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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Le Secret Maçonnique

Publié le 15 Juin 2013 par X dans Planches

Qu'est ce que la Franc-Maçonnerie?

Voici la définition officielle du Larousse : c'est une "association en partie secrète répandue dans divers pays et dont les membres professent des principes de fraternité, se reconnaissent entre eux à des signes et à des emblèmes, et se divisent en groupes appelés loges". A la vue de la définition précitée, tout profane serait mené à croire que la Franc-Maçonnerie est, effectivement une société secrète. Mais on peut arguer que la Franc-Maçonnerie est loin d’être une société secrète mis a part les signes, attouchements et mots sacrés elle ne cache pas ses activités encore moins son existence. Combien reste-t-il de Secrets Maçonniques non publiés ? Des écrits qui inondent les librairies et surtout l’internet. Les auteurs sont souvent des profanes avec l’esprit trop fertile mais comprennent aussi d’autres ayant pourvus le public des ouvrages relativement bien documentés et objectifs. Ils comptent aussi parmi eux des Maçons, des anciens et d’autres qui prônent plus d’ouverture. Alors pourquoi insister autant sur le secret… d’autres organisations sont aussi « secrètes » autant que la notre ?

Le Secret Maçonnique, comme tout ce qui est Maçonnique, est avant tout un symbole qu'il faut interpréter. L’origine de ce symbolisme découle de plusieurs sources : La première étant liée au métier même des bâtisseurs des cathédrales. Ces vrais mâcons avaient un savoir faire prodigieux. Ils étaient dépositaires des secrets relatifs à la construction des édifices, qui des siècles après nous éblouissent toujours. Ainsi tout nouveau mâcon devait prêter serment, sous peine des sanctions les plus sévères de garder inviolables tous les secrets du métier et de ne les révéler qu'à quelqu'un dûment reconnu comme maçon de métier. Pour se faire reconnaître, ces ouvriers du Moyen Âge utilisaient des mots, des signes et des attouchements secrets aussi rustiques – qui sont les nôtres maintenant. La seconde source est liée aux persécutions que faisaient faces les Mâcons pendant des siècles. La Franc-Maçonnerie, pour se protéger des attaques virulentes de la part de l’église et des organisations antimaçonniques évoluaient en secret. Plus récemment, la Franc Maçonnerie de part ses principes de Liberté, Egalite, Fraternité, était la victime indiqué de ceux prônant le nazisme et le communisme, comme le totalitarisme. Or il convient de mentionner que ceci est relativement à un degré moindre de nos jours. À notre époque, même s’il existe toujours des sentiments antimaçonniques, ils ne sont pas aussi démesurés. Mais néanmoins, ces persécutions ont induit une certaine obsession du secret chez beaucoup des Maçons. Cette obsession a moins de raisons d'être aujourd'hui, mais les habitudes sont prises et il est vrai que, dans certains milieux, s'afficher comme Franc-Maçon peut conduire à des désagréments, notamment professionnels. La troisième source est l’expression même de l'amour fraternel, la sérénité, la tranquillité d'esprit et d'âme que nous recherchons en nous réunissant en Loge, la durée d’une tenue. Pour créer cet égrégore, il est essentiel d’avoir une certaine intimité.

Mais le vrai secret réside dans l’expérience initiatique qui débute avec notre Initiation. La cérémonie d’Initiation permet au néophyte, symboliquement, de passer du monde profane au monde sacré. Combien ce moment est intense et personnelle ! D’ailleurs nous nous abstenons à commenter sur l’Impression d’Initiation de l’Apprenti. L'introspection qui est provoqué par l’Initiation enclenche, dans les couches les plus profondes de notre âme, un processus de perfectionnement impossible à exprimer à quelqu'un qui ne le vit pas lui-même. Cette expérience initiatique est absolument incommunicable. Il est indispensable de l’avoir vécu pour pouvoir comprendre. En maçonnerie comme tout est symbolique, toute chose est sujette à une interprétation propre du Franc-Maçon en quête de son idéal personnel. L'expérience initiatique personnelle, qui est vécue et développée selon la Méthode Maçonnique repose sur la compréhension et l'utilisation des symboles Maçonniques traditionnels. Par-dessus tout, il existe, dit-on, un secret d'une autre nature et parfaitement inexprimable, qui n'est autre que la révélation intérieure illuminant chacun des initiés au fur et à mesure qu'il progresse dans la voie de la lumière… Il convient d’ouvrir une parenthèse ici pour mentionner la transition de la Maçonnerie dite “opérative” à celle dite “spéculative”. Avec la diminution dans la construction des cathédrales, les maçons adoptèrent d’autres métiers et s’éloignèrent de l’association. Celle-ci par contre ne cessa pas de s’accroître en recrutant des membres étrangers au métier. Ainsi la notion de la Maçonnerie « spéculative ». Les maçons de métier avaient pour obligation de sauvegarder les secrets du métier. La Maçonnerie “spéculative” est dépourvu de tout aspect physique et la construction n’est que d’ordre intérieur, spirituel. Ceci étant inexprimable, aide à renforcer la perception de secret qui était déjà pressente. Les profanes pensent que la Franc-Maçonnerie est une société secrète. Ils usent leur imagination pour associer toutes sortes des légendes pour se convaincre de la véracité de leurs spéculations. Comme toutes sociétés, la Franc-Maçonnerie a un nombre limité de membres qui sont choisis selon des critères bien définis – la majorité des gens ne pouvant s’y adhérer. Le mystère entourant la Franc-Maçonnerie aiguise d’avantage le désir des aspirants et ne pouvant y accéder ils concordent toutes sortes de spéculations. Je suis d’avis que cette perception persiste parce que le peu de secrets qu’on nous exorde de garder sont, pour les profanes, une source d’imagination. Le secret égale connaissance, donc pouvoir. Il n’est pas difficile de voir qu’un Franc-Maçon c’est surtout quelqu’un de bien... il est vertueux et de bonne mœurs. Les introspections qui lui sont imposées de par nos Rituels n’en fait que lui rendre encore meilleur. Ses efforts perpétuels de dégrossir sa pierre brute afin de faire partie de ce grand édifice, qu’est l’Humanité, lui prodiguent aussi des possibilités de surpasser les communs des mortels dans la cité. Et son appartenance apparente à la Franc-Maçonnerie souvent est interpréter comme s’il a bénéficié d’un quelconque soutien occulte. Il m’est souvent arrivé d’entendre qu’untel est Maçon… simplement parce qu’il a réussi dans les affaires ou qu’il a obtenu appointement important. Ce pouvoir peut faire peur jusqu’à amener l’opinion publique à manifester son besoin de savoir, son obsession de transparence. Le sentiment que la Franc-Maçonnerie est une société secrète est aussi partager par les Maçons de grades inférieurs qui n’ont pas connaissance de ce qui se passe au-dessus de leurs grades. Les secrets sont prépondérants dans les rituels…

- Le profane est déjà sondé lors de son audition sous le bandeau : « Pensez vous que la Franc Maçonnerie est une société secrète ? »

- Au début même de la rituel d’initiation il est exhorté de prendre son premier serment de silence, de ne rien révéler a quiconque

-Dans son Serment d’Affiliation le frère apprenti prend l’engagement de ne dévoile d’aucune façon les secrets de l’ordre Maçonnique au risque d’être voué a un fin atroce.

-L’or de l’investiture il lui est communiquer les secrets de son grade ; signe, attouchement et mot sacré.

D’ailleurs les Règlements Généraux prévoient des peines aussi sévères que l’exclusion du rite si un Franc-Maçon a été trouvé coupable de divulgation du secret maçonnique à des profanes ou même des maçons d’un grade inférieur. Ainsi entourer de secrets le néophyte commence son cheminement initiatique. Et au fil des jours il verra que d’autres secrets lui attendent à chaque augmentation. Il est à noter que le seul secret qu’un Franc-Maçon peut dévoiler c’est sa propre appartenance. Il ne peut sous aucune prétexte divulguer les travaux de la loge, ni les secrets de son grade, signe ou attouchement aux frères de grades inférieurs ou aux profanes. Le véritable secret est trop sublime pour être exprimable car il ne peut que se vivre. Nos Rituels dans entre les mains d’un profane paraîtrait fade et, pour certains, burlesques. Mais exprimé en Loge, nous vivons des moments intenses qui deviennent une source de rejouvance qui nous permet de quitter les travaux de Loge et faire face aux exigences quotidiennes de la vie profane. Cette magie qui plane sur toutes les activités Maçonniques, qui seraient difficilement explicable et tout aussi incompréhensible du profane. Comment expliquer … l’Égrégore, cette communion parmi les Frères. D’autre part combien de fois ayant rencontré un Frère quelque part on commence a cherché du regard le troisième Frère … et invariablement il apparaît ! Le travail effectué en loge, dans la sérénité et hors d’atteinte de l’agitation du monde, aide les Francs-Maçons - surtout s’ils ne partagent pas le même avis – à s’éclairer les uns les autres pour pouvoir ensuite s’affirmer individuellement en citoyens dans leur vie quotidienne. Cette méthode, expérience unique de travail à la fois individuel et collectif, ne peut se transmettre par le discours - il faut la vivre et la pratiquer pour la connaître. Le secret partagé par les membres d’une même société les lie, entre autres, en garantissant, en protégeant leur intimité. Divulguer le secret, c’est rompre cette intimité et briser alors le désir de maintenir ces liens avec, à terme, la destruction de ce qui unissaient. Ceci cimente la fraternité parmi les Frères. Joint à l’assiduité lors des tenues, cela permet à créer cette entente magique qui déborde les murs de la Loge. Nos tenues commencent et se terminent rituellement par une cérémonie, mais le déroulement à l'intérieur du Temple, demeure incommunicable par des écritures. Il nous est impossible de décrire la magie d’une tenue, ceci même, à un frère qui s’était absenté lors de cette tenue. Mais en réalité, la Franc-Maçonnerie est en fait une superposition de sociétés secrètes dont la base ignore ce qui se passe et ce que l'on décide au sommet. Les apprentis, les compagnons et les maîtres ne sont pas admis dans les ateliers supérieurs, dans les loges des hauts grades, mais seulement dans les ateliers inférieurs dit " loges bleues ". Par contre, les frères des hauts grades participent obligatoirement aux travaux des loges bleues, et se mêlent ainsi à leurs frères des premiers grades, dont ils inspirent, guident ou surveillent les activités. Je constate qu’il y a toujours des secrets, même pour moi, Maître Maçon. Mais je conçois qu’il soit ainsi. Pour moi ce secret si bien gardé par mes aînés représente la connaissance, le pouvoir sur soi-même, qui m’est défendu maintenant mais qui me deviendraient accessible quand j’aurais fait montre de capacités requises. Notre Maître Hiram, n’a t-il pas dit aux compagnons qui voulais accaparer des secrets « Insensé ! Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu, ni qu’il doit être demandé … Travaille, persévère, et tu seras récompensé suivant tes mérites ».

T\R\M\, J’ai dis !

Source : www.ledifice.net

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Le pourquoi du secret de la Franc-Maçonnerie

Publié le 14 Juin 2013 par François Montlosier dans Planches

Ou comment le bon sens éclaire la réalité

Pour le citoyen lambda, l'influence de la franc-maçonnerie est réelle depuis longtemps, mais elle est rangée au même rang que celle des groupes de pression, aussi puissants soient-ils. La franc-maçonnerie est une société secrète dont la philosophie affichée ne peut plus cacher les véritables mécanismes. Ce que les obédiences nomment dérives est en fait ce qui volontairement ou involontairement ne peut ou ne veut être caché. Le bon sens incline à constater que si la philosophie maçonnique est véritablement axée sur une réflexion visant l'humanité entière, elle ne peut rester secrète et doit être au minimum ouverte. A quoi serviraient donc les "lumières" de quelques hommes réfléchissant à l'humanité si elle ne doit pas y participer ? Considérer que quelques hommes choisis sont aptes à la réflexion, c'est disqualifier la notion même d'égalité si chère à la philosophie maçonnique. Concrètement et sérieusement, quelle que soit la philosophie, la franc-maçonnerie fonctionne sur deux principes de base: la fraternité entre les membres (quels qu'ils soient) et le secret de cette fraternité. Ces deux obligations ont pour effet grégaire l'entraide entre les membres. Cet ensemble leur confère une puissance collective et individuelle. C'est, concrètement, leur seul secret initiatique.

ENTRAIDE

Basée sur la fraternité, la franc-maçonnerie crée entre ses membres des liens dont la motivation pratique individuelle est l'entraide. Donner "un coup de main" s'entend pour tout un chacun comme un acte de solidarité conscient et une démarche individuelle. L'initiative est personnelle, elle résulte d'un constat qui entraîne une réaction consciente positive en opposition à une situation négative. Plus qu'à la morale, l'entraide fait appel à la conscience humaine qui rejette le malheur, l'injustice et l'exclusion. Si cette entraide est parfaitement concevable, elle n'est plus limitée par la conscience individuelle dès lors que la fraternité est secrète. Elle oblige à se porter en aide exclusivement à tout membre qui en fait la demande. Cette aide ne répond plus au discernement mais à l'appartenance de l'autre à la même société secrète. Ce n'est plus l'initiative individuelle qui préside à l'acte d'aide mais l'appel quels qu'en soient les motifs. Ainsi la demande d'aide n'est pas, hormis probablement quelques cas infinitésimaux, un appel à défendre justement, mais à agir délibérément et aveuglément dans l'intérêt exclusif d'un autre frère.

OBLIGATION D'ACTION

De plus, les deux principes réunis (fraternité et secret) créent l'obligation d'action. Il n'est pas envisageable de refuser, en conscience, une action demandée par un frère socialement secret car ce refus s'apparente à la négation de son propre engagement vis à vis de la communauté occulte. La notion de fraternité, dès lors qu'elle est secrète, implique l'obligation de servir le frère et d'être servi par lui. Cette obligation s'étend logiquement au frère retiré organiquement des structures actives de la franc-maçonnerie. Les règles de la mafia sont un exemple de cette obligation stricte. De nombreux petits mafieux ont fini leurs jours dans un caniveau quand ils ont joué l'indépendance ou pire le non-respect de la fraternité. On ne sort donc jamais d'une société secrète.

OBEISSANCE

Le ciment de toute société secrète et la condition de sa pérennité tient dans son organisation. Le secret ne suffit pas. Il faut un but et des moyens. Le but est individuel, les moyens sont collectifsL'homme qui entre en franc-maçonnerie poursuit concrètement un but qui n'est pas philosophique mais pratique. Le "recrutement" par parrainage le lui confirme dans les arguments qui lui sont donnés. Il lui confirme également que, plus qu'une hiérarchie, la société secrète présente des degrés de filiation. Comme la famille ancestrale, l'évolution de l'individu est calquée d'abord sur son obéissance absolue aux anciens (la symbolique du silence), puis sur son "éducation" (la symbolique de l'initiation), ensuite sur ses actes d'allégeance (les services qui lui sont demandés en même temps que ceux qu'il peut rendre, anodins d'abord puis plus impliquant). La franc-maçonnerie devient donc naturellement, inconsciemment, un substitut familial qui prend la place de la famille naturelle et en tout cas fonctionne comme la famille ancestrale sur la base de l'obéissance aux anciens. La confusion entre sagesse et obéissance fait partie de la mystification. Mais l'obéissance, ciment de la société ancestrale lorsqu'elle se réfère à la sagesse, peut également conduire à l'allégeance obligée par le fait même de l'adhésion secrète. Ce qui est secret n'est, par définition, pas communicable mais seulement connu de ceux qui partagent le secret. La trahison implique la sanction et ôte toute envie de quitter le groupe car la connaissance des pratiques liée au secret reste. La perception du risque, non de la révélation des pratiques, mais de la reprise de la liberté de conscience individuelle, exclu l'individu non seulement du groupe secret, mais de la société entière. L'obéissance à une structure ne suffit pas pour la pérenniser il faut qu'elle procure des moyens conséquents, efficaces et utiles à ses membres en respectant les degrés d'implication de chacun. Il faut donc un échange qui bénéficie à l'individu et simultanément au groupe. C'est le principe des obligés. Or ces moyens ne sont efficaces qu'à la condition qu'ils soient tissés lentement, sûrement et dans l'ombre, mais surtout qu'ils présentent un intérêt réel et pratique pour le membre. Quelle que soit la communication officielle des obédiences, l'homme de la rue dit que la franc-maçonnerie est le véritable pouvoir, simplement par la perception de bon sens qu'il a sur des constatations bien réelles éclairant son vécu quotidien par les "affaires" révélées, les hommes qui y participent et les méthodes récurrentes. Il a aussi l'écho grandissant du flot des victimes dont certaines sont inévitablement dans son entourage. L'homme de la rue, même s'il n'a pas les moyens directs d'informations sait repérer les incohérences et les comportements. Il n'a pas confiance dans les institutions et dans le respect des lois (pas seulement juridiques, mais économiques et sociales) car il perçoit les effets, parfois grossiers, des réseaux d'influence et de pouvoir dans son quotidien.

MOYENS

Il est donc incontestable que la franc-maçonnerie, plus qu'un réseau d'influence spécifique qui n'a d'existence qu'en fonction de l'intérêt du moment (lobbing), est en fait une société de l'ombre, un double agissant sur des règles propres et secrètes. En effet, les puissants réseaux maçonniques possèdent des membres dans tous les rouages de la société si bien que par l'effet de la cooptation et de l'entraide, ils finissent par capter la République entière pour s'en servir et asservir sa substance. C'est un constat et non une conclusion. Pour chaque membre, ils représentent à la fois un moyen d'action et une protection optimale. Ces deux raisons qui font appel aux bas instincts de l'homme finissent par devenir une raison de vivre et une reconnaissance de ses choix. De nombreuses affaires, liées à la politique (financements occultes, copinages, maversations, etc...), à l'économie (tribunaux de commerce, mandataires judiciaires) et à la justice (magistrats, avocats, huissiers, notaires) trouvent leurs génèse, leurs explications, leurs mécanismes et leur existence même dans l'action de ces réseaux. On ne peut que constater que les membres de ces réseaux secrets répondent à une logique de dépendance dont le service rendu cimente les liens et endort le scrupule. Les intérêts personnels, qui bien souvent transgressent les règles naturelles de la vie en société, rencontrent d'autres intérêts personnels et cette somme constitue un ciment fondamental à la reconnaissance, à la cooptation et au partage d'une démarche identique. Le bon sens incline à constater que cette dépendance ressemble également en tous points au système mafieux. Pour obtenir dans la société un bienfait individuel, il faut qu'il soit implicitement mérité et reconnu, donc légitime. Si ce n'est pas le cas, il faut l'obtenir directement de celui qui le détient. L'obtention ainsi acquise est opposable à la société entière qui ne peut en contester la validité sauf à renier le principe même de la légitimité de son organisation et de ses "valeurs".

LE SECRET, CIMENT DE LA REUSSITE

Ce système ne fonctionne qu'à la condition qu'il soit secret (prestation de serment), qu'il oblige à un engagement actif qui fait passer de la liberté à l'asservissement consenti et qu'il corresponde à une vision sélective et grégaire du pouvoir sur la société et ses rapports humains. Le tout pour assurer au membre de la société secrète une existence formelle. Dès lors, le mensonge, la dissimulation, la diffamation, la tentation de la forme à la place du fond, les faiblesses, le vice parfois, la perversité, sont les dérives obligatoires d'une société secrète dont les membres répondent à un idéal individuel qui n'a rien de philosophique mais qui, en fait vise à bénéficier et utiliser le patrimoine commun au détriment de la société tout entière. Le secret des liens entre membres est la condition de la dépendance en ce qu'il crée un pacte ou la corruption est une preuve de fraternité et d'engagement inaliénable à ses frères, eux aussi secrets. Les effets sont destructeurs: utilisation de la justice, du pouvoir financier, des institutions collectives, des médias, pour atteindre ses objectifs. La prestation de serment au service de la République pour un magistrat, un avocat, un notaire, un huissier est un engagement écrasant, une responsabilité d'homme ou de femmes libres, possédant une très haute conscience, non d'eux-mêmes à travers la fonction, mais de la fonction en propre. A ce titre, ils sont responsables de l'équilibre de la société, de sa cohésion et de son existence face aux autres citoyens. Or si ce serment fait devant la collectivité entière engage au respect absolu de la philosophie des Lumières et de ce qui préside à notre démocratie péniblement acquise, il ne peut se satisfaire pour ces charges d'un autre serment, qui plus est occulte et opposé dans son principe au respect absolu des principes fondateurs de la démocratie, de la République et de la condition humaine. Quelles que soient les motivations de l'individu, la fonction qu'il occupe dans et pour la société ne lui appartient pas et ne peut être qu'au service de la collectivité. Il ne peut y avoir deux "règles du jeu" dans un même jeu, surtout lorsque celle qui est connue n'est pas celle qui s'applique effectivement mais sert à masquer la seconde. Dès l'instant ou l'idée même d'user de la fonction, par le pouvoir et l'aura qu'elle impose aux autres, germe dans l'esprit du responsable, elle aboutit à la perte, même momentanée, de l'engagement initial et à la déchéance de légitimité au regard de la collectivité et des motifs de la charge. Lorsque cette charge est obtenue par cooptation, parrainage ou par la capacité de l'individu à ne pas être totalement libre de lui-même, et en fait, dépendant du secret d'une communauté parasite, c'est le procès de Kafka qui se substitue à la réalité. On ne peut servir deux maîtres à la fois. Les francs-maçons sont tenus de servir en premier lieu la franc-maçonnerie qui leur procure, à titre individuel, bien plus de satisfactions que les contraintes de l'équité, de la justice, de l'honneur, de la vérité et de l'égalité. Il y a mystification de la société dans l'engagement individuel d'un franc-maçon. S'il est indéniable que des individus aient des affinités entre eux, des intérêts communs et des objectifs grégaires, il n'est pas concevable qu'ils se servent de la conscience collective partagée (principe démocratique, égalité, lois) pour s'affranchir de la sanction ou pire l'utiliser à des fins personnelles. La franc-maçonnerie utilise tous les rouages du régime dans l'intérêt propre de ses membres. Elle n'existe que parce que les liens qui unissent ses membres sont secrets et qu'un régime lui sert de nid. De même, il n'existe pas de francs-maçons "affairistes", il existe que des francs-maçons qui se rendent service.

LE REMEDE

La fin de la franc-maçonnerie ou de tout groupe sectaire occulte n'est pas liée à la fin d'un régime, quel qu'il soit, mais à la fin du secret d'appartenance de ses membresIl est inadmissible que dans une société organisée, certains de ses membres utilisent à titre personnel ou en groupe à visage couvert les institutions qu'ils contrôlent petit à petit. Seule l'existence d'une société secrète en permet la possibilité. La franc-maçonnerie n'est pas la première et ne sera pas la dernière tant que nous n'aurons pas compris son mécanisme fondamental. Elle fait appel aux bas instincts de l'homme qui réduit la vie au paraître, incapable d'accomplir l'être. Rompre le secret de l'appartenance à la franc-maçonnerie, n'est pas s'attaquer à la philosophie humaniste, c'est lui permettre de se développer, de s'auto-contrôler et de mettre enfin les actes en accord avec les mots pour empêcher toute perversité. L'interdiction à des membres de sociétés secrètes de l'accès sans identification aux rouages à vocation collectifs, à commencer par la justice, la police ou l'administration est une évidence du fait même de l'existence du serment. Les corps législatifs de certains pays, comme l'Angleterre et l'Italie, se sont résolus à cette disposition, probablement pour conserver un peu du maigre crédit populaire qu'il leur restait. La laïcité, cheval de bataille symbolique des francs-maçons du siècle dernier, doit être comprise dans son intégralité. Est supérieur à toute démarche individuelle, l'existence des principes de la République et de la Démocratie. Ces dernières garantissent d'ailleurs pleinement l'exercice des convictions pourvu qu'elles ne soient pas en contradiction avec le principe fondateur de la société, résumé dans le triptyque Liberté, Egalité, Fraternité. Il y aurait donc confirmation du pouvoir occulte et néfaste de la franc-maçonnerie à revendiquer le secret, même individuel, d'appartenance de ses membres. Malheureusement, il ne peut en être autrement car cette connaissance permettrait de comprendre bien des affaires inexpliquées, bien des injustices qui touchent chaque citoyen honnête ou son voisin, bien des dysfonctionnements dans tous les rouages de pouvoir du pays et bien des violations de lois par ceux qui ont reçu mission de les appliquer. La seule obligation d'indépendance réduit à néant l'intérêt personnel et rend l'institution elle-même indépendante des individus qui la servent au seul profit de l'ensemble de la communauté dont ils font bien évidemment partie. Il ne s'agit pas de brimer ou de sélectionner les convictions, bien au contraire, mais de restaurer effectivement le principe premier d'égalité qui a présidé, au moins dans ce qu'il était perçu par le peuple et qui en a permis la concrétisation, au ciment de notre société. L'absence de liberté d'un franc-maçon en fait obligatoirement une arme dangereuse pour tous les "profanes" dont l'obligation de survie impose le discernement. Tout ceci relève du bon sens. Dès lors, un des moyens efficaces pour identifier un franc-maçon reste la méfiance qui contribue à affaiblir les mécanismes couramment utilisés par ce groupe, le double-langage, le respect imposé à priori des titres et fonctions sociales, l'utilisation systématique des symboles, l'absence de concrétisation des paroles, etc... Accessoirement cette disposition d'esprit sera de toute façon efficace et salutaire à titre d'antidote envers n'importe quel groupe du même type.

Source : http://leschroniques.net/ana_secret_fm.htm

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Le caractère initiatique du 3e grade dans l'esprit de JSM Ward

Publié le 13 Juin 2013 par Claude Roulet dans Planches

De temps immémoriaux, la franc-maçonnerie en tant que développement graduel de la connaissance, porte les traces de beaucoup d'écoles de pensées successives. Mais tous ses messages sont remplis de l'espérance de la régénération de l'humanité.

Le troisième degré en Franc-maçonnerie est dénommé le sublime grade et c'est parfaitement justifié. Même dans son aspect exotérique son pouvoir simple mais impressionnant doit laisser une impression durable sur l'esprit de chaque candidat. Mais son aspect ésotérique contient quelques uns des plus profonds enseignements spirituels qu'il soit possible d'obtenir de nos jours. Ainsi, la première explication de ce degré est évidente : il prépare l'homme à sa fin et fait allusion à une possibilité de vie après la mort.

Les deux degrés par lesquels nous sommes passés sont un entraînement et une préparation pour le message du 3e degré contenu dans pratiquement chaque ligne du rituel. Ici nous apprenons longuement le véritable objet de la Franc-maçonnerie. Ca n'est pas simplement un système de morale voilé sous l'allégorie et illustré par des symboles mais une grande aventure une quête de ce qui a été perdu; en d'autres mots la quête mystique, la soif de l'âme d'appréhender la nature de Dieu et d'accomplir l'union avec Lui.

C'est la voix de la divine étincelle en l'homme qui l'appelle à l'union avec la source de son être et dans de tels moments le 3e degré porte en lui ce que jusqu'à présent le Frère n'a peut-être pas réalisé. Les vrais secrets ont été perdus mais il nous est expliqué comment et où nous pouvons les trouver. Le passage dans la mort ouvre la voie vers le point dans le cercle, là où l'esprit avide de désir trouvera la paix dans les bras du Père de tout.

Au nombre des bienfaits de la maçonnerie, il n'y n'en est de plus grand que celui d'ôter son aiguillon à la mort et de lui dérober sa victoire. Aucun homme ne peut se dire libre s'il vit dans l'angoisse du seul événement de sa vie dont il est certain. Pendant toute sa vie il est sujet à la servitude jusqu'à ce qu'il soit émancipé de la peur de la mort. La Maçonnerie considère la mort comme la porte de la vie et le maître maçon apprend à attendre avec confiance et humilité le moment où il sera invité à monter à la Grande Loge d'en haut.

Le mot de passage transmet l'enseignement que les possessions terrestres en elles-mêmes conduisent à la mort de l'âme et empêchent sa progression ascendante. Tu...ïn en hébreu signifie seulement forgeron, quoi qu'un autre mot prononcé de manière similaire signifie apprentissage. Il est probable que ce mot de passage et en fait tous les mots de passage sont plus ou moins des substituts modernes puisés dans la Bible pour remplacer les antiques mots de 'puissance' dont la vraie signification a été perdue et dont par conséquent la forme a été corrompue et rendue inintelligible.

Pour le candidat, le fait de dévoiler les deux épaules et indique qu'il est maintenant sur le point de consacrer les deux aspects de sa nature, actif et passif, créatif et préservateur, au service du Très-Haut.

Le cercle évoqué au 3e degré est le symbole de l'éternité, par là-même de l'esprit. Un point au milieu du cercle forme pour les Hindous le concept de Paramatma, l'Être suprême de qui nous sommes venus et vers lequel finalement nous retournerons tous. Au centre du cercle se trouve toute connaissance, là nous trouverons tous les secrets perdus. Une pointe du compas reste au centre et l'autre marque le cercle de l'infini. Peu importe la distance entre les deux bras du compas ou quelle taille a le cercle, le fait est sûr qu'un des bras reste au centre.

Ainsi, les compas, pendant qu'ils voyagent à travers l'infini ne sont en même temps jamais séparés du centre et de ce point où on ne peut se fourvoyer. De ce fait, il importe peu à quelle distance se trouve l'autre bras - donc aussi loin que nous pouvons nous trouver de Dieu et peu importe que le voyage soit long et difficile - l'étincelle divine en nous ne peut jamais être vraiment séparée de Lui ou errer loin de ce centre. Ainsi le bras du compas posé au centre du cercle peut être considéré comme l'esprit, sa charnière est l'âme et le bras sur la circonférence, le corps.

Ceci explique donc que le candidat est reçu sur la pointe du compas.

L'âme porte en elle un sentiment de perte et de séparation car elle est issue de Dieu et l'étincelle divine qui est en elle veut retourner où elle est née. Ayant perdu le secret de sa propre nature, et le chemin de retour, l'âme erre en cherchant dans l'obscurité. Et pour l'homme, le chemin de retour passe par le couloir de l'Ouest, la porte de la mort car aussi longtemps que nous sommes des êtres finis, nous ne pouvons pas espérer appréhender l'infini.

Notez que c'est uniquement le corps qui meurt et par sa mort il permet à l'âme et à l'esprit de redécouvrir partiellement les secrets qui ont été perdus. Ceci explique les coups du degré. Dans le premier ( ) l'esprit, l'âme et le corps sont séparés. Au 2e degré ( ) l'esprit est séparé de l'âme qui ont trouvé l'union avec le corps. Au 3e, ( ) l'esprit et l'âme ont fusionné et se sont séparés du corps.

C'est le passage à travers ce voile qui sépare la vie de la mort qui nous met sur la route qui se termine en Dieu. Il ne faut cependant jamais oublier que les vrais secrets ne sont jamais retrouvés dans l'Ordre, même si symboliquement nous sommes relevés de la tombe, car ce secret peut seulement être découvert au centre ou avec lui, c'est-à-dire avec Dieu.

Ainsi les Frères progressent dans la quête qui doit conduire au travers de l'ombre de la mort, telle que la cérémonie d'élévation en est une allégorie. Jamais dans cette vie terrestre nous trouverons la réponse que nous cherchons, même la mort elle-même ne la donnera pas. Il ne faut pas non plus oublier que le corps seul, séparé de l'âme et de l'esprit, ne peut pas se rendre compte de la nature de Dieu c'est pourquoi, sans l'aide des deux autres, Hiram Abif n'aurait jamais pu, ni voulu divulguer le secret.

Même si ce degré est celui de la destruction, il correspond plus au terme Hindou de Amma, "celle-qui-étreint-tout" qu'à la forme du destructeur( Shiva). Sans aucun doute ceci est délibéré car le symbole de ce degré est celui qui chez les Hindous annonce le Très-Haut, à savoir le cercle avec un point en son centre.

Une fois que le candidat a prouvé ses qualités d'Apprenti, puis de Compagnon, et qu'il est digne de progresser, l'Esprit commande à l'Âme de lui faire enseigner la manière de progresser vers l'Orient. Dans les ethnies primitives, un homme qui marchait par dessus une tombe ouverte était considéré comme ayant commis un sacrilège et était à peu près certainement mis à mort.

Le nombre des pas est une combinaison de la Trinité et des quatre éléments représentant la matière. C'est le même nombre qui forme une Loge parfaite et également les sept éléments qui composent l'homme si on l'interprète selon l'ancien système égyptien. C'est une combinaison du triangle représentant l'Esprit (Dieu) et du carré, symbole de la matière (l'homme). Dans ce cas, cela indique que l'homme doit être prêt au sacrifice ou disons plutôt consacré à Dieu, au corps, à l'âme et à l'esprit.

Il faut également souligner qu'à chaque grade le candidat prend son obligation en maçonnerie dans ce triangle et que la même méthode est utilisée dans d'autres anciens rites, dont ceux de la Société du Ciel et de la Terre en Chine, où le candidat s'agenouille sur une épée pendant que deux autres sont tenues au dessus de sa tête pour former un triangle d'acier.

La pénalité indique que le corps est tranché en deux et la suite de la pénalité est très évocatrice de la façon d'incinérer les morts en Inde, en l'honneur de Shiva. Là-bas le corps est brûlé près d'une eau courante, de préférence le Gange, et les cendres sont jetées en l'air par dessus le fleuve aux quatre points cardinaux de manière à ce que le vent les disperse.

La révélation progressive des pointes du compas semble indiquer l'ultime réalisation de la spiritualité et de la matière, la réparation et la réconciliation auxquelles la franc-maçonnerie et toutes les vraies religions tendent.

Dans le rituel Emulation à la française, aussitôt que les Surveillants sont appelés, les Diacres se retirent mais dans beaucoup de formes anglaises, ils reculent jusqu'à la tête de la tombe ouverte. En conséquence les Surveillants forment le triangle de l'esprit avec le Vénérable Maître en même temps qu'ils forment avec les Diacres le carré de la matière sur lequel ce triangle repose.

Dans les rituels écossais et en Amérique les bandits ont des noms. Ils sont Jubela, Jubelo et Jubelum. Les terminaisons des trois noms apparaissent comme avoir une curieuse référence ésotérique à l'Inde. Cela peut difficilement être un hasard pour que ces trois lettres finales forment le mot "AOM" . Les origines de ce mot sont perdues dans la nuit des temps. En Inde, on considère qu'AOM est le son primordial, le son de l'univers, le son avec lequel tous les autres sons sont formés. Ce processus symbolise la création, la préservation puis la destruction de toutes les choses et de leur retour là où elles sont venues. Si c'est bien le cas, nous avons l'aspects créatif, conservateur et destructeur de Dieu formulé dans le 3e degré et c'est l'aspect destructeur, symbolisé par la lettre "M" qui donne le coup final.

La descente au tombeau s'apparente au rite mortuaire de l'ancienne Egypte lorsque le nouveau pharaon devait passer la nuit dans la tombe de son prédécesseur. Allongé à côté du défunt il l'accompagnait dans l'obscurité du tombeau jusqu'au royaume des morts duquel lui-même revenait au lever du soleil, possesseur d'un secret unique : la voie conduisant à la lumière divine.

On peut rapprocher la manière dont le Vénérable (l'Esprit) relève le candidat de sa tombe de la légende d'Osiris qui est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. La légende dit qu'il fut tué par son frère Seth et découpé en 14 morceaux. Isis son épouse recolla les morceaux. Ensuite le corps d'Osiris a été relevé par Anubis, le dieu protecteur des morts, précisément de la même manière qu'un maître maçon est relevé. Quand il fut de nouveau sur ses pieds la vie est retournée en lui et il a pu donner un fils à Isis.

Ce qui est certain, c'est que dans tous les rites qui ont comme thème central la mort symbolique, le candidat est relevé par la même prise et exactement de la même manière. Par exemple cette prise est connue et utilisée dans le rite derviche, ou parmi les africains de l'Ouest, ainsi que chez les Indiens d'Amérique centrale et il était apparemment connu des anciens druides comme le montre une pierre gravée retrouvée dans l'île écossaise d'Iona. Dans les rites anciens de Mithra c'était la méthode utilisée en de semblables occasions. Tout ceci nous montre que c'est un ancien landmark et qu'il doit être préservé avec beaucoup de soins.

Le candidat reçoit non pas les vrais signes mais les signes substitués car les secrets perdus sont la nature et les attributs de Dieu qui doivent être découverts par chaque individu lui-même et aucun autre homme ne peut réellement les lui communiquer.

Les signes sont probablement très anciens. Certains étaient vénérés en Egypte ancienne et au Mexique de même ils sont toujours employés dans certains rites initiatiques des civilisations primitives et sont associés avec les dieux en Inde. Ainsi le signe pénal est utilisé par Shiva le grand exterminateur qui le fait en tenant le lasso de la mort. Le signe de douleur et de détresse est présent partout dans le monde : au Mexique avec Quetzalcóatl, dans les îles du Pacifique Est, au Pérou, en Afrique de l'Ouest et de l'Est, en Guinée, en Malaisie et dans beaucoup d'autres endroits. Le signe d'Admiration et de Triomphe est une forme utilisée de nos jours encore en Asie pour indiquer la vénération et elle était aussi employée dans l'Egypte ancienne.

Si les signes pénaux des deux premiers degrés attirent l'attention sur deux centres occultes importants (la gorge et le torse), celui du 3e degré est pointé vers le plexus solaire, le centre occulte le plus important de tous car le but de tout mystique est d'arriver à la vision béatifique.

Plus que dans les autres degrés, le 3e est pénétré des antiques landmarks hérités d'un passé lointain. Sous la surface des mots se cachent des significations à l'intérieur des significations qu'il faut chercher et découvrir par soi-même.

Si un homme ne peut jamais vraiment comprendre le sens complet du 3e degré, il n'y a pourtant aucun homme digne de ce nom qui a traversé ce degré sans avoir appris une leçon importante, à savoir : comment mourir, et de ce fait il est devenu un homme meilleur.

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/3/Emulinitroisiemegrade/Emulinitroisiemegrade.htm

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Conscience et Fraternité

Publié le 11 Juin 2013 par Pierre Mor\ - V\M\ des Templiers de Saint Jean dans Planches

Nous avons le plaisir ce soir de partager nos travaux pour les raisons que vous savez. Le sujet qui m’a semblé s’imposer était de vous parler de

"Conscience et Fraternité". Là aussi, vous savez pourquoi !

Se référant très souvent à un vécu, nos pairs qui un jour ont décidé de donner un titre distinctif à nos ateliers, ne l’ont jamais fait de façon anodine.

Je reste persuadé que ce fameux titre distinctif détermine pour une longue période l’esprit et l’égrégore de l’atelier.

Pour vous il s’agit donc de : Conscience et Fraternité.

Je ne saurais vous dévoiler pourquoi ils ont fait ce choix, mais simplement vous donner ma vision de la conscience et de la fraternité en tant qu’éléments séparés puis associés.

 

Conscience :

On peut dire que la conscience au sens générale est d’abord, le manifeste qui oscille entre moi et la chose à laquelle je pense et me jette à la fois hors de moi et hors de la chose, comme si la conscience ne manifestait que l’existence de la chose ou du moi.

Toute conscience est acte spontané ou volontaire, mémoire et anticipation.

La conscience est pratiquement indéfinissable et par elle-même insuffisante à se définir, un qualificatif lui est quasi obligatoire pour éclairer quelque peu son sens.

La conscience réfléchie n’est pas la conscience morale.

La conscience philosophique n’est pas la conscience psychologique.

La prise de conscience n’est pas la conscience.

Etc.….

On comprendra par là que la conscience est toujours conscience « de » quelque chose. Nous ne la percevons pas mais nous percevons ses effets.

N’étant ni philosophe, ni psychologue, mais un simple M\, je vais vous développer les résultats de mes diverses lectures et réflexions pour ce qui me paraît être notre sujet à savoir « la conscience morale ».

Pour commencer : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ».

Cette évidence simple ne doit pas masquer la très grande complexité à définir la conscience morale.

Bien des théories ont été développées sur le sujet.

L’analyse de Kant, version relativement minimaliste, la réduit au principe de la « bonne volonté » démontrant par là qu’il est impossible de partir

de la conscience morale compte tenu de sa complexité. Il s’appuiera sur la conception du désir qui précède toute analyse, considérant

que nous ne désirons que ce qui nous semble bon pour nous. Raisonnement qui nécessite l’introduction d’une exception : la loi morale

qui elle n’est pas subordonnée au plaisir.

Autres théories : le culturalisme et le cognitivisme qui ont en commun de considérer la moralité comme survenue accidentellement à l’homme.

Pour le culturalisme par adaptation à la société, pour le cognitivisme par le raisonnement rationnel qui précède la moralité (parce que je connais, je deviens moral.) Partant de ces théories, mis à part l’homme transcendé, l’homme ne serait pas foncièrement moral mais le deviendrait. Il lutterait entre son animalité et la moralité. Idée que l’on retrouve dans l’expression « agir comme un animal.

Une autre théorie dite « instinctiviste » s’appuie, entre autre, sur la théorie darwinienne de l’évolution, basée sur la sélection naturelle favorisant le comportement altruiste dès l’instant où il y aurait quelque chose de commun génétiquement avec un individu et par extension à un groupe.

Ce respect de tout homme par instinct moral serait fondateur du lien social, renforcé par ailleurs par la culture et la raison.

Cette approche m’apparaît comme celle s’appliquant le plus à notre engagement car fondée sur les relations prioritaires et réciproques.

A l’exemple de l’amitié, mais aussi le patriotisme ou le racisme, ces relations ont pour origine un sentiment d’appartenance à un groupe que les experts dénomment « sentiment de tribu ».

Dans la tribu, la relation prime sur les services.

C’est parce que tu es mon ami ou c’est parce que nous sommes de même nationalité que je t’aide.

Au sein de ma tribu je suis prioritaire et je privilégie mes relations avec ses membres. Ce qui ne m’empêche nullement de faire partie de plusieurs tribus (je peux être Polytechnicien, jouer au rugby et faire partie du bagad de Lorient). Plus ma tribu est restreinte plus je me sens en sécurité.

Plus elle est vaste et plus je m’y sens anonyme.

Ces caractéristiques relationnelles constituent la base de la conscience morale de la tribu.

La tribu existe par le fait que ses membres se reconnaissent dans une entité qui leur est commune. Cette entité les mêmes experts l’appellent « totem ».

La plus représentative des tribus c’est l’amitié car le totem n’y est pas préétabli. Une amitié durable est celle où les protagonistes sont en quête de nouveaux totems à partager qui les rapprochent et les unissent.

Il est à noter que si le besoin de tribu et des sentiments qu’elle développe est d’origine instinctive, le totem relève de la raison par le fait de rechercher et de discerner ce qu’il y de commun entre le ou les autres et moi. Loin de s’opposer, instinct et raison sont complémentaires dans le processus de conscience morale.

L’élément essentiel du totem, c’est le langage : adresser la parole à quelqu’un c’est déjà le reconnaître comme un membre potentiel de la tribu.

La puissance unificatrice du langage a différents degrés : bavarder c’est déjà une mise en commun, discuter c’est permettre de dégager des consensus et favoriser la normalisation des points de vue sur le monde.

La tribu, pour le peu que l’on s’accorde sur le totem, établit des relations indifférenciées : n’importe qui peut devenir mon ami. Cela implique la condition de respect de tous les hommes et rend satisfaisant la tentative d’explication de la conscience morale.

Membre d’un groupe, j’ai un sentiment d’attachement envers tous les membres de cette tribu. Celle-ci m’apparaît comme étant à protéger et pour la sauvegarder je dois m’engager. C’est par ce sentiment d’attachement que je peux appliquer ses lois. Par exemple dans le principe fondamental « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » j’exige d’autrui qu’il soit moral et en même temps qu’il l’exige de moi.

Il arrive que la conscience morale se retourne contre elle-même et contredise les principes instinctifs universels, mais ces déviances restent le plus souvent passagères. En revanche celles qui s’appuient sur un dogme restent irréductibles.

Toute proportion gardée la théorie « instinctiviste » paraîtrait s’appliquer aux sociétés et cultures non dogmatiques.

Cette théorie reste profondément humaniste. Comme dit plus haut, tout homme reste potentiellement un partenaire avec qui je suis susceptible de partager un totem par ce fait je dois tous les respecter.

 

Fraternité

Tout comme la conscience la fraternité semble devoir s’étayée d’un qualificatif pour lui donner tout son sens.

Fraternité de sang n’est pas celle d’arme ou communautaire.

Le sentiment fraternel n’est pas la Fraternité.

Persistant sur le développement de la théorie «instintiviste » la Fraternité peut-elle être définie comme le totem qui nous rassemble ?

Déjà, nous pouvons dire que la Fraternité n’est pas l’amitié qui, comme nous l’avons vu, se régénère par la multiplicité des totems.

Notre vécu M:. nous le prouve suffisamment pour le savoir aussi. J’ai des amis en M:., mais je peux également y avoir des ennemis et ces derniers n’en restent pas moins mes Frères.

Les mythes fondateurs ainsi que la Bible sont parsemés de fratricides d’Abel et Caïn en passant par Isaac et Ismaël.

Nous comprenons par-là que notre Fraternité est indissoluble. Il faudra attendre Jésus pour entendre parler de Frères en évoquant ses disciples.

Elle s’impose à nous dès le jour de notre Initiation. Ce qui n’empêchera personne de la renier. Ceci étant un autre sujet.

Par le fait, le totem qui nous lie est l’Initiation et la Fraternité sa conséquence.

L’initiation nous fait naître avec des Frères.

Si l’on reprend le sens étymologique de totem qui vient de l’algonquin (indien du Nord de l’Amérique) « Il est de ma première parenté » qu’y a-t-il de plus proche (à part ma sœur) que mon frère.

Ce sont nos serments qui lors de notre Initiation ont scellé notre Fraternité.

 

Pourquoi avoir réuni « Conscience et Fraternité » ?

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Vous avez bien sur reconnu l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme.

La seconde phrase répond à notre question. Doué de conscience l’humain doit agir dans un esprit de fraternité. C’est bien ce qui a été développé précédemment.

L’esprit de fraternité ne coule pas de source chacun étant ce qu’il est. Notre rituel et les outils qui nous sont proposés sont là pour y parvenir.

Pour que la Loge (la tribu) vive sereinement et pour que je la ressente pleinement, nous l’avons vu précédemment, il faudra qu’elle soit relativement restreinte.

Et à l’évidence avoir avec une majorité de ses membres des relations amicales ou pour le moins quelque totem à partager. D’ailleurs si la majorité d’entre nous, a été cooptée, c’est bien pour cette raison.

Aidée des outils rationnels mis à notre disposition dans l’atelier et de l’éveil au symbolisme, la conscience morale développera les sentiments moraux que l’on est droit d’espérer du sentiment fraternel.

Le respect qui nous fait vouloir le bien et nous empêche de faire le mal.

L’amour qui nous fait préférer le bien de nos proches.

La reconnaisse qui sous-entend la réciprocité de la bienveillance.

La tolérance qui nous fera accepter l’autre dans sa différence.

L’équité- La liberté- l'égalité….. tiens, tiens ….. la fraternité.

Etc...

Le travail (sans relâche) sur notre pierre devant faire le reste.

La Loge ne serait-elle pas cette mère qui fait tout pour rassembler ce qui est épars ?

Mais si nous sommes de la même tribu F\M\ de R\E\A\A\ que nous avons des Totems communs, n’oublions pas qu’après avoir travaillé sur nous-mêmes au sein du microcosme qu’est la Loge, c’est, comme nous le rappelle le rituel, pour continuer nos travaux au dehors, au sein de la Cité.

Source : www.ledifice.net

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Les droits et devoirs de la fraternité Maçonnique

Publié le 10 Juin 2013 par X dans Planches

« Mon Frère, car dorénavant vous ne recevrez plus d’autre qualification parmi nous ».

C’est par ces paroles que, moi, nouvel initié, ait, tout comme vous, été accueilli par le vénérable Maître de ce que l’on désigne notre Loge Mère.

Mon Frère ! Et pourtant avant cette cérémonie initiatique, comme tous, j’ignorais jusqu'à l’existence de la plupart des hommes qui m’entoureront au fil des ans.

« Mon Frère approchez vous et recevez de moi l’accolade fraternelle, au nom de tous les Frères de cette respectable Loge. ».

Que s’est-il passé ? Bien sûr, j’ai ressenti et je ressens toujours la chaleur, l'émotion partagée par tous à ce moment, mais n’étais-je pas déjà le frère de tout homme, quelques soient son origine et sa couleur ?

« Homme, je suis Homme et rien de ce qui est Humain ne m’est indifférent » disait Térence. Homme, je me fonds dans la grande famille des Hommes, dans cette Fraternité Universelle chantée par Lamartine et hissée au même rang que la Liberté et l’Egalité dans la Trilogie Révolutionnaire de la République.

Que s’est il passé ? Qu’est-ce au reste que cette fraternité ?

La première notion qui vient à l’esprit est celle de la fraternité de sang : Est mon Frère celui qui, comme moi, est né du même père et/ou de la même mère. La genèse nous apprend que, sitôt que 2 frères sont apparus sur la terre, ils sont entrés en compétition, se sont livrés à la division, à la jalousie et à la violence.

On parle aussi de fraternité de race, de fraternité de classe ou de religion, car l’Homme ne peut ne pas vivre dans l’altérité absolue, il a besoin d’alliés et va se rapprocher d’autres hommes qu’il juge moins dissemblables et les accepter pour frères.

Ces notions ne sont conçues que pour nous unir, nous protéger contre « l’Autre », le « Différent » vu comme un satellite de notre propre existence pour mieux le dominer et nous conforter dans le sentiment de notre propre supériorité.

On a vu jusqu’où le refus de cette altérité peut nous conduire lorsqu’il est poussé jusqu'à la conséquence ultime : le Meurtre et le génocide.

« Vous ne voyez plus d’épées menaçantes tournées contre vous...Vous n’apercevez que des frères formant une chaîne qui symbolise l’union de tous les Francs Maçons répandus à la surface de la terre... Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la vérité. »

Qu’est-ce donc que la Fraternité Maçonnique ? Je la crois concentrée dans ces phrases du rituel du 1er degré :

« La chaîne est le symbole de l’union » Le mot symbole veut dire signe ou marque qui rassemble un ensemble d’idées qui ne tombent pas sous le sens.

Symbole rassemble, Diabole divise, ce mot est composé avec le préfixe « Dia » qui est le nombre deux en grec.

Cela m’amène à réfléchir sur une autre phrase de l’instruction de l’apprenti :

« La raison divise et borne artificiellement

ce qui est un et sans limites.

L’unité est ainsi partagée en deux extrêmes

auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité... Il convient donc de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. »

d’ou la phrase qui en découle :

« Nos mains vous unissent à nous et à l’Autel de Vérité »

Le principe trinitaire de la fraternité doit unir ce que la dualité divise.

Gardons nous en loge, que la fraternité ne soit qu’un mot, une fausse apparence de réalité .

La prédisposition des hommes à l’agressivité, leur penchant naturel à la lutte et la compétition, les oppose à tous les instants, conséquence d’une vie sociale à laquelle il faut faire face. Ces tendances agressives sont nécessaires à l’individu pour sa survie dans le monde profane. Cependant il aspire à une sympathie profonde et naturelle qui l’aiderait à surmonter les vicissitudes de la vie en commun.

L’article 1 de notre règle en douze points nous dit : « La Franc Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui à pour fondement la foi en Dieu, grand architecte de l’univers ». Les Maçons, dépouillés de leurs métaux, pareils à l’Adam d’avant la chute, pénètrent dans le Temple, Enceinte Sacrée et hors du temps comme dans un nouvel Eden dont on leur aurait ré-ouvert les portes. Dès lors, la Fraternité peut apparaître comme naturelle entre eux. Il ne s’agit pas là de la seule chaleur, de la seule sympathie basée sur une vague tolérance, mais d’une volonté constante à surmonter ses penchants naturels, qui nous oblige à une éducation sociale rigoureuse à entreprendre sur nous-mêmes.

En m’insérant pour la première fois dans la Chaîne d’union le jour de mon initiation, le Vénérable Maître m’a dit : « Nos mains vous unissent à nous et a l’Autel de Vérité, leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas ». Quoiqu’il puisse m’arriver, c’est promis solennellement, mes Frères ne m’abandonneront pas ! Tous mes Frères, aussi bien celui qui m’est proche, avec qui je partage joie et peines dans une chaleureuse amitié, que cet autre, plus discret, plus secret, dont je ne sais presque rien , présent épisodique sur les colonnes, et cet autre encore que je ne connais pas, qui vit loin de moi, de ma ville, de mon pays. Tous ne m’abandonneront pas, je peux baisser ma garde, ouvrir les bras, j’ai trouvé des Frères.

Attention ! Il ne s’agit que du premier terme du contrat, voici le second : « Nous ne vous abandonnerons pas aussi longtemps que la Vérité, la Justice, la Discrétion et l’Amour Fraternel vous resteront sacrés. »

Est sacré ce qui inspire un respect, une profonde vénération.

Est sacré ce qui ne doit pas être violé, enfreint, touché.

Est sacré ce qui inspire la crainte devant la puissance absolue, et le « mystère »devant l’inconnaissable.

Est sacrée la recherche de la Vérité : Trois paroles nous introduisent en loge, tirées de l’écriture :

« Frappez et on vous ouvrira Cherchez et vous trouverez Demandez et vous recevrez »

Quand les portes du temple se sont ouvertes, la longue quête initiatique a commencée qui ne se terminera qu’à l’ultime Initiation et l’Orient Eternel. Cette longue quête, je ne peux la faire seul. Par mes Frères je progresse, par eux, j’ai reçu la lumière.

Sont sacrés la Justice et la Discrétion :

La justice, défini entre autres le Larousse est une vertu morale qui inspire le respect absolu du Droit d’Autrui. Le Juste est fidèle à la Loi du devoir.

De la discrétion, ce même Larousse écrit : « Action de garder le secret, aptitude à ne dire que ce qu’il convient, avec retenue et modération. »

Est sacré l’Amour Fraternel :

C’est le second devoir du Maçon, me dit le rituel, que de secourir son frère, de l’assister de ces lumières et de ses conseils.

Souvenons-nous de notre serment de néophyte : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide. Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de manquer à mon serment ». Nous rappelons ce serment à chaque fois que nous nous tenons « A l’Ordre ».

Je voudrais pour finir, laisser parler St Paul dans son épître aux Galates :

« Frères, si quelqu’un est prit en faute, redressez le en Esprit.

Si l’un de vous s’égare loin de la Vérité, qu’un autre l’y ramène

Portez les fardeaux les uns des autres. L’Amour Fraternel est charité, joie, paix, longanimité, affabilité, bonté et fidélité, Il excuse tout, il pardonne tout ».

Mes Frères, ce sont ces mots que je vous demande de méditer ce soir dans notre chaîne d’Union , ce cri de l’apôtre : « Mes Frères, ne cherchons pas la vaine gloire, pas de provocations entre nous, entre nous pas d’envie ».

Que l’harmonie, l’union et la concorde soient à jamais le triple ciment de nos oeuvres.

J’ai dit.

Source : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/article-16222570.html

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Moi, le Franc-Maçon et le Chômage

Publié le 6 Juin 2013 par G\ L\ dans Planches

Que peut-on développer sur un sujet aussi grave ? Déjà dans le monde profane, c’est très dur à vivre. Je compare ceci à une vaste gare S N C F dont le parvis serait un espace ménagé devant la porte d’un labyrinthe insondable : « la descente aux enfers ».
Tu rentres dans le royaume de « Hadès » ? L’invisible, selon une étymologie douteuse, est, chez les Grecs, le Dieu des morts. Cela se retrouve bien dans le monde profane. Pour la majorité des gens tu es Mort, tu ne peux plus apporter. Tu es une chose inutile, le petit grain de sable qui dérange leur petite vie. Je crois rêver parfois des propos que l’ont me tient. Ça relève du plus grand guignol, de l’oscar des plus grands imbéciles imbus de leur petite personne. Comme les anciens, ils ont peur. Tu es le pestiféré. Une fois rentré dans ce cycle, nul n’ose plus prononcer ton nom, de crainte d’exciter ta colère, car dans leur inconscient, tu es Hadès ? Ou autre ? Et ils préfèrent alors te le faire paraître autrement, te donner un surnom ami. Affreuse dérision plutôt qu’euphémisme, pour désigner l’Ami d’avant, le compagnon de sorties, d’agapes, de conseil, « lui bien sûr, aller le voir, il va tout faire, il connaît, sans problème, l’homme qui sait ». La dérision devient macabre quand on met entre les bras de Pluton une corne d’abondance. En symbolique, toutefois, le souterrain est le lieu de riches gisements, des métamorphoses, des passages de la mort à la vie de germination.

Mais que peut-on faire contre ces gens là disait un grand Poète. Sont-ils des Héliotropes de mauvais augures, symboles de la lumière mobile, végétaux solaires ? Puisent-ils leurs bêtises intellectuelles en permanence dans la face noire du soleil ? Au contraire de cette plante, qui symbolise l’attitude de l’âme qui tourne continuellement son regard et sa pensée vers l’être aimé, pour le soutenir, le guider, vers une présence contemplative et unitive. Fleur solaire elle chante, selon Proclus, la louange du chef de la série divine à laquelle appartiennent louanges spirituelles et louanges raisonnables ou physiques ou sensibles. Pour Proclus, l’Héliotrope, en sa couleur de ciel, prie parce qu’il se tourne toujours, en une insigne fidélité, vers son seigneur. (Corbin cite : « Chaque être connaît le mode de prière et de glorification qui lui est propre ».)

Pourquoi vos amis, du jour au lendemain, se retournent-il ainsi ? Je voudrais savoir de ce qui leur fait peur en vous, que représente pour ces gens là le mot le CHOMEUR ?... LES NOUVEAUX BANNIS DE CETTE FIN DE SIECLE.
Ne savent-ils pas que du jour au lendemain, ils peuvent être à votre place ? Sauf certains privilégiés. Ne voulant pas entamer de polémiques, je ne citerai personne. Il y a deux catégories en France ceux qui sont obligés de « la fermer », et ceux qui peuvent « gueuler » en ne risquant rien pour leur job, et c’est bien souvent dans cette catégorie de gens que se trouvent vos grands amis ?? Dommage pour ces personnes ! Elles ne connaissent rien de la vie : ni les files à l’ANPE, ni les longues attentes aux Assedic, ni les papiers qui ne vont jamais, ni la virgule que vous avez oubliée de mettre à la bonne place, ni votre gueule, ce jour là, qui ne revient pas, ni vos habits qui commencent à reluire à force de les mettre, ni les chaussures qui vous entrecroisent les pieds en passant devant un cordonnier par honte, ni le regard soupçonneux des gens qui vous croisent dans la rue. En fait, vous avez en permanence accroché au dos un warning, comme les pauvres lépreux du Moyen Age qui avaient une cloche. Comment pouvez-vous vivre avec en moyenne 2 400f par mois quand vous êtes chômeur de longue durée et âgé ? De ce fait, il y a deux sortes de personnes : ceux qui ont et qui regardent toujours en l’air ceux qui tirent la langue. Les premiers forment donc un microcosme. Gallien affirmait : « des anciens versés dans l’étude de la nature disent que le vivant est comme un microcosme » et dans les très riches heures du Duc de Berry, la planche intitulée « l’homme anatomique » montre la correspondance qui existe entre les douze constellations du zodiaque et les différents membres du corps humain. Le corps humain est un petit monde ou microcosme pour trois raisons.

La vérité
D’abord parce que les divers éléments constitutifs du cosmos (axe polaire - ourses célestes -constellations zodiacales et arctiques, quatre points cardinaux, cycles naturels et en particulier ceux du soleil, enfin sept planètes errantes, constellations australes et étoiles filantes) symbolisent traditionnellement des éléments ayant un rapport étroit avec la nature de l’homme, que ces éléments soient d’ordre ontologique, éthique ou psychologique, Diodore de Sicile a souligné la correspondance qui existe entre la symbolique cosmique et l’Homme. La réalité compte les cinq parties élémentaires dont nous avons déjà parlé : le souffle, le feu, le sec, et encore l’humide et enfin l’air. De même que chez l’homme nous comptons la tête (je crois que ces gens ne l’ont pas ou alors il leur manque les yeux et le cerveau) ; les mains (dans les poches quant ils vous croisent) ; les pieds (pour marcher plus vite) et les autres parties, d’une manière identique, le corps du Monde. Pauvres gens ! Je crois que là-haut, les portes ne seront que trop petites pour les laisser passer tous.

Ensuite, parce que comme l’indiqua Platon dans sa conception de l’apprentissage philosophique comme acte de mémoire, les mystères spirituels se trouvent ontologiquement inscrits comme des traces dans le corps humain (c’est à dire dans la sensibilité), à qui il suffit de se les remémorer pour en prendre conscience. Comme l’affirmait d’expérience, par conséquent avec raison, Don Juan Matus : « Toutes les facultés, les possibilités et les réalisations de la sorcellerie, des plus simples aux plus ahurissantes, étaient dans le corps humain lui même ».

Enfin, parce que c’est dans les phénomènes naturels, liés aux fonctions et à la vie de son propre corps, que tout être humain « Homme et Femme » peut découvrir, par analogie, les divers mystères ontologiques, éthiques et psychologiques en question.
Je ne crois pas qu’une certaine couche de la société bénéficie de cet apport de qualités, sinon nous les chômeurs ne serions pas traités de la sorte, avec tant de dédain. Combien de fois serions nous morts devant certains regards ! Il faudrait pourtant faire quelque chose, de la rééducation de l’âme. Les forcer une fois par mois à aller au restau du cœur pour voir la vie de tous les jours, parler à ces gens que leur regard ne croise jamais. Il doit y avoir une solution à ce problème mais je croie qu’ils ne pensent qu’à leur portefeuille. Il faudrait les passer au miroir.\
Mais pas n’importe quel miroir, car pour voir le côté obscur de leur âme, il faut un vrai traitement de choc. Quelque chose qui les bouscule. Il faut faire peur. Mettre leur nez dedans. Leur faire toucher de toute la main, pourquoi pas des deux, la Misère que cela engendre, tant au point de vue physique de l’individu, que de son âme. Voir la détresse morale qui peu à peu vous envahi et vous terrasse totalement, vous fait perdre toute notion de la vie. En fait pour ces gens là, nous sommes la 4ème dimension ; des ectoplasmes surréalistes. Mais le plus dramatique dans tout ceci, c’est qu’ils en redemandent. Quoi de plus naturel de parader devant la télévision, en disant bien fort : « il faut faire ceci, cela. Je suis prêt à m’engager. » Il faut que cette situation cesse. Tout cela est inadmissible. Nous rentrons en l’an 2000 ? ? 3.000.000 de chômeurs ! Ah ces pauvres gens ! Bande de lâches. Paroles, paroles ! De toute façon, eux, ils ne tournent pas la tête devant une vitrine ; ils rentrent. Faudra-t-il rééditer 1789 ? Après tout pourquoi pas. Peut-être que cela leur apprendra à vivre un certain temps.

Mais en France, un problème demeure l’égoïsme individualisé, les castes, les corporations etc.… ?
Comment peut-on vivre avec tant d’égoïsme ? En soi, il faudrait que le miroir fasse son office. Mais sont-ils à même de comprendre le sens réel de ce symbole ? Mais quel miroir ? Une seule image, deux images, trois images ?
Pourtant dans le miroir se trouve beaucoup de choses : la Vaniteuse, la Déesse Amaterasu, l’Amour, la Prudence, la Connaissance de ses Vertus, le rendu à chacun de son dû, l’analyse de soi, sa réelle personnalité. Mais je crois qu’il faudra énormément de travail pour que leur image, se reflète avec une bonne aura. Car la signification des miroirs, par-delà leur fonction propre, provient de l’ancienne croyance selon laquelle l’image et son modèle sont liés par une correspondance magique. Les miroirs peuvent, par conséquent, retenir l’âme ou la force vitale de la personne qui s’y réfléchit ; c’est pourquoi on recommande, dans les coutumes populaires, de recouvrir les miroirs à la mort d’une personne pour ne point retenir son âme.
Ont-ils une âme ? Là est la question ???? Je crois plutôt que, comme les démons et les êtres surnaturels accompagnés de leur Bêtise, ils n’ont pas de reflet. Seul, peut être, celui de la bêtise vaniteuse. Pour ne pas dire autre chose de plus explicite et bien placé à leur encontre.

Eux, incarnations diaboliques, ne peuvent supporter leur propre image et meurent lorsqu’il leur arrive de se regarder. Mais malgré tout, les miroirs sont également des amulettes qui protègent des êtres et des forces sataniques. A l’origine, cette conception était rattachée à la surface de l’eau, qui servait aussi de moyen de divination, car elle semblait mettre en évidence une sorte d’anti-monde. C’est à dire nous les chômeurs. Je pense que côte à côte regardant la surface de l’eau, nous pourrions avoir deux visions différentes de la vie. L’une, où apparaissent des choses étranges non demandées, souvent plus étranges et plus profitables que celles que nous désirons contempler. Vont-ils comprendre la signification du reflet ou bien ne pas voir l’autre vision, celle de la vraie vie, celle que moi je vois dans le miroir : le dur combat permanent de chaque jour, du matin au soir. L’angoisse quasi permanente qui vous ronge comme une maladie insurmontable. La peur au quotidien qui vous tenaille les tripes. Le néant qui règne dans votre âme la question lancinante qui revient toujours. Vais-je pouvoir lutter ce jour ? Combien de fois faut-il se battre contre soi même ? Ça ils ne peuvent pas tout simplement l’effleurer au moins une fois. Pauvres gens ! Combien de fois passerez-vous à coté de la vraie richesse humaine ? Cela fait peur l’exclusion, la mise à l’index. Il me semble pourtant que l’Histoire a déjà frappé durement des êtres qui ne demandaient qu’à survivre dans l’Honneur tout simplement.

Sont-ils comme Frodon, le héros porteur de l’anneau qui vit au fond d’un ruisseau, dans une vallée sombre du pays de Lothorien, se former l’œil unique qui allait lui permettre dans une révélation terrifiante de tout savoir. Je pose la question : savoir quoi ? La Vérité Divine, la Science infuse, le pouvoir de diriger le monde, le pouvoir de vous marcher sur le corps, au sens propre et au sens figuré. Peut être que le miroir revêt pour eux une signification particulière comme dans la tradition Shinto. Attribut de la déesse du soleil Amaterasu, conservé dans le sanctuaire d’Ise où il demeure protégé des simples mortels. Fleur de lotus à huit pétales. Sont-ils intronisés à la naissance avec cet emblème à la main ? Croient-ils accéder au trône de la Vérité ? Mais selon une tradition que l’on ne peut vérifier, il porterait l’équivalent de l’inscription hébraïque de la révélation divine : « Je suis Celui qui Suis » cela veut tout dire.

Sont-ils comme Dionysos, le Dieu qui s’étant regardé et ayant contemplé sa propre image, se mit à créer la pluralité. Le reflet de ces gens là est donc le mode par lequel ils s’expriment dans l’apparence. Proclus précise d’ailleurs que les théologiens anciens ont proposé le miroir comme symbole de la conformité à la perfection intellectuelle de l’univers. C’est en tant que tel qu’il est repris par ces gens là.

Pourtant le miroir évoque le cycle de l’œuvre alchimique. A Notre Dame de Paris, l’initiateur présente d’une main un miroir et de l’autre la Corne d’Abondance. Tandis qu’à ses côtés, se voit l’arbre de Vie. Pourtant malgré leurs soit disant connaissances est ce qu’ils Savent que la matière première que l’homme doit élire pour commencer le Grand œuvre est appelé miroir de l’Art, parce qu’elle enseigne la composition des métaux dans les veines de la terre.
Le miroir marque donc le début pour eux du travail de leur esprit, pour essayer de retrouver ce que la nature a enfoui dans la plus profonde face sombre cachée de leur âme. Eux seraient plutôt du courant hermétiste, qui veut spiritualiser les corps et corporifier les esprits ; qui offre plutôt, quant à lui, l’idée d’un miroir double, composant l’invisible à partir du visible, de façon à faire apparaître ce qui est occulte et caché, dit Hermès dans les Sept Chapitres. C’est une réflexion réciproque entre le ciel et la terre, le corps et l’âme, l’esprit, la nature et Dieu, qui est ici proposée. Ramenant l’idée de la Création à celle de Connaissance. Les Soufis retrouvent une conception largement identique lorsqu’ils comparent l’Univers à un ensemble de miroirs dans lesquels l’essence infinie se contemple sous de multiples formes ou qui reflètent à divers degrés l’irradiation de l’Etre Unique. Se pourrait-il que ces gens là, se croient investis d’une mission divine, part rapport à nous les « sans » ? Je pose la question ?

Sont-ils à ce point barbaresques, aveugles, imbus de MOI, le seul mot qui est un sens pour eux. Ne faudrait-il pas leur faire retrouver la clé spéculative qui permet de réintégrer toutes les dualités existantes dans l’Unité de l’Essences Spirituelle, pour qu’ils puissent ouvrir les yeux sur la misère qu’ils peuvent engendrer. « Dans le tableau ou la vision de Dieu », ils pourraient se servir de cette leçon : « Nourris-moi de ton regard, Seigneur, et enseigne-moi comment ton regard voit tout : ce qui est invisible et ce qui est visible », la misère, l’âme morte que nous portons en nous car la solitude, l’effet d’être un fantôme de la vie devient vite un très lourd chariot à traîner ; et il arrive très souvent que les roues se cassent, pratiquement toujours, et là, pas de mains charitables ! « Et tout acte de la vision et toute puissance voyante de toute puissance visible et tout ce qui relève de ces formes de voir, puisque voir, pour toi c’est être la cause de ce qui est ».

Encore faut-il que la question soit posée : ne pas le faire, c’est implicitement reconnaître. D’une certaine façon, c’est ce que nous expliquons quand nous disons qu’avec Tout ceci, correspond, de fait, à ce que l’on peut appeler LA MISERE.
Donc la philosophie de ce qu’on a appelé : « philosophie des miroirs » consiste finalement dans l’unicité même du principe où, par derrière les effets de miroir, se révèle une même chose que de voir, d’être vu et d’exercer la vision. Au-delà des mots et des formules et slogans, moult problèmes sont posés Tout cela est loin d’être anodin Ceux qui souffrent eux-mêmes de ce conflit lancent leurs appels pour que cesse cette mascarade.
Faut-il leur rappeler la symbolique du travail, après lequel nous aspirons ? N’est ce pas de la dignité que nous recherchons à leurs yeux ? Sommes-nous vraiment des parias de l’humanité ? Et ceci est valable pour des initiés qui osent se nommer ainsi ! Comme pour des profanes, qui eux au moins ont une excuse.
Je vais donc là rappeler le symbole du travail.

Dans les idées et le langage de la  FRANC-MACONNNERIE , le travail est un concept d’une dimension symbolique particulière. Il désigne la participation des loges à l’édification du « TEMPLE » de la philanthropie universelle ou temple de l’humanité. Le Maître allume tout d’abord la bougie située sur la colonne de la Sagesse en disant que la Sagesse dirige ces travaux. Ce sur quoi le Premier et le Deuxième surveillants allument les autres Lumières et déclarent que la Force les guide et que la Beauté les achève. Ce travail des loges ou travail du Temple, qui vise à l’élaboration d’un monument idéal, est porteur de bénédiction spirituelle. C’est un mystère qui fait naître une fraternisation spirituelle. L’Activité liée à un culte, libère et élève l’âme, de même que l’activité artistique. Elle sert le dieu qui est en nous et contribue ainsi, indirectement à la divinisation du Monde.

Dans la légende grecque du déluge, le couple humain survivant, Deucalion et Pyrrha, crée à partir des pierres, « les os de la Terre Mère » qu’ils jettent derrière leur dos, une nouvelle race humaine pour remplacer l’ancienne.
Devrons-nous faire pareil pour nous faire reconnaître de ces gens là ? Je pose la question ! Je pense qu’ils ne connaissent pas la grande vie symbolique de la « Pierre » qui mérite une attention spéciale. Dans la symbolique Maçonnique, la pierre brute représente le grade de l’apprenti, l’objectif à atteindre est la pierre taillée, que l’on pourra intégrer à la construction du Temple de l’humanité. Cette symbolique remonte aux chantiers de construction des cathédrales où le travail de la pierre était essentiel. Les clefs de voûte étaient souvent pourvues des signes de maîtrises des tailleurs de pierre, dont certains rappellent les dessins des runes. En tout état de cause, le passage de la pierre brute à la pierre taillée représente généralement le progrès de l’esprit et de l’âme. Je crois que ces gens là en sont très loin. Ils sont au stade de la poussière cosmique bien avant le big bang.

Ils nous considèrent comme la parabole christique de la Pierre dans la symbolique chrétienne. La pierre est souvent rattachée à la lapidation que les anciens pratiquaient envers les blasphémateurs. En faisons nous partie à leurs yeux, méprisés par les bâtisseurs. Mais malgré tout, nous sommes appelés à devenir comme les autres, une pierre angulaire qui permet à tout l’édifice de tenir. Mais je crois qu’il faut ajouter, l’équivalence du discours sur les Béatitudes à leur profit « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ». Etant bien entendu que cette pierre angulaire est en fait la clef de voûte inébranlable où pourra s’appuyer la communauté. Où les portes de l’hadès ne tiendront pas contre elle.
Ne pourrait-on pas leur faire savoir que c’est leur cœur qui est de pierre. Allez donc voir le grand Liborius de Paderborn qui était censé aider à guérir les pierres qui se trouvent dans le corps humain, car on le représente avec trois pierres posées sur un livre.
Je crois savoir et pouvoir les comparer, au moine Narcisse qui ne quitte pas son couvent en pierre, se dédie à la spéculation intellectuelle, à la méditation de son Moi, À l’approche du regard qu’ils pourront nous lancer car malheureusement ils seront obligés de nous croiser dans la vie de tous les jours. En grec, Narkissos, héros de la mythologie grecque, était le fils du dieu–fleuve que Némésis fit boire à une source de l’Hélicon, la montagne des Muses et comme lui, au renvoi du reflet dans l’eau de son visage, ils en tombèrent désespérément amoureux. Pauvres gens. Comment nous perçoivent-ils ? Veulent-ils faire comme chez les Egyptiens, effacer de nos tombeaux le nom de nos familles, pour supprimer toutes traces ce qui conduit à la destruction et au néant.

Selon le Popol-Vuh des mayas, dans la première étape de la création du monde, les premiers hommes étaient incapables de dire le nom des Dieux et donc de les adorer. Les Dieux, furieux de cette ignorance, renvoyèrent les hommes à la boue primordiale. Veulent-ils agir comme eux et nous éliminer pour pouvoir recommencer la création ?
Nous sommes vraiment les handicapés de la société. Nous voulons êtres reconnus dans nos droits, pour ne pas êtres obligés de recourir à une mendicité, une charité dégradante, humiliante. Nous voulons du travail, pas de la pitié ! Mais que peut-on faire contre la rentabilité du portefeuille.
Je terminerai par ceci. Némésis, dont le nom signifie colère, personnifiait dans la mythologie grecque la révolte contre l’injustice. Elle était la Déesse de la vengeance et le juge impartial, ayant pour attributs la balance, l’épée et la règle graduée. En tant que Déesse, elle tient le Destin dans ses mains, et aide les hommes qui ont fait l’expérience d’un bonheur immérité et perdu le sens de la réalité à le retrouver.

Le nombre augmente tous les jours
Et combien vont mourir cet hiver, à la veille de l’an 2000.

Un peu d’humour : la santé est le plus beau cadeau de la vie. Quand on est riche et bien portant !

Source : www.ledifice.net

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Fraternité ou quand l’Homme est le Miroir de l’Homme

Publié le 1 Juin 2013 par M\ S\ dans Planches

Il est important de savoir distinguer dans nos rapports leur nature fraternelle.
La fraternité est un idéal relationnel qui demande un long cheminement . A la question : « Etes-vous franc-maçon ? », La réponse est « mes frères me reconnaissent comme tel ». Ce qui suppose que la fraternité est chargée de contrôler l’appartenance à la franc-maçonnerie. Un membre non fraternel ne peut pas être franc-maçon.
La Fraternité serait donc une condition de base. Est-ce qu’on naît frère en même temps qu’on reçoit la Lumière ou le devient-on à force de travail sur soi ?

Plus que l’Amour de l’autre, la Fraternité est respect de l’homme. La Fraternité est d’essence Initiatique et avant tout métaphysique dans une spiritualité laïque, transmettant une méthode de recherche de la Vérité, hors les dogmes. Elle est un trait d’union entre les Initiés. Combien d’entre nous, au cours du temps on oublié que la Maçonnerie ne se cantonne pas à l’application stricte d’un rituel, aussi beau qu’il soit, une fois tous les quinze jours. Que notre quête de bâtisseur ne peut s’exprimer qu’avec tous nos Frères. Je dis bien tous et pas seulement ceux de notre grade ou ceux qu’on bade parce qu’il paraîtrait qu’ils sont trente troisième et que c’est bon de les côtoyer pour notre « carrière ». La Fraternité est une mort : C’est la mort de soi-même dans son Individualité égocentrique. Car la découverte de la fraternité commence par l’apprentissage du partage. La tolérance ne commence t’elle pas au moment où l’on accueille l’autre avec toutes ces contradictions ? Si on va jusqu’au bout d’une expérience de relation humaine, la première impression devrait naturellement s’émietter au fur et à mesure que la réalité se construit. Ce passage est douloureux car on doit renoncer à la première impression qu’on prend souvent pour argent comptant, celle à laquelle on tient tant parfois et qui est notre jugement arbitraire, subjectif et inconscient. La fraternité n’exerce pas de pouvoirs magiques, en revanche elle propose à tous une vertu capable de la maintenir et cette vertu, c’est la Tolérance. A mi-chemin entre la justice et l’amour se situe le respect et la tolérance. On ne peut pas tolérer sans respecter, car le fondement de la tolérance est d’abord la compréhension de l’autre, de tous les autres.   
Ainsi la tolérance devient un hommage à l’impénétrable vérité dont tout homme est porteur. Egalement, cet effort qui nous est demander pour traiter l’autre comme soi-même se nomme la « justice », car la justice consiste précisément à se placer à la place de l’autre. Cependant il faut admettre que la tolérance a par définition une limite, ainsi on ne pourrait admettre la liberté d’un loup dans une bergerie. ; c’est seulement dans cette limite de la liberté de l’autre que la tolérance peut se muer en Amour, qu’elle devient une communion qui dépasse celle de l’esprit pour atteindre la communion des cœurs. Tel est le paradoxe de la Fraternité : Intelligence du cœur qui transcende celle de l’esprit.
Je dirais que celui qui gesticule et parade le plus est celui qui empêche la relation de personne à personne. Il s’exclut de la fraternité. Si la Fraternité est un devoir pour le Maçon, elle n’est pas innée. Elle se travaille. Il faut être suffisamment pur et s’aimer soi-même pour pouvoir Fraterniser avec son prochain sans jouer un jeu ridicule qui ne trompe personne.

L’amitié c’est un attachement, une affection mutuelle, qui a beaucoup de point commun avec la fraternité. Mais le type de relations est différent. Nous choisissons notre ami, mais pas notre frère. Ce qui a pour conséquence qu’en amitié, il y a souvent plus de similitudes que de différences. La fraternité ce n’est pas l’abandon total et sans réserve de l’amitié. Il y a en plus dans la notion de fraternité, une notion de durée dans le temps, qui ne se pose même pas : Nous sommes frères à vie. La Fraternité reste indissociable de l’honnêteté, qui impose parfois de déplaire, de choquer, de heurter. Nous ne pouvons être en fraternité qu’en étant honnête vis à vis de nos Frères, mais l’honnêteté n’est pas à elle seule, la fraternité qui a une portée supérieure. Notre Fraternité de Maçon vient du fait que nous avons tous une origine commune de part notre Initiation. Nous avons tous vécu la même renaissance et nous restons tous sur le même chemin, celui de la recherche de la Lumière. Bâtir ne peut être qu’une œuvre commune donc Fraternelle. Nous devons vivre l’autre avec ses différences et nous en inspirer, sans flatterie, sans jugement et sans esprit de supériorité car elles ne sont pas rivalités mais partage et richesses.    
Montaigne a dit dans les Essais : « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».
On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet qui nous serviront à pratiquer la fraternité comme un art. Agir comme un frère, c’est savoir temporiser ses passions est c’est parfois quelque chose de compliqué car nous pouvons être parfois une marmite en ébullition, ou bien un lac de béatitude et le Franc-maçon n’a pas le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction. Aussi il est essentiel pour mériter sans honte notre place en Loge de maîtriser nos passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l’hypocrisie. La F.M. n’a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l’échelle de notre organisation. Nos travaux ne devraient avoir pour unique ambition pour pouvoir participer à la construction commune que de refléter notre personnalité, dépourvus d’inutiles compilations ou de citations voulant montrer notre petit savoir ou encore de langage technique propre à notre vie profane incompréhensible du plus grand nombre. Etre fraternel c’est aussi parler le même langage que ces Frères. Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être fait que d’hommes emprunt d’humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille. Il me semble évident que pour aider les autres, on doit commencer par s’aider soi-même. D’autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, ou quelque personne à qui l’on s’adresse. Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné et donnons sans compter tout ce que nous pouvons donner. Souvenons-nous de l’épreuve du miroir, le jour de notre Initiation. Ce fut la première confrontation avec la Fraternité Initiatique. La révélation ne se vérifie que si celui qui tient le miroir ne se détourne pas de son rôle. Si vous le confiez à quelqu’un qui ne supporte pas le rôle du miroir, il y a de fortes chances qu’il se détourne pour reprendre la parole. Savoir pratiquer ces deux fonctions me semble important pour garantir la fraternité, l’une est de savoir se poser en tant que miroir,et l’autre de savoir s’exposer en toute nudité.

Le miroir reflète dans notre rituel le visage du récipiendaire. Le visage, c’est l’individu, la personnalité.

C’est ce qui nous permet d’identifier l’autre ou d’être reconnu par lui. En me regardant dans le miroir, je confirme ma ressemblance avec les autres. Je m’identifie à l’espèce humaine. Le miroir agit donc comme un révélateur de ma personnalité et sa contemplation me permettra de me connaître. Dans un premier temps, il va me montrer ce que je suis maintenant à l’instant de l’initiation. Il va me montrer ce vieil homme prisonnier de son ego et des haines de sa vie profane. Il va me montrer cet ennemi qui veut exister par lui-même. Si je sais regarder dans le miroir, je saurais voir comment vit ce vieil homme, comment il me dirige, comment il se met en colère, comment il est jaloux, alors seulement je pourrais le combattre en appliquant le fameux « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Le miroir est vraiment un outil de révélation. En tant que symbole, le miroir est l’objet, à mon avis, de l’introspection par excellence. Il nous fait réfléchir sur ce que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, nos envies et nos dégoûts, nos souhaits, notre façon de voir le monde, les personnes qui nous entourent, et nos idées pour les améliorer et les amener vers le bien. Il nous fait réfléchir sur ce que nous voudrions être et que nous ne sommes pas encore. Mais certaines personnes ne supportent pas de voir leur image. Quelques-unes, comme les « Narcisse » du mythe se perdent en regardant leur image reflétée par l’eau. L’ambivalence du symbole du miroir dépend donc essentiellement de l’attitude de la personne et de la maturité de celui qui se regarde. Il existe bien d’autres miroirs, quant nous regardons notre voisin dans les yeux, n’est-il pas notre miroir ? Ne lui reprochons-nous pas nos propres défauts ? N’existons-nous pas par la vision des autres ? Le miroir nous fait prendre conscience de tout cela. Il est essentiel d’accepter le regard des autres et en particulier de nos Frères car c’est lui qui nous apprend à connaître nos limites, à les repousser pour offrir le meilleur de nous-même. C’est par ce regard objectif que les autres doivent porter sur moi que se manifeste la notion de fraternité. Pour être réellement pratiquée la fraternité nécessite que celui qui en use soit libre. Libre de quoi ou de qui ? . Libéré de tout jugement qui ne serait pas de lui, libéré de réflexes conditionnés, libéré de l’autorité parentale, de toute représentation du pouvoir humain qui romprait la fraternité maçonnique. Sa pérennité n’est-elle pas assurée par le dépassement de tout dogme ? . Exister par les actions et interactions que provoquent des liens fraternels suppose que nos chaînes soient rompues. A mon sens, la démarche fraternelle prospère dans l’effacement des attentes individuelles comme des intentions dogmatiques. Elle permet à chacun de trouver sa place et non de s’apporter des réponses. Car qui sait à l’avance quel enseignement lui sera profitable ? La première question que nous devrions tous nous poser lors de nos enquêtes chez un postulant profane et plus encore si nous souhaitons le parrainer, devrait être : « Et-il en possession de ce petit supplément d’âme qui va lui permettre un jour de tout donner pour ses futurs FF. et ainsi de progresser sur le chemin Initiatique » ? Mais avons-nous nous même ce petit supplément d’âme pour pouvoir en avoir une idée ? Et c’est quelquefois un intérêt personnel qui nous anime ou bien nous sommes ébloui par la face visible de l’iceberg, la face qui intéresse la vie profane, celle des apparences. Qu’il soit professeur de faculté, vendeur de gaufres, policier, transformiste, catholique, juif ou agnostique, quelle importance ? Comme dit le proverbe : « C’est au pied du mur qu’on voit le Maçon ». Une fois Initié, sera-t-il capable de briser le miroir du vieil homme pour y voir renaître une nouvelle image de lui-même, qu’il aime et qui est prête à aimer sans condition ? En résumé, la fraternité vraie, c’est me semble t-il vivre l’autre avec ses différences, sans flatterie, sans préjugé, sans jugement. Vivre en fraternité c’est offrir : chacun fait don de ses forces, mais aussi de ses faiblesses. Les différences ne sont pas rivalités mais partage. La fraternité c’est la notion de partage aussi bien intellectuel que matériel, c’est faire don de sa vie pour l’entraide. La fraternité ou quand l’homme est le miroir de l’homme. Pour nous qui sommes dans une Loge de Saint jean, nous devons au moins retenir ce que dit l’évangéliste dans son épître (1, 9-11) « celui qui prétend être dans la Lumière tout en haïssant son Frère est encore dans les ténèbres, mais celui qui aime son frère est dans la Lumière.

V\M\ J’ai tenté de dire.
source : www.ledifice.net

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Le Devoir de Fraternité

Publié le 28 Mai 2013 par PEPernet dans Planches

Les différents aspects et interprétations du thème de ce travail étant nombreux, j’ai décidé ce midi d’aborder celui qui me tient le plus à cœur et, comme l’on fait avant moi de nombreux frères M , d’aborder la Fraternité comme pierre angulaire au cœur de la réflexion et de l’action Maçonnique. Au-delà de la formule, j’aborderai la Fraternité maçonnique comme une véritable exigence fondamentale du cœur et de l’esprit sans laquelle la Franc-maçonnerie ne pourrait exister. Mais, dans un premier temps, il me semble nécessaire d’expliciter de façon rapide la notion de Fraternité. Comme nombre de mes frères dans la même situation, je me suis précipité vers les dictionnaires, encyclopédies et autres sources de savoir pour y découvrir, non pas 1 mais 3 définitions de la Fraternité.

Table des matières

·         1 Les différents aspects et interprétations

·         2 La fraternité en Maçonnerie

·         3 Pourquoi la Fraternité ?

·         4 La conclusion

Les différents aspects et interprétations

La première de ces définition de la Fraternité est, je cite:
«Lien existant entre les hommes considérés comme membres de la famille humaine ; sentiment profond de ce lien».
Bien qu’en apparence généreuse, puisqu’elle conduit à l’idée de la nécessaire solidarité entre tous les hommes, une telle définition cache cependant un danger. Quand on la rapproche des recommandations de la Bible: «Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout vivant qui remue sur la terre», cette conception de la Fraternité me paraît plus «élitiste» qu’«universaliste». Elle place une seule espèce vivante, en l’occurrence l’homme, comme étant de nature différente et unique but de la création. Ce qui reviendrait à admettre que le G…A…D…L…U… aurait choisi comme élément central de sa création, la seule espèce capable de détruire son œuvre. Je laisserai à chacun d’entre vous le soin d’appréhender cette réflexion à la lumière de la situation écologique actuelle de notre planète, fruit de l’idéologie scientifique et matérialiste qui a donné les moyens techniques pour l’application du programme décrit ci-dessus.
Pour ma part, je préfère une approche plus «universelle»de la fraternité, impliquant l’ensemble de la création. Une approche différente à la trop souvent constatée et auto proclamée supériorité de l’homme moderne qui pille et détruit ce qui l’entoure pour l’accumulation de richesses matérielles à son seul profit.

La seconde définition de la Fraternité est la suivante:
«Lien particulier établissant des rapports fraternels ; camaraderie, communion»
.
Nous pouvons donc en conclure que tous types de lien affectif entre les participants d’une même communauté peuvent être qualifiés de fraternels. Ce qui représente une généralisation de la première définition mais également l’un des fondements de la vie sociale : travailler ensemble, vivre ensemble, partager des joies et des épreuves, être un groupe, cela crée des liens qui vont de la simple camaraderie à l’amitié, voire la communion. Même si la fraternité initiatique ne se fonde pas sur un lien d’ordre affectif, une Loge maçonnique ne fait pas exception à la règle. Ce sentiment d’appartenance, cet esprit de corps, est le ciment de la cohésion et donc de l’efficacité de notre travail. Mais nous reviendrons sur ce point.

La 3ème et dernière des définitions nous plonge dans le monde de la spiritualité :
«Fraternité est le nom donné à certaines communautés religieuses».
Cette définition fait ici référence à l’abondant vocabulaire de la fraternité utilisé dans les écritures chrétiennes et la tradition remontant à l’ancien testament dans lequel les fils d’Israël étaient qualifiés de «Frères». Pris en ce sens, la fraternité naît du partage d’une commue croyance et, ici, en un Dieu unique. Dans le Nouveau testament, le « frère » se confond avec le « prochain », que le second Commandement ordonne d’aimer comme soi même, ce qui a conduit les premiers Chrétiens à adopter le terme de frère, du latin frater, pour désigner les membres de leur communauté. Par la suite, la règle de Benoît reprit ce terme pour désigner ceux qui se rassemblaient, sous la conduite d’un abbé, formalisant ainsi la notion de communauté religieuse telle qu’elle existe aujourd’hui. Pour être complet, à ces trois définitions il nous faut ajouter la notion de fraternité de métier, centrée sur l’entraide corporative, dont la plus connue et la proche de nous reste le compagnonnage. Issu des confréries médiévales de métier, l’idéal fraternel de ces communautés repose principalement sur l’ordre moral et l’entraide découlant des écritures : nourrir ceux qui ont faim, abreuver ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les malades et les prisonniers, accueillir les étrangers et ensevelir les défunts. Ici aussi je laisserai à chacun le soin de comparer ces principes simples à la réalité de notre société moderne.

La fraternité en Maçonnerie

Pour débuter ce chapitre, je ne pouvais passer à côté de l’élément fondateur qu’est la constitution de la Grande Loge de France. En effet, la première ligne du premier article de cette constitution nous rappel, je cite « La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. » cette simple phrase pose, en quelques mots les fondements de ce que représente la Franc Maçonnerie : Ordre, initiatique, traditionnel, universel, fraternité. Cinq mots, cinq concepts sur lesquels vont s’appuyer tout les autres, qui vont servir de base au Rite Écossais Ancien et Accepté et qui vont guider la vie du maçon. Mais le sujet de ce midi étant, bien heureusement, limité à la fraternité, c’est donc sur elle que je vais me focaliser. La fraternité accompagne le maçon tout au long de son cheminement, depuis l’initiation, qui représente une nouvelle naissance jusqu’au passage à l’orient éternel. Lors de l’initiation, le vénérable maître fait référence à la fraternité dès l’entrée du récipiendaire dans le temple en lui expliquant que la pointe de l’épée qu’il sent sur sa poitrine représente le symbole du remord qui déchirera son cœur si il devenait traitre à la fraternité dans laquelle il a demandé à être admis. Puis, à l’issue du premier voyage, durant lequel le récipiendaire sera fraternellement guidé et soutenu par les frères experts et maître des cérémonies, le VM après avoir fait le parallèle entre les obstacles physiques rencontrés et les obstacles de la vie, rappelle l’importance de l’aide reçue de ses semblables. A la fin du troisième voyage il est rappelé le principe de morale « ne fait pas à autrui … » et de sa version maçonnique « fais aux autres tout le bien … ». N’est-ce pas là un apprentissage de la fraternité ? Puis, autres temps fort s’il en est, viennent le serment, suivi de la scène du parjure pour finir en apothéose sur la réception de la lumière avec la scène du miroir. Toutes ces étapes de l’initiation font directement référence à la fraternité maçonnique et à ses exigences. Sorti de l’initiation, notre rituel nous rappelle à chaque tenue l’importance de cette fraternité. En effet, une fois la loge ouverte par le vénérable maître, quel est sa première parole avant de débuter l’appel des frères ? « Élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière ! ». De même, c’est par la chaîne d’union que se terminent les travaux et débute le rituel de clôture qui débouchera sur la fraternité de nos agapes. Etant, ce midi, au premier degré, je n’irai pas plus avant sur les symboles et enseignements qui, que ce soit à l’élévation au grade de compagnon ou à celui de maître, font référence à la fraternité. Je me permettrai simplement de proposer à ceux qui le souhaitent, de se replonger dans la symbolique du pentagramme et de ses 5 pointes. A nos frères maîtres, je demanderai à quoi ressemble plus la cérémonie de passage au grade de Maître qu’à un l’expression d’une solidarité et une fraternité sans faille. Comme je le disais au début de ce chapitre la fraternité représente l’un des 5 piliers de la Franc Maçonnerie et de notre ordre en particulier.

Pourquoi la Fraternité ?

La question qui se pose est donc pourquoi ? Pourquoi autant de références à la fraternité? Qu’apporte-t-elle à notre ordre, à nos travaux, à nous même ? La réponse, ou plutôt les réponses, à ces questions a déjà été en partie abordée. La fraternité est à notre ordre, à notre méthode, à notre rituel, ce que le mortier est aux cathédrales : l’élément fédérateur sans lequel ce temple que nous construisons ne serait qu’un tas de pierres éparses. C’est cette fraternité naturelle qui nous unis en un ensemble cohérent, respectueux les uns des autres. C’est elle qui nous permet de travailler en sérénité. En sérénité car nous savons que nous ne serons pas jugés, que notre frère, si il apporte une correction ou un complément à notre travail, le fera pour nous faire progresser et non par défi ou besoin de démontrer sa supériorité. C’est aussi l’assurance de se sentir intégré à un groupe, une communauté de pensée, mu par une force spirituelle partagée et tournée vers un seul objectif : le progrès de l’humanité dans son sens le plus noble mais aussi le plus humain et humaniste. Imaginez même frères, ne serait-ce que quelques secondes, ce que seraient nos tenues si nos métaux passaient la porte du temple et si la fraternité ne régnait pas, avec le silence, sur nos colonnes. Cette fraternité dont je vous parle est donc l’humus dans lequel germeront, tout au long de notre parcours initiatique et de nos élévations, nos réflexions et nos travaux, alimentés par les symboles qui nous entourent et la bienveillance de nos frères. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la fraternité maçonnique s’exprime également au-dehors du temple. Non pas sous la forme qui nous fait tant de mal et fait vendre tant de journaux, mais sous la forme, toute simple, de Solidarité emploi, Solidarité jeunesse ou Mathusalem. Quoi de plus simple qu’un coup de fil, une visite à un frère que l’on ne voit plus venir sans raisons? Quoi de plus naturel que d’étendre sa solidarité à l’épouse et aux enfants d’un frère trop rapidement passé à l’orient éternel ? Et, pourquoi pas un geste envers les non maçons, ceux que l’on nomme « profanes » mais qui sont des êtres humains comme nous tous ? N’est-ce pas la continuité logique de nos engagements et la plus belle forme d’action Maçonnique qui soit ?

La conclusion

Elle sera brève car, comme annoncé, je tenais essentiellement à exprimer la nécessité de la Fraternité comme ligne de conduite et comme guide au même titre que notre rituel. Sans elle, nos travaux perdent leur sens et leur utilité mais, une fois sortis du temple, elle ne doit pas rester au fond de nos mallettes, soigneusement remisée avec notre tablier et nos gants jusqu’à la prochaine tenue.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/3331

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Fraternité Universelle

Publié le 27 Mai 2013 par PVI dans Planches

« La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique, traditionnel, et uni­versel, fondé sur la Fraternité ».

Elle constitue une Alliance d'Hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances. »

Tels sont les deux premiers paragraphes de notre Constitution. C'est donc une épreuve et une gageure pour un Franc-Maçon de la Grande Loge de France que de venir vous entretenir du Racisme, car pour nous Francs- Maçons le mot même de Racisme est privé de signification.

Nous pouvons penser que plus personne n'oserait écrire comme le 8 août 1900 Paul Déroulède à Maurice Barrès : » Oui, voilà ce que nous avons voulu, voilà ce que nous voulons, voilà ce qu'il faut poursuivre : rendre à ce pays sa conscience nationale, renationaliser la France que dénaturent les Naturalisés ; noyer le flot étranger, germanique, saxon ou sémite dans l'immensité populaire ». En 1900, cette grande profes­sion de foi nationaliste reposant sur la notion même de Racisme n'était alors que le reflet politique des exactions racistes passées ou futures.

Que faut-il rappeler dans la masse des manifestations délirantes ou quelquefois grotesques. Les Nazis n'avaient rien inventé en imposant aux Juifs, en leur seule qualité, arbitrairement déterminée de Juifs, le port d'un signe distinctif : le port de l'Etoile jaune. Le Concile d'Arles en 1255 avait déjà, sept siècles plus tôt, imposé aux Juifs le port de la Rouelle, signe particulier de couleur jaune qui devait être cousu de façon fort apparente sur leurs vêtements. Vers 1391, un siècle plus tard, 4 000 Juifs furent assassinés dans un progrome de Séville. Au début du XV° siècle, la même mesure : le port de la Rouelle est étendu aux Maures, c'est-à-dire aux Musulmans réunis cette fois aux Juifs dans le même rejet par la toute puissante Eglise d'Espagne.

Martin Luther King n'est pas si ancien, puisque la commission chargée de retrouver les conditions réelles de son assassinat n'a toujours pas déposé ses conclusions.

Mais la discrimination n'est pas purement religieuse, elle est bien d'essence raciale et tend à séparer certains êtres humains minoritaires et arbitrairement déterminés du reste de la Nation. Cette discrimination va — pour rester dans l'Espagne d'alors — se manifester par une série d'interdictions qu'il convient de rappeler car l'imagination paraît sans limites dans ce domaine : interdiction de posséder des armes mais aussi privation du droit d'occuper toutes charges et offices ; interdiction de changer de résidence ; interdiction d'exercer certaines professions et quelles professions : boucher, épicier, charpentier... ; interdiction de porter des vêtements de soie ; interdiction de boire avec des Chrétiens, de manger avec les Chrétiens, de parler aux Chrétiens ; et, pour couronner la liste des interdictions, une obligation : celle de porter la barbe. Le dérisoire se mêle à l'odieux.

Ne nous attardons pas sur les horreurs de l'Inquisition certes plus essentiellement religieuse mais relevant du même caractère : ne pas supporter que l'Autre soit différent dans sa couleur, dans ses moeurs, dans ses coutumes, dans ses croyances ou dans sa façon de vivre.

Pour sortir de l'Espagne, rejoignons l'Italie pour rappeler que le mot « ghetto » naquit à Venise où cet ensemble architectural du XVIe siècle demeuré intact, prend aujourd'hui toute sa valeur émotionnelle avec ses immeubles inhabituels par leur hauteur et §es tours qui flanquent les portes d'accès à ce parcage obligatoire des Juifs.

Nous savons les efforts américains pour tenter de résoudre le pro­blème de la coexistence d'un peuple noir et d'un peuple blanc, et même la dernière guerre mondiale qui les avait unis dans un même combat contre l'Allemagne nazie, qui elle avait érigé le racisme en règle absolue, ne réussit pas à assurer cette coexistence. Si le Ku Klux Klan n'attire plus l'attention ce n'est que depuis une ou deux décennies. Mais nous avons à 'l'esprit ces luttes pour que de jeunes enfants noirs puissent avoir accès aux mêmes écoles que les enfants blancs. Nous connaissons aussi les pays de l'intégrale ségrégation raciale. Et puis, l'assassinat du Pasteur

C'est volontairement que nous n'avons pas jusqu'alors parlé de la France, car son histoire nous est plus familière. Au moins en ce qui concerne les Juifs, l'affaire Dreyfus aurait dû être un sérieux avertisse­ment et les études éminentes de l'historien Poliakoff devraient constituer pour l'avenir la somme de ce que nous ne pouvons plus ignorer. Mais nous savons — outre la 'lettre de Déroulède, dont le thème doit bien demeurer dans certaines arrière-pensées, caché sous la bannière hono­rable du nationalisme, le curieux privilège de M. Darquier de Pellepoix. C'est bien un Français qui a nié l'existence même du fantastique génocide nazi. Car le raciste même quand il se reconnaît, nie souvent les mesures extrêmes auxquelles il parvient dans la logique absurde de son système.

C'est le cas du génocide arménien par les Turcs en 1915. La solution à l'existence d'un peuple « autre », étranger sur le territoire turc, l'Ararat, débute au mois d'avril 1915. La déportation systématique est assortie d'un génocide d'une grande précision. Quelques exemples sont bien significatifs : sur un convoi de 3 000 exilés, ne parviennent à Alep que 35 femmes et enfants ; et sur un autre convoi, sur 18 000 personnes, 150 femmes et enfants arrivèrent à destination. Le 9 septembre 1915 est signé par Talaat le terrible décret : « Le droit des Arméniens de vivre et de travailler sur le territoire de Turquie est totalement aboli ; le gouvernement assurant toutes les responsabilités à ce sujet a ordonné de n'en même pas laisser les enfants au berceau ».

Combien de disparus dans ces prémices au plus grand des génocides de l'histoire ?

L'inorganisation des populations visées, leur passivité pastorale ne permettent pas d'en fixer le nombre avec exactitude mais on peut avancer le chiffre d'un million et plus probablement un million et demi d'êtres humains, uniquement parce qu'ils étaient Arméniens. Et c'est parce qu'ils étaient Tziganes qu'Hitler les dirigea vers •les chambres à gaz. Le Nazisme avait tenté quelque délirante explication scientifico-sociale à son Racisme antisémite et la multiplicité des progroms préliminaires dès 1935 laissait entrevoir au moins les persécutions contre les Juifs mais, rien ne laissait prévoir cette rafle des Tziganes et leur extermination. Rien, sinon que partout, ils étaient « Autres », race ou particularité de mœurs, vivant dans un monde qui leur était propre.

Deux cents, trois cent mille morts dans les camps de la mort, blonds ou bruns, amenés à la mort parce qu'ils n'étaient pas comme les autres : c'est le Racisme à l'état pur. A ce stade, nous avons pleinement conscience de ne rien apprendre à quiconque de nos auditeurs mais il nous est apparu nécessaire de rappeler que la pensée raciste ne peut mener à partir de petites interdictions qu'aux solutions finales drama­tiques. Il nous est apparu que l'émotion soulevée par le film Holocauste 35 ans après le génocide nazi était révélatrice, car l'horreur éclatée en 1945 était comme enfouie dans l'oubli en 1979. Comme est soigneuse­ment enfoui le génocide arménien de 1915, comme est enfoui le génocide tzigane derrière les pancartes interdisant leur campement à l'entrée des villes.

Notre civilisation européenne constitue un bien étrange carrefour, car elle est lieu géométrique entre les civilisations helléniques puis latines et les civilisations venues du Moyen-Orient, ce que l'on convient d'appeler les civilisations Judéo-Chrétiennes. Mais nous sommes aussi fils des Huns, des Vikings, des Goths et autres Wisigoths, nous sommes fils des Barbares les plus sanguinaires qui déferlèrent de par le monde.

Certes, les notions de civilisation l'ont emporté et les rapports de droit ont remplacé, du moins en principe, les rapports de force. Tout cela est bien récent dans 'l'histoire de l'humanité, moins de deux mille ans. Mais le Barbare est toujours présent ; prêt à resurgir, et qui peut lui faire comprendre qu'il doit admettre l'autre, l'étranger tel qu'il est. Le Barbare est fait pour vaincre, en tuant ou en mourant, mais seule la victoire s'impose à lui, l'autre n'existe pas ou il cède. Le Barbare qui git encore en nous ignore la Tolérance, et 'le mot Fraternité ne s'étend pas pour lui à ceux dont il diffère.

* * *

La Grande Loge de France a toujours cultivé en son sein ce double Idéal de la Tolérance et de la Fraternité, nous le rappelions en notre début, mais rarement son action fut menée sur le Forum.

Cependant face aux menaces constantes, fidèle à ses Idéaux de Fraternité et de Liberté incarnés par des Frères comme Voltaire ou l'Abbé Grégoire, la Grande Loge de France a décidé d'organiser une journée consacrée au Racisme avec votre participation. A Paris le 16 juin 1979, aura lieu en l'Hôtel du Palais des Congrès, un colloque consacré aux problèmes du Racisme.

Et le même jour dans les grandes villes de province, nous organi­serons, selon leur vocation propre, des journées de travail ou d'informa­tion, chacun apportant sa pierre à la construction du Temple où ne peuvent régner que la Fraternité et la Tolérance.

La vaste Chaîne d'Union qui relie entre eux les Francs-Maçons, s'éten­dra ainsi par-delà le temps, par-delà l'espace à tous ceux, à toutes celles qui souffrirent ou trouvèrent la mort, victimes de la bête Immonde, le Racisme.

MAI 1979

Source : www.ledifice.net

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La Fraternité Maçonnique devant la Mort

Publié le 26 Mai 2013 par PVI dans Planches

A la fin de l'automne passé, un de nos frères venait occuper, en un petit cimetière de la région parisienne, sa dernière place sur cette terre. Un catafalque avait été élevé au bout de l'allée centrale pour arrêter, pendant un court instant, le cheminement du cercueil vers la tombe. Autour de ce catafalque, vingt et un frères réunis formaient la « chaîne d'union courte », se donnant mutuellement les mains dont les bras étaient croisés. Ils portaient sur leurs épaules écharpes et sautoirs retournés, lais­sant deviner, brodés d'argent sur un fond noir, les attributs et les larmes d'un cérémonial de deuil.

Le Vénérable Maître de la Loge prit alors la parole :

« Mon Frère Michel, tu es venu frapper, un jour, à la porte du Temple, et cette porte, pour toi nous l'avons ouverte. Tu es venu nous offrir ton travail, tes qualités exceptionnelles d'intelligence, de compréhension, de sensibilité, de fraternité tu es venu partager notre recherche, tu es venu aimer ce que nous aimons. Alors, t'ayant laissé pénétrer dans notre chaîne d'union, nous l'avons refermée sur toi. Et c'est au cour même de ce cercle dans lequel tu venais d'entrer que, symboliquement nous t'avons « donné la lumière ». C'est de ce point privilégié que tu découvris les visages de ceux qui étaient déjà tes frères, de ceux qui, à cet instant, représentaient l'ensemble des Maçons vivant sur la surface de la terre, liés par la même quête, mieux encore que par nos mains étroitement unies. C'est depuis ce point central que tu vins te mêler à nous, et prendre place dans notre chaîne pour tendre, à force de travail, de recherche et de méditation, à la parfaite maîtrise.Si ces mêmes visages que tu découvris dans la joie cernent aujourd'hui, bouleversés, ton cercueil, si tes frères, qui t'avaient juré fidélité, sont venus jusqu'ici former, une fois encore, autour de toi ce cercle d'amour et de fraternité, c'est pour que de son centre partent les premiers pas que tu feras pour rejoindre la longue chaîne que forgent, depuis les chantiers du roi Salomon, les Francs-Maçons passés à l'Orient éternel, c'est pour qu'une dernière fois notre assemblée retrouve en son sein celui qui a reçu l'initiation suprême. Comment te dire notre tristesse, mon Frère ? Comment te dire à toi qui, dimanche dernier encore, sus si bien mettre en évidence, alors que tu ne pouvais plus même articuler, combien la démarche de l'homme qui se croit civilisé est vaine, dérisoire et frivole, et combien a de grandeur la tranquille disponibilité de l'homme devant sa mort ? Comment te dire à toi, dont la lucidité et le courage ont forcé notre admiration...Comment te dire que nous ressentons cruellement ton absence ? Mon Frère Michel, un des derniers mots que je t'ai entendu prononcer, et avec quelle difficulté, c'est le mot devoir. C'est probablement celui qui t'était le plus familier, c'est celui qui en loge, nous restera le plus familier. Nous savons que rien ne meurt vraiment. Nous savons que rien ne commence, que rien ne cesse, que tout se poursuit ; c'est pourquoi tout simplement, au nom de notre Atelier de ton Atelier, tout entier, au nom de la Grande Loge de France, au nom de la Franc-Maçonnerie Universelle, je te redis, mon Frère Michel... au revoir.» Les frères du défunt quittèrent alors la chaîne d'union. On s'empara du cercueil qui fut glissé dans la tranchée fraîchement ouverte. Un à un les officiants vinrent jeter sur la dépouille mortelle un rameau d'acacia. L'acacia, symbole solaire, l'acacia, symbole de l'innocence, l'acacia, dont, selon la Légende, étaient faites l'arche sainte et la croix, l'acacia, arbre sacré de la maîtrise, l'acacia, emblème de la métamorphose et de la résurrection. Le monde profane reconnaît bien volontiers l'existence de la fraternité maçonnique, mais il ne lui accorde souvent qu'une portée limitée aux biens de ce monde. C'est une erreur commune que de voir dans l'Ordre maçonnique une société d'entraide, alors qu'il est avant tout une société de pensée, une école d'ascèse initiatique pour l'homme seul et conscient de l'être. La fraternité qui nous unit franchit victorieuse les barrières de la mort pour ceux d'entre nous qui savent s'en montrer dignes et assumer leurs res­ponsabilités d'hommes libres...Nous évoquons aujourd'hui un problème qui préoccupe beaucoup ceux qui craignent de ne pouvoir rester seuls avec eux-mêmes à l'heure de la. mort. Le monde dans lequel nous vivons se prête mal à la compréhension de la mort en tant que conséquence logique de la vie, car l'homme civilisé est coupé des contingences de la nature. L'homme sauvage vivait avec la hantise permanente de la mort. L'homme civilisé, encotonné de fausse sécurité, grisé de divertissement, oublie jusqu'à l'idée de sa fin inéluctable et celui qui meurt, meurt seul. Son semblable vivant ne sait lui apporter aucun réconfort, tout ce qu'il peut dire ou faire ne vise qu'à se justifier lui-même, à se réconforter lui-même. Pour nous, Francs-Maçons écossais, la mort marque de son empreinte tout le cours de notre cheminement initiatique. Quand nous la rencontrons au détour de notre route, quand nous la voyons à l'ceuvre, quand nous la devinons présente près de nous, nous savons qu'elle est une nécessité qu'il faut regarder en face sans équivoque ni lâcheté. Notre sérénité et notre confiance en notre communion fraternelle est exactement celle qu'exprima de manière si forte Mozart quand il se détourna de la composition de ce Requiem qu'il devait laisser inachevé pour écrire, d'une seule jetée, cette petite Cantate Maçonnique K 623 « Laut verkunde unsere Freude = achevée le 15 novembre 1791, trois semaines à peine avant sa mort. MOZART avait trouvé dans la Franc-Maçonnerie le réconfort d'une com­munauté fraternelle universelle qu'aucune religion n'avait jamais su ou pu appor­ter à son âme sensible. Avant de mourir, il écrivit ce tout dernier chant d'espérance que vous n'entendez pas d'habitude après l'exécution au concert de cette petite cantate, car ce chant fait partie du rituel maçonnique de fermeture des travaux, c'est-à-dire du moment de réflexion que nous avons toujours, avant de nous séparer, pour nous demander si l’œuvre que nous avons entreprise servira au bonheur de tous les hommes.. Pour une fois, et en souvenir de tous les frères morts dans l'espoir d'un monde meilleur pour tous les hommes sincères et honnêtes, laissez-nous vous faire entendre ce chant de confiante espérance qui devait être choisi un siècle et demi plus tard dans la patrie même de Mozart, comme hymne national.

(Musique)

MARS 1972

Source : www.ledifice.net

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