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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Le Rite Ecossais Philosophique et la Kabbale

Publié le 3 Juin 2026 par T.D

par Jacques LITVINE

Le mystère des origines du Rite Écossais Philosophique peut être découvert avant même Ashmole dans la transmission kabbalistique des quatre mondes et de l'arbre séphirotique par le Zohar ou le Sepher Bahir.

 La tradition orale ancienne en Avignon et dans le Sud-Est de la France, depuis le XIII° siècle, pourrait expliquer des similitudes avec ce Rite Philosophique et ésotérique , cet arbre mystique de l'homme supérieur.

Bien des auteurs font référence aux cabalistes et à la Kabbale dans leur approche de l'ésotérisme maçonnique. Au XVIII 0 siècle tout particulièrement, les allusions aux notions cabalistes sont fréquentes bien que peu ou mal définies. A cette époque, la kabbale a été citée très souvent dans un concept fort vague incluant la sorcellerie, les allégories fantastiques, la communication avec les esprits, la fabrication de l'or, la fantasmagorie ... Ce mélange de tradition s'intitulait Kabbale Chrétienne !

Montfaucon de Villars avec ses écrits du Comte de Gabbalis, les Lettres juives du Frère Boyer d' Argens en sont des exemples. Les soi-disant cabalistes chrétiens étaient nombreux et le concept cabaliste semble mal défini dans des esprits enfiévrés par les idées nouvelles du XVIIIe siècle. 189 Le terme Kabbale, qui englobait tout ce que nous venons de décrire, revêtait une aura de mystère, ce qui permettait à de nombreux escrocs, dont le plus détestable fut Cagliostro, de gruger une clientèle de naïfs ou de " gogos ", bien que dans l'ensemble, les écrits cités plus haut mélangeaient des notions de kabbale avec la théosophie et des notions généreuses d'huma nisme.

blier que la Kabbale, expression de l'ésotérisme juif, est née dans le Sud de la France et nombre d'authentiques théologiens, particulièrement en Avignon, bravaient les interdits de l'église catholique et en avaient une connaissance sinon approfondie - laissons cela aux rabbins - du moins en possédaient une approche réelle. Il n'en est pas moins également vrai que la topographie d'une Loge dans l'esprit Modems, et notamment le troisième degré, montre des rapports avec la structure cabalistique assez troublants. En Avignon, où le Rite Philosophique prit un essor remarquable, régnait une atmosphère spiritualiste et, parmi ce que l'on peut appeler l'inte lligentsia, on comptait des philosophes, des " hermétistes " dont les écrits comme ceux de l'Académie des Sages, du moins ceux qui nous sont connus, prouvent que la Kabbale était approchée non pas superficiellement mais dans un concept réel de recherche philosophique, de théologie mais aussi théosophie et d'histoire.

Ceci montre que la Maçonnerie locale, écossaise en presque totalité, s'imprégnait profondément de cette morale ou philosophie judéo-chrétienne. Ce petit essai sur la Kabbale tente de sms1r les origines ésotériques de cette Maçonnerie écossaise philosophique qui présente des caractéristiques marquantes, la rendant différente des autres rites, quoique tout à fait orthodoxe sur le plan général de l'idéal maçonnique.

 Par contre, il n'entre en aucune façon de faire montre d'une science que je ne possède pas, dans une tradition qui n'est pas la mienne, mais de tenter de comprendre 190 et refaire la démarche intellectuelle que des lettrés chrétiens du XVIII' siècle ont pu effectuer en leur temps. Le terme Kabbale ou Cabale concerne la partie orale de l' ensei gnement traditionnel israélite. Science secrète au départ, elle fut mise par écrit aux xne et XIII' siècles, mais est toujours discutée, commentée et en éternel renouveau.

Pour bien la comprendre, il faut un guide spirituel et être un initié. N'étant pas un initié mais seulement un curieux, je présente au lecteur qui le serait toutes mes excuses pour le caractère superficiel de cette approche. Une école cabalistique, dans les années 1200, fleurit en Espagne, Occitanie et Provence, dont le Sefer Bahir ou Livre de la Clarté fut l'œuvre majeure.

C'est dans le Sefer que l'on trouve les premières descriptions des séphiroths, ce qui peut se traduire par âme ou émanation ou encore " vie intérieure du dieu caché ". De cette époque, date le Zohar ou Livre de la splendeur. Ce dernier traité, gnose entremêlée de néoplatonisme, référence de la mystique israélite, donne une description de la vie de la divinité par le biais des séphiroths que d'aucuns décrivent comme " l'arbre mystique de l'homme supérieur ".

Pour le Zohar, quatre mondes forment la création Le premier monde est au delà de toute conception humaine, il est infini mais est également émanation baignant la création par le biais des séphiroths. Ce monde séfirotique ou monde d'émanation, influe le monde de création ou deuxième monde, qui crée à son tour un monde de formation et enfin le monde de l'action.

Cet Arbre de vie a pour origine un monde de pure volonté pouvant se satisfaire en lui-même. Ce monde serait resté immobile pour l'éternité si Dieu, n'avait décidé le commencement des jours. 191 Dieu est Dieu et rien ne peut être comparé à Dieu ! La Kabbale présente donc plusieurs mondes en dehors du monde de l'inconcevable. Le premier monde est celui de celui dont on dit : " Je suis ce que je suis. " Extrait de Kabbalah de Zev Shimon Halevy

Ce monde suivi de trois mondes, le monde de création ou Beriah, celui de la formation puis celui de l'accomplissement et les séphiroths, éléments de communication, forment trois colonnes de rayonnement vers le monde où nous nous mouvons, la colonne de la grâce, celle de droite et enfin celle du milieu, colonne de la connaissance (voir planches, p. 196), nous y reviendrons en détail. Le monde incognissible est celui du dieu de transcendance qui se nomme Ayin, c'est-à-dire le néant, car Dieu est au-delà de l'existence. Mais il n'est pas davantage en-deçà ou au-delà de celle-ci, il n'est pas davantage mouvement ou immobilité, il n'est nulle part, il est le grand néant. Il est l'inconcevable.

Ayin-Sof, signifie l'Éternel. Celui-ci est le nom du dieu, de celui qui est partout. Ayin-Sof est le Un, si Ayin est le zéro. Il est l'ensemble de ce qui est et de ce qui n'est pas, il est l'immanent, le tout absolu, mais dans un concept moins immatériel qu'Ayin. Il n'a pas d'attributs, car ceux-ci ne peuvent se manifester que dans une existence, or une existence est finie et le domaine de Ayin-sof est infini.

La tradition orale de la Kabbale dit qu'il y avait une non-existence préalable et Dieu enleva le néant absolu d'un endroit, afin de permettre à un néant d'apparaître et ainsi à un miroir d'existence de se manifester. Cet acte zimzum ou contraction est défini dans la parole rabbinique : " La place de Dieu est le monde, mais le monde n'est pas la place de Dieu. " 192 De Ayin-Sofor, c'est-à-dire la lumière infinie qui entoure le néant, émane un rai de lumière qui permet la communication des expressions réciproques ; il communique le plus fréquemment de la périphérie vers le centre.

Ce rai ou rayon est appelé kav ou rayon de la volonté divine et se manifeste en dix étages d'expression, ce qui est rappelé également dans la parole rabbinique : " Le monde fut appelé à être par dix commandements divins.

" Au XII1° siècle, ces commandements furent appelés sephiroths, expression des attributs divins qui resteront éternellement dans un canevas traditionnel jusqu'à ce que Dieu les fasse évanouir avec le néant dans l'abîme du néant absolu. Cette définition est à méditer car elle explicite toute la finalité du monde suivant la religion hébraïque. Avec l'aide du Zohar essayons de comprendre ces Séphiroths.

Ils furent désignés comme dix nombres dans le Livre de la formation (Sefer Yetsira); Le Zohar décrit les séphiroths comme des signes immergés dans les profondeurs de Kéter, la première Séfira. La Séfira peut être l'ensemble des dix termes essentiels de la pensée cabaliste, mais aussi Kéter l'inaccessible, nous verrons cela plus loin.

Les arbres séphirotiques, bien que relevant d'un même schéma, peuvent présenter diverses applications représentées par différentes interprétations de l'arbre, mais nous n'aborderons pas ce problème qui reste décidément du domaine rabbinique. Les séphiroths sont éventuellement substances ou émanation de la divinité et la divinité est déployée en elles :

 " Elles sont la force sans limites dans la limite. " Ce sont des entités vivantes mais sans aucun statut philosophique, elles nomment la vie divine et travaillent dans l'incommensurable à donner des limites à son excès, bref à canaliser le débordement 193 de l'incommensurable sans jamais l'empêcher.

Les Séphiroths sont ordinairement dix : - Kéter : la couronne co-extensive au En-Sof, est décrite comme l'air qui environne. Elle désigne l'ouverture, le par delà de toute mesure ; Kéter est la première Séfira. Elle est source des sources, tête blanche située au sommet de l'arbre des Séphiroths et totalement inaccessible. Kéter coexiste avec En-Sof, mais n'est pas une émanation de celui-ci. Si nous nous référons à la représentation séfirotique, Kéter est assimilable par analogie au G, mais non pas au Vénérable Maître comme d'aucuns l'ont décrit. Au centre de l'étoile flamboyante, Kéter coextensif de la divinité est omniprésent en Loge. - Hokhma, la sagesse : issue de la précédente, mais y étant incluse sous d'infimes traces, c'est Hokhma qui est au commencement des Séphiroths et au commencement des influx qui nourriront les hommes.

 Et là est la représentation du Vénérable Maître, qui donne la lumière aux travaux de la Loge. Cette séfira, appelée Père, émet une source de lumière et se nomme également pensée ou volonté. - Bina, ou discernement ou toute intime, ou la voix qui unie à Hokhma est souvent appelée mère et est la dernière des trois Séphiroths de tête coiffant les sept autres comme le toit d'une maison. Hokhma au sud et Bina au nord sont en résonance mais émettent deux lignes de force. La ligne de droite provenant de Hokmah parviendra à Malkhout en passant par Hessed et Netsah. La ligne de gauche part de Bina en passant par Guevoura et Hod, mais il existe une ligne centrale qui ira de Kéter à Tiffereth en étant relayée par Daat (la connaissance), autre ligne de mise en tension entre Hokhma et Bina.

L'interaction, la mise en tension est évidente et les points d'origine sont les deux piliers principaux, nord et sud, 194 procédant de l'immatériel (Bina) et de la sagesse (Hokhma). La signification ésotérique en est donnée par la planche 3 et par les explications suivantes. Bina donne ainsi la première, l'accès au connaître, mais étant l'intelligence immatérielle ne peut être représentée en Loge et forme le quatrième pilier absent. - Hessed ou Sud, chaleur, couleur blanche, est le bras droit de l'arbre séfirotique, elle est générosité, don et récompense. - Guevourah, ou rigueur, est le bras gauche de la divinité appelée Nord. De couleur rouge, c'est d'elle que vient la punition, la justice qui châtie.

Ne peut-on ainsi assimiler la colonne nord, celle de gauche, procédant de Binah, à la colonne que dirige le second Surveillant, chargé de l'instruction des Apprentis et seul juge des récompenses accordées à ceux-ci. Elle est la colonne de l'étude silencieuse et introspective, et la colonne Sud, couronnée par Hessed au midi, celle du premier Surveillant qui accorde en force, la gloire de la maîtrise. - Tif.feret, peut se traduire par beauté, magnificence. C'est l'aspect masculin de la divinité, parfois nommée soleil ou degré de Jacob. Réunie par la voie centrale à Kéter, voie centrale appelée corps, elle résume et intègre les six Séfiroths inférieures. Tifferet aboutira à Yessod. - Netsah, triomphe, caractérisée comme jambe droite des Sefiroths, elle se rencontre cependant parfois à gauche c9) dans certaines variantes interprétatives. - Hod, retentissement ou huitième Séfira, forme le triangle inférieur avec Hessed ou Yessod (la base). - Yessod ou fondement, récolte l'ensemble des influx provenant des Séphiroths et les introduit dans le Malkhout. Son synonyme le plus fréquent est le juste. 195 - Malkhout ou règne, est le conducteur et souverain du monde, aspect féminin de la divinité elle agit par le biais de Yessod. Le thème du Zohar est l'union de Tiffereth et Malkhout ou l'union du ciel et de la terre, thème cher au grade de Maître en Franc-Maçonnerie.

Non seulement la position des Séphiroths est remarquable, mais aussi " le fait de la division trinitaire qui imprime un caractère particulier à leur essence métaphysique. " Ce mouvement est une conséquence de la loi des contraires, constituée par deux extrêmes et un moyen, c'est-à-dire deux opposés et un médiateur.

Comme nous l'avons déjà dit, à l'origine les Séphiroths étaient trois : la couronne, la sagesse et la base, ou la couronne, la pensée et le fondement, le fondement étant ce par quoi les Séphiroths agissent sur l'univers. L'arbre Séphirotique a été traduit de tous temps par les kabbalistes en visions plus ou moins anthropomorphiques et, par exemple, dans le Livre de la Splendeur qui date du XII1° siècle, une approche très anthropomorphique influença les kabbalistes notamment du XVIIe et XVIIIe siècle.

La description en est inversée et débute par le monde (Malkhout); l'arbre est donc à l'envers des descriptions usuelles. Ceci donne la représentation suivante. 196 Kether l '"' Séphire Com111e11ceme11t des tourbillons union avec Dieu Binah 3' Séphire Satume (Al'Aql) visùm de douleur Guebourah 5' Séphire Mars (A.l Walun) vision de puissance Hod 8' Séphfre Mercure (Al Fikr) vision de splendeur Yesod 9' Sépldre La Lune (An Nafs) vision du mécanisme de l'Univers Malkouth J(l Séphire Splzère des éléme,its, la Terre Expérience spirituelle connaissance et conversation du saint Ange gardien H'omah 2• Séphire Le zodiaque (Ar Ruh') vision de Dieu H'esed 4' Séphire Jupiter (Al Himmah) vision d'amour Netzah' 7' Séphire vision de beauté triomphrmte 197

 Ainsi nous devinons que la conception des Séphiroths est multiple, sujette à d'interminables discussions assez stériles, mais qui peuvent se résumer à deux conceptions principales dont la plus fréquente, extensive et traitant de l'arbre des quatre mondes, les deux mondes centraux faisant trait d'union entre l'éternel et le temporel, entre le divin et l'univers, semble bien répondre à toutes les questions quant à l'origine des piliers, candélabres, position des officiers dignitaires 

L'ensemble des Séphiroths peut être considéré comme un véhicule vivant qui a évolué pendant des millions d'années et est basé sur des principes qui, bien qu'en relation avec les conditions terrestres, prennent leurs racines dans les archétypes qui gouvernent notre existence. Pour la Kabbale, le monde peut être décrit comme quadruple : émanation, création, formation et action.

Le premier Monde (Exodus 26) est blanc, et sa radiance revêt les différentes formes d'Ayin ou Ehyeh qui, par les Elohims, est relié à Kéter, première manifestation du monde bleu.

Le second monde, le ciel (Beriah) lequel à son tour donne naissance à une colonne du nord où siègent l'intellect passif, l'émotion passive, tandis qu'au sud, se lient l'intellect actif, l'émotion active, et que par le centre s'écoule une filiation de connaissance, de personnalité (ego) formant le troisième monde rouge de sang et de terre (Asiyayh), union du ciel et de la terre, pour en arriver au quatrième monde, celui de l'Occident, union réalisée et représentant la matérialité du corps.

L'homme possède ces quatre mondes en lui-même dans les degrés correspondant à la divinité, l'esprit, le psyché et le corps. Ce microcosme contenant l'image de la divine présence gît en nous-mêmes par cette hiérarchie des quatre mondes et l'échelle de Jacob est le symbole de la quasi inaccessibilité à la perfection.

198 Comme nous le disions au début, Avignon, et peut-être Marseille, abritaient des écoles kabbalistes et il est dit notamment par Thory et Gould que les écoles de philosophie imprégnaient fortement les travaux des Loges écossaises philosophiques.

 Nous n'iront pas jusqu'à dire comme Thory que le rite " a toujours été mystérieux quant à ses origines" et de faire remonter celui-ci à Ashmole (1622), quoiqu'il soit évident que la Kabbale, comme l'alchimie spéculative jouèrent un rôle important dans le dessin, la conception et les travaux tant de ce rite, que de tous les rites. A nous de méditer et étudier cette éventualité rayonnante.

En aucune manière, je ne puis affirmer que cette théorie sur une des origines du rite soit exacte. Je trouve simplement que les similitudes sont assez frappantes pour qu'un lettré, autrement qualifié que le touche-à-tout que je suis, se penche un jour sérieusement sur ce concept.

 De toute façon, il n'est pas inutile pour un jeune Maître Maçon de posséder des rudiments d'une science sacrée pour des millions d'hommes. 199 BIBLIOGRAPHIE - GOLD, History of Freemasonry, vol. 5. - THORY (C.E.), Histoire de la fondation du Grand Orient de France, Paris, 1812. - Sefer Bahir, collection les 10 paroles, éd. Verdier, 1989. - Zohar, éd. Verdier, Paris, 1989. - SHIMON HALEVI (Zev Ben), Kabbalah, pp. 5-7, Theanes and hudson, London, 1979. - Zohar, vol. 2, pp. 23-27, éd. Verdier, Paris. - Zohar, vol. 2, pp. 23-29, éd. Verdier, Paris. - Rite Écossais Philosophique, Catéchisme d'Apprenti, Marseille, Avignon, Bruxelles. - Zohar, vol. 1, p. 122, éd. Verdier, Paris. - SEROUYA (Henri), La Kabbale, p. 252, éd. Grasset, 194

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Rite Ecossais Philosophique Souverain prince Rose-Croix

Publié le 3 Juin 2026 par T.D

Le rituel de l'ordre du Chevalier de l'Aigle noir ou Souverain prince Rose-Croix débute par un aperçu historique qui mérite d'être intégralement reproduit :

« Tout bon maçon instruit des mystères de l'Ordre, possédant les hauts grades, doit s'être imaginé que la maçonnerie a un but qui doit encore exister, que le travail ne portait pas seulement à élever des édifices au vrai Dieu, qu'il ne se bornait pas non plus aux seules vertus morales ; quelque autre motif avait donné naissance à un ordre aussi sublime ; oui, mes TT. CC. FF., la vraie philosophie connue et mise en pratique par le roi Salomon, c'est la base sur laquelle la maçonnerie est bâtie ; cet homme doué de sapience et le plus sage des rois de son temps, ne pouvant travailler seul, choisit dans ses États un nombre de sujets selon son coeur; il se les attacha par les bienfaits en les regardant comme ses ff et les initia dans les secrets les plus cachés de l'art kabbalistique ; qu'il serait à souhaiter, mes TT. CC. FF que cet art nous fût parvenu dans toute sa clarté; mais nos anciens maçons, soit par prudence ou par d'autres raisons, nous ont caché les points les plus importants de cet art divin sous des types qui ne présentent que des énigmes ; heureux celui d'entre nous qui sera assez laborieux pour faire, par ses recherches et son travail, la découverte de ces sublimes vérités, il pourra être assuré d'avoir trouvé la vraie félicité à laquelle un mortel puisse aspirer, car sa santé sera conservée, ses jours prolongés et ses moeurs exemptes d'être corrompues par les vices où l'indigence et l'infirmité ne conduisent que trop l'espèce humaine.

 Réfléchissons, mes TT. CC. FF sur tous les objets qui vous auront affectés dans les différents grades par où vous aurez passé, et vous verrez que c'étaient autant de signes et de mystères dont vous deviez un jour avoir la clef, c'est-à-dire apprendre au vrai à quoi ils devaient s'appliquer.

« Cet éminent grade les renferme tous, il en fait l'analyse, il vous présente du travail à entreprendre; c'est à vous, TT. CC. FF à entrer dans sa carrière munis de l'amour de la vérité et de la persévérance. Ce grade, qui compte un ordre de parfaits maçons, a été mis en lumière par le F Qui l'a tiré du trésor kabbalistique du Docteur et Rabbin Néamuth, chef de la synagogue de Leyde en Hollande, qui en avait conservé les précieux secrets et le costume ainsi qu'on va voir les uns et les autres dans le même ordre qu'il les a mis dans son Talmud mystérieux. »

Plus loin on explique que si les Chevaliers de l'Aigle noir sont appelés Rose-Croix ,c'est parce que « Raymond Lulle grand maçon et philosophe hermétique, ayant trouvé par la science kabbalistique le vrai salut de vie par le mariage des six métaux, il en composa un parfait appelé or ; il le présenta au roi d'Angleterre qui en fit fabriquer de la monnaie, où d'un côté était une croix symbole des quatre éléments, et de l'autre une rose, symbole du triomphe du Travail et le prix des sages, l'épine n'appartenant qu'aux vrais trompeurs et aux sots.

Raymond Lulle fut fait chevalier et, depuis lui, tous ceux qui travaillent à la science kabbalistique ou art royal sont appelés chevaliers Rose-Croix.

« Ce sublime grade est en vénération dans toutes les cours du Nord et en Prusse, où le souverain en est le protecteur et le GM C'est pour cela qu'il lui a même donné le nom d'Aigle noir comme roi des oiseaux et le seul fait pour voler au devant du soleil et en fixer la lumière.

« Le but de ce grade est la science sublime des connaissances de la nature et d'en tirer un travail utile au genre humain, soit dans la purification des métaux imparfaits pour les transmuer en or, seule production parfaite de la nature et comme telle l'emblème de la divinité qui n'a en soi ni impuretés, ni commencement, ni fin ; aussi l'or se trouve-t-il toujours en même poids et valeur dans tel feu que vous puissiez le mettre ; c'est aussi le fond du mystère de la salamandre qui vit dans le feu et du phénix qui renaît de ses cendres. Il n'est point ici compris parmi les six autres impurs parce que physiquement il est tout esprit et par ce moyen est incorruptible.

 De ce métal pur et rendu potable vous en tirez magnétiquement la médecine universelle, dont l'existence ne peut se nier, attendu tout ce qui est dit dans l'Écriture sacrée et dans tous les philosophes hermétiques et notamment (Le diadème des sages, 1782), par le premier but de l'association des chanoines de Paris et autres officiers ecclésiastiques qui sont venus après les druides ou prêtres des anciens Gaulois, desquels ils tenaient cette science par tradition, ce qui se trouve aisément dans les annales de Paris.

« Ces ecclésiastiques qui, suivant les anciens apôtres, étaient médecins des corps et des âmes, soignaient les malades et les traitaient avec beaucoup d'humanité et de charité. Ce qui était admirable, c'est qu'ils guérissaient toutes les maladies et infirmités (si Dieu n'en ordonnait autrement) par des remèdes naturels, dont ils avaient la connaissance philosophique acquise par l'usage et l'étude de la sage nature qui les fournit en profusion à ceux qui sont ses scrutateurs, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à des secours étrangers, impuissants et destructeurs.

C'est pourquoi ils avaient leur école de médecine près de leur église, rue de la Bûcherie, laquelle existe encore aujourd'hui. Et comme l'amour de Dieu et du prochain faisait tout leur devoir et leur mérite, en ces temps de sagesse et de simplicité, ils obtinrent de faire construire près d'eux un hôtel de charité, où l'on apportait, recevait et traitait les infirmes et malades avec tous les soins et secours dont par esprit d'institution et d'état ils étaient capables, et s'en faisaient un point essentiel de religion.

 Ils opéraient des cures et guérisons miraculeuses et si surprenantes que cet hôpital d'infirmerie fut alors appelé Hôtel de Dieu et par corruption Hôtel Dieu, ainsi qu'on peut le voir dans Nicolas Flamel ».

Nous sommes entrés dans tous les détails qui accompagnaient les initiations et nous avons choisi la plus curieuse d'entre elles ; nous avons également donné in extenso le type d'un balustre tel qu'il était d'usage d'en prononcer, afin que le lecteur puisse se rendre compte de la phraséologie amphigourique alors en usage, et enfin qu'il soit un exemple des formules employées pour faire allusion au mystère de la création.

 Nous en avons assez dit précédemment pour qu'il soit inutile d'insister sur l'étoile flamboyante et la parole perdue.

Nous allons voir maintenant comment on ouvrait un chapitre et comment se faisait la réception d'un aspirant Rose-Croix.

 

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MESA

Publié le 2 Juin 2026 par T.D

Le rituel que nous présentons ici est tiré du manuscrit 5922/2 de la Bibliothèque de la ville de Lyon. Ce manuscrit est l'unique témoin connu du quatrième grade tel qu'il fut rédigé après le Convent de Wilhelmsbad de 1782, selon les directives arrêtées par le Convent.

Auparavant était en usage en France le rituel approuvé par le Convent des Gaules de 1778. Ce rituel correspondait en gros à tout ce qui, dans le présent texte, se trouve avant le quatrième tableau de la Nouvelle Jérusalem. Y manquaient donc ce dernier tableau, avec la figure de Saint André, et les explications qui les accompagnent, ainsi que l'instruction finale qui récapitule l'ensemble de la Maçonnerie Symbolique. Ce sont là, essentiellement, les éléments qui furent ajoutés à la suite de Wilhelmsbad.

Il est bien connu que le Convent n'avait approuvé ‑ pour tous les grades d'ailleurs ‑ que des esquisses des rituels qui devaient être rédigés ultérieurement. Les phases succes­sives de cette rédaction ont été retracées par Jean‑Baptiste Willermoz dans une lettre à Charles de Hesse du 10 Septembre 1810, lettre qui a été publiée par Emile Dermenghem dans les Sommeils[1], et dont il est intéressant de citer ici les principaux passages relatifs au quatrième grade. Willermoz écrit :

“ Votre Altesse se rappelle sans doute que le temps que les députés au Convent Général pouvaient accorder pour la durée de cette assemblée étant insuffisant pour perfection­ner la multitude des travaux projetés, on s'occupa d'abord des plus importants ; on se borna ensuite à esquisser la réforme des grades symboliques et des deux de l'Ordre Intérieur. ( ... ) Les bases du quatrième grade furent aussi arrêtées[2], et Votre Altesse me confia personnellement les instructions et l'esquisse du tableau figurant la Nouvelle Jérusalem et la montagne de Sion surmontée de l'Agneau triomphant, le tout écrit de sa propre main et adopté par le Convent pour me diriger dans cette partie du travail. ”

Willermoz expose que la rédaction définitive des rituels avait été confiée à “ une commission spéciale prise dans le sein de l'assemblée parmi les frères d'Auvergne et de Bourgogne connus pour les plus instruits (…) avec la faculté de s'adjoindre, à Lyon et à Strasbourg, les frères qu'ils jugeraient les plus capables de leur aider à perfec­tionner ce grand et important travail ”. Mais “ cette commission, divisée en deux sections à cent lieues de distance l'une de l'autre, reconnut dès la première année de 1783 que les communications par correspondance de chaque parcelle du travail prolongeraient son ensemble pour bien des années ; on chercha donc les moyens de parer à cet inconvénient. Les frères de Bourgogne, pleins de confiance envers ceux d'Auvergne, qui offraient à Lyon un plus grand nombre d'hommes capables qu'à Strasbourg, engagèrent ceux‑ci à se charger de l'ensemble de l'ouvrage, sauf la communication à leur donner de chaque partie avant qu'elle fût définitive­ment arrêtée ; c'est sur ce plan que tout le travail fut exécuté ”. C'est donc sur les frères lyonnais autour de Willermoz lui‑même que reposa à peu près entièrement le travail de rédaction.

Le rôle de charnière que joue le quatrième grade entre la Maçonnerie Symbolique et l'Ordre Intérieur amènera les commissaires, après avoir rédigé les trois premiers grades, à achever d'abord les deux de l'Ordre Intérieur, et à réserver pour la fin la rédaction du quatrième, comme Willermoz l'explique très clairement :

“ Après la révision des trois premiers grades symboliques, il paraissait convenable de faire celle du quatrième, ce qui aurait complété cette classe et en aurait accéléré la publication. Mais la commission, se rappelant que le Convent avait considéré ce quatrième [grade] comme intermédiaire entre le Symbolique et 1’Intérieur, comme le complément du premier et préparatoire au second, enfin comme le point de liaison des deux classes, crut devoir en suspendre la révision, et faire auparavant celles des deux rituels de Noviciat et de Chevalerie ; ces dernières n'exigeant point un travail ni long, ni difficile, et n'ayant plus besoin que d'être perfec­tionnées. Ceux‑ci étant finis, la commission entreprit le travail du quatrième dans les vues qui avaient été apportées de Wilhelmsbad, elle s'en occupa longtemps avec une grande attention, sentant toute l'importance du travail qui lui était confié. Il était très avancé et presque fini lorsque les Etats Généraux de France furent convoqués ”.

Les événements révolutionnaires allaient empêcher l'achèvement du travail. Willermoz poursuit :

“ Plusieurs membres de cette commission, jouissant d'une réputation distinguée, et appartenant aux trois ordres politiques, furent élus pour se rendre à cette assemblée[3]; leur départ, faisant un grand vide dans la commission, fit suspendre le travail jusqu'à un temps plus favorable pour le reprendre, et ce temps n’est pas revenu. Elle remit entre mes mains tout ce qu'elle avait fait, ainsi que tous les renseignements, instructions et tableaux qui avaient été fournis par le Convent et par Votre Altesse, et j'en suis resté constamment dépositaire jusqu'à ce jour. ”

Willermoz raconte ensuite dans quelles circonstances il a été amené à achever le travail interrompu :

“ J’ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini du quatrième grade de Maître Ecossais, avait été forcément suspendu en 1789 ; que la commission qui en avait été chargée avait remis entre mes mains, en se séparant, tout ce qui était nécessaire pour l'achever, et que cette lacune dans la totalité de la révision générale avait donné lieu à beaucoup d'instances faites de tout côté, que je n'avais pu satisfaire, n'osant pas prendre sur moi seul de compléter ce travail. Vingt années se sont écoulées en cet état ; mais, l’année dernière, après la grande maladie que j'essuyai, me voyant resté seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en résulteraient si cette lacune dans le Régime Rectifié n'était pas remplie avant ma mort, j'osai entreprendre de la faire. Ce rituel a été publié dans les loges réunies de France vers la fin de 1809. ”

On voit donc que, selon Willermoz, c'est seulement en cette année 1809 que la rédaction définitive du grade a été achevée. On peut alors se demander si le texte du manuscrit 5922/2 nous fournit cette rédaction définitive, ou seulement une rédaction partielle antérieure. A cette question on peut répondre avec assurance que nous sommes bien en présence de la rédaction définitive. Outre qu'on ne voit guère quels compléments pourrait encore appeler le texte tel qu'il est, une autre lettre de Willermoz dissipe tous les doutes que nous pourrions avoir à ce sujet. Cette lettre a été publiée par Pierre Chevallier[4]. La première page en étant perdue, elle ne peut pas être datée avec certitude, mais Pierre Chevallier a montré qu'elle ne pouvait être antérieure, justement, à l'année 1809. Willermoz y décrit le quatrième grade dans les termes suivants :

“ Nous n'avons chez nous qu'un seul grade supérieur et intermédiaire entre les trois grades bleus et l'Ordre Intérieur, dénommé comme je l'ai déjà dit Maître Ecossais de Saint André.(…) Notre Maître Ecossais retrace et met en action dans sa réception toutes les grandes époques histo­riques survenues au Temple de Salomon et à la nation élue : la destruction, la réédification et la deuxième dédicace de l'un, la captivité, le retour et les combats de l'autre ; car nous ne perdons jamais de vue les révolutions de ce Temple unique, ni le grand emblème du Maître Hiram ; tous ces objets sont mis en scène sous les yeux du candidat par divers tableaux, dont le dernier figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle par Saint André qui quitta son premier maître Jean‑Baptiste pour suivre invariablement Jésus‑Christ ; ici finissent les symboles ”. On pourra juger de la conformité de cette description au texte du rituel donné ci‑après.

Il est difficile de préciser avec certitude ce qui, dans la rédaction finale, remonte aux travaux de la commission d'avant la Révolution, et ce qui doit être attribué au travail ultérieur de Willermoz. Nous inclinons à penser que la plus grande partie du texte actuel était rédigée en 1789, comme Willermoz lui‑même nous y invite en écrivant à Charles de Hesse que le travail était alors “ presque fini ”. Il est même très possible que Willermoz n'ait rédigé en 1809 que l'instruction finale. En 1804, il expédiait à la loge marseillaise de la Triple Union un rituel (malheu­reusement perdu) du quatrième grade, en précisant que ce rituel “ n'a point d'instruction particulière parce que le grade même est rempli de discours explicatifs et instructifs ”[5]. Il ne saurait s'agir ici du rituel de 1778, car alors il y aurait manqué bien plus qu'une instruction particulière pour être conforme aux “ bases ” adoptées à Wilhelmsbad ; il ne peut donc guère s'agir que de la rédaction restée entre les mains de Willermoz en 1789, qu'il n'aura eu qu'à reprendre et à compléter.

A cette instruction finale rédigée par lui en 1809, Willermoz attachait, comme le montre sa lettre à Charles de Hesse, une très grande importance, et nous devons dire que nous partageons son opinion à ce sujet. Privé de la récapi­tulation magistrale des grades symboliques qu'elle comporte, privé d'autre part de ce rappel particulièrement précis et solennel du caractère chrétien du Rite Ecossais Rectifié, en même temps que de son œcuménisme, le quatrième grade ne jouerait pas pleinement son rôle de sommet de la Maçonnerie Symbolique et de préparation à l'Ordre Intérieur, si fortement souligné par Willermoz dans ses lettres. C'est pourquoi il nous paraît absolument essentiel de la faire connaître aux nouveaux Maîtres Ecossais de Saint André.

Nous ne nous sommes pas proposés de donner une édition scientifique du texte, mais de procurer aux Loges Ecossaises un outil de travail aussi commodément utilisable que possible. Dans ce but divers aménagements ont été apportés. En particulier, là où le texte se borne à indiquer que les surveillants répètent une annonce du Député‑Maître, ces répétitions ont été systématiquement explicitées en style direct. Quelques indications pratiques ont été ajoutées là où cela a paru pouvoir faciliter le travail des officiers ou aider au bon déroulement des travaux. Un léger remaniement de la procédure de préparation du candidat, propre à alléger la cérémonie sans en rien ôter d'essentiel a été conseillé, sans qu'on puisse d'ailleurs l'imposer. Enfin l'ordre des chapitres a été quelque peu modifié par rapport au texte original, afin de correspondre au mieux à l'ordre chronologique du déroulement des travaux[6]. C'est dans le même esprit que nous proposons les planches situées à la fin de ce cahier, à titre de modèles de ce que peuvent être les tableaux du grade. Le manuscrit ne donne aucun dessin des tableaux ; nos planches ont été dessinées en suivant aussi rigoureusement que possible les descriptions du texte.

Eques a Corona Caduca

(Eques a Corona Delapsa, pour certains commentaires, notes et propositions de découpage de discours, avec l’accord du DNLERF, pour en faciliter la lecture et l’écoute)


[1] Retranscrite dans le Cahier Vert n° 8 (1986), p. 84-99.

[2] Un “projet d’ébauche pour servir de base au rituel du 4e grade” adopté au Convent de Wilhelmsbad le 28 août 1782 a été publié par J.F. Var dans le même Cahier Vert, p. 56-59.

[3] En particulier Périsse‑Duluc et Millanois, qui étaient à cette époque les plus proches collaborateurs de Willermoz. (Cf. Le Forestier, La Franc Maçonnerie occultiste et templière au XVIIIème siècle, p. 825‑826).

[4] Pierre Chevallier : ‘‘Louis Mathias de Barral, ancien évêque de Troyes, franc‑maçon du Rite Ecossais Rectifié, et un document inédit sur le Rite Ecossais Rectifié (lettre de Jean‑Baptiste Willermoz)’’, Mémoires de la Société Académique de l'Aube, t. 104 (1964‑1966), p. 195‑213.

[5] Lettre de Willermoz à Achard, vénérable de la Triple Union, du 12‑18 prairial an XII, Bibliothèque de la Ville de Lyon, manuscrit 5456.

[6] Cela concerne d'une part la chapitre relatif à la prépa­ration du récipiendaire et, d'autre part, l'instruction finale et l'instruction par demandes et réponses qui se trouvent à la fin du texte original et qui ici ont été placées là où elles doivent être lues.

commentaires

Maitre Ecossais de St André(MESA)

Publié le 2 Juin 2026 par T.D

 

1. - L'écossisme.

a ) Le grade de Maître Ecossais de Saint-André ( Rite Ecossais Rectifié ), sous ce nom et sous ceux d' Ecossais et de Maître Ecossais ) qui le désignent aussi, ainsi que le grade de Mâître Parfait de Saint-André qui le dédouble parfois et celui d'Ecossais Vert auquel il a succédé, appartiennent à la famille des grades dits écossais. Famille immense et turbulente, où les avortons, les mort-nés et les stériles abondent, mais dont plusieurs dizaines de membres ont survécu, avec des fortunes diverses, certains s'illustrant; tous issus, sur le continent. du Scotch Mason attesté à Londres en 1733 ( où il engendrera le Royal Arch ) et débarqué en France à la fin de 1743. ( Leur floraison anarchique ne commencera pas avant 1760. )

b ) La documentation se trouve principalement à la bibliothèque municipale de Lyon ( fonds Willermoz ); parmi les nombreux compléments qui nous sont parvenus, citons ceux que conserve la bibliothèque du Grand Orient à La Haye. Très généralement, Cf les bibliographies du Rite Ecossais Rectifié établies par Robert Amadou ( Bibliographie du Rite Ecossais Rectifié , hors commerce ) et Jean Saunier ( Eléments de bibliographie , Le Symbolisme, octobre-décembre 1968, pp. 56-68 ) et surtout la bibliographie à paraître que ces deux auteurs ont compilée er. collaboration. Dès maintenant, il faut signaler, d'un intérêt exceptionnel, par Jean Saunier, Introduction à l'hude du grade de Mâître Ecossais de SaintAndré )) ( J. Saunier et B. Guillermain, Rite Ecossais Rectifié..., [ Paris ]. Chancellerie de l'Ordre ~ 1971 ], pp. 9-55 ). La fervente étude de Charles Montchal, Loge de Saint-André... Origine, histoire, rituels, symboles, Genève, imp. d'Albert Kundig, 1913, tirée à 100 ex. h.c., procure maint renseignement et surtout mainte réflexion utile, mais la critique historique doit s y appliquer.

c ) Le thème général, commun à la plupart de ces grades et où des thèmes adventices furent rattachés avec plus ou moins d'adresse, est celui de la destruction du premier Temple et de sa reconstruction, de l'exil à Babylone et du retour sous Cyrus.

d ) Dans le labyrinthe signalons une fausse piste: I'Ecossais de Saint-André d'Ecosse composé par le baron de Tschoudy en 1765 appartient à la famille écossaise, mais il ne possède pas de rappon direct avec le grade en question.

e ) Autre erreur à dénoncer: les liens déclarés de l'Ecossais Vert et du Maître Ecossais de Saint-André avec l'Ordre de Saint-André du Chardon, où Robert Bruce, en Ecosse géographique cette fois, aurait admis des Templiers réfugiés et, particulièrement, avec la résurgence stuardiste de cet Ordre, peuvent revêtir un fort beau symbolisme, mais ils manquent de fondement historique.

2. - La Stricte ObservanceTempliere.

La Stricte Observance Templière possédait au moins deux grades écossais. L'un d'eux, I'Ecossais Vert, constituait le quatrième grade et ouvrait le deuxième degré des grades du système; il appartenait donc à l'Ordre intérieur, tandis que les trois premiers grades, constituant le premier degré , étaient les grades symboliques qu'on dirait anglais ( Un rituel de ce grade a été publié par Ostabat, Le Symbolisme , juillet-octobre 1971, pp. 226-244. )

La présence de grades écossais dans la Stricte Observance Templière répondrait, selon Alice Joly, à un compromis entre les usages des loges allemandes tels que les avait modifiés l'admission dans l'Ordre des Chevaliers Templiers de Starck et Raven, et ceux des Frères de Strasbourg, attachés à cultiver les Hauts Grades français .

3. - La réforme lyonnaise.

a ) En tout état de cause, la présence de l'Ecossais Vert, guère templariste en effet, étonna les Frères Iyonnais.
En août 1774, ils demandèrent à Weiler, qui venait les rectifer en leur apportant la Stricte Observance Templière, si l'Ecossais Vert relevait bien de l'Ordre intérieur. La réponse fut confirmative.

b ) Au mois de mars 1777, Lut7elbourg proposait que le grade fût ôté de l'Ordre intérieur pour venir couronner le premier degré . Le 28 mars 1777, le Chapitre de Lyon y fit droit; il pratiquera désormais quatre grades symboliques: Apprenti, Compagnon, Mâître et Ecossais Vert.
Le 25 avril de la même année, le Grand Directoire d'Auvergne déférant aux intentions du Sérénissime Frère Grand Supérieur de l'Ordre, notifiées par le Très Révérend Frère de l'Arc, Commissaire Général, le 4 avril et à l'invitation du Très Révérend ~rand Chapitre Provincial de Bourgogne d'adhérer à sa délibération du 18 mars dernier, et vue la cessation des motifs qui ont empêché jusqu'à présent les provinces de France de s'assimiler à celles d'Allemagne et autres de l'Ordre concernant le grade d'Ecossais Vert, a confirmé unanimement ses délibérations précédentes faites en Directoire Ecossais et notamment celle du 28 mars à ce sujet.

En conséquence, il a arrêté qu'à compter de ce jour le grade d'Ecossais Vert serait rendu ostensible dans toutes les loges réunies du district sous la simple dénomination d'Ecossais ainsi que le tablier, ruban et bijou affectés à ce grade; qu'il serait joint aux trois premiers grades et ferait le complément de la maçonnerie symbolique; que néanmoins il ne serait jamais conféré que par le Directoire ou avec sa permission par écrit aux Frères de son district, ou a~ec la permission par écrit de celui auquel ils appartiendront, en se corformant à la délibération et aux règlements qui y sont joints, détaillés dans le protocole de ce jour aux registres du Directoire Ecossais séant à Lyon, dont copie sera envoyée au T.R.F. de l'Arc ainsi que du tableau ostensible des membres du Directoire qui suit ladite délibération .( Registre des délibérations du Grand Directoire, B.M. Lyon mss 5 481, p. 8 ).

c ) Lors de la 8e séance du Convent des Gaules, le 5 décembre 1778, Willermoz ayant fait savoir combien le grade d'Ecossais Vert, moitié symbolique, moitié appartenant à l'Ordre intérieur, avait été juqu'ici peu satisfaisant, le Convent, en le détachant des Hauts Grades, le déclara quatrième grade symbolique et a approuvé le plan de réforme proposé par ce Frère, qui a été exhorté à le rédiger sur cet aperçu, et à présenter son travail, lors de la rectification des grades symboliques.

En conséquence de quoi, I'Ecossais ( Vert ) fut rebaptisé et, déplacé, son rituel fut modifié et le Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées de France, de 1778, édicta au Chapitre X: La maçonnerie rectifiée ne reconnait que quatre grades, savoir: ceux d'Apprenti, de Compagnon, de Maître et de Maître Ecossais. Tous les autres grades, sous quelque dénomination qu'ils soient connus, principalement toute espèce d'élu, de chevalier KS [ sc. Kadosch ] et des grades qui leur ressemblent, sont expressément défendus dans toutes les loges réunies, sous les peines les plus graves, comme dangereux et contraires au but et à l'esprit de la FrancMaçonnerie.

4. - A Wilhelmsbad.

Ce point, comme tant d'autres, fut entériné au niveau du Régime par le Convent de Wilhelmsbad en 1782, dont le recès porte, chapitre IV: Et comme dans presque tous les Régimes, il se trouve une classe écossaise, dont les rituels contiennent le complément des symboles maçonniques, nous avons jugé utile [sur son exemplaire imprimé, conservé à la B.M. de Lyon, Willermoz a porté ici la correction manuscrite: ou nécessaire ] d'en conserver une dans la nôtre, intermédiaire entre l'Ordre symbolique et intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels et chargé le R $ F $ ab Eremo ( Willermoz ) . [ W. a d'abord ajouté après ce dernier mot: aîné, puis il a biffé son titre, son nom d'Ordre et son patronyme et écrit en place: I'un de ses membres ] d'en faire rédaction. ( Ex. imprimé, annoté à la main par Willermoz, B.M. Lyon, mss 5 458, pièce 2bis, p. 5 ).

Willermoz ne faillit point à la tâche.

II. - ORGANISATION.

1. - Ainsi le Maître Ecossais de Saint-André, qui s'appela d'abord Maître Ecossais sans autre, est, dans le Rite Ecossais Rectifié, et n'importe ses origines et ses apparentements historiques, un grade symbolique ( puisqu'il est maçonnique stricto sensu ); mais un grade vert et non pas bleu . Il complète, parfait le grade de Maître Maçon ( à l'instar du Royal Arch sur une branche collatérale du Scotch Mason ancestral ).

2. - Entre la Maîtrise et la réception du quatrième grade, un délai d'un an est requis. Le Maître Maçon qui souhaite, toutes conditions étant remplies d'ailleurs, accéder au dit grade, en fera la demande au Député-Maître de la Loge Ecossaise.

3. - Les marques distinctives des Maîtres Ecossais sont: ler un Tablier de peau blanche, coupé en carré, long en travers, ainsi que la bavette, qui sera doublée de taffetas vert, la bavette rebordée couleur de feu; 2è un cordon vert à gros grains moiré de la largeur de deux pouces et demi, avec une rebordure de trois lignes en couleur de feu, sur le bord extérieur seulement, avec une petite rosette aussi couleur de feu au bas; 3è le bijou du grade en vermeil, qui sera suspendu sur la poitrine par le cordon passé au col en sautoir, et qui y sera attaché par un petit ruban couleur de feu. Ce bijou sera une étoile flamboyante à six pointes, formant un double Triangle avec le lettre H au milieu entre le Compas et l'Equerre sur un fond en couleur de feu. Cette étoile sera entourée d'un cercle surmonté d'une couronne. ( Code ... de 1778, Article X. Sur son exemplaire imprimé, Willermoz avait note en marge: Ce bijou sera changé dans le nouveau rituel du quatrième grade. B.M. Lyon mss 5 458, pièce 2 ).


4. - La Loge Saint-André n'est point permanente ni délibérante; elle n'a point de caisse propre à elle, elle n'existe que temporairement et seulement pour des cas de réception, de scrutin et d'instruction de nouveaux reçus. Elle est placée sous la dépendance d'une Préfecture ( c'està-dire de l'Ordre intérieur ) ou d'une Commanderie désignée par le Directoire, ou sous la dépendance immédiate de celui-ci ( c'est-à-dire, d'une façon ou d'une autre, sous la dépendance de l'Ordre intérieur ).
Le Député-Mâître est un dignitaire inamovible de l'Ordre nommé par la Grande Loge Ecossaise dont il reçoit ses provisions et instructions.

5. - Au Rite Ecossais Rectifié, le conseil d'administration de la loge n'est pas constitué par le Collège des Officiers mais par le Comité Ecossais, c'est-à-dire l'ensemble des Maitres Ecossais de la loge, qu'ils en soient ou n'en soient pas officiers, siégeant sous la présidence du Vénérable Mâître, lequel doit obligatoirement être Maître Ecossais.


III. - RlTUELS.


1. - Au Convent des Gaules.

a ) En 1778, affirmera Willermoz, trois ans plus tard, ( lettre à Charles de Hesse-Cassel, du 12 octobre 1781 ), on jugea qu'il conviendrait de conserver dans le quatrieme grade les principaux traits caractéristiques des divers écossismes de la Maçonnerie française pour servir un jour de point de rapprochement avec elle. Et il est vrai que le thème commun aux grades écossais sous son aspect particulier d' exploration des ruines du Temple par les Croisés Ecossais portant l'épée d'une main et la truelle de l'autre ( Le Forestier ), ce thème ainsi particularisé s'y retrouve. La juxtaposition de la truelle et de l'épée correspond parfaitement à un grade qui annonce le passage de la Maçonnerie symbolique ( par définition ) à l'Ordre intérieur, à l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte proprement dit ( quoique la Maçonnerie symbolique, à quatre grades, et les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte constituent ensemble le Rite Ecossais Rectifié, la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée au sens large ).
Le mot sacré et le mot de passe restèrent ceux de l'Ecossais Vert. Ils le sont encore.

b ) - Le Convent des Gaules dans sa 17è séance, le 9 décembre 1778, approuva le rituel et les instructions des grades symboliques de Compagnon, de Maître et de Maître Ecossais, dont Willermoz avait fait lecture.

2. - Au Convent de Wilhelmsbad.

Au Convent de Wilhelmsbad, Willermoz présenta l'esquisse d'une autre version qui fut adoptée, le 26 août 1782, en même temps que le texte des trois premiers grades.

3. - Après Wilbelmsbad.

a ) Le reste de l'histoire a été racontée par Willermoz lui-même dans sa lettre du 10 septembre 1810 au prince Charles de Hesse-Cassel. L'affaire a été si embrouillée et elle importe tant, que mieux vaut en citer tout du long les fragments pertinents. ( Cette lettre a été publiée in extenso ap. Steel-Maret, ps. Bouchet et Boccard, Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie. Collège métropolitain de France à Lyon. IIè province dite d'Auvergne 1765-1852, Lyon, Librairie de la Préfecture, 1893, pp. 3-15; rééd. augmentée, par Amadou et Saunier, à paraitre ).

A Wilhelmsbad, les bases du 4è grade furent aussi arrêtées, et Votre Altesse me confia personnellement les instructions et l'esquisse du tableau figurant la nouvelle Jérusalem et la Montagne de Sion surmontée de l'Agneau triomphant, le tout écrit de sa propre main et adopté par le Convent pour me diriger dans cette partie du travail. Les rituels français de Novices et de Chevaliers furent aussi pris pour base de la révision de cette classe.
Cette Commission [ sc.Ia Commission spéciale pour la rédaction des rituels prise dans le sein de l'Assemblée parmi les Frères d'Auvergne et de Bourgogne ] divisée en deux sections à cent lieues de distance l'une de l'autre, reconnut dès la première année de 1783 que les communications par correspondance de chaque parcelle du travail prolongeraient son ensemble pour bien des années, on chercha donc les moyens de parer à cet inconvénient. Les Frères de Bourgogne pleins de confiance envers ceux d'Auvergne, qui offraient à Lyon un plus grand nombre d'hommes capables qu'à Strasbourg, engagèrent ceux-ci à se charger de l'ensemble de l'ouvrage; sauf la communication à leur donner de chaque partie avant qu'elle Mt définitivement arrêtée; c'est sur ce plan que tout le travail fut exécuté [...]
Quoi qu'il en soit, après la révision des trois premiers grades symboliques il paraissait convenable de faire du 4è, ce qui aurait complété cette classe et en aurait accéléré la publication.
Mais la Commission se rappelant que le Convent avait considéré ce 4è comme intermédiaire entre le symbolique et l'intérieur, comme le complément du premier et préparatoire au second, enfin comme le point de liaison des deux classes, crut devoir en suspendre la révision, et faire auparavent celles des deux rituels de noviciat et de chevalerie; ces derniers n'exigeant point un travail ni long, ni difficile et n'ayant plus besoin que d'être perfectionnés. Ceux-ci étant finis, la commission entreprit le travail du 4è dans les vues qui avaient été apportées de Wilhelmsbad, elle s'en occupa longtemps avec une grande attention, sentant toute l'importance du travail qui lui était confié. Il était très avancé et presque fini lorsque les états généraux de France furent convoqués. Plusieurs membres de cette commission jouissant d'une réputation distinguée, et appartenant aux trois Ordres politiques, furent élus pour se rendre à cette assemblée; leur départ faisant un grand vide dans la commission, fit suspendre le travail jusqu'à un temps plus favorable pour le reprendre et ce temps n'est plus revenu. Elle remit entre mes mains tout ce qu'elle avait fait ainsi que tous les renseignements, instructions et tableaux qui avaient été fournis par le Convent et par Votre Altesse, et j'en suis resté constamment dépositaire jusqu'à ce jour.
Les provinces informées que l'ouvrage était très avancé et qu'il laissait une grande lacune dans la rectification générale qui avait été annoncée, ne cessèrent de réclamer la confection et l'envoi de ce 4è, mais il ne fut pas possible de les satisfaire; car la divergence des opinions politiques ne tarda pas bien longtemps à diviser partout les esprits. Celui de discorde vint bientôt souffler son poison dans les loges comme partout ailleurs; celles du régime rectifié, plus fermes dans les principes, résistèrent plus longtemps que les autres, mais furent ensuite entrâînées par le torrent. Les Frères Grands Profès disséminés çà et là réunirent leurs forces, soutinrent courageusement les chocs et firent tête à l'orage le plus longtemps qu'il fut possible; mais à leur tour, ils furent accablés.[...]
J'ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini au 4è grade de Mâître Ecossais, avait été forcément suspendu en 1789; que la Commission qui en avait été chargée avait remis alors entre mes mains, en se séparant, tout ce qui était nécessaire pour l'achever, et que cette lacune dans la totalité de la révision générale avait donné lieu à beaucoup d'instances faites de tous côtés, que je n'avais pu satisfaire, n'osant prendre sur moi seul de compléter ce travail. Vingt années se sont écoulées en cet état; mais l'année dernière après la grande maladie que j'essuyai, me voyant rester seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en résulteraient si cette lacune dans le Régime Rectifié n'était pas remplie avant ma mort, j'osai entreprendre de le faire. Il ne restait qu'à lier les différentes parties du rituel et à mettre la dernière main aux explications des tableaux et aux instructions de ce grade. Ce rituel a été publié dans les loges réunies de France vers la fin de 1809; et il a été accueilli partout avec la plus grande satisfaction; je regrette seulement que le défaut de copistes ne m'ait pas permis de le communiquer encore à tous les établissements maçonniques qui le demandent.

b ) En outre, des versions provisoires furent mises en circulation, dès après le Convent de Wilhelmsbad et ainsi se rencontre un rituel de 1784-1785, dit de 1785.

c ) La liste des principaux rituels connus du Mâître Ecossais de Saint-André s'établit donc comme suit:

- Rituel du Convent des Gaules ( 1778 ); grade de Mâître Ecossais, trois tableaux seulement ( Saint-André est absent du titre comme du rituel où, postérieurement, il figurera sur un quatrième tableau ).

- Rituels postérieurs à Wilhelmsbad: I'un de 1785, I'autre, version révisée de celui-ci, de 1809-1810, tous deux ne comportant qu'un grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André ( je souligne ) et quatre tableaux ( Saint-André apparaît et apporte le baptême, la confirmation et l'homélie...).

- Rituel du Grand Orient de France ( 1911 ): encore un seul grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André; le quatrième tableau devient un tapis d'Ordre et après la christianisation, c'est la déchristianisation.

- Rituel de Genève ( 1893-1894 ): le 29 novembre 1893, il dédouble le grade de Mâître Ecossais de Saint-André et Mâître Parfait de Saint-André; quatre tableaux; le texte de l'instruction est altéré. Les deux grades se donnent en deux parties. Celles-ci constituèrent de 1894 à 1899 deux cérémonies distinctes. Depuis 1899, elles se succèdent au cours d'une seule cérémonie.

- Rituel de Zurich: comme les rituels d'Allemagne, il n'a qu'un seul grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André, avec les quatres tableaux: c'est le rituel de Wilhelmsbad.

- Rituel du Grand Prieuré des Gaules, préparé sous la direction de Camille Savoire en 1935; comprend deux grades: Maître Ecossais et Maître de Saint-André, qui sont conférés au cours d'une seule cérémonie.

A quoi l'on joindra, pour mémoire, des rédactions intermédiaires.
On doit considérer comme définitif, ce semble, le rituel de 1809-1810 et de le désigner ainsi que "le rituel de Wilhelmsbad" ( un exemplaire en est conservé à la B.M. de Lyon, ms. 5 922.

IV. - DOCTRINE.

Le sens rituel est clair, il signifie le passage de l'ancienne loi à la nouvelle loi, de l'Ancien Testament au Nouveau, il prépare au passage des symboles à la réalité, de la Maçonnerie ( symbolique ) à l'Ordre intérieur qui est un Ordre équestre. Il est écossais et prétemplier, je veux dire précurseur du templarisme de l'Ecuyer Novice ( certain côté de l'écossisme coïncidant avec ce deuxième caractère ).
Aussi, pour commencer, le candidat, dans la chambre de préparation, est placé en face d'une Bible ouverte aux chaptires 40 et 41 d'Ezéchiel et des neuf maximes qui lui ont été données, trois par trois, lorsqu'il fut reçu aux grades d'Apprenti, de Compagnon et de Maûtre. Voici ces maximes:

1. L'homme est l'image immortelle de Dieu, mais qui pourra reconnaître la beauté de cette image, si l'homme la défigure lui-même ?

2. Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses Frères, est indigne de l'estime et de l'amitié des Maçons.

3. Le Maçon dont le coeur ne s'ouvre pas aux besoins et aux malheurs des autres est un monstre dans la société de ses Frères.

4. L'amour de l'argent, lorsqu'il s'empare de l'homme, dessèche son coeur et fait tarir en lui la source des plus nobles aspirations. La satisfaction de nos besoins et de nos appétits matériels serait-elle l'unique but de notre travail ici-bas ? L'insensé voyage toute sa vie sans savoir où il va et d'où il vient, ni ce qu'il doit faire. Mais le sage se rend compte de tous ses pas parce qu'il en connaît l'importance et le but.

5. L'homme est naturellement bon, juste et compatissant. Pourquoi est-il souvent en contradiction avec lui-même ? Cherchez sérieusement la cause. Elle est importante à discerner.

6. L'égoïsme est comme la rouille, elle détruit ce qu'il y a de plus beau et de plus pur dans le coeur de l'homme.

7. Celui qui voyage en terre étrangère n'est jamais plus près de s'égarer que lorsqu'il renvoie son guide, croyant savoir son chemin.

8. Heureux celui qui, s'étant bien étudié lui-meme,a pu connâître ses défauts, apercevoir son ignorance et sentir qu'il a besoin de secours, car il a déjà fait son premier pas vers la lumière.

9. Chercher avec un coeur droit, demander avec résignation et discernement, frapper avec confiance et persévérance, c'est la science du sage.

L'on avertit le condidat que le grade qu'il va recevoir lui apprendra, mais encore caché sous des symboles, le vrai but de l'Ordre.
Le rituel de la réception même retrace et met en action toutes les grandes époques survenues au Temple de Salomon, après qu'il eut été construit. Le personnage d'Hiram n'est jamais perdu de vue. Ces objets sont figurés par quatre tableaux dont le dernier, qui n'existait pas en 1778, représente le passage mentionné plus haut de la loi ancienne à la loi nouvelle; le grade a été christianisé afin de correspondre à sa situation et de s'accorder à la vocation du Rite Ecossais Rectifié tout entier.

L'ancienne instruction du grade ne laisse place à aucune ambiguïté:

"L'Ordre vous montre aujourd'hui, sans mystère, quoiqu'encore sous le voile léger d'une allégorie, qui s'explique bien facilement, le but et le terme général des ses travaux. Tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans nos loges, a eu pour base unique l'Ancien Testament et pour type général le Temple célèbre de Salomon, à Jérusalem, qui fut et sera toujours un emblème universel. Mais, ici, vous voyez une enceinte de muraille percée de douze portes, telle que l'enceinte de la Nouvelle Jérusalem est décrite par saint Jean l'Evangéliste. Vous voyez au milieu de cette enceinte la montagne de la Nouvelle Sion et sur le sommet l'Agneau de Dieu triompha, avec l'étendard de la Toute-Puissance, qu'il a acquise par son immolation volontaire et réparatrice, Ce tableau figure pour les Maçons le passage de l'Ancienne Loi, qui a cessé, à la Nouvelle Loi, apportée aux hommes par le Christ et qu'il a volontairement scellée de Son Sang, pour la rendre à jamais ineffaçable et universelle.

La Croix de Saint-André, que vous voyez au bas du même tableau, figure aussi le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau Testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean-Baptiste, né et prêchant sous l'ancienne Loi, pour préparer les coeurs à la Nouvelle, abandonna son premier mâître, pour suivre, sans partage, Jésus Christ, et scella ensuite de son sang son Amour et sa Foi pour son Vrai Mâître. C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter, pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint-André.

C'est pourquoi, depuis bien des siècles, depuis l'époque incertaine où les anciens initiés du Temple de Jérusalem, ayant été éclairés par la lumière de l'Evangile, purent avec son secours perfectionner leurs connaissances et leurs travaux, tous les engagements maçonniques~ dans toutes les parties du monde où l'Institution s'est successivement répandue, sont contractés sur l'Evangile et spécialement sur le premier chapitre de celui de Saint Jean, dans lequel le disciple bien-aimé a établi, avec tant de sublimité, la Divinié du Verbe Incarné. C'est sur ce Livre Saint que, depuis votre premier pas dans l'Ordre, vous avez contracté tous les vôtres. " 

( Ap. Jean Saunier, ~ Le caractère chrétien de la Masonnerie Ecossaise Rectifiée au XVIIIè siècle )), Le Symbolisme, octobre-décembre 1968, pp. 27-28 ).

Le bijou du grade récapitule cette leçon.

La devise, sur quoi la cérémonie s'achève à peu près, confirme que bientôt, c'est-à-dire dans l'Ordre intérieur, se lèvera le voile des symboles; Meliora praesumo, ( Ce qui, en 1778, signifiait certainement aussi, dans l'esprit de Willermoz qu'il y avait mieux à trouver dans le Rite Ecossais Rectifié que le projet insensé de restaurer l'Ordre du Temple. )

V. - PROBLEMES.

1. - Le caractère chrétien.

Le caractère chrétien du grade, et de la Maçonnerie Rectifié en général, n'a pas été sans soulever des difficultés. On s'est interrogé sur la manière de concilier cette exigence avec la tolérance andersonienne.

a ) Le rituel de 1785 déclare: Oui, mon Frère, I'Ordre est chrétien; il est le point de ralliement de toutes les confessions chrétiennes; ses instructions découlent de celles du Christ, et il conduit à la foi en ce divin Maître.
1809 prend quelques précautions: Oui, I'Ordre est chrétien; il doit l'être, et il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi, à profiter des conseils fraternels par lesquels il peut les conduire à ce terme.
Genève marque un retrait ( ou un progrès ? ) plus accusé: Oui, mon Frère, I'Ordre est chrétien, mais dans le sens le plus large et le plus élevé. Il regarde comme tels et cherche à rallier à ses travaux tous ceux, quelles que soient leur confession et leur croyance, qui travaillent sans arrière-pensée à la réalisation de la formule chrétienne: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes.
Une autre version parle encore du plus pur esprit du christianisme primitif . C'est ambigu et moderne.
L'interprétation du caractère chrétien de l'Ordre templier ( selon une désignation officieuse du Rite Ecossais Rectifié ) va, comme on voit, de ce que j'oserais appeler la Stricte Observance ( Cf l'article de Jean Saunier, Le caractère chrétien de la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée au XVIIIe siècle , art. cit. ), à une late ") Observance.

b ) Une déclaration solonnelle de 1970 sera citée ici car elle est exemplaire:

Le Grand Chapitre du Grand Prieuré des Gaules dit à nouveau sa fidélité aux traditions conjointes de l'Ordre maçonnique et aux principes propres au Rite Rectifié.
Considère que ce dernier possède dans son patrimoine un appel à la tradition chrétienne et à l'exploration de son ésotérisme qu'expriment entre autres le texte des prières et la prestation de serment sur l'Evangile de Saint Jean.
Déclare ces formes intangibles.
Dit que tous ceux qui, libres et de bonnes moeurs , voudraient appartenir au Rite doivent s'y soumettre. Nécessaires, elles sont suffisantes à constater les engagements. Les justifications d'un autre Ordre ayant trait à l'état civil ou à l'apport confessionnel ne sauraient leur être substituées.

c ) Mais il est absurde d'avoir en certains rituels corrigé le texte de la deuxième maxime au grade de Compagnon, reprise à celui de Mâître Ecossais de Saint-André: Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses Frères... en Celui qui rougit de la vertu de ses Frères... !
( Le problème soulevé par l'affirmation du caractère chrétien du R.E.R. se pose de même au niveau des trois premiers grades symboliques, dits bleus - le quatrième est un grade symbolique, dit vert. Cf. Jean Granger, "Le Rite Ecossais Rectifié", ap. La Formation des maçons, Cahier N 1, Grande Loge Nationale Française, province de Rouvray, avril 1976, pp. 1-20.)
2. - Administration.

Un problème d'Ordre administratif et non plus doctrinal, mais également lié à la nature particulière et, corollairement, à la structure particulière du Rite Ecossais Rectifié, tient à l'administration des Loges de Saint-André.

a ) D'une part le Régime Ecossais Rectifié en tant que tel n'existe plus. La structure très cohérente de l'Ordre a été brisée, à commencer par l'abolition de la Grande Maîtrise générale qui garantissait le caractère international de l'Ordre.

D'autre part, la Maçonnerie Rectifiée a refusé l'isolement, fut-il splendide. Des nécessités sociales non moins que la volonté de respecter ce Landmark de la Maçonnerie universelle, selon lequel les Loges symboliques doivent être autonomes et non point être soumises au gouvernement d'une institution maçonnique différente et réputée supérieure, mais aussi le désir de conserver au quatrième grade son originalité essentielle ont fait avancer plusieurs solutions propres à assurer l'organisation et la direction des Loges Ecossaises. Leur principe commun résulte d'un compromis: les loges écossaises ne relèvent pas de l'Ordre intérieur, mais elles ne dépendent pas non plus de la Grande Loge( où les Loges bleues du Rite Ecossais Rectifie se sont groupées afin de suivre le même Landmark ).

b ) D'où un Grand Collège Ecossais Rectifié, à la Grande Loge Nationale Française-Opéra, un Directoire des Loges Ecossaises autonomes des Gaules à la Loge Nationale Française, etc.
A la Grande Loge Nationale française et à la Grande Loge suisse Alpina aussi des solutions ont dû être ménagées que Jean Baylot parvient à résumer en ce peu de lignes: La Loge de Saint-André est, en droit règlementaire, la Loge de Saint-Jean siégeant en Maître de Saint-André. Pour des raisons touchant aux relations internationales, nous avons à nouveau inclus dans notre organisation priorale ces Loges de Saint-André qui furent pour un temps, plus directement rattachées à la Maçonnerie bleue, sous la conduite d'un Directoire specialisé. Une évolution séculaire, commandée par la recherche de l'unité des grades symboliques dans la Grande Loge Alpina et par les exigences de la vie en commun avec le Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté, avait conduit nos Frères suisses à l'intégration des Loges de Saint-André dans leur Prieuré. Nos relations sont plus aisées avec des structures comparables.

Voilà pourquoi, en 1965, par un nouveau traité daté du 21 octobre, conclu avec la Grande Loge Nationale Française, nous avons repris la direction complète des Loges de Saint-André. L'histoire et la tradition s'assurent parfois des revanches. Il s'est dessiné l'an dernier, dans la Préfecture de Neustrie, une tendance de certaines loges travaillant au Rite Rectifié à former une Loge de Saint-André sous le titre de la Loge de Saint-Jean, travaillant et recrutant dans cette dernière, suivant les dispositions du Code de Lyon de 1778. Il n'y avait aucune contradiction à souscrire à leur voeu d'où il sortit l'installation de trois nouvelles Loges de SaintAndré dans la Préfecture de Neustrie. Cette formulecombine les avantages des deux conceptions. ( J. Baylot et J. Granger, Le Rite Ecossais Rectifié..., Neuilly, Chancellerie de l'Ordre, [ 1968 ], pp. 18-19 ).

Que les loges du quatrième grade soient régies par une instance propre, et donc indépendantes de la Grande Loge comme de l'Ordre intérieur, ou bien que ce dernier les administre "les deux traits fondamentaux de la structure de 1778 [ maintenus, ajouterai-je, en 1782], la continuité et l'ambiguité sont aujourd'hui impossibles, dans la lettre maçonnique. Que celleci demeure donc anglo-saxonne. Mais il reste l'esprit [ ... ] "( Eques a Latomia universa. "La double structure administrative et hiérarchique du Régime Ecossais Rectifié en 1778", Renaissance traditionnelle, juillet 1977, N 31, pp. 188-196; Cf. p. 195.)

La Franc-Maçonnerie rectifiée s'est codifiée tout net comme composée de quatre grades. La Maçonnerie Universelle, reprenant la formule anglaise de l'acte d'union, en 1813, affirme ne consister qu'en "trois degrés et pas davantage". Mais c'est à savoir, poursuit le texte, "à savoir ceux d'Apprenti, de Compagnon et de Maître, y compris l'Ordre suprême de la Sainte Arche royale". La contradiction entre les deux formules ne pourrait-elle être réduite, de même que la Grande Loge unie d'Angleterre a prévenu la contradiction dont menaçait la reconnaissance de l'Arche royale ?

3. - Equivalences.

Troisieme problème du quatrième grade, lié à la nature particulière du Rite Ecossais Rectifié; les rapports avec les autres rites.

a ) Le Code de 1778, à l'article XIX, prévoyait: Le grade de Maître Ecossais est exclusivement affecté au Régime Rectifié. C'est pour cette raison que lorsqu'on le confère ou qu'on tient loge d'instruction de ce grade on n'ose y faire assister aucun visiteur d'un autre régime, quelque grade qu'il ait. )"
Et l'on sait que la réception et l'instruction sont, avec le scrutin, les seules occasions où la Loge Ecossaise se réunit.

b ) Mais, afin de faciliter ses relations avec d'autres rites, et notamment avec le Rite Ecossais Ancien Accepté, des équivalences de grades ont éte calculées: Maître Ecossais de Saint-André et 18è degré du Rite Ecossais Ancien Accepté; Ecuyer Novice et Chevalerie Kadosch; Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et 33è degré du Rite Ecossais Ancien Accepté. Ce système fut adopté en 1896 par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie pour le Rite Ecossais Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse pour le Rite Ecossais Ancien Accepté, et c'est en vertu de cet accord que trois Maçons français titulaires du plus haut grade Ecossais Ancien Accepté ( Ribaucourt, Savoire et Bastard ) furent, en 1910, armés Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte à Genève. Le réveil du Rite Ecossais Rectifié en France allait s'ensuivre.

c ) La question d'une équivalence entre le quatrième grade du R.E.R. et l'Arche royale du Rite Emulation est, de même, inéluctabl

 

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Les différents visages de l’Arche Royale anglo-saxonne

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

Les différents visages de l’Arche Royale anglo-saxonne

La franc-maçonnerie de l’Arche Royale est une spécificité des francs-maçonneries anglo-saxonnes, et elle pratiquée de manière un peu différente en Angleterre, en Écosse, en Irlande et en Amérique. L’Arche Royale est beaucoup moins répandue en Europe continentale, où elle surtout pratiquée en marge des Obédiences régulières, c’est-à-dire reconnues par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Dans les pays européens, et particulièrement dans la franc-maçonnerie francophone, on connaît surtout le Chevalier de Royal Arche (anglicisme malheureux qu’il serait plus correct de remplacer par Chevalier de l’Arche Royale), 13e degré du Rite Écossais Ancien Accepté. Même si ce degré remonte probablement aux mêmes origines, il n’en est pas moins bien différent de l’Arche Royale au sens où l’entend la franc-maçonnerie anglo-saxonne. Un autre malentendu doit être levé en Français : il existe un autre Side Degree anglo-saxon nommé en français "Nautonier de l’Arche Royale", mais son nom anglais est "Royal Ark Mariner". Il ne s’agit pas de la même "Arche" : dans le cas du Nautonier, il s’agit de l’Arche de Noé, alors que dans l’Arche Royale, on parle d’une voûte souterraine située sous le Temple de Jérusalem.

Origines de l’Arche Royale et développement en Angleterre 

Les origines de l’Arche Royale sont assez difficiles à déterminer. Il pourrait venir des usages de la Loge d’York, mais les premières traces tangibles apparaissent en Irlande dans les années 1740. Et c’est d’Irlande qu’il va (re)venir en Angleterre, sans doute avec les immigrés irlandais de la famine de 1744-1745. Pour certains auteurs, l’Arche Royale aurait de lointaines origines françaises et remonterait, comme le Chevalier d’Orient, au Discours du Chevalier de Ramsay (1736), et serait passé ensuite en Irlande puis en Angleterre

En Angleterre, l’Arche Royale fut pratiquée dès 1752 par les "Anciens", qui comptaient de nombreux Irlandais dans leurs rangs. Les "Modernes" commencèrent par s’y opposer, car ils n’acceptaient aucun degré supérieur au Maître. Ils se mirent progressivement à la pratiquer, mais dans une structure extérieure à la Grande Loge de Londres, alors que les "Anciens" le faisaient au sein de leur propre Grande Loge.
Rpprochement des deux Grandes Loges anglaises, qui devait aboutir à la formation de la Grand Loge Unie d’Angleterre en 1813, il fallut régler le statut de l’Arche Royale au sein de la nouvelle organisation. On trouva alors une formule de consensus au pragmatisme très britannique, mais paradoxale dans son énoncé : "La Maçonnerie pure et ancienne consiste en trois degrés et non davantage, à savoir ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître, Y COMPRIS l’Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale" (Acte d’Union, article 2; c’est nous qui soulignons). Ce "y compris" fait de l’Arche Royale un simple complément du grade de Maître et non un degré en soi, et pourtant il est administré par un Grand Chapitre distinct de la Grande Loge, mais lié à elle.

Ceci concerne l’Angleterre, où ce degré est appelé Arche Royale Domatique, mais l’Arche Royale est pratiquée un peu différemment en Écosse, en Irlande et en Amérique

Les différentes formes de l’Arche Royale

Le principal point commun des différents rituels de l’Arche Royale réside en son thème central, qui est la découverte d’une voûte souterraine sous le Temple de Jérusalem au sein de laquelle le récipiendaire de ce grade maçonnique découvre le Tétragramme divin (יהוה), ainsi qu’un autre nom mystérieux.

Ce grade est très biblique, comme le sont généralement les Side Degrees anglo-saxons, et fait intervenir la symbolique des Douze Tribus d’Israël. En Angleterre, en Écosse et en Amérique, l’histoire se déroule lors de la reconstruction du Temple détruit par les Babyloniens, et les trois "Principaux" qui président le Chapitre sont le Prince Zorobabel, le Prophète Aggée et le Grand Prêtre Josué, et le prophète Néhémie et le scribe Esdras sont aussi présents dans le collège des Officiers. Le rituel fait ainsi écho aux livres bibliques d’Esdras et de Néhémie, qui rapportent le retour d’exil, et la reconstruction de Jérusalem et du Temple. 

L’Arche Royale Irlandaise se situe elle dans un contexte biblique antérieur, celui de la restauration du Temple ordonnée par le roi Josias, rapportée au 22e chapitre du Second Livre des Rois : les Trois Principaux y sont donc le Roi Josias, le Grand-Prêtre Hilkiyah et le Scribe Shaphân.

L’Arche Royale Écossaise 

L’Arche Royale Écossaise est très proche de son homologue anglaise et utilise presque les mêmes décors maçonniques, la seul différence étant la nuance de couleur des triangles rouge qui alternent avec les bleus sur les écharpes et les bordures de tablier maçonnique : rouge en Angleterre, cramoisie en Écosse. 

Dans ces deux variantes de l’Arche Royale, le Premier Principal est Zorobabel, le Deuxième le Prophète Aggée et le Troisième le Grand-Prêtre Josué. Mais dans les deux cas, l’Arche Royale est un unique grade, conféré aux Maîtres et non plus aux anciens Vénérables, comme c’était le cas jusqu’en 1823. Mais en Écosse, on requiert en plus du récipiendaire qu’il soit détenteur du degré de Maître de la Marque qui, dans ce pays, est le plus souvent conféré au sein de la Loge symbolique, comme un complément au grade de Compagnon.

L’Arche Royale Irlandaise 

En Irlande, nous l’avons vu, les Trois Principaux sont différents, car le récit se passe à une autre époque de l’histoire biblique : le Premier Principal représente le Roi Josias, le Deuxième le Grand-Prêtre Hilkiyah et le Troisième le Scribe Shaphân. Les décors maçonniques sont très différents des versions anglaise et écossaise, puisque les sautoirs et écharpes sont rouges, de même que la bordure des tabliers. Mais là encore il s’agit d’un grade unique qui, comme en Écosse, requiert que le récipiendaire soit préalablement reçu Maître de la Marque.

L’Arche Royale Américaine (Rite d’York)

L’Arche Royale américaine est plus complexe, puisqu’elle est intégrée au système de hauts grades du REAA du Rite d’York. Il ne s’agit plus d’un grade isolé, mais il fait partie d’une série, dont il est le sommet : à l’intérieur du Rite d’York, le Chapitre de l’Arche Royale représente la deuxième série, après la Loge bleue, et administre les degrés de Maître de la Marque, Passé Maître Virtuel, Très Excellent Maître et Maçon de l’Arche Royale. 

Le rituel américain il se distingue des autres versions sur plusieurs points : comme l’Arche Royale anglaise et écossaise, la légende raconte la reconstruction du Temple et met en scène Zorobabel, mais cette fois-ci il n’est que le Deuxième Principal, le Premier étant le Grand-Prêtre Josué, le Troisième restant la Prophète Aggée. Quant aux décors maçonniques, ils sont de couleur rouge, et rappellent ceux de l’Arche Royale irlandaise.

L’Arche Royale, un degré aux multiples facettes

L’Arche Royale anglo-saxonne semble donc suivre deux traditions, voire trois. La plus ancienne semble être l’irlandaise, qui n’a pas encore joint la légende à celle de la reconstruction du Temple, et qui utilise des décors plus simples et "archaïques". Le rouge est en effet la couleur la plus utilisée par les anciens hauts grades, notamment d’origine française, au point que plusieurs rituels du XVIIIe siècle la décrivent comme "la véritable couleur écossaise".

La deuxième tradition est la forme que l’Arche Royale prit en Angleterre puis en Écosse, où le récit s’est enrichi de la thématique de la reconstruction du Temple. Les décors maçonniques sont très inhabituels, ornés de triangles bleus et rouges, qu’on ne retrouve dans aucun autre degré maçonnique.

Enfin, l’Arche Royale américaine semble être une sorte de synthèse des deux autres traditions, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que la franc-maçonnerie a été diffusée en Amérique autant par les Anglais que par les Irlandais et les Écossais. Les décors maçonniques sont rouges et restent très proches de la tradition irlandaise, mais la légende est celle de la reconstruction du Temple par Zorobabel. Cependant, la répartition des Trois Principaux diffère de celle du modèle anglais et écossais et peut laisser supposer l’existence d’une source différente, qui ne nous serait pas parvenue.

24 janvier, 2024

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Arche Royale anglo-saxonne

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

Malgré la diversité de ses formes, l’Arche Royale anglo-saxonne repose sur un noyau symbolique remarquablement stable. Au cœur du grade se trouve la découverte d’une voûte souterraine, dissimulée sous le Temple de Jérusalem, au sein de laquelle est révélé un Nom sacré, porteur d’une signification particulière pour le récipiendaire.

Ce motif de la découverte ne relève pas d’une révélation soudaine, mais d’une redécouverte. Il s’inscrit dans une temporalité longue, marquée par la perte, l’oubli et la restauration. L’Arche Royale anglo-saxonne ne propose pas une connaissance nouvelle, mais la mise au jour de ce qui était enfoui, conservé, mais inaccessible.

Dans les formes anglaise, écossaise et américaine, ce récit s’inscrit dans le contexte de la reconstruction du Temple après l’exil à Babylone. Les figures de Zorobabel, du Grand Prêtre Josué et du prophète Aggée incarnent cette phase de retour et de réédification, à laquelle s’ajoutent d’autres personnages issus des livres d’Esdras et de Néhémie. L’Arche Royale anglo-saxonne établit ainsi un lien direct entre l’acte de reconstruire et celui de retrouver.

La tradition irlandaise, en revanche, situe l’action dans un moment antérieur de l’histoire biblique, lors de la restauration du Temple sous le règne du roi Josias. Ce déplacement du cadre narratif ne modifie pas la structure fondamentale du grade, mais en infléchit la lecture : il ne s’agit plus de reconstruire après une destruction, mais de restaurer un ordre déjà établi, mais altéré.

À travers ces variations, l’Arche Royale anglo-saxonne conserve une cohérence profonde. Le lieu caché, la descente, la découverte et la transmission constituent autant d’éléments constants, dont les différentes traditions proposent des mises en forme distinctes sans en altérer la portée.

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Ahiman Rezon(extrait)

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

Un Maçon est tenu par son engagement d'adorer vraiment le Dieu éter­nel et de croire fermement en lui, comme en toutes ces archives sacrées que dignitaires et pères de l'église ont compilées et publiées à l'usage des hommes de bien. Donc, quiconque comprend correctement l'Art, ne peut marcher dans la voie sans religion des malheureux libertins ni être amené à suivre ceux qui professent avec arrogance l'athéisme ou le déisme. Il ne doit pas non plus être entaché des grossières erreurs de la superstition aveugle, mais il a la liberté d'embrasser la foi qu'il juge bonne, à condition qu'en tous temps il révère dûment son Créateur, et dans le monde agisse avec honneur et honnêteté, faisant toujours de ce précepte en or sa règle de conduite, qui engage à se conduire envers autrui comme il voudrait qu'autrui en fît envers lui: car l'Art royal, au lieu d'entrer dans de vaines et inutiles querelles concer­nant les différentes opinions et croyances des hommes, admet dans la fraternité tous ceux qui sont fidèles et loyaux; cela a amené la réconci­liation de personnes qui, sans ce secours, seraient restés ennemis per­pétuels.

Un maçon aime la paix, est toujours paisible sujet du pouvoir civil tant que ce dernier ne dépasse pas les limites de la religion et de la raison; et on n'a encore jamais vu un vrai maçon entraîné dans aucuns noirs complot, intentions et machinations contre l'état, parce que le bien-être de la nation est son premier souci. Ainsi, vis-à-vis du plus haut au der­nier degré de la magistrature, il est toujours déférent et respectueux. Le fait que la Maçonnerie a plusieurs fois pâti des effets de la guerre, du carnage, de la dévastation, a engagé plus fortement les compagnons à agir conformément aux règles de paix et de loyauté; les nombreuses preuves de cette conduite ont amené les anciens rois et pouvoirs à les protéger et les défendre. Mais si un frère était assez malheureux pour se rebeller contre l'état, il  ne trouverait aucun appui chez ses com­pagnons, qui ne lui adresseraient plus la parole: le gouvernement pourrait en prendre le moindre ombrage, ou être jaloux. Envers soi-même, un maçon a toujours soin d'éviter toute forme d'ex­cès et d'intempérance qui pourrait l'empêcher d'accomplir les devoirs nécessaires à sa louable activité, ou le mener à des crimes qui jette­raient le discrédit sur l'ancienne Fraternité.

Il doit traiter ses inférieurs comme il voudrait que ses supérieurs le trai­tent, réfléchissant sagement à l'origine commune de l'humanité; et même si la Maçonnerie n'ôte nul honneur à quiconque, l'Art admet que s'en tenir strictement au sentier de la vertu est le seul moyen de conser­ver une conscience claire et d'ennoblir un homme.

Un maçon doit avoir assez de bonté pour ne jamais faire la sourde oreille devant les plaintes de la pauvreté miséreuse; mais si un frère est oppressé par la pénurie, il doit écouter le récit de ses souffrances avec une attention particulière; et ensuite, la pitié doit couler de son cœur, et le secours venir sans préjudice pour lui-même, en fonction de ses pos­sibilités.

Un maçon doit respecter l'autorité de son Maître et des officiers qui président, et se conduire humblement parmi ses frères; il ne doit ni négliger de vaquer à ses occupations pour l'amour de la compagnie, en courant de loge en loge; ni se quereller avec la masse des igno­rants en raison de leurs réflexions déplaisantes à ce sujet. Mais pendant ses loisirs on lui demande d'étudier les arts et les sciences d'un esprit diligent, afin qu'il accomplisse son devoir non seulement envers le grand Créateur, mais aussi envers son prochain et soi-même. Car che­miner humblement sous le regard de Dieu, faire œuvre de justice et aimer la charité sont les caractéristiques certaines d'un véritable Maçon franc ancien et accepté. J'espère que tous posséderont ces qualités jus­qu'à la fin des temps, et j'ose espérer que tout véritable frère se joindra à moi pour dire, Amen.

 

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LAURENCE DERMOTT

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

 

 

 

1752 : Laurence Dermott, irlandais né en 1720 et initié en 1740 à Dublin, vénérable en 1746 avant d’être reçu au Royal Arch, rejoint la Grande Loge des Ancients et en devient le grand secrétaire quatre jours plus tard ; il occupera cette fonction pendant vingt ans, avant d’être député grand maître. Sous son impulsion, les Ancients  intègrent l’Arche Royale comme extension des grades symboliques, ce degré étant jusqu’alors réservé aux passés-maîtres installés.

1756 : Laurence Dermott publie Ahiman Rezon , équivalent des Constitutions pour les Ancients , ouvrage de 238 pages réédité à de multiples reprises et qui sera adopté par de nombreuses grandes Loges se réclamant des Ancients . Il y est précisé que “quiconque, par amour de la connaissance, pour le désir d’étendre son champ d’utilité ou pour tout autre motif vertueux désire devenir franc-maçon, doit être informé qu’il doit croire fermement dans l’existence de la divinité, et qu’il doit l’adorer et lui obéir en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l’Univers. Les francs-maçons sont strictement astreints d’observer la loi morale et de fuir les voies de l’immoralité et du vice. Ils doivent également éviter les erreurs grossières du libre penseur, de la bigoterie et de la superstition. Ils doivent faire un usage convenable de leur raison personnelle en vertu de cette liberté par laquelle, en tant que maçons, ils sont faits libres d’en user mais non d’en abuser. Ils sont tenus d’adhérer aux grands principes essentiels de la religion révélée sur laquelle tous les hommes sont d’accord, alors que la façon et les formes d’adoration sont laissées à leur propre jugement. Il s’ensuit que les francs-maçons sont des hommes de bien et loyaux ; hommes d’honneur et de probité, hommes vertueux, quels que soient les noms qui aident à les distinguer. De par ce compte-rendu de la religion du métier, il ne faut pas supposer que la maçonnerie enseigne aux hommes à devenir indifférents envers la religion et l’état futur. C’est le contraire qui est vrai  (...) La bienveillance universelle est la plus grande aspiration morale. Elle constitue l’Étoile Polaire de la maçonnerie. Les influences sectaires et les disputes sont susceptibles de réduire cette gaie sympathie pour tout le genre humain, laquelle est le dessein que notre Ordre cultive et sert. Les disputes religieuses, et non la religion, sont bannies de nos loges  (...) En somme, la moralité et les devoirs religieux du maçon sont contenus dans ce commandement : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et tes voisins comme toi même”.

1791 : mort de Laurence Dermott qui aura donné à la Grande Loge des Ancients , avec parfois une certaine vindicte vis-à-vis des Moderns , des assises suffisamment fortes pour que vingt-deux ans plus tard, le traité d’Union des Grandes Loges d’Angleterre soit négocié sur un pied d’égalité. Pour ce faire, il avait développé l’expansion du Rite outre-mer et tissé des liens étroits avec l’Irlande et l’Écosse, au détriment des Moderns . L’idée d’une union des loges anglaises émergera dès 1792, sous l’impulsion du duc Edward de Kent.

 

 

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PROGRAMME de FORMATION de la LOGE DE RECHERCHE LAURENCE DERMOTT

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

La Formation précède la Recherche. Les thèmes proposés ici sont transversaux et concernent la plupart des Rites. Une fois ce programme de formation terminé nous pourrons passer à des domaines de recherches plus pointus.

 

  1. L’histoire, l’organisation générale de la Franc-Maçonnerie
  2. Les différents Rites  
  3. La Gnose et les gnostiques
  4. La Kabbale : histoire, principes et influence dans les rituels maçonniques
  5. L’Ordre du Temple et les hauts grades templiers : Chevalier du Temple, Grand Elu Chevalier Kadosch, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte
  6. Les Rose-Croix et la Franc-Maçonnerie spéculative
  7. Martinez de Pasqualy, Willermoz et les Elus Coëns
  8. Le christianisme primitif et les évangiles apocryphes : l’évangile de Thomas
  9.  Les fondements bibliques de la Franc-Maçonnerie

 

 

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REGLEMENT INTERIEUR

Publié le 1 Juin 2026 par T.D

 

 

Article 1 : TITRE DE LA LOGE

La loge porte le titre distinctif de « Laurence Dermott »et le N° 1 . 

Elle est constituée à l’Orient de Rennes

Article 2 : TRAVAUX DE LA LOGE

Les travaux sont conduits selon le Rite de Grande Loge

Article 3 : TENUES REGULIERES

Les tenues régulières de la loge ont lieu à Rennes, 4 fois par an, à l’exclusion des mois de juillet et d’août.

Article 4 : AFFILIATION

Toute proposition de candidature doit être présentée par un parrain Maître Maçon, membre de la loge.

Article 5 : ELECTION INSTALLATION

Le Vénérable Maître est élu chaque année lors de la tenue régulière du mois de mai.

L’installation du Vénérable Maître a lieu au cours de la tenue régulière du mois de septembre.

Article 6 : COMPOSITION DU COLLEGE D’OFFICIERS

Vénérable Maître, 1 er Surveillant, 2 éme Surveillant, Trésorier, Secrétaire, Orateur, Tuileur, Maître des Cérémonies, Hospitalier, Chapelain

Article7 : MODIFICATION DU REGLEMENT INTERIEUR

Toute proposition de modification sera adressée au Vénérable Maître.

Après étude du Vénérable Maître, la modification sera proposée, secondée et soumise au vote de la Loge.

La majorité des voix exprimées sera nécessaire à son adoption.

Article 8 : REGLEMENT INTERIEUR

La lecture du présent règlement se fera une fois l’an, lors d’une tenue régulière, et il sera remis à tout nouveau membre de la loge lors de son admission.

 

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