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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Le christianisme de Pasqually

Publié le 24 Mai 2026 par T.D


Nous touchons au fond : le christianisme de Martines, qui vivifie la théorie et la pratique de l'Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers, n'est pas le christianisme latin ni le christianisme byzantin, mais le christianisme antiochien ; son Eglise virtuelle est l'Eglise syrienne, pour autant que l'Eglise syrienne d'Antioche a recueilli la succession de la première communauté chrétienne de Jérusalem, dont Jacques, frère du Seigneur, fut le premier évêque et qui ressortissait au judéo-christianisme strict. Sa liturgie n'avait point divorcé d'avec la liturgie juive et sa gnose orthodoxe puisait aux sources très anciennes de ce gnosticisme juif que des chrétiens pervertiront en gnosticismes hétérodoxes. (Des mêmes sources très anciennes Moshé Idel a montré que la kabbale a découlé, via le Séfer Iézirah.)


Défi aux interdits scientistes, je persiste à parler, en le professant, de "judéo-christianisme", et m'y crois autorisé, à condition d'expliquer en quel sens actuel prendre et comprendre le mot.


Convenons d'appeler "judéo-christianisme" l'apparente synthèse d'une pratique juive, codifiée par Moïse, aux implications doctrinales, et d'une christologie où s'analyse la foi en Moyses novus, Jésus de Nazareth, le Christ ou le Messie. Puis, modulons cette définition très générale.


Au 1er siècle de notre ère, la foison des sectes juives est de mieux en mieux assurée par l'histoire et l'archéologie ; celle des croyances chrétiennes aussi.


Non seulement, au début de notre ère, l'école juive de Shammaï et l'école juive de Hillel, tout en s'accordant à reconnaître l'universelle juridiction sur les Peuples, de la loi noachite en sept commandements, dont trois sont majeurs, s'opposent sur leur nature salvifique (Shammaï la nie, Hillel l'affirme). Mais encore, parallèlement au mouvement des pharisiens, où coexistent les deux écoles précédentes, et à part des interférences évidentes, se développe, à partir du IIIe siècle avant notre ère, un courant apocalyptique, au double sens du mot apocalypse : les mystères du royaume des cieux révélés et la prévision des fins dernières. (Une amphibologie similaire caractérise la prophétie et le prophétisme.)


Le premier mouvement aboutit au judaïsme proprement dit, talmudique, rabbinique ; le second courant, représenté par les esséniens, les samaritains en marge, et en marge aussi une percée vers les musulmans mutazilites, aboutit au karaïsme, au hassidisme et à la kabbale médiévale, plus que millénaire.
Dans le premier cas, on dirait d'une tradition légaliste et dans le second d'une tradition mystique, remontant, l'une par écrit et l'autre oralement, à Moïse, le maître commun (22*). L'épanouissement de la kabbale au sein du judaïsme normatif et l'attachement des ésotéristes à la lettre pure, sinon à la pure lettre, de la Torah valident des passerelles et même des empiètements essentiels. (De même que dans le rabbinisme, des tendances gnostiques ont cheminé dans le christianisme normatif.)


Les christologies étaient, il y a dix-huit ou dix-neuf siècles, basses ou hautes, pauvres ou riches, à maint degré, avec mainte nuance, s'agissant de la nature humaine ou divine, de la nature humano-divine ou des deux natures humaine et divine de Jésus-Christ ; de l'humanité et de la divinité du Messie crucifié et ressuscité.


Chez les Juifs, flottantes étaient aussi, à l'époque, l'idée et l'image et même la place du Messie, que les chrétiens personnifieront en rabbi Ieschouah. La résurrection de Jésus fils de Marie vérifie son avènement, au-delà du scandaleux supplice, et elle enthousiasme ses disciples qui vivent et meurent et revivent avec lui, en lui et pour lui.
Aucune thèse christologique n'est hérétique avant le concile de Nicée en 325. Avant comme après, différentes théologies sont habilitées à rendre compte d'un même dogme chrétien. Le christianisme peut n'être point paulinien, ou il peut n'être point entièrement paulinien. La lettre de Jacques, non paulinienne au moins, appartient au canon des Ecritures et Paul se prête à tant d'interprétations ! Des écrits gnostiques réputés hétérodoxes érigent Paul de Tarse, qui passe ailleurs pour l'ennemi juré de leurs adeptes, en docteur éminent, ou premier : invite à réfléchir sur la gnose nécessaire.


La jonction du judaïsme et de la christologie ne manqua pas d'influencer leurs formes respectives. Ainsi, de la personne terrestre et céleste du Messie, Fils ou fils de l'homme et Fils ou fils de Dieu, pensée et éprouvée à l'intérieur de catégories angéologiques, et du messianisme marqué au coin des apocalypses. Ainsi, d'une inévitable théorie des deux alliances, l'ancienne et la nouvelle, telle que, notamment, l'Epître de Barnabé l'esquisse et qu'elle s'exprime dans les Homélies pseudo-clémentines. Au bout du compte, l'entente rend arbitraire la distinction des formes respectives. La synthèse semble parfaite, mais est-ce une synthèse ?


Il peut être expédient de tenir la synthèse pour artificielle, en somme, et de voir dans le judéo-christianisme le résultat d'un effort pour christianiser le judaïsme, précisément pour introduire dans le judaïsme une christologie. Mais l'effort parvient, en réalité, à tirer cette christolo


Quand les Gentils et les Juifs s'efforcent de concert ou de conserve, ils sont menés respectivement à un judaïsme des incirconcis et à un christianisme des circoncis. La formule d'Edmund Schweizer est heureuse, bien que le choix de la circoncision comme critère du judaïsme minimal des chrétiens soit discutable, puisque ce critère fut discuté parmi les chrétiens, et l'obligation d'être circoncis abrogée au concile de Jérusalem en 50 ou 51, mais un judéo-chrétien consentant à la tolérance en était-il astreint à se renier ? Entre ces chrétiens d'origine juive, la plupart pharisiens, qui suivent toute la loi, y compris la circoncision, et ces chrétiens pour qui soit le judaïsme est dépassé par le christianisme, soit la loi peut tout au plus servir de règle de vie, non pas de moyen de salut, il est des chrétiens, Juifs ou Gentils, qui n'exigent pas toute la loi, mais une partie, comprenant les lois diététiques, notamment, mais où la circoncision notamment fait défaut. Jacques et ses ouailles semblent avoir été de cette dernière espèce. Les derniers autant que les premiers sont, selon notre convention, des "judéo-chrétiens". Selon Paul ni Juifs ni Gentils, ni non plus l'extermination ou la conversion d'un goupe à l'autre mais une nouvelle humanité qui constitue le corps du Messie, du Christ.


Point d'autre but, néanmoins, chez les uns, dans leur variété, et les autres que de retrouver l'issue du développement dogmatique, de l'achèvement historique méconnu ou oublié.


En réalité, disions-nous, la synthèse, si l'on veut, est spontanée, naturelle ; l'achèvement historique du judaïsme le développe en judéo-christianisme et le christianisme s'y avoue congénial en même temps que congénital au judaïsme.


L'on ne saurait oublier, enfin, l'hellénisation du christianisme à laquelle le judéo-christianisme échappa d'autant moins que les Juifs de Palestine (pour ne rien dire de la Diaspora où la Bible hébraïque fut traduite en grec, au IIe siècle avant notre ère, par des Alexandrins) ne sont pas restés imperméables à l'environnement hellénistique dans lequel ils ont vécu pendant trois siècles. Au sein de la communauté judéo-chrétienne, les "Hébreux" - ceux que l'on qualifiait tels et qui étaient indigènes - parlaient araméen et suivaient toute la Loi ; les hellénophones dits "Hellénistes", dont la plupart n'en étaient pas moins d'origine juive, s'en permettaient la critique.


A l'orient de l'Orient


La profession de foi trinitaire d'Etienne, le proto-martyr, avant sa lapidation, sentence du sanhédrin qu'une foule a saisi, est primitive, exemplaire. Tirons-la des Actes des apôtres, chapitre VII, verset 54, avec les capitales initiales en usage aujourd'hui : "Rempli du Saint-Esprit et fixant les yeux vers le ciel, il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : "Voici, je crois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu."
Pourquoi de pareils croyants se seraient-ils privés de célébrer, certains d'entre eux, à la fois le shabbat, jour de l'Eternel, notre Dieu et le dimanche, jour où le Seigneur Christ a vaincu la mort ?


Des judéo-chrétiens, hellénistes, originaires de Chypre, tel Barnabé, et de Cyrénaïque, émigrent à Antioche, capitale de la Syrie-Séleucie , troisième cité de l'Empire, après Rome et Alexandrie et siège du comes Orientis. Des conversions en masse et, pour la première fois, les chrétiens sont appelés chrétiens.


Jacques est condamné à mort, dès l'an 62, par le sanhédrin que préside Anan, il est lapidé selon Flavius Josèphe, mais auparavant précipité du pinacle du Temple selon saint Clément d'Alexandrie (et Hégésippe), enfin le crâne fracassé par un foulon.


Une nouvelle vague d'émigration, qui intéresse les "Hébreux", entre 62 et 7º, mais surtout entre 62 et 66, quand s'ouvrent pour quatre ans les hostilités de la première révolte juive, emmène des judéo-chrétiens en Transjordanie, principalement, à Pella.


Pourtant saint Jacques et ses successeurs à Jérusalem viendront, sur les premières listes des tenants du siège, dans le fil des grands prêtres du Temple, dont la fonction disparaîtra avec le lieu du culte, en 70. Mais c'est seulement en 135 que Jérusalem disparaîtra, après l'écrasement de la dernière révolte juive contre l'empereur Hadrien qui aura profané son saint nom en celui d'Aelia Capitolana. A cette date s'arrête la liste des quinze évêques de Jérusalem transmise par Eusèbe de Césarée. Dorénavant, l'Eglise de Jérusalem n'est plus dans Jérusalem. Seuls chrétiens à y demeurer, des Gentils, chrétiens point formellement judaïsés. Ce sont eux qui tourneront leurs regards vers Rome, mais les exilés ne transposeront pas la sainteté de la Ville.


A Jamniah, ou Yavneh, en Judée, le sanhédrin, réfugié après la catastrophe de 70, tâche à réorganiser le judaïsme au milieu des nations ; le concile légendaire de Jamniah, symbole de délibérations qui occupèrent plusieurs décades, fixe le canon des Ecritures, explique que les bonnes actions remplacent désormais les sacrifices, établit une liturgie provisoire.


Entre dix-huit bénédictions, l'une consiste en une contre-bénédiction : la birkat ha-minim vise (au moins à cette époque (23)) les judéo-chrétiens. Cette excommunication rituelle des nosrim se situe aux environs de l'an 90, et de 70 à 170 (controverse de Justin avec le rabbin Tryphon) s'étend le siècle où le judéo-christianisme éclate. Ce n'est pas une synthèse qui se défait, c'est l'unité qui se brise.


Sur l'autre bord, les communautés chrétiennes majoritaires, la Grande Eglise bientôt, hégémonique, ignorent ou détestent, isolent, bannissent peu à peu les communautés judéo-chrétiennes qui se débilitent et qu'elles divisent arbitrairement en groupuscules : ébionites, symmachiens, cérinthiens, nazaréens (ou nazoréens), elkessaïtes...
Le manichéisme naîtra en milieu judéo-chrétien. Son fondateur innove dans la foulée d'Elkessaï (autour de l'an 100), en inférant de la rencontre habituelle aux judéo-chrétiens avec le saint esprit, ou le Saint-Esprit, qu'il spécifie à son bénéfice, une investiture prophétique exorbitante. Mais comment la révélation accordée, troisième dans le temps historique, à la postérité d'Abraham aurait-elle correspondu avec les deux précédentes si l'islam n'avait été semé et s'il n'avait germé dans le même terreau, en veine de sommation ? L'islam, à la lettre, depuis le VIIe siècle entre ouvertement en composition avec le judéo-christianisme, auquel il est inhérent de toujours, comme le christianisme l'est au judaïsme.


Au IVe siècle, ne subsistent que quelques groupes dispersés de judéo-chrétiens, notamment en Arabie, où l'islam naissant les rencontrera, et une descendance souvent bâtarde, sur laquelle tranche l'Eglise syrienne.
Glorieuse Eglise judéo-chrétienne d'Antioche au IIe siècle, elle est le centre géographique alors et le centre spirituel à jamais de l'Eglise syrienne. En suivant à la trace l'"influence de quelques témoins éminents, Ignace en tête, mais aussi Saturnin et Théophile, par exemple maints aspects capitaux du christianisme et des sectes gnostiques, en cette Antioche du IIe siècle, peuvent s'expliquer par la présence et la primauté du judéo-christianisme. Combien d'éléments historiques, littéraires et théologiques s'y étaient ainsi conservés, tandis qu'ailleurs, ils avaient été ou seraient bientôt abolis, et se perpétueront, pour l'essentiel, dans sa vivace chrétienté !


Depuis que saint Pierre établit à Antioche son premier siège patriarcal, avant de venir à Rome, l'Eglise syrienne est la Mère des Eglises orientales. (De cette Eglise des origines, l'Eglise copte est la fille, à l'époque apostolique, et l'Eglise arménienne, au IIe siècle. La première, seule à maintenir la circoncision obligatoire, réussira une nouvelle synthèse, dont le caractère originel en même temps que particulier est très défendable, en apportant, ou en dégageant, un composant égyptien, c'est-à-dire pharaonique et hellénistique. Cagliostro est un grand copte, il sera le Grand Copte pour les francs-maçons d'Occident, au siècle de l'illuminisme (24).)


L'Ordre des élus coëns apparaît comme conciliable sans accroc avec le christianisme et l'Eglise chrétienne, quand rien ne les oppose et rien ne les oppose, pourvu que l'on assigne la maçonnerie explicitement judéo-chrétienne de Martines et la confession chrétienne associée au courant le plus ancien, le plus méconnu et, théologiquement, le plus discrédité de l'histoire du christianisme primitif. Alors, l'apparente conciliation se découvre harmonie préétablie, articulation essentielle et, par conséquent, originelle encore.


La théologie de Martines tourne autour du Christ. Le malentendu, ou l'incohérence, vient de ce que cette théologie différait des théologies protestantes et de la théologie catholique romaine.


Mais il faut une Eglise et ce sera, pour Martines, venu du pays des trois religions, pour Saint-Martin et pour presque tout leur entourage, l'Eglise catholique romaine, faute de mieux, faute de connaître mieux, mais sous réserve d'améliorer. L'Eglise de Rome agréait mieux aux coëns, non seulement parce que la majorité d'entre eux y étaient nés, comme dans la confession dominante dans la région, mais en vertu de ses pompes plus encore que de sa théologie. Deux chrétiens réformés au moins se convertirent au catholicisme romain sous l'influence diffuse de l'Ordre : Bacon de La Chevalerie , substitut général de Martines, à partir de 1768, qui assistera à l'une des leçons de Lyon, et Jean-Jacques Du Roy d'Hauterive qui en prononcera vingt-et-une autres et dont la famille n'en était pas à une abjuration près).


Outre leurs rites réservés, les coëns - nulle dispense prévue en droit pour les frères protestants qu'on admet ès qualités - sont astreints à la pratique catholique romaine, y compris à ses exercices de dévotion, mais ils les additionnent de prescriptions judaïques, semblablement à l'Eglise judéo-chrétienne et en conformité avec leur ministère cultuel lié au judaïsme de leur christianisme.

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Elus Coens

Publié le 24 Mai 2026 par T.D


Lorsqu'on lit le grand œuvre de Léon Tolstoï, Guerre et paix, on s'aperçoit très vite que l'un de ses personnages principaux, Pierre, décide d'entrer dans la franc-maçonnerie et hésite entre une branche que l'on qualifierait assez facilement de branche normale de la franc-maçonnerie et puis une autre branche qui est une branche franchement mystique pour ne pas dire illuministe. Guerre et paix, on le sait, se passe sous le règne de Napoléon 1er, ce qui veut dire que très vite la franc-maçonnerie, aussitôt qu'elle est apparue, s'est divisée, si ce n'est d'une manière tout à fait officielle, tout à fait institutionnelle, mais s'est divisée en effet entre une franc-maçonnerie, je dirais, plus ou moins déiste, faisant référence, bien entendu, au Grand Architecte de l'univers, et puis, d'autre part, dans ce qu'il est convenu d'appeler l'obédience écossaise, une branche qui, elle, est une branche effectivement mystique, illuministe, dont la pente principale de réflexion est une explicitation, et une méditation, en même temps, sur les grands textes fondateurs de la chrétienté et particulièrement sur le livre de la Genèse, où l'on voit se jouer le sort de l'humanité.


Dans cette maçonnerie et particulièrement en France, il y a un personnage tout à fait étonnant qui est Martines de Pasqually. Martines de Pasqually, parce que, effectivement, il met en route toute une nouvelle réflexion, tout un nouveau rapport, si l'on peut dire, aux textes sacrés, à la fois lus d'une manière ésotérique et hermétique et lus d'une manière tout à fait chrétienne, tout à fait catholique même, puisque Martines de Pasqually se réclamera toujours de l'Eglise, mais Martines de Pasqually qui est en même temps le maître de celui qui va devenir le grand philosophe illuministe de la fin du 18e siècle et qui va influencer tout le 19e siècle, c'est-à-dire Louis-Claude de Saint-Martin, celui qu'on appellera "le Philosophe inconnu", titre que d'ailleurs il réclamait lui-même par humilité intellectuelle, par humilité morale, par humilité spirituelle.


Or on vient de retrouver assez récemment un certain nombre de leçons données à l'intérieur de ce que l'on pourrait appeler un couvent maçonnique, dans la ville de Lyon, par trois des principaux élèves de Martines de Pasqually : Jean Baptiste Willermoz, et puis, précisément, Louis-Claude de Saint-Martin, et où l'on peut voir, à l'état naissant, la pensée de celui-ci, à travers la manière dont il donne ses cours, à travers les annotations qu'il met sur les cours des autres, à travers les réflexions qu'il se fait à lui-même et les objections qu'il s'oppose quant à sa propre manière de réfléchir ou, il vaudrait sans doute mieux dire, de méditer sur le texte de la Bible. C'est donc un document absolument incomparable sur la genèse de cette pensée et sur l'état de ce qu'était l'illuminisme au 18e siècle, dont on sait quelle a été l'immense importance culturelle, à tel point que son influence va jouer sur tout le siècle suivant, influant en grande partie sur la littérature française. On peut penser même à des auteurs chez lesquels, en principe, on ne s'attendrait pas à voir apparaître cette trame de pensée, je pense, en particulier, évidemment, à quelqu'un comme Honoré de Balzac qui à la fois se réclame de Swedenborg et à la fois se réclame de Louis-Claude de Saint-Martin. Pour nous accompagner dans ce parcours, dans cette découverte, en fait, d'un pan comme inconnu de l'histoire de nos idées en même temps que de nos histoires religieuses - en mettant le mot " religieux " entre guillemets - nous avons avec nous le grand spécialiste, Robert Amadou, dont on sait à quel point il a travaillé en profondeur dans tout ce qui est les courants illuministes et qui a été l'éditeur, celui qui a patiemment rassemblé ces manuscrits qui nous sont aujourd'hui offerts.
Robert Amadou : L'Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers apparaît au début des années 1760. Il est porté, annoncé, dirigé, par un personnage encore énigmatique qui s'appelle Martines de Pasqually. D'où vient-il ? On n'en sait rien. Selon la plus grande probabilité, du moins à mon avis, c'était un marrane d'origine espagnole, sa famille étant vraisemblablement originaire d'Alicante et venant peut-être de Majorque. Martines de Pasqually apparaît lui, à la fin des années 50, dans les milieux maçonniques français et ce n'est donc qu'au début des années 60 qu'il commence à monter ou à démasquer son Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers.


" Ordre ", est un terme français usuel que l'on applique à la haute maçonnerie, si l'on peut dire. "Chevalier" est également un terme très fréquent parmi les titres de hauts grades. "Maçon", il faut insister sur le fait qu'il s'agit bien d'un ordre maçonnique selon Martines. "Elu coën de l'univers", c'est cela finalement qui est intéressant : "élu" veut dire choisi ; "coën", veut dire prêtre, on peut dire les "élus cohanim" si l'on veut être pédant, mais l'on dit les élus coëns. Cet hébreu un peu vacillant est caractéristique de Martines.


"Elu coën de l'univers" : qu'est-ce que ça signifie ? Je crois qu'on peut, si vous le voulez bien, entrer dans le vif du sujet après ce petit préambule historique. Pour Martines de Pasqually, l'homme a une tâche à remplir dans ce monde, c'est de se réconcilier avec Dieu et de travailler à la réintégration universelle c'est-à-dire au retour de tous les êtres. Réintégration où ? En Dieu qui les a émanés ou qui les a créés. Afin d'opérer cette réconciliation, qui est une sorte de divinisation, comme dans la théurgie des anciens, en particulier des néoplatoniciens, et de franchir du même coup une étape, d'aider le monde à franchir une étape vers la réintégration finale qui correspond à peu près, à ce que des Pères grecs ont appelé l'apocatastase, c'est-à-dire le retour de tout dans l'Un pour faire bref, Martines de Pasqually prescrit des rites théurgiques.


Mais il ne s'agit pas, contrairement à la théurgie antique et même contrairement à la théurgie du moyen âge ou de la Renaissance, il ne s'agit pas ou il ne s'agit plus seulement d'une opération qui travaille avec les anges dans un but personnel ou au profit de quelqu'un d'autre, il s'agit d'accomplir le culte primitif, de célébrer le culte primitif. Et c'est là, je pense, le mot clé. Martines de Pasqually, dans son grand ouvrage, le Traité sur (ou de) la réintégration des êtres, n'emploie pas le mot théurgie. Il l'emploie un peu, de-ci de-là, ailleurs, et c'est vrai qu'il enseigne un culte théurgique, mais il enseigne d'abord un culte, un culte qui est le culte primitif, ce culte primitif qui remonte à Noé et, au delà ou en deçà de Noé, qui remonte à Adam. Ce culte primitif est donc destiné à accomplir la réconciliation individuelle. Mais cette réconciliation ne sera parfaite pour chaque homme que lorsque le monde entier sera réintégré, étant entendu que la matière réintégrée cela signifie la matière anéantie puisque son principe étant le néant, sa réintégration ne peut se faire que dans le néant c'est-à-dire qu'elle disparaîtra, sauf les formes transmuées.


Michel Cazenave : Par rapport à ce que vous décrivez, Robert Amadou, il est évident, je dirais, qu'on voit bien l'aspect marrane, comme on dit, de Martines de Pasqually, c'est-à-dire à la fois une lecture extrêmement attentive non seulement du Nouveau mais de l'Ancien Testament et en même temps cet aspect chrétien auquel, au départ, avaient été forcés les marranes. Mais, du coup, se pose une question, justement, dans cette volonté ou dans cette appétence mystique qui est celle de Martines de Pasqually et de ceux qui vont le suivre :c'est un système quand même religieux, n'ayons pas peur du mot, donc quelles sont les relations avec l'Eglise ? L'on sait très bien que l'Eglise devant la maçonnerie, au 18e ce n'était pas encore ce que l'on a connu ensuite, mais quand même l'Eglise a toujours été plus ou moins réticente, alors que, là, on voit bien qu'il y a quand même une sorte d'adhésion, une adhésion complexe, subtile, dialectique, mais une adhésion à l'Eglise.


Robert Amadou : Martines de Pasqually disait : "L'un n'empêche pas l'autre". Le culte primitif que j'enseigne, si je puis le paraphraser, n'empêche pas l'adhésion à l'Eglise catholique romaine, et non seulement, le culte primitif n'empêche pas mais encore il requiert cette adhésion. Martines de Pasqually exigeait non seulement que ses adeptes, ses disciples, fussent baptisés, mais encore qu'ils appartinssent à l'Eglise catholique romaine. Lorsqu'il y avait des candidats protestants, on les faisait abjurer ou l'on abjurait en leur nom. Evidemment, on est un peu embarrassé et je pense que Martines de Pasqually était le premier à être embarrassé, car si je ne vois aucune duplicité dans cette attitude, je suis bien obligé de constater que la théologie que l'on peut extraire du système de Martines de Pasqually est, à proprement parler, une théosophie.


Dans une théosophie, il y a une théologie, il y a des théologoumènes qu'on peut extraire. Ces théologoumènes ne coïncident pas avec le dogme de l'Eglise catholique romaine, du moins dans leur formulation. Il s'agit, dans le cas de Martines de Pasqually, d'un enseignement judéo-chrétien, judéo-chrétien, au sens de l'histoire des religions, au sens de l'histoire du christianisme. Martines semble l'héritier de ces communautés judéo-chrétiennes où des Juifs et parfois même des Gentils ou des païens, au sens très large, recevaient la messianité et quelquefois la divinité ou la déité de Jésus-Christ ; je veux dire qu'ils admettaient toujours que Jésus était le Christ, Jésus-Christ était le Messie, et certains admettaient aussi qu'il était Dieu, mais en quel sens ? tout en conservant les observances de la Torah ou une partie des observances de la Torah.


Il y a là une très grande variété et l'Ordre des élus coëns nous rappelle ces découvertes récentes et ces découvertes aussi qui sont en cours et nous apprennent que le judaïsme au début de notre ère était beaucoup plus varié qu'on ne l'avait supposé et que le christianisme était également extrêmement varié. Il n'y avait pas seulement un judéo-christianisme et un pagano-christianisme. Il vaudrait mieux dire: il y avait un judéo-pagano-christianisme aux formes extrêmement variées. Par exemple, on accordait, pour parler d'une des caractéristiques de ces communautés, on accordait une grande importance à la tradition prophétique. Martines de Pasqually est dans le même cas et, pour lui, le culte primitif a été célébré par une lignée de prophètes où l'on trouve Abraham, Moïse et où l'on trouve finalement comme une manifestation, mais une manifestation éminente, une manifestation suprême, seule complète du prophète récurrent, du prophète éternel, on trouve le Christ.


Michel Cazenave : Dans les Leçons de Lyon aux élus coëns, Robert Amadou, nous nous trouvons, je dirais, devant l'enseignement qui était dispensé par trois adeptes, trois disciples de Martines de Pasqually, dans la ville de Lyon et, lorsqu'on voit les noms de ces trois personnes, c'est-à-dire Hauterive, Willermoz et Saint-Martin, on se dit que c'est assez extraordinaire, parce que, au moins à travers la connaissance que j'ai, Willermoz et Saint-Martin sont parmi les grands noms de ce qu'on appelle la théosophie ou l'ésotérisme mystique à la fin du 18e siècle.


Robert Amadou : L'attirance de certains personnages par Martines de Pasqually est, en effet, très remarquable, et Willermoz et Saint-Martin en sont deux exemples tout à fait typiques bien qu'ils soient, ou peut-être surtout lorsqu'on considère qu'ils sont extrêmement différents l'un de l'autre. Jean-Baptiste Willermoz est un soyeux lyonnais, catholique romain de stricte observance, très attaché aux titres maçonniques, aux rites maçonniques, aux grades maçonniques. Saint-Martin, lui, est d'une petite noblesse tourangelle, c'est un homme discret, qui a été happé par l'Ordre des élus coëns lorsqu'il est arrivé au régiment de Foix, à Bordeaux, en 1765, et qui s'est donné de tout son cœur et de tout son esprit à cet ordre, qui a aussi aidé Martines de Pasqually, car il a été son secrétaire et c'est grâce à Saint-Martin que le Traité a pu être écrit.


Michel Cazenave : Si vous voulez bien, Robert Amadou, on va essayer de regarder un certain nombre de points de cette doctrine qui est ainsi exposée. La première chose, moi, sur laquelle je m'interroge, et je m'interroge justement du fait que, en même temps, on appartient à l'Eglise romaine catholique, comme vous nous l'avez signalé, c'est déjà la doctrine de la création parce que là, on a l'impression qu'en réalité c'est, je dirais, assez divergent du dogme disons au moins du dogme admis d'une manière exotérique.


Robert Amadou : Est-ce qu'il y a divergence ou est-ce qu'il y a explication, explicitation du dogme ? Je ne suis pas sûr qu'il y ait contradiction. Même, je ne le pense pas. Martines de Pasqually fournit une certaine version de la création qui est au moins en apparence différente de la vulgate et il donne des explications qui ne se trouvent pas, disons, dans le catéchisme. Joseph de Maistre, qui avait été à même de connaître la doctrine des élus coëns, puisque tel est leur nom, disait que cette doctrine était le catéchisme couvert de mots étranges. C'est vrai que les mots sont étranges et c'est vrai qu'il y a un catéchisme, le catéchisme catholique romain sous-jacent. C'est vrai aussi que ce n'est pas simplement une traduction dans une langue bizarre des vérités communes, mais qu'il y a effectivement un certain nombre de notions ésotériques, encore une fois, non pas nécessairement contradictoires, mais qui vont beaucoup plus loin.


La doctrine de la création ou de l'émanation : on a souvent voulu faire la différence. Martines lui-même la fait quelquefois, d'autres fois, il ne la fait pas. Il ne faut donc pas être trop pointilleux là-dessus. Au départ, Dieu émane des esprits. Il y a une révolte dans la cour divine et, afin de préserver l'intégrité de cette cour divine quand les esprits rebelles en auront été chassés, Dieu ordonne la création de la matière. La matière sera la prison des esprits mauvais. Cette prison va être à la fois un lieu d'expiation et un lieu de réhabilitation. Afin de garder cette prison et d'y jouer pour ainsi dire les éducateurs, Dieu affecte à cette prison un esprit " émancipé ", comme dit Martines de Pasqually, d'une classe particulière d'anges. Cet esprit, ce sera l'homme et ce sera Adam.


Adam ne répond pas à la confiance de l'Eternel et il passe à l'ennemi. Il se laisse séduire et, de même que l'on avait eu la création des anges et la révolte des anges, chez Martines de Pasqually comme dans le dogme ordinaire, de même la chute de l'homme correspond assez bien, et même correspond bien, à la chute originelle, telle que l'enseigne non seulement l'Eglise catholique romaine mais, en général, les Eglises et les communautés chrétiennes. L'homme va donc commettre un péché fatal, fatal, disons, jusqu'à la fin des temps, et il le commettra par deux fois, voire par trois fois. Il perd, de ce fait, certains attributs qu'il possédait et sa première punition sera d'être englouti dans la matière, d'où il ressortira avec un corps matériel. Son corps, le corps qu'il avait été nécessaire de donner à cet esprit pour en faire un homme émancipé, avec la fonction qui devait être la sienne vis-à-vis des esprits mauvais, ce corps, il le perd. Et ce corps, naguère corps glorieux, corps spirituel, est devenu un corps matériel.


Désormais, l'homme devra combattre les esprits mauvais qui se sont rebellés contre Dieu et qui ont séduit leur propre gardien, c'est-à-dire Adam lui-même, leur propre éducateur, c'est-à-dire Adam lui-même. L'homme devra les combattre, mais il aura toujours à tâche de les ramener, car la réintégration sera universelle et les esprits mauvais, Satan et les siens, si vous voulez, doivent être eux aussi compris dans cette apocatastase ultime.


Et comment l'homme travaillera-t-il désormais à sa réconciliation et à la réintégration de tous les êtres ? Par le moyen du culte primitif, qui comporte des convocations adressées aux esprits bons et des conjurations dirigées contre les esprits mauvais. Aux seuls réaux-croix, les plus élevés en grade de l'Ordre des élus coëns, - ils furent peut-être une douzaine, une quinzaine - d'accomplir le culte dans sa plénitude, et ce culte, puisque, encore une fois, il revêt une forme théurgique, consiste en paroles, en gestes, en attitudes ; il fait usage de parfums. L'attention est accordée aux signes qui pourront être fournis par ces esprits que l'opérant, ou l'opérateur, soit exorcise, expulse et éventuellement purifie, soit par ces esprits qu'il ordonne à son aide.


Une notion, une réalité, est capitale dans la pensée - pensée active- de Martines de Pasqually : la "Chose". Qu'est-ce que la Chose ? On pourrait croire qu'il s'agit du Christ et certains historiens ont pensé que le but dernier de l'Ordre des élus coëns était d'évoquer le Réparateur, comme ils disaient, c'est-à-dire Jésus-Christ lui-même, en personne. Je crois que c'est là tomber dans une confusion à laquelle peut inciter en effet l'articulation un peu bancale de l'appartenance à l'Eglise catholique romaine et de l'appartenance à l'Ordre des élus coëns. La Chose n'est pas la personne de Jésus-Christ, la Chose n'est pas un ange d'une classe si élevée soit-elle, et, de toute façon, l'homme ne peut pas convoquer les anges des classes les plus élevées. La Chose n'est pas Jésus-Christ, c'est la présence de Jésus-Christ. Vieille notion, présence réelle, que l'on retrouve dans la tradition hébraïque, la Chékhina, et qui, dans la tradition helléno-juive ou helléno-chrétienne, prend le nom de Sophia ou de Sophie, la Sagesse.


J'identifie la Chose - la Chose qui est la Cause - avec cette présence de Dieu, présence de Dieu en Jésus-Christ, qui devient sensible parce qu'avec Jésus-Christ va particulièrement la Sagesse ; la Sagesse de Dieu étant à la fois le Verbe lui-même, mais aussi comme la parèdre du Christ, le Verbe incarné, non pas sa moitié ni une quatrième personne, mais comme son double, mieux son enveloppe, tantôt seule, suffisante au besoin ou précurseur, tantôt concomitante. Cette Chose se manifeste par des signes spécifiques. Il n'est pas toujours facile de savoir… Il n'est pas toujours facile de savoir la présence ni non plus sa nature.


Je mentionnais l'angélologie, tout à l'heure ; sa place est essentielle et peut nous dérouter. Qu'est, pour Martines, je ne dirais pas la divinité, mais la déité du Christ ? Le dogme orthodoxe de la déité est très précis : :Jésus-Christ, vrai Dieu, Jésus-Christ vrai homme. Martines me semble affirmer la déité d'une manière conceptuelle pas toujours limpide : l'homme est un homme-Dieu et le Christ est l'homme-Dieu et divin. En même temps le rapport quasi ontologique de Jésus-Christ avec les prophètes antérieurs et avec les anges est tenu pour acquis.


Michel Cazenave : Robert Amadou, vous avez prononcé le mot de gnose, vous avez largement fait allusion au thème de la Sophia, de la Sagesse de Dieu. Est-ce que, de ce point de vue là, on ne se trouve pas dans un véritable esprit gnostique, puisque la Sophia, on sait que c'est surtout du côté des gnostiques que cela a été exploité (évidemment si on met à part la théologie orthodoxe), et, d'autre part, parler d'une parèdre plus ou moins féminine du Christ comme vous l'avez fait, parler en même temps d'une sorte de combat qui se déroule à travers l'éternité finalement entre les chevaliers du bien et les puissances du mal, on voit bien comment, là aussi, on est dans un vieux fond, je dirais, remontant jusqu'à Zoroastre et qui, par exemple, a été repris par un certain type de gnoses islamiques. Donc, là, vraiment est-ce qu'il ne faut pas insister sur ce thème de gnose ?
Robert Amadou : Là encore, le moyen le plus utile, le plus fécond de dégager l'idée de gnose telle qu'elle se présente chez les élus coëns, en particulier dans l'accès à la Chose, consiste à se référer au judéo-christianisme primitif. C'est là que l'on trouve une forme de gnose qui évoluera dans la kabbale et a existé bien plus tôt qu'on ne le croyait. Les travaux de Gershom Scholem que vous connaissez bien ont été corrigés sur ce point par Charles Mopsik et par Moshé Idel : cette gnose juive dont la gnose chrétienne a été l'héritière et qui s'est prolongée sous la forme judéo-chrétienne jusque dans l'Ordre des élus coëns, qui existe encore aujourd'hui, cette gnose n'est pas celle de certains gnosticismes plus ou moins aberrants, c'est une gnose qui n'abroge pas la foi mais, comme disait saint Clément d'Alexandrie, "la foi trouve son couronnement dans la gnose". C'est cette gnose-là qu'ont cultivée les élus coëns sous la conduite de Martines de Pasqually.


Louis-Claude de Saint-Martin, quand il aura pris sa distance avec l'Ordre des élus coëns conservera cette gnose. Il l'intériorisera, pour ainsi dire. Sa théurgie est, à terme, une théurgie du cœur, en entendant bien le cœur dans un sens où les vrais mystiques le prennent, c'est-à-dire un organe de volonté et de connaissance autant qu'un organe d'émotion et de sentiment. Saint-Martin enseignera, lui aussi, une gnose, mais cette gnose ne s'exprimera pas, d'une manière pratique, sous la forme théurgique. On pourrait comparer la position de Martines de Pasqually et celle de Saint-Martin aux positions respectives de Plotin et de Jamblique. Très naturellement le néo-platonisme, dans sa montée vers l'Un... - je ne veux pas dire du tout que la Chose, ni l'Eternel, de Martines et de Saint-Martin soit comparable à l'Un de Plotin, car l'amour de la Chose, l'amour de Dieu est réciproque, j'entends le génitif objectivement et subjectivement - Plotin, par excellence, a développé ce qu'on pourrait, avec beaucoup de précautions, appeler une mystique, disons une voie intérieure, alors que Jamblique a enseigné une théurgie cérémonielle. Martines, lui aussi, a enseigné une théurgie cérémonielle, Saint-Martin, lui aussi, a enseigné une voie intérieure, la doctrine étant fondamentalement, essentiellement, la même chez l'un et l'autre. Louis-Claude de Saint-Martin qui, encore pour citer Joseph de Maistre, était " le plus élégant, le plus instruit et le plus savant des théosophes modernes ", qui, certainement, est l'une des plus belles, et, pour moi, la plus belle figure de l'illuminisme au 18e siècle, Louis-Claude de Saint-Martin a conservé les éléments, les fondements, et même davantage, de la doctrine de la réintégration des êtres. Il l'a ensuite associée avec des éléments qu'il a tirés de Jacob Boehme, mais lui-même s'est, je crois, un peu mépris sur sa dette à l'égard de Boehme.


Louis-Claude de Saint-Martin est beaucoup plus marqué par Martines de Pasqually que par Boehme. C'était dans sa jeunesse, il a pratiqué le culte primitif pendant des années. Il a été très lié personnellement avec Martines de Pasqually. Sur plusieurs points, toutefois, celui de la Sophia, au premier chef, de la Sagesse divine, dont vous parliez, le Philosophe teutonique accrut ses lumières intellectuelles. Saint-Martin a toujours entretenu - c'est le fond de sa gnose - le désir de la Sagesse. Il en connut l'expérience dès avant Martines de Pasqually, puis il l'éprouva dans son appétence pour la Chose et dans son contact avec la Chose, durant son temps d'activité au sein de l'Ordre des élus coëns. Martines lui a enseigné la notion de Sagesse de manière implicite, sans la lettre, car il ne parlait jamais de Sophia. Le Philosophe inconnu fut très reconnaissant à l'Eternel de lui en révéler de nouveaux arcanes, et le nom, sous la plume de Jacob Boehme. Mais Saint-Martin, n'a jamais cessé d'être fidèle à celui dont il disait (c'est assez étonnant et Willermoz disait à peu près la même chose, mais de la part de Saint-Martin, il y a de quoi s'étonner et admirer), que Martines de Pasqually était le seul homme au monde dont il n'avait jamais fait le tour

 

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Catéchisme des Philosophes Elus Cohen de l’Univers 1770

Publié le 24 Mai 2026 par T.D

Catéchisme des Philosophes Elus Cohen de l’Univers 1770. 

Dans une plaquette éditée en 1948 et intitulée « Le Martinisme Contemporain et ses véritables origines » nous avons tenté de démontrer que la filiation Martiniste attribuée à L.C. du Saint-Martin était, historiquement, plus que douteuse. Nous croyons bien y être parvenu, et aujourd’hui, c’est encore sans hésitation que nous en revendiquons, en sa plus grande partie, l’argumentation. Toutefois, il est un point, que la suite de nos études et de nos recherches historiques en matière d’illuminisme nous a permis d’étudier plus particulièrement, et qu’il importe de préciser à son tour. C’est celui des rapports entre la Franc-maçonnerie Rectifiée et les Elus-Cohen, celui des similitudes entre les « Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte » et les dignitaires du second Ordre.

L’Ordre des Elus Cohens et sa filiation, Robert Ambelain.

***

Êtes-vous apprenti Cohen ?

Oui, je le suis.

Comment vous a ton reçu ?

En subissant l’Ordre de Dieu dans le Temple.

Comment étiez-vous lorsqu’on vous a reçu apprenti Cohen ?

Je n’étais ni nu ni vêtu : mon corps était placé au centre de six circonférences formant un carré long et quatre équerres.

Qu’avez-vous vu lorsque vous étiez dans cette posture, et pendant le séjour que vous avez fait dans les circonférences ?

Je n’ai rien vu ni entendu que l’Esprit humain puisse comprendre.

Pourquoi cela ?

Parce que mon corps était privé de l’usage de tous ses sens.

Que vites vous après que votre corps eut reçu l’usage de ses sens ?

Je vis premièrement une vaste Lumière, et j’entendis un bruit effroyable ; j’aperçu trois grandes colonnes, une de terre vers le Septentrion, l’autre de nuée vers le Midi, et l’autre de feu vers l’Orient.

Vous êtes-vous aperçu des hiéroglyphes qui étaient écrits dessus ?

Oui.

Que vous représentent ces hiéroglyphes mis sur trois colonnes ?

L’hiéroglyphe mis sur la colonne septentrionale, nous représente la sagesse que les véritables Cohens doivent avoir, pour jouir des droits et privilèges que Dieu leur donne à chaque instant de leur vie.

Quels sont ces droits et privilèges ?

La connaissance des trois parties qui composent le corps humain, son existence et notre âme.

Que représente l’hiéroglyphe qui est sur la colonne du midi ?

Que nul homme ne peut parvenir aux connaissances que l’Ordre offre à tout frère zélé, sans qu’il ne développe lui même les mystères qui sont désignés par ce hiéroglyphe.

Comment se peut-il qu’il découvre lui même une chose aussi cachée ?

En travaillant sans relâche au bien général de l’Ordre, et il acquerra par là, la bienveillance des Esprits Célestes qui travaillent avec lui pour le faire jouir des droits, et lui faire obtenir les fruits qu’il doit retirer de ses travaux.

Que représente l’hiéroglyphe mis sur la colonne vers l’orient ?

Les puissants instruments que Dieu employa pour la construction de son Temple Temporel Universel.

Quelle forme à ce Temple ?

Il a une forme triangulaire du nord au sud, et du sud à l’orient.

Quelle est sa profondeur ?

De la surface au centre.

Quelle est sa hauteur ?

Des coudées sans nombre.

Qui la couvre ?

Un dais céleste parsemé d’étoiles.

Quelle forme a ce Temple ?

Un carré long.

Quelle est sa longueur ?

Trois cents coudées.

Quelle est sa largeur ?

Deux cents coudées.

Quelle est la hauteur ?

Cinq cents coudées.

Quelle est la profondeur ?

Soixante-dix coudées.

En combien de parties la divisez-vous ? En 3, en 5, et en 7.

Que vous représente la première division par trois ?

Les trois chefs principaux de la création du Temple Universel, qui nous ont été représentés par les trois chefs principaux, qui construisirent le Temple de l’Éternel sur la montagne de moriae à Jérusalem.

Comment les nommez-vous ?

Salomon, Chiram, et Hiram.

Que vous représentent les trois personnes chefs de la construction du Temple soi-disant de Salomon, et comment étaient-ils figurés dans le Temple ?

Salomon est figuré par la colonne du septentrion, Hiram roi de tir, par celle du midi, et Chiram par celle d’orient.

Comment nommez-vous ces trois colonnes ?

In, Din, Ya.

Que représentent ces trois mots ?

In était le mot hiéroglyphique qui était mis sur la colonne du septentrion et qui désignait la sagesse de Salomon ; Din qui était mis sur la colonne du midi désignait la force de son crime ; et Ya qui était sur celle d’orient désignait la beauté de la construction du Temple de l’Éternel.

Quels sont les différents nombres qui étaient attachés sur ces colonnes ?

Sur celle du septentrion 3, sur celle du midi 5, et sur celle d’orient 7.

Que représentent ces trois nombres 3. 5. 7. ?

Le nombre 3 représente les trois différentes matières, que Dieu a employées à la construction du premier Temple Universel ; le nombre 5 nous représente sa ruine, et le nombre 7 sa réconciliation.

Combien y a t’il de sortes de Temples, en quel lieu, et par qui ont-ils été élevés ?

Il y en a de 7 sortes ; le premier est à l’orient par le grand Architecte de Hély et Adam ; le deuxième à Caïn vers le midi ; le troisième à Enoch vers le nord : le quatrième à Noé sur les eaux ;. le cinquième à Abraham entre l’est et l’ouest ; le sixième à Moise dans la terre promise ; et le septième à Salomon dans Jérusalem.

De combien de sorte de philosophie y a t’il en usage aujourd’hui dans le monde ?

De 5 sortes, à savoir la symbolique, la théorique, la pratique, la composite et l’apocryphe.

Qu’enseigne la philosophie symbolique ?

À nous rapprocher de plus près des connaissances mystérieuses que Dieu employa à la construction du Temple Universel, qu’il construit lui même par sa propre parole éternelle.

Qu’enseigne la théorique ?

Elle démontre les symboles qui sont analogues aux mystères, que le Grand Architecte employa à la construction de son Temple. Ce n’est que par cette théorie qu’on peut parvenir à se servir plus particulièrement des attributs qui sont en usage dans l’Ordre, et qui sont la récompense des travaux des frères.

Qui enseigne la pratique ?

Elle enseigne à élever des édifices sur leurs bases tant spirituelles que matérielles.

Qu’enseigne la composite ?

Elle nous enseigne les différents Ordres qu’il y a eu dans les diverses nations du monde entier, leur prévarication, leur rémission, et leur expulsion par Ordre du Grand Architecte.

Qu’enseigne l’apocryphe ?

Rien qui ne puisse être analogue à la vraie philosophie.

Pourquoi se servent-ils d’une équerre et d’un compas perpendiculaire, niveau, et autres instruments appartenant à l’Ordre ?

C’est que les philosophes apocryphes n’ont pu obtenir de nous les vraies cérémonies mystérieuses que l’Ordre contient et enseigne, ce qui a fait que plusieurs personnes se sont attribué quelques un de nos instruments et se sont assemblées de leur chef en s’arrogeant le titre d’ouvriers du Temple de Salomon.

Quels sont leurs mots, et que signifient-ils dans l’ordre de la construction du Temple de Salomon ?

Le mot d’apprenti takin tubalkain désigne une colonne qui était auprès du Temple, soi-disant ou les apprentis s’assemblaient pour recevoir leur paye ; elle était placée vers le septentrion. Il y en avait une autre qui servait aux compagnons pour le même usage, elle était placée vers le midi et se nommait Booz et Schiboleth, le mot qu’ils appellent être celui du Maître est Mak-bénae et gibltn.

Le mot d’Elu est celui qu’ils donnent à ceux qu’ils disent avoir vengé la mort de Chiram, c’est Nékam. Ceux de l’Écossais sont Neder Berry et Salmon ; ceux de leur chevalier d’orient sont Juda Benjamin et Zorobabel ; le mot de passe : liberté, on répond : vengeance ; le mot d’Elu secret est Moabon ; de passe : Abiram.

Meurtriers d’Hiram Hoben mot de passe helcam ; autres mots écossais Jakin Schiboleth, Moabon, Gabaon, Mahakin, prince de Jérusalem, le mot est Ador chevalier du soleil, le mot est Stibion pour la passe ; le chevalier est le plus ancien grade, les mots sont : Sem, l’autre dit : Cham, et l’autre : Japhet.

Souverain commandeur du Temple, leur mot est Inry, le mot de passe est :

Salomon, le Souverain de Rose-Croix,

Son mot est Inry et celui de passe est : Emmanuel ; Prince de l’aigle noir le mot est : Messias, le mot de passe est : Och.

Que comprenez-vous dans tous ces mots apocryphes ?

Je comprends que les philosophes apocryphes n’ayant aucune connaissance de la vraie philosophie, ont recueilli avec grand soin et mis en usage tous ces mots pour soutenir leur société par l’air mystérieux qu’ils y donnent.

Mais cette ressource prouve leur ignorance des choses qui sont contenues dans l’Ordre des Philosophies des Élus Cohens.

Combien de signes avez-vous dans la philosophie des Élus Cohens ? Il y en a six.

Combien avez-vous de devises dans l’Ordre ?

Quatre : le bleu, le noir, le blanc, et le rouge.

Que désigne la couleur bleue ?

La première couleur que l’homme vit au moment qu’il eut les yeux ouverts par ordre du Grand Architecte.

Que représente le blanc ?

L’état de pureté et de candeur dans lequel Dieu créa le premier homme.

Que représente le rouge ?

L’astre radieux du feu qui se fit sentir a lui lorsqu’il fut en la présence du Maître.

Que représente le noir ?

L’obscurité du lieu d’où est sorti le corps du premier homme par permission du Maître.

Quel est l’état du philosophe Elu Cohen ?

D’être libre vertueux et dégagé de tous vices, égal aux rois, ami des princes et des pauvres lorsqu’ils sont spirituellement revêtus du caractère d’Elu Cohen.

Que doit suivre un vrai Cohen ?

Trois choses, à savoir : la piété, la tempérance et la charité envers tous ses frères.

Que doit-il fuir ?

Trois choses : la calomnie, la médisance et l’intempérance.

Comment voyagent les apprentis de notre Ordre ? De l’occident à l’orient.

Pourquoi cela ?

Pour chercher la Lumière.

Avez-vous trouvé cette Lumière que vous cherchiez ?

Non, je l’ai trouvé que longtemps après mes premières recherches.

Quand l’avez-vous trouvé et comment vous l’êtes-vous procurée ? Par ma constance, mon zèle et ma persévérance dans toutes les circonstances de l’Ordre.

De qui avez-vous reçu cette Lumière ? De la bonté du Grand Architecte.

Quelles sont les qualités requises dans un profane, pour être reçu Elu Cohen ?

Il faut qu’il soit affable de bonne vie et moeurs, louable parmi toutes sortes de personnes, sobre, discret et dépourvu de tout vice et vertueux, qu’il n’ait jamais eues aucune tache d’infamie dans sa famille.

En combien de classes divisez-vous l’Ordre des Élus Cohens ?

En six classes, ainsi que le Grand Architecte employa six jours à la construction du Temple Universel ; de même l’Ordre des Élus Cohens se divise en six parties différentes, pour acquérir les différentes sciences mystérieuses qui sont renfermées dans ces six classes.

Quels sont les différents attributs de votre porche ?

Tout équerres, compas, triangles simples, double, triple et quadruple, et circonférence en tous sens.

Combien de temps servez-vous votre Maître ?

Depuis le lundi matin jusqu’au samedi soir.

Avec quoi le servez-vous ?

Avec la craie, la terrine et le charbon.

Que vous représentent ces trois emblèmes.

 

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Profès et Grand Profès

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

Jean-Baptiste Willermoz écrivait à la fin de l'Empire: Celui qui reçoit le sixième ( sc. Ie sixième grade, c'est-à-dire le grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ) apprend par l'instruction qui le termine que ce grade qui est réellement une conclusion très satisfaisante est le dernier du Régime; qu'il n'a rien de plus à lui demander ni à en attendre. Malgré cette déclaration quelques-uns, par-ci, par-là, se plaisent à penser qu'au-delà de ce 6è, il existe encore quelque grade ou instruction d'un Ordre et d'un genre plus élevés. Mais si cette conjoncture était fondée, il n'en résulterait pas moins que ce quelque chose qui serait supposé au-delà, n'étant annoncé ni avoué par les directoires et les régences, personne n'a le droit de le leur demander, et que toute sollicitation serait inutile et déplacée. ( ap. Pierre Chevallier Louis Mathias de Barral, ancien évêque de Troyes Franc-Maçon du Rite Ecossais Rectifié... Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, des arts et belles-lettres du département de l'Aube, tome CIV, Troyes, 1967, pp. 204-205 ).
...L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Ordre chevaleresque, est enté sur une Maçonnerie symbolique en quatre grades, le Rite Ecossais Rectifié. Mais, au-dessus du deuxième et dernier grade de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, intitulé précisément ~< Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et souvent nommé le 6è grade, audessus de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte proprement dit, il existe une double classe secrète, celle de la Profession et de la Grande Profession.
L'histoire et la nature de cette classe ont été souvent méconnues ou défigurées. En 1969, les responsables constatèrent que des études imprimées, des rumeurs avaient excité la curiosité et causé une controverse sur la persistance de la Grande Profession. Des légendes y avaient saisi prétexte à naître ou à renaître. Une mise au point officielle fut publiée, sous le titre assez coquettement modeste A propos du Régime Ecossais Rectifié et de la Grande Profession , et la signature Maharba >) ( anagramme d'Abraham ? ), dans le Symbolisme, octobre- décembre 1969, pp. 63-67. A ce texte sans pareil, il faut nécessairement recourir. J'en reproduis donc l'essentiel mot pour mot.

Or, les faits sont patents; ils composent l'histoire et manifestent la doctrine des Grands Profès. Rappelons-les.

1. - La Grande Profession, en même temps que la Profession, des Collèges métropolitains a été instituée lorsque fut créé l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, au Convent national des Gaules tenu à Lyon en 1778.
Au Convent de Wilhelmsbad, elle cessa d'exister of ficiellement. Un demi-siècle suffit à I'abolir, en fait, à quelques exceptions près qui étaient individuelles.
Aussi, le 29 mai 1830, Joseph-Antoine Pont, Eques a Ponte alto, et dans ses propres termes. Visiteur général dépositaire de confiance de feu ab Eremo qui était dépositaire général et archiviste de la llè province, devenu depuis sa mort seul dépositaire légal du Collège métropolitain établi à Lyon ; constatant I'inaction et la suspension indéfinie des travaux dudit Collège métropolitain ; considérant qu'il se trouve etre le seul grand dignitaire de l'Ordre subsistant dudit Collège et qu'il est aussi important qu'urgent de pourvoir à l'érection d'un College >~; vu les articles 22, 23, 24 et 25 des Statuts et Règlements de l'Ordre des Grands Profes qui prévoient un tel cas et parent au danger d'extinction; accorde une charte pour la constitution du Collège et Chapitre Provincial des Grands Profès a Genève.
La Suisse, où le Régime Ecossais Rectifié et l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte continueront de s'abriter jusqu'à nos jours, devenait aussi le conservatoire de la Grande Profession.

2. - La Grande Profession ne peut être confondue avec le grade maçonnique ni avec un degré chevaleresque ( a ) et surtout pas avec ces grades et ces degrés qu'elle surplombe. Un but lui est assigné: veiller à l'intégrité et favoriser la culture du dépôt inhérent au Saint Ordre primitif, qui existe depuis toujours et que l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, issu d'une double tradition maçonnique et chevaleresque, incarne à présent. Car les quatre grades symboliques du Régime Ecossais Rectifié ( Apprenti, Compagnon, Mâître, Maître de Saint-André ) et les deux degrés de l'Ordre intérieur ( Ecuyer Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ) visent à former et à employer des dépositaires de confiance, chacun selon le rang et l'ouverture dont il jouit. Le Grand Profès est un dépositaire de toute conf~ance.

3. - La Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié, classe suprême de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication finale des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. On n'entre point dans cette classe par quelque initiation cérémonielle ni par quelque nouvelle décoration. La simplicité vers quoi tend le système entier de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte y culmine dans la pure spiritualité. La Grande Profession enchâsse l'arcane de la Franc-Maçonnerie et y participe, quoi qu'elle ne soit pas d'essence maçonnique. Ses secrets sont inexprimables et c'est ainsi qu'elle forme, de soi, une classe secrète.

4. - Les Grands Profès, selon leurs lois, ne dissimulent pas davantage qu'ils n'exhibent leur qualité. Mais une classe ou d'ailleurs un Ordre, dont la spiritualité - mieux: I'esprit fait le fond, saurait-il se vulgariser sans déchoir et sans perdre son honneur avec son mode et sa raison d'être ?

Ainsi, par exemple, la ligne successorale des Grands Profès du Régime Ecossais Rectifié n'est ni identique, ni apparentée à la filiation initiatique d'aucune classe de l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l'Univers, fondé par Martines de Pasqually. L'histoire, le droit et la coutume protestent contre toute confusion de ces deux descendances dont la seconde ne paraît d'ailleurs pas s'être perpétuée jusqu'à nos jours. Les Grands Profès refusent, statutairement, les candidatures, et ils se cooptent à l'unanimité obligatoire. Des Supérieurs Inconnus , au sens quasi mythologique du titre, I'incognito leur manque, puisqu'ils sont tous Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte connus.

5. - Des mêmes Supérieurs Inconnus , il manque encore aux Grands Profès le genre de supériorité que ce titre implique. Leurs statuts et règlements excluent l'intervention dans la machinerie de l'Ordre pyramidal dont ils sont la pierre à pointe, imperceptible par beaucoup.

6. - De droit et de devoir, et éminemment, imconbent aux Grands Profès les tâches que le soin de l'Ordre requiert avec modération de tous les Maçons Ecossais Rectifiés et de tous les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Veilleurs et Gardiens; ils spéculent aussi, poussant aux recherches et aux réflexions sur le dépôt dont ils encouragent les partisans. Cette action des Grands Profès, quelle variété dans ses aspects contingents ! Mais jamais le Grand Architecte de l'Univers ne l'a laissé s'interrompre. Et il n'est pas de cas où elle se soit exercée - comment l'aurait-elle pu ? comment le pourrait-elle sans se renier ? - d'autre façon qu'en esprit et en vérité, pour le meilleur du Régime Ecossais Rectifié et de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte; pour le bien de la Franc-Maçonnerie; à l'aide des hommes qui, partout, prient, souvent à leur propre insu, pour que luise le soleil de justice, source unique de lumière et de chaleur, où le Seigneur a dressé sa tente et dont souMe Son Esprit. Cet essentiel du texte révélateur dit l'essentiel sur la Grande Profession. Ajoutons quelques remarques en marge.

I. - Histoire.

a ) la Profession et la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié ont succédé au Chevalier Profès, grade suprême de la Stricte Observance Templière. La date d'apparition de ce grade dans la Stricte Observance Templière est discutée: entre 1763 et 1770, selon certains; à l'occasion, selon d'autres, du Convent de Kohlo ( 1772 ) et sous l'influence du Cléricat de Starck. Jean-Baptiste Willermoz et plusieurs de ses amis ( mais Saint-Martin fit défaut ) le reçurent à Lyon, les 11 et 13 août 1774, des mains de Weiler.

Ostabat a publié et remarquablement présenté, s'agissant de ce grade: le ~< cérémonial à observer quand un Frere fait sa dernière profession >); sept articles de la Règle en usage dans l'Ordre de la Stricte Observance Templière, et qui pour le principal n'est autre que celle de l'Ordre du Temple, un court extrait de 1' Instruction pour les habits, croix et armes qui concerne directement les Chevaliers Profes ( Cf Les Chevaliers Profès de la Stricte Observance Templière et du Régi~ne Ecossais Rectifié , Le Symbolisme, avriljuin 1969, pp. 249-263; I'article entier occupe les pages 240-283.

b ) La Profession et la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié ont été composées sous leur forme définitive, par Willermoz, pour le Convent de Lyon ( 1778 ). Iors duquel elles furent conférées à leurs premiers titulaires. C'est ainsi que le premier Collège fut constitué le 3 décembre 1778 par Gaspard de Gasparon ( Président ), Willermoz lui-même ( dépositaire général ), Jean de Turkheim, F.-R. Salzmann~ Jc;ul Paganucci ( censeur ) et Jean-André Périsse Duluc ( substitut du dépositaire ). De même Willermoz veilla à ce que des membres éminents, étrangers à la Nation française , du Convent de Wilhelmsbad ( 1782 ), les reçussent à leur tour, après être devenus, eux aussi, Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ( ou plutôt Chevaliers Bienfaisants tout court ). Willermoz a rédigé les textes rituels, notamment les instructions. Mais il avertit: tout ce que j'y ai inseré concernant la partie scientifique [ sc. doctrinale ] n'est point du tout de mon invention.

II. - Editions de textes rituels.

Paul Vulliaud a édité l'Instruction secrète pour la réception des Profès, le Dialogue après la réceptioo d'un Frère Grand Profès entre le Chef initiateur et le nouveau reçu, l'Instruction préliminaire et le Résumé général de la doctrine ( Joseph de Maistre Franc-Maçon, E. Nourry, 1926, pp. 231-257 )

L'Initiation secrète des Grands Profès a été publiée pour la première fois, par autorisation, voire par Ordre, dans l'étude précitée d'Ostabat ( p. 264-278 ), avec une excellente présentation. En 1973, la fin du texte n'avait pas encore paru. Aussi faut-il signaler une édition complète, mais postérieure et très défectueuse, du texte ap. René Le Forestier, La FrancMaçonnerie templière et occultiste aux XVIIIè et XIXè siècle, Paris, Aubier-Montaigne, et Louvain, Nauwelaerts, 1970, ( pp. 1023-1049 ).

A plus d'une reprise, la procédure utilisée par Pont, afin de maintenir l'existence de la Grande Profession, a été appliquée entre 1830 et nos jours.
De la nature particulière de la Grande Profession, il appert qu'au cas d'une réception, toute distinction entre validité et licéité serait illégitime. Seul le Président d'un College régulièrement constitué, ou son délégué est capable de faire un Grand Profes, puisqu'il est seul habilité à le recevoir dans la classe que le Collège incarne. Il n'y pas de Grand Profès, ni de Collège, "irrégulier" ou "sauvage"; il peut y avoir des pseudo-Grands Profès et des pseudo-Collèges de pseudo-Grands Profès.

III. - Doctrine.

L'originalité de la Profession et de la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié par rapport au Chevalier Profès de la Stricte Observance Templière est flagrante. Il ne s'agit plus de spiritualité chevaleresque, même particulièrement templière, mais de communiquer une doctrine qui remonte à la plus haute antiquité, un extrait fidèle de cette sainte doctrine parvenue d'âge en âge par l'initiation jusqu'à nous.
Or, cette doctrine, c'est, sous la forme où Willermoz l'a connue et même dans sa définition qu'il vient de réumer, le martinésisme.
Sous une réserve importante cependant: la Grande Profession n'est pas une ordination, de même que l'Ordre des C.B.C.S. n'est pas l'Ordre des Elus Cohen. Les Grands Profès ne pratiquent pas, ès qualités, la théurgie et même les textes rituels sont à dessein muets sur ce sujet.
Les points capitaux de l'initiation secrète des Grands Profès sont la nature de l'initiation et celle de la Franc-Maçonnerie; un précis de l'épopée martinésiste où s'articulent Dieu, les esprits émanés, le cosmos créé, I'humanité; une interprétation du symbolisme du Temple de Jérusalem à la lumière du martinésisme et en rapport avec la Franc-Maçonnerie.
Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier le lui avait enseigné, l'un des relais seulement; maintenir, quand sombrait l'Ordre des Elus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martines de Pasqually lui avait révélé comme l'archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration.

IV. - Maharba, au nom des siens, assure que la Grande Profession enchâsse I'arcane de la Franc-Maçonnerie . Ne vaudrait-il pas mieux écrire: I'arcane du Régime Ecossais Rectifié ? Mais le Régime Ecossais Rectifié se tient et se donne pour la perfection de la FrancMaçonnerie ( un peu comme les Elus Cohen jugeaient les autres Rites maçonniques <~ apocryphes ). Ainsi se dissipe l'apparente inexactitude. Maharba a-t-il raison au fond ? Le Régime Ecossais Rectifié a-t-il raison au fond ? C'est une autre affaire, hors le sujet; affaire d'opinion.

V. - Enfin, voici le texte de la lettre d'envoi aux Grands Profès de Genève. Moulinié, Peschier et Aubanel, reçus antérieurement par communication et constitués le même jour en Collège métropolitain, des documents qui les habilitaient, ( communication fraternelle de Maharba, à qui grand merci ). Document historique, document doctrinal d'un véritable ésotérisme.
Très chers Frères les Chevaliers et Grands Profès de Genève !
Nous cédons à vos voeux et à notre conviction en vous envoyant la légalisation et autorisation nécessaires à la régularité et à l'extension de vos travaux.
Une seule signature accompagne ici celle du Visiteur général, mais c'est celle du neveu chéri de feu ab Eremo, de celui qui a été l'objet de toute sa tendresse, de ses sollicitations les plus secrètes, ainsi que l'écrivain de la présente en a été l'intime confident. Il le rappelle ici pour votre douce satisfaction et pour que ce nom vénéré ne reparaisse au milieu de vous que couronné par le respect de la reconnaissance qui doivent toujours l'accompagner.
Mon frère aîné est absent, le plus jeune, digne aussi de tous nos suffrages, n'a pu participer aux derniers travaux d'une manière régulière... Tout le reste a disparu.
Du sein de cette sollicitude que tant de souvenirs animent, nos coeurs ont entendu votre voeu, ils l'ont accueilli en se pénétrant de la justice, de la convenance, de l'utilité, de l'autorisation demandée, ils se sont émus de joie et de reconnaissance: Oui ! TT $ CC $ FF $ .
ils vous remercient avec attendrissement et gratitude d'avoir sollicité de nous cet acte de justice~ de devoir et ils supplient le Dieu de toute miséricorde de vous le rendre profitable et d'écarter tout ce qui pourrait en résulter de nuisible en particulier comme en général.
Point d'empressement humain, chers amis et bien-aimés Frères ! Le zèle de l'homme est loin d'être celui de la maison de Dieu ! Soyez pleins de patience, de longanimité, et surtout, Aimez-vous les uns les autres ; adorateurs et enfants de l'unité, honorez-la et soyez un comme votre rédempteur, votre Créateur ( et leur amour qui sans cesse engendre, conserve, régénère ) sont un. Au nom de cette unité, qui triomphera de toutes les divisions du temps, aimez-vous, supportez-vous, secourez-vous les uns et les autres ! Voilà le vrai sens de toutes nos instructions ! En voilà tout l'esprit ! Puissions-nous le sentir, le comprendre et l'expérimenter ! Nous vous serrons dans nos bras et vous demandons la bonne part dans vos souvenirs fraternels, comme nous vous assurons que vous avez dans les nôtres celle que mesure notre devoir et notre sincère affection.
A tous et à chacun de vous nous offrons le vrai salut et baiser fraternels.
Vos affectionnés Frères.
[ Signé: ] Antoine Willermoz Joseph Antoine Pont in ordine a Ponte alto .
Lyon 29 mai 1830

IV. - Confidence du passé, exhortation pour l'avenir.

"Article premier. La Grande Profession de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. " Cette définition est descriptive, d'après les statuts dont elle constitue l'article premier. ( Mais rien, dans la doctrine, n'interdirait qu'un Grand Profès, de même qu'un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, fût un profane, c'est-à-dire un non-Maçon ).
La Grande Profession conserve en son entier le dépôt de la doctrine de la réintégration, voilà qui la définit philosophiquement.
L'une et l'autre définitions se concilient, voire s'articulent, se complètent, pourvu que soient reconnus la vraie origine et le but véritable de la Franc-Maçonnerie, auxquels s'ordonnent et qu'enseignent peu à peu les grades successifs du Rite Ecossais Rectifié et que les Grands Profes cultivent, sous les espèces réelles de la réintégration.
L'essentiel du passé et du futur, Willermoz le déclare dans une lettre à Salzmann, du 3-12 mai 1812 ( inédite, fonds L.A.). Son propos demeure pour tous ceux qu'il peut concerner.
Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe qui furent alors produites, ne serait jamais connu:

I ) Parce qu'elles ne furent livrees qu'à cette condition.

2 ) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3 ) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose. Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation, quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une rédaction plus correcte en langue fraçaise qui avait reçu leur approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai constarnment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [ sc. Joseph-Antoine Pont ], et il en était persuadé lorsqu'il alla à Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas la première et qu'elle avait été commise vers d'autes et peut-être aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [ sc. FR.- R. Salzmann ], lui disje, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris. Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je dois le savoir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait faite. Mais pouvaisje, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que, si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]
Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé au-devant de vos observations sur nos instructions des G.P. et que j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beaucoup de ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes, ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître Ecossais de Saint-André ].
Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus étendues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et il fallut trop abreger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail. Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir à les rendre plus utiles.
Relisez en critique toutes ces instructions; notez, dans quelle partie que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]
En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes, on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la vraie foi n'y gagne rien. L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont hé parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

 

 

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CBCS

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

Dans le Rite Ecossais, ce grade remplace le grade de Chevalier qui lui correspond dans la Stricte Observance Templière ( un rituel de ce dernier grade a été publié par Ostabat, Le Symbolysme, juillet-octobre 1971, pp. 226-244 ).

I. - Sens et Origine.

1. - Le sens du titre est ambigu, son origine a été ennuagée.

Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte connote évidemment l'idée de charité, qui est le devoir essentiel du dit Chevalier; I'organisation chevaleresque, bien sûr, et particulièrement l'Ordre du Temple. Car la Cité Sainte est Jérusalem. Mais cette manière de dire Templier , qui semblerait embarrasser, a un objet precis: de déclarer que les C.B.C.S. sont des Templiers sans en être tout en étant. Ou, si l'on préfère, que le rapport de la Maçonnerie, et singulierement du Rite Ecossais Rectifié, à l'Ordre du Temple n'est pas au juste celui que croit la Stricte Observance Templière. ( Le Convent des Gaules réservera la question de la filiation templière, alors que Wilhelmsbad la tranchera dans le sens de la renonciation, sauf au plan spirituel ).

Que cette intention ait été celle de Willermoz et de ses amis ne semble pas douteux. Mais d'autres facteurs ont-ils contribué à forger l'expression ?

2. - La Loge Rectifiée de Willermoz à Lyon se nommait La Bienfaisance. Mais le mot et l'adjectif correspondants sont communs dans le vocabulaire maçonnique. Puis on a signalé un grade de Chevalier Bienfaisant qui aurait été pratiqué à Metz et aussi l'influence éventuelle du grade dit Ecossais de Saint-Martin, dont le titre aurait pu se traduire, par allusion à l'état du légionnaire romain et à son geste proverbial, Chevalier Bienfaisant ( Cf Amadou, Louis-Claude de Saint-Martin et la Franc-Maçonnerie , Le Symbolisme, juillet-septembre 1970, pp.285-307 et janvier-février 1971, pp. 43-73 ). Mais c'est vouloir expliquer obscurum per obscurius.

C'est cependant l'opinion de R. Le Forestier qui écrit dans son livre sur la FrancMaçonnerie templière et occultiste aux XVIIIè et XIX siècles ( Paris, Aubier-Montaigne, Louvain, Nauwelaerts, pp.433-434 ): <~ Le titre de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, que prit le rite mystique sorti de la Réforme de Lyon avait eté déjà usité dans un Système de Hauts Grades cultivé depuis 1770 par un Chapitre souché sur la Loge Saint-Théodore de Metz . Le degré suprême de ce Système régional s'appelait Ecossais Rectifié de Saint-Martin; il avait pour héros éponyme l'illustre évêque de Tours, le chevalier romain qui avait partagé son manteau avec un pauvre, acte de charité rappelé par de nombreux tableaux et statues exposés dans les églises de France. La Cité Sainte dont les membres du Chapitre Saint-Theodore se proclamaient les Chevaliers était donc Rome. Leur plus haut grade localisait en France le thème fondamental d'un haut grade plus ancien, I'Hospitalier de Palestine, qui faisait allusion à la charité active pratiquée par les moines guerriers appartenant à l'Ordre religieux qu'avait fondé, pour la protection des pèlerins en Terre sainte, Saint Jean évêque de Jérusalem. Autant de phrases, autant d'erreurs.

3. - Au demeurant, je ne pense pas que ni Chevalier ( qui d'ailleurs était le titre du dernier grade de la Stricte Observance ) ni Bienfaisant ( si conforme à la vocation des Maçons Chevaliers ) requièrent des explications compliquées. Celles-ci, en toute hypothèse, n'exprimeraient, il me semble, que des raisons supplémentaires.

Quant à la Cité Sainte , outre la référence prétendue discrète à l'Ordre du Temple, à cette ville où Salomon avait construit le sanctuaire qui est le type essentiel de la Maçonnerie, point n'est besoin d'aller chercher loin les raisons, d'ailleurs liées à la raison majeure, pourquoi les Chevaliers Maçons aimaient à la mentionner.

II. - Fondation des C.B.C.S.

Le chapitre provincial d'Auvergne, à la date du 28 août 1778, reconnaît comme il a reconnu depuis longtemps la nécessité indispensable de réformer la dénomination du SaintOrdre; le Code des règlements généraux des provinces, des instructions particulières des officiers, le précis historique de l'Ordre, le rituel de vestition et cérémonies et les règles; de purger les unes et les autres des additions arbitraires qui y ont été faites par les différents frères a Spica aurea et ab Ense [ sc. Weiler et Hund respectivement ], ainsi que des cérémonies et règles trop monacales pour pouvoir convenir dans un Ordre tel que le nôtre dans un siècle tel que celui où nous vivons. )> ( Registre des délibérations du Grand Directoire, B.M. Lyon Ms. 5 481, p. 70, Cf déjà à la date du 25 avril 1777, ibid., p. 8 ).

La question du titre C.B.C.S. , qui donnerait son nom à l'Ordre entier de la Stricte Observance métamorphosée au plan national, fut mise sur le tapis au cours de la premiere séance du Convent des Gaules, le 25 novembre 1778:

Les respectables Frères Chanceliers requirent que la dénomination de l'Ordre fut le premier objet à arrêter, que tous les membres de l'Ordre désiraient voir abolir l'ancien nom. Ils représentent que l'Ordre avait porté pendant quelques années celui de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte dans un temps où ils n'avaient aucune possession; que son nom n'était point connu, qu'il pourrait remplir le but qu'on se propose en désignant l'Ordre sous une dénomination qui ne serait aperçue que par les membres qui le composent, et que sans cesser d'appartenir au même Ordre, on annonce, en reprenant l'ancien nom, une renonciation absolue aux possessions qu'ils ont eues depuis un autre nom.>)

Donc, I'on traitera l'affaire au cours de la deuxième séance.

Le 27 novembre, deuxième séance, I'objet de la dénomination de notre Saint Ordre ayant été mis en délibération, il fut arrêté unanimement qu'il serait désigné dorénavant sous la qualification de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Lors de la sixième séance, le 3 décembre 1778, Willermoz lit la partie historique de l'instruction du grade, rédigée par ses soins. Le Convent statue que cette instruction serait jointe aux actes officiels du Convent, mais non enregistrée, qu'elle serait ensuite confiée aux représentants des Préfectures charges des réceptions et instructions des Chevaliers pour être déposée dans chacune entre les mains des Frères à qui il croira devoir les adresser. Le 5 décembre 1778, au cours de la huitième séance, on a fixé les signes, mots et attouchements des Novices et le nouveau signe des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte.
III. - Documents.

Les documents relatifs au C.B.C.S. sont nombreux. Citons, principalement, les dépôts de la Bibliothèque Municipale de Lyon ( fonds Willermoz ) et du Grand Orient a La Haye ( fonds Kloss ). Le Code général des règlements de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte arrêté au Convent des Gaules tenu en novembre 1778 a été commodément repris ap. Jean Tourniac, Principes et problèmes spirituels du Rite Ecossais Rectifie et de sa Chevalerie templière ( Dervy-Livres, 1969, pp. 305-350 ). Un rituel de réception a été publié par Jean Kostka ( alias Jules Doinel, Lucifer démasqué, Paris-Lyon, Delhomme et Briguet, s.d. [ 1895 ], pp. 274-296 ).

IV. - Le grade.

l. - Le grade de C.B.C.S. n'est pas un grade maçonnique, car l'Ordre des C.B.C.S. est un Ordre équestre souché sur une base maçonnique en quatre degrés symboliques. Cependant, la terminologie est assez flottante ( par analogie avec le ballottement où est soumise au sein du Rite Ecossais Rectifié la question des rapports entre la Maçonnerie et le Temple mediéval ). Aussi bien le C.B.C.S. est-il armé , et la Franc-Maçonnerie est-elle considérée comme la pépinière du Saint-Ordre.

Chaque Chevalier, au moment de son armement, reçoit, comme dans la Stricte Observance, un nom d'Ordre ( nomen in ordine; p. ex. Jean-Baptiste Willermoz était Eques ob Eremo, Joseph de Maistre, Eques a Floribus, etc ), une devise en latin tirée des psaumes et des armes.

2. - Pour le regroupement de l'Ordre intérieur en Commanderies, Préfecture, Grands Prieurés Cf ECUYER NOVICE. Le Code fournit toutes indications sur ce système. Retenons que la Maçonnerie symbolique est sous le contrôle de l'Ordre intérieur et que le Grand Maître Général gouverne les six grades du Rite Ecossais Rectifié.

3. - Le rituel d'armement prescrit, avant la réception proprement dite, que le Commandeur s'adresse à l'Ecuyer novice en ces termes qui annoncent le sens du grade, le sens de l'Ordre:

Le dépôt de la science primitive de l'homme, conservé dans les anciens mystères, brille de tout son éclat dans le Temple célèbre que Salomon avait élevé dans la Cité Sainte à la gloire de l'Eternel qui daigna l'habiter. Vous voyez l'image, tracée devant vous, de son Saint Sépulcre. Ce Temple fut détruit, les sages se retirèrent dans les déserts et y préférèrent d'abord la vérité aux honneurs du siècle. Bientôt, sentant le besoin d'une activité utile et pénible, ils rentrèrent dans le monde où, apprenant la persécution de beaucoup de leurs Frères, ils déchirèrent leur sein, tranquilles de leur innocence et qu'aucun remords ne troublait leur coeur, et que rien en eux ne donnait de moyens d'observer leur fortune. Le sanctuaire du Temple redevint l'asile de l'éternelle et auguste vérité, son parvis, celui du malheur; on y consolait la veuve, I'orphelin y trouvait un père, les voyageurs un défenseur, le malade et le pauvre des secours généreux, telle est l'origine de l'Ordre des Templiers, des Frères vertueux dont nous tirons la nôtre, et aux vertus desquels vous êtes appelé à succéder.

La science, cachée auparavant dans des réduits écartés où elle mettait au-dessus des besoins ceux qui la professaient, fut alors consacrée au bonheur de l'humanité; mais le Temple s'écroula, et les Maçons propageant l'existence et les fruits d'un Ordre célèbre, le réédifièrent, adapté par une réforme sage aux besoins et à la situation actuelle de l'Europe. Il a repris dans ce siècle, le dix-huitième, son nom de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte pour l'allégorie du Saint Sépulcre de Jérusalem en Palestine, et sera, pour le reste de votre vie, une école de bienfaisance, un foyer de lumière et l'asile de l'amitié la plus douce.

Par le pouvoir qui m'a été conféré, je vais vous recevoir dans le Saint Ordre.

4. - Dans le discours d'instruction qui suit la réception proprement dite, I'Ordre du Temple est d'emblée mis en cause: sa fondation en 1125, ses malheurs que la jalousie de sa richesse causa. <~ Nous dit le Commandeur, qui sommes leurs descendants avons une tradition bien certaine des malheurs qui ont occasionné la destruction de notre Ordre.
Mais trois Templiers s'échappèrent et trouvèrent refuge en Ecosse, dans des cavernes près d'Heredom. Ils s'associèrent avec les Chevaliers de Saint-André du Chardon d'Ecosse, d'où le quatrième grade.
A Heredom, en 1340, fut fondé l'Ordre des Francs-Maçons par les Templiers. Ils avaient prévu, et il demeure, que les trois premiers grades sont des épreuves imposées aux candidats à l'intérieur. L'Ecuyer novice comprend alors le sens de son passage par la Maçonnerie. Deux emblèmes sont chers à l'Ordre des C.B.C.S. Le phénix fut choisi par les illustres fugitifs qui continuèrent le Saint Ordre pour remplacer l'ancien sceau du Temple, où figuraient deux cavaliers sur un cheval. Le pélican, d'autre part, signifie les secours que l'Ordre ancien fournissait aux commanderies de son ressort et la bienfaisance qui, depuis la réforme de l'Ordre, caractérise le Chevalier.

V. - Altérations et déviations.

1. - Au cours des ans, le rituel a subi des altérations. Donnons-en deux exemples. En Suisse, la dénonciation de l'infamie du pape Clément V s'accompagne de propos très généralement antipapistes, où les institutions de l'Eglise au Moyen Age sont dénoncées, à la seule exception... de l'Ordre du Temple. Curieuse rencontre, en milieu écossais rectifié, du laïcisme maçonnique et de l'atavisme protestant.
Deuxième exemple: la plupart des rituels modernes, depuis une date que je n'ai pu encore fixer mais qui se situe au XIXè siècle, comportent, à la fin de la cérémonie, une scène pendant laquelle les Chevaliers présents, Grand Prieur ou son délégué en tête, délient leur nouveau confrère de ses serments maçonniques. L'idée, clairement expliquée, est belle, plus étrangère à la tradition des C.B.C.S. dans la forme que dans le fond. Mais c'est une innovation.

2. - La position médiane de l'Ordre des C.B.C.S. est difficile à tenir; elle prête aux déviations vers la gauche ou vers la droite.

a ) Vers la gauche, en quelque sorte, dévièrent les Frères de Francfort, Darmstadt et Wetzlar surtout, qui sous la conduite du Baron de Dittfurth résistèrent aux décisions du Convent de Wilhelmsbad. Fatigués des Hauts Grades, des Ordres intérieurs et autres superstructures, ils n'en voulurent plus rien savoir. L'Union éclectique naquit de leur lassitude et de leur maçonnisme éclairé plus qu'illuminé.

b ) A droite, en revanche, il faut situer la singulière histoire du Chapitre des C.B.C.S. de Francfort, au commencement du XIXè siècle. Félix Kretschmar, érudit francfortois des années 1920, en a recueilli les éléments dans un lot d'archives à lui venu de son compatriote et parent Johann Friedrich von Meyer ( 1772-1849 ). Une correspondance, étayée par plusieurs documents, et conservée dans un fonds privé d'archives dites archives S.O. >), me permet, avec l'autorisation de son dépositaire, de résumer ainsi l'affaire que je me propose d'analyser ailleurs.

Un certain nombre de C.B.C.S. de Darmstadt et de Francfort, auxquels vinrent se joindre quelques C.B.C.S. de Strasbourg, les uns et les autres membres en outre de la Grande Profession, et fervents de théosophie, gardèrent, dans une Allemagne peu favorable, leur fidélité au Rite Ecossais Rectifié - mieux vaudrait dire ici à l'Ordre des C.B.C.S. Car s'ils innovèrent eux aussi, ce fut pour détacher l'Ordre intérieur, dont ils constatèrent crûment le caractère non maçonnique, des quatre premiers grades du Rite Ecossais Rectifié . Dans leur néo-Ordre des C.B.C.S., ils admirent des profanes , se contentant de leur communiquer, avant de les recevoir Ecuyers Novices, non pas les grades, mais les cahiers des grades symboliques. Johann Friedrich von Meyer, hermétiste très chrétien ( son nom d'Ordre était Eques a Cruce ), ami et protégé de Christian de Hesse-Darmstadt, substitut du Grand Maître Charles de Hesse-Cassel, fut l'un d'eux. On lui laissa même le soin de rédiger un Projektierte Statute des Rittertums der heiligen Stadt, nouvelle manière. ( Les papiers de Kretschmar en comprennent une copie ). Vers 1830, selon Kretschmar, le Chapitre cessa ses travaux.

Deux documents conservés dans le fonds Kloss du Grand Orient des Pays Bas apportenl une information précieuse et complémentaire sur le Chapitre des C.B.C.S. de Francfort qui s'y manifeste davantage, semble-t-il, comme un collège de Gands Profès. En particulier, leur activité paraît s'être poursuivie jusqu'en 1835, puisque l'une des deux pièces est constituée par le livre des travaux du collège de 1827 à cette date

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Les status et règlements de Bologne(extrait)

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

LES STATUTS ET REGLEMENTS DE BOLOGNE

Traduction et notes par J.-F. VAR

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen (1).

L’an du Seigneur (2) 1248, indiction sixième (3).

Statuts et règlements des maîtres du mur et de la charpente (4)

Voici les statuts et règlements de la société (5) des maîtres du mur et de la charpente, faits en l’honneur de Dieu, de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints, et pour l’honneur et la bonne condition de la cité de Bologne et de la société desdits maîtres, dans le respect de l’honneur du podestat et capitaine de Bologne qui la gouverne ou gouvernent (6) ou gouverneront à l’avenir, et dans le respect des statuts et règlements de la commune de Bologne faits et à faire. Et que tous les statuts ci-dessous s’appliquent dorénavant à compter d’aujourd’hui, l’an 1248,, indiction sixième, le huitième jour d’août

[11] Serment des susdits maîtres.

Moi, maître de la charpente et du mur, qui suis ou serai (7) de la société desdits maîtres, je jure, en l’honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints, et en l’honneur du podestat et capitaine qui est maintenant ou seront à l’avenir [en fonction] (8), et pour l’honneur et la bonne condition de la cité de Bologne, d’obéir et me conformer aux ordres du podestat et capitaine de Bologne et de tous ceux qui seront au gouvernement de la cité de Bologne, de me conformer et obéir à tous et chacun des ordres que me donneront le massier (9) et les officiers de la société des maîtres de la charpente et du mur, ou de l’un d’eux, pour l’honneur et la bonne condition de la société, et de conserver et maintenir la société et les membres de la société en bonne condition, et de garder et maintenir les statuts et règlements de la société tels qu’ils sont maintenant ou seront à l’avenir réglés, dans le respect en tout des statuts et règlements de la commune de Bologne, étant précisé que je serai tenu [par mon serment] à compter de [mon] entrée [dans la société] et que j’ [en] serai dégagé après [mon] départ (10).

Et si je suis appelé à la direction de la société, je ne refuserai pas, mais j’accepterai la direction et en conscience je dirigerai, conduirai et préserverai la société et les membres de la société. Et je répartirai équitablement les corvées (11) entre les membres de la société selon ce que moi et le conseil des maîtres jugerons convenable. Et je donnerai et ferai donner les amendes que comportent les statuts de la société et, en l’absence de règles statutaires, j’infligerai des sanctions selon la volonté du conseil. Et toutes les sanctions que j’infligerai pour quelque fait que ce soit, je les ferai inscrire dans un cahier et je le transmettrai et donnerai au massier (12) de la société. Et les sanctions, les fonds ou gages (13) de la société, les statuts, et tout ce qu’il a d’autre par devers lui au sujet des fonds de la société, et tous les écrits ou écritures se rapportant à la société, le massier est tenu, au terme que comportent les statuts, de les remettre et donner au massier son successeur dans l’assemblée (14) de la société, sous peine d’une amende de vingt sous bolonais. Et les contrôleurs des comptes (15) sont tenus de contrôler cela et de prononcer une sanction (16) dans l’assemblée de la société [contre le massier défaillant] à moins qu’ils n’[en] soient empêchés par une décision du conseil de la société unanime ou à la majorité, ou parce qu’une bonne raison existe.

Et si, comme officier, je veux imposer une contribution pour les dépenses de la société, j’ [en] exposerai d’abord la raison au conseil, et elle sera imposée comme en décidera le conseil unanime ou à la majorité.

[II] Des propos injurieux contre les officiers ou le massier.

Nous statuons et ordonnons que si quelqu’un de la société dit des propos injurieux contre les officiers ou le massier ou contre le notaire (18) ou s’il les accuse de mensonge (19), il soit puni de X sous bolonais (20)

[III] Des pénalités de ceux qui ne sont pas venus s’ils ont été convoqués au lieu fixé (21).

Nous statuons et ordonnons que si quelqu’un est convoqué par les officiers, le massier ou le nonce (22) à venir au lieu où la société s’assemble, il soit tenu de venir chaque fois et aussi souvent qu’on le lui commandera ou ordonnera, sous peine d’une amende de six deniers. Nous statuons et ordonnons que chacun soit tenu de venir au lieu où la société s’assemble chaque fois et aussi souvent que cela lui sera ordonné ou commandé par les officiers ou le massier ou le nonce, sous peine d’une amende de Vl deniers bolonais (23). Et même s’il n’est pas requis, que chacun soit tenu de venir l’avant-dernier dimanche du mois, sans convocation, consciencieusement, sans mensonge ni tromperie (24). Qu’il n’y soit pas seulement tenu par serment, mais qu’il encoure la pénalité [ci-dessus] [même] s’il ne lui a pas été ordonné [de venir] (25). Et s’il est venu au lieu où la société se réunit et qu’il s’en va sans autorisation du massier ou des officiers, qu’il paie à titre d’amende douze deniers bolonais. A moins que, dans les deux cas, il n’ait eu un empêchement réel, ou à moins qu’il ne soit malade ou hors de la cité ou [en service] pour la commune de Bologne, auxquels cas il peut, et en d’autres cas aussi, invoquer pour excuse le serment d’obligation de service (26). Et s’il s’est excusé mensongèrement, qu’il soit puni de Xll deniers.

[IV] De l’élection des officiers et du massier et des réunions de la société.

Nous statuons et ordonnons que la société des maîtres de la charpente et du mur soit tenue d’avoir huit officiers, ainsi que deux massiers, à savoir un pour chaque [métier] (27) de la société; et ils doivent être répartis équitablement entre les quartiers, et élus par listes dans l’assemblée de la société de manière que dans chaque quartier de la cité il y ait deux officiers, à savoir un pour chaque métier (28). Et que les officiers, avec le massier, restent en fonction] six mois et pas davantage. Et qu’ils soient tenus de faire la société se réunir et s’assembler le second dimanche du mois (29) sous peine d’une amende de trois sous bolonais chaque fois qu’ils y contreviendront, à moins qu’ils n’en soient empêchés par un réel cas de force majeure (30).

Nous ajoutons que le fils d’un maître de la société ne doit ni ne peut être inscrit sur les listes électorales s’il n’a pas XIV ans au moins. Et son père n’est pas tenu (31 ) de le mettre dans la société avant le temps et le fils ne doit pas être reçu dans la société avant le temps. Et que nul ne prenne un apprenti (32) qui ait moins de XII ans, sous peine d’une amende de XX sous et q

[V] Que l’on ne puisse élire quelqu’un qui soit son fils ou [son] frère.

Nous statuons et ordonnons que l’on ne puisse élire officier ou massier quelqu’un qui soit frère ou fils du votant, et que le vote émis à leur sujet soit sans valeur.

[VI] Que les maîtres obéissent aux officiers et au massier.

Nous statuons et ordonnons que si quelqu’un de la société doit à un autre maître une certaine somme d’argent à cause du métier, ou si un maître a une contestation avec un autre à cause du ou des métiers susdits, les maîtres qui auront ce différend entre eux soient tenus d’obéir aux ordres que les officiers des maîtres du mur et de la charpente leur donneront pour les départager, sous peine d’une amende de dix sous bolonais.

[VII] Comment et de quelle façon les maîtres sont reçus dans la société et combien ils doivent payer pour leur réception.

Nous statuons et ordonnons que tous les maîtres qui voudront être reçus dans la société des maîtres du mur et de la charpente payent à la société dix sous bolonais s’ils sont de la cité ou du pays (33) de Bologne; et s’ils ne sont pas de la cité ou du pays de Bologne, qu’ils payent à la société vingt sous bolonais. Et que les officiers mettent en conscience tous leurs soins pour que tous les maîtres qui ne sont pas de la société y soient obligatoirement reçus (34). Et que cette prescription soit irrévocable, que [nul] ne puisse d’aucune façon ni manière être exempté (35) à moins que le dixième au moins de la société ne le décide, ou à moins qu’il ne soit le fils d’un maître, lequel peut être reçu dans la société sans aucun paiement. Et si le massier ou un officier soutenait au conseil ou à l’assemblée de la société [la demande de] quelqu’un qui voudrait qu’on lui épargne (36) les dix ou vingt sous bolonais à donner à la société, qu’il soit puni de dix sous bolonais. Et si quelqu’un de la société, siégeant dans la société ou au conseil, se levait pour dire de quelqu’un qu’on devrait lui épargner (36) les dix ou vingt sous bolonais, qu’il soit puni de cinq sous bolonais.

Et si un maître a un fils ou plusieurs qui connaissent les métiers des maîtres susdits, ou qui soit demeuré (37) pendant deux ans à apprendre avec son père l’un desdits métiers, alors son père doit le faire recevoir dans la société sans aucun [droit de] réception, en payant [lui-même] à la société comme il est dit plus haut, sous peine d’une amende de XX sous. Et une fois celle-ci payée, qu’il n’en soit pas moins tenu de le faire recevoir dans la société (38).

Et que les officiers et le massier soient tenus de recouvrer toutes les sommes dues par ceux qui ont été reçus dans la société, et les quatre deniers [dûs] pour les messes (39), et les sanctions prononcées pendant leur temps [de fonctions] (40). Et qu’ils les fassent prêter serment dans la société (41). Et que le massier soit tenu de recevoir du maître qui a été reçu dans la société une bonne garantie que, dans le délai d’un mois après sa réception dans la société, il payera dix sous s’il est de la cité ou du pays de Bologne, comme dit plus haut, [et] s’il est d’un autre territoire vingt sous bolonais. Et si le massier et les officiers ne recouvrent pas ces sommes, qu’ils soient tenus de payer à la société de leur propre argent et de lui donner une compensation suffisante en argent ou en gages pour que la société soit bien garantie, [et cela] sous huit jours après la fin du [délai d’un] mois. Et que les contrôleurs des comptes soient tenus de contrôler tout cela comme dit plus haut et, si cela n’a pas été observé, de prononcer les sanctions que comportent les statuts de la société.

Nous ajoutons (42) que quiconque sera reçu dans la société payera comme droit de réception à la société XX sous bolonais. Nous l’ordonnons pour ceux qui dorénavant à compter d’aujourd’hui s’emploieront à apprendre le métier, et que cela vaille dorénavant à compter d’aujourd’hui, 1254, indiction douzième. huitième jour de mars. Quant à ceux qui n’auraient pas de maître pour apprendre le métier, qu’ils payent comme droit de réception à la société trois livres bolonaises (43).

[VIII] Que nul maître ne doit nuire à un autre maître dans son travail.

Nous statuons et ordonnons que nul maître du mur et de la charpente ne doit nuire à un autre maître de la société des maîtres en acceptant un ouvrage au forfait (44) après qu’il lui a été assuré et formellement promis (45) ou qu’il a eu cet ouvrage de quelque autre façon ou manière. Sauf que, si un maître est survenu avant que [L’ouvrage] lui ait été formellement promis et assuré et qu’il lui en demande une part, il est tenu de lui en donner une part si [L’autre] le veut. Mais si un accord a déjà été passé au sujet de cet ouvrage, il n’est pas tenu de lui en donner une part s’il ne veut pas. Et qui y contreviendra, qu’il paye à titre d’amende trois livres bolonaises chaque fois qu’il y contreviendra (46). Et les officiers doivent donner les amendes que comportent les statuts dans le délai d’un mois après que [L’infraction] est devenue claire et manifeste pour eux, dans le respect des statuts et règlements de la commune de Bologne. Et que les amendes et pénalités reviennent à l’assemblée de la société et y demeurent.

[IX] Des comptes que le massier a à rendre et de la charge qu’il a à accomplir.

Nous statuons et ordonnons que le massier de la société des maîtres soit tenu de rendre compte aux contrôleurs des comptes dans le délai d’un mois après avoir quitté sa charge, à moins qu’il n’ait une autorisation des nouveaux officiers et du conseil de la société ou qu’il n’en soit empêché par un réel cas de force majeure (47). Et que le massier soit tenu de rendre compte de toutes ses rentrées et dépenses faites et eues durant son temps. Et que tous les maîtres qui ont été reçus dans la société durant son temps soient portés sur un cahier spécial à cet effet afin que l’on sache s’ils ont payé ou non. Et nous ordonnons que toutes les écritures doivent rester par devers le massier. Et toutes les écritures se rapportant à la société et tout ce qu’il a au sujet des biens de la société, que le massier soit tenu de les donner et transmettre par écrit dans l’assemblée de la société au massier suivant (48). en sorte que les fonds de la société ne puissent en aucune façon faire l’objet d’une fraude. Et si le massier, dans une intention frauduleuse. a omis certaines de ces [prescriptions] et ne les a pas observées, qu’il soit puni de vingt sous bolognais (49). Et s’il a retenu par devers lui frauduleusement des fonds de la société qu’il restitue le double à la société. En outre, que l’ancien massier, après sa sortie de charge, soit tenu de donner et remettre au nouveau massier absolument tous les fonds de la société, tant les écritures se rapportant à la société que l'argent de cette même société (50) le premier ou le deuxième dimanche du mois. Et le nouveau massier ne doit pas proroger le terme pour l'ancien massier au-delà de XV jours. Et que cette prescription soit irrévocable. Et s'il y a été contrevenu par un des massiers, qu'il soit puni de vingt sous bolonais à payer à la société.

[X] De l'élection des contrôleurs des comptes.

Nous statuons et ordonnons que les contrôleurs des comptes soient élus en même temps que les officiers, et qu'ils soient [au nombre de] deux, à savoir un pour chaque (métier) (51). Que ces contrôleurs soient tenus de contrôler avec diligence le massier et les officiers qui seront [en fonction] en même temps que le massier. Et s'ils découvrent que le massier et les officiers ont mal agi dans [L’exercice de] leur charge et qu'ils ont commis fraude ou dol, qu'ils les condamnent à la restitution du double des fonds découverts par devers eux (52), et en outre qu'ils les condamnent à restituer l'équivalent de la rétribution qu'ils ont reçue (53). Et qu'ils soient tenus d'agir ainsi et de contrôler et condamner ou donner quitus dans le délai d'un mois après la cessation de fonction du massier et des officiers. Et, soit qu'ils condamnent ou qu'ils donnent quitus, qu'ils soient tenus de le faire par écrit dans l'assemblée de la société. Et si les contrôleurs y contrevenaient et n'observaient pas ces [prescriptions], que chacun d'eux soit puni de dix sous et qu'ils soient exclus de leurs charges, à moins d'un réel cas de force majeure (54) ou s'ils ont eu l'autorisation des officiers et du conseil de la société.

[Xll] De la transcription des réformes du conseil.

Afin que nulle contestation ne s'élève jamais entre les sociétaires, nous ordonnons que toutes les réformes de la société des maîtres du mur et de la charpente ou du conseil de la société soient transcrites sur un cahier spécial, et que le massier et les officiers soient tenus de le faire faire sous peine d'une amende de cinq sous bolonais (55).

[Xll] Que le massier et les officiers soient tenus de rendre compte de leur charge une seule fois et pas davantage.

Nous statuons et ordonnons que le massier et les officiers de la société soient tenus de rendre compte une seule fois de toutes les rentrées et dépenses. Et après qu'ils auront été contrôlés une fois au sujet des comptes [qu'ils avaient] à rendre, qu'ils ne soient pas tenus de rendre compte davantage, à moins qu'ils ne soient dénoncés ou accusés d'avoir commis dol ou fraude ou d'avoir gardé illégalement par devers eux de l'argent de la commune et de la société, auquel cas quiconque veut les accuser doit être entendu. Et ceux qui ont été contrôlés une fois ne doivent pas être contrôlés davantage. Et que cette prescription s’applique tant pour le passé que pour le futur (56).

[Xlll] Des ordres à donner par les officiers et le massier.

Nous statuons et ordonnons que tous les ordres que donneront les officiers ou le massier ou l’un d’eux à propos de l’argent ou des autres choses relatives au métier qu’un maître doit donner à un autre maître ou faire pour lui (57), que ces ordres soient donnés et ordonnés dans les dix jours. Et si le maître à qui un ordre a été donné dans les dix jours ne s’acquitte pas, que les officiers et le massier soient alors tenus dans les cinq jours après ces dix jours de donner au créancier une hypothèque (58) sur les biens de son débiteur, afin qu’il soit complètement payé de ce qui lui revient et de ses débours. Et qu’il soit de plus puni de cinq sous bolonais si les officiers le jugent bon. Et que cela soit irrévocable. Et celui qui doit de l’argent à un autre maître ou à une autre personne (59), s’il a été convoqué ou cité par les officiers ou par le ou les nonces de la société et qu’il n’est pas venu devant les officiers ou le massier, qu’il soit puni à chaque fois de douze sous bolonais si on le retrouve (60) et, si on ne le retrouve pas et qu’il est cité une deuxième fois, qu’il soit puni [de nouveau] de la même somme (61).

[XIV] Que si un maître embauche un autre maître pour travailler.

Nous statuons et ordonnons que, si un maître a un ouvrage au forfait ou à la journée ou de quelque autre façon ou manière (62) et qu’il veut avoir avec lui un autre maître pour faire cet ouvrage et travailler avec lui, le maître qui a embauché l’autre maître soit tenu de lui donner satisfaction quant à son prix [d’embauche], à moins que ce ne soit un officier ou le massier de la société qui mette ce maître au travail pour la commune de Bologne (63). Et qui y contreviendra, qu’il soit puni au gré des officiers.

[XV] Combien les maîtres [qui sont] officiers et massier doivent avoir pour leur rétribution (64).

Nous statuons et ordonnons que les officiers et le massier qui seront [en fonction] à l’avenir doivent avoir pour leur rétribution chacun cinq sous bolonais au bout de six mois. Et que les officiers et le massier soient tenus de recouvrer toutes les amendes, sanctions et contributions avant de sortir de charge, à savoir chacun pour son quartier. Et s’ils ne les ont pas recouvrées dans le temps prescrit, qu’ils soient tenus de payer à la société de leur propre argent autant au total qu’ils n’ont pas recouvré. Et que les officiers et le massier soient écartés de toute charge durant un an après leur sortie de charge.

Et nous prescrivons que les officiers ne reçoivent pas de gages ni d’argent, mais que le massier reçoive intégralement la totalité des gages et de l’argent et, qu’avant leur sortie [de charge], il paye aux officiers Ieur rétribution sur les fonds des membres de la société.

[XVI] Des cierges qu’il faut faire pour [le compte de] la société pour les défunts.

Nous statuons et ordonnons que deux cierges soient achetés aux frais des membres de la société, lesquels devront rester par devers le massier de la société. Et qu’ils soient de seize livres de cire en tout, et ils devront être apportés auprès du corps lorsqu’un des maîtres décédera.

[XVII] Que tous les maîtres soient tenus de se rendre auprès d’un sociétaire défunt lorsqu’ils seront convoqués.

Nous statuons et ordonnerons que si l’un de nos sociétaires est appelé ou convoqué par le nonce ou par un autre à sa place afin de se rendre auprès d’un sien sociétaire défunt et qu’il ne s’y rend pas, il paye à titre d’amende douze deniers bolonais, à moins qu’il n’ait eu une autorisation ou un réel empêchement. Et le corps doit être porté par les membres de la société. Et le nonce de la société doit avoir de l’assemblée de la société XVIII deniers par mort sur les avoirs de la société (65). Et si le nonce n’est pas allé et venu pour rassembler les sociétaires, qu’il paye à titre d’amende XVIll deniers à la société. Et que les officiers et le massier soient tenus de recouvrer ces sommes.

[XVIII] Que les officiers soient tenus de visiter les sociétaires malades et de leur donner assistance.

Nous statuons et ordonnons que si l’un de nos sociétaires est malade, les officiers aient le devoir de le visiter s’ils l’apprennent et de lui donner aide et assistance. Et s’il décède et qu’il n’ait pas de quoi être enterré que la société le fasse enterrer honorablement à ses propres frais. Et que le massier puisse dépenser jusqu’à la somme de X sous bolonais et pas davantage.

[XlX] Que les nonces se déplacent aux frais de ceux qui ont été sanctionnés et qui négligent de fournir des gages.

Nous statuons et ordonnons que les officiers et les massiers qui seront [en fonction] à l’avenir, s’ils font prendre des gages sur un maître pour des contributions ou des sanctions ou d’autres motifs, perçoivent sur lui tous les frais qu’ils feront en [recourant] aux nonces de la commune de Bologne ou autrement pour les recouvrer, afin que la société n’en ait aucun débours. Et les officiers ou le massier qui feraient des frais pour cela, qu’ils les fassent à leur compte, à moins qu’ils ne fassent ces frais selon la volonté de la société ou de son conseil. Et si celui qui doit verser de l’argent pour cela ne laisse pas le nonce de la société prendre des gages sur lui, qu’il soit puni de trois sous bolonais chaque fois qu’il y aura contrevenu (66).

[XX] De ceux qui s’engagent par contrat (67).

Nous statuons et ordonnons que si quelqu’un s’engage avec quelqu’un par contrat (67), sans être resté et avoir accompli son temps auprès de son maître ou patron, il ne soit reçu avant le terme par aucun maître de la société, et qu’aucune aide ou assistance ne lui soit donnée par aucun maître qui l’aura appris ou à qui il aura été dénoncé. Et qui y contreviendra, qu’il soit puni de XX sous bolonais.

[XXI] Que nul n’aille recevoir de bénédiction qu’une seule fois.

Nous statuons et ordonnons que nul de la société n’aille recevoir de bénédiction qu’une seule fois. Et qui y contreviendrait, qu’il soit puni de six deniers bolonais à chaque fois (68).

[XXII] Que nul ne reçoive de bénédiction de sa propre autorité.

Nous statuons et ordonnons que, si quelqu’un reçoit la bénédiction de sa propre autorité, il soit puni de six deniers bolonais chaque fois qu’il y contreviendra.

[XXIII] Que nul ne doit se tenir au-delà de la corne de l’autel.

Nous statuons et ordonnons que personne ne doit se tenir auprès de la corne de l’autel, tourné vers l’église, sous peine d’une amende de III deniers chaque fois qu’il y aura contrevenu (69).

[XXIV] De la répartition équitable des corvées entre les maîtres.

Nous statuons et ordonnons que, si un officier ordonne à un maître de son quartier de se rendre à un travail pour la commune, en le traitant équitablement par rapport aux autres maîtres, et que [celui-ci] ne s’y rend pas, il soit puni de X sous bolonais. Et nul maître ne doit désigner un maître quelconque du mur et de la charpente en vue d’un travail pour la commune de Bologne ou ailleurs; et qui y contreviendra qu’il soit puni de XX sous bolonais. Les officiers qui seront [en fonction] à L’avenir devront faire cette désignation en répartissant équitablement les maîtres par quartier - c’est-à-dire les officiers qui seront [présents] dans la cité lorsque la désignation se fera. Et si un officier ne traite pas équitablement un maître, commettant [à son égard] dol ou fraude, ou s’il agit [poussé] par une hostilité qu’il a contre lui, et que cela est clair et manifeste, qu’il soit puni de XX sous bolonais. Sauf que, s’il est convoqué par le podestat ou quelqu’un de son entourage dans le but de s’occuper d’un ouvrage pour la commune de Bologne, il pourra s’associer à sa guise sans pénalité ni amende (70).

[XXV] Que l’on ne doit se lever dans une réunion de maîtres pour donner son avis que sur ce qui sera proposé par les officiers ou le massier.

Nous statuons et ordonnons que nul de la société ne doit se lever pour parler et donner son avis dans une réunion que sur ce qui sera proposé par les officiers ou le massier. Et qui y contreviendra, qu’il soit puni de XII sous bolonais, et qu’il paie incontinent cette somme ou qu’il donne un gage

[XXVI] Que l’on ne doit pas faire de bruit ni crier lorsque quelqu’un parle ou fait une proposition dans l’assemblée de la société des maîtres susdits.

Nous statuons et ordonnons que si quelqu’un fait du bruit dans une réunion après qu’un officier ou des officiers ou le massier ou quelqu’un d’autre a fait une proposition ou pris la parole au milieu des sociétaires, s’il y a contrevenu (71) qu’il soit puni de trois deniers et qu’il les paie incontinent. Et que les officiers et le massier soient tenus par serment d’agir ainsi (72). Et s’ils ne le perçoivent pas, qu’ils paient l’équivalent à la société.

[XXVII]  De la rétribution du nonce.

Nous statuons et ordonnons que la société ait un nonce—c’est-à- dire [un pour deux quartiers et] (73) un autre pour les deux [autres] quartiers; et ils doivent avoir, pour chacun d’eux, annuellement XXX sous bolonais. Et ils doivent apporter les cierges (74) si quelqu’un décède et aller les chercher au domicile du massier. Et [ils doivent recevoir] un denier pour chaque commission (75) de la part de ceux qui les en chargent.

[XXVIII] Comment et de quelle manière les sociétaires doivent se réunir pour un sociétaire défunt, et en quels lieux.

Nous statuons et ordonnons que si le défunt est du quartier de la porte Steri, les sociétaires se réunissent à Saint-Gervais. Et si le défunt est du quartier Saint-Procule, que les sociétaires se réunissent à Saint-Ambroise. En outre, si le défunt est du quartier de la porte de Ravenne, que les sociétaires se réunissent à Saint-Etienne. Et si le défunt est du quartier de la porte Saint-Pierre, que les sociétaires se réunissent à l’église Saint-Pierre. Et que les nonces soient tenus, quand ils convoquent les sociétaires, de dire de quel quartier est le défunt. Et s’ils ne le disent pas, qu’ils soient punis de deux sous bolonais chaque fois qu’ils y auront contrevenu (76).

[XXIX] Que chaque [membre] de la société soit tenu de payer chaque année IV [deniers] pour les messes.

Nous statuons et ordonnons que chaque [membre] de la société soit tenu de payer chaque année pour les messes IV deniers, et que les officiers soient tenus de recouvrer ces sommes.

[XXX] Que l’on ne puisse prendre un apprenti pour un temps moindre que quatre ans.

Nous statuons et ordonnons que personne de la société ne doit en aucune façon ni manière prendre ni garder un apprenti pour un temps moindre que quatre ans, et [à condition de lui donner] une paire de fouaces chaque [semaine] (77) et une paire de chapons à la fête de Noël et vingt sous bolonais dans cinq ans. Et qui contreviendra au délai de quatre [ans], qu’il soit puni de trois livres bolonaises. Et qui contreviendra aux vingt sous bolonais et aux fouaces et aux chapons, qu’il soit puni de vingt sous bolonais chaque fois qu’il contreviendra à chacun [de ces points].

Et nous prescrivons que tous les actes (78) soient dorénavant, à compter d’aujourd’hui, faits par le notaire de la société en présence de deux officiers au moins, et ils doivent être transcrits dans un cahier qui restera toujours par devers le massier. Et qui y contreviendra, qu’il paye à titre d’amende trois livres bolonaises. Et que cela soit irrévocable.

[XXXI] Que chacun soit tenu de montrer aux officiers le contrat de son apprenti dans [le délai d’] un an à partir du moment où il l’a.

Nous statuons et ordonnons que chaque [membre] de la société soit tenu dans [le délai d’] un an à partir du moment où il aura un apprenti de montrer l’acte aux officiers de la société. Et qui y contreviendra, qu’il soit puni de V sous bolonais chaque fois qu’il y contreviendra (79).

[XXXII] Que personne ne puisse prendre quelqu’un qui ne soit pas de la cité et du pays de Bologne ou [qui soit] de la domesticité de quelqu’un .

Nous statuons et ordonnons que personne de la société ne puisse garder ni ne doive avoir comme apprenti quelqu’un qui soit un domestique (80) ou [qui soit] d’un autre territoire. Et qui y contreviendra qu’il soit puni de C sous bolonais chaque fois qu’il y contreviendra. Et nous prescrivons que si quelqu’un de la société prend pour femme une domestique, il paye à titre d’amende X livres bolonaises et qu’il soit exclu de la société. Et que cela soit irrévocable (81).

[XXXIII] Que les maîtres soient tenus de faire recevoir les apprentis dans la société au bout de deux ans.

Nous statuons et ordonnons que chaque maître soit tenu de faire recevoir dans la société son apprenti après qu’il sera resté avec lui durant deux ans, et de recevoir de cet apprenti une bonne et suffisante garantie au sujet de son entrée dans la société. Et qui y contreviendra, qu’il soit puni de XX sous bolonais chaque fois qu’il y contreviendra, du moins s’il ne reçoit pas cette [garantie] (82).

[XXXIV] Que personne de la société ne doit travailler pour quelqu’un qui doit quelque chose à un maître. Très important (83).

Nous statuons et ordonnons que personne de la société ne doit travailler à la journée ou au forfait (84) pour quelqu’un qui doit donner ou payer à un maître de l’argent à cause de son métier, une fois qu’il l’a appris ou que la chose lui a été dénoncée par ce maître ou par les officiers de la société. Et qui y contreviendra, qu’il puni de XX sous bolonais par maître chaque fois qu’il y contreviendra, et qu’il paye aux maîtres [des dédommagements] pour leur travail. Et que les officiers soient tenus de donner les amendes dans les huit jours après que la chose leur est devenue claire et manifeste et de faire payer aux maîtres [les dédommagements] (85).

[XXXV] Que la société dure X ans.

En outre nous statuons et ordonnons que la société doit durer les dix années à venir, au total, ou davantage comme le décidera la société ou la majorité par scrutin.

[XXXVI] Que l’on ne se plaigne pas des ofliciers devant le podestat ou son tribunal.

En outre nous statuons et ordonnons qu’un maître de la société ne peut ni ne doit d’aucune façon ni manière aller devant le podestat ou son tribunal pour se plaindre des officiers ou de l’un d’eux. Et qui y contreviendra, qu’il paye à titre d’amende trois livres bolonaises chaque fois qu’il y contreviendra. Et que cela soit irrévocable.

[XXXVII] Publication des statuts.

Ces statuts ont été lus et rendus publics à l’assemblée de la société réunie par les nonces à la manière accoutumée dans le cimetière de l’église Saint-Procule (86), L’an du Seigneur 1248, indiction sixième, le huitième jour d’août, au temps du seigneur Boniface de Cario, podestat de Bologne (87).

[XXXVIII] Que le massier et les officiers soient tenus de recouvrer les contributions (88).

Nous statuons (89) et ordonnons que le massier des maîtres de la charpente soit tenu de recouvrer toutes les contributions imposées et les sanctions prononcées par (lui) et les amendes [données] durant (son) temps (90). Et s’il ne les recouvre pas, qu’il paye de son propre argent, à titre d’amende, le double (91). Et que le notaire soit tenu de recouvrer avec le massier ces contributions, sanctions, amendes et pénalités. Et que les officiers soient tenus d’aller chacun dans son quartier [recouvrer] ces contributions, sanctions et amendes. Et le nonce de la société doit [y] aller avec le massier et s’ils n’ [y] vont pas, qu’ils soient punis chacun de V sous bolonais chaque fois qu’ils y contreviendront.

[XXXIX] Que le nonce de la société doit rester en fonction une année.

Nous statuons et ordonnons que le nonce de la société doit rester [en fonction] une année, et qu’il ait pour sa rétribution XL sous bolonais (91 bis).

[XL] Du notaire de la société.

Nous statuons et ordonnons que les officiers et le massier doivent prendre un bon notaire pour la société, et qu’il reste [en fonction] une année; il doit inscrire les rentrées du massier et ses dépenses et faire toutes les écritures, modifications et statuts de la société, et il doit avoir pour sa rétribution XL sous bolonais.

[XLI] Que l’on doit faire deux livres des noms des maîtres de la charpente.

Nous statuons et ordonnons que l’on doit faire deux livres des noms des maîtres de la charpente, et qu’il en soit dans l’un [de ces] cahiers comme dans l’autre. Et le massier doit en détenir un et un autre maître doit détenir l’autre. Et si un maître décède, qu’il soit rayé de ces livres.

[XLII] Des comptes à rendre par les officiers et le massier.

Nous statuons et ordonnons que les officiers et le massier doivent rendre compte l’avant-dernier dimanche du mois, au-dessous de l’autel (92) de Saint Pierre.

[XLIII] De la confection d’un tableau (93).

Nous statuons et ordonnons que les officiers qui seront [en fonction] à l’avenir soient tenus chacun de faire faire un tableau (93) des noms des maîtres de la charpente selon ce que contient la matricule. Et si les officiers envoient quelqu’un au service de la commune de Bologne, il doit y aller selon son tour afin que nul ne soit lésé, sous peine d’une amende de V sous chacun chaque fois qu’il y aura contrevenu.....

 

 

[XLIV] Que nul ne doit dire de calomnie de la société.

 

Nous statuons et ordonnons, si quelqu’un de la société tient un propos injurieux ou outrageant (94) à propos de la société, qu’il soit puni de XX sous bolonais à chaque fois. Et que cela soit irrévocable. Et que les officiers soient tenus de recouvrer [ces sommes]. Et s’ils ne les recouvrent pas, qu’ils paient le double de leur propre argent.

 

 

[XLV] Que les officiers doivent être mis à l’écart.

 

Nous statuons et ordonnons que les officiers qui seront [en fonction] à l’avenir doivent être mis à l’écart, leur charge terminée, durant un an (95).

 

 

Additions aux statuts des maîtres (...) (96)

 

 

[XLVI] Que les sociétés doivent se réunir à part.

 

Nous statuons et ordonnons que la société des maîtres de la charpente doit se réunir à part là où le décideront les officiers de cette société, et que la société des maîtres du mur doit se réunir à part là où le décideront les officiers de cette société, et cela de telle façon qu’elles ne puissent se réunir tout ensemble. Sauf que si les officiers de ces sociétés décident de les réunir ensemble, elles pourront se réunir. Et les officiers doivent rester ensemble pour rendre compte à tous les maîtres du mur et de la charpente qui voudront leur demander des comptes deux fois par mois, à savoir deux dimanches (97).

 

 

[XLVII] De la rétribution des rédacteurs des statuts.

 

En outre nous statuons et ordonnons que les quatre préposés aux statuts (98) qui seront [en fonction] à l’avenir aient chacun deux sous bolonais pour leur rétribution.

 

 

[XLVIII] De la confection d’un cierge.

 

En outre nous statuons que soit fait aux frais de la société un cierge d’une livre qui devra brûler aux messes de la société.

 

 

[IL] Des cierges à donner chaque année à l’église Saint-Pierre.

 

En outre nous statuons et ordonnons que soient donnés chaque année aux frais de la société à l’église Saint-Pierre, cathédrale de Bologne, en la fête de Saint Pierre, au mois de juin (99), IV cierges d’une livre. Et que les officiers qui seront [en fonction] à l’avenir soient tenus de s’en acquitter, sous peine d’une amende de V sous bolonais pour chacun d’eux.

 

 

[L] Qu’un maître qui donne congé à son apprenti avant le terme ne puisse en avoir un autre.

 

Nous statuons et [ordonnons] que si un maître de la société des maçons (100) donne congé à un sien apprenti avant le terme de V ans, il ne puisse avoir un autre apprenti qu’une fois achevé le délai de V ans, sous peine d’une amende de XL sous bolonais (101).

 

 

[LI] De l’achat d’un poêle pour la société.

 

Nous statuons et ordonnons que le massier et les officiers qui seront [en fonction] au nouvel an soient tenus d’acheter un bon poêle pour la société sur les fonds de la société. Que le poêle soit porté au-dessus des [membres] de la société qui mourront ainsi que des [membres] de la famille de ceux qui sont de la société pour qui il sera acheté, mais pas au-dessus de quelqu’un qui n’est pas de la société (102).

 

 

[LII] De la rétribution du conseiller des anciens.

 

Nous statuons et ordonnons que le conseiller qui sera donné aux anciens de la société des maçons soit désigné par les officiers de cette société. Et qu’il ait pour sa rétribution V sous bolonais sur les fonds de la société dont disposent les officiers, s’il reste et demeure [en fonction] durant six mois. Et s’il reste trois mois, qu’il ait seulement II sous et six deniers bolonais (103).

 

 

[LIII] Que le massier et les officiers soient tenus de donner des comptes.

 

Nous statuons que les officiers et le massier de la société qui seront [en fonction] à l’avenir soient tenus de faire donner des comptes par chaque [membre] de la société des maçons à toute personne non [membre] de la société qui le demandera (104).

 

 

[LIV] Que l’on ne doit pas faire de bruit dans une assemblée.

 

En outre nous statuons et ordonnons que l’on ne doit pas faire de bruit ni de querelle dans une assemblée de la société. Et qui y contreviendra, qu’il soit puni de XX sous bolonais (105).

 

 

[LV] Que la société doit s’assembler à l’église Saint-Pierre.

 

En outre nous statuons et ordonnons que la société doit s’assembler pour toutes ses affaires à l’église Saint-Pierre ou au-dessus du palais du seigneur évêque. Et que les officiers de la société donnent à l’église Saint-Pierre IV cierges d’une livre. Et que la messe de la société soit célébrée dans cette église.

 

 

[LV] Qu’il faut avoir plusieurs nonces quand quelqu’un de la société

décède.

 

En outre nous statuons et ordonnons que, quand quelqu’un de la société décède, les officiers de la société puissent avoir un et plusieurs nonces pour faire assembler les sociétaires auprès du corps du défunt et le ou les dédommager comme bon leur semblera sur les fonds de la société (106).

 

 

[LVI] De ceux qui ne versent pas l’argent des messes (106).

 

En outre nous statuons et ordonnons que si quelqu’un ne paie pas IV deniers bolonais pour les messes au terme qui lui est fixé par les officiers, il verse le double au nonce qui ira à son domicile pour recouvrer cette somme.

 

 

[LVIII] Des copies des statuts de la société.

 

En outre nous statuons et ordonnons que tous les statuts de la société soient copiés de nouveau et que là où [L’on dit] les officiers du mur et de la charpente on dise seulement du mur, de façon que les statuts de la société du mur soient distincts de ceux de [la société de la charpente. Et que cela soit irrévocable.

 

 

[LIX] Du gage qu’il faut donner au nonce de la société.

 

En outre nous statuons et ordonnons que si un [membre] de la société ne donne pas au nonce de la société un gage lorsque cela lui est demandé de la part des officiers (107), on ne doit pas travailler avec lui, sous peine d’une amende de vingt sous bolonais chaque fois qu’on travaillera avec lui, à moins qu’il ne vienne à se conformer aux ordres des officiers.

 

 

[LX] De la rétribution du notaire de la société.

 

En outre nous statuons et ordonnons [que] le notaire de la société ait pour sa rétribution au bout de VI mois XX sous bolonais et pas davantage (108)

 

 

[LXI] De la rétribution des contrôleurs des comptes.

 

En outre nous statuons et ordonnons que les contrôleurs des comptes doivent avoir pour leur rétribution V sous bolonais et pas davantage.

 

                     (Traduit du latin par J.-F. VAR).

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Les statuts de Ratisbonne

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

LES STATUTS DE RATISBONNE (1498)

            Les “ statuts de Ratisbonne ” sont probablement le dernier texte de l’époque dite de la “Franc-Maçonnerie opérative ”. Christophe Colomb vient juste de “ découvrir ” l’Amérique (1492), la première Bible imprimée par Gutemberg (1448) a juste 50 ans, Luther n’a que 15 ans. Bientôt la Renaissance sera là, les guerres de religion aussi. En ce qui concerne notre sujet, on entre dans les deux siècles dits “ de transition ” entre la Franc-Maçonnerie “ opérative ” et la Franc-Maçonnerie “spéculative ”.

Statuts de l’association des tailleurs de pierre et maçons.

            Au nom de Dieu le Père, du Fils, du Saint-Esprit et de sainte Marie, mère de Dieu, de ses bienheureux saints serviteurs, les quatre saints couronnés de mémoire éternelle, nous considérons que pour conserver amitié, union et obéissance, fondement de tout bien, de toute utilité et bienfait de tous, princes, comtes, seigneurs, localités et couvents, devenus actuellement et dans le futur, Églises, bâtiments de pierre ou constructions, nous devons former une fraternelle communauté ; cela pour le bien et l’utilité de tous les Maîtres et Compagnons du corps de métier des travailleurs de pierre et des maçons en terre allemande, sur tout pour éviter toute discussion, échec, souci, dépenses et dommages provenant de désordres et de transgressions à la bonne règle. Nous nous engageons pour opérer tous les règlements pacifiquement et à l’amiable. Pour que notre entreprise chrétienne soit valable en tout temps, nous, Maîtres et Compagnons de ce dit métier, originaires de Spire, Strasbourg et Ratisbonne, en notre nom et au nom de tous les autres Maîtres et Compagnons du dit métier ci-dessus mentionné, nous avons rénové et clarifié les vieilles traditions et nous nous sommes constitués dans un esprit fraternel en un groupement et nous sommes engagés à observer fidèlement les règlements ci-dessous définis et cela pour nous mêmes et pour nos successeurs.

1) Celui qui veut entrer dans notre organisation fraternelle doit promettre d’observer tous les points et articles qui sont mentionnés dans ce livre.

2) Si un travailleur qui avait entamé un ouvrage honnêtement conçu venait à mourir, il faut que n’importe quel autre Maître expert en la matière puisse continuer l’Oeuvre pour la mener à bonne fin.

3) S’il se présente un compagnon compétent en la matière qui désire de l’avancement après avoir servi dans cette branche, on peut l’accepter.

4) Si un Maître vient à mourir sans avoir achevé l’Oeuvre entreprise et qu’un autre Maître s’y

attelle, celui-ci doit la mener à bonne fin sans l’abandonner à un troisième, et cela afin que ceux qui ont commandé le travail en question ne se trouvent pas engagés dans des frais exagérés qui porteraient préjudice à la mémoire du défunt.

5) Si un nouveau chantier se formait alors qu’il n’en existait pas auparavant, ou si un Maître mourait et qu’un autre le remplaçât, qui ne fit pas partie de cette corporation, il faut que le Maître qui détient les documents et les statuts de la corporation en vigueur dans cette région convoque un Maître remplaçant pour cette corporation et lui fasse jurer et promettre de maintenir tout en règle, selon le droit des travailleurs de pierre et des maçons ; quiconque s’opposerait à cette loi ne recevrait aucun soutien ni de Compagnon ni de Maître et aucun Compagnon de cette corporation n’entrerait dans son chantier.

6) Celui qui est sous la dépendance d’un seigneur, qu’il soit Maître ou Compagnon, ne doit être accepté dans la corporation qu’avec l’assentiment de son seigneur.

7) Si un chantier a été mis en train par exemple à Strasbourg, Cologne, Vienne et Passau, ou

autres lieux du même ressort, personne venant de l’extérieur ne doit en tirer profit.

8) Le Maître qui entre dans une telle entreprise (en cours) doit laisser le salaire jusqu’alors en usage.

9) Le salaire convenu doit revenir intégralement aux compagnons de la première heure.

10) Il (le Maître) doit en toutes circonstances se comporter avec correction envers les Compagnons, selon le droit et la coutume des tailleurs de pierre et maçons, conformément aux usages de la région.

11) Si un Maître a entrepris un chantier et que d’autres Maîtres viennent à passer, ceux-ci ne doivent en aucune manière prendre position avant que le premier se soit désisté de l’entreprise. Naturellement, ces derniers doivent être compétents. 12) Les Maîtres en question doivent conduire leurs travaux de telle manière que les bâtiments construits par eux soient impeccables durant le laps de temps déterminé par les usages de leur région.

13) S’il convient à quelque Maître d’entreprendre un autre travail concurremment au sien et qu’il ne puisse le mener à bonne fin et qu’un autre Maître s’y adonne, celui-ci doit le pousser à achèvement afin que l’Oeuvre ne reste pas inachevée. Mais si ce dernier n’a pas la compétence voulue pour aboutir comme il convient, il doit être repris et puni afin qu’on sache à quoi s’en tenir sur son compte.

14) Le ou les Maîtres qui entreprennent de pareils travaux ne doivent prendre à louage

de services que ceux qui sont compétents en la matière.

15) Si un Maître vient entreprendre un travail pour lequel il n’est pas compétent, aucun

Compagnon ne doit l’assister.

16) Deux Maîtres ne doivent pas entreprendre le même travail, à moins que l’on ne puisse terminer le travail dans le cours de la même année.

17) Chaque Maître qui réside dans son chantier ne doit pas avoir plus de deux aides. Et s’il avait un ou plusieurs chantiers extérieurs, il ne peut dépasser dans chacun d’eux plus de deux aides afin qu’il ne dépasse pas cinq aides dans l’ensemble de ses chantiers. Mais s’il perd un chantier, il doit employer les aides de celui-ci dans son autre chantier jusqu’à ce que la période d’engagement de ses aides soit révolue et il ne doit pas engager d’autres aides jusqu’à ce que le travail soit achevé.

18) Si un aide vient à faire défaut à un Maître, le Maître peut en engager un autre pour un trimestre jusqu’à ce que le temps de travail de l’autre soit échu.

19) Quand un aide sert un Maître conformément aux statuts de la corporation et que le Maître lui a promis de lui confier certains travaux et que l’aide désire en faire encore davantage, il pourra s’entendre avec le Maître à bon droit pour le servir plus longtemps.

20) A tout entrepreneur qui dirige un chantier et à qui est dévolu le pouvoir juridique sur cette corporation pour régler tout différend qui pourrait survenir entre les constructeurs, obéissance est due par tous les Maîtres, Compagnons et aides. 21) Au cas où une plainte parvient au

Maître, il ne doit pas prononcer seul une sentence, mais s’adjoindre deux autres Maîtres les plus proches et les Compagnons qui appartiennent à ce chantier. Ensemble, ils éclairciront la question qui ensuite devra être portée devant toute la corporation.

22) Tout Maître qui a la responsabilité des statuts de la corporation doit les faire lire à ses

Compagnons une fois par an et si, dans le courant de l’année, il vient un Maître ou un Compagnon qui désire connaître les statuts en tout ou en partie, il doit leur en faire prendre connaissance afin qu’il n’y ait aucune équivoque. 23) S’il arrive que deux Maîtres ou davantage appartenant à cette corporation aient des différends sur des sujets étrangers à la profession, ils ne doivent pas s’adresser ailleurs qu’à la corporation, laquelle jugera de son mieux.

24) Aucun entrepreneur ou Maître ne doit vivre ouvertement en concubinage. S’il ne s’en abstient pas, aucun Compagnon ni tailleur de pierre ne doit rester dans son chantier ni avoir rien de commun avec lui.

25) Afin que l’esprit de fraternité puisse se maintenir intégral sous les auspices divins, tout

Maître qui a la direction d’un chantier doit, dès qu’il est reçu dans la corporation, verser un gulden.

26) Tous les Maîtres et entrepreneurs doivent avoir, chacun, un tronc dans lequel chaque Compagnon doit verser un pfennig par semaine. Chaque Maître doit recueillir cet argent et tout autre venu dans le tronc et le remettre chaque année à la corporation.

27) Dons et amendes doivent être versés dans les troncs de la communauté, afin que le service divin soit d’autant mieux célébré.

28) Si un entrepreneur ne se soumet pas aux règlements et veut néanmoins exercer son métier, aucun Compagnon ne doit aller dans son chantier et les autres Maîtres doivent l’ignorer.

29) Si un Maître n’est pas encore entré dans la corporation, s’il ne se déclare pas hostile à la

corporation et qu’il prenne un Compagnon, il ne sera pas sanctionné pour ce fait.

30) Si un Compagnon se rend chez un autre Maître de vie honnête en demandant à être embauché, il peut l’être dans la mesure où il continue à remplir ses obligations envers la corporation.

31) Et s’il arrive qu’une plainte soit portée par un Maître contre un autre Maître, par un Compagnon contre un autre Compagnon ou contre un Maître, ces plaintes doivent être portées devant les Maîtres qui détiennent les livres de la corporation. Ceux-ci précisent les jours où les parties doivent être entendues et la cause sera jugée dans les lieux où ont été conservés les livres de la corporation.

32) On ne doit pas accepter dans la corporation de Maître ou d’entrepreneur qui n’a pas communié dans l’année ou qui ne pratique pas, ou qui gaspille son avoir au jeu. Si d’aventure un quelconque de cette catégorie avait été coopté, aucun Maître, aucun Compagnon ne doit avoir de contact avec lui jusqu’à ce qu’il ait changé de vie et subi une punition par la communauté.

33) Le Maître qui a la charge des livres doit promettre à la corporation d’en prendre soin et de n’en laisser prendre copie à personne ni de les prêter à qui que ce soit, afin qu’ils restent intacts. Mais si quelqu’un de la corporation a besoin de copier un ou deux articles, on peut lui

prêter les livres ou lou un Compagnon copie un ouvrage à l’insu du Maître auteur de cet ouvrage, il doit être renvoyé de la corporation ; aucun Maître ou Compagnon ne doit avoir contact avec lui et aucun Compagnon ne doit s’associer à ses travaux tant qu’il n’aura pas fait amende honorable.

35) Egalement, un Maître ayant entrepris un travail et dresse un plan ne doit pas modifier ce plan, mais doit le réaliser suivant l’usage du pays.

36) Si un Maître ou un Compagnon procède a des dépenses pour la communauté, il doit les

justifier et la communauté doit les lui rembourser. Si quelqu’un a des différends avec la justice ou dans d’autres circonstances qui concernent la corporation, celle-ci lui doit aide et protection.

37) Si un Maître ou un Compagnon est en difficulté avec la justice ou autrement, chacun, qu’il soit Maître ou Compagnon, lui doit aide et assistance, conformément aux engagements de la corporation.

38) Si un Maître n’a pas reçu la totalité de son dû, la construction une fois achevée, il n’a pas l’autorisation de prélever des intérêts. A l’inverse, un Maître qui a avance de l’argent à une personne ou à une ville pour mener à bonne fin une construction ne doit pas non plus prélever intérêts.

39) Si un Maître doit construire des fondations et qu’il ne puisse aboutir, faute de main-d’oeuvre qualifiée, il a toute latitude pour s’adresser a des maçons, afin que les personnes ou les villes qui ont passé la commande ne restent pas dans l’embarras.

40) Tous les Maîtres et les Compagnons qui se sont engagés par serment à observer les règlements de la corporation doivent être fidèles à leurs engagements. Si un Maître ou un Compagnon a enfreint l’un des articles du règlement, il doit expier en conséquence et est ensuite tenu quitte d’observer l’article en question.

41) A Ratisbonne, en l’an 1459, quatre semaines après pâques, il a été décidé que le Maître d’oeuvre Jobst Dotzinger, qui a construit notre cathédrale et plusieurs établissements religieux à Strasbourg, sera considéré ainsi que ses successeurs comme le président et le juge et cela est également valable pour Spire et Strasbourg.

42) Tous les Maîtres qui possèdent un tronc dans les chantiers où il n’existe pas de tronc de la corporation seront responsables des espèces vis-à- vis des Maîtres qui détiennent les livres de la corporation et, là où ces livres seront détenus, un service divin doit être célébré. S’il se produit le décès d’un Maître ou d’un Compagnon dans des chantiers où il n’existe pas de livre de la corporation, ce décès doit être annonce au Maître qui tient les livres de la corporation. ès que l’annonce du décès lui parvient, il fait célébrer une messe pour le repos de l’âme du défunt. Tous les Maîtres et Compagnons doivent être présents et verser une obole.

43) Dans un chantier où on tient un livre de corporation, le contenu des troncs des plus proches chantiers doit être versé.

44) Aucun Maître ou Compagnon n’appartenant pas à la corporation ne doit recevoir le moindre enseignement.

45) On n’a pas le droit de recevoir de l’argent en rétribution de l’enseignement que l’on dispense, mais rien n’empêche d’enseigner gratuitement tous ceux qui désirent s’instruire.

46) Si un homme pieux désire participer au service divin, on doit l’accueillir. Mais, à part le service divin, il ne doit pas participer au travail de la corporation.

47) En l’année 1459, quatre semaines après pâques, les Maîtres et les ouvriers de cette corporation qui ont été à Ratisbonne ont juré fidélité sur le livre.

                                                                                   Jobst Dotzinger, le maître d’oeuvre de Strasbourg.

ANNEXES

Règlement concernant Apprentis et Compagnons

1) Si un ou plusieurs Compagnons viennent, au cours de leur tour d’Allemagne, dans ses chantiers, le Maître doit leur assurer le même salaire qu’ils touchaient auparavant. Et s’ils n’avaient pas prête serment antérieurement, le Maître leur ferait exécuter cette formalité. S’ils s’y refusent, personne ne doit les engager.

2) Le Maître ne doit engager aucun Compagnon qui mène une existence dissolue, ou qui vit avec une concubine, ou qui ne se confesse pas une fois l’an et ne communie pas, ou qui gaspille son gain au jeu.

3) Si un Compagnon se présente dans l’entreprise et demande à y être engagé, il ne doit pas être agréé, à moins que celui chez qui il a fait son apprentissage ait été lui-même un Maître maçon.

4) Le postulant ne doit s’adresser à personne d’autre sous peine de punition.

5) Tout Compagnon itinérant qui est engagé dans une entreprise doit obéissance au Maître ou à son adjoint, selon les règles et les usages de la corporation.

6) Aucun Compagnon itinérant qui est en place ne doit dire de mal de son employeur ni atteindre dans son honneur. Mais si l’employeur a enfreint les règles de la corporation, chacun peut le dénoncer.

7) Quand un itinérant quitte l’entreprise, il ne doit laisser ni dette, ni sujet de plainte. 8) Si un employeur veut se séparer d’un itinérant, il doit lui donner son congé seulement un samedi ou un soir de paie, afin qu’il soit en mesure de voyager le lendemain, à moins qu’il ait une raison valable d’agir autrement.

9) Un parleur (surveillant ou gâcheur) doit servir son Maître avec fidélité, selon la loi et la coutume, il ne doit jamais lui nuire en action ni en paroles, ni personnellement, ni par personne interposée.

10) Tout Compagnon itinérant doit promettre aux membres de la corporation de respecter toutes les règles corporatives et celui qui s’y refuserait ou qui commettrait une infraction ne doit plus être engagé par aucun entrepreneur qui viendrait a l’apprendre. 11) Si un Maître ou un Compagnon de la corporation tombe malade et s’il ne peut subvenir à ses besoins, la corporation lui doit aide et soutien et, s’il est dans le besoin, elle doit lui prêter argent nécessaire pour les soins qu’il s’engagera à rembourser par la suite. S’il mourait, on doit lui reprendre ce qu’il a laisse (vêtements ou autres choses) jusqu’à ce que les frais soient couverts.

12) Si un Compagnon arrive chez un Maître qui n’a pas le livre de la corporation et qu’il sollicite une place, le Maître peut l’employer tout en l’inscrivant dans la corporation et en lui donnant le salaire réglementaire. Si le Maître n’a pas d’argent, il doit recommander le Compagnon au plus proche de ses collègues qui possède le livre corporatif ainsi que les troncs. On doit lire les ordonnances au Compagnon qui doit jurer qu’il s’y conformera.

13) Si un Compagnon a servi chez un Maçon et non chez un entrepreneur et qu’il veuille entrer dans la corporation, il doit travailler deux ans sans salaire chez un entrepreneur. S’il n’accepte pas, il ne sera pas admis dans la corporation. D’ailleurs, chaque Maître qui détient un livre corporatif doit agir selon les circonstances. 

Règlement concernant les Apprentis

1) Aucun Maître ni entrepreneur ne doit engager un apprenti qui ne soit pas marié. Et il y a lieu, en outre, de lui demander si ses père et mère sont maries.

2) Aucun Maître ni entrepreneur ne peut engager aucun aide pour un délai de moins de six ans.

3) 11 ne doit pas non plus en faire un contremaître avant l’expiration de ce délai.

4) Et il ne doit pas en faire un contremaître avant que celui-ci ait accompli un tour de Compagnonnage d’un an.

5) Le Maître ou l’entrepreneur doit faire promettre à l’apprenti d’observer les statuts et règles de la corporation.

6) Si un Apprenti quitte son employeur sans une cause légitime avant l’expiration de son engagement, aucun autre employeur ne doit l’engager. Aucun Compagnon ne doit frayer avec lui, avant son retour chez son employeur, auprès duquel il doit achever son temps d’apprentissage et lui donner toute satisfaction, moyennant quoi il recevra un certificat. Aucun Apprenti ne doit verser d’indemnité à son employeur, sauf pour cause de mariage avec le consentement de son employeur, ou pour tel motif légitime qui l’y contraigne, lui ou son employeur.

7) Si un Apprenti a l’impression que son Maître lui a cause des préjudices, il peut porter la question devant les entrepreneurs et les Maîtres de la même région, au risque d’ailleurs d’être évincé et d’aller ailleurs.

8) Si un Apprenti se conduit mal au point de vue sentimental et en dehors du mariage, il doit perdre le bénéfice de ses années d’apprentissage, en examinant toutefois son cas avec compréhension.

9) Si un Maître, Compagnon ou Apprenti a enfreint le règlement, il doit se soumettre avec obéissance à la sanction. Si l’un d’eux s’y refuse, il doit être exclu de la corporation jusqu’à ce qu’il ait été sanctionné. Il sera évité et méprisé de tous.

                                                                                   Soli Deo Gloria.

 

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Charte de Cologne

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

 

La Charte de Cologne de “ 1553 ”

 

C’est un “ vrai faux ” dont on s’étonne que certains fassent encore usage.

1°Le texte, d'après la traduction du frère Bobrick.

Pour la plus grande gloire du Dieu Tout-Puissant. “ Nous maîtres élus de, la vénérable confrérie vouée à saint Jean ou membres de la franc-maçonnerie, représentant des logés, établies à Londres, Vienne, Amsterdam, Paris, Lyon, Francfort, Hambourg, Roterdam, Madrid, Venise, Gand, Königsberg, Bruxelles, Dantzig, Middelbourg, Brême et Cologne, nous nous sommes réunis dans cette ville de Cologne, l'année, le mois et le jour précisés ci dessous, et nous avons tenu chapitre sous la présidence du maître de cette loge colonaise, frère respectable, érudit, sage et prudent, qui, par suite de notre vote unanime, a été appelé à diriger ces négociations; et, par cette circulaire adressée à toutes les loges susmentionnées, et signée de tous les frère de l'ordre, nous faisons la déclaration suivante

“ Nous avons considéré, comment, dans ces temps pleins de malheurs, troublés par les discordes civiles et par des luttes d'une autre nature, notre confrérie et tous les frères appartenant à cet ordre francmaçonnique ou de Saint-Jean, s'entendent reprocher des intentions, des tendances en partie secrètes, en partie publiques, et qui sont complétement étrangères non seulement à nous en particulier, mais encore à l'esprit, au but et aux prescriptions de ladite confrérie..., Il est d'ailleurs généralement répandu que nous, membres de cet ordre, nous sommes chargés de ces accusations parce que nous restons étroitement unis par les liens indissolubles de mystères et de contrats respectés de tout temps, et surtout dans le but de nous livrer d'autant mieux aux injures des non initiés et des profanes, à la répulsion générale. Or, on nous accuse a de vouloir rétablir l'ordre des Templiers; on dit que pour ce motif, nous sommes publiquement accusés : n d'être unis et ligués dans le but de récupérer les richesses et les possessions de cet ,ordre, en tant que membres, et de venger la mort violente du dernier grand-maïtre sur les descendants des rois et des princes qui furent coupables de ce meurtre, et qui halèrent là ruine de l'ordre. On nous accuse encore d'avoir, dans ce but, suscité des divisions religieuses dans l'Église, des séditions et des révoltes dans 'les seigneuries et royaumes temporels; d'être pleins de haine et de rage contre le pape, comme chef suprême du clergé, et contre l'empereur et tous les rois; de n'obéir à aucune autorité non initiée, mais seulement aux chefs et maîtres élus dans notre confrérie, qui est répandue sur tout le globe terrestre, d'exécuter leurs ordres secrets et leurs plans arrangés en silence, à l'aide d'une correspondance secrète; de n'accorder à personne l'accès de nos mystères, avant d'avoir éprouvé sa force d'âme par des souffrances corporelles et de l'avoir lié et affilié à nos secrets par un abominable serment.

“ C’est pourquoi en considération de toutes ces calomnies, nous regardons comme utile, comme très nécessaire d’exposer le vraie situation,“ C'est pourquoi, en considération de toutes ces calomnies, nous regardons comme utile, comme très nécessaire, d'exposer la vraie situation,

l'origine et le but de notre ordre, de la manière dont l'ont enseigné les maîtres les plus distingués, les plus expérimentés dans notre art et les plus éclairés par les doctrines de cette institution. Et nous voulons en'suite suite soumettre cette exposition, comme un document conçu, rédige signé par nous, à tous les chapitres et à toutes les loges de notre sociiété afin que ce soit, pour tous les temps, un témoignage du renouvellement de notre contrat, et de l'honnêteté véritable de nos vues. Et si, dans cette tendance de jour en jour croissante des citoyens et des peuples à la haine, à l'envie, à l'intolérance et à la guerre, notre confrérie éprouvait trop de difficultés à sauvegarder son essence ou sa constitution, ou à se répandre dans quelques contrées de la terre, ou à se soutenir elle-même inébranlable, intacte et pure dans le cours du temps, il pourra rester de cette circulaire, pour des circonstances et des temps meilleurs une ou plusieurs copies authentiques, sinon toutes, qui pourront, si l'ordre est ébranlé jusqu'à en trembler sur ses bases, être pour lui comme le fil à plomb d'après lequel on réédifiera l'ensemble, et s’il dégénère ou qu'il s'écarte de son but final, le ramèneront à son véritable esprit. Par cet écrit, adressé à tous les vrais chrétiens, rédigé daprès les plus anciens documents et d'après la concordance des monuments qui nous sont restés sur les vues, sur les usages, sur les coutumes de notre ordre antique et mystérieux, nous, maîtres élus, guidés par nos aspirations vert la vraie lumière, pour les raisons exposées ci-dessus, nous conjurons, par notre vœu le plus sacré, tous les compagnons  qui pourront avoir en mains cet écrit, aujourd'hui et dans l'avenir, “ de ne jamais renoncer et abandonner ces indices authentiques de la vérité ”

En outre, nous donnons, aussi bien au monde initié qu'au monde non initié, dont le bonheur à tous deux nous est à cœur et stimule notre activité dans le travail, les instructions suivantes :

“  a a. La confrérie, ou l'ordre dés francs-maçons unis entre eux par les règles sacrées de saint Jean, ne tire son origine ni des chevaliers du. Temple, ni d'aucun ordre ecclésiastique ou séculier, ni d'un seul, ni  de plusieurs réunis. Elle n'a pas la moindre communauté avec eux; ni  directement, ni par quelque intermédiaire; elle est plus ancienne que tous ces ordres, et a existé aussi bien en Palestine et en Grèce que dans  les autres parties de l'empire romain, même avant les croisades, c'est-à-dire avant les temps où lesdits chevaliers se montraient en Palestine.

Ce fait nous a été révélé et prouvé par différents documents dont l’ancienneté est dûment établie. Notre confrérie a vu le jour au temps où un petit nombre d'initiés, possédant la vraie doctrine de la vertu etmunis de l'explication véritable de la doctrine secrète, se séparèrent de la foule, à cause des nombreuses sectes opposées les unes aux autres, et qui toutes faussaient l'enseignement chrétien. Car, à ce temps, ces hommes instruits et éclairés se draient, en vrais chrétiens qui avaient su se préserver des erreurs du paganisme : “ Une religion entachée d'erreurs engendre des dissensions en matière de foi, et non pas la paix; engendre des guerres horribles, mais non pas la tolérance et l'amour. n C'est pourquoi ils se sont engagés, par le serment le plus sacré, à conserver plus pures et plus correctes les doctrines fondamentales de la religion, qui inspirent la vertu et qui sont innées à l'esprit humain; à s'y consacrer entièrement, afin que, de cette façon, la vraie lumière se relève de plus en plus des ténèbres, pour combattre la superstition, et pour établir solidement parmi les hommes la paix et le bien-être, grâce à la pratique de toutes les vertus humaines. Dans ce début qui promettait beaucoup, les maitres de cette confrérie furent appelés maîtres de Saint-Jean, parce qu'ils avaient choisi pour exemple et pour symbole Jean-Baptiste, l'avant-coureur de la lumière naissante. De plus, ces hommes dont les paroles et les écrits étaient un véritable enseignement, furent appelés maîtres, dans la langue du temps. Ceux-ci choisirent, parmi les apprentis les plus expérimentés, des aides (appelés, dans la suite, compagnons), tandis que les autres, appelés mais non élus, étaient nommés écoliers ou apprentis, selon la coutume des philosophes hébreux, grecs et romains.

“  b. Notre confrérie consiste, maintenant comme auparavant, dans les trois grades d'apprenti, de compagnon, de maître; ce dernier grade se composait des maures, des maîtres élus et des très hauts maîtres élus. Par contre, toutes les sociétés ou confréries qui tolèrent un plus grand nombre de divisions et de dénominations dans ces grades, on qui se supposent une autre origine, ou qui s'associent à des mouvements politiques ou religieux, ou qui jurent haine et inimitié à quelqu'un, ou qui, enfin, usurpent le nom de frères et de francs-maçons, et qui prétendent suivre le' saintes prescriptions de saint Jean, tous ceux-là n'appartiennent pas à notre ordre, et seront repoussés et reniés par lui comme des schismatiques.

“ c. Sous ces docteurs et ces maîtres de l'ordre, qui s'adonnaient aux sciences mathématiques, astronomiques et autres, et après leur dispersion sur tout le globe terrestre, il se fit un échange mutuel des connaissances et des lumières. De là vint qu'on commença à choisir encore un maître parmi les maîtres déjà élus, et celui-ci, dominant tous les autres, était honoré comme le plus grand maître élu ou patriarche, connu des maître élus seuls, de sorte qu’il fut regardé comme le chef directeur visible et invisible de tout notre ordre. De même aujourd’ui encore, conformément à cette disposition, le plus grand maître élu ou patriarche existe effectivement quoique connu du plus petit nombre.

Après avoir exposé ce fait, d'après les plus anciens parchemins  et documents, nous décrétons et arrêtons, sous l'approbation, l'assentiment et le consentement de notre patriarche, en vertu de l'observation minutieuse des saints actes, confiés désormais au soin de notre chef et de son successeur

“  d. La direction de notre société et la manière dont les rayons de l'étoile flamboyante doivent être distribués et répandus parmiles frères éclairés et l'humanité non initiée. Ils ont à veiller à ce que les Frères, de quelque rang et de quelque état qu'ils soient, n'entreprennent rien contre les vais principes de notre confrérie. De même il leur incombe aussi de défendre la confrérie et de la maintenir intacte, et de les protéger en toute occurrence. Ils doivent, aussi souvent que le besoin s’en fera sentir, la soutenir au prix de leurs biens et au péril de leur vie, contre toutes les attaques et tous les ennemis.

“  e. Nulle part, nous n'avons pu nous renseigner d'une manière convaincante, si notre confrérie a existé sous un autre nom que cé1ui de Frères de Saint-Jean, avant l'année 1440 de notre ère; mais, comme nous avons pu le voir dans les documents, c'est alors seulement qu’elle. a commencé à être désignée sous le nom de confrérie franc-maconnique, nommément à Valenciennes, en Flandre, et dans quelques endroits du Hainaut, parce que, sous les auspices et aux frais de ces Frères, on commença à bâtir des hospices et des maisons d'asile pour les pauvres attaqués par la maladie appelée feu Saint-Antoine.

“  f. Quoique, dans l'accomplissement de nos devoirs de charité, nous n'ayons égard ni aux religions ni aux pays, nous regardons cependant jusqu'ici comme nécessaire et plus sûr de n'admettre dans notre ordre personne qui, dans la vie profane ou dans le monde non éclairé ne se reconnaisse chrétien. A l'inspection et à l'examen de ceux qui se présentent pour l'admission au premier grade, c'est à dire au grade d’pprenti, on n'appliquera pas de souffrances corporelles, mais seulement. des moyens d'épreuve, qui servent à sonder la force d'esprit, les tendances et les sentiments du novice.

“  g. Aux devoirs qui sont expressément ordonnés, et auxquels  on devra s'engager par un serment solennel, appartiennent aussi  la fidélité et l'obéissance à l'égard de

légale. l'autorité temporelle, établie d'une manière légale.

“  h. Les principes qui règlent toutes nos actions et tous nos efforts, où et si loin qu'ils puissent tendre, sont exprimés dans les prescriptions suivantes : “  Aime et regarde tous les hommes comme tes frères et tes alliés par le sang; donne à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César. ”

“  i. Les mystères et les doctrines secrètes, qui devront servir à cacher nos oeuvres, ne visent qu'à accomplir sans faste nos devoirs, et à exécuter nos projets sans trouble.

“  k. Tous les ans, sons célébrons la mémoire de saint Jean, comme l'avant-coureur de Jésus-Christ et le protecteur de notre ordre.

“  l. Ces cérémonies de notre ordre et les autres qui s'y rattachent et s'y unissent diffèrent complètement des usages ecclésiastiques ; les Frères lés représentent soit par des signes, soit par des mots d'ordre, soit de toute autre manière.'

“  m. Celui-là seul sera reconnu frère de Saint-Jean ou franc-maçon, qui a été initié d'une manière légale, avec l'aide et sous la présidence d'un maître choisi, et avec la coopération de sept frères au moins, et qui sera en état de prouver son admission par les signes et les mots de reconnaissance dont se servent tous les frères. Parmi ces signes et ces mots, oh comprend également ceux qui sont en usage dans la loge d'Édimbourg ou dans ses loges et ateliers affiliés, de même que dans les loges de Hambourg, de Rotterdam et de Venise. Les fonctions et les travaux de ces loges étaient conformes au rite écossais; mais, au point de vue de l'origine, du but et de la constitution fondamentale, ils ne diffèrent guère de ceux en usage parmi nous.

“  n. Ainsi, tandis que notre confrérie doit être dirigée, comme un tout, par un seul chef général,, et les diverses assemblées de maures qui la composent, par divers pays et États, il n'y a rien de plus nécessaire qu'une certaine uniformité de toutes les loges dispersées sur le globe terrestre comme les membres d'un seul corps anis ensemble; il n'est rien de plus nécessaire qu'une correspondance qui établisse t'harmonie entre toutes les loges et entre leurs doctrines; c'est pourquoi cet écrit, qui révèle la nature et l'esprit de notre société, sera envoyé à tous les eolléges de maîtres dont se compose actuellement l'ordre.

“  De cette circulaire, rédigée pour les motifs énoncés ci-dessus de la manière qu'on voit, il a été émis dix-neuf copies exactement semblables! appuyées et autorisées par nos signatures et nos paraphes

“ A Cologne sur le Rhin, en l'année mil cinq cent vingt-quatrième jour du mois de juin, d'après l'ère appelée chrétienne

“ -~- HARMANUS ; CARLTON ; J0. BRUCE ; FR. V. UPNA ; CORNELIS

 BANNING ; DE COLLIGNI ; VIRIEÛX ; JEAN SCHRODER ; HOFFMAN,

 1535; ICOBUS PREPOSITUS ;  A. NOBEL; IGNATIUS DELLA TORRE ;

 DORIA; J. UTTINHOVE ; FALCK ; NICOLAS VAN NOOT ;

PHILIPPE  MELANTHON ; HUYSSEN ; WORMER ABEL. ”

2' Les écrits de Bobrick, de Kloss et de Swetschke.

Aussitôt que le document dit de Cologne eut été connu, les uns se prononcèrent pour, les autres contre son authenticité. Ces controverses furent animées par les recherches du  Frère Breitschneider, sur la question de savoir si Mélangthon avait  été véraitablement à Cologne. En 1835, paru un écrit intitulé Sur le document de Cologne. .Essai Historique du Fr. Fetcherin, membre de la loge de Berne. On y cherchait à  affaiblir les arguments invoqués jusqu'ici contre l'authenticité du document, et on y combattait les doutes de ceux qui se demandaient si une assemblée de ce genre avait pu avoir lieu dans ce temps-1à , mais on n'y trouve point de vraies preuves qui en démontrent l’authenticité.

En 1839, on publia une traduction des éclaircissements d u  document dans le Journal d'Altenbourg pour les francs-maçons (1839, 2e livraison).

Le Fr. Kloss, qui en était l'auteur, avertissait les lecteurs : 1e Que les  endroits en question de l'introduction et de la division F concerne des usages qui ne furent introduits dans le rituel d'acception francais qu'après 1731; 2' que les hauts grades maçonniques n'étaient connus nulle part avant,1725 ; 3° que l'on ne retrouve aucun des dit-huit exemplaires du document; 4° que le document (1535) n'avait pas à se garder des prétendues tendances que contenait le grade de chevalier Kadosch attendu qu'avant 1741 (1760), il n'existait pas de grade de Templier . 5e que venerandus (mot qui se trouve .dans l'introduction), aurait été exprimé en 1535 par venerabilis, et que l'expression de papam”,pontificem maximum, ne se serait point trouvée dans une pièce  signée de Mélanchthon et les autres protestants présents ; 6e qu'en 1535, un non-chrétien n'aurait pas osé se présenter pour devenir membre de la prétendue société maçonnique, si elle avait existé; 7e qu'il s'élevait a doutes sur les formules d'introduction et de conclusion, et aussi sur 1es signatures, où on devait remarquer, du reste, l'absence des représentants des loges de Strasbourg, de Zurich, d'Utrecht, etc., etc.

L'écrit du Fr. Bobrick : Texte, traduction et éclaircissements du document ,de Cologne, parut en 1840 ; il soulève les doutes suivants à propos de son authenticité :1° On ne voit pas le motif qui a pu provoquer cette assemblée; 2e le but de ce document est contradictoire avec la forme qu'il affecte, car, tandis que ses signataires veulent donner une preuve publique, ils font un écrit secret; ou, en voulant tenir cette affaire secrète, ils choisissent pour leurs signatures l'écriture ordinaire. D'ailleurs, on ne peut pas s'imaginer un documents sans sceaux; 3° les signatures sont extrêmement suspectes; 4e l'assemblée des dix-neuf membres nommés est très douteuse, car Hermann aurait certainement choisi Bonn, sa résidence, au lieu de Cologne, qui lui était hostile; 5e  la participation de Mélanchthon est surtout douteuse, celle des autres signataires ne l'est pas peu; 6° ce prétendu protocole de 1637 ne suffit pas pour constituer une preuve, car il n'est pas du tout démontré qu'il y ait eu à cette époque une loge Vredendall. Selon l'opinion de Bobrick, le “ patriarche ” désigne le général des jésuites, et cela est surtout admissible si l'on suppose que la falsification eut lieu en 1816 ; car alors les jésuites, après leur rentrée en crédit (1814), cherchèrent à gagner une nouvelle influence, et en Hollande ils durent s'y prendre d'une manière coupable. Bobrick donne comme des signes extérieurs d'auteurs jésuitiques, la suscription, les expressions, comme congregati, institutum, etc.

Une recherche, publiée à Berlin sur le même sujet, par le Fr. Bellermann , soulève de nouveaux doutes sur les opinions accréditées jusqu'alors; enfin, en 1843, le Fr. Gustave Schwetschke, publia une nouvelle preuve de l'inauthenticité sous ce titre : Démonstration paléographique de l'inauthenticité du 'document franc-maçonnique de Cologne (Halle).

L'auteur remarque, dès sa préface, qu'après des comparaisons minutieuses on avait constaté que la plus complète différence régnait entre la signature du Jacobus Praepositlrs au bas du document, et celle qui était reconnue pour être véritablement la sienne, et que de même la signature de l'archevêque Hermann n'était point du tout semblable à sa signature authentique. Il appuie ensuite sur l'écriture, et les caractères du document, et trouvé une grande différence avec les caractères universellement employés: ainsi. dans ce document, il y a des caractères différents pour le u et pour le v, ce qu'on ne connaissait pas du tout avant la moitié du seizième siècle; enfin, dans les cadrats du document, il n'y a pas de k, lettre qu'on trouve dans tous les alphabets du moyen âge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Constitutions de Strasbourg

Publié le 23 Mai 2026 par T.D

 

 

LES CONSTITUTIONS DES MAÇONS DE STRASBURG

1459

 

Ces Lois, qui sont sans aucun doute basés sur les coutumes antiques et les lois du métier, ont été discutées et convenues à deux assemblées de Maîtres et des Compagnons, tenues sous la forme d'un chapitre, (Kappitelsweise) le premier à Regensburg sur Jours de Pâques 1459 et cette seconde peu après à Strasburg, quand ils ont été définitivement adoptés et promulgués. L'esprit de la Constitution Impériale allemande doit simplement être vu dans toutes ses particularités. L'expression dans Kappitelsweise, qui n'est employé par aucune autre guilde, est tirée de la réunion de couvent des moines Bénédictins, qui ont été nommés Capitula ou Chapitres. Il en est également ainsi, dans les Vieilles Constitutions anglaises et en train du Parlement d'Henry VI, nous trouvons la réunion des Maçons nommés des Chapitres, des Congrégations, des Assemblées et des Chambres. Tous les préceptes de ces lois, qui ont été tenus au secret vis à vis du profane et ont été lus au moins une fois par an dans les Loges, s'attribuent particulièrement à l'obligation morale des frères et respirent partout dans un esprit d'amour fraternel, l'intégrité stricte et la moralité. La loge des Maçons de Strasburg fut ensuité constituée en LogeSuprême Impériale.

Au nom du Père et du Fils et du Fils et du Saint-Esprit et de notre gracieuse Mère Marie et aussi de ses serviteurs bénis, les saints quatre martyrs couronnés d’éternelle mémoire : en considérant que la vraie amitié, l'unanimité et l'obéissance sont la base des personnes de bien ; et pour l'avantage général et le libre arbitre de tous les princes, de la noblesse, des messieurs, des villes, des chapitres et des couvents, qui peuvent désirer en ce temps ou dans l'avenir construire des églises, des choeurs, ou d'autres grands travaux de pierre, des édifices; Qu'ils puissent être le mieux fournis et fournis et aussi pour l'avantage et les exigences des maîtres et les compagnons du métier entier de Maçonnerie et des maçons en Allemagne et plus particulièrement éviter dans l'avenir, entre ceux du métier, des dissensions, des différences, des dépenses et des dégâts, par lequel des actes irréguliers beaucoup de maîtres ont souffert péniblement, contrairement aux bonnes utilisations de la coutume et antiques maintenues(entretenues) et ont pratiqué en toute bonne foi par les anciens et les patrons(clients) du métier dans le passé. Mais cela que nous pouvons continuer à observer là-dedans d'une façon vraie et paisible, à nous, des maîtres et des camarades tous, de mentionné métier, rassemblé dans des chapitres à Spries, à Strasburg, couche ou pas, feront(seront) ensuite un tel maître pas démolir les pierres de jeu, ni dans et à Regensburg, au nom de nous et de tous les autres maîtres et les camarades de notre métier commun entier mentionné ci-dessus, repris(renouvelé) et révisé ces utilisations antiques et avec bonté et affablement convenu ces statues et fraternité; et ayant de l'aveu de tout le monde(d'un commun accord) dessine(tire) n le même, a aussi juré et a promis, pour nous et tous nos successeurs, les tenir fidèlement, comme après le mandat de stands(positions) :

a. Premièrement : si n'importe lequel des articles de ces statuts s’avère être trop strict et sévère, ou d'autres trop légers et doux, le membres de la fraternité pourront à la majorité (des voix), les diminuer ou les augmenter selon les exigences du temps, le pays ou la circonstance. Les décisions de ceux qui se réuniront dans des chapitres après la façon de ce livre sera à dater de ce moment observé, conformément au serment pris par chacun. '

b. Article : Quiconque désire de son plein gré entrer dans cette fraternité, selon le règlement comme après le mandat de stands(positions) dans ce livre, promettra de respecter tous les points et les articles, pour alors peuvent seulement il être de notre métier. Ceux-là seront des maîtres, qui peuvent concevoir et ériger des édifices si coûteux et des travaux, pour dont l'exécution ils sont autorisés et privilégiés(favorisés) et ne travailleront pas avec un autre métier, à moins qu'ils ne veuillent le faire. Les maîtres ainsi que les compagnons doivent se conduire honorablement, ne pas violer les droits des autres, et peuvent être punis, selon ces statuts, à l'occasion de chaque transgression.

c. Article : Quoi que les travaux réguliers et des constructions battent maintenant son plein de montage par le travail à savoir de voyage, Strasburg, Cologne, Vienne et Passau et d'autres tels travaux et aussi dans les qui leur appartiennent et, selon la tradition, ont été jusqu'ici fini par le travail de voyage, telles constructions  et travaux comme avant(auparavant) ne mentionné ne seront continué par le travail de voyage et dans aucun sage par le travail de tâche ; pour que rien être diminué du travail, aux dégâts du contrat autant que possible.

d. Article : si n'importe quel artisan qui a eu le travail régulier doive mourir, donc n'importe quel artisan ou maître, habile dans la Maçonnerie et suffisant et capable pour le travail, peut aspirer à achever a dit le travail, pour que les messieurs la possession ou la direction une telle construction puissent de nouveau être fournis des exigences de Maçonnerie. Si peut aussi n'importe quel camarade qui comprise une telle Maçonnerie.

e. Article : N'importe quel maître, en plus de son propre travail, peut entreprendre un travail à l'étranger, ou un maître qui n'a aucun tel travail peut de même l'entreprendre, dans le cas où il peut donner un tel travail ou construisant en toute bonne foi, dans le travail de voyage et le continuer comme le mieux il peut ou pouvoir, pour que le travail et progresser n'être pas interrompu, selon les règlements et la douane(coutumes) de Maçonnerie. Si un maître ne réussit pas à satisfaire ces personnes qui lui ont remis(lui ont commis) le travail et l'information fiable à être donné de cela, feront(seront) donc mentionné maître Cal a poussé à estimer par le métier, corrigé et puni, après avoir soit condamné; mais si les messieurs ne désirent pas ainsi faire, peut donc il le faire comme ils choisissent, être cela par le travail de voyage ou la tâche.

f. Article : si n'importe quel maître, qui a eu un tel travail ou la construction  meurt et un autre maître vient et trouve une telle maçonnerie, être le travail en pierre n'importe quel coup sage loin le taillé et des pierres de non jeu, sans conseil précédent et l'accord avec d'autres artisans, pour que les propriétaires et d'autres personnes honorables, qui ont causé qu'un tel édifice a été builded, n'ont pas été mis à la dépense injuste et qu'aussi le maître qui a laissé(a quitté) un tel travail pas être diffamé. Mais si les propriétaires veulent faire enlever un tel travail, donc il peut le faire faire, pourvu qu'il ne cherche aucun avantage excessif ainsi.

g. Article : Aucun ne fera(sera) le maître, pas ceux qui ont entrepris un tel travail, la location de tout qui touche à ro concerne des pierres taillées et ce qui leur appartient, être cela la pierre, la chaux, ou le sable; mais casser(violer) ou tailler selon le contrat ou selon le voyage travaillent on peut permettre lui sans risque.

h. Article : si des maçons être exigé pour la pierre taillante ou mettante, le maître peut mettre tel dans le travail, s'ils sont capables, pour que les messieurs ne gênent pas et ceux qui sont ainsi employés ne soient soumis à ces règlements à moins que de leur plein gré.

Je Article : Deux maîtres ne partageront pas dans le même travail ou la construction(bâtiment), à moins que c'être petit, qui peut être fini au cours d'une année. Un tel travail qu'il peut avoir en commun avec lui qui est un frère.

k. Article : si n'importe quel maître accepte un travail dans le contrat et fait une conception pour le même, comment ce sera builded, donc il ne coupera rien sauf la conception, mais l'exécutera selon le plan qu'il n'a montré aux messieurs, des villes, ou les gens, pour que rien être altered. :

l. N'importe quel maître ou camarade qui emportera d'un autre maître de la fraternité d'artisans un travail sur lequel il est engagé, ou qui essayeront à le dispose d'un tel travail, clandestinement ou ouvertement, sans la connaissance ou le consentement du maître qui a un tel travail, être le même petit ou grand, il sera appelé pour estimer. Aucun maître ou compagnonne tiendra la camaraderie avec lui, ni feront(seront) n'importe quel camarade du travail de fraternité pour lui, tant qu'il est engagé dans le travail qu'il a ainsi malhonnêtement acquis, ni avant qu'il ait demandé de lui pardonner et la satisfaction donnée qu'il a conduit(roulé) de son travail et sera aussi puni dans la fraternité par les maîtres, comme est prescrit selon ces lois.

m. Article : si quelqu'un accepte entièrement ou partiellement un travail qu'il ne comprend pas comment exécuter, pas ayant consulté n'importe quel artisan là-dessus, ni ayant appliqué à la Loge, il ne fera(sera) dans aucun sage entreprennent le travail; mais s'il essaye de faire ainsi, ne feront(seront) ensuite aucun camarade prendre le travail avec lui, pour que les messieurs n'être pas mis à la dépense par un maître si ignorant.

Article : Aucun ouvrier, ni le maître, ni Parlirer, ni le métier pareil, n'instruiront personne, quiconque, qui n'est pas de notre métier, dans aucune partie, s'il n'a pas en son jour la Maçonnerie pratiquée o. Aucun artisan ni maître ne prendront de l'argent de l'homme pour l'enseignement ou l'instruction de lui dans tout appartenant à la Maçonnerie, n'importe quel arlirer ou le métier pareil n'instruiront non plus quelqu'un pour l'amour de l'argent; mais si on veut instruire l'autre, ils peuvent faire si mutuellement ou pour l'affection fraternelle.

p. Article : un maître qui a un travail ou une construction(bâtiment) pour lui peut avoir trois apprentis et peut aussi se mettre au travail les camarades de la même Loge(section syndicale) c'est-à-dire si ses messieurs permettez si ; mais s'il a plus de constructions(bâtiments) qu'un, feront(seront) ensuite il avoir pas plus que deux apprentis sur la construction(bâtiment) mentionnée ci-dessus, pour qu'il n'ait pas plus de cinq apprentis sur toutes ses constructions(bâtiments).

Article : Aucun artisan ou maître ne seront reçus dans la fraternité qui va non annuellement à la Sainte communion ou qui tient pas la discipline Chrétienne, ou qui gaspille sa substance dans le jeu(pièce); mais si n'importe quel être par mégarde accepté dans la fraternité qui fait ces choses comme susmentionné, fera(sera) ensuite aucun maître ni camarade ne tiennent la camaraderie avec lui avant qu'il ne renonce de là et ait été puni therefor par ceux de la fraternité.

Aucun artisan ni maître ne vivront dans l'adultère tandis qu'engagé dans la Maçonnerie; mais si un tel celui ne renoncera pas de là, ne feront(seront) donc aucun camarade voyageant, ni travail de maçon dans la société de lui, ni tenir la camaraderie avec lui.

q. Article : si un fellowcraft prend le travail avec un maître qui n'est pas accepté dans la fraternité d'artisans, feront(seront) donc mentionné camarade pas être therefor punissable. Si aussi, si l'homme prend le travail avec un maître de la ville, ou avec un autre maître et être là mis au travail, qui peut il faire bien, pour que chaque camarade puisse trouver le travail; mais néanmoins un tel camarade tiendra les règlements comme ci-dessus et ci-après écrit et contribuera aussi ses honoraires à la fraternité, bien qu'il n'être pas employé dans les Loges(sections syndicales) o f la fraternité, ou avec ses frères pareils.

Mais si l'homme prendrait à lui une femme légale et pas étant employé dans une Loge(section syndicale), s'établirait dans une ville et être obligé à servir avec un métier, il fera(sera) sur chaque paie semaines de charbon ardent quatre penny et sera exempt du penny hebdomadaire, parce qu'il n'être pas employé dans la Loge(section syndicale).

r. Si un maître a une plainte contre un autre maître, pour avoir violé les règlements du métier, ou un maître contre l'homme, ou l'homme contre un autre camarade, un maître ou camarade qui est concerné là-dedans donneront remarquent de cela au maître qui préside la fraternité et le maître qui est de cela informé entendront toutes les deux parties(partis) et mettront un jour où il essayera la cause : et en attendant, avant le jour fixé ou nommé, aucun camarade n'évitera le maître, ni le maître chasse le camarade, mais rend des services mutuellement jusqu'à l'heures quand la question doit être entendue et arrangé. Ce fera(sera) tout être fait selon le jugement des artisans, qui seront observés en conséquence. De plus, le cas sera essayé sur place où il a surgi avant le plus proche maître qui tient le Livre de Lois et dans qui la zone il est arrivé.

s. Article : Chaque Parlirer honorera son maître, seront vrai et fidèle à lui, selon la règle(autorité) de Maçonnerie et lui obéira avec la fidélité non répartie, comme est se rencontrent et d'utilisation antique. Si feront(seront) aussi l'homme.

Et quand un métier pareil voyageant désire voyager plus loin, il fera(sera) la partie de son maître et de la Loge(section syndicale) dans tel sage que n'être endetté à personne et qu'aucun homme n'a aucun grief contre lui, comme est se rencontrent et approprié.

t. Un camarade voyageant, dans n'importe quelle Loge(section syndicale) il peut être employé sera obéissant à son maître et au Parlirer, selon la règle(autorité) et l'utilisation antique de Maçonnerie et tiendra aussi tous les règlements et les privilèges qui ont d'utilisation antique dans mentionnée Loge(section syndicale) et n'insulteront pas le travail de son maître, ou secrètement ou ouvertement, dans n'importe quel sage. Mais si le maître viole sur ces règlements et l'acte contrairement à eux, peut donc quelqu'un donner pour remarquer de cela.

u. Chaque artisan employant des ouvriers dans la Loge(section syndicale), à qui est confié ces statues et qui est dûment investi avec l'autorité, aura le pouvoir(puissance) et l'autorité dans le même sur toutes les affirmations et les questions qui appartiennent à la Maçonnerie, essayer et punir dans sa zone. Tous les maîtres, Parlirers et des apprentis, lui obéiront.

x. L'homme qui a voyagé et est pratiqué dans la Maçonnerie et qui a de cette fraternité, qui veut servir un artisan sur une partie du travail, ne sera acceptée par cet artisan ou maître, dans aucun sage pour moins de terme que deux ans.

y. Article : Tous les maîtres et les camarades qui ont de cette fraternité tiendront fidèlement tous les points et les articles de ces règlements, comme ci-dessus et sont ci-après debout écrit. Mais si chacun doit par hasard violer un des points et devenir ainsi punissable, si après il être obéissant au règlement, par avoir compilé avec ce qui a été condamné sur lui, il fera sufficent et être sorti de son voeu, en ce qui concerne l'article wherefor il a été puni.

z. Le maître qui a la charge du Livre, sur le serment de la fraternité, aura un soin que le même n'être pas copié, ou tout seul ou par une autre personne, ou donné, ou prêté, - pour que le Livre reste intact, selon la résolution des artisans. Mais si un des artisans, étant de cette fraternité, a le besoin ou la cause de savoir(connaître) un ou deux articles, qui peuvent n'importe quel maître lui donner par écrit. Chaque maître causera que ces lois sont lues chaque année aux camarades dans la Loge(section syndicale)

Article : si une plainte être fait impliquant une punition plus grande quant au cas, l'expulsion de la Maçonnerie - le même ne sera pas essayé ou jugé par un maître dans sa zone; mais les deux plus proches maîtres qui sont confiés avec les copies des lois et qui a l'autorité sur la fraternité, seront appelés par lui, pour que puisse là être trois. Les camarades aussi qui étaient dans le travail à la place où le grief a surgi seront appelés aussi et quoi que seront unanimement convenu par ces trois, ensemble avec tous les camarades, ou par une majorité de cela conformément à leur serment et le meilleur jugement, seront observé par la fraternité entière d'artisans.

Les maîtres qui ont de la fraternité être au désaccord ou la discorde des questions qui ne concernent pas de Maçonnerie, ils n'arrangeront pas ces questions n'importe où, mais avant la Maçonnerie, qui jugera et les réconciliera autant que possible, mais pour que l'accord être fait sans préjudice(préjugé) aux messieurs ou les villes qui sont concernés dans la question,

1. Maintenant, afin que ces règlements du métier puissent être tenus plus honnêtement, avec le service à Dieu et d'autres choses nécessaires et devenantes, chaque maître qui a des artisans dans le travail dans sa Loge(section syndicale) et pratique la Maçonnerie et est de cette fraternité et après chaque année quatre Blapparts; à savoir, sur chaque semaines de charbon ardent un Blappart ou Bohème être payé dans la boîte de la fraternité et chaque camarade quatre Blapparts et ainsi de même un apprenti qui a servi son temps.

2. Tous les maîtres et les artisans qui ont de cette fraternité, qui emploie des ouvriers dans leurs Loges(sections syndicales), feront(seront) chacun d'entre eux a une boîte et chaque camarade payera dans la boîte par semaine un penny. Chaque maître prisera fidèlement de l'argent et ce qui peut être tiré d'autres sources et chaque année le livrera à la fraternité à la plus proche place où un livre est tenu, pour prévoir(pourvoir) l'adoration de Dieu et fournir les nécessaires ou la fraternité.

3. Chaque maître qui a une boîte, si être là aucun Livre dans la même Loge(section syndicale), livreront l'argent chaque année au maître qui a la charge du Livre et où le Livre est là seront aussi tenu l'adoration divine. Si un maître ou le camarade meurent dans une Loge(section syndicale) où aucun Livre n'est tenu, un autre maître ou le camarade de mentionnée Loge(section syndicale) donnera remarquent de cela au maître qui a un Livre; et quand il a été informé de cela il causera qu'une masse est dite pour le repos de l'âme de lui qui est parti et tous les maîtres et les camarades de la Loge(section syndicale) aideront à la masse et contribueront y.

4. Si un maître ou le camarade être mis à n'importe quelle dépense ou débours, pour le compte de la fraternité et l'avis être donné de comment le même est arrivé, à un tel maître ou le camarade sera récompensé ses dépenses, seront le même petit ou grand, hors de la boîte de la fraternité; si aussi quelqu'un entre dans l'ennui avec des cours ou dans d'autres questions, touchant à la fraternité, feront(seront) donc chaque, seront il surmonte ou le camarade, se le permet l'aide et le soulagement, comme il doit nécessairement faire selon le serment de la fraternité.

5. Si un maître ou le camarade tombent malades, ou l'homme qui a de la fraternité et a vécu droitement dans la Maçonnerie, être affligé avec la maladie prolongée et veut pour l'alimentation et l'argent nécessaire, que fera(sera) le maître qui eue la charge de la boîte lui prêtent le soulagement et l'aide de la boîte, s'il peut autrement, avant qu'il ne se remette de sa maladie; et il jurera après et promettra à restitute le même dans la boîte. Mais s'il doit mourir dans une telle maladie, ensuite seront tant pris de ce qu'il part à sa mort, être cela des vêtements ou d'autres articles, le récompenser qui lui a été prêté, si tant être là.

Ceux-ci sont les Lois de Parlirers et des Camarades

Aucun artisan ou maître ne coucheront à l'homme de travail qui remet(commet) l'adultère, ou qui vit ouvertement dans des relations illicites avec des femmes, ou qui ne fait pas annuellement font la confession et va pas à la Sainte communion, selon la discipline Chrétienne, ni celui qui est si idiot pour perdre ses vêtements dans le jeu(pièce),

Article : si n'importe quel camarade doive dévergondéement prendre congé d'une Grande Loge(section syndicale) ou d'une autre loge(section syndicale), il ne doit pas demander l'emploi dans mentionnée Loge(section syndicale) pendant une année pour venir. Article : si un artisan ou le maître veulent décharger un camarade voyageant qu'il avait employé, il ne fera pas ainsi unles sur un samedi ou sur une soirée de paie, pour qu'il puisse savoir(connaître) comment ne voyager sur le lendemain, à moins qu'il être coupable d'une infraction. Le même sera aussi fait par l'homme - le métier.

Article : un camarade voyageant ne fera appllcatlon pour l'emploi à un, mais le maître de l'ouvrier ou le Parlirer, ni clandestinement ni ouvertement, sans la connaissance et feront(seront) du maître.

Aucun artisan ou maître n'accepteront sciemment comme celui d'apprenti qui n'est pas de naissance légale et demandera sincèrement eede cela avant qu'il ne l'accepte et interrogera un tel apprenti sur son mot, si son père et mère ont été dûment unis dans le mariage légal

Article : Aucun artisan ou maître ne promouvront un de ses apprentis comme un Parlirer qu'il a pris comme un apprenti de son état grossier(brut), ou qui est toujours en ses années d'apprentissage.

Aucun ne fera(sera) n'importe quel artisan ou maître promeuvent n'importe lequel de ses apprentis comme un Parlirer qu'il a pris de son état grossier(brut), malgré il aurait pu servir ses années d'apprentissage, s'il n'a pas voyagé pour l'espace d'un an.

Si quelqu'un qui a servi avec un Maçon (Murer) vient à un artisan et veut apprendre de lui, mentionné artisan ne l'acceptera pas comme un apprenti à moins qu'il ne serve comme tel pendant trois ans.

Aucun artisan ou maître ne prendront un apprenti de son état grossier(brut) pour moins de terme que cinq ans.

Si, cependant, il arrive qu'un apprenti doit laisser(quitter) son maître pendant les années de son apprentissage, sans raisons suffisantes et ne sert pas de son temps alors aucun maître n'emploiera un tel apprenti. Aucun camarade ne travaillera avec lui, ni dans n'importe quel sage tiennent la camaraderie avec lui, avant qu'il n'ait servi son temps lawfull avec le maître qu'il a laissé(quitté) et lui a donné la satisfaction entière et apporte un certificare de son maître susmentionné. Aucun apprenti ne se rachètera de son maître à moins qu'il n'ait l'intention de se marier, avec le consentement de son maître, ou il y avoir d'autres raisons suffisantes qui le pressent ou son maître à cette mesure.

Si un apprenti le considère il n'a pas été justement traité par son maître, d'aucune façon dont ils auraient pu convenir, peut donc l'apprenti lui apporter avant les artisans et des maîtres, qui sont dans cette zone, pour qu'une explication et la réparation puissent avoir lieu selon le cas.

Article : Chaque maître qui a un Livre dans la zone de Strasburg, payera chaque année, au Noël, un demi-florin dans la boîte de Strasburg, avant que la dette ne soit payée qui est en raison de cette boîte.

Et chaque maître qui a un Livre et dont la construction(bâtiment) est finie et qui n'a pas plus de travail whereon il peut employer les camarades, enverra son Livre et l'argent dans sa possession, qui appartient à la fraternité, au workmaster à Strasburg.

Il a été résolu le jour à Regensburg, quatre semaines après le Pâques, l'année, comptant de la naissance de Dieu, mille quatre cent cinquante-neuf sur Rue. Le jour de la Marque, que le workmaster Jost Dotzinger, de Vers, de la construction(bâtiment) de la cathédrale de notre chère Dame, le haut chapitre de Strasburg et tous ses successeurs sur le même travail, doit être le juge suprême de notre fraternité de Maçonnerie et le même a été aussi après décidé sur à Sprires, à Strasburg et de nouveau aux Flèches l'année MCCCCLXIV. le 9ème jour d'avril. '

Article : le Maître Lorenz Spenning, de Vienne, sera aussi le juge en chef à Vienne.

Et ainsi un workmaster ou ses successeurs à Strasburg, Vienne et le Cologne ces trois sont les juges en chef et les leaders de la fraternité; ils ne feront(seront) pas; être enlevez sans juste cause, comme a été décidé sur, le jour à Regensburg, 1459 et aux Flèches dans 1464.

C'est la zone qui appartient à Strasburg; tout le pays au-dessous du Moselle et Franconia autant que la forêt Thuringian et Babenberg autant que l'épiscopat à Eichstatten, d'Eichstatten à Ulm, d'Ulm à Augsburg à l'Adelberg et autant que l'Italie; les pays de Misnia, Thuringia, la Saxe, Frankfort, Hesse et Suabia, ceux-ci seront obéissants.

Article : à Maître Lorenz Spenning, workmaster de la construction(bâtiment) de Rue. Stéphane, à Vienne, appartient à Lampach, Steiermarch, la Hongrie et Danube de haut en bas.

Article : Maître Steffan Hurder, architecte de Rue. Vincent à Berne, aura la zone de la Confédération suisse.

Article : au Maître Conrad, de Cologen, le maître du chapitre là et à tous ses successeurs liekwise, appartiendra aux autres zones de haut en bas, indépendamment d'être là des constructions(bâtiments) et les Loges(sections syndicales) qui appartiennent à la fraternité, ou peuvent après y appartenir.

Si n'importe quel maître, Parlirer, le métier pareil, ou l'apprenti agit contrairement à n'importe lequel des points ci-dessus ou ci-après écrits ou des articles et ne les continue pas collectivement ou individuellement et l'information fiable à être obtenu de cela., alors lui ou eux seront appelés avant la fraternité, par la raison d'une telle violation et seront appelés pour estimer therefor et seront obéissants, à la correction ou la pénalité qui est condamnée sur lui, pour le serment et le voeu qu'il a promis à la fraternité. Et s'il slights la sommation sans raison honnête et ne vient pas, il donnera encore ce qui a été condamné sur lui comme une pénalité pour sa désobéissance, bien qu'il ne pour être pas présent. Mais s'il ne fera pas ainsi, il peut être apporté avant des ou tribunaux civils ecclésiastiques à la place où ils être tenu et peut être jugé selon ce qui peut avoir raison dans la question.

Article : qui désire entrer à cette fraternité, promettra jamais de tenir fermement tous ces articles ci-dessus et après écrit dans ce Livre; sauf notre monsieur gracieux l'Empereur, ou le Roi, des Princes, les Lords, ou une autre Noblesse, par la force ou le droit, doivent être opposés à son appartenance à la fraternité; ce sera une excuse suffisante, pour que n'être là aucun mal là-dedans. Ut pour ce qu'il est endetté pour à la fraternité, il viendra à un accord là-dessus avec l'artisan qui est dans la fraternité.

Bien que par le Chrétien disciplinent chaque Chrétien doivent nécessairement prévoir(pourvoir) son propre sauvetage, encore il doit être dûment rappelé par les maîtres et des artisans que Dieu Tout-puissant a gracieusement doté de leur art et maîtrise, construire les maisons de Dieu et d'autres édifices coûteux et honnêtement gagner leur vie ainsi, que par la gratitude leurs coeurs être justement aux vrais sentiments Chrétiens, promouvoir l'adoration divine et mériter le sauvetage de leurs âmes therby. Donc à l'éloge et l'honneur de Dieu Tout-puissant, Sa Mère Marie digne, de tous ses saints bénis et en particulier des saints quatre martyrs couronnés et particulièrement pour le sauvetage des âmes de toutes les personnes qui ont de cette fraternité, ou qui peut après y appartenir, a nous les artisans de Maçonnerie stipulée et prescrite, pour nous et tous nos successeurs, avoir un service divin annuellement, aux quatre festivals saints et le jour des saints quatre martyrs couronnés, à Strasburg, dans la cathédrale du haut chapitre, dans la chapelle de notre chère Dame, avec des veilles et des masses d'âme, après la façon à être institué.

Il a été décidé le jour aux Flèches, le neuvième jour d'avril, l'année, comptant de la naissance de Dieu, 1464 que le workmaster, Jost Dotzinger, de Vers, workmaster du haut chapitre à Strasburg, aura une assemblée d'artisans dans sa zone, quand trois ou quatre maîtres seront pris et choisis, venir ensemble un certain jour, comme ils peuvent consentir et ce qui est là décidé sur par une majorité d'entre ceux qui sont si rassemblés dans des chapitres et qui est alors présent et comment ils peuvent diminuer o r augmente quelques articles, qui seront tenus partout dans la fraternité :i entière;

Le jour sera sur Rue. Le jour de George en soixante-neuvième année.

Ceux-ci sont les maîtres qui étaient présents le jour aux Flèches, le neuvième jour d'avril l'année 1464.

Article : Jost Dotzinger de Vers, workmaster de la cathédrale de notre chère Dame du haut chapitre à Starasburg; article : Maître Hans von Esselingen; article : Maître Vincencie von Constantz; article : Maître Hans von Heyltbutrn; article : Maître Peter von Algesheim, Maître à Nuhausen; article : Werner Meylon de Bâle, de la part du Maître Peter Knobel de Bâle ... [Ce document se conclut(termine) avec une longue liste des noms de Maîtres et des Camarades, les dates de leur réception, etc, qu'il est inutile de se reproduire ici

 

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Ms Dumfries

Publié le 22 Mai 2026 par T.D

LE DUMFRIES(extraits)

Manuscrit n° 4 datant de +/- 1710 (Archives de la loge Dumfries Kilwinning n° 53)

Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen. Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut crée cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. Les obligations que nous vous énumérons maintenant, ainsi que toutes les autres obligations et secrets se rapportant aux Francs-Maçons et à tous ceux, désireux de connaître, qui ont été reçus dans leur association, de même que les délibérations de cette loge, chambre ou salle de réunion. Vous ne devrez, contre aucun don, présent ou récompense, faveur ou affection, directement ou indirectement, ni pour aucune autre raison, les divulguer ni les dévoiler, que ce soit à père ou mère, ou frère ou enfants ou étranger ou toute autre personne.

Il y a sept sciences libérales.

La première est la théologie, qui enseigne les vertus logiques.

La seconde est la grammaire, jointe à la rhétorique, qui enseigne l'éloquence et comment parler en termes subtils.

La troisième est la philosophie, qui est l'amour de la sagesse, par laquelle les deux termes d'une contradiction sont conciliés, les choses courbes sont rendues droites, les noires deviennent blanches, grâce à une règle des contraires, etc.

La quatrième est la musique, qui enseigne le chant, la harpe et l'orgue ainsi que toutes autres sortes de musique vocale et instrumentale ; il faut savoir que cette science n'a ni milieu, ni fin.

La cinquième est la logique, qui découvre la vérité et l'erreur et est un guide pour les juges et les hommes de loi.

La sixième est la géométrie, qui enseigne à mesurer dans les cieux ainsi que toutes les dimensions de la terre et tout ce qui y est contenu.

La septième et dernière des sciences est l'astronomie, avec l'astrologie, qui enseigne à connaître le cours du soleil, de la lune et des étoiles qui ornent les cieux.

Les sept sciences proviennent toutes de la géométrie. Cette excellente science gère les autres ; c'est-à-dire qu'il n'est personne, dans aucun métier, qui ne travaille au moyen de mesure et ne dépende entièrement de la géométrie, car elle sert à peser et à mesurer toutes sortes de choses sur terre : spécialement pour les laboureurs et cultivateurs, le sol, graines et semences, vignes et fleurs, plantes et autres.

 Les Fils de Lamech et les deux colonnes.

 Avant le déluge de Noé, il y avait un homme appelé Lamech, qui avait deux femmes. L'une, Ada mit au monde deux fils, Jabel et Jubal, et de l'autre femme, il eut un fils appelé Tubalcaïn et une fille appelée Naama. Ces enfants inventèrent toutes les sciences et les métiers. Jabel était l'aîné et il inventa la géométrie ; il possédait des troupeaux de moutons et ils eurent aux champs des agneaux, pour qui il fabriqua des abris de pierre et de bois, ainsi que vous pouvez le trouver dans le 4ème chapitre de la Genèse. Son frère Jubal inventa l'art de la musique vocale et instrumentale. Le troisième frère inventa le travail de la forge, tel que cuivre, acier et fer, et leur s¦ur inventa l'art du tissage. Ces enfants surent que Dieu voulait tirer vengeance du monde à cause de ses péchés, soit par le feu, soit par l'eau. Désirant porter profit à la postérité, ils gravèrent ces sciences qu'ils avaient inventées sur des colonnes de pierre de façon qu'elles puissent être retrouvées après le déluge : l'une était en marbre, qui ne peut brûler, l'autre était en briques, qui résiste l'eau. (En réalité, c'est le contraire).

 Hermorian - Nemrod.

 Après le déluge, le grand Hermorian fils de Cush et Cush était le fils de Cham, second fils de Noé fut appelé « le père de la sagesse », car il trouva ces colonnes après le déluge avec les sciences inscrites dessus : il les enseigna, lors de la construction de la Tour de Babylone, où il fut appelé Nemrod ou « puissant chasseur devant l'Éternel ». Nemrod pratiqua la maçonnerie à la demande du roi de Ninive son cousin. Il créa des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour construire toutes sortes de constructions alors en vogue, et il leur enseigna des signes et des attouchements pour qu'ils puissent se reconnaître.  Les premières obligations.  Qu'ils s'aiment les uns les autres et qu'ils servent le Seigneur du ciel d'un c¦ur vrai et sincère pour éviter sa vengeance future ; Qu'ils soient honnêtes et droits et loyaux envers le seigneur leur patron, de façon que ledit Nemrod soit honoré de les lui avoir adressés ; Qu'il n'y ait ni manœuvres, menées, division, dissimulation ni mésintelligence parmi eux, sans quoi Dieu les rendrait muets comme précédemment lorsqu'il confondit leur langage à cause de leur présomption.

 Les obligations dictées par Euclide

 Abraham, avec Sarah, sa femme, vint en Égypte et y enseigna les sept sciences aux Égyptiens. Il eut en Égypte, un élève excellent, du nom d'Euclide. Ce jeune homme développa son talent au point qu'il surpassa tous les artistes, et il fit honneur à Abraham. C'était un grand expert et il prédisait les événements futurs. En ce temps là, les seigneurs et les grands de ce pays eurent beaucoup d'enfants, de leurs femmes de leurs concubines, car l'Égypte était alors propice pour procréer et il n'y avait pas suffisamment de quoi vivre pour ces enfants. C'est pourquoi les grands du pays se préoccupèrent de la manière de subvenir aux besoins des enfants. Le roi du pays convoqua une assemblée pour délibérer sur la façon dont on pourrait les approvisionner, mais ils ne trouvèrent pas d'autre solution que de faire proclamer par tout le pays que si quelqu'un pouvait faire savoir quelles dispositions prendre au sujet de leurs jeunes gens, il serait bien récompensé pour sa peine et son dérangement. Après cette proclamation, survint l'excellent docteur Euclide qui dit au roi et à ses seigneurs : « Donnez-moi vos enfants afin que je les gouverne et les enseigne comme il convient à des gentilshommes et faites-moi une dotation suffisante afin que je les puisse régir et enseigner conformément à leur qualité et leur donner l'instruction que la science requiert ». Le roi l'accorda et il scella cet accord par une charte. Euclide, l'excellent clerc, prit les enfants des seigneurs et leur enseigna la science de la géométrie, à œuvrer à toutes sortes d'excellents ouvrages de pierre, temples, églises, cloîtres, cités, châteaux, pyramides, tours et tous autres bâtiments. Il les organisa et leur enseigna à se reconnaître avec certitude.

Il confirma les coutumes de Nemrod :

Qu'ils s'aiment les uns les autres ;

Qu'ils gardent la loi de Dieu écrite en leurs cœurs

Qu'ils gardent les secrets de la loge et les secrets les uns des autres ;

Qu'ils s'appellent l'un l'autre « compagnon » et qu'ils s'abstiennent de toutes autres appellations ;

Qu'ils se comportent comme des hommes de l'art et non comme des rustres incultes

Qu'ils choisissent l'un des plus sages d'entre eux pour être le maître des autres et superviser l'ouvrage ;

Qu'ils ne trahissent pas, par amour ou envie de richesses, la confiance qu'on leur a accordée et qu'ils ne désignent personne qui manque d'intelligence comme maître d'œuvre afin que le métier ne puisse être cause de scandale ; Qu'ils appellent le gouverneur maître » durant le temps qu'ils travaillent avec lui. Et Euclide écrivit pour eux un livre des Constitutions et leur fit jurer par le plus grand serment usité en ce temps-là qu'ils observeraient fidèlement toutes les prescriptions contenues dans les Constitutions de la Maçonnerie. Il leur fit donner une paye suffisante pour qu'ils puissent vivre en hommes d'art et de science. Il décida aussi qu'ils s'assembleraient et se réuniraient pour tenir conseil sur les matières touchant au métier et à l'art de la géométrie, qu'ils ne devaient pas fréquenter celui qui n'est pas dûment qualifié et régulièrement créé dans une vraie loge ; et qu'ils se tiendraient à bonne distance de tout désordre, sans quoi Dieu mettrait parmi eux une seconde confusion qui se révélerait pire que la première. Après quoi, l'excellent clerc Euclide inventa maintes choses et accomplit des exploits merveilleux, car il n'y avait rien de trop dur pour lui dans le contenu des sept sciences libérales ; grâce à quoi il fit du peuple d'Égypte le plus sage de la terre.

 Les obligations dictées par David.

 Ultérieurement, les enfants d'Israël arrivèrent dans la Terre Promise, qui est maintenant appelée le pays de Jérusalem, où le roi David commença le Temple de Jérusalem qui, chez eux, est appelé le Temple de Diane . David aimait les maçons et les choya en leur donnant de bons gages.

Il leur donna comme obligation :

Qu'ils respectent fidèlement les dix Commandements qui avaient été écrits du doigt de Dieu sur la pierre ou Tables de marbre et remis à Moïse sur le saint mont Sinaï, dans une solennité céleste composée de myriades d'anges avec des chars de feu les escortant en cortège, ce qui prouve que la sculpture sur pierre est d'institution divine ainsi que maintes autres choses qu'il leur donna telles qu'il les avait reçues en Égypte du très fameux Euclide ; et encore d'autres obligations que vous entendrez plus tard.

 Salomon et Hiram.

 Après la mort de David, Salomon, son fils, réalisa le Temple que son père avait commencé. Divers maçons de plusieurs pays se rassemblèrent, il y en eut quatre-vingt mille, parmi lesquels trois cents qui étaient qualifiés et furent désignés comme surveillants de l'ouvrage. Il y avait à Tyr un roi nommé Hiram qui aimait beaucoup Salomon ; il lui donna du bois pour son ouvrage et lui envoya également un artiste du nom d'Hiram en qui était l'esprit de sagesse ; sa mère était de la tribu de Nephtali et son père un homme de Tyr. Le monde n'avait pas produit son égal jusqu'à ce jour. C'était un maître maçon d'un savoir et d'une générosité extrême. Il fut maître maçon de tous les bâtiments et bâtisseurs du Temple et de tous les ouvrages taillés et sculptés dans le Temple et alentour, ainsi qu'il est écrit au premier livre des Rois en ses 6e et 7e chapitres. Salomon confirma à la fois les obligations et les coutumes que David son père avait données aux maçons ; et l'excellent métier de la Maçonnerie fut confirmé dans le pays de Jérusalem, de la Palestine et en maints autres royaumes. Les gens du métier se répandirent au loin et apprirent davantage l'art ; certains furent qualifiés pour enseigner les autres et instruire les ignorants, en sorte que le Métier de développa dans le monde, particulièrement à Jérusalem et en Égypte.

 Minus Greenatus et Charles Martel.

 Vers cette époque, le maçon instruit Minus Greenatus , alias Green, qui avait aidé à bâtir le Temple de Salomon, vint dans le royaume de France, et il enseigna l'art de la maçonnerie aux adeptes de l'art en ce pays.

Charles Martel, prince royal en France, aima Minus Greenatus au-delà de toute expression, à cause de ses connaissances dans l'art de la maçonnerie. Il adopta les coutumes des maçons puis retourna dans son propre royaume car il semblerait qu'il ne fût pas français et il emmena chez lui beaucoup de braves maçons, et il leur alloua de bons gages. Il les organisa comme Greenatus lui avait enseigné, leur confirma une charte et leur ordonna de s'assembler fréquemment afin de maintenir le bon ordre au sein de leurs groupes. C'est ainsi que le Métier vint en France.

 Saint Alban.

 L'Angleterre durant toute cette période se trouva dépourvue de maçons, jusqu'au temps de saint Alban. En ce temps-là, le roi d'Angleterre était un païen ; et il bâtit la ville qu'on appela par la suite Saint-Albans. Du temps d'Alban, il y avait un excellent homme qui était intendant en chef du roi et qui était gouverneur du royaume. Il employa les maçons à bâtir les murailles de Saint-Albans. Il établit maçons ses principaux compagnons et il augmenta leur paye d'un tiers et il leur accorda trois heures chaque jour pour se reposer afin qu'ainsi leur emploi ne leur paraisse pas pénible et qu'ils vivent, non comme des esclaves, mais comme des gentilshommes d'art et de science. Et il prescrivit aussi qu'un certain jour, chaque année au mois de juin, une assemblée et une fête maintiendrait l'unité parmi eux, et que ce jour-là, celui de la saint Jean, ils hisseraient leur étendard royal avec les noms et titres de tous les rois et princes qui avaient été reçus dans leur association, de même que les armes des maçons avec les armes du Temple de Jérusalem et de tous les monuments fameux du monde. Ce noble homme les obtint toutes ces franchises du roi, et il leur fit accorder une charte pour les maintenir à jamais inchangées. De plus, ils reçurent comme devise, en lettres d'or posées sur champ de gueules avec sable et argent : Aucun chemin n'est inaccessible à la vertu.

 Athelstan et Hadrien.

 Par la suite, de grandes guerres survinrent en Angleterre et la règle de bonne conduite fut délaissée jusqu'au règne d'Athelstan, qui fut un bon roi d'Angleterre, pacifia le pays, et bâtit nombre d'excellents et somptueux bâtiments, tels qu'abbayes, églises, cloîtres, couvents, châteaux, tours, forteresses, remparts, ainsi que d'autres monuments. Il se comportait fraternellement avec tous les maçons qualifiés. Il avait un fils dont le nom était Hadrien (Edwin ?). Et cet Hadrien, aimait, quant à lui, les maçons au point de ne pouvoir manger et boire qu'en leur compagnie. Son esprit noble et généreux était rempli d'art et de pratique. Il préférait se réunir avec les maçons plutôt qu'avec les courtisans de la cour de son père et éprouvait plus de plaisir à s'entretenir avec les maçons. Il apprit leur art et il entra dans leur ordre. Il donna à l'ensemble des maîtres de la fraternité des équerres d'or et des compas d'argent à pointes d'or, de fils à plomb d'or pur, de truelles d'argent, et de même pour tous les autres instruments. Il leur fit en outre accorder par son père une charte et des pouvoirs pour tenir chaque année une assemblée où chaque maçon était obligé de rendre compte de sa capacité et de sa pratique. À ces réunions, il leur imposa de nouvelles méthodes de secret et il leur enseigna les bonnes coutumes conformément aux règles établies par Euclide, Hiram et autres notables fameux. Lorsqu'un délit était commis dans le Métier, il infligeait un juste châtiment au coupable. Il se consacra à l'anéantissement du vice et encouragea publiquement la vertu.

 L'assemblée d'York.

 Plus tard, il vint à York, et il y créa des maçons, leur donna leur obligation et leur enseigna les coutumes de la maçonnerie. Il écrivit un livre des Constitutions et il commanda que la règle soit maintenue éternellement. Il prit des ordonnances suivant lesquelles le métier serait réglé de règne en règne comme il fut alors spécifié et ordonné par les plus érudits de cette assemblée. De plus, il proclama que tous les maçons qui avaient des passeports ou attestations de leurs voyages, capacité et pratique devraient les présenter pour prouver leur art et leur comportement antérieurs. Il en fut apporté, certains en hébreu, d'autres en grec, latin, chaldéen, syriaque, français, allemand slave et anglais, ainsi que plusieurs autres langues, et la teneur en était identique. Hadrien leur remémora la confusion survenue à la construction de la Tour de Nemrod, et que s'ils désiraient être favorisés par Dieu et bénis dans leurs actions, ils ne devraient plus être tentés ou attirés par les idoles, mais honorer et adorer sincèrement le Grand Architecte du ciel et de la terre, unique protecteur de l'homme et des bêtes, qui régit et gouverne le soleil, la lune et les étoiles, fontaine et source de tout bien, qui l'édifia à partir du néant, en posa les fondements sur les eaux profondes, et ordonna à la mer d'aller jusque-là et pas plus loin. Il leur ordonna d'incarner sa Toute Puissance dans leur intelligence afin qu'ils aient d'autant plus horreur de l'offenser. Il leur mit en mémoire encore d'autres maximes divines. Il ordonna qu'un un livre raconte la façon dont le Métier fut inventé et qu'il soit lu chaque fois qu'on ferait un maçon de sorte que, si par la suite il s'égarait, il n'aurait vraiment aucune excuse pour échapper à son châtiment ; et qu'on lui donne son obligation conformément à ce livre. À partir de ce temps-là, les maçons maintinrent ces formes et ces dispositions, pour autant que les hommes purent en être maîtres. De plus, en des assemblées particulières, il y eut des obligations diverses ajoutées au fur et à mesure, sur le conseil des maîtres et compagnons, concernant leur comportement sur tous les points particuliers de la maçonnerie.

 LES OBLIGATIONS

 Exhortation.

 Que tout homme qui est maçon ou qui entre dans l'association pour élargir ses connaissances et est poussé par le désir d'apprendre prête attention à l'obligation suivante. S'il est coupable d'un des actes immoraux qui suivent, qu'il voie à se repentir et à s'amender en hâte, car il trouvera que c'est dur de tomber entre les mains de notre Dieu courroucé ; et tout spécialement s'il est assermenté, qu'il prenne garde à tenir le serment et la promesse qu'il a faite devant le Dieu Tout Puissant. Ne croyez pas qu'une restriction mentale ou équivoque puisse vous servir car chaque mot que vous avez prononcé pendant votre réception est un serment, et Dieu vous jugera d'après la pureté de votre c¦ur et la netteté de vos mains. Vous jouez avec un outil au tranchant effilé, prenez garde d'être privé de votre salut pour quelque fausse satisfaction.

 Obligations générales.

 1. Vous servirez le vrai Dieu et vous observerez ses préceptes en général et particulièrement les Dix Commandements remis à Moïse sur le mont Sinaï ainsi que vous les trouverez exposés en entier à l'entrée du temple ;

2. Vous serez fidèle et constant envers la Sainte Église catholique et vous fuirez toute hérésie, schisme ou erreur dont vous aurez connaissance ;

3. Vous serez loyal à la loge et garderez tous les secrets s'y rapportant ;

4. Vous serez loyal au Roi légitime du royaume, vous prierez pour son salut dans toutes les occasions où vous prierez pour vous-même, et vous ne prendrez part à aucun plan de trahison contre sa personne et son gouvernement ;

5. Vous vous aimerez et serez loyaux les uns envers les autres et vous ferez à vos proches ou compagnons comme vous voudriez qu'ils vous fassent ;

6. Vous aurez des rapports loyaux et confiants avec tous les maîtres et compagnons que vous saurez avoir été régulièrement reçus dans l'ordre ; vous garderez leurs secrets, vous vous opposerez de toutes vos forces à ce qu'on leur fasse tort, vous soutiendrez leur honneur et leur crédit ;

7. Vous veillerez que tous les maçons disposent d'une véritable loge, chambre ou salle pour causer et juger des choses touchant à l'honnêteté et à la conduite morale, où ils pourront raviver les souvenirs des disparus éminents ;

8. Vous serez loyal et honnête envers le seigneur ou patron et ferez son ouvrage fidèlement. Faites tout votre possible pour assurer son profit et avantage, ne le fraudez en nul point, quel qu'il soit, afin qu'il n'ait aucun motif de réclamation et que vous en récoltiez de l'honneur.

9. Vous appellerez « maçons » vos compagnons et frères et vous ne leur donnerez pas des noms irrévérencieux qui pourraient provoquer des disputes, divisions et emportements et causer du scandale ;

10. Qu'aucun maître ou compagnon, par vilenie ou impiété, n'induise en adultère ou fornication la femme, la fille ou la servante d'un autre compagnon ;

11. Soyez très attentif à payer fidèlement et honnêtement votre part de nourriture, boisson, lavage et logement, quand vous êtes en pension ;

12. Prenez bien garde, là où vous logez, qu'aucune débauche ne soit commise, le Métier pourrait être diffamé ;

13. Observez attentivement et fidèlement le jour du Seigneur en vous abstenant de toute tâche mauvaise, appliquez-vous à consacrer ce jour à servir et chercher le vrai Dieu, à empêcher les facultés de votre âme de vagabonder après les vanités de ce monde, à prier Dieu de sanctifier votre volonté, votre intelligence et votre mémoire ainsi que votre raison et vos sentiments ;

14. Soulagez les pauvres selon votre talent et vos moyens, ne laissez pas votre prudence supplanter votre charité, dans l'idée que tel ou tel est indigne ou n'est pas dans le besoin, mais ne négligez aucune occasion, car c'est pour l'amour de Dieu et par obéissance à ses commandements que vous donnerez ;

15. Visitez les malades, réconfortez-les, priez pour eux et ne les laissez pas dans une détresse qu'il est en votre pouvoir de secourir ; si Dieu les rappelle, participez et assistez à leurs obsèques ;

16. Soyez affable et bon envers tous mais plus spécialement envers les veuves et les orphelins, prenez résolument leur parti, défendez leurs intérêts, soulagez leur indigence ; même si c'est du pain jeté en eau incertaine, car par la bénédiction particulière du ciel, il vous sera rendu avec un intérêt septuple et vous assurera une place dans l'autre monde.

17. Ne buvez pas jusqu'à l'ivresse en aucune occasion, car c'est une offense à Dieu et, en outre, vous seriez capable de révéler les secrets de la loge et ainsi de vous parjurer

18. Abstenez-vous de tous divertissements scandaleux et profanes, des jeux de hasard et de, tous autres jeux ruineux ;

19. Bannissez tout langage lascif ainsi que tout langage, postures et gestes obscènes, car tout cela ne fait que plaire au diable et nourrir la luxure.  Telles sont les obligations générales auxquelles tout maçon, maître ou compagnon, doit se conformer. Il est souhaitable qu'ils les conservent avec soin dans leur c¦ur, leur volonté et leurs sentiments ; ainsi ils seront honorés par les générations futures. Dieu bénira leur postérité, leur donnera un beau talent, et il répartira les descendants en des lieux agréables.

 Obligations des Maîtres et Compagnons.

 1. Aucun compagnon ne se chargera de l'ouvrage d'un seigneur ou d'un autre patron, s'il n'est capable et habile pour le parachever, de façon que le Métier n'éprouve aucun discrédit et que le seigneur ou patron ne soit pas dupé mais loyalement servi pour son argent. Si un maçon s'est chargé d'un ouvrage ou se trouve être le maître d'une ¦uvre, il n'en sera pas évincé s'il est capable de l'achever ;

2. Aucun maître ou compagnon ne prendra un apprenti en vue de son admission pour moins que sept ans ; l'apprenti devra être valide des membres et avoir un bon souffle ;

3. Aucun maître ou compagnon ne recevra de l'argent avant l'embauche sans le consentement de la loge ;

4. Aucun maître ou compagnon ne se permettra de créer un maçon sans la présence d'au moins cinq ou six de ses compagnons dûment assermentés ;

5. Aucun maître ou compagnon ne mettra à la tâche qui était à la journée ;

6. Aucun maître ne donnera de paye à son compagnon pour plus que ce qu'il mérite, de sorte que le patron ne soit pas abusé par des ouvriers ignorants ;

7. Aucun compagnon n'en diffamera un autre derrière son dos, sans quoi il pourrait perdre sa bonne réputation ou ses biens terrestres ;

8. Aucun compagnon, dans une loge ou dehors, ne répondra à son compagnon d'une façon irrespectueuse ;

9. Aucun n'ira en ville la nuit, là où existe une loge de compagnons, sans qu'il ait avec lui un compagnon pour prouver qu'il est honnête homme ou qu'on le prend pour tel

10. Tout maître et compagnon se rendront à l'assemblée à la première convocation, si c'est dans la limite de 5 miles de chez lui, et il y demeurera aux frais de ses compagnons ou de son maître ;

11. Tout maître (et compagnon) priera pour son supérieur et le vénérera ;

12. Tout maître ou compagnon qui aura commis un délit se soumettra à l'arrêt des maîtres et compagnons, en fonction du rapport remis à son sujet ; et s'il ne peut être décidé autrement, l'affaire devra venir devant l'assemblée ;

13. Aucun maître maçon ne fabriquera de gabarit équerre ou règle pour un poseur ou un cowan (maçon non reçu) ;

14. Aucun maître, dans une loge ou dehors, ne confiera à un poseur un gabarit a pierre ou autre, à moins que ce ne soit pour sa propre formation ;

15. Tous les maçons recevront les maçons étrangers dans leurs groupes à travers le pays là où ils voudront se rendre, et ils les mettront à l'ouvrage selon les règles, c'est-à-dire, s'il y a un élément sculpté à mettre en place, qu'ils les engagent au moins deux semaines et leur donnent un salaire ; et s'il n'y en a pas qu'ils reçoivent nourriture et boisson pour leur permettre de tenir jusqu'à la loge suivante ;

16. Aucun de ceux qui sont dans l'ordre n'écoutera quelqu'un qui ne prononce pas les mots et ne fait ses pas correctement, mais s'il prouve qu'il est lui-même un homme de métier, alors vous êtes obligé de l'embrasser et de lui faire les politesses requises ;

17. Tous les maçons seront honnêtes dans leur ouvrage, qu'ils soient à la tâche ou à la journée, et ils le mèneront loyalement à son terme, de façon à agir correctement ;

18. Aucune loge ou assemblée régulière de maçons ne donnera le secret royal à quelqu'un, avant de s'être assuré avec grande circonspection, qu'il connaît ses questions par c¦ur, puis ses symboles, et ensuite, la loge décidera.

 Les obligations de l'Apprenti.

 1. Il sera fidèle à Dieu, à la Sainte Église catholique, au roi et au maître qu'il servira ;

2. Il ne volera ni ne dérobera les biens de son maître ou de sa maîtresse et il ne s'absentera de leur service ni ne sortira de chez eux de jour ni de nuit sans permission ;

3. Il ne commettra pas d'adultère ni de fornication dans ou hors la maison de son maître, avec la fille ou la servante de son maître ou autrement ;

4. Il gardera le secret sur toutes choses dites dans ou hors la loge, chambre ou salle par un compagnon, un maître ou un frère ;

5. Il ne se livrera pas à une contestation empreinte d'insubordination ;

6. Il divulguera tout secret à cause de quoi un conflit pourrait survenir parmi les maçons, compagnons ou apprentis, mais il comportera avec déférence envers tous les francs maçons afin de gagner des frères à son maître ;

7. Il n'aura pas coutume de jouer aux cartes ou aux dés ou à tout autre jeu ou jeux interdits ;

8. Il ne dérobera ni ne volera aucun bien à personne ni ne s'y associera durant son apprentissage, mais s'y opposera de toutes ses forces et en informera son maître ou quelque autre maçon en toute hâte.

 Questions et réponses.

 1 Qui êtes-vous ?

Je suis un homme.

2. Comment le saurai-je ?

Par tous les signes véritables reçus dans la première partie de ma réception, que je tairai et cacherai.

3. N'êtes-vous rien de plus ?

Oui, un homme, engendré d'un homme et né d'une femme, et pourtant j'ai pour frères de puissants rois et de grands princes ;

4. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

Dans une véritable loge de saint Jean

5. Où une loge doit-elle être tenue ?

Au sommet d'une montagne ou au milieu d'un marécage, où l'on n'entend ni le chant d'un coq ni l'aboiement d'un chien

6. Quelle hauteur a votre loge ?

Des pouces et des empans sans nombre.

7. Qu'est-ce à dire, sans nombre ?

Des cieux matériels au firmament étoilé.

8. Combien y a-t-il de colonnes dans votre loge ?

Trois.

9. Lesquelles ?

L'équerre, le compas et la Bible.

10. Où repose la clef de votre loge ?

Dans une boîte d'os recouverte d'un poil hérissé.

11. Donnez les caractéristiques de votre boîte.

Ma tête est la boîte, mes dents sont les os, mes cheveux sont le poil, ma langue est la clef.

12. Comment avez-vous été introduit ?

D'une façon humiliante, avec une corde autour du cou.

13. Dans quelle posture étiez-vous lors de votre réception ?

Ni assis, ni debout, ni courant, ni marchant, mais sur mon genou gauche.

14. Pourquoi une corde autour du cou ?

Pour me pendre si je trahissais la confiance.

15. Pourquoi sur le genou gauche ?

Parce que je devais être dans une posture des plus humbles pour recevoir le secret royal.

16. À quelle obligation êtes-vous soumis ?

Un grand serment.

17. Quel châtiment est infligé à ceux qui révèlent le secret ?

Ils auront le c¦ur arraché tout vif, la tête coupée et le corps enseveli entre les marques des marées de mer et en nul lieu où sont ensevelis les chrétiens.

18. Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?

Deux.

19. Lesquelles ?

Le soleil se levant à l'est qui met tous les hommes à l'ouvrage, et se couchant à l'ouest et ainsi renvoyant tous les hommes au repos.

20. De quelle façon est disposée votre loge ?

D'est en ouest, parce que toutes les églises et temples sacrés sont ainsi disposés, et particulièrement le Temple de Jérusalem.

21. Hiram n'aurait-il pu poser les fondations du Temple du sud au nord plutôt que de l'est à l'ouest ?

Non, il ne le pouvait pas.

22 Donnez une raison à cela.

David prescrivit que les fondations du Temple fussent posées sur un emplacement, comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle est dénommée l'aire d'Ornân le Jébuséen . De même, vous pouvez lire dans les Saintes Écritures que l'Arche du Seigneur, en laquelle était renfermée l'Alliance entre Dieu et les hommes ainsi que les deux Tables de marbre avec les Dix Commandements écrits du doigt de Dieu, fut retenue par malchance un temps considérable sur l'aire d'Ornân, ce qui obligea à poser les fondations d'est en ouest conformément à la position des deux Tables.

23. Qu'est-ce que la maçonnerie ?

Une ¦uvre réalisée à l'équerre.

24. Qu'est-ce qu'un maçon ?

Un ouvrier de la pierre.

25. Reconnaîtriez-vous votre maître si vous le voyiez ?

Oui.

26. De quelle façon le reconnaîtriez-vous ?

A son habit.

27. Quelle est la couleur de son habit ?

Jaune et bleu, ce qui signifie le compas, qui est de cuivre et les pointes de fer.

28. Quel mortier les maçons usèrent-ils à la construction du Temple ?

Exactement le même mortier qu'à la construction de la Tour de Nemrod, c'est-à-dire de la boue qui était une sorte de terre qu'ils affinaient et pulvérisaient à l'intérieur du mur une fois les pierres posées ; c'était un ciment naturel ou bitume .

29. Quelle échelle eurent-ils lors de la construction ?

L'échelle de Jacob, entre ciel et terre .

30. Combien d'échelons y avait-il dans l'échelle de Jacob ?

Trois.

31. Lesquels ?

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

32. Combien y a-t-il de fleurs dans le bouquet du maçon ?

Trois et douze.

33. Comment les appelez-vous ?

La Trinité et les douze Apôtres.

34. Qui était maître maçon à la construction du Temple ?

Hiram de Tyr.

35. Qui posa la première pierre à la fondation du Temple ?

Hiram.

36. À quel emplacement posa-t-il la première pierre ?

À l'angle sud-est du Temple.

37. Que dit-il lorsqu'il la posa ?

Dieu nous aide !

38. Quelle fut la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple ?

Dieu fut homme et un homme fut Dieu, Marie fut mère et pourtant vierge.

39. A quoi la nuit est-elle bonne ?

La nuit est meilleure pour entendre que pour voir.

40. A quoi le jour est-il bon ?

Le jour est meilleur pour voir que pour entendre.

41. Que fit le deuxième homme lorsque le premier homme mourut ?

Il acheva l'ouvrage que le premier homme avait projeté, comme le roi David qui avait projeté de construire le Temple mais en fut empêché par la mort, ce fut Salomon qui l'acheva.

42. Que signifie la mer d'airain qu'Hiram façonna et qu'il soutint par douze b¦ufs, trois regardant au nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est ? A cette époque, elle était assignée aux prêtres pour s'y baigner et laver ; mais maintenant nous trouvons qu'elle était symbole du sang du Christ, sang destiné à purifier les péchés et à laver les élus, et les douze b¦ufs un symbole des douze Apôtres qui luttèrent contre tout paganisme et athéisme et scellèrent avec leur sang la cause du Christ.

43. Que signifiait la porte d'or du Temple, par laquelle on entrait dans le Saint des Saints ?

C'était un autre type du Christ, qui est la porte, la voie, la vérité et la vie, par qui et en qui tous les élus entrent au ciel.  Salutations des étrangers.

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