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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

MELKISEDEQ C'EST QUI CELUI-LA ? -Part I, II, et III(extrait)

Publié le 29 Juillet 2026 par T.D

 

PART -I-

  1. Le texte

Nous aurons moins à écrire puisque le Nouveau Testament ne comporte qu’une mention de Melkisédeq : il s’agit des chapitres 5 à 7 de l’Epitre aux Hébreux, et plus particulièrement au chapitre 7 des versets 1-3 qui peut se lire ainsi :

« Ce Melkisédeq donc, roi de Salem, Prêtre du Dieu Très-Haut, qui alla au devant d’Abraham revenant de défaire des rois, et le bénit, auquel aussi, Abraham attribua la dîme de tout, qui est d’abord interprété roi de justice, et ensuite aussi roi de Salem c’est à dire de paix, sans père, sans mère, sans généalogie, n’ayant ni commencement de jours ni fin de vie, rendu semblable au fils de Dieu, (il) demeure Prêtre durablement. »[12]

  1. Les problèmes soulevés

Ce texte très dense pose de nombreuses questions, tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme les spécialistes des textes sacrés ont démontré que son attribution à l'apôtre Paul ne correspondait pas à la réalité ; en effet on ne retrouve pas ici le style de l'apôtre des Gentils dont les épitres sont adressées à l'ensemble d'une communauté chrétienne, or notre texte s'apparente plus à un traité de théologie ne visant qu'un groupe restreint de destinataires, des responsables sensibilisés à la question du sacerdoce. Et dans son écriture il serait très proche des textes construits par les érudits d'Alexandrie proches du philosophe Philon que nous avons déjà rencontré; selon les chercheurs cette hypothèse serait soutenue sur le plan de l'écriture par les tournures utilisées et sur le plan historique par le fait que des allusions sont faites au Temple comme lieu de prière à l'époque où les textes sont écrits, or le Temple sera détruit en 70 par Titus et donc le texte est nécessairement antérieur.

Sur le fond l'épitre aux Hébreux confirme certaines données des textes de l'Ancien Testament: Melkisédeq est roi de justice et Prêtre du Très-Haut ; il règne sur Salem qui est assimilée à Jérusalem. En revanche certains éléments ont disparu : il n'est plus question de l'offrande du pain et du vin ni non plus des bénédictions.

Mais le texte apporte par ailleurs des informations nouvelles ; certaines sont le développement des textes précédents : ainsi en accentuant le lien entre le double aspect « justice » et « paix » (sédeq et salem) de Melkisédeq l'auteur de l'épitre fait ressortir les caractéristiques qui définissent dans la bible les Temps messianiques ce qui évidemment donne une ampleur « extra-terrestre » à notre personnage !

Et cette volonté de faire de Melkisédeq une figure qui dépasse la simple humanité est illustrée par l'apport essentiel du texte : profitant du silence des textes antérieurs sur les ascendants de Melkisédeq l'auteur proclame que notre personnage est « sans père ni mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours, ni fin de vie » ce qui se traduit au final par l'affirmation que Melkisédeq est éternel ! Et pour qu'aucun doute ne soit permis il est enfin écrit qu'il est ainsi « rendu semblable au fils de Dieu ».

Lorsqu'on fait la synthèse des différents aspects de Melkisédeq au travers des textes des deux Testaments il apparaît clairement que les deux religions du Livre alors connues ont à résoudre des problèmes différents mais issus des interrogations suscitées par ce personnage plus que jamais énigmatique, tout particulièrement à un moment de l'Histoire où l'apparition du christianisme, indiscutablement à partir du judaïsme, amène très vite les deux parties à s'affirmer en se confrontant.

Les Juifs doivent nécessairement « capter » Melkisédeq, le faire leur, alors qu'à la lecture des textes il est le Prêtre d'un Dieu qui n'est pas présenté comme celui d'Abram. Il n'est pas acceptable pour le judaïsme qu'Abram, élu par Dieu et vainqueur des Rois accepte les offrandes, soit béni et paie la dîme, c'est à dire se reconnaisse le vassal d'un autre sauf si cet autre est au moins le représentant du Dieu unique Yahvé ; le problème devient plus aigu encore avec l'épitre aux Hébreux : pour un juif ce qui n'est pas dans la Thora n'est pas dans l'univers : ce roi mystérieux n'a pas de généalogie[13] or le seul personnage -si on peut dire- qui puisse être sans généalogie ni père ni mère, ni commencement de jours ni fin de vie, c'est Dieu lui-même ! Face à ces équivoques il est impératif de faire clairement de Melkisédeq une figure biblique « orthodoxe », intégrée à la saga du peuple juif.

Evidemment pour les Chrétiens qui doivent convaincre de la personnalité divine de Jésus et diffuser la Bonne Nouvelle Melkisédeq apparaît comme une figure qui démontre que de tout temps Jésus était annoncé : le roi offre le pain et le vin, bénit Abram qui vient à lui (et qui figure l'humanité puisqu'il n'est pas encore Abraham patriarche juif) ; autant d'éléments qui font bien que Melkisédeq est « rendu semblable au fils de Dieu ». Mais c'est bien là que commence la difficulté : semblable au fils de Dieu veut-il signifier que Melkisédeq préfigure le Christ ? Ou bien qu'il s'identifie au Christ ? Dans cette seconde hypothèse Melkisédeq serait le Christ éternel apparu sous une forme humaine à Abram pour le bénir et confirmer sa mission. Dans un cas comme dans l'autre la « légitimité » du Christianisme était démontrée, sa qualité de Messie prouvée !

Nous cherchions des réponses à nos questions mais clairement le Nouveau Testament, s'il apporte quelques compléments d'informations, soulève surtout des interrogations majeures...

Incontestablement il faut poursuivre notre quête au travers des nombreux auteurs qui ont tenté d’élucider les mystères mais sans doute aussi voulu défendre leurs familles spirituelles.

B - LES INTERPRETATIONS DANS LES FAMILLES RELIGIEUSES

Si les textes initiaux sont rares la littérature à laquelle ils ont donné naissance est d’un volume considérable et d’une complexité étonnante ! C’est que tous, Pères de l’Église, Rabbins et Gnostiques entendaient bien tirer le plus grand profit d’un personnage si extraordinaire et le faire servir à la défense et à l’illustration de leurs thèses.

Il nous a donc fallu faire des choix ; ceux-ci d’ailleurs dans les seules sources que nous comprenions : certaines démonstrations exigent des connaissances que nous n’avons pas et la fréquentation de « sciences » dont nous ignorions jusqu’à l’existence !

Il nous a semblé que le plus simple consistait à examiner successivement les points de vue des principales parties concernées par le sujet qui sont les Chrétiens, les juifs et les gnostiques ; bien sûr ces deniers sont liés aux deux autres catégories, tout spécialement à la première, mais leur originalité tant dans le raisonnement que dans les perspectives ouvertes permet d’en faire, même un peu artificiellement une catégorie à part entière.

Il faut également garder à l’esprit que les textes des uns et des autres ont vocation à se répondre et que le développement des thèses en trois rubriques distinctes n’a pas d’autre raison d’être que le souci de clarté.

1°) Les développements dans le Christianisme

  1. Les thèses du Christianisme en construction

La volonté continue des Pères de l’Église a été de démontrer la légitimité et la supériorité de l’église chrétienne par rapport au judaïsme dont elle était issue.

Et pour cela il s’agissait d’expliquer que la prêtrise dont Melkisédeq était le modèle était supérieure à celle issue de Lévy ; et  que Melkisédeq avait annoncé Jésus vrai Prêtre du Très-Haut.

Vers 160 Justin[1] dans son « dialogue avec Tryphon » souligne que Melkisédeq est antérieur aux juifs et de ce fait est le « Prêtre des incirconcis ». Tertullien[2] dans « contre Marcion » (v. 9. 9) et dans « Contre les Juifs » (2, 7-1) insiste sur le fait que Melkisédeq a été élu au sacerdoce du Grand Dieu sans être circoncis ni faire sabbat, qu’il est Prêtre pour l’éternité et que cette prêtrise éternelle est maintenant assumée par Jésus fils de Dieu. Origène[3] dans son « Commentaire de l’Évangile de Jean » (1, 1) comme dans son « Homélie sur le Lévitique » (12, 1) insiste sur l’idée que quiconque est « Prêtre parmi les hommes » est petit et faible alors que Melkisédeq est lui « le grand Prêtre qui peut pénétrer dans les cieux » : il est donc bien au dessus de tout ce que la seule humanité a pu concevoir comme prêtrise car lui relève du divin, ce qui prouve qu’il est sans généalogie, éternel et non engendré et de plus éternel Prêtre pour l’éternité : ces caractères sont ceux de Jésus dont Melkisédeq devient alors le prototype.

Cyprien de Carthage[4] fait en quelque sorte la synthèse de cette approche dans sa lettre 63 IV, 1et 3 et la complète en glosant sur l’offre du pain et du vin qui n’apparaissait que dans l’Ancien Testament. Pour cet auteur Melkisédeq est une figure prophétique qui annonce le sacrifice de Jésus ; c’est ce que révèlent les Psaumes quil commente ainsi :« l’Esprit saint parlant au nom du Père et disant au Fils : je t’ai engendré avant l’étoile du matin ; tu es Prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melkisédeq » et Cyprien de Carthage précise en outre immédiatement « cet ordre (de Melkisédeq) se réfère à ce sacrifice et a  son point de départ dans ce fait que Melkisédeq fut Prêtre du Très-Haut, qu’il offrit le pain et le vin… », Et il termine enfin sa démonstration en proclamant « Qui en effet fut plus Prêtre du Très-Haut que notre seigneur Jésus qui offrit à Dieu son père le même (sacrifice) que Melkisédeq avait offert, à savoir le pain et le vin c’est à dire son corps et son sang ? Et Celui qui est la plénitude de toute chose a réalisé ce que cette figure annonçait ».

Tous les thèmes nécessaires à la démonstration que le triomphe du christianisme est pleinement justifié et légitime sont en place : Melkisédeq est antérieur au Judaïsme et en même temps éternel ; ses faits et gestes préfiguraient clairement ceux de Jésus.

C’est Ambroise de Milan[5] qui amènera la démonstration des pères et théologiens des premiers siècles à son aboutissement en faisant de Melkisédeq le père des sacrements de l’Église nouvelle. Dans son ouvrage « des sacrements » au chapitre IV, 10-12, il écrit « qui avait le pain et le vin ? Ce n’est pas Abraham. Mais qui les avait ? Melkisédeq. C’est donc bien lui qui est l’auteur des sacrements. »

Puis il ajoute : « qui est Melkisédeq qui signifie roi de justice, roi de paix ? Qui est la paix de Dieu ? La Sagesse de Dieu ? Celui qui a pu dire je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix… » Et dans ce même chapitre mais en 27 Ambroise de Milan rappelle que lors de la messe il est demandé à Dieu d’accepter « les dons de ton serviteur le juste Abel, le sacrifice de notre père Abraham et celui que t’a offert le grand Prêtre Melkisédeq ».

Si on veut bien nous permettre une digression, rappelons que cette demande est encore aujourd’hui reprise dans la liturgie romaine ; le canon romain « supra quae » précise que l’acceptation des sacrifices offerts par les justes de l’Alliance atteste que Dieu accepte le sacrifice qui est fait ici et maintenant. Et le canon « hanc Igitur » rappelle explicitement que le pain et le vin offert par Melkisédeq avait été une préfiguration des mystères de l’eucharistie. Enfin le Psaume 109, 4 est repris lors des vêpres solennelles des grandes fêtes religieuses comme l’affirmation que la fonction sacerdotale ne relève pas de la lignée d’Aaron mais bien de Melkisédeq et la liturgie invite à voir en chaque Prêtre une figure du Christ.

  1. Les apports à la période médiévale

C’est au cours de la période médiévale que les exégètes vont développer et affiner la thèse d’un Melkisédeq figure du Christ[6], modèle du Prêtre et dont l’offrande annonce l’eucharistie.

Thomas d’Aquin[7] explique dans son commentaire de l’épitre aux Hébreux que « sans père » est une manière d’annoncer la naissance du Christ d’une vierge et que « sans mère » signifie qu’il s’agit d’une « génération spirituelle », et de ces particularités il faut conclure à l’absence de toute imperfection chez le Christ ; d’autant que d’être « sans généalogie » implique que le Christ Prêtre n’appartient pas à la famille des lévites et n’est donc pas lié par la « vieille loi ».

Certains ouvrages procèdent par une étude comparée systématique des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament pour démontrer l’identité des deux personnages ; ainsi Hugues de Saint Cher[8] commence-t-il le Psaume 109, 4 en rapprochant Jean 6 (ce pain que je donnerai est ma chair) de Lévitique 26 (« vous mangerez les plus anciennes des choses anciennes et, les nouvelles arrivant, vous jetterez les anciennes » : les plus anciennes donc avant la loi, au temps de Melkisédeq). Ou encore en rappelant que Jésus a dit « Qui est ma mère ? » (Mt 12), que le Messie est aussi prince de la paix et qu’il bénit tout comme Melkisédeq, roi de Salem (la paix), a béni Abram.

L’offrande du pain et du vin préfigure à la fois l’eucharistie et le sacrifice de la croix selon Guibert de Nogent[9], thème que reprend Nicolas de Gorran[10] dans son commentaire de Genèse 14, 18 tandis qu’Albert le Grand[11] souligne que l’offrande du pain et du vin comporte deux éléments authentiquement chrétiens : cette offrande est faite à Abram qui vient de vaincre les rois ennemis, or ces rois représentent clairement nos péchés ; ensuite vient une bénédiction faite au Très-Haut. Ces deux mouvements sont caractéristiques de la grâce que nous fait Dieu : par le pain et le vin, l’eucharistie, il nous permet de vaincre nos ennemis ; ce qui nous permet alors de bénir Dieu, c’est à dire de l’approcher, de lui faire don de nos êtres purifiés.

Restait à comprendre ce qu’avait voulu exprimer le Psaume 110, 4 (109, 4 pour la version septante) en évoquant la prêtrise « à la manière » ou « selon l’ordre » de Melkisédeq. Comme il ne s’agit pas ici de faire un traité théologique nous poserons simplement qu’au delà du sens premier des termes « a la manière de », « selon l’ordre de » et même selon certaines traductions « à la mode de » les exégètes ont tenté de construire une thèse permettant là encore d’assurer l’antériorité et la supériorité du sacerdoce chrétien, préfiguré par Melkisédeq sur celui d’Aaron ; le premier est éternel, le second lié à l’histoire d’Israël. En fait on serait passé d’un sacerdoce royal (Melkisédeq et roi et Prêtre à un « sacerdoce seulement sacerdotal » comme l’écrit Bruno le Chartreux[12]. En fait Melkisédeq est à l’époque le seul Prêtre et en bénissant Abram il lui confère la prêtrise qu’accepte Abram en payant la dîme et Lévi est engagé par cette acceptation puisqu’il est alors en « potentialité » dans les reins d’Abram ! Et comme Jésus préfiguré par Melkisédeq n’est pas de la tribu de Lévi mais de celle de Juda il faut toujours selon notre chartreux que la bénédiction du roi de Salem soit en même temps porteuse d’un transfert -à intervenir le moment voulu- des Lévi vers les Juda, en la personne de Jésus ! Cette démonstration pour brillante qu’elle soit suscita la réprobation véhémente de Thomas d’Aquin qui dans sa somme Théologique rappelle (III. 2, 9. 22 art 6) que le Christ est source de tout sacerdoce et qu’il ne peut être ni de l’ordre de Melkisédeq ni d’aucun autre. Si Lévi est lié par la dîme versée par Abram cela ne peut concerner le christ qui lui n’a aucun ascendant de nature humaine puisqu’il est fils de Dieu.

On pourrait encore examiner les apports de nombreux autres saints hommes mais il convient aussi de se pencher sur les arguments des tenants de la 1° alliance et plus généralement de ceux qui jugent abusif le rapprochement de Melkisédeq et de Jésus.

2°) Contestations et opinions divergentes

La contestation, qui viendra très tôt, des thèses chrétiennes viennent essentiellement et fort logiquement du monde religieux juifs mais pas uniquement et surtout aux contestations par des autorités « établies » s’ajouteront des visions plus originales.

  1. Contestations par les autorités établies

Nous entendons ici par autorités établies les rabbins qui au fil des écrits et des enseignements ont critiqué les thèses chrétiennes dont ils percevaient sans peine qu’elles visaient à établir le judaïsme comme l’ancêtre dépassé, sinon contesté, du christianisme.

Ainsi plusieurs développements du Midrash[13] et particulièrement Rabba 43, 6, mais aussi le Talmud de Babylone[14] conteste l’interprétation et la signification données à l’Épitre aux Hébreux par les pères de l’Église : il n’est pas possible que Melkisédeq soit supérieur Abram car il a gravement fauté en bénissant une créature, fut-il un patriarche, avant le Créateur ! Et par cette faute il a perdu sa qualité de Prêtre que très légitimement et par conséquent Abram a récupérée ! (on a presque envie de rajouter « et hop »).

D’autres auteurs souligneront qu’il est parfaitement abusif de prétendre que Melkisédeq est sans généalogie ; de fait l’Ancien Testament ne dit rien de tel et c’est un apport abusif de l’Épitre aux Hébreux, une oeuvre de « dissidents chrétiens ». Selon Ephrem le syrien Melkisédeq serait en réalité Sem, fils aîné de Noé ; il faut se souvenir que Noé dès qu’il put quitter l’arche pour la terre ferme construisit un autel et offrit un sacrifice à Dieu : c’est donc lui l’ancêtre et le modèle de la prêtrise et il a naturellement transmis cette fonction à son aîné. Dès lors que Melkisédeq est identifié à Sem, cette prêtrise issue de Noé se transmettra en toute légitimité à Abram, à Aaron avant de parvenir au Christ ; ainsi est-il démontré que Jésus est bien Prêtre « selon l’ordre de Melkisédeq » et à sa suite tous les Prêtres issus de Jésus.

Au terme de ce raisonnement Jésus se trouve donc légitimé comme Prêtre d’Israël dont la mission a été de signifier que le temps des sacrifices sanglants (taureaux, moutons, boucs) était révolu ; reprenait force et vigueur l’offrande du pain et du vin, c’est à dire le temps de la vie et de la joie !

Mais surtout Jésus, et le christianisme avec Lui, réintégraient en quelque sorte le Judaïsme et l’orthodoxie juive, ce qui était l’objectif recherché.

  1. La contestation factuelle

Dans certains écrits c’est l’assimilation de Salem et de Jérusalem qui est mise en question. C’est qu’il existe dans un périmètre relativement restreint une ville de Salem (près de Sichem) et la ville de Salîm dont parle le 4° Évangile en expliquant que c’est à proximité de cette ville que Jean le Baptiste officiait (cf. Jean 3, 23) ; deux villes de Salem/Salîm donc qui rendent douteuse l’assimilation à Jérusalem selon Ethérie, un voyageur qui visita la Palestine dans les années 384.

L’assimilation de Melkisédeq à Jésus est également réfutée par ceux qui refusent un caractère divin à Melkisédeq, caractère que son assimilation à Jésus impliquerait. C’est le point de vue de Jérôme[15] pour qui Melkisédeq est au mieux un ange adressé à Abram pour le conforter dans son rôle de patriarche (lettre 73, datée de 398). Pour certains Melkisédeq serait en réalité l’archange Michaël, mais d’autres vont beaucoup plus loin et la vie de Melkisédeq devient une vraie saga : neveu de Noé, protégé du déluge par l’archange Michaël, il est reçu au paradis, réouvert pour lui, et y suit un enseignement qui fait de lui le Prêtre par excellence ; sa première mission après le déluge est d’enterrer le corps d’Adam conservé jusqu’à ce moment par Noé. L’emplacement de la tombe devient alors le point parfait, l’axe du monde : et miracle ce lieu élu est Jérusalem ! Melkisédeq ainsi devenu Prêtre pour l’éternité est le modèle parfait, symbole de la Tradition offert, sous les traits d’Abram, à chaque croyant.[16]

3°) Les apports Gnostiques

Il convient de préciser ici que nous entendons le terme « gnostique » dans son sens premier : philosophe de l’idée religieuse qui prétend avoir une complète connaissance de Dieu et de ses manifestations.

A ce titre et en rapport avec notre sujet deux textes sont particulièrement intéressants et quelques éléments à prendre en considérations.

  1. La légende Hébraïque de Melkisédeq

Il s’agit d’un texte retrouvé parmi les manuscrits de la mer morte et sans doute antérieur au 1° siècle, vraisemblablement avant la destruction du Temple. Le nom de Melkisédeq, « mon roi est justice » met en avant le rôle de juge et la vertu de justice qui sont étroitement liés à la fonction sacerdotale et au Temple : le Prêtre fondateur du premier Temple s’appelait Sadoq (être-juste), celui du second temple Jésus fils de Yéhosadaq (celui de Yahvé-a-justifié), second Temple qui fut restauré par Simon dit « le juste » tandis que le Maître de la communauté des Esséniens (auxquels certains exégètes ont rattaché Jésus-Christ) portait le titre de « Maître de justice ». Melkisédeq qui les a tous précédés est donc bien la source et le modèle de ceux dont la mission est de mener le peuple au seuil du monde nouveau, à l’instant choisi pour que soit rendue la justice. Il est le premier des juges de la fin des temps, en charge de juger les élus, les « Saints de Dieu ».

  1. Le second livre d’Hénoch

Cet ouvrage a connu une vie quelque peu complexe ! Composé en grec il ne nous est parvenu qu’au travers une traduction slave tardive (XIV-XVII° siècle). Les spécialistes continuent de débattre à propos de sa date de rédaction mais aussi de son origine juive ou chrétienne ; si on suit Bernard Barc[17] auquel nous empruntons ces données, l’œuvre, contemporaine de l’Épitre aux Hébreux serait finalement d’un auteur juif mais le texte aurait été remanié par des chrétiens.

L’idée centrale est que l’histoire telle qu’elle se déroule depuis le déluge ne fait que reprendre celle qui a précédé cette catastrophe, elle-même due à l’ingratitude des hommes vis à vis du créateur. Le Melkisédeq qui apparaît à Abram tout comme celui qui viendra juger à la fin des temps ont un ancêtre antédiluvien !

Dans cet ouvrage, dicté au patriarche Hénoch transporté pour l’occasion à travers les sept cieux jusqu’au trône de Dieu, nous retrouvons nombre de mythes qui fondent les grands courants religieux, aussi est-il intéressant d’en tracer en quelques lignes le scénario.

Hénoch dont le nom signifie « fais la dédicace du Temple » remonte auprès de Dieu après avoir laissé pour consigne à ses fils, dont l’aîné est Mathusalem, de demander au Très-Haut de se choisir un Prêtre ; or voici que Dieu bouleverse les usages et les règles en ne choisissant pas l’aîné de Mathusalem, Lamech, ni même l’aîné des petits fils, Noé, mais le jeune frère de celui-ci Nêr !

Nous retrouvons une donnée fréquente dans les mythologies et les textes sacrés : ce n’est pas l’aîné qui reçoit l’héritage ; les exemples sont multiples, que le droit d’aînesse soit perdu pour un plat de lentilles (Esaü) ou le choix du cadet fait par le patriarche ou le roi (Jacob qui deviendra Israël, Salomon désigné par David).

Et bien d’autres encore pour marquer que c’est le choix et l’élection qui prévalent sur les us et coutumes.

Mais reprenons notre histoire : de Noé sortiront les douze tribus dont celle des Lévi qui assurera le service du Temple ; de Nêr viendra Melkisédeq (qui remarquons le au passage a une généalogie) Nêr dont le nom signifie « lampe perpétuelle » et dont l’épouse, la mère de notre personnage, s’appelle Sophonim qui signifie « fin des douleurs », de là à imaginer qu’avec la vraie lumière qui jamais ne s’éteint le malheur disparaîtra il n’y a qu’un pas aisé à franchir ! mais l’histoire est plus dramatique (mélodramatique) car si Melkisédeq hérite des vertus de sa mère à l’instant de sa naissance c’est que celle-ci est morte en le mettant au monde ; d’une certaine manière notre personnage préfigure le christ revenu des enfers et sortant du tombeau ; il nait mais à une vie qui n’est pas celle du commun puisque aussitôt Dieu l’appelle à Lui, le met en quelque sorte « en réserve » dans l’attente du jour du jugement : ainsi le fils du premier Prêtre, lui-même Prêtre va-t-il exercer son sacerdoce dans l’autre monde, au ciel, tandis que les Lévites sont les desservants ici-bas. En fait Melkisédeq, être parfaitement saint n’aurait été envoyé bénir Abram que pour fonder un sacerdoce particulier, incarné dans des personnages d’exception comme Abram, David et enfin Jésus ! Ce dernier étant -selon nous et en n’engageant que nous- d’une certaine manière la synthèse des types rencontrés avec cet apport déterminant qu’est l’action : nous ne sommes plus en présence d’un personnage mystérieux plus ou moins insaisissable, Prêtre, roi et prophète mais du fils de l’Homme qui enseigne comment par son activité « hic et nunc » chacun prépare son accès à la renaissance dans l’autre monde, le jugement à venir étant en quelque sorte déjà prononcé et le verdict de clémence acquis par la réalité du sacrifice du christ.

Un manuscrit découvert à Nag-Hammadi[18] et dont on estime qu’il fut rédigé entre 150 et 225, établit que Jésus seul est le Prêtre céleste du très-Haut, ce que ne peuvent accepter certains gnostiques qui n’hésiteront pas à faire de Melkisédeq un personnage supérieur à Jésus. Est ainsi affirmé que Simon le mage, fondateur du gnosticisme est une réincarnation de Melkisédeq, « puissance de Dieu » dont le Christ n’est qu’une figuration : d’où il ressort évidemment que le gnosticisme est légitime et supérieur au christianisme ! Vers 375 il se crée même une secte, les melkisédéciens, qui fonde sa doctrine sur cette thèse en précisant que l’âme de chaque gnostique est en quelque sorte Melkisédeq et mène une guerre avec les puissances du Mal en vue d’établir un monde sur lequel régnera le moment venu le vrai Messie. La secte est bien sûr condamnée comme hérétique !

4) L’actualité religieuse plus ou moins récente de Melkisédeq

Il s’agit moins d’être complet, ce qui est tout à fait impossible sauf à écrire une « somme » qui requiert des compétences propres que de relever trois plus récentes occurrences de notre personnage.

  1. Melkisédeq et la culture indienne

Notre personnage n’est pas lié à la seule culture judéo-chrétienne. La culture religieuse hindoue connaît le personnage de Malik Yaztaq, ce nom étant une traduction de l’arabe (on reconnaît Melki/Malik, ce dernier terme signifiant roi en arabe). Chez les Hindous le personnage est un prophète en charge d’annoncer, d’organiser et de gérer le déluge ; à ce titre il porte le titre de « chakravartin » qui recouvre les fonctions réunies de « grand Prêtre » et de « souverain universel » (les souverainetés territoriales relevant des Rajah et autres maharajah) ; Malik Yaztaq est donc le souverain juge qui impose une Loi que ses subalternes ont pour mission d’adapter à chaque communauté humaine.

  1. Les visions d’Anna-Catherine Emmerich

Parmi les figures qui apparaissaient à Catherine Emmerich[19] celle de Melkisédeq est une des plus fréquentes ; elle décrit le personnage comme étant incontestablement un précurseur du Christ ; ainsi le voit-elle le présentant à Abraham qui était « celui dont Jésus se servit plus tard » ; lors d’autres extases elle détermine que le lieu où Melkisédeq fait l’offrande du pain et du vin est la vallée de Josaphat, nom qui signifie « jugement » et elle précise que c’est à ce même endroit que Jésus « passera, là à l’endroit où Melkisédeq offrit le pain et le vin. »

  1. Les Mormons et Melkisédeq

Les Mormons (« l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours » pour être exact) attachent une importance particulière au sacerdoce. Le fondateur Joseph Smith (1805-1844) a eu la révélation du Livre des Mormons en 1827 et a reçu la mission de rétablir la véritable Église de Jésus sur terre ; dès lors qu’il s’agit d’Église et de sacerdoce le personnage de Melkisédeq est incontournable puisqu’il est le prototype du Prêtre. Chez les Mormons le sacerdoce est constitué de divers degrés et ouvert aux garçons à partir de douze ans : c’est la prêtrise d’Aaron qui ouvre la voie à la fonction de « Prêtre de Melkisédeq » accessible à vingt ans ; la progression se poursuivra ensuite : « anciens », « Prêtre des 70 », «  grand Prêtre », « évêque », « apôtre » pour espérer devenir finalement membre du « conseil des douze ». La logique du système n’est pas évidente mais la place de Melkisédeq bien établie, d’autant que nous l’avons vu plus haut, notre personnage est pour certains celui qui a la fin des temps devra juger les « Saints de Dieu ».

  1. Le catéchisme de l’Église catholique

Dans sa version la plus récente[20] le catéchisme présente les ordinations sacerdotales comme l’intégration dans un Ordre, considéré comme un corps constitué : dans l’antiquité romaine le mot « ordre » désignait des corps constitués au sens civil, surtout le corps de ceux qui gouvernent et le texte précise « ces corps constitués existent dans l’Église… l’ordination est bien le passage vers l’Ordre » ; ce texte constitue véritablement une novation, sujette sans doute à discussion car jusqu’alors la prêtrise « selon l’ordre de Melkisédeq » signifiait que le Prêtre recevait une charge, une mission d’origine divine, mais non qu’il devenait lui-même un être transcendant…

Mais laissons-là ces débats théologiques ! Relevons encore que si le Coran ne fait pas mention de Melkisédeq il faut garder à l’esprit que les Musulmans reprennent pour leur compte Ancien et Nouveau Testaments et qu’en outre pour les Chiites l’imam caché est parfois identifié à notre personnage. D’ailleurs Melkisédeq ne disparaît pas totalement car certaines figures bibliques paraissent être son reflet mais curieusement en « négatif » ! Ainsi le livre de Josué nous présente-t-il un roi de Jérusalem, Adonisedeq (« mon seigneur est justice ») menant une coalition qui s’oppose à la progression de peuple guidé par Josué en terre promise ; Dieu viendra au secours des hébreux et Adonisédeq finira emmuré dans une caverne (Josué, 10, 1-11). Son successeur, à son tour prisonnier, aura les pouces coupés, ce qui remarquons le  l’empêche de saisir une coupe ou de partager le pain (livre des Juges 1, 4-7). Finalement ce n’est qu’avec David qu’une dynastie juive s’installera durablement à Jérusalem. De plus l’offrande du pain et du vin demeurera dans la tradition biblique la marque de la prise de possession ou de la promesse du pouvoir royal, avec l’ajout il est vrai d’un chevreau ou d’un agneau ; c’est bien l’offrande des fruits essentiels du labeur partagé entre l’homme et la terre qui témoigne et atteste d’un destin hors du commun.

Et pour notre part il paraît temps de quitter le monde des religions pour considérer les apports de Melkisédeq dans le monde ésotérique. Au demeurant il est clair que quitter le monde des religions n’est pas sortir de la dimension religieuse dans son sens le plus universel : la science de ce qui « relie » notre monde à un autre, l’univers dont nous connaissons l’organisation à celui dont les caractéristiques nous échappent.

 

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MELCHIZEDEK

Publié le 28 Juillet 2026 par T.D

par Sadhana

Depuis la première fois que le nom de Melchizedek fut mentionné dans les Écrits sacrés des religions, il y a eu controverse autour de son histoire et de sa vraie mission sur terre. Certains ont voulu en faire un Messie, d’autres un prêtre du Très-Haut, un roi, un envoyé Divin ou un ange. Mais qui est vraiment Melchizedek?

C’est ce que nous allons tenter de découvrir dans cet essai. Ce que nous savons sur Melchizedek, c’est ce que la Bible nous révèle. Elle est avare d’information et en même temps, en donne assez pour ceux qui ne veulent chercher plus loin que la lettre. Nous savons tous que la Bible est écrite à plusieurs niveaux de conscience, certains mentionnent jusqu’à sept niveaux de compréhension.

 Un exemple pour illustrer ceci : Adam et Ève sont le premier homme et la première femme qui furent créés par Dieu, lors de la création du monde. Ils sont nos premiers parents. Toute la race humaine vient d’eux. C’est l’interprétation littéraire de tous les livres religieux du monothéisme.

Mais si nous allons plus loin dans l’histoire de l’humanité, nous constatons qu’il y avait des gens sur la terre avant l’histoire d’Adam et Ève racontée dans la Bible. Adam et Ève représentent l’humanité au début d’un grand cycle. Adam et Ève représentent la séparation des sexes qui eut lieu à l’époque de la Lémurie alors que l’homme était androgyne. Dans nos temps modernes, dans notre période Aryenne, Adam et Ève représentent la race actuelle, ou l’ensemble de l’humanité, qui prend la relève lors de l’ouverture d’un nouvel âge d’or.

 Ce temps approche à grands pas. Dans moins d’un siècle nous serons à nouveau dans cet âge d’or qui s’installe lentement devant nos yeux, mais dont peu de gens prennent conscience. Pour comprendre Melchizedek, ce personnage aux multiples facettes, nous devons élargir nos horizons et regarder au-delà de la lettre des religions judéo-chrétiennes, et découvrir que c’est une partie de Dieu qui s’est incarné sur terre, que Melchisedek était là dans le passé et qu’il est encore là parmi nous et le sera jusqu’à la fin des temps.

Dans un premier temps, regardons ce que la Bible nous livre au sujet de Melchizedek

Chapitre 1 MELCHIZEDEK SELON LA BIBLE

Référence dans la Bible Psaume de David, 110 :4 Selon la Bible de Tob : Le Seigneur l’a juré, il ne s’en repentira pas : « Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchizedek. » Selon la Bible de Jérusalem : Yahvé l’a juré, il ne s’en dédira point : « Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédeq. » Selon d’autres interprétations bibliques : « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisedek (ou à la manière de Melchisedek). « Grand prêtre pour l’éternité dans la lignée de Melchisedek. » Selon une Bible de langue anglaise : « You are now and forevermore a Priest in the Order of Melchizedek. » « Thou art a priest for ever after the order of Melchizedek. » Genèse, Abram, les rois et Melchizedek, 14 : 18-20 C’est Melchizedek, roi de Salem, qui fournit le pain et le vin. Il était prêtre de Dieu, le Très-Haut, et il bénit Abram en disant : « Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut qui crée ciel et terre. Béni soit Dieu Très-Haut qui a livré tes adversaires entre tes mains! » Abram lui donna la dîme de tout. Acte 10 :35 Et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. Esdras 2 : 29-62

Et voici ceux qui sont montés de Tel-Mèlah, Tel-Harsha, Keroub Addân Immer et qui n’ont pas pu faire connaître si leur maison paternelle et leur race étaient bien d’Israël; le fils de Delaya, les fils de Toviya, les fils de Neqoda; et certains parmi les prêtres; les fils de Hovaya, les fils d’Haqqoc, les fils de Barzillaï – celui qui avait pris femme parmi les filles de Barzillaï le Galaaadite et avait été appelé de leur nom.

Ces gens-là cherchèrent leur registre de généalogie, mais ne le trouvèrent pas; alors les déclarèrent souillés, exclus du sacerdoce. Hébreux 5 : 5-10 (Bible de Tob) C’est ainsi que le Christ non plus ne s’est attribué à lui-même la gloire de devenir grand prêtre : il l’a reçu de celui qui lui a dit : Tu es fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, 4 conformément à cette autre parole : Tu es prêtre pour l’éternité à la manière de Melchisédek.

C’est lui qui, au cours de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grands cris et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa soumission. Tout Fils qu’il était, il apprit par ses souffrances l’obéissance, et, conduit jusqu’à son propre accomplissement, il devient pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, ayant été proclamé par Dieu grand prêtre à la manière de Melchizedek. Hébreux 5 : 10, selon la Bible de Jérusalem : puisqu’il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech. Hébreux 6 : 19-20

Elle est pour nous comme une ancre de l’âme, bien fermement fixé, qui pénètre au-delà du voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu grand prêtre pour l’éternité à la manière de Melchizedek. Hébreux 7 : 1-17 Melchizedek Ce Melchizedek, roi de Salem, prêtre de Dieu très-haut, est allé à la rencontre d’Abraham, lorsque celui-ci revenait du combat contre les rois, et là béni. C’est à lui qu’Abraham remit la dîme de tout. D’abord, il porte un nom qui se traduit « roi de justice », et ensuite, il est aussi roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix. Lui qui n’a ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement pour ces jours, ni fin pour sa vie, mais qui est assimilé au Fils de Dieu, reste prêtre à perpétuité.

Contemplez la grandeur de ce personnage, à qui Abraham a donné en dîme la meilleure part du butin, lui, le patriarche. Or, ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont ordre, de par la loi, de prélever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant les descendants d’Abraham. Mais lui, qui ne figure pas dans la généalogie, a soumis Abraham à la dîme et a béni le titulaire des promesses.

Or, sans aucune contestation, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent, là c’est quelqu’un dont on atteste qu’il vit. Et pour dire, en la personne d’Abraham, même Lévi, qui perçoit la dîme, a été soumis à la dîme. Car il était encore dans les reins de son ancêtre, lorsqu’eut lieu la rencontre avec Melchizedek. Note : Salem signifie Paix.

 Certaines tendances Judaïsme considèrent Melchizedek comme un être Divin, une sorte de Sauveur céleste. Melki – Tsédek : Prêtre de l’assemblée de Dieu. Prêtre venu pour établir un royaume de justice. Roi de Justice. Grand prêtre à la manière de Melchizedek Si on était parvenu à un parfait accomplissement par le sacerdoce lévitique, - car il était la base de la législation donnée au peuple, quel besoin y aurait-il eu encore de susciter un autre prêtre, dans la lignée de Melchizedek, au lieu de le désigner dans la lignée d’Aaron?

Car un changement de sacerdoce entraine forcément un changement de loi. Et celui qui vise le texte cité fait partie d’une tribu dont aucun membre n’a été affecté au service de l’autel, Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, d’une tribu pour 5 laquelle Moïse n’a rien dans ses textes sur les prêtres. Et l’évidence est plus grande encore si l’autre prêtre suscité ressemble à Melchizedek, et n’accède pas à la prêtrise en vertu d’une loi de filiation humaine, mais en vertu de la puissance d’une vie indestructible.

Ce témoignage en effet, lui est rendu : Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchizedek. Melchisedek serait l’auteur du Livre de Job de la bible et de l’enseignement de La loi de l’Un. *** Points à retenir - Prêtre pour toujours, à la manière de Melchizedek - Prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchizedek - Prêtre à jamais, selon l’Ordre de Melchizedek - Grand prêtre à la manière de Melchizedek - Prêtre pour l’éternité à la manière de Melchizedek - Roi de Salem - Roi de Paix - Roi de Justice - Prêtre de Dieu, le Très-Haut - Prêtre à perpétuité - Bénit Abraham - Abraham lui verse la dîme - Ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement, ni fin pour sa vie.

 Fournit le pain et le vin Ces textes de la Bible ont suscité beaucoup de commentaires de la part des Pères de l’Église. Dans ces commentaires, Melchizedek est vu comme Roi de Justice, Roi de la Paix, Fils de Dieu et Dieu lui-même. Il est celui qui a apporté le pain et le vin dans un rituel sacrificiel, préfiguration du sacrifice eucharistique qui fut repris par Jésus des siècles plus tard.

Le sacerdoce de Melchizedek est le sacerdoce El-Elion, du Dieu Très Haut ou d’Emmanuel. Ce sacerdoce dépasse le sacerdoce juif lévitique, d’où la controverse entre juif et chrétien. Pour les chrétiens, le texte de la bible est clair et ne veut contester ces écrits pour aucune raison, car il place les Chrétiens au-dessus des Juifs et il est la préfiguration du sacrifice eucharistique, une des bases du christianisme actuel.

Mais il n’en va pas de même pour les juifs qui n’admettent pas que Abraham se soit « humilié » devant Melchizedek en recevant la bénédiction de ce dernier et en lui remettant la dîme. C’est pour cette raison que certains textes sacrés juifs furent modifiés en inversant les rôles. Pour eux, c’est Abraham qui bénit Melchizedek et ce dernier versa la dîme à Abraham comme le voulait la loi à cette époque.

 

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Rituel opératif et général martiniste

Publié le 28 Juillet 2026 par T.D

 

La pièce est éclairée par une veilleuse, ou un très faible luminaire qu’on éteindra ensuite. L’Opérant se signe ( + ) debout face à l’autel et à l’Orient, et dit : « Maîtres vénérés qui avez franchi les Portes et accompli l’ultime voyage, mon appel s’élève vers vous. Puissions-nous nous unir, à cet instant et en ce lieu, avec tous nos frères, dispersés dans le vaste monde, de cœur et d’esprit avec tous les nôtres. Amen. »

L’Opérant allume une bougie ordinaire avec laquelle il allumera le flambeau central. Ce faisant, il dit : « Je te conjure, O Uriel, que j’invoque par ma parole, par tout ce qui est en ton pouvoir et au mien, pour que ton feu spirituel embrase la matière que je consacre à l’Éternel au sein des circonférences. Que le feu élémentaire qui y réside s’unisse au tien pour contribuer à la lumière spirituelle des hommes de désir, mes Frères, et qu’ils soient tous animés ainsi de ton feu de vie. Par Yehshouah notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant aspire légèrement la flamme de la bougie et dit : « O lumière pure, symbole du chef de mon âme, à qui l’Éternel a confié le soi de ma pensée, de ma volonté, de mon action et de ma parole, fais que par ton feu radieux, mon âme soit purgée de ses scories et que mes lèvres soient sanctifiées, afin que mes paroles que je vais prononcer opèrent pour la plus grande gloire de l’Éternel, pour mon instruction et pour l’édification de mes semblables. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant éteint la veilleuse primitive et allume maintenant le flambeau central à la flamme de la bougie ordinaire, et dit : « Je te purifie, O cire, et je te bénis ( + ) au nom de l’Éternel et par les puissances qui m’ont été mises par lui. Sois donc ordonnée et consacrée par ma parole et par mon intention pour le service auquel je te destine, et qui est de me faire retenir impression des choses qui me seront communiquées ici, par les Esprits que j’invoque, selon la puissance innée en moi aux origines. Sois donc juste et véridique à mes yeux comme le furent les lumières que les élus privilégiés du Créateur employèrent en leurs opérations, jointes en faveur de la régénération spirituelle des hommes, mes semblables. Pour la plus grande gloire de la pensée éternelle, pour la plus grande gloire de la volonté éternelle, pour la plus grande gloire de l’action éternelle. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant allume maintenant la braise de l’encensoir ou de la cassolette à la flamme de la bougie centrale en disant : « Je te purifie, O feu, et je te ( + ) bénis, je te sanctifie, au nom de l’Éternel, au nom de celui qui t’as créé, qui apparut à son serviteur Moise sous l’aspect d’un buisson ardent, afin que tu sois à même, comme jadis l’Autel des Parfums du Saint Temple de Jérusalem, de porte jusqu’au Trône du Dieu très haut, l’encens qui est dû à sa gloire et à sa bonté. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant attend un court instant et dit : « Viens, O Esprit saint, entoure le feu qui t’es consacré pour être ton trône rayonnant et dominant sur toutes les régions du Monde universel. Domine selon ma pensée, sur moi et sur mes Frères, éloigne de ces circonférences tout esprit de ténèbres, d’erreur et de confusion afin que ton âme puisse profiter du fruit des travaux que l’Ordre donne à ceux qui se rendent dignes d’être pénétrés par toi, O Saint-Esprit, qui vis et règne avec le Père et le Fils à jamais. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant dépose alors l’Encens sur les braises de l’encensoir et fait un premier tour autour de l’autel en disant : « O Eternel, que cet encens que je t’offre en ces circonférences soit une image véritable de la pureté de ma parole et de mon intention, pour Ta plus grande Gloire et Justice. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant dépose de nouveau de l’encens dans l’encensoir et fait un second tour autour de l’autel en disant : « O Eternel, que ce parfum que je t’offre en témoignage de la pureté de mon âme ait le même succès que celui que t’offrit Zorobabel au sein de Babylone pour la délivrance de restes d’Israël. Délivre-moi de la servitude des ténèbres qui m’environnent et me tiennent en privation de Ta Volonté et de Ta Science. Exauce ma prière, autant que ma parole et ma volonté seront conformes aux tiennes. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant dépose de nouveau de l’encens dans l’encensoir et fait un troisième tour autour de l’autel en disant : « O Eternel, que ma prière soit désormais le véritable parfum que je t’offrirai pour une éternité. Que ce parfum soit l’emblème de la ferveur avec laquelle je t’invoquerai pour ma réconciliation, afin que je sois ainsi sincèrement uni à celui à qui tu as donné le soin de me conduire, en l’établissant mon gardien. Voici donc que je l’invoque ce gardien secourable, au sein de ces circonférences, quoique je ne le vois pas de mes yeux de chair, pour qu’il soit mon conseil, mon guide, et mon appui en ce bas monde et dans l’autre, pour ta plus grande gloire et pour ma parfaite sanctification. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant dépose l’encensoir sur l’autel, reprenant face à l’orient et tend devant lui les mains ouvertes en coupe, coudes serrés au corps en disant : « O Eternel, Dieu Ineffable, Père sacré de toutes choses, Toi qui voit et qui embrasse tout, exauce la prière de ton serviteur prosterné devant toi. Accorde-moi le recueillement, la ferveur, la sincérité nécessaires pour les sentiments que je te veux exprimer. Sois-moi propice, O Père Ineffable, à moi et à toutes celles et à tous ceux pour qui je te viens supplier. Pour mes frères dans l’Ordre, pour mes parents, pour mes amis, pour mes ennemis, pour les vivants et pour les morts, toutes tes créatures, O Seigneur Miséricordieux. Exauce-moi donc, O mon Dieu, accorde-moi le don de te prier avec efficience. Voici que je m’abandonne à ta sainte garde. Prends donc pitié de moi, et que ta sainte volonté soit faite. Amen ( + ). Et vous mes Patrons, esprits dégagés des liens de la matière, vous qui jouissez désormais du fruit de vos vertus et dont j’ai le bonheur de porter les noms, je vous conjure par ce Nom que vous-même avez invoqué avec tant de ferveur, de confiance et de succès, je vous conjure de contribuer à mon éternel salut, je vous en conjure par votre sainte intercession et par votre protection auprès du Père de Miséricorde, auprès du Fils Rédempteur, auprès de l’Esprit Conservateur. Obtenez pour moi et pour tous mes frères les grâces de la divinité, ses faveurs, sa clémence, qui vous récompensent des combats que vous avez dû livrer en ce séjour où je me trouve encore. Faites que, par votre assistance salutaire, je vive et je meure comme vous, dans la Paix, dans la joie, dans la sainteté. Amen ( + ).

Et toi, O Esprit pur, mon gardien, chargé par l’Éternel de veiller sur moi pour ma réconciliation de mon être spirituel, je te conjure, par le Nom du Dieu de Miséricorde, de venir au secours de âme toutes les fois qu’elle sera en danger de succomber au mal, toutes les fois qu’elle t’appellera pars ses désirs, ses soupirs, et ses méditations, toutes les fois qu’elle aura faim et soif de conseils, d’instructions et d’intelligence. Aide-moi donc, O mon gardien, à obtenir l’assistance et la protection des Patrons que je viens d’invoquer, comme la soumission des Esprits qui me restent à évoquer en cette Opération. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant fait silence quelques instants et remet une assez forte quantité d’encens dans l’encensoir. Il va maintenant prier pour la diffusion de la doctrine Martiniste dans le monde entier : « Dieu tout Puissant et Eternel, qui a daigné révéler ta gloire à toutes les nations et as fait bénéficier nos Maîtres d’une révélation essentielle à notre salut commun, daigne donc Seigneur, perpétuer les Œuvres de ta Miséricorde afin que le message de nos maîtres, enfin répandu sur toute la terre en vue de la réintégration universelle de tous les êtres créés en leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles et divines, pénètre tous les hommes de bonne volonté, et qu’ils persévèrent ainsi dans nos traditions et nos œuvres avec une foi ferme et ardente aussi bien que dans la confession de ton saint Nom. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour l’harmonie, la concorde et la fidélité des frères : « O Dieu, dispensateur unique de la paix, conservateur Tout-Puissant de toutes les choses que Tu as créées, nous te prions pour que nos frères et nos sœurs demeurent, pour un temps immémorial, fidèles à la mystique et aux œuvres qu’ils ont librement choisies et acceptées en entrant dans l’ordre, et que, par Ta Grâce, demeurant soumis à la hiérarchie et à la disciple du dit ordre, ils ne faillissent jamais à leur promesse. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour les dignitaires et les Maîtres de l’ordre : « Dieu Tout-Puissant et Éternel, nous t’implorons humblement, nous tous, tes serviteurs, pour que Tu daignes diriger et conduire les Maîtres et les dignitaires de notre ordre, protégeant leurs âmes et éclairant leurs esprits, afin qu’ils puissent, pour un temps immémorial, remplir dignement et efficacement les devoirs qu’ils ont acceptés. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour le triomphe de la Spiritualité Universelle : « Dieu Tout-Puissant et Éternel, qui as révélé Ta gloire à toutes les nations chrétiennes, daigne Seigneur, conserver les œuvres de Ta Miséricorde afin que Ton Église Universelle d’ici-bas, reflet de celle d’en haut, répandue par toute la Terre, persévère avec une foi ferme et indestructible dans la confession de ton saint Nom. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour la Paix du monde : « Dieu Éternel, par qui nos désirs deviennent saints, nos desseins droits, et nos œuvres justes, daigne, Seigneur Miséricordieux, accorder à Tes serviteurs cette paix que le monde ne peut leur donner, afin que nos cœurs soient soumis à Ta sainte volonté, et que, soustraits à la terreur de nos ennemis, nos jours demeurent tranquilles sous Ta protection et cette de Tes anges, promus à la conduite des nations. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite ensuite quelques instants et prie ensuite pour les fruits de la terre : « Dieu Tout-Puissant et Eternel, qui as créé toutes choses pour l’utilité du genre humain, daigne Seigneur, répandre tes bienfaits si nécessaires de ta bienveillance sur la surface de ce monde temporel afin que, nourris de tes dons et te rendant grâce, nous recherchions avec plus de confiance encore le Pain de la Vie Eternelle. À toutes tes créatures, O Seigneur Miséricordieux, hominales, animales, végétales, que par un effet providentiel de ta grâce, tu daignes accorder la nourriture quotidienne, et que d’elles toutes soient écartés les spectres de la famine, de la soif, de la misère et de la mort. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant prie maintenant pour les frères et les sœurs de l’ordre, leurs proches et tous les maîtres passés : « O Dieu Éternel, qui dispense le pardon et désire le salut des hommes, nous supplions ta sainte Clémence d’accorder aux frères et aux sœurs de l’ordre, à leurs parents et à leurs proches, comme aux maîtres passés qui tous ont quitté ce siècle, de partager avec Tes saints et tes anges, la béatitude éternelle par le retour à leurs célestes origines, et l’Unité originelle enfin reconquise. À toutes ces âmes, O Seigneur Miséricordieux, daigne pour un temps immémorial, accorder le repos éternel, et que la lumière qui ne s’éteint pas rayonne sur eux. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant remet une assez forte quantité d’encens dans l’encensoir, médite quelques instants et prie maintenant pour les âmes errantes : « Dieu Tout-Puissant et Eternel, qui a daigné sauver les fils d’Israël des attaques des serpents brûlants durant la longue errance de quarante années dans le désert, à la seule condition de lever les yeux avec confiance vers le serpent d’airain exposé aux regards de tous, daigne, en Ta Clémence, O Seigneur Miséricordieux, accorder aux âmes errantes perdues dans les ténèbres de l’au-delà, de se souvenir du nom du rédempteur, et d’échapper ainsi aux attaques et aux pièges des esprits démoniaques, acharnés à les perdre. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie maintenant pour la réillumination des âmes enténébrées par le matérialisme athée : « Dieu Tout-Puissant et Eternel, qui sauva les hommes et ne laissera périr aucune de Tes créatures, daigne Seigneur, regarder d’un œil favorable les âmes trompées par la ruse de Shaitan, notre adversaire, afin qu’ayant abandonné toute malice, ces âmes se repentent de leurs erreurs et retournent un jour en l’Unité de Ta sainte Vérité. Exauce donc, Seigneur Miséricordieux, la prière que je t’adresse pour que soit dissipé l’aveuglement des peuples qui ont oublié ton saint Nom, afin qu’ayant vu la lumière de Ta Vérité, qui est le Christ notre rédempteur, ces peuples soient arrachés aux ténèbres. O toi, Seigneur, qui ne recherches pas la mort des hommes, mais la vie même du pécheur, daigne, Seigneur, accueillir favorablement mes prières pour ces peuples. Délivre les nations égarées du culte des idoles, et réunis-les en ta sainte église, éternelle et universelle, loin de ce monde de douleur, et pour la plus grande gloire de Ton saint Nom. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant prie maintenant pour les malades, les affligés, et les prisonniers : « Dieu Tout-Puissant et Éternel, nous te supplions humblement d’accorder à tous les infirmes, les malades, les affligés et les prisonniers, la santé et la liberté, de sorte que, délivrés de la maladie et de la captivité, ils puissent venir rendre grâces à Ta Miséricorde, O Seigneur de toutes grâces. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour les chefs et les conducteurs des états chrétiens : « Dieu Tout-Puissant et Eternel, qui tient en tes mains tout pouvoir et toute autorité pour tous les royaumes de la terre, nous implorons humblement Ton saint Nom pour que tu daignes confirmer dans la paix et la véritable concorde les chefs des états chrétiens et que tu daignes leur inspirer la forte résolution de délivrer la terre entière du fléau de la discorde et de la guerre, aussi bien que des ravages des combats fratricides entre tous les hommes. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour les chefs et conducteurs des états non chrétiens : « Dieu Tout-Puissant et Éternel, qui tient entre tes mains tout pouvoir et l’autorité de tous les royaumes de la terre, nous implorons humblement Ton saint Nom pour que tu daignes inspirer aux chefs et aux conducteurs des états et des peuples non chrétiens, à défaut de la grâce actuelle d’une conversion à ta sainte loi et au culte de ton divin fils, le Christ notre seigneur, la faveur d’un comportement pacifique et digne, sage et éclairé, charitable et tolérant, et que l’ange que tu as daigné commettre à la conduite de chacun des peuples ou de ces nations, les maintiennent toujours dans le chemin de la Paix et de la Concorde et de la Tolérance, aussi bien que du respect de tes fidèles élus, O Seigneur Miséricordieux. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour le genre humain tout entier : « Dieu Eternel et Tout-Puissant, qui t’es servi de ton fils comme d’une pierre angulaire pour réunir les juifs et les gentils, s’élevant comme deux murs sur deux fondations opposées, et qui a réuni ces deux troupeaux contraires sous un même pasteur, le réparateur éternel, le Christ Jésus, fais donc, Seigneur, qu’en vue des pieux hommages que l’humanité te rendra un jour, toute entière, en ta sainte cité d’en-haut, tes créatures demeurent finalement unies, un jour proche, par le lien indissoluble de la charité, et ne permets point, Seigneur Miséricordieux, que la division des esprits et la perversité des cœurs, séparent ceux qui ne formaient, à l’origine, qu’une seule famille sous l’autorité d’un seul père, afin que, se retrouvant un jour dans le même temple céleste, tous demeurent alors sous en ta sainte garde. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie pour les esprits dégradés et déchus au sein du règne minéral : « Dieu Tout-Puissant, Eternel Créateur et conservateur de tous les êtres, voici que nous prions et te supplions pour tous les esprits déchus et dégradés, enfermés au sein de la nature minérale en conséquence de notre propre chute. À ces âmes, comme à toutes celles des autres règnes, daigne enfin, O Seigneur Miséricordieux, accorder la libération et le retour au Plérôme initial. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour les esprits dégradés et déchus au sein du règne végétal : « Dieu Tout-Puissant et Eternel créateur et conservateur de tous les êtres, voici que nous te prions et te supplions pour que nous te prions et te supplions pour tous les esprits, déchus et dégradés, enfermés au sein de la nature végétale en conséquence de notre propre chute. À ces âmes, comme à toutes celles des autres règnes, daigne enfin, O Seigneur Miséricordieux, accorder la libération et le retour au Plérôme initial. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant médite quelques instants et prie ensuite pour les esprits dégradés et déchus au sein du règne animal : « Dieu Tout-Puissant, éternel créateur et conservateur de tous les êtres, voici que nous te prions et te supplions pour que tous les esprits déchus et dégradés, enfermés au sein de la nature animale en conséquence de notre propre chute. À ces âmes comme à toutes celles des autres règnes, daigne enfin, O Seigneur Miséricordieux, accorder la libération et le retour au Plérôme initial, en les réintégrant au sein de l’Archétype. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

L’Opérant observe alors une légère pause et verse une certaine quantité d’encens dans l’encensoir et s’apprête à prononcer l’exorcisme suivant ou l’exorcisme que lui permet son éventuel grade dans l’église gnostique apostolique universelle.

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Discours Initiatique de Réception d’un Supérieur Inconnu

Publié le 28 Juillet 2026 par T.D

par Stanislas de Guaita

Tu as été successivement revêtu des trois grades hiérarchiques de notre Ordre; nous te saluons S I, et quand tu auras transcrit et médité nos cahiers, tu deviendras Initiateur à ton tour. À tes mains fidèles sera commise une importante mission : la charge t’incombera, mais aussi l’honneur, de former un groupe dont tu seras, devant ta conscience et devant l’Humanité Divine, le Père intellectuel et à l’occasion le Tuteur moral.

Il ne s’agit point ici de t’imposer des convictions dogmatiques. Que tu te croies matérialiste, ou spiritualiste, ou idéaliste ; que tu fasses profession de Christianisme ou de Bouddhisme ; que tu te proclames libre-penseur ou que tu affectes même le scepticisme absolu, peu nous importe après tout : et nous ne froisserons pas ton cœur, en molestant ton esprit sur des problèmes que tu ne dois résoudre que face à face avec ta conscience et dans le silence solennel de tes passions apaisées.

Pourvu qu’embrasé d’un amour véritable pour tes frères humains, tu ne cherches jamais à dissoudre les liens de solidarité qui te rattachent étroitement au Règne Hominal considéré dans sa Synthèse, tu es d’une religion suprême et vraiment universelle, car c’est elle qui se manifeste et s’impose (multiforme il est vrai, mais essentiellement identique à elle-même), sous les voiles de tous les cultes exotériques d’Occident comme d’Orient.

Psychologue, donne à ce sentiment le nom que tu voudras : Amour, Solidarité, Altruisme, Fraternité, Charité ; Economiste ou Philosophe, appelle-le Socialisme, si tu veux… Collectivisme, Communisme… Les mots ne sont rien ! Honore-le, Mystique, sous les noms de Mère divine ou d’Esprit Saint. Mais qui que tu sois, n’oublie jamais que dans toutes les religions réellement vraies et profondes, c’est-à-dire fondées sur l’Ésotérisme, la mise en œuvre de ce sentiment est l’enseignement premier, capital, essentiel, de cet Ésotérisme même. Poursuite sincère et désintéressée du Vrai, voilà ce que ton Esprit se doit à lui-même ; fraternelle mansuétude à l’égard des autres hommes, c’est là ce que ton Cœur doit au prochain. Ces deux devoirs exceptés, notre Ordre ne prétend pas t’en prescrire d’autres, sous un mode impératif du moins.

Aucun dogme philosophique ou religieux n’est imposé davantage à ta foi. — Quant à la doctrine dont nous avons résumé pour toi les principes essentiels, nous te prions seulement de la méditer à loisir et sans parti pris. C’est par la persuasion seule que la Vérité traditionnelle veut te conquérir à sa cause !

Nous avons ouvert à tes yeux les sceaux du Livre ; mais c’est à toi d’apprendre à épeler d’abord la Lettre, puis à pénétrer l’Esprit des mystères que ce livre renferme.

Nous t’avons commencé : le rôle de tes Initiateurs doit se borner là. Si tu parviens de toi-même à l’intelligence des Arcanes, tu mériteras le titre d’Adepte ; mais sache bien ceci : c’est en vain que les plus savants mages de la terre te voudraient révéler les suprêmes formules de la science et du pouvoir magique ; la Vérité Occulte ne saurait se transmettre en un discours : chacun doit l’évoquer, la créer et la développer en soi.

Tu es Initiatus : celui que d’autres ont mis sur la voie ; efforce-toi de devenir Adeptus : celui qui a conquis la Science par lui-même ; en un mot le fils de ses œuvres.

Notre Ordre, je te l’ai dit, borne ses prétentions à l’espoir de féconder les bons terrains, en semant partout la bonne graine : les enseignements des S I sont précis, mais élémentaires. Soit que ce programme secondaire suffise à ton ambition, soit que ta destinée te pousse un jour au seuil du temple mystérieux où rayonne, depuis des siècles, le lumineux dépôt de l’Ésotérisme Occidental, écoute les dernières paroles de tes Frères inconnus : puissent-elles germer dans ton esprit et fructifier dans ton âme.

Je te proteste que tu peux y trouver le criterium infaillible de l’Occultisme et que la clef de voûte de la synthèse ésotérique est bien là, non pas ailleurs. Mais à quoi sert d’insister, si tu peux comprendre et si tu veux croire ? Dans le cas contraire, à quoi bon insister encore ? Tu es bien libre de prendre ce qui me reste à dire pour une allégorie mystique ou pour une fable littéraire sans portée, ou même pour une audacieuse imposture… Tu es libre ; mais ÉCOUTE. —Germe ou pourrisse la graine, je vais semer !

En principe, à la racine de l’Être, est l’Absolu ; L’Absolu — que les religions nomment Dieu— ne se peut concevoir, et qui prétend le définir dénature sa notion, en lui assignant des bornes : « Un Dieu défini est un Dieu fini. » Mais de cet insondable Absolu émane éternellement la Dyade androgynique, formée de deux principes indissolublement unis : l’Esprit Vivificateur et l’Ame-vivante universelle.

Le mystère de leur union constitue le Grand Arcane du Verbe. Or, le Verbe, c’est l’Homme collectif considéré dans sa synthèse divine, avant sa désintégration. C’est l’Adam Céleste avant sa chute ; avant que cet Être Universel ne se soit modalisé, en passant de l’Unité au Nombre ; de l’Absolu au Relatif ; de la Collectivité à l’Individualisme ; de l’Infini à l’espace et de l’Éternité au Temps.

Sur la Chute d’Adam, voici quelques notions de l’enseignement traditionnel : Incités par un mobile intérieur dont nous devons taire ici la nature essentielle, mobile que Moïse appelle NAHASH et que nous définirons, si tu veux, la soif égoïste de l’existence individuelle, un grand nombre de Verbes fragmentaires, consciences potentielles vaguement éveillées en mode d’émanation dans le sein du Verbe Absolu, se séparèrent de ce Verbe qui les contenait. Ils se détachèrent — infimes sous-multiples — de l’Unité-mère qui les avait engendrés. Simples rayons de ce soleil occulte, ils dardèrent à l’infini dans les ténèbres leur naissante individualité, qu’ils souhaitaient indépendante de tout principe antérieur, en un mot, autonome.

Mais comme le rayon lumineux n’existe que d’une existence relative, par rapport au foyer qui Ta produit, ces Verbes également relatifs, dénués de principe auto divin et de lumière propre, s’obscurèrent à mesure qu’ils s’éloignaient du Verbe absolu.

Ils tombèrent dans la matière, mensonge de la substance en délire d’objectivité ; dans la matière qui est au Non-Etre ce que l’Esprit est à l’Etre ; ils descendirent jusqu’à l’existence élémentaire : jusqu’à l’animalité, jusqu’au végétal, jusqu’au minéral1 ! Ainsi naquit la matière, qui fut aussitôt élaborée de l’Esprit, et l’Univers concret prit une vie ascendante, qui remonte de la pierre, apte à la cristallisation, jusqu’à l’homme, susceptible dépenser, de prier, d’assentir l’intelligible et de se dévouer pour son semblable !

Cette répercussion sensible de l’Esprit captif, sublimant les formes progressives de la Matière et de la Vie, pour tâcher de sortir de sa prison — la Science contemporaine la constate et l’étudié sous le nom d’Évolution.

L’Évolution, c’est l’universelle Rédemption de l’Esprit. En évoluant, l’Esprit remonte. Mais avant de remonter, l’Esprit était descendu : c’est ce que nous appelons : l’Involution. Gomment le sous-multiple verbal s’est-il arrêté à un point donné de sa chute ? Quelle Force lui a permis de rebrousser chemin ? Gomment la conscience obscurée de sa divinité collective s’est-elle enfin réveillée en lui sous la forme encore bien imparfaite de la Sociabilité ? — Autant de profonds mystères, que nous ne pouvons pas même aborder ici, et dont tu sauras acquérir l’intelligence, si la Providence est avec toi.

Je m’arrête. Nous t’avons conduit assez avant sur la voie ; te voilà muni d’une boussole occulte qui te permettra, sinon de ne jamais t’égarer, du moins de retrouver toujours le droit chemin. Ces quelques données sont précises, sur la « grande affaire ! » de l’humaine destinée : à toi le soin d’en déduire le reste, et de donner au problème sa solution.

Mais comprends bien, mon Frère, une troisième et dernière fois je t’en adjure, comprends bien que l’Altruisme est la seule voie qui conduise au but unique et final, — je veux dire la réintégration des sous-multiples dans l’Unité Divine ; — la seule doctrine qui en fournisse le moyen, qui est le déchirement des entraves matérielles, pour l’ascension, à travers les hiérarchies supérieures, vers l’astre central delà régénération et de la paix.

N’oublie jamais que l’Universel Adam est un tout homogène et un Être vivant, dont nous sommes les atomes organiques et les cellules constitutives. Nous vivons tous les uns dans les autres, les uns par les autres ; et unissions-nous individuellement sauvés (pour parler le langage chrétien), nous ne cesserions de souffrir et de lutter qu’une fois tous nos frères sauvés comme nous !

L’Égoïsme intelligent conclut donc comme a conclu la Science traditionnelle : l’universelle fraternité n’est pas un leurre ; c’est une réalité de fait.

Qui travaille pour autrui travaille pour soi ; qui tue ou blesse son ’prochain se blesse ou se tue ; qui l’outrage, s’insulte soi-même.

Que ces termes mystiques ne t’effarouchent pas : nous sommes les mathématiciens de l’ontologie, les algébristes de la métaphysique.

Souviens-toi, fils de la Terre, que ta grande ambition doit être de reconquérir l’Éden zodiacal d’où tu n’aurais jamais dû descendre, et de rentrer enfin dans l’Ineffable Unité, HORS DE LAQUELLE TU N’ES RIEN, et dans le sein de laquelle tu trouveras, après tant de travaux et de tourments, cette paix céleste, ce sommeil conscient que les Hindous connaissent sous le nom de NIRVANA : la béatitude suprême de l’Omniscience, en Dieu.

INSTRUCTIONS CONCERNANT L'INITIATION MARTINISTE
par le S G M Constant CHEVILLON

En principe, l'Initiation Martiniste doit être conférée en une seule fois. Pratiquement, il est recommandé de la faire en trois fois, non pas pour perpétuer les innovations de PAPUS, mais pour s'assurer que les récipiendaires sont de véritables hommes de désir et non de simples curieux. Le temps qui séparera les initiations est variable, il dépendra du degré d'évolution du nouveau martiniste, de soin travail, etc. Il n'y a jamais intérêt à rapprocher ces initiations.

Seul le S I peut se dire vraiment Martiniste, mais l'enseignement martiniste peut, dès le premier degré, être dispensé dans son intégralité.

Au S I qui aura fait preuve d'une véritable compréhension de l'esprit du Martinisme, et qui sera jugé capable de transmettre à son tour l'initiation, il pourra être donné le grade administratif de S I Initiateur (dit S? I? IV ou encore Initiateur Libre).

Les martinistes doivent toujours se réunir autour (ou devant) un autel recouvert de trois nappes, blanche au-dessus, rouge au milieu, noire en dessous, et supportant le Pantacle, ainsi que trois Luminaires. Les assistants peuvent revêtir une robe blanche avec cordelière, le masque n'est utilisé qu'au cours des Initiations.

Il est recommandé d'étudier les œuvres du P? I? , les ésotérismes, les doctrines traditionnelles, le côté ésotérique et mystique des divers systèmes religieux, à l'exclusion de tout occultisme pratique.

Ne jamais oublier que le Martinisme est un Christianisme transcendant, et que ceux qui ne se réclament pas de la Tradition chrétienne, ne pourraient se dire Martinistes.

Signes de reconnaissance généralement adoptés par les martinistes :…

Demande:… Réponse:…

Lorsque plusieurs Martinistes libres se rencontrent pour travailler en commun, ils se réunissent au domicile de l'un d'eux. Ils ne sauraient constituer un groupement permanent; au contraire, leur groupe cesse d'exister une fois la réunion terminée. Pendant la réunion, l'un d'entre eux, l'Initiateur Libre, s'il en est un, sinon le plus ancien Martiniste, exerce les fonctions de Président, un autre, qui lui fera face, dans la salle, les fonctions de Substitut.

Il doit y avoir sur la table: les trois luminaires, les trois nappes, le Pantacle traditionnel du Martinisme. Il est recom-mandé de faire brûler de l'encens, au moins au début de la séance.

Au début et à la fin de la séance les assistants formeront la chaîne d'union, sans croiser leurs bras, en posant leur main droite sur la main gauche de leur Frère ou Sœur de droite. Pendant la chaîne d'union, les Frères évoquent en pensée le Philosophe Inconnu et les Maîtres Passés du Martinisme.

Pour marquer le début et la fin des séances, afin d'isoler l'assemblée du monde profane, un court dialogue s'engage entre le Président et le Substitut, les termes n'en sont pas fixés "ne varietur"…

Il est préférable de procéder à des initiations individuelles "d'homme à homme". Il n'y a pas non plus de rituel d'initiation. Il suffit d'exposer au récipien-daire le symbolisme des Luminaires, du masque, du manteau, ainsi que les principes et les buts du Martinisme.

Le serment et la consécration sont obligatoires; le serment ne doit comporter aucune obligation d'obéissance.

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Le travail martiniste

Publié le 27 Juillet 2026 par T.D

Ce travail a été élaboré à partir des « Cahiers de l’Ordre Martiniste » De nombreuses phrases sont directement tirées de ces « Cahiers » Il apparaît donc difficile de pouvoir donner pour chacune d’elles les références du « Cahier » ou de la partie d’un « Cahier » d’où elle fut tirée.
L’objectif du Martinisme est la Réconciliation, suivie par la Réintégration du genre humain grâce à l’évolution spirituelle de chaque être humain.


Le processus de l’évolution spirituelle de l’homme est la reconstitution de l’Homme Esprit. Elle se déroule en quatre étapes selon Louis Claude de Saint Martin : Les quatre Hommes – L’Homme du Torrent, l’Homme de Désir, le Nouvel Homme et le Ministère de L’Homme-Esprit.
Le Martinisme est une façon de parcourir le chemin de l’évolution spirituelle où le but de chacun est d’être heureux en donnant l’occasion à l’être tout entier de s’épanouir.
Le Martinisme nous propose une voie de transformation intérieure faite d’étude et de travail sur soi qui demande une humble et grande persévérance où la connaissance et la pratique se complètent.
Le martiniste est invité par son travail :

  • à faciliter la transparence de l’âme à travers l’écran de la personnalité ;
  • à se laisser inspirer par les mondes spirituels afin de s’emplir par le Divin ;
  • à passer de la connaissance à l’expérience, puis de l’expérience à la transformation.

Il atteindra alors la paix intérieure, l’état de contentement et la certitude d’un état intérieur unifié. Alors il ne se posera plus de question, il s’adaptera à chaque instant et deviendra canal. Il sera au service de l’individu ; il aimera intelligemment ; il pratiquera la charité.


Les modalités de la voie initiatique proposée par le Martinisme sont : le travail individuel et le travail en groupe. Ces deux sortes de travaux sont complémentaires :
- Par le travail individuel, les différents corps constitutifs de l’homme s’harmonisent.
- Par le travail collectif, le martiniste devient de moins en moins le jouet des émotions, de l’intellect et de leur alternance.


Trois possibilités d’avancement se présentent, trois Voies traditionnelles : La Voie de l’action, la Voie de la connaissance et la Voie du sentiment où le cherchant utilise ses facultés du cœur, celles de l’intelligence ou celles de la volonté.
L’homme qui emprunte ces trois voies se reconnaît dans l’un des quatre stades successifs de son évolution : Homme du Torrent, Homme de Désir, Nouvel Homme et Ministère de l’Homme Esprit.
Louis Claude de Saint Martin utilise l’expression « Homme du Torrent » pour se référer à l’étape de la vie où l’homme se sent pris dans les eaux d’une vie trépidante. Après avoir vécu une longue période immergé dans le fleuve de la vie, il deviendra une pierre polie, un galet.


L’eau du fleuve nous renseigne sur le « comment de la chose » ; la pierre polie et sa qualité nous renseignent sur le pourquoi elle est emportée ou pourquoi elle reste tranquille au fond du lit du torrent.
Belle analogie avec l’homme qui, cherchant à s’opposer au flot des désirs, se voit finalement emporté par ceux-ci.
Mais le galet qui, au fond du lit du torrent, polit parce qu’il n’a fait que subir, est encore bien loin de l’état de pierre « taillée » : une dimension manque.


Pour devenir cette pierre taillée il faut agir, passer du passif à l’actif. Devenir Homme de Désir. Le désir de purification, de transformer le galet en pierre taillée, de devenir le « Nouvel Homme »
Le désir est le moteur de la vie. Face aux désirs provenant de l’inconscient, trois possibilités se présentent :
- soit les désirs sont assouvis et d’autres désirs les remplacent ;
- soit ils sont inassouvis et la frustration provoque une révolte ;
- soit ils sont inassouvis et, en l’absence de réaction, l’Homme du Torrent tombe dans la dépression.


Quand l’Homme du Torrent a fait le tour de toutes ces possibilités il est appelé par un autre désir qui le forcera à agir et non plus à réagir ; il comprend qu’il doit mettre en pratique l’Adage de Delphes : « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ».


La connaissance de ses propres ressources lui permettra de lâcher prise, puisque cette connaissance de soi donne confiance et permet d’agir en rapport avec sa mesure. L’homme est donc appelé à se transformer. Il ne s’agit pas de « devenir autre » mais de lâcher ce qu’il n’est pas pour laisser apparaître ce qu’il est vraiment.
Ici, l’Homme du Torrent se tourne vers les choses de l’Esprit, celles dont il est dit que « plus on en donne, plus on en a ». Il passe du domaine de l’avoir à celui de l’être : son désir est celui de retrouver l’Un pour s’y fondre, en devenant Un.
L’Homme de Désir est celui qui entre dans la vie consciente.
Le Nouvel Homme est un homme en constant devenir. Parce qu’il n’est plus attaché au passé et qu’il ne spécule plus sur un avenir hypothétique, il est nouveau. Il est sans peur, sans regrets et plein d’espoir. Avec un esprit de sacrifice, il se voue au service des autres.


Le Ministère de l’Homme Esprit est plus un état d’être qu’une étape dans l’évolution spirituelle. Comment, alors, exprimer le Ministère de l’Homme Esprit ? Comment ce qui naît au plus profond de notre âme pourrait être exprimé autrement que par la beauté et la poésie, qui sont au-delà de la nature discursive du mental ? A ce stade, l’action est-elle encore une question ? Ne faudrait-il pas simplement s’ouvrir à la grâce et la recevoir ?
Dans la voie initiatique, le questionnement est utilisé comme outil d’avancement dans le chemin ; le cherchant pose les questions en toute humilité, en toute sincérité, disposé à accepter la ou les réponses. Les deux qualités, humilité et acceptation, naissent alors chez celui qui prend conscience de ce qui lui manque, de ce qu’il a déjà et qui cherche ce que l’homme est vraiment.

* * *

Le travail intérieur n’a pas plus de règles que d’ordre pré-établi. En voici quelques étapes :
- remettre l’ego à sa place.
- ne pas se sentir dépendant (d’une personne ou d’une chose).
- cultiver la tolérance, ou mieux, l’amour en toutes circonstances.
- se sentir heureux en toutes circonstances.


Ces étapes demandent de la discipline et de la persévérance, du courage, une profonde connaissance de l’histoire de l’humanité et des lois occultes, ainsi que de la confiance en la divine providence.
Regardons maintenant de plus près chacune des vois traditionnelles.


En empruntant la voie de l’action, l’homme va combattre à l’intérieur de soi l’indolence, l’indifférence et l’apathie qui composent l’inertie. Agir c’est combattre l’égoïsme qui se traduit par la recherche du plaisir et la fuite de l’effort.
Dans cette voie, le discernement est plus que jamais nécessaire et l’humilité la première des qualités à développer. Cultiver la volonté et l’altruisme, pratiquer une discipline spirituelle et apprendre à se contrôler sont les autres qualités à développer sur cette voie. Le don gratuit et le service seront donc les idées clés sur la voie de l’action.


En empruntant la voie de la connaissance, l’homme va apprendre à distinguer ce qui favorise son progrès spirituel et ce qui va à son encontre.


L’étude ouvre les portes au discernement, mais il ne faut pas perdre de vue, que le premier objet d’étude est soi-même : on doit s’observer sans complaisance. L’étude constitue, pour ainsi dire, la partie « théorique » du cheminement initiatique. La connaissance peut rester lettre morte si l’homme n’a pas une rigueur intérieure et s’il ne la met pas au service de son prochain.


L’homme sur la voie de la connaissance, prend à un certain moment la juste mesure de sa place au sein des prodiges de l’univers et le rôle qu’il peut y jouer est sensiblement remis en cause.


C’est la profonde connaissance de la faiblesse humaine qui est à l’origine de la tolérance. Et cette connaissance ne peut dériver que de l’expérience. La voie de l’action et la voie de la connaissance sont donc intimement liées.


Une vigilante attention, l’ouverture d’esprit et la faculté de s’émerveiller seront les qualités à développer sur la voie de la connaissance. Étude et discernement seront les idées clés sur cette voie.


Sur la voie de la dévotion, le sentiment ---et pas l’émotion ! -- est, sinon le résultat, la première des qualités à cultiver. L’affectivité cache souvent un désir actif et intransigeant de possession. Une véritable attitude dévotionnelle et pleine de respect fait en sorte que l’ego s’en trouve, pour ainsi dire, nettoyé et que la personnalité est remise à sa juste place. L’amour impersonnel ou agape peut alors se développer.


La dévotion totale exprime la soumission de l’être existentiel à l’être intemporel, que ce soit sous la forme de prières, de louanges ou d’actes généreux, au niveau collectif ou individuel. Elle peut s’exprimer par la compassion envers autrui, reconnu alors comme la demeure du Divin.


Concrétiser en œuvres la compassion consiste à aimer l’autre tel qu’il est et non tel que nous voudrions qu’il soit. Amitié, sympathie et compassion seront les qualités à développer sur cette voie. La charité sera l’idée clé sur la voie du sentiment.


La voie martiniste ou voie unitive prône l’harmonieux développement, simultané autant que possible, de la volonté, de l’intellect et du sentiment. Elle se traduit par :
- la pratique d’une discipline. Si elle est orientée vers la spiritualité elle est féconde ; autrement, elle risque de se traduire par une recherche de pouvoir,
- la concrétisation des meilleures intentions et compréhensions intellectuelles qui autrement resteraient de pures utopies,
- la manifestation des meilleurs sentiments provenant du cœur, qui autrement resteraient philanthropie spéculative.

* * *

Quelques mots sur le travail collectif :
Le travail collectif est accompli au sein d’un Groupe.


Un rituel précis, éminemment symbolique, ouvre et ferme les réunions de travail. Ce rituel, propre à l’Ordre Martiniste, favorise la prise de conscience de la destinée transcendante de l’être humain. La mise en pratique du Rituel touche les trois plans de l’homme : le plan physique est mis en ordre et préparé ; le plan du sentiment est nourri par la fraternité et la tolérance régnante ; sur le plan mental, l’augmentation des connaissances enrichit l’être sur le chemin de la sagesse.


Les thèmes traités ont trait à l’ésotérisme ou à la spiritualité et le « côté caché » parlant aux yeux de l’âme est toujours recherché et favorisé.


L’objectif de chaque réunion est la formation du groupe en tant qu’unité. En fin de réunion, le Groupe étant formé, c’est au Frère ou à la Sœur Inconnu de donner les conclusions du Groupe.


Le processus de Réconciliation étant mis en œuvre, celui de la Réintégration suivra. Alors, tels des atomes d’une même unité, les membres du Groupe se dirigent vers le centre du Temple où le travail collectif est couronné par la Chaîne d’union et de prière.


Le principal obstacle au travail du martiniste est que l’ego tient, coûte que coûte, à continuer d’exercer sa primauté sur notre nature inférieure. Celle-ci ne peut, seule, l’en empêcher. Y parvenir et entreprendre le travail de transformation intérieure consiste, pour le martiniste, à clairement saisir les habitudes et le mode de fonctionnement de ses corps physique, astral et mental, ainsi que d’analyser le pourquoi de ses penchants et de ses attitudes en s’interrogant sur leur origine. Alors seulement l’homme pourra petit à petit, les contrôler et en conserver la maîtrise. En même temps, il développera sa volonté, son imagination et ses affects.


Étude et travail sur soi doivent aller de pair. Prière, méditation et revue du soir font partie de ce travail sur soi que vient compléter l’étude. Alors, la voie intellectuelle ne s’efface pas mais laisse la primauté à la voie cardiaque, faite autant d’amour que de sagesse et dont l’action qui en résulte est la plus noble des actions : celle de révéler l’Homme, le Nouvel Homme.


Après les épreuves, après avoir fait preuve de patience et de persévérance, après avoir développé le potentiel d’amour et de service qui sont en lui, le martiniste acquiert la faculté d’agir. Le martiniste est alors en mesure de semer à son tour. Il est Supérieur Serviteur Inconnu.

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JMartines de Pasqually, Willermoz et Saint Martin : la rencontre(extrait)

Publié le 27 Juillet 2026 par T.D

Mon dernier travail :
La Rencontre " a pour but de vous faire découvrir, les vies, les doctrines et les relations de trois des plus importants personnages de la Franc-Maçonnerie.
Ils nous ont légué un héritage fondamental, sous forme d'écrits et de rituels.
Martines de Pasqually a été le créateur de l'Ordre des Elus Coëns, Willermoz du Régime Ecossais Rectifié et Saint Martin inspira le système qui devait porter son nom, le Martinisme.
Ils ont vécu tous les trois pendant les " années décisives " de la maçonnerie, le 18ème siècle où tous les systèmes de hauts grades actuels se sont mis en place.
La Providence les a fait se rencontrer en 1766 pour Pasqually et Willermoz et en 1768 pour Pasqually et Saint Martin.
De 1768 à 1772, date du départ de Martines à St Domingue, leurs vies se sont croisées, l'un visitant l'autre, le troisième travaillant pour le premier..
De cette rencontre, mes Frères, il est sorti des doctrines et des systèmes, à la fois complexes et organisés.
Nous avons décidé de vous présenter Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint Martin en imaginant un débat post-mortem, où ils se présenteraient puis exposeraient leurs doctrines et enfin, sous forme d'interview croisées, ils évoqueraient leurs relations, parfois conflictuelles, mais surtout respectueuses et admiratives.
JOURNALISTE : Mes frères Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint Martin je vais tout d'abord vous demander de vous présenter.
Dom Martines à vous l'honneur
MP : Merci. Mes Bien Aimés frères, je m'appelle Joachim Martines de Pasqually, je suis né en 1710 à Grenoble. Mon père était d'origine espagnole et ma mère française.
On dit ne savoir que peu de choses de ma vie. Et pourtant de culture classique, j'ai embrassé la carrière des armes en 1737. J'ai servi en Espagne en Corse et en Italie avec le grade de lieutenant.
En 1754, j'ai quitté l'armée pour me consacrer entièrement à ma vie spirituelle.
Cela n'a pas été chose facile, même si l'époque s'y prêtait.
Pour terminer avec ma vie profane, j'ai épousé en 1767 Marguerite- Angélique de Colas de Saint Michel qui m'a donné deux fils dont l'un est malheureusement mort en bas âge.
Je suis parti en 1772 pour St Domingue, pour le recouvrement de la succession d'un de mes lointains parents. J'y décéderait deux plus tard avec le sentiment d'avoir accompli l'œuvre de ma vie.
JOURNALISTE : Dom Martines, parlez nous de votre engagement maçonnique.
MP : en 1754, je suis arrivé à Montpellier avec une mission que je définirait ainsi : je ne suis qu'un faible instrument dont Dieu veut bien, indigne que je suis, se servir pour rappeler les hommes mes semblables à leur premier état de Maçon, afin de leur faire voire véritablement qu'ils sont réellement hommes-Dieux, étant créés à l'image et à la ressemblance de cet Etre tout-puissant.
Mon père, Franc Maçon, avait reçu de Charles Edouard Stuart, en 1738, une patente qu'il était autorisé à me transmettre. Après avoir longuement étudié la religion de mes ancêtres, la Bible et surtout l'Ancien Testament, mais aussi le Talmud et la mystique juive, j'ai décidé de créer mon Ordre maçonnique.
Pendant 20 ans, jusqu'à ma mort, je me suis entièrement consacré à la formation et au développement de cet Ordre en ouvrant des temples à Montpellier, Avignon, Marseille, Toulouse , Lyon et à Paris où je suis venu en 1767 et où j'ai initié les Frères Willermoz et Saint Martin.
JOURNALISTE : merci Dom Martines pour cette présentation qui nous permet de mieux vous connaître, je passe la parole à Jean-Baptiste Willermoz.
JBW : la première chose que je voudrai faire avant de vous parler de moi est de remercier le Grand Architecte pour m'avoir fait rencontrer mon Maître Martines ici présent et pour m'avoir accordé une très longue vie..94 ans dont 74 consacrés à la Franc-Maçonnerie, j'ai eu tout le temps pour créer mon Régime et je le dois à la bienveillance de Notre Père à Tous.
Je suis né à Lyon en 1730 ;
Ma vie profane et mon activité de marchand de soieries à été tout entière au service de la Franc-Maçonnerie.
J'ai été initié à 20 ans. Deux ans après, je suis devenu Vénérable de ma Loge..A l'époque et pour peu que vous soyez dévoué et motivé, l'Ordre n'imposait pas les délais qu’il vous impose aujourd’hui... Et c'est heureux car je n'imaginais pas alors, l'ampleur de ma mission.
Jusqu'en 1772 je me consacre tout entier à la pratique des nombreux grades en vigueur à cette époque. Je fonde la Loge " La Parfaite Amitié " en 1753 et m'implique dans la Grande loge des Maîtres Réguliers de Lyon.
En 1767, j'ai la chance de rencontrer Dom Martines et d'être admis dans l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l'Univers.
J'ai trouvé ce que je cherchais, un enseignement profond reposant sur des bases fondamentales et des pratiques rituelliques de haut niveau.
Je me souviens avoir écrit à cette époque " Quelques heureuses circonstances me procurèrent dans un de mes voyages d'être admis dans une société bien composée et peu nombreuse dont le but, qui me fut développé hors des règles ordinaires et me séduisit. Dès lors tous les autres systèmes que je connaissais (car je ne puis juger de ceux que je ne connaissais pas) me parurent futiles et dégoûtants. C'est le seul où j'ai trouvé cette paix intérieure de l'âme, le plus précieux avantage de l'humanité relativement à son être et à son principe. "
Cependant et mon Maître me pardonnera mais déjà à cette époque, je constate qu'il manque une organisation solide et efficace pour transmettre ces savoirs.
Louis Claude de St Martin, après le départ de notre Maître pour St Domingue, me fait la joie et l'honneur de venir s'installer chez moi à Lyon. Nous y avons de fructueux échanges sur nos doctrines et notre vision de la Franc-Maçonnerie.
Après le départ de Dom Martines, le Grand Architecte de l'Univers m'a permis d'entendre parler d'un système intéressant et bien organisé et de contacter son fondateur Karl von Hund.
INTERRUPTION
JOURNALISTE : Je crois que notre frère Karl von Hund est dans notre atelier.. Mon Frère pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre Rite ?
KVH (l'invité surprise)
Mes frères résumer en quelques mots l'œuvre de toute ma vie.. Pas facile.
J'ai bâti mon système maçonnique en Allemagne entre 1751 et 1755, sur les fondations de l'Ordre du Temple ; Notre but, poursuivre l'œuvre d'Hugues de Payns et de ses chevaliers. L'Ordre du Temple n'est pas mort avec Jacques de Molay..Certes il a été dissout par la papauté, mais à resurgit au travers de la Franc-Maçonnerie.
Mon grand regret est de ne pas avoir été suivi par mes frères allemands qui après m'avoir fait confiance, se sont ralliés aux idées du Frère Eques Ab Eremo ,ici présent, au Convent de Wilhelmsbad, 6 ans après ma mort en 1782. Penser que qu'il n'y a qu'une filiation spirituelle entre l'Ordre du Temple et la Franc-Maçonnerie est pour moi une hérésie.
Puisque vous me donnez la parole mon Frère, j'ajouterai que j'ai le sentiment d'avoir été utilisé par notre Frère Willermoz qui s'est servi de l'organisation de mon Système pour développer le Régime Ecossais Rectifié et j'avoue trouver cette attitude peu fraternelle.
JOURNALISTE : mon Frère Jean-Baptiste, vous avez la parole
JBW : je tiens à remercier mon Frère Karl von Hund. Sans lui, sans ses enseignements, sans son aide et l'appui de son envoyé, le Baron von Weiler, je n'aurai jamais pu créer les base du Régime Ecossais Rectifié.
Notre Frère Karl a su créer un système solide, complet avec des protecteurs puissants et c'est grâce à son intermédiaire que j'ai pu rentrer en contact avec eux et imposer ultérieurement mes idées à Wilhelmsbad.. Cependant sa doctrine était sa faiblesse. Penser qu'un Ordre officiellement dissout pouvait revendiquer ses richesses et ses terres était non seulement dangereux politiquement, mais sans fondement historique.
La Franc-Maçonnerie est l'héritière spirituelle de l'Ordre du temple et c'est cet héritage qui est transmis dans les rituels du Régime Ecossais Rectifié, cet héritage avec la puissance de la doctrine de Dom Martines.. Mais j'en reparlerai ultérieurement ;
JOURNALISTE : revenons à votre parcours maçonnique.
JBW : après Wilhelmsbad je me suis consacré à la rédaction et à la mise en place des rituels du RER, à son organisation et à son développement. En 1809 j'ai pu terminer la rédaction du 4ème Grade, le Maître Ecossais de St André.
A la fin de ma vie, j'ai découvert le magnétisme et le mesmérisme, en obtenant des cahiers d'instructions de l'agent inconnu. Expérience passionnante qui n'a pas été sans me rappeler les opérations théurgiques effectuées avec Dom Martines , mon Maître trop tôt disparu.
J'ai quand même réussi à me remarier à l'automne de ma vie avec une très jeune femme de et je vous l'avoue mes frères cela a été une bénédiction du Grand Architecte !
JOURNALISTE : quelle vie !
LCSM : ça va être difficile d'en dire autant! Mon Frère Jean-Baptiste à eu la chance de se marier à un âge avancé avec une jeune et fraîche donzelle, j'ai toujours refusé ce lien même si l'on m'a demandé deux fois en mariage..Homme libre j'étais et homme libre je suis resté !!
JBW : je reconnais là l'esprit parfois caustique de mon Frère Louis Claude !
LCSM : à moi donc ! Je suis né à Amboise en 1743 dans un e famille dite de petite noblesse.
Après des études de droit je devins avocat ce qui ne me passionna guère.
A 22 ans, en 1765, je suis sous-lieutenant au Régiment de Foix. La carrière des armes me laisse beaucoup de temps libre et j'en profite pour parfaire mes recherches ésotériques.. Et oui, comme Dom Martines et Jean-Baptiste, je me suis senti très tôt attiré par la spiritualité.
La même année un de mes amis officier me fait admettre dans l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l'Univers, fondé par Dom Martines.
En 1768 je rencontre enfin Dom Martines et deviens son secrétaire 3 ans plus tard.
Malheureusement Dom Martines part en 1772 et je retrouve bien seul. Jean-Baptiste me propose de le rejoindre à Lyon, et j'y reste deux ans. Cette période me permet de faire le point sur ma quête spirituelle et je rédige mon premier livre " Des erreurs de la Vérité ".
Je remercie mon Frère Jean-Baptiste pour son amitié et son soutient, sans lui cet ouvrage n'aurait jamais pu être écrit ! Il faut dire qu'à cette époque je n'avais plus un sou, me retrouvant sans travail.
Malgré tout je me suis éloigné des maçons lyonnais. Le travail collectif, les complications des assemblées cérémonielles et le rigorisme des rites maçonniques auxquels Jean-Baptiste restait profondément attaché me paraissaient loin de l'initiation authentique, celle du cœur.
En 1775 , à Paris, tout en restant fidèle aux enseignements de Dom Martines, je comprends que la véritable spiritualité est interne et qu'elle n'a pas besoins des opérations théurgiques pour se manifester.
Entre 1782 et 1802, j'ai beaucoup écrit et ma modestie m'empêche ici de vous donner la liste de tous mes ouvrages. Les plus connus sont cependant : Le ministère de l'Homme Esprit, l'Homme de Désir et le Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu , l'Homme et l'Univers.
Je me flatte à titre purement profane, d'avoir été reçu par les plus grands et d'avoir eu les faveurs de nombreuses dames de la Cour. Il paraîtrait même qu'on m'y surnomma le Philosophe Inconnu.. Allusion aux Supérieurs Inconnus ?!
La maçonnerie a cessé de m'intéresser et en 1795 je demandais à être officiellement rayé de toutes les listes de l'Ordre.
Après cette époque je me rapprochait de Jacob Boehme dont la spiritualité me paraissait être un complément important aux enseignements de Dom Martines.
En 1803, je décède à 60 ans d'une vie trop courte, mais qui m'a apporté beaucoup.
JOURNALISTE : merci mes Frères pour ces présentations..
Je voudrais maintenant que vous nous parliez de vos rites et doctrines.. Je sais l'exercice est difficile car on ne résume pas en quelques mots l'œuvre de toute une vie, mais nos Frères ici présents aimeraient en savoir un peu plus sur vos quêtes maçonniques et spirituelles.
LCSM : pour ce qui est de la Franc-Maçonnerie même si elle a été à l'origine de ma quête, je m'en suis séparé car elle ne répondait pas suffisamment à mes exigences spirituelles.
JOURNALISTE : parlez nous de celles -ci
LCSM : L'idée essentielle qui se dégage de ma pensée est celle de la réintégration finale de l'homme au sein de la divinité.
Eloignons donc de nous les idées criminelles et insensées de ce néant, auquel des hommes aveugles enseignent que nous devons notre origine. N'avilissons pas notre être : il est fait pour une distinction sublime, mais elle ne peut l'être plus que son Principe ; puisque selon les simples lois physiques, les êtres ne peuvent s'élever qu'au degré d'où ils sont descendus. Et cependant ces lois cesseraient d'être vraies et universelles, si le principe de l'homme était le néant. Mais tout nous annonce assez nos rapports avec le centre même, producteur de l'universalité immatérielle, et de l'universalité corporelle, puisque tous nos efforts tendent continuellement à nous les approprier l'une et l'autre, et à en attacher toutes les vertus autour de nous. Observons encore que cette doctrine, sur l'émanation de l'être intellectuel de l'homme, s'accorde avec celle qui nous enseigne que toutes nos découvertes ne sont en quelque sorte que des réminiscences. On peut dire même que ces deux doctrines se soutiennent mutuellement : car si nous sommes émanés d'une source universelle de la vérité, aucune vérité ne doit nous paraître nouvelle ; et, réciproquement, si aucune vérité ne nous paraît nouvelle, mais que nous n'y apercevions que le souvenir ou la représentation de ce qui était caché en nous, nous devons avoir pris connaissance dans la source universelle de vérité... " On peut dire d'avance que tous les êtres créés et émanés dans la région temporelle, et l'homme par conséquent, travaillent à la même ouvre, qui est de recouvrer leur ressemblance avec leur principe, c'est-à-dire de croître sans cesse jusqu'à ce qu'ils viennent au point de produire leurs fruits, comme il a produit les siens en eux. Voilà pourquoi l'homme, ayant la réminiscence de la lumière et de la vérité, prouve qu'il est descendu du séjour de la lumière et de la vérité..."
Je dois aussi vous évoquer ce qu'est pour moi" l'homme de désir ".
D'un côté la magnificence de la destinée naturelle de l'homme est de ne pouvoir réellement et radicalement appéter par son désir que la seule chose qui puisse réellement et radicalement tout produire. Cette seule chose est le désir de Dieu ; toutes les autres choses qui entraînent l'homme, l'homme ne les appète point, il en est l'esclave ou le jouet. D'un autre côté, la magnificence de son ministère est de ne pouvoir réellement et radicalement agir que d'après l'ordre positif à lui prononcé à tout instant, comme par un maître à son serviteur, et cela par la seule autorité qui soit équitable, bonne, conséquente, efficace, et conforme à l'éternel désir.
Pour moi le seul véritable Temple de l'Homme est son esprit. L'homme, découvrant la science de sa propre grandeur, apprend qu'en s'appuyant sur une base universelle, son Etre intellectuel devient le véritable Temple, que les flambeaux qui le doivent éclairer sont les lumières de la pensée qui l'environnent et le suivent partout ; que le Sacrificateur, c'est sa confiance dans l'existence nécessaire du Principe de l'ordre et de la vie ; c'est cette persuasion brillante et féconde devant qui la mort et les ténèbres disparaissent ; que les parfums et les offrandes, c'est sa prière, c'est son désir et son zèle pour le règne de l'exclusive. Unité ; que l'autel, c'est cette convention éternelle fondée sur sa propre émanation, et à laquelle Dieu et l'Homme viennent se rendre, pour y trouver l'un sa gloire et l'autre son bonheur ; en un mot que le feu destiné à la consommation des holocaustes, ce feu qui ne devait jamais s'éteindre, c'est celui de cette étincelle divine qui anime l'homme et qui, s'il eut été fidèle à sa loi primitive, l'aurait rendu à jamais comme une lampe brillante placée dans le sentier du Trône de l'Eternel, afin d'éclairer les pas de ceux qui s'en étaient éloignés ; parce qu'enfin l'homme ne doit plus douter qu'il n'avait reçu l'existence que pour être le témoignage vivant de la Lumière et de la Divinité.
Mon Maître Martines de Pasqually m'a montré le chemin vers la Vérité . Sans lui je n'aurais pas pu comprendre ce but noble et magnifique de l'Homme qui doit retourner vers la Lumière, mais je ne pense pas que cette réintégration passe doivent obligatoirement avoir le concours des gardiens invisibles. Elle se fait à mon sens, plus par le travail que l'Homme accomplit en interne sur lui-même et c'est pour cela que l'initiation et la quête maçonnique m'ont à une époque donné le moyen de travailler à ma réintégration, même si son côté collectif et réglementé m'ont convaincu de la démarche individuelle.
Je n'ai d'ailleurs de mon vivant créé aucun système maçonnique. Après ma mort, et à l'écoute de ma spiritualité l'Ordre dit Martiniste a été construit sur 4 grades à l'instar des rites maçonniques mais en privilégiant l'initiation et la transmission individuelles.
Mes Frères, la vraie quête est individuelle. Vous seuls pouvez ouvrir vos cœurs et prier pour atteindre le but suprême : redevenir l'Image de Dieu. .....

Thomas Dalet

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Saint-Martin et le martinisme

Publié le 27 Juillet 2026 par T.D

Si l’on ne connaissait même pas la façon d’écrire le nom de Martines, si l’on ne savait pas davantage au sujet de l’œuvre réelle de Willermoz, avant l’apparition des lettres de Pasqually que nous avons publiées, par contre on a beaucoup écrit, et de bien drôles de choses, sur Claude de Saint-Martin.

Les critiques, les analyses, les suppositions et aussi les calomnies faites à ce propos sont uniquement basées sur les œuvres et les lettres éxotériques du Philosophe Inconnu. Sa correspondance d’initié, adressée à son collègue Willermoz, montre quelles erreurs de fait ont commises les critiques et, en particulier, M. Matter. Il est vrai qu’on ne pouvait pas tirer mieux des documents actuellement connus, surtout quand on ne possède aucune lumière sur les clefs que donne l’Illuminisme à ce sujet. Aussi attendrons-nous, pour mettre ces lettres au jour, que quelques nouvelles inexactitudes aient été produites sur le compte du grand réalisateur martiniste, de façon à détruire en une fois bien des naïvetés et bien des légendes.

Si Willermoz fut surtout chargé du groupement des éléments martinistes, et de l’action en France, Claude de Saint-Martin reçut la mission de créer l’initiation individuelle et de porter son action aussi loin que possible. À cet effet, il fut admis à étudier complètement les enseignements de l’« Agent inconnu » et nous possédons, dans les archives de l’Ordre, plusieurs cahiers copiés et annotés de la main de Saint-Martin.

Ainsi que nous l’avons dit précédemment, le livre des Erreurs et de la Vérité est presque entièrement dû à cette origine invisible, et c’est là qu’il faut voir la cause de l’émotion provoquée, dans les centres d’initiation, par l’apparition de ce livre, émotion que les critiques cherchent avec tant de peine à expliquer. Ce point, comme bien d’autres, sera éclairci quand il le faudra.

Outre ses études se rattachant à l’Illuminisme, commencées auprès de Martines et poursuivies avec Willermoz, Claude de Saint-Martin s’occupa activement d’hermétisme pratique et un peu d’alchimie. Il avait à Lyon un laboratoire organisé à cet effet.

Mais laissons là sa vie, que nous ne voulons rétablir complètement que plus tard, et occupons-nous seulement de son œuvre au point de vue qui nous intéresse.

Ayant à porter son action au loin, Claude de Saint-Martin était obligé de faire certaines réformes dans le Martinésisme. Aussi les auteurs classiques de la Franc-Maçonnerie ont-ils donné le nom du grand réalisateur à son adaptation et désignent-ils sous le nom de Martinisme le mouvement issu de Claude de Saint-Martin. Il est bien amusant de voir certains critiques, que nous nous abstiendrons de qualifier, s’efforcer de faire croire que Saint-Martin ne fonda jamais aucun ordre. Il faut vraiment croire les lecteurs bien mal informés pour oser soutenir naïvement une telle absurdité. C’est l’Ordre de Saint-Martin qui, ayant pénétré en Russie sous le règne de la Grande Catherine, obtint un tel succès qu’une pièce fut jouée à la cour, entièrement consacrée au Martinisme qu’on cherchait à ridiculiser. C’est à l’Ordre de Saint-Martin que se rattachent les initiations individuelles rapportées dans les mémoires de la baronne d’Oberkierch ; enfin l’auteur classique de la Franc-Maçonnerie, le positiviste Ragon, qui n’est cependant pas tendre pour les rites d’Illuminés, décrit pages 167 et 168 de son Orthodoxie maçonnique les changements opérés par Saint-Martin pour constituer le Martinisme

Nous savons bien que ces critiques ne valent guère la peine d’être prises plus au sérieux que leurs auteurs et que certains francs-maçons pardonneront difficilement à Saint-Martin d’avoir, toute sa vie, méprisé la Franc-Maçonnerie positiviste, au même titre que Martines, et de l’avoir ramenée à son véritable rôle d’école élémentaire et de centre d’instruction symbolique inférieur. Quand on veut nier des faits historiques, on se ridiculise, et voilà tout. Celui que les critiques universitaires ont appelé le Théosophe d’Amboise était donc un réalisateur très pratique sous son apparence mystique. Il employa, de même que Weishaupt (Voy. Lettres à Caton Zwach, 16 février 1781), l’initiation individuelle et, grâce à ce procédé, donna à l’Ordre une facilité d’adaptation et d’extension que lui envient bien des rites maçonniques. Il est tellement vrai que Saint-Martin fut le grand diffuseur de la Chevalerie chrétienne de Martines, que les attaques les plus violentes ont été portées contre son œuvre, son caractère, et même sa vie.

Il faudrait tout un volume pour répondre en détail à ces attaques ; aussi nous bornerons-nous, dans cette courte étude, à indiquer, en nous servant surtout des documents déjà imprimés quel était le véritable caractère du Martinisme à l’époque de Saint-Martin.

attachement de saint-martin pour l’enseignement de martinez

« Mon premier maître, à qui je faisais de semblables questions dans ma jeunesse, me répondait que si, à soixante ans, j’avais atteint le terme, je ne devais pas me plaindre. Or, je n’en ai encore que cinquante. Tâchez de sentir que les meilleures choses s’apprennent et ne s’enseignent point, et vous en saurez plus que les docteurs.

« Notre première école a des choses précieuses. Je suis même tenté de croire que M. Pasqually, dont vous me parlez (et qui, puisqu’il faut vous le dire, était notre maître) avait la clef active de tout ce que notre cher B… expose dans ses théories, mais qu’il ne nous croyait pas en état de porter de si hautes vérités. Il avait aussi des points que notre ami B… ou n’a pas connus, ou n’a pas voulu montrer, tels que la résipiscence de l’être pervers, à laquelle le premier homme aurait été chargé de travailler : idée qui me paraît encore être digne du plan universel, mais sur laquelle cependant je n’ai encore aucune démonstration positive, excepté par l’intelligence. Quant à Sophia et au Roi du Monde, il ne nous a rien dévoilé sur cela ; il nous a laissés dans les notions ordinaires du monde et du démon. Mais je n’assurerai pas pour cela qu’il n’en eût pas connaissance ; et je suis persuadé que nous aurions fini par y arriver, si nous l’eussions conservé plus longtemps.

« Il résulte de tout ceci que c’est un excellent mariage à faire que celui de notre première école et de notre ami B… C’est à quoi je travaille ; et je vous avoue franchement que je trouve les deux époux si bien partagés l’un et l’autre que je ne trouve rien de plus accompli : ainsi prenons-en ce que nous pourrons, je vous aiderai de tout mon pouvoir. »

l’initiation martiniste. — son caractère

haute spiritualité

« La seule initiation que je prêche et que je cherche de toute l’ardeur de mon âme est celle par où nous pouvons entrer dans le cœur de Dieu et faire entrer le cœur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissoluble, qui nous rend l’ami, le frère, et l’épouse de notre divin Réparateur. Il n’y a pas d’autre mystère pour arriver à cette sainte initiation que de nous enfoncer de plus en plus dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise, que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine ; parce qu’alors tous les fruits que nous devrons porter, selon notre espèce, se produiront naturellement en nous et hors de nous, comme nous voyons que cela arrive à nos arbres terrestres, parce qu’ils sont adhérents à leur racine particulière, et qu’ils ne cessent pas d’en pomper le suc. »

feu-souffrance

« Lorsque nous souffrons pour nos propres œuvres, fausses et infectées, le feu est corrosif et brûlant, et cependant il doit l’être moins que celui qui sert de source à ces œuvres fausses ; aussi ai-je dit, plus par sentiment que par lumière (dans l’Homme de désir), que la pénitence est plus douce que le péché. Lorsque nous souffrons pour les autres hommes, le feu est encore plus voisin de l’huile et de la lumière ; aussi, quoiqu’il nous déchire l’âme et qu’il nous inonde de pleurs, on ne passe point par ces épreuves sans en retirer de délicieuses consolations et les substances les plus nourrissantes. »

caractère essentiellement chrétien du martinisme

Les cléricaux ont fait tous leurs efforts, à toute époque, pour conserver pour eux seuls la possibilité des communications avec le plan divin. D’après leur prétention, toute communication qui ne vient pas par leur influence est due soit à Satan, soit à quelques autres démons. Ils ont même poussé la calomnie jusqu’au point de prétendre que les Martinistes n’étaient pas chrétiens et que ce n’était pas le Christ qu’ils servaient, mais je ne sais quel diable, déguisé sous ce nom.

Voici, en attendant, la réponse de Claude de Saint-Martin à ces niaiseries :

« Mais j’ajoute que les éléments mixtes sont le médium que le Christ devait prendre pour venir jusqu’à nous, au lieu que nous, nous devons briser, traverser ces éléments pour arriver jusqu’à lui, que tant que nous reposerons sur ces éléments, nous sommes encore en arrière.

« Néanmoins, comme je crois parler à un homme mesuré, calme et discret, je ne vous cacherai point que, dans l’école où j’ai passé, il y a plus de vingt-cinq ans, les communications de tout genre étaient nombreuses et fréquentes, et j’en ai eu ma part comme beaucoup d’autres, et que, dans cette part, tous les signes indicatifs du réparateur étaient compris. Or, vous n’ignorez plus que ce réparateur et la cause active sont la même chose.

יהוה

« Je crois que la parole s’est toujours communiquée directement et sans intermède depuis le commencement des choses. Elle a parlé directement à Adam, à ses enfants et successeurs, à Noé, à Abraham, à Moïse, aux prophètes, etc, jusqu’au temps de Jésus-Christ. Elle a parlé par le grand nom, et elle voulait si bien le transmettre elle-même directement, que, selon la loi lévitique, le grand prêtre s’enfermait seul dans le Saint des Saints pour le prononcer ; et que même, selon quelques traditions, il avait des sonnettes au bas de sa robe pour en couvrir la prononciation aux oreilles de ceux qui restaient dans les autres enceintes.

יהשוה

« Lorsque le Christ est venu, il a rendu encore la prononciation de ce mot plus centrale ou plus intérieure, puisque le grand nom que ces quatre lettres exprimaient est l’explosion quaternaire ou le signal crucial de toute vie ; au lieu que Jésus-Christ, en apportant d’en haut le ש des hébreux, ou la lettre S, a joint le saint ternaire lui-même au grand nom quaternaire, dont trois est le principe. Or, si le quaternaire devait trouver en nous sa propre source dans les ordinations anciennes, à plus forte raison le nom du Christ doit-il aussi attendre de lui exclusivement toute son efficacité et toute sa lumière. Aussi nous a-t-il dit de nous enfermer dans notre chambre, quand nous voudrions prier : au lieu que, dans l’ancienne loi, il fallait absolument aller adorer au Temple de Jérusalem ; et ici, je vous renverrai aux petits traités de votre ami sur la pénitence, la sainte prière, le vrai abandon, intitulés : Der Weg zu Christ ; vous y verrez, à tous les pas, si tous les modes humains ne sont pas disparus, et s’il est possible que quelque chose vous soit transmis véritablement, si l’esprit ne se crée pas en nous, comme il se crée éternellement dans le principe de la nature universelle, où se trouve en permanence l’image d’où nous avons tiré notre origine, et qui a servi de cadre au Menschwerdung. Sans doute, il y a une grande vertu attachée à cette prononciation véritable, tant centrale qu’orale, de ce grand nom et de celui de Jésus-Christ qui en est comme la fleur. La vibration de notre air élémentaire est une chose bien secondaire dans l’opération par laquelle ces noms rendent sensible ce qui ne l’était pas. Leur vertu est de faire aujourd’hui et à tout moment ce qu’ils ont fait au commencement de toutes choses pour leur donner l’origine ; et comme ils ont produit toute chose avant que l’air existât, sans doute qu’ils sont encore au-dessus de l’air, quand ils remplissent les mêmes fonctions ; et il n’est pas plus impossible à cette divine parole de se faire entendre auditivement, même à un sourd et dans un lieu privé d’air, qu’il n’est difficile à la lumière spirituelle de se rendre sensible à nos yeux même physiques, quand même nous serions aveugles et enfoncés dans le cachot le plus ténébreux. Lorsque les hommes font sortir les paroles hors de leur vraie place, et qu’ils les livrent par ignorance, imprudence ou impiété, aux régions extérieures ou à la disposition des hommes du torrent, elles conservent sans doute toujours de leur vertu, mais elles en retirent toujours aussi beaucoup à elles, parce qu’elles ne s’accommodent pas des combinaisons humaines ; aussi ces trésors si respectables n’ont-ils fait autre chose qu’éprouver du déchet, en passant par la main des hommes ; sans compter qu’ils n’ont cessé d’être remplacés par des ingrédients ou nuls ou dangereux, qui, produisant aussi des effets, ont fini par remplir d’idoles le monde entier, parce qu’il est le temple du vrai Dieu, qui est le centre de la parole. »

Ne terminons pas cet extrait sans faire remarquer que c’est à Saint-Martin lui-même que l’Ordre est redevable, non seulement du sceau, mais encore du nom mystique du Christ (יהשוה), qui orne tous les documents officiels du Martinisme.

Il faut vraiment la mauvaise foi d’un clérical pour venir prétendre que ce nom sacré se rapporte à une autre personne que N.-S. Jésus-Christ, le Verbe divin créateur. M. Antonini qui dans son livre Doctrine du Mal prétend que le schin hébraïque satanise tous les mots où il entre, montre simplement qu’il est incapable de rien comprendre au symbolisme.

le martinisme est chrétien ; mais son esprit est nettement anticlérica

« C’est bien l’ignorance et l’hypocrisie des prêtres qui est une des causes principales des maux qui ont affligé l’Europe depuis plusieurs siècles jusqu’à ce jour.

« Je ne compte pas la prétendue transmission de l’Église de Rome, qui, à mon avis, ne transmet rien comme Église, quoique quelques-uns de ses membres puissent transmettre quelquefois, soit par leur vertu personnelle, soit par la foi des ouailles, soit par une volonté particulière du bien. »

Papus

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Le Martinisme : un courant initiatique entre mysticisme et ésotérisme

Publié le 26 Juillet 2026 par T.D

Le martinisme, à la croisée des traditions philosophiques, initiatiques et ésotériques judéo-chrétiennes, est un cheminement spirituel qui fascine par la richesse de ses enseignements et la profondeur de sa quête. Héritier des pensées de Martinez de Pasqually et de Louis-Claude de Saint-Martin, il propose une exploration du symbolisme universel et une réflexion sur la nature divine de l’homme.

Une philosophie fondée sur la réintégration

Le cœur du martinisme réside dans le concept de « réintégration », qui évoque la chute symbolique du premier homme, son éloignement de la source divine, et le chemin spirituel qu’il doit emprunter pour retrouver son essence originelle. Cette quête, parfois appelée « illumination », s’appuie sur des disciplines variées : la Kabbale, la science des nombres, l’interprétation des rêves, l’angélologie, et les textes sacrés, notamment les Évangiles apocryphes.

Des origines théurgiques et mystiques

Martinez de Pasqually, à travers son école théurgique fondée en 1761, introduit une approche opératoire et rituelle visant à établir un lien entre l’homme et le monde divin. Son disciple, Louis-Claude de Saint-Martin, élargit cette vision en développant une voie mystique dite « cardiaque », centrée sur l’amour divin et la transformation intérieure. Dans ses écrits, Saint-Martin décrit les étapes de l’évolution spirituelle dans des œuvres majeures comme Le Crocodile ou L’Homme de Désir.

Le rôle de Papus et la structuration moderne

À la fin du XIXᵉ siècle, Gérard Encausse, connu sous le nom de Papus, formalise le martinisme en fondant l’Ordre Martiniste. Inspiré par les enseignements de Saint-Martin, Papus crée un cadre initiatique qui se structure en trois degrés : Associé, Commencé, et Supérieur Inconnu (S.I.). Ces grades marquent une progression dans la compréhension des mystères spirituels, avec un accent sur la transmission de maître à disciple.

Un courant judéo-chrétien et ésotérique

Le martinisme s’inscrit dans le christianisme ésotérique, partageant des thématiques communes avec la théosophie des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Antoine Faivre, spécialiste de l’ésotérisme, décrit cette doctrine comme une synthèse entre mysticisme populaire et érudition philosophique, intégrant des notions comme la chute originelle, la réintégration, et l’androgynat.

Cependant, le martinisme ne se limite pas à une tradition unifiée. Il se divise en plusieurs branches interconnectées :

  • Le martinésisme, centré sur la théurgie de Pasqually.
  • Le saint-martinisme, inspiré par la philosophie mystique de Saint-Martin.
  • Le willermozisme, représenté par Jean-Baptiste Willermoz à travers le Rite Écossais Rectifié.
  • L’Ordre Martiniste, relancé par Papus et ses successeurs.

Une transmission initiatique et une quête universelle

Le martinisme, comme d’autres traditions initiatiques, accorde une importance capitale à la transmission. Les initiations se déroulent en privé, dans un cadre rituel, et visent à « planter une graine » que l’initié doit cultiver. Ce processus ne se limite pas à une connaissance intellectuelle : il s’agit d’une expérience intérieure destinée à transformer l’être dans sa totalité.

Entre héritage et mystifications

Certaines interprétations modernes attribuent au martinisme des racines remontant à des confréries hermétiques du Moyen Âge ou de l’Antiquité, comme les « Frères d’Orient » ou les gnostiques alexandrins. Toutefois, René Guénon met en garde contre ces mythes historiques, soulignant que la Tradition initiatique repose davantage sur un symbolisme universel que sur des faits historiques avérés.

Un impact durable

Le martinisme continue d’exercer une influence profonde, non seulement sur la franc-maçonnerie, avec laquelle il partage des bases symboliques communes, mais aussi sur des courants ésotériques modernes. De nombreux martinistes sont également membres d’autres ordres spirituels, tels que l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix ou l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée.

Un chemin de transformation personnelle

Plus qu’une doctrine ou un système, le martinisme se veut une voie de réhabilitation de l’Homme, selon les termes de Papus. Cette réhabilitation passe par une compréhension profonde de l’unité entre le divin et l’humain, et par un travail constant sur soi. Les martinistes considèrent leur cheminement comme une démarche spirituelle visant à s’élever au-delà des illusions du monde matériel pour accéder à une véritable lumière intérieure.

Le martinisme : une tradition vivante et universelle

Au-delà de son héritage historique et philosophique, le martinisme reste une tradition vivante, adaptée aux besoins spirituels de l’individu moderne. À une époque où la quête de sens se heurte aux tumultes de la société contemporaine, le martinisme propose un chemin de réflexion, d’introspection et de transformation.

Ce chemin repose sur une articulation subtile entre des concepts métaphysiques profonds et des pratiques concrètes. La réintégration, au centre des enseignements martinistes, n’est pas seulement une idée abstraite : elle invite chaque initié à reconnecter son existence matérielle à sa source divine, à réconcilier son humanité avec son essence spirituelle.

Le rôle de la théurgie dans le martinisme

Louis-Claude de Saint-Martin

La théurgie, héritée de Martinez de Pasqually, joue un rôle crucial dans cette quête. Souvent perçue comme une forme de magie divine, elle ne vise pas à manipuler le monde matériel mais à établir un lien entre l’homme et les plans spirituels supérieurs. À travers des rituels codifiés, elle agit comme un pont entre le visible et l’invisible, permettant à l’initié d’éveiller en lui des forces profondes et de se mettre à l’écoute des énergies universelles.

Cependant, Louis-Claude de Saint-Martin s’est détourné de la théurgie pour promouvoir une approche plus intérieure, dite « mystique cardiaque ». Cette voie privilégie la méditation, la prière et le travail sur l’amour divin. L’objectif est de purifier le cœur, vu comme le siège de l’âme, pour laisser place à une union directe avec le divin. Cette complémentarité entre la pratique théurgique et l’élévation mystique constitue l’une des spécificités du martinisme, offrant aux initiés deux voies distinctes mais convergentes.

Le martinisme et la symbolique universelle

Un autre aspect fondamental du martinisme réside dans son usage de la symbolique. Les martinistes s’appuient sur un langage universel, où chaque symbole devient un outil pour comprendre les lois cosmiques et spirituelles. Que ce soit à travers la Kabbale, les nombres, ou les figures géométriques sacrées, cette approche symbolique permet d’explorer les mystères de l’univers tout en les rattachant à l’expérience humaine.

Le Temple de Salomon, par exemple, est un symbole central du martinisme. Il représente à la fois l’homme dans son unicité et l’univers dans son ensemble. Construire le temple en soi, c’est reconstruire l’harmonie perdue entre le divin et l’humain. De même, le Grand Architecte de l’Univers, figure emblématique partagée avec la franc-maçonnerie, rappelle la présence d’une intelligence créatrice qui imprègne toute chose.

Un dialogue avec d’autres traditions

Le martinisme, bien qu’enraciné dans le christianisme ésotérique, dialogue avec d’autres traditions spirituelles et initiatiques. Son utilisation de la Kabbale l’inscrit dans une filiation judéo-chrétienne, mais il partage également des concepts avec l’hermétisme, la gnose et la philosophie platonicienne. Cette universalité en fait un pont entre les cultures et les époques, permettant aux initiés de puiser dans un réservoir de sagesse intemporelle.

Certains chercheurs, comme Robert Ambelain, ont tenté de relier le martinisme à des courants plus anciens, tels que les confréries hermétiques du Moyen Âge ou les écoles gnostiques d’Alexandrie. Bien que ces liens restent hypothétiques, ils montrent que le martinisme s’inscrit dans une longue tradition de quête spirituelle universelle.

Une tradition souvent mal comprise

Malgré sa richesse, le martinisme est parfois victime de malentendus. Confondu avec d’autres courants ésotériques ou réduit à une branche de la franc-maçonnerie, il est souvent perçu à tort comme un mouvement hermétique réservé à une élite. Or, son objectif n’est pas l’exclusivité, mais la réhabilitation de l’Homme dans sa dignité originelle.

Papus lui-même a insisté sur cette dimension universelle, en cherchant à rendre le martinisme accessible à un public plus large. Ses efforts ont permis de structurer le mouvement tout en le rattachant à des valeurs universelles : la quête de vérité, la fraternité et l’amour divin.

Un chemin pour notre époque

Dans un monde marqué par l’incertitude et les crises existentielles, le martinisme offre une réponse profonde et intemporelle. Il invite à dépasser les illusions matérielles pour renouer avec une spiritualité authentique, fondée sur l’éveil de l’être intérieur. À travers ses enseignements, il rappelle que la véritable transformation ne vient pas de l’extérieur, mais d’un travail patient et sincère sur soi-même.

Un engagement personnel et collectif

Pour les initiés, le martinisme n’est pas seulement une quête personnelle : c’est aussi un engagement envers le collectif. En réhabilitant leur propre humanité, ils contribuent à élever l’humanité tout entière. Cette dimension altruiste, enracinée dans les valeurs de fraternité et de compassion, fait du martinisme un chemin d’action autant que de contemplation.

Les liens entre le martinisme et la franc-maçonnerie

Elles privilégient la quête de la vérité intérieure et le perfectionnement de l’être humain.

Origines historiques communes
Le martinisme et la franc-maçonnerie puisent leurs racines dans le contexte ésotérique et mystique de l’Europe du XVIIIᵉ siècle. Martinez de Pasqually, fondateur du martinésisme, était lui-même franc-maçon. Jean-Baptiste Willermoz, élève de Pasqually, a intégré certains enseignements martinistes dans la création du Rite Écossais Rectifié (RER), un courant maçonnique.

Les deux traditions partagent une influence commune des idées gnostiques, hermétiques et chrétiennes ésotériques.

Symbolisme et langage communs

Le Grand Architecte de l’Univers, figure centrale dans la franc-maçonnerie, est également présent dans le martinisme, où il symbolise l’intelligence divine créatrice.

Les outils maçonniques comme l’équerre et le compas trouvent des résonances dans le martinisme, qui utilise également des symboles géométriques pour exprimer des vérités spirituelles.

Structure initiatique
Les deux mouvements reposent sur un système graduel. La franc-maçonnerie traditionnelle comporte trois degrés symboliques de base (Apprenti, Compagnon, Maître), tandis que le martinisme utilise une progression en trois degrés (Associé, Commencé, Supérieur Inconnu). Ces degrés marquent une montée en conscience spirituelle et en compréhension des mystères.

Rituels et transmission
La transmission initiatique, par un maître à un disciple, est une pratique fondamentale dans les deux traditions. Les rituels, bien que différents dans leur contenu, visent à transformer l’initié sur le plan spirituel et symbolique.

Dimension ésotérique

Les deux traditions sont qualifiées d’ésotériques, en ce sens qu’elles travaillent sur des réalités intérieures et symboliques, accessibles uniquement à ceux qui ont été initiés.

Les différences fondamentales

Le martinisme est davantage tourné vers l’introspection et le travail intérieur. Son influence sur la société est indirecte, à travers la transformation personnelle de ses membres.

Nature et objectifs

Franc-maçonnerie : Sa vocation principale est d’ordre moral et philosophique. Elle cherche à améliorer l’homme et la société à travers une réflexion symbolique et une éthique basée sur des valeurs universelles comme la liberté, l’égalité et la fraternité.

Martinisme : Il se concentre davantage sur la spiritualité personnelle et la réintégration de l’homme à sa source divine. Le martinisme est avant tout une voie mystique qui vise la transformation intérieure et la quête de l’illumination spirituelle.

Christianisme ésotérique vs universalité

Le martinisme s’inscrit dans le christianisme ésotérique, en mettant l’accent sur la chute originelle, la réintégration divine et les enseignements des Évangiles (y compris apocryphes).

La franc-maçonnerie, bien qu’empreinte d’influences judéo-chrétiennes, se veut plus universelle. Elle accepte des membres de toutes confessions ou croyances, pourvu qu’ils croient en un principe supérieur (le Grand Architecte).

Approche opérative et mystique

Le martinisme, dans son courant originel martinésiste, pratique la théurgie : une forme de rituel opératoire visant à entrer en contact avec le divin ou les intelligences supérieures.

La franc-maçonnerie est avant tout spéculative. Elle utilise des symboles et des rituels pour travailler sur le perfectionnement moral et intellectuel de ses membres, sans nécessairement inclure une dimension opérative directe.

Structure et organisation

La franc-maçonnerie est généralement organisée en obédiences ou loges, avec une hiérarchie et une structure institutionnelle bien définie. Elle fonctionne souvent à grande échelle, regroupant des milliers de membres à travers le monde.

Le martinisme est plus restreint. Ses ordres sont généralement de taille modeste et se concentrent sur un petit cercle d’initiés. Il n’a pas la même visibilité ou organisation mondiale que la franc-maçonnerie.

La relation avec la société

Représentation désuète d’un modèle de société disparu… Ou peut-être pas.

La franc-maçonnerie a une vocation sociale et humaniste. Elle cherche à agir sur le monde extérieur par le biais de réflexions, d’actions philanthropiques et d’un engagement dans les valeurs démocratiques.

En résumé sur ce point

Le martinisme et la franc-maçonnerie partagent des racines historiques et symboliques, mais leurs finalités diffèrent profondément. Là où la franc-maçonnerie vise l’amélioration de l’individu dans un cadre social et éthique, le martinisme cherche une transformation spirituelle intime, centrée sur la réintégration divine.

Les deux traditions, bien que distinctes, se complètent pour ceux qui souhaitent explorer à la fois le perfectionnement moral et la quête mystique. Ensemble, elles témoignent de la richesse des voies initiatiques offertes à ceux qui souhaitent s’élever au-delà des limites de l’existence profane.

Conclusion

Le martinisme, entre mysticisme, ésotérisme et tradition chrétienne, offre une approche unique de la quête spirituelle. Héritier d’un riche patrimoine, il propose une réflexion universelle sur le destin de l’homme, son rapport au divin et les étapes de sa réintégration. À travers ses multiples expressions et ses adaptations au fil des siècles, il demeure une source d’inspiration et de transformation pour ceux qui cherchent à allier connaissance ésotérique et élévation spirituelle. Le martinisme, par son approche mystique et ésotérique, continue d’inspirer ceux qui cherchent à concilier spiritualité et vie intérieure. À la fois pratique et contemplatif, il propose un chemin de transformation profonde, guidé par la recherche de l’harmonie entre l’homme, le divin et l’univers.

En offrant à ses adeptes des outils symboliques, des pratiques initiatiques et une vision transcendante, le martinisme demeure une voie vivante, porteuse d’une sagesse universelle adaptée aux défis de notre temps. Qu’il soit abordé comme une philosophie, une théurgie ou une mystique, il invite à dépasser les frontières de l’individu pour accéder à une vérité plus vaste, celle de l’unité et de la lumière.

450fm

Par Erwan Le Bihan

23 novembre 2024

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Le Martinisme dans la Tradition

Publié le 26 Juillet 2026 par T.D

"La seule initiation que je prêche et que je cherche de toute l'ardeur de mon âme est celle par laquelle nous pouvons entrer dans le coeur de Dieu et faire entrer le coeur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissociable qui nous rend l'ami, le frère et l'époux de notre divin Réparateur. Il n'y a pas d'autre mystère pour arriver à cette initiation que de nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine." L.C. de Saint-Martin.

"Accusés d'être des diables par les uns, des cléricaux par les autres et des magiciens noirs ou des aliénés par la galerie, nous resterons simplement des Chevaliers fervents du Christ, des ennemis de la violence et de la vengeance, des synarchistes résolus opposés à toute anarchie d'en haut ou d'en bas, en un mot des Martinistes". Papus.

Pour les ésotéristes, il existe une Tradition dite Tradition Primordiale legs de connaissances scientifiques, philosophiques et mystiques, gnose secrète qui traite des lois cachées de la nature et de la vraie position de l'homme dans l'univers. Cette connaissance s'accompagne chez ceux qui la détiennent d'un certain pouvoir. Elle fut l'apanage des civilisations antérieures à celles que nous connaissons, elle s'est néanmoins transmise à notre actuelle humanité par le canal des écoles de Mystères et de l'Initiation. Cette lumière initiatique, l'Egypte antique l'aurait possédée. C'est pourquoi les écoles initiatiques d'Occident font remonter leurs origines à cette civilisation. C'est le cas, notamment, de la Rose-Croix et de la Franc-maçonnerie. En vérité, la Rose-Croix est directement issue des "Ecoles de vie" d'Egypte ; la Franc-maçonnerie a ses origines dans l'Ecole Salomonique. Au cours de l'histoire, les Rose-Croix ont souvent eu pour rôle de vivifier et régénérer spirituellement la Franc-maçonnerie, ce qui est notifié par le 18ème degré du Rite Ecossais.

Dans les "Ecoles de Vie" fondées sous Thoutmosis III et Aménophis IV - dit "Akhenaton" -, les élèves étaient sévèrement sélectionnés, réunis autour du Pharaon, ils étudiaient le savoir de leurs Initiateurs Atlantes sous forme adaptée pour eux. C'est donc en 1350 avant J.C. que prend naissance ce qui sera nommé plus tard la Grande Fraternité Blanche à laquelle se rattache la secte des Thérapeutes, en Grèce, et des Esséniens en Palestine (au sein de laquelle s'incarne le Maître Jésus). La Tradition se répand ensuite à partir de l'Egypte pour le monde occidental par le Moyen Orient et la civilisation arabe très en avance sur la nôtre, dans l'antiquité.

Le Bolomilisme, qui devait donner jour au Catharisme, ainsi que l'ésotérisme Templier recueilli en Terre Sainte avaient cet original héritage. Tout mouvement religieux a son origine dans la tradition et conserve, en son sein, l'enseignement ésotérique qu'il réserve à ceux qui sont plus avancés alors que l'enseignement exotérique est livré aux masses. Mais l'histoire montre qu'il vient un moment ou l'ésotérique se perd, est étouffé ou même persécuté par l'exotérique. Le Soufisme véhicule l'ésotérisme islamique. La religion juive imposée par Moïse offre de grandes similitudes avec l'enseignement mystique d'Akhenaton, certains psaumes sont une copie conforme de ceux écrits par le Grand Maître. La Kabbale et l'Alchimie furent des expressions de cet ésotérisme, de même que les textes ultérieurs à la Bible comme le Zohar et le Zepher Yetzirah Le Christianisme est une émanation directe de la Grande Fraternité Blanche, puisque Jésus a été préparé à une mission par les Esséniens Si l'Eglise exotérique s'est sensiblement éloignée des enseignements originaux, l'histoire de la chrétienté a toujours été traversée par les courants de l'Eglise Intérieure Johanique, ésotérique et mystique, dont les Cathares, les Albigeois, les Templiers, les Gnostiques Alchimistes, Rose-Croix et Francs-Maçons furent le vecteur très souvent persécutés.

Le Martinisme s'inscrit aussi dans la lignée de l'illuminisme Chrétien. Il est, en fait, étroitement lié à la Rose-Croix représentant le développement chrétien de la Rose-Croix. Le fondateur du Martinisme, Martinez de Pasqually, est sans doute enregistré comme "Maître" dans les archives traditionnelles de cet ordre, on trouve son nom sur une liste des Rose-Croix illustres, tirée de l'ouvrage de R.M. Lewis "Histoire complète de la Rose-Croix" Ce personnage est très énigmatique et l'on possède fort peu d'indices biographiques sur son compte  L'ésotérisme Templier était venu sous le couvert des croisades en Terre Sainte se ressourcer au coeur de l'Islam. Christian Rosenkreutz n'a pas fondé l'Ordre en Allemagne, à Cassel, en 1610, comme on le dit par erreur très souvent. Il fut l'initié chargé d'en opérer la résurgence dans ce pays, car le cycle de 108 ans de sommeil était à son terme. L'Ordre existait dans ce pays depuis Charlemagne, mais Christian Rosenkreutz vint au Moyen-Orient pour ressourcer sa connaissance et parfaire son initiation.

C'est en Terre Sainte que le Seigneur Arnaud est missionné part le Comte de Toulouse pour contacter les Rose-Croix. A son retour, Arnaud fonde la première loge rosicrucienne d'Europe aux abords de Toulouse Toulouse fut donc longtemps le Siège des Maîtres Rose-Croix. Cette tradition de la Rose-Croix Française, gardée vivante par le médecin alchimiste, le vicomte de Lapasse à la fin du XIIème siècle, fut à l'origine de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix fondée en 1888 à Paris par Stanislas de Gaïta. Au conseil Suprême, siégeaient Josephin Peladan et le Docteur Gérard Encausse, alias Papus. Le "Sar" Merodack devait créer, par la suite, son ordre : "L'Ordre du Temple et de la Rose-Croix Catholique" en 1890. L'auteur du "Vice Suprême" devait trouver son disciple en Emile Dantinne qui devint l'Imperator de cet Ordre en 1918, puis un Imperator de la FUDOSI (Fédération Universelle des Ordres et Sociétés Initiatiques) créée en 1908 par Papus et que Dantinne réveilla en 1934. Cette même année, Sar Hiéronymus ou Emile Dantinne est initié au Martinisme. Il semble que Peladan, le Sar Merodack, ait été détenteur de l'authentique tradition toulousaine qui, nous l'avons vu, a pris ses sources en Orient, par l'intermédiaire de son frère Adrien : "par mon frère, le Docteur Peladan qui était avec Simon Srugal, comme les Aroux, les d'Orient, le Vicomte de Laplasse, je procède de Rosenkreutz"

C'est à Toulouse qu'apparait Martinez de Pasqually entre 1750 et 1760, et c'est là qu'il tente d'abord de créer son Ordre, avant de le faire effectivement à Bordeaux. Son disciple, Saint-Martin, entretient des liens étroits avec des initiés toulousains : les "Dubourg". C'est surtout sur Toulouse, premier dépôt de la Tradition Rosicrucienne pour l'Occident qu'est dirigé H.S. Lewis pour opérer la résurgence américaine, puis mondiale en 1909   C'est aussi du Moyen-Orient et d'Espagne que Martinez de Pasqually aurait ramené en France son système doctrinaire et initiatique dans le parrainage par conséquent de la tradition islamique et judéo-chrétienne. Il est d'ailleurs plus hébraïque que chrétien, contrairement à son disciple L.C. de Saint-Martin. Il semble bien avoir été missionné pour présenter une certaine forme de l'initiation et de l'enseignement Rose-Croix dans le cadre de l'Ordre Para Maçonnique qu'il fonda en 1762 à Bordeaux, l'Ordre des "Elus Cohens" de l'Univers. Le degré supérieur de cet Ordre se nommait Réau-Croix, allusion à l'état de Rose-Croix, de Réalisé. Cette haute initiation Cohen était réservée par Martinez à très peu de disciples et sera revendiquée par ceux qui, plus tard, poseront les fondations de l'Ordre Martiniste. L'Ordre des Elus Cohens disparaissait avec son auteur, en 1774. Martinez de Pasqually aurait été de plus un initié direct de Swedenborg et avait une grande connaissance de la Sagesse Secrète, des enseignements ésotériques de Grèce, d'Egypte et d'Orient. 

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La communauté de Qumrân et l’essénisme

Publié le 25 Juillet 2026 par T.D

L’établissement de Qumrân suscite depuis longtemps la question suivante : les membres de la communauté sont-ils des esséniens ou esséens10 ? Tout d’abord il convient de souligner que les textes mêmes ne mentionnent pas ce terme et que les membres de la communauté se désignent par les termes « fils de Sadoq », « fils d’Aaron », « fils de l’Alliance », « les hommes de la communauté », « les hommes de l’Alliance » ou encore « fils de lumière » et la communauté forme le « Yaḥad ».

Les termes « essénien » et « esséen » proviennent de l’historien juif Flavius Josèphe (38-100) qui emploie les deux termes, de Pline l’Ancien (23-79) qui ne parle que des esséens et de l’exégète juif Philon d’Alexandrie (20 av. J.C. à 50 ap. J.C.) qui cite les esséens à la suite des « thérapeutes ». Jusqu’à présent, l’étymologie du mot « essénien » ne recueille pas d’accord unanime11. Des explications ont été cherchées par le biais de l’hébreu, du grec (‘osioi « purs, saints ») et de l’araméen. La préférence est cependant donnée à deux termes araméens : le premier est la racine ḥ-s-h « pieux » et le second est ’-s-h « guérir ». Nous penchons plutôt pour la racine « guérir », car on peut faire le rapprochement avec les thérapeutes, groupe de juifs pieux d’Egypte qui vivait retiré des masses, dans la simplicité et d’une manière exemplaire, et que Philon d’Alexandrie décrit dans son traité De vita contemplativa.

D’après Philon, les esséens travaillaient aussi la terre et exerçaient divers métiers qui contribuaient à la paix. Au témoignage de l’auteur du Quod omnis probus §76, ils étaient au nombre de quatre mille. Les recherches archéologiques ne peuvent confirmer la présence d’une si grande population. Selon les estimations, le nombre des permanents ne devait pas dépasser la quarantaine, mais tout laisse à penser que, lors des fêtes, des gens venus de toute la Palestine affluaient vers le site.

Décrivant le milieu social et religieux de la Palestine du premier siècle de l’ère chrétienne, l’historien juif Flavius Josèphe mentionne trois écoles de pensée : celle des sadducéens, celle des pharisiens et celle des esséniens. Pour les deux premiers, il s’agit plutôt de partis ; seul le courant idéologique de l’essénisme mérite le nom de secte, car il s’agit bien d’un groupe séparé de la masse du peuple. D’après Josèphe, des esséniens étaient installés partout dans le pays et il est plausible qu’un représentant de la branche ait choisi la voie contemplative et se soit installé dans le désert.

Dans un de leurs textes qui trace l’origine de la communauté, on peut lire : « Nous nous sommes séparés de la masse du peuple pour ne pas suivre ses égarements ». On peut même parler d’un ordre essénien, dont on a trouvé la règle parmi les documents sectaires. Les esséniens formaient, en effet, une communauté ayant les caractéristiques du monachisme : les fidèles contemplatifs se retiraient dans le désert dans une attente messianique forte pour y étudier la loi, les repas et les prières étaient pris en commun. On entrait dans la communauté au terme d’un noviciat de deux ans. Les biens des adeptes étaient mis en commun et la charité fraternelle était posée en principe. Le comportement des frères était sous une surveillance constante, puisque la journée de l’essénien était soumise à une stricte discipline et qu’un égarement pouvait entraîner l’exclusion de la communauté. On procédait à une purification rituelle quotidienne par immersion et, surtout, on respectait la hiérarchie.

Les esséniens étaient aussi des hommes d’étude qui avaient le plus grand respect pour la Loi de Moïse, le shabbat et pour leurs institutions propres. Le rouleau de leur règle montre qu’ils se distinguaient par de nombreux traits du judaïsme normatif. Ils avaient des fêtes que la Bible ne mentionne pas, telle la fête du vin nouveau ou la fête de l’huile nouvelle. Les doctrines de la secte montraient un caractère ésotérique ; les membres se présentaient comme les héritiers de révélations secrètes anciennes ; on a aussi trouvé des textes cryptiques dans un alphabet secret. Leur pensée était influencée par le pythagorisme hellénique ou le dualisme iranien et leur angélologie était très développée. Il apparaît que les esséniens utilisaient des noms des anges à des fins magiques. Pour la secte, le Monde est régi par l’affrontement de deux puissances invisibles12 : les esprits des Ténèbres commandés par un prince, Bélial ou Satan, et les esprits de la Lumière qui sont le lot de Dieu.

La communauté se définissait comme le véritable peuple de Dieu, autour duquel tout le peuple s’organisera. D’abord les douze tribus d’Israël se reconstitueront, puis suivra l’étape de la construction d’un temple conforme à un plan imaginé par les sectaires, ensuite la dernière étape des temps espérés sera la guerre eschatologique qui opposera les esprits des lumières aux esprits des ténèbres. Le rouleau de la Guerre énonce enfin le règlement du combat. En résumé la vision essénienne paraît ésotérique, eschatologique et spéculative.

Essenisme et christianisme

Pour terminer, il importe d’aborder les rapports entre l’essénisme et le christianisme. La thèse de l’origine essénienne du christianisme était déjà répandue au XVIIIe siècle dans le milieu des « Lumières », dans le cercle des philosophes. Un siècle plus tard, l’illustre historien français, Ernest Renan, affirma, dans sa Vie de Jésus, l’importance capitale du milieu essénien pour le développement des théories messianiques et l’intelligence des conceptions de Jésus sur le Royaume de Dieu. Cette thèse est certainement confirmée aujourd’hui, mais des savants, bien que très minoritaires, vont plus loin et considèrent que les textes de Qumrân sont les témoignages mêmes des premiers chrétiens. Force est de reconnaître que les interprétations les plus folles et les plus divergentes entre elles ont vu le jour à ce sujet32.

que le christianisme primitif partage certaines idées avec la communauté qumrâno-essénienne dont il subit l’influence et auquel il emprunte un certain nombre de termes et de concepts, des structures communautaires et des schémas théologiques33. Des savants vont jusqu’à penser que si le Nouveau Testament ne mentionne pas les esséniens, c’est parce que la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem en faisait partie. Qu’il s’agisse de la vie et de l’organisation communautaires, des rites du baptême34 et de l’eucharistie, du Sermon sur la montagne, des épîtres de Paul ou de l’évangile de Jean, des croyances relatives au messie et à fin du monde, tous les secteurs de l’Eglise naissante offrent à des degrés divers des affinités avec le qumrâno-essénisme.

Mais quoi qu’il en soit, la différence principale concerne évidemment la croyance en Jésus. Ni Jean le Baptiste, ni davantage Jésus, ne sont mentionnés dans les écrits qumrâniens. Il faut donc se contenter de la conclusion que le christianisme, tout comme les autres sectes baptistes, telles les elkhasaïtes, les manichéens et les mandéens, ont puisé dans le judaïsme multiforme de l’époque pour en devenir des rameaux indépendants ayant ses propres particularités.

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