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Louis-Claude de Saint-Martin : le Philosophe Inconnu

Publié le 5 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie



Extrait de " Le Philosophe Inconnu, réflexions sur les idées de Louis-Claude de Saint-Martin, théosophe."

Louis-Claude de Saint-Martin était né d’une famille noble, le 18 janvier 1743, à Amboise, en Touraine, à quelques lieues de la patrie de Descartes, qui n’a pas été sans influence sur lui, et non loin du berceau de Rabelais, qu’il semble vouloir rappeler dans le poème bizarre du Crocodile.

Quoiqu’il ait beaucoup parlé de lui ; on n’a presque aucun détail sur sa famille, sur les circonstances privées de son enfance et de sa jeunesse. C’est moins sa vie dans le temps et avec les hommes, que sa vie intérieure et avec lui-même, dont il aime à s’entretenir.

Il a écrit ces belles paroles :

« Le respect filial a été, dans mon enfance, un sentiment sacré pour moi. J’ai approfondi ce sentiment dans mon âge avancé, et il n’a fait que se fortifier par là: Aussi, je le dis hautement, quelque souffrance que nous éprouvions de la part de nos père et mère, songeons que sans eux nous n’aurions pas le pouvoir de les subir et de les souffrir, et alors nous verrons s’anéantir pour nous le droit de nous en plaindre ; songeons enfin que sans eux nous n’aurions pas le bonheur d’être admis à discerner le juste de l’injuste ; et, si nous avons occasion d’exercer à leur égard ce discernement, demeurons toujours dans le respect avec eux pour le beau présent que nous avons reçu par leur organe et qui nous a rendu leur juge. Si même nous savons que leur être essentiel est dans la disette et dans le danger, prions instamment le souverain Maître de leur donner la vie spirituelle en récompense de la vie temporelle qu’ils nous ont donnée »

Il gardait de sa belle-mère un tendre souvenir ; mais le témoignage qu’il lui rend, dicté par une vive reconnaissance, nous laisse entrevoir, sous le voile un peu mystique du langage, que cette affection n’était pas sans inquiétude et sans contrainte.

« J’ai une belle-mère, disait-il, à qui je dois peut-être tout mon bonheur, puisque c’est elle qui m’a donné les premiers éléments de cette éducation douce, attentive et pieuse, qui m’a fait aimer de Dieu et des hommes. Je me rappelle d’avoir senti en sa présence une grande circoncision intérieure qui m’a été fort instructive et fort salutaire. Ma pensée était libre auprès d’elle et l’eût toujours été, si nous n’avions eu que nous pour témoins ; mais il y en avait dont nous étions obligés de nous cacher comme si nous avions voulu faire du mal »

Au collège de Pont-Levoy, où il fut envoyé vers l’âge de dix ans, il lut le beau livre d’Abbadie : l’Art de se connaître soi-même, et cette lecture paraît avoir décidé de sa vocation pour les choses spirituelles. Cependant, ses études terminées, il lui fallut suivre un cours de droit, et, cédant au désir de son père, il se fit recevoir avocat du roi au siége présidial de Tours. Mais les fonctions assidues de la magistrature ne pouvaient retenir cette intelligence méditative et profonde, plus capable de remonter aux sources mêmes du droit que de s’astreindre à la lettre de la jurisprudence. Il renonça bientôt à la magistrature pour embrasser la profession des armes, et ce ne fut pas l’instinct [9] militaire qui lui fit prendre l’épée ; car « il abhorrait la guerre, » quoiqu’il « adorât la mort » mais il trouvait dans les loisirs d’une garnison cette espèce d’indépendance que le barreau ne laisse ordinairement ni à l’esprit ni aux habitudes.

Ce fut à Bordeaux que, affilié avec plusieurs officiers du régiment de Foix à l’une des sociétés fondées par Martinez Pasqualis, il suivit les leçons de ce maître, en qui il reconnaissait « des vertus très-actives, » mais dont il s’éloigna depuis pour se donner tout entier au fameux cordonnier de Gorlitz, Jacob Boehm, le prince des théosophes allemands. « Excepté mon premier éducateur Martinez Pasqualis, disait-il, et mon second éducateur Jacob Boehm, mort il y a cent cinquante ans, je n’ai vu sur la terre que des gens qui voulaient être maîtres et qui n’étaient pas même en état d’être disciples »

Martinez, selon le témoignage de Saint-Martin, avait la clef active des spéculations théosophiques de Boehm. Il professait l’erreur d’Origène sur la résipiscence de l’être pervers à laquelle le premier homme aurait été chargé de travailler. Cette idée paraît à Saint-Martin digne du plan universel, mais il prétend n’avoir à cet égard aucune démonstration positive, excepté par l’intelligence. « Quant à Sophie et au Roi du Monde, dit-il encore, Martinez Pasqualis ne nous a rien dévoilé sur cela, et nous a laissé dans les notions ordinaires de Marie et du démon. Mais je n’assurerai pas pour cela qu’il n’en eût pas la connaissance. » On voit reparaître dans ces obscurs et téméraires enseignements cette distinction entre la doctrine livrée au vulgaire et celle dont le sanctuaire ne s’ouvre que pour un petit nombre d’initiés, cette doctrine ésotérique qui n’est que le système des castes intellectuelles ; et dont le christianisme a horreur.

Martinez Pasqualis était venu à Paris en 1708 ; et pendant les dix années de son séjour en cette ville, il se fit de nombreux prosélytes ; qui ; vers 1775, formèrent une secte connue sous le nom de Martinistes, et très répandue dans l’Allemagne et dans le Nord. Saint-Martin venait de publier à Lyon son livre des Erreurs et de la Vérité, et cet cette circonstance a pu concourir avec la similitude du nom à faire passer le disciple pour le fondateur de l’école. Après le départ de Martinez, mort en 1779 au Port-au-Prince, l’école se fondit à Paris dans la Société des Grands Profès et dans celle des Philalèthes. Invité en 1784 à cette dernière réunion, où il ne s’agissait en apparence que de combiner les doctrines de Martinez et de Swedenborg, Saint-Martin refusa de s’y rendre. Il dédaignait la recherche du grand œuvre et les opérations de la franc-maçonnerie ou plutôt, selon toute probabilité, il refusait de s’associer à ces ténébreuses menées qui creusaient l’abîme où la religion, la monarchie, la société tout entière allaient périr.

Les manifestations sensibles lui révélaient, dans la doctrine de Martinez, une science des esprits, dans la doctrine de Swedenborg une science des âmesles phénomènes du magnétisme somnambulique appartenaient ; suivant lui, à un ordre inférieur, mais il y croyait. Cherchant dans une conférence avec Bailly à convaincre ce savant de l’existence d’un pouvoir magnétique où l’on ne pouvait soupçonner la complicité du malade, il signala plusieurs opérations faites sur des chevaux que l’on traitait à Charenton par le magnétisme. « Que savez-vous, dit l’illustre membre des trois académies, si les chevaux ne pensent pas ? — Monsieur, lui répondit Saint-Martin, vous êtes bien avancé pour votre âge.»

Dans cette même année 1781, il rédigea un mémoire sur cette question proposée par l’Académie de Berlin : « Quelle est la meilleure manière de rappeler à la raison les nations, tant sauvages que policées, qui sont livrées aux erreurs et aux superstitions de tout genre ? » L’intention de cette niaiserie philosophique est évidente. C’était le temps où les Nicolaïtes ou illuminants, Aufklärer, précurseurs immédiats de Weishaupt et des illuminés, comparaient hautement le divin Maître au célèbre Bouddha tartare, le Talé-lama [Dalaï-Lama]. Saint-Martin entreprit de démontrer que la solution demandée était impossible par les seuls moyens humains : ce n’était pas la réponse que voulait l’Académie, et la question ayant été remise au concours pour l’année suivante, un pasteur de l’Église française, nommé Avillon, obtint le prix en donnant au problème une solution platonicienne La thèse qu’il avait soutenue en face de l’Académie de Berlin, Saint-Martin la développa quatorze ans plus tard dans ses « Réflexions d’un observateur sur la question proposée par l’Institut (de France) : Quelles sont les institutions les plus propres à fonder la morale d’un peuple ? » (An VI, 1798.)

Je reviendrai sur ce sujet.

C’est à peu près vers cette époque de sa vie que, pendant un séjour qu’il fit à Strasbourg, il dut à l’une de ses amies, madame Boecklin, de connaître les écrits du célèbre Jacob Boehm. Il avait déjà dépassé les [13] dernières limites de la jeunesse, et cependant il se mit avec ardeur à l’étude de la langue allemande, afin d’entendre les ouvrages de ce théosophe qu’il regarda toujours depuis « comme la plus grande lumière humaine qui eût paru.» Cette admiration exaltée jusqu’au fanatisme lui inspirait ces paroles bizarres :

« Ce ne sont pas mes ouvrages qui me font le plus gémir sur cette insouciance générale ; ce sont ceux d’un homme dont je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers, mon chérissime Boehm. Il faut que l’homme soit entièrement devenu roc ou démon pour n’avoir pas profité plus qu’il n’a fait de ce trésor envoyé au monde il y a cent quatre-vingts ans »

Dans un voyage qu’il fit en Angleterre en 1787, il se lia avec l’ambassadeur Barthélemy et connut William Law, éditeur d’une version anglaise et d’un précis des livres de Jacob Boehm. Il y vit un vieillard nommé Best, qui avait la propriété de citer à chacun très à propos des passages de l’Écriture. « En me voyant (c’est Saint-Martin qui parle), il commença par dire de moi : Il a jeté le monde derrière lui. Ce qui me fit plaisir. Ensuite il me cita le troisième verset de Jérémie, chap. 33 : Clamor ad me et exaudiant te, et docebo te grandia et ferma quce nescis : Criez vers moi, et je vous enseignerai des choses grandes et sûres que vous ne savez pas. Cela me fit aussi beaucoup de plaisir ; mais ce qui m’en fit davantage, c’est que cela se vérifia dans la quinzaine " En 1788, il alla visiter Rome et l’Italie avec le prince Alexis Galitzin, qui disait à M. de Fortia d’Urban : [14] : « Je ne suis véritablement un homme que depuis que j’ai connu M. de Saint-Martin. » Il vit l’Allemagne et la Suisse: Il voyageait plutôt en sage qu’en artiste ou en poète. « Je n’ai jamais goûté bien longtemps, disait-il, les beautés que la terre offre à nos yeux ; le spectacle des champs, les paysages. Mon esprit s’élevait bientôt au modèle dont ces objets nous peignent les richesses ou les perfections. »

A son retour ; quoique retiré du service, il fut fait chevalier de Saint-Louis.

Ses recherches sur la science des nombres amenèrent entre Lalande et lui une liaison passagère. Le théosophe qui voyait Dieu partout pouvait-il s’accorder longtemps avec le géomètre qui éliminait Dieu de partout?

Le Maréchal de Richelieu voulait le mettre en rapport avec Voltaire qui mourut dans la quinzaine Il aurait eu plus d’agrément, il le croyait du moins et plus de succès auprès de Rousseau ; mais il ne le vit jamais.

« Rousseau ; dit-il ; était meilleur que moi… Il tendait au bien par le cœur ; j’y tendais par l’esprit, les lumières et les connaissances. Je laisse cependant hommes de l’intelligence à discerner ce que j’appelle les vraies lumières et les vraies connaissances ; et à ne pas les confondre avec les sciences humaines, qui ne font que des ignorants et des orgueilleux  »

[Les charmes de la bonne compagnie, suivant un de ses biographes ; lui faisaient imaginer ce que pouvait valoir une réunion plus parfaite dans ses rapports intimes avec son principe. C’est à cet ordre de pensées qu’il ramenait ses liaisons habituelles avec les personnes du rang le plus élevé ; telles que le duc d’Orléans, le maréchal de Richelieu, la duchesse de Bourbon, la marquise de Lusignan, etc. Ce fut en partie chez cette dernière, au Luxembourg, qu’il écrivit le Tableau naturel.

Il dicta l’Ecce Homo à l’intention d’une « amie de cœur, » la duchesse de Bourbon, princesse dont la destinée fut tant à plaindre ; femme séparée du dernier prince de Condé et mère du dernier duc d’Enghien, persécutée, chassée par la révolution qu’elle avait acceptée ; et dans les ennuis de l’exil réduite à demander au meurtrier de son fils la faveur de revoir la France

Revenue depuis de ses erreurs mystiques à la pratique simple de la religion, elle se laissait alors entraîner au merveilleux de l’ordre inférieur, comme le somnambulisme et les prophéties d’une visionnaire, Suzanne Labrousse, dont l’ex-chartreux dom Gerle et l’évêque constitutionnel Pontard étaient les ardents prosélytes.

« A moins que la Clef divine n’ouvre elle-même l’âme de l’homme, dit Saint-Martin dans cet ouvrage, dès l’instant qu’elle sera ouverte par une autre clef, elle va se trouver au milieu de quelques-unes de ces régions (d’illusion ou de lumière douteuse), et elle peut involontairement nous en transmettre le langage. Alors, quelque extraordinaire que nous paraisse ce langage, il se peut qu’il n’en soit pas moins un langage faux et trompeur ; bien plus, il peut être un langage vrai sans que ce soit la Vérité qui le prononce, et, par conséquent, sans que les fruits en soient véritablement profitables »

Saint-Martin pensait sans doute à son illustre amie, quand il laissait échapper de son cœur ces paroles touchantes :

« J’ai par le monde une amie comme il n’y en a point. Je ne connais qu’elle avec qui mon âme puisse s’épancher tout à son aise et s’entretenir sur les grands objets qui m’occupent... Nous sommes séparés par les circonstances. Mon Dieu, qui connaissez le besoin que j’ai d’elle, faites-lui parvenir mes pensées et faites-moi parvenir les siennes, et abrégez, s’il est possible, le temps de notre séparation »

Il disait encore

« Il y a eu deux êtres dans ce monde en présence desquels Dieu m’a aimé. Aussi, quoique l’un d’eux fut une femme (ma B.), j’ai pu les aimer tous deux aussi purement que j’aime Dieu, et, par conséquent, les aimer en présence de Dieu, et il n’y a que de cette manière que l’on doive s’aimer si l’on veut que les amitiés soient durables»

Le saint pénitent de Tagaste, s’accusant de la trop vive douleur qu’il a ressentie de la perte d’un ami, s’écrie d’un accent plus pieux et plus sûr « Heureux qui vous aime, ô Dieu ! et son ami en vous, et son ennemi pour vous ! Celui- là seul ne perd aucun être cher, à qui tous sont chers en celui qui ne se perd jamais[ »

La révolution française survint. Saint-Martin fut du petit nombre des hommes éminents qui eurent l’intelligence de ce grand événement. Supérieur aux passions politiques, il l’accepta avec cette religieuse épouvante que répand dans les âmes recueillies la vue des justices divines. Il ne perdit pas son temps à maudire ce terrible passage de notre histoire ; le premier il le jugea. Vers le temps où il publia sa Lettre à un ami sur la révolution, publication antérieure aux célèbres Considérations du comte de Maistre, il écrivait ces paroles remarquables :

«La France a été visitée la première, et elle l’a été très sévèrement, parce qu’elle a été très coupable. Ceux des pays qui ne valent pas mieux qu’elle, ne seront pas épargnés quand le temps de leur visite sera arrivé. Je crois plus que jamais que Babel sera poursuivie et renversée progressivement dans tout le globe ; ce qui n’empêchera pas qu’elle ne pousse ensuite de nouveaux rejetons qui seront déracinés au jugement final »

Ma mémoire ne me rappelle rien dans ses écrits imprimés qui fasse une allusion précise aux mémorables événements de cette époque, si ce n’est peut-être cette pensée que je lis dans ses Œuvres posthumes :

« Une des choses qui m’a le plus frappé dans les récits qui m’ont été faits de la conduite de Louis XVI lors de son procès, a été de ce qu’il aurait été tenté, comme roi, de ne pas répondre à ses juges, qu’il ne reconnaissait pas pour tels, mais de ce qu’il oublia sa propre gloire, disant que l’on ne pourrait pas savoir ce que ses réponses pourraient produire et qu’il ne fallait pas refuser à son peuple la moindre des occasions qui pourraient l’empêcher de commettre un grand crime. J’ai trouvé beaucoup de vertu dans cette réponse»

Au moment même où « le torrent de la révolution roulait en flots de sang, à la lueur des incendies, au bruit de la guerre» Saint-Martin ; retiré à Amboise pour rendre à son vieux père les derniers soins et les derniers devoirs, entretenait une correspondance suivie sur les plus hautes questions de la métaphysique et de la théosophie avec le baron suisse Kirchberger de Liebisdorf, membre du conseil souverain de la république de Berne

Singulier contraste entre le bruit épouvantable que fait tout ce siècle qui croule et ce paisible dialogue sur les mystères de l’âme, sur les mystères des nombres ; sur toutes les questions relatives à l’infini et à l’ordre futur ! Ce contraste est surtout remarquable dans une lettre datée du 25 août 1792, où ; racontant en quelques mots la sanglante journée du 10 :

« Les rues, dit-il, qui bordent l’hôtel où je loge étaient un champ de bataille ; l’hôtel lui-même était un hôpital où l’on apportait les blessés ; et en outre il était menacé à tout moment d’invasion et de pillage [20] (l’hôtel de la duchesse de Bourbon). Au milieu de tout cela, il me fallait, au péril de ma vie, aller voir et soigner ma sœur à demi lieue de chez moi... »

Il ajoute presque aussitôt :

« Je suis dans une maison où madame Guyon est très en vogue. On vient de m’en faire lire quelque chose. J’ai éprouvé à cette lecture combien l’inspiration féminine est faible et vague en comparaison de l’inspiration masculine. Dans Boehm je trouve un aplomb d’une solidité inébranlable ; j’y trouve une profondeur, une élévation, une nourriture si pleine et si soutenue que je vous avoue que je croirais perdre mon temps que de chercher ailleurs ; aussi j’ai laissé là les autres lectures. »

Ces paroles étaient en même temps une petite leçon adressée à Kirchberger, qui, lui, cherchait ailleurs, qui cherchait partout, et dont la curiosité s’étendait à des objets dont Saint-Martin faisait fort peu de cas.

«La maçonnerie dont vous me parlez, lui écrivait-il en 1794, je ne la connais point et ne puis vous en rendre aucun compte. Vous savez mon goût pour les choses simples, et combien ce goût se fortifie en moi par mes lectures favorites. Ainsi tout ce qui tient encore à ce que je dois appeler la chapelle,s’éloigne chaque jour de ma pensée... Quant aux ouvrages de Swedenborg, mon opinion est imprimée dans l’Homme de désir... Je vous avoue qu’après de semblables richesses qui vous sont ouvertes (les œuvres de Jacob Boehm), et dont vous pouvez jouir à votre aise à cause de votre langue et de tous les avantages terrestres que la paix politique vous procure, je souffre quelquefois de vous voir me consulter sur des loges et sur d’autres bagatelles de ce genre, moi qui, dans les situations pénibles en tous sens où je me trouve, aurais besoin qu’on me portât sans cesse vers ce pays natal où tous mes désirs et mes besoins me rappellent, mais où mes forces rassemblées tout entières sont à peine suffisantes pour me fixer par intervalle, vu l’isolement absolu où je vis ici sur ces objets. Je me regarde comme le Robinson Crusoé de la spiritualité, et, quand je vous vois me faire des questions dans ces circonstances, il me semble voir un fermier général de notre ancien régime, bien gros et bien gras, allant consulter l’autre Robinson sur le chapitre des subsistances ; je dois vous dire ce qu’il lui répondrait : « Monsieur, vous êtes dans l’abondance et moi dans la misère ; faites-moi plutôt part de votre opulence. »

Le moment d’ailleurs n’était pas favorable aux idées mystiques. La théosophie même devenait suspecte. La prétendue conjuration de Catherine Théos, la mère de Dieu, et les folles prédications auxquelles l’ex-chartreux dom Gerle se livrait dans l’hôtel même de la duchesse de Bourbon, appelèrent l’attention du gouvernement révolutionnaire sur l’innocente correspondance du philosophe inconnu avec le baron de Liebisdorf. Dans la lettre que je viens de citer, Saint-Martin invoque à l’appui de ses réflexions des avertissements d’une autre nature.

« Dans ce moment-ci, ajoute-t-il, il est peu prudent de s’étendre sur ces matières. Les papiers publics auront pu vous instruire des extravagances spirituelles que des fous et des imbéciles viennent d’exposer aux yeux de notre justice révolutionnaire. Ces imprudentes ignorances gâtent le métier, et les hommes les plus posés dans cette affaire-ci doivent eux-mêmes s’attendre à tout ; c’est ce que je fais, parce que je ne doute pas que tout n’ait la même couleur pour ceux qui sont préposés pour juger de ces choses, et qui n’ont pas les notions essentielles pour en faire le départ. Mais en même temps que je prévois tout, je suis bien loin de me plaindre de rien. Le cercle de ma vie est tellement rempli et d’une manière si délicieuse, que, s’il plaisait à la Providence de le fermer dans ce moment, de quelque façon que ce fût, je n’aurais encore qu’à la remercier. Néanmoins, comme on est comptable de ses actions, faisons-en le moins que nous pourrons, et ne parlons de tout ceci dans nos lettres que succinctement»

Dès le 21 mai de l’année précédente, il écrivait à son ami :

« Celle de vos lettres qui a été accidentellement retardée est du 5 avril. Votre dernière, du 14 mai, a été aussi retenue au comité de sûreté générale à Paris, d’où elle m’a été renvoyée avec un cachet rouge par-dessus votre cachet noir. Vous voyez combien il est important de ne nous occuper que des choses qui ne sont pas de ce monde. »

Mais l’autre monde n’était plus même un asile sûr pour les méditations de la pensée suspecte. La police révolutionnaire ne comprenait pas que l’on pût se réfugier là de bonne foi et sans une arrière-pensée de contre-révolution. Saint-Martin avait cependant donné des preuves suffisantes de son désintéressement politique. Quoique noble, il n’avait pas émigré ; chevalier de Saint-Louis, il avait fait son service dans la milice bourgeoise et monté la garde au Temple, prison et tombeau de Louis XVII ; trois ans auparavant, son nom était inscrit sur la liste des candidats proposés par l’Assemblée nationale pour le choix d’un gouverneur de ce jeune prince. Ces gages de soumission donnés à la République ne purent le mettre à l’abri d’un mandat d’arrêt, sous la prévention de complicité dans l’affaire de Catherine Théos. Fort heureusement le 9 thermidor vint le soustraire au jugement du sanguinaire tribunal. Car il faut bien reconnaître à ce sauvage régime le mérite d’une activité rare ; il n’a laissé passer aucune tête éminente sans la persécuter, l’outrager ou l’abattre !

En méditant sur ces faits étranges et si pleins d’enseignements, Saint-Martin disait encore :

« Je crois voir l’Évangile se prêcher aujourd’hui par la force et l’autorité de l’esprit, puisque les hommes ne l’ont pas voulu écouter lorsqu’il le leur a prêché dans la douceur, et que les prêtres ne nous l’avaient prêché que dans leur hypocrisie. Or, si l’esprit prêche, il le fait dans la vérité, et ramènera, sans doute l’homme égaré à ce terme évangélique où nous ne sommes plus absolument rien et où Dieu est tout. Mais le passage de nos ignorances, de nos souillures et de nos impunités à ce terme ne peut être doux. Ainsi je tâche de me tenir prêt à tout. C’est ce que nous devrions faire, même quand les hommes nous laisseraient la paix ; à plus forte raison quand ils joignent leurs mouvements à ceux qui agitent naturellement tout l’univers depuis le crime de l’homme. Notre royaume n’est pas de ce monde ; voilà ce que nous devrions nous dire à tous les moments et exclusivement à toute autre chose sans exception, et voilà cependant ce que nous ne nous disons jamais, excepté du bout des lèvres. Or, la vérité qui a annoncé cette parole ne peut permettre que ce soit une parole vaine, et elle rompt elle-même les entraves qui nous lient de toutes parts à cette illusion apparente, afin de nous rendre à la liberté et au sentiment de notre vie réelle. Notre révolution actuelle que je considère sous ce rapport, me paraît un des sermons les plus expressifs qui aient été prêchés en ce monde. Prions pour que les hommes en profitent. Je ne prie point pour n’être pas compris au nombre de ceux qui doivent y servir de signe à la justice ; je prie, pour ne jamais oublier l’Évangile, tel que l’esprit veut le faire concevoir à nos cœurs, et, quelque part où je sois, je serai heureux, puisque j’y serai avec l’esprit de vérité.»

Vers la fin de l’année 1794, il dut revenir à Paris dont il était expulsé comme noble par le décret du 27 germinal an II. Voici quelles circonstances le rappelaient.

L’échafaud de Robespierre venait de rendre la liberté à la France. La terreur, fatiguée de crimes, commençait à défaillir. Mais sur ce sol si profondément remué tout n’était plus que sang et décombres. La dispersion du clergé, l’abolition des ordres religieux et des corporations enseignantes, enveloppés dans la ruine de l’ancien gouvernement, laissaient la France à ses profondes ténèbres. L’impiété elle-même en fut épouvantée : Impia æternam timuerunt secula noctem. Elle eut peur de la nuit qu’elle avait faite et de l’état sauvage dans lequel grandissaient les générations nouvelles. Il s’agissait donc de ranimer « le flambeau des sciences prêt à s’éteindre ; » il s’agissait de « garantir la génération suivante des funestes effets du vandalisme. » « A la vue des ruines sur lesquelles l’ignorance et la barbarie établissaient leur empire, » il fallait bien reconnaître que l’instruction était le premier mobile de la félicité publique Mais il ne s’agissait pas seulement de répandre l’instruction, il fallait former des instituteurs ; tel était le but des écoles normales.

« Dans ces écoles, disait le rapporteur du projet, Lakanal, ce n’est pas les sciences que l’on enseignera, mais l’art de les enseigner. Au sortir de ces écoles les disciples ne devront pas être seulement des hommes instruits, mais des hommes capables d’instruire. Pour la première fois sur la terre, la nature, la vérité, la raison et la philosophie vont donc avoir aussi un séminaire.»

Puis il ajoute :

« Aussitôt que seront termines, à Paris, ces cours de l’art d’enseigner les connaissances humaines, la jeunesse savante et philosophe qui aura reçu ces grandes leçons ira les répéter à son tour dans toutes les parties de la République d’où elle aura été appelée... Cette source de lumière si pure, si abondante, puisqu’elle partira des premiers hommes de la République en tout genre, épanchée de réservoir en réservoir, se répandra d’espace en espace dans toute la France, sans rien perdre de sa pureté dans son cours. Aux Pyrénées et aux Alpes l’art d’enseigner sera le même qu’à Paris, et cet art sera celui de la nature et du génie... La raison humaine, cultivée partout avec une industrie également éclairée, produira partout les mêmes résultats, et ces résultats seront la recréation de l’entendement humain chez un peuple qui va devenir l’exemple et le modèle du monde. »

Ainsi, pour que la nation française devînt incontinent l’exemple et le modèle du monde, il ne fallait rien moins que recréer l’entendement humain.

Telle était donc la manie de ce siècle terrible ; détruire, que dis-je détruire ? anéantir les ruines mêmes, afin de créer ex nihilo, afin de créer comme Dieu, sans Dieu ! Aussi les hommes de ce temps n’ont-ils été puissants qu’à l’œuvre de destruction. Pour détruire ; l’homme suffit ; mais pour rétablir et fonder, Dieu ne. permet pas qu’on se passe de lui.

Saint-Martin fut choisi comme élève à l’École normale par le district d’Amboise, mais obligé de remplir certaines formalités, vu sa tache nobiliaire qui lui interdisait le séjour de Paris jusqu’à la paix. Voici comme il envisageait d’abord cette mission inattendue.

 

« Elle peut, disait-il, me contrarier sous certains rapports ; elle va me courber l’esprit sur les simples instructions du premier âge: Elle va aussi me jeter dans la parole externe ; moi qui n’en voudrais plus entendre ni proférer d’autre que la parole interne. Mais elle me présente aussi un aspect moins repoussant : c’est celui de croire que tout est lié dans notre grande révolution ; où je suis payé pour voir la main de la Providence. Alors ; il n’y a plus rien de petit pour moi, et ne serais-je qu’un grain de sable dans l’édifice que Dieu prépare aux nations je ne dois pas résister quand on m’appelle ; car je ne suis que passif dans tout cela... Le principal motif de mon acceptation est de penser qu’avec l’aide de Dieu je puis espérer ; par ma présence et mes prières, d’arrêter une partie des obstacles que l’ennemi de tout bien ne manquera pas de semer dans cette grande carrière qui va s’ouvrir et d’où peut dépendre le bonheur de tant de générations... Et, quand je ne détournerais qu’une goutte du poison que cet ennemi cherchera à jeter sur la racine même de cet arbre qui doit couvrir de son ombre tout mon pays, je me croirais coupable de reculer.

Il arriva à Paris dans les premiers jours de janvier 1795 ; mais l’ouverture des conférences fut retardée. Le projet n’était pas mûr ; il s’éloignait déjà du but simple de son institution.

« Je gèle ici faute de bois, écrivait-il à Kirchberger, au lieu que dans ma petite campagne je ne manquais de rien. Mais il ne faut pas regarder à ces choses-là ; faisons-nous esprit, il ne nous manquera rien ; car il n’y a point d’esprit sans parole, et point de parole sans puissance. »

Les conférences ne tardèrent pas à justifier toutes ses prévisions, et quelles difficultés les principes spiritualistes trouveraient à se faire entendre en présence de ces chaires et de cet auditoire incrédules.

« Quant à nos écoles normales, écrit-il encore, ce n’est encore que le spiritus mundi tout pur, et je vois bien qui est celui qui se cache sous ce manteau. Je ferai tout ce que les circonstances me permettront pour remplir le seul objet que j’aie eu en acceptant ; mais ces circonstances sont vaines et peu favorables. C’est beaucoup si, dans un mois, je puis parler cinq ou six minutes, et cela devant deux mille personnes à qui il faudrait auparavant refaire les oreilles »

Il trouva cependant une occasion éclatante de rompre en visière à l’esprit du siècle et de proclamer hardiment ses propres principes. « J’ai jeté une pierre [29] dans le front d’un des Goliath de notre École normale ; les rieurs n’ont pas été pour lui, tout professeur qu’il est. » Mais il n’eut pas le loisir de poursuivre à son gré cette piquante controverse avec le professeur Garat. Les écoles normales furent dissoutes le 30 floréal de cette même année, mesure qu’il regarda dès lors comme un événement heureux. Ces écoles n’avaient d’autre but que de continuer l’œuvre des philosophes et de perpétuer le système d’impiété qu’ils avaient, disait-il, « assez provigné en France depuis soixante ans. » Et il ajoutait :

« Je regarde comme un effet de la Providence que ces écoles-là soient détruites. Ne croyez pas que notre révolution française soit une chose indifférente sur la terre : je la regarde comme la révolution du genre humain... C’est une miniature du jugement dernier, mais qui doit en offrir toutes les traces, à cela près que les choses ne doivent s’y passer que successivement, au lieu qu’à la fin tout s’opérera instantanément»

De retour dans son département, Saint-Martin fut membre des premières réunions électorales ; mais sa vie publique devait se borner à son passage à l’École normale et à son démêlé avec le professeur d’analyse de l’entendement humain : il ne fit jamais partie d’aucune assemblée politique. Il poursuivit son active correspondance avec le baron de Liebisdorf. Les deux amis, qui ne devaient point se voir en ce monde, s’envoyèrent mutuellement leur portrait. Le discrédit [30] des assignats ayant réduit Saint-Martin à une extrême détresse, Kirchberger lui fit passer dix louis d’or. Le premier mouvement de Saint-Martin fut de les renvoyer sur-le-champ ; un second le retint. La fierté de Rousseau lui eût paru plus dans la mesure, si elle eût été fondée sur la haute foi évangélique qui donne et crée les moyens de ne connaître aucun besoin. « Mais., dit-il, quoique sa ferme philosophie me paraisse toujours très estimable sans s’élever à ce point, elle ne m’a pas paru assez conséquente ; car s’il prêche tant l’exercice des vertus et de la bienfaisance, il faut donc aussi leur laisser un libre cours quand elles se présentent.Saint-Martin reçut les dix louis, et, à son tour, il put offrir plus tard à Kirchberger) dont la maison de Morat fut pillée par les Français, plusieurs pièces d’argenterie:qui lui restaient.

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent en silence dans des relations studieuses avec des amis. Il tenait un journal de ses liaisons, et regardait comme des acquisitions précieuses celle qu’il ajoutait aux précédentes :

« Il y a plusieurs probabilités, disait-il, que ma destinée a été de me faire des rentes en âmes, Si Dieu permet que cette destinée-là s’accomplisse, je ne me plaindrai pas de ma fortune, car cette richesse-là en vaut bien d’autres»

Il était homme de bien et charitable: On lit dans les Archives littéraires de l’année 1804 une conversation sur les spectacles entre M. de Gérando et le philosophe  inconnu: De Gérando lui demandait un jour pourquoi il n’allait plus au théâtre : était-ce rigidité de principes, ou défaut de loisir ? Après un peu d’hésitation ; Saint-Martin lui répondit :

« Rien n’est plus simple. Je suis souvent parti de chez moi pour aller au théâtre. Chemin faisant ; je doublais le pas ; j’éprouvais une vive agitation par une jouissance anticipée du plaisir que j’allais goûter: Bientôt, cependant ; je m’interrogeais moi-même sur la nature des impressions dont je me sentais si puissamment dominé: Je puis vous le dire :je ne trouvais en moi que l’attente de ce transport enivrant qui m’avait saisi autrefois lorsque les plus sublimes sentiments de la vertu, exprimés dans la langue de Corneille et de Racine, excitaient les applaudissements universels. Alors une réflexion me venait incontinent : Je vais payer, me disais-je, le plaisir d’admirer une simple image ou plutôt une ombre de la Vertu !.. Eh bien ! avec la même somme je puis atteindre à la réalité de cette image ; je peux faire une bonne action au lieu de la voir retracée dans une représentation fugitive. Je n’ai jamais résisté à cette idée ; je suis monté chez quelques malheureux que je connaissais ; j’y ai laissé la valeur de mon billet de parterre ; j’ai goûté tout ce que je me promettais au spectacle, bien plus encore, et je suis rentré chez moi sans regrets. »

D’une constitution frêle et n’ayant reçu de corps qu’un projetà peine sur le seuil de la vieillesse, il eut l’avertissement de l’ennemi physique qui avait enlevé son père. Il pressentit sa fin et la vit s’approcher avec une vive espérance. La mort, qui attriste la nature, n’était à ses yeux que le signal du départ ardemment désiré.

« La mort, disait-il, est-ce qu’il y en a encore ? Est-ce qu’elle n’a pas été détruite ?... La mort ! Est-ce la mort corporelle que le sage compterait pour quelque chose ? Cette mort n’est qu’un acte du temps. Quel rapport cet acte du temps pourrait-il avoir avec l’homme de l’éternité ? » -- Il disait encore : « L’espérance de la mort fait la consolation de mes jours ; aussi voudrais-je qu’on ne dît jamais l’autre vie, car il n’y en a qu’une.

Quelques mois avant de mourir il écrivait :

« Le 18 janvier 1803, qui complète ma soixantaine, m’a ouvert un nouveau monde ; mes expériences spirituelles ne vont qu’en s’accroissant. J’avance, grâce à Dieu, vers les grandes jouissances qui me sont annoncées depuis longtemps et qui doivent mettre le comble aux joies dont mon existence a été constamment accompagnée dans ce monde.»

Dans l’été de 1803, il fit un dernier voyage à Amboise, visita quelques vieux amis, et revit encore une fois la maison où il était né.

Au commencement de l’automne de la même année, après un entretien avec un savant géomètre sur le sens mystérieux des nombres : « Je sens que je m’en vais, dit-il : la Providence peut m’appeler ; je suis prêt. Les germes que j’ai tâché de semer fructifieront. Je pars demain pour la campagne d’un de mes amis. Je rends grâces au ciel de m’avoir accordé la faveur que je demandais. »

Le lendemain, il se rendit à Aulnay, dans la maison de campagne du sénateur Lenoir-Laroche.Le soir, après un léger repas, il se retira dans sa chambre, et bientôt il se sentit frappé d’apoplexie. Il put cependant dire quelques mots à ses amis accourus auprès de lui les exhortant à mettre leur confiance dans la Providence et à vivre entre eux en frères « dans les sentiments évangéliques. » Puis il pria en silence et expira vers onze heures du soir, sans agonie et sans douleurs, le 13 octobre 1803 (22 vendémiaire an XII).

Je lis dans les Soirées de Saint-Pétersbourg qu’il mourut sans avoir voulu recevoir un prêtre. Aucune biographie ne fait mention de ce refus. Mais il est clair que Saint-Martin ne croyant ni à l’Église ni à la légitimité du sacerdoce catholique, le ministère du prêtre devait être indifférent à sa mort comme à sa vie. Ne disait-il pas : « Ma secte est la Providence ; mes prosélytes, c’est moi ; mon culte, c’est la justice ? » Et n’osait-il pas dire aussi : « Oui Dieu, j’espère que malgré mes fautes tu trouveras encore en moi de quoi te consoler ! » Quand on est parvenu dès ici-bas à cette intimité familière avec Dieu, il est évident que son Église et ses sacrements deviennent inutiles.

Tant de confiance étonne de la part d’un homme si éclairé sur les misères du cœur de l’homme et qui devait l’être sur les misères de son propre cœur ! Mais il est des temps malheureux où les intelligences, même les plus élevées, semblent chanceler dans leurs propres lumières. Détourné de la voie simple par l’influence de ces erreurs qu’il combattait chez les philosophes, sa religion et sa vertu mêmes lui sont devenues un piége, et il n’a pas su s’en préserver. Il a cru à la mission du Réparateur, mais il n’est pas entré dans le sens pratique de ses enseignements ; il a accueilli avec amour la parole de la Sagesse incarnée et le sacrifice du Calvaire, mais il n’a pas compris la perpétuité sur la terre de cette parole et de ce sacrifice ; il a cru en la divinité de Jésus-Christ, mais il n’est pas entré dans l’humilité de Jésus-Christ, et, après une vie de méditation, de prière et de culte intérieur, il a eu ce triste courage de mourir hors de la voie du salut ; il est mort en philosophe, à la manière de Porphyre ou de Plotin.

Il n’avait jamais été marié. Lui-même raconte ce arriva quand une occasion vint à s’offrir.

 « Je priai, dit-il ; un peu de suite pour cet objet, et il me fut dit intellectuellement, mais très clairement : Depuis que le Verbe s’est fait chair, nulle chair ne doit disposer d’elle-même sans qu’il en donne la permission. Ces paroles me pénétrèrent profondément, et, quoiqu’elles ne fussent pas une défense formelle, je me refusai à toute négociation ultérieure.»

Toujours communications intimes avec Dieu ! toujours cette illusion d’être l’objet de la prédilection divine ! On ne saurait après cela s’étonner de l’immense et naïf orgueil qui perce à chaque ligne des Pensées où il a voulu se peindre.

« J’ai été gai, dit-il, mais la gaieté n’a été qu’une nuance secondaire de mon caractère ; ma couleur réelle a été la douleur et la tristesse, à cause de l’énormité du mal »

Il s’applique la parole du prophète. Il semble gémir du mal qui se fait chaque jour sur la terre, comme si lui-même n’y avait aucune part : c’est la plainte de l’ange ou le gémissement de l’agneau qui porté lés péchés du monde !

Ne dit-il pas

« Je n’ai rien avec ceux qui n’ont rien ; j’ai quelque chose avec ceux qui ont quelque chose ; j’ai tout avec ceux qui ont tout. Voilà pourquoi j’ai été jugé si diversement dans le monde et la plupart du temps si désavantageusement ; car, dans le monde, où sont ceux qui ont tout ? où sont même ceux qui ont quelque chose ? »

Ne dit-il pas encore : « Dieu sait si je les aime, ces malheureux mortels ! »

Jamais un apôtre n’a parlé ainsi !

Dans la sphère restreinte et timide de son action il finit par se prendre sérieusement pour un voyant, pour un consolateur donné à la terre ; c’est partout le ton d’un être inspiré, d’un homme dépositaire de plus de vérités qu’il n’en saurait communiquer aux mortels, d’un homme supérieur à l’homme ! « Pour prouver que l’on est régénéré, dit-il, il faut régénérer tout ce qui est autour de nous» Cela est vrai ; mais quel mort spirituel Saint-Martin a-t-il donc ressuscité ? A-t-il jamais pu dire au fils de la veuve : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! » Son œuvre est loin de répondre à l’ambition de sa parole. Cependant il n’a pas été sans influence sur son temps, et, quoique ses livres soient généralement peu connus, un grand nombre de ses pensées ont été mises en circulation par des écrivains supérieurs, M. de Maistre, entre autres, qui l’avait lu attentivement, et qui l’appelait le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes.(entretiens de stpet). Malgré l’énormité de ses erreurs, cet homme a servi la cause de la vérité, et l’on ne saurait oublier que le premier il donna le signal de la réaction spiritualiste contre les doctrines sceptiques et athées du XVIIIè siècle. Il est peut-être le seul laïque qui ait osé dire alors une parole pieuse et touchante comme celle-ci « A force de répéter mon Père, espérons qu’à la fin nous entendrons dire mon fils. »


 

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La légende d'Hiram(York)

Publié le 5 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


Cet homme bon et éminent avait pour coutume à midi plein, lorsque les ouvriers étaient appelés du travail au repos, de pénétrer dans le « Sanctum Sanctorum » ou Saint des Saints, inachevé du Temple du Roi Salomon pour offrir ses prières à la Divinité et tracer ses plans sur la planche à tracer. Cela, vous l’avez fait. Il sortait ensuite par la porte du Midi pour rejoindre les ouvriers, comme vous allez le faire maintenant. Le Premier Diacre prend le candidat par le bras droit et se dirige directement auprès du siège du Second Surveillant au Midi où il est abordé par Jubella qui met sa main droite sur l’épaule gauche du candidat.

JUBELLA: Grand Maître Hiram Abif, je suis heureux de te rencontrer seul à seul; c’est une occasion que je recherchais depuis longtemps. Tu m’avais promis que lorsque le Temple serait achevé, tu nous donnerais le mot secret de Maître Maçon pour que nous puissions obtenir le salaire de Maître quand nous voyagerions dans les pays étrangers. Regarde, le Temple va être achevé, et j’exige le mot secret de Maître Maçon. Ce n’est ni le moment ni le lieu pour donner le mot secret de Maître Maçon; attende que le Temple soit achevé et dédié, et alors, situ es jugé digne, tu le recevras, mais pas autrement.

JUBELLA: Pas autrement! Je ne veux pas entendre parler de moment ni de lieu! Donne ­moi le mot secret de Maître Maçon.

Je ne te le donnerai pas!

JUBELLA: Tu ne me le donneras pas? Donne-moi le mot secret de Maître Maçon à l’instant même, ou bien je t’ôte la vie!

Tu ne l’auras point!

JUBELLA: Alors meurs!

Il frappe le candidat au travers de la gorge avec la règle de 24 p. Le Premier Diacre et le candidat se rendent à l’Occident.

JUBELLO pose sa main gauche sur l’épaule droite du Candidat : Grand Maître Hiram Abif, j’exige le mot secret de Maître Maçon; la plupart des ouvriers attendent et beaucoup désirent ardemment recevoir les secrets de Maître Maçon.

Ouvrier, pourquoi cette violence? Je ne peux le donner, et il ne peut l’être qu’en présence de Salomon, Roi d’Israël, d’Hiram Roi de Tyr et de moi-même.

JUBELLO: Grand Maître Hiram Abif, ta vie est en danger, les avenues du Temple sont bien gardées, et toute fuite impossible! J’exige par conséquent de toi le mot secret de Maître Maçon!

Je ne te le donnerai pas!

JUBELLO: J’exige encore, pour la dernière fois, le mot secret de Maître Maçon, ou je t’ôte la vie!

Dispose de ma vie, mais de mon intégrité jamais !

JUBELLO: Alors, meurs !

Il frappe le candidat à la poitrine avec l’E....

Le Premier Diacre el le candidat se rendent à l’Orient.

JUBELLUM pose ses mains sur les épaules du candidat : Je t’ai entendu argumenter avec Jubella et Jubello. Tu as pu leur échapper, mais tu ne m’échapperas pas à moi! Je m’appelle Jubellum et ce que je me propose de faire, je le fais! J’ai à la main un instrument de mort; si tu m’opposes à présent un refus, gare à toi.

Donne moi donc le mot secret de Maître Maçon!

Je ne peux le donner.

JUBELLUM: J’exige de toi le mot secret de Maître Maçon!

Je ne te le donnerai pas!

JUBELLUM: Grand Maître Hiram Abif, pour la troisième fois, j’exige de toi le mot secret de Maître Maçon!

Ouvrier, tu exiges en vain; attends que le Temple soit achevé et alors je ferai de mon mieux pour te satisfaire.

JUBELLUM: Alors meurs!

Jubellum frappe alors le candidat au front avec un maillet pesant, on étend celui-ci au sol.

JUBELLA: Hélas, qu’avons-nous fait?

JUBELLO: Nous avons tué notre Grand Maître Hiram Abif, et nous n’avons pas obtenu le mot secret de Maître Maçon!

JUBELLUM: Ne discutez pas vainement à propos du mot secret de Maître Maçon, enterrons le corps dans les débris du chantier du Temple, et retrouvons-nous à minuit pour nous concerter.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

Ils prennent le corps et le transportent à quelques mètres et le recouvrent. Ils se retirent du côté Ouest de la Loge.

Extinction des lumières. Pause.

On entend les douze coups de minuit. Ils reviennent auprès du candidat.

JUBELLUM: Est-ce toi Jubella?

JUBELLA: Oui.

JUBELLUM: Est-ce toi Jubello?

JUBELLO: Oui.

JUBELLA : C’est l’heure.

JUBELLO : C’est le lieu.

JUBELLUM: Et voici le corps; aidez-moi à le porter vers l’Occident jusqu’au sommet d’une colline où j’ai préparé une tombe pour l’ensevelir.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

Ils disposent le corps entre l’Autel et l’Occident, la tête vers l’Occident; Ils le disposent par terre en trois lemps.

JUBELLUM: Je propose maintenant que nous plantions cette branche d’acacia au chevet de la tombe, comme repère, afin de le retrouver, si nécessaire, dans l’avenir.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

JUBELLUM: Quittons maintenant le royaume.

Les Frères reprennent leur place, les lumières sont rallumées.

Tumulte.

Les Officiers changent de titre.

Roi SALOMON: O Frère Hiram Roi de Tyr.

HIRAM Roi de TYR: Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelle est la cause de ce tumulte et pourquoi les ouvriers ne poursuivent-ils pas leur travail comme à l’accoutumée ?

HRT. : Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer qui permettent aux ouvriers de poursuivre leur travail et le Grand Maître Hiram Abif a disparu.

RS. : Le Grand Maître Hiram Abif a disparu? Il a de tout temps été ponctuel dans l’accomplissement de chacun de ses devoirs. Je crains que quelque accident ne lui soit arrive. Faites fouiller à fond l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple et voyez si l’on peut le retrouver.

HRT. : Ouvriers, rassemblez-vous!

Douze ouvriers portant le tablier de Maître Maçon et assis au Midi, se dirigent vers le Nord, puis font face à l’Ouest et font le Signe de Fidélité.

Fouillez à fond l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple et voyez si l’on peut retrouver le Grand Maître Hiram Abif.

Les ouvriers fouillent le Nord de la Loge et posent des questions auxquelles répondent les Frères ou ouvriers.

1° O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif ?

2° O. : Pas depuis hier Midi.

2° O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif ?

3° O. :  Pas depuis hier Midi.

3° O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif?

4° O. : Pas depuis hier Midi.

1° O. à l’Occident : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Ouvrier.

1° O. : L’on a fouillé l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple sans pouvoir retrouver notre Grand Maître Hiram Abif. On ne l’a pas vu depuis hier Midi.

Les douze ouvriers sortent de la Loge

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : L’on a fouillé à l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple sans pouvoir retrouver notre Grand Maître Hiram Abif ; on ne l’a pas vu depuis hier Midi.

1° O. du dehors : *  *  *.

GI.: Frère Hiram Roi de Tyr, on frappe à la porte!

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : On frappe à la porte!

RS. : Voyez qui frappe et quelle en est la cause!

GI., *, il ouvre la porte : Qui va là ?

1° O. : Douze Compagnons qui demandent audience au Roi Salomon; nous avons une communication importante.

GI., referme la porte : Frère Hiram Roi de Tyr, douze Compagnons demandent audience au Roi Salomon et disent qu’ils ont une communication importante.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Douze Compagnons demandent audience et disent qu’ils ont une communication importante.

RS. au Garde Intérieur : Admettez-les.

Douze Compagnons, portant leur tablier comme tels, font leur entrée, six d’un côté de la loge et six de l’autre, et se dirigent vers l’Orient devant lequel ils forment un demi-cercle, s’agenouillent sur le genou droit et font le Signe d’Obligation de Compagnon. S’il n ‘y a que trois Compagnons, ils entrent à la suite l’un de l’autre et forment un demi-cercle à l’Est de l’Autel.

1° O. : Très excellent Roi Salomon.

RS. : Ouvrier.

1° O. : Les douze Compagnons que nous sommes ainsi que trois autres avons monte une conspiration pour arracher à notre Grand Maître Hiram Abif le mot secret de Maître Maçon ou lui ôter la vie. Ayant réfléchi à l’énormité du crime, nous y avons renoncé et nous nous présentons devant toi, vêtus de tabliers et de gants blancs, symbole de l’innocence et nous implorons humblement ton pardon. Nous craignons cependant que les autres n’aient été vils au point de mettre leur dessein meurtrier à exécution.

RS. : Relevez-vous, retournez à votre travail; de votre conduite future dépendra votre pardon.

Les douze Compagnons reculent de quelques pas, et reprennent, pour sortir de la loge, le même chemin que lorsqu’ils sont entrés, et se rendent dans les parvis. On laisse la porte ouverte.

Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Faites faire l’appel de toutes les équipes d’ouvriers et voyez qui, éventuellement, n’y répond pas.

HRT. : Frère Secrétaire.

SEC. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Faites l’appel de toutes les équipes d’ouvriers et voyez qui, éventuellement, n’y répond pas.

Le Secrétaire se rend dans les parvis.

SEC. : Ouvriers! Rassemblez-vous pour l’appel!

Amos, Caleb, Esdras, - Jubella - Jubella - Jubella. Pas de réponse.

Josué, Ezéchias, Nathan, - Jubello - Jubello - Jubello. Pas de réponse.

Samuel, Isaïe, Oholiab, - Jubellum - Jubelluin - Jubelluin. Pas de réponse.

Gédéon, Aggée, Daniel.

Il referme la porte et se rend à l’Occident.

SEC. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Frère Secrétaire.

SEC. : L’appel de toutes les équipes d’ouvriers a été fait et Jubella, Jubello, Jubellum, tous trois frères et originaires de Tyr, n’y ont pas répondu.

 Il regagne sa place.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : L’appel de toutes les équipes d’ouvriers a été fait et Jubella., Jubello, Jubellum, tous trois frères et originaires de Tyr, n’y ont pas répondu.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr, douze Compagnons se sont présentés devant moi ce matin, vêtus de tabliers et de gants blancs, symboles de l’innocence, et ont avoué qu’ils avaient monté, ainsi que trois autres, une conspiration pour arracher à notre Grand Maître Hiram Abif le mot secret de Maître Maçon, ou lui ôter la vie. Ayant réfléchi à l’énormité du crime, ils y avaient renoncé et ont imploré mon pardon. Ils craignaient, cependant, que les autres n’aient été vils au point de mettre leur dessein meurtrier à exécution. Sortez des équipes d’ouvriers ces douze Compagnons, constituez les en groupes de trois et envoyez-les vers l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi, à la recherche des absents.

HRT. : Ouvriers, rassemblez-vous!

 Douze Compagnons se rassemblent et forment un demi-cercle face à l’Occident et font le Signe d’Obligation.

Vous qui vous êtes présentés devant le Roi Salomon ce matin et avez avoué, constituez-vous en groupes de trois et allez vers l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi, à la recherche des absents et ne revenez pas sans nouvelles.

PREMIER GROUPE: Dirigeons-nous vers l’Occident.

Ils se tournent vers l’Ouest.

DEUXIEME GROUPE: Dirigeons-nous vers l’Orient.

Ils se tournent vers l’Est.

TROISIEME GROUPE: Allons vers le Nord.

Ils se tournent vers le Nord.

QUATRIEME GROUPE: Et nous vers le Midi.

Ils se tournent vers le Sud.

Les quatre groupes partent dans les directions indiquées; les deuxième, troisième et quatrième groupes reprennent ensuite leur place.

1° O., près de la porte intérieure : Camarades, voici un marin; enquérons-nous auprès de lui.

2° O.: Entendu.

3° O.: Entendu.

1° O. : Hé l’homme As-tu vu des étrangers passer par ici?

MARIN: Oui, j’en ai vu trois hier.

1° O. : Peux-tu nous les décrire ?

MARIN: A leur air, j’ai pense qu’ils étaient des hommes de Tyr; comme il savaient un air de famille, qu’ils étaient frères; comme ils étaient vêtus de tabliers et de gants blancs, que c’étaient des ouvriers qui travaillaient sur le chantier du Temple.Ils cherchaient à s’embarquer pour l’Ethiopie, mais le Roi Salomon ayant promulgué un edit interdisant à quiconque de quitter le royaume sans un sauf-conduit signé de sa main, n’en ayant pas, ils ne purent s’embarquer et repartirent dans l’intérieur du pays.

1° O. : Voilà des nouvelles.

2° O. : Des nouvelles importantes.

3° O. : Partons les rapporter.

2° O. : Entendu.

3° O. : Entendu.

Ils prennent la direction de l’Est.

Les ouvriers se dirigent toujours vers l’Est en passant par le côté Nord de la Loge et reviennent toujours par le côté Sud.

1° O. : Nous rapportons des nouvelles. Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1° O. : Nous qui avons voyage vers l’Occident, avons rencontré, en arrivant dans la cite de Jappé, un main à qui nous avons demandé s’il avait vu des étrangers passer par là. Il répondit qu’il en avait vu trois, le jour précédent, et qu’à leur air il pensait qu’ils étaient des hommes de Tyr, et comme ils avaient un air de famille, qu’ils étaient frères et qu’étant vêtus de tabliers et de gants blancs, c’étaient des ouvriers qui travaillaient sur le chantier du Temple. Ils cherchaient à s’embarquer pour l’Ethiopie, mais le Roi Salomon ayant promulgué un édit interdisant à quiconque de quitter le royaume sans un sauf-conduit signé de sa main, n’en ayant pas, us ne purent s’embarquer et repartirent dans l’intérieur du pays.

RS. : C’étaient sans aucun doute ces bandits; mais vous n’allez pas en rester là. Reprenez votre route en vous disant bien que si vous ne réussissez pas à remettre ces bandits entre les mains de la justice, c’est vous qui serez considérés comme les meurtriers du Grand Maître Hiram Abif punis en conséquence.

1° O. : Repartons vers l’Occident.

2° O. : Entendu.

3° O. : Entendu.

Ils partent tous vers l’Ouest.

1° O.: Je suis fatigue et je vais m’asseoir pour me reposer et me délasser.

2° O. continuant sa marche : Viens, nous avons un devoir important à accomplir.

1° O. : Holà, camarades! En essayant de me relever, j’ai par hasard saisi cette branche d’acacia qui a cédé si facilement que mon attention en a été attirée.

Les deuxième et troisième ouvriers reviennent vers lui.

2° O. : La terre semble avoir été fraîchement remuée.

3° O. : On dirait une tombe.

JUBELLA: Oh! Que n’ai-je eu la gorge tranchée, la langue arrachée et enfouie dans les sables de la mer, à la limite des basses ceux, là où la marée monte et descend deux fois en vingt quatre heures, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif.

1°. O. : C’est la voix de Jubella.

JUBELLO : Oh, Que n’ai-je eu le sein gauche ouvert, le coeur et les poumons arrachés et transportés dans la vallée de Josaphat pour y être laissés en pâture aux vautours des airs plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif.

2° O. : C’est la voix de Jubello.

JUBELLUM: Oh! Que n’ai-je eu le corps coupe en deux, les entrailles arrachées et reduites en cendres, et ces cendres dispersées aux quatre vents du ciel plutôt que d’avoir tué notre Grand Maître Hiram Abif.

1° O. : C’est la voix de Jubellum. Précipitons-nous, emparons-nous d’eux, ligotons-les et amenons-les devant le Roi Salomon.

2° O. : Entendu.

3° O. : Entendu.

Les bandits sont amenés à l’Est en passant par le côté Nord de la Loge.

1° O. : Nous rapportons des nouvelles, Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1° O. : Nous avons voyage selon tes instructions et, en arrivant au sommet d’une colline, me sentant fatigué, je me suis assis pour me reposer et me délasser. En essayant de me relever, je saisis par hasard une branche d’acacia qui céda si facilement que mon attention en fut attirée. Sur quoi je hélai sur le champ mes camarades et alors que nous commentions ce fait singulier, nous entendîmes distinctement des voix provenant des crevasses de rochers voisins et nous reconnûmes la première comme celle de Jubella qui s’écriait : « Oh! Que n’ai-je eu la gorge tranchée, la langue arrachée et enfouie dans les sables de la mer, à la limite des basses caux, là où la marée monte et descend deux fois en vingt quatre heures, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif. » La seconde était celle de Jubello qui s’écriait : » Oh! Que n’ai-je eu le sein gauche ouvert, le coeur et les poumons arrachés et transportés dans la vallée de Josaphat pour y être laissés en pâture aux vautours des airs, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif » et la troisième était celle de Jubellum qui s’écriait: « Oh! Que n’ai-je eu le corps coupe en deux, les entrailles arrachées et réduites en cendres, et ces cendres dispersées aux quatre vents du ciel plutôt que d’avoir tué notre Grand Maître Hiram Abif » Sur quoi nous nous précipitâmes, nous nous emparâmes d’eux, les ligotâmes et les avons amenés devant toi.

RS. : Jubella, tu es accusé de complicité dans le meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Qu’as-tu à dire pour ta défense et plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLA: Coupable.

RS. : Jubello, tu es accusé de complicité dans le meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Qu’as-tu à dire pour ta défense et plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLO: Coupable.

Roi SALOMON: Jubellum, tu es accusé du meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLUM : Coupable.

RS. : Misérables, vils et impies, que vous êtes ! Songez à l’énormité de votre crime et à l’homme de coeur que vous avez tué.

Relevez la tête pour écouter la sentence vous serez conduits hors des murs de la cite et exécutés conformément aux malédictions que vous avez proférées. Hors d’ici!

Les bandits sont conduits hors de la Loge en passant par le côté Sud et la porte intérieure. Les ouvriers reviennent à l’Orient en passant par le côté Nord de la Loge.

1° O. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Ouvriers.

1° O. : Les bandits ont été exécutés conformément à tes ordres.

RS. : C’est bien. Partez maintenant à la recherche du corps du Grand Maître Hiram Abif, et si vous le retrouvez, recherchez avec diligence sur lui ou alentour, tout ce qui peut permettre de l’identifier clairement.

1° O. : Retournons au sommet de la colline où je me suis assis pour me reposer et me délasser.

2° O. : Entendu.

3° O. : Entendu.

Ils prennent la direction de l’Occident.

1° O. : Il semble que ce soit l’endroit.

2° O. : Oui, voici la branche d’acacia.

3° O. : On dirait une tombe.

1° O. : Enlevons la terre. Ils enlèvent le linceul.

Voici un corps, mais il est tellement mutilé et décomposé qu’il est impossible de poursuivre les recherches. Restons à l’écart jusqu’à ce que les effluves putrides aient disparu.

Reprenons maintenant les recherches. Ils le font.

Voici un bijou.

2° O. : Détachons-le, remontons et allons rendre compte.

1° O. : Entendu.

2° O. : Entendu.

Les ouvriers portent le bijou à l’Orient en passant par le Nord de la Loge.

1° O. : Nous rapportons des nouvelles, Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1° O. : Nous sommes repartis selon tes instructions et, en arrivant au sommet de la colline où je m’étais arrête pour me reposer et me délasser, nous avons découvert ce qui semblait être une tombe. La terre enlevée, un corps apparut, mais tellement mutilé et décomposé que nous plaçâmes machinalement nos mains ainsi il fait le S. d’O de Maître Macon, pour protéger nos narines des effluves putrides. Après qu’ils se furent dissipés, nous fouillâmes le corps et la fosse sans rien trouver, sauf ce bijou.

RS. : Montrez-moi ce bijou.

Le Premier Ouvrier le lui montre.

A voix basse: Il ne peut y avoir de doute quant à la mort du Grand Maître Hiram Abif, car c’est le bijou qu’il portait.

Ouvriers, la grâce que vous implorez vous est entièrement accordée; retournez à votre travail.

Ils quittent la Loge en passant par le côté Sud.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Ne peut plus y avoir de doute quant à la mort de notre Grand Maître Hiram Abif ni quant à l’identité du corps, car c’est le bijou qu’il portait. Hélas! Je crains que le mot de Maître Maçon ne soit perdu, car tu te souviens sûrement qu’il avait été convenu entre toi, moi et le Grand Maître Hiram Abif que le mot secret de Maître Maçon ne pourrait être donné que lorsque nous trois serions présents et en serions convenus. L’un de nous n’est plus. Je propose que tu rassembles les ouvriers et que vous m’accompagniez sur la tombe afin de relever le corps et de le ramener au Temple pour lui donner une sépulture plus décente. Je propose aussi que le premier signe que l’on fera en arrivant à la tombe, et que le premier mot que l’on dira après que le corps aura été relevé, soient respectivement le G.S.A.D. et le mot substitué à celui qui est perdu, à moins que la sagesse des générations futures découvre et ramène à la lumière le mot véritable.

HRT. : Entendu. Frère Maréchal.

MARECHAL: Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Rassemble les ouvriers.

MARECHAL: Ouvriers! Rassemblez-vous deux par deux, sur le côté Nord de la loge, face à l’Orient.

Les ouvriers se rassemblent, Maréchal en tête. Les Intendants avec leurs cannes. Le Roi Salomon ayant Hiram Roi de Tyr à sa gauche, suivis par les ouvriers par deux, le Chapelain fermant la marche. Le cortège fait trois fois le tour de la loge. Au troisième tour, à l’Ouest, le Maréchal lui fait former une seule file.

Une musique funèbre est jouée pendant que les Frères font le tour de la Loge.

En arrivant à la tombe, les intendants forment à son chevet un arc de leur canne au-dessus du Roi Salomon.

Le Maréchal prend place au Sud du Corps, Hiram Roi de Tyr au pied de la tombe, le Chapelain à l’Autel, les Frères se tiennent debout, faisant le S de F.

RS. fait une seule fois le G.SA.D. et dit: OSMDN’YATIPD’APLFDLV? il s’adresse aux ouvriers : Ici gisent les restes de votre Grand Maître Hiram Abif abattu dans l’accomplissement de son devoir, martyr de sa fidélité. Il fut porte en cet endroit solitaire par des mains impures, à minuit, dans l’espoir que l’oeil de l’homme ne le découvrirait jamais plus, ni que la main de la justice ne se poserait sur ceux qui l’avaient assassiné. Vain espoir! Ici gisent les restes de votre Grand Maître Hiram Abif. Son oeuvre n’était pas achevée, pourtant sa colonne est brisée, les honneurs qui lui revenaient à si juste titre ne lui ont pas été rendus, sa mort fut prématurée et ses frères sont dans le deuil. Son corps sera relevé, honoré, ramené au Temple pour y recevoir une sépulture plus décente, et un monument sera érigé pour commémorer ses travaux, sa fidélité et sa mort prématurée.

Frère Hiram Roi de Tyr, efforcez-vous de relever le corps par l’Attouchement d’Apprenti.

HRT. s’y efforce, mais en vain : En raison de l’état avancé de putréfaction, le corps ne peut être relevé ainsi, la peau se détache de la chair.

Frère Hiram Roi de Tyr, vous connaissez un Attouchement plus fort, l’Attouchement de Compagnon. Efforcez-vous de relever le corps par cet attouchement.

HRT obéit mais échoue dans sa tentative : Très Excellent Roi Salomon, pour la raison précédemment donnée, le corps ne peut être relevé ainsi. La chair quitte les os.

RS. se découvre : Mes Frères, prions!

Tous s’agenouillent sur le genou gauche au S.D.F.

CHAPELAIN: O Dieu, tu nous vois tomber et nous redresser, et tu pénètres nos pensées les plus intimes. Protège-nous et défends-nous contre les mauvaises intentions de nos ennemis,et soutiens-nous dans les moments d’épreuve et d’affliction qu’il est dans notre destinée de subir pendant que nous traversons cette vallée de larmes. Les jours sont comptés et pleins de malheurs à l’homme né de la femme. Il vient, tel une fleur, mais il est vite cueilli, et il disparaît de même, comme l’ombre fugitive. Il voit que ses jours sont comptés et que la durée de sa vie dépend de Toi. Tu lui as assigné des limites qu’il ne peut franchir, en lui laissant le temps du repos, jusqu’à ce qu’il ait achevé sa journée. Il y a, pour tout arbre abattu, l’espoir qu’il porte un bourgeon nouveau et que le rameau qui en jaillira n’aura pas de fin. Mais l’homme meurt et son corps part en poussière; oui, l’homme rend l’esprit et qu’advient-il de lui? De même que l’eau vient à manquer à la mer et le cours de tout fleuve à s’affaiblir et tarir, de même l’homme se couche-t-il pour ne plus se relever jusqu’à la fin des cieux. Pourtant, ô Dieu, aie pitié des enfants de Ta création, accorde leur le réconfort dans le malheur et le salut pour l’Eternité. Amen.

LES FRERES: Qu’il en soit ainsi.

RS. : Mes Frères, relevez-vous.

Ils se relèvent.

Frère Hiram Roi de Tyr, tu as été de bon conseil au moment opportun. Les Maçons doivent toujours se souvenir que lorsque la force et la sagesse de l’homme sont impuissantes, il en est au-dessus de nous une source inépuisable qui nous parvient grâce au pouvoir de la prière.

 Mon esprit y voit clair à présent et le corps sera relevé. Ouvriers, il y a plus de sept ans que vous travaillez à l’édification du Temple, peinant loyalement, encourages et soutenus par la promesse que lorsque celui-ci serait achevé, ceux d’entre vous qui auraient été fidèles recevraient les secrets de Maître Macon.

Le Mot de Maître est perdu par la mort de votre Grand Maître Hiram Abif, mais je vais lui substituer un Mot qui sera adopté pour la gouverne de toutes les loges de Maîtres Maçons, jusqu’à ce que la sagesse des générations futures découvre le Mot Véritable.

Le premier mot que je prononcerai lorsque le corps sera relevé de l’horizontale de la mort à la verticale de la vie sera ce Mot substitué. ..

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La légende d'Hiram(REAA,RER,FRANCAIS,EMULATION, REP)

Publié le 5 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


REAA

 

Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. Il a péri par le plus détestable des crimes.

Le sage Roi Salomon avait conçu le pieux dessein d'élever au GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS un Temple, où seul il recevrait l'encens des hommes.

HIRAM, fils d'un tyrien et d'une femme d’Israël savant dans tous les arts et spécialement dans l'architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon par HIRAM, Roi de Tyr, pour conduire cette noble et vaste entreprise et diriger les ouvriers, dont il fut nommé le chef et le surintendant.

Pour régler d'aussi grands travaux, HIRAM divisa les nombreux ouvriers, qui furent mis sous ses ordres, en trois classes. Ceux de la première, sous le nom d'apprentis, étaient employés à abattre les bois sur le Mont Liban et à les équarrir; à arracher des carrières les pierres et les marbres et à les dégrossir. Ceux de la seconde classe, sous le nom de compagnons, étaient occupés à terminer les pièces ébauchées par les apprentis et à les mettre ensuite en place sous la direction des ouvriers de la troisième classe, que l'on nommait les maîtres. Ceux-ci prenaient immédiatement les ordres d'HIRAM dans un lieu secret que l'on nommait la Chambre du Milieu, qui plus tard devait être le sanctuaire du Temple. On raconte que les ouvriers employés à la construction du Temple étaient au nombre de cent quatre vingt trois mille six cent (183.600). On peut juger qu'il eut été difficile de les gouverner sans l'ordre établi par HIRAM. Chaque classe d'ouvriers avaient un signe et un mot secret, que l'ouvrier devait donner au trésorier pour recevoir son salaire; de sorte qu'aucun ne pouvait avoir que la paie qui était attribuée à sa classe. Les apprentis parvenaient à la classe des compagnons après un temps déterminé, lorsqu'ils avaient mérité cette récompense par leur zèle, leur intelligence et leur assiduité au travail. Les compagnons obtenaient par les mêmes moyens la faveur d'être élevés au rang des maîtres .

 

HIRAM avait heureusement conduit les travaux presqu'à leur perfection et bientôt l'édifice allait être achevé et consacré à sa destination. Mais le génie des ténèbres qui voyait, par cette oeuvre, son règne menacé, souleva toutes les passions pour tenter de ruiner ce bel ouvrage avant son achèvement et mettre le trouble parmi les ouvriers en les privant subitement de leur guide. Il souffla dans l'esprit des ouvriers des moindres classes le poison de l'envie et de la jalousie; il leur inspira le dégoût du travail; il fit naître en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés, sans s'être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l'étude et l'application. Il insinua plus particulièrement cet esprit de désordre parmi les compagnons, qui, déjà initiés aux premiers secrets de l'Art, se regardaient comme des victimes de l'injustice et de la partialité, parce qu'ils n'étaient pas rendus égaux aux maîtres. Cependant le respect qu'HIRAM savait inspirer par sa douceur, par ses vertus, par son impartialité, maintenait encore les esprits révoltés, et peut-être tout allait-il rentrer dans le devoir, lorsque trois d'entre les compagnons formèrent le projet d'arracher, de gré ou de force, le mot sacré des maîtres, pour s'introduire frauduleusement dans la Chambre du Milieu; ils se concertèrent sur les moyens de surprendre notre maître HIRAM s'il était possible.

Ils arrêtèrent qu'ils tenteraient par la menace d'intimider HIRAM, afin de lui arracher, par la crainte, ce qu'ils n'espéraient pas obtenir de sa libre volonté; mais soit qu'ils y parvinssent, soit qu'ils échouassent, ils étaient résolus à lui donner la mort, afin de se soustraire à la juste punition que devait attirer sur leur tête une si téméraire et si criminelle audace. Ils comptaient aussi dérober aux autres ouvriers la connaissance de la part qu'ils auraient prise au meurtre du Maître. Vaine prétention ! Les outils, dont ils devaient faire usage pour commettre ce crime, devaient aussi révéler la classe d'ouvriers à laquelle appartenaient ses auteurs ! Ayant ainsi combiné leur crime et pris leurs mesures, ils attendirent l'instant où, à la chute du jour, les ouvriers, ayant rempli leur tâche, auraient quitté l'atelier pour aller se livrer au repos; alors le Maître, qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul et à leur discrétion.    

Le Temple avait trois portes : I'une à l'orient, qui communiquait à la Chambre du Milieu et qui était réservée aux maîtres; une autre au Midi et la troisième à l'occident; celle-ci était l'entrée commune à tous les ouvriers; c'était aussi par là qu'HIRAM avait coutume de se retirer après avoir reconnu les travaux du jour. Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres. Après quelques instants d'attente, HlRAM sortit de la Chambre du Milieu pour visiter les travaux, s'assurer, comme de coutume, que ses plans avaient été suivis et exécutés ..Le maître aperçoit un des conjurés, armé d'une règle pesante, embusqué près de là, et lui demande pourquoi il n'a pas suivi les autres ouvriers et ce qu'il veut de lui.

Le compagnon lui répond, avec audace : “Maître, il y a longtemps que vous me retenez dans les rangs inférieurs; je désire enfin de l'avancement; admettez-moi donc au rang des Maîtres”. - Je ne puis, dit HIRAM, avec sa bonté ordinaire, je ne puis à moi seul t'accorder cette faveur; il faut aussi le concours de mes Frères; lorsque tu auras complété ton temps et que tu seras suffisamment instruit, je me ferai un devoir de te proposer au conseil des maîtres.

 “Je suis assez instruit, et je ne veux pas vous quitter que je n'aie obtenu de vous le mot des maîtres ” objecte le Compagnon.                “Insensé ! Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, ni qu'il doit se demander ! Travaille, et tu seras récompensé !”, poursuit HIRAM. .Le compagnon insiste et va jusqu'à la menace. HIRAM, toujours bon, mais également ferme, lui répond avec douceur que c'est en vain qu'il espère obtenir, par ce moyen, la faveur qu’il sollicite. Il fait un mouvement de la main pour engager cet importun à se retirer; au même instant, le scélérat veut lui asséner sur la tête un violent coup de la règle qu'il tient dans la main. Cependant, le coup est détourné par le geste que fait HIRAM et la règle, tombant sur l'épaule droite du maître, cause un engourdissement qui le rend incapable de désarmer son adversaire.  

 

HIRAM s'avance alors précipitamment pour sortir par la porte du Midi.Mais il y est attendu par le second des conjurés, qui lui fait, d'une manière encore plus pressante, la demande du mot de maître. HIRAM, qui commence à entrevoir le danger qu'il court, surtout s'il est poursuivi par le premier compagnon, se hâte de gagner la porte de l'occident, en faisant le réponse qu'il avait déjà faite à la porte de l'orient. Cependant, il ne fuit pas assez promptement pour éviter un coup de pince que le misérable veut lui porter sur la tête, mais qui ne l'atteint que sur la nuque.

Tout étourdi de ce coup, le maître se dirige, en chancelant, vers la dernière issue du Temple, par où il espère s'échapper. Vain espoir t II est arrêté, de nouveau, par le troisième conjuré. La même demande lui est faite, qui se heurte au même refus.

“Plutôt la mort, que de trahir ainsi le secret qui m'a été confié !” A l'instant, le troisième Compagnon le frappe, au front, d'un grand coup de maillet qui le renverse sur le pavé... Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort.

Le Très Vénérable Maître

Mes Frères ! Depuis le fatal événement qui nous a privé du Maître, le monde est demeuré dans les ténèbres les plus épaisses; tous les travaux sont suspendus. Ne pourrions-nous donc rien entreprendre pour recouvrer la lumière ? Mais, qui ne serait découragé à l'aspect d'un si funeste sort ? Si l'homme d'une vertu si éminente à dû succomber, quel espoir aurions-nous d'être plus heureux ?lui seul, d'ailleurs, possédait le secret de l'oeuvre commencée; qui oserait se présenter pour lui succéder ?

Cependant, mes Frères, ne perdons pas courage ! Après avoir pleuré notre Maître, cherchons ses restes que les meurtriers ont sans doute cachés, afin de rendre à sa dépouille mortelle les honneurs qui lui sont dus. Peut-être recueillerons-nous quelques traces de sa science; la Lumière peut reparaître encore ! Voyagez, mes Frères, de l'occident à l'orient, du Septentrion au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où les indignes scélérats ont pu déposer le corps de notre Respectable Maître ! Les Vénérables Maître Expert et Maître des Cérémonies, suivis de sept Vénérables Maîtres, font par trois fois, dextrorsum, le tour de la Loge. Il s'arrêtent ensuite, de manière que l'Expert se trouve près de la branche d'acacia.

Le second Surveillant (de son plateau)

Cet arbre funéraire, cet acacia, annonce une sépulture. Il n'y a pas longtemps qu'il est planté; peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Respectable Maître HIRAM...

Le premier Surveillant (de son plateau)

Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l'ombre de l'acacia ! Ce lieu désert me porte à croire que ce pourrait être, en effet, le tombeau de notre Maître. Mais, que vois-je? Une équerre et un compas qui paraissent y avoir été placés à dessein, ne me laissent plus aucun doute ! Gardons-nous donc de toucher à cette terre jusqu'à ce que nous ayons averti le Maître ! Que trois Frères demeurent ici, tandis que nous l allons rendre compte de notre découverte. En voyageant vers l'orient nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un acacia qui ombrageait un tombeau dont la terre paraissait encore fraîche; une équerre et un compas, placés par-dessus, nous ont fait penser que c'est là que repose notre Maître HIRAM; mais nous n'avons osé troubler le repos de sa dépouille et nous nous hâtons de vous informer de cette découverte, afin que vous veniez avec nous reconnaître si nos conjectures sont fondées. Trois de nos Frères sont demeurés pour la garde de ce lieu respectable….

 

RER

 

Le temps étant venu où Salomon devait élever un temple à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, sur les plans tracés par une main céleste, qui avaient été remis à David son père, il fut aidé dans cette grande entreprise par Hiram, roi de Tyr. Ce prince lui fournit en abondance les matériaux les plus précieux et lui procura un grand nombre d’excellents ouvriers. Mais il lui fit un don bien plus estimable en lui envoyant Hiram Abif, Tyrien de nation, l’architecte le plus célèbre de l’Univers et l’ouvrier le plus habile dans tous les ouvrages de l’art.

Salomon étant doué de la plus haute sagesse reconnut tout le prix des talents et des Lumières d’Hiram ; il lui donna sa confiance, le chérit comme son père et l’établit chef principal de tous les ouvriers qui travaillaient à la construction du Temple.

Hiram Abif les sépara d’abord en trois classes pour leur donner à chacun une paie proportionnée à leur mérite et à leurs talents ; il donna à chaque classe des signes, attouchements et mots différents. Il appela les premiers ou les Apprentis à la colonne J pour y recevoir leur salaire et les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être récompensés selon leur grade. Un ordre si bien établi devait assurer la tranquillité de toutes les classes et l’autorité de leur chef. Mais l’orgueil, l’envie et la cupidité traînent à leur suite le désordre, la confusion et le crime.

Trois Compagnons perfides conçurent le détestable projet de forcer Hiram Abif à leur donner le mot de Maître pour s’en procurer la paie et de l’assassiner s’il le leur refusait. Dans ce dessein, ils se placeraient à trois différentes portes du temple à l’heure où, après que les ouvriers s’étaient retirés, Hiram avait coutume d’aller seul vérifier les travaux. Le Maître étant entré à son ordinaire par la porte d’occident et voulant ensuite se retirer par celle du midi, il y trouva un des Compagnons qui lui demanda arrogamment le mot de Maître avec menace de le tuer s’il le lui refusait ; et, sur le refus du Maître Hiram, ce scélérat lui donna un grand coup de marteau sur l’épaule gauche. Le Maître Hiram chercha son salut dans la fuite et, se présentant pour sortir par la porte du nord, il y trouva le second assassin qui lui fit la même demande avec la même menace et, sur son refus, ce monstre lui porta un grand coup de massue sur l’épaule droite, dont il fut presque terrassé. Cependant, il eut encore la force de se sauver vers la porte d’orient, mais il y trouva le troisième Compagnon qui, le voyant déjà affaibli par les coups qu’il avait reçus, lui demanda impérieusement le mot de Maître. Hiram ne put se dissimuler l’extrémité du danger où il se trouvait en le refusant, mais il préféra son devoir à la conservation de sa vie et le Compagnon, irrité d’éprouver le même refus et conduit par sa cupidité, lui porta un grand coup de maillet sur le front qui le fit tomber mort.

 Ces furieux, voyant le Maître Hiram mort, résolurent d’enterrer son cadavre, espérant que leur crime resterait inconnu ignoré, mais comme il était encore jour, ils le couchèrent d’abord sous un monceau de pierre et, la nuit étant survenue, ils le transportèrent sur un lieu élevé aux environs du temple, où ils l’enterrèrent. Le Roi Salomon, qui aimait tendrement le Maître Hiram, s’affligeait de son absence et, après que sept jours furent écoulés sans le voir reparaître, étant fort inquiet de son sort, il ordonna à neuf Maîtres d’en faire la recherche et de lui en rendre compte. Les neuf Maîtres se partagèrent en trois bandes, trois d’entre eux sortirent par la porte du midi, trois par celle du nord et enfin les trois autres prirent leur route par la porte d’orient, pour tenter de découvrir les traces du Maître Hiram. Ils le cherchèrent inutilement dans tous les environs du temple, mais trois d’entre eux, attirés par l’éclat d’une Lumière extraordinaire, se dirigèrent vers l’éminence où le cadavre avait été enterré. Là, accablés de fatigue et de lassitude, ils s’assirent. Mais, à l’instant, ils s’aperçurent que la terre avait été fraîchement remuée en cet endroit ; voulant en approfondir la cause, ils se mirent à fouiller et ils trouvèrent un cadavre qu’ils reconnurent à la lame d’or triangulaire dont il était encore décoré, pour être le corps de notre respectable Maître Hiram. Aussitôt, ils avertirent de leur découverte les deux autres bandes de Maîtres, en leur faisant signe de venir à eux et ceux-ci reconnurent également le corps du Maître Hiram. L’état où ils le trouvèrent leur fit voir aisément qu’il avait été assassiné et ils ne purent soupçonner de ce meurtre abominable que quelques méchants Compagnons qui auraient voulu lui arracher le mot de Maître pour en avoir la paie. Dans la crainte où ils furent qu’il n’eût été forcé de le leur dévoiler, ils projetèrent ensemble de ne plus employer l’ancien mot et d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en exhumant le cadavre d’Hiram. Après cet accord, ils plantèrent une branche d’épine nommée acacia pour reconnaître le lieu où il était et ils allèrent porter cette triste nouvelle à Salomon.

Le roi Salomon ayant appris la mort tragique du Maître Hiram fut extrêmement affligé de sa perte et, pour témoigner la vénération et la tendre amitié qu’il avait pour lui, il ordonna à tous les Maîtres d’aller exhumer son corps et de le transporter dans le temple ; et, ayant approuvé la résolution qui avait été prise de ne plus employer le mot de Maître, il fut convenu d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en déterrant le cadavre. Les Maîtres s’empressèrent tous d’exécuter les ordres de Salomon, mais les neuf Maîtres qui avaient été chargés de faire les premières recherches se hâtèrent de devancer leurs camarades et, étant arrivés les premiers sur l’éminence où ils avaient vu le cadavre du Maître Hiram, ils reconnurent facilement le lieu qu’ils avaient désigné par la branche acacia et se mirent en devoir de le déterrer. L’un d’eux le prit par le doigt index, mais la peau se détacha de l’os et lui resta dans la main ; un autre le prit par le doigt du milieu, mais la chair lui resta aussi dans la main ; enfin, un troisième essaya de l’enlever en le prenant par le poignet, mais comme aux deux premiers, la chair lui resta dans la main.

Alors il s’écria M... B..., ce qui signifie "le corps est corrompu" ou "la chair quitte les os" et il se mit en devoir d’exhumer le cadavre ; les neuf Maîtres se réunirent à lui pour l’enlever et ils le retirèrent en effet de la fosse, en présence de tous les autres Maîtres qui étaient survenus en cet endroit. Ils portèrent le corps du respectable Maître Hyram dans le temple avec une grande pompe, étant décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs pour témoigner qu’ils étaient innocents du sang de leur Maître.

Le roi Salomon lui fit faire des obsèques magnifiques dans le temple et, pour récompenser le zèle et la fermeté de son architecte, il fit placer sur son tombeau la lame d’or triangulaire sur laquelle la parole des Maîtres était gravée et il en confia la garde à ses plus intimes favoris. Après les funérailles, tous les Maîtres se rangèrent en cercle pour exécuter leur projet de substituer un autre mot à la parole des Maîtres ; celui qui avait relevé le corps d’Hiram donna le mot M... B... à celui qui était sur sa droite pour le faire circuler jusqu’à ce qu’il fut connu de tous et ce mot est resté depuis aux Maîtres pour se reconnaître entre eux.

 

RITE FRANÇAIS

 

Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l’usage des instruments, et l’emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux; mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions tout périt ! Le Temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse et par t’immensité de ses connais­sances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya un de ces hommes rares dont le génie, l’intelligence, le goût, la supériorité des talents en fait d’architecture, et la vaste connaissance de l’essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appelait son pare, parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte a 183.300. L’histoire les nomme « prosélytes », ce qui dans notre langue signifie « étrangers admis », c’est-à-dire « initiés ».

A Savoir:

- 30.000 hommes destinés à couper les cadres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois;

- 702000 apprentis,

- 3.300 maîtres.

Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cadres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attou­chements pour se reconnaître entre eux, et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des Apprentis signifie « préparation », et celle des Compagnons signifie « force ». Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord et celle B au Midi, près de la porte d’Occident. On entrait dans le Temple par trois portes celle destinée aux apprentis et, par la suite, au peuple, était à l’Occident ; celle destinée aux compagnons et, après l’achèvement du Temple, aux lévites, était au Midi; et celle destinée aux maîtres et, par la suite, aux pontifes, était à l’Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les apprentis et compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes sous peine d’être puni de mort. L’ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité; la dernière ordonnance de Salomon avait pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, l’observation du sabbat; tout répondait aux voeux de Salomon, par les soins et la vigilance d’Hiram ; le Temple prenait chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jeter un deuil universel. Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu’Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étalent retirés; ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier et le troisième d’un fort maillet.

Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnait. Hiram lui dit: « Malheureux! que fais-tu ? tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforce-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir ».

A l’instant, le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu’il tenait, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Dans ce moment, le Frère Premier Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux.

Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où, il est placé, au Midi tenant la l. g. en éq. à la hauteur du gras de la l. et restant quelques instants sur la l. d.

Le Premier Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l’instant où le Récipiendaire à fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

TR. : Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi ; il y trouva un autre compagnon qui lui fait la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui porta un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou.

Le Frères Expert fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux; il passe la l. g. par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la j. d. en éq. contre le m. de la g.

Pendant ce passage, le Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire un léger coup du rouleau dont il s’était muni.

Le Frère Expert fait faire au Récipiendaire le troisième pas, en portant la j. d. au bas de la représentation, où il vient joindre les deux p. en éq. simple, sur le compas.

Aussitôt, les deux Frères Experts saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire ; pendant ce temps-là le Frère qui était couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre, à côté du tableau, le voile dont il était couvert.

Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat et continue: Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces et, sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort.

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avait tenu caché ; aussitôt les deux Experts qui tenaient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l’était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu et le droit aussi plié en équerre ; la m. sur le c., à l’ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage couvert.

Chacun reprend sa place.

Le T\R\ rallume son chandelier à 3 branches et passe le boutefeu au premier Maître des Cérémonies qui rallume les neuf bougies des 3 grands chandeliers, puis celles des surveillants et éteint les lampes.

TR. : Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

Le Second Surveillant prend avec lui deux Frères qui étaient autour de la représentation; ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre et sondent le terrain avec la pointe de leur glaive, par petits coups irréguliers.

De retour à l’Occident les 2 F\ reprennent leur place; le Second Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

Le Premier Surveillant désigne deux Frères qui étaient autour de la représentation, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sondant la terre avec la pointe de leur glaive.

De retour a l’Occident, les 2 F\ reprennent leur place, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit: le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne part le premier par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre; le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne, part par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils commencent ainsi le tour en se croisant à l’occident: quand ils sont parvenus à l’Orient, le Très Respectable se joint à eux, avec les deux autres Maîtres qu’il a désigné, et tous font trois fois le tour de la Loge , dans le sens des aiguilles d’une montre, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour, le Second Surveillant s’arrête au Nord Est et dit: Très Respectable, je vois une vapeur s’ élever d’un petit espace de terrain approchons.

Ils font le troisième tour, après lequel le Très Respectable s’arrête en face du tableau, à l’Orient, là où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Les deux Surveillants sont à l’Occident aux places correspondant à leur chaire.

Tous les Frères sont debout autour de la représentation.

1° S. : Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit ; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches.

Le Très Respectable feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: Vénérables Maîtres, cette branche n’est pas crûe en cet endroit : ceci me paraît suspect, et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres?

Tous donnent le signe d’approbation et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive qu’il tient de la main gauche, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire ; les huit autres Frères font de même et retirent entièrement le voile tous ensemble vers le Nord. Aussitôt, ils font le signe d’horreur.

Le Second Surveillant s’approche, prend l’index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J...n et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

Le Premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B..z ; il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

Le Très Respectable s’approche du Récipiendaire et dit, en faisant le signe d’horreur, et reculant d’un pas: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

2° S. : Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os.

1° S. : Très Respectable, j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte les os.

TR. : Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux ; de la main droite il lui enserre le poi..., de façon que les pau... des deux mains soient l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’omoplate droite, ayant par ce moyen, est... contre est... ; puis à l’aide des deux Surveillants, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllables du mot. M......n.

 

RITE EMULATION

 

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure, chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux étaient presque achevés alors qu’ils n’étaient point en possession des secrets du Troisième Grade, conspirèrent en vue de les obtenir par tous les moyens, décidés même à avoir recours à la violence. Cependant, au moment de mettre leur complot à exécution, douze d’entre les quinze se désistèrent; mais trois, d’un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, persévérèrent dans leur projet impie, et, pour le perpétrer, ils s’embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l’Est, au Nord et au Sud du Temple, où notre Maître s’était rétiré pour faire ses dévotions au Très Haut, ainsi qu’il y était accoutumé à l’heure de midi. Ses dévotions terminées, il voulu sortir par la porte du Sud. Mais là, il fut arrêté par le premier de ces misérables qui, n’ayant pu se procurer d’autre arme, s’était muni d’une Règle P...

Il demanda d’une manière menaçante les secrets du Maître Maçon, avertissant qu’un refus serait puni de mort. Notre Maître, fidèle à son serment, répondit que ces secrets n’étaient connus que de trois personnes au monde et que, sans le consentement et le concours des deux autres, il ne pouvait ni ne voulait les révèler. Cependant, il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donnerait, en temps convenable, au Maître méritant le droit de connaître ces secrets, mais que, pour sa part, il préférerait la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qu’on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable asséna un coup violent sur la tempe de notre Maître, mais, déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua son but et son arme glissa sur la tempe droite (Avec sa main d. tenant la R.P. le 2d S. touche la t.d. du Cand. et fait glisser sa m. d’avant en arrière) avec une telle force, qu’il chancela et s’affaissa sur le genou gauche !

Le 1er S. souffle à voix basse au Gand. de s’ag. sur le g. g. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Remis de son étourdissement, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse, sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors le misérable, qui était armé d’un Nivelle, lui asséna un coup violent sur la tempe gauche (avec sa m. g. tenant le Ni. le 1er S. touche la t. g. du Cand. d’avant en arrière) qui l’abattit sur le genou droit.

Le 1er S. souffle à voix basse au Cand. de s’ag. sur le g. d. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Voyant sa retraite coupée sur ces deux points, il s’avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l’Est ou était posté le troisième de ces misérables. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à sa demande insolente car, même en cette heure d’épreuve, notre Maître demeura ferme et inébranlable. Alors le scélérat, qui était arme d’un Maillet Pesant lui asséna sur le front un coup violent le VM. simule le coup en direction du Cand., avec un m., mais en restant assis qui l’étendit, sans vie, à ses pieds.

Au moment ou le VM. simule le coup les SS. étendent le Cand. sur le dos et sur la t. o., b. le long du corps et p.c. Puis les SS. se tiennent debout de chaque côté du Cand., en tête de la t. e., face au VM.

Cette attitude est gardée quelques moments dans l’immobilité totale.

VM.: Les Frères remarqueront que, dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans la situation présente, notre Frère a personnifié l’un des plus nobles caractères dont les annales de la Franc Maçonnerie , fassent mention, c’est à dire Hiram Abiff qui mourut, victime de son inébranlable fidélité au dépôt sacré qui lui avait été commis; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l’esprit du Candidat, ainsi que sur le vôtre, mes Frères, pour le cas où vous seriez vous-mêmes soumis à pareille épreuve.

Nous nous sommes interrompus dans l’exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre Maître Hiram Abiff. Une perte, aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. L’absence de plans et d’instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués aux différentes classes d’ouvriers, fut le premier indice qu’un grand malheur avait du frapper notre Maître.

Les Ménatschim ou Intendants, autrement dit les chefs de chantier, déléguèrent les plus qualifiés au Roi Salomon pour lui faire part de l’extrême confusion dans laquelle l’absence d’Hiram les plongeait, et pour, lui dire qu’ils avaient lieu de craindre, qu’une disparition aussi soudaine et mystérieuse, ne fut la conséquence de quelque catastrophe fatale.

Le Roi Salomon ordonna immédiatement de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois ne répondirent pas à l’appel.

Le même jour, les douze compagnons qui avaient été, à l’origine, associés à la conspiration, se présentèrent devant le roi et confessèrent volontairement tout ce qui s’était passe jusqu’au moment où ils avaient cessé d’en faire partie. Cette confession augmenta, naturellement, les craintes du roi pour la sécurité de son principal architecte. Il choisit donc quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mettre en quête de notre Maître, et de chercher à découvrir s’il était encore en vie, ou s’il avait péri, victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son grade éminent. En conséquence, après avoir fixe la date de leur retour à Jérusalem, ils se formèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route, en prenant pour points de départ les trois portes du Temple.

Bien des jours passèrent en vaines recherches; Une des sections revint même, sans avoir fait de découverte importante. Une autre, cependant, eut d’avantage de succès. Au soir d’un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des Frères, qui s’était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour se relever, la branche d’un arbuste qui se trouvait près de lui. Mais, à sa grande surprise, l’arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s’aperçut que la terre avait été fraîchement remuée. Il appela donc ses compagnons, ils creusèrent la terre et y découvrirent le corps de notre Maître qui y avait été indignement enfoui. Ils le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l’endroit, plantèrent une branche d’acacia en tête de la fosse. Puis, ils partirent en toute hâte, pour Jérusalem, afin d’annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Celui-ci, après avoir donné un premier cours à sa douleur, leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre Maître et de l’honorer d’une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps, il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets du Maître Maçons étaient perdus.

C’est pourquoi il leur commanda d’observer avec attention, tous les signes, attouchements et mots que les Frères échangeraient fortuitement tandis qu’ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l’éminent disparu. Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité. Lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des Frères, en tournant la tête, le VM. se lève remarqua quelques uns des Frères dans cette attitude le VM fait le s. d’H., imité par le Cand. frappés d’Horreur a la vue du spectacle a. et n. qu’ils avaient devant eux le VM. cesse le s. d’H., tandis que d’autres, découvrant l’h. b. encore visible sur le f. de notre Maître, se f. le f., le VM. fait le s. de C. imité par le Cand., afin d’exprimer la compassion qu’ils éprouvaient pour ses souffrances le VM. cesse le s. et s’asseoit.

Deux des Frères descendirent alors dans la fosse, et s’efforcérent de relever notre Maître au moyen de l’Attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os, puis de l’Attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte encore les os.

Voyant qu’ils avaient échoué tous les deux, un Frère zélé et expérimenté, saisit plus solidement le poignet et, aidé des deux premiers, rélève notre Maître au moyen des cinq points parfaites, tandis que d’autres, entraînés par l’émotion, s’écraient Machaben ou Macbena. Ces deux mots out presque le même sens. L’un signifie la mort de l’Architecte et l’autre l’Architecte est mort.

Le Roi Salomon ordonna donc que ces signes accidentels, cet Attouchement et ces mots, serviraient à désigner les Maîtres Maçons dans tout l’univers, jusqu’à ce que le temps ou les circonstances permettent de retrouver les authentiques.

Il ne me reste plus qu’à vous rendre compte de ce qui arriva à la troisième section, qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Joppé, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu’un jour, passant par hasard devant l’entrée d’une caverne ils entendirent des lamentations et des exclamations de remords. Ils pénétrérent dans la caverne pour en chercher la cause, et y trouvèrent trois hommes dont le signalement correspondait à la description des fugitifs.

Accusés du meurtre, et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent in aveu complet de leur crime. Ils furent alors chargés de liens et conduits à Jérusalem où le Roi Salomon les condamna à la mort que justifiait amplement l’atrocité de leur crime.

 

RITE ECOSSAIS PRIMITIF

 

Après la mort de David, son fils Salomon était monté sur le trône d'Israël, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hiram roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d'Israël, et lui envoya des ambassadeurs afin de faire alliance avec lui. Il lui demanda des bois propres à la construction du Temple. Hiram de Tyr donna son accord à Salomon et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans les forêts du Liban, et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. A cet ouvrage, Salomon employait trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers était payée par Salomon ainsi que leur entretien. Hiram de Tyr, désireux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet édifice immortel, envoya vers Salomon un ouvrier, fameux dans le travail de toutes sortes de métaux et très instruit en architecture. Il se nommait Hiram Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé Ur et de sa veuve issue de la tribu de Nephtali. Salomon le constitua son maître architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le nommant de plus inspecteur général de tous les ouvriers du Temple.

Hiram les divisa alors en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à qhaque classe un Signe, un Attouchement et un Mot pour pouvoir reconnaître les ouvriers et les payer ensuite selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les lieux où il devait les passer en revue et leur remettre leur paiement à la fin de la sixième journée. Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J, les Compagnons étaient au nombre de quatre-vingt mille, et ils étaient payés à la Colonne B. Ces deux Colonnes, ainsi que vous le savez, avaient été élevées sur le parvis du futur Temple.

Les Maîtres, au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur salaire dans la Chambre du Millieu de la Loge érigée sur le chantier.

Tels étaient les engagements que cet homme illustre avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le  nom de Surveillants. Le premier était préposé pour payer les Compagnons et le second pour payer les Apprentis. Ils avaient également l'inspection sur les ouvriers chargés de la police du chantier, comme d'accomoder les différents qui pouvaient naître entre eux. Il se trouva que trois Compagnons, mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres, et se proposèrent de l'obtenir de grè ou de force. Hiram avait coutume à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages en cours. Les trois scélérats attendirent donc que les ouvriers fussent sortis. Ils allèrent se poster, l'un à la porte de l'Orient, l'autre à celle du Midi, et le troisième à la porte d'Occiddent. Hiram ayant fait sa ronde habituelle et allant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, et le Compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres. Hiram s'y refusa et lui promit de les lui accorder lorsqu'il aurait mérité de passer Maître. Le Compagnon persistant toujours à les lui demander et voyant qu'il ne pourrait les obtenir, lui frappa la tête avec une règle, ce qui l'étourdit.

Revenu à lui, hiram tenta de s'échapper par la porte du Midi, mais il y trouva le second de ces scélérats, qui lui fit les mêmes demandes, qu'il refusa également, ce que voyant, ce Compagnon employa alors les menaces. Ne produisant sur Hiram aucun effet, transporté de colère devant ce refus, il frappa Hiram s'un coup de Marteau sur la tête, ce qui le blessa dangereusement.

Hiram s'nefuit vers la porte de l'Orient où il eut beaucoup de peine à parvenir. Il y rencontra le troisième des assassins, qui le menaça de le tuer s'il lui refusait les Signe, Mot et Attouchement des Maîtres. Hiram lui fit la même réponse qu'aux deux autres, lui déclarant qu'il ne pouvait les lui accorder de cette manière, que seule son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors lui Hiram les lui donnerait volontiers. Mécontent de cette réponse, le misérable insista par la force pour lui arracher les secrets des Maîtres mais Hiram continua de les lui refuser avec la plus grande fermeté. Alors le misérable le terrassa d'un coup de levier sur le crâne.

C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de communiquer le secret des Maîtres à des Compagnons indignes de le recevoir. Comme il était encore jour, les trois assassins n'osaient le sortir du Temple ; ils le dissimulèrent sous quelques lourdes pierres, et lorsque la nuit fut venue, ils le transportèrent sur le mont Hébron, où ils l'enterrèrent à proximité d'un acacia.

Sept jours s'étaitent écoulés, et Salomon ne voyant plus paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches afin de savoir ce qui était advenu au maître d'oeuvre. Mais ne recevant toujours pas de nouvelles, il rendit un édit par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé que l'on eut retrouvé Hiram mort ou vif. Il ordonna alors à neuf Maîtres de s'informer auprès de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s'ils n'auraient quelque indice de la disparition d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon avait prescrit en questionnant ici et là quelques Compagnons, car ils soupçonnaient ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le Mot de Maître. Mais ce qui les confirma davantage en leurs soupçons, ce fut qu'ayant visité toutes les Loges où demeuraient les Maçons par nombre séparé, ils constatèrent que trois Compagnons avaient disparu. De concert avec les neuf Maîtres, Salomon décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et l'Attouchement seraient également changés. Les neuf Maîtres, après avoir fouillé très minutieusement tous les recoins du Temple se divisèrent en trois groupes de trois.

Trois sortirent par la porte d'Occident, trois par celle du Midi, et trois par celle d'Orient, avec la décision de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram. Ils eurent attention en faisant cette perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché pendant huit jours inutilement, ils parvinrent le neuvième jour sur le mont Hébron. L'un d'eux, harassé de fatigue, se reposa sur le sol, mais sentant que la terre s'affaissait sous lui, il constata qu'elle avait été récemment remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit était, comme ses environs, inculte, graveleux et stérile. Il appela les autres Maîtres et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans plus avant ils résolurent d'en instruire le roi Salomon, mais pour mieux retrouver l'emplacement à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui se trouvait à peu de distance, et ils la plantèrent sur le lieu où ils se proposaient de faire une fouille au retour. Ayant rendu compte à Salomon de leur découverte, ce prince les engagea à y retourner et à creuser l'endroit ainsi repéré.

Les neuf Maîtres retournèrent sur le mont Hébron et commencèrent à fouiller la terre. Ils reconnurent alors que c'était bien Hiram qui y était dissimulé. Tous portèrent alors sur la poitrine la main droite, et tenant la gauche tendue en signe de douleur et d'horreur, comme si on voulait éloigner une vision odieuse. Ensuite l'un d'eux prit le petit doigt du cadavre et prononça le mot JAKIN ; le second prit le pouce du cadavre et prononça le mot BOZ, et le doigt lui resta dans la main. Le troisième Maître le prit par le poignet, et sentant qu'il se réparait du bras il dit simplement MAK BENAH... La chair quitte les os...

Etant ainsi convenu que ce dernier mot prononcé serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple décidé par Salomon, où il le fit inhumer dans un tombeau où s'élèverait plus tard le Saint des Saints. Il y fit incruster un médaillon en or portant un triangle où était gravé le Mot nouveau des Maîtres : MAK BENAH. C'est en souvenir de cela que les Maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu'ils sont innocents de la mort du Maître Hiram. Frère Compagnon, vous venez de constater par ce récit qu'un Maçon doit préférer la mort plutôt que de trahir son serment de fidélité et de silence.

 

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Ouverture et fermeture de la Loge de Recherche

Publié le 5 Août 2009 par Thomas Dalet


Ouverture de la Loge

 

 

VM: Mes Frères, unissez-vous à moi pour ouvrir cette Loge. Frère Directeur

 des Cérémonies quelle est votre place dans la Loge ?

 

DC: À l’entrée de la Loge, VM

 

VM: Quel est votre devoir ?

 

DC: Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.

 

VM: Les trouvez-vous ainsi correctement rangés ?

 

DC: Je le crois, VM

 

VM: Où est placé le 2° Surveillant ?

 

DC: Au Midi, VM.

 

VM: Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous ?

 

2° S: B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

VM: Où est placé le 1° Surveillant ?

 

2° S: À l’Occident, VM.

 

VM: Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous ?

 

1° S:J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

VM: Où est placé l’Orateur ?

 

1° S: À la gauche du VM

 

VM: Frère Orateur, qui représentez-vous ?

 

Orateur : H… A… , le Prince des Architectes.

 

VM: Quel est votre devoir ?

 

Orateur : Établir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’ accomplissement de l’ouvrage.

 

VM: Où se place le VM ?

 

Orateur : À l’Orient.

 

VM: Qui représente-t-il ?

 

Orateur: Le Roi Salomon.

 

VM: Signe de Foi, mes Frères.

 

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…

 

Hosp: Avant de déclarer les Travaux ouverts, invoquons la protection du Grand Architecte de l’Univers sur toutes nos entreprises. Puissent nos Travaux ouverts ainsi dans l’ordre, se continuer dans la paix et se fermer dans la concorde. Qu’il en soit ainsi.

 

VM: Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge régulièrement ouverte.

 

Tous les Frères cessent le Signe.

 

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éclairer les Chandeliers. Avant de regagner sa place, il revient à l’Orient pour disposer les Trois Grandes Lumières conformément aux dispositions du 3ème Grade.

 

 

Fermeture de la Loge

 

 

VM: Mes Frères, unissez-vous à moi pour fermer cette Loge

Frère Directeur des Cérémonies, quelle est votre place dans la Loge ?

 

DC:À l’entrée de la Loge, VM

 

VM: Quel est votre devoir?

 

DC: Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.

 

VM: Les trouvez-vous ainsi correctement rangés?

 

DC: Je le crois, VM

 

VM: Où est placé le 2° Surveillant?

 

DC: Au Midi, VM

 

VM: Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous?

 

2° S:B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

GM: Où est placé le 1° Surveillant ? .

 

2° S:À l’Occident, VM

 

VM: Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous?

 

1° S:J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

VM: Où est placé le Frère Orateur?

 

1° S:À la gauche du VM

 

VM: Frère Orateur , qui représentez-vous?

 

Ora :H… A… , le Prince des Architectes.

 

VM Quel est votre devoir?

 

Ora :Établir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’accomplissement de l’ouvrage.

 

VM: Où se place le VM ?

 

Ora :À l’Orient.

 

VM: Qui représente-t-il?

 

Ora : Le Roi Salomon.

 

VM: Signe de Foi, mes Frères.

 

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…

 

Hosp :Mes Frères, avant de fermer cette Loge, exprimons au Grand Architecte de l’Univers l’humble et respectueuse reconnaissance que nous Lui devons pour les faveurs dont Il nous a déjà comblés Puisse-t-Il continuer de protéger notre Ordre en le cimentant et en le fortifiant de toutes les vertus morales et civiques.

Qu’il en soit ainsi.

 

VM : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge fermée

 

Tous les Frères cessent le signe.

 

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éteindre les Chandeliers. Puis il revient à l’Orient pour dissocier les Trois Grandes Lumières.

Le DC prépare ensuite son cortège pour la sortie du VM

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Les diplômes Coëns de Jean-Baptiste Willermoz

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER


 

Au nom du Grand Architecte de L'Univers Joie, paix. Salut. Bénédictions, à tous ceux qui nous Entendent, amen †

Du Grand Orient Des Orients Nous Grand souverain Maître En Chef des Ordres Éminents de la Franche-Maçonnerie. Juge Souverain des Sept tribunaux des Chevaliers Maçons Répandu sur la Surface de la terre, dépositaire et conducteur En chef de la Sainte Arche, - Commandant les douze Étendards des tribus, inspecteur général des Puissants Réaux † Et D'orient, Grand Maître des cinq points Cardinaux de L'ordre, chef  de la discipline des hautes et basses classes pour le maintien des Statuts, Règlements, fonctions, et cérémonies de la Respectable confraternité des chevaliers Maçons de L'univers  Élu Coën 3.5.7. ayant le département de la partie Septentrionale, Siégeant actuellement au Grand Orient de Paris........ Et nous Son Substitut universel Commandant Les trois et cinq Étendards des tribus.

Conducteur particulièrement désigné juge Souverain des trois tribunaux des Chevaliers Maçons  Élus coën de L’univers, Dépositaire et Conducteur de La Sainte Arche et des Puissant Reaux † Et D'Orient, Grand Maître des cinq points Cardinaux de notre  ordre, chef de la Discipline des hautes et basses Classes, pour le maintien des statuts, Règlements fonctions et cérémonies de la respectable confraternité. Élevé a la gloire de L'Éternel dans la Région Septentrionale.....

 

Après avoir fait ouvrir les portes de nos circonférences, pour vérifier les faibles travaux de notre très cher frère Jean Baptiste Willermoz âgé de 36 ans natif de Lyon y résident, ...  ayant été pleinement satisfait et convaincu par la régularité de ses bonnes vies et meurs, de son zèle et de la persévérance qu'il nous a témoigné de vive voix, en plusieurs instances, de  vouloir sortir de l'Erreur ou il avait été plongé depuis plusieurs années, suivant de Bonne foi un Ordre qui avait pris pour type L’auguste titre de Maçons et n’y ayant trouvé que le Seul  nom, il aurait sollicité conformément à nos Lois et supplié le tribunal souverain de le sortir entièrement des ténèbres ou il a été plongé en le régénérant parmi le nombre des vrais et Légitimes  Maçons, en conséquence il aurait été par nous régénéré et réhabilité et sorti de tous les engagements qu'il aurait pu contracté de bonne foi, les considérant comme abusifs et l'avons par la  rendu libre de toutes ses actions et volonté particulières et générales dans l'ordre, pour cet effet avons fait placer le cher frère entre notre Compas, notre Équerre, notre niveau et notre perpendiculaire  autour de l'Étoile Vivifiante et avons Examiné et vérifier La pensée, L'action et L'Esprit du dit frère concernant le Bien général et particulier de notre ordre, a quoi il aurait entièrement satisfait  au désir du tribunal souverain, à ordonné que le dit frère serait entièrement réhabilité et mis pour un temps 3 immémorial aux nombre des chevaliers Élus Coën de l'univers, après avoir passé par toutes les  Épreuves et Cérémonies de notre ordre conformément à nos Règlements et statuts, l’avons pour cet effet initié dans nos Sacrées mystères cachés sous l'Emblème de la franche-maçonnerie en lui faisant  monter l'Escalier en forme de vis, il serait arrivé heureusement à la porte du saint des saints ou il a été reçu et ordonné, au nom Du Grand Architecte de l'Univers  Apprentif, Élu, Coën. Grand Architecte, Chevalier Et Commandeur D'orient et D'occident, et en sa qualité l'avons proclamé et fait proclamer dans nos Circonférences, ordonné et promu  notre inspecteur général, et en sa qualité lui donnons plein droit et pouvoir d’opérer pour la propagation de l'ordre des Élus Coën, tant en affiliations que fondations et corrections dans son département  seulement conformément à ce qu’il lui sera ordonné et délivré par écrit du tribunal Souverain qu'il lui enjoint de ne jamais s’écarter sous quelque prétexte que ce Soit des Lois Règlements  Cérémonies Statuts généraux Et secrets de notre ordre sans une permission express des Grands Souverains, de leurs substituts universels et du tribunal souverain, faute par lui de supporter toutes les  peines prescrites par nos Lois selon qu'il s’y est soumis et engagé. En ce mandons à tous nos inspecteurs généraux et particulier, de même qu'a toutes nos Loges, Suffragantes, temples grands  temples, de notre correspondance et a un chacun membres d' iceux de regarder le très respectable et très haut Jean Baptiste Willermoz comme il appartiendra, lui obéir, le respecter et le  considérer, en tout ce qu'il commandera pour le bien général de L’ordre, faute par ceux qui contreviendront au dit mandement d’être réputés comme réfractaires de nos Lois, et être procédés et punis  conformément aux statuts généraux, le tribunal souverain promettant à tous ses Émules et prosélytes qui se conformeront au contenu du dit Bref toute son amitié et attention fraternelle et de les  regarder comme des Enfants chéris, le tout conforment aux statuts et Lois inviolables de L’ordre desquels en aucun cas nous ne saurions souffrir l’oubli, Enjoignons au dit très haut Maître de donner  avis à nous et à notre tribunal souverain de ses opérations maçonniques, soit en affiliations et réceptions de chevaliers maçons, titre qui ne doit pas s’accorder à la légère et de nous informer  de la moindre de ses démarches, concernant l'ordre pour qu’elles soient toujours revêtues des formalités nécessaires en les marquant au coin de l'authenticité par la conformité unanime de nos  travaux Donné dans le centre de nos circonférences ouvertes dans le grand temple des Élus Coën Du Grand Orient des Orients du tribunal souverain Élevé à la  gloire de L'Éternel, sous les authentiques constitutions des Sept très hauts très Puissants Souverains des ordres des chevaliers Maçons Élu Coën de K A AB A.M.I.V. l’univers. L’an Maçonnique de la  renaissance des vertus  de l’ère hébraïque 3. 3. 3. 2 4 4 8 5 7 2 6

du Monde 4 5 du Christ, style vulgaire 1767 le 23 mai...  400 300 100 77 83 40 20 15 1297 53 scellé et timbré par nous soussigné par nous Réaux † très haut et très  puissant inspecteur général du tribunal souverain le cher De Balzac

La paix Soit avec vous


Don Martines De Pasqually Grand Souverain

Bacon de la Chevalerie
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La Franc-Maçonnerie en Asie

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


 

Les premières traces d’une présence de l’Ordre maçonnique en Asie remontent à 1730 environ. Commençant en Inde, la propagation de la Franc-Maçonnerie s’est faite en grande partie au gré de l’expansion de l’Empire britannique: Malaisie, Birmanie,  Ceylan,  Hong  Kong.  Il  faut  cependant  mentionner,  en  dehors  de l’Empire britannique, le développement d’une Franc-Maçonnerie aux Philippines, débutant au XIXème siècle avec des Loges espagnoles. Quant au Japon, il a vu la constitution en 1957 d’une GL souveraine, formée de Loges précédemment placées sous l’autorité de la GL des Philippines.

Actuellement, la Franc-Maçonnerie asiatique connaît des sorts très différents se- lon les Etats. Elle est inexistante dans les pays vivant sous régime communiste (Chine,  Cambodge,  Laos,  Vietnam,  Corée  du  Nord),  avec  une  exception,  la Birmanie, où travaillent 13 Loges. Elle est en voie d’extinction ou inexistante dans des pays vivant sous une dictature nationaliste ou militaire (Pakistan, Indonésie). Les Philippines constituent une exception notable, puisqu’une Franc-Maçonnerie florissante a coexisté pendant près de 20 ans avec un régime dictatorial. La Corée du Sud est aussi un cas exceptionnel, qui s’explique cependant par le fait que les 5 Loges actives dans ce pays sont fréquentées principalement par des militaires américains.

Dans plusieurs anciennes colonies comme l’Inde, le Sri Lanka ou la Birmanie, la composition  des  Loges,  essentiellement  occidentale  à  l’origine,  a  évolué  sans heurts vers une majorité indigène. Actuellement, l’un des aspects les plus remar- quables de la Franc-Maçonnerie asiatique est l’extraordinaire diversité ethnique et religieuse que l’on peut rencontrer à l’intérieur des Loges. Il semble cependant que des problèmes économiques soient souvent un obstacle à l’adhésion de membres potentiels, et que le coût des cotisations opère une sélection en faveur des citoyens les plus fortunés dans des pays où le niveau moyen des salaires est encore très bas.

 

BANGLADESH

 

Dans ce pays à majorité musulmane, une seule Loge a survécu jusqu’à nos jours; il s’agit de la Loge «Star No 4444 EC», reconnue par la GLU d’Angleterre en 1922.

 

BIRMANIE

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Birmanie

(sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  10 Loges.

Grande Loge de District de Birmanie

(sous l’autorité de la GL d’Ecosse):  3 Loges.

 

Dans cette ancienne colonie britannique, des Loges anglaises se sont créées à partir de 1847, suivies par des Loges écossaises. La plus ancienne Loge anglaise encore en activité est la Loge «Star of Burma No. 614 EC», fondée aux environs de 1850. Une douzaine de Loges travaillent aujourd’hui encore en Birmanie; la majorité des membres sont d’ethnie chinoise ou birmane. La Franc-Maçonnerie birmane semble bien tolérée par les autorités politiques, ce qui s’explique sans doute par le fait qu’un bon nombre de Francs-Maçons birmans sont des personnalités reconnues dans le pays.

 

BRUNEI

 

Ce protectorat britannique possède deux Loges: la Loge «Brunei No. 1545 SC», sous l’égide de la GL d’Ecosse, et la Loge «Berakas No. 8560 EC», sous l’égide de la GLU d’Angleterre.


CHINE

 

De 1767 à 1949, la Chine continentale a abrité de nombreuses Loges appartenant à diverses organisations faîtières (GG LL d’Angleterre, d’Ecosse, d’Irlande, du Massachusetts et des Philippines). En 1949, les Loges philippines fondèrent la GL de Chine, qui émigra à Formose (Taïwan) lors de la victoire communiste. La GL de Chine travaille selon une version du rituel américain Webb. Elle est reconnue comme régulière par les GG LL américaines et canadiennes et par nombre de  GG  LL  européennes,  mais  pas  par  les  GG  LL  d’Angleterre,  d’Ecosse  et d’Irlande.

En 1993 on recensait 9 Loges réunissant 755 membres.

 

CORÉE DU SUD

 

Organisations faîtières:

 

GL de District d’Extrême-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse):   3 Loges en Corée du Sud.
GL des Philippines:  2 Loges.

 

La plus ancienne Loge de Corée est la Loge «Han Yang No. 1048 SC», créée en 1910 sous l’égide de la GL d’Ecosse. Actuellement, les effectifs des Loges sud-coréennes sont constitués essentiellement de militaires américains.

 

 HONG KONG

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Hong Kong et d’Extrême-Orient (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  12 Loges. GL de District d’Extrême-Orient (sous l’égide de la GL d’Ecosse): 5 Loges à Hong Kong.
GL d’Irlande: 2 Loges.

 

Les plus anciennes Loges travaillant à Hong Kong sont la Loge «Royal Sussex No.  501  EC»  fondée  à  Canton  en 1844,  la  Loge  «Cosmopolitan  No.  428  SC» fondée en 1864 et la Loge «Erin No. 463 IC» fondée en 1929. Les Loges de Hong Kong  sont  fréquentées  en  majorité  par  des  Britanniques,  avec  une  proportion relativement élevée de membres d’ethnie chinoise. Nul doute que la fin du man- dat bitannique en 1997 aura apporté d’importants changements.

 

INDE

 

Organisations faîtières:

 

GL d’Inde: 250 Loges. 4 GG LL de District (Bengale, Bombay, Madras, Inde du Nord) (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 70 Loges.

2 GG LL de District (Inde orientale, Inde occidentale) (sous l’autorité de la GL d’Ecosse):  9 Loges.

GL Provinciale d’Irlande en Inde (sous l’égide de la GL d’Irlande): 10 Loges.

 

La Franc-Maçonnerie indienne a une très longue histoire. Ses débuts furent liés à l’armée britannique et à l’East Indian Company, qui possédait des concessions sur une grande partie du territoire indien. La première Loge d’Obédience anglaise, aujourd’hui éteinte, fut fondée en 1730. La deuxième fut la Loge «Star in the East No.  67  EC»,  qui  travaille  actuellement  encore  à  Calcutta.  Les  plus  anciennes Loges  écossaise  et  irlandaise  encore  actives  sont,  respectivement,  la  Loge «Perseverance No. 338 SC», fondée à Bombay en 1847, et la Loge «St Patrick

No. 319 IC», fondée à Bombay en 1911. La diffusion précoce de la Franc-Maçonnerie en Inde a été largement le fait de

Loges militaires, dont le lieu de réunion se déplaçait au gré des mouvements de la troupe. Par la suite, l’accroissement des effectifs des Loges sur tout le territoire indien entraîna la création de GG LL de District, placées sous les autorités respectives des GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Ce n’est qu’à partir du début du XIXème siècle que les Loges commencèrent à être fréquentées par des Indiens de souche. La Franc-Maçonnerie semble avoir at- tiré  tout  particulièrement  les  Parsis,  fortement  représentés  dans  les  Loges  de Bombay, de même que les Sikhs et les Hindous. Les musulmans paraissent avoir été plus réservés. A partir du milieu du XXème siècle, les effectifs de la Franc- Maçonnerie indienne se trouvèrent constitués d’une majorité de non-européens. Une  des  conséquences  de  cette  évolution  fut  la  constitution  en  1961  de  la  GL d’Inde, formée au départ de 145 Loges qui renoncèrent à leur appartenance an- glaise, écossaise et irlandaise. Cette séparation se fit sans conflit, et la GL d’Inde coexiste actuellement avec les trois GG LL britanniques, qui renoncent formelle- ment à parrainer de nouvelles Loges en Inde, mais qui continuent d’administrer les Loges qui n’ont pas voulu se joindre à la GL indigène.

La  GL  d’Inde  compte  actuellement  288  Loges,  regroupant  plus  de  15’500 membres. Elle est subdivisée en quatre GG LL Régionales (Inde du Nord, Inde du Sud, Inde occidentale, Inde orientale), chacune possédant son GM Régional et ses Grandes Organisations faîtières d’Officiers Régionaux.

 

JAPON

 

Organisations faîtières:

 

GL du Japon:  8 Loges totalisant 2900 membres

GLU d’Angleterre:   1
Loge GL d’Ecosse:  2
Loges GL du Massachusetts:    1
Loge GL des Philippines:  3 Loges

 

L’histoire  maçonnique  du  Japon  commence  pendant  la  seconde  moitié  du XIXème  siècle,  par  la  création  de  Loges  anglaises  et  écossaises.  Sur  8  Loges, seules  trois  survécurent  à  la  deuxième  guerre  mondiale. Après  la  guerre,  sous l’occupation américaine, plusieurs nouvelles Loges apparurent, placées sous l’au- torité de la GL des Philippines ou de la GL du Massachusetts. En 1957, 15 des Loges patronnées par les Philippines se réunirent pour fonder la GL du Japon, alors que trois décidèrent de rester sous l’administration de la GL des Philippines. Au moment de sa fondation, la GL du Japon comptait 10’500 membres. En 1984, elle n’en avait plus que 4’000. Cette diminution s’explique par la réduction de la présence militaire au Japon. En effet, près de 90% des effectifs de la GL du Japon sont constitués d’occidentaux, et les travaux de la plupart des Loges se font en anglais.  Les  Loges  japonaises  travaillent  selon  une  version  du  rituel  américain Webb.

 

MALAISIE

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de l’Archipel oriental (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 18 Loges.
GL de District du Moyen-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse): 7 Loges.
GL d’Irlande:      1 Loge.

 

La Malaisie est un Etat formé par la réunion de deux anciennes colonies britan- niques: Malaya et North Borneo. La première Loge du pays, aujourd’hui dispa- rue, a été fondée en 1809 à Penang. La plus ancienne Loge encore active est la Loge «Royal Prince of Wales No. 1555 EC», fondée en 1875, alors que la plus ancienne Loge écossaise est la Loge «Scotia No. 1003 SC», qui date de 1906. Ces deux Loges travaillent à Penang.  

Les Loges sont constituées en majeure partie de citoyens malais, mais les ethnies chinoises et indiennes sont les plus représentées.


NEPAL

 

Une seule Loge travaille dans ce pays, la Loge «Kathmandu of Nepal No. 8194 EC», fondée en 1967 et rattachée à la GL de District du Bengale (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre).

 

PAKISTAN

 

Organisations faîtières:

 

GL de District du Pakistan (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 2 Loges.

 

Jusqu’à la séparation des deux Etats en 1947, l’histoire maçonnique du Pakistan se confond avec celle de l’Inde. La première Loge anglaise fut la Loge «Hope and Perseverance No. 782 EC», fondée à Lahore en 1858. Plusieurs Loges écossaises ont été créées à partir de 1847, mais toutes sont aujourd’hui éteintes.  

Si la Franc-Maçonnerie pakistanaise a pu travailler dans de bonnes conditions jusqu’au coup d’état de 1977, elle doit faire face depuis cette date à des conditions très  défavorables  dues  au  régime  de  dictature  militaire.  En  1983,  seules  deux Loges anglaises travaillaient encore dans le pays.

 

PHILIPPINES

 

Organisation faîtière:

 

GL des Philippines:  252 Loges.

 

L’existence   de   la   Franc-Maçonnerie   aux   Philippines   semble   remonter   au XVIIIème siècle, comme en témoigne un acte du gouvernement espagnol ordon- nant le bannissement de l’Ordre maçonnique et l’expulsion de ses membres. La première Loge dont l’existence soit documentée fut créée en 1856, sous l’égide du Portugal. En 1880, le GO d’Espagne parraina 4 Loges, qui commencèrent à admettre des membres d’origine philippine. Avec le passage du pays sous domi- nation américaine en 1898, de nombreuses Loges furent fondées sous l’égide de GG LL américaines, de même que trois Loges du GO de France et deux Loges de la GL d’Ecosse.  

L’année 1917 vit la fondation de la GL des Philippines, réunissant des Loges pla- cées   précédemment   sous   autorité   californienne,   espagnole   ou   portugaise. Actuellement, toutes les Loges faisant partie de la GL des Philippines (effectifs en 1993:14670 membres) travaillent selon une forme du rituel américain Webb très semblable à celui pratiqué en Californie. Il reste cependant une Loge («Perla del Oriente No. 1034 SC») dépendant de la GL d’Ecosse. On peut aussi mentionner l’existence de deux organismes irréguliers, la Gran Logia del Archipelago

Filipino et le Grande Oriente Filipino.

 

SRI LANKA

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Sri Lanka

(sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 9 Loges.

Grand Inspectorat de Sri Lanka (sous l’autorité de la GL d’Irlande): 3 Loges.

GL d’Ecosse:  1 Loge.

 

La plus ancienne Loge de Sri Lanka encore en activité date de la fin du XVIIIème siècle. Elle fut créée sous l’égide des Pays-Bas pendant la domination hollandaise de Ceylan, passa sous l’autorité du GO de France au moment de l’occupation fran- çaise de la Hollande, puis fut intégrée en 1838 à la GLU d’Angleterre sous l’ap- pellation de Loge «St John of Colombo No. 454 EC». Depuis le passage de Ceylan sous domination britannique en 1796, de nombreuses Loges militaires se sont développées, qui ont ensuite donné naissance à des Loges permanentes placées sous autorité anglaise, écossaise ou irlandaise. Actuellement, les Loges sont formées en majorité de citoyens sri-lankais appartenant à des com- munautés religieuses très diverses.

 

SINGAPOUR

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de l’Archipel oriental (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  8 Loges à Singapour.

GL du Moyen-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse): 2 Loges à Singapour.

GL d’Irlande: 1 Loge.

 

Comme ancienne colonie britannique, Singapour a une longue histoire maçon- nique. La Loge anglaise «Zetland in the East No. 508 EC» est la plus ancienne, datant de 1845. Actuellement, les Loges de Singapour comptent une proportion élevée de membres d’origine chinoise.

 

THAILANDE

 

La Loge «St John No. 1072 SC» est la seule Loge travaillant en Thaïlande. Elle fait partie de la GL de District du Moyen-Orient, sous l’autorité de la GL d’Ecosse.

Source GLSA

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La Franc-Maçonnerie en Afrique

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


 

La Maçonnerie a débuté vers 1740 sur le continent africain. La première Loge connue date de 1772: la Goede Hoop Lodge No. 18 créée à Cape Town sous les auspices   du   GO   de   Hollande.   Les   Loges   étant   essentiellement   formées d’Européens (plus particulièrement Anglo-Saxons), leur développement se fera très  lentement;  ce  n’est  que  depuis  la  deuxième  guerre  mondiale  qu’une  aug- mentation significative des membres est enregistrée.

 

Deux  facteurs  jouent  un  rôle  important  dans  le  développement  de  la  Franc- Maçonnerie africaine:

 

1.  La politique: La décolonisation du continent africain verra apparaître de nom- breux gouvernements autoritaires, voire totalitaires qui rapidement forcèrent les obédiences maçonniques à se mettre en sommeil ou les amenèrent à dis- paraître totalement. Dans les pays musulmans (principalement en Afrique du Nord),  l’opposition  religieuse,  accompagnée  de  l’intolérance  des  gouverne- ments créa des difficultés considérables pour les Maçons.

2.  La discrimination raciale: l’ouverture aux non-blancs ne se fera que très len- tement à partir du début du siècle et commençant par les expatriés indiens des colonies britanniques. Ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale et grâce surtout à l’indépendance des pays africains, que la discrimination raciale com- mença à disparaître. Mise à part la situation en pleine évolution de l’Afrique

du  Sud,  il  est  à  noter  qu’aujourd’hui,  la  majorité  des  Loges  est  formée d’Africains sur lesquels reposent les espoirs du développement de l’Art Royal dans ce continent.

 

SITUATION DES DIFFÉRENTES OBÉDIENCES

 

L’appartenance des Loges aux différentes obédiences européennes suit naturelle- ment l’appartenance politique des colonies. En dehors d’une influence mineure des obédiences allemandes, portugaises, espagnoles, belges et italiennes liées spé- cifiquement à certains pays, on peut constater deux grands courants en rapport avec, d’une part la Maçonnerie anglo-saxonne «régulière» (Angleterre, Ecosse et Irlande, parfois France [GNLF]) et d’autre part la Maçonnerie française «irrégu- lière» (Grand Orient et Grande Loge de France).

Les premiers ont tout naturellement été rapidement présents dans les colonies bri- tanniques,  en  commençant  par l’Afrique  du  Sud  (1811),  le  Ghana  (1859),  le Nigeria (1867) puis le Zimbabwe (ex-Rhodésie - 1893), la Tanzanie (1903) et le Kenya (1904). La Zambie (1924) et la Namibie (1925) suivront entre les deux guerres mondiales.

Les obédiences françaises du GO et de la GL de France ont essaimé dans les co- lonies  françaises  et  plus  particulièrement  en Algérie,  dès  1832,  au  Cameroun, Zaïre, Togo, Bénin et Gabon, Sénégal, Madagascar, Maroc, Dahomey, Guinée, Cote d’Ivoire et Tunisie. Dans certains pays comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo, une lutte  d’influences  se  manifeste  entre  obédiences  régulières  et  irrégulières.  Au Togo on trouve des Loges régulières et irrégulières françaises, mais aussi certaines dépendant de l’Angleterre et de l’Ecosse. Ces dernières provenaient du Ghana, ex-colonie anglaise où la Maçonnerie est florissante. Dans les autres pays, cette

«concurrence» se fait essentiellement entre organisations françaises.

D’autres pays ont vu la Franc-Maçonnerie disparaître face aux problèmes poli- tiques, à l’opposition du gouvernement ou de milieux religieux (principalement musulmans). C’est notamment de cas de l’Angola, de l’Egypte (Maçonnerie clan- destine), de l’Ethiopie, de la Libye, du Mozambique, de la Somalie, du Soudan

et de l’Ouganda.

 

SITUATION DE QUELQUES PAYS PARTICULIERS

 

Afrique du Sud

 

4 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, GO

de Hollande.

Nombre de Loges: 483, respectivement 270, 154, 58 et 1; en réalité

il en existe plus de 600.

 

La Maçonnerie en Afrique du Sud est extrêmement diverse et complexe de par son histoire, ses particularités raciales et linguistiques. Ce sont les Hollandais qui fondèrent la première Loge à Cape Town en 1772, suivis par les Anglais en 1811. Les Ecossais et les Irlandais apparaîtront dès 1860. Jusqu’en 1961 ces quatre Obédiences coexistèrent en Afrique du Sud au travers de leurs districts et provinces et la Maçonnerie y prit un essor considérable. Une GL de l’Afrique du Sud fut alors créée, en avalisant l’indépendance et les Rituels de chaque Obédience. Toutefois le GO de Hollande renonça à reconnaître de nouvelles Loges d’Afrique du Sud. Actuellement les Maçons peuvent choisir libre-

ment leur Obédience. De  nombreux  Temples  possèdent  une  bibliothèque  et  un  musée.  Mentionnons particulièrement  celui  de  la  Loge  «Goede  Hoop»  à  Cape Town,  berceau  de  la Franc-Maçonnerie sud-africaine, ainsi que le Freemasons’ Hall à Johannesburg. Il abrite 4 Temples, dont le plus vaste permet d’accueillir 280 personnes, des salles à manger, un musée et une bibliothèque qui compte parmi les plus importantes de

l’hémisphère sud. Ce bâtiment appartient à l’Obédience anglaise mais il est ouvert aux autres obédiences et reçoit les tenues de plus de 130 Loges. Les difficultés de trouver des locaux adéquats font que certaines Loges se réunissent dans des bâtiments publics ou des églises. Une   pratique   répandue   aussi   dans   d’autres   pays   est   celle   des   «Loges d’Instruction»  qui  permettent  de  répéter  le  rituel.  L’appartenance  à  plusieurs Loges ou Obédiences est fréquente et communément admise. Les Loges anglaises travaillent principalement au Rite Émulation, alors que les

Écossais utilisent le SAC (South African Constitution Lodges), issu d’un Rituel du GO de Hollande.

Signalons enfin que les deux tiers des Loges travaillent en anglais et la plupart des autres en afrikaner. Quelques-unes pratiquent la langue allemande ou encore le grec.  

La discrimination raciale semble toujours exister dans les Loges bien que l’ou- vrage consulté n’en fasse pas vraiment mention. Il est en tout cas certain que ce sont  d’abord  les  Indiens  qui  furent  les  premiers  non-blancs  acceptés  dans  les Loges et que l’initiation de Noirs reste encore très limitée.

 

Ghana

 

3 organisations faîtières: GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:  87, respectivement 44, 28, 15.

 

La  première  Loge,  reconnue  par  les Anglais,  sera  crée  à  Cape  Coast  en  1859 («Gold Coast Lodge No. 773»). La GL Écossaise ne sera présente qu’à partir de 1921  («Progressive  Lodge  No.  1261»)  et  les  Irlandais  suivront  en  1956  («St Patrick Lodge No. 793»).  

L’acceptation de la Maçonnerie par la communauté non-blanche du Ghana assu- rera un rapide développement des Loges durant ces dernières décennies et cer- taines sont maintenant uniquement composées de Noirs. L’influence des obédiences reste forte dans le rituel et la vie des Loges. Toutefois l’habillement peut être moins formel selon l’appartenance ethnique des Frères. Les réunions ont toujours lieu le soir et débutent entre 17h.30 et 20h.00.

Le gouvernement ghanéen a tenté de prendre le contrôle des Loges au début des années 80 et garde une influence sur le déroulement de la vie maçonnique dans ce pays.

Kenya

 

2 organisations faîtières:  G LL d’Angleterre et d’Ecosse.

Nombre de Loges:  24, respectivement 20 et 4.

 

Cette colonie britannique, relativement stable et prospère, n’a vu l’apparition de la Maçonnerie que tardivement. Ce n’est qu’en 1904 que la première Loge sera fondée par les Anglais, suivis, deux ans plus tard, par les Ecossais. La création de nouvelles Loges se fera lentement, surtout après la fin de la deuxième guerre mondiale. Une Loge irlandaise sera créée en 1950.  

Les tenues sont organisées le soir, entre 18h.30 et 19h.30 et sont suivies d’une agape (Loges anglaises) ou d’un «moment d’harmonie» (Loges écossaises). Un toast au président et à la République du Kenya fait partie des coutumes. Compte tenu du climat, des habits de safari sont parfois acceptés au lieu du traditionnel complet sombre.

 

Namibie

 

2 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre et d’Ecosse.

Nombre de Loges:  12, respectivement 6 et 6.

 

La Namibie (anciennement Afrique du Sud-Ouest) était primitivement une colo- nie allemande. Les trois Loges fondées à l’époque disparurent à la fin de la pre- mière guerre mondiale. Une d’entre elles «Zum Kreuz des Südens No. 1613» fut recréée en 1928, puis mise en sommeil en 1933 sous la pression des nazis. Elle réapparut en 1965, sous les auspices de la Grande Loge d’Ecosse mais travaille selon le rituel Schroeder et en langue allemande.

5 autres Loges dépendent des Ecossais qui précédèrent les Anglais en créant la Loge «Caledonian No. 1307» en 1923. Une d’entre elles travaille en afrikaner («Benguela No. 1616»). C’est en 1925 qu’ apparut la première Loge anglaise, («Damaraland Lodge No. 4758»), suivie de 5 autres après la seconde guerre mondiale.  

La GL d’Afrique du Sud a ouvert une Loge en Namibie il y a une dizaine d’an- nées («Makalani No. 114»).

 

Nigéria

 

3 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:   85, respectivement 27, 49 et 9.

La Maçonnerie est très développée dans ce pays depuis 1867, date de la fonda- tion de la Loge «Lagos No. 1171» par les Anglais. Les premières Loges irlandaise et écossaise n’apparaîtront qu’à partir de 1896 («McDonald No. 197») et

1915 («Academic No. 1150»). Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la GL d’Ecosse s’est rapidement développée pour devenir l’Obédience la plus importante du pays en passant de 9 à 49 Loges, présentes dans toutes les villes importantes.

Entre  les  deux  guerres  mondiales,  certaines  Loges  refusèrent  l’admission  des Noirs, d’autres devenant mixtes ou à prédominance indigène. Ces problèmes ra- ciaux ont maintenant disparu. Les travaux des Loges commencent vers 19 ou 20h. et sont souvent suivis d’une agape   rituelle   à   laquelle   sont   invités   gracieusement   les   Frères   visiteurs. L’hospitalité des Loges nigériennes est réputée.

 

Maroc

 

3 organisations faîtières: GO de France, GO d’Italie, GL de France.

Nombre de Loges:   une  dizaine?  (non  répertoriées  dans  les  listes américaine et allemande)

 

C’est le GO de France qui introduisit la Franc-Maçonnerie dans cette colonie fran- çaise en 1891, suivi peu après de la GL de France et du GO d’Italie. En 1902 et en  1927,  deux  Loges  reconnues  par  les  Ecossais  et  les Anglais  apparaissent  à Tanger mais elles seront rapidement déplacées à Gibraltar.  

L’indépendance du Maroc en 1956 n’a pas changé grand chose dans la présence hétérogène des Obédiences maçonniques. Toutefois une GL du Maroc («Atlas») fut crée à Casablanca en 1967, réunissant trois Loges et portée sur les «fonds bap- tismaux» par la Grande Loge Suisse Alpina! Vers la fin des années 1980, à la suite

du décès du Frère Colombo, ces trois Loges ont cessé d’exister (voir à ce sujet l’étude historique in Masonica No 7).

 

Zambie

 

3 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:  30, respectivement 12, 12 et 6.

 

La Franc-Maçonnerie est bien représentée dans cette colonie britannique depuis 1924 («David Livingstone No. 1321 SC»). Comme dans d’autres pays africains, les  Loges  dépendent  de  membres  fondateurs  provenant  des  obédiences  européennes.  L’appartenance  à  plusieurs  Loges,  même  d’obédience  différente,  est commune.  Peu  après  l’indépendance  de  la  République  de  Zambie  (ancienne Rhodésie du Nord), l’existence de la Maçonnerie fut remise en cause pendant une dizaine d’années. Les Loges du nord du pays (la région des mines de cuivre) sont toujours à pré- dominance  européenne.  Dans  d’autres  Loges,  ce  sont  les  Asiatiques,  nés  en Zambie, qui ont rejoint la Maçonnerie et pourraient ainsi l’aider à se développer, au détriment des Africains, peu présents. Les Loges étant composées en grande majorité d’Européens qui restent deux à trois ans dans ce pays, il en résulte une grande mobilité dans les Loges. Une des conséquences est que, pour une Tenue, les  différents  plateaux  peuvent  être  attribués  à  des  Frères  peu  expérimentés. Parfois aussi, l’initiation d’un profane et son accession à des responsabilités im- portantes au sein de la Loge se fait en peu d’années.

Les Loges se réunissent vers 19h. mais les visiteurs sont priés de venir une heure plus tôt. L’habillement varie du complet sombre, aux habits de safari, en passant par le kilt traditionnel écossais dans certains cas. Les Loges anglaises travaillent au rite Ellis Robbins, très proche d’Emulation.

Lors des Tenues, les visiteurs sont reçus formellement et sont priés d’apporter les souhaits  fraternels  de  leur  Loge.  Les  Tenues  sont  généralement  suivies  d’une agape rituelle à laquelle sont invités les visiteurs. Ces derniers sont souvent priés de prendre la parole après les nombreux toasts prévus au programme.

Des activités sociales sont fréquemment organisées: barbecues, films, tournois de golf et soirées pour les épouses...

 

Zimbabwe

 

4 organisations faîtières: GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, GO

de Hollande.

Nombre de Loges: 68, respectivement 31, 8, 22 et 7.

 

Les premières Loges anglaises datent de 1893-95 avec l’arrivée des premiers im- migrants en Rhodésie. Le fondateur du pays, Cecil Rhodes était Franc-Maçon et encouragea le développement de l’Art Royal dans ce pays. Les Loges écossaises et irlandaises suivirent au début du siècle. Quant aux Loges hollandaises, elles ap- parurent après la seconde guerre mondiale, en provenance d’Afrique du Sud.

L’indépendance du Zimbabwe en 1980 et l’arrivée d’une majorité noire au gou- vernement provoqua le départ de nombreux Européens, dont des Maçons. Bien que le gouvernement n’ait pas pris de position négative face à la Maçonnerie, le nombre de membres des Loges est en régression. Les Tenues ont lieu généralement vers 19h.30 ou parfois le samedi après-midi. Elles sont suivies d’une agape rituelle ou d’un repas informel aux frais de chaque personne présente. Les visiteurs sont les bienvenus et reçus officiellement selon

le rang et l’obédience de chacun. Il est intéressant de souligner que le Zimbabwe possède une Loge de recherche dénommée Harare. Elle publie une revue trimestrielle d’un excellent niveau avec des articles de recherche et d’autres consacrés à la vie maçonnique dans ce pays.

Source GLSA

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La Franc-Maçonnerie en Amérique du Sud

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


LA FRANC-MAÇONNERIE EN AMÉRIQUE CENTRALE

 

L’Amérique centrale, qui inclut dans cette présentation les Caraïbes, est formée d’une mosaïque d’états. L’histoire de cette partie du monde est assez tourmentée et la durée de vie des régimes politiques en place très variable. Certains états tels le Honduras, Belize n’ont pas d’activité maçonnique notable.

Les brusques changements de régime ne créent pas des conditions politiques fa- vorables à la Maçonnerie surtout si, comme cela a été le cas au Nicaragua, le gou- vernement mis en place se proclame d’extrême gauche. Il devient alors difficile d’obtenir une information fiable sur l’état de la Maçonnerie dans le pays.

Les pays de l’Amérique centrale dont la stabilité politique est la meilleure pos- sèdent  souvent  une  activité  maçonnique.  Ce  sont  leurs  Grandes  Loges  qui  ont aussi été à même de nouer des relations internationales d’une certaine ampleur. Toutefois,  il  est  rare  que  le  nombre  de  Loges  dépasse  25  pour  un  pays  donné (Mexique excepté). Dans les Caraïbes, la plupart des Loges régulières sont dépendantes de GG LL de district de la GLU d’Angleterre, certaines d’entre elles relèvent de la GL d’Ecosse ou  d’Irlande;  Porto  Rico,  Saint  Domingue  et  Cuba  font  exception.  Cuba  est d’ailleurs  un  cas  particulier  remarquable  à  tous  égards.  Haïti  possède  une  GL, mais celle-ci n’a pas conclu de liens d’amitié avec des obédiences anglo-saxonnes reconnues.

Nous   évoquons   ci-dessous   brièvement   la   Maçonnerie   des   différents   pays d’Amérique Centrale.

 

COSTA RICA

 

Une activité maçonnique est répertoriée dès 1867. Elle fut réduite dans les années 1875-1883,  vu  l’hostilité  du  clergé  catholique  de  l’époque,  mais  le  travail  des Ateliers reprit peu après. En 1899, quatre Loges du Costa Rica formèrent la GL du  Costa  Rica.  Cette  obédience  compte  une  dizaine  d’Ateliers  et  environ  400 membres. Les Rites Écossais et d’York y sont pratiqués.

 

EL SALVADOR

 

La  Maçonnerie  ne  s’implanta  pas  au  Salvador,  qui  est  le  plus  petit  pays  de l’Amérique centrale, avant 1850-1860. En 1898, sept Loges du Honduras et du Salvador formèrent une GL, qui disparut lors de la guerre opposant peu après le Salvador,  le  Honduras  et  le  Guatemala.  La  GL  Cuscatlan  de  la  république  du Salvador a été fondée en 1912. Elle possède 12 Loges et environ 350 membres. Le Rite Écossais et le Rite d’York sont pratiqués.

 

GUATEMALA

 

La Maçonnerie au Guatemala a été affectée par l’instabilité politique de ce pays, tout particulièrement dans la première moitié du XXème siècle. La première Loge fut fondée en 1881, dépendante d’une obédience colombienne. Cette influence fut d’ailleurs  prépondérante  jusqu’en  1903,  où  8  Loges  formèrent  La  GL  de  la République du Guatemala. La Maçonnerie subit jusqu’à la fin des années 50 des vicissitudes graves sous les dictatures qui se succédaient. En 1958, la démocratie fut restaurée. Depuis cette date, la Maçonnerie a pu prospérer. La GL possède 31 Loges et 700 adhérents. Les Rites d’York et Écossais sont utilisés. Bien que la majorité des Loges travaillent en espagnol, une travaille en anglais et une en allemand; cette dernière pratique le Rite de Schroeder.

 

MEXIQUE

 

La situation de la Maçonnerie au Mexique peut paraître confuse. Ceci est peut- être dû à l’effervescence politique de ce pays, qui a subi depuis 1810 environ 100 révolutions et vécu l’avènement de 80 régimes politiques différents.

La Maçonnerie y a vu le jour au tout début du XIXème siècle par l’installation d’Ateliers  dépendant  de  la  GL  d’Espagne  (ou  du  GO),  de  Pennsylvanie,  de Louisiane et de New-York. Toutefois, ces obédiences ne tardèrent pas se distan- cer des Ateliers mexicains; en effet, il est prouvé que de nombreux révolution- naires de la première moitié du XIXème siècle étaient Maçons. Ainsi, en 1827, deux  GG  MM  se  réclamant  de  GG  LL  travaillant  au  Rite  Ecossais  et  au  Rite d’York s’affrontaient en lutte armée pour la présidence du Mexique. Des tenta- tives infructueuses d’unification de la Maçonnerie eurent lieu en 1830 et 1890. La GL d’York a pu nouer des liens d’amitié avec les principales obédiences eu- ropéennes. Elle travaille principalement en anglais et au Rite d’York. Elle a été créée à la suite d’un schisme apparu au sein de la GL «Vallée de Mexico» qui tra- vaillait au Rite Ecossais et en espagnol. Cette dernière obédience jouit de certains liens d’amitié internationaux.

 

PANAMA

 

La situation de l’Etat du Panama fut longtemps particulière, car la région du ca- nal était une zone largement contrôlée par les Etats-Unis. La première Loge fut créée en 1821 par un groupe de Maçons se réclamant du GO d’Espagne, mais dis- parut assez rapidement. Des Loges avaient été fondées en 1854 et en 1884, mais seules  deux  étaient  encore  actives,  sous  juridiction  colombienne,  lorsque  les Américains arrivèrent pour la construction du canal en 1903. Les Américains, tout d’abord intégrés dans les Loges panaméennes, puis dans une Loge dépendant de la GL d’Ecosse, ne tardèrent pas à fonder des Ateliers ratta- chés à la GL du Massachusetts en 1906 et localisés dans la zone du canal. En 1913, sept Loges de Maçons panaméens formèrent le GL du Panama. Il s’ensui- vit  un  certain  nombre  de  tractations  dont  la  conséquence  fut  que  la  GL  du Massachusetts reconnut la juridiction de la GL du Panama sur tout le pays, à l’ex- ception de la zone du Canal qui lui restait attribuée. Depuis que les Américains

se sont retirés du canal en 1982, l’activité maçonnique a décru sensiblement. La GL du Panama compte 9 Ateliers totalisant environ 500 membres. Elle tra- vaille en espagnol (sauf une en anglais), en majorité au Rite Écossais. Quelques Loges ont adopté le Rite d’York.

 

CUBA

 

Incroyable, mais vrai, il existe une GL régulière et reconnue qui travaille à Cuba en dépit du régime communiste de Fidel Castro. Elle compte 324 Loges, 20’000 membres et travaille au Rite Écossais en espagnol. Fondée en 1859, c’est une des plus importantes GG LL de l’Amérique centrale et des Caraïbes. L’activité maçonnique commença en 1804 par la création d’une Loge dépendant de  la  GL  de  Pennsylvanie.  Cette  influence  américaine  se  poursuivit  jusqu’en 1828, date à laquelle un décret espagnol proscrivit la Franc-Maçonnerie. Dès 1859 toutefois, trois Ateliers formèrent la Grande Loge de Colon, mais son développement fut freiné par des conflits internes et une nouvelle persécution due à la révolution contre l’Espagne en 1868. Une nouvelle GL apparut en 1876, la «Gran Logia de la Isla de Cuba», non reconnue par son aînée. Sous le protectorat américain instauré dès 1898, la Maçonnerie put se développer, jusqu’à l’avènement de la dictature de Batista à la fin des années trente.

La réunification des deux GG LL, effective dès la fin des années 40 par la pré- pondérance de la «Grande Loge de Colon», fut officielle en 1951; à cette date, la dite  GL,  dès  lors  seule  obédience  existante,  prit  le  nom  de  «Grande  Loge  de Cuba».  L’expansion  pendant  les  années  50  fut  rapide,  les  effectifs  passant  de 22’000 à 35’000 membres entre 1950 et 1959. A cette date, Fidel Castro prit le pouvoir, mais n’interdit pas la Franc-Maçonnerie. La pression du gouvernement s’accrut toutefois en 1977 par des mesures administratives tatillonnes. Il infligea aussi des amendes d’un total de plus de cent mille dollars aux Loges (et à la GL), coupables notamment d’avoir aidé financièrement les veuves et filles de Maçons emprisonnés ou exécutés comme ennemis du gouvernement. Sous ce régime, le nombre de Maçons a régressé; en 1993, on dénombrait 314 Loges totalisant plus de 22’000 Frères.

 

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / RÉPUBLIQUE D’HAITI


Deuxième île des Antilles après Cuba, elle est coupée en deux: à l’ouest, Haïti, à l’est la République Dominicaine, autrefois dénommée Saint Domingue, appellation qui est demeurée pour sa capitale. Christophe Colomb découvre l’île en 1492 et lui donne le nom d’Hispaniola. En 1697, la France occupe la partie occiden- tale et au XVIIIème siècle, la région est l’une des plus prospères des colonies françaises grâce à la production de sucre et de café. En 1791, Toussaint l’Ouverture mène la révolte des esclaves qui lui vaudra d’être emprisonné  au  Fort  de  Joux,  près  de  Pontarlier.  Par  la  suite,  l’île  connaît  une longue période d’instabilité, de révoltes et de dictatures. De riche qu’elle était, elle  sombre  dans  le  chaos  et  l’endettement  nécessitant  l’intervention  des  Etats Unis qui occupent Haïti de 1934 à 1957.

 

Haïti

 

De nombreuses Loges s’épanouissent dès 1738 ou 1740 sous l’influence anglaise et surtout du GO de France jusqu’à la Révolution française. Parallèlement aux vi- cissitudes politiques, la Maçonnerie connaît des hauts et des bas. En 1844, la sé- cession de la partie espagnole de l’île donne naissance à la République de Saint Domingue ou Dominicaine. Le GO d’Haïti date de 1824; il compte actuellement 40 Loges et quelque 6000 membres.

 

République Dominicaine

 

Un GO s’y constitue en 1850 et une GL en 1865. Les deux obédiences fusion- nent  en  1866  avec  un  total  de  10  Loges  pour  former  la  GL  de  la  République Dominicaine. Actuellement, elle compte 26 Loges totalisant 1200 membres et en- tretient des relations régulières avec le GO d’Haïti. Les Antilles d’alors, et Saint Domingue en particulier, ont joué un rôle capital dans la constitution et le développement des Hauts Grades et la création des deux juridictions (Sud et Nord) par la filière Bordeaux - Morin - Londres - New York - Charleston (cf. Chap. 9.9.3 et 11.3.13.1).

 

PUERTO RICO

 

Des  Loges  furent  fondées  sur  cette  île  par  le  GO  de  France  et  la  GL  du Massachusetts au XVIIIème siècle déjà. Porto Rico étant une colonie espagnole, cette  activité  fut  proscrite  rapidement  et  l’interdiction  demeura  jusqu’en  1859. Dès 1867, la GL de Cuba et le GO d’Espagne installèrent des Loges, mais toute activité fut à nouveau proscrite par le gouvernement espagnol en 1874. En 1884, une GL provinciale cubaine fut établie avec 10 Loges; elle se transforma en GL de Porto Rico en 1885. Suivit une nouvelle persécution espagnole en 1896, mais elle reprit ses activités à la fin de la guerre hispano-américaine de 1898. La GL de  Porto  Rico  comporte  72  Loges  et  environ  3800  membres.  Les Ateliers  tra- vaillent  en  majorité  en  espagnol  au  Rite  Écossais.  Une  minorité  de  Loges  tra- vaillent au Rite d’York en anglais.

 

LA FRANC-MAÇONNERIE EN AMÉRIQUE DU SUD

 

Quoique cela puisse surprendre, la Franc-Maçonnerie existe pratiquement dans tous les pays d’Amérique du Sud. Son évolution a bien entendu été largement dé- pendante des conditions politiques du pays concerné et de l’hostilité manifestée par les gouvernements et subsidiairement par le clergé catholique. Par conséquent, l’histoire et la formation des GG LL et/ou GG OO des pays d’Amérique du Sud ne se sont pas déroulées sans heurts. Il peut ainsi arriver que le visage de la Franc- Maçonnerie, pour ces pays, ne présente pas toujours un caractère très unifié.

Ainsi, la Colombie ne présente pas moins de sept GG LL, dont trois seulement sont régulières et reconnues plus ou moins largement, ce qui peut paraître confus. La  GLU  d’Angleterre  entretient  des  relations  d’amitié  avec  les  GG  LL  de Barranquilla, Bogotà, et Cartagena, mais la GL d’Irlande ne reconnaît que celle de Cartagena. Ces trois GG LL ne comptabilisent en tout que 35 Loges et 2700 membres. Leurs ateliers pratiquent le rite Écossais. Les quatre autres GG LL ne comptabilisent probablement pas plus de 25 à 30 Ateliers. Par contre la Bolivie possède une GL depuis 1929 seulement, mais cette dernière est reconnue par les obédiences européennes. Elle comporte 28 Loges et environ 1500 membres; ses Ateliers travaillent en espagnol au Rite Écossais ou au Rite d’York. Un autre exemple est celui du GO d’Uruguay qui comporte environ 50 Loges et 2000 membres. Cette obédience fut considérée comme irrégulière dès les années 50, car elle avait renoncé à la présence de la troisième Grande Lumière sur l’au-

tel. En 1982 toutefois, 11 GG LL des Etats-Unis d’Amérique et celle de l’Afrique du Sud avaient rétabli des liens d’amitié, basés sur des évidences objectives que cette irrégularité avait été corrigée.

Néanmoins,  les  pays  qui  présentent  le  plus  grand  nombre  de  Loges  sont L’Argentine  (75),  Le  Brésil  (plus  de  500),  le  Chili  (151),  le  Pérou  (138)  et  le Vénézuela (91); ils peuvent se targuer d’une Obédience mondialement reconnue et surtout d’une histoire maçonnique relativement importante. Pour situer cette Maçonnerie, nous évoquerons leurs principales caractéristiques.


ARGENTINE

 

La première Loge fut fondée en 1795 sous l’égide du GO de France. Les pre- mières Loges anglaises apparurent en 1806 et la GL de Pennsylvanie en implanta une en 1825. Toutes les Loges constituées furent néanmoins supprimées par le gouvernement en 1846. Dès 1853 toutefois, une renaissance de l’activité maçon- nique était déjà effective.

Cette renaissance permit, en 1860 déjà, à la GLU d’Angleterre de conclure un traité d’amitié avec la GL d’Argentine. Contre une reconnaissance par la GLU d’Angleterre, la GL d’Argentine permettait aux Loges anglaises de rester dans le giron de leur Obédience-mère. En  1957,  la  GL  d’Argentine  a  fusionné  avec  une  Obédience  argentine  non  re- connue, le «Federal Argentino Council», un Suprême Conseil de Rite Écossais, menant à la constitution d’une seule GL souveraine. La GL d’Argentine compte 69 Loges (dont 37 à Buenos Aires) et environ 2250 adhérents. Le Rite pratiqué est principalement le Rite Écossais. Pour sa part, la GLU d’Angleterre a main- tenu sous sa juridiction 22 Loges travaillant en anglais.

 

BRÉSIL

 

La situation au Brésil est loin d’être limpide; en effet, l’obédience maçonnique la plus ancienne est le GO du Brésil. Dès 1920, mais surtout à partir de la deuxième moitié du XXème siècle, sont nées 22 GG LL dont la juridiction est calquée sur les  différents  états  du  Brésil.  Cette  situation  est  complexe,  car  les  GG  LL  des Etats-Unis d’Amérique et du Canada tendent à reconnaître les 22 GG LL alors que les GG LL d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et de l’Europe continentale ont plutôt noué de longue date des relations avec le GO. C’est donc essentiellement

de cette Obédience qu’il sera question. La présence de Loges maçonniques au Brésil peut être attestée dès 1797. En 1822, trois Loges françaises formèrent le GO du Brésil sous le patronage de Dom Pedro, l’empereur brésilien. Ces Loges ne tardèrent pas à être fermées par ce dernier qui leur trouvait une couleur politique. Dès 1831, à l’abdication de l’empereur, une renaissance de l’activité maçonnique était observée. Toutefois celle-ci resta chao- tique jusqu’en 1883, année où la majorité des Loges adhérèrent au GO, alors sous le feu de l’hostilité du clergé catholique. Cette unité se perpétua jusqu’en 1920, où  un  schisme  provoqué  à  l’origine  par  un  conflit  de  compétence  entre  Loges bleues et Suprême Conseil apparut dès 1927. Il perdure malheureusement encore aujourd’hui.

La GLU d’Angleterre noua des relations d’amitié et conclut un traité avec le GO dès  1935,  en  donnant  l’exclusivité  de  sa  reconnaissance  pour  le  Brésil  à  cette Obédience. En échange, elle gardait sous sa juridiction des Loges anglaises qui sont aujourd’hui au nombre de 11 (GL Anglaise de District). Le GO du Brésil pratique en majorité le Rite Écossais. Les GL se répartissent le territoire comme indiqué au chapitre 6.3.5.

 

CHILI

 

La première Loge fut fondée à Valparaiso en 1850 sous l’égide du GO de France. Son activité se poursuivit et se concrétisa par la fondation en 1862 de la GL du Chili  qui  comptait  originellement  4  Ateliers.  Toutefois,  les  GG  LL  d’Ecosse, d’Angleterre  et  de  Hambourg,  régissaient  aussi  des  Loges  travaillant  sous  leur égide.  Les  Loges  de  langue  allemande  rallièrent  la  GL  du  Chili  peu  avant  la deuxième guerre mondiale, lors de la suppression de la GL de Hambourg par les nazis. Le clergé catholique romain, du moins jusqu’à la fin de la deuxième guerre mon- diale, s’est opposé de manière extrêmement virulente à la Franc-Maçonnerie; il s’est ingénié à l’éradiquer par tous les moyens. Les Maçons chiliens tiennent pour acquis que les incendies qui ont détruit les Temples de Valparaiso et de Santiago avaient pour cause cette hostilité. En conséquence, la Maçonnerie chilienne passe pour être une des plus discrètes du continent sud-américain. La GL du Chili compte 168 Loges et environ 6000 adhérents. Elle pratique le Rite Écossais, à l’exception des Loges de langue allemande qui ont adopté le Rite de Schroeder. Il existe en plus trois Loges ressortissant de la GL du Massachusetts, une Loge anglaise et quatre Loges écossaises.

 

PÉROU

 

Le début de la Maçonnerie péruvienne est lié à l’indépendance de ce pays en 1820. Une GL fut fondée en 1831, mais ne tarda pas à disparaître. Entre 1860 et 1870, la GL d’Ecosse fonda 12 Ateliers. La situation resta quelque peu chaotique jus- qu’en 1882, où 5 Loges péruviennes et 5 Loges écossaises fondèrent la GL du Pérou, Obédience qui subsiste actuellement. En 1892, le GM en titre décida la suppression du Volume de la Loi sacrée sur l’autel, décret qui fut aboli moins d’une année plus tard. Cet épisode provoqua, semble-t-il, un certains discrédit temporaire de cette GL auprès des principales instances maçonniques internationales. Malgré un schisme temporaire de 2 ans survenu en 1945, la GL du Pérou resta une et indivisible jusqu’en 1966, lorsque 4 Loges dissidentes fondèrent une Obédience non reconnue. La GL du Pérou comprend 158 Loges et 6240 adhérents. Ses Ateliers pratiquent en majorité le Rite Écossais, quoique certains aient opté pour le Rite d’York (sous l’influence écossaise).


VÉNÉZUELA

 

Il  n’est  pas  impossible  que  la  Maçonnerie  se  soit  implantée  par  le  biais  de l’Espagne  dès  1808,  mais  les  sources  historiques  seraient  actuellement  insuffi- santes pour le prouver. Il existait toutefois dès 1824 des Loges relevant de l’au- torité des GG LL d’Angleterre et d’Ecosse, mais leur activité fut stoppée par un décret  gouvernemental  bannissant  l’activité  de  toutes  les  sociétés  secrètes  en 1827. Après l’abolition de ce décret en 1838, une GL et un GO furent constitués, qui fusionnèrent en 1865 pour former le GO National du Vénézuela. En 1916 cette Obédience se transforma par la fondation simultanée de la GL de la République du Vénézuela  et  du  Suprême  Conseil,  orgasnismes  qui  maintiennent  des  liens d’amitié serrés. La GL de la République du Vénézuela compte 4500 membres répartie entre 118 Ateliers travaillant selon le Rite Écossais.

Source GLSA

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La Franc-Maçonnerie en Suède

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


 

Il  semble  que  la  Maçonnerie  ait  pénétré  en  Suède  vers  1730,  en  provenance d’Angleterre  après  avoir  transité  par  la  France.  En  1735,  on  relève  la  création d’une première Loge à Stockholm qui, par la suite, prit le nom de « Den Nordiska Första » (La Première [Loge] Nordique). Cette Loge travaillait aux trois premiers grades. La première Loge de Saint André date de 1756. Elle travaillait aux 4ème, 5ème  et  6ème  grades  et  adopta  plus  tard  le  titre  distinctif  de  « Den  Nordiska Cirkeln » (Loge du Cercle Nordique).

 

Le Rite Suédois, appelé aussi scandinave, apparaît au début de 1759. Il comporte actuellement dix grades subdivisés en trois groupes plus un onzième dit suprême. Ce rite fut réglé en 1780 par une commission placée sous la direction du duc Carl von Södermanland, le futur roi Charles XIII.

Les trois premiers grades sont analogues à ceux de la Maçonnerie de St Jean des autres pays. Les trois suivants (IV à VI) sont inspirés du RER de Saint André : les deux premiers sont conférés simultanément au cours d’une même cérémonie, tan- dis que le troisième l’est ultérieurement. Le Frère qui a accédé au VIème degré peut être reçu, après un certain délai d’at- tente, dans la subdivision suivante, le Chapitre. Les quatre degrés capitulaires sont conférés par la GL provinciale ; ce sont tous des grades chevaleresques compor- tant un titre particulier et le septième tient lieu d’introduction au Chapitre.

Le « Fondé de pouvoir » du Grand Maître préside le Suprême Conseil de l’Ordre maçonnique suédois qui se compose des Officiers supérieurs de l’Ordre ainsi que des sept Grands Maîtres provinciaux et du Maître de Chapelle de Finlande. Tous sont porteurs du XIème degré.

 

En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre civil royal qui n’était conféré qu’à des Francs-Maçons ayant atteint le XIème degré. Les Vénérables des Loges de St Jean et de St André sont, dans la plupart des cas, revêtus du Xème grade et portent les décors de leur rang dans l’exercice de leur Office. Lors de toutes les Tenues, on arbore les marques extérieures (cordon et ta- blier) de son grade.  Aucun Officier ne doit avoir dépassé l’âge de 75 ans. En principe, le Vénérable et les autres Officiers ne restent pas dans leur fonction au-delà de six années. Les  locaux  maçonniques  de  Suède  comportent  fréquemment  plusieurs  pièces (Temples, salles etc.) ce qui ne manque pas d’impressionner les récipiendaires lors de leur initiation.

 

Une particularité de la Maçonnerie scandinave réside dans les associations fraternelles  qui  obéissent  à  une  réglementation  formelle. A  l’exception  du  grand Stockholm, on les rencontre dans la plupart des cas dans les petites aggloméra- tions qui ne comportent pas de Loge. Ces associations jouent un rôle important en tant que Loges d’instruction et connaissent un rituel rigoureux ; les Officiers et les Frères présentent des conférences et débats sur des sujets maçonniques. Bien entendu, les membres de ces associations doivent être affiliés à une Loge de St Jean, de St André ou à un Chapitre.

 

Le  Rite  Suédois  décrit  plus  avant  est  également  pratiqué  en  Norvège,  au Danemark, et en Islande et, dans une certaine mesure, dans les Loges finnoises parlant le suédois. On peut affirmer, qu’exception faite de la langue, le rite sué- dois est dans sa forme et dans le contenu des rituels le même pour tous les pays scandinaves. Comme déjà dit, il comporte onze grades mais le passage de l’un au suivant n’est pas automatique. En plus d’une participation assidue aux travaux, on  exige  des  Frères  la  preuve  qu’ils  possèdent  une  bonne  connaissance  de  la Maçonnerie. En réalité, il faut compter plusieurs années pour obtenir une pro- motion dans un grade supérieur. Le rite, resté actuel jusqu’à nos jours, est celui qui fut instauré en 1800. Toutes les Loges de St Jean ou de St André ainsi que les Chapitres jouissent d’une cer- taine autonomie, tout en restant soumis à l’autorité du GM provincial.

Mentionnons encore, qu’à l’exception de la GL finlandaise qui travaille en finnois et ne relève pas du système suédois, tout comme la « Freimaurerlauget » du Danemark et la « Polarstjernen » d’Oslo, la Maçonnerie des pays scandinaves est fortement imprégnée par le christianisme. Tout candidat doit se faire connaître comme chrétien s’il veut être reçu.

 

Les  relations  entre  l’Ordre  et  la  Couronne  remontent  à  1770,  lorsque  le  roi Gustave III et ses deux frères, les ducs Charles (qui deviendra le roi Charles XIII) et Frédéric-Adolphe furent initiés. La GL de Suède s’est constituée en 1760 ; en 1774, le duc Charles en devint le GM. En tant que tel, il garda cette charge jusqu’à sa mort en 1818. Tous les rois qui succédèrent à Charles XIII furent les GM jusqu’à Gustave VI Adolphe inclus. Son fils aîné, Gustave Adolphe, périt lors d’un accident d’aviation en 1947, alors que son propre fils, l’actuel roi Charles XVI Gustave, n’avait que 9 mois. Lorsque le roi Gustave VI Adolphe mourut en 1973, son fils cadet, le prince Bertil, duc de Hallande, devint le nouveau GM. A sa mort en 1997, la lignée des GM de sang royal s’interrompit. Depuis 1973, année où Charles XVI Gustave monta sur le trône, ce dernier devint le protecteur de l’Ordre.

Depuis 1997, tout comme au Danemark, en Norvège et en Islande, la charge de GM est assumée par une personnalité issue de la bourgeoisie. Le premier « roturier » ayant accédé à ce poste est l’industriel Gustaf Piehl. Depuis  novembre  1997,  l’Ordre  maçonnique  suédois  compte  une  Loge  de  re- cherche  « Carl  Friedrich  Eckleff »  forte  de  27  membres  actifs. Adresse  de  son siège : Bangårdsgatan 3, SE – 73520 Uppsala. En collaboration avec la Loge de recherche danoise « Friederich Münter », elle publie une chronique annuelle du nom de Acta Masonica Scandinavica dont le premier tome a paru en 1998.

Souce GLSA

 

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La Franc-Maçonnerie dans la péninsule ibérique

Publié le 4 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

 

Malgré leur proximité géographique, les deux Etats de la péninsule ibérique ne vécurent pas depuis le XVIIème siècle une histoire commune. Il est dès lors nor- mal que leur Maçonnerie respective se soit développée à peu près indépendam- ment  l’une  de  l’autre.  Si  l’on  parle  ici  de  Maçonneries  au  pluriel,  c’est  que l’Espagne aussi bien que le Portugal connurent sur leur territoire la cohabitation

de nombreuses obédiences plus ou moins rivales.

 

ESPAGNE

 

La  première  Loge  espagnole  fut  constituée  en  1728  à  Madrid  sous  l’égide  de l’Angleterre. Dès 1740 le roi Philippe V mit en sévère application la bulle ponti- ficale  de  1738  et  chargea  l’Inquisition  de  sévir  à  l’encontre  des  membres  de l’Ordre, ce qui n’empêcha toutefois pas son développement de se poursuivre. La situation devint dramatique avec la seconde bulle fulminée en 1751 par Benoît XIV; l’Inquisition procéda avec une rare rudesse. Les choses s’arrangèrent dès l’avènement du roi Charles III et une Grande Loge Provinciale put se constituer

en 1766 sous les auspices de Londres. Elle se déclara indépendante en 1780 sous

le vocable de GO d’Espagne.

L’ère napoléonienne débuta en 1807 et permit la constitution d’un nouveau GO assujetti à celui de France qui s’établit dans les bâtiments mêmes de l’Inquisition. En 1808, un Suprême Conseil du Rite Ecossais irrégulier fut constitué, remplacé trois ans plus tard par un autre, régulier celui-là, venu de France; le GO originel vint s’y rattacher en 1820.

Le  retour  au  pouvoir  du  roi  Ferdinand  VII  en  1814  porta  un  coup  dur  à  la Maçonnerie et les persécutions de l’Inquisition reprirent; la révolution (ou guerre civile) manquée de 1825 déchaîna la répression et de nombreux Maçons réputés furent pendus. Presque totalement exterminé, l’Ordre ne survécut que misérable- ment jusqu’en 1868, avec toutefois un bref sursis à la mort de Ferdinand VII en 1853. La reine Isabelle qui lui succéda relança les persécutions, bien que l’Eglise catholique ait alors perdu une grande partie de son influence. Après sa destitution

en 1868, elle fut remplacée par Amédée de Savoie qui était Franc-Maçon, ce qui permit à l’Ordre de reprendre force et vigueur. Dès 1869 un GO National se re- forma et le Portugal fonda à son tour un GO Ibérique. On assista alors à une pro- lifération d’obédiences si bien qu’en 1877 on n’en comptait pas moins de cinq qui se combattaient mutuellement, suivies d’autres encore en 1881 et 1889. Une tentative avortée de réunification avait eu lieu en 1885. Il fallut que les persécu- tions  reprissent  qui  eurent  pour  conséquence  la  suppression  de  toutes  les  obé- diences.

Ce regroupement devint enfin effectif en 1898 lorsque se constituèrent la «Gran Logia Simbolica Catalana-Balear», puis le «Gran Oriente Español» et la «Gran Logia  Española»,  dans  un  désir  unanime  de  reconstruction  sociale.  Cependant cette euphorie fut de relative courte durée puisqu’en 1922 l’ancien GO se disso- cia en pas moins de sept obédiences; l’union nécessaire pour résister aux mou- vements dictatoriaux des années 1920 fit cruellement défaut dès l’avènement de Miguel  Primo  de  Rivera  (1923)  et  du  franquisme  qui  suivit.  L’interdiction  de l’Ordre fut même suivi de massacres: l’appartenance à une Loge était passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement et même 30 pour les Hauts Grades avec repré- sailles sur les membres de la famille. On a pu dénombrer plus de 10’000 arresta- tions de personnes soupçonnées d’être Francs-Maçons et le GO d’Espagne s’exila au Mexique. Bien qu’il dût tolérer la présence de Loges dans les bases améri- caines d’Espagne, Franco ne voulut jamais changer d’attitude envers l’Ordre qu’il accusa des pires méfaits jusqu’à sa mort en 1975.

Les Maçons exilés en Amérique latine rentrés au pays tentent dès 1976 de réani- mer les feux et fondent deux GG LL qui fusionneront en 1978 sous la dénomi- nation   de   Union   de   GL-Orient   d’Espagne.   Parallèlement   deux   obédiences s’étaient constituées l’une avec charte du GO de France, l’autre sous l’égide de

la GLNF. Pour des raisons de reconnaissance, la première perdit ses effectifs au bénéfice de la seconde. Le 6 novembre 1982, la GL des Francs-Maçons du REAA fut créée à laquelle s’affilièrent douze Loges civiles – dont quatre à Barcelone et trois à Madrid – rattachées jusqu’alors à la GLNF. Par la suite, huit autres Loges

se sont encore constituées. Les Loges militaires des bases américaines sont de- meurées sous la juridiction de la GLNF.

Forte aujourd’hui de 39 Loges (16 travaillent au Rite Réconciliation/Emulation, 16 au REAA et 4 au Rite Rectifié) et de plus de 1000 Frères, la GL d’Espagne est  en  plein  développement.  Elle  est  reconnue  par  de  nombreuses  GG  LL d’Europe (dont l’Alpina) et d’Amérique du Nord. Les pourparlers avec la GLU d’Angleterre se poursuivent.

 

PORTUGAL

 

La première Loge dont il soit fait mention au Portugal date de 1735. Elle fut créée sous égide anglaise et trouva rapidement un développement réjouissant. Trois ans plus tard, la bulle fulminée par Clément XII contraignit les Maçons portugais à œuvrer dans l’ombre; ils subirent de graves persécutions suivies des galères et même de la peine de mort. Cette situation dura jusqu’à l’accession au trône d’un roi libéral, Joseph II en 1750. Cette période de tolérance prit fin avec le règne de la Reine Marie Ière qui lui succéda en 1777; les peines de prison et de bannisse- ment  furent  nombreuses  et  bien  des  Maçons  préférèrent  s’exiler.  Malgré  cela l’Ordre put se maintenir dans la clandestinité et réussit à constituer une GL et installer un GM entre 1802 et 1804. L’occupation française de 1807 permit à la Maçonnerie de recouvrer une entière liberté, sans toutefois empêcher la Grande Loge de devoir interrompre ses tra- vaux, pour des raisons autres que politiques, il est vrai. La proclamation de la mo- narchie constitutionnelle en 1820 lui donna un nouvel essor, de courte durée hé- las.  Dès  1823  le  roi  Jean  VI  rétablit  les  anciens  privilèges  et  interdit  la Franc-Maçonnerie. Le clergé put alors donner libre cours à sa vindicte et orga- nisa une nuit de la Saint-Barthélémy contre l’Ordre. Cette situation précaire dura jusqu’à l’abdication de Dom Miguel en 1834 auquel succéda Pierre IV qui était Franc-Maçon.

Dès lors la Maçonnerie portugaise se conforta mais fut en butte à des rivalités entre grandes villes. Lisbonne et Porto constituèrent chacune une GL avec son GM. L’année 1844 vit l’apparition de quatre nouvelles Loges dotées de chartes irlandaises,  qui  avaient  été  précédées  en  1841  par  la  création  d’un  Conseil Souverain d’origine brésilienne intitulé GO de Lusitanie.

En 1849, alors qu’on ne recensait pas moins de 4 obédiences rivales, une tenta- tive de fusion permit le regroupement de trois d’entre elles sous l’appellation de GO de Lusitanie, qui, hélas ne tarda pas à connaître une scission entre 1859 et 1869.

Il faut attendre 1869 pour voir la situation s’éclaircir et les rivalités entre obé- diences se dissiper par la création du «Grande Oriente Lusitano Unido» En 1872, le GO d’origine irlandaise rejoignit cette obédience pour s’en séparer lorsque des influences politiques devinrent trop perceptibles dans la Maçonnerie portugaise. En 1882, nouveau schisme suivi d’un autre en 1897. Cette situation d’instabilité perdura jusqu’en 1914 pour qu’enfin unie, la Maçonnerie portugaise trouvât un climat plus serein. Les choses demeurèrent en l’état jusqu’à l’avènement d’un ré- gime dictatorial en 1926. En butte aux persécutions de l’Etat, l’Ordre fut supprimé par Salazar en 1935. Il comptait alors 120 Loges et 10’000 membres.

Après la chute du dictateur en 1968, la Maçonnerie portugaise put renaître pru- demment de ses cendres et rétablir dès 1974 un «Grande Oriente» qui compte en- viron 250 membres. Aligné à l’origine sur le GO de France, sa reconnaissance par les autres obédiences se poursuit à petits pas.

Source GLSA

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