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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Templiers et Franc-maçons

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

Recès du Convent de Wilhelmsbad(extrait)
Juillet et Août 1782

...Un de nos premiers soins s'est tourné vers l'authenticité du système que nous avons suivi jusqu'aujourd'hui et le but final, où il doit conduire nos frères. 
Apres plusieurs recherches curieuses sur l'histoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées et comparées dans nos conférences, nous nous sommes convaincus qu'elles ne présentaient que des traditions et des probabilités sans titres authentiques, qui puissent mériter toute notre confiance. et que nous n'étions pas autorisés suffisamment à nous dire les vrais et légitimes successeurs des T, que d'ailleurs la prudence voulait que nous quittions un nom, qui ferait soupçonner le projet de vouloir restaurer un Ordre proscrit par le concours des deux puissances, et que nous abandonnions une forme qui ne cadrerait plus aux mœurs et aux besoins du siècle. 
En conséquence nous déclarons, que nous renonçons à un système dangereux dans ses conséquences, et propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernements. Et que si jamais quelque Chapitre ou quelque frère formait le projet de restaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de respecter l'autorité souveraine. A cet effet et pour décliner à jamais toute imputation sinistre et démentir les bruits semés indiscrètement dans le public : nous avons dressé un acte souscrit par nous tous et au nom de nos commettants, par lequel nous consacrons cette détermination sage, et protestons au nom de tout l'Ordre des Francs-maçons réunis et rectifiés devant Dieu et nos frères, que l'unique but de notre association est de rendre chacun de ses membres meilleur et plus utile à l'humanité par l'amour et l'étude de la vérité, l'attachement le plus sincère aux dogmes, devoirs et pratiques de notre sainte religion chrétienne, par une bienfaisance active, éclairée et universelle dans le sens le plus étendu et par notre soumission aux lois de nos patries respectives.

III
Nous ne pouvons cependant nous dissimuler, que notre Ordre a des rapports réels et incontestables avec celui des T prouvés par la tradition la plus confiante, des monuments authentiques et les hiéroglyphes mêmes de notre tapis ; qu'il parait plus que vraisemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plusieurs de ces Chevaliers et a servi de voile à quelques autres au moment de leur catastrophe pour en perpétuer le souvenir. En conséquence, et pour suivre tous les vestiges d'un Ordre, qui parait à un grand nombre de frères avoir possédé des connaissances précieuses, et auquel nous devons la propagation de la science maçonnique nous nous sommes crus obligés de conserver quelques rapports avec lui et de consigner ces rapports dans une instruction historique. et comme nous devons à l'ancien système un plan de Coordination utile et des divisions avantageuses pour maintenir le bon ordre, et qu'en renversant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions sans motif les liens, qui unissent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports seraient conservés dans un Ordre équestre, connu, sous le nom de Chevaliers Bienfaisants et chargé du régime et de l'administration des classes symboliques.... 

 

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Plotin

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

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Plotin, le maître du néo-platonisme

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

Par Maria-Dolorès FIGARES, Journaliste, docteur en anthropologie et diplômée de l’université de Grenade, professeur de théorie de l’information. Elle collabore dans diverses publications apportant une approche philosophique sur les problèmes actuels de société. 

Grand philosophe de pensée hellénistique, Plotin fut un des maîtres du néoplatonisme. Par sa doctrine de l’Un et sa conception du mouvement de l’âme, il contribua à la renaissance du platonisme. Il marqua de son empreinte la philosophie antique et celle de la Renaissance, ainsi que le vaste secteur de la spiritualité chrétienne. 

Plotin naquit sans doute en 205 après J.-C. à Lycopolis en Égypte (l’actuelle Assiout) et mourut vers 270, à l’âge de soixante-six ans. Son origine nous est également inconnue : nous ne pensons pas qu’il fût égyptien, mais peut-être grec, langue dans laquelle il s’exprimait dans ses écrits, et il bénéficia également du statut de citoyen romain. Le peu d’éléments dont nous disposons sur lui se justifie, d’après son disciple et biographe Porphyre, par le fait «qu’il avait l’aspect de quelqu’un honteux de son corps», de sorte qu’il évitait de donner des détails sur sa vie personnelle et sur son passé. Il ne fêtait plus que les anniversaires de Socrate et de Platon et pour obtenir un portrait de lui, on dut recourir à un subterfuge en demandant à un peintre de mémoriser ses traits afin de les reproduire ensuite, sans que le Maître ne s’en aperçoive. À vingt-huit ans, il fut envahi d’une grande aspiration pour la philosophie et se rendit à Alexandrie. 

Là, en plus d’écouter un grand nombre de philosophes des plus prestigieux, il fit la connaissance d’Ammonios, surnommé Saccas, savant mystérieux qui donnait ses leçons à cet endroit, et avec qui il demeura une dizaine d’années. Ammonios se consacrait à la formation d’un groupe important de disciples au sein d’une école philosophique de tendance éclectique qui recherchait la vérité en conciliant les disciplines et les courants de pensée et croyances, ce qui les fit nommer filaleteos : ceux qui aiment la vérité. L’identité et les origines de ce Maître, qui exerça une grande influence sur des disciples de tendances diverses, demeurent également une énigme. À trente-huit ans, Plotin, qui avait appris les mécanismes de pensée orientaux à l’école d’Amonnios, voyagea en Orient, participant au sacre impérial du jeune Gordien III, et à sa campagne de 242 contre le roi sassanide Sapor I. Il prétendait «expérimenter la philosophie qui se pratiquait chez les Perses et celle qui fleurissait chez les Hindous», d’après les dires de Porphyre. Par un concours de circonstances, il s’avera que, parmi la suite du roi perse Sapor, se trouvait Mani, réformateur de l’ancienne religion zoroastrienne et conseiller du roi. 

Une fois l’expédition achevée, Plotin arriva à Rome à l’âge de quarante ans, entamant ainsi une étape importante dans sa vie. Dans la spacieuse demeure de la veuve Gémina, il commença à donner ses leçons. Au fur et à mesure se forma autour de lui une école philosophique, constituée de disciples que Porphyre décrivit en détail et parmi lesquels se retrouvèrent des personnages influents de la cité : des sénateurs, jusqu’à l’empereur Gallien et son épouse Salonine, se sentirent attirés par ses enseignements. Cette amitié permit au philosophe de solliciter auprès de l’empereur la concession et la restauration des ruines d’une cité de philosophes que l’on disait avoir existé en Campanie, afin de fonder une cité similaire, régie par les lois platoniques, que l’on nommerait «Platonopolis». Mais les intrigues et rivalités politiques empêchèrent la réalisation de cette aspiration. 

L’école de Plotin était toujours animée par la présence de nombreux jeunes auprès desquels il exerçait le rôle de tuteur ou de conseiller, et de toutes sortes de gens de la société romaine qui venaient le consulter, non seulement sur des sujets philosophiques, mais également sur des questions très quotidiennes comme la bonne administration de leurs biens et de leurs héritages. Les leçons étaient ouvertes à tous les publics, mais un cercle interne de disciples recevait une instruction orientée vers l’éveil de «l’homme intérieur» auquel se référait Platon et vers l’élévation de l’âme jusqu’à la contemplation et l’extase. Il avait pour habitude de se retirer en Campanie et ce fut là précisément qu’il vécut ses derniers jours, affligé d’une infirmité identifiée comme elephantiasis graecorum, ressemblant à la lèpre. Ses dernières paroles furent pour son médecin et fidèle disciple Eustochios : «Efforcez-vous de faire remonter le Dieu qui est en vous au divin qui est dans le Tout», véritable synthèse de sa vie et de sa doctrine. Nous étions en 270 et il avait soixante-six ans. À la mort du Maître, Porphyre, qui se trouvait en Sicile où Plotin lui avait conseillé de se rendre afin de surmonter une dépression, prit en charge l’École. 

Plotin fut avant tout un maître, qui se consacra à enseigner à ses disciples une connaissance orientée vers l’expérience et l’élévation spirituelle. Au début, suite à l’engagement des disciples du sage grec de ne pas divulguer ses doctrines, Plotin n’écrivait pas ses leçons. Mais après une dizaine d’années d’activité de son école à Rome, ayant réuni ses notes écrites et les thèmes de ses cours, il demanda à Porphyre de systématiser ses écrits en un corpus cohérent, les Ennéades, oeuvre constituée de six livres de neuf traités chacun.

La philosophie de Plotin se fondait sur Platon, apportant une interprétation originale dans laquelle nous percevons les empreintes des systèmes de pensée orientaux. Plotin partit du problème original de la création, dans laquelle il établit trois niveaux : le Un, l’Intelligence et l’Âme. Le Un, comme Premier Principe, créa par l’émanation de sa surabondance comme une fontaine qui coule sans jamais se tarir. Il ne créait pas le monde directement, mais grâce à l’intelligible - les Idées de Platon - comme une lumière, comme l’image du Un : c’est Noüs, l’Esprit Universel. L’Esprit à son tour, à travers l’Âme du monde qui unifiait la pluralité des âmes, produisit le monde corporel ou sensible, le gouverna et l’ordonna. L’âme de l’homme provenait de la partie supérieure de l’Âme universelle. Dans l’âme se trouvent l’être et le non être, comme s’il s’agissait d’un plan intermédiaire. La matière avec sa pluralité, recevait les âmes et les enrobait, les emprisonnait et faisait qu’elles oubliaient leur origine.

Après une dizaine d’années d’activité de son école à Rome, ayant réuni ses notes écrites et les thèmes de ses cours, il demanda à Porphyre de systématiser ses écrits en un corpus cohérent, les Ennéades, oeuvre constituée de six livres de neuf traités chacun.

La mission de l’âme est de se libérer de la matière, réveillant en elle le désir de s’élever vers le Un, d’où elle provient en dernière instance. Il existe deux voies d’élévation. La première voie part du bas, et consiste à se rapprocher de l’intelligible, en se libérant du sensible à travers la science. La seconde voie est destinée à ceux qui ont déjà atteint l’intelligible et elle consiste elle-même en deux étapes : la musique, l’amour et la philosophie, conduisent à la première étape et la seconde atteint son apogée au moment de l’extase, à laquelle l’âme arrive par l’intériorisation, jusqu’à devenir semblable au Un. Ceci est le processus final de la philosophie selon Plotin : l’union de l’âme à Dieu, la libération de l’âme de ses entraves : «en se recentrant sur elle-même, sans rien voir, elle verra la lumière, non comme une chose en une autre chose, mais comme elle-même, par elle-même, pure, brillante, d’elle même», dit Plotin dans la cinquième Ennéade.

L’influence de la philosophie plotinienne fut vaste et longue, préfigurant le courant que nous connaissons comme néoplatonicien, avec de brillantes manifestations depuis saint Augustin, Scot Erigène, Nicolas de Cues, jusqu’à Leibniz, Spinoza ou Schelling. À la Renaissance, Marsile Ficin (1) fit de Plotin le maître inspirateur de l’Académie florentine de la Villa Careggi. 

Notes

(1) Marsile Ficin (1433-1499), poète et philosophe italien humaniste, l’un des plus influents de la Première Renaissance italienne. Il dirigea l’Académie platonicienne de Florence, fondée par Cosme de Médicis en 1459 et il eut pour disciples et collègues de travail Jean Pic de la Mirandole, Ange Politien et Jérôme Benivieni. Il traduisit et commenta l’œuvre de Platon et de Plotin.

Source : http://www.sagesse-marseille.com

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Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

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L'Hermétisme

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

L'HERMÉTISME  Est une doctrine issue d'Égypte qui connut un certain succès dans le monde antique et au Moyen Age. On retrouve à son origine de nombreux ouvrages attribués à Hermès (cf. ce mot). Ils avaient été publiés, traduits en grec, en latin et en copte. Cette doctrine, connue dès les premiers temps de l'Égypte ancienne, était aussi désignée sous les noms d'art hermétique, d'art sacré.

L'hermétisme essaya d'adapter les moyens d'expression de la philosophie à la pensée traditionnelle.

 

Un ouvrage, le Corpus hermeticus, contient des textes d'inspiration authentiquement égyptienne : notamment, une définition du langage tel que l'Égypte l'a conçu, le portrait d'un pharaon idéal, élu des dieux et, sans doute, la plus exacte définition et interprétation du rôle d'un temple égyptien.

 

La décadence des mystères de la haute Antiquité, déjà sensible au IVème siècle avant Jésus-Christ, l'influence de la civilisation grecque qui avait pénétré toute la région orientale du Bassin méditerranéen, contribuèrent pour une large part à la réalisation de la synthèse sacerdotale gréco-égyptienne, dont un des effets les plus importants et les plus durables fut la formation du mythe d'Hermès Trismégiste, support désormais définitif et capital de l'hermétisme.

Durant cinq siècles, du IIème avant J.-C. jusqu'au IIIème après, l'hermétisme subit l'influence de toutes les doctrines ayant cours en Égypte et dans toute cette région. Ces apports extérieurs, s'ils influencèrent l'hermétisme, eurent cependant un avantage : en vertu de sa flexibilité et de sa facilité d'accueil, la doctrine traditionnelle sut s'adapter remarquablement aux milieux divers où elle fut transportée. Elle bénéficiait en effet du précieux privilège d'être en parfait accord avec la philosophie dominante.

 

La doctrine.  Le premier principe de l'enseignement hermétique est l'unité. On en trouve la preuve et l'énoncé dans la Table d'Émeraude (cf. ce mot)

« Toutes les choses sont et proviennent d'Un, par la médiation d'Un. Toutes les choses sont nées de cette chose unique... » Son symbole est le cercle u qui s'achève en soi-même » ou le serpent qui se mord la queue (ourobouros). Ce symbole exprime l'univers à Un le Tout ».

L'immanence, la présence dans l'homme de toute possibilité est un autre principe fondamental de l'hermétisme : « Tu es Tout... Tout est en toi. » Ce principe trouve sa correspondance dans les premières phrases de la Table d'Émeraude : à Ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. » Tout ce que possède le macrocosme, l'homme le possède aussi.

Autour de ces principes fondamentaux, on se trouve en présence d'un ensemble de notions si diverses, si hétéroclites, qu'il est extrêmement difficile d'y retrouver une cohérence de conceptions. Sa diffusion, extrêmement étendue et rayonnante, donnera à la doctrine initiale, une empreinte différente.

L'expansion de l'hermétisme. En Grèce, l'hermétisme devint très rapidement synonyme d'alchimie. L'alchimie grecque, en effet, pouvait se permettre, étant donné ses origines fort anciennes, de se réclamer d'Hermès, maître de toute science.

Des travaux récents permettent d'envisager sa naissance dans l'île de Samothrace. Cette île était célèbre dans l'Antiquité par le culte des Cabires, culte à mystères, peut-être d'origine phénicienne, sûrement préhellénique, que l'on y pratiquait en 4500-4000 avant notre ère.

C'était une île sacrée. Les Cabires de Samothrace, avec les Dactyles de l'Ida (ceux qui savaient se servir de leurs doigts), les Telchines de Rhodes, les Curètes de Crète, étaient considérés comme des magiciens et des artistes car ils étaient les inventeurs du travail du fer (Tubalcain le forgeron).

Ils fabriquèrent les premiers outils. Lorsque l'on sait que toute activité sociale dépendait presque exclusivement de leur fabrication, que, sans l'outil, la main de l'homme est dépourvue d'efficacité, on comprend que ceux qui disposaient de cet outil commandaient à toute civilisation.

C'étaient des guides, des chefs. Leurs dieux constituèrent la première triade : Héphaistos (Vulcain, dieu des Forgerons), Hélios (le Soleil), Hermès (Logos). Dans le Cratyle, Platon identifiait le Logos à Hermès. Ce furent ces peuples qui apportèrent aux premiers groupements humains voués à une vie pastorale, l'écriture, le métal, l'outil, les techniques de la construction (habitations fixes, sur terre et bateaux) et de la navigation.

On sait à cet égard le rôle initiatique et complexe du forgeron africain, redouté et méprisé, admiré et haï.

La religion des Cabires se répandit dans tout le Bassin méditerranéen d'abord, et dans tout l'Occident ensuite. Elle arriva aux Arabes sous forme de tradition métallurgique... et elle n'était alors ni secrète ni cachée. Bien plus tard, cette religion fut celle d'associations à type corporatif qui usaient d'un jargon technique destiné à préserver la valeur marchande de leur fabrication : en somme, une sorte d'argot de métier.

Mais sous cette couverture artisanale, se dissimulèrent des sociétés secrètes, réellement hermétiques, celles-là. Certainement, il y avait des « opératifs » dans ces nouveaux groupements, qui travaillaient encore le métal. Ils étaient rares. Vraisemblablement les techniques opératives n'étaient plus qu'un apprentissage, une préparation du néophyte à la compréhension des vérités initiatiques.

Ces vérités ne pouvaient être communiquées sans d'extrêmes précautions.

A Rome, les habitudes syncrétistes de l'Égypte s'adaptèrent au milieu et à ses tendances. On y avait d'ailleurs adopté depuis longtemps la théogonie égyptienne et on y admettait fort bien que les dieux pussent posséder des personnalités diverses, lesquelles se retrouvaient dans le dieu unique adoré par les Romains.

 

Les Sabbéens faisaient aussi figurer Hermès dans leur plus lointaine ascendance. Pour les Manichéens, Hermès était l'un des cinq grands prophètes ayant précédé Mani. Des Manichéens, l'hermétisme passa en Islam. De nombreux ouvrages figurent dans sa tradition hermétique. Hermès convenait parfaitement à sa doctrine. Hermès, Platon et Zoroastre dominaient leur philosophie : d'une part, la sagesse hermétique et d'autre part la conjonction Zoroastre-Platon qui inspira, à l'aube de la Renaissance, la philosophie médiévale.

 

L'hermétisme, comme on s'en aperçoit, fut le résultat d'un long effort pour concilier les traditions égyptiennes avec l'astrologie chaldéenne d'abord, puis avec la civilisation grecque par la suite. C'était une doctrine strictement philosophique et littéraire. On n'y trouve trace ni d'un clergé ni d'une religion. Et cette doctrine aura servi d'étiquette à d'autres doctrines fort diverses, hétéroclites, comme on l'a dit plus haut, qui avaient un caractère cependant commun : l'ésotérisme. L'alchimie et la gnose paraissent avoir été les points forts de cette diversité.

 

Et nous retrouverons ces deux « points forts » au cours des siècles suivants créant, non une filiation bien difficile à prouver, mais une « ambiance initiatique » dans laquelle se développera un symbolisme fondamental conduisant à des rituels correspondants et souvent identiques.

La Gnose (cf. ce mot) fut un mouvement religieux non chrétien à ses débuts, puisque vraisemblablement préchrétien, qui emprunta beaucoup aux cultes à mystères et à l'hermétisme, avant de devenir chrétienne ou manichéenne et cathare. Une des formes modernes de la gnose chrétienne se manifeste dans la doctrine des Fraternités de Rose-Croix.

Ce sont des sociétés secrètes initiatiques qui exercèrent une grande influence sur la Franc-Maçonnerie. On a attribué à Valentin Andraee et un cercle d'initiés qui l'entouraient, l'origine de ces fraternités. En réalité la doctrine rosicrucienne ne sortit pas toute prête de son cerveau. Le mouvement bénéficia de toute la tradition alchimique et de la terminologie hermétique.

 

Valentin Andraee publia, en 1616, trois ouvrages, Confessio, Fama et Noces chymiques qui exposaient la doctrine et inventaient surtout le mythe de Christian Rosenkreutz.

 

Les premières associations se créèrent en Allemagne, puis essaimèrent en Europe. En France, on commença à en parler en 1622. En Angleterre R. Fludd répandit et développa la doctrine. Deux adeptes célèbres, Ashmole et T. Waughan, continuèrent son ceuvre.

Ashmole joua un rôle prépondérant dans la transformation de la Maçonnerie dite opérative en Maçonnerie spéculative.L'influence rosicrucienne est manifeste dans la Franc-Maçonnerie des trois premiers grades et l'on trouve dans les rituels d'initiation de nombreuses traces de cette influence qui relève de l'alchimie et de l'hermétisme.

Le mot V.I.T.R.I.O.L. inscrit sur les parois du Cabinet de Réflexion est formé par les initiales d'une formule hermétique. Le dépouillement des métaux (cf. ce mot) relève de la plus pure technique de a transmutation alchimique.

La fameuse lettre G, enfin, que l'on voit au centre de l'étoile flamboyante -et qui orne tous les temples maçonniques peut être l'initiale du mot gnose. Cette étoile s'inscrit dans le pentagramme régulier construit par Pythagore, or Pythagore avait eu connaissance de nombreux mystères égyptiens, lors de son séjour dans les temples initiatiques de la vallée du Nil, séjour qui dura vingt-deux ans.

 

Nous citerons pour terminer une interprétation hermétique de certains termes utilisés dans le vocabulaire maçonnique : Soufre (Vénérable), Mercure (1" Surveillant), Sel (2' Surveillant), Feu (Orateur), Air (Secrétaire), Eau (Hospitalier), Terre (Trésorier).

On a là les trois principes et les quatre éléments des alchimistes.

Le feu est sec et chaud; l'air est chaud et humide; l'eau est humide et froide; la terre est froide et sèche.

source : http://anck131.over-blog.com

 

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Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

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L’alchimie et la franc-maçonnerie(extrait)

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

Alchimie et Franc-Maçonnerie sont toutes deux désignées par le terme d’Art Royal.

Depuis l’initiation maçonnique jusqu’aux hauts grades, il y a des approches de l’alchimie.

  • Les couleurs : bleu, noir, blanc, rouge
  • Les quatre éléments : terre, eau, air, feu.
  • Des référence à Hermès trismégiste, le trois fois grand, à la fois roi, prêtre et soldat chevalier
  • La symbolique des animaux : l’aigle, le phénix, le pélican,….
  • Oswald Wirth nous dit que transformer le plomb en or, c’est transformer les métaux du profane, les défauts, en autant de qualités d’initié.

Alchimie, comme franc-maçonnerie, sont des démarches initiatiques, où l’homme ancien, le profane, meurt, pour donner naissance à l’homme nouveau, l’initié, ou l’adepte. Il y a une équivalence entre la pierre brute, qui par le travail, devient pierre cubique, et la matière première, qui, passant par le travail au sein de l’athanor, devient pierre philosophale.

VITRIOL

Visita Interiora Tera Rectificando Invenies Occultum Lapidem.

Visite l’intérieur de la terre, en redressant tu découvriras la pierre cachée

Il existe une variante : VITRIOLUM qui signifie visite l’intérieur de la terre et tu trouveras la pierre cachée et la médecine universelle.

Rectificando signifie distiller. Visite l’intérieur de la terre, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée, c’est-à-dire la Pierre philosophale, prise dans le sens d’unité, de cohésion, de congruence. Visiter l’intérieur de la terre, à l’instar du travail alchimique, c’est examiner avec attention, aimer, respecter les pleines dimensions de notre âme, de notre esprit, de notre corps, puis par l’œuvre de soi, les révéler, les dévoiler, les affiner, les exalter.

La clé VITRIOL englobe tous les processus de transformation concernant le retour de l’être à son noyau le plus intime.

Cette clé signifie : Mon frère, descend en toi-même et retrouve la partie vivante, unique de ton existence, retrouve la source de ton être car c’est sur elle, en l’affinant, en la menant au plus subtil, à l’essentiel que tu pourras bâtir ta nouvelle personnalité, bâtir un être nouveau, un être réconcilié, en paix, en harmonie, en unité.

VITRIOLUM : Visita interorem terrae rectificando invenietis occultum lapidem veram medicinam, « Sois et descends à l’intérieur de la terre, et en distillant (c’est-à-dire en allant par degré successif au plus subtil) tu trouveras la pierre cachée, la vraie médecine »…

C’est la formulation du but alchimique. En effet, après avoir obtenu la pierre et avoir été capable de transformer le métal vil en or, l’alchimiste sait que son pouvoir est efficient, effectif. Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’il peut obtenir l’Elixir de « longue vie », un élixir capable de guérir toutes les maladies, toutes les souffrances, une vraie médecine, l’éveil suprême. Cela ne veut pas dire que l’alchimiste quitte le monde, mais il n’est plus du monde. Cela ne veut pas dire que l’alchimiste n’est pas atteint par la souffrance, la maladie, la vieillesse, la mort, mais il est « en dehors » de ces états. C’est un changement, non de ces états, mais du regard porté sur ces états.

La Loge maçonnique peut être considérée comme un athanor :

  • Une matière : les egos des maçons en tant qu’égrégore
  • Un feu : l’Amour (L’Art d’Amour). Qu’est-ce qui brûle ? La conscience.

Avant de commencer, après avoir mis la matière première dans le creuset, l’alchimiste doit luter (« fermer hermétiquement, de façon étanche ») celui-ci, c’est-à-dire le fermer hermétiquement. De même, avant de commencer la tenue, le Vénérable Maître doit faire contrôler par le couvreur si la Loge est « couverte », c’est-à-dire, hermétiquement close.

Ainsi les parallèles ne manquent pas entre l’alchimie et la franc-maçonnerie

Que ce soit pour l’alchimiste ou pour le maçon, il s’agit à la fois de bien vivre (si possible longtemps en bonne santé) et aussi de « vaincre »  la mort, de la domestiquer si possible, autrement dit de bien mourir.

En hébreu, le terme de lumière se traduit par « or ». Le symbole du soleil, de la lumière et de l’or est le même : un cercle avec un point en son centre. Si pour la science moderne, la matière est de l’énergie, pour les alchimistes, la matière est de la lumière qui s’est concrétisée.

La lumière et l’or sont considérés comme le feu à l’état concret : il ne s’agira plus que d’en condenser les atomes épars pour « matérialiser » cet or répandu à profusion à travers le monde. L’or n’est pas à proprement un métal, l’or EST la Lumière. « L’or, c’est le soleil : faire de l’or, c’est être Dieu ! » s’écrit le diacre Claude Frollo dans Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo.

Parallèle entre les phases du grand œuvre et la démarche maçonnique :

La préparation :

La préparation comprend deux opérations : la mortification et la séparation. La mortification, c’est le broyage de la materia prima. La séparation, c’est la mort de cette materia prima : l’esprit et l’âme de « l’être minéral » quittent le corps, c’est-à-dire, en terme alchimique, qu’un Sel et qu’un Mercure sont enfin séparés d’un Soufre. Sur la table du cabinet de réflexion, nous trouvons du mercure, du sel et du soufre séparés… un mercure, un sel, un soufre constitutif de qui nous sommes. La materia prima est donc préparée, le profane frappe à la porte du Temple. Le profane va être initié. Le Grand Œuvre est désormais en phase active…

Solve : dissolution… « mort »… L’apprenti 

Le profane est initié et passe par la purification des éléments eau, air et feu. Pour l’alchimie, c’est solve. Les matières vont se dissoudre. L’entité minérale perd son unité, et c’est de cette mort, que va naître et croître le germe d’une vie nouvelle. En franc-maçonnerie, le profane devient un néophyte, une nouvelle graine, qui après être mort à lui-même, renaît en tant qu’apprenti. Les deux outils qui symbolisent son grade, le maillet et le ciseau, lui servent à tailler sa pierre brute, c’est-à-dire à déconstruire sa personnalité profane, ses habitudes, ses constructions normées : il est bien dans une phase de dissolution (solve).  L’apprenti, en fin de parcours, aperçoit sa nature tripartite : corps, âme et esprit. Une fois le travail de l’apprenti accompli, il peut passer au grade de compagnon.

Coagula concentration, fixation : Le Compagnon

Cette phase est la construction et le perfectionnement de la phase précédente. La phase précédente est désormais nourrie au Sel philosophique. La pierre a commencé à être taillée, il s’agit donc maintenant de la parfaire. Cette perfection sera atteinte grâce à la Quintessence, au cinquième élément qui donnera la pierre au blanc, avant dernière étape du grand œuvre. C’est l’œuvre de compagnon. Solve et coagula, mourir et renaître, dissoudre la matière vile, le plomb, retrouver dans ce plomb le potentiel de transmutation et l’emmener vers un destin aurifère.

La pierre philosophale : Le maître

L’ultime transmutation, la dernière naissance ne pourra se faire, comme pour toutes les transformations, que par une nouvelle mort. Le but de la pratique alchimique est le fait de décomposer la matière puis d’isoler les deux principes premiers (un Soufre et un Mercure) afin de les associer à l’aide d’un Sel… pour obtenir la Pierre philosophale. En le transposant sur un plan humain, ce serait dissoudre notre structure de personnalité rigide pour y découvrir et l’esprit et l’âme qui, associés au corps, deviendraient enfin une véritable unité, UN avec l’univers, UN avec son Grand Architecte. Un devient deux, deux devient trois, et au moyen du troisième, le quatrième réalise l’unité, ainsi les deux ne forment plus qu’un. Ainsi le tétrachtys de Pythagore est-il un triangle formé de 10 points, un, puis deux, puis trois, puis quatre, le tout formant 10, soit 1+0, soit 1.

L’athanor de l’alchimiste est comparable à la loge. L’œuvre s’effectue dès lors que l’on ferme la préparation à l’extérieur comme le travail s’effectue en loge quand elle est couverte, c’est-à-dire fermée et uniquement composée d’initiés. Les composés peuvent être comparés à l’initié dans ses différents états et ses ressources intérieures comme autant de ferments.

Le maître a trouvé son point fixe. La pierre cubique à pointe est le support visible d’une pyramide inversée invisible, créée dès lors que nous poursuivons ses arêtes vers l’infini, une pyramide cachée, mais bien réelle… A ce degré, nous passons à une autre dimension de la connaissance. Nous avions des parts cachées en nous, le silence, la méditation nous les ont dévoilées. Le soleil n’y va pas par quatre chemins : il éclaire le monde de manière uniforme et le révèle. Nous sommes prêts à entrer dans le monde invisible, celui des symboles et de l’imaginaire. La hache qui surplombe la pierre cubique à pointe pourrait bien nous être fatale et nous plonger dans l’ultime dimension, que nous avons frôlée à chaque fois à l’Orient en étant reçu franc-maçon et compagnon.

CONCLUSION

Quel peut être l’objet de l’alchimie aujourd’hui ?

Elle fait partie de notre histoire, et c’est une forme de poésie.

 

L’alchimie n’est pas un désir de richesse. Mais c’est un désir d’immortalité et un désir de bonne santé, et d’absence de souffrance, de bien-être physique, mental et social.

Mais l’alchimie fait aussi partie du présent. Elle pose deux questions cruciales auxquelles sont confrontés chacun d’entre nous, à savoir, la maladie et la souffrance d’une part, et la mort d’autre part. Pour répondre à ces deux interrogations, l’alchimie pose la possibilité de la panacée universelle et de l’élixir de longue vie. C’est à la fois un désir de bonne santé et de jeunesse, ainsi qu’un désir d’immortalité.

Source : http://spiritualites.fr/la-franc-maconnerie

 

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Gnose et Franc-Maçonnerie

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

On devient hérétique, disait Tertullien, dès lors qu'on se pose la question : «D'où vient l'humanité et comment ? D'où vient le mal et pourquoi ?». Le cynisme de cette affirmation qui est en même temps un assez extraordinaire aveu d'impuissance ne semble pas avoir ému outre-mesure les philosophes qui, au cours des siècles, se sont réclamés de l'orthodoxie chrétienne.

Un tel pamphlet a du moins le mérite de (l'excessive) fran­chise. Nous n'avons pas le droit de nous demander ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons... Ce n'est pas notre affaire. ce n'est pas notre rôle. Et l'on voit parfaitement déjà l'opposition fondamentale, l'opposition irréductible qui, dès l'origine du christianisme, séparait ceux qui voulaient construire une Église ordonnée, dogmatique, fondée uniquement sur la foi et ouverte à tous, et ceux qui prétendaient que le salut venait de la Connaissance, qu'il y avait à côté de l'enseignement officiel un enseignement secret et que c'était à l'homme lui-même de décou­vrir son propre chemin vers Dieu.

D'emblée le problème était posé. C'était l'un ou l'autre cou­rant. C'était Tertullien, Irénée, Clément de Rome, Ignace d'An­tioche, Clément d'Alexandrie et plus tard Augustin pour les Pères de l'Église orthodoxe. C'était Simon le magicien, Basilide, Marcion, Valentin, Marcos et aussi les disciples d'Hermès Tris­mégiste pour les «Pèr s» de l'Église gnostique.

D'un côté le salut en communauté, par l'Église, dans le res­pect rigoureux des dogmes. De l'autre le salut individuel par l'initiation, grâce à la connaissance.  

En vérité les choses ne furent jamais si simples. Le combat se situa longtemps au niveau des idées. Basilide, Valentin ne fu­rent jamais expressément condamnés. Clément d'Alexandrie dé­fendit maintes idées gnostiques. Et si l'Église officielle triompha

ce fut bien sûr parce qu'elle était savamment organisée, hierar­chisée mais aussi parce que ses adversaires étaient divisés - il y eut d'innombrables courants gnostiques - et parce qu'ils prati­quaient un enseignement secret réservé aux initiés.

Une Église ne peut longtemps vivre sous sa forme d'église lorsqu'elle prône la recherche individuelle et se fonde sur l'ésoté­risme. Elle devient alors souterraine, diffuse son enseignement en des milieux fermés, se perd en ramifications dans des sectes et des chapelles. Ce que fit très exactement la Gnose, y compris jus­qu'au sein de l'Église orthodoxe elle-même ou un courant ésoteri­que, parfois à la limite de l'hérésie, ne cessa d'exister.  

Mais qu'est-ce donc que la Gnose ? D'où vient-elle ? Qui la créa ?... Personne en vérité n'est à l'origine de la Gnose. Le gnos­ticisme au sens large a toujours existé. Comme le souligne H.C. Puech : «Avoir la gnose, c'est connaître ce que nous sommes, d'où nous venons, d'où nous venons et ou nous allons, ce par quoi nous sommes sauvés, quelle est notre naissance et quelle est notre renaissance». Gnosis s'oppose à «mathesis», la science pure, le savoir. La Gnose c'est donc la connaissance pure, c'est l'enseignement secret. Car la Gnose est ésotérique : elle est réser­vée à une élite. Elle est initiatique : elle explique le problème de l'origine du Mal, elle a pour but le Salut par la Connaissance. La Gnose est d'abord une méthode de discipline spirituelle. Elle est finalement le chemin de la Lumière et de la Connaissance. C'est pourquoi les gnostiques chrétiens - puisque c'est après le Christ que l'on parla officiellement de la Gnose - se référaient à Hermès Trismégiste dont l'enseignement nous a été révélé par des écrits qui furent probablement rédigés entre le IIè et le IIIà siècle par une secte gnostique.  

On trouve également dans les doctrines gnostiques, à côté du judéo-christianisme de nombreuses traces des traditions anti­ques, qu'elles soient égyptienne, zoroastrienne, orphique ou py­thagoricienne. La Gnose est ainsi une démonstration de l'unicité de la tradition initiatique universelle à travers le christianisme : les triades n'ont-elles pas précédé la Trinité, le baptême d'eau ou de feu, la communion, le rachat des âmes, le culte de la Vierge Mère, le quaternaire de la Croix ne sont-ils pas, bien avant le Christ, symboles courants des anciennes initiations ?...

L'enseignement gnostique demeura longtemps connu uni­quement à travers le prisme - souvent déformant - des Pères de l'Église officielle, notamment Tertullien et Irénée. Mais en 1945, il y eut la découverte à Nag Hammadi par un berger égyptien - c'est toujours un berger, très symboliquement, qui est à l'origine de ce genre de trésors - de 52 manuscrits coptes datant d'environ 1500 ans mais traductions de manuscrits plus anciens et qu'Élai­ne Pagels, professeur d'histoire des religions à Colombia, dénom­me les «Évangiles secrets».

Tous ces textes d'inspiration gnostique dont le fameux Évangile de Thomas, l'Évangile de Philippe, l'Évangile de Marie (de Magdala). L'Évangile de vérité, le Livre secret de Jacques, l'Apocalypse de Paul, l'Apocryphe de Jean etc... apportaient des lumières nouvelles sur la Gnose et remettaient en cause beau­coup d'idées reçues.

Ces manuscrits et les écrits dont nous disposions aupara­vant, donnent une idée assez précise de la pensée gnostique. Mais avant d'en venir à celle-ci, peut-être convient-il d'évoquer le «système» de la Gnose.  

A l'origine du tout il y a le Propâtor, le dieu sans nom, le dieu qui n'est pas et qui correspond, si l'on veut, à Brahma l'in­créé, l'indéterminé, à l'Aïn Soph de la Kabbale. En tant que substance primordiale il donne naissance au Plérôme, le monde des pures intelligences. De ce dieu inconnaissable, nous ne pou­vons appréhender que des émanations, les éons, des intelligences ou des eres (Le Christ fut ainsi l'éon de l'ère chrétienne. Des éons vivent dans l'unité du Père, ce qui signifie que la Gnose n'est pas polythéiste. Chaque éon a un parède féminin avec qui il forme un couple, ou syzygie, qui engendre d'autres syzygies. Le Propâtor avec son Fils consubstantiel et Pneuma, l'Esprit Saint, constituent la Trinité sainte.

Selon Valentin la puissance infinie du Propâtor s'exprime par la «Dynamis» de Simon ou l'hestos, «celui qui se tient de­bout», l'androgyne primordial. Le Père suprême qui vit au coeur d'une tétrade composée de Bythos (l'Abîme), Sigè (le Silence), Pneuma (l'Intelligence) et Aletheia (la Vérité) qu'il a engendrée avec Sigè - a donné naissance à une autre tétrade : Anthropos, Ecclesia, Logos et Zoë, la Mère des vivants. Anthropos et Eccle­sia se sont unis à leur tour et ont donné naissance à des essences bisexuées.  

La première tétrade correspond en fait à la Tetraktys pytha­goricienne (1+2+3+4 = 10) et les deux tétrades réunies forment l'ogdoade originelle. Quant aux éons qui constituent, selon Va­lentin, le Plérôme, ils sont en quelque manière une autre repré­sentation du monde des Idées de Platon.

Si le Dieu suprême est innommable, incompréhensible, in­connaissable, en revanche il est permis de tenter de concevoir le Grand Archonte, le premier démiurge - car il y aurait également un deuxième Archonte, créateur du monde sensible et des 7 cieux planétaires. Le Grand Archonte (Ialdabaoth) est le créateur du monde céleste et des anges. C'est à son niveau que le Mal ap­parait. Par ailleurs il a cru qu'il n'y avait pas de Dieu au-dessus de lui, il s'est cru le Grand Architecte de l'Univers. Mais c'est un principe féminin, la fameuse Sophia, autre éon, qui est à l'origine du démiurge et c'est elle qui a provoqué la chute. Jalouse de Pneuma, l'Esprit qui a donné naissance au Christ et à la «Ste Es­prit», elle a engendré une fille prise au piège de la Terre, Sophia ­Achanoth. Achanoth qui est sauvée par le Christ - engendré lui- même par tout le Plerôme - et de qui est née la Lumière grâce à son sourire est celle qui a donné naissance au Démiurge, un ange qui ressemble à Dieu.

Le Démiurge est donc notre créateur, le créateur des âmes charnelles qui toutefois (mais à son issu) a insufflé en nous le Pneuma, l'Esprit Saint.

La place de Iahveh dans cette construction de l'échelle des Dieux apparait secondaire. En effet le premier Archorte, nous rapporte Irénée, a produit six autres Archortes donc la destinée est de régner sur les 7 planètes : Sabaoth, Adonaïas, Eloaïos, Ho­raïos, Astaphaïos et... Iao, qui n'est autre que Iahveh.  

La vision de la création d'Adam et Ève est encore plus complexe. Pour la résumer disons qu'Adam a été créé par l'en­semble des Archontes et qu'il tenta malgré eux de s'élever jus­qu'à l'Être Suprême - d'où la chute - et qu'Eve fut, elle, créée par Ialdabaoth seul et donnée à Adam, ce qui n'empêcha pas toute­fois Ève de s'unir aux autres Archontes pour engendrer les anges. Adam et Ève, nous disent les Pères gnostiques, possédaient la «Rosée de lumière» et celle-ci a été transmise à quelque élus de siècle en siècle mais il faut que cette Rosée réintègre le Plérôme pour que le règne du mauvais démiurge, de Ialdabaoth, le dieu ignorant et jaloux, prenne fin. Toutefois, selon les Basilidiens, le grand Archonte finit par apprendre (de Sophia) sa vraie nature et se repent...

Et la place de Jésus dans ce système, direz-vous ?... Le Sau­veur, le Christ est en fait au-dessus du Démiurge. C'est lui qui apporte la Gnose salvatrice par laquelle les élus - les hommes de l'esprit, les «pneumatiques», seront sauvés. Sa venue précède la fin du monde sensible de la matière par le feu. Les Ténèbres, la Lumière seront alors radicalement séparés. En apportant la Loi nouvelle Jésus nous a donné les «mots de passe» qui nous per­mettront de tromper la vigilance des gardiens du Seuil. Bien en­tendu, Basilide se refuse de croire que le Christ est mort en croix ; de même les Valentiniens estiment que le corps de Jésus était purement psychique.  

Il y a, selon la Gnose, trois catégories d'hommes, corres­pondant d'ailleurs à la division triangulaire en corps, âme et esprit.

1/ Les hyliques : esclaves de la matière, ils périront avec elle.

2/ Les phychiques : ils connaîtront la rédemption après bien des épreuves, c'est-à-dire en fait des réincarnations car tous les gnostiques croyaient, bien sûr à la réincarnation.

3/ Les palumatiques ou spirituels : ceux-là sont sauvés d'office.

La Gnose est donc le plus sûr moyen d'échapper à l'esclava­ge de la matière. Les adeptes de la Gnose sont les Parfaits ou les allogènes, les «étrangers» qui vivent inconnus dans ce monde, comme le souligne Louis-Claude de Saint-Martin. Ce mot d'étranger a inspiré peut-être d'ailleurs Albert Camus lorsqu'il écrivit le roman qui porte ce titre et dont le héros a véritable­ment un comportement gnostique. Etranger parce que l'existence apparait étrange au gnostique et parce que celui-ci ne se sent pas de ce monde, que sa patrie est ailleurs (Cf le mot de Jésus : «Mon royaume n'est pas de ce monde»...)

Dans la genèse de l'humanité Caïn est ainsi l'ancêtre des hyliques, Abel est un psychique et Seth est à l'origine des pénu­matiques. Or Nimrod est le descendant du grand Seth et l'ancê­tre de Balkis, la reine de Saba. Et le mariage d'Hiram, arrière- petit-fils de Caïn avec Balkis, descendante de Seth figure donc l'union de la généalogie du Demiurge avec celle de la Rosée de Lumière. C'est pourquoi la Rosée de Lumière continue d'exister dans la race des hommes où elle préfigure la réconciliation finale de la Lumière et des Ténèbres.  

Dans la doctrine gnostique - et cela me parait particulière­ment important pour sa compréhension, bien au-dessus de toutes les constructions démiurgiques et éoniques, l'Homme est au cen­tre de tout. L'homme d'ici-bas, l'homme que nous sommes doit imiter l'Homme androgyne primordial, la «Rosée de Lumière», ce Verbe ancrogyne, ce grand Homme cosmique né de la rencon­tre de l'Esprit-mâle et de la Matière-chaos femelle.

L'homme d'ici-bas, nous enseigne la Gnose, avec l'aide du Sauveur et de Gnosis est plus fort que le principe matériel dont il est issu.

Nous pouvons, par Gnosis, gravir à nouveau tous les éche­lons de l'échelle du Ciel et inverser le processus de la Chute.

Il nous faut pour cela devenir Homme spirituel. Mais nous n'atteindrons l'état de cet homme idéal, archétypique, qu'en gra­vissant les échelons des mondes, des puissances, des Domina­tions dont le dernier est celui de l'Hestos, «celui qui se tient de­bout, s'est tenu debout, se tiendra debout».

Le grand principe de la Gnose est qu'il existe un enseigne­ment secret délivré par Jésus - comme pour les Kabbalistes il y a un enseignement secret livré à Moïse d'où est née la Kabbale. Or c'est là le fond du problème, le cœur de la grande querelle. L'Église orthodoxe, après l'avoir admis a très tôt nié l'existence d'un tel enseignement.

Et pourtant, comme le souligne Mircea Eliade, qui donne raison aux gnostiques, cet enseignement ne peut être contesté : «Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnosti­ques, écrit Mircea Eliade, les Pères de l'Église suivis par la majo­rité de historiens ont nié l'existence d'un enseignement ésotéri­que pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais cette opinion est contredite par les faits».

L'ésotérisme, souligne-t-il, est reconnu officiellement par Marc, Origène Clément d'Alexandrie qui déclare : « A Jacques le Juste, à Jean et à Pierre le Seigneur après sa résurrection donna la Gnose ; ceux-ci la donnèrent aux autres apôtres, les autres apô­tres la donnèrent aux 70 dont «l'un était Barnabé»...  

Cet enseignement secret, d'après les recherches entreprises par Eliade, portait notamment sur le baptème, la Croix, l'eucha­ristie, l'Apocalypse, la vie après la mort et par beaucoup de points présentait des analogies avec les conceptions eschatologi­ques égyptienne et zoroastrienne. Il y avait d'ailleurs dans l'Égli­se primitive gnostique trois degrés comme dans les traditions ini­tiatiques : les «commençants», les progressants et les Parfaits...

Tout comme les rishis, les samnyasins et les yogis, le gnosti­que se sent délivré des lois qui régissent la société ; il se situe au- delà du bien et du mal (en termes déexégèse morale). «C'est évi­demment ce sentiment de supériorité, ou plutôt d'indifférence, qui a été très vivement reproché aux gnostiques et notamment a certaines sectes gnostiques tels les Barbelognostiques (du nom de Barbelô, la première puissance féminine engendrée par Dieu et qui es la mère de Ialdabaoth) qui offraient à la Divinité leur sperme et le sang menstruel, ou les Carpocratiens qui voulaient ignorer radicalement la distinction Bien-Mal. Il y a évidemment deux manières de dompter la Matière : la première est la prati­que ascétique - elle fut le fait de très nombreux gnostique qui al­laient, nous le verrons, jusqu'à refuser toute union sexuelle pour éviter de procréer (Cf. les Cathares) - la seconde est au contraire l'indifférence envers le corps et ses faiblesses. L'argumentation de ces derniers, très minoritaires, selon lesquels l'esprit ne peut périr et n'a rien à redouter des souillures de la chair (si souillures il y a !...) fut à l'origine de toutes les calomnies répandues par les Pères de l'Église orthodoxe sur les pratiques sexuelles des gnostiques.

La découverte d'un principe transcendantal à l'intérieur de Soi, rappelant le double iranien, l'image céleste de l'âme qui ac­cueille le défunt trois jours après sa mort, est également au centre du gnosticisme. Reprenant le symbolisme archaïque universel sur le sommeil et la mort, les gnostiques proclamaient qu'il faut «s'éveiller», être présent au monde de l'esprit. Ce n'est pas autre chose que ce que disait Jésus à ses disciples. Ce n'est pas autre chose que signifie le voyage initiatique de Gilgamesh ou le mythe d'Orphée.

Ainsi la Lumière emprisonnée dans ce monde tente-t-elle de réveiller les créatures des Ténèbres. La délivrance ne peut être obtenue que par la Gnose et la connaissance de soi : «Adam s'examina lui-même et il sut qui il était»...

Dans l'extrême aboutissement du gnosticisme qu'est la doc­trine de Mani, le mythe de la destinée humaine est en fait en op­position radicale avec la Création et la Genèse de l'Ancien Testa­ment : c'est le mythe de l'éternel retour et non de la création.

Conférence prononcée le samedi 17 février 1987 par Jean-Jacques Gabut à Condor­cet Brosselette

PVI N°64

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Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

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Kabbale et Maçonnerie

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

Difficile d'expliquer la relation historique qui lie et relie la Kabbale à la Maçonnerie au travers de ce réceptacle de lumière qu'est un temple.

Si le fond est indéniable, la forme ou plutôt les formes devrais-je dire, sur le regard que l'on peut poser du tandem Kabbale/Franc-Maçonnerie, est loin, bien loin de faire l'unanimité auprès des Maçons comme des Kabbalistes.

Au travers mes recherches de Maçon et mes visites dans de nombreuses loges, j'ai pu constater à quel point il pouvait y avoir de nombreux frères méconnaissant l'histoire réelle de la Franc-Maçonnerie au travers la Kabbale, et pour d'autres frères, l'obligation philosophique ou malheureusement viscérale de renier purement et simplement cette vérité de la relation Kabbale/Maçonnerie.

Quel constat d'échec... Comment peut-on se vouloir être un Maçon accompli, complet, éclairé, et comment peut-on ne pas reconnaître l'évidence même de la substance de cette union.

Tout, des apparats, des décors, des rituels, tout vient à la base de la symbolique initiatique et spirituelle de la Kabbale.

Et s'il est vrai aussi que la maçonnerie moderne est exclusivement chrétienne, nous devons nous rappeler pour cela quels furent les motifs, les besoins, les raisons pour les sociétés de l'époque, d'avoir créées, il y a maintenant 300 ans, ce qui nous réunit tous à ce jour dans nos temples respectifs.

D'une base hébraïque / Kabbaliste, nous en sommes arrivés aujourd'hui à des symboles rituéliques entrant dans un cadre, pour la majorité des loges, exclusivement chrétien.

Le trait d'union entre la kabbale et nos loges actuelles est, bien sûr, le temple de Salomon.

Par son agencement, ces proportions, son décors et ces objets symboliques qui s'y trouvent, le temple maçonnique, évoque un temple bien précis, le temple unique des Hébreux, c'est à dire le temple de Jérusalem construit par le roi Salomon qui est plus connu sous la dénomination de premier temple.

Pour les Hébreux, il était le "Beit Ha Mikdash": la maison de la sanctification.

Pour les Maçons, c'est le "temple de Salomon".

Ce temple avec son architecture, ses objets de culte, ses ouvriers, ses prêtres, a une histoire. Il fut édifié sur le mont Moriah, fut sanctifié par les prêtres, détérioré à plusieurs reprises, transformé, réparé, détruit entièrement et reconstruit par Esdra, ce fut le second temple. La majeure partie de cette épopée est relatée dans la bible.

Après la destruction du second temple en 70 de notre ère et pour le sauver de l'oubli, les Erudits et les Sages de l'époque rédigèrent des textes, des notes, des commentaires et y ajoutèrent toutes sortes de légendes. 

Les chrétiens, de leur côté, écrivirent des légendes parallèles mettant en scène la Sainte famille, Jésus et le temple de Jérusalem.

Du Xème au XIIIème siècle, les Kabbalistes, auxquels très tôt les chrétiens s'intéressèrent, transposèrent l'histoire du temple de Jérusalem à leurs manières, en l'enjolivant, en édulcorant et gommant tout ce qui se rattachait d'une manière trop forte au monde hébraïque. Tout cela fut fait de façon plus au moins secrète, puis au grand jour, dans des écrits publiés à partir du XVème siècle.

A leur tour, quelques trois siècles plus tard, les Francs-Maçons construisirent leur "dogme" sur ces écrits et en tirèrent d'autres légendes. Toutefois, l'encrage mythique de la maçonnerie moderne reste le temple de Jérusalem du roi Salomon. C'est pourquoi, pour comprendre les rituels de la Franc-Maçonnerie, et notamment, la façon dont sont fabriqués et s'articulent les 33 degrés maçonniques, il nous faut d'abord connaître la Kabbale.

Qu'est-ce que la Kabbale ?

La Kabbale est un code secret transmis pendant des siècles oralement, servant de base à la Torah orale donnée à Moïse sur le Mont Sinaï.

C'est d'abord et surtout un code réservé aux initiés avec, en exergue, le SOD. Cette ultime connaissance de la Torah représente le degré le plus subtil des quatre niveaux d'interprétation qui se nomme "Hokhmat-Nistarah" (la connaissance enfouie).

Pour interpréter la Torah, les Kabbalistes disposent, en dehors des textes sacrés, d'un alphabet de consonnes et de "numération pure", les séphiroth. Soit 22 lettres de l'alphabet + 10 séphiroth, ce qui fait 32 +1 (1 étant l'élévation spirituelle personnelle). Soit 33. Chiffre sacré parmi les chiffres correspondant à l'articulation des 33 degrés.

Ces instruments de la Kabbale se retrouvent dans l'arbre de vie, qui est la feuille de route de tout Kabbaliste.

Le Kabbaliste, pour atteindre ce plan subtil, use de plusieurs procédés : la guématria, le témoura et le tsérouf. Toutes sortes de sciences qui, à la suite de dérives édulcorées, vont servir à l'établissement des premiers rituels et reconnaissances entre Frères par divers codes et symboles. Pour une plus grande connaissance des sciences cosmiques, sciences du macrocosme, connaissance des astres, connaissance des mythes, des enseignements cachés, connaissance de l'homme, de ses origines, de son identité et de son futur dans l'univers. Toutes sortes de connaissances auxquelles nous autres, Maçons, essayons de nous les approprier par le travail fait en loge, à tout grade et quel que soit le rituel et l'obédience que nous servons.

L'arme suprême de la connaissance du Kabbaliste, est l'arbre séphirothique ou l'arbre de vie. Nous retrouvons cet arbre séphirothique dans le temple de Salomon, puis dans le temple maçonnique. Chaque Séphira se retrouve dans un symbole maçonnique. Nous retrouvons, de l'Orient à l'Occident:

  • le delta avec Kether (la couronne)
  • le soleil est Hokhmah (la sagesse)
  • la lune est Binah (l'intelligence)
  • l'autel est Daath (la connaissance)
  • la pierre cubique à pointe est Hessed (la bonté)
  • la pierre brute est Guevourah (la force)
  • le pavé mosaïque est Tiphereth (la beauté ou miséricorde)
  • lacolonne Yakhin est Netsah (la victoire)
  • les colonnes Boaz est Hod (la splendeur)
  • la porte est Yessod (le fondement)
  • le parvis est Malkhout (la terre)

Tout, ou presque tout, nous rappelle les décors et attributs des temples : la couleur, la position des plateaux, les outils, les postes, sans compter les mots de passe des grades.

Entrer dans un temple maçonnique, c'est entrer dans un monde de symboles. La franc-maçonnerie est un ordre initiatique, symbolique et mystique. Le temple, quel qu'il soit, est un lieu sacré, c'est un point de rencontre entre le monde terrestre et le monde céleste. C'est pourquoi on y trouve des images du ciel, de la voute étoilée et de la terre. On y trouve également, le soleil, la lune, les chérubins, le trône céleste, les marches pour accéder à ce trône céleste, les lumières, les chandeliers et la "Shékhina". Lumière éternelle représentant la présence divine. On y trouve la mort, la naissance, la renaissance, les souffles, les émanations divines, les lignes brisées et les triangles, le triangle divin, le triangle humain esprit et le triangle humain matière. Pour que tous ces symboles puissent être compris, le Maçon va se servir de ses outils spécifiques. Tout ce qu'il y a dans un temple maçonnique nous rappelle son origine kabbaliste : les décors, les attributs, la couleur, la position des plateaux, les outils, les postes, l'initiation, les élévations, sans compter les grades, les hauts grades et les mots de passe.

Qu'est-ce qu'un Maître Maçon? Selon la tradition, c'est un tailleur de pierre, un bâtisseur de cathédrales. Il est l'enseignant du compagnon et de l'apprenti. Il a aussi la capacité d'associer le divin tout en travaillant la matière.

Selon la tradition hébraïque, seuls, les Prêtres étaient autorisés à prendre les décisions pour le bon fonctionnement de la cité. A la destruction du second temple, la fonction de Prêtre est supprimée, puisque plus de temple. Cette fonction est remplacée par les Rabbi, c'est à dire les Maîtres. A partir de cela, nous retrouvons dans le temple maçonnique, la même symbolique de l'Orient à l'Occident, nous retrouvons le Vénérable Maître, c'est à dire le grand Prêtre, jusqu'au Couvreur qui est le Gardien du Temple. Chaque Rabbi, chaque Maître a sa fonction propre dans la loge qui est la continuité de la fonction en charge des Prêtres du temple de Salomon. Chaque Maître se devant d'assurer sa charge pour le temps qui lui est donné dans le respect du rituel et des ordres reçus.

Pour résumer cette connexion entre la maçonnerie et la Kabbale, je vous dirais, mes Sœurs et mes Frères, que chacun d'entre nous doit vivre son rituel maçonnique tel qu'il nous est enseigné, pleinement, avec sagesse, force et beauté, cela veut dire avec bonté, rigueur et centralité. Nous nous devons tous fidélité, bienveillance et entraide. Et si, au travers de nos démarches personnelles dans nos loges, il nous arrive de nous poser des questions sur l'identité maçonnique, sachez qu'elle est le fruit de la rencontre de l'Esprit Saint et de la matière qui se dépouille de toute obligation et de toute contrainte terrestre. A l'ouverture de nos travaux, ne nous est-il pas rappelé que nous ne sommes plus dans le monde profane !!!  Très modestement, mes Sœurs et mes Frères, je vous invite à relire "l'ecclésiaste" qui nous donne là, un code de vie au quotidien nous permettant, de pouvoir à tout moment, en tout lieu, quelles que soient les circonstances, où nous sommes, de quitter le monde profane afin d'atteindre le sacré.

source : https://www.glory-yerushalaim.com

 

 

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