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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Les Mauvais Compagnons Rituel au 3ème degré

Publié le 28 Septembre 2026 par T.D

La Maîtrise est conférée à la Compagnonne, seulement après qu'elle ait réalisé le programme préparatoire des deux premiers grades : l'Apprentissage et le Compagnonnage.
Pour être admise en Chambre du Milieu, la Compagnonne doit offrir de sérieuses garanties : ouvrière ponctuelle et assidue, faisant preuve d'intelligence et de curiosité, possédant les connaissances du Grade, elle est devenue celle dont les Maîtresses peuvent répondre.
C'est donc, le plus possible dépourvue des mobiles de vanité ou d'orgueil et animée d'une demande de perfectionnement dans l'Art de la Construction du Grand Œuvre, dans le but de travailler avec ses Sœurs et faire bénéficier celles moins instruites de la Compétence qu'elle désire acquérir, qu'elle se présente à nouveau à la porte du Temple pour y recevoir le grade de Maîtresse.

Au Rite Français, comme au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la récipiendaire est alors introduite dans le Temple par une marche à reculons, face à l'occident, elle s'enfonce dans l'obscurité. Un seul repère se présente à elle, l'Etoile Flamboyante, c'est à partir d'elle, seul point de lumière dans cette obscurité qui l'enveloppe que la Compagnonne est invitée à revenir sur ses pas en repassant le chemin parcouru, pour faire le point sur elle-même.

C'est alors que plongée dans une longue et silencieuse méditation, la récipiendaire est soudainement interpellée par la Très Respectable Maîtresse :

"Compagnonne, avez-vous bien réfléchi à la démarche que vous faites? …
Vos mains sont-elles pures?...
Votre conscience est-elle tranquille?...."


Confrontée à une véritable introspection, une mise à nue de sa conscience, la Compagnonne soupçonnée d'être "un mauvais compagnon", puis disculpée au vu de ses mains "pures" et de son tablier "sans taches" est invitée à se retourner vers l'Orient.

Elle discerne des Sœurs plongées dans une profonde et silencieuse tristesse et apprend alors que l'œuvre de la Maçonnerie est compromise par suite de l'assassinat du Maître qui dirigeait ses travaux.
Découragées et ayant acquis la certitude que les criminels doivent être cherchés parmi les Compagnonnes, elles décident, avant de reprendre les travaux, que toute Compagnonne aura à prouver qu'elle est innocente du meurtre d'Hiram.

C'est ainsi qu'au travers d'une ultime épreuve de vérité, la récipiendaire devra enjamber le cadavre du Maître afin de prouver son innocence par son courage face à l'image de la mort physique.

Disculpée définitivement, le récit du drame se déroule et la Compagnonne alors transformée en victime, prend la place d'Hiram, le Maître disparu, et périt à son tour sous les coups des trois mauvais compagnons qui sont, dans la mise en scène du psychodrame, représentés par les trois Vénérables Maîtresses qui dirigent et instruisent la Loge : la Vénérable Maîtresse, la Première et la Deuxième Surveillantes.
La légende d'HIRAM :

HIRAM, "savant dans l'art de l'Architecture, comme dans le travail des Métaux", personnage central du mythe, nous est présenté comme le bâtisseur du Temple, conçu par le sage roi Salomon, à la gloire du Grand Architecte de L'Univers. Il lui fut également demandé de diriger les ouvriers.

Nous savons aujourd'hui que le personnage de "Maître HIRAM" n'a pas existé du moins tel que présenté et que le personnage cité dans la Bible, Hiram Abi, envoyé à Salomon par un autre Hiram, roi de Tyr, pour ses qualités de fondeur, est vraisemblablement à la base de l'inspiration de ceux qui ont établi le mythe du bâtisseur du Temple de perfection pour les besoins d'un symbolisme initiatique.

Hiram donc, fils d'une veuve, artiste d'une incontestable compétence, se vit confier par Salomon, les pouvoirs les plus étendus pour tout ce qui concernait la construction du Temple et la direction des ouvriers.
Compte tenu de la destination de l'œuvre, le rituel nous permet d'imaginer que cet homme possédait l'Art d'un Grand Initié : vertueux, respectueux des ouvriers, il prodiguait conseils et avis, aidait et encourageait les talents et toutes les bonnes volontés.
Faisant preuve de rigueur, de justice et de bonté, il avait organisé et réparti le travail de manière équitable en divisant les ouvriers en trois classes distinctes : les Apprentis, réunis sous la colonne "B", les Compagnons, près de la colonne "J" et les Maîtres réunis à l'intérieur du Temple. Les salaires étaient proportionnels aux capacités.

Alors qu'Hiram, le Maître respecté par sa douceur, ses vertus et son sens de l'équité, maintenait l'esprit des ouvriers au travail ; trois d'entre eux, compagnons, formèrent l'horrible projet d'arracher au Maître Hiram, "de gré ou de force", nous dit le rituel, le mot sacré des Maîtres afin de s'introduire dans la Chambre du Milieu.

Ils arrêtèrent leur plan et décidèrent de parvenir à leurs fins par la menace, n'espérant pas obtenir ce qu'il voulait en fléchissant la libre volonté du Maître.
Quelle que soit l'issue, ils étaient résolus de lui donner la mort afin d'échapper à la juste sanction de leur criminelle audace.

Ils choisirent d'agir, à la chute du jour, après le départ des ouvriers et alors que le Maître qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul.

Le Temple avait trois portes. Les conspirateurs se placèrent donc à chacune de ses portes : le premier à la porte du Midi, le second à la porte d'Occident et le troisième à la porte d'Orient afin que si le Maître échappait à l'un il ne puisse échapper aux autres.
Ainsi postés, ils sommèrent tour à tour, Hiram, de leur livrer ses secrets. Le Maître répondit successivement à chacun d'eux, en fuyant d'une porte à l'autre, qu'ils n'obtiendraient pas sa parole par des menaces et qu'il fallait attendre le temps voulu. Alors ils le frappèrent, l'un d'un coup de règle sur la gorge, mais le coup dévia sur l'épaule droite, l'autre d'un coup de levier sur la nuque mais le coup dévia sur l'épaule gauche, le troisième d'un coup de maillet sur le front qui l'acheva.

"Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort" nous dit le rituel.

Analysons le triple meurtre :
- Où se déroule t'il?
- Qui le commet?
- Comment est-il commis?

1. Où se déroule le meurtre?
En Chambre du Milieu, au centre du Temple.
L'accès à la Chambre du Milieu par l'élévation à la Maîtrise est la reconnaissance de l'aptitude acquise par la Compagnonne pour bâtir son temple intérieur.
Accéder à la chambre du milieu c'est se retrouver entre l'Equerre et le Compas, "c'est aller à la rencontre de son centre, devenir le centre, être le centre de l'union."

Mais lorsque la Compagnonne, candidate à la Maîtrise, est introduite, la chambre du milieu est plongée dans l'obscurité et se trouve réduite, divisée symboliquement en deux parties : le lieu des ténèbres où pénètre la Compagnonne et l'Orient où brille le Delta lumineux mais un rideau noir masque la vue et rend invisible l'Orient à la Compagnonne.

Accéder à la Chambre du Milieu est difficile, elle est le lieu de tous les périls.

2. Qui commet le meurtre?
Les trois meurtriers sont des compagnons.
A ce titre, ils sont membres des équipes qui travaillent sur le chantier et qui sont subordonnés au Maître Hiram.

Alors que l'édifice allait bientôt être achevé, un vent de révolte souffle dans l'esprit de certains ouvriers de la classe des compagnons qui, n'ayant pas obtenus d'être initiés aux secrets de la Maîtrise, s'estiment être injustement traités.
Le poison de l'envie et de la jalousie se fait jour et avec elles le dégoût du travail apparaît. Aigris, mécontents, immatures, naît en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés sans se donner la peine de les acquérir dans le temps, par l'étude et l'application.
Aveuglés par leurs passions, ils s'illusionnent sur l'étendue de leur instruction, persuadés que la Maîtrise leur est due.

Ainsi, ensemble ou chacun, ils symbolisent bien des comportements que l'on croise dans le monde profane ou bien, de la part d'initiés qui ont mal travaillé leur Pierre et ne maîtrisent pas de ce fait, leurs instincts, leurs envies, leurs ambitions.

C'est ainsi que peu à peu, leur avidité va les conduire à la lâcheté, en tendant à trois, à la tombée du jour, un guet-apens à Maître Hiram.
Leurs sentiments d'orgueil et de cupidité les poussent, par l'action concertée, à usurper un bien dont "ils ne méritent pas d'être détenteurs".

Une question se pose encore :
Pourquoi au Rite Ecossais Ancien et Accepté, les trois officières qui dirigent la Loge, prennent l'"habit des mauvais compagnons" et deviennent "actrices" du meurtre?

Un constat s'impose : dans la société profane, comme parfois en Franc - Maçonnerie, ce sont bien souvent ceux qui détiennent le pouvoir qui ont le plus souvent le moyen de le détourner.
Par le détournement des valeurs inhérentes à leur fonction : mesure – discernement – respect – harmonie – sagesse…, ils sont à même de détruire ce qu'ils devraient construire.

3. Comment le meurtre est-il commis ?
Par trois coups !

Comme je le dis au début de ma planche, dans l'application symbolique du mythe lors de la cérémonie d'élévation à la Maîtrise, la récipiendaire, par transposition, s'identifie à Hiram : elle doit mourir à elle-même, prendre conscience de sa perte avant de pouvoir renaître.
Comme dans toutes les morts initiatiques, cette phase est le prélude à une renaissance à la fois physique, mentale et spirituelle en un nouvel Hiram.

Réfléchissons sur le choix des armes du meurtre et leurs points d'impacts :

· Selon le rituel, le premier coup est porté par le moyen d'une règle et le "mauvais compagnon" vise la gorge. Hiram réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule droite.

La règle, premier instrument du meurtre, est un des outils spécifique des compagnons, elle donne la ligne et permet de mesurer. Cet instrument, droit, linéaire, respire la droiture d'esprit. La règle représente la loi morale, dans l'obéissance librement consentie.
La perte de cette conscience morale, engendre le désordre intérieur et permet le passage à l'acte.
La règle, ici utilisée à contresens par le compagnon, produit un acte démesuré.
Ce dernier, rendu ignorant par le désordre intérieur engendré par les illusions qu'il se fait de ses capacités, envahi par la vanité, perd sa conscience morale et c'est l'IGNORANCE qui porte le premier coup à la gorge du Maître. La gorge, lieu du passage du souffle et de la parole ne sera pas détruit mais lésé car Hiram déviera le coup sur son épaule droite.

· Le second coup est porté par le moyen d'un levier et le second "mauvais compagnon" vise la nuque. Hiram affaibli, réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule gauche.

Le levier, outil spécifique du compagnon sert à maîtriser et décupler la force. Symboliquement, il lui permet d'agir sur le monde extérieur afin de le transformer et de le maîtriser. Le levier se doit d'être utilisé avec mesure. En effet, une force non maîtrisée devient brutale, tyrannique et dangereuse.
Ce levier, non contrôlé par la règle, animé par la volonté d'usurpation, devient force meurtrière : c'est le FANATISME qui porte le deuxième coup à la nuque du Maître.
La nuque, arrière du cou, est le siège des sept vertèbres cervicales. Comme la gorge, elle assure la liaison indispensable entre la tête et le reste du corps. Le Maître, diminué dans ses fonctions cérébrales, peut encore dévié le coup sur l'épaule gauche.

· Le troisième "mauvais compagnon", tue Hiram d'un coup de maillet au front.

L'ambivalence des outils, trouve ici son point culminant : l'arme du crime est le maillet du vénérable!
Le maillet, symbole du pouvoir et de la volonté qui exécute, est l'instrument du commandement du sage et du juste.
Utilisé seul, sans le contrôle de l'équerre et du compas porteurs des valeurs morales d'honnêteté, d'intégrité, de tolérance et de discernement, le maillet devient le symbole de l'impétuosité, de la tyrannie dominatrice.
L'outil de création devient outil de destruction.

C'est l'AMBITION qui porte le coup fatal au front du Maître.
Ce coup porté au front, siège de l'Intelligence, de "l'harmonie sublime réalisée entre le cœur et la tête", écrit Annick de Souzenelle, détruit la vie. Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, la tête vers l'Occident, lieu du soleil couchant et de l'obscurité naissante, Il rend le dernier soupir.

Les "mauvais compagnons" ont assassiné le Maître, ils n'ont pas obtenus les secrets du Maître et en ont privé définitivement les futures générations de compagnons.

Pourquoi HIRAM doit-il mourir?

Si nous suivons la légende "hiramite",
Soit Hiram donne aux "mauvais compagnons" les mots et signes qu'ils exigent de lui et en ce cas il n'est pas digne d'être Maître puisque incapable de garder le secret, fut-ce au péril de sa vie.
Cette lâcheté personnelle le rendrait traître à sa vocation : car gardien de la tradition, s'il transmet le mot de maître à des compagnons indignes de le recevoir, qui n'ont pas les qualités requises, Il lui serait alors impossible de diriger les Maçons qui travaillent sur le chantier à la construction du Temple de Perfection.

Soit il garde inviolablement le silence et meurt avec dignité en parfaite harmonie avec ce que comporte la qualité de Maître et la notion de don total de soi qui en découle.

Hiram nous conduit vers un monde de perfection, le temple de l'"Idéal de Perfection".
Hiram incarne la grandeur du devoir et la force du serment. C'est par lui que le rachat du processus initiatique va se faire.

Le meurtre fondamental d'Hiram le Maître, par les trois "mauvais compagnons", représente la base même du mythe, le combat perdu des plus hautes valeurs de la franc – maçonnerie contre l'ignorance, le fanatisme et l'ambition.
Ce n'est pas par hasard, que l'initiation au grade de Maître comporte cette extraordinaire mort et résurrection de la récipiendaire en lui faisant vivre cette épreuve comme "meurtrier" tout d'abord, puis par cette transmutation en victime expiatoire dont la résurrection annonce son entrée dans la chambre du milieu et dans le secret et la connaissance.

C'est en abandonnant, en élaguant des pans de mon Ego ; c'est en tuant en moi, le "mauvais compagnon", que je vais modifier mes comportements et par cette prise en mains de ma conscience, relever le maître intérieur que j'ai tué.

Je conclurai avec Jacques TRESCASES que "toute démarche initiatique tend à purifier l'adepte des passions et préjugés responsables de sa mort spirituelle et cette rectification préalable faite, ressusciter l'Esprit que le profane avait assassiné.
Car de même que notre Maître Hiram, qui représente ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous, peut constamment se suicider, s'invertir et se pervertir, de même en un instant, il peut ressusciter."

Je suis prête Mes Sœurs, si toutefois vous m'en reconnaissez digne, à poursuivre avec vous mon avancée sur le chemin initiatique de la connaissance et de la conscience.

J'ai dit, 

 

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Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

 

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Les Trois Compagnons

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

Nous venons une nouvelle fois de revivre ensemble, si je puis dire à propos d'un assassinat, la légende d'Hiram, récit mythique fondateur de la Franc-Maçonnerie moderne. Comme tout récit mythique, celui-ci s'adresse à l'intuition de chaque frère et son enseignement doit être compris sur le mode analogique ; nous sommes dans le monde des symboles. Ce midi je vais tenter d'approfondir ce que nous pouvons apprendre en méditant sur les circonstances mêmes du meurtre d'Hiram, et particulièrement sur ses auteurs, biens connus des maîtres maçons et de quelques autres sous l'appellation de « mauvais compagnons ».

Réfléchissons d'abord sur les différents plans où l'on peut interpréter le récit. Le carré long appelé souvent improprement « pavé mosaïque » est un élément où se superposent diverses analogies : il représente aussi bien le Cosmos que la Loge ou que l'individu lui même. Ce qui se passe dans la loge est de la même façon susceptible de renvoyer à des faits cosmiques, sociaux ou psychiques. Les trois meurtriers ont donc de nombreuses interprétations symboliques possibles. Nous allons en explorer quelques unes.

Notons tout d'abord que le récit et son exposition ont connu quelques variantes non seulement suivant les rites, mais aussi dans le temps au Rite Écossais Ancien et Accepté. Par exemple le Rite Français Moderne fait des récipiendaires un simple spectateur du drame qu'on mime devant lui avec un frère figurant Hiram et trois autres, habillés en compagnons, qui ne sont pas les surveillants ni le Très Vénérable Maître, jouent le rôle des meurtriers. Les outils et la succession des portes l'emplacement de ces portes, ne sont pas les mêmes que les nôtres. Au rite Écossais, selon les rituels promulgués ou acceptés par le Suprême Conseil de France, si le récit s'est toujours fait sur le mode participatif, les récipiendaires jouant Hiram, et les trois maillets mimant les meurtriers, les outils et même l'ordre des portes ont varié, ainsi que les endroits du corps atteints par chaque conjuré. Les plus anciens rituels mentionnent successivement la règle, l'équerre et le maillet comme outils utilisés dans le meurtre, au lieu du fil à plomb, du niveau et du maillet dans les rituels actuels. Nous essayeront de deviner la raison de ce changement à la lumière de nos interprétations.

La première interprétation de la légende se situe sur un plan astronomique, comme les interprétations des mythes des mystères païens. Hiram y représente alors l'être lumineux par excellence, le Soleil, et son meurtre suivi de sa résurrection font alors référence au déclin de l'astre du jour de l'équinoxe au solstice d'hiver, et à sa renaissance après le passage de la porte du solstice. Les trois compagnons qui tuent Hiram sont alors les trois mois qui séparent l'équinoxe du solstice. Et l'on doit s'y reprendre à trois fois pour ressusciter Hiram comme l'on doit attendre quelques jours au solstice pour s'assurer que la durée du jour se met à augmenter. C'est en effet le moment où les variations de la durée du jour sont les plus lentes.

Sur le plan social, Hiram peut incarner l'ordre d'une société juste, ou l'organisation de la Franc-maçonnerie telle qu'elle devrait être selon que l'on considère la société dans son ensemble ou l'Ordre maçonnique en particulier. Pour nous en tenir à ce dernier point, Hiram, le maître sans défaut, peut incarner un état idyllique de cet Ordre maçonnique. Cet état idéal est en butte aux entreprises perverses de membres de l'Ordre poussés par leurs passions. Les défauts les plus souvent retenus par les commentateurs sont l'ignorance, le fanatisme et l'ambition ; cela se voit dans l'usage complètement dévoyé qui est fait des outils : devenus des armes, des instruments de mort, ils ont perdu leur qualité de symboles dans les mains de ces compagnons qui n'ont pas su en pénétrer le sens ; et nous savons par expérience que malgré nos efforts, ces défauts sont loin d'être absents de nos colonnes, et même de nos Orients. Si la Franc-Maçonnerie doit se préserver, c'est d'abord de ses propres membres. Et ce n'est pas un hasard non plus si les mauvais « compagnons » sont figurés par les trois plus hautes autorités de la Loge : parmi tous les frères, nous devons nous méfier avant tout de ceux qui ont un pouvoir, car comme le dit Montesquieu, tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et cet abus se ferait au détriment de tout l'Ordre. Ce n'est pas un hasard non plus si ce sont les mêmes qui procèdent à la résurrection d'Hiram ; la Franc-Maçonnerie pourra demeurer pure si elle se choisit des chefs dignes de son idéal.

Le récit de la mort d'Hiram peut également s'interpréter sur un plan psychologique personnel : Hiram figure alors une partie de l'inconscient du récipiendaire, qui doit subir une dernière épreuve avant de devenir un initié accompli. Dans cette optique les trois compagnons ont un rôle tout à fait ambivalent : ce sont les passions auxquelles l'initié doit savoir résister pour parvenir à son accomplissement, et nous retrouvons ici l'ignorance, le fanatisme et l'ambition. Mais il faut bien constater que ces meurtriers ont aussi un rôle de sacrificateurs, car c'est par une mort et une résurrection rituelles que le Compagnon devient un nouveau Maître : sans sacrificateur, pas de sacrifice. Leur présence est donc indispensable.

Par ailleurs il faut remarquer que les trois compagnons n'accomplissent pas leur forfait n'importe où : ils attendent le Maître chacun à une porte. Or dans les récits mythiques, le rôle des différents « Gardiens de la Porte » que l'on peut rencontrer est double. Ce sont souvent des monstres terribles qui empêchent le passage, ce sont aussi et en même temps des initiateurs qui, par les épreuves qu'ils font subir, permettent au héros de poursuivre son voyage. C'est ainsi qu'on peut aussi considérer les trois compagnons.

En infligeant au récipiendaire une mort successivement physique (un coup au côté droit), puis affective (un coup sur le côté gauche) et enfin psychique (un coup sur la tête), ils permettent au Compagnon de se dépouiller complètement du vieil homme qui est en lui pour pouvoir renaître sous la forme d'un nouvel Hiram, le Maître Idéal. Dans son combat contre les passions destructrices, le récipiendaire doit d'abord mourir afin de renaître dans un nouvel état de pureté, exempt des défauts qui l'empêcheraient de continuer son chemin initiatique. Et ce n'est pas encore une fois un hasard si les acteurs qui ont mimé les assassins sont les mêmes qui font revivre le nouveau Maître, pas un hasard non plus si ce sont les trois qui dirigent la Loge. Et c'est peut être pour insister sur cette qualité que l'on a substitué aux instruments d'origine (qui sont soit dit en passant les instruments spécifiques des apprentis, règle, et des compagnons, équerre) les outils emblèmes de leur fonction. Cela veut peut être aussi nous dire que l'apprentissage et le compagnonnage sont des épreuves préparatoires à cette mort d'Hiram à la fois redoutée et nécessaire, et que ces mêmes épreuves donnent une base pour servir à la construction psychologique du nouveau Maître.

J'ai dit, T\ V\ M\

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Les trois mauvais compagnons

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

L’esprit est un moteur, il invente les rêves, les civilisations, les religions, les mythes….
Ce moteur cette belle machine à besoin continuellement de redémarrer, d’avoir de nouveaux horizons, de ce remettre en question, l’évolution des hommes, de certain hommes passe inexorablement par la recherche de nouvelles quêtes.
Je fus initié un soir de l’année six mille un, hasard ? Non simplement mon destin.

Pourquoi je me suis intéressé à ces mauvais compagnons ?
Pour plusieurs raisons, une remise en question intérieures un soir.

Ensuite pour assouvir ce besoin de symbolisme qui est chez moi pareil à une drogue.
Ces personnages – symboles, ces trois mauvais compagnons font partie d’un mythe fondateur.

Celui-là même qui a donné sa spécificité à notre Rituel d’Initiation au Troisième Degré dont l’intensité culmine avec la mort d’HIRAM et sa résurrection.

Notre processus initiatique commence par la mort du vieil homme.

Cette mort est féconde parce qu’elle est suivie d’une résurrection symbolique par le mode d’une substitution.
Un drame extrêmement remarquable, tout y est admirablement étudié pour intensifier l’impression générale que l’on cherche à donner.
C’est dans ces conditions que le Maitre Maçon nouvellement promu entend pour la première fois le récit traditionnel qui, en Franc Maçonnerie, a tant d’importance.

En effet, le Compagnon qui subit une telle initiation, oui je pense que ce soir la il y a vraiment une nouvelle initiation, le Compagnon doit mourir à lui –même et, par identification de notre grand Maître HIRAM, va pouvoir prendre alors la fonction de Maître.

Trois mauvais Compagnons, troisième degré, pourquoi toujours trois ?
En réponse je vous lirais la définition d’ARISTOTE *:
Il n’y a pas de grandeur autre que celles-là, parce que trois renferme toutes dimensions possibles.
En effet ainsi que le disent les pythagoriciens, l’Univers entier et toutes les choses dont il est composé sont déterminées par ce nombre Trois.
La fin, le milieu et le commencement forment le Nombre de la triade.

Je vais ce soir avec beaucoup d’humilité, avec mes mots, mes pensées d’éveiller l’intérêt sur mon approfondissement de la légende de ces trois mauvais Compagnon du mythe d’HIRAM, épine dorsale de la Franc Maçonnerie, que le Maître Maçon n’a que peu l’occasion d’évoquer tant les réunions en Chambre du milieu sont espacées et rares.

Le récipiendaire est reçu Maître parce qu’HIRAM revit en lui.

Le bien a triomphé du mal, un homme nouveau est né : l’initié.
Il n’est pas sur que le ou les auteurs de la légende aient eu conscience des développements multiples qu’elle pouvait susciter à travers nos différents Rites, mais par une intuition de génie, ils ont créé une œuvre de valeur universelle, je pense avec certitude que les Franc Maçons d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, en ont parfaitement conscience.

Je vais essayer de vous résumez assez rapidement pour ne pas alourdir mon travail, cette tragique mais si fructueuse histoire.
Pour permettre a tous de s’imprégner émotionnellement.

La Lumière qui nous éclairait a disparu. Le meilleur de nos Frères est tombé sous les coups d'infâmes meurtriers et nous sommes, hélas ! Certains que les ouvriers qui ont commis ce crime appartiennent à la classe des Compagnons.
Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos Travaux nous consolait dans nos afflictions, et qui, dans nos difficultés, soutenait notre courage,
Il a péri, victime du crime le plus détestable.

*Aristote. Traité du ciel

Les trois complices se placèrent chacun à une porte, afin que, si le Maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres.

Ainsi périt l'homme juste, fidèle au Devoir jusqu'à la mort.

Notre très Vénérable a été assassiné pour ne pas donner le mot des Maitres.
Le prétexte me semble bien mince.

En effet, Maitre HIRAM aurait pu, certes sans mentir, car le mensonge est particulièrement odieux dans ces civilisations plus orale qu’écrite et parfaitement inconcevable pour un homme honnête mais il aurait pu les travestir ou les altérer légèrement.
Le lendemain, à la première syllabe, les auteurs de la forfaiture auraient été découvert et traités comme ils le méritaient (pensez y mes Frères, la prochaine fois que vous maltraiterez les mots de semestre qui doivent retourner justes et parfaits).

Quelle valeur représentaient donc ces mots pour qu’il faille mourir pour eux ?
Présent est le respect de la parole donnée, du serment que tous Maçons à contractés.
Notre Rituel nous le rappelle à chacune de nos Tenues.

Je conçois alors à quel point il est indispensable de préserver ces mots, non pas de langage mais de pouvoir créateur.

Et l’on comprend mieux notre prudence à manier les mots substitués, il est plus sage de nous contenter de les épeler aux deux premiers degrés pour ne pas en abuser au degré suivant.

Ainsi les trois premiers degrés, pratiqués lors de nos tenues ont pour objet de donner à l’initié que nous somme tous, les outils qui nous amènent à penser autrement.
Grace à nos outils, nous sommes libérés du carcan des modes de pensées profanes.
Oui mes Frères connaître nos outils, notre Rituel, c’est se confondre avec les choses, avec l’être intérieur.

Sans les trois mauvais Compagnons, point de Maçonnerie, il me semble évident qu’HIRAM les a choisis avec soin saluant d’avance leur hardiesse.
Car pour que le mythe naisse lui sait qu’il faut qu’il meure.

Pourquoi vivre ?, pourquoi la vie ?, question sans réponses utiles, sinon que nous devons nous donner à nous mêmes la réponse que nous requérons.

Savoir, est ce le moyen de justifier la vie à nos propres yeux ?
Pourquoi l’homme veut à tout prix la justifier ?
Pour ce soir je n’ai point de réponses.
Yen a-t-il une ?
Mes frères ce soir je vous demande de m’ouvrir des portes afin que je puisse apporter une réponse qui me sera encore très personnelle.

C’est au troisième degré, celui de Maitre, que débute vraiment pour moi la prise de conscience que je dois aboutir...
Car de la mort de l’homme ordinaire, à la consécration de l’homme initié il y a un très long chemin, je pense que peu d’entre nous arriverons au bout du voyage si vraiment il ya une fin, car tous les hommes ne sont pas initiable faute de temps, de réceptivité ou tout simplement de ne pas pensez, de ne pas ce laisser transporter par nos différentes initiations.

Je pense qu’il y aura toujours ceux qui acceptent humblement, ceux qui refusent catégoriquement, ceux qui ne comprennent pas, mais je suis certain que moi-même, que tous nous puiseront selon notre désir, notre capacité, la récompense d’une compréhension de cœur et de l’esprit.
L’initiation nous invite à voyager en nous-mêmes.
Le travail effectué en Loge est poursuivi par le Franc Maçon au plus profond de son égo.
Le Rituel, voie préparatoire à l’initiation, contient dans sa structure la clé permettant à l’affamé que je suis de décoder le chemin, même si les parcours ne se passent pas facilement en raison des obstacles dont nous sommes porteurs à l’image de Jubelas, de jubelos, et enfin jubelum.

En effet ils affranchissent HIRAM du plan matériel, du plan psychique, du plan mental ; ces trois plans étant ceux du monde profane.
HIRAM ressuscite sur le plan symbolique moment que nous tous avons vécu avec émotion et appréhension.

C’est bien par la mort à la vie profane que le futur Maçon commence son initiation dans le cabinet de réflexion, c’est par une seconde mort symbolique, la mort d’HIRAM, que l’initié parvient à l’Adeptat

Adeptat : Personne qui soutient (une doctrine, un mouvement, une technique sans être bien sur un soutient inconditionnel notre démarche étant sans dogme.)

Les trois Compagnons assassins étant censé représenter l’Ignorance, le Fanatisme et l’Envie, leurs contrastes sont, trois résurrecteurs qui ne pouvaient manquer d’être qualifiés par antinomie :
Savoir, Tolérance, Détachement.
Car ne l’oublions pas tout est symboles.
Cela je l’ai découvert en menant plus avant mes recherches toujours par soif de découverte.

La symbolique de ce passage du Mythe me fait découvrir un nouveau secret intérieur qui m’est propre.
Un nouveau chemin qu’il me faut découvrir, un nouveau moi en devenir.

Je dois redoubler d’effort pour m’instruire encore et toujours, afin de me mettre en état d’éclairer même faiblement les autres, je me dois constamment d’être debout pour combattre l’ignorance, le fanatisme, l’envie de certains hommes avec mes humbles moyens, et surtout enfin à contrôler, dominer les trois compagnons qui sont tapis au plus profond de moi et qui attende la moindre de mes faiblesses pour ressurgir et imposer leurs dominations.

A force de Rite, de Tenue, de Travail je pense que tout les Maitres Maçons ont été véritablement transformés, ils sont devenus de nouveaux hommes.
Je me rends compte que mon apprentissage sera long et méthodique avant de pouvoir espérer me ranger parmi les plus sages constructeurs.

Aujourd’hui je sais apprécier les vraies valeurs, que je pense pouvoir essayer de communiquer aux autres.

En tant que Maitre je me dois, nous nous devons de montrer l’exemple, soyons des instructeurs humbles et toujours présents pour les futurs Maitres, à l’instar de notre modèle HIRAM soyons les bâtisseurs d’une, je l’espère, meilleure humanité.

Les trois mauvais Compagnons sont les acteurs principaux en dehors d’HIRAM bien sur. Le drame, je l’ai vécu dans notre Temple qui est le symbole du Véritable Temple qu’est l’homme.

Maintenant je comprends que chaque Frère, chaque homme, à une partition unique à jouer durant sa vie.
Chacun est responsable de ses motivations, de ses actions et de la qualité de ses influences.
Pour cela nous devons maitriser nos trois mauvais Compagnons, comment ? se diront certains et bien en ayant fait corps avec nos symboles qui sont l’équerre et le compas, le ciseau et le maillet, la perpendiculaire et le niveau, la règle, le levier... et bien d’autre encore, qui mesurent la réalité du moi, qui nous exercent à résister à nos prétentions et visent à maintenir un comportement ou l’humilité est reine.

Apres mure réflexion je comprends enfin que je possède les germes de ma destruction, je peux être le propre assassin de mon hygiène de vie, par mes pensées négatives.

Symboliquement je ne sors victorieux de ce combat qu’après être mort à ma chair, c’est le premier coup porté à Hiram, sur le coté droit.

A mes sentiments, deuxième coup porté à gauche.

A mes idées troisième coup porté au front.

Je n’atteins la Maitrise symbolique qu’au moment de la résurrection.
La réside la nécessité des mauvais Compagnons.

Assassiné par nos outils, mais ressuscité par le contact humain.
La aussi la symbolique est immense.
Le jeune Maitre que je suis est passé de l’équerre au compas, ce même compas qui représente l’élargissement de l’esprit car dans l’ésotérisme rien n’est figé rien n’est définitif dans nos interprétations.
Ces Compagnons on assassiné HIRAM avec des outils bien précis chacun représentant un grade qu’il croyait acquis, qu’il croyait détenir, la ! Étaient leurs erreurs, la ! Pourrait être notre erreur.
A nous de prendre conscience de notre devoir, de notre savoir, de notre expérience et de ne surtout pas survoler furtivement notre Rite qu’est le REAA

Le message des trois mauvais Compagnons, c’est la revendication de mon imperfection présente dans mon intérieur profond, ainsi qu’à l’extérieur, dans notre société.
Je ne peux, nous ne pouvons la combattre si nous l’ignorons.
Le mythe d’HIRAM, des trois Compagnons ma mis sur le chemin d’une évidence fondamentale : leurs messages sont une leçon d’humilité.

C’est aussi l’intelligence que le Travail sans aucun mérite, sans aucune envies, sans cette gloire au travail, rien n’est jamais vraiment acquis.

Un soir un mot, un nouveau mot pour moi m’à été épelé par un frère dont l’expérience est pour moi précieuse, ce mot : l’existentialisme.
L’’existentialisme consiste pour le Maitre à placer l’existence dans la vie spirituelle, dans la conscience, c'est-à-dire la connaissance de sa vie intérieure, de ses intentions de désirs, de ses actes, de sa destiner du moment présent car tout évolues surtout nos pensées nos sentiment

C’est l’épanouissement des acquis que le Franc Maçon à reçut de ses prédécéceurs, de ses Frères Maitre qui ont su le mettre sur la voie, qui ont su épeler les bons mots les bonnes phrases.

Je finirai mon tracé de ce soir, par un passage de DESCARTE qui a écrit : à propos des passions humaines :
" Et maintenant que nous les connaissons, nous avons beaucoup moins de sujet à les craindre, nous voyons qu’elles sont toutes bonnes de leurs natures et que nous n’avons rien à éviter que leur mauvais usage ou leur excès. "

Mes frères le compas ce soir nous démontre bien que nos Symboles se situent par delà le bien et le mal.

J'ai dit V\M\

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Rencontre au miroir du temps – nos invités : « Les trois mauvais compagnons »

Publié le 27 Septembre 2026 par T.D

Il est des noms qui ne désignent pas seulement des personnages, mais des forces. Des présences presque archaïques, tapies dans les replis du récit initiatique, là où la légende cesse d’être décorative pour devenir un miroir. Les trois mauvais compagnons appartiennent à cette famille d’ombres qui ne se contentent pas de traverser l’histoire d’Hiram : elles la frappent, la fissurent, la mettent à l’épreuve et, ce faisant, révèlent la fragilité de l’homme face à ses propres dérives.

Figures du vice, de l’impatience et de la violence, ils n’ont rien d’anecdotique. Ils condensent, dans un même élan tragique, ce que l’être humain peut produire de plus stérile lorsqu’il renonce à la maîtrise de soi. Ils ne sont pas seulement les exécutants d’un drame. Ils sont la mise en scène d’une chute intérieure.

Sur le seuil du drame

Question : Qui êtes-vous, vous que l’on nomme les trois mauvais compagnons ?

Réponse : Nous sommes les visages changeants de ce qui se dérobe à la mesure. Nous entrons quand l’âme s’impatiente, quand la main se crispe, quand la pensée cède à l’avidité. Nous ne portons pas toujours les mêmes traits, mais nous conservons la même vocation : déséquilibrer ce qui doit se construire.

Question : Vous présentez-vous comme des ennemis de l’homme ?

Réponse : Non. Nous sommes davantage ses révélateurs. L’homme aime croire que ses désordres lui sont extérieurs. Nous lui rappelons qu’ils naissent souvent de lui-même. Nous ne créons pas le chaos ; nous lui donnons une forme. Nous ne fabriquons pas la chute ; nous en dévoilons la mécanique.

Dans la dramaturgie hiramique, notre arrivée a quelque chose de brutal et de nécessaire. Brutal, parce qu’elle interrompt le cours juste du travail. Nécessaire, parce qu’elle expose ce que toute quête spirituelle doit un jour rencontrer : l’obstacle intérieur, la faiblesse de la volonté, la tentation de forcer ce qui ne peut être obtenu que dans l’ordre, le silence et la durée.

Les trois visages de l’ombre

Le premier d’entre nous est l’impatience. Il ne supporte pas le temps long, les étapes, les degrés, la maturation. Il veut la réponse avant la question, la clé avant la porte, la récompense avant l’effort. Il incarne cette fièvre moderne — et ancienne — qui confond vitesse et accomplissement. Son drame est simple : il croit gagner en brûlant les étapes, mais il détruit ce qu’il voulait atteindre.

Le second est la violence. Elle surgit quand la parole échoue ou quand elle est refusée. Elle ne discute pas, elle tranche. Elle n’éclaire pas, elle abat. Dans notre logique, la force remplace la compréhension, le choc remplace l’écoute, l’attaque remplace l’élévation. Elle est l’arme de ceux qui ne savent pas construire.

Le troisième est le vice ou plus exactement la pente glissante qui, de proche en proche, déforme de plus en plus les choses. Rien là de nécessairement spectaculaire. C’est un phénomène insidieux. Il se faufile dans les compromis, les calculs, les petites lâchetés, les complaisances qui finissent par tordre l’axe de l’être. Il n’a pas besoin de fracas pour détruire : il use, il corrompt, il éloigne de la rectitude.

Ces trois figures ne sont pas séparées. Elles se tiennent, se répondent, s’alimentent. L’impatience engendre la violence ; la violence révèle un fond de vice ; le vice, à son tour, nourrit l’impatience en poursuivant assez sourdement des satisfactions immédiates. Ainsi se referme le cercle. On les désigne aussi souvent symboliquement comme l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition déréglée, s’opposant respectivement au bon usage du fil à plomb (qui va au fond des choses et tutoie les sommets), du niveau (qui respecte l’égalité des êtres et la pluralité des mondes) et du maillet (qui ajuste l’action à la capacité du réel dans la direction de l’idéal).

Hiram face aux compagnons

Question : Pourquoi les associer à Hiram ?

Réponse : Parce qu’Hiram représente l’inverse de ce que nous sommes. Il est l’homme du rythme juste, de la parole gardée, du geste fidèle, de l’œuvre patiente. Il n’impose rien. Il reçoit, il transmet, il édifie. Face à lui, nous sommes la précipitation, la brutalité, la déviation. Nous ne pouvions pas le laisser intact car notre rôle est précisément d’attaquer ce qui résiste à la corruption.

Hiram, dans l’économie symbolique du récit, est moins un personnage qu’un principe : celui de la rectitude dans l’épreuve. Son destin montre que toute fidélité à l’ouvrage suscite des forces contraires. Ce que nous faisons, c’est tenter d’interrompre le passage, de rompre le lien entre l’homme et sa tâche, de substituer au temps initiatique le temps de la contrainte.

Le meurtre symbolique de Hiram n’est donc pas un simple épisode tragique. Il dit quelque chose de fondamental : l’œuvre humaine est toujours menacée par ce qui, en l’homme, veut aller plus vite que son propre discernement. Là où il faut bâtir, nous voulons arracher. Là où il faut attendre, nous voulons saisir. Là où il faut comprendre, nous voulons imposer.

Une scène intérieure

La force du mythe tient à ceci : les trois mauvais compagnons ne demeurent pas à l’extérieur. Ils franchissent la scène, puis entrent dans l’intériorité. Chacun peut les reconnaître en lui-même, à certains moments de tension, de peur ou d’orgueil. L’instant où l’on veut tout décider trop vite ; celui où l’on réagit avant de penser ; celui où l’on se compromet pour obtenir un avantage immédiat : voilà nos royaumes d’ombres.

Le récit initiatique ne parle pas seulement d’une agression. Il parle d’un combat spirituel. Il enseigne qu’il existe, au cœur de l’homme, des forces qui s’opposent à l’édification de soi. Et que ces forces ne se vainquent ni par la colère ni par le mépris, mais par le travail, la lucidité et la constance.

Question : Êtes-vous destinés à être vaincus par l’initiation ?

Réponse : Jamais totalement car il faut beaucoup d’efforts au delà du moment sublime où la conscience du bien traverse l’esprit en un éclair. Les obscurités de caractère et de comportement qui ont composé pour partie la vie du profane restent tapies derrière l’affirmation des enthousiasmes et prêtes à repasser les plats, en maintes occasions. Elles gagnent du terrain dès que l’être humain se laisse un tant soit peu aveugler par ses peurs, ses pulsions et ses vanités. Nous ne reculons que devant la discipline intérieure, nous ne faiblissons que devant l’exigence morale, nous ne nous dissipons que devant la patience. Nous aimons les esprits pressés, les volontés troubles, les consciences floues. Dès que s’établit une forme d’ordre rationnel et juste, notre empire se fissure, notre emprise se dérobe.

Il ne faut pas croire que le symbolisme des trois mauvais compagnons se limite à une lecture morale simple. Leur présence touche à des dimensions plus profondes : la fragilité de la parole, la tentation de l’appropriation, la rupture du lien entre connaissance et justesse. Ils disent qu’une œuvre spirituelle ne meurt pas seulement sous les coups du dehors, mais souvent par l’abdication du dedans.

Le miroir des temps modernes

Le plus troublant est peut-être que ces figures n’ont rien perdu de leur actualité. Elles changent de masque, mais non de nature. Aujourd’hui, l’impatience se nourrit de l’instantané, la violence se cache parfois sous le sarcasme et le vice se pare des habits raffinés de la complaisance, de l’image ou de l’ambition. Les compagnons d’hier circulent toujours dans les couloirs du présent, dansant si souvent au rythme trompeur du succès, dans un monde où, plus que jamais, la réussite excuse tout.

Le récit hiramique, relu à la lumière de notre époque, prend alors une densité singulière. Il ne s’agit plus seulement d’un drame ancien, mais d’une alerte permanente : dès que l’homme cesse d’habiter la mesure, n’opère plus de retour critique sur soi et cherche à asservir l’autre à ses propres finalités, il ouvre la porte à ce qui le désaccorde. Les trois mauvais compagnons deviennent ainsi les noms d’une menace universelle, aussi bien intime que collective.

Au miroir du temps

Le miroir du temps ne reflète pas seulement les visages, mais les dynamiques profondes. Il montre que les grandes figures symboliques ne vieillissent pas : elles se déplacent. Hiram demeure la figure de la droiture éprouvée et de l’accomplissement serein et progressif du bien ; les trois mauvais compagnons, celle des forces qui veulent interrompre l’ascension de soi et d’autrui vers la libre et pacifique plénitude des êtres. Entre ces deux pôles opposés se joue une sempiternelle tension dont chaque génération doit renouveler la compréhension.

Question : Que devrait retenir l’initié de votre présence ?

Réponse : Qu’il ne suffit pas de désirer la lumière pour l’habiter. Il faut encore traverser ce qui s’y oppose en soi-même. Nous soumettons l’individu et la société à l’épreuve de la précipitation, de la brutalité et de la déformation, dans toutes leurs variations. Qui a pleinement conscience de la longueur du chemin pour en finir, non seulement, avec les subornations crapuleuses les plus évidentes mais, moins ostensiblement, avec les captations lâches ou sournoises et, plus discrètement encore, avec toutes sortes de possessions illégitimes quoique coutumières ? C’est pourquoi il faut lutter là-contre, tout d’abord, grâce à une vigilance continue. Cette vigilance continue est inestimable et gagne tous les fronts, sans épargner les médiocres accommodements de la vie quotidienne, les triomphes mesquins des intérêts égoïstes. En elle-même, cette vigilance continue est un acte décisif, à condition, précisément, de n’imposer aucune limite aux vérités qu’elle dévoile. En effet, celui qui nous reconnaît sans nous servir nous résiste déjà et se prépare à nous évacuer. Toute réalisation spirituelle passe immanquablement et à tout instant par ce dépassement-là.

Question : Et si l’on vous croyait vaincus ?

Réponse : Alors, nous serions simplement devenus invisibles. Ce qui est vaincu sans être compris revient toujours. Mais ce qui est nommé, travaillé et transformé décline et cesse peu à peu de régner.

Les trois mauvais compagnons ne sont donc pas seulement trois figures d’un mythe ancien. Ils sont une architecture de l’ombre, une pédagogie du manque, une mise à nu de l’homme, lorsqu’il s’éloigne de sa propre verticalité ou ne parvient pas à l’établir. Leur rôle n’est pas de fasciner, mais d’avertir. Non de séduire, mais d’éclairer par contraste.

Et c’est peut-être là la plus haute fonction du symbole : nous faire voir, dans le fracas d’une scène mythique, la vérité très contemporaine de nos propres désordres. Hiram tombe, mais le récit demeure. Les compagnons frappent, mais la leçon survit. Et dans cette survie même, quelque chose s’ouvre encore : la possibilité de construire autrement, plus lentement, plus lucidement, plus justement.

450fm

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Mort d’Hiram dans les rituels

Publié le 26 Septembre 2026 par T.D

RER

Le temps étant venu où Salomon devait élever un temple à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, sur les plans tracés par une main céleste, qui avaient été remis à David son père, il fut aidé dans cette grande entreprise par Hiram, roi de Tyr. Ce prince lui fournit en abondance les matériaux les plus précieux et lui procura un grand nombre d’excellents ouvriers. Mais il lui fit un don bien plus estimable en lui envoyant Hiram Abif, Tyrien de nation, l’architecte le plus célèbre de l’Univers et l’ouvrier le plus habile dans tous les ouvrages de l’art.

Salomon étant doué de la plus haute sagesse reconnut tout le prix des talents et des Lumières d’Hiram ; il lui donna sa confiance, le chérit comme son père et l’établit chef principal de tous les ouvriers qui travaillaient à la construction du Temple.

Hiram Abif les sépara d’abord en trois classes pour leur donner à chacun une paie proportionnée à leur mérite et à leurs talents ; il donna à chaque classe des signes, attouchements et mots différents. Il appela les premiers ou les Apprentis à la colonne J pour y recevoir leur salaire et les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être récompensés selon leur grade. Un ordre si bien établi devait assurer la tranquillité de toutes les classes et l’autorité de leur chef. Mais l’orgueil, l’envie et la cupidité traînent à leur suite le désordre, la confusion et le crime.

Trois Compagnons perfides conçurent le détestable projet de forcer Hiram Abif à leur donner le mot de Maître pour s’en procurer la paie et de l’assassiner s’il le leur refusait. Dans ce dessein, ils se placeraient à trois différentes portes du temple à l’heure où, après que les ouvriers s’étaient retirés, Hiram avait coutume d’aller seul vérifier les travaux. Le Maître étant entré à son ordinaire par la porte d’occident et voulant ensuite se retirer par celle du midi, il y trouva un des Compagnons qui lui demanda arrogamment le mot de Maître avec menace de le tuer s’il le lui refusait ; et, sur le refus du Maître Hiram, ce scélérat lui donna un grand coup de marteau sur l’épaule gauche. Le Maître Hiram chercha son salut dans la fuite et, se présentant pour sortir par la porte du nord, il y trouva le second assassin qui lui fit la même demande avec la même menace et, sur son refus, ce monstre lui porta un grand coup de massue sur l’épaule droite, dont il fut presque terrassé. Cependant, il eut encore la force de se sauver vers la porte d’orient, mais il y trouva le troisième Compagnon qui, le voyant déjà affaibli par les coups qu’il avait reçus, lui demanda impérieusement le mot de Maître. Hiram ne put se dissimuler l’extrémité du danger où il se trouvait en le refusant, mais il préféra son devoir à la conservation de sa vie et le Compagnon, irrité d’éprouver le même refus et conduit par sa cupidité, lui porta un grand coup de maillet sur le front qui le fit tomber mort.

 Ces furieux, voyant le Maître Hiram mort, résolurent d’enterrer son cadavre, espérant que leur crime resterait inconnu ignoré, mais comme il était encore jour, ils le couchèrent d’abord sous un monceau de pierre et, la nuit étant survenue, ils le transportèrent sur un lieu élevé aux environs du temple, où ils l’enterrèrent. Le Roi Salomon, qui aimait tendrement le Maître Hiram, s’affligeait de son absence et, après que sept jours furent écoulés sans le voir reparaître, étant fort inquiet de son sort, il ordonna à neuf Maîtres d’en faire la recherche et de lui en rendre compte. Les neuf Maîtres se partagèrent en trois bandes, trois d’entre eux sortirent par la porte du midi, trois par celle du nord et enfin les trois autres prirent leur route par la porte d’orient, pour tenter de découvrir les traces du Maître Hiram. Ils le cherchèrent inutilement dans tous les environs du temple, mais trois d’entre eux, attirés par l’éclat d’une Lumière extraordinaire, se dirigèrent vers l’éminence où le cadavre avait été enterré. Là, accablés de fatigue et de lassitude, ils s’assirent. Mais, à l’instant, ils s’aperçurent que la terre avait été fraîchement remuée en cet endroit ; voulant en approfondir la cause, ils se mirent à fouiller et ils trouvèrent un cadavre qu’ils reconnurent à la lame d’or triangulaire dont il était encore décoré, pour être le corps de notre respectable Maître Hiram. Aussitôt, ils avertirent de leur découverte les deux autres bandes de Maîtres, en leur faisant signe de venir à eux et ceux-ci reconnurent également le corps du Maître Hiram. L’état où ils le trouvèrent leur fit voir aisément qu’il avait été assassiné et ils ne purent soupçonner de ce meurtre abominable que quelques méchants Compagnons qui auraient voulu lui arracher le mot de Maître pour en avoir la paie. Dans la crainte où ils furent qu’il n’eût été forcé de le leur dévoiler, ils projetèrent ensemble de ne plus employer l’ancien mot et d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en exhumant le cadavre d’Hiram. Après cet accord, ils plantèrent une branche d’épine nommée acacia pour reconnaître le lieu où il était et ils allèrent porter cette triste nouvelle à Salomon.

Le roi Salomon ayant appris la mort tragique du Maître Hiram fut extrêmement affligé de sa perte et, pour témoigner la vénération et la tendre amitié qu’il avait pour lui, il ordonna à tous les Maîtres d’aller exhumer son corps et de le transporter dans le temple ; et, ayant approuvé la résolution qui avait été prise de ne plus employer le mot de Maître, il fut convenu d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en déterrant le cadavre. Les Maîtres s’empressèrent tous d’exécuter les ordres de Salomon, mais les neuf Maîtres qui avaient été chargés de faire les premières recherches se hâtèrent de devancer leurs camarades et, étant arrivés les premiers sur l’éminence où ils avaient vu le cadavre du Maître Hiram, ils reconnurent facilement le lieu qu’ils avaient désigné par la branche acacia et se mirent en devoir de le déterrer. L’un d’eux le prit par le doigt index, mais la peau se détacha de l’os et lui resta dans la main ; un autre le prit par le doigt du milieu, mais la chair lui resta aussi dans la main ; enfin, un troisième essaya de l’enlever en le prenant par le poignet, mais comme aux deux premiers, la chair lui resta dans la main.

Alors il s’écria M... B..., ce qui signifie "le corps est corrompu" ou "la chair quitte les os" et il se mit en devoir d’exhumer le cadavre ; les neuf Maîtres se réunirent à lui pour l’enlever et ils le retirèrent en effet de la fosse, en présence de tous les autres Maîtres qui étaient survenus en cet endroit. Ils portèrent le corps du respectable Maître Hyram dans le temple avec une grande pompe, étant décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs pour témoigner qu’ils étaient innocents du sang de leur Maître.

Le roi Salomon lui fit faire des obsèques magnifiques dans le temple et, pour récompenser le zèle et la fermeté de son architecte, il fit placer sur son tombeau la lame d’or triangulaire sur laquelle la parole des Maîtres était gravée et il en confia la garde à ses plus intimes favoris. Après les funérailles, tous les Maîtres se rangèrent en cercle pour exécuter leur projet de substituer un autre mot à la parole des Maîtres ; celui qui avait relevé le corps d’Hiram donna le mot M... B... à celui qui était sur sa droite pour le faire circuler jusqu’à ce qu’il fut connu de tous et ce mot est resté depuis aux Maîtres pour se reconnaître entre eux.

REAA

La mort d’Hiram REAA

Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. Il a péri par le plus détestable des crimes.

Le sage Roi Salomon avait conçu le pieux dessein d'élever au GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS un Temple, où seul il recevrait l'encens des hommes.

HIRAM, fils d'un tyrien et d'une femme d’Israël savant dans tous les arts et spécialement dans l'architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon par HIRAM, Roi de Tyr, pour conduire cette noble et vaste entreprise et diriger les ouvriers, dont il fut nommé le chef et le surintendant.

Pour régler d'aussi grands travaux, HIRAM divisa les nombreux ouvriers, qui furent mis sous ses ordres, en trois classes. Ceux de la première, sous le nom d'apprentis, étaient employés à abattre les bois sur le Mont Liban et à les équarrir; à arracher des carrières les pierres et les marbres et à les dégrossir. Ceux de la seconde classe, sous le nom de compagnons, étaient occupés à terminer les pièces ébauchées par les apprentis et à les mettre ensuite en place sous la direction des ouvriers de la troisième classe, que l'on nommait les maîtres. Ceux-ci prenaient immédiatement les ordres d'HIRAM dans un lieu secret que l'on nommait la Chambre du Milieu, qui plus tard devait être le sanctuaire du Temple. On raconte que les ouvriers employés à la construction du Temple étaient au nombre de cent quatre vingt trois mille six cent (183.600). On peut juger qu'il eut été difficile de les gouverner sans l'ordre établi par HIRAM. Chaque classe d'ouvriers avaient un signe et un mot secret, que l'ouvrier devait donner au trésorier pour recevoir son salaire; de sorte qu'aucun ne pouvait avoir que la paie qui était attribuée à sa classe. Les apprentis parvenaient à la classe des compagnons après un temps déterminé, lorsqu'ils avaient mérité cette récompense par leur zèle, leur intelligence et leur assiduité au travail. Les compagnons obtenaient par les mêmes moyens la faveur d'être élevés au rang des maîtres .

HIRAM avait heureusement conduit les travaux presqu'à leur perfection et bientôt l'édifice allait être achevé et consacré à sa destination. Mais le génie des ténèbres qui voyait, par cette oeuvre, son règne menacé, souleva toutes les passions pour tenter de ruiner ce bel ouvrage avant son achèvement et mettre le trouble parmi les ouvriers en les privant subitement de leur guide. Il souffla dans l'esprit des ouvriers des moindres classes le poison de l'envie et de la jalousie; il leur inspira le dégoût du travail; il fit naître en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés, sans s'être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l'étude et l'application. Il insinua plus particulièrement cet esprit de désordre parmi les compagnons, qui, déjà initiés aux premiers secrets de l'Art, se regardaient comme des victimes de l'injustice et de la partialité, parce qu'ils n'étaient pas rendus égaux aux maîtres. Cependant le respect qu'HIRAM savait inspirer par sa douceur, par ses vertus, par son impartialité, maintenait encore les esprits révoltés, et peut-être tout allait-il rentrer dans le devoir, lorsque trois d'entre les compagnons formèrent le projet d'arracher, de gré ou de force, le mot sacré des maîtres, pour s'introduire frauduleusement dans la Chambre du Milieu; ils se concertèrent sur les moyens de surprendre notre maître HIRAM s'il était possible.

Ils arrêtèrent qu'ils tenteraient par la menace d'intimider HIRAM, afin de lui arracher, par la crainte, ce qu'ils n'espéraient pas obtenir de sa libre volonté; mais soit qu'ils y parvinssent, soit qu'ils échouassent, ils étaient résolus à lui donner la mort, afin de se soustraire à la juste punition que devait attirer sur leur tête une si téméraire et si criminelle audace. Ils comptaient aussi dérober aux autres ouvriers la connaissance de la part qu'ils auraient prise au meurtre du Maître. Vaine prétention ! Les outils, dont ils devaient faire usage pour commettre ce crime, devaient aussi révéler la classe d'ouvriers à laquelle appartenaient ses auteurs ! Ayant ainsi combiné leur crime et pris leurs mesures, ils attendirent l'instant où, à la chute du jour, les ouvriers, ayant rempli leur tâche, auraient quitté l'atelier pour aller se livrer au repos; alors le Maître, qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul et à leur discrétion.    

Le Temple avait trois portes : I'une à l'orient, qui communiquait à la Chambre du Milieu et qui était réservée aux maîtres; une autre au Midi et la troisième à l'occident; celle-ci était l'entrée commune à tous les ouvriers; c'était aussi par là qu'HIRAM avait coutume de se retirer après avoir reconnu les travaux du jour. Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres. Après quelques instants d'attente, HlRAM sortit de la Chambre du Milieu pour visiter les travaux, s'assurer, comme de coutume, que ses plans avaient été suivis et exécutés ..Le maître aperçoit un des conjurés, armé d'une règle pesante, embusqué près de là, et lui demande pourquoi il n'a pas suivi les autres ouvriers et ce qu'il veut de lui.

Le compagnon lui répond, avec audace : “Maître, il y a longtemps que vous me retenez dans les rangs inférieurs; je désire enfin de l'avancement; admettez-moi donc au rang des Maîtres”. - Je ne puis, dit HIRAM, avec sa bonté ordinaire, je ne puis à moi seul t'accorder cette faveur; il faut aussi le concours de mes Frères; lorsque tu auras complété ton temps et que tu seras suffisamment instruit, je me ferai un devoir de te proposer au conseil des maîtres.

 “Je suis assez instruit, et je ne veux pas vous quitter que je n'aie obtenu de vous le mot des maîtres ” objecte le Compagnon.                “Insensé ! Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, ni qu'il doit se demander ! Travaille, et tu seras récompensé !”, poursuit HIRAM. .Le compagnon insiste et va jusqu'à la menace. HIRAM, toujours bon, mais également ferme, lui répond avec douceur que c'est en vain qu'il espère obtenir, par ce moyen, la faveur qu’il sollicite. Il fait un mouvement de la main pour engager cet importun à se retirer; au même instant, le scélérat veut lui asséner sur la tête un violent coup de la règle qu'il tient dans la main. Cependant, le coup est détourné par le geste que fait HIRAM et la règle, tombant sur l'épaule droite du maître, cause un engourdissement qui le rend incapable de désarmer son adversaire.  

HIRAM s'avance alors précipitamment pour sortir par la porte du Midi.Mais il y est attendu par le second des conjurés, qui lui fait, d'une manière encore plus pressante, la demande du mot de maître. HIRAM, qui commence à entrevoir le danger qu'il court, surtout s'il est poursuivi par le premier compagnon, se hâte de gagner la porte de l'occident, en faisant le réponse qu'il avait déjà faite à la porte de l'orient. Cependant, il ne fuit pas assez promptement pour éviter un coup de pince que le misérable veut lui porter sur la tête, mais qui ne l'atteint que sur la nuque.

Tout étourdi de ce coup, le maître se dirige, en chancelant, vers la dernière issue du Temple, par où il espère s'échapper. Vain espoir t II est arrêté, de nouveau, par le troisième conjuré. La même demande lui est faite, qui se heurte au même refus.

“Plutôt la mort, que de trahir ainsi le secret qui m'a été confié !” A l'instant, le troisième Compagnon le frappe, au front, d'un grand coup de maillet qui le renverse sur le pavé... Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort.

Le Très Vénérable Maître

Mes Frères ! Depuis le fatal événement qui nous a privé du Maître, le monde est demeuré dans les ténèbres les plus épaisses; tous les travaux sont suspendus. Ne pourrions-nous donc rien entreprendre pour recouvrer la lumière ? Mais, qui ne serait découragé à l'aspect d'un si funeste sort ? Si l'homme d'une vertu si éminente à dû succomber, quel espoir aurions-nous d'être plus heureux ?lui seul, d'ailleurs, possédait le secret de l'oeuvre commencée; qui oserait se présenter pour lui succéder ?

Cependant, mes Frères, ne perdons pas courage ! Après avoir pleuré notre Maître, cherchons ses restes que les meurtriers ont sans doute cachés, afin de rendre à sa dépouille mortelle les honneurs qui lui sont dus. Peut-être recueillerons-nous quelques traces de sa science; la Lumière peut reparaître encore ! Voyagez, mes Frères, de l'occident à l'orient, du Septentrion au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où les indignes scélérats ont pu déposer le corps de notre Respectable Maître ! Les Vénérables Maître Expert et Maître des Cérémonies, suivis de sept Vénérables Maîtres, font par trois fois, dextrorsum, le tour de la Loge. Il s'arrêtent ensuite, de manière que l'Expert se trouve près de la branche d'acacia.

Le second Surveillant (de son plateau)

Cet arbre funéraire, cet acacia, annonce une sépulture. Il n'y a pas longtemps qu'il est planté; peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Respectable Maître HIRAM...

Le premier Surveillant (de son plateau)

Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l'ombre de l'acacia ! Ce lieu désert me porte à croire que ce pourrait être, en effet, le tombeau de notre Maître. Mais, que vois-je? Une équerre et un compas qui paraissent y avoir été placés à dessein, ne me laissent plus aucun doute ! Gardons-nous donc de toucher à cette terre jusqu'à ce que nous ayons averti le Maître ! Que trois Frères demeurent ici, tandis que nous l allons rendre compte de notre découverte. En voyageant vers l'orient nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un acacia qui ombrageait un tombeau dont la terre paraissait encore fraîche; une équerre et un compas, placés par-dessus, nous ont fait penser que c'est là que repose notre Maître HIRAM; mais nous n'avons osé troubler le repos de sa dépouille et nous nous hâtons de vous informer de cette découverte, afin que vous veniez avec nous reconnaître si nos conjectures sont fondées. Trois de nos Frères sont demeurés pour la garde de ce lieu respectable….

EMULATION

La mort d’Hiram Emulation

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure, chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux étaient presque achevés alors qu’ils n’étaient point en possession des secrets du Troisième Grade, conspirèrent en vue de les obtenir par tous les moyens, décidés même à avoir recours à la violence. Cependant, au moment de mettre leur complot à exécution, douze d’entre les quinze se désistèrent; mais trois, d’un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, persévérèrent dans leur projet impie, et, pour le perpétrer, ils s’embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l’Est, au Nord et au Sud du Temple, où notre Maître s’était rétiré pour faire ses dévotions au Très Haut, ainsi qu’il y était accoutumé à l’heure de midi. Ses dévotions terminées, il voulu sortir par la porte du Sud. Mais là, il fut arrêté par le premier de ces misérables qui, n’ayant pu se procurer d’autre arme, s’était muni d’une Règle P...

Il demanda d’une manière menaçante les secrets du Maître Maçon, avertissant qu’un refus serait puni de mort. Notre Maître, fidèle à son serment, répondit que ces secrets n’étaient connus que de trois personnes au monde et que, sans le consentement et le concours des deux autres, il ne pouvait ni ne voulait les révèler. Cependant, il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donnerait, en temps convenable, au Maître méritant le droit de connaître ces secrets, mais que, pour sa part, il préférerait la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qu’on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable asséna un coup violent sur la tempe de notre Maître, mais, déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua son but et son arme glissa sur la tempe droite (Avec sa main d. tenant la R.P. le 2d S. touche la t.d. du Cand. et fait glisser sa m. d’avant en arrière) avec une telle force, qu’il chancela et s’affaissa sur le genou gauche !

Le 1er S. souffle à voix basse au Gand. de s’ag. sur le g. g. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Remis de son étourdissement, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse, sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors le misérable, qui était armé d’un Nivelle, lui asséna un coup violent sur la tempe gauche (avec sa m. g. tenant le Ni. le 1er S. touche la t. g. du Cand. d’avant en arrière) qui l’abattit sur le genou droit.

Le 1er S. souffle à voix basse au Cand. de s’ag. sur le g. d. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Voyant sa retraite coupée sur ces deux points, il s’avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l’Est ou était posté le troisième de ces misérables. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à sa demande insolente car, même en cette heure d’épreuve, notre Maître demeura ferme et inébranlable. Alors le scélérat, qui était arme d’un Maillet Pesant lui asséna sur le front un coup violent le VM. simule le coup en direction du Cand., avec un m., mais en restant assis qui l’étendit, sans vie, à ses pieds.

Au moment ou le VM. simule le coup les SS. étendent le Cand. sur le dos et sur la t. o., b. le long du corps et p.c. Puis les SS. se tiennent debout de chaque côté du Cand., en tête de la t. e., face au VM.

Cette attitude est gardée quelques moments dans l’immobilité totale.

VM.: Les Frères remarqueront que, dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans la situation présente, notre Frère a personnifié l’un des plus nobles caractères dont les annales de la Franc Maçonnerie , fassent mention, c’est à dire Hiram Abiff qui mourut, victime de son inébranlable fidélité au dépôt sacré qui lui avait été commis; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l’esprit du Candidat, ainsi que sur le vôtre, mes Frères, pour le cas où vous seriez vous-mêmes soumis à pareille épreuve.

Nous nous sommes interrompus dans l’exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre Maître Hiram Abiff. Une perte, aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. L’absence de plans et d’instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués aux différentes classes d’ouvriers, fut le premier indice qu’un grand malheur avait du frapper notre Maître.

Les Ménatschim ou Intendants, autrement dit les chefs de chantier, déléguèrent les plus qualifiés au Roi Salomon pour lui faire part de l’extrême confusion dans laquelle l’absence d’Hiram les plongeait, et pour, lui dire qu’ils avaient lieu de craindre, qu’une disparition aussi soudaine et mystérieuse, ne fut la conséquence de quelque catastrophe fatale.

Le Roi Salomon ordonna immédiatement de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois ne répondirent pas à l’appel.

Le même jour, les douze compagnons qui avaient été, à l’origine, associés à la conspiration, se présentèrent devant le roi et confessèrent volontairement tout ce qui s’était passe jusqu’au moment où ils avaient cessé d’en faire partie. Cette confession augmenta, naturellement, les craintes du roi pour la sécurité de son principal architecte. Il choisit donc quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mettre en quête de notre Maître, et de chercher à découvrir s’il était encore en vie, ou s’il avait péri, victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son grade éminent. En conséquence, après avoir fixe la date de leur retour à Jérusalem, ils se formèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route, en prenant pour points de départ les trois portes du Temple.

Bien des jours passèrent en vaines recherches; Une des sections revint même, sans avoir fait de découverte importante. Une autre, cependant, eut d’avantage de succès. Au soir d’un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des Frères, qui s’était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour se relever, la branche d’un arbuste qui se trouvait près de lui. Mais, à sa grande surprise, l’arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s’aperçut que la terre avait été fraîchement remuée. Il appela donc ses compagnons, ils creusèrent la terre et y découvrirent le corps de notre Maître qui y avait été indignement enfoui. Ils le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l’endroit, plantèrent une branche d’acacia en tête de la fosse. Puis, ils partirent en toute hâte, pour Jérusalem, afin d’annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Celui-ci, après avoir donné un premier cours à sa douleur, leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre Maître et de l’honorer d’une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps, il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets du Maître Maçons étaient perdus.

C’est pourquoi il leur commanda d’observer avec attention, tous les signes, attouchements et mots que les Frères échangeraient fortuitement tandis qu’ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l’éminent disparu. Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité. Lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des Frères, en tournant la tête, le VM. se lève remarqua quelques uns des Frères dans cette attitude le VM fait le s. d’H., imité par le Cand. frappés d’Horreur a la vue du spectacle a. et n. qu’ils avaient devant eux le VM. cesse le s. d’H., tandis que d’autres, découvrant l’h. b. encore visible sur le f. de notre Maître, se f. le f., le VM. fait le s. de C. imité par le Cand., afin d’exprimer la compassion qu’ils éprouvaient pour ses souffrances le VM. cesse le s. et s’asseoit.

Deux des Frères descendirent alors dans la fosse, et s’efforcérent de relever notre Maître au moyen de l’Attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os, puis de l’Attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte encore les os.

Voyant qu’ils avaient échoué tous les deux, un Frère zélé et expérimenté, saisit plus solidement le poignet et, aidé des deux premiers, rélève notre Maître au moyen des cinq points parfaites, tandis que d’autres, entraînés par l’émotion, s’écraient Machaben ou Macbena. Ces deux mots out presque le même sens. L’un signifie la mort de l’Architecte et l’autre l’Architecte est mort.

Le Roi Salomon ordonna donc que ces signes accidentels, cet Attouchement et ces mots, serviraient à désigner les Maîtres Maçons dans tout l’univers, jusqu’à ce que le temps ou les circonstances permettent de retrouver les authentiques.

Il ne me reste plus qu’à vous rendre compte de ce qui arriva à la troisième section, qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Joppé, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu’un jour, passant par hasard devant l’entrée d’une caverne ils entendirent des lamentations et des exclamations de remords. Ils pénétrérent dans la caverne pour en chercher la cause, et y trouvèrent trois hommes dont le signalement correspondait à la description des fugitifs.

Accusés du meurtre, et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent in aveu complet de leur crime. Ils furent alors chargés de liens et conduits à Jérusalem où le Roi Salomon les condamna à la mort que justifiait amplement l’atrocité de leur crime.

RITE FRANÇAIS

Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l’usage des instruments, et l’emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux; mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions tout périt ! Le Temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse et par t’immensité de ses connais­sances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya un de ces hommes rares dont le génie, l’intelligence, le goût, la supériorité des talents en fait d’architecture, et la vaste connaissance de l’essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appelait son pare, parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte a 183.300. L’histoire les nomme « prosélytes », ce qui dans notre langue signifie « étrangers admis », c’est-à-dire « initiés ».

A Savoir:

- 30.000 hommes destinés à couper les cadres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois;

- 702000 apprentis,

- 3.300 maîtres.

Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cadres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attou­chements pour se reconnaître entre eux, et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des Apprentis signifie « préparation », et celle des Compagnons signifie « force ». Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord et celle B au Midi, près de la porte d’Occident. On entrait dans le Temple par trois portes celle destinée aux apprentis et, par la suite, au peuple, était à l’Occident ; celle destinée aux compagnons et, après l’achèvement du Temple, aux lévites, était au Midi; et celle destinée aux maîtres et, par la suite, aux pontifes, était à l’Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les apprentis et compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes sous peine d’être puni de mort. L’ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité; la dernière ordonnance de Salomon avait pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, l’observation du sabbat; tout répondait aux voeux de Salomon, par les soins et la vigilance d’Hiram ; le Temple prenait chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jeter un deuil universel. Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu’Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étalent retirés; ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier et le troisième d’un fort maillet.

Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnait. Hiram lui dit: « Malheureux! que fais-tu ? tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforce-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir ».

A l’instant, le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu’il tenait, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Dans ce moment, le Frère Premier Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux.

Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où, il est placé, au Midi tenant la l. g. en éq. à la hauteur du gras de la l. et restant quelques instants sur la l. d.

Le Premier Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l’instant où le Récipiendaire à fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

TR. : Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi ; il y trouva un autre compagnon qui lui fait la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui porta un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou.

Le Frères Expert fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux; il passe la l. g. par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la j. d. en éq. contre le m. de la g.

Pendant ce passage, le Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire un léger coup du rouleau dont il s’était muni.

Le Frère Expert fait faire au Récipiendaire le troisième pas, en portant la j. d. au bas de la représentation, où il vient joindre les deux p. en éq. simple, sur le compas.

Aussitôt, les deux Frères Experts saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire ; pendant ce temps-là le Frère qui était couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre, à côté du tableau, le voile dont il était couvert.

Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat et continue: Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces et, sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort.

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avait tenu caché ; aussitôt les deux Experts qui tenaient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l’était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu et le droit aussi plié en équerre ; la m. sur le c., à l’ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage couvert.

Chacun reprend sa place.

Le T\R\ rallume son chandelier à 3 branches et passe le boutefeu au premier Maître des Cérémonies qui rallume les neuf bougies des 3 grands chandeliers, puis celles des surveillants et éteint les lampes.

TR. : Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

Le Second Surveillant prend avec lui deux Frères qui étaient autour de la représentation; ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre et sondent le terrain avec la pointe de leur glaive, par petits coups irréguliers.

De retour à l’Occident les 2 F\ reprennent leur place; le Second Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

Le Premier Surveillant désigne deux Frères qui étaient autour de la représentation, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sondant la terre avec la pointe de leur glaive.

De retour a l’Occident, les 2 F\ reprennent leur place, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit: le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne part le premier par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre; le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne, part par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils commencent ainsi le tour en se croisant à l’occident: quand ils sont parvenus à l’Orient, le Très Respectable se joint à eux, avec les deux autres Maîtres qu’il a désigné, et tous font trois fois le tour de la Loge , dans le sens des aiguilles d’une montre, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour, le Second Surveillant s’arrête au Nord Est et dit: Très Respectable, je vois une vapeur s’ élever d’un petit espace de terrain approchons.

Ils font le troisième tour, après lequel le Très Respectable s’arrête en face du tableau, à l’Orient, là où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Les deux Surveillants sont à l’Occident aux places correspondant à leur chaire.

Tous les Frères sont debout autour de la représentation.

1° S. : Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit ; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches.

Le Très Respectable feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: Vénérables Maîtres, cette branche n’est pas crûe en cet endroit : ceci me paraît suspect, et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres?

Tous donnent le signe d’approbation et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive qu’il tient de la main gauche, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire ; les huit autres Frères font de même et retirent entièrement le voile tous ensemble vers le Nord. Aussitôt, ils font le signe d’horreur.

Le Second Surveillant s’approche, prend l’index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J...n et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

Le Premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B..z ; il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

Le Très Respectable s’approche du Récipiendaire et dit, en faisant le signe d’horreur, et reculant d’un pas: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

2° S. : Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os.

1° S. : Très Respectable, j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte les os.

TR. : Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux ; de la main droite il lui enserre le poi..., de façon que les pau... des deux mains soient l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’omoplate droite, ayant par ce moyen, est... contre est... ; puis à l’aide des deux Surveillants, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllables du mot. M......n.

 

 

 

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Du meurtre au relèvement

Publié le 26 Septembre 2026 par T.D

J’ai été invitée un jeudi soir de décembre, aux alentours de midi, à la suite d’un meurtre dans le temple de Salomon. Trois surprises m’attendaient ce soir là. La première était de pénétrer dans le temple à reculons, la seconde était de découvrir le temple tendu de noir, désorienté, et la troisième, et non la moindre, d’être soupçonnée du meurtre d’un homme que je ne connaissais pas.

Après disculpation, j’ai pris part à la reconstitution du meurtre d’Hiram. J’ai pris sa place en tant que victime. Morte une première fois avant mon initiation, j’ai vécu une seconde mort.

Le relèvement qui a suivi m’a profondément questionnée. Cette planche retrace le cheminement de ma pensée et le sens que j’ai pu donner à cet acte.

Le Mythe

L’action se déroule dans le temple de Salomon, première version, vers 960 avant JC, alors que les travaux s’achèvent, et qu’ Hiram termine son inspection journalière. En ce qui concerne les protagonistes, d’un côté trois compagnons, contrariés de ne pas être maîtres à l’approche de la fin des travaux. Trois mauvais compagnons dont on ne connait pas le nom, l’âge ou le métier, mais qui, par principe sont mauvais. De l’autre, Hiram, ou plus précisément Hiram Abi, célèbre Architecte, envoyé au roi Salomon par Hiram, roi de Tyr, pour diriger les travaux de construction du Temple. Les armes du crime sont trois outils de chantier : une règle pour un 1er coup porté à l’épaule gauche, un levier pour un 2ème coup porté à l’épaule droite et un maillet pour un 3ème et dernier coup fatal porté à la tête.

Le scénario maintenant : à l’approche de la fin de la construction du temple, trois Compagnons veulent connaitre les mots signes et attouchements des maitres et s’adressent à Hiram. Il aurait pourtant été plus simple de questionner n’importe quel autre maitre ... Trois mauvais compagnons, pas très futés, qui vont laisser des traces de sang dans le temple, qui vont déplacer le corps du mort , pour l’enterrer dans une position à mi chemin entre la position à l’ordre des compagnons et celle des maitres, en laissant des outils à côté de la tombe, et qui iront même jusqu’à marquer l’emplacement de la sépulture d’une branche d’acacia. Et pourquoi pas un panneau indicateur aussi? A première vue, c’est le crime de la bêtise.

Mais une telle accumulation de maladresses devient rapidement suspecte et m’incline à penser qu’il y avait une impérieuse nécessité à retrouver le corps d’Hiram…

Pour finir, la version officielle, sous forme allégorique, se termine sur une leçon de morale où les trois mauvais compagnons représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. Elle oppose le courage et l’incorruptibilité d’Hiram à la bêtise des trois assassins.

Ainsi, il y aurait donc d’un côté Hiram, le maitre exemplaire, et de l’autre trois mauvais compagnons particulièrement stupides et misérables. Le blanc, le noir. La lumière et les ténèbres. Tiens revoilà une association bien connue en F\M\…. Une juxtaposition des contraires qui me pousse à aller de l’avant dans ma réflexion.

Cette reconstitution du meurtre a suscité chez moi beaucoup de questions. Si Hiram était aussi sage et clairvoyant que l’on dit, il aurait dû déceler le complot. Il ne faut pas oublier qu’Hiram a embauché ces ouvriers, les a initiés et même élevés au grade de compagnons. Comment comprendre ce mauvais choix ? En était ce vraiment un ?

Il n’y a pas d’App et de Comp sans Maitre. Un Maitre qui n’a pu instruire que des Compagnons ou des Apprentis meurt avec eux. Mais lorsque le compagnon devient Maitre, alors le Maitre meurt comme la fleur meurt quand le fruit la remplace. Hiram meurt pour mieux renaitre au travers du Comp\ qui va être relevé. Hiram CHOISIT de mourir. En instruisant les mauvais compagnons, il instruit ses meurtriers. En emportant avec lui le mot des maitres, il initie la quête de la parole perdue et enclenche le cycle de sa recherche. Par sa mort, il devient un éveilleur de conscience. En tuant Hiram, et en m’identifiant à lui, je m’intègre et je renforce ce cycle.

Hiram meurt par les trois mauvais compagnons, qui participent ainsi à l’émancipation de l’ensemble des maitres. Dans cette optique, les trois mauvais compagnons et Hiram ne font qu’Un. Comme la fleur et le fruit ne font qu’un. Les trois mauvais compagnons ne disparaissent pas. Ils font partie d’Hiram. Ils sont toujours en nous, on pourrait dire qu’ils se transmutent en Hiram. C’est là tout le symbole de la branche d’acacia. Et l’obligation de retrouver le corps devient alors évidente. Hiram se fait assassiner par lui même. Il ne peut revivre que si son corps est retrouvé.

Il se fait relever par lui même puisque les Maitres qui le lèvent par les 5 points parfaits de la maitrise sont d’autres Hiram relevés. Les mauvais trois compagnons et les trois maitres sont les mêmes. Les trois compagnons et les maitres sont Un, c'est-à-dire l’unité.

La mort d’Hiram est similaire au schéma : mort par assassinat suivie d’une résurrection, opéré par Osiris et Seth

C’est une association paradoxale mais pourtant inséparable, une dualité réussie, un équilibre entre le civilisé et le barbare, qui s’opère en chacun de nous. En tuant son frère, Seth détruit ses formes révolues pour provoquer une mutation de son être. Il ne le verrouille pas, mais le libère de ses blocages, de son horizontalité. Il assure ainsi la dynamique de ses cycles régénérateurs.

Le Relévement

Grâce aux mauvais compagnons que je suis, je suis morte à moi même. J’ai quitté le plan horizontal pour être relevée. Je suis passée de l’équerre au compas. Les mauvais compagnons sont en moi, je me reconnais en eux comme en Hiram. Je dois apprivoiser ma part d’ignorance, de fanatisme et d’ambition. Espérer les faire disparaitre est pure chimère. Seth ne disparait jamais. Horus ne le tue pas. Et c’est un choix délibéré.

La force et la volonté qui émane des seuls Trois compagnons passés à l’acte, comme l’agressivité Séthienne doivent être jugulées, canalisées, contrôlées, pour être utilisée à de meilleurs dessins.

La mythologie Egyptienne là encore, me montre la voie, en plaçant Seth, l’Agressif, en protecteur, à la proue de la barque solaire, en lutte perpétuelle contre le chaos et le serpent Apophis.

Je dois apprendre à canaliser mon agressivité, à l’éduquer pour ne pas être emportée par elle. Apprivoisée, cette part destructrice sera, pour moi, une source d’énergie vitale et de dynamisme créateur. Les ténèbres et la lumière sont une seule et même chose.

Par la marche du M.M\, je suis passée de l’équerre au compas. Alors qu’App.App\ ou Comp.Comp\, ma marche se faisait sur un plan horizontal, vers l’avant, vers la lumière, désormais je change de dimension. La dimension spirituelle s’ouvre à moi. Je n’ai pas été relevée à l’issue de voyage. C’est la Maitrise elle même qui devient le voyage. Elle est même plus que cela.

Mes voyages de Comp.Comp\ n’avaient pas de but précis. L’errance n’était pas loin. J’ai mis du temps à comprendre que le voyage était avant tout intérieur et que c’est avant tout moi même que je cherchais. Désormais j’ai une quête à poursuivre. Celle de la parole perdue, celle de rassembler ce qui est épars. Mais est ce si différent de ma recherche précédente?

Je suis DEBOUT maintenant, sans Surveillant, en capacité pleine et entière d’agir, responsable de mes actes. Libre de parcourir le temple et le monde. A la merci des mauvais compagnons que je porte, mais aussi portée par la force d’Hiram dans lequel je me reconnais.

L’une des principales choses qui m’ait été transmise, c’est la possibilité de me révéler à moi-même. Quand je prends conscience de ce que je suis, de mes zones d’ombre et de lumière, je peux me développer, m’épanouir, selon mes désirs et mes capacités. Passer de la matière à l’esprit, de l’affectif au fraternel. Je dois conserver des mauvais compagnons la volonté de progresser, mais écarter ma violence, mes passions et mes vanités. Être en capacité de séparer l’essentiel de l’accessoire, le matériel du spirituel, voilà mon travail en chambre du Milieu.

Si je suis en capacité de faire cela, alors les forces en apparence opposées se résoudront dans l’Unité, dans l’axe vertical.

Debout, je suis un axe entre la terre et le ciel. Entre l’équerre et le compas. Entre l’ordre de la nature et celui de l’esprit. Juste milieu si difficile à réaliser et maintenir individuellement. Ce relèvement marque le dynamisme vainqueur de l’inertie. Je suis sortie de la léthargie de la mort. Je suis vivante, je suis debout. Mon chaos intérieur est, pour un instant, vaincu. Comme le pilier Djed, redressé lors de la résurrection d’Osiris, l’ordre intérieur est rétablit. ORDO AB CHAOS.

J’ai été reçue en chambre du Milieu. Ce qui m’a été donné, je dois non seulement le rendre, mais avant tout le faire fructifier. Je suis Hiram désormais et sa mission devient mienne. J’ai un Temple à construire. J’ai des devoirs.

Car Hiram n’a pas ressuscité. S’il se réincarne dans le corps du nouveau Maitre que je suis, c’est parce que JE CHOISIS de m’identifier à lui. Pas parce que je suis habitée ou hantée par l’esprit du maitre assassiné. J’agis par Devoir et non par Obligation car je le fait de ma libre volonté. En faisant ce choix, je fais vivre le mythe. Celui de la transmission.

Transmission et cycles

S’il fallait retrouver la tombe et le corps d’Hiram, c’est pour le relever, pour me relever. Hiram est mort pour renaitre à travers moi. Je devais être relevée pour intégrer le cycle.

Car le 3ème degré, plus encore que les précédents, renvoie aux cycles. Au passé, par la marche à reculons. Au futur, par le relèvement qui m’a fait mourir pour grandir.

Je sais désormais qu’il y a un temps pour chaque chose. Un temps qui me fait vivre plusieurs vies simultanément : je suis éplorée par le meurtre que j’ai moi-même commis, je suis le gardien d’un tombeau où j’ai enseveli un corps que jadis j’occupai. Le jeune maitre que je suis a conscience de tous ces cycles : je suis dans le passé, le fruit de l’amour des Maitres qui m’ont précédée et m’ont instruite, le présent car j’ai la responsabilité de la construction du temple, et le futur par la transmission que je dois opérer vers les App.App\ ou les Comp.Comp\.

Quelle est la différence fondamentale entre la mort/renaissance de l'initiation au premier degré et celle de l'exaltation au 3ème ?

Dans le premier cas, le F\M\ renaît EN LUI-MÊME, après avoir traversé l'épreuve de la terre c'est-à-dire un voyage en lui-même.

Dans le deuxième cas, il renaît EN L’AUTRE. Il le fait après avoir connu la trahison, mais il le fait GRACE aux autres, pour se réincarner, non dans un message, mais dans une œuvre collective.

A mon sens, et c'est ce que j’ai découvert en tant que surveillant, en Maçonnerie, il y a non seulement une résonnance à trouver en soi, pour chacun de nos symboles, mais également à trouver dans la démarche initiatique elle même.

Après être mort à ses certitudes, avoir envisagé le fait que la lumière était chemin, avoir été à la rencontre des vérités des autres, avoir connu le doute, la trahison (celle souvent anecdotique des autres, celles, plus ennuyeuses de ses propres convictions), le M.M\ peut espérer sa survie dans l'autre. Comme ce n'est pas un gourou et qu'il ne s'agit pas de se réincarner dans quelques doctrines ou la foi de quelques fidèles, cette préservation, c'est grâce au travail des autres, dans la valeur et le sens qu'il saura donner à ce travail, qu'elle s'opère.

Il a fallu 3 MM pour relever Hiram. Ce relèvement c’’est la fraternité mise en acte. Isolée, je ne suis rien. J’ai été relevée par les 5 points parfaits de la maitrise, par l’action collective des M.M\ qui m’ont précédée et qui vont à travers moi, donner vie au travail qu’ils ont accompli.

Ainsi, au travers de cette transmission, le fil ténu qui lie les parts de vérités mises à jour au cours du temps, par les F\M\, court, de générations en générations et le Temple s’élève.

En me permettant de retrouver en lui I'Hiram qui sommeille en chaque initié dont la conscience est transcendée par la mise en œuvre du rituel, ce mythe m’apprend l'éternel recommencement de la vie en montrant que la mort d'un maître humain, aussi inspiré fut-il, est immédiatement suivie par la venue d'un nouveau maître auquel est transférée la capacité de ramasser les outils déposés par le précédent afin de poursuivre l’œuvre qui n'est jamais achevée.

Ce mythe constitue également une formidable leçon d'humilité en ce qu'il traduit de manière opérative l'impermanence et la relativité de la grandeur, réelle ou supposée, des hommes même les plus vertueux et les plus remarquables.

Conclusion

« Je sui mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner,
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de SE donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est RIEN
Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on VIT. »

René Daumal

Lors de mes impressions sur la cérémonie d’exaltation, je vous avais fait part de l’immense joie qui m’avait envahie, de voir ce soir là, réunis dans ce temple, tous les M.M\ qui avaient œuvré de près ou de loin, à mon instruction.

Avec le temps, je réalise que l’amour, solide et sincère, que vous me portez, me change profondément. Il m’a fait intégrer un cycle vertueux où je me construis PAR et AVEC vous.

Ce soir de décembre, il n’y pas eu de révélation. Juste une transmission. Celle d’une quête qui me concerne et m’est intime, mais aussi d’une autre bien plus grande, qui me nourrit et où je ne suis qu’un maillon.

Une chaine qui existait bien avant moi et qui perdurera bien après, mais à laquelle je choisis de travailler, car, debout, devant vous, ce soir de décembre, du meurtre au relèvement, l’amour a été plus fort que la mort.

T\R\M\ j’ai dit.

 

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Nécéssaire ... La Mort de notre Maître Hiram ?

Publié le 26 Septembre 2026 par T.D

Introduction

Dès notre entrée en F\M\, nous nous accoutumons à l’idée de mort et de renaissance.
Dans notre première épreuve dans le cabinet de réflexion, la mort est déjà présente. Le crâne et le testament philosophique nous invitent déjà à nous  libérer de composantes profanes, matérielles, intellectuelles, qui parent notre ego.
Mais à côté de ces symboles de mort, nous retrouvons le coq annonciateur de la lumière qui nous rappelle que passer une certaine mort permettra sans doute de renaître à une vie nouvelle.

Et c’est ainsi que dès notre arrivée nous savons que la mort est nécessaire afin de mieux renaître.

Mais comment parler de la mort d’Hiram sans revenir à sa propre élévation.

Lors de cette cérémonie, j’entrai à reculons, où je m’éloignai de l’étoile : plus rien n’était plus à sa place.
Mais pire encore et chose horrible, on me soupçonnait d’être un mauvais Compagnon.
J’étais suspect et j’ai dû apporter la preuve de mon innocence et cela malgré que « Mes mains  fussent pures et mon tablier sans tache ».
Après cette vérification, une nouvelle épreuve m’attendait : l’ordalie (1). Par la marche du Compagnon, je me retrouvais dans l’équerre à la tête d’un corps et là, horreur, on me montrait le cadavre du meilleur de nos Frères « Hiram ».
Alors, pour preuve de mon innocence, par le «jugement de Dieu » on me fît enjamber le corps par une marche de trois pas en arc de cercle et traçant un volume. Remarquons que jusque là, tous nos pas étaient horizontaux, dans l’axe pour les apprentis, dans le plan pour les compagnons : inconscience, transgression première ou audace ?

La nouvelle dimension dans cette marche du maître appelle à la verticalisation de l’esprit ce qui nous est rappelé par la notion de « passer de l’équerre au compas ».

Après cette épreuve, le T\V\M\commença le récit des circonstances du crime qui avait été commis.

Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur cette notion de crime que je nomme plutôt assassinat. Assassin est de la famille de l’arabe hachich et de son dérivé hachuchiya « buveur de hachisch » nom donné aux membres d’une secte du XIè s. que leur chef fanatisait en leur faisant boire du hachisch et qui, assassinaient souvent des chefs chrétiens ou musulmans.
Et, en droit pénal, la définition d’assassinat est un homicide volontaire avec préméditation ou guet-apens.
Notre rituel nous donne l’information suivante :
« Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le Maître échappait à l’un il ne pût éviter les autres. »

Nous sommes bien dans une notion de guet-apens, donc d’assassinat.
Et là plusieurs questions se posent à moi :

Comment Hiram savait-il que ces trois Compagnons n’étaient pas encore prêts ?
Pourquoi ne pas avoir donné un faux mot de passe ?
Je crois aujourd’hui que les réponses à ces questions, nous viennent de l’acte même et de la menace faite par ces trois mauvais compagnons.

En effet, par cette attitude, ils représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition, qui correspondent à des traits et à des pulsions de tout homme obstiné par des objectifs de puissance et de gloire, ou simplement imbu de satisfaction personnelle imméritée. Attitudes que nous cherchions à dominer pour vaincre notre propre nature et avancer sur le chemin de la vérité : « Que venons-nous faire ? Vaincre nos passions … »

Imaginons que les trois mauvais Compagnons aient obtenu le mot du Maître.
Ils auraient le savoir, mais est-ce suffisant ?
« Posséder » le savoir est certes nécessaire, mais non suffisant. Il nous faut aller plus loin pour  découvrir la connaissance, qui ne s’approprie ni par la force ni sans mérite.
Les trois mauvais Compagnons n’auraient donc créé que confusion, désordre et les travaux seraient très vite remplacés par le chaos.

Soudain, les deux surveillants m’ont renversé dans le tombeau après que j’ai reçu à mon tour les trois coups transgression ultime des trois mauvais Compagnon ;
Le 1er  coup avec la Règle qui pourrait symboliser la loi que le mauvais compagnon a transgressé (CORPS).
Le 2ème coup avec la Pince sur la nuque domicile de la transmission de la pensée (AME)
Le 3ème coup fatal avec le Maillet, sur le front, siège de l’intellect (ESPRIT)

Athanor

Je suis allongé dans ce tombeau ou devrais-je parler d’athanor ? En effet, c’est une véritable alchimie qui s’opère en nous.

« La chair quitte les os », nous dit le Second Surveillant qui essaie de soulever le corps par l’attouchement de l’apprenti. Mais impossible, l’état de putréfaction est déjà très avancé.

« Tout se désunit », nous dit le Premier Surveillant, qui à son tour tente de soulever le corps par l’attouchement du compagnon. Mais là encore, en vain. Il ne reste plus que l’os et le processus de dissolution est en œuvre.

Alors pour retrouver la verticalité le T.V.M. déclare : « Souvenons-nous, mes Frères, que seuls, nous ne pouvons rien. Aidez-moi ! » 
Et c’est ainsi que le T.V.M., avec l’aide des deux Surveillants et grâce aux cinq points parfaits de la Maîtrise, attire à lui le cadavre. Il lui souffle à voix basse « MOABON » le mot sacré substitué, Moab signifie en hébreu « issu du père » et ben « fils du père » . Il fait resurgir la vie et redonne corps à l’esprit.

Cette mise en pratique est l’exaltation symbolique du rassemblement de ce qui est épars; c’est  le début du coagula alchimique.

 

Le mythe d’Hiram a été très souvent abordé et a conduit à de nombreuses interprétations. Maître Jacques et le Père Soubise travaillent sous sa direction à Jérusalem.

La mort d’Hiram apparaît en 1730 dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Pritchard. Rompant avec la stricte Maçonnerie de métier et tout en s’appuyant sur les faibles traces des textes sacrés, une magnifique légende a été créée plaçant la mort d’Hiram sur un plan initiatique, ayant pour thème la mort et la résurrection. Influence de la mort du Christ ?

Ou de celles d’Osiris, de Maître Jacques, provenant du complexe d’Œdipe ?

Nous n’avons aucun document sur l’origine du récit mais cet homme instruit meurt injustement sous l’effet d’une violence aveugle.

N’est-ce pas un sacrifice permettant à l’architecte de devenir le « Maître éternel » ?

Les trois mauvais compagnons qui ne bénéficient pas du mot du Maître, sont la cause inconsciente de sa résurrection : « Le Maître est retrouvé et il reparaît plus radieux que jamais ». On songe à la mort annuelle du roi, ce qui permet la renaissance de la végétation, la fertilité du pays : Frazer a développé les aspects de ce mythe.

On évoque peu en cette fin des travaux un « sacrifice de fondation » où un être était sacrifié pour assurer la stabilité de l’édifice, ni celui du maître architecte qu’on tue afin qu’il ne puisse communiquer les secrets de sa construction. Nous sommes à l’achèvement d’un temple dont les plans ont été établis par Dieu et où tout est sacré : Nous nous élevons vers des valeurs spirituelles.

Cependant cet édifice est-il absolument pur ?

Sacré il ne peut être construit que par une main-d’œuvre « libre et de bonnes mœurs » instruite dans la religion juive.

Or le peuple d’Israël jusqu’ici nomade ne sait pas réaliser de tels travaux, il a recours à des ouvriers compétents venus de différentes régions mais qui adorent un autre Dieu : Ces ouvriers immigrés, avec un chef Hiram lui-même étranger par son père, peuvent-ils construire valablement pour un Dieu qui leur est extérieur ?

Le sang d’Hiram peut être un sacrifice qui remédie au sacrilège : Est-il le bouc émissaire ? Jésus est frappé à mort à cause de nos péchés. Ainsi nous sommes les véritables responsables de ces drames.

Cette légende a pu être connue des constructeurs médiévaux, mais nous n’en avons aucune preuve. Dans la légende des Quatre fils d’Aymon, Renaud de Montauban est tué car ce compagnon trop fort, trop parfait, trop travailleur, risque d’apporter un préjudice à leur profession. En 1723, les Constitutions d’Anderson ne mentionnent pas la mort d’Hiram ; l’édition de 1738 paraît l’évoquer avec ce vague troisième degré établi à Londres en 1726, mais en effet c’est dans le manuscrit Graham de 1726 que l’on trouve la mention du cadavre relevé. Le rituel des « Trois Coups Distincts » évoque une cérémonie semblable qui aurait été pratiquée par les loges des Ancients, donc vraisemblablement avant 1717. En réalité ce n’est qu’en 1730 que la mention du meurtre d’Hiram apparaît dans Masonry Dissected de Prichard. Les êtres qui apportent l’amour meurent sous la violence, comme Abel, Osiris, Maître Jacques, mais aussi comme Gandhi et principalement Jésus.

Il peut paraître qu’Hiram n’a pu ou n’a su transmettre sa connaissance et qu’ainsi une quête doit débuter pour rechercher tout indice sur la Parole qui semble perdue.

Tout risque de disparaître avec cette mort. Il est cependant dit « que le maître est retrouvé entre l’équerre et le compas et il parait plus radieux que jamais » ; il n’a aucune apparence de souffrance ou de regret mais exprime l’image du repos, après le travail bien accompli.

 

On donne des nombres bien symboliques à la tombe de l’architecte : Trois pieds de large, cinq de profondeur et sept de long. A la tête du tombeau est placée une branche d’acacia et une équerre ouverte à 90° sur l’occident ; le compas placé aux pieds est également ouvert vers l’occident.

Avec la mort d’Hiram, la franc-maçonnerie, plongée dans le deuil, revêt son temple de tentures noires. Le Vénérable descendu de son trône et ses deux surveillants jouent les rôles des trois félons », « trois mauvais compagnons » qui cependant appartiennent à l’ordre en recevant deux investitures. Les trois mauvais compagnons prennent les noms d’Ignorance, Fanatisme et Ambition, ou Jubelas (à la porte du Sud), Jubelos (à celle de l’Ouest), Jubelum (à la porte de l’Est) ; d’après Gérard de Nerval ce sont Olem, Sterkin, Hoterfut. Leurs noms varient selon les rites ; on trouve Jubela, Jubelo et Jubelum ; Giblon, Giblas et Giblos ; Abiram, Romvel et Hobden ; Starke, Sterkin et Oterfut… Ceux-ci expriment des vices caractéristiques : Ils n’ont pu s’intégrer dans l’esprit de la recherche et ils se révoltent contre leur Maître qui subit un échec dans sa maîtrise. Etrangement ces meurtriers sont représentés par les trois premiers officiers de la loge.

D’après le document Latonia cahier 12. (Maçonnerie des Hommes, Kloss XXXIV – 2p.107-127), intitulé Histoire des trois Elus Irlandais, il semblerait que les trois meurtriers ainsi désignés aient donné naissance à un système de trois grades. Il faut qu’il y ait un crime rituel pour qu’Hiram accède à sa véritable dimension. Les trois mauvais compagnons abattent leur maître avec trois nobles instruments : La règle qui l’atteint au bras droit, l’équerre qui le touche au cœur ou à l’épaule gauche, le maillet qui l’assomme, ce coup étant porté à la tête. Enterré furtivement par ses meurtriers, le corps étant bien orienté avec les pieds à l’Est, il n’est découvert que grâce au rameau d’acacia.

Connaître l’acacia indique que l’on est initié aux mystères du 3e degré.

Comme le suggère Michel Saint-Gall la mort d’Hiram paraphrase la mort du Christ qui elle-même apparaît selon les plus antiques civilisations dans le trépas d’un dieu. Celui qui est exalté au 3° degré du REAA devient Hiram et il est couché dans un cercueil, les pieds à l’Orient, la tête à l’Occident, comme le défunt entre dans l’église catholique.

Hiram, symbole de la connaissance toujours renaissante, par sa mort rituelle devient le prototype de l’initié alors que sans ce drame affreux il ne serait resté qu’un ouvrier habile qui aurait eu 170 000 ouvriers sous ses ordres. Mais ce grand architecte serait mort comme un simple mortel, à qui on aurait peut être rendu des honneurs éphémères, alors que maintenant il revit dans chaque nouvel initié…

On établi une correspondance entre les morts d’Hiram et d’Osiris, plus particulièrement au RER (Régime Ecossais Rectifié), alors qu’au rite Emulation on ressent une influence Compagnonnique bien que cette légende ne semble y apparaître que tardivement.

Cependant aux 4°, 5° et 12° degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté (Maître secret, Maître Parfait, Grand Maître Architecte) on lui construit un mausolée et on s’interroge, non plus sur sa renaissance, mais sur le fait de la perte de la Parole et l’inachèvement du Temple dont les plans paraissent égarés.

Ce sacrifice crée une rupture dans le ternaire Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi : Il faut être trois pour ouvrir le coffre, pour former le triangle mystérieux, pour posséder le Mot qui paraît être perdu puisque la parole ne circule plus.

 

Nous voici dans les ténèbres. Pour retrouver l’éclat premier il est nécessaire de reconstituer ce ternaire : le récipiendaire se substitue à Hiram Abi, subit le sacrifice mythique, connaît l’acacia signe d’immortalité et le mot « substitué » qui lui permet d’entreprendre la quête de la Parole hélas ! perdue.

Grâce au mythe, Hiram devient l’homme parfait, l’ouvrier modèle et il prend la stature du grand initié, du Maître dont la mort alimente les premières légendes des Hauts Grades. Au 6e degré (Secrétaire Intime), Joaben en apaisant la querelle entre Salomon et Hiram de Tyr, permet l’établissement d’une nouvelle alliance mais ne remplace cependant pas le Maître architecte. Dans la 9° arche Guibulum (Grand Elu Parfait et Sublime Maçon 14° degré) en retournant la Pierre d’Agate, atteint le Centre spirituel connu par Hiram.

Mais j’était innocent, alors pourquoi me sacrifier à cette mort  ?
Comme toujours dans notre Rite, cette mort est nécessaire pour notre élévation vers l’Esprit.
Ainsi, par son sacrifice, le compagnon provoque une hiérophanie, c’est à dire une irruption du sacré dans le profane qui le transcende. Cette prise de conscience d’un passage à quelque chose de supérieur, permet de vaincre toute forme d’angoisse face à la mort. Ainsi « La vie est dans la mort et la mort est dans la vie »

Cette mort nous permet la maîtrise des contraires (vie et mort, victime et tortionnaire, les trois lumières et les trois mauvais compagnons).

Conclusion

Tout ce qui vient d’être dit permet-il de conclure que la mort d’Hiram, est-elle nécessaire ?
Oui, la mort d’Hiram me semble  nécessaire. Sans cette mort, cette mort acceptée, le seul voyage du suspect (l’enjambement du cadavre) ne pourrait se faire, ce dernier ne pouvait passer de l’état de suspect à celui d’Initié.
A celui d’Initié, car cette mort, de par les outils utilisés par les trois mauvais compagnons, s’effectue sur les trois plan de l’Etre : Corps – Ame - Esprit

La transgression primordiale fonde le mythe et rassemble les hommes dans la mémoire de la tradition dans un processus de filiation.
Le fils renaît dans le père et c’est ainsi que tous les Maîtres reprennent vie nouvelle en revivant le sacrifice d’Hiram.
Hiram l’homme fidèle au devoir, qui préfère mourir plutôt que faillir à sa tache.

 

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Assassinat d’Hiram : quand le Diable se cache dans les détails

Publié le 25 Septembre 2026 par T.D

  • Par JC Nehr

La légende d’Hiram, comme toute légende, fonctionne selon le même schéma en trois étapes: la première propose un récit imaginaire, invraisemblable mais porteur d’un enseignement voulu par l’auteur du récit; la deuxième donne le sens immédiat à l’histoire, en relation avec elle, sens en général moral, sociétal, philosophique ; la troisième, comporte une ou plusieurs interprétations plus ou moins cachées, qu’il nous faut découvrir.

Le Livre d’heures de C. de Clèves, l’arbre de vie sur la tombe d’Adam (1442-45), in La Chaîne d’union Hors-série Hiram le passeur d’idéal

L'image représente une scène en noir et blanc. Au centre de l'image, un arbre solitaire se dresse, ses branches s'étendant vers le haut. L'arbre est situé sur une plaine, avec un horizon lointain visible en arrière-plan. À la base de l'arbre, il y a un crâne, symbolisant la mort et la temporalité. Le crâne est positionné de manière à sembler regarder vers le haut, vers l'arbre. L'atmosphère générale de l'image est mélancolique et contemplative, évoquant des thèmes de vie, de mort et de passage du temps.

Le récit imaginaire

L’histoire d’Hiram et de son funeste destin est bien connue, elle est l’élément fondamental du grade de Maître et sert de support aux rituels d’élévation des francs-maçons à ce grade. Le récit comporte trois phases : il débute par l’assassinat d’Hiram, se poursuit par la recherche de son cadavre et s’achève par la poursuite et le châtiment des assassins. On ne s’intéressera ici qu’à la première phase, l’assassinat d’Hiram que l’on peut résumer en quelques mots : non pas « la bourse ou la vie », mais : « le mot ou la mort ! » Les rituels ont varié et varient encore selon les Rites et les époques, le plus souvent sur des détails de forme, mais parfois ils introduisent des modifications importantes qui changent le sens du récit, comme nous le verrons. J’ai donc choisi de prendre comme texte de référence du Rituel d’élévation à la maîtrise, celui du Régulateur du Maçon de 1801 texte qui fait autorité. Que nous dit ce Régulateur sur la situation : « Les ouvriers divisés en trois classes, avoient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnoitre entr’eux et recevoir la paye proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres » Vient la préméditation : «Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître à l’aide des signe, parole et attouchement qu’ils espéraient se procurer à force ouverte ». Vous connaissez la suite et la fin : « Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrette, dirigea ses pas vers la porte d’Occident ; il y trouva un

Description de l'image : Le dessin représente un bouclier avec plusieurs illustrations distinctes. En haut à gauche, il y a une figure humanoïde avec des bras tendus tenant des objets, entourée d'étoiles. À côté, à droite, se trouve une tour avec des gouttes tombant d'en haut. En bas, trois squelettes sont représentés : l'un tient une faux, un autre une masse, et le troisième un bâton. Le bouclier est bordé d'une ligne noire épaisse.

Et, devant le refus d’Hiram d’accéder à leur demande les compagnons le tuent. Deux points de détail à préciser : un, on emploie indifféremment le terme « mot » et « parole » pour désigner le terme qui sert à payer les maîtres. Deux, les termes utilisés, « signe, parole, attouchement » figurent soit au pluriel, soit au singulier et parfois même au singulier et au pluriel et cela dans le même rituel. Exemple le rituel de 1858 : « Trois mauvais compagnons… formèrent le complot… d’arracher les mots, signes et attouchement de Maître » ; et quelques lignes plus loin, on lit : « …le premier compagnon qui lui demanda le mot et le signe de Maître »

Les enseignements: le premier fait d’Hiram un modèle de courage et de qualités, le deuxième est un exemple de lutte des places, pour obtenir celle de Vénérable Maître, le troisième, la recherche des grands secrets cachés dans le mot de maître, et enfin, le quatrième : l’assassinat nécessaire d’Hiram qui devait disparaitre pour assurer la cohérence du parcours maçonnique tel qu’il existait dans sa globalité à la fin du XVIIIe siècle.

Le sens immédiat est évident: C’est celui décrit par les rituels ; Hiram, le héros, choisit la mort plutôt que révéler aux trois compagnons qui l’attaquent, le mot qui permet d’obtenir la paye des maîtres. Cette attitude met en valeur le courage et la grandeur morale d’Hiram qui préfère la mort à la violation du serment qu’il a fait de ne jamais rien révéler. Au compagnon qui le menace, Hiram répond : « Malheureux ! Que fais-tu ? Tu sais que je ne peux ni ne dois te les donner… » Ce comportement doit servir de guide à tous les francs-maçons. Le sens évident est certes un peu banal. Il existe de meilleures histoires, réelles celles-là, pour raconter la valeur du sacrifice de sa vie pour respecter un engagement ! On pensera par exemple au sacrifice du député franc-maçon Alphonse Baudin, le 3 décembre 1851. Pour montrer qu’il ne combat pas le coup d’état du prince Napoléon pour défendre son indemnité parlementaire de 25 francs par jour, le député Baudin prend un drapeau tricolore, monte sur une barricade et lance à ses critiques : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ! », et Baudin tombe mort, fauché par le tir des soldats. La conduite d’Hiram semble en plus manquer de courage et d’intelligence. Manque de courage : Hiram est un adepte du : « courage fuyons ! » En effet, on lit dans le rituel de maître (Régulateur), lors de l’agression subie par Hiram : « Hiram voulut chercher son salut dans la fuite… » et, plus loin : «…mais à l’instant où il voulut s’enfuir. » Manque d’intelligence, enfin : Hiram aurait pu donner n’importe quel mot « sacré », aux compagnons, ceux-ci ne le connaissant pas, ne pouvaient pas savoir si c’était le bon mot qu’Hiram leur donnait ! Ainsi, Hiram sauvait (peut-être) sa vie et pouvait alors alerter les gardiens du Temple!

La lutte des places

Dans les rituels d’origine et pendant plus de cent ans, la demande des compagnons visait simplement à avoir le « mot » leur permettant d’obtenir la même paye que celle des maîtres. Dans les années 1900, une formulation nouvelle est apparue, et reste présente dans les rituels de 2002, le rituel actuellement en vigueur au GODF. La demande des compagnons n’est plus seulement : « Donne-moi, les mots, le signe et l’attouchement de Maître », mais devient: « Il y a assez longtemps que je suis compagnon : je veux être maître comme toi. Donne-moi, les mots, etc. » Or, cette version implique un changement radical du sens de l’histoire : jusqu’alors les trois mauvais compagnons voulaient seulement obtenir la paye des maîtres, mais là, maintenant, les trois futurs assassins veulent plus : ils veulent non seulement obtenir le statut de maître ordinaire, mais aussi, ils veulent aussi être « maître comme Hiraam », c’est à dire en obtenir le statut, et en plus prendre sa place. Ils veulent passer directement de compagnon à Hiram ! Or, il existe une différence de nature entre Hiram et les maîtres ordinaires, différence symbolisée par le fait que c’est Hiram qui donne le mot (la parole), alors que tous les autres le reçoivent. Hiram est donc le maître des maîtres, il n’y a qu’un Hiram. Or, il en est de même en loge où il n’y a qu’un Vénérable Maître : Hiram dirige les travaux du Temple et commande les ouvriers, et le Vénérable Maître dirige et commande les Frères de la loge et c’est lui qui donne la « parole ». Et, il n’y a qu’un Vénérable Maître. Alors, faudrait-il le tuer, comme le suggère le rituel, pour prendre sa place? Merci Dr. Freud pour la réponse.

Mot de Maître, parole perdue et grands secrets

Pour de nombreux docteurs ès maçonnerie, le mot de Maître, non seulement permettrait d’obtenir la paye de maître mais encore, il serait porteur de grands secrets détenus par Hiram. Et, Hiram mort, ses secrets seraient perdus. En fait la question parait étonnante, car la parole du Maître n’est pas du tout perdue. En premier lieu, ce mot de Maître, est connu non seulement d’Hiram, mais aussi des 3300 autres maîtres présents sur le chantier du Temple ! Ensuite, il a été simplement remplacé par les maîtres qui ont découvert le corps d’Hiram, car ils avaient peur, qu’Hiram ait, si l’on ose dire, « mangé le morceau » (ce qui montre, en passant, la grande confiance que les maîtres avaient en Hiram). De plus il figure de manière allusive dans le Régulateur du Maçon et explicitement dans le rituel du grade de Maître d’une loge rattachée au Directoire Ecossais de Strasbourg . Je cite le Régulateur : « il fit incruster dessus un triangle de l’or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle, l’ancien mot de maître, qui étoit l’un des noms hébreux du GADLU… » Je cite encore le rituel du Grade de Maître de la loge du Directoire Ecossais: « et il assigna aux Maîtres la chambre du milieu pour y recevoir le leur, le mot des Maîtres fut Jehova. »

Et malgré cela nombreux s’accordent à dire que la « parole » est perdue. Mais de deux choses l’une : ou bien le secret est perdu ou il ne l’est pas ! Cette histoire d’un secret perdu sans l’être tout en l’étant n’a pas de sens, mais elle constitue une mine intarissable de textes obscurs qui font la joie et le bonheur de nombreux francs-maçons, la fortune des éditeurs et le massacre de trop nombreux arbres ! Le problème est apparemment insoluble. Mais, en fait, une solution est, peut-être, possible : pour cela, il faut que le mot de maître soit un mot à double ou triple sens. Un exemple tiré de l’histoire des premiers chrétiens permettra de bien comprendre le problème : on sait que les premiers chrétiens avaient pour symbole le poisson, car en grec ancien, le mot poisson « ichtus » est l’acronyme de Iesus Christos Theon Uios Sauter, soit « Jésus Christ fils de Dieu sauveur » ce qui permettait aux membres de la secte chrétienne de se reconnaître. Imaginons qu’au nouvel adepte on dise : « Pour te faire reconnaître comme chrétien ou bien tu diras le mot « poisson », ou bien tu en dessineras un ». On aurait là un mot de reconnaissance comme celui utilisé par les maîtres pour se faire payer. Mais pour une minorité de chrétiens initiés ce mot « poisson » pourrait avoir une autre signification et pourrait alors désigner aussi le Christ et sa doctrine. Et cette signification serait alors totalement ignorée des adeptes ordinaires. Alors, de la même manière, le double sens du mot de maître, ne pourrait n’être connu que de quelques privilégiés et serait alors bien perdu. Mais, pour nous, le problème resterait insoluble, car nous ne saurions pas quel serait ce deuxième sens, cette doctrine cachée sous le mot sacré des Maîtres, et nous ne le saurons jamais, car si nous l’apprenions, alors, il n’y aurait plus de secret !

Quelles solutions ont alors proposé les spécialistes des rituels et des symboles pour trouver ce qui n’existe pas ? Je parlerai simplement de deux approches fort ingénieuses : la première est décrite par Irène Mainguy, je cite : « Cette parole en maçonnerie est considérée comme perdue parce que, selon la légende, Maître Hiram a emporté son secret dans la tombe. Et pourtant cette parole ne peut être complètement perdue parce qu’il faut que trois maitres la connaissent pour qu’une loge soit opérative… Tous les trois (Salomon, Hiram de Tyr et Hiram) connaissent donc le mot sacré, mais il leur est impossible de le transmettre séparément, c’est pourquoi Salomon et Hiram de Tyr n’avaient plus la possibilité de transmettre ce mot dans les conditions requises après la disparition d’Hiram abi » Donc, sans Hiram, on ne peut plus transmettre le mot de maitre. La quête du sens perdu sera donc éternelle !

Cette image en noir et blanc représente une peinture à l'huile sur toile intitulée "Tableau de Loge au 3e degré". L'œuvre est exposée au Musée de la GLUA à Londres. La peinture montre une scène avec des éléments symboliques et des inscriptions. Au centre, il y a une plaque rectangulaire avec des lettres et des symboles gravés, incluant des lettres stylisées et des motifs décoratifs. La plaque est tenue par une main, suggérant une cérémonie ou un rituel. L'arrière-plan est sombre, contrastant avec la plaque et la main, ce qui met en valeur les détails de l'inscription. L'image semble capturer un moment de signification rituelle ou historique.

© Droits réservés

La seconde manière, beaucoup plus élégante nous propose l’invention, miraculeuse du bijou d’Hiram, bijou qui, lui, portera les grands secrets ! Cette invention se trouve dans le discours historique du rituel de Grand Elu Ecossais ; nous lisons : « Adonhiram grava la parole sur un triangle du plus pur métal, mais dans l’inquiétude où il était de la perdre, il la portait toujours suspendu au cou. La gravure du côté de sa poitrine. Lors de son assassinat, il fut assez heureux pour se dépouiller de ce delta précieux, et le jeta dans un puits lequel était au coin de l’Orient du côté du midi. » Un vrai miracle maçonnique ! En fait la croyance en l’existence de grands secrets ne fait que masquer un enjeu de pouvoir. Ce phénomène a été remarquablement décrit par Umberto Eco à propos du prétendu « grand Secret » détenu par les alchimistes et s’applique parfaitement aux « secrets perdus » d’Hiram. Umberto Eco écrit : « La force d’un secret est d’être toujours annoncé mais jamais énoncé. S’il était énoncé, il perdrait de sa fascination. Le pouvoir de celui qui annonce un secret vrai est de posséder un secret vide »

La clef du mystère : Hiram doit mourir pour assurer la cohérence du Rite

Jusqu’ici, nous avons étudié l’assassinat d’Hiram dans la singularité de ce grade. Il faut maintenant l’envisager dans l’économie générale du système proposé par le GODF dans les années 1783-1786 lors de la stabilisation des rituels de la franc-maçonnerie de l’époque  Ce système comprend deux parties : l’une dite de la maçonnerie symbolique conduit du grade d’Apprenti à celui de Maître, la seconde, dite des hauts grades mènera du grade d’Élu à celui de Rose-Croix. La question est simple : peut-on trouver une correspondance pertinente entre la légende d’Hiram et l’une des étapes proposée après la Maîtrise ?

Le grade de Maître va annoncer et préfigurer celui de Rose-Croix

Une étude attentive des textes des rituels pratiqués avant la Révolution, montre que dans les trois premiers : Élu, Grand Élu, Chevalier d’Orient, on assiste à la poursuite de l’histoire, constructions et destructions des Temples de Jérusalem. Mais, une concordance s’impose : le martyre d’Hiram et la perte du mot (parole) de Maître, le choix du mot substitué, toute cette dramaturgie trouve un écho puissant dans le déroulement du rituel de Rose-Croix avec la Passion de Jésus, la parole perdue, puis retrouvée . Deux raisons à cette concordance : toutes les étapes du parcours maçonnique jusqu’au « Rose-Croix » se déroulent dans des événements de l’Ancien Testament, seule celle de Rose-Croix racontant la Passion du Christ prend place dans le Nouveau Testament. Or, dans toute la tradition chrétienne, l’ancien testament annonce et préfigure les événements et les personnages du Nouveau. Ainsi, le grade de Maître va annoncer et préfigurer celui de Rose-Croix. Pourquoi et comment ? Il suffit de lire le « Discours historique » du Grade de Rose Croix (Travaux du Souverain Chapitre Métropolitain, 1786 où nous lisons : « Ce fut alors que le Grand Architecte de l’Univers abandonna l’édification des Temples matériels à l’ignorance et à la témérité des mortels, pour en construire, par sa sublime et suprême intelligence de spirituels, dont l’existence ne cessera jamais. » Nous avons donc ici une révolution qui fait passer l’œuvre maçonnique de la matérialité à la spiritualité, du monde matériel à l’univers spirituel. Et, de même que les temples construits à Jérusalem ont été détruits, de même Hiram doit disparaitre car il est la figure archétypale de la matérialité, à un double titre : par ses travaux, et ensuite par son nom.

Ses travaux d’abord : si l’on en croit les textes bibliques (Livre des Rois et Chroniques), Hiram réalise tous les ouvrages de métal du Temple, et, de ce fait, il ne peut pas accéder au divin. (« Tu ne construiras pas l’autel en pierre de taille, car tu lèverais ton fer sur lui et tu le profanerais », Exode XX, 21/22).

Son nom ensuite : quand nous écrivons en Français les noms : Hiram, Jehova, ou Abraham, la lettre h que nous utilisons correspond en fait, en hébreu à deux lettres différentes : le « het » pour Hiram et le « hé » pour Jehova, et Abraham. Or ces lettres ne s’emploient pas indifféremment. Dans la Bible, il existe plusieurs variantes pour le nom d’Hiram, variantes qui comportent toutes la lettre « het » , ouverte vers le bas, mais complètement fermée à la partie supérieure. Cette lettre représente la matérialité, en opposition avec une autre lettre, « hé » , présente dans le tétragramme iod/hé/vav/ hé, et aussi dans le nom d’Abraham, aleph/ beth/rech/hé/mem. Cette lettre « hé », est ouverte vers le bas et aussi vers le haut en signe de spiritualité ! La lettre « hé » est aussi l’une des quatre lettres du Tétragramme, que l’Éternel introduit dans le nom d’Abram pour le transformer en Abraham, « père d’une multitude de nations », quand Hiram sera « père d’une multitude de francs-maçons. »

Elévation à la Maîtrise, gravure Gabanon, 1744

Cette gravure en noir et blanc, intitulée "Elévation à la Maîtrise" par Gabanon en 1744, représente une scène historique et solennelle. L'image montre un groupe de personnes vêtues de vêtements d'époque, probablement des enfants et des adultes, rassemblés dans une pièce décorée. Les murs de la pièce sont ornés de tapisseries et de portraits encadrés, ajoutant une touche de richesse et d'importance à la scène. Au centre de l'image, un enfant est agenouillé sur un tapis, entouré de plusieurs autres personnes qui semblent l'aider ou le guider. Cet enfant est probablement le sujet principal de l'élévation, un rituel ou une cérémonie importante. Les personnes autour de lui sont en train de l'habiller ou de le préparer pour l'événement, indiquant un moment de transition ou de rite de passage. À gauche, une personne tient une chandelle, projetant une lumière douce sur la scène, tandis qu'à droite, une autre personne semble jouer un rôle actif dans la cérémonie. L'atmosphère générale est solennelle et respectueuse, reflétant l'importance de l'événement représenté. La pièce est bien éclairée, avec une fenêtre ou une source de lumière naturelle venant de la gauche, ajoutant de la profondeur et de la clarté à la scène.

De plus, en jetant au fond d’un puits le fameux bijou qui porte sur une face le nom ineffable, non seulement, Hiram rejette toute spiritualité, en se débarrassant de la seule preuve de spiritualité qu’il porte, non en lui mais sur lui, ce qui est tout à fait différent ! L’analyse du rituel de Rose-Croix conduit au parallélisme suivant :

Hiram (Jehova) assassiné, corps putréfié et enterré, mot substitué macbenah

INRI (Jésus) crucifié, corps mis au tombeau, résurrection, mot retrouvé (INRI)

Ainsi, pour passer du matériel au spirituel, il fallait nécessairement « liquider » Hiram, mais il fallait masquer le mobile ; les trois mauvais compagnons, sans doute manipulés par les créateurs de la légende, assurèrent le job.

Ah, j’allais oublier : le mot prononcé par l’un des Maitres découvrant le corps d’Hiram est : « Macbenah ». On a beaucoup glosé sur le sens de ce mot sans apporter de conclusion significative : l’hébreu maçonnique étant à l’hébreu biblique ce qu’est le latin de cuisine au latin de Cicéron !

Or, le mot « macbebah » ressemble fort à un autre mot : « macpelah » qui désigne la grotte où est enterré Abraham.

Y aurait-il un lien entre Hiram et Abraham ? Cela est une autre histoire, mais, décidément, le Diable se cache dans les détails !

 

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Mort et renaissance, le mythe d'Hiram

Publié le 25 Septembre 2026 par T.D

Mes très Chers Frères

Voici l'heure pour moi de vous lire mon premier travail de Maître.

Pourquoi seulement maintenant ? Parce que le hasard des choses a fait, qu'à l'aube de ma maîtrise, j'ai accepté l'office de Secrétaire, office passionnant et instructif mais suffisamment prenant pour y consacrer tout le temps disponible, lorsque l'on est encore en activité. Ceux qui m'ont précédé comprendront et celui qui me suit est en train de comprendre.

Sept années de découvertes, d'écoute, de participation pour comprendre que la maçonnerie est un mouvement d'homme et qu'à ce titre, elle n'est pas parfaite. J'ai eu, et ai encore, des moments de doute provoqués par des paroles ou des comportements blessants d'un frère vis-à-vis d'un autre, et je ne m'exclue pas de ce constat. Je présente d'ailleurs mes excuses sincères si j'ai pu, à un moment ou à un autre, blesser l'un ou l'autre d'entre vous, par mon comportement ou des mots imbéciles.

Sept années toutefois qui m'ont permis de mieux connaître des hommes, des frères, d'horizons et de culture différents, de discuter et d'apprécier des points de vu parfois très éloignés de ceux que j'avais. Sept années temporairement interrompues par la maladie, laquelle m'a permis de découvrir le véritable sens du mot fraternité.

Sept années et l'impression de ne pas avoir beaucoup avancé dans la quête que je poursuis comme tant d'autres : quel sens puis-je donner à ma vie ? Quel sens la Vie elle-même a-t-elle ? Répondre à ces questions demande un gros travail de recherche et surtout, d'introspection objective.

La réflexion symbolique offre tellement de possibilités et ce, quelque soit le degré auquel on appartient, que je me suis senti incapable de choisir un sujet particulier. Aussi, me suis-je tourné vers vous, Très Vénérable Maître pour me proposer quelques thèmes. Au travers de ces derniers, il m'en est apparu un tout naturellement qui touche de près à certaines de mes préoccupations et est inspiré par le rituel du 3ème degré : la mort et la renaissance de notre Maître Hiram.

Mes Frères, vous connaissez tous les circonstances de sa mort telles que le rapporte notre rituel, aussi ne vous ferai-je donc pas l'injure de vous les rappeler  :   L'assassinat de Maitre Hiram par les 3 Compagnons, c'est l'étouffement de la Vérité par l'Ignorance, le Fanatisme et l'Ambition. Le grand intérêt du mythe d'Hiram, car il s'agit bien d'un mythe, et de poser, entre autres, la question de la mort et de la renaissance.

Mais de quelle mort parlons nous et de quelle renaissance ?

Évoquons tout d'abord le mythe d'Hiram. Ce dernier, architecte supposé du roi Hiram de Tyr , est un ouvrier sur bronze plein d'habileté, d'intelligence et de savoir-faire, fils d'une Veuve de la tribu de Nephtali et d'un père Tyrien (Premier livre des Rois chapitre 7, versets 13 et 14). Il n'est pas seulement un ouvrier sur bronze mais  également un spécialiste qui sait, en outre, travailler l'or, l'argent, le fer, la pierre, le bois, la pourpre, le violet, le lin et le carmin (Livre 2 des Chroniques, chapitre 2, versets 12 et 13). A ce sujet, il existe une théorie selon laquelle, Hiram-abi mentionné dans le livre des Chroniques, ne serait pas le même que celui du livre des Rois, mais le fils de celui-ci, appelé par Salomon pour remplacer son père, décédé au cours de la construction du Temple. Cette hypothèse est, bien entendu, impossible à démontrer mais elle présenterait l'avantage de pouvoir relier notre rituel à la Bible  puisque, nulle part dans celle-ci, il n'est fait mention de la mort d'Hiram et encore moins de son assassinat !

La mort d'Hiram, dans les circonstances dramatiques qu'évoque le rituel du troisième degré, permet la constitution du mythe. Et c'est bien celle-ci qui donne toute son importance à la chose. Dans son ouvrage intitulé “La symbolique du 3e millénaire”, Irène Mainguy cite, à ce propos, notre frère belge Raoul Berteaux qui définit ainsi la notion de mythe dans son livre “La voie symbolique”:

            “Un mythe raconte un événement qui s'est réellement passé. En dépit du mode anecdotique généralement adopté, on ne sait rien ou peu de choses, sur la vérité historique de l'événement. La vérité du mythe concerne la réalité de l'être et non l'authenticité de l'événement”

Irène Mainguy résume cela en trois points :

  • Le mythe offre un modèle exemplaire, en l'occurrence Hiram
  • Le mythe crée le modèle à partir d'un événement: son assassinat
  • Le mythe exprime une réalité de l'être.

Autrement dit, Hiram, ouvrier de talent, doit mourir pour que le mythe existe. Ce dernier aide à percevoir une dimension cachée de la réalité humaine et met en action la fonction symbolique et analogique d'éveil de l'intuition spirituelle, autrement dit, il aide à réfléchir ! Le temps mythique est un temps cyclique qui crée une mémoire du monde car il se reproduit indéfiniment. Le mythe ouvre ainsi la voie à une réflexion symbolique et spirituelle, en l'occurrence, pour ce qui me concerne ce midi,  la mort et la renaissance.

Le petit Larousse définit celle-ci comme l'action de renaitre, un renouvellement, un retour. Si nous poussons plus loin, renaissance est synonyme de renouveau, régénération, rénovation, mais aussi de résurrection, palingénésie, réincarnation, métempsycose et bien d'autres termes encore qui montrent la richesse du sujet.

Mais d'abord, quelques définitions de ces différents mots :

La résurrection, du latin resurgere, se relever, exprime l'idée du retour de la mort à la vie.  Ce concept prend ses racines dans la naissance et la renaissance du cycle de la vie à travers le déroulement des saisons. Mais alors que le cycle des saisons voit éclore de nouvelles plantes chaque année, la résurrection sous-entend le retour à la vie de l'individu et de son enveloppe charnn liée à une religion.

La « palingénésie » signifie, en grec, "naissance à nouveau", "régénération". C'est le terme employé par les philosophes stoïciens pour désigner la reconstitution ou apocataste du monde après que le Feu l'ait détruit, cela dans un Eternel Retour

Plus simplement, c'est le retour à la vie, dans la nature, des divers éléments de celle-ci. Les plantes se nourrissent de minéraux, les animaux se nourrissent de plantes, les hommes se nourrissent des animaux ou de leurs produits ; en respirant, tout vivant assimile des germes et des poussières... De la sorte, les éléments de la vie s'échangent, se redistribuent après la mort, partout, toujours. Cela n'est pas sans rappeler la célèbre formule de Lavoisier que nous avons tous appris sur les bancs de l'école « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ce terme est particulièrement adapté au cycle des saisons que j'évoquais tantôt.

La réincarnation est, quant à elle, une croyance que l'on retrouve à différentes époques et en  divers lieux selon laquelle un certain principe immatériel (« esprit », « âme », « conscience individuelle ») s'accomplit au travers de vies successives dans différents corps (humains ou animaux selon les religions). Dans cette doctrine, à la mort du corps physique, et contrairement à la résurrection, l'« esprit » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps, qui permettra à l'individualité de poursuivre ses expériences de vie et son évolution spirituelle ou morale.

Le mot est apparu au 19e siècle, donc à une époque récente, et suscite des controverses quant à son utilisation pour désigner cette croyance.  Il dérive du mot incarnation, terme religieux provenant lui-même du latin incarnatio signifiant « action de prendre un corps ». Plus spécifiquement, il s'agit de  l'action par laquelle une divinité s'incarne dans un être animé, en prend l'apparence. Dans l'hindouisme, Rama et Krichna sont des incarnations de Vichnou, de même que dans la religion catholique, le Christ est une incarnation de Dieu.

Mais, si le Dieu chrétien s'incarne dans le Christ qui meurt pour ressusciter ensuite et ainsi sauver l'humanité, cette résurrection ne correspond pas au principe de réincarnation suivie par l'ensemble des religions dont le celtisme, l'hindouisme, le boudhisme, le sikhisme, et bien d'autres...

Mieux, alors que les premiers chrétiens, sous l'influence d'Origène d'Alexandrie qui vécut à cheval sur les deuxième et troisième siècle après J.C., (185-254), croyaient dans la réincarnation, c'est le IIe Concile de Constantinople en 553 qui condamna cette thèse.

Pourtant, Hérodote, Socrate, Platon, Pythagore ont tous disserté sur cette doctrine de la réincarnation que seules, les 3 religions monothéistes réfutent, préférant le mythe du Jugement Dernier et de la résurrection de la chair.

Enfin, la métempsycose, mot dérivé du grec signifiant « déplacement de l'âme », élargit le champs d'action de la transmigration de celle-ci aux animaux, aux   végétaux, voire aux minéraux et non plus aux seuls corps humains. L'hindouisme défend la métempsycose, la loi du karma, : « l'âme individuelle (âtman) doit se fondre dans l'Âme cosmique, dans le Brahman immanent et absolu, afin de se dégager du cycle des renaissances, le SAMASARA.

Dans le bouddhisme, ce terme désigne également le cycle infini des renaissances. Les hommes naissent, meurent et renaissent sans cesse dans un cycle infini duquel ils ne peuvent s'échapper. L'homme souffre en vain et, l'objectif même du bouddhisme étant la cessation de la souffrance, la pratique doit mener à un état de cessation de cette souffrance universelle, le nirvana C'est uniquement lorsque l'on a atteint le nirvana que l'homme peut se libérer de ce cycle infini.

Le sujet est vaste, incommensurable, mais, à quelques exceptions près, l'ensemble des religions et des croyances proposent un Nivarna, ou un Paradis que l'homme doit atteindre par la pratique du Bien.

Quel rapport avec la Maçonnerie ? Il existe un parallèle indéniable entre l'action du FM qui cherche, du moins à la GLDF, à mieux se connaître pour porter et pratiquer à l'extérieur du Temple un message d'amour et de vérité, et celle des religions qui, au travers de leurs pratiques propres, incitent leurs croyants à un comportement identique. La principale différence réside essentiellement dans le travail intérieur que se doit d'effectuer le FM, alors que dans les religions, l'adepte applique les rites sans rien pouvoir remettre en cause du dogme édicté. o

Et pourtant, si l'on y regarde de plus près, le rituel maç

nnique emprunte, à ces mêmes religions, des croyances qui participeront à cette démarche initiatique : c'est ainsi que, lors de la cérémonie de réception du Compagnon en Chambre du Milieu, la réincarnation est clairement affichée lorsque le TVM annonce aux FF présents « Notre Maître a revu le jour: il renait dans la personne de notre TCF » .

Et la mort me direz-vous, que devient-elle dans tout ça?

Et bien parlons-en. Dans l'esprit populaire, la mort est un phénomène irréversible qui se traduit par la perte d'un être que l'on ne reverra pas et dont le corps, enveloppe charnel, se décomposera dans un cercueil, ou sera brûlé, incinéré, selon les souhaits et croyances de chacun.

Selon ces mêmes croyances, le corps n'est peut être finalement que le réceptacle d'une chose sublime, l'âme, qui alors s'en échappe pour rejoindre un Eden dans l'attente du Jugement Dernier ou se réincarnera dans un corps ou dans autre chose. Je viens d'évoquer ces points, je n'y reviendrais donc pas.

Mais il existe d'autres morts, plus perfides ou plus enrichissantes. Par perfide, j'entends la mort spirituelle, celle de l'esprit. Quoi de plus triste que l'homme qui, s'enfermant dans ses préjugés, refusant de s'ouvrir au monde extérieur et à la lumière, sclérose progressivement sa pensée pour rejoindre le troupeau des ignorants, des fanatiques, et des ambitieux. Les trois compagnons qui assassinèrent Maitre Hiram ne symbolisent-ils d'ailleurs pas ces 3 tares ?

A l'inverse de ce qui précède, ce que j'appelle une mort enrichissante est celle qui permettra à l'homme de progresser sur les chemins de la vertu. Toute la question est de savoir comment faire. En effet, comment puis-je progresser si je suis mort, que mon corps part en putréfaction ? Bien sûr, si je crois en la réincarnation, vais-je réintégrer un nouveau corps qui me permettra, au travers de nouvelles expériences, d'évoluer spirituellement et, finalement, au terme de mon évolution, cesser de renaitre et atteindre le stade de la libération de l' âme. Encore faudrait-il, dans ce cas, que j'adapte ma vie en conséquence. Les bonnes actions de mon existence amélioreront les conditions de ma vie future et, inversement, les mauvaises actions les aggraveront.

La question est donc comment faire en sorte de distinguer les bonnes des mauvaises actions ? Et si au cours de ma vie d'homme vivant, libre et de bonnes mœurs, je parviens à distinguer le Mal du Bien véritable et que j'arrive à pratiquer ce dernier, ai-je encore besoin de me préoccuper de savoir laquelle de toutes ces croyances est la seule et unique Vérité ? La réponse est non puisque, pratiquant le Bien, mon âme immortelle sera libérée... après un temps plus ou moins long il est vrai et un certain nombre de corps usés, fatigués, jetés ou brûlés.

C'est ici qu'intervient la Franc-Maçonnerie, laquelle joue un rôle important comme catalyseur de la pensée.

Lorsque j'étais enfant et que j'allais chez ma grand-mère, j'aimais bien regarder un bronze, posé sur le marbre de la cheminée, représentant Saint Michel terrassant le dragon, et tenant à la main un oriflamme sur lequel il était écrit : « L'Esprit prime la Force ».

Par le biais de la réflexion symbolique et du travail, la Franc-Maçonnerie soutient cette démarche intellectuelle qui conduit à un plus grand questionnement et nous enrichit l'esprit. Mais le parcours maçonnique n'est pas une ballade de tout repos  En effet, travailler, chercher, discuter, confronter ses opinions sont des actions qui demandent de rester ouvert aux idées et aboutissent normalement à une remise en question de l'individu dans ses croyances, ses certitudes, ses comportements. C'est l'obliger à évoluer, à changer sa façon d'être, jusque parfois dans son intimité et, lorsque cela arrive, ce peut être très douloureux. Nous assistons alors à  la mort d'un individu pour assister à sa renaissance immédiate car vivant mais différent de l'instant d'avant.

Je ne sais si ma pensée est clairement exprimée car, au cours de l'élaboration de ce morceau d'architecture, les idées se sont un peu bousculées. J'avoue avoir sous-estimé l'ampleur du sujet. Mais, et quelque part ceci sera ma conclusion, c'est donc au travers de ces morts spirituelles successives que l'homme concoure à se façonner, à la recherche de sa Vérité. La mort d'Hiram n'est pas physique, elle est spirituelle. Les 3 mauvais Compagnons sont bien l'Ignorance, le Fanatisme et l'Orgueil, ou l'Ambition si vous préférez. L'intérêt du mythe, au travers du rituel, est la renaissance d'Hiram au travers du nouveau Maître : la Vérité renait toujours et, même au plus profond des ténèbres, la Lumière réapparaîtra. C'est bien ce qu'expriment les religions, c'est bien ce que signifie la Mort d'Hiram: « La Lumière qui nous éclairait a disparu » dit le TVM au futur Maitre. La recherche du tombeau d'Hiram, c'est la recherche du Mot perdu, de la Vérité. C'est à l'ombre de l'acacia que repose la Connaissance et que se trouve la sépulture. Mais la renaissance d'Hiram, alors que la chair quitte les os et que tout se désunit, c'est le TVM avec l'aide des FF 1er et 2nd Sur qu'elle s'effectue. Ce passage du rituel est l'un des plus important car il insiste sur un point essentiel : seul, nous sommes peu de chose mais ensemble, nous pouvons tout. A cet effet, la Franc-Maçonnerie peut apporter bien plus que toutes les religions car si chacun choisit son destin c'est avec les autres qu'il peut l'accomplir.

J'ai dit TVM

Le 2 septembre 2009

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