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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

LA GNOSE DÉFINITION ET ORIGINE

Publié le 9 Juin 2026 par T.D

 Définition et différence avec le gnosticisme. Quelle est l’origine de la gnose ? Qu’est-ce que la gnose maçonnique ?

La gnose (du grec gnosis : connaissance) rassemble un grand nombre de courants philosophiques et religieux dont le but est l’acquisition d’une connaissance supérieure par une approche initiatique.

 La gnose a traversé toutes les époques et toutes les religions, elle est encore vivante aujourd’hui. La gnose universelle doit être distinguée du gnosticisme, qui désigne un ensemble de doctrines chrétiennes sectaires présentes dans l’Empire romain entre le Ier et le IIème siècles, et rejetées par l’Église.

Tentons de donner une définition de la gnose.

La gnose est une approche philosophique et religieuse selon laquelle le salut passe par la connaissance directe des choses divines, donc de soi-même. La gnose peut donc être définie comme la connaissance intégrale de la vérité, acquise non pas par l’accumulation de savoirs, mais par une révélation intime, une illumination qui transcende toutes les illusions. Une autre définition de la gnose pourrait être :

Ensemble des méthodes et des disciplines ésotériques par lesquelles chacun peut accéder à la vérité supérieure et universelle. La gnose considère que tout homme peut percevoir Dieu en lui, et ainsi devenir Lumière, et donc obtenir la vie éternelle.

La gnose s’apparente parfois au mysticisme, avec les dérives que cela peut éventuellement comporter. Remarque : En grec, gnosis signifie connaissance. Pour Platon, la gnosis est aussi la science, la prudence et la sagesse, et le gnostiké est l’art de connaître, par opposition au pratiké. Gnose et ésotérisme.

La gnose est indissociable de l’ésotérisme : la connaissance est communiquée par l’initiation. ©https://www.jepense.org/gnose-definition-signification/ Page 2 sur 5 Le mot ésotérisme, du grec esoteros (« intérieur »), traduit à la fois l’importance de l’initiation, et aussi le fait que la compréhension ne peut venir que de l’intérieur.

 Ainsi la gnose procède d’un enseignement secret dont le but est de mettre l’initié sur la voie. Mais cet enseignement n’est pas suffisant : l’effort décisif ne pourra venir que du cherchant lui-même, s’il y est prêt. L’initié devra plonger en lui pour ôter ses voiles et trouver les ultimes réponses au mystère de l’existence. La gnose est donc largement adogmatique : elle s’éloigne des dogmes, du catéchisme et des vérités « révélées ».

C’est le cas par exemple de la gnose maçonnique. En quoi consiste la gnose ? Définition pratique. La gnose, en tant que chemin de connaissance universel, est d’abord une invitation à plonger en soi-même afin d’y trouver une étincelle de lumière divine, étincelle qui éclairera la totalité de l’existence. C’est l’idée qu’il faut se connaître pour comprendre le monde, car la vérité se cache au fond de soi, aux confins de la matière. La gnose consiste à abandonner ce que l’on croyait savoir pour accéder à de nouvelles formes de conscience et de connaissance. Il s’agit de mourir progressivement à nos certitudes, à nos croyances et à nos illusions : illusion que nous sommes autonomes, que nous sommes libres, que nous comprenons les choses, que nous pouvons tout juger. La gnose est donc un chemin de dépouillement. La gnose est enfin la promesse d’entrer dans un monde d’acceptation, de sérénité, de bonheur et d’amour. Ce monde est le Royaume de Dieu, ou encore le nirvana bouddhiste. Gnose et gnosticisme :

définition et différence. La gnose est une approche philosophique et religieuse universelle qui a traversé les siècles pour parvenir jusqu’à nous, en prenant différentes formes.

La gnose doit être distinguée du gnosticisme, qui est un mouvement de pensée développé par des sectes d’inspiration chrétienne entre le Ier et le IIIème siècles ; Simon le Magicien, mage chrétien, en serait l’un des fondateurs. Le gnosticisme développe une idéologie clairement dualiste : il existerait un dieu du bien, lointain, et un dieu du mal régnant sur la Terre. Le but de l’homme serait de se libérer du monde terrestre pour rejoindre le paradis. Le gnosticisme rejette la matière, considérée comme le mal absolu. Or ce dualisme irréconciliable entre matière et esprit ne doit pas être assimilé à la gnose. ©https://www.jepense.org/gnose-definition-signification/ Page 3 sur 5 Le gnosticisme est par ailleurs incompatible avec le dogme chrétien : les adeptes du gnosticisme et du dualisme manichéen ont été rapidement considérés comme hérétiques par l’Église.

 A la différence du gnosticisme, la gnose implique un effort moral, une transformation intime pour s’élever vers Dieu et la Connaissance. Cet aspect est un peu moins présent dans le gnosticisme dualiste, qui fonctionne de manière plus binaire. Mais il serait artificiel d’opposer totalement gnose et gnosticisme, et on peut dire que la plupart des courants gnostiques relèvent de la gnose au sens large. Gnose maçonnique, païenne, chrétienne, islamique… : les différents types. Beaucoup de courants initiatiques peuvent être rangés dans la « gnose ».

Celle-ci prend essentiellement racine dans l’Égypte antique, la Grèce, la Perse et la Palestine, pour s’épanouir ensuite dans le monde chrétien. Réduire la gnose à une nébuleuse de courants chrétiens serait une erreur : la gnose dépasse largement les limites de cette religion. Tentons de lister les différents courants de la gnose : • Les cultes de l’Égypte antique, • Les cultes à mystères de l’Antiquité grecque et romaine (ensemble de religions ésotériques), • La secte pythagoricienne, • Le platonisme, • La gnose christique : le message de Jésus a en effet été considéré comme « gnostique » par de nombreuses sectes dans les premiers siècles de notre ère, • Le manichéisme perse, • La gnose chrétienne développée par les théologiens de l’Église, • La gnose juive, ou kabbale, • L’hermétisme chrétien et l’alchimie, • La gnose islamique, • Le catharisme : les cathares, manichéens jugés hérétiques par l’Église, voyaient dans le Christ le messager du dieu-bon venu sur Terre (monde du mal et de la souffrance) pour diffuser un message d’Amour et d’espérance.

Les cathares rejetaient l’Ancien Testament, œuvre du Diable, pour s’intéresser uniquement au Nouveau Testament et à Jésus, • Les Rose-Croix (gnose d’inspiration chrétienne), • La franc-maçonnerie, ou gnose maçonnique, • Le martinisme, • etc. ©https://www.jepense.org/gnose-definition-signification/ Page 4 sur 5 Dans l’Islam, la gnose est intimement liée au soufisme, courant mystique de recherche et d’expérimentation de la connaissance révélée au cœur du cherchant. Les Soufis : ils sont sans livres, sans études, sans érudition

Mais ils ont poli leurs cœurs Les ont purifiés du désir, de la cupidité, de l’avarice et de la haine. Cette pureté du miroir est certes le cœur reflétant toutes images, L’entendement ici devient silence pour n’induire erreur Car le cœur est Avec Dieu, ou plutôt le cœur est LUI. Ceux au cœur poli ont échappé aux parfums et aux couleurs, Ils contemplent la beauté de chaque instant, Ils ont abandonné la forme et l’écorce du savoir, Ils ont tenu l’essence dans l’océan de la connaissance mystique. Jalal-ud-Din Rûmî, poète persan et fondateur de l’école soufie des Derviches tourneurs Peut-il y avoir une gnose au sein de l’Église catholique ?

L’Église a très tôt rejeté le gnosticisme et la gnose, en particulier la gnose maçonnique, préférant le salut par la foi au salut par la connaissance. Certains théologiens catholiques ont cependant développé une gnose chrétienne compatible avec les dogmes de l’Église. Pour les catholiques traditionalistes, il ne peut y avoir de gnose chrétienne. Ces derniers considèrent en effet la religion chrétienne comme exotérique (non-ésotérique), c’est-àdire une religion ouverte à tous, et non seulement aux initiés. Voici quelques exemples de textes gnostiques : • Les papyrus égyptiens : Textes des pyramides, Textes des sarcophages, Livre des morts, • Les vers d’or de Pythagore, • Les parchemins des nécropoles égyptiennes retrouvés au XIXème et XXème siècle, en particulier à Nag Hammadi ; la plupart sont considérés comme des évangiles apocryphes.

Parmi eux, citons : o L’Évangile de Marie-Madeleine, o L’Évangile de vérité (école gnostique valentinienne), o L’Évangile selon Thomas, o L’Évangile, o La Pistis sophia, o L’Hypostase des archontes, o Le Livre des secrets de Jean, o Le Livre sacré du Grand esprit invisible, o L’Apocalypse d’Adam, ©https://www.jepense.org/gnose-definition-signification/ Page 5 sur 5 •

L’évangile selon Saint-Jean : parfois considéré comme gnostique, du fait de son style qui tranche avec les trois premiers évangiles, • La Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste, et le Corpus Hermeticum, • Le Tao Te King de Lao Tseu, • etc. L’importance de la gnose maçonnique : la « connaissance intégrale de la Vérité ». « Ici sont les arcanes de la gnose » est une phrase présente dans certains rituels maçonniques, qui signifie : « ici sont les secrets de la connaissance ». L’esprit de la franc-maçonnerie, initiatique, adogmatique, introspectif, est typiquement gnostique.

Pour le franc-maçon, la gnose est la Connaissance sacrée ; sa recherche consiste à utiliser tous les moyens d’accéder aux mystères de l’être et du cosmos. La gnose est un chemin qui consiste, non pas à accumuler des savoirs, non pas à cultiver une foi, mais à tendre vers une forme de sagesse unitaire et humaniste, qui permet au cherchant de se révéler et de s’accomplir dans la fusion avec le Principe.

La gnose maçonnique est une quête spirituelle qui s’effectue à l’aide de symboles. La gnose est notamment présente à travers la lettre G figurée au sein de l’étoile flamboyante (2ème degré du rite), ou entre le compas et l’équerre. A noter enfin qu’au 28ème degré du REAA (Rite Écossais Ancien et Accepté) sont énoncées les « Sept Vérités Gnostiques » :

1. Il existe un principe premier, impensable, inconnaissable, impénétrable, pénétrant l’Univers dans tous ses plans

. 2. La vie humaine n’est qu’un point dans l’éternité.

3. L’harmonie universelle résulte de la complémentarité des contraires.

4. L’absolu est l’esprit existant par lui-même.

5. Le visible n’est que la manifestation de l’invisible.

6. Le mal, le malheur et la misère sont inséparables de la condition humaine.

7. L’analogie est l’unique clé de la nature.

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REAA28

Publié le 8 Juin 2026 par T.D

 

Selon certains rituels plus modernes l’enseignement de ce degré pourrait se résumer en sept vérités « gnostiques :

* il existe un Principe indéfinissable et incompréhensible qui régit tout l’univers ;

* la vie de l’homme n’est qu’un point dans l’éternité ;

* l’équilibre universel est le résultat de la similitude entre les contraires ;

* l’absolu n’est autre chose que l’âme dans son essence propre ;

* le visible n’est autre chose que la manifestation de l’invisisble ;

* le mal, les catastrophes sont indispensables pour l’équilibre universel ;

* les similitudes sont la seule clé pour comprendre la nature.

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La Gnose

Publié le 8 Juin 2026 par T.D

 

J’avais primitivement l’envie de jouer avec la lettre G, à titre de gag qui permettrait de se gausser par un Glossaire non dénué de Gongorisme . Mais Il ne faut pas s’égarer en Gouaille ou se gargariser de Gaudrioles qui ne sont pas de mise en ce lieu, pas plus qu’un Gloussement voire un Gondolement même sans godille. Gare à la gloriole me dis-je goguenard comme à l’accoutumée, en pensant à cette lettre G. Ne glissons pas dans le glauque mais ne glandons pas sur ce globe. Inutile de gigoter, de gesticuler, de geindre, de regimber, de goberger et de gémir, générons, galvanisons, sortons des gangues qui nous engluent, faisons galoper nos esprits, germer nos idées, gagner nos principes trop souvent galvaudés. Vouons aux gémonies, juste un instant, les galbes et les gambettes des geishas qui agrémentent nos galipettes en cherchant le point G. Soyons le gang bang de la gamberge, les généreux géniteurs   d’un  humanisme régénéré.

Cornegidouille, ventre saint gris, je m’égare...arrêtons ce gachis , ces grumeaux de verbiage, cette gabegie de G, ce galimatias fait pour amuser la galerie qui peut en agacer quelques uns et en gonfler quelques autres.   Ce G permet donc de tout dire , c’est un générique assez génial. G dit.

La lettre G, la septième lettre et la cinquième consonne de l’alphabet, je devrais dire de notre alphabet, même si dans leur grande majorité, ils varient peu jusqu’à cette lettre, ne manque pas de surprendre le compagnon que nous restons tous...

Notre rituel nous suggère un certain nombre de mots qui seraient liés à la lettre G, tels géométrie, génération, gravitation et Gnose. N’ayant jamais entendu d’exposé sur ce dernier, je me suis décidé, malgré une réticence naturelle à l’effort, à entamer une réflexion sur ce sujet la Gnose.

Ce mot Gnosis nous vient du grec, lequel constitue la racine en latin du verbe cognoscere  signifie connaissance. Ajoutons à titre indicatif que le mot grec Gnostikos signifie « celui qui sait » et celui là pourrait s’approcher de l’initié. C’est ainsi que le concevaient les gnostiques. Voilà une raison supplémentaire pour s’intéresser à la Gnose.

Il apparaît à la simple réflexion que l’énumération donnée par notre rituel ne comporte pas un terme que le pasteur Anderson aurait probablement cité en premier lieu dans sa langue maternelle pour illustrer la lettre G : GOD. Il eut pu ajouter GOOD GOD mais bon dieu, la traduction littérale, nous égare peut-être de notre sujet mais en apparence seulement...

Revenons enfin à la Gnose, et pour conserver l’usage de la lettre G , attachons nous à en tracer même sommairement la genèse avant d’en faire la glose.

S’il fallait donner en préambule un ambryon de définition de la gnose, c’est probablement par son contraire qu’il faudrait la présenter tant il est vrai que nous entendons parler plus souvent d’agnostiques que de gnostiques. Un agnostique en effet est celui qui n’admet comme réalité que le monde expérimental, le monde sensible matériel, concret qu’il estime être le seul entrant dans le champ du connaissable. Cette position conforte l’alliance du rationnalisme et du matérialisme.

Rappelons au passage que l’agnostique se différencie de l’athée, au moins dans le sens moderne du terme, lequel se contente de nier l’existence d’un dieu ou plus exactement il refuse d’adhérer aux raisons de croire à l’existence d’un dieu. Bien sûr l’athéisme contrairement à l’agnosticisme n’est pas une doctrine.

A l’opposé, pour simplifier dans un premier temps, la gnose se présente comme une connaissance purement intuitive et une expérience strictement personnelle qui donne accès au divin ou pour utiliser un terme plus générique, au transcendant ou à une forme de métaphysique. Cette approche essentiellement spiritualiste fait davantage appel à l’intelligence du coeur qu’à la raison, au moins dans la pensée des premiers gnostiques lesquels ont constitué une secte à l’origine. La question se posera de savoir si il n’existe pas encore aujourd’hui un certain sectarisme gnostique ce qui n’exclue pas un sectarisme agnostique non plus...

La pensée gnostique, dont on peut lire fréquemment qu’elle est néo-platonicienne, à défaut de racines peut être reliée à divers grands mouvements de pensée tant en occident qu’en orient : On y retrouve l’importance de l’âme chère aux égyptiens et reprise par Pythagore, la dualité du bien et du mal constituant essentiel de l’univers des mazdéens reprises dans les doctrines manichéennes, lesquelles ont largement influencé bien plus tard, le Catharisme. L’idée de salut par la connaissance, la prise de conscience de la part de divin en soi, l’affimation que le monde n’est qu’une illusion dont il faut s’affranchir, et enfin la recherche de l’intériorisation comme moyen d’élévation de soi, ces thèmes développés par les gnostiques se retrouvent tant dans le mouvement de la pensée grecque que Bouddhique mais aussi chez les Esséniens, chez les Astrologues de Babylone ou en Inde dans les Upanishads ( textes indous écrits entre le XVIII° et le VIII° siècle avant notre ére – textes védiques – véda signifie savoir science en sanskrit )

Sans remonter aussi loin, il est fréquemment admis que la pensée gnostique s’est développée tout particulièrement dans l’émergence du monde judéo-chrétien bien qu’elle l’ait largement précédé et sur lequel elle s’est greffée presque dès les origines.                                                                  :.

Les premiers gnostiques répertoriés et désignés comme tels au deuxième siècle de notre ére, Valentin, Marcion et Justin pour ne citer que les plus célèbres, mélaient semble-t-il la tradition juive et la philosophie religieuse des Grecs dont ils avaient été nourris, tout en adoptant de façon très personnelle l’enseignement d’un christianisme naissant et dont le contenu n’était pas encore parfaitement défini.

Ainsi pour eux le vrai Dieu ne pouvait pas être source de tout et notamment source du mal. En celà ils suivent Platon qui avait énoncé que « dieu n’est pas cause de tout ; il n’est cause que du bien ; il n’est pas responsable des maux ». Les guerres, la corruption, l’omniprésence et l’omnipuissance des romains à cette époque, tous ces malheurs,  ne pouvaient pas être le fait de Dieu qui avait dit lui même « mon royaume n’est pas de ce monde » . Ainsi les gnostiques établissaient-ils un lien entre le monde décrit par Platon et celui annoncé par le Christ dans leur représentation du dualisme de ce monde, celui du mal sur terre et celui du bien qui n’est pas ici bas, vers lequel on peut tendre par la connaissance.

La gnose devient pour eux la connaissance de la connaissance, la connaissance de dieu qui passe par et aboutit à la connaissance de soi même.

   Connais toi toi même et tu connaitras l’univers et les dieux

Je voudrais à cet instant faire une petite disgression sur la citation qui vient d’être énoncée laquelle est largement détournée de son sens lorsqu’elle est élidée.

Pourquoi ne cite-t-on toujours que la première partie de cette phrase célèbre , ce qui la dénature ? Dailleurs ceux qui la dénaturent, trop souvent la détournent à leur profit et pratiquent davantage le «  connais moi, moi même » qui n’est qu’une forme d’exhibitionnisme à visée psychanalytique très pratiqué en maçonnerie.

La gnose, chacun l’a bien compris, n’est pas un  savoir, mais elle s’interprète déjà dans le sens que lui donnera bien plus tard Paul Claudel de co-naissance.

En langage contemporain nous dirions que pour les gnostiques, l’homme comme le monde est duel. Déjà formulée par Aristote, Cette dualité pour l’homme est celle de l’être de chair qui est aussi être de lumière, laquelle est d’essence divine. De cette façon l’homme devient parcelle de divin qui, elle, subsistera après la mort, libérée de sa gangue charnelle. Le corps n’est qu’une enveloppe passagère qui peut être entrainée à des excès sans que l’âme en patisse. Mais la mort ne libère pas nécessairement l’homme de l’emprise du Démiurge. Seuls ceux qui se sont libérés par la gnose y parviennent ; les autres doivent revivre une autre existence, ce qui suggère une doctrine de la réincarnation que n’aurait pas reniée Pythagore lui-même tout comme le mythe de l’ascension des âmes.

Reprenant à leur compte l’évangile de Thomas citant Jésus, les gnostiques considèrent que le destin de l’homme est de parvenir par la gnose à la connaissance de l’ineffable réalité divine d’où il provient et où il doit retourner.

Pour les alchmistes ici présents, précisons que l’étincelle divine qui est en nous correspond pour les gnostiques à l’or spirituel, ultime stade des sept degrés de l’univers décrits par Claude Ptolémée. La sphère saturnienne correspond à la matière ; elle est symbolisée par le plomb. Puis après la mort du corps et sa décomposition suivent un certain nombre de transmutations qui traversent Jupiter, assimilée au zinc, Mars au fer, Mercure le vif-argent, la lune l’argent pour atteindre enfin le soleil, l’or. Les gnostiques considéraient que ces différents métaux matérialisaient les différents stades d’évolution de la matière sur la voie de la perfection, celle de l’or que seule la gnose permettait d’atteindre.

On peut trouver ici une filiation à travers cette résurrection des métaux, avec le mythe  égyptien d’Osiris, les mystères orphiques et Dyonisiaques et certains mythes perpétués par la franc maçonnerie .

Bien sûr il est possible aussi, d’étendre, par de subtiles correspondances, la palette des métaux décrits plus haut aux couleurs.Théophrastus Bombastus von Hohenheim, plus connu sous le nom de Paracelse voyait dans le souffre le médiateur entre le corps et l’esprit et dans le sel , présent aussi dans nos rituels, l’origine de toutes les couleurs, qu’il définit comme la lumière coagulée du monde. Chacun pourra à son goût approfondir ces sujets que certains cercles maçonniques au XVIII° à tendance gnostico-hermétiques ont développé.

Au Plérome, le monde du divin s’oppose chez les gnostiques, le Kérome, le monde des apparances et de la matière. Son créateur qui resssemble au Jéhovah de l’ancien testament se distingue voire s’oppose au dieu de lumière et de bonté, seul vrai dieu mais inconnaissable.

Alors que Platon dans le Timée imagine le démiurge comme un poète qui crée un cosmos aux proportions harmonieuses, la gnose lui attribue la création d’un monde dénaturé inachevé, un chaos.

Sur le plan éthique, les gnostiques considèrent que les lois morales, qui doivent être évolutives et adaptées par chacun, n’ont d’autre objet que d’assurer la vie en société. Elles constituent un arsenal juridique propre à réguler les relations entre individus. Les suivre n’apporte rien pour le salut de l’individu lequel ne peut s’obtenir que par la voie spirituelle et individuellement. Les êtres de chair sont freinés dans cette quête par la pesanteur de leur propre nature matérielle et ils ne sont pas égaux entre eux devant la spiritualité. Nous retrouvons comme chez Pythagore une certaine forme d’élitisme.

Il existe des êtres de lumière considérés comme des messagers du divin qui sont chargés d’aider l’humanité dans sa quête de la gnose. Parmi beaucoup d’autres, Jésus est de ceux là. Cette thèse se rapproche de celle du livre des grands initiés d’ Edouard Shuré que chacun connaît ici, grands initiés auxquels il est fait référence dans le rituel du deuxième degré..

A titre indicatif, Le soufisme connaît des catégories similaires, le stade ultime étant celui des Malamati dont l’état est assimilable à celui de prophète, alors que le Sufi se contente, si on peut dire , d’avoir accès à la gnose.

On perçoit déjà dans l’approche gnostique, ce qu’un auteur a défini comme l’hellenisation du christianisme. La gnose en bien des points s’éloigne de la foi chrétienne et notamment en ce qu’elle est une expérience personnelle du transcendant sans adhésion à un dogme. Elle est aussi l’affirmation que l’homme peut assurer seul son salut. Les théologiens du christianisme dénonceront très tôt cette hérésie adoptée plus tard par les cathares et combattue par l’inquisition.

L’étincelle divine des gnostiques qui pousse à la connaisance de dieu fait partie intégrante de l’âme protestante dans sa recherche individuelle du salut. Les Luthériens y étaient plus sensibles que d’autres . La même approche se retrouve chez les rose-croix mais aussi chez les mystiques anglais influencés par le théosophe mystique allemand du XV° siècle, Jacob Böhme puis dans la philosophie de l’idéalisme allemand avec Hegel et Schelling. Cette influence se retrouve enfin, dans la littérature contemporaine notamment chez Joyce, Rimbaud, Breton et Artaud.

De nos jours encore des résurgences de gnosticisme persistent notamment dans le syncrétisme de la société théosophique créé par Hélène Blavatsky fin XIX° mais dont les thèses racistes ont alimenté la pensée national-socialiste allemande :

 ( le but de l’humanité c’est l’ascension du corps matériel et sexué vers un corps éthérique de lumière ; mais cette ascension se fait à partir de la race mère qui est la race Aryenne située pour elle aux USA de son époque )

 Ainsi des mouvements gnostiques se retrouvent dans les religions chrétiennes, y compris dans le Judaïsme et dans l’Islam notamment à travers le Soufisme. 

Alors la question se pose de savoir pourquoi ce terme de Gnose, figure dans l’interprétation de la lettre G. L’influence protestante y est probablement pour beaucoup. N’est-ce pas précisément la gnose qui a généré les condamnations papales de la F.M. libérale, en ce qu’elle permet un accès directe à un être transcendant en ignorant l’église ?

Mais les Maçons ne sont pas nécessairement des gnostiques au sens originel du terme. Pour éviter toute référence christique, la gnose en F.M. libérale est souvent présentée comme étant la connaissance initiatique. L’impétrant en d’autres termes, comme Mr Jourdain avec la prose, ferait de la gnose sans le savoir. Il s’agit, en effet, comme pour les gnostiques, non pas d’un savoir mais de la découverte du sens caché des choses et du monde, par une recherche personnelle et nous concernant, aux moyens des symboles. Il n’est probablement pas abusif d’assimiler cette co-naissance à une renaissance telle que nous la faisons vivre à l’initiation.

Là aussi la connaissance, comme toute expérience initiatique, est plus affaire de coeur que de raison. Mais là s’arrête la comparaison et l’utilisation du terme de gnose dans le rituel, à ce stade, sauf si la définition de la gnose se limite à celle de « prise de conscience » me paraît abusive, mais celà n’engage que l’auteur de ces lignes.

Cette courte reflexion n’avait pour but que de contribuer à réfléchir sur la gnose certes mais aussi par voie de conséquence, sur l’initiation et sur les définitions que nous voulons  donner aux mots que nous employons.

Je laisse donc à chacun le soin d’alimenter sa propre analyse sur ce chemin ou sur tout autre, tant il est vrai que ce qui importe, est moins le but à atteindre que le chemin parcouru pour y parvenir. 

G dit.

Alain.J.Th

 

 

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UNE OEUVRE "NOUVEL AGE": JONATHAN LIVINGSTON LE GOELAND

Publié le 7 Juin 2026 par T.D

 

Le livre "JONATHAN LIVINGSTON LE GOELAND" et le film du même titre ont été utilisés aussi bien en catéchèse qu'en liturgie. Et même certains enfants n'ont-ils pas été prénommés "Jonathan" en référence à cette oeuvre ?

 L'histoire du jeune goéland qui échappe au sort de son voilier d'origine en expérimentant des techniques audacieuses de vol, met en relief dans une première lecture, le courage, la persévérance d'un individu qui refuse la routine de ses congénères pour bâtir lui-même sa vie, dans l'épanouissement de toutes ses virtualités.

 Nous ne sommes pas des êtres réduits à "métro-boulot-dodo"! Les efforts de Jonathan le conduisent à la sagesse et à l'idée qu'on peut vaincre même la mort: nous sommes destinés à plus. Rien donc de plus honnête, exemplaire et stimulant, de même que conforme à une morale de la perfection, compatible avec l'idéal évangélique!

 On voit même à travers la figure de Jonathan celle de la vie du Christ. Telle est la première compréhension que beaucoup ont eue devant cette oeuvre. Compréhension renforcée par un certain romantisme surtout dans le film rempli de sommets aériens et d'infini océanique.

Un second regard cependant révèle que le récit est issu en fait d'une toute autre inspiration. En réalité, tous les thèmes gnostiques s'égrenent au long des péripéties et des aventures de la vie du jeune goéland

Par exemple: le refus de la condition de la masse ignorante, l'entreprise de libération appuyée uniquement sur les forces de l'individu, l'arrivée d'un guide lumineux, l'apprentissage dans une seule vie de ce que le bon peuple découvre après mille vies, les conditions de la future vie tissée à même ce qui a été appris au cours de la précédente, le voyage astral, la réincarnation, le refus de l'union avec le divin pour revenir sur terre comme guide, la fusion finale dans la pensée du Grand Goéland, etc...

La popularité de cette histoire qui aurait pu passer inaperçue comme un ordinaire conte pour enfants, manifeste que des fibres profondes ont été atteintes chez les gens. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi d'analyser ce récit à l'aide d'un certain nombre de clefs. Dès la présentation du livre, l'ambition est annoncée: LA RELIGION UNIVERSELLE, la spiritualité transreligieuse, au-delà de toutes les religions. "Jonathan le Goéland est universel, quelles que soient la philosophie, la race ou la religion du lecteur. L'enfant de douze ans, le prêtre catholique aussi bien que le disciple de Bergson ou le bonze oriental peuvent suivre le fil de son histoire, la comprendre et l'aimer.

Le thème dépasse un cadre national d'expression et de pensée." Bien entendu, dans une première lecture, on peut être sensible au fond commun que l'on retrouve chez tout homme de bonne volonté. Tous, quelles que soient leurs religions ou leurs races, sont hommes, créatures de Dieu à l'image et à la ressemblance de Celui-ci; et l'Esprit-Saint est à l'oeuvre partout.

 Cependant, en resituant le préambule dans l'ensemble du livre, l'idée de son auteur est beaucoup plus restrictive. Il se fait le chantre de cette religion universelle que nous annonce le Nouvel Age, la religion universelle de l'Age du Verseau. Et nous retrouvons là un des piliers de la pensée gnostique. Pour celle-ci, chaque nation comme chaque ère zodiacale a sa religion: le christianisme pour l'Occident, l'islam au Proche-Orient, l'hindouisme ou le bouddhisme en Orient, etc... le judaïsme à l'ère du Bélier, le christianisme à l'ère des Poissons, etc...

Mais, nous disent les gnostiques de tous les temps, au fond de toutes ces religions, il faut chercher le noyau secret et commun à toutes: la tradition primordiale que les hommes détenaient à l'origine sur un continent disparu, tradition que l'humanité a perdue et qui est cachée précisément sous la superficie des diverses religions. Des hommes ont su de siècles en siècles atteindre ce noyau:

ils étaient initiés mais ils étaient peu nombreux. L'ère du Verseau dans laquelle nous entrons doit faire apparaître au grand jour ce fonds commun désormais accessible à tous les hommes. Ce sera enfin la religion universelle, tellement supérieure à tous les sectarismes des religions insulaires ! A partir de là, précisons quelques notions gnostiques: * L'ESOTERISME (grec: esôterikos, réservé aux seuls adeptes) Il s'agit de la doctrine, de la connaissance de ce fameux noyau secret, atteintes par les seuls initiés.

C'est ainsi que Jonathan se plaint du "si petit nombre" de goélands qui savent. Déçu, il préfère rejoindre sur d'autres planètes des goélands qui partagent sa façon de pensée, "tous très intelligents et prompts à assimiler" l'enseignement des maîtres.

 Les milieux ésotériques aiment souligner dans les Evangiles que Jésus parlait aux foules en paraboles (avec tout ce que cela, selon eux, comporte d'enfantin et de superficiel), tandis qu'à ses disciples, il expliquait tout en secret. Les Apôtres étaient des initiés ! Mais, toujours aux dires des gnostiques, l'Eglise a occulté cet enseignement secret du Christ, l'a caché; il faut la clef par exemple du cinquième évangile, l'Evangile de Thomas, pour comprendre enfin la vie symbolique de Jésus et son message. A savoir que ce fameux évangile bien connu du Nouvel Age appartient aux Apocryphes, c'est-à-dire aux écrits des cercles gnostiques du premier siècle en marge de la Tradition apostolique, ouvrages non reconnus par cette Tradition.

 Autre remarque: la présence d'un noyau caché à l'intérieur de toutes les religions explique des recherches comme celle de Roger Garaudy converti au christianisme, puis à l'islam (très précisément à sa branche ésotérique: le soufisme) puis au bouddhisme, ou de Maurice Béjard. Elle explique aussi pourquoi les milieux ésotériques ne détournent jamais leurs adeptes, du moins dans un premier temps, de leur religion. Francmaçonnerie, Rose-Croix par exemple ne découragent pas leurs membres du catholicisme ou autre appartenance. Il peut même être conseillé de pratiquer la religion du pays où l'on se trouve, l'important étant ce qu'il y a en-dessous: le noyau secret et commun à toutes les religions.

 Un temps vient bien entendu où les religions sont dépassées et laissées au vestiaire... Ces religions constituent toujours dans le milieu ésotérique, ce que l'on nomme * L'EXOTERISME, c'est-à-dire les doctrines philosophiques et religieuses enseignées publiquement aux "membres du Clan" qui croupissent "misérablement au sol", pour reprendre l'expression de Jonathan: c'est pour le bon peuple qui n'a malheureusement pas l'intelligence de s'élever plus haut! Ainsi donc, nous avons deux catégories d'hommes religieux: - les "initiés" qui eux, savent, et se veulent des "spirituels"; - la masse "religieuse" qui se contente des déchets distribués par nos religions.

Cette idée est fortement symbolisée par le troupeau de goélands cherchant sa nourriture sur les tas d'ordures d'une décharge ou se battant pour manger les restes de poissons rejetés par les navires de pêche, tandis que Jonathan vole dans les hauteurs oxygénées. "La plupart des goélands ne se soucient d'apprendre, en fait de technique de vol, que les rudiments, c'est-àdire le moyen de quitter le rivage pour quêter leur patûre, puis de revenir s'y poser.

 Pour la majorité des goélands, ce n'est pas voler mais manger qui importe. Pour ce goéland-là cependant, l'important n'est pas de manger, mais de voler... Jonathan Livingston le Goéland aimait à voler par-dessus tout. Cette façon d'envisager les choses- il ne devait pas tarder à s'en apercevoir à ses dépens- n'est pas la bonne pour être populaire parmi les autres oiseaux du Clan. Ses parents eux-mêmes étaient consternés de voir Jonathan passer des journées entières, solitaire, à effectuer des centaines de planés à basse altitude, à expérimenter toujours." La tentation pour Jonathan sous la pression de son Clan est de consentir et d'obéir aux limites de son espèce: "Tandis qu'il sombrait, une étrange voix profonde parlait en lui. Il n'y a pas d'illusions à me faire, je suis un goéland. De par ma nature un être borné...

 Je dois me contenter d'être ce que je suis, c'est-à-dire un pauvre goéland borné... Désormais il serait un goéland comme les autres. N'oublie jamais que la seule raison du vol, c'est de trouver à manger! Jonathan, obéissant, acquiesça." La tentation de rentrer dans le rang et de renoncer aux sommets pour cette pauvre vie ordinaire, terrestre, incarnée. Mais Jonathan Livingston le Goéland n'est pas un oiseau ordinaire. Il appartient à une ELITE, quitte à être exclu des soi-disant siens: "Ce qu'il avait autrefois souhaité pour la Communauté, il le conquérait maintenant pour lui seul... il vivait pleinement une existence prolongée et belle...

Je suis un Exclu." Il n'est pas comme les autres. Tandis que le pauvre peuple croit, lui, il SAIT. Et nous touchons là un des traits principaux de la gnose, pour laquelle le salut n'est pas dans la foi mais dans la CONNAISSANCE: "OUBLIE LA FOI! lui répétait Chiang (le vieux Maître) sans cesse. Tu n'avais nul besoin d'avoir la foi pour voler, tout ce qu'il te fallait, c'était comprendre le vol, ce qui d'ailleurs signifie exactement la même chose." Le salut serait donc une question d'intelligence et de compréhension. "Ne les juge pas trop sévérement... En te rejetant, les autres goélands n'ont fait de tort qu'à eux-mêmes et un jour ils le comprendront, et un jour ils verront ce que tu vois." Celui qui sait est plein de commisération pour les pauvres croyants dans l'erreur et l'illusion, mais qui, un jour, seront illuminés. Jonathan quant à lui a tant et tant à apprendre, seul, en pleine mer. Pour sortir précisément de leur ignorance... jusqu'à l'illumination: "tu peux t'élever davantage encore, car tu as voulu apprendre.

Ton apprentisage élémentaire est terminé et il est temps pour toi de passer à une autre école. Jonathan le Goéland avait eu l'intuition, toute sa vie durant, qu'un jour elle S'ILLUMINERAIT de cet instant unique. Oui, ils avaient raison! Il volerait ainsi plus haut encore et le moment était bien venu pour lui d'aller vivre en sa vraie patrie." "Quelle percée vers l'avenir. C'était sans nul doute le plus grand événement de l'histoire de la Communauté des Goélands!

 Et dès lors une nouvelle ère s'ouvrirait pour Jonathan le Goéland! Combien désormais les perspectives de leur vie allaient s'étendre! Au lieu du terne labeur consistant à aller et venir entre les bateaux de pêche et le rivage, il allait y avoir pour eux une raison de vivre! Désormais ils pourraient sortir de leur ignorance, se révéler des créatures pleines de noblesse, d'habileté et d'intelligence. Etre libres!" Cela fait penser à l'enthousiasme d'une Marilyn Ferguson (auteur du livre "Les enfants du Verseau") selon laquelle nous serions à un seuil de l'humanité, qui va connaître un saut qualitatif: l'homme deviendrait enfin "conscient de sa conscience".

C'est l'ère du Verseau! Face à cet idéal, les religions apparaissent, sous la plume de l'auteur, comme des entraves mesquines à la liberté, un ensemble de lois et de morale indignes de l'élite: "Tout ce qui entrave cette liberté doit être rejeté, qu'il s'agisse d'un rite, d'une superstition ou d'un quelconque interdit. La seule loi digne de ce nom est celle qui montre le chemin de la liberté, dit Jonathan..." La religion n'enseignerait que nos limites... Or, Jonathan est sans limite...

Il choisit donc de devenir hors-la-loi. Le gnostique est au-dessus de la loi. Pour lui, il n'y a ni bien ni mal. Est bien ce qui me fait du bien, le mal n'étant qu'une imperfection, qu'un retard dans l'évolution vers l'absolu: "Il n'éprouvait aucun remords à se renier. De telles promesses étaient bonnes pour les goélands qui se contentent de la médiocrité. Lui qui a frôlé, qui a entrevu la perfection, peut se dispenser de les tenir!... Je serai un vrai horsla-loi...

 Nous sommes libres d'aller où bon nous semble et d'être ce que nous sommes, répondit Jonathan... en mettant le cap à l'est vers les territoires du Clan (malgré l'exclusion). Jamais, en dix mille ans, cette loi n'avait été transgressée. La Loi leur ordonnait de rester; Jonathan leur disait d'aller avec lui là-bas. Ma foi, après tout, si nous n'appartenons pas à la Communauté, pourquoi obéir à sa loi." La religion chrétienne enseigne la réalité de l'incarnation. A cela, Jonathan répond avec la pensée bouddhiste et nouvel-âge: "MAYA" c'est-à-dire "ILLUSION". La matière est illusion. Le sens donné au mot "incarnation" est alors tout différent.

Il s'agit d'une chute de l'esprit dans la matière, d'une concentration d'énergie comme la vapeur concentrée donne de l'eau. L'esprit, seule réalité, s'est abîmée dans la matière. Or, celle-ci n'existe pas. La prendre en considération serait s'aliéner. Au contraire, il s'agit de renverser le mouvement et de remonter l'échelle de cette dégénérescence et ce par palliers successifs. On parle alors d'évolution ou d'ascension. Le salut réside dans la connaissance de notre véritable identité. En effet, pour la gnose, l'homme est divin, et donc illimité comme Dieu: "Chacun de nous, en vérité, est une idée du Grand Goéland, une image illimitée de la liberté...

Le vol de précision n'est qu'un pas de plus franchi dans l'expression de notre vraie nature. Tout ce qui nous limite, nous devons l'éliminer. C'est le pourquoi de tout cet entraînement aux vols à haute vitesse et aux acrobaties aériennes..." Marilyn Ferguson qui a beaucoup contribué à populariser le Nouvel Age n'écrit-elle pas : "les limites de notre soi physique, de notre peau, sont une illusion; il n'y a pas de limites du tout." Le message va plus loin encore: ce n'est pas l'individu qui compte, mais le Soi présent en chaque être, qui forme comme un ensemble dépassant les éléments distinctifs: "toute la formation passa lentement sur le dos, par la droite, comme un seul et unique oiseau". On parle alors de réalité "transpersonnelle", qui dépasse la personne particulière.

Quant au CORPS, il ne saurait être un obstacle aux expériences de Jonathan: "Votre corps, d'une extrémité d'aile à l'autre, disait parfois Jonathan, n'existe que dans votre pensée qui lui donne une forme palpable. Brisez les chaînes de vos pensées et vous briserez aussi les chaînes qui retiennent votre corps prisonnier." Ces propos font penser à la récupération que fait le Nouvel Age de la technique holographique. L'objet que l'on voit, en relief, n'est en fait qu'une image-laser; il n'existe pas. Le monde est ainsi: c'est une construction de notre cerveau; c'est une illusion, c'est maya. Le corps n'est rien d'autre qu'un effet de la pensée! Mais bien entendu, une seule vie ne saurait suffire pour développer toutes les potentialités de l'être. Jonathan le Goéland, le film le souligne fortement, est une grande hymne à la REINCARNATION:

"Il y avait donc une limite à ce que son nouveau corps pouvait accomplir et bien que son ancien record fût pulvérisé, il était tout de même une frontière qu'il ne ferait reculer que moyennant un grand effort.

C'est injuste, pensa-t-il, il ne devrait pas y avoir de telles limites au Paradis... Dans les jours qui suivirent, Jonathan comprit qu'il y avait encore autant à apprendre sur le vol en ces lieux que dans l'existence dont il avait pris congé... As-tu idée du nombre de vies qu'il nous aura fallu vivre avant que de soupçonner qu'il puisse y avoir mieux à faire dans l'existence que manger, ou se battre, ou bien conquérir le pouvoir aux dépens de la Communauté ?

 Mille vies, Jon, dix mille! et cent autres vies ensuite avant que nous ne commencions à comprendre qu'il existe une chose qui se nomme PERFECTION, et cent autres encore pour admettre que notre seule raison de vivre est de dégager cette perfection et de la proclamer." Plusieurs réincarnations sont donc nécessaires pour échapper à la matière: remonter l'échelle de la chute de l'esprit dans la matière en parcourant tous les degrés de cette ascension. Jusqu'au degré suprême: la perfection.

Alors l'étincelle divine au fond du goéland se dégagera totalement de sa gangue. "Et pourtant, le jeune Jonathan le Goéland, qui avait vécu derrière ses yeux dorés, était toujours présent car seule son enveloppe extérieure changeait. Il se sentait toujours un vrai goéland, mais déjà il volait beaucoup mieux que son ancien corps n'avait jamais volé. Oui, pensa-t-il, je suis persuadé qu'avec un effort moindre je pourrais doubler ma vitesse et accomplir des performances deux fois supérieures à celles réalisées lors de mes plus beaux jours terrestres!"

 De corps en corps, de réincarnation en réincarnation, le goéland évolue inéluctablement vers la Perfection, le Vol absolu, illimité. Mais attention! Nous ne choisissons le prochain monde où nous vivrons qu'en fonction de ce que nous apprenons dans celui-ci. C'est la loi du KARMA.

 Souligons au passage que c'est nous qui choisissons notre terrain d'atterrissage; une théorie circule même dans le Nouvel-Age selon laquelle les enfants ont choisi les parents dont ils voulaient naître et ce, en fonction de leur désir plus ou moins intense de progresser. Dans cette progression interviennent des guides initiateurs, les MAÎTRES ou Anciens.

"Les deux goélands qui apparurent à toucher ses ailes étaient PURS comme la lumière des étoiles et l'AURA qui émanait d'eux, dans l'air de la nuit profonde, était douce et amicale... Nous sommes les tiens, Jonathan, nous sommes tes frères... Nous sommes venus te chercher pour te mener plus haut encore, pour te guider vers ta patrie." Voilà la vraie famille. On se souvient de la phrase prononcée dans "le grand bleu": ma vraie patrie est au fond.

 Ce guide est de même nature que le guidé: il n'est pas un sauveur. Et l'initié deviendra à son tour initiateur. On retrouve là la notion bouddhiste du BODDHISATVA, élément très beau du bouddhisme qui pense que des êtres très évolués peuvent par compassion renoncer à leur but, la fusion, pour venir au secours des autres, de leurs semblables, tant qu'il en restera un à "sauver", à initier pour qu'il se sauve.

"Au fils des jours, Jonathan se surprenait de plus en plus à penser à la Terre d'où il était venu. S'il avait connu la dixième, la centième partie de ce qu'il savait ici, combien sa vie s'en serait trouvée enrichie! Il demeurait posé sur le sable, se demandant s'il n'y avait pas quelque part là-bas, un goéland luttant pour échapper à la servitude, entrevoyant lui aussi dans le vol autre chose qu'un moyen de locomotion permettant d'aller ramasser un croûton de pain jeté d'une barque. Peut-être même y en avait-il un autre, réduit à la condition d'Exclu pour avoir proclamé sa vérité face au Clan.

" D'exercice en exercice, Jonathan le Goéland développe ses POUVOIRS. Cela s'appelle en langage "nouvel âge" les "techniques d'expansion de la conscience": "... heure par heure, chaque jour, ils s'exerçaient en vol aux techniques aériennes les plus avancées.

" "Par quelle magie avons-nous été transportés ici? ...question d'entraînement." Il suffit de vouloir un objectif, et la concentration l'atteint: "Pour voler à la vitesse de la pensée vers tout lieu existant, il te faut commencer par être convaincu que tu es déjà arrivé à destination... alors Jonathan se concentra en pensée sur l'image des grands rassemblements de goélands survolant les rivages d'antan et avec l'assurance que donne l'habitude, il connut une fois encore qu'il n'était pas plume et os mais liberté et espace que rien au monde ne pouvait plus limiter.

" La concentration permet de "transcender" ses limites. Cela s'appelle en langage actuel une technique de visualisation! ou "méditation"! Rien n'est alors impossible à l'initié: "Tu dois pouvoir te rendre en tout endroit existant à tout moment où tu souhaites y aller, répondit l'Ancien. J'ai voyagé vers tous les pays et en toutes les époques auxquels j'étais capable de penser... un beau jour, posé sur le rivage, Jonathan fermant les yeux et se concentrant, eut la révélation subite de ce que Chiang voulait dire:

 "Mais oui, c'est vrai! Je suis un goéland parfait et sans limites!" Quand Jonathan ouvrit les yeux, il se retrouva seul avec l'Ancien sur un rivage différent...Nous sommes, de toute évidence, sur quelque planète dont le ciel est vert et à laquelle une étoile double tient lieu de soleil." Voici un langage que l'on retrouve aujourd'hui à chaque pas dans le Nouvel Age: voyages astraux, pouvoirs illimités de la pensée, pouvoirs de la concentration, etc. On pense aussi aux propos de Paco Rabane annonçant son futur départ sur une autre planète!

Qu'on songe encore aux prétentions d'un François Brune (cf. son livre: "Les morts nous parlent") ou aux recherches du chronoviseur (prendre en film une pièce de théâtre jouée en Grèce Antique par exemple): "Nous pouvons désormais nous mettre à travailler sur la durée, dit Chiang, jusqu'à ce que tu sois capable de survoler le passé et l'avenir et c'est alors que tu seras prêt à entreprendre le plus difficile, le plus puissant, le plus merveilleux de tous les exercices. Tu seras prêt à prendre ton vol pour aller là-haut connaître le sens de la Bonté et de l'Amour...

" Dans l'épisode de Maynard le Goéland, un jeune oiseau dont une aile est paralysée, Jonathan apparaît à un moment comme un THAUMATURGE, ou plus exactement comme un révélateur de ce que l'individu a tout en lui pour s'autoguérir: "Maynard le Goéland, tu es libre d'être à l'instant toimême, vraiment toi-même et rien ne saurait t'en empêcher. Ainsi dit la Loi du Grand Goéland qui est fondamentale. Voulez-vous dire que je suis capable de voler quand même ?

 Je dis que tu es libre... ...le Goéland, sans effort apparent, déploya ses ailes et s'enleva dans la nuit noire." Il n'est pas demandé au paralysé la foi en Jonathan, mais la foi en lui seul. A un autre moment de l'histoire, nous avons le récit d'une NDE (Near Experience Death) (ou "la vie après la vie"): le goéland Fletcher Lynd rate un exercice et s'écrase contre une falaise.

En fait, il vit dans son accident les diverses étapes décrites par le docteur Moody au sujet de gens parvenus aux portes de la mort. "Pour lui, ce fut comme si ce roc était la porte massive et solide s'ouvrant brutalement sur un autre monde.

Un sursaut d'effroi, le choc et le noir au moment de l'impact, puis il se retrouva dérivant dans un étrange ciel, sans mémoire, se ressouvenant, puis oubliant à nouveau, angoissé, triste et aussi navré, terriblement navré... Fletcher, au pied du rocher, remua la tête, déploya ses ailes et ouvrit les yeux...Il vit! Lui qui était mort est maintenant vivant! Le Fils du grand Goéland! Il l'a touché du bout des ailes! Il l'a ressuscité!"

 Dans leur ignorance, les membres du clan estiment que Fletcher était mort; or, finalement, la mort n'existe pas; c'était une NDE, ou un changement de niveau. Par ailleurs, ils crient tout de suite: Ressuscité! Or rétorque Jonathan: " Si tu es maintenant en train de me parler, alors de toute évidence tu n'es pas mort. Ce que tu as réussi à faire, c'est de sauter, d'une manière assez brusque j'en conviens, d'un niveau de connaissances à un autre. Tu as, à présent, le choix. Tu peux demeurer où tu te trouves et poursuivre ton étude à ce niveau qui -soit dit en passant- est considérablement au-dessus de celui que tu as quitté, ou bien tu peux revenir en arrière et continuer de travailler avec le Clan.

" La mort n'est pas la mort, elle n'est qu'un passage à un niveau supérieur de connaissance. Mais de toute façon, après une NDE, la personne est transformée. Ainsi donc le Paradis est-il au bout d'exercices de plus en plus pointus: après visualisations, télépathie, voyages astraux, etc... En fait, "le Paradis, c'est simplement d'être soi-même parfait..

. Sois persuadé, Jonathan, que tu commenceras à toucher au Paradis à l'instant même où tu accéderas à la vitesse absolue. Et cela ne veut pas dire au moment où tu voleras à quinze cents kilomètres à l'heure ou à quinze cent mille kilomètres à l'heure, ou même à la vitesse de la lumière.

Car tout nombre nous limite et la perfection n'a pas de bornes. La vitesse absolue, mon enfant, c'est l'omniprésence." "(Le maître) conversait tranquillement avec eux tous, les exhortant à ne jamais mettre fin à leur poursuite de la connaissance, à leur entraînement physique, à leurs efforts, en vue de comprendre le principe invisible de toute vie parfaite...

Jonathan, et ce furent là ses dernières paroles, continue à étudier l'Amour!" Ces propos signifient que la connaisance et le salut sont au bout d'une concentration, d'une méthode! La compréhension de toutes choses est au bout de l'effort de l'homme seul et non Don de la Grâce. Le but de la vie: "Quand finalement nous aurons transcendé l'espace et le temps...", les deux caractéristiques de la créature!

"Il n'y a pas de limites." Mais la pointe de l'oeuvre se trouve à la fin de l'histoire. Le jeune disciple, Fletcher, exprime son admiration à l'égard du maître, Jonathan: "Vous êtes un voilier exceptionnel, comblé de tous les dons et d'essence divine, bien au-dessus de tous les autres oiseaux." Réponse de Jonathan: "Jonathan! ...également connu en tant que FILS DU GRAND GOELAND, répondit son maître avec un humour froid...

 Regardez Fletcher, et Lowell, et CharlesRoland, et Judy-Lee! Sont-ils aussi des voiliers exceptionnels comblés de tous les dons et d'essence divine ? Pas plus que vous ne l'êtes, pas plus que je ne le suis. La seule différence avec vous autres, la seule et unique différence est qu'ils ont commencé à comprendre ce qu'ils sont vraiment et qu'ils ont commencé à mettre en oeuvre les moyens que la nature leur a accordés."

"Mais, Jon, je ne suis q'un goéland quelconque alors que vous êtes..." "...le Fils Unique du Grand Goéland, je suppose ? soupira Jonathan en contemplant la mer. Tu n'as plus besoin de moi. Ce qu'il te faut désormais c'est continuer de découvrir par toi-même, chaque jour un peu plus, le véritable et illimité Fletcher le Goéland qui est en toi. C'est lui qui est ton maître. Il te faut le comprendre et l'exercer... Ne les laisse pas répandre sur mon compte des bruits absurdes ou faire de moi un dieu. D'accord, Fletcher ?

 Tu sais, je ne suis qu'un goéland qui aime voler, pas plus..." Le message est clair: JESUS N'EST PAS DIEU, Jonathan-Jésus n'est pas le Fils Unique de Dieu! Jonathan-Jésus n'est pas Dieu, ce n'est qu'un homme plus avancé que les autres! Voir en lui, le Fils du Grand Goéland, le Fils de Dieu, c'est continuer de vivre dans le monde de l'illusion, le monde des religions, du christianisme principalement. Jonathan-Jésus est un Initié brillant, un esprit particulièrement doué:

"je n'ai jamais, sur un million d'oiseaux, rencontré un seul semblable à toi. Pour la plupart nous progressons si lentement! Nous passons d'un monde dans un autre qui lui est presque identique, oubliant sur le champ d'où nous venons, peu soucieux de comprendre vers quoi nous sommes conduits, ne vivant que pour l'instant présent... Mais toi, Jon, tu en as tant appris en une seule vie que tu n'as pas eu à voyager au travers de mille vies avant d'atteindre celle-ci." Jésus dans son incarnation-crucifixion-ascension a accompli tout le parcours! Mais il a eu lui-même besoin d'un initiateur.

Cela fait penser à l'idée qui circule chez certains gnostiques selon laquelle Jésus serait aller recevoir l'initiation chez les Esséniens ! Jonathan-Jésus est un boddhisatva: initié, ayant même atteint le but, il y a renoncé par compassion. Jésus est un Initié qui par amour pour nous s'est incarné afin de nous partager son initiation. L'esprit christique est en tous; nous sommes tous divins, et le salut, c'est précisément de savoir que je suis dieu! La divinité est ma nature. Nous sommes là loin de la notion de création, la créature n'étant pas Dieu ni de même nature que Dieu! Tous sont des goélands; cela signifie que nous sommes tous de même nature que le divin, le grand TOUT. C'est ce qu'on appelle le monisme: une seule réalité, tout est un, tout est divin, tout est énergie christique. Une énergie christique à la disposition de l'homme depuis toujours: "cette façon de voler a toujours été là, à la portée de tous, prête à être apprise par quiconque la voulait découvrir; cela n'a rien à voir avec notre temps.

Tout au plus sommes-nous peut-être en avance sur une mode, en avance sur la façon de voler de la plupart des goélands." Nous avons ici la négation de l'histoire sainte, négation de la pédagogie de Dieu opérant dans le temps, notre salut: lorsque les temps furent accomplis! Contrairement au temps biblique, linéaire, la conception gnostique considère le temps comme immobile et cyclique. Conclusion:

"Mais, Jon, je ne suis q'un goéland quelconque alors que vous êtes..." ..."le Fils Unique du Grand Goéland, je suppose ? soupira Jonathan en contemplant la mer. Tu n'as plus besoin de moi. Ce qu'il te faut désormais c'est continuer de découvrir par toi-même, chaque jour un peu plus, le véritable et illimité Fletcher le Goéland qui est en toi.

C'est lui qui est ton maître. Il te faut le comprendre et l'exercer... Ne les laisse pas répandre sur mon compte des bruits absurdes ou faire de moi un dieu. D'accord, Fletcher ? Tu sais, je ne suis qu'un goéland qui aime voler, pas plus..." Comme écrit le poète White, bien cité dans le Nouvel Age: "en renversant Dieu, l'homme se retrouve lui-même; il est temps que Dieu soit remis à sa place, qui est dans l'homme". D'ailleurs, la dédicace du livre annonçait bien la couleur: "A ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous".

Pour conclure cette analyse de "Jonathan Livingston le Goéland", on peut comprendre qu'une telle oeuvre ait connu le succès, par toute l'aspiration à la vie spirituelle, à la liberté et à l'épanouissement qu'elle symbolise, sur un fond d'azur et d'océan. Cependant, la magie des images ne saurait faire oublier le texte. Le danger d'une telle oeuvre réside en fait dans l'impact qu'elle a sur l'affectif jusqu'à la mise en sommeil du discernement et de la vigilance. C'est pourquoi il convenait de soulever l'ambiguité de ce livre et de ce film

"Jonathan Livingston le Goéland". Parce que:

1°/ L'Eglise ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les religions non chrétiennes; au contraire, elle considère avec respect leurs doctrines qui diffèrent de la sienne en beaucoup de points mais apportent souvent un rayon de la vérité qui éclaire tout homme. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie, la vérité et la vie", dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses (Déclaration

 "Nostra aetate" du Concile Vatican II)

. 2°/ Ce Christ n'est pas un grand Initié, homme particulièrement doué et plus évolué que les autres. Nous croyons qu'il est "le seul Seigneur", "le Fils unique de Dieu", "vrai Dieu, né du vrai Dieu", "de même nature que le Père" (Symbole de Nicée-Constantinople).

 3°/ Le message du Christ est pour tous; il n'y a pas de place pour l'élitisme en christianisme. La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres et les simples comprennent.

 4°/ Le salut n'est pas une affaire de connaissance intellectuelle et de pouvoirs paranormaux. "Je vis dans la foi au Fils de Dieu: il m'a aimé et s'est livré pour moi" dit st Paul. Le salut est Don de Dieu, grâce. Il ne peut en aucune manière être autorédemption.

5°/ La vie incarnée, l'ordinaire de tous les jours, ne sont point méprisables.

L'homme n'est pas un pur esprit tombé du ciel dans une matière détestable. Quand Dieu crée le monde, et donc cette matière, il estime que c'est bon et positif. Et le Paradis ne consiste pas à fuir notre condition par toutes sortes de prodiges autosuffisants. La vie du Royaume est éminemment relationnelle, relation de Dieu avec ses fils et filles, relations des hommes entre eux.

L'image de la vie éternelle courante dans les évangiles est celle d'un banquet. On est loin des acrobaties aériennes de Jonathan, tellement solitaires et autosuffisantes.

 6°/ Par nature, nous sommes hommes et non pas Dieu. Nous sommes créatures et non pas émanation du grand Tout. Nous sommes limités: nous sommes des êtres situés dans la réalité du temps et de l'espace. Et si nous sommes appelés à partager la vie même de Dieu, ce n'est à coup de conquêtes, de records et de réincarnations, mais par don gratuit de Dieu. De plus, notre voc

7°/ L'homme libre n'est pas celui qui fait n'importe quoi, mais celui qui marche dans la fidélité à la Parole de Dieu, dans la docilité aux repères qu'elle nous donne. Etrangeté donc que le succès de "Jonathan Livingston le Goéland" dans des milieux chrétiens. Ambiguité d'un tel ouvrage capable de susciter pareil engouement et d'endormir toute vigilance... http://gamaliel21.pagesperso-orange.fr/06%20PS12.htm

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Le Rite Écossais Rectifié et la Kabbale : une fusion ésotérique chrétienne

Publié le 7 Juin 2026 par T.D

Le Rite Écossais Rectifié (RER), né au Convent de Wilhelmsbad en 1782 sous l'impulsion de Jean-Baptiste Willermoz, intègre des éléments kabbalistiques via la doctrine martinésienne de Martinez de Pasqually, transformant la maçonnerie templière en voie initiatique de réintégration spirituelle. Cette synthèse judéo-chrétienne, centrale sur le Prologue de Jean (Jn 1:1-18) ouverte sur l'autel du Vénérable Maître, évoque la Lumière primordiale du Verbe (Logos/Memra) comme restauration de l'état édénique perdu.

Origines kabbalistiques du RER

Martinez de Pasqually, fondateur des Élus Coëns (1754), puisa dans la Kabbale juive (Zohar, littérature luriantique) et chrétienne pour son Traité de la Réintégration des Êtres (1779), adopté par Willermoz dans les Leçons de Lyon et les rituels RER. Willermoz épura la théurgie coënne mais conserva l'ésotérisme : émanation divine en cercles concentriques (immensité surcéleste/céleste/terrestre), chute des esprits prévariateurs dans la matière, et réintégration par vertu christique, miroir des Séphiroth et de l'Adam Kadmon kabbalistiques.

Concepts kabbalistiques dans la doctrine martinésienne

La cosmogonie de Pasqually reprend l'émanation de l'Ayin Soph (Infini divin), structurée en puissances dénaires (10 esprits supérieurs) et loi ternaire (eau/terre/feu ; soufre/sel/mercure ; Pensée/Volonté/Action), évoquant les triades séphirotiques sans permutatio linguistique du Sefer Yetzirah . Le Verbe créateur repose au Memra hébraïque et à la Shekinah, force divine transcendant la matière privative issue de la prévarication luciférienne, pour une théurgie angélique visant la reconquête des qualités primitives.

Rôle rituel du Prologue de Jean

Dans le RER, l'Évangile ouvert au Prologue (Jn 1:1-14), tourné vers les Frères sur l'autel, symbolise la "Vraie Lumière" perdue à la chute et restaurée par l'Initiation : du grade d'Apprenti (réception de la Lumière) aux chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, dépendant Logos johannique à la Sagesse d'En-Haut (Chokmah) et à la Justice (Tsedekah). Cette pratique distingue le RER des rites bibliques généraux, unissant Kabbale primordiale et évangélique pour une quête gnostique : devenir enfant de Dieu par imitation du Christ-Réparateur.

Synthèse et héritage

Le RER traduit la Kabbale en maçonnerie chrétienne pré-nicéenne : macrocosme émanatif et microcosme humain s'unissent via des vertus (charité, confiance), libérés des dogmes pour un humanisme spirituel actif. Sans influence directe du Sefer Yetzirah , cette filiation ésotérique judéo-chrétienne (gnosticisme originel, Renaissance kabbalistique) confère au rite son aura unique, croisant tradition hébraïque et Salut templier.

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DEBARQUEMENT EN NORMANDIE , LE FRANC-MAÇON QUI FIT COMMENCER LA GUERRE À UTAH BEACH

Publié le 6 Juin 2026 par T.D

by A.S.

Le 6 juin 1944, sur la plage d’Utah Beach, un homme âgé de 56 ans, affaibli par les blessures de la Première Guerre mondiale et marchant avec une canne, débarque avec la première vague d’assaut. Cet homme n’est pas un simple soldat. Il est général de brigade. Il est le fils d’un président des États-Unis. Il est aussi franc-maçon.

Son nom : Theodore Roosevelt Jr.

Alors que beaucoup auraient choisi la prudence, lui demanda à trois reprises l’autorisation de débarquer avec ses hommes. Non pas derrière eux. Non pas après eux. Mais devant, dans la première vague, là où le feu ennemi frappait le plus durement.

Lorsque les troupes américaines touchèrent terre, les courants les avaient déportées à plusieurs kilomètres de leur objectif initial. La situation aurait pu devenir catastrophique. Mais Roosevelt Jr. évalua rapidement le terrain et lança cette phrase devenue célèbre :

« Que la guerre commence ici ! »

Cette décision, prise dans l’urgence, transforma une erreur de débarquement en point d’appui stratégique. Là où d’autres auraient vu un échec, il vit une possibilité. Là où la confusion menaçait, il imposa le calme. Là où la peur pouvait paralyser, il donna l’exemple.

Un chef au milieu de ses hommes

Theodore Roosevelt Jr. n’était pas un chef de bureau. Il était de ceux qui considèrent que commander, ce n’est pas seulement donner des ordres, mais assumer le risque avec ceux qui les exécutent.

Sous les tirs allemands, il parcourut la plage, orienta les unités, rassura les soldats, indiqua de nouveaux objectifs et contribua directement à l’établissement de la tête de pont en Normandie. Son attitude inspira les troupes et permit de limiter les pertes dans un moment d’extrême danger.

Le général Omar Bradley dira plus tard que l’acte le plus héroïque auquel il avait assisté pendant la guerre fut celui-ci : Ted Roosevelt sur la plage d’Utah.

Cette phrase suffit à mesurer la portée de son courage.

Un franc-maçon face au fascisme

Theodore Roosevelt Jr. fut élevé au grade de Maître Maçon en 1920, au sein de la Loge Matinecock n° 806, à Oyster Bay, dans l’État de New York.

Ce détail n’est pas anecdotique. Car le combat du Débarquement ne fut pas seulement une opération militaire. Il fut aussi un combat de civilisation. Il opposa deux visions du monde : d’un côté, la liberté, la dignité humaine, la liberté de conscience ; de l’autre, le totalitarisme, la haine, l’écrasement de l’individu et la soumission des peuples.

La franc-maçonnerie, lorsqu’elle demeure fidèle à son idéal, ne peut être neutre face au fascisme. Elle porte en elle une exigence de liberté, de fraternité, de progrès moral et d’émancipation de l’esprit. Le fascisme, lui, repose sur le culte du chef, le mensonge organisé, la désignation de boucs émissaires, le mépris des droits humains et la destruction de toute pensée libre.

Entre les deux, il n’y a pas de compromis possible.

Les quatre libertés comme boussole

Avant même l’entrée en guerre des États-Unis, Franklin D. Roosevelt avait formulé les célèbres quatre libertés : liberté d’expression, liberté de religion, liberté face au besoin et liberté face à la peur.

Ces libertés devinrent une boussole morale dans la lutte contre les régimes totalitaires. Elles rappelaient que la guerre menée contre le nazisme ne se limitait pas à une bataille de territoires. Elle était aussi une défense de l’humain contre la barbarie.

Theodore Roosevelt Jr., cousin de Franklin D. Roosevelt, incarna physiquement cette idée. À Utah Beach, il ne défendait pas seulement une position militaire. Il défendait une certaine conception de l’homme : libre, responsable, digne, debout face à la tyrannie.

La canne, le sable et le courage

L’image est puissante : un général blessé, avançant avec sa canne sur le sable de Normandie, au milieu des tirs, pour guider ses hommes.

Cette image devrait parler à tout franc-maçon.

Car le travail maçonnique n’est pas seulement affaire de discours, de symboles et de belles paroles. Il interroge notre capacité à mettre nos principes en action. Que vaut la liberté si personne ne se lève pour la défendre ? Que vaut la fraternité si elle ne s’exprime pas dans l’épreuve ? Que vaut la lumière si elle reste enfermée dans le Temple ?

Theodore Roosevelt Jr. rappelle que l’initiation véritable ne consiste pas à se croire supérieur, mais à devenir plus responsable. Elle ne consiste pas à fuir le monde, mais à y agir avec courage, lucidité et droiture.

Mourir après avoir servi

Theodore Roosevelt Jr. mourut d’une crise cardiaque le 12 juillet 1944, un peu plus d’un mois après le Débarquement. Il fut décoré à titre posthume de la Medal of Honor, la plus haute distinction militaire américaine.

Il repose aujourd’hui au cimetière américain de Normandie, parmi ceux qui donnèrent leur vie pour libérer l’Europe.

Son nom mérite d’être rappelé, non pour glorifier la guerre, mais pour honorer ce qu’il défendit : la liberté contre l’oppression, la dignité contre l’inhumanité, la conscience contre l’aveuglement.

Une leçon maçonnique pour aujourd’hui

Se souvenir de Theodore Roosevelt Jr., c’est rappeler que la franc-maçonnerie n’est pas compatible avec toutes les idéologies. Elle ne peut se reconnaître dans les systèmes qui écrasent la liberté de penser, qui manipulent la vérité, qui divisent les peuples et qui érigent la haine en programme politique.

Le fascisme et la franc-maçonnerie sont deux mondes opposés.

L’un veut soumettre.
L’autre veut élever.
L’un exige l’obéissance aveugle.
L’autre appelle au discernement.
L’un fabrique des ennemis.
L’autre cherche des Frères.

Sur le sable d’Utah Beach, Theodore Roosevelt Jr. n’a pas seulement conduit des hommes au combat. Il a incarné cette vérité simple : les valeurs ne valent que si l’on accepte, un jour, d’en payer le prix.

Et c’est peut-être là que commence réellement le travail du Maître Maçon : non dans les mots qu’il prononce, mais dans le courage avec lequel il les rend vivants.

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REAA14

Publié le 6 Juin 2026 par T.D

Nous voici conduits à cet Infini, dont le nom hébreu "En Soph" vous a été révélé.

        Vous connaissez aussi"Malkuth" ou le Royaume dont vous êtes Maîtres, puisque vous le circonscrivez avec votre compas mental.

        Mais est-il possible de relier le Fini à l'Infini, le Concret à l'Abstrait, Malkuth à En Soph ? Nos prédécesseurs de l'Antiquité se sont posé la question, et vous savez déjà comment ils l'ont résolue, puisque vous avez traversé successivement les neuf voûtes kabbalistiques, caractérisées chacune par le nom d'un des Sephiroth.

        Ce n'est point ici le lieu de vous enseigner en détail la doctrine des Sephiroth ou Nombres sacrés de la Kabbale. Les livres ne manquent pas et vous pourrez l'étudier à loisir. Pour orienter vos méditations sur ce sujet, efforcez-vous cependant de retenir les notions suivantes :

        Frère Gardien de la Tour, qui veillez à notre sécurité et à ce titre observez le monde extérieur veuillez nous dire ce qu'il faut penser de Malkuth

LE FRERE GARDIEN

        Malkuth signifie  ROYAUME. Or L'homme est le Roi de tout ce qui est à sa portée: il est appelé à régner sur l'Univers objectif, qui est son Royaume.

        Le domaine de notre activité n'est d'ailleurs qu'une immense fantasmagorie, que l'Initié ne doit pas confondre avec la réalité vraie. Celle-ci ne tombe pas sous les sens; elle échappe aux méthodes d'investigation de la science expérimentale. Le savant moderne, armé de ses instruments d'observation, se condamne à ignorer ce qui se cache derrière Les apparences des choses si, à l'exemple du philosophe ou du véritable Sage, il ne s'applique pas à sonder l'Inconnu, en approfondissant les mystères dérobés à la connaissance de la masse grossière des hommes.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Quelle indication fournirez-vous sur Iésod ?

LE FRERE GARDIEN

        Iésod signifie BASE ou FONDEMENT. Tout objet perceptible se compose d'éléments qui échappent à nos perceptions. Ces éléments imperceptibles sont coordonnés, et maintenus entre eux dans des relations d'une relative fixité par une sorte de cadre hyperphysique, qui est le plan invisible ou occulte, mais concret, selon lequel les êtres se construisent.

        Lorsque les Maîtres travaillent sur la planche à tracer, ils modifient le plan selon lequel la construction devra s'effectuer. Leur action s'exerce ainsi sur Iésod, fantôme idéal, base ou fondement de ce qui doit prendre corps.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Frère deuxième Grand Surveillant, vous qui représentez Mohabon, le plus zélé des Maîtres de son temps, l'ami particulier d'Hiram-Abi, voulez-vous nous éclairer sur la signification de Hod.

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

        Ce terme fait allusion à la splendeur, à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

        Si nous travaillons a cette Gloire, ce n'est pas seulement pour rendre hommage à l'Être Suprême qui est forcément au-dessus de toute glorification

        La Gloire resplendissante désignée par HOD s'identifie avec la Logique, l'Ordre, la Coordination, la Loi, qui assurent le fonctionnement régulier de tous les rouages de l'organisme Universel. Pour travailler à la Gloire du Grand Architecte, il s'agit donc de remplir fidèlement le rôle qui nous est assigné par la destinée. Que chacun accomplisse sa tâche particulière et qu'il fasse scrupuleusement son devoir, afin de donner la note qui lui est demandée dans le concert de l'harmonie universelle.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAlTRE

        Frère Premier Grand Surveillant, vous qui représentez ici Adon Hiram, Chef des tribus chargées de couper les cèdres sur les flancs du mont Liban, Comment interprétez-vous Netsah, désignation de la 7° Séphire ?

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

        Netsah signifie Victoire ou Triomphe ; or, pour vaincre ou triompher il faut s'associer à la marche du Progrès, dont il importe de se faire l'agent actif.

        NETSAH, HOD et JESOD constituent, dans l'arbre des Sephiroth, le ternaire dynamique, NETSAH représentant le principe générateur ou directeur du mouvement ou du travail universel; HOD est la loi selon laquelle s'opère l'oeuvre constructive ou l'organisation universelle; JESOD, enfin, figure le plan déterminé de ce qui doit se faire, le type constructif destine à s'objectiver.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Pouvez-vous nous indiquer également le sens du mot Tiphereth ?

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

        Tiphereth signifie BEAUTE. Le Beau s'impose à nous; il force notre admiration et nous oblige à l'aimer. Nos sentiments sont ainsi dominés par l'idéal qui se dégage de nos aspirations.

        Ne craignons pas de désirer le mieux, fortifions notre désir, rendons-le profond, afin qu'il parte du plus intime de notre être. Sachons rêver avec ferveur, construisant en rêve ce dont nous désirons ardemment la réalisation pratique. N'oublions pas que les plus grandes choses sont nées de l'imagination d'un rêveur !

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Frère deuxième Grand Surveillant, veuillez nous parler de Geburah, Pec'had ou Din, noms attribués à la 5° Séphire.

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

        Geburah se traduit par  RIGUEUR, SEVERITE.

        Pec'had par  PUNITION, CRAINTEet 

        Din par JUGEMENT.

        Tous ces mots font allusion à la nécessité de se restreindre, de se limiter, de se maîtriser soi-même. L'être n'est libre que s'il sait se gouverner et par conséquent se dominer. De même que les richesses laborieusement accumulées ne doivent pas être dépensées inconsidérément. Il appartient au sage d'économiser les forces dont il dispose. La vie échappe à qui ne sait la retenir ; elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre ensuite en oeuvre à bon escient.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Frère deuxième Grand Surveillant, il vous sera facile de nous faire saisir le sens de C'hesed et de Gedulah.

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

        C'hesed signifie Grace, Misericorde, Merciet    Gedulah, Grandeur, Magnificence.

        Au ternaire dynamique constitué par les 7e, 8e et 9e Sephiroth, se superpose un ternaire animique ou vital, dans lequel la 4e Sephire correspond au principe d'expansion généreuse qui donne et répand la vie, alors que la 5e administre la vie donnée, l'économise, l'empêche de se diluer, afin de la maintenir au degré de tension voulue. Quant à la 6e Sephire, elle nous montre la Beauté comme le résultat de l'activité vitale ou animique.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Frère premier Grand Surveillant, que direz-vous de Binah ?

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

        Binah signifie Intelligence ou Compréhension. C'est la faculté qui conçoit les idées. Elle a été comparée à une Vierge-Mère enfantant les images originelles des choses, car c'est une faculté féminine ou réceptive. C'est elle qui revêt l'idée pure d'une forme, grâce à laquelle elle devient exprimable, après avoir été formulée. Toute idée, en effet, doit se refléter dans l'imagination, afin de s'y traduire en image, et prendre ensuite le caractère d'une entité imaginaire, mais réelle dans le domaine de l'irréalité.

        Le Penseur n'imagine pas en vain: il peuple l'ambiance mentale d'images destinées à être recueillies progressivement par les intelligences réceptives. Les idées ont besoin d'être semées par des hommes qui ne seront compris que plus tard. Le grain réparti germe, ce blé se développe, et, lorsque la moisson a mûri, une révolution intellectuelle se trouve accomplie.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Frère Grand Orateur, vous qui avez pour mission de faire prévaloir ici la raison et la saine logique, quelle idée nous donnerez-vous de C'hochmah ?

LE FRERE GRAND ORATEUR

        C'hochmah signifie Sagesse. Il s'agit ici de la Pensée créatrice, de cette suprême Raison, radiation de cette Lumière principielle qui éclaire toutes les intelligences. Cette Lumière brille en chacun de nous dès que nous avons su rendre transparentes les écorces corporelles qui tendent à l'obscurcir, Les purifications initiatiques font tomber le bandeau qui dérobait à notre vue la clarté de notre lumière intérieure.

L'Initié bénéficie d'une illumination produite par l'éclat de sa propre raison, rendue plus active, plus consciente d'elle-même et mieux mise en rapport avec c'hochmah, source centrale de toute sagesse et de toute raison.

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

        Mais à qui revient le droit de s'identifier avec Ce qui est, avec ce qui possède l'Être en soi ?

        Que sommes-nous, nous qui parlons, nous qui avons conscience de notre moi ? Personnalités éphémères, nous ne participons que transitoirement à l'existence. Aucun de nous ne peut dire:Je suis, puisque nous n'apparaissons que pour disparaître.

        Nous concevons cependant un principe possédant l'être véritablement, c'est l'Être étant, que les Kabbalistes représentaient par le mystérieux tétragramme tracé sur la plaque triangulaire d'or incrustée dans le cube Agathe auprès duquel vous avez été conduits.

        Il ne m'appartient pas de vous révéler ici toute la portée du mot sur lequel de gros volumes ont été tracés. Vous êtes appelés à vous instruire par vous-mêmes des divers systèmes de philosophie que l'on s'est efforcé d'édifier sur ce qui nous a été conservé de fort anciennes et respectables traditions.

        Considérez simplement que le mot sacré par excellence, le mot ineffable qui ne doit pas être prononcé, se compose des quatre lettres, Jod, He, Vau, He.

        Le Jod initial n'est qu'une virgule, principe de toute numération et écriture, ou mieux point primitif, point suprême, symbole de l'Unité inaccessible, en laquelle nous pouvons imaginer concentrée toute la vertu expansive des choses. Nous nous ferons ainsi une idée de l'Archée, principe de toute activité, cause agissante, sujet pensant, concevant, voulant et commandant, personnifiée dans l'Artiste, l'Ouvrier, l'Opérateur, le Créateur, l'Engendreur.

        Le He traduit le souffle qui sort de l'intérieur pour se répandre au dehors. C'est la Lumière de gloire, la splendeur d'En Haut. C'est l'émanation qui rayonne d'un point central pour remplir l'espace, c'est l'activité exercée par le principe actif (Jod) et sans laquelle celui-ci ne serait pas actif. Il s'agit donc ici, par rapport à Jod, de l'acte de penser, de concevoir, de vouloir, de commander.

        Le Vau figure le rapport qui relie la Cause à l'effet. C'est la raison en Dieu, sa délibération, sa pensée agissant dans le libre choix de ses déterminations.

        Quant au second He, il manifeste le résultat de l'action, l'oeuvre réalisée le travail effectué et s'effectuant la création en voie d'accomplissement C'est la Lumière Créée, la Lumière de Dieu dans son Royaume

 

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Arbre séphirothique et franc-maçonnerie

Publié le 6 Juin 2026 par T.D

L’Arbre séphirothique occupe une place centrale dans la tradition kabbalistique. Figure complexe et lumineuse, il décrit l’articulation entre l’unité divine et la multiplicité du monde. Depuis le XXᵉ siècle, certains francs-maçons y ont trouvé une grille de lecture féconde, en rapprochant les colonnes du Temple et le collège des officiers de la structure de l’Arbre séphirothique. Jules Boucher, en 1948, a même proposé d’y relier le treizième degré du Rite Écossais Ancien Accepté. Cet intérêt n’est pas universel ni rituel, mais il manifeste la vitalité d’une recherche symbolique toujours en quête de cohérence. Explorer l’Arbre séphirothique, c’est ainsi interroger la manière dont la franc-maçonnerie dialogue avec la tradition kabbalistique.

L’Arbre séphirothique s’enracine dans la tradition kabbalistique, qui l’a conçu comme une carte de la création et de la conscience. Composé de dix Séphiroth disposées en trois colonnes, il décrit le mouvement par lequel l’infini divin se manifeste dans la multiplicité du monde. Chaque Séphira incarne une modalité de l’émanation et correspond à une étape du cheminement spirituel :

  • Keter (Couronne) : première émanation issue de l’Ein Sof (l’Infini divin, au-delà de toute représentation). Elle marque le passage de l’illimité inconnaissable à une expression perceptible et contient en germe tout le déploiement de l’Arbre.
  • Chokmah (Sagesse) : l’élan créateur, la puissance d’initiative.
  • Binah (Compréhension) : la réflexion, la matrice de toute forme.
  • Chesed (Miséricorde) : la générosité expansive, la bonté agissante.
  • Gueburah (Rigueur) : la force de discernement, la justice qui limite.
  • Tiphereth (Beauté) : l’équilibre central, la lumière harmonisante.
  • Netzach (Victoire) : l’énergie vitale, la persévérance dans l’action.
  • Hod (Gloire) : l’intelligence rationnelle, la clarté du langage.
  • Yesod (Fondement) : le lien entre l’invisible et le visible, le monde des images.
  • Malkuth (Royaume) : l’accomplissement concret, notre monde terrestre.

L’Arbre Séphirothique

L’Arbre séphirothique n’est donc pas seulement un schéma théorique : il est une voie de méditation, destinée à guider l’homme dans son ascension intérieure. Les écoles kabbalistiques en proposent diverses lectures, mais toutes insistent sur sa fonction de lien entre le divin et l’humain, entre le ciel et le temple intérieur.


Arbre séphirothique et piliers du Temple maçonnique

Dans la franc-maçonnerie, trois piliers — Sagesse, Force et Beauté — soutiennent la loge et orientent le travail des francs-maçons. L’Arbre séphirothique, tel qu’il s’organise en trois colonnes, offre une correspondance symbolique avec cette architecture maçonnique. Sur le flanc droit, la colonne de la Miséricorde conduit de Chokmah à Netzach et peut être rapprochée de la Sagesse, source d’inspiration et de guidance. Sur le flanc gauche, la colonne de la Rigueur relie Binah à Hod et correspond à la Force, énergie de limitation et de justice. Au centre, l’axe de l’équilibre va de Keter à Malkuth et trouve son reflet dans la Beauté, harmonie qui unit les contraires.

Ce rapprochement entre l’Arbre séphirothique et les piliers de la loge n’est exposé dans aucun rituel officiel. Il s’agit d’une interprétation symbolique moderne, apparue au XXᵉ siècle, pour souligner l’universalité d’une dynamique ternaire où l’équilibre se construit entre deux polarités. Jules Boucher, notamment, a mis en avant cette analogie, voyant dans la correspondance entre Sagesse, Force et Beauté et les trois colonnes séphirothiques une clé pour enrichir la lecture symbolique du Temple maçonnique. D’autres auteurs l’ont suivie, confirmant que l’Arbre séphirothique pouvait servir de miroir aux structures traditionnelles de la loge.


Arbre séphirothique et collège des officiers de loge

Le collège des officiers constitue l’ossature vivante de la loge. Chacun d’eux assume une fonction précise qui participe à l’harmonie de l’ensemble. Certains auteurs modernes, et notamment Jules Boucher, ont proposé de rapprocher cette organisation de l’Arbre séphirothique, en établissant des correspondances entre les charges maçonniques et les dix Séphiroth.

Dans cette lecture, le Vénérable Maître se rattache à Keter, principe de direction et de souveraineté. Le Premier Surveillant est associé à Chokmah, la Sagesse créatrice, tandis que le Second Surveillant correspond à Binah, la Compréhension organisatrice. D’autres fonctions de loge ont été rapprochées de Chesed et de Gueburah, incarnant l’équilibre de la générosité et de la rigueur, ou encore de Yesod, fondement qui assure la transmission.

Ces correspondances ne cherchent pas à imposer une règle, mais à offrir une grille de méditation. En rapprochant l’Arbre séphirothique du collège des officiers, certains auteurs ont voulu souligner que la loge fonctionne comme un organisme symbolique, où chaque charge trouve sa place dans une dynamique d’ensemble. Cette lecture ne modifie pas la pratique, mais elle éclaire le sens du travail maçonnique en le reliant à une tradition plus va


Arbre séphirothique et place des Surveillants dans la loge

La question de la place des Surveillants illustre les limites de ces correspondances. Dans certaines représentations, le Premier Surveillant est associé à Chokmah, tandis que le Second se rattache à Binah. Or, dans la loge au Rite Écossais Ancien Accepté, le Premier Surveillant est placé près de la colonne B, au Nord-Ouest. Le Second, quant à lui, se situe du côté de la colonne J, au Sud ou au Sud-Ouest selon les usages. Cette disposition complique le rapprochement avec l’Arbre séphirothique, car elle ne coïncide pas avec la topographie classique des Séphiroth.

De telles divergences montrent que l’analogie entre l’Arbre séphirothique et la loge n’est jamais mécanique. Elle oblige à réfléchir sur la fonction réelle des officiers et sur la manière dont leur position dans le Temple exprime un équilibre propre à la tradition maçonnique. L’arbre devient alors un support de comparaison, non une carte imposée, incitant à méditer sur la diversité des formes que peut prendre l’harmonie initiatique.


Arbre séphirothique et treizième degré du REAA

Le treizième degré du Rite Écossais Ancien Accepté, dit de l’Arche Royale, occupe une place singulière dans la progression maçonnique. Il met en scène la découverte d’une voûte souterraine, composée de neuf arches, où resplendit le Nom sacré au cœur du Temple d’Énoch. Cette dramaturgie initiatique met le franc-maçon en présence d’un secret enfoui, transmis par une architecture cachée sous le sol même du Temple.

Au milieu du XXᵉ siècle, Jules Boucher a proposé une interprétation nouvelle : lire la structure de ce degré à la lumière de l’Arbre séphirothique. Dans cette perspective, les arches deviennent autant d’étapes du passage à travers les Séphiroth. Le mouvement initiatique conduit alors du sommet de Keter jusqu’à Malkuth, comme si l’initié traversait l’arbre tout entier pour atteindre, à la fin, le Nom ineffable. Cette mise en parallèle donnait une cohérence kabbalistique à un degré dont la symbolique était déjà riche mais moins structurée.

Boucher ne s’arrêta pas aux dix Séphiroth classiques. Il introduisit l’idée d’une onzième porte, correspondant à Daath, la « Connaissance ». Cette Séphira particulière n’apparaît pas toujours dans les représentations traditionnelles : elle n’est ni pleinement incluse ni totalement absente. Elle figure parfois comme une “non-Séphira”, un abîme ou un seuil entre Binah et Chokmah. En l’intégrant au treizième degré, Boucher suggérait que le passage initiatique ne se réduisait pas à une simple descente mais qu’il impliquait un franchissement supplémentaire, une traversée de la limite même entre lumière et ténèbres, savoir et ignorance.

Cette lecture audacieuse a été reprise et amplifiée par des auteurs contemporains comme Percy John Harvey. Harvey a développé la logique des correspondances, voyant dans la voûte souterraine un équivalent initiatique de l’Arbre séphirothique, et dans Daath la clé d’une compréhension plus profonde du degré. Ainsi, l’initiation ne serait pas seulement la découverte d’un mot sacré mais la traversée de l’abîme qui sépare l’humain du divin.

Cette interprétation n’appartient pas à la tradition ancienne : elle est le fruit d’une sensibilité moderne, née en France dans les années 1940 et 1950. Mais elle a durablement marqué l’imaginaire maçonnique. En associant le treizième degré à l’Arbre séphirothique, Boucher et ses héritiers ont ouvert une voie nouvelle pour comprendre la symbolique des voûtes et du Nom sacré, en inscrivant le REAA dans le dialogue entre franc-maçonnerie et tradition kabbalistique.


Arbre séphirothique comme outil herméneutique maçonnique

L’Arbre séphirothique ne s’impose pas comme une norme, mais il peut devenir un instrument de lecture fécond pour la franc-maçonnerie. En reliant les piliers de la loge, le collège des officiers ou encore certains degrés du REAA à la structure des Séphiroth, il propose une grille de compréhension transversale. L’initié découvre alors que chaque fonction, chaque charge et chaque étape initiatique peut être relue comme une émanation, un équilibre ou une tension entre polarités complémentaires.

Cette herméneutique invite à voir le Temple comme une image de l’univers, ordonné par des principes de miséricorde, de rigueur et d’harmonie. Elle montre aussi que l’Arbre séphirothique n’est pas seulement un héritage de la tradition kabbalistique, mais qu’il peut servir d’outil pour approfondir le sens du travail maçonnique. En mettant en relation ces deux univers symboliques, le franc-maçon est conduit à relier ce qui semblait séparé : l’héritage de la Kabbale et la pratique de la loge.


Arbre séphirothique et quête initiatique contemporaine

En explorant l’Arbre séphirothiquela franc-maçonnerie a trouvé un langage capable d’articuler la tradition kabbalistique et son propre univers symbolique. Des parallèles avec les piliers du Temple, le collège des officiers ou le treizième degré du REAA ont permis d’élargir la lecture du Temple et d’y introduire une dynamique nouvelle. Ces correspondances ne sont pas des prescriptions, mais des invitations : elles incitent à voir dans chaque fonction, chaque degré, chaque étape du chemin initiatique, une résonance possible avec les dix Séphiroth.

Cette quête demeure actuelle. En plaçant l’Arbre séphirothique en regard des structures de la loge, le franc-maçon est invité à méditer sur l’unité qui relie le divin et l’humain, le visible et l’invisible, l’émanation et la manifestation. C’est une manière de rappeler que l’initiation n’est pas seulement transmission d’un héritage, mais ouverture à une tradition vivante, toujours susceptible de nouvelles lectures et de nouveaux approfondissements.

Par Ion Rajolescu, rédacteur en chef de Nos Colonnes — au service d’une parole maçonnique juste, rigoureuse et vivante

 

 

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Publié le 5 Juin 2026 par T.D

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REAA 13

Publié le 5 Juin 2026 par T.D

 

            Légende des trois Mages qui ont visité la Grande Voûte et découvert le Centre de l'Idée.

        Longtemps après la mort d'Hiram et de Salomon et de tous leurs contemporains, après que les ar­mées de Nabuchodonosor eurent détruit le royaume de Juda, rasé la ville de Jérusalem, renversé le Temple, emmené en captivité ceux qui avaient sur­vécu au massacre des populations ; alors que la montagne de Sion n'était plus qu'un désert aride ou paissaient quelques maigres chèvres gardées par des bédouins faméliques et pillards, un matin trois voyageurs arrivèrent au pas lent de leurs cha­meaux.

        Ces trois voyageurs étaient des Mages, des Initiés de Babylone, membres du Sacerdoce Universel, qui venaient en pèlerinage et en exploration aux ruines de l'ancien Sanctuaire.

        Après un frugal repas, les pèlerins parcoururent l'enceinte ravagée.

        Les vestiges des murs et les fûts des colonnes leur permirent de déterminer les limites du Temple Ils se mirent ensuite à examiner les chapiteaux gisant à terre, à ramasser les pierres pour y découvrir des inscriptions ou des symboles.

        Pendant qu'ils procédaient à cette exploration, ils découvrirent une excavation sous un pan de mur renversé au milieu des ronces.

        C'était un puits situé à l'angle Sud-Est du Temple, ils s'employèrent à en déblayer l'orifice, après quoi l'un d'eux, le plus âgé, celui qui paraissait le chef, se couchant à plat ventre sur le bord, regarda à l'intérieur.

        On était au milieu du jour, le Soleil brillait au zénith et ses rayons plongeaient presque verticalement dans le puits.

        Un objet brillant frappa les yeux du Mage. Il appela ses compagnons, qui se placèrent dans la même position et regardèrent. Évidemment, il y avait là un objet digne d'attention : sans doute un bijou sacré. Les trois pèlerins résolurent de s'en emparer. Ils dénouèrent les ceintures qu'ils avaient autour des reins, les attachèrent bout à bout et en jetèrent une extrémité dans le puits.

Alors, deux d'entre eux, s'arc-boutant, se mirent en devoir de soutenir le poids de celui qui descendrait. Celui-ci, le chef, empoignant la corde, disparut par l'orifice.

        Pendant qu'il effectue sa descente, nous allons vous dire quel était l'objet qui avait attiré l'attention des pèlerins. Pour cela, nous devons remonter à plusieurs siècles en arrière, jusqu'à la scène du meurtre d'Hiram.

Quand le Maître eut, devant la porte de l'Orient, reçu le coup de pince du deuxième mauvais compagnon, il s'enfuit, ainsi que cela vous a été dit lors de votre réception au Grade de Maître, pour gagner la porte du Sud ; mais, tout en se précipitant, il craignit soit d'être poursuivi, soit de rencontrer un troisième mauvais compagnon, ainsi que cela devait arriver.

Il enleva de son cou un bijou qui y était suspendu par une chaîne de 77 anneaux, et le jeta dans le puits qui s'ouvrait dans le Temple au coin des côtés Est et Sud.

        Ce bijou était un Delta d'une palme de côté fait du plus pur métal, sur lequel Hiram, qui était un initié complet, avait gravé le nom ineffable et qu'il portait sur lui, la face en dedans, le revers, seul exposé aux regards, ne montrant qu'une surface unie.

venons à nos trois voyageurs. S'aidant des mains et des pieds, le Mage descendait dans la profondeur du puits, il constata que la paroi de celui-ci était divisée en zones ou anneaux faits en pierres de couleurs différentes, chacun d'eux d'une coudée environ de largeur.

            Quand il fut en bas, il compta ces zones et trouva qu'elles étaient au nombre de dix. Il baissa alors ses regards vers le sol, vit le bijou d'Hiram, le ramassa, le regarda, et constata avec émotion qu'il portait le mot ineffable qu'il con­naissait lui-même, car il était, lui aussi, un initié complet. Pour que ses compagnons, qui n'avaient pas comme lui, reçu tous les grades, ne pussent le lire, il suspendit le bijou à son col par la chaînette, mettant la face en dedans, ainsi qu'avait fait le Maître.

        Il regarda ensuite autour de lui et constata l'existence, dans la muraille, d'une ouverture par laquelle un homme pouvait pénétrer. Il y entra, marchant à tâtons dans l'obscurité. Ses mains rencontrèrent une surface, qu'au contact il jugea être du bronze. Il recula alors, regagna le fond du puits, avertit ses compagnons pour qu'ils tinssent ferme la corde, et remonta.

        En voyant le bijou qui ornait maintenant la poitrine de leur chef, les deux Mages s'inclinèrent devant lui; ils devinèrent qu'il venait de subir une nouvelle consécration. Il leur dit ce qu'il avait vu leur parla de la porte de bronze. Ils pensèrent qu'il devait y avoir là un mystère;ils délibérèrent et résolurent d'aller ensemble à la découverte.

        Ils placèrent une extrémité de la corde faite des trois ceintures sur une pierre plate existant près du puits, et sur laquelle on lisait encore le mot " Jakin ". Ils roulèrent dessus un fût de colonne où l'on voyait le mot " Bohaz ", puis s'assurèrent qu'ainsi tenue la corde pouvait supporter le poids d'un homme.

        Deux d'entre eux firent ensuite du feu sacré à l'aide d'un bâtonnet de bois dur roulé entre les mains et tournant dans un trou fait en un morceau de bois tendre. Quand le bois tendre fut allumé, ils soufflèrent pour provoquer la flamme. Pendant ce temps, le troisième était allé prendre, dans les paquetages attachés en croupe des chameaux, trois torches de résine qu'ils avaient apportées pour écarter les animaux sauvages de leurs campements nocturnes. Les torches furent successivement approchées du bois enflammé et s'enflammèrent elles-mêmes de feu sacré. Chaque Mage, tenant sa torche d'une main, se laissa glisser le long de la corde jusqu'au fond du puits.

        Une fois là, ils s'enfoncèrent, sous la conduite de leur chef, dans le couloir menant à la porte de bronze. Arrivés devant celle-ci, le vieux Mage l'examina attentivement à la lueur de sa torche. Il constata, dans le milieu, l'existence d'un ornement en relief ayant la forme d'une couronne royale entourée d'un cercle composé de points, au nombre de 22.

        Le Mage s'absorba dans une méditation profonde, puis il prononça le mot " Malkuth " et soudain la porte s'ouvrit.

        Les explorateurs se trouvèrent alors devant un escalier qui s'enfonçait dans le sol; ils s'y engagèrent, toujours la torche en main, en comptant les marches, quand ils en eurent descendu trois, ils rencontrèrent un palier triangulaire sur le côté gauche duquel commençait un nouvel escalier, ils s'engagèrent dans celui-ci et après cinq marches trouvèrent un nouveau palier de mêmes forme et dimension. Cette fois l'escalier continuait du côté droit et se composait de sept marches.

        Ayant franchi un troisième palier, ils descendirent neuf marches et se trouvèrent devant une deuxième porte de bronze.

        Le vieux Mage l'examina comme la précédente et constata l'existence d'un autre ornement en relief représentant une pierre d'angle, entourée aussi d'un cercle de 22 points. Il prononça le mot " Iesod " et cette porte s'ouvrit à son tour.

        Les Mages entrèrent dans une vaste salle voûtée et circulaire, dont la paroi était ornée de neuf fortes nervures partant du sol et se retrouvant au point central du sommet.

        Ils l'examinèrent à la lueur de leurs torches, en firent le tour pour voir s'il n'y avait pas d'autre issue que celle par laquelle ils étaient entrés. Ils n'en trouvèrent point et songèrent à se retirer; mais leur chef revint sur ses pas, examina les nervures les unes après les autres, chercha un point de repère, Compta les nervures et, soudain, il appela, dans un coin obscur, il avait découvert une nouvelle porte de bronze. Celle-là portait comme symbole un soleil rayon­nant, toujours inscrit dans un cercle de 22 points. Le chef des Mages ayant prononcé le mot "Hod", elle s'ouvrit encore et donna accès à une deuxième salle.

ssivement les explorateurs franchirent cinq autres portes également dissimulées et passèrent dans de nouvelles cryptes.

        Sur l'une de ces portes, il y avait une tête de lion ; sur la suivante, une lune resplendissante ; puis ce furent: une règle, une courbe molle et gracieuse, un oeil, un rouleau de la Loi, et, enfin, une couronne royale.

        Les mots prononcés furent : Netsah, Tiphereth, Khesed, Din, Binah, C'hochmah et Kether.

        Quand ils entrèrent dans la neuvième Voûte, les Mages s'arrêtèrent surpris, éblouis, effrayés. Celle-là n'était point plongée dans l'obscurité; elle était, au contraire, brillamment éclairée. Dans le milieu étaient placés trois lampadaires d'une hauteur de onze coudées, ayant trois bran­ches, sur chacune desquelles étaient trois lampes. Ces lampes qui brûlaient depuis des siècles, dont la destruction du royaume de Juda, le rasement de Jérusalem et l'écroulement du Temple n'avaient pas amené l'extinction, brillaient d'un vif éclat, illuminant d'une lumière à la fois douce et intense tous les recoins, tous les détails de la merveilleuse architecture de cette Voûte sans pareille, taillée dans le roc vif.

        Les pèlerins éteignirent leurs torches dont ils n'avaient plus besoin, les déposèrent près de la porte, ôtèrent leurs chaussures et rajustèrent leur coiffure comme en un lieu saint, puis ils s'avancèrent en s'inclinant neuf fois vers les gigantesques lampadaires.

À la base du triangle formé par ceux-ci était dressé un autel de marbre blanc cubique de deux coudées de côté. Sur la face regardant le sommet du triangle étaient représentés, en or, les outils de la Maçonnerie, la règle, le compas, l'équerre, le niveau, la truelle, le maillet. Sur la face latérale gauche, on voyait les figures géométriques, le triangle, le carré, l'étoile à cinq branches, le cube. Sur la face latérale droite, on lisait les nombres 27, 48, 343, 729, 1332, 2197. Enfin, sur 1a face de derrière, était représenté l'acacia symbolique. Sur cet autel était posée une pierre Agathe de trois palmes de côté; dessus, on lisait, écrit en lettres d'or, le mot "Adonaï".

        Les deux Mages disciples s'inclinèrent, adorèrent le nom de Dieu; mais leur chef, relevant au contraire la tête, leur dit : " Il est temps pour vous de recevoir le dernier enseignement qui fera de vous des Initiés complets. Ce nom n'est qu'un vain symbole qui n'exprime pas réellement l'idée de la Conception Suprême. "

        Il prit alors à deux mains la pierre Agathe, se retourna vers ses disciples en leur disant : " Regardez ! La Conception Suprême, la voilà ! Vous êtes au centre de l'Idée ! "

        Les disciples épelèrent les lettres Iod, He, Vau, He, et ouvrirent la bouche pour prononcer le Mot, mais il leur cria : " Silence " c'est le mot ineffable qui ne doit sortir d'aucune lèvre  ! "

        Il reposa ensuite la pierre Agate sur l'autel, prit sur sa poitrine le bijou du Maître Hiram et leur montra que les mêmes signes s'y trouvaient gravés.

        "Apprenez maintenant, continua-t-il, que ce n'est pas Salomon qui fit creuser cette Voûte hy­pogée, ni construire les huit qui la précèdent, pas plus qu'il n'y cacha la pierre Agathe. La pierre fut placée par Hénoch, le premier de tous les Initiés, l'Initié initiant, qui ne mourut point, et qui survit dans tous ses fils spirituels Hénoch vécut longtemps avant Salomon, avant même le Déluge. On ne sait à quelle époque furent bâties les huit premières Voûtes et celle-ci creusée dans le roc vif."

        Cependant les nouveaux Grands Initiés détour­nèrent leur attention de l'autel et de la pierre Agathe, regardèrent le ciel de la salle qui se perdait à une hauteur prodigieuse, parcoururent la vaste nef où leurs voix éveillaient des échos ré­pétés. Ils arrivèrent ainsi devant une onzième porte, soigneusement dissimulée et sur laquelle le symbole était un vase brisé. Ils appelèrent leur Maître et lui dirent : "Ouvre-nous encore cette porte, il doit y avoir un nouveau mystère der­rière". "Non, leur répondit-il, il ne faut point ouvrir cette porte. Oui, il y a un mystère der­rière, mais c'est un mystère terrible, un mystère de mort ! ". "Oh ! tu veux nous cacher quelque chose, le réserver pour toi ; mais nous voulons tout savoir, nous l'ouvrirons nous-mêmes, cette porte ". Ils se mirent alors à prononcer tous les mots qu'ils avaient entendus de la bouche de leur Maître ; puis, comme les mots ne produisaient aucun effet, ils dirent tous ceux qui leur passèrent par l'esprit. Ils allaient renoncer, quand l'un d'eux prononça: "Nous ne pouvons pas cependant continuer à l'infini (En Soph) ". Sur ce mot, la porte s'ouvrit avec violence, les deux imprudents furent renversés sur le sol, un vent furieux souffla dans la Voûte; les lampes magiques en furent éteintes.

        Le Maître se précipita sur 1a porte, s'y arc-bouta, appela ses disciples à l'aide; ils accoururent à sa voix, s'arc-boutèrent avec lui;et leurs efforts réunis parvinrent à refermer 1a porte.

        Mais les lumières ne se rallumèrent point; les Mages furent plongés dans les ténèbres les plus profondes. Ils se rallièrent à 1a voix de leur Maître. Celui-ci leur dit : "Hélas ! cet évènement terrible était à prévoir. Il était écrit que vous commettriez cette imprudence. Nous voici en grand danger de périr dans ces lieux souterrains ignorés des hommes. Essayons cependant d'en sortir, de traverser les huit Voûtes et d'arriver au puits par lequel nous sommes descendus. Nous allons nous prendre par 1a main, nous marcherons jusqu'à ce que nous trouvions une muraille; nous suivrons ensuite celle-ci jusqu'à ce que nous rencontrions la porte de sortie. Nous recommencerons dans toutes les salles jusqu'à ce que nous soyons arrivé au pied de l'escalier de vingt-quatre marches.

Espérons que nous y parviendrons ".

        Ainsi firent-ils. Ils passèrent des heures d'angoisse, mais ne désespérèrent point. Ils arrivèrent au pied de l'escalier de vingt-quatre marches.

        Ils le gravirent en comptant 9, 7, 5, 3, et se retrouvèrent au fond du puits. Il était minuit; les étoiles du Nadir brillaient au firmament; la corde des ceintures pendait encore.

        Avant de laisser remonter ses compagnons, le Maître leur montra le cercle découpé dans le ciel par l'ouverture du puits et leur dit : " Les dix cercles que nous avons vus en descendant symbolisent les neuf Voûtes ou arches et l'escalier.  La dernière correspond au nombre onze, celle d'où a soufflé le vent du désastre c'est le ciel infini avec les luminaires hors de notre portée qui le peuplent . "

                 Les trois Initiés regagnèrent l'enceinte du Temple en ruines; ils roulèrent de nouveau le fût de colonne, sans y voir le mot "Boaz" ; ils détachèrent leurs ceintures, s'en enveloppèrent, se mirent en selle, puis sans échanger de paroles, plongés dans une profonde méditation, sous le ciel étoilé, au milieu du silence de la nuit, ils s'éloignèrent, dans la direction de Babylone, au pas lent de leurs chameaux.

 

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