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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

l'énnéade des outils et la franc-maçonnerie

Publié le 15 Octobre 2026 par T.D

L’ennéade traditionnelle des outils, et la gradualité

La franc-maçonnerie avec ses trois grades établit une progressivité dans l’acquisition des connaissances. Après les 4 épreuves purificatrices de l’initiation, l’apprenti apprend le métier de la taille de la pierre et pour cela il apprend le bon usage des outils. Traditionnellement c’est l’échelle (ou les marches) qui sert d’archétype à la progressivité de l’enseignement. Cette échelle est celle de la Scala philosophorum, échelle à neuf degrés représentant les neuf outils et instrument de la réalisation et de perfection de soi. Cette échelle ascendante et descendante est décrite par Robert Ambelain dans « La symbolique maçonnique des outils » et nous en faisons ici une interprétation adaptée à notre étude.

Notons qu’il existe différentes hiérarchies dans l’ordonnancement des outils. Suivant les rites et il est courant d’étudier le symbolisme des outils deux par deux du fait de leurs interactions et de leurs complémentarités. Ainsi on étudiera volontiers les couples maillet et ciseau, le niveau et la perpendiculaire, et bien sûr l’équerre et le compas.

Les 9 instruments-outils du maçon de tradition suivant la tradition hermétique-alchimique des rituels Ecossais. Le maçon est préalablement accoutré comme il se doit, d’un tablier et de gants, quel que soit le grade. Il est donc en situation de travail tant physique, psychologique et symbolique. Ceci constitue un préalable sans lequel l’usage d’outils et instruments perd toute valeur initiatique. N’oublions pas que le temple maçonnique est une "imago mundi", une reproduction symbolique de l’univers dans sa totalité tant microcosmique que macrocosmique. Cette double représentation fait de l’échelle ascendante et descendante un axe de progression que nous pourrions appeler « axis Mundi ». Ainsi, la loi des correspondances vient à s’appliquer naturellement et le monde macrocosmique devient agissant sur le monde microcosmique, et inversement. Ce double flux irrigue la totalité du système initiatique. L’idée reste de progresser sur soi pour rejoindre la totalité et l’universalité. L’action sur soi n’est donc pas sans effet sur l’univers et inversement.

Les instruments de l’apprenti sont :       

                                       1° Maillet

                                       2° Ciseau

                                       3° Levier

Les instruments du compagnon :    

                                       4° Perpendiculaire

                                       5° Niveau

                                       6° Equerre

Les instruments du maître maçon :

                                       7° Compas

                                       8° Règle

                                       9° Truelle

Cette ennéade est encadrée en sont point de départ par l’initiation dont le processus initial se caractérise par la vêture de l’oeuvrant (le tablier et les gants), qui va transformer la pierre brute, jusqu'à la polir en pierre cubique à pointe et se termine par la légende palingénésique d’Hiram, consistant au relèvement du maître intérieur. Notons enfin que les lois de correspondances se retrouvent interprétées non seulement dans le sens vertical macro- microcosme, mais aussi dans le sens horizontal purement microcosmique où sont données des équivalences entre les éléments, les couleurs, les sens, les vertus, les arts libéraux, les nombres, les planètes. Ces équivalences sont censées réinsérer l’être dans un ensemble d’interactions globales.

L’apprenti réalise la connaissance et la prise de conscience du Soi. C’est une renaissance à soi. L’apprenti s’identifie avec la pierre brute en phase de transformation par le travail.

Les vices de la pierre brute sont ceux de la nature profonde de l’apprenti.

Il s’agit donc d’inventorier ses propres vices. Ce sont les aspérités, défauts de la pierre, le tout constituant le Soi, et d’amener un processus de travail vertueux pour dégrossir, polir et rendre une forme carrée, puis cubique.

Les instruments permettent d’accomplir ce type de travail, à la fois d’investigation de l’esprit et de réalisation technique.

L’apprenti maçon observe, réfléchit, prend conscience des émotions, des passions, et de tout ce qui anime sa propre personnalité, sa propre conscience. À ce stade ce sont les pulsions primaires, propres à l’état évolutif de l’enfance qui déterminent irrévocablement le futur de sa personnalité, le caractère et les modalités comportementales.

Nos défauts découlent d’une énergie vitale déviée qui ne permet pas au Soi de se développer comme individu et d’interagir harmonieusement dans la société.

Ce sont les ressorts de la passion, des émotions et des impulsions primaires qui doivent être gérées, freinées, contrôlées et selon les cas modifiés. C’est dans ce cadre général que nous aborderons l’ennéade des outils.

Avant d’aborder la neuvaine, il faut en définir le socle. ;;

Le tablier représente la vêture initiatique de l’apprenti. Le tablier est associé à l’élément Terre, qui indique aussi l’abîme ou la profondeur du cabinet de réflexion, grotte de laquelle en remontant, il prend conscience de sa corporalité.

Le tablier est associé à l’élément terre dont l’impétrant s’extrait avec cette retenue et cette crainte face à la lumière. En découlent l’avarice pour le vice et la prudence pour vertu.

On voit par cette association que le symbole est complexe, mais correspondance dans ses tenants et ses aboutissants.

Dans l’échelle philosophique, tout se tient et tout est cohérent.

L’apprenti utilise trois outils qui sont des aides pour sa progression :

-Le maillet symbole de la volonté agissante, emblématique du pouvoir et de l’intelligence, s’associe à l’élément eau, au vice de la gourmandise, et ayant pour vertu cardinale la tempérance.

-Le ciseau symbolisant le discernement dans l’action et l’efficacité, est associé à l’élément air, au vice de la luxure et pour vertu cardinale la justice.

-Le levier symbole de l’effort dans la réalisation et donc de puissance, est associé à l’élément feu, au vice de la paresse et à la vertu cardinale de la force.

L’apprenti, en gravissant les trois premiers degrés de cette échelle à neuf barreaux, effectue paradoxalement une plongée dans se profondeurs secrètes qui sont ni plus ni moins les états élémentaires et inférieurs de l’être. Son état est prénatal, sa naissance se fera dans le monde de la matière. C’est donc la force, l’inconscient et l’instinct qui constituent son socle identitaire

Le compagnon travaille à l’inverse, sur une pierre déjà dégrossie par l’apprenti, débarrassée de ses aspérités disgracieuses et pourtant non finie. Nous ne sommes plus dans les profondeurs du soi, mais sur une horizontalité contemporaine. Cette horizontalité permet la rencontre et l’enrichissement de tous les compagnons évoluant sur le même plan. Il pratique la géométrie et l’art du trait, il connaît l’usage du niveau et du fil à plomb pour construire des murs.

Son objectif est d’obtenir une pierre parfaitement taillée, au volume régulier du cube. Ainsi la taille du compagnon met en valeur non seulement la surface dans sa finition, mais aussi son volume dans un élan ascensionnel. De l’horizontalité le compagnon passe à la verticalité. Cet élan ascensionnel de la troisième dimension est représenté par la pointe de la pierre cubique qui n’est autre qu’une pyramide surplombant un cube. L’ensemble réunit en son sommet la totalité du cube et de la pyramide soit du quaternaire et du ternaire. Nous ne sommes plus dans les états inférieurs de l’être, mais dans le monde de l’âme qui donne le souffle à la vie.  Le compagnon se situe concrètement dans l’édification d’un mur du temple dont il est qu’une partie indispensable.

Si les vices de l’apprenti sont vitaux, ceux du compagnon sont des maladies de l’âme. Il doit les combattre, s’il veut atteindre son accomplissement ascensionnel. Ce sont des maladies qui avilissent et rongent la psyché, en amenant le compagnon sur la pente de l’abrutissement et de la violence envers lui et envers les autres.

Viennent en aide au compagnon les instruments suivants :

-Le niveau qui symbolise la sérénité dans l’application, mais aussi l’égalité, a pour vice l’envie et pour vertu de la charité. 

-La perpendiculaire ou fil à plomb symbolise la profondeur dans l’observation, mais aussi l’équilibre, et à pour vice la colère et pour vertu l’espérance 

-L’équerre qui est la rectitude dans l’action et la justice, à pour vice orgueil et pour vertu la foi.

Le compagnon s’exerce dans les trois dimensions de la matière. Il recherche la beauté de la taille et fait entrer le subconscient et le sentiment dans son travail. Dans l’exécution de la tâche, il est né à lui-même.

Le Maître travaille traditionnellement sur la planche à tracer, espace à 2 dimensions, sur laquelle il dessine et projette.  Il possède l’art de la géométrie et de la représentation en trois dimensions. Sa représentation devient conceptuelle. Il sait faire les calculs mathématiques, et passer d’une dimension à l’autre. C’est en ce sens qu’il connaît les grands mystères. Son monde est l’esprit, sa vision est globale. Il a seulement 3 instruments opératifs la règle et le compas, avec lesquels il peut tracer chaque type de ligne droite ou courbe et tracer des figures polygonales. Il sait utiliser la truelle, l’instrument de l’harmonie, de la perfection et de l’unification qui donne sens à l’ensemble bâti. C’est l’expression de sa sérénité et de sa bonne volonté, avec lesquels il maintient la paix et la sérénité de sa loge en aplanissant les divergences.

Les vices du maître sont dans la sphère de l’esprit. Il n’y a plus de point commun avec le compagnon, si ce n’est le symbolisme constructif. Ce qu’enseigne la légende du 3° grade concerne la régénération de la vie, de toutes les facultés physiques ou psychiques de l’initié, et plus particulièrement le relèvement du maître intérieur qui sommeille en nous.

Pour l’aider dans sa tâche, le Maître utilise les instruments suivants :

-La règle symbolise la régularité dans l’application et la rectitude, a pour vice l’aveuglement et pour vertu l’intelligence.

-Le compas symbolise la précision dans l’application, mesure dans la recherche de la vérité, a pour vice la folie et pour vertu la sagesse.

-La truelle symbolise la perfection, a pour vice l’erreur et pour vertu la réintégration c'est-à-dire la prise de conscience supérieure d’une complète totalité.

Les vices du maître sont ceux qui amènent à l'aliènement collectif, à l’extinction de la lumière intérieure de l’esprit : contre-initiation, aveuglement et folie. Ce sont les forces obscures qui créent le Maître Noir  illustré par l' Ho locauste et à la folie nazi d’Hitler, les génocides perpétrés par Staline et par Pol Pot, le génocide arménien de la part des Turcs en 1910, aux explosions atomiques et des centaines d’autres terribles exemples. En plus petit aspect, mais non moins dangereux, ces vices engendrent des personnes dédiées à la suprématie, à la destruction, à la violence verbale, mentale et physique envers les autres. L’initié saura les détecter et se tenir à l’écart.

Pour conclure, le maître évolue dans le domaine de la sagesse en mariant conscience et raison. Il est sorti du travail de la matière, pour intégrer le domaine de l’esprit.

(…)

Extrait de la Planche commune franco-italienne « Lumière Ecossaise » à l’O\ D’Ollioules et «Acacia » à l’O\d’Asti. 

Eric R\ et Walter Mu\

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Publié le 14 Octobre 2026 par T.D

 

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Les Outils du Meurtre

Publié le 14 Octobre 2026 par T.D

Y\M\ R\ 

Lors de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise, les trois actes du meurtre d’Hiram nous sont présentés avec les différents protagonistes et leurs attributs symboliques.
Le premier acte voit s'accomplir le meurtre de l'Architecte par trois mauvais compagnons ; le deuxième acte concerne les recherches et la découverte du cadavre ; enfin, le troisième acte est consacré au relèvement, depuis la position horizontale jusqu'à la position verticale, du corps inerte d'Hiram.
Le 1er acte de ce meurtre symbolique s’articule autour de 3 pôles : la victime, les criminels et les outils du meurtre.
Aujourd’hui nous nous intéresserons, aux trois outils : la règle, le levier et le maillet, qui ont servi à perpétrer ce meurtre.
Mais je ne saurais passer sous silence, la personnalité de la victime et les circonstances de ce drame symbolique.
La personnalité de la victime
Salomon, voulant élever un temple à l'Eternel demanda l'appui de son voisin, le roi de Tyr. Celui-ci lui envoya les plus habiles de ses ouvriers, et un homme chargé de diriger les travaux du Temple, un architecte nommé Hiram.
Aussi farouche qu'instruit, Hiram possédait l'Art de bâtir jusqu'en ses moindres détails. A son arrivée, Hiram avait réparti les ouvriers en trois classes distinctes selon leur profession : à sa droite, se rangèrent ceux qui tra­vaillaient le bois, à sa gauche, ceux qui s'occupaient des métaux ; enfin, au milieu se trouvaient ceux qui travail­laient la pierre.
Hiram divisa chacune des classes en trois parties, d'après le savoir de ceux qui les composaient. Les moins instruits constituèrent dans chaque classe les apprentis ; ceux qui étaient habiles dans les travaux qu'ils exécutaient furent les compagnons, enfin ceux qui dirigeaient les autres furent les maîtres.
les Apprentis se rassemblaient devant la colonne J:. pour recevoir leur instruction, leurs vivres et leur salaire ; les Compagnons, faisaient de même près de la colonne B:., enfin les Maîtres, étaient admis à se réunir dans l'intérieur du Temple.
Afin d'empêcher toute confusion entre ces ordres, chacun des membres recevait une parole mystérieuse indi­quant sa place dans la hiérarchie. Dans cet ordre établi par le Maître, seul le savoir permettait aux ouvriers de s'élever d'un rang.
Chacun se félicitait de sa direction empreinte à la fois de justice et de bonté. On lui était reconnaissant d'avoir organisé le travail d'une manière équitable, en proportion­nant les salaires aux capacités.
Le Drame Symbolique
L'admirable organisation, instituée par ce chef bienveillant, aurait dû fonctionner d'une manière parfaite. Mais la perfection n'est pas dans la nature des choses : c'est un idéal vers lequel tendent les êtres et les institutions, mais que nul ne saurait atteindre.
Hiram hélas, devait éprouver en sa personne à quel point la perversité se glisse insidieusement dans le cœur humain, en dépit de tous les efforts d'instruction et quelle que soit la sagesse des mesures prises dans l'intérêt commun.
Trois mauvais Compagnons persuadés que la Maîtrise leur était due, alors qu'on persistait à leur refuser cet avancement, voulurent arracher de force au grand architecte du Temple la parole mysté­rieuse des maîtres. Il organisèrent, à cet effet, le plus infâme des complots. Ils décidèrent son assassinat : cet acte de violence injuste et odieux qui consiste à exécuter un innocent.
Les maîtres se réunissaient chaque jour dans une chambre située au milieu du temple. Le sage Hiram sortait le dernier de tous, après s'être assuré par lui-­même de la bonne exécution de ses ordres. Connaissant cette particularité, les trois compagnons s'embusquent chacun à l'une des trois portes et attendent la sortie du grand architecte.
Hiram, les travaux de la journée accomplis, se dirige vers la porte Sud, où il trouve le premier qui lui demande la parole des maîtres. Hiram lui répond : « travaille, persévère et tu seras récompensé » ; le com­pagnon veut frapper Hiram à la gorge avec la pesante règle de fer dont il s'est armé ; le maître détourne le coup et est atteint à l’épaule droite.
Hiram se rend alors à la porte de l'Occident qui ser­vait d'entrée commune à tous les ouvriers. Là se trou­vait le 2e compagnon qui, sur le refus du maître de livrer son secret, le frappe avec son levier à la nuque, le coup est détourné sur l’épaule gauche.
Tout étourdi, Hiram se traîne jusqu'à la porte de l'Orient où il rencontre le 3e conjuré, « plutôt la mort que de violer le secret », répond Hiram. Rendu plus furieux encore que ses complices par le refus de l'architecte, le criminel l'achève d'un coup de maillet sur le front.
La légende, réduit à trois, les ouvriers criminels. Fait unique dans les rituels de la Maçonnerie bleue : ce sont trois symboles à visage humain qui fomentent et exécutent le meurtre d'Hiram. Ils représentent : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.
Ensemble ou chacun, ils symbolisent également les tares les plus condamna­bles de l'homme profane ou bien de l'initié qui a si mal ou si peu travaillé sa Pierre qu'il ne sait pas maîtriser ses instincts, ses envies, ses pulsions internes.
La préméditation de leur méfait est manifeste, les ouvriers félons ayant comploté et s'étant munis d’armes avant de passer à l'acte.
Les outils du meurtre
A propos de ces outils, tout Maçon a le droit légitime d'exprimer sont étonnement d'entendre prononcer dans le rituel, le nom d'Outils symboliques ravalés en la circonstance au rang d'armes offensives et meurtrières. Il semble invrai­semblable et aberrant que plusieurs outils puissent, même à titre exceptionnel, servir à blesser un être humain et lui donner la mort. A priori, le but du symbole n'est pas de tuer mais, au contraire, de nous aider à vivre mieux.
Mais en Maçonne­rie, rien ne se fait sans raison. Il serait vain de croire en effet que ces trois acteurs se situent successivement en trois lieux différents du temple et que la victime est frappée par trois outils en trois endroits différents de son corps pour l'unique besoin d'une mise en scène.
Pourquoi ces 3 outils ont-ils été choisis pour perpétrer le meurtre ?
Tout d’abord la Règle
Parce qu’elle sert à tracer des lignes droites, la règle est un symbole de rectitude. A l'origine, en effet, la règle est l'instrument primordial du Maître d'Oeuvre, qui conçoit l'ordonnance du Temple, en tant que struc­ture terrestre, réplique d'un ordre céleste. La règle a ainsi non seulement une valeur symbolique, mais plus profondément une valeur spirituelle, en se définissant comme un trait d'union entre le ciel et la terre.
Son importance est soulignée lors des voyages de la postulante au grade de C.'., elle l’accompagne dans 4 des cinq voyages. La règle du Compagnon divisée en 24 sections incite, à chaque heure du jour, à chaque instant, la Franc-maçonne à se mettre à l'ouvrage dans la rectitude, dans l'application, dans la régularité. Outil symbolique actif, elle se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs. Avec le Compas, elle donne la possibilité de construire presque toutes les figures géométriques. En association avec la Perpendiculaire et le Niveau, elle permet la mise en place correcte des pierres de l'édifice. Enfin, avec l'Equerre, elle est indispensable pour vérifier le travail accompli.
Instrument par excellence de l'Art du Trait, cette science secrète dont Hiram se servit pour l'édification du Temple de Salomon, elle sert non seulement à concevoir l'édifice, mais à le réaliser et à vérifier la justesse de la construction, de ses proportions. Princi­pe créateur, la règle est présente à toutes les étapes, de l'idée à la concrétisation. Elle permet la précision dans l'exécution.
Pour la Maîtresse Maçonne la Règle permet la mesure parfaite de l'espace car ses proportions sont proches du nombre d’or. Mais elle lui donne aussi le sens de la mesure. Mesure dans le contrôle des pulsions et des attitudes.
Elle est aussi le symbole de l'Autorité. La Règle est le Sceptre du professeur, c'est d'elle qu'il va se servir en tant que pédagogue lorsqu'il frappera sa chaire afin d'obtenir, de ses élèves, le silence qui doit accueillir sa parole. Et il adviendra parfois qu'elle lui serve également d'instrument de correction en même temps que d'affirmation de son ascendance, de son pouvoir.
Qu'elle préside à l'édification d'un temple (art du trait), aux conventions (règle de jeu, règle de vie) ou aux statuts (règle religieuse), la règle propose des directions qui toutes visent à une construction, qu'elle soit d'ordre physique, moral ou spiri­tuel.
Ensuite le Levier
Au IIIe siècle avant JC, Archimède, Mathématicien grec, aurait affirmé être capable de soulever le monde à l’aide d’un levier. Cette image particulièrement frappante était destinée à démontrer la toute-puissance de l’un des plus anciens outils utilisés par l’homme pour déplacer les charges lourdes.
Le Levier sous sa forme la plus élémentaire est une barre rigide, mobile autour d’un axe ou d’un point fixe. Comme Archimède l’a démontré, deux forces sont alors en présence : d’une part la force motrice appelée « puissance » qui correspond à l’action de l’homme, d’autre part la force appelée résistance qui est le poids de la pierre.
Le Levier sous-entend l'effort maximum, et par là, il fait référence à la Force. La Force est cette vertu qui consiste tout aussi bien à pouvoir contenir les plus grandes craintes, qu'à modérer les mouvements d'audace les plus hardis, afin que l'Homme, à cette occasion, ne se détourne jamais de son devoir. Le levier est donc l'outil qui permet de multiplier les forces de la Maçonne.
Cette faculté, que l'ancienne scolastique médiévale dénommait le don de Force, est en fait le Courage.
Mais le levier est comme le Ciseau, un intermédiaire "passif". Il ne devient "actif" que par la puissance de celui qui l'utilise. Il se rapporte donc à la Connaissance accessible par l'initié. Le Levier devient alors Force féconde mais dangereuse si elle n'est pas contrôlée par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire.
Le 3e outil est le maillet
Le maillet est un marteau de bois à deux têtes, dont se servent en Loge la Vénérable Maîtresse, et les deux Surveillantes pour faire exécuter les travaux, donner des signaux, provoquer des ondes sonores rythmiques et imposer le silence. Entre leurs mains, le Maillet symbolise le pouvoir.
Le maillet est l’arme de Thor, dieu nordique de l’orage, outil d’Haphaïstos, dieu de la forge. Etant assimilé à la foudre, il est à la fois créateur et destructeur, instrument de vie et de mort.
C’était également l’arme par les soldats au Moyen-Age et l’outil à un grand nombre d'ouvriers et d'artisans tel le menuisier, le tonnelier ou le tailleur de pierre.
Il est généralement en buis, bois choisi à cause de sa dureté et il symbolise la fermeté et la persévérance.
Le Maillet agit de façon discontinue. Ceci montre que l'effort ne peut être poursuivi sans interruption et qu'une pression continue sur le Ciseau lui enlèverait toute précision. Le maillet est alors le symbole de l’intelligence qui agit et persévère.
Dans certaines civilisations, on posait le maillet sur le front des agonisants pour leur faciliter le passage, l’envol de l’âme. Cette tradition se retrouve à Rome, le Doyen du Sacré Collège, frappe d’un coup de maillet en ivoire, le front du pape qui vient d’expirer, avant de proclamer sa mort.
La symbolique du Maillet révèle trois formes du puissance :
- la puissance brutale à caractère primitif de l’arme de combat terrestre,
- la puissance créatrice et ordonnatrice à caractère divin de l'activité céleste symbolisée par la foudre ou le tonnerre,
- et la puissance de connaissance avec un caractère relationnel de l'humain au divin.
Ces trois outils au symbolisme profond font référence à un grand nombre de vertus :
La règle fait référence à l’Ordre, à travers la rectitude et la régularité,
Le Levier à la force, au courage, et à la résistance
Le maillet à l’intelligence, la persévérance,
Ce sont des outils de construction destinés à nous faire avancer dans la connaissance maçonnique et spirituelle grâce à leurs apports positifs.
Dans la mort de notre Respectable Maître Hiram, ils sont détournés de leurs aspects positifs pour se révéler être des armes redoutables au service de la violence brutale et de la mort. Mis dans les mains des mauvais compagnons aux pulsions incontrôlées, générée par le désir de puissance, la recherche du pouvoir, ces outils retrouvent leurs aspects primitifs de démolition et de destruction.
Mais au-delà des aspects propres à chaque outil, il est nécessaire de d’essayer de comprendre quel sens attribué à leur rôle dans ce drame ?
A la Porte d'Occident, la première blessure est infligée avec la règle, à l'épaule droite, contraignant le Maître à plier le genou droit qui touche terre. Mais c’est la gorge, siège de l’émission verbale, passage de l’air et de la nourriture qui était visée.
L'Occident figure l'endroit le moins éclairé, le point cardinal où le Soleil - la Lumière maçonnique - disparaît pour un temps déterminé.
La Porte d'Occident est le passage oscillant entre le monde initiatique et le monde profane, entre la connaissance de soi (connaissance ésotérique) et les connaissances indispensables à la vie sociale (connaissances exotériques).
L'épaule et le genou droits représentent la latéralité positive, émettrice, active du corps humain. Sous l'effet du coup, ce pôle positif anesthésié provoque un court-circuit au contact de la Terre­ Elément.
Cette première blessure rituelle a pour objet de supprimer en Hiram son génie créateur, son habileté technique liée à son immense savoir intellectuel.
A la Porte du Nord - virtuelle dans le temple maçonnique - le Maître est blessé avec le levier à l'épaule gauche ; il tombe alors sur le genou gauche. Mais c’est la nuque qui est visée.
Le Nord est dans l'hémisphère boréal, assez bien éclairée ; on y fait siéger les Apprentis pour amorcer la dissipation des ténèbres de leur ignorance initiatique.
La Porte du Nord - qui existait concrètement dans le temple de Jérusalem - figure au plan astronomique le point cardinal où se trouve l'étoile polaire, au plan maçon­nique la présence de l'Etoile Flamboyante.
L'épaule et le genou gauches représentent le côté négatif, réceptif. Le traumatisme paralyse le côté du cœur, qui entre lui aussi en contact avec la Terre-Elément, déchargeant une grande partie de son énergie.
Cette deuxième blessure rituelle, destinée à tuer en Hiram ses structures éthiques, ses qualités morales et son acuité psychique, et son affectivité.
Enfin, à la Porte d'Orient, la 3e blessure est portée avec le maillet sur le front. Mortellement atteint, Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, et rend le dernier soupir.
L'Orient est l’espace sacré d’où jaillit la Lumière. Dans le temple maçonnique la Porte d'Orient s'ouvre sur la Lumière initiatique et sur l'Orient Eternel.
Etendu sur le dos, à l'horizontale, le corps de l'Architecte, sa tête en direction de l'Occident, est en contact total avec la Terre­ Elément, c'est-à-dire avec la matière, laquelle possède les mêmes composants que ce corps physique.
Cette troisième blessure a l'aspect rituel de "coup de grâce" : acte délibéré du bourreau à l'encontre de sa victime.
Mais il est capital d'observer la position du corps d'Hiram, pieds vers l'Orient­ et tête vers l'Occident. Ce dernier point cardinal est en effet, le lieu du soleil couchant, de l'obscurité naissante, donc de la quasi-ignorance et de la mort physique, exotérique en quelque sorte.
La tête est un lieu de passage vers le cosmos de l'énergie spirituelle de l'être humain, ainsi qu'une entrée à l'intérieur de ce dernier des énergies cosmiques symbolisées par la Lumière.
En conséquence, le geste violent du troisième compagnon veut avoir pour résultat de briser en Hiram sa Porte d'Orient, d'inter­rompre l'écoulement de son énergie vitale, de mettre fin à la connaissance spirituelle acquise par l'Architecte, d'anéantir le grand initié qui avait élevé un temple à la gloire de la Lumière éternelle. Mais ce résultat n'est pas obtenu car le chef-d'œuvre réalisé durera un certain temps alors que le Temple Intérieur d'un parfait initié est bâti pour toujours ; seul le corps physique d'Hiram cesse de vivre.
Enfin, l’ensemble des trois blessures composent dans l'espace un triangle dont le symbolisme nous renvoie au Delta Lumineux, au Principe Créateur, au Grand Architecte de l’Univers.
Le héros de ce drame n'a rien d'un homme ordinaire, en raison de l'œuvre capitale de sa vie, c’est l’initié accompli, le paradigme de toute initiation menée à son plus haut degré, le modèle que les Maîtres Maçons ont le devoir d'imiter, de prendre pour exemple à défaut de le diviniser.
Ces outils diabolisés nous plongent dans le monde profane où se développe la montée inexorable de la violence. Aussi moi, maîtresse maçonne, je dois avoir à l’esprit de toujours combattre :
la mauvaise mentalité qui a fait abattre sur le Maître la Règle du premier assassin ;
l'étroi­tesse de sentiment qui animait le misérable qui s'en est pris au cœur d'Hiram, en le meurtrissant à l'aide d’un Levier ;
la vanité, l'orgueil de commander et de briller qui a allongé la main du troisième vers le Maillet fatal, qui consomma le meurtre d'Hi­ram.
La légende d'Hiram vue à travers l’analyse des trois outils du meurtre, nous permet d’entrevoir une partie du mystère transmis par ce sage qui meurt plutôt que de livrer son secret, et qui ressuscite immortel. Le but tout entier de la légende se trouve renfermé dans cette mort du juste tué en secret et dans son écla­tante résurrection.
C’est la victoire de la vérité sur les erreurs, de la résurrection sur la mort, d'Hiram qui est la vertu sur les trois compagnons scélérats.
Car les outils ne sont que des instruments en nos mains. A nous de manier la règle, le levier et le maillet de manière positive.
En mourant avec le Maître, la maîtresse maçonne est morte à une existence vulgaire et misérable. Elle s’est relevée purifiée des passions grossières des mauvais compagnons. Transfigurée par la lumière de l’initiation elle ne redoute plus la mort car elle a acquis la liberté intégrale.

J’ai dit.

 

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Les outils du Compagnon : planche au 2ème degré

Publié le 14 Octobre 2026 par T.D

Quels sont les outils du compagnon franc-maçon découverts au cours de ses 5 voyages ? Que symbolisent-ils ? Comment les interpréter au REAA ?

Le Prologue de Jean dit : « Le Verbe s’est fait chair ». La pensée divine, puis humaine, s’est concrétisée au travers d’actes concrets et d’outils de construction. L’outil transforme l’énergie de la pensée en action effective, en force maîtrisée conforme aux lois de la Nature.

Si la main est le premier outil de l’Homme, l’outil fondamental, nous utilisons aussi un certain nombre d’outils rudimentaires mais incontournables. Ces outils sont actionnés par la main, cette dernière pouvant être décrite comme l’instrument des instruments (Aristote).

De manière générale, les outils permettent de prolonger notre pensée conceptrice, et aussi de donner corps à notre intelligence. Sans ces outils, nous ne serions pas Homme.

Mais les outils ne servent pas seulement à réaliser, ils servent aussi à apprendre et à comprendre. Les symboles sont, par excellence, des outils permettant de comprendre et de percer. Un symbole n’est jamais révélé définitivement, il est un filtre qui permet d’entrevoir le sacré.

Enfin, les outils permettent de transmettre. La main par exemple, permet d’écrire, écrire pour être lu des autres, de nos semblables, de nos Compagnons.

Ainsi les outils permettent de donner et de recevoir, de travailler sur soi et dans soi.

A présent, présentons et analysons les outils du Compagnon, qui lui sont remis au cours de chacun des voyages de l’initiation. Les outils vont généralement par deux pour montrer leur dualité et leur complémentarité.

1) Donner la forme, approfondir : le Ciseau et le Maillet

Le Ciseau et le Maillet, qui sont aussi les outils de l’apprenti, sont associés au Cinq Sens lors du premier voyage initiatique du Compagnon. Ces outils permettront de polir la pierre cubique destinée à l’érection du Temple dont nous sommes à la fois les constructeurs et les matériaux.

Le Ciseau est passif à l’égard du Maillet. De par son inclinaison, il permet de retirer la quantité juste et parfaite. Le Ciseau doit être guidé avec habileté et discernement, il s’agit de parfaire la pierre avec précision, prudence et humilité.

Le Maillet est quant à lui l’énergie agissante : il est actif, moteur, force concrète.

Cette paire d’Outils impose à la pierre la volonté de l’ouvrier. D’une main, le Compagnon frappe (Maillet) et de l’autre il donne la forme ressemblant à ce qu’il a imaginé.

A noter que le Maillet, symbole de volonté agissante, est utilisé au cours du rituel pour annoncer l’ouverture et la fermeture des Travaux, et pour demander la parole. Il sert aussi à marquer le rythme du travail. Lors de la cérémonie d’initiation, le Vénérable Maître pose l’épée sur le récipiendaire puis frappe la lame avec le Maillet.

Le Ciseau ou le Maillet pris séparément sont inutiles ; la complémentarité de l’actif et du passif est évidente.

Le Ciseau et le Maillet traduisent l’approfondissement personnel, le perfectionnement. Il s’agit de donner une forme à une matière extrêmement dure. Cette matière, c’est notre corps, notre carapace, nos barrières personnelles. C’est aussi le quotidien, le monde physique, la matière. Cette carapace est extrêmement difficile à percer pour accéder au fond de nous-même, au spirituel, et mieux nous connaître. C’est un travail long, minutieux et pénible.

2) Déplacer, bâtir dans la rectitude de la loi : La Règle et le Levier

Là encore, la Règle et le Levier sont parfaitement complémentaires. Ces outils apparaissent au Compagnon lors du second voyage de son initiation et sont associés aux Cinq Ordres Architecturaux.

Le Levier démultiplie notre force et nous permet de placer où l’on veut les pierres destinées à l’érection du Temple symbolique. C’est l’instrument actif par excellence, auquel rien ne peut résister. C’est la force de la volonté, l’outil qui permet d’atteindre tous les objectifs, qui triomphe de tous les obstacles.

La Règle représente la loi morale, elle trace la direction de notre conduite dont nous n’avons jamais à dévier.

Outil passif, la Règle rappelle que la loi morale doit toujours être le point d’appui de la volonté et de l’action concrète. Elle sert à orienter l’action de juste manière.

La Règle et le Levier attirent notre attention sur le fait que la force de la volonté, qui peut être illimitée, doit être mise au service de valeurs morales fondamentales.

Notre civilisation est le triomphe du Levier. L’Homme a atteint un niveau d’ingénierie et de technicité très élevé. Il peut bâtir des viaducs de 300 mètres de haut et faire décoller des fusées, il peut creuser des canaux pour relier les océans. Il sera capable de bien plus encore dans le futur. Tout cela semble-t-il au détriment de la Règle. Au cours du XXème siècle, l’Homme a utilisé sa force au service de la guerre et de la destruction de l’Autre.

La Règle, c’est la loi, donc la liberté au sein de la société. En effet, être libre c’est définir la loi de sa propre action.

Pour ces outils, les maîtres mots pourraient donc être : DEVOIR et LIBERTE.

3) Le Fil à plomb et le Niveau : s’élever sur de bonnes bases

Le Fil à plomb et le Niveau apparaissent lors du troisième voyage du Compagnon, dédié aux Arts Libéraux.

Le Fil à Plomb est l’outil qui permet de vérifier instantanément la loi de la gravité, ou verticalité. Cet outil rappelle aussi la nature du monde physique : la matière est attirée vers le bas. En même temps, il montre la voie droite, le chemin parfait vers l’élévation. Il est vérité.

Il fait penser à une colonne vertébrale autour de la laquelle les organes peuvent se construire, un axe crucial autour duquel le travail peut s’organiser.

Outil passif, le Fil à plomb n’exerce aucune action sur la matière, il définit pourtant le sens des travaux et de l’élévation de la manière la plus évidente et la plus remarquable, ce qui en fait un outil prédominant.

Le Niveau a un rôle de vérification de l’horizontalité. C’est l’outil de recherche de la stabilité et de l’équilibre. Il rappelle un autre instrument : la balance, qui est le symbole de l’Egalité et de la Justice.

Le Fil à plomb et le Niveau rappellent le Delta lumineux. Le Fil à plomb serait un point de passage entre le haut et le bas, entre le monde matériel et spirituel, il est l’équivalent de l’oeil central du Delta. Le Niveau est à la base : ligne d’Egalité entre les Frères, de fraterni, mais aussi ligne de Justice permettant de contourner notre ego.

Pour ces outils, les maîtres mots tpourraient être : VERITE, EGALITE ET JUSTICE.

4) L’Equerre

L’équerre est associée au quatrième voyage initiatique du Compagnon, au cours duquel on découvre les noms des Cinq Grands Initiés.

L’Equerre est traditionnellement utilisée par les tailleurs de pierre. Outil de contrôle de l’angle droit, l’Equerre rend possible un travail ordonné, cohérent, durable. Sa fonction première est la vérification, voire la rectification, ce qui n’est pas sans rappeler le Rectificando de la formule VJTRIOL

Le maniement de l’Equerre demande une constante remise en question de soi-même et du monde, il garantit la solidité de la construction.

L’Equerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place.

L’Equerre me fait aussi penser au Rituel qui nous permet de travailler dans la droiture et la rigueur d’une démarche ordonnée et progressive. C’est ainsi que la plupart des signes en loge se font à l’Equerre.

Surtout, en permettant de vérifier la régularité des faces d’une pierre, l’Equerre permet de positionner chaque pierre par rapport aux autres, et dans la mesure où chacun de nous est une de ces pierres, l’Equerre harmonise nos êtres, adoucit nos contradictions, et rend donc possibles les liens de Fraternité entre nous.

Pour cet outil, les maîtres mots semblent être : VERIFICATION ET FRATERNITE.

Pour conclure, rappelons les maître mots que l’on peut associer aux outils du Compagnon :

  • Le Ciseau et le Maillet : CONNAIS-TOI TOI-MEME
  • La Règle et le Levier : DEVOIR ET LIBERTE
  • Le Fil à plomb et le Niveau : VERITE, EGALITE ET JUSTICE
  • L’Equerre : VERIFICATION ET FRATERNITE.

Construire c’est bien cela : mettre dans son oeuvre ce qui est en soi, travailler en Homme libre, progresser vers la Vérité tout en œuvrant pour l’Egalité et la Justice, enfin vérifier et rectifier sans cesse, tout en se plaçant auprès des autres, en totale Fraternité.

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Publié le 13 Octobre 2026 par T.D

 

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Les Outils de l'Apprenti

Publié le 13 Octobre 2026 par T.D

Avant la dernière Tenue, le Second Sur:. m’a fraternellement invité a participé à un chantier d’apprenti. Son cycle de travail en chantier commence par « la Pierre Brute » et c’est dans ce cadre que l’un de nos frères apprentis, récemment initié, a présenté ses travaux sur la Pierre Brute.

La Pierre Brute fait partie des principaux symboles cités en page 17 du mémento de l’apprenti dont je vous cite un extrait :

« Le F :. Apprenti travaille à la Colonne du Septentrion sous la direction du F :. Second Surveillant qui est chargé par la R : Loge de l’instruire dans ses débuts du travail dans l’ « Art Royal » dont les premiers et principaux symboles sont :

-          La Pierre Brute,

-          Le Maillet,

-          Le Ciseau,

-          La règle à 24 divisions,

-          La perpendiculaire,

-          Le Silence.

L’Apprenti Maçon doit « dégrossir » la Pierre Brute. »

A l’exception du Silence bien-sûr, (ou pas !), ces principaux symboles se retrouvent sur le tableau de loge au 1er degré.

L’Apprenti Maçon est donc, et je cite toujours le Mémento, « à la fois le matériau et l’ouvrier de l’œuvre Maçonnique qu’il commence ».

L’objectif de l’Apprenti est donc connu, dégrossir la Pierre Brute.

Pour le réaliser, il faut une méthode et des outils.

Lors de notre précédente tenue, notre VM nous a fait une planche sur le « Symbolisme, outil de connaissance ».

La planche de notre VM et le chantier d’apprenti m’ont permis de me replonger dans des études sur le grade d’apprenti et j’en suis fort content.

Pour développer cette planche, je commencerai par associer deux des principaux symboles cités dans le mémento, et de les associer à un lieu, à savoir :

-          Le silence et la perpendiculaire

-          Le cabinet de réflexion

Et pour donner corps à tout cela, je vous demanderais de visualiser, d’imaginer un jeune apprenti, assis en tailleur, regardant une Pierre Brute, et qui de manière un peu méditative, ne saurait pas par quel bout attaquer cette taille.

Et bien, si je devais lui donner un conseil, je lui dirais, au jeune apprenti, que ses premiers outils sont le silence et la perpendiculaire, et qu’il se souvienne de son passage dans le cabinet de réflexion lorsqu’il a subi l’épreuve de la Terre.

On demande en effet à l’apprenti maçon, à la colonne du septentrion, de regarder, d’observer, de conserver le silence…. Il est au septentrion, il est dans l’ombre, en tout cas pas trop dans la lumière.. Qu’il profite de cette période d’apprentissage, où il n’y a pas d’autre objectif que d’écouter, de regarder, d’absorber les symboles de la loge et du rite. C’est une chance.

Qu’il se souvienne du passage dans la matrice du cabinet de réflexion. N’est-ce pas le symbole du repli sur soi ? de l’introspection ? de la méditation ? Qui suis-je ? Où vais-je ? qu’il se rappelle en « flash » le coq et l’inscription VITRIOL.

Silence, perpendiculaire, cabinet de réflexion…

La perpendiculaire, symbole du second surveillant, symbole de l’introspection… Symbole de redécouverte de soi pour l’Apprenti. De méditation.

L’apprenti est devant sa pierre brute, dans l’introspection… dans le silence… dans la méditation….

Il est peut-être prêt à commencer à tailler la pierre brute. S’il a réussi à s’extraire du monde profane. S’il est prêt à tailler dans les métaux et l’acquis qui faussent et brouille sa vision.

Le jeune maçon a fait sien le principe VITRIOL : visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée.

Il respire ; il commence à voir ce qu’il doit tailler, les morceaux de pierre à enlever par petites couches, pour tenter d’atteindre l’œuvre d’une Pierre cubique. Il commence à maîtriser ses passions.

Il tend la main, il cherche d’autres outils, il attrape à tâtons un outil dur et lourd, un autre plus léger et métallique. Un maillet et un ciseau. Il est prêt.

Il va utiliser dans sa main droite le maillet, et dans sa main gauche un ciseau. Et il n’a pas oublié de mettre des gants pour se protéger des éclats quand il commencera son travail.

Il va allier la force du maillet à la sensibilité et l’intelligence du ciseau.

Il commence à taper, doucement, de plus en plus assurément. Car il commence à se connaître, à maîtriser son geste.

Toutefois le doute revient, car il voit que la forme géométrique attendue, un cube, n’est pas au rendez-vous pour l’instant. Cela ressemble plus à un parallélépipède dont tous les côtés opposés ne seraient pas parallèles avec des segments qui ne seraient pas égaux. Que dire des angles droits…

A quoi bon une telle forme géométrique…

Ah, parce que je ne vous ai pas encore dit, mais cet apprenti maçon souhaite que la pierre qu’il aura taillée puisse s’insérer dans un mur, dans un édifice, composé d’autres pierres cubiques….

Où est-ce que le bât blesse ?

Le jeune maçon s’est laissé emporter par son élan : de l’introspection et de la médiation, de la réflexion, il s’est un peu laissé aller dans sa fougue.

Il s’est dit qu’il était prêt et il a foncé.

Il a d’ailleurs oublié un outil, mais il le cherche, de sa main droite, il l’a trouvé.

La Règle. Symbole du rite au REEA. Il a un peu trop taillé sa pierre en profane, pensant qu’il était devenu expert en taille de pierre.

Il a en main cette belle règle divisée par 24 divisions, comme 24 heures, comme à chaque heure suffit sa peine.

Règle symbole de la règle, du rite. Sans rite, pas de travail. Sans symbole pas de travail.

''Dura lex, sed lex''. La loi est dure, mais c’est la loi.

La règle enfin va lui permettre de vérifier que chaque côté a la même longueur.

Mais il devra sans cesse vérifier que les dimensions sont proportionnées.

Au moins il a la perpendiculaire ou fil à plomb, qui va compléter ses vérifications, pour atteindre des angles à 90 degrés.

Il se remet à l’ouvrage, il avance sur la voie initiatique.

L-D:. D:.

26 avril 6023

 

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Les Outils maçonniques

Publié le 13 Octobre 2026 par T.D

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Ce mémorandum a pour objet de rappeler les fondements et les bases incontournables de la Franc-Maçonnerie, dès les trois  premiers Grades traditionnels depuis les âges les plus anciens. Ces Grades – Apprenti, Compagnon, Maître – , appelés naturellement Grades symboliques sont appliqués en Loge dites symboliques classées ‘’Loges de saint Jean’’.  Ainsi a connaissance des Outils est absolument indispensable à toute progression dans la voie d’un enseignement initiatique maçonnique.  A cet égard, rappel est fait que toutes les Formations initiatiques n’entrent pas forcément dans le cadre de l’Institution maçonnique, précisément le Martinisme, le Martinésisme, les Rose-Croix, les Templiers, le Compagnonnage, le Druidisme, etc… et bien entendu les Ordres religieux. Les échelons qui composent la graduation ou échelle des Grades d’un Rite, dont les derniers dénommés  »Hauts-Grades », ont fait l’objet de maintes critiques, jusqu’à être qualifiés de fantasques et prétentieux, pour donner lieu à de fausses intensions, tirant leur origine d’une époque lointaine où fleurissait la Chevalerie.  Nous citons Jules Boucher et Oswald Wirth qui nous invitent à la plus grande prudence en ces termes :

« Tous les auteurs, ayant approfondi le ternaire fondamental de la Franc-Maçonnerie, ont condamné avec sévérité l’ivraie des hauts-grades, élucubrations fantaisistes, ne contribuant qu’à égarer l’esprit et à faire méconnaître le pur Maçonnisme. Le besoin des hauts-grades ne se serait jamais fait sentir si, pratiquement les trois degrés fondamentaux n’étaient restés lettre morte ; les degrés supérieurs perdraient leur raison d’être, dès que les Loges se montreraient capables de former des Maîtres effectifs. La plupart des adeptes de l’Art royal se contentent de recevoir les Grades symboliques, mais ils ne les possèdent jamais effectivement. Ils détiennent un trésor, mais ils en ignorent la valeur et n’en tirent aucun parti. Or les hauts-grades n’ont d’autre mission que de faire progressivement saisir l’ésotérisme des trois degrés fondamentaux de la Franc-Maçonnerie. »

……Ces trois Grades sont parallèlement à regarder tels des Grades élémentaires, parce qu’ils sont, à la source, liés aux quatre éléments : la Terre (par la Chambre de réflexion), l’Eau, l’Air et le Feu.  La fusion de ces éléments, premiers symboles de l’Initiation, et les Outils sont constitutifs de la base de l’enseignement initiatique, sans lesquels il n’y aurait aucun accès à la Connaissance, et à la compréhension des Grades et Degrés suivants.  Plus tard, après la Maîtrise, ils sont appelés à offrir l’assise et la structure d’un enseignement supérieur qui suit les Grades symboliques et qui nécessairement s’appuiera sur la totalité de ces premiers éléments et leurs fondements, au travers d’un Grade et deux Degrés, classés en Loges de saint André (cela au REP).

Sans les symboles rattachés à ces éléments constitutifs d’un enseignement de base, il ne peut y avoir de compréhension de ce qui constituera rapidement une culture de réflexion liée aux aspects de recherche, dans la voie du perfectionnement de la nature humaine, mais également au plan historique, spirituel, moral, philosophique, soit de de sagesse.

Ce sont les outils, constituant un MOYEN, et ils se distinguent en deux classes distinctes :

  1. ….actifs, ils sont rattachés à l’Esprit : Compas, Maillet, Perpendiculaire, Règle
  2. ….passifs, ils relèvent de la Matière : Equerre, Ciseau, Niveau, Levier

Ils sont en toutes occasions à employer respectivement deux par deux (Compas et Equerre, Maillet et Ciseau, etc…), soit un outil servant l’Esprit et un outil servant la Matière, c’est pourquoi ils sont complémentaires et à utiliser ensemble.  Aussi, ils sont associés par deux dans le symbolisme maçonnique, pour constituer plusieurs binômes.

Equerre et Compas

…..L’Equerre confirme la volonté d’un chef de Loge dans un but essentiel, celui du respect des statuts de l’Ordre pour agir d’une seule manière, à savoir celle du Bien. En correspondance avec les Outils, l’Equerre qui figure à la pointe du Sautoir du Vénérable signifie en effet que toutes ses actions vont vers le Bien. On lui donne généralement le sens d’équité. Elle symbolise l’équilibre résultant de l’union de l’actif et du passif. Si l’équilibre est un état statique, ses branches inégales traduisent un état actif et dynamique. L’équerre se rapporte à la Matière qu’elle symbolise, qu’elle rectifie et qu’elle ordonne. Elle représente l’action de l’homme sur la Matière et parallèlement dans un autre sens l’action de l’Homme sur lui-même.

Se rapportant à la Matière, l’Equerre est passive, tandis que le Compas désignant l’Esprit est actif.   Toutefois, l’Equerre joue son rôle de contrôle de la coupe des pierres qui doivent être taillées de façon à être ajustées avec exactitude. Sur la poitrine du Vénérable, la branche de l’Equerre la plus longue placée du côté droit marque la prépondérance de l’actif (côté droit ou énergie entreprenante) sur le passif (côté gauche, coeur pour une réceptivité et un discernement). En outre, l’Equerre rappelle le gamma grec et conséquemment la lettre G.

……Le Compas est l’un des instruments les plus anciens qu’inventa l’homme. Il sert à tracer des cercles et à prendre des mesures.  Le compas est l’image de la pensée, les écartements de ses branches et leur rapprochement figurent les modes du raisonnement, qui doivent être abondants et larges, précis et serrés mais toujours clairs et persuasifs.

L’Equerre est un instrument fixe et le Compas un instrument mobile. Donc par rapport à l’Equerre, passive, le Compas est actif. Le Compas, par ses pointes, indique son emprise sur la matière tant que l’écartement de ses branches est inférieur à 180°. Plus il devient une ligne droite, moins il n’a de possibilité effective. Son ouverture donne les possibilités d’accéder à la connaissance, et indique les bornes que l’homme ne saurait dépasser.

L’Equerre est symbole de la matière, tandis que le Compas est symbole de l’esprit et de son pouvoir sur la matière.  Le Compas ouvert à 45° indique que la matière n’est pas complètement dominée, alors que l’ouverture à 90° réalise intégralement l’équilibre entre les deux forces et le Compas devient ‘’équerre juste’’.

……Au Grade d’Apprenti, l’Equerre couvre les deux banches du Compas et indique qu’on ne peut demander plus au néophyte que sincérité et confiance, conséquence naturelle de la droiture et de la rectitude. Durant la cérémonie d’Initiation, le Récipiendaire tient la pointe du Compas sur sa poitrine nue, siège de la conscience, qui doit lui rappeler sa vie passée, durant laquelle ses vues et ses démarches n’ont peut-être pas toujours été réglées sur l’exactitude, laquelle doit diriger ses pensées et ses actions. Même si le Récipiendaire est censé encore ignorer l’usage du compas, qu’il découvrira plus tard ; celui-ci figure l’esprit qui va au-delà du sentiment (le cœur) et il convient de s’attarder non pas sur la raison, sèche et froide, mais bien sur les facultés de l’esprit de l’Initiation dans toute sa transcendance.

……Au Grade de Compagnon, une branche du Compas couvre l’Equerre, et marque sincérité et discernement, et au Grade de Maître, les deux branches du Compas recouvrent l’Equerre, elles impliquent perspicacité et justice.

…….Au troisième Grade de Maître-Maçon, l’Equerre et le Compas forment le bijou Maître-Maçon, pour représenter l’union de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament

  a Cet exposé est à compléter par la lecture des distinctions qui figurent dans les instructions du deuxième Grade (Rituel, page 84), ainsi que plus généralement par les explications des Outils développés dans le Manuel des Officiers et dans le lexique du REP.

Maillet (Marteau) et Ciseau

……Tous deux sont employés au dégrossissement de la Pierre brute. Tout d’abord le Ciseau, tenu en main gauche (côté passif), s’impose par le discernement. En effet, c’est le Ciseau, chargé de faire disparaître les aspérités de la pierre à l’état nature, qui permet de façonner la pierre dans une forme cubique.  Achevée, elle est l’image du travail accompli de l’Apprenti en capacité de devenir Compagnon, destiné à œuvrer à la construction de l’édifice.  Mais le Ciseau est inopérant sans le concours du Marteau. Il marque, quant à lui, la volonté qui exécute.

……Le Marteau, emblème du Travail de l’Apprenti et de la Force matérielle, aide à renverser les obstacles et à surmonter les difficultés. Le Ciseau est l’emblème de la sculpture, de l’architecture, des beaux-arts, alors que son usage serait presque nul sans le concours du Maillet.  Sous l’angle de l’intelligence, tous deux concourent au même but. Le Maillet, emblème de la logique, sans laquelle on ne peut raisonner juste, et dont aucune science ne peut se passer, a besoin du Ciseau, pour parvenir à la logique propre à rendre l’homme indépendant.

……Le Maillet est donc l’outil de l’intelligence qui agit et persévère. Il dirige la pensée et anime la méditation de celui qui, dans le silence de sa conscience, cherche la vérité. Vu sous cet angle, il est inséparable du Ciseau qui représente le discernement comme nous l’avons dit, sans l’intervention duquel l’effort serait vain, sinon dangereux.

Ces deux outils sont indispensables à l’Apprenti pour tailler sa Pierre brute. Le premier représente les résolutions arrêtées en notre esprit, tandis que le second, le ciseau d’acier s’applique sur la Pierre. Tenu de la main gauche, côté passif, le Marteau de l’Apprenti correspondant à la réceptivité intellectuelle, au discernement spéculatif. 

Pris sous un autre aspect, il figure la volonté qui exécute : c’est le Maillet du Vénérable, insigne de commandement qu’il brandit de la main droite (qui est celle qui engage), côté actif, se rapportant à la Force et à la détermination qui conduisent les actes ritueliques.

Quant au Marteau, il incite l’Apprenti à la constance dans l’effort. Cette volonté est simplement ferme et persévérante, parce que par cet Outil, il agit d’une façon discontinue, dès lors que l’effort ne peut être poursuivi sans interruption, puisqu’une pression continue sur le Ciseau enlèverait toute précision au Travail.

……Même si le Maillet est l’outil essentiel du Vénérable et des deux Surveillants (ils sont ainsi nommés ‘’les trois Maillets’’), il diffère en fonction de son attribution, et alors il peut représenter l’actif et le passif.   Pour résumer, le Maillet est la volonté qui exécute. Insigne du commandement, il est tenu en main droite (côté actif) et développe une énergie agissante autant qu’une détermination morale. Le Maillet dans les mains du Vénérable et des deux Surveillants symbolise le pouvoir. Ainsi, nous nous référons à l’instruction dialoguée au Grade d’Apprenti, selon laquelle il est rappelé que le Ciseau représente la pensée arrêtée et les résolutions prises, tandis que le Maillet souligne la volonté qui les met à exécution, comme précisé ci-avant.

Pour rappel : lors de l’ouverture des Travaux d’une Loge, les deux Surveillants circulent munis du Maillet, tenu en main droite (paume sur le cœur) et porté sur la poitrine, pointe du Maillet près de l’épaule gauche. Dans cette position les Surveillants font le signe de l’Equerre.

Il est important de rappeler que les Frères en Loge doivent se mettre SUCCESSIVEMENT à l’Ordre et NON PAS tous ensemble et en même temps, mais seulement au fur et à mesure du passage des deux Surveillants (tenant Maillet en main droite et donc sans être au Signe des Travaux) devant chacun des participants des deux Colonnes du Nord et du Sud, après s’être croisés à l’Orient. Avant le passage des Surveillants, les Frères sur les Colonnes doivent être tournés vers l’Orient et faire face au Vénérable, et ainsi chacun ne peut voir le Signe fait par celui qui est derrière lui.

Niveau et Perpendiculaire

……Outils des Premier et Second Surveillants, ils donnent respectivement la verticale et l’horizontale, qui rappellent l’actif et le passif, deux polarités universelles réunies, l’une de mouvement et d’action, l’autre d’inertie et de repos.  Terme traditionnel : la Perpendiculaire (dit à tort fil à plomb, terme moderne) est représentée par un arceau au sommet duquel est attaché un fil à plomb. La Perpendiculaire est l’emblème de la recherche en profondeur, de la vérité, de l’aplomb, de l’équilibre. Elle signifie que le Maçon doit posséder une rectitude de jugement qu’aucune affection d’intérêt ou d’effets personnels ne doit détourner.

…..Le Niveau en symbolisme est formé par une équerre juste (angle de 90°), il symbolisme l’égalité sociale, mais simplement sur la base du droit naturel.  En pratique, les Membres ne sont pas tous égaux devant la volonté et la détermination face à l’effort à accorder au Travail, la soif de résolutions, l’envie d’apprendre et de découvrir. Seule cette différence est la manifestation d’une inégalité justifiée entre les Initiés.  En Franc-Maçonnerie, nous ne parlons jamais de Maillons (les Membres) faibles, mais de faux Maçons qui refusent d’apprendre par la lecture indispensable à toute instruction et progression pour une ascension dans l’échelle des Grades maçonniques. En fait, là se trouve l’inégalité entre ceux qui apprennent par le Travail personnel et l’implication en Loge et ceux qui ne le veulent pas.  Le Niveau est le symbole de l’égalité originelle, il n’implique en aucun cas le nivellement des valeurs. Il nous rappelle qu’il faut considérer toutes choses avec une égale sérénité. Si le Niveau indique l’horizontale, il n’est pas dépourvu de la verticale. La Perpendiculaire donne la direction vers le centre de la Terre et le Niveau donne la ligne droite vers un point donné par la Perpendiculaire.

……La Perpendiculaire est l’emblème de la recherche en profondeur, de la vérité, de l’aplomb, de l’équilibre.  Il symbolise la Connaissance et de la rectitude.  Cet Outil prévient toute déviation oblique ; tandis que le Niveau montre que la Connaissance doit être rapportée au plan terrestre, le seul qui puisse intéresser directement l’Initié. La Perpendiculaire donne la direction du centre de la Terre et le Niveau donne la ligne droite en Equerre à un point donné avec la Perpendiculaire.  C’est en partant d’assises stables et bien établies que le Maçon peut et doit travailler essentiellement en vue de son élévation spirituelle.

……Enfin, lorsque l’Apprenti devient Compagnon, on dit qu’il passe de la Perpendiculaire au Niveau, c’est-à-dire qu’ayant suffisamment approfondi les éléments, principe de base de la Connaissance, il devient capable d’envisager ceux-ci dans leurs relations avec le monde, avec le cosmos.  Ces relations sont indiquées par le triangle que forme l’armature du Niveau, qui équilibre horizontalité et verticale.

Règle et Levier

……Complémentaire à plusieurs Outils, la Règle symbolise le perfectionnement. Elle incarne la rectitude, la méthode, la loi. Unie au Compas, elle permet de tracer toutes les figures de la Géométrie. Elle représente l’infini, la droite sans commencement ni fin.    Mais son axe premier est la moralité et le devoir, dont le Franc-Maçon ne doit pas s’écarter. La Règle graduée est divisée en 24 divisions qui correspondent aux 24 heures du jour qui toutes doivent être correctement employées.

  • Règle et Equerre permettent de tracer des figures rectilignes
  • toutes deux cumulées sont utiles pour vérifier le travail accompli
  • Règle et Compas donnent la possibilité de construire presque toutes les figures géométriques et symbolisent les Connaissances géométriques indispensables pour le tracé des plans des édifices
  • Règle, Niveau, Perpendiculaire et Levier sont nécessaires pour mettre en place correctement les pierres de la construction

si bien que tous les Outils symboliques se trouvent réunis dans une succession logique pour une construction sans défaut.

……Mais la Règle et le Levier sont reliés. Ils sont formés essentiellement par la ligne droite, d’autant que la Règle se rapporte à l’Esprit et le Levier à la Matière.  Le Levier est comme le Ciseau un intermédiaire passif et il est inerte par lui-même. Alors qu’il devient actif par la force multipliée de celui qui l’utilise, il l’est d’autant plus quand il est saisi à deux mains et tenu en main droite, de la sorte rien ne résiste à la puissance du Levier.  Aussi, y a-t-il lieu de veiller à aucun abus susceptible d’emportements dangereux, telles des intentions d’une pureté non absolue ou malveillante. Le Levier se rapporte donc à la Connaissance qui devient initiatique et fournit une force féconde à contrôler par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire.  Ainsi, la Règle est le rappel de plusieurs constantes : droiture de l’Esprit dans les résolutions, franchise, loyauté, rectitude pour dédaigner toutes les contrefaçons

La Règle est un outil inflexible qui donne la raideur de la ligne droite, dont la rigidité rappelle la ligne de conduite que se fixent les Maçons, tenant compte des conditions réelles pour contourner les difficultés et les embûches dans le respect de la (leur détermination) Morale.

La Truelle   est un outil neutre qui n’est pas en vigueur en Loge de saint Jean au REP, mais reste cependant présente pour signifier l’oubli des injures et des injustices.  Elle invoque essentiellement la bienveillance envers tous.  La Truelle est toutefois utilisée au RER et dans les Ateliers supérieurs, où elle est employée avec l’Epée, pour découvrir la lame d’or.

Pour résumer, rappel de la signification de chaque Outil :

(cf. les attributs des deux premiers Grades, page 84 rituel du deuxième Grade)

  • Compas                   mesure dans la recherche
  • Equerre                    rectitude dans l’action
  • Maillet                      volonté dans l’application
  • Ciseau                     discernement dans l’investigation
  • Perpendiculaire     profondeur dans l’observation
  • Niveau                     mise en œuvre correcte des connaissances
  • Règle                        précision dans l’exécution
  • Levier                       pouvoir de la volonté

Plusieurs de ces Outils ont la particularité de correspondre à un attribut rattaché à un Officier, et sont figurés par les Bijoux d’Ordre que portent les Officiers durant les Travaux en Loge symbolique.

……En conclusion, nous pouvons affirmer que les MOTS, les EXPRESSIONS, les ALLEGORIES, les Mythes et les Légendes autant que les SYMBOLES fournissent et forment les embryons d’éléments concrets ou abstraits. Mais tous ont un but, celui d’illustrer une suggestion et de transmettre une impulsion, une image, qui nourrissant une abondante iconographie maçonnique, conduisent à une réflexion et/ou à une méditation.

Il est patent que le Rituel dans sa totalité est symbole et instruction.  Toutes les composantes du Rituel, les interventions, les échanges verbaux, les Cérémonies et cérémonials, sont purs symboles.  C’est ainsi que de nombreux Rites ont leur symbole et leur symbolique qui s’appuient sur une culture, soit historique soit moderne, pour constituer un fonds inépuisable de découvertes, en deux premières étapes :

  • La Pierre brute symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le Maçon doit s’appliquer à corriger ; elle est le symbole de la liberté et la Pierre taillée incarne la servitude mais surtout elle dépeint celui qui l’a expurgée et polie selon son esprit et sa volonté.
  • La Pierre cubique est le chef-d’œuvre que doit réaliser l’Apprenti.  Selon Jean-Marie Ragon, cette Pierre, sur laquelle les Compagnons sont censés aiguiser leurs outils, symbolise les progrès qu’ils doivent faire dans l’Institution et dans leurs rapports avec les Frères. Le Cube étant le solide plus parfait et qui présente plus de surfaces unies, peut servir à tout emploi ; aussi la Pierre cubique est dans son interprétation morale, la pierre angulaire du Temple immatériel élevé à la philosophie ; elle est également l’emblème de l’âme aspirant à monter à sa source.

…….Il y aurait lieu d’ajouter que la Pierre cubique à pointe est en sommeil dans la Pierre brute jusqu’au moment où l’Apprenti dans sa taille lui donne sa forme de cube. Ne pas oublier que Pierre brute et Pierre cubique à pointe sont symboles permanents et communs à tous les Rites pour constituer des Bijoux immobiles présents dans le Temple aux deux premiers Grades symboliques.

…….En conséquence de ce qui précède, nous pouvons affirmer que tout est symbole : le matériel et la décoration du Temple, sa composition et sa structure, les objets et les éléments requis pour les Cérémonies, la vêture des Maçons, actes et déambulation, etc…., et donc bien naturellement les Rituels et tout ce qui gravite autour.

(Travail déposé sur le site en juin 2023)

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Publié le 12 Octobre 2026 par T.D

 

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LETTRE SUR LES RAPPORTS DE L’HARMONIE AVEC LES NOMBRES

Publié le 12 Octobre 2026 par T.D

Vous voulez absolument, Monsieur, voir par écrit mes rapports entre l’harmonie et les nombres. Les voici : Tout ce que je vous demanderai, ce sera de ne point croire que je vous donne ceci comme la science, mais seulement comme un des témoignages de la science ; et n'oubliez jamais qu’elle ne consiste pas dans de froids raisonnements ou d’ingénieuses observations, mais dans les vertueux désirs de l’âme et l’usage de toutes les forces de notre être. Ce n’est qu’à cette condition que je vais écrire.

Vous Savez, Monsieur, qu’un son ne se fait point entendre sans porter avec lui, en montant, trois autres sons dont il est le générateur. Voilà déjà l’unité quaternaire ; voilà sous une forme le point central et les trois angles du triangle ; voilà enfin une des traces de la loi qui dirige toute production tant particulière qu'universelle. Je vous laisse à penser si cette loi pourrait s'observer aussi régulièrement, aussi universellement dans les choses créées, si elle n’était pas la même dans l'ordre incréé, d'autant qu’il est reconnu que ce qui est sensible ne subsiste que par ce qui ne l'est pas.  Tâchons donc de nous élever jusqu'au quaternaire insensible et nous aurons le principe de toutes choses ; principe qui nous éclairera sur nous-mêmes et nous rendra sages en nous faisant chercher si nous sommes conformes à notre origine.

Les trois sons relatifs au son principal sont avec lui dans un rapport que les musiciens ont évalué, le premier sous le nom de douzième ou octave de la quinte ; le second de dix-septième majeur ou double octave de la tierce ; et le troisième sous le nom d'octave qui est la répétition du son fondamental. Tels sont les rapports donnés par la nature ; telle est la distance qu'elle a établie entre les quatre sons correspondants.  Mais la douzième et la dix-septième majeures ne sont que des octaves de sons qui se trouvent dans un rapport plus rapproché avec le son grave ; ainsi, la dix-septième majeure répond à la tierce majeure au-dessus du son grave, et la douzième répond à un son qui est à deux tierces au-dessus de ce même son grave. C’est de là que se forme l'accord parfait composé, selon la notion reçue, de la tonique, de la tierce, de la quinte

et de l'octave.  Je sais que l'octave n’étant qu'une répétition du son grave, je pourrais la supprimer comme les autres sons hors de l'octave, mais je ne peux me dispenser de l’admettre, parce que, sans elle, la gamme ne serait pas terminée, et qu'elle est la preuve de l'unité. Je n'entre point dans le détail des autres sons harmoniques que les maîtres de l'art prétendent découvrir dans la résonance du corps sonore. Comme ces sons ne sont presque pas sensibles et que, d'ailleurs, ce ne sont que de nouvelles octaves des quatre sons primitifs donnés, je m'en tiens à ceux-là et je vais considérer les rapports numériques que je trouve entre eux dans l'accord parfait qu'ils composent.

Premièrement, l'accord parfait porte le nombre 1, en ce qu'il est le seul et unique, qu’il est entièrement rempli de lui-même et qu'il est inaltérable dans sa valeur intrinsèque comme l'unité,  car je ne compte point la sixte ou la sixte quarte qui ne sont qu'une transposition des mêmes sons de l'accord et, par conséquent, n’en changent point l'essence.

Secondement, cet accord est composé de quatre sons qui renferment entre eux trois intervalles. Vous avez vu l'unité produire ses trois sons correspondants et se les asservir.  Vous voyez actuellement le quaternaire contenir et lier en quelque sorte ce même nombre ternaire, ce qui nous montre déjà une relation du quaternaire à l'unité. Considérons un moment ce ternaire et ce quaternaire tant dans leur rang que dans leur action particulière.

Le premier intervalle de l’accord parfait est une tierce, le second est une tierce, et le troisième une quarte : pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas là le nombre et l'infériorité du triangle simple et du double, ainsi que la vraie place du quaternaire constitué au-dessus de l'un et de l'autre pour y présider et en diriger toute l'action ? Dès que nous avons vu qu’il contenait tout, pourquoi n'admettrions-nous pas également qu'il gouverne tout ?  D'autant que nous le voyons dominer par son rang naturel sur ce double triangle, et que c’est toujours cette note quaternaire et supérieure qui détermine la nature de l'accord parfait, qu'on pourrait appeler l'accord universel. Il me semble que la nature elle-même établit ici la différence du ternaire au quaternaire ou du triangle à son centre. Nous voyons dans l’un la borne et la

dépendance, et nous voyons la toute-puissance dans l’autre. Nous voyons dans les deux premières tierces de l'accord parfait le double triangle, ou le sénaire, facteur de toutes les choses inférieures, au lieu que le quaternaire est élevé au-dessus d'elles et s'y repose comme sur son siège. L'un est composé de deux tierces différentes et nous représente par là, la nature périssable de toutes les choses élémentaires ; l'autre formé par un seul intervalle quaternaire est une nouvelle image du premier principe, et tant par son nombre que par son rang il nous en représente la simplicité, la grandeur et l'immutabilité. Ce n'est pas que cette quarte harmonique soit plus permanente que toutes les autres choses créées ; dès qu’elle est sensible, elle doit passer, mais cela n'empêche pas que, même dans son action passagère, elle ne peigne à l’intelligence, l'essence et la stabilité de sa source. Il se trouve donc dans l’assemblage des intervalles de l'accord parfait, tout ce qui est passif et tout ce qui est actif, c’est-à-dire, tout ce que l'homme peut concevoir, et c’est là ce qui montre ce rapport que j’ai établi entre le quaternaire et l’unité d’où tout provient.

Mais pour mieux apercevoir ce rapport, examinons par quel moyen ce quaternaire contient toutes choses : c'est parce que depuis son principe jusqu'à son terme, il y a vraiment 10, ainsi que vous avez pu déjà le remarquer. En effet, depuis l'unité ou le son grave jusqu'au son qui termine le premier intervalle de l’accord parfait, il y a une tierce ; de la fin de ce premier intervalle à la fin du second, il y a encore une autre tierce, ce qui fait six. Enfin, depuis ce dernier intervalle jusqu'à la fin du troisième, il y a une quarte : 6 et 4 font 10, et tout est complet. Pouvez-vous avoir une preuve plus sensible de la puissance et de la divinité du dénaire ? et n’est-ce pas par lui que le quaternaire a toute sa vertu ? Car, enfin, c'est l'unité qui, jointe à ses trois correspondances, forme le quaternaire et tout ce qu’il renferme. Mais, comme ce quaternaire et tout ce qu'il renferme ne peut rien sans l’unité d’où il provient, il se rapproche d’elle et lui rapporte en même temps toutes choses par le moyen du dénaire qui est la similitude et la plus parfaite image de cette unité. Vous voyez par là que c'est par sa correspondance avec l’unité que le quaternaire agit ; et, que dans le vrai, c'est toujours l'unité quaternaire qui contient et borne

le ternaire, tant dans son principe que dans ses divisions et subdivisions ; c'est-à-dire dans toutes les productions, actions et qualités dont le ternaire est susceptible. C’est aussi ce que fait l'accord parfait qui renferme les trois intervalles avec toutes les divisions et subdivisions qu'on y peut faire, ce qui produit tous les tons de la gamme, et d'où proviennent tous les principes et tous les effets possibles de l'harmonie.

Cependant, ce n'est que d’une manière cachée à la matière que ce dénaire nous paraît renfermer toutes choses ; nous ne le découvrons que par notre intelligence ; au lieu qu'elle manifeste cette vérité à nos sens mêmes par le moyen du huitenaire qui est sa première action. Aussi n'avons-nous que huit sons dans notre gamme, dans lesquels le dernier et le premier sont les mêmes, ou, si vous voulez, l’alpha et l’oméga ; ce qui nous indique l'universelle puissance du huitenaire dans la création. Je n'ai pas besoin de vous dire ce que c’est que ce huitenaire, vous savez comme moi quel est celui qui porte ce nombre ; l'observation présente nous confirme ce qui nous est enseigné, que c'est lui qui a tout fait paraître, et que c'est lui qui soutiendra tout pendant la durée.

Nous connaissons mieux ce huitenaire sous le nom de double puissance ; eh bien, l'ordre des notes de la gamme ( barré : se divise en deux tétracordes égaux) nous l'indique encore sous cette dénomination, puisque cette gamme se divise en deux tétracordes égaux, tant pour le nombre de notes qui y sont contenues que pour leurs intervalles qui sont absolument établis selon le même rapport dans les deux tétracordes. Examinez les intervalles naturels des quatre premières notes en commençant par ut, et ceux des quatre dernières, et voyez s'ils ne se ressemblent pas ? Ne renferment-ils pas chacun deux tons pleins et un demi-ton ? et cela dans le même ordre ? Je ne m'arrête point à examiner si ces tons pleins sont majeurs ou mineurs ; je sais qu’aucun d'eux ne doit se ressembler puisque rien ne se ressemble, mais, par rapport à ma borne de matière, étant réduit à ne pouvoir que sentir leur différence, je n’ose prendre sur moi de l’estimer, et je trouve que les hommes ont été bien hardis d'en fixer les rapports par des nombres de vibrations de 8 à 9, de 9 à 10, etc... Car enfin, sur quel A-mi-la

ont-ils pris le ton ? Ils n'en ont point à eux, ils sont obligés de s'en faire un. Or, comme cet A-mi-la factice n'est pas fixe, il s'ensuit que les rapports qu’on en peut tirer ne le sont pas non plus et que ce que les hommes nous donnent pour vrai sous les nombres qu'ils ont admis, peut également l’être sous d'autres nombres, selon que l'A-mi-la sera plus ou moins bas. Du reste, cette connaissance, si elle était approfondie, pourrait bien me rendre quelque instruction comme les autres, mais, ne l'ayant point assez pesée pour y trouver de certitude, je me borne à l'observation présente sur les deux tétracordes et qui est à la portée des oreilles les moins exercées : je me borne à ce que ma pensée et ces yeux me disent là-dessus, que de même que c'est le huitenaire qui a manifesté toute la créature, de même c’est lui qui l'actionne et l'entretient ; et, comme nous avons vu que cette créature était l'assemblage du passif et de l'actif, il fallait une puissance pour l'un et une puissance pour l'autre : or, c’est ce qui forme cette double puissance que chacun peut lire comme moi dans les deux parties égales et quaternaires dont la gamme harmonique est composée. Pour vous, Monsieur, vous y pourrez lire le pouvoir de ce qu'on doit appeler l'Église, et la preuve matérielle que hors d'elle il n'y a point de salut, en se souvenant toutefois de ce que j'ai dit au commencement que le sensible ne subsiste que par ce qui ne l'est pas, et que par conséquent il n'est que l'expression matérielle des lois d'un principe immatériel caché pour les yeux du corps.

Quoique nous ayons reconnu que la gamme était composée de huit sons, cependant le dernier n’étant qu'une répétition du premier, il n'y a dans le fait que sept sons différents les uns des autres ; et si l’oreille ne se trouve pas en repos sur le septième de ces sons, nais seulement lorsqu’elle est parvenue jusqu'au huitième, c'est une nouvelle confirmation pour moi que toutes choses doivent retourner à leur principe, et qu'ayant pris naissance dans l'unité, elles ne sont en paix et à leur place que quand elles sont rentrées dans cette unité. Rien de plus clair que cette vérité, puisque nous voyons les notes de la gamme ne se

terminer que dans le huitenaire, qui, selon que nous l'avons vu plus haut, n'est que l’action sensible du dénaire, lequel dénaire est la première action spirituelle de l’Unité.  Les sept notes vous paraissent sans doute, Monsieur, devoir contenir grand nombre de rapports, et il est vrai que plus nous nous rapprochons de ce qui est créé et temporel, plus nous devons y trouver facilement des analogies, puisque nous habitons le pays du temps. Je crois donc que, sans être imaginaire, on y peut reconnaître les sept principaux agents de la créature universelle dont vous connaissez les noms corporels, tous les produits, vertus, divisions, signes et propriétés qui appartiennent à ces sept agents, ainsi que tout ce que les hommes emploient tous les jours pour se les représenter sans en connaître ni le principe ni les effets. Enfin, vous trouverez des preuves de ce septénaire naturel dans tout ce qui compose et contient la créature dans son action temporelle, parce qu'il la divise et l'occupe toute entière depuis la surface jusqu’au centre.

Tout indique néanmoins que ce septenaire n'est qu’un agent temporel ou d'opération, et non point un agent saint comme le huitenaire qui touche immédiatement au dénaire et qui se repose sur le septenaire comme l’Agneau sur les sept sceaux. Observez que vous ne pouvez parvenir à ce huitenaire sans avoir passé par les sept degrés inférieurs et instruisez-vous.......Reconnaissez notre escalier et faites-en la différence d'avec l’appartement où il conduit ; que cela ne nous empêche pas d'en faire le plus grand cas et de le regarder comme ce que nous avons de plus cher parmi les choses créées, car enfin nous n'avons qu'un chemin pour sortir de la terre d’Egypte, et je ne vois rien qui m’empêche de croire que c'est celui-là. La mer Rouge était le premier degré de l’échelle, les quarante-deux campements étaient les six autres, et il fallait les monter tous pour arriver à la Terre promise.

Je n'en dirai pas davantage sur le septénaire, je laisse là-dessus le champ ouvert à vos réflexions et je ne doute point qu’en descendant au fond de vous-même, vous ne vous confirmiez tout seul dans une grande partie des choses que je viens de traiter. Passons à d’autres observations.

Jusqu'ici, Monsieur, nous n’avons considéré la gamme que par rapport

à ce qu’elle est en elle-même et aux principes fondamentaux qui la composent ; nous n'avons point pénétré dans le jeu et la marche particulière que peuvent tenir tous les sons dans l'harmonie. Aussi, en n'examinant que leur ordre naturel, nous n'avons découvert que la constitution de toutes choses établies par le Créateur. Cherchons maintenant si un autre point de vue nous découvrira celles qui ne le sont pas par lui ; alors nous sentirons s'il y a une autre puissance que la sienne, s'il y a d'autre vérité, d'autre loi, d’autre perfection que ce qui tient à son essence incommutable ; enfin s’il est possible qu'il y ait plus d'une Unité. Pour cet effet, rappelons-nous, je vous prie, quelle est la nature des trois intervalles que nous avons reconnus être compris dans l'accord parfait. C’est la tierce répétée et la quarte qui les mesure. Leur somme nous a donné dix. Dix a engendré huit, et huit soutient sept, de façon que nous avons déjà les six agents qui ont mis à exécution les six pensées éternelles devenues sensibles dans la création temporelle. Je dis ces six pensées éternelles, non pas relativement à la création dont la cause et la naissance ont eu un commencement, et qui par conséquent aura une fin, seulement par rapport à la nature incréée dont l'ordre a été et sera éternellement le type de la nature visible. Ces six agents sont 1, 3, 4, 7, 8 et 10. Vous savez que 6 ne vaut que 3. Vous savez aussi que tant que nous serons dans notre forme corporelle, le 3 sera tout ce que nous pourrons connaître ; attendu que son centre sera à jamais caché aux choses créées, et que les ténèbres ne peuvent comprendre la lumière, ce qui fait que nul homme n’a jamais vu Dieu.

Mais ce que je me propose principalement de vous faire remarquer ici, Monsieur, c’est que, dans tous les nombres que nous venons de trouver et qui contiennent les deux univers, le passif et l'actif, nous n'avons pas vu la moindre trace des trois autres nombres qui sont renfermés dans la décade, savoir, le binaire, le quinaire et le neuvaire ; eh bien, je veux que ce soit encore votre oreille qui vous apprenne leur origine ; c'est un témoin dont vous ne vous défierez pas, et qui doit vous confirmer la certitude des choses de l’intelligence.

Vous jugez aisément que si l'accord parfait était toujours demeuré dans sa nature, l'ordre et une juste harmonie aurait subsisté perpétuellement ; mais cette monotonie parut ennuyeuse, et ceux qui étaient formés pour l'entendre s’en étant dégoûtés se déterminèrent à composer. Or, quelle marche suivirent-ils pour cela ? Ils altérèrent l'accord parfait en supprimant son octave et y substituant la

note précédente, d'où provient ce qui est connu sous le nom d'accord de septième ; c’est là la source de toutes les productions musicales, qui est pour moi une image de la production universelle, et où mon esprit en découvre le principe comme il en à découvert plus haut la constitution. Examinons donc la nature de cette septième, et nous y toucherons au doigt et à l'œil les causes et les résultats de la confusion qui a engendré la créature et qui la perpétue.

Le dessein de créer un autre ordre de choses que celui que contenait l'accord parfait, de placer une autre unité à côté de l'unité première, ne venant que d'une pensée déréglée, ne pouvait produire que des effets désordonnés, et par conséquent qui fussent en combat avec la véritable essence de l’être, laquelle ne peut jamais se dénaturer. C’était opposer principe contre principe, puissance contre puissance, ce que nous appelons marcher par le nombre deux. Aussi cet accord de septième répugne-t-il absolument à toute oreille qui n'est pas dérangée, elle nous tient en souffrance et en inquiétude jusqu'à ce qu'on la sauve en nous ramenant à l'accord parfait qui est notre principe. Mais pourquoi cette septième choque-t-elle ainsi notre oreille ? N’est-ce pas parce que la première et la dernière note de l'accord se trouvent immédiatement voisines l'une de l'autre, et portent par conséquent ce fameux nombre binaire, d'où se forme ce que nous appelons une seconde ? Nous ne pouvons donc nier que ce nombre deux ne soit la cause du désordre et que partout où il se rencontre, il n'y ait dissonance, selon le langage des musiciens.

Nous trouvons une nouvelle preuve de l'irrégularité de ce nombre dans le rapport de toutes les notes de la gamme avec le son grave, dans lequel rapport nous retrouvons avec évidence la justesse et la perfection de notre quaternaire. En effet, j’ai considéré la septième comme une seconde par rapport à la note grave ou, si vous voulez, à son octave qui est la même chose ; mais cette septième n’est point du tout la seule dissonance ; toute liaison diatonique est condamnée par la nature ; ainsi, partout où je trouverai deux notes voisines sonner ensemble, je serai blessé. Or, comme dans la gamme il n’y a que la seconde et la septième qui puissent se trouver dans ce rapport avec le son grave, cela nous fait voir que la création est formée de deux dissonances, de même que nous avons vu que ce ne pouvait être qu'une dissonance, ou le nombre deux, qui lui eût fait

donner la naissance. Nous trouvons au contraire qu'il n'y a que quatre notes, et qu'il n'y a que ces quatre notes qui s'accordent parfaitement avec le son grave ou son octave, savoir la tierce, la quarte, la quinte et la sixte. N’est-ce pas une nouvelle preuve et des plus claires, du rapport de notre quaternaire avec l'unité ? Ne voila-t-il pas sous une autre forme nos quatre correspondances universelles et un nouvel effet de l'immutabilité du principe ? Voyez donc là la différence du bien et du mal : l'éternité, l'impassibilité de l'un ; la jeunesse et l'instabilité de l'autre. Reconnaissez que les consonances, soit par leur nombre quaternaire, soit par leurs effets, annoncent partout l’ordre et la perfection ; et qu'au contraire les dissonances, considérées également dans leur nombre et dans leurs effets, produisent des résultats directement opposés. Je reviendrai à ce point pour vous offrir une petite image de vous-même qui pourra vous faire ouvrir les yeux.  Poursuivons.

C'est sur la dominante que se fait l'accord de septième, comme le plus sensible de tous et le plus opposé au ton naturel, puisqu'il ne peut pas subsister un instant sans que ce dernier ne reprenne le dessus. Cette dominante dans l'ordre intellectuel étant élevée de deux tierces au-dessus du son grave porte le nombre six, ainsi que vous l'avez vu : mais, dans l'ordre sensible des huit tons de la gamme, elle porte vraiment le nombre cinq. Tant que cette dominante reste attachée au son grave qui est son lien naturel, la consonance est parfaite ; mais quand elle s'en est séparée et qu'elle a voulu marcher seule, qu'elle a présumé pouvoir se passer du principe générateur et se mettre elle-même à sa place, vous avez vu la septième qui en est résultée. Vous voyez donc que le nombre quinaire n'a pu paraître seul sans faire une dissonance avec l’unité, et, par conséquent, sans avoir une liaison intime avec le nombre deux. Vous pourriez, je le sais, m'objecter mes propres paroles et me dire que ce que je prends pour la quinte dans la gamme sensible des huit notes est véritablement la sixte dans le dénaire intellectuel qui compose l’accord parfait, ainsi que je viens de l'établir moi-même. Mais, de même que la gamme huitenaire est divisible en deux tétracordes, de même la gamme dénaire est divisible en deux quinaires, et dans l’une ou l'autre de ces deux gammes que

vous preniez la dominante, elle sera toujours la première note et comme la source de la division. Si c'est dans le huitenaire, elle portera cinq par son rang, et en y joignant le nombre quatre qui se trouve depuis cette quinte jusqu’à l’octave, vous aurez le neuvaire qui vous rappellera la réunion de la partie animale au chef de l'abomination. (Je parlerai tout à l'heure de ce nombre neuvaire et vous montrerai clairement qu'il fait la subdivision de la matière). Si vous prenez votre dominante dans le dénaire, elle portera six par son rang, mais faisant la division comme dans le huitenaire, il y aura cinq depuis cette dominante jusqu'au dénaire, ce qui vous rendra onze ; ainsi, de quelque côté qu'on l'examine, dès que vous divisez la gamme soit dénaire, soit huitenaire, vous reconnaîtrez toujours que c’est le quinaire qui a apporté le désordre et la confusion partout. Dans la gamme huitenaire, il est en-dessous ; dans la gamme dénaire il est en-dessus, voilà toute la différence.

Ce que j'ai à vous dire sur le neuvaire se découvre parfaitement dans la septième ; cette septième n'est-elle pas composée de trois tierces  ? Je vous laisse faire vous-même sur ces trois tierces, tant ensemble que séparément, l'application de tout ce que vous connaissez sur trois, six et neuf. Je vous laisse méditer sur l'origine et la constitution des corps, soit dans l'universel, soit dans le particulier, et tirer vous-même les conséquences de leur incompatibilité avec ce qui existait avant eux. Considérant ensuite ce neuvaire dans la gamme sensible où il porte réellement le nombre septénaire, vous verrez si cette nature créée peut se soutenir autrement que par l’action et la réaction d’où proviennent le combat et la violence que vous y apercevez ; mélange de régularité et de désordre que l'harmonie nous représente fidèlement par l'assemblage des consonances et des dissonances qui constituent toutes les productions musicales.

Je vous ai promis, Monsieur, au sujet des dissonances et des consonances une petite image de votre être ici-bas ; il faut vous la donner.

Vous vous souvenez bien que je vous ai fait remarquer que dans la gamme il y a quatre notes, savoir la tierce, la quarte, la quinte juste et la sixte, qui s'accordent avec la note fondamentale, et

qu'il y en a deux, savoir la seconde et la septième, qui ne s'y accordent point du tout. Je ne vous demande que d'observer quelle est la place que ces consonances et ces dissonances occupent dans la gamme, tant par rapport à elles-mêmes que par rapport à cette note fondamentale. Les quatre consonances n’occupent-elles pas le centre ? Ne sont-elles pas bornée par les deux dissonances ? Et celles-ci par la note grave et son octave ? Lisez donc avec moi le quaternaire ou l'homme dans sa forme ténébreuse et qui le sépare de son principe ; lisez la route que vous avez à prendre pour vous y rallier ; lisez l'horrible division que la matière a mise dans toute la nature spirituelle ; lisez enfin à la fois votre misère et vos devoirs.

Il y a eu des sages qui ont mis un voile à ce que je vous découvre ici ; ils ont annoncé l’homme sous le nom de couleur rouge, dans la couleur noire, dans la couleur blanche : image physique qui se trouve confirmée dans cette expérience de la lumière empreinte des trois couleurs élémentaires. L'ordre harmonique nous représente également sous une face naturelle leur allégorie, et je suis bien persuadé que, si nous voulions nous donner la peine de chercher, il n'y a pas un être qui ne nous l’offrît aussi sensiblement en nature.

Je n'ai plus qu'un article à traiter, Monsieur, c’est celui du ton mineur. Je suis fâché d’être obligé de vous dire qu'il n’est point dans la nature ; le corps sonore ne le donne point, c'est une invention de l'homme qui l’a créé à l’imitation du ton majeur. Il a transporté au-dessous de la tonique deux cordes montées de façon que l'une répond à la quinte ou dominante, et l'autre à la tierce mineure en-dessus, et, comme la vibration de la tonique les a fait résonner, l’homme a adopté son ouvrage et l’a placé au rang des productions naturelles. Cela lui a d’autant moins répugné qu’il a trouvé ce ton mineur susceptible à peu près de la même harmonie que le ton majeur. Il porte également le dénaire, ou l'accord parfait, n'y ayant de différence que dans l'ordre des tierces ; il s’étend par conséquent et embrasse comme l'autre toutes les notes de la gamme ; l'accord sensible est le même pour l'un et pour l'autre, enfin il a comme le ton majeur des avantages et des agréments qui lui sont particuliers, mais cependant qui sont infiniment plus bornés et moins sortants.

Serait-ce abuser du droit de comparer que de trouver dans ceci la répétition de tout ce que nous savons sur la prévarication

première ? Je remets entièrement l’affaire à votre jugement, mais je vous demande d'en examiner les rapports. Vous voyez que le ton mineur a la double puissance comme le majeur, puisqu’il est composé comme lui de deux tétracordes ; avec cette différence, il est vrai, que les deux tétracordes du ton mineur n'ont pas chacun un ordre égal dans leurs intervalles à cause de la sixte qui est mineure. Vous voyez que la note qui forme la première tierce de l'accord parfait mineur, n’est qu'à un demi-ton de la seconde ou de la dissonance, et cette légère observation peut signifier quelque chose ; vous voyez la note sensible de ce ton mineur engendrer un accord de septième diminuée, d'où ce ton tire sa plus grande beauté, accord qui ne porte pas une seule des notes de l’accord parfait, et qui au contraire porte les quatre seules notes qui en soient proscrites, accord, enfin, qui porte neuf, étant composé de trois tierces comme toutes les septièmes mais dont le rapport est le plus resserré de tous les rapports connus dans l’harmonie, puisque ces trois tierces sont mineures. Tout annonce donc ici la faiblesse et l'infirmité attachées aux ouvrages formés par la main des hommes.

Voilà, Monsieur, tous les rapports que j'ai cru apercevoir jusqu'à présent entre les lois de l'harmonie et les lois des nombres. Je ne doute pas qu’il n'y en eût infiniment davantage à découvrir si l'on voulait considérer en détail la structure de tous les accords dissonants, les qualités et propriétés affectées aux différents modes et aux différents tons, l'enchaînement des modulations par le moyen des tons corrélatifs au ton principal, l'ordre qui règne dans ce que les compositeurs appellent une suite de septièmes, enfin toutes ces lois que l'oreille et le génie de l’homme ont découvertes dans la science des sons, et que la nature approuve puisque sa marche est la même. Car je m'interdis sévèrement toute recherche sur les suppositions qu'on a admises et qu'on admet tous les jours dans la musique. L'oreille, comme tous nos sens, est susceptible d'habitude. Je suis très persuadé qu'il y a eu de nos inventeurs qui ont pu y être trompés de bonne foi et qui nous ont fait des lois de choses hasardées que le temps seul avait fait paraître régulières. Mais, même en laissant à part toutes ces productions forcées, des yeux intelligents découvriraient sûrement dans tout le reste une multitude de choses qui me sont échappées et que je ne me donnerai pas la peine de chercher, attendu qu’il y a de meilleure besogne à faire que celle-là. Il me suffit d’avoir entrevu la liaison des principes fondamentaux ; si les autres se présentent à moi par la suite, je les recevrai, c’est tout ce que je

peux et tout ce que je dois faire.

Ainsi, je suis bien éloigné de croire avoir éclairci toutes vos idées sur ces matières, dont le point de vue que je vous en présente est sûrement tout neuf pour vous. D'ailleurs, sujet comme homme à être trompé par mon imagination, je ne me flatterai point de m'être totalement préservé de ce danger ; Je vous exhorte donc à vous défier même du peu que j’avance et à ne rien adopter que vous n'ayez pesé. Je vous exhorte bien plus, Monsieur, à ne pas regarder comme une nourriture solide ces sortes de recherches dans lesquelles l'esprit montre quelquefois autant sa paresse et sa défiance que sa pénétration, et à avoir toujours devant les yeux que les plus belles découvertes en ce genre ne valent pas la moindre des affections du coeur.

 

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Instructions relatives aux opérations : luminaires, cercles, lettres, encensements...

Publié le 12 Octobre 2026 par T.D

Au Nom du Grand AR. de L'Univers Joie paix et Béni soit qui m'entend du grand orient des orient.

Bordeaux L. M. 333. 357. 579. 2448. 5729, du m. 45. du Christ E. V. 1770 du second et dernier quartier de la seconde Lune ce 13 mars.

T. R. M.                   

Je réponds à toutes vos questions. 1° L'emplacement des bougies, |elles| sont parfaitement bien placées par le nombre de dix, et par le nombre de huit, vous pouvez suivre exactement l'illumination que vous me marquez dans votre quart de cercle et vous ne changerez rien à cette illumination. La bougie placée à l'ouest hors du quart de cercle doit être retirée et même un peu obscurcie afin de laisser la liberté aux choses qui doivent paraître libres de toute lumière élémentaire, attendu que les choses portent avec elles leur clarté soit blanches, rouges ou autrement ainsi que je vous l'ai marqué par unes dernières lettres.

L'illumination de l'Est doit cesser d'être éclairée lorsque vous faites les contemplations, et qu'il n'y ait absolument que la seule susdite lumière à l'ouest, vous observerez pour éteindre vos lumières de commencer par celles qui sont au bas du quart de cercle, en commençant par les deux qui sont vers midi marquées à la lettre M R après avoir effacé le mot, ensuite vous allez éteindre celles qui sont vers septentrion marquées à la lettre W G. De là, vous allez éteindre les deux bougies qui sont dans l'intérieur des deux rayons qui sont au haut de l'angle saillant vers Est, en commençant toujours de prononcer le mot qui est inscrit l'effacer avec la main et ensuite éteindre la bougie. On commencera toujours vers le midi pour éteindre c'est-à-dire par la lettre O Z ensuite vous irez éteindre en même règle celle qui est à l'autre extrémité marquée à la lettre I. A. Ensuite vous irez éteindre aux mêmes usages celle qui est tout à fait dans l'angle d'Est, ainsi que vous aurez fait pour les autres. Cela fait vous viendrez vous placer dans le grand cercle qui est au milieu de votre quart de cercle où est marqué la lettre R A P vous relèverez tous les mots qui sont tracés autour dudit cercle, en commençant par relever celui qui donna vers ouest à la lettre I A. Ensuite vous allez relever celui qui va vers le midi et de là, à celui qui est vers le nord et ensuite celui qui est vers l'Est, ces quatre mots relevés qui vous signifient les quatre régions célestes et ceux qui les dirigent spirituellement. Cela fait vous prendrez à la main la bougie qui est au centre dudit cercle pour vous éclairer à lire vos invocations et mettrez le mot marqué à la lettre R A P entre vos jambes et ensuite ferez toutes vos invocations quelconques. Cela fait vous effacerez le mot R A P et éteindrez la bougie et viendrez vous placer au cercle de retraite debout ayant la face tournée vers l'Est pour faire votre observation et vous aurez entre vos jambes le mot marqué à la lettre I A B. Vous observerez que la bougie qui est placée dans le cercle de retraite est celle que vous devez cacher.

Le temps étant venu de vous retirer vous replacerez la bougie que vous avez retiré de son même cercle comme elle était ci devant, vous relèverez également les mots qui sont autour dudit cercle, de même que celui du Centre aux mêmes usages et cérémonies qui vous avez fait à ceux qui sont autour du grand Cercle qui est au centre de votre quart de cercle. La bougie qui me représente sera éteinte après les invocations faites, en disant béni soit Celui qui m'assiste et qui m'entend O. bagniakim amen. On observera de relever tous les mots quelconques ayant le genou droit en terre le genou gauche relevé on observera encore d'allumer une bougie à celle qui brille dans le cercle de Retraite avant qu'elle soit éteinte pour avoir de la lumière pour faire ce que l'on jugera à propos, cette dernière lumière placée au cercle de Retraite étant celle qui doit servir pour l'observation des passes et y ayant consacré un mot elle doit être éteinte comme les autres pour faire le renvoi de l'esprit qui est attaché à elle. Les étoiles qui sont sur le haut du mur de l'est et de l'ouest ne doivent point être mises dans un cercle, elles doivent être tracées tout simplement avec les lettres qui les environnent. Quant à l'égard du cercle qui doit vous servir pour l'ordination, il sera placé entre le cercle de retraite et les deux rayons de votre quart de cercle, vous observerez pour ce jour là de reculer votre cercle de retraite et de rétrécir |'retraisir'| votre quart de cercle pour y placer le cercle de cinq pieds huit pouces de diamètre, votre taille de hauteur n'ayant pas 6 pieds. Il faut de toute nécessité que votre corps soit exactement renfermé dans un cercle, voila pourquoi on le met plutôt de six pieds qu'au-dessous pour les Ordinations.

Vous trouverez marqué dans votre même feuille l'endroit fixe où il vous faut placer le cercle d'ordination.

Lorsque vous aurez allumé toutes les bougies de votre travail vous réciterez vos sept Psaumes de David, ensuite vous parfumerez votre cercle de retraite pendant trois fois, de là vous allez encenser les deux petits cercles qui sont au bas du quart de cercle marqués à la lettre M R par trois encensement à chacun, vous en ferez autant aux deux autres qui sont au bas dudit quart de cercle vers septentrion marqués à la lettre W G Ensuite vous allez encenser le cercle qui est au centre du quart de cercle marqué à la lettre R A P par trois encensements comme aux autres, ensuite vous irez faire le même encensement aux deux petits cercles qui sont au haut de l'angle saillant en commençant par celui qui est marqué à la lettre Z ensuite à celui qui est marqué à la lettre I A par trois encensements comme à tous les autres, ensuite vous donnerez quatre encensements au petit cercle qui est positivement dans l'angle saillant dudit quart de cercle marqué à la lettre I W ce qui fera en tout vingt huit coups d'encensement qui produiront le nombre mystérieux de dix. Le cercle de prosternation et les lettres du mot qu'il vous faut employer pour votre ordination sont marqués au bas de votre quart de cercle ainsi que vous le verrez et que vous l'exécuterez tel.

Je vous préviens que je vais travailler pour le rétablissement général de la santé de ma femme. L'ayant déjà travaillée depuis plus de douze jours et n'ayant obtenu qu'une très faible lueur de sa guérison je la recommande à votre travail pour obtenir tous ensemble de l'Eternel son parfait rétablissement sa maladie étant des plus singulières et sans fièvre ; quant à l'égard des certificats que je vous ai envoyé il n'y a aucun soupçon d'illusion directement ni indirectement, ni variation, ni changement de temps de jours ni de saison qui puisse persuader et convaincre lesdits sujets à se laisser surprendre par des choses illusoires ni par des propos sophistiques, ils portent de plus des faits qui vous paraîtraient encore plus surprenants que leurs journaux, puisque j'ai fait usage de leurs même journaux qui m'ont très bien réussi dans les recherches que j'ai faites et que j'ai très bien interprétées sur les évènements présents et futurs qui m'ont très parfaitement réussi avec succès par la grâce du grand AR. de L. Vous commencerez vos prosternations avant de parfumer. La première se fait au cercle de retraite, la seconde à la lettre M R, la troisième à la lettre W G, la quatrième à la lettre R A P, la cinquième à la lettre Z, la sixième à la lettre I A, et la septième à la lettre 1 W, après les prosternations faites vous parfumerez comme je vous l'ai dit, voilà tout ce que je peux vous dire, P. M. touchant ce que vous me demandez, ayant très peu de temps à moi à donner pour votre instruction, tenez-vous prêt pour le 22 courant 25. 26. et 27. aussi courant. Ce qui se fait au midi est fort bon, vous commencerez par EX|orcismes|. et Exc|ommunications|on vers le midi qui seront faites immédiatement après ou avant l'invocation où on suivra le rang où sera placé les dites Excon dans les Inv. Vous me dites que vous devez vous rendre à Paris vers le mois d'avril prochain où le puissant M. de Chevalerie doit s'y rendre également pour prendre des arrangements définitifs pour le bien général de L'Ordre c'est ce que je désire ardemment et que l'Eternel bénisse votre entreprise à tous pour ce sujet Je n'y contribuerai pas moins par mon travail prochain pour qu'il daigne vous favoriser tant spirituellement que temporellement et vous tienne pour un temps immémorial à sa sainte garde. Amen +++

Don Martines De Pasqually

Souverain

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