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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Publié le 31 Octobre 2026 par T.D

 

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La lumière initiatique

Publié le 31 Octobre 2026 par T.D

(...)     Sûr de mes connaissances universitaires de ma capacité à raisonner, de mon expérience de chef d’entreprise, j’envisageais la Connaissance comme une accumulation de savoir organisée sous l’angle ésotérique. Je suis resté longtemps dubitatif face à la terminologie employée dans les rituels qui consiste à « Donner » et « Recevoir » la Lumière.

        Je pouvais comprendre le concept lui-même et en être l’écho comme la lune reflète la lumière du soleil, mais je n’arrivais pas à intégrer et faire jaillir cette lumière irradiante qui caractérise l’initié sur le chemin de sa vérité. Je n’étais certain que d’une chose, le rituel d’admission m’avait définitivement débarrassé d’une éventuelle volonté chancelante et d’une curiosité critique. J’étais convaincu de la nécessité de persévérer, j’avais le sentiment que quelque chose d’important et d’indéfinissable allait se produire. Dans les faits nous avons reçu la Lumière de manière plus ou moins consciente.

        C’est ici le point principal sur lequel achoppent toutes les fonctions rationnelles et raisonnantes, sans compter sur le fait que, venant du monde profane, il est naturel de baigner dans une ambiance de préjugés qui orientent nos raisonnements.

        Pour tenter de mettre un peu d’ordre dans des notions finalement abstraites, il faut tout d’abord préciser que la Lumière procède du Verbe, la Lumière en est l’expression. Le Verbe représente la volonté divine, et la Lumière à pour effet d’ordonner le Tohu Bahu de l’origine des temps. Le Verbe volonté divine, dégage la Lumière des ténèbres. La Lumière en temps que concept, est donc bien l’expression de la volonté divine qui abouti à la différenciation d’avec les ténèbres. La Lumière est liée à l’épisode de la Genèse et reste courroie de transmission entre le Verbe créateur et l’Homme en quête spirituelle appelé aussi « homme de désir ».

        On dit de la Franc-Maçonnerie qu’elle est un « art initiatique » qui remonte à la nuit des temps et qui consiste en une connaissance ultime de la matière et de son action opérante et harmonieuse. C’est ce qu’on appelle « L’Art Royal ». Cette « science » ou plutôt cet « Art » n’est pas assujetti au raisonnement des sciences, aux méthodes de la psychologie du subconscient, ou à l’approche artistique. L’Art Royal, comme toutes les filières initiatiques, est complètement autonome et distinct des autres axes du savoir.

        Sans être opposé aux autres, il se distingue par son approche globale et enveloppante, tant et si bien que sans renier les méthodologies en pratique par ailleurs, l’Art Royal a développé en droite ligne des Mystères d’Eleusis un langage qui traduit la plasticité des symboles, où les mots utilisés dépassent la signification première qui est la leur, pour s’orienter sur leurs puissances évocatrices.

        C’est une autre voie où le potentiel de l’esprit humain trouve à s’exercer et à s’accomplir au-delà de toutes les formes et apparences, sans les renier. Il s’agit bien ici de franchir une bonne fois pour toutes la barrière de cette fameuse écorce qui dissimule le noyau.

Lumière et Vérité

 

        Les symboles et les mythes sont l’alphabet de ce nouveau langage qui rompt la barrière du signifiant et du signifié. Ils sont le noyau de ce langage ésotérique réservé aux initiés qui ont passé l’épreuve des quatre éléments. Ceux-ci seulement sont nés au monde des symboles, et c’est en vertu de cette renaissance au sortir de la caverne qu’ils ressortent vainqueurs des limites d’une pensée raisonnante. Avoir franchi ce cap des quatre épreuves élémentaires, nous permet seulement d’avoir accès à cette lumière illuminatrice venant de l’Orient, en ayant fait préalablement le vide en nous, les épreuves subies étant purificatrices. Rappelons nous enfin que c’est « ni nu ni vêtu » et débarrassé de nos « métaux » que nous sommes rentrés en loge.

        Cependant aucune connaissance nouvelle ne s’est révélée par ce choc rétinien. Simplement, l’apprenti a découvert une porte qui s’est entrouverte, et assurément tôt ou tard, il voudra pousser complètement celle-ci. En réalité il s’agit de réveiller chez l’apprenti des potentialités en sommeil, qui par absence d’entendement n’ont jamais été mises en oeuvre. Ce qui se passe lors de cette nouvelle naissance, c’est une nouvelle manière de respirer : l’inspire se nourri d' effluves aux parfums inconnus, et l’expire nous éloigne de la contingence obscure. Notre cœur bat différemment suspendu au rythme d’un rituel immuable. Au dessus de cette porte imaginaire figure la maxime Socratique « Connais-toi toi-même » dont on trouve la puissance d’évocation dans le cabinet de réflexion et dans les voyages de probations. Surmonter ces épreuves au plan symbolique, c’est apprendre à réfléchir sur soi, à s’explorer, en éclairant des strates obscures et insoupçonnées de soi, sans pour autant verser dans l’impasse de la psychologie des profondeurs.

        La connaissance de soi devient l’axe fondamental, le chemin de toute initiation.  C’est une intériorisation glorieuse et lumineuse qui permet à l’homme de découvrir le monde au-delà du sens subi, mais comme acteur lumineux de celui-ci, propre à y trouver sa place. Le regard de l’initié outrepasse le monde phénoménal et ne s’y abandonne pas.

        Il convient pour démarrer cette recherche de se plier aux exigences du rituel qui oblige notamment au silence, au respect du serment et à une attitude physique contrainte. C’est ainsi que l’on commence à se dominer, à taire ses passions, à maîtriser son ego et ses boursouflures, à apprendre les symboles. Ceci implique que le maçon est par nature tolérant, car à l’écoute, il vit l’altérité comme un facteur de progrès et sait voir au-delà de toute contingence. De la même façon, il outrepasse le sens des mots en outrepassant la nature du silence qu’on lui impose. C’est la totalité de ce nouvel équilibre qui nous met sur le chemin de lumière. Devenir soi même implique donc de devenir l’autre et le monde. Au-delà de notre nature profonde, c’est cette conscience totale que la Lumière éclaire.

        C’est en outrepassant les mots que la Lumière se rapproche de la Vérité. Lumière et Vérité sont éclairantes toutes deux d’un chemin et d’un cheminement difficile vers un sommet incertain ; c’est alors que Lumière et Vérité s’unissent en un seul et même terme, celui que l’on rencontre une fois arrivé au sommet, l’ultime expression d’un tout lumineux : le Logos.
Le sens caché et les " mots semences" :

 

        Sur le plan de la rationalité pure, il est certain que la cérémonie d’initiation ne peut être comprise que comme une succession d’actes positifs marquant un cheminement vers une lumière parfaitement visible et éblouissante. En aucun cas le rituel pris dans une simple lecture ne révèle de secret si particulier. D’ailleurs la simple publication d’un rituel n’a jamais rien révélé de nos secrets. Ce secret n’apparaît que dans le cadre d’une lecture rituelique et entre initiés.

        Il mérite d’être protégé depuis des siècles par toutes les sociétés initiatiques qui l’ont transmis jusqu’a nous. C’est ce que nous faisons en mettant le temple à couvert.

        Ainsi il convient d’apprendre à lire le symbole et à entendre le récit du Mythe. L’intérêt du rite repose sur son effet répétitif et rythmé. Les mots les paroles, les coups de maillet les pas, les gestes sont sans cesse remâchés et digérés, nourrissant l’apprenti d’une force mentale, l’aidant à franchir cette frontière qui sépare l’exotérisme de l’ésotérisme. Il faut se méfier des mots et de leurs interprétations, le rituel leur donne un sens initiatique personnel et adogmatique.

        En effet, les mythes et les symboles se protègent de la profanation. Leur sens caché n’est accessible qu’a l’initié. Recevoir la lumière c’est être capable de les interpréter avec une intelligence venant du cœur. Les paroles prononcées dans un rituel sont des "mots- semence", prononcés par l’initié pour l’initié. Une fois prononcés ils deviennent paroles, or, la transmission initiatique se fait par la parole ritualisée, c’est alors qu’ils germent dans le cœur du maçon, au gré de sa lumière intérieure. C’est ici que commence ce qu’on appelle l’éveil maçonnique.

        Pour résumer, le mot semence devient parole initiatique par la lumière du rituel. Cette parole va reposer dans le cœur de l’apprenti silencieux et réceptif. Cette parole devenue graine germera plus tard lorsque la lumière intérieure de l’apprenti sera suffisante. La lumière intérieure de l’apprenti n’est autre que cette parcelle divine qui est endormie en nous, et que nous tentons de réveiller.

        Ce n’est qu’après les voyages, que l’apprenti a « Reçu » cette lumière. Il est désormais plongé dans le silence, car il ne peut prendre la parole. Ce silence n’est pas comparable au silence profane. Assis sur la colonne du Nord il médite sur sa parole perdue. Un calme profond s’installe en lui, contrastant avec le désarroi existentiel qui était le sien.

Il s’abstrait de son tumulte intérieur.

        Celui qui se tait reçoit les mots semence avec plus de réceptivité. C’est ici que la Lumière est associée à la parole rituelique. Elle y réside. Elle se situe au-delà de l’agitation des formes et du bruit. Le Silence est d’or et rejoint la Lumière dans une expression unitaire.

        La lumière au sens philosophique et métaphysique n’a rien de commun avec la lumière physique que chacun connaît bien, ni même avec le feu élément du processus initiatique. On peut donner une définition à la lumière physique : « énergie venant d’un corps agissant sur la rétine de manière à rendre les choses visibles ». Peut être pouvons nous, malgré tout, nous rallier à l’idée commune, que la lumière soit en général à l’opposé de l’obscurité, ou de la ténèbre, comme on peu le lire dans l’évangile selon Saint Jean. L’opposition ne parait pas justifiée, car il faut considérer les ténèbres bibliques comme un Univers d’indifférenciation, du non advenu, où l’existence et la manifestation ont pris leurs sources.

        C’est une fois de plus le verbe qui initie, sous l’angle de la Lumière l’ordonnancement de la « materia prima » et du visible.

        Cette acceptation du terme et de la fonction induit fort naturellement qu’en aucun cas nous ne nous situons dans une demi-mesure. Nous sommes bien dans l’univers des contrastes menés à leurs paroxysmes. La signification de cet état, au plan symbolique, est que si la lumière s’oppose et procède de la ténèbre, elle fait ici figure d’opposée complémentaire. Il s’agit tout autant d’une lutte et d’une association. Ici personne n’espère que les ténèbres continuent à régner, on a presque des frissons d’angoisse à cette idée. Le manichéisme, participant des sciences gnostiques, à fait florès en s’appuyant sur les notions de bien et de mal pour distinguer la lumière des ténèbres. Or ce n’est pas notre propos ici d’établir une telle distinction qui repose sur une apologie du mal sur terre. Pour autant on considérera la complémentarité agissante à l’égal des cases blanches et noires du pavé mosaïque.

        On remarquera que cette apparente opposition fait naître à nos yeux ce qu’on appelle la manifestation qui est le monde des formes. Pas de formes sans ombre et lumière. La Lumière demande beaucoup d’effort pour briller dans les ténèbres. C’est une lutte permanente, que reprend à son compte l’initié sur la voie. Il s’agit pour commencer de vaincre ses passions et creuser des tombeaux pour les vices.

        Ce sont les loges spéculatives vers 1730 qui ont introduit la Lumière Maçonnique en tant que concept, par le truchement du bandeau. Autrefois les loges opératives faisaient allusion à la maîtrise des arts libéraux qui parfaitement pratiqués, permettaient de voir le « Soleil ». Dans ce concept Platonicien en usage au Moyen Âge, il s’agissait de gravir les échelons de chacun des 7 arts libéraux pour arriver au sommet d’une l’échelle apparentée à celle de Jacob. À ce stade de progression verticale, il était permis d’entrevoir cette lumière divine.

        Les loges du XVIIIe siècle ont introduit le bandeau (hoodwink), placé sur les yeux de l’impétrant symbolisant la cécité profane. La chute du bandeau expose le candidat à une vision (exposure) qu’il est nécessaire de définir et qui peut varier suivant les rites, mais qui au REP consiste en un rapport qui peut unir l’homme à Dieu, ceci pouvant être compris dans un sens métaphysique.

        C’est donc à une conversion du regard que nous invite le rituel du bandeau dans l’initiation maçonnique. La lecture du rituel du REP nous indique que le candidat à l’initiation se situe entre les colonnes au moment où on lui enlève le bandeau. À l’Ouest, soit la porte des hommes dans la Tradition, il se tient et il aspire à cette lumière dite « illuminatrice » qui vient de l’Est. Au moment où le voile tombe, c’est sa cécité profane qui disparaît.

        Il est entouré de francs-maçons qui brandissent leurs épées dans sa direction illustrant la scène du parjure d’une part et indiquant aussi que le chemin vers la Lumière est hérissé d’autant d’obstacles que d’épées. L’effet visuel se veut complet : la lumière jaillit au milieu d’un cercle de lames acérées.
La vision herméneutique et oecuménique

        Être initié c’est avoir reçu la Lumière. Il apparaît que la notion d’intégration de la dimension lumineuse est d’une envergure autre que la simple vision.

La Lumière dont il s’agit n’a rien à voir avec le Siècle des lumières qui est le XVIIIe siècle, brillamment illustré par l’action et la réflexion sociétale des Francs Maçons. Cette référence est en usage dans les Rites Français et au Grand Orient. Ce siècle fut le triomphe de la pensée discursive et raisonnante plaçant l’Homme au centre de lui-même. Cette situation n’apporte pas la dimension symbolique et initiatique globale, indispensable pour comprendre la Lumière-concept. Pour résumer, il faut se rapprocher de la signification mythique de Lumière-concept pour tenter de la comprendre.

        Notons qu’au Rite Emulation, la lumière coïncide avec la présentation à genou des trois grandes lumières qui sont la bible le compas et l’équerre soit dans le rituel : « Les Saintes Écritures doivent diriger notre foi, l’Équerre régler nos actions et le Compas nous tracer les justes limites que nous devons observer, envers nos semblables et particulièrement envers nos Frères en maçonnerie. »

        Nous sommes ici dans la notion de Révélation oecuménique bien que protestante par son origine, ce qui diffère de la Lumière -concept du REP.

        Au RER, rite qui découle en grande partie du REP c’est l’aspect christique qui est mis en avant : le Christ dit dans l’évangile de Saint-Jean : « Je suis la Lumière du monde ».

        Nous sommes bien ancrés dans l’ésotérisme chrétien et son herméneutique, de manière stricte, à l’exclusion d’approche plus globalisante reposant sur une Tradition primordiale qui fonde la métaphysique.

        Le dévoilement a lieu en deux temps. Conduit à l’Occident après les trois voyages et la vaine tentative de monter les trois marches de l’O\, le second surveillant retire le bandeau et dans une pénombre relative lui montre les mots « Justice » puis « Clémence », le premier mot impliquant l’oubli des ses passions et intérêts, le second la faculté de pardon, puis on lui remet le bandeau, le candidat retombant dans l’obscurité médite ainsi sur la difficulté de se maintenir dans la Lumière. On lui présente à nouveau la lumière par la flamme impressionnante, mais bien éphémère de la pipe à lycopodes, associée à la sentence « Sic transit gloria mundi » qui veut dire : ainsi passe la gloire du monde. Le V\M\ de conclure : « Le fils de la Lumière s’était égaré dans les ténèbres, il a été rappelé, il a été ramené, ses yeux ont été ouverts et les ténèbres se sont dissipées ». De ces vertus chrétiennes, il découle logiquement que la Lumière est celle qui précède toutes les autres, c’est celle de la genèse, celle du commencement. « Berechit bara élohim », « au commencement Dieu créa le ciel et la terre » puis Dieu dit « Que la Lumière soit et la Lumière fut ». Au RER, la Lumière est celle des origines par la volonté de Dieu. En principe la pratique du rite suivant les loges, semble accréditer l’idée que la Lumière est révélée.

 

        Au REAA c’est la progression intellectuelle du maçon qui le met sur le chemin de la Lumière, sur ce chemin se trouvent les trois grandes lumières. On lui présente d’abord les glaives tendus vers lui, puis dans un second temps le bandeau est enlevé alors qu’il est intégré dans le cadre de la chaîne d’union où il est définitivement reconnu comme F.\

        Après la scène du miroir, on lui présente les trois Grandes Lumières sur l’autel des serments, « Le V\L\S\est symbole de la tradition, l’équerre emblème de rectitude, nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions ; elle est le symbole de la Loi morale, le Compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et, en particulier, envers nos FF\ « franc-maçons».

        On rappellera que le V\L\S\ n’est pas nécessairement le Bible au REAA.  Nous conclurons que cette progression intellectuelle mise en exergue devant l’autel des serments autorise un syncrétisme pacificateur et humaniste.
La vision du Tout

        En quoi consiste la réception de la Lumière au Rite Ecossais Primitif ?

Peut on recevoir la Lumière à la manière des hommes réfugiés dans la caverne et qui soudain en sortent et viennent au monde lumineux ?

        Ce concept Socratique veut-il démontrer que l’homme est ainsi apte à s’arracher à sa propre condition et à progresser et transmettre, tant sur tous les aspects sociétaux, que sur le plan de la recherche personnelle ?

        La lumière est un facteur de progrès et d’avancement dans un processus évolutif quel qu’il fût, il n’y a pas d’obstruction à ce que son interprétation spirituelle ne soit pas facteur de perfectionnement par la découverte du Tout.

        Cette remarque appelle une distinction entre l’externe et l’interne, entre le visible est l’invisible entre le divin et l’émanent. La Lumière serait donc à la fois visible et invisible. Cette lumière occupe le terrain divin et le terrain personnel. Logiquement on abouti à la proposition suivant laquelle la lumière divine celle du G\A\D\L\U\ éclaire le Tout et chacun d’entre nous. Nous sommes porteurs d’une parcelle de lumière divine qui vit en nous.

Être initié, c’est être capable de mettre en relation ces deux notions qui finiront au terme de notre vie par n’en faire qu’une. Il faut tenter la jonction entre le visible et l’invisible, entre l’individuel et l’absolu en mettant de coté cet ego dictateur, qui agit comme les oeillères d’un âne. L’initié s’inscrit dans la perspective d’un grand Tout, auquel il participe pour finir par s’y fondre. Sans l’intégration de cette donnée, il est impossible de tenter de bâtir son temple intérieur.

        C’est aussi un des secrets de la Franc-Maçonnerie initiatique que d’apprendre à mourir. Le mythe ancestral de la lumière, qui est commun aux trois religions du Livre, est donc celui du principe créateur qui va vers la différenciation pour finalement revenir à l’unité. Soleil extérieur et soleil intérieur finissent par s’unir. Le premier travail du maçon est donc de sortir de sa caverne, de ses ténèbres intérieures, aussi profondes qu’insondables, et de naître à la lumière. Or pour naître à la Lumière, il faut mourir à son ancienne condition. C’est ce travail sur soi qui va démarrer et pour tenter de s’engager sur ce sentier lumineux, il faut être entouré et assisté par un cadre rituelique régulier qui depuis l’origine des temps et dans toutes les civilisations, est l’oeuvre des sociétés initiatiques.

Cette parcelle de lumière qui est en nous est-elle facile à découvrir ?

  •         Est-elle à même d’éclairer notre béance ténébreuse ? La question n’est pas sans intérêt, car la tâche pour le profane semble immense. Ce qui nous aide c’est encore l’exemple de ceux qui nous précèdent.

        Il ne peut y avoir de Lumière divine s’il n’y a pas d’homme pour la concevoir comme image de Dieu ou du Grand Architecte de l’Univers, ce qui implique que l’idée de lumière initiatique dépend de cette parcelle divine qui est en nous. Comment un concept métaphysique tel que la lumière divine d’une part et l’émanation de notre être d'autre part peut-il être compris par un apprenti ? La Loge dans son organisation et dans ces décors est tout entière organisée pour faire naître cette lueur ensommeillée.

        La géographie de la Loge met en exergue l’Orient ou Debhir, séparé du Hékal par trois marches symboliques. L’Orient est source de Lumière symbolisé par le soleil levant. Tous les rituels font référence à cette lumière si particulière venant de l’Est, que les anciens ont appelé porte des Dieux. C’est par la volonté des Dieux que la lumière matinale dissipe les ténèbres et fait germer la graine.

        L’O\en loge est le siège de l’astre solaire et son complément féminin et réflexif, la lune. Ces deux astres sont là pour illustrer au concret, un concept qui les dépasse et qui ne peut se résumer à la théorie des deux cycles. On y représente le soleil symbolisant l’intellect et la lune réflexive symbolisant la raison. La communion de l’intellect et de la raison est agissante dans le monde sensible, celui de la manifestation.

        Entre les deux « astres » se situe la lumière totale. Elle est représentée suivant les rites et les grades par un triangle, une étoile flamboyante ou un hexagramme. Notons que cette représentation n’est apparue que vers les années 1720-1730. C’est donc bien cette représentation symbolique qui exprime la Lumière totale divine et émanente. Pour illustrer ce principe on remarque qu’il y a confusion entre regardant et regardé. La rétine est le récepteur et la lumière bien souvent assimilée au soleil. Ils symbolisent par réduction la perfection divine et sa Lumière.

        Ils sont acteurs de cette relation tant et si bien que cet œil devient émetteur lui-même, c’est du moins ce qu’il ressort de l’étude du triangle centré d’un œil au REAA qui, sous une forme amoindrie reprend l’Hexagramme centré de la lettre G au REP, où du triangle trinitaire du RER. .Notons enfin que dans certaines loges ou l’athéisme règne en maître, la lumière résume l’avènement de la conscience, ce qui ne peut satisfaire une quête spirituelle.

        Chacun des rites l’exprime en fonction de sa sensibilité. Pour le REP l’explication est donnée par le menu aux Comp\ avant leur passage à la maîtrise. L’O\, toujours, est le lieu où se tient l’autel du Vénérable. Sa fonction nous l’avons déjà décrite, mais nous appuierons notre démonstration sur la fonction du « Passeur ». Le Vénérable Maître est un Passeur entre les vivants et les morts, car seul habilité pour transmettre à l’Orient éternel l’hommage ou la prière au moment de la chaîne d’union. Passeur de lumière aussi, car le chandelier au REP est allumé sur les parvis par le V\M\ en présence du Maître des Cérémonies, alors même que tous les frères ont pris place dans le temple. C’est un acte sacré que de rallumer l’étoile sommitale et les deux adjacentes.

        Rappelons que le temple de Salomon était orienté en sens inverse du temple maçonnique. On y rentrait par l’Orient. Dans un temple maçonnique, on y rentre par l’Occident de même que dans une église ou une cathédrale. L’explication est simple, Dieu à une demeure sur terre c’est le temple de Salomon. Par tradition, les Dieux entrent par l’Est qui est leur porte. Or le temple maçonnique où la cathédrale célèbre la Lumière et tâche d’aller la quérir là où elle se trouve. L’homme n’emprunte pas la même porte que les Dieux, il passe par le Couchant et s’adresse au divin vers le Levant.

        Pour ramener ces observations à un plan architectural, nous pouvons dire que le temple maçonnique tel que nous le connaissons est l’extérieur du temple de Salomon. Preuve en est donnée par la présence des colonnes qui, autrefois, étaient à l’extérieur du Temple de Salomon et qui sont ici à l’intérieur. Autre preuve, le Lithostros où parvis était un pavage situé à l’extérieur du temple et qui se retrouve à l’intérieur et au centre d’un Hékal appelé « pavé mosaïque ». Enfin le Zénith du temple est la Voie lactée, pour une hauteur indéfinie, comme en plein air.

        On peut en conclure que l’allumage du chandelier sur les parvis du temple maçonnique au REP se fait symboliquement à l’intérieur du Temple de Salomon ; Temple aussi mythique qu’intemporel. Cette Lumière venant de l’ancien Temple va rentrer dans le nouveau Temple celui des Maçons, créant symboliquement l’unité temporelle absolue impliquant que le temps n’est plus une succession d’instant ; reliant passé présent et futur en une seule totalité. Au plan historique, nous remarquons que l’allumage du chandelier du M\ de Cér\ sur les parvis est assimilé à l’allumage de la menora, chandelier à sept branches, dont la flamme est allumée en permanence et représente la présence divine au milieu du peuple d’Israël.

        Rappelons que cette Lumière est aussi celle d’Allah assimilé à la lumière totale (macrocosme), celle des cieux et de la terre, alors que les croyants sont la Lumière de l’Humanité (microcosme). Dans la Bible le Christ est la Lumière de l’Humanité (microcosme), soit pour certains le Grand Architecte de l’Univers, qui est le diminutif du Sublime Seigneur Dieu, lui-même représentant le Tout (macrocosme). Cette déclinaison est très nette l’invocation de la chaîne d’union au REP.

        C’est ici une remarque que l’apprenti ne perçoit pas dans sa totalité, mais il doit en garder l’image en mémoire et, le moment venu, celle-ci déclenchera en lui la perception d’un des plus précieux trésors de l’initié : la lumière du passé, venant du Temple de Salomon bâti comme la maison de Dieu, par la volonté des rois David, c’est la Lumière originelle. Elle est associée à la création cosmogonique ici référée dans la construction du Temple de Salomon.

        Il y donc assimilation volontaire de la Lumière initiale et de la création du monde, d’ailleurs le secrétaire date ses planches en relatant le début des temps :

« En ce x-ième jour du y-ème mois de la vraie Lumière 6010 » ; qui correspond d’après la bible à la création du monde.

        Cette Lumière est parfaitement décrite dans le prologue de l’évangile selon Saint-Jean de 1-1 à 1-14 :

« Au commencement était le Verbe

Et le Verbe était auprès de Dieu

Et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement auprès de Dieu.

Tout fut par lui,

Et sans lui rien ne fut.

Ce qui fut en lui était la vie,

Et la vie était la Lumière des hommes,

Et la lumière luit dans les ténèbres »

        C’est sur cette page que l’équerre est posée sur le compas, l’ensemble étant posé sur l’autel des serments ou l’autel du vénérable. Il revient donc au V\M\ d’ouvrir la Bible d’y apposer le compas et l’équerre irradiant la totalité de la loge de cette lumière fondatrice. Notons qu’à cet instant il est muni de son épée flamboyante, tenue à main gauche celle du cœur, image symbolique et agissante du rayon de lumière qui pourfend la ténèbre. Il le fait juste après avoir par lui-même ou par le maître de cérémonie, suivant les rites, fait allumer les lumières d’ordre Sagesse, Beauté, Force. Tout part du V\M\ vers les colonnes et tout y revient comme un écho. Ici les trois étoiles du Débhir font échos au trois étoiles du Hékal. La dichotomie des trois étoiles du Débhir et des trois étoiles délimitant le pavé mosaïque rappelle que c’est la lumière inaccessible et Divine de l’O\ qui anime la loge et l’ordonne. C’est seulement à ce moment-là que la lumière interne au maçon fait écho à la lumière divine. Cette parcelle divine qui est en nous, microcosme par excellence, est symbolisée et délimitée par les lumières d’ordre qui entourent le pavé mosaïque au centre du Hékal.

        Le Hékal est donc le siège de la manifestation, symbolisée par le pavé mosaïque et par l’émanance de l’initié ; le Débhir via le V\ M\, reste la source de la lumière qui fait naître l’apprenti à l’éveil initiatique.

        La Lumière initiatique ne peut se décrire, elle se vit et se rencontre par le processus initiatique. L’initiation fait éclore cette lumière aux yeux du candidat. La vision qui en découle est strictement subjective tout en étant de nature transcendantale.

        Elle réveille cette parcelle divine qui est en nous. Ainsi on peut dire que la conversion du regard, qui est le but avoué de toute initiation, dépend de la sensibilité de chacun et qu’aucune généralisation et aucun dogme ne peuvent s’emparer de la Lumière en tant que concept de vérité. Il s’agit bien d’un secret, incommunicable par sa nature intime, mais transmissible par le truchement du rituel initiatique.

 

        C’est donc sur la transmission que je conclurais en rappelant combien il ne sert à rien de trouver la Lumière en soi sans se préoccuper d’en transmettre la modalité initiatique. Nous n’avons pas à nous réfugier dans le splendide isolement de l’anachorète, dans sa montagne qui incarne la sagesse et sans doute la lumière, mais qui a fait le choix de l’extinction de celle-ci avec son dernier souffle.

        Prenons exemple sur l’homme sorti de la caverne socratique qui a vu la Lumière et s’en retourne au péril de sa vie, chercher ses anciens compagnons incrédules.

ER

 

 

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De la Menorah au chandelier à trois branches : le Christ-Lumière dans le Rite Rectifié

Publié le 31 Octobre 2026 par T.D

Dans les Loges du Rite Écossais Rectifié, un détail discret mais central concentre une part considérable de la charge symbolique du grade d’Apprenti : le chandelier à trois branches qui se dresse sur l’autel du Vénérable Maître, à l’Orient. Le rituel se contente d’indiquer qu’il est en or, qu’il fait partie des neuf Lumières d’Ordre, et qu’avant l’ouverture des travaux il est posé dans la pièce où le Vénérable Maître et les dignitaires s’habillent. Mais un examen attentif, éclairé par l’étude de Martine Dulaey sur « Le chandelier à sept branches dans le christianisme ancien », permet de voir dans ce simple chandelier à trois branches la présence voilée de la grande menorah du Temple de Jérusalem, transposée et christianisée dans le contexte rectifié.

L’objectif de cet article est de montrer en quoi ce chandelier à trois branches peut légitimement être compris comme une menorah voilée, et comment il participe d’une figure implicite du Christ-Lumière au cœur même du Rite Écossais Rectifié. Pour cela, il faut d’abord rappeler brièvement le sens de la menorah dans le judaïsme ancien, puis la manière dont les Pères de l’Église l’ont interprétée, avant de revenir au rituel du Rectifié et à la dynamique propre de sa lumière.

Ménorah

Le mot « menorah » vient du préfixe hébreu mé (מ־), qui indique l’origine ou la provenance, associé à la racine nôr / ner (נור / נר), qui renvoie au feu, à la flamme et à la lumière. Au féminin, on obtient menorah (מְנוֹרָה), que l’on peut comprendre comme « ce qui provient de la lumière » ou « instrument de lumière ».

Dans la tradition mystique juive, cette lumière n’est pas seulement physique : elle renvoie à la Schékinah, la Présence de Dieu qui habite la création et se manifeste dans le Temple. La menorah devient ainsi le support visible de cette Présence, le signe que la lumière divine demeure au milieu d’Israël.

La menorah du Temple : arbre de lumière et présence divine

Dans le livre de l’Exode, Dieu ordonne à Moïse de faire exécuter un chandelier en or pur, avec une tige centrale et six branches latérales, soit sept lampes au total. Le texte insiste sur l’unité de la pièce, « forgée d’une seule pièce en or pur », et sur son caractère paradigmatique : Moïse doit la réaliser « selon le plan qui t’a été montré sur la montagne ». Martine Dulaey rappelle que, selon une tradition très ancienne, il s’agit d’une stylisation de l’amandier, figurant l’arbre de vie du paradis. Les sept lampes, entretenues par la tribu d’Aaron, brûlent jour et nuit et éclairent l’espace devant le chandelier : la menorah devient ainsi un signe visible de la présence de Dieu au milieu de son peuple.

Cette symbolique est encore approfondie par le prophète Zacharie. Il reçoit la vision d’un chandelier tout en or, muni d’un réservoir supérieur et de sept lampes, accompagné de deux oliviers. Lorsque Zacharie demande ce que signifie cette vision, l’ange répond : « Ces sept lampes représentent les yeux du Seigneur : ils inspectent toute la terre. » Le chandelier ne symbolise donc plus seulement la lumière de Dieu, mais Dieu lui-même dans sa vigilance active sur la création. La menorah devient littéralement « image du Dieu qui voit », selon une inscription relevée sur une tombe de Thessalie.

Dans le judaïsme ancien, les interprétations se multiplient sans s’exclure. La menorah peut représenter, selon les textes rabbiniques et hellénistiques, la lumière de la Torah, le Messie sur qui repose l’Esprit de Dieu aux multiples dons, le cosmos figuré par les sept astres visibles (les sept « planètes » de l’astronomie antique), ou encore l’espérance de la vie éternelle. Philon d’Alexandrie, par exemple, voit dans le chandelier l’image du chœur céleste des sept planètes, le soleil occupant symboliquement la place centrale comme la tige du chandelier ; ailleurs, il rappelle que pour certains, cette tige centrale était l’arbre de vie lui-même. Cette richesse symbolique, juive avant tout, sera en grande partie héritée et transformée par le christianisme naissant.

De la menorah au Christ : la réception chrétienne ancienne

Le Nouveau Testament ne nomme pas explicitement la menorah, mais l’Apocalypse de Jean en reprend les principaux éléments symboliques. Devant le trône de Dieu brûlent sept lampes qui sont les sept Esprits de Dieu, et le Christ est appelé « celui qui tient les sept Esprits ». Il apparaît également « au milieu de sept chandeliers d’or », qui représentent les sept Églises d’Asie. Même si le mot « menorah » n’est pas employé, le lecteur formé aux Écritures reconnaît ici l’écho direct de Zacharie : sept lampes, sept yeux, sept Esprits.

Comme le montre Martine Dulaey, l’Apocalypse réunit ainsi plusieurs courants d’interprétation juifs : le chandelier figure à la fois le Messie, porteur de l’Esprit de Dieu, et la communauté des croyants, illuminée par cet Esprit. Le Christ apparaît comme la menorah vivante, qui tient en lui les sept Esprits, tandis que les Églises deviennent elles-mêmes chandeliers, images secondaires de cette lumière.

Les Pères de l’Église des premiers siècles vont développer ces intuitions. On peut distinguer, de manière schématique, trois grandes lignes d’interprétation.

La première voit dans le chandelier à sept branches la figure du Saint-Esprit aux sept dons, sur la base du rapprochement entre Isaïe 11, où l’Esprit repose sur le Messie avec ses dons multiples, et Zacharie 4, où les sept lampes sont les yeux du Seigneur. Irénée de Lyon, Victorin de Poetovio, Ambroise de Milan et Chromace d’Aquilée en sont les témoins les plus significatifs. Chez ces auteurs, la menorah devient le symbole de l’Esprit unique agissant sous sept formes de ministères.

La deuxième ligne comprend le chandelier comme figure de la croix. Clément d’Alexandrie évoque « le signe du Christ » en parlant du chandelier, allusion transparente à la croix, dont la forme est suggérée par la structure de la menorah stylisée (tige verticale et branches transversales). Hippolyte de Rome, puis Aphraate et Éphrem de Nisibe, développent explicitement l’image du Christ élevé sur la croix comme une lampe sur le candélabre, illuminant le monde entier. Chez Éphrem, le corps du chandelier figure la croix et les branches qui en partent représentent le règne du Christ crucifié s’étendant aux quatre points cardinaux.

Enfin, une troisième ligne, déjà présente chez Irénée, fait du chandelier le symbole de l’Église : l’Église est le candélabre qui porte la lumière du Christ, et les Églises locales sont des chandeliers multiples reflétant l’unique lumière. Cette interprétation ecclésiale sera particulièrement développée dans la tradition latine médiévale à partir des commentaires de l’Apocalypse.

On voit ainsi que, pour les premiers chrétiens, la menorah n’est ni rejetée ni réduite à un simple symbole « juif », mais pleinement intégrée comme figure du Christ, de l’Esprit et de l’Église. C’est cette triple dimension que le Rite Écossais Rectifié va réactiver, mais à travers un objet modifié : non plus un chandelier à sept branches, mais un chandelier à trois branches.

Le chandelier à trois branches dans le rituel rectifié

Le rituel du grade d’Apprenti, dans sa version rectifiée de 1782, décrit avec précision la place et l’usage du chandelier à trois branches. Il se trouve sur l’autel d’Orient, en or, aux côtés de la Bible ouverte au premier chapitre de saint Jean, du compas et de l’équerre entrelacés, de la truelle, du maillet et du rituel du grade. Il fait partie des « neuf Lumières d’Ordre », qui structurent l’illumination de la Loge.

Surtout, le rituel insiste sur une séquence très particulière : avant l’ouverture des travaux, ce chandelier est posé dans la pièce où le Vénérable Maître et les dignitaires s’habillent ; le Vénérable Maître allume lui-même ce chandelier à trois branches, puis entre en Loge précédé d’un Frère qui porte le chandelier allumé. Une fois parvenu à l’autel, le chandelier est déposé, et commence alors l’illumination d’Ordre. Le Vénérable Maître, restant debout à sa place, prend une bougie au chandelier à trois branches et, par le midi, va allumer lui-même, en silence, les trois flambeaux maçonniques situés autour du tapis, avant de revenir à sa place par le nord.

Ce n’est qu’après ce geste que les deux Surveillants allument leurs bougies aux flambeaux d’Occident, et que le Secrétaire allume la sienne au flambeau du sud-est. La Loge est ainsi éclairée par neuf Lumières d’Ordre : trois au chandelier à trois branches, trois autour du tapis, deux sur les tables des Surveillants et une sur la table du Secrétaire. Le mouvement est clair : toute la lumière part du chandelier du Vénérable Maître, se diffuse d’abord aux trois flambeaux du tapis, puis, par eux, aux autres points lumineux de la Loge.

Il ne s’agit pas simplement d’un « éclairage pratique », mais d’une véritable pédagogie symbolique. Le Vénérable Maître, représentant en Loge le Christ-Lumière, allume lui-même son chandelier dans une pièce séparée, comme dans un Saint des Saints ; il entre ensuite en procession, précédé de cette lumière ; puis il diffuse, par une bougie prise au chandelier, la lumière aux trois flambeaux qui encadrent le tapis, c’est-à-dire le lieu symbolique du Temple intérieur ; enfin, les officiers principaux viennent à leur tour recevoir leur lumière à ces flammes intermédiaires. Le Vénérable Maître est ainsi présenté comme la source première de toute lumière rituelle, et son chandelier comme le médiateur de cette lumière.

De trois à sept, de sept à neuf : la menorah voilée

Comment, à partir de ce dispositif, penser le lien avec la menorah biblique ? À première vue, trois branches et non sept : la coupure semble nette. Mais si l’on regarde le mouvement de la lumière plutôt que la forme figée de l’objet, on constate qu’une structure septénaire se laisse deviner.

Le chandelier du Vénérable Maître porte trois lumières. Lorsqu’il en prend une bougie pour allumer les trois flambeaux du tapis, il porte à six le nombre de flammes associés directement à son geste : trois au chandelier, trois autour du tapis. Or, ce geste s’accomplit dans une continuité, et ces six lumières forment un ensemble qui se rapporte à l’Orient, au Vénérable et à l’autel. Il suffit alors de considérer le Vénérable Maître lui-même comme la « septième lumière » pour retrouver la structure symbolique de la menorah : une tige centrale (le Vénérable, porteur du chandelier et de la Parole) et six branches illuminées de part et d’autre. Le chiffre sept n’est plus inscrit dans le métal, mais se manifeste dans la dynamique : trois branches visibles, trois flammes dérivées, une source personnelle, au centre.

Cette lecture est parfaitement cohérente avec l’exégèse juive reprise par Jérôme : dans certaines interprétations, le réservoir d’huile au sommet du chandelier figure le Messie, chef de la Loi et porteur des sept lampes de l’Esprit ; les lampes elles-mêmes symbolisent les sept dons de l’Esprit. Transposé au rituel rectifié, le Vénérable Maître, allumant son chandelier et diffusant la lumière aux flambeaux, joue le rôle de ce réservoir messianique. Il est, fonctionnellement, la « lampe au sommet » qui distribue l’huile, non plus sous forme liquide, mais sous forme de lumière.

Reste à comprendre le passage de sept à neuf. Les neuf Lumières d’Ordre ne doivent pas être confondues avec la menorah ; elles en constituent, pour ainsi dire, l’extension maçonnique. Le rituel signale que la Loge est éclairée par neuf Lumières d’Ordre et que les neuf officiers principaux correspondent précisément à ces neuf Lumières. Dans la tradition du Rite Écossais Rectifié au grade de Maître, le nombre neuf est par ailleurs interprété comme l’assemblage de trois ternaires mixtes, désignant la matière et les corps matériels, et la fin des choses temporelles : le neuf symbolise la décomposition de l’homme formé dans le ternaire (corps, âme, esprit), lorsque sa vie particulière et momentanée se dissout.

On peut alors avancer que, dans la Loge d’Apprenti, les neuf Lumières d’Ordre figurent l’homme ternaire encore en formation : l’ensemble des fonctions maçonniques nécessaires à son édification intérieure, sous la conduite d’un Vénérable qui incarne la lumière du Christ. La menorah voilée (structure à sept, centrée sur le Vénérable et son chandelier) est enchâssée dans une structure à neuf, qui correspond à l’homme dans son existence temporelle, avec ses trois aspects répétés et déployés. Au grade de Maître, ce neuf passera du registre de la formation à celui de la décomposition au tombeau ; au grade d’Apprenti, il marque encore la richesse des potentialités.

Ainsi, le trois du chandelier n’est pas un « moins que sept » ; il est la forme voilée d’un sept qui se donne à lire dans le jeu des lumières, et qui se laisse ensuite envelopper dans un neuf proprement maçonnique, lié à la constitution de l’homme et de la communauté de Loge. Le trois visible (branches), le sept implicite (structure menorah) et le neuf effectif (Lumières d’Ordre) sont trois niveaux de lecture d’une même architecture symbolique.

Figure implicite du Christ dans le chandelier rectifié

Replacé dans cette perspective, le chandelier à trois branches apparaît comme une figure du Christ à plusieurs titres. D’abord par sa position et sa fonction : il est placé sur l’autel, à côté de l’Évangile de Jean qui s’ouvre sur le Prologue, « Au commencement était le Verbe », et c’est à partir de lui que la lumière se répand dans la Loge. Le Vénérable Maître, qui représente le Verbe incarné selon la théologie du Rectifié, allume lui-même ce chandelier dans la pièce de préparation, puis le fait entrer en Loge et, par son geste, illumine le Temple symbolique. Nous retrouvons ici, mais transposée rituellement, l’affirmation johannique : « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise » (Jean 1,5), verset explicitement inscrit dans le triangle lumineux du mur oriental.

Ensuite, la forme même du chandelier à trois branches évoque spontanément la croix : une branche centrale et deux branches latérales. Or, comme le relevait déjà Clément d’Alexandrie, les premiers chrétiens voyaient volontiers la croix dans tout objet de structure comparable (mât, joug, trophée, etc.), et le chandelier figure parmi ces objets. Au IIIe siècle, Hippolyte de Rome présente le Christ comme la lampe à sept branches sur le bois de la croix, éclairant non plus seulement Israël mais toutes les nations ; Aphraate et Éphrem de Nisibe reprennent cette image en soulignant que la lampe du sanctuaire s’éteint pour les Juifs, tandis que la lampe du Christ sur la croix-candélabre brille pour les peuples. Le chandelier à trois branches du Vénérable Maître s’inscrit, silencieusement, dans cette tradition : il est la croix de lumière d’où se répand l’illumination.

Enfin, la dynamique de diffusion (du chandelier vers les flambeaux, puis des flambeaux vers les autres Lumières) manifeste le rôle médiateur du Christ-Lumière : il reçoit la lumière du Père, la porte comme Verbe incarné, et la transmet par l’Esprit aux apôtres et à l’Église. Irénée de Lyon, dans une synthèse remarquable, rapproche la structure des cieux, les sept archanges, les sept dons de l’Esprit et le chandelier à sept branches ; il voit dans ce dernier le type du cosmos illuminé par l’Esprit du Christ. Dans la Loge rectifiée, le Vénérable Maître, porteur du chandelier et du Verbe, reproduit à son niveau cette fonction cosmique : il ordonne et éclaire un petit cosmos symbolique, la Loge, image de l’Église et du monde.

Une pédagogie voilée pour tous les grades

On pourrait s’étonner que le rituel ne dise jamais explicitement : « Ce chandelier à trois branches représente la menorah voilée » ou « figure le Christ ». C’est au contraire l’une des forces du Rite Écossais Rectifié : laisser au silence symbolique le soin de parler à mesure que le Frère progresse. L’Apprenti, qui ne peut encore recevoir des explications doctrinales trop développées, voit d’abord un chandelier à trois branches et apprend seulement qu’il fait partie des neuf Lumières d’Ordre. Le Compagnon, plus attentif aux structures numériques et aux correspondances, notera la diffusion 3→6→9 et y lira déjà un enseignement implicite. Le Maître, ayant connu le mausolée et la doctrine du neuf comme décomposition des ternaires, pourra revenir en arrière, sur sa pratique du chandelier d’Apprenti, et y découvrir une profondeur insoupçonnée.

Dans cette perspective, l’interprétation du chandelier à trois branches comme « menorah voilée » ne prétend pas épuiser le symbole, ni s’imposer comme lecture officielle. Elle se veut plutôt une proposition de lecture christianisme ésotérique, fidèle aux sources juives et patristiques mises en lumière par Martine Dulaey, et cohérente avec la théologie implicite du Rectifié telle que l’a pensée Willermoz. Elle met en évidence la continuité entre le chandelier du Temple de Jérusalem, la menorah de Zacharie, la symbolique paléochrétienne du Christ-lumière et de la croix, et le chandelier discret de nos Loges.

Que l’on adhère ou non entièrement à cette lecture, le chandelier à trois branches du Vénérable Maître apparaîtra difficilement, après un tel parcours, comme un objet anodin. Il est, silencieusement, une figure du Christ qui éclaire, de la croix qui illumine, et de la menorah qui se cache en lui comme un secret de lumière antique, transmis et transfiguré par le Rite Écossais Rectifié.

Ad Majorem Dei Gloriam

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Publié le 30 Octobre 2026 par T.D

 

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Discours savant et très lumineux pour la réception d'un apprenti franc maçon

Publié le 30 Octobre 2026 par T.D

 J. B. WILLERMOZ

Ce discours s'adresse à un apprenti franc-maçon lors de sa réception, il assimile cet apprenti à l'homme déchu, mais ce qui est à souligner, à l'homme actuel en général...

La Maçonnerie est un secret qui subsiste depuis que le monde est créé. Ce secret a été remis de génération en génération jusqu'à nous, et le sera de même jusqu'à la fin des siècles. Ce secret est non seulement impénétrable aux profanes, il le sera même aux maçons tièdes, paresseux et légers ; être maçon, c'est donc chercher sincèrement à mériter d'être initié dans nos mystères.
Pour avoir l'idée de cette recherche, il faut être guidé; lit nature se charge de nous inspirer ce sentiment. Tout homme naît avec le désir d'être heureux, tout homme naît avec le désir de la vertu. Mais la nature seule ne suffit pas pour perfectionner l' homme, elle le sent bien, et l'excite elle même à consulter la raison. Celle ci le reçoit et lui donne tous ses soins ; elle ne les refuse jamais à ceux qui s'abandonnent à elle.
Du concours des soins ou des impressions de la nature et du la raison se forme l'éducation. L'éducation de deux si excellents guides ne peut rien produire que de parfait. La perfection dans l'homme, c'est l' amour de la justice; notre troisième guide sera donc la sagesse.
La nature, la raison et la justice veulent le bonheur de l'homme, non seulement dans l'autre vie, Mais même dans celle ci. Tout ce qui existe a été créé pour l'homme, il faut donc qu'il en jouisse, Mais il ne le peut qu'à titre de grâce: sa puissance n'est qu'un dépôt, il a l'usufruit, il ne peut se croire le propriétaire. Il doit donc faire valoir ce départ il doit jouir de ses avantages, mais il ne peut se l'approprier, il doit toujours être prêt à y renoncer et ne point le regarder comme son seul bien.
Avec la vie, l'homme a reçu un libre arbitre, c'est à dire que, placé entre le bien et le mal il lui est libre de choisir. On lui fait voir tout le bonheur qu'il doit retirer en suivant le bien qu'il connaît déjà et on le menace des plus cruels tourments, s 'il se livre à un ennemi dangereux qu'on lui montre aussi. Ici, l'impie crie à l'injustice, parce qu'il veut suivre ce dernier parti ; le juste, au contraire, bénit son Créateur qui, par là, donne à l'homme le rang au dessus des anges. Le juste et l'impie ont leur libre arbitre, pourquoi donc ce contraste ?
C'est que la présomption se glisse dans l'homme à l'aide des connaissances qu'il acquière, s'il n'a pas soin de tout rapporter au seul but pour lequel elles lui sont données. Il prend une fausse route; il y marche avec sécurité. Séduit par l'apparence, il s'abandonne entièrement au langage flatteur de son ennemi qui ne cherche que la ruine, jaloux de la supériorité et d'en être supplanté.
Une fois que l'homme a perdu de vue la vraie lumière, ou que, poussé par une criminelle curiosité, il veut se servir de celle qui lui est donnée, pour passer les bornes qui lui sont prescrites, il ne fait plus que tomber d'erreurs en erreurs, il parcourt des espaces immenses, sa présomption lui fait tout envisager comme des moyens de parvenir au terme qu'il se propose. Ce terme est bien la vérité ou le bonheur, mais privé par sa faute du flambeau qu'il a laissé en arrière, il murmure, par ce que les ténèbres l'empêchent de voir qu'il n'est pas dans bonne voie : au lieu donc de la paix et de la vérité qu'il cherche, il ne rencontre rien de semblable, au contraire toutes sortes de peines, et, il en est trois pour l'homme. Le remord et la confusion s'emparent de lui, il a bien voyagé, il a bien travaillé, mais tant qu'il sera dans cette route, il ne trouvera rien.
Ce n'est qu'après être rebuté et fatigué de tant de recherches inutiles, qu'après un terris infini si mal employé, qu'après avoir essuyé toutes les fatigues du corps, de l' âme et de l'esprit, qu'enfin, revenant à ce premier penchant pour le vrai, le bon et le beau, nous abjurons nos erreurs, nous secouons nos préjugés et nous revenons sur nos pas à l'aide du trouble de notre conscience. C'est le cris de nos guides bienfaisantes qui se font entendre impérieusement ; ce sont elles qui ne cherchent sans cesse qu'à reprendre leurs droits sur l'homme.
Mais, pour retrouver le vrai bonheur, il faut qu'il se soumette, qu'il se résigne, qu'il fasse le sacrifice de ce qu'il a de plus cher, qu' il renonce à ses droits, qu'il subisse la mort et la privation de tout ce qu'il avait possédé. et s'il se soumet à ce châtiment trop mérité par sa révolte, l' homme ingrat et pervers obtient sa grâce, lorsqu'il n'attendait que son anéantissement. Quel est cet ami généreux qui intercède pour lui ? c'est son Créateur, c'est la sagesse même
Qu'exige t on encore de l' homme ? Rien que les suites nécessaires de son péché la honte., le remord, le travail, la peine et les Maux.
Dés que l'homme rentre sérieusement en lui même y trouve ce rayon de lumière que tous ont reçu, s'il fait cet examen avec le désir sincère de se connaître, de connaître son auteur et la perpendiculaire qui les unit, si le désir le conduit à une pratique plus régulière de ce qu'il connaît déjà de ses devoirs. Si au contraire le découragement et l'étonnement stérile n'en est pas la suite, il est constant qu'avec de la sincérité, de la constance et de la ferveur, l'homme se servira utilement de cette lueur pour parvenir à la grande lumière. Mais n'oublions pas que cette récompense doit être le fruit d'un long et pénible voyage, que nous en étant déjà une fois rendu indignes elle nous être donnée que sous les assurances et les épreuves les plus authentiques de notre fidélité, de notre prudence et de notre soumission.
Jusques ici l'homme que nous considérons n'est ni nu ni vêtu, il ne sait pas encore précisément se démêler lui même, il ne peut concilier ses penchants et ses facultés, il s'étonne de sa liberté, il se compare; la fidélité, l'amour et la confiance lui sont ordonnées, il s' y soumet, et son repentir, sa pénitence et son aveu lui méritent sa grâce. Il est porté d'autant plus que le souvenir des circonstances de sa création lui fait concevoir toute la noblesse de son origine.
Mais l' homme n'acquiert ce qu'il désire qu'en consultant la nature, la raison et la justice ; la première est la porte où il doit frapper, la seconde est la route qu'il doit suivre et la troisième est le but où il doit aspirer. Rentrez donc en vous mêmes, étudiez vous et frappez pour être entendus ; cherchez dans la sagesse et hors du matériel ce qu'elle seule peut vous faire trouver, et demandez à l'auteur de toute justice l'intelligence de ce que vous aurez cherché et trouvé.
L'homme livré à ses passions est dans les ténèbres, il en est offusqué : son origine et sa fin ne lui sont plus présents. Il oublie la partie spirituelle qui entre dans son existence, pour ne se livrer qu'à la partie animale et matérielle. Il se dégrade en ne s'occupant que du temporel, et tant qu'il est dans cet état d'engourdissement, il ne peut s'élever au delà, il n'y aperçoit même rien, parce qu'il met lui même un voile épais entre la lumière et lui.
Mais lorsque le voile est tombé, il aperçoit, avec les veux du désir et de la confiance, ce que son esprit offusqué par les passions ne pouvait lui laisser voir. Trois grandes étoiles se présentent à lui, ce sont les trois commandements qu'il trouve gravés dans son cœur.
L'homme avait reçu l'usage des métaux, comme un dépôt et non comme une propriété, mais trompé par la concupiscence, il en abuse par l'usage trop immodéré qu'il en, fait. Il fallut l'en dépouiller. Toutes les passions peuvent être innocentes, elles ne deviennent criminelles que par l'abus que l'homme en fait. En nous rendant ces dons, dont nous avions mérité d'être dépouillé, c'est nous rendre la grâce de bien user des bienfaits de la nature; mais nous rie pouvons rentrer dans nos droits qu'avec un cœur pur, fruit du repentir et d'une bonne résolution.
L'excellence de l'homme est effectivement appuyée sur trois colonnes ou trois impressions qu'il trouve gravées dans son cœur, s'il veut l'examiner; ce sont les trois vertus théologales. Sans leur pratique, tout l'édifice moral s' écroule l'homme est aussi appuyé sur la force, la sagesse et la beauté qui nous représentent la divinité; l'homme même et les éléments; la nature, la raison et la justice ; le spirituel, l'animal et le matériel ; l'intelligence, la conception et la volonté, etc.
Les apprentis au septentrion dans le Temple pour se faire à l'ouvrage, en attendant qu'ils aient acquis la force et les connaissances des travaux maçonniques, c'est à dire, que l'homme auquel on fait entrevoir des connaissances qu'il croit au delà de la portée de son esprit, a besoin d'un peu de terris et de réflexion pour s'accoutumer aux idées que lui fait naître ces nouvelles notions, auxquelles il croit que la raison répugne ; et souvent il prend pour sa raison le corps de conséquences que ses préjugés lui font tirer de certaines fausses notions qu'il a reçu ou qu'il s'est donné. Ce n'est pas un petit ouvrage de vaincre ses préjugés et de vaincre sa volonté, mais ce n'en est pas moins un sacrifice. nécessaire et préalable pour acquérir de nouvelles connaissances
Mais ces nouvelles connaissances ne paraîtront au candidat que comme une pierre brute entre les mains d'un maçon de pratique. Cette pierre est informe, ses connaissances le sont aussi. Les premiers coups de ciseaux donnés sur cette pierre, quoiqu'en l'entamant, ne paraissent pas lui donner encore aucune forme; de même nos premières recherches sur une vérité enveloppée ne nous donnent encore rien de positif. Mais infailliblement, avec du désir, de l'amour, et de la confiance, le véritable maçon se frayera un chemin à la perfection comme celui de pratique pourra parvenir à équarrir sa pierre dans de justes et requises proportions. L'ignorance ou l'erreur lui feront voir ce qu'il cherche comme un chaos qu'il ne peut encore décomposer, comme une lumière encore enveloppée des plus épaisses ténèbres qu'il faut dissiper. Il faut du tems et de la réflexion pour débrouiller de nouvelles idées, vaincre les préjugés et adopter de nouvelles notions sur des objets que l'esprit ennemi de la matière n'a pu laisser soupçonner à ceux qui l'ont négligé.
La récompense étant proportionnée au mérite d'un chacun, l'homme qui n'est encor que dans le cas dont nous parlons, ne peut prétendre raisonnablement à une satisfaction au delà de son mérite actuel. Il y a plusieurs places dans le temple; la colonne J. est destinée à la paye des vrais apprentis elle veut dire confiance en Dieu.
Ah ! n'est ce pas là, en effet, déjà une grande récompense que celle d'avoir obtenu de mettre toute notre confiance en celui dont nous avons tout reçu ! Quel autre que lui peut nous donner notre récompense ? Nous savons déjà qu'un autre que lui nous a trompé, et que vainement nous avons cherché hors de lui, ce qui n'est qu'en lui seul. C'est donc dans cet état d'un sincère retour sur lui - même que l'homme reçoit sa paye, car, lorsque ce retour est réellement sincère, est infailliblement suivi d'une douce émotion qu'il est plus aisé de sentir que d'exprimer. L'on sait bien que l'on n'est pas au bout de la carrière, mais du moins, qu'elle satisfaction n'a t on pas de se voir dans la seule route qui y conduise et quelque éloignée que soit la lumière. elle est si grande qu'elle éclaire quiconque la cherche sincèrement.
Relégués à la partie septentrionale du porche du temple, c'est - à dire encore absorbés par le souvenir de nos erreurs et de nos fautes, encore environnés des suites de notre prévarication, nous ne pouvons recevoir notre paye que sous trois conditions qui sont : le repentir, la pénitence et l'aveu de notre faute, que par le signe de la quadruple équerre qu'il ne nous faut représenter que par un sincère exercice du culte qui nous est prescrit, et un saint usage de la prière qui nous est enseignée.
Pour terminer ce discours, convenons, mes frères que l'homme ne peut recevoir cette grâce cette faveur insigne désirée de tous, quoi que peu connue, que lorsque, voulant absolument sortir des ténèbres et de l'erreur, il cherche de bonne foi la solide lumière ; que lorsque, indigné contre lui même de sa présomption, il veut ne suivre que la vertu et que, persuadé de l'existence d'un être parfait, il ne met sa confiance qu'en lui seul, en qui réside la vraie loge, juste et parfaite, la force, la sagesse et la beauté.
L'apprenti qui ne sait qu'à peine épeler et qui ne sait nullement écrire, nous représente bien l'homme timide observateur de la loi qu'il veut suivre ; il ne peut se faire un plan fixe de ses devoirs, ni une application juste de ses connaissances. Sortant des ténèbres de l'ignorance et de l'erreur, il ne peut s'accoutumer que petit à petit aux nouvelles notions qu'il ne fait qu'entrevoir, et dont il ne peut, que par degrés, se faire une idée juste et suivie.
Ce nombre trois n'aurait il pas rapport aux trois commandements, aux trois vertus théologales, aux trois personnes de la trinité, à quelque époque et à quelque alliance ?
La lumière préside au travail, les ténèbres au repos. Tout ce que l'homme fait doit être digne de la lumière, et dès qu'il cherche les ténèbres, semblable au premier homme, il montre le trouble de sa conscience. Il est d'ailleurs toujours temps de bien faire, puisqu'il est toujours au dessus de midi pour se mettre au travail. Dès que nous cherchons la lumière nous la trouvons ; le découragement est un vrai renoncement à la lumière.

 

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La lumière et le Franc-maçon

Publié le 30 Octobre 2026 par T.D

Par Solange Sudarskis

Heureux les fêlés parce qu’ils laissent passer la lumière

Le franc-maçon est fils de la lumiere . Évoquer le rôle et l’influence de la lumière comme concept ou comme symbole ou comme mystique, c’est tout d’abord rechercher dans les origines de la Franc-maçonnerie comment fut vécu le rapport de nos différentes mystiques génétiques avec la lumière.

Des Égyptiens aux Esséniens, une mystique de la lumière

Si nous évoquons les traditions antiques, on ne manquera pas de mentionner  le divin soleil chez les égyptiens et sa cohorte de rituels pour le magnifier.

L’apport de l’hébraïsme, au moins sur les premiers degrés de la Maçonnerie salomique (jusqu’au 14ème grade au REAA) est indéniable. Cette pensée, développée par la Kabbale (la transmission de la connaissance)  a pour thème une mystique de la lumière à travers le sujet de l’émanation divine sous formes de sphères de lumières, les séphiroth, témoignant ainsi de l’influence persistante du néo-platonicisme. Les anciens savants juifs, grecs, syriens et arabes ont vraisemblablement attribué le nom de kabbale à un savoir sacré, à un ensemble de connaissances ésotériques et initiatiques, à l’antique art sacerdotal dont l’enseignement était fondé sur les mystères du soleil, source de la lumière, de la chaleur, de la vie et de  la lumière primordiale comme principe d’expansion créatrice, la lumière étant révélée pour élargir l’espace du monde. Mais après sa manifestation, la lumière se retire, se cache et devient obscurité du point de vue des créatures.

Dans Le banquet, Platon écrivait : «Celui que l’on aura guidé jusqu’ici sur le chemin de l’amour, après avoir contemplé les belles choses dans une gradation régulière, arrivant au terme suprême, aura la soudaine vision d’une beauté de nature merveilleuse». Cette approche différente du visible permettrait une séparation cathartique entre vision corporelle, opaque, intentionnelle, et vision spirituelle, diaphane, vide.

Chez les Esséniens on enseignait un dualisme strict qui divise le monde et les hommes en deux camps : celui de la lumière, du bien et de la vérité (celui de Dieu), celui des ténèbres, du mal et du mensonge (celui de Bélial).

De la maçonnerie opérative à l’illuminisme

Souchée sur la Maçonnerie opérative, la Franc-maçonnerie spéculative, qui est la nôtre aujourd’hui, n’a pas manqué de retenir, non seulement une organisation, mais certainement un fondement de la pensée sur ce qui faisait foi pour les bâtisseurs de cathédrales. Les vielles obligations des maçons opératifs contenaient des invocations à Dieu, à la très Sainte Trinité, à la vierge Marie, aux quatre saints martyrisés et faisait obligation d’être fidèle à Dieu et à l’Église. Cette obligation en la croyance de Dieu ne fut abolie qu’en 1877 par le Grand Orient de France. La lumiere est–elle une trace de cette foi en le divin ?

Plus proche de nous, l’ésotérisme chrétien du XVIIIe siècle avec l’illuminisme considère que la connaissance de Dieu et la science de Dieu sont la vraie connaissance du monde. L’illuminisme a pour thème fondamental la distinction entre l’esprit et la lettre, entre la lumière et la matérialité. Sans levain, c’est-à-dire dépourvue de la lumière de l’esprit, la lettre est vide de sens et par conséquent de vie. L’initié est éclairé par la lumière divine qui se révèle à lui à travers un effort moral. Pour les illuministes, chaque être possède sa propre lumière et ses propres ténèbres. C’est dans le monde intérieur que se réalise la vision de la vérité : l’esprit illuminé entend, comprend, saisit. Cette lumière n’est pas le résultat d’une acquisition, elle se découvre. Elle est dans l’homme, mais celui-ci risque de mourir sans avoir compris que le trésor de la sagesse se trouve en lui. Les illuministes insistent sur la nature subjective de la connaissance, sur le primat de la transformation personnelle de l’homme qui aboutit à une régénération, à une nouvelle naissance. La foi, l’amour de Dieu, l’abandon de soi-même, telles sont les caractéristiques fondamentales du chrétien de la seule et véritable Église. L’important est de vivre sa foi intensément. Le Christ ne remplit pas un rôle d’expiation et de justification. Quand il advient dans l’âme, l’âme naît en Dieu. La lumière du Christ n’apparaît que dans la mesure où l’homme se détourne de lui-même et se vide pour adhérer au divin. En France, nous trouvons, parmi les esprits les plus brillants de cette époque, Bathilde d’Orléans, la duchesse de Bourbon, mère du duc d’Enghien, Joseph Balsamo, comte de Cagliostro,  Pierre Fournié, le prêtre anglican William Law, Joseph de Maistre, bien sûr Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint Martin et, évidemment, Jean-Baptiste Willermoz. C’est à travers la Franc-maçonnerie que certains d’entre eux rêveront de répandre le christianisme sur toute la terre, et ainsi de répandre la lumière.

Lumière et ténèbres : trois acceptions symboliques

Nous essayerons de penser la Franc-maçonnerie, le temple et les rites maçonniques dans leur rapport avec la lumière, tantôt par ce qu’elle rend visible, compréhensible, tantôt par ce qu’elle voile, l’ombre, les ténèbres, voire le noir.

L’opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l’enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptations de la lumière sur le plan de l’imaginaire : la lumière-séparation, la lumière-orientation, la lumière-transformation.

. La Lumière-séparation et l’abîme s’opposent dans une symbolique de la création.

. La Lumière-orientation et l’obscurité structurent la symbolique de la connaissance.

. La lumière-transformation se heurte à une double altérité: s’opposant à l’opacité, elle est le symbole de la manifestation de la transcendance; se confrontant à l’ombre, elle devient le symbole de la purification (catharsis).

Regardons en Franc-maçonnerie où tout est symbole, comment nous vivons ces aspects de la lumière.

1- La lumière-séparation.

La dimension proprement démiurgique de cette opposition lumière-ténèbres se retrouve à la racine de toutes les grandes cosmogonies. Du sein d’un abîme préalable (chaos, tehom, tohu-bohu), sans fond, sans forme, va brusquement émerger l’ordre, l’ordo ab chao du REAA, c’est-à-dire la séparation-archétypale originelle. Deux principes opposés sont ainsi différenciés : la  lumière et les  ténèbres. Trois séparations démiurgiques vont en procéder. Elles engendrent le cosmos dans sa totalité. Dieu dit que la lumière soit, et la lumière fut ! Fiat lux !

  • Une première séparation opère la création des grandes oppositions cosmogoniques fondamentales : l’avant et l’après, le haut et le bas, la nuit et le jour. Elle correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la terre. La lumière nous indique la sortie de la materia prima, du chaos, du primordial, elle nous situe par rapport aux origines. La sortie du cabinet de reflexion et l’enlèvement du bandeau peuvent être rattachés à ce type de rapport à la  lumière. N’est-il pas écrit dans le cabinet de réflexions : «si tu persévères, tu seras purifié par les éléments, tu sortiras de l’abîme des ténèbres et tu verras la lumière» ?
  • La deuxième séparation est liée à la genèse de la vie. Elle joue sur les variations régulières nuit-jour qui déterminent les saisons, sur la permanence des alternances du jour et de la nuit. Création des cycles de mort et de renaissance, de lumière croissante et décroissante entre solstice d’hiver et solstice d’été. Cette deuxième séparation règle donc le jeu d’équilibre et de conflit entre eau et feu. À cette lumière de genèse correspondent tous les symboles de la lumière-fécondation : lumière souterraine et psychopompe d’Anubis, «soleil vert» de l’émeraude qui est sang et fécondité chez les Mayas comme dans le symbole du Graal, soleil chtonien comme dieu-grain qui meurt à l’automne et ressuscite au printemps, etc. Ce sont aussi nos luminaires, le soleil et la lune, à l’Orient, qui témoignent, dans le temple, de l’alternance du diurne et du nocturne, de la lumière en tant que lumen, celle du quatrième jour de la genèse, différente de la lumière primordiale du premier jour appelée lux. Doit-on en conclure que la lumière ne peut exister que si la nuit existe, que le F\M\ des ténèbres deviendra l’homme de lumière, mais qu’ainsi, il aura des rechutes, des retours en arrière et que, dans ce cas, il lui faudra l’astre de la nuit, l’espoir que le cycle recommence et que les ténèbres ne l’emporteront pas définitivement sur la lumière ? C’est la promesse faite à l’humanité, après le déluge, par l’alliance  que le Dieu des Hébreux a inscrit dans la lumière diffractée de l’arc-en-ciel.
  • La troisième séparation cosmogonique a lieu entre zénith et nadir. Au-dessus de la fertilité végétale,  de l’âme lunaire et aquatique se différencie le symbolisme de l’esprit et de la lumière-illumination. Ce symbolisme oppose les images ascensionnelles de l’air et du vent aux images de la pesanteur de la terre. Au soleil terrestre et à ses cycles de fécondation se sur-ordonne la permanence du soleil céleste, porteur de la clarté de l’intellect, il est le modèle visible, le symbole sensible du principe de toute harmonie. La hauteur inaccessible de la voute etoilée c’est la verticalité céleste, celle de la lumière et de la vision. Toute ascension mystique ou mythique est visionnaire et elle s’accompagne parfois de photismes lumineux et colorés. Aux degrés de l’échelle chamaniste correspondent des couleurs divines qui symbolisent le degré d’initiation. De ce point de vue, les couleurs de nos loges symboliques et des décors des différents grades sont, comme dans les rites du culte de Mithra ou dans la vision mystique des soufis, la traduction visuelle des degrés ascensionnels des initiés.

Dans la gnose du manichéisme, l’esprit vivant descend ainsi que la mère de vie jusqu’à l’intérieur des ténèbres pour sauver l’homme primordial précipité dans l’abîme infernal de l’obscurité lors des combats entre ténèbres et lumière des commencements. Il tend sa main droite à l’homme primordial qui la saisit et hisse le captif du mélange de la déchéance, il le sort de l’obscurité létale. Cette poignée deviendra dans l’église manichéenne un geste rituel et symbolique. Nous retrouvons ce geste aussi en F\Maç\; sa signification est manifestée, entre autres, sur les tabliers des Maîtres au Rite Écossais Ancien Accepté, au Rite Français.

2- La lumière-orientation

La dimension spécifique de la lumière-orientation se donne à travers l’image-archétypale du chemin : chemin ascendant peuplé d’images lumineuses, aériennes, portant allégresse et éveil ; chemin descendant jalonné d’images sombres, étouffantes, lourdes de toutes les peurs et de tous les tourments. C’est alors le symbole d’un combat éternellement recommencé entre l’élan spirituel vers la lumière et l’inertie matérielle qui fait régresser l’homme dans les obscurités de l’âme. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent. D’une part règne le constat effrayant de l’obscurité du vécu de l’âme. «Sauve-moi de la matière et des ténèbres», supplie la Pistis Sophia, dans ce très beau recueil de dialogues gnostiques qui porte son nom  et qui met en scènes la Sophia, Jésus, les vierges Marie et Marie-Madeleine. D’autre part une lueur d’espoir naît de cette dualité même. L’étoile est l’image symbolique de la lumière salvatrice. Dans la nuit de l’âme, seule brille l’étoile-guide (étoile polaire, étoile des bergers, des Rois mages, «étincelle» des alchimistes, étoike flamboya. Si certains gnostiques accentuent le dualisme à l’extrême, la plupart des gnoses présentent le chemin de retour de l’âme vers la lumière comme constitué d’alternances entre phases sombres et phases claires. Ce chemin se donne alors dans les symboles «noirs et blancs» des damiers et des échiquiers, des pavements sacrés, des labyrinthes sur le sol des cathédrales, du côté noir et du côté blanc de l’ouroboros, bien sûr de nos pavés mosaïques. L’orientation symbolique est une conversion à la lumière.

De la connaissance lunaire (réfléchie, cyclique, rationnelle), le regard se retourne vers la connaissance solaire (jaillissante, irradiante, intuitive). Le symbolisme de la lumière-orientation joue sur l’opposition montagne-caverne, comme dans le mythe de la caverne de La République  de Platon. Le héros ou l’âme exilée, tel Gilgamesh, doit affronter l’obscurité du monde souterrain, pour sortir de «l’autre côté» de la montagne dans la lumière de l’aurore.

Que ce soit l’orphisme, le poème de Parménide, la gnose valentinienne, les actes de Thomas, la Pistis Sophia du côté chrétien, les récits visionnaires de Sohrawardi, ceux d’Ibn al’Arabi ou d’Avicenne du côté musulman, il s’agit toujours d’un voyage vers la lumière de la connaissance, par la distinction initiale entre la droite lumineuse, aurorale et la gauche obscure, crépusculaire, en un mot sinistre. D’après Henri Corbin, ces deux directions se révèlent être l’Orient et l’Occident de l’âme. Si, pour Carl Gustav Jung, l’aurore symbolise la sortie de la nuit de l’inconscient, c’est en plein midi qu’a lieu la délivrance de l’agnoia,  l’inconnaissance. «Soudain, une lumière, comme un feu jaillissant, surgira dans l’âme» écrit Platon, dans Lettre VII ; «Tout à coup, vers midi, une vive lumière venant du ciel resplendit autour de moi» trouve-t-on dans les Actes des Apôtres, XXII, 6 ; «Pour le connaissant, il est toujours midi «est écrit dans les Upanishad, III, XI, 3. Nous ouvrons nos travaux à midi plein !

Tout au bout du chemin de connaissance, la lumière-orientation symbolise finalement la brusque éclaircie de la contemplation, comme ouverture de l’instant sur l’éternité, disparition de la durée du moi, apparition de la présence du soi. Et le bandeau fut enlevé ! Jalonné par la lumière, le chemin maçonnique fait sans cesse référence à cette lumière-orientation.

La lumière dans le temple maçonnique

Ainsi en Franc-maçonnerie, les fenêtres, protégées par des grillages qui filtrent la lumière, éclairent les zones du temple, en fonction du degré de lumière qu’elles peuvent recevoir, indiquant le niveau supposé de connaissance des différents grades : faible lumière du nord pour les apprentis, qui augmente en venant du sud pour les compagnons, rayonnante dans l’orient du soleil levant pour éclairer le Vén\, représentant la lueur à partir de laquelle s’élargit la lumière. Ainsi, seul le Vén\ ne retourne pas son cordon en cas de tenue funèbre ; il demeure la lumière de l’aurore et de l’espérance parmi les cordons retournés des autres frères, dont le noir du deuil ne restitue plus aucune lumière.

Cette assimilation de la lumière au chemin initiatique est aussi manifestée par le nombre de lumières  disposées sur les plateaux des officiers allant en augmentant selon les grades auxquels sont ouverts les travaux. Les dignitaires de l’ordre sont accueillis par des flambeaux de plus en plus lumineux selon leur rang dans la hiérarchie, censés être celle de la connaissance initiatique.

3- La lumière transformation de la réalité.

Et puis  la lumière peut être appréhendée par un troisième axe de symbolisation, celui de la transformation de la réalité. La création se transforme par le regard de la créature. Ce regard est le creuset de l’alchimiste, par où se transmue la nature en visage. Ce troisième aspect de l’opposition repose sur la reconnaissance symbolique du paradoxe de la lumière. D’une part, la lumière est à soi-même son propre obstacle et donc sa propre altération. La lumière révèle, manifeste, suscite la vision réceptrice ; mais par là même elle se diffracte dans le «prisme» du moi.  De ce qui est donné comme visible par la lumière,  tout n’est pas forcément la vérité. Il y a  de l’écart, du retard, entre le jaillissement et le reflet, entre le sujet et l’objet, entre l’original et sa représentation, nous dirions qu’il y a de l’entropie entre le vrai et le voir. Au mystère de la lumière créatrice correspond la vision réceptrice.

Ainsi, la lumière est saisie symboliquement comme tissage avec soi-même. «C’est lumière sur lumière», affirme le Coran ; «Dans Ta lumière nous verrons La lumière», annonce la Bible. Est-ce de ces lumières  que se fait la datation du commencement symbolique maçonnique, l’année de la vraie lumière ? De quel événement originel nous rend-elle compte ?

Quelle que soit la façon de repérer les formes de la lumière utilisées par nos rites, il est indéniable que Lumière et Ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. Ce voir devenu vision n’est-il pas l’œil du delta lumineux ?

La lumière dans les hauts grades du REAA

Qu’il nous soit permis d’évoquer le 28ème grade du REAA, qui a pour titre «Le Chevalier du Soleil» ou l’Homme régénéré, ce grade correspond aussi au 51ème du rite de Misraïm. L’enseignement de ce grade présente le chevalier du Soleil comme le suprême degré philosophique du rite, survivance du stade supérieur des initiations anciennes, syncrétisme de la théosophie, du gnosticisme, de la magie, de l’astrologie, de la kabbale, de l’hermétisme et du mithriacisme, de toutes les clés de la connaissance… Le Chevalier du Soleil est par définition un chasseur d’ombre. Il est toujours en éveil pour traquer, à propos du savoir et de l’intelligible, les mensonges rassurants. Dans la République, Platon attribue à Socrate ces paroles :» Le soleil, dont seul un aveugle pourrait parler, est quelque chose dont  n’approche aucune essence intelligible, quelque chose qui dépasse de loin l’essence en majesté et en puissance». La présence du soleil permet de regarder les ombres qu’il génère lui-même par la combinaison des multiples absorptions-reflections dues aux rencontres de sa lumière et de la matière.

Nous pouvons penser au-delà, à propos des derniers Hauts Grades du REAA, 31, 32 et 33ème, qui revêtent de décors blancs le franc-maçon, comment la lumière a pu alchimiser ces initiés, les transfigurer par un savoir de soi en lumière et de lumière en soi.

La vraie lumière, connue par l’initiation

La vraie lumière nous est connue par l’initiation. De fait nous la recherchons comme la vérité. Petite lumière à l’origine, elle brillera progressivement en nous et autour de nous, au fur et à mesure que nous trouverons de l’harmonie et de la sagesse en nous. La cohérence de la vraie lumière  est à la fois symbolique et métaphysique.

Le franc-maçon est comme un Lucifer (qui a comme étymologie : lux ferre, porter de la lumière), cet apporteur de lumière aux multiples facettes, oscillant, nous dirions vacillant comme une flamme de bougie, entre ombre et lumière. La lumière reflète notre être, et là est le risque de passer dans les miroirs de l’ego où la lumière n’est plus qu’un réverbère. Le risque est de nous éloigner de la vraie lumière, de l’aliéner comme le sont les parfums d’une fleur dans une infusion.

Comme les toreros, le dimanche de la résurrection à Séville, pour accomplir la Rédemption, dans le sanctuaire du cercle parfait des arènes, dans leur habit de lumière, les francs-maçons devraient mettre à mort la matérialité du taureau, ils doivent vaincre les ténèbres par la vision juste ou, comme l’appellent les croyants, par l’œil du cœur, l’œil de l’autre-monde.

450fm

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Publié le 29 Octobre 2026 par T.D

 

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La Lumière

Publié le 29 Octobre 2026 par T.D

Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre le travail précédent, celui du Silence, qui s’oppose aux vibrations du bruit, avec ce thème de la Lumière qui s’oppose aux Ténèbres. Il va sans dire que nous ne traiterons pas d’électricité ou de lumen Cette Lumière dont il est question est uniquement symbolique. Il s’agit exclusivement de celle que nous avons reçue le jour de notre Initiation. Le Bandeau est alors tombé et nos yeux ont senti la Lumière. Je dis bien « senti », car la Lumière initiatique n’est absolument pas visible. Elle doit nous toucher et nous faire sentir le principe créateur de l’Unité. Nous devons bien comprendre que si cette fameuse Lumière devait être une simple perception de nos yeux, les aveugles seraient interdits en Loge. Or je crois très fermement que ces derniers perçoivent la Lumière plus intensément que les voyants. La raison vient du fait qu’étant privés d’un sens, qui nous induit souvent en erreur, ils ont compensé par une perception vibratoire supplémentaire et accrue. Nous allons développer plus en détail ce thème de la dualité entre l’unité et la division.

La Bible nous dit au Livre 1 de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit: «Que la lumière soit.» Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière «jour», il appela les ténèbres «nuit». Il y eut un soir, il y eut un matin: ce fut le premier jour. »

Ce récit symbolique nous parle de dualité et de création. Que disent pratiquement tous les Rituels maçonniques, avec des mots parfois différents, à la question : « Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ? »

Réponse : « Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré la Lumière »

Il faut surtout bien saisir que le maçon part des Ténèbres pour se rendre vers la Lumière. En d’autres mots, il vient d’un espace divisé (le diabolo) pour se rendre, par son travail et sa volonté, vers la Lumière, c'est-à-dire vers un espace d’Unité. On pourrait aisément comparer ce principe à celui qui doit commencer à vous être familier, celui du « sumbolon », celui que vous avez lu au chapitre des Symboles. Vous vous souvenez évidement de cette phrase : « Rassembler ce qui est épars ». C’est précisément le rôle de la Lumière. Elle concentre et rassemble pour pouvoir ensuite diffuser par son rayonnement. Cette Lumière en question est hautement vibratoire Relisez attentivement votre Rituel, il est mentionné : « La vraie Lumière était celle qui éclaire tout homme venant en ce monde ». Si notre Rituel conçoit qu’il existe une vraie Lumière, c’est en opposition à une autre, moins authentique. Nous pouvons très certainement envisager que la moins forte des deux soit celle perçue par les yeux. En revanche, la « vraie » est la Lumière vibratoire et créatrice. Cette Lumière est celle des origines de notre Univers, c’est en ce sens qu’elle est sacrée. Antoine de Saint-Exupéry l’a écrit avec brio : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

J’aimerais maintenant attirer votre attention sur la notion de « Vérité » dont nous parlons souvent dans nos Rituels. Prenons par exemple cette phrase issue du Rite Écossais Ancien et Accepté : « Demandez et l'on vous donnera (La Lumière) ; cherchez et vous trouverez (La Vérité) ; frappez et l'on vous ouvrira (La Porte du Temple). » La Vérité que nous devons chercher n’est évidemment pas un mystère extérieur. Dans un précédent ouvrage, j’avais écrit la chose suivante : « Chez les Grecs, Vérité se dit « Alètheia ». Ce concept hellénique traduit l’idée de lever le voile sur ce que nous avons oublié. Cette idée est très importante, car elle rappelle que ce que nous cherchons en maçonnerie n’est pas au dehors, mais bien au-dedans. Il suffit de lever le voile. Il en est de même avec la Lumière. Cette Lumière n’est, certes pas, celle des yeux, mais beaucoup plus subtile. » Vous commencez très certainement à mieux percevoir le lien qui existe entre la vibration et la création. Nous ne sommes plus dans le monde des apparences ou des illusions, mais bien dans celui du ressenti et du vécu. Bienvenue sur terre, ce lieu d’expérimentation et de rectification de la matière ! Comme le dit avec beaucoup de malice l’alchimiste contemporain Patrick Burensteinas, lors de ses conférences sur le langage des oiseaux: « La matière, « l’amas tiers », ou « l’âme à tiers » : c’est un tiers d’âme et deux tiers d’autre chose. »

Cette approche pose aussi la question de la différence qui peut exister entre le rayonnement de la Lumière et la vibration reçue sur votre crâne grâce à l’Épée Flamboyante du Vénérable Maître, lors de votre Initiation. Les deux actes sont à mettre en lien avec cette phrase que nous avons étudiée dans le travail précédant : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu… »

L'univers est sans doute l'exemple absolu que l'Un est Tout et vice versa. L'Univers est dual : onde-particule. La matière se manifeste à la fois par des particules et par des ondes. Tout comme l’espace et le temps, ou l’énergie et la masse, les particules et les ondes sont les deux faces d’une même médaille. La mission du Franc-maçon consiste à le sentir pleinement afin d’en faire l’union. Chaque maçon est un grain de sable à l’échelle de l’Univers. Il n’a pas le pouvoir de changer grand-chose. En revanche, il lui est possible de travailler sur son unification personnelle. Par unification, nous pouvons aussi entendre alignement ou rectification, dans le sens de mise en Rectitude. Il s’agit d’une mise en harmonie comme un instrument de musique qui s’accorderait avec un grand orchestre Universel. En jargon électronique on appelle cela syntoniser, c'est-à-dire aligner un émetteur et un récepteur sur la même fréquence. Ce concept me fait souvent penser à la notion, que nous retrouvons dans les trois grandes religions, du « Amen » ou de son synonyme « Ainsi soit-il » Notre mental voudrait influencer et transformer (changer la forme) le cours des choses extérieures, alors qu’en réalité, il suffit de se mettre en harmonie avec ce monde. Lorsque nous y arrivons, les choses nous semblent alors en paix. Il n’est point question de supplier un Être Suprême pour implorer sa clémence, mais juste de faire la paix dans son cœur afin de comprendre que l’Univers ne complote pas contre la race humaine. Le contraire est cependant moins évident à prouver !

L’univers est bercé par le rythme du cosmos. Rythme des électrons autour du noyau, rythme du mouvement des molécules, rythme de la course des planètes. Toutes les nuits d'été, des milliers de Lucioles se mettent à virevolter dans les forêts du Japon, émettant une même lumière en même temps, obéissant à un synchronisme secret. A chaque instant au fond de notre corps, les flux électriques pulsent dans chaque organe au rythme de symphonies silencieuses, dont la mesure est battue par des milliers de cellules invisibles. Chaque mois, lorsque plusieurs femmes restent longtemps ensemble, leurs cycles menstruels se synchronisent de manière inexplicable, comme les spermatozoïdes remuent leur queue en même temps et dans la même direction en une mystérieuse chorégraphie. Pour les Hindouistes, la synchronie est naturelle parce que la vie pulse au rythme des battements de la danse de Shiva.

La matière inerte n’y échappe pas. Ainsi, les pendules de deux horloges placées l'une à côté de l'autre, finissent par oscillaient en même temps Même si l'une des deux est arrêtée volontairement afin de les désynchroniser, au bout d'un moment, les horloges se remettaient à battre au même rythme. Même chose pour les moteurs de deux générateurs, même démarrés à des moments différents.

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La lumière intérieure

Publié le 29 Octobre 2026 par T.D

J.B. Willermoz a écrit : « Pour parvenir à la connaissance de la vérité, (…) l’aspirant doit (…) ne se guider que par les rayons de la lumière intérieure, que la bonté du Créateur a ménagés pendant leur course temporelle à ceux qui ont un véritable amour pour la vérité ».

La lumière évoquée ici est intérieure à l’homme, elle réside en lui-même, enfouie au cœur de son être, comme un germe divin. Le thème de l’intériorité de la lumière est commun à de nombreuses traditions. C’est à l’intérieur, tout à l’intérieur qu’il faut chercher disent les Upanishad : « Au centre de soi-même, reconnaître l’univers, et soi-même au cœur de l’univers, dans cet espace du cœur identique aux espaces éternels ». Sainte Thérèse d’Avila utilise l’image du « château intérieur », dans lequel l’homme doit chercher à pénétrer la chambre secrète qui est le vrai centre de lui-même. « Malheur, malheur », nous dit Goethe, dans son Faust, « tu as brisé le ciel magnifique de ton poing destructeur », mais il ajoute aussitôt : « Puissant fils de la Terre, rebâtis ce monde divin, rebâtis-le au fond de ton cœur. » Mentionnons également cette parole d’Avicenne : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde ».

Lumière intérieure et voie interne

Louis Claude de St Martin était partisan de la « voie interne » permettant de contempler le tréfonds de l’invisible en pratiquant dans son être « l’ouverture du centre spirituel » qui se trouve au-dedans de soi. Ce même auteur écrit, en 1775, dans son livre Des erreurs de la Verite, qu’il s’agit de faire découvrir à l’homme « la nature du germe qu’il porte en lui ». Il ajoutait : « Combien nous auraient-ils (les hommes) épargné d’erreurs et de souffrances, si, loin de chercher la vérité dans les apparences de la nature matérielle, ils se fussent déterminés à entrer en eux-mêmes… ». Louis Claude de St Martin exalte ainsi, lui-aussi, cette lumière « enfouie dans le cœur de chacun, mais qui doit nous porter jusqu’aux cieux, transfigurer la nature même, et rendre à l’homme sa splendeur passée. »

Lumière intérieure et temple intérieur

Pour le Rite Écossais Rectifié, la Lumière intérieure qui réside dans l’homme est associée à l’idée du Temple intérieur que tout Maçon doit bâtir en son cœur pour que celui-ci devienne la demeure impérissable du Seigneur. Pour la tradition chrétienne, le royaume de Dieu ne réside pas en dehors de l’homme mais gît dans le mystère de son cœur : « Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché » (Matthieu 13, 44) ; « Le royaume des cieux est au-dedans de vous » (Luc 17, 21).

La Lumière primordiale

«L'Orient est la source et le principe de la Lumière que cherche le Maçon », lit-on dans le rituel du Rite Écossais Rectifié. De quelle Lumiere s’agit-il ?

En indiquant que « la lumière est le premier vêtement de l’âme », l’Instruction Morale du 1er grade du même Rite semble évoquer la lumière primordiale, antérieure à toute création. La lumière, dans la conception biblique, préexiste à toute création, elle en est même la condition essentielle. Avant elle, le monde n’est que ténèbres ; après elle, le monde connaît son premier jour.

La « vraie Lumière »

Cette lumière du commencement n’est donc pas celle du soleil et de la lune, qui n’ont été créés, d’après le récit biblique, que le quatrième jour, et encore moins celle de nos lampadaires. C’est une lumière d’un autre ordre dont il s’agit ici car elle est directement issue de la parole divine : « Dieu dit que la lumière soit ; et la lumière fut ». La lumière qui se manifeste par la Parole de Dieu marque le mystère de l’intention et de l’expression de l’acte créateur du monde.

Jean, l’auteur du 4ème Évangile, sur le prologue duquel le Maçon du Rectifié a prêté son engagement, fait de la lumière le thème central de son message. Jean parle, dans son Évangile, de la « vraie lumiere ».

Cette lumière incréée du premier jour de la Création est immatérielle, elle est invisible aux yeux de la chair, elle demeure inconnaissable et insaisissable pour l’homme. Pourtant, d’après l’enseignement des Anciens, cette « vraie Lumière » EST en tout lieu et en tout temps, elle est « inaltérable », dit le rituel du Rite Écossais Rectifié. Mais, « La Lumière est venue dans le monde, et le monde ne l’a pas connue », écrit l’évangéliste Jean. La difficulté, pour les communautés humaines, consiste à la faire exister, à la manifester.

Aussi, pour mieux percevoir cette Lumière, qui est aussi nécessaire à l’homme que celle du soleil, les Maçons cherchent-ils à concentrer leur attention sur le moment où, symboliquement, elle rayonne avec force et majesté dans la loge, c’est à dire à l'heure de midi l’heure d’ouverture des travaux maçonniques.

La Lumière originelle

Si l’on considère que la lumière qui paraît à l’Orient représente laLumiere originelle, celle antérieure au premier jour de la Création, l’on peut dire alors que le rituel d’ouverture de la loge place ainsi les Frères dans le temps de l’origine, il les transporte au premier matin des mondes. Il les entraîne dans un processus symbolique de création ou de régénération du monde. Ce processus concerne aussi le Maçon lui-même car sa tâche est aussi d’ordonner son chaos intérieur, de se construire, en fait de « renaître »…

 

 

 

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Publié le 28 Octobre 2026 par T.D

 

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