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Publié le 15 Octobre 2026 par T.D
Virage inattendu de la vie
Il était présomptueux de ma part, de me lancer dans un sujet aussi vaste que les outils en maçonnerie. Pour le compagnon que je suis, développer les outils et leurs symboliques me paraissait approprié pour la connaissance ésotérique d’une des pages de la franc-maçonnerie la plus importante à mes yeux. Ils sont à la mesure d’un compagnon franc-maçon qui arrive à la croisée d’un chemin en cherchant à se perfectionner afin de transmettre à ses frères apprentis cette culture maçonnique.
Au fur et à mesure de mes recherches, une réflexion se révèle à moi.
Notre vie de profane et de franc-maçon est jonchée d’outils aux symboles aussi particuliers les uns que les autres.
La Franc-maçonnerie regroupe principalement neuf outils différents, d’une utilisation et d’un sens symbolique bien distincts. Le premier que l’on reconnaît est le maillet bien que nos mains soient notre premier outil depuis la nuit des temps. Le maillet sera utilisé par l’apprenti pour « dégrossir la pierre brute » ou plus exactement au RFM pour vérifier si la pierre est franche afin de réussir sa taille.
Le second outil, le ciseau permet au compagnon de polir la pierre pour qu’elle puisse s’empiler les unes aux autres afin de bâtir un édifice.
Viendront ensuite la règle, l’équerre, le compas, le niveau, le fil à plomb ou perpendiculaire. Ils sont pour la majorité d’entre eux les outils des compagnons mais aussi ceux des Maîtres ou architectes bâtisseurs, les experts. Le levier et la truelle sont dans les mains des experts.
J’ai toujours été fasciné par la maîtrise de l’outil, par la perfection que pouvait avoir l’artisan penché sur son travail ou de l’artiste qui donne le meilleur de lui-même en sacrifiant le temps. Tous ont la même recherche de la perfection après des années de pratique, cet état de force, sagesse et beauté que nous retrouvons en maçonnerie. Faisant référence à ma vie de profane, je me suis aperçu que mon existence avait traversé ces étapes de l’utilisation des outils et de leur application au niveau intellectuel et que ma dzmarche était pour le moins similaire.
Je suis passé, du jour au lendemain, des bancs de la faculté d’économie d’Aix, où je me destinais à une carrière de gestionnaire sans trop de conviction et ne sachant pas ce que ma vie deviendrait, au fond d’une cale, à six heures du matin, le crochet à la main. Je devais faire mes preuves, ma vie avait pris un virage à cent quatre-vingts degrés. J’étais devenu soutien de famille après le décès de mon Père et l’héritage de sa carte de docker.
Apprentissage et transformation
Comme l’apprenti, le crochet à la main en guise de maillet, je suis resté muet pendant quelques mois. Face à des hommes forts en gueule, je me devais d’apprendre sans faillir, pensant que le sens de l’existence de chacun se mesurait au bien fondé des choix de son libre-arbitre, orienté vers une œuvre constructive guidée par le rayonnement de la beauté de son âme.
Dans ces années quatre-vingt, il fallait assumer mon nouveau statut de docker, se déterminer, s’engager, être pleinement responsable et accepter de me confronter tous les jours à mes imperfections. Comme l’apprenti s’identifie à la pierre brute, je travaillais et apprenais sans relâche avec le soutien des anciens. J’avais une haute estime de ce métier qui avait nourri depuis trois générations ma famille. L’activité de remplir ou de vider des cales de navires n’était pas une difficulté en soi, mais il fallait savoir économiser ses forces avec des gestes justes et appropriés pour manipuler des sacs, des cartons, des fûts ou des caisses, pendant six heures trente sans interruption.
L’apprenti observe sa pierre brute, il la jauge la scrute et la conçoit dans sa forme idéale. Il va la contourner cherchant l’angle d’attaque le plus favorable ce qui lui demande de réfléchir, de penser et de méditer avant d’agir. Au fond du trou, les anciens nous conseillaient de travailler avec notre tête pour ne pas nous épuiser trop vite. Je scrutais avec la même clairvoyance l’endroit le plus propice pour commencer sans se gêner, sans se mettre en danger et être à la fois à l’abri du froid ou de la chaleur selon le temps. Nous travaillons par bordées de deux hommes sur une équipe de dix. Avoir le geste précis et au même rythme que mon compagnon ou homme de barre, terme emprunté par les dockers, pour ne pas l’épuiser par mon manque d’expérience.
En franc-maçonnerie, nous pouvons dire que le maillet est pour l’apprenti le symbole qui lui permet de débarrasser le cœur de tous les vices autant que du superflu.
Il prépare l’âme à devenir une pierre vivante de l’édifice spirituel.
Le geste de l’apprenti doit être précis et persévérant pour progresser par étapes successives, sans précipitation et impatience.
Le maillet est une expression de la dynamique de la vie de l’énergie.
Le maillet est aussi la lumière du Vénérable, celui qui annonce par les coups répétés les différentes rituélies de l’atelier, l’invitation au travail et non un commandement. L’apprenti aiguise son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante, dans le silence, il apprend ainsi à utiliser ses connaissances.
Pour polir la pierre, une fois dégrossie, le Compagnon utilise le ciseau et le maillet. Cette action lui demandera de savoir trouver le rythme de travail dans la régularité et l’apaisement des passions, pour découvrir la beauté et la vérité qu’y si cache.
Le ciseau symbolise la discipline, c’est un révélateur de la beauté et de la lumière cachée en chacun. C’est la faculté de se déterminer dans ses choix par des motivations sérieuses. Le ciseau devra être affuté afin que l’intelligence agisse avec subtilité.
Équilibre et rectitude au travail
Dans le monde portuaire, le travail était sans relâche, rythmé par les cadences incessantes des allées et venues de la grue qui, au bout de son câble, suspendait, après le palonnier, des palettes à remplir ou à vider, selon le travail de l’embarquement ou débarquement des marchandises. Comme un fil aplomb, il fallait orienter la grue pour qu’elle puisse descendre la « palanquée » dans un endroit bien approprié de la cale. Lors des campagnes de sacs de farine envoyés en Afrique dans un but humanitaire, les palettes descendaient à l’aplomb.
La perpendiculaire, fil à plomb fixé au centre d’un arceau, est un des emblèmes, avec le niveau, des surveillants. Ils leur permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l’élévation, aux principes énoncés par le plan de l’œuvre. Le fil à plomb ou perpendiculaire est donné au Second surveillant pour vérifier le travail des apprentis.
Cette perpendiculaire ou fil aplomb sur un plan spirituel permet de contrôler la justesse et la droiture de nos pensées et de nos actions qui doivent être en symbiose. Toute construction qui n’est pas verticale est instable pouvant s’effondrer à tout moment.
Lors du débarquement des sacs de noisettes de quatre-vingts kilos qui provenaient de Madagascar, nous avions pour habitude d’utiliser la brague américaine faite de gros cordages et d’un crochet. Notre fierté était de voir montée cette palanquée d’une dizaine de sacs sans se disloquer, montée accompagnée à chaque fois de cris de joie. C’était une victoire sur nous-mêmes et nos efforts augmenteront d’autant nos primes en fin de vacations.
Ceux dont la vie louvoie au gré de l’intérêt du moment ou de l’emportement des passions seront confrontés, un jour ou l’autre, à l’affaissement de leur édifice.
En revanche, la personne de bien dont la vie est fondée sur des principes de droitures est apte à résister aux épreuves de l’adversité et aux sirènes des vanités. Elle sait se maintenir dans l’axe du juste milieu qui correspond à la voie droite de l’équilibre entre devoir et raison, mais aussi d’une parfaite justice ou équité.
Les outils et les vertus du maçon
On attribue au compagnon d’autres outils comme l’équerre, la règle, le niveau.
L’équerre est l’outil de base et de fondement de la maçonnerie.
Elle met en place le temps, l’espace et le nombre.
C’est elle qui ordonne le comportement d’un maçon. L’équerre donne le cadre des lois et de l’ordre à observer. On peut considérer les deux branches de l’équerre comme emblème du droit et du devoir, symbole de loyauté. C’est l’outil qui conduit toute l’œuvre jusqu’à son acheminement que cette œuvre se construise sur un chantier matériel ou dans le sanctuaire du coeur, elle correspond à la sagesse.
Elle assure des bases conformes à la réception des pierres du temple dont la juxtaposition parfaite est la garantie de la solidarité de l’ensemble. En un mot, l’équerre symbolise ce que doit être la vie d’un franc-maçon sur terre et elle le représente lui-même.
Elle est donnée au Vénérable pour la rectitude, c’est le symbole de la science maçonnique. Le Vénérable est charge de former des maçons parfaits, permettant de faire passer de la pierre brute à la pierre cubique.
Dans ma vie de profane, ce sentiment de justice et de droiture s’est toujours manifesté chez moi, héritage d’une éducation basée sur le respect des personnes et de la défense des injustices. Éducation que je me suis efforcé de transmettre à mes fils.
Quand je travaillais à bord des navires, j’ai pu observer que ces hommes dans la souffrance de l’effort physique gardaient un esprit fraternel et de solidarité. Dans une discipline du travail bien fait, tous devaient « d’être d’équerre » comme ils disaient ! L’embarquement des marchandises était bien aplani pour continuer à travailler dans de bonnes conditions, évitant ainsi les dangers de tomber dans un trou. Quand l’homme engage son corps au risque de sa vie et de celles des autres, il doit travailler avec des règles bien précises.
La règle est sans doute l’instrument de mesure le plus simple mais, sur le plan intellectuel, c’est aussi une méthode, une discipline ou un précepte qu’on doit observer dans un art dans une science dans notre vie de franc-maçon et de profane. Il y a deux sortes de règles, les règles théoriques et la règle pratique. En théorie, une règle acceptée volontairement, choisie, symbolise l’exigence et l’obéissance d’un résultat. Cette droiture et cette rigueur doivent s’appliquer à l’esprit pour la maîtrise. La règle pratique se rapporte à la volonté et sert à la diriger vers ce qui est bon et juste. La règle permet de vérifier si la construction achevée est conforme au projet.
Outil de mesure qui est divisé en vingt-quatre degrés comme la division du jour en vingt-quatre heures. En franc-maçonnerie, on peut distinguer la règle du compagnon et la règle du maître.
La règle du compagnon se rapporte à un signe d’une parfaite régularité de sa conduite. La règle du maître de la loge lui permet d’installer chacun des officiers de son collège en leur annonçant leurs devoirs et leurs charges. Le maître de la loge établit le plan de l’édifice ou la planche à tracer et en vérifie l’exactitude.
La règle utilisée à bon escient conduit le maçon à en faire un usage constant pour trouver l’ordre inhérent à toute chose, mais aussi pour découvrir sa propre norme de mesure la discipline au quotidien.
Elle donne le sens de la mesure et de la précision dans l’exécution.
Le franc-maçon s’en sert pour gérer sa présence dans l’instant, pour avoir de l’attention à tout ce qu’il fait et qui demeure la ligne de conduite librement choisie et indispensable à l’édification de son temple intérieur. Il doit toujours suivre la ligne droite comme étant le plus sûr et le plus court chemin pour réussir et pour jouir de la paix de l’âme.
Voulant suivre un code d’honneur dans ma vie de profane, je ne me suis jamais défilé face à la tâche, aussi dure soit-elle. À l’époque, un poème de KIPLING inspirait ma propre ligne de conduite dans la vie. Ce poème commençait par « Si tu peux voir détruire l’ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir … ».
J’ai souvent médité ces quelques lignes. Plus tard, j’ai pu le vivre à mes dépens.
Equilibre et harmonie du travail
La force tranquille etle juste equtltbre en franc-maçonnerie, sont donnés par le niveau et le fil à plomb. Sur un plan philosophique, le niveau permet de trouver la mesure et le juste milieu, de tendre à l’équité et à l’équilibre par l’union parfaite de la verticale.
Du câble de la grue qui montait et descendait jusqu’au plancher de la cale, notre rythme de travail était défini par le vertical et l’horizontal dans l’union de nos efforts qui nous cassaient le dos. Le soleil qui vers onze heures venait nous éclairer nous réchauffait l’hiver et nous étouffait l’été. Mais il représentait l’approche de notre fin de travail. Il nous donnait du cœur à l’ouvrage malgré la fatigue accumulée. À midi trente, le chef d’équipe nous ordonnait de monter.
Le premier surveillant, lumière et force de la Loge, doit veiller à ce que l’ordre et l’égalité entre tous les membres soient observés. Il doit aussi évaluer à bon escient leurs efforts de perfectionnement individuel en vue de mettre en harmonie leurs esprits et que la vertu de fraternité règle leurs échanges. Il fait voir ainsi que le niveau est l’outil de vérification du travail des compagnons.
L’usage du niveau en franc-maçonnerie permet le développement en soi du sens de la justice, il invite à aplanir les obstacles qui génèrent l’ego pour progresser vers la libération intérieure.
D’autre part, en franc-maçonnerie, le « passer de la perpendiculaire au niveau » désigne ainsi le passage du premier grade au second. Le premier prescrit de mettre dans sa conduite la droiture qui fait l’homme d’honneur et l’aplomb qui fait l’homme conséquent à ses principes et constant dans la pratique du bien.
Dans le grade de compagnon, le niveau est le signe de l’égalité et rappelle à tous de se mettre en garde contre l’orgueil et la vanité, de ne pas se croire plus parfait que ces frères et rester toujours modeste.
Dans cette nécessité de la modestie, on doit se méfier de la faiblesse humaine et ne compter que sur sa persévérance dans le bien qu’au moyen d’une lutte continuelle contre les mauvaises passions.
la cale était notre espace Il représentait notre cercle, nos limites et notre univers remplie de parfums aux senteurs exotiques. Il m’arrivait parfois de travailler l’après-midi quand, à la première embauche du matin, je ne trouvais pas de travail. Quand embauché par un chef d’équipe parmi des hommes que je ne connaissais pas, il fallait composer et parfois s’imposer. Je constatais dans ces moments-là que ces hommes à la gouaille aux jurons incessants redevenaient plus humains, plus sensibles, les sujets de conversation changeaient au fur et à mesure que la nuit tombait dans la cale. Au rythme des cargos de lumières qui tanguaient, la fatigue aidant, nous étions en communion comme la chaîne d’union qui nous relie après la fin de nos travaux en loge.
Entre équerre et compas
Un franc-maçon qui se perd se retrouve toujours entre l’équerre et le compas car il se révèle sur l’équerre et se tient à l’intérieur du compas. L’union de l’équerre et du compas est le symbole qui caractérise le franc-maçon. Car ils sont respectivement le ciel et la terre. Le compas pour tracer le monde, l’équerre pour s’écarter du monde céleste à l’univers.
Le compas permet de trouver la mesure dans la recherche du juste milieu, le sens des proportions et estimer l’étendue de ses capacités.
L’entrecroisement du compas et de l’équerre symbolise les noces de la terre et du ciel ou de la matière et de l’esprit. Le récipiendaire après sa prestation du serment devient symboliquement enfant du ciel et de la terre.
L’équerre et le compas sont les attributs du maître avec la planche à tracer.
Le compas trace un espace bien défini ; mis dans une main experte, il symbolise l’expérience, la sagesse et la connaissance du trait et la maîtrise de l’art royal.
La sagesse du levier et la persévérance
Souvent dans notre vie d’efforts, un obstacle se présente sans que l’union de nos forces puisse être utile. Parmi nous, il y avait toujours un plus sage et plus raisonné pour trouver une solution en disant : « Archimède disait : donnez-moi un levier et un point d’appui, je vous soulèverai le monde » en poursuivant par « rien n’est lourd pour un docker, il suffit de travailler avec sa tête »
Le levier repose sur la compréhension des lois physiques de l’action-réaction et de la loi de cause à effet, facteurs nécessaires pour décupler la force à bon escient. Le levier se caractérise par la force et la puissance. L’utilisation du levier caractérise l’homme déterminé à vaincre les difficultés et les épreuves de toutes sortes.
C’est l’outil qui symbolise la force en mouvement.
C’est pourquoi il ne doit être utilisé qu’avec de grandes précautions. C’est l’outil le plus dangereux, il permet de manipuler de lourdes charges et l’action qu’il met en mouvement est liée directement aux réactions qui s’ensuivront.
Employer comme il faut le levier permet au maçon d’utiliser sa force qui repose sur la connaissance qu’il a de l’univers de contrôler son énergie dans l’action et l’effort d’agir consciemment selon la loi des interactions de cause à effet. Il donne le moyen de surmonter l’obstacle, la résistance matérielle physique ou morale. Mais cela n’est possible qu’en sachant utiliser son point d’appui avec la volonté de surmonter ce qui paraît au-dessus de nos forces.
Sa bonne utilisation repose sur la connaissance et la maîtrise des forces et s’illustre par la ténacité d’une volonté affirmée de tenir ses engagements et de poursuivre la voie choisie jusqu’à son terme, sans négliger le nécessaire apport, le cas échéant, de ceux que l’on reconnaît pour frères.
La truelle : symbole de l’unité et de la fraternité
L’emblème des qualités du véritable maçon est la truelle.
À quoi sert la truelle dans le temple ? À cacher les défauts de nos frères !
Après quelques années passées au sein du monde portuaire, j’avais acquis l’expérience nécessaire, ressentant toutefois le besoin de changer d’horizon, besoin aussi d’apprendre autre chose. Je passais un stage de pointage et de contrôle des marchandises. C’est un travail de solitaire dans lequel le sens de l’observation, la mémoire et l’organisation sont mises à l’épreuve. Je me souviens que parfois nous décidions d’un commun accord de « cacher la misère », expression qui signifie qu’à l’aide de la marchandise que nous devions manipuler, il fallait aplanir le plan de travail laissé la veille par une équipe peut soucieuse des camarades qui viendraient le lendemain, comme l’aurait fait un travailleur du bâtiment avec sa truelle pour cacher ainsi les imperfections.
La truelle est aussi perçue comme pouvant symboliser la conscience de la fraternité universelle entre les êtres humains à l’image de l’excellence du travail bien fait par la solidarité entre tous. Cet outil sert à étaler le ciment qui lie toutes les parties d’un édifice par le jointement en une seule et même masse, ce qui, sur un plan symbolique, nous apprend à lisser le ciment de l’affection et de la bonté qui unissent tous les membres de la famille maçonnique où qu’ils soient dispersés par le monde, en une seule communauté fraternelle.
La truelle sert à ramener et à lier dans nos âmes des sentiments d’honneur et de vertu et à les employer de façon à ce qu’ils élèvent un édifice digne de la plus noble des sociétés.
Tout est dans l’art de manier la truelle.
C’est la recherche du beau du bien, du vrai dans l’élaboration de toutes les œuvres d’une vie en quête d’harmonie.
La truelle correspond à la mise en pratique de la fraternité du pardon. Quand un maçon passe la truelle, cela signifie qu’il oublie les injustices et les imperfections des frères qui lui ont fait du tort.
Elle est le symbole de bienveillance et d’unification de l’ensemble par le ciment de l’affection fraternelle. La truelle est l’instrument qui cimente la destinée individuelle au sein de la collectivité. Elle permet d’achever l’œuvre entreprise et d’accéder à la perfection. Elle unifie, rassemble et fusionne par l’utilisation du mortier destiné à cimenter entre elles toutes les pierres de l’édifice en les reliant par un joint.
La truelle relie le travail manuel au travail intellectuel.
Elle est le trait d’union entre l’esprit et la matière.
C’est l’outil qui témoigne de l’union de l’ensemble des maçons réunis sur la surface du globe.
Le travail est la plus haute expression de l’intelligence humaine.
C’est par lui et à travers lui que tout être se réalise. Aujourd’hui, pour beaucoup, le travail a perdu sa signification profonde, universelle. Il est ressenti, très souvent, comme une contrainte. C’est une triste et regrettable réalité car le travail devrait être un moyen de mieux se connaître et progresser dans ses relations avec autrui.
De la quête matérielle à l’éveil spirituel
Le port est un lieu d’échanges de marchandises, certes, mais aussi de relations humaines très fortes avec des hommes au caractère bien trempé et très solidaires. J’ai eu cette chance de faire partie d’une des dernières corporations d’ouvriers tellement décriée de nos jours à travers les médias.
À l’époque des réductions des coûts de la main d’œuvre au détriment de l’accroissement des dividendes donnés aux actionnaires, le port a subi tellement de conflits, passant de trois milles dockers en 1980 à quatre cents de nos jours.
Que d’erreurs commises de part et d’autre !
L’arrivée des conteneurs nous cantonnait à faire les singes sur le pont des navires montant jusqu’à cinq de hauteurs laissant les anciens de côté ressentant la fin d’une époque.
J’ai quitté la profession dans les années quatre-vingt-dix pour me consacrer au centre de vacances dans les alpes du personnel de la manutention portuaire. Une autre vie s’ouvrait à moi passant du rustre solidaire à la plus simple expression du naturel humain dont puisse être l’enfant.
Mais n’oublions pas une chose, les outils dans leur symbolique sont les mêmes.
Dans notre vie de profane ou de franc-maçon, nous passerons toujours selon les situations et les méandres de la vie du maillet à la truelle si notre cœur est pur et notre âme en paix.
Si l’on se donne la peine de se pencher sur nos rapports humains, dans la vie de tous les jours, qu’elle soit professionnelle ou familiale, on pourrait s’apercevoir de sa grandeur d’âme et de ses faiblesses.
C’est dans l’effort, la création , la volonté de transmettre que l’homme se réalise. Avoir une attitude maçonnique est réelle à mes yeux et celui qui mesure cette dimension dans sa vie de profane est certainement un franc-maçon qui s’ignore.
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Publié le 15 Octobre 2026 par T.D
L’ennéade traditionnelle des outils, et la gradualité
La franc-maçonnerie avec ses trois grades établit une progressivité dans l’acquisition des connaissances. Après les 4 épreuves purificatrices de l’initiation, l’apprenti apprend le métier de la taille de la pierre et pour cela il apprend le bon usage des outils. Traditionnellement c’est l’échelle (ou les marches) qui sert d’archétype à la progressivité de l’enseignement. Cette échelle est celle de la Scala philosophorum, échelle à neuf degrés représentant les neuf outils et instrument de la réalisation et de perfection de soi. Cette échelle ascendante et descendante est décrite par Robert Ambelain dans « La symbolique maçonnique des outils » et nous en faisons ici une interprétation adaptée à notre étude.
Notons qu’il existe différentes hiérarchies dans l’ordonnancement des outils. Suivant les rites et il est courant d’étudier le symbolisme des outils deux par deux du fait de leurs interactions et de leurs complémentarités. Ainsi on étudiera volontiers les couples maillet et ciseau, le niveau et la perpendiculaire, et bien sûr l’équerre et le compas.
Les 9 instruments-outils du maçon de tradition suivant la tradition hermétique-alchimique des rituels Ecossais. Le maçon est préalablement accoutré comme il se doit, d’un tablier et de gants, quel que soit le grade. Il est donc en situation de travail tant physique, psychologique et symbolique. Ceci constitue un préalable sans lequel l’usage d’outils et instruments perd toute valeur initiatique. N’oublions pas que le temple maçonnique est une "imago mundi", une reproduction symbolique de l’univers dans sa totalité tant microcosmique que macrocosmique. Cette double représentation fait de l’échelle ascendante et descendante un axe de progression que nous pourrions appeler « axis Mundi ». Ainsi, la loi des correspondances vient à s’appliquer naturellement et le monde macrocosmique devient agissant sur le monde microcosmique, et inversement. Ce double flux irrigue la totalité du système initiatique. L’idée reste de progresser sur soi pour rejoindre la totalité et l’universalité. L’action sur soi n’est donc pas sans effet sur l’univers et inversement.
Les instruments de l’apprenti sont :
1° Maillet
2° Ciseau
3° Levier
Les instruments du compagnon :
4° Perpendiculaire
5° Niveau
6° Equerre
Les instruments du maître maçon :
7° Compas
8° Règle
9° Truelle
Cette ennéade est encadrée en sont point de départ par l’initiation dont le processus initial se caractérise par la vêture de l’oeuvrant (le tablier et les gants), qui va transformer la pierre brute, jusqu'à la polir en pierre cubique à pointe et se termine par la légende palingénésique d’Hiram, consistant au relèvement du maître intérieur. Notons enfin que les lois de correspondances se retrouvent interprétées non seulement dans le sens vertical macro- microcosme, mais aussi dans le sens horizontal purement microcosmique où sont données des équivalences entre les éléments, les couleurs, les sens, les vertus, les arts libéraux, les nombres, les planètes. Ces équivalences sont censées réinsérer l’être dans un ensemble d’interactions globales.
L’apprenti réalise la connaissance et la prise de conscience du Soi. C’est une renaissance à soi. L’apprenti s’identifie avec la pierre brute en phase de transformation par le travail.
Les vices de la pierre brute sont ceux de la nature profonde de l’apprenti.
Il s’agit donc d’inventorier ses propres vices. Ce sont les aspérités, défauts de la pierre, le tout constituant le Soi, et d’amener un processus de travail vertueux pour dégrossir, polir et rendre une forme carrée, puis cubique.
Les instruments permettent d’accomplir ce type de travail, à la fois d’investigation de l’esprit et de réalisation technique.
L’apprenti maçon observe, réfléchit, prend conscience des émotions, des passions, et de tout ce qui anime sa propre personnalité, sa propre conscience. À ce stade ce sont les pulsions primaires, propres à l’état évolutif de l’enfance qui déterminent irrévocablement le futur de sa personnalité, le caractère et les modalités comportementales.
Nos défauts découlent d’une énergie vitale déviée qui ne permet pas au Soi de se développer comme individu et d’interagir harmonieusement dans la société.
Ce sont les ressorts de la passion, des émotions et des impulsions primaires qui doivent être gérées, freinées, contrôlées et selon les cas modifiés. C’est dans ce cadre général que nous aborderons l’ennéade des outils.
Avant d’aborder la neuvaine, il faut en définir le socle. ;;
Le tablier représente la vêture initiatique de l’apprenti. Le tablier est associé à l’élément Terre, qui indique aussi l’abîme ou la profondeur du cabinet de réflexion, grotte de laquelle en remontant, il prend conscience de sa corporalité.
Le tablier est associé à l’élément terre dont l’impétrant s’extrait avec cette retenue et cette crainte face à la lumière. En découlent l’avarice pour le vice et la prudence pour vertu.
On voit par cette association que le symbole est complexe, mais correspondance dans ses tenants et ses aboutissants.
Dans l’échelle philosophique, tout se tient et tout est cohérent.
L’apprenti utilise trois outils qui sont des aides pour sa progression :
-Le maillet symbole de la volonté agissante, emblématique du pouvoir et de l’intelligence, s’associe à l’élément eau, au vice de la gourmandise, et ayant pour vertu cardinale la tempérance.
-Le ciseau symbolisant le discernement dans l’action et l’efficacité, est associé à l’élément air, au vice de la luxure et pour vertu cardinale la justice.
-Le levier symbole de l’effort dans la réalisation et donc de puissance, est associé à l’élément feu, au vice de la paresse et à la vertu cardinale de la force.
L’apprenti, en gravissant les trois premiers degrés de cette échelle à neuf barreaux, effectue paradoxalement une plongée dans se profondeurs secrètes qui sont ni plus ni moins les états élémentaires et inférieurs de l’être. Son état est prénatal, sa naissance se fera dans le monde de la matière. C’est donc la force, l’inconscient et l’instinct qui constituent son socle identitaire
Le compagnon travaille à l’inverse, sur une pierre déjà dégrossie par l’apprenti, débarrassée de ses aspérités disgracieuses et pourtant non finie. Nous ne sommes plus dans les profondeurs du soi, mais sur une horizontalité contemporaine. Cette horizontalité permet la rencontre et l’enrichissement de tous les compagnons évoluant sur le même plan. Il pratique la géométrie et l’art du trait, il connaît l’usage du niveau et du fil à plomb pour construire des murs.
Son objectif est d’obtenir une pierre parfaitement taillée, au volume régulier du cube. Ainsi la taille du compagnon met en valeur non seulement la surface dans sa finition, mais aussi son volume dans un élan ascensionnel. De l’horizontalité le compagnon passe à la verticalité. Cet élan ascensionnel de la troisième dimension est représenté par la pointe de la pierre cubique qui n’est autre qu’une pyramide surplombant un cube. L’ensemble réunit en son sommet la totalité du cube et de la pyramide soit du quaternaire et du ternaire. Nous ne sommes plus dans les états inférieurs de l’être, mais dans le monde de l’âme qui donne le souffle à la vie. Le compagnon se situe concrètement dans l’édification d’un mur du temple dont il est qu’une partie indispensable.
Si les vices de l’apprenti sont vitaux, ceux du compagnon sont des maladies de l’âme. Il doit les combattre, s’il veut atteindre son accomplissement ascensionnel. Ce sont des maladies qui avilissent et rongent la psyché, en amenant le compagnon sur la pente de l’abrutissement et de la violence envers lui et envers les autres.
Viennent en aide au compagnon les instruments suivants :
-Le niveau qui symbolise la sérénité dans l’application, mais aussi l’égalité, a pour vice l’envie et pour vertu de la charité.
-La perpendiculaire ou fil à plomb symbolise la profondeur dans l’observation, mais aussi l’équilibre, et à pour vice la colère et pour vertu l’espérance
-L’équerre qui est la rectitude dans l’action et la justice, à pour vice orgueil et pour vertu la foi.
Le compagnon s’exerce dans les trois dimensions de la matière. Il recherche la beauté de la taille et fait entrer le subconscient et le sentiment dans son travail. Dans l’exécution de la tâche, il est né à lui-même.
Le Maître travaille traditionnellement sur la planche à tracer, espace à 2 dimensions, sur laquelle il dessine et projette. Il possède l’art de la géométrie et de la représentation en trois dimensions. Sa représentation devient conceptuelle. Il sait faire les calculs mathématiques, et passer d’une dimension à l’autre. C’est en ce sens qu’il connaît les grands mystères. Son monde est l’esprit, sa vision est globale. Il a seulement 3 instruments opératifs la règle et le compas, avec lesquels il peut tracer chaque type de ligne droite ou courbe et tracer des figures polygonales. Il sait utiliser la truelle, l’instrument de l’harmonie, de la perfection et de l’unification qui donne sens à l’ensemble bâti. C’est l’expression de sa sérénité et de sa bonne volonté, avec lesquels il maintient la paix et la sérénité de sa loge en aplanissant les divergences.
Les vices du maître sont dans la sphère de l’esprit. Il n’y a plus de point commun avec le compagnon, si ce n’est le symbolisme constructif. Ce qu’enseigne la légende du 3° grade concerne la régénération de la vie, de toutes les facultés physiques ou psychiques de l’initié, et plus particulièrement le relèvement du maître intérieur qui sommeille en nous.
Pour l’aider dans sa tâche, le Maître utilise les instruments suivants :
-La règle symbolise la régularité dans l’application et la rectitude, a pour vice l’aveuglement et pour vertu l’intelligence.
-Le compas symbolise la précision dans l’application, mesure dans la recherche de la vérité, a pour vice la folie et pour vertu la sagesse.
-La truelle symbolise la perfection, a pour vice l’erreur et pour vertu la réintégration c'est-à-dire la prise de conscience supérieure d’une complète totalité.
Les vices du maître sont ceux qui amènent à l'aliènement collectif, à l’extinction de la lumière intérieure de l’esprit : contre-initiation, aveuglement et folie. Ce sont les forces obscures qui créent le Maître Noir illustré par l' Ho locauste et à la folie nazi d’Hitler, les génocides perpétrés par Staline et par Pol Pot, le génocide arménien de la part des Turcs en 1910, aux explosions atomiques et des centaines d’autres terribles exemples. En plus petit aspect, mais non moins dangereux, ces vices engendrent des personnes dédiées à la suprématie, à la destruction, à la violence verbale, mentale et physique envers les autres. L’initié saura les détecter et se tenir à l’écart.
Pour conclure, le maître évolue dans le domaine de la sagesse en mariant conscience et raison. Il est sorti du travail de la matière, pour intégrer le domaine de l’esprit.
(…)
Extrait de la Planche commune franco-italienne « Lumière Ecossaise » à l’O\ D’Ollioules et «Acacia » à l’O\d’Asti.
Eric R\ et Walter Mu\
Publié le 14 Octobre 2026 par T.D
Y\M\ R\
Lors de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise, les trois actes du meurtre d’Hiram nous sont présentés avec les différents protagonistes et leurs attributs symboliques.
Le premier acte voit s'accomplir le meurtre de l'Architecte par trois mauvais compagnons ; le deuxième acte concerne les recherches et la découverte du cadavre ; enfin, le troisième acte est consacré au relèvement, depuis la position horizontale jusqu'à la position verticale, du corps inerte d'Hiram.
Le 1er acte de ce meurtre symbolique s’articule autour de 3 pôles : la victime, les criminels et les outils du meurtre.
Aujourd’hui nous nous intéresserons, aux trois outils : la règle, le levier et le maillet, qui ont servi à perpétrer ce meurtre.
Mais je ne saurais passer sous silence, la personnalité de la victime et les circonstances de ce drame symbolique.
La personnalité de la victime
Salomon, voulant élever un temple à l'Eternel demanda l'appui de son voisin, le roi de Tyr. Celui-ci lui envoya les plus habiles de ses ouvriers, et un homme chargé de diriger les travaux du Temple, un architecte nommé Hiram.
Aussi farouche qu'instruit, Hiram possédait l'Art de bâtir jusqu'en ses moindres détails. A son arrivée, Hiram avait réparti les ouvriers en trois classes distinctes selon leur profession : à sa droite, se rangèrent ceux qui travaillaient le bois, à sa gauche, ceux qui s'occupaient des métaux ; enfin, au milieu se trouvaient ceux qui travaillaient la pierre.
Hiram divisa chacune des classes en trois parties, d'après le savoir de ceux qui les composaient. Les moins instruits constituèrent dans chaque classe les apprentis ; ceux qui étaient habiles dans les travaux qu'ils exécutaient furent les compagnons, enfin ceux qui dirigeaient les autres furent les maîtres.
les Apprentis se rassemblaient devant la colonne J:. pour recevoir leur instruction, leurs vivres et leur salaire ; les Compagnons, faisaient de même près de la colonne B:., enfin les Maîtres, étaient admis à se réunir dans l'intérieur du Temple.
Afin d'empêcher toute confusion entre ces ordres, chacun des membres recevait une parole mystérieuse indiquant sa place dans la hiérarchie. Dans cet ordre établi par le Maître, seul le savoir permettait aux ouvriers de s'élever d'un rang.
Chacun se félicitait de sa direction empreinte à la fois de justice et de bonté. On lui était reconnaissant d'avoir organisé le travail d'une manière équitable, en proportionnant les salaires aux capacités.
Le Drame Symbolique
L'admirable organisation, instituée par ce chef bienveillant, aurait dû fonctionner d'une manière parfaite. Mais la perfection n'est pas dans la nature des choses : c'est un idéal vers lequel tendent les êtres et les institutions, mais que nul ne saurait atteindre.
Hiram hélas, devait éprouver en sa personne à quel point la perversité se glisse insidieusement dans le cœur humain, en dépit de tous les efforts d'instruction et quelle que soit la sagesse des mesures prises dans l'intérêt commun.
Trois mauvais Compagnons persuadés que la Maîtrise leur était due, alors qu'on persistait à leur refuser cet avancement, voulurent arracher de force au grand architecte du Temple la parole mystérieuse des maîtres. Il organisèrent, à cet effet, le plus infâme des complots. Ils décidèrent son assassinat : cet acte de violence injuste et odieux qui consiste à exécuter un innocent.
Les maîtres se réunissaient chaque jour dans une chambre située au milieu du temple. Le sage Hiram sortait le dernier de tous, après s'être assuré par lui-même de la bonne exécution de ses ordres. Connaissant cette particularité, les trois compagnons s'embusquent chacun à l'une des trois portes et attendent la sortie du grand architecte.
Hiram, les travaux de la journée accomplis, se dirige vers la porte Sud, où il trouve le premier qui lui demande la parole des maîtres. Hiram lui répond : « travaille, persévère et tu seras récompensé » ; le compagnon veut frapper Hiram à la gorge avec la pesante règle de fer dont il s'est armé ; le maître détourne le coup et est atteint à l’épaule droite.
Hiram se rend alors à la porte de l'Occident qui servait d'entrée commune à tous les ouvriers. Là se trouvait le 2e compagnon qui, sur le refus du maître de livrer son secret, le frappe avec son levier à la nuque, le coup est détourné sur l’épaule gauche.
Tout étourdi, Hiram se traîne jusqu'à la porte de l'Orient où il rencontre le 3e conjuré, « plutôt la mort que de violer le secret », répond Hiram. Rendu plus furieux encore que ses complices par le refus de l'architecte, le criminel l'achève d'un coup de maillet sur le front.
La légende, réduit à trois, les ouvriers criminels. Fait unique dans les rituels de la Maçonnerie bleue : ce sont trois symboles à visage humain qui fomentent et exécutent le meurtre d'Hiram. Ils représentent : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.
Ensemble ou chacun, ils symbolisent également les tares les plus condamnables de l'homme profane ou bien de l'initié qui a si mal ou si peu travaillé sa Pierre qu'il ne sait pas maîtriser ses instincts, ses envies, ses pulsions internes.
La préméditation de leur méfait est manifeste, les ouvriers félons ayant comploté et s'étant munis d’armes avant de passer à l'acte.
Les outils du meurtre
A propos de ces outils, tout Maçon a le droit légitime d'exprimer sont étonnement d'entendre prononcer dans le rituel, le nom d'Outils symboliques ravalés en la circonstance au rang d'armes offensives et meurtrières. Il semble invraisemblable et aberrant que plusieurs outils puissent, même à titre exceptionnel, servir à blesser un être humain et lui donner la mort. A priori, le but du symbole n'est pas de tuer mais, au contraire, de nous aider à vivre mieux.
Mais en Maçonnerie, rien ne se fait sans raison. Il serait vain de croire en effet que ces trois acteurs se situent successivement en trois lieux différents du temple et que la victime est frappée par trois outils en trois endroits différents de son corps pour l'unique besoin d'une mise en scène.
Pourquoi ces 3 outils ont-ils été choisis pour perpétrer le meurtre ?
Tout d’abord la Règle
Parce qu’elle sert à tracer des lignes droites, la règle est un symbole de rectitude. A l'origine, en effet, la règle est l'instrument primordial du Maître d'Oeuvre, qui conçoit l'ordonnance du Temple, en tant que structure terrestre, réplique d'un ordre céleste. La règle a ainsi non seulement une valeur symbolique, mais plus profondément une valeur spirituelle, en se définissant comme un trait d'union entre le ciel et la terre.
Son importance est soulignée lors des voyages de la postulante au grade de C.'., elle l’accompagne dans 4 des cinq voyages. La règle du Compagnon divisée en 24 sections incite, à chaque heure du jour, à chaque instant, la Franc-maçonne à se mettre à l'ouvrage dans la rectitude, dans l'application, dans la régularité. Outil symbolique actif, elle se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs. Avec le Compas, elle donne la possibilité de construire presque toutes les figures géométriques. En association avec la Perpendiculaire et le Niveau, elle permet la mise en place correcte des pierres de l'édifice. Enfin, avec l'Equerre, elle est indispensable pour vérifier le travail accompli.
Instrument par excellence de l'Art du Trait, cette science secrète dont Hiram se servit pour l'édification du Temple de Salomon, elle sert non seulement à concevoir l'édifice, mais à le réaliser et à vérifier la justesse de la construction, de ses proportions. Principe créateur, la règle est présente à toutes les étapes, de l'idée à la concrétisation. Elle permet la précision dans l'exécution.
Pour la Maîtresse Maçonne la Règle permet la mesure parfaite de l'espace car ses proportions sont proches du nombre d’or. Mais elle lui donne aussi le sens de la mesure. Mesure dans le contrôle des pulsions et des attitudes.
Elle est aussi le symbole de l'Autorité. La Règle est le Sceptre du professeur, c'est d'elle qu'il va se servir en tant que pédagogue lorsqu'il frappera sa chaire afin d'obtenir, de ses élèves, le silence qui doit accueillir sa parole. Et il adviendra parfois qu'elle lui serve également d'instrument de correction en même temps que d'affirmation de son ascendance, de son pouvoir.
Qu'elle préside à l'édification d'un temple (art du trait), aux conventions (règle de jeu, règle de vie) ou aux statuts (règle religieuse), la règle propose des directions qui toutes visent à une construction, qu'elle soit d'ordre physique, moral ou spirituel.
Ensuite le Levier
Au IIIe siècle avant JC, Archimède, Mathématicien grec, aurait affirmé être capable de soulever le monde à l’aide d’un levier. Cette image particulièrement frappante était destinée à démontrer la toute-puissance de l’un des plus anciens outils utilisés par l’homme pour déplacer les charges lourdes.
Le Levier sous sa forme la plus élémentaire est une barre rigide, mobile autour d’un axe ou d’un point fixe. Comme Archimède l’a démontré, deux forces sont alors en présence : d’une part la force motrice appelée « puissance » qui correspond à l’action de l’homme, d’autre part la force appelée résistance qui est le poids de la pierre.
Le Levier sous-entend l'effort maximum, et par là, il fait référence à la Force. La Force est cette vertu qui consiste tout aussi bien à pouvoir contenir les plus grandes craintes, qu'à modérer les mouvements d'audace les plus hardis, afin que l'Homme, à cette occasion, ne se détourne jamais de son devoir. Le levier est donc l'outil qui permet de multiplier les forces de la Maçonne.
Cette faculté, que l'ancienne scolastique médiévale dénommait le don de Force, est en fait le Courage.
Mais le levier est comme le Ciseau, un intermédiaire "passif". Il ne devient "actif" que par la puissance de celui qui l'utilise. Il se rapporte donc à la Connaissance accessible par l'initié. Le Levier devient alors Force féconde mais dangereuse si elle n'est pas contrôlée par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire.
Le 3e outil est le maillet
Le maillet est un marteau de bois à deux têtes, dont se servent en Loge la Vénérable Maîtresse, et les deux Surveillantes pour faire exécuter les travaux, donner des signaux, provoquer des ondes sonores rythmiques et imposer le silence. Entre leurs mains, le Maillet symbolise le pouvoir.
Le maillet est l’arme de Thor, dieu nordique de l’orage, outil d’Haphaïstos, dieu de la forge. Etant assimilé à la foudre, il est à la fois créateur et destructeur, instrument de vie et de mort.
C’était également l’arme par les soldats au Moyen-Age et l’outil à un grand nombre d'ouvriers et d'artisans tel le menuisier, le tonnelier ou le tailleur de pierre.
Il est généralement en buis, bois choisi à cause de sa dureté et il symbolise la fermeté et la persévérance.
Le Maillet agit de façon discontinue. Ceci montre que l'effort ne peut être poursuivi sans interruption et qu'une pression continue sur le Ciseau lui enlèverait toute précision. Le maillet est alors le symbole de l’intelligence qui agit et persévère.
Dans certaines civilisations, on posait le maillet sur le front des agonisants pour leur faciliter le passage, l’envol de l’âme. Cette tradition se retrouve à Rome, le Doyen du Sacré Collège, frappe d’un coup de maillet en ivoire, le front du pape qui vient d’expirer, avant de proclamer sa mort.
La symbolique du Maillet révèle trois formes du puissance :
- la puissance brutale à caractère primitif de l’arme de combat terrestre,
- la puissance créatrice et ordonnatrice à caractère divin de l'activité céleste symbolisée par la foudre ou le tonnerre,
- et la puissance de connaissance avec un caractère relationnel de l'humain au divin.
Ces trois outils au symbolisme profond font référence à un grand nombre de vertus :
La règle fait référence à l’Ordre, à travers la rectitude et la régularité,
Le Levier à la force, au courage, et à la résistance
Le maillet à l’intelligence, la persévérance,
Ce sont des outils de construction destinés à nous faire avancer dans la connaissance maçonnique et spirituelle grâce à leurs apports positifs.
Dans la mort de notre Respectable Maître Hiram, ils sont détournés de leurs aspects positifs pour se révéler être des armes redoutables au service de la violence brutale et de la mort. Mis dans les mains des mauvais compagnons aux pulsions incontrôlées, générée par le désir de puissance, la recherche du pouvoir, ces outils retrouvent leurs aspects primitifs de démolition et de destruction.
Mais au-delà des aspects propres à chaque outil, il est nécessaire de d’essayer de comprendre quel sens attribué à leur rôle dans ce drame ?
A la Porte d'Occident, la première blessure est infligée avec la règle, à l'épaule droite, contraignant le Maître à plier le genou droit qui touche terre. Mais c’est la gorge, siège de l’émission verbale, passage de l’air et de la nourriture qui était visée.
L'Occident figure l'endroit le moins éclairé, le point cardinal où le Soleil - la Lumière maçonnique - disparaît pour un temps déterminé.
La Porte d'Occident est le passage oscillant entre le monde initiatique et le monde profane, entre la connaissance de soi (connaissance ésotérique) et les connaissances indispensables à la vie sociale (connaissances exotériques).
L'épaule et le genou droits représentent la latéralité positive, émettrice, active du corps humain. Sous l'effet du coup, ce pôle positif anesthésié provoque un court-circuit au contact de la Terre Elément.
Cette première blessure rituelle a pour objet de supprimer en Hiram son génie créateur, son habileté technique liée à son immense savoir intellectuel.
A la Porte du Nord - virtuelle dans le temple maçonnique - le Maître est blessé avec le levier à l'épaule gauche ; il tombe alors sur le genou gauche. Mais c’est la nuque qui est visée.
Le Nord est dans l'hémisphère boréal, assez bien éclairée ; on y fait siéger les Apprentis pour amorcer la dissipation des ténèbres de leur ignorance initiatique.
La Porte du Nord - qui existait concrètement dans le temple de Jérusalem - figure au plan astronomique le point cardinal où se trouve l'étoile polaire, au plan maçonnique la présence de l'Etoile Flamboyante.
L'épaule et le genou gauches représentent le côté négatif, réceptif. Le traumatisme paralyse le côté du cœur, qui entre lui aussi en contact avec la Terre-Elément, déchargeant une grande partie de son énergie.
Cette deuxième blessure rituelle, destinée à tuer en Hiram ses structures éthiques, ses qualités morales et son acuité psychique, et son affectivité.
Enfin, à la Porte d'Orient, la 3e blessure est portée avec le maillet sur le front. Mortellement atteint, Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, et rend le dernier soupir.
L'Orient est l’espace sacré d’où jaillit la Lumière. Dans le temple maçonnique la Porte d'Orient s'ouvre sur la Lumière initiatique et sur l'Orient Eternel.
Etendu sur le dos, à l'horizontale, le corps de l'Architecte, sa tête en direction de l'Occident, est en contact total avec la Terre Elément, c'est-à-dire avec la matière, laquelle possède les mêmes composants que ce corps physique.
Cette troisième blessure a l'aspect rituel de "coup de grâce" : acte délibéré du bourreau à l'encontre de sa victime.
Mais il est capital d'observer la position du corps d'Hiram, pieds vers l'Orient et tête vers l'Occident. Ce dernier point cardinal est en effet, le lieu du soleil couchant, de l'obscurité naissante, donc de la quasi-ignorance et de la mort physique, exotérique en quelque sorte.
La tête est un lieu de passage vers le cosmos de l'énergie spirituelle de l'être humain, ainsi qu'une entrée à l'intérieur de ce dernier des énergies cosmiques symbolisées par la Lumière.
En conséquence, le geste violent du troisième compagnon veut avoir pour résultat de briser en Hiram sa Porte d'Orient, d'interrompre l'écoulement de son énergie vitale, de mettre fin à la connaissance spirituelle acquise par l'Architecte, d'anéantir le grand initié qui avait élevé un temple à la gloire de la Lumière éternelle. Mais ce résultat n'est pas obtenu car le chef-d'œuvre réalisé durera un certain temps alors que le Temple Intérieur d'un parfait initié est bâti pour toujours ; seul le corps physique d'Hiram cesse de vivre.
Enfin, l’ensemble des trois blessures composent dans l'espace un triangle dont le symbolisme nous renvoie au Delta Lumineux, au Principe Créateur, au Grand Architecte de l’Univers.
Le héros de ce drame n'a rien d'un homme ordinaire, en raison de l'œuvre capitale de sa vie, c’est l’initié accompli, le paradigme de toute initiation menée à son plus haut degré, le modèle que les Maîtres Maçons ont le devoir d'imiter, de prendre pour exemple à défaut de le diviniser.
Ces outils diabolisés nous plongent dans le monde profane où se développe la montée inexorable de la violence. Aussi moi, maîtresse maçonne, je dois avoir à l’esprit de toujours combattre :
la mauvaise mentalité qui a fait abattre sur le Maître la Règle du premier assassin ;
l'étroitesse de sentiment qui animait le misérable qui s'en est pris au cœur d'Hiram, en le meurtrissant à l'aide d’un Levier ;
la vanité, l'orgueil de commander et de briller qui a allongé la main du troisième vers le Maillet fatal, qui consomma le meurtre d'Hiram.
La légende d'Hiram vue à travers l’analyse des trois outils du meurtre, nous permet d’entrevoir une partie du mystère transmis par ce sage qui meurt plutôt que de livrer son secret, et qui ressuscite immortel. Le but tout entier de la légende se trouve renfermé dans cette mort du juste tué en secret et dans son éclatante résurrection.
C’est la victoire de la vérité sur les erreurs, de la résurrection sur la mort, d'Hiram qui est la vertu sur les trois compagnons scélérats.
Car les outils ne sont que des instruments en nos mains. A nous de manier la règle, le levier et le maillet de manière positive.
En mourant avec le Maître, la maîtresse maçonne est morte à une existence vulgaire et misérable. Elle s’est relevée purifiée des passions grossières des mauvais compagnons. Transfigurée par la lumière de l’initiation elle ne redoute plus la mort car elle a acquis la liberté intégrale.
J’ai dit.
Publié le 14 Octobre 2026 par T.D
Quels sont les outils du compagnon franc-maçon découverts au cours de ses 5 voyages ? Que symbolisent-ils ? Comment les interpréter au REAA ?
Le Prologue de Jean dit : « Le Verbe s’est fait chair ». La pensée divine, puis humaine, s’est concrétisée au travers d’actes concrets et d’outils de construction. L’outil transforme l’énergie de la pensée en action effective, en force maîtrisée conforme aux lois de la Nature.
Si la main est le premier outil de l’Homme, l’outil fondamental, nous utilisons aussi un certain nombre d’outils rudimentaires mais incontournables. Ces outils sont actionnés par la main, cette dernière pouvant être décrite comme l’instrument des instruments (Aristote).
De manière générale, les outils permettent de prolonger notre pensée conceptrice, et aussi de donner corps à notre intelligence. Sans ces outils, nous ne serions pas Homme.
Mais les outils ne servent pas seulement à réaliser, ils servent aussi à apprendre et à comprendre. Les symboles sont, par excellence, des outils permettant de comprendre et de percer. Un symbole n’est jamais révélé définitivement, il est un filtre qui permet d’entrevoir le sacré.
Enfin, les outils permettent de transmettre. La main par exemple, permet d’écrire, écrire pour être lu des autres, de nos semblables, de nos Compagnons.
Ainsi les outils permettent de donner et de recevoir, de travailler sur soi et dans soi.
A présent, présentons et analysons les outils du Compagnon, qui lui sont remis au cours de chacun des voyages de l’initiation. Les outils vont généralement par deux pour montrer leur dualité et leur complémentarité.
1) Donner la forme, approfondir : le Ciseau et le Maillet
Le Ciseau et le Maillet, qui sont aussi les outils de l’apprenti, sont associés au Cinq Sens lors du premier voyage initiatique du Compagnon. Ces outils permettront de polir la pierre cubique destinée à l’érection du Temple dont nous sommes à la fois les constructeurs et les matériaux.
Le Ciseau est passif à l’égard du Maillet. De par son inclinaison, il permet de retirer la quantité juste et parfaite. Le Ciseau doit être guidé avec habileté et discernement, il s’agit de parfaire la pierre avec précision, prudence et humilité.
Le Maillet est quant à lui l’énergie agissante : il est actif, moteur, force concrète.
Cette paire d’Outils impose à la pierre la volonté de l’ouvrier. D’une main, le Compagnon frappe (Maillet) et de l’autre il donne la forme ressemblant à ce qu’il a imaginé.
A noter que le Maillet, symbole de volonté agissante, est utilisé au cours du rituel pour annoncer l’ouverture et la fermeture des Travaux, et pour demander la parole. Il sert aussi à marquer le rythme du travail. Lors de la cérémonie d’initiation, le Vénérable Maître pose l’épée sur le récipiendaire puis frappe la lame avec le Maillet.
Le Ciseau ou le Maillet pris séparément sont inutiles ; la complémentarité de l’actif et du passif est évidente.
Le Ciseau et le Maillet traduisent l’approfondissement personnel, le perfectionnement. Il s’agit de donner une forme à une matière extrêmement dure. Cette matière, c’est notre corps, notre carapace, nos barrières personnelles. C’est aussi le quotidien, le monde physique, la matière. Cette carapace est extrêmement difficile à percer pour accéder au fond de nous-même, au spirituel, et mieux nous connaître. C’est un travail long, minutieux et pénible.
2) Déplacer, bâtir dans la rectitude de la loi : La Règle et le Levier
Là encore, la Règle et le Levier sont parfaitement complémentaires. Ces outils apparaissent au Compagnon lors du second voyage de son initiation et sont associés aux Cinq Ordres Architecturaux.
Le Levier démultiplie notre force et nous permet de placer où l’on veut les pierres destinées à l’érection du Temple symbolique. C’est l’instrument actif par excellence, auquel rien ne peut résister. C’est la force de la volonté, l’outil qui permet d’atteindre tous les objectifs, qui triomphe de tous les obstacles.
La Règle représente la loi morale, elle trace la direction de notre conduite dont nous n’avons jamais à dévier.
Outil passif, la Règle rappelle que la loi morale doit toujours être le point d’appui de la volonté et de l’action concrète. Elle sert à orienter l’action de juste manière.
La Règle et le Levier attirent notre attention sur le fait que la force de la volonté, qui peut être illimitée, doit être mise au service de valeurs morales fondamentales.
Notre civilisation est le triomphe du Levier. L’Homme a atteint un niveau d’ingénierie et de technicité très élevé. Il peut bâtir des viaducs de 300 mètres de haut et faire décoller des fusées, il peut creuser des canaux pour relier les océans. Il sera capable de bien plus encore dans le futur. Tout cela semble-t-il au détriment de la Règle. Au cours du XXème siècle, l’Homme a utilisé sa force au service de la guerre et de la destruction de l’Autre.
La Règle, c’est la loi, donc la liberté au sein de la société. En effet, être libre c’est définir la loi de sa propre action.
Pour ces outils, les maîtres mots pourraient donc être : DEVOIR et LIBERTE.
3) Le Fil à plomb et le Niveau : s’élever sur de bonnes bases
Le Fil à plomb et le Niveau apparaissent lors du troisième voyage du Compagnon, dédié aux Arts Libéraux.
Le Fil à Plomb est l’outil qui permet de vérifier instantanément la loi de la gravité, ou verticalité. Cet outil rappelle aussi la nature du monde physique : la matière est attirée vers le bas. En même temps, il montre la voie droite, le chemin parfait vers l’élévation. Il est vérité.
Il fait penser à une colonne vertébrale autour de la laquelle les organes peuvent se construire, un axe crucial autour duquel le travail peut s’organiser.
Outil passif, le Fil à plomb n’exerce aucune action sur la matière, il définit pourtant le sens des travaux et de l’élévation de la manière la plus évidente et la plus remarquable, ce qui en fait un outil prédominant.
Le Niveau a un rôle de vérification de l’horizontalité. C’est l’outil de recherche de la stabilité et de l’équilibre. Il rappelle un autre instrument : la balance, qui est le symbole de l’Egalité et de la Justice.
Le Fil à plomb et le Niveau rappellent le Delta lumineux. Le Fil à plomb serait un point de passage entre le haut et le bas, entre le monde matériel et spirituel, il est l’équivalent de l’oeil central du Delta. Le Niveau est à la base : ligne d’Egalité entre les Frères, de fraterni, mais aussi ligne de Justice permettant de contourner notre ego.
Pour ces outils, les maîtres mots tpourraient être : VERITE, EGALITE ET JUSTICE.
4) L’Equerre
L’équerre est associée au quatrième voyage initiatique du Compagnon, au cours duquel on découvre les noms des Cinq Grands Initiés.
L’Equerre est traditionnellement utilisée par les tailleurs de pierre. Outil de contrôle de l’angle droit, l’Equerre rend possible un travail ordonné, cohérent, durable. Sa fonction première est la vérification, voire la rectification, ce qui n’est pas sans rappeler le Rectificando de la formule VJTRIOL
Le maniement de l’Equerre demande une constante remise en question de soi-même et du monde, il garantit la solidité de la construction.
L’Equerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place.
L’Equerre me fait aussi penser au Rituel qui nous permet de travailler dans la droiture et la rigueur d’une démarche ordonnée et progressive. C’est ainsi que la plupart des signes en loge se font à l’Equerre.
Surtout, en permettant de vérifier la régularité des faces d’une pierre, l’Equerre permet de positionner chaque pierre par rapport aux autres, et dans la mesure où chacun de nous est une de ces pierres, l’Equerre harmonise nos êtres, adoucit nos contradictions, et rend donc possibles les liens de Fraternité entre nous.
Pour cet outil, les maîtres mots semblent être : VERIFICATION ET FRATERNITE.
Pour conclure, rappelons les maître mots que l’on peut associer aux outils du Compagnon :
Construire c’est bien cela : mettre dans son oeuvre ce qui est en soi, travailler en Homme libre, progresser vers la Vérité tout en œuvrant pour l’Egalité et la Justice, enfin vérifier et rectifier sans cesse, tout en se plaçant auprès des autres, en totale Fraternité.
Publié le 13 Octobre 2026 par T.D
Avant la dernière Tenue, le Second Sur:. m’a fraternellement invité a participé à un chantier d’apprenti. Son cycle de travail en chantier commence par « la Pierre Brute » et c’est dans ce cadre que l’un de nos frères apprentis, récemment initié, a présenté ses travaux sur la Pierre Brute.
La Pierre Brute fait partie des principaux symboles cités en page 17 du mémento de l’apprenti dont je vous cite un extrait :
« Le F :. Apprenti travaille à la Colonne du Septentrion sous la direction du F :. Second Surveillant qui est chargé par la R : Loge de l’instruire dans ses débuts du travail dans l’ « Art Royal » dont les premiers et principaux symboles sont :
- La Pierre Brute,
- Le Maillet,
- Le Ciseau,
- La règle à 24 divisions,
- La perpendiculaire,
- Le Silence.
L’Apprenti Maçon doit « dégrossir » la Pierre Brute. »
A l’exception du Silence bien-sûr, (ou pas !), ces principaux symboles se retrouvent sur le tableau de loge au 1er degré.
L’Apprenti Maçon est donc, et je cite toujours le Mémento, « à la fois le matériau et l’ouvrier de l’œuvre Maçonnique qu’il commence ».
L’objectif de l’Apprenti est donc connu, dégrossir la Pierre Brute.
Pour le réaliser, il faut une méthode et des outils.
Lors de notre précédente tenue, notre VM nous a fait une planche sur le « Symbolisme, outil de connaissance ».
La planche de notre VM et le chantier d’apprenti m’ont permis de me replonger dans des études sur le grade d’apprenti et j’en suis fort content.
Pour développer cette planche, je commencerai par associer deux des principaux symboles cités dans le mémento, et de les associer à un lieu, à savoir :
- Le silence et la perpendiculaire
- Le cabinet de réflexion
Et pour donner corps à tout cela, je vous demanderais de visualiser, d’imaginer un jeune apprenti, assis en tailleur, regardant une Pierre Brute, et qui de manière un peu méditative, ne saurait pas par quel bout attaquer cette taille.
Et bien, si je devais lui donner un conseil, je lui dirais, au jeune apprenti, que ses premiers outils sont le silence et la perpendiculaire, et qu’il se souvienne de son passage dans le cabinet de réflexion lorsqu’il a subi l’épreuve de la Terre.
On demande en effet à l’apprenti maçon, à la colonne du septentrion, de regarder, d’observer, de conserver le silence…. Il est au septentrion, il est dans l’ombre, en tout cas pas trop dans la lumière.. Qu’il profite de cette période d’apprentissage, où il n’y a pas d’autre objectif que d’écouter, de regarder, d’absorber les symboles de la loge et du rite. C’est une chance.
Qu’il se souvienne du passage dans la matrice du cabinet de réflexion. N’est-ce pas le symbole du repli sur soi ? de l’introspection ? de la méditation ? Qui suis-je ? Où vais-je ? qu’il se rappelle en « flash » le coq et l’inscription VITRIOL.
Silence, perpendiculaire, cabinet de réflexion…
La perpendiculaire, symbole du second surveillant, symbole de l’introspection… Symbole de redécouverte de soi pour l’Apprenti. De méditation.
L’apprenti est devant sa pierre brute, dans l’introspection… dans le silence… dans la méditation….
Il est peut-être prêt à commencer à tailler la pierre brute. S’il a réussi à s’extraire du monde profane. S’il est prêt à tailler dans les métaux et l’acquis qui faussent et brouille sa vision.
Le jeune maçon a fait sien le principe VITRIOL : visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée.
Il respire ; il commence à voir ce qu’il doit tailler, les morceaux de pierre à enlever par petites couches, pour tenter d’atteindre l’œuvre d’une Pierre cubique. Il commence à maîtriser ses passions.
Il tend la main, il cherche d’autres outils, il attrape à tâtons un outil dur et lourd, un autre plus léger et métallique. Un maillet et un ciseau. Il est prêt.
Il va utiliser dans sa main droite le maillet, et dans sa main gauche un ciseau. Et il n’a pas oublié de mettre des gants pour se protéger des éclats quand il commencera son travail.
Il va allier la force du maillet à la sensibilité et l’intelligence du ciseau.
Il commence à taper, doucement, de plus en plus assurément. Car il commence à se connaître, à maîtriser son geste.
Toutefois le doute revient, car il voit que la forme géométrique attendue, un cube, n’est pas au rendez-vous pour l’instant. Cela ressemble plus à un parallélépipède dont tous les côtés opposés ne seraient pas parallèles avec des segments qui ne seraient pas égaux. Que dire des angles droits…
A quoi bon une telle forme géométrique…
Ah, parce que je ne vous ai pas encore dit, mais cet apprenti maçon souhaite que la pierre qu’il aura taillée puisse s’insérer dans un mur, dans un édifice, composé d’autres pierres cubiques….
Où est-ce que le bât blesse ?
Le jeune maçon s’est laissé emporter par son élan : de l’introspection et de la médiation, de la réflexion, il s’est un peu laissé aller dans sa fougue.
Il s’est dit qu’il était prêt et il a foncé.
Il a d’ailleurs oublié un outil, mais il le cherche, de sa main droite, il l’a trouvé.
La Règle. Symbole du rite au REEA. Il a un peu trop taillé sa pierre en profane, pensant qu’il était devenu expert en taille de pierre.
Il a en main cette belle règle divisée par 24 divisions, comme 24 heures, comme à chaque heure suffit sa peine.
Règle symbole de la règle, du rite. Sans rite, pas de travail. Sans symbole pas de travail.
''Dura lex, sed lex''. La loi est dure, mais c’est la loi.
La règle enfin va lui permettre de vérifier que chaque côté a la même longueur.
Mais il devra sans cesse vérifier que les dimensions sont proportionnées.
Au moins il a la perpendiculaire ou fil à plomb, qui va compléter ses vérifications, pour atteindre des angles à 90 degrés.
Il se remet à l’ouvrage, il avance sur la voie initiatique.
L-D:. D:.
26 avril 6023
Publié le 13 Octobre 2026 par T.D
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,
Ce mémorandum a pour objet de rappeler les fondements et les bases incontournables de la Franc-Maçonnerie, dès les trois premiers Grades traditionnels depuis les âges les plus anciens. Ces Grades – Apprenti, Compagnon, Maître – , appelés naturellement Grades symboliques sont appliqués en Loge dites symboliques classées ‘’Loges de saint Jean’’. Ainsi a connaissance des Outils est absolument indispensable à toute progression dans la voie d’un enseignement initiatique maçonnique. A cet égard, rappel est fait que toutes les Formations initiatiques n’entrent pas forcément dans le cadre de l’Institution maçonnique, précisément le Martinisme, le Martinésisme, les Rose-Croix, les Templiers, le Compagnonnage, le Druidisme, etc… et bien entendu les Ordres religieux. Les échelons qui composent la graduation ou échelle des Grades d’un Rite, dont les derniers dénommés »Hauts-Grades », ont fait l’objet de maintes critiques, jusqu’à être qualifiés de fantasques et prétentieux, pour donner lieu à de fausses intensions, tirant leur origine d’une époque lointaine où fleurissait la Chevalerie. Nous citons Jules Boucher et Oswald Wirth qui nous invitent à la plus grande prudence en ces termes :
« Tous les auteurs, ayant approfondi le ternaire fondamental de la Franc-Maçonnerie, ont condamné avec sévérité l’ivraie des hauts-grades, élucubrations fantaisistes, ne contribuant qu’à égarer l’esprit et à faire méconnaître le pur Maçonnisme. Le besoin des hauts-grades ne se serait jamais fait sentir si, pratiquement les trois degrés fondamentaux n’étaient restés lettre morte ; les degrés supérieurs perdraient leur raison d’être, dès que les Loges se montreraient capables de former des Maîtres effectifs. La plupart des adeptes de l’Art royal se contentent de recevoir les Grades symboliques, mais ils ne les possèdent jamais effectivement. Ils détiennent un trésor, mais ils en ignorent la valeur et n’en tirent aucun parti. Or les hauts-grades n’ont d’autre mission que de faire progressivement saisir l’ésotérisme des trois degrés fondamentaux de la Franc-Maçonnerie. »
……Ces trois Grades sont parallèlement à regarder tels des Grades élémentaires, parce qu’ils sont, à la source, liés aux quatre éléments : la Terre (par la Chambre de réflexion), l’Eau, l’Air et le Feu. La fusion de ces éléments, premiers symboles de l’Initiation, et les Outils sont constitutifs de la base de l’enseignement initiatique, sans lesquels il n’y aurait aucun accès à la Connaissance, et à la compréhension des Grades et Degrés suivants. Plus tard, après la Maîtrise, ils sont appelés à offrir l’assise et la structure d’un enseignement supérieur qui suit les Grades symboliques et qui nécessairement s’appuiera sur la totalité de ces premiers éléments et leurs fondements, au travers d’un Grade et deux Degrés, classés en Loges de saint André (cela au REP).
Sans les symboles rattachés à ces éléments constitutifs d’un enseignement de base, il ne peut y avoir de compréhension de ce qui constituera rapidement une culture de réflexion liée aux aspects de recherche, dans la voie du perfectionnement de la nature humaine, mais également au plan historique, spirituel, moral, philosophique, soit de de sagesse.
Ce sont les outils, constituant un MOYEN, et ils se distinguent en deux classes distinctes :
Ils sont en toutes occasions à employer respectivement deux par deux (Compas et Equerre, Maillet et Ciseau, etc…), soit un outil servant l’Esprit et un outil servant la Matière, c’est pourquoi ils sont complémentaires et à utiliser ensemble. Aussi, ils sont associés par deux dans le symbolisme maçonnique, pour constituer plusieurs binômes.
Equerre et Compas
…..L’Equerre confirme la volonté d’un chef de Loge dans un but essentiel, celui du respect des statuts de l’Ordre pour agir d’une seule manière, à savoir celle du Bien. En correspondance avec les Outils, l’Equerre qui figure à la pointe du Sautoir du Vénérable signifie en effet que toutes ses actions vont vers le Bien. On lui donne généralement le sens d’équité. Elle symbolise l’équilibre résultant de l’union de l’actif et du passif. Si l’équilibre est un état statique, ses branches inégales traduisent un état actif et dynamique. L’équerre se rapporte à la Matière qu’elle symbolise, qu’elle rectifie et qu’elle ordonne. Elle représente l’action de l’homme sur la Matière et parallèlement dans un autre sens l’action de l’Homme sur lui-même.
Se rapportant à la Matière, l’Equerre est passive, tandis que le Compas désignant l’Esprit est actif. Toutefois, l’Equerre joue son rôle de contrôle de la coupe des pierres qui doivent être taillées de façon à être ajustées avec exactitude. Sur la poitrine du Vénérable, la branche de l’Equerre la plus longue placée du côté droit marque la prépondérance de l’actif (côté droit ou énergie entreprenante) sur le passif (côté gauche, coeur pour une réceptivité et un discernement). En outre, l’Equerre rappelle le gamma grec et conséquemment la lettre G.
……Le Compas est l’un des instruments les plus anciens qu’inventa l’homme. Il sert à tracer des cercles et à prendre des mesures. Le compas est l’image de la pensée, les écartements de ses branches et leur rapprochement figurent les modes du raisonnement, qui doivent être abondants et larges, précis et serrés mais toujours clairs et persuasifs.
L’Equerre est un instrument fixe et le Compas un instrument mobile. Donc par rapport à l’Equerre, passive, le Compas est actif. Le Compas, par ses pointes, indique son emprise sur la matière tant que l’écartement de ses branches est inférieur à 180°. Plus il devient une ligne droite, moins il n’a de possibilité effective. Son ouverture donne les possibilités d’accéder à la connaissance, et indique les bornes que l’homme ne saurait dépasser.
L’Equerre est symbole de la matière, tandis que le Compas est symbole de l’esprit et de son pouvoir sur la matière. Le Compas ouvert à 45° indique que la matière n’est pas complètement dominée, alors que l’ouverture à 90° réalise intégralement l’équilibre entre les deux forces et le Compas devient ‘’équerre juste’’.
……Au Grade d’Apprenti, l’Equerre couvre les deux banches du Compas et indique qu’on ne peut demander plus au néophyte que sincérité et confiance, conséquence naturelle de la droiture et de la rectitude. Durant la cérémonie d’Initiation, le Récipiendaire tient la pointe du Compas sur sa poitrine nue, siège de la conscience, qui doit lui rappeler sa vie passée, durant laquelle ses vues et ses démarches n’ont peut-être pas toujours été réglées sur l’exactitude, laquelle doit diriger ses pensées et ses actions. Même si le Récipiendaire est censé encore ignorer l’usage du compas, qu’il découvrira plus tard ; celui-ci figure l’esprit qui va au-delà du sentiment (le cœur) et il convient de s’attarder non pas sur la raison, sèche et froide, mais bien sur les facultés de l’esprit de l’Initiation dans toute sa transcendance.
……Au Grade de Compagnon, une branche du Compas couvre l’Equerre, et marque sincérité et discernement, et au Grade de Maître, les deux branches du Compas recouvrent l’Equerre, elles impliquent perspicacité et justice.
…….Au troisième Grade de Maître-Maçon, l’Equerre et le Compas forment le bijou Maître-Maçon, pour représenter l’union de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament
a Cet exposé est à compléter par la lecture des distinctions qui figurent dans les instructions du deuxième Grade (Rituel, page 84), ainsi que plus généralement par les explications des Outils développés dans le Manuel des Officiers et dans le lexique du REP.
Maillet (Marteau) et Ciseau
……Tous deux sont employés au dégrossissement de la Pierre brute. Tout d’abord le Ciseau, tenu en main gauche (côté passif), s’impose par le discernement. En effet, c’est le Ciseau, chargé de faire disparaître les aspérités de la pierre à l’état nature, qui permet de façonner la pierre dans une forme cubique. Achevée, elle est l’image du travail accompli de l’Apprenti en capacité de devenir Compagnon, destiné à œuvrer à la construction de l’édifice. Mais le Ciseau est inopérant sans le concours du Marteau. Il marque, quant à lui, la volonté qui exécute.
……Le Marteau, emblème du Travail de l’Apprenti et de la Force matérielle, aide à renverser les obstacles et à surmonter les difficultés. Le Ciseau est l’emblème de la sculpture, de l’architecture, des beaux-arts, alors que son usage serait presque nul sans le concours du Maillet. Sous l’angle de l’intelligence, tous deux concourent au même but. Le Maillet, emblème de la logique, sans laquelle on ne peut raisonner juste, et dont aucune science ne peut se passer, a besoin du Ciseau, pour parvenir à la logique propre à rendre l’homme indépendant.
……Le Maillet est donc l’outil de l’intelligence qui agit et persévère. Il dirige la pensée et anime la méditation de celui qui, dans le silence de sa conscience, cherche la vérité. Vu sous cet angle, il est inséparable du Ciseau qui représente le discernement comme nous l’avons dit, sans l’intervention duquel l’effort serait vain, sinon dangereux.
Ces deux outils sont indispensables à l’Apprenti pour tailler sa Pierre brute. Le premier représente les résolutions arrêtées en notre esprit, tandis que le second, le ciseau d’acier s’applique sur la Pierre. Tenu de la main gauche, côté passif, le Marteau de l’Apprenti correspondant à la réceptivité intellectuelle, au discernement spéculatif.
Pris sous un autre aspect, il figure la volonté qui exécute : c’est le Maillet du Vénérable, insigne de commandement qu’il brandit de la main droite (qui est celle qui engage), côté actif, se rapportant à la Force et à la détermination qui conduisent les actes ritueliques.
Quant au Marteau, il incite l’Apprenti à la constance dans l’effort. Cette volonté est simplement ferme et persévérante, parce que par cet Outil, il agit d’une façon discontinue, dès lors que l’effort ne peut être poursuivi sans interruption, puisqu’une pression continue sur le Ciseau enlèverait toute précision au Travail.
……Même si le Maillet est l’outil essentiel du Vénérable et des deux Surveillants (ils sont ainsi nommés ‘’les trois Maillets’’), il diffère en fonction de son attribution, et alors il peut représenter l’actif et le passif. Pour résumer, le Maillet est la volonté qui exécute. Insigne du commandement, il est tenu en main droite (côté actif) et développe une énergie agissante autant qu’une détermination morale. Le Maillet dans les mains du Vénérable et des deux Surveillants symbolise le pouvoir. Ainsi, nous nous référons à l’instruction dialoguée au Grade d’Apprenti, selon laquelle il est rappelé que le Ciseau représente la pensée arrêtée et les résolutions prises, tandis que le Maillet souligne la volonté qui les met à exécution, comme précisé ci-avant.
Pour rappel : lors de l’ouverture des Travaux d’une Loge, les deux Surveillants circulent munis du Maillet, tenu en main droite (paume sur le cœur) et porté sur la poitrine, pointe du Maillet près de l’épaule gauche. Dans cette position les Surveillants font le signe de l’Equerre.
Il est important de rappeler que les Frères en Loge doivent se mettre SUCCESSIVEMENT à l’Ordre et NON PAS tous ensemble et en même temps, mais seulement au fur et à mesure du passage des deux Surveillants (tenant Maillet en main droite et donc sans être au Signe des Travaux) devant chacun des participants des deux Colonnes du Nord et du Sud, après s’être croisés à l’Orient. Avant le passage des Surveillants, les Frères sur les Colonnes doivent être tournés vers l’Orient et faire face au Vénérable, et ainsi chacun ne peut voir le Signe fait par celui qui est derrière lui.
Niveau et Perpendiculaire
……Outils des Premier et Second Surveillants, ils donnent respectivement la verticale et l’horizontale, qui rappellent l’actif et le passif, deux polarités universelles réunies, l’une de mouvement et d’action, l’autre d’inertie et de repos. Terme traditionnel : la Perpendiculaire (dit à tort fil à plomb, terme moderne) est représentée par un arceau au sommet duquel est attaché un fil à plomb. La Perpendiculaire est l’emblème de la recherche en profondeur, de la vérité, de l’aplomb, de l’équilibre. Elle signifie que le Maçon doit posséder une rectitude de jugement qu’aucune affection d’intérêt ou d’effets personnels ne doit détourner.
…..Le Niveau en symbolisme est formé par une équerre juste (angle de 90°), il symbolisme l’égalité sociale, mais simplement sur la base du droit naturel. En pratique, les Membres ne sont pas tous égaux devant la volonté et la détermination face à l’effort à accorder au Travail, la soif de résolutions, l’envie d’apprendre et de découvrir. Seule cette différence est la manifestation d’une inégalité justifiée entre les Initiés. En Franc-Maçonnerie, nous ne parlons jamais de Maillons (les Membres) faibles, mais de faux Maçons qui refusent d’apprendre par la lecture indispensable à toute instruction et progression pour une ascension dans l’échelle des Grades maçonniques. En fait, là se trouve l’inégalité entre ceux qui apprennent par le Travail personnel et l’implication en Loge et ceux qui ne le veulent pas. Le Niveau est le symbole de l’égalité originelle, il n’implique en aucun cas le nivellement des valeurs. Il nous rappelle qu’il faut considérer toutes choses avec une égale sérénité. Si le Niveau indique l’horizontale, il n’est pas dépourvu de la verticale. La Perpendiculaire donne la direction vers le centre de la Terre et le Niveau donne la ligne droite vers un point donné par la Perpendiculaire.
……La Perpendiculaire est l’emblème de la recherche en profondeur, de la vérité, de l’aplomb, de l’équilibre. Il symbolise la Connaissance et de la rectitude. Cet Outil prévient toute déviation oblique ; tandis que le Niveau montre que la Connaissance doit être rapportée au plan terrestre, le seul qui puisse intéresser directement l’Initié. La Perpendiculaire donne la direction du centre de la Terre et le Niveau donne la ligne droite en Equerre à un point donné avec la Perpendiculaire. C’est en partant d’assises stables et bien établies que le Maçon peut et doit travailler essentiellement en vue de son élévation spirituelle.
……Enfin, lorsque l’Apprenti devient Compagnon, on dit qu’il passe de la Perpendiculaire au Niveau, c’est-à-dire qu’ayant suffisamment approfondi les éléments, principe de base de la Connaissance, il devient capable d’envisager ceux-ci dans leurs relations avec le monde, avec le cosmos. Ces relations sont indiquées par le triangle que forme l’armature du Niveau, qui équilibre horizontalité et verticale.
Règle et Levier
……Complémentaire à plusieurs Outils, la Règle symbolise le perfectionnement. Elle incarne la rectitude, la méthode, la loi. Unie au Compas, elle permet de tracer toutes les figures de la Géométrie. Elle représente l’infini, la droite sans commencement ni fin. Mais son axe premier est la moralité et le devoir, dont le Franc-Maçon ne doit pas s’écarter. La Règle graduée est divisée en 24 divisions qui correspondent aux 24 heures du jour qui toutes doivent être correctement employées.
si bien que tous les Outils symboliques se trouvent réunis dans une succession logique pour une construction sans défaut.
……Mais la Règle et le Levier sont reliés. Ils sont formés essentiellement par la ligne droite, d’autant que la Règle se rapporte à l’Esprit et le Levier à la Matière. Le Levier est comme le Ciseau un intermédiaire passif et il est inerte par lui-même. Alors qu’il devient actif par la force multipliée de celui qui l’utilise, il l’est d’autant plus quand il est saisi à deux mains et tenu en main droite, de la sorte rien ne résiste à la puissance du Levier. Aussi, y a-t-il lieu de veiller à aucun abus susceptible d’emportements dangereux, telles des intentions d’une pureté non absolue ou malveillante. Le Levier se rapporte donc à la Connaissance qui devient initiatique et fournit une force féconde à contrôler par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire. Ainsi, la Règle est le rappel de plusieurs constantes : droiture de l’Esprit dans les résolutions, franchise, loyauté, rectitude pour dédaigner toutes les contrefaçons
La Règle est un outil inflexible qui donne la raideur de la ligne droite, dont la rigidité rappelle la ligne de conduite que se fixent les Maçons, tenant compte des conditions réelles pour contourner les difficultés et les embûches dans le respect de la (leur détermination) Morale.
La Truelle est un outil neutre qui n’est pas en vigueur en Loge de saint Jean au REP, mais reste cependant présente pour signifier l’oubli des injures et des injustices. Elle invoque essentiellement la bienveillance envers tous. La Truelle est toutefois utilisée au RER et dans les Ateliers supérieurs, où elle est employée avec l’Epée, pour découvrir la lame d’or.
Pour résumer, rappel de la signification de chaque Outil :
(cf. les attributs des deux premiers Grades, page 84 rituel du deuxième Grade)
Plusieurs de ces Outils ont la particularité de correspondre à un attribut rattaché à un Officier, et sont figurés par les Bijoux d’Ordre que portent les Officiers durant les Travaux en Loge symbolique.
……En conclusion, nous pouvons affirmer que les MOTS, les EXPRESSIONS, les ALLEGORIES, les Mythes et les Légendes autant que les SYMBOLES fournissent et forment les embryons d’éléments concrets ou abstraits. Mais tous ont un but, celui d’illustrer une suggestion et de transmettre une impulsion, une image, qui nourrissant une abondante iconographie maçonnique, conduisent à une réflexion et/ou à une méditation.
Il est patent que le Rituel dans sa totalité est symbole et instruction. Toutes les composantes du Rituel, les interventions, les échanges verbaux, les Cérémonies et cérémonials, sont purs symboles. C’est ainsi que de nombreux Rites ont leur symbole et leur symbolique qui s’appuient sur une culture, soit historique soit moderne, pour constituer un fonds inépuisable de découvertes, en deux premières étapes :
…….Il y aurait lieu d’ajouter que la Pierre cubique à pointe est en sommeil dans la Pierre brute jusqu’au moment où l’Apprenti dans sa taille lui donne sa forme de cube. Ne pas oublier que Pierre brute et Pierre cubique à pointe sont symboles permanents et communs à tous les Rites pour constituer des Bijoux immobiles présents dans le Temple aux deux premiers Grades symboliques.
…….En conséquence de ce qui précède, nous pouvons affirmer que tout est symbole : le matériel et la décoration du Temple, sa composition et sa structure, les objets et les éléments requis pour les Cérémonies, la vêture des Maçons, actes et déambulation, etc…., et donc bien naturellement les Rituels et tout ce qui gravite autour.
(Travail déposé sur le site en juin 2023)