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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

LE SYMBOLISME DE LA TOUR DE BABEL

Publié le 31 Juillet 2026 par T.D

by AS

Dans Genèse 11:1;9, nous trouvons des informations selon lesquelles la diversité des langues existant sur terre a son origine dans un travail raté de la franc-maçonnerie opérative. Il s’agit probablement d’un travail tenté par les descendants de Cham, l’un des fils de Noé, après le déluge. Cette œuvre, qui aurait commencé dans un lieu appelé Senaar, supposément à l’endroit où se trouvent aujourd’hui les ruines de l’ancienne cité de Babylone, a été conçue par un roi appelé Nenrod, mentionné dans la Bible comme étant le « grand « chasseur devant l’Éternel » (Genèse 22:1). 10; 9). C’était une immense tour à gradins, construite en plein milieu de la ville, faite de briques d’argile cuite, utilisant du bitume comme mortier. Cette tour, selon les chroniqueurs bibliques, révélerait une vaine intention des êtres humains, car ils voulaient « rendre leur nom célèbre ».

Historiquement, il n’est pas nié que la Tour de Babel ait pu exister. Des vestiges de bâtiments du type mentionné dans la Bible et par les historiens antiques qui ont traité de ce sujet ont été mis au jour sur divers sites archéologiques du Moyen-Orient, notamment dans des endroits où l’on suppose que le modèle qui aurait servi au récit biblique était érigé. Il s’agit de tours appelées « ziggourats », qui, selon les historiens modernes, étaient utilisées à la fois pour les services religieux et les observations astrologiques.

Bien avant les temples dans lesquels la Bible a commencé à être compilée (probablement au VIIe siècle avant J.-C., sous le règne du roi Josias de Juda),  les peuples vivant en Mésopotamie, une région située entre les fleuves Tigre et Euphrate (aujourd’hui (jour de l’Irak), se vantait déjà d’une civilisation avancée. Il y avait là des villes très urbanisées et peuplées, comme Ur, Eridu, Uruk et la célèbre Babylone, qui à l’époque d’Hérodote était déjà considérée comme la plus grande et la plus belle ville du monde. Selon cet historien, en 440 av. J.-C., il vit à Babylone les restes d’« une tour solide, faite de briques cuites, de 201 mètres de longueur et de largeur, sur laquelle fut érigée une deuxième tour, puis une troisième, et ainsi de suite ». jusqu’à huit. L’ascension au sommet se fait par l’extérieur, par un chemin qui entoure toutes les tours. À mi-hauteur, il y a un endroit pour se reposer et des sièges où les gens peuvent s’asseoir un moment en chemin vers le sommet. Dans la tour supérieure se trouve un temple spacieux, et à l’intérieur du temple se trouve un canapé de taille inhabituelle, richement orné, avec une table dorée à côté.

En général, les historiens s’accordent à dire que l’inspiration biblique de l’histoire de la Tour de Babel doit résider dans les fameuses « ziggourats », d’énormes tours que les habitants de cette région construisirent pour servir de temples et d’observatoires astrologiques, et qui étaient encore en vogue en l’époque d’Hérodote et d’Alexandre. Dans la littérature retrouvée dans la célèbre bibliothèque d’Assurbanipal, le roi assyrien du VIIe siècle av. J.-C., qui assiégea et détruisit le royaume d’Israël, on trouve de nombreuses références à ce type de construction et à son utilisation. Il existe plusieurs légendes enregistrées dans la littérature sumérienne qui font référence à ce sujet. L’un d’eux, par exemple, raconte qu’Amar-Sin (2046-2037 av. J.-C.), le troisième monarque de la troisième dynastie d’Ur, tenta de construire une ziggourat dans la ville d’Eridu, qui ne fut jamais achevée. Il existe également d’autres informations qui ont pu servir d’inspiration aux chroniqueurs bibliques, non seulement pour l’épisode de la Tour de Babel, mais aussi pour la création du personnage appelé Nimrod, qui aurait été le créateur de la Tour de Babel. C’est l’histoire du roi Enmerkar (connu sous le nom d’Enmer le Chasseur), roi d’Uruk, qui aurait construit une grande « ziggourat » dans cette ville. Cette histoire fait également référence au combat entre deux dieux rivaux, Enki et Enlil, qui se disputent les honneurs de ce temple construit par Enmerkar, le seigneur d’Aratta, et finissent de ce fait par confondre les langues des peuples qui ont travaillé sur ce temple. construction.

Il existe plusieurs documents sur ce sujet dans la littérature sumérienne et babylonienne, ce qui a conduit les chercheurs à penser que l’inspiration biblique provient de ces sources. Le roi Nabopolassar, par exemple, également mentionné dans la Bible pour les raids qu’il mena contre les Juifs, est considéré comme un grand bâtisseur et l’un des principaux rois à avoir fait de Babylone la ville la plus importante du monde à son époque. Les ruines du magnifique palais résidentiel qu’il fit construire ainsi que le somptueux temple dédié au dieu Ninurta sont encore visibles aujourd’hui. Cependant, son projet architectural le plus ambitieux fut la reconstruction de la ziggourat Etemenanki, connue sous le nom de « Fondation du Ciel et de la Terre », une gigantesque tour à gradins qui servait de temple et d’observatoire astrologique.

En termes linguistiques, le nom Babel est l’équivalent grec du terme akkadien Bãb-ilu, qui signifie la « Porte de Dieu ». D’où la connotation luciférienne que la Bible donne à cette œuvre. Comme on peut le voir en lisant la chronique biblique, la position adoptée par les chroniqueurs juifs et acceptée par les commentateurs de la Bible, en particulier les compilateurs de la Mishna, un ensemble de commentaires rabbiniques sur la Bible, est que la tour de Babel est à l’origine d’un rébellion. contre Dieu. Dans certaines de ces mishnah, nous trouvons même l’idée que la tour de Babel a été construite non seulement pour défier le pouvoir de Dieu, mais aussi pour s’opposer à Abraham, l’un des principaux prêtres de la Chaldée de l’époque. Il critiquait toujours ses pairs et les exhortait à vénérer Dieu au lieu de le défier. Un passage de la littérature rabbinique qui fait référence à ce sujet dit que les constructeurs ont prononcé des paroles acerbes contre Dieu. Ces paroles ne sont pas enregistrées dans la Bible, mais les commentateurs rapportent qu’à cette époque, le ciel fut secoué par Dieu pour provoquer la pluie, alors ils construisirent cette tour et la soutenèrent avec de solides colonnes, afin qu’elle puisse résister à toute autre inondation. que Dieu voulait envoyer sur la terre. Les chroniqueurs du Talmud et l’historien Flavius ​​Josèphe font également référence à ces traditions dans leurs commentaires de la Bible, désignant Nimrod comme le principal articulateur de cette œuvre.

La Tour de Babel est également mentionnée dans l’Apocalypse de Baruch, un livre apocryphe de la Bible, où ce prophète visionnaire, comme Dante dans sa Divine Comédie, voit les constructeurs de la Tour de Babel, sous la forme de chiens, subir le châtiment que Dieu leur a infligé. violé.

Dans les anciennes traditions mystiques, les ziggourats étaient considérées comme des portails par lesquels les dieux pouvaient entrer sur terre et par lesquels l’homme pouvait également entrer au ciel. On les considérait comme des « échelles » reliant la terre au ciel. De même que les habitants du ciel pouvaient venir sur terre par ces portes, les hommes pouvaient aussi entrer au ciel par elles, d’où la crainte des Elhoins (les véritables bâtisseurs de l’univers et créateurs de l’homme) que le ciel soit envahi par cette race dégénérée, qui étaient les humains engendrés par les archanges rebelles qui avaient été expulsés du ciel. C’est pourquoi il est dit dans la Bible : « Allons maintenant, confondons leur langage, afin qu’ils ne se comprennent pas entre eux. » Ce discours, au pluriel, montre que ce n’est pas Dieu qui a confondu les langues, mais plutôt un groupe d’archanges (Elhoins), comme le suggère la tradition kabbalistique.

L’idée de l’existence d’une langue unique sur terre, à l’époque où la Bible identifie la construction de la tour de Babel, n’est pas acceptée par la plupart des spécialistes. La tendance est de voir ce mythe comme des souvenirs d’un processus d’organisation des royaumes mésopotamiens, qui ont connu une série de montées et de chutes, avec différents peuples se succédant au pouvoir et aux dynasties royales, chacun essayant de surpasser les précédents. en pompe et grandeur. . D’où la construction d’ouvrages somptueux, qui, en fait, était commune à toutes les grandes civilisations du passé. Ainsi, un projet de méga-construction en Mésopotamie a pu avoir recours au travail forcé de diverses populations asservies, puisque Babylone, au plus fort de son histoire de conquêtes, dominait la plupart des peuples du Moyen-Orient, avec leurs différentes langues. Certaines d’entre elles étaient même non sémites, comme le hourrite, le kassite, le sumérien et l’élamite, qui étaient des langues cananéennes. Il s’agit probablement de l’effondrement du grand empire babylonien, conquis par le roi perse Cyrus le Grand en 525 av. J.-C. ce qui a conduit à la chute de la « Tour » (Babylone) et à la dispersion des peuples qui la formaient. De cette façon, l’histoire de la Tour de Babel aurait été insérée dans la Bible après le retour des Juifs de la captivité babylonienne et de la soi-disant Etemenanki, la ziggourat des rois babyloniens, le sanctuaire principal de la « religion abominable ». « de Babel », a été stigmatisée par les chroniqueurs juifs comme étant responsable de la grande confusion des langues qui existe sur terre.

La Bible ne mentionne pas ce qui est arrivé à la tour de Babel, mais des auteurs anciens provenant de diverses sources rapportent que Dieu l’a détruite. Les récits contenus dans le Livre des Jubilés, dans les œuvres de Corneille Alexandre d’Abydène, et surtout de Flavius ​​Josèphe (Antiquités juives 1.4.3), et les Oracles sibyllins (iii. 117-129) rapportent que Dieu renversa la tour avec une grande vent. .

Cela montre à quel point ce récit a été approprié par les chroniqueurs juifs pour justifier leur théologie et leur idéologie raciale, la première s’incarnant dans l’idée de l’existence d’un Dieu unique et qu’Israël serait le seul peuple à l’adorer. Et le deuxième pour affirmer la suprématie du peuple d’Israël sur ses voisins. Car selon les adeptes de cette tradition, la langue d’Israël, et son alphabet, l’hébreu, est une langue créée au ciel, parlée par les Elohim, les archanges qui ont fait l’homme à leur image et à leur ressemblance. Les autres langues seraient toutes barbares, nées de la « confusion » provoquée par l’effondrement de la tour de Babel.

L’histoire de la Tour de Babel, comme les autres légendes et traditions mentionnées dans la Bible, n’est pas exclusive aux peuples mésopotamiens, et la littérature biblique n’est pas la seule à y faire référence. Parmi les peuples d’Amérique centrale, il existe plusieurs histoires similaires. Chez les Aztèques, on raconte l’histoire de Xelhua, l’un des sept géants qui se sauvèrent du déluge en construisant la Grande Pyramide de Cholula pour défier le Ciel. Les dieux la détruisirent par le feu et brouillérent le langage des constructeurs. Les Toltèques, un peuple qui précède les Aztèques dans la liste des civilisations qui peuplaient l’ancien Mexique, avaient également une légende similaire selon laquelle les hommes se sont multipliés après le grand déluge et ont commencé à construire un haut zacuali (tour) pour s’abriter au cas où le Les dieux envoient un autre déluge sur la terre. Ils disent aussi que la tour n’a pas été achevée parce que leurs langues étaient confondues et qu’ils étaient dispersés dans différentes parties de la terre.

Des histoires similaires ont également été enregistrées en Inde, au Népal, parmi les habitants de l’Estonie et les aborigènes d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ce qui montre que la Tour de Babel est un archétype partagé par la mémoire commune de l’humanité.

Et comme tout ce qui touche à la Bible, cette histoire est également devenue un article de foi. Nombreux sont ceux qui défendent le sens littéral de l’épisode de la Tour de Babel comme étant à l’origine des différentes langues parlées sur terre. Et comme on dit, l’histoire peut être discutée, mais pas la foi.

Dans l’ancienne franc-maçonnerie opérative, c’était Nimrod et non Hiram Abiff qui était le patron de la franc-maçonnerie. L’art de la construction avait ce roi mythologique comme figure la plus représentative. C’est probablement l’influence de la Réforme protestante, avec son aversion pour tout ce qui, dans la lecture protestante, contaminait la doctrine chrétienne, qui a retiré Nimrod de ce piédestal, le remplaçant par Hiram Abiff, l’architecte supposé du Temple du roi Salomon. Cependant, des références au constructeur de la tour de Babel se trouvent dans plusieurs Old Charges, anciens manuscrits des maçons opératifs anglais, montrant que parmi les anciens maçons constructeurs de cathédrales, le roi sumérien mythologique était une figure de grande importance.

Enfin, il convient de rappeler que dans la mystique maçonnique, l’épisode de la Tour de Babel est une allégorie d’une grande signification initiatique. Elle se rattache, d’une part, à l’art du maçon, qui renvoie à son métier de constructeur, et d’autre part au sens ésotérique de « l’échelle de Jacob », puisqu’il s’agit, dans le mysticisme de la franc-maçonnerie, d’une « « chemin » par lequel les anges descendent sur terre et les hommes montent au ciel. Dans le symbolisme de l’art royal, il signifie l’ascension de l’esprit humain à travers les étapes de la perfection spirituelle. C’est pour cette raison qu’il sera invoqué dans le catéchisme maçonnique des degrés supérieurs comme désignation d’un enseignement important.

JAR

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Babel et le Pavé Mosaïque (extrait de La Revue du Maçon)

Publié le 31 Juillet 2026 par T.D

L’auteur tente un rapprochement entre le Pavé Mosaïque en tant qu’imago Mundi

et la tour de Babel.

Ce lien est caractérisé par l’orgueil de l’architecte qui pense détenir à l’image de Dieu, le pouvoir de créer et d’organiser la manifestation.

        Le pavé mosaïque met en œuvre la construction d’un motif bipolaire. Construit par l’homme, ce motif synthétise une opposition associée à une prétention « cosmocréatrice » de l’artisan. La tesselle de carreaux bicolores par son assemblage suivant ordonné et abscisse organise le chaos.

        L’artisan devient alors démiurge. Il tente d’imiter celui de qui il tient ses pouvoirs et c’est ici que se situe le point de séparation entre l’homme à genoux devant son créateur et celui qui par bravade ou tentation, s’en va mesurer son orgueilleuse puissance à celle du grand architecte de l’Univers. Construire un pavé mosaïque en tant que fondement de la manifestation, revient à se laisser tenter par Babel. On relate, dans les origines mythiques du métier, l’évènement de la construction de la tour de Babel, comme étant un élément fondateur de la profession des bâtisseurs. Le Régius cristallise la légende : « Écoutez maintenant ce que j'ai lu : bien après l'effroi résultant du Grand Déluge, on bâtit la tour de Babylone, solide ouvrage de pierre et de chaux comme on n'en avait jamais vu. Elle était si longue et si large que l'ombre à midi, avait sept miles.

        C'est Nabuchodonosor qui la fit construire pour protéger les hommes, s'il survenait un nouveau déluge. Leur orgueil et leur vantardise furent la cause de la fin de l'entreprise. Leurs langues furent divisées et ils ne se comprenaient plus. » 

        Plus tard encore, l’origine Babélienne du métier fut glorifiée et expurgée de sa connotation négative : On remarque qu’avant la légende d’Hiram prévalait entre autres la légende de Noé, le père des constructeurs, que l’Ancien Devoirs, le Graham, consacre en ultime conclusion. Toute la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui est issue de la légendaire Hiramique ou celle plus ancienne et opérative des Quatres Couronnés, celle d’Arnaud de Montauban, puis celles intermédiaires de Maître Jacques et le Père Soubise. On constate que l’ensemble légendaire opératif et symbolique repose sur le crime aussi nécessaire qu’utile. Il devient mythe fondateur et peut s’assimiler à la geste chrétienne de la passion du christ et en toute hypothèse, suggère le principe d’exemple et de résurrection. C’est en ce sens que la Franc-Maçonnerie élabore l’éloge du crime. Le crime par sa nature morale et du fait des tables de la loi données à Moïse ne peut être que teinté de noir.

        Les conséquences de ce crime, nous dirons plutôt l’effet miroir, sanctifie le passage à l’Orient Eternel dans un continuum de successibles Maîtres maçons qui reçoivent et revivent la légende d’Hiram. C’est un point intéressant et curieux qui nous ramène aux anciennes pratiques des transferts de type « Dibouk » telles que décrites dans la littérature juive. Ajoutons pour être complet que le crime utile vaut aussi pour soi-même. En plus du transfert successoral évoqué plus haut, il convient pour faire place au nouvel Hiram qui est en nous, de tuer le vieil homme.

        Celui qui nous « habite » n’est plus le même depuis notre initiation. Faire table rase d’une animalité envahissante et dispendieuse d’une énergie trop précieuse. Se dissiper sans but et sans fin n’est plus à l’ordre du jour.

        Il existe donc une dichotomie agissante qui oscille entre le respect du créateur ou de l’architecte et son meurtre rituelique. S’en suit une tension indispensable, qui permet au ciment qui lie chaque pierre de l’édifice de prendre. Ainsi, pouvons nous affirmer que le pavé mosaïque qui est le lieu du dépôt de la dépouille d’Hiram, trouve sa fonction première dans une apparente opposition, pour faire sienne, plus encore que de mesure, l’unité entre tous les membres qui la compose. L’unité retrouvée se fait grâce au joint invisible et sacré qui les unit, aussi bien dans le deuil, que dans la recherche de la parole perdue. Ce joint interstitiel visible du seul initié est le but réel du la représentation mosaïque du pavé.

        Sans doute parce que notre interprétation n’est que réfractée par notre sens manichéen et primaire. De cette filtration résulte une méprise : Le Dieu « Cosmocréateur » ayant créé l’homme à son image n’installe pas la sanction pour la prétention et la tentation de l’imiter par la construction de cet édifice.

        Au contraire, la fameuse confusion des langues ne fait que donner naissance à la diversité des langages, en autant de peuplades et pays. L’incompréhension qui en résulte provoque l’abandon du projet de Nemrod. Peut-être qu'il n’est en fait qu’ajourné, en attendant une sagesse et une capacité à mieux s’assimiler à l’autre. Les fondations reposent sur l’altérité. Cette sagesse repose, bien évidemment sur la capacité de chacun à accepter l’autre dans sa différence, vieille vertu chrétienne, redécouverte au Siècle des lumières et qui aboutit tout naturellement à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.  Cet état d’esprit se traduit par une capacité à être frères unis dans une chaîne d’union autour du pavé mosaïque, témoin et miroir de fraternité.

De même ce principe jointif du meurtre utile, nous renvoie à un épisode bien connu de l’Ancien Testament, inhérent à l’érection de la tour de Babel.

        Pourquoi la génération de la construction de cette tour censée tutoyer Dieu en son ciel, n’a-t-elle jamais été punie ni anéantie comme le fut la génération du Déluge ? Flavius Josèphe relate : « Nemrod peu à peu transforme l'état des choses en une tyrannie. Il estimait que le seul moyen de détacher les hommes de la crainte de Dieu, c'était qu'ils s'en remissent toujours à sa propre puissance. Il promet de les défendre contre une seconde punition de Dieu qui veut inonder la terre : il construira une tour assez haute pour que les eaux ne puissent s'élever jusqu'à elle et il vengera même la mort de leurs pères. Le peuple était tout disposé à suivre les avis de Nemrod, considérant l'obéissance à Dieu comme une servitude ; ils se mirent à édifier la tour [...] ; elle s'éleva plus vite qu'on eût supposé ».

        Au plan symbolique l’épisode de la tour de Babel est une synthèse allégorique de l’épisode de la chute. Le rapprochement entre la tour de Babel et le pavé mosaïque est illustré de façon fort probante par le sol de la cathédrale d’Otrante ou l’on voit un pavé mosaïque non loin d’une tour, elle aussi bicolore, ne laissant aucun doute sur le rapprochement que nous venons d’effectuer.

        L’analogie nous semble évidente. La brique est une glaise pétrie et formée puis cuite, l’homme est dans la plupart des traditions, fait à partir de la glaise… Ainsi c’est l’assemblage des briques de glaise, passées par le feu, qui représentent l’expérience du mal et la multitude. Enfin unies par leurs joints, de manière hélicoïdale s’érige l’édifice. L’alliance du feu, du joint et de la brique3, le tout par la main de l’homme fait de celui-ci, indirectement, le sujet du feu et de Satan. Dans le pavé mosaïque nous retrouvons les mêmes ingrédients sans pour autant passer par le feu. C’est ici la lumière4 et la ténèbre qui oeuvrent en amont comme résultat de la différenciation des origines et le feu est absent. Cette disposition du pavé mosaïque de s’abstraire de la matérialité, lui donne cette supériorité symbolique qui en fait un élément fondateur des mythèmes maçonniques. C’est aussi l’antitype de la tour de Babel. 

        C’est dans le pavé mosaïque, sans passer par le feu et donc l’éternelle damnation du diable, que le créateur entend « ré-unir » les peuples dispersés et les langues qui ont perdu le Verbe. Cette union se fera sans recours à une construction verticale de matière et de feu, mais plutôt dans l’ascension ternaire que suggère un dualisme apparent. L’effort à produire est personnel. Il nécessite une transformation de soi, et repose sur notre capacité à modifier notre regard. Il ne repose pas sur un temps de cuisson ni sur un savoir-faire, ni d’ailleurs sur le strict orgueil de Nemrod.

        Ce dernier est l’ancêtre des francs maçons et considéré comme tel par les Anciens Devoirs, tels le Régius ou le Cooke de 1390 et 1420, où il lui est donné le titre de « Premier et Très Excellent Grand Maître ». C’est à lui que l’on attribue la rédaction des premières charges et devoirs de la profession. L’historien Mackey confirme que l’histoire fondatrice et légendaire de la profession à prévalue jusqu’au XVIIIe siècle, pour être remplacée par la légende D’Hiram, où Salomon se substituera à Nemrod…

(…)

ER

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La tour de Babel : signification symbolique

Publié le 31 Juillet 2026 par T.D

7 juillet 2026

La tour de Babel : quelle interprétation ? Quelle est la signification de la tour de Babel dans la Bible ? Quelle dimension symbolique ?

Après la colère du Déluge et l’épisode de l’arche de Noé, Dieu conclut une alliance avec les hommes ; il les invite à se répandre et à se multiplier sur la Terre. Le peuplement se fait, différentes nations sont fondées et divers langages apparaissent. C’est alors qu’intervient l’édification de la tour de Babel :

1) Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
2) Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent.
3) Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment.
4) Ils dirent encore : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.
5) L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.
6) Et l’Eternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.
7) Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres.
8) Et l’Eternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.
9) C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Eternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Eternel les dispersa sur la face de toute la terre.
Livre de la Genèse, chapitre 9

Les hommes décident donc d’édifier une ville et une tour pour éviter leur dispersion sur le globe, et pour « se faire un nom ». La tour est donc sensée être le nouveau centre de l’humanité, permettant aux humains de former un seul peuple, parlant une seule langue, portant un seul nom, ce nom pouvant concurrencer le nom ineffable de Dieu.

Cette initiative ne plaît pas à Dieu, qui décide de confondre les langages et de disperser les hommes loin de la Tour. A noter que le mot Babel dérive de la racine hébraïque blbl, qui signifie « confondre » ou « bredouiller ».

Pourquoi Dieu rejette-t-il cette construction humaine ? Comment interpréter la tour de Babel dans la Bible ? Quel parallèle peut-on établir avec notre civilisation actuelle ?

Entrons dans la signification et le symbolisme de la tour de Babel.

Lire aussi notre article sur le symbolisme de la tour

La tour de Babel : signification symbolique

Soucieux d’éviter leur dispersion, les hommes décident de créer une ville-capitale autour d’une tour, laquelle apparaît comme le nouveau centre de l’humanité, voire le centre du monde et de l’univers. En effet, le sommet de cette tour est destiné à « toucher le ciel ».

C’est donc à une conquête du Ciel que se livrent les hommes : en s’appropriant le domaine du céleste, ils créent leur propre Loi, ils prennent la place de Dieu.

Ainsi, au lieu de s’unir autour de la loi divine, les hommes se rassemblent autour d’une construction matérielle, autour d’un axe du monde artificiel, conçu selon leurs propres règles.

Cette tentative montre l’incapacité de l’homme à reconnaître la prééminence de Dieu : la tour de Babel symbolise l’ignorance autant que l’orgueil. Elle est l’expression même du péché :

  • les hommes renient l’alliance qu’ils avaient passée avec l’Eternel,
  • ils vénèrent un symbole artificiel,
  • ils se rendent coupables d’hybris mot qui traduit la démesure humaine, mais aussi la tentative de l’Homme d’usurper les qualités divines. Ce désir irrationnel de puissance, doublé d’arrogance, annonce une chute prochaine.

La tour de Babel a quelque chose de monstrueux : ses dimensions gigantesques écrasent l’humanité au lieu de la libérer. Incapable de comprendre que seul le respect de la loi divine peut mener à la liberté, au bonheur et à l’épanouissement, l’Homme crée une société de violence et de souffrance : il se soumet à lui-même.

Précisément, la construction de la tour est une souffrance, puisque fondée sur le travail comme décrit dans Genèse 9, 3. L’Homme s’enchaine à lui-même, à ses passions et à son ambition déréglée. Ceci sous-entend la présence de tyrans qui imposent leurs symboles et leur loi sur le peuple.

La nature du châtiment de Dieu

Dieu réagit en dispersant les hommes et en faisant en sorte qu’ils parlent des langues différentes, sans possibilité de se comprendre. Rappelons qu’avant la construction de la tour de Babel, les hommes parlaient différentes langues, mais étaient en mesure de se comprendre.

Dieu sème donc la confusion et la discorde. La confusion constitue la nature même du châtiment : elle renvoie à l’erreur des hommes, qui confondent les plans terrestre et céleste.

Par ailleurs, la confusion est la marque d’une société décentrée, où chacun pense avoir raison, ou chacun se prend pour un Absolu.

En dispersant les hommes, Dieu les empêche de s’allier pour le concurrencer. On peut aussi penser qu’il les protège contre eux-mêmes, contre l’avènement d’un totalitarisme et d’un despotisme mondial. Mais en ne leur donnant plus la capacité de communiquer, de se comprendre, il rend aussi possible la guerre.

Au final, les hommes obtiennent ce qu’ils voulaient éviter : leur séparation, leur fragmentation.

La localisation de la tour : de Babel à Babylone

Selon le Livre de la Genèse, la tour de Babel est édifiée dans une plaine au pays de Schinear (ou Shinar), ce qui correspond au sud de la Mésopotamie, autrement dit la Babylonie.

La tour a souvent été comparée aux ziggurat mésopotamiennes, ces édifices religieux à degrés dotés d’un temple à leur sommet, symbolisant le lien entre la Terre et le Ciel. La ziggurat de Babylone comportait 7 étages.

Dans la Bible,Babylone représente la perversion de l’Homme qui se crée un faux Dieu païen à son image. Babylone est une cité où règnent en maître les passions et les instincts de domination et de luxure.

Cité splendide, luxuriante, Babylone ne pouvait que s’effondrer et disparaître, car bâtie uniquement sur des valeurs matérialistes. Babylone est donc l’antithèse de la Jerusalem céleste et du Paradis.

Notons que les mots Babel et Babylone ont la même racine étymologique.

Parallèle avec la civilisation occidentale

Marquée par la démesure, la civilisation occidentale connaît un développement hors-sol, axé sur les villes et leurs centres d’affaires triomphants. Jamais rassasié, l’Homme occidental déploie son ambition de conquête dans tous les domaines, y compris le ciel et l’espace. La spiritualité passe au second plan, Dieu est oublié : l’Homme se considère comme le seul maître de la Nature et des éléments.

L’unité du monde occidental, dont le modèle s’étend désormais sur toute la planète (en particulier à travers l’usage d’une langue unique : l’anglais), s’est faite par la conquête, la colonisation et la domination.

Les dérives de notre civilisation annoncent sa chute prochaine : le changement climatique en cours peut être vu comme un nouveau déluge.

La tour de Babel : fin de la spiritualité ?

Les systèmes sociaux hégémoniques ou impérialistes ont tendance à vouloir effacer les langues régionales et imposer une langue unique. Or la capacité à comprendre une langue à partir d’une autre, par le jeu des équivalences, renvoie à l’approche symbolique et analogique' qui constituent le fondement même de la spiritualité. C’est ce que René Guénon appelle le « don des langues ».

On pourrait donc dire que la tour de Babel annonce la fin de toute spiritualité.

Les représentations de la tour de Babel

La tour de Babel a largement été représentée au fil des siècles jusqu’à nos jours.

Parmi les représentations les plus célèbres, citons :

  • les peintures de Pieter Brueghel (La Grande tour de Babel, la Petite tour de Babel, XVIème siècle). L’artiste insiste sur le caractère instable et déséquilibré de la tour, qui a tendance à s’effondrer. La construction semble irrationnelle, absurde,
  • les peintures d’autres artistes flamands de la Renaissance : Lucas van Valckenborch (en tête de cet article), Hendrik III van Cleve, Hans Bol, Lodewijk Toeput, Jacob Grimmer, Tobias Verhaecht,
  • la représentation énigmatique de Monsu Desiderio (XVIIème siècle),
  • la gravure Turris Babel d’Athanase Kircher (XVIIème siècle),
  • la Confusion des langues de Gustave Doré (XIXème siècle),
  • les œuvres de Maurits Cornelis Escher (XXème siècle),
  • ou encore l’interprétation d’Endre Rozsda (XXème siècle).

La tour de Babel est souvent représentée sous la forme d’une spirale à étages, traduisant un désir d’élévation mais aussi une tendance au déséquilibre.

La tour de Babel et son symbolisme : conclusion

En construisant la tour de Babel, l’Homme pense pouvoir s’affranchir de Dieu. De même, il croit pouvoir échapper au châtiment divin en construisant une tour assez haute pour ne pas être menacée par les eaux d’un nouveau déluge.

Pourtant, du fait de ses dimensions monstrueuses, la tour de Babel contient en elle-même le déséquilibre, donc la chute et l’effondrement.

Symbole des pires illusions, la tour de Babel annonce une société de contrôle, sans âme, sans amour et sans avenir, où l’Homme se trouve écrasé par un monstre de technicité qu’il a lui-même créé. En tant que faux centre, la tour cache une confusion spirituelle qui se traduira bientôt par la violence, la souffrance et la discorde permanente.

L’union ne pourra être restaurée que par le Christ : c’est le miracle des langues à la Pentecôte : le Saint-Esprit descend sur les apôtres, lesquels se mettent à parler toutes les langues) ou encore l’assemblée des nations au Ciel

 

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La Tour de BABEL

Publié le 30 Juillet 2026 par T.D

La tour de Babel est un sujet incontournable dans l’univers du symbolisme constructif. Babel prend tout son sens si on veut bien considérer l’homme dans sa relation « idéale » entre la Terre et la Ciel. De cette relation idéale et imaginaire naîtront deux voies ascendantes : la première celle d’une Babel, instaurant la vanité et l’orgueil d’une immanence qui ne doit rien à un divin supérieur à soi, la seconde celle de l’échelle de Jacob donnant le modelé d’un plan graduel « spirituel » et donc le véritable sens à tout symbolisme constructif. Dans Babel la construction est littéralement « insensée ». Le sens véritable (l’essence de vérité ou de lumière) doit être recherché dans l’échelle de Jacob. L’immanence du plan et des fondations ne peuvent donc ignorer l’essence et la transcendance. Il semblerait que toute tentative d’élévation ne puisse se faire sans esprit. ER

1er Partie par E.°.V.°.

La tour de BABEL de l'ego au symbole.

Je ne vais pas faire le tour des définitions, mais nous plonger directement dans celle qui nous intéresse. Cette tour est une construction de forme cylindrique nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural ayant généralement un rôle défensif et se dressant devant le zénith.

Un peu d’histoire…

La tour de Babel fit sa première apparition avec le peuple Sumérien selon la Genèse. Je ne pourrai pas vous citer de date, car aucune de mes sources ne se coordonnent. Pour ce qui est de sa taille, elle est souvent décrite à huit étages.

Chaque projet a un but. Il est dit, que les hommes, survivants du déluge, descendants de Noé, ne parlaient qu’une seule et même langue (dont on ne connaît même pas le nom). Il est peut-être là question de la langue primordiale. Deux hypothèses s’offrent à nous. Soit les hommes ont édifié la tour pour atteindre le ciel, Dieu et se sentir son égal. Soit les descendants de Noé, pour se protéger d’un second déluge, ont construit une tour de briques cuites et de bitume.

Pour les punir de leur vanité, Dieu multiplia les langues. L’incompréhension du langage a fait que le chantier de la tour s’arrêta. Et dans certains écrits il est même dit que c’est l’homme qui décida de la détruire.

Citation Apocalypse de Saint-Jean Chapitre 14 Verset 8

Un autre Ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.

Dans beaucoup de textes sacrés, dont l’Apocalypse de Saint Jean, on retrouve des passages de Babylone faisant allusion à la tour de Babel et surtout à sa destruction annonciatrice de la fin des temps.

Dans mes recherches sur la tour de Babel beaucoup d’interrogations et de points symboliques sont apparus.

Les francs-maçons lors de leur première venue découvrent un nouveau langage symbolique fort, réservé à la Franc-Maçonnerie.

L’apprenti débute sont Initiation par les trois voyages, la Lumière, le discours de l’Orateur, ainsi que le mot de passe, les signes de reconnaissance, les outils, etc.…

La preuve est là que le franc-maçon utilise quelque chose d’unique et donc de puissant pour se faire comprendre et reconnaître de ses Frères.

Nous ne bâtissons pas de temple apparent, mais avec nos Frères nous bâtissons notre propre temple intérieur, voire notre tour intérieure. Peut-être faut-il chercher là, une suite logique à une volonté qui nous dépasse?

L’homme dans sa nature la plus primaire est toujours à la recherche de vérité. Peut-être son ego le pousse ? La tour de Babel est un des symboles qui nous montre les erreurs de l’homme. Pour trouver cette vérité, l’homme a des limites. Le chemin intérieur pour rejoindre le céleste est bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Cette tour est effectivement un symbole de verticalité et de hauteur. Bien sûr le rapprochement entre le terrestre et le céleste est flagrant. La tour de Babel est un édifice. Qui dit édifice, dit fondation et étages. Elle est à la base un vecteur montant. Dans un premier temps, elle est plus le liant de ces deux univers. Et pour communiquer, entre ces deux mondes, il faut gravir les étages pour pouvoir ensuite les descendre. Pour exemple de l’échelle de Jacob qui a été ou va être lu.

Dans un second temps, la Tour (enfin son sommet) permet à l’homme de voir et de découvrir ce qui l’entoure, en prenant de la hauteur par apport à sa base. Qui dit base dit point de départ, donc origine. Plus il va s’élever dans les étages (on peut y voir là un voyage spirituel), plus il va prendre du recul par rapport à son environnement et comprendre de nouvelles choses ou symboles. Il va ensuite se servir de ce qu’il a vu et compris, afin de le partager. Comme nous franc-maçon qui sommes là pour transmettre à nos Frères.

Je finirai par le langage universel. Pour moi, le langage universel n’existe pas sous forme parlée et n’a jamais existé. Mais le symbole ou langage symbolique, vu dans des précédentes planches, lui est vrai.

C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher ». Bien sûr, d’après l’histoire de la tour de Babel, un rapprochement des hommes au niveau de la compréhension a été inévitable pour construire cet édifice, qui au final est un symbole.

Les symboles ne s’adressent pas à l’intellect, mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer pour toucher autrui.
Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine.

« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir »
(l’Évangile de Philippe)

Il est vrai que la communication entre les hommes quels qu’ils soient (profanes ou initiés), si elle est la même, nous permet plus facilement d’atteindre l’âme.

Je pourrais citer pour conclure : Seuls, nous ne pourrions que nous isoler du monde ; réunis, nous allions pouvoir le transformer. L'Évangile selon Pilate

E.°.V.°.

2ème Partie

La tour de Babel, ou l’exaltation dans la matière.

(Par E.°.R.°.)

La tour de Babel (Genèse 11.1-9)

11 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
2 Après avoir quitté l'est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s'y installèrent. 3 Ils se dirent l'un à l'autre: «Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu!» La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment. 4 Ils dirent encore: «Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre.»
5 L'Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: «Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu'ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu'ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu'ils ne se comprennent plus mutuellement.»
8 L'Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. 9 C'est pourquoi on l'appela Babel: parce que c'est là que l'Eternel brouilla le langage de toute la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la surface de la terre.

(Bible Louis Second)

1/ L’exaltation vaniteuse/ exaltation dans la matière

L’homme, s’éloignant de l’Orient et de sa lumière spirituelle (Est), à l’orgueil de vouloir se hisser jusqu’au ciel par la matière et l’accumulation des briques. Cet orgueil fera l’échec du projet.

Vouloir construire trop près des cieux c’est aller au-delà des limites de l’homme. « Construire une tour dont le sommet pénètre les Cieux » à l’aide de la même glaise que celle de l’homme, mais cuite par feu sans esprit. L’homme fabrique sa remontée au ciel à partir d’une matière sans esprit. C’est ce qu’on appelle la folie des grandeurs !

C’est ici une exaltation des attaches de l’homme avec la matière, ce n’est pas une exaltation de l’esprit. Cette exaltation rend l’homme mégalomane.

Cet orgueil d’être l’homme s’identifiant au ciel se retrouvera dans le mythe d’Icare. Ces deux mythes sont une exaltation de la matière dans l’homme et démontre les limites de l’excellence technique sans spiritualité. Dédale à inventé sa propre prison et une cire et des plumes qui n’élèvent pas l’esprit, c’est son fils qui en sera la victime. Les bâtisseurs de Babel ont utilisé une brique imparfaite en regard de sa destination spirituelle, c’est la collectivité des hommes qui sera dispersée. Ici la faute est collective, et dans le cas de Dédale l’orgueil technique se transmet au fils. J’en déduis que la vanité d'un Roi-soleil est une perversion de l’esprit, collective et transmissible.

La technique matérielle philosophique ou magique exaltant l’homme ne peut s’affranchir de l’esprit. Ce serait une exaltation vaniteuse.

L’esprit peut être compris comme le principe organisateur de la matière a quelque niveau que ce soit. L’esprit est immédiatement lié au logos et donc au Verbe

Dans les deux cas, c’est l’Esprit qui inflige le châtiment : Dieu en regard du mythe biblique, ou le soleil en regard du mythe grec. En tous les cas c’est l’absence d’harmonisation de l’acte matériel avec le directeur spirituel qui conduit à la chute ou à la dispersion. Le directeur spirituel de l’architecte est sa conscience de la dimension divine dans l’homme et dans la proportion du bâti. Il y a donc nécessité d’entendre cette norme supraconsciente.

2/ Le souffle de l’esprit / le secret de l’initié

Si l’architecte est doué sur un plan technique, s’il n’est pas initié, il ignore que la brique doit être cuite au feu de l’esprit. La perte de ce savoir est corrélative à l’eau du déluge qui engloutit l’antique science.

Aucune technique d’origine sacrée ne peut être détournée d’un usage spirituel. Il est connu dans toutes les civilisations que c’est à partir de la boue que Dieu façonna l’homme et qu’il lui insuffla le souffle vital par les narines. Ce souffle purificateur est celui de l’esprit, et donc la glaise est associée au souffle vital. Extrait de la Bible Second, Genèse II, 7-9.

2.7

L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant.

2.8

Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé.

2.9

L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

On voit clairement une triple analogie : l’emploi de la boue pour l’homme est transféré à la brique pour la tour de Babel ; en lieu et place de l’homme veillant sur l’arbre à fruit, nous avons une tour fruit de l’orgueil de l’homme. L’arbre et le jardin sont à l’Orient alors que la Tour est à l’Occident.

Sur ces trois points, nous avons un parallélisme symbolique saisissant. Le point de rupture se situe dans l’absence d’esprit dans la construction babélienne, son intervention finale arrive comme une sanction. L’image Babélienne est l’inverse du jardin d’Éden de même que le Temple de Salomon sera l’inverse de la tour de Babel.

Dans ce passage de la Genèse l’homme se prend pour Dieu, mais il méconnaît la technique du souffle vital appelée aussi Esprit. La tour serait comme la Lettre sans l’Esprit.

L’élévation orgueilleuse fondée sur la matière implique la chute dans une matérialisation grandissante. L’homme doit s’élever en esprit et l’ouvrage doit être serviteur de l’esprit (Orient) et non pas de la vanité technico-égotique (Occident).

3/ L’inversion démiurgique / le royaume de la matière

La tour de Babel est l’inversion du Temple de Salomon qui est le lieu de prière de toutes les nations selon Anderson et de la Tierce. Ce lieu de concorde est un lieu de concentration, de méditation et de contemplation. La tour de Babel est un lieu de concentration certes, mais aussi satisfaction égotique et de puissance des hommes seulement. On y médite qu’une image qu’une excroissance terrestre, on y contemple que l’exaltation de l’homme dans une matérialité conquérante de ciel.

Tout projet visant l’accès au ciel ne peut se fonder sur la seule matérialité. Aucune spiritualité n’a guidé les mains des bâtisseurs babéliens, seule l’envie d’être Dieu dans la matière, et la rémunération de l’acte les motiva collectivement. Il s’agit non pas d’une démarche cultivant la relation entre la chair l’âme et l’esprit, mais plutôt le dictat de la matière sur l’esprit. L’esprit fut nié au profit de la vanité d’être à l’image de Dieu. Cet élan contraire fit de l’homme un démiurge cherchant une Gloire sans lien avec l’esprit divin. Sa motivation provient de ses muscles de l’asservissement des ouvriers, du mépris de leurs vies et de la volonté de conquérir la matière. Une pierre ne peut avoir plus de prix qu’une vie.

C’est le syndrome de la chute qui suggère à l’homme différents moyens pour rejoindre le Ciel. Ces moyens sont pris dans la matière et non pas dans l’esprit qui est ignoré. L’enjeu est de rétablir l’axe du Monde. L’homme ne comprend pas que cet axe est spirituel, car son corps ne serait plus insufflé par l’esprit, son âme serait en exil. Il veut à tout prix sa porte vers le Ciel pour avoir raison de l’esprit.

4/ Comment se situe l’épisode de la tour de Babel dans le feuilleton biblique ? (Cycle de la matière et des idoles)

Il intervient dans le corpus des textes de la Première Alliance dans la Genèse après la fameuse chute de l’Adam-Eve dans le monde matériel. Le paradis était un jardin cultivé et entretenu, soit une harmonie entre la matière sauvage et le diligentement de l’esprit.

Adam, autrefois jardinier et berger du paradis, chargé expressément de « le cultiver et le garder » pratiquait l’entretient de l’harmonie, jusqu’au moment ou il chuta pour avoir ingéré un fruit mortel à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, malgré l’interdit divin.

L’homme était animé du désir d’avoir les yeux ouverts sur son horizon. Il rompit l’harmonie et tenta d’être comme les dieux connaissant le bien et le mal. La chute est donc une âme qui s’incarne dans la chair et qui va vivre le bien et le mal, la douleur le travail et la mort.

Cette chute est antérieure à la vie terrestre de l’humanité, elle scelle la divergence entre la volonté divine et la volonté humaine. Elle ne concerne que l’âme et non pas le corps.

Les chutes successives correspondent à trois états d’être en disharmonie : Adam-(Isch "l’intellect", et Ischa "l’imagination", unis dans l’exaltation des désirs terrestres) est révolté contre l’Esprit, Caïn sera le possédant-fratricide et Babel sera la substitution du fabriqué-idolâtre au révélé. L’appel de l’esprit semble mis de côté, le désir de matière et la satisfaction cumulative semblent sans limites.

Le devenir de cette chute fut qu’Adam nomma « Ève » comme il nomma les animaux autrefois dans le jardin d’Éden. De sa nature unitaire et androgyne il se différencia en Homme et Femme. Il eut d’abord deux enfants qui s’entretuèrent, symbolisant ainsi l’opposition entre le peuple des bergers et le peuple des cultivateurs. Abel succomba sous les coups de Caïn. Les générations qui succédèrent à Caïn eurent en mémoire non seulement la chute, mais aussi le fratricide, ce sera le germe de toutes les guerres. Caïn est l’archétype du meurtre de l’esprit au profit de la maîtrise de la matière et du territoire. Caïn est condamné à l’horizontalité, il a perdu la verticalité.

C’est la victoire de l’infra conscience sur la supraconscience. Caïn fut exilé et errant sur terre.

Arrive une nouvelle chute : L’épisode du déluge et la période des géants en âge que Dieu avait voulu noyer pour leurs déviances, seul Noé et son arche aux proportions sacrées survécurent aux flots. Cette génération d’avant le déluge disparaît, mais gagnée par l’oubli associé aux eaux de l’oubli, les nouvelles générations réitèrent les erreurs des géants et se perdirent dans l’orgueil de se croire Dieu.

La génération de la tour de Babel est notre génération.

C’est l’idée d’un homme capable d’atteindre le ciel et d’en être maître qui entraîna une troisième chute. La génération de Babel ne fut pas détruite comme celle du déluge, mais elle reçut à la fois la foudre du divin qui « dispersa loin de là sur la surface de la Terre » les bâtisseurs et « confondit leur langage » afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. La dispersion fut comme l’inondation elle rompit l’élan d’orgueil en de multiples royaumes et en autant de montagnes sacrées ou pyramides. Les hommes en restèrent sur l’idée d’une œuvre de reconquête du ciel inachevée, comme un état d’orgueil blessé unifiant les mois inférieurs dans un élan collectif de matérialisation des âmes. De ces tentatives d’élévation dans le bâti, on distinguera celles qui bâtissent en esprit autour de lieux telluriques forts et celles qui sont de simples performances matérielles et techniques.

La poursuite de l’excellence technique démiurgique verra apparaître le délire mortel de l’Homme-Dieu. Certains verront dans l’idée du surhomme de Nietzsche l’expression philosophée de cet état dont on verra l’aboutissement dans le Nazisme. Mais tous les mois inférieurs fussent-ils unis dans le même acte matériel finissent par rencontrer la sanction de l’esprit. Ainsi l’acte matériel ne peut être dissocié du jugement divin ou plus simplement de notre appréciation spirituelle. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ceci implique une harmonisation entre l’acte et la pensée, par le truchement de la volonté.

Il faut donc constamment mettre en harmonie notre Pensée notre Volonté et notre Action dans le Plan avec l’axe « Corps, Âme Esprit ». C’est ce que nous fait découvrir la franc-maçonnerie.

5/ La lumière de Saint-Jean (cycle de la lumière et de l’harmonie)

À cet état de dispersion dans la matière arriva un événement.

Le message de la Nouvelle Alliance dit que la Lumière, c'est-à-dire l’esprit, est en tout homme et que l’amour est le socle à partir duquel l’homme peut croître en esprit sans qu’il soit nécessaire de croître en matière. Les tours d’orgueil pourront ainsi être abolies.

L’élan vital et spirituel de l’homme ne se fait pas dans une construction de matière bâtie sur de fausses fondations qui sont celle du désir du multiple, de l’accumulation, de l’excitation ou de l’exaltation du sentiment de possession, d’appropriation ou de grandeur. Les véritables fondations sont l’amour de l’essence de la vie, de l’esprit et la confiance en la vie renouvelée. L’acte qui scelle cette confiance est l’abandon final de la vie corporelle au profit d’un renouvellement, d’une résurrection comme la graine semée en terre germe croit et essaime pour renaître ici bas sans doute, et peut-être dans un ailleurs.

C’est ce mystère de l’alliance vitale entre ce qui est du domaine de la matérialité et ce qui est du domaine de l’esprit. Cette alliance vitale sans cesse renouvelée forme l’idée divine et assoit la confiance de l’homme en lui-même. Alors l’idée d’être à l’égal de Dieu comme le bâtisseur de la tour de Babel disparaît.

L’angoisse de la mort peut aussi bien nous enfermer dans la matière comme nous faire découvrir la voie de l’esprit. L’homme ne se réalise pas dans la plus haute tour, mais dans son progrès sur la voie d’une plus grande humanisation et dans son renouvellement par l’esprit.

Ici on oppose la vanité à la réalisation de soi. La réalisation de soi fait une place à l’esprit, la vanité lui barre la route. L’esprit n’est alors plus une notion extérieure à soi, mais au contraire constructive de soi.

Ici on touche de prés la dimension spirituelle de l’homme face à la mort. Il attache à ses actes une signification haute. Il ne s’agit point d’exploit à accomplir ou de guerre à mener, il s’agit de mettre en harmonie la chair l’âme et l’esprit. La chair qui fut à l’époque de Saint-Jean, l’évangéliste « incarnée » par la lumière, se marie à l’âme pour qu’elle anime ce corps en demande. La demande devient désir et il faut se garder de l’accumulation matérielle ou d’insatisfaction, il faut que l’âme prépare la place à l’esprit.

Psychiquement l’homme se met en phase harmonieuse. Son état d’homme responsable « animé » du sentiment d’amour de son espèce, accepte sa double nature humaine et divine. Il en conçoit l’intervention en lui comme une supra conscience qui agit en directrice censée et harmonisante.

Nous reprenons ici Luc XIV, 11, « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

6/ L’élévation matérielle n’est pas synonyme d’élévation spirituelle. (Le franc-maçon jardinier)

Adam était jardinier, pas maçon !

Le dénuement matériel serait propice à la connaissance de l’esprit, c’est l’état Édénique qui permet de vivre dans la proximité du Divin.

Ainsi l’Adam du jardin d’Éden n’était pas un bâtisseur, mais un jardinier, or il est courant de confondre la tour bâtie et l’arbre. Ce sont deux symboles axiaux qui tendent vers le ciel, mais la tour est fabriquée, ce qui sous-entend « une spiritualité construite », alors que l’arbre est une graine germée, née du mystère de la vie soit « une spiritualité révélée ».

Le bâtisseur est un spécialiste de l’élévation technique, le jardinier est le gardien de la graine et de son mystère.

La graine donne la croissance dans le domaine ésotérique. Le maître maçon doit d’abord être le jardinier de son cœur et accessoirement le spécialiste de l’élévation de la pierre taillée. L’élévation matérielle n’est qu’une impasse, un substitut exotérique ou philosophique. C’est un système, une mécanique de pensée qui ne peut prendre que l’objet pour la cause. Ce système se cristallise sous forme d’une tour sans respiration spirituelle entre le haut et le bas. La Lame XVI du tarot atteste d’une tour frappée par la foudre, c'est-à-dire par la sanction divine et la lumière de l’esprit. On y voit deux hommes en chute attestant de leur carence spirituelle. La chute est toujours due à une carence spirituelle.

Ainsi le franc-maçon, s’il n’est jardinier, ne sera qu’un orgueilleux détenteur de secret technique figé.

Il sera donc nécessaire un jour de détruire la colonne ou le temple pour faire comprendre que le secret initiatique réside dans la Foi, l’Esperance et l’amour, mais aussi dans l’acceptation de l’esprit en soi soit de la supraconscience comme directrice de l’âme. Ainsi la pensée se réalisera sur deux plans, le plan matériel et le plan spirituel. La volonté du franc-maçon sera éclairée par ce double aspect où les symboles de l’arbre et de la tour lui serviront de guide.

Or l’arbre n’est rien d’autre que l’homme intégral, chair, âme esprit en harmonie. L’homme doit croître en esprit et non pas en matière.

Le franc-maçon trouvera dans l’alliance de la matière avec l’esprit, un motif utopique pour rebâtir spirituellement le temple de Salomon pour honorer le Grand architecte de l’univers. Il lui faut pour cela, réapprendre la langue commune, celle des symboles et de l’esprit, conditionnés par l’abandon préalable des métaux, mais aussi celle du signe de l’attouchement et du Mot. Le franc-maçon détient le langage commun aux bâtisseurs qui allient l’esprit à la matière et qui savent trouver dans la substance l’essence. Ce langage est celui de l’Art Royal qui met au service de l’esprit le bon usage de la matière.

Il y a non pas dispersion et incommunicabilité suite à Babel, mais unité dans le langage symbolique et dans l’action spirituelle ; Babel et sa chute ne peuvent que déboucher sur un état qui sera « la construction en esprit ». Nous passerons du savoir-faire au savoir-être. C’est l’absence d’esprit dans l’acte de bâtir qui entraîna la sanction de la chute babélienne. La chute Babelienne est une chute en la matière.

C’est ainsi que le franc-maçon peut réunir les quatre parties du Monde éloignées à l’époque Babélienne en se situant au centre du cercle à équidistance de tout les points de l’horizon humain. C’est une manière symbolique de se retrouver dans un Orient intemporel, au pied de l’arbre planté au centre d’un fameux Jardin irrigué par quatre fleuves.

Dans une prochaine publication nous œuvrerons en esprit par le truchement de l’Échelle de Jacob.

E.°.R.°.

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La tour de Babel

Publié le 30 Juillet 2026 par T.D

Posté par hiram3330

La tour de Babel est un sujet incontournable dans l’univers du symbolisme constructif. Babel prend tout son sens si on veut bien considérer l’homme dans sa relation « idéale » entre la Terre et la Ciel. De cette relation idéale et imaginaire naîtront deux voies ascendantes : la première celle d’une Babel, instaurant la vanité et l’orgueil d’une immanence qui ne doit rien à un divin supérieur à soi, la seconde celle de l’échelle de Jacob donnant le modelé d’un plan graduel « spirituel » et donc le véritable sens à tout symbolisme constructif. Dans Babel la construction est littéralement « insensée ». Le sens véritable (l’essence de vérité ou de lumière) doit être recherché dans l’échelle de Jacob. L’immanence du plan et des fondations ne peuvent donc ignorer l’essence et la transcendance. Il semblerait que toute tentative d’élévation ne puisse se faire sans esprit.

1er Partie La tour de BABEL de l’ego au symbole.

Je ne vais pas faire le tour des définitions, mais nous plonger directement dans celle qui nous intéresse. Cette tour est une construction de forme cylindrique nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural ayant généralement un rôle défensif et se dressant devant le zénith.

Un peu d’histoire… La tour de Babel fit sa première apparition avec le peuple Sumérien selon la Genèse. Je ne pourrai pas vous citer de date, car aucune de mes sources ne se coordonnent. Pour ce qui est de sa taille, elle est souvent décrite à huit étages. Chaque projet a un but. Il est dit, que les hommes, survivants du déluge, descendants de Noé, ne parlaient qu’une seule et même langue (dont on ne connaît même pas le nom). Il est peut-être là question de la langue primordiale. Deux hypothèses s’offrent à nous. Soit les hommes ont édifié la tour pour atteindre le ciel, Dieu et se sentir son égal. Soit les descendants de Noé, pour se protéger d’un second déluge, ont construit une tour de briques cuites et de bitume.

Pour les punir de leur vanité, Dieu multiplia les langues. L’incompréhension du langage a fait que le chantier de la tour s’arrêta. Et dans certains écrits il est même dit que c’est l’homme qui décida de la détruire. Citation Apocalypse de Saint-Jean Chapitre 14 Verset 8

Un autre Ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.

Dans beaucoup de textes sacrés, dont l’Apocalypse de Saint Jean, on retrouve des passages de Babylone faisant allusion à la tour de Babel et surtout à sa destruction annonciatrice de la fin des temps.Dans mes recherches sur la tour de Babel beaucoup d’interrogations et de points symboliques sont apparus.

Les francs-maçons lors de leur première venue découvrent un nouveau langage symbolique fort, réservé à la Franc-Maçonnerie. L’apprenti débute sont Initiation par les trois voyages, la Lumière, le discours de l’Orateur, ainsi que le mot de passe, les signes de reconnaissance, les outils, etc.… La preuve est là que le franc-maçon utilise quelque chose d’unique et donc de puissant pour se faire comprendre et reconnaître de ses Frères.

Nous ne bâtissons pas de temple apparent, mais avec nos Frères nous bâtissons notre propre temple intérieur, voire notre tour intérieure. Peut-être faut-il chercher là, une suite logique à une volonté qui nous dépasse? L’homme dans sa nature la plus primaire est toujours à la recherche de vérité. Peut-être son ego le pousse ? La tour de Babel est un des symboles qui nous montre les erreurs de l’homme. Pour trouver cette vérité, l’homme a des limites. Le chemin intérieur pour rejoindre le céleste est bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Cette tour est effectivement un symbole de verticalité et de hauteur. Bien sûr le rapprochement entre le terrestre et le céleste est flagrant. La tour de Babel est un édifice. Qui dit édifice, dit fondation et étages. Elle est à la base un vecteur montant.

Dans un premier temps, elle est plus le liant de ces deux univers. Et pour communiquer, entre ces deux mondes, il faut gravir les étages pour pouvoir ensuite les descendre. Pour exemple de l’échelle de Jacob qui a été ou va être lu.

Dans un second temps, la Tour (enfin son sommet) permet à l’homme de voir et de découvrir ce qui l’entoure, en prenant de la hauteur par apport à sa base. Qui dit base dit point de départ, donc origine. Plus il va s’élever dans les étages (on peut y voir là un voyage spirituel), plus il va prendre du recul par rapport à son environnement et comprendre de nouvelles choses ou symboles. Il va ensuite se servir de ce qu’il a vu et compris, afin de le partager.

Comme nous franc-maçon qui sommes là pour transmettre à nos Frères. Je finirai par le langage universel. Pour moi, le langage universel n’existe pas sous forme parlée et n’a jamais existé. Mais le symbole ou langage symbolique, vu dans des précédentes planches, lui est vrai. C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher ». Bien sûr, d’après l’histoire de la tour de Babel, un rapprochement des hommes au niveau de la compréhension a été inévitable pour construire cet édifice, qui au final est un symbole. Les symboles ne s’adressent pas à l’intellect, mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer pour toucher autrui.
Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine.

« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir » (l’Évangile de Philippe)

Il est vrai que la communication entre les hommes quels qu’ils soient (profanes ou initiés), si elle est la même, nous permet plus facilement d’atteindre l’âme. Je pourrais citer pour conclure : Seuls, nous ne pourrions que nous isoler du monde ; réunis, nous allions pouvoir le transformer. L’Évangile selon Pilate

2ème Partie La tour de Babel, ou l’exaltation dans la matière.

La tour de Babel (Genèse 11.1-9)

11 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
2 Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent.

3 Ils se dirent l’un à l’autre: «Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu!» La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment.

4 Ils dirent encore: «Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre.»
5 L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: «Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement.»
8 L’Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. 9 C’est pourquoi on l’appela Babel: parce que c’est là que l’Eternel brouilla le langage de toute la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.

(Bible Louis Second)

1/ L’exaltation vaniteuse/ exaltation dans la matière

L’homme, s’éloignant de l’Orient et de sa lumière spirituelle (Est), à l’orgueil de vouloir se hisser jusqu’au ciel par la matière et l’accumulation des briques. Cet orgueil fera l’échec du projet.

Vouloir construire trop près des cieux c’est aller au-delà des limites de l’homme. « Construire une tour dont le sommet pénètre les Cieux » à l’aide de la même glaise que celle de l’homme, mais cuite par feu sans esprit. L’homme fabrique sa remontée au ciel à partir d’une matière sans esprit. C’est ce qu’on appelle la folie des grandeurs ! C’est ici une exaltation des attaches de l’homme avec la matière, ce n’est pas une exaltation de l’esprit. Cette exaltation rend l’homme mégalomane.

Cet orgueil d’être l’homme s’identifiant au ciel se retrouvera dans le mythe d’Icare. Ces deux mythes sont une exaltation de la matière dans l’homme et démontre les limites de l’excellence technique sans spiritualité. Dédale à inventé sa propre prison et une cire et des plumes qui n’élèvent pas l’esprit, c’est son fils qui en sera la victime. Les bâtisseurs de Babel ont utilisé une brique imparfaite en regard de sa destination spirituelle, c’est la collectivité des hommes qui sera dispersée. Ici la faute est collective, et dans le cas de Dédale l’orgueil technique se transmet au fils. J’en déduis que la vanité d’un Roi-soleil est une perversion de l’esprit, collective et transmissible.

La technique matérielle philosophique ou magique exaltant l’homme ne peut s’affranchir de l’esprit. Ce serait une exaltation vaniteuse. L’esprit peut être compris comme le principe organisateur de la matière a quelque niveau que ce soit. L’esprit est immédiatement lié au logos et donc au Verbe

Dans les deux cas, c’est l’Esprit qui inflige le châtiment : Dieu en regard du mythe biblique, ou le soleil en regard du mythe grec.

En tous les cas c’est l’absence d’harmonisation de l’acte matériel avec le directeur spirituel qui conduit à la chute ou à la dispersion. Le directeur spirituel de l’architecte est sa conscience de la dimension divine dans l’homme et dans la proportion du bâti. Il y a donc nécessité d’entendre cette norme supraconsciente.

2/ Le souffle de l’esprit / le secret de l’initié

Si l’architecte est doué sur un plan technique, s’il n’est pas initié, il ignore que la brique doit être cuite au feu de l’esprit. La perte de ce savoir est corrélative à l’eau du déluge qui engloutit l’antique science.

Aucune technique d’origine sacrée ne peut être détournée d’un usage spirituel. Il est connu dans toutes les civilisations que c’est à partir de la boue que Dieu façonna l’homme et qu’il lui insuffla le souffle vital par les narines. Ce souffle purificateur est celui de l’esprit, et donc la glaise est associée au souffle vital. Extrait de la Bible Second, Genèse II, 7-9.

2.7 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

2.8 L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l‘orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.

2.9 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

On voit clairement une triple analogie : l’emploi de la boue pour l’homme est transféré à la brique pour la tour de Babel ; en lieu et place de l’homme veillant sur l’arbre à fruit, nous avons une tour fruit de l’orgueil de l’homme. L’arbre et le jardin sont à l’Orient alors que la Tour est à l’Occident.

Sur ces trois points, nous avons un parallélisme symbolique saisissant. Le point de rupture se situe dans l’absence d’esprit dans la construction babélienne, son intervention finale arrive comme une sanction. L’image Babélienne est l’inverse du jardin d’Éden de même que le Temple de Salomon sera l’inverse de la tour de Babel.

Dans ce passage de la Genèse l’homme se prend pour Dieu, mais il méconnaît la technique du souffle vital appelée aussi Esprit. La tour serait comme la Lettre sans l’Esprit. L’élévation orgueilleuse fondée sur la matière implique la chute dans une matérialisation grandissante. L’homme doit s’élever en esprit et l’ouvrage doit être serviteur de l’esprit (Orient) et non pas de la vanité technico-égotique (Occident).

3/ L’inversion démiurgique / le royaume de la matière

La tour de Babel est l’inversion du Temple de Salomon qui est le lieu de prière de toutes les nations selon Anderson et de la Tierce. Ce lieu de concorde est un lieu de concentration, de méditation et de contemplation. La tour de Babel est un lieu de concentration certes, mais aussi satisfaction égotique et de puissance des hommes seulement. On y médite qu’une image qu’une excroissance terrestre, on y contemple que l’exaltation de l’homme dans une matérialité conquérante de ciel.

Tout projet visant l’accès au ciel ne peut se fonder sur la seule matérialité. Aucune spiritualité n’a guidé les mains des bâtisseurs babéliens, seule l’envie d’être Dieu dans la matière, et la rémunération de l’acte les motiva collectivement. Il s’agit non pas d’une démarche cultivant la relation entre la chair l’âme et l’esprit, mais plutôt le dictat de la matière sur l’esprit. L’esprit fut nié au profit de la vanité d’être à l’image de Dieu. Cet élan contraire fit de l’homme un démiurge cherchant une Gloire sans lien avec l’esprit divin. Sa motivation provient de ses muscles de l’asservissement des ouvriers, du mépris de leurs vies et de la volonté de conquérir la matière. Une pierre ne peut avoir plus de prix qu’une vie.

C’est le syndrome de la chute qui suggère à l’homme différents moyens pour rejoindre le Ciel. Ces moyens sont pris dans la matière et non pas dans l’esprit qui est ignoré. L’enjeu est de rétablir l’axe du Monde. L’homme ne comprend pas que cet axe est spirituel, car son corps ne serait plus insufflé par l’esprit, son âme serait en exil. Il veut à tout prix sa porte vers le Ciel pour avoir raison de l’esprit.

4/ Comment se situe l’épisode de la tour de Babel dans le feuilleton biblique ? (Cycle de la matière et des idoles)

Il intervient dans le corpus des textes de la Première Alliance dans la Genèse après la fameuse chute de l’Adam-Eve dans le monde matériel. Le paradis était un jardin cultivé et entretenu, soit une harmonie entre la matière sauvage et le diligentement de l’esprit.

Adam, autrefois jardinier et berger du paradis, chargé expressément de « le cultiver et le garder » pratiquait l’entretient de l’harmonie, jusqu’au moment ou il chuta pour avoir ingéré un fruit mortel à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, malgré l’interdit divin.

L’homme était animé du désir d’avoir les yeux ouverts sur son horizon. Il rompit l’harmonie et tenta d’être comme les dieux connaissant le bien et le mal. La chute est donc une âme qui s’incarne dans la chair et qui va vivre le bien et le mal, la douleur le travail et la mort.

Cette chute est antérieure à la vie terrestre de l’humanité, elle scelle la divergence entre la volonté divine et la volonté humaine. Elle ne concerne que l’âme et non pas le corps.

Les chutes successives correspondent à trois états d’être en disharmonie : Adam-(Isch « l’intellect », et Ischa « l’imagination », unis dans l’exaltation des désirs terrestres) est révolté contre l’Esprit, Caïn sera le possédant-fratricide et Babel sera la substitution du fabriqué-idolâtre au révélé. L’appel de l’esprit semble mis de côté, le désir de matière et la satisfaction cumulative semblent sans limites.

Le devenir de cette chute fut qu’Adam nomma « Ève » comme il nomma les animaux autrefois dans le jardin d’Éden. De sa nature unitaire et androgyne il se différencia en Homme et Femme. Il eut d’abord deux enfants qui s’entretuèrent, symbolisant ainsi l’opposition entre le peuple des bergers et le peuple des cultivateurs. Abel succomba sous les coups de Caïn. Les générations qui succédèrent à Caïn eurent en mémoire non seulement la chute, mais aussi le fratricide, ce sera le germe de toutes les guerres. Caïn est l’archétype du meurtre de l’esprit au profit de la maîtrise de la matière et du territoire. Caïn est condamné à l’horizontalité, il a perdu la verticalité.

C’est la victoire de l’infra conscience sur la supraconscience. Caïn fut exilé et errant sur terre.

Arrive une nouvelle chute : L’épisode du déluge et la période des géants en âge que Dieu avait voulu noyer pour leurs déviances, seul Noé et son arche aux proportions sacrées survécurent aux flots. Cette génération d’avant le déluge disparaît, mais gagnée par l’oubli associé aux eaux de l’oubli, les nouvelles générations réitèrent les erreurs des géants et se perdirent dans l’orgueil de se croire Dieu.

La génération de la tour de Babel est notre génération.

C’est l’idée d’un homme capable d’atteindre le ciel et d’en être maître qui entraîna une troisième chute. La génération de Babel ne fut pas détruite comme celle du déluge, mais elle reçut à la fois la foudre du divin qui « dispersa loin de là sur la surface de la Terre » les bâtisseurs et « confondit leur langage » afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. La dispersion fut comme l’inondation elle rompit l’élan d’orgueil en de multiples royaumes et en autant de montagnes sacrées ou pyramides. Les hommes en restèrent sur l’idée d’une œuvre de reconquête du ciel inachevée, comme un état d’orgueil blessé unifiant les mois inférieurs dans un élan collectif de matérialisation des âmes. De ces tentatives d’élévation dans le bâti, on distinguera celles qui bâtissent en esprit autour de lieux telluriques forts et celles qui sont de simples performances matérielles et techniques.

La poursuite de l’excellence technique démiurgique verra apparaître le délire mortel de l’Homme-Dieu. Certains verront dans l’idée du surhomme de Nietzsche l’expression philosophée de cet état dont on verra l’aboutissement dans le Nazisme. Mais tous les mois inférieurs fussent-ils unis dans le même acte matériel finissent par rencontrer la sanction de l’esprit. Ainsi l’acte matériel ne peut être dissocié du jugement divin ou plus simplement de notre appréciation spirituelle. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ceci implique une harmonisation entre l’acte et la pensée, par le truchement de la volonté.

Il faut donc constamment mettre en harmonie notre Pensée notre Volonté et notre Action dans le Plan avec l’axe « Corps, Âme Esprit ». C’est ce que nous fait découvrir la franc-maçonnerie.

5/ La lumière de Saint-Jean (cycle de la lumière et de l’harmonie) À cet état de dispersion dans la matière arriva un événement.

Le message de la Nouvelle Alliance dit que la Lumière, c’est-à-dire l’esprit, est en tout homme et que l’amour est le socle à partir duquel l’homme peut croître en esprit sans qu’il soit nécessaire de croître en matière. Les tours d’orgueil pourront ainsi être abolies.

L’élan vital et spirituel de l’homme ne se fait pas dans une construction de matière bâtie sur de fausses fondations qui sont celle du désir du multiple, de l’accumulation, de l’excitation ou de l’exaltation du sentiment de possession, d’appropriation ou de grandeur. Les véritables fondations sont l’amour de l’essence de la vie, de l’esprit et la confiance en la vie renouvelée. L’acte qui scelle cette confiance est l’abandon final de la vie corporelle au profit d’un renouvellement, d’une résurrection comme la graine semée en terre germe croit et essaime pour renaître ici bas sans doute, et peut-être dans un ailleurs.

C’est ce mystère de l’alliance vitale entre ce qui est du domaine de la matérialité et ce qui est du domaine de l’esprit. Cette alliance vitale sans cesse renouvelée forme l’idée divine et assoit la confiance de l’homme en lui-même. Alors l’idée d’être à l’égal de Dieu comme le bâtisseur de la tour de Babel disparaît.

L’angoisse de la mort peut aussi bien nous enfermer dans la matière comme nous faire découvrir la voie de l’esprit. L’homme ne se réalise pas dans la plus haute tour, mais dans son progrès sur la voie d’une plus grande humanisation et dans son renouvellement par l’esprit.

Ici on oppose la vanité à la réalisation de soi. La réalisation de soi fait une place à l’esprit, la vanité lui barre la route. L’esprit n’est alors plus une notion extérieure à soi, mais au contraire constructive de soi.

Ici on touche de prés la dimension spirituelle de l’homme face à la mort. Il attache à ses actes une signification haute. Il ne s’agit point d’exploit à accomplir ou de guerre à mener, il s’agit de mettre en harmonie la chair l’âme et l’esprit. La chair qui fut à l’époque de Saint-Jean, l’évangéliste « incarnée » par la lumière, se marie à l’âme pour qu’elle anime ce corps en demande. La demande devient désir et il faut se garder de l’accumulation matérielle ou d’insatisfaction, il faut que l’âme prépare la place à l’esprit.

Psychiquement l’homme se met en phase harmonieuse. Son état d’homme responsable « animé » du sentiment d’amour de son espèce, accepte sa double nature humaine et divine. Il en conçoit l’intervention en lui comme une supra conscience qui agit en directrice censée et harmonisante. Nous reprenons ici Luc XIV, 11, « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

 

6/ L’élévation matérielle n’est pas synonyme d’élévation spirituelle. (Le franc-maçon jardinier)   Adam était jardinier, pas maçon !

Le dénuement matériel serait propice à la connaissance de l’esprit, c’est l’état Édénique qui permet de vivre dans la proximité du Divin.

Ainsi l’Adam du jardin d’Éden n’était pas un bâtisseur, mais un jardinier, or il est courant de confondre la tour bâtie et l’arbre. Ce sont deux symboles axiaux qui tendent vers le ciel, mais la tour est fabriquée, ce qui sous-entend « une spiritualité construite », alors que l’arbre est une graine germée, née du mystère de la vie soit « une spiritualité révélée ».

Le bâtisseur est un spécialiste de l’élévation technique, le jardinier est le gardien de la graine et de son mystère. La graine donne la croissance dans le domaine ésotérique. Le maître maçon doit d’abord être le jardinier de son cœur et accessoirement le spécialiste de l’élévation de la pierre taillée. L’élévation matérielle n’est qu’une impasse, un substitut exotérique ou philosophique. C’est un système, une mécanique de pensée qui ne peut prendre que l’objet pour la cause. Ce système se cristallise sous forme d’une tour sans respiration spirituelle entre le haut et le bas. La Lame XVI du tarot atteste d’une tour frappée par la foudre, c’est-à-dire par la sanction divine et la lumière de l’esprit. On y voit deux hommes en chute attestant de leur carence spirituelle. La chute est toujours due à une carence spirituelle.

Ainsi le franc-maçon, s’il n’est jardinier, ne sera qu’un orgueilleux détenteur de secret technique figé.

Il sera donc nécessaire un jour de détruire la colonne ou le temple pour faire comprendre que le secret initiatique réside dans la Foi, l’Esperance et l’amour, mais aussi dans l’acceptation de l’esprit en soi soit de la supraconscience comme directrice de l’âme. Ainsi la pensée se réalisera sur deux plans, le plan matériel et le plan spirituel. La volonté du franc-maçon sera éclairée par ce double aspect où les symboles de l’arbre et de la tour lui serviront de guide.

Or l’arbre n’est rien d’autre que l’homme intégral, chair, âme esprit en harmonie. L’homme doit croître en esprit et non pas en matière. Le franc-maçon trouvera dans l’alliance de la matière avec l’esprit, un motif utopique pour rebâtir spirituellement le temple de Salomon pour honorer le Grand architecte de l’univers. Il lui faut pour cela, réapprendre la langue commune, celle des symboles et de l’esprit, conditionnés par l’abandon préalable des métaux, mais aussi celle du signe de l’attouchement et du Mot. Le franc-maçon détient le langage commun aux bâtisseurs qui allient l’esprit à la matière et qui savent trouver dans la substance l’essence. Ce langage est celui de l’Art Royal qui met au service de l’esprit le bon usage de la matière.

Il y a non pas dispersion et incommunicabilité suite à Babel, mais unité dans le langage symbolique et dans l’action spirituelle ; Babel et sa chute ne peuvent que déboucher sur un état qui sera « la construction en esprit ». Nous passerons du savoir-faire au savoir-être. C’est l’absence d’esprit dans l’acte de bâtir qui entraîna la sanction de la chute babélienne. La chute Babelienne est une chute en la matière. C’est ainsi que le franc-maçon peut réunir les quatre parties du Monde éloignées à l’époque Babélienne en se situant au centre du cercle à équidistance de tout les points de l’horizon humain. C’est une manière symbolique de se retrouver dans un Orient intemporel, au pied de l’arbre planté au centre d’un fameux Jardin irrigué par quatre fleuves.

SOURCE : http://anck131.over-blog.com/

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REAA21

Publié le 30 Juillet 2026 par T.D

 

C. C. L.                                -Vous allez maintenant apprendre l'histoire des Noachides, ou Chevaliers Prussiens.

- Le Grand Maître Général de l'Ordre, que l'on nomme Grand Commandeur, a été le Très Illustre Frère Frédéric II, roi de Prusse. Ses ancêtres, depuis trois cents ans, étaient protecteurs de cet Ordre. Les Chevaliers Prussiens, qui ne connaissaient que le Grand Architecte de l'Univers , le glorifiaient tous les ans à la pleine lune de mars. Pour cette occasion ils s'assemblaient dans un lieu retiré et célébraient la mémoire de la destruction de la tour de Babel, due à la confusion des langues, cet acte du Créateur, qui provoqua la désunion des ouvriers et leur dispersion à travers le monde.

Ch. d’El.                              - C'est pourquoi les Chevaliers Prussiens, descendants de Phaleg, architecte de la tour de Babel, se réunissent la nuit de pleine lune de chaque mois pour tenir loge et qu'ils ne peuvent faire de réception qu'au clair de lune, dans un endroit retiré. Ainsi leur Ordre remonte à plus loin que celui des Maçons descendants d'Hiram, car la tour de Babel fut bâtie plusieurs siècles avant le Temple de Salomon.

Ch. Insp.                             - Il y a fort longtemps, les Chevaliers Prussiens étaient connus sous le nom de Noachides, ou descendants de Noé, que nous nommons maintenant Noé.

- Les païens les appelèrent Titans, car ils voulurent escalader le ciel pour détrôner Jupiter. Ces descendants de Noé, nonobstant l'arc-en-ciel que le Seigneur avait donné aux hommes en signe de réconciliation et par lequel il les assurait qu'il ne se vengerait plus d'eux par un déluge universel, construisirent une tour assez élevée pour les mettre à l'abri de la vengeance divine.

Ch. d’El.                              - L'Ecriture nous apprend (Genèse, XI - 1 à 9) :  Toute la terre avait un seul langage et un seul parler.

- Or il advint, quand les hommes partirent de I’Orient, qu’ils rencontrèrent une plaine au pays de Shinear en Asie, et y demeurèrent. Ils se dirent l'un à l'autre "Allons, briquetons des briques , et flambons-les à la flamme". La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier.

- Puis ils dirent "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "

- Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers.

- C'est pourquoi  l'on appelle cette tour, la tour de Babel, le mot Bavel signifiant en hébreu "confusion". Ce fut la nuit de  pleine lune de mars que le Seigneur opéra ce miracle.

Ch. Insp.                             - Plus tard, Nemrod, héroïque chasseur devant l'Eternel, y fonda une ville, appelée Babylone, c'est-à-dire "Enceinte de confusion" (Genèse, X - 8 à 10).

C. C. L.                                - Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction, était le plus coupable.  Se condamnant à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.

- Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.

- Il érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché.

Ch. Insp.                             - L'an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc.  Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu.

- A côté de cette colonne,  il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d'agate portant l'épitaphe suivante: " Ici reposent les cendres de l'architecte de la tour de Babel. Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il devint humble."

- Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d'Eber, dont le père était fils d' Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé.

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RASSEMBLER CE QUI EST ÉPARS

Publié le 29 Juillet 2026 par T.D

(...) Le but de chaque F.°. au Rite Ecossais Primitif est de se perfectionner spirituellement dans la droiture morale en utilisant la méthode offerte par la FM, à savoir l’apprentissage et l’utilisation d’outils symboliques empruntés à la maçonnerie opérative.

Par son initiation, l’étude des symboles et des textes des anciennes traditions au sein de l’espace sacré qu’est la loge le tout exalté par le rituel, le profane devenu franc-maçon, s’initie en travaillant sur ce merveilleux chantier qui est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de lui-même. Sur ce long chemin de travail et d’apprentissage (le maçon reste un éternel apprenti dans la voie de l’initiation), chaque FF devra, afin de ne pas se trouver dans une impasse horizontale, voir au-delà des apparences et cultiver la faculté de double vue Grâce au changement opéré au sein de sa conscience par l’étude des symboles, il sera à même de concilier les contraires et surtout de rassembler ce qui est épars afin de remonter vers sa vérité principielle. Bien sûr, pour nos FF et SS qui ont choisi une voie humaniste, le chemin sera différent, mais le but non moins louable: faire progresser l’humanité au plan sociétal.

Quoiqu’il en soit, les démarches spirituelles et humanistes se compléteront merveilleusement dans un grand rassemblement unitaire d’une véritable franc-maçonnerie Universelle, celle qui poursuit un seul but : unir le principe et l’Homme dans un grand mouvement pour faire progresser l’humanisation de l’Homme. Or nous savons que l’humanisation repose sur l’analogie symbolique et l’harmonie sociétale.

Mais avant d’en arriver à ce grand dessin symbolique et humaniste, il convient de revenir aux voyages de l’apprenti. Ce dernier est mobilisé par l’assemblage ritualisé des éléments qui le constituent : la terre, l’air l’eau et le feu. Il s’agira de prendre conscience par ses sens sollicités ou obérés de l’existence constitutionnelle du corps. Le corps sera le premier lieu du rassemblement de l’épar pour l’apprenti entrant faisant suite à l’état profane, disloqué et dissous dans le cabinet de réflexion.

Ainsi, pour rassembler ce qui est épars, chaque FF devra lui-même être réassemblé en un être spirituel apte à entamer le chemin de lumière. Nous décrirons donc les différentes étapes de ce réassemblage en étudiant le processus alchimique de décomposition-recomposition lors de l’initiation d’un profane, processus faisant partie des multiples méthodes de transformation de l’être qui ont façonné la Franc Maçonnerie. Enfin, nous nous interrogerons après ce premier travail sur ce qu'il reste à rassembler : si des éléments sont épars, c’est qu’ils étaient constitutifs à l’origine d’une unité qui s’est fragmentée.

La recomposition de l’être au sein de la loge, véritable matrice initiatique et athanor philosophique

Comme je l’ai dit précédemment, chaque profane est un être ontologiquement désassemblé, fragmenté. De sa source primitive, de cet être primordial, il n’en conserve rien si ce n’est pour les plus chanceux une faible trace imprimée dans leur subconscient. Couvert d’une multitude de bas instincts liés le plus souvent à la nécessité de survie de l’espèce ou encore d’ego surdimensionné et de vices liés à la compétition en société, le profane erre dans les ténèbres, prisonnier de lui-même. Il s’est non seulement sédimenté de couches successives d’impuretés, mais il s’est en plus, avec l’avènement du monde moderne, coupé de sa spiritualité et de la nature envers qui il est devenu hostile, polluant et saccageant les ressources naturelles, dont il a pourtant tant besoin, tout ceci sur l’autel du profit et de l’amas de richesses ; d’un être, il est devenu avoir.

Le profane, qui a gardé en lui quelque part l’intuition de ce qui a été perdu, s’interrogera sur le sens de sa vie et désirera plus ou moins consciemment la lumière. Alors, devenu cherchant et impétrant, il pourra par son initiation rassembler ce qui est épars en lui afin de, dès qu’il aura reçu la lumière, devenir ce pèlerin, cherchant et travailleur infatigable sur la voie de la vérité.

Lors de son initiation, le profane va mourir symboliquement, non pour naître, mais pour renaître à la condition de franc-maçon ayant vocation à l’initiation. Cette initiation va se faire en deux parties :

Premièrement dans le cabinet de réflexion, il va vivre sa première épreuve initiatique celle de la terre, materia prima de tout ce qui vit et de tout ce qui est. Selon notre grand maître ERI :.ROM :., « le cabinet examine les éléments constitutifs de l’être dans l’oubli testamentaire du vieil homme » « Le cabinet de réflexion est donc le terreau, le substrat obscur de l’Arbre ».

Tel celui qui tourne le dos à la lumière dans la caverne socratique, il va descendre dans les tréfonds de lui-même à la recherche de sa propre essence, faire le tri de ce qui est de « l’être » et de « l’avoir » aidé en cela par les différents symboles (et principes) présents comme le Sel, le Soufre et le Mercure. C’est donc la phase de décomposition, de désassemblage dans la souffrance et l’isolement. Il va ainsi sortir de la caverne ni nu ni vêtu, mais dépourvu de tous les éléments métalliques et est ainsi débarrassé de ses attributs profanes : « soit libéré de l’ego profane ».

Il est désormais prêt à être « réassemblé » (ou réordonné). Toujours désireux de recevoir la lumière, il va frapper à la porte du temple par Trois Grands Coups

Ainsi va commencer la seconde phase du processus d’initiation, la recomposition des éléments constitutifs de l’être avec les voyages de l’eau, de l’air et du feu. Cette recomposition se fera donc dans l’assemblage des contraires que seule la loge, véritable athanor, peut opérer. Par l’eau il va connaître une purification de l’âme et du corps, par l’air il va être mis en relation avec « l’esprit » et par le feu il va fusionner avec le TOUT. Bien sûr, pour nos FF et SS qui ont emprunté une voie moins spirituelle que le rite écossais primitif, on pourra y voir la resynchronisation de l’homme avec la  « grande nature élémentaire ».

Comme je l’ai déjà évoqué déjà lors d’un précédent travail, le profane est comme le germe de blé : il va avoir besoin du bon dosage de terre, d’eau et de feu pour se développer sur le lit de la décomposition du précédent épi de blé : c’est là un des principes cycliques, régénérateurs et ordonnateurs inclus dans la transmission initiatique.

Ainsi débarrassé de ses vils métaux, mort à sa condition de profane égotique et remis en ordre, devenu un être spirituel (ou du moins spiritualisable), il va, comme le germe de blé, recevoir le dernier élément nécessaire à sa sortie de terre et primordial quant à son élévation axiale : la lumière.

Nouvel initié et donc nouvel apprenti, il va maintenant s’inscrire dans le Grand Œuvre rejoué en loge, en étant plongé dans le silence et l’écoute active jusqu’à la prochaine étape graduelle, son passage au grade de compagnon. S’il a accédé à son étincelle spirituelle, cette dernière est une pâle lueur bien fragile ; seuls le travail sur lui-même, le partage des travaux en miroir avec ses frères feront qu’il progressera ou pas sur la voie initiatique. Car s’il est initié, encore faut-il qu’il travaille encore et encore comme l’ouvrier opératif devait le faire pour acquérir un savoir-faire et accéder à la maîtrise de son art. Mais dans notre voie spirituelle et spéculative, il s’agira d’accéder à un « savoir-faire », celui du réfléchir et de l’agir en franc-maçon « libre » qui aboutira naturellement par la connaissance lumineuse de soi et de ses Frères à un « un savoir-être ». Comme chez nos cousins opératifs le « savoir-faire élémentaire» ici ritualisé aboutira à « un savoir-être ». Autrement dit nous passerons d’un état corporel recomposé et réordonné,  à un état d’âme puis plus tard à un état d’esprit. Ces trois états « rassemblés » dans un individu conscient feront l’initié. Néanmoins le maçon doit dans son parcours se départir ou à tout le moins dompter son ego. Cet ego parasite la progression dans l’éveil et va fausser la perception du chemin. Dans cette volonté de recomposition, il faudra être conscient de ce parasitage de l’ego de sorte que le savoir-être ne soit pas un détournement ou un simple paraître.

Mais même si cette étape de décomposition/recomposition de l’être à travers le processus initiatique est primordiale dans la vie spirituelle du maçon, elle ne saurait suffire pour que ce dernier puisse aller jusqu’au bout du chemin. En effet, tout un travail reste à accomplir et le but de l’élévation spirituelle est encore de rassembler nombre d’éléments qui restent épars.

Rassembler ce qui est épars ou du ternaire à l’unité

Dans les trois premiers degrés, nous travaillons et spéculons autour d’une spiritualité « construite » de type monumentale. Il s’agit d’un Temple considéré comme un idéal d’union qualifié de « tri unitaire », entre l’homme, la dimension principielle et la création.

La loge est la représentation du temple de Salomon qui a été détruit et qui est à reconstruire. Chaque FF travaille sur lui-même et représente une pierre brute à tailler. Il doit arriver, à terme, à dégager la pierre philosophale, à extraire l’esprit de la matière, donc par le biais de son travail à changer le vil métal en or. Rassembler ce qui est épars c’est reconstruire le temple dont chaque FF est une pierre taillée qui doit s’inscrire dans un TOUT cohérent afin de redonner du sens à l’édifice ! Rassembler ce qui est épars, c’est encore faire en sorte que les hommes qui, à l’image d’Adam, ont chuté dans l’avoir et le paraître, puissent réintégrer le TOUT. Le monde des apparences, des contraires binaires qui mènent à une impasse existentielle, chaque FF va devoir passer au ternaire, la troisième voie, celle de la sagesse miroir de l’unité.

Ainsi l’initié ne tombera pas dans le piège du pavé mosaïque, véritable labyrinthe, mais au contraire sera à même d’y déceler une troisième voie en rendant complémentaires les oppositions.

Car tel est le but du chemin initiatique: ce n’est pas une fuite en avant, mais justement un retour vers l’unité primordiale, cette vérité perdue.

Ce qui est vrai au plan initiatique l’est également au plan humain et sociétal. Ainsi l’ensemble des êtres humains seraient issus d’une souche commune se situant en Afrique. Les races et les civilisations seraient le résultat d’adaptations particulières de groupes humains en fonction de l’environnement où ils se sont installés; les guerres ethniques et de civilisations, les préjugés sur la couleur de peau font alors que l’humanité est morcelée. Ainsi là encore, les maçons ont bien compris qu’il fallait concilier tous ces éléments épars et œuvrent pour l’unité de l’humanité.

Sur un plan plus spirituel et social, faut-il souligner que, les Constitutions d’Anderson qui ont été rédigées en pleins affrontements d’ordre religieux et de lutte de classes, il est précisé que la FM est destinée à rassembler ceux qui sans elle ne se seraient jamais rencontrés. Effectivement, et c’est là une des forces d’une voie spirituelle comme celle du  REP, on peut, venant de tous horizons sociaux, au sein de ce rite, étudier toutes les traditions en effectuant un travail de synthèse et de sagesse sans tomber dans un syncrétisme nivelant de type « new âge ». Bien des hommes s’entretuent pour établir la suprématie de leur religion sur celle des autres, le maçon du REP en étudiant tous les textes sacrés de quelque culte que ce soit y décèlera, comme une évidence, une sagesse commune.

Ainsi, rassembler ce qui est épars semble être le dessein « premier » de notre ordre.

Ce travail est réalisé du point de vue du premier degré soit comme une approche ou plus précisément une entrée en (la) matière par l’esprit. La progression initiatique fait que chaque étape graduelle voit sa sphère de réflexion de plus en plus élargie ; du même centre l’écartement du compas devient de plus en plus conséquent: il sera intéressant d’envisager ce travail aux autres grades.

Pour finir, une dernière réflexion me vient à l’esprit. Notre ordre traverse depuis sa création des divisions et tensions stériles; les anciens contre les modernes, les voies humanistes opposées aux voies spirituelles, la course à la régularité et à la suprématie de telle obédience sur telle autre. Ainsi la Franc-maçonnerie ne semble parfois pas elle-même échapper aux dérives qu’elle combat. Mais voyant ce soir la diversité des rites et obédiences représentés par  nos FF et SS présents ce soir sur nos colonnes, je pense que nous avons réussi, à notre humble niveau, à rassembler ce qui est épars.

(…)

Dav.°.Dub.°.   R.°.L.°. « Les Écossais de Saint-Jean »

En effet rassembler ce qui est épars revient tout bonnement à analyser et synthétiser une situation ou une diversité de position,  à la lumière de l’esprit avec une incommensurable bienveillance et un amour de la vie.

La vie elle-même n’est-elle pas le fruit d’un rassemblement d’éléments épars dont l’assemblage quasi miraculeux et la synthèse harmonieuse deviennent un « corps » vivant et pensant?

Ce corps ne devient-il pas « homme »  lorsqu’il reçoit le souffle de l’âme ?

Ce corps animé et sensible ne devient-il pas « homme conscient » ou « Homme éveillé » ou encore « initié », lorsqu’il réveille en lui la parcelle de lumière spirituelle ?

Ainsi l’unité de l’homme dans son retour à sa source primordiale fait que racines et fruits de l’arbre de la connaissance et de l’arbre de vie seront réunis dans un seul tronc synonyme du corps ; les racines iront chercher les éléments et nutriments épars dans le subterrestre. Par la grâce de la lumière et par la photosynthèse, seront réunis ces éléments épars dans un élan vertical. C’est ici que l’arbre de la connaissance ésotérique devient l’arbre de vie maçonnique.

Je conclurais donc en disant que rassembler ce qui est épars c’est être tout entier conscient de son appartenance à un Tout d’une complexité aussi ordonnée qu’harmonieuse. Ce rassemblement se fera sans orgueil ni prétention égotique à peine de babélisation de l’Œuvre…

Pour l’apprenti libéré le compagnon libre ou le maître libre, le Tout sera dévoilé progressivement et graduellement et sous une forme symbolique dans les diagrammes symboliques des tableaux de loge successifs.

(…)

E.°.R.°.

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Melchisédek, le Roi-Prêtre Superstar méconnue

Publié le 29 Juillet 2026 par T.D

Dans un coin lumineux du blog maçonnique de Bertrand Ségonzac, on trouve une pépite hilarante : une étude sur Melchisédek, ce mystérieux VIP des textes sacrés qui semble avoir un CV plus énigmatique qu’un agent secret en mission. Roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, et probablement barman à ses heures perdues (pain et vin, ça vous dit quelque chose ?).

Ce gars est le MacGyver spirituel des traditions juive, chrétienne et islamique.
Ségonzac, tel un détective avec une loupe et une cape, se lance dans une quête épique pour démêler le mythe de ce héros oublié, qui semble être à la fois un sage, un précurseur du Christ, et le patron d’un club sélect appelé « Tradition Primordiale ».

Ségonzac est agacé, et on le comprend ! Melchisédek est partout dans les bouquins spirituels et maçonniques, mais toujours avec des descriptions vagues du genre : « Oh, il est super énigmatique, ce mec, passons à autre chose. » Alors, notre auteur enfile son costume d’Indiana Jones et décide de fouiller les textes sacrés, les exégèses religieuses, et même les coulisses de la Franc-maçonnerie pour prouver que Melchisédek est LA rockstar des initiés, avec des vibes de justice, de paix, et de pain frais.

Melchisédek, la Célébrité des Religions

A. Les Textes Sacrés : Trois Apparitions

Melchisédek, c’est le genre de type qui fait des caméos dans la Bible et laisse tout le monde perplexe. Il apparaît trois fois, comme une star de cinéma qui refuse les grands rôles mais vole la vedette à chaque fois.

Ancien Testament :
Genèse 14:18-20 : Imaginez la scène. Abram, fraîchement sorti d’une baston contre des rois ennemis, se fait accueillir par Melchisédek, le roi de Salem, qui sort du pain, du vin, et une bénédiction digne d’un animateur de talk-show. « T’es béni, mon pote ! » dit-il, et Abram, impressionné, lui file 10 % de son butin, comme un pourboire à un serveur divin. Mais c’est quoi, ce passage ? Un ajout tardif ? Une pub pour le vin de Salem ? Les traductions grecques et hébraïques se chamaillent sur les détails, et nous, on se demande : Salem, c’est Jérusalem ou un bar branché ? Et El Elyon, c’est le même boss que le Dieu d’Abram ou un cousin éloigné ?
Psaume 110:4 : Là, ça devient épique. « T’es prêtre pour toujours, à la sauce Melchisédek ! » lance le texte à un roi ou un messie (David, peut-être ?). Melchisédek devient le modèle d’une prêtrise éternelle, genre prêtre VIP avec carte platinum. Mais les traductions chipotent : « à la manière de » ou « selon l’ordre de » ? On dirait une dispute sur la recette d’un cocktail sacré.

 

Ce qu’on sait : Melchisédek est roi, prêtre, et son nom veut dire « Roi de Justice » (melki = roi, sédeq = justice, classe, non ?). Il règne sur Salem (Jérusalem ou pas ?), sert un dieu cool nommé El Elyon, et joue les hôtes parfaits avec son pain-vin combo. Mais pourquoi Abram, l’élu, se fait bénir par ce mec sorti de nulle part ? Mystère et boule de gomme.

Nouveau Testament :

 ce passage, attribué à tort à Paul, semble destiné à un public érudit et vise à établir la supériorité de la prêtrise chrétienne sur celle des Lévites. Là, Melchisédek passe en mode superstar. Il est « Roi de Justice », « Roi de Paix » (Salem = paix, bien vu), et attention… sans père, sans mère, sans arbre généalogique, sans date de naissance ni de décès ! En gros, c’est l’Highlander de la Bible, « rendu semblable au Fils de Dieu ». Le texte oublie le pain et le vin (dommage, c’était sympa), mais insiste sur son statut de prêtre éternel. Problème : en le décrivant comme quasi-divin, les Hébreux mettent tout le monde mal à l’aise. Les juifs crient au scandale (« seul Yahvé est éternel ! »), et les chrétiens se demandent si Melchisédek est juste un teaser du Christ ou carrément son sosie.

B. Les Religions en Mode Fan-Club

Avec si peu de lignes dans les textes, Melchisédek a quand même inspiré des fan-fics religieuses à n’en plus finir.

Christianisme :
Les Pères de l’Église adorent Melchisédek, car il leur donne une arme pour narguer le judaïsme. « Sa prêtrise est plus vieille que celle des Lévites, donc Jésus rules ! » Justin (vers 160) le surnomme « prêtre des incirconcis », genre hipster spirituel avant l’heure. Tertullien rigole : « Pas besoin de circoncision ni de sabbat, Melchisédek est au-dessus de tout ça ! » Origène le voit comme un prêtre cosmique qui squatte les cieux, et Cyprien trouve que son pain et vin sentent l’eucharistie à plein nez. Au Moyen Âge, Thomas d’Aquin s’emballe : « Pas de généalogie ? C’est un clin d’œil à la naissance virginale du Christ ! » D’autres, comme Hugues de Saint-Cher, comparent les textes et se disent : « Attends, c’est pas Jésus, ça ? » Le pain, le vin, la bénédiction… tout ça sent le sacrement chrétien à des kilomètres.
Et puis, il y a cette théorie rigolote : Melchisédek serait une sorte de lieutenant du Christ, qui sort de l’ombre quand il faut secouer les choses. Genre, il vit dans une grotte secrète, mais quand Abram arrive avec son peuple têtu, Melchisédek dégaine son pain-vin et dit : « Calmez-vous, les gars, voici l’alliance 1.0 ! » Le texte des Hébreux dit qu’il est « sans père, sans mère, sans généalogie » non pas parce qu’il est un alien, mais parce que la Bible a oublié de remplir sa fiche d’état civil. Résultat : il devient le symbole parfait du Fils de Dieu, sans début ni fin, comme une série Netflix sans saison finale

Judaïsme :

Les rabbins, eux, sont un peu vexés par les chrétiens qui s’approprient leur Melchisédek. Dans le Midrash et le Talmud, ils lui reprochent d’avoir béni Abram avant Dieu. « Non mais, sérieux, Melchi, t’as pas lu le manuel ? » Du coup, il perdrait sa prêtrise au profit d’Abram. Certains, comme Ephrem le Syrien, essaient de le faire passer pour Sem, le fils de Noé, histoire de le garder dans la famille juive. D’autres chipotent sur Salem : « C’est pas Jérusalem, c’est peut-être Salîm, ou un Airbnb à Sichem ! » Tout ça pour dire : Melchisédek, t’es cool, mais reste dans le cadre de la Torah, OK ?

Gnostiques :
Les gnostiques, eux, partent en freestyle. Dans la « Légende hébraïque de Melchisédek » (trouvée à Qumrân), il devient un juge badass qui viendra à la fin des temps pour distribuer des cartons rouges aux méchants. Dans le « Second livre d’Hénoch »
, c’est carrément un prêtre céleste, né par miracle et mis en stand-by par Dieu pour le grand final. En gros, Melchisédek, c’est le lien entre le Netflix terrestre et le streaming divin

Melchisédek, le Guru Ésotérique

Dans le monde de l’ésotérisme, Melchisédek est comme un smoothie spirituel : un mélange de tout ce qui est cool et universel. René Guénon et Jean Tourniac, les rockstars de la Tradition Primordiale, le voient comme le symbole ultime de l’unité. Dans son bouquin « Melchisédek ou la Tradition Primordiale », Tourniac écrit : « Ce mec, c’est le centre du club spirituel, il réunit tout le monde autour d’un bon verre de vin cosmique. » Roi de justice, roi de paix, prêtre éternel, il est l’ancêtre des utopistes maçonniques qui rêvent d’un monde sans drama religieux.

Dans la kabbale, son nom (justice) et Salem (paix) sont des vibes d’harmonie cosmique. Dans le gnosticisme, il est un initiateur qui distribue des clés pour débloquer le niveau divin. Bref, Melchisédek, c’est le prof de yoga spirituel que tout le monde veut suivre.

Melchisédek dans la Franc-Maçonnerie : Où est-il Passé ?

Dans la franc-maçonnerie, Melchisédek est un peu comme Waldo : il est là, mais faut le chercher. Ségonzac fouille et trouve quelques miettes :

  • Loges de Melchisédek (1780) : En Autriche et en Allemagne, des maçons essaient de créer des loges pour initier des Juifs, avec la Genèse comme livre de chevet. Spoiler : ça floppe, car tout le monde se dispute comme dans une réunion de famille.
  • Illuminés de Bavière : Weishaupt, le rebelle de 1776, invente un grade « Melchisédek Prêtre Royal », mais son club est plus politique que maçonnique, donc on passe.
  • Rite Ancien et Primitif : Dans ce rite ultra-marginal, il y a un grade « Grand Prêtre de Melchisédek », mais c’est comme trouver une licorne dans une loge : rare et pas reconnu.

Bref, Melchisédek est discret, mais Ségonzac insiste : ce mec est une mine d’or symbolique pour les maçons !

Melchisédek, le Coach Maçonnique Ultime

Initiation à la Sauce Melchisédek :
La rencontre entre Melchisédek et Abram, c’est comme un stage d’initiation maçonnique version deluxe. Abram, l’apprenti qui écoute sans broncher, se pointe, et Melchisédek, le grand maître avec son badge « Roi-Prêtre Éternel », lui sert du pain, du vin, et une bénédiction qui claque. Résultat : Abram passe au niveau supérieur spirituel. Tout y est : libre choix, gestes solennels, et un formateur au CV divin. Les maçons adorent ce genre de scénario.

Le Message Initiatique :
Melchisédek confirme l’alliance universelle entre Dieu et Abram, sans passer par les dogmes religieux. C’est la « religion naturelle » des Constitutions d’Anderson (1723), celle qui dit : « Pas besoin de se chamailler, aimons-nous et buvons un coup. » Sans généalogie, Melchisédek représente la Tradition Primordiale, le Graal des initiés. En tant que roi de Salem (la Jérusalem céleste, pas le bistrot du coin), il guide les maçons vers le « Centre », là où le Temple intérieur brille plus qu’un néon.

Melchisédek et le Rite Français :
Dans le Rite Français, Melchisédek est comme un guest star implicite. Sa simplicité (pain, vin, bénédiction) colle à la vibe fraternelle du rite. Sa justice inspire les apprentis (charité, équité), les compagnons (règle, équerre), et les maîtres (justice intérieure). Et spirituellement, il emmène les maçons d’une Tradition Primordiale cool vers une Nouvelle Alliance encore plus cool.

Symbolique Maçonnique :
Pain et Vin : Dans les loges, ces offrandes symbolisent la vie, la renaissance, et le travail bien fait. C’est comme un buffet maçonnique avec une touche de sagesse.
Vertus : Melchisédek, c’est le combo parfait des vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) et cardinales (Justice, Prudence, Tempérance, Force). Un vrai super-héros maçonnique.
Le Trois : Roi, prêtre, prophète, Melchisédek est la sainte trinité de la maçonnerie. Il représente l’unité totale, comme un puzzle cosmique enfin terminé.

Alors, Melchisédek, le Héros Maçonnique Oublié ?
Initiateur, gardien de la Tradition Primordiale, porteur de vertus et symbole d’unité, Melchisédek a tout pour être le poster-boy des francs-maçons. Alors pourquoi reste-t-il dans l’ombre ? Peut-être parce qu’il est trop divin pour les loges modernes, ou parce que sa vibe « Ancienne Alliance » fait peur à une Maçonnerie qui a parfois viré au club laïc.

Dommage, car ce mec, avec son pain, son vin, et son charisme, pourrait animer n’importe quelle tenue maçonnique !

450fm

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MELKISEDEQ C'EST QUI CELUI-LA ? -Part I, II, et III(extrait)

Publié le 29 Juillet 2026 par T.D

 

PART -I-

  1. Le texte

Nous aurons moins à écrire puisque le Nouveau Testament ne comporte qu’une mention de Melkisédeq : il s’agit des chapitres 5 à 7 de l’Epitre aux Hébreux, et plus particulièrement au chapitre 7 des versets 1-3 qui peut se lire ainsi :

« Ce Melkisédeq donc, roi de Salem, Prêtre du Dieu Très-Haut, qui alla au devant d’Abraham revenant de défaire des rois, et le bénit, auquel aussi, Abraham attribua la dîme de tout, qui est d’abord interprété roi de justice, et ensuite aussi roi de Salem c’est à dire de paix, sans père, sans mère, sans généalogie, n’ayant ni commencement de jours ni fin de vie, rendu semblable au fils de Dieu, (il) demeure Prêtre durablement. »[12]

  1. Les problèmes soulevés

Ce texte très dense pose de nombreuses questions, tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme les spécialistes des textes sacrés ont démontré que son attribution à l'apôtre Paul ne correspondait pas à la réalité ; en effet on ne retrouve pas ici le style de l'apôtre des Gentils dont les épitres sont adressées à l'ensemble d'une communauté chrétienne, or notre texte s'apparente plus à un traité de théologie ne visant qu'un groupe restreint de destinataires, des responsables sensibilisés à la question du sacerdoce. Et dans son écriture il serait très proche des textes construits par les érudits d'Alexandrie proches du philosophe Philon que nous avons déjà rencontré; selon les chercheurs cette hypothèse serait soutenue sur le plan de l'écriture par les tournures utilisées et sur le plan historique par le fait que des allusions sont faites au Temple comme lieu de prière à l'époque où les textes sont écrits, or le Temple sera détruit en 70 par Titus et donc le texte est nécessairement antérieur.

Sur le fond l'épitre aux Hébreux confirme certaines données des textes de l'Ancien Testament: Melkisédeq est roi de justice et Prêtre du Très-Haut ; il règne sur Salem qui est assimilée à Jérusalem. En revanche certains éléments ont disparu : il n'est plus question de l'offrande du pain et du vin ni non plus des bénédictions.

Mais le texte apporte par ailleurs des informations nouvelles ; certaines sont le développement des textes précédents : ainsi en accentuant le lien entre le double aspect « justice » et « paix » (sédeq et salem) de Melkisédeq l'auteur de l'épitre fait ressortir les caractéristiques qui définissent dans la bible les Temps messianiques ce qui évidemment donne une ampleur « extra-terrestre » à notre personnage !

Et cette volonté de faire de Melkisédeq une figure qui dépasse la simple humanité est illustrée par l'apport essentiel du texte : profitant du silence des textes antérieurs sur les ascendants de Melkisédeq l'auteur proclame que notre personnage est « sans père ni mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours, ni fin de vie » ce qui se traduit au final par l'affirmation que Melkisédeq est éternel ! Et pour qu'aucun doute ne soit permis il est enfin écrit qu'il est ainsi « rendu semblable au fils de Dieu ».

Lorsqu'on fait la synthèse des différents aspects de Melkisédeq au travers des textes des deux Testaments il apparaît clairement que les deux religions du Livre alors connues ont à résoudre des problèmes différents mais issus des interrogations suscitées par ce personnage plus que jamais énigmatique, tout particulièrement à un moment de l'Histoire où l'apparition du christianisme, indiscutablement à partir du judaïsme, amène très vite les deux parties à s'affirmer en se confrontant.

Les Juifs doivent nécessairement « capter » Melkisédeq, le faire leur, alors qu'à la lecture des textes il est le Prêtre d'un Dieu qui n'est pas présenté comme celui d'Abram. Il n'est pas acceptable pour le judaïsme qu'Abram, élu par Dieu et vainqueur des Rois accepte les offrandes, soit béni et paie la dîme, c'est à dire se reconnaisse le vassal d'un autre sauf si cet autre est au moins le représentant du Dieu unique Yahvé ; le problème devient plus aigu encore avec l'épitre aux Hébreux : pour un juif ce qui n'est pas dans la Thora n'est pas dans l'univers : ce roi mystérieux n'a pas de généalogie[13] or le seul personnage -si on peut dire- qui puisse être sans généalogie ni père ni mère, ni commencement de jours ni fin de vie, c'est Dieu lui-même ! Face à ces équivoques il est impératif de faire clairement de Melkisédeq une figure biblique « orthodoxe », intégrée à la saga du peuple juif.

Evidemment pour les Chrétiens qui doivent convaincre de la personnalité divine de Jésus et diffuser la Bonne Nouvelle Melkisédeq apparaît comme une figure qui démontre que de tout temps Jésus était annoncé : le roi offre le pain et le vin, bénit Abram qui vient à lui (et qui figure l'humanité puisqu'il n'est pas encore Abraham patriarche juif) ; autant d'éléments qui font bien que Melkisédeq est « rendu semblable au fils de Dieu ». Mais c'est bien là que commence la difficulté : semblable au fils de Dieu veut-il signifier que Melkisédeq préfigure le Christ ? Ou bien qu'il s'identifie au Christ ? Dans cette seconde hypothèse Melkisédeq serait le Christ éternel apparu sous une forme humaine à Abram pour le bénir et confirmer sa mission. Dans un cas comme dans l'autre la « légitimité » du Christianisme était démontrée, sa qualité de Messie prouvée !

Nous cherchions des réponses à nos questions mais clairement le Nouveau Testament, s'il apporte quelques compléments d'informations, soulève surtout des interrogations majeures...

Incontestablement il faut poursuivre notre quête au travers des nombreux auteurs qui ont tenté d’élucider les mystères mais sans doute aussi voulu défendre leurs familles spirituelles.

B - LES INTERPRETATIONS DANS LES FAMILLES RELIGIEUSES

Si les textes initiaux sont rares la littérature à laquelle ils ont donné naissance est d’un volume considérable et d’une complexité étonnante ! C’est que tous, Pères de l’Église, Rabbins et Gnostiques entendaient bien tirer le plus grand profit d’un personnage si extraordinaire et le faire servir à la défense et à l’illustration de leurs thèses.

Il nous a donc fallu faire des choix ; ceux-ci d’ailleurs dans les seules sources que nous comprenions : certaines démonstrations exigent des connaissances que nous n’avons pas et la fréquentation de « sciences » dont nous ignorions jusqu’à l’existence !

Il nous a semblé que le plus simple consistait à examiner successivement les points de vue des principales parties concernées par le sujet qui sont les Chrétiens, les juifs et les gnostiques ; bien sûr ces deniers sont liés aux deux autres catégories, tout spécialement à la première, mais leur originalité tant dans le raisonnement que dans les perspectives ouvertes permet d’en faire, même un peu artificiellement une catégorie à part entière.

Il faut également garder à l’esprit que les textes des uns et des autres ont vocation à se répondre et que le développement des thèses en trois rubriques distinctes n’a pas d’autre raison d’être que le souci de clarté.

1°) Les développements dans le Christianisme

  1. Les thèses du Christianisme en construction

La volonté continue des Pères de l’Église a été de démontrer la légitimité et la supériorité de l’église chrétienne par rapport au judaïsme dont elle était issue.

Et pour cela il s’agissait d’expliquer que la prêtrise dont Melkisédeq était le modèle était supérieure à celle issue de Lévy ; et  que Melkisédeq avait annoncé Jésus vrai Prêtre du Très-Haut.

Vers 160 Justin[1] dans son « dialogue avec Tryphon » souligne que Melkisédeq est antérieur aux juifs et de ce fait est le « Prêtre des incirconcis ». Tertullien[2] dans « contre Marcion » (v. 9. 9) et dans « Contre les Juifs » (2, 7-1) insiste sur le fait que Melkisédeq a été élu au sacerdoce du Grand Dieu sans être circoncis ni faire sabbat, qu’il est Prêtre pour l’éternité et que cette prêtrise éternelle est maintenant assumée par Jésus fils de Dieu. Origène[3] dans son « Commentaire de l’Évangile de Jean » (1, 1) comme dans son « Homélie sur le Lévitique » (12, 1) insiste sur l’idée que quiconque est « Prêtre parmi les hommes » est petit et faible alors que Melkisédeq est lui « le grand Prêtre qui peut pénétrer dans les cieux » : il est donc bien au dessus de tout ce que la seule humanité a pu concevoir comme prêtrise car lui relève du divin, ce qui prouve qu’il est sans généalogie, éternel et non engendré et de plus éternel Prêtre pour l’éternité : ces caractères sont ceux de Jésus dont Melkisédeq devient alors le prototype.

Cyprien de Carthage[4] fait en quelque sorte la synthèse de cette approche dans sa lettre 63 IV, 1et 3 et la complète en glosant sur l’offre du pain et du vin qui n’apparaissait que dans l’Ancien Testament. Pour cet auteur Melkisédeq est une figure prophétique qui annonce le sacrifice de Jésus ; c’est ce que révèlent les Psaumes quil commente ainsi :« l’Esprit saint parlant au nom du Père et disant au Fils : je t’ai engendré avant l’étoile du matin ; tu es Prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melkisédeq » et Cyprien de Carthage précise en outre immédiatement « cet ordre (de Melkisédeq) se réfère à ce sacrifice et a  son point de départ dans ce fait que Melkisédeq fut Prêtre du Très-Haut, qu’il offrit le pain et le vin… », Et il termine enfin sa démonstration en proclamant « Qui en effet fut plus Prêtre du Très-Haut que notre seigneur Jésus qui offrit à Dieu son père le même (sacrifice) que Melkisédeq avait offert, à savoir le pain et le vin c’est à dire son corps et son sang ? Et Celui qui est la plénitude de toute chose a réalisé ce que cette figure annonçait ».

Tous les thèmes nécessaires à la démonstration que le triomphe du christianisme est pleinement justifié et légitime sont en place : Melkisédeq est antérieur au Judaïsme et en même temps éternel ; ses faits et gestes préfiguraient clairement ceux de Jésus.

C’est Ambroise de Milan[5] qui amènera la démonstration des pères et théologiens des premiers siècles à son aboutissement en faisant de Melkisédeq le père des sacrements de l’Église nouvelle. Dans son ouvrage « des sacrements » au chapitre IV, 10-12, il écrit « qui avait le pain et le vin ? Ce n’est pas Abraham. Mais qui les avait ? Melkisédeq. C’est donc bien lui qui est l’auteur des sacrements. »

Puis il ajoute : « qui est Melkisédeq qui signifie roi de justice, roi de paix ? Qui est la paix de Dieu ? La Sagesse de Dieu ? Celui qui a pu dire je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix… » Et dans ce même chapitre mais en 27 Ambroise de Milan rappelle que lors de la messe il est demandé à Dieu d’accepter « les dons de ton serviteur le juste Abel, le sacrifice de notre père Abraham et celui que t’a offert le grand Prêtre Melkisédeq ».

Si on veut bien nous permettre une digression, rappelons que cette demande est encore aujourd’hui reprise dans la liturgie romaine ; le canon romain « supra quae » précise que l’acceptation des sacrifices offerts par les justes de l’Alliance atteste que Dieu accepte le sacrifice qui est fait ici et maintenant. Et le canon « hanc Igitur » rappelle explicitement que le pain et le vin offert par Melkisédeq avait été une préfiguration des mystères de l’eucharistie. Enfin le Psaume 109, 4 est repris lors des vêpres solennelles des grandes fêtes religieuses comme l’affirmation que la fonction sacerdotale ne relève pas de la lignée d’Aaron mais bien de Melkisédeq et la liturgie invite à voir en chaque Prêtre une figure du Christ.

  1. Les apports à la période médiévale

C’est au cours de la période médiévale que les exégètes vont développer et affiner la thèse d’un Melkisédeq figure du Christ[6], modèle du Prêtre et dont l’offrande annonce l’eucharistie.

Thomas d’Aquin[7] explique dans son commentaire de l’épitre aux Hébreux que « sans père » est une manière d’annoncer la naissance du Christ d’une vierge et que « sans mère » signifie qu’il s’agit d’une « génération spirituelle », et de ces particularités il faut conclure à l’absence de toute imperfection chez le Christ ; d’autant que d’être « sans généalogie » implique que le Christ Prêtre n’appartient pas à la famille des lévites et n’est donc pas lié par la « vieille loi ».

Certains ouvrages procèdent par une étude comparée systématique des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament pour démontrer l’identité des deux personnages ; ainsi Hugues de Saint Cher[8] commence-t-il le Psaume 109, 4 en rapprochant Jean 6 (ce pain que je donnerai est ma chair) de Lévitique 26 (« vous mangerez les plus anciennes des choses anciennes et, les nouvelles arrivant, vous jetterez les anciennes » : les plus anciennes donc avant la loi, au temps de Melkisédeq). Ou encore en rappelant que Jésus a dit « Qui est ma mère ? » (Mt 12), que le Messie est aussi prince de la paix et qu’il bénit tout comme Melkisédeq, roi de Salem (la paix), a béni Abram.

L’offrande du pain et du vin préfigure à la fois l’eucharistie et le sacrifice de la croix selon Guibert de Nogent[9], thème que reprend Nicolas de Gorran[10] dans son commentaire de Genèse 14, 18 tandis qu’Albert le Grand[11] souligne que l’offrande du pain et du vin comporte deux éléments authentiquement chrétiens : cette offrande est faite à Abram qui vient de vaincre les rois ennemis, or ces rois représentent clairement nos péchés ; ensuite vient une bénédiction faite au Très-Haut. Ces deux mouvements sont caractéristiques de la grâce que nous fait Dieu : par le pain et le vin, l’eucharistie, il nous permet de vaincre nos ennemis ; ce qui nous permet alors de bénir Dieu, c’est à dire de l’approcher, de lui faire don de nos êtres purifiés.

Restait à comprendre ce qu’avait voulu exprimer le Psaume 110, 4 (109, 4 pour la version septante) en évoquant la prêtrise « à la manière » ou « selon l’ordre » de Melkisédeq. Comme il ne s’agit pas ici de faire un traité théologique nous poserons simplement qu’au delà du sens premier des termes « a la manière de », « selon l’ordre de » et même selon certaines traductions « à la mode de » les exégètes ont tenté de construire une thèse permettant là encore d’assurer l’antériorité et la supériorité du sacerdoce chrétien, préfiguré par Melkisédeq sur celui d’Aaron ; le premier est éternel, le second lié à l’histoire d’Israël. En fait on serait passé d’un sacerdoce royal (Melkisédeq et roi et Prêtre à un « sacerdoce seulement sacerdotal » comme l’écrit Bruno le Chartreux[12]. En fait Melkisédeq est à l’époque le seul Prêtre et en bénissant Abram il lui confère la prêtrise qu’accepte Abram en payant la dîme et Lévi est engagé par cette acceptation puisqu’il est alors en « potentialité » dans les reins d’Abram ! Et comme Jésus préfiguré par Melkisédeq n’est pas de la tribu de Lévi mais de celle de Juda il faut toujours selon notre chartreux que la bénédiction du roi de Salem soit en même temps porteuse d’un transfert -à intervenir le moment voulu- des Lévi vers les Juda, en la personne de Jésus ! Cette démonstration pour brillante qu’elle soit suscita la réprobation véhémente de Thomas d’Aquin qui dans sa somme Théologique rappelle (III. 2, 9. 22 art 6) que le Christ est source de tout sacerdoce et qu’il ne peut être ni de l’ordre de Melkisédeq ni d’aucun autre. Si Lévi est lié par la dîme versée par Abram cela ne peut concerner le christ qui lui n’a aucun ascendant de nature humaine puisqu’il est fils de Dieu.

On pourrait encore examiner les apports de nombreux autres saints hommes mais il convient aussi de se pencher sur les arguments des tenants de la 1° alliance et plus généralement de ceux qui jugent abusif le rapprochement de Melkisédeq et de Jésus.

2°) Contestations et opinions divergentes

La contestation, qui viendra très tôt, des thèses chrétiennes viennent essentiellement et fort logiquement du monde religieux juifs mais pas uniquement et surtout aux contestations par des autorités « établies » s’ajouteront des visions plus originales.

  1. Contestations par les autorités établies

Nous entendons ici par autorités établies les rabbins qui au fil des écrits et des enseignements ont critiqué les thèses chrétiennes dont ils percevaient sans peine qu’elles visaient à établir le judaïsme comme l’ancêtre dépassé, sinon contesté, du christianisme.

Ainsi plusieurs développements du Midrash[13] et particulièrement Rabba 43, 6, mais aussi le Talmud de Babylone[14] conteste l’interprétation et la signification données à l’Épitre aux Hébreux par les pères de l’Église : il n’est pas possible que Melkisédeq soit supérieur Abram car il a gravement fauté en bénissant une créature, fut-il un patriarche, avant le Créateur ! Et par cette faute il a perdu sa qualité de Prêtre que très légitimement et par conséquent Abram a récupérée ! (on a presque envie de rajouter « et hop »).

D’autres auteurs souligneront qu’il est parfaitement abusif de prétendre que Melkisédeq est sans généalogie ; de fait l’Ancien Testament ne dit rien de tel et c’est un apport abusif de l’Épitre aux Hébreux, une oeuvre de « dissidents chrétiens ». Selon Ephrem le syrien Melkisédeq serait en réalité Sem, fils aîné de Noé ; il faut se souvenir que Noé dès qu’il put quitter l’arche pour la terre ferme construisit un autel et offrit un sacrifice à Dieu : c’est donc lui l’ancêtre et le modèle de la prêtrise et il a naturellement transmis cette fonction à son aîné. Dès lors que Melkisédeq est identifié à Sem, cette prêtrise issue de Noé se transmettra en toute légitimité à Abram, à Aaron avant de parvenir au Christ ; ainsi est-il démontré que Jésus est bien Prêtre « selon l’ordre de Melkisédeq » et à sa suite tous les Prêtres issus de Jésus.

Au terme de ce raisonnement Jésus se trouve donc légitimé comme Prêtre d’Israël dont la mission a été de signifier que le temps des sacrifices sanglants (taureaux, moutons, boucs) était révolu ; reprenait force et vigueur l’offrande du pain et du vin, c’est à dire le temps de la vie et de la joie !

Mais surtout Jésus, et le christianisme avec Lui, réintégraient en quelque sorte le Judaïsme et l’orthodoxie juive, ce qui était l’objectif recherché.

  1. La contestation factuelle

Dans certains écrits c’est l’assimilation de Salem et de Jérusalem qui est mise en question. C’est qu’il existe dans un périmètre relativement restreint une ville de Salem (près de Sichem) et la ville de Salîm dont parle le 4° Évangile en expliquant que c’est à proximité de cette ville que Jean le Baptiste officiait (cf. Jean 3, 23) ; deux villes de Salem/Salîm donc qui rendent douteuse l’assimilation à Jérusalem selon Ethérie, un voyageur qui visita la Palestine dans les années 384.

L’assimilation de Melkisédeq à Jésus est également réfutée par ceux qui refusent un caractère divin à Melkisédeq, caractère que son assimilation à Jésus impliquerait. C’est le point de vue de Jérôme[15] pour qui Melkisédeq est au mieux un ange adressé à Abram pour le conforter dans son rôle de patriarche (lettre 73, datée de 398). Pour certains Melkisédeq serait en réalité l’archange Michaël, mais d’autres vont beaucoup plus loin et la vie de Melkisédeq devient une vraie saga : neveu de Noé, protégé du déluge par l’archange Michaël, il est reçu au paradis, réouvert pour lui, et y suit un enseignement qui fait de lui le Prêtre par excellence ; sa première mission après le déluge est d’enterrer le corps d’Adam conservé jusqu’à ce moment par Noé. L’emplacement de la tombe devient alors le point parfait, l’axe du monde : et miracle ce lieu élu est Jérusalem ! Melkisédeq ainsi devenu Prêtre pour l’éternité est le modèle parfait, symbole de la Tradition offert, sous les traits d’Abram, à chaque croyant.[16]

3°) Les apports Gnostiques

Il convient de préciser ici que nous entendons le terme « gnostique » dans son sens premier : philosophe de l’idée religieuse qui prétend avoir une complète connaissance de Dieu et de ses manifestations.

A ce titre et en rapport avec notre sujet deux textes sont particulièrement intéressants et quelques éléments à prendre en considérations.

  1. La légende Hébraïque de Melkisédeq

Il s’agit d’un texte retrouvé parmi les manuscrits de la mer morte et sans doute antérieur au 1° siècle, vraisemblablement avant la destruction du Temple. Le nom de Melkisédeq, « mon roi est justice » met en avant le rôle de juge et la vertu de justice qui sont étroitement liés à la fonction sacerdotale et au Temple : le Prêtre fondateur du premier Temple s’appelait Sadoq (être-juste), celui du second temple Jésus fils de Yéhosadaq (celui de Yahvé-a-justifié), second Temple qui fut restauré par Simon dit « le juste » tandis que le Maître de la communauté des Esséniens (auxquels certains exégètes ont rattaché Jésus-Christ) portait le titre de « Maître de justice ». Melkisédeq qui les a tous précédés est donc bien la source et le modèle de ceux dont la mission est de mener le peuple au seuil du monde nouveau, à l’instant choisi pour que soit rendue la justice. Il est le premier des juges de la fin des temps, en charge de juger les élus, les « Saints de Dieu ».

  1. Le second livre d’Hénoch

Cet ouvrage a connu une vie quelque peu complexe ! Composé en grec il ne nous est parvenu qu’au travers une traduction slave tardive (XIV-XVII° siècle). Les spécialistes continuent de débattre à propos de sa date de rédaction mais aussi de son origine juive ou chrétienne ; si on suit Bernard Barc[17] auquel nous empruntons ces données, l’œuvre, contemporaine de l’Épitre aux Hébreux serait finalement d’un auteur juif mais le texte aurait été remanié par des chrétiens.

L’idée centrale est que l’histoire telle qu’elle se déroule depuis le déluge ne fait que reprendre celle qui a précédé cette catastrophe, elle-même due à l’ingratitude des hommes vis à vis du créateur. Le Melkisédeq qui apparaît à Abram tout comme celui qui viendra juger à la fin des temps ont un ancêtre antédiluvien !

Dans cet ouvrage, dicté au patriarche Hénoch transporté pour l’occasion à travers les sept cieux jusqu’au trône de Dieu, nous retrouvons nombre de mythes qui fondent les grands courants religieux, aussi est-il intéressant d’en tracer en quelques lignes le scénario.

Hénoch dont le nom signifie « fais la dédicace du Temple » remonte auprès de Dieu après avoir laissé pour consigne à ses fils, dont l’aîné est Mathusalem, de demander au Très-Haut de se choisir un Prêtre ; or voici que Dieu bouleverse les usages et les règles en ne choisissant pas l’aîné de Mathusalem, Lamech, ni même l’aîné des petits fils, Noé, mais le jeune frère de celui-ci Nêr !

Nous retrouvons une donnée fréquente dans les mythologies et les textes sacrés : ce n’est pas l’aîné qui reçoit l’héritage ; les exemples sont multiples, que le droit d’aînesse soit perdu pour un plat de lentilles (Esaü) ou le choix du cadet fait par le patriarche ou le roi (Jacob qui deviendra Israël, Salomon désigné par David).

Et bien d’autres encore pour marquer que c’est le choix et l’élection qui prévalent sur les us et coutumes.

Mais reprenons notre histoire : de Noé sortiront les douze tribus dont celle des Lévi qui assurera le service du Temple ; de Nêr viendra Melkisédeq (qui remarquons le au passage a une généalogie) Nêr dont le nom signifie « lampe perpétuelle » et dont l’épouse, la mère de notre personnage, s’appelle Sophonim qui signifie « fin des douleurs », de là à imaginer qu’avec la vraie lumière qui jamais ne s’éteint le malheur disparaîtra il n’y a qu’un pas aisé à franchir ! mais l’histoire est plus dramatique (mélodramatique) car si Melkisédeq hérite des vertus de sa mère à l’instant de sa naissance c’est que celle-ci est morte en le mettant au monde ; d’une certaine manière notre personnage préfigure le christ revenu des enfers et sortant du tombeau ; il nait mais à une vie qui n’est pas celle du commun puisque aussitôt Dieu l’appelle à Lui, le met en quelque sorte « en réserve » dans l’attente du jour du jugement : ainsi le fils du premier Prêtre, lui-même Prêtre va-t-il exercer son sacerdoce dans l’autre monde, au ciel, tandis que les Lévites sont les desservants ici-bas. En fait Melkisédeq, être parfaitement saint n’aurait été envoyé bénir Abram que pour fonder un sacerdoce particulier, incarné dans des personnages d’exception comme Abram, David et enfin Jésus ! Ce dernier étant -selon nous et en n’engageant que nous- d’une certaine manière la synthèse des types rencontrés avec cet apport déterminant qu’est l’action : nous ne sommes plus en présence d’un personnage mystérieux plus ou moins insaisissable, Prêtre, roi et prophète mais du fils de l’Homme qui enseigne comment par son activité « hic et nunc » chacun prépare son accès à la renaissance dans l’autre monde, le jugement à venir étant en quelque sorte déjà prononcé et le verdict de clémence acquis par la réalité du sacrifice du christ.

Un manuscrit découvert à Nag-Hammadi[18] et dont on estime qu’il fut rédigé entre 150 et 225, établit que Jésus seul est le Prêtre céleste du très-Haut, ce que ne peuvent accepter certains gnostiques qui n’hésiteront pas à faire de Melkisédeq un personnage supérieur à Jésus. Est ainsi affirmé que Simon le mage, fondateur du gnosticisme est une réincarnation de Melkisédeq, « puissance de Dieu » dont le Christ n’est qu’une figuration : d’où il ressort évidemment que le gnosticisme est légitime et supérieur au christianisme ! Vers 375 il se crée même une secte, les melkisédéciens, qui fonde sa doctrine sur cette thèse en précisant que l’âme de chaque gnostique est en quelque sorte Melkisédeq et mène une guerre avec les puissances du Mal en vue d’établir un monde sur lequel régnera le moment venu le vrai Messie. La secte est bien sûr condamnée comme hérétique !

4) L’actualité religieuse plus ou moins récente de Melkisédeq

Il s’agit moins d’être complet, ce qui est tout à fait impossible sauf à écrire une « somme » qui requiert des compétences propres que de relever trois plus récentes occurrences de notre personnage.

  1. Melkisédeq et la culture indienne

Notre personnage n’est pas lié à la seule culture judéo-chrétienne. La culture religieuse hindoue connaît le personnage de Malik Yaztaq, ce nom étant une traduction de l’arabe (on reconnaît Melki/Malik, ce dernier terme signifiant roi en arabe). Chez les Hindous le personnage est un prophète en charge d’annoncer, d’organiser et de gérer le déluge ; à ce titre il porte le titre de « chakravartin » qui recouvre les fonctions réunies de « grand Prêtre » et de « souverain universel » (les souverainetés territoriales relevant des Rajah et autres maharajah) ; Malik Yaztaq est donc le souverain juge qui impose une Loi que ses subalternes ont pour mission d’adapter à chaque communauté humaine.

  1. Les visions d’Anna-Catherine Emmerich

Parmi les figures qui apparaissaient à Catherine Emmerich[19] celle de Melkisédeq est une des plus fréquentes ; elle décrit le personnage comme étant incontestablement un précurseur du Christ ; ainsi le voit-elle le présentant à Abraham qui était « celui dont Jésus se servit plus tard » ; lors d’autres extases elle détermine que le lieu où Melkisédeq fait l’offrande du pain et du vin est la vallée de Josaphat, nom qui signifie « jugement » et elle précise que c’est à ce même endroit que Jésus « passera, là à l’endroit où Melkisédeq offrit le pain et le vin. »

  1. Les Mormons et Melkisédeq

Les Mormons (« l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours » pour être exact) attachent une importance particulière au sacerdoce. Le fondateur Joseph Smith (1805-1844) a eu la révélation du Livre des Mormons en 1827 et a reçu la mission de rétablir la véritable Église de Jésus sur terre ; dès lors qu’il s’agit d’Église et de sacerdoce le personnage de Melkisédeq est incontournable puisqu’il est le prototype du Prêtre. Chez les Mormons le sacerdoce est constitué de divers degrés et ouvert aux garçons à partir de douze ans : c’est la prêtrise d’Aaron qui ouvre la voie à la fonction de « Prêtre de Melkisédeq » accessible à vingt ans ; la progression se poursuivra ensuite : « anciens », « Prêtre des 70 », «  grand Prêtre », « évêque », « apôtre » pour espérer devenir finalement membre du « conseil des douze ». La logique du système n’est pas évidente mais la place de Melkisédeq bien établie, d’autant que nous l’avons vu plus haut, notre personnage est pour certains celui qui a la fin des temps devra juger les « Saints de Dieu ».

  1. Le catéchisme de l’Église catholique

Dans sa version la plus récente[20] le catéchisme présente les ordinations sacerdotales comme l’intégration dans un Ordre, considéré comme un corps constitué : dans l’antiquité romaine le mot « ordre » désignait des corps constitués au sens civil, surtout le corps de ceux qui gouvernent et le texte précise « ces corps constitués existent dans l’Église… l’ordination est bien le passage vers l’Ordre » ; ce texte constitue véritablement une novation, sujette sans doute à discussion car jusqu’alors la prêtrise « selon l’ordre de Melkisédeq » signifiait que le Prêtre recevait une charge, une mission d’origine divine, mais non qu’il devenait lui-même un être transcendant…

Mais laissons-là ces débats théologiques ! Relevons encore que si le Coran ne fait pas mention de Melkisédeq il faut garder à l’esprit que les Musulmans reprennent pour leur compte Ancien et Nouveau Testaments et qu’en outre pour les Chiites l’imam caché est parfois identifié à notre personnage. D’ailleurs Melkisédeq ne disparaît pas totalement car certaines figures bibliques paraissent être son reflet mais curieusement en « négatif » ! Ainsi le livre de Josué nous présente-t-il un roi de Jérusalem, Adonisedeq (« mon seigneur est justice ») menant une coalition qui s’oppose à la progression de peuple guidé par Josué en terre promise ; Dieu viendra au secours des hébreux et Adonisédeq finira emmuré dans une caverne (Josué, 10, 1-11). Son successeur, à son tour prisonnier, aura les pouces coupés, ce qui remarquons le  l’empêche de saisir une coupe ou de partager le pain (livre des Juges 1, 4-7). Finalement ce n’est qu’avec David qu’une dynastie juive s’installera durablement à Jérusalem. De plus l’offrande du pain et du vin demeurera dans la tradition biblique la marque de la prise de possession ou de la promesse du pouvoir royal, avec l’ajout il est vrai d’un chevreau ou d’un agneau ; c’est bien l’offrande des fruits essentiels du labeur partagé entre l’homme et la terre qui témoigne et atteste d’un destin hors du commun.

Et pour notre part il paraît temps de quitter le monde des religions pour considérer les apports de Melkisédeq dans le monde ésotérique. Au demeurant il est clair que quitter le monde des religions n’est pas sortir de la dimension religieuse dans son sens le plus universel : la science de ce qui « relie » notre monde à un autre, l’univers dont nous connaissons l’organisation à celui dont les caractéristiques nous échappent.

 

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MELCHIZEDEK

Publié le 28 Juillet 2026 par T.D

par Sadhana

Depuis la première fois que le nom de Melchizedek fut mentionné dans les Écrits sacrés des religions, il y a eu controverse autour de son histoire et de sa vraie mission sur terre. Certains ont voulu en faire un Messie, d’autres un prêtre du Très-Haut, un roi, un envoyé Divin ou un ange. Mais qui est vraiment Melchizedek?

C’est ce que nous allons tenter de découvrir dans cet essai. Ce que nous savons sur Melchizedek, c’est ce que la Bible nous révèle. Elle est avare d’information et en même temps, en donne assez pour ceux qui ne veulent chercher plus loin que la lettre. Nous savons tous que la Bible est écrite à plusieurs niveaux de conscience, certains mentionnent jusqu’à sept niveaux de compréhension.

 Un exemple pour illustrer ceci : Adam et Ève sont le premier homme et la première femme qui furent créés par Dieu, lors de la création du monde. Ils sont nos premiers parents. Toute la race humaine vient d’eux. C’est l’interprétation littéraire de tous les livres religieux du monothéisme.

Mais si nous allons plus loin dans l’histoire de l’humanité, nous constatons qu’il y avait des gens sur la terre avant l’histoire d’Adam et Ève racontée dans la Bible. Adam et Ève représentent l’humanité au début d’un grand cycle. Adam et Ève représentent la séparation des sexes qui eut lieu à l’époque de la Lémurie alors que l’homme était androgyne. Dans nos temps modernes, dans notre période Aryenne, Adam et Ève représentent la race actuelle, ou l’ensemble de l’humanité, qui prend la relève lors de l’ouverture d’un nouvel âge d’or.

 Ce temps approche à grands pas. Dans moins d’un siècle nous serons à nouveau dans cet âge d’or qui s’installe lentement devant nos yeux, mais dont peu de gens prennent conscience. Pour comprendre Melchizedek, ce personnage aux multiples facettes, nous devons élargir nos horizons et regarder au-delà de la lettre des religions judéo-chrétiennes, et découvrir que c’est une partie de Dieu qui s’est incarné sur terre, que Melchisedek était là dans le passé et qu’il est encore là parmi nous et le sera jusqu’à la fin des temps.

Dans un premier temps, regardons ce que la Bible nous livre au sujet de Melchizedek

Chapitre 1 MELCHIZEDEK SELON LA BIBLE

Référence dans la Bible Psaume de David, 110 :4 Selon la Bible de Tob : Le Seigneur l’a juré, il ne s’en repentira pas : « Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchizedek. » Selon la Bible de Jérusalem : Yahvé l’a juré, il ne s’en dédira point : « Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédeq. » Selon d’autres interprétations bibliques : « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisedek (ou à la manière de Melchisedek). « Grand prêtre pour l’éternité dans la lignée de Melchisedek. » Selon une Bible de langue anglaise : « You are now and forevermore a Priest in the Order of Melchizedek. » « Thou art a priest for ever after the order of Melchizedek. » Genèse, Abram, les rois et Melchizedek, 14 : 18-20 C’est Melchizedek, roi de Salem, qui fournit le pain et le vin. Il était prêtre de Dieu, le Très-Haut, et il bénit Abram en disant : « Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut qui crée ciel et terre. Béni soit Dieu Très-Haut qui a livré tes adversaires entre tes mains! » Abram lui donna la dîme de tout. Acte 10 :35 Et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. Esdras 2 : 29-62

Et voici ceux qui sont montés de Tel-Mèlah, Tel-Harsha, Keroub Addân Immer et qui n’ont pas pu faire connaître si leur maison paternelle et leur race étaient bien d’Israël; le fils de Delaya, les fils de Toviya, les fils de Neqoda; et certains parmi les prêtres; les fils de Hovaya, les fils d’Haqqoc, les fils de Barzillaï – celui qui avait pris femme parmi les filles de Barzillaï le Galaaadite et avait été appelé de leur nom.

Ces gens-là cherchèrent leur registre de généalogie, mais ne le trouvèrent pas; alors les déclarèrent souillés, exclus du sacerdoce. Hébreux 5 : 5-10 (Bible de Tob) C’est ainsi que le Christ non plus ne s’est attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre : il l’a reçu de celui qui lui a dit : Tu es fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, 4 conformément à cette autre parole : Tu es prêtre pour l’éternité à la manière de Melchisédek.

C’est lui qui, au cours de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grands cris et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa soumission. Tout Fils qu’il était, il apprit par ses souffrances l’obéissance, et, conduit jusqu’à son propre accomplissement, il devient pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, ayant été proclamé par Dieu grand prêtre à la manière de Melchizedek. Hébreux 5 : 10, selon la Bible de Jérusalem : puisqu’il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech. Hébreux 6 : 19-20

Elle est pour nous comme une ancre de l’âme, bien fermement fixé, qui pénètre au-delà du voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu grand prêtre pour l’éternité à la manière de Melchizedek. Hébreux 7 : 1-17 Melchizedek Ce Melchizedek, roi de Salem, prêtre de Dieu très-haut, est allé à la rencontre d’Abraham, lorsque celui-ci revenait du combat contre les rois, et là béni. C’est à lui qu’Abraham remit la dîme de tout. D’abord, il porte un nom qui se traduit « roi de justice », et ensuite, il est aussi roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix. Lui qui n’a ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement pour ces jours, ni fin pour sa vie, mais qui est assimilé au Fils de Dieu, reste prêtre à perpétuité.

Contemplez la grandeur de ce personnage, à qui Abraham a donné en dîme la meilleure part du butin, lui, le patriarche. Or, ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont ordre, de par la loi, de prélever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant les descendants d’Abraham. Mais lui, qui ne figure pas dans la généalogie, a soumis Abraham à la dîme et a béni le titulaire des promesses.

Or, sans aucune contestation, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent, là c’est quelqu’un dont on atteste qu’il vit. Et pour dire, en la personne d’Abraham, même Lévi, qui perçoit la dîme, a été soumis à la dîme. Car il était encore dans les reins de son ancêtre, lorsqu’eut lieu la rencontre avec Melchizedek. Note : Salem signifie Paix.

 Certaines tendances Judaïsme considèrent Melchizedek comme un être Divin, une sorte de Sauveur céleste. Melki – Tsédek : Prêtre de l’assemblée de Dieu. Prêtre venu pour établir un royaume de justice. Roi de Justice. Grand prêtre à la manière de Melchizedek Si on était parvenu à un parfait accomplissement par le sacerdoce lévitique, - car il était la base de la législation donnée au peuple, quel besoin y aurait-il eu encore de susciter un autre prêtre, dans la lignée de Melchizedek, au lieu de le désigner dans la lignée d’Aaron?

Car un changement de sacerdoce entraine forcément un changement de loi. Et celui qui vise le texte cité fait partie d’une tribu dont aucun membre n’a été affecté au service de l’autel, Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, d’une tribu pour 5 laquelle Moïse n’a rien dans ses textes sur les prêtres. Et l’évidence est plus grande encore si l’autre prêtre suscité ressemble à Melchizedek, et n’accède pas à la prêtrise en vertu d’une loi de filiation humaine, mais en vertu de la puissance d’une vie indestructible.

Ce témoignage en effet, lui est rendu : Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchizedek. Melchisedek serait l’auteur du Livre de Job de la bible et de l’enseignement de La loi de l’Un. *** Points à retenir - Prêtre pour toujours, à la manière de Melchizedek - Prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchizedek - Prêtre à jamais, selon l’Ordre de Melchizedek - Grand prêtre à la manière de Melchizedek - Prêtre pour l’éternité à la manière de Melchizedek - Roi de Salem - Roi de Paix - Roi de Justice - Prêtre de Dieu, le Très-Haut - Prêtre à perpétuité - Bénit Abraham - Abraham lui verse la dîme - Ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement, ni fin pour sa vie.

 Fournit le pain et le vin Ces textes de la Bible ont suscité beaucoup de commentaires de la part des Pères de l’Église. Dans ces commentaires, Melchizedek est vu comme Roi de Justice, Roi de la Paix, Fils de Dieu et Dieu lui-même. Il est celui qui a apporté le pain et le vin dans un rituel sacrificiel, préfiguration du sacrifice eucharistique qui fut repris par Jésus des siècles plus tard.

Le sacerdoce de Melchizedek est le sacerdoce El-Elion, du Dieu Très Haut ou d’Emmanuel. Ce sacerdoce dépasse le sacerdoce juif lévitique, d’où la controverse entre juif et chrétien. Pour les chrétiens, le texte de la bible est clair et ne veut contester ces écrits pour aucune raison, car il place les Chrétiens au-dessus des Juifs et il est la préfiguration du sacrifice eucharistique, une des bases du christianisme actuel.

Mais il n’en va pas de même pour les juifs qui n’admettent pas que Abraham se soit « humilié » devant Melchizedek en recevant la bénédiction de ce dernier et en lui remettant la dîme. C’est pour cette raison que certains textes sacrés juifs furent modifiés en inversant les rôles. Pour eux, c’est Abraham qui bénit Melchizedek et ce dernier versa la dîme à Abraham comme le voulait la loi à cette époque.

 

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