Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Le testament philosophique : que faut-il écrire ?

Publié le 29 Septembre 2026 par T.D

Dans le cabinet de réflexion, on vous demandera d'écrire quelques lignes sur ce que vous croyez devoir à vous-même, aux autres, au monde, et sur ce qui vous amène. C'est le testament philosophique. Il n'y a pas de bonne réponse : seulement une réponse sincère. Voici ce que j'aurais aimé qu'on me dise avant.

En bref

  • Le testament philosophique est un court texte écrit seul, dans le cabinet de réflexion, juste avant l’initiation.
  • Les questions varient selon les rites, mais portent toujours sur vos devoirs et sur le sens de votre démarche.
  • Écrivez court, écrivez vrai, et osez « je ne sais pas ».
  • Évitez les modèles trouvés en ligne, le sermon et la dissertation.
  • Le texte est lu devant la loge ; ensuite, selon les usages, il est conservé, rendu ou brûlé.

Si vous lisez ceci, c’est peut-être que votre initiation approche, et que ce mot vous trouble : testament. On vous a prévenu qu’il faudrait écrire, seul, dans une petite pièce sombre. Vous cherchez ce qu’il faut mettre. J’ai cherché aussi, à l’époque. Voici ce que j’aurais aimé lire.

Qu’est-ce que le testament philosophique ?

C’est un texte de quelques lignes, parfois d’une page, que le candidat à l’initiation écrit dans le cabinet de reflexion juste avant d’entrer en loge. On l’appelle testament parce que l’initiation raconte une mort et une naissance : celui qui écrit va quitter, symboliquement, sa vie d’avant. Il laisse donc ses dernières volontés. Pas sur ses biens, sur ses idées.

Le mot fait peur. Il ne devrait pas. Personne ne vous demande de résumer votre vie.

Quelles questions vous posera-t-on ?

Elles changent d’un rite à l’autre, et parfois d’une loge à l’autre. Les formulations publiées dans les ouvrages et la presse maçonnique tournent autour de quelques thèmes :

  • ce que l’on doit à soi-même ;
  • ce que l’on doit à ses semblables, à sa famille, à la cité, à l’humanité ;
  • ce que l’on doit à son pays ;
  • dans certains rites, ce que l’on pense de Dieu ou de l’immortalité de l’âme ;
  • souvent, pourquoi l’on veut entrer en franc-maçonnerie, et ce que l’on voudrait laisser derrière soi.

Vous découvrirez les vôtres sur la feuille. Inutile de les deviner, et inutile de préparer vos réponses : ce n’est pas un examen.

Des livres, des feuillets écrits à la main, un crâne et un sablier : bien avant les loges, les peintres de vanités mettaient déjà l’écriture face au temps. Evert Collier, Vanité, nature morte aux livres, manuscrits et crâne, 1663, Musée national de l’art occidental, Tokyo (domaine public).

Que faut-il écrire ?

Ce que vous pensez, ce soir-là. Trois conseils, pas davantage.

Faites court. Quelques phrases par question suffisent. Le temps est compté, un sablier est posé sur la table pour vous le rappeler, et un texte bref et juste pèse plus qu’un long.

Dites vrai. Si vous doutez, écrivez que vous doutez. Si une question vous laisse sans réponse, dites-le. « Je ne sais pas encore » est une réponse honnête, et c’est peut-être la plus maçonnique de toutes : on n’entre pas en loge parce qu’on a trouvé, mais parce qu’on cherche.

Ne cherchez pas l’effet. Personne ne notera votre style. La loge qui vous écoutera ne cherche pas un orateur, elle cherche à savoir qui entre.

Pour ma part, j’avais redouté la feuille blanche. Elle ne l’est pas restée longtemps. J’ai écrit presque d’un trait, avec le sentiment étrange d’être inspiré, presque content de moi. Et l’on est venu me chercher à l’instant précis où je posais le stylo. Je raconte ce moment seul dans le cabinet de reflexion Avec le recul, je crois que ce qui venait si facilement, c’était moins une pensée qu’un état : celui de quelqu’un qui accepte enfin de se poser des questions.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Les modèles. On trouve en ligne des testaments « types », parfois vendus. Ne les apprenez pas. D’abord parce que vous écrirez sur place, sans vos notes. Ensuite parce qu’un texte emprunté s’entend : la loge a écouté beaucoup de testaments, elle reconnaît très bien celui qui récite.

Le sermon. Ce n’est pas le lieu de défendre une cause ou d’annoncer un programme. On vous demande ce que vous croyez devoir, pas ce que les autres devraient faire.

La dissertation. Pas d’introduction, pas de plan en trois parties, pas de citations pour faire savant. Vous n’avez rien à prouver.

La peur de mal faire. On ne rate pas un testament philosophique. Le seul texte raté serait un texte faux.

Que devient le testament ?

Il est lu devant la loge pendant la cérémonie. C’est un moment singulier : vos mots, dits par une autre voix, devant des gens que vous ne voyez pas encore.

Ensuite, les usages varient. Selon les rites et les loges, le testament est conservé, rendu au nouvel initié, ou brûlé, ses cendres lui étant parfois remises en souvenir. Qu’on puisse le relire ou non, on n’oublie guère ce qu’on y a mis.

Je ne suis plus tout à fait d’accord avec ce que j’affirmais ce soir-là. C’est plutôt bon signe. Si la franc-maçonnerie m’a appris quelque chose, c’est qu’on peut trancher une question et accepter, plus tard, de la trancher autrement.

Et vous ?

Si l’on vous tendait la feuille ce soir, que vous resterait-il à dire ? Qu’est-ce que vous croyez devoir, et à qui ? Et de toutes vos certitudes, lesquelles accepteriez-vous de voir brûler ?

 

 

commentaires
Publicité

T comme Testament (philosophique) en Franc-maçonnerie

Publié le 29 Septembre 2026 par T.D

Par la Rédaction

Le testament philosophique est, en Franc-maçonnerie, un écrit personnel rédigé par le candidat à l’initiation, généralement dans le cabinet de réflexion. Il prend la forme d’une déclaration morale et philosophique dans laquelle le profane consigne ses dernières volontés symboliques avant de « mourir » à la vie profane.

Cet acte, profondément introspectif, constitue une étape marquante du processus initiatique. Il engage le candidat dans une réflexion sur lui-même, sur ses valeurs et sur le sens qu’il souhaite donner à son existence.

Contexte initiatique

Le testament philosophique s’inscrit dans le cadre du passage du monde profane à l’univers de la Franc-maçonnerie. Il est rédigé dans le cabinet de réflexion (lieu clos, sombre et chargé de symboles), qui favorise l’isolement et la méditation.

Ce moment est souvent vécu comme une confrontation avec soi-même. Le candidat, placé face à des symboles évoquant la mort et le temps (crâne, sablier, maximes), est invité à se détacher de ses certitudes et à interroger le sens de sa vie.

Le testament devient ainsi une préparation à la transformation initiatique.

Nature du texte

Le testament philosophique n’est pas un document juridique, mais un texte symbolique. Il ne concerne pas des biens matériels, mais des valeurs, des intentions et des engagements.

Le candidat peut y exprimer ses convictions, ses doutes, ses aspirations et ses regrets. Il peut également y formuler des principes qu’il souhaite suivre ou transmettre.

Ce texte est libre dans sa forme et dans son contenu. Il reflète la singularité de celui qui l’écrit, tout en s’inscrivant dans une démarche universelle de questionnement.

Le testament philosophique est étroitement lié à l’idée de mort symbolique. En rédigeant ses « dernières volontés », le candidat accepte de laisser derrière lui son ancienne identité.

Cette mort n’est pas une disparition, mais une transformation. Elle marque la fin d’un état et l’ouverture vers une nouvelle compréhension de soi et du monde.

Le testament devient ainsi un acte de renoncement et de passage. Il prépare le candidat à renaître sous une forme nouvelle, enrichie par l’initiation.

Fonction introspective

L’écriture du testament philosophique est un exercice d’introspection profonde. Elle oblige le candidat à se poser des questions essentielles : qui suis-je ? que veux-je devenir ? quels sont mes principes ?

Ce travail d’écriture favorise une prise de conscience. Il met en lumière les contradictions, les aspirations et les zones d’ombre.

Le testament agit comme un miroir intérieur, révélant des aspects souvent ignorés ou négligés.

Dimension éthique

Le testament philosophique possède une forte dimension éthique. Il invite le candidat à réfléchir à ses valeurs et à sa responsabilité.

En formulant ses « dernières volontés », il s’engage symboliquement envers lui-même. Il définit des repères qui pourront guider son cheminement futur.

Cette démarche s’inscrit dans l’idéal maçonnique de perfectionnement moral.

Rapport au temps

Le testament philosophique introduit une réflexion sur le temps. Il place le candidat dans une situation où il doit envisager la finitude de son existence.

Cette projection vers la fin permet de donner un sens au présent. Elle invite à hiérarchiser les priorités et à distinguer l’essentiel de l’accessoire.

Le temps devient ainsi un élément structurant de la réflexion.

Secret et transmission

Le testament philosophique est généralement un texte personnel, qui peut être conservé ou détruit selon les pratiques des loges. Il n’est pas nécessairement destiné à être partagé.

Cependant, il possède une dimension de transmission symbolique. Même s’il reste secret, il participe à une tradition initiatique, transmise de génération en génération.

Il s’inscrit dans une chaîne de réflexion et de transformation.

Prolongements initiatiques

Le testament philosophique ne s’arrête pas à l’instant de son écriture. Il peut accompagner le Franc-maçon tout au long de son parcours.

Les idées, les engagements et les questionnements qu’il contient peuvent être revisités, approfondis et transformés avec le temps.

Il devient ainsi un point de référence, un jalon dans le cheminement initiatique.

Portée symbolique

Le testament philosophique incarne l’un des moments les plus intimes et les plus forts de l’entrée en Franc-maçonnerie. Il marque le passage d’un état à un autre, dans une démarche consciente et volontaire.

Il rappelle que l’initiation commence par une remise en question de soi, une capacité à se dépouiller pour mieux se reconstruire.

Ainsi, le testament philosophique apparaît comme un acte fondateur, à la fois personnel et universel, au cœur de l’expérience initiatique des Francs-maçons.

450fm

commentaires

Publié le 28 Septembre 2026 par T.D

 

commentaires

Le supplice des mauvais compagnons : planche au 10ème degré

Publié le 28 Septembre 2026 par T.D

Le supplice des mauvais compagnons : en quoi consiste-t-il ? Comment l’interpréter ? Voici une planche au 10ème degré REAA.

Après avoir été découverts dans la carrière, les deux assassins d’Hiram sont enchainés l’un à l’autre et chargés de fers sur lesquels sont gravés l’énoncé de leurs crimes et leur châtiment à venir.

Le rituel décrit ensuite :

 Ils furent conduits devant Salomon qui leur reprocha leur crime odieux, ordonna qu’ils soient enfermés dans la Tour d’Achizar jusqu’au jour où ils devaient être exécutés dans les tourments les plus atroces en proportion de leurs forfaits. Un matin, à la dixième heure, ils furent attachés à deux pieux par le cou, la ceinture et les pieds, les bras liés derrière le dos. Le bourreau les ouvrit depuis la poitrine jusqu’ à l’os du pubis. Ils demeurèrent ainsi pendant huit heures, les mouches et les insectes venant se repaître de leurs entrailles. Leurs gémissements et leurs plaintes étaient si pitoyables qu’ils touchèrent le cœur même du bourreau qui leur coupa la tête et jeta leur corps par-dessus les murailles de Jérusalem pour servir de pâture aux corbeaux et aux bêtes sauvages.

Les mauvais compagnons sont donc d’abord enfermés dans la tour d’Achizar. Selon le Premier livre des Rois, « Achizar était chef de la maison du roi » . De même, selon le rituel du dixième degré, il est le « grand maître de la maison du roi ».

Les deux traitres sont exécutés le lendemain matin à dix heures :

  • nus, ils sont liés par le cou, la ceinture et les pieds à un poteau, bras derrière le dos,
  • leurs ventres sont ouverts de la poitrine jusqu’à l’os du pubis,
  • ils sont exposés dans cet état durant huit heures sous le Soleil. Les insectes viennent manger leurs entrailles et boire leur sang,
  • ensuite, le bourreau leur tranche la tête et jette leurs corps par-dessus les murailles de la ville « comme pâture pour les corbeaux et les bêtes féroces »,
  • enfin, les deux têtes plus celle d’Abiram sont fixées sur des pieux et exposées pour l’exemple.

Au-delà de la cruauté du supplice et de la durée de l’agonie, le châtiment tel qu’il est exécuté révèle un symbolisme profond.

Le supplice des deux mauvais compagnons : voici donc une planche au 10ème degré R.E.A.A.

Le supplice des mauvais compagnons : interprétation

D’abord, la ligature des criminels par le cou, la ceinture et les pieds évoque leur neutralisation : ils ne peuvent plus parler ni agir ; les passions sont réprimées. Le cou et la ceinture sont des points à maîtriser, comme suggéré par les signes d’ordre du premier et du troisième degré.

Ensuite, le bourreau ouvre le ventre des deux individus, « de la poitrine jusqu’à l’os du pubis ». Le ventre est le lieu des passions, des envies et des tentations. De même, le pubis symbolise les pulsions dans leur côté le plus malsain.

Ce geste d’éventration amorce le processus de putréfaction : la matière corrompue est vouée à se détacher pour révéler l’os, le squelette, l’être pur, qui en l’occurrence sera définitivement nettoyé par la mort.

Les entrailles des criminels sont laissées aux insectes et aux mouches venimeuses : ainsi leur voracité criminelle est livrée à la même voracité, dans un effet miroir évident.

De fait, ce châtiment nous invite à une nouvelle plongée dans la caverne : c’est la visite du ventre, du corps-matière pour y extraire les obstacles à notre élévation spirituelle : passions, pulsions, illusions. La caverne est grande ouverte, placée sous le feu solaire durant huit heures : il n’y a plus la moindre place pour les ténèbres.

Puis les têtes sont coupées pour être exposées sur les remparts de Jérusalem, les corps étant jetés à l’extérieur de ville : nouvelle séparation alchimique, entre le psychisme et le corps.

Ici, la ville de Jérusalem symbolise l’espace sacré  le vrai Soi ou encore le monde de l’âme éveillée. Pas étonnant, dans cette perspective, que le corps soit définitivement rejeté hors de la ville : impur et vorace, il est livré aux animaux voraces. Ainsi le serpent avide se dévore-t-il lui-même, tel l’Ouroboros qui n’a pas encore compris qu’il formait un seul et unique être.

Les corbeaux viennent se repaître sur les corps décapités. Notons que dans la tradition alchimique, le

Enfin, les têtes (le psychisme) sont placées sur les remparts, autrement dit ni dans la ville, ni à l’extérieur. L’âcorbeau représente la putréfaction de la matière, notamment en raison de sa couleur noire (.me se situe en effet entre le corps et l’esprit, entre l’animalité et la conscience : elle peut basculer d’un côté ou de l’autre, se perdre ou s’éveiller.

Le supplice, au coeur du dixième degré

Omniprésent à ce degré, le supplice se retrouve dans le serment :

Si je manquais à mon serment, je consens à ce que mon corps soit ouvert de haut en bas pour être exposé pendant huit heures, en plein, air, pour que mes entrailles deviennent la pâture des mouches et autres insectes, à ce que ma tête soit coupée et exposée sur le lieu le plus élevé de la Terre.

Serment du dixième degré

Ce serment rappelle en particulier celui du troisième degré :

Si je manquais à ce serment solennel, que mon corps puisse être coupé en deux parties, mes entrailles arrachées et brûlées et les cendres dispersées aux quatre points cardinaux, afin qu’il ne reste aucune trace parmi les humains et en particulier parmi les Francs-Maçons, d’un homme aussi méprisable !

On retrouve aussi le geste d’éventration dans le signe du dixième degré, qui consiste à se porter le poignard sous le menton et le descendre le long du ventre comme si on voulait l’inciser.

Enfin, on le retrouve dans l’attouchement, qui consiste à se porter réciproquement le poing sur la poitrine, pouce levé comme si l’on voulait mutuellement s’éventrer…

La cruauté est-elle compatible avec la justice et la spiritualité ?

On peut s’étonner de la cruauté du supplice infligé aux mauvais compagnons :

Ils souffraient bien plus que la mort et leurs plaintes et lamentations émurent même le bourreau.

Rappelons toutefois que la légende s’inscrit dans le cadre de l ’AT, ancienne alliance marquée par la loi du Talion. A l’évidence, les auteurs ont souhaité conserver l’esprit d’une justice miroir qui doit servir d’exemple « au peuple et aux ouvriers du Temple ».

En réalité, la cruauté du châtiment doit être relativisée, car la légende doit être abordée dans sa dimension ésotérique et non littérale. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’une vengeance contre les hommes, mais contre l’erreur et l’illusion.

Le châtiment constitue alors une mise en garde : se laisser entrainer dans les sentiers de l’erreur mène toujours à la souffrance et à la perte d’une partie de soi. On ne peut éviter la caverne ; si l’on refuse d’y entrer, elle s’ouvrira à nous dans la douleur, et ce qui doit être extrait se fera dans une sorte de supplice intérieur…

 

commentaires

Les Mauvais Compagnons Rituel au 3ème degré

Publié le 28 Septembre 2026 par T.D

La Maîtrise est conférée à la Compagnonne, seulement après qu'elle ait réalisé le programme préparatoire des deux premiers grades : l'Apprentissage et le Compagnonnage.
Pour être admise en Chambre du Milieu, la Compagnonne doit offrir de sérieuses garanties : ouvrière ponctuelle et assidue, faisant preuve d'intelligence et de curiosité, possédant les connaissances du Grade, elle est devenue celle dont les Maîtresses peuvent répondre.
C'est donc, le plus possible dépourvue des mobiles de vanité ou d'orgueil et animée d'une demande de perfectionnement dans l'Art de la Construction du Grand Œuvre, dans le but de travailler avec ses Sœurs et faire bénéficier celles moins instruites de la Compétence qu'elle désire acquérir, qu'elle se présente à nouveau à la porte du Temple pour y recevoir le grade de Maîtresse.

Au Rite Français, comme au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la récipiendaire est alors introduite dans le Temple par une marche à reculons, face à l'occident, elle s'enfonce dans l'obscurité. Un seul repère se présente à elle, l'Etoile Flamboyante, c'est à partir d'elle, seul point de lumière dans cette obscurité qui l'enveloppe que la Compagnonne est invitée à revenir sur ses pas en repassant le chemin parcouru, pour faire le point sur elle-même.

C'est alors que plongée dans une longue et silencieuse méditation, la récipiendaire est soudainement interpellée par la Très Respectable Maîtresse :

"Compagnonne, avez-vous bien réfléchi à la démarche que vous faites? …
Vos mains sont-elles pures?...
Votre conscience est-elle tranquille?...."


Confrontée à une véritable introspection, une mise à nue de sa conscience, la Compagnonne soupçonnée d'être "un mauvais compagnon", puis disculpée au vu de ses mains "pures" et de son tablier "sans taches" est invitée à se retourner vers l'Orient.

Elle discerne des Sœurs plongées dans une profonde et silencieuse tristesse et apprend alors que l'œuvre de la Maçonnerie est compromise par suite de l'assassinat du Maître qui dirigeait ses travaux.
Découragées et ayant acquis la certitude que les criminels doivent être cherchés parmi les Compagnonnes, elles décident, avant de reprendre les travaux, que toute Compagnonne aura à prouver qu'elle est innocente du meurtre d'Hiram.

C'est ainsi qu'au travers d'une ultime épreuve de vérité, la récipiendaire devra enjamber le cadavre du Maître afin de prouver son innocence par son courage face à l'image de la mort physique.

Disculpée définitivement, le récit du drame se déroule et la Compagnonne alors transformée en victime, prend la place d'Hiram, le Maître disparu, et périt à son tour sous les coups des trois mauvais compagnons qui sont, dans la mise en scène du psychodrame, représentés par les trois Vénérables Maîtresses qui dirigent et instruisent la Loge : la Vénérable Maîtresse, la Première et la Deuxième Surveillantes.
La légende d'HIRAM :

HIRAM, "savant dans l'art de l'Architecture, comme dans le travail des Métaux", personnage central du mythe, nous est présenté comme le bâtisseur du Temple, conçu par le sage roi Salomon, à la gloire du Grand Architecte de L'Univers. Il lui fut également demandé de diriger les ouvriers.

Nous savons aujourd'hui que le personnage de "Maître HIRAM" n'a pas existé du moins tel que présenté et que le personnage cité dans la Bible, Hiram Abi, envoyé à Salomon par un autre Hiram, roi de Tyr, pour ses qualités de fondeur, est vraisemblablement à la base de l'inspiration de ceux qui ont établi le mythe du bâtisseur du Temple de perfection pour les besoins d'un symbolisme initiatique.

Hiram donc, fils d'une veuve, artiste d'une incontestable compétence, se vit confier par Salomon, les pouvoirs les plus étendus pour tout ce qui concernait la construction du Temple et la direction des ouvriers.
Compte tenu de la destination de l'œuvre, le rituel nous permet d'imaginer que cet homme possédait l'Art d'un Grand Initié : vertueux, respectueux des ouvriers, il prodiguait conseils et avis, aidait et encourageait les talents et toutes les bonnes volontés.
Faisant preuve de rigueur, de justice et de bonté, il avait organisé et réparti le travail de manière équitable en divisant les ouvriers en trois classes distinctes : les Apprentis, réunis sous la colonne "B", les Compagnons, près de la colonne "J" et les Maîtres réunis à l'intérieur du Temple. Les salaires étaient proportionnels aux capacités.

Alors qu'Hiram, le Maître respecté par sa douceur, ses vertus et son sens de l'équité, maintenait l'esprit des ouvriers au travail ; trois d'entre eux, compagnons, formèrent l'horrible projet d'arracher au Maître Hiram, "de gré ou de force", nous dit le rituel, le mot sacré des Maîtres afin de s'introduire dans la Chambre du Milieu.

Ils arrêtèrent leur plan et décidèrent de parvenir à leurs fins par la menace, n'espérant pas obtenir ce qu'il voulait en fléchissant la libre volonté du Maître.
Quelle que soit l'issue, ils étaient résolus de lui donner la mort afin d'échapper à la juste sanction de leur criminelle audace.

Ils choisirent d'agir, à la chute du jour, après le départ des ouvriers et alors que le Maître qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul.

Le Temple avait trois portes. Les conspirateurs se placèrent donc à chacune de ses portes : le premier à la porte du Midi, le second à la porte d'Occident et le troisième à la porte d'Orient afin que si le Maître échappait à l'un il ne puisse échapper aux autres.
Ainsi postés, ils sommèrent tour à tour, Hiram, de leur livrer ses secrets. Le Maître répondit successivement à chacun d'eux, en fuyant d'une porte à l'autre, qu'ils n'obtiendraient pas sa parole par des menaces et qu'il fallait attendre le temps voulu. Alors ils le frappèrent, l'un d'un coup de règle sur la gorge, mais le coup dévia sur l'épaule droite, l'autre d'un coup de levier sur la nuque mais le coup dévia sur l'épaule gauche, le troisième d'un coup de maillet sur le front qui l'acheva.

"Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort" nous dit le rituel.

Analysons le triple meurtre :
- Où se déroule t'il?
- Qui le commet?
- Comment est-il commis?

1. Où se déroule le meurtre?
En Chambre du Milieu, au centre du Temple.
L'accès à la Chambre du Milieu par l'élévation à la Maîtrise est la reconnaissance de l'aptitude acquise par la Compagnonne pour bâtir son temple intérieur.
Accéder à la chambre du milieu c'est se retrouver entre l'Equerre et le Compas, "c'est aller à la rencontre de son centre, devenir le centre, être le centre de l'union."

Mais lorsque la Compagnonne, candidate à la Maîtrise, est introduite, la chambre du milieu est plongée dans l'obscurité et se trouve réduite, divisée symboliquement en deux parties : le lieu des ténèbres où pénètre la Compagnonne et l'Orient où brille le Delta lumineux mais un rideau noir masque la vue et rend invisible l'Orient à la Compagnonne.

Accéder à la Chambre du Milieu est difficile, elle est le lieu de tous les périls.

2. Qui commet le meurtre?
Les trois meurtriers sont des compagnons.
A ce titre, ils sont membres des équipes qui travaillent sur le chantier et qui sont subordonnés au Maître Hiram.

Alors que l'édifice allait bientôt être achevé, un vent de révolte souffle dans l'esprit de certains ouvriers de la classe des compagnons qui, n'ayant pas obtenus d'être initiés aux secrets de la Maîtrise, s'estiment être injustement traités.
Le poison de l'envie et de la jalousie se fait jour et avec elles le dégoût du travail apparaît. Aigris, mécontents, immatures, naît en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés sans se donner la peine de les acquérir dans le temps, par l'étude et l'application.
Aveuglés par leurs passions, ils s'illusionnent sur l'étendue de leur instruction, persuadés que la Maîtrise leur est due.

Ainsi, ensemble ou chacun, ils symbolisent bien des comportements que l'on croise dans le monde profane ou bien, de la part d'initiés qui ont mal travaillé leur Pierre et ne maîtrisent pas de ce fait, leurs instincts, leurs envies, leurs ambitions.

C'est ainsi que peu à peu, leur avidité va les conduire à la lâcheté, en tendant à trois, à la tombée du jour, un guet-apens à Maître Hiram.
Leurs sentiments d'orgueil et de cupidité les poussent, par l'action concertée, à usurper un bien dont "ils ne méritent pas d'être détenteurs".

Une question se pose encore :
Pourquoi au Rite Ecossais Ancien et Accepté, les trois officières qui dirigent la Loge, prennent l'"habit des mauvais compagnons" et deviennent "actrices" du meurtre?

Un constat s'impose : dans la société profane, comme parfois en Franc - Maçonnerie, ce sont bien souvent ceux qui détiennent le pouvoir qui ont le plus souvent le moyen de le détourner.
Par le détournement des valeurs inhérentes à leur fonction : mesure – discernement – respect – harmonie – sagesse…, ils sont à même de détruire ce qu'ils devraient construire.

3. Comment le meurtre est-il commis ?
Par trois coups !

Comme je le dis au début de ma planche, dans l'application symbolique du mythe lors de la cérémonie d'élévation à la Maîtrise, la récipiendaire, par transposition, s'identifie à Hiram : elle doit mourir à elle-même, prendre conscience de sa perte avant de pouvoir renaître.
Comme dans toutes les morts initiatiques, cette phase est le prélude à une renaissance à la fois physique, mentale et spirituelle en un nouvel Hiram.

Réfléchissons sur le choix des armes du meurtre et leurs points d'impacts :

· Selon le rituel, le premier coup est porté par le moyen d'une règle et le "mauvais compagnon" vise la gorge. Hiram réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule droite.

La règle, premier instrument du meurtre, est un des outils spécifique des compagnons, elle donne la ligne et permet de mesurer. Cet instrument, droit, linéaire, respire la droiture d'esprit. La règle représente la loi morale, dans l'obéissance librement consentie.
La perte de cette conscience morale, engendre le désordre intérieur et permet le passage à l'acte.
La règle, ici utilisée à contresens par le compagnon, produit un acte démesuré.
Ce dernier, rendu ignorant par le désordre intérieur engendré par les illusions qu'il se fait de ses capacités, envahi par la vanité, perd sa conscience morale et c'est l'IGNORANCE qui porte le premier coup à la gorge du Maître. La gorge, lieu du passage du souffle et de la parole ne sera pas détruit mais lésé car Hiram déviera le coup sur son épaule droite.

· Le second coup est porté par le moyen d'un levier et le second "mauvais compagnon" vise la nuque. Hiram affaibli, réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule gauche.

Le levier, outil spécifique du compagnon sert à maîtriser et décupler la force. Symboliquement, il lui permet d'agir sur le monde extérieur afin de le transformer et de le maîtriser. Le levier se doit d'être utilisé avec mesure. En effet, une force non maîtrisée devient brutale, tyrannique et dangereuse.
Ce levier, non contrôlé par la règle, animé par la volonté d'usurpation, devient force meurtrière : c'est le FANATISME qui porte le deuxième coup à la nuque du Maître.
La nuque, arrière du cou, est le siège des sept vertèbres cervicales. Comme la gorge, elle assure la liaison indispensable entre la tête et le reste du corps. Le Maître, diminué dans ses fonctions cérébrales, peut encore dévié le coup sur l'épaule gauche.

· Le troisième "mauvais compagnon", tue Hiram d'un coup de maillet au front.

L'ambivalence des outils, trouve ici son point culminant : l'arme du crime est le maillet du vénérable!
Le maillet, symbole du pouvoir et de la volonté qui exécute, est l'instrument du commandement du sage et du juste.
Utilisé seul, sans le contrôle de l'équerre et du compas porteurs des valeurs morales d'honnêteté, d'intégrité, de tolérance et de discernement, le maillet devient le symbole de l'impétuosité, de la tyrannie dominatrice.
L'outil de création devient outil de destruction.

C'est l'AMBITION qui porte le coup fatal au front du Maître.
Ce coup porté au front, siège de l'Intelligence, de "l'harmonie sublime réalisée entre le cœur et la tête", écrit Annick de Souzenelle, détruit la vie. Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, la tête vers l'Occident, lieu du soleil couchant et de l'obscurité naissante, Il rend le dernier soupir.

Les "mauvais compagnons" ont assassiné le Maître, ils n'ont pas obtenus les secrets du Maître et en ont privé définitivement les futures générations de compagnons.

Pourquoi HIRAM doit-il mourir?

Si nous suivons la légende "hiramite",
Soit Hiram donne aux "mauvais compagnons" les mots et signes qu'ils exigent de lui et en ce cas il n'est pas digne d'être Maître puisque incapable de garder le secret, fut-ce au péril de sa vie.
Cette lâcheté personnelle le rendrait traître à sa vocation : car gardien de la tradition, s'il transmet le mot de maître à des compagnons indignes de le recevoir, qui n'ont pas les qualités requises, Il lui serait alors impossible de diriger les Maçons qui travaillent sur le chantier à la construction du Temple de Perfection.

Soit il garde inviolablement le silence et meurt avec dignité en parfaite harmonie avec ce que comporte la qualité de Maître et la notion de don total de soi qui en découle.

Hiram nous conduit vers un monde de perfection, le temple de l'"Idéal de Perfection".
Hiram incarne la grandeur du devoir et la force du serment. C'est par lui que le rachat du processus initiatique va se faire.

Le meurtre fondamental d'Hiram le Maître, par les trois "mauvais compagnons", représente la base même du mythe, le combat perdu des plus hautes valeurs de la franc – maçonnerie contre l'ignorance, le fanatisme et l'ambition.
Ce n'est pas par hasard, que l'initiation au grade de Maître comporte cette extraordinaire mort et résurrection de la récipiendaire en lui faisant vivre cette épreuve comme "meurtrier" tout d'abord, puis par cette transmutation en victime expiatoire dont la résurrection annonce son entrée dans la chambre du milieu et dans le secret et la connaissance.

C'est en abandonnant, en élaguant des pans de mon Ego ; c'est en tuant en moi, le "mauvais compagnon", que je vais modifier mes comportements et par cette prise en mains de ma conscience, relever le maître intérieur que j'ai tué.

Je conclurai avec Jacques TRESCASES que "toute démarche initiatique tend à purifier l'adepte des passions et préjugés responsables de sa mort spirituelle et cette rectification préalable faite, ressusciter l'Esprit que le profane avait assassiné.
Car de même que notre Maître Hiram, qui représente ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous, peut constamment se suicider, s'invertir et se pervertir, de même en un instant, il peut ressusciter."

Je suis prête Mes Sœurs, si toutefois vous m'en reconnaissez digne, à poursuivre avec vous mon avancée sur le chemin initiatique de la connaissance et de la conscience.

J'ai dit, 

 

commentaires
Publicité

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

 

commentaires

Les Trois Compagnons

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

Nous venons une nouvelle fois de revivre ensemble, si je puis dire à propos d'un assassinat, la légende d'Hiram, récit mythique fondateur de la Franc-Maçonnerie moderne. Comme tout récit mythique, celui-ci s'adresse à l'intuition de chaque frère et son enseignement doit être compris sur le mode analogique ; nous sommes dans le monde des symboles. Ce midi je vais tenter d'approfondir ce que nous pouvons apprendre en méditant sur les circonstances mêmes du meurtre d'Hiram, et particulièrement sur ses auteurs, biens connus des maîtres maçons et de quelques autres sous l'appellation de « mauvais compagnons ».

Réfléchissons d'abord sur les différents plans où l'on peut interpréter le récit. Le carré long appelé souvent improprement « pavé mosaïque » est un élément où se superposent diverses analogies : il représente aussi bien le Cosmos que la Loge ou que l'individu lui même. Ce qui se passe dans la loge est de la même façon susceptible de renvoyer à des faits cosmiques, sociaux ou psychiques. Les trois meurtriers ont donc de nombreuses interprétations symboliques possibles. Nous allons en explorer quelques unes.

Notons tout d'abord que le récit et son exposition ont connu quelques variantes non seulement suivant les rites, mais aussi dans le temps au Rite Écossais Ancien et Accepté. Par exemple le Rite Français Moderne fait des récipiendaires un simple spectateur du drame qu'on mime devant lui avec un frère figurant Hiram et trois autres, habillés en compagnons, qui ne sont pas les surveillants ni le Très Vénérable Maître, jouent le rôle des meurtriers. Les outils et la succession des portes l'emplacement de ces portes, ne sont pas les mêmes que les nôtres. Au rite Écossais, selon les rituels promulgués ou acceptés par le Suprême Conseil de France, si le récit s'est toujours fait sur le mode participatif, les récipiendaires jouant Hiram, et les trois maillets mimant les meurtriers, les outils et même l'ordre des portes ont varié, ainsi que les endroits du corps atteints par chaque conjuré. Les plus anciens rituels mentionnent successivement la règle, l'équerre et le maillet comme outils utilisés dans le meurtre, au lieu du fil à plomb, du niveau et du maillet dans les rituels actuels. Nous essayeront de deviner la raison de ce changement à la lumière de nos interprétations.

La première interprétation de la légende se situe sur un plan astronomique, comme les interprétations des mythes des mystères païens. Hiram y représente alors l'être lumineux par excellence, le Soleil, et son meurtre suivi de sa résurrection font alors référence au déclin de l'astre du jour de l'équinoxe au solstice d'hiver, et à sa renaissance après le passage de la porte du solstice. Les trois compagnons qui tuent Hiram sont alors les trois mois qui séparent l'équinoxe du solstice. Et l'on doit s'y reprendre à trois fois pour ressusciter Hiram comme l'on doit attendre quelques jours au solstice pour s'assurer que la durée du jour se met à augmenter. C'est en effet le moment où les variations de la durée du jour sont les plus lentes.

Sur le plan social, Hiram peut incarner l'ordre d'une société juste, ou l'organisation de la Franc-maçonnerie telle qu'elle devrait être selon que l'on considère la société dans son ensemble ou l'Ordre maçonnique en particulier. Pour nous en tenir à ce dernier point, Hiram, le maître sans défaut, peut incarner un état idyllique de cet Ordre maçonnique. Cet état idéal est en butte aux entreprises perverses de membres de l'Ordre poussés par leurs passions. Les défauts les plus souvent retenus par les commentateurs sont l'ignorance, le fanatisme et l'ambition ; cela se voit dans l'usage complètement dévoyé qui est fait des outils : devenus des armes, des instruments de mort, ils ont perdu leur qualité de symboles dans les mains de ces compagnons qui n'ont pas su en pénétrer le sens ; et nous savons par expérience que malgré nos efforts, ces défauts sont loin d'être absents de nos colonnes, et même de nos Orients. Si la Franc-Maçonnerie doit se préserver, c'est d'abord de ses propres membres. Et ce n'est pas un hasard non plus si les mauvais « compagnons » sont figurés par les trois plus hautes autorités de la Loge : parmi tous les frères, nous devons nous méfier avant tout de ceux qui ont un pouvoir, car comme le dit Montesquieu, tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et cet abus se ferait au détriment de tout l'Ordre. Ce n'est pas un hasard non plus si ce sont les mêmes qui procèdent à la résurrection d'Hiram ; la Franc-Maçonnerie pourra demeurer pure si elle se choisit des chefs dignes de son idéal.

Le récit de la mort d'Hiram peut également s'interpréter sur un plan psychologique personnel : Hiram figure alors une partie de l'inconscient du récipiendaire, qui doit subir une dernière épreuve avant de devenir un initié accompli. Dans cette optique les trois compagnons ont un rôle tout à fait ambivalent : ce sont les passions auxquelles l'initié doit savoir résister pour parvenir à son accomplissement, et nous retrouvons ici l'ignorance, le fanatisme et l'ambition. Mais il faut bien constater que ces meurtriers ont aussi un rôle de sacrificateurs, car c'est par une mort et une résurrection rituelles que le Compagnon devient un nouveau Maître : sans sacrificateur, pas de sacrifice. Leur présence est donc indispensable.

Par ailleurs il faut remarquer que les trois compagnons n'accomplissent pas leur forfait n'importe où : ils attendent le Maître chacun à une porte. Or dans les récits mythiques, le rôle des différents « Gardiens de la Porte » que l'on peut rencontrer est double. Ce sont souvent des monstres terribles qui empêchent le passage, ce sont aussi et en même temps des initiateurs qui, par les épreuves qu'ils font subir, permettent au héros de poursuivre son voyage. C'est ainsi qu'on peut aussi considérer les trois compagnons.

En infligeant au récipiendaire une mort successivement physique (un coup au côté droit), puis affective (un coup sur le côté gauche) et enfin psychique (un coup sur la tête), ils permettent au Compagnon de se dépouiller complètement du vieil homme qui est en lui pour pouvoir renaître sous la forme d'un nouvel Hiram, le Maître Idéal. Dans son combat contre les passions destructrices, le récipiendaire doit d'abord mourir afin de renaître dans un nouvel état de pureté, exempt des défauts qui l'empêcheraient de continuer son chemin initiatique. Et ce n'est pas encore une fois un hasard si les acteurs qui ont mimé les assassins sont les mêmes qui font revivre le nouveau Maître, pas un hasard non plus si ce sont les trois qui dirigent la Loge. Et c'est peut être pour insister sur cette qualité que l'on a substitué aux instruments d'origine (qui sont soit dit en passant les instruments spécifiques des apprentis, règle, et des compagnons, équerre) les outils emblèmes de leur fonction. Cela veut peut être aussi nous dire que l'apprentissage et le compagnonnage sont des épreuves préparatoires à cette mort d'Hiram à la fois redoutée et nécessaire, et que ces mêmes épreuves donnent une base pour servir à la construction psychologique du nouveau Maître.

J'ai dit, T\ V\ M\

commentaires

Les trois mauvais compagnons

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

L’esprit est un moteur, il invente les rêves, les civilisations, les religions, les mythes….
Ce moteur cette belle machine à besoin continuellement de redémarrer, d’avoir de nouveaux horizons, de ce remettre en question, l’évolution des hommes, de certain hommes passe inexorablement par la recherche de nouvelles quêtes.
Je fus initié un soir de l’année six mille un, hasard ? Non simplement mon destin.

Pourquoi je me suis intéressé à ces mauvais compagnons ?
Pour plusieurs raisons, une remise en question intérieures un soir.

Ensuite pour assouvir ce besoin de symbolisme qui est chez moi pareil à une drogue.
Ces personnages – symboles, ces trois mauvais compagnons font partie d’un mythe fondateur.

Celui-là même qui a donné sa spécificité à notre Rituel d’Initiation au Troisième Degré dont l’intensité culmine avec la mort d’HIRAM et sa résurrection.

Notre processus initiatique commence par la mort du vieil homme.

Cette mort est féconde parce qu’elle est suivie d’une résurrection symbolique par le mode d’une substitution.
Un drame extrêmement remarquable, tout y est admirablement étudié pour intensifier l’impression générale que l’on cherche à donner.
C’est dans ces conditions que le Maitre Maçon nouvellement promu entend pour la première fois le récit traditionnel qui, en Franc Maçonnerie, a tant d’importance.

En effet, le Compagnon qui subit une telle initiation, oui je pense que ce soir la il y a vraiment une nouvelle initiation, le Compagnon doit mourir à lui –même et, par identification de notre grand Maître HIRAM, va pouvoir prendre alors la fonction de Maître.

Trois mauvais Compagnons, troisième degré, pourquoi toujours trois ?
En réponse je vous lirais la définition d’ARISTOTE *:
Il n’y a pas de grandeur autre que celles-là, parce que trois renferme toutes dimensions possibles.
En effet ainsi que le disent les pythagoriciens, l’Univers entier et toutes les choses dont il est composé sont déterminées par ce nombre Trois.
La fin, le milieu et le commencement forment le Nombre de la triade.

Je vais ce soir avec beaucoup d’humilité, avec mes mots, mes pensées d’éveiller l’intérêt sur mon approfondissement de la légende de ces trois mauvais Compagnon du mythe d’HIRAM, épine dorsale de la Franc Maçonnerie, que le Maître Maçon n’a que peu l’occasion d’évoquer tant les réunions en Chambre du milieu sont espacées et rares.

Le récipiendaire est reçu Maître parce qu’HIRAM revit en lui.

Le bien a triomphé du mal, un homme nouveau est né : l’initié.
Il n’est pas sur que le ou les auteurs de la légende aient eu conscience des développements multiples qu’elle pouvait susciter à travers nos différents Rites, mais par une intuition de génie, ils ont créé une œuvre de valeur universelle, je pense avec certitude que les Franc Maçons d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, en ont parfaitement conscience.

Je vais essayer de vous résumez assez rapidement pour ne pas alourdir mon travail, cette tragique mais si fructueuse histoire.
Pour permettre a tous de s’imprégner émotionnellement.

La Lumière qui nous éclairait a disparu. Le meilleur de nos Frères est tombé sous les coups d'infâmes meurtriers et nous sommes, hélas ! Certains que les ouvriers qui ont commis ce crime appartiennent à la classe des Compagnons.
Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos Travaux nous consolait dans nos afflictions, et qui, dans nos difficultés, soutenait notre courage,
Il a péri, victime du crime le plus détestable.

*Aristote. Traité du ciel

Les trois complices se placèrent chacun à une porte, afin que, si le Maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres.

Ainsi périt l'homme juste, fidèle au Devoir jusqu'à la mort.

Notre très Vénérable a été assassiné pour ne pas donner le mot des Maitres.
Le prétexte me semble bien mince.

En effet, Maitre HIRAM aurait pu, certes sans mentir, car le mensonge est particulièrement odieux dans ces civilisations plus orale qu’écrite et parfaitement inconcevable pour un homme honnête mais il aurait pu les travestir ou les altérer légèrement.
Le lendemain, à la première syllabe, les auteurs de la forfaiture auraient été découvert et traités comme ils le méritaient (pensez y mes Frères, la prochaine fois que vous maltraiterez les mots de semestre qui doivent retourner justes et parfaits).

Quelle valeur représentaient donc ces mots pour qu’il faille mourir pour eux ?
Présent est le respect de la parole donnée, du serment que tous Maçons à contractés.
Notre Rituel nous le rappelle à chacune de nos Tenues.

Je conçois alors à quel point il est indispensable de préserver ces mots, non pas de langage mais de pouvoir créateur.

Et l’on comprend mieux notre prudence à manier les mots substitués, il est plus sage de nous contenter de les épeler aux deux premiers degrés pour ne pas en abuser au degré suivant.

Ainsi les trois premiers degrés, pratiqués lors de nos tenues ont pour objet de donner à l’initié que nous somme tous, les outils qui nous amènent à penser autrement.
Grace à nos outils, nous sommes libérés du carcan des modes de pensées profanes.
Oui mes Frères connaître nos outils, notre Rituel, c’est se confondre avec les choses, avec l’être intérieur.

Sans les trois mauvais Compagnons, point de Maçonnerie, il me semble évident qu’HIRAM les a choisis avec soin saluant d’avance leur hardiesse.
Car pour que le mythe naisse lui sait qu’il faut qu’il meure.

Pourquoi vivre ?, pourquoi la vie ?, question sans réponses utiles, sinon que nous devons nous donner à nous mêmes la réponse que nous requérons.

Savoir, est ce le moyen de justifier la vie à nos propres yeux ?
Pourquoi l’homme veut à tout prix la justifier ?
Pour ce soir je n’ai point de réponses.
Yen a-t-il une ?
Mes frères ce soir je vous demande de m’ouvrir des portes afin que je puisse apporter une réponse qui me sera encore très personnelle.

C’est au troisième degré, celui de Maitre, que débute vraiment pour moi la prise de conscience que je dois aboutir...
Car de la mort de l’homme ordinaire, à la consécration de l’homme initié il y a un très long chemin, je pense que peu d’entre nous arriverons au bout du voyage si vraiment il ya une fin, car tous les hommes ne sont pas initiable faute de temps, de réceptivité ou tout simplement de ne pas pensez, de ne pas ce laisser transporter par nos différentes initiations.

Je pense qu’il y aura toujours ceux qui acceptent humblement, ceux qui refusent catégoriquement, ceux qui ne comprennent pas, mais je suis certain que moi-même, que tous nous puiseront selon notre désir, notre capacité, la récompense d’une compréhension de cœur et de l’esprit.
L’initiation nous invite à voyager en nous-mêmes.
Le travail effectué en Loge est poursuivi par le Franc Maçon au plus profond de son égo.
Le Rituel, voie préparatoire à l’initiation, contient dans sa structure la clé permettant à l’affamé que je suis de décoder le chemin, même si les parcours ne se passent pas facilement en raison des obstacles dont nous sommes porteurs à l’image de Jubelas, de jubelos, et enfin jubelum.

En effet ils affranchissent HIRAM du plan matériel, du plan psychique, du plan mental ; ces trois plans étant ceux du monde profane.
HIRAM ressuscite sur le plan symbolique moment que nous tous avons vécu avec émotion et appréhension.

C’est bien par la mort à la vie profane que le futur Maçon commence son initiation dans le cabinet de réflexion, c’est par une seconde mort symbolique, la mort d’HIRAM, que l’initié parvient à l’Adeptat

Adeptat : Personne qui soutient (une doctrine, un mouvement, une technique sans être bien sur un soutient inconditionnel notre démarche étant sans dogme.)

Les trois Compagnons assassins étant censé représenter l’Ignorance, le Fanatisme et l’Envie, leurs contrastes sont, trois résurrecteurs qui ne pouvaient manquer d’être qualifiés par antinomie :
Savoir, Tolérance, Détachement.
Car ne l’oublions pas tout est symboles.
Cela je l’ai découvert en menant plus avant mes recherches toujours par soif de découverte.

La symbolique de ce passage du Mythe me fait découvrir un nouveau secret intérieur qui m’est propre.
Un nouveau chemin qu’il me faut découvrir, un nouveau moi en devenir.

Je dois redoubler d’effort pour m’instruire encore et toujours, afin de me mettre en état d’éclairer même faiblement les autres, je me dois constamment d’être debout pour combattre l’ignorance, le fanatisme, l’envie de certains hommes avec mes humbles moyens, et surtout enfin à contrôler, dominer les trois compagnons qui sont tapis au plus profond de moi et qui attende la moindre de mes faiblesses pour ressurgir et imposer leurs dominations.

A force de Rite, de Tenue, de Travail je pense que tout les Maitres Maçons ont été véritablement transformés, ils sont devenus de nouveaux hommes.
Je me rends compte que mon apprentissage sera long et méthodique avant de pouvoir espérer me ranger parmi les plus sages constructeurs.

Aujourd’hui je sais apprécier les vraies valeurs, que je pense pouvoir essayer de communiquer aux autres.

En tant que Maitre je me dois, nous nous devons de montrer l’exemple, soyons des instructeurs humbles et toujours présents pour les futurs Maitres, à l’instar de notre modèle HIRAM soyons les bâtisseurs d’une, je l’espère, meilleure humanité.

Les trois mauvais Compagnons sont les acteurs principaux en dehors d’HIRAM bien sur. Le drame, je l’ai vécu dans notre Temple qui est le symbole du Véritable Temple qu’est l’homme.

Maintenant je comprends que chaque Frère, chaque homme, à une partition unique à jouer durant sa vie.
Chacun est responsable de ses motivations, de ses actions et de la qualité de ses influences.
Pour cela nous devons maitriser nos trois mauvais Compagnons, comment ? se diront certains et bien en ayant fait corps avec nos symboles qui sont l’équerre et le compas, le ciseau et le maillet, la perpendiculaire et le niveau, la règle, le levier... et bien d’autre encore, qui mesurent la réalité du moi, qui nous exercent à résister à nos prétentions et visent à maintenir un comportement ou l’humilité est reine.

Apres mure réflexion je comprends enfin que je possède les germes de ma destruction, je peux être le propre assassin de mon hygiène de vie, par mes pensées négatives.

Symboliquement je ne sors victorieux de ce combat qu’après être mort à ma chair, c’est le premier coup porté à Hiram, sur le coté droit.

A mes sentiments, deuxième coup porté à gauche.

A mes idées troisième coup porté au front.

Je n’atteins la Maitrise symbolique qu’au moment de la résurrection.
La réside la nécessité des mauvais Compagnons.

Assassiné par nos outils, mais ressuscité par le contact humain.
La aussi la symbolique est immense.
Le jeune Maitre que je suis est passé de l’équerre au compas, ce même compas qui représente l’élargissement de l’esprit car dans l’ésotérisme rien n’est figé rien n’est définitif dans nos interprétations.
Ces Compagnons on assassiné HIRAM avec des outils bien précis chacun représentant un grade qu’il croyait acquis, qu’il croyait détenir, la ! Étaient leurs erreurs, la ! Pourrait être notre erreur.
A nous de prendre conscience de notre devoir, de notre savoir, de notre expérience et de ne surtout pas survoler furtivement notre Rite qu’est le REAA

Le message des trois mauvais Compagnons, c’est la revendication de mon imperfection présente dans mon intérieur profond, ainsi qu’à l’extérieur, dans notre société.
Je ne peux, nous ne pouvons la combattre si nous l’ignorons.
Le mythe d’HIRAM, des trois Compagnons ma mis sur le chemin d’une évidence fondamentale : leurs messages sont une leçon d’humilité.

C’est aussi l’intelligence que le Travail sans aucun mérite, sans aucune envies, sans cette gloire au travail, rien n’est jamais vraiment acquis.

Un soir un mot, un nouveau mot pour moi m’à été épelé par un frère dont l’expérience est pour moi précieuse, ce mot : l’existentialisme.
L’’existentialisme consiste pour le Maitre à placer l’existence dans la vie spirituelle, dans la conscience, c'est-à-dire la connaissance de sa vie intérieure, de ses intentions de désirs, de ses actes, de sa destiner du moment présent car tout évolues surtout nos pensées nos sentiment

C’est l’épanouissement des acquis que le Franc Maçon à reçut de ses prédécéceurs, de ses Frères Maitre qui ont su le mettre sur la voie, qui ont su épeler les bons mots les bonnes phrases.

Je finirai mon tracé de ce soir, par un passage de DESCARTE qui a écrit : à propos des passions humaines :
" Et maintenant que nous les connaissons, nous avons beaucoup moins de sujet à les craindre, nous voyons qu’elles sont toutes bonnes de leurs natures et que nous n’avons rien à éviter que leur mauvais usage ou leur excès. "

Mes frères le compas ce soir nous démontre bien que nos Symboles se situent par delà le bien et le mal.

J'ai dit V\M\

commentaires

Rencontre au miroir du temps – nos invités : « Les trois mauvais compagnons »

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

Il est des noms qui ne désignent pas seulement des personnages, mais des forces. Des présences presque archaïques, tapies dans les replis du récit initiatique, là où la légende cesse d’être décorative pour devenir un miroir. Les trois mauvais compagnons appartiennent à cette famille d’ombres qui ne se contentent pas de traverser l’histoire d’Hiram : elles la frappent, la fissurent, la mettent à l’épreuve et, ce faisant, révèlent la fragilité de l’homme face à ses propres dérives.

Figures du vice, de l’impatience et de la violence, ils n’ont rien d’anecdotique. Ils condensent, dans un même élan tragique, ce que l’être humain peut produire de plus stérile lorsqu’il renonce à la maîtrise de soi. Ils ne sont pas seulement les exécutants d’un drame. Ils sont la mise en scène d’une chute intérieure.

Sur le seuil du drame

Question : Qui êtes-vous, vous que l’on nomme les trois mauvais compagnons ?

Réponse : Nous sommes les visages changeants de ce qui se dérobe à la mesure. Nous entrons quand l’âme s’impatiente, quand la main se crispe, quand la pensée cède à l’avidité. Nous ne portons pas toujours les mêmes traits, mais nous conservons la même vocation : déséquilibrer ce qui doit se construire.

Question : Vous présentez-vous comme des ennemis de l’homme ?

Réponse : Non. Nous sommes davantage ses révélateurs. L’homme aime croire que ses désordres lui sont extérieurs. Nous lui rappelons qu’ils naissent souvent de lui-même. Nous ne créons pas le chaos ; nous lui donnons une forme. Nous ne fabriquons pas la chute ; nous en dévoilons la mécanique.

Dans la dramaturgie hiramique, notre arrivée a quelque chose de brutal et de nécessaire. Brutal, parce qu’elle interrompt le cours juste du travail. Nécessaire, parce qu’elle expose ce que toute quête spirituelle doit un jour rencontrer : l’obstacle intérieur, la faiblesse de la volonté, la tentation de forcer ce qui ne peut être obtenu que dans l’ordre, le silence et la durée.

Les trois visages de l’ombre

Le premier d’entre nous est l’impatience. Il ne supporte pas le temps long, les étapes, les degrés, la maturation. Il veut la réponse avant la question, la clé avant la porte, la récompense avant l’effort. Il incarne cette fièvre moderne — et ancienne — qui confond vitesse et accomplissement. Son drame est simple : il croit gagner en brûlant les étapes, mais il détruit ce qu’il voulait atteindre.

Le second est la violence. Elle surgit quand la parole échoue ou quand elle est refusée. Elle ne discute pas, elle tranche. Elle n’éclaire pas, elle abat. Dans notre logique, la force remplace la compréhension, le choc remplace l’écoute, l’attaque remplace l’élévation. Elle est l’arme de ceux qui ne savent pas construire.

Le troisième est le vice ou plus exactement la pente glissante qui, de proche en proche, déforme de plus en plus les choses. Rien là de nécessairement spectaculaire. C’est un phénomène insidieux. Il se faufile dans les compromis, les calculs, les petites lâchetés, les complaisances qui finissent par tordre l’axe de l’être. Il n’a pas besoin de fracas pour détruire : il use, il corrompt, il éloigne de la rectitude.

Ces trois figures ne sont pas séparées. Elles se tiennent, se répondent, s’alimentent. L’impatience engendre la violence ; la violence révèle un fond de vice ; le vice, à son tour, nourrit l’impatience en poursuivant assez sourdement des satisfactions immédiates. Ainsi se referme le cercle. On les désigne aussi souvent symboliquement comme l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition déréglée, s’opposant respectivement au bon usage du fil à plomb (qui va au fond des choses et tutoie les sommets), du niveau (qui respecte l’égalité des êtres et la pluralité des mondes) et du maillet (qui ajuste l’action à la capacité du réel dans la direction de l’idéal).

Hiram face aux compagnons

Question : Pourquoi les associer à Hiram ?

Réponse : Parce qu’Hiram représente l’inverse de ce que nous sommes. Il est l’homme du rythme juste, de la parole gardée, du geste fidèle, de l’œuvre patiente. Il n’impose rien. Il reçoit, il transmet, il édifie. Face à lui, nous sommes la précipitation, la brutalité, la déviation. Nous ne pouvions pas le laisser intact car notre rôle est précisément d’attaquer ce qui résiste à la corruption.

Hiram, dans l’économie symbolique du récit, est moins un personnage qu’un principe : celui de la rectitude dans l’épreuve. Son destin montre que toute fidélité à l’ouvrage suscite des forces contraires. Ce que nous faisons, c’est tenter d’interrompre le passage, de rompre le lien entre l’homme et sa tâche, de substituer au temps initiatique le temps de la contrainte.

Le meurtre symbolique de Hiram n’est donc pas un simple épisode tragique. Il dit quelque chose de fondamental : l’œuvre humaine est toujours menacée par ce qui, en l’homme, veut aller plus vite que son propre discernement. Là où il faut bâtir, nous voulons arracher. Là où il faut attendre, nous voulons saisir. Là où il faut comprendre, nous voulons imposer.

Une scène intérieure

La force du mythe tient à ceci : les trois mauvais compagnons ne demeurent pas à l’extérieur. Ils franchissent la scène, puis entrent dans l’intériorité. Chacun peut les reconnaître en lui-même, à certains moments de tension, de peur ou d’orgueil. L’instant où l’on veut tout décider trop vite ; celui où l’on réagit avant de penser ; celui où l’on se compromet pour obtenir un avantage immédiat : voilà nos royaumes d’ombres.

Le récit initiatique ne parle pas seulement d’une agression. Il parle d’un combat spirituel. Il enseigne qu’il existe, au cœur de l’homme, des forces qui s’opposent à l’édification de soi. Et que ces forces ne se vainquent ni par la colère ni par le mépris, mais par le travail, la lucidité et la constance.

Question : Êtes-vous destinés à être vaincus par l’initiation ?

Réponse : Jamais totalement car il faut beaucoup d’efforts au delà du moment sublime où la conscience du bien traverse l’esprit en un éclair. Les obscurités de caractère et de comportement qui ont composé pour partie la vie du profane restent tapies derrière l’affirmation des enthousiasmes et prêtes à repasser les plats, en maintes occasions. Elles gagnent du terrain dès que l’être humain se laisse un tant soit peu aveugler par ses peurs, ses pulsions et ses vanités. Nous ne reculons que devant la discipline intérieure, nous ne faiblissons que devant l’exigence morale, nous ne nous dissipons que devant la patience. Nous aimons les esprits pressés, les volontés troubles, les consciences floues. Dès que s’établit une forme d’ordre rationnel et juste, notre empire se fissure, notre emprise se dérobe.

Il ne faut pas croire que le symbolisme des trois mauvais compagnons se limite à une lecture morale simple. Leur présence touche à des dimensions plus profondes : la fragilité de la parole, la tentation de l’appropriation, la rupture du lien entre connaissance et justesse. Ils disent qu’une œuvre spirituelle ne meurt pas seulement sous les coups du dehors, mais souvent par l’abdication du dedans.

Le miroir des temps modernes

Le plus troublant est peut-être que ces figures n’ont rien perdu de leur actualité. Elles changent de masque, mais non de nature. Aujourd’hui, l’impatience se nourrit de l’instantané, la violence se cache parfois sous le sarcasme et le vice se pare des habits raffinés de la complaisance, de l’image ou de l’ambition. Les compagnons d’hier circulent toujours dans les couloirs du présent, dansant si souvent au rythme trompeur du succès, dans un monde où, plus que jamais, la réussite excuse tout.

Le récit hiramique, relu à la lumière de notre époque, prend alors une densité singulière. Il ne s’agit plus seulement d’un drame ancien, mais d’une alerte permanente : dès que l’homme cesse d’habiter la mesure, n’opère plus de retour critique sur soi et cherche à asservir l’autre à ses propres finalités, il ouvre la porte à ce qui le désaccorde. Les trois mauvais compagnons deviennent ainsi les noms d’une menace universelle, aussi bien intime que collective.

Au miroir du temps

Le miroir du temps ne reflète pas seulement les visages, mais les dynamiques profondes. Il montre que les grandes figures symboliques ne vieillissent pas : elles se déplacent. Hiram demeure la figure de la droiture éprouvée et de l’accomplissement serein et progressif du bien ; les trois mauvais compagnons, celle des forces qui veulent interrompre l’ascension de soi et d’autrui vers la libre et pacifique plénitude des êtres. Entre ces deux pôles opposés se joue une sempiternelle tension dont chaque génération doit renouveler la compréhension.

Question : Que devrait retenir l’initié de votre présence ?

Réponse : Qu’il ne suffit pas de désirer la lumière pour l’habiter. Il faut encore traverser ce qui s’y oppose en soi-même. Nous soumettons l’individu et la société à l’épreuve de la précipitation, de la brutalité et de la déformation, dans toutes leurs variations. Qui a pleinement conscience de la longueur du chemin pour en finir, non seulement, avec les subornations crapuleuses les plus évidentes mais, moins ostensiblement, avec les captations lâches ou sournoises et, plus discrètement encore, avec toutes sortes de possessions illégitimes quoique coutumières ? C’est pourquoi il faut lutter là-contre, tout d’abord, grâce à une vigilance continue. Cette vigilance continue est inestimable et gagne tous les fronts, sans épargner les médiocres accommodements de la vie quotidienne, les triomphes mesquins des intérêts égoïstes. En elle-même, cette vigilance continue est un acte décisif, à condition, précisément, de n’imposer aucune limite aux vérités qu’elle dévoile. En effet, celui qui nous reconnaît sans nous servir nous résiste déjà et se prépare à nous évacuer. Toute réalisation spirituelle passe immanquablement et à tout instant par ce dépassement-là.

Question : Et si l’on vous croyait vaincus ?

Réponse : Alors, nous serions simplement devenus invisibles. Ce qui est vaincu sans être compris revient toujours. Mais ce qui est nommé, travaillé et transformé décline et cesse peu à peu de régner.

Les trois mauvais compagnons ne sont donc pas seulement trois figures d’un mythe ancien. Ils sont une architecture de l’ombre, une pédagogie du manque, une mise à nu de l’homme, lorsqu’il s’éloigne de sa propre verticalité ou ne parvient pas à l’établir. Leur rôle n’est pas de fasciner, mais d’avertir. Non de séduire, mais d’éclairer par contraste.

Et c’est peut-être là la plus haute fonction du symbole : nous faire voir, dans le fracas d’une scène mythique, la vérité très contemporaine de nos propres désordres. Hiram tombe, mais le récit demeure. Les compagnons frappent, mais la leçon survit. Et dans cette survie même, quelque chose s’ouvre encore : la possibilité de construire autrement, plus lentement, plus lucidement, plus justement.

450fm

commentaires
Publicité

Mort d’Hiram dans les rituels

Publié le 26 Septembre 2026 par T.D

RER

Le temps étant venu où Salomon devait élever un temple à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, sur les plans tracés par une main céleste, qui avaient été remis à David son père, il fut aidé dans cette grande entreprise par Hiram, roi de Tyr. Ce prince lui fournit en abondance les matériaux les plus précieux et lui procura un grand nombre d’excellents ouvriers. Mais il lui fit un don bien plus estimable en lui envoyant Hiram Abif, Tyrien de nation, l’architecte le plus célèbre de l’Univers et l’ouvrier le plus habile dans tous les ouvrages de l’art.

Salomon étant doué de la plus haute sagesse reconnut tout le prix des talents et des Lumières d’Hiram ; il lui donna sa confiance, le chérit comme son père et l’établit chef principal de tous les ouvriers qui travaillaient à la construction du Temple.

Hiram Abif les sépara d’abord en trois classes pour leur donner à chacun une paie proportionnée à leur mérite et à leurs talents ; il donna à chaque classe des signes, attouchements et mots différents. Il appela les premiers ou les Apprentis à la colonne J pour y recevoir leur salaire et les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être récompensés selon leur grade. Un ordre si bien établi devait assurer la tranquillité de toutes les classes et l’autorité de leur chef. Mais l’orgueil, l’envie et la cupidité traînent à leur suite le désordre, la confusion et le crime.

Trois Compagnons perfides conçurent le détestable projet de forcer Hiram Abif à leur donner le mot de Maître pour s’en procurer la paie et de l’assassiner s’il le leur refusait. Dans ce dessein, ils se placeraient à trois différentes portes du temple à l’heure où, après que les ouvriers s’étaient retirés, Hiram avait coutume d’aller seul vérifier les travaux. Le Maître étant entré à son ordinaire par la porte d’occident et voulant ensuite se retirer par celle du midi, il y trouva un des Compagnons qui lui demanda arrogamment le mot de Maître avec menace de le tuer s’il le lui refusait ; et, sur le refus du Maître Hiram, ce scélérat lui donna un grand coup de marteau sur l’épaule gauche. Le Maître Hiram chercha son salut dans la fuite et, se présentant pour sortir par la porte du nord, il y trouva le second assassin qui lui fit la même demande avec la même menace et, sur son refus, ce monstre lui porta un grand coup de massue sur l’épaule droite, dont il fut presque terrassé. Cependant, il eut encore la force de se sauver vers la porte d’orient, mais il y trouva le troisième Compagnon qui, le voyant déjà affaibli par les coups qu’il avait reçus, lui demanda impérieusement le mot de Maître. Hiram ne put se dissimuler l’extrémité du danger où il se trouvait en le refusant, mais il préféra son devoir à la conservation de sa vie et le Compagnon, irrité d’éprouver le même refus et conduit par sa cupidité, lui porta un grand coup de maillet sur le front qui le fit tomber mort.

 Ces furieux, voyant le Maître Hiram mort, résolurent d’enterrer son cadavre, espérant que leur crime resterait inconnu ignoré, mais comme il était encore jour, ils le couchèrent d’abord sous un monceau de pierre et, la nuit étant survenue, ils le transportèrent sur un lieu élevé aux environs du temple, où ils l’enterrèrent. Le Roi Salomon, qui aimait tendrement le Maître Hiram, s’affligeait de son absence et, après que sept jours furent écoulés sans le voir reparaître, étant fort inquiet de son sort, il ordonna à neuf Maîtres d’en faire la recherche et de lui en rendre compte. Les neuf Maîtres se partagèrent en trois bandes, trois d’entre eux sortirent par la porte du midi, trois par celle du nord et enfin les trois autres prirent leur route par la porte d’orient, pour tenter de découvrir les traces du Maître Hiram. Ils le cherchèrent inutilement dans tous les environs du temple, mais trois d’entre eux, attirés par l’éclat d’une Lumière extraordinaire, se dirigèrent vers l’éminence où le cadavre avait été enterré. Là, accablés de fatigue et de lassitude, ils s’assirent. Mais, à l’instant, ils s’aperçurent que la terre avait été fraîchement remuée en cet endroit ; voulant en approfondir la cause, ils se mirent à fouiller et ils trouvèrent un cadavre qu’ils reconnurent à la lame d’or triangulaire dont il était encore décoré, pour être le corps de notre respectable Maître Hiram. Aussitôt, ils avertirent de leur découverte les deux autres bandes de Maîtres, en leur faisant signe de venir à eux et ceux-ci reconnurent également le corps du Maître Hiram. L’état où ils le trouvèrent leur fit voir aisément qu’il avait été assassiné et ils ne purent soupçonner de ce meurtre abominable que quelques méchants Compagnons qui auraient voulu lui arracher le mot de Maître pour en avoir la paie. Dans la crainte où ils furent qu’il n’eût été forcé de le leur dévoiler, ils projetèrent ensemble de ne plus employer l’ancien mot et d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en exhumant le cadavre d’Hiram. Après cet accord, ils plantèrent une branche d’épine nommée acacia pour reconnaître le lieu où il était et ils allèrent porter cette triste nouvelle à Salomon.

Le roi Salomon ayant appris la mort tragique du Maître Hiram fut extrêmement affligé de sa perte et, pour témoigner la vénération et la tendre amitié qu’il avait pour lui, il ordonna à tous les Maîtres d’aller exhumer son corps et de le transporter dans le temple ; et, ayant approuvé la résolution qui avait été prise de ne plus employer le mot de Maître, il fut convenu d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en déterrant le cadavre. Les Maîtres s’empressèrent tous d’exécuter les ordres de Salomon, mais les neuf Maîtres qui avaient été chargés de faire les premières recherches se hâtèrent de devancer leurs camarades et, étant arrivés les premiers sur l’éminence où ils avaient vu le cadavre du Maître Hiram, ils reconnurent facilement le lieu qu’ils avaient désigné par la branche acacia et se mirent en devoir de le déterrer. L’un d’eux le prit par le doigt index, mais la peau se détacha de l’os et lui resta dans la main ; un autre le prit par le doigt du milieu, mais la chair lui resta aussi dans la main ; enfin, un troisième essaya de l’enlever en le prenant par le poignet, mais comme aux deux premiers, la chair lui resta dans la main.

Alors il s’écria M... B..., ce qui signifie "le corps est corrompu" ou "la chair quitte les os" et il se mit en devoir d’exhumer le cadavre ; les neuf Maîtres se réunirent à lui pour l’enlever et ils le retirèrent en effet de la fosse, en présence de tous les autres Maîtres qui étaient survenus en cet endroit. Ils portèrent le corps du respectable Maître Hyram dans le temple avec une grande pompe, étant décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs pour témoigner qu’ils étaient innocents du sang de leur Maître.

Le roi Salomon lui fit faire des obsèques magnifiques dans le temple et, pour récompenser le zèle et la fermeté de son architecte, il fit placer sur son tombeau la lame d’or triangulaire sur laquelle la parole des Maîtres était gravée et il en confia la garde à ses plus intimes favoris. Après les funérailles, tous les Maîtres se rangèrent en cercle pour exécuter leur projet de substituer un autre mot à la parole des Maîtres ; celui qui avait relevé le corps d’Hiram donna le mot M... B... à celui qui était sur sa droite pour le faire circuler jusqu’à ce qu’il fut connu de tous et ce mot est resté depuis aux Maîtres pour se reconnaître entre eux.

REAA

La mort d’Hiram REAA

Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. Il a péri par le plus détestable des crimes.

Le sage Roi Salomon avait conçu le pieux dessein d'élever au GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS un Temple, où seul il recevrait l'encens des hommes.

HIRAM, fils d'un tyrien et d'une femme d’Israël savant dans tous les arts et spécialement dans l'architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon par HIRAM, Roi de Tyr, pour conduire cette noble et vaste entreprise et diriger les ouvriers, dont il fut nommé le chef et le surintendant.

Pour régler d'aussi grands travaux, HIRAM divisa les nombreux ouvriers, qui furent mis sous ses ordres, en trois classes. Ceux de la première, sous le nom d'apprentis, étaient employés à abattre les bois sur le Mont Liban et à les équarrir; à arracher des carrières les pierres et les marbres et à les dégrossir. Ceux de la seconde classe, sous le nom de compagnons, étaient occupés à terminer les pièces ébauchées par les apprentis et à les mettre ensuite en place sous la direction des ouvriers de la troisième classe, que l'on nommait les maîtres. Ceux-ci prenaient immédiatement les ordres d'HIRAM dans un lieu secret que l'on nommait la Chambre du Milieu, qui plus tard devait être le sanctuaire du Temple. On raconte que les ouvriers employés à la construction du Temple étaient au nombre de cent quatre vingt trois mille six cent (183.600). On peut juger qu'il eut été difficile de les gouverner sans l'ordre établi par HIRAM. Chaque classe d'ouvriers avaient un signe et un mot secret, que l'ouvrier devait donner au trésorier pour recevoir son salaire; de sorte qu'aucun ne pouvait avoir que la paie qui était attribuée à sa classe. Les apprentis parvenaient à la classe des compagnons après un temps déterminé, lorsqu'ils avaient mérité cette récompense par leur zèle, leur intelligence et leur assiduité au travail. Les compagnons obtenaient par les mêmes moyens la faveur d'être élevés au rang des maîtres .

HIRAM avait heureusement conduit les travaux presqu'à leur perfection et bientôt l'édifice allait être achevé et consacré à sa destination. Mais le génie des ténèbres qui voyait, par cette oeuvre, son règne menacé, souleva toutes les passions pour tenter de ruiner ce bel ouvrage avant son achèvement et mettre le trouble parmi les ouvriers en les privant subitement de leur guide. Il souffla dans l'esprit des ouvriers des moindres classes le poison de l'envie et de la jalousie; il leur inspira le dégoût du travail; il fit naître en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés, sans s'être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l'étude et l'application. Il insinua plus particulièrement cet esprit de désordre parmi les compagnons, qui, déjà initiés aux premiers secrets de l'Art, se regardaient comme des victimes de l'injustice et de la partialité, parce qu'ils n'étaient pas rendus égaux aux maîtres. Cependant le respect qu'HIRAM savait inspirer par sa douceur, par ses vertus, par son impartialité, maintenait encore les esprits révoltés, et peut-être tout allait-il rentrer dans le devoir, lorsque trois d'entre les compagnons formèrent le projet d'arracher, de gré ou de force, le mot sacré des maîtres, pour s'introduire frauduleusement dans la Chambre du Milieu; ils se concertèrent sur les moyens de surprendre notre maître HIRAM s'il était possible.

Ils arrêtèrent qu'ils tenteraient par la menace d'intimider HIRAM, afin de lui arracher, par la crainte, ce qu'ils n'espéraient pas obtenir de sa libre volonté; mais soit qu'ils y parvinssent, soit qu'ils échouassent, ils étaient résolus à lui donner la mort, afin de se soustraire à la juste punition que devait attirer sur leur tête une si téméraire et si criminelle audace. Ils comptaient aussi dérober aux autres ouvriers la connaissance de la part qu'ils auraient prise au meurtre du Maître. Vaine prétention ! Les outils, dont ils devaient faire usage pour commettre ce crime, devaient aussi révéler la classe d'ouvriers à laquelle appartenaient ses auteurs ! Ayant ainsi combiné leur crime et pris leurs mesures, ils attendirent l'instant où, à la chute du jour, les ouvriers, ayant rempli leur tâche, auraient quitté l'atelier pour aller se livrer au repos; alors le Maître, qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul et à leur discrétion.    

Le Temple avait trois portes : I'une à l'orient, qui communiquait à la Chambre du Milieu et qui était réservée aux maîtres; une autre au Midi et la troisième à l'occident; celle-ci était l'entrée commune à tous les ouvriers; c'était aussi par là qu'HIRAM avait coutume de se retirer après avoir reconnu les travaux du jour. Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres. Après quelques instants d'attente, HlRAM sortit de la Chambre du Milieu pour visiter les travaux, s'assurer, comme de coutume, que ses plans avaient été suivis et exécutés ..Le maître aperçoit un des conjurés, armé d'une règle pesante, embusqué près de là, et lui demande pourquoi il n'a pas suivi les autres ouvriers et ce qu'il veut de lui.

Le compagnon lui répond, avec audace : “Maître, il y a longtemps que vous me retenez dans les rangs inférieurs; je désire enfin de l'avancement; admettez-moi donc au rang des Maîtres”. - Je ne puis, dit HIRAM, avec sa bonté ordinaire, je ne puis à moi seul t'accorder cette faveur; il faut aussi le concours de mes Frères; lorsque tu auras complété ton temps et que tu seras suffisamment instruit, je me ferai un devoir de te proposer au conseil des maîtres.

 “Je suis assez instruit, et je ne veux pas vous quitter que je n'aie obtenu de vous le mot des maîtres ” objecte le Compagnon.                “Insensé ! Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, ni qu'il doit se demander ! Travaille, et tu seras récompensé !”, poursuit HIRAM. .Le compagnon insiste et va jusqu'à la menace. HIRAM, toujours bon, mais également ferme, lui répond avec douceur que c'est en vain qu'il espère obtenir, par ce moyen, la faveur qu’il sollicite. Il fait un mouvement de la main pour engager cet importun à se retirer; au même instant, le scélérat veut lui asséner sur la tête un violent coup de la règle qu'il tient dans la main. Cependant, le coup est détourné par le geste que fait HIRAM et la règle, tombant sur l'épaule droite du maître, cause un engourdissement qui le rend incapable de désarmer son adversaire.  

HIRAM s'avance alors précipitamment pour sortir par la porte du Midi.Mais il y est attendu par le second des conjurés, qui lui fait, d'une manière encore plus pressante, la demande du mot de maître. HIRAM, qui commence à entrevoir le danger qu'il court, surtout s'il est poursuivi par le premier compagnon, se hâte de gagner la porte de l'occident, en faisant le réponse qu'il avait déjà faite à la porte de l'orient. Cependant, il ne fuit pas assez promptement pour éviter un coup de pince que le misérable veut lui porter sur la tête, mais qui ne l'atteint que sur la nuque.

Tout étourdi de ce coup, le maître se dirige, en chancelant, vers la dernière issue du Temple, par où il espère s'échapper. Vain espoir t II est arrêté, de nouveau, par le troisième conjuré. La même demande lui est faite, qui se heurte au même refus.

“Plutôt la mort, que de trahir ainsi le secret qui m'a été confié !” A l'instant, le troisième Compagnon le frappe, au front, d'un grand coup de maillet qui le renverse sur le pavé... Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort.

Le Très Vénérable Maître

Mes Frères ! Depuis le fatal événement qui nous a privé du Maître, le monde est demeuré dans les ténèbres les plus épaisses; tous les travaux sont suspendus. Ne pourrions-nous donc rien entreprendre pour recouvrer la lumière ? Mais, qui ne serait découragé à l'aspect d'un si funeste sort ? Si l'homme d'une vertu si éminente à dû succomber, quel espoir aurions-nous d'être plus heureux ?lui seul, d'ailleurs, possédait le secret de l'oeuvre commencée; qui oserait se présenter pour lui succéder ?

Cependant, mes Frères, ne perdons pas courage ! Après avoir pleuré notre Maître, cherchons ses restes que les meurtriers ont sans doute cachés, afin de rendre à sa dépouille mortelle les honneurs qui lui sont dus. Peut-être recueillerons-nous quelques traces de sa science; la Lumière peut reparaître encore ! Voyagez, mes Frères, de l'occident à l'orient, du Septentrion au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où les indignes scélérats ont pu déposer le corps de notre Respectable Maître ! Les Vénérables Maître Expert et Maître des Cérémonies, suivis de sept Vénérables Maîtres, font par trois fois, dextrorsum, le tour de la Loge. Il s'arrêtent ensuite, de manière que l'Expert se trouve près de la branche d'acacia.

Le second Surveillant (de son plateau)

Cet arbre funéraire, cet acacia, annonce une sépulture. Il n'y a pas longtemps qu'il est planté; peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Respectable Maître HIRAM...

Le premier Surveillant (de son plateau)

Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l'ombre de l'acacia ! Ce lieu désert me porte à croire que ce pourrait être, en effet, le tombeau de notre Maître. Mais, que vois-je? Une équerre et un compas qui paraissent y avoir été placés à dessein, ne me laissent plus aucun doute ! Gardons-nous donc de toucher à cette terre jusqu'à ce que nous ayons averti le Maître ! Que trois Frères demeurent ici, tandis que nous l allons rendre compte de notre découverte. En voyageant vers l'orient nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un acacia qui ombrageait un tombeau dont la terre paraissait encore fraîche; une équerre et un compas, placés par-dessus, nous ont fait penser que c'est là que repose notre Maître HIRAM; mais nous n'avons osé troubler le repos de sa dépouille et nous nous hâtons de vous informer de cette découverte, afin que vous veniez avec nous reconnaître si nos conjectures sont fondées. Trois de nos Frères sont demeurés pour la garde de ce lieu respectable….

EMULATION

La mort d’Hiram Emulation

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure, chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux étaient presque achevés alors qu’ils n’étaient point en possession des secrets du Troisième Grade, conspirèrent en vue de les obtenir par tous les moyens, décidés même à avoir recours à la violence. Cependant, au moment de mettre leur complot à exécution, douze d’entre les quinze se désistèrent; mais trois, d’un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, persévérèrent dans leur projet impie, et, pour le perpétrer, ils s’embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l’Est, au Nord et au Sud du Temple, où notre Maître s’était rétiré pour faire ses dévotions au Très Haut, ainsi qu’il y était accoutumé à l’heure de midi. Ses dévotions terminées, il voulu sortir par la porte du Sud. Mais là, il fut arrêté par le premier de ces misérables qui, n’ayant pu se procurer d’autre arme, s’était muni d’une Règle P...

Il demanda d’une manière menaçante les secrets du Maître Maçon, avertissant qu’un refus serait puni de mort. Notre Maître, fidèle à son serment, répondit que ces secrets n’étaient connus que de trois personnes au monde et que, sans le consentement et le concours des deux autres, il ne pouvait ni ne voulait les révèler. Cependant, il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donnerait, en temps convenable, au Maître méritant le droit de connaître ces secrets, mais que, pour sa part, il préférerait la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qu’on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable asséna un coup violent sur la tempe de notre Maître, mais, déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua son but et son arme glissa sur la tempe droite (Avec sa main d. tenant la R.P. le 2d S. touche la t.d. du Cand. et fait glisser sa m. d’avant en arrière) avec une telle force, qu’il chancela et s’affaissa sur le genou gauche !

Le 1er S. souffle à voix basse au Gand. de s’ag. sur le g. g. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Remis de son étourdissement, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse, sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors le misérable, qui était armé d’un Nivelle, lui asséna un coup violent sur la tempe gauche (avec sa m. g. tenant le Ni. le 1er S. touche la t. g. du Cand. d’avant en arrière) qui l’abattit sur le genou droit.

Le 1er S. souffle à voix basse au Cand. de s’ag. sur le g. d. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Voyant sa retraite coupée sur ces deux points, il s’avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l’Est ou était posté le troisième de ces misérables. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à sa demande insolente car, même en cette heure d’épreuve, notre Maître demeura ferme et inébranlable. Alors le scélérat, qui était arme d’un Maillet Pesant lui asséna sur le front un coup violent le VM. simule le coup en direction du Cand., avec un m., mais en restant assis qui l’étendit, sans vie, à ses pieds.

Au moment ou le VM. simule le coup les SS. étendent le Cand. sur le dos et sur la t. o., b. le long du corps et p.c. Puis les SS. se tiennent debout de chaque côté du Cand., en tête de la t. e., face au VM.

Cette attitude est gardée quelques moments dans l’immobilité totale.

VM.: Les Frères remarqueront que, dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans la situation présente, notre Frère a personnifié l’un des plus nobles caractères dont les annales de la Franc Maçonnerie , fassent mention, c’est à dire Hiram Abiff qui mourut, victime de son inébranlable fidélité au dépôt sacré qui lui avait été commis; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l’esprit du Candidat, ainsi que sur le vôtre, mes Frères, pour le cas où vous seriez vous-mêmes soumis à pareille épreuve.

Nous nous sommes interrompus dans l’exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre Maître Hiram Abiff. Une perte, aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. L’absence de plans et d’instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués aux différentes classes d’ouvriers, fut le premier indice qu’un grand malheur avait du frapper notre Maître.

Les Ménatschim ou Intendants, autrement dit les chefs de chantier, déléguèrent les plus qualifiés au Roi Salomon pour lui faire part de l’extrême confusion dans laquelle l’absence d’Hiram les plongeait, et pour, lui dire qu’ils avaient lieu de craindre, qu’une disparition aussi soudaine et mystérieuse, ne fut la conséquence de quelque catastrophe fatale.

Le Roi Salomon ordonna immédiatement de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois ne répondirent pas à l’appel.

Le même jour, les douze compagnons qui avaient été, à l’origine, associés à la conspiration, se présentèrent devant le roi et confessèrent volontairement tout ce qui s’était passe jusqu’au moment où ils avaient cessé d’en faire partie. Cette confession augmenta, naturellement, les craintes du roi pour la sécurité de son principal architecte. Il choisit donc quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mettre en quête de notre Maître, et de chercher à découvrir s’il était encore en vie, ou s’il avait péri, victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son grade éminent. En conséquence, après avoir fixe la date de leur retour à Jérusalem, ils se formèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route, en prenant pour points de départ les trois portes du Temple.

Bien des jours passèrent en vaines recherches; Une des sections revint même, sans avoir fait de découverte importante. Une autre, cependant, eut d’avantage de succès. Au soir d’un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des Frères, qui s’était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour se relever, la branche d’un arbuste qui se trouvait près de lui. Mais, à sa grande surprise, l’arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s’aperçut que la terre avait été fraîchement remuée. Il appela donc ses compagnons, ils creusèrent la terre et y découvrirent le corps de notre Maître qui y avait été indignement enfoui. Ils le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l’endroit, plantèrent une branche d’acacia en tête de la fosse. Puis, ils partirent en toute hâte, pour Jérusalem, afin d’annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Celui-ci, après avoir donné un premier cours à sa douleur, leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre Maître et de l’honorer d’une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps, il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets du Maître Maçons étaient perdus.

C’est pourquoi il leur commanda d’observer avec attention, tous les signes, attouchements et mots que les Frères échangeraient fortuitement tandis qu’ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l’éminent disparu. Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité. Lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des Frères, en tournant la tête, le VM. se lève remarqua quelques uns des Frères dans cette attitude le VM fait le s. d’H., imité par le Cand. frappés d’Horreur a la vue du spectacle a. et n. qu’ils avaient devant eux le VM. cesse le s. d’H., tandis que d’autres, découvrant l’h. b. encore visible sur le f. de notre Maître, se f. le f., le VM. fait le s. de C. imité par le Cand., afin d’exprimer la compassion qu’ils éprouvaient pour ses souffrances le VM. cesse le s. et s’asseoit.

Deux des Frères descendirent alors dans la fosse, et s’efforcérent de relever notre Maître au moyen de l’Attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os, puis de l’Attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte encore les os.

Voyant qu’ils avaient échoué tous les deux, un Frère zélé et expérimenté, saisit plus solidement le poignet et, aidé des deux premiers, rélève notre Maître au moyen des cinq points parfaites, tandis que d’autres, entraînés par l’émotion, s’écraient Machaben ou Macbena. Ces deux mots out presque le même sens. L’un signifie la mort de l’Architecte et l’autre l’Architecte est mort.

Le Roi Salomon ordonna donc que ces signes accidentels, cet Attouchement et ces mots, serviraient à désigner les Maîtres Maçons dans tout l’univers, jusqu’à ce que le temps ou les circonstances permettent de retrouver les authentiques.

Il ne me reste plus qu’à vous rendre compte de ce qui arriva à la troisième section, qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Joppé, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu’un jour, passant par hasard devant l’entrée d’une caverne ils entendirent des lamentations et des exclamations de remords. Ils pénétrérent dans la caverne pour en chercher la cause, et y trouvèrent trois hommes dont le signalement correspondait à la description des fugitifs.

Accusés du meurtre, et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent in aveu complet de leur crime. Ils furent alors chargés de liens et conduits à Jérusalem où le Roi Salomon les condamna à la mort que justifiait amplement l’atrocité de leur crime.

RITE FRANÇAIS

Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l’usage des instruments, et l’emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux; mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions tout périt ! Le Temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse et par t’immensité de ses connais­sances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya un de ces hommes rares dont le génie, l’intelligence, le goût, la supériorité des talents en fait d’architecture, et la vaste connaissance de l’essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appelait son pare, parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte a 183.300. L’histoire les nomme « prosélytes », ce qui dans notre langue signifie « étrangers admis », c’est-à-dire « initiés ».

A Savoir:

- 30.000 hommes destinés à couper les cadres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois;

- 702000 apprentis,

- 3.300 maîtres.

Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cadres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attou­chements pour se reconnaître entre eux, et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des Apprentis signifie « préparation », et celle des Compagnons signifie « force ». Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord et celle B au Midi, près de la porte d’Occident. On entrait dans le Temple par trois portes celle destinée aux apprentis et, par la suite, au peuple, était à l’Occident ; celle destinée aux compagnons et, après l’achèvement du Temple, aux lévites, était au Midi; et celle destinée aux maîtres et, par la suite, aux pontifes, était à l’Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les apprentis et compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes sous peine d’être puni de mort. L’ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité; la dernière ordonnance de Salomon avait pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, l’observation du sabbat; tout répondait aux voeux de Salomon, par les soins et la vigilance d’Hiram ; le Temple prenait chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jeter un deuil universel. Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu’Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étalent retirés; ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier et le troisième d’un fort maillet.

Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnait. Hiram lui dit: « Malheureux! que fais-tu ? tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforce-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir ».

A l’instant, le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu’il tenait, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Dans ce moment, le Frère Premier Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux.

Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où, il est placé, au Midi tenant la l. g. en éq. à la hauteur du gras de la l. et restant quelques instants sur la l. d.

Le Premier Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l’instant où le Récipiendaire à fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

TR. : Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi ; il y trouva un autre compagnon qui lui fait la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui porta un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou.

Le Frères Expert fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux; il passe la l. g. par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la j. d. en éq. contre le m. de la g.

Pendant ce passage, le Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire un léger coup du rouleau dont il s’était muni.

Le Frère Expert fait faire au Récipiendaire le troisième pas, en portant la j. d. au bas de la représentation, où il vient joindre les deux p. en éq. simple, sur le compas.

Aussitôt, les deux Frères Experts saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire ; pendant ce temps-là le Frère qui était couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre, à côté du tableau, le voile dont il était couvert.

Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat et continue: Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces et, sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort.

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avait tenu caché ; aussitôt les deux Experts qui tenaient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l’était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu et le droit aussi plié en équerre ; la m. sur le c., à l’ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage couvert.

Chacun reprend sa place.

Le T\R\ rallume son chandelier à 3 branches et passe le boutefeu au premier Maître des Cérémonies qui rallume les neuf bougies des 3 grands chandeliers, puis celles des surveillants et éteint les lampes.

TR. : Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

Le Second Surveillant prend avec lui deux Frères qui étaient autour de la représentation; ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre et sondent le terrain avec la pointe de leur glaive, par petits coups irréguliers.

De retour à l’Occident les 2 F\ reprennent leur place; le Second Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

Le Premier Surveillant désigne deux Frères qui étaient autour de la représentation, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sondant la terre avec la pointe de leur glaive.

De retour a l’Occident, les 2 F\ reprennent leur place, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit: le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne part le premier par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre; le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne, part par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils commencent ainsi le tour en se croisant à l’occident: quand ils sont parvenus à l’Orient, le Très Respectable se joint à eux, avec les deux autres Maîtres qu’il a désigné, et tous font trois fois le tour de la Loge , dans le sens des aiguilles d’une montre, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour, le Second Surveillant s’arrête au Nord Est et dit: Très Respectable, je vois une vapeur s’ élever d’un petit espace de terrain approchons.

Ils font le troisième tour, après lequel le Très Respectable s’arrête en face du tableau, à l’Orient, là où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Les deux Surveillants sont à l’Occident aux places correspondant à leur chaire.

Tous les Frères sont debout autour de la représentation.

1° S. : Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit ; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches.

Le Très Respectable feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: Vénérables Maîtres, cette branche n’est pas crûe en cet endroit : ceci me paraît suspect, et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres?

Tous donnent le signe d’approbation et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive qu’il tient de la main gauche, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire ; les huit autres Frères font de même et retirent entièrement le voile tous ensemble vers le Nord. Aussitôt, ils font le signe d’horreur.

Le Second Surveillant s’approche, prend l’index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J...n et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

Le Premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B..z ; il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

Le Très Respectable s’approche du Récipiendaire et dit, en faisant le signe d’horreur, et reculant d’un pas: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

2° S. : Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os.

1° S. : Très Respectable, j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte les os.

TR. : Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux ; de la main droite il lui enserre le poi..., de façon que les pau... des deux mains soient l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’omoplate droite, ayant par ce moyen, est... contre est... ; puis à l’aide des deux Surveillants, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllables du mot. M......n.

 

 

 

commentaires
Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>