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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Rituel de Profès(extrait)

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

Le Commandeur :

"Nous lisons dans le troisième chapitre du Livre des Nombres que le Seigneur parla à Moïse et lui dit :

"Faites approcher le tribu de Lévi, et faites que ceux qui sont de cette tribu se tiennent devant Aaron le Grand-Prêtre, afin qu'ils servent et qu'ils veillent. Qu'ils observent tout ce qui regardera le culte que le Peuple d'Israël doit me rendre devant le Tabernacle du Témoignage. Qu'ils aient en garde les vases du Tabernacle, et qu'ils rendent tous les services qui regardent le Saint Ministère. Car vous donnerez les lévites à Aaron et à ses fils comme un présent que leur font les enfants d'Israël, mais vous établirez Aaron et ses fils pour les fonctions du Sacerdoce. Et tout étranger qui s'approchera du Saint-Ministère sera puni de mort. Car J'ai pris les lévites d'entre les enfants d'Israël, en la place de tous les premiers-nés, c'est pourquoi les lévites seront à Moi… Et ils veilleront dans le Tabernacle de l'Alliance, ayant en mains le Tabernacle lui-même, et tout ce qui appartient au Ministère de l'Autel. Ils garderont l'Arche d'Alliance, la Table des Pains de Proposition, le Chandelier à Sept Branches, les Autels des Parfums et des Holocaustes, et les Vases qui servent au Saint-Ministère, 1e Voile du Saint des Saints, et toutes les choses de cette nature…"

"C'est pourquoi, mon Frère, vous prenez rang en ce jour, par le mystère de cette substitution ésotérique de la Nouvelle Alliance à l'Ancienne, de celle de la Tribu de Lévi aux Premiers-nés d'Israël, dans l'Ordre des Milites gardiens de l'Autel, mais de cet Autel Eternel que saint Jean nous révèle en son Apocalypse. Aujourd'hui donc, alors que vous allez recevoir le premier degré de la Sainte Profession et que vous êtes ainsi choisi pour la garde du Tabernacle, la conduite de l'Arche Sainte, la reconstruction du Saint-Temple (1), c'est-à-dire de ce que cela préfigurait, soit la Cité Céleste, l'Eglise Eternelle, qui toujours entourées d'ennemis, leur livrent un incessant combat, il est utile de vous rappeler les paroles de l'Apôtre Paul : “Nous n'avons point à lutter contre la Chair et le Sang, mais contre les Princes de ce Monde Ténébreux, contre les Esprits du Mal, répandu dans les Airs…"

"C'est donc l'accès à cette Jérusalem Céleste que vous devez défendre par la puissance de votre parole, par l'exemple de toutes vos actions, par la vertu des Pouvoirs lévitiques que vous recevrez aujourd'hui. Soyez donc fidèle, courageux, honnête, et sincère. Et puisque Lévi signifie "ajouté" et "élevé", soyez élevé au-dessus de vous-même, au-dessus des tentations matérielles qui assiègent et guettent l'Homme ici-bas, sur les chemins arides de la Cité Sainte d'En-Haut. Justifiez alors ce que dit l'Ecriture : "Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur…" Car vous devenez aujourd'hui le coopérateur, le milite, du Sacrificateur par excellence. Et que l'Eternel vous l'accorde par Sa Grâce. Ainsi soit-il…"

 

(1) – Ce sont là d'anciens titres Cohen

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Emulation GO GB Hiram

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux allaient être finis et qu'ils n'étaient pas en possession des secrets du troisième grade, conspirèrent ensemble pour les obtenir par n'importe quels moyens, décidés même à avoir recours à la violence.

Cependant au moment de mettre leur projet à exécution, douze, sur les quinze, se désistèrent ; mais trois, d'un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, s'obstinèrent dans leur entreprise sacrilège.

Pour la mener à bonne fin, ils s'embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l'Est, au Nord et au Sud du Temple où notre Maître s'était retiré pour faire ses dévotions au Très-Haut, selon sa coutume à l'heure de midi. Après avoir ter-miné ses prières il voulut sortir par la perte du Sud, mais là, il faut arrêté par le premier de ces misérables qui, n'ayant pu se procurer d'autre arme, s'était muni d'une règle pesante. 11 demanda, d'un air menaçant, les secrets des MM. MM. en ajoutant qu'un refus serait puni de mort

Notre Maître, fidèle à son obligation, répondit que ces secrets n'étaient connus que de trois personnes au monde, et que sans le consentement et le concours des deux autres il ne pouvait ni ne voyait les révéler. Cependant il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donneraient en temps convenable au Maçon méritant le droit de connaître ces secrets, mais, quant à lui, il préfèrerait la mort plutôt que de trahir le mandat sacré qu'on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable voulut asséner un coup violent s r la tête de notre Maître mais déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua le but et son arme glissa sur la tempe droite (Ici le 2' S. touche la tempe droite du Récip. avec la Perpendiculaire) avec une telle force cependant que le Maître chancela et s'affaissa sur le genou gauche (ici le Récip. s'affaisse sur le genou gauche).

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Dès qu'il fut remis de son étourdisse-ment, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors, le misérable, qui était armé d'un niveau, lui asséna à la tempe gauche un coup violent (Ici le l 'r S. t. 1. Récip. à la tempe g.) qui, l'abattit sur le genou droit. (Ici le Récip. s'affaisse sur le genou d.)

Voyant qu'on lui avait coupé la retraite sur ces deux points il s'avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l'Est où était posté le troisième misérable. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à son insolente réclamation car, même dans ce moment d'angoisse, notre Maître demeura ferme et inébranlable ; alors le scélérat, qui était armé d'un maillet pesant, lui asséna sur le front un coup violent (Ice le V. touche le front du Récip. avec son Maillet) qui l'étendit sans vie à ses pieds (Les SS. c. le Récip. p. t. s. 1. d. et se tiennent de chaque côté de lui, un peu en arrière).

V.- Les FF. remarqueront que dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans sa situation présente notre F. a personnifié l'un des plus nobles caractères dont les annales de la Maçonnerie fassent mention c'est-à-dire H.A qui mourut victime de son inébranlable fidelité au depôt qui lui avait été confié ; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l'esprit du Récip. ainsi que sur le vôtre, mes FF, dans le cas où vous seriez soumis vous-mêmes à une semblable épreuve.

V.- F. 2e S. Veuillez essayer de relever celui qui personnifie notre Maître au moyen de l'a. d. a. (le 2e S. essaie en vain).

2e S.- V.M. 1. c. q. 1. o.

V.- F. ler S. Veuillez essayer de l'attouchement de Compagnon. (Le 1" S. essaie en vain et revient à sa place comme le 28).

ler S.- V.M. 1. c. q. a. 1. o.

V.- FF. SS. Vous avez échoué l'un et l'autre, mais il y a encore une troisième manière qui consiste à.... ce que je vais essayer de faire si vous voulez m'aider.

Il quitte sa chaire par la gauche et tous trois relèvent le Récip.

V - (au Récip.) C'est ainsi qu'on re-lève tous les MM. MM. après une mort simulée, afin qu'ils puissent de nouveau se réunir aux anciens Compagnons de leurs travaux.

V.- FF. SS. Veuillez retourner à vos places. (Ils obéissent).

V.- (au Récip.) Permettez-moi main-tenant de vous faire remarquer que le M. M. n'est éclairé que d'une faible lueur, et est entouré de ce qu'on pourrait appeler des ténèbres visibles. Cette demi-obscurité représente la sombre incertitude qui dé-robe l'avenir à nos regards. C'est ce voile mystèrieux que la raison humaine ne peut pénétrer à moins d'être éclairée par la lumière qui vient d'en haut. Cependant cette faible lueur vous permet de voir que vous êtes sur le bord de la tombe, dans laquelle vous venez de descendre symboliquement et qui, après votre passage dans cette vie éphémère, vous recevra de nouveau dans son sein glacé. Puissent les emblèmes de la mort, qui gisent là devant vous, vous amener à méditer sur votre destinée inévitable ! puissent-ils diriger votre pensée sur la plus intéressante de toutes les études i.umaines, la connaissance de vous-même. Ayez soin d'accomplir la tâche qui vous est assig zée tandis qu'il en est temps en core ; continuez d'écouter la voix de la nature qui témoigne hautement que ce corps, tout périssable qu'il est, recèle un principe immortel. C'est là ce qui nous inspire une sainte confiance et nous fait espérer que le Dieu de vie nous donnera la force d'écraser sous notre talon le Roi des Terreurs et d'élever nos regards jus-qu'à cette brillante étoile du matin qui se lève pour faire rayonner la paix et le salut sur ceux d'entre les humains qui sont demeurés fidèles et obéissants.

(Ici le V. prend le Récip. par les deux mains, l'attire doucement vers sa droite,

de manière à changer de place avec lui.-N.B. Dans ce mouvement le V. doit passer près de son autel).

V.- Je ne puis mieux récompenser l'attention que vous avez prêté à cette exhortation, qu'en vous confiant les sec-rets du Grade. Veuillez donc avancer vers moi en Compagnon, mais d'abord en Apprenti. (Le Récip. obéit). Faites main-tenant u. a. p. v. m. en partant d. p. g. et en,,ramenant 1. t. d. dans le c. d. p. comme auparavant. C'est là 1. t. p. r. en Fr.M. et c'est dans cette position que les secrets du Grade doivent être communiqués.

Ils se composent d s. d. u. a. et d. u. m.

Le l e ' ' et le 2e de ces signes sont accidentels et le 3e est p.

Le premier signe accidentel se nomme le signe d'H. . et se fait en p. d. s. de c. Tenez-vous à 1. d. c. comme si vous étiez f. d. h. à la vue d'une chose affreuse et navrante. Le second signe accidentel se

nomme le signe de S. et se fait en        

Placez          Le s. p. se donne en. C'est une allusion au châtiment indiqué dans votre Obligation et cela signifie que vous préfèreriez  plutôt que de révéler les

secrets qui vous ont été confiés L'attouchement ou gage est le premier des c. p. p. qui sont M. c. M. - P. c. P. - G. c. G. - S. c. S. - et M. par d 1. é. On peut les expliquer brièvement ainsi M. c. M. je vous salue comme F. P. c. P. je vous sou-tiendrai dans toutes vos entreprises avouables ; G. c. G. L'attitude d. 1. p. me rappellera chaque jour vos besoins ; S. c. S je garderai, comme Ies miens propres, les secrets avouables que vous m'aurez con-fiés ; m. p. d. 1. é. je défendrai votre honneur en votre absence comme en votre présence . C'est dans cette attitude, et dans cette attitude seule, et seulement à v. b. sauf en Loge, qu'on doit dire le mot.

Le mot est   

V.- Vous êtes libre maintenant de vous retirer pour vous rehabiller et vous remet tre à votre aise, et à votre retour dans l'A-telier, on vous expliquera plus au long les signes, l'attouchement et le mot.

Le 1 er mène le Récip. à la gauche du ler S. et lui dit de °saluer le V. dans les trois Grades ; Le Récip. quitte l'Atelier ..

A la rentrée du Récip. le ler E. le place à gauche du 1 er S. et lui dit de saluer le V.M. dans les Trois Grades. Après quoi le ler S. se lève, fait le signe, prend la main d. du Récip. et le présente au V.

ler S.- V.M., je vous présente F.Z.

à son élévation au 3e Grade et je vous demande pour lui un nouveau gage de votre faveur.

V.- F. ler S. je vous charge de le re-vêtir de l'insigne distinctif du Maître Maçon.

ler S.- (au Récip.) F.Z       par ordre du V.M. je vous revêts de l'insigne distinctif du M. M pour montrer les progrès sérieux que vous avez faits dans la science.

V.- (au Récip ) Je dois vous dire que l'insigne dont vous venez d'être revêtu n'indique pas seulement votre rang comme

131 -

M.M. il a pour but de vous rappeler les grands devoirs que vous vous êtes récemment engagé à remplir, et tandis qu'il montre votre supériorité, il vous prescrit d'aider et d'instruire les FF. dans les Grades inférieurs.

Les F.F.. mènent le Récip. devant le V

Histoire traditionnelle.

V.- Nous nous sommes interrompus, dans l'exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre M.H A. Une perte aussi importante que celle du principal Architecte ne pouvait manquer de se faire sentir partout et très sérieuse-ment. L'absence de ces plans et de ces instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués parmi les différentes classes d'ouvriers, fut le premier indice qu'un grand malheur avait dû frapper notre Maître. Les Ménatschin ou Préfets, autrement dit les Surveillants, choisirent quelques-uns de leurs membres les plus éminents et les envoyèrent au Roi Salomon pour lui faire part de l'extrême con-fusion dans laquelle l'absence d'H...les plongeait, et pour lui dire qu'ils avaient lieu de craindre qu'une disparition si sou-daine et si mystèrieuse ne fût la conséquence de quelque terrible catastrophe.

Le Roi Salomon ordonna immédiate-ment de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois des membres de la susdite classe de Surveillants ne répondirent pas à l'appel. Le même jour, les douze Compagnons qui avaient été à l'origine associés à la conspiration, confessèrent volontaire-ment tout ce qui s'était passé jusqu'au moment où ils avaient cessé d'en faire partie Cette confession augmenta naturelle-ment les craintes du Roi Salomon pour la sûreté de son principal Architecte C'est pourquoi il choisit quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mette e i quête de notre Maître et de chercher à découvrir s'il était encore en vie ou s'il avait péri victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son Grade élevé.

En conséquence, après avoir fixé la date de leur retour à Jérusalem, ils se partagèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route en prenant pour pointe de départ les trois portes du Temple. Bien des jours se passèrent en vaines recherches et même une des sections revint sans avoir fait aucune découverte importante

Une autre cependant fut plus heureuse; car le soir d'un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des FF. qui s'était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour s'aider à se re-lever, la branche d'un arbuste qui se trouvait près de lui ; mais, à sa grande sur-prise, l'arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s'aperçut que la terre avait été fraîche-ment remuée Il appela ses Compagnons et aidé par eux, se mit à creuser la terre, et y trouva le corps de notre Maître qu'on y avait indignement enfoui Les Compagnons le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l'endroit, plantèrent, u. b.

- 134 -d. a. en tête de la fosse. Puis ils partirent en toute hâte pour Jérusalem afin d'annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Le Roi, après avoir donné un libre cours à sa douleur leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre M. et de l'honorer d'une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets de la Maîtrise étaient perdus. C'est pourquoi il leur recommanda d'écouter et d'observer avec attention afin de se rappeler les s a. et p. que les FF échangeraient par hasard entre eux tandis qu'ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l'homme de mérite qui n'était plus.

Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité ; lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des FF. remarqua (le V. se lève) quelques-uns de ses Compagnons dans cette attitude (iI f. 1. s. d'H.) frappés d'horreur à la vue du spectacle affreux et navrant qu'ils avaient devant eux, tandis que d'autres, contemplant

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I'horrible blessure visible encore a. f. d. n. M. se f. I. f. afin d'exprimer la sympathie qu'ils éprouvaient pour ses souffrances (r1 f, 1. s. d. S. et se rassied). Deux des FF. descendirent alors dans la fosse et essayèrent de le relever par l'a. d'A. m. 1. c. q. 1 o. Ils essayèrent encore l'A. de C. mfl 1. c. q. e. 1. o. Voyant qu'ils avaient échoué tous deux, un F. zélé et expérimenté saisit plus solidement ... et aidé des deux premiers fit relever notre Maître au moyen des c. p p. tandis que d'autres en-traînés par l'émotion s'écrièrent.. ou.. Ces deux mots ont presque le même sens, l'un signifie 1. m. d. 1. A. et l'autre I. A. e. m. Le Roi Salomon ordonna donc que ces s. a cet a et c. m. serviraient à désigner les M.M. dans tout l'Univers jusqu'à ce que le temps ou les circonstances fissent re-trouver les véritables.

Il ne me reste plus qu'à vous rendre compte de ce qui arriva à la 3e section qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Japho, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu'un jour, en passant par hasard devant l'entrée d'une caverne, nos frères entendirent des lamentations et des exclamations de repentir. Ils pénetrèrent dans la caverne pour en rechercher la cause et y trouvèrent trois fugitifs.

Accusés du meurtre et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent un aveu complet de leur crime. Ils furent liés et conduits à Jérusalem, où le Roi Salomon les condamna à mort, châtiment que leur horrible forfait avait bien mérité

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Rite Ecossais Philosophique Hiram

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

Après la mort de David, Salomon, ayant dessein d'élever un Temple à l'Eternel, envoya des Ambassadeurs à Hiram, Roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d'Israël pour faire alliance avec lui. Il lui demanda les bois propres pour la construction du Temple

                        Hiram de Tyr lui promit toute l'aide nécessaire

                        Les bois furent coupés dans les forêts du Liban et les pierres furent taillées dans les carriè­res de Tyr.

                        Salomon employait à cet ouvrage trente mille ouvriers qu'il faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres.

                        La nourriture de ces ouvriers et leur entretien étaient payés par Salomon en bois et en huile. Le Roi d'Israël demanda à Hiram de lui envoyer un homme habile pour diriger la construc­tion de ce grand édifice.

                        Le Roi de Tyr se prêtant aux vœux de Salomon lui envoya le meilleur ouvrier de son Royau­­me pour l'architecture et le travail des métaux. Il se nommait Hiram comme lui, fils d'un Libyen nommé Usel.

                        Sa mère, veuve, était originaire de la tribu de Nephtali.

1rS                  Le premier ouvrage qu'il fit exécuter, fut deux superbes Colonnes qu'il plaça à la porte d'Occident du Temple, l'une au Septentrion et qui portait au milieu la lettre "J", initiale du nom d'un habile ouvrier nommé JAKIN sous la direction duquel il mit les Apprentis.

                        L'autre au Midi avec la lettre "B" au milieu, initiale de "Booz" ou "Boaz" qui était un sage Maître auquel il donna l'inspection sur les Compagnons.

2dS                 Enchanté de ce chef-d'œuvre et de cet ordre bien établi, Salomon donna sa confiance à l'habile Hiram, lui communiqua ses projets et ses plans, ainsi que la surintendance des travaux avec la permission de choisir parmi les Compagnons Maçons, ceux qui auraient le plus de talents pour être décorés du titre de Maître.

TR                   Pour reconnaître les qualités de chaque ouvrier et donner à chacun la paie attachée à son état, Hiram les avait divisés comme vous le savez, en trois classes, Apprentis, Compagnons et Maîtres.

                        Il donna à chaque classe un mot, un signe et un attouchement pour pouvoir les recon­naî­tre, éviter tout désordre et les payer selon leur mérite.

                        Il nomma et désigna ensuite les endroits où ils devaient recevoir leur salaire à la fin de la sixième journée.

1rS                  Les apprentis qui étaient au nombre de 70.000 étaient payés à la Colonne "J".

                        Les Compa­g­nons au nombre de 80.000 à la Colonne "B".

                        Les Maîtres au nombre de 3660, recevaient leurs appointements dans la Chambre du Milieu.

TR                   Le mot sacré des Maîtres était "JEHOVA", mot qui fut changé après la mort d'Hiram dont je vous fais l'histoire.

 

S’arrête quelques instants

 

                        Le Respectable Maître que nous pleurons, conduisait les travaux avec succès, lorsque trois Compagnons criminels, jaloux de ce qu'on ne leur donnait pas le grade de Maître et mé­con­­­tents des salaires qu'ils recevaient, résolurent pour avoir la rétribution des Maîtres, de se faire donner le mot du grade par Hiram, de gré ou de force.

1rS                  Hiram-Abi avait pour usage de faire une revue générale de tous les ouvrages en fin de semai­ne.

                        Les trois scélérats attendirent que les ouvriers fussent sortis et vinrent se poster un à la porte d'Occident, l'autre à la porte du Midi et le troisième à la porte d'Orient.

 

Stop musique

 

2rS                  Hiram, s'étant présenté à la porte de l'Occident, le Compagnon qui s'y trouvait lui deman­da le mot, le signe et l'attouchement de Maître.

TR                   Hiram s'y refusa mais promit de les lui donner lorsqu'il aurait mérité le grade. Mais, le Compa­gnon persistait à les lui demander et voyant qu'il ne pouvait les obtenir, lui donna un coup de Règle qui l'étourdit, ne l'atteignant qu'à l'épaule droite.

 

Le Frère placé au Nord frappe avec la règle l'épaule droite du candidat.

 

TR                   Hiram, revenu à lui, tenta de s'échapper par la porte du Midi, mais là il trouva le deuxième scélérat qui lui fit les mêmes demandes et reçut les mêmes réponses.

                        Le misérable sentant qu'il ne pouvait rien obtenir par la douceur, employa de fortes mena­ces, sans effet.

                        Alors, transporté de colère des refus qu'il essuyait, il donna un grand coup d'Equerre sur la nuque du Maître qu'il blessa dangereusement.

 

Le Frère placé à la Colonne du Midi frappe avec l'équerre la nuque du candidat.

 

Le Très Respectable descend de sa stalle et vient se placer face au candidat.

 

TR                   Le Maître s'enfuit vers la porte de l'Orient où il eut bien de la peine à arriver.

                        Mais il y trouva le troisième assassin qui le menaça de le faire mourir s'il lui refusait le mot sacré du Maître.

                        Hiram lui signifia qu'il ne l' accorderait jamais par la contrainte.

                        Alors, le misérable lui porta un coup de marteau si violent sur le front, qu'il l'étendit mort.

 

Le Très Respectable porte au front du candidat un coup de maillet et le pousse.

 

En même temps les deux Frères préposés à cet effet, renversent le candidat dans le cercueil, le recouvrent d'un drap noir et lui placent une branche d'acacia dans la main droite.

 

TR                                                                (regagne sa stalle)

 

                        (à voix forte).C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons préféra perdre la vie que de donner le Secret de Maître à des Compagnons indignes de le recevoir

                                                                                                                                                                                                                                                                                                        pause

 

1rS                  Comme il faisait encore jour, les scélérats n'osèrent transporter le corps hors du Temple.

                        Ils le cachèrent sous un tas de pierres et quand la nuit fut venue, ils le portèrent sur le Mont Hebron où ils l'enterrèrent près d'un acacia, dont ils plantèrent une branche sur la fosse pour mieux la retrouver.

TR                   Salomon, après sept jours, ne voyant pas reparaître Hiram, fit cesser les travaux et ordon­na des recherches pour le retrouver.

                        Neuf Maîtres nommés par lui découvrirent bientôt que trois compagnons avaient disparus.

                        Il envoya alors trois Maîtres vers le Nord et comme il craignait que la parole de Maître n'ait été découverte, il les fit convenir d'un mot pour se reconnaître dans leur voyage et leur dit de prendre désor­­mais pour mot sacré la première parole que proférerait celui qui décou­vri­rait le corps d'Hiram s'il était réellement mort.

A l'invitation du Maître des Cérémonies et sous sa conduite, trois Frères de la Colonne du Nord se lèvent et font trois fois le tour du tombeau, puis se tiennent debout à l'Occident.

 

2dS                 En vain.

TR                   Salomon ordonna alors à trois autres Maîtres de se joindre aux premiers pour continuer les recherches.

 

Même mouvement. Trois Frères de la Colonne du Midi se lèvent et à eux six, font trois fois le tour du tom­beau, puis se tiennent debout à l'Occident.

 

2dS                 La recherche des six Maîtres fut encore infructueuse et il vinrent rendre rapport à Salomon.

TR                   Celui-ci, soupçonnant le crime et voulant absolument s'en assurer, ordonna à trois Maîtres de se joindre aux six qu'il avait déjà envoyés en leur recommandant la plus grande minutie dans les recherches.

 

Même mouvement. Trois autres Frères se joignent aux six et font trois fois le tour du tombeau, puis se tiennent debout à l'Occident.

 

Pendant le dernier tour.

 

1rS                  Les neufs Maîtres firent de longues recherches et désespéraient de réussir.

                        Ils ne s'éloi­gnaient pas les uns des autres et après neuf jours, arrivèrent sur le Mont Hebron.

                        L'un d'eux se sentant fatigué voulut s'asseoir sur un tumulus, mais sentant que la terre s'éboulait, il s'aper­çut qu'elle avait été récemment remuée alors que le reste du plateau était rocailleux et stérile.

                        Et une branche d'acacia avait été plantée dedans.

 

Le Très Respectable descend de sa stalle et se place au pied du cercueil.

 

2dS                 Il appela ses compagnons et leur fit part de sa découverte.

                        Tous ensemble, ils allèrent en rendre compte à Salomon.

1rS                  Ce Prince vint en personne avec les neuf Maîtres en leur rappelant les recommandations quant au signe et parole de reconnaissance, ceux qui seraient faits, vus ou prononcés.

                        Alors ils aperçurent en effet le corps ensanglanté de notre Respectable Maître Hiram et ils firent le signe d'horreur.

 

Pendant les dernières phrases, on découvre le visage et le corps du candidat, le signe d'horreur se fait en tendant la main gauche comme si on voulait écarter un objet odieux et en se proté­geant le visage tourné vers le côté opposé, comme si on ne voulait pas voir.

 

2dS                 Ensuite, l'un d'eux prit la phalange du premier doigt et elle lui resta dans la main. Il s'écria «Jakin».

 

                            (un Frère de la colonne du Nord fait le geste sur le récipiendaire)

 

2dS                 Un autre le prit par la phalange du second doigt et elle lui resta encore dans la main, alors il s'écria «Boaz».

 

                             (un Frère de la colonne du Midi prend l'index et le laisse glisser)

 

                        Alors, Salomon prit la main entière par le poignet, mais sentant qu'il se séparait du bras, il s'écria «Mac Benac» qui signifie: "la chair quitte les os".

 

                                                                                               (le Très Respectable fait le geste sur le récipiendaire)

 

                        Alors, avec l'aide de deux Maîtres, il leva le corps de sa tombe par ce qui devint les cinq points de Perfection.

 

Le Très Respectable, avec l'aide de deux Frères, relève le candidat par les cinq points, pied contre pied, genoux contre genoux, poitrine contre poitrine, joue contre joue et en passant le bras gauche par-dessus l'épaule en prononçant à l'oreille "MAC BENAC".

 

Tous regagnent leur place en laissant le candidat au pied de la Tombe.

 

TR                   Il fut convenu que ce mot serait désormais celui des Maîtres.

                        Ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram et le transportèrent dans le Temple de Salomon où ils lui firent dresser un Tombeau sur lequel était posé un médaillon en or fait en triangle où étaient gravé “MB”.

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Rite Ecossais Primitif Hiram

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

Après la mort de David, son fils Salomon était monté sur le trône d'Israël, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hiram roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d'Israël, et lui envoya des ambassadeurs afin de faire alliance avec lui. Il lui demanda des bois propres à la construction du Temple. Hiram de Tyr donna son accord à Salomon et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans les forêts du Liban, et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. A cet ouvrage, Salomon employait trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers était payée par Salomon ainsi que leur entretien. Hiram de Tyr, désireux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet édifice immortel, envoya vers Salomon un ouvrier, fameux dans le travail de toutes sortes de métaux et très instruit en architecture. Il se nommait Hiram Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé Ur et de sa veuve issue de la tribu de Nephtali. Salomon le constitua son maître architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le nommant de plus inspecteur général de tous les ouvriers du Temple.

Hiram les divisa alors en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à qhaque classe un Signe, un Attouchement et un Mot pour pouvoir reconnaître les ouvriers et les payer ensuite selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les lieux où il devait les passer en revue et leur remettre leur paiement à la fin de la sixième journée. Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J, les Compagnons étaient au nombre de quatre-vingt mille, et ils étaient payés à la Colonne B. Ces deux Colonnes, ainsi que vous le savez, avaient été élevées sur le parvis du futur Temple.

Les Maîtres, au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur salaire dans la Chambre du Millieu de la Loge érigée sur le chantier.

Tels étaient les engagements que cet homme illustre avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le  nom de Surveillants. Le premier était préposé pour payer les Compagnons et le second pour payer les Apprentis. Ils avaient également l'inspection sur les ouvriers chargés de la police du chantier, comme d'accomoder les différents qui pouvaient naître entre eux. Il se trouva que trois Compagnons, mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres, et se proposèrent de l'obtenir de grè ou de force. Hiram avait coutume à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages en cours. Les trois scélérats attendirent donc que les ouvriers fussent sortis. Ils allèrent se poster, l'un à la porte de l'Orient, l'autre à celle du Midi, et le troisième à la porte d'Occiddent. Hiram ayant fait sa ronde habituelle et allant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, et le Compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres. Hiram s'y refusa et lui promit de les lui accorder lorsqu'il aurait mérité de passer Maître. Le Compagnon persistant toujours à les lui demander et voyant qu'il ne pourrait les obtenir, lui frappa la tête avec une règle, ce qui l'étourdit.

Le Tr\Respectable

Il frappe le front du Postulant d'un coup de son Maillet, et reprend la lecture du récit rituel

Revenu à lui, hiram tenta de s'échapper par la porte du Midi, mais il y trouva le second de ces scélérats, qui lui fit les mêmes demandes, qu'il refusa également, ce que voyant, ce Compagnon employa alors les menaces. Ne produisant sur Hiram aucun effet, transporté de colère devant ce refus, il frappa Hiram s'un coup de Marteau sur la tête, ce qui le blessa dangereusement.

Le Tr\Respectable

Il frappe le front du Postulant d'un second coup de Maillet et reprend la lecture du récit

Hiram s'nefuit vers la porte de l'Orient où il eut beaucoup de peine à parvenir. Il y rencontra le troisième des assassins, qui le menaça de le tuer s'il lui refusait les Signe, Mot et Attouchement des Maîtres. Hiram lui fit la même réponse qu'aux deux autres, lui déclarant qu'il ne pouvait les lui accorder de cette manière, que seule son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors lui Hiram les lui donnerait volontiers. Mécontent de cette réponse, le misérable insista par la force pour lui arracher les secrets des Maîtres mais Hiram continua de les lui refuser avec la plus grande fermeté. Alors le misérable le terrassa d'un coup de levier sur le crâne.

Le Tr\Respectable

Il frappe le front du Postulant d'un troisième coup de Maillet et fait silence quelques instants

C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de communiquer le secret des Maîtres à des Compagnons indignes de le recevoir. Comme il était encore jour, les trois assassins n'osaient le sortir du Temple ; ils le dissimulèrent sous quelques lourdes pierres, et lorsque la nuit fut venue, ils le transportèrent sur le mont Hébron, où ils l'enterrèrent à proximité d'un acacia.

Sept jours s'étaitent écoulés, et Salomon ne voyant plus paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches afin de savoir ce qui était advenu au maître d'oeuvre. Mais ne recevant toujours pas de nouvelles, il rendit un édit par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé que l'on eut retrouvé Hiram mort ou vif. Il ordonna alors à neuf Maîtres de s'informer auprès de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s'ils n'auraient quelque indice de la disparition d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon avait prescrit en questionnant ici et là quelques Compagnons, car ils soupçonnaient ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le Mot de Maître. Mais ce qui les confirma davantage en leurs soupçons, ce fut qu'ayant visité toutes les Loges où demeuraient les Maçons par nombre séparé, ils constatèrent que trois Compagnons avaient disparu. De concert avec les neuf Maîtres, Salomon décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et l'Attouchement seraient également changés. Les neuf Maîtres, après avoir fouillé très minutieusement tous les recoins du Temple se divisèrent en trois groupes de trois.

Trois sortirent par la porte d'Occident, trois par celle du Midi, et trois par celle d'Orient, avec la décision de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram. Ils eurent attention en faisant cette perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché pendant huit jours inutilement, ils parvinrent le neuvième jour sur le mont Hébron. L'un d'eux, harassé de fatigue, se reposa sur le sol, mais sentant que la terre s'affaissait sous lui, il constata qu'elle avait été récemment remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit était, comme ses environs, inculte, graveleux et stérile. Il appela les autres Maîtres et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans plus avant ils résolurent d'en instruire le roi Salomon, mais pour mieux retrouver l'emplacement à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui se trouvait à peu de distance, et ils la plantèrent sur le lieu où ils se proposaient de faire une fouille au retour. Ayant rendu compte à Salomon de leur découverte, ce prince les engagea à y retourner et à creuser l'endroit ainsi repéré.

Le Tr\Respectable

Il remonte à l'Orient et frappe trois coups de Maillet  lll  puis il dit

Mes Frères, veuillez entourer la fosse.

Il en est ainsi fait. Les Frères se placent les uns derrière les autres, le Très Respectable en tête, suivi du 1er Surveillant, le 2ème surveillant se plaçant le dernier. Le Très Respectable a auparavant fait se retourner le Postulant vers la fosse. Il donne alors le signal du départ d'une marche lente par trois glissements successifs et une seconde de pause, les Maîtres ayant la main droite posée sur l'épaule droite du Frère le précédant. Le troisième tour effectué, le Très Respectable s'arrête devant l'Orient face à la fosse, et les Maîtres entourent de nouveau le lieu, les Surveillants autour du Très Respectable.

Le Tr\Respectable

Mes Frères, la Chaîne est fermée. Que chacun transmette à son voisin la triste nouvelle, par trois paroles :

1ère parole                    Le Maître est mort...

2ème parole                  Trois Compagnons l'ont tué...

3ème parole                  Iéohah, ancien mot des Maîtres...

Lorsque la troisième parole est revenue au Très Respectable, il reprend le rituel :

Le Tr\Respectable

Les neuf Maîtres retournèrent sur le mont Hébron et commencèrent à fouiller la terre. Ils reconnurent alors que c'était bien Hiram qui y était dissimulé. Tous portèrent alors sur la poitrine la main droite, et tenant la gauche tendue en signe de douleur et d'horreur, comme si on voulait éloigner une vision odieuse. Ensuite l'un d'eux prit le petit doigt du cadavre et prononça le mot JAKIN ; le second prit le pouce du cadavre et prononça le mot BOZ, et le doigt lui resta dans la main. Le troisième Maître le prit par le poignet, et sentant qu'il se réparait du bras il dit simplement MAK BENAH... La chair quitte les os...

Etant ainsi convenu que ce dernier mot prononcé serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple décidé par Salomon, où il le fit inhumer dans un tombeau où s'élèverait plus tard le Saint des Saints. Il y fit incruster un médaillon en or portant un triangle où était gravé le Mot nouveau des Maîtres : MAK BENAH. C'est en souvenir de cela que les Maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu'ils sont innocents de la mort du Maître Hiram. Frère Compagnon, vous venez de constater par ce récit qu'un Maçon doit préférer la mort plutôt que de trahir son serment de fidélité et de silence.

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Rite Moderne d'Ecosse

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

Souverain Collège de France et de Malte

Pro Libertatem Ad Veritatem

Fondé en 201 

Le Rite Moderne d’Ecosse est un rite créé pour adapter la Franc-Maçonnerie à la modernité et à l’évolution du monde dans lequel nous vivons. C’est un rite qui axe son développement sur 5 points qui sont :

  • La relation de l’individu par rapport à lui-même
  • La relation de l’individu par rapport aux autres
  • La relation de l’individu par rapport à son environnement et la nature
  • La relation de l’individu au sein de la société (et son pays)
  • La relation de l’individu par rapport à la spiritualité

La devise du rite est Pro Libertatem Ad Veritatem, ce qui signifie que la vérité s’acquiert grâce à la liberté.

Le premier rite celtique

Nous fondons notre approche initiatique sur un symbolisme européen en général et celtique en particulier. Notre rite est composé de 8 grades complets et également de grades transitoires. Le symbolisme celtique est présent dès le grade d’Apprenti et est présent tout au long du cheminement initiatique qui nous est spécifique.

Conformément à la Tradition Maçonnique, nous retrouvons la grande légende maçonnique de l’architecte du Temple de Salomon au grade de Maître Maçon ; c’est d’ailleurs ce qui permet à notre rite de s’inscrire dans l’orchestre des rites maçonniques. Dans cet orchestre, notre rite est l’équivalent d’un soliste qui maîtrise ses partitions.

contactez-nous

A quoi rêviez vous lorsque vous étiez enfants ? Telle pourrait être la question qui préside à toutes nos réflexions. Il s’agit de parcours initiatiques qui sont fondés sur ce qui nous a guidé pendant notre enfance et qui finalement continue de le faire… Nous avons rêvé d’être des Chevaliers, des Gentes Dames, des Celtes valeureux et intrépides, tout ce qui a participé de près ou de loin à la formation de notre culture contemporaine. Il s’agit pour nos membres de vivre le symbolisme que le rite met à leur disposition ; il ne s’agit pas de l’interpréter.

Le parcours commence en loge symbolique encore appelée loge bleue chez les Maçons. La Loge symbolique est rattachée à une obédience. Celle du Rite Moderne d’Ecosse est la Grande Loge Franco-Maltaise. Une des spécificités de notre rite est d’avoir un grade de Compagnon qui se donne en deux temps. Le premier temps concerne le Compagnon de Métier, le second le Compagnon de la Marque. Nous le pratiquons tel que c’est pratiqué dans certaines loges d’Ecosse.

Notre système de hauts-grades se pratique en « Clan ». Un clan est une structure de hauts grades locale qui a autorité sur tous les grades qui ne dépendent pas de la loge symbolique. Ainsi, y sont pratiqués les grades dits « Arthuriens » qui sont le Maître Ecossais ainsi que le Rose+Croix de la Tour. Ces grades permetttent à l’initié de revivre le chemin de Joseph d’Arimathie, la construction du château du Roi Pêcheur, la découverte du trésor de Joseph, la traversée de la forêt des vertus, la découverte de la Tour et la contemplation d’une île bien connue…

Les Rose+Croix de la Tour peuvent ensuite choisir quelle orientation ils souhaitent donner à leur démarche spirituelle ; soit s’engager en Chevalerie, dans le prolongement des Chevaliers de Dieu et du Temple de la Stricte Observance et dans celle du Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte en devenant des Chevaliers Libres (Eques a/ab…) ou bien dans une voie Druidique au sein de la Clairière du Clan qui regroupe tous ceux qui ont fait ce choix.

Nos grades sont ainsi les suivants :

En loge symbolique

  • Apprenti
  • Compagnon
  • Compagnon de la Marque, seconde partie du grade de Compagnon
  • Maître Maçon

En Clan

  • Maître Ecossais
  • Rose+Croix de la Tour

Le Frère ou la Soeur a ensuite le choix de continuer son chemin vers une voie chevaleresque ou une voie druidique. La voie druidique s’effectue au sein d’une Clairière rattachée au Clan.

  • Ecuyer (grade probatoire)
  • Marcassin (grade probatoire)
  • Chevalier Libre
  • Druide

Le Souverain Collège est la structure qui anime et gère l’ensemble du Rite. Les grades symbolique sont administrés par la Grande Loge Franco-Maltaise, obédience symbolique qui exerce sa juridiction exclusive sur ces grades.

Le Souverain Collège et la Grande Loge font partie de la même association, ceci à fins de simplification des candidatures.

 

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RAPMM 95

Publié le 17 Mai 2026 par T.D

RITUEL du 95ème Degré

SUBLIME PATRIARCHE

GRAND CONSERVATEUR de l’ ORDRE

Décoration :

Les Très Ilustres et Sublimes Frères se réunissent dans le Temple du 90ème Degré. Il est de couleur blanche et de forme ronde, il s’ appelle le SUPRÊME CONSISTOIRE.  Sur la paroi d’ Occident se trouve la représentation de l’ Univers, les globes terrestre et céleste. Sur la paroi d’ Orient, le Grand Nom éclaire la Salle. A la place du sceau secret du Rite sur le sol se trouve une table ronde recouverte d’ une nappe rouge. Sur la table se trouvent trois chandeliers, en triangle, garnis de bougies de cire blanche, une épée flamboyante, le Livre Sacré ouvert à la Sagesse et un Rameau de Myrte

Tous les Illustres et Sublimes Frères sont assis en cercle. Le siège le plus prêt de l’ Orient supposé est destiné au Grand Maître Général. Il n’ y a pas de gants, de maillet, d’ encens, d’ Officier

Communication

Le Grand Maître Général demande à un Grand Consécrateur de l’ Ordre de faire entrer le ( ou les ) Très Illustre à l’ extérieur du cercle.

GRAND MAÎTRE GÉNÉRAL :

llustre Frère, veuillez vous approcher

Nous devons au 95ème degré armer et former des Conservateurs, fermes, stables et solides en nos Traditions et enseignements pour notre Ordre et notre Rite, ainsi que dans nos coutumes et usages, exprimés en nos Rituels, Grandes Constitutions et Gouvernement de l’ Ordre.

Il ne s’ agit donc plus ici d’ une Initiation mais d’ une Communication correspondant à une entrée en fonctions dans notre Souverain Sanctuaire.

Très Illustres et Sublimes Frères Patriarches Grands Conservateurs de l’ Ordre composant ce Souverain Sanctuaire, je vous présente le Très Illustre Frère ici présent 

Nom et prénom – ayant reçu dans les formes le 30ème Degré le………, le 33ème Degré le……

Très Illustre Frère, vous remplissez parfaitement les conditions pour accéder au suprême et dernier Degré de notre Rite. Il vous suffit donc de prononcer le Serment du Grade, les mains dégantées, la main droite étendue sur le Livre Sacré, l’ Épée flamboyante et sur le Myrte. En voici le texte :

Debout, Très Illustres Frères !

serment

Moi……………, me situant en mon cœur et en mon âme en la Divine Présence du Suprême Architecte de tous les Mondes,la main droite étendue sur le Livre Sacré, Emblème de l’ Éternité, sur l’ Épée flamboyante, Emblème de l’ honneur et de la transmission, et sur le Myrte, Emblème de l’ Initiation,

Je promets et je jure fidélité totale au Céleste Empire du Souverain Sanctuaire , obéissance absolue à ses Traditions et ses Lois sacrées. Je renouvelle mes promesses antérieures de respecter et faire respecter, sans faiblesse ni indulgence déraisonnable, tous les Règlements Généraux et les Grandes Constitutions.

Je promets et je jure d’ employer tous les moyens, justes et légitimes, pour répandre ce Rite et propager avec zèle les Vérités que proclame notre Institution.

Je promets et je jure de conserver le secret le plus absolu sur ce qui me sera confié à ce haut Degré, acceptant par avance en châtiment de mon éventuel parjure, d’ être privé de la Lumière et de subir en conséquence la seconde Mort, perdu dans les ténèbres illimitées et sans fin.

Daigne le Suprême Architecte de tous les Mondes entendre ce vœu !

Daigne le Dieu Suprême prendre acte de cette promesse !

Et daignent les Puissances de la Lumière éternelle m’ aider à la tenir fidèlement !

GRAND MAÎTRE GÉNÉRAL :

Très Illustre Frère, nous vous remercions de ce témoignage de fidélité à notre ordre. Veuillez vous agenouiller.

le Général prend l’ Épée flamboyante,

  la pointe au dessus de la tête du Récipiendaire

A la Gloire du Suprême Architecte de tous les Mondes, au Nom et sous les Auspices du Souverain Sanctuaire

En vertu des pouvoirs de la Grande Maîtrise Générale je vous crée par la Purification de la Lumière, et vous constitue par la Vérité, en nos Grands Temples Mystiques, par communication au 91ème Degré, Sublime Patriarche, Grand Défenseur du Rite, 92ème Degré, Sublime Catéchiste, 93ème Degré, Grand Inspecteur Régulateur  Général, 94ème Degré, Sublime Patriarche, Prince de Memphi

     et enfin prononce la formule d’ investiture

Je vous crée

 frappant l’ épaule droite à trois reprises

et constitue

 frappant l’ épaule gauche à trois reprises

 frappant le sommet de la tête à trois reprises

   il repose l’ Épée flamboyante

                                        silence

Grand Conservateur du Rite, veuillez vous relever.

silence

Insignes de votre nouvelle dignité.

 Il confère au nouveau Grand Conservateur de l’ Ordre

le Sautoir et le Bijou du Grade

Très Illustre Frère, voici les Mots, Signes et Attouchements des Patriarches Grands Conservateurs de l’ Ordre 

Signe : porter la main droite au front, puis regarder la Voûte Céleste en plaçant la main gauche sur le cœur.

Signification : La Puissance Suprême inspire en tous les cœurs le feu sacré de la Vérité absolue.

Attouchement : se placer mutuellement l’ index et le médius de la main droite sur les lèvres.

Signification : Soyez silencieux, que nul ne soupçonne que vous êtes un des Gardiens du Secret de l’ Ordre.

Mot de passe : ABRA «Patriarche pur de toute souillure» 

Réponse : AAR «Vérité utile aux Hommes»

Mot sacré : JAIR HAVOTH «Lumière éblouissante»

Age

Batterie : trois fois sept coups égaux

z z z z z z z       z z z z z z z       z z z z z z z

soit 21

Très Illustres et Sublimes Frères de ce Souverain Sanctuaire, Patriarches  Grands Conservateurs de l’ Ordre, afin de célébrer ce nouveau maillon de notre Chaîne de défense, veuillez vous associer à moi, par le Signe et la Batterie du Grade

ILLUSTRES et SUBLIMES FRERES GRANDS CONSERVATEURS

                         font le Signe et battent la Batterie

GRAND MAÎTRE GÉNÉRAL :

Très Illustres et Souverains Frères ! Souvenons nous de notre serment de silence, de l’ engagement  que nous avons pris de défendre l’ Ordre par tous les moyens justes et légitimes et pour cela levons tous de nouveau le bras droit au-dessus des Symboles sacré en répétant :

Nous le jurons !

ILLUSTRES et SOUVERAINS FRERES GRANDS CONSERVATEURS

       tendent le bras droit vers les Symboles Sacrés et répètent

Nous le jurons !

GRAND MAÎTRE GÉNÉRAL :

Très Illustres et Sublimes Frères, la Cérémonie de Communication du 95ème Degré est terminée. Retirons nous donc en Paix et en Silence

Il est de tradition, dans les anciens textes, que chaque participant quitte sa place et vienne prendre sur un plateau un verre peu rempli de vin de Myrtidane pour le boire avec les nouveaux Très Illustres et Souverains Grands Conservateu

 

 

 

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Profès et Grand Profès

Publié le 23 Février 2025 par T.D

PROFES ET GRAND PROFES


Jean-Baptiste Willermoz écrivait à la fin de l'Empire: Celui qui reçoit le sixième ( sc. Ie sixième grade, c'est-à-dire le grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ) apprend par l'instruction qui le termine que ce grade qui est réellement une conclusion très satisfaisante est le dernier du Régime; qu'il n'a rien de plus à lui demander ni à en attendre. Malgré cette déclaration quelques-uns, par-ci, par-là, se plaisent à penser qu'au-delà de ce 6è, il existe encore quelque grade ou instruction d'un Ordre et d'un genre plus élevés. Mais si cette conjoncture était fondée, il n'en résulterait pas moins que ce quelque chose qui serait supposé au-delà, n'étant annoncé ni avoué par les directoires et les régences, personne n'a le droit de le leur demander, et que toute sollicitation serait inutile et déplacée. ( ap. Pierre Chevallier Louis Mathias de Barral, ancien évêque de Troyes Franc-Maçon du Rite Ecossais Rectifié... Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, des arts et belles-lettres du département de l'Aube, tome CIV, Troyes, 1967, pp. 204-205 ).
...L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Ordre chevaleresque, est enté sur une Maçonnerie symbolique en quatre grades, le Rite Ecossais Rectifié. Mais, au-dessus du deuxième et dernier grade de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, intitulé précisément ~< Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et souvent nommé le 6è grade, audessus de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte proprement dit, il existe une double classe secrète, celle de la Profession et de la Grande Profession.
L'histoire et la nature de cette classe ont été souvent méconnues ou défigurées. En 1969, les responsables constatèrent que des études imprimées, des rumeurs avaient excité la curiosité et causé une controverse sur la persistance de la Grande Profession. Des légendes y avaient saisi prétexte à naître ou à renaître. Une mise au point officielle fut publiée, sous le titre assez coquettement modeste A propos du Régime Ecossais Rectifié et de la Grande Profession , et la signature Maharba >) ( anagramme d'Abraham ? ), dans le Symbolisme, octobre- décembre 1969, pp. 63-67. A ce texte sans pareil, il faut nécessairement recourir. J'en reproduis donc l'essentiel mot pour mot.

Or, les faits sont patents; ils composent l'histoire et manifestent la doctrine des Grands Profès. Rappelons-les.

1. - La Grande Profession, en même temps que la Profession, des Collèges métropolitains a été instituée lorsque fut créé l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, au Convent national des Gaules tenu à Lyon en 1778.
Au Convent de Wilhelmsbad, elle cessa d'exister of ficiellement. Un demi-siècle suffit à I'abolir, en fait, à quelques exceptions près qui étaient individuelles.
Aussi, le 29 mai 1830, Joseph-Antoine Pont, Eques a Ponte alto, et dans ses propres termes. Visiteur général dépositaire de confiance de feu ab Eremo qui était dépositaire général et archiviste de la llè province, devenu depuis sa mort seul dépositaire légal du Collège métropolitain établi à Lyon ; constatant I'inaction et la suspension indéfinie des travaux dudit Collège métropolitain ; considérant qu'il se trouve etre le seul grand dignitaire de l'Ordre subsistant dudit Collège et qu'il est aussi important qu'urgent de pourvoir à l'érection d'un College >~; vu les articles 22, 23, 24 et 25 des Statuts et Règlements de l'Ordre des Grands Profes qui prévoient un tel cas et parent au danger d'extinction; accorde une charte pour la constitution du Collège et Chapitre Provincial des Grands Profès a Genève.
La Suisse, où le Régime Ecossais Rectifié et l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte continueront de s'abriter jusqu'à nos jours, devenait aussi le conservatoire de la Grande Profession.

2. - La Grande Profession ne peut être confondue avec le grade maçonnique ni avec un degré chevaleresque ( a ) et surtout pas avec ces grades et ces degrés qu'elle surplombe. Un but lui est assigné: veiller à l'intégrité et favoriser la culture du dépôt inhérent au Saint Ordre primitif, qui existe depuis toujours et que l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, issu d'une double tradition maçonnique et chevaleresque, incarne à présent. Car les quatre grades symboliques du Régime Ecossais Rectifié ( Apprenti, Compagnon, Mâître, Maître de Saint-André ) et les deux degrés de l'Ordre intérieur ( Ecuyer Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ) visent à former et à employer des dépositaires de confiance, chacun selon le rang et l'ouverture dont il jouit. Le Grand Profès est un dépositaire de toute conf~ance.

3. - La Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié, classe suprême de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication finale des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. On n'entre point dans cette classe par quelque initiation cérémonielle ni par quelque nouvelle décoration. La simplicité vers quoi tend le système entier de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte y culmine dans la pure spiritualité. La Grande Profession enchâsse l'arcane de la Franc-Maçonnerie et y participe, quoi qu'elle ne soit pas d'essence maçonnique. Ses secrets sont inexprimables et c'est ainsi qu'elle forme, de soi, une classe secrète.

4. - Les Grands Profès, selon leurs lois, ne dissimulent pas davantage qu'ils n'exhibent leur qualité. Mais une classe ou d'ailleurs un Ordre, dont la spiritualité - mieux: I'esprit fait le fond, saurait-il se vulgariser sans déchoir et sans perdre son honneur avec son mode et sa raison d'être ?

Ainsi, par exemple, la ligne successorale des Grands Profès du Régime Ecossais Rectifié n'est ni identique, ni apparentée à la filiation initiatique d'aucune classe de l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohen de l'Univers, fondé par Martines de Pasqually. L'histoire, le droit et la coutume protestent contre toute confusion de ces deux descendances dont la seconde ne paraît d'ailleurs pas s'être perpétuée jusqu'à nos jours. Les Grands Profès refusent, statutairement, les candidatures, et ils se cooptent à l'unanimité obligatoire. Des Supérieurs Inconnus , au sens quasi mythologique du titre, I'incognito leur manque, puisqu'ils sont tous Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte connus.

5. - Des mêmes Supérieurs Inconnus , il manque encore aux Grands Profès le genre de supériorité que ce titre implique. Leurs statuts et règlements excluent l'intervention dans la machinerie de l'Ordre pyramidal dont ils sont la pierre à pointe, imperceptible par beaucoup.

6. - De droit et de devoir, et éminemment, imconbent aux Grands Profès les tâches que le soin de l'Ordre requiert avec modération de tous les Maçons Ecossais Rectifiés et de tous les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, Veilleurs et Gardiens; ils spéculent aussi, poussant aux recherches et aux réflexions sur le dépôt dont ils encouragent les partisans. Cette action des Grands Profès, quelle variété dans ses aspects contingents ! Mais jamais le Grand Architecte de l'Univers ne l'a laissé s'interrompre. Et il n'est pas de cas où elle se soit exercée - comment l'aurait-elle pu ? comment le pourrait-elle sans se renier ? - d'autre façon qu'en esprit et en vérité, pour le meilleur du Régime Ecossais Rectifié et de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte; pour le bien de la Franc-Maçonnerie; à l'aide des hommes qui, partout, prient, souvent à leur propre insu, pour que luise le soleil de justice, source unique de lumière et de chaleur, où le Seigneur a dressé sa tente et dont souMe Son Esprit. Cet essentiel du texte révélateur dit l'essentiel sur la Grande Profession. Ajoutons quelques remarques en marge.

I. - Histoire.

a ) la Profession et la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié ont succédé au Chevalier Profès, grade suprême de la Stricte Observance Templière. La date d'apparition de ce grade dans la Stricte Observance Templière est discutée: entre 1763 et 1770, selon certains; à l'occasion, selon d'autres, du Convent de Kohlo ( 1772 ) et sous l'influence du Cléricat de Starck. Jean-Baptiste Willermoz et plusieurs de ses amis ( mais Saint-Martin fit défaut ) le reçurent à Lyon, les 11 et 13 août 1774, des mains de Weiler.

Ostabat a publié et remarquablement présenté, s'agissant de ce grade: le ~< cérémonial à observer quand un Frere fait sa dernière profession >); sept articles de la Règle en usage dans l'Ordre de la Stricte Observance Templière, et qui pour le principal n'est autre que celle de l'Ordre du Temple, un court extrait de 1' Instruction pour les habits, croix et armes qui concerne directement les Chevaliers Profes ( Cf Les Chevaliers Profès de la Stricte Observance Templière et du Régi~ne Ecossais Rectifié , Le Symbolisme, avriljuin 1969, pp. 249-263; I'article entier occupe les pages 240-283.

b ) La Profession et la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié ont été composées sous leur forme définitive, par Willermoz, pour le Convent de Lyon ( 1778 ). Iors duquel elles furent conférées à leurs premiers titulaires. C'est ainsi que le premier Collège fut constitué le 3 décembre 1778 par Gaspard de Gasparon ( Président ), Willermoz lui-même ( dépositaire général ), Jean de Turkheim, F.-R. Salzmann~ Jc;ul Paganucci ( censeur ) et Jean-André Périsse Duluc ( substitut du dépositaire ). De même Willermoz veilla à ce que des membres éminents, étrangers à la Nation française , du Convent de Wilhelmsbad ( 1782 ), les reçussent à leur tour, après être devenus, eux aussi, Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ( ou plutôt Chevaliers Bienfaisants tout court ). Willermoz a rédigé les textes rituels, notamment les instructions. Mais il avertit: tout ce que j'y ai inseré concernant la partie scientifique [ sc. doctrinale ] n'est point du tout de mon invention.

II. - Editions de textes rituels.

Paul Vulliaud a édité l'Instruction secrète pour la réception des Profès, le Dialogue après la réceptioo d'un Frère Grand Profès entre le Chef initiateur et le nouveau reçu, l'Instruction préliminaire et le Résumé général de la doctrine ( Joseph de Maistre Franc-Maçon, E. Nourry, 1926, pp. 231-257 )

L'Initiation secrète des Grands Profès a été publiée pour la première fois, par autorisation, voire par Ordre, dans l'étude précitée d'Ostabat ( p. 264-278 ), avec une excellente présentation. En 1973, la fin du texte n'avait pas encore paru. Aussi faut-il signaler une édition complète, mais postérieure et très défectueuse, du texte ap. René Le Forestier, La FrancMaçonnerie templière et occultiste aux XVIIIè et XIXè siècle, Paris, Aubier-Montaigne, et Louvain, Nauwelaerts, 1970, ( pp. 1023-1049 ).

 A plus d'une reprise, la procédure utilisée par Pont, afin de maintenir l'existence de la Grande Profession, a été appliquée entre 1830 et nos jours.
 De la nature particulière de la Grande Profession, il appert qu'au cas d'une réception, toute distinction entre validité et licéité serait illégitime. Seul le Président d'un College régulièrement constitué, ou son délégué est capable de faire un Grand Profes, puisqu'il est seul habilité à le recevoir dans la classe que le Collège incarne. Il n'y pas de Grand Profès, ni de Collège, "irrégulier" ou "sauvage"; il peut y avoir des pseudo-Grands Profès et des pseudo-Collèges de pseudo-Grands Profès.

III. - Doctrine.

L'originalité de la Profession et de la Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié par rapport au Chevalier Profès de la Stricte Observance Templière est flagrante. Il ne s'agit plus de spiritualité chevaleresque, même particulièrement templière, mais de communiquer une doctrine qui remonte à la plus haute antiquité, un extrait fidèle de cette sainte doctrine parvenue d'âge en âge par l'initiation jusqu'à nous.
Or, cette doctrine, c'est, sous la forme où Willermoz l'a connue et même dans sa définition qu'il vient de réumer, le martinésisme.
Sous une réserve importante cependant: la Grande Profession n'est pas une ordination, de même que l'Ordre des C.B.C.S. n'est pas l'Ordre des Elus Cohen. Les Grands Profès ne pratiquent pas, ès qualités, la théurgie et même les textes rituels sont à dessein muets sur ce sujet.
Les points capitaux de l'initiation secrète des Grands Profès sont la nature de l'initiation et celle de la Franc-Maçonnerie; un précis de l'épopée martinésiste où s'articulent Dieu, les esprits émanés, le cosmos créé, I'humanité; une interprétation du symbolisme du Temple de Jérusalem à la lumière du martinésisme et en rapport avec la Franc-Maçonnerie.
Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier le lui avait enseigné, l'un des relais seulement; maintenir, quand sombrait l'Ordre des Elus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martines de Pasqually lui avait révélé comme l'archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration.

IV. - Maharba, au nom des siens, assure que la Grande Profession enchâsse I'arcane de la Franc-Maçonnerie . Ne vaudrait-il pas mieux écrire: I'arcane du Régime Ecossais Rectifié ? Mais le Régime Ecossais Rectifié se tient et se donne pour la perfection de la FrancMaçonnerie ( un peu comme les Elus Cohen jugeaient les autres Rites maçonniques <~ apocryphes ). Ainsi se dissipe l'apparente inexactitude. Maharba a-t-il raison au fond ? Le Régime Ecossais Rectifié a-t-il raison au fond ? C'est une autre affaire, hors le sujet; affaire d'opinion.

V. - Enfin, voici le texte de la lettre d'envoi aux Grands Profès de Genève. Moulinié, Peschier et Aubanel, reçus antérieurement par communication et constitués le même jour en Collège métropolitain, des documents qui les habilitaient, ( communication fraternelle de Maharba, à qui grand merci ). Document historique, document doctrinal d'un véritable ésotérisme.
Très chers Frères les Chevaliers et Grands Profès de Genève !
Nous cédons à vos voeux et à notre conviction en vous envoyant la légalisation et autorisation nécessaires à la régularité et à l'extension de vos travaux.
Une seule signature accompagne ici celle du Visiteur général, mais c'est celle du neveu chéri de feu ab Eremo, de celui qui a été l'objet de toute sa tendresse, de ses sollicitations les plus secrètes, ainsi que l'écrivain de la présente en a été l'intime confident. Il le rappelle ici pour votre douce satisfaction et pour que ce nom vénéré ne reparaisse au milieu de vous que couronné par le respect de la reconnaissance qui doivent toujours l'accompagner.
Mon frère aîné est absent, le plus jeune, digne aussi de tous nos suffrages, n'a pu participer aux derniers travaux d'une manière régulière... Tout le reste a disparu.
Du sein de cette sollicitude que tant de souvenirs animent, nos coeurs ont entendu votre voeu, ils l'ont accueilli en se pénétrant de la justice, de la convenance, de l'utilité, de l'autorisation demandée, ils se sont émus de joie et de reconnaissance: Oui ! TT $ CC $ FF $ .
ils vous remercient avec attendrissement et gratitude d'avoir sollicité de nous cet acte de justice~ de devoir et ils supplient le Dieu de toute miséricorde de vous le rendre profitable et d'écarter tout ce qui pourrait en résulter de nuisible en particulier comme en général.
Point d'empressement humain, chers amis et bien-aimés Frères ! Le zèle de l'homme est loin d'être celui de la maison de Dieu ! Soyez pleins de patience, de longanimité, et surtout, Aimez-vous les uns les autres ; adorateurs et enfants de l'unité, honorez-la et soyez un comme votre rédempteur, votre Créateur ( et leur amour qui sans cesse engendre, conserve, régénère ) sont un. Au nom de cette unité, qui triomphera de toutes les divisions du temps, aimez-vous, supportez-vous, secourez-vous les uns et les autres ! Voilà le vrai sens de toutes nos instructions ! En voilà tout l'esprit ! Puissions-nous le sentir, le comprendre et l'expérimenter ! Nous vous serrons dans nos bras et vous demandons la bonne part dans vos souvenirs fraternels, comme nous vous assurons que vous avez dans les nôtres celle que mesure notre devoir et notre sincère affection.
A tous et à chacun de vous nous offrons le vrai salut et baiser fraternels.
Vos affectionnés Frères.
[ Signé: ] Antoine Willermoz Joseph Antoine Pont in ordine a Ponte alto .
Lyon 29 mai 1830

IV. - Confidence du passé, exhortation pour l'avenir.

"Article premier. La Grande Profession de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. " Cette définition est descriptive, d'après les statuts dont elle constitue l'article premier. ( Mais rien, dans la doctrine, n'interdirait qu'un Grand Profès, de même qu'un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, fût un profane, c'est-à-dire un non-Maçon ).
La Grande Profession conserve en son entier le dépôt de la doctrine de la réintégration, voilà qui la définit philosophiquement.
L'une et l'autre définitions se concilient, voire s'articulent, se complètent, pourvu que soient reconnus la vraie origine et le but véritable de la Franc-Maçonnerie, auxquels s'ordonnent et qu'enseignent peu à peu les grades successifs du Rite Ecossais Rectifié et que les Grands Profes cultivent, sous les espèces réelles de la réintégration.
L'essentiel du passé et du futur, Willermoz le déclare dans une lettre à Salzmann, du 3-12 mai 1812 ( inédite, fonds L.A.). Son propos demeure pour tous ceux qu'il peut concerner.
Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe qui furent alors produites, ne serait jamais connu:

I ) Parce qu'elles ne furent livrees qu'à cette condition.

2 ) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3 ) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose. Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation, quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une rédaction plus correcte en langue fraçaise qui avait reçu leur approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai constarnment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [ sc. Joseph-Antoine Pont ], et il en était persuadé lorsqu'il alla à Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas la première et qu'elle avait été commise vers d'autes et peut-être aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [ sc. FR.- R. Salzmann ], lui disje, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris. Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je dois le savoir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait faite. Mais pouvaisje, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que, si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]
Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé au-devant de vos observations sur nos instructions des G.P. et que j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beaucoup de ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes, ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître Ecossais de Saint-André ].
Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus é~endues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et il fallut trop abreger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail. Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir à les rendre plus utiles.
Relisez en critique toutes ces instructicns; notez, dans quelle partie que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]
En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes, on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la vraie foi n'y gagne rien. L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont hé parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

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Publié le 26 Janvier 2019 par T.D

 

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Publié le 26 Janvier 2019 par T.D

 

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Les Élucubrations d’un vieux maître Apprenti(extrait)

Publié le 26 Janvier 2019 par T.D

(Elucubrations : s'emploie surtout au pluriel et Ironiquement. Élaboration progressive, œuvre ou théorie résultant de recherches longues et patientes). Je me présente : Frère JACQUES, nom prédestiné ! Pensez donc, le Frère Jacques. Bien que connaissant la chanson, rassurez-vous, mon intention n'est nullement de vous endormir.

Je ne vais pas parler d'alchimie, ni de magie, pas même de géométrie. Je ne suis possesseur d'aucun secret, pas même celui de transformer du plomb en or. Dans mon temple intérieur, il n'y a pas d'Athanor, je n'ai pas trouvé non plus dans ma cave de grimoire poussiéreux révélant le secret de la longévité. Non, rien de tout cela.

Par contre, je vous le dis simplement, l'orateur à qui vous faites la faveur de prêter attention ce soir est (n'ayons pas peur des mots) un génial inventeur. Eh oui ! Après bien des années d'observations, j'ai mis au point un appareil à mesurer la fraternité que j'ai appelé pompeusement le FRATERNOMÈTRE. Comment se présente-t-il ?

Le module est de forme pyramidale. La base est de couleur bleue, le sommet rouge. Sur le côté gauche (côté cœur) une première graduation bleue de 1 à 3, puis une deuxième rouge de 3 à 33. On peut améliorer le système pour certaines obédiences en allant jusque 99. Une cotation de 1 à 10 à l'intérieur de chaque degré permet de noter la fraternité à chaque niveau. Il y a bien une graduation au-dessous de zéro, couleur noire, mais je ne peux croire que l'appareil puisse servir à ce niveau dans le cadre de notre philosophie.

Comment réagit l'instrument vous demandez-vous ? Systématiquement en fonction des diverses catégories de frères et de sœurs œuvrant au sein de nos ordres. Il suffit de se trouver à proximité du FRATERNOMÈTRE. Qui réagit selon la couleur des auras. Mon invention n'étant pas encore brevetée, vous comprendrez ma discrétion et ma réticence à vous en dire davantage. Toutefois, mes observations m'ont permis de dresser une nomenclature, qui n'est d'ailleurs pas exhaustive, ayant fait réagir mon invention.

Bien sûr si par hasard au cours de cette énumération certains frères croyaient reconnaître un des nôtres, il ne s'agirait que d'une coïncidence, les Frères présents sur ces colonnes ne pouvant être concernés. Mais sait-on jamais ? Un visiteur inconnu ? De toute façon, on a toujours une possibilité d'essayer de se corriger. A chaque catégorie, je me suis permis de consulter le FRATERNOMÈTRE. Je vous ferai part de la citation Cet appareil qui va révolutionner les obédiences ne peut se tromper. Si vous le permettez, je vais donc les citer : Classifications et notations qui évidement n'engagent que moi.

Les AMBITIEUX : Dès leur arrivée dans notre ordre, ils rêvent de brûler les étapes, ils se voient « vénérable » au bout de quelques mois et veulent par tous les moyens occuper un poste en vue, n'hésitant pas le cas échéant à dresser les Frères les uns contre les autres pour arriver à leurs fins. Ils sont atteint d'une grave maladie : la « cordonnite » et ont des décors chamarrés d'or. Ils ne pensent pas un seul instant que le passage d'un degré à un autre est une borne kilométrique indiquant l'amplitude de la fraternité sur l'autoroute qui mène à l'initiation. Je survolerai le cas de frères qui, dans la vie profane, ont atteint leur niveau d'incompétence. Ils ont vaguement conscience qu'ils ne sont rien mais voudraient tant avoir de l'importance que cela devient pour eux obsessionnel et les métamorphose (à fortiori si on leur confie une fonction) en petit tyranneaux, au mieux adjudants de quartier, n'ayant rien à voir avec nos règles de fraternité. Ceux-là en vérité peuvent être, à la rigueur dangereux. FRATERNOMÈTRE : 3

Les ORGUEILLEUX : Sous des prétextes les plus futiles, ils prennent la parole et ne la redonnent plus, pour faire étalage de leur science, de leur situation matérielle ou professionnelle, etc. Ils n'ont en aucun cas laissé leurs métaux à la porte du temple. Ils ignorent le mot « égalité » et cultivent le narcissisme à grande dose. Bienheureux si l'on échappe à une contre-conférence n'ayant pas forcément rapport avec le sujet évoqué par le frère au banc d'éloquence. Certains de ces Frères me font penser à ces vieux chevaux courant à Auteuil à qui on a mis les œillères afin qu'ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe autour d'eux. L'humour, ils ne connaissent pas : pensez donc, ils sont chargés de refaire le monde... On ne plaisante pas avec les gourous ! Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux. FRATERNOMÈTRE : 3

   
Les PAONS : Dignitaires, cousins des deux précédentes espèces, ils se distinguent par leur ton péremptoire. Inutile de leur demander qui ils sont, ils vous le diront à la première occasion. Ils connaissent tout, ce sont des puits de science, du moins, ils le croient. Je suis allé au zoo, c'est vrai qu'ils sont beaux ces paons lorsqu'ils font la roue. Sont-ils intelligents ? Pas forcément. Il en est de même de ces faux spiritualistes qui sillonnent nos ateliers. Si par malheur vous vous hasardez à faire une objection, rapide rappel à l'ordre : « Je suis Maître depuis 1925 ». Il est 18, 33, 90, que sais-je ? Ils connaissent Alphonse, Jules, Paul ou Untel. A les entendre, il est évident que si le Grand Maître a pris telle décision, c'est sur leur conseil et les voilà partis dans des discussions filandreuses, tellement filandreuses qu'ils ont parfois du mal à suivre eux-mêmes le fil de leurs idées. On se demande ce qu'ils font dans les Loges bleues qui ne sont pour eux que de la roupie de sansonnets, peuplées de jeunes galopins ayant tout à apprendre. Ils ont le verbe haut, emphatique. Rien ne peut leur faire plus plaisir que si vous les écoutez béats d'admiration devant tant de connaissances. Elle est bien loin la cérémonie d'initiation. Ceux-là en vérité sont moyennement des Frères dangereux. FRATERNOMÈTRE : 5

Les DOGMATIQUES : Ces Frères font de la Franc-maçonnerie une religion. Ils assistent aux tenues 8 jours sur 7, ne peuvent comprendre que les autres Frères aient des obligations professionnelles ou familiales ! Au nom de la tolérance, ils sont les plus intolérants qui soient. Ils se retrouvent souvent, du fait qu'ils ont négligé leur travail, à pointer au bureau de chômage le plus proche, quand ce n'est pas dans le pire des cas devant un juge, car leurs compagnes, lassées de jouer les Pénélopes ont demandé le divorce. En vérité, ces Frères là sont Dangereux. FRATERNOMÈTRE : 2


Les FAINÉANTS : (Ils se disent débrouillards). Contrairement à d'autres, ils ne veulent occuper aucun poste, ne faire aucune enquête et ne participer à aucuns travaux. Ce sont, selon notre langage imagé, des « plantes vertes » ou des potiches. Ils n'ont pas conscience que si tous les Frères avaient le même comportement, on pourrait mettre l'atelier en sommeil. Trop de Frères viennent épisodiquement quand ça leur chante ou que cela ne les dérange pas trop. On n'est pas Maçon 3 heures par mois, mais chaque heure du jour. A tous les Frères arrivés au grade de Maître qui pensent avoir atteint leur bâton de maréchal, je leur dis qu'ils se trompent lourdement, c'est le contraire: que c'est là, à ce moment précis que tout commence. Ceux-là, en vérité, peuvent être  aussi dangereux. FRATERNOMÈTRE : 3

Les PEUREUX : Ils laissent leur voiture à 1Km du temple, ne veulent figurer sur aucun annuaire, sur aucune convocation. Ils craignent jour et nuit d'être découverts, à croire qu'ils ont attrapé une maladie honteuse. Ils ne mettront pas l’autocollant. Sur le pare-brise de leur voiture, c'est trop risqué ! Lorsqu'ils se rendent à une tenue, ils surveillent le rétroviseur pour voir s'ils ne sont pas suivis. Tout juste s'ils n'achètent pas des chaussures à semelle de crêpe pour qu'on ne les entende pas se diriger vers le temple. Ils ont la peur chronique de perdre leur place si on apprend qu'ils sont Francs-Maçons. Rassurez-vous, plusieurs années s'écoulent, ils sont toujours en place ! Ils seront les premiers à nous trahir, voire à nous dénoncer en période troublée. De toute façon, ils nous quitteront. Ceux-là en vérité sont des Frères très dangereux. FRATERNOMÈTRE : 1

Les LUNETTES ROSES : Contrairement à la catégorie que je viens d'évoquer, ces Frères sont prolixes. Ils sont atteints de « maçonnite ». Je m'explique: ils voient des Maçons partout : le curé, le cantonnier, le vidangeur, le Ministre, ils sont tous Maçons. D'ailleurs, ils tiennent leurs renseignements de sources sûres : « on lui a dit ! » A la télévision, du perchiste au reporter, ils voient des Maçons partout : celui-ci à une pochette triangulaire, l'autre a un point sur la cravate, le troisième met les pieds en équerre. Ce ne sont que des Maçons ! A croire qu'ils sont tous venus d'Amérique pour faire souche en France. Si on leur prouve le contraire, ils ne sont pas décontenancés pour autant : « Alors, c'est un Maçon sans tablier », comme si cela pouvait exister ! A quoi sert l'apprentissage, le chemin parcouru vers l'initiation ? Hélas, si certains pensent qu'il y a des Maçons sans tablier, force est de constater que derrière certains tabliers, il n'y a malheureusement pas que des maçons. Ceux-là en vérité ne sont pas forcément dangereux. FRATERNOMÈTRE : 1

Les INDISCRETS : Cette catégorie est redoutable. Ce sont des bavards impénitents, ils ne peuvent garder aucun secret, et sont de véritables moulins à paroles, au bout de quelques minutes d'entretien, ils ont énuméré une cinquantaine de noms, n'importe où, n'importe quand à n'importe qui. Ils se promènent avec des insignes gros comme des phares de voiture. Ils vous aperçoivent, même accompagnés, ils vous sautent au cou pour vous embrasser. Ils vous téléphonent et égrènent des « mon Frère » à n'en plus finir sans se soucier s'ils ne vous portent pas préjudice. Ils vous envoient du courrier à votre travail sans se préoccuper si le courrier est ouvert par vous ou pas. A la période des vacances, ils vont gentiment vous envoyer une carte sans enveloppe mais vous assurent de leurs pensées les plus fraternelles et les plus maçonniques. Si après cela votre entourage ignore que vous êtes Maçons, ce ne sera pas de leur faute, mais ce ne sera pas pour autant qu'ils vous retrouveront le cas échéant une autre place si vous perdez votre emploi. Ceux-là en vérité sont extrêmement dangereux. FRATERNOMÈTRE : 1

Les POLITICIENS : ils viennent en Loge tester leur pourcentage électoral et le nombre de voix à recueillir éventuellement dans l'assistance. Ils se fâchent parfois avec les Frères qui ne partagent pas leurs idées. Assidus en période électorale, ils retombent ensuite dans une douce torpeur pour ne se souvenir de vous qu'au bon moment. C’est tout juste s'ils ne collent pas leurs affiches dans les parvis. Élus, ils redeviendront rares, car très pris par leurs charges (c'est eux qui le disent !). Déboutés, ils accuseront la société, la franc-maçonnerie en particulier, de n'avoir rien compris et de ne pas avoir été le tremplin espéré. En vérité, ces Frères-là peuvent être dangereux. FRATERNOMÈTRE : 4 

Les MÉCHANTS : Ceux-ci n'écoutent une planche, une conférence, que pour coincer l'orateur. Quand ils ont trouvé la faille, ils n'écoutent plus. Ils vont commencer par vous féliciter et Pan ! Pan ! Pan...ils tirent à boulets rouges sur ce malheureux conférencier.

Ce sont des distributeurs automatiques de boules noires. Ces Sherlock Holmes en herbe décèlent tout de suite d'énormes défauts au pauvre profane qui passe sous le bandeau (il est vrai que pour le présentateur, son filleul est toujours la perle rare) mais tout de même où est la tolérance dans tout cela ? Ils ont oublié qu'un atelier les a accueillis en toute fraternité et peut-être beaucoup d'indulgence. Une autre sous-catégorie dans cette classification : ceux qui passent leur temps à tout critiquer, à leurs yeux, rien n'est bien: l'exécution du rituel, la tenue vestimentaire, la longueur des réunions, le choix et le lieu des agapes, etc. A les entendre, seuls les amis qu'ils ont présentés sont intelligents, les autres...bof ! Le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire serait un miroir. Mais je doute qu'ils veuillent bien s'en servir, et pourtant, ça leur rendrait le plus grand service. On ne peut pas dire que la mansuétude soit leur qualité essentielle, et ce sont souvent eux les artisans de la sclérose de certains ateliers. Ceux-là en vérité sont des Frères dangereux. FRATERNOMÈTRE : 2

Les OBÉDIENTIELS : J'aurai pu vous parler d'un Ordre où il y a obligation, pour entrer, de croire en un Dieu révélé. « Interdiction de visiter les mécréants... Interdiction de ceci... Interdiction de cela... Souscription obligatoire pour ceci... Paiement pour cela...etc...etc... » Étant un homme libre, j'ai pu retrouver ma plénitude et ma tranquillité, ouf !.., en me libérant de ce carcan intolérant. Parlons plutôt des Obédiences qui nous concernent, dites « libérales ». Pour les Obédientiels, seule leur Obédience est bonne, les autres ne sont que de vagues sous-produits ou ersatz. A les entendre, ils appartiennent à la race élue. Pourtant, toutes ont leur raison d'exister. Que de temps gagné si l'on savait éviter ces querelles de clocher. Ne serait-il pas plus sage et raisonnable de ne point s'abaisser à des jalousies vaines et stupides, et d'œuvrer pour tout ce qui peut nous rassembler, nous grandir. Je parle en connaissance de cause, les ayant presque toutes pratiquées. Il me reste encore la grande Loge Féminine, mais je ne suis pas certain qu'elles m'accepteraient. Je reconnais pourtant que MISRAÏM est la Rolls de la spiritualité. Vous voyez, moi aussi je me laisse entraîner. Mais, pour justifier mes « voyages », ne dit-on pas qu'une petite grenouille au fond d'un puits ne voit qu'un petit coin de ciel ? Ceux-là, en vérité, ne sont pas dangereux. FRATERNOMÈTRE : 6

Les DRAGUEURS : Ils sévissent dans les Obédiences mixtes ou féminines (du moins j'ose l'espérer, mais sait-on jamais !...) Ils ne viennent pas au Tenues pour pratiquer le Rituel ou écouter une planche, pour eux, c'est un problème mineur. Non, ils viennent pour la CHOSE : la philosophie ? Non, je le répète, pour la chose. Comme dirait Nougaro, pour eux, le problème qui se pose : séparer 50 Kg de chair rose de 50 grammes de nylon.

L'œil de velours, l'attitude avantageuse, ils repèrent leur proie en attendant de les accoster en chambre humide. Leur nombre d'or à eux, c'est 90 (vous l'avez compris, c'est le tour de poitrine). Il n'y a pas plus dévoués qu'eux pour raccompagner une Sœur... Toutefois, et heureusement pour la Maçonnerie, ils oublient que nos sœurs n'ont pas les mêmes objectifs et viennent, elles, pour une fraternité sans arrière pensée. En vérité, ces Frères ne sont pas forcément dangereux. Allez, la chair est faible !  FRATERNOMÈTRE : 6


Les AGAPEUX : Parfois doublés d'éthylisme prononcé, ces Francs-Maçons de comptoir sont indéracinables du bar. Si vous ne prenez pas avec eux quelques verres, vous êtes classés mauvais Maçon. Ils ont des haleines de cow-boy endurcis, parfois du mal à s'exprimer, et offrent un spectacle lamentable aux Frères sur les colonnes. Mais ne boudons pas notre plaisir, je vous avoue que j'ai une certaine admiration pour leur capacité d'ingurgitations...

Les colonnes J. et B. représentent pour eux une marque de whisky (publicité non payée). La Franc-maçonnerie n'est pour eux que prétextes à ripailles ou foirail, ce sont des professionnels des agapes. Ce sont souvent ces frères qui s'élèvent contre le montant des capitations, alors qu'ils dépensent le double en boissons. En vérité, ces Frères-là sont dangereux. FRATERNOMÈTRE : 5


Les FANTAISISTES : Parole d'honneur vous pouvez compter sur eux, ils seront toujours présents à vos côtés. La main sur le cœur, ils vous remercient de les avoir accueillis, parole, ils n'auront qu'un atelier. Après cette confession de foi, ils courent s'inscrire dans plusieurs loges, voire plusieurs obédiences. Vous ne les revoyez plus pendant deux mois puis ils reviennent décontractés, étonnés que l'on puisse leur rappeler leurs engagements. A ce propos, je suis toujours béat d'admiration devant les Frères qui ont tellement d'occupations le soir à 19 h 30, et ce, justement le jour de leur tenue, d'autant plus qu'en principe, celle-ci se déroule toujours à une date régulière. D'ailleurs s'ils ne sont pas présents (ce qui a leurs yeux n'est pas forcément indispensable), c'est que dans le monde profane, eux, ils œuvrent, ils sont efficaces, et bien voyons ! C'est pourquoi je leur suggère de trouver une obédience qui initie par correspondance... Ces infidèles, ou amnésiques, sont en vérité des Frères dangereux. FRATERNOMÈTRE : 2

Les MYSTÉRIEUX : Ils parlent à voix basse...qu'aux seuls maîtres, naturellement. Ce sont de grands initiés et probablement détenteurs des secrets du GRAAL (mais chut ! Ne le dites surtout pas !), secrets que vous pourrez peut-être, un jour indéterminé, être amenés à comprendre. Mais, est ce bien sûr ? Car eux, « les Maîtres », appartiennent à une Élite et vous ne représentez que de vulgaires parias. Je me demande s'ils ont bien compris le sens de l'initiation ? En tout cas, on ne peut dire qu'ils œuvrent pour une grande cohésion. En vérité, ces Frères là peuvent être dangereux. FRATERNOMÈTRE : 4

Les RÉGLEMENTEUX : Ceux-ci brandissent le règlement en toutes occasions : Article 18, article 44, article 158, page tant. Ils paralysent l’atelier. Ils ne se rendent pas compte qu'ils créent un mauvais climat. Un règlement au sein d'une assemblée fraternelle ne devrait être consulté qu'à la dernière extrémité, en cas de litige problématique, le bon sens devant prendre le pas en toute occasion.

Peut-être serait-il bon de leur rappeler qu'ils ne sont pas au centre des impôts ou dans un tribunal quelconque. Notre excellent frère CLEMENCEAU n'a-t-il pas dit que l'interprétation d'un règlement ne dispensait pas d'être intelligent. En vérité, ces Frères sont des Frères dangereux. FRATERNOMÈTRE : 3

Les INGRATS: Ils viennent vous contacter pleins de sollicitude et de modestie. « Mon Frère, pourrais-tu me faire obtenir dans le monde profane un travail, une intervention, une accession à un autre poste, l'obtention d'un appartement, tu serais le meilleur des frères ». Tout cela évidemment demande du temps, un engagement personnel, et n'est pas forcément garanti de réussite. Si vous échouez, vous vous exposez à leurs vindictes. Si vous réussissez, ils vous dresseront des couronnes et vous assureront de reconnaissance et amitié éternelle qui, dans le meilleur des cas, se limiteront à six mois. Après, ils ne vous connaîtront plus et même au jour de l'an, sans être outre mesure protocolaire, oublieront de vous présenter leurs bons vœux. Soyez heureux si, à votre insu, ils ne disent pas du mal de vous. Il est vrai que RÂMA YANA dit : « Les sages prescrivent des punitions pour les meurtriers, les voleurs, les ivrognes et autres pécheurs, mais aucune expiation ne peut effacer la faute de ceux qui ont commis le crime d'ingratitude ». Ceux-là en vérité sont des Frères...peut-être pas dangereux, mais sûrement pas généreux ! FRATERNOMÈTRE : 1

Les RUMEURISTES : Ah, les rumeuristes ! ...ils vous attirent dans un coin discret, avec des airs de conspirateurs. En général, cela commence ainsi : « Surtout, tu me promets de ne pas répéter, ...c'est sous le maillet...je vais te confier un secret ». Là, je vais prendre un exemple complètement bidon, mais qui somme toute n'est pas toujours éloigné de la réalité : « J'ai vu un Frère embrasser l'épouse d'un Grand Officier, il la serrait de près... » Ils vous disent ça avec un air entendu qui en dit long...et c'est parti. 4 ou 5 intermédiaires et au bout de la chaîne la rumeur s'est amplifiée : « Sa femme le trompe, ils ont des amants, des enfants clandestins, ils se battent...si, si, ils sont criblés de dettes, ils sont ruinés... » Que sais-je encore ! Démesure, mensonge, méchanceté, bêtise : tel est le résultat de ces rumeurs à coup sûr jamais positives. « Je vais te confier un secret… Ne le répète pas…sous le maillet... » STOP, ARRÊTEZ, de grâce, ARRÊTEZ ! Je ne veux plus vous écouter. Si vous avez des informations ou des renseignements, adressez-vous aux intéressés. Ayez le courage de combattre ces fléaux, hélas trop fréquents dans nos obédiences, afin de clore définitivement la bouche à ces gens qui n'ont pas lieu d'exister dans nos Loges. Ces inconscients et irresponsables pourraient vous faire condamner à mort à votre insu. En vérité, ces gens-là sont extrêmement dangereux. FRATERNOMÈTRE : 0

Les SANS GÊNE : En toute fraternité, ils viennent chez vous sans avertir, à n'importe quelle heure, avec une préférence marquée pour les heures des repas. Ils ne repartent plus, ou avec beaucoup de mal... Quelle présence ! Ils vous « bouffent» littéralement les neurones, on pourrait les assimiler à certaines petites bêtes qui s'accrochent obstinément, ce sont de véritables enzymes gloutons. Heureux s'ils ne fouillent pas dans le buffet, la bibliothèque, etc. (si, si, cela existe, je l'ai vu), ignorant que le fait d'être Frère ou Sœur n'est pas incompatible avec une bonne éducation. Ils tutoient votre compagne sans attendre l'accord de celle-ci. (Elle est leur belle-sœur !)

Ils sont étonnés que vous ne puissiez leur prêter de l'argent, comme si cela était normal. Allons, voyons ! Au cas où cela est possible et que vous acceptiez, ils vous rembourseront (ça arrive...) quand ils le pourront, en auront le temps, sans se soucier qu'ils puissent vous mettre en difficulté (moi d'abord, les autres ensuite). En vérité, ces Frères sont des gens dangereux. FRATERNOMÈTRE : 0

Les AFFAIRISTES : Ah les affairistes ! Quel mal ont-ils pu faire à la franc Maçonnerie! Pour eux le sigle F\ M\ représente le Fric Maximum. Leurs activités sont beaucoup plus intenses sur les parvis, les fraternelles, qu'à l'intérieur de nos temples. Quand vous pensez que des pseudo-Frères inscrits au G.I.T.E. n'ont pas mis les pieds dans des ateliers depuis de nombreuses années, on croit rêver...si, si, vérifiez !

D'autres, sous couvert de fraternité, vous comptent le prix fort, ne soignent pas forcément l'accueil ni la qualité de leur produit (une plaisanterie, peu fraternelle je vous l'accorde, circulait dans nos obédiences : on reconnaissait l'endroit où les Frères avaient déjeuné au nombre de boutons qu'ils avaient sur la figure). Ils sont en quête d'adresses, de numéros de téléphone et se renseignent sur les activités professionnelles des Frères et des Sœurs. Ils ne demandent pas le nom de l'Atelier; mais la profession. Leur mot de passe : « Donne-moi ton premier chiffre, je te donnerai le second ». La franc-maçonnerie est devenue leur second métier, sinon le premier. La spiritualité, ils s'en moquent comme de leur première chemise, leur fraternité se borne aux bénéfices réalisés. C'est pourquoi il est toujours recommandé de s'adresser au Vénérable maître pour toutes les sollicitations, quelles qu'elles soient. Cela ne veut surtout pas dire qu'il ne faut pas nous entraider, bien au contraire, mais il y a la manière. En vérité, ces frères sont des gens extrêmement dangereux. FRATERNOMÈTRE : 0

Je m'arrête dans mon énumération. Bien sûr j'en oublie (volontairement ou non). En cherchant, on trouverait certainement d'autres personnages types, mais n'avons-nous pas dit le principal ?

source : www.ledifice.net 

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