Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Rituel d'Installation du Vénérable Maître

Publié le 22 Février 2018

Cérémonie d'Installation du Maître Élu 
Conseil de Maîtres Installés
 
  
Après l'ouverture des travaux, en suivant l'ordre du jour, le VM et la Loge reçoivent l’Officier (National ou Provincial) représentant le Grand Maître pour la cérémonie d'installation du Maître Élu. 
Lorsque cet Officier est conduit à l’Orient par le Directeur des Cérémonies, il est d'usage que le VM lui offre le maillet. Pour cette cérémonie particuliere, il lefait en ces termes : 
V.M. : (TR, R ou TV) Frère, en votre qualité de représentant du Grand Maître, la Loge est honorée de votre présence et se place sous votre bienveillante autorité. 
Je remets entre vos mains la Charte de constitution de notre Loge, qui a été octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française en … (date de la création, du transfert ou du réveil de la Loge). 
Le G.O. prend la charte et la repose sur le plateau du VM. 
L’Officier Provincial remercie le VM : 
Grand Officier : Je vous remercie Vénérable Maître. Je suis parmi vous, ce soir, pour entendre les rapports d'activité de votre Loge et m'assurer que la transmission de la Charte de cette Respectable Loge à votre successeur se fait conformement aux règles, us et coutumes de l’Ordre. 
Le Grand Officier refuse le maillet et prend place selon son rang, se réservant d'intervenir au moment de la remise solennelle de la charte. 
Si le VM ne procède pas lui-même à l’installation de son successeur, il transmet son sautoir et le maillet à celui qui en sera chargé. 
  
  
Cérémonie Secrète dite 
« Ésotérisme du conseil de maîtres installés »
 
  
Après avoir fait sortir lex Maîtres Maçons sans saluer, et lorsque le Couvreur Installateur a refermé la porte du Temple, le Directeur des Cérémonies Installateur dispose un coussin ou un prie-dieu au centre de la Loge puis va chercher le Maître Élu qu'il conduit devant le prie-Dieu et lui demande de s'agenouiller. Le Directeur des Cérémonies dispose ensuite (si ce n 'est déjà fait) les trois Grandes Lumières selon la manière appropriée, puis se place en tête de la colonne du midi où il aura préalablement disposé le tablier de Vénérable. 
Il veillera de même au sautoir de PMI. Le DC aura également disposé l'Équerre et le Compas sur le VLS. 
Maître Inst. : À moi mes Frères, au signe de Maître installé. 
Je déclare cette Assemblée dûment constituée en un Conseil de Maîtres Installés. 
Debout, Vénérables Frères. *. 
S. Inst. : *. 
2d. S. Inst. : *. 
Maître Inst. : Mes Frères, tournons-nous vers l’Orient. 
Tons les Frères se tournent vers l’Orient et prennent l’attitude de la prière, au signe de Foi. 
Le D.C. s'assure que tous les Maîtres Installés ainsi que le Maître Élu sont au signe de Foi. (Main droite sur le coeur, doigts joints et pouce caché.) 
Maître Inst.; Prions, mes Frères. 
Daigne, Père Tout-Puissant, Maître Suprême de l’Univers, étendre Ta protection sur ce rite solennel et accorder au digne et respectable Frère qui est sur le point d'être admis au nombre des chefs de l’Ordre, la Sagesse pour comprendre, le jugement pour apprécier et l’habileté pour faire observer Ta Sainte Loi. 
Sanctifie-le de Ta Grâce, fortifie-le de Ta Puissance et enrichis son esprit de la vraie science afin qu'il soit capable d'éclairer l’esprit de ses Frères et de consacrer notre Temple à l’honneur et à la gloire de Ton Saint Nom. 
Ainsi soit-il. 
Tous quittent le signe de Foi et se tournent vers l'Occident. Le Directeur des Cérémonies fait lever le Maître Élu et enlève le prie-dieu ou le coussin. 
Maître Inst. au Maître Élu : Vous avez déjà pris une obligation relative à vos devoirs comme Maître de cette Loge. 
Veuillez maintenant vous avancer et prendre une seconde obligation en ce qui concerne les secrets particuliers à la Chaire de Maître. Le Maître Élu s'avance vers la chaire. 
Agenouillez-vous sur les deux genoux. Le Maître Élu s'exécute. 
Dégantez-vous et posez vos deux mains sur le Volume de la Loi sacrée. Le Maître Élu s'exécute. 
Maître Inst. : Vénérables Frères, veuillez vous mettre au Signe de Fidélité Main droite sur le coeur, doigts joints, pouce à l’équerre. *. 
1er S. Inst. : *. 
2ième S. Inst. : *. 
Maître Inst. : Dites : « Moi », puis déclinez vos prénom et nom : Le Maître Elu dit « Moi » et decline ses prenom et nom. et répétez après moi : En présence du Très Haut et devant ce Conseil de Maîtres Installés, dûment constitué et régulièrement assemblé, de mon plein gré et consentement, par ceci Le Maître Inst. touche les mains du Maître élu de sa main gauche et sur ceci, Le Maître Inst. touche le Volume de la Loi Sacrée de sa main gauche très solennellement, je promets et jure que toujours je cacherai et jamais ne divulguerai aucun des secrets ou mystères particuliers à la chaire de Maître, à personne au monde, sauf à un Maître Installé ou à un candidat dûment élu à cette charge et cela seulement avec le concours d'au moins deux Maîtres Installés, régulièrement assemblés à cet effet. 
Tous ces articles, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, sous peine, si j'en viole un seul, d'a. la m. d. t. au p. et f. sur l’é. g. afin qu'elle s'y f. et s'y d. 
Que le Très Haut me vienne en aide et m'empêche de jamais violer l’Obligation Solennelle que je viens de contracter comme Maître Installé. 
Tous les Frères cessent le signe de Fidélité. 
Maître Inst. : Comme gage de votre fidelité et pour que vos paroles deviennent une Obligation Solennelle, scellez-les trois fois de vos lèvres sur le Volume de la Loi Sacrée. Le Maître Élu exécute. 
Maître Inst. : Permettez-moi de diriger encore une fois votre attention sur les trois Grandes Lumières, bien que Lumières symboliques, de la Franc-Maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas. 
Le Maître Installateur les montre pendant qu'il les énumère. 
Le Volume de la Loi Sacrée, cette Grande Lumière de la Maçonnerie, vous guidera vers toute vérité, dirigera vos pas dans les sentiers du bonheur et vous indiquera tous les devoirs de l’Homme. 
L’Équerre vous enseignera régler votre vie et vos actions selon la ligne et la règle maçonniques. 
Le Compas vous rappellera de limiter vos désirs à tous les stades de la vie, afin que, vous élevant par le mérite a un rang éminent, vous soyez entouré de respect durant votre vie et regretté après votre mort. 
Le Maître Installateur quitte sa chaire par sa gauche et vient se placer à côté du Maître Élu. De sa main droite, il enserre, entre le pouce et l'index, le poignet droit du Maître Élu puis il vient placer sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu. Enfin en pivotant légèrement sur lui-même vers la gauche et en relevant légèrement la main droite etpoussant de la gauche le Maître Élu, il relève celui-ci en disant : 
Relevez-vous G…. M ! 
Ce mouvement se poursuit jusqu'à ce que le Maître Installateur se trouve face au midi et le Maître Élu face à lui (donc face au nord). Puis le Maître Inst. se désengage et recule de deux pas. 
Maître Inst. : La tradition rapporte que, lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé, le roi Salomon accompagné d'une suite nombreuse vint le visiter. 
En entrant dans l’édifice, il aperçut Adoniram à quelque distance et il lui fit signe ainsi : 
Le Maître Inst. élève son bras droit à l’horizontale en direction de l’Ouest, le regard tourné vers l’Occident, le pouce de la main droite replié sur l’annulaire et l’auriculaire tandis qu'il garde l’index et le majeur joints et tendus. Puis, par un mouvement de l’avant bras, il ramène par trois fois sa main à hauteur de l’épaule droite. Le D. C. aide alors le Maître Élu à imiter ce mouvement. Quand cela est fait : 
Maître Inst. : Adoniram, en approchant de son royal maître, allait s'agenouiller, mais le roi l’en empêcha en le prenant ainsi : 
Le Maître Inst. fait signe au Maître Élu de s'agenouiller et l’en empêche en lui prenant le poignet droit entre pouce et index et en plaçant sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu en disant : 
Levez-vous G… M ! 
La signification de ce mot est « Excellent Maçon ». 
Puis le Maître Inst. se désengage et fait deux pas en arrière. 
Maître Inst. : Lorsque le roi et sa suite furent sur le point de partir, Adoniram les salua ainsi ... 
Le Maître Inst. recule son pied droit d'un pas, pointe tournée vers l’Occident, et dans le même temps, il place sa main droite, les doigts dans la position du signe, à hauteur de son épaule gauche et en s'inclinant légèrement en avant, il fait décrire à sa main droite un arc de cercle pour la ramener à sa droite. 
... comme marque d'humilité. 
Ensuite il fait signe au Maître Élu de l’imiter. 
Maître Inst. : De là, viennent l’attouchement et le mot d'un Maître Installé, le signe et le salut d'un Maître ès-Arts et ès-Sciences. 
Le Directeur des Cérémonies présente au Maître Inst. le tablier de Vénérable Maître. Le Maître Inst. ôte le tablier de MM du Maître Élu, le donne au Directeur des Cérémonies, et ceint le Maître Élu du tablier de Vénérable. Puis, ôtant le sautoir de Vénérable Maître qu'il porte, le Maître Installateur en revêt le Maître Élu en disant : Je vous revêts maintenant de l’insigne et du joyau de votre charge qui est le plus grand honneur que la Loge ait en son pouvoir de conférer à l’un de ses membres. 
Il prend dans sa main droite l’équerre du sautoir et dit : 
L’Équerre étant l’instrument qui aide à façonner la pierre brute et à vérifier la justesse de la pierre cubique est employée fort à propos par les Maîtres Maçons pour enseigner les principes les plus purs de la piété et de la Vertu. 
Il tache l’équerre. 
Dans le sens maçonnique, elle doit être le guide de toutes vos actions. 
Alors, le Maître Inst. saisit de sa main droite le poignet droit du Maître Élu, entre le pouce et l’index, puis il pose sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu et lui indique qu'il doit faire de même avec sa main gauche. Le Maître Inst. souffle au Maître Élu de partir du pied gauche et lui-même, reculant en partant du pied droit, entraîne le Maître Elu vers le nord. À reculons, le VM Inst. entraîne le Maître Élu jusqu'au fauteuil de VM. en disant : 
Avec l’attouchement marquer l’attouchement et le mot « G . . . . M » d'un Maître Installé, je vous place à ce moment-là, le Maître Élu étant entre la table et le fauteuil et le VM Inst. s'étant placé entre la table et lui, il l’assoit en le poussant fermement dans le fauteuil dans la chaire du roi Salomon et je suis persuadé que votre conduite future justifiera le choix de vos Frères. 
À la fin de cette circumambulation, le Maître Inst. est à la gauche du Maître nouvellement installé qui est assis. 
Le Maître Inst. va se placer devant la chaire et salue le nouveau Vénérable Maître en Maître Installé (Pied droit en arrière, main droite à l’épaule gauche, index et majeur tendus et joints) puts il décrit un arc de cercle de la main droite en s'inclinant légèrement. 
II prend le maillet sur la Chaire avec la main gauche et, revenant à la gauche du nouveau Vénérable Maître, il lui tend le maillet par-dessus son avant-bras droit en disant : 
Je place, entre vos mains, ce maillet, emblème du pouvoir, qui vous servira à maintenir l’ordre dans la Loge, particulièrement à l’Orient. 
Dans les rites « Modernes » (RER et Français) ainsi qu'au REAA, c'est aussi le moment de remettre l’épée au nouveau Vénérable Maître. Le Maître Installateur prend de la main droite la lame de l'épée sur la Bible et tend la garde par-dessus son bras gauche au Vénérable Maître Installé en disant : 
Je vous remets votre épée, symbole du Verbe et de la Lumière, qui vous sera nécessaire pour éclairer vos Frères dans les travaux de votre Loge. 
Le Maître Installé repose l’épée sur le VLS, lame pointée au nord. 
Maître Inst. : Prêtez attention, Maître assermenté, aux passages des Saintes Écritures que je vais vous énoncer ; ils fondent et déterminent les signes qui vous feront reconnaître dans toutes les Loges de la Grande Loge Nationale Française comme M.I. 
Psaume 137 v. 1 a 6. 
« Sur les bords des fleuves de Babylone, 
Nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. 
Aux saules de la contrée 
Nous avions suspendu nos harpes. 
Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants 
Et nos oppresseurs de la joie. 
Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion ! 
Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel 
Sur une terre étrangère ? 
Si je t'oublie ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! 
Le Maître Inst., avec la main gauche doigts tendus et joints, donne un coup verticalement sur son poignet droit, puis comme s 'il prenait sa main droite avec sa main gauche, il porte sa main droite sur l’épaule gauche. 
Que ma langue s'attache à mon palais 
Le Maître Inst. place sa main droite, poing fermé, pouce levé, sous sa máchoire inférieure. Le maître nouvellement installé l’imite. 
Si je ne me souviens de toi, 
Si je ne fais de Jérusalem 
Le principal sujet de ma joie. » 
Amos, chapitre VII, v. 7 et 8. 
« Le Seigneur se tenait debout près d'un mur aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb. 
l’Éternel me dit : « Que vois-tu Amos ? 
Je dis : « Un fil à plomb. » 
Le Seigneur dit : « Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël. 
Le Maître Inst. tend son bras droit horizontalement devant lui comme s'il tenait de sa main droite, entre le pouce et l’index, la cordelette d'un fil à plomb. Le Vénérable Maître Installé l’imite. 
Désormais, je ne lui pardonnerai plus sa faute. » 
Le Maître Installateur poursuit : 
Maître Inst. : Vénérable Maître, veuillez maintenant investir votre « Passé Maître Immédiat ». Appellation à adapter selon le Rite pratiqué dans la Loge ; "Ancien Vénérable Maître" au REAA, "Ex Maître" au RER et "Précédent Vénérable " au Rite Français. 
V.M. se lève, en tenant le sautoir de PMI, et s'adressant au PMI placé à sa gauche : Vénérable Frère, c'est avec plaisir que je vous revêts des insignes de « Passé Maître Immédiat » à adapter selon le Rite de la Loge. Il lui passe le sautoir de PMI. Jugeant de la façon dont vous avez rempli votre charge, je suis certain que si, à quelque moment, j'avais besoin d'aide, je pourrais compter sur votre coopération. 
Maître Inst. : Mes Frères, nous allons saluer notre Vénérable F. nouvellement installé par cinq, en Maîtres Installés, en vous réglant sur moi. 
Le Maître Inst. invite les VF. à former un arc de cercle devant la chaire du VM pour le saluer par cinq par le Grand Signs ou Signe royal. Ce Signe se fait en élevant latéralement les bras tendus au-dessus de la tête jusqu'à ce que les doigts des deux mains se touchent, puts dans le mouvement inverse, ramener les bras le long du corps. Ce salut se donne sans claquement de mains sur les cuisses. 
Le Maître Inst. demande alors au VM de donner un coup de maillet. 
VM : *. 
Maître Inst. : Je déclare ce Conseil de Maîtres Installés clos. 
VM : *. 
1er S. Inst. : *. 
2nd. S. Inst. : *. 
Le Maître Installateur peut alors demander au nouveau Vénérable Maître d'interrompre momentanément les travaux, au coup de maillet, afin de recevoir les felicitations de ses pairs. 
Lorsqu 'il aura reçu les compliments de chacun, le Vénérable Maître reprendra les travaux au grade correspondant à la sortie des Maîtres de la Loge.

Source : http://www.stichtingargus.nl  2010

commentaires
Publicité

Profès et Grands Profès

Publié le 21 Février 2018

....Enfin, voici le texte de la lettre d'envoi aux Grands Profès de Genève. Moulinié, Peschier et Aubanel, reçus antérieurement par communication et constitués le même jour en Collège métropolitain, des documents qui les habilitaient, ( communication fraternelle de Maharba, à qui grand merci ). Document historique, document doctrinal d'un véritable ésotérisme.
Très chers Frères les Chevaliers et Grands Profès de Genève !
Nous cédons à vos voeux et à notre conviction en vous envoyant la légalisation et autorisation nécessaires à la régularité et à l'extension de vos travaux.
Une seule signature accompagne ici celle du Visiteur général, mais c'est celle du neveu chéri de feu ab Eremo, de celui qui a été l'objet de toute sa tendresse, de ses sollicitations les plus secrètes, ainsi que l'écrivain de la présente en a été l'intime confident. Il le rappelle ici pour votre douce satisfaction et pour que ce nom vénéré ne reparaisse au milieu de vous que couronné par le respect de la reconnaissance qui doivent toujours l'accompagner.
Mon frère aîné est absent, le plus jeune, digne aussi de tous nos suffrages, n'a pu participer aux derniers travaux d'une manière régulière... Tout le reste a disparu.
Du sein de cette sollicitude que tant de souvenirs animent, nos coeurs ont entendu votre voeu, ils l'ont accueilli en se pénétrant de la justice, de la convenance, de l'utilité, de l'autorisation demandée, ils se sont émus de joie et de reconnaissance: Oui ! TT $ CC $ FF $ .
ils vous remercient avec attendrissement et gratitude d'avoir sollicité de nous cet acte de justice~ de devoir et ils supplient le Dieu de toute miséricorde de vous le rendre profitable et d'écarter tout ce qui pourrait en résulter de nuisible en particulier comme en général.
Point d'empressement humain, chers amis et bien-aimés Frères ! Le zèle de l'homme est loin d'être celui de la maison de Dieu ! Soyez pleins de patience, de longanimité, et surtout, Aimez-vous les uns les autres ; adorateurs et enfants de l'unité, honorez-la et soyez un comme votre rédempteur, votre Créateur ( et leur amour qui sans cesse engendre, conserve, régénère ) sont un. Au nom de cette unité, qui triomphera de toutes les divisions du temps, aimez-vous, supportez-vous, secourez-vous les uns et les autres ! Voilà le vrai sens de toutes nos instructions ! En voilà tout l'esprit ! Puissions-nous le sentir, le comprendre et l'expérimenter ! Nous vous serrons dans nos bras et vous demandons la bonne part dans vos souvenirs fraternels, comme nous vous assurons que vous avez dans les nôtres celle que mesure notre devoir et notre sincère affection.
A tous et à chacun de vous nous offrons le vrai salut et baiser fraternels.
Vos affectionnés Frères.
[ Signé: ] Antoine Willermoz Joseph Antoine Pont in ordine a Ponte alto .
Lyon 29 mai 1830

IV. - Confidence du passé, exhortation pour l'avenir.

"Article premier. La Grande Profession de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte est l'acte par lequel les Chevaliers et les Frères des classes inférieures du même Ordre qui en seront trouvés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. " Cette définition est descriptive, d'après les statuts dont elle constitue l'article premier. ( Mais rien, dans la doctrine, n'interdirait qu'un Grand Profès, de même qu'un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, fût un profane, c'est-à-dire un non-Maçon ).
La Grande Profession conserve en son entier le dépôt de la doctrine de la réintégration, voilà qui la définit philosophiquement.
L'une et l'autre définitions se concilient, voire s'articulent, se complètent, pourvu que soient reconnus la vraie origine et le but véritable de la Franc-Maçonnerie, auxquels s'ordonnent et qu'enseignent peu à peu les grades successifs du Rite Ecossais Rectifié et que les Grands Profes cultivent, sous les espèces réelles de la réintégration.
L'essentiel du passé et du futur, Willermoz le déclare dans une lettre à Salzmann, du 3-12 mai 1812 ( inédite, fonds L.A.). Son propos demeure pour tous ceux qu'il peut concerner.
Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe qui furent alors produites, ne serait jamais connu:

I ) Parce qu'elles ne furent livrees qu'à cette condition.

2 ) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3 ) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose. Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation, quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une rédaction plus correcte en langue fraçaise qui avait reçu leur approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai constarnment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [ sc. Joseph-Antoine Pont ], et il en était persuadé lorsqu'il alla à Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas la première et qu'elle avait été commise vers d'autes et peut-être aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [ sc. FR.- R. Salzmann ], lui disje, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris. Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je dois le savoir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait faite. Mais pouvaisje, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que, si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]
Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé au-devant de vos observations sur nos instructions des G.P. et que j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beaucoup de ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes, ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître Ecossais de Saint-André ].
Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus étendues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et il fallut trop abreger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail. Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir à les rendre plus utiles.
Relisez en critique toutes ces instructions; notez, dans quelle partie que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]
En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes, on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la vraie foi n'y gagne rien. L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont hé parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

source : www.hermanubis.com

 

 

commentaires

Instructions secrètes des Grands Profès

Publié le 21 Février 2018

Instruction secrète des Grands Profès

Mon Très Respectable et cher Frère !Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même qui l'a assujetti au travail de l'initiation, en se refusant à ses recherches.

Droits primitifs de l'homme

II suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; à cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent et à peine a-t-il une idée superficielle des objets qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible et assidue qu'il apprend à les connaître. Arrivé à l'âge où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort son intelligence de tout ce qui lui est étranger. Cette première initiation fondée sur la dégradation de l'homme et exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science, dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses et qu'ils s'assurèrent de leur constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence que des hiéroglyphes ou des emblèmes difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de toute initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal est ce qu'il doit être ; et dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité . Il est vrai que, parmi les philosophes, il s'en trouve un grand nombre qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet, si on ne voit en lui que des facultés sensibles, il faut bien convenir que sa véritable place est parmi les Etres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux, aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique les philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'étendue de ses facultés intellectuelles. Ce contraste étonnant leur aurait prouvé la grandeur de son origine et sa dégradation, car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante est tellement resserrée et contenue qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses efforts, il est si intimement convaincu de sa supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre à son action, tous les êtres qui l'environnent II est aussi doué d'une intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible; cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres individus de l'univers sont des mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les vérités de la nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Etres spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires. Il a des facultés infinies mais il se voit privé des moyens d'en faire usage étant éloigné de tous les Etres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester. En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un être que l'infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses, qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle, et que des facultés supérieures divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Etres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Etres. Voilà mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité; cette doctrine ayant toujours été la base des initiations, les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route qui peut conduire l'homme à son état primitif et le rétablir dans les droits qu'il a perdus. Voilà mon Cher Frère le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d'en faire usage et qui égare ceux qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles. C'est d'après ces Principes que les initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait aux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages employèrent, figuraient aux apparences sensibles et matérielles de la nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'Univers et des Etres individuels qu'il renferme. Dans l'état actuel de l'homme privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c'est d'oublier ou de nier cette lumière. Aussi l'objet principal des sages instituteurs de l'initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux Peuples, mais de les porter par leur exemple et par leur doctrine, à croire en Elle avec confiance et à lui rendre un sincère hommage, quoiqu'elle fut cachée à leurs yeux. Dans cette vue, ils élevèrent chez les Athéniens un Temple au Dieu inconnu, afin d'éloigner les Peuples de la doctrine impie des Philosophes qui osaient nier hautement l'existence de tout agent créateur ou moteur de la nature générale et particulière. Cependant ces hommes, vains de leurs systèmes, avaient dans leur propre puissance d'action intérieure, un témoignage invincible de la possibilité, ou pour mieux dire de l'existence effective des agents individuels. Mais ils résistaient à ce sentiment intime et attribuaient toutes les forces et puissances de la nature à une certaine organisation fortuite, qu'ils croyaient suffisantes pour ordonner l'Univers et produire tous les individus actifs ou organisés : Ainsi ces philosophes n'admettaient rien au-delà de ce qu'ils pouvaient connaître par leurs sensations superficielles, quoiqu'ils ne puissent douter que les sens sont incapables de donner le moindre indice, non seulement de la nature, mais même de la vraie forme d'aucun individu matériel. Quelque invraisemblable que fut leur doctrine, elle avait fait des progrès d'autant plus rapides parmi les Nations, qu'elle n'exigeait aucun effort de ses sectateurs. En réduisant toute existence possible aux seuls êtres matériels, plus ou moins organisés, elle livrait absolument l'homme à ses jouissances et à ses perceptions sensibles. Le Principe universel agent créateur de tout ce qui existe dans l'Univers hors de l'univers, était généralement regardé comme un être chimérique et l'on ne croyait plus aux agents puissants et actifs qu'il a placés dans la nature pour veiller sur tout être en privation Divine, ainsi que pour gouverner ou produire les formes générales et particulières des individus matériels. C'est par cette voie ténébreuse des sens, que les hommes abjurant les moyens de se rétablir dans leurs premiers droits, auraient insensiblement perdu tous leurs rapports religieux et naturels, si les Sages fidèles à la doctrine des premiers temps ne l'eussent préservé d'un oubli général en la conservant par des initiations. Mais respectant le voile, dont la vérité même s'enveloppe, ils ne la présentèrent que sous des emblèmes et des hiéroglyphes pour ne pas l'exposer au dédain ou à la profanation des hommes ignorants et pervers. C'est ainsi que dans un temple célèbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu'au Sanctuaire, étaient remplies d'initiés de divers rangs et fonctions, on présentait à l'homme de désir, un Tableau parfait de l'Univers et des agents préposés à le diriger.

Les nombres, mon Cher Frère ne sont que l'expression ou le signe représentatif de la nature et de l'action des êtres spirituels ou temporels. Revenons aux rapports qui ont été figurés par le Temple de Salomon. Il eut la forme d'un carré long pour figurer les quatre régions de l'univers. Les proportions du corps de l'homme présentent la même figure. Le Temple eut quatre parties latérales lesquelles, quoique séparées, en formèrent l'enceinte ou le parvis intérieur et furent nécessaires pour que le grand Prêtre pût rendre son sacerdoce réversible sur toute la Nation élue. De même le corps de l'homme a quatre membres ou adhérences, qui sont réunies au tronc et servent à manifester son action sur les Etres qui l'environnent. Cependant, ils peuvent les uns et les autres être séparés sans que l'homme animal périsse, car le foyer de la vie sensible réside essentiellement dans le tronc, comme les fonctions des Lévites et des Sacrificateurs s'opéraient dans l'intérieur du Temple. Le Temple universel est divisé en trois parties qui furent toujours distinguées par les Sages sous le nom de terrestre, céleste et surcéleste. De même celui de Salomon était divisé en trois parties distinctes par leur position et leur forme et par leur destination particulière, savoir le Porche, le Temple intérieur, le Sanctuaire. De même aussi le corps de l'homme est divisé en trois parties bien distinctes, qui sont le ventre, la poitrine et la tête. Les trois parties du temple étaient attenantes et ne formaient qu'un seul tout indivisible. De même les trois parties que nous connaissons dans le Corps de l'homme sont tellement liées qu'elles ne peuvent être séparées sans opérer la mort corporelle ou la destruction de son Temple particulier. Les limites de l'univers créé le séparent à jamais d'une immensité incréée et sans bornes, que les Sages ont appelée immensité divine. Elle est voilée aux yeux de la nature sensible et ne peut être conçue que par l'intelligence. De même au centre du Sanctuaire était le Saint des Saints ou l'Oracle, qui était voilé aux yeux du Peuple et des Prêtres eux-mêmes. Le grand Prêtre seul y pouvait entrer une fois l'an, pour adorer la Majesté suprême au nom de la nation entière ; et s'il était Assez imprudent pour s'y présenter sans être préparé par toutes les purifications légales spirituelles et corporelles, il courrait risque de la mort. Le bruit des sonnettes, qui étaient au bas de ses vêtements venant à cesser, annonçait aux Prêtres le danger où il se trouvait. Les longs cordons, dont il était ceint, conservés encore aujourd'hui dans quelques ornements sacerdotaux et dont les extrémités restaient hors du Sanctuaire, à la disposition des Prêtres, leur servaient pour l'en retirer, dans quelque état qu'il fut ; car en aucun cas il ne leur était permis d'y entrer. De même aussi l'intelligence de l'homme, image et émanation divine, réside dans la tête comme dans le sanctuaire de son Temple particulier, où est l'oracle qui doit diriger son action. Mais les opérations de cette intelligence sont si voilées à l'homme matériel et animal, qu'il n'en a et ne peut en avoir connaissance que par ses effets. C'est ce voile funeste de la matière, qui nous jette dans l'oubli de nos facultés spirituelles, au point de regarder leur puissance et leur existence même comme chimériques, ainsi qu'il est arrivé à ceux qui n'ont exercé leur activité que sur les facultés sensibles.

L'homme bien purifié est le seul grand prêtre qui puisse entrer dans le sanctuaire de l'intelligence, comprendre sa nature, se fortifier par elle et rendre dans son propre Temple un hommage pur à celui dont elle est l'image. S'il néglige de se purifier avant de se placer devant cet autel, les ténèbres épaisses de la matière viennent l'aveugler et il trouve la mort, où il venait puiser la vie. Nous passerions les bornes de cette instruction si nous entreprenions de vous parler des agents qui opèrent dans les trois parties de l'univers créé et des fonctions qu'ils sont chargés d'y remplir. Pour peu qu'on veuille réfléchir sur les fonctions des diverses classes de personnes auxquelles les trois parties du Temple de Jérusalem étaient attribuées et sur les actes particuliers qui s'opérèrent dans les trois divisions de la forme corporelle de l'homme, on pourra concevoir des rapports très intéressants entre le corps humain, le Temple de Salomon et le temple universel. Dans le Porche du Temple de Jérusalem qui figure à la partie terrestre comme le parvis intérieur figurait la terre elle-même, était placée la mer d'airain pour les préparations corporelles matérielles. De même, c'est dans le Ventre, partie inférieure du corps de l'homme que se font les fonctions matérielles de végétation et de reproduction et la séparation des parties les plus impures. La partie intérieure du Temple répond à la division de l'univers appelée céleste. C'est là qu'était l'autel des parfums, les douze pains de proposition qui étaient tous les jours renouvelés en offrande à l'Eternel et le Chandelier circulaire à sept branches dont le feu sacré était sans cesse entretenu par les Lévites et servait à allumer le feu destiné à consumer les holocaustes. De même aussi dans la poitrine, qui est la partie moyenne du corps de l'homme est placé son cœur, qui est tout à la fois le centre de sa forme corporelle et le foyer de sa vie animale. Le cœur siège de toutes ses affections est l'autel sur lequel il doit offrir des parfums journaliers à la Divinité et entretenir avec soin le feu sacré destiné à consumer les holocaustes, sous peine d'être livré à tous les maux, dont était menacé le peuple Hébreu, dans le cas où les Lévites laisseraient éteindre le feu commis à leur garde. Ces maux étaient grands, mon Cher Frère, mais ils étaient bien inférieurs à ceux dont furent frappés les impies qui osèrent offrir dans le Temple, ou devant l'Arche, un feu étranger. L'autel des holocaustes offerts pour la nation entière était placé dans le Parvis intérieur. Ce parvis figure la terre qui est à la fois le réceptacle de toutes les actions temporelles et l'autel spécial sur lequel l'homme, victime passagère, doit s'immoler volontairement à l'imitation de la victime éternelle universelle. Le Sanctuaire du Temple de Jérusalem figure la division de l'univers, que les Sages ont nommé Surcéleste. C'est dans ce lieu sacré qu'était l'Oracle, dont les jugements dirigeaient les Prêtres et la Nation. C'est ainsi que dans la tête de l'homme réside son intelligence comme dans son Sanctuaire pour dominer et diriger suivant sa loi particulière toutes les facultés inférieures. C'est ici le moment, mon Cher Frère de vous rappeler ce qui vous a été dit sur les diverses natures qui composent l'homme actuel.

Vous en reconnaîtrez encore une démonstration sensible dans la Division ternaire, qui vient de vous être présentée. Vous reconnaîtrez que la tête figure la nature Intelligente, que le ventre figure la nature corporelle matérielle et que ces deux parties sont unies et liées par la poitrine, qui figure la puissance animale et qui en est le foyer. C'est dans la tête qu'il sent opérer les actes de son intelligence, tandis que la partie inférieure de son corps n'a pour objets que des actes purement matériels. Cette division ternaire universelle, générale et particulière, a été mystérieusement figurée avant la construction du Temple de Jérusalem par Moïse sur le Sinaï; montagne mystérieuse, qui forme aussi un type de la plus grande attention. Lorsque Moïse se rendit sur le mont Sinaï, pour y adorer le Seigneur et y recevoir la loi destinée à la nation élue, il laissa le peuple dans le camp au bas de la montagne et lui traça des limites qu'il ne devait point passer sous peine de mort. Ce camp dans le désert figure le triste séjour de l'homme sur cette terre et lui indique qu'il ne peut sans crime accélérer volontairement le cours de sa vie temporelle. « Les limites étant posées, le conducteur des Hébreux monta sur la montagne avec Aaron et les soixante dix chefs des Tribus, qu'il laissa à une certaine hauteur au- dessus du camp pour marquer la première division universelle. Il monta ensuite plus haut, avec Josué qu'il laissa sur cette partie de la montagne, pour désigner la seconde Division de l'univers. Enfin il monta seul dans un lieu plus élevé comme le Grand Prêtre dans le Sanctuaire et ce lieu figura à la partie appelée Surcéleste. Après y avoir adoré l'Eternel, il fut par une faveur spéciale et sans exemple, appelé sur le sommet, c'est-à-dire dans le Saint des Saints même, où il reçut la loi pour le peuple et la confirmation de sa mission par un Député divin d'un Ordre supérieur. Si les Ecritures traditionnelles paraissent faire entendre que Moïse y ait vu Dieu face à face, elles ont en même temps limité le sens de ces paroles, en ajoutant qu'il ne le vit que par derrière. En effet quel lieu sur la terre serait assez pur pour recevoir l'action immédiate du Créateur ; quel être de matière, général ou particulier, pourrait subsister en sa présence . Sa pureté éternelle et ineffable n'habite point cet univers ; son centre est dans l'homme incréé où tous les agents spirituels ont reçu la vie et la puissance qui les constitue. C'est par eux qu'il a vivifié l'univers et qu'il lui conserve l'existence. C'est par eux qu'il répand sur l'homme les effets de sa grandeur et de sa clémence et qu'il les envoie manifester son action et ses volontés sous les formes de gloire dont ils sont revêtus ; ainsi qu'il nous a été spécialement enseigné par la vision de Jacob, lorsqu'il aperçut des Puissances célestes qui parcouraient l'intervalle qui sépare le ciel d'avec la terre. Si la montagne de Sinaï est devenue si mémorable par les faits merveilleux qui s'y opérèrent en faveur d'un homme en présence du peuple entier qui en était l'objet, celle sur laquelle fut bâti le Temple de Jérusalem ne mérite pas moins votre attention. Car si ce Temple fut une figure de l'univers, la base sur laquelle il fut élevé ne dut point être choisie indifféremment. Ce fut en effet sur cette montagne qu'Abraham et Isaac opérèrent ensemble un sacrifice de volonté, qui leur fut imputé comme acte parfait. Ce fut dans ce même lieu que Jacob fut témoin de cette étonnante manifestation qui lui fit connaître ses erreurs dans la voie de la science et renoncer à des égarements sur lesquels les Traditions ont évité de s'expliquer. Ce fut là que la Cité Sainte, la ville du Seigneur, fut bâtie ; cette Jérusalem image sensible du centre céleste autour duquel doivent habiter les êtres purs spirituels. Ce fut là que David vit l'ange exterminateur remettre le glaive dans le fourreau et lui assurer le pardon de son crime. Ce fut là que Salomon éleva son Temple à l'Eternel au commencement du quatrième millénaire de l'ère maçonnique; ce fut sur cette montagne enfin qu'environ mille ans après la fondation du Temple, les sacrifices sanglants des animaux furent remplacés par le Sacrifice volontaire du Réparateur universel, médiateur entre Dieu et l'homme. Voilà, mon Cher Frère les opérations sublimes et universelles qui furent manifestées dans le lieu où a été le Temple de Salomon. Vous avez vivement désiré le grade que vous venez de recevoir, qui est le dernier de ceux auxquels vous aviez quelques droits de prétendre depuis votre admission dans l'Ordre maçonnique, puisque son existence vous avait été annoncée depuis longtemps, en vous invitant à travailler sans relâche à vous en rendre digne. L'objet de cette instruction est de vous en faire sentir toute l'importance. D'après ce que vous avez vu dans les trois grades précédents, vous vous attendiez sans doute, dans celui ci, à quelques nouvelles scènes, propres à réveiller votre attention et à faire naître en vous de nouvelles réflexions. Mais quelque grande que soit votre pénétration, vous n'aviez pas pu présumer ni le nombre ni la diversité des objets qui viennent de vous être présentés. Ils méritent tous de votre part de profondes méditations. Les trois premiers grades vous ont présenté, sous le voile des symboles, des emblèmes, des allégories, un tableau raccourci du passé, du présent et de l'avenir. A l'aide des avis, des conseils et des maximes que vous avez reçus, vous avez pu apercevoir, sans de grands efforts, que l'homme moral et intellec­tuel en est le principal ou, pour mieux dire, l'unique objet. Assujetti pour un temps, par l'effet nécessaire de sa dégradation originelle, à l'enveloppe matérielle dont il sent tout le poids, exposé au choc des éléments qui actionnent violemment sur sa nature physique et à toutes les influences qui provoquent sans cesse ses passions et font éclore en lui tant de vices, il a besoin qu'on lui rappelle quels dangers, quels secours l'envi­ronnent, quelles sont les causes des souffrances auxquelles il est journellement en proie, et quelles espérances lui donne la noblesse de son origine. La Franc‑Maçonnerie bien méditée vous présente toutes ces utiles instructions. Elle vous rappelle sans cesse, et par toutes sortes de moyens, à votre propre nature essentielle. Elle cherche constamment à saisir les occasions de vous faire connaître l'origine de l'homme, sa destination primitive, sa chute, les maux qui en sont la suite, et les ressources que lui a ménagées la bonté divine pour en triompher. Jetons un coup d'œil rapide sur les principales circons­tances de vos grades précédents, et vous resterez convaincu des grandes vérités qu'ils vous ont retracées. Dans le premier grade d'Apprenti, après avoir subi l'épreuve des éléments matériels, figuratifs de ceux dans lesquels l'homme actuel est incorporisé, vous avez bientôt reconnu que vous étiez tombé sous le fléau de l'inexorable Justice. Mais on vous exhorta à réclamer la Clémence qui en tempère les rigueurs ; et, pour en assurer sur vous les effets salutaires, on vous fit sentir la nécessité d'en user vous même envers vos semblables. Dans cet état d'obscurité, d'ignorance et d'imperfection, on vous montra la pierre brute comme l'emblème le plus vrai de vous même. On vous fit sentir la nécessité de travailler sans relâche à la dégrossir, à la polir, et à recommencer souvent ce travail dur et difficile, si vous vouliez un jour en recueillir le prix. Et on ne vous dissimula pas que cette tâche vous est imposée pour toute la durée de votre vie. Dans le second grade, entaché des mêmes imperfections, vous vous montriez plein d'une folle présomption ; vous vous applau­dissiez des petits succès de vos premiers efforts, comme s'ils eussent été considérables. Pour vous désabuser, on vous présenta devant l'emblème important des Compagnons, pour y apprendre à vous connaître vraiment tel que vous êtes, en tout ce qui constitue essentiellement votre être moral et intellectuel. Vous comprîtes sans effort que ce miroir qui réfléchissait fidèle­ment vos traits naturels, n'était que la figure d'une étude bien plus importante et plus approfondie que vous aviez à faire sur vous même. Vous dûtes apprendre par là qu'il fallait fouiller au fond de votre cœur, sans complaisance et sans illusion, pour y découvrir vos défauts, peut être aussi des vices qui pour l'ordi­naire sont bien mieux connus des autres que de nous mêmes, et pour vérifier, par un sévère examen, les progrès que vous pouviez avoir faits jusque là dans votre travail sur la pierre brute, et ceux qui vous restaient encore à faire. On ne vous dissimula pas que, pour parvenir à cette connaissance si nécessaire de soi même, il fallait un grand désir, beaucoup de courage, et les efforts soutenus de l'intelligence. Mais, pour vous faciliter ce travail pénible, on vous recommanda de cultiver soigneusement la vertu de Tempérance, de cette tempérance universelle qui embrasse l'homme physique, l'homme moral et l'homme intellectuel, qui embrasse toutes ses pensées, toutes ses paroles, toutes ses actions, en un mot tout son être. Ce fut alors que l'Etoile Flamboyante se présenta à vos regards, pour vous diriger dans l'emploi des moyens que vous aviez à prendre, pour acquérir et perfectionner en vous cette vertu, et pour soutenir vos efforts, d'abord chancelants, pour apprendre à la pratiquer. Considérez, mon cher Frère, quel est l'avantage et la supériorité sur ses semblables de l'homme qui a su se rendre maître de ses pensées, de ses paroles et de ses actions ; vous concevrez alors le prix et l'importance de cette tempérance universelle qui vous a été si fort recommandée.           Le troisième grade, en vous présentant un cadavre, figuré sous vos yeux, vous a rappelé la fin de l'homme physique et de toutes les choses temporelles, comme le premier grade vous en avait annoncé le commencement et le second leur durée. Les nombres, consacrés à ce grade, répétés et multipliés sous différentes formes, ne changent jamais de valeur et n'en peuvent donner aucune autre. Ils vous démontrent l'inertie totale et la nullité absolue de la matière, lorsqu'elle est séparée du principe de vie qui la faisait exister. Ils vous apprennent en même temps à bien distinguer ce qui, par sa nature, est périssable dans l'homme et dans toutes choses d'avec ce qui est indestructible, et à ne jamais le confondre. Le monument funéraire qui avait frappé vos regards en entrant dans ce lieu de deuil et de douleur, vous avait déjà donné cette importante leçon et vous avait appris que l'homme, à la fin de son voyage dans la région terrestre, se dépouille de tout ce qui est étranger à sa vraie nature. Mais la flamme qui s'élevait au dessus de ce monument vous avait appris en même temps que sa nature essentielle est impérissable et lui survit, et qu'elle est destinée à remonter à sa source primitive, si elle l'a mérité. Ce grade est encore destiné à donner à ceux qui y sont appelés, une grande leçon d'un autre genre. Etendu dans le cercueil comme n'existant plus, mais y conservant cependant tous les principes de la vie, vous avez figuré l'homme vicieux et corrompu qui paraît entièrement mort à la vertu, qui, oubliant ce qu'il est, ce qu'il se doit à lui même et aux autres et tous ses rapports sociaux, se livre inconsidérément à tous ses penchants déréglés et aux passions les plus avilissantes, qui ne montre plus qu'un être entièrement perdu pour la société qui gémit de sa perte dans le deuil et dans la tristesse. Cependant il reste toujours capable de sortir de cet état funeste, tant qu'il n'a pas éteint au fond de son âme le germe de bien qui l'unit encore à son principe. Il peut toujours, soit par l'effet des bons conseils, des bons exemples qui l'environnent, soit par l'énergie de ses propres résolutions, sortir de cette profonde léthargie et renaître à la vertu. C'est alors que le secours puissant du Maître vient seconder ses premiers efforts. Rappelez vous ici ceux que le Vénérable Maître, qui figurait cette puissance protectrice, a faits pour vous tirer de cet état funeste, et avec quel tendre empressement il vous a arraché du tombeau et rendu à la vie. Alors vous avez retrouvé vos Frères, la joie a succédé au deuil, à la tristesse, et la lumière aux ténèbres. Le nombre de matière morte qui vous caractérisait s'est dissipé et, en acquérant un nouvel âge, vous avez acquis le nombre de la vie. La prudence, cette vertu favorite du Maître, aussi néces­saire à l'homme qui veut rentrer dans la bonne route dont il a eu le malheur de s'écarter qu'à celui qui veut se garantir des dangers dont il sait qu'il est sans cesse environné, vous avait été annoncée, dès le commencement de votre réception, comme un secours toujours présent dans vos besoins, si vous saviez vous l’approprier. Elle vous avait donné ses conseils, que sans doute vous n’avez pas oubliés. Mais en terminant votre réception, et avant de vous abandonner à vos propres forces, elle s'est présen­tée elle même à vos regards et s'est offerte à vous comme un guide sûr, pour vous diriger dans toutes vos actions et vous conduire au terme heureux de vos espérances. Comme nous avons beaucoup de choses à vous dire sur le grade que vous venez de recevoir, nous ne pouvons pas poursuivre plus longtemps l'analyse des grades précédents. Gravez profon­dement dans votre esprit et dans votre cœur les explications lumineuses qui viennent de vous être données, afin qu'elles deviennent désormais la règle invariable de votre conduite. Le quatrième grade, dont nous allons nous occuper, complète et termine votre initiation maçonnique dans les classes des symboles. Dans celui ci, l'Ordre vous présente les mêmes vérités avec de nouveaux développements, sous des formes et allégories différentes, qui tendent toutes au même but ; et cela ne saurait être autrement, puisque c'est toujours l'histoire de l'homme en général, celle de son état passé, présent et futur, de ses rapports directs avec son créateur, avec ses semblables et avec tout ce qui l'environne dans l'univers créé, qu'il vous présente dans celui ci, ainsi que dans les précédents, comme l'unique objet de la Franc‑Maçonnerie primitive. Ces formes, ces allégo­ries, ne sont tant variées que pour imprimer plus profondément dans votre esprit les vérités importantes qu'elles voilent. Mais comme, en se multipliant sous vos yeux, elles vous apportent toujours quelques nouvelles lumières, elles vous imposent aussi de nouveaux devoirs. Vous devez donc à chaque pas redoubler d'attention pour les connaître, et d'exactitude pour les remplir.

Source : ordination des Grands Profès

commentaires

Rituel d'ordination d'un Profès(extrait)

Publié le 21 Février 2018 par J.G

"Viens, Esprit Créateur, visiter les cœurs de Tes enfants. Emplis les de la Grâce d'En-Haut, ces cœurs que tu as créés. Tu es appelé l'Esprit Consolateur, le Don du Dieu Très-Haut, la Source d'Eau Vive, le Fou Divin, la Charité, l'Onction Spirituelle des Ames. Viens avec Tes Sept Dons Précieux, Toi qui est le Doigt de Dieu, Toi l'Objet par excellence de la Promesse du Père, Toi qui mets Sa Parole sur nos lèvres. Eclaires nos esprits de Ta Lumière, embrases nos cœurs de Ton Amour, et sanctifies à tous les instants notre chair fragile. Eloignes de nous l'Esprit Tentateur, emplis-nous d'une paix inaltérable, sois Toi-même notre Guide pour nous faire éviter ce qui nuirait à notre Réintégration. Apprends-nous à connaître le Père, apprends-nous à connaître le Fils, et Toi, Esprit et du Père et du Fils, sois à jamais l'objet de notre Foi. Gloire soit-donc en tous les siècles, à Dieu le Père, au Fils ressuscité d'entre les Morts, et au Saint-Esprit Vivificateur…"

Les Assistants : "Ainsi soit-il…"

source : rituel d'ordination aux degrés de Profès et de Grand Profès

commentaires

Lettre de JB Willermoz à Salzmann, du 3-12 mai 1812 (inédite, fonds L.A.).

Publié le 21 Février 2018

Vous devez vous rappeler, cher ami, que, dès l'origine de la formation à

Lyon de la classe des Grands Profès annexée à l'Ordre intérieur et d'un

Collège métropolitain, il fut convenu entre tous ceux qui y

participèrent avec connaissance de cause, que l'auteur, ou pour mieux

dire le principal rédacteur, des instructions secrètes de cette classe

qui furent alors produites, ne serait jamais connu :

1) Parce qu'elles ne furent livrées qu'à cette condition.

2) On reconnut que pour attrayer la plupart des hommes il faut jeter un

voile de mystère sur l'origine des choses qu'on leur présente à méditer.

3) Parce que nul n'étant bon prophète dans son pays, il suffit souvent

que l'auteur d'une bonne chose soit connu pour que la chose même perde

tout son prix. La masse juge l'homme de son gré et non plus la chose.

Il fut donc convenu que tous s'accorderaient à dire que ces instructions

secrètes venaient du fond de l'Allemagne; que le Frère dépositaire par

de secrètes correspondances en avait heureusement découvert les

possesseurs formant une classe très secrète et ignorée dans l'Ordre

intérieur et qu'il en avait obtenu un dépôt central pour Lyon à l'époque

du Convent National, à la condition qu'ils resteraient ignorés et que le

dépositaire général correspondrait seul avec eux pour la suite et le

complément des dites instructions; enfin que d'après leur autorisation,

quelques Frères membres du Convent National de Lyon en avaient fait une

rédaction plus correcte en langue française qui avait reçu leur

approbation. Voilà ce qui fut convenu, voilà le langage que j'ai

constamment tenu envers tous les autres sans exception, dont je ne me

suis jamais écarté et dont je ne m'écarterai jamais quoiqu'il arrive

ailleurs. J'avais tenu le même langage à mon ami a Ponte alto [sc.

Joseph-Antoine Pont], et il en était persuadé lorsqu'il alla à

Strasbourg ou je vous l'avais recommandé. Mais, à son retour, quel fut

mon étonnement à la première occasion qui se présenta sur ce sujet de le

voir informé par vous que j'étais l'auteur de ces instructions ! Je fus

atterré de ce coup-là dont je sentis à l'instant toutes les

conséquences présentes et futures. Je mentirais si je dissimulais que je

fus extrêmement sensible à cet oubli qui, dans ce genre, était plus

qu'une imprudence; d'autant plus que je dus conclure qu'elle n'était pas

la première et qu'elle avait été commise vers d'autres et peut-être

aussi par d'autres. Mais, ferme dans mes principes et dans mes

résolutions, je lui niai le fait. Le F. ab Hedera [sc. FR.- R.

Salztmann], lui dis-je, s'est trompé, ou bien vous l'avez mal compris.

Les choses sont comme je vous les ai dites, tenez-vous-en à cela; je

dois le sa-voir mieux que personne, puisque le dépôt est venu par mon

entremise et qu'il est resté entre mes mains. Depuis lors, il a évité de

m'en reparler, et moi de même. Si je m'étais cru permis de pouvoir faire

une confidence à quelqu'un, certes, c'est à lui que mon coeur l'aurait

faite. Mais pouvais-je, à cause d'une indiscrétion, me soustraire à un

engagement commun, lorsque tous les autres y restaient assujettis ? J'ai

pu sans blesser la vérité soutenir le plan qui a été convenu, parce que,

si j'ai été le principal rédacteur de ces instructions, je n'ai pas créé

la doctrine qu'elles renferment et n'en suis pas l'auteur. J'en ai

déguisé la source pour un plus grand bien, et voilà tout. Cependant, par

ce fâcheux et imprévu événement, je me vis arrêté tout court dans mes

projets de développement de doctrine que j'avais jugés nécessaires et

dont j'avais depuis quelques années commencé l'exécution et je pris dès

lors la ferme résolution que j'ai suivie de me concentrer désormais en

moi-même sur ces matières, ce qui vous explique pourquoi, depuis cette

époque, je me suis mis beaucoup moins à découvert. [...]

Vous voyez en même temps que, depuis fort longtemps, j'étais allé

au-devant de vos observations sur nos instructions des G.Profès. et que

j'avais senti la nécessité de donner plus de développement à quelques

parties pour les rendre plus intelligibles, plus attrayantes, plus

profitables. Quand elles furent produites, on voulait bien dire

beaucoup, mais on craignait encore plus d'en dire trop. On était de plus

entouré de systèmes et de censeurs et il fallait user de beau-coup de

ménagements pour ne heurter personne. Les temps sont changés, trente

années et plus écoulées depuis lors ont élagué les systèmes et fait

disparaître bien des censeurs; on peut donc prendre un peu plus de

latitude, sans dévier néanmoins des bases sur lesquelles la doctrine des

G.P. est établie; et surtout ne pas imiter les auteurs que vous me

citez, qui, tous, ou presque tous, à côté des vérités les plus sublimes,

ont glissé des idées systématiques et disparates qui déparent tous leurs

écrits: unité et simplicité de doctrine doit être le caractère de

l'initiation des G.P., comme son but distinctif doit être de faire

sentir la nécessité de la religion chrétienne et de la faire aimer et

pratiquer, puisqu'il est hautement avoué dès le 4è grade [ sc. Maître

Ecossais de Saint-André ].

Je pense comme vous, cher Ami, que ces explications données sur les

grades symboliques sont trop incomplètes et devraient être plus

étendues. Lorsqu'elles furent produites, on trouvait tout trop long et

il fallut trop abréger. On peut y obvier si tous ceux qui ont des idées

sur ces objets veulent fournir des notes qui faciliteraient le travail.

Fournissez les vôtres et promptement. De plus, les quatre rituels ont

été fort embellis, surtout le quatrième, par les additions qui y ont été

faites d'après les bases qui furent adoptées à Wilhelmsbad. Il faut donc

aussi les expliquer. Je pense aussi avec vous qu'il faudrait y

développer le but, les avantages et les rapports de l'Ordre intérieur

dans l'assemblée, vu qu'il est aujourd'hui fixé sur des bases

invariables. Fournissez donc vos notes et observations sur toutes les

parties qui composent les instructions des G.P., pour pouvoir parvenir

à les rendre plus utiles.

Relisez en critique toutes ces instructions; notez, dans quelle partie

que ce soit, les lacunes, les obscurités, les besoins d'explications ou

de développement qui vous frapperont; proposez vos idées sur le comment

et le pourquoi. Ces choses peuvent être rendues plus claires, plus

complètes, plus utiles. La réunion des idées qui viendront de vous et

d'ailleurs pourra faire jaillir quelques nouveaux traits de lumière qui

en prépareront le plus grand perfectionnement possible. [...]

En plusieurs lieux, dans les séances qui sont consacrées par les statuts

des G.P. à l'étude et aux conférences sur leurs instructions secrètes,

on y fait ces jours-là un travail mixte; on s'occupe de divers systèmes

hypothétiques, souvent plus ou moins discordants; on y raisonne sur des

peut-être. Je dis qu'au milieu de ces divagations scientifiques où la

vérité reste encore obscure, la curiosité humaine se satisfait, mais la

vraie foi n'y gagne rien.

L'initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l'Homme de Désir, de

l'origine et formation de l'univers physique, de sa destination et de la

cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de

l'émanation et l'émancipation de l'homme dans une forme glorieuse et de

sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication,

de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l'incarnation du

Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc. Toutes ces choses

desquelles dérive un sentiment profond d'amour et de confiance, de

crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son

Créateur, ont été parfaitement connues des Chefs de l'Eglise pendant

les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors,

elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point

qu'aujourd'hui, chez vous comme chez nous, les ministres de la religion

traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité. Puisque

cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une

doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s'occupe-t-on pas sans

amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ?

commentaires
Publicité

La Profession

Publié le 20 Février 2018 par J.G

INSTRUCTION PREALABLE

La Classe Secrète des Profès et Grands-Profès s'éteignit en France pratiquement à la mort de J.B. Willermoz. On sait, par les correspondances d'Antoine Pont, son neveu, que, ne sachant à qui remettre le dépôt et les archives, Willermoz se résigna à les lui donner, Antoine Pont ne les acceptant qu'à la condition de décider, lui-même librement, s'il devait les conserver, les communiquer, ou les détruire.

Et dans la Patente de Constitution du Grand-Prieuré des Gaules par le Grand-Prieuré d'Helvétie, il est dit qu'en 1828, c'est-à-dire quatre ans après la mort de Willermoz, le Chapitre Provincial de Bourgogne cessait définitivement ses Travaux :

"Attendu que par Acte du 2 août 1828 le Chapitre Provincial de Bourgogne, Vème Province de l'Ordre, en dénonçant au Grand-Prieuré Indépendant d'Helvétie la cessation de ses travaux lui conférait tous ces pouvoirs,

"Attendu que, sous date du 29 mars 1830, le Chapitre Provincial de Genève, par Patente spéciale, émanant de la Province d'Auvergne, IIIème Province de l'Ordre, entrée à son tour en sommeil, acquit le droit de constituer des établissements de son Rite, au lieu et place de la dite Province d'Auvergne....."

Ainsi, en France, à Lyon, de 1828 à 1830, soit dans les six années qui suivirent la mort de Willermoz, les "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte" cessèrent leurs travaux et déposèrent leurs archives.

Comment dès lors imaginer Antoine Pont continuant de perpétuer ce qu'il avait reçu de son oncle, et en même temps abandonnant en des mains fraternelles, mais étrangères, des archives probatrices de ses pouvoirs ? Comment imaginer qu'une cessation aussi officielle, confirmée d'une remise des archives, n'eût pas eu lieu avec l'assentiment des très rares Frères qui vivaient encore à l'époque ? Or, tout porte à croire qu'il n'y en avait pas, et qu'Antoine Pont était le seul survivant, à plus forte raison dans la Profession.

Ce qui confirme cette conclusion, c'est que le Martinisme classique, créé par Papus, n'était dépositaire ni des degrés de l'Ordre Intérieur (Novice et Chevalier-Bienfaisant), ni, à plus forte raison, de la Profession. Ce qui enlève toute valeur à l'affirmation que ses Successeurs en ce domaine aient pu la posséder, c'est que ceux-ci n'accédèrent jamais à l'Ordre Intérieur : Teder et Jean Bricaud notamment. Le très-regretté Frère Chevillon avait été adoubé CBCS par le Très-Révérend Frère Camille Savoire, dans le privé. Et le très-regretté Frère Dupont, son successeur, l'avait été au sein du Grand-Prieuré des Gaules, par le successeur de celui-ci, le Très-Révérend Frère Rybinski. Ainsi donc, à Lyon, autrefois centre actif du "Villermozisme" il n'existait plus rien dans les milieux martinistes, en ce domaine.

Par ailleurs, et selon leurs propres déclarations, les promoteurs de la rénovation de l'Ordre Intérieur en France, les Très-Révérends Frères Savoire, Wibaux, Crampon, estimaient que la Profession avait dû s'étendre très tôt après la mort de Willermoz, cela même en Helvétie. En tous cas, ils ne l'avaient point reçue.

Ici, nous devons faire le point. Aux dires de deux témoins importants, dont les témoignages se recoupent dans les détails de la Cérémonie à laquelle ils participèrent à une époque voisine, à Genève, vers 1932, les Révérends Frères Eques a Rosae Caritatis et Eques a Voluntate, la Profession s'était perpétuée. Mais elle avait été malheureusement dépouillée de tout son aspect rituélique rappelant par trop le Martinisme ancien. Elle était conférée de façon forte simple, et l'essentiel en était la lecture, par l'Impétrant, de l'Instruction secrète de son grade. Ces deux Révérends Frères l'avaient reçue, du Très-Révérend Frère Charles Montchal (Eques a Monte-Calvo), Grand-Prieur d'Helvétie à l'époque, et Amez Droz Grand-Chancelier. (Pour des raisons personnelles, le Révérend Frère Eques a Rosae Caritatis décida, après la guerre de 1939-1945, de nier qu'il fût Grand-Profès, estimant que le secret devait être observé sur cela, et qu'on en parlait trop en certains milieux).

Mais c'est notamment à ce titre qu'il établit, sur des bases solides, la résurgence des Elus-Cohen pendant la période de Clandestinité. Néanmoins, il estimait que la Cérémonie avait perdu une bonne part de sa valeur sacramentelle, pour demeurer simplement un rite initiatique. Evêque gnostique, il désirait revenir à une forme absolument traditionnelle. Cette diminution de la valeur sacramentelle ancienne avait été observée par le second témoin, le Révérend Frère Eques a Voluntate et l'avait un peu déçu.

Or, c'est avec pertinence, que Probst-Biraben fait cette observation :

"Ni chez les Chrétiens ni chez les Musulmans, un Ordre ne saurait se fonder sans "consécration", de la part d'un personnage qualifié, consacré lui-même par transmission de pouvoirs depuis les Apôtres ou les Prophètes. Hugues de Payen, et Geoffroy de Saint-Omer la reçurent du Patriarche Théoclétès, issu, (par la succession apostolique) de Saint-Jean l'Evangéliste. Ce qui explique en partie leur culte pour Saint-Jean, et la doctrine du Johanisne qu'ils ont la réputation d'avoir professée.

"Ils prononcèrent les trois vœux d'Obéissance, de Pauvreté, et de Chasteté ensuite, devant le prélat catholique de la Ville Sainte (Jérusalem), Garimond, et ils prêtèrent en même temps serment de garder les routes suivies par les pèlerins, et de défendre ceux-ci à la fois contre les infidèles et contre les pillards, nombreux dans la Palestine du XIIème siècle..." (Cf. Probst-Biraben : "Les Mystères des Templiers", p. 12 - Nice 1947).

Par la suite, après des recherches poursuivies pendant plusieurs années, une forme sacramentelle, traditionnelle eu égard aux usages des Ordres Militaires anciens, d'une part, et apte à conférer à ses bénéficiaires des pouvoirs thérurgiques d'autre part, a été établie et retenue. Désormais, la Profession de l'Ordre Intérieur puise sa source dans la Succession Apostolique de l'EGLISE GNOSTIQUE APOSTOLIQUE, remontant à Evode, premier patriarche de l'EGLISE d'ANTIOCHE, consacré par l'Apôtre Pierre, toutes choses reposant sur des pièces et des documents inattaquables.

Cette observation pertinente du Révérend Frère Probst-Biraben, est d'ailleurs confirmé par de très anciens usages de la Chevalerie.

Si celle-ci pouvait être conférée librement par le Suzerain du récipiendaire, (Empereur, Rci, grand Feudataire, ou simplement seigneur suzerain) ou par le père à son fils, par voie de transmission familiale, à partir du XIIIème siècle et avec l'apparition du rituel du "Miles Christi" (Chevalier du Christ), elle devient le privilège de certaines autorités spirituelles. Ainsi, les Abbés de monastère, les Prieurs des divers Ordres Chevaleresques, mais surtout les Evêques. Le Chevalier prend rang, dans la Hiérarchie Ecclésiastique, entre le Portier et le Lecteur. A plus forte raison s'il existe dans l'Ordre Chevaleresque une "Profession", avec ses Vœux d'Ordre, l'Evêque est seul habilité à conférer celle-ci. C'est pourquoi, par esprit d'indépendance, les mêmes Ordres (Temple, Malte, Saint—Sépulcre d'alors, Teutoniques, etc…) tiendront-ils à posséder leurs grands aumôniers, aumôniers, chapelains, etc…, dûment reçus eux-mêmes au sein de l'Ordre, détenteurs, à des degrés divers, de la Succession Apostolique. Et le Grand-Aumônier sera toujours un évêque, possédant la plénitude de celle-ci.

Ainsi, à la Chevalerie purement militaire, base de l'édifice, se substitue dans ses hauteurs, une Chevalerie spirituelle, ayant ses rites, ses traditions, ses enseignements, ses usages et ses œuvres, qu'ignorent généralement les Frères ordinaires.

C'est ce qu'avait recherché J.B. Willermoz, en constituait sa classe secrète au sein de l'Ordre Intérieur. Il le déclare en certaines de ses lettres, son but fut de perpétuer, en fait, le Martinisme et sa doctrine, ainsi que certaines "transmissions" initiatiques.

Mais ce qu'il livre en ces correspondances, est encore mieux explicité et établi par certains passages de son rarissime ouvrage in-folio : "Réponse aux assertions contenues dans l'ouvrage du R.F. L.Eques A.Fascia, Prae + Loth. et Vis. Prus. Ausine, ayant pour titre : "De Conventu Generali Latomorum apud Aques Wilhelminas, etc…" Cet ouvrage est dit "Imprimé à Lyon sur la minute déposée aux Archives du + - 1784".

Pour J.B. Willermoz, la Classe Secrète, dite de la Profession, a toujours existée, même _au sein de l'Ordre du Temple. Et il semble bien qu'il fasse allusion à une classe analogue au sein de la Stricte Observance Templière, ce qui y justifierait la réalité de ces mystérieux "supérieurs inconnus", sur lesquels on glosa tant au XVIIIème siècle et que le baron de Hund sut si bien dissimuler. Voici ce qu'en dit le Fondateur de l'Ordre de la Cité Sainte :

"Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu'on l'entend, n'est qu'un but accessoire, et ces allégories, ces emblèmes, sont les instructions bienfaisantes que l'Institution donne à ceux qu'elle reçoit en son sein ! S'ils étaient des signes muets, ou n'étaient susceptibles que d'une interprétation relative à l'Ordre du Temple, je demanderais pourquoi recommander avec tant de soin, au Maçon, de les méditer ? Une Société qui ne veut que soulager l'Humanité devrait-elle pour atteindre ce but, se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des marques de cette nature ? Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l'indigent, on forme un bureau de charité et on ne s'occupe que de cet objet…" 

"A l'égard de l'Ordre Intérieur, il fut pareillement arrêté qu'il serait composé de deux grades ou classes : l'une d'Ecuyers-Novices et l'autre de Chevaliers. Je n'entre dans aucun détail relativement à ces grades. Celui du Noviciat a déjà été agréé tel que vous l'aviez adopté. Si je parlais à d'autres, je dirais que, d'après ce que j'ai exposé dans le cours de cet ouvrage, et particulièrement dans les chapitres II et III, on peut aisément se former une idée de ce qu'ils doivent être, et_ de ce qu'ils laissent espérer, à_ celui qui se rendra digne du titre de "Chevalier de la Foi" dont il sera décoré…" 

Cet Ordre inattendu dont se réclame Willermoz, il le qualifie déjà en un passage antérieur :

"Haut-Ordre essentiel, plus ancien que les Templiers, et qui pourrait avoir été le but primitif de la fondation du leur…"

L'Histoire nous dit que lorsque les Croisés s'emparèrent de Jérusalem, lorsque Godefroy de Bouillon, proclamé roi de Jérusalem par ses pairs ne voulut porter que le titre de baron du Saint-Sépulcre, (qu'il transmit d'ailleurs à ses descendants, les ducs de Bouillon, princes de la Tour d'Auvergne), ils y trouvèrent une communauté chrétienne assez mystérieuse, ayant pour but la prière sur le saint Tombeau, communauté fondée par saint Jacques dès la mort du Christ, et agrandie et privilégiée par l'impératrice Hélène et l'Empereur Constantin. C'est cette communauté qui fournit les premiers chanoines de l'Ordre du Saint-Sépulcre, lesquels eurent immédiatement le privilège de conférer le collée chevaleresque aux pèlerins venus d'Europe, et ainsi, de leur conférer la noblesse personnelle.

Et ce "haut-ordre essentiel", c'est l'Ordre de Melchissedec, c'est cette succession dont se réclama le Christ, "prêtre selon l'Ordre de Melchissedec", selon les Ecritures. Succession remontant à l'époque où Abraham est sacré de cette façon, soit dix-neuf siècles avant notre ère. Ce n'est point ici le lieu d'en parler plus avant, ni de montrer comment et sous quelle forme elle fut l'apanage des Réaux + de Martinez de Pasquallis. Il convient d'observer ici la discrétion et la modestie de Willermoz, qui conclut en disant :

"J'ai reconnu ci-devant qu'il doit y avoir des Supérieurs, qui ont la faculté d'instruire, et non de commander, qui tiennent a un Ordre essentiel, plus ancien que le nôtre, et j'ai indiqué l'idée qu'on peut et qu'on doit en former…" 

La Succession Apostolique, avec ses centaines de rameaux, a toujours été soigneusement tenue à jour par les diverses Eglises constituant la Chrétienté, latine ou orientales. Chaque rameau remonte nécessairement à un des Douze. Et chacun des Douze l'a reçu du Christ, "Prêtre selon l'Ordre de Melchissedec". C'est là l'Ordre Essentiel.

source : rituel ordination Profès et Grand Profès

commentaires

Parole Perdue et mots substitués (R. Guénon)

Publié le 13 Mai 2017 par T.D

…Si nous en venons à la « parole perdue » et à sa recherche dans la Maçonnerie, nous devons constater que, tout au moins dans l’état actuel des choses, ce sujet est entouré de bien des obscurités ; nous ne prétendons assurément pas les dissiper entièrement, mais les quelques remarques que nous formulerons seront peut-être suffisantes pour faire disparaître ce qui risquerait d’être pris au premier abord pour des contradictions. La première chose qu’il y a lieu de remarquer à cet égard, c’est que le grade de Maître, tel qu’il est pratiqué dans la Craft Masonry, insiste sur la « perte de la parole », qui y est présentée comme une conséquence de la mort d’Hiram, mais paraît ne contenir aucune indication expresse quant à sa recherche, et qu’il y est encore moins question de la « parole retrouvée ». Cela peut sembler vraiment étrange, puisque la Maîtrise, étant le dernier des grades qui constituent la Maçonnerie proprement dite, doit nécessairement correspondre, tout au moins virtuellement, à la perfection des « petits mystères », sans quoi sa désignation même serait d’ailleurs injustifiée. On peut, il est vrai, répondre que l’initiation à ce grade, en elle-même, n’est proprement qu’un point de départ, ce qui est en somme tout à fait normal ; mais encore faudrait-il qu’il y ait dans cette initiation même quelque chose qui permette d’« amorcer », si l’on peut s’exprimer ainsi, la recherche constituant le travail ultérieur qui devra conduire à la réalisation effective de la Maîtrise ; or nous pensons que, malgré les apparences, il en est bien réellement ainsi. En effet, le « mot sacré » du grade est manifestement un « mot substitué », et il n’est d’ailleurs donné que comme tel ; mais, en outre, ce « mot substitué » est d’une sorte très particulière : il a été déformé de plusieurs façons différentes, au point d’en être devenu méconnaissable et on en donne des interprétations diverses, qui peuvent présenter accessoirement quelque intérêt par leurs allusions à certains éléments symboliques du grade, mais dont aucune ne peut se justifier par une étymologie hébraïque quelconque. Maintenant, si l’on restitue la forme correcte de ce mot, on s’aperçoit que son sens est tout autre que ceux qui lui sont ainsi attribués : ce mot, en réalité, n’est pas autre chose qu’une question, et la réponse à cette question serait le vrai « mot sacré » ou la « parole perdue » elle-même, c’est-à-dire le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers . Ainsi, la question étant posée, la recherche est bien « amorcée » par là même comme nous le disions tout à l’heure ; il appartiendra dès lors à chacun, s’il en est capable, de trouver la réponse et de parvenir à la Maîtrise effective par son propre travail intérieur.

Un autre point à considérer est celui-ci : la « parole perdue » est, le plus généralement, en conformité avec le symbolisme hébraïque, assimilée au Nom tétragrammatique ; il y a là, si l’on voulait prendre les choses à la lettre, un anachronisme évident, car il est bien entendu que la prononciation du Nom ne fut pas perdue à l’époque de Salomon et de la construction du Temple. Cependant, on aurait tort de regarder cet anachronisme comme constituant une difficulté réelle, car il ne s’agit nullement ici de l’« historicité » des faits comme tels, qui, à ce point de vue, importe peu en elle-même, et le Tétragramme n’y est pris que pour la valeur de ce qu’il représente traditionnellement ; il peut d’ailleurs fort bien n’avoir été lui-même, en un certain sens, qu’un « mot substitué », puisqu’il appartient en propre à la révélation mosaïque et que, à ce titre, il ne saurait, non plus que la langue hébraïque elle-même, remonter réellement jusqu’à la tradition primordiale . Si nous avons signalé cette question, c’est surtout pour attirer l’attention sur ceci, qui est beaucoup plus important au fond : dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est, comme nous l’avons déjà dit précédemment, un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte ; là est en somme, exprimée symboliquement d’une façon assez frappante, une des différences fondamentales qui existent entre le point de vue exotérique et le point de vue initiatique .

Avant d’aller plus loin, une digression est nécessaire pour que la suite puisse être bien comprise : l’initiation maçonnique, se rapportant essentiellement aux « petits mystères » comme toutes les initiations de métier, s’achève par là même avec le grade de Maître, puisque la réalisation complète de celui-ci implique la restauration de l’état primordial; mais on est alors amené à se demander quels peuvent être, dans la Maçonnerie, le sens et le rôle de ce qu’on appelle les hauts grades, dans lesquels certains, pour cette raison précisément, n’ont voulu voir que des « superfétations » plus ou moins vaines et inutiles. En réalité, il faut ici faire avant tout une distinction entre deux cas : d’une part, celui des grades qui ont un lien direct avec la Maçonnerie, et, d’autre part, celui des grades qui peuvent être considérés comme représentant des vestiges ou des souvenirs, venus se greffer sur la Maçonnerie ou se « cristalliser » en quelque sorte autour d’elle, d’anciennes organisations initiatiques occidentales autres que celle-ci. La raison d’être de ces derniers grades, si on ne les considère pas comme n’ayant qu’un intérêt simplement « archéologique » (ce qui serait évidemment une justification tout à fait insuffisante au point de vue initiatique), est en somme la conservation de ce qui peut encore être maintenu des initiations dont il s’agit, de la seule façon qui soit restée possible après leur disparition en tant que formes indépendantes ; il y aurait certainement beaucoup à dire sur ce rôle « conservateur » de la Maçonnerie et sur la possibilité qu’il lui donne de suppléer dans une certaine mesure à l’absence d’initiations d’un autre ordre dans le monde occidental actuel ; mais ceci est entièrement en dehors du sujet que nous étudions présentement, et c’est seulement l’autre cas, celui des grades dont le symbolisme se rattache plus ou moins étroitement à celui de la Maçonnerie proprement dite, qui nous concerne ici directement.

D’une façon générale, ces grades peuvent être considérés comme constituant proprement des extensions ou des développements du grade de Maître ; il n’est pas contestable que, en principe, celui-ci se suffit à lui-même, mais, en fait, la trop grande difficulté qu’il y a à dégager tout ce qui s’y trouve contenu implicitement justifie l’existence de ces développements ultérieurs . Il s’agit donc d’une aide apportée à ceux qui veulent réaliser ce qu’ils ne possèdent encore que d’une façon virtuelle ; du moins est-ce là l’intention fondamentale de ces grades, quelles que soient les réserves qu’il pourrait y avoir lieu de faire sur la plus ou moins grande efficacité pratique de cette aide, dont le moins qu’on puisse dire est que, dans la plupart des cas, elle est fâcheusement diminuée par l’aspect fragmentaire et trop souvent altéré sous lequel se présentent actuellement les rituels correspondants ; nous n’avons à envisager que le principe, qui est indépendant de ces considérations contingentes. À vrai dire, d’ailleurs, si le grade de Maître était plus explicite, et aussi si tous ceux qui y sont admis étaient plus véritablement qualifiés, c’est à son intérieur même que ces développements devraient trouver place, sans qu’il soit besoin d’en faire l’objet d’autres grades nominalement distincts de celui-là .

Maintenant, et c’est là que nous voulions en venir, parmi les hauts grades en question, il en est un certain nombre qui insistent plus particulièrement sur la « recherche de la parole perdue », c’est-à-dire sur ce qui, suivant ce que nous avons expliqué, constitue le travail essentiel de la Maîtrise ; et il en est même quelques-uns qui donnent une « parole retrouvée », ce qui semble impliquer l’achèvement de cette recherche ; mais, en réalité, cette « parole retrouvée » n’est jamais qu’un nouveau « mot substitué », et, par les considérations que nous avons exposées précédemment, il est facile de comprendre qu’il ne puisse en être autrement, puisque la véritable « parole » est rigoureusement incommunicable. Il en est notamment ainsi du grade de Royal Arch, le seul qui doive être regardé comme strictement maçonnique à proprement parler, et dont l’origine opérative directe ne puisse soulever aucun doute : c’est en quelque sorte le complément normal du grade de Maître, avec une perspective ouverte sur les « grands mystères » Le mot qui représente dans ce grade la « parole retrouvée » apparaît, comme tant d’autres, sous une forme assez altérée, ce qui a donné naissance à des suppositions diverses quant à sa signification ; mais, suivant l’interprétation la plus autorisée et la plus plausible, il s’agit en réalité d’un mot composite, formé par la réunion de trois noms divins appartenant à autant de traditions différentes. Il y a là tout au moins une indication intéressante à deux points de vue : d’abord, cela implique évidemment que la « parole perdue » est bien considérée comme étant un nom divin ; ensuite, l’association de ces différents noms ne peut s’expliquer que comme une affirmation implicite de l’unité fondamentale de toutes les formes traditionnelles ; mais il va de soi qu’un tel rapprochement opéré entre des noms provenant de plusieurs langues sacrées n’est encore que tout extérieur et ne saurait en aucune façon symboliser adéquatement une restitution de la tradition primordiale elle-même, et que, par conséquent, ce n’est bien réellement qu’un « mot substitué »

Un autre exemple, qui est d’ailleurs d’un genre très différent, est celui du grade écossais de Rose-Croix, dans lequel la « parole retrouvée » se présente comme un nouveau Tétragramme devant remplacer l’ancien qui a été perdu ; en fait, ces quatre lettres, qui ne sont du reste que des initiales ne formant pas un mot à proprement parler, ne peuvent exprimer ici autre chose que la situation de la tradition chrétienne vis-à-vis de la tradition hébraïque, ou le remplacement de l’« Ancienne Loi » par la « Nouvelle Loi », et il serait difficile de dire qu’elles représentent un état plus proche de l’état primordial, à moins qu’on ne veuille l’entendre en ce sens que le Christianisme a accompli une « réintégration » ouvrant certaines possibilités nouvelles pour le retour à celui-ci, ce qui est d’ailleurs vrai en quelque façon pour toute forme traditionnelle constituée à une certaine époque et en conformité plus particulière avec les conditions de cette époque même. Il convient d’ajouter que, à la signification simplement religieuse et exotérique, il se superpose naturellement ici d’autres interprétations, d’ordre principalement hermétique, qui sont loin d’être sans intérêt en elles-mêmes ; mais, outre qu’elles s’éloignent de la considération des noms divins qui est essentiellement inhérente à la « parole perdue », c’est là quelque chose qui relève de l’hermétisme chrétien beaucoup plus que de la Maçonnerie proprement dite, et, quelles que soient les affinités qui existent entre l’un et l’autre, il n’est cependant pas possible de les considérer comme identiques, car, même lorsqu’ils font jusqu’à un certain point usage des mêmes symboles, ils n’en procèdent pas moins de « techniques » initiatiques notablement différentes à bien des égards. D’autre part, la « parole » du grade de Rose-Croix se réfère manifestement au seul point de vue d’une forme traditionnelle déterminée, ce qui nous laisse en tout cas bien loin du retour à la tradition primordiale, qui est au-delà de toutes les formes particulières ; sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, le grade de Royal Arch aurait assurément plus de raisons que celui-là de s’affirmer comme le nec plus ultra de l’initiation maçonnique.

Nous pensons en avoir dit assez sur ces « substitutions » diverses, et, pour terminer cette étude, nous devrons maintenant revenir au grade de Maître, afin de chercher la solution d’une autre énigme qui se pose à son sujet et qui est celle-ci : comment se fait-il que la « perte de la parole » y soit présentée comme résultant de la mort du seul Hiram, alors que, d’après la légende même, d’autres que lui devaient la posséder également ? Il y a là, en effet, une question qui rend perplexes beaucoup de Maçons, parmi ceux qui réfléchissent quelque peu sur le symbolisme, et certains vont même jusqu’à y voir une invraisemblance qu’il leur paraît tout à fait impossible d’expliquer d’une façon acceptable, alors que, comme on le verra, il en est tout autrement en réalité.La question que nous posions à la fin de la précédente partie de cette étude peut se formuler plus précisément ainsi : lors de la construction du Temple, la « parole » des Maîtres était, suivant la légende même du grade, en la possession de trois personnages qui avaient le pouvoir de la communiquer : Salomon, Hiram, roi de Tyr, et Hiram-Abi ; ceci étant admis, comment la mort de ce dernier peut-elle suffire pour entraîner la perte de cette parole ? La réponse est que, pour la communiquer régulièrement et dans la forme rituelle, il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle ; et ce n’est pas là, comme pourraient le penser ceux qui n’ont pas une habitude suffisante de certaines correspondances symboliques, une simple comparaison ou un rapprochement plus ou moins imaginatif et dénué de fondement réel. En effet, une Loge opérative ne peut être ouverte que par le concours de trois Maîtres ayant en leur possession trois baguettes dont les longueurs respectives sont dans le rapport des nombres 3, 4 et 5 ; c’est seulement quand ces trois baguettes ont été rapprochées et assemblées de façon à former le triangle rectangle pythagoricien que l’ouverture des travaux peut avoir lieu. Cela étant, il est facile de comprendre que, d’une façon similaire, un mot sacré peut être formé de trois parties, telle que trois syllabes dont chacune ne peut être communiquée que par un des trois Maîtres, de sorte que, en l’absence d’un de ceux-ci, le mot aussi bien que le triangle resterait incomplet, et que rien de valable ne pourrait plus être accompli ….

Source : http://esprit-universel.over-blog.com

commentaires

Les ordres de sagesse du rite français - Le corpus des degrés et la spécificité du Ve Ordre

Publié le 13 Mai 2017 par T.D

Le Grand Chapitre Général de France

Le 2 février 1784, sept Chapitres parisiens de Rose-Croix, souchés sur des loges du Grand Orient, se regroupent pour former le Grand Chapitre Général. Ces Chapitres fondateurs ont pour nom : La réunion des amis intimes, Les amis intimes, Les frères unis de Saint Henry, L’amitié, L’harmonie, Salomon et La Trinité. Le grand Chapitre Général se présente comme une fédération des Chapitres de hauts grades en France : « Lesdits sept souverains chapitres ne se sont et ne sont congrégés que dans le désir et le dessein de former entre eux un grand Chapitre Général qui réunit à perpétuité, en France, sous son régime et sous son gouvernement, tous les souverains Chapitres qui y existent à présent et y existeront à l’avenir, afin de réformer l’Acéphalité qui les caractérise et d’en purger les abus ». Ce texte illustre le caractère anarchique du développement des grades écossais et la pluralité des systèmes mis en place.

Les 81 membres fondateurs du Grand Chapitre Général appartiennent, selon l’historien Matthieu Baumier « à une bourgeoisie de professions libérales essentiellement, physionomie familière dans le Paris maçonnique de la fin du XVIIIème siècle où métiers de justice, de finance et du négoce dominent amplement ». Ils sont porteurs des idées des Lumières et tenants d’une forme de déisme éclairé, de religion naturelle, avec reconnaissance d’un Grand Architecte de l’Univers qui n’est pas un Dieu révélé. Un certain nombre d’entre eux sont officiers du Grand Orient, ce qui leur dénie toute volonté d’indépendance vis-à-vis de cette Obédience.

Le 8 avril 1784, l’élection des quinze officiers constituant l’exécutif de la structure portent Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau à la fonction de Président, sous la dénomination de Très Sage et Grand Maître. Il sera réélu à cette fonction le 8 mai 1787. Le rôle assigné au Grand Chapitre Général est celui dévolu précédemment à la Chambre des Grades. Les statuts et règlements généraux arrêtés le 19 mars 1784, prévoient explicitement cinq ordres, ou ensemble de grades:

« Le Grand Chapitre Général renfermera toutes ses connaissances dans cinq ordres.

Le 1er ordre comprendra tous les intermédiaires de la maîtrise à l’Élu. L’Élu en sera le complément

Le 2e ordre comprendra l’Écossais, tous Écossais possibles, et ce qui y est relatif

Le 3e ordre comprendra le Chevalier d’Orient, et ce qui y a rapport

Le 4° ordre comprendra le Rose-Croix, et ce qui y est relatif

Le 5e Ordre comprendra tous les grades physiques et métaphysiques et tous les systèmes, particulièrement ceux adoptés par des associations maçonniques en vigueur ».

Les quatre premiers ordres sont constitués en « conseils » et ont pour vocation de réaliser les cérémonies de passage d’un ordre à l’autre. Les procès-verbaux des réunions desdits conseils témoignent qu’il n’y a pas présentation de travaux symboliques, hormis des discours de l’orateur du Conseil. Le V° ordre est composé de 27 membres, qui composent le « bureau de correspondance, et le comité du Grand Chapitre Général » : toutes les affaires concernant celui-ci sont ainsi envoyées à ce niveau sommital pour y être préparées et discutées à l’effet de lui en rendre compte. Deux classes y sont distinguées : « Attendu que les connaissances provenant des divers systèmes entrainent un travail suivi et des lumières qu’on ne peut acquérir que successivement et à force de zèle et d’assiduité, le 5e Ordre sera subdivisé. Sa subdivision sera de neuf, lesquels seront élus par l’assemblée des membres composant ledit 5e Ordre. […]. Cette subdivision s’occupera essentiellement de classer chaque grade suivant l’ordre auquel il appartient, ainsi que toutes les connaissances maçonniques de telle nature qu’elles puissent être. ».

Le 18 avril 1784, il est procédé à l’élection des membres du V° Ordre : Roëttiers de Montaleau est nommé Président. Il sera réélu à cette charge le 8 mai 1787. Le V° ordre est ainsi une forme d’académie des grades « écossais », ayant pour rôle de classer les grades existants et de réduire en un seul les grades d’une même famille. La codification proposée pour les quatre ordres n’excluait cependant pas la pratique de grades intermédiaires dans certains Chapitres. Les procès-verbaux des réunions du 24 avril 1784 au 4 décembre 1787 ont été redécouverts très récemment par le Grand Orient de France, parmi les archives maçonniques restituées par la Russie. Ils ont été publiés par Pierre Mollier, Directeur du service Bibliothèque, Archives, Musée du Grand Orient de France, dans la revue Renaissance Traditionnelle. Ils confirment le rôle de l’assemblée du V° Ordre comme lieu de gestion administrative du Grand Chapitre Général : préparation des décisions en matière de candidatures, affiliations, passages d’un ordre à l’autre, agrégation de Chapitres, finances et agrément des rituels établis pour les ordres. Il semble, ainsi que l’écrit Pierre Mollier, que les travaux du V° Ordre ne se tenaient pas selon un rituel ou un grade particulier (travaux « ouverts » et « fermés en la manière accoutumée »). De même, aucune cérémonie initiatique n’accompagnait l’élection à cet ordre. On peut en conclure qu’il s’agissait ainsi d’un grade administratif.

Entre 1784 et 1786, le Grand Chapitre Général finalisera la fixation d’un rituel pour chacun des quatre premiers ordres, en prenant appui sur les travaux de la Chambre des Grades : Élu Secret, Grand Élu Écossais, Chevalier d’Orient et Souverain Prince de Rose-Croix. Ces rituels seront imprimés en 1801 dans un recueil intitulé « Régulateur des Chevaliers Maçons ». Les procès-verbaux du V° ordre laissent à penser que Roëttiers de Montaleau aura rédigé lui-même les rituels des premier, deuxième et quatrième ordres. Le Grand Chapitre Général ne fut qu’une parenthèse de l’histoire : dès le 17 février 1786, le Grand Orient décidait qu’il lui serait rattaché. On notera avec amusement l’anagramme donné, plus que tardivement au Grand Chapitre Général par la Chambre des Grades le 4 décembre 1787 : « Granit de l’écharpe ». Était-ce pour fermer définitivement la parenthèse ?

Le Souverain Chapitre Métropolitain

La réunion (ou plus exactement la ré-union) du Grand Chapitre Général au Grand Orient n’intervient que le 2 février 1788. Il est ainsi fait don à la puissance maçonnique alors dominante d’un système de hauts grades structuré (cinq ordres) et de plusieurs dizaines de chapitres implantés en France et dans ses colonies. Aussitôt est installé le « Chapitre Métropolitain », à qui des lettres capitulaires ont été accordées à des fins de régularité. Cette nouvelle structure poursuit les travaux du Grand Chapitre Général avec le même mode de fonctionnement et les mêmes animateurs, Roëttiers de Montaleau restant le Président du Chapitre Métropolitain et du V° Ordre jusqu’à sa mort le 30 janvier 1808. Mais le Chapitre Métropolitain, appelé communément « Souverain Chapitre Métropolitain », n’échappera pas à la tourmente révolutionnaire : ses travaux sont en effet interrompus en avril 1792 et ne reprendront qu’en avril 1797 : « Diverses propositions ont été faites pour le bien et la régularité des travaux du Chapitre Métropolitain et leur rendre le lustre et l’activité si essentiels au bien de l’Ordre en général. Elles ont été renvoyées à une commission. » La lecture des procès-verbaux des réunions du Comité des 27 (exécutif de la structure) révèle cependant des difficultés profondes dès l’année 1800 :

- Problèmes financiers dus à un arriéré important de cotisations des membres du Chapitre Métropolitain ; réunions des conseils des quatre ordres sans décor maçonnique adapté, conduisant le Président, appelé Très Sage, à proposer « pour le bien particulier et la gloire du Chapitre Métropolitain tendant à ce que les séances soient tenues dans les 4 ordres avec le plus de décence et d’apparat possible, en raison de quoi il serait très nécessaire de le pourvoir de tous les vêtements et ornements indispensables à sa splendeur», ce que ne permettaient pas à ce moment les finances de la structure ; chapitres fondateurs en déshérence : « Le T\S\ a encore parlé des chapitres fondateurs ; et après avoir représenté à l’assemblée que la plupart des chapitres se trouvant depuis longtemps sans activité par l’effet des circonstances, il a fait sortir l’importance qu’il y aurait à inviter ceux de l’O\ de Paris à se rapprocher du centre commun en se réunissant au Chapitre métropolitain en remplacement de ceux qui par l’effet des mêmes circonstances ne font plus corps avec lui. » ; pratique de rituels anciens et non reconnus depuis 1786 : « depuis que le G\O\ avait réuni à ses attributions la Maç\ des hauts grades, et avait déterminé ceux qu’il reconnaitrait, divers chapitres de sa correspondance continuaient à travailler suivant l’ancien rite en conservant des grades qui ne font plus partie de la Maç\ française, et en donnant aux ff. : initiés dans leur sein, des mots, signes et attouchements qui ne sont plus en usage au G\ O\ » ; difficultés à établir des Règlements Généraux propres au Chapitre Métropolitain, qui ne seront approuvés qu’en 1804.

Cette même année, le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), né aux États Unis s’implante en France : contrairement au Rit pratiqué par le Chapitre Métropolitain (trois grades symboliques et quatre ordres, chacun d’entre eux étant un regroupement synthétique de grades), le REAA est analytique : il est en effet organisé en 33 degrés (les trois grades symboliques et trente grades au-delà du grade de maître). Il confère des hauts grades au-delà du grade de Rose-Croix, grade terminal du Rit (qui sera dénommé quelques années plus tard Rite Français pour être distingué du REAA). A quelques exceptions près, le patrimoine maçonnique utilisé par les deux rites est le même, piochant dans les hauts grades développés en France à partir de 1740. Fidèle à sa volonté de contrôler la franc-maçonnerie, le Grand Orient crée en son sein le 21 juillet 1805 un Grand Directoire des Rites, « composé d’autant de membres qu’il y aura de rites ». La riposte ne se fera pas attendre : le Rite Écossais reprit son indépendance, en termes d’administration des grades supérieurs au 18ème degré.

Le Souverain Chapitre Métropolitain se devait de réagir, afin de maintenir le positionnement du Rit ancien Pour cela, il lui fallait tout à la fois désigner pour chef suprême du Rit le Grand Maître du Grand Orient de France, Cambacérès, se réorganiser et se positionner en termes de hauts grades au-delà de celui de Rose-Croix. Le premier point fut acquis lors du Comité d’administration du 17 avril 1807, les deux autres l’avaient été par des décisions prises à l’assemblée générale du 20 décembre 1806 :

« Le Très Sage [Roëttiers de Montaleau] a fait plusieurs propositions, toutes tendantes au bien général de ce Respectable Atelier Chapitre Métropolitain et à ranimer l’activité de ses travaux par les motifs les plus propres à le faire remonter à sa première splendeur. Le premier moyen qu’il a proposé, a été de passer l’éponge sur l’intégralité de l’arriéré des cotisations, en convertissant cet objet en un don gratuit librement offert, et à réduire cet objet pour la suite à une cotisation annuelle de 6 francs, payables d’avance. [….]. Le Très Sage a fait observer que les circonstances paraissant exiger de faire connaitre au G\O\ que le Chapitre professait des connaissances maçonniques jusqu’à 81 degrés distribués par séries et renfermés dans cinq ordres et que jaloux de contribuer à repousser l’abus de les prodiguer, l’invitait à organiser des chapitres supérieurs qui ne conférassent les hauts grades au-dessus de ceux sous le titre de Rose-Croix, que jusqu’à un degré limité. »

La nomenclature de 81 grades du Chapitre Métropolitain est ainsi fixée : neuf séries de neuf grades classées par famille (voir dernier chapitre). Le V° ordre exerce enfin (mais un peu tard) le rôle qui lui avait été dévolu dès 1784. Cela est acté par ses propres statuts approuvés en décembre 1807, aux termes desquels il est structuré en deux classes. La première est composée d’un conseil de neuf membres, « gardien des cahiers maçonniques, des règlements et archives du Chapitre Métropolitain » et « possédant les plus hauts grades ». Il faut comprendre que ce conseil avait vocation à réunir les porteurs des grades sommitaux des divers systèmes maçonniques du Grand Orient, et à conférer lesdits grades. Les cahiers des 81 grades sont déposés dans une arche à deux clefs, établie au lieu des séances du Conseil des IX. On ne sait si le projet ultérieur du Frère Gastebois père de faire des IX une classe d’ « Initiés dans les profonds mystères » aura pu être concrétisé. Un rituel de ce grade (62ème de la nomenclature) semble le confirmer, puisque l’un de ses exemplaires comporte la mention « dernier grade du 5ème ordre du Souverain Chapitre Métropolitain ». On notera avec intérêt que ce grade était le dernier du Rite en 33 degrés du comte de Clermont daté de 1768. Dans ce rituel, l’un des mots de reconnaissance est « Panapotheon » (que l’on peut traduire par élevé au plus haut niveau). Une deuxième classe, dite des Prosélytes, est composée de 27 membres nommés par le conseil des IX. Elle n’est convoquée que pour procéder à des réceptions de Prosélytes ou pour communication des lumières contenues dans les huit premières séries, la neuvième étant réservée à la classe des IX. Les rituels de cette dernière série appartiennent à la tradition hermétique, vraisemblablement peu compatible avec le rationalisme encyclopédique des dirigeants du Chapitre Métropolitain.

Cette forme de confiscation de la connaissance nous interroge. Les Prosélytes étaient-il jugés ne pas avoir les connaissances suffisantes pour appréhender ces sujets ? Fallait-il dérober aux yeux du « vulgaire » un patrimoine dérangeant, issu de la tradition hermétique? Une réponse peut être donnée par la vocation des membres du Conseil des IX d’être porteurs des grades sommitaux des divers Rites. On remarquera par ailleurs la procédure de recrutement des Prosélytes, qui doivent avoir déposé au conseil des matériaux dignes d’être déposés dans l’arche et des réponses à des « proponenda» communiqués à l’avance :

2° pourquoi la voute de nos Loges est-elle décorée par l’image de la lune, du soleil et des étoiles ?

3° pourquoi prenons-nous le nom de francs-maçons ?

4° quelle est l’allégorie cachée sous la figure du Triple Triangle, bijou des officiers du Grand Orient ?

5° pourquoi les nombres 3, 5, 7, 9, 21, 27, 81 sont-ils particulièrement adoptés en Maçonnerie ? »

L’énoncé de ces sujets démontre à l’évidence que leur niveau initiatique est limité aux grades symboliques au sein des chapitres du début du XIXème siècle. Il ne se déroule en effet dans les conseils des quatre ordres toujours pas de travaux symboliques, hormis les réceptions. Les passages d’ordre s’effectuent par ailleurs dans des délais parfois très rapprochés. L’entrée dans la classe des Prosélytes se fait par la réception au grade de Chevalier du Soleil, dernier grade de la 8ème série. Pierre Mollier a recensé 80 cahiers de ce grade copiés au XVIIIème siècle et répartis en trois familles. De par la multiplicité des rituels, l’auteur voit dans le Chevalier du Soleil « un grade à géométrie variable : double enseignement, permettant plusieurs utilisations du grade selon la sensibilité et l’objectif de ceux qui le pratiquaient, Ce grade témoigne de par son contenu double, de l’ancienneté de 2 courants marginaux au 18° : FM « philosophique », cad déiste et rationaliste, et FM hermétique, mais qui se pérenniseront dans la FM française ».

Ce grade traduit le stade ultime de l’initiation., soit par la réalisation du Grand Œuvre Philosophique dans les rituels hermétiques : « il faut pour y parvenir avoir écrasé le serpent de l’ignorance mondaine, et extirper de son cœur jusqu’aux moindres racines du préjugé et de l’erreur pour être admis au nombre des enfants de la vérité », soit par la volonté de « dépouiller le vieil homme, secouer les préjugés, enfants de l’erreur, voir la vraie lumière, et chercher la vérité » dans les rituels philosophiques. Les notes de Gastebois père nous éclairent sur le rituel utilisé pour la réception au V° ordre : « conférer le grade de Chevalier du Soleil, suivant le cahier du Sublime Elu de la Vérité ». Son analyse permet de le classer sans ambigüité parmi les rituels philosophiques.

Le V° ordre, structuré pour la première fois fin 1807, fonctionne sans Roëttiers de Montaleau, décédé le 31 janvier 1808. Les procès-verbaux des réunions du 18 décembre 1807 au 1er juin 1813 retracent des travaux consacrés pour leur plus grande part à la réception de Chevaliers Rose-Croix dans la classe des Prosélytes. Quelques débats se tiennent encore « sur le mode à adopter pour faire reprendre auRit ancien le lustre qui lui appartient, par la collation des grades supérieurs qu’il possède au-delà de celui de S\ P \ CH\ R\C \ », confirmant la préoccupation de positionnement par rapport au Rite Écossais.

Quant aux procès-verbaux des assemblées de 4ème ordre du 1er semestre 1814, ils font état d’une stagnation des travaux du Chapitre Métropolitain et d’une situation de quasi faillite de la structure, les loyers impayés la contraignant à restituer le 1er janvier 1815 les locaux à leur propriétaire, avec archivage des effets du V° ordre. A la même époque, le Grand Orient de France décide de reprendre l’administration de l’ensemble des hauts grades sous sa coupe Un Grand Consistoire des Rites sera installé fin 1815, qui deviendra le Grand Collège des Rites en 1826. En 1823, le Chapitre Métropolitain renoncera à son titre et choisira de s’intituler Chapitre des Gaules la patente du 30ème degré du Rit Écossais Ancien et Accepté lui étant accordée à cette occasion.

Le V° ordre cessera ainsi toute activité à la Restauration qui interviendra en avril 1814 avec l’avènement de Louis XVIII, avant d’être réveillé à la fin du XXème siècle, mais cela relève d’une autre partie de son histoire…

Colette Léger

commentaires

Les Deux Colonnes

Publié le 15 Avril 2014 par C\ T\ dans Planches

Il y a cela un peu plus d'un an, alors apprenti, je vous présentais un travail pour passer au grade de compagnon. Une année de silence, à l'écoute de mes frères, pour découvrir le travail en Loge et les grands principes qui fondent notre Ordre.

Une année d'échanges, où j'ai appris beau­coup en acceptant les règles multi-centenaires que nos anciens ont forgées tout au long de leurs rencontres.

Il est toujours agréable de revenir sur ces moments passés dans les ateliers sur la colonne du Nord, où la chaleur humaine le dispute à la franche amitié !

Ayant obtenu le grade de compagnon, j'ai tout d'abord changé de place dans le Temple. Je me suis retrouvé sur la colonne du Midi, sous le regard attentif du Premier Surveillant, place que je m'honore d'occuper à chaque tenue.

Ainsi, au fil des mois, de réunions en agapes fraternelles, de conversations chaleureuses en travaux importants je n'ai cessé de tailler la Pierre Brute, afin d'améliorer mes connaissances pour mieux comprendre le monde et faire triompher mes idéaux.

Apprenti, Compagnon, le Temple est pour moi, l'endroit essentiel où se construit la Franc -Maçonnerie. C'est dans ce lieu que tout se façonne, c'est de ce lieu que tout se développe. En son sein tout est symbole et rappelle les étapes que nous devons fran­chir pour mieux connaître le monde et ses mystères. C'est au cours des séances que nous avons ensemble, que se découvre pro­gressivement tout ce qui le constitue.

Aujourd'hui, je vous propose d'étudier un des éléments qui forme le tableau de l'apprenti et que l'on retrouve bien sûr dans celui de compagnon, c'est-à-dire : Les deux colonnes du Temple.

Edmond GLOTON, dans la Chaîne d'Union rappelle avec concision la place qu'elles doivent occuper dans nos ateliers : "Beaucoup de nos frères pensent à tort qu'il faut pour abriter les travaux de leur atelier un local spécialement aménagé. N'importe quelle salle peut convenir, du moment que le tracé de la loge figure entre les colonnes".

Cet élément essentiel au Temple, que nous avons en perma­nence sous les yeux, provoque de nombreuses réflexions, voire des interrogations. Aussi, je me propose d'envisager tout ce qui peut, de près ou de loin, nous permettre de mieux comprendre l'intérêt que nous avons, de considérer ce sujet sous tous ces aspects.

Bien entendu, sur le plan architectural, les colonnes ne sont pas nées dans l'esprit de l'homme par hasard. En effet, il y a plu­sieurs centaines de milliers d'années, nos ancêtres vivaient dans des grottes ou des abris pour se protéger, se reposer. Dans les forêts, ils ont découvert naturellement ce que pouvait représenter un tronc d'arbre qui s'élève vers le ciel. Dans les grottes ils ont rencontré des concrétions calcaires : stalagtites et stalagmites qui ne pouvaient que les inspirer.

De là bien sûr, est née toute une symbolique, où l'imaginaire humain se développant, a conduit les hommes à modifier lente­ment leur mode de vie.

En coupant les arbres, ils ont exploité un matériau différent de ceux qu'ils avaient l'habitude d'utiliser : l'os, la pierre.

Je ne m'étendrai pas sur toutes les religions primitives qui ont vénéré l'arbre et sa forme en trois parties : les racines : la vie ; le tronc : la force ; le feuillage : l'espoir, symbolique constamment employée par les hommes jusqu'à nos jours et ce sont ces formes étranges qui décorent de nombreuses grottes, qui ont servi nos pre­miers artistes pour leur représentation du monde et de sa magie.

Déjà, nous pouvons sentir l'approche informelle qu'ont eue ces premiers hommes, du monde extérieur et du monde intérieur, à travers ces formes identiques, apparentes ou cachées, données aux profanes ou révélées aux initiés, que nous avons intellectuali­sées, stylisées, sous forme de colonnes.

Au fil des millénaires, nos ancêtres ont saisi tout l'intérêt qu'il y avait à utiliser cette forme pour construire leur habitation. Des maisons sur pilotis aux cabanes sommaires, le tronc de l'arbre a permis la sédentarisation des tribus vagabondes à la recherche de nourriture, donnant donc naissance à l'agriculture, mais aussi aux premiers villages, lieux essentiels où allaient se développer les civilisations. On retrouve à travers les fouilles archéologiques les différents procédés employés pour la construc­tion, où devaient se marier avec une grande précision deux dimensions essentielles : l'horizontale et la verticale.

Le passage à la pierre se fait tout naturellement lorsque l'homme veut donner à la construction une importance magique ou religieuse, c'est-à-dire, intégrer la dernière dimension qui nous échappe ou qui nous fuit, je veux dire : le temps.

Ainsi, les premiers édifices qui accueillent, ou permettent un culte, sont des temples, où les colonnes sont les éléments indis­pensables à sa solidité.

Lente progression de l'esprit de l'homme qui affirme sa place sur la terre, en prenant possession du sol pour organiser sa vie sociale et chercher à comprendre le monde qui l'entoure en éle­vant des temples à la gloire de forces qu'il craint ou qu'il vénère.

Ainsi, techniquement, toute construction quelle qu'elle soit, des premiers âges jusqu'à nos jours, ne peut se passer de cet ins­trument indispensable, capital qu'est la colonne !

Je ne me prive pas du plaisir de vous rappeler quelques vers de Victor Hugo, dans un de ses plus célèbres- poèmes : " endormi", tiré de la Légende des Siècles :

"Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu. Une race y montait comme une longue chaîne. Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu !"

A travers toutes les formes de l'art, les hommes ont mêlé à leurs oeuvres les colonnes, ou comme pièce principale, ou comme décor.

Des temples grecs ou romains aux tableaux de Piero Della Francesca, de Buren aux monuments à la gloire des ancêtres; nombreux sont les artistes qui ont rappelé ou utilisé cet élément indispensable à la construction de l'humanité. Car, bien souvent le commun des mortels a oublié la place essentielle que jouent les colonnes, pour la construction du monde, une marche vers un avenir meilleur !

Tout savoir, toute connaissance, toute découverte, se construit et ne peut se développer qu'à partir de basés solides, et c'est la colonne qui en forme le squelette, entre la base qui prend appui sur la terre ferme et le chapiteau qui en est l'extrémité. Tout nous montre que, sans elle, plus rien de concret ou de positif ne peut exister. Elle devient le symbole de la solidité que Samson, prison­nier des Philistins remit en question en écartant les colonnes de leur temple, qui, en s'effondrant offrit à son peuple la victoire.

Plus les colonnes du temple seront solides et assurées, plus difficile sera la tâche de ceux qui veulent l'ébranler: Au-delà de leur place symbolique, à l'entrée de notre demeure, face à nous, elles nous rappellent en permanence, que pour. assurer la conti­nuité de notre labeur, nous devons constamment œuvrer sans relâche à la construction d'une vie meilleure en respectant les grands principes qui sont les nôtres, socle de notre action.

Symbole de solidité bien sûr, mais symbole de vie aussi, comme l'arbre où la base en est la racine qui va puiser dans la terre des ressources nécessaires, indispensables à tout développe­ment. Le lien est très fort entre les différentes parties qui la constitue, comme l'arbre formant un tout. Ainsi, les hommes ont souvent dressé des colonnes un peu partout sur la terre, pour sym­boliser la vie et tenter de laisser l'empreinte indélébile de leur passage.

Car, au-delà de la vie qu'elle représente à travers le monde végétal, elle est aussi représentation humaine. Représentation sensuelle, la colonne est un phallus dressé comme signe de fécon­dité et de reproduction. L'homme marque en l'érigeant sa puis­sance dominatrice sur le monde dangereux qui l'entoure. Elle est là, pour signer sa présence, et que d'autres après lui, qui seront nés de sa semence, pourront contempler. C'est debout que l'homme avance dans le temps, déchirant le voile de l'obscurité qui l'entoure, il veut montrer qu'il est lui-même par sa position verticale, celui qui construit, celui sur qui tout repose.

Je reviendrai sur ce symbole très fort de l'homme dressé devant l'univers qui l'écrase.

Les deux colonnes qui signent l'entrée de notre temple sous la voûte constellée d'étoiles nous rappellent sans cesse ce que nous sommes, et ce vers quoi nous nous dirigeons.

Ce mariage magique, entre des hommes amis, des colonnes dressées, l'univers infini, doit nous inciter à la plus grande et pro­fonde méditation sur notre devenir, la place que nous occupons dans la création.

Je terminerai la dimension symbolique des colonnes en rap­pelant brièvement ce que tout à l'heure j'évoquais au niveau de la verticalité : sa base forme une équerre parfaite qui lui permet d'ailleurs de rester en place sans aucun appui extérieur.

Liant l'horizontale et la verticale, la colonne symbolise l'espace.

L'équerre qu'elle forme avec le sol, rectifie, ordonne la matière, symbolisant la droiture, le respect des lois, des règle­ments. Symbole permanent que l'on retrouve sur le tableau de l'Apprenti et du Compagnon.

Enfin, elles sont doubles, c'est-à-dire qu'elles nous incitent à réfléchir sur la dualité, donc sur le nombre deux.

A l'entrée du Temple, deux colonnes qui encadrent la porte, nous ouvrent le passage avant d'aller prendre place pour com­mencer les travaux.

A la question : "Comment avez-vous été reçu compagnon ?", notre réponse a été : en passant de la colonne du Nord à celle du Midi. La colonne J, dont la couleur est rouge, correspond au soleil et signifie la raison, dont la clarté dissipe les ombres de l'erreur. La colonne B, dont la couleur est blanche, correspond à la lune. Cela veut dire que la raison elle-même a besoin, pour

donner toute sa mesure, de sensibilité, de sentiment, d'imagina­tion. Ainsi, grâce à la discipline de la raison dont il ne doit jamais se distraire, le Compagnon peut, doit s'élever à la conception imaginative, réglée elle, de ce qui pourrait et devrait être.

Ainsi, en passant entre les deux colonnes, à l'entrée du Temple, nous franchissons une étape qui nous conduit en un lieu sacré, chargé d'histoire, de symboles. `

En effet, il faut retourner dans le passé pour saisir toute l'importance de ces colonnes qui indiquaient l'entrée du Temple de Salomon. La Bible nous le décrit. Pour y pénétrer, il fallait passer entre deux colonnes que le roi Salomon avait fait exécuter par HIRAM de Tyr, de la tribu de Nephtalli, homme sage, intelli­gent, ayant une grande connaissance d'un noble matériau qui est l'airain.

La Bible nous explique leurs mesures : dix-huit coudées de hauteur, douze de circonférence, douze à leur base ; leurs chapi­teaux cinq ! La somme de ces nombres correspond au, nombre des constellations et des signes du zodiaque. Reliées entre elles par un portique, elles donnent accès à un lieu sacré. Leur solidité grâce à l'airain devait leur permettre de résister au temps, et au déluge.

La colonne de droite fut nommée Jachin et celle, de gauche Boaz.

Le mot Jachin s'écrit en hébreu avec les lettres Iod, Caph, lod, Nun. Le mot Boaz s'écrit avec les lettres Beth, Aïn, et Zaïn. Nous retrouvons, grâce à ces lettres une autre écriture. Jakin avec un K et Booz avec deux 0. Bien sûr, ces appellations ne relèvent pas du hasard ou de l'improvisation. De nombreuses études ont été faites à leur sujet. Il n'y eut jamais de contestation sur le sens symbolique de ces deux colonnes. La première étant suffisam­ment caractérisée comme masculine par le Iod initial qui la désigne communément. Ce caractère hébraïque correspond en effet à la masculinité par excellence. Beth, la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, est considérée, d'autre part, comme essentielle­ment féminine, car son nom signifie maison, d'où l'idée de récep­tacle, de caverne, d'utérus.

La colonne J, qui correspond au soleil est donc masculine, active. La symbolique des couleurs- exige qu'elle soit rouge. La colonne B qui correspond à la Lune est féminine, passive, donc blanche ou noire.

Ces deux symboles nous montrent bien l'antagonisme des forces qui règlent la marche de l'univers, l'antagonisme qui forme l'humanité, porte le monde dans lequel nous vivons.

Au-delà de cet affrontement, il y a une profonde et très secrète complémentarité, car, l'une et l'autre se nourrissent mutuellement, forment un tout que nous découvrons au sein du Temple, sous la voûte étoilée, en direction de l'Orient où siège le Vénérable. De ce triangle parfait reliant les trois forces essen­tielles qui portent notre action, nous siégeons de part et d'autre pour ne point rompre le lien magique qui façonne notre Ordre.

Pour faire respecter celui-ci, est placé, devant chaque colonne, un surveillant, qui, comme son nom l'indique, veille au bon déroulement des travaux des Frères placés de part et d'autre de l'entrée se faisant face en deux colonnes, correspondant à la lettre J et la lettre B.

Les deux colonnes formées par les Frères sont les bornes du monde créé et de même que les surveillants ont sous leur dépen­dance les Apprentis et les Compagnons, de même les deux colonnes correspondent aux surveillants. Derrière le premier sur­veillant se dresse la colonne B. Il doit surveiller les travaux des compagnons placés devant. C'est la colonne du Midi. Derrière le deuxième surveillant se dresse la colonne J, dont la mission est l'instruction des Apprentis. C'est la colonne du Nord.

Ces colonnes, autrefois, étaient dressées extérieurement de chaque côté de la partie principale du Temple. Elles correspon­daient aux obélisques des sanctuaires égyptiens. Elles étaient cou­vertes de hiéroglyphes ou de dessins mystérieux, que les initiés, seuls, devaient apprendre à saisir le sens.

Le salaire reçu auprès de celles-ci, n'a rien de matériel, c'est l'instruction initiatique sur laquelle veille les surveillants.

A l'image du matériau utilisé : l'airain, alliage noble de diffé­rents métaux : étain; argent, cuivre, elles représentaient l'incor­ruptibilité, l'immortalité, l'inflexible justice. Elles sont générale­ment surmontées de trois grenades ouvertes, les graines noyées dans la pulpe transparente symbolisant les Maçons unis entre eux par un idéal commun.

Les lys qui les décorent évoquent la flamme pure, fécondante qui doit briller dans chacun de nos coeurs, et nous aider tous ensemble, à faire triompher notre idéal.

Sept rangs de chaînes les entourent, placés entre les grenades et les lys. Elles ont une double valeur symbolique. Tout d'abord, elles suggèrent les liens qui emprisonnent les profanes, les main­tiennent dans l'ignorance, chaînes dont nous avons su nous libérer, qui, maintenant, deuxième symbole nous unissent définitivement.

Ainsi, elles réunissent ce que nous faisons régulièrement en nous donnant la main, pour mieux travailler ensemble : les sym­boles de fécondité, d'union.

C'est pour toutes ces raisons que les Frères qui ont fait circu­ler le tronc de la veuve et le sac aux propositions, viennent se placer, côte à côte entre les colonnes, face au Vénérable et attendent le signal pour les remettre à sa disposition.

De même, lorsque s'installe le Collège des Officiers, c'est entre celles-ci qu'ils sont acclamés par tous les Frères réunis.

Seul, le Pavé Mosaïque déplace la ligne droite qui relie l'axe médian entre les deux colonnes, et le Vénérable. Aucun Frère ne lui tourne le dos. Nous sommes là pour garantir, assurer le lien puissant, secret qui doit en permanence affirmer l'unité, la fécon­dité, et l'éternité de nos travaux. Chacun à sa place, séparé du monde profane par la porte du Temple et ses deux colonnes.

Je rappellerai brièvement que suivant le rite auquel l'on tra­vaille, la place des surveillants est inversée comme le sont les lettres J et B accrochées aux colonnes. Au-delà de ces diffé­rences, il y a le symbole attaché à la complémentarité de ces deux espaces, qui, en se faisant face forment une partie unie, labo­rieuse, disciplinée pour aider tous les Frères à travailler ensemble en s'inspirant des idées que portent en elles les deux colonnes fermant l'entrée de notre demeure et que vient achever le Vénérable Maître assis à l'Orient.

Tableau parfait de l'harmonie qui enveloppe la Loge, quand les travaux commencent. Harmonie que nous retrouvons sur le tapis de la Loge posé en son milieu sur le Pavé Mosaïque.

Symbole du tableau mystique du grade de Compagnon ou les deux colonnes reposant sur le Pavé Mosaïque sont entourées de tous les attributs qui constituent notre travail, notre but.

Au-dessus de la colonne B : le Niveau ; de la colonne J : la Perpendiculaire, reliés entre eux au milieu de celles-ci par le compas, pointes en haut, ouvert sur la lettre G aux cinq sens.

Ainsi, nombreuses sont les étapes à franchir, lorsque l'on se dirige vers l'Orient. Nombreux sont les signes qui nous guident vers plus de générosité, de perfection. Lé travail que nous avons commencé n'est jamais achevé. Mais avant qu'il soit entrepris, il faut d'abord franchir la porte sur laquelle on peut lire bien sou­vent : LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ, et passer entre les colonnes.

Comme je le rappelais au début, Edmond GLOTON résumait que, pour abriter un atelier, il suffisait que le tracé de la Loge figure entre les colonnes. Au nombre de deux, bien sûr. Deux seu­lement car elles forment ensemble deux parties d'un même tout. Elles sont face à face, en opposition, chacune représentant un symbole différent, au contenu conflictuel, donc de réflexion, somme d'équilibres réalisés ou de menaces latentes.

Ce dualisme qu'elles incarnent, sur lequel repose toute dia­lectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, est source de progrès, de vie. Ce principe de division porte en lui le principe de multiplication, donc générateur de fécondité. Nous le retrouvons dans les différentes civilisations qui nous ont précédées, où la mort et la vie, le mal et le bien ont pris différentes formes maté­rielles, spirituelles ou intellectuelles.

Nous avons découvert le principe actif de ce dualisme dès la naissance, où notre corps est formé de deux parties, du visage jusqu'aux membres. La beauté ou la laideur, la force ou la fai­blesse, l'intelligence ou la bêtise sont les aspects différents que peut prendre l'individu, donc son équilibre.

Ainsi, lorsque les colonnes évoquent les principes de mas­culinité ou de féminité, elles rappellent en permanence notre profonde, éternelle dualité, homme et femme, ou éternelle ambi­guïté : homme ou femme, ou éternelle complémentarité : homme/femme.

De même la science, instrument de connaissance, outil salvateur contre l'ignorance, l'absurdité séparant le vrai du faux, qui s'est développée sur ces contradictions, a fait germer les plus grandes théories, sur le principe magistral de la thèse et de l'antithèse, ouvrant ainsi la porte à des solutions qui nous conduisent à mieux comprendre le monde, mieux agir pour l'avenir de l'humanité.

Les vertus conjuguées des deux éléments essentiels qui constituent la base du devenir de l'univers, forment une puissance infinie où l'espace et le temps se confondent. L'absurdité de notre vie n'a d'égal que le sens de notre mort. Ainsi, tout simplement, au sein de ce temple, fraternellement rassemblés devant les colonnes, sous le regard de notre Vénérable Maître, nous essayons de construire, dans la contradiction, le dualisme, ce monde, plus juste, plus solidaire, auquel nous aspirons tous, que nous voulons, loin de tout égoïsme, malsain, faire partager demain, à ceux qui, au-delà des colonnes, dans le monde profane, veulent frapper à la porte du Temple.

Source : www.ledifice.net

commentaires
Publicité

Fraternité Universelle

Publié le 13 Avril 2014 par X dans Facebook

10250281_10152087482133004_4006924286057471932_n.jpg

commentaires
Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 50 60 70 80 90 > >>