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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Gnose et Franc-Maçonnerie

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

On devient hérétique, disait Tertullien, dès lors qu'on se pose la question : «D'où vient l'humanité et comment ? D'où vient le mal et pourquoi ?». Le cynisme de cette affirmation qui est en même temps un assez extraordinaire aveu d'impuissance ne semble pas avoir ému outre-mesure les philosophes qui, au cours des siècles, se sont réclamés de l'orthodoxie chrétienne.

Un tel pamphlet a du moins le mérite de (l'excessive) fran­chise. Nous n'avons pas le droit de nous demander ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons... Ce n'est pas notre affaire. ce n'est pas notre rôle. Et l'on voit parfaitement déjà l'opposition fondamentale, l'opposition irréductible qui, dès l'origine du christianisme, séparait ceux qui voulaient construire une Église ordonnée, dogmatique, fondée uniquement sur la foi et ouverte à tous, et ceux qui prétendaient que le salut venait de la Connaissance, qu'il y avait à côté de l'enseignement officiel un enseignement secret et que c'était à l'homme lui-même de décou­vrir son propre chemin vers Dieu.

D'emblée le problème était posé. C'était l'un ou l'autre cou­rant. C'était Tertullien, Irénée, Clément de Rome, Ignace d'An­tioche, Clément d'Alexandrie et plus tard Augustin pour les Pères de l'Église orthodoxe. C'était Simon le magicien, Basilide, Marcion, Valentin, Marcos et aussi les disciples d'Hermès Tris­mégiste pour les «Pèr s» de l'Église gnostique.

D'un côté le salut en communauté, par l'Église, dans le res­pect rigoureux des dogmes. De l'autre le salut individuel par l'initiation, grâce à la connaissance.  

En vérité les choses ne furent jamais si simples. Le combat se situa longtemps au niveau des idées. Basilide, Valentin ne fu­rent jamais expressément condamnés. Clément d'Alexandrie dé­fendit maintes idées gnostiques. Et si l'Église officielle triompha

ce fut bien sûr parce qu'elle était savamment organisée, hierar­chisée mais aussi parce que ses adversaires étaient divisés - il y eut d'innombrables courants gnostiques - et parce qu'ils prati­quaient un enseignement secret réservé aux initiés.

Une Église ne peut longtemps vivre sous sa forme d'église lorsqu'elle prône la recherche individuelle et se fonde sur l'ésoté­risme. Elle devient alors souterraine, diffuse son enseignement en des milieux fermés, se perd en ramifications dans des sectes et des chapelles. Ce que fit très exactement la Gnose, y compris jus­qu'au sein de l'Église orthodoxe elle-même ou un courant ésoteri­que, parfois à la limite de l'hérésie, ne cessa d'exister.  

Mais qu'est-ce donc que la Gnose ? D'où vient-elle ? Qui la créa ?... Personne en vérité n'est à l'origine de la Gnose. Le gnos­ticisme au sens large a toujours existé. Comme le souligne H.C. Puech : «Avoir la gnose, c'est connaître ce que nous sommes, d'où nous venons, d'où nous venons et ou nous allons, ce par quoi nous sommes sauvés, quelle est notre naissance et quelle est notre renaissance». Gnosis s'oppose à «mathesis», la science pure, le savoir. La Gnose c'est donc la connaissance pure, c'est l'enseignement secret. Car la Gnose est ésotérique : elle est réser­vée à une élite. Elle est initiatique : elle explique le problème de l'origine du Mal, elle a pour but le Salut par la Connaissance. La Gnose est d'abord une méthode de discipline spirituelle. Elle est finalement le chemin de la Lumière et de la Connaissance. C'est pourquoi les gnostiques chrétiens - puisque c'est après le Christ que l'on parla officiellement de la Gnose - se référaient à Hermès Trismégiste dont l'enseignement nous a été révélé par des écrits qui furent probablement rédigés entre le IIè et le IIIà siècle par une secte gnostique.  

On trouve également dans les doctrines gnostiques, à côté du judéo-christianisme de nombreuses traces des traditions anti­ques, qu'elles soient égyptienne, zoroastrienne, orphique ou py­thagoricienne. La Gnose est ainsi une démonstration de l'unicité de la tradition initiatique universelle à travers le christianisme : les triades n'ont-elles pas précédé la Trinité, le baptême d'eau ou de feu, la communion, le rachat des âmes, le culte de la Vierge Mère, le quaternaire de la Croix ne sont-ils pas, bien avant le Christ, symboles courants des anciennes initiations ?...

L'enseignement gnostique demeura longtemps connu uni­quement à travers le prisme - souvent déformant - des Pères de l'Église officielle, notamment Tertullien et Irénée. Mais en 1945, il y eut la découverte à Nag Hammadi par un berger égyptien - c'est toujours un berger, très symboliquement, qui est à l'origine de ce genre de trésors - de 52 manuscrits coptes datant d'environ 1500 ans mais traductions de manuscrits plus anciens et qu'Élai­ne Pagels, professeur d'histoire des religions à Colombia, dénom­me les «Évangiles secrets».

Tous ces textes d'inspiration gnostique dont le fameux Évangile de Thomas, l'Évangile de Philippe, l'Évangile de Marie (de Magdala). L'Évangile de vérité, le Livre secret de Jacques, l'Apocalypse de Paul, l'Apocryphe de Jean etc... apportaient des lumières nouvelles sur la Gnose et remettaient en cause beau­coup d'idées reçues.

Ces manuscrits et les écrits dont nous disposions aupara­vant, donnent une idée assez précise de la pensée gnostique. Mais avant d'en venir à celle-ci, peut-être convient-il d'évoquer le «système» de la Gnose.  

A l'origine du tout il y a le Propâtor, le dieu sans nom, le dieu qui n'est pas et qui correspond, si l'on veut, à Brahma l'in­créé, l'indéterminé, à l'Aïn Soph de la Kabbale. En tant que substance primordiale il donne naissance au Plérôme, le monde des pures intelligences. De ce dieu inconnaissable, nous ne pou­vons appréhender que des émanations, les éons, des intelligences ou des eres (Le Christ fut ainsi l'éon de l'ère chrétienne. Des éons vivent dans l'unité du Père, ce qui signifie que la Gnose n'est pas polythéiste. Chaque éon a un parède féminin avec qui il forme un couple, ou syzygie, qui engendre d'autres syzygies. Le Propâtor avec son Fils consubstantiel et Pneuma, l'Esprit Saint, constituent la Trinité sainte.

Selon Valentin la puissance infinie du Propâtor s'exprime par la «Dynamis» de Simon ou l'hestos, «celui qui se tient de­bout», l'androgyne primordial. Le Père suprême qui vit au coeur d'une tétrade composée de Bythos (l'Abîme), Sigè (le Silence), Pneuma (l'Intelligence) et Aletheia (la Vérité) qu'il a engendrée avec Sigè - a donné naissance à une autre tétrade : Anthropos, Ecclesia, Logos et Zoë, la Mère des vivants. Anthropos et Eccle­sia se sont unis à leur tour et ont donné naissance à des essences bisexuées.  

La première tétrade correspond en fait à la Tetraktys pytha­goricienne (1+2+3+4 = 10) et les deux tétrades réunies forment l'ogdoade originelle. Quant aux éons qui constituent, selon Va­lentin, le Plérôme, ils sont en quelque manière une autre repré­sentation du monde des Idées de Platon.

Si le Dieu suprême est innommable, incompréhensible, in­connaissable, en revanche il est permis de tenter de concevoir le Grand Archonte, le premier démiurge - car il y aurait également un deuxième Archonte, créateur du monde sensible et des 7 cieux planétaires. Le Grand Archonte (Ialdabaoth) est le créateur du monde céleste et des anges. C'est à son niveau que le Mal ap­parait. Par ailleurs il a cru qu'il n'y avait pas de Dieu au-dessus de lui, il s'est cru le Grand Architecte de l'Univers. Mais c'est un principe féminin, la fameuse Sophia, autre éon, qui est à l'origine du démiurge et c'est elle qui a provoqué la chute. Jalouse de Pneuma, l'Esprit qui a donné naissance au Christ et à la «Ste Es­prit», elle a engendré une fille prise au piège de la Terre, Sophia ­Achanoth. Achanoth qui est sauvée par le Christ - engendré lui- même par tout le Plerôme - et de qui est née la Lumière grâce à son sourire est celle qui a donné naissance au Démiurge, un ange qui ressemble à Dieu.

Le Démiurge est donc notre créateur, le créateur des âmes charnelles qui toutefois (mais à son issu) a insufflé en nous le Pneuma, l'Esprit Saint.

La place de Iahveh dans cette construction de l'échelle des Dieux apparait secondaire. En effet le premier Archorte, nous rapporte Irénée, a produit six autres Archortes donc la destinée est de régner sur les 7 planètes : Sabaoth, Adonaïas, Eloaïos, Ho­raïos, Astaphaïos et... Iao, qui n'est autre que Iahveh.  

La vision de la création d'Adam et Ève est encore plus complexe. Pour la résumer disons qu'Adam a été créé par l'en­semble des Archontes et qu'il tenta malgré eux de s'élever jus­qu'à l'Être Suprême - d'où la chute - et qu'Eve fut, elle, créée par Ialdabaoth seul et donnée à Adam, ce qui n'empêcha pas toute­fois Ève de s'unir aux autres Archontes pour engendrer les anges. Adam et Ève, nous disent les Pères gnostiques, possédaient la «Rosée de lumière» et celle-ci a été transmise à quelque élus de siècle en siècle mais il faut que cette Rosée réintègre le Plérôme pour que le règne du mauvais démiurge, de Ialdabaoth, le dieu ignorant et jaloux, prenne fin. Toutefois, selon les Basilidiens, le grand Archonte finit par apprendre (de Sophia) sa vraie nature et se repent...

Et la place de Jésus dans ce système, direz-vous ?... Le Sau­veur, le Christ est en fait au-dessus du Démiurge. C'est lui qui apporte la Gnose salvatrice par laquelle les élus - les hommes de l'esprit, les «pneumatiques», seront sauvés. Sa venue précède la fin du monde sensible de la matière par le feu. Les Ténèbres, la Lumière seront alors radicalement séparés. En apportant la Loi nouvelle Jésus nous a donné les «mots de passe» qui nous per­mettront de tromper la vigilance des gardiens du Seuil. Bien en­tendu, Basilide se refuse de croire que le Christ est mort en croix ; de même les Valentiniens estiment que le corps de Jésus était purement psychique.  

Il y a, selon la Gnose, trois catégories d'hommes, corres­pondant d'ailleurs à la division triangulaire en corps, âme et esprit.

1/ Les hyliques : esclaves de la matière, ils périront avec elle.

2/ Les phychiques : ils connaîtront la rédemption après bien des épreuves, c'est-à-dire en fait des réincarnations car tous les gnostiques croyaient, bien sûr à la réincarnation.

3/ Les palumatiques ou spirituels : ceux-là sont sauvés d'office.

La Gnose est donc le plus sûr moyen d'échapper à l'esclava­ge de la matière. Les adeptes de la Gnose sont les Parfaits ou les allogènes, les «étrangers» qui vivent inconnus dans ce monde, comme le souligne Louis-Claude de Saint-Martin. Ce mot d'étranger a inspiré peut-être d'ailleurs Albert Camus lorsqu'il écrivit le roman qui porte ce titre et dont le héros a véritable­ment un comportement gnostique. Etranger parce que l'existence apparait étrange au gnostique et parce que celui-ci ne se sent pas de ce monde, que sa patrie est ailleurs (Cf le mot de Jésus : «Mon royaume n'est pas de ce monde»...)

Dans la genèse de l'humanité Caïn est ainsi l'ancêtre des hyliques, Abel est un psychique et Seth est à l'origine des pénu­matiques. Or Nimrod est le descendant du grand Seth et l'ancê­tre de Balkis, la reine de Saba. Et le mariage d'Hiram, arrière- petit-fils de Caïn avec Balkis, descendante de Seth figure donc l'union de la généalogie du Demiurge avec celle de la Rosée de Lumière. C'est pourquoi la Rosée de Lumière continue d'exister dans la race des hommes où elle préfigure la réconciliation finale de la Lumière et des Ténèbres.  

Dans la doctrine gnostique - et cela me parait particulière­ment important pour sa compréhension, bien au-dessus de toutes les constructions démiurgiques et éoniques, l'Homme est au cen­tre de tout. L'homme d'ici-bas, l'homme que nous sommes doit imiter l'Homme androgyne primordial, la «Rosée de Lumière», ce Verbe ancrogyne, ce grand Homme cosmique né de la rencon­tre de l'Esprit-mâle et de la Matière-chaos femelle.

L'homme d'ici-bas, nous enseigne la Gnose, avec l'aide du Sauveur et de Gnosis est plus fort que le principe matériel dont il est issu.

Nous pouvons, par Gnosis, gravir à nouveau tous les éche­lons de l'échelle du Ciel et inverser le processus de la Chute.

Il nous faut pour cela devenir Homme spirituel. Mais nous n'atteindrons l'état de cet homme idéal, archétypique, qu'en gra­vissant les échelons des mondes, des puissances, des Domina­tions dont le dernier est celui de l'Hestos, «celui qui se tient de­bout, s'est tenu debout, se tiendra debout».

Le grand principe de la Gnose est qu'il existe un enseigne­ment secret délivré par Jésus - comme pour les Kabbalistes il y a un enseignement secret livré à Moïse d'où est née la Kabbale. Or c'est là le fond du problème, le cœur de la grande querelle. L'Église orthodoxe, après l'avoir admis a très tôt nié l'existence d'un tel enseignement.

Et pourtant, comme le souligne Mircea Eliade, qui donne raison aux gnostiques, cet enseignement ne peut être contesté : «Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnosti­ques, écrit Mircea Eliade, les Pères de l'Église suivis par la majo­rité de historiens ont nié l'existence d'un enseignement ésotéri­que pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais cette opinion est contredite par les faits».

L'ésotérisme, souligne-t-il, est reconnu officiellement par Marc, Origène Clément d'Alexandrie qui déclare : « A Jacques le Juste, à Jean et à Pierre le Seigneur après sa résurrection donna la Gnose ; ceux-ci la donnèrent aux autres apôtres, les autres apô­tres la donnèrent aux 70 dont «l'un était Barnabé»...  

Cet enseignement secret, d'après les recherches entreprises par Eliade, portait notamment sur le baptème, la Croix, l'eucha­ristie, l'Apocalypse, la vie après la mort et par beaucoup de points présentait des analogies avec les conceptions eschatologi­ques égyptienne et zoroastrienne. Il y avait d'ailleurs dans l'Égli­se primitive gnostique trois degrés comme dans les traditions ini­tiatiques : les «commençants», les progressants et les Parfaits...

Tout comme les rishis, les samnyasins et les yogis, le gnosti­que se sent délivré des lois qui régissent la société ; il se situe au- delà du bien et du mal (en termes déexégèse morale). «C'est évi­demment ce sentiment de supériorité, ou plutôt d'indifférence, qui a été très vivement reproché aux gnostiques et notamment a certaines sectes gnostiques tels les Barbelognostiques (du nom de Barbelô, la première puissance féminine engendrée par Dieu et qui es la mère de Ialdabaoth) qui offraient à la Divinité leur sperme et le sang menstruel, ou les Carpocratiens qui voulaient ignorer radicalement la distinction Bien-Mal. Il y a évidemment deux manières de dompter la Matière : la première est la prati­que ascétique - elle fut le fait de très nombreux gnostique qui al­laient, nous le verrons, jusqu'à refuser toute union sexuelle pour éviter de procréer (Cf. les Cathares) - la seconde est au contraire l'indifférence envers le corps et ses faiblesses. L'argumentation de ces derniers, très minoritaires, selon lesquels l'esprit ne peut périr et n'a rien à redouter des souillures de la chair (si souillures il y a !...) fut à l'origine de toutes les calomnies répandues par les Pères de l'Église orthodoxe sur les pratiques sexuelles des gnostiques.

La découverte d'un principe transcendantal à l'intérieur de Soi, rappelant le double iranien, l'image céleste de l'âme qui ac­cueille le défunt trois jours après sa mort, est également au centre du gnosticisme. Reprenant le symbolisme archaïque universel sur le sommeil et la mort, les gnostiques proclamaient qu'il faut «s'éveiller», être présent au monde de l'esprit. Ce n'est pas autre chose que ce que disait Jésus à ses disciples. Ce n'est pas autre chose que signifie le voyage initiatique de Gilgamesh ou le mythe d'Orphée.

Ainsi la Lumière emprisonnée dans ce monde tente-t-elle de réveiller les créatures des Ténèbres. La délivrance ne peut être obtenue que par la Gnose et la connaissance de soi : «Adam s'examina lui-même et il sut qui il était»...

Dans l'extrême aboutissement du gnosticisme qu'est la doc­trine de Mani, le mythe de la destinée humaine est en fait en op­position radicale avec la Création et la Genèse de l'Ancien Testa­ment : c'est le mythe de l'éternel retour et non de la création.

Conférence prononcée le samedi 17 février 1987 par Jean-Jacques Gabut à Condor­cet Brosselette

PVI N°64

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Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

 

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Kabbale et Maçonnerie

Publié le 21 Janvier 2019 par T.D

Difficile d'expliquer la relation historique qui lie et relie la Kabbale à la Maçonnerie au travers de ce réceptacle de lumière qu'est un temple.

Si le fond est indéniable, la forme ou plutôt les formes devrais-je dire, sur le regard que l'on peut poser du tandem Kabbale/Franc-Maçonnerie, est loin, bien loin de faire l'unanimité auprès des Maçons comme des Kabbalistes.

Au travers mes recherches de Maçon et mes visites dans de nombreuses loges, j'ai pu constater à quel point il pouvait y avoir de nombreux frères méconnaissant l'histoire réelle de la Franc-Maçonnerie au travers la Kabbale, et pour d'autres frères, l'obligation philosophique ou malheureusement viscérale de renier purement et simplement cette vérité de la relation Kabbale/Maçonnerie.

Quel constat d'échec... Comment peut-on se vouloir être un Maçon accompli, complet, éclairé, et comment peut-on ne pas reconnaître l'évidence même de la substance de cette union.

Tout, des apparats, des décors, des rituels, tout vient à la base de la symbolique initiatique et spirituelle de la Kabbale.

Et s'il est vrai aussi que la maçonnerie moderne est exclusivement chrétienne, nous devons nous rappeler pour cela quels furent les motifs, les besoins, les raisons pour les sociétés de l'époque, d'avoir créées, il y a maintenant 300 ans, ce qui nous réunit tous à ce jour dans nos temples respectifs.

D'une base hébraïque / Kabbaliste, nous en sommes arrivés aujourd'hui à des symboles rituéliques entrant dans un cadre, pour la majorité des loges, exclusivement chrétien.

Le trait d'union entre la kabbale et nos loges actuelles est, bien sûr, le temple de Salomon.

Par son agencement, ces proportions, son décors et ces objets symboliques qui s'y trouvent, le temple maçonnique, évoque un temple bien précis, le temple unique des Hébreux, c'est à dire le temple de Jérusalem construit par le roi Salomon qui est plus connu sous la dénomination de premier temple.

Pour les Hébreux, il était le "Beit Ha Mikdash": la maison de la sanctification.

Pour les Maçons, c'est le "temple de Salomon".

Ce temple avec son architecture, ses objets de culte, ses ouvriers, ses prêtres, a une histoire. Il fut édifié sur le mont Moriah, fut sanctifié par les prêtres, détérioré à plusieurs reprises, transformé, réparé, détruit entièrement et reconstruit par Esdra, ce fut le second temple. La majeure partie de cette épopée est relatée dans la bible.

Après la destruction du second temple en 70 de notre ère et pour le sauver de l'oubli, les Erudits et les Sages de l'époque rédigèrent des textes, des notes, des commentaires et y ajoutèrent toutes sortes de légendes. 

Les chrétiens, de leur côté, écrivirent des légendes parallèles mettant en scène la Sainte famille, Jésus et le temple de Jérusalem.

Du Xème au XIIIème siècle, les Kabbalistes, auxquels très tôt les chrétiens s'intéressèrent, transposèrent l'histoire du temple de Jérusalem à leurs manières, en l'enjolivant, en édulcorant et gommant tout ce qui se rattachait d'une manière trop forte au monde hébraïque. Tout cela fut fait de façon plus au moins secrète, puis au grand jour, dans des écrits publiés à partir du XVème siècle.

A leur tour, quelques trois siècles plus tard, les Francs-Maçons construisirent leur "dogme" sur ces écrits et en tirèrent d'autres légendes. Toutefois, l'encrage mythique de la maçonnerie moderne reste le temple de Jérusalem du roi Salomon. C'est pourquoi, pour comprendre les rituels de la Franc-Maçonnerie, et notamment, la façon dont sont fabriqués et s'articulent les 33 degrés maçonniques, il nous faut d'abord connaître la Kabbale.

Qu'est-ce que la Kabbale ?

La Kabbale est un code secret transmis pendant des siècles oralement, servant de base à la Torah orale donnée à Moïse sur le Mont Sinaï.

C'est d'abord et surtout un code réservé aux initiés avec, en exergue, le SOD. Cette ultime connaissance de la Torah représente le degré le plus subtil des quatre niveaux d'interprétation qui se nomme "Hokhmat-Nistarah" (la connaissance enfouie).

Pour interpréter la Torah, les Kabbalistes disposent, en dehors des textes sacrés, d'un alphabet de consonnes et de "numération pure", les séphiroth. Soit 22 lettres de l'alphabet + 10 séphiroth, ce qui fait 32 +1 (1 étant l'élévation spirituelle personnelle). Soit 33. Chiffre sacré parmi les chiffres correspondant à l'articulation des 33 degrés.

Ces instruments de la Kabbale se retrouvent dans l'arbre de vie, qui est la feuille de route de tout Kabbaliste.

Le Kabbaliste, pour atteindre ce plan subtil, use de plusieurs procédés : la guématria, le témoura et le tsérouf. Toutes sortes de sciences qui, à la suite de dérives édulcorées, vont servir à l'établissement des premiers rituels et reconnaissances entre Frères par divers codes et symboles. Pour une plus grande connaissance des sciences cosmiques, sciences du macrocosme, connaissance des astres, connaissance des mythes, des enseignements cachés, connaissance de l'homme, de ses origines, de son identité et de son futur dans l'univers. Toutes sortes de connaissances auxquelles nous autres, Maçons, essayons de nous les approprier par le travail fait en loge, à tout grade et quel que soit le rituel et l'obédience que nous servons.

L'arme suprême de la connaissance du Kabbaliste, est l'arbre séphirothique ou l'arbre de vie. Nous retrouvons cet arbre séphirothique dans le temple de Salomon, puis dans le temple maçonnique. Chaque Séphira se retrouve dans un symbole maçonnique. Nous retrouvons, de l'Orient à l'Occident:

  • le delta avec Kether (la couronne)
  • le soleil est Hokhmah (la sagesse)
  • la lune est Binah (l'intelligence)
  • l'autel est Daath (la connaissance)
  • la pierre cubique à pointe est Hessed (la bonté)
  • la pierre brute est Guevourah (la force)
  • le pavé mosaïque est Tiphereth (la beauté ou miséricorde)
  • lacolonne Yakhin est Netsah (la victoire)
  • les colonnes Boaz est Hod (la splendeur)
  • la porte est Yessod (le fondement)
  • le parvis est Malkhout (la terre)

Tout, ou presque tout, nous rappelle les décors et attributs des temples : la couleur, la position des plateaux, les outils, les postes, sans compter les mots de passe des grades.

Entrer dans un temple maçonnique, c'est entrer dans un monde de symboles. La franc-maçonnerie est un ordre initiatique, symbolique et mystique. Le temple, quel qu'il soit, est un lieu sacré, c'est un point de rencontre entre le monde terrestre et le monde céleste. C'est pourquoi on y trouve des images du ciel, de la voute étoilée et de la terre. On y trouve également, le soleil, la lune, les chérubins, le trône céleste, les marches pour accéder à ce trône céleste, les lumières, les chandeliers et la "Shékhina". Lumière éternelle représentant la présence divine. On y trouve la mort, la naissance, la renaissance, les souffles, les émanations divines, les lignes brisées et les triangles, le triangle divin, le triangle humain esprit et le triangle humain matière. Pour que tous ces symboles puissent être compris, le Maçon va se servir de ses outils spécifiques. Tout ce qu'il y a dans un temple maçonnique nous rappelle son origine kabbaliste : les décors, les attributs, la couleur, la position des plateaux, les outils, les postes, l'initiation, les élévations, sans compter les grades, les hauts grades et les mots de passe.

Qu'est-ce qu'un Maître Maçon? Selon la tradition, c'est un tailleur de pierre, un bâtisseur de cathédrales. Il est l'enseignant du compagnon et de l'apprenti. Il a aussi la capacité d'associer le divin tout en travaillant la matière.

Selon la tradition hébraïque, seuls, les Prêtres étaient autorisés à prendre les décisions pour le bon fonctionnement de la cité. A la destruction du second temple, la fonction de Prêtre est supprimée, puisque plus de temple. Cette fonction est remplacée par les Rabbi, c'est à dire les Maîtres. A partir de cela, nous retrouvons dans le temple maçonnique, la même symbolique de l'Orient à l'Occident, nous retrouvons le Vénérable Maître, c'est à dire le grand Prêtre, jusqu'au Couvreur qui est le Gardien du Temple. Chaque Rabbi, chaque Maître a sa fonction propre dans la loge qui est la continuité de la fonction en charge des Prêtres du temple de Salomon. Chaque Maître se devant d'assurer sa charge pour le temps qui lui est donné dans le respect du rituel et des ordres reçus.

Pour résumer cette connexion entre la maçonnerie et la Kabbale, je vous dirais, mes Sœurs et mes Frères, que chacun d'entre nous doit vivre son rituel maçonnique tel qu'il nous est enseigné, pleinement, avec sagesse, force et beauté, cela veut dire avec bonté, rigueur et centralité. Nous nous devons tous fidélité, bienveillance et entraide. Et si, au travers de nos démarches personnelles dans nos loges, il nous arrive de nous poser des questions sur l'identité maçonnique, sachez qu'elle est le fruit de la rencontre de l'Esprit Saint et de la matière qui se dépouille de toute obligation et de toute contrainte terrestre. A l'ouverture de nos travaux, ne nous est-il pas rappelé que nous ne sommes plus dans le monde profane !!!  Très modestement, mes Sœurs et mes Frères, je vous invite à relire "l'ecclésiaste" qui nous donne là, un code de vie au quotidien nous permettant, de pouvoir à tout moment, en tout lieu, quelles que soient les circonstances, où nous sommes, de quitter le monde profane afin d'atteindre le sacré.

source : https://www.glory-yerushalaim.com

 

 

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Maître Maçon

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Les devoirs du Maître Maçon

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

« Si tu veux que brille la flamme, médite dans le Temple et agis sur le Forum, mais garde-toi bien de faire du Temple un Forum. »

J. Corneloup.

Introduction

Cette citation résume bien le rôle que doit avoir le Maître Maçon dans la Loge. Celle-ci est un endroit privilégié dont il doit protéger la flamme. A la lumière du Rituel et des symboles il doit remplir ses devoirs et méditer pour pouvoir avoir la force d’apporter au dehors cette lumière sans en trahir ses secrets. La Loge doit rester un lieu en dehors du Temps où règnent la concorde et la fraternité, le Maître Maçon doit toujours préserver ce lieu sacré des querelles et des conflits du monde profane.

Mais il n’y a pas de droits sans devoirs et si un Maître Maçon peut prétendre à des droits, à un salaire dans son Atelier, il devra pour autant avoir accomplit ses devoirs. Par des termes solennels, prononcés à haute voix, le jour de notre élévation,  nous avons tous fait cette promesse solennelle :

  1. JE PROMETS DE ME CONSACRER À L’ÉMANCIPATION INTELLECTUELLE DE L’HOMME, À LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE, À LA PAIX AU SEIN DE LA PATRIE ET PARMI LES PEUPLES, ET DE CONSIDÉRER MON DEVOIR SUPÉRIEUR À MA VIE.

Cette profession de foi humanisme est une des clé de l’œuvre et de l’idéal maçonnique. Peut-être que cet idéal est tellement élevé que personne n’a vraiment conscience de pouvoir y contribuer un jour ? Pourtant, les liens fraternels qui unissent tous les Francs-Maçons du monde nous rappellent que nous appartenons à un ensemble plus vaste et que l'homme seul ne peut rien. Car, tant que les hommes seront asservis par l'ignorance, l'intolérance, le dogmatisme et le totalitarisme, la Franc-Maçonnerie aura encore un rôle à jouer. Le Maître Maçon est la sentinelle avancée de l’humanité. Il a compris que les dogmes sont les ennemis du genre humain et son devoir est de croire que l’homme est perfectible. C’est pourquoi, il se doit de toujours donner « sa chance à autrui » en l’aidant à se perfectionner. Il ne se compromettra jamais avec un pouvoir totalitaire, une pensée unique ou une masse populaire qui nie les droit de l’individu et aliène la liberté de tous.

  1. JE PROMETS À NOUVEAU DE CONTINUER À REMPLIR CONSCIENCIEUSEMENT TOUTES LES OBLIGATIONS QUE J’AI CONTRACTÉES LORS DE MON INITIATION ET DE MA PROMOTION ; DE SUIVRE ASSIDÛMENT LES TRAVAUX DE LA LOGE ET DE NE PAS LA QUITTER SANS EN INDIQUER FRANCHEMENT ET SINCÈREMENT LE MOTIF.

Cette partie de la promesse semble très claire. Le devoir de Fraternité est indispensable à la « Chaîne d’Union » qui nous unis. Chaque Frère est un élémosinaire en puissance et il se doit d’avertir le Frère élémosinaire en charge ou le VMEC\ qu’un de nos Frères a besoin d’aide et notre devoir est de lui venir en aide.

Par ailleurs, le Franc-Maçon doit contribuer activement à la concorde, il se doit d’être un homme de conciliation et de dialogue. La Sagesse et la Règle doivent être son seul guide. Malheur à lui s’il apporte dans la Loge, ce lieu sacré, la discorde et la division. Les épées se retourneront contre lui !… La vengeance des Frères dans le monde entier sera réelle, il aura quitté définitivement la « Chaîne d’Union » et sera devenu, pour l’ordre, un renégat.

Enfin, on ne vient pas en Loge seulement pour se faire plaisir en ne sélectionnant que les travaux qui nous plaisent… La Règle est la même pour tous et il est assez évident qu’une participation active à tous les travaux de la loge permettent vraiment d’atteindre les objectifs de la promesse. Les séances d’instruction notamment sont un moment privilégié pour poser des questions, s’exprimer et écouter. Les tenues favorisent « l’abandon des métaux »  et la participation à « l’egregore »  de la Loge. Le rituel favorise l’introspection et permet une certaine communion fraternelle. Les conférences ou tenues blanches ouvertes et les sorties familiales sont aussi une forme d’initiation nécessaire et les  ignorer est une forme d’égoïsme personnel qui n’est pas vraiment compatible avec les devoirs d’un Franc-Maçon. Sans aller jusqu’à dire : « hors de l’église point de salut ! »  Ce qui serait réintroduire le dogme on peu simplement dire que c’est en fréquentant la loge que l’on devient maçon de la même manière que « c’est en forgeant que l’on devient forgeron. »

  1. JE PROMETS DE NE RÉVÉLER À AUCUN PROFANE, NI À AUCUN APPRENTI OU COMPAGNON, LES SIGNES DE RECONNAISSANCE ET LES USAGES DU GRADE DE MAÎTRE.

Le compartimentage du système maçonnique en plusieurs degrés de Lumière est indispensable pour protéger celui qui n’est pas encore prêt à recevoir une Lumière trop vive. Loin d’en arriver à la suffisante et classique phrase : « ce n’est pas de ton grade ! », un juste milieu reste nécessaire. Celui qui pose la question a en lui déjà la moitié de la réponse et c’est une insulte à son intelligence que de ne pas lui répondre. Mais la réponse doit être voilée, elle doit être adaptée au degré de celui qui a posé la question.

L’un des principes de notre ordre semble être la « digestion » ou plutôt, la faculté de « ruminer ». Il est essentiel que chacun trouve ses propres réponses et notre véritable devoir de Maître face aux Compagnons et aux Apprentis est simplement de donner des outils et d’indiquer des portes qu’il incombe à eux seul d’ouvrir et de découvrir. Il est essentiel de comprendre que la Franc-Maçonnerie par ses symboles et ses rites ne cesse de voiler la vérité afin que le véritable adepte ne puisse la découvrir que par lui-même, par la connaissance de ses défauts et qualités et surtout, par sa propre révélation à lui-même…

  1. TOUT CELA, JE LE PROMETS SUR MA PAROLE DE FRANC-MAÇON !

« Malheur à celui qui reniera ce serment… Les épées se retourneront contre lui ! ». C’est bien ainsi que le dit le Rituel… En promettant ainsi solennellement sur sa propre parole de Franc-Maçon, celui-ci s’exposera à être rejeté et méprisé par ces Frères s’il lui arrive un jour de la renier.

Au-delà des mots et des objectifs il y a la Règle, la conscience de chacun et lorsqu’on a perdu la Règle, il ne reste que les règlements… La Règle est manipulable c’est vrai !… Mais il reste cette petite voix au fond de chacun de nous qui continue à nous murmurer la « Voie Royale ». Bien qu’on essaye de la faire taire, ou l’ignorer, elle est toujours là pour nous dire où est le bien et où est le mal. « Errare Humanum est, perseverare diabolicum[1] ! », disaient les romains.

Conclusion

Pourvoir discuter avec des « frères », toutes « griffes » rentrées et entamer un réel dialogue sans crainte, comme dans le monde profane, d'être « jugé », « attaqué » ou « dénigré ». Voilà la meilleure manière de progresser sans risque de sombrer dans l'erreur du dogme car à tout moment, on sentira la main fraternelle d'un frère qui vous indiquera la Voie.

« Connais-toi toi-même » est une devise terrible car il n'y a pire juge que soi-même. La descente aux Enfers et une chose que l'on ne peut faire en solitaire. La main secourable d'un frère est indispensable pour éviter le pire et échapper au dégoût de soi-même. C'est une expérience unique et indispensable, mais dangereuse car il est difficile d'être « libre » et affranchi des dogmes. Les frères sont autant de miroirs qui nous permettent de suivre le processus et de nous voir dans notre réalité. Il n'est pas facile de faire taire tous ces petits « moi » égoïstes qui forment notre conscient et notre inconscient afin de faire naître le véritable Être. Le « Maître » universel qui a toujours été en nous.

Le rituel maçonnique amène l'homme au plan éternel et le met en relation avec le cosmos. Il éveille la conscience d'un chemin qui pourrait réunir la demeure transitoire et l’Être lumineux. La Maîtrise n’est pas une ligne d’arrivée, elle n’est que le début de la véritable initiation. L'initié authentique est celui qui, après avoir refusé les ténèbres a trouvé la lumière et s'efforce de faire régner la justice et l'amour, l'harmonie et la paix sur ce chemin qui donne une direction, une orientation à sa vie.

Le Franc-Maçon s'efforce de bâtir un Temple intérieur dont les murs ne sont jamais assez hauts pour qu'il puisse les terminer et les recouvrir, aussi, symboliquement les étoiles, la lune et le soleil sont toujours visibles de l'intérieur du chantier. Grâce à ce mythe, équivalent à celui de Sisyphe, le Franc-Maçon reste en contact avec le cosmos et ne se coupe pas de l'ordre universel. S'il est intéressant de se demander ce que la Franc-Maçonnerie nous a apporté, il est peut-être plus important de se demander ce qu'on a pu apporté soi-même à la Franc-Maçonnerie?... Il peu arriver qu’on puisse, un jour, être déçu de ce qu’a pu nous apporter d’être maçon et de faire partie d’un atelier. Mais on le sera jamais vraiment de la Franc-Maçonnerie qui est un idéal, à moins de l’avoir soi-même trahit ? D'où la nécessité de l'assiduité et de faire corps avec l'egregore de la Loge.

Toutes les traditions sont intéressantes à étudier, mais est-ce pour autant nécessaire de renier tout ce qu'on est et qui pourrait être profitable aux autres?... Il faut se dire que la Loge est faite d’hommes et qu’elle a de ce fait les qualités et les défauts des hommes. Seule l’esprit de fraternité et le dépôt des métaux aide à pouvoir faire corps avec le rituel, de sentir l’âme de la Loge, d’enrichir sa spiritualité et de recevoir la Lumière authentique.

La Loge est un microcosme peuplé d’hommes de différents horizons et degrés intellectuels, d’origines, de cultures et de fortunes divers. Aider son prochain ou son Frère à progresser doit prendre le pas sur l’élitisme et la suffisance intellectuelle contraire à l’Humanisme auquel le Franc-Maçon se doit d’être fidèle.

L’Atelier est un laboratoire, un Athanor qui possède, en plus simplifié, les mêmes caractéristiques que toute organisation humaine avec leurs défauts et leurs qualités. L’absolue n’y existe forcément pas. La seule différence et la transmission du symbolisme et l’usage de la Règle qui permet de façonner la matière primaire, la Pierre Brute pour créer une alchimie où l’Esprit pourra triompher de la matière.

source : www.trimegiste.ch 

J.-M. C, Epalinges, le 18 novembre 2005.

[1]  “ L’erreur est humaine, persévérer est diabolique ! ”

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Discours sur le grade de chevalier Kadosch 1826

Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

Un double devoir est imposé au Chevalier chargé du ministère que vos suffrages nous ont confié pendant deux années. Le premier de ce double devoir est de tracer pour l'instruction des nouveaux chevaliers, les données historiques du grade qui leur a été conféré ; le second est d'ajouter à cette instruction consacrée par les rituels, les remarques nécessaires au développement de la morale, plus importante que le matériel quelque brillant qu'il soit. Il est encore un devoir particulier, celui d'exercer une sage critique sur ce qui ne satisfait pas toujours l'esprit dans l'ensemble ou dans les développements du grade. 

Mais avant d'aborder cet important sujet, nous devons fixer l’attention des FF\ admis en ce jour sur leur situation présente, et nous leur dirons : 

Une nouvelle Ere Maçonnique commence pour vous. Vous venez d'être soumis à une rénovation de grade, de vœux, de serments, qui vous lie plus intimement que jamais à notre antique et sainte institution. Nous avons dit antique, car la Maçonnerie continue les associations mystérieuses ou intimes des hommes sages de l'antiquité ; nous avons dit sainte, car elle est chère à ses dignes et fervents sectateurs, hommes pieux, parce qu'ils sont sensibles et reconnaissants ; hommes sages, parce qu'ils sont exempts de préjugés et d'erreurs, ou parce qu'ils s'efforcent de vaincre les passions dangereuses. 

Ne croyez pas, Chevaliers initiés en cette séance, que le sublime grade de Chev\ G\ E\ K\ D\ S\ soit, comme l'ont prétendu quelques Maç\ au moins légers, un grade ajouté à un grand nombre d'autres grades, et qu'il est tout entier dans une noble et magnifique représentation ; dans quelques mots, dans quelques lignes ; ne croyez pas non plus qu'il soit rigoureusement le nec plus ultrà de l'échelle mystérieuse de l'institution maçonnique. 

Supérieur par la haute morale aux degrés qui le précèdent, le K\ D\ S\, inférieur dans l'ordre numérique au trente-troisième degré, est le milieu, le juste milieu de la science, le vrai but où doivent tendre les bons esprits. 

L’instruction est sans bornes, nul doute ; mais s'il est quelques Maçons ardents qui veulent savoir, tout ce que l'on peut apprendre, il est une foule de FF\ qui savent mettre un frein à leur curiosité même recommandable. L'homme laborieux qui se contente d'une modeste fortune, l'homme instruit qui se dit : pour mon bonheur et mon repos, je m'arrêtérai à tel point ; le Maçon qui se dit aussi, je me fixerai au grade de me paraîtra réunir tout ce que je puis désirer, donnent la preuve que la raison peut dominer l'imagination ; et il n'y a pas de meilleur guide que la raison. 

Suivons ce guide, RR\, FF\ : si vous voulez aller plus haut, vous arriverez sans doute, et le grade lui-même sera un degré qu'il aura fallu franchir ; mais si vous voulez prendre du repos après une longue route, trouver ici le terme de votre voyage, RR\ FF\, vous serez satisfaits. 

Ill\ Chev\, nous abordons maintenant le grade de G\ Ch\ El\ K\ D\ S\ dans ses données historiques. 

Partie Historique 

Ce grade est généralement considéré dans l'écossisme comme renfermant tous les degrés de la Maçonnerie : nec plus ultrà. 

Dans le développement de la Maçonnerie qui sert d'historique au grade, on voit que l'institution maçonnique dérive des institutions mystérieuses de l’Egypte. La famille des Athalantes, y est-il dit, apporta dans les pays méridionaux de l'Asie et sur les bords du Nil, les débris des arts et des sciences d'un monde qui avait péri lors du déluge. Hermès, roi de Thèbes, appartenait à cette célèbre famille ; il fut surnommé Trimegiste ou trois fois grand, parce qu'il fut à la fois grand prêtre, grand politique et grand philosophe. Cette triple supériorité le fit placer par la reconnaissance publique au rang des Dieux immortels. 

A cette occasion nous remarquerons que les peuples de l'antiquité ne refusèrent jamais l’apothéose à leurs véritables bienfaiteurs. Telle est peut-être l'origine non de la création de l’homme à l'image de Dieu, mais de Dieu à l'image de l’homme. Jupiter dieu des Grecs ; Odin, dieu des anciens Scandinaves ; Jéhova, dieu des Hébreux ; Dieu le père, Dieu des chrétiens, ont la physionomie de l'homme. 

Hermès, suivant les données historiques du grade, obligea les Mages, mot qui signifie architectes, ou doctes dans les sciences et hommes vertueux, à mettre leurs biens en commun et à vivre en Frères. 

Par Mages, on entend Adorateurs du Feu. En effet, les Mages adoraient le Feu céleste, le Soleil, emblème de la puissance divine. Long-temps après l'établissement du Christianisme, qui, comme toutes les sectes religieuses à leur aurore, fut d'abord doux et pacifique, et plus tard dominateur et exclusif, on a dénaturé le sens de ce mot. Par l’épithète de Magicien, Magie, le peuple ignorant et crédule désignait une prétendue intelligence intime entre les philosophes et les dieux infernaux, à l'existence desquels il croyait. Plus tard encore et toujours stupide, parce que pour le dompter on s'efforce de l'abrutir, le peuple crut que par philosophe on voulait dire athées. Si on croit peu aujourd'hui à cette interprétation ridicule en France, où le peuple au centre des lumières et de la civilisation puise sa philosophie dans un sens droit, naturel, on y croit beaucoup au-delà des Pyrénées, où des peuples pleins d'orgueil et sans industrie, vivent dans l'ignorance et de l'ignorance, odieux triomphe du monachisme. Poursuivons, ТТ\ CC\ FF\, l'exploration de l'histoire du grade. 

Le grand Hermès fut assez heureux pour recueillir une des colonnes érigées par les enfants de Lameth, inventeurs des arts avant le déluge. Cette colonne, trouvée en l'année 2076, de l'ère du monde, retraçait dans la langue primitive ou emblèmes sacrés l'histoire des hommes et des arts avant cette époque reculée. Elle fut l'étincelle qui embrasa le génie du roi Thébain. Il observa par l'étude des astres, les merveilles de la nature, et plus particulièrement les révolutions célestes et terrestres. Ses sublimes combinaisons lui démontrèrent qu'il n'y avait qu'un Dieu, et le fruit de ses observations scientifiques fut la division du jour en douze heures, la division du zodiaque en douze signes et la création de l'écriture hiéroglyphique que les modernes ont cru longtems inexplicable et qu'explique parfaitement un homme aussi instruit que modeste, M. Champollion Figeac le jeune. 

Dirigés par le Trimégiste, les Mages établirent la théologie naturelle, et furent les dépositaires des sciences divines et humaines, parce que seuls ils possédaient la connaissance de la langue symbolique dans laquelle on les avait écrites. Ils étaient chargés d'instruire les hommes que leur naissance appelait à la direction des affaires publiques, et de donner au peuple des lumières à la portée de son esprit. Ce devoir, ils le remplissaient consciencieusement, mais avec prudence ; ils réservaient pour les Initiés qu'ils attachaient au sacerdoce, les secrets les plus cachés. Ils voulaient rester, eux et leurs disciples, les hommes les plus instruits pour être les plus forts, parce que cette forcé était la sagesse : c'était là l'esprit des hautes théocraties. La basse théocratie ou le monachisme, mieux caractérisé par le despotisme et la stupidité, appartiennent aux temps modernes. 

Abraham, Jacob, Joseph, Moïse, durent beaucoup à l'instruction qu ils reçurent des Mages. Elle fit de Moïse un célèbre législateur. 

Le Magisme dégénéra peu à peu par l'oubli des symboles hiéroglyphiques de la langue sacrée. Les Collèges de Memphis et d’Héliopolis le maintinrent longtemps dans sa pureté primitive, et c'est dans ces Collèges que Orphée, Thalès, Pythagore, Solon, etc., puisèrent ces connaissances supérieures qu'ils répandirent dans leur patrie. 

C'est à Pythagore que l'Europe doit la doctrine des Mages, et c'est aux grands développements qu'il y donna, que Copernic, Galilée, Descartes et Neuwtou ont dû les systèmes qui les ont immortalisés. 

Salomon eut aussi d'immenses obligations à ces Mages si célèbres, et pour leur prouver sa reconnaissance royale, il symbolisa le Magisme dans le Temple qu'il éleva au grand Architecte de l'Univers. 

La Voûte secrète est l'allégorie du Dépôt de la science antique des Sages.

Les révolutions parmi les peuples et dans les croyances religieuses, se multiplièrent de toutes parts.

L'Initiation ancienne fut renouvelée.

La primitive Eglise renouvela encore les doctrines religieuses et symboliques des mystères. 

Lors des croisades, les chrétiens, confondus avec les infidèles, furent forcés de tenir leurs assemblées dans le plus grand secret, et de donner à leurs mystères des figures allégoriques. 

Vers la fin du treizième siècle, Godefroi de Bouillon conduisant les croisés à la conquête de la Terre-Sainte, cacha les mystères de la religion du Christ sous des emblèmes et des allégories. Le grade de R\+\ (dont on lui attribue la fondation), fut le point parfait de la Maç\, chrétienne. 

Ainsi furent établis sur cette souche antique, une foule de rites sous les dénominations de Maçonnerie générale d'Hérodom chrétienne, Adhoniramite, Ecossaise de Saint-André d'Yorck, Prussienne, Anglaise et Philosophique. 

De là et inévitablement, cette filière de grades établis par une fausse délicatesse d'opinion, par une ignorance orgueilleuse et même par une honteuse cupidité. 

La Maç\ passa en France dans les temps les plus reculés, mais elle y fut à peu près méconnue ; elle alla, en 926, en Angleterre, où elle reçut d'Athelstan, souverain de ce pays, une protection particulière. En 1422, Jacques 1er, élu Grand-Maître de toutes les Loges, transféra à Hérodom, à 60 milles d'Edinbourg, la grande loge qui, jusque là, avait été tenue à Yorck. La Maçonnerie reparut en France, en 1725 ; depuis lors elle n'a plus cessé d'y être cultivée. Aujourd'hui, elle compte en activité 450 loges, Chap\, Cons\, Trib\, et Consist\. 

Tel est, d'après les documents écrits du grade de Chev\ EL\ K\ D\ S\, l'historique de la Maçonnerie, où nous n'avons à revendiquer que quelques réflexions philosophiques. 

Explication des épreuves 

Nous ne quitterons pas l'histoire du grade, en passant à l'explication ou rappel des épreuves. 

Jeunes Chev\ EL\ K\ D\ S\, veuillez avec nous revenir sur vos pas et vous souvenir que, possesseurs du Subl\ grade de Chev\ du Soleil, 29e degré, vous avez été placés dans un cabinet de réflexion où des questions morales vous ont été présentées. C'était recommencer votre carrière Maçonnique dans le haut grade qui, comme nous vous l'avons dit au commencement de ce discours, renferme tous les degrés de la Maçonnerie. Ces questions avaient pour objet de connaître la haute aptitude de votre esprit, vos doctrines en philosophie, votre résolution devant des épreuves nécessairement plutôt morales que physiques ; car les épreuves corporelles avaient été faites dès les premiers grades. 

Du cabinet des réflexions vous deviez être conduits dans un caveau où vous auriez été précipités un bandeau sur les yeux. Dans ce caveau, éclairé par une faible lumière, votre conducteur vous aurait ôté le bandeau qui vous couvrait la vue et vous auriez aperçu un cercueil d'où se serait soulevé avec colère un F\ qui vous aurait demandé : qui es-tu ? Que me veux-tu ? Et pourquoi viens-tu troubler mon repos ? Votre réponse ne l'ayant pas satisfait, il aurait renversé brusquement la lampe qui éclairait ce lieu lugubre et vous n'auriez plus eu pour vous guider dans votre sortie que la main secourable de votre conducteur. 

La méditation, jeunes Chevaliers, vous fera déterminer vous-mêmes l'analogie qui se trouve entre cette épreuve et le symbole de la mort inoubliable du chef des Trav\ du Temple de Salomon. Elle sert de transition au passage de la Maçonnerie symbolique à la Maçonnerie des hauts grades. C'est du moins sous ce rapport philosophique que vous devez envisager le mystère du caveau. 

Toujours avec votre guide, vous êtes arrivés à la porte du second appartement dont l'entrée est défendue par un servant d'armes couvert d'une armure complète. La porte ouverte, après d'utiles avertissements, vous êtes entrés, un voile noir sur la figure, et vous avez entendu ces leçons imposantes de morale données par les premiers chefs du Conseil : nous les répétons ; on ne peut trop les redire. 

« Adore l'Être Suprême et rends-lui toujours un culte exempt de fanatisme et de superstition ;

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent ;

Aime ton prochain comme toi-même ;

Soulage les malheureux ;

Sois vrai, déteste le mensonge ;

Sois patient ; supporte les défauts des autres ;

Sois fidèle à tes engagements ;

Supporte l'adversité avec résignation. » 

C'est ainsi qu'a été préparé votre esprit aux vérités sublimes du grade. 

Conduits à l'Aréopage ou troisième appartement, l'entrée vous en a été refusée parce que vous n'aviez pas sacrifié à la vertu. Mais ayant brûlé l'encens sur son autel et le grand sacrificateur ayant appelé les bénédictions du ciel sur vous et sur votre sainte entreprise, vous avez été admis dans l'Aréopage où l’on vous a fait connaître à quelles conditions vous obtiendriez la haute Initiation. 

Passant au quatrième appartement où se tient le Sénat, vous y avez vu tomber le voile qui vous dérobait la plus pure lumière ; vous avez été connu de tous les Chevaliers et les épreuves ont été entièrement terminées. Après une allocution du grand Maître, vous avez été conduit par lui au pied de l'échelle mystérieuse. Là il vous en a donné une explication que nous allons vous rappeler en l'abrégeant. Il vous a dit : 

Cette échelle vous révèle par son montant droit, la première base de l’ordre : culte sans superstition ni fanatisme ; par son montant gauche, la seconde base : travail continuel pour le bonheur des hommes. Elle est terminée par la légende du grade : nec plus ultrà. 

A chaque échelon, d'un côté de l'échelle, est tracée une leçon morale. 

Au premier, Dévouement aux malheureux ; 

Au deuxième, Doctrine de l'Evangile renouvelée de la morale des anciens sages, Thalès, Confutzée, etc. : ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui le fût fait ; 

Au troisième, Courage dans l'adversité ; 

Au quatrième, Amour du vrai ; horreur du mensonge ; 

Au cinquième, Perfection comme but de toutes les actions ; 

Au sixième, Patience, résignation, tolérance ; 

Au septième, Fidélité aux engagements ; discrétion sur les mystères de l’ordre. 

A chaque échelon du côté opposé est l'indication d'une des sciences les plus utiles à la dignité et au bonheur de l'homme. 

Sur le premier échelon, Grammaire : rectitude du langage ; 

Sur le second, Rhétorique : art de discourir. 

Sur le troisième, Logique : discernement de ce qui est vrai avec ce qui est faux ; 

Sur le quatrième, Arithmétique : science des nombres, utile au propre comme au figuré ; 

Sur le cinquième, Géométrie : connaissance des lignes, habileté à mesurer les choses matérielles dans tous les sens ; 

Sur le sixième, Musique : harmonie dans les actions, douceur du langage ; 

Sur le septième, Astronomie : étude des corps célestes, dogmes et pratique de la plus haute morale. 

Après cette explication, qui donne beaucoup à penser et dispose à bien agir vous avez été constitués, sous les glaives et avec l'assistance de tous les chevaliers, membres du Souv\ Cons\ des Gds\ Chev\ El\ K\ D\ S\, 30me degré du rite Ec\ ancien et accepté. 

Le mot Kadosh signifie en langue hébraïque, Saint, sanctifié, consacré. 

Le mot qui le précède, élu, signifie initié, admis aux plus sublimes mystères. 

Comme Chev\ El\ K\ D\ S\, vous avez cent ans et plus ; autrement, vous ne comptez plus d'âge. 

Les mots sacrés et de passe, les signes et les batteries vous ont été donnés, expliqués. Vous ne les oublierez pas, ni leur usage, ni leur morale, si vous pratiquez, comme vous le devez et comme nous l'espérons, un grade qui est caractérisé par sa propre légende : Nec plus ultrà. 

Réflexions sur le Grade 

Ce que vous avez vu et fait ; ce qui vous a été dit, ce que nous venons nous-mêmes de vous dire, enfin épreuves et explications, tout dans le grade satisferait en ce moment votre esprit : vous êtes sous l'empire d'un enchantement naturel ; mais réfléchissant bientôt et cherchant à vous rendre compte d'une foule de choses un peu confuses, vous pourriez éprouver des incertitudes que nous devons prévoir en vous communiquant les premiers notre propre embarras. Nous ne vous présentons nos réflexions que comme des questions que nous nous adressons à nous-mêmes, quoiqu'assurés d'avance de votre impuissance à les résoudre, et à nos FF\, plus anciens et plus instruits, qui ont droit de nous remettre dans le chemin légal, si nous avions le malheur, malgré nos bonnes intention, de nous en écarter. 

C'est le propre du grade de se communiquer ses doutes et de s'éclairer les uns les autres. 

Ainsi, nouveaux Chev\, suffisamment avertis, vous n'accorderez à nos observations, que la créance dont elles vous paraîtront dignes. Votre excellente judiciaire peut suppléer votre inexpérience maçonnique dans ce haut grade. 

L'origine du grade de Chev\ EL\ D\ S\, ne présente aucun non sens, quoiqu'elle se perde dans le vague de l’antiquité. Mais les formes et la morale du grade annoncent par leur peu de cohérence entre elles que la main des hommes a passé par là. 

Avec la meilleure disposition à se prêter aux inconséquences involontaires des esprits les plus judicieux, on ne peut concevoir dans une composition aussi capitale que celle du grade K\ D\ S\, ce mélange d'habitudes chevaleresques, avec ces leçons pacifique que donnaient les sages de l'Inde, les hiérophantes de l'Egypte, les doctes de la primitive église. Ce n'était assurément pas pour prêcher la sagesse, la pratique de toutes les vertus que les rudes et vagabonds chevaliers croisés allaient porter le fer et la flamme au milieu de ceux qu'ils qualifiaient d'infidèles. Ils n'allaient pas non plus chercher dans les camps et dans les doctrines de ces infidèles, des principes de foi, des leçons de paix, de charité et de tolérance. 

Les chevaliers croisés n'ont pas pu créer un grade où brillent la plus pure philosophie, l'amour le plus vif des sciences, la morale la plus douce, eux qui ne savaient pas lire et qui voulaient absolument tuer ou convertir ceux qui suivaient une autre religion. 

Le grade a donc été mutilé ; mais qui l'avait créé ? Par qui et quand ont été faites les mutilations ? Etait-il d'abord tout philosophique ? Tout militaire ? Comment, fondateurs ou mutilateurs, ont-ils imaginé de mettre la philosophie et l'amour des sciences sous le protectorat d'hommes ignorans ? Ou comment a-t-on osé donner à ceux qui enseignaient les doctrines de Socrate et de Jésus-Christ, des cuissards, des brassards et des glaives ? La philosophie n'habite guère les camps et n'emprunte guère ses maximes aux lois impérieuses et sanglantes de la guerre. Ce n'est point le raisonnement qui terrasse un homme armé de pied en cap ; ce n'est point avec la pointe d'une épée qu'on établit une question de morale. 

Pour être conséquents avec l'origine et la morale du grade, et même avec les mots hébraïques de l'échelle mystérieuse, de la parole sacrée, etc., les novateurs auraient dû placer l'action dramatique du grade dans les souterrains du temple, et la consécration, non du chevalier, mais du lévite, dans le saint des saints. 

Si le grade est tout militaire pourquoi n'avoir pas adopté exclusivement les formes chevaleresques et ne lui avoir pas donné pour unique but la pratique des vertus guerrières ? 

Résumé 

Dans l'impuissance où nous sommes de décider la question, nous essayerons de concilier des éléments si opposés entre eux. 

Rien n'est plus imposant à toutes les imaginations que l'appareil guerrier du temps de la chevalerie. L'homme aime à s'élever au-dessus de la sphère commune. Son âme est naturellement belliqueuse, et si nos habitudes ou les années ne nous portent pas à la vie pénible des camps, nous en aimons le simulacre, nous en recherchons les nobles jeux. Cette tenue d'apparat, cette dignité militaire, cette idée qu'avec le fer l'homme peut résister au fer, qu'il peut passer sans transition de la fiction à la réalité, tout l'anime, l'enflamme et lui donne une résolution qui centuple sa force naturelle. Et n'avons-nous pas vu il y a quelque peu plus de trente ans, cette foule de jeunes soldats si étrangers à la vie tumultueuse des armes, si timides dans leurs premiers pas, s'élancer tout-à-coup à l'exemple des vieux braves là où étaient les plus grands dangers et imiter les vétérans avec autant d'ardeur que de succès ? Et sous les murs de Paris, en 1814, ces émules de Vauban et de Napoléon se faire hacher sur leurs pièces dans cette campagne d'une heure ?... 

Oui ! L'appareil guerrier du 30e degré donne de l'énergie à l’homme qui sent son coeur, et entretient dans ce cœur généreux ces sentiments supérieurs qui lui font oublier sa propre conservation pour ne songer qu'à celle des autres ! 

Le Chevaliers-Maçon se retrouve-t-il parmi les philosophes, ses frères, il reprend ses habitudes pacifiques ; il étudie, écoute, enseigne ou prêche d'exemple. Sévère pour lui, indulgent pour tout ce qui n'est pas lui, il nous intéresse par sa bonté et nous charme par son éloquence. Sa vie s'écoule sans orages, parce qu'il s'est volontairement placé au-dessus des orages. Il est fort pour résister s’il se laisse atteindre ; il est prudent pour éviter les faiblesses qui l’assiègent comme tous les autres hommes. 

Par sa philosophie, il est préparé à toutes les fortunes : point d'exaltation dans le bonheur ; point de lâcheté dans les revers. L'amour de ses semblables ne s'affaiblit jamais en lui ; il vit toujours en paix avec sa conscience, et quand l'heure fatale a sonné, il meurt doucement, rendant à la terre une enveloppe matérielle qu'il a su ennoblir, et au Dieu suprême qui l'a créé une âme pieuse et pure ; il laisse aussi aux hommes un souvenir utile s'il n'est pas toujours profitable. 

Voilà, jeunes Chev\ et vous tous TT\ CC\ FF\, comme nous expliquons la morale du Subl\ G\ de Chev\ EL\ K\ D\, qui est, sous ce point de vue, le nec plus ultrà de la haute Maçonnerie.

Tuileur Delaunay

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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Publié le 19 Janvier 2019 par J.G

 

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