....Chapitre IX : les noces spirituelles de Christian Rosencreutz.
Les Noces chymiques de Christian Rosencreutz parurent en 1616 sans nom d'auteur. Andreae en reconnut la paternité dans sa biographie. Ce livre raconte sous forme de parabole le cheminement de Rosencreutz vers l'illumination dernière. On a voulu y voir une recette adroitement déguisée d'alchimie naturelle, de fabrication d'une « poudre blanche ou rouge qui possédait la force télistique par excellence. Mais la plupart des critiques ne voulaient y voir qu'une mystification, un travestissement de la Fama bien fait pour ridiculiser la « Fraternité clandestine. Christian Rosencreutz est censé nous raconter comment on l'invita au mariage du « roi », comment ce « roi » est aussitôt décapité et comment il est ressuscité avec l'aide des élus. Rosencreutz doit choisir une des trois voies pour se rendre au mariage : un sentier court mais périlleux, une voie royale réservée aux seuls élus et une route aisée mais fort longue par laquelle il n'arriverait à son but que dans 1000 ans et risquerait d'être dévoyé.
Rosencreutz s'en remet à Dieu qui lui a fait choisir inconsciemment la voie royale.
Il arrive au château du roi et retrouve la jeune fille qui l'avait invité à la fête. Rosencreutz croise parmi les invités des gens qui ne sont pas purs. La jeune fille annonce aux invités une grande épreuve va séparer les justes des injustes. L'épreuve est une pesée ou se révèle le poids des vertus respectives.
Rosencreutz triomphe : il est le plus pur. Ceux qui échouent sont condamnés à mort. Ceux qui ont triomphé reçoivent l'ordre de la Toison d'or. Les faux frères ne sont pas exécutés mais chassés avec ordre de ne plus se présenter au château.
La jeune fille propose aux élus de résoudre une charade pour trouver son nom. C'est Leibniz qui la résoudra à la fin du XVIIe siècle, elle signifie simplement Alchimia.
Une jeune fille enseigne aux élus la toute-puissance de Dieu et le moyen de la reconnaître. Le lendemain, les élus sont présentés au roi qui les remercie de s'être rendus chez lui au péril de leur vie et reçoit leur serment de fidélité assorti de menaces. La reine est jeune et très belle et devant elle s'élève un autel portant un livre relié noir, un récipient contenant une eau rouge sang claire, une tête de mort et un serpent dont la tête sort par une cavité oculaire, la queue par l'autre. Une fois le serment prêté, le nom des élus est inscrit sur le livre noir et ils boivent avec le roi et les siens dans une même coupe le vin du silence. Puis il la salle étendue de noir. On bande les yeux du couple royal et des quatre autres rois et reines présents à ses côtés et l'on apporte six cercueils. Un Maure habillé de noir entre une hache à la main. Il décapite successivement les six souverains dont les corps et les têtes enveloppées dans un linge sont couchés dans les cercueils, avec leur sang recueilli dans un bocal d'or. Un courtisan suit le Maure, le décapite à son tour et rapporte sa tête dans un linge. Rosencreutz seul surprend le grand secret : les six cercueils sont embarqués nuitamment sur le lac et partent sur des navires tous feux éteints.
Le lendemain, les élus assistent aux fausses funérailles des rois sous l'égide du Phénix, tandis que la jeune fille leur demande de tenir leur serment de fidélité et de l'aider à chercher avec elle à la tour Olympi la médecine qui permettra de rendre la vie aux rois décapités. Les élus et la jeune fille arrivent sur une île où se trouve la tour Olympi. Ils y assistent et y collaborent à une série d'opérations alchimiques : les corps des rois et la tête du Maure sont bouillis. Il résulte de leur travail une boule rouge qui, à l'étage suivant est soumise à l'action du soleil. Quand elle sera refroidie on n'en tirera un oeuf d'où sortira un Phénix. Ce sont les cendres de cet oiseau qui, au septième étage, permettra de préparer deux homonculi. L'âme des six rois décapités viendra les habiter : ils seront le couple royal ressuscité au son d'une musique suave. Revenus dans le royaume, les jeunes souverains font jurer aux élus de combattre sans cesse pour la pureté. Ils sont proclamés chevaliers de la pierre d'or. Rosencreutz s'est rendu coupable d'une peccadille et pour l'expier doit remplacer le gardien de la première porte et attendre dans l'humilité que son temps soit venu. Pour ce texte, Andreae a été inspiré par le chant X de la « Reine des fées » d'Edmund Spenser écrit 27 ans plus tôt.
Il y est question du chevalier de la Croix-Rouge et de la sainteté. C'est évidemment sur le même schéma que Spenser et Andreae ont brodé leur mythe. Les degrés successifs de l'illumination auquel Ruysbroeck nous a accoutumés, sont plus apparents encore chez Spenser que chez Andreae. Loin d'être une parodie, les Noces chymiques sont un des legs les plus prestigieux des aspirations théosophiques de la Rose-Croix initiale et le témoignage du rôle prépondérant qu'Andreae a joué dans l'élaboration du mythe et de la doctrine rosicruciens.
Chapitre X : le déclin du mouvement.
L'histoire traditionnelle de la Rose-Croix connaît une image d'Épinal de la décadence rosicrucienne de 1617 à 1635. Il reste qu'un changement s'est produit en 1616 : la retraite d'Andreae et de ses fidèles. Ceux qui croient à l'existence réelle d'une fraternité s'en indignent et l'accusent d'avoir saboté le mouvement. Traître à la bonne cause, Andreae fondera, en 1620, l'Union chrétienne.
Katsch parle d'Andreae comme d'un hypocrite qui a tenté de porter un coup fatal à la Rose-Croix en publiant les Noces chymiques. Semler a cherché lui aussi une explication de la brusque disparition de la Rose-Croix, vers 1620, il pense que pour sauver la fraternité des persécutions de l'obscurantisme, on répand le bruit qu'elle n'a jamais eu un caractère sérieux ; elle quittera la vie publique par laquelle elle avait voulu faciliter son recrutement et elle se réfugiera dans la clandestinité où elle restera désormais jusqu'aujourd'hui. Pourtant il n'y a pas eu la moindre fraternité Rose-Croix à laquelle Andreae aurait pu porter un coup mortel. Il y a eu un jeu d'intellectuels ayant pour but d'inciter les gens à faire un retour sur eux-mêmes.
Et ce jeu a vite dégénéré puisque plusieurs écrivains sont venus délivrer leur interprétation de la Rose-Croix. Il y a eu les dévots qui cherchaient quelque soulagement dans la Fraternité, ceux qui avaient perdu leur savoir ou leur argent et comptaient retrouver avec la Rose-Croix l'un et l'autre, il y eut les alchimistes qui avaient oeuvré à en devenir perclus et aveugles, et qui placèrent là tous leurs espoirs. Il y eut enfin beaucoup d'imposteurs qui assourdirent les princes avec toutes sortes de prétendues énigmes et entendirent faire de l'or potable. Des 1617, le mouvement était discrédité ; la Rose-Croix prêtait à rire. Aussi les gens sérieux eurent-ils hâte de se désolidariser d'une compagnie aussi mal fréquentée. Le reflux commença dès 1617 si l'on en croit Andreae. En 1619, nous sommes en pleine débâcle. Maier lui-même ne met plus la Rose-Croix en avant dans ses innombrables écrits hermétiques. Gabriel Naudé écrit un pamphlet contre les Rose-Croix en 1623. La Rose-Croix est accusée de sorcellerie en Hollande en 1624. En Angleterre, Fludd publie, en 1617, deux traités volumineux défendant la Rose-Croix en plaçant ses propres idées sous l'égide de la Fraternité et puis c'est fini.
Dès lors, il apparaît clairement qu'il n'y a pas de Fraternité pour les mortels, que la Fama est annulée, que l'ère des imposteurs s'abritant derrière elle est close, que l'oeuvre de salut doit se poursuivre autrement que par ce qui a dégénéré en bouffonnerie. Si Andreae s'est retiré de ce qui est devenu une comédie absurde et confuse, ce n'est que pour tenter autrement, inlassablement et avec de meilleures chances la même oeuvre de salut. Andreae tente, à partir de 1617, de promouvoir, sans doute avec les mêmes amis, trois nouvelles unions chrétiennes s'opposant à la Rose-Croix et préparant l'humanité à la venue du Christ.
En 1620, lorsque paraît, La Main tendue de l'amour chrétien qui constitue le manifeste de la première union chrétienne, on le prend d'abord pour une nouvelle manifestation de la Rose-Croix. Andreae raconta dans son éloge funèbre de Wense en 1642 que les unions chrétiennes qu'il entendait opposer à la fraternité Rose-Croix lui attirèrent les pires ennuis et qu'il se plaignit dans sa vie qu'on l'accusait entre autres choses de vouloir fonder une société secrète.
La comédie rosicrucienne s'est poursuivie intensément en dépit des nouveaux efforts d'Andreae, jusqu'en 1623. Les deux dernières années de la Rose-Croix ont vu naître en Allemagne quantité de pamphlets parmi les plus virulents et les plus drolatiques.
Les événements militaires dans toute l'Allemagne ont mis un terme à la polémique et au Ludibrium. La Rose-Croix fut ensevelie dans l'oubli des hommes. On cessa de s'en occuper en Allemagne mais on commença à s'y intéresser dans les autres pays. La France s'amusa, en 1623, de l'affaire burlesque des affichettes décrites par Gabriel Naudé. En Hollande, en 1621, parut un « Miroir des frères de la Rose-Croix » traitant les frères de suppôts de Satan. La faculté de théologie de Leyde jugea sévèrement l'enseignement attribué aux dits « frères Rose-Croix » un certain Torrentius alias Van der Beek, peintre renommé fut accusé de blasphème et brûlé car considéré comme Rose-Croix.
Chapitre XI : union chrétienne.
On a affirmé qu'Andreae tenait son goût des fraternités occultes de Hess et de Hölzel qui étaient ses amis. Il fut suspecté d'avoir fondé une société secrète dangereuse pour la foi orthodoxe et peut-être même pour la sécurité de l'État.
Wense était un des principaux organisateurs des unions chrétiennes. Il ne se contentait pas du simple christianisme en paroles, il réclamait la dévotion active. À cette fin, il cherchait à réunir, en une sorte de société, un certain nombre d'hommes qui voulussent et pussent collaborer à l'amélioration de leur temps.
Ils devaient entrer en rapport les uns avec les autres pour échanger des idées en tant qu'amis fidèles, afin de délibérer sur l'état misérable de la science, particulièrement de la vie chrétienne, et sur les moyens d'y remédier. De ces considérations naquirent les deux invitations à la Fraternité du Christ. L'association s'appelait Civitas soli.
En 1617, Andreae avait voulu créer une société chrétienne puis en 1618 ce fut son invitation de la Fraternité du Christ.
Andreae créa sa cité du soleil en hommage à Campanella. L'idée fut confiée à la presse.
Besold et Wense en firent la propagande. La « Main droite tendue de l'amour chrétien » était le plan d'organisation pour la mise en pratique de la cité chrétienne. Cette société chrétienne devait s'opposer à l'affective fraternité Rose-Croix. Le projet échoua à cause de la guerre de la suspicion qui pesait sur Andreae. L'idée fut réveillée en 1628 avec des publications complémentaires comme le « Projet d'une réunion en Jésus-Christ ». L'union chrétienne était resserrée en un groupe de quatre compagnons : Saubert, Cowrad Baier, Andreae et Christophe Leibnitz, théologien. Andreae voulut promouvoir une réforme du monde. Ses essais circulèrent auprès d'hommes d'État étrangers. La seule différence entre les deux mouvements d'Andreae c'est que la Rose-Croix a été un mythe tandis que l'Union chrétienne tenta de passer à la réalisation effective de la cité chrétienne en groupant non pas des « frères » mais des propagandistes. On a fait état des rapports entretenus par Andreae et ses amis avec une autre entreprise du même ordre, l'Antilia, et l'on a voulu en conclure le caractère occulte des « unions chrétiennes » à l'image de cette dernière dont on assure qu'elle fut une association secrète.
La lettre d'Andreae au prince Auguste du 19 mars 1645 nous apprend qu'il existe alors une organisation du nom d'Antilia. Il semblait que son nom fut un mot de reconnaissance de cette société qui n'était utilisé que par ses membres. La société fut interrompue par suite de la guerre de Bohême en Allemagne. Cette société avait le même but que les unions chrétiennes et Andreae en ignorait tout. Il existait une société anglaise du même nom animée par Samuel Hartlib. Hartlib avait fait paraître en 1641 une espèce de Nouvel Atlantis à la Bacon, la description d'un État chrétien qu'il nommait Macaria. Mais bientôt le mouvement s'avéra comme un grand rien.
Deuxième partie : modernisme rosicrucien.
Chapitre I : sociétés secrètes.
Depuis 1845 on s'est donné beaucoup de mal pour établir l'antiquité relative des sociétés secrètes initiatiques modernes de type maçonnique. D'une part, les alchimistes ont toujours fait silence sur leur art et en ont transmis leurs arcanes sous quelque forme symbolique ou hiéroglyphique. D'autre part, on trouve quelques traces de réunions des alchimistes, notamment en Angleterre au XIVe siècle. Mais la transmission d'un secret technique ou philosophique de maître à disciple ou de pair à pair ne préfigure en rien une société secrète. Un traité d'alchimie anonyme du XVe siècle publié par Barnaud en 1613 mentionne que, le 27 janvier 1447 « en la chambre du Parlement d'Hermès », l'auteur inconnu décide de faire paraître les arcanes ; il ajoute que celui qui ne comprend pas la « Pierre » n'est pas digne d'être appelé philosophe et ne doit pas « philosopher avec nous », et il jette l'anathème sur « les travailleurs fantastiques » qui veulent faire de l'or potable à partir du fumier. Raymond Lulle assure avoir réussi à fixer le mercure à Naples, en 1293, par une expérience faite en présence d'un frère de Saint-Jean de Rhodes, de Bernard de la Bret et du Rex physicus ainsi que d'autres socii.
Les titres de Rex physicus et pater philosophorum n'avaient pas à l'époque la moindre intention fonctionnelle ; c'étaient des titres amphigouriques dont on honorait des personnages distingués par leur rang, leur puissance ou leurs mérites techniques exceptionnels. Le « frère de Saint-Jean de Rhodes » n'était évidemment pas un frère d'initiation mais un moine de l'ordre bien connu. Enfin, on traduit socii par associés en prêtant au terme une nuance d'affiliés à une société déterminée, alors qu'il faudrait sans doute traduire par collaborateurs habituels. Quant aux « travailleurs fantastiques », il serait vain de chercher dans ce mot un sens particulier ; l'auteur désigne ainsi les charlatans. Reste la « chambre du Parlement d'Hermès » où l'on voudrait voir une manière de temple ou de loge occulte.
L'expression peut fort bien désigner une de ces académies de philosophes comme en connaîtra Florence sous Cosme Ier et la Calabre avec Telesio : réunions de techniciens qui n'avaient rien d'occulte.
En 1599, le philosophe français Barnaud publia à Leyde le manuscrit d'une oeuvre curieuse laissée par son compatriote Riplei. Il y expose ses intentions. Ce traité d'alchimie est réservé aux philosophes français, anglais, allemands, italiens, polonais, bohémiens. Quant aux favorisés dont l'esprit de Dieu habitera le coeur, si cet attelage quadrige (les quatre parties du traité) ne leur suffit pas, qu'ils en attendent un autre qui ne manquera pas de venir pour les porter « au plus haut Parnasse des muses chimiques ».
On a soutenu que ce Parnasse désignerait une société secrète d’alchimistes aux arcanes desquels ces élus seront un jour initié. C'est une interprétation évidemment tendancieuse. Des exégètes comme Semler et Sedir ont prêté à Barnaud des intentions qu'il n'avait pas. Ils pensent que Barnaud et les philosophes se seraient ligués en une société Henri IV et le prince de Nassau aurait pris sous leur protection ; mais des désaccords se seraient produits au sein de cette éminent collège, et Barnaud appellerait tout ce monde à l'union, aux services et dans l'obéissance des princes et chefs spirituels de « l'ordre » auquel serait affiliée toute la haute aristocratie allemande et qui présenterait le caractère démocratique cher à la franc-maçonnerie.
Pour Arnold c'est de la frénésie.
Sedir ajoute que Barnaud dirigea son appel en réalité à tous les Rose-Croix puisque l'ordre ne travaillait jamais publiquement et qu'il constituait la réunion la plus importante des alchimistes et des hermétistes. Le réel objet de Barnaud était de faire bénéficier à tout le monde, ou plus exactement à tous « les dévots d'une découverte compressée un peu dans le domaine de la science. La nature de cette découverte c'est la voie du salut, la méthode d'illumination qui instaurera « le temple de la paix », lequel n'est pas quelque loge clandestine mais le royaume de Dieu sur la terre.
Il est donc plus que douteux qu'aux temps où paraît le manifeste Rose-Croix il existe de véritables sociétés où fraternité, occultes ou non, qui fussent en mesure d'adopter tout de suite son message, sa doctrine, son mythe, son nom, de transformer en liturgie et en rites les thèmes mythiques recueillis par Spenser puis par Andreae.
Chapitre II : Rose-Croix et franc-maçonnerie.
Il est certain qu'en 1717 il existait à Londres au moins quatre loges maçonniques qui se réunirent cette année-là en une seule grande loge.
En 1723 sont publiées les constitutions d'Anderson qui deviendront le modèle de toutes les constitutions maçonniques du monde. Il est raisonnable de penser que la naissance des premières loges a précédé de pas mal d'années la synarchie de 1717.
Mais certains défenseurs de l'idéal maçonnique se sont efforcés d'établir une ancienneté considérablement plus reculée des loges et notamment de les rattacher directement soit à ce qu'on a pris pour la première fraternité de Rose-Croix, soit aux loges d'architectes et maçons. Les Rose-Croix seraient le chaînon intermédiaire entre les Templiers et la franc-maçonnerie.
C'est en 1630, en Angleterre que la Rose-Croix serait devenue officiellement ou officieusement la franc-maçonnerie spéculative. Le passage de l'une à l'autre fraternité aurait été définitivement réalisé par le philosophe Rose-Croix Vaughan et l'antiquaire Elias Ashmole vers 1650.
Un examen un peu attentif des documents renverse tout cet édifice.
En 926 exactement ce serait tenue à York une grande assemblée de francs-maçons qui aurait élaboré la première constitution des loges, dite constitution d'York. Ce n'est pas croyable.
Il n'est pas plus vraisemblable que des francs-maçons soient venus s'établir en Écosse au XIIe siècle après la dissolution des francs-maçons du continent.
La seconde version ou phase de l'histoire maçonnique déduit les loges spéculatives des loges d'architectes auxquelles elles auraient emprunté le jargon des bâtisseurs dont est émaillée la liturgie maçonnique.
Les architectes, à l'instar de tous les corps de métiers, constituèrent au XIVe siècle des guildes exclusives aux loges fortement hiérarchisées et ayant pour but la défense des intérêts professionnels et la discipline des membres éprouvés et la transmission des secrets professionnels.
C'est à Strasbourg que fut constituée la première guilde. Le 25 avril 1459 les maîtres architectes de toutes les loges se réunirent à Ratisbonne. Ils élaborèrent un statut commun à la profession. Ils se constituèrent en fraternité ayant à sa tête l'architecte de la cathédrale de Strasbourg.
En 1563,72 maîtres de loge se réunirent à Bâle pour doter la Confrérie de nouveaux statuts et réviser les hiérarchies. On institua des signes de reconnaissance entre grades et à l'intérieur des grades et un symbolisme rituel.
Peut-on soutenir sérieusement que les loges de la franc-maçonnerie spéculative telle qu'elles apparaissent au XVIIIe siècle sont issues des loges opératives par un élargissement de celles-ci et l'admission de non professionnels ? Il n'y a pas le moindre indice sérieux d'une telle transformation avant 1686. Une constitution manuscrite de la loge of Antiquites signée de « William Bray, freeman of London and freemason » mentionne qu'elle avait été écrite par un secrétaire de la société des francs-maçons de Londres nommé Robert Padgett en 1686. Or, à la même date, figure comme secrétaire de la Mason’s company, guilde opérative, un certain Stamp. Il s'agirait donc de deux loges différentes, l'une spéculative, l'autre opérative.
La troisième phase de la protohistoire maçonnique insinue que la Rose-Croix de 1614, vraie fraternité occulte, se serait transformée en franc-maçonnerie vers 1630-1635.
Cette métamorphose se serait accomplie à Londres, grâce à Robert Fludd puis toute une cohorte de « vrais Rose-Croix », au premier rang desquels se place Vaughan et Ashmole. La pierre angulaire de tout cet édifice est un texte de Fludd qui condamné la Rose-Croix en 1633. Détachant de ce texte les mots qui les intéressaient, certains en ont conclu que dès avant 1633, date du livre, la Rose-Croix s'était transformée en franc-maçonnerie occulte désignée ici par « sages », pour devenir sous Cromwell les clubs secrets ou loges.
Ashmole est considéré comme le premier véritable organisateur de la franc-maçonnerie moderne. Il est né à Lishfield en 1617. À 19 ans, il débarque à Londres et se lie avec plusieurs astrologues. À partir de 1650 il publie des traités d'alchimie. En 1651, il prend la défense des Rose-Croix de 1614 et de la Fama. On aurait bien tort de déduire, comme on l'a fait, l'initiation d' Ashmole à quelque société maçonnique du fait qu'il rappelle le très vieux mode de transmission individuelle du secret alchimique. On aurait retrouvé dans les papiers d' Ashmole des notes qui, il est vrai, sont les seuls témoignages de son appartenance à une loge de maçon. Il dit avoir été fait franc-maçon le 16 octobre 1646.
Robert Amadou voit une première préfiguration de la franc-maçonnerie dans la loge anglaise l'Acception qui « fait des maçons » de façon certaine à partir de 1631 et initie, à Warrington, Elias Ashmole, le 16 octobre 1646. Ce n'est pas encore une loge spéculative mais c'est un moyen formatif acceptable. C'est vers la même époque qu'on assiste, en Angleterre, à un regain de faveur de la philosophie et des écrits rosicruciens. En 1652, John Heydon publia la première traduction anglaise de la Fama, tandis que Thomas Vaughan répandit ses écrits pseudo alchimiques qu'on classa dans la littérature rosicrucienne. Il est probable que les défenseurs de la Rose-Croix aient contribué à fournir aux premières loges une partie de leurs idées et de leur jargon. C'est dans cette mesure seulement qu'on peut parler d'un lien entre la Rose-Croix initiale et la franc-maçonnerie spéculative. Le vocabulaire pittoresque de la liturgie maçonnique est émaillé de termes techniques empruntés au jargon des architectes et tailleurs de pierre. La construction dont il est question dans les textes rosicruciens n'est pas liée aux architectes mais à l'écriture sainte. Il n'y avait pas de grades dans la Rose-Croix. Il n'y est question que de disciples et de maîtres. C'est donc aux loges d'architectes et à elles seules que la franc-maçonnerie a dû emprunter son vocabulaire et sa structure. Les Rose-Croix ne connaissaient pas le mythe d'Hiram. Il y a les plus grandes chances pour que le mythe d'Hiram, architecte du temple et organisateur du monde, ait été élaboré par les loges maçonniques à partir du verset biblique, dans la forme du moins où il figure dans les traditions recueillies à la fin du XVIIe siècle. Il n'est pas impossible que la scène de la décapitation des rois dans les Noces chymiques, voisine par certains côtés du mythe d'Hiram, représente une phase de ce long travail de synthèse préparé dans tous les milieux occultistes, puis parachevé dans les premières loges spéculatives. Les Rose-Croix comme les francs-maçons utilisaient la plupart des symboles ésotériques : l'échelle de Jacob, le soleil, la lune, etc.
Les Rose-Croix n'ont fait que les emprunter aux alchimistes et les francs-maçons après eux.
Il y a analogie entre le voyage maçonnique et la parabole rosicrucienne de 1619 intitulée Raptus philosophicus. Le conteur anonyme imagine que le héros est parti sur un sentier étroit et difficile à la recherche de la Fraternité de Rose-Croix. Au bout du voyage, après divers incidents, il voit tenir à lui le cortège de la Nature et de ses servantes, qui lui remettra le livre de sapience après avoir échangé avec lui un dialogue qui fait penser à celui du voyage dans l'initiation maçonnique.
On peut penser que la franc-maçonnerie naissante a trouvé dans l'esprit extérieur du mouvement Rose-Croix et de tous autres mouvements illuminisstes les premiers éléments d'un cadre ensuite artificiellement développé. La constitution maçonnique de 1723 exige du « maçon » la foi chrétienne alors que les Rose-Croix cherchaient une ouverture sur toutes les religions.
Chapitre III modernisme rosicrucien.
Sédir, raisonnant toujours sur le mouvement Rose-Croix initial comme sur une institution maçonnique, assure que postérieurement à 1648, mis à part l'actif Irénée Philalethes, la Rose-Croix se tint en sommeil pendant une cinquantaine d'années pour ne reprendre son activité qu'à l'occasion du centenaire de la Fama. La vérité est bien différente. Le discrédit le plus complet avait atteint des 1620 la mythique fraternité. Si l'on excepte de rarissimes attardés, comme l'Anglais Frizius, on ne publie plus après 1623 d'ouvrages de doctrine sous l'égide de la fraternité Rose-Croix. On évite un nom qui n'est plus un titre mais une injure et une garantie de charlatanisme.
En Angleterre, vingt ans après la condamnation prononcée par Fludd (1633), le nom de la Rose-Croix et certains de ses écrits connaissent un regain de faveur, de la part de gens qui n'avaient pas vécu la décadence. Thomas Vaughan, né en Écosse en 1622, écrivant sous le pseudonyme d'Eugenius Philalethes, publie en 1652 la première traduction anglaise de la Fama et de la Confession. Il proclamait qu'il n'était pas Rose-Croix et avait moins à redouter la désapprobation du monde savant en parlant de la Fraternité. Quant à Vaughan, il décrit avec enthousiasme, dans son Introitus apertus, la Nouvelle Jérusalem. Mais comme il fallait bien que quelque chose se fût produit depuis l'avènement de la Fraternité en 1614, il annonça qu'Elie Artiste était déjà né. Vaughan était le contemporain des premiers clubs londoniens qui furent peut-être pour une part les timides préfigurations des loges maçonniques. Il n'est pas impossible qu'il ait contribué le plus à joindre ce legs Rose-Croix révisé au fond philosophique qui alimentera la franc-maçonnerie spéculative.
L'autre défenseur anglais de la prétendue tradition Rose-Croix est John Heydan. Ce fut le fameux faussaire de la nouvelle Atlantis.
Il pilla sans scrupules tous ses prédécesseurs et jusqu'à Cornelius Agrippa pour composer entre 1660 et 1664 une série d'ouvrages Rose-Croix. Il prétendit n'être pas Rose-Croix mais assura avoir été en relation suivie avec des frères qu'il avait imaginés. Vers 1660 commença en Europe la réhabilitation du mouvement Rose-Croix, en tout cas du titre. En Allemagne, on se remit à publier les inédits des premiers doctrinaires et on y rajouta des commentaires. En Hollande se dessina un grand mouvement de libéralisme plus commode aux frères de la Rose-Croix. Ainsi, une confusion tend à s'établir entre les Rose-Croix et généralement tous les alchimistes préoccupés de philosophie pure.
En France, un apothicaire et alchimiste nommé Jacques Rose fonda à Paris, en 1660, une association de Rose-Croix. L'aventure finit lamentablement. Le centenaire de la Fama provoqua un nouvel éveil de la prétendue fraternité Rose-Croix. Cette fois il coïncidait avec les premiers pas de la franc-maçonnerie et le nom allait s'attacher à de véritables confréries d'hommes, plus ou moins affiliés aux loges maçonniques.
Il apparaît dès lors nécessaire de démontrer l'ancienneté de l'ordre occulte. Ce fut essentiellement l'oeuvre du pasteur silésien Samuel Richter qui, sous le pseudonyme de Sincerus Renatus élabora la vraie et totale diffusion de la Pierre philosophale de la fraternité de l'ordre de la Rose-Croix et de la Rose. Pour éclairer les « fils de la doctrine » Renatus révéla brusquement que le collège primitif se composait de 21 membres mais qu'on en admettait à présent 63 travaillant sous les ordres d'un imperator.
Il imagina des cérémonies et des signes de reconnaissance parfois ridicules.
On révisa activement la tradition. En 1737 parut un traité d'alchimie intitulée «Coelum chymicum reseratum » de J. G. Toeltius. Le manuscrit remontrait à 1612 (pour combattre la teneur de la Fama de 1614). Le manuscrit révélait que le vrai fondateur de la Rose-Croix n'étaie pas Christian Rosencreutz mais Friedrich Rose et que la Rose-Croix remontait à Dioclétien et ne pouvait comprendre traditionnellement que 77 membres.
On s'efforça de rendre odieux la clique de 1614. En 1751, Johann Ludolph Ab Indagine publia un autre « manuscrit inédit » attribué un certain Ludwig Conrad von Bergen dit Montanus avec le millésime 1635. Montanus aurait été parmi les premiers Rose-Croix mais il avait été expulsé en 1622. Le pseudo Montanus révéla que la Rose-Croix existait depuis 1592, année d'un prétendu « rapport » Barnaud sur l'hypothétique « Société Isaaci » hollandaise. On a largement dépassé l'époque abhorrée de 1614 et du traître Andreae et l'on rattacha directement la Rose-Croix à la fausse tradition des séculaires sociétés secrètes. Le plus embarrassant, après le mythe institutionnel était le vocabulaire alchimique qui prêtait désormais à rire. Herrmann Fictuld se chargea de le réformer. Pour remplacer l'allégorie de la Pierre philosophale, il lança en 1747 celle de la Toison d'or emblème de la Rose-Croix d'or. Fictuld dotera l'ordre de la Rose-Croix d'or d'un beau rituel évidemment inspiré de rites maçonniques. Les Rose-Croix d'or portent autour du cou un ruban bleu auquel ils suspendent une Croix d'or avec une rose. Ils ont un salut de reconnaissance. Mais ils ne se réunissent que dans les grandes villes marchandes pour ne pas attirer l'attention. Sur 100 000 candidats, ils en admettent à peine un. En dépit de toutes ces réformes, le discrédit, peut-être entretenu par la franc-maçonnerie concurrente elle-même, continue à s'attacher au nom suggestif de Rose-Croix. On créait un peu partout des « ordres » nouveaux.
En 1789, un Souabe entend établir un collège à l'image des « émissaires du haut ordre des Rose-Croix ».
En fait, la Rose-Croix d'or de Fictuld, après avoir bénéficié, vers 1770, d'un regain de faveur et de l'adhésion de Frédéric-Guillaume II, sombra rapidement dans l'indifférence et le ridicule avec ses recherches sur l'élixir de longue vie.
En France, vers 1760, paraît à Toulouse un homme étrange, aux origines et aux desseins obscurs. Martinès de Pascually dont on ne sait s'il est français, espagnol ou portugais, et juif ou chrétien, tente en vain de fonder un rite maçonnique nouveau à Toulouse. Il essuie un nouvel échec à Foix, émigre à Bordeaux et crée vers 1766 les Chevaliers élus Coën de l'univers dans le grade le plus élevé est celui de « Réau-Croix ».
En 1766, il rencontra Paris le Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz et jeta avec lui les bases du tribunal souverain, préfiguration de la Grande Loge de son ordre. À son retour à Bordeaux, il s'attacha comme secrétaire Claude de Saint-Martin. Il installa une dizaine de chapitres et, avec l'aide de Saint-Martin, commença un « Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus, et puissances spirituelles et divines ». Martinès de Pascually il enseigna une doctrine de l'émanation successive des êtres à partir de Dieu, aboutissant au grand Adam ou Réau (terme qui signifierait « puissant prêtre »). Son rite est occultiste et d'aspect catholique mais à base de magie avec un entraînement physique voisin du yoga de l'Inde. Ce sont ces pratiques qui mettraient l'initié en contact avec le mystère de l'au-delà que Pascually appelait simplement « la chose ». Martinès de Pascually parti à Saint-Domingue pourrait recueillir un héritage et mourut en 1774. Il laissa à Willermoz le noyau d'une organisation, à Saint-Martin le cadre d'une doctrine.
Willermoz, qui ambitionnait d'être le chef d'une maçonnerie puissante, eut soins d'abord d'éviter toute confusion avec les loges de Rose-Croix constituaient de ci de là en loges indépendantes mais il ne dédaigna pas de faire partie de leurs loges et de participer au chapitre de l'Aigle noir au grade de souverain prince Rose-Croix, qui s'occupe d'occultisme.
En 1772, il se qualifia à la fois Rose-Croix et Réau-Croix mais en 1780, il précisa au prince de Hesse qu'il était seulement Réau-Croix. Fidèle à l'enseignement de Martinès, Willermoz chercha par la magie ou le magnétisme à communiquer avec « l'invisible ».
Willermoz ne parvint pas à imposer le Martinésisme et Saint-Martin se retira pour méditer et écrire sous le pseudonyme de Philosophe inconnu et créer à sa doctrine le martinisme.
En 1774, Willermoz intégra la Stricte observance qui prétendait continuer l'ordre des Templiers. Pour y greffer le Martinésisme, il provoqua en 1778 la réunion à Lyon du convent des Gaules. Face au Grand Orient il proposa que le but principal de la franc-maçonnerie soit désormais l'étude des sciences occultes transcendantes. Il triompha ; c'était l'apothéose du Willermozisme sous le nom nouveau d'ordre des chevaliers bienfaisants de la cité sainte.
Willermoz puissant mais prudent ne voulut pas affronter brutalement le Grand Orient et nomma le duc de Chartres alors grand maître, « protecteur des loges réunies et rectifiées ».
En 1860, on fonda en Angleterre une Rosicrucian Society dont les membres se recrutaient dans la franc-maçonnerie à partir de grade de maître. Elle comportait neuf grades divisés en trois ordres. En Allemagne, le Dr Hartmann fonda, en 1888, un ordre de la Rose-Croix ésotérique qui fusionnera avec l'ordre des Templiers orientaux.
En France, se leva le mouvement le plus bruyant entendant s'opposer à la franc-maçonnerie, et dans le cadre de la catholicité, affecter tous les domaines de l'esprit. Le marquis de Guaïta et le Sâr Péladan s'inspirèrent d’Eliphas Lévi qui apparut vers 1850 comme le maître de l'occultisme. Son « Dogme et rituel de haute magie » est demeuré classique.
Pour lui, le symbole de la Rose et de la Croix résume le mieux le sens de l'univers. Il avait fondé une société de Rose-Croix qui végéta. Lévi avait déclaré la guerre à la franc-maçonnerie réaliste du Grand Orient et de la Grande Loge influencée par la maçonnerie anglaise. Bientôt appuyé et remplacé par Guaïta et Papus, Lévi voulait opposer à ces réalistes un spiritualisme élevé fondé sur ses expériences magiques, qu'il poursuivait avec Guaïta. Vrais héritiers d'une Martinisme Lyonnais, Papus et les siens, sous la conduite de M. de Saint Yves D’Alveydre à la « puissante et généreuse intellectualité », regroupant les forces spiritualistes : groupes épars des sociétés de Rose-Croix organisés par Eliphas Lévi, groupes épars du rite martiniste dérivés de Willermoz depuis 1810, groupes swendenborgiens. Ensemble ces cellules maçonniques organisèrent la résistance contre « ces bons importateurs londoniens », qui avaient, assure Papus, un plan de 10 ans pour étrangler le spiritualisme au sein de la franc-maçonnerie française.
En 1889, Guaïta fonda l'Ordre kabbaliste de la Rose-Croix. Guaïta prit la direction intellectuelle mouvement « dans sa spécification occulte », Barlet fut délégué aux adoptions scientifiques et à la sociologie. Papus fut le théoricien et l'historiographe et fonda la revue maçonnique Initiation qui paraîtra de 1889 à 1911 et publiera « L'histoire de la fraternité de Rose-Croix » par Kiesewetter.
L'ordre comprenait trois grades auxquels on accédait par un examen. Nul ne pouvait prétendre entrer dans l'ordre s'il ne possédait déjà les trois grades martinistes.
L'ordre était administré par un suprême conseil composé de trois chambres et placé sous la direction « absolue » du grand maître, Stanislas de Guaïta. L'ordre, constituait, selon Papus, un véritable « collège de France de l'ésotérisme et son influence s'étendit vite et loin ».
En 1890, Péladan quitta l'ordre de Guaïta et créa l'ordre de la Rose-Croix, du Temple et du Graal ou de la Rose-Croix catholique. En dépit d'ancêtres aussi divers que le tribunal véhmique en passant par les ordres de l'Hôpital du Temple, l'ordre des Péladan et avant tout catholique : il s'agit pour lui de préparer le catholicisme ésotérique. On ne peut nier une certaine parenté, comme pour Guaïta, entre les enseignements du Sâr et la doctrine des manifestes de 1614-1615.
« La Constitution de la Rose + Croix, le Temple et le Graal » que Péladan publia en 1893 proclamait l'idéal et le programme de l'ordre : pratiquer la charité, enseigner les « normes de beauté », rechercher et grouper les êtres d'exception, ruiner l'amour sexuel.
L'ordre que Péladan ouvrit à la femme, se manifestera par les « salons » annuels de tous les arts, ce seront les « salons de la Rose + Croix » esthétique, nouveau genre de pamphlet qui, non moins que les prétentions du Sâr à la magie, allaient faire bousculer l'affaire dans le ridicule.
L'ordre de Guaïta perd de son élan après la mort de son créateur. En Angleterre, les membres de la franc-maçonnerie mixte fondèrent en 1912 un ordre du Temple de la Rose-Croix. C'est l'oeuvre d'Annie Besant à qui nous devons en étonnant témoignage sur les réincarnations successives de Christian Rosencreutz.
Aux États-Unis, une Rosicrucian Fraternity s'ajouta en 1934 à la Rosicrucian Society et à l'International Rosicrucian order.
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