[Le T\ Puissant :] Apportez-moi, mon F\, le fruit du travail de la S\.

Celui-ci obéit : il porte la boîte fermée sur l’autel du T\ Puissant qui lui dit :

Allez faire faire à la S\ son dernier travail.

Il la mène alors au pied de l’arbre dont on a parlé et lui dit : Il faut, ma S\, déraciner cet arbre et le porter aux pieds du T\ Puissant.

Il lui montre alors ce qu’elle doit faire et lorsque, après la chute des branches (comme on l’a dit), le jet d’eau a cessé de couler, il lui fait prendre l’arbre et le porter aux pieds du T\ Puissant qui lui dit : Ma S\, votre travail est complet, vous allez en recevoir la récompense dès que vous aurez prêté votre obligation. Ce qu’il lui fait faire aussitôt :

Obligation

« Je jure et promets devant le Créateur de l’univers, le conservateur de tous les êtres, et le vengeur du crime, et en présence de mes chers Frères et Sœurs, de na jamais rien révéler du grade de Chevalière de la Lune qui va m’être conféré à aucune Apprentie, Compagnonne, Maîtresse ou Maîtresse Ecossaise ; de pratiquer les vertus que l’on me prescrira, nonobstant celles qui m’ont été prescrites, sous les peines d’être regardée par les Maçons vertueux comme une parjure qui ne mérite que leur indignation et leur mépris ».

Lorsqu’elle l’a prêté, le T\ Puissant la fait relever et passer à sa droite où étant, il lui met sur la tête un grand fichu de mousseline en forme de voile, puis il lui applique sur le front le bandeau dont on a parlé en lui disant : Par le pouvoir que j’ai reçu et du consentement unanime de cette auguste assemblée, je vous reçois Chevalière de la Lune. Il lui remet ensuite une paire de gants et un tablier pareil à ceux dont on a vu la description ci-devant ; puis il lui donne les signes, mots et attouchement comme il suit. Le signe se fait en en levant la main droite vers le ciel, les doigts fermés et l’index levé en l’air. L’on y répond en joignant les deux mains, croisant les deux mains croisées à plat sur le cœur et baissant les yeux.

Le 1er signifie que tout dépend de Dieu et le second, je l’aime de tout mon cœur. L’attouchement se donne en se prenant mutuellement la main droite et se la portant alternativement sur le cœur. Le mot est amouzin albomatatos qui signifie la vertu récompensée ; il sert aussi de mot de passe. Il l’embrasse ensuite et l’envoie se faire reconnaître comme Chevalière à toute l’assemblée ; ce qu’elle fait. De retour auprès de lui, il lui fait prendre place parmi les SS\, puis il procède à l’instruction de la manière et ainsi qu’il suit ci-après.

Instruction

D. Etes-vous Chevalière de la Lune ?
R. Mon travail a dû vous le prouver.
D. En quoi a-t-il consisté ?
R. À déraciner l’arbre de vie.
D. Quelle preuve me donnerez-vous que c’était l’arbre de vie ?
R. La chute de ses branches, figure des 7 péchés mortels.
D. Qu’est-il provenu de cette chute ?
R. Il est sorti de sa tige un jet d’eau dont la bonne odeur qu’elle répandit est la figure de la vertu qui est dominée par le vice et qui n’attendait qu’une main vertueuse pour la sortir de l’esclavage où la tenait renfermée le péché originel.
D. Votre travail n’a-t-il procuré rien de plus ?
R. Un cœur traversé de deux flèches monté sur un croissant, lequel est surmonté d’une étoile ; il m’a procuré encore un tablier et des gants blancs.
D. Que signifient toutes ces choses ?
R. Le cœur représente un cœur pénétré de l’amour de Dieu et du prochain ; le croissant comme il est, le commencement du cours de l’astre ; de même, la Maçonnerie est le principe de toutes les vertus et l’étoile nous apprend que la direction de notre cœur doit être toujours vers l’orient, demeure ordinaire du Maître de l’univers qui doit être le but de nos actions.
D. Qui vous a engagée à vous faire recevoir ?
R. Le désir de contribuer à la destruction du vice en me défiant des fausses vertus de mes FF\ et SS\.
D. Qu’a-t-on fait de vous avant de vous introduire ?
R. L’on m’a mis dans une chambre obscure vis-à-vis d’une table sur laquelle il y avait une tête de mort et un tableau représentant Eve abandonnée aux remords d’avoir trompé son mari.
D. Qu’est-ce que cela signifie ?
R. La tête de mort représente le terme de notre esclavage et la délivrance de tous nos maux ; le tableau, combien nous devons nous écarter du vice et de tromper nos FF\ si nous voulons obtenir la récompense promise aux bons Maçons.
D. Qu’a-t-on fait ensuite ?
R. L’on m’a fait dépouiller de tous ornements mondains, on m’a mis un grand fichu sur le col et un voile sur la tête pour me faire voir que la vertu est suffisamment parée d’elle-même, que la modestie est l’apanage de notre sexe et que la pudeur est notre plus bel état et éclat.
D. Qu’a-t-on fait après ?
R. L’on m’a fait avaler le calice d’amertume composée avec du limon pour achever de purifier l’intérieur.
D. Qu’avez-vous entendu en entrant ?
R. Un bruit semblable à celui du tonnerre, signe de la satisfaction de l’Etre suprême lorsqu’il voit une Ecossaise avancer au moment de sa récompense.
D. Que signifie votre marche ?
R. Le passage de la mer Rouge nous représente la délivrance des Israélites, symbole de la délivrance de notre cœur de toutes passions mondaines ; les 4 points cardinaux que j’ai parcourus, que ma réputation doit s’étendre partout ; et la chute enfin des 7 branches de l’arbre de vie est la figure des 7 péchés mortels que je dois fouler aux pieds.
D. Que désignent les 3 lunes sur le tableau ?
R. Le croissant, la figure des vertus qu’on acquiert dans la Maçonnerie ; la pleine lune, leur perfection et le déclin, la retraite des passions.
D. Que signifie la figure de la fortune élevée sur une boule tenant la corne d’abondance et renversant toutes sortes de richesses ?
R. L’appât qu’elle nous donne pour la suivre et le mépris que nous devons en faire pour ne chercher que le véritable trésor que nous offre la Maçonnerie.
D. Que signifie le taureau blanc ?
R. Cet animal représente par sa force que rien n’est si fort que la pureté de l’âme figurée par sa blancheur pour s’opposer aux vices.
D. Que représente la grenouille verte ?
R. Cet animal, par son coassement continuel, est le plus nuisible et celui qui nous fait connaître le plus de défauts ; et par l’orgueil avec lequel elle a voulu se comparer au bœuf, celui qui nous ronge et qui est la plus forte passion de notre sexe.
D. Qu’avez-vous fait de l’arbre de vie déraciné ?
R. Je l’ai porté aux pieds du T\ Puissant.
D. Pourquoi ?
R. Pour lui servir de preuve que j’avais déracinée le vice et mise la vertu dans tout son jour.
D. Qu’a fait de vous le T\ Puissant après cette preuve ?
R. Il m’a fait prêter mon obligation.
D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Chevalière de la Lune ?
R. A mes signes, mots et attouchement.
D. Donnez-les-moi ?
R. Les voici. (Elle les donne.)
D. Quel âge avez-vous ?
R. L’âge de raison et la connaissance du bien et du mal.
D. A quelle heure se ferme la Loge des Chevalières de la Lune ?
R. Au coucher de cet astre.

Après cette réponse, le T\ Puissant frappe six coups comme ci-devant de son maillet, auxquels le Grand Inspecteur des astres répond par 6 autres ; ensuite le T\ Puissant dit à toute l’assemblée : Mes FF\ et SS\, puisque le grand astre qui nous éclaire va terminer sa course, nous allons terminer nos travaux et fermer la Loge. Le Grand Inspecteur ayant annoncé la même chose sur les deux colonnes, le T\ Puissant dit : Mes FF\ et SS\, la Loge est fermée ; faisons notre devoir. Tous ensemble on fait alors le signe, on applaudit ensuite par chacun 6 coups comme ci-devant dans ses mains en disant ensemble et tout haut Radix vitiosa ; cela fait, l’on se donne le baiser de paix ; puis, la quête pour les pauvres étant faite, chacun, après le banquet, se retire en paix. Finis

P\ G\-A\

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Rite d’adoption Sublime Ecossaise

Publié le 7 Août 2026 par T.D

Décoration de la loge. Il faut deux appartements pour les réceptions, ou bien on dispose la tenture de manière à pouvoir en changer promptement la couleur, soit en retournant les panneaux, soit en relevant les draperies.

Pour le premier point de la réception, la tenture est verte, parsemée d'étoiles d'or, galons et franges en or.

II y a 9 lumières : 7 ensemble et 2 séparées.

Pour le second point, la tenture est, comme pour les réceptions habituelles, couleur ponceau, galons et franges en or.

Outre les lumières exigées dans les grades précédents, il y a 3 lampes, chacune de 3 lumières suspendues au plafond, deux sont à l'Asie et la troisième à l'Europe, du côté de l'Afrique.

Sur l'autel est un vase où brûle de l'esprit de vin pendant la réception.

Titres. Le Me représente le grand-prêtre Éliacim (en hébr. Êliakim, résurrection de Dieu), gouverneur de Béthulie.

Le ler surv\ représente Ozias (en hébr. Gosiah, force du Seigneur), prince de Juda.

La sœur récipiendaire représente Judith (en hébr. Jehaudith, laudans.)

Signe. Saisir ses cheveux de la main gauche et faire de la droite le simulacre de se couper le cou.

Attouchement. S'entrelacer mutuellement le petit doigt de la main droite.

Mot de passe. Vazao (interior vel intimus), nom d'un des eunuques d'Holopherne, celui qui introduisit Judith dans la tente {Judith, ch. 12, v. 1).

Mot de reconnaissance. La vallée de Béthulie m'est connue.

Maitresses paroles. Sigé et Alethé, qu'on interprète ainsi : silence, vérité.

Marche. Sept pas, qui représentent les 7 vertus : amitié, union, soumission, discrétion, fidélité, prudence, tempérance, auxquelles sont opposés les 7 vices : haîne, discorde, orgueil, indiscrétion, perfidie, étourderie, médisance.

Batterie. Deux coups égaux.

Acclamation. Judith, répété 2 fois

Age. Je passe cinq lustres

Temps du travail. De l'entrée de la nuit à l'apparition du jour.

Habillement. Le président porte une longue robe blanche. Une large ceinture verte et ponceau fait deux fois le tour du corps, les bouts retombent jusqu'à terre du côté gauche, et sont rejetés sur l'épaule gauche pendant le cours des travaux. Sur la poitrine est une plaque d'or où sont gravées les lettres D\ V\ qui signifient, discrétion, vérité. Cette plaque est fixée par 4 chaînes qui passent sur le cou et sous les bras. Il est coiffé d'une tiare blanche en lin ; il a sur le front un bandeau jaune, sur lequel sont peints ou brodés les mots Kadosch Adonaï (consacré au Seigneur).

Cordon. Les sœurs portent le cordon écossais, ponceau moiré en écharpe, passant de droite à gauche ; au bas est suspendu un glaive attaché avec une rosette verte ; sur le devant sont brodées en argent 5 étoiles à 5 pointes ; il est fixé sur l'épaule avec une rosette blanche.

Bijoux. Outre le glaive suspendu au cordon, les sœurs portent une truelle en or qui s'attache sur la poitrine au côté gauche avec une faveur bleue. Du côté droit, sont attachés, avec une faveur couleur ponceau, un ciseau, un marteau et un anneau d'or ou alliance.

Tablier blanc, doublure ponceau, bordure verte ou bien doublure bleue, bordure ponceau, la bavette verte. On peut y broder divers attributs de l'adoption. Le maillet et le ciseau désignent la maîtrise ; le globe marque l'écossisme, et le sabre, la lance ; la tète de mort et le sac dénotent, dit le rituel, la sublime écossaise (le meurtre de Judith).

Tarleau. Béthulie et son grand-prêtre, avec ses habitants ; Judith, allant au camp, avec sa servante, qui porte un sac ; Judith coupant la tête d'Holoferne (capitaine Fort), dans sa tente.

Chambre de préparation. Sur une table est le tableau et un livre de prières ; de plus, une cuve pleine d'eau.

Une sœur fait à la récipiendaire les questions suivantes, tirées des grades précédents :

D. Pourquoi nos signes s'appliquent-ils presque uniquement sur les sens ?

R. C'est pour nous apprendre à n'en faire qu'un bon usage.

D. Expliquez-moi cet usage ?

R. L'odorat. Les parfums les plus exquis sont comptés pour rien en loge, puisqu'on ne s'y met en bonne odeur que par la pratique des vertus.

2° L'ouïe. Tout bon maçon et bonne maçonne doivent fermer l'oreille à la calomnie, à la médisance, et à tous propos qui peuvent alarmer la prudence et la chasteté.

3° Le Gout. Quand les maçons et les maçonnes prennent des repas en loge, c'est comme les premiers fidèles, pour réparer leurs forces, rester ensemble, et s'exciter à la vertu, sans s'arrêter à la délicatesse des mets

4° La Vue. Lorsqu'un maçon considère la beauté de ses sœurs, il ne doit être touché d'un si bel assemblage que pour les vertus de l'ame, et doit respecter en elles l'ouvrage accompli d'un créateur.

5° Le Toucher. Chaque fois que nous nous prenons la main, nous nous renouvelons tacitement le traité que nous avons fait de secourir mutuellement dans les dangers et dans le besoin.

Ouverture de la Loge. Le grand-prêtre frappe deux coups qui sont répétés par les surv\ et dit :

D. Quel doit être le soin des maçons et maçonnes ?

R. C'est de voir si l'on est en sûreté.

D. Quel est le devoir des bons maçons et maçonnes ?

R. Travailler, obéir et se taire.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le point du jour.

« Puisqu'il est le point du jour et l'heure où tout bon maçon et maçonne doivent se mettre à l'ouvrage, avertissez les frères et sœurs que la loge de Sublime-Écossaise est ouverte. A l'exemple de Judith, veillons, travaillons et prions : Veillons, afin que nos ennemis ne nous surprennent pas et que nous soyons toujours prêts à les repousser. Travaillons pour réparer lès brèches faites à notre âme et nous éviter l'oisiveté d'où découlent tous les vices. Prions, afin que le Grand-Archiprêtre de l'Univers nous affermisse de plus en plus dans l'union, la concorde et la paix. »

— La récipiendaire, la tête couverte d'un drap noir saupoudré de cendre, arrive à la porte du temple. Elle est arrêtée par un garde qui en avertit le 2e surv\. Celui-ci va vers elle et lui dit :

D. Que voulez-vous ?

R. Je veux parler au grand-prêtre et aux principaux du peuple.

D. Qui êtes-vous ?

R. Judith.

D. De quelle nation ?

R. Femme juive de la tribu de Siméon.

Il l'introduit entre les deux colonnes.

Les frères et les sœurs restent assis, ayant la main droite sur le cœur, la gauche sur le front et la tête baissée pour simuler la douloureuse consternation qu'on éprouvait en Béthulie avant la sortie de Judith.

Le grand-prêtre dit à la récipiendaire :

D. Que demandez-vous ?

R. Que vous me fassiez ouvrir les portes de la ville pendant cette nuit, et que tout le peuple prie pour moi pendant cinq jours. Alors je vous apporterai des nouvelles sûres de la Béthulie. Je vous conjure de ne point rendre la ville avant ce temps.

Le grand-prêtre : « Allez en paix et que le Seigneur soit avec vous ! »

Elle sort et rentre dans la salle de préparation. Elle quitte son drap noir, se lave et revêt ses ornements. Elle prend de la main droite un sabre, de la gauche une tète de mort peinte, qui avaient été déposés pendant qu'elle était en loge.

(C'est alors qu'il faut changer la tenture verte en rouge.)

A son retour en loge, elle crie à la porte : Victoire ! victoire ! Le garde en avertit le second surveillant qui le dit au premier; celui-ci informe le grand-prêtre qu'on a crié deux fois Victoire ! à la porte de la loge.

Le grand-prêtre : Faites voir qui a crié ainsi.

R. C'est Judith.

Le grand-prêtre : Faites-la entrer ; mes frères et nus sœurs, soyons debout.

Judith est introduite. « Loué soit le Grand-Archiprétre de l'Univers, qui n'a point abandonné ceux qui espèrent en lai, qui a accompli par sa servante la miséricorde qu'il a promise à la nation d'Israël, et qui a tué cette nuit, par ma main, l'ennemi de son peuple (Elle montre la tête de mort). »

Le grand-prêtre : « Faites-la avancer par les sept pas, au pied de l'autel, pour prêter son obligation.

Elle donne la tête de mort au maître des cérémonies, qui la met au bout d'une lance placée contre l'autel. »

Obligation. Je promets, sous les mêmes obligations des grades précédents, de garder un secret inviolable sur celui qu'on me confère. Je promets d'aimer, protéger et secourir mes frères et sœurs dans toutes les occasions, même au péril de ma vie. Je promets toutes ces choses sur ma parole d'honneur, et je consens, si j'étais capable d'y manquer, d'encourir le mépris, la honte et l'infamie réservés aux parjures. Que Dieu me soit en aide !

Le grand-prêtre décore la récipiendaire du grand cordon vert, en disant : « Je vous décore de cet ornement ; sa couleur, symbole de l'espérance, doit vous attacher de plus en plus à nos préceptes. »

Il lui donne les gants et lui attache le tablier, ajoutant : « Ma vénérable sœur, la couleur de ces ornements vous désigne, par sa blancheur, l'innocence et la pureté des bons maçons et maçonnes. »

Enfin, il lui donne les signes, attouchement, paroles, mot de passe, et dit :

« Vous voilà, ma vénérable sœur, parvenue au dernier grade de la maçonnerie d'adoption. Tous les membres de cette resp\ loge ont concouru à ce qu'il vous fût accordé, parce qu'ils ont été édifiés de votre zèle à remplir vos devoirs dans les grades précédents. Celui-ci, par sa supériorité, vous oblige à de nouveaux efforts. Ne vous ralentissez pas, et que l'on puisse dire de vous, chère sœur, si elle possède tous les grades de la maçonnerie, c'est qu'elle est douée de toutes les vertus. »

Il la fait asseoir à côté de lui, et donne la parole à l'orateur qui développe le principe du grade.

Historique. Nabuchodonosor, roi des Assyriens, ayant vaincu Arphaxad, roi des Mèdes, conçut le dessein d'asservir tous les peuples de la terre. Il envoya d'abord des ambassadeurs dans tous les pays voisins de son empire, pour les engager à se soumettre de bonne volonté. Mais tous refusèrent et même chassèrent avec mépris les ambassadeurs. Il résolut de s'en venger et de les réduire par la force.

Holopherne, général de ses armées, fut chargé de la conduite de cette grande entreprise. Ce capitaine se mit aussitôt en marche avec une armée de 120,000 hommes de pied et de 120,000 archers. Tout se soumit par la frayeur qu'il inspirait.

Les enfants d'Israël, apprenant ce qu'il faisait souffrir aux peuples et aux villes qui avaient subi le joug, tremblaient de peur qu'il en fît autant à Jérusalem et au temple du Seigneur. Ils se hâtèrent de mettre les villes et bourgades en état de défense, et s'étant emparé des montagnes par où Ton pouvait passer pour aller à Jérusalem, ils en gardèrent soigneusement tous les défilés.

Holopherne apprit avec étonnement que les enfants d'Israël se préparaient à lui résister. Il demanda à ceux de sa suite ce que c'était que ce peuple qui refusait de suivre l'exemple de toutes autres. Achior, roi des Ammanites, fit un excellent discours sur la grandeur du roi des Juifs et sur les merveilles par les quelles il avait fait paraître sa puissance dans tous les temps 

Il l'assura que tant que ce peuple servait fidèlement son Dieu, il était toujours invincible, et qu'à moins qu'ils l'eussent irrité, il tenterait inutilement de les forcer.

Holopherne et tous ses officiers, indignés du discours d'Achior, lui firent lier les mains et l'attachèrent à un arbre au pied de la montagne de Béthulie.

Les Israélites l'ayant aperçu, descendirent de la montagne, le délièrent, l'amenèrent dans la ville, où il raconta le sujet des mauvais traitements qu'il avait reçus.

Après qu'il eut fini de parler, tous les Béthusiens se prosternèrent le visage contre terre, en s'écriant : « Seigneur tout puissant, Dieu du ciel et de la terre, considérez l'orgueil de nos ennemis, et voyez l'obéissance, la misère et l'état où sont réduits ceux qui vous sont consacrés. Faites voir que vous n'abandonnez point ceux qui attendent tout de votre miséricorde, et qu'au contraire ceux qui présument trop d'eux-mêmes et qui se glorifient de leurs propres forces, succombent. »

Or, il y avait, en ce temps-là, une veuve, nommée Judith, fort riche et parfaitement belle, qui, depuis son veuvage, vivait retirée, soumise au jeûne et au cilice ; s'étant depuis longtemps fortifiée par de saints exercices, elle se sentit, dans cette extrémité, poussée d'un désir qui ne pouvait venir que de Dieu.

Elle se présenta au grand-prêtre et à tout le peuple assemblé ; elle leur reprocha amèrement le peu de confiance qu'ils avaient en Dieu, en voulant rendre leur ville dans cinq jours, s'il ne venait point de secours. Elle leur déclara qu'elle avait un dessein, mais qu'elle ne pouvait le révéler, et leur demanda seulement de prier Dieu pour elle pendant quelle serait hors de la ville.

Elle rentra chez elle, se mit en prières, le corps vêtu d'un cilice couvert de cendres ; puis, elle se leva, prit ses plus beaux vêtements et se parfuma de parfums exquis. Comme aucun mauvais principe n'était dans son cœur, il semblait que Dieu répandait de nouveaux charmes sur son visage, pour la rendre plus belle.

Vers le point du jour, Judith, suivie d'une de ses femmes, se fit ouvrir les portes de la ville, descendit la montagne et fut menée à Holopherne. Ce général fut si charmé de sa beauté, qu'il ordonna qu'on la conduisit dans la tente, où étaient ses tréors, et qu'on lui donnât tout ce qu'elle désirerait.

Le quatrième jour, Holopherne fit un grand festin. Il y invita Judith pour laquelle il avait conçu une vive passion. Il fut si transporté de joie en la revoyant, qu'il but à l'excès et s'enivra. Tous ses officiers le voyant endormi se retirèrent.

Alors Judith ne pensa plus qu'à mettre son dessein à exécution. Elle s'approcha doucement du lit d'Holopherne, se saisit d'un sabre attaché à l'une des colonnes, et prenant Holopherne par les cheveux, elle dit : Seigneur, mon Dieu, fortifiez-moi dans ce moment ! Aussitôt elle le frappa de deux coups, et lui trancha la tète qu'elle donna à sa servante pour la mettre dans un sac.

Toutes deux sortirent du camp et revinrent à la porte de Béthulie, où Judith ayant été reconnue par les gardes, on la reçut aux flambeaux.

Elle fit son entrée tenant par les cheveux la tète sanglante d'Holopherne, et criant victoire ! Tout le peuple jeta de grands cris de joie, pour bénir Dieu d'une délivrance si inattendue, et pour relever la gloire de celle qui s'était si sensiblement exposée pour leur salut. (Livre de Judith, ch. 16.)

« Tout ce que vous avez vu et fait, vénérable sœur, dans votre réception, est précisément tout ce qui fut exécuté par Judith et dont je viens de vous faire le récit.

Veuillez, maintenant, prêter toute votre attention à l'instruction du grade. »

INSTRUCTION.

D. Êtes-vous Sublime-Écossaise ?

R. Oui, je le suis.

D. A quoi le connaitrai-je ?

R. Aux signe, attouchement et paroles.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Dans la ville de Béthulie (18).

D. Quel motif vous engagea à vous faire recevoir ?

R. La liberté de tous mes frères et sœurs.

D. Quel était leur tyran ?

R. Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.

D. Comment êtes-vous venue à bout de votre entreprise ?

R. En veillant, espérant et priant.

D. Qu'ont produit ces moyens ?

R. En veillant, j'ai cherché le moment favorable ; en espérant, je l'ai attendu avec confiance; en priant, j'ai obtenu du G\ Archiprêtre de l'U\ le courage et la force qui m'étaient nécessaires.

D. Quelle était- votre intention ?

R. De faire périr Holopherne, lorsque j'en trouverais l'occasion.

D. Quand se présenta cette occasion ?

R. Au moment où Holopherne, livré au vin et au sommeil, fut abandonné par ses gardes. Alors je pris son sabre et lui tranchai la tête.

D. Que signifient les sept pas pour arriver à l’autel ?

R. Les 7 qualités inséparables de tous maçons et maçonnes, savoir :

L'Amitié, sentiment que nous devons avoir pour tous nos frères et sœurs ;

L'Union, la pierre fondamentale de notre société ;

La Soumission, nécessaire pour recevoir, sans murmurer, les arrêts de la loge ;

La Discrétion, pour éviter les supercheries des profanes et garder nos secrets ;

La Fidélité, indispensable pour observer nos obligations ;

La Prudence, pour régler nos actions, afin que les envieux de nos plaisirs ne trouvent aucun moyen de blâmer notre conduite.

Et la Tempérance, pour éviter tout excès également nuisible au corps et à l'esprit.

D. Quels sont les 7 défauts opposés à ces qualités ?

R. La Haine que nous ne devons porter à aucun de nos FF\ et SS\, quelque insulte que nous ayons reçue ;

La Discorde, trop contraire à notre institution pour ne pas l'éviter ;

L'Orgueil, qui doit être banni de nos cœurs comme funeste à l'humanité :

L'Indiscrétion, qui doit être inconnue dans notre ordre où tout est mystère et secret.

La Perfidie, vice trop odieux pour ne pas nous être en horreur.

L'Étourderie, comme cause de querelles sans nombre.

Et la Médisance, qui est un vice si bas qu'il n'est point étonnant que les maçons et maçonnes, dont tout le soin est de tendre à la perfection, la fuient comme une peste sociale.

D. Expliquez-moi le tableau ?

R. Béthulie est la figure du vrai bonheur qu'on ne peut conserver qu'avec des soins et du travail. Le grand-prêtre est l'image de l'âme ; Judith et sa servante, celle de ses facultés. Les principaux du peuple et le peuple assemblé représentent le corps et ses membres. L'armée d'Holopherne représente les passions qui nous environnent et les charmes de Judith les illusions qui nous séduisent (19).

D. Que signifient la conduite et le mauvais traitement d'Achias ?

R. Que tout maçon et maçonne doivent plutôt s'exposer à souffrir la persécution que de s'écarter de la vérité, quand on les oblige à parler; qu'ils doivent, par des discours prudents, tâcher de ramener ceux qui sont dans l'erreur ; sa délivrance par les Israélites, c'est la charité que nous devons avoir tant pour nos ennemis que pour nos amis.

D. Donnez-moi la parole et l'application que vous en faites ?

R. Sigé, qui veut dire Silence, parce que nous devons écouter en silence et avec attention les leçons du grand-prêtre et que nous ne devons pas même les révéler aux FF\ et aux SS\ absents.

D. Dites-moi le mot de passe et son application ?

R. Alethé, qui signifie vérité et que tous les rapports que nous nous croyons obligées de faire au grand-pràre, des fautes et négligences de nos FF\ et SS\, pour qu'ils y remédient, doivent être dans la plus stricte vérité. (Discipline des Jésuites.)

D. Comment vous nommez-vous et d'où êtes-vous ?

R. Judith, femme de la tribu de Siméon.

Clôture. Même cérémonial que pour l'ouverture.

Loge de Table. Elle est éclairée par 7 lumières ou lustres. Les verres se nomment Coupes. On vide la coupe en la prenant de la main gauche; de la droite, on prend le sabre qu'on passe, en deux temps, sur les bords de la coupe comme pour raser son contenu. Puis, on laisse tomber le sabre, et, de la main droite, on vide la coupe que l'on pose sur la table en deux temps ; et l'on frappe 2 fois des mains, en criant : Victoire, victoire!

Modèle d'un certificat. L. D. M. (Loge de Maçonnes.)

Du jardin d'Éden, côté de l'Orient, d'où sort la première lumière de la Loge des Dames, sous le titre distinctif de par les nombres mystérieux connus des seuls éclairés ;

Nous, chefs terrestres, dirigeant la sublime et respectable Loge des Dames, ayant connu le zèle et l'empressement, pour parvenir au suprême degré de lumière maçonn\, de la vénérable S\..., âgée de..., native de..., professant la religion....

Après avoir jugé de sa capacité, vie et mœurs, avec un scrupuleux examen de sa conduite tant en loge que dans le monde, et sachant qu'elle a satisfait à tous les devoirs exigibles en sa qualité de maçonne ;

Faisons savoir que nous l'avons admise aux grades d'apprentie, compagnonne, maîtresse, maîtresse parfaite et sublime écossaise. Mandons à tous nos FF\ et SS\ maçons et maçonnes de la reconnaître comme telle et d'ajouter foi au présent certificat que nous lui délivrons pour servir et valoir ce que de raison ; lequel nous avons signé de notre main, fait décorer du sceau de notre respectable loge et contre-signer par notre secrétaire.

Donné au jardin d'Éden, du côté de l'Orient, le...jour de la...semaine du...mois de l'année maçonnique cinq mille huit cent...et du calcul vulgaire le...mil huit cent...

N..., président. — N..., S\ grande-maîtresse. — N..., grand-inspecteur. — N..., S\ grande-inspectrice. Scellé par nous garde des sceaux et archives, N... — Par mandement de la R\ L\, N..., secrétaire. — Ne varietur. — N…

Le Rite d'adoption, celui qui comprend dix degrés, compose ainsi le chapitre :

Maîtresse parfaite, 4e degré,

Élue, 5e degré.

Écossaise, 6e degré.

Sublime Écossaise, 7e  degré

Chevalière de la Colombe, 8e degré.

Rose-Croix, chevalière de la Bienfaisance, 9e degré.

Et Princesse de la Couronne, 10e et dernier degré.

Pour la satisfaction des FF\ et des SS\, nous allons donner un extrait des cinq autres grades.

 

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Rite d’adoption Elue Ecossaise, Chevalier de la Colombe, Rose-Croix

Publié le 7 Août 2026 par T.D

Décoration de la Loge. Tenture blanche, trône rouge, 5 bougies, une étoile transparente à 8 pointes, le mot sacré au milieu.

Titres. Le G\-Me s'appelle Souverain-G\Me. La G\- Msse, Souveraine-Ge-Msse.

Signe. La main droite au cou du côté gauche ; on penche la tête à droite et l'on se donne un coup du tranchant de la main, comme pour se couper la tête.

Attouchement. Les bras entrelacés, s'empoigner le dessus de l'épaule gauche avec la main gauche.

Mot sacré. Hahabeth (en hébr., victima Dei), c'est le nom de la parjure qui doit être immolée.

Mot de passe. Victoire!

Rép. Silence!

Batterie. Cinq coups égaux.

Heure pour ouvrir. Le signal est donné, nous sommes prêts à exécuter vos ordres

Heure pour fermer. Celle où nos ennemis furent vaincus et où nous commençons à jouir du fruit de nos travaux pour un temps plus heureux.

Habillement. Les Frères sont en noir, les Sœurs sont en blanc. Le Souverain et la Souveraine portent, en camail, un large ruban noir, liseré d'argent, auquel pend le bijou de l'Ordre.

Bijou. Une étoile à huit pointes, le fond en nacre, le tour et les pointes en or; au milieu est le mot sacré. Il se porte sur le cœur, attaché par une faveur noire.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de noir; le bijou de l'Ordre est brodé au centre.

Sujet du grade. Il roule sur une sœur parjure, et condamnée à la mort. II appartient à la classe des grades vengeurs qui déshonorent l'écossisme. Il doit être rejeté du rite d'adoption où son admission est plus qu'une faute.

ÉCOSSAISE

Décoration de la loge. Tenture jaune. Quatre lumières, une à chaque coin de la salle.

Titres. Le maître s'appelle Très-Respectable ; les deux surv\, Très-Vénérables ; les FF\ et les SS\, Vénérables.

Signe. L'index droit sur le front.

Rép. Le même doigt sur le cœur, le poing fermé.

Ordre. Comme la réponse du signe.

Attouchement. Présenter la main droite verticalement tendue; la sœur la prend de même avec ses deux mains.

Marche. Le pied gauche à la pointe occidentale du carré tracé, le droit à celle du midi, le gauche au nord, et le droit à l'Orient (4 pas, nombre des vœux du jésuite).

Batterie. Deux coups égaux.

Age d'une écossaise. L'âge de raison.

Mot sacré. Jectifle (anagramme de Félicité).

Mot de passe. Mont Ararat (Maledictio tremoriæ).

Heure. Pour ouvrir, 2 heures. — Pour fermer, 4 heures.

Cordon. Jaune, porté en sautoir.

Bijou. Une étoile en argent, pendue au cou par un ruban jaune.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de jaune. Sur la bavette, une étoile en argent, dans un carré.

Question d'ordre. D. Êtes-vous parvenue à la dignité écossaise ?

R. J'ai été purifiée par les eaux du déluge.

D. Qu'avez-vous fait pour être reçue Écossaise ?

R. Mes preuves, qui sont la fidélité, le zèle qu'on a reconnu en moi pour les lois de la Maçonnerie.

Tableau. 1° L'étoile d'Orient ;

2° Le carré désignant la marche par les 4 chiffres rouges ;

3° Les 4 flambeaux qui éclairent la loge ;

4° Le mont Ararat (en Arménie) ;

5° L'arche de Noé ;

6° Noé et sa famille sortent de l'arche, conduits par l'Étoile au séjour de la félicité.

Ce grade, où domine le nombre 4, appartient au système jésuitique

CHEVALIERE DE LA COLOMBE

Décoration de la loge. Tenture rouge et verte ; éclairée de 7 lumières : 3 à l'Or\, 2 au midi et 2 à l'Occident ; un trône élevé de 7 marches ; au-dessus, une colombe en transparent. Il y a aussi une colombe vivante. Sur l'autel, couvert d'un tapis vert, sont 3 flambeaux garnis de bougies, un maillet, une branche d'olivier et une Bible.

Titres. Le maître se nomme Père Noé et signe ainsi. Le Grand-Inspecteur est le seul à qui Noé parle en particulier ; et il le tutoie ; il se nomme Cher Fils aîné, ainsi que le 2e surveillant. Les frères et sœurs, qui veulent parler à Noé, le tutoie ; il les appelle ses enfants, et ne répond qu'à un seul, pour tous.

Signe. Faire toucher les 2 pouces par les bouts, les mains ouvertes, le dedans tourné vers l'estomac, comme pour représenter deux ailes.

Attouchement. Se frapper mutuellement deux coups dans chaque main.

Mot sacré. God Malech ; il se donne à l'oreille par 3 syllabes.

Mot de passe. Ararat (malédiction de la crainte), montagne d'Arménie, sur laquelle s'arrêta l'arche, selon la légende.

Batterie. Sept coups, par 2 fois 3, plus un.

Exclamation. Gloria in Excelsis !

Travaux. Pour ouvrir : Les eaux sont basses, — Pour fermer ; Le temps est calme et serein.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de taffetas vert. Sur la bavette est une colombe tenant, dans son bec, une branche d'olivier. Au milieu du tablier est une montagne, baignée d'une eau verdâtre, où flottent des corps, des bras, des tètes, et, sur la montagne, l'arche de Noé.

Décors du Père Noé. Un cordon rouge et vert, porté en sautoir, auquel sont suspendus une truelle et le bijou 

Bijou. Une colombe d'argent, ayant dans son bec une branche d'olivier.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous chevalière ?

R. Je suis enchantée.

D. Pourquoi ?

R. Rien n'est plus beau que la grandeur.

D. Quelle marque m'en donnez-vous ?

R. Ma prudence.

D. En quoi consiste-t-elle ?

R. A me faire connaître.

D. Pourquoi ?

R. Parce que je ne vous connais pas.

D. Que demandez-vous pour me reconnaître ?

R. Un signe (on le fait), en disant : J'ai envoyé une colombe qui m'a apporté une branche d'olivier.

D. Que signifie la colombe ?

R. La douceur avec laquelle on doit écouter la vertu.

D. Où se trouve la vertu ?

R. Dans la Maçonnerie.

Tableau. L'arche de Noé sur la montagne ; une colombe, apportant line branche d'olivier dans son bec, vole vers l'arche. Au bas de la montagne, dans l'eau qui commence à verdir, on voit des tètes, des bras et des corps morts.

Ce grade, fait dans l'esprit de l'adoption, n'a aucun rapport avec un grade détaché intitulé : les Enfants de Noé ; il appartient à l'Ordre des Chevaliers et Chevalières de la Colombe, fondé à Versailles, en 1784.

ROSE-CROIX DES DAMES, CHEVALIERES DE LA BIENFAISANCE (20)

La réception est censée avoir lieu à Jérusalem, dans l'intérieur du temple des Chevaliers et Chevalières de la Bienfaisance, sous l'allégorie du Saint-Sépulcre de la Palestine.

Titres. Le président se nomme F\ Commandeur ; la présidente, S\ commandatrice ; les FF\ et SS\, Chevaliers et Chevalières.

Signe. Lever le bras droit et l'index, pour montrer qu'il n'y a qu'un Dieu.

Rép. Mettre la main droite sur le cœur.

Attouchement. Se donner les deux mains croisées en formant une croix; le premier qui prend la main droite de l'autre dit : Aimez le bien. On répond : Fuyez le mal, en donnant l'autre main. Le premier donne le baiser de paix et dit : Pratiquez la vertu. Réponse ; Ainsi soit-il !

Ordre. Croiser les mains sur le cœur, en signe de bon pasteur

Jarretière des chevalières. Ruban violet, entouré d'une tresse d'or. On y brode les 3 lettres F\ E\C\(foi, espérance, charité). Elle se porte à la jambe gauche.

Bijou. Une croix en or, avec des rayons aux 4 angles, suspendue à un ruban vert, porté en sautoir.

Tablier. Taffetas violet, bordé d'un ruban de même couleur. Au milieu, une petite poche rouge, fixée avec deux rosettes vertes.

Cordon. Violet, auquel est suspendu l'insigne (le maillet, symbole du commandement).

Écharpe. Les sœurs officières portent en écharpe, de droite à gauche, un cordon noir liséré de rouge avec une rosette ponceau 

Batterie, Neuf coups.

Il y a un F\ servant et des SS\ servantes.

Questions. D. Serez-vous toujours prête, ma Sœur, à sacrifier votre vie pour mourir sous la bannière sainte de la religion catholique, apostolique et romaine ?

R. Qui, je le promets.

D. Promettez-vous de procurer la paix et la concorde, de secourir les malheureux opprimés, d'être religieuse observatrice des commandements de Dieu et de l'Église, d'être irréprochable devant lui et irrépréhensible devant votre commandeur et devant vos FF\ et SS\ de l'Ordre, soit pour paroles et effets, et de vous dévouer à la bienfaisance ?

R. Oui, je le promets.

Le commandeur dit : « Mes FF\ et mes SS\, invoquons, pour cet effet, l’Esprit saint ! »

On s'agenouille pour chanter le Veni, Creator.

La postulante prononce et signe l'obligation suivante :

Obligation. « Je promets à Dieu, à notre sauveur Jésus-Christ et à la bienheureuse Vierge Marie, d'observer religieusement, etc., etc. »

Le Commandeur la constitue, en disant : « Je vous reçois, ma chère sœur, et vous crée Chevalière de la Bienfaisance du Saint-Sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il ! »

Ce grade est religieux et catholique ; il appartient à l'ancien système jésuitique.

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Rite d’adoption Maitresse Parfaite

Publié le 7 Août 2026 par T.D

CHAPITRE D’ADOPTION

Les fabricateurs de grades, possédés de l'esprit de la spéculation ou trop ignorants pour découvrir dans la maîtrise le complément de toute maçonnerie, ont voulu doter l'Adoption d'un Chapitre, composé de deux grades, sans doute pour en porter le nombre à cinq.

Ces deux grades qui ne se pratiquent ni ne se donnent, sont nommés Maîtresse parfaite et Élue sublime Écossaise; comme ils se trouvent mentionnés dans les Tuileurs, nous les reproduisons ici.

MAITRESSE PARFAITE. (4e Grade).

Décoration de la loge. Tenture en drap cramoisi; le trône, le dais, le siège, sont de même étoffe, avec galons et franges en or.

La loge représente l'intérieur du tabernacle, dressé par Moïse dans le désert.

Au bas et un peu en avant du trône, sont deux colonnes torses : celle du côté de l'Afrique représente la colonne de feu qui dirigeait, pendant la nuit, les Israélites dans le désert. Elle est creuse et transparente pour pouvoir être rendue lumineuse.

La colonne du côté de l'Amérique représente la nue qui les protégeait pendant le jour, elle semble se perdre en ondes légères dans le plafond, image du ciel.

Ces deux colonnes sont réunies à leur sommet par un cintre représentant l’arc-en-ciel.

Dans un angle, est l'autel du Feu ou de la Vérité, sur lequel sont plusieurs vases antiques, au milieu est une cassolette où brûlent des parfums ; devant, est un plat pour recevoir les offrandes.

A côté, sur une table, sont un maillet et une boite, comme dans la maîtrise, mais au lieu d'un cœur, on trouve, tracés sur des tablettes, ces mots hébreux : Emeneth (15), hur, cana, signifiant vérité, liberté, zèle, et le mot grec enbulos, prudence.

Sur le pavé, est le tableau du grade représentant : le songe de Pharaon, lorsqu'il vit 7 épis pleins et 7 vides ; Joseph se réconciliant avec ses frères; plusieurs hommes avec des tabliers et tenant une truelle qu'ils emploient à pétrir la terre pour faire des briques ; Moïse exposé dans une corbeille sur les eaux du Nil ; et la fille de Pharaon qui, en venant pour se baigner, le fait retirer (16) ; sur le devant, Moïse et Aaron à la tète des Israélites, au moment de la submersion de l'armée d'Egypte dans les flots de la mer Rouge.

Titres. Le G\Me représente Moïse et la G\Msse, sa femme Séphora (en hébreu Tsephorah, avis vel passer, fille de Raguel ou Jéthro, prêtre des Madianites. Exod., ch. 2, v. 21 ; ch. 4, v. 25, et ch. 18, v. 2).

Le F\ déposit\ est nommé Aaron (en hébreu Aharon, monssive montanus, (fils d'Amron, fils de Cahath, fils de Lévi, frère de Moïse. Exod., ch. 6, v. 20).

Ordre. Les FF\ tiennent l'épée nue de la main droite, la pointe haute ; les Sœurs tiennent également la baguette élevée, appuyée contre l'épaule droite.

Signe. Mettre la main gauche dans son sein (les sœurs sur la poitrine) ; la retirer, regarder le dessus, avec l'air de l'étonnement ; mettre la main sous le tablier, et l'ayant retirée, la regarder en dedans avec un signe de joie. Ce mouvement rappelle ce que fit Moïse sur le mont Horeb, où il vit sa main couverte de lèpre et guérie sur-le-champ.

Attouchement. 1° Présenter le dessus delà main gauche, en faisant le signe. On répond en faisant de même.

2° Mettre la main sous le tablier, la retirer et montrer le dedans. Réponse par le même signe.

3° Passer la main sur celle du tuileur, et la ramener, en glissant, jusqu'au bout des doigts.

Mot de passe. Beth-gabara ou abara (en hébr. Beth-Heber, maison de passage ou alethé, vérité).

Mot sacré. Achitob (hébr. Ahhitoub, frère de bonté) ou Sigé, silence. Des rituels disent Achirab, c'est une faute.

Batterie. 7 coups, par 6 + 1.

Acclamation. Eva !

Cordon. Bleu moiré, porté en sautoir, auquel pend une étoile à 5 pointes avec les lettres : D. C. U. P. L., qui signifient : discrètes, constamment unies par l’estime.

Bijou. Un maillet d'or. Chaque sœur, à son admission, reçoit une alliance d'or, sur laquelle est gravé le mot sacré, et une paire de jarretières en taffetas ou satin blanc ; sur chacune est brodé en or un cœur, avec cette devise sur l'une, la vertu nous unit, et sur l'autre, le ciel nous récompense.

Habillement. Le G\ Me et le F\ déposit\ sont revêtus de l'habit de gr\ prêtre. Les FF\ et les Sœurs, comme dans le grade précédent. Les SS\ ont, de plus, une baguette à la main.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous parfaite ?

R. Guidée par l'Éternel, je suis sortie de l'esclavage.

D. Qu'entendez-vous par cet esclavage ?

R. La captivité où nous languissons dans le siècle, figurée par celle des Israélites, en Egypte. Le vrai maçon se regarde, dans le monde, comme dans une terre étrangère, il gémit dans sa captivité, il n'aspire qu'après sa véritable patrie. (Cette morale est d'un cafard et non d'une Maçonne.)

D. Assujettie à ce corps fragile, comment pouvez-vous dire que vous êtes libre ?

R. L'initiation à nos mystères a dessillé mes yeux. J'ai secoué le joug des passions; la raison m'éclaire, et son flambeau perçant le voile dont la volupté masque le vice, m'en découvre toute l'horreur.

Observation. Un tel grade, portant la dénomination de parfaite, et dans lequel figure l'autel de la vérité, devait être un cadre heureux pour développer la vraie morale, celle qui doit servir de guide à la néophyte, et lui ouvrir la voie du progrès et de la perfectibilité. Au lieu de cela, qu'y trouve-t-on ? Un obscurantisme jésuitique, une niaiserie abrutissante qui nous dispense de rien rapporter de plus des dix-huit autres questions du rituel (17).

Les travaux s'ouvrent et se ferment comme dans la maîtrise.

Loge de table. Le maître s'appelle Respectable, les deux officiers Vénérables, et tous les autres : Mon cher frère, ma chère sœur.

Les verres se nomment des Étoiles.

Le vin et l'eau, des tonnes de déluge rouge, blanc. (Est-ce assez absurde ?) Le pain, du bois de l'arche.

On dit vider les étoiles avec les dignités écossaises par 4. (Nombre des vœux des jésuites, et c'est en l'honneur de ces vœux que les maçonnes doivent vider des étoiles !!)

Exercice. On porte l'étoile en 2 temps à la bouche, on la vide en deux temps, et on la pose sur la table en deux autres temps. On frappe 4 fois dans les mains, et l'on dit 2 fois : qu'il vive !

Il faut convenir que pour un grade de Parfaite, ces transformations de noms, loin d'être heureuses, sont par trop ridicules.

 

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