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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

De la lumière à la vie

Publié le 25 Septembre 2013 par V\ R\ dans Planches

Un jour, le Père me dit :

« Il faut que tu aies confiance
Confiance pour frapper à la porte du temple.
Car ceux qui te recevront et te feront Frère,
Témoignent en toi une grande confiance… »

Nous sommes sortis d'une matière dense et en avons rejoint une autre, un peu plus éthérée.
Les Travaux sont ouverts,
Mes frères, nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laisse nos métaux a la porte du Temple,
Elevons nos Coeurs en Fraternité,
Et que nos regards se tournent vers la Lumière !
De la lumière à la vie, car à la lumière qu'il a reçue du Vénérable Maître, l'apprenti devra donner la vie. Il pourrait appréhender cela par la conscience de l'endroit dans lequel il prête serment. A ce jour, je comprends l'apprenti comme symbolisant la prise de conscience, en quelque sorte l'ouverture à la Lumière, le compagnon lui, représente La Conscience de l'homme puis finalement la Maîtrise consacrée à l'ouverture sur l'Ame des choses et des êtres. Le Vénérable Maître donne, et aide à maintenir la vie.
Nous venons du monde de la subsistance, et entrons dans celui de la Connaissance. Pour ma part, j'ai pris conscience de cela quand j'étais dans le Temple, j'ai pris conscience de deux mondes. Le monde profane nous enseigne la maîtrise de notre corps physique et de la matière dense.
Le jeune initie apprend, avec l'aide de ses frères, à sentir le vrai du faux. Par cela, les ennemis de l'initié entrent avec lui dans le temple, se dévêtissent, se démunissent de leur corps physique et montrent leurs vrais visages au fur et à mesure du temps passe dans son temple intérieur. Il devient réceptif aux émotions, passions, et apprend à les connaître. Il comprend leur origine et leur fonctionnement. C'est, je crois la première étape, le début de son cheminement. Je crois avoir appris que la Maçonnerie n'est pas là pour apporter le pouvoir, mais pour faire jaillir le Coeur. Peut-être ce Coeur dont parlent encore tous ceux qui sont passés, avant nous, sur l'autre versant. Rien n'est plus illusoire que de vouloir dominer. Ce n'est, en tout cas, pas l'objectif que je me suis donné.
Je pense à celui qui, sincère et vrai dans son coeur, celui qui a frappé et à qui nous avons ouvert. J'ai envie de lui dire, qu'au travers de la vie, rien n'est plus important que d'avoir été initié.

A La Gloire Du Grand Architecte De l'Univers.

« Learning to fly ». Apprendre à voler et prendre de la hauteur.
Apprendre aussi à voler en évitant de se brûler les ailes. Le mythe d'Icare, voulant voler trop haut, espérant toucher le soleil, se brûle finalement les ailes et trouve la mort. Quoi que je pense que le soleil ne soit pas inatteignable, Icare peut être considéré comme une sentinelle à celui qui est à la recherche du pourquoi.
Je crois que, voyant le but à atteindre, le soleil, il en a oublié le comment. La lumière est aussi un Etre qui brûle. Pour ce qui est de notre cas, ce feu peut jaillir et grandir de jour en jour, de manière progressive, mais peut aussi nous consumer de l'intérieur. Nous pouvons y perdre la raison et notre âme. Cette lumière est un être impitoyable qui ne demande que de l'ouverture pour être reçu par des contenants de plus en plus nobles.
Cependant, ne confondons pas noblesse et austérité.
Le savoir, mais les mots ne sont pas une fin en soi, ils peuvent être un outil qui permet de conquérir cette part de nous même jusque là inconnue. Par cela, il donne un nouveau sens à la vie. Ce sens ne pouvant s'acquérir par les Mots, mais seulement parce que ceux-ci ont a faire Vivre. La solution n'est pas dans les livres mais dans ce que l'on vit. Un vrai maçon, pour moi, n'est pas l'érudit se suffisant de son savoir, mais celui qui doit sa Connaissance à ce qu'il a vécu et non le contraire. L'illusion serait de croire qu'il peut, mais il ne peut faire le contraire. Il ne peut réinventer les règles en fonction de ses imperfections, limites et surtout de ce qui le gène dans cette règle, tout ceci du au fait de son manque de compréhension.
Krishnamurti le disait bien : « Brûlez moi tous ces livres », dans le sens ou les livres ne sont rien, si ceux qui les lisent n'en font que des lettres mortes.
La seule façon de les faire mourir, c'est de les prendre pour la finalité alors qu'ils ne sont que les moyens. Mais alors, me direz-vous, qu'est ce que Vivre ? C'est peut-être faire mourir, ou ne plus donner prise a tous ce qui nous encombre.
C'est sûrement admettre que l'on ne maîtrise que peu de choses.
Que nous sommes les intermédiaires, les outils ou les mediums d'un être plus grand que nous, qui a besoin de nous, et dont nous faisons tous, initiés ou non, partie intégrante.
Que l'on ne peut pas grand-chose en restant seul, et que l'isolement psychologique et physique sont des ennemis de l'initié.
Que l'analyse et le savoir, s'ils n'apportent pas le bien-être deviennent un enfer, une prison des mots.    
Apprendre à voler, c'est je crois, redonner leur valeur réelle aux choses. La place des outils dans la société qui permettent ensuite une réelle amélioration de l'homme. Les mots ne sont que le véhicule de la pensée, et la pensée, celui de la Conscience. Cependant, nous pouvons avoir une grande érudition au sujet de vastes sujets, sans jamais en avoir conscience. La conscience, devenant, elle, le véhicule de ce que l'on peut appeler la Vérité, si tant est qu'elle existe. La conscience se vit de l'intérieur, passant par le ressenti, elle nous donne des « Flash » qui sont des lumières à jamais allumées dans notre Ame. Je crois que ces flashs sont comme un champ électrique produit par deux fréquences qui se rejoignent en certaines circonstances.
Le plus important pour moi, n'est pas la Loi ou le texte, mais bien son esprit. A mes yeux, l'auteur utilise les mots pour retranscrire un esprit, ou un état d'être. La difficulté, c'est que nous croyons retrouver ceux-la au travers du texte, c'est encore souvent mon erreur. En fait, Il faut peut-être se servir du texte pour pouvoir chercher à l'intérieur. La clarté de la Connaissance, la Connaissance étant là pour éclairer. Pour ce qui est de mon cas, j'ai bien évidemment lu des choses, et j'aime beaucoup ça. Mais je sais aujourd'hui que ces choses lues ne me sont d'aucune aide tant qu'elles ne sont pas claires dans ma tête. J'entrevois certains concepts, mais le savoir ne suffit pas, et c'est très bien qu'il ne doive pas suffire de savoir pour connaître. Le temps et la réflexion font que ce savoir passe au stade de ce que l'on peut appeler la Connaissance, par la prise de conscience des réalités que cachent ces concepts. Je crois que la chose la plus dure à accepter en tant que Franc-maçon, c'est que la Connaissance de Soi ne découle que de la Vie en Soi. « La Connaissance immédiate, qui est lumière Solaire, s'oppose à la lumière lunaire qui, étant réfléchie, figure la connaissance discursive et rationnelle. »
« Cette lumière, à laquelle se réfèrent tous les rites, n'est autre que la connaissance transfigurante, que les maçons ont pour devoir d'acquérir. » (Dictionnaire des symboles)
Nous savons tous cela, mais ce qui est aussi paradoxale, c'est que nous nous évertuons à chercher à l'extérieur ce qui ne peut se trouver qu'à l'intérieur. Héritage cultuel, peut-être. Ou tout simplement qu'au fur et à mesure que le temps passe, le profane entre doucement, sournoisement dans nos temples et permet ainsi une perte de conscience, puis l'oubli progressif de l'endroit dans le quel nous avons nos travaux. Cela engendre aussi parfois la perte et la séparation de membres de la grande famille à laquelle nous appartenons. Si je puis me permettre, l'on ressent le GADLU par la conscience et non par l'érudition, quoique l'érudition reste une base de données, pour reprendre un terme a la mode, incontournable. Car sans érudition, point de transmission du savoir et sans recherche de la connaissance apportant une certaine érudition, point d'éléments à transmettre.
Nous sommes dans un ordre initiatique traditionnel basé sur la Fraternité. Traditionnel, Fraternel. La tradition est une science qui s'apprend et se transmet. La Fraternité est un état d'être autant qu'une obligation envers nos Fr\ et nos S\, Hommes et Femmes, tant qu'il sont vertueux. Nous avons donc là un échange, une transmission.
Le Comp\ s'étant démuni du non essentiel peut maintenant mettre dans sa besace les connaissances qu'il aura acquises lors de ses rencontres et voyages autour du monde. Il s'enrichira de ce que lui enseigneront les M\ au travers de son périple. Mais dans quel but ?
La question peut se poser. Est-ce pour s'enrichir soi-même, pour soi-même ? Certes oui ! Mais c'est aussi et surtout dans l'esprit qui nous anime, dans le but de ramener au sein de la loge des connaissances accrues quant aux secrets du métier. De façon à embellir l'édifice et transmettre à son tour, une fois passé a la Maîtrise ces dits secrets.
Car le rôle et les devoirs du M\, restent bien de transmettre et d'entourer les Comp\ sur le chantier, afin que l'édifice continue à s'élever vers le haut, sans cesse et sans cesse depuis le commencement des temps jusqu'a la fin, si tente qu'il y ait une fin un jour.
Gloire à ceux qui persévèrent pour Connaître et voir…
L'édifice est un être fragile. Il faut beaucoup d'énergie pour l'élever et très peu pour ruiner sa santé, à nous d'être vigilants.
Comme tout enfant, l'initié aura ses joies émerveillées, ses caprices et ses colères. Dans deux ans, il aura l'age de raison. Demain, il sera grand, parce qu'il aura aussi écouté les héritiers des fondateurs qui les auront remplacés et par ceux qui sont venus les rejoindre.
Alors, demain nous serons adultes, dans la joie et la sérénité, travaillerons à la Gloire Du Grand Architecte De l'Univers.
Nous avons demande la Lumière, elle nous a été donnée.
A nous d'en faire bon usage.
« Demandez et vous recevrez, Frappez, et l'on vous ouvrira ».

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Un des fondamentaux de la vie en Loge bleue...

Publié le 24 Septembre 2013 par Ph\ N\ dans Planches

Pourquoi ne pas débuter ce travail en citant André Malraux ? « Pour tout homme, il y a quelque chose de pire que la mort, c'est de mourir sans avoir découvert les richesses qu'ilportait en lui-même ». Pourquoi ne pas ajouter que la Fraternité se construit sur la révélation des richesses de chacun, celles de celui qui donne avec celles de celui qui reçoit ? Attention, si nous voulons connaître cette révélation autrement dit si nous voulons savoir ce qui nous est encore inconnu et ainsi consolider notre initiation, il nous faut mettre en oeuvre une des règles fondamentales de la vie réussie en Loge... La richesse de l'homme est qu'il constitue une synthèse déchirante entre la vie et l'infini. Le maçon est aussi une synthèse constante d'animalité et de spiritualité. Il n'existe pas d'obstacle à associer la vie avec l'animalité d'une part, l'infini avec la spiritualité d'autre part. Par contre, il est souhaitable qu'un maçon travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté se donne les moyens de minimiser ses instincts pour vivre et partager avec le monde une véritable spiritualité. Il est aussi souhaitable qu'un maçon ne connaisse plus les déchirements de la vie, il doit être capable et libre de vivre dans la sagesse... Cependant un constructeur ne peut réussir une œuvre harmonieuse sans une vue d'ensemble; vue d'ensemble à partir de laquelle il déterminera le style et les proportions des détails. Il trace ainsi le cadre nécessaire à toute véritable action. Loin d'entraver sa liberté de création, ce cadre en jalonne le champ d'action et marque les différentes étapes de la réalisation. De même la conscience des relations unissant l'homme, l'œuvre et le Principe créateur caractérise la démarche maçonnique dans laquelle les rituels et les symboles ne contraignent pas notre liberté mais bien au contraire nous offre les moyens de notre quête. Ce qui différencie l'animal de l'homme est l'échange. Echanger, ce n'est pas seulement parler, c'est aussi écouter. Aujourd'hui, la parole et l'écoute se perdent. Nous sommes en train de voir disparaître notre capacité d'échanger du «subjectif » entre nous. Le subjectif, c'est le sens que chacun d'entre nous attribue aux autres avec son imaginaire. Oui, le propre de l'homme, c'est de pouvoir parler, lire et écrire. C'est pourquoi les enfants doivent se construire dés leur plus jeune âge. C'est pourquoi les maçons, eux aussi, ont le devoir de se structurer dès leur initiation. Construire et structurer sont des mots qui ont la même origine latine « stuere » ; on en tire également les termes : détruire, instruire, obstruer... Tout un programme où curieusement les contraires peuvent s'obtenir en partant de la même racine. Alors pourquoi pouvons-nous parvenir à des résultats complètement opposés alors que le départ est le même ? Pourquoi certains jeunes vont-ils bien évoluer et d'autres rester plus ou moins analphabètes ? Même question en ce qui concerne les francs maçons ? L'expérience de la vie de tous les jours est-elle transposable aux loges que nous fréquentons? Que pouvons-nous observer dans notre environnement? L'individualisme ambiant, celui de notre plaisir, celui de nos intérêts, entraîne une perte d'échanges et la disparition de la solidarité. Or parler à l'autre quand «il est mal » n'est pas qu'une histoire de bons sentiments, c'est une nécessité vitale. L'homme a besoin de l'autre pour exister. Il a besoin de «dire ». Sinon, il serait bien capable d'en « venir aux mains » avec plus ou moins de violence dans le style de: « je veux, donc je vole » ou encore: « je désire, donc je viole » et parfois « je n'existe plus, donc je pars »... Cela peut commencer dés le plus jeune âge. L'insécurité où se trouvent certains enfants incapables de maîtriser le langage fait qu'ils ne s'expriment plus que par la violence. La vraie réponse à cette dérive est l'apprentissage de la parole pacifique. Il n'y a pas que cela bien sur, mais c'est essentiel. Pour en arriver là, l'enfant a besoin de ses parents. Ils sont là pour lui dire au moins une fois, ne serait-ce qu'une fois : « je ne t'ai pas compris ». L'enfant fera alors l'effort de mieux choisir ses mots, pas seulement pour faire plaisir, mais surtout pour être plus fort et s'affirmer en tant que personne à part entière, pour avoir plus de prise sur les autres, plus de prise sur le monde. Certains auront la chance de vivre cette expérience, d'autres pas. En prenant conscience de ce que parler veut dire, l'enfant passe du stade où il parle de ce qu'il voit en tendant la main vers l'objet qu'il désire au stade plus évolué où une pensée commence à vraiment s'élaborer. Seule cette capacité de penser et d'échanger du subjectif lui permettra ensuite de lire et d'écrire. Sinon, c'est le début de l'illettrisme et de la spirale infernale avec les conséquences de violence que nous observons trop souvent. Si vous le permettez, quelques mots sur ce phénomène actuel car j'en ai déjà trop dit, mais, en même temps, pas assez. Prenons l'exemple des élèves qui arrivent en classe en ne sachant parler que de ce qu'ils voient directement devant eux, ils ont un vocabulaire très faible et encore moins de structure grammaticale. Résultat : ils ne pourront pas entrer dans l'échange par la lecture et l'écriture, déjà trop subjectives pour eux... Ils resteront des petits déchiffreurs et ne comprennent pratiquement plus rien à ce qu'ils tentent de lire. Laissez ainsi ces élèves plusieurs années dans un monde scolaire dont ils ne pénètrent ni le sens, ni l'intérêt et vous obtiendrez un phénomène de rejet complet car les êtres humains, même tout jeunes, ne peuvent pas accepter l'idée de ne laisser aucune trace d'eux-mêmes. La trace la plus naturelle que l'on peut laisser, c'est d'abord par la parole qu'on le fait. Or, si on les prive de cette capacité, ils vont petit à petit rentrer dans la violence, unique moyen d'expression qui leur reste. A partir du moment où ils sont enfermés dans leur cercle étroit, ils vont développer entre eux des habitudes de paroles spécifiques au groupe. Vous savez, ces codes gestuels muets et ces charabias parfaitement incompréhensibles qui ressemblent plus à une suite d'onomatopées qu'à autre chose. Surtout ne me parlez pas de « nouvelle culture ». Une véritable culture se choisit et se travaille. Ces jeunes, eux, ne choisissent rien, ils subissent. Pour eux, l'échec devient un signe de reconnaissance, toute marque de progrès ou de réussite, devient aussitôt une forme de trahison. C'est une véritable tribalisation de l'échec ! Mais revenons au coeur du sujet et prenons un peu de recul. Le philosophe allemand Ernst CASSIRER (1874-1945) qui étudia les mythes et les religions a défini l'homme comme un animal symbolique. Je le cite : « Vivre pour l'homme, ne consiste pas à vivre de façon terre à terre, mais à vivre avec sens. Nous y parviendrons en donnant une portée symbolique à tout ce que nous entreprenons. Alors notre vie s'enrichira automatiquement » ; qui plus est quand nous sommes franc-maçon. Nous naissons à une nouvelle vie à chaque initiation. C'est une chance à ne pas gaspiller, donnons lui du sens surtout que nous disposons de trois outils d'une efficacité remarquable. Je veux parler des Règlements généraux, des rituels et du Volume de la Loi Sacrée. Oui, mes frères, inutile d'aller chercher bien loin ce qui est placé devant notre nez. Qui d'entre nous consulte régulièrement ces trois ouvrages ? Pourtant, ils sont bien l'alphabet nécessaire à tout voyage initiatique. Ils sont quelques uns des fondamentaux qui nous permettent de passer de l'animalité à la spiritualité. Les Règlements généraux devraient être parfaitement assimilés par chaque maçon. Ce ne sont pas des documents réservés à l'orateur. Ils permettent le fonctionnement fluide et cohérent de chaque tenue. Ils déterminent les «règles du jeu». Imaginez un joueur d'échecs qui ne connaitrait pas la manière de déplacer les pièces sur son échiquier. Alors que penser des tenues où tout à coup le travail maçonnique perd tout intérêt quand on se met à ergoter sur un point mal connu de nos modes de fonctionnement ? Ce sont des moments perdus, ce sont des occasions de travail et de progression gaspillées ! Les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté devraient être nos livres de chevet. Ce sont de merveilleux outils. Ils nous offrent le moyen de nous structurer. Ils sont le mode d'emploi de notre vie de maçon. J'ai eu un surveillant qui rabâchait : « Le rituel, rien que le rituel, toujours le rituel. Tout y est ». Les rituels sont là pour nous donner des références, pour nous indiquer la progression de notre travail. Nous pourrions en parler longtemps. Ce sont les cailloux blancs que le petit poucet a bien voulu placer le long du chemin maçonnique pour éviter que nous nous perdions! Le Volume de la Loi sacrée... L'une des trois grandes lumières de la franc- maçonnerie. Là aussi, il y aurait tellement à dire, pourtant nous n'en parlons que trop rarement. Certains vont jusqu'à se chamailler pour savoir si il vaut mieux utiliser la Bible ou tout autre document, voir même, dans certaines loges, un livre dont les pages seraient blanches ! Les tenants d'une telle aberration n'ont pas conscience de l'absurdité de leur démarche. En évacuant Le Volume de la Loi Sacrée, en vidant le Rite de toute dimension spirituelle, ils sont en contradiction complète avec leur démarche puisqu'ils pratiqueraient alors une recherche strictement spéculative en rompant avec la régularité de l'institution originelle. Fidèle aux principes fondamentaux de la Maçonnerie traditionnelle, le Rite Ecossais Ancien et Accepté reconnaît l'existence d'un principe créateur sous l'appellation du Grand Architecte de l'Univers et déroule ses travaux en présence des trois grandes lumières. En fait les trois grandes lumières propagent la Lumière pour qui veut bien la rechercher et la recevoir activement. Non pas une lumière indéterminée jaillissant de trois petits luminaires qui seraient :

- un livre particulier à chacun, suivant ses propres aspirations religieuses ou profanes
- une équerre à sa dimension, permettant de choisir ses règles personnelles de comportement
- un compas sur mesure où chacun se contenterait de ses maigres objectifs.
Mais la Lumière idéale avec :
- le compas qui est la mesure commune permettant de situer le sens et la portée de nos actions.
- l'équerre, emblème de la loi morale, dépassant elle aussi tous les particularismes. Quel serait le sens d'une morale réduite aux aspirations de chaque homme ?
- le Livre de la Loi Sacrée, symbole de la Tradition. Devrait-il faire exception à de tels principes unitaires ?

En effet, pour notre Rite Ecossais Ancien et Accepté, la bible n'est pas le livre d'une religion révélée, mais un outil symbolisant le fini et l'infini, le contingent et le permanent, le matériel et le spirituel. Même si la bible n'est pas un livre historique au sens scientifique du terme, elle est, comme tous les livres sacrés des civilisations du monde, une chronique traitant de l'histoire et du devenir de l'humanité. Elle offre la synthèse de tout ce qui existe entre les deux pôles équilibrant l'initiation, symbolisés par l'équerre et le compas. En outre, elle proclame le devoir de fraternité, d'amour et d'harmonie en rappelant que l'humanité forme une famille unique dont chaque membre est l'égal des autres. L'usage qu'en fait le Rite Ecossais Ancien et Accepté ne vise qu'un objectif symbolique figurant la voie initiatique, usage fondé sur la spiritualité. Nous ne devons voir dans ce volume qu'un outil spécifique au Rite, indépendant de toute prise de position religieuse ou politique. Si l'on prend le Volume de la Loi Sacrée dans ce sens, les frères ne peuvent éprouver la moindre réticence face à la bible, pas plus qu'ils ne peuvent en éprouver face aux rituels et face aux Règlements généraux. Les maçons se rattachent à un cadre spirituel qu'ils revendiquent et qu'ils ne cherchent pas à dissimuler ou à édulcorer. C'est le cadre de la régularité et de la Tradition. Le Volume de la Loi sacrée est notre outil spirituel, alors utilisons le pleinement et totalement! Bien entendu, le maçon est plus que tout autre attaché au sens spirituel de l'Ecriture, alors qu'il laisse à chacun le soin d'interpréter selon ses convictions le sens littéral. Ce sens spirituel se décompose traditionnellement en sens allégorique, en sens moral et en sens anagogique. Rappelons-nous que anagogie vient du grec «agôgos » signifiant : « qui conduit vers » et «ana » qui veut dire : « en haut ». C'est donc par l'interprétation des écritures que l'on s'élève du sens littéral au sens spirituel. Autrement dit nous pouvons résumer le sens spirituel du Volume de la Loi Sacrée en quatre points : - le sens littéral qui raconte les événements
- l'allégorie qui indique ce qu'il faut croire
- le sens moral qui donne la voie de ce qu'il faut faire
- l'anagogie qui montre vers quoi il faut tendre pour s'élever.
Le Volume de la Loi Sacrée nous livre des expériences, des références qui permettront à chacun - selon sa personnalité et sa culture - de vivre sa propre spiritualité pour réfléchir, penser et agir. La finalité en sera bien sur de se structurer pour pouvoir mieux construire sa vie d'homme et sa vie de maçon dans l'action. Comme notre jeune enfant, celui que nous avons croisé au début de cette planche, il nous faut d'abord parler, puis lire et enfin écrire pour prétendre être quelqu'un. Cela nécessite un vrai travail. Les outils sont à notre disposition. Les règlements généraux nous permettent de gravir la première marche du progrès par l'acquisition de la « parole pacifique » condition indispensable à l'échange. Les rituels nous ouvrent et déploient la pensée du Grand Architecte de l'Univers, ils nous emmènent plus loin avec la possibilité de comprendre par l'expérience le voyage initiatique. C'est la «lecture » de ce que doit être le parcours de notre vie. Le Volume de la Loi Sacrée nous conduit avec la spiritualité à la création par « l'Ecriture ». Agir devient enfin simple. Il est temps de dépasser le : « Te ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu'épeler ». Celui qui est capable de s'exprimer puis d'écrire est celui qui tracera et bâtira réellement ses vies maçonnique et profane. Il ne se contentera plus de suivre le troupeau des adeptes de la pensée unique... Vivre en Loge, c'est prendre la parole, c'est rédiger des planches, c'est utiliser les outils que le REAA nous propose, c'est aller chercher chez les frères et en soi ces parcelles de Lumière qui nous permettront de construire une véritable fraternité en n'abandonnant personne sur le chemin... Fraternité indispensable pour « Mieux travailler d construire une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour oeuvrer en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Ce « Gloire au travail » que l'on trouve dans le rituel du REAA n'est-il pas le parfait résumé de ce que j'ai pu dénommer « un des fondamentaux de la vie réussie en Loge » ? Vénérable Maître et vous tous mes Frères, j'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Demande

Publié le 23 Septembre 2013 par Jean

Bonjour

Je suis en train de travailler sur le thème des tabliers maçonniques, de leur histoire, symboles et matières.

Dans ce cadre je recherche tous les éléments possibles et imaginables :

-          Références bibliographiques

-          Illustrations (photo, gravure, film, dessin …)

-          Travaux sur ce thème

-          Modes de fabrication

Je vous tiendrai informé de l’avancée des travaux par ce blog.

Je vous remercie par avance pour le temps que vous voudrez bien consacrer à ce thème.

Jean.

Mon mail

les.farges@gmail.com

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Parti des Pauvres Français : page Facebook

Publié le 23 Septembre 2013 par T.D dans Parti des Pauvres Français

Commentaire :

Nous les Francs-Maçons aimons la recherche de la Vérité. Parfois certaines vérités dérangent : la pauvreté en est une.

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La Vie intérieure de la Loge

Publié le 23 Septembre 2013 par J\P\ L\ dans Planches

VM vous m’avez laissé le choix d’un sujet de réflexion pour cette année, j’ai choisi comme thème la vie intérieure d’une loge, pour rappeler les principes fondamentaux d’un atelier. Ses devoirs ceux de ses membres et de ses officiers. Les devoirs de tous me semblent important dans cette atelier ou malheureusement beaucoup ne sont pas respectés, comme la préparation des Cérémonies et des tenues. Ce travail est un peu une planche d’instruction de 2ème surveillant. Nous étudierons la loge, ses fondements, sa vie son rôle. Une loge vit selon un usage, elle a de commun avec la FM en général la méthode de communication par l’intermédiaire de symboles communs qui permettent le dialogue et évitent toutes altercations provenant d’un manque de compréhension. La loge a des droits mais aussi des devoirs

Définition d’une loge : Une loge est une représentation idéalisée du cosmos. Une loge est représentée par un ensemble de frères qui travaillent au même rite au sein d’un Rite, parmi ces frères des apprentis, des compagnons, des maîtres, des officiers, un VM. Pour l’administration, des membres fondateurs, des membres, des affiliés. Tous ces frères ont la qualification nécessaire pour effectuer un travail maçonnique traditionnel dans un espace temps sacré. Une loge est souveraine, le VM définit son programme nomme ses officiers à l’exception du trésorier qui est élu par les maîtres de la loge. Un autre point commun à tous les ateliers de la planète, une loge travaille au même Rite dans le même rite, certes la langue peut-être différente, mais les travaux d’ouverture et de fermeture seront les mêmes. Les frères doivent représenter des orientations professionnelles différentes pour varier la différence de pensée et de raisonnement. Une loge ne vit pas tout le temps de la même façon, certaines périodes reflètent une crise, d’autres sont riches en travaux et chacun s’y sent bien, il faut tous les ans amener du sang neuf pour ne pas se scléroser, tout en sachant sauvegarder les anciens qui représentent la sagesse, le savoir d’un atelier. A la création d’un atelier, il y a plusieurs maîtres qu’ils veulent créer une nouvelle cellule quelquefois dans un vide géographique ou pour pouvoir développer une loge de recherche ou une loge regroupant des compagnons du tour de France, des sportifs ; en terme général il est important qu’il y ait un brassage professionnel pour ne pas créer de clans, nous ne sommes pas un club. Avec le mot loge, il faut aussi définir les mots atelier et temples. L’atelier est le lieu où les maçons travaillent. Le temple est un lieu sacralisable. Les objectifs de la loge sont de réaliser une délimitation volontaire d’une dimension sacrée. Le lieu doit être couvert. Le volume de la loge, l’espace sacralisable obéit à des règles bien précises ; elle a la forme d’un carré long, véritable parallélépipède puisqu’on lui reconnaît trois dimensions et non pas une simple surface :
- Orient occident
- Septentrion midi
- Zénith nadir

Ainsi décrite la loge est une coquille vide et sans vie ; pour rendre cette loge vivante il faut lui donner les éléments indispensables : . La loge se compose d’officiers dont les rôles sont bien précis.

le VM le dirigeant de la loge élu par ses frères est le maître absolu, il reçoit du pouvoir divin l’essence de ce qu’il devra donner à l’atelier par l’intermédiaire de l’épée flamboyante, le pouvoir plus matériel est représenté par le maillet. Le VM imprime son style son programme en respectant l’histoire et les coutumes, un atelier a des coutumes que les anciens définissent et expliquent, pour changer il faut que la majorité des frères soient d’accord, il est des usages de ne pas bouleverser. Le VM est responsable de l’instruction de maîtres de la loge, tache bien souvent oubliée ; le nouveau maître s’il n’est pas guidé se trouvera bien isolé pour la compréhension du rituel de maître dont l’essence est primordiale pour la suite. Nous sommes dans un système particulier d'enseignement, il n'est pas dirigiste, scolaire, mais doit permettre au frère d'appréhender plus facilement certains concepts. Il faut donner le signal, le déclic qui rendra plus aisé la signification de certains symboles. L’ordre même absolu du VM est d’autant mieux accepté qu’il soit limité dans le temps, on ne court aucun risque de confiscation ou d’abus de pouvoir dans les loges.

Les surveillants ont un rôle primordial ; ils enseignent et surtout ils forment les futurs officiers qui feront la vie de demain et permettront à la loge de vivre. Les tenues d’instruction mensuelles dans le meilleur des cas ne doivent pas se résumer à apprendre la gestuelle et le catéchisme, la maçonnerie n’est pas une religion un dogme, les surveillants doivent stimuler leurs interlocuteurs pour que ceux ci arrivent à découvrir l’idée qu’il y a sous le symbole.

L’orateur, la mémoire de la loge mais aussi le gardien des lois, il prend la parole toujours le dernier et donne son point de vue ; les frères voteront comme ou différemment de lui, mais ne pourrons plus donner verbalement leurs avis. L'orateur comme l'apprenti ne donnera pas son opinion à la fin de la tenue ou de l'agape rituelle, il fera un résumé de tout ce qui a été énoncé durant la réunion. Après chaque cérémonie,il synthétisera celle ci et argumentera un des points forts de ce que le frère a vécu, pour déjà ouvrir l’esprit du promu.

Le secrétaire résume les travaux, garde les archives est en relation avec les autres loges.

Le trésorier garant du trésor, est lui aussi élu par les frères de l’atelier. Sa tache est ingrate mais indispensable à la vie de l’atelier.

Le maître des cérémonies, l’expert assureront le bon déroulement des tenues et des cérémonies. Par respect pour les futurs candidats ils auront soins de répéter les cérémonies pour que celles ci se déroulent d’une manière sereine sans heurts.

L’hospitalier sera à l’écoute des frères et s’enquerra des nouvelles des frères absents.

Un mot revient souvent en maçonnerie Fraternité, on en parle beaucoup, mais peut être pas dans le sens réel. ; à ce sujet la première des fraternités est de régler à temps le trésorier pour tous ceux qui n'ont pas de problèmes, ce qui permettrait d'étudier les autres cas plus facilement ; la fraternité c'est de s'assurer que tout se passe bien dans la loge, il faut éviter aussi les affaires entre les frères certains n'arrivent pas à saisir que les problèmes profanes n’intéressent pas une grande majorité de l'atelier. La fraternité c'est donner à l'autre tout l'amour que nous pouvons, en considérant qu'amour signifie connaissance, nous sommes loin du cliché dont font choux gras tous les articles consacrés à notre ordre, il est évident qu’il y a comme dans toutes les associations des brebis galeuses, mais elles s’éliminent d’elles même quand elles s’aperçoivent qu’il n’y a pas d’affaires intéressantes. ,

Le couvreurs on rôle modeste au sein de l’atelier montre que le pouvoir n’est que temporaire et qu’après l’avoir assuré, il faut savoir vivre comme les autres frères

Tout est en place : la loge pourtant ne fonctionne toujours pas, l’égrégor qui donnera vit à cette loge n’est pas encore réalisé. C’est l’application du rituel qui va donner sa vie propre, le mouvement qui va permettre la sacralisation. Sans rituel une loge n’existe pas. Une loge vit selon un rite d’un même Rite, ici nous sommes au REEA, donc respectons- le ; Par exemple, le livre de la loi doit être ouvert au chapitre de Jean( d’où venez vous d’une loge de St Jean, donc le Coran ou tout autre livre sacré n’a aucune raison d’être encore moins une constitution républicaine) actuellement la GLNF favorise le rite émulation, en tant qu’écossais il nous appartient de défendre nos coutumes.

La vie de la loge

Il ne suffit pas de se réunir une ou deux fois par mois, il faut aussi transmettre la tradition ; nous le faisons par nos travaux. Au cours d’une tenue un travail sur le thème de l’année devra être présenté un morceau d’architecture, les frères seront présents pour respecter le travail de l’orateur, c’est la moindre des politesses, une planche représente quelques heures de recherche, le frère doit donner le maximum de lui même ; ses frères pour montrer leur respect vivent à vis de ce travail auront eux mêmes préparer le sujet et ainsi apporteront_ils des ajouts qui enrichiront tout l’atelier ; mais nous sommes dans une société initiatique, aussi pas de remerciements ou de félicitations ce n’est pas le but de l’opération. Ces travaux doivent améliorer le savoir des frères ils font parti intégrante du système d’enseignement maçonnique, aussi que ce soit au cours d’agapes rituelles ou au cours de la tenue, tous devront prendre la parole, c’est un moyen de s’enrichir personnellement, tous les apports sont un enrichissement, il ne faut pas être faussement modeste, si nous voulons progresser il faut s’engager. Les travaux aux agapes permettent l’expression de point de vue ou d’opinions différentes, sans agression ni mépris et la recherche sincère de la vérité sans utiliser l’argument de l’autorité, lequel prévaut si souvent dans la vie profane réputée démocratique. La minute de symbolisme est le rappel instructif d’un point particulier de notre rituel, il est intéressant de constater que suivant l’orateur, le sujet sera traité différemment. Au cours de nos travaux, il ne faudra pas oublier les structures de notre association et rappeler le règlement soit de notre atelier, soit de la GLNF.

Comment vit une loge ? Nous avons défini, les membres, le travail d’un atelier ; voyons maintenant son fondement. Le secrétaire a en sa possession toutes les archives, si l’orateur est la mémoire de la tradition le secrétaire est l’historien de la loge. De la fondation à notre dernière tenue, tous les travaux, cérémonies sont présentes dans les différents livres d’archives, sauf les enquêtes et testaments philosophiques des impétrants, pour une raison simple, si un jour ils deviennent secrétaire ils n’ont pas à connaître les pensées des frères enquêteurs. La loge doit ou devrait avoir un règlement intérieur pour éviter tout conflit et surtout des discussions interminables à propos de sujets bien souvent profanes sans peu d’intérêt.

La loge a des droits mais aussi des devoirs, nous appartenons à un ordre à qui nous devons obéissance, nous devons obéir, mais pas être soumis au pseudo pouvoir de frères qui se sont donnés des titres qui sont administratifs et non aucune valeur initiatique ; ces représentants de l’ordre sont là pour faire perdurer la vie je dirai profane de notre association, ils tiennent les finances, gèrent les locaux, nous représentent dans les manifestations extérieures, mais ils n’ont aucun rôle dans la vie de l’atelier d’un point de vue maçonnique, seul le VM dirige nos travaux, il est investi du pouvoir par le vote des frères de l’atelier, s’il a été installé par des frères « administratif », c’est une coutume un passé maître peut très bien remplir ce rôle ; Je suis peut être agressives vis à vis de ces frères mais des dérives actuelles contraires au REEA, me font réagir, je ne parlerai même pas des reportages photos dans les loges, et des décors richement dotés d’or et de médailles ; n’oublions pas le rituel où il est marqué « tu laisseras tes métaux à la porte du temple ». Ne soyons pas négatif oublions ces discordes futiles de la part de certains qui n’ont pas toujours compris que la maçonnerie n’est pas un club, mais une société de recherche discrète Ou bien les responsables de ces instances se considèrent comme des organes administratifs et ils devront se garder de toute intrusion dans la loge ou bien ils s’estiment des organes constitutifs de la vie initiatique et ils devront en respecter les règles. En maçonnerie, la hiérarchie n’est que la mise en ordre des difficultés développées pour chaque grade. Elle ne confère aucun privilège, elle ne donne aucun droit de commandement. Elle impose seulement un nouveau devoir à ceux qui sont hiérarchisés, celui d’employer toute influence qu’ils tiennent de leur situation à élever les autres hommes au niveau supérieur qu’ils ont atteint eux mêmes. L’autorité est donc purement morale (savoir, comprendre, agir). Nos devoirs vivent à vis de l’ordre sont de transmettre par nos travaux mais aussi par nos initiations. Avant de présenter un candidat il faut le préparer et l’avertir de ce qui va l’attendre, outre la présence, le travail, le but de toute initiation doit lui être transmis, le profane ne rentre pas dans un club élitiste, intellectuel, mais dans une organisation initiatique, et surtout pas dans une secte, de chez nous nous partons quand nous le désirons. VM, j’aurai encore beaucoup de choses à dire mais il faut savoir terminer un sujet, mais dans un monde où beaucoup de valeurs ont disparu où l’individualité, l’égoïsme, le profit spéculatif, l’intégrisme, la non communication entre les hommes dirigent le monde ; Qu’il est bon de savoir qu’il existe à travers le monde des hommes qui travaillent comme nous à perpétuer la Tradition, et peut être seront-ils la solution de tous ces problèmes.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Symbolique alchimique du Cabinet de Réflexion

Publié le 20 Septembre 2013 par Antoine, 9 février 2011 dans Planches

Lors de mon passage dans le Cabinet de Réflexion, je m’interrogeais sur la présence et la raison d’être d’une symbolique aussi clairement alchimique dans un tel endroit. Les pères fondateurs de la franc-maçonnerie auraient-ils voulu, avec ces symboles, livrer des clefs à l’impétrant pour lui ouvrir les portes de son parcours initiatique ? Lui faire comprendre la philosophie de l’une au regard de l’autre, avec cette question : en quoi les principes alchimiques peuvent-il m’éclairer sur le sens de mon passage ici, dans le cabinet de réflexion ?

Dans cette caverne plongée dans la nuit, au cœur de la terre, un mot ne laisse aucun doute sur son origine symbolique : VITRIOL. Voilà, à mes yeux, le mot central : emblème ouvrant l’un des traités les plus connus du corpus alchimique : "Les douze clefs de la Philosophie", de Basile Valentin. VITRIOL révèle à l’initié qu’une certaine semence, support du principe vital, appelé par les alchimistes Esprit Universel, est enfermée dans la noirceur de la terre ("terre" au sens des quatre éléments). Basile Valentin, dans ce traité donne douze clefs opératoires et montre comment on peut extraire cet esprit sous la forme d’une pierre. VITRIOL : invention sublime par sa double lecture, paradigme connu de tous les Francs-maçons sous sa forme acronymique et latine, "Visita Interiora Terrae et Rectificando Invenies Occultum Lapidem", "Visite l’Intérieur de la Terre et en Rectifiant tu Trouveras la Pierre Cachée".

Avant de présenter quelques principes des opérations alchimiques, je voudrais faire quelques commentaires sur cette habituelle traduction qui, me semble-t-il, escamote les nuances, et donc celui de la juste compréhension : "Visita", est traduit par "visite". Il convient ici de lui préférer le deuxième sens du verbe "visitare" : "examiner en profondeur, pénétrer, fouiller". En Alchimie, le choix des matériaux de base et leur préparation, exige en effet une parfaite connaissance des principes, un examen en profondeur de leur nature, une compréhension de leur structure, et non le survol d’une simple visite. "Interiora", traduit par un singulier est en fait un pluriel. Il serait donc plus juste de traduire "visita interiora terrae" par "examine avec application les entrailles de la terre". Vient ensuite la seconde partie de l’acronyme ouverte par "rectificando" : "en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée".

Mais que signifie ce "rectificando" ? Revenons encore une fois sur la traduction : le verbe "rectificare" n’existe pas en latin classique ("Rectifier", dans le sens de "rendre droit", se traduirait par "corrigere"), "rectificare" c’est du latin de cuisine, et de cuisine alchimique. En fait, "rectifier", est un terme de la vieille chimie, qui signifie : "opérer une deuxième distillation". Un alcool rectifié est un alcool qui a subi une deuxième distillation pour le rendre plus fort, plus concentré. Voilà le sens du gérondif "rectificando". Les opérations alchimiques consistent en effet en une série de dissolutions-distillations répétées, destinées à séparer, lentement et progressivement, le pur de l’impur, dans un mouvement cyclique et circulaire. ("lentement et progressivement", est la condition sine qua non de la transformation en profondeur).

Le but de ces opérations vise à extraire la pure semence de sa prison minérale par le démembrement des matériaux. A faire sortir l’esprit enfermé dans la terre. L’esprit de vin est un vin qui a subi plusieurs rectifications. C’est dès lors une eau de Vie. Dans la voie de Basile Valentin, la première opération consiste à ouvrir la matière première, la materia prima, la pierre brute. Cette Terre matricielle se présente sous l’aspect d’un minéral vil, informe et noir. C’est pourtant elle la Pierre des Sages : "… La Pierre des Sages est une, sa matière est unique, quoique de plusieurs choses, et ne se peut trouver en autre chose du Monde, et il n’y a rien qui en approche en tout cet Univers ; elle est la matière première de tous les métaux ; elle est un mixte de terre et d’eau animé de l’esprit de la quintessence et des influences du Ciel" … ( "Filet d'Ariane").

La deuxième étape vise à en séparer les deux principes opposés, le soufre et le mercure. Soufre et Mercure ne sont pas les corps que nous connaissons, mais des principes structurels de la matière. A la troisième purification, le Mercure se présente alors dans cette voie, sous l’aspect d’un régule métallique de couleur blanche, aisément fusible. C’était, pour les orfèvres un produit noble qui permettait de purifier l’or et l’argent en les débarrassant de toutes les "impuretés" métalliques. Il était considéré comme un dissolvant des métaux impurs. Quant au Soufre, on le trouve dans le résidu qui surnage, une scorie, une terre d’aspect méprisable, et que, par ignorance, on aurait tendance à rejeter. Ce que d’ailleurs les orfèvres ne manquaient pas de faire. C’est pourtant dans cette terre que se cache la semence minérale qui est "la pierre cachée dans les entrailles de la Terre", et que VITRIOL nous invite à découvrir.

La troisième étape est le temps du "rectificando". Il consiste à réunir ces deux principes devenus apparemment inconciliables, à unir ces contraires dans l’harmonie pour en tirer le troisième principe, sous la forme d’un sel. Voilà ce que nous dit Batsdorff à propos de ce sel dans le traité qu’on lui attribue, "le Filet d’Ariadne". "… Et quoique les Philosophes ne parlent que du mercure et du soufre, qui sont deux des principes de la Nature, et qu’ils ne disent rien du sel, qui est le troisième : il y est sous-entendu, d’autant que c’est lui qui fait la liaison des deux autres, et c’est de lui qu’ils entendent parler, quand ils disent notre terre, ou notre corps terrestre …". C’est ce sel qui nourri, consolidé par une série d'opérations que les alchimistes appellent "leurs Aigles", deviendra, en dernière phase, la première médecine. La Pierre Philosophale, pierre taillée par excellence, est ce sel que l’Homme et la Nature ont amené à l’état de plus-que-perfection.

Possesseur de la Pierre, l’alchimiste accède alors à l’Adeptat, et devient un authentique Frère de la Rose-Croix. Que les Enfants de l’Art me pardonnent ce raccourci plus que succinct de l’élaboration de la Pierre Philosophale. Et si je ne présente qu’une seule voie, c’est pour bien faire comprendre le principe philosophique des alchimistes : quelle que soit la voie empruntée, la pierre philosophale ne trouve son pouvoir de transmutation, donc de transformation, que par la purification complète de ses composants : pour avoir une action sur le monde et le transformer, elle doit d’abord se purifier elle-même. Son pouvoir de transformation, de transmutation, se mesure à la qualité de son élaboration.

Dans la production de ce mercure philosophique, interviennent des agents chalybés, l’un est terrestre, l’autre est céleste. L’utilisation de ces agents marque la différence entre la chimie et l’Alchimie. Dans cette première phase de putréfaction, qu’on appelle communément "Œuvre au Noir", la matière prend la couleur et l’apparence de la Mort. L’ensevelissement de l’impétrant au plus profond de la terre est une allégorie de son "Œuvre au Noir". Là, hors du temps, il doit se morfondre, c'est à dire se fondre dans la mort. La faux et le sablier, que l’on trouve ici-bas, sont les attributs reconnus de la Mort. La Mort fauche la vie de l’homme, comme les Parques coupent les fils de sa destinée, le sablier rappelle que le temps de sa Vie est compté, que la seule issue est la mort. Il symbolise aussi le temps qui passe, et par extrapolation, le Temps lui-même. Le sablier rappelle enfin que la notion de temps est nécessaire à la transformation. Nous sommes ici dans le règne de Saturne.

Il a été évoqué plus haut le fait que le Soufre, la semence, devait être cherché dans une sorte de scorie. Cette scorie, ce déchet, les Anciens l’appelaient le "Caput mortuum", la tête morte, qu’on symbolisait par une tête de mort. Le voilà notre crâne. Comme le crâne contient le cerveau, donc la vie, c’est dans ce caput que se cache la Vie de la Pierre. Ce caput, "rectifié" (dissout-distillé…), puis calciné, se transforme alors en une cendre, présente elle aussi symboliquement dans le cabinet. Le crâne et la cendre représentent une seule et même matière, à deux stades de son élaboration. "… Vous serez comme il est dit dans le Livre de la Toison d’or. Notre corps deviendra premièrement cendre, puis sel, et après par ses diverses opérations devient enfin le Mercure philosophal, c’est-à-dire, que le métal doit être calciné, réduit en sel, et enfin travaillé en sorte qu’on en fasse le mercure Philosophal". (Extrait du Filet d’Ariadne).

La quatrième figure des "Douze clefs de la Philosophie" de Basile Valentin, illustre la Mort debout sur son tombeau, génératrice de cette cendre. A côté d’elle brille une bougie. Cette bougie, aux côtés du crâne dans le Cabinet de Réflexion, signale que la vie n’a pas disparu. La mort n’est qu’apparente. La graine enfouie dans la terre ne germe que si elle est arrosée. De même, baignée dans son eau mercurielle, cette semence renaît à la Vie sous la forme d’un cristal salin. On trouve le sel sur la table du cabinet. C’est lui la pierre recherchée, résultat des opérations de "rectificando", et les Sages appellent ce sel : leurVitriol. Son étymologie donne une idée de son aspect : vitriol est en effet le vitri oleum, "l’huile vitrifiée", c'est à dire un sel fusible qui entre très facilement en déliquescence huileuse.

L’invention sublime de Basile Valentin réside dans le double sens de VITRIOL : l’acronyme, VITRIOL, dévoile le principe, tandis que le mot, le vitriol, désigne, et décrit, le produit final. Soufre, Sel et Mercure, sont unis dans la composition du "Mercure philosophique", ce compost qui donnera naissance à la pierre philosophale. Il faut savoir que c’est le sel qui unit les principes contraires, soufre et mercure, et les harmonise. Le Mercure philosophique est symbolisé par le Coq. Pourquoi la présence ici de ce volatile si inattendu dans ce lieu ? Fulcanelli nous le rappelle : le Coq, qui se dit en grec Kérux, partage sa racine étymologique avec kerukeion (l’Annonciateur), et kérukérion (le Caducée). Ils représentent tous les trois le dieu Hermès, le porteur du caducée. (kéruképhoros). Par glissement, le Coq symbolise alors le mercure philosophique.

Chacun le sait, le Coq est l’animal annonciateur du lever du soleil (or philosophique), le générateur de la Lumière qui émerge de la nuit, symbole de la vie renaissante. L’énigme allégorique de ce coq, mercure philosophique porteur du soufre fixe, a été posée par l’école allemande d’alchimie. Basile Valentin nous révèle dans son livre "la Pierre de Feu" que le secret de l’un des agents chalybés se cache dans la crête du coq, mais cela si discrètement que si l’on peut passer à côté. La piste est ouverte pour le Curieux de Nature. Ainsi de la pierre amorphe s’élabore la pierre taillée, sous la forme d’un sel cristallisé, le Sel de la Terre, vecteur de la vie elle-même et symbole d’harmonie. Il faut entendre "Vous êtes le Sel de la Terre !" comme une invitation à l’harmonisation.

Mais comment répondre à cette invitation ? La réponse se trouve peut-être dans l’aphorisme platonicien "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux". L’impétrant est étonné de découvrir en ce lieu cette inscription qui était à l’origine placée sur le fronton du temple de Delphes où la Pythie délivrait ses oracles. "Connais-toi toi-même", en miroir de "examine les entrailles de la Terre", invite l’homme, et pas seulement l’impétrant, à une descente dans la psychologie des profondeurs, exige une plongée dans les parties les plus secrètes de sa psyché, d’en connaître les mécanismes, d’en "faire un examen approfondi". Ce n’est pas pour rien que cette maxime, sous cette forme ou sous une autre, est la pierre angulaire de toute initiation, et cela, dans toutes les civilisations… Les psychanalystes, les chamanes, les soufis, les maîtres bouddhistes et ceux qui entreprennent cette aventure de l’esprit, savent combien le "Connais-toi toi-même" engage l’être dans sa totalité, le transforme et, de ce fait, change la nature de son regard sur le monde, comme l’indique la deuxième partie de l’aphorisme. "… et tu connaîtras l’univers et les dieux".

Ce voyage n’a rien d’une introspection morale, ni d’un examen de conscience ou encore moins d’une vague estimation de son Quotient Intellectuel. "Rectificando" consiste à faire émerger ce que certains appellent le Moi profond, d’autres le Soi, d’autres encore, l’Esprit de l’Homme, voire le Corps glorieux … Avec l’émergence de l’Esprit, l’Homme devient Sel et il est intéressant de remarquer que la forme cristalline, pyramidale et prismatique de ce sel, de ce vitriol, ressemble à la pierre cubique à pointe que l’apprenti découvre dans le Temple …

La symbolique du Cabinet de Réflexion est si explicitement alchimique qu’il est vraisemblable que "nos illustres fondateurs, les mystérieux Rose-Croix", en ont été les promoteurs, eux qui, avant même la publication des Constitutions d’Anderson, n'imaginaient pas séparer l’initiation maçonnique de l’initiation alchimique. Eugénius Philalèthe, franc-maçon et alchimiste, ne déclarait-il en mars 1721 : "L’objet des vœux et des désirs des maçons n’est autre que l’Alchimie, sujet de l’éternelle contemplation des Sages". Mais combien répondent à cette invitation ?

Alors, pour les simples maçons que nous sommes, que peuvent nous enseigner les symboles du Cabinet Noir au regard de l’Alchimie ? D’abord : que l’Homme doit accepter de mourir à lui-même, qu’il est la matière première de sa propre transformation. Ensuite : que ce qu’il cherche sera trouvé dans les profondeurs de sa psyché, dans le terreau le plus noble, comme dans ses scories, celles qu’il a refoulées au plus profond de lui-même et qu’il rejette de sa conscience. Que le feu intérieur ne peut briller que si toutes les scories, les peurs ou les déformations que nous portons, ont été purifiées . Que l’harmonie découle de la réconciliation des contraires. Que la lente maturation est propice et nécessaire à l’émergence de l’Esprit. Enfin que les symboles, quand ils entrent en résonance avec nous, ont le pouvoir de nous transformer, et de transformer.

En conclusion, le cabinet de réflexion, est le lieu de notre "Œuvre au Noir" et VITRIOL, une invitation à notre transformation personnelle vers un plus-de-perfection, en vue d’une transformation dans le Temple, des choses, des hommes et du monde.

 

Source : http://www.troispoints.info/article-symbolique-alchimique-du-cabinet-de-reflexion-66362235.html

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La Solitude

Publié le 19 Septembre 2013 par Lamech dans Planches

« La solitude a deux facettes. Volontaire, elle élève et purifie. Obligatoire, elle étouffe et détruit ». Francine Ouellette

La solitude est une réalité bien plus difficile à appréhender qu’il n’y paraît.La solitude est sans doute l’une des plus grandes angoisses de notre culture post-moderne. D’ailleurs n’a t elle pas été mise en avant à l’occasion de cette journée spéciale de lutte contre la solitude en juillet 2011 et que même le label «Grande Cause nationale 2011» a été attribué au collectif « Pas de solitude dans une France fraternelle » rassemblant plus de 26 associations françaises, et près de 3500 partenaires. Le solitaire est stigmatisé par la société. Oui, entendez bien aujourd’hui «Grande cause nationale», la solitude apparaît aux yeux de tous comme l’un des plus grands maux de notre société : une honte, un désespoir. Et pourtant, les expériences mystiques et religieuses ne cessent d’en faire l’éloge. Et c’est ce coté là de notre miroir intérieur que je vais aborder avec vous.
Je n’évoquerais pas délibérément la solitude sentiment tragique qui peut mener à des conduites désespérées, au suicide, à la dépression, à diverses maladies et névroses même si le cheminement à une solitude salvatrice et ascétique est pavé de telles épreuves.
Non je désire évoquer avec vous ce que ma solitude, un temps imposée, m’a conduit à admettre…     

Que je suis un solitaire, depuis toujours et plus que jamais. C’est même cette solitude qui me fait tenir debout, avancer et créer.
Je suis un solitaire, donc, quoique bien entouré et riches de belles et solides amitiés. La souffrance, dans cette solitude n’est point absente. Je l’ai subi, j’avais peur d’elle, comme d’un
croquemitaine, puis avec le temps et les épreuves, j’ai appris à l’apprivoiser, et elle est devenue une très gentille sorcière à qui je confie mes petits secrets. Ensemble, nous monologuons et le silence est son interprète. Oui je l’ai détesté et aujourd’hui je l’apprécie.
Je veux aborder avec vous, vous dire ce que je ressens pour elle. Les personnes qui la craignent sont des ignorants, ils préfèrent s’entourer d’une multitude de relations, d’amants, de gens suffisants et insignifiants croyant ainsi se rassurer, mais ils s’accrochent à des étoiles d’illusions. La société actuelle vit sous le régime du semblable et non du différent «Mieux vaut être seul que mal accompagné». Ce proverbe est loin d’être suivi et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, nous pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l’appui d’un groupe. «Tout plutôt que d’être seul» serait donc la devise actuelle. D’abord, pour dissiper tout malentendu, oui la vie est relation, vivre c’est être relié, c’est un fait absolument incontournable : nul ne peut vivre hors de toute relation, mais à la seule condition d’être d’abord relié à soi-même, de vivre en relation avec soi même. Nous avons besoin de solitude pour intégrer un à un les événements de notre vie, pour les intérioriser, car nous perdons en intensité ce que nous acquérons en sécurité.      

La solitude est une invitation à la découverte de soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire mais un être singulier, distinct et particulier: moi / nous. Le précepte du Temple de Delphes, celui de Socrate, prend, dans ce thème de la solitude, toute son ampleur «Connais toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux» dont on oublie toujours la suite : «Tu sauras, tu expérimenteras que tout est en toi, que tu es immense, que tu héberges l’univers, que le divin est ta véritable nature. Au non de quoi tu te découvriras véritablement Libre et non pas supérieur ou inférieur aux autres» : Libre ! Il existe des équivalent comme le précepte du VITRIOL, cette formule qui figure sur les murs du Cabinet de Réflexion : «explore l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.». Ou pour notre Frère Lams, je reprendrais ce Hadith de la mystique de l’Islam «Celui que se connaît, connaît son Seigneur». Ces préceptes nous enseignent à bâtir notre solitude comme à tailler notre Pierre. La Solitude est une épreuve sur la voie initiatique que nous avons emprunté. La Solitude est donc un départ, un voyage qui ne finit pas, une épreuve que l’on aborde différemment, qui nous permet d’acquérir des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l’endurance, la persévérance, la bienveillance et l’humilité.      

Nous vivons dans une société matérialiste, uniquement préoccupée de possessions et de pouvoirs qui ne prend en compte que l’ego en le flattant exclusivement et excessivement à travers la notion du groupe. Nous vivons dans une société qui ne nous apprend pas à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou l’école, vise à n’être jamais seul : On ne laisse pas un enfant dans le silence, face à lui-même, on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe ou d’une bande, à communiquer, à s’intégrer. Lorsqu’il grandit, ses parents et ses professeurs s’inquiètent s’il demeure seul, s’il préfère la compagnie des livres, des arbres ou des animaux à celle des humains. On s’inquiète plus de son apparente insociabilité que de son équilibre intérieur. Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec une personne, d’ailleurs pour preuve les tarifs sont plus intéressants en groupe alors qu’il faut payer des suppléments pour une chambre individuelle. On le dépossède de lui-même, on le pousse à être dépendant des autres. On appelle cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la fraternité ou de la communauté. Tout semble programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. Même si tout cela part de bons sentiments, on sait que parfois les bons sentiment s’avèrent les plus possessifs et les plus envahissants. Car lorsque cet enfant devenu homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils, ou tout simplement une perte d’emploi ou une mise à la retraite, il aura peur et perdra pied: il connaîtra cette solitude mortifère que j’évoquais au tout début, il sera désemparé. Cet homme depuis qu’il est né, a été détourné de sa solitude, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien et ne sert à rien. On ne lui a pas appris à compter sur lui-même, à se connaître, à se faire confiance. Même dans ma profession, pour la réinsertion des jeunes délinquants, je suis étonné que l’on a décrété, que pour apprendre à vivre en collectivité, que pour bien vivre ensemble il est obligatoire de vivre ensemble : ainsi on a recours au foot ou à d’autres activités collectives. On fait passer le groupe, la bande avant le sujet responsable, comme la charrue avant les boeufs.. En effet, les enseignants, les éducateurs ne proposent que très rarement une activité propre à chacun afin de développer chaque individualité avant de les mélanger toutes. Alors que ces mêmes jeunes souffrent d’un manque d’individualité et par conséquent souffrent du désoeuvrement et de la peur d’être seul d’où le phénomène de bande qui se crée et se propage. Mais j’en reviens à notre solitude, à cette quête. Nous, qui avons vécu l’initiation maçonnique , parcours tout d’abord solitaire, lors du recueillement dans le Cabinet de Réflexion. D’ailleurs notons que chaque société initiatique impose aux profanes et initiés une période soit de jeun, de silence: une période de solitude… Les sociétés tribales, amérindiennes imposaient à leurs membres une retraite solitaire pour marquer le passage du statut de l’enfant à celui d’adulte. La solitude était synonyme de source créatrice et bienfaitrice. Car être seul c’est se tenir devant l’inconnu. Dans notre vie quotidienne, chacun peut faire l’expérience imposée ou désirée de se retrouver seul, face à soi ce qui équivaut à se retrouver face à l’inconnue de soi. Souvenons du mythe de Robinson Crusoe de Daniel Dafoe : ce naufragé sur une île perdue et sans habitants, qui nous rappelle que lorsqu’on est seul, on est obligé d’inventer, de créer du neuf à défaut d’imiter les autres. L’isolement qu’il vivra lui apprendra à se connaître, à repousser ses limites à se découvrir important et surtout surtout à apprécier sa rencontre avec Vendredi et plus tard à renouer avec la civilisation autrement, en homme libre capable de tous les possibles alors qu’il se sentait médiocre auparavant. a solitude s’avère parfois un mal nécessaire, un besoin vital… alors à défaut de la vivre de manière aussi violante que Robinson, appréhendons nos moments de solitude autrement et tirons en toute la quintessence… Le véritable solitaire ou le solitaire accompli, celui qui est en paix avec lui-même après certainement épreuves et souffrances, n’est pas celui qui n’aime pas les autres mais c’est celui qui apprécie certains autres. Le véritable solitaire a le sens de l’amitié, il célèbre une relation unique entre deux personnes distinctes. Le véritable solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre des autres alors que la plupart ne cherchent qu’à enseigner aux autres. Le véritable solitaire est un homme libre, libre de toute attache et de tout dogme. Un goût irrésistible de liberté s’éprend de nous aujourd’hui : pour preuve ces innombrables expériences de l’homme qui le pousse à conquérir des espaces en solitaire : courses autour du monde, Chemin de Compostelle que l’on emprunte seul, retraite dans des monastères, vie à la campagne, etc… Oui nous sommes aujourd’hui en quête de sérénité, d’une solitude apaisante au milieu d’une société tumultueuse. Nous mêmes ici en ce moment, dans ce Temple, nous sommes seuls avec nous mêmes à écouter, à prendre la parole avec parcimonie.
La conquête de sa solitude signe la maturité et parfois même le génie. Nul ne peut se dire philosophe, écrivain, artiste et surtout homme libre s’il n’a exploré, épousé sa solitude.

Conclusion

Voyons chaque instant de solitude qui s’offre à nous comme un nouvel apprentissage de la vie, dans ses limites comme dans ses moments de grande plénitude. Même si notre besoin de l’autre est très grand, il ne peut remplir notre vide et nous apporter la sécurité que nous recherchons. Cette sécurité, il faudra la trouver en nous-mêmes, car il est impossible de penser que nous pouvons nous trouver en quelqu’un d’autre.
C’est tout le sens de l’identité personnelle. Cette identité se trouve en marchant sur notre propre chemin et en nous connaissant bien nous-mêmes.
Le secret, c’est cette plongée à l’intérieur où nous irons puiser force et inspiration.
La solitude est pesante, parfois. Mais elle est moins pesante quand elle se fait pensante, mais penser dans la solitude appelle un certain courage et non la résignation.
Tant que l’on refusera à accepter une certaine solitude, en la cachant par des divertissements, des institutions, sous prétexte d’inadaptation social, l’homme sera maintenu dans la peur, peur de la perte, dans la peur de mourir car la solitude, nous renvoie à la plus grande de l’homme : la peur de la Mort. Bien entendu, la solitude ne doit pas être constamment creusée ou contemplée, mais c’est toute l’approche de la solitude et la manière de la vivre quand elle se présente, imposée ou choisie, qu’il convient à nouveau de découvrir, pour mieux aller à la rencontre de l’autre et découvrir son alter/ ego, son autre soi.

J’ai dit…

Source : http://www.gadlu.info/planche-sur-la-solitude.html

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Le Travail Maçonnique

Publié le 18 Septembre 2013 par G\ H\ dans Planches

Jahvé Dieu planta un jardin en Eden… Du coté de l’Orient… Il y plaça l’homme et la femme… Fit germer toutes sortes d’arbres… Et l’arbre de la vie au milieu du jardin… Puis l’arbre de la connaissance du bien et du Mal…
… Le Dieu Jahvé interdit de toucher à l’arbre de la « connaissance » et à l’arbre de vie qui étaient au milieu du jardin et dont le fruit était défendu…
…Le premier conflit des générations se déchaîna lorsque les créatures désobéirent à leur père pour s’affranchir de sa tutelle… Le créateur maudit ses propres enfants jusque dans leur descendance à perpétuité parce qu’ils s’étaient connus (au sens biblique du mot)…
…A la femme il dit : « j’aggraverai les peines de ta grossesse … Tu enfanteras dans la douleur » …
…A l’homme il dit : « parce que tu as écouté la voix de ta femme…parce que tu as mangé du fruit de l’arbre… Maudit soit le sol à cause de Toi ! C’est à force des peines que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… Il te produira des épines et des chardons, et tu devras manger l’herbe des champs.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain… Jusqu’à ce que tu retournes en terre…
Et tu retourneras à la terre

Le concile de TRENTE, directement inspiré selon le pape Paul III du Saint Esprit, celui où l’on entendit reprendre en cœur par tous les Archevêques et Pères « Anathème aux hérétiques » - traduisit un peu différemment, et pour cause, ce passage du texte biblique de la Genèse : Les mots d’asservissement et de punition furent accolés à celui de « travail » consacré à devenir ainsi une pénitence divine.
…C’est par un travail pénible que tu tireras ta nourriture du sol de la terre tous les jours de ta vie à la sueur de ton front…
Le mot « travail » est issu d’un mot latin qui désignait un instrument de torture, plus précisément du bas latin « trepallium «, instrument à trois piliers qui servait à ferrer les chevaux, à maintenir les chevaux sous le joug et assujettir les condamnés à la torture.
Assimilant l’acte à l’outil on considéra le travail comme le maintien sous le joug en y ajoutant le contexte biblique de punition.
Les bourreaux disent d’ailleurs qu’ils « travaillent » un homme en le torturant, le policier en recherchant un aveu.
Que dire d’une femme qui se trouve dans la salle de « travail » ?
Dans notre ancien langage, « travailler » signifie » faire souffrir » et peu à peu, après le concile précité, il prend le sens de faire de grands efforts.
Les régimes totalitaires ont magnifié le travail étant un bon moyen de préserver l’ordre établi ; pendant qu’ils sont occupés à de lourdes tâches, les sujets n’ont pas le goût à réfléchir, de réfléchir à leur condition, de s’organiser, de s’opposer au pouvoir.
L’inaction parait-il serait la mère de tous les maux, et l’excès de travail serait le père de toutes les soumissions…
Le travail n’a jamais eu de rapport étroit avec l’accomplissement d’une vie et jamais personne n’a remis en cause sa justification.
Nos ancêtres nous indiqueraient qu’il existait et qu’il existe des travaux plus pénibles que d’autres ; ainsi nos civilisations ont eu recours à l’esclavage, à l’enrôlement…
L’oisiveté n’existait pas, peu octroyaient du temps à la culture, beaucoup s’adonnaient à la guerre.
La révolution industrielle transforma le « travail » en une valeur économique.
Zola le démontra dans ses ouvrages, le progrès consentit d’éliminer les durs labeurs malheureusement sans apporter chômage et dégradations.
Seuls les métiers laborieux, qui demandent effort et sueur ne trouvent que peu de volontaires, car toute notre instruction moderne a jeté l’abjection dans le travail dans ce qu’il a de plus rude, dans sa tourmente.
Des hypocrites ont réussi à démontrer que comme nous étions tous nés avec la même chance, avec la même acuité à apprendre ; si nous réussissions à susciter nos prédispositions nous obtiendrions un gagne pain agréable et de fait bien rémunéré, l’un n’allant pas sans l’autre.
Alors ne critiquons point nos enfants qui bien évidemment ont déduits qu’il valait mieux être contremaître, qu’usineur, acteur qu’intermittent, architecte que maçon.
Mais ils ont oublié que de devenir un bon architecte est difficile !
A l’inverse nous louons les jours fériés, les vacances et que dire de l’attente si longue pour obtenir une retraite tant méritée.
Nous voudrions entrer le plus tard possible dans la vie active, synonyme de longues études, enfin scolarisation, et la quitter le plus tôt possible, image proche de la réussite et de l’avènement.
Nos prédécesseurs n’ont jamais révélés ce genre d’aspirations, en résumant : faire un minimum pour obtenir un maximum.
Qui ne cherche pas son « paradis » dans « ne rien faire » ?
Le manque de convictions religieuses, spirituelles, pousse l’homo sapiens à chercher un paradis illusoire sur notre planète.
Le « non travail «, ces journées où l’on exerce rien, conduisent certains à s’ennuyer, d’autres à pratiquer du sport, à se promener, à se cultiver.
Pour ces derniers, il faut toutefois se battre contre soi-même, faire des efforts avérés.
Si le travail est considéré fréquemment pour une activité laborieuse, on peut se demander pourquoi alors on travaille.

Pourquoi travaillons-nous ?
En abordant par le côté historique l’idée du travail nous remarquons que cette idée est le fruit d’une construction et que nous sommes victimes d’errements en pensant que le travail a toujours existé.
Et si nous parlons de travail, nous ne savons plus à quelle dimension de cette notion nous faisons allusion.
Parce que nous ne sommes plus des animaux, que nous sommes inadaptés au milieu naturel, nous ne sommes plus chez nous dans la nature.
Protagoras a démontré que l’homme est nu sans moyens techniques, sans couverture, et pourtant il a survécu…
Cette pérennité a été réalisable sous protection de Prométhée qui ouvrit aux humains la maîtrise du feu et des techniques.
Ainsi, ils purent travailler déjà et compenser cette inadéquation au milieu.
Dès lors, travail et technique sont étroitement liés.
C’est par le travail, j’ajoute même, grâce au travail que l’homme s’assure comme sujet et s’oppose ainsi à l’objet.
C’est encore par le travail, grâce au travail, que l’homme se rend maître de la nature.
C’est enfin par le travail, grâce au travail que l’homme se réalise et s’accomplit en oeuvrant, quelque soit cette œuvre.
Et très justement, par la production d’une œuvre l’homme prend conscience de son état d’homme.
C’est la raison principale qui me pousse à répondre à la question de pourquoi travaillons-nous, par la question : peut-on devenir un homme sans travail ?
Ce qui précède vous apparaît certainement comme incongru dans l’atelier ce soir, et le nom d’atelier a son importance, car comme nous le verrons par la suite, nous sommes ici dans un lieu voué au travail.
Si notre rituel nous invite à nous situer « loin des soucis de la vie matérielle »
Il exige peu après notre devoir envers le monde profane.
C’est la très grande gloire de la Franc-Maçonnerie que d’avoir détruit le tabou d’expiation, le tabou d’infamie qui pesait sur le travail, de les avoir remplacé par le symbolisme d’un travail délivrant des contraintes humaines.
En cela le rôle des compagnies franches de bâtisseurs avaient tracé la voie élevant la construction au titre « d’Art Royal «. Le Franc Maçon que nous sommes doit savoir que la notion de travail « libérateur » se révèle comme une pensée moderne, comme le principe essentiel de l’évolution humaine.
Ce n’est pas à la Franc Maçonnerie, mais aux Francs Maçons de faire passer cette notion du plan « Symbolique « au plan « social «.
Une nouvelle question fait suite à la précédente : puisqu’il est convenu qu’il est une nécessité, en quoi consiste le travail pour un Franc Maçon ?
Quelque soit son âge, le Franc Maçon est un artisan, un artisan qui porte un tablier assimilant le travail manuel au travail intellectuel, celui de sa propre construction.
Il se joint à ses frères dans un endroit précis pour y travailler.
Pourquoi, alors que le travail maçonnique consiste en une réflexion personnelle, le Franc Maçon éprouve t-il le besoin de se trouver dans un endroit particulier pour réfléchir et en groupe de surcroît ?
Qu’il soit appelé Loge, Atelier ou Temple, ces trois vocables n’ont toutefois pas la même signification, le lieu rassemblant les frères, il faut avoir en mémoire que la pratique de la Franc Maçonnerie repose en grande partie sur la Fraternité.
La fraternité n’est pas qu’une attitude ou qu’un sentiment que l’on a ou que l’on a pas.
Elle se découvre, se forge, s’apprend au « contact » dans la rencontre et la connaissance réelle et individuelle des frères entre eux.
La Loge est une cellule vivante et de fait comme toute cellule, elle est mortelle.
Elle ne vit pas d’elle-même, ce sont les Frères qui la font vivre.
Notre Responsabilité est de la faire vivre, de la maintenir en vie.
Que ce soit celle où nous sommes « nés » ou celle parfois où nous avons été « adoptés », c’est toujours celle où nous travaillons et à laquelle nous appartenons.
Je ne suis pas membre d’une loge, j’appartiens à une loge, et cela à son importance.
Appartenir à une loge est un symbole puissant avec une connotation viscérale.
J’appartiens non en dépendance mais dans l’acceptation d’être une « partie » intégrante, d’être un élément constitutif d’un corps vivant où j’ai une place et un rôle.
Et si elle m’a créé ou m’a adopté, en retour je la fais vivre.
Voilà un de mes travaux…
Mais la spiritualité n’est pas un domaine où j’excelle tous les jours, je n’y accède pas par simple envie.
Je suis tout entier prisonnier de la matière, évoluant le plus souvent dans un monde « profane ».
Passer de la matérialité à la spiritualité réclame paradoxalement non pas une procédure spirituelle mais plutôt physique.
Ce sont les mots, les gestes, les attitudes qui me font entrer en contact avec moi-même.
Pour des raisons qui sont nôtres, propres à notre tradition, nous devons travailler à construire et consacrer à chaque fois notre temple.
Notre travail n’est jamais fini et à chaque fois il faut reprendre la construction, reprendre la construction qui s’est à chaque fois enrichit de ce que nous avons appris la fois précédente.
L’on peut s’étonner d’un Frère qui ne s’implique point et complètement dans la vie de l’Atelier, qui ne propose pas de morceau d’architecture, qui ne prend pas la parole, qui arrive juste à midi pour partir juste à minuit, qui ne partage pas même un morceau de pain en salle humide, qui ne s’inquiète pas de l’absence de son frère.
Sans le travail dans l’atelier comment être maçon ? Ne sommes nous pas la représentation de la vie ?
Ce qui précède me conduit à mettre en lumière la différence entre travail individuel et travail collectif.
Nos frères Maîtres le professent inlassablement aux apprentis, le travail individuel est le fondement même de l’initiation, fait de réflexion et de méditation.
Et cette réflexion doit plonger inéluctablement ses racines dans notre rite, sa sève dans le rituel.
Si je peux individuellement de par mes lectures avoir accès au rite, le rituel est là dans ce temple, avec mes frères.
J’en déduis sans contournement que le rite sans le rituel est page morte, et que le rituel n’existe que dans sa pratique.
Il est aisé de conclure que le rituel est un travail et qu’il ne peut se pratiquer qu’en loge.
Il est travail collectif « effectif et concret ».
C’est l’essence même du travail maçonnique, d’où la nécessité d’une participation active et constante.
Cette pratique s’enrichit par les « planches » qui s’inscrivent à la fois dans le travail collectif et individuel.
Individuel de par le travail de l’orateur et collective par l’enrichissement qui suit.
Je parle de travail, je le décline tout simplement, je m’interroge.
Evoquant le travail en loge je parle de provocation à la réflexion, prélude à un autre travail permanent que je vais effectuer dans le prolongement de ce que je fais en loge.
Je communique, je communie même, je me construis.
Le Temple est réservé à des rencontres et à des échanges, au travail d’initiation.
Avant de conclure, je vous donne un peu de travail à mon tour en vous proposant d’y répondre dans votre fort intérieur pendant un instant :
« Notre travail n’est-il pas de nous initier pour être en mesure d’accomplir notre mission ? »
Dans notre rituel, au 1er Degré, immédiatement après que l’impétrant soit entré dans le cabinet de réflexion, il peut y voir bon nombre de symboles qui conduisent au travail.
Il ne sait pas encore que le chemin sera long ; qu’il franchit les premiers mètres de ce chemin qui n’a pas ici de fin.
Il lui faudra faire preuve de persévérance, de volonté et de travail.
Nous devons tous accepter de sentir en soi une forme de découragement parfois, mais par le travail et parce que nous avons accepté de dire oui un soir, dire oui à l’inconnu, nous devenons ce frère que se construit de Vendredi en Vendredi.
J’aimerai vous livrer cette maxime de Jules RENARD :
«
Au travail, le plus dur est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul…»
J’ai dit Vénérable Maître.
source :
www.ledifice.net  

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Généalogie des 4 éléments

Publié le 17 Septembre 2013 par D\ D\ dans Planches

Sur un moment privilégié de l’initiation, et pour moi ce fut le plus intense, car ce n’est qu’au terme du troisième voyage que j’ai retrouvé mes esprits.
Epreuves ou purifications ?
Alchimie ou pas alchimie ?
Ce petit travail ne prétend pas à l’érudition ni à être complet. En effet j’ai à de nombreuses reprises simplifié et schématisé afin de me concentrer sur l’essentiel. On pourra donc me contester sur de multiples points de détail.

La Préhistoire.
Dans les loges écossaises du 17ème siècle la réception d’un nouvel apprenti comportait des brimades et des humiliations diverses, qui relevaient plus du bizutage que d’une quelconque « transmission d’une influence spirituelle » (voir David Stevenson « Les Origines de la Franc-Maçonnerie. Le siècle écossais 1590-1710 »). Il en est resté quelque chose chez nous à l’époque actuelle (souvenez-vous du premier voyage).

Les débuts anglais.
Si 1717 vit la naissance de la première Grande Loge, celle de Londres et de Westminster, ce fut durant les années 1720-1730 que se mirent en place les caractéristiques principales d’un Ordre tel qu’il persiste encore aujourd’hui : dédoublement du premier grade, apparition de la légende d’Hiram, formation de loges sur le Continent.
A cette époque le candidat à la réception (the making of a mason), on ne parlait pas encore d’initiation, subissait déjà des épreuves dénuées de tout caractère purificatoire : dépouillement des métaux, dénudation partielle, aveuglement.
Ces cérémonies primitives ne faisaient aucune référence à l’Alchimie, à la Kabbale ou à la Mystique rosicrucienne.

En 1730, année de la parution du « Masonry Dissected » de S. Prichard, le récipiendaire effectuait un tour de la Loge (les Anglais n’utilisent pas le terme de voyage). Cette perambulation est bien à l’origine des « voyages » français d’aujourd’hui. Elle subsiste, immuable, dans les loges anglo-saxonnes, où elle est le prétexte à la présentation du Candidat aux Surveillants puis au Vénérable Maître.

Les débuts français.
Les débuts de la maçonnerie française sont caractérisés par la coexistence plus ou moins harmonieuse de loges « jacobites » (Anglais, Ecossais et Irlandais exilés partisans de la famille déchue des Stuarts) et « anglicanes » (Anglais et Français initiés à Londres, puis Français initiés à Paris par des Anglais).
En 1737, date de la première divulgation française, René Hérault, lieutenant de police de Paris n’eut aucun mal à découvrir les secrets des maçons, grâce à une dame de petite vertu, actrice à l’Opéra, qui les soutira de la bouche d’un de ses amants (il faudra un jour étudier le rôle de la femme dans l’histoire de la F\ M\, ce qui est tout à fait différent de l’histoire de la maçonnerie féminine). Hérault les publia sous forme d’un pamphlet « La Réception d’un Frey-Maçon ». A l’époque, on ne parlait pas de Franc-Maçon, mais bien de Frey-Maçons ou de Fri-Maçons, ce qui indique bien l’origine britannique de l’Ordre en France, quoi que puisse en penser un ancien Sérénissime G\ M\ du GOF. A nouveau on ne parle pas d’initiation, mais bien de réception. Le terme d’initiation ne fera son apparition, et encore très timidement, dans le vocabulaire maçonnique français qu’à la fin du 18ème siècle.
Le postulant, aveuglé, dépouillé de ses métaux et bijoux, le genou droit dénudé, le pied gauche en pantoufle, est introduit par son parrain. On lui fait faire trois tours, puis après qu’il ait réaffirmé sa conviction, on lui débande les yeux, et tous le Frères sont en cercle autour de lui, l’épée à la main. Puis viennent le serment prononcé sur la Bible ouverte à l’Evangile de Saint Jean, la remise du tablier et des gants (d’homme et de femme) et enfin l’explication des secrets des deux grades, apprenti et compagnon (à cette époque les deux premiers grades étaient conférés simultanément, aussi bien en Angleterre qu’en France), avec la communication des mots en J et B. Plus loin Hérault décrit le rituel de table avec ses termes empruntés à la vie militaire (les travaux de table ou de banquet remontent donc loin dans le temps) et l’acclamation « Vivat ».
Le pamphlet résume bien ce que la maçonnerie française doit à l’Angleterre : la préparation du candidat, l’obligation et ses châtiments aussi sanguinaire que fictifs, l’usage rituel du compas, l’habillement (tablier et gants) ainsi que les mots en J et B. Il identifie aussi les principales innovations françaises, inconnues aujourd’hui encore, des loges britanniques : trois voyages et non un seul, le cercle des épées, le serment sur l’Evangile de Saint Jean, la remise de gants de femme (mais les Français se devaient d’être plus galants et plus prévenants à l’égard du beau sexe que les Anglais), l’acclamation « Vivat » et les travaux de table.
Par contre, il est clair qu’il n’y a ni éléments ni purifications.
Les rituels, authentiques ceux-là, des années suivantes sont tout aussi probants.
Ainsi ceux du Marquis de Gages et de sa loge montoise « La vraie et parfaite Harmonie » (1767). Le candidat préparé comme ci-dessus, est remis entre les mains du Premier Surveillant. Celui-ci le fait voyager par trois fois autour de la loge, c’est-à-dire derrière les FF\ assemblés autour du tapis de loge.
Au terme du deuxième voyage intervient ensuite un geste nouveau : la « Marque de Salomon »
« Alors le Maître dit :
Monsieur ce que vous avez passé jusqu’à cette heure n’est rien en comparaison des épreuves qu’il vous reste à subir ».

« Alors le maître dit :
Monsieur comme il faut que tout bon maçon soit marqué du sceau de Salomon, sur quelle partie de votre corps voulez vous que l’on vous l’applique, ordinairement c’est sur l’épaule. Pendant ce petit discours on lui fait sentir la chaleur près de l’épaule avec une pelle rougie. Lorsque le Récipiendaire a répondu qu’on le pose selon la coutume on lui pose sur la partie échauffée un morceau de glace ».
Les trois voyages ne comportent ni purifications ni rencontre des éléments. Les commentaires du Vénérable insistent sur leur caractère pénible, voire périlleux de l’exercice. Il s’agit bien d’épreuves qu’il faut surmonter avec vaillance, même et surtout si elles ne sont que symboliques.
Au deuxième grade, ce rituel comporte l’épreuve (symbolique) de la saignée.
Un rituel de Lyon de 1772 est en tout point semblable à celui de Mons, en ce qui concerne les trois voyages, si ce n’est que c’est le Second Surveillant qui conduit les voyages.
Il convient de noter que le rituel du 18ème siècle qui réside sur les pages confidentielles de la FIF, mentionne le premier voyage, ce qui laisse supposer qu’il y en d’autres, mais dont il ne parle pas. Ici aussi, il n’y a ni épreuve ou purification, ni élément.

L’émergence des rites.
Les trois rituels cités ci-dessus n’appartiennent à aucun rite. A l’époque les rites n’existaient pas. Leur genèse fut le résultat de l’apparition incontrôlée des Hauts-Grades, dits Ecossais, que l’on peut situer entre 1745 et 1785. Leur développement comporte en gros trois étapes :

  • apparition spontanée, indépendante, de grades inédits de provenances diverses ;
  • leur organisation en série hiérarchisées ;
  • l’établissement d’un pouvoir régulateur au sommet de la dite série.

Le scénario est simple. Une loge reçoit un étranger, un voyageur qui susurre qu’il détient les « véritables » secrets d’un ordre sublime. Les maçons de l’endroit, appâtés par l’inconnu, se précipitent, et pour quelques écus se font recevoir Grand Elu, Chevalier d’Orient, Prince Rose-Croix. La désillusion est rapide, à la hauteur des illusions premières. Elle n’empêche que nos sectateurs sollicitent bien vite leur admission à d’autres mystères, plus sublimes encore et au titres encore plus ronflants : chevalier Kadosh, de la Toison d’Or ou du Soleil, Empereur d’Orient et d’Occident.
Ainsi naquirent des séries de Hauts-Grades, que l’on baptisa du nom de rite, mot emprunté à l’Eglise (rite latin, orthodoxe, copte, maronite,…).
A l’origine, ces Rites ne désignaient que ces constructions, souvent hétéroclites, de grades « supérieurs » qui affectaient de compléter l’enseignement des degrés symbolique.
Mais ils eurent une conséquence de taille : le contenu des grades bleus fut remanié pour l’adapter au message des Hauts-Grades, afin de mieux « préparer » le candidat futur aux enseignements à venir.

Les purifications dans les Hauts-Grades.
Les rites de purification sont contemporains de cette évolution. La plus ancienne mention que j’en connaisse se trouve dans le catéchisme d’un Haut-Grade de 1749, celui de « Petit Ecossais Apprenti » (non il ne s’agit pas d’un forme d’humilité, c’est pour pouvoir passer ensuite au grade de Grand Ecossais Apprenti et cela résulte de la prolifération des Hauts-Grades)
« Demande : Etes-vous Ecossais ?
Réponse : Oui, je le suis. J’ai été purifié par l’eau et le feu. »
En fait les éléments et les purifications sont inséparables de l’Ecossisme, cette mouvance protéiforme d’origine française.
Au grade de « Maître de Loge » (équivalent continental de l’installation ’ésotérique’anglaise, qui fut par la suite incorporé dans l’échelle du REAA où il occupe la 20ème place), le récipiendaire est reçu « entre le fer et le feu », parce qu’il est « purifié de la tête aux pieds par le fer et le feu ».
Mais les éléments ne sont pas les seuls moyens de purification. Ailleurs, celles-ci se feront par des parfums. Dans la maçonnerie « égyptienne » (1778-1784) de Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, elles interviennent aux grades de Compagnon et de Maître de l’Intérieur (ce sont des Hauts-Grades) ; au deuxième, le récipiendaire est purifié par quatre parfums : l’encens, la myrrhe, le benjoin et le baume du Pérou. Ces quelques exemples, et je pourrais en citer d’autres, montrent que les rites de purification étaient chose courante dans les Hauts-Grades de l’époque.

Le Rite Ecossais Philosophique.
Ce rite naquit dans le Midi de la France, à Marseille et Avignon. Il était pratiqué à Paris par la loge « Saint Jean du Contrat Social ». Les rites pratiqués en Avignon ont été publiés dans Renaissance Traditionnelle, n° 54-55.
On y trouve la purification par l’eau après le premier voyage, la purification par le feu après le deuxième, celle de la saignée après le troisième.
Ce Rite Philosophique est exemplaire, c’est un véritable cas d’école dans le débat inachevé sur les « influences extérieures », sur ces hypothétiques écoles ésotériques, kabbalistiques, alchimiques qui se seraient greffées sur le corps maçonnique.
Son titre déjà, « philosophique » qui ne brille guère par la modestie, et semble plutôt constituer un de ces appâts qui font miroiter beaucoup de choses. Que les SS\ et les FF\ de l’atelier PHILO de FMPOL ne prennent pas ombrage de mes propos !
Remarquons simplement que si les rituels « philosophiques » comportent deux éléments, et non quatre, ils ne font aucune référence, même voilée au Grand Œuvre. Par contre on peut voir dans les purifications par l’eau et le feu un rappel du baptême (eau) et de la purification par le Saint Esprit (feu),

Le Rite Français.
Echaudé par la prolifération anarchique des Hauts-Grades et désireux d’y mettre de l’ordre, le Grand Orient de France établit une Chambre des Grades, qui en 1786, reconnut un système en quatre ordre (Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient, Rose-Croix) et voulut l’imposer aux loges de sa correspondance. Il créait ainsi un rite nouveau, qualifié de « Français » bien qu’il ne soit qu’une synthèse des Rites « Ecossais », mais pour se démarquer de ceux-ci. L’appellation, à tort, servit aussi à désigner les grades bleus de cette obédience, alors que ceux-ci sont incontestablement d’origine britannique.
Dans ces rituels de 1786, les épreuves par l’eau et par le feu sont présentes au deuxième et troisième voyage, témoignage incontestable de l’influence écossaise.
La description du Cabinet de Réflexion surprend par l’absence du mot VITRIOL. Par contre il signale la présence de vases d’eau, de sel et de soufre ainsi que de la représentation d’un coq et d’un sablier, ainsi que des maximes murales (Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en. Si tu crains d’être éclairé sur tes défauts, tu seras mal parmi nous…).
La comparaison des deux rites, le français et le philosophique, montre en tout cas une approche différente : le premier insiste sur la notion de purification, le second sur celle d’épreuve.

Le Rite Ecossais Rectifié
Le RER fut établi à Lyon, entre 1778 et 1787 par J.B. Willermoz, sur base de l’enseignement de Martinez de Pasqualy (je simplifie). Les éléments apparaissent au nombre de trois, et non deux : le feu, l’eau et la terre. Au cours de ces voyages, le récipiendaire, aveuglé, doit reconnaître le feu au Midi (premier voyage), l’eau au Septentrion (deuxième voyage), la terre à l’Occident (troisième voyage). Ces trois éléments lui enseignent la structure de la Matière. Le rituel vise à une prise de conscience : le récipiendaire doit saisir dans sa chair ces trois éléments corporels dont il est fait et dont il doit se dégager pour entrer dans la voie spirituelle…
Le RER est très précis à ce propos. Il n’y a que trois éléments : Feu, Eau, Terre, comme il n’y a que trois principes fondamentaux : Soufre, Sel et Mercure. En fait, par nature, le RER est trinitaire, et associe :
Sud, Soufre, Feu, premier voyage
Nord, Sel, Eau, deuxième voyage
Ouest, Mercure, Terre, troisième voyage.
Tout cela rappelle furieusement l’alchimie me direz-vous. Et pourtant ce ne sont là que des conceptions qui n’ont rien d’original pour l’époque, partagées par les alchimistes, comme par leurs adversaires. Et Willermoz était de ces derniers, puisqu’il interdisait formellement l’entrée dans son Ordre aux partisans de l’art alchimique, qu’il considérait comme une route absolument opposée à la Science Spirituelle.

Le REAA
Bientôt surgit un nouveau venu, redoutable, intriguant, d’autant plus sûr de lui et dominateur que ses racines étaient incertaines. Le REAA, fort de ses 30 Hauts-Grades, proposa trois degrés bleus nouveau, prétendument détenteur de l’authentique tradition des Anciens, en fait inventés pour les besoins de la cause. J’ai essayé de montrer le caractère artificiel et fabriqué de ces derniers, et d’établir qu’ils furent écrits entre 1804 et 1812 par des ambitieux qui voulait subjuguer la maçonnerie française (Message 380, Les degrés bleus du REAA). Je ne suis pas sûr d’avoir été compris quand je lis sous la signature d’un F\ d’outre Quiévrain (cela fonctionne dans les deux sens) que j’aurais prétendu qu’ils étaient faux. Tous les rituels ont été inventés un jour et ont évolué par la suite.
Le Guide du Maçon Ecossais (1815-1820) ne mentionne qu’une seule purification, celle par le feu au cours du troisième voyage. Les deux premiers voyages ne comportent aucune purification. Ce qui est bien la preuve que ce n’est pas le REAA qui est à l’origine des quatre purifications.
Les tenants du système comprirent bien vite qu’il y avait là une lacune qu’il fallait combler. La purification par l’eau réapparut au deuxième voyage.

L’air et la terre
Jusqu’alors, nos rituels (sauf au RER pour la terre) ne parlent ni de l’air ni de la terre. L’usage de préparer le candidat dans une chambre obscure est attesté dès le début de la maçonnerie française et anglaise. Il souligne le passage des ténèbres à la lumière, thème central de la réception maçonnique depuis les premiers documents anglais (1720-1730).
Le premier voyage ne comportait jusque là aucune allusion à l’air. Le récipiendaire est bousculé, malmené, et on lui explique que ce premier voyage représente le tumulte des passions, les conflits d’intérêts.
Le 19ème siècle vit dans le séjour obscur et les aléas du premier voyage des épreuves purificatoires supplémentaires, par la terre et le feu. Clavel cite ces nouvelles purifications dès 1843.
Relevons toutefois qu’il n’est nul besoin de l’alchimie pour justifier les quatre éléments. La division de la Matière en quatre éléments constitutifs est une conception traditionnelle d’une rare banalité. Cet ajout se réfère explicitement aux « antiques initiations égyptiennes » (voir Cauchois et Ragon), et d’ailleurs à cette époque le terme d’initiation est largement utilisé pour désigner la cérémonie de réception.

Les derniers avatars
Le rituel officiel du GOF, remanié par Louis Amiable en 1887 (dix ans après l’évacuation du GADLU) supprima les épreuves, qu’il remplace par un commentaire plein d’à propos.
« L’initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises du 18ème siècle. On l’a beaucoup compliquée au 19eme siècle, en y mêlant des particularités que l’on croyait empruntées aux initiations de l’Ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants. On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c’est-à-dire par la terre, l’air, l’eau et le feu….Vous ne devez pas vous étonner s’il vous arrive de vous trouver en présence de quelques pratique de ce genre. Vous n’en serez pas troublé non plus, sachant que le progrès est lent et que l’évolution humaine est complexe ».
Amiable avait raison, les maçons continentaux avaient bel et bien introduit des particularités étrangères aux traditions britanniques initiales. Que leur abandon témoigne d’un progrès sur le plan symbolique reste à démontrer. Et c’est ainsi que les voyages symbolisent alors l’enfance, la jeunesse, l’âge mûr.

L’entrée en scène des occultistes
Cette refonte des rituels heurta certaines susceptibilités, dont celle d’Oswald Wirth, auteur d’une trilogie qui reste aujourd’hui, hélas, le best seller de la littérature maçonnique. Wirth était féru d’occultisme qui fleurissait en cette fin de siècle et il apprêta la maçonnerie à une bien curieuse mode. Pour Wirth, la rencontre des éléments assimile l’initiation maçonnique au processus alchimique : la transformation du profane en un initié rappelle et imite la transformation de la matière dans l’Athanor.
Ce vernis nouveau plut à certains de ses contemporains. Il répondait à un goût pour le mystère et le merveilleux, d’autant plus aisément que le symbolisme hermétique, abscons et redoutable n’est plus guère compris de nos jours. Cette obscurité permet n’importe quel développement sans risque d’être contredit. Elle permet de dire tout et n’importe quoi, ainsi que son contraire.
Puis vint Guénon, qui ne vit dans l’alchimie qu’un aspect particulier d’un ésotérisme plus vaste. Il fait de l’initiation un bouleversement ontologique de l’être par l’action d’une influence spirituelle qualifiée, c’est-à-dire attachée à une organisation initiatique traditionnelle. Le processus relève, qu’on le veuille ou non, de ce que l’on appelle communément la magie.

Conclusions
L’histoire nous enseigne que les épreuves ou purifications, ignorées à l’origine, apparurent, vers 1750 seulement, dans les Hauts-Grades, puis s’imposèrent dans les grades bleus, et cela sur le continent uniquement.
La théorie des éléments est une conception commune depuis l’Antiquité. Platon l’exposa dans Timée. Les premiers chrétiens les connaissaient également. La structure quaternaire de la matière est un lieu commun de quasi toutes les traditions.
A la fin du siècle dernier, certains s’avisèrent que les éléments relevaient de l’alchimie. Cette lecture nouvelle s’inséra tout naturellement dans le système guénonien, appréhension globale de la totalité cosmique, de son organisation et de sa finalité. Celui-ci renvoie à une Tradition Primordiale. Celle-ci suppose la réalité d’une initiation, au sens guénonien du terme chez les bâtisseurs de l’Antiquité, et une continuité de fait et d’intention entre ces bâtisseurs et les francs-maçons d’aujourd’hui. J’ai lu dans un livre maçonnique, dont je tairai le titre, que la meilleure preuve de l’existence de cette continuité ésotérique secrète était précisément qu’elle n’ait laissé aucune trace dans l’histoire. Disons qu’aucune preuve ne vient étayer ces affirmations et qu’elles sont pour le moins suspectes. Non, là je suis trop gentil, il s’agit en fait d’affabulation ! Rappelons que la maçonnerie est une société conviviale qui vit le jour à une époque (le début du 18eme siècle) et dans un pays (l’Angleterre) qui sortait d’années ensanglantées par l’intolérance meurtrière et les guerres fratricides.
La lecture des anciens rituels révèle le lent processus par lequel des dépôts successifs vinrent recouvrir le noyau originel. Ce qui n’était au départ que l’accueil dans une société réservée devint une cérémonie complexe et lourde de sens.

Réflexions a posteriori
C’est vrai, l’élaboration des Hauts-Grades en a pris pour leur grade, car à mes yeux leurs développements relèvent de la mystification vénale. Non je n’ai pas la dent dure avec le REAA et je n’ai pas voulu me le farcir. J’ai le plus profond respect et la plus grande estime pour les FF\ Jean-Claude TOS et Marcel WUI, mais je tiens le comte de Grasse-Tilly pour un être malfaisant et sans scrupule (on lira à ce propos avec profit André Doré, Vérités et légendes de l’histoire maçonnique). C’est vrai, je ne connais rien de la maçonnerie de Memphis Misraïm. Il est exact que je suis un adepte des degrés bleus du RFM. Oui, j’ai une sainte horreur des agités de l’occultisme, tels Wirth et Guénon, de leurs divagations et de leurs fantasmes. Les historiens demandent des faits, les ésotéristes élaborent des mythes.
Par contre je trouve qu’il est erroné de croire que nous sommes véritablement passé des sciences « occultes » aux lumières des sciences véritables. Il existe de fortes raisons de douter que la coupure soit aussi radicale que le croit l’opinion courante.
Ainsi je voudrais revenir sur deux reproches qui sont couramment adressés a l’alchimie. D’une part cette pratique archaïque aurait été d’un ésotérisme qui la rendait inaccessible au commun et consolidait ainsi une séparation oligarchique entre les détenteurs et les exclus du savoir. D’autre part elle aurait confondu allègrement recherche intellectuelle et intérêts matériels : la quête de la pierre philosophale peut aussi bien être conçue comme un exercice aidant à l’élévation spirituelle que comme pratique visant à des fins économiques. Il suffit d’énoncer ces reproches pour constater à quel point la science contemporaine, et plus particulièrement la physique, tombe sous le coup des mêmes griefs. Mais c’est là un autre débat.
Je vous embrasse toutes et tous fraternellement

Source : www.ledifice.net

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La Beauté de l'Orient...

Publié le 16 Septembre 2013 par T.D

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