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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Le culte opéré par le Christ selon Martines de Pasqually

Publié le 31 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité

Publié sur le blog de A Valle Sancta


Martines de Pasqually dans son Traité (§ 161) fait la liaison entre le culte qu'il promeut dans son Ordre et le culte institué par le Christ pour son Eglise :
"Le Christ n'a-t-il pas opéré un culte infiniment plus grand que tous les autres (...) ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. En effet, le Christ a laissé, par son institution spirituelle divine, à ses disciples la prière et l'invocation journalière de six heures en six heures qui complètent le jour ordinaire de 24 heures. Ces mêmes disciples, qui composent l'Eglise chrétienne, font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour. Voilà qui rappelle le premier ordre spirituel du cuite divin établi chez les premières nations noéchites par les sages enfants de Noé. Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cuites divins et l'Eglise chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices et les deux autres aux deux équinoxes ; c'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations dont nous avons assez longtemps parlé. Je n'entrerai point dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant assez dit pour vous convaincre que le cérémonial, ainsi que les temps convenables aux opérations du culte divin, ont été dès le commencement fixés et réglés parmi les hommes, que toutes ces choses ont été transmises par l'esprit divin et qu'elles ne proviennent point de convention humaine. "
Cela mériterait plus ample analyse pour voir dans quelle mesure Martines ne chercherait pas une inclusion dans l'Eglise de son Ordre ou peut être même, une folie, l'annexion de l'Eglise ! ...
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Des statuts et règlements de la Grande Loge de France présidée par le F Peny (1760)

Publié le 31 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Publié sur le blog de Montaleau

Bref rappel historique

En 1758, le Grand Maitre de la Grande Loge de France, le Comte de Clermont, va nommer Jacques Lacorne, Substitut Particulier du Grand Maitre.

Celui-ci, en cette qualité, va réunir en Grande Loge, cette multitude de Maitre de Loge.

Une partie de ces Maitres de Loge, n’accepteront pas l’autorité du Frère Lacorne, et en 1760, sous la Direction du Frère Martin Peny, vont provoquer une scission et donner naissance à une autre Grande Loge.

Le 19 Mai 1760, date de la mise en place de cette deuxième Grande Loge, le Vénérable Maitre Peny présenta en assemblée, de nouveaux Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maitres de Paris, dite de France.

Vingt trois Vénérables Maitres, dont Peny, signèrent les Statuts, et reconnurent l’autorité du Très Respectable Grand Maitre le Comte de Clermont.

Les vingt trois présents procédèrent à l’élection des neufs officiers prévus par les statuts.

Furent élus :

Peny : Président, Duret : Premier Surveillant, Villemsens : Second Surveillant, Robineau : Secrétaire et Expert, Guillot : Trésorier et Expert, Coconnier, Baillot, Servant et Ledin : Expert

Début 1762, le frère Lacorne décéda, ce fut alors, l’occasion pour les deux factions de participer aux différentes cérémonies funèbres organisées à la mémoire de cet Illustre Frère.

Elus pour deux ans les officiers furent renouvelés le 28 Mai 1762.

Six des anciens n’avaient pas été réélus ou continués : Pény, Villemsens, Robineau, Guillot, Baillot et Servant.

Le nouveau collège était composé comme suit :

Baquet : Président, Duret : Premier Surveillant, Léveillé : Second Surveillant, Perrault : Secrétaire Expert, Ledin : Trésorier Expert, Hardy, Lexcombart, Pradier et Guainard : Experts.

Suite à ces élections, Le Frère Pény, cessa de participer aux travaux ,permettant  ainsi, aux deux Grandes Loges de se rencontrer et enfin de fusionner en fin 1762, sous l’autorité du Substitut Général, nommé par le Grand Maitre, le Frère Chaillon de Joinville.

 

Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maîtres de L'orient a Paris dite de France, présentés à l'assemblée générale des Maîtres par le V. F. Peny, Maitre  de la loge de Saint Martin le 19 mai mil sept cent soixante.

ARTICLE PREMIER

Les assemblées générales des maîtres seront et demeureront fixées à quatre par an, de trois mois en trois mois, tous les premiers lundis des mois de juin, septembre, décembre et mars. Lesquelles seront prévenu(e)s par des lettres écrites par le secrétaire, du consentement du Président et des officiers, lesquelles seront portées quatre jours avant par le F. Thuilleur, à qui il sera payé par chaque me 4S pour ses peines. Désigneront les jours, heures et lieux des assem¬blées, où tous les maîtres auront soin de se rendre, à moins qu'ils ne justifient par lettres écrites au secrétaire des causes qui les auraient empêchés de s'y rendre.

ART. 2

Il sera fait une 5e Assemblée à la Saint-Jean Baptiste où seront admis les premiers et seconds surveillants de chaque loge régulière, à qui il sera porté des lettres, comme il est dit à l'article 1er, où, étant tous les F. assemblés, le secrétaire fera l'appel, pour et par rang d'ancienneté placer les maîtres et les surveillants, en observant que les premiers surveillants seront placés au midy et les seconds au nord.

ART. 3

Les Maîtres seront distingués en trois classes. Savoir la classe des Anciens, celle des Modernes et celle des Jeunes. Ces derniers n'entreront dans celle des modernes qu'au bout de trois ans et les modernes dans celle des anciens qu'au bout de quatre ans, ce qui fera le nombre 7 pour entrer dans la classe des anciens.

ART. 4

Il sera tous les deux ans, à l'assemblée générale qui précédera celle de Saint-Jean, procédé à l'élection de 9 officiers pour régir, gouverner et connaître des affaires de la de loge lesquels officiers seront élus par scrutin, savoir : un président et deux surveillants dans la classe des anciens et 6 autres officiers experts dans le nombre et classe des Modernes et Jeunes sans distinction, dans lesquels six seront compris le secrétaire et le trésorier. Tous lesquels officiers seront et demeureront stables pendant deux années, à moins qu'aucuns d'eux ne commettent quelque faute grave qui leur fit mériter cassation, alors on serait obligé d'en nommer d'autres pour les remplacer.

ART. 5

Les 9 officiers dénommés en l'article précédent seront tenus de s'assembler tous les 1er lundis de chaque mois pour connaître des affaires qui seraient survenues pendant le courant de chaque mois pour par eux être examinées et rapportées les décisions qu'ils en auraient faites à la prochaine assemblée générale pour être confirmées ou tolérées selon qu'il conviendra.

ART. 6

Lors des assemblées générales les officiers se placeront savoir le président à l'orient accompagné des F. secrétaire et trésorier et des deux plus anciens experts et à l'occident seront les deux surveillants accompagnés des deux autres experts et ensuite chacun des maîtres prendront place par rang d'ancienneté depuis l'orient jusques à l'occident dans l'intervalle des officiers, observant que tous les officiers seront tenus de se décorer à toutes les assemblées générales pour être reconnus et distingués.

ART. 7

Tous les maîtres assemblés, le président ouvrira la loge par les cérémonies ordinaires en observant qu'il ne sera parlé ni agité aucune affaire que les trois premières santés d'obligation n'aient été portées, après quoi l'on procédera à la décision des affaires tant présentées que celles qui seront rapportées par les officiers pendant le cours des trois mois pendant lequel temps toutes affaires seront agitées par les experts ou autres mes chargés de les rapporter il ne sera fait aucune interruption par qui que ce soit ni agité autre chose sans permission après avoir demandé à parler avec la décence due à l'ordre; et dans l'intervalle des affaires seront portées les santés du président, des surveillants, des officiers, des maîtres absents et présents. Et pour dernière celle de tous les mes réguliers des Loges de France y joignant leurs officiers commendataires et la prospérité de leurs loges, observant que la santé du Président sera répondue par les surveillants et celle des survts par le F. secrétaire et trésorier.

ART. 8

Le Président et le secrétaire seront dépositaires de chacun un registre sur lesquels seront écrits les statuts et règlements et délibérations qui se feront tant aux assemblées générales qu'à celles des officiers, ensemble le nom des Maîtres, de leurs surveillants et le nom des loges et dates de leurs installations et constitutions. Le Trésorier tiendra pareillement un Registre sur lequel seront écrites les recettes et dépenses qu'il fera pour la compagnie et ne fera néanmoins aucune dépense sans y être autorisé par délibération desquelles recettes et dépenses il rendra compte lorsqu'il en sera requis par l'assemblée générale lesquels trois susdits registres seront remis tous les deux ans alternativement aux officiers en place.

ART. 9

Les anciens présidents surveillants et officiers experts seront mandés aux comités d'officiers en place pour donner leurs avis sur les affaires qui surviendront et auront les anciens officiers la préséance aux assemblées générales sur les autres maîtres pour les voix délibératives de chacun leur classe sans néanmoins passer d'une classe à une autre que le temps fixé par l'art. 3 ne soit expiré.

ART. 10

Il ne sera érigé en me de loge aucun F. qu'il ne soit d'un Etat libre honnête et son maître, c'est-à-dire aucun domestique tel qu'il puisse être ni autre sans qualité mais bien tous marchands maîtres ou bourgeois pourvus de charges ou d'un état distingué lorsqu'il en aura la capacité et que son zèle et sa volonté sera de se conformer au respect dû au R.G. Me et à l'art Royal ainsi qu'aux présents règlements et qu'il n'ait passé aux grades de premier ou second surveillants.

ART. 11

Aucun F. ne pourra être constitué sans qu'au préalable il n'ait été annoncé à l'ensemble des maîtres ou aux comités d'officiers où il sera par le président nommé trois maîtres par tour et rang de tableau pris un de chaque classe pour être présent et connaître de ses travaux et capacité. Lesquels maîtres dresseront procès-verbal de ce qui leur sera connu lequel sera rapporté par le plus ancien pour être par le président du consentement de l'assemblée ordonné la mise en place si le cas y échoit sans déroger à l'art. 10.

ART. 12

Il sera par reconnaissance et droits d'avènement à la maîtrise payé par les Mes futurs le jour de leur mise en place la somme de onze louis, savoir six livres au profit de la grande Loge es mains du Trésorier, trois louis pour l'expédition de la lettre en parchemin, et quarante sols au thuileur et sera de plus donné aux trois maîtres constituants doubles honoraires et aux secrétaire et trésorier ainsi qu'au présentateur du maître futur honoraires simples.

ART. 13

Il est défendu à tous les Maîtres de loges de donner les trois grades le même jour à moins qu'il ne se trouve un candidat obligé de partir pour la province. Alors s'il y en avait plusieurs ils profiteraient du même avantage le dit jour seulement.

Défendons de plus à tous maîtres de donner la maîtrise ni d'agréger aucuns F. d'autre loge régulière sans une permission par écrit des maîtres qui les auraient reçus aux deux premiers grades et d'où se retireraient les F. pour se faire agréger à d'autres loges.

Faisons pareillement défense à tous les mes de recevoir un candidat qui leur serait présenté par aucun F. de la loge régulière sans la permission du me de sa loge à peine d'interdiction d'un an de la grande loge ou d'amende arbitraire pour la première fois.

ART. 14

Défendons pareillement à tous maîtres officiers et membres de loge mandés ou non mandés de troubler directement ou indirectement aucun me de loge où ils se trouveraient encore qu'ils y aperçussent quelques vexations ou prévarication permettant aux mes seulement de faire leurs représentations et quant aux officiers et membres leur permettant de dresser procès-verbal en dehors de ce qu'ils auront vu de contraire à l'Ordre et de remettre au me de leur loge le procès-verbal requérant qu'il soit envoyé et communiqué à la Grande Loge pour y faire droit.

Défendons de plus à tous maîtres officiers et membres de loge régulière de donner la main, prêter leurs bijoux ornements ni leur science a aucune loge clandestine à peine d'amende arbitraire et d'interdiction pour les maîtres et d'exclusion pour tous autres frères si le cas y échoit.

ART. 15

Tous les Mes de loge ou autres frères qui recevront des lettres de province de quelque frère qui désirerait être constitué s'adresseront au président qui leur donnera le moyen convenable pour parvenir à leur obtention ensemble l'état des frais qu'il leur en coûtera tant pour droit d'avènement à la maîtrise expédition de lettres et droit de thuileur conformément à l'art. 12. Et seront de plus tenus les mes futurs de province de satisfaire par excédent aux frais des Assemblées extraordinaires pour signer leurs lettres dont le nombre sera fixé de douze mes, scavoir les neuf officiers et trois autres mes pris à tour de rôle dans les trois classes conformément à l'art. 3.

ART. 16

Il ne sera fait aucune constitution par aucun me de Loge soit ville, soit bourg de France sans qu'au préalable il n'en ait donné avis à la Grande Loge des Maîtres à qui il sera envoyé les noms et surnoms des maîtres futurs et des surveillants ensemble le nom de leur loge et les qualités des maîtres conformément à l'article 10 et satisferont pareillement aux droits portés par l'article 12 et faute de ce faire les maîtres qui auraient été constitués ne seront reconnus ni enregistrés comme faisant corps à la susd. Grande Loge.

ART. 17

Tous les maîtres réguliers qui n'auront pas de constitutions ou qui les auraient égarées seront tenus d'affirmer de leurs dates et jours qu'ils auront commencé à tenir leurs loges et de dénommer les maîtres qui les auront assistés et constitués afin d'être inscrits sur le registre suivant leur rang dans les classes où ils se trouveront suivant leurs dates.

ART. 18

Il est expressément défendu à tous maîtres qui se trouveront aux assemblées tant générales que particulières de rendre compte de ce qu'il se sera passé à aucun F. sinon à un me de loge qui n'aurait pu s'y trouver par des affaires indispensables ou autrement que ce ne fut des choses qui regardent toutes les loges pour le bien de l'ordre.

ART. 19

Ne pourront les Mes refuser des certificats aux F. qui en exigeront soit pour voyager ou pour se retirer dans une autre loge à moins qu'ils n'eussent fait quelques fautes assez graves pour leur en faire mériter le refus sauf aux dits frères de se pourvoir par Requête à la Grande Loge pour par elle être fait droit à ce qu'il appartiendra.

ART. 20

Tous Mes qui auront quelques plaintes à porter dresseront des mémoires qu'ils adresseront au secrétaire de la Grande Loge sous enveloppe, lequel après en avoir pris connaissance mandera par écrit les parties récusées à ce qu'elles aient à produire leurs moyens de défense en bref, pour par lui être rapporté au prochain comité d'officiers où il sera chargé des experts par le président pour s'instruire des affaires afin de les rapporter à la prochaine assemblée générale pour être à la pluralité des voix prononcé contre qui il appartiendra selon l'exigence des cas.

ART. 21

Il sera fait un cachet pour la Grand Loge lequel sera déposé et confié au secrétaire pour être apposé tant sur les lettres patentes des Maîtres réguliers que sur les certificats des F. de loges régulières et non à tous autres f. d'aucune loge clandestin»

Observant néanmoins que le secrétaire ne pourra opposer le dit cachet que du consentement du président et des officiers à peine d'exclusion il aura pareillement attention d'inscrire les noms des maîtres et autres frères sur son registre qui seront porteurs du cachet.

 **

« Aujourd’hui 19 mai 1760. Nous Mes de loges Régulières de l'Orient de Paris, composant la grand loge des maîtres régulièrement assemblés en la loge de Saint-Jean après avoir vu lu et examiné les présents statuts et règlements à nous présentés par le V. F. Peny, nous n'avons rien trouvé ni aperçu de contraire a l'ordre ni de préjudiciable au bien et au respect deus tant à N.R.G.M. qu'a l'art Royal, nous avons au contraire Reconnus et reconnaissons que les présents ne peuvent que maintenir a l'avenir la Paix et la Concorde, et éviter tous abus vexations et prévarications qui pourraient s'émouvoir tant dans les loges particulières que dans la présente Grande loge, Pourquoi nous avons présentement conclu et décidé concluons et décidons que les Présents Règlements seront et demeureront stables pour a l'avenir être suivis et exécutés en tout leur contenu sans déroger au respect dû à l'art Royal n'y a N.T.R.G.M.S.A.S. Monseigneur le Comte de Clermont à moins qu'il ne lui plaise les corriger et augmenter si bon lui semble a quoi nous nous soumettons de nous conformer et avons signé les dts jour et an que dessus ».

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Pour la Nouvelle Année

Publié le 30 Décembre 2009 par Thomas Dalet

UNE PRIÈRE

 

          Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui existe dans le Silence.

 

Sans aliénations, vivez autant que possible en bons termes avec toutes Personnes.

 

Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d’Esprit et l’Ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.

 

Evitez les individus Bruyants et Agressifs, ils sont une vexation pour l’Esprit.

 

Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir Vain ou Vaniteux.

 

 Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

 

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.

 

Soyez toujours intéressé à votre carrière  si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.

 

Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies.

 

Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands Idéaux, et partout la vie est remplie d’Héroïsme.

 

 Soyez vous-même.

 

Surtout n’affectez pas la Fraternité.

 

Non plus ne soyez Cynique en Amour, car il est en face de stérilité et de tout désenchantement aussi Eternel que l’herbe.

 

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

 

Fortifiez une puissance d’Esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

 

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères, de nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

 

Vous êtes un enfant de l’Univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici.

 

         Et qu’il vous soit clair ou non, l’Univers se déroule sans doute comme il le devrait.

 

Soyez en paix avec Dieu, quelque soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme.

 

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.
Prenez attention mes Frères,

 

Tâchez d’être heureux.
                                                            D EaS

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Rite Français : présentation du Rite par le Souverain Chapitre "je doute" GODF

Publié le 23 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


Publié par le blog de Montaleau, provenant de Cyrille de trois points infos


Un rituel libéré ? Chiche !

Au Rite Français du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France les Souverains Chapitres sont "souverains". Ils ont la liberté d'élaborer leur rituel, quitte à respecter les valeurs fondamentales du Rite et celles du Grand Orient de France. Ayant pratiqué comme beaucoup de frères du Grand Orient de France le rite français en loge bleue et le rite écossais ancien et accepté dans les "hauts" grades puisqu'il n'y avait alors que cette possibilité, nous avons assisté à la fin du XXème siècle à la résurrection du Rite Français pour les grades "dits de Sagesse". D'abord avec une relative indifférence et ensuite avec un prudent scepticisme parce que la rumeur des parvis faisait courir l'idée que ce Rite Français était autant sinon plus " christique " que le Rite Ecossais Ancien Accepté.

Lorsque nous avons eu la curiosité d'accéder aux textes, ce sont d'abord les ressemblances entre les deux rites qui ont retenu notre attention : même fond légendaire, même présence de la bible dans la structure intime du rituel avec de surcroît un aspect farce relevant des Monty Python qui, pour être amusant peut-être, semblait conduire le symbolisme aux limites du simplisme et aux frontières d'un ridicule meurtrier. C'est dire que cela ne correspondait à aucune de nos attentes et ne donnait aucune raison de changer de rite pour tomber de Charybde en Scylla.

Nos attentes

A force d'observer le fonctionnement du Grand Orient de France, en participant à ses activités dans le respect de ses traditions et de son histoire et dans la culture de ses valeurs, nous étions venus, comme beaucoup de frères, à rêver d'un rituel qui serait libéré de sa gangue religieuse, biblique, judéo-chrétienne. Ce rituel idéal serait dégagé de ses prétentions chevaleresques qui - pour être supposées traditionnelles - n'en sont pas moins obsolètes. Il serait aussi nettoyé de ses référents à des moyens de violence - épées, poignards - dont sans doute la force de l'habitude empêchait de voir l'inanité ou le ridicule.


Pour être plus explicite
Il nous semblait urgent que la franc-maçonnerie se libère de la tutelle biblique hébraïsante, chrétienne et catholico-protestante et que, dans ses structures institutionnelles au niveau du rituel, elle s'ouvre naturellement vers toutes les sources de tradition, toutes les formes et tous les moyens de la connaissance pour en explorer les corrélations, les apports et les démarches et s'approcher de leurs secrets. Il nous semblait urgent de libérer les symboles de leur personnalisation judaïque (Hiram, Salomon, Zorobabel, Temple de Jérusalem …) qui les étrécit en les réduisant à une localisation géographique, hébraïque occidentale : celle-ci a pu avoir une justification historique ou politique dans le passé mais elle semble aujourd'hui abusivement réductrice.

D'autre part il nous semblait utile d'affranchir le rituel du poids de ses ambitions chevaleresques qui relèvent d'une tradition parfaitement datée historiquement, sociologiquement et politiquement et de ce fait évidemment obsolète. Et s'il fallait proposer des modèles, porteurs de valeurs fortes qui servent de parangon mobilisateur, ouverts sur l'avenir, nous suggérerions de promouvoir le "chevalier" en "Citoyen". De fait le citoyen bénéficie de deux siècles de promotion dans notre république laïque, révolutionnaire à vocation démocratique. Il constitue le peuple souverain source légitime de tous les pouvoirs. Il porte des valeurs aussi "nobles" que celles de la chevalerie. Il a de nombreuses fois démontré sa pugnacité, son dévouement dans la défense de la nation, son sens de l'honneur, du courage et de la fidélité ainsi que celui du sacrifice.

Enfin il nous semblait urgent - profitant du mouvement - d'éliminer l'arme blanche (épée, poignard….) de l'arsenal de notre société de pensée initiatique qui prétend l'utiliser comme support, symbole et moyen de notre recherche philosophique et spirituelle. L'érection de cet instrument en outil symbolique de notre démarche sur les chemins de la connaissance relève bien sûr du leurre : on argue que l'épée peut être présentée comme un symbole de l'Egalité datant d'une époque aristocratique où la noblesse tenait le haut du pavé avec le privilège de porter les armes pour défendre la société. Au XVIIIème siècle l'aristocratie aurait octroyé ce privilège à la roture qui fréquente la loge pour casser la tradition ségrégationniste, fondement de la société féodale aristocratique inégalitaire.

Dans cette perspective ce symbole - si symbole il y a - est donc fortement connoté historiquement (XVIIIème siècle) et de plus censément dépassé depuis que l'Egalité est inscrite dans la Constitution de nos Républiques et aux frontons des édifices publics. On observe aussi que l'idée de "désarmer" les loges passe aux yeux de certains de nos frères pour une manifestation de naïveté répréhensible face aux dangers qui menacent la société : on ne voit pas cependant qu'on aie jamais érigé en symbole la plume ou le crayon.

Il n'empêche que ceux-ci ont toujours été les instruments de la pensée qui se libère et de réflexion qui avance sur le chemin des vérités. Mais on voit bien au contraire que Moïse a éliminé à l'arme blanche trois mille des siens parce que ceux-ci ne pratiquaient pas la bonne religion de la bonne manière, à son retour du Mont Sinaï, d'où il rapportait les Tables de la Loi. La maîtrise des armes n'a guère servi dans l'histoire qu'à assurer la domination de ceux qui les détiennent pour la seule justification qu'ils en sont les détenteurs. Quant au peuple qui est assujetti par ces armes, il n'y trouve pas le moyen de sa liberté alors qu'on lui interdisait de lire et écrire pour le maintenir dans l'assujettissement. Convenons que pour nos usages, la règle, l'équerre et le maillet se révèlent des substituts autrement efficaces pour notre approche de la vérité et du centre de l'idée.


Le rituel de Blois

Nous appellerions ce rituel par dérision "rituel libéré" pour le distinguer des rituels français dits "Modernes", du Régulateur des chevaliers maçons de 1801. Car, à discuter avec des initiateurs de la résurrection du Rite français dans les années 1990, nous avions découvert que chaque Souverain Chapitre avait la liberté de son rituel, quitte à respecter les " fondamentaux " du Rite Français au sein du G.O.D.F.

C'est cette liberté qui nous a engagés à faire le pas, à mettre au point notre rituel et à créer à Blois le Souverain Chapitre " Je Doute " en mars 2002. Nous avons simplement tranché tous les liens qui renvoient impérativement ou insidieusement sur les livres de la Bible (Ancien et Nouveau Testament). Et cela suffit à faire apparaître la richesse fondamentale d'un Rite ouvert dès lors dans sa structure sur l'entier des hommes.


Concrètement :

Le nom d'Hiram est effacé : il nous reste le concept de l'Architecte qui construit, conçoit, dirige le chantier. C'est dire le Maître par définition. Ce n'est plus le constructeur du seul Temple de Salomon. C'est peut-être Dédale, ou le constructeur anonyme des pyramides, des ziggourats ou des cathédrales. C'est librement chaque frère qui reprend le flambeau et construit son temple intérieur.

Le nom de Salomon est effacé : il nous reste le Souverain, c'est-à-dire la source fondamentale des pouvoirs. Le souverain n'est plus réduit à une incarnation historique et biblique. Il s'incarnera selon les époques dans tel type de monarque, de roi … Ou aujourd'hui dans le "Peuple" source de toute légitimité qui n'est soumis à personne, à aucune autorité supérieure et génère la loi humaine, sociale, politique ...

Zorobabel évincé : il nous reste le franc-maçon persécuté. L'histoire du XXème siècle est suffisamment tragique pour le franc-maçon (Allemagne, Espagne, France..) pour y trouver à nourrir cet aspect du mythe. Joaben, l'Elu tiré au sort, devient l'Ouvrier qui œuvre à l'édification de la justice pour dépasser la vengeance. Albibalc se réduit au Meurtrier. (Meurtrier du père).

Le "chevalier" expulsé est promu en "Citoyen." La réalité concrète du rôle du chevalier dans l'histoire de la société occidentale ne permet pas de justifier sa présence dans la mythologie maçonnique comme parangon de valeurs morales exemplaires alors même que le peuple citoyen a conquis sa liberté et sa dignité et peut travailler en conscience à promouvoir ses valeurs lui-même.

L'arme blanche (épée ou poignard) est rangée au placard pour être avantageusement remplacée par la Règle, l'Equerre ou le Maillet. Accessoirement nous avons aussi éliminé l'aspect farce Monty Python des têtes coupées fichées sur un pieu et maculées de sang. On préserve la symbolique en exposant simplement les outils des trois mauvais compagnons associés à leur devise.

Tout le système légendaire des "hauts" grades reste donc intact. Mais il est débarrassé de sa chape de plomb biblique hébraïsante et peut révéler son infinie richesse. Ainsi libéré, il élargit son champ d'interprétation et permet de nourrir toutes les directions de recherche sans s'étrécir sur une seule source obligée enkystée dans sa structure.

Depuis sa création, l'atelier se montre exigeant quant au respect du rituel qui crée un lieu et un espace-temps rigoureux au sein desquels la réflexion se libère de ses carcans, s'ouvre à tous les champs de la tradition et s'examine dans sa propre genèse. Le fond légendaire est intégralement présent. Il sert de support et de catalyseur à la recherche des frères qui s'appuient sur l'apport de nos anciens pour entrer librement dans un présent ouvert sur l'avenir. Comme il se doit la symbolique est soumise au libre examen de chacun sans être contraint à de subreptices renvois institutionnels et dogmatiques vers les livres bibliques.

Le titre du souverain chapitre "Je Doute" implique chacun dans son intime : s'il n'interdit pas les convictions, il retient de les asséner comme des vérités. Chaque frère poursuit sa démarche à son pas, dans la direction qui s'ouvre à lui. Il fait part de ses découvertes bien persuadé qu'il ne s'agit que d'étapes nouvelles dont la remise en cause lui permettra d'aller plus loin, s'il peut trouver une lumière occasionnelle dans les contributions de ses frères.

Pas de maître à penser. Pas de guide. Ni gourou, ni prêtre, ni pasteur, ni rabbin. Aucun imam. Aucune autorité de référence. Aucun pouvoir de l'un sur l'autre. Aucune sujétion. Ni devoir d'obéissance et de fidélité. Chacun rencontre en soi-même ses propres exigences sans se trouver jamais justifié d'imposer à qui que ce soit des rigueurs fantasmatiques. Seulement des francs-maçons, maîtres souverains, citoyens libres sur le chemin de l'à-venir. Des frères sceptiques à qui l'on essaie d'expliquer notre démarche de libération vis à vis de toute référence religieuse et de la bible eurent cette remarque : "Mais alors il ne reste plus rien ?". Amusant !… Comment mieux justifier l'urgence de notre démarche ?

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