Ces rituels ont donc subi des adaptations plus ou moins judicieuses, mais le REP a su conserver une fraîcheur, refusant un syncrétisme généralisé ou une direction trop marquée dans un sens doctrinaire.
Le paysage qu’il offre à l’historien des rites maçonniques, à l’avantage d’une grande limpidité qui vient de son exercice militaire d’origine et d’une importation, aussi massive que subite, du rite pratiqué outre-Manche. Pour la clarté de notre exposé, nous ne prétendons pas à l’unicité monolithique du Early Grand Scottish. Nous reconnaissons à celui-ci une plasticité propre à son histoire et à son transport continental qui à défaut de moyen de contrôle d’éventuelles Grandes Loges, a pu cheminer sur différents terrains en pratiquant des adaptations nécessaires.
Les LL\ militaires ont fait souche aux endroits ou elles se sont installées et notamment à Saint-Germain-en-Laye. C’est ainsi qu’en 16 mars 1688 est enregistrée par le G\ O\ de France selon son état de 1778 la L\ militaire des gardes irlandaises « Parfaite Égalité »,
ex L\dite de « Dorrington » du nom de son colonel depuis 1651. Notons au passage que cette loge prendra encore le nom de « Walsh » par la suite. Pour finalement en 1752 prendre le nom de « Parfaite égalité » reconnue pour son antériorité.
Gustave Bord remarque que la sécularisation des LL\après la disparition des effectifs militaires s’explique notamment du fait que de nombreuses familles et non des moindres qui suivaient les rois en exil, firent souche, sans doute plus par nécessité que par goût, qu’elles continuèrent à pratiquer les rites initiatiques tout en ouvrant à la vie civile leur recrutement.
Dans une note, Robert Ambelain rappelle que André Michel Ramsay, chevalier baronnet d’Écosse, Stuartiste convaincu, fut enterré à Saint-Germain-en-Laye et que sur son acte de décès figurent les signatures de la fine fleur de la noblesse Stuartiste en exil et établie au Royaume de France. Son apport fut immense et révèle la jonction existant entre la franc-maçonnerie et la chevalerie, mariant la truelle et l’épée. Il est à lui seul le témoin de l’existence d’une Franc-Maçonnerie spéculative avec une tradition préexistante à la création de la G\L\de Londres en 1717.
Ce souchage français des LL\ militaires porta ses fruits, mais il ne fut pas le seul. Quoi qu'il en soit, le Early Grand Scottish est souvent traduit par « Rite Ecossais Jacobite », ce qui atteste s’il en était besoin de ses origines.
Malgré l’exil et le décès de Jacques II Stuart, l’esprit Jacobite ne s’éteint pas. Il est entretenu par les rivalités qui se font constamment jour dans le but de reprendre le pouvoir, et par le troisième personnage qui prétend à la couronne d’Angleterre d’Écosse et d’Irlande, il s’agit de Charles III Stuart.
Il faut comprendre que les LL\maçonniques étaient par le secret rituelique qui les animait un prodigieux instrument de manipulation et de lutte d’influence. C’était tout autant un lieu de dialogue et de complot. Elles réunissaient des gens qui étaient déjà convaincus par le sentiment d’appartenance, il suffisait d’orienter le groupe pour l’acquérir à la cause. Ainsi des partisans ont pu se liguer ou se rencontrer dans un dialogue qu’on imagine fraternel.
L’épopée Stuartiste marque pour l’avenir la méfiance du pouvoir en place face à des LL\qui nuitamment se réunissent sous le sceau du secret. Les LL\ Jacobites ont en quelque sorte par les luttes d’influence des conjurés dont elles furent le creuset, inaugurés la fonction politique et donc sociétale d’une L\, en mettant le caractère initiatique entre parenthèses. D’une évolution à l’autre, l’histoire des rites maçonniques est riche de sens pour qui veut l’entendre, l’exemple le plus approprié dans notre cas fut la rectification de 1778 : Le Rite Ecossais Rectifié, fondé à Lyon lors d'un Convent organisé par J.B. Willermoz, ne fut que le remaniement associé à l’influence du Martinézisme sur les Rites Ecossais Primitifs pratiqué par ces anciennes LL\militaires dès 1688 à Saint‑Germain‑en‑Laye. Sans vouloir blesser quiconque nous pouvons avancer que le REP eut deux surgeons le SOT et le RER.
Il faut dire que le Rite primitif avait déjà été adapté par la mouvance de la Stricte Observance Templiere et qu’il avait déjà sa pratique assurée avec des adaptations diverses dans les autres LL\écossaises. L’apport principal du convent fut de densifier l’apport des élus Cohen sur les bases Ecossaises, sans oublier la fondation Templiere de la stricte observance. Cet exercice de style était rendu nécessaire, la trop grande diversité dans l’application d’un rituel dont on avait oublié les origines cent dix ans plus tard, créa un besoin de rationalité que l’ancien système L\ Mère, L\Fille n’arrivait plus à juguler.
Ainsi Robert Ambelain faisant ici œuvre d’historien ira jusqu’a affirmer (La Franc-Maçonnerie Oubliée, p.148) : « Il est absolument certain qu’il n’y avait pas en 1771, dix LL\ tenant régulièrement leurs pouvoirs (et leur filiation surtout) de la G\L\ d’Angleterre, et il n’y avait, de Rite Ecossais, au sens propre du mot, qu’en France et en Allemagne, où il avait été introduit et adapté par le Baron de Hund. Ce rite Ecossais n’était rien d’autre que celui que nous connaissons sous le nom de Early Grand Scottish Rite, c'est-à-dire une adaptation du rituel verbal des maçons opératifs aux aspirations des maçons acceptés" (et autres partisans du Roi, ndlr). » On notera que nombres de maçons « acceptés » furent de culture « rose croix » ou alchimistes, ou hébraïsants et marquèrent de leurs influences le rite Stuart.
Leurs rituels furent diffusés partout sur le continent et dans les iles. En 1751 le 27 Aout à Marseille le Stuartiste Georges de Wallnon, fonda (avec des pouvoirs venus d'Edinburgh), ce qui devait devenir la Mère L\Ecossaise de Marseille sous le nom de "Saint‑Jean d'Écosse". Le REP est donc bien le rite de base dans sa forme générique, découlant des rites en cours dans les loges militaires et de partisans du XVIIe siècle et s’adaptant à la vie civile, par le truchement de FF\ implantés dans la société civile et restants acquis à la cause Stuartiste jusqu’en 1750. C’est une des raisons pour laquelle la devise du Rite est « Primigenius more majorem » qui veut affirmer l’ancienneté et l’antériorité historico-mythique de ce rite à tous les autres. (Notons qu'il est souvent revendiqué par les rites d'être les plus anciens, moins pour des raisons historiques difficiles à démontrer que par une volonté de soucher l'origine de l'initiation dans une antériorité "mythique"!)
Développement civil et évolution des Loges Jacobites en France
Le mouvement Jacobite a permis le développement de la Franc-Maçonnerie tout en donnant à cette dernière un rôle politique. Dans la période de l'exil, les trois premiers Grands Maitres sont des Jacobites : le duc de Wharton, James Hector MacLean, Charles Radcliffe, conte de Derwentwater.
En période plus calme, ce phénomène partisan s’apaise pour laisser la place au travail du maçon dans un tissus social, qui se fonde sur un entre-soi bourgeois fait d'intérêts communs, mais aussi par une dimension initiatique qui ressort des rituels. Un rite une fois élaboré et implanté géographiquement peut soit végéter, soit s’éteindre, soit se développer. Nous pensons que Saint-Germain-en-Laye ne fut pas la seule implantation en France. Quand on parle de rite Ecossais Primitif il ne faut pas uniquement se focaliser sur les LL\militaires qui furent des précurseurs, mais aussi sur les civils qui en même temps créèrent des LL\ avec les rituels dont ils disposaient en partant d’Angleterre et d’Écosse et qui étaient aussi différents et variés du fait de leurs origines géographiques, donc l’appellation REP serait un terme générique faisant allusion plus à son ancienneté, n’excluant pas sa diversité ni l’ajout d’influences « modernes ».
La diaspora va grandissante et s’installe partout où il est bon de commercer et partout ou existe déjà une implantation Jacobite, et ceci jusqu'à Rome.
Il est intéressant de noter que l’apport catholique n’est plus le seul, les événements sont tels que les exilés sont tout autant anglicans, protestants et presbytériens. Ainsi lesdites LL\oublieront rapidement les motivations politiques de leurs aînés, pour en vivre uniquement le souvenir, la légende et le mythe. De l’exil et de l’éternel retour ils feront ce que toute société initiatique s’attache à créer : une source intarissable, fécondant le processus initiatique.
Dans cet afflux régulier de réfugiés, quelques-uns ouvrent des LL\dûment patentées. D’autres constituent des LL\ qui pour le coup sont purement spéculatives et sans filiations directes. On retiendra à titre d’exemple l’intervention de trois personnages fondateurs de LL\Jacobites : Charles Radcliffe, le Marquis de Calvières et Georges de Wallnon.
Charles Radcliffe:
On citera le premier et finalement le plus remarquable, Charles Radcliffe, lord Derwentwater en 1726 qui allume les feux de la L\Jacobite « Saint Thomas 1er ». Homme remarquable, ayant participé aux tentatives de reconquêtes Jacobites, fait prisonnier puis évadé. Il fut initié par Ramsay et il ouvre l’une des premières LL\ civiles. Il fut nommé premier grand Maître de l’Ordre à la Saint-Jean d’hiver 1736. Il transmet son maillet au Duc d’Antin en 1738, et pris part à l’expédition manquée de 1744. À nouveau prisonnier, détenu à la tour de Londres il fut décapité le 9 décembre 1746. Son parcours est l’illustration du caractère Jacobite de la Franc-Maçonnerie française de cette époque.
Le Marquis de Clavière:
- 1736 : initiation du Marquis de Calvières dans les milieux Jacobites d'Avignon dans la L\ dite de « Saint Jean ».
- 1737 : séjour de Calvières à Paris, contacts avec les milieux Jacobites
- 1737 : en août, Calvières est muni pour trois mois des pouvoirs du duc d'Aumont pour la fondation de la loge Saint‑Jean à Avignon (cf. P. Chevalier: Les ducs sous l'Acacia) en septembre Calvières continue de répandre la Franc‑Maçonnerie en Avignon.
‑ 1738 : cette année là, Calvières appartiendra à la célèbre loge Bussi‑Aumont et y sera nommé Dépositaire de l'Ordre, évidemment ordre Jacobite (cf. le manuscrit n' 891 de la Bibliothèque de Carpentras, page 68 à 70). Il s'agit évidemment de la Maçonnerie Jacobite puisqu'à cette époque il n'y en avait peu d'autres en France. À tel point qu'en septembre 1735 le Comte de Saint‑Florentin, secrétaire d'État était reçu franc-maçon.
‑ 1749 Des visites nombreuses de francs-maçons Jacobites vont se succéder à Avignon, la plupart, venant de Marseille. Oeuvraient à Marseille les LL\ Saint Jean de Jérusalem, Saint Jean des Élus de la Vérité, etc. En tout une bonne trentaine de loges, peut‑être simplement composées de dix à douze membres étant donné les problèmes de locaux.
Notons entre-temps l’allumage des feux de La R\L\ de Saint Jean de Toulouse par Jean de Barnwall de Tremlestown, Irlandais et Stuartistes, et l’installation de la « G\L\Ecossaise de Rouen » en 1746.
Georges de Wallnon:
Dans cet apport successif et varié des loges dites Jacobites, il y en a une qui semble la plus à même de représenter le REP c’est celle de Marseille. Née 27 août 1751 par la volonté du Jacobite écossais Georges de Wallnon, qui est muni de pouvoirs datés d'Édimbourg le 17 juin 1751, constitue à Marseille la L\ Saint‑Jean d'Écosse. Le 17 mai de 1762 Georges de Wallnon transmet ses pouvoirs de V\et M\de L\à Alexandre Routier, et la L\prend alors le nom de « Mère‑L\de Marseille », titre qui lui restera longtemps. L\puissante, tant par elle‑même que par celles qu'elle créa en France et au‑delà des mers, car elle eut en sa volontaire sobriété une très grande influence sur le milieu profane par la présence de Maçons de qualité. Sa volonté d’essaimage, son caractère mercantile, accéléra son rayonnement au point de concurrencer le G\O\dont le dirigisme et le régime dit Français étaient mal compris.
Le développement se fit aussi bien dans les colonies qu’en Provence. On allume les feux des LL\filles à Draguignan, Salon, Arles, Tarascon, Saint Pierre de la Martinique, Saint-Domingue, Smyrne et Constantinople. On observera dès 1751, date de sa fondation, que les "décors" maçonniques y ont été francisés, le rouge de l'écossisme et le vert de l'irlandisme ont cédé la place au bleu de France. La résurgence actuelle de 1985 est revenue au rouge par respect pour la tradition écossaise confirmée par les Constitutions de 1720, qui la régissent. Le rituel tel qu’il fut pratiqué dans le temps se chargea des influences que la maçonnerie dans son ensemble a bien voulu accepter.
‑ 1794 à Marseille, dans le début de l'année, Barras et Fréron envoyèrent à l'échafaud cinq membres de la loge Saint‑Jean‑d'Ecosse, alors en sommeil.
‑ 1801 Saint‑Jean‑d'Ecosse reprend ses travaux. En 1811 elle comprend 400 membres, et ses LL\filles de Provence, du Levant, des Isles et même d'Italie témoignent de son rayonnement (cf. Les Rouyat : Archives de la Franc‑Maçonnerie). Mais à cette date le souvenir de ses véritables origines Stuartistes est à peu près oublié, elle réunit commerçants banquiers et négociants.
L'apport de Robert Ambelain:
Robert Ambelain donne quelques précisions sur les rituels de la Mère L\Ecossaise de Marseille, dans une note (La Franc-Maçonnerie Oubliée, p. 79):
« En réalité nous possédons de ce rituel que la version manuscrite de 1812, comprenant également quatre grades supérieurs. Mais il est à peu près certain que les rituels du premier et du deuxième degré (App\ et Comp\) sont Jacobites, ayant été communiqués à l’origine par le maçon écossais Georges de Wallnon, leur simplicité en témoigne. Par contre, le rituel du troisième degré (M\) vient de la G\L\de Londres, car la maçonnerie Stuartiste de Saint-Germain-en-Laye ne connaissait que le M\de L\, et ignorait le rite de la mort d’Hiram. » Plus loin, (p. 133), il rappelle qu’il tient ses pouvoirs de transmission en matière initiatique et en matière de rituel, de son rattachement aux anciens devoirs es qualité Compagnon du tour de France des devoirs unis à l’Union compagnonnique ou il fut reçu « compagnon ymagier » et à la maçonnerie Stuartiste de Saint-Germain-en-Laye dont il possédait l’attestation, et le manuscrit rituel de l’époque. Cependant loin de feindre d’ignorer ces influences dont nous pouvons aujourd’hui nous féliciter, le Rite Ecossais Primitif a été protégé et expurgé de tout ce qui pouvait représenter une contre initiation potentielle.
C’est ainsi que fidèle à cette purification, le rituel du troisième grade n’entraîne pas le Comp\ en deçà des limites inférieures de l’être, l’expurgeant de détails qui n’apparaissent pas dans les rituels d’origine. Ainsi le Comp\ n’a pas à connaître la putréfaction pour lui-même en étant étendu sous un drap mortuaire taché de sang. C’est une situation trop risquée, sur un plan contre initiatique, pour être entreprise dans nos LL\. Les évolutions historiques furent si importantes que le REP fut additionné, refondu dans des généalogies aussi diverses que le Rite Ecossais Rectifié dont il est incontestablement le précurseur et le Rite Ecossais Philosophique notamment. Il en découle que les traces du rite se retrouvent conservées et à l’abri aux Etats-Unis, terre d’immigration par excellence et écrin de conservation des rites tels qu’ils sont au moment où ils arrivent. C’est donc des Etats-Unis par le Suprême Conseil des Rites confédérés qui émanait lui-même du Grand Conseil des Rites Unis que nous revient le REP, patente étant donnée le 30 septembre 1919 de ré-instaurer le REP en France à Jean Bricaud. Cette patente est citée par Albert Lantoine dans son ouvrage « La Franc-Maçonnerie chez elle » p. 298 éd. Slatkine, Genève,1981, 2ème édition et par Albert Cools dans « Histoire du rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm en France » publié en 1971.
Ladite patente sera transmise par Bricaud à Constant Chevillon en 1934 qui la transmettra à son tour à Charles Henri Dupont en 1944 avant d’être arrêté par la milice. Durant cet épisode les archives et les patentes furent confisquées par la milice. C’est Robert Ambelain qui succéda en patente à Charles Henri Dupont et réveilla effectivement ledit rite dès 1985 dans la L\de réveil « Saint André d’Écosse », le 20 mars 1985 à Paris. Enfin il crée la G\L\travaillant au rite. Le 20 décembre 1991, Désiré Arnéodo devient V\M\ de la « Lumière Ecossaise » en vertu d’une patente signée de Robert Ambelain. En 1993, nomination de Désiré Arnéodo au poste de G\M\ régional pour le sud et l’outremer. Remise en mains propres des patentes, rituels et notes historiques le 20 décembre 1993. Sa nomination en qualité de G M de la GLS en 1994 précède sa démission d’une structure devenue sans effectifs.
Par les essaimages successifs de la Loge mère toujours détentrice de la pratique ininterrompue et conforme du rite depuis 1991, il fut décidé de recréer une Grande Loge Symbolique travaillant au Rite Ecossais Primitif en 2011 en conformité avec les principes de la loi 1901 et garantissant le liberté de conscience. La GLSREP sera confirmée dans sa filiation légitime et directe par patente de rite accordée par le successeur désigné de Robert Ambelain, Patrick Leterme.
Grades pratiqués aujourd’hui et leurs équivalences
Le « Rite Ecossais Primitif » comptait à l'origine 7 grades, puis il en a connu 47 dans la profusion des hauts grades des 18e et 19e siècle, RA Gilbert cite dans Ars Quatuor Coronatum en 1986, que AE Waite dans son journal fait mention de sa réception au 44e degré du Early Grand Scottish. Constatons simplement qu’en 1751 la Mère L\de Marseille comprenait 7 grades. Soit les deux premiers App\ et Comp\, typiquement primitifs et qui ont toujours cour en nos tenues, celui de M\ d’importation récente, et enfin s’agissant des grades dits supérieurs, au 4e un grade dit de vengeance : M\ élu des neufs, au 5e : M\ parfait Ecossais d’Écosse réunis en chapitre et travaillant sur la parole sacrée et sa prononciation, un 6e : Chevalier de l’épée, surnommé chevalier de l’Orient ou de l’aigle, se réunissant aux deux Equinoxes, mars et septembre. Grade chevaleresque traitant de l’exil et du retour, avec Cyrus et Zorobabel. Enfin le 7e : Emané d’Heredon, grade donné en Chapitre R+C et de Saint André, au milieu du temple dévasté il s’agit de retrouver la parole perdue dans l’attitude du bon pasteur. D’une manière générale on constate que les grades de vengeance sont peu compatibles avec l’ésotérisme chrétien. Seuls les grades d’exils et de Saint André ou R+C sont de mise dans les développements du REP. C’est dans un souci de cohérence que Robert Ambelain a voulu restituer au rite son caractère épuré et traditionnel avec les 7 grades d'origine, dont un grade fonctionnel fort important quant à l’ancienne tradition des M\de L\ les deux premiers grades seraient historiquement ceux du Rite Ecossais Primitif :
I. App\, II. Comp\, III. M\(anciennement «Compagnon Confirmé»).
Grades dits supérieurs et fonctionnels :
Chambre écossaise : IV. M\Installé
(ou encore M\de Saint-Jean ou M\de L\)
il constitue un grade fonctionnel pour exercer le Vénéralat. Il ne peut être accordé sans être déjà M\ écossais.
V. M\ Écossais et Chevalier de Saint-André (équi. 18e) grade avec un versant Ecossais(14èm) et un versant Chevalier qui trouve ses origines légendaires dans la création par Robert Bruce de l’Ordre de Saint André du Chardon en date du 24 juin 1314, ce rituel n’est pas sans rappeler le retour des Stuarts sur le trône après l’exil, de plus on remarque que cet ordre fut réactivé en 1687 par Jacques II en plein effort de stabilisation au pouvoir.
Ordre intérieur :
À compter de 1991 pas de commentaire particulier si ce n’est que ces deux grades sont similaires à ceux du RER dans une forme simplifiée cependant.
VI. Écuyer Novice du Temple (équi. 30e)
VII. Chevalier du Temple (équi. 33e)
Robert Ambelain s'est efforcé de redonner toute sa profondeur au « Rite Ecossais Primitif » en revenant à la Tradition d'origine qui donne au REP son style propre et si particulier de Franc-Maçonnerie chevaleresque, dans une simplicité restaurée.
Notons que Robert Ambelain après avoir apporté ce Rite en dépôts au suprême conseil des rites confédérés (Franc-Maçonnerie oubliée, p.62), en a repris la maîtrise totale, possédant seul la faculté de transmettre par lui-même, et assisté d’une G\L\ qu’il constitua. La G\L\, organe non initiatique, car purement administratif, devenue sans objet par défaut de LL\ adhérentes, les seules qui continuèrent l’exercice ininterrompu du rite sont en droit de transmettre ce dernier suivant l’ancien système L\ Mère à L\Fille puis, lorsque le nombre de LL\ est suffisant, il fut envisagé la reconstitution d’une G\L\légitime, en droite ligne de la transmission. Est-il besoin de rappeler 2 principes de base en matière initiatique : c’est l’Homme qui transmet l’influence spirituelle et donc l’initiation, une « organisation » n’y est apte que par le biais de celui qui a reçu la transmission et peut en justifier. Il s'agit donc d'un passage de témoin supposant une pratique effective. Cette transmission pour être régulière dans sa forme doit respecter scrupuleusement un rituel adapté.
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