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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Le texte de la chaine d’union au Rite Français

Publié le 28 Juin 2026 par T.D

Texte de la chaine d’union au Rite français : voici la prière maçonnique ou « dédicace » prononcée lors de la chaine d’union au RF.

A l’origine, le Rite Français n’est pas français, mais anglais. Il est la traduction du Rite anglais de 1717, importé en France vers 1726, et dès lors pratiqué sans discontinuité en France, mais aussi en Hollande, en Espagne, en Belgique, etc. Il sera qualifié de « Moderne » par les créateurs de la société des « Ancients » en 1751 à Londres, ces derniers souhaitant revenir à une certaine authenticité de la franc-maçonnerie, posant ainsi les bases du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

En réalité, le « Rite Français » ne s’appellera ainsi qu’au cours du XIXe siècle, lorsque les autres rites maçonniques seront bien établis, comme pour le distinguer de l’écossisme montant. Il reste le rite fondateur de la franc-maçonnerie française, même s’il a subi de nombreuses modifications au cours de ses trois siècles d’existence.

En effet, le Rite Français a été adopté par différentes obédiences, utilisé et adapté par des francs-maçons de sensibilité parfois très éloignée, raison pour laquelle son contenu s’est transmis avec de nombreuses variations.

Le texte de la chaine d’union au Rite Français n’échappe pas à la règle. Il est susceptible de varier assez largement d’une obédience à l’autre, voire d’une loge à l’autre.

Voici donc le texte de la chaine d’union au Rite Français, sous différentes formes.

Lire aussi cet article sur la chaine d'union

Le texte de la chaine d’union au Rite Français : deux exemples

Le texte de la chaine d’union au Rite Français peut être défini comme un voeu, une intention, une prière ou une dédicace censée guider, élever et transformer ceux qui la reçoivent.

Voici une version répandue dans les obédiences dites « libérales », notamment le Grand Orient de France :

Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains ! Que l’Amour fraternel unisse tous les anneaux de cette Chaîne formée librement par nous !
Comprenons la grandeur et la beauté de ce symbole ; inspirons-nous de son sens profond.
Cette Chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace ; elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos Maîtres vénérés qui la formaient hier ; par elle, doivent s’unir les Fancs-Maçons de tous les Rites, de tous les pays.
Enrichissons-la de nombreux et solides anneaux de pur métal et, élevant nos esprits vers l’idéal de notre Ordre, efforçons-nous de rapprocher tous les humains par la Fraternité. Francs-Maçons, étendons la main droite. Promettons de conserver les uns pour les autres la plus fraternelle affection et de travailler sans relâche à réaliser la Fraternité universelle. Au nom des Frères assemblés dans ce Temple, je le promets.

Voici une version plus traditionnelle et déiste, utilisée notamment à la G.L.N.F. :

Mes Frères, n’oublions jamais que l’amour fraternel est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre vieille confrérie. Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains ; que l’Amour fraternel unisse tous les maillons de cette Chaîne formée librement par nous.
Comprenons la grandeur et la beauté de ce rite ancestral ; pénétrons-nous de son sens profond. Cette Chaîne nous unit à tous nos frères heureux ou malheureux répandus sur la surface de la terre. En elle, sont toujours présents ceux qui la formaient hier.
Qu’elle soit l’emblème de la Tradition que nous avons régulièrement reçue, que nous maintenons sans faillir et que nous transmettrons dans sa plénitude aux générations à venir.
Elevons notre esprit vers le G.A.D.L.U. qui est Dieu et jurons de travailler sans relâche au grand œuvre de la Fraternité universelle.

Au-delà des différences entre ces deux textes, on notera les nombreux points communs :

  • référence à l’Amour fraternel,
  • rappel du fait que la chaine est formée « librement » par les franc-maçons : c’est une chaine qui libère et non une chaîne qui asservit,
  • rappel de la « grandeur » et de la « beauté » du symbole,
  • invitation à percer le sens profond du symbole,
  • rappel du caractère universel de la chaine, qui s’étend à tous les francs-maçons, vivants ou morts,
  • appel à élargir la chaine,
  • promesse d’oeuvrer à la fraternité dans son sens le plus universel, qui se conclut par un engagement formel.

Enfin, comparons le texte de la chaine d’union au Rite Français avec celui prononcé au R.E.A.A., beaucoup plus concis :

Mes Frères, bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-maçon, le vaste domaine de la pensée et de l’action.
Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre Idéal.
Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin.
Mes Frères, éprouvons, puis ouvrons la Chaîne.

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Le sacré en loge au rite Français

Publié le 28 Juin 2026 par T.D

Ce soir nous allons aborder le thème du sacré en loge.

Ce morceau d’architecture est destiné plus particulièrement aux nouveaux apprentis afin qu’ils prennent conscience de la manifestation, difficile à expliquer, qu’engendre le sacré.

Notre approche sera simple et axée principalement sur le rite de notre loge, le rite Français.

Eh oui, nous sommes dans le sacré lorsque nos travaux sont ouverts. Le temple dans lequel nous nous trouvons lors des tenues devient un lieu consacré à la divinité. C’est la définition même du mot temple. Le sacré, en effet, constitue un domaine réservé, mystérieux, inviolable, totalement séparé du monde profane. Pour rappel le sacré est la transcendance pour l’initié, c'est-à-dire l’élévation vers Dieu. Cette transcendance éveille en nous , en fait l’homme déchu, le souvenir de notre divine origine et le désir de nous élever vers des niveaux de consciences supérieures. C’est tout un programme qu’il faut mettre en route, si nous pouvons nous exprimer ainsi. Processus qui n’est pas sans risque, pour qui rentre en contact avec lui sans avoir été préparé et sans être protégé. A titre d’exemple rappelons-nous les précautions prises le jour de notre initiation. Une main protectrice nous guide malgré les difficultés rencontrées lors des voyages. Rappelons nous  notre ressenti et nos sentiments  lors de ce moment combien important !

L’espace de la loge devient sacré, le temps devient lui aussi sacré. Nous pouvons logiquement nous poser la question : Quel est le processus qui permet d’accéder au sacré lors de cet instant magique qu’est la tenue ?

Pour entrer en communication avec le divin créateur, il est nécessaire qu’au début de chaque tenue, le temple soit en quelque sorte opérationnel, c'est-à-dire sacralisé.  C’est alors qu’entre en jeu un rituel d’ouverture des travaux.

         Nous allons tenter d’y répondre par cet exposé composé de 3 parties :

                   -l’espace sacré

                   -le temps sacré

                   -les incidences du sacré sur les énergies en loge et sur notre propre

                     Comportement.

         En remarque nous devons préciser qu’espace et temps sacrés sont étroitement liés. C’est par pure commodité que nous prenons la liberté de traiter les 2 sujets indépendamment.

Nous emploierons souvent le terme d’énergie, mais malheureusement il est peut-être un mot fourre-tout. La physique moderne propose des approches très pertinentes  sur ce sujet mais je voudrais, ce soir, que nous restions dans du ressenti, dans de ce qui nous semble invisible et incompréhensible. Ce ne sont que des exemples vécus qui peuvent nous amener à appréhender ce phénomène. Nous nous emploierons donc à en donner.

         Le rituel, souvent décrié par certains par commodité ou ce qui est plus grave par ignorance, est donc le moyen essentiel, nécessaire et suffisant, qui devient le véhicule permettant le passage du profane au sacré.  Le rituel d’ouverture permettra de sacraliser le lieu et le temps. Il renforce soit l’un soit l’autre. Il y a coupure par rapport au quotidien et pénétration dans l’espace et le temps sacrés. Nous savons bien que le temps et l’espace sont en rapport avec l’existence même de l’homme, notre existence physique, En présence du sacré on est libéré de cette condition. Le sacré est la source, une porte entrouverte vers l’absolu. On entre alors dans une expérience personnelle, intime, incommunicable.

1ère partie : L’espace sacré.

L’espace est en rapport avec le lieu où l’on se trouve. Vous avez peut-être remarqué dans les planches de notre frère secrétaire qu’il parle aussi de lieu géométrique parfaitement éclairé. Ce lieu, comme le précise sa définition, est effectivement cet ensemble de points jouissant d’une même propriété déterminée ou caractéristique qui dans notre cas est la présence du sacré.

         La loge avec son orientation, sa forme, ses décors, ses couleurs, va permettre l’accès au lieu sacré. Le sacré a un rôle primordial car le frère se trouve dans une ambiance qui va capter son attention et le rendre ainsi réceptif. Nous reviendrons sur ces notions en fin d’exposé.

 Maintenant examinons comment le processus se met en place. Quand nous sommes dans le temple avant que le vénérable pénètre en loge et passe entre les 2 colonnes, symbole puissant de rupture entre l’extérieur et l’intérieur, on remarque la veilleuse rouge allumée. Elle est d’autant plus visible que la loge est alors dans la pénombre. Cette lumière rouge est allumée avant l’ouverture des travaux afin de montrer son existence et sa permanence partout en ce monde. C’est la présence immanente du Grand Architecte de l’Univers. Déjà le sacré nous fait un clin d’œil. On pourrait se poser la question : pourquoi une lumière rouge ? En fait le rouge symbolise et représente le tellurisme, le monde de la matière, l’énergie vitale, notre relation avec la terre mère. Cette lumière rouge est donc la divinité présente sur notre terre. Elle nous rappelle notre enracinement sur notre planète bleue depuis notre incarnation dans notre expérience humaine terrestre. Ce sujet est essentiel pour nous. Il est au cœur de notre vie, de son sens et de notre démarche mais ce n’est pas notre propos de ce soir. Nous remarquerons aussi la présence du delta lumineux symbole très puissant lui aussi de la révélation et de l ‘omniprésence de la divinité.

 Revenons à notre rituel. Les coups de maillet du vénérable suivi de ceux des 2 surveillants vont participer à la sacralisation du lieu. On commence à se déconnecter de l’espace profane. Alors le vénérable peut dire « En loge mes frères ». Le processus est lancé. Du tumulte extérieur on passe à un système organisé. L’orientation symbolique de la loge avec le vénérable à l’est, orientation d’où provient la lumière au soleil levant, va permettre la diffusion de cette dernière vers les bougies du chandelier à 3 branches que le vénérable va allumer à partir de la veilleuse rouge. Il y a donc transmission de la lumière primordiale. Celle-ci sera ensuite prise en charge par le maître des cérémonies qui va allumer les 3 autres bougies des grands chandeliers qui entourent le pavé mosaïque. Pour ce faire le maître des cérémonies exécute une déambulation dans le sens dextrogyre c'est-à-dire dans le sens des aiguilles d’une montre suivant la course du soleil. On veut ainsi reproduire ce rythme solaire d’énergies fécondantes. C’est aussi, dans la tradition,  le sens de l‘évolution, de notre évolution. Là on voit la filiation qui se produit entre le lieu et le grand tout. En parallèle on ressent une montée progressive des énergies intervenant dans ce processus. Dans le même temps, le maître colonne d’harmonie éclaire progressivement la voûte étoilée.  De son côté, le maître des cérémonies finit par les bougies des surveillants. A partir de ce moment il y a en loge 9 lumières provenant de la même source. Ces 9 lumières 3X3 amènent les énergies de 3 sacralisations successives, le nombre 3 étant le nombre de la sacralisation, le nombre du souffle de la création, souffle qui nous a été à nouveau donné lors de notre initiation avec le symbolisme de la pipe à lycopodes. Mais derrière le nombre des 9 lumières on peut voir aussi le symbolisme relatif au nombre 9 qui puisque nous sommes partis du 1, la veilleuse rouge,  et que nous arrivons au 9, est le moment de l’extension. Extension vers les autres mais aussi vers le but à atteindre, l’aboutissement, le contact avec les connaissances universelles et les vérités éternelles. Le frère peut alors commencer à méditer, à s’ouvrir aux autres, les aider, les soulager, les enseigner. C’est bien ce qui se produit lors du travail maçonnique en loge quelque soit notre grade, notre âge maçonnique. Il est à noter que l’apprenti peut aussi grandement apporter, à tous ses frères, par son attitude, sa présence, son comportement.

Le tableau de loge est, ensuite, découvert par le premier expert qui va lui aussi avec sa déambulation  permettre à l’énergie de devenir de plus en plus présente. La place du tableau dans la loge n’est pas anodine. Revenons sur la notion d’orientation. Le temple est orienté suivant les orientations cardinales, le cardo du Nord au Sud et le decamanus de l’Est à l’Ouest. Au croisement de ces 2 orientations se trouve le tableau de loge. En ce point,  créé symboliquement,  se matérialise entre son Nadir et son Zénith, l’axe du monde : la liaison entre le ciel et la terre. Je vous rappelle, mes frères apprentis, que nous pouvons recréer notre loge en n’importe quel lieu de la terre à la condition de l’orienter de façon symbolique et d’avoir les décors de la loge.

Le vénérable ouvre ensuite le volume de la sainte loi, c’est encore un rappel de la présence divine. La pratique souvent usitée de lire le prologue de St Jean va aussi ce même sens.

Enfin le vénérable va lors du dialogue d’ouverture avec les surveillants, demander qu’on s’assure si la loge est couverte. Suite à une réponse positive « les travaux sont couverts extérieurement et intérieurement » la loge est totalement coupée du monde profane mais cela ne signifie pas que l’espace est clos. Nous sommes à « couvert » autrement dit  protégés, à l’abri des regards mais sous la voûte étoilée. Grâce à cette ouverture sur le ciel, le frère se trouve en contact avec la création toute entière. L’axe du monde décrit ci-dessus établit le lien avec le sacré. En ce point des énergies ascendantes et descendantes vont permettre aux frères d’apprendre et de transmettre. C’est comme une respiration sacrée : un inspir et un expir de la vie spirituelle.

         Tout est fait, tout est organisé, le lien sacré est là. Ce sacré est l’élément créateur qui consacre tout ce qui l’entoure par un éclat absolu qui dépasse tout entendement. Grâce à cette énergie irradiante tout ce qui nous entoure est devenu divin.

2ème partie : Le temps sacré.

Qu’est-ce donc que le temps ? « Si personne ne me le demande, je le sais mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus ». Ainsi s’exprimait Saint Augustin dans les confessions. Pascal disait « l’éclaircissement que l’on pourrait en faire apporterait plus d’obscurité que d’instruction ». Nous voyons donc que le temps a passionné les hommes, bien sûr d’une façon plus ou moins métaphysique, depuis la première observation des hommes primitifs avec la clepsydre jusqu’à l’apparition de l’horloge atomique.

Mais aujourd’hui ce n’est pas ce type de temps qui nous intéresse. C’est le temps sacré qui se différencie du temps profane dont nous venons de parler. Le temps profane est la durée temporelle ordinaire dans laquelle s’inscrivent des actes dénués de signification spirituelle ou religieuse. Ce temps profane est irréversible. Le temps sacré est au contraire par sa nature réversible, dans le sens qu’il est, à proprement parler, un temps mythique primordial rendu présent. Ce temps sacré est indéfiniment récupérable, infiniment répétitif.

L’homme peut donc vivre dans deux espaces de temps, le temps banal profane et le temps sacré qui se présente sous un aspect paradoxal de temps circulaire, sorte d’éternel présent mythique que l’on réintègre périodiquement par le truchement du rituel. Il est à noter que l’homme connaît aussi dans le monde profane une certaine discontinuité du temps que l’on pourrait symboliser par le temps festif, jours fériés par exemple. Mais pour l’homme spirituel il existe une différence essentielle. Le temps sacré connaît des intervalles sacrés qui ne participent pas à la durée temporelle qui les précède ou qui les suit. Il a une toute autre structure et une autre origine, car il dépend d’un temps primordial.

Pour l’homme profane le temps ne peut présenter ni rupture, ni mystère. Il constitue la dimension existentielle de l’homme, il est lié à sa propre existence, donc à un commencement et à une fin, qui est la mort, l’anéantissement de l’existence. Au contraire pour l’homme spirituel, la durée temporelle profane est susceptible d’être périodiquement arrêtée par l’insertion au moyen du rituel d’un temps sacré. Lors de ce processus,  on peut réintégrer le temps sacré des origines, et devenir contemporain des dieux.

Qu’en est-il en loge de cette question de temps ? Au début de la tenue le temps est conforme à celui dans lequel nous nous trouvons. Après que le lieu soit sacralisé par le rituel le VM demande.

 « Frère premier surveillant à quelle heure les maçons ouvrent-ils leurs travaux »

« A midi »

« Quelle heure est-il frère second surveillant »

« Il est midi »

         A partir de cet instant nous sommes dans le temps sacré. Le rituel a permis cette bascule. Nous sommes dans le temps mythique relatif à la construction du temple de Salomon, de notre temple intérieur, en relation avec le Grand Architecte de l’Univers. Il est midi en ce lieu sacré quand l’heure profane peut être très différente. Cet instant peut être identique pour d’autres frères sur la surface de la terre s’ils pratiquent le même rituel quelque soit l’heure profane. Alors nous pouvons travailler dans l’harmonie et la joie en communion avec le temps primordial. Maintenant avec les moyens symboliques et les rituels s’exprime toute la dimension spirituelle et sacrée du travail maçonnique réalisé à la gloire du GADLU. Sans alourdir mon propos nous pouvons prendre un exemple pour bien comprendre le processus en cours. Lors des travaux nous formons la chaîne d’union qui est un instant fort de ce temps sacré. Nous en avons pour preuve qu’à cet instant quand nous sommes autour du pavé mosaïque en face de l’axe du monde qui relie le ciel et la terre, le temps n’existe plus, il n’y a plus d’espace. Nous sommes unis à tous les frères répandus sur la terre, les frères du présent, du passé et de l’avenir. La notion de temps est perdue. Nous sommes dans une fusion que nous pouvons très bien ressentir si nous sommes dans l’énergie sacrée favorable, dans cet égrégore résultat de la pratique du rituel, des travaux et de la participation de tous les frères.

         Ensuite nous allons revenir dans le temps profane. Il faudra que le rituel déclenche ce retour lorsque le VM demandera :

« A quelle heure les maçons sont-ils dans l’usage de fermer les travaux »

« A minuit »

« Il est minuit très vénérable »

Alors nous revenons progressivement vers le temps profane avec la conclusion des travaux et notamment les agapes qui font partie intégrante de la tenue.

3ème partie : Incidences du sacré sur les énergies en loge et sur notre propre comportement

         Tout ce qui nous entoure est de nature divine. Nous l’oublions. Le sacré est là pour nous reconnecter et mettre à l’oeuvre des énergies fécondantes et vivifiantes qui vont nous permettre d’appréhender ce divin. Pour bien comprendre nous vous proposons quelques exemples du rituel.  Le rythme impulsé par le VM et les surveillants avec leur coup de maillet, les musiques choisies,avec minutie et amour, du maître colonne d’harmonie vont permettre le maintien de cette énergie tout au long de la tenue. Nous faisons ici une remarque sur les loges mises en récréation. Le terme récréation doit être considéré comme un instant de préparation et d’organisation du temple si cela est nécessaire et un instant de recueillement pour les frères afin que les énergies présentes, si fragiles, ne soient pas perturbées. Ce n’est effectivement pas un moment de détente ou de chahut. De même il est favorable lors de la tenue qu’un  rythme  évite les temps morts, les bavardages qui sont de nature, là aussi, à briser le caractère transcendant de la tenue. Le respect de la gestuel est aussi impératif.

Les décors ainsi que les couleurs, notamment la couleur bleu au rite français apportent une touche énergétique complémentaire. Vous avez remarqué que les tapis des plateaux, les tabliers de maître et le plafond sont bleus. Cela  renforce l’ambiance générale d’harmonie. Cette couleur bleue ne nous semble pas être due au hasard. Elle influence certains centres d’énergie subtile que nous avons sur notre corps, notamment le 5ème et le 6ème. . Qui n’a pas entendu parler du 3ème œil qui est la représentation de ce 6ème centre ? Effectivement dans la tradition, il est dit que le bleu, représente le calme, la sérénité et la liberté. Notamment au niveau de ce fameux 6ème centre, le bleu favorise l’intuition, la concentration, et aide à l’élévation de la conscience. On peut ainsi s’élever au dessus des limites de l’espace et du temps. C’est bien ce qui se produit en loge. Je vous rappelle de plus que nous travaillons en « loge bleue », ce qui nous différencie des hauts grades. Est-ce un hasard ? Est-ce la confirmation de cette prise de conscience, cette recherche de notre part d’ombre, qui nous  permettra de poursuivre notre chemin spirituel sous d’autres formes?

L’ambiance ainsi créée, loin des fastes,  sera propice au recueillement, à l’ouverture, à l’absorption de connaissances, à notre progression personnelle. Effectivement nous sommes comme sur un lieu de sacrifice : sacrifice de notre orgueil, de nos ambitions, nos préjugés, lieu où les vertus théologales trouvent leur pleine signification. Que ce sacrifice est difficile ! Nos expériences humaines et profanes nous le rappellent tous les jours.

Conclusion 

« Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme, et volupté ». Ainsi s’exprimait Charles Beaudelaire dans l’invitation au voyage. Mes frères apprentis, je vous invite donc à ce beau voyage tous les mois lors de nos travaux maçonniques.

Au moyen du rituel on quitte le monde profane et nous partons pour ce voyage magique. Il est indispensable d’ajouter, et nous insistons sur ce point :  la communauté de pensée, la volonté des frères, leur adhésion, sont des forces complémentaires au rituel pour qu’une telle magie apparaisse. Alors peut naître cet autre univers ordonné où chacun d’entre nous cherche à se connaître afin de poursuivre la quête du sens de sa vie en s’extrayant du monde sensible pour accéder à l’intelligible, à l’éternel.

Il m’est toujours curieux d’avoir ce désir insatiable, pour la venue de la prochaine tenue. En est-il de même pour vous ? Il n’est pas question uniquement de retrouver ses frères pour passer un bon moment de fraternité, mais d’avoir, ce qui est difficilement définissable, ce contact profond avec les autres et avec soi-même. Cet instant où l’on peut espérer côtoyer cette notion, ou cette limite mystérieuse, de passer de l’avoir à l’être.

 

                                                                  J’ai dit.

 

                                                        T.V.F.  A.B.  le 20/9/2011

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LE RITE FRANÇAIS EN 12 FICHES

Publié le 27 Juin 2026 par T.D

Planche présentée le vendredi 25 novembre 2022 aux RR LL Mozart et Voltaire, Phoenix et Le Labyrinthe


J’ai l’intention de vous présenter ce que je considère comme l’essentiel du Rite Français sous la forme de douze fiches. Chacune d’elle résume un aspect du Rite : son histoire, sa symbolique, ses spécificités, son état d’esprit.
Il va de soi que ces fiches n’épuisent pas le sujet mais la relative brièveté de mon propos vous permettra de soulever les questions qui vous tiennent à cœur et auxquelles je ferai de mon mieux pour vous répondre.

1

Commençons par relever que le Rite Français est le Rite majoritaire en France et en Belgique. On le trouve dans de nombreuses Obédiences telles que le Grand Orient de France qui en est le dépositaire, mais aussi à la Grande Loge Mixte de France, à la Grande Loge Nationale Française, au Grand Orient de Belgique, à la Grande Loge de Belgique. Il est aussi présent dans des Obédiences du Brésil et au Grand Orient de Roumanie, et dans plusieurs pays africains.
En Suisse, il n’en va pas du tout de même. Sur les 137 Loges maçonniques des 5 Obédiences nationales, 6 seulement travaillent au Rite Français : deux à la Grande Loge Suisse Alpina (une à Genève et une à Zurich), une à la Grande Loge Mixte de Suisse (à Genève) et trois au Grand Orient de Suisse (deux à Genève : Mozart et Voltaire et Le Labyrinthe, et une à Clarens : Phoenix). Ajoutons que des Loges d’obédiences étrangères mais établies à Genève comme La Fraternité (GODF), L’Amitié (Lithos CL) ou Equilibre et Prospective (GLMF).
Ce Rite est inconnu dans les pays anglo-saxons, dans les pays germaniques et dans les pays scandinaves.

2
Durant la première moitié du 18e siècle, en Angleterre où elle est née, la Franc-Maçonnerie ne connaissait qu’un seul Rite. Il ne portait aucun nom puisqu’il était le seul.

A partir de 1754, des Maçons irlandais émigrant en Angleterre, sous l’impulsion de Laurence Dermott, y importent leur propre Rite. Il diffère à plusieurs égards du Rite pratiqué en Angleterre : inversion des colonnes, des Surveillants, des mots sacrés, mais aussi distinction entre de grandes et petites lumières, les grandes étant la Bible, l’équerre et le compas et les petites, les piliers sagesse, force et beauté.

Le Rite anglais ne comptait que trois lumières : le soleil, la lune et le maître en chaire, représentés par les trois piliers positionnés aux angles nord-est, sud-est et sud-ouest alors qu’au Rite importé d’Irlande, les piliers sont disposés aux angles sud-est, sous-ouest et nord-ouest. La première disposition est de type héliocentrique, la seconde de type géocentrique. En outre, le Rite importé d’Irlande s’avère nettement plus religieux notamment par la présence de plusieurs prières et la prééminence de la Bible considérée comme la plus importante des trois grandes lumières.

3

Par dérision, les Maçons souchés sur le Rite d’origine irlandaise qualifieront la Maçonnerie anglaise, pourtant antérieure à la leur, de « moderne » et la leur d’« ancienne », C’est ainsi que de 1754 et 1813, deux Rites (et donc deux Obédiences) seront dans une situation conflictuelle. Sans même caricaturer, on peut considérer cette dualité comme assez similaire à plusieurs égards à celle qui sépare la Maçonnerie « régulière » de la Maçonnerie « libérale ».  Par leurs rituels, les « Ancients » à cette époque, correspondaient, dans une certaine mesure, aux « réguliers » d’aujourd’hui et les « Moderns » aux « libéraux ». Mais comparaison n’est pas raison. En tous cas, il n’existait aucune relation entre ces deux courants maçonniques et leur conflit - souvent très âpre - a duré près de soixante ans jusqu’à la fondation en 1813 de la Grande Loge Unie d’Angleterre qui a vu la - en Angleterre - disparition des « Moderns » et la victoire des « Ancients ». 

4

Il faut préciser, et c’est très important pour bien comprendre la suite des événements, que des Maçons anglais, antérieurement à l’arrivée des « Ancients » en 1754, avaient émigré en France où ils pratiquaient le Rite maçonnique d’origine, c’est-dire celui des « Moderns ». Les successeurs de ces Maçons émigrés qui sont à la base de la Maçonnerie française, ont continué à pratique ce Rite « Moderne » qui est le Rite original de la Franc-Maçonnerie, antérieur d’un demi-siècle au Rite dit des « Ancients ». Nous y reviendrons. Le Rite Français est donc le Rite les plus conforme à celui de la première moitié du 18e siècle en Angleterre et ne doit son nom qu’au seul fait de sa disparition en Angleterre en 1813 et de son maintien en France par des Maçons Anglais émigrés établis à Paris et dans d’autres grandes villes françaises.

5

Restons encore un peu en Angleterre où la Maçonnerie se déchire donc entre le courant d’origine appelé « Rite des Moderns » et le courant plus récent appelé « Rite des Ancients ».

Ce conflit durera 60 ans, de 1754 à 1813.
Avant 1813, le prince Augustus Frederick Duc de Sussex (1773-1843), était Grand Maître des « Moderns » et son frère, le Prince Edward Duc de Kent (1767-1820) était Grand Maître des « Ancients ».

En 1813, c’est le Duc de Sussex qui devient le premier Grand Maître de l’Obédience résultant de l’union des « Moderns » et des « Ancients » sous l’appellation de Grande Loge Unie d’Angleterre mais le Rite Emulation (fixé en 1823) et qui est issu de cette union est inspiré essentiellement du Rite des "Ancients". Le Rite des « Moderns » a dès lors totalement disparu en Angleterre. En revanche,  il demeure en usage en France où il avait été instruit et traduit par des émigrés anglais. Dès lors, en France (et en Belgique) ce Rite des « Moderns » prend le nom de Rite Moderne ou Rite Français. 


6

Les Rites maçonniques ultérieurs seront constitués sur la base du courant des « Moderns » ou sur la base du courant des « Ancients ».

Ainsi dérivent des « Ancients »: le Rite Emulation, le Rite d’York, le Rite Ecossais Ancien et Accepté et le Rite de Memphis-Misraïm tandis que dérivent des « Moderns »: le Rite Ecossais Rectifié, le Rite de Schröder ainsi que toutes les variantes du Rite Français.

7

Le Rite Français tel que nous le connaissons aujourd’hui est donc le Rite le plus proche du Rite maçonnique des origines, même s’il s’est enrichi (nous reviendrons à la Fiche 10 sur ce concept très discutable d’enrichissement).
 
Parmi les caractéristiques du Rite Français nous relevons l’emplacement des colonnes J à gauche en entrant et B à droite, les deux Surveillants placés à l’Occident : le Premier Surveillant au pied de la colonne B et le Deuxième au pied de la colonne J. Le mot sacré du premier degré est Jakin et celui du deuxième degré est Boaz. Contrairement au Rite écossais Ancien et Accepté qui n’a pas de mot de passe au premier degré (considérant que le profane vient du monde profane et ne dispose donc pas d’un mot de passe) le Rite Français a Tubalcain au premier degré. C’était le cas, très brièvement du Rite Ecossais Rectifié mais pour une raison que nous ignorons, son fondateur, Jean-Baptiste Willermoz, l’a remplacé par Phaleg.

Le Rite Français de référence, tel qu’il a été fixé par le GODF (la dernière version date de 2018) a rendu facultatifs la présence du tableau de Loge et des trois piliers mais impose, s’ils sont présents, leur positionnement NE, SE et SO. Ce positionnement, qui est celui de la Maçonnerie des origines, n’existe qu’au Rite Français.

Contrairement aux Rites anglo-saxons et au Rite Ecossais Rectifié, le Rite Français, à l’instar du REAA a recours au cabinet de réflexion avec les symboles qui s’y réfèrent dont le soufre et le sel, emblèmes de la mort se référant à la destruction de Sodome et Gomorrhe et non à la triade alchimique sel, soufre et mercure qui est une création de Maçons occultistes comme l’est aussi l’introduction du VITRIOL que nos prédécesseurs ignoraient. En revanche, parmi les inscriptions, la devise Vigilance et Persévérance est une spécificité du Rite Français mais elle sera empruntée plus tard par d’autres Rites.

Les épreuves par les éléments au cours des trois voyages du premier degré est une référence à la terasomia d’Empédocle d’Agrégeante. Elles sont inexistantes aux Rites anglo-saxons et le Rite Ecossais Rectifié procède au voyage par la terre au troisième voyage mais ignore l’épreuve de l’air conformément aux « principes spiritueux » de Martinès de Pasqually l’une des sources, avec la Stricte Observance Templière, de ce Rite.

La marche du Rite Français, comme du Rite Rectifié et du Rite de Memphis-Misraïm s’exécute en partant du pied droit.

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Le Rite Français ne distingue pas grandes et petites lumières. Il existe trois lumières, ni grandes, ni petites, à savoir : le soleil, la lune et le Maître en chaire, respectivement pour éclairer le jour, la nuit et la Loge.
 
La sagesse, la force et la beauté ne sont pas des lumières au Rite Français mais des piliers qui soutiennent la Loge et qui n’ont pas d’existence physique. Les trois candélabres ne représentent donc pas la sagesse, la force et la beauté mais le soleil, la lune et le Maître de la Loge.
 
La Bible, l’équerre et le compas ne constituent pas un ternaire au Rite Français. 

La Bible n'était présente au 18e siècle que pour la prestation de serment - comme dans les tribunaux américains - mais non comme lumière et encore moins comme « grande » lumière ! Quant à l’équerre, elle était brodée sur un coussin où l’impétrant posait un genou dénudé tandis qu’il tenait le compas ouvert contre le sein gauche lui aussi dénudé. Bible, équerre et compas n’étaient donc pas associés.

​Par la suite on a pris l’habitude, sous l’influence d’autres Rites, d’associer l’équerre et le compas à un livre blanc ou aux Constitutions de l’Obédience ou, plus rarement, à la règle. Mais pas à la Bible. En effet, celle-ci se réfère à une vérité révélée qui n’a pas sa place dans une Franc-Maçonnerie qui revendique la liberté absolue de conscience. Relevons que les Loges au Rite Français de la Grande Loge Nationale Française qui s’inscrit bien entendu dans la dépendance de la Grande Loge Unie d’Angleterre ont réintroduit la Bible comme ce qu’elle comme étant la principale des « trois grandes lumières ».

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Deux éléments « centraux » dans le Rite Français, on l’a relevé, sont devenus facultatifs, comme le précise le « Rituel de Référence ». Il s’agit du tableau de Loge et des trois candélabres mais, on l’a aussi signalé, s’ils sont présents, ils doivent correspondre au Rite Français.  Des Maçons d’autres Rites s’étonnent souvent de cette absence dans beaucoup de Loges du Rite Français.
 
On peut l’expliquer aisément. Pour le tableau de Loge premièrement, les Loges d’aujourd’hui disposent d’un matériel visible contrairement aux salles d’auberges à l’aube de la Maçonnerie. On y trouve toute la symbolique des grades dans l’espace du Temple : soleil, lune, voûte étoilée, colonnes J et B, pierre brute, pierre cubique, marches, etc. Le tableau central peut donc être considéré à juste titre comme un doublon. 

Deuxièmement, les trois piliers porteurs de bougies au Rite Français ne correspondent pas aux concepts de sagesse, force et beauté contrairement aux autres Rites, mais aux trois lumières, à savoir le soleil, la lune et le maître en chaire.
 
On ne le répétera jamais assez : dans la Maçonnerie d’origine, c’est-à-dire celle des « Moderns » (et le Rite Français, historiquement, est le plus ancien Rite maçonnique comme on l’a souligné), on ne connaît pas de grandes et de petites lumières mais seulement trois lumières représentées par les bougies des angles NE, SE et SO de la Loge.

​Les concepts de sagesse, force et beauté ne sont donc pas des lumières au Rite Français. 

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Tous les Rites évoluent au fil des siècles.

Cette évolution n’est presque jamais soustractive. A quelques exceptions près on ne simplifie pas un Rite, mais on le complexifie par l’ajout d’éléments empruntés au fil du temps à d’autres Rites. C’est indiscutablement l’immense extension géographique du REAA depuis sa fondation en 1804, qui a exercé la plus grande influence sur d’autres Rites qui lui ont fait des emprunts parfois dommageables, parfois peu significatifs. On considère souvent ces emprunts sous un regard très critique et il n’est pas rare d’entendre parler de contamination. Concernant le Rite Français, elle est particulièrement significative dans la version de ce Rite en usage en Belgique. Mais en France aussi, au fil du temps, le Rite Français a subi de nombreuses variantes voire des altérations, cependant suivies d’un retour considéré comme salutaire. 

La version originelle du Rite est due à Alexandre Louis Roëttiers de Montaleau sur la base des rituels pratiqués par les premiers Maçons établis en France comme émigrés anglais. Il importait de fixer des rituels communs à toutes les Loges d’autant plus que la Maçonnerie Française disposait dès 1773 du Grand Orient de France comme organe fédérateur issu d’une première « Grande Loge de France ».  Les rituels des trois degrés sont fixés par ce que l’on appelle le « Régulateur du Maçon ». Les Loges du GODF reçoivent des copies manuscrites de ces rituels qui seront imprimés en 1802. Ce régulateur du Maçon est le Rite de référence.

Par la suite, des variantes apparaîtront sous le nom de Murat et de Blattin, mais surtout de Louis Amiable, avocat et membre du Conseil de l’Ordre du GODF qui rédige une version positiviste en accord avec les courants scientistes de la fin du 19e siècle.

​Beaucoup d’éléments symboliques passent à la trappe et les Loges ressemblent beaucoup à des sociétés de pensée laïque et anticléricale si bien des Frères quittent alors le GODF pour rejoindre la Grande Loge de France qui ne pratique quant à elle que le REAA.

Face à ce qui risquait de devenir une hémorragie, et désireux de revenir à une dimension plus respectueuse de la symbolique maçonnique, le GODF, deux ans avant la Deuxième Guerre Mondiale, adopte la version du Grand Maître Arthur Groussier qui sera amendée en 1954 et qui deviendra le Rite Français de référence. Nous en sommes aujourd’hui à la version 2018.

A la fin des années soixante, sous l’impulsion du Frère René Guilly, des Loges du GODF adoptent le Rite Français tel qu’il figure ans le Régulateur de 1785 et ce Rite des origines, réanimé, prend le nom de Rite Français Rétabli ou Rite Français de Tradition. Il existe donc schématiquement trois Rites Français aujourd’hui: le Rite Français Groussier (Rite officiel du GODF) pratiqué par la majorité des Obédiences françaises, le Rite français Rétabli ou de Tradition et enfin le Rite Français belge (appelé Rite Moderne) en usage au GODB et à la GLB.

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De nombreux ouvrages maçonniques ont été rédigé par des Maçons occultistes dans la première moitié du 20e siècle. Ils contiennent beaucoup d’interprétations erronées et fantaisistes, souvent axées sur un ésotérisme de pacotille et sur une lecture fantaisiste propre aux historiens amateurs qui n’ont aucune formation en matière de critique historique mais qui assènent avec l’aplomb des incultes des contre-vérités qui ont eu un impact dommageable sur plusieurs générations. Ainsi Oswald Wirth et Jules Boucher. Il convient donc de se pencher préférentiellement sur les ouvrages d’auteurs sérieux au bénéfice d’une formation intellectuelle solide.

​Pour ce qui concerne le Rite Français, on peut citer parmi les auteurs les plus qualifiés Ludovic Marcos, Pierre Mollier, Cécile Revauger, Alain Bauer et Roger Dachez.

Tous ont mis en lumière la spécificité du Rite Français et c’est sans doute Ludovic Marcos qui en a le plus clairement résumé l’esprit en ces termes : « le Rite Français ne vise pas la révélation, mais l’émancipation ».
 
Le Rite Français résulte en effet dans la droite ligne du Siècle des Lumières au sens français du terme, ce qui est très différent de l’Enlightenment anglo-saxon et de l’Aufklärung germanique. Il est laïc, il est humaniste, il est progressiste et républicain en ce sens qu’il ne reconnaît pas la sacralité des titres et des fonctions. Il respecte toutes les conceptions métaphysiques mais n’en proclame aucune. Il ne connaît aucun « Livre sacré ». Il ne connaît aucun dogme. Le concept de révélation est exclu de la Loge et les prières en sont bannies contrairement aux Rites issus des « Ancients ».
 
Pour le Maçon du Rite Français, toute activité maçonnique s’enracine dans l’émancipation de ses membres avec pour seul moyen d’y parvenir la liberté absolue de conscience.
 
Le Rite Français est par excellence celui qui convient le mieux à un Maçon progressiste, laïc, humaniste, et républicain. Il existe d’autres Rites qui correspondent mieux à des Maçons qui se situent dans une perspective religieuse ou dans une perspective de type occultiste. Mais, à l’exception du Rite Français en usage dans des Obédiences inféodées à la Grande Loge Unie d’Angleterre, comme la Grande Loge Nationale Française ou la Grande Loge Suisse Alpina, le Rite Français est, par sa nature même, éloigné de toute référence religieuse. Il est aussi éloigné de toute référence occultiste.
 
On peut considérer qu’une Maçonnerie de type anglo-saxon (Rite Emulation et Rite d’York principalement), qui ignore tout de la pratique des planches en Loge (d’où l’inexistence du plateau d’orateur) est une société hautement ritualisée qui n’exécute que ce que l’on appelle dans les Eglises un « liturgie » et où il ne peut pas exister de discussion autour d’un thème, de quelque nature qu’il soit.
 
Les Rites qui nous sont plus familiers comme les Rites Français, Ecossais Rectifié, Ecossais Ancien et Accepté, Memphis-Misraïm, Ruchon ou Schröder, correspondent davantage au concept de société de pensée dans un contexte ritualisé. Le Rite Français est celui qui, considéré dans une perspective historique, répond sans doute le mieux à l’état d’esprit de la Maçonnerie des Lumières au sens français du terme davantage qu’au sens de l’Enlightenment anglais ou de l’Aufklärung allemand.
 
L’article premier de la Constitution du Grand Orient de France (Obédience cependant multirites) résume parfaitement cet esprit des Lumières.
Je cite :
« Institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, la Franc-Maçonnerie a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité.
 
Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.
Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.
Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique.
Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité.
La Franc-Maçonnerie a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »


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Dès que l’on parle de Rite, on pense à l’ensemble des degrés qui le constituent, à l’exception - pour ce qui concerne la Suisse- de deux Rites : le Rite Ruchon fixé à Genève en 1936 et le Rite de Schröder fixé à Hambourg en 1811. On ajoutera que le Rite de Schröder, majoritaire dans les pays de langue allemande, avait été conçu en réaction contre la prolifération des hauts grades.
 
Le Rite ou Régime Ecossais Rectifié codifié en 1783 au Convent de Willelmsbad, compte trois degrés bleus et trois degrés supérieurs.
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté fondé à Charleston en 1801 compte 33 degrés soit 30 degrés au-delà des degrés bleus.
 
Au Rite de Memphis-Misraïm, établi dans sa forme actuelle en 1961 par Robert Ambelain, tous les records sont battus avec un total de 98 degrés dont 85 sont donnés par communication.
 
Le Rite Français, outre les trois degrés de la Maçonnerie bleue, comporte quatre « Ordres de Sagesse » fixés en 1785 sous l’impulsion d’Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau. Ces Ordres de Sagesse, jadis appelés Ordres Supérieurs, sont numérotés comme suit : 1er Ordre ou Elu Secret, 2e Ordre ou Grand Elu Ecossais, 3e Ordre ou Chevalier d’Orient et 4e Ordre ou Souverain Prince Rose-Croix.
 
Dans chacun des Rites pourvus de degrés au-delà du degré de Maître, on relève une étanchéité absolue entre les degrés bleus et les degrés suivants. Au Rite de Schröder et au Rite Ruchon, il n’y a d’autres degrés que ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître. Cependant, les Maçons de ces Rites, comme tous ceux de n’importe quel autre Rite maçonnique sont libres d’adhérer à un système de hauts grades (appelés « side degrees » ou « degrés annexes » en Grande-Bretagne) différent de celui des degrés bleus qu’ils pratiquent.
 
Jacques Herman

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« Igne Natura Renovatur Integra »

Publié le 27 Juin 2026 par T.D

Cette phrase latine, à l’origine ancrée dans la tradition alchimique et la philosophie hermétique, ouvre la porte à une réflexion mystique et spirituelle profonde. À travers ses symboles, elle révèle des enseignements sur la nature de l’existence, la transformation de l’être et la quête d’éveil spirituel.

En examinant chaque élément de cette expression, on peut découvrir une résonance universelle qui transcende les limites de notre monde matérielle pour toucher aux mystères de l’âme et de la création divine.

Le principe créateur divin

Igne (Feu) : En alchimie, le feu représente la puissance purificatrice et transformatrice. Il est le flambeau de l’éveil qui consume les impuretés de l’âme et permet sa renaissance. Le feu est aussi le symbole de l’aspiration élevée, de cette quête intérieure qui pousse l’être à transcender ses limitations pour atteindre l’union avec le divin. Dans ce processus, l’étincelle initiale, tel le Yod, alimente le feu intérieur qui illumine le chemin vers la réalisation spirituelle.

Le feu, dans sa dimension sacrée, est également lié à l’Aor, cette notion de Lumière-Amour en hébreu, qui transcende le visible et le tangible pour révéler l’essence la plus pure. Symbole universel de l’énergie divine, source de toute création, l’Aor englobe l’amour divin, la sagesse cosmique et l’éclat originel de la conscience. Cette Lumière-Amour agit comme un guide silencieux, rappelant à chaque être qu’il porte en lui une étincelle de cette source infinie.

Méditer sur l’Aor, c’est entrer en communion avec cette présence sacrée qui unit toutes choses dans un amour infini et universel. Elle révèle que le feu de la transformation n’est pas uniquement destructeur, mais qu’il est aussi un acte d’amour créateur, permettant de brûler les voiles de l’illusion pour découvrir la vérité immuable. L’Aor nous invite à réaliser que cette lumière brille en chacun de nous, témoignant de la divinité cachée au sein de notre être.

Dans cette perspective mystique, le feu devient un pont entre l’humain et le divin, une échelle de lumière qui élève l’âme vers sa réintégration dans l’Unité. Il nous enseigne que la transformation spirituelle est autant un acte de purification qu’une reconnexion à la source originelle, le divin rayonnant de l’Aor.

La matrice universelle

Natura (Nature) : Dans une perspective mystique, la nature est perçue comme l’expression visible de l’ordre divin. Elle est le miroir dans lequel se reflète l’équilibre entre les principes opposés : actif et passif, spirituel et matériel. La nature, en perpétuelle transformation, est une manifestation de l’harmonie universelle et une invitation à reconnaître la présence du divin dans toutes choses. Elle nous enseigne que, tout comme le feu purifie la matière, la contemplation de la nature peut purifier l’âme et nous rapprocher du divin.

Dans une perspective plus mystique, la nature est vue comme le vêtement du divin, un tissu vivant de forces spirituelles et d’énergies sacrées. Chaque élément de la nature porte en lui une étincelle de la présence divine, une parcelle du grand équilibre cosmique. Contempler une forêt, un ruisseau ou un ciel étoilé revient à entrer en résonance avec l’âme de l’Univers.

La nature n’est pas seulement un écrin de beauté, mais un livre ouvert pour ceux qui savent le lire. Chaque arbre enseigne la patience et la croissance lente vers la lumière, chaque ruisseau symbolise le mouvement constant et l’adaptation, et chaque étoile murmure des secrets d’éternité. Ces messages silencieux nous guident sur le chemin de l’initiation spirituelle, nous rappelant que nous faisons partie d’un tout plus grand que nous.

Dans cette vision mystique, la nature devient un sanctuaire où l’être humain peut se connecter avec le divin. La contemplation de ses merveilles révèle une sagesse cachée et invite à un retour à l’essentiel, à l’harmonie avec l’ordre cosmique. Ce retour est une purification de l’âme, un acte d’amour envers soi et envers le créateur.

L’union des principes

Renovatur (Renouvelée) : Le renouvellement est à la fois un processus de dépouillement et de renaissance. Il ne s’agit pas uniquement de transformer les éléments matériels, mais de régénérer l’être tout entier. En alchimie spirituelle, cela signifie transcender l’ego, abandonner les attachements terrestres pour atteindre une unité plus profonde avec le divin. Ce processus de renouvellement constant reflète la nature cyclique de l’Univers, où la fin d’une étape marque le commencement d’une autre, toujours plus proche de l’éveil.

Dans une vision mystique, cette transformation ne se limite pas au monde visible. Elle s’enracine dans la dynamique sacrée de l’Univers, où chaque cycle de vie, de mort et de renaissance reflète un retour vers le divin. C’est un processus où l’âme, tel un phénix, renaît de ses cendres purifiée et régénérée, accédant à une compréhension plus élevée de son essence sacrée.

Ce principe de transformation perpétuelle invite à embrasser le changement comme un chemin vers l’harmonie. Il rappelle que l’union des opposés n’est pas une annihilation des différences, mais une fusion créative qui donne naissance à quelque chose de nouveau et de plus élevé. L’alchimie spirituelle devient alors un mariage mystique, où le masculin et le féminin, le terrestre et le divin, dansent ensemble pour manifester la complétude.

Dans ce contexte, chaque être humain est une œuvre en cours, un reflet vivant de cette union divine. En accueillant le processus de renouvellement, il participe à l’ordre cosmique, devenant co-créateur dans une évolution qui mène vers l’union avec l’Infini.

Le retour à la source

Integra (Entière) : L’intégralité représente la plénitude de l’être, un état où les dimensions physique, mentale et spirituelle sont harmonisées. Dans une perspective mystique, cela correspond à l’éveil, où l’individualité se fond dans l’unité cosmique. L’intégralité n’est pas un état statique, mais un processus dynamique de transformation et d’équilibre constant.

Dans une perspective mystique, l’intégralité est l’expression de l’union ultime avec la source divine. C’est un retour au centre, au point d’origine où tout existe dans un état de pure potentialité. L’intégralité est une reconnaissance de l’interconnexion entre tous les aspects de l’existence – le visible et l’invisible, le temporel et l’éternel. Dans cet état de plénitude, l’âme se déploie comme une fleur, révélant ses multiples pétales de sagesse et de beauté.

L’intégralité nous invite à harmoniser notre être avec les cycles universels. Chaque souffle devient une danse avec l’Univers, chaque pensée une prière silencieuse qui résonne dans l’infini. Ce processus de transformation constante reflète la nature de l’Univers lui-même, toujours en mouvement, toujours en éveil.

Ce concept nous rappelle que l’éveil spirituel ne concerne pas seulement l’individu, mais qu’il s’inscrit dans une interconnexion universelle. L’harmonie personnelle résonne avec l’harmonie cosmique, réunissant le microcosme et le macrocosme dans une danse infinie de création et de renouvellement. Ce retour à la source n’est pas une fin, mais un nouveau commencement, une spirale éternelle qui nous mène toujours plus près du divin.

Un silence qui éclaire l’âme

Laissez s’effacer la volonté qui lutte, l’ego qui s’accroche, et ouvrez votre être à l’infini. Comme un vase vidé de tout désir, accueillez l’Aor, cette Lumière-Amour, douce et infinie, qui embrasse l’univers entier. Ne cherchez pas à comprendre, mais à ressentir ; ne cherchez pas à contrôler, mais à être traversé.

Dans ce silence intérieur, où la pensée se dissout comme une brume au soleil, s’éveille la véritable transcendance. Une présence subtile, immuable, une pulsation d’éternité résonne au cœur même de votre essence. C’est là que l’âme danse dans l’unité retrouvée, portée par l’harmonie des sphères et l’éclat de l’Amour primordial.

Ainsi, le chemin ne se trace pas, il se reçoit. Ouvrez vos bras, votre cœur, votre être tout entier, et laissez l’Aor vous envelopper, vous guider, et vous révéler la vérité de ce que vous êtes : un éclat sacré, un murmure de l’infini.

 

 

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18ème degré REAA : INRI La Nature est renouvelée entièrement par le Feu

Publié le 26 Juin 2026 par T.D

Le cheminement maçonnique dans le cadre du REAA conduit à épeler et transmettre INRI, ce que font les Chevaliers Rose+Croix lors de la cérémonie de la Cène après avoir entouré la table fraternelle. Depuis Tubalcain (mot de passe du 3ème degré), le forgeron mythique qui le premier sut mettre en œuvre les métaux dans sa forge, le feu est quelque part à l’œuvre et nous travaille de l’intérieur. Le feu du forgeron qui agit sur les métaux annonce le feu qui renouvelle la Nature, l’un agissant sur la matière et la Raison dans le monde temporel, l’autre sur le Cœur dans un projet global impliquant l’Etre dans son ensemble, jusqu’à l’adhésion à sa nature spirituelle.
Deux éléments, la Nature et le Feu, et le processus de transformation de l’une par l’autre, constituent le mot sacré du Chevalier Rose+Croix, INRI « La Nature est renouvelée entièrement par le Feu ». Ce mot n’est pas un personnage légendaire ou mythique extrait ou non de la Bible comme ce fut le cas dans les degrés précédents, mais le secret dévoilé d’un travail à effectuer en nous-mêmes, sur cette Nature que l’on « doit » renouveler entièrement à l’aide du feu que l’on « doit » entretenir.
La Nature
La Nature fait corps et âme avec les Chevaliers Rose+Croix qui sont parvenus à « rassembler ce qui est épars ». Cette Nature se révèle en eux-mêmes, d’abord comme une substance qu’ils découvrent et comprennent par la Raison, puis comme une essence intimement mêlée à leur dimension spirituelle, qu’ils rencontrent et connaissent par le Cœur. Dans quelle mesure le ChR+C peut-il d’une part garder un œil ouvert, découvrir et agir en conscience sur cette nouvelle dimension, et d’autre part se déployer à la lisière de l’inconscient dans cette dimension consubstantielle à lui-même ?
La connaissance de la Nature rappelle celle de l’alchimiste, et s’établit par l’imitation, une reproduction de la Nature qui tenterait d’échapper au tragique de la matière et de l’esprit entravé par le corps. Il revient à l’Art Royal de reproduire, quoique dans un laps de temps réduit, la même opération de transformation que la Nature a mis des siècles à parfaire. L’Œuvre renvoie au temps de la Création où Dieu débrouille le chaos, donne forme et sens en séparant les éléments. En réalisant le parcours inverse de celui de la dégradation, l’Alchimie parvient à la fois à une Rédemption de l’homme et à une réversion de la matière qu’elle porte à son degré de perfection.
L’Alchimiste réinvente le labeur souterrain, le feu intérieur de la terre, d’où le symbolisme des origines, celui de la grotte ou du labour (labeur, travail) cuit par le soleil, et tente de comprendre les opérations qui mènent de l’informel à l’ordre, incarnant la devise « Ordo ab Chao ». Les textes font l’analogie entre la cuisson des éléments et l’image de la croissance végétale. Dans la nature, sous l’effet de la chaleur, l’eau s’élève en nuages et permet à la chaleur de pénétrer dans la matière terrestre. Ainsi Paracelse, alchimiste et médecin, séparait la matière subtile et les trois principes (Soufre, Mercure et Sel) de la matière grossière, dans un but de purification et d’évolution, afin de transmettre comme un remède les vertus régénérées de la nouvelle préparation aux individus dont la santé était menacée par un déséquilibre.
Le texte complet de cette planche (trois fois plus longue) est dans le livre "Francs-Maçons Alchimistes" de Patrick Carré ! Commandez le livre à l’éditeur Liber Faber à l’adresse 
http://liberfaber.com/fr/patrick-carre/
Décembre 2009
Patrick Carre

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INRI

Publié le 26 Juin 2026 par T.D

Dans la tradition maçonnique que le rite écossais ancien et accepté a maintenue et enrichie, l’acronyme I.N.R.I. est censé exposer les initiales des mots révélant le sens de la parole perdue qui constitue l’ardente quête spirituelle que le maître maçon poursuit avec persévérance depuis le 3ème degré du rite. Retrouver la parole originelle, essentielle et fondamentale, le verbe du dieu fondateur pour certains, la connaissance absolue, unique et unificatrice pour d’autres, telle est la signification que nous pouvons donner à l’œuvre initiatique que le rite nous invite à entreprendre, à conduire et à réaliser dès que nous avons franchi la porte de la chambre des maîtres. Chaque degré constitue une étape de ce parcours peuplé de symboles qui sont autant d’outils devant nous permettre de réaliser une véritable ascension spirituelle. Nous sommes parvenus au 18ème degré et sommes mis en situation psychologique de connaître la parole perdue et la clé secrète qui nous est proposée pour lire cette parole est I.N.R.I.

Mais quelle est cette parole et quelle signification pouvons-nous lui donner ? Comment l’interpréter et que nous révèle-t-elle qui soit une vérité, une morale d’être sinon la vérité, la connaissance absolue. Vuillaume note, dans son Manuel Maçonnique dont la première parution eut lieu en 1820, que : « l’on a donné à ces quatre lettres différentes significations. Ce serait à tort qu’on prétendrait qu’elles veulent dire, comme dans le christianisme, Jesus Nazareus Rex Judeorum, mais les autres interprétations ne sont pas plus vraies, et c’est une chose que l’on ne doit révéler que dans l’initiation ; on se taira donc là-dessus ».

Nous pouvons retenir du propos de Vuillaume, qu’avant 1820, de nombreuses interprétations circulaient dans les loges pour l’acronyme I.N.R.I., que parmi ces interprétations figuraient Jesus Nazareus Rex Judeorum que Vuillaume jugeait inacceptable et qu’une autre réservée aux seuls initiés pouvait être considérée comme la seule vraie.

Nous ne ferons pas l’inventaire de toutes les interprétations qui ont pu être données à l’acronyme I.N.R.I. par des auteurs maçonniques, dont certains ne manquèrent pas d’imagination et nous nous satisferons des proclamations figurant dans les rituels et les instructions qui sont d’authentiques textes maçonniques dont nous avons pu avoir connaissance.

L’origine du grade de Rose-Croix comportant la référence à I.N.R.I. est mal connue et très controversée. Naudon doute d’une origine écossaise et formule l’hypothèse d’une origine anglaise. Il convient d’observer que la référence à une origine écossaise est une notion floue et peu crédible. Il est plus pertinent de parler d’un régime écossais, dont l’élaboration est vraisemblablement française, que de chercher des origines en Ecosse. Nous pouvons relever que tous les systèmes écossais qui sont apparus entre 1750 et 1770, tant sur le Continent qu’au Royaume Uni, comportent un grade de Rose-Croix, lequel constitue, pour la plupart d’entre eux, le degré ultime.

Le plus ancien rituel que nous connaissons dans lequel figure la référence à I.N.R.I. fait partie d’un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale et intitulé « Livre contenant tous les grades de la véritable maçonnerie, depuis l’apprenti maçon libre jusqu’au rose croix et parfait maçon, dédié au marquis de Gages par son premier surveillant Pérignon de Progent, le 1er jour du 1er mois de la première semaine de l’année maçonnique 5763, à l’orient de Mons ». Ce rituel concerne le grade de Chevalier de l’Aigle du Pélican dit de Rose Croix, qui est, selon les auteurs du rituel, «le dernier grade de la maçonnerie écossaise, que l’on connaît sous le nom de maçon parfait ». Les derniers instants de la cérémonie d’accession au grade y sont ainsi décrits :

« Le Deuxième Surveillant : Très Excellent Sage et Parfait Premier Surveillant, voici le frère Chevalier de L’Aigle qui nous promet par son secours de nous faire retrouver la vraie Parole, et par ce moyen devenir Parfait Maçon.
Le Premier Surveillant répète au Très Sage ce que le Second lui dit. Le Très Sage fait les questions suivantes :
Le Très Sage : D’où venez-vous mon frère ?
Le récipiendaire : De la Judée, Très Sage.
Le Très Sage : Par quelle ville avez-vous passé ?
Le récipiendaire : Par Nazareth ?
Le Très Sage : Quel est le nom de votre conducteur ?
Le récipiendaire : Raphaël, Très Sage.
Le Très Sage : De quelle tribu êtes-vous ?
Le récipiendaire : De la tribu de Juda, Très Sage.
Le Très Sage : Donnez moi les quatre lettres initiales de ces quatre mots.
Le Récipiendaire : I.N.R.I.
Le Très Sage : Que signifient ces quatre lettres rassemblées ensemble ?
Le Récipiendaire : INRY
Le Très Sage frappe sept coups et dit : Mes frères, la Parole est retrouvée ! Que la lumière lui soit rendue !
Le 1er Surveillant lui ôte promptement le drap noir. Tous les frères sont au signe de Rose Croix et disent sept fois ‘Hozé’ qui signifie : Bénissons le Seigneur. (Tous les maçons et profanes ignorent cette signification, il n’y a que le rose-croix qui la connaît, de même que le mot Jehova, qui est la Parole expirante qui peut être dite par l’Homme-Dieu et qui signifie : Tout est consommé. Ces mots sont hébraïques). »

Selon ce rituel de 1765 qui n’a fait, n’en doutons pas, que reprendre une formulation déjà bien établie dont l’origine demeure méconnue, les initiales I.N.R.I. sont les premières lettres des mots Judée, Nazareth, Raphaël et Juda, lesquels ainsi rassemblés désigne assez clairement le Christ, Jésus de la tribu de Juda, venant de Judée et étant passé par Nazareth. Mais nous pouvons nous interroger sur la présence de l’archange Raphaël qui n’apparaît dans aucun des Evangiles. Selon le livre de Tobie, il fut envoyé pour guérir Tobit et Sara, les père et mère de Tobie et servit de guide à celui-ci dans son voyage vers une terre lointaine et inconnue, la Médie. La fonction de guide est restée attachée au nom de Raphaël et ce nom s’est imposé lorsqu’il s’est agi pour les promoteurs du grade de signifier la lettre R, dès lors qu’ils ne retenaient pas pour I.N.R.I., les mots qualifiés par Vuillaume d’inacceptables et qui sont ceux qui depuis le 5ème ou 6ème siècle se rapportent au Christ et le désignent. Pourquoi ont-ils opéré cette transposition qui est une substitution ? Nous ne pouvons que supposer qu’en des temps où la suspicion d’hérésie était susceptible d’être sanctionnée par de graves condamnations, ils conçurent de ne pas reprendre dans une cérémonie vécue hors des Eglises chrétiennes les mots que ces Eglises avaient adoptés pour désigner le Christ, Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs La formule exposée en maçonnerie suggère bien cependant que la parole retrouvée est le Christ, mais elle le fait par une allusion qui, aussi grossière qu’elle soit, parut à ses auteurs et utilisateurs donner le change et être susceptible de les protéger de tout risque d’être sanctionnés.

Nous retrouvons dans le rituel rédigé en anglais vers 1780 par Francken ou à son initiative pour le grade de Chevalier Rose-Croix du nouveau régime écossais organisé en 33 degrés, les mêmes explications et proclamations que celles du texte de 1765. Un rituel du début du 19ème siècle les reprend également. Les propos de Vuillaume nous ont très justement fait connaître qu’il existait à cette époque d’autres sens donnés par des rituels maçonniques à l’acronyme I.N.R.I.. Mais l’interprétation développée dans le rituel de 1765, qui est certainement la plus ancienne, méritait d’être rappelée. et commentée. Ce texte offre un exemple du langage substitué largement pratiqué par les instituteurs des modes opératoires du symbolisme qu’enseignent les rituels maçonniques. Nous en resterons là s’agissant des recherches au cœur des anciens textes se rapportant au grade de Chevalier Rose-Croix.

Le rituel de 1992, actuellement pratiqué dans les Chapitres de la juridiction écossaise ne reprend pas l’explication que nous venons de rapporter. Le Très Sage, après avoir prononcé, lors de la cérémonie d’exaltation, les mots : « I.N.R.I. – C’est la Parole », fait ôter les voiles que portent les récipiendaires et illuminer l’Etoile flamboyante. Puis, il explique : « Les rituels anciens ont généralement interprété le monogramme I.N.R.I. suivant la tradition chrétienne par ‘Jesus Nazarenus Rex Judaeorum’. ‘Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs’.

Avant de poursuivre la citation, nous devons observer que ce n’est pas l’interprétation que donne le plus ancien rituel qui est actuellement répertorié et nous reporter au commentaire de Vuillaume.

Reprenons les explications développées dans le rituel : « Toute parole mystérieuse comporte un sens littéral ou exotérique et des sens ésotériques. La plus sublime signification, pour les Chevaliers Rose-Croix, du monogramme I.N.R.I. est l’interprétation alchimique : ‘Igne Natura Renovatur Integra’, ‘ La nature est renouvelée entièrement par le feu’.

L’instruction qui accompagne et complète le rituel ajoute une nuance qui n’est pas sans importance. Elle stipule : « La tradition chrétienne enseigne que ces lettres, sur la croix du Christ, signifiaient : Jesus Nazarenus Rex Judaeorum que l’on traduit par Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs. Au plan initiatique, le Rite Ecossais Ancien et Accepté a adopté la formule alchimique : Igne Natura Renovatur Integra qui signifie : La nature est renouvelée entièrement par le feu »

La référence à la tradition alchimique comme source initiatique de l’ordre écossais peut surprendre. Elle mérite que nous la méditions. C’est à elle, croyons-nous, que Vuillaume fait référence lorsqu’il suggère que la vraie explication que l’on peut donner à I.N.R.I. ne peut être dévoilée qu’aux initiés, ce qui signifie qu’elle appartient à la science secrète.

Deux interprétations de l’acronyme I.N.R.I. sont proposées, selon les rituels, aux Chevaliers Rose-Croix qui offrent chacune une voie de recherche spirituelle. La première est d’essence chrétienne ou plus précisément christique et l’autre est d’essence hermétique ou alchimique.

La lecture d’I.N.R.I. selon la voie chrétienne ou christique conduit à associer l’idée de parole retrouvée à la figure symbolique du Christ. Nous préférons qualifier cette voie de christique car ce qualificatif recouvre l’ensemble des représentations mythiques que le Christ exprime, tant au plan exotérique qu’au plan ésotérique, tandis que le terme chrétien se rapporte aux églises édifiées à l’écoute du message porté et proclamé par Jésus, en sa fonction d’être la parole de Dieu, la réincarnation du verbe créateur. La question que nous pouvons nous poser est de savoir si la Christ est évoqué, par la tradition maçonnique, comme étant la Parole ou comme celui qui porte et transmet la Parole

La quête de la parole perdue est l’un des thèmes fondamentaux que développe le rite écossais ancien et accepté dans les grades qui, à partir du 3ème degré, guide le maître maçon dans l’ascension spirituelle qu’il a choisi d’entreprendre et de vivre. Hiram, le Maître Architecte, a emporté la Parole, est-il proclamé au 3ème degré. Le mot secret qu’il a refusé de dévoiler aux mauvais compagnons, qui désigne et contient la source de toute chose et qui est la vraie lumière, la lumière originelle et essentielle, apparaît inaccessible au jeune maître . Si c’était là le message porté par le rite écossais ancien et accepté, qu’en serait-il de l’espérance, cette vertu qui donne au Maître Maçon l’énergie d’entreprendre et de persévérer afin de franchir les obstacles qui s’élèvent sur la voie initiatique suivant laquelle il construit sa nature spirituelle ou la découvre. Au fil des degrés de perfection nous percevons que l’architecte Hiram n’était pas seul à connaître le mot secret. Au 13ème degré, il nous est révélé que Salomon et Hiram, roi de Tyr, le connaissent mais ont fait le serment de ne pas le communiquer. Guibulum, Johaben et Stolkin, qui sont des représentations archétypales d’Hiram, ne doutent pas que Salomon possède le mot et lui demandent de leur communiquer, mais le roi refuse. Ils doivent eux-mêmes partir à sa recherche dans le temple souterrain des neufs arches. Lorsqu’ils rapportent à Salomon le triangle d’or trouvé au fond du puits sacré, celui-ci épelle le Mot Véritable, Iod, Hé, Vav, Hé, gravé sur ce triangle et leur dit d’être dans la joie de voir retrouvées les lettres véritables. Le message qui est alors transmis au Maître Maçon est qu’il lui appartient de découvrir en lui-même la vérité, sa vérité. Iod, Hé, Vav, Hé et I.N.R.I. ne sont que des paroles substituées, non la parole retrouvée. C’est bien ce que, selon le rituel, le Très Sage dit aux récipiendaires avant que la légende du grade leur soit enseignée :

« La pluralité d’interprétations indique que la Parole n’a été retrouvée que symboliquement, sous une forme substituée. Certains rituels anciens assimilaient la Parole perdue au Verbe de l’Evangile de Saint Jean. Sa recherche se confond avec la recherche de la Vérité. Elle demeure la tâche fondamentale jamais achevée des Chevaliers Rose-Croix. Aussi nos travaux ne sont-ils jamais clos, mais seulement suspendus et reprennent force et vigueur quand le soleil s’obscurcit. »

Cette idée de l’existence d’une Vérité essentielle et fondatrice, source de tout ce qui est, est aussi au centre des enseignements de l’alchimie. L’alchimie enseigne à expérimenter sur soi-même le même type de transmutation que l’on peut mettre en œuvre sur les métaux selon un rite hermétique de régénération afin de changer le plomb en or, symbole de la pureté. Cette quête de la pureté, image de la Vérité originelle, est un éprouvant labeur qui ne s’achève jamais. Les anciens alchimistes parlent d’un trésor difficile à atteindre dont la substance existe dans la materia confusa, le chaos, et qu’il appartient à l’adepte de transformer afin de l’élever à la nature de la quintessence ou essence spirituelle, autrement dit l’esprit.

Cette correspondance que nous pouvons établir entre les deux systèmes de régénération spirituelle que proposent l’alchimie philosophique et la maçonnerie écossaise, nous ouvre cette deuxième voie pour interpréter I.N.R.I. que Vuillaume n’ose nommer mais que l’actuel rituel du grade de Chevalier Rose-Croix désigne comme la plus sublime.

Interpréter I.N.R.I. selon la formule d’inspiration alchimique Igne Natura Renovatur Integra ne peut se comprendre que si l’on conçoit et admet que le drame initiatique que le régime écossais propose au Maître Maçon de vivre est référencé sur les mêmes fondamentaux traditionnels que l’alchimie et qu’au fil des degrés de perfection est développée une ascension spirituelle dont les étapes sont identifiées à partir des éléments que la philosophie d’Hermès ou de Toth, inspiratrice de l’art alchimique, proclame être les principes de toutes les natures qui composent les cosmos. Ces principes qui définissent les étages du Grand Œuvre alchimique, sont nommés terre, air, eau et feu. Au fil des grades de perfection, le Maître Maçon a vécu des étapes initiatiques dont les agents actifs ont été la terre et l’eau correspondant aux cycles de l’œuvre au noir puis de l’œuvre au blanc de la tradition alchimique. Dans les degrés précédant, depuis le 14ème, le grade de Chevalier Rose-Croix, l’immersion initiatique dans l’élément eau s’impose. C’est l’œuvre de sublimation et le Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon est préparé au quatrième grand passage initiatique celui dont l’agent est le feu. Il est mis en situation de franchir ce mur du feu que Dante évoque dans sa Divine Comédie est qui est l’entrée dans le Royaume de l’Esprit.

De nombreux éléments qu’affiche le 18ème degré du rite écossais ancien et accepté évoquent le feu en sa qualité d’agent de rénovation et de révélation, de transformation et d’élévation spirituelles, selon les mêmes bases conceptuelles que celles qui fondent et caractérisent le temps de l’œuvre au rouge alchimique. Pour ne retenir que quelques aspects de la correspondance de ce degré avec l’œuvre au rouge, citons la prédominance de la couleur rouge dans les décors de ce degré, l’exposition, comme symbole, du phénix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres et la proclamation précédent la suspension des travaux de ‘tout est consommé’. Aussi, est-il tout à fait concevable et admissible d’associer l’acronyme I.N.R.I. au feu, agent essentiel de l’œuvre au rouge. L’alchimie enseigne à conduire par soi-même et sur soi-même le même rite de régénération ou de renaissance que celui expérimenté sur les métaux et autres natures inanimées afin de les transformer en pierre philosophale, c’est à dire de réaliser leur transmutation, de les spiritualiser, de faire paraître en eux l’essence de l’Esprit Universel. L’œuvre au rouge est le temps où se réalise pleinement, par l’action du feu, cette régénération.

Le feu des alchimistes n’est pas le feu vulgaire, il ne s’agit pas d’un feu qu brûle mais d’un feu qui éclaire, un feu qui illumine. Ainsi que le décrit et le qualifie l’alchimiste Michel Maier, dans ses « Chansons intellectuelles sur la résurrection du phénix », « Ce feu est la source de toute la lumière qui éclaire le vaste univers ; c’est lui qui donne la chaleur et la vie à tous les êtres ; c’est une flamme dont les ardeurs brillent sans jamais consumer ». . « Le feu secret des Sages – nous dit par ailleurs Limojon de Saint Didier - est un feu que l’artiste prépare avec art. Ce feu n’est pas actuellement chaud mais il est un esprit igné. » Nous comprenons que le feu représente l’esprit, la semence, l’étincelle spirituelle qui est cachée dans toute nature. Ce feu principe nous apparaît comme un symbole qui se rattache d’une part au macrocosme, il représente alors l’Esprit, agent de la formation et de la dissolution des univers et d’autre part au microcosme et c’est ce feu qui est la part spirituelle que chaque homme possède et que l’œuvre initiatique doit lui permettre de rétablir dans ses prérogatives originelles afin d’accéder à la conscience universelle et à la connaissance.

Cette lecture alchimique d’I.N.R.I. est bien celle à laquelle l’instruction du Suprême Conseil qui servit à notre édification lors de notre accession dans le grade fait écho. Nous pouvons y lire qu’ « il ne s’agit pas du feu matériel que les premiers hommes ont adoré comme ils ont adoré le soleil dispensateur de chaleur, de lumière et de vie. Il s’agit du Feu, principe unique et universel, de la Lumière, source du monde physique et intelligible, émanation et manifestation de la Cause première ».

L’interprétation christique ou chrétienne et l’interprétation hermétique ou alchimique d’I.N.R.I. ne sont pas aussi éloignées et séparées qu’elles peuvent nous paraître d’emblée. Il convient pour cela que nous n’arrêtions pas notre regard sur les mots mais nous attachions à saisir l’idée même qu’ils expriment et que nous considérions que le mystère du Golgotha ouvre la voie à une lecture ésotérique de la figure du Christ. Jésus, n’a- t-il pas proclamé, selon l’auteur de l’un des Evangiles non canoniques « Qui est près de moi est près du feu ».

Les parallèles entre le Christ et le feu et entre le Christ et le soleil, source de lumière, symbole de l’esprit, sont constamment proclamés dans les ouvrages des gnostiques chrétiens et des alchimistes chrétiens ou plus exactement des diverses écoles chrétiennes ésotériques, celles des gnostiques des deux premiers siècles de notre ère, les écoles séthiennes et les écoles valentiniennes et celles des clercs du Moyen Âge qui écrivirent les premiers traités d’alchimie en Occident latin. Le Christ ésotérique des gnostiques chrétiens est une source de feu, de même que le pierre philosophale des alchimistes est proche du feu, voire même s ‘apparente au feu. Le feu représente non seulement la source de la vie, mais aussi son développement, son énergie, sa lumière et lorsque le feu s’évanouit, semble être consommé, la vie, telle que nous la ressentons, se dissout. L’ésotérisme chrétien s’est toujours fondé sur l’exigence de vivre suivant l’exemple du Christ afin de développer et d’exalter les richesses spirituelles intérieures de l’être. L’imitation du Christ est la voie fondamentale des alchimistes chrétiens pour réaliser le Grand Œuvre, c’est à dire pour accéder au Royaume de l’Esprit. « Dieu a pétri le feu dans la terre (le chaos) et dans ce feu, il rayonne », nous dit Ripley et nous lisons dans le fabuleux traité alchimique que constitue le Rosaire des Philosophes, aux multiples écritures, « Cette pierre qui est la notre est de feu. Issue du feu, elle se transforme en feu. » Ainsi en est-il du Christ ésotérique. L’Evangile selon Marie porte le message que le Christ est devenue intérieur à chacun. Il est comme le conjoint de l’âme promise à retrouver l’unité androgynique primordiale et la doctrine de l’école valentinienne nous enseigne que le Croix signifie la séparation de l’esprit et de la matière. Sur la Croix, le Christ invisible a rendu l’esprit et est par-là libéré de son corps mortel.

Nous pouvons dés lors admettre que le double sens que nos rituels donnent à I.N.R.I, la vraie ou fausse parole retrouvée, exprime en fait, sur le plan ésotérique, une même et seule idée, celle de la domination de l’esprit sur la matière. C’est bien au cœur de la pensée ésotérique que nous pénétrons, en accédant, en ce 18ème degré du rite écossais ancien et accepté, au Royaume de l’Esprit. Ainsi nous sommes vraiment les Chevaliers de l’Esprit que nous prétendons être...

Guy PIAU

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Approche de la valeur initiatique du symbole INRI

Publié le 25 Juin 2026 par T.D

 

Par référence à l’une des définitions donnée par le Petit Robert, il s’agit d’apprécier la qualité de ce symbole, fondée sur son « utilité sur le rapport de l’offre à la demande. »

D’une façon générale on peut préciser que les symboles ont tous, leur utilité sous réserve qu’ils se situent à leur place dans l’échelle initiatique. INRI ferait partie de l’apport des Grades de Perfections, qui sont des perfectionnements de la Maîtrise, apports supplémentaires utilisés par les Hermétistes, les Templiers, les Roses Croix anciens. Il est de tradition de rappeler que l’initiation est toujours un processus destiné à réaliser psychologiquement le passage d’un état réputé inférieur de l’être à un état supérieur.

Manifestement la présence de ce cartouche posé sur la croix interroge!

 

II est connu dans le domaine religieux et au premier abord sa présence peut choquer l’athée que je suis .Un des intérêts est qu’il dérange, qu’il oblige à réfléchir, à chercher ses sens cachés, à reprendre l’histoire des religions, puisque c’est là qu’on retrouve principalement des traces de sa présence. Les Romains auraient condamné Jésus en tant que Juif rebelle à l’ordre impérial Aux yeux de ses coreligionnaires, il aurait été exécuté comme étant leur roi, ainsi que le désignait l’inscription apposée sur sa croix. (Jésus de Nazareth Roi des Juifs.)

Et si l’intérêt était aussi d’avoir plusieurs lectures, plusieurs interprétations ? C’est ouvrir l’esprit, être attentif à des définitions où interprétations différentes même si la signification du Titulus Jésus Nazarius Rex Judéorum n’ a aucun sens initiatique, et il y en a d’autres, ces définitions ont sans doute le mérité d’exister et de donner à s’interroger. « L’initiation maç\ se fait par l’insertion de nouveaux éléments à l’ensemble et, tout en développant les possibilités propres à chaque initiable, il transcende les limites de l’individu, aussi bien dans l’espace que dans le temps, puisque la vivante chaîne d’union englobe toutes les générations (passées actuelles et futures) de constructeurs. » Le tétragramme posé sur la croix fait référence à cette chaîne et au-delà, parce qu’elle fait la liaison entre la terre et le ciel, avec ce qui est en bas et ce qui est en haut, avec ce qui est hier aujourd’hui et demain.

La substitution des tétragrammes mis en avant par les créateurs du grade ,explique et précise l’abandon de l’Ancienne loi, l’adoption de la Loi Nouvelle qui marque une étape de l’évolution des connaissances et des rapports humains dans un sens progressif, nous précise le mémento ; INRI répondant semble-t-il à la question posée, il s’impose par sa valeur propre et la Rose Croix prend du recul et s’affiche et s’impose aux autres religions par son ésotérisme.. La référence à la formule hermétique :

IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRE

se rattache à l’idée de l’évolution permanente et progressive par un incessant renouvellement et deux leçons s’en suivent :

1. L’amour transforme et rénove la nature humaine à la façon du Phénix renaissant de ses cendres.

2. Le principe de transmutation « unité de la matière. »

Ces citations qui assimilent l’Amour au Feu et ne sont, dit-on, que les aspects d’une même entité « sentiments » et « éléments qui conduiraient à la perfection! » Tout ceci ne me choque ni ne me dérange et la perspective du renouvellement par le feu fait partie de mes rêves sinon de mes cauchemars ! C’est confortable parce que ne laissant pas de place pour le néant, le vide, qui me conviennent mal !

 

L’idée centrale de construction, d’édification, de continuité, est toujours présente et l’évocation de l’infini est bien là. Cette notion de continuité d’éternité, on la retrouve dans la recherche de la « parole perdue » et si INRI était la parole retrouvée par le Chevalier Rose Croix à l’issue de ses voyages initiatiques ? En effet après être passé devant chacune des trois colonnes et après avoir lu à haute voix leur signification Foi Espérance Charité, l’impétrant déclarait dans les anciens rituels « qu’il venait de Judée, était passé par Nazareth sous la conduite de Raphaël et qu’il était originaire de la tribu de Juda. » C’est alors qu’on lui révélait que les initiales de ces quatre noms formaient « la parole retrouvée. » La recherche de la parole m’est apparue comme une préoccupation essentielle à travers les grades pratiqués et si elle n’est vraiment énoncée clairement qu’au 18ème grade , elle est un élément majeur dans la vie maç\ que j’ai conservé en réserve pendant de longues années et qui m’est apparue à ce stade. Confuse, imprécise, elle m’obligeait à en savoir plus, à donner à ma quête un sens sinon une explication, une définition. Et voilà que la « Parole » est enfin retrouvée. « La création est rénovée entièrement par le feu. » Les initiés ont suivi une voie qui leur ont permis de saisir le Feu et ensuite incorporé, ils ont brûlé en eux même, devenus astres rayonnants de chaleur et de lumière.

J’ai donc appris à briser les barrières de mon individualisme, de mon égoïsme, et, évadé, sorti de mon enveloppe j’étais prêt à « brûler d’amour. » De quel amour nouveau pour moi s’agissait il ? C’est celui qui se donne entièrement, sans jamais rien attendre en échange. C’est l’amour de ceux pour qui le « moi » n’existe plus dépassé qu’il est totalement par le dévouement et qui s’identifie avec une force mystérieuse qui gérerait l’Univers : L’amour des héros de l’humanité qui ont compris et participé à sa grandeur. Et si cet amour s’appelait « sacrifice ? »

Comment expliquer qu’on puisse se consacrer à ses semblables, se dévouer à une idée, quelque fois une idéologie souvent décevante et y sacrifier sa personne, sa famille, quelque fois sa vie ! Puiser dans un mystérieux élan intérieur, suggéré par un appel indéfinissable, voilà que nous parvient une autre dimension de l’univers !

Ai-je suivi à la lettre cette ligne de conduite induite par le symbolisme du Tétragramme dont il est question ? Cet ensemble de quatre lettres inscrit dans un triangle est fait pour suggérer secrètement, énigmatique, aux significations multiples dont les croyants (à qui ? à quoi ?) et les autres, se sont évertués à trouver un sens ? Il nous restait alors, moi compris, à servir, à me perfectionner sans cesse en dehors de tout intérêt matériel ostentatoire, toute extériorisation, tous honneurs excessifs !

Ainsi je peux me faire « reconnaître pour tel », et à l’écart de la mêlée bruyante et tapageuse de la vie moderne, je peux continuer à me consacrer à la sauvegarde de nobles idées qui vont de l’environnement à la faim dans le monde et apporter ma pierre pour la défense des faibles et des opprimés. Dans une modeste mesure. Je m’éloigne ainsi des « mauvais compagnons », je gravis une où deux marches et essaye avec recul d’envisager les choses avec un peu de sérénité. C’est l’intérêt général qui prime, là où j’ai le devoir de faire triompher le Vrai, le Bien, le Beau en toute circonstance, en sachant que moi je ne compte pour rien. Une ligne de conduite que j’essaye et essaye toujours d’appliquer et ce n’est pas facile du tout.

LA PAROLE EST RETROUVÉE « INRI »

Le feu par qui tout ce qui existe est rénové devrait ainsi me transformer en « Etre rayonnant. » Sacrifié mais Victorieux ! Qu’en est-il vraiment ? Le chemin est long, la pente difficile à gravir et plus on monte en altitude, plus le froid et les difficultés apparaissent, au royaume minéral de la montagne comme à celui de la pyramide des hommes mais

J’ai la Foi contre l’indifférence

L’Espérance contre le désespoir

L’Amour et le Sacrifice contre l’égoïsme

HOSCHEAD, HOSCHEAD, HOSCHEAD.

D G

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INRI REAA

Publié le 25 Juin 2026 par T.D

Il y a lieu, maintenant de vous expliquer la signification du monogramme I.N.R.I.

Certains rituels et le monde profane l'interprètent de la façon suivante :

Iesus Nazarenus Rex Iudæorum.

Jésus de Nazareth, roi des Juifs.

Cette interprétation n'a été, à notre sens, acceptée par le christianisme que parce qu'elle complète l'image de martyr sous laquelle Jésus est présenté aux croyants. En effet, le titre de roi des Juifs ne lui a été donné par ses bourreaux que comme une raillerie ou une insulte.

L'Ordre Écossais, et, particulièrement, les Chevaliers Rose-Croix, lui donnent un autre sens :

Igne Natura Renovatur Integra.

La nature est renouvelée entièrement par le feu.

et ce sens est initiatique.

En effet, n'est-ce pas le feu du soleil qui, au printemps, réveille et renouvelle la vie sur la terre.

L'Écriture ne nous dit-elle pas « De même que l'or est purifié dans la fournaise, ainsi le juste sera purifié en passant par le feu, ce principe de vie qui anime tous les êtres. »

La sublime charité, l'amour inconditionnel de toute vie, n'est-elle pas un feu qui embrase le cœur des initiés et qui les pousse à remédier aux injustices, à rétablir le respect de la loi naturelle là où l'on s'en est écarté, à faire régner l'ordre sur le chaos, à exalter les nobles sentiments, en un mot à rénover incessamment et la société et les hommes.

Le monogramme I.N.R.I. est donc pour nous un symbole qui, comme le Delta ou l'Étoile Flamboyante ou tout autre de nos symboles, est message de vérité universelle et éternelle.

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INRI RF

Publié le 24 Juin 2026 par T.D

 

Tr\Sa\ et Parf\M\ : D'où venez vous ? Récipiendaire : De la Judée.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Par quelle ville êtes vous passé ? Récipiendaire : Par Nazareth.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Qui a été votre conducteur ? Récipiendaire :  Raphaël

Tr\Sa\ et Parf\M\ : De quelle tribu êtes vous ? Récipiendaire : De Juda.

Tr\Sa\ et Parf\M\ :  Donnez moi les lettres initiales de ces quatre mots !

Récipiendaire : J..N…..R..…J.

Tr\Sa\ et Parf\M\ : Que signifient ces quatre lettres ensembles ?

Récipiendaire : INRI

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INRI Rite de MISRAIM

Publié le 24 Juin 2026 par T.D

            C’est la parole !

            Chev\ G\ Expert, ôtez les voiles qui couvrent les Récipiendaires.

            Mes FF\, c’est la Parole, applaudissons !

            A moi par le signe et le contre-signe.

            La batterie    l --  l --  l --  l --  l --  l    l

            Hoschée !   Hoschée !   Hoschée !

            Prenez place, mes FF \

                        Aux Récipiendaires.

Il y a lieu, maintenant, de vous expliquer la signification du monogramme I ‑ N ‑ R ‑ I

            Certains rituels et le monde profane l’interprètent de la façon suivante :

JESUS  NAZARENUS  REX  JUD €   ORUM.

JESUS  DE  NAZARETH  ROI  DES  JUIFS.

 

Des Temples voilé le mystère,

En étouffant toute clarté . . .

L’ombre partout fût répandue . . .

Et la Parole fût perdue . . .

Nuit de fer pour l’humanité ! . . .

Dés lors, l’Etoile Flamboyante

Pâlit dans le ciel assombri . . .

Et la Maçonnerie errante

Pleura sur ses fils sans abri !

Trop longtemps la rude tempête

Sous l’orage a courbé sa tête.

Réveillez votre antique ardeur . . .

Debout ; luttez avec courage,

Brisez d’un mot son long servage,

            Cette interprétation ne peut être acceptée comme vraie, en ce sens que jamais Jésus ne fut roi des Juifs et que ce titre, qui n’était qu’une raillerie et qu’une insulte de la part de ses bourreaux, a été, à tort selon nous, consacré par la légende chrétienne.

            Reste le personnage historique et allégorique : sous ce rapport nous ne vous présentons celui-ci que comme le symbole d’idées morales ; ce nom est celui du fondateur d’une société nouvelle basée sur l ‘égalité et la fraternité universelles.

            Que vous le considériez comme historique ou comme fictif, vous l’accepterez comme la personnification humaine de la Charité, de la Douceur et de la Résignation.

            Vous l’accepterez comme le nom de celui qui a émancipé la femme, affranchi moralement l’esclave et relevé les humbles ; --- de celui, mes FF\ qui, le premier, a prononcé ces belles et consolantes paroles :

« AIMEZ - VOUS  LES  UNS  LES  AUTRES »

            Mais toute parole mystérieuse renferme plusieurs sens également vrais : le sens littéral et le sens spirituel. C’est au véritable initié qu’il appartient de saisir le sens le plus sublime ; car, vous le savez, mes FF\, «la lettre tue et l’esprit vivifie ».

            certains rituels rappellent que les jésuites qui, a-t-on dit, avaient voulu s’emparer

Et ressuscitez sa splendeur !

La Foi vous éclaire et vous guide,

L’Espérance vous sert d’égide ;

Embrassés par la Charité,

Vos cœurs refouleront le doute ;

Allez : . . . au bout de votre route,

Vous trouverez la Vérité . . .

Ainsi parla la Voix . . . Et comme une auréole

Nos yeux virent briller la sublime parole !

Nous ne le redirons que consacrés par vous :

Maître, recevez-la pour nous la rendre à tous ;

La voici . . .

                                   Le  Chev\  M\  des cérémonies,   etc….  Le  reste  comme  ci-dessus.

des Chap\ de R\ C\ pour dominer la Maçonnerie, auraient donné à cet anagramme un sens parfaitement en harmonie avec leur criminelle ambition :

JUSTUM  NECARE  REGES  IMPIOS

IL  EST JUSTE  DE TUER  LES  ROIS  IMPIES

Et ces rituels ajoutent : On sait tout ce que les jésuites ont fait depuis plus de trois cents ans. Ce sont les plus violents ennemis de la Maçonnerie Orientale de Misraïm. Ils ont assassiné des Rois et des Princes qui avaient refusé de leur obéir, et si nous prononçons leurs noms dans ce Saint Temple, c’est afin de vous mettre en garde contre leurs funestes projets.

            Cet anagramme signifie encore

JUSTITIA  NUNC  REGET  IMPERIA

LA  JUSTICE  DÉSORMAIS  GOUVERNERA  LES  EMPIRES

            C’est-à-dire que si la Maçonnerie, qui renferme toute la doctrine de Jésus de Nazareth, venait à triompher, le monde serait uniquement gouverné par la justice.

            En France, nous Chev\ Rose-Croix, nous interprétons plus volontiers ce monogramme par ces mots :

IGNE  NATURA  RENOVATUR  INTEGRA

LA  NATURE  EST RENOUVELÉE  ENTIÈREMENT  PAR  LE  FEU

            Et nous croyons être ici dans le vrai, tant dans le sens littéral que dans le sens spirituel.

            Le premier nous rappelle qu’après que la nature a été engourdie par les froids, le soleil, au retour du solstice, la réchauffe et fait jaillir de son sein les moissons, les fleurs et les fruits ; ce sens suffit aux profanes.

            Mais ceux à qui l’on doit communiquer les hautes sciences et les mystères sublimes, üs quibus datum est noscere mysterium, à ceux-là nous leur donnons la véritable interprétation de ces mots : toute la nature est renouvelée par le feu, ou la nature est renouvelée intègre par le feu. Que nous dit le Verbe ? de même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le juste sera purifié en passant par le feu, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

En  effet,  au  rayonnement  de  ce  feu  sacré  qui  forme  la  parole,  l’homme  a

reconquis tous les droits de sa primitive origine, l’esclave s’est dressé sous l’éclair de l’égalité ; la femme a reçu en principe la faculté de marcher l’égale de son époux et, aux lueurs de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, les hommes ont été appelés à ne former qu’une seule famille de frères.

            Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais dans le chemin de la science et de la vérité.

            Nous ne vous demanderons pas d’autre serment. En est-il besoin à l’égard de celui que la Foi, la Charité et l’Espérance éclairent ?

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