- Par JC Nehr
La légende d’Hiram, comme toute légende, fonctionne selon le même schéma en trois étapes: la première propose un récit imaginaire, invraisemblable mais porteur d’un enseignement voulu par l’auteur du récit; la deuxième donne le sens immédiat à l’histoire, en relation avec elle, sens en général moral, sociétal, philosophique ; la troisième, comporte une ou plusieurs interprétations plus ou moins cachées, qu’il nous faut découvrir.
Le Livre d’heures de C. de Clèves, l’arbre de vie sur la tombe d’Adam (1442-45), in La Chaîne d’union Hors-série Hiram le passeur d’idéal
L'image représente une scène en noir et blanc. Au centre de l'image, un arbre solitaire se dresse, ses branches s'étendant vers le haut. L'arbre est situé sur une plaine, avec un horizon lointain visible en arrière-plan. À la base de l'arbre, il y a un crâne, symbolisant la mort et la temporalité. Le crâne est positionné de manière à sembler regarder vers le haut, vers l'arbre. L'atmosphère générale de l'image est mélancolique et contemplative, évoquant des thèmes de vie, de mort et de passage du temps.
Le récit imaginaire
L’histoire d’Hiram et de son funeste destin est bien connue, elle est l’élément fondamental du grade de Maître et sert de support aux rituels d’élévation des francs-maçons à ce grade. Le récit comporte trois phases : il débute par l’assassinat d’Hiram, se poursuit par la recherche de son cadavre et s’achève par la poursuite et le châtiment des assassins. On ne s’intéressera ici qu’à la première phase, l’assassinat d’Hiram que l’on peut résumer en quelques mots : non pas « la bourse ou la vie », mais : « le mot ou la mort ! » Les rituels ont varié et varient encore selon les Rites et les époques, le plus souvent sur des détails de forme, mais parfois ils introduisent des modifications importantes qui changent le sens du récit, comme nous le verrons. J’ai donc choisi de prendre comme texte de référence du Rituel d’élévation à la maîtrise, celui du Régulateur du Maçon de 1801 texte qui fait autorité. Que nous dit ce Régulateur sur la situation : « Les ouvriers divisés en trois classes, avoient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnoitre entr’eux et recevoir la paye proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres » Vient la préméditation : «Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître à l’aide des signe, parole et attouchement qu’ils espéraient se procurer à force ouverte ». Vous connaissez la suite et la fin : « Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrette, dirigea ses pas vers la porte d’Occident ; il y trouva un
Description de l'image : Le dessin représente un bouclier avec plusieurs illustrations distinctes. En haut à gauche, il y a une figure humanoïde avec des bras tendus tenant des objets, entourée d'étoiles. À côté, à droite, se trouve une tour avec des gouttes tombant d'en haut. En bas, trois squelettes sont représentés : l'un tient une faux, un autre une masse, et le troisième un bâton. Le bouclier est bordé d'une ligne noire épaisse.
Et, devant le refus d’Hiram d’accéder à leur demande les compagnons le tuent. Deux points de détail à préciser : un, on emploie indifféremment le terme « mot » et « parole » pour désigner le terme qui sert à payer les maîtres. Deux, les termes utilisés, « signe, parole, attouchement » figurent soit au pluriel, soit au singulier et parfois même au singulier et au pluriel et cela dans le même rituel. Exemple le rituel de 1858 : « Trois mauvais compagnons… formèrent le complot… d’arracher les mots, signes et attouchement de Maître » ; et quelques lignes plus loin, on lit : « …le premier compagnon qui lui demanda le mot et le signe de Maître »
Les enseignements: le premier fait d’Hiram un modèle de courage et de qualités, le deuxième est un exemple de lutte des places, pour obtenir celle de Vénérable Maître, le troisième, la recherche des grands secrets cachés dans le mot de maître, et enfin, le quatrième : l’assassinat nécessaire d’Hiram qui devait disparaitre pour assurer la cohérence du parcours maçonnique tel qu’il existait dans sa globalité à la fin du XVIIIe siècle.
Le sens immédiat est évident: C’est celui décrit par les rituels ; Hiram, le héros, choisit la mort plutôt que révéler aux trois compagnons qui l’attaquent, le mot qui permet d’obtenir la paye des maîtres. Cette attitude met en valeur le courage et la grandeur morale d’Hiram qui préfère la mort à la violation du serment qu’il a fait de ne jamais rien révéler. Au compagnon qui le menace, Hiram répond : « Malheureux ! Que fais-tu ? Tu sais que je ne peux ni ne dois te les donner… » Ce comportement doit servir de guide à tous les francs-maçons. Le sens évident est certes un peu banal. Il existe de meilleures histoires, réelles celles-là, pour raconter la valeur du sacrifice de sa vie pour respecter un engagement ! On pensera par exemple au sacrifice du député franc-maçon Alphonse Baudin, le 3 décembre 1851. Pour montrer qu’il ne combat pas le coup d’état du prince Napoléon pour défendre son indemnité parlementaire de 25 francs par jour, le député Baudin prend un drapeau tricolore, monte sur une barricade et lance à ses critiques : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ! », et Baudin tombe mort, fauché par le tir des soldats. La conduite d’Hiram semble en plus manquer de courage et d’intelligence. Manque de courage : Hiram est un adepte du : « courage fuyons ! » En effet, on lit dans le rituel de maître (Régulateur), lors de l’agression subie par Hiram : « Hiram voulut chercher son salut dans la fuite… » et, plus loin : «…mais à l’instant où il voulut s’enfuir. » Manque d’intelligence, enfin : Hiram aurait pu donner n’importe quel mot « sacré », aux compagnons, ceux-ci ne le connaissant pas, ne pouvaient pas savoir si c’était le bon mot qu’Hiram leur donnait ! Ainsi, Hiram sauvait (peut-être) sa vie et pouvait alors alerter les gardiens du Temple!
La lutte des places
Dans les rituels d’origine et pendant plus de cent ans, la demande des compagnons visait simplement à avoir le « mot » leur permettant d’obtenir la même paye que celle des maîtres. Dans les années 1900, une formulation nouvelle est apparue, et reste présente dans les rituels de 2002, le rituel actuellement en vigueur au GODF. La demande des compagnons n’est plus seulement : « Donne-moi, les mots, le signe et l’attouchement de Maître », mais devient: « Il y a assez longtemps que je suis compagnon : je veux être maître comme toi. Donne-moi, les mots, etc. » Or, cette version implique un changement radical du sens de l’histoire : jusqu’alors les trois mauvais compagnons voulaient seulement obtenir la paye des maîtres, mais là, maintenant, les trois futurs assassins veulent plus : ils veulent non seulement obtenir le statut de maître ordinaire, mais aussi, ils veulent aussi être « maître comme Hiraam », c’est à dire en obtenir le statut, et en plus prendre sa place. Ils veulent passer directement de compagnon à Hiram ! Or, il existe une différence de nature entre Hiram et les maîtres ordinaires, différence symbolisée par le fait que c’est Hiram qui donne le mot (la parole), alors que tous les autres le reçoivent. Hiram est donc le maître des maîtres, il n’y a qu’un Hiram. Or, il en est de même en loge où il n’y a qu’un Vénérable Maître : Hiram dirige les travaux du Temple et commande les ouvriers, et le Vénérable Maître dirige et commande les Frères de la loge et c’est lui qui donne la « parole ». Et, il n’y a qu’un Vénérable Maître. Alors, faudrait-il le tuer, comme le suggère le rituel, pour prendre sa place? Merci Dr. Freud pour la réponse.
Mot de Maître, parole perdue et grands secrets
Pour de nombreux docteurs ès maçonnerie, le mot de Maître, non seulement permettrait d’obtenir la paye de maître mais encore, il serait porteur de grands secrets détenus par Hiram. Et, Hiram mort, ses secrets seraient perdus. En fait la question parait étonnante, car la parole du Maître n’est pas du tout perdue. En premier lieu, ce mot de Maître, est connu non seulement d’Hiram, mais aussi des 3300 autres maîtres présents sur le chantier du Temple ! Ensuite, il a été simplement remplacé par les maîtres qui ont découvert le corps d’Hiram, car ils avaient peur, qu’Hiram ait, si l’on ose dire, « mangé le morceau » (ce qui montre, en passant, la grande confiance que les maîtres avaient en Hiram). De plus il figure de manière allusive dans le Régulateur du Maçon et explicitement dans le rituel du grade de Maître d’une loge rattachée au Directoire Ecossais de Strasbourg . Je cite le Régulateur : « il fit incruster dessus un triangle de l’or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle, l’ancien mot de maître, qui étoit l’un des noms hébreux du GADLU… » Je cite encore le rituel du Grade de Maître de la loge du Directoire Ecossais: « et il assigna aux Maîtres la chambre du milieu pour y recevoir le leur, le mot des Maîtres fut Jehova. »
Et malgré cela nombreux s’accordent à dire que la « parole » est perdue. Mais de deux choses l’une : ou bien le secret est perdu ou il ne l’est pas ! Cette histoire d’un secret perdu sans l’être tout en l’étant n’a pas de sens, mais elle constitue une mine intarissable de textes obscurs qui font la joie et le bonheur de nombreux francs-maçons, la fortune des éditeurs et le massacre de trop nombreux arbres ! Le problème est apparemment insoluble. Mais, en fait, une solution est, peut-être, possible : pour cela, il faut que le mot de maître soit un mot à double ou triple sens. Un exemple tiré de l’histoire des premiers chrétiens permettra de bien comprendre le problème : on sait que les premiers chrétiens avaient pour symbole le poisson, car en grec ancien, le mot poisson « ichtus » est l’acronyme de Iesus Christos Theon Uios Sauter, soit « Jésus Christ fils de Dieu sauveur » ce qui permettait aux membres de la secte chrétienne de se reconnaître. Imaginons qu’au nouvel adepte on dise : « Pour te faire reconnaître comme chrétien ou bien tu diras le mot « poisson », ou bien tu en dessineras un ». On aurait là un mot de reconnaissance comme celui utilisé par les maîtres pour se faire payer. Mais pour une minorité de chrétiens initiés ce mot « poisson » pourrait avoir une autre signification et pourrait alors désigner aussi le Christ et sa doctrine. Et cette signification serait alors totalement ignorée des adeptes ordinaires. Alors, de la même manière, le double sens du mot de maître, ne pourrait n’être connu que de quelques privilégiés et serait alors bien perdu. Mais, pour nous, le problème resterait insoluble, car nous ne saurions pas quel serait ce deuxième sens, cette doctrine cachée sous le mot sacré des Maîtres, et nous ne le saurons jamais, car si nous l’apprenions, alors, il n’y aurait plus de secret !
Quelles solutions ont alors proposé les spécialistes des rituels et des symboles pour trouver ce qui n’existe pas ? Je parlerai simplement de deux approches fort ingénieuses : la première est décrite par Irène Mainguy, je cite : « Cette parole en maçonnerie est considérée comme perdue parce que, selon la légende, Maître Hiram a emporté son secret dans la tombe. Et pourtant cette parole ne peut être complètement perdue parce qu’il faut que trois maitres la connaissent pour qu’une loge soit opérative… Tous les trois (Salomon, Hiram de Tyr et Hiram) connaissent donc le mot sacré, mais il leur est impossible de le transmettre séparément, c’est pourquoi Salomon et Hiram de Tyr n’avaient plus la possibilité de transmettre ce mot dans les conditions requises après la disparition d’Hiram abi » Donc, sans Hiram, on ne peut plus transmettre le mot de maitre. La quête du sens perdu sera donc éternelle !
Cette image en noir et blanc représente une peinture à l'huile sur toile intitulée "Tableau de Loge au 3e degré". L'œuvre est exposée au Musée de la GLUA à Londres. La peinture montre une scène avec des éléments symboliques et des inscriptions. Au centre, il y a une plaque rectangulaire avec des lettres et des symboles gravés, incluant des lettres stylisées et des motifs décoratifs. La plaque est tenue par une main, suggérant une cérémonie ou un rituel. L'arrière-plan est sombre, contrastant avec la plaque et la main, ce qui met en valeur les détails de l'inscription. L'image semble capturer un moment de signification rituelle ou historique.
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La seconde manière, beaucoup plus élégante nous propose l’invention, miraculeuse du bijou d’Hiram, bijou qui, lui, portera les grands secrets ! Cette invention se trouve dans le discours historique du rituel de Grand Elu Ecossais ; nous lisons : « Adonhiram grava la parole sur un triangle du plus pur métal, mais dans l’inquiétude où il était de la perdre, il la portait toujours suspendu au cou. La gravure du côté de sa poitrine. Lors de son assassinat, il fut assez heureux pour se dépouiller de ce delta précieux, et le jeta dans un puits lequel était au coin de l’Orient du côté du midi. » Un vrai miracle maçonnique ! En fait la croyance en l’existence de grands secrets ne fait que masquer un enjeu de pouvoir. Ce phénomène a été remarquablement décrit par Umberto Eco à propos du prétendu « grand Secret » détenu par les alchimistes et s’applique parfaitement aux « secrets perdus » d’Hiram. Umberto Eco écrit : « La force d’un secret est d’être toujours annoncé mais jamais énoncé. S’il était énoncé, il perdrait de sa fascination. Le pouvoir de celui qui annonce un secret vrai est de posséder un secret vide »
La clef du mystère : Hiram doit mourir pour assurer la cohérence du Rite
Jusqu’ici, nous avons étudié l’assassinat d’Hiram dans la singularité de ce grade. Il faut maintenant l’envisager dans l’économie générale du système proposé par le GODF dans les années 1783-1786 lors de la stabilisation des rituels de la franc-maçonnerie de l’époque Ce système comprend deux parties : l’une dite de la maçonnerie symbolique conduit du grade d’Apprenti à celui de Maître, la seconde, dite des hauts grades mènera du grade d’Élu à celui de Rose-Croix. La question est simple : peut-on trouver une correspondance pertinente entre la légende d’Hiram et l’une des étapes proposée après la Maîtrise ?
Le grade de Maître va annoncer et préfigurer celui de Rose-Croix
Une étude attentive des textes des rituels pratiqués avant la Révolution, montre que dans les trois premiers : Élu, Grand Élu, Chevalier d’Orient, on assiste à la poursuite de l’histoire, constructions et destructions des Temples de Jérusalem. Mais, une concordance s’impose : le martyre d’Hiram et la perte du mot (parole) de Maître, le choix du mot substitué, toute cette dramaturgie trouve un écho puissant dans le déroulement du rituel de Rose-Croix avec la Passion de Jésus, la parole perdue, puis retrouvée . Deux raisons à cette concordance : toutes les étapes du parcours maçonnique jusqu’au « Rose-Croix » se déroulent dans des événements de l’Ancien Testament, seule celle de Rose-Croix racontant la Passion du Christ prend place dans le Nouveau Testament. Or, dans toute la tradition chrétienne, l’ancien testament annonce et préfigure les événements et les personnages du Nouveau. Ainsi, le grade de Maître va annoncer et préfigurer celui de Rose-Croix. Pourquoi et comment ? Il suffit de lire le « Discours historique » du Grade de Rose Croix (Travaux du Souverain Chapitre Métropolitain, 1786 où nous lisons : « Ce fut alors que le Grand Architecte de l’Univers abandonna l’édification des Temples matériels à l’ignorance et à la témérité des mortels, pour en construire, par sa sublime et suprême intelligence de spirituels, dont l’existence ne cessera jamais. » Nous avons donc ici une révolution qui fait passer l’œuvre maçonnique de la matérialité à la spiritualité, du monde matériel à l’univers spirituel. Et, de même que les temples construits à Jérusalem ont été détruits, de même Hiram doit disparaitre car il est la figure archétypale de la matérialité, à un double titre : par ses travaux, et ensuite par son nom.
Ses travaux d’abord : si l’on en croit les textes bibliques (Livre des Rois et Chroniques), Hiram réalise tous les ouvrages de métal du Temple, et, de ce fait, il ne peut pas accéder au divin. (« Tu ne construiras pas l’autel en pierre de taille, car tu lèverais ton fer sur lui et tu le profanerais », Exode XX, 21/22).
Son nom ensuite : quand nous écrivons en Français les noms : Hiram, Jehova, ou Abraham, la lettre h que nous utilisons correspond en fait, en hébreu à deux lettres différentes : le « het » pour Hiram et le « hé » pour Jehova, et Abraham. Or ces lettres ne s’emploient pas indifféremment. Dans la Bible, il existe plusieurs variantes pour le nom d’Hiram, variantes qui comportent toutes la lettre « het » , ouverte vers le bas, mais complètement fermée à la partie supérieure. Cette lettre représente la matérialité, en opposition avec une autre lettre, « hé » , présente dans le tétragramme iod/hé/vav/ hé, et aussi dans le nom d’Abraham, aleph/ beth/rech/hé/mem. Cette lettre « hé », est ouverte vers le bas et aussi vers le haut en signe de spiritualité ! La lettre « hé » est aussi l’une des quatre lettres du Tétragramme, que l’Éternel introduit dans le nom d’Abram pour le transformer en Abraham, « père d’une multitude de nations », quand Hiram sera « père d’une multitude de francs-maçons. »
Elévation à la Maîtrise, gravure Gabanon, 1744
Cette gravure en noir et blanc, intitulée "Elévation à la Maîtrise" par Gabanon en 1744, représente une scène historique et solennelle. L'image montre un groupe de personnes vêtues de vêtements d'époque, probablement des enfants et des adultes, rassemblés dans une pièce décorée. Les murs de la pièce sont ornés de tapisseries et de portraits encadrés, ajoutant une touche de richesse et d'importance à la scène. Au centre de l'image, un enfant est agenouillé sur un tapis, entouré de plusieurs autres personnes qui semblent l'aider ou le guider. Cet enfant est probablement le sujet principal de l'élévation, un rituel ou une cérémonie importante. Les personnes autour de lui sont en train de l'habiller ou de le préparer pour l'événement, indiquant un moment de transition ou de rite de passage. À gauche, une personne tient une chandelle, projetant une lumière douce sur la scène, tandis qu'à droite, une autre personne semble jouer un rôle actif dans la cérémonie. L'atmosphère générale est solennelle et respectueuse, reflétant l'importance de l'événement représenté. La pièce est bien éclairée, avec une fenêtre ou une source de lumière naturelle venant de la gauche, ajoutant de la profondeur et de la clarté à la scène.
De plus, en jetant au fond d’un puits le fameux bijou qui porte sur une face le nom ineffable, non seulement, Hiram rejette toute spiritualité, en se débarrassant de la seule preuve de spiritualité qu’il porte, non en lui mais sur lui, ce qui est tout à fait différent ! L’analyse du rituel de Rose-Croix conduit au parallélisme suivant :
Hiram (Jehova) assassiné, corps putréfié et enterré, mot substitué macbenah
INRI (Jésus) crucifié, corps mis au tombeau, résurrection, mot retrouvé (INRI)
Ainsi, pour passer du matériel au spirituel, il fallait nécessairement « liquider » Hiram, mais il fallait masquer le mobile ; les trois mauvais compagnons, sans doute manipulés par les créateurs de la légende, assurèrent le job.
Ah, j’allais oublier : le mot prononcé par l’un des Maitres découvrant le corps d’Hiram est : « Macbenah ». On a beaucoup glosé sur le sens de ce mot sans apporter de conclusion significative : l’hébreu maçonnique étant à l’hébreu biblique ce qu’est le latin de cuisine au latin de Cicéron !
Or, le mot « macbebah » ressemble fort à un autre mot : « macpelah » qui désigne la grotte où est enterré Abraham.
Y aurait-il un lien entre Hiram et Abraham ? Cela est une autre histoire, mais, décidément, le Diable se cache dans les détails !
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