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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Knight Templar

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

INTRODUCTION

Au début du XVIII siècle, les Francs-Maçons étaient généralement de confession chrétienne trinitarienne, mais les Constitutions de 1723 et de 1738 ouvraient la porte à “tout homme sincère et loyal” quelles que soient ses convictions religieuses, à l’exception des athées.

Ceci concernait donc les Catholiques Romains comme les Protestants, l’urne de vote de la loge procurant le remède adéquat. La Bulle papale, “in Eminenti Apostolatu” Specula” fulminée en 1738, excommunia tous les Francs-Maçons, ainsi que ceux qui leur prêteraient le concours, à compter de sa promulgation et de son enregistrement par les Autorités civiles dans les différents diocèses. Ceci produisit une réaction immédiate et, vers 1740, un certain nombre de grades à substrat chrétien apparut en France et se répandit graduellement à travers l’Europe.

Les plus importants de ceux-ci furent un Rite maçonnique Templier et un grade de Rose-Croix, aucun des deux n’ayant de lien historique ou rituel avec les anciens Ordres Militaires ou les Rosicruciens du Moyen-Age.

On ne sait ni comment, ni précisément quand, le Rite Temple-Malte fut introduit dans les iles britanniques, mais on en retrouve des traces dès les années 1760, et la grande variété des rituels alors en usage qui nous sont parvenus, suggère diverses provenances. Dans tous les cas, ces grades furent adoptés par les Chapitres de l’Arc Royal et dès l’origine, ils y furent conférés en vertu de leur Charte capitulaire.

Après l’avortement d’une tentative par le Camp de Baudoin (Baidwyn Encampment) de Bristol d’organiser l’ensemble sur une base nationale, des approches faites auprès de Thomas DUNCKERLEY reçurent un assentiment tel à travers le pays qu’il fut possible de constituer un Grand Camp (GRAND ENCAMPMENT) En 1791, Dunkerley présida à la première réunion du Grand Conclave constitué par sept Camps (Encampments) indépendants.

Un Conservatisme inné, des doutes quant aux effets de la Loi de 1799 sur les Sociétés Secrètes et divers autres facteurs, firent toutefois que ce mouvement ne fut pas généralement bien accepté avant plusieurs années.

Pendant la grande maîtrise du Duc de Sussex (1812-1843), une large majorité de la Grande Loge Unie fut, un temps, vivement opposée à toute activité maçonnique extérieure aux grades symboliques et à l’Arc Royal, malgré la tolérance fallacieuse concernant les “Grades des Ordres de Chevalerie”, inscrite à l’Article II de l’Acte d’Union des Grandes Loges.

Pour éviter de jeter de l’huile sur le feu, le Duc de Sussex ne fit plus convoquer le Grand Conclave, qui était alors l’instance octroyant les Chartes; laissant toutefois des instructions permanentes aux officiers du siège pour accorder les dispenses nécessaires aux réunions et à la réception de Chevaliers, jusqu’à l’expédition des Chartes officielles.

Vers 1830, la tension ayant diminué, le Duc, sous sa signature et sans en référer au Grand Conclave, octroya quelques Chartes à des “Encampments” (Camps) et constitua une Province templière pour le Comté de Dorset. Après sa mort en 1843, la situation était devenue telle que le Député du Duc, John Christian BURCKHARDT, fut à même de rétablir les réunions du Grand Conclave, que le C” CK KEMEYS- TYNTE fut installé comme Grand Maître et les conditions normales de fonctionnement rétablies, à l’exception des Chartes, dont l’octroi, demeura la prérogative du seul Grand Maître.

Lorsque Thomas DUNCKERLEY prit le contrôle du Rite, il ne chercha pas à contrôler les rituels pratiqués par les Encampments particuliers; mais dans les années 1850 il apparut judicieux de parvenir à une certaine uniformisation. Tous les anciens rituels furent alors collationnés et le rituel Templier encore en usage fut mis en forme sur la base d’un rituel datant du XVIII, siècle. Quelques années plus tard la même chose fut faite pour les grades de la Passe de la Méditerranée (ou Chevalier de Saint-Paul) et de l’Ordre de Malte.

Dans les années 1870, on tenta vigoureusement d’étendre ce principe, en vigueur en Angleterre et au Pays de Galles, à l’Ecosse et à l’Irlande, par l’établissement d’un Convent Général, laissant à chacun le contrôle de ses affaires intérieures, mais instituant un rituel commun à tous. Seules l’Angleterre et l’Irlande mirent cela en pratique, l’Ecosse s’étant très tôt retirée des négociations. Mais les modifications apportées rencontrèrent une vive opposition à travers l’Angleterre et les projets originaux durent être revus. Toutefois, malgré l’adhésion ultérieure du Grand Prieuré Souverain du Canada, le Convent Général s’essouffla jusqu’à disparaître sans regrets en 1896, quand chaque pays retrouva l’entière souveraineté sur son administration et ses rituels.

Episodiquement, les trois Grands Prieurés d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande se concertent, par la réunion de leurs Grands Maîtres ou Pro Grand Maître et des Grands Chanceliers ou Vice-Grands Chanceliers, sur les questions fondamentales qui pourraient influencer le développement de l’Ordre.

Le Grand Prieuré des Ordres Religieux, Militaires et Maçonniques Unis du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte pour l’Angleterre, le Pays de Galles et ses Provinces d’Outre mer gouverne près de quatre cents Préceptories du Temple /Prieurés de Malte sur la surface du globe. Il a donné naissance à de nombreux Grands Prieurés de par le monde et contrôle encore les Ordres Unis aux Pays-Bas, dans quelques provinces canadiennes, et dans les états africains anglophones où il est implanté. Son renom et sa notoriété sont tels que la Belgique et la France, où l’Ordre templier maçonnique est représenté par les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS.), ont demandé et obtenu du Grand Prieuré d’Angleterre, l’adjonction de l’Ordre de Malte à leur système chevaleresque templier du Régime Ecossais et Rectifié.

Un certain nombre de Frères français et espagnols, tous membres sous la Grande Loge et le Grand Chapitre Suprême d’Espagne, s’étant fait recevoir à la chevalerie des Ordres Unis dans la Province d’Essex, en Angleterre, cinq Préceptories purent être constituées par le Grand Prieuré d’Angleterre à Madrid, Barcelone (2), Javea et Las Palmas de Gran Canaria. Enfin:le 8 janvier 1994, en présence des représentants de nombreux Grands Prieurés templiers de par le monde, l’Eminentissime et Suprème Grand Maître d’Angleterre Harold Devereux STILL, GCT., constitua le Grand Prieuré des Ordres Religieux, Militaires et Maçonniques Unis du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte pour l’Espagne et ses Provinces d’Outre-mer et installa son premier Eminentissime et Suprême Grand Maître, Luis SALAT GUSILS, GCT” et son Très Haut et Très Eminent Grand Senéchal, Jean-Aimé CROZET POIRIEUX, GCT

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REAA20

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

Mes Vénérables Frères, l'instruction de ce grade nous enseigne que:

L'endroit où le corps de notre Maître Hiram-Abi avait été enseveli, fut indiqué par une branche de l’arbre à grenades, mais les Grands Elus, descendants des anciens Patriarches voulurent garder secret le vrai mystère de la Franc-Maçonnerie en convenant de dire qu'il s'agissait d'une branche d'acacia

Les loges symboliques s'appelèrent "Loges de saint Jean", parce que l'histoire légendaire de la Franc-Maçonnerie fait remonter son origine aux Croisades et que les Parfaits Maçons, chevaliers et princes, firent connaître les mystères de l'Ordre aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, et qu'ils décidèrent de suivre la même loi et de fêter annuellement la saint Jean.

Hiram-Abi fut le premier architecte du Temple de Salomon, mais Salomon lui-même en tailla la première pierre sur laquelle devait reposer plus tard l’Arche d’Alliance dans le Saint des Saints. Cette pierre d'agate, ayant la forme d'un cube parfait, fut posée avant le lever du jour, pour nous rappeler que nous devons toujours entreprendre notre travail avec vigilance et au plus tôt. Elle fut scellée au moyen de ciment composé d'un mélange de farine, de lait, de vin et d'huile, comme le fit symboliquement le Grand Architecte de l'Univers lorsqu'il créa le monde en s'armant de douceur, de bonté, de sagesse et de force.

Dans cette pierre d’agate fut enchâssé le précieux Delta en or sur lequel était gravé le nom du Grand Architecte de l’Univers.

En récompense, Salomon permit aux principaux maîtres de contempler la pierre cubique d'agate et la plaque d'or sur laquelle était gravé le Nom de Dieu et qui reposait sur un piédestal encadré de trois colonnes: Sagesse - Force - Beauté, entourées d'un cercle en bronze, dont le centre représente le point de perfection en Franc-Maçonnerie.

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Chevalier du Temple RAPMM20

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

 

Ici commence le Livre du Baptême du Feu ou des Statuts Secrets rédigé pour les Frères Consolés par Maître Roncelinus.

Article Ier

Le peuple qui marchait dans l’obscurité a vu une grande lumière et ceux qui étaient dans l’ombre de la mort ont vu cette lumière

Pour nous aussi, la lumière a luit.

Nous étions tous dans le deuil et nous avons été consolés dans la terreur et l’esclavage et nous avons reçu l’esprit d’adoption des enfants qui nous font crier : « Un seul est notre Père, Maître Sauveur, Consolateur ».

Un seul est notre Dieu et son esprit donne au nôtre l’assurance que nous sommes fils de Dieu.

Article II

A vous, Frères, il est donné de connaître les secrets du Royaume de Dieu, heureux nos yeux et nos oreilles qui voient et entendent.

Sachez que rois, papes, évêques, abbés et maîtres ont désiré voir et entendre ce que vous entendez et voyez, mais ils ne l’ont vu, ni entendu et ne le connaîtront jamais.

Article III

Le temps est venu où l’on n’adorera le Père, ni à Jérusalem, ni à Rome.

L’esprit est Dieu et si vous êtes de Dieu, vous l’adorerez en esprit et en vérité.

Sachez que tout ce que Jésus a dit par le vrai Christ, est l’esprit et vie en Dieu.

C’est l’esprit de Dieu qui vivifie, la chair de Jésus ne peut servir à rien.

Article IV

Dieu est amour et quiconque reste dans l’amour, reste en Dieu et Dieu est en lui

Nous vous parlons en secret et de ce qui reste caché aux enfants de la Babylone nouvelle, qui sera réduite en cendres et en poussières par les humbles serviteurs de Dieu.

Nous vous parlons de la sagesse de Dieu révélée par nos Pères qui l’ont transmise pour la gloire et notre bien.

Aucun prince ou grand-prêtre de ce temps ne l’ont connue.

S’ils l’avaient connue, ils n’adoreraient pas le bois de la croix et n’auraient pas brûlé ceux qui possédaient le vrai esprit du vrai Christ.

Article V

Vous qui êtes les temps de Dieu, construits sur les fondements de la sagesse et de la sainteté antiques, sachez que Dieu ne fait point de différence entre les personnes, Chrétiennes, Sarrasines, Juifs, Grecs, Romains, Français, Bulgares, parce que tout homme qui prie Dieu est sauvé.

Article VI

Le Consolé est délivré du joug que les enfants de Babylone ont établi sur les dogmes faux.

Parmi le Juif et le Sarrasin soyez comme si vous étiez des Sarrasins et des Juifs.

Avec les fils de Babylone, bien que par l’élection et le Consolamentum, vous soyez libérés.

Rendez-les heureux et tachez d’attirer à vous ceux dont les yeux s’ouvrent, mais agissez avec prudence à cause de l’évangile éternel et afin d’éviter les scandales.

Article VII

A vous qui êtes saints, tout est permis.

Cependant, il vous faut garder d’abuser de cette permission.

Ne laissez jamais rien soupçonner de ce que vous êtes autour de vous.

Ayez dans vos maisons des lieux de réunions vastes et cachés, auxquels on accèdera par des couloirs souterrains, pour que les Frères puissent se rendre aux réunions sans risque d’être inquiétés.

Article VIII

Il y a des Elus et des Consolés dans toutes les régions du monde.

Là où vous verrez construire de grands bâtiments faites les signes de reconnaissance et vous trouverez beaucoup de justes instruits de Dieu et du Grand Art.

Ils en ont hérité de leurs pères et de leurs maîtres et sont tous Frères.

Dans ce cas sont les Bonshommes de Toulouse, les Pauvres de Lyon, les Albigeois, ceux des environs de Vérone et de Bergame, les Bajolais de Galice et de Toscane, les Bégards et Bulgares.

Par les chemins souterrains vous amènerez à vos chapîtres et à ceux qui concevraient quelques craintes, vous conférerez le Consolamentum en des chapîtres devant trois témoins.

Article IX

Vous recevrez fraternellement les Frères de ces groupements, et de même les Consolés d’Espagne et de Chypre recevrons fraternellement les Sarrasins, les Druzes et ceux qui habitent le Liban.

Et si l’esprit divin animait des Sarrasins ou des Druzes, vous pourrez les admettre comme Elus ou comme Consolés.

Article X

Nul Frère ne sera reçu s’il ne compte trente-cinq ans d’âge et s’il n’a acquis les vrais fruits de son élection.

Pour le prouver il justifiera de son instruction et de ses connaissances dans les décrets avant son admission.

Article XI

Il expressément demandé de s’entourer des plus grande précautions vis-à-vis des moines, prêtres et évêques, abbé et docteurs de la science parce qu’ils agissent en traîtres afin de rouler plus librement dans la boue de leurs crimes.

Si vous les admettez après une longue probation, que ce soit en dehors du chapître en présence de trois Frères, et sans rien leur révéler des statuts et coutumes de l’Ordre.

Article XII

Avec les laïcs qui servent Dieu dans la simplicité de leur cœur, il est permis de prendre moins de précautions et les recevoir, soit comme Elus, soit comme Consolés après probation raisonnable.

Article XIII

Rituel et Consolamentum : le néophyte écrira sa confession générale et l’adressera au récepteur, il confirmera sa confession par serment en présence de deux témoins, et elle sera conservée dans les archives du chapître.

Il dira ensuite les Psaumes, l’antienne tirée du Deutéronome et il sera béni par tous les Frères qui poseront leur main droite sur sa tête, après quoi il jurera : silence, obéissance et fidélité.

Le récepteur l’absout de tous ses péchés.

Il le délie de tous les commandements de l’Eglise au nom de Dieu qui n’est pas engendré et qui n’engendre pas, au nom du Vrai Chrits qui n’est pas mort et qui ne peut mourir.

On récite alors les trois prières.

Pendant la première, le néophyte se tient debout, les mains levées.

Durant la deuxième, il s’agenouille, les bras en croix, et pour la troisième il se prosterne la face contre terre.

Article XIV, XV et XVI

La première prière est celle de Moïse « Magnifecetur Fortitudo Domine ».

Suivie de « Dixit que Dominus vivo ego et implebitur gloria Domini universa terra » après quoi le récepteur coupe un peu de barbe, des cheveux et d’ongle de l’index droit du néophyte en disant : « Tu souffriras plus dans ton cœur que dans ton corps en signe de Marie, appelé Jésus : « Pater aeterne, glorificanos… » (Saint Jean CXVII) suivie de « Facta est vox de coelo meus dilectus… ».

Le récepteur passe ensuite l’anneau à l’index droit du Frère en disant : « Fils de Dieu prends cet anneau en signe de ton union éternelle avec Dieu, la Vérité et nous mêmes ».

La troisième prière, dite de Baphomet, est celle qui sert d’ouverture au Coran et qui porte le nom de Fatiha.

Le récepteur ajoute : « Un maître, une foi, un Dieu père de tous et chacun qui invoque le nom de Dieu est sauvé ».

Il relève le néophyte et oint ses paupières avec l’huile sainte.

« Je veux oindre, ami de Dieu, avec l’huile de la Grâce, afin que tu voies la lumière de votre baptême du feu et quel brille pour toi et pour nous tous sur le chemin de la vérité et de la vie éternelle. »

Article XVII

La figure de Baphomet est retirée de sa châsse et le récepteur dit : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière et elle a brillé pour tous ceux qui étaient assis dans les arbres de la mort.

Il y en a trois qui rendent hommage à Dieu et au monde et ces trois sont (Saint Jean) ».

Tous  les Frères s’écrient « Yah Allah » c’est-à-dire « Splendeur de Dieu », baisent l’image et la touchent de leur ceinture.

Le récepteur prend ensuite le néophyte par la main et dit : « A présent, le fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui.

Véricinum nouvel ami de Dieu qui parle à Dieu quand il lui plaît, à Dieu auquel vous devez rendre grâce parce qu’il vous a conduit là où vous désiriez aller et qu’il a exaucé v

Que la lumière divine reste dans nos cœurs et esprits, Amen ».

Pour terminer la cérémonie, on chante le chant tiré du livre de la Sagesse, chant qui marque la fin du chapître.

Article XVIII

Le néophyte est conduit aux archives où on lui enseigne les mystères de la Science Divine, de Dieu, de Jésus enfant, du véritable Baphomet, de la Nouvelle Babylone, de la nature des choses, de la vie éternelle ainsi que « LA SCIENCE SECRETE DE LA GRANDE PHILOSOPHIE : ABRAX ET LES TALISMANS ».

Choses qui doivent être rigoureusement cachées aux ecclésiastiques admis dans l’Ordre.

Article XIX

Il est interdit dans les maisons où les Frères ne sont pas des Elus ou des Consolés de travailler certaines matières par la science philosophique et de transmuter les métaux vils en or et argent

Article XX

Il est rigoureusement interdit de choisir pour Grand Maître un consolé.

Les autres postes et charges principaux de l’Ordre sont réservés aux Elus et aux Consolés.

Signé par le copiste, Robert de  SAMFORT, Procureur de l’Ordre du Temple en Angleterre en 1240.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le mythe de la Toison d'Or

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

Le cadre dans laquelle se situe ce mythe est donné :
– d’une part, par les personnages majeurs figurant dans les lignées de Salmonée et Créthée que nous avons étudiées au chapitre précédent, et dont nous reprenons ci-dessous les caractéristiques principales.
– d’autre part, par les compagnons de Jason, symboles d’une certaine progression dans quelques directions privilégiées.

Dans la lignée de Salmonée et Créthée, sont exprimées :
– une nature où s’affrontent de manière plus ou moins subconsciente « les forces contribuant à l’évolution du processus de libération » et une force plus mélangée, celle d’une progression dans l’ignorance de son propre chemin couplée à une aspiration vitale (Pélias). Cette dernière est cependant génératrice d’une aspiration à la justice (Pasidicé) et d’une forte rectitude (Alceste). Dans la descendance de Nélée, la seule dynamique survivante est incarnée par son plus jeune fils Nestor qui représente une « capacité d’intégration de l’expérience » ou une « sincérité ».
– une certaine endurance (Phérès) qui fait apparaître « un désir passionné pour la lumière » (Lycourgos), « une volonté de se libérer du joug » (Admète) et une certaine « capacité de vision » (Eidoménéé).
– Une « capacité d’entrer dans le silence » (Amythaon), source de « force » (Bias) et de « sensibilité mentale intuitive » (Mélampous).
– Enfin « une volonté d’accomplissement du destin personnel » ou « un retournement de la conscience de l’extérieur vers l’intérieur » ou encore « une conscience intellectuelle supérieure » (Aéson) qui reçoit l’influence du surmental par sa capacité « à être à soi-même sa propre lumière » (Autolycos) et tend vers « un mental puissant » avec sans doute une certaine dispersion (selon le nom de sa femme Polymède ou Alkimédée). Le couple Aéson-Polymède représente donc le chercheur dont le mental individualisé puissant dirige la quête selon ses propres conceptions.

Le chercheur a également œuvré à l’élargissement de son mental et s’est battu contre nombre d’illusions (Sisyphe et Bellérophon) et de peurs (Persée). Il poursuit le combat contre sa susceptibilité et sa suffisance qui le font se représenter sans cesse victime des agissements des autres (le lion du Cithéron). Et il a peut-être profondément gravé en lui dans le subconscient le souvenir d’un état de bonheur intense, sa première expérience fugitive d’union (Phrixos).

Parmi les nombreuses illusions qui retardent l’entrée sur le chemin figure en bonne place l’idée que l’on peut changer le monde extérieur sans se changer soi-même, c’est-à-dire prendre des engagements humanitaires, sociaux, politiques ou similaires sans vraie remise en cause personnelle. L’un des signes du début de la quête est donc le moment où le chercheur cesse de vouloir transformer le monde et commence à s’intéresser à sa propre transformation.

Dans la phase préliminaire du chemin, le chercheur sincère reçoit des aides dont le plus souvent il n’est pas conscient telles que :
– une protection de son véhicule physique (pour les risques d’accidents graves, les maladies, etc.).
– des expériences considérées à posteriori comme « initiatiques », c’est-à-dire des « confrontations » qui font vivre en accéléré certaines étapes selon le niveau d’évolution de chacun.
– des connaissances issues du moi supérieur et reçues par différents canaux (intuitions, rencontres, ouvrages, rêves, etc.) que le chercheur perçoit comme des évidences.

Lorsque la quête commence, les « Jeux isthmiques » ont été célébrés (cf. Sisyphe dans le chapitre précédent) indiquant que le chercheur s’est engagé dans le « passage étroit ». Dans les initiations symboliques du passé – qui ne dispensaient en rien des confrontations du chemin – il se présentait comme un néophyte aux portes du temple pour être initié aux mystères.

Le symbole choisi pour cette expérience, la Toison d’or d’un bélier, a été examiné dans le chapitre précédent. Rappelons qu’elle exprime l’affinement de la sensibilité, un commencement, le support du feu intérieur ou être psychique, et évoque l’ « éveil » et la pureté spirituelle.
S’il est le plus souvent ailé, c’est pour indiquer une progression dans l’ascension des plans du mental.

La jeunesse de Jason et les préparatifs de la quête

Comme on l’a vu, la Toison d’Or était celle d’un bélier qui emporta Phrixos en Colchide au royaume d’Aiétès. Celui-ci, petit-fils du soleil Hélios, l’avait suspendue à un chêne dans un bois sacré d’Arès proche de sa cité d’Aia.

Selon Pindare, Jason, comme nombre de héros, fut élevé par le Centaure Chiron. Nous avons déjà rencontré ce dernier personnage qui représente le « juste mouvement de rassemblement de son être ou capacité de concentration ». Son nom Chiron signifie « la main », sans doute en rapport avec la maîtrise, peut-être aussi symbole d’une médecine des énergies qui s’exerce depuis le corps.

Il appartient au peuple des Centaures, celui des chercheurs avancés qui n’ont acquis la maîtrise de leur nature vitale que jusqu’à un certain point. Toutefois, il n’appartient pas à la descendance d’Ixion comme les autres Centaures, bien qu’il ait lui aussi été chassé de Thessalie. Ce n’est donc pas le symbole d’une progression illusoire.
C’est d’abord un guérisseur, celui qui peut remettre dans le juste équilibre, c’est-à-dire mettre chaque chose à sa place ou purifier.
Il est le précepteur attitré des héros durant leur enfance pour la musique et la médecine, l’art de la guerre et la chasse : symboles respectifs de la capacité de réaliser l’harmonie depuis les hauteurs de l’esprit jusqu’au plan corporel, de la voie du guerrier et des arts de la quête.
Fils de Cronos, il représente donc les plus anciennes capacités d’harmonisation développées par le chercheur dans la phase précédant l’entrée dans la quête. Sa mère est Philyra « celle qui aime le juste mouvement d’évolution selon l’Absolu ». Et comme c’est un immortel qui doit mourir, on peut imaginer que cette « purification » a été portée à un niveau suffisant pour que le chercheur puisse maîtriser les dualités sur le plan vital, telles que la dualité amour/haine, mais qu’il devra ensuite passer à une étape supérieure d’intégration.

On ne sait rien d’autre de la jeunesse de Jason, jusqu’à sa venue dans la ville de Iolcos.
Selon Pindare, il y vint pour réclamer à son cousin le roi Pélias le trône dont il était légitimement héritier en tant que fils d’Aéson, l’aîné des enfants de Créthée. Pélias l’avait en effet hérité d’Aéson en tant que régent ou bien s’en était emparé de force.
Pour d’autres, sa venue répondait à l’invitation de Pélias qui avait demandé à tous ses sujets d’assister à un sacrifice en l’honneur de Poséidon. Sa présence n’était donc aucunement liée à une revendication du trône.
Quoi qu’il en soit, Pélias avait été prévenu par deux oracles que la mort lui viendrait d’un homme de sa race (un descendant d’Éole) qui serait chaussé d’une seule sandale. Pour des raisons variables selon les auteurs, c’est ainsi chaussé que Jason arriva à Iolcos et Pélias lui demanda comme faveur de lui rapporter la Toison d’or, prétextant qu’il était trop vieux pour y aller lui-même. Il pensait que jamais Jason ne reviendrait vivant d’une telle expédition.

Pélias représente l’élément dominant chez le chercheur qui s’engage dans la quête avec une forte aspiration vitale, encore ignorant de son propre chemin et de son but de vie (ou de sa tâche ou raison d’être) mais qui œuvre en quête du « mouvement juste » (Pisidicé) et d’une forte « rectitude-sincérité » (Alceste). C’est une volonté de bien faire qui est en fait aussi une résistance à l’évolution. Cette dynamique restera puissante pendant toute la première période jusqu’à l’expérience d’ouverture, mais « l’ignorance du but de vie » disparaîtra en partie dès le retour de Jason et Médée à Iolcos, car Héra « la puissance qui veille au juste déroulement » avait planifié à la fois la quête de Jason et la mort de Pélias.
Du fait de cette « ignorance de sa tâche », Jason n’est pas en mesure de revendiquer le trône. C’est pourquoi les auteurs sont partagés sur les motifs de Pélias. Consciemment, le chercheur ne sait pas encore que son « ignorance » doit céder la place à une conscience supérieure (que quelqu’un de sa race, c’est-à-dire dans la lignée de Japet et d’Éole de l’ascension des plans de conscience, prenne sa place sur le trône) même s’il en a parfois quelque vague intuition. En effet, son équipement pour la quête est encore incomplet : Jason n’a qu’un seul pied chaussé.

Telle fut la raison du périple des Argonautes, nom dérivé de celui du constructeur qui donna son nom à la nef Argo. Le nom Argos évoque à la fois la lumière et la blancheur (la pureté), mais surtout chez Homère, la rapidité. Le chercheur est en effet censé ne pas s’arrêter en chemin et parcourir les étapes aussi vite qu’il le peut.

Le navire lui-même est le symbole d’une personnalité bien construite et achevée : il avait en effet cinquante rangs de rame, cinquante étant le nombre d’une totalité dans le monde des formes.
Le bateau est aussi le symbole du yoga et de la discipline que l’on suit.
De plus, il était doté d’une poutre parlante qui encouragea l’équipage lorsqu’il monta à bord du navire pour la première fois. Cette poutre est le symbole d’une structure solide qui contribue de par son existence au succès de la quête et prouve être indispensable à ses débuts. Elle provient de Dodone, lieu de l’oracle de Zeus, et exprime ainsi la parole intuitive la plus haute.

 

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2ème grade Chevalier de la Toison d’Or

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

Décoration de la salle du conseil de guerre des Chevaliers de la Toison d’Or

Cette salle, qui doit aussi porter le nom de conseil de guerre, doit être tendue de blanc et de rouge. Elle sera éclairée par un grand chandelier à trois branches avec trois grosses bougies de cire jaune. Il doit y avoir deux terrines dans l’une desquelles il y aura des cendres et dans l’autre de l’esprit de vin, placées au milieu de la loge dite conseil de guerre. Il y aura un globe ou sphère comme dans la première salle des Vaillants Généraux des Argonautes.

Titre et ornements des Chevaliers

Le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux seront ornés et nommés comme dans la première salle jusqu’à la fin de la réception ou jusques après l’ouverture du conseil de guerre s’il n’y a point de réception. Alors, ils prendront les titres, savoir le Très Vaillant, de Très Illustre Chevalier, et les Généraux, d’Illustres Chevaliers de la Toison d’Or. Ils seront décorés d’une couronne de laurier, d’un sceptre peint en blanc, des gants blancs doublés et bordés de rouge, d’un crachat (8) où sera brodé en or un soleil rayonnant, d’une écharpe de soie rouge frangée en or et d’une chaîne dont les chaînons seront alternativement l’un en or et l’autre en argent qu’on portera en sautoir et où sera suspendu le bijou de ce grade qui est une croix. Le ceinturon du glaive dont ils seront armés sera rouge ou or et le fourreau blanc. Les fauteuils sur lesquels seront assis les Chevaliers seront blancs et rouges. On observera comme dans la première salle que le Maître soit à l’orient et les autres F\ F\ à droite et à gauche suivant l’ordre de leur réception.

Les figures du tableau se trouveront dans la description qu’on donnera ci-après et dans le catéchisme ou instruction.

Manière d’entrer dans la salle des Chevaliers de la Toison d’Or

On frappera un grand coup avec la main droite.
Le dernier reçu dira : « Qui vive ! »
Le Chevalier répondra : « Général des Argonautes ».
Le reste du cérémonial comme dans la salle précédente, à l’exception que le Très Vaillant Général fera à celui qui est introduit les questions suivantes :

D. D’où venez-vous ?
R. De la Thessalie.
D. Où allez-vous ?
R. A Colchos.
D. Qu’allez-vous faire à Colchos ?
R. La conquête de la Toison d’or.
Ensuite, le Général introduit et salue comme à la première salle et prend place.

Ouverture du 2ème conseil de guerre

Le Très Puissant frappe un coup de son glaive sur la table et demande :

D. A quelle heure s’ouvre le conseil de guerre ?
R. Un instant avant la victoire.
D. Dans quel temps obtient-on la victoire ?
R. Après dix mois de combat.
D. Où remporte-t-on la victoire ?
R. A Colchos, dans le champ de Mars.
Le Très Vaillant Général dit :

« Vaillants Généraux, puisque le conseil de guerre s’ouvre un instant avant la victoire, que la victoire s’obtient après dix mois de combat et qu’il faut le remporter à Colchos dans le champ de Mars, débarquons-nous puisqu’il y a dix mois que nous naviguons et que nous voici arrivés à Colchos et allons aussi sans différer au champ de Mars remporter la victoire qui nous attend ».

Après ce dernier mot, le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux feront le signe du Général des Argonautes et crieront trois fois : « Combat ! » S’il n’y a point de réception, tous les F\ F\ se décoreront des attributs de Chevaliers de la Toison d’Or. S’il y en a, on procédera comme suit.

Réception

Tous les Généraux des Argonautes étant passés à la seconde salle, le dernier Général reçu ira trouver le récipiendaire qui [est] resté seul dans la première salle, c’est-à-dire après l’ouverture du conseil de guerre. Il lui couvrira les yeux d’un bandeau et le conduira jusqu’à la porte de la seconde salle ; il lui dira d’attendre là le signal qu’on lui donnera pour frapper un grand coup à ladite porte avec le pied droit.

Le dernier reçu qui est déjà rentré dans la salle, entendant ce coup, criera : « Qui vive ! »

Le récipiendaire répondra : « C’est un Vaillant Général des Argonautes qui désire faire le voyage de Colchos ».

Le dernier reçu répondra : « Halte-là ! », et rendra compte au Très Vaillant et aux Vaillants Généraux.

Le Très Vaillant Général dit au dernier reçu : « Vaillant Général, allez examiner le récipiendaire sur le grade qu’il vient de recevoir et, s’il satisfait à vos questions, vous l’introduirez après que vous serez assuré qu’il a les yeux couverts et avoir fait parvenir jusqu’à moi l’ordre et la consigne ».

Le dernier reçu exécute l’ordre du Très Vaillant, questionne le récipiendaire, l’introduit et le place à l’occident.

Dès que le candidat est introduit et placé, le Très Vaillant Général lui fait les questions suivantes :

(Nota. On dicte au récipiendaire les réponses.)

D. Vaillant Général, que demandez-vous ?
R. Très Vaillant Général, je demande de faire avec vous et vos vaillants compagnons le voyage de Colchide, si tel est votre bon plaisir.

Cette réponse faite, tous les Vaillants Généraux frappent de leur glaive sur la table pour marquer leur consentement.

Le Très vaillant Général continue :

D. Avez-vous les vertus nécessaires ainsi que les qualités pour faire ce voyage et mériter par [là] la récompense de vos travaux ?
R. Oui, Très Vaillant Général, j’ai la charité et la discrétion, et je suis en état de vous donner des preuves de ma sagesse et de ma constance.
D. Puisque vous avez choisi la discrétion et la charité et que vous êtes en état de nous donner des preuves de votre sagesse et de votre constance, nous promettez-vous, foi de Vaillant Général des Argonautes, de ne jamais révéler et sous quel prétexte que ce puisse être nos secrets et nos mystères, et de garder scrupuleusement les ordonnances de notre milice ?
R. (Réponse qui sert d’obligation comme suit :) Oui, Très Vaillant Général, je le promets et le jure.

(Nota. On prononçant ces mots, on fait étendre la main droite au récipiendaire et la porter ensuite en équerre sur le [Volume de la Sainte Loi].

Cette obligation prêtée, le Très Vaillant Général et tous les Vaillants Généraux quitteront les attributs de Vaillants Généraux et se décoreront de ceux de Chevaliers de la Toison d’Or et en prendront en même temps le titre, c’est-à-dire le Maître de Très Illustre et les F\ F\ d’Illustres Chevaliers de la Toison d’Or.

Ensuite, le Très Illustre dit au plus ancien Chevalier :

« Illustre et ancien Chevalier, ayez la bonté d’aller sortir le bandeau au récipiendaire auquel vous ferez faire le tour du globe terrestre et lui ferez frapper avec la massue et le glaive duquel il est armé les deux éléments qui le composent, ainsi que la marche ordinaire, et le ferez ensuite parvenir jusqu’à moi ».

Le plus ancien Chevalier exécute l’ordre, lui fait faire le tour du globe, frapper et lui fait traverser par la marche ordinaire de Général des Argonautes une terrine de cendres et une autre où il y a de l’esprit de vin ; après quoi, il le fait parvenir jusqu’au Très Illustre Chevalier par la marche des Chevaliers de la Toison d’Or qu’il lui apprend pour y recevoir l’ordre, la consigne, le signe, l’attouchement et l’accolade comme suit.

Consigne, signe, attouchement, accolade et ordre

La consigne est le mot Eriotcive (9) [Victoire].

Le signe est de lever la main droite et de la fermer comme si on prenait quelque chose et de montrer avec l’index le bijou que l’on a sur la poitrine.

L’attouchement est de prendre avec les deux poings fermés de celui qui vous reconnaît.

L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît, c’est-à-dire comme à la 1ère salle.

L’ordre, c’est le mot Segam ed meelhteb (10) [Mages de Bethléem].

Décoration et création de Chevalier

Le Très Illustre Chevalier, après avoir donné au récipiendaire l’ordre, le signe, l’accolade et l’attouchement, il le décore de tous les ornements et attributs de Chevalier de la Toison d’Or, et ensuite le crée en lui disant :

« Par la plénitude de la puissance dont je suis revêtu et du consentement des Illustres Chevaliers de la Toison d’Or, je vous délie de toutes les obligations que vous avez contractées jusques ici dans la carrière maçonnique, n’en exceptant que celles que vous avez prêtées pour obtenir les grades de Vrai Maçon et de Vaillant Général des Argonautes, et d’Illustre Chevalier de la Toison d’Or que je vous confère pour jouir à perpétuité des prérogatives et avantages que vos combats et vos victoires vous ont si glorieusement acquis ».

Après les dernières paroles du Très Illustre, tous les Chevaliers font le signe et crient ensemble trois fois Victoire.

Ensuite, le Très Illustre dit au récipiendaire de s’aller faire reconnaître à tous les Illustres Chevaliers, laquelle reconnaissance faite il lui dit de prendre séance selon son rang et de prêter l’oreille à l’instruction qui suit.

Instruction par demandes et réponses

D. Qui êtes-vous ?
R. Illustre Chevalier de la Toison d’Or.
D. A quoi pourrai-je connaître que vous êtes tel ?
R. A mon nom, mes armes et mes vertus.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Jason (11).
D. Que signifie ce nom ?
R. Art de guérir (12).
D. Quel a été votre maître en cet art ?
R. La magicienne Médée.
D. Quelles sont vos armes ?
R. Celles de la nature.
D. Quelles sont les armes de la nature ?
R. Celles qu’un chacun prend selon ses lumières et connaissances, mais les plus honorables et profitables sont celles du signe de la croix que je porte.

(En disant ces derniers mots, l’Illustre Chevalier qui répond montre la croix de son bijou.)

D. A quoi vous en êtes-vous servi ?
R. A parfaire le grand œuvre.
D. Quelles sont vos vertus ?
R. La charité et la discrétion.
D. Pourquoi dites-vous cela ?
R. Parce qu’un adepte doit garder un secret inviolable et faire du bien au prochain.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Des années sans nombre.
D. Pourquoi dites-vous cela ?
R. Parce que par le moyen de l’élixir je me suis rajeuni et puis pousser ma carrière aussi loin qu’il plaira à mon créateur.
D. Avez-vous [un] ordre ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Quel est votre mot d’ordre ?
R. On dit le mot [Mages de Bethléem], etc.
D. Pourquoi prenez-vous ces mots pour notre ordre ?
R. Parce que comme eux j’ai été éclairé par une étoile qui m’a conduit à la vérité.
D. Vous a-t-on donné [une] consigne ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Donnez-la-moi.
R. On dit le mot [Victoire], etc.
D. Pourquoi ce mot ?
R. Parce qu’un adepte pour parvenir à son but a surmonté tous les obstacles qui s’y opposent.
D. Vous avez sans doute reçu un signe ?
R. Oui, Très Illustre.
D. Donnez-le-moi.
R. On fait le signe.
D. Que signifie ce signe ?
R. Que j’ai enlevé et possédé la Toison d’or.
D. N’avez-vous rien reçu [de plus] ?
R. Pardonnez-moi : un attouchement et une accolade.
D. Donnez l’attouchement.
R. On le donne.
D. Donnez l’accolade.
R. C’est la même et même signification que celle de Général des Argonautes.
D. Quelle est votre marche ?
R. Trois pas redoublés militaires.
D. Que signifient-ils ?
R. Que la multiplication de l’œuvre va beaucoup plus vite que l’œuvre.
D. Combien frappez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ?
R. Un seul grand coup avec le [pied] droit.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour montrer qu’après avoir commencé par 1 et continué par 2, 3 et 4, je suis enfin parvenu à l’unité par le 5ème, moitié du nombre sphérique qui est dix, et qu’en outre je sais opérer.
D. Pourquoi avez-vous été introduit les yeux couverts ?
R. Pour désigner l’aveuglement et l’ignorance où j’étais avant de connaître la pratique du grand œuvre.
D. Quel voyage fîtes-vous ?
R. Le tour du globe terrestre.
D. Que fîtes-vous dans ce tour ?
R. Je frappai avec ma massue et mon glaive les deux éléments qui composent ce globe.
D. Pourquoi fîtes-vous le tour du globe terrestre et frappâtes-vous ces éléments ?
R. C’était pour purger la terre et la mer des éléments qui l’infectent.
D. Que fîtes-vous ensuite ?
R. L’on me fit traverser deux terrines dans l’une desquelles étaient des cendres et dans l’autre de l’esprit de vin.
D. Quel fut votre guide ?
R. Mes seules lumières.
D. Quel fruit rapportâtes-vous de votre voyage et de vos combats ?
R. La conquête de la Toison d’or et le royaume que mon oncle Pélias avait usurpé à mon père Eson.
D. Sur quoi est appuyé votre conseil de guerre ?
R. Sur deux tours ou les deux colonnes J. et B. qui n’en sont que le symbole.
D. De quelle matière sont ces colonnes ?
R. D’or et d’argent.
D. Où sont-elles situées et comment s’appellent-elles ?
R. Elles sont situées l’une du côté de l’Espagne et l’autre du côté de l’Afrique ; celle qui est située du côté de l’Espagne s’appelle Calpé (13) et celle du côté d’Afrique se nomme Abila (14).
D. Pourquoi ces colonnes sont-elles situées dans deux parties du monde ?
R. Pour m’apprendre que la matière et le feu doivent être pris dans diverses minières, mais d’une seule et même racine.
D. Expliquez-moi dans quelle racine peut-on trouver ces diverses minières ?
R. C’est dans un sujet connu des ignorants comme des savants mais que les seuls philosophes savent travailler pour en extraire leur matière et leur feu.
D. Comment appelez-vous la matière et le feu ?
R. La matière s’appelle soufre et mercure animé, c’est-à-dire acuits (15) de leur propre sel, et le feu se nomme eau ignée ou dissolvant du soufre et du mercure animé.
D. Qu’en provient-il ?
R. De cette dissolution est engendré l’enfant qu’on nomme philosophique qui, sept fois nourri clibaniquement (16) de son propre sang, parviendra enfin dans dix mois à la plénitude de l’âge parfait et alors pourra communiquer sa perfection à ses F\ F\ imparfaits sortis comme lui du ventre de la même mère.
D. Pourquoi votre conseil de guerre est-il appuyé sur les colonnes d’Hercule ?
R. Parce que c’est le non plus ultra (17) de la Maçonnerie.
D. Qui reconnaissez-vous pour père dans cet Art royal ?
R. Hermès trismégiste.
D. Et pour frères ?
R. Tous les adeptes.

L’instruction faite, le Très Illustre Chevalier priera le Chevalier le plus ancien de faire au Chevalier nouveau reçu l’explication du tableau et l’histoire de ce grade comme suit.

Explication du tableau

Le tableau offre d’abord à nos vues une mer d’airain, emblème de la mer philosophique de laquelle, par le moyen de la massue d’Hercule et du glaive de Jason, c’est-à-dire des instruments de la nature et de l’art, l’on doit extraire les trois principes, sel, soufre et mercure, désignés par les trois marches, et les réunir dans le pavé cubique pour être ensuite, par le feu élémentaire naturel et surnaturel du chandelier à trois branches, divisé dans les alambics, représentés par les Colonnes d’Hercule, en fumée rouge et en fumée blanche, pour produire par la croix - je veux dire la poudre de projection – et mériter par là la couronne de laurier que tout artiste doit ambitionner, comme le non plus ultra de l’Art royal que nous avons atteint par nos combats et nos victoires.

 

Tableau reconstitué du Chevalier de la Toison d’Or
Histoire dans laquelle l’emblème du grand œuvre est contenu

Aison, qui eut pour père Créthée, Eole pour aïeul, pour bisaïeul Jupiter et pour épouse Alcymède, fille d’Antiokhos, avait déjà envoyé son fils Jason sur le mont Pélion pour y être élevé dans l’art de la médecine par le centaure Chiron, lorsque Pélias, son [oncle], lui usurpa le trône que sa naissance et son mérite lui avaient acquis.

Jason, ayant appris une si triste nouvelle et assez éclairé dans la théorie de l’art dont il voulait faire un jour profession, quitta le mont Pélion, après avoir remercié son maître des soins qu’il avait pris pour lui, et se rendit dans la Thessalie pour revendiquer de son oncle Pélias la couronne qu’il avait injustement arrachée à son père Aison.

Pélias, surpris de la démarche de Jason et craignant d’ailleurs son mérite, lui promit de la lui restituer toutefois à condition qu’il irait auparavant conquérir la Toison d’or. Les difficultés d’une entreprise où tant de héros avaient échoué ne rebutèrent point Jason. Il accepta la proposition et, pour se mettre en devoir de l’exécuter, il s’associa cinquante hommes qu’il nomma Argonautes, tous de la race des dieux, et fit construire par Argus le vaisseau Argo dont la déesse Minerve lui avait donné le dessin. Le bois de ce vaisseau fut tiré du mont Pélion et celui du mât pris dans les forêts de Dodone dont les arbres avaient accoutumé de rendre des oracles. Dès que ce vaisseau fut fini, Jason le fit appareiller et l’approvisionna pour dix mois et nomma Lyncée pour son vice-amiral, et pour ses pilotes Orphée, Tiphys et Ancaios.

Eurypylos, fils de Neptune, informé du dessein de Jason et sachant qu’il était prêt à partir, vint lui faire présent, avant son départ, d’une terre noire que Médée, à son arrivée à Colchos, regarda comme un présage le plus heureux.

Tout étant ainsi disposé et le vent étant favorable, Jason s’embarqua avec ses compagnons, fit lever l’ancre, déployer la voile qui était de couleur noire et partit.

On ne tarda pas à s’apercevoir qu’Hercule était un peu incommode tant parce qu’il faisait presque aller le navire à fond par la pesanteur de son corps qu’à cause qu’il était aussi de trop grande vie et consommait trop de provisions ; de plus, qu’il rompait à tout propos la rame. Mais il arriva un accident qui les en délivra heureusement : c’est qu’ayant amené avec lui son cher Hylas et qu’un jour, pressé de soif, il l’eut envoyé chercher de l’eau fraîche, il tomba dans la fontaine où il en puisait ; ce qui fit dire que les Nymphes l’avaient enlevé. Cela fut cause qu’il quitta la compagnie et le vaisseau pour l’aller chercher.

Jason aborda d’abord à l’île de Lemnos pour se rendre Vulcain favorable, qui était adoré dans cette île, et s’acquérir les bonnes grâces d’Hypsipylé dont l’odeur était puante pour avoir manqué de respect à Vénus, qui seule conserva la vie à son père Thoas qui pour lors était roi de l’île.

Au sortir de Lemnos, les Tyriens livrèrent un sanglant combat aux Argonautes qui furent tous blessés, à l’exception de Glaukos qui disparut et fut mis au nombre des dieux de la mer.

Après le combat, les Argonautes abordèrent à Marsyas, à Cyzique, à l’Ibérie, et s’arrêtèrent ensuite dans la Bébrycie où Amycos qui y régnait avait accoutumé de défier au combat du ceste (18) ceux qui arrivaient dans ses Etats. Pollux accepta le défi et le fit périr sous ses coups.

De la Bébrycie, les Argonautes se rendirent vers les Scythes de la Lybie par où l’on va en Egypte. Le danger qu’il y avait à traverser les Scythes fit prendre à Jason et à ses compagnons le parti de porter le vaisseau sur leurs épaules pendant deux jours à travers les déserts de la Lybie ; au bout de quel temps, ayant retrouvé la mer, ils remirent le vaisseau à flot et furent rendre visite à Phinée, prince aveugle et sans cesse tourmenté par les Harpies dont il fut délivré par Calaïs et Zétès, enfants de Borée, qui avaient des ailes.

Phinée devint plus clairvoyant des yeux de l’esprit que du corps et leur indiqua la route qu’ils devaient tenir. « Il faut, leur dit-il, premièrement aborder aux îles Cyanées qu’on nomme autrement Symplégades ou écueils qui s’entre-heurtent. Ces îles jettent beaucoup de feu mais vous en éviterez le danger en envoyant une colombe. Vous passerez de là en Bithynie et laisserez à côté Thynias. Vous verrez Maréandyne, Achérusia, la ville d’Aiétès, Carambis, le marais Anthémoeisis, la Cappadoce, les Chalybes, et arriverez enfin au fleuve Phase qui arrose la terre de Circé et, de là, en Colchide où est la Toison d’or ».

Avant d’y arriver, les Argonautes perdirent leur pilote Tiphys et mirent Ancaios à sa place. Toute la troupe débarqua enfin sur les terres d’Aiétès, fils du Soleil et roi de Colchos, qui leur fit un accueil très gracieux.

Mais comme ce roi était extrêmement jaloux du trésor que Phrixos avait conservé et suspendu dans un bois au dieu Mars, lorsque Jason parut devant lui et l’eut informé du motif qui lui avait fait entreprendre un voyage si pénible, il parut consentir de bonne grâce à sa demande ; mais pour le détourner de son projet, il lui fit un détail immense des obstacles qui s’opposaient à son désir. Il lui prescrivit des conditions si dures qu’elles auraient été capables de rebuter Jason si Junon n’eût convenu avec Minerve de l’encourager et rendre Médée amoureuse de lui, afin qu’au moyen des enchantements de cette princesse il fût garanti des périls où il allait s’exposer pour pouvoir résister dans ses entreprises.

Médé, en effet, ayant vu Jason, prit un tendre intérêt pour lui. Elle lui releva le courage et lui promit tous les secours qui dépendraient d’elle, pourvu qu’il s’engageât à lui donner sa foi.

Jason le lui ayant promis, cette princesse lui donna un onguent pour s’oindre le corps et se garantir par son moyen du venin du dragon, et une eau pour éteindre le feu qui sortait des narines des deux taureaux gardiens de la Toison d’or.

Jason ainsi préparé attaqua d’abord les deux taureaux avec l’eau, les soumit au joug et, après les avoir fait labourer, il les tua ainsi que le dragon qu’il endormit par un pharmaque (19) somnifère et auquel il arracha les dents qu’il sema ; et de cette semence naquirent quantité d’hommes armés qui se tuèrent les uns les autres. Jason ainsi victorieux de ces monstres enleva la Toison d’or.

Après cette expédition il épousa Médée et retourna en Thessalie avec elle et les Argonautes ; et dans la crainte qu’Aiétès ne les poursuivît, Médée amena avec elle le petit Absyrtos, son frère, qu’elle mit en pièces, dispersant ses membres sur le chemin afin que son père, s’amusant à les recueillir, il leur donnât un plus grand temps et le loisir de s’échapper.

Jason, arrivé en Thessalie, entra en possession du royaume de son père et Médée rajeunit le vieillard Aison par la boisson de la Toison d’or.

Enfin, le vaisseau Argo qui l’avait conduit à Colchos et ramené dans sa patrie fut mis au rang des dieux par toute la cour céleste.

Cette histoire finie, le Très Illustre Chevalier, après avoir félicité le Chevalier nouveau reçu, fait la clôture du conseil de guerre comme suit.

Clôture du 2ème conseil de guerre

Le Très Illustre Chevalier frappe un coup de son glaive sur la table et se lève, ce que font aussi tous les Chevaliers. Ensuite il dit à tous les Illustres Chevaliers de la Toison d’Or :

D. A quelle heure se ferme le conseil de guerre ?
R. Un instant après la victoire.
D. En quel temps obtient-on la victoire ?
R. Après dix mois de combat.
Après cette réponse, le Très Illustre dit :

« Illustres Chevaliers de la Toison d’Or, puisque le conseil de guerre se ferme un instant après la victoire et qu’on obtient la victoire après dix mois de combat, je vous annonce avec la plus grande satisfaction que nous sommes arrivés à ce terme et que nous voilà possesseurs de la Toison d’or ».

Nota. A ces dernières paroles du Très Illustre, tous les Chevaliers font le signe et crient Victoire ; après quoi, le Très Illustre continue :

« Hâtons-nous donc de retourner dans notre patrie et dans la crainte que les méchants, les fols et les ignorants ne nous enlèvent un trésor si précieux, mettons en pièces nos écrits afin que, tandis qu’ils seront occupés à en ramasser les débris, nous puissions leur échapper et aller jouir tranquillement et à l’ombre de nos lauriers des avantages que nos combats et nos victoires nous ont si justement mérités ».

Après que le Très Illustre aura fini de parler, tous les Chevaliers feront l’un après l’autre la marche ordinaire et diront trois fois Io paean ! F\ F\.

Ces paroles sont le chant qu’on entendit quand Apollon eut tué à coups de flèches le serpent Python et qu’on entonnait aux jeux publics et aux triomphes ; ainsi terminent-ils le conseil.

Quelques précisions sur ce rituel

Le Rituel qui précède date du XVIIIème siècle et, le moins que l’on puisse dire, est qu’il est éminemment alchimique ; comment ne pas y reconnaitre la « patte » d’un des alchimistes les plus réputés de son époque : le père Bénédictin Antoine Joseph Pernéty qui l’adapta pour le Rite des Illuminés d’Avignon. Même si Dom Pernéty fut une sommité en matière d’alchimie, il a souvent une façon très personnelle d’évoquer certains aspects de l’Art, comme la plupart des alchimistes connus, D’ailleurs, chacun ayant sa propre sensibilité et sa propre personnalité, cela donne parfois des comparaisons énigmatiques particulièrement difficiles à déchiffrer.

Pour prendre un exemple flagrant, voyons les deux symboles les plus apparents utilisés tout au long de la cérémonie : la massue et le glaive. Pourquoi utiliser deux armes aussi éloignées l’une de l’autre qu’un écraseur naturel et un tranchant fabriqué de main d’homme ? Personne n’ignore que la massue était l’arme favorite d’Héraclès (ou d’Hercule) et que ce dernier fut du nombre des Argonautes, tout au moins pendant une certaine période, puisqu’il dut quitter le groupe en cours de route pour se consacrer d’urgence à la reprise de ses douze travaux. Pendant le Rituel, on demande au nouveau reçu de frapper le globe de sa massue ; c’est une façon discrète de signaler qu’en alchimie la « Terre » (la materia prima, la pierre philosophique ou l’antimoine) doit être pilée pour en séparer les principes et ainsi mieux parvenir à les purifier. On retrouve cette fonction dans l’instruction de Vaillant Général : - « Quelles sont vos armes ? » - « La massue d’Hercule et mon glaive ». – « A quoi devez-vous vous en servir ? » - « A purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent ». La massue joue donc, ici, le rôle du pilon qui sert à réduire en poudre, dans le mortier, l’antimoine ou la première matière. Il faut préciser que l’allusion à la massue est relativement rare dans les textes alchimiques, mais, pas inexistante. Par contre, la représentation du glaive est nettement plus fréquente ; n’oublions pas que le glaive, l’un des symboles de la Justice, devrait toujours être manié par un Sage. Dans l’Art d’Hermès, c’est un outil précieux en bien des circonstances, notamment pour occire le dragon noir, scène représentée, le plus souvent, par l’action d’un vaillant chevalier (incarné ici par Jason) qui le manie avec une dextérité sans pareille. Au début de l’œuvre au noir, il permet donc de faire mourir la matière afin de forcer sa renaissance dans le bon sens. Il est également utilisé pour « ouvrir » l’œuf des Philosophes, et là encore, il est question de la séparation des trois principes, le blanc étant le Mercure qui représente l’Esprit, le jaune, le Soufre qui symbolise l’Âme, et la coquille, le Sel associé au Corps. Dans tous les cas, le glaive devrait être représenté flamboyant, ou plutôt « igné », puisqu’il est sensé être le Feu issu du Sel, seul capable de provoquer cette ouverture.

Nul récit mythique n’a autant inspiré les alchimistes que ce périlleux voyage de Jason et de ses compagnons, partis à la conquête de la Toison d’Or. Fulcanelli lui-même nous apprend que cette Toison, « dans le langage des adeptes, désigne la matière préparée pour le Grand Œuvre, mais également le résultat final ». Elle fut aussi une source d’inspiration pour des auteurs de toutes époques : Histoire de Jason en 1563 par Jacques Gohory, Aureum vellus (Toyson d’Or) en 1612 par Salomon Trismosin, et, plus proche de nous, Alchimie en 1964 par Eugène Canseliet, pour n’en citer que quelques-uns. Il faut dire, pour justifier cet engouement, que cette traversée mouvementée réunit les principaux ingrédients symboliques propres à l’opération alchimique ou s’en rapproche significativement :

  • voyage maritime vers la Colchide sur l’Argo,
  • sacrifice du bélier « Chrysomelle » et utilisation de sa toison pour retenir l’or,
  • mort du dragon endormi par Jason grâce au breuvage préparé par Médée,
  • dents dudit dragon semées au « Champ de Mars »,
  • acquisition du précieux trophée,

(Pour certains auteurs, la Toison d’Or ne serait que le parchemin supportant le secret de la « Chrysopée » ou fabrication de l’or, mais rien ne vient étayer cette affirmation.)

Il ne fait aucun doute que la « Voie humide » est privilégiée dans ce récit. Bien que cette voie soit plus longue et parfois plus difficile que la voie sèche, elle est aussi plus sûre quant au résultat final. Les « opérations » se multiplient comme autant de combats à gagner pour remporter la victoire, et donc parvenir au Grand Œuvre et à sa récompense. Mais, comme pour tout périple dangereux, un besoin de protection se fait sentir de façon impérative. Le navire Argo, dédié à une divinité, ainsi que le sacrifice du bélier rappellent le passage de l’alchimiste à « l’oratoire » afin d’y réitérer sa Foi et obtenir le fameux « donum Dei », le don de Dieu sans lequel il ne pourrait rien. Rappelons pour mémoire que la figure de proue du navire construit par Argos avait été taillée dans une branche du chêne sacré de Zeus à Dodone, cadeau d’Athéna qui l’avait douée de parole pour récompenser la ferveur des Argonautes envers elle et Apollon ; encore une image plaisante de la Foi profonde récompensée.

Ensuite, la mort du dragon est souvent représentée en alchimie pour imager la transformation de la terre noire en un composé blanchâtre qui sera ensuite décomposé par l’action du Feu des Philosophes. Les dents du dragon semblent se rapporter aux germes que contient toute matière morte, ou plutôt « inerte », pour accéder à une nouvelle vie. Une fois semées, comme elles le seront ici, au Champ de Mars, on obtient ce que les métallurgistes nomment « boutons de retour » permettant d’affiner tout métal adéquat et le transformer en or. Mais, avant d’obtenir ce précieux résultat, il faudra en passer par des combats épiques, comme ceux que connurent Jason et ses compagnons, contre une horde d’adversaires armés issus de chaque dent mise en terre. Heureusement, ces combattants se dressent souvent les uns contre les autres, atténuant ainsi le risque de défaite. C’est ce à quoi nous sommes confrontés avec nos pires ennemis : nos vices.

Quand au précieux trophée, arraché par Jason à l’adversité, il s’agit bien de la Pierre philosophale, présentée ici sous la forme d’une toison de bélier chargée de paillettes d’or.

Certains passages de l’instruction au grade de Chevalier de la Toison d’Or demandent également quelques précisions.

Le mot d’ordre est : « Segam ed meelhteb », c’est-à-dire « Mages de Bethleem » en inversant les mots. Comment doit-on interpréter cette référence aux trois Rois Mages qui vinrent honorer la naissance du Christ ? Quel rapport y a-t-il entre ces derniers, la Toison d’or et l’alchimie ?

Tout d’abord, chacun d’eux apporta un cadeau caractéristique de l’honneur à mettre en exergue, mais possédant également un aspect alchimique. Dans le très bon ouvrage de Jean Chopitel et Christiane Gobry sur les « Rois Mages », on apprend que « les trois présents offerts par les Rois Mages au Roi des rois symbolisent le ternaire de la manifestation humaine, Corps-Âme-Esprit, ou plutôt l’accomplissement de ce ternaire dans la royauté, la prêtrise et le prophétisme, qui représentent respectivement la renaissance à la materia prima, à l’eau purifiée et au feu de l’Esprit ». Vient ensuite un passage de René Guénon qui renforce encore cette démonstration. Il nous dit : « Les Rois Mages, par l’hommage qu’ils rendent au Christ et par les présents qu’ils lui offrent, reconnaissent expressément en Lui la source de cette autorité dans tous les domaines où elle s’exerce : le premier (Melchior) lui offre l’or et le salue comme roi ; le second (Gaspard) lui offre l’encens et le salue comme prêtre ; enfin le troisième (Balthazar) lui offre la myrrhe et le salue comme prophète ou Maître spirituel par excellence, ce qui correspond directement au principe commun des deux pouvoirs : sacerdotal et royal. L’hommage est ainsi rendu au Christ, dès sa naissance humaine, dans les « trois mondes » dont parlent toutes les doctrines orientales : le monde terrestre, le monde intermédiaire, et le monde céleste ». La conclusion semble évidente, grâce au rapprochement entre la vision des Rois Mages et celle des alchimistes : le Sel correspond à l’encens, à la prêtrise et représente le Corps ou principe émanant de la fusion Eau-Terre ; le Mercure correspond à la myrrhe, à la prophétie et représente l’Esprit ou principe émanant de la fusion Air-Eau ; enfin, l’or peut être assimilé à l’Âme, donc au principe résultant de la fusion Feu-Air, c’est cette Âme Soufre qui doit se transmuter de pierre en or obtenant ainsi la couronne « Royale » et le pouvoir qui lui correspond.

Le second justificatif de ce mot d’Ordre concerne l’étoile que suivirent les Mages afin de parvenir à destination et ainsi avoir la possibilité de rendre leur hommage. A plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion d’évoquer cette « étoile » qui apparaît dans le substrat alchimique à la fin de l’œuvre au blanc, l’étoile qui surgit dans le compost et dont le nom « compost-stella » désigne également le chemin de Saint-Jacques ; c’est, en quelque sorte, une exhortation à persévérer qui nous dit : « tu es sur le bon chemin, continue ! ». Ceci justifie le mot d’Ordre et le passage de l’instruction : « Pourquoi prenez-vous ces mots pour notre Ordre ? » - « Parce que comme eux j’ai été éclairé par une étoile qui m’a conduit à la vérité ».

Dans cette instruction, nous retrouvons aussi une mention évoquant l’unité et le retour à cette unité par les nombres de 1 à 4 et par le 10, symbole de l’univers. « Combien frappez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ? » - « Un seul grand coup avec le pied droit ». – « Pourquoi cela ? » - « Pour montrer qu’après avoir commencé par 1 et continué par 2, 3, et 4, je suis enfin parvenu à l’unité par le 5ème, moitié du nombre sphérique qui est 10, et qu’en outre je sais opérer ». Précisons : nous sommes tous les rejetons du premier homme ayant connu l’unité parfaite, l’alliance suprême avec le Divin, désignées par le 1. Par suite d’une erreur de parcours, il eut conscience de sa possible dualité, le 2. Puis nous avons découvert l’existence d’une échappatoire permettant de corriger cette erreur et de connaître une nouvelle alliance avec le Dieu de notre cœur : c’est l’utilisation du ternaire pour revenir à une certaine perfection, donc par les vertus du 3 grâce auquel les alchimistes conçurent les trois principes : Sel, Mercure et Soufre. Mais comment obtinrent-ils ces trois principes ? En utilisant les seuls éléments dont ils pouvaient disposer sans limite : le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre, d’où le 4. Enfin, en mixant intelligemment les « Principes », ils pouvaient accéder au 5, qu’ils nommèrent « Quintessence » en créant une cinquième essence capable de prodiges. Seule cette Quintessence est apte à recréer la matière incorruptible et donc immortelle. Il semble que Pythagore avait déjà sous-entendu cette conception des choses à l’aide de sa « Tétractys » puisque : 1+2+3+4 = 10 et que 1+0 = 1, le retour à l’unité, à condition d’en passer par le 5 et de l’acquérir justement.

Pour terminer cette explicitation des deux rituels, détaillons quelque peu le tableau du grade. La mer d’airain symbolise le lieu où l’on se purifie ou bien, ici, l’endroit que l’on doit purifier. Elle correspond, en alchimie classique à la materia prima de laquelle seront extraits les trois principes issus des quatre éléments, comme on l'a vu précédemment. Cette materia prima est la pierre des philosophes, la terre noire, ou encore l’antimoine, En alchimie spirituelle, elle nous représente directement puisque c’est en nous que doivent avoir lieu toutes les transmutations. Elles nous permettront peu à peu de devenir « l’Elie artiste », c’est-à-dire celui qui a réussi son retour à l’unité et conclut ainsi sa nouvelle alliance avec Dieu. Les trois marches représentent chacune l’un des trois principes : Mercure, Sel et Soufre émanant de la mer d’airain, extraits à l’aide de la massue et du glaive (ou en clair : le pilon du mortier et le Feu). Cette phase est celle de la dissolution (le solve) permettant de purifier plus facilement chaque partie extraite. La Pierre cubique est sensée contenir la réunion des trois principes une fois purifiés (c’est le coagulat). L’ensemble ne peut se réaliser sans l’aide du Feu secret des Philosophes, symbolisé ici par le chandelier à trois branches. Dans l’explication succincte du tableau donnée au cours de la cérémonie, il est bien précisé que le chandelier produit un Feu élémentaire naturel et surnaturel. Tout alchimiste sait que le Feu secret est d’une nature double et qu’il ne brûle pas les doigts, comme le disait si bien Eyrénée Philalèthe. Le Feu naturel incite inexorablement le Feu surnaturel à venir lui prêter main forte et, bien que la nature de ce Feu ne puisse être divulguée, d’où son qualificatif de « secret », il semble que le problème ne soit pas trop difficile à résoudre ! Les deux colonnes d’Hercule, que l’on peut comparer aux colonnes du Temple de Salomon, symbolisent les alambics ou les fourneaux d’où sortent des fumées, rouges pour l’une et blanches pour l’autre. L’axe horizontal de la Croix, le matériel, conjoint à l’axe vertical, le spirituel, produit, en son centre, le résultat final dit Pierre philosophale ou poudre de projection (rouge rubis). Enfin, lorsque la victoire est acquise, …les lauriers suivent…

G\ B\

 

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1er grade Général des Argonautes

Publié le 26 Mai 2026 par T.D

Dans ce grade le Maître s’appelle Très Vaillant Général et tous les autres F\ F\ se nomment Vaillants Généraux et gardent ce titre jusqu’après la réception du 2ème grade, et après l’ouverture du conseil de guerre de la seconde salle. Il y aura dans cette 1ère salle un globe en guise de tableau car il n’y en a pas au 1er grade.

Décoration de la salle et des Généraux

La salle du conseil de guerre des Généraux des Argonautes sera ornée comme celle de l’académie des Vrais Maçons (6) ; elle sera éclairée d’une seule mais grande lumière. Le Très Vaillant Général et les Vaillants Généraux seront décorés comme les Vrais Maçons et armés, au lieu d’une baguette de fer qui se porte en ce dernier grade, d’une massue et d’un glaive.

Il n’y a dans ladite salle ni trône ni tableau, comme on a dit plus haut, mais une table couverte d’un tapis vert, laquelle sera ronde, et autour seront assis tous les Vaillants Généraux. Les fauteuils où ils seront assis seront de même couleur et on observera que le Très Vaillant Général soit placé à l’orient, sans autre distinction, et les Vaillants Généraux à sa droite et à sa gauche, chacun suivant l’ordre de sa réception.

Manière d’entrer dans le conseil de guerre

Quand un Général des Argonautes voudra entrer dans la salle du conseil de guerre, il frappera un grand coup avec le pied droit.

Le dernier reçu des Généraux entendant ce bruit criera : « Qui va là ? » Celui qui est à la porte répondra : « Général des Argonautes ». Le dernier reçu répliquera : « Halte-là ! », et en s’adressant au Maître dira :

« Très Vaillant Général, on frappe à la porte en Général des Argonautes ».

Le Très Vaillant Général dit :

Ayez la bonté, Vaillants Généraux derniers reçus, de vous armer de vos massues et de vos glaives et d’aller à la porte vous faire donner l’ordre et la consigne.

L’ordre s’exécute, le dernier reçu ouvre la porte et la garde tandis que l’autre sort pour se faire donner l’ordre et la consigne qu’il fait passer par le Général qui garde la porte jusqu’au Très Vaillant Général.

Le Très Vaillant Général les ayant trouvés justes dit :

Ouvrez la porte à ce Vaillant Général et introduisez-le dans la salle en la forme ordinaire.

Les deux derniers reçus l’introduisent, se placent à ses côtés et par la marche ordinaire le conduisent vis-à-vis le Très Vaillant Général ; et alors tous les trois ensemble, ayant leur massue sur l’épaule gauche et le glaive à la droite (ce qu’on appelle en parade), baisseront leurs glaives.

Le Très Vaillant Général et les Généraux, qui seront pour lors debout, répondront à ce salut de la même manière ; après quoi, le Très Vaillant Général dit au Général introduit :

Prenez place dans notre conseil.

Ouverture du conseil de guerre

Quand tous les Généraux, ou du moins un nombre suffisant, seront assemblés, placés et assis, le Très Vaillant Général se lèvera, ainsi que tous les Généraux, et frappera un coup de son glaive, après lequel il demandera :

D. Vaillants Généraux, à quelle heure s’ouvre le conseil de guerre ?
R. Un instant avant le combat.
D. Dans quel temps donne-t-on le combat ?
R. Dans toutes les saisons.
D. Où se donne le combat ?
R. Dans la Thessalie et la Colchide.
Après cette demande, le Très Vaillant Général dit :

Vaillants Généraux, puisque le conseil de guerre s’ouvre un instant avant le combat, que le combat se donne dans toutes les saisons et dans la Thessalie, que nous y sommes, je vous annonce que le conseil de guerre est ouvert.

A ce dernier mot, tous les Vaillants Généraux feront le signe et crieront trois fois Combat.

Réception

Lorsqu’un Vrai Maçon - car il faut avoir ce grade pour pouvoir être reçu - aura toutes les qualités requises par les ordonnances et qu’il aura été admis par tous les Chevaliers, il viendra se présenter tout seul à la porte de la salle du conseil de guerre le jour que son présentateur lui aura indiqué pour sa réception, et il lui apprendra les réponses ; il frappera en Vrai Maçon.

Le dernier reçu criera :

Qui va là ?

Le candidat répondra :
C’est un Vrai Maçon.

Le dernier reçu dira :
Que demandez-vous ?

Le candidat :
Je demande ardemment d’être enrôlé dans votre milice.

Le dernier reçu dira :
Halte-là !

Et rendra compte au Très Vaillant Général et à tous les Vaillants Généraux.

Le Très Vaillant Général dit :
Vaillant Général, ayez la bonté d’aller examiner hors de la salle ce Vrai Maçon sur ce grade et, s’il satisfait à vos questions, vous l’introduirez dans la salle du conseil après lui avoir couvert les yeux d’un bandeau.

Le dernier reçu exécute l’ordre, introduit le récipiendaire et se tient à son côté pour lui dicter les réponses.

Alors le Très Vaillant Général dit d’un ton ferme :
D. Sage, que demandez-vous ?
R. Je demande d’être enrôlé dans votre milice si vous m’en jugez digne.

(Ici, tous les Généraux frappent de leur glaive sur la table pour marquer là leur consentement.)
D. Avez-vous les vertus et les qualités nécessaires pour parvenir à ce grade ?
R. Oui, Très Vaillant Général, je crois et j’espère, et je suis en état de donner des preuves de ma sagesse et de ma force.
D. Puisque vous croyez, espérez et êtes en état de donner des preuves de votre sagesse et de votre force, foi de Vrai Maçon, nous promettez-vous de ne jamais révéler à qui que ce soit et sous quel prétexte que ce puisse être nos mystères et nos secrets ?
R. Oui, Très Vaillant Général, je le promets et je le jure. (En disant ceci, il étend la main droite, ce qui sert d’obligation et de serment.)

La susdite parole donnée ou obligation prêtée, le Très Vaillant Général dit au plus ancien des Généraux :
Otez le bandeau des yeux au récipiendaire, ornez-le de la massue et du glaive, faites-lui faire le tour du globe qui est au milieu de la salle et faites-lui crier trois fois Combat.

Après cette cérémonie, le Très Vaillant priera l’ancien Général de faire avancer jusqu’à lui par la marche ordinaire le récipiendaire pour lui donner le signe, l’ordre, la consigne, le nom, l’attouchement et l’accolade comme suit.

Signe, ordre, consigne, nom, attouchement et accolade

Le signe est de fermer un poignet dans l’autre, de les lever du côté de l’épaule droite, de les laisser tomber sur la hanche gauche et, enfin, de relever le poignet droit fermé du côté de l’épaule droite et de faire semblant de vouloir frapper.

L’ordre ou mot d’ordre est Vulcain et Lemnos.
La consigne a pour mot Combat.
Le nom d’un Général des Argonautes est Jason.
L’attouchement est de prendre la main droite, le poignet fermé, de celui qui vous reconnaît.
L’accolade est de baiser au front celui qui vous reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.
Après cela, le Très Vaillant Général dit au récipiendaire d’aller se faire reconnaître à tous les Généraux ; et ladite reconnaissance faite, il fait prendre place pour cette fois seulement au nouveau Vaillant Général à sa droite ; il procède ensuite à l’instruction qui suit.

Instruction

D. Qui êtes-vous ?
R. Vaillant Général des Argonautes.
D. A quoi pourrai-je reconnaître que vous êtes tel ?
R. A mon nom, mes armes et mes vertus.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Jason.
D. Que signifie ce nom ?
R. Médecin de théorie.
D. Quel a été votre maître ?
R. Le centaure Chiron (7).
D. Quelles sont vos armes ?
R. La massue d’Hercule et mon glaive.
D. A quoi devez-vous vous en servir ?
R. À purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent.
D. Quelles sont vos vertus ?
R. La foi et l’espérance.
D. Pourquoi dites-vous que la foi et l’espérance sont vos vertus ?
R. Parce que j’ai cru la possibilité de l’œuvre avant de faire aucune recherche et que j’espère réussir, ayant eu le bonheur de connaître la matière et le feu.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Trois cents ans.
D. Que signifie un âge aussi long ?
R. Qu’il faut chercher longtemps avant de pouvoir trouver la matière et le feu.
D. Quelle est votre consigne ?
R. Combat.
D. Pourquoi ?
R. Parce qu’il faut beaucoup travailler pour purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent.
D. Quel est votre ordre ?
R. Vulcain et Lemnos.
D. Pourquoi ?
R. Parce que c’est dans cette île que Vulcain doit m’être favorable.
D. Avez-vous [un] signe ?
R. Oui, Très Vaillant Général.
D. Donnez-le-moi.
R. On le donne.
D. Que signifie ce signe ?
R. Que je sais purger la terre et la mer des monstres qui l’infectent, et consens d’expirer comme eux sous la massue d’Hercule et sous le glaive de Jason si j’enfreins mes engagements.
D. Avez-vous [un] attouchement ?
R. Oui, Très Vaillant Général.
D. Quel est-il ?
R. C’est de prendre la main droite, le poignet fermé, de celui qui vous reconnaît.
D. Que signifie cet attouchement ?
R. Que je tiens la théorie du grand œuvre.
D. Quelle est votre accolade ?
R. C’est de faire un baiser sur le front de celui qui reconnaît et qu’il doit rendre de la même façon.
D. Que signifie l’accolade ?
R. Que c’est dans ce lieu que réside la sagesse d’un Vaillant Général des Argonautes.
D. Quelle est votre marche ?
R. Trois pas lents faits militairement.
D. Que signifient ces trois pas lents et harmonieux ?
R. Qu’on doit se hâter lentement et procéder avec harmonie dans le grand œuvre.
D. Combien avez-vous de coups pour entrer dans la salle du conseil de guerre ?
R. Un seul grand coup avec le pied droit.
D. Combien y a-t-il de lumières ?
R. Une seule.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour montrer que tout vient d’un lorsqu’il se divise en 2, 3, 4 et 5, moitié du nombre sphérique qui est 10 et doit retourner à un, et que je sais opérer.
D. Pourquoi aviez-vous les yeux couverts quand vous fûtes introduit dans la salle du conseil ?
R. Pour désigner l’aveuglement où j’étais avant de connaître la théorie du grand œuvre.
D. Quel voyage vous fit-on faire ?
R. Le tour du globe terrestre.
D. Pourquoi ?
R. Pour y trouver les monstres qui infectent les deux éléments qui le composent.
D. Quel fut votre guide dans le voyage ?
R. C’était le plus ancien Vaillant Général du conseil pour m’empêcher de m’égarer.
D. Quel fruit rapportez-vous de votre voyage ?
R. La théorie de la matière et du feu que je devais mettre en pratique à Colchos pour emporter la Toison d’or et mériter par cette expédition le royaume que mon oncle Pélias avait usurpé à mon père Eson.

Clôture du conseil de guerre

L’instruction finie, le Très Vaillant Général se lève, ainsi que tous les Généraux, frappe un coup de son glaive sur la table et fait les questions qui suivent après que tous les Vaillants Généraux se sont mis en parade.

D. A quelle heure se ferme le conseil de guerre ?
R. A l’instant qu’on a délibéré de combattre.
D. Dans quel temps l’a-t-on délibéré ?
R. A présent.
Le Très Vaillant Général dit :

« Puisque le conseil de guerre se ferme à l’instant qu’on a délibéré de combattre et que nous devons combattre à présent, quittons la Thessalie et embarquons-nous pour Colchos ».

Après ces mots, tous les Vaillants Généraux crient trois fois Combat, ensuite passent dans la seconde salle et laissent le récipiendaire tout seul.

Fin

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La succession des Elu-Coens

Publié le 25 Mai 2026 par T.D

« La précision de la Cérémonie ne suffit pas seule .... Il faut une grande exactitude et sainteté de conduite de vie, il faut une préparation spirituelle faite par la Prière, la Retraite, le jeune et la Méditation... »

(Martinez de Pasqually : « Extrait de Préparation et de Précaution pour une Réception de Réau + ». Mss. du 18° siècle, coll. Privée ).

Le but poursuivi par J.B. Willermoz était atteint. La Classe secrète des grades supérieurs était créé, et il avait officiellement autorisation de cultiver, dans le mystère, sa doctrine propre. Le Convent des Gaules venait de transformer les directoires français de la Stricte Observance Templière en une société mystique, fort éloignée de l’Institution allemande dont ils se réclamaient.

Acceptant sans discussion les Explications ténébreuses qu’il avait fait exposer, les Frères s’étaient mis à sa discrétion. Le tout était joué. Malgré ses affectations de modestie, le Chancelier de Lyon était devenu le maître d’un Ordre Maçonnique nouveau, le vrai Supérieur Inconnu des « Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte »...(Alice Joly : « Un mystique lyonnais et les Secrets de la Franc-maçonnerie, 1730-1824 ». Maçon, 1938,p, 120)

DE LA SUCCESSION DE L’ORDRE DES ELUS COHENS par AURIFER

Dans une plaquette éditée en 1948 et intitulée « Le Martinisme Contemporain et ses véritables origines » nous avons tenté de démontrer que la filiation Martiniste attribuée à L.C. du Saint-Martin était, historiquement, plus que douteuse. Nous croyons bien y être parvenu, et aujourd’hui, c’est encore sans hésitation que nous en revendiquons, en sa plus grande partie, l’argumentation. Toutefois, il est un point, que la suite de nos études et de nos recherches historiques en matière d’illuminisme nous a permis d’étudier plus particulièrement, et qu’il importe de préciser à son tour. C’est celui des rapports entre la Franc-maçonnerie Rectifiée et les Elus-Cohen, celui des similitudes entre les « Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte » et les dignitaires du second Ordre.

J.B. Willermoz, Réau-Croix dans l’Ordre des Cohen, membre de son Tribunal Souverain, fut par la suite le chef véritable de la Stricte Observance Templière en France. Il en porta les titres et les transmit en son nom. Mais un jour, profitant du Convent National de Lyon, en 1778, il en fit modifier non seulement les éléments principaux, mais encore substitua au « Chevalier du Temple » de la Stricte Observance, un nouveau vocable : celui de "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte."

Mieux encore, il constitua, au sein de ceux-ci, c’est-à-dire, au sein de l’Ordre Intérieur, une classe secrète complémentaire, composée de deux nouveaux grades : le "Chevalier Profès" et le "Chevalier Grand-Profès". Nul n’ignore que, dans les Ordres Religieux et dans les Ordres Chevaleresques, le Profès et le Grand-Profès sont des religieux qui ont prononcé des voeux d’ordre et ainsi quitté le noviciat. On ne saurait mieux souligner que Willermoz a un plan bien à lui, longuement mûri, et qu’on ne saurait lui nier une arrière-pensée fort nette en cette modification considérable. L’histoire de la "Stricte Observance Templière » pourra être étudiée avec fruit dans l’ouvrage d’Alice Joly : "Un Mystique Lyonnais et les Secrets de la Franc-maçonnerie, 1730-1824".

Or, voici comment J.B. Willermoz présente le plan qu’il avait conçu, ses raisons, d’être et sa réalisation. Dans une lettre du 12 octobre 1781, adressée au Prince de Hessel-Cassel, écrite ainsi sept années après la mort de don Martinez de Pasqually, il s’exprime ainsi : « Au commencement de l’année 1767, j’eus le bonheur d’acquérir mes Premières connaissances dans l’Ordre dont j’ai fait Mention ci-devant à Votre Altesse Sérénissime. Celui qui me les donna étant favorablement prévenu pour moi par ses informations et examens, m’avança rapidement et j’obtins les six premiers degrés (1). Un an après, j’entrepris un autre voyage en cette intention et j’obtins le septième et dernier (2), qui donne le titre et le caractère de chef dans cet Ordre. Celui de qui je l’ai reçu se disait être l’un des sept Chefs Souverains Universels de l’Ordre, et a souvent prouvé son savoir par des faits.

« En suivant ce dernier, j’eus reçu en même temps le pouvoir de conférer les degrés inférieurs (3), en me conformant pour cela à ce qui me fut prescrit.

"Cependant je n’en fis nul usage pendant quelques années, que j’employais à m’instruire et à fortifier, autant que mes occupations civiles purent me le permettre. Ce fut seulement en 1772 que je commençais à recevoir mon frère médecin, (4) et peu après les frères Paganucci et Périsse du Luc, que Votre Altesse, aura vus sur le tableau des Grands-Profès. Et ces trois sont devenus depuis lors mes confidents pour toutes les choses relatives que j’ai eu la liberté de confier à d’autres.

"Il est essentiel que je prévienne Votre Altesse Sérénissime que les degrés du dit Ordre renferment trois parties.

"Les trois premiers degrés (5) instruisent sur la nature divine, spirituelle, humaine et corporelle, et c’est précisément cette instruction qui fait la base de celle des Grands-Profès. Votre Altesse Sérénissime, pourra la reconnaître par leur lecture.

"Les degrés suivants (6) enseignent la théorie cérémonielle préparatoire à la pratique, qui est exclusivement réservée au septième et dernier (7).

"Ceux qui sont parvenus à ce degré, dont le nombre est très petit, sont assujettis à des travaux ou Opérations particulières qui se font essentiellement en mars et en septembre. Je les ai pratiqués constamment et je m’en suis bien trouvé... »

Un peu plus loin, Willermoz nous dit encore ceci :

"Quant aux instructions secrètes (des Grands-Profès), mon but, en les rédigeant, fut de réveiller les Maçons de notre Régime (la Stricte Observance Templière, ou Maçonnerie Ecossaise Rectifiée), de leur fatal assoupissement. Lié d’une part par mes propres engagements (8) et retenu de l’autre par la crainte de fournir des aliments à une frivole curiosité, ou de trop exalter

(1) Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen, Grand- Architecte, Chevalier d’Orient, Commandeur d’Orient.

(2) Réau-Croix.

(3) Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen.

(4) Pierre-Jacques Willermoz, médecin et Alchimiste.

(5) Apprenti-Cohen Compagnon-Cohen, Maître-Cohen (Classe du Porche)

(6) Grand-Architecte, Chevalier-d’Orient, Commandeur d’Orient

(7) Réau-Croix.

(8) Dans l’Ordre des Cohen, et à l’égard de don Martinez de Pasqually

Certaines imaginations si on leur présentait les plans d’une théorie qui annoncerait une pratique, je me vis obligé d’en faire aucune mention, et même de ne présenter qu’un tableau très raccourci de la nature des êtres, de leurs rapports respectifs, ainsi que des divisions universelles ...

Or, une lecture et un examen plus attentifs de cette lettre nous ont permis du constater que Willermoz, afin d’écarter la trop pressante curiosité du Prince de Hesse-Cassel, n’a pas dit l’exacte vérité. Faut-il l’en blâmer ? Nous ne le croyons pas, car sa prudence a été utile et a protégé l’Ordre des Cohen longtemps après sa mort.

Tout d’abord il est inexact que Willermoz ne put transmettre que les degrés inférieurs de l’Ordre. En tant que Réau-Croix... Il avait le Pouvoir de faire un Réau-Croix... évidement !

C’est Bacon de la Chevalerie, Substitut du Grand-Souverain de l’Ordre, qui l’ordonna les 11, 12 ut 13 mai 1768. Les "Statuts Secrets des Réaux-Croix", que nous possédons par le manuscrit du 18ème siècle qui est en nos archives, nous disent en effet ceci, au chapitre intitulé « Extrait de Préparation et de Précaution pour une réception de Réaux-Croix ».

"S’il y a plusieurs Réaux-Croix ensemble, les trois opérations seront faites par deux d’entre eux et par le député pour cette adoption qui fera la dernière". "Celui qui reçoit un Réau-Croix, surtout dans les temps hors du l’ordinaire, doit prévenir tous les Réaux-Croix absents, assez de temps à l’avance pour qu’ils puissent se joindre de leur côté, et aussi pour qu’ils puissent ensuite reconnaître, la légitimité de la réception. »

Ainsi, on le voit par ces articles, l’Ordination de Réau-Croix est répétée trois fois, soit par le Réau-Croix Ordonnateur, soit par trois affiliés du même grade, chacun à leur tour. Mais il est faux que Willermoz, en tant que Réau-Croix, n’ait pu transmettre que les degrés inférieurs de l’Ordre.

De plus, Willermoz n’est pas un simple Réau-Croix. En sa lettre du 20 juin 1768, don Martinez de Pasqually, lui donna ses titres dans l’Ordre des Cohen : "Inspecteur Général de l’Ordre ... Juge Souverain. . . Conducteur et Commandeur en Chef des Colonnes d’Orient et d’Occident de notre Grande-Mère Loge... »

Ainsi que le note Gérard va Rijnberk en son livre « Martinez de Pasqually, page 99 du tome 1, il est certain qu’en 1774 Willermoz ordonna Réau-Croix sa soeur, Mme Provensal ! Et pourtant, don Martinez de Pasqually était opposé à la présence des femmes dans l’Ordre celle-ci fut certainement Tunique femme Réau-Croix.

Nous lisons en effet en la lettre du 12 octobre 1773 adressée à Willermoz :

"Je vous prie de l’embrasser pour moi, de même que votre chère soeur de qui l’on m’a fait éloge du désir qu’elle a de parvenir au but de la Chose. Comme je pense que vous lui avez donné des instructions relatives à la Chose, et qu’elle en a profité comme on me l’assure, je vous exhorte à la cultiver en attendant que je puisse vous envoyer ce qu’il faut pour sa réception et l’Ordre pour la recevoir, ce qui est ici tout prêt à son sujet. »

Ensuite dans cette même lettre du 12 octobre 1781, adressée au Prince de Hesse-Cassel, Willermoz déclare qu’il n’a pu communiquer des instructions théurgiques aux Profès et aux Grands-Profès, puisqu’il ne peut, (soi-disant, on l’a vu !) communiquer les grades Cohen au-delà du Maître-Cohen.

Or, c’est par erreur, commise par tous les historiens du Martinisme, (et par nous également), que de soutenir que la Classe du Porche (Apprenti, Compagnon, et Maître-Cohen), était purement théorique. La pratique des opérations commençait déjà au Maître-Cohen car, dans le manuscrit du 18 ème siècle déjà cité, nous trouvons un Chapitre de la Rituélie Générale intitulé : « Invocation dite des Maîtres-Cohen.

Et cette Invocation comporte, au bout d’un certain temps, réservé à des prières adressées à Dieu, une véritable évocation des Esprits Planétaires, succédant à l’invocation des Esprits Célestes :

"0 Vous tous, Esprits qui habitez et parcourez les Régions Célestes et Terrestres, je vous conjure tous + + + +, par le Saint Nom de l’Eternel, de vous rendre en aspect de moi, visiblement et invisiblement, dans les Angles de ce travail, que j’ai consacré pour être votre demeure et celle de Vos Intellects .... pour que vous ayez à marquer par quelque Caractère, Hiéroglyphe, ou autre figure de Feu, la convention que j’ai contractée avec vous .... Telle qu’elle est tracée dans les cercles..."

Ainsi donc, pour toutes ces raisons, Willermoz a pu transmettre autre chose, dans cette classe secrète des Profès et des Grands-Profès, que les bas degrés de l’Ordre des Cohen. Il en avait le Pouvoir.

L’a-t-il fait ? En un mot, est-ce bien dans l’Ordre Intérieur et en sa classe secrète que l’on peut retrouver la réelle et authentique filiation du Martinisme véritable ? Nous répondrons oui et nous donnerons nos raisons.

Tout d’abord, il est certain que l’Ordre Intérieur, les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte", ne constituait plus en réalité une organisation maçonnique.

Dans le Rituel de 1778, aussi bien celui reproduit par Doinel (alias Jean Kostka) dans "Lucifer démasqué" (Paris 1895), que dans les deux manuscrits que nous avons eu l’occasion de voir et de recopier, nous constatons que le titre exact est celui de "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte du Saint-Sépulcre de Jérusalem en Palestine, Chevalier du Parfait Silence, Silencieux Inconnu". Nous retrouvons là les deux lettres fatidiques du Martinisme de tradition : Si dans le cours du Rituel, nous rencontrons cette phrase étrange :

« Le Voile des Symboles va donc tomber pour vous, et les ombres maçonniques qui vous environnaient vont, elles aussi, disparaître à leur tour. Vous allez enfin connaître l’Ordre respectable qui a ainsi perpétué son existence secrète au sein de la Franc -Maçonnerie. »

Cette phrase existait déjà dans le Rituel de réception de "Chevalier du Temple" de la Stricte Observance Templière.

Conservant cette filiation, mais modifiant le nom de ce grade, Willermoz donne à ce texte une toute autre signification ! Le Rituel est le même, mais ce n’est plus l’Ordre du Temple qui perpétue son existence au sein de, la Franc-maçonnerie, c’est celui des Elus-Cohen....

Cet Ordre n’est pas maçonnique, puisqu’il y perpétue son existence, il est (dans la Stricte Observance), chevaleresque. Avec Willermoz, il est chevaleresque (par sa source), mais initiatique et occultiste par les enseignements de sa Classe Secrète, perpétuant l’Ordre des Elus-Cohen.

Dans la même lettre au Prince Hasse-Cassel, déjà citée Willermoz reconnaît que ce milieu n’est pas nécessairement et spécifiquement maçonnique :

"De plus, quoi il existe ici (1) depuis neuf à dix ans (2) une petite société, composée de ceux que j’ai reçus a divers degrés dans l’Ordre que je professe, laquelle n’est connue que de ceux qui la forment, maçons et autres, cependant, quelques frères qui sont aujourd’hui Grands-Profès..."

Ce caractère mixte, (parfois maçonnique parfois non maçonnique) des « Chevaliers-Bienfaisants de la Cité Sainte" d’autrefois, nous a été confirmé par deux hauts dignitaires du Rite Ecossais Rectifié, et l’un d’eux était le docteur Camille Savoire, Grand Prieur des Gaules. Il n’en est plus ainsi maintenant en ces milieux. Nous avons eu l’occasion de faire comparer les Rituels, ceux du 18 ème siècle et ceux de notre époque. Il y a des différences considérables. Et on y chercherait vainement un écho du Martinisme ancien, sauf peut-être dans les "Catéchismes" des grades bleu et vert.

Il ne demeure que la filiation, régulière au point de vue administratif et obédientiel, des "Chevaliers-Bienfaisants de la Cité Sainte", mais il n’y a plus aucune trace des Profés et des Grands-Profès.

Au cours d’un entretien du 28 juin 1946, le docteur Vibaux, qui fut Grand-Chancelier de cet Ordre, nous déclara qu’il avait effectué des recherches sérieuses en ce domaine, et qu’il avait dû conclure :

a) qu’aucun dignitaire du Rite Rectifié ne possédait de nos jours ce grade ;

b) qu’il disparut quelques années après sa création ;

c) qu’on ne retrouva jamais de Rituel de sa Transmission,

S’il y en eut jamais.

Ceci prouve que la Classe Secrète était vraiment secrète, et que les Rituels étaient soigneusement recueillis à la mort des dépositaires, et que de plus on ignorait leurs noms, pour la plupart.

Il est également possible que le caractère occultiste, mystique et chrétiens de cette Classe ait incité les éléments plus rationalistes de l’Ordre ordinaire à la supprimer peu à peu.

1 - à LYON

2 - depuis 1771

D’autant que, selon Lagrèze, qui nous l’affirma oralement, il était de tradition en certains chapitres, de relever (le Prieur dixit) le nouveau "Chevalier Bienfaisant" de ses serments purement maçonniques... Il ne devait demeurer assujetti qu’à sa promesse d’Ordre. Et ce fait nous fut confirmé par Camille Savoire, Grand-Prieur des Gaules.

Ainsi donc nous pouvons déjà conclure :

1°)- En constituant, au Convent de, Lyon 1778, l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte », (dit encore Ordre Intérieur), Willermoz a entrepris de perpétuer, avec l’Ordre de sa Classe Secrète, l’Ordre des Elus-Cohen, qui lui tenait tellement à coeur qu’il demeura toute sa vie fidèle à ses mystérieux "Travaux".

2°)- Si la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée actuelle est en possession par voie obedientielle et maçonnique régulière du premier et du second degré de cet Ordre Intérieur (Ecuyer-Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité, Sainte), elle n’en a conservé ni l’esprit (qui était le le Martinisme) ni la lettre (qui consistait dans les Travaux). De plus, ses Rituels, bien qu’affirmés conformes à ceux de 1778, ne le sont plus en réalité. Pour cela il serait possible de lui-contester une véritable régularité...

3°)- Ordre initiatique, d’esprit Martiniste, nous ne sommes pas là devant une organisation uniquement et spécifiquement maçonnique, à l’origine de l’Ordre Intérieur.

4°)- Conclusion de ce qui précède, la Maçonnerie Rectifiée ne saurait prendre ombrage de ce qu’il existe, en dehors d’elle, non seulement des filiations de "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte", mais encore des filiations de ceux-ci qui se réclament uniquement d’un retour au Martinisme de Tradition, c’est-à-dire un Martinisme Opératif.

5°)- Amputée des deux grades de sa Classe Secrète, ceux de Profès et de Grand-Profès, la Maçonnerie Rectifiée ne possède plus qu’un degré sur trois en son Ordre Intérieur. Et le caractère de neutralité qu’elle lui donne lui permet plus de pouvoir les rétablir, car :

6°)- Un Profès et un Grand-Profès est nécessairement l’affilié qui a prononcé des voeux dans une quelconque religion. Et à l’origine, l’Ordre Intérieur était exclusivement ouvert aux candidats appartenant à une des branches diverses du Christianisme. La doctrine qui y était enseignée était celle d’Origène, en fait. Or, à notre époque, la Maçonnerie Rectifié ne retient, du Christianisme, que son aspect humanitaire et social, en dehors de toute mystique et à plus forte raison d’occultisme.

7°)- C’est donc l’Église Gnostique qui peut, parce que détentrice incontestable et incontestée de la "succession apostolique", donner à des "Chevaliers Bienfaisants" la possibilité de rétablir cette Profession de nos jours disparue.

Nous ne pensons pas en effet que l’Eglise latine, ou telle autre des Eglises d’Orient, consentirait à transmettre les pouvoirs d’ordre (Exorcistat, Accolytat), nécessaires aux membres d’une organisation Martiniste opérative.... Et encore moins le pouvoir de transmission de ceux-ci....

Or, dans l’ouvrage de Probst-Biraben, (docteur es-lettres, professeur honoraire de l’Université, lui-même "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte"), intitulé "Les Mystères des Templiers". Nous lisons ceci-page 12 :

"Ni chez les Chrétiens, ni chez les Musulmans, un Ordre ne saurait se fonder sans "consécration" de la part d’un.. Personnage qualifié, lui-même consacré par transmission de pouvoirs depuis les Apôtres ou les Prophètes. Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Omer, la reçurent du Patriarche Théoclétès, issu (par succession apostolique), de Saint-Jean l’Evangéliste. Ce qui explique en partie leur culte pour Saint-Jean et la doctrine du Johanisme qu’ils ont la réputation d’avoir professé..."

"Ils prononcèrent les trois voeux d’obéissance, de Pauvreté, et de Chasteté ensuite, devant le prélat catholique de la ville sainte, Garimond, et prêtèrent en même temps serment de garder les routes suivies par les pèlerins, de défendre ceux-ci à la fois contre les Infidèles et contre les pillards, nombreux dans la Palestine du XII° siècle..."

Nous pensons donc que si la régularité maçonnique administrative manque, (et cela on peut facilement l’admettre), à l’organisation Martiniste opérative moderne, recréée en 1943, possédant une existence légale officielle depuis 1945 sous le nom d’ORDRE DES ELUS - COHEN

Elle possède du moins une filiation initiatique régulière et incontestable, qu’elle peut prouver, depuis J.B. Willermoz derrière lui Martinez de Pasqually, par le canal des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte", et elle possède, en plus, par les pouvoirs d’ordre conférés à certains de ses hauts dignitaires par l’Eglise Gnostique, la possibilité de créer de nouveau des Profès et des Grands-Profès. C’est à dire d’ordonner en vertu, de la succession apostolique , des membres soigneusement choisis, aussi bien que ceux qui le furent au 18ème siècle, et d’en faire des Théurges, car, n’oublions pas, en effet, que cette succession unit à la fois le Sacerdoce selon Melchissedec et le Sacerdoce selon Aaron.

Et si, au 18ème siècle, le changement de dénomination que le Convent de Lyon -de 1778 fit subir aux. "Chevaliers du Temple" de la Stricte Observance en les transformant en "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, en leur imposant une mystique secrète, étrangère à la maçonnerie ordinaire, ne leur fit pas perdre leur régularité, on peut alors admettre qu’il en est de même pour ceux d’aujourd’hui. Ils ne font alors qu’effectuer un véritable retour à la forme primitive, un véritable "pèlerinage aux sources"...

Or, il est certains faits qui, dès l’origine de la résurgence de 1943, vinrent confirmer le-bien-fondé et la valeur (sinon la régularité) de cette filiation "Willermoziste" au sein des Elus-Cohen ainsi reconstitués.

1°)- Ce fut le Frère Georges Lagrèze qui fut à l’origine de cette renaissance de l’Ordre. Or, il était :

a)- Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, membre du Grand-Prieuré des Gaules, (photographie de sa carte existe en nos archives) ;

b)- Chevalier du Temple, (Rite Priméval Suédois), membre de la Grande Loge de Danemark ;

c)- Réau-Croix de la filiation affirmée par J. Bricaud, et qui est malheureusement douteuse, ainsi que nous, l’avons expliqué en notre plaquette précitée ;

d)- Rose-Croix d’Orient, cet Ordre qui aurait été à la genèse des Elus-Cohen, du 18ème siècle et de la Compagnie des Philosophes Inconnus de cette même, époque.

2°)- Le Docteur Camille Savoire, Grand-Prieur des Gaules, Prieur des "Chevaliers de la Cité Sainte" pour la France, accepta, en 1943, dès la résurgence de l’Ordre des Elus-Cohen, la charge de Grand-Maître d’Honneur de cet Ordre. A sa mort, le diplôme affirmant cette qualité fut, avec ses autres Chartes et Patentes maçonniques, déposé aux archives du Suprême Conseil du Rite Ecossais, à la Grande Loge de France.

3°)- Le même docteur Savoire, dès qu’il eut appris de Lagrèze le réveil des Cohen et l’utilisation (notamment) de la filiation des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte", nous demanda de ne pas faire d’imprudences (nous étions alors sous l’occupation allemande et le Gouvernement de Vichy), ajoutant : "Après la guerre, ie vous régulariserai..." II approuvait ainsi notre « armement » par Lagrèze.

4°)- La preuve de ce dernier point est aisément établie si l’on, se souvient qu’il accepta de figurer dans la déclaration, officielle de l’Ordre des Elus-Cohen, faite à la Préfecture, de Police de Paris, au Bureau des Associations, fin 1944, en tant que Grand-Maître d’Honneur, et qu’il contresigna notre nomination par lagrèze, de Substitut Grand Maître de l’Ordre.

5°)- II tint par la suite à constituer lui-même, assisté de deux autres « Chevaliers Bienfaisant de la Cité Sainte » en février 1945, une Loge Ecossaise Rectifiée, dénommée « L’Arche d’Alliance », loge de Saint-Jean qui devait servir de base aux grades -bleus- de l’Ordre des Elus-Cohen. Il en nomma les Officiers "ad vitam" et nous désigna ainsi comme Vénérable à Vie de la dite Loge.

6°)- il accepta la charge de vénérable d’Honneur de cette même Loge et assista à toutes les tenus de 1945 en cette qualité. Son sautoir de Vénérable d’Honneur, (bleu pâle-bordé d’argent), lui fut offert par l’atelier, et doit actuellement se trouver, avec les autres souvenirs de cet illustres Maçon, aux archives de la Grande Loge de France. De toutes choses, des témoignages manuscrits, documents officiels et indiscutables, demeurent, sans pour cela omettre celui oral des survivants de cette époque, qui a également sa valeur, lui aussi.

Pour toutes ces raisons, L’Ordre des Elus-Cohen ainsi réveillé, s’estime autorisé à revendiquer, lui aussi, et sans pour cela la dénier chez les autres rameaux d’esprit différent, la filiation mystérieuse que Jean-Baptiste Willermoz avait voulu et avait réussi à inclure dans l’Ordre Intérieur des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte".

Ceci au même titre que celle attribuée à Louis-Claude de Saint-Martin, et analysée en notre ouvrage « le Martinisme » Texte rédigé le 2 octobre 1958, anniversaire du second centenaire de la fondation de l’Ordre, des Elus-Cohen par don Martinez de Pasqually et douzième jour après celui de sa mort à Saint-Domingue.

In Memoriam.

"Requiem aeternam dona ei Domine, et lux perpétua luceat ei.

AURIFER

 

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Lettre de Martines de Pasqually à Willermoz(1768)

Publié le 24 Mai 2026 par T.D


Au Nom Du Grand A. D. L'univers amen + amen + amen + amen
Joie Paix Salut Et Bénédiction soient données à celui qui m'entends
Du Grand Orient Des Orients Universels Bordeaux
L'an Maçonnique 333. 357. 579. 601 De 1. R. 2448 D. L. h. 57 28 D. M. 45 Du Christ 1768.
Du Dernier et premier quartier de la septième et huitième Lune de la susdite année ce 11 septembre 1768
Salut au Grant Orient De France Lyon. Salut à Notre T. h. T. R. et T. P. Maître de Willermoz.
T h. T. R. et P. Maître


Je vous écris pour la première et dernière fois de notre année mystérieuse, Equinoxiale qui est composée d'un Equinoxe à l'autre pour vous prévenir d'être à votre angle Est d'observation le 27 le 28 et le 29 du présent mois de septembre pour i recevoir votre ordination sympathique de vertu et puissance relativement à votre dignité et qualité de R. + vous vous conduirez à cet égard conformément que vous trouverez ici joint n'attendez plus de moi aucun autre avis de ma part à ce sujet au contraire j'attendrai votre journal ternaire ; ne soyez point surpris si je prolonge le jour de nos opérations pour être notre Equinoxe général et de correspondance, je l'ai prolongé pour faciliter le temps convenable de quelqu'un de vos frères Réaux qui n'est point trop à son aise pour cet ouvrage Je commencerai demain sans faute à ouvrir les circonférences d'opération de Réaux et les tiendrai ouvertes en les poursuivant jusqu'aux Solstices d'hiver en cas d'évènement temporel contre quelqu'un de nos principaux chef, Et de l'ordre en général


Vous êtes averti au Nom De l'éternel de vous trouver .2 prosterné .3 dans le cercle qui est vers ouest, ou .4 le Mot de I. A. B. est écrit .5 à minuit précis du 27 au 28 bien entendu que vous ne ferez cette prosternation qu'après avoir .6 tracé entièrement tous les attributs qui sont dans votre quart de cercle en commençant par sa figure et finissant partout ce qui lui est généralement dépendant tel que l'on vous l'a donné a Paris ; .7 vous placerez trois bougies à l'angle de votre quart de cercle, une au cercle intérieur du cercle qui est dans votre quart de cercle sur la barre ouest .8 écrit RAP vous mettrez également .9 deux bougies à chaque extrémité de votre quart de cercle, et .10 une seule au centre des quatre sur milieu de la seconde ligne qui partage .11 les noms et les hiéroglyphes qui y sont écrit dedans cette seule lumière est le symbole de .12 ma présence sympathique à vos opérations. Le cercle ou vous devez faire votre prosternation sera à deux pieds de distance de l'angle d'ouest qui est en face de l'angle ouest où votre quart de cercle sera tracé après cette préparation faite, vous ferez votre prosternation.


Vous serez habillé de sur vous veste culotte et bas noir dénué de tout métal, pas même une épingle sur vous, vous n'aurez pas même vos souliers aux pieds lors de votre prosternation, mais vous les aurez au pied en pantoufle lors de vos invocations attendre qu'il faut que vous soyez fixé s'il était possible pour être plus parfaitement en règle vous vous feriez faire des souliers de chapeau avec une semelle de liège afin de n'avoir rien dans le lieu et sur vous d'immonde et d'impur voilà pourquoi on appelle mule du pape, vous devez m'entendre ensuite vous aurez sur votre premier habillement une longue robe blanche autour de laquelle il y aura une grande bordure couleur de feu d'environ un pied de large et autour des manches qui seront faite à façon d'aube il y aura pareillement une bordure couleur de feu d'environ un demi pied il y aura pareillement autour du collet de la dite robe une doublure de la même couleur en dehors dudit collet d'environ un travers de doigt vous aurez de plus sur vous toutes les couleurs de l'ordre savoir le cordon bleu céleste en sautoir au col sans aucun attribut ensuite le cordon noir passé de droite à gauche après le Grand cordon rouge passé de gauche à droite ensuite l'écharpe rouge de droite à gauche autour de la ceinture, en bas au dessous du ventre, ensuite vous passerez l'écharpe vert d'eau de gauche à droite ceinte sur la poitrine l'emplacement de ses deux écharpes sur votre corps font allusion aux séparations matérielles animales et spirituelle ; étant ainsi habillé, vous sortirez la lumière qui est allumée dans votre cercle de prosternation vous la placerez sur votre droite hors du dit cercle, en suite vous vous prosternerez dedans tout allongé de ventre sur terre et vous appuierez votre front sur vos deux poings fermés cette prosternation durera sans mot dire six minutes qui sera le temps de votre ordination de vertu ensuite vous vous lèverez debout, et vous irez allumer toutes les bougies qui sont dans le quart de cercle avec la bougie qui était dans votre cercle de prosternation sans doute qu'elle sera allumée du feu nouveau et lorsque tout est allumé vous allez faire votre prosternation dans votre quart de cercle en rangeant les deux bougies qui y sont dedans aux extrémités du quart de cercle et lorsque vous prononcerez quelqu'un des noms qui sont tracés vous demanderez à Dieu en vertu de la puissance qu'il avait donné à ses serviteurs tels et tels en nommant tous les noms écrits dans l'angle de vous accorder la grâce que vous lui demandez d'un cœur sincère et véritablement contrit et soumis et que pour vous assurer de sa miséricorde il vous fasse répéter l'hiéroglyphe ou quelqu'une des hiéroglyphes que vous aurez tracé devant vous avec de la craie blanche au milieu de la chambre entre votre quart de cercle et votre cercle de retraite qui est vers ouest où vous serez toujours placé lorsque vous voudrez travailler à l'avenir en attendant votre temps que je vous changerai d'ouvrage qui vous sera plus avantageux et plus lucratif peut-être que celui d'un apprenti après vos deux prosternation vous relèverez les mots des deux cercles de même que ceux qui sont autour du quart de cercle le genou droit et les deux mains en équerre de plat sur la terre vous dirais en relevant trois mots " in quacunque die tel tel tel invocavero Te velociter exaudi me " (quand que ce soit que je t'invoque, exauce-moi promptement) ; après que vous aurez fait toutes ses choses vous prendrez vos parfums que vous mettrez dans un petit plat de terre neuf dans lequel il y aura du charbon allumé avec du feu nouveau et vous irez parfumer votre quart de cercle des et votre cercle de retraite qui est vers ouest.


Parfum
" pour 4 sol du safran
" 4 sol d'encens mâle
" 4 sol de fleur de soufre
" 4 sol de graine de pavot blanc et noir
" 4 sol de clous de girofle
" 4 sol de cannelle blanche en bâton ou autre
" 4 sol mastic en larme gommé en bâton ou autre
" 4 sol sandara gommé
" 4 sol noix muscade
" 4 sol graine de parasol
mêler le tout ensemble et ensuite en jeter une bonne pincée dans le dit plat à poignée en suite le passer en forme de cercle autour du quart de cercle ensuite remettre trois bonnes pincées dudit parfum dans le dit plat où est le feu nouveau et encenser pendant quatre fois l'angle d'ouest, après cette cérémonie faite ; vous ferez les invocations que je vous enverrai par le premier courrier n'ayant point absolument le temps de vous les transcrire.
Heureux ! d'un événement qui permet au beau-père de se rapprocher de Dieu et gêne financière étant pressé pour faire faire des réparations que le dernier ouragan à occasionné à mon beau-père de quoi je ne suis point absolument fâché d'autant plus que cet évènement le fera rentrer en lui-même et aura plus de religion à l'avenir qu'il en a eu par le passé il est vrai que je serai un peu gênés pour nos pensions n'importe pourvu que cet évènement le convertisse nous avons eu ici un ouragan si fort qu'il a mis le clocher de St Michel à bas, tous les arbres des allées de Tourni sont en partie tous coupés par le milieu et les autre tous ébranchés plusieurs maisons, vignes et arbres de la campagne ont été mis a bas et surtout chez mon beau-père que non seulement la grêle lui a emporté quinze tonneaux de vin, l'ouragan lui a enlevé tout le reste et a mis à bas sa maison il faut le mettre cependant à l'abri des insultes du temps ; voilà ce qui m'empêche à ne pas vous envoyer le tout à la fois.
Vous observerez pendant les trois jours d'opération de dire le matin votre office du St Esprit le soir dans la chambre vous travaillerez les sept psaumes et la litanie des Saints vous entrerez dans votre laboratoire deux heures avant l'heure de minuit afin de pouvoir tout retracer de nouveau.
Je vous enverrai les bénédictions les exorcismes avec les invocations vous avez assez de temps devant vous pour être au travail les jours indiqués le premier jour de votre opération vous ne sortirez de votre cercle de retraite qu'à une heure et demi près de deux heures après minuit vous observerez de dîner ces jours là à midi précis et finirez de manger à une heure fixe, vous ne prendrez plus rien d'aliment que jusque que vous ayez fini votre opération vous pouvez boire de l'eau si vous en avez besoin mais point de café ni liqueur quelconque. Voilà un précis juste de ce que vous devez faire ainsi que je vous l'ai promis.
Je vous souhaite joie paix et santé dan votre travail que l'éternel veille sur vous et vos ouvrages qu'il les bénisse les prospère et les tienne ainsi que vous pour un temps immémorial à sa sainte garde.
Don Martines De Pasqually G. Souverain

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Lettre de Bacon de la Chevalerie à JB Willermoz(1775)

Publié le 24 Mai 2026 par T.D


Je ne sais, Monsieur, ce que l'on a pu vous répéter. d'alarmant pour l'Ordre des Elus Coëns et particulièrement pour ma gloire - il est vrai, j'ai parlé de la science de Martines et de sa friponnerie, mais des secrets de l'Ordre je n'ai rien révélé, il s'en trouve beaucoup plus d'écrit dans l'Encyclopédie à l'article Rose-Croix que je n'en ai dit aux personnes à qui j'en ai parlé.


Je ne suis ni enthousiaste, ni parjure, j'ai été effrontément trompé par un fripon, insulté par d'honnêtes gens, sur la foi de ce même fripon, connu d'eux pour tel : j'ai voué mon indignation au premier, il l'a emportée au tombeau, et ma pitié aux derniers.


Il me reste un profond mépris. En outre, pour tout ce qui était illusoire dans ce qui m'a été montré quoique je conserve une pente à croire qu'en effet il existe quelque réalité dans la science dont ce coquin de Martines s'était établi professeur et cette entreprise ne rendait qu'à l'orgueil humain.


Quant aux serments qu'on a exigés de moi sans connaissance de cause, j'ai été forcé de les apprécier par le mépris que Martines en a fait lui-même par celui que vous et les autres R. + en avez fait.


Mais je n'ai point à me reprocher d'y avoir manqué. J'en ai cent fois moins dit que Martines en une seule conversation n'en a dit à des profanes, à des femmes, entre autres à Mme la Comtesse de Lusignan.
J'ai pu parler des invocations, mais n'ai prononcé ni aucun mot de puissance, ni aucun de nos formes. Je n'ai fait aucun usage de l'autorité qui m'a été confiée, que je conserve parce que nulle créature humaine peut me la ravir ; que des hommes aveugles et livrés à un instant d'inconséquences ont crû trop légèrement, que j'avais perdue. J'ai souffert sans aigreur et sans murmure les effets de leur faiblesse, mais je ne souffrirais pas de même que l'on me taxât de manquer à mes engagements. Ceci exige un long commentaire. Je ne réponds à votre lettre que sommairement, mais quand vous le voudrez, nous donnerons toute l'extension lit ma réponse dont elle est susceptible.


J'aime, je reconnais, et je respecte la franchise avec laquelle vous m'avez parlé, mais je plains l'aveuglement qui vous a rendu ainsi que les autres injuste envers moi.
Je vous embrasse mon cher Willermoz, de tout mon cœur.

ADDITIF sur la succession de Martinez de Pasqualy :
Selon M. René Philipon , Bacon de La Chevalerie fut destitué par Martines, en 1772, peu avant son embarquement et fut remplacé par De Serre. Une information toute différente est donnée par. le Prince Chrétien de Hesse-Darmstadt (in ordine Christianus Eques a Cedro Libani), dans son carnet de notes autographes où il reproduit une note qu'il avait écrite le 12 janvier 1782 dont voici la traduction de la partie se rapportant à ce fait :
"Ayant décidé un voyage, il (Martines) élut pour son successeur un nommé Bacon de La Chevalerie et au-dessous de lui cinq autres.


1. Saint-Martin, qui est devenu célèbre par le livre Des Erreurs et de la Vérité. Il vit à Paris, près de la marquise de La Croix qui le maltraite assez durement, ce qu'il subit avec patience pour pouvoir toucher sa pension du Roi.
2. Willermoz est le second. Il vit à Lyon et a une bonne tête, mais il se tourmente le jour et la nuit pour augmenter ses revenus : il ne possède plus de proches parents et ne compte pas parmi les marchands vendant bon marché. En outre, il a un esprit très despotique, mais il est d'une vertu stricte. Il a introduit l'ordre de Martines dans la Franc-maçonnerie et en a caché l'origine réelle.


3. Desert ou Deserre, officier d'artillerie est le troisième, il vit à part. Il a eu dans sa jeunesse des querelles avec son frère cadet et, à cause de ces différents, préfère distribuer sa fortune à ses amis, plutôt que de la laisser à ses neveux.


4. Du Roi d'Auterive est le quatrième. Celui-ci a (dit-on) prétendu le 10 pour cent (c'est-à-dire qu'il pratiqua l'usure). Mais ce fait n'est pas complètement prouvé. Il vit, du reste, honnêtement et est toujours jovial. Il donne beaucoup aux pauvres, et sans faire montre d'une vertu austère, il est profondément pieux.
5. Le cinquième (de Lusignan) ne m'est pas encore connu d'une façon certaine pour que je puisse en parler.
Ces cinq personnages n'ont pas voulu reconnaître Bacon de La Chevalerie comme chef, parce qu'il est encore très inconstant dans la vraie discipline de la vie .


Le Prince poursuit :
Le fils de Pasqualis est à peu près dans sa quinzième année ; on l'élève de façon à ce qu'il puisse être un jour le successeur de son père. L'abbé Fournié qui reçoit une pension de la Loge des Amis réunis, est son instituteur.
D'où le Prince Chrétien a-t-il tiré ces informations ?


Il le dit lui-même dans une lettre, rédigée en français, au Grand Profès Metzler, sénateur de Francfort-sur-le-Main :
Dans une conférence que j'eus avec le Marquis de Chef de Bien d'Armissan, eques a capite galeato 1753- 1814, à Strasbourg, au mois de janvier 1782, j'appris que Don Martines Pasqualis était le Chef de cette secte ; qu'elle avait un tout autre but que la Franche Maçonnerie et qu'elle y avait été entée par l'inconsidération d'un des chefs de cette secte. Pasqualis prétendait que ses connaissances venaient d'Orient, mais il était à présumer qu'il les avait reçues de l'Afrique. Avant de quitter la France, Pasqualis institua pour son successeur Bacon de La Chevalerie et sous lui cinq supérieurs. (Suivent les cinq noms rapportés dans le carnet de notes.)


Dans les communications du marquis de Chef de Bien transpire son animosité contre tout ce que l'on peut appeler "Martinisme ". Cela peut même être considéré comme une preuve de la vérité du récit. Enfin, la façon d'écrire les noms s'accorde bien avec le fait qu'ils ont été communiqués de vive voix.


Il se pourrait fort bien que Martines n'ait pas du tout destitué son substitut général Bacon de La Chevalerie, mais qu'avant de s'embarquer, il ait renforcé son Tribunal Souverain.

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Extrait d'une lettre de Willermoz à Türkheim (juillet 1821)

Publié le 24 Mai 2026 par T.D

" Je remplirai tant ce que je pourrai ce que je vous ai offert pour faciliter l'intelligence du Traité, de la réintégration des Etres de Don Martines de Pasqualis, dont vous allez vous occuper.


Vous me demandez à son sujet s'il était Juif, comme on vous assure. Je réponds non, il ne l'était pas et ne l'a jamais été. Comme initié dans la haute science secrète de Moïse il était grand admirateur des vertus des premiers Patriarches Juifs, mais il ne parlait qu'avec mépris des chefs modernes de cette nation, qu'il ne considérait plus que comme plein de mauvaise foi.


Ses inconséquences verbales et ses imprudences lui ont suscité des reproches et beaucoup de désagréments, mais il était plein de cette foi vive qui les fait surmonter. Dans son Ministère il avait succédé à son père homme savant, distinct et plus prudent que son fils, ayant peu de fortune et résident en Espagne.


Il avait placé son fils Martines encore jeune dans les gardes Wallonnes où il eut une querelle qui provoqua un duel dans lequel il tua son adversaire ; il fallait s'enfuir promptement et le père se hâta de le consacrer son successeur avant son départ. Après une longue absence le père sentant approcher sa fin, fit, promptement revenir le fils et lui remit les dernières ordinations.


Je n'ai connu le fils qu'en 1767 à Paris longtemps après la mort du père. Il y était venu pour solliciter la croix de Saint Louis pour ses deux frères cadets domiciliés à Saint Domingue qu'il venait d'obtenir. Il prit pour moi beaucoup d'amitié et une grande confiance qui s'est soutenue jusqu'à sa mort. Il prolongea de quelques mois son séjour à Paris pour m'avancer plus rapidement dans les hauts grades et me mit, à la porte du dernier, réservé pour lui seul comme chef.


Veuf, sans enfants, il retourna à Bordeaux pour se remarier avec une femme vertueuse et se donner par elle un successeur. Il fit baptiser celui-ci solennellement par le curé de la paroisse. Au retour de l'Église, il s'enferma seul avec l'enfant et quatre de ses amis avancés en connaissances et là fit avec eux la première consécration de son fils ce qui fut remarqué et donna lieu à bien des propos contre lui. J'avais été prévenu par lui et invité avec plusieurs frères des hauts grades, quoique absents et éloignés, pour y assister. - Quelque temps après il partit pour St. Domingue où il est mort (en 1774) avancé en âge. Au moment de sa mort il fit à 1000 lieues de là un salut d'adieu à sa femme occupée d'un ouvrage de broderie, et traversant (la chambre ?) en ligne diagonale du levant au couchant d'une manière si frappante qu'elle s'écria devant plusieurs témoins : "Ah, mon Dieu, mon mari est mort !" Fait qui a été vérifié et confirmé.


La mère a donné pendant bien des années des soins maternels à l'éducation de son fils et s'est remariée à un capitaine de vaisseau marchand. La révolution survenue ne m'a pas permis de savoir ce qu'est devenu le fils, et j'ignore s'il est mort ou vivant. - J'ai appris depuis par une autre voie sûre (la somnambule) que Don Martines a expié dans l'autre monde par des souffrances pendant plusieurs années ses fautes et imprudences humaines et qu'il a ensuite été récompensé de sa grande foi et élevé à un haut degré de béatitude, où il a été vu en portant sur la bouche le signe respectable qui caractérise le sacerdoce et, l'épiscopat. Voilà, mon ami, ce que je puis dire de plus certain de ce prétendu Juif dont vous me parlez, de cet homme extraordinaire auquel je n'ai jamais connu de second. Vous connaîtrez bien par les lectures du Traité que souvent l'auteur était dicté


Lettre de Willermoz à Türckheim du 12 août 1821et dirigé, par un agent invisible. "


" Je reviens avec vous sur l'article de Pasqually et de son manuscrit sur lesquels on vous a fait tant d'Historiettes, comme sur l'ouvrage de Saint-Martin qui est, dit-on, tiré littéralement des Parthes, et qui en sort comme j'en suis sorti. J'ai connu très anciennement un Monsieur Kuhn, de Strasbourg : il était alors un curieux empressé auquel je n'avais pas grande confiance. Quelle que soit la prétendue origine chaldéenne, arabe, espagnole ou française que l'on veuille donner au Traité de la Réintégration de Pasqually, je puis dire que je l'ai vu commencer en France et en mauvais français par lui-même, et ce travail a été encore mieux vu et suivi par mes amis intimes, M. le chevalier de Grainville, lieutenant-colonel du régiment de Foix, et M. de Champolëon, alors capitaine des Grenadiers du même régiment, qui allaient passer tous leurs quartiers d'hiver auprès de lui, et se mettaient en pension chez lui pendant six mois pour travailler sous lui et corriger des défauts de style et d'orthographe sur chaque feuille à mesure qu'il les avait tracés. Ils prenaient ensuite la peine de copier pour moi de petits cahiers qu'ils m'envoyaient ensuite après qu'il les avait approuvés, car il les chicanait souvent sur certains mots qu'ils jugeaient plus français et il les rayait sous leurs yeux comme contraires au sens qu'il voulait exprimer. Voilà les faits dont je suis certain. Tirez-en les conséquences que vous jugerez convenables.


" M. de Saint-Martin, officier dans le même régiment où M. le duc de Choiseul, voisin de son père, l'avait placé, reçu dans les hauts grades de l'Ordre, très longtemps après ces deux Messieurs et deux ans après moi, a tenu habituellement la même marelle, et s'établissait pensionnaire de Pasqually pendant tout le temps d'hiver qu'il ne donnait pas à son père. Ayant quitté le service avec le blâme de son père et de M. de Choiseul, il vint à Lyon et vint d'amitié, loger chez moi qui demeurais alors aux Brottaux où il a composé son livre des Erreurs et de la Vérité. Il aurait voulu y dire beaucoup de choses importantes, mais lié comme moi et les autres par des engagements secrets, il ne le pouvait pas. Désespéré de ne pouvoir pas se rendre par cet ouvrage aussi utile qu'il le désirait, il le fit mixte et amusant par le ton de mystère qui y régnait. Je ne voulus y prendre aucune part. Deux de mes amis et principaux disciples littérateurs lui persuadèrent enfin de refaire son ouvrage. Il le refit avec eux sous mes yeux tel que vous le connaissez. Aux hautes connaissances qu'il avait acquises de Pasqually, il en joignit de spéculatives qui lui étaient personnelles. Voilà pourquoi tout n'y est pas élevé et qu'il s'y trouve quelques mélanges ; voilà aussi comment cet ouvrage est venu des Parthes ! Risum tenealis ! "

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