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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Les Tapis de Loge Maçonniques et la Tradition Métaphysique Occidentale

Publié le 26 Février 2010 par Thomas Dalet dans Symbolisme


Par Kirk MacNulty

source EzoOcult.

Introduction.


Les Tableaux à tracer maçonniques sont des outils d’entraînement. Ils dépeignent les symboles maçonniques sous la forme de dessins qui peuvent être interprétés afin de révéler l’enseignement de la Maçonnerie. Un énorme corpus littéraire et philosophique fait référence à ces Tableaux. Nombres des idées en sont kabbalistiques. Quelqu’un désirant réellement comprendre les Tableaux à tracer (et la Maçonnerie elle-même) doit lire et comprendre ces doctrines.

Je dois faire ici une remarque : les idées exprimées ici sont les miennes. Elles ne représentent pas la vision ou l’enseignement de quelque Grande Loge ou Atelier que ce soit.


Métaphysique.


Il existe de nombreux systèmes métaphysiques utilisés de par le monde ; pendant au moins 2000 ans ceux du monde occidental ont été dominés par une métaphysique basée sur une variant du monothéisme judéo-chrétien. La Renaissance n’y fit pas exception, bien qu’elle fut aussi caractérisée par un regain d’intérêt pour le Monde Classique (en particulier les civilisations grecques et romaines) et sa pensée.

Les universitaires médiévaux se sont intéressés à la Philosophie Classique afin de la réconcilier avec la doctrine chrétienne.

Les penseurs de la Renaissance furent intéressés par la Philosophie Classique pour ce qu’elle disait au sujet de l’homme lui-même. Ces philosophes de la Renaissance incorporèrent une grande part d’hermétisme et d’idées kabbalistiques dans leur pensée chrétienne orthodoxe. Frances Yates a appelé cette fusion des philosophies classique et juives « la Tradition Hermétique-Kabbalistique », et après qu’elle ait été interprétée dans le contexte de la doctrine orthodoxe chrétienne, elle devint un des fondements de la pensée de la Renaissance.

La Maçonnerie spéculative remonte à la fin de la Renaissance (le milieu du 17e siècle), et il me semble que le symbolisme maçonnique reflète cette tradition de la Renaissance.

Trois idées fondamentales semblent caractériser la vision de la Renaissance :

Primo, la Déité était considérée comme sans limite. Cela se résultat par une vision que toute existence est une, intimement intégrée et centrée sur la Divinité. Une déclaration particulièrement claire de ceci vient de l’Hermetica : « … car Dieu contient toutes choses, et il n’y a rien qui ne soit en Dieu, et rien que Dieu ne soit pas, je dirais plutôt, non que dieu contient toutes choses mais qu’il, afin de dire toute la vérité, que Dieu est toutes choses » (1).

Secundo, les expériences terrestres étaient considérées comme des reflets du royaume des cieux ; la phrase la plus succincte qui décrit cette idée est « En haut comme en bas ». Il doit y avoir une correspondance entre ce qui se déroule dans l’en-haut (la cause ou le ciel) et ce qui se déroule en bas (la terre) (2).

Tertio, la connaissance des aspects « supérieurs », ou plus subtils, de l’Univers était considéré comme accessible uniquement par l’expérience (c’est-à-dire par une révélation personnelle) ; et certainement pas par des arguments logiques, ni par la foi en l’autorité des révélation d’autres personnes.

Je pense que le symbolisme maçonnique présent sur les Tables à tracer reflète ces principes qui étaient ceux de la vision du monde de la Renaissance.


La Table à Tracer du Premier degré.

tapis01

L’image, qui ressemble de prime abord à une collection d’objets hétérogènes, est, je pense, une représentation de Dieu, de l’univers, et de Tout. C’est également une image de l’être humain se tenant devant un panorama. Aucune de ces images n’est, de prime abord, évidente ; mais j’espère pouvoir vous convaincre qu’elles sont, au moins, des interprétations « raisonnables » de données.

Les décors.


Une idée centrale qui était fondamentale de la pensée de la Renaissance était l’unité du système et l’omniprésence conséquente de la Divinité. Pour moi, cette idée est représentée sur le Tapis du Premier Degré par un groupe de trois symboles qui sont appelés collectivement « les Décors de la Loge ».

Le fait que les Maçons, qui formulèrent ce symbolisme, rassemblèrent ces trois objets en un seul groupe semblent nous obliger à les considérer ensemble. Ces Décors de la Loge sont l’Étoile Flamboyante, le Pavé Mosaïque et le Cordeau de Noeuds, et ils sont tous destinés à se référer à la Divinité. L’Étoile Flamboyante est une représentation héraldique de la Divinité. Sur le Grand Sceau des États-Unis, la Divinité est représentée de la même manière. L’Étoile Flamboyante, disposée dans le ciel, représente la Divinité telle qu’elle est, dans toute sa gloire, comme se projetant elle-même dans l’existence.

Le Pavé Mosaïque représente la Divinité comme elle est perçue par le pôle opposé de la conscience, ici, la Terre de la vie ordinaire. La lumière et les ténèbres du pavé représentent les paires opposées, un mélange de miséricorde et de justice, de récompense et de punition, de vengeance et d’amour. Elles représentent également l’expérience humaine de la vie, lumière et ténèbres, bien et mal, facilité et difficulté. Mais cela n’est que ce qui en est perçu. Les carrés ne sont pas le symbole ; le Pavé est le symbole. Les carrés blancs et noirs s’assemblent avec harmonie afin de former le Pavé, une chose une, une unité. L’ensemble est entouré par la Corde à Noeuds qui relie l’ensemble en un symbole unique. Sous cette représentation sur le Tapis de Loge, la Corde relie non seulement les carrés, mais toute l’image en une unité parfaite.

Les Colonnes.


Excepté pour l’Étoile, l’idée de la dualité est omniprésente dans le Tableau – des carrés blancs et noirs en dessous jusqu’à la Lune et le Soleil, antiques symboles des opposés féminin et masculin, au-dessus. Dans la zone centrale du Tapis, la dualité est représentée par deux des trois colonnes ; mais ici la troisième colonne introduit une nouvelle idée. La chose qui est frappante au sujet de ces colonnes est que chacune fait partie d’un ordre architectural différent. Dans la symbolisme maçonnique, elles se voient données des noms : Sagesse pour la colonne ionique au milieu, Force à la colonne dorique de la gauche et Beauté à la colonne corinthienne de la droite. Comment pouvons-nous interpréter ces colonnes et leur nom ?

Considérons les colonnes dans le contexte de l’Arbre de Vie. Dans l’Arbre, la colonne de droite est appelée « Pilier de la Miséricorde », la colonne active. À gauche, on trouve le « Pilier de la Sévérité », la colonne passive. Et au centre, le « Pilier du Milieu » ou « Pilier de la Conscience », la colonne de l’équilibre entre les deux autres piliers. Ces trois piliers aboutissent tous (et dépendent de) à la Divinité au sommet du Pilier du Milieu. Regardons à nouveau aux colonnes sur le Tapis. La colonne corinthienne de la Beauté est à droite, et dans le monde classique, le style corinthien était utilisé pour la construction de bâtiments dédiés à des activités vigoureuses. La colonne dorique de la Force est à gauche, et le style dorique était utilisé pour les bâtiments où la discipline et la stabilité étaient importants. La colonne ionique de la Sagesse est au centre. Le style ionique était utilisé pour les temples des dieux qui coordonnaient les activités du panthéon. Les trois colonnes, comme les trois piliers de l’Arbre de Vie, parlent de l’univers au sein duquel les forces expansives et restrictives sont maintenues en équilibre par un agent coordinateur.

Les Quatre Mondes.

L’univers tel qu’il était perçu par les philosophes de la Renaissance était constitué de « quatre mondes ». La Kabbale possède la même division. Ces quatre mondes sont l’élémentaire ou le physique, le monde céleste de la psyché ou de l’âme, le monde supercéleste de l’esprit, et le monde divin. Nous voyons les mêmes niveaux représentés sur le Tapis. Le Pavé représente le monde physique, la partie centrale du tapis incluant les colonnes et la majorité des symboles représente le monde psychique, le Ciel représente le monde spirituel, et l’Étoile représente la Divinité. De cette manière, le tapis représente la structure métaphysique de l’univers.

Voilà le panorama. Mais où est l’homme ?

L’homme.


Souvenons-nous de l’idée selon laquelle l’univers et les êtres humains sont structurés par les mêmes principes (ayant tous deux été créés à l’image de dieu), et qu’il y a toujours une correspondance entre l’activité dans les mondes supérieurs et inférieurs. Nous avons vu cela dans l’Hermetica, « En haut comme en bas ».

Jusqu’ici, nous n’avons pas parlé de l’Échelle. Elle s’étend du Livre ouvert sur l’autel jusqu’à l’Étoile qui représente la Divinité ; et dans le symbolisme maçonnique, elle est appelée Échelle de Jacob. Nous devons considérer l’échelle avec un autre symbole, le « Point au centre du cercle entouré de deux lignes parallèles » qui apparaît sur l’autel. Nous considérons ces symboles ensemble, car dans d’anciens dessins maçonniques, ils apparaissent ensemble comme s’ils avaient un lien quelconque. Les deux lignes parallèles, comme les colonnes dorique et corinthienne, représentent les opposés, l’actif et le passif. Pourquoi ? Parce que dans le symbolisme maçonnique, elles sont associées aux deux Saints Jean. Dans la Maçonnerie anglaise, les lignes représentent Moïse (le prophète) et Salomon (le législateur), ce qui relève de la même idée. L’échelle avec ses trois échelons, « Foi, Charité, Espérance », s’élève vers les cieux entre deux lignes parallèles.

À présent, lorsque vous observez ce « point au centre d’un cercle entouré de deux lignes parallèles » ainsi que l’Échelle et ses trois échelons, vous pouvez discerner un schéma similaire à celui des trois colonnes. Il y a trois verticales, deux qui relèvent des fonctions actives et passives, tandis que la troisième, l’échelle entre elles, atteint les cieux. L’Échelle, une représentation de la conscience individuelle, possède trois échelons, représentant « Foi, Charité et Espérance », qui correspondent aux trois niveaux inférieurs des quatre mondes de l’univers dont avons parlé plus haut. Le panorama macrocosmique et l’homme microcosmique partagent le quatrième niveau de la Divinité, représenté par l’Étoile flamboyante. Pris ensembles, l’Échelle et le Point au centre du cercle, représentent l’homme fait à l’image de Dieu selon les mêmes principes sur lesquels l’univers est basé.


La direction Est-Ouest.

Il y a une idée supplémentaire que nous devons aborder avant de quitter de Tapis du Premier Degré. Un Maçon est parfois appelé « voyageur », et un catéchisme maçonnique nous donne un aperçu de ce que signifie cet épithète.

Q : Avez-vous voyagé ?

R : Mes prédécesseurs l’ont.

Q : Où ont-ils voyagé ?

R : D’Est en Ouest.

Q : Quel était l’objet de leur voyage ?

R : Ils voyagèrent à l’Est à la recherche d’instructions, et à l’Ouest afin de propager la connaissance qu’ils acquirent.

Le point central du Compas sur le bord de ce Tapis définit la direction Est-Ouest comme elle doit être comprise en termes maçonniques et décrit dont le voyage que le nouvel apprenti maçon doit entreprendre lui-même. Le voyage d’Est en Ouest est représenté, symboliquement, par le progrès au sein des Grades Maçonniques ; et c’est, en fait, une ascension sur l’Échelle de Jacob – un échelon par degré principal. Nous allons à présent aborder ces idées dans le tableau du Second Degré.


Le Tableau du Second Degré.


tapis02

Le Tableau du Second Degré est une illustration de l’intérieur d’un lieu, en contraste avec le tableau précédent qui représentait un extérieur. Cela suggère que le Maçon qui s’embarque dans le Second Degré vient de l’extérieur et entre dans ce lieu pour y travailler.

Remarquez qu’ici (à nouveau) nous avons deux colonnes et une échelle (un escalier en fait) entre elles. Je pense que le Tableau du Second Degré est un dessin détaillé de la personne que nous apercevions dans le tableau précédent. Cela suggère que l’individu qui s’embarque dans le Second Degré est sur le point d’entreprendre un voyage intérieur, une ascension au travers de l’âme et de l’esprit.

Les Instructions Maçonniques assignent des caractéristiques à ces deux Colonnes qui suggèrent une représentation des opposés : elles sont dites être un mémorial du Pilier de Nuée et du Pilier de Feu qui guidèrent les enfants d’Israël (de jour et de nuit respectivement) pendant l’Exode. Elles possèdent enfin sur leur sommet des Sphères terrestres.

Comme l’Échelle de Jacob sur le Tableau du Premier Degré, l’escalier forme la colonne centrale de ce modèle en trois pilier. Le Maçon est censé monter cet escalier symbolique au cours de sa vie comme il le fait symboliquement pendant le rituel.

Les Instructions Maçonniques relatives à l’Escalier associent une bonne part d’information à chaque marche ; les Sept Arts Libéraux, les Sciences et les Cinq Styles architecturaux. Ces sujets représentaient le curriculum éducatif de la Renaissance et l’intention de ce curriculum était certainement d’offrir à l’étudiant le type de travail intellectuel et contemplatif dont nous discutons ici. Si nous considérons l’Escalier comme une représentation des niveaux de la conscience au travers desquels l’individu doit s’élever, nous pouvons voir que le symbole offre au Maçon l’information nécessaire sur chacune de ses marches, ou étape de la conscience qui doit passer. L’explication maçonnique de l’Escalier associe également les Sept Officiers de la Loge aux Sept Marches. L’association assiste à la compréhension du progrès au travers des positions des Officiers de la Loge.

L’Esclalier mène à une pièce appelée « Chambre du Milieu » où les Maçons sont censés recevoir leur salaire. Dans cette Chambre Intérieure (l’intérieur du Maçon lui-même), l’individu est capable de voir une représentation de la Déité. Il a également accès à la Pierre Cubique. La Pierre Cubique est la pierre de construction qui est terminée et prête à être placée dans l’édifice. On trouve dans la « Chambre du Milieu » : « … pour les compagnons expérimentés afin d’ajuster et d’essayer leurs joyaux ». Je ne veux parler au sujet des outils à ce stade, mais les maçons reconnaîtront que les outils sont les outils de la mesure et de l’essai, que deux d’entre eux mesurent par rapport à des critères absolus qui sont opposés l’un à l’autre, alors que le troisième définit la relation entre les deux autres. Selon l’environnement dans lequel les opposés sont équilibrés par un agent coordinateur, ces outils me semblent agir comme modèle fonctionnel de moralité. Les outils de moralité, avec la Pierre Cubique, qui est un standard de mesure sur lesquels les calibrer, se trouvent dans la Chambre du Milieu, lieu où l’on reçoit son « salaire »…


Le Tableau du Troisième Degré.

Le Cimetière.


Je ne pense pas qu’avec cette représentation il s’agisse ici d’une mort physique. Pendant la Renaissance, il y avait beaucoup de discussions au sujet de la nature de l’histoire biblique de la « chute de l’homme » et de ses effets. La « Chute » semble s’être référée à quelque événement par lequel les êtres humains, qui étaient alors conscients de la Présence Divine, perdirent cette conscience. Les penseurs de la Renaissance pensaient que la vie humaine ordinaire (c’est-à-dire après la Chute) est comme une « mort » lorsqu’on la compare au potentiel humain et à une vie vécue dans une conscience pleine de la Présence de Dieu. Il me semble qu’une interprétation du cimetière suggère ici une « mort » de notre état actuel.


tapis03


La vue du Temple montre « Porche du Temple de Salomon » qui est censé être l’entrée du Saint des Saints. Dans le Tableau un voile est entr’ouvert offrant une vue partielle de cette chambre sacrée où la divinité est censée résider. Cela suggère la fin du voyage d’Ouest en Est. Après ce processus de mort et de renaissance, l’individu revit à nouveau avec son potentiel entier. À nouveau, je pense que cela ne se réfère ni à une résurrection physique après une mort physique ni à une vie après la mort physique ; chacune relevant des religions. Il me semble que ce qui se déroule se réfère à un processus psychologique/spirituel qui survient au sein du candidat qui le recherche honnêtement et que je pense être le travail que la Franc-Maçonnerie encourage. Après tout, nous proclamons être des franc-maçons, et c’est la connaissance de cette vérité qui nous « rend libre ».

Le Compas.


Il y a une dernière chose que nous devons remarquer. Nous avons vu auparavant que le maçon « voyage » d’Ouest en Est : « Ils voyagèrent d’Est en Ouest à la recherche d’instructions, et d’Ouest en Est afin de propager la connaissance qu’ils acquirent », comme le dit l’Instruction du Premier Degré. Il est à remarquer que sur ce Tableau les pointes du compas ont été inversées, et l’Ouest est à présent au dessus là où l’Est l’était dans le Tableau du Premier Degré. Cela suggère que le Maître Maçon, l’individu qui est représenté par le symbolisme dépeint ici, a changé son orientation et a entrepris son voyage vers l’Ouest. C’est un voyage impliquant l’enseignement de ceux qui suivent – avec toutes les obligations que cela suppose.

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Ahiman Rezon : prière dite à l'ouverture ou à la consécration d'une Loge

Publié le 22 Février 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


"Seigneur Dieu, très saint et très glorieux, grand architecte du ciel et de la terre, qui dispenses tous les bienfaits et les grâces, et qui as promis que là où deux ou trois seraient réunis en ton nom, tu serais parmi eux : en ton nom nous nous assemblons et réunissons, te sup­pliant très humblement de bénir toutes nos entreprises, afin que nous puissions te connaître et te servir comme il convient, que toutes nos actions tendent à ta gloire et au salut de nos âmes.

Et nous te supplions Seigneur Dieu, de bénir notre entreprise d'aujourd'hui, et de nous accorder que ce nouveau frère dédie sa vie à ton service, et qu'il soit un frère loyal et véritable parmi nous : donne-lui une parcelle de ta divine sagesse, que grâce au secrets de la maçon­nerie, il puisse comprendre les mystères de la sainteté et du christia­nisme. Nous t'en supplions humblement, pour l'amour de Jésus Christ notre Seigneur et sauveur et en son nom."


Remarque : " là où deux ou trois seraient réunis en ton nom..." Les évangiles ne sont pas loin!

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Ahiman Rezon : prière en usage chez les premiers maçons chrétiens

Publié le 22 Février 2010 par Thomas Dalet

"Que ta puissance du père céleste, la Sagesse de son glorieux fils, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, trois personnes en une seule divinité, soient avec nous en ce début, et nous accordent la grâce de nous gou­verner ici dans notre vie de telle sorte que nous venions en ce bonheur qui n'aura jamais de fin. Amen."


Remarque : le Père , le Fils et le Saint Esprit..Difficile de faire plus chrétien!

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Franc-Maçonnerie ou franc-maçonneries (2)

Publié le 22 Février 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

Que faisons-nous dans nos loges ?

« La voie que l’on peut dire n’est pas l’éternelle voie » ainsi commence le

Tao te King, le livre de la voie du milieu. Cet adage s’applique aussi à la francmaçonnerie.

Le chemin que l’on commence quand on devient franc-maçon n’est

pas facile à décrire tant il est personnel et propre à chacun. En quelque sorte « La

maçonnerie cela ne se raconte pas, cela se vit.» Alors tout ce que je peux faire ici,

c’est seulement tenter de vous dire comment je vois, et comment je vis, ce

chemin. Je vous parlerai donc de la franc-maçonnerie écossaise, celle que je vis.

Je crois cependant que certains éléments essentiels sont communs à tous les

courants de la franc-maçonnerie, et vécus par tous les franc-maçons et toutes les

franc-maçonnes.


Le premier de tous est l’héritage du siècle des Lumières, l’apprentissage de

la liberté de pensée. Un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie écossaise,

Trois coups distincts, un texte irlandais qui date de 1760 décrit la réception de

l’apprenti qui rentre en franc-maçonnerie : après avoir prêté son serment sur la

Bible il prononce cette phrase en latin « Funde merum genio » que l’on peut

traduire ainsi « Fonde le vrai par toi-même.» C’est très exactement

l’enseignement du siècle des Lumières. Emmanuel Kant écrivait en 1784, à

l’apogée de sa pensée, à la demande du Berlinische Monatsschrift : « Qu’est-ce que

les lumières : Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle

dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de

son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet

état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement

mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la

conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre

entendement ! Voilà la devise des Lumières. »


Ce que nous vivons en franc-maçonnerie, c’est la liberté d’une pensée qui se

construit et se confronte avec celle des autres, dans le respect et l’écoute, mais

sans abdiquer de sa propre logique. Une pensée qui n’hésite pas, pour y réfléchir

sans provocation mais avec rigueur, à remettre à plat tous les dogmes, que ce

soient ceux des religions ou ceux de la pensée unique, ceux des médias ou ceux de

l’opinion publique. Remise à plat qui n’a pas pour but d’arriver à une opinion

commune, à une pensée maçonnique, mais qui a pour but de permettre à chaque

frère d’asseoir plus profondément sa pensée personnelle. Car il n’y a pas de pensée

maçonnique, pas de dogme maçonnique, chacun est libre de construire, ou de

reconstruire, avec l’aide de ses frères, sa propre pensée dans un cheminement qui

sera de toute façon un chemin intérieur et personnel.

On rencontre ici un autre aspect du secret maçonnique, car il est bien clair

qu’apprendre à penser par soi-même, remettre à plat les dogmes, en particulier les

dogmes idéologiques, c’est quelque chose qui n’est pas, mais pas du tout apprécié

par les pouvoirs totalitaires. Tous les pouvoirs totalitaires, partout dans le monde,

ont pourchassé la franc-maçonnerie et les franc-maçons. Nous portons en nous la

mémoire de nos frères qui ont souffert, qui ont été exécutés ou qui ont donné

librement leur vie comme Pierre Brossolette pendant l’occupation nazie. Et le

serment de secret que nous prêtons n’est pas celui de notre propre appartenance.

Après tout je suis là devant vous et je me déclare franc-maçon sans aucun

problème. J’espère seulement que je serai un bon exemple et que je ne vous

dégouterai pas de la franc-maçonnerie. Le secret auquel nous nous engageons par

serment est celui de l’appartenance des autres, souvenir ou prémonition de

périodes où livrer le nom d’un frère signifiait, ou signifiera, mettre sa vie en

danger.


Cette construction d’une pensée libre se fait en franc-maçonnerie par

l’échange et le dialogue. On ne pense pas dans son coin, on confronte librement et

fraternellement ses opinions. Et cela passe naturellement par un apprentissage de

la parole. En effet, à notre époque où, dans la civilisation occidentale à tout le

moins, le pouvoir n’est plus au bout du fusil, selon l’expression du grand timonier,

mais dans le poids des mots et le choc des photos, pour reprendre le slogan d’un de

nos magazines grand public, à une époque où le faiseur de mots, qu’il soit artiste,

journaliste, publiciste ou politique, a souvent plus de pouvoir et gagne plus

d’argent que le producteur de nourriture ou le fabricant de machines, il me semble

que paradoxalement chacun est de plus en plus isolé, que l’échange véritable par

une vraie parole est de plus en plus rare, qu’en quelque sorte cette parole est

perdue, mais que la Franc-maçonnerie en est un des dépositaires.

La parole, le mot, sont devenus un outil de séduction de la rumeur qui

monte de notre civilisation moderne, mot choisi pour perdre la foule dans ses fauxsens

ou doubles sens, répété à l’envie par les média, puis par la foule elle même

qui ne se rend pas compte que le mot ne décrit pas la réalité, mais au mieux le

caricature, et au pire la travestit : Rigueur, Mondialisation, France d’en bas, blingbling,

et, plus récemment, récession. Pour nous acheminer vers cette vraie parole,

quoi de plus efficace, de plus évident, que de commencer par éradiquer le bruit,

l’échange imparfait de la parole médiatique ? Comme on taille une vigne ou un

arbre fruitier, la Franc-maçonnerie commence donc par ôter la parole à l’apprenti

qu’elle initie. Jusqu’à son élévation au degré de compagnon il ne prendra pas la

parole en loge. C’est en fait un apprentissage de l’écoute qui est essentiel pour la

parole. Si une parole vraie doit être issue du plus profond de soi, elle doit aussi

s’adresser là où l’autre peut l’entendre, et pour cela quelles qualités d’écoute, de

perception et de tolérance ne faut-il pas développer ! Cet apprentissage de

l’écoute se révèle être un vrai apprentissage de soi-même, et un apprentissage de

l’autre.

Mais créer un lien de tout soi-même vers la profondeur de l’autre, on sent

bien que le mot seul, et l’expression cartésienne, n’y suffiront pas. La

communication serait trop sèche, pas assez profonde, comme la note émise sur une

seule fréquence sera plate et vide sans la richesse infinie des harmoniques qui

apportent la profondeur, la complexité, la vie et la beauté. Là encore la Franc-

Maçonnerie propose à ceux qu’elle initie un mode d’expression chargé

d’harmoniques, qui permet à la parole de porter des significations riches et

profondes : le Symbole.


Le symbole c’était en Grèce 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, le moyen de reconnaissance,

primitivement un objet cassé en deux pour sceller un accord, ce qui permettait aux

envoyés de chaque partie, messagers, domestiques, ou enfants, de se faire

reconnaître de l’autre partie en reconstituant l’objet initial. On peut percevoir

dans cette reconstitution de l’objet 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, dont les deux parties se recollent

d’un coup, totalement, quelle que soit la complexité de la ligne de déchirure, sans

avoir besoin de coutures, de coups de lime ou de points de colle, le contact total

qui s’établit entre deux êtres qui communiquent non pas par les concepts et les

raisonnements intellectuels, mais à travers les symboles, et qui donc mettent en

relation d’un coup la totalité d’eux-mêmes, du conscient et de l’inconscient, du

plus profond au plus élevé : le courant passe d’un coup, sur la totalité de la gamme

des harmoniques. Le langage des symboles est ainsi un outil très puissant pour

permettre au franc-maçon de s’acheminer vers une vraie parole.

Cet échange en loge, quand les coeurs se mettent à découvert, quand le

langage symbolique permet à l’inconscient même de s’ouvrir, quand la parole porte

profondément, c’est bien ce qui crée le lien qui nous unit, cette fraternité qui nous

rassemble et nous rendra attentif au moindre besoin de l’autre, cette fraternité

qu’on nous reprochera peut-être quand on la prendra pour de la connivence. Mais

cette fraternité ne se fera jamais au détriment des autres. Parce que ce n’est pas

une fraternité qui nait d’une complicité pour conquérir le monde, c’est une

fraternité qui nait du travail en commun pour s’ouvrir au monde, pour comprendre

le monde et les autres.


Spécificité Écossaise


Tout ceci, je le pense, est commun à l’ensemble de la franc-maçonnerie

Française. Venons-en maintenant à ce qui me semble propre au courant écossais de

cette franc-maçonnerie. Continuons à lire cette proclamation de 1875 de la francmaçonnerie

écossaise que j’ai commencé à citer tout à l’heure : « C’est une école

mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre

selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche

au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et

pacifique… Soyez protestants, juifs, mahométans, continue dans un autre discours

le Grand Maître d’alors, Adolphe Crémieux, la maçonnerie ne vous le demande pas.

Elle admet tout ce qui est honnête, probe, tout ce qui a un coeur généreux. La

maçonnerie d’aujourd’hui vit surtout par l’esprit, par l’intelligence, et quand elle

dit « à la gloire du grand architecte de l’Univers » c’est qu’elle reconnait une

source à cette intelligence qui dirige le monde au sein duquel nous vivons. Le

spiritualisme est donc le fond réel de la maçonnerie. »

Nous avons parlé de l’apprentissage de l’écoute par le silence, indispensable

à l’ouverture aux autres. Cette école mutuelle comporte un autre apprentissage

essentiel, celui du regard, la conversion du regard, disait un de nos passés Grands

Maîtres, qui éveille notre conscience à ce qui nous dépasse, au-delà du monde

matériel sur lequel s’arrête trop facilement notre regard. Pour décrire cette

conversion du regard, il y a un symbole qui me plait beaucoup, c’est celui du soleil

et des étoiles, et du bandeau.

Je vais vous révéler un secret, que vous pouvez trouver dans n’importe quel

livre sur la franc-maçonnerie : si vous voulez entrer en franc-maçonnerie, la

première fois que vous serez reçu en loge vous porterez un bandeau sur les yeux.

Les enfants mettent du temps à comprendre que les étoiles ne sont pas allumées le

soir par l’allumeur de réverbère du Petit Prince, et qu’elles brillent aussi le jour

mais qu’on ne les voit pas parce que la lumière du soleil les cache. Ainsi le

bandeau sur les yeux est le symbole de cette nécessité de masquer le soleil pour

voir ces milliers d’étoiles qui nous envoient une lumière qui vient de très loin dans

le passé. Il s’agit bien du premier acte d’éveil à ce que l’on ne voyait pas, à ce qui

était caché par le soleil aveuglant, et quelquefois trompeur, de notre éducation et

de notre civilisation. Ma vision personnelle de l’initiation est celle d’une porte

ouverte sur les étoiles, d’un éveil de la conscience sur ce qui est caché en arrière

plan du monde dans lequel nous vivons.

Cet éveil de la conscience à ce qu’il y a dans le monde au-delà du fric et de

la frime, cet éveil de la conscience à cet univers dans lequel nous vivrons et nous

mourrons, à ces hommes et ces femmes que nous côtoyons et qui ne sont plus des

concurrents ou des gêneurs mais d’autres nous-mêmes, dignes de respect et

d’amour, cet éveil de la conscience à ce qui peut nous transcender et donner un

sens à notre vie, c’est ce que nous appelons en franc-maçonnerie l’initiation.

Initiation car cet éveil nous place au début d’un chemin de recherche et de

travail dont nous avons le sentiment qu’il ne s’arrêtera jamais, si ce n’est le jour

de notre mort, un chemin initiatique, une voie initiatique comme d’ailleurs il y en

a d’autre de par le monde. Nous ne sommes qu’une des nombreuses voies

initiatiques que le monde a connu. En quoi notre chemin est-il initiatique, quelle

est notre spécificité, et d’abord que veut dire initiatique ? Comme nous l’indique le

Tao, on ne peut pas définir cette notion, mais on peut au moins dire ce qu’elle

n’est pas.

Notre chemin initiatique n’est pas un cursus d’enseignement. Il ne s’agit pas

d’acquérir une succession de savoirs, ou de réponses toutes faites. Tout au plus

nous apporte-t-il quelques mots clés ou phrases ésotériques n’auraient aucun sens

s’ils étaient destinés à être appris par coeur pour pouvoir répondre à l’interrogation

écrite de passage au degré suivant. Ils servent en fait à nous mettre sur la voie

d’une étape de travail personnel, d’un objectif de transformation intérieur, et à

nous permettre de découvrir les moyens et les outils qui nous permettront de

tenter d’y accéder.

Ce n’est pas vraiment non plus un apprentissage. L’apprenti regarde son

maître d’apprentissage et apprend les tours de mains, les manières de faire, et

aussi bien sûr les valeurs, qu’il s’entraine à recopier le plus parfaitement possible.

Certes il y a un peu de cela dans notre apprentissage, on observe nos frères et ils

nous apportent quelque chose. Mais ce n’est pas un tour de main que l’on peut

recopier à l’identique. Il nous faut comprendre intérieurement et profondément de

quoi il s’agit car sur notre chemin initiatique il n’y a aucune solution générale,

aucun tour de main universel, il n’y a que des accomplissements personnels et

intimes.


D’autres l’appellent une méthode, la méthode maçonnique. Ce n’est pas

faux, mais personnellement je n’aime pas tellement ce mot avec ce qu’il connote

de strict et d’intellectuel. La franc-maçonnerie écossaise n’a rien de strict, et

surtout elle n’a rien d’intellectuel, ou tout au moins de rationnel au sens cartésien

du terme. Le chemin initiatique fait appel beaucoup plus aux qualités du coeur, à

l’intuition, à la perception symbolique. C’est en fait une succession de prises de

conscience, un élargissement progressif du champ de conscience, à l’image du

chemin de randonnée qui à chaque col nous fait découvrir le paysage nouveau qui

se cachait derrière la ligne de crête.

Mais où nous conduit donc ce chemin, cet élargissement progressif de notre

champ de conscience ? Eh bien je crois qu’il nous conduit à construire petit à petit

notre propre éthique personnelle. Car la conscience conduit à la conscience… Je

n’ai pas pu résister à cette formule facile qui joue sur les deux sens du mot

conscience : la conscience de l’homme qui, contrairement à l’animal a conscience

d’exister, et la conscience morale, celle qui nous dit le bien et le mal, qui nous

donne bonne ou mauvaise conscience. Approfondir notre conscience de nousmêmes,

des autres et du monde va nous permettre de transformer notre

conscience morale, de la libérer de son asservissement à des présupposés inculqués

par la société ou la religion, ce que j’appelle une morale, pour lui donner un vrai

fondement personnel, ce que j’appelle une éthique, issue d’une compréhension de

plus en plus profonde de nous-mêmes et de ce qui nous entoure. Ce sera de cette

manière que chaque franc-maçon écossais deviendra de plus en plus capable de

« continuer au dehors l’oeuvre commencée dans le Temple »

Mais pour en arriver là, il reste une étape essentielle pour la francmaçonnerie

écossaise, celle de la construction de sa propre spiritualité, de sa

propre vision spirituelle du monde qui en quelque sorte mettra de l’ordre dans tout

ce que perçoit cette conscience de plus en plus aiguisée, et structurera

l’enchevêtrement du bien et du mal dans cette éthique que chacun de nous se

construit. Car à quoi servirait de mieux percevoir l’univers, si ce n’est pour trouver

un sens à sa vie ? A quoi servirait d’être de plus en plus à l’écoute des autres si

c’est pour continuer à les asservir et à les manipuler ? Il s’agit bien d’une

spiritualité car la voie initiatique ouvre l’esprit sur ce qu’il y a au-delà de la simple

matérialité, mais ce n’est pas une religion car elle n’apporte pas de révélations

toutes faites. Elle n’apporte pas de réponses, mais aide à se poser des questions.

Elle n’impose pas de dogmes, mais aide à réfléchir. Elle ne propose pas de gourous,

mais l’aide des frères de la Loge. Elle ne conduit pas à une croyance, mais permet

de reconstruire sa propre cohérence intérieure. C’est en avançant sur cette voie

spirituelle que nous construirons progressivement notre étique personnelle, notre

propre conception du devoir, du bien et du mal. « Funde merum genio », fonde le

vrai par toi-même.


Mais élargir son champ de conscience, construire sa propre vision du principe

de la Grande Architecture de l’Univers, élaborer librement sa propre notion du bien

et du mal, on conçoit bien que tout ceci est un travail intérieur qui n’aura jamais

de fin, car cette Vérité en quelque sorte infinie est inaccessible à l’Homme et se

reculera sans cesse, comme l’horizon se refusera toujours au voyageur. La

première sentence du Tao, voie initiatique chinoise dont nous ne nous sentons pas

si éloignés, l’exprime ainsi :

Le Tao qui peut être dit n’est pas l’éternel Tao

Le Nom qui peut être dit n’est pas l’éternel Nom

Ce qui n’a pas de nom est le début du ciel et de la terre

Comment mieux expliquer ce qui fonde vraiment le secret maçonnique, audelà

des secrets professionnels et de la protection des autres frères : « l’éternel

nom ne peut être dit », il s’agit d’une expérience personnelle incommunicable à

tous ceux qui ne se sont pas engagés sur le même chemin.

Conclusion


Ce que je voudrais vous dire, pour conclure, c’est que le message spirituel

de la franc-maçonnerie écossaise me paraît d’une actualité brûlante. Triste, en

effet, est l’héritage légué à la civilisation occidentale par le millénaire qui vient de

s’achever, tout au moins en termes de valeurs et de sens : enlisement des religions

du Livre, les unes dans l’indifférence croissante qui déserte les églises, les autres

dans le déferlement d’un fanatisme attisé à des fins politiques, effondrement des

idéologies fondées sur le matérialisme athée, laissant derrière elles le malheur et

la ruine, échec de la société de consommation, qui apporte autant d’insatisfactions

que de progrès matériels dans les foyers. Le vingt-et-unième siècle s’ouvre sur des

attentes fortes. La très grande majorité de nos contemporains aspire à la paix. Les

courants les plus nouveaux de la philosophie contemporaine tournent autour de la

question du sens de la vie et révèlent un besoin croissant de cohérence intérieure

face au tourbillon des sollicitations modernes. Par de multiples aspects notre

civilisation occidentale postmoderne exprime sa nostalgie et son espérance d’une

harmonie retrouvée.

Or la confrontation au cours du XIXème et du XXème siècle, au sein de la

pensée maçonnique écossaise, d’une tradition qui rêve de permettre à l’Homme de

trouver un sens à sa vie non par des dogmes mais par une perception intime et

cohérente de l’univers, avec la liberté de pensée, le respect de la raison et de la

science, nés du siècle des Lumières, a fait éclore une spiritualité nouvelle. C’est

ainsi qu’au seuil du XXIème siècle le franc-maçon écossais a la chance de se voir

proposer un chemin, une voie spirituelle, qui lui permet de se construire une

spiritualité qui donne un sens à son existence, sans abdiquer de la logique de sa vie

et de sa propre cohérence intérieure.


La Grande Loge de France, la franc-maçonnerie écossaise, portent ainsi la

grande responsabilité d’être dépositaires d’un message à partager avec tous ceux

qui ont faim de nourriture spirituelle et soif de la Connaissance : une spiritualité,

certes aux racines millénaires, mais qui semble bien répondre aux attentes de sens,

de cohérence et d’harmonie de nos contemporains, et pourrait bien être ainsi une

des Lumières du XXIème siècle.

Un niveau intellectuel, une culture philosophique et métaphysique sont-ils

nécessaire pour en partager les fruits ? Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’être

un Luc Ferry pour profiter pleinement de l’enseignement de la franc-maçonnerie

écossaise, quoique que plusieurs de ses livres m’aient considérablement aidé. Nos

Loges sont illuminées par des frères de toute culture et de toute formation

intellectuelle. C’est là une grande force et un grand bonheur de la francmaçonnerie

que son enseignement et sa fraternité, à tous les degrés, ne soient pas

réservés à une élite intellectuelle. Le poème de Kipling, Ma Loge Mère est toujours

d’actualité « Dehors : “Sergent !, Monsieur !, Salut !, Salam !” Dedans : “Frère !”

et ça ne fait pas de mal… » Car en fait, comme l’écrivait Khalil Gibran : « Aucun

homme ne peut rien vous révéler, sinon ce qui repose déjà endormi dans l’aube de

votre connaissance… Le maître qui marche à l’ombre du Temple, parmi ses

disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour. S’il est

vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais

vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit. »

Louis Trébuchet

commentaires

Franc-Maçonnerie ou franc-maçonneries (1)

Publié le 22 Février 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

Plusieurs franc-maçonneries


Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Eh bien je crois qu’il y a une première

clé, essentielle pour essayer de comprendre ce qu’est la franc-maçonnerie, pour

essayer de décrypter la réalité derrière les émissions ou les articles qui paraissent

régulièrement ici ou là. Cette clé de départ c’est qu’il n’y a pas une francmaçonnerie,

il y a des franc-maçonneries. Trois grands courants animent la francmaçonnerie

dans le monde, trois branches bien distinctes.

En France par exemple, et en simplifiant un peu, je dirais que la Grande

Loge de France, le Grand Orient de France, et la Grande Loge Nationale Française,

appartiennent à trois branches différentes de la franc-maçonnerie. Lorsque l’on

regarde une émission sur la franc-maçonnerie, ou qu’on lit un article ou un livre, il

est essentiel pour bien comprendre de savoir de quel courant maçonnique on parle.

Ces trois courants ont bien sur de nombreux points communs, mais ils restent

sensiblement différents, et aucun des trois ne peut se permettre de parler au nom

des deux autres.

Pour ma part, après vous avoir fait vivre rapidement l’histoire d’un demimillénaire

qui à fait naître la franc-maçonnerie dans cette diversité, je vous

présenterai d’abord ce que je crois être les points communs entre ces trois francmaçonneries,

puis j’essaierai de vous faire partager ce qui fonde la spécificité du

rameau maçonnique auquel j’appartiens, auquel appartient la Grande Loge de

France dont je fais partie.


Fondements historiques


Alors un peu d’histoire ! On a longtemps admis communément que l’année

1717 marque la naissance en Angleterre de la franc-maçonnerie dont nous parlons,

celle que l’on appelle spéculative, ce regroupement d’hommes ou de femmes de

tous métiers et de toutes conditions, n’ayant pas de lien particulier avec le métier

de maçon et l’industrie du bâtiment, qui se retrouvent pour penser et échanger,

spéculer, par opposition avec la franc-maçonnerie dite opérative, l’organisation

médiévale des métiers du bâtiment regroupant les franc-maçons, ces maçons ayant

obtenu la franchise de pouvoir travailler pour leur propre compte. Cette date de

naissance est maintenant contestée par nombre d’historiens depuis une trentaine

d’année, et pour ma part je pense qu’elle est fausse, qu’il faut remonter un quart

ou un demi-siècle plus tôt en Écosse, et que 1717 n’est que la naissance d’un

deuxième courant de la franc-maçonnerie.


Les racines de la franc-maçonnerie d’aujourd’hui, spéculative, se retrouvent

bien sûr dans la franc-maçonnerie opérative, l’organisation en confréries ou

compagnonnage des métiers du bâtiment, une franc-maçonnerie opérative que l’on

voit s’organiser dans les manuscrits que nous avons, grosso modo entre l’an 1400 et

l’an 1600. Les compagnons du devoir français placent en 1401 ce qu’ils appellent la

scission d’Orléans, c'est-à-dire en fait leur organisation en devoirs. Dans les iles

britanniques les deux plus anciens manuscrits décrivant une organisation collective

du métier de maçon sont datés entre 1400 et 1450, les maçons de Strasbourg se

donnent des constitutions en 1498 et ceux de Ratisbonne des statuts en 1498. Ces

documents ont tous en commun qu’ils décrivent les devoirs respectifs des maîtres,

des compagnons et des apprentis du métier, devoirs professionnels, devoirs de

solidarité, mais aussi devoirs de comportement, en quelque sorte une déontologie

professionnelle et une éthique de vie. Tout nouvel apprenti devait entendre la

lecture de ces devoirs avant de prêter serment sur la bible : serment de respecter

ces devoirs, mais aussi serment de secret, secret sur l’organisation du métier mais

surtout secret concernant les techniques et tours de main du métier qu’il serait

amené à apprendre.

Ce serment et ce secret se sont perpétués dans la franc-maçonnerie jusqu’à

nos jours. Bien sûr de nos jours cette notion de secret professionnel n’a plus cours,

tout au moins en franc-maçonnerie, où le secret recouvrira d’autres notions, mais

nous y reviendrons.


A la saint Jean d’hiver 1588 se produit en Écosse un autre évènement

important de l’organisation de la franc-maçonnerie, toujours opérative à cette

époque. William Schaw, surveillant général des maçons d’Écosse, et maître maçon

des travaux du roi d’écosse, Jacques VI Stuart, promulgue de nouveaux statuts pour

la franc-maçonnerie écossaise. On ne sait pas bien s’il met en forme une

organisation existante, ou s’il réorganise tout, mais toujours est-il que ces statuts

concrétisent l’existence de loges de francs-maçons permanentes dans les grandes

villes du royaume d’écosse, loges dirigées par des surveillants réélus chaque année.

Jusque là, et pendant un siècle encore en Angleterre, les loges se créaient et se

défaisaient au gré des chantiers, dirigées par le Maître du chantier. A partir de

1598, non seulement les loges existent de façon permanente dans chaque grande

ville d’Écosse, mais en outre elles sont tenues de tenir un registre, ce qui fait que

nous disposons des minutes de fonctionnement d’une quinzaine de loges écossaises

pour tout le XVIIème siècle.

On apprend dans ces minutes des choses très intéressantes. Dès 1637 les

loges écossaises ont commencé à recevoir des personnes n’appartenant pas au

métier de maçon, d’abord proches du métier, donneurs d’ordre, responsables de

l’administration royale ou professeurs de géométrie par exemple, puis des

membres de la gentry de plus en plus éloignés du métier. La loge de Scone et

Perth, ville où l’on couronnait les rois d’Écosse, revendique même d’avoir fait

maçon le roi Jacques VI Stuart, devenu en 1603, à la mort de la reine Elizabeth, roi

d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande sous le nom de Jacques1er. Ce mouvement

d’ouverture de la franc-maçonnerie opérative se continuera en Écosse tout au long

du XVIIème siècle.

A cette même époque il ne faut pas oublier que toutes les îles britanniques

sont ensanglantées par les guerres civiles qui opposent les Stuart à l’église

protestante, presbytérienne pour être précis, et au parlement anglais largement

favorable aux presbytériens.

A la fin du XVIIème siècle, en 1689, Jacques II Stuart,

converti au catholicisme et soutenu par Louis XIV, qui a révoqué l’édit de Nantes, a

été contraint à l’exil en France, puis en 1714 les derniers espoirs de retour au

pouvoir des Stuart sont réduits à néant par l’accession au trône Britannique de

George de Hanovre.

1714 Couronnement de George de Hanovre…

1717 Création de la Grande Loge de Londres…

Quand quatre loges Londoniennes se réunissent pour former la Grande Loge

de Londres, les loges écossaises avaient déjà reçu en leur sein au minimum 134

gentilshommes non maçons de métier parfaitement identifiés et recensés, sans

compter les non identifiés, et six loges écossaises, Aberdeen, Dunblane,

Dunfermline, Hamilton, Haughfoot, et Kelso, étaient déjà constituées en majorité

ou en quasi-totalité de gentilshommes et non de maçons de métier. Le problème

pour le pouvoir anglais est que la majorité de ces franc-maçons écossais est

favorable aux Stuarts ! Churchill relève d’ailleurs que le Maréchal de Berwick

estimait qu’à cette époque 5 écossais sur 6 étaient Jacobites. Le nouveau roi

d’Angleterre n’a pas perdu de temps pour consolider son pouvoir, prolongation et

extension des pouvoirs du parlement anglais majoritairement Whig, et négociation

de la triple alliance au détriment de Jacques II Stuart par exemple.

De là à penser que la création de la Grande Loge de Londres, trois ans après

l’avènement de George de Hanovre, répond à la volonté de contrôle d’une francmaçonnerie

fourmillant de Jacobites, il n’y a qu’un pas, que pour ma part je

franchirai sans trop d’hésitation. A l’appui de cette vision on remarquera que,

quelques jours avant la St Jean d’été de 1722, la Grande Loge de Londres se rend

en délégation auprès de Lord Townshend, secrétaire d’état de George 1er, pour

« l’assurer de son zèle envers la personne de sa majesté et son gouvernement », ce

à quoi le secrétaire d’état leur répond « qu’ils ne craignent aucune molestation de

la part du gouvernement, aussi longtemps qu’ils ne s’occuperont que des anciens

secrets de la [maçonnerie]»


En tout état de cause 1717 ne marque pas la création de la franc-maçonnerie

telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais seulement la création d’un

deuxième courant, que l’on pourrait appeler Andersonien, du nom du Pasteur

Anderson qui en rédigera les constitutions, en concurrence avec le courant initial

que j’appellerai Écossais, bien qu’il ait regroupé aussi des irlandais puis des

français, parce qu’il est né en Écosse et a été développé et soutenu par la dynastie

écossaise des Stuart. A l’origine la franc-maçonnerie Andersonienne est plus

dirigiste, elle crée la fonction de Grand Maître, qui n’existait pas dans la francmaçonnerie

Écossaise, elle nomme ad-vitam les présidents des loges, les

Vénérables Maîtres, alors que les loges écossaises sont beaucoup plus

indépendantes et élisent chaque année leurs surveillants. La franc-maçonnerie

Andersonienne est aussi beaucoup plus ouverte sur le plan religieux, astreignant ses

membres « seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord,

laissant à chacun ses propres opinions… », alors que la franc-maçonnerie écossaise

est encore résolument catholique. Mais ces différences vont vite évoluer, en

particulier en France, car ces deux courants vont se développer concurremment sur

le sol Français.


Les premières loges en France vont être écossaises, peut-être dès 1688 dans

le régiment de la garde de Jacques II en exil à Saint Germain en Laye, on en a de

fortes présomptions mais pas la certitude absolue, en tout cas en 1725 où la

première loge parisienne est fondée par de fidèles Jacobites. Le courant

Adersonien ne tardera à franchir la Manche, créant lui aussi sa première loge à

Paris en 1734. A la veille de la Révolution Française, 50 ans plus tard, il y aura 780

loges en France, selon le recensement de Claude Guérillot, dont environ 40% se

diront écossaises. A noter, ce qui ne simplifie pas les choses, qu’à la suite d’une

scission en 1773, ces loges sont regroupées alors en deux organismes nationaux,

que nous appelons obédiences, qui ne recoupent pas du tout cette différence de

courants : Le Grand Orient de France compte 537 loges dont environ la moitié

d’écossaises, et la Grande Loge de France 243 dont un tiers d’écossaises.

La franc-maçonnerie sortira exsangue de la révolution : 30 loges seulement

pour toute la France, et les régimes successifs Premier Empire, Restauration,

Second Empire, tenteront de la maintenir unifiée, et donc contrôlable, sous l’égide

du Grand Orient de France, qui se déclare alors résolument Andersonien, mais les

quelques loges écossaises qui survivent, principalement en Provence et à Paris font

de la résistance, sous l’égide du Suprême Conseil de France, puis de la Grande Loge

de France.


Le XIXème siècle verra l’évolution et la fixation définitive de ces courants.

En Angleterre et aux États-Unis, la franc-maçonnerie, en quasi-totalité

Andersonienne, restera fidèle à la notion d’un Dieu révélé, et n’introduira jamais

dans ses loges de moments de discussion et d’échange en dehors des propos de

table, restant plutôt une sorte de franc-maçonnerie de club, très orientée sur la

bienfaisance. Alors que la franc-maçonnerie française développera dans les loges

de moments de travail sur un thème, de discussion et d’échange qui deviendront

rapidement le coeur des réunions maçonniques. Mais le courant Andersonien, sous

l’égide du Grand Orient de France, et le courant Écossais évolueront très

différemment en ce qui concerne le rapport à la religion ou à la spiritualité, et en

ce qui concerne les objectifs de la Franc-maçonnerie.

En ce qui concerne les objectifs de la franc-maçonnerie, et au risque de

caricaturer un peu, on pourrait dire que le Grand Orient de France, peut-être en

raison de ses rapports étroits avec les pouvoirs successifs, développa très vite dans

ses loges un intérêt pour la résolution des problèmes de société, et au niveau

national chercha à peser sur le pouvoir pour faire avancer les solutions progressiste

qu’il préconisait. Alors que la franc-maçonnerie écossaise, plus discrète se

consacrait principalement au progrès et à l’éducation du franc-maçon lui-même.

Ce qui ne veut pas dire que des francs-maçons écossais n’eurent pas à certain

moments une influence décisive sur une société alors en pleine évolution, mais ce

fut, et c’est toujours, plutôt à titre individuel.

Dans le domaine spirituel, dès avant la révolution, tous les courants de la

franc-maçonnerie faisaient cohabiter sans trop de distinction la notion de Dieu

avec celle de Grand Architecte de l’Univers, utilisant dans leurs textes, selon les

moments, soit l’un, soit l’autre, soit les deux en même temps. Sous l’influence du

positivisme régnant en maître dans la seconde partie du XIXème siècle, la francmaçonnerie

fut obligée de préciser sa pensée dans ce domaine, aboutissant dans

les années 1875 et 1877 à des positions bien différentes. En 1877 le Grand Orient

de France avait abandonné non seulement la notion de Dieu, mais décidait de ne

plus imposer à ses loges la référence au Grand Architecte de l’Univers. De nos jours

ce terme est absent des textes du Grand Orient, qui fait preuve en toutes occasions

d’une laïcité, disons militante. La franc-maçonnerie écossaise, de son côté,

proclamait en 1875 son attachement à un principe qui transcende l’homme : « La

franc-maçonnerie proclame, comme elle l’a proclamé dès son origine, l’existence

d’un principe créateur sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose

aucune limite à la recherche de la vérité, et c’est pour garantir à tous cette

liberté qu’elle exige de tous la tolérance… Le spiritualisme est donc le fond réel

de la franc-maçonnerie. »


On ne peut pas conclure cette fresque historique, qui j’espère ne vous a pas

lassés, sans citer deux évènements importants au tournant des XIXème et XXème

siècles. La première femme franc-maçonne, Maria Deraimes, est initiée le 14

Janvier 1882 par la loge Les libres penseurs, du Pecq, en présence de Georges

Martin avec qui elle créera en 1883 la première loge mixte, Le Droit Humain, qui

donnera naissance à un ordre maçonnique mixte international sous ce même nom.

Et en 1913, Edouard de Ribaucourt, appuyé sur la loge L’Anglaise de Bordeaux,

réintroduira en France la franc-maçonnerie Andersonienne anglo-saxonne en créant

la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, qui est devenue de nos jours

la Grande Loge Nationale Française.

Ainsi voit-on cohabiter aujourd’hui en France trois courants de la francmaçonnerie

que je schématiserai, ou caricaturerai ainsi : la franc-maçonnerie

écossaise qui vise d’abord à l’amélioration intérieure de ses membres dans une

spiritualité libre de tout dogme, dont le principal représentant est la Grande Loge

de France, la franc-maçonnerie andersonienne moderne conduite en particulier par

le Grand Orient de France qui vise directement à l’amélioration matérielle et

morale de l’humanité par un humanisme social, et laïc, et la franc-maçonnerie

andersonienne anglo-saxonne, qui exige la croyance en un Dieu révélé, et met

l’accent sur la bienfaisance.

Louis Trébuchet 2008

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Irish blessings

Publié le 21 Février 2010 par Thomas Dalet dans Irlande

"Christ be with me
Christ before me
Christ behind me
Christ in me
Christ beneath me
Christ above me
Christ on my right
Christ on my left
Christ where I lie
Christ where I sit
Christ where I arise
Christ in the heart of every man
who thinks of me
Christ in the mouth of every man
who speaks of me
Christ in every eye that sees me
Christ in every ear that hears me
Salvation is of the Lord."

May the blessing of the rain be on you—
the soft sweet rain.
May it fall upon your spirit
so that all the little flowers may spring up,
and shed their sweetness on the air.
May the blessing of the great rains be on you,
may they beat upon your spirit
and wash it fair and clean,
and leave there many a shining pool
where the blue of heaven shines,
and sometimes a star.

May the good earth be soft under you
when you rest upon it,
and may it rest easy over you when,
at the last, you lay out under it,
And may it rest so lightly over you
that your soul may be out
from under it quickly,
and up, and off,
And be on its way to God"
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Poême irlandais

Publié le 21 Février 2010 par Thomas Dalet dans Irlande

"Puissiez vous avoir
Une maison contre le vent,
Un toit contre la pluie,
L'amour d'une famille unie,
Puissiez vous toujours être entourés
De gens joyeux et d'éclats de rire,
De tout ceux que vous aimez,
Puissiez vous avoir tout ce que votre coeur désire.!"
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Les lacs du Connemara..(M.Sardou)

Publié le 21 Février 2010 par Thomas Dalet dans Irlande

Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C'est pour les vivants
Un peu d'enfer,
Le Connemara.

Des nuages noirs
Qui viennent du nord
Colorent la terre,
Les lacs, les rivières :
C'est le décor
Du Connemara.

Au printemps suivant,
Le ciel irlandais
Etait en paix.
Maureen a plongé
Nue dans un lac
Du Connemara.

Sean Kelly s'est dit :
"Je suis catholique.
Maureen aussi."
L'église en granit
De Limerick,
Maureen a dit "oui".

De Tiperrary
Bally-Connelly
Et de Galway,
Ils sont arrivés
Dans le comté
Du Connemara.

Y avait les Connor,
Les O'Conolly,
Les Flaherty
Du Ring of Kerry
Et de quoi boire
Trois jours et deux nuits.

Là-bas, au Connemara,
On sait tout le prix du silence.
Là-bas, au Connemara,
On dit que la vie
C'est une folie
Et que la folie,
Ça se danse.

Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C'est pour les vivants
Un peu d'enfer,
Le Connemara.

Des nuages noirs
Qui viennent du nord
Colorent la terre,
Les lacs, les rivières :
C'est le décor
Du Connemara.

On y vit encore
Au temps des Gaels
Et de Cromwell,
Au rythme des pluies
Et du soleil,
Au pas des chevaux.

On y croit encore
Aux monstres des lacs
Qu'on voit nager
Certains soirs d'été
Et replonger
Pour l'éternité.

On y voit encore
Des hommes d'ailleurs
Venus chercher
Le repos de l'âme
Et pour le cœur,
Un goût de meilleur.

L'on y croit encore
Que le jour viendra,
Il est tout près,
Où les Irlandais
Feront la paix
Autour de la croix.

Là-bas, au Connemara,
On sait tout le prix de la guerre.
Là-bas, au Connemara,
On n'accepte pas
La paix des Gallois
Ni celle des rois d'Angleterre...


 

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Ahiman Rezon en français (3)

Publié le 20 Février 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Règlements généraux des MAÇONS francs et acceptés. Anciens règlements (A. R.)

 

A.R. 1 - Le grand maître ou son député a tout pouvoir et droit, non seu­lement d'être présent en toute loge, mais de présider partout en ayant le maître de la loge à sa gauche et d'ordonner à ses grands surveillants de l'assister, ces derniers ne devant agir comme surveillants d'une loge régulière qu'en sa présence et sur son ordre; car le grand maître au sein d'une loge régulière peut commander aux surveillants de cette loge ou à n'importe quel maître-maçon d'agir en tant que surveillants tempo­raires.

Nouveaux règlements (N.R.)

N. R. 1 - Ceci, seulement en l'absence des grands surveillants, car le grand maître ne peut les déposséder de leur office sans en donner une raison valable à la Grande Loge, selon l'A.R. xviii. Donc s'ils sont présents en une loge régulière avec le grand maître, ils doivent y servir en surveillants.

Quelques Grandes Loges (pour mettre fin à des irrégularités) ont décidé que seuls le grand maître, son député et les surveillants seront les seuls grands officiers porteront leurs bijoux d'or en sautoir à ruban bleu+ au tour du cou, et un tablier de cuir blanc à ruban de soie bleue ; le même tablier pourra être porté aussi par les passés grands officiers.

 

A.R. 2 - Le maître d'une loge quelconque a le droit et l'autorité de réunir les membres de sa loge en chapitre en cas d'urgence ou selon l'occasion, et de désigner le lieu et le moment de sa tenue habituelle; et en cas de décès ou de maladie; ou d'absence impérieuse du maître, le premier surveillant remplacera temporairement le maître, si nu! frère n'est présent qui fut maître de cette loge; car l'autorité du maître absent

revient au dernier maître présent, même s'il ne peut agir tant que le pre­mier surveillant n'a pas assemblé la loge.

N. R. 2 - II fut décidé que si un maître de loge est déposé ou démis­sionne, le premier surveillant occupera aussitôt la chaire du maître jus­qu'au moment de l'élection, et depuis, il occupe la chaire, même en pré­sence d'un passé maître.

 

A. R. 3 - Le maître de chaque loge, ou l'un de ses surveillants ou quelque autre frère désigné par le maître, tiendra un livre contenant le règlement intérieur, la liste des frères et une liste de toutes les loges de la ville, ainsi que le lieu et l'heure de ses tenues et les minutes de sa propre loge qu'il faut noter.

N. R. 3 - Si une loge quelconque déménage en un autre lieu pour ses tenues déclarées, ses officiers doivent le signaler aussitôt au grand secrétaire. Le droit de préséance d'une loge dépend de l'antériorité de sa constitution.

 

A. R. 4 - Aucune loge n'initiera plus de cinq nouveaux frères à la fois sans nécessité particulière, ni aucun homme de moins de vingt-cinq ans (qui doit être son propre maître) sans dispense du grand maître. N. R. 4 - Aucun frère n'appartiendra à plus d'une loge dans Londres sauf les membres d'une loge étrangère. Mais cette disposition est aban­donnée pour plusieurs raisons, et est maintenant obsolète

 

A. R. 5 - Personne ne peut être accepté comme membre d'une loge sans préavis d'un mois donné à la loge, afin d'enquêter comme il convient sur la réputation et les capacités du candidat, sauf dispense.

N. R. 5 - Le grand secrétaire peut aider ceux qui demandent une dis­pense à la rédiger dans la forme voulue, si nécessaire; mais si le candidat est connu, la dispense n'est pas utile.

A.R. 6 - Mais nul ne peut être reçu frère dans une loge quelconque, ou admis comme membre, sans le consentement unanime des tous les membres de cette loge alors présents, quand le candidat est proposé ; et quand le maître le demande formellement, ils donnent leur consen­tement de façon prudente, soit tacitement, soit de façon expresse, mais à l'unanimité. Et on ne peut se dispenser de ce privilège, parce que les membres d'une loge en sont les meilleurs juges; et si un membre tur­bulent leur était imposé, cela pourrait rompre l'harmonie ou prévenir leur liberté de communiquer, ou même faire éclater et disperser la loge, ce que tout frère loyal et fidèle doit éviter.

N. R. 6 - Aucun visiteur, quelles que soient ses aptitudes en maçonne­rie, ne sera admis dans une loge, à moins d'être personnellement connu, et recommandé par une personne présente de cette loge. Mais il devint difficile d'insister sur l'unanimité en quelques cas, par consé­quent les grands maîtres autorisèrent les loges à admettre un membre s'il n'y a pas plus de trois voix contre, quoique quelques loges ne dési­rent pas cette tolérance. Je ne citerai pas la raison de ce nouveau règle­ment, mais [56] il est certain que de vrais francs-maçons n'ont nul besoin d'un tel règlement, car ils sont capables de discerner un frère authentique, même si son pays ou sa langue sont très obscurs et loin­tains; et les faux prétendants n'ont pas le pouvoir de nous tromper.


A. R. 7 - Tout nouveau frère, à son acceptation, doit décorer la loge, c'est-à-dire tous les frères présents, et déposer quelque somme pour secourir les frères dans le besoin ou malades, selon ce que le candidat jugera bon de donner, outre la petite allocation qui peut être inscrite au règlement intérieur de cette loge ; ce don sera conservé par le trésorier. Le candidat devra aussi promettre solennellement de se soumettre aux constitutions et autres bons usages qui lui seront signifiés en temps et lieu voulus,

N. R. 7 - Ceci est expliqué ci-après dans la constitution du fonds de bienfaisance. Les loges ne sont pas limitées dans la recherche de leur méthode de financement de charité.

 

A. R. 8 - Aucun nombre ou groupe de frères ne se retirera ou se sépa­rera de la loge où ceux-ci furent initiés, ou admis ensuite comme membres, à moins que la loge ne devienne trop nombreuse ; et même dans ce cas, pas sans autorisation du grand maître ou du député. Et quand ils se séparent ainsi, ils doivent immédiatement rejoindre telle autre loge de leur choix, (si celle-ci veut bien les accepter), ou alors obtenir une patente du grand maître pour former une nouvelle loge qui doit être régulièrement constituée en temps voulu. Si un groupe ou un nombre de maçons décident de former une loge sans patente du grand maître, les loges régulières ne doivent ni les encourager ni les reconnaître comme frères réguliers dûment réunis, ni approuver leurs faits et gestes; ils doivent les traiter en rebelles jusqu'à ce qu'ils fassent amende honorable comme le grand maître dans sa grande prudence en décidera, et jusqu'à ce qu'il leur donne son appro­bation par une patente signifiée aux autres loges, comme il est de cou­tume quand une nouvelle loge doit être enregistrée au livre de la Grande Loge.

 

N. R. 8 - Tout frère impliqué dans l'initiation clandestine de maçons sera interdit de visite dans toutes les loges jusqu'à ce qu'il se soit dûment repenti, même si les frères ainsi initiés ont le droit de visite. Quiconque aura formé une loge déclarée sans une patente du grand maître sera refusé en loges régulières jusqu'à faire sa soumission et obtenir son pardon. Si des frères forment une loge sans autorisation et initient irrégulièrement de nouveaux frères, ils ne seront admis en aucune loge régulière, ni même comme visiteurs jusqu'à fournir une explication satisfaisante ou faire amende honorable.

Si une loge quelconque dans Londres cesse de se réunir pen­dant douze mois consécutifs, et ne se maintient pas suivant les règle­ments et lois de la Grande Loge, son nom et son rang seront effacés ou déplacés dans le livre de la Grande Loge ; et si elle demande à être insérée ou admise comme loge régulière, elle perdra son droit de pré­séance précédent, et devra se soumettre à une nouvelle constitution.

Considérant que récemment quelques frères extérieurs ont été initiés clandestinement, c'est-à-dire en dehors de toute loge régulière, et sans la permission ou la dispense du grand maître, et pour de mes­quines sommes d'argent au grand déshonneur de l'Art royal, la Grande Loge a décidé que nulle personne ainsi initiée, ou compromise dans son initiation ne pourra être grand officier, ni officier d'aucune loge, ni ne pourra bénéficier du fonds de bienfaisance si elle venait à en avoir besoin.

A. R. 9 - Mais si quelque frère se conduit mal au point de gêner sa loge, il sera dûment admonesté trois fois par le maître et les sur­veillants en loge formée; et s'il ne veut refréner son impudence, ni se soumettre avec obéissance à l'avis des frères de cette loge, il sera trai­té selon le règlement intérieur de cette loge ; ou autrement de telle manière que la Grande Loge, dans sa sagesse, jugera bonne ; ce pour quoi un nouveau règlement pourra ensuite être fait.

N. R. 9 - Attendu que des querelles sont nées à propos du déménage­ment d'une loge d'une maison à une autre et que la question a été posée de savoir qui a le pouvoir d'en décider, il est déclaré : aucune loge ne pourra déménager sans que le maître en soit averti, aucune proposition de déménagement ne se fera en l'absence du maître, et si cette propo­sition est appuyée par deux ou trois personnes, le maître convo­quera individuellement chaque membre, en précisant l'ordre du jour, et fixera une date pour entendre et juger la cause, au moins dix jours à l'avance; la décision sera prise à la majorité ; mais si le maître est de la minorité refusant le déménagement, la loge restera sur place, à moins que la majorité soit des deux tiers des membres présents. Mais si le maître refuse d'envoyer ces convocations, l'un des deux surveillants peut le faire; et si le maître néglige d'être présent au jour dit, le sur­veillant peut présider à sa place pour juger l'affaire de la manière pres­crite; mais en l'absence du maître la loge ne pourra débattre d'aucun autre ordre du jour non indiqué sur la convocation. Et si la loge décide régulièrement de déménager, le maître ou le secrétaire en avisera le secrétaire de la Grande Loge, pour que celle-ci en donne notification lors de sa prochaine tenue.


A.R. 10 - La majorité d'une loge assemblée (pas autrement) aura le privilège de donner ses instructions au maître et aux surveillants avant la réunion du Grand Chapitre, parce que iesdits officiers sont ses repré­sentants et sont censés exprimer l'opinion de leurs frères de ladite loge.

N. R. 10 - En cas d'urgence, la Grande Loge a autorisé un frère à être présent à titre personnel, et après en avoir demandé et obtenu la per­mission, à parler si le sujet concernait la maçonnerie.

 

A.R. 11 - Toutes les loges doivent autant que possible respecter les mêmes usages; pour ce faire et pour maintenir la bonne entente parmi les francs-maçons, quelques membres de chaque loge seront députés pour visiter les autres loges aussi souvent qu'il sera jugé utile.

N.R. 11 - Pour l'essentiel les mêmes usages sont vraiment respec­tés dans toutes les loges régulières (parmi les authentiques maçons francs et acceptés), cela est dû pour beaucoup aux visites de frères qui comparent les usages.

 

A. R. 12 - La Grande Loge est composée des maîtres et surveillants de toutes les loges individuelles enregistrées, le grand maître à leur tête. le député à sa gauche, les grands surveillants à leur place respective.

La Grande Loge doit tenir ses communications trimestrielles, ou ses réunions mensuelles et ajournements aussi souvent que de besoin en quelque endroit convenable décidé par le grand maître; n'y seront présents que les membres de droit, sans permission donnée ou accordée; et si un étranger (quoique frère) est présent, il n'a pas le droit de vote, ni de parole sur aucune question sauf si la Grande Loge l'y invite, ou à moins qu'on lui demande son avis.Tous les sujets se décident en Grande Loge à la majorité, chaque membre ayant une voix, le grand maître deux, sauf si la Loge laisse un sujet particulier à la discrétion du grand maître pour gagner du temps.

N. R. 12 - Aucune nouvelle loge n'est reconnue ni ses officiers admis en Grande Loge, si elle n'est régulièrement constituée et enregistrée. Tous ceux qui ont été ou seront grands maîtres seront membres de la Grande Loge et y voteront. Tous ceux qui ont été ou seront députés grands maîtres seront membres de la Grande Loge et y voteront. Tous ceux qui ont grands surveillants seront membres de la Grande Loge et y voteront.

Les maîtres et surveillants de loges ne viendront jamais en Grande Loge sans leurs bijoux, sauf pour de bonnes raisons recevables. Si un officier d'une loge ne peut être présent, il peut déléguer un frère (qui a occupé ce poste ou une autre plus élevé), porteur de son bijou et de ses décors, pour le remplacer et maintenir l'honneur de sa loge.

 

A. R. 13 - En tenue de Grande Loge, tous les sujets touchant à la fra­ternité en général, à des loges en particulier, ou à des frères à titre indi­viduel sont discutés calmement et de façon réfléchie.

1 - Là seulement les apprentis seront reçus compagnons et maîtres, sauf dispense du grand maître.

2 - Là aussi tous les différends qui ne peuvent se résoudre ou se régler en privé ou par une loge, doivent être étudiés et résolus; et si un frère se juge lésé par la décision prise, il peut en faire appel devant la gran­de loge suivante, et déposer son appel par écrit auprès du grand maître, du député ou des grands surveillants.

Là encore, tous les officiers de chaque loge fourniront la liste des membres initiés ou admis depuis la précédente tenue de grande loge.

4. Des livres seront tenus par le grand maître ou le député, ou plutôt par quelque frère nommé secrétaire de la Grande Loge, où seront réperto­riés tous les noms des loges, les lieux et dates de leurs tenues, le nom de tous les membres de chaque loge, de même que les affaires concer­nant la Grande Loge qui peuvent être consignées par écrit.

5. La Grande Loge réfléchira à la manière la plus prudent et la plus efficace de collecter et dépenser l'argent qui sera donné au titre de la bienfaisance, pour secourir uniquement les frères réellement maçons tombés dans la pauvreté et la misère, à l'exception de tout autre.

6. Chaque loge peut individuellement disposer de ses fonds en faveur de frères pauvres, selon son règlement intérieur, jusqu'à ce qu'il soit décidé par toutes les loges (selon un nouveau règlement*) de verser tous les fonds de charité recueillis par elles à la Grande Loge lors des tenues trimestrielles ou annuelles, afin de constituer un fonds commun pour mieux secourir les frères malheureux. 

7. La Grande Loge nommera un trésorier, frère possédant une fortune solide, qui sera membre de la Grande Loge ès qualité, qui sera toujours présent, et aura le pouvoir de proposer à la Grande Loge tout ce qui touche à sa fonction. 

8. C'est à lui que sera confié tout l'argent récolté pour le fonds de bienfaisance, ou tout autre usage de la Grande Loge; il tiendra les comptes dans un registre, indiquant les fins et usages auxquels les diverses sommes sont destinées, et dépensera ou déboursera ces sommes au vu de certains ordres signés, comme la Grande Loge en décidera en un nouveau règlement. Mais ès qualité, sans autre qualifi­cation, il ne votera pas pour le choix d'un nouveau grand maître et des grands surveillants, mais le fera pour toute autre décision. 

9. De même, le secrétaire sera membre de la Grande Loge ès qualité et votera en tout sauf pour le choix des grands officiers. 

10. Le trésorier et le secrétaire aura chacun un commis ou assistant s'ils le jugent bon, qui doit être frère et maître-maçon, mais jamais membre de la Grande Loge, et il ne prendra pas la parole sans ordre ou autorisation. 

11. Le grand maître ou le député ont toujours autorité pour ordonner au trésorier et au secrétaire de les assister accompagnés de leur commis et de leurs livres, afin de suivre la marche des affaires, et de savoir ce qu'il convient de faire en cas d'urgence. 

12. Un autre frère et maître-maçon devrait être nommé Tuileur pour surveiller la porte, mais il ne doit pas être membre de la Grande Loge.  

13. Mais ces postes seront définis par un nouveau règlement quand la nécessité ou l'urgence s'en feront sentir davantage à la frater­nité qu'aujourd'hui.

 

N.R. 13 - Ce qui ne peut être réglé par une tenue de Loge peut être ren­voyé au comité du fonds de bienfaisance qui en fera rapport à la tenue

de Grande Loge suivante.

Le maître d'une loge, ses surveillants et un nombre suffisant de membres de la loge, peuvent élever des maîtres et passer des compa­gnons selon leur bon vouloir.

Il a été décidé en Grande Loge qu'aucune pétition, aucun appel, ne seront reçus le jour de la tête ou Grande Loge annuelle, ni aucune affaire réglée qui puisse troubler l'harmonie de l'assemblée, mais que tout sera renvoyé à la tenue suivante de Grande Loge.

 

A. R. 14 - Si lors d'une Grande Loge statutaire ou occasionnelle, men­suelle ou annuelle, le grand maître et le député sont tous deux absents, alors le maître actuel d'une loge qui est le franc-maçon le plus ancien occupera la chaire et présidera en grand maître temporaire, investi de tous les honneurs et pouvoir pendant ce temps, si nul autre frère n'est présent qui fut grand maître ou député ; car le dernier grand maître ou député présent siège de droit en l'absence du grand maître ou du dépu­té.

N. R. 14 - Dans la première édition on a omis les droits des grands sur­veillants de cet article et on voit depuis que les anciennes loges ne met­taient jamais en chaire le maître d'une loge que quand il n'y avait pas de grand surveillant présent ou passé ; et dans ce cas un grand officier prenait toujours la place de tout maître de loge qui n'a pas été grand officier.

Par conséquent en cas d'absence en tout grand maître et député, le pré­sent premier grand surveillant occupe la chaire; en son absence, c'est le deuxième grand surveillant ; en l'absence de ce dernier le plus ancien passé grand surveillant présent; et si aucun passé grand officier n'est présent, alors le plus ancien franc-maçon qui est actuellement maître d'une loge.

Pour éviter des querelles le grand maître délivre habituellement une commission spéciale, signée et scellée de son sceau de pouvoir, contre­signé par le grand secrétaire, au premier grand surveillant ou en son absence au second grand surveillant, pour remplacer le député quand celui-ci n'est pas à Londres.

A.R. 15 - En Grande Loge nul ne peut agir comme grands surveillants que ceux de l'année; s'ils sont absents, le grand maître donnera l'ordre aux surveillants de loges d'agir en qualité des grands surveillants tem­poraires, leurs propres places étant prises par deux compagnons ou maîtres-maçons de la même loge, appelés pour ce faire, ou envoyés par le maître de cette loge; s'il a omis de le faire, le grand maître ou son remplaçant les appellera, afin que la Grande Loge soit au complet.

N. R. 15 - Peu après la première édition du livre des constitutions la Grand Loge trouva que c'était toujours l'ancien usage de rempla­cer les grands surveillants de l'année absents par les plus anciens ; depuis, les grands maîtres leur ordonnent toujours de prendre leur place immédiatement et d'agir en grands surveillants temporaires ce qu'ils font toujours en l'absence des grands surveillants de l'année, sauf quand ils ont renoncé à leur privilège afin d'honorer quelque frère qu'ils jugent plus apte à occuper ce poste. Mais si nul passé grand surveillant n'est présent, le grand maître ou celui qui préside appelle qui il lui plaît pour être grands sur­veillants temporaires.


A.R. 16
1 - Les grands surveillants ou tous autres doivent d'abord discuter des affaires des loges ou de celles de frères, et ne doivent pas en appeler au grand maître sans que le député en soit averti, à moins qu'il refuse son concours.

2 - En ce cas, ou en cas de divergence d'opinion entre le député et les grands surveillants, les parties doivent aller devant le grand maître par consentement; par la vertu de sa grande autorité et de ses pouvoirs, il peut aisément résoudre la controverse et régler le différend.

3 - Le grand maître ne devrait recevoir d'informations priées concer­nant les maçons et la maçonnerie que de son député d'abord sauf dans des cas dont il est seul juge ; et si la demande faite au grand maître est irrecevable, il peut ordonner aux grands surveillants ou à quiconque fait une demande, de se rendre auprès du député, qui doit sans délai instruire l'affaire et la soumettre comme il convient au grand maître.

 

N. R. 16 - 1. Ceci fut fait pour soulager le travail du grand maître pour l'honneur du député. 2. Aucun cas ne s'est produit jusqu'à présent, et tous les grands maîtres gouvernent plus par l'amour que par le pouvoir. 3. Il n'a pas été fait d'appel irrégulier au grand maître.

A.R. 17 - Nul grand maître, député grand maître, grand surveillant, trésorier ou secrétaire, ou quiconque les remplace, ne peut en même temps être maître ou surveillant d'une loge particulière; mais dès qu'il s'est acquitté de sa fonction, il retourne au poste ou à la fonction de sa loge d'origine d'où il a été appelé pour officier.

N. R. 17 - Certains anciens grands officiers sont maintenant officiers dans des loges, mais ne sont pas privés de leurs privilèges en Grande Loge, de siéger et d'y voter en qualités de passés grands officiers. Le maître d'une loge particulière délègue un passé grand officier de sa loge pour agir temporairement comme officier de cette loge en Grande Loge.


A. R. 18

1. Si le député est malade ou absent par nécessité le grand maître peut choisir n'importe quel frère pour agir en qualité de député temporaire.

2. Mais celui qui est choisi à l'installation, ainsi que les grands sur­veillants, ne peut être démis sans motif clairement expliqué en Grande Loge.

3. Car le grand maître, s'il est dans rembarras, peut convoquer une Grande Loge expressément pour exposer le cas et recueillir ses avis et concours. Et si les membres de cette Grande Loge ne peuvent réconci­lier le grand maître et son député ou les surveillants, ils doivent auto­riser le grand maître à congédier le député ou les surveillants et à choi­sir immédiatement un autre député ; et la Grande Loge choisira aussi­tôt d'autres grands surveillants, pour que l'harmonie et la paix soient préservées.

 

N. R. -18

1. Maintenant le premier grand surveillant remplace toujours le dépu­té, le second remplace le premier, le plus ancien passé grand surveillant remplace le second, et le plus ancien maçon, comme ci-dessus.

2. Ceci ne s'est jamais produit jusqu'à présent. Voir N. R. 1.

3. Si cela se produisit, le grand maître nommerait son député, et la

Grande Loge les autres grands officiers.

 

A. R. 19

Si le grand maître outrepassait ses pouvoirs étendus et se rendait indigne de l'obéissance et de la soumission des loges, il serait traité d'une manière à décider dans un nouveau règlement, parce que jusqu'à présent, l'ancienne fraternité n'en a jamais eu l'occasion.

N .R. 19

Les francs maçons espèrent bien ne jamais en avoir besoin.

 

A. R. 20 - Le grand maître, accompagné de son député, de ses grands surveillants, et du secrétaire, ira visiter les loges de Londres au moins une fois pendant sa maîtrise.  

N. R. 20 - Ou bien il enverra ses grands officiers visiter les loges. Cette ancienne et louable coutume rend souvent la nomination d'un député nécessaire ; lorsqu'il visite les loges, le premier grand surveillant fait office de député, le second remplace le premier, comme ci-dessus ; ou si tous deux sont absents, le premier ou le second grand surveillant pré­side en qualité de député, en visitant les loges ou en constituant une nouvelle loge, ce qui ne peut se faire sans la présence de l'un des grands officiers en exercice, sauf en des lieux trop éloignés de la Grande Loge, auquel cas quelque frère fidèle, passé maître, aura une délégation en bonne et due forme sous le sceau de la Grande Loge pour constituer telle nouvelle loge, dans un pays lointain ou assez éloi­gné, où les grands officiers ne peuvent se rendre.

 

A. R. 21 - Si le grand maître en exercice décède, ou que la maladie, un voyage outremer, ou toute autre cause l'empêche de remplir son office, le député ou en son absence le premier grand surveillant, ou en l'ab­sence de celui-ci le second grand surveillant, ou en son absence, trois maîtres de loge convoqueront immédiatement la Grande Loge afin de débattre de cette situation urgente et d'envoyer deux d'entre eux inviter le précédent grand maître à reprendre cette fonction qui lui revient ; et s'il le refuse, le précédent encore et ainsi de suite en remontant. Mais si l'on ne trouve aucun ancien grand maître, l'actuel député sera en fonction jusqu'à l'élection d'un nouveau grand maître ; et s'il n'y a pas de député, alors ce sera le franc-maçon le plus ancien actuellement maître d'une loge. 

N. R. 21 - En ce cas de vacance, s'il ne se trouve aucun précédent grand maître ni député, l'actuel premier grand surveillant occupe la chaire, ou son absence, le second grand surveillant jusqu'à l'élection d'un nouveau grand maître ; et s'il n'y a ni actuel ni ancien grand surveillant, ce sera le franc-maçon le plus ancien actuellement maître d'une loge.

 

A. R. 22 - Les frères de toutes les loges régulières de Londres ou des environs se réuniront annuellement en un lieu convenable le jour de la Saint Jean ; et après avoir réglé toutes les questions, ils peuvent se rendre à leur dîner annuel de fête, de la manière la plus convenable ; et lorsque la St jean tombe un dimanche, la réunion commune aura lieu le lundi suivant. La Grande Loge doit se réunir en un lieu convenable le jour de la Saint JEAN l'Évangéliste, chaque année, afin de proclamer les nouveaux grand maître, député et grands surveillants, ou de reconduire les sor­tants. 

N.R. 22 - Ou tous les frères au monde (qui sont loyaux et fidèles membres de l'Ordre), au lieu désigné, jusqu'à ce qu'ils aient bâti leur propore local. Seuls les membres de la Grande Loge seront admis aarts les murs pendant l'élection des grands officiers.

 

A.R. 23 - Si le grand maître en exercice consent à continuer une seconde année, un des membres de la Grand Loge (désigné à cet effet) représentera à tous les frères que le grand maître a bien gouverné, &c. et se tournant vers lui, au nom de la Grande Loge, le priera humble­ment de faire à la fraternité le grand honneur (s'il est de noble naissan­ce, sinon d'avoir la grande bonté) de continuer à être leur grand maître pour l'année à venir ; et le Très Respectable Grand Maître donnant son consentement (de la façon qu'il jugera bonne) le grand Secrétaire te proclamera à haute voix GRAND MAITRE des maçons. Les membres de la Grande Loge le salueront alors comme il convient selon les anciennes coutumes louables des francs-maçons.
N. R. 23 - La demande sera faite au grand maître par le dépUté (ou en cas d'absence par le frère que la Grande Loge désignera), au moins un mois à l'avance avant la fête de St JEAN l'Évangéliste, afin de savoir si le Très Respectable Grand Maître fera à la fraternité le grand honneur (ou aura la bonté) de continuer à son poste une seconde année, oU de désigner son successeur ; et si le Très Respectable Grand Maître ou le successeur qu'il juge apte se trouvaient hors de Londres à ce moment, alors le secrétaire écrira à tous deux ou à l'un des deux à ce sujet, les copies de ces lettres étant transcrites dans le livre des minutes de la Grande Loge, avec les réponses

.A.R. 24 - Le grand maître en exercice désignera son successeur pour l'année à venir ; si celui-ci a l'approbation unanime de la Grande Loge et qu'il est présent, il sera proclamé, salué et félicité comme nouveau grand maître» comme ci-dessus indiqué, et immédiatement ins­tallé par le précédent grand maître selon les anciens usages.

Mais si cette nomination ne fait pas l'unanimité, le nouveau grand maître sera élu au vote secret, chaque maître et surveillant écri­vant de même que le grand maître le nom de son candidat, et celui dottt le nom sera tiré au sort sera GRAND MAITRE des Maçons pour l'an­née à venir ; s'il est présent il sera proclamé, salué et félicité comme nouveau grand maître, comme ci-dessus indiqué, et immédiatement

installé par le précédent grand maître selon les anciens usages.  

N. R. 24 - C'est la coutume générale des Grandes Loges, car elfes ne désapprouvent que rarement ou jamais le choix fait. Il n'y a pas eu lieu d'appliquer cet article, la Grande Loge (comme il a été dit) ayant tou­jours approuvé le choix du grand maître ; la raison pour laquelle je l'in­sère est la crainte qu'un frère (connaissant les anciennes constitutions) pense que l'omettre soit une faute.

 

A.R. 25 –

1 - Le grand maître sortant ainsi réélu, ou le nouveau grand maître une fois installé, il exercera son droit de désigner et nommer son député (soit le sortant ou un nouveau) qui sera aussi proclamé, salué et félicité comme il convient.

2 - Le grand maître nommera aussi ses grand surveillants ; s'ils sont unanimement acceptés par la Grande Loge, ils seront aussitôt procla­més, salués et félicités selon le rite habituel. 

N. R. 25 -

1. La nomination d'un député était toujours nécessaire quand le grand maître était noble, et cet article a toujours été appliqué.

2. Cet ancien article a été parfois jugé malcommode, c'est pourquoi la Grande Loge se réserve le droit d'élire les deux grands surveillants ; tout membre a le droit d'en proposer un, et les deux personnes qui recueillent la majorité des votes (en préservant toujours l'harmonie) sont déclarées dûment élues.

 

A. R. 26 - Si le frère choisi par le grand maître pour lui succéder (ou que la Grande Loge élira au vote secret, comme ci-dessus indiqué) est hors de Londres et qu'il a répondu qu'il acceptait la charge de grand maître, il sera proclamé selon l'A. R. 23 et installé par procuration à l'actuel ou à un passé grand maître, qui agira en son nom et recevra les honneurs, salutations et félicitations usuelles. 

N. R. 26 - Le mandataire doit être le précédent ou le dernier grand maître (comme le duc de Richmond pour Lord Paisley) ou encore un frère de grande réputation comme Lord Southwell pour le Comte de Strathmore. Mais l'Installation définitive n'a lieu qu'en présence du nouveau grand maître. Les nouveaux député et grands surveillants ne peuvent nommés par procuration.

A.R. 27 - Toute Grande Loge a le pouvoir et l'autorité de faire de nou­veaux règlements ou de modifier les actuels pour le bien réel de la Fraternité, à condition toutefois que les anciens repères ("Landmarks") soient soigneusement conservés et que de tels nouveaux règlements ou modifications soient proposés et acceptés par la Grande Loge, et qu'il soit permis à tous les frères d'en prendre connaissance par écrit ; leur approbation et consentement (à la majorité) sont absolument indispen­sables pour les rendre valides. Ceci doit, après l'installation du nouveau grand rnaître, être demandé officiellement à la Grande Loge et obtenu d'elle comme cela rut fait pour ces A. R. par un grand nombre de frères.

N. R 27 - Tous les nouveaux règlements ou modifications ci-dessus mentionnés ne sont que l'amélioration ou l'explication [84] des anciens règlements pour le bien de la maçonnerie sans enfreiraire les anciennes règles de la fraternité et en conservant les anciens repères, et furent faits à plusieurs époques (selon l'occasion) par la Grande Loge qui a le pouvoir d'amender ce qui paraît gênant, et toute autorité pour faire de nouveaux règlements pour le bien de la franc-maçonnerie, ce qui n'a pas été contesté, car les membres de la Grande Loge sont vraiment les représentants de toute la fraternité, selon l'A. R. 10.


Fin des anciens règlements.

 

NOUVEAUX REGLEMENTS

 

1. Les seuls frères admis en Grande Loge sont les membres de droit, à savoir : les quatre grands officiers actifs et tous les grands officiers pas­sés, le trésorier et le secrétaire, les maîtres et surveillants de toutes les loges régulières ; à l'exception d'un frère pétitionnaire ou d'un témoin en quelque cause, ou convoqué sur ordre.

2. Au troisième coup de maillet du grand maître (toujours repris par le premier grand surveillant) tout le monde fera silence ; celui qui rompt le silence sans autorisation du président, sera publiquement répriman­dé.

3. Sous peine du même châtiment tous les frères resteront assis et observeront un silence rigoureux chaque fois que le grand maître ou le député se lèveront de la chaire pour appeler "à l'ordre ".

4. En Grande Loge tous tes membres resteront assis (suivant le numé­ro de leur loge) et ne se déplaceront pas pendant la communication, sauf les grands surveillants, qui ont directement en charge de veiller sur la Grande Loge.

5. Chaque frère ne parlera qu'une seule fois sur le même sujet, sauf pour s'expliquer ou quand le président le lui demande.

6. Pour prendre la parole, un frère se lève et reste debout, s'adressant (de la manière convenable) au Président ; on ne tentera pas de l'inter­rompre, à peine du même châtiment, à moins que le Grand Maître, trouvant qu'il s'éloigne du sujet en cours, juge bon de le rappeler à l'ordre ; alors le frère qui parle devra s'asseoir ; mais après avoir été corrigé, il peut continuer s'il le souhaite.

7. Si au cours d'une tenue de Grande Loge, un membre est rappelé à l'ordre deux fois pour avoir transgressé ces règles, et se rend coupable une troisième fois de la même faute, le président lui ordonnera sans discuter de quitter la loge pour la soirée.

8. Tout frère qui sera assez grossier pour siffler un frère, ou ce que dit ou a dit un frère, sera immédiatement exclu solennellement de la tenue, et déclaré interdit de Grande Loge à l'avenir, jusqu'à ce qu'il recon­naisse publiquement son erreur et soit pardonné.

9. Aucune proposition de nouveau^ règlement, eu de maintien ou de modification d'un règlement ancien* ne sera faîte si elle n'est pas d'abord transmise par écrit ; quand eLLE1 aura été Tue par le grand maître au bout de dix minutes au moins, cette proposition pour­ra être rendue publique, et elle sera lue à haute voix par le secrétaire ; si cette proposition est soutenue par au moins deux personnes, elle sera aussitôt soumise à l'étude de toute l'assemblée, pour que tous puissent donner leur sentiment. Ensuite, la question sera mise aux voix, pour et contre.

10. L'opinion ou le vote des membres seront indiqués en levant la main, une par membre de la tenue ; les grands surveillants compteront les mains levées^ à moins que le nombre de mains levées soit tel qu'il est inutile de compter.

Aucune autre forme de vote n'est jamais admise chez les francs-maçons.

 

Fin des nouveaux règlements.

 

Mon fils, n'oublie jamais mes lois ; que ton cœur retienne mes com­mandements, et n'ôte pas les anciens repères que tes ancêtres ont posés. salomon.

Bien que les règlements suivants soient appelés nouveaux, ils sont en usage depuis de nombreuses années, et furent rédigés en diffé­rentes époques par ordre de la communauté, pour amender ou expli­quer les anciens règlements ; car nous ne devons pas enfreindre les anciens règlements de la fraternité, comme il est dit en N. R. 27.

 

Mon principal dessein en cette entreprise étant de faire connaître à mes dignes frères les anciens et les nouveaux règlements (et de fait ils constituent le sujet le plus indispensable concernant la franc-maçonne­rie sur lequel on peut écrire) j'ai ajouté les règlements du comité du fonds de bienfaisance, tels qu'ils ont été approuvés et appliqués par la Grande Loge $ Irlande depuis l'année 1738, lorsque notre Très Respectable et très honorable frère,

 

WILLIAM STUART, le Seigneur Vicomte Mountjoy (maintenant Comte de Blessington} était grand maître.

De même, les règlements de la loge des Intendants, ou comité de bien­faisance, tels qu'ils ont été approuvés et pratiqués par les anciens Maçons d'York en Angleterre depuis 1751.

 

 

 

 

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Ahiman Rezon en français (2)

Publié le 20 Février 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

BREVE   EXORTATION pour un MAÇON nouvellement initié.

 

Mon frère,

 

Vous voilà maintenant admis (avec le consentement unanime de notre loge), membre de notre très ancienne et très honorable socié­té; ancienne, parce qu'elle existe de temps immémorial; honorable, parce qu'elle tend à rendre tel en tous points l'homme qui veut bien se conformer à ses glorieux préceptes. Les plus grands monarques, à toutes les époques, tant en Asie et en Afrique qu'en Europe, ont encou­ragé l'Art royal; nombre d'entre eux ont présidé en qualité de grands maîtres les maçons de leurs territoires respectifs, ne croyant diminuer en rien leur impériale dignité en se mettant au niveau de leurs frères maçons, et d'agir comme ils le faisaient.

Le Grand Architecte de l'Univers est notre Maître suprême ; et la règle infaillible qu'il nous a donnée est celle selon laquelle nous travaillons; les querelles religieuses ne sont pas tolérées en loge, car en tant que maçons nous ne pratiquons que la religion universelle, ou reli­gion naturelle ; c'est le ciment qui unit les principes les plus différents en un groupe sacré, et qui rapproche ceux qui étaient les plus éloignés les uns des autres.

Il y a trois sortes de devoirs que les maçons devraient toujours inculquer, à savoir, envers DIEU, envers notre prochain et envers nous-mêmes : envers DIEU, en ne prononçant son nom qu'avec la terreur et le respect qu'une créature doit à son Créateur, de le considérer comme le bien suprême, dont nous sommes venus au monde pour profiter, et selon cette optique, régler toutes nos actions; envers notre prochain, en agis­sant selon l'équerre, ou agir envers lui comme on voudrait qu'il agisse envers nous ; envers nous-mêmes, en évitant l'intempérance et les excès qui nous rendraient incapables d'assurer notre travail ou nous mèneraient à une conduite incompatible avec nos activités louables, et restant tou­jours dans des limites raisonnables, et libres de toute souillure.

En tant que citoyen, un maçon doit se conduire en paisible sujet obéissant, se conformant de bon gré aux ordres du gouvernement sous lequel il vit.

II doit toujours être déférent envers ses supérieurs, et il doit plu­tôt être honoré de ses subordonnés, que d'exiger d'eux cet honneur. Il doit être homme de bien et charitable, ne restant pas impassible alors que les hommes ses semblables (mais beaucoup plus ses frères) sont dans le besoin lorsqu'il est en son pouvoir (sans préjudice pour lui-même ou sa famille) de les soulager.

En loge ii se conduit avec toute la dignité nécessaire, de peur que soient détruites l'harmonie et la beauté de celle-ci. Il doit obéir au maître et aux officiers qui président, et s'appliquer avec diligence au travail de îa loge, pour devenir plus rapidement expert, à la fois pour l'honneur de sa loge et le sien. Il ne doit pas négliger ses propres affaires* pour l'amour de la maçonnerie, ni s'impliquer dans des querelles avec ceux qui par igno­rance la calomnient ou la ridiculisent. Il doit aimer les arts et les sciences, et saisir toutes les occasions d'y faire des progrès.

Il faut comprendre ici qu'un maçon ne doit pas appartenir à plusieurs loges à la fois, ni courir de loge en loge; ou encore, après des maçons ou la maçonnerie, ce qui peut mener à l'aban­don de son travail ou de sa famille; mais tout maçon est assujetti au règlement intérieur de sa loge, qu'il doit respecter strictement en permanence - car l'assiduité et tes capitations d'une loge ne doivent jamais nuire à lui-même ou à sa famille.

 

S'il recommande un frère pour que ce dernier soit initié, il doit se por­ter garant qu'à son avis celui-ci est bien te! qu'il se conformera aux obligations ci-dessus énumérées, de peur que par sa mauvaise condui­te, la loge n'ait mauvaise réputation.

Rien ne saurait choquer davantage tous les maçons loyaux que de voir un frère quelconque profaner ou enfreindre les règles sacrées de leur ordre; et on peut souhaiter que n'aient jamais été admis ceux qui pourraient ainsi les transgresser.

 

L'ANCIENNE FAÇON de Constituer une Loge.

 

Afin d'éviter de nombreuses irrégularités, une nouvelle loge devrait être constituée par le grand maître, assisté de son député et des surveillants; ou, en l'absence du grand maître, le député remplace le grand maître, le premier grand surveillant fait fonction de député, et le maître en fonction d'une loge, de second surveillant. Ou, si le député est absent, le grand maître peut déléguer l'un de ses grands surveillants, qui peut en nomme d'autres, pro tempore.

Lorsque la loge est ouverte et que les candidats, soit les nou­veaux maître et surveillants, sont encore parmi les compagnons, le grand maître demandera au député s'il les a interrogés, et s'il trou­ve le maître versé dans la noble science et l'Art royal, et dûment ins­truit de nos mystères, &c. Le député répond par l'affirmative et sur l'ordre du grand maître ira chercher le candidat parmi les compagnons, et le présentera au grand maître, disant, Très Respectable Grand-Maître, les frères ici présents souhaitent se former en une loge régu­lière, et je vous présente le digne frère A. B. (à installer) comme maître; je sais qu'il est fort habile et de bonne moralité, digne de confiance et loyal, il aime toute la fraternité, où qu'elle soit dispersée à la surface de la terre.

Le grand maître place alors le candidat à sa gauche, et après avoir demandé et obtenu le consentement unanime des frères, pronon­cera ces mots (après quelques autres cérémonies et formules qu'on ne peut mettre par écrit): je constitue et forme ces bons frères en une nou­velle loge régulière, et vous nomme, frère A. B., son maître, ne doutant de vos capacité et soin à préserver le ciment de la loge, …

Sur ce, le député, ou quelque autre frère à sa place, répétera Obligation du maître, le grand maître demandera alors au candidat: us soumettez-vous à ces obligations comme les maîtres le font de m temps ? Et le nouveau maître donnant de bon cœur son acceptation, le grand maître, selon certaines cérémonies symboliques et certains anciens usages, l'installera et lui présentera sa patente, le livre des constitutions, le livre de loge, et les instruments de sa fonction, l'un après l'autre; après chacun d'eux, le grand maître, son député quelque frère à leur place, récitera la courte obligation succincte qui correspond à l'objet donné.

Ensuite les membres de la nouvelle loge, s'inclinant devant le grand maître, le remercieront (suivant la coutume des maîtres) et rendront immédiatement hommage à leur nouveau maître (et en fidèles maçons) lui promettront obéissance et soumission par les félicitations habituelles.

Le député et les grands surveillants, et tous les autres frères non membres de cette nouvelle loge, adresseront ensuite leurs félicitations nouveau maître, qui les remerciera comme il convient (envers des maîtres-maçons), d'abord le grand maître puis les grands officiers et le trésorier dans l'ordre.

Ensuite le grand maître ordonne au nouveau maître d'entrer aussitôt en fonction; et ce dernier, appelant son premier surveillant, un compagnon (maître-maçon), le présente au grand maître pour avoir son probation et aux membres de la loge pour avoir leur consentement, ors le premier ou le second grand surveillant ou quelque autre frère a place répète l'obligation d'un surveillant, &c. d'une loge régulière; celui-ci signifiant qu'il s'y soumet de bon cœur, le nouveau maître lui net séparément les divers objets de sa charge, et à l'ancienne façon en due forme, l'installe à la place qui lui convient.

De la même façon le nouveau maître appellera son second surveillant, qui sera maître-maçon, et présenté comme précédemment au : second grand surveillant ou à quelque frère à sa place, et il sera installé la place qui lui convient. Et les frères de cette nouvelle loge témoigneront de leur obéissance aux nouveaux surveillants, par les félicitations usuelles dues aux surveillants.

Alors le grand maître félicite tous les frères d'avoir un maître et des surveillants,. leur recommande l'harmonie en espérant que leur seule rivalité sera une louable émulation dans la pratique de l'Art royal et des vertus sociales.

Puis le grand secrétaire, ou quelque frère à sa place (sur l'ordre du grand maître), au nom de la Grande Loge, déclare et proclame cette nouvelle loge dûment constituée sous le n° , &c. Alors la loge toute entière (selon la coutume des maîtres) remercie cordialement et sincè­rement le Très Respectable Grand-Maître de lui avoir fait l'honneur de cette constitution.

Le grand maître ordonne encore au grand secrétaire d'enregis­trer cette nouvelle loge dans le livre de la Grande Loge, et d'en donner notification à toutes les autres loges régulières; et après quelques démonstrations de joie et de satisfaction coutumières, il donne l'ordre au premier grand surveillant l'ordre de fermer la loge.

 

PRIERE dite à l'ouverture des loges, en usage chez les francs-maçons juifs.

 

Seigneur, dans ta vérité tu surpasses tout, et il n'est rien de grand comparé à toi; car à toi appartient la louange, qui vient de tous les œuvres de ta main, à jamais.

Eclaire-nous, nous t'en supplions, en nous donnant la véritable connaissance de la maçonnerie; par les douleurs d'Adam, le premier homme que tu fis; par le sang d'Abel, homme saint à tes yeux; par la rectitude de Seth, qui te plut; et par ton alliance avec Noé, dont il te plut, grâce à son architecture, de préserver la graine de tes bien-aimés; ne nous compte pas au nombre de ceux qui ignorent tes lois, et les divins mystères de la Kabbale secrète.

Mais accorde-nous, nous t'en supplions, que le gouverneur de cette loge ait sagesse et connaissance, pour nous instruire et nous expli­quer ses mystères secrets, comme notre frère saint Moïse ** le fit (en sa loge) pour Aaron, Eléazar, et Ithamar, (fils d'Aaron) et les soixante-dix Anciens d'Israël. Accorde-nous de comprendre, apprendre, et conserver toutes les lois et tous les commandements du Seigneur, ainsi que ce saint mys­tère pur et sans tache jusqu' à la fin de notre vie. Amen, Seigneur.

 

PRIERE en usage chez les premiers Maçons chrétiens .

 

Que ta puissance du père céleste, la Sagesse de son glorieux fils, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, trois personnes en une seule divinité, soient avec nous en ce début, et nous accordent la grâce de nous gou­verner ici dans notre vie de telle sorte que nous venions en ce bonheur qui n'aura jamais de fin. Amen.

 

Autre prière, généralement dite à l'ouverture ou la consécration d'une loge.

 

Seigneur Dieu, très saint et très glorieux, grand architecte du ciel et de la terre, qui dispenses tous les bienfaits et les grâces, et qui as promis que là où deux ou trois seraient réunis en ton nom, tu serais parmi eux : en ton nom nous nous assemblons et réunissons, te sup­pliant très humblement de bénir toutes nos entreprises, afin que nous puissions te connaître et te servir comme il convient, que toutes nos actions tendent à ta gloire et au salut de nos âmes.

Et nous te supplions Seigneur Dieu, de bénir notre entreprise d'aujourd'hui, et de nous accorder que ce nouveau frère dédie sa vie à ton service, et qu'il soit un frère loyal et véritable parmi nous : donne-lui une parcelle de ta divine sagesse, que grâce au secrets de la maçon­nerie, il puisse comprendre les mystères de la sainteté et du christia­nisme. Nous t'en supplions humblement, pour l'amour de Jésus Christ notre Seigneur et sauveur et en son nom.

"Dans la préface de la Mishna se trouve la tradition des Juifs, ainsi expliquée: DIEU ne donna pas seulement la Loi à Mo/se sur te Mt Sinaï, mais il en fournit aussi l'explication: Quand Moïse descendit de la montagne et entra sous sa tente, Aaron vint lui faire visite. Et Moïse enseigna à Aaron les lois qu'il avait reçues de Dieu en les expliquant; ensuite, Aaron se plaça à la droite de Moïse et E/éazareî Ithamar, fils d'Aaron furent admis, et Moïse leur répéta ce qu'il venait de dire à leur père; une fois ces deux hommes assis à la gauche et à la droite de Moïse, les soixante-dix anciens d'Israël composant le Sanhedrim, entrèrent et Moïse leur répéta les mêmes lois, avec leur interprétation, comme il l'avait fait pour Aaron et ses fils. Enfin tous ceux qui dans la foule le voulurent furent invités et Moïse les instruisit de la même façon, si bien qu'Aaron enten­dit quatre fois ce que Moïse avait reçu de Dieu sur le Mt Sinaï, Eléazar et Ithamar trois fois, les soixante-dix anciens deux fois, et la foule une fois. Ensuite Moïse mit par écrit les lois reçues, mais sans leurs commentaires; il jugea suffisant de les confier à la mémoire des personnes ci-dessus nommées qui, en étant bien instruites, les transmirent à leurs enfants, et ces derniers aux leurs et ainsi de suite de génération en génération.

AHABATH OLAM.*

 

Prière dite à la loge de l'Arche Royale à Jérusalem. Tu nous as aimés Seigneur, notre Dieu, d'un amour éternel; avec une patience infinie, tu nous as épargnés, notre père et roi, pour l'amour de ton grand nom et celui de notre Père qui crut en toi; tu nous enseignas les lois de la vie pour que nous puissions faire ton bon plaisir d'un cœur parfait : Sois-nous miséricordieux, notre Père de miséricorde qui fais preuve de pitié, aies pitié de nous, nous t'en prions, et mets la compré­hension dans nos cœurs, que nous puissions comprendre, écouter, apprendre, enseigner, conserver, accomplir tous les mots de la doctrine de ta loi d'amour, et fais que nos cœurs s'attachent à ta loi, et s'unissent dans la crainte et l'amour de ton NOM ; nous n'aurons pas honte, ne faillirons pas, ne serons pas perdus, à jamais.

Parce que nous avons cru en ton NOM, saint, grand, puissant et terrible, nous nous réjouirons dans ton salut et dans tes bontés, Seigneur notre Dieu; et le nombre de tes bontés ne nous a abandonne­ra jamais. Selah : Hâte-toi de venir nous bénir, donne-nous la paix aux quatre coins du monde; car tu es un Dieu qui travailles pour le salut, et toi, notre roi qui nous fait nous attacher à ton saint NOM, pour te louer et s'unir à toi dans ton amour, et pour acclamer ton NOM : tu es béni Seigneur Dieu qui as choisi ton peuple Israël dans l'amour.

Après avoir inséré cette prière et cité cette partie de la maçon­nerie communément appelée Arche Royale (qui est, je le crois ferme­ment, la racine, le cœur et la moelle de la franc-maçonnerie) je ne peux m'empêcher de citer un individu ayant une intention malveillante, qui depuis un certain temps en fait commerce et attire un certain nombre d'hommes dignes et honnêtes, leur fait croire que lui et ses aco­lytes enseignaient réellement tout et le détail de la branche ci-dessus nommée de la maçonnerie, qu'ils communiquaient bientôt aux dignes frères de leur connaissance, sans être capables de quelque jugement que ce fût pour distinguer la vérité de l'erreur et par conséquent ils ne pouvaient détecter l'imposture. Mais, comme le fait justement observer Sénèque le sage, il en est pour nous dans ia vie comme pour une armée

en déroute, l'un trébuche, et un autre tombe sur lui, et ainsi de suite, l'un sur le cou de l'autre, jusqu'à ce que le champ entier ne soit qu'une série de chutes. C'est le cas de tous ceux qui se croient Maçons de l'Arche Royale sans occuper la chaire de façon régulière, selon l'ancien usage de l'Art royal : j'ajouterai à ceci l'opinion de notre Vénérable Frère le Docteur  D'Assigny, imprimée en l'an 1744 : "Quelques membres de la fraternité, dit-il, ont exprimé la gêne qu'ils éprouvent parce qu'on ne leur a pas révélé le secret de l'Arche (puisqu'ils sont déjà passés par les divers degrés de probation). Je ne peux m'empêcher de penser qu'ils n'ont pas droit à ce privilège tant qu'ils n'en ont pas véri­tablement fait la demande, et ne sont reçus pas selon le rituel accoutu­mé. Et comme c'est un groupe d'hommes qui ont déjà occupé la chai­re, et donné des preuves indéniables de leur habileté en architecture, on ne saurait les traiter avec trop de déférence, et tout spécialement puisque les membres actuels de cette loge particulière sont sans tache, et que leur conduite est judicieuse et irréprochable ; ainsi il ne peut y avoir la moindre occasion d'avoir un doute, ce sont d'excellents maçons."

Le respect que j'ai pour le nom même de franc-maçon suffit à me faire taire le nom de la personne visée: et au lieu de le dénoncer, ou de le stigmatiser du nom qu'il mérite réellement, je souhaite sincère­ment que Dieu le ramène de son labyrinthe actuel d'obscurité vers la vraie lumière de la maçonnerie, qui est vérité, charité et justice.

Je ne doute pas que ces lignes atteignent la personne visée; et mon intention étant plus de réformer que d'offenser, j'espère qu'il répondra à mon attente, en abandonnant ces maux qui attirent le déshonneur sur lui et sur l'Art royal; et je l'assure (sur l'honneur d'un maçon) que je n'ai nulle intention malveillante à son égard, pas davan­tage qu'Hésiode contre son frère Perse, lorsqu'il écrivit les conseils sui­vants:

 

O Perse, sot Perse, penche ton oreille

Vers les bons conseils d'une âme sincère ;

De la méchanceté la route est tôt trouvée

Courte est la voie et en terrain sûr.

Les chemins de la vertu doivent s'atteindre par le labeur

Ardu, long, et en terrain escarpé,

Le passage est garni d'épines, mais quand on arrive au sommet

Le futur est beau et la perspective simple :

De loin il dépasse tous les autres hommes celui

Qui dans sa sagesse réfléchit en toutes choses

Sagement se voyant ami de soi-même

Tout va bien pour le présent et l'avenir

Et celui qui obéit aux règles du sage

Mérite quelque louange

Mais quiconque n'est pas sage lui-même ni ne sait

Écouter la sagesse, est une homme inutile.

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