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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

L'Ouroboros

Publié le 19 Juin 2026 par T.D

I- L'Ouroboros

C’est un serpent incurvé jusqu'à former un cercle complet qui tient l'extrémité de sa queue dans sa bouche. Son nom dérive de cette particularité ; en effet en grec oura signifie "queue" et boros veut dire "dévorant" d’où "qui dévore sa queue" ; quelques auteurs se sont servis du mot grec Ouroboros ou du terme greco-latin ourovorax.

 Les anciens Grecs empruntèrent cet emblème [dit-on] aux Égyptiens lesquels, selon le témoignage d'Olympiodore et de Plutarque, le reliaient aux manifestations sidérales dont nous parlerons plus avant et ils lui avaient conféré diverses significations métaphysiques qui semblent considérablement s’être amplifiées dans le cours des siècles. Ensuite, les Romains l'adoptèrent ains que diverses sectes chrétiennes et hérétiques, les Gnostiques, les Ophites, mais nous ne savons pas exactement avec quelle signification.

Pendant le haut Moyen-Âge les alchimistes, les hermétistes et ensuite les héraldistes religieux et nobiliaires l’utilisèrent jusqu'à nous.

II - L'Ouroboros et le temps

 La signification la plus connue qui fut attribuée par les Anciens à l'Ouroboros est son rapport au Temps, au temps qui – seulement avec Dieu* n'a ni commencement ni fin, puisqu'il n'est autre que le fil avec lequel est tissée l'Éternité. L'Ouroboros, formé en cercle, soudé par la pression de ses mâchoires aux deux extrémités de son corps, est tout un, sans solution de continuité ; en réunissant en lui début et fin, il est entré en possession de ce qui est vraiment les choses eternelles.

 

 Les Égyptiens le reliaient au chemin céleste des astres qui règlent nos saisons et nos ans, divisions qui nous permettent de mesurer la course irresistible du temps ou, comme le dit Virgile, "la fuite infaillible du temps". Toutefois, il semble que la signification initiale de l'emblème Ouroboros se référait surtout à la perpétuité cyclique, à l’inéluctables et régulier renouvellement des cycles, 1 dand leur succession ininterrompue qui forme l'éternité. Il est probable qu'aux yeux des Anciens, ces renouvellements furent représentés par cette caractéristique qu’ont les serpents de changer périodiquement de peau, puisqu'ils croyaient qu'en faisant "peau nouvelle", le reptile rénovait même sa propre vie.

 Tertullien l'explique ainsi : « le serpent, dit-il, change de peau et d’âge qui lui viennent de la nature. Dès qu'il a perçu la vieillesse, il s’enferme dans un étroit passage, il y laisse une peau rugueuse pendant qu'il se glisse dehors et, s’étant dépouillé, il ne sort de sa caverne que s’il est brillant et rajeuni. »

La mythologie gréco-romaine, et l'imagerie dont elle se servit, firent de l'Ouroboros l'attribut du dieu Saturne/ Kronos, fils de Cœlus, qui représentait le Temps et que les Grecs appelaient Chronos ; il est représenté par l'image d'un vieillard qui tient dans la main droite une faux et dans l'autre l'Ouroboros, parce que, dans la fuite des ans, la fin du mois de chaque année rejoint le premier du mois suivant, ainsi que se reconnectent tête et queue du serpent circulaire.

Et, grâce à cette considération cet emblème s'approche du mythe de Janus dont le crâne unit les deux images du futur et du passé, représentant le profil d'un adolescent et d'un vieillard. Leurs perpétuelle union symbolise l'éternité. Sur un autre plan, quelques philosophes comme Alcmon ont appliqué l'emblème de l'Ouroboros non seulement à la perpétuité cyclique, mais aussi à celle de l'âme humaine.

III - L'Ouroboros et le mouvement

La seconde signification de l'Ouroboros auprés des Anciens fut de symboliser le mouvement et la perpétuité de la force qui l'actionne, non seulement parce qu’il est courbé en cercle et peut rouler comme la roue ou comme le cerceau d'un enfant, mais surtout parce que le serpent, naturellement privé des membres dont sont doués les autres animaux, bouge de toute façon comme eux, et avec une telle rapidité, grâce au seul jeu interne de ses flancs et de ses plaques ventrales, jeu qui se traduit dans une séquence d'ondulations latérales et propulsives.

 Cette puissance intérieure et automotrice le fit considérer par les Égyptiens comme l'image du mouvement cosmique, du chemin des astres dans l'espace, et par conséquent de la course du temps et de la succession ininterrompue de ses phases. C’est sûrement en considérant sa forme circulaire que Plutarque affirma que les Égyptiens comparaient le serpent aux astres. Lorsque l'Ureus sacré, la vipère Haje, se courbe en cercle sur la tête du faucon de Ra ou sur celui d’Horus, lessoleil levant représente le retour de cet astre et son départ diurne pour une brillante carrière ; mais alors la tête et la queue du reptile sacré sortent hors de la ligne du cercle : il n'est plus strictement l'Ouroboros.

Quelque fois nous le retrouvons, malgré l’écoulement des siècles, sur des gnomons relativement récents où il emprisonne dans son cercle les heures qui marquent la course du soleil. Nous le voyons sur un cadran d'ardoise de 1625, où sa voix rappelle à l'homme le peu de résistance de sa vie à l'action du temps mesuré par les heures : Memento quia pulvis es, "rappelle-toi que tu es poussière !" Aujourd'hui, nous semblons vraiment être autorisé à croire qu'en certains milieux du monde ancien l'Ouroboros était même l'image du mouvement du sang dans le corps humain.

Cette circulation, qui est une fuite et un retour, aurait été connue longtemps avant Harvey (1578-1658) qui, mieux qu’aucun autre avant lui, en expliqua le mécanisme.

IV - L'Ouroboros et le renouvellement de la vie

 La signification plus ésotérique de l'Ouroboros part de cette légende, chère aux Anciens, selon laquelle "le serpent jouit d'une longévité sans pair, rajeunissant en vieillissant, et renaissant même dans l'instant où se poursuit sa croissance etoù il devrait commencer son déclin". En réalité, son nom indique qu’il se nourrit de sa chair même : Boros-Oura, "dévore sa queue" ; ainsi c’est avec sa propre substance que le serpent, selon la vieille fable, se reconstitue dans la mesure où l'usure du temps et de la vie agissent sur lui.

Les paysans français assurent en certaines province, que si on coupe le corps d'un serpent entre l'extrémité de la queue et les organes de fonctions vitales, la partie détruite repoussera toute seule et se reconstitue dans son état primitif. Je ne sais pas si ce fait est réel chez les serpents, mais il l’est indiscutablement dans les sauriens comme le lézard des murailles. Les Anciens ont donc pu croire à la présence, dans la queue des reptiles, d'un principe vital et reconstituant que le serpent absorberait et assimilerait, au bénéfice de la longévité de son existence, en mordant l'extrémité de sa queue.

Cette renaissance a même fait de l'Ouroboros dans le monde ancien, l'emblème de la perpétuité du renouvellement de la vie, "de “l'éternel retour des choses”.

 V - Le Gardien de l'infini

 La philosophie et l'emblématique d'autres temps voyaient le cercle comme l'image de l'Univers, du Cosmos infini qui renferme en lui la Divinité et toutes ses œuvres.

Maintenant, comme avant eux les plus vieux mythes du monde l’avaient faits du serpent - et du dragon* qui n'est autre qu’un serpent hybride et monstrueux - le gardien né des trésors de n'importe quelle nature, les savants rapprochèrent le nom du serpent Ouroboros de l'autre mot grec ouros qui indique en même temps le gardien des trésors, le sauveur et le chef ; ils transposèrent l'idée d'infini de l'intérieur du Cercle, à celui du serpent circulaire en y déposant ainsi n'importe quoi sous sa garde. Nous trouvons la persistance de ce thème par les alchimistes grecs du Moyen âge ; cela nous est prouvé par un manuscrit byzantin du XIème siècle, qu'on trouve aujourd'hui à San Marco de Venise, dans lequel, dans le capitole sur la Chrysopea de Cléopatre, est représenté le cercle irrégulier et naïvement tracé de l'Ouroboros avec l'inscription En to pan, "Tout en Un".

 Et cela s’accorde avec ce qu’Olympiodore dit des anciens hiéroglyphes des Égyptiens qui, en voulant « représenter l'univers sur les monuments ou l'exprimer en caractères sacrés, ont gravé le serpent Ouroboros. » Ainsi, comme l'amphisbène [ndt 1 ], cet Ouroboros des alchimistes, est moitié noir et moitié blanc.

VI - L'Ouroboros dans les premiers temps du christianisme

 Chargé depuis les âges lointains des significations dont nous avons énuméré les principales, l'Ouroboros devint immédiatement la proie des premiers hérétiques connus au sein de l'Église chrétienne ; ils lui attribuèrent encore des significations variées, en le contrastant très nettement avec les dogmes chrétiens.

C’est surtout les Gnostiques qui employèrent le symbole de l'Ouroboros : il se trouve sur nombreux “abraxas” qu'ils nous ont laissé, associés à des lettres ou à des 1 Amphisbène : est un réptile symbolique qui a une tête de chaque coté. Très pratique pour ressortir d’un trou... 3 signes que des savants auteurs tel Chiffet, Cheveux, Gori, ont traduit ainsi : le Violent - Pensée - Dieu - Cercle - Prudent - Maladetto - a excité - Je suis - du Désir - la Couronne - Jamais - Mon Roi - ma Force - Soleil - fort- Michel - Image de Dieu... toutes ces expressions enigmatiques ne nous révèlent absolument pas la signification de l'Ouroboros très souvent représenté par les Gnostiques.

Nous savons seulement qu'ils lui conservèrent la signification d'emblème du cycle annuel, du mouvement et du renouvellement de la substance dans un sens panthéiste que la doctrine chrétienne désapprouva. Dans la Pistis Sophia [sagesse confiante], œuvre alexandrine généralement attribuée aux Gnostiques des valentiniens, mais que certains considèrent comme l'œuvre des Ophites, le corps du serpent mystérieux est divisé en douze parties, en douze "éons" correspondants aux douze mois du cycle annuel. La présence à l'intérieur de l'Ouroboros d'emblèmes primitifs et indiscutés du Christ, a porté à croire que le serpent-cercle fut auprés des Gnostiques un des symboles de Jésus Christ. c’est possible, mais absoluement rien nous le prouve.

Par exemple, l'Ouroboros gravé sur pierre que Bernard Picard attribue aux Gnostiques Baslidiens : nous voyons l'étoile [ndt 2 mono-graphique du Christ, formée par la superposition de l'iota I de IESUS, et du (khi) X de XRISTOS, et ce monogramme est couché ; mais les autres caractères restent enigmatiques.

 Il semble plus sûr que les Gnostiques, avec Olympiodore et les Anciens, ont vu dans l'Ouroboros l'image de l’Agatodaimon, le “bon génie” qui aide et qui sauve ; et peut-être est-ce pour ce motif qu'ils le rapprochèrent du Sauveur des hommes.

Le grand usage que ces hérétiques firent de son image empêcha les symbolistes orthodoxes des premiers temps du christianisme d'utiliser ses représentations dans l'art décoratif des catacombe, et s'il apparut plus tard dans l'imagerie chrétienne, on ne le généralisa jamais.

VII - L'Ouroboros chez les Alchimistes

Au temps des premiers empereurs romains, l'État d'une part et l'Église* naissante de l'autre, désapprouvèrent les pratiques de ceux qui se dédiaient à l'exercice des sciences occultes ; et dans cette commune désapprobation furent englobés ceux qui recherchaient trop mystérieusement les secrets des phénomènes naturels. Tibère bannit d'Italie "les magiciens et les mathématiciens" ; Claude et Vitellio renouvelèrent les édits qui proscrivaient ensemble les astrologues* et les sorciers*.

En se faisant l’écho des pontifes chrétiens, Tertulien protestait contre ceux qui cherchaient à comprendre et à expliquer les énigmes du Livre d'Enoch, une œuvre juive au ton apocalyptique, composée vers le IIème siècle AEC, en leur reprochant surtout de trahir les secrets de l'or, de l'argent ; de chercher les incantations des métaux, les propriétés magiques des pierres précieuses, les vertus mystérieuses des plantes, les magies, etc. Ainsi, maltraités partout, les adeptes de ces recherches cachèrent leur travail sous des formules mystérieuses et sous des anciens symboles auxquels ils adaptèrent des significations dont ils conservèrent jalousement la clé. Le principal de ces emblèmes fut l'Ouroboros.

 Les origines de l'Alchimie, qui se consacra plus particulièrement à l’étude mystérieuse des métaux et des pierres merveilleuses, ont été admirablement étudiées par le savant Marcellin Berthelot ; il dit que, considéré dans son acception générale et 2 L’étoile Khi-Iota : ultérieurement transformée en Khi-Ro et baptisé “chrisme” pour recouvrir la Rune hagal “grêlon” ou Hag-all “Tertre Suprême” !!! 4 dans l’Alchimie, « le serpent circulaire était le gardien du temple de la Connaissance et seulement celui qui l'avait vaincu pouvait dépasser le seuil du lieu sacré. » En attribuant à l'Ouroboros le rôle de "gardien" de leur science cachée, les Alchimistes faisaient à nouveau le rapprochement, déjà signalé, entre le nom de cet emblème et le mot grec ouros, pris dans le sens de "gardien".

Très probablement c’est de là que provient la forme de l'Ouroboros utilisée en France pour de nombreux heurtoirs ou les battants forgés ou fondus, du XVIème et surtout du XIXème siècle. En parlant des Armes/ Blason* des Wurtenberg d'Allemagne entourées d'un Ouroboros dragonien, dans le XVIIème siècle, de la Colombière écrivait : « Ceci devrait s’appeler plutôt un Gardien qu’un support. » En cela, l’Héraldique était donc d'accord avec la plus ancienne tradition.

Pratiquement, dans les théories alchimistes l'Ouroboros fut le hiéroglyphe de "la dissolution des corps grâce à la fermentation". Il fut même l'emblème de l'élément actif et de l'élément passif représentés l'un par la queue et l'autre par la bouche du reptile, la première en fournissant à la deuxième, comme dans la croiyance ancienne, la substance reconstituante. Peut-être, est-ce dans l'ambiance hermétique que fut initialement fait un rapprochement d'ordre emblématique entre l'Ouroboros et l'Elixir de longue vie.

Sur un autre plan, le serpent circulaire fut même l'image de l'eternelle Sagesse et de la perpétuité de son action dans le monde. La [tardive] Kabale considère le serpent Nahash, le serpent tentateur de l'Éden, comme "le symbole de l'Egoïsme primordial" ; mais l'Ouroboros représente encore mieux cette mystérieuse auto-attraction, du fait que la partie la plus extrême de son corps ne s'éloigne pas du début sinon pour revenir en un parcour circulaire et s’y fixer : il ne sort pas lui-même. Les occultistes modernes considèrent que l'Ouroboros marque même du "plein" et du "vide" ; du reste, c’est pour ce motif qu'il fut toujours raccordé au symbolisme hermétique des organes génitaux de l'homme et de la femme.

VIII - L'Ouroboros et l’emblématique chrétienne

Les auteurs du Moyen-Âge ont parlé de l'Ouroboros seulement sur un mode absolument ésotérique ; ceux d'entre eux, comme Albert le Grand, qui s'occupèrent d'Alchimie*, furent certainement informés, mais ils gardèrent pour eux ce qu'ils savaient. Au XIIIème siècle, l'évêque de Mende, Guillaume Durand, dit seulement que « avant l'invention des lettres, chez les Égyptiens il s’utilisait.

On dessinait l'année de la man!ère suivante : ils représentaient un dragon* qui se mord la queue, parce que l'année se courbe et revient sur elle–même. Et c’est ainsi que certains le représentent encore. » C’est sûrement dans beaucoup de ces groupes spirituels, plus ou moins hermétiques qui se formaient un peu partout dans le Moyen-Âge, qu’on en savait plus long, mais leurs traces et surtout les témoignages sur leur genre de spiritualité, d'ascétisme, leurs méthodes de pitié, leurs particulières dévotions sont devenus très rares.

Néanmoins, dans les documents comme ceux du monastère des Carmelites de Loudun et les cahiers de l’Estoile Internelle, les uns et les autres au XVème siècle prouvent qu'on avait alors une profonde connaissance presque disparue aujourd'hui, des vieux symboles traditionnels pleins de très bonne nourriture spirituelle, et qu'on les interprétait le plus souvent en groupes fermés, peut-être, mais en mode parfaitement orthodoxe.

Dans ces Cahiers de l’Estoile Internelle, l'Ouroboros inclut le mono-gramme  gothique du nom IHesuS, réduit aux seules lettres IHS, et au-dessus du nom sacré dominent les trois croix du Golgota. Le serpent fermé se présente ici avec sa vieille signification d'emblème de perpétuité.

De la perpétuelle efficacité du sacrifice rédempteur qui évoque soit le nom de la Victime divine, soit de l'image de l'échafaud salvateur qui fut le moyen du sacrifice. À titre d'attribut, l'Ouroboros ajoute ici, au souvenir de la Redempion, l'affirmation de l'eternelle perpétuité de ses effets. Il s'agit de l'évocation du Redempteur qui a sauvé, qui sauve et qui sauvera toutes les âmes de bonne volonté, du Redempteur « qui étaient hier, qui est aujourd'hui, qui sera dans tous les siècles, Christus heri, et hodie, ipse et en secula. » [ndt 3 ]

 Au XVIème siècle l'Ouroboros représenta quelquefois la perpétuité de la vie future, et sans doute c’est vraiment dans cette signification que Jean Juste le sculpta deux fois sur la très belle tombe de marbre de l'Amiral Gouffier de Bonnivet dans la collégiale d'Oiron.

Dans ce même siècle, Jehan Frellon, en prenant le serpent comme emblème de la Terre, le plaça dans un cadre ovale dans lequel il plaça le bourdon et le Crabe/ Cancer comme images de l'Air et de l'Eau, en réunissant ainsi les figures des trois milieux vitaux des êtres du monde..

 Dans des ex-libris hermétiques - et pas maçonniques - du XVIIème siècle, l'Ouroboros encadre sur le tronc de l'Arbre de Vie l'image du Pélican que resuscite ses petits par l'ablution de son sang qui semble vraiment être l'emblème du Sauveur ; et le serpent circulaire témoigne et affirme que sa miséricordieuse compassion continuera toujours.

Sur un panneau de bois peint, du XVIII siècle, l'Ouroboros ceint le tête du Phénix entourée des marques alchimiques du soufre. Ici les deux emblèmes, le reptile et l’oiseau mytologique ont, dans leur lointain passé, deux privilèges très voisins l'un de l'autre : l'un rénove sa vie avec sa substance même et l'autre renaît de ses cendres ; tous deux sont perpétuellement vivants.

 Le Christ fait de même puisqu'il est l’auteur de sa résurrection personnelle, et saint Paule nous dit alors : « le Christ, est ressuscité des morts, il ne meurt plus. » Le projet du monogramme de Jésus Christ posé à l'intérieur de l'Ouroboros comme "symbole de son éternelle domination" s'est réalisé.

 En réalité, le monogramme sacré dans cette composition joue le rôle du moyeu et des rayons d'une roue*, dans laquelle l'Ouroboros se substitue au bandage sur lequel se fait la course de la roue : nous aurions donc ici plus exactement l'emblème de la perpétuité de l'action du Christ dans le temps, avec les deux idées communes à l'Ouroboros et à la roue, perpétuité et mouvement, dans lequel la fin équivaut ici à l'action. .

 L'art du bijou s'est quelquefois servi de l'image de l'Ouroboros. Un bracelet d'enfant de ce modèle, fait de mailles métalliques jaunes et marrons, a été retrouvé dans une des nécropoles franque de Vaillt (Aisne).

On se rappelle même d'une des fibules en argent, du XVIII siècle ; et même d'un bel anneau porté par Paul Amigues de Tolosa. Fibule et anneau voulaient peut-être symboliser la perpétuité dûe à la fidélité conjugale. Même dans le blason* nobiliare ou religieux, l'Ouroboros représente presque toujours une idée de continuité perpétuelle.

Les Armes de Mgr De Chamon, évêque de Saint-Claude de 1832 à 1851 (Armes qui furent aussi celles de sa famille) portent : "D’Azur à l'Ancre traversée d'une flèche, à la Haste (lance) frettée, entourée d'un Ouroboros, le tout d’Argent". 3 Nrt : jolie tirade pour une laborieuse récupération du… calendrier annuel !…

Ces armes expriment une invincible et eternelle espoir de la Grâce du Haut, très souvent représentée dans la Symbolique chrétienne par la lance ou les flèches qui descendent du ciel, jetées par la main divine. [4 ] En 1914 à Coutances, sur un coffre du XVII siècle, décoré avec des seggetti religieux peints, j'ai remarqué un Ouroboros dont le cercle est traversé d'une flèche verticale qui tombe du ciel : s'agit-il encore de la grâce divine et de sa perpétuelle descente sur notre monde ? [id.] Pendant la Révolution Française, l'Ouroboros est apparu quelquefois avec des attributs qui glorifiaient les “idées nouvelles”.

Il semble représenter simplement la perpeuité des "immortels principes", sans qu’une quelconque idée de cycle ou de phase ait justifié son emploi !

IX - L'emblème trinitaire

 Il me semble qu'on peut sûrement voir un symbole* de la Trinité [5 ] dans les trois Ouroboros que quelquefois on trouve bouclés (dont les cercles sont entrelacés) selon ce qui en Symbolique est appelé le Scutum fidei. Ancienne image de la perpétuelle durée, l'Ouroboros ainsi triplé dans un unique ensemble convient en effet mieux que trois cercles simples pour représenter ces trois Éternels distincts qui font un unique Être.

L'exemple que je reproduis ici [6 ] d’une peinture italienne, m'a été fourni par le Père Leon de Lione, conservateur du Musée Fransiscain de Rome (1926). Bien que les serpents circulaires ne vous inreccino pas, il n'y aurait rien de surprenant à remarquer que le même symbolisme trinitaire a été présent dans la composition des armes des Lauzon du Poitou, qui sont : D’Azur à trois serpents d'argent qui se mordent la queue, posés deux et un.

X - L'Ouroboros, emblème de l’initié*

Dans le Moyen-Âge, toute la vie sociale fut établie sur un escalier ascendant par degrés parfois discrètement voilés : la Chevalerie, les Ordres monastiques, les Corporations artisanales, les Confraternite de tous genres, les Universités, même le vagabondage furent constitués sur les modèles identiques que les temps plus anciens avaient indiqué à leurs fondateurs. Le même Sacerdoce n'est peut-être pas venu du berceau de l'Église* avec ses commandements mineurs et ses commandements majeurs qui aboutissent à l'Episcopat, terme final du sacrement des Ordres ?

 Avant le XIIIème siècle l'hermétisme fit de l'Ouroboros, avec une opportunité peut-être contestable, l'emblème des stades suivants qui aboutissent dans la dignité episcopale, c’est à dire dans la perfection du sacerdoce.

Ce que les auteurs ecclésiastiques ne disent alors pas à cette intention, nous le trouvons dans un manuscrit alchimique : « Le prêtre, avant tout homme de bronze, a changé de couleur et de nature en devenant prêtre et il est devenu un homme d'argent ; peu de temps après, tu le trouveras changé en homme d'or. » 4 Blasons : cf. dans l’art. de ce nom, une tentative de décryptage “nordique” qui décoiffe quelque peu (§ Meubles étranges : les Nalecs-Lis)… 5 Trinité : héritière dégradée et fort confuse de la Trifonctionnalité* des Indo-Européens* et donc de leurs Trinêtres symboliques… 6 ici : cf. les site www.alchemica.it/… 7

 D'autre part, dans les mêmes milieux l'Ouroboros fut le Symbole des révélations successives de la Science, de la Connaissance réservée à l'Élite, et du silence qu'il s'impose au début du fait que, en se repliant mystérieusement en cercle fermé, l'Ouroboros se ferme tout seul et même avec sa bouche.

C’est probablement en ce sens que dans le XVIIèmr siècle le célèbre imprimeur et éditeur Sebastien MableCramoisy, était peut-être des grands confrères de l'Agla, entouré d’une manière magnifique avec l'Ouroboros, sa marque commerciale. En voyant dans l'Ouroboros seulement "le symbole de la grande initiation satanique", Ch. Micouleau eut vraiment une vue courte, vu qu’il fut le symbole de toutes les intiations menants par progression à des étapes suivantes.

Nous remarquons que l'Ouroboros n'apparaît pas dans les décorations liturgiques d'une cérémonie satanique décrite récemment par Louatron, dans un opuscule assez énigmatique. De Gassicourt et du Roure de Paulin disent que le Franc-maçonnerie* représente souvent l'Ouroboros avec la tête penchée. Avec ceci, je ne sais pas ce qu'elle veut exprimer à ceux qui ont la clé de ses secrets mais, d'habitude, le renversement des emblèmes est défavorable au sujet représenté par l'emblème versé.

XI - L'Ouroboros, emblème du judaïsme actuel ?

Les “Revue Internationale des Societe secrètes” souligne que les Protocoles de Sion font de l'Ouroboros l'emblème des projets de domination européenne de la part des hautes sphères israélites. En effet, ils disent : « encore une brève distance à dépasser, et le cercle du serpent symbolique - la marque de notre peuple - sera complet. Lorsque ce cercle sera fermé, il entourera tous les États de l'Europe comme des chaînes indestructibles. » Il faut ajouter que l'authenticité des Protocoles de Sion ne semble pas être indiscutable et que quelques personnalités catholiques la contestent. Mais l'Ouroboros et "le sceau de Salomon", qui furent et restent les emblèmes certains du Rédempteur, ont été trop présentés comme symboles essentiellement hébraïques pour ne pas parler de ces interprétations appliquées à l'Ouroboros. »»

 

Louis Charbonneau-Lassay

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Signification et origine des Ouroboros

Publié le 19 Juin 2026 par T.D

Le symbole ouroboros, souvent représenté comme un serpent ou un dragon se mordant la queue pour former un cercle, est l'un des motifs les plus anciens et les plus récurrents dans la mythologie et l'iconographie de diverses cultures du monde. Ensuite, je vais vous parler de certaines des origines et significations les plus remarquables des ouroboros dans différentes cultures :

  1. Egypte ancienne : L'une des premières mentions connues de l'ouroboros vient de l'Egypte ancienne, où il était associé au serpent Uraeus, une divinité protectrice représentée comme un cobra. Ouroboros était lié au cycle de la vie, de la mort et du renouveau, et on le retrouvait souvent dans les amulettes et les bijoux funéraires. Elle était également liée à l’idée d’éternité et à l’unité du temps.
  2. Grèce antique : Dans la mythologie grecque, l'ouroboros est parfois associé au serpent Ladon, qui gardait le jardin des Hespérides et est souvent représenté comme un serpent se mangeant la queue. Ce symbole est lié à l'idée de régénération constante et au cycle infini de la nature.
  3. Inde : Dans la tradition hindoue, l'ouroboros se retrouve à l'image de l'Ouroboros Ananta Shesha, le serpent cosmique qui soutient le dieu Vishnu alors qu'il flotte dans l'océan cosmique. Ce serpent représente le temps éternel et le cycle infini de création et de destruction dans l'univers.
  4. Alchimie : Au Moyen Âge et à la Renaissance, l'ouroboros est devenu un symbole important en alchimie. Il représentait l'union des opposés, comme le principe masculin (le Soleil) et le principe féminin (la Lune), et symbolisait la transmutation et la recherche de la pierre philosophale, qui conférait l'immortalité.
  5. Autres cultures : L'ouroboros apparaît également dans la mythologie chinoise, où il est connu sous le nom de « Dragon de Jade ». De plus, on le trouve dans les cultures mésoaméricaines telles que les Aztèques, où il est associé au serpent à plumes Quetzalcoatl.

Le sens général de l'ouroboros est l'idée d'un cycle éternel, du renouveau, de l'unité des contraires et de l'éternité. Il est également interprété comme un symbole d’introspection et de transcendance de soi, où l’individu recherche la compréhension et la sagesse en explorant ses propres limites et potentiels.

 

En résumé, l'ouroboros est un symbole ancien et universel qui a évolué tout au long de l'histoire et de la culture humaine, représentant des concepts profonds liés à la nature cyclique de la vie et à la recherche de la sagesse et de la transcendance. Son héritage perdure encore aujourd’hui comme un rappel de la richesse et de la profondeur de la pensée symbolique humaine.

Que signifie le mot Ouroboros ?

Le mot « uroboros » ou « ouroboros » tire son origine de termes grecs anciens. Il est composé de deux mots grecs :

  1. « Oura » (οὐρά) : signifie « queue » en grec ancien.
  2. « Boros » (βόρος) : signifie « manger » en grec ancien.

Par conséquent, « uroboros » ou « ouroboros » serait littéralement traduit par « celui qui mange la queue ».

Signification spirituelle de l'ouroboros

La signification spirituelle de l'ouroboros varie selon la tradition et l'interprétation, mais en général, cet ancien symbole est associé à plusieurs concepts spirituels profonds. Voici quelques interprétations courantes de la signification spirituelle de l’ouroboros :

  1. Renaissance et cycle éternel : L'ouroboros symbolise l'idée d'un cycle éternel de vie, de mort et de renaissance. Cela représente l'idée que la vie et l'énergie ne meurent jamais complètement, mais sont constamment transformées et renouvelées dans un cycle infini. Cela peut être interprété spirituellement comme une affirmation de l’immortalité de l’âme ou comme une invitation à embrasser le processus de changement et de transformation de la vie.
  2. Union des opposés : Les ouroboros peuvent également représenter l’union des opposés, comme le yin et le yang dans la philosophie chinoise. En montrant un serpent mangeant sa propre queue, le symbole suggère que les extrêmes opposés sont liés et ne peuvent exister les uns sans les autres. Cela peut être interprété comme un rappel du besoin d’équilibre et d’harmonie dans la vie spirituelle.
  3. Réflexion sur soi et transcendance de soi : L'ouroboros peut être considéré comme un symbole de réflexion sur soi et de transcendance de soi. En regardant à l’intérieur et en explorant nos propres limites et potentiels, nous pouvons atteindre une plus grande compréhension spirituelle et un niveau de conscience plus élevé. Le serpent mangeant sa propre queue peut représenter l’idée de rechercher la vérité et la sagesse en soi.
  4. Éternité et unité : L'ouroboros peut également être interprété comme un symbole d'éternité et d'unité. En formant un cercle fermé, le symbole suggère l’idée que tout est interconnecté et que le temps est circulaire plutôt que linéaire. Cela peut inspirer un sentiment d’unité avec le cosmos et la compréhension que nous faisons partie de quelque chose de plus grand et de plus durable.

Quelle signification le serpent avait-il pour les Vikings ?

Le serpent avait diverses significations et symbolismes dans la mythologie et la culture des Vikings et d’autres peuples nordiques. Je présente ici certaines des interprétations et significations les plus pertinentes :

  1. Jörmungandr (Le Serpent du Monde) : Dans la mythologie nordique, Jörmungandr était un serpent gigantesque qui entourait le monde connu, se mordant la queue en cercle, semblable au symbole de l'ouroboros. Il était l'un des trois enfants de Loki et Angrboða. Jörmungandr symbolisait le chaos et la destruction et était destiné à déclencher le Ragnarök, la fin du monde, lorsqu'il lâcha finalement sa queue et fit face à Thor.
  2. Serpents en navigation : Les Vikings étaient connus comme des marins et des explorateurs experts. Au cours de leurs voyages, ils rencontraient souvent des serpents de mer, ce qui pouvait être interprété comme un signe de bonne ou de malchance. Selon les circonstances, ils pourraient être associés à une protection ou à un danger en mer.
  3. Les serpents comme symboles de pouvoir : Dans certaines inscriptions et gravures runiques vikings, des serpents sont représentés, souvent avec d'autres animaux et symboles. On pense que ces représentations auraient pu être des symboles de pouvoir ou de statut, bien que leur signification exacte soit souvent ambiguë et puisse varier selon le contexte.
  4. Les serpents comme gardiens : Dans la mythologie nordique, on croyait que les serpents pouvaient être les gardiens de trésors ou de lieux sacrés. Certaines histoires racontent que les Vikings affrontaient des serpents gardiens dans leur recherche de richesse ou de connaissances.
  5. Les serpents comme représentations de la nature : Dans la cosmologie nordique, le monde naturel était plein d'êtres et d'esprits, et les serpents auraient pu être considérés comme des manifestations de la nature et de ses mystères.

Il est important de noter que l’interprétation exacte du serpent dans la culture viking peut varier selon le contexte et la région. De plus, les informations sur les croyances et le symbolisme des Vikings proviennent principalement de sources écrites ultérieures, car les Vikings n'ont pas laissé une grande quantité de traces écrites sur leurs croyances et pratiques religieuses. En conséquence, certaines de ces interprétations peuvent être spéculatives et basées sur la mythologie nordique enregistrée dans l'Edda poétique et l'Edda en prose, ainsi que sur des inscriptions runiques et des découvertes archéologiques.

 

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Les symboles des processus

Publié le 18 Juin 2026 par T.D

En alchimie, les processus de transformation sont symbolisés par une série d'opérations qui visent à purifier, décomposer et recomposer la matière pour atteindre la perfection ultime. Les voici dans l'ordre l'une après l'autre.

3.1. La Calcination ou Calcinatio

La calcination (🜂) est l'opération de chauffer une substance jusqu'à ce qu'elle soit réduite en cendres, éliminant ainsi toutes les impuretés volatiles. En alchimie, la calcination représente la purification par le feu, où les aspects grossiers de la matière et de l'esprit sont brûlés pour révéler l'essence pure. Ce processus est crucial pour décomposer les structures matérielles et symboliques, permettant une transformation complète. La calcination est souvent symbolisée par des images de four ou de feu intense, illustrant la destruction créatrice nécessaire pour la renaissance.

3.2. La Dissolution ou Solve

La dissolution (🜄) est le processus par lequel une substance solide est décomposée dans un liquide, généralement de l'eau, symbolisant la décomposition des formes fixes pour revenir à un état primordial et amorphe. En alchimie, cette étape est cruciale pour briser les structures rigides et permettre une réorganisation des éléments. La dissolution représente aussi la purification de l'âme, où les impuretés sont éliminées, laissant une essence pure prête à être transformée. Cette étape est souvent symbolisée par des images d'eau ou de liqueurs dissolvantes, et elle marque le début de la véritable œuvre alchimique.

3.3. La Séparation ou Separatio

La Séparation, ou Separatio ( ), est une opération fondamentale dans l'alchimie, consistant à diviser une substance composite pour isoler ses composants purs. Ce processus implique une analyse minutieuse et un discernement précis pour distinguer les parties utiles et essentielles des impuretés et des éléments non désirés. En pratique, cela peut se faire par des méthodes telles que la filtration, la distillation ou la décantation, permettant d'extraire les essences précieuses des matières brutes. Symboliquement, la Séparation représente une étape de purification intérieure, où l'alchimiste doit séparer les aspects spirituels élevés des distractions matérielles et des pensées impures. Ce processus est souvent illustré par des images de tamis ou de filtres, soulignant l'importance de cette phase dans l'élimination des scories pour révéler la pureté cachée de la substance. La Séparation prépare ainsi la matière à une recombinaison plus harmonieuse et équilibrée, et sur le plan personnel, elle aide l'individu à clarifier ses intentions et à se concentrer sur les aspects les plus nobles et divins de son être. Cette étape est cruciale pour avancer vers des transformations plus profondes et significatives dans le voyage alchimique.

3.4. La Conjonction ou Coniunctio

La Conjonction, ou Coniunctio (), est une étape cruciale dans le processus alchimique où les éléments séparés et purifiés sont recombinés pour former une nouvelle substance harmonieuse. Ce processus symbolise l'union des opposés, tels que le masculin et le féminin, le matériel et le spirituel, ou le soufre et le mercure, illustrant ainsi la réintégration des dualités en une seule unité cohérente. En alchimie, la conjonction représente non seulement la fusion des éléments physiques mais aussi l'unification des aspects psychiques et spirituels de l'individu. Cette étape est souvent associée à des images symboliques de mariage alchimique, où le Roi et la Reine, représentant les principes solaires et lunaires, se réunissent dans une union sacrée. La Conjonction marque une phase de renouveau et de création, où les énergies divergentes se stabilisent en un état de perfection et d'équilibre. C'est un moment de grande transformation, signifiant que l'œuvre alchimique progresse vers des niveaux plus élevés de réalisation, intégrant les aspects purifiés de la matière et de l'esprit en une nouvelle totalité illuminée et transmutée.

3.5. La Fermentation ou Fermentatio

La fermentation (🜹) est le processus de transformation de la matière organique par des micro-organismes, généralement en présence d'humidité et de chaleur. En alchimie, la fermentation symbolise la putréfaction et la renaissance, où la matière morte est décomposée et régénérée en une nouvelle forme vivante et vitale. Ce processus est essentiel pour la création de l'élixir de vie ou de la pierre philosophale, représentant le cycle de mort et de résurrection. La fermentation est souvent symbolisée par des images de matières en décomposition ou de bulles indiquant une activité intense, soulignant la transformation profonde et vitale de l'essence.

3.6. La Distillation ou Distillatio

La distillation (🝂) est le processus de séparation des substances volatiles par chauffage et refroidissement, aboutissant à la purification et à la concentration de l'essence. En alchimie, la distillation symbolise la clarification et l'élévation des idées et des substances, où les éléments les plus purs sont extraits et concentrés. Ce processus est essentiel pour raffiner les substances et atteindre des états de pureté plus élevés. La distillation est souvent représentée par des alambics ou des appareils de distillation, illustrant la séparation et la recombinaison des essences en des formes plus pures et plus sublimes.

3.7. La Coagulation ou Coagula

La coagulation (🜔) est l'opération qui suit la dissolution, où les particules dissoutes sont recombinées pour former une nouvelle substance solide et stable. Ce processus symbolise la cristallisation de nouvelles idées ou états de conscience après la dissolution des anciennes structures. En alchimie, la coagulation est essentielle pour fixer les nouvelles formes et donner une nouvelle vie à la matière transformée. Ce processus est souvent représenté par des symboles de cristaux ou de solides émergents des liquides, indiquant une phase de solidification et de manifestation concrète.

3.8. La Sublimation ou Sublimatio

La sublimation (🜁) est le processus par lequel une substance passe directement de l'état solide à l'état gazeux sans passer par une phase liquide intermédiaire. En alchimie, la sublimation symbolise l'élévation de la matière et de l'esprit vers des états supérieurs de pureté et de conscience. C'est une étape de purification intense où les éléments volatils sont séparés et élevés, laissant derrière eux les impuretés. La sublimation est souvent représentée par des images de vapeur ou de fumée montant vers le ciel, illustrant l'aspiration de l'âme à atteindre des sphères plus spirituelles.

3.9. La Solution ou Solutio

La Solution, ou Solutio (🜄), est une opération clé en alchimie, où une substance solide est dissoute dans un liquide pour former une solution homogène. Ce processus symbolise la désintégration des structures rigides et l'abolition des formes anciennes pour permettre la libération des essences cachées et des potentiels latents. La Solution est souvent réalisée en immergeant la matière solide dans des solvants alchimiques, tels que l'eau ou d'autres liquides spécifiques, qui dissolvent progressivement la substance en ses composants élémentaires. Symboliquement, cette étape représente la dissolution des attachements matériels et des pensées fixes, ouvrant la voie à une recombinaison plus flexible et harmonieuse des éléments. La Solutio permet de purifier et de préparer les composants pour les phases ultérieures de l'œuvre alchimique, facilitant une transformation profonde et la création de nouvelles structures plus équilibrées et intégrées. En dissoudre les anciennes formes, la Solution crée un état de fluidité et de potentialité, où les éléments peuvent interagir librement et s'unir de manière nouvelle et créative, préparant ainsi le terrain pour les étapes de recombinaison et d'élévation spirituelle.

3.10. La Digestion ou Digestio

La Digestion, ou Digestio (🜸), est un processus alchimique où une substance est chauffée à une température constante sur une longue période pour favoriser les transformations chimiques et alchimiques internes. Cette opération symbolise la maturation et la transformation lente mais continue de la matière, reflétant le développement progressif et approfondi de la substance en une forme plus pure et évoluée. En pratique, la digestion implique l'utilisation d'un appareil comme l'athanor, qui maintient une chaleur douce et stable, permettant à la matière de se décomposer et de se recombiner de manière homogène. Symboliquement, la Digestio représente le temps et la patience nécessaires pour la maturation spirituelle et la croissance intérieure. C'est une période d'incubation où les idées, les émotions et les énergies se transforment lentement mais sûrement, aboutissant à un état de sagesse et de compréhension plus profondes. La digestion alchimique est souvent associée à des images de cocon ou de gestation, soulignant l'importance du temps et de la chaleur interne pour permettre la transformation complète de la matière et de l'esprit. Cette étape prépare la substance pour les phases ultérieures de transmutation, assurant que les changements internes sont pleinement intégrés et stabilisés.

3.11. La Cération ou Cera

La Cération, ou Cera (🝊), est une opération alchimique visant à rendre une substance plus cireuse et malléable, généralement en y ajoutant des éléments liquides ou fondants. Ce processus symbolise la flexibilité et l'adaptabilité, essentielles pour la préparation de la matière aux phases finales de la transmutation. En pratique, la cération implique le mélange de la substance initiale avec des matériaux qui lui confèrent une texture plus douce et plus plastique, facilitant ainsi sa manipulation et sa transformation ultérieure. Symboliquement, la Cera représente l'ouverture de la matière et de l'esprit à de nouvelles possibilités et configurations, permettant une réorganisation harmonieuse et intégrée des éléments. Cette étape est cruciale pour assouplir les structures rigides et préparer la substance à accepter les influences transformatrices des dernières étapes de l'œuvre alchimique. La cération est souvent illustrée par des images de cire fondante ou de substances souples, soulignant l'importance de la malléabilité et de la préparation dans le processus de transmutation. En rendant la matière plus réceptive et adaptable, la Cération facilite la réalisation des objectifs ultimes de l'alchimie, menant à une transformation complète et équilibrée.

3.12. La Multiplication ou Multiplicatio

La Multiplication, ou Multiplicatio (), est une opération alchimique visant à augmenter la quantité et la puissance de la pierre philosophale ou d'un élixir. Cette étape symbolise la prolifération et l'intensification des qualités spirituelles et matérielles obtenues par le processus de transmutation. En pratique, la multiplication implique la répétition des cycles alchimiques sur la pierre ou l'élixir déjà transmutés, augmentant ainsi leur efficacité et leur pouvoir. Symboliquement, la Multiplicatio représente l'idée que les gains spirituels et matériels peuvent être exponentiellement amplifiés par des pratiques et des efforts continus. Cette opération est souvent associée à des images de croissance et d'abondance, comme des arbres portant des fruits multiples ou des récipients débordant d'élixir. La Multiplication montre que le travail alchimique ne se termine pas avec la première transmutation, mais qu'il peut être poursuivi pour atteindre des niveaux de perfection et d'efficacité encore plus élevés. En intensifiant les qualités acquises, la Multiplicatio prépare l'alchimiste à une influence et à une transformation plus profondes, tant sur le plan personnel que dans le monde matériel.

3.13. La Projection ou Projectio

La Projection, ou Projectio (🜍), est une opération alchimique où une petite quantité de la pierre philosophale ou d'un autre agent transmutateur est projetée sur une matière de base, généralement un métal, pour initier sa transmutation en or ou en une substance pure. Ce processus symbolise l'application pratique et la réalisation concrète de l'œuvre alchimique, marquant l'aboutissement des efforts de purification et de transformation. En pratique, la projection est l'acte final qui déclenche la transmutation tant recherchée, illustrant la puissance et l'efficacité de la pierre philosophale. Symboliquement, la Projectio représente le moment où les connaissances et les capacités spirituelles de l'alchimiste se manifestent dans le monde matériel, démontrant le succès de la quête alchimique. Ce processus est souvent représenté par des images de lumière ou d'énergie rayonnant de la pierre vers le métal, illustrant la transformation instantanée et miraculeuse. La projection montre que l'œuvre alchimique, après une longue série de préparations et de purifications, peut finalement être mise en œuvre pour produire des résultats tangibles et extraordinaires, confirmant la réalisation de la transmutation et la maîtrise des forces alchimiques.

 

4. Les symboles des substances

En alchimie, les substances théoriques sont symbolisées pour représenter les étapes et les outils essentiels du processus de transformation. Ces symboles servent à illustrer les concepts philosophiques et pratiques de l'alchimie, chaque substance ayant une signification spécifique dans le cadre de l'œuvre alchimique. Notez que ces symboles sont plus soumis à interprétation selon les alchimistes, et qu'ils n'ont pas été formalisés comme les symboles que nous avons pu voir précédemment. Il s'agit ici de représentations plus que de symboles à proprement parler.

4.1. L'Œuf Philosophique


L'Œuf Philosophique est un symbole central en alchimie, représentant l'univers en miniature et le potentiel de transformation totale. L'œuf est vu comme un contenant où les forces contraires se rencontrent et fusionnent pour créer une nouvelle vie. Il symbolise aussi le germe de la vie et le processus de naissance et de renaissance. Dans l'alchimie, l'Œuf Philosophique est souvent associé à la création de la Pierre Philosophale, car il contient tous les éléments nécessaires à la transmutation. Il est également lié à la notion de régénération et de renouvellement continus, où le cycle de mort et de renaissance est perpétuel.

4.2. L'Athanor (le four alchimique)


L'Athanor, ou le four alchimique, est l'instrument crucial dans les travaux alchimiques, symbolisant la chaleur et l'énergie nécessaires à la transformation. C'est dans l'Athanor que les substances sont chauffées et subissent les divers processus de calcination, dissolution, et autres opérations. L'Athanor représente aussi le cœur ou l'âme de l'alchimiste, où l'énergie spirituelle est concentrée et transformée. Il est souvent décrit comme un four éternel, capable de maintenir une température constante nécessaire pour permettre les transformations longues et délicates. L'Athanor symbolise donc la persévérance, la constance et la dévotion dans la quête alchimique.

4.3. L'Élixir de Vie (Pierre Philosophale)


L'Élixir de Vie, également connu sous le nom de Pierre Philosophale, est le but ultime de l'alchimie. Ce symbole représente la quintessence de la perfection et de l'immortalité. L'Élixir de Vie est censé posséder des propriétés miraculeuses, capables de transformer les métaux de base en or et de conférer l'immortalité et la guérison de toutes les maladies. En termes symboliques, la Pierre Philosophale représente l'accomplissement spirituel et la sagesse suprême. Elle incarne la fusion parfaite des opposés, le matériel et le spirituel, le microcosme et le macrocosme, signifiant l'unité de toutes choses. L'Élixir de Vie est le symbole de la réalisation complète de l'œuvre alchimique, la transformation finale de l'être en une forme divine et éternelle.

5. En conclusion

Nos tours d'horizon est maintenant terminé et j'espère qu'il vous aura donné envie de creuse ce sujet passionnant. Bien sûr, je n'ai pas la présentation de dire qu'il s'agit ici d'une liste complète de toute la symbolique alchimique, mais vous connaissez désormais les bases pour comprendre la plupart des théories.

[bloctwist]

 

Olivier d’Aeternum

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La Pierre philosophale

Publié le 18 Juin 2026 par T.D

l’alchimiste

Nous avons beaucoup parlé de la Pierre Philosophale ; disons maintenant quelques mots de son heureux possesseur : l’Alchimiste.

On se figure généralement cet homme vivant dans une recherche perpétuelle de l’impossible au milieu des fourneaux ardents, des crocodiles empaillés, des hiboux sinistres et des chats ensorcelés. Il suffit cependant d’ouvrir leurs livres, de voir la façon dont eux-mêmes représentent leurs fourneaux et leurs laboratoires pour constater que c’est là une profonde erreur accréditée par les préjugés de la foule

Le véritable alchimiste est un philosophe assez instruit pour traverser sans s’émouvoir les époques les plus troublées et les plus difficiles. Il est le dépositaire sacré de toute cette science merveilleuse enseignée jadis dans les sanctuaires vénérés de l’Inde et de l’Égypte. Il faut qu’il sache assez la voiler pour échapper au regard jaloux du despote clérical qui flaire en lui l’ennemi et qui le surveille étroitement. C’est quand l’Inquisition persécute impitoyablement toute trace de savoir, que le philosophe hermétique voile davantage ses écrits sous les symboles et les mystérieuses figures, pas assez cependant pour que le chercheur consciencieux ne puisse facilement comprendre. Voilà l’origine des obscurités voulues qu’on rencontre dans les ouvrages des adeptes.

Quel usage font-ils des richesses immenses que peut leur procurer la connaissance du merveilleux secret ?

Une des règles élémentaires de la science dite occulte, enseigne que, pour être maître de quelque chose, il faut savoir la considérer avec la plus grande indifférence.

Celui qui désire la Pierre Philosophale pour les richesses qu’elle procure et pour son bien matériel, a des chances considérables pour ne jamais la posséder.

Aussi la tradition ésotérique nous représente-t-elle l’alchimiste simplement vêtu et toujours en voyage, faisant l’aumône aux mendiants et aux rois et par là se montrant supérieur à ces derniers

Si nous en croyons les récits des contemporains, l’alchimiste Nicolas Flamel, possesseur de richesses immenses, les employait uniquement en fondations pieuses ou charitables et mangeait, ainsi que sa femme, des légumes bouillis, dans de la grossière vaisselle de terre.

Nous trouverons ces idées mises en pratique jusqu’en plein xixe siècle où l’alchimiste Cyliani (1832) ayant, raconte-t-il, découvert la pierre philosophale au bout de quarante ans de travaux, vécut en petit rentier bien modeste après avoir eu la tentation d’offrir le précieux secret au roi Louis XVIII ; sa femme l’en détourna

Du reste, il suffit de parcourir l’ouvrage de Figuier pour avoir de nombreux détails sur ce sujet.

La doctrine enseignée par les alchimistes est en grande partie philosophique. L’expérience ne doit que servir de contrôle aux théories spéculatives énoncées dans les livres les plus vénérés. C’est pourquoi les adeptes nomment l’ensemble de leurs connaissances : Philosophie hermétique.

La Philosophie hermétique professe l’unité de substance à la base de toutes ses démonstrations. Il existe un principe universel répandu dans tous les corps quelle que soit leur composition d’autre part. C’est la connaissance de ce principe universel et sa mise en action qui constituent le secret du grand œuvre et qui rend différentes ab initio les expériences alchimiques des travaux des chimistes ordinaires, que les philosophes hermétiques considèrent comme des garçons de laboratoire.

Cette force occulte a reçu une foule de noms dans les ouvrages alchimiques : c’est le Telesme d’Hermès l’Aour des Kabbalistes, le Rouah Elohim de Moïse le Mercure universel des alchimistes, la Lumière astrale de la Science Occulte[ le Mouvement de Louis Lucas etc., etc.

Du reste cette théorie, à laquelle sont amenés les philosophes contemporains, vient d’être remise au jour dans toute sa beauté par les travaux de la Société Théosophique sous l’inspiration des adeptes Indous

On trouvera aussi des détails sur ce sujet intéressant dans une très belle étude de M. de Rochas intitulée les Doctrines chimiques au xviie siècle et parue dans le Cosmos en 1888.

Existe-t-il à notre époque quelque trace de cette philosophie hermétique et de ses enseignements ? Cherchons-le.
 

VI

vestige de l’alchimie à notre époque

Les alchimistes travaillaient en général seuls jusqu’au xvie siècle. Dès cette époque, l’initiation fut donnée par des sociétés secrètes plus ou moins puissantes. Ce sont elles qui ont laissé des traces assez durables pour que nous puissions les retrouver à notre époque.

Sans vouloir parler des Templiers, prématurément détruits, la plus importante et la plus connue des sociétés hermétiques est sans contredit la mystérieuse Fraternité des Rose-Croix. C’est sous leur impulsion que fut fondée par Ashmole la franc-maçonnerie anglaise d’où sont dérivées toutes les initiations modernes

La Franc-maçonnerie nous présente encore aujourd’hui les traditions vivantes de l’Hermétisme dans plusieurs de ses hauts grades et c’est à ce point de vue que le F Ragon la particulièrement étudiée dans sa Maçonnerie occulte.

Ainsi la parole perdue et retrouvée du 18e degré de l’Écossisme INRI s’explique ésotériquement par un aphorisme alchimique :

Igne Natura Renovatur Integra.

La nature se renouvelle dans son intégrité par le feu.

Ce feu n’est pas le feu vulgaire ; c’est la force universelle dont nous avons parlé tout à l’heure, représentée aussi par le G du centre de l’Étoile flamboyante.

Le 22e grade (Royal Hache) et le 28e (Prince Adepte) sont aussi remplis de traditions réelles de la science hermétique.

Outre ces traditions, conservées à l’insu de ceux qui les possèdent, plusieurs monuments de Paris sont encore des preuves positives des enseignements de la philosophie hermétique.

Citons en première ligne à ce point de vue la Tour Saint-Jacques, puis les Vitraux de la Sainte-Chapelle ; enfin le Portail de Notre-Dame de Paris

Enfin le xixe siècle a vu naître plusieurs alchimistes convaincus. Citons d’abord Cyliani, auteur d’Hermès dévoilé (1832), dans lequel il affirme avoir découvert la Pierre Philosophale, et donne en style alchimique le moyen de la fabriquer. Il est curieux de voir ce style symbolique employé même de nos jours.

Après lui, nous devons citer Théodore Tiffereau, ancien préparateur de chimie à l’École de Nantes, auteur d’un mémoire adressé à l’Académie, intitulé : Les Métaux ne sont pas des corps simples (1853, in-8).

Puis vient le moins sérieux de tous, Cambriel, auteur d’un mauvais traité portant le titre de l’Alchimie en 19 leçons.

Tels sont les représentants de l’alchimie à notre époque. En existe-t-il d’autres en Occident, existe-t-il des sociétés d’hermétisme ? c’est ce que nous ne pouvons pas dire.

Notre monographie ne serait pas complète si nous terminions sans indiquer tout au moins les livres les plus utiles à ceux qui voudraient pousser plus loin ces curieuses études. C’est ce que nous allons tenter de faire.
 

VII

comment on peut étudier l’alchimie

Le premier livre que nous conseillons de lire en entier, c’est celui de Louis Figuier intitulé l’Alchimie et les Alchimistes. Quoique l’auteur se pose en adversaire décidé de la Philosophie hermétique, son livre est très bien fait en somme et, sauf quelques erreurs de détails, mérite la peine d’être pris en sérieuse considération. La partie historique est surtout remarquable et sa lecture conduit fatalement à démontrer avec évidence l’existence de la Pierre Philosophale. C’est donc surtout pour la partie historique que l’ouvrage de Louis Figuier doit être étudié.

Pour la partie théorique et le symbolisme alchimique on trouvera d’assez longs détails dans le Traité élémentaire de Science occulte, (p. 90 à 106) à l’article Alchimie.

C’est alors qu’on pourra lire l’œuvre d’un véritable alchimiste et prendre connaissance de ce style bizarre et figuré. Nous conseillons vivement de prendre à ce point de vue l’ouvrage de Cyliani cité dans le chapitre précédent. On verra que même au xixe siècle la langue symbolique est encore en usage malgré la chimie contemporaine ; on pourra aussi se rendre compte, par le récit des quarante années de souffrances et de recherches de l’alchimiste, de la difficulté de l’œuvre entreprise.

On trouvera ce volume, devenu très rare, à la Bibliothèque Nationale (lettre R).

Enfin l’instruction élémentaire sera tout à fait complète si l’on veut lire l’Histoire de la Philosophie hermétique de Langlet du Fresnoy et les auteurs reproduits dans les deux volumes de la Bibliothèque des Philosophes chimiques de Salmon (1753).

Comme il existe plus de trois mille volumes sur l’Alchimie, nous croyons devoir nous borner à donner les plus importants. Ceux qui voudraient devenir des Alchimistes pratiquants, ce dont je les plains fort, devront prendre connaissance de tous les maîtres, surtout des œuvres de Geber, Raymond Lulle, Basile Valentin, Paracelse et Van Helmont.


 

conclusion

Parvenus au bout de notre travail nous espérons avoir atteint le but poursuivi : Démontrer que la Pierre Philosophale n’est pas seulement possible ; mais qu’elle a existé et a donné de son existence des preuves irréfutables.

Nous prions les gens sérieux, qui ne sont animés d’aucun parti pris ni d’aucune idée préconçue, de bien considérer nos assertions, de vérifier leur authenticité dans les livres originaux, ce qui est facile à la Bibliothèque Nationale, et de voir si ce sont là des preuves irréfutables ou bien de simples conjectures dénuées de tout fondement stable. L’amour de la vérité nous a seul conduit à défendre les alchimistes, ces modestes philosophes trop peu connus et trop calomniés. Puissions-nous inciter quelque chercheur plus instruit que nous-même à développer et à étendre ce genre tout particulier d’études.

Du reste, nous assistons à une véritable renaissance de l’antiquité. Les phénomènes si curieux de la suggestion viennent détruire bien des conclusions anticipées et peut-être le xxe siècle verra-t-il se constituer enfin la Synthèse par l’alliance de la physique positiviste de l’Occident avec la métaphysique idéaliste de l’Orient. Puisse ce jour être proche où toutes les philosophies rentreront dans l’Unité d’une même Science, où tous les cultes rentreront dans l’Unité d’une même Foi, où la Science et la Foi donneront, par leur alliance, naissance à une seule et synthétique Vérité !

Papus

 

 

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SRIA Theoricius(extrait)

Publié le 17 Juin 2026 par T.D

Conducteur des novices Les trois sons de cloche que vous venez d’entendre étaient un appel à la méditation silencieuse préparatoire à la prière du soir.

Les Chimistes se sont retirés dans la chapelle. Frater Theoricus, vous vous interrogez sans doute sur la nature de cette salle et le pourquoi de cette scène. Vous avez été informé au grade de Zelator, de l’existence de trois salles taillées dans la roche et reliées entre elles. Il y avait le laboratoire principal, la salle de la restauration et du repos, et enfin la salle secrète ou sacrée, parfois appelée la Chapelle, inaccessible en certaines circonstances.

 On vous a aussi parlé de la découverte de la transmutation de métaux vils en argent et en or, de la recherche permanente visant à restaurer la merveilleuse lampe perpétuelle et de la découverte présumée de l’ « Élixir de Vie » par le Frater Gualdi, à propos duquel on va bientôt vous en apprendre davantage. Vous savez déjà qu’on l’a trouvé apparemment sans vie alors qu’il sonnait le grand Tocsin, la cloche de la Mort.

Laissez-moi vous donner un aperçu supplémentaire de cette maison des Rose-Croix. Reliées au dispositif général de ces trois grandes salles, il existait quatre autres salles plus petites, d’une part à l’autre bout du laboratoire, et d’autre part, à l’autre extrémité de la Salle d’Assemblée, la Chapelle.

 Ces quatre salles avaient été aménagées et adaptées de manière différente selon la destination qu’on leur avait assignée, comme vous l’apprendrez. Elles étaient de taille à peu près égale et pouvaient ensemble correspondre à un espace équivalent à la salle principale, avec laquelle chaque salle communiquait par un court passage, tout en étant reliée les unes aux autres. En empruntant le premier passage depuis le porche de la chapelle, près de ce que nous pouvons appeler le sud-ouest, nous sommes amenés à l'entrée d'une salle quadrangulaire de proportions convenables, ayant un toit grossièrement construit avec une cheminée filtrante ou une évacuation pour les vapeurs. Elle était aménagée pour les travaux dédiés à la chimie, à l'alchimie et aux études afférentes à celles-ci.

Le matériel essentiel dont elle était équipée se composait de récipients simples, qui, manifestement, avaient servi pendant de très nombreuses années. Dans cette salle, évidemment à l’abri de toute intrusion, œuvraient sept étudiants habillés et coiffés de bleu. Ils se servaient de pilons et de mortiers, mélangeant, assemblant, calculant et mesurant sans avoir besoin de discuter inutilement ni même d’avoir conscience de la présence des autres. Ils étaient intensément plongés dans leur tâches.

C'étaient les Theorici ou Rose-Croix de 2ème année. Les acides et les produits chimiques, les racines, les herbes, les gommes et les minéraux en abondance, en poudre ou en pâte, tout cela dans un grand désordre apparent, étaient partout autour des creusets, sur les étagères, dans les placards et les tiroirs, dans les bouteilles, les bocaux et les boîtes, stockés sous toutes les formes et apparences dans des quantités inconnues. Il s’agissait là de dons inaltérés de la Nature destinés à la santé et à la préservation de l’homme.

Ce petit laboratoire se rendit célèbre au début du XVIème siècle à la suite de la découverte d’une transmutation par les Chimistes rosicruciens : alors qu’ils examinaient et étudiaient un amalgame de mercure, de plomb et d’alquifoux5 avec du bismuth aisément fusible, de merveilleux changements se manifestèrent quand ils introduisirent une solution connue des Theorici sous le nom de « Primitia » ou Solution Primordiale.

Ces altérations se manifestèrent lentement, quand un métal blanchâtre, sous forme de grains et de dendrites, de la couleur de l’argent avec un éclat et une ductilité similaires, mais en plus doux, fut découvert, mélangé à une fleur de cobalt, une dose de sulfure et du chlorure d’argent. L'intérêt suscité chez les Theorici par cette production ou ce résultat jusque-là inédit attira l’attention des Chimistes du grade de Practicus, qui proclamèrent la découverte de la transmutation de l’argent.

 Alors la cloche aux tons graves fit entendre pour la première fois ses sonorités claires. Et les frères s’assemblèrent dans la chapelle pour prier et rendre grâce. Un sentiment de cupidité s’empara immédiatement des Fratres de la Société. Et pas moins de 10.000 marks de cet argent furent dispersées dans les différentes villes d’Europe. Alors sous peine de châtiments, le Magus et son Conseil interdirent de 5Sulfure de plomb. 10 continuer à produire le métal du fait de son effet néfaste manifeste sur toute la société rosicrucienne et du danger de mort qu’il faisait peser sur leur organisation.

 Cette fameuse découverte eut pour cadre le lieu même que celui dans lequel vous vous trouvez présentement est censé représenter. Ainsi, la Maison et l’Étude du deuxième Grade des Rose-Croix vous ont-ils été présentés. Vous avez peut-être remarqué qu’il y avait une vacance dans le nombre de Theorici autorisé. Ainsi, vous incarnez l'un des Sept Choisis. Les Chimistes sont sur le point de revenir. Retirons-nous.

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SRIA Zelator(extrait)

Publié le 17 Juin 2026 par T.D

Récit historique

Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains.

 Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas.

 A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable.

 Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service.

 Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et Quatrièmemnt, la découverte de l’Elixir Vitae. Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme.

 En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait » et cela devait être sa solution. Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer. Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche.

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Le souffre le sel et le mercure

Publié le 17 Juin 2026 par T.D

Mes Sœurs, mes Frères, nous avons tous un souvenir éprouvant de notre initiation et plus particulièrement du vieil homme qui fut introduit dans le Cabinet de Réflexion pour y rédiger son « testament philosophique ».

Tous les éléments symboliques présents ont eu pour nous une interprétation personnelle en tant que profane, en tant qu'initié, la révélation de la symbolique des éléments placés dans ce réduit froid et obscur nous est parvenu plus tard : - Le Pain et l'Eau était là pour nous rappeler que la nourriture du corps est indispensable, mais qu'elle ne doit pas être le but de l'existence. Le pain symbolisant la force morale et la nourriture spirituelle

. - La banderole « Vigilance et Persévérance » est un phylactère (du grec phulaktérion, antidote), écriture qu'on attachait soit au bras soit au front, sa signification étymologique est « veiller sévèrement », il signifie la patiente persévérance pour celui qui veut acquérir la connaissance de l'idée derrière le symbole. –

Les Ossements, le Crâne, la Faux et le Sablier sont l'emblème de la mort symbolique du profane qui va renaître à la vie spirituelle : la transmutation du plomb en or. - VITRIOL signifiant : visite l'intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la Pierre Occulte, la vraie médecine (VM), est une invitation à la recherche de la vérité en soi, sa conscience est cette terre à qui l'on ne peut mentir. –

Le Soufre, le Sel et le Mercure sont également les trois principes hermétiques figurant dans le cabinet de réflexion. Le Soufre, symbole de l'Esprit. Le Mercure, symbole de l'Ame, sous la forme du Coq signifiant hardiesse et vigilance, attribut d'Hermès présidant à la levée de la lumière du jour.

Enfin, le Sel, résultante du Soufre et du Mercure, est le sujet, le principe neutre souvent omis par les auteurs. Tout le symbolisme du Cabinet de Réflexion se rapporte l'hermétisme, il s'agit de la première phase du Grand Œuvre, celle de la Putréfaction dans la coque de la chrysalide en sommeil, la lyse d'où va sortir le merveilleux papillon...

 Après cette brève présentation des éléments qui composent le Cabinet de Réflexion, nous allons donc exposer dans les prochaines lignes un travail concernant plus précisément les trois principes du Soufre, du Sel et du Mercure. Concernant les 3 phases de l'œuvre : Voici tout d'abord un rappel des différentes phases du grand Œuvre alchimique, leurs énumérations n'est pas exhaustives puisque nous ne tiendrons pas compte, ni des nuances, ni de la répétition aléatoire des différentes phases. –

L'Œuvre au noir est la mort symbolique et la putréfaction, où le philosophe doit parcourir dans son ascèse les degrés de l'obscurité et du désespoir, qui aboutissent à l'éveil du corps spirituel. C'est le passage douloureux et dangereux d'une désintégration de la conscience collective au cœur de l'individu.

 - L'œuvre au blanc est la phase où l'humidité spirituelle vivifie la terre de l'épreuve, lorsque l'esprit entre en matière. L'union mystique est parachevée, l'équilibre est réalisé et le philosophe renaît au monde pour Pagir

. - L'Œuvre au rouge est le cadre terminal du grand Œuvre. Elle est le moment ultime où toutes les imperfections aboutissent à la Pierre philosophale. Cette sublimation définit le passage du matériel au spirituel, et la perfection du corps spirituel est souvent dépeinte comme un embrasement de l'esprit. Concernant le Mercure :

L'énigme du Mercure est sciemment recouverte par l'énigme de la matière première, car en alchimie, la première phase du Grand Œuvre où se réalise la putréfaction propice à la renaissance, est liée à la première préparation alchimique, difficile entre toutes, celle du « premier agent » ou « mercure ». Pour mémoire, je me souviens d'une étude de santé publique concernant le « saturnisme » cette fameuse intoxication au plomb qui provoque arriération mentale et débilité, chez les personnes qui ingère accidentellement du plomb. La recherche de la matière première introduit le néophyte dans un labyrinthe au centre duquel sont cachés les secrets de la nature, cette quête est un voyage initiatique.

 Il a une porte placée obliquement et d'un accès difficile. Plus tu accours du dehors en voulant t'élancer, plus luimême, par ses détours subits, t'engage à l'intérieur, vers la profondeur où se trouve la sortie... Paracelse nous enseigne que l'alchimie est une science qui apprend à changer les métaux d'une espèce en une autre espèce.

L'alchimie, inspirée de l'enseignement secret des mystères antiques, constate que « tout ce qui est observable est symbolique » et que « tout ce qui est symbolique est observable ». En conséquence, le Symbole suprême du Symbole, à savoir l'Unité, est observable et «l'homme vrai» peut contempler l'incarnation du Logos dans la matière.

C'est le vrai sens de l'élaboration du Grand Œuvre, on peut ainsi déterminer tout ce qui est en bas comme tout ce qui est en haut, en ordonnant d'une part, les petits mystères de notre microcosme, où l'homme peut-être le sujet de l'Oeuvre, et d'autre part, les grands mystères du macrocosme où l'humanité peut-être la matière à subir l'Oeuvre de perfectionnement. La science actuelle n'a pas réussi à réaliser le vieux rêves des alchimistes de changer le singe humain en homme véritable. Les anciens maîtres gardaient peu d'illusions concernant la condition réelle de l'homme, le plus important de tous les animaux vivant à la surface de la terre...

 Par contre, une capacité d'observation patiente d'eux-mêmes et de la nature, une somme de connaissances traditionnelles leur avaient appris que, dans certaines conditions, l'agrégat humain et minéral pouvaient sous l'influence d'une énergie d'ordre qualitatif, se délivrer d'un déterminisme phénoménal rigoureux. Ceci constituait l'objet de l'enseignement des collèges sacerdotaux de la haute antiquité, et l'alchimie hérita en partie, de ces principes et de ces pratiques secrètes. L'illumination ouvrait, en effet, à l'adepte les portes du royaume de l'éveil.

Pour la conscience maintenu à la pointe de cet état d'extrême lucidité, les métaux, les formes et toutes les apparences sont définitivement changées. Par exemple, un observateur situé au pied d'une haute montagne autour de laquelle tourne une voie de chemin de fer, ne perçoit le convoi que d'une façon discontinue, alors que l'observateur qui se situe au sommet du mont sera capable de suivre la marche du convoi et de prévoir son heure d'arrivée. L'état de conscience de l'opérateur détermine donc son champ de perception.

Cependant, la « projection » de la conscience d'un état de veille et « l'ascension » de la matière transfère la conscience au-delà du « moi » périssable, dans un monde nouveau qui normalement est séparé du nôtre par un rideau de feu. A cet égard, rappelons le sens étymologique du Paradis : Parada en latin signifie rideau, « Pardès » en vieux français. Ce rideau est en partie levé pour l'Opérateur, qui en possession du « dissolvant universel » (le mercure) réalise la désagrégation moléculaire et la « mort » des « métaux » imparfaits afin d'en extraire le noyau. Ce « noyau » est nommé en alchimie le « soufre » du « métal », ce qui symboliquement correspond à son « souffle » ou à son «esprit», tout en permettant d'introduire la seconde partie de ce développement concernant le soufre. Ainsi, le groupe de la « matière première » est lié à celui du « mercure » dans la mesure où, sans cette « matière », le dissolvant mercuriel ne saurait être obtenu. De même, sans le « mercure », le « soufre » des métaux ne peut être extrait.

C'est pourquoi, la triade « matière première-mercure-soufre » répond aux trois degrés de l'élaboration de grand Oeuvre, tandis que la triade « mercure-soufre-sel » se rapporte aux « trois feux » âme-esprit-corps que nous retrouvons par exemple lorsque nous sommes la matière première et le sujet. Ces deux triades unies s'inscrivent également sous le signe symbolique d'un triple « voyage initiatique » : de la « terre » (matière) à la « lune » (mercure) au « soleil » (soufre) à la « terre sainte » (Pierre). Concernant le Soufre : Expérimentalement, le propre du « dissolvant » est de provoquer la « mort » des « métaux » afin de permettre à l'opérateur d'en extraire les « vertus » ou les « noyaux ». en « corporifiant les esprits et en spiritualisant les corps », ce qui constitue la définition de l'opération fondamentale du magistère.

Or il n'existe aucun procédé « chimique » connu capable de produire ce phénomène, et c'est précisément dans l'artifice de la « dissolution » que l'alchimie présente une originalité essentielle : c'est à partir de cette technique secrète qu'elle s'édifie en tant que science sacrée. De même, sur le plan spirituel, toute fin d'un état apparaît comme le commencement d'un autre état. La fin du rêve est le commencement de l'éveil. La mort au monde profane représente donc la condition préliminaire et capitale de toute naissance au monde sacré. C'est pourquoi le terme grec « Teleutai », «initier», signifie «faire mourir » et se rapproche de « Telos » qui a le sens de fin. Le grec « Oros » indique la « limite », attestant ainsi que « l'or » alchimique entraîne le passage à la limite que représente toute transmutation dans les trois règnes du monde manifesté.

On admet difficilement que l'on puisse consacrer 20 ou 30 ans à l'étude et à la pratique d'un savoir sacré qui apporte de terribles épreuves morales, physiques et intellectuelles. Cependant, telle est la « voie royale » d'un art qui, par la douleur, extrait le feu du « soufre », de la lumière naissante du mercure, ainsi, la douleur comme la couleur, n'appartient pas à la matière mais elle est le résultat du traitement que subit la lumière. La douleur absolue est caractérisée par l'absorption par le corps de toute la conscience incidente. Sur le plan théorique, le « soufre » est le but du second œuvre et lié au principe actif, il est sensé apporter la « lumière » ou la « couleur ». Le « mercure » est le but du premier œuvre et lié au principe passif, il est sensé apporter la « forme ». Le « soufre rouge » ne diffère de la Pierre elle-même que par un degré d'élaboration, car il garde en son centre le « rayon » de la lumière originelle, dont la tradition primordiale témoignera jusqu'à la fin des temps. Si actuellement, l'Occident en est plus éloigné qu'il le fut à aucune époque, c'est parce qu'une race coupée de ses racines traditionnelles est condamnée historiquement, à la décadence spirituelle et à la destruction matérielle. Concernant le « sel » :

Tous les métaux, à savoir les êtres des trois règnes soumis à la métamorphose sont composés de deux principes, l'un lumineux et sulfureux, l'autre-formel ou mercuriel. unis à mi-chemin par l'énergie harmonisant du sel ou du son. La lumière, le son et la forme, le soufre, le sel et le mercure composent donc une triade énergétique qui apparaît comme une matière unique. A vrai dire, le sel n'est pas vraiment un principe mais une conséquence de l'union du soufre et du mercure, ce qui explique pourquoi beaucoup d'auteurs traditionnels ont préféré le passer sous silence bien que, sans ce troisième agent, aucune réalisation opérative ne peut être atteinte, selon ce qu'affirmé Basile Valentin :

« Tout artiste qui n'a point de cendres ne peut pas produire le sel nécessaire à notre art et sans sel notre œuvre ne peut jamais se corporifier. » L'action sulfureuse dépend donc de la passion mercurielle et le rôle du sel consiste à maintenir entres elles un constant équilibre. Un bon exemple de ces principes traditionnels se trouve dans la marche ou la course à pied. Pour chacun des membres inférieurs, se succèdent une phase d'appui et une phase de suspension. Durant l'appui, la plante du pied est au sol tandis que la jambe exécute un mouvement de rotation dont le pied est l'axe. Durant la suspension, le pied quitte le sol, se dirige vers son point de chute pendant que la jambe exécute un mouvement de rotation qui a pour axe l'articulation de la hanche. De même, en alchimie, on envisage la composition des êtres des trois règnes d'une façon dynamique et non statique, en ce sens que leur phase d'appui est dite formelle ou mercurielle, et leur phase de suspension lumineuse ou sulfureuse bien que l'équilibre salin de l'ensemble soit sans cesse maintenu par des déséquilibres compensés.

 De la même façon, l'épreuve sportive est composé de trois phases semblables au grand œuvre. Une première phase préliminaire de rupture d'avec son milieu social quotidien, avec la préparation à l'épreuve et réchauffement, œuvre au noir mercurielle. Une seconde phase liminaire constituée par l'épreuve en elle-même, l'œuvre au blanc sulfureuse. Et enfin une phase post-liminaire dite de récupération et d'agrégation de l'épreuve, ou troisième phase dite œuvre au rouge. La rotation de l'œuvre de manière à obtenir la purification de la Pierre est la répétition des entraînements du sportif. Au niveau individuel, la réalisation du grand Œuvre est composé de la triade âme, esprit et corps de l'adepte, mercure, soufre et sel.

En résumé, dans l'ordre des opérations, le mercure est lié à la matière première comme le soufre est lié au mercure en sorte que les auteurs affirment justement que le mercure est leur matière première lorsqu'ils ont en vue l'extraction du soufre. Le sel est la résultante de ces deux groupes alchimiques. J'ai rapporté au cours de cette étude, les deux disciplines qui me tiennent le plus à cœur : l'alchimie et le sport parce qu'ils ont été les exemples qui m'ont accompagné tout au long de ma vie profane. Quelles que soient nos disciplines de prédilection, rappelons-nous que ni la vanité, ni la suffisance ne sont capables d'aider l'homme à comprendre les secrets de la nature. La voie unique, directe, royale de la sagesse éternelle est le Calvaire et la Discipline.

 

De même, à ceux qui raillent la discipline se fait écho l'antique sentence : « Les ignorants ne font que rire du Magistère. S'il n'était pas tourné en dérision par eux, ce ne serait pas le grand Œuvre alchimique ». Tel est le principe de base de l'élaboration lente et douloureuse du « Soufre », issu de la passion d'une matière vile et méprisée, si l'on pense en l'occurrence à l'attention que l'on pouvait prêter au corps humain pendant le moyen âge. « Le Sage trouvera notre pierre jusque dans le fumier tandis que l'ignorant ne pourra croire qu'elle soit dans l'or », déclare le Cosmopolite. Ecoutons Ostanès, mage légendaire antique mentionnée vers 450 avant l'ère chrétienne : « La première chose qu'il faut chercher, c'est fa connaissance de la pierre qui fut recherchée par les Anciens et dont-ils acquirent le secret avec le tranchant du sabre (en grec, le « sabre » et le « couteau » sont nommés par le terme « Makaira ». « Macaira » voile le terme « Makairol » qui signifie les « Bienheureux », car selon la tradition, l'alchimie est attribuée aux «Anges» en Occident, aux «Bienheureux» en Extrême-Orient. Ce symbolisme du couteau se réfère à celui de la « Division », du «Partage» que l'on retrouve dans l'étymologie du mot «Paradis»).

Et il leur fut interdit de la nommer ou, s'il la mentionnait nominativement, ce devait être par un nom vulgaire. Et ils conservaient le secret jusqu'à ce qu'ils pussent le révéler aux âmes pures... La pierre, on l'a décrite en disant qu'elle est l'eau courante, l'eau éternelle, le feu ardent, le feu glacé, la terre morte, la pierre dure, la pierre douce.

C'est l'esclave fugitif, le stable et le rapide, la chose qui fait, celle qui est faite ; celle qui lutte contre le feu. celle qui tue par le feu ; celui qui a été tué injustement, celui qui a été pris de force ; l'objet précieux, l'objet sans valeur ; la plus haute magnificence, la plus basse abjection ; il exalte celui qui le connaît, il illustre celui qui s'y applique , il dédaigne celui qui l'ignore, il abaisse celui qui ne le connaît pas ; il est proclamé chaque jour par toute la Terre.

O vous, cherchez-moi, prenez-moi et faites-moi mourir, puis, après m'avoir tué, brûlez-moi : après tout cela, je ressusciterai et j'enrichis celui qui m'a tué et qui m'a brûlé. S'il m'approche vivant du feu, je le rend glacé. Si l'on me sublime entièrement et qu'on me lie fortement, je retiens alors la vie dans mes convulsions extrêmes et par Dieu je ne m'arrête que lorsque je suis saturé du poison qui doit me tuer. » Enfin, sachons discerner événement et circonstances et accomplissons religieusement notre tâche aussi petite soit t'elle.

Ainsi nous y aurons produit de l'Or et notre milieu bénéficiera des vertus de notre Pierre philosophale. Celle-ci est simultanément humaine et divine. Elle peutêtre humaine en sa substance, en son Sel purifié, mais elle est divinisé par l'Esprit mercuriel qui la pénètre en exaltant le Soufre individuel. Le « Soufre rouge » indique le but final de l'œuvre. Tl montre, en ce qui concerne les opérations matérielles du Grand Œuvre, l'importance et la nature de cet agent « mâle » , « actif» et « fixe » , complémentaire du « mercure » qualifié de « femelle » , « passif» et « volatil » , car la réalisation opérative est à son tour, la base de l'initiation propre à la « réintégration de l'être » et à sa transcendance.

J'ai dit VM

JC S

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Alchimie, une Quête de Soi

Publié le 17 Juin 2026 par T.D

Qu'est-ce que l'Alchimie ? Voilà une question qui déclenchait de nombreuses réponses censées et intéressantes il y a encore quelques années, et qui, aujourd’hui, ne semble plus trouver d’intérêt chez nos contemporains, ou plus dramatique encore, parait concentrer un ensemble de pensées et de réparties fantasmagoriques. Alors que l’homme contemporain s’en remet intégralement à la loi du capital et au rythme de dogmes moralisants, délaissant l’observation attentive du monde qui l’entoure, fondant tous ses espoirs dans la science qui le dépasse, où la foi d’un progrès en perpétuel devenir s’articule autour des besoins créés par une surenchère effrénée de la croissance, l’homme moderne disons nous, perd ses repères et se rend esclave de ses propres concepts, immatériels et artificiels, qui aveuglent sa Nature véritable au profit d’un égo vorace et dualisant.

 Alors que les cycles naturels et perpétuels avaient toujours intrigué nos aïeux, enseignant et créant un respect sacré à leurs yeux, nos Pères allaient jusqu’à imiter la nature, la célébrer perpétuellement pour la réactualiser épisodiquement. De ces rites et fêtes hiératiques en hommage à l’univers entier, où se dressait alors le pivot central qui réglait l’organisation sociétale de ces nombreuses ethnies ancestrales, nous ne trouvons aujourd’hui qu’un vestige malingre qui a pris place et règne sous l’expression d’un anthropocentrisme qui se voudrait à la fois le support, l’objet et l’outil de toutes modifications et créations nouvelles dans l’espoir d’une domination de la matière sur l’esprit qui, ce dernier, reste relégué au domaine limité du règne cérébral dans nos sociétés contemporaines.

 Les tensions actuelles et les événements dont nous sommes attentifs, acteurs par défaut et spectateurs par force, nous enseignent non pas la fin de quoi que ce soit, mais l’idée qu’une masse critique de forces indomptables en jeu semble s’abattre sur l’humanité, cette dernière s’apitoyant sur sa destinée et ne comprenant pas que ces problèmes prennent leur racine dans le domaine de la pure Philosophie, car c’est bien l’esprit de l’homme qui s’est dévoyé. Quand les puissants arrêteront de graver leurs noms sur des bibliothèques, des musées ou des lois, quand les hommes se sentiront le courage de ne plus opposer la morale aux principes, quand les individus deviendront attentifs au Maintenant, se préoccupant de leur environnement immédiat en souhaitant que le devenir reste à cette image de l’éternellement présent, alors peut être pourronsnous réactualiser ce Présent, comme témoins et spectateurs, en étant conscient que ce qui arrive de bon ou de néfaste pour nous-mêmes, n’est qu’un flot d’événements contingents qui ne peut avoir de prise sur un psychisme perpétuellement rénové, donc indissoluble, indéfectible et impérissable.

Cette posture fort simple ne peut qu’angoisser l’homme moderne dont l’esprit alambiqué par maintes techniques et théories, est devenu totalement étranger à l’idée d’Être, rongé par la gouvernance de l’avoir. Mais soyons lucides, nous ne prônons et n’imposons aucun dogme car cette philosophie n’annihilera jamais les crises de l’esprit, nous le savons trop bien, mais elle permettra de les dépasser sainement. Le Feu de l’Esprit étant Un, il suffirait qu’un homme revêtisse ce manteau de Sagesse pour que l’humanité entière en soit libérée.

 Etrange paradoxe que cette assertion, mais sachez que l’existence n’a ni commencement et ni fin, elle est sans limites, possédant son centre partout et sa périphérie nulle part. Cette ultime modalité d’Être est sousjacente à toutes formes, changements, forces, matières et esprits comme nous l’enseigne Ramana Maharshi. Ainsi disparaît le mirage des apparences et des obstacles, qu’ils soient matériels ou humains, devenant de simples modalités d’expression du Soi, selon le propre agencement inné de la matière par densité, prouvant l’Unité fraternelle de notre existence où le « Je » patient et vigilant écarte l’ombre du « je » dualisant en rayonnant, demeurant éternellement le « Je » ultime, étrange antinomie, liée directement à l’idée d’une contemplation de l’intérieur qui doit se passer de tout contrôle pour devenir innée.

Nous voudrions également, par ces quelques lignes, sensibiliser le jeune chercheur qui espère un jour maîtriser notre Science, à la conception suprême de l’Alchimie, à savoir la compréhension véritable de la notion même de Philosophie. Car là où un jour s’interrompra l’étude et la pratique hermétique, entendez nous bien, s’installera la Philosophie. Si nous nous permettons quelques écarts en dissertant sur les systèmes politiques, économiques ou moraux, c’est pour mieux pointer l’obligation de l’impétrant d’être lucide sur le monde qui l’entoure, et sans porter de jugements hâtifs, nous l’invitons à observer attentivement le drame humain qui se joue, pour s’en détacher et être passant.

Le Philosophe ne doit jamais devenir le bras armé d’une doctrine spéculative ou d’une idéologie politique quelconque qui s’adresse surtout au respect des institutions et des lois qui forment l’outil qui dirigent les groupements humains que nous nommons « nations », concourant au bon ordre collectif. La rénovation espérée de nos sociétés ne trouvera jamais d’aboutissement dans le domaine communautaire mais seulement dans un élan individuel de régénération de l’Être et de l’Esprit, en laissant les concepts établis régler le devenir des peuples dans une contrainte nécessaire, mais relative à la sphère des nations pour leur bonne tenue.

L’individu, comme tout philosophe, à le devoir de se conformer à ces lois, émanant d’une autorité souveraine, dans le but de maintenir un équilibre sociétal artificiel mais vital. La voie que nous suivons, nous la nommons Lunaire. La Lune évoque à l’entendement notre Mère originelle, le Patient. Et comme nous avons pu maintes fois le constater, n'est-il pas troublant finalement dans ce microcosme hermétique, dominé par les mâles charbonniers, que de se retrouver dans une Voie femelle dans son fondement ?

Le Magistère est un travail de femme et de « lavandière » ne dit-on pas ? Et c'est cette Lune, patiente mais aussi agente laborieuse du Grand Oeuvre, qui sera faite Mâle, en devenant philosophale et en portant le signe du Soleil, d'une façon permanente, tangible, pénétrante et teingeante comme nous l’enseigne le Lion Vert, le Dissolvant secret, qui dévore le Soleil. C'est cette Lune servante qui règnera en Maître incontesté lorsqu'elle se sera fondue dans l'Unité de l’Oeuvre, pour redevenir Sel car Toute Pierre est un Sel. Voilà le Rebis hermétique, le mixte dont nous entretient la Table d’Emeraude en son principe, Le Soleil en est le Père et la lune la Mère.

C'est cette Lune, notre Vaisseau, notre Royaume, que nous devons appréhender et qui est à l'origine de toutes métamorphoses dans l'Oeuvre en se faisant androgyne d'une part au-dedans et en le manifestant au dehors.

C'est encore cette Lune, cette Eve, qui de par sa Nature intuitive en délaissant toute raison qui ne l'habite pas encore, va croquer dans la pomme pour nous faire vivre l'expérience du Jeu du Père en manifestant le « Deux » qui s'effacera plus tard dans l'Unité retrouvée. Le Soi n'a pas d'attribut. Pourquoi dès lors ne pas le nommer pour une part Lunaire dans notre Quête comme un point de départ à nos investigations ?

En ce qui nous concerne, nous avons tranché. Voici que nous venons de poser les termes qui définissent cette voie Alchimique que nous suivons, une parmi tant d’autres, et vous-mêmes, pourraient la nommer comme bon vous semble, Voie des Sels, Voie métallique, minérale ou royale, ces termes n’ayant que peu d’intérêt finalement, si ce n’est qu’ils se rejoignent tous en fin de Quête dans la Rénovation de l’Esprit par le Feu contenu dans son véhicule qui est la Lune.

 J'ai dit

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La Chrysopée du Seigneur

Publié le 16 Juin 2026 par T.D

 « La sagesse d’En-Haut est premièrement pure, ensuite, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. Et le fruit de la justice est semé dans la paix, par ceux qui recherchent la Paix… » (Ep. Jacques. III-17, 18)’observation des Hommes a noté ce point particulier de leur nature, et qui veut qu’en eux la Paresse soit la mère de tous les Vices.

Ce qui s’explique par le fait que le refus de la Chair de participer aux exigences des oeuvres de l’Esprit tend invinciblement à générer en eux mêmes les éléments contraires susceptibles de mieux servir ce honteux défaut.

Ainsi donc, on peut admettre que l’Ame envahie par un Vice quelconque (manifestation d’un Principe intelligent et conscient de sa perversité), se trouve aussitôt en butte aux autres vices, que le premier qui força la place appelle aussitôt à l’aide, afin de conserver le fort qu’il vient d’emporter.

Mais si ce processus ne fait qu’exprimer en mode inversé, un processus naturel de génération des attributs de l’Ame, c’est que ce dernier existe bien par lui-même, et, conséquemment, que les Vertus de l’Ame sont susceptibles d’une manifestation et d’un développement harmoniques, leur épanouissement et leur permanence dépendant de leur totalité.

Ainsi, de même qu’en l’édifice une pierre en appelle une autre, et qu’elles deux en exigent une troisième, ce jusqu’à la pose finale de la “clef”, de même une Vertu et un Vice sont générateurs d’autres Principes, ce jusqu’à concurrence de l’ensemble final. C’est pourquoi, Fils du Soleil et de la Lune, si le langage des Philosophes ne t’est pas absolument inintelligible, médite leur enseignement. Méprisant le honteux désir de l’Or, vu la vaine curiosité naturelle qui ne conclut pas parce que ne s’étant jamais par avance fixé sa route, tu sauras alors percer le secret des véritables Fils du Feu.

Tu comprendras alors seulement que ce Feu n’est point le feu sombre et satanique, desséchant à la fois la chair et le coeur du faux sage ou de l’ignorant souffleur ; mais qu’au contraire, ce Feu est en réalité l’ESPRIT CONSOLATEUR que nous annoncent les saints Evangiles.

 Puisses-tu alors avoir la Force de mettre en pratique les vrais secrets de l’Art que je te donne cy, puisses-tu mener à bien I’Oeuvre de ta propre Rédemption et atteindre ainsi l’Illumination finale promise aux saints hommes de Dieu. C’ est là, Fils du Soleil et de la Lune ce que te souhaite de tout son coeur ton Frère en Notre Seigneur Jésus-Christ, son saint Nom soit béni ! Amen.

La Tradition de ceux qui nous précédèrent sur le chemin de la Sagesse, nous dit que toutes choses précèdent de Quatre Eléments, et que ces quatre Eléments sont à la base de tout. Ce sont respectivement la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu. De ces Quatre Eléments, l’Alchymiste sait tirer deux Principes respectivement mâle et femelle, et un troisième Principe, neutre.

Ce sont là le Soufre des Philosophes, le Sel des Philosophes et le Mercure des Philosophes. Ainsi donc, par une Opération simple et salutaire, nous disent les Maîtres, les Quatre sont réduits à trois. Mais Soufre, Mercure et Sel des Philosophes ne constituent qu’un aspect intermédiaire de l’évolution de nos Eléments. De leur série, naissent une nouvelle, composée de deux Principes, supérieurs à tous les autres. Ce sont le Soufre des Sages, et le Mercure des Sages.

Voici donc en réalité nos deux suprêmes Arcanes de l’Art. Et c’est de leur copulation finale que naîtra enfin la Chrysopée. Cette tétractys était bien connue des élèves du sage Pythagore, et les saints hommes de Dieu, versés dans la connaissance et l’emploi de ses Saints Noms ne l’ignoraient pas non plus.

Telle qu’elle, c’est là toute la clé de notre Archymie. Dans l’Homme, les Eléments susceptibles de faire débuter l’oeuvre, sont les Quatre Vertus Cardinales, savoir : Force, Prudence, Tempérance et Justice. Le Sage qui a su développer en son Ame ces Quatre Vertus est assuré, de par leur présence même, de voir se développer en lui, à leur tour, les trois Vertus Théologales, savoir : Foi, Espérance et Charité.

Ainsi, la pratique suivie et attentive des Vertus Cardinales, génère et suscite l’action des trois Vertus supérieures. A leur tour, lorsque nos trois Principes supérieurs sont définitivement acclimatés en nous, ils s’empressent d’éveiller d’autres présences, celles des Puissances de la dyade suprême : Intelligence et Sagesse.

Et à leur tour, ces deux grâces divines en éveillent une autre en nous : celle qui ne saurait être exprimée par des mots et des images. En cette dernière est toute la Béatitude promise aux élus, par elle, nous participons, créatures, à la Vie Divine. Il serait vain de croire que la pratique d’une seule Vertu soit susceptible de générer les suivantes. De même que l’enfant naît du père et de la mère, de même que l’Esprit Saint procède et du père et du Fils, de même une Vertu ne procède que de deux autres. Ainsi, sur l’Arbre de notre Connaissance.

La première Vertu qu’il importe de développer en nous est celle de la Force. Car comment pouvons-nous nous attaquer à une telle entreprise si nous ne sommes pas, par avance, assurés de la mener à bien ? Il faut donc être fort ; fort contre le monde, fort contre nous, fort contre nos Vices. La seconde Vertu à développer est la Prudence, car elle nous enseignera à nous défier du Monde, de nous-mêmes, des ruses subtiles des Vices, nos Ennemis conscients et subtils.

Car, encore une fois, il ne faut point voir ces Vices comme des réactions instinctives et mécaniques de notre propre Chair. Sans doute, celle-ci sert de véhicule et de canal à ces réactions. Mais celles-ci sont inspirées par l’Esprit Démoniaque qui habite en elle, puisqu’il en est à la fois l’auteur et l’animateur.

C’est par elle que l’Esprit des Ténèbres s’exprime ; et lorsqu’il la fait vibrer à sa guise, ainsi que la viole sous les doigts du ménétrier, nous devons, en tant qu’esprit libre, nous défier de tout ce qu’elle apporte de suggestions diverses, compliments ou reproches, conseils ou négations, tout ce qui semble présenter une justification de la prééminence de la Chair sur l’Esprit, tout est à rejeter. Voici la Vertu de Prudence.

 De la pratique commune de ces deux premières Vertus, Force et Prudence, naîtront respectivement deux autres : Tempérance et Justice. Lorsque la Force aura tendance à déborder son domaine, que Prudence s’effacera momentanément, Justice apparaîtra. Car, qui dit Justice dit rétribution exacte. Et par une réaction purement “mécanique”, l’équilibre un instant perturbé se rétablira. Mais lorsque Prudence l’emportera sur Force, alors Tempérance apparaîtra.

 Elle a également nom Miséricorde, Douceur, Indulgence, et Pardon. Sur la ligne des deux plateaux, elle s’oppose à Justice, dont la rigoureuse précision ignore les variations suscitées par l’infini amour des êtres pour les êtres, et de Dieu pour eux tous.

Lorsque ces Quatre Vertus Cardinales seront devenues actes de tous les instants, en toi, Fils du Soleil et de la Lune, les Eléments de l’Oeuvre seront prêts à entrer dans le jeu des générations supérieures. Alors, dans ton Ame, paraîtront trois hôtes nouveaux, les Vertus Théologales, qui ont nom Foi, Espérance et Charité. Force était Feu ; Justice était Air ; Tempérance était Eau, et Prudence était Terre. En cette seconde série, Foi sera Soufre, Espérance sera Mercure et Charité sera Sel.

La Foi naît de la pratique de la Justice et de la Tempérance. Foi, avant tout, prend sa source dans la vérité et la franchise. Lorsque tu possèdes la Vérité, une Certitude, tu crois alors fermement au bien-fondé de ce qui s’y rapporte. Et la solidité de ta croyance est le fruit de ta certitude. Songe alors que la Foi que tu peux susciter chez autrui dépend totalement de la véracité de tes paroles, de tes actes et surtout de tes pensées. Pense juste, pour parler franchement et agir droit. Car Foi est surtout et avant tout Bonne Foi. Foi, c’est Franchise !

 Ne mens pas, car le Mensonge tue la Foi. Ce faisant, tu tisses autour de toi-même un voile qui te cache Dieu, suprême Vérité. Pour croire juste. il faut imaginer ou agir véridiquement. Ce faisant, tu fais naître en toi-même une Foi, fille de Certitude. Et Certitude est seule Réalité… Justice et Bonne Foi engendrent Espérance.

Car, qui nierait que le Bon Droit, né de Justice, et Certitude, fille de Bonne Foi, sont seuls susceptibles d’asseoir sans crainte ton Espérance ? Semblablement, Foi et Tempérance font naître Charité. Car la Bonne Foi et la Douceur exigent que nous rendions à autrui ce que nous souhaitons qu’il nous rende. Ainsi naît la Charité, autre aspect de l’Amour des êtres pour les êtres. Mais Bonne Foi et Espérance font aussi naître Charité et ce pour les mêmes motifs.

La Certitude que donne l’Espérance reposant sur la Vérité et sur la Bonne Foi, nous démontre que le but et l’état final des Etres est justement l’Amour de ces mêmes êtres les uns pour les autres. Donc, Foi et Espérance génèrent Charité. Ici, le Septenaire est établi. En toi-même, Fils du Soleil et de la Lune, ont été successivement générées Force et Justice, Tempérance et Prudence, donnant naissance à Foi, Espérance et Charité. Issus des Quatre Eléments, Feu, Air, Eau, Terre, se dessinent f1ambovants comme des personnages de Vitrail : Soufre, Mercure et Sel des Philosophes.

Mais de même que notre Alchymiste ne saurait agir sur les Quatre Eléments et les Trois Principes sans utiliser un véhicule matériel (la “prima materia”), de même, Archymiste, tu es dans l’obligation de recourir au monde contingent pour canaliser et mener à bien ton action. Ce que sont l’Athanor, le Creuset, la Prima Materia pour le Souffleur vulgaire, les Connaissances humaines, puis divines, le sont pour toi, et tu ne saurais te passer d’elles. Gnose est donc le plomb vil sur lequel ta puissance morale va s’exercer.

 Si tu sais t’en rendre maître, sans être asservi par elle, tu pourras alors seulement mener à bien la Chrysopée. š› Gnose et Espérance appelleront en toi même, Fils du Soleil et de la Lune, Intelligence, qui est Compréhension.

Car nous savons déjà qu’Espérance est aussi Certitude, et que Gnose est Savoir. Puisque Certitude est née de Vérité (ou Bonne Foi), Gnose ne peut alors qu’être Parfait Savoir. C’est pourquoi Parfait Savoir et Certitude donne Compréhension. D’autre part, et parallèlement, Gnose et Charité appelleront en toi Sagesse, tout comme Gnose (ou Parfait Savoir), uni à Compréhension, généreront ladite Sagesse.

Mais, qu’est-ce donc que Sagesse ? Nous le comprenons maintenant, Intelligence et Sagesse sont respectivement Soufre et Mercure des Sages, pour nos vulgaires Alchymistes.

Sagesse est Usage, comme Intelligence est Compréhension. L’une, la première, est active, la seconde est passive. Et de l’union des deux doit naître enfin l’ultime et dernier terme de l’oeuvre, la Pierre Philosophale, l’Illumination qui refera de toi, Fils du Soleil et de la Lune, la Créature Céleste que tu fus à tes origines.

« Que le Dieu de Paix, qui a ramené d’entre les Morts le Grand Pasteur des Brebis, par le Sang d’une Eternelle Alliance, Notre Seigneur Jésus-Christ, vous rende capable de toute bonne oeuvre pour l’accomplissement de Sa Volonté ; qu’Il fasse en vous tout ce qu’Il lui plaît de faire, par Jésus-Christ, auquel est la Gloire, aux siècles des siècles. Amen ! »

(Hébreux, XIII. 20). FIN V2. 0

Raymond Lulle

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L’Alchimie dans le Cabinet de Réflexion

Publié le 16 Juin 2026 par T.D

 L’alchimie est une approche qui nous permet de nous transformer. Elle commence avec la vie. Nous avons en nous des potentialités diverses qui ne demandent qu’à se développer, quand nous les avons identifiées et décidé de travailler avec. Nous n’inventons rien, nous transmutons, nous passons d’un état à un autre. Nous sommes des mutants car nos changements sont intrinsèques. Lorsque nous disons à un profane que nous ne lui apporterons rien, mais que nous lui indiquerons la façon de faire par lui-même, c’est à ça que nous faisons allusion. Développer ses potentialités et les faire aboutir, s’appelle la Réalisation.

On peut le faire de façon désordonnée, sans guide scolaire ou spirituel, et devenir un « touche à tout », brillant certes, mais superficiel la plus part du temps, ou se donner une ligne directrice et essayer d’aller le plus loin possible dans cette direction. La Franc-maçonnerie est une institution qui depuis des lustres a sélectionné plusieurs sujets et une méthode d’avancement, et qui la propose à ses adeptes. L’Alchimie l’a fait avant elle, et ce, dans toutes les parties du monde. Le Rite Écossais Ancien et Accepté (R.E.A.A.) utilise quatre des principales approches traditionnelles, le Joannisme, l’ Hermétisme, le Biblio-Cabalistique et l’Alchimie. Chacune des trois premières va nous inviter à revisiter l’histoire du monde et de notre civilisation, pour comprendre ce qui a été fait avant nous et nous donner l’envie de nous mettre en chemin pour en faire autant.

Pour que le mythe fonctionne, il faut des Grands Hommes et des Dieux. Saint Jean, Hermès et le Christ sont des exemples d’hommes-dieux, que nous ne pourrons jamais égaler, mais que nous pouvons prendre comme guides. En les prenant dans notre bagage, nous renouvelons leurs mythes et nous nous incorporons au cosmos. En quelque sorte, non seulement nous reconnaissons l’œuvre du G.A.D.L.U. mais nous indiquons alors que nous sommes prêt, à notre mesure, à œuvrer à notre tour à l’œuvre générale.

Par ailleurs, l’alchimie nous propose de prendre conscience de notre particularisme, afin de réaliser, ce qui en nous, est encore à l’état latent. Bien évidemment, il nous faut commencer par nous connaître nous-mêmes, avant de prétendre améliorer quoi que ce soit. Le travail alchimique commence dès que la possibilité d’entrer en Franc-maçonnerie est évoquée. Serais-je à ma place ? Ne suis-je pas trop prétentieux ?

 Suis-je assez intelligent ? etc, bref, questionnement et examen progressent à partir de la. Quelques temps plus tard, les enquêteurs déclenchent d’autres interrogations qui vont murir jusqu’au passage sous le bandeau, début réel de la cérémonie d’Initiation. L’homme est loin d’être parfait, il n’est que la semblance de Dieu, Grand Architecte de l’Univers, Grand Alchimiste.

 Lors de cette prise de conscience il ne lui reste qu’à tout refaire, cette fois en connaissance de cause, en essayant avec le bénéfice de l’Initiation, d’être analogue au Divin, d’être le microcosme, image du macrocosme, celui qui, issu de l’Univers, participera à sa marche. Dans cette quête de la Pierre Philosophale, j’aime à voir dans le Philos, l’Amour nécessaire pour avancer, et au-delà, pour participer à la Création, déjà donner la vie.

 C’est le grand jour, la tête pleine de questions sans réponses, je suis introduit dans le Cabinet de Réflexion.1 Lorsque le bandeau m’est retiré, je suis immédiatement saisi par les symboles et les textes qui les entourent. Les objets qui sont sur la tablette m’interpellent. Un crâne humain, bien propre, me trouble. 2 Était-il Franc-maçon et pour quelle motif a-t-il finit ici ? Ou bien était-ce un profane qui a échoué ? Que de questionnements autour de cette image, ce symbole de la mort. « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! » semble-t-il me dire. Juste à côté, une coupelle pleine de cristaux qui s’avèrent être du sel, le Sel de la vie dans cet endroit de mort.3 Dans quel sens ça marche ? De la vie à la mort comme le suggère le testament à remplir qui attend sur la tablette, ou de la mort à la vie ? Car ils ne vont quand même pas me tuer. ?

1 Le Cabinet de Réflexion est l’Athanor, le Temple dans lequel brûle la flamme qui est en nous, celle qui ailleurs a été transfigurée lors de l’INRI.

2 Le crâne est l’enveloppe matérielle de ce qui contient le spirituel. Sa présence dans le Cabinet de Réflexion est une invitation à comprendre la relativité des choses de la vie. Les seules traces que nous laisseront ne seront elles que matérielles ? Où, iront notre âme ? Notre esprit ?

3 Plus tard on m’expliquera que le Sel est le résultat neutre de l’action du Soufre, l’énergie expansive, principe actif masculin sur le Mercure. Il est équilibre et stabilité. L’alchimie nous envoie un message : goûte le Sel de la vie mais avec modération, de façon équilibrée.

Ces trois éléments nous font non seulement passer de la matérialité à la spiritualité, mais ils montrent la continuité de tout, sous la forme de l’Ouroboros et du « mixte » des alchimistes, conduisant à la réunification de tout en UN. C’est la recherche de la quinte essence. Ainsi, lentement, je commence à comprendre que je vais mourir symboliquement au profane pour renaître lors de l’initiation.

Avec la pression qui monte, je ressens une évolution progressive, un processus alchimique qui me prend les tripes, comme une maturation qui transforme mon corps. Je me sens pourrir. Littéralement, je me liquéfie, première phase de l’opération alchimique le Solve, qui permet de dissocier pour mieux reconstruire. Je deviens partie intégrante et consciente de la nature et m’enrichi de ses éléments essentiels, au plein sens du terme. Métamorphose devenu possible, renouveau et passage du savoir vers la connaissance.

 Coagula, résultat de l’œuvre dont je sors « le même mais tout autre pourtant ». Le Sablier qui se trouve posé devant moi, symbolise le temps qui me rapproche du jour de ma mort. Qu’y avait-il avant et qu’arrivera-t-il après ? Je vois bien le temps initial, celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, celui du Paradis céleste et terrestre, mais après, que va-t-il arriver ? La Faulx dessinée sur le mur, au dessus du Sablier, fait allusion à la Grande Faucheuse, la Mort. Elle me donne aussi une indication que je ne comprends pas sur le coup.

 Elle est aussi symbole de vie, symbole des blés qui permettront le Pain, avec l’Eau qui sont devant moi L’alchimie me passe le message : Vie et Mort sont imbriquées et la mort prépare la vie4 . Le Pain et l’Eau me font penser à la ration du prisonnier. Pourtant, je ne suis pas en prison. Alors, essaye-t-on de me faire comprendre qu’il ma faut chercher à libérer mes pensées de leur enfermement. ? Autre transformation alchimique qui conduit à la liberté de l’esprit. Parmi les phylactères qui sont sur les murs, le premier qui m’agresse est V.I.T.R.I.O.L.

Ce mot me fait peur et me fait penser à l’acide agressif et corrosif, qui détruit l’apparence. 5 Que fait le Coq6 de mon église sur ce mur ? Pour moi, il annonce la fin de la nuit et le triomphe prochain de la lumière sur les ténèbres7 Il la pressent, avant qu’elle ne se montre, et l’appelle de tout son être. Sous l’influence de la Lune, principe féminin il chante, coqueline ou coquerique, spectateur attentif qui demande que le Soleil, principe masculin actif, se mette à l’œuvre et transforme le noir en blanc.

Cette lumière qui m’est donnée de façon spartiate est la seule chose vivante dans ce décor lugubre de questions sans réponses. Lumière fragile comme la vie, comparativement à l’éternité de la mort 4 En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits" (Jean 12 : 24). 5 Bien sûr qu’il n’en comprend pas le sens, « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée, mais le dépouillement par V.I.T.R.I.O.L. facilite le retour à l’origine. 6 Le coq, c’est aussi le fond de la négrido dans l’athanor, fin de l’œuvre au noir mais aussi début de l’œuvre au blanc, passage des ténèbres à la lumière.

7 Symbole de Mercure et aussi symbole solaire de Saint-Jean. À ce sujet j’insiste sur le fait qu’il ne faut absolument pas mettre une coupelle de mercure dans le cabinet de réflexion car c’est un poison et que la tentation du profane est d’identifier les contenus des coupelles en les goûtant. Nous sommes la pour le faire mourir … symboliquement seulement. Face à moi, le miroir. Moment de vérité pour moi qui ai oublié depuis longtemps de me regarder en face, car je sais que lui ne peut pas me mentir. Mon visage n’est qu’une enveloppe factice, fruit d’une élaboration progressive d’un personnage qui me semble être un étranger.

Au même moment je m’entends murmurer une prière pour que l’enfer de l’apparence cesse et fasse enfin place à la vérité. … mais pas au V.I.T.R.I.O.L. , s’il vous plaît!!! Le processus alchimique est en cours, la bougie est prête à s’éteindre et le sablier s’est presque écoulé. L’estomac serré l’attente devient difficilement supportable. La porte s’entrouvre. Puisqu’il me faut mourir pour renaître, commençons dans la caverne de mes ancêtres, ici et maintenant, miroir de l’éternité.

J’ai dit Vénérable Maître GB Tradition et Harmonie 15/11/2007

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