Publié le 23 Janvier 2014 par F\ R\ dans Planches
Introduction
Et tenebrae eam non comprehenderunt… De façon purement scolaire et triviale, la dualité fait référence au nombre 2, qui selon la définition du dictionnaire est le nombre qui suit « un » dans la suite « N » des entiers naturels. De façon un peu plus spécifique, nous trouvons des concepts de dualité tant dans les sciences comme les mathématiques, que dans la physique quantique où la dualité onde-particule exprime le fait que la lumière et la matière présentent simultanément des propriétés d'ondes et de particules, ou encore en électrocinétique, dipôle dual ou circuit dual mais également en philosophie avec la dualité de Descartes et le concept de Dualisme. Néanmoins, la religion n’est pas en reste puisqu’elle convient également que la dualité se rapporte à diverses distinctions relativement valides, mais ultimement indifférenciées dès lors qu’elle s’interroge sur les notions de religion et de spiritualité. Dualisme vient du latin dualis qui signifie « composé de deux ». Il s’agit de la doctrine qui admet dans l’univers deux principes premiers irréductibles. Par extension, cela signifie tout système qui, dans un ordre d’idée quelconque, admet la coexistence de deux principes essentiellement irréductibles. C’est encore la doctrine qui admet dans l’univers deux principes actifs, le génie du Bien et celui du Mal en lutte perpétuelle l’un avec l’autre. La dualité serait donc le caractère ou état de ce qui est double en soi et par définition, signifierait donc la coexistence de deux éléments de nature différente. Pour simplifier, la dualité serait le caractère de ce qui réunit deux êtres distincts. Il y aurait donc une sorte d’antagonisme, de contradiction dans la notion de dualité : coexistence de deux éléments de nature différente : coexistence = cum exsistentia en bas latin… Être placé avec…deux choses de nature distincte placées ensemble et qui en soi n’en ferait plus qu’une seule…telle est sans doute, et tout état de cause, celle que nous proposons à votre réflexion sur la problématique de la dualité : le deux ne serait que la représentation particulière d’un TOUT, d’un « UN » et ne serait donc que l’expression d’une unité particulière, sans doute par certain côté en générale transcendante. Répondre par l’affirmative immédiatement à un tel postulat reviendrait à nier de facto toute l’ambiguïté du concept même de dualité dans ce qu’il a de plus intrinsèque, à savoir que deux éléments apparemment opposés ne peuvent en définitive n’en former qu’un seul et aboutir à l’unité. Il n’est pas nécessaire de donner d’emblée de la dualité une interprétation métaphysique d’autant qu’il est sans doute plus aisé d’en percevoir clairement la manifestation sur le plan psychologique et dans ses conséquences concrètes et pratiques. Or s’il est un vécu qui nous est très familier et qui a un rapport étroit avec la dualité, c’est bien l’état de contradiction dans lequel nous abordons en permanence la vie : j’aime/je n’aime pas, je désire/je déteste, je veux/je ne veux pas...qui sont des mouvements qui dépendent de jugements qui, une fois prononcés, nous précipitent dans les contrariétés, les contrastes, les déchirements, les sautes d’humeur et les drames de la vie ordinaire.
Là encore : Et tenebrae eam non comprehenderunt…
La plupart du temps, nous n’en avons guère conscience. Nous prenons la contradiction au niveau le plus tardif de sa manifestation, sans voir sa pensée racine. Nous avons appris à nous résigner par avance à penser que la vie est une lutte. Vivre dans la dualité et les contradictions semble normal. Ce n’est que lorsque cela commence à faire très mal que nous nous en soucions vraiment. Mais pourquoi ? Est-ce la dualité de l’être humain, l’incurable sottise du genre humain qui est responsable de cet état de fait ? C’est un fait qui ne tombe pas du ciel, mais qui est constitué de l’intérieur par le sujet. Cette dualité est notre propre fait. Elle ne va nullement de soi : je veux/je ne veux pas sont vécus en même temps, sur le même plan, sous le même rapport tel que tirer et pousser en même temps pour, au final, s’étonner de ne pas avancer, d’être mécontent, frustré et insatisfait. Je me mets dans une ambivalence et je me place délibérément dans un état de conflit sans voir ni prendre pleinement conscience de l’immobilisme dans lequel je me suis moi-même placé. La Vie n’est pas statique, mais intensément dynamique (Cf. Notre existence a-t-elle un sens ? De Jean Staune, Presse de la Renaissance - 2007). Si je pouvais couler avec le mouvement vivant de la manifestation, sans introduire la friction d’une opposition contradictoire, ma vie serait elle-même portée par le mouvement. Je n’aurais pas le sentiment qu’elle est une lutte. Mais ce n’est pas mon expérience habituelle. Ce n’est pas du tout le lot de l’expérience ordinaire. Dès l’entrée dans la vigilance quotidienne, je perçois le monde et l’expérience, comme celui d’objets qui d’emblée sont séparés de moi, et s’opposent à moi. Il y a moi et ces choses que je dois affronter, moi et ces résistances que je dois vaincre, moi, dans l’affrontement continuel de ma volonté et des événements. Il y a moi et les autres, il y a moi et le tourbillon des événements du monde. Je vis harcelé par cette réalité dans laquelle je suis tombé et je me débats contre elle pour essayer de devenir quelqu’un. La traction de toujours devoir être ce que je ne suis pas encore me précipite dans le temps psychologique. J’attends tout de demain, j’espère que le futur pourra me combler, je crains qu’il ne soit fait que d’épreuves et d’échecs. J’ai peur de rater ma vie en n’atteignant pas les buts que je me suis fixé. Je cultive le scepticisme et l’amertume quand l’idéal n’est jamais au rendez-vous et que la vie n’est jamais à la hauteur de ce que je voudrais qu’elle soit. Et par-dessus le marché, cette conscience qui dit « moi », « moi », ne cesse de proclamer sa sédition à l’égard de tout le reste, pour étendre son empire sur ce qu’elle voit immédiatement comme un non-moi. En résumé, la dualité de l’être humain ne serait que l’expression d’un conflit intérieur où je constaterai simultanément que : la conscience d’une séparation entre moi et le monde est une dualité, que l’opposition entre moi en souci de devenir et ce qui est, et, entre le devoir-être et l’être est une dualité et enfin que l’élément commun dans lequel la dualité prend naissance c’est le sujet moi. Dès lors, que tombe le sentiment de séparation entre moi et le monde et la dualité vole en éclat ; que prenne fin la projection du souci de devenir, et la dualité perd son fondement ; plus mystérieusement encore : que disparaisse le sens de l’ego, et la dualité n’a plus rien qui puisse l’alimenter. C’est l’une des interprétations que je perçois de cette devise « Et tenebrae eam non comprehenderunt ». La situation de conflit interne je veux/je ne veux pas, suppose nécessairement un choix, mais c’est un choix très particulier qui alimente la pensée duelle. Un choix qui exclut son contraire. Je veux le plaisir, sans la douleur. Je veux la joie, mais pas la tristesse. Je veux l’ordre, mais pas le désordre. Je veux la paix, mais pas le conflit. Je veux la liberté, mais pas la servitude. Je veux de la chance, sans la malchance. Je veux le bien sans le mal. Je veux de l’amour-passion, sans la haine passionnelle etc. Et c’est là que la question de dualité devient très subtile. La Vie, dans son processus vivant, dans son expansion dynamique est une et sans division. La pensée duelle introduit la division et implémente cette idée fausse, selon laquelle nous ne devrions avoir que le positif, sans le négatif ; alors précisément que ce qui est, c’est l’unité vivante qui les englobe tous les deux. Si bien que la contradiction ne se fait pas attendre. Le seul fait de rechercher d’avantage de plaisir invite aussi l’expérience de plus de douleur. En cherchant une joie sans tristesse, inévitablement j’invite la tension des hauts et des bas, du sommet de la vague et de son creux. L’ordre sans désordre devient autoritaire et obsessionnel, le désordre revenant comme confusion mentale. La paix imposée de force, sans la capacité de comprendre le conflit, réassure et perpétue le conflit. Le culte de la bonne fortune me met à la merci du destin et me prive des bénédictions que la vie m’apporte. Le rigorisme moral du bien que l’on veut « purifier » de tout mal, si on le laissait faire, nettoierait très vite la planète de tout ce qui est vivant. La question de fond est que si je choisis une des contradictions et ne comprends pas son opposé, je n’enveloppe pas la Vie dans sa totalité et je me trouve en fait paralysé, incapable d’intégrer les contraires que j’ai moi-même engendrés. Dans le monde relatif, une chose ne peut exister sans son contraire. Choisir dans ce qui est un pôle duel, sans son pôle complémentaire, c’est être incapable d’accepter ce qui est, c’est refuser la réalité. Nous savons bien qu’il est important de nourrir l’amour de soi, que c’est seulement dans la réconciliation avec soi que la vie peut prendre son essor, mais on nous a aussi appris que l’amour de soi, c’est mal, qu’il vaut mieux se soucier d’abord des autres et surtout ne pas s’accorder une importance. Ce ne serait que complaisance, égocentrisme et narcissisme. Pascal dit dans les Pensées qu’il « ne faut aimer que Dieu et ne haïr que soi ». La supériorité de la religion chrétienne, dit Pascal, vient de là, de ce qu’elle enseigne la haine de soi. Nous avons un peu honte de ce qui nous procure une gratification personnelle. Si une chose doit être faite, par pur devoir, contre notre propre sensibilité, alors c’est assurément qu’elle est bonne. Aller contre soi-même nous permet de mériter le bonheur, comme prix de notre sacrifice, comme prix d’une mortification de l’amour de soi. Ce qui veut dire qu’en fait nous nous servons de la culpabilité pour nous sentir mal...à l’égard de qui nous fait du bien ! Est-ce ici également ce que les ténèbres n’ont pas compris ? La liste est ouverte. Nous pourrions la prolonger en évoquant le soin accordé au corps, le désir en général, la connaissance de l’univers et même la relation entre l’homme et l’Absolu. Nous trouverions partout, l’ambivalence de la représentation duelle. Ainsi, le sexe, l’argent, le pouvoir, la gloire, la liberté, l’amour de soi, le désir, le corps, la sagesse, Dieu sont devenus des problèmes. Tous les débats qui mettent en jeu un objet quelconque de désir sont piégés par avance par la pensée duelle. La politique, c’est droite/gauche ! On nous a appris qu’il faut toujours tout trancher : on est pour/contre. Vous devez vous ranger en amis/ennemis, il y a nous/les autres, les proches/les étrangers, le capital/le prolétariat, etc. C’est-à-dire, qu’il est recommandé de faire abstraction de la complexité en opérant partout une simplification duelle. Ce qui bien sûr alimente les conflits. Nous sommes incapables d’affirmer la Vie dans son intégralité et de la reconnaître dans toutes ses manifestations parce que nous n’avons jamais appris à penser autrement que dans la dualité. Nous ne savons pas mettre chaque chose à sa juste place et repenser les contraires dans l’unité des complémentaires. Pourquoi cela ? Sans doute parce que la notion de dualité est intrinsèque à notre existence et est notre essence même, s’exprimant dans ce qui nous caractérise en tant qu’être humain : dans notre langage, dans notre représentation du monde, y compris dans ce temple, et dans notre relation au monde et à l’autre.
I - La Dualité dans le langage
De façon tout à fait évidente et profane, force est de constater que le nombre « deux » est omniprésent dans la vie humaine. Dieu a presque tout créé en double. Les quelques exemples ci-après illustrent la chose :
Cette notion de dualité est tout aussi présente dans l’organisation de la société. La société ne se dualise-t-elle pas aussi du fait des inégalités sociales ? Les opposés du monde ci-dessous illustrent bien cette dualité.
Elle joue également un rôle important sur le plan technologique. En effet, la révolution numérique qui est en train de bouleverser notre société est née de l’exploitation judicieuse dela notion de dualité plus précisément du binaire. Grâce au symbole 0 et 1 tout peut être représenté. Car toute chose sur la terre a une nature double. Autrement dire toute chose a toujours deux états importants l’un et l’autre.
A partir de ces constats il est aisé de comprendre que la dualité est très importante et joue un rôle important dans la vie profane, à tel point qu’elle se retrouve dans le fondement même de ce qui caractérise l’être humain : le langage. Quel rapport entre langage et dualité ? Si nous définissons le langage comme la faculté d’exprimer verbalement sa pensée, comme pouvoir d’expression verbale de la pensée, alors, de fait, la dualité est intrinsèque de la notion même de langage. Affirmer cela semble de prime abord antinomique. Néanmoins, en repartant des évidences énoncées précédemment nous constaterons immédiatement que l’exemple de l’Egypte est édifiant. En effet, le concept de dualité est permanent et primordial dans la pensée égyptienne, à tel point qu’il y occupait une place si importante qu'il existait un nombre grammatical particulier pour le représenter : le « duel » (qui s'ajoute au singulier et au pluriel). Ce nombre, ayant des caractéristiques distinctes du pluriel, est utilisé pour tous les mots ou notions allant par paires : les bras, les yeux, les obélisques, etc. Le duel était signifié par l'ajout d'un suffixe particulier au nom. A l’exemple du langage et de l’écriture donc, chez les égyptiens, tout allait par paire, soit complémentaire, soit antithétique : les « Deux Terres » de la Haute-Égypte et la Basse-Égypte représentant le double-pays, le lotus et le papyrus, les plantes héraldiques de Haute et de Basse-Égypte, les « Jumeaux royaux », les dieux Shou et Tefnout, les « Deux Maîtres », Horus et Seth, les « Deux Maîtresses », les deux déesses protectrices, le vautour blanc de Haute-Égypte et Ouadjet le cobra de Basse-Égypte ; le jonc et l'abeille, la « double couronne » qui associe la couronne blanche oblongue de l'ancien royaume du Sud (Haute-Égypte) et la couronne rouge, plate à fond relevé de l'ancien royaume du Nord (Basse-Égypte), l'Orient et l'Occident, le bien et le mal, l'harmonie et le désordre… De même, pratiquement toutes les divinités étaient associées par paires et fréquemment de même racine nominale : Amon et Amonet, Heh et Hehet, Kekou et Kekout, Noun et Nounet. L’exemple de conception du monde des égyptiens est édifiant et nous permet peut-être d’appréhender au plus près le concept de dualité d’autant que, revenant à la notion même de langage, la dualité était également marquée par le doublement du hiéroglyphe déterminatif. Dès lors il apparaît que le symbole lui-même, l’écriture elle-même était porteuse du « duel ». Mais la conception duale égyptienne n’est pas isolée. Le langage est en soi dual par deux côtés : la notion de signifiant/signifié d’une part et celle de signe et symbole d’autre part qui sont indissociables du concept même de langage. Le signe linguistique diffère du symbole. Quand j’emploie le mot « chien », il n’est nullement certain d’une part que le signifiant, le son « chien » comporte une relation intrinsèque avec le signifié, le concept de chien, d’autre part qu’il existe un rapport naturel entre l’image acoustique, l’ensemble sonore, le signifiant et le concept, le signifié. Tout au contraire, dans le symbole, cette relation entre la représentation sensible et le concept est tout à fait évidente comme le montre Hegel dans son Esthétique : « le symbole est d’abord un signe. Mais dans le signe proprement dit, le rapport qui unit le signe à la chose signifiée est arbitraire… Il en est tout autrement du signe particulier qui constitue le symbole. Le lion, par exemple, sera employé comme symbole de la magnanimité ; le renard, de la ruse, le cercle, symbole de l’éternité. Mais le lion, le renard possèdent en eux-mêmes les qualités dont ils doivent exprimer le sens… Ainsi, dans ces sortes de symboles, l’objet extérieur renferme déjà en lui-même le sens à la représentation duquel il est employé ». Ainsi donc, si l’unité de sens issue de la dualité de la forme et du contenu est évidente dans le symbole, elle l’est bien moins en ce qui concerne le signe linguistique. Et pourtant, si le langage, invention du signe, capacité de création indéfinie semble indissociable de la pensée qui se forme dans les mots et par l’expression verbale certains philosophes, comme Bergson insiste sur la notion même de dualité dans le concept même de langage et dans son essence même en dissociant pensée et langage. Les mots et le langage, instruments de la pratique et de l’action dans le monde ne traduisent qu’imparfaitement la vraie vie de l’âme. Le langage, adapté à la pratique, ne peut exprimer la vie intérieure, pensée pure, réalité concrète et fluide. Il existe donc une dualité supérieure aux yeux de Bergson dans ce qu’est le langage lui-même, un au-delà du langage, un ineffable objet d’intuition. Cependant, ce que nous saisissons en dehors de tout langage est extrêmement indéterminé et peut-nous sembler, à première vue, très riche. Mais cette indétermination même est une marque de faiblesse. L’ineffable est flou, imprécis et obscur comme le qualifie Hegel dans la Phénoménologie de l’Esprit : « ce qu’on nomme l’ineffable n’est autre chose que le non-vrai, l’irrationnel, ce que simplement l’on s’imagine ». Seul le mot détermine, structure et forme la pensée. On retrouve ici le fameux dualisme de Descartes. Dans ses méditations métaphysiques, Descartes se lance dans une quête au cours de laquelle il s’engage à douter de tout ce en quoi il croit, afin de découvrir ce dont il peut être certain. En faisant cela, il découvre qu’il peut douter du fait qu’il ait ou non un corps (il se peut qu’il soit simplement en train de rêver de son corps, ou que ce ne soit qu’une illusion créée par un « malin génie »), mais il ne peut pas douter de l’existence de son esprit. Ceci constitue pour Descartes le premier indice montrant que le corps et l’esprit sont deux choses réellement différentes. L’esprit, selon Descartes, est « res cogitans », une chose pensante et une substance immatérielle. Cette chose est l’essence de sa personne, celle qui doute, croit, espère et pense. Cette distinction entre le corps et l’esprit est ainsi étayée dans les méditations VI : « j'ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et [...] j'ai une idée distincte du corps, en tant qu'il est seulement une chose étendue et qui ne pense point. […] Toutes les choses que je conçois clairement et distinctement, peuvent être produites par Dieu telles que je les conçois ». Ainsi, explique Descartes, la dualité corps/esprit : l’esprit est une chose pensante qui peut exister indépendamment de son corps étendu. Et par conséquent, l’esprit est une substance distincte du corps, une substance dont l’essence est la pensée. L’affirmation centrale du dualisme cartésien est donc que l’esprit immatériel et le corps matériel interagissent de façon causale, une idée qui continue d’apparaître de manière privilégiée dans de nombreuses philosophies non européennes. Les événements mentaux causent des évènements physiques, et inversement. Cela conduit à un problème très profond concernant le dualisme cartésien : Comment un esprit immatériel peut-il causer quoi que ce soit dans un corps matériel, et inversement ? Descartes lui-même a peiné pour obtenir une réponse cohérente à ce problème. Dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohême, il suggéra que les esprits des êtres animés interagissaient avec le corps à travers la glande pinéale, une petite glande au centre du cerveau, entre les deux hémisphères. Cependant, cette explication n’était pas satisfaisante : comment un esprit immatériel peut-il interagir avec la glande pinéale matérielle ? Étant donnée la difficulté qu’il y avait à défendre la théorie de Descartes, certains de ses disciples, tel Nicolas Malebranche, proposèrent une explication différente : toutes les interactions corps-esprit demandaient l’intervention directe de Dieu. Selon ces philosophes, les différents états de l’esprit et du corps consistaient seulement l’occasion d’une telle intervention, et non sa cause. Leibniz a reconnu la faiblesse de la prise en compte par Descartes des interactions causales intervenant en un lieu défini dans le cerveau. Malebranche a décidé que l'invocation d'un support matériel tel que la glande pinéale pour expliquer les interactions entre le matériel et l’immatériel était impossible, et il a par la suite formulé sa doctrine supposant que les interactions étaient en réalité causées par l’intervention de Dieu lors de chacune des occasions individuelles. A ce point de vue, sa position rejoint l’idée de Leibniz selon laquelle Dieu a créé, une fois pour toute, une harmonie préétablie de telle manière que tout se passe comme si les évènements physiques et mentaux étaient la cause, et étaient causées l’un par l’autre mutuellement. En réalité, les causes mentales n’ont que des effets mentaux et les causes physiques n’ont que des effets physiques. C’est la raison pour laquelle ce point de vue a été appelé parallélisme. Reprenons, notre étude concernant la dualité intrinsèque au langage, la grammaire elle-même de notre langue est empreinte de dualité. L’étude des formes de l’énoncé est éminemment révélatrice de cette dualité. En effet, elle s’effectue commodément à partir de la notion d’énonciateur, définie comme l’instance qui prend en charge l’énonciation de l’énoncé et donc l’énoncé. A partir de là, l’usage terminologique tend à distinguer :
Les modalités d’énonciation se traduisent linguistiquement par les types phrastiques : déclaratif, injonctif et interrogatif. Les modalités d’énoncé mettent en jeu tous les mécanismes linguistiques visant à traduire l’évaluation par l’énonciateur du contenu d’énoncé : évaluation affective mais aussi axiologique (bon ou mauvais) ou épistémique (vrai, faux) ou encore dans une certaine mesure incertain. Il y aurait grand illusion à considérer qu’il y a une absolue hétérogénéité entre les deux groupes de modalités. Ainsi, l’évaluation affective a une étroite affinité avec l’exclamation ; de même la modalité déclarative est pour une bonne part liée à la prise en charge de la vérité (ou de la fausseté) d’un contenu d’énoncé. Dans ce cadre, se pose le problème de la négation, interprétable, selon les cas, comme négation de phrase ou négation de constituant. Au plan logique, la négation de phrase place le mécanisme de négatif sur le même plan que les modalités assertive, injonctive ou interrogative : autrement dit, en fait un acte de parole autonome ; à l’inverse, la négation de constituant n’est qu’une forme prise par une modalité : assertion négative (défense), interro-négation, défense (= injonction négative). Pour qu’il y ait négation de phrase, il faut que le morphème négatif serve non seulement à décrire une entité, une qualité ou un procès négatif, mais surtout à traduire le souci de l’énonciateur de s’opposer à son interlocuteur. La négation de phrase est fondamentalement réfutatoire.
Pourquoi ce bref développement sur la négation ? Parce qu’elle est profondément représentative de la dualité.
En effet, distinguons NON de NE.
La distinction entre négation prédicative, c’est-à-dire dont le caractère linguistique s’attache dans le plan de la langue, à certaines parties de celle-ci et qui les rend aptes à la fonction, en discours, de prédicat, celui-ci étant ce que le discours dit du sujet, et la négation non-prédicative, c’est-à-dire qui n’a aucune autonomie syntaxique (ou pour simplifier, par une définition incomplète mais opératoire, qui ne peut faire phrase à soi-seul), est fortement inscrite dans la morphologie, et ce, dès l’ancien français.
Il y a donc une complète opposition entre NON et NE. Au plan sémantique, dans une perspective guillaumienne, cette distinction signifie que la matière négative de NON est empruntée à l’expérience que le locuteur a de la négativité en tant qu’expérience d’univers extralinguistique, alors que la matière négative de NE est empruntée à l’expérience que le locuteur a du mécanisme linguistique que l’on appelle négation et qui, en tout état de cause, est un mécanisme soustractif par rapport au positif initial. Une conséquence essentielle de cet état de chose : NON implique une négativité indiscutable, ce qui explique que dans l’histoire du français, il ait presque toujours été réfractaire à l’emploi dit explétif, à l’inverse de NE qui couvrait aussi bien l’emploi explétif que l’emploi strictement négatif. Fonctionnellement, NON est négation de tout ce qui n’est pas le procès conjugué, tandis que NE, est au contraire pertinent pour nier le procès conjugué. Pour aller plus loin, il est aisé de démontrer que le mécanisme de négation non-prédicatif porter par l’utilisation de NE est lui-même emprunt de dualité. Examinons rapidement l’alternance entre négation pleine simple et négation pleine composée. Nous nous arrêterons ici aux deux emplois non strictement négatifs de NE : NE explétif et NE en contexte exceptif. En théorie guillaumienne, NE explétif est une saisie très précoce du mécanisme constructeur du mot ; il renvoie à une négativité sous-jacente, implicite, liée à un rapport sémantico-logique entre ce qui est et ce qui pourrait être (différent de ce qui aurait pu être). On comprend donc qu’il se rencontre derrière des verbes de crainte ou d’empêchement. Un bref passage par l’ancien français nous montre qu’on le rencontre également souvent dans les comparatives d’inégalité (ex. : qui plus estoit blance a devise / que n’est la nois quis ciet sor branche). Dans les temporelles d’antériorité, la situation est contrastée en ancien français : tantôt NE est exprimé, tantôt NON, ce qui nous rappelle qu’en aucun moment de notre langue le NE n’a été obligatoire. Par différence avec le NE explétif étudié ci-dessus, le NE en situation exceptive marque un engagement plus avancé dans le mouvement de la négativation, mais suffisamment modeste néanmoins pour que ce mouvement puisse être inversé. Ce rôle d’inverseur, très largement tenu par « que » aujourd’hui, l’était déjà en ancien français à côté de « fors » et de « fors que » qui signifiait « à ceci près que ». A noter pour finir la double tension de la négation pleine syntaxiquement représentée par la construction NE + forclusif. Une des originalités de la négation non prédicative est, en effet, d’être une négation composée, ou, plus exactement, d’être devenue tout au long de l’histoire de la langue une négation composée. Sémantiquement, cela signifie que l’opération de négativation du positif s’effectue en deux temps :
Nous nous arrêterons là concernant la dualité intrinsèque à notre langage et à notre grammaire sachant que les mêmes démonstrations seraient faisables temps au niveau des modalités temporelles (indicatif / subjonctif) ou de la représentation des événements (présent et les différentes formes de passé). Que la grammaire même, le langage donc, et par conséquent le signe rejoigne la façon d’appréhender le monde de façon duale nous amène à supposer que la plus grande partie des concepts dont se sert le mental fonctionnent dans la dualité. Il n’existe pas d’ordre d’expérience humaine dans lequel la représentation n’est pas pensée en terme de concepts duels : capitalisme/communisme, fait/droit, bien/mal, vertu/vice, dieu/diable, vrai/faux, beau/laid, théorie/pratique, chaud/froid, joie/tristesse, force/faiblesse, absolu/relatif, transcendant/immanent, abstrait/concret, idéal/réel, objectif/subjectif... Finalement, le caractère quasi systématique et formel de ces types d’opposition pose la question de savoir si ce n’est pas notre intellect qui taillerait nos constructions mentales de façon duale. Cette conception du double, de l’opposition par deux n’est-elle pas alors une source constante de faux problèmes ? N’est-elle pas sur le fond fictif ? Sans véritable portée ontologique ? Car si c’était le cas, l’accès à l’ontologie devrait être nécessairement non-duel, obligeant par là à transcender la dualité du mental ordinaire. Cependant, toutes les dualités ne viennent pas nécessairement des constructions de la pensée. En effet, ce n’est pas la pensée qui fabrique la dualité droite/gauche dans la symétrie du corps, la dualité mâle/femelle chez les animaux, ou encore celle homme/femme, pôle +/pôle – sur la pile électrique…en clair, toutes les dualités existant dans la nature par essence antérieure à toute pensée humaine. Cela revient ici à affirmer que la dualité, la pensée duelle qui nous caractérise n’est pas une fiction mais étant déjà et par essence présente dans la nature elle nous pousse à reproduire notre représentation du monde et la façon dont nous l’exprimons sous la forme de concepts duels, de pensée duelle et conférant à cette dernière une réelle portée ontologique. Cette question est très complexe et, depuis Parménide et Héraclite ne cesse de resurgir dans la philosophie occidentale à l’exception de celle de Hegel fondée sur une logique non duelle visant à démontrer que la contradiction est à l’œuvre dans les choses. A ce titre Hegel dans sa dialectique thèse-antithèse-synthèse s’oppose aux antinomies formulées par Kant dansla Critique de la Raison pure. D'un point de vue très général, la philosophie hégélienne, ou Phénoménologie de l’esprit, tel qu’il la nomme lui-même, est donc une pensée qui veut concilier les opposés qui apparaissent, par la conciliation des philosophies de l'Être et des philosophies du devenir. En effet, avec la dialectique, ces oppositions cessent d'être figées puisque le mouvement d'une chose est d'être posée, puis de passer dans son contraire, et ensuite de réconcilier ces deux états. Ainsi, l'être n'est-il pas le contraire du néant ; l'être passe dans le néant, le néant dans l'être, et le devenir en est le résultat, je cite : « Le néant, en tant que ce néant immédiat, égal à soi-même, est de même, inversement, la même chose que l'être. La vérité de l'être, ainsi que du néant, est par suite l'unité des deux ; cette unité est le devenir ». Cela étant, le caractère très systématique et formel de la dialectique hégélienne finit aussi par éveiller la méfiance, d’autant que le concept de « dialectique » lui-même est pris en deux sens par Hegel selon que l'on parle du dialectique ou de la dialectique, le dialectique désignant un moment intermédiaire entre l'abstrait et le spéculatif, qui correspond en gros au scepticisme (l'art de dissoudre les opinions dans le néant), tandis que la dialectique désigne le mouvement de dissolution du fini lui-même. Hegel, souhaitant s’en éloigné, revient inexorablement et contre sa volonté, sans doute inconsciemment même, vers une certaine conception duale : les deux sens de dialectique issue de sa pensée en témoignent. Ce paradoxe dans la philosophie hégélienne partant d’une méthode duelle pour finalement aboutir à un concept niant cette dualité intrinsèque à la nature même nous ramène inévitablement à la question de savoir quel statut nous devons reconnaître à la dualité ? Cette dernière est-elle dans la nature des choses ou est-elle seulement dans la représentation de la nature des choses ? Comment discerner une dualité fictive, qui n’est que l’ombre engendrée par les complications de l’intellect, d’une dualité réelle, présente dans le réel ? En bref, nous ne savons pas aborder la complexité autrement que par des simplifications duelles abusives. Revenons-en aux fondamentaux, et notamment les Pensées de Pascal. Pascal a une intuition fulgurante de la non-séparation dans la Nature, dont la compréhension est mortelle pour la pensée duelle : « Les parties du monde ont toutes un tel rapport et un tel enchaînement l’une avec l’autre, que je crois impossible de connaître l’une sans l’autre et sans le tout ». Ce qui veut dire que connaître, c’est toujours relier et non pas séparer, décomposer, opposer, ce qui est le propre de l’intellect ordinaire. Distinguer certes, mais ne pas disjoindre. Une chose n’existe que dans sa relation avec les autres et dans sa configuration dans un tout qui l’englobe. La relation a un sens à la fois statique, ce qui veut dire que toute situation réelle est complexe de fait, et dynamique, ce qui veut dire encore que les processus qui œuvrent dans le réel sont causalement inter-reliés. Cette interrelation n’est pas le fait de l’homme, elle est tissée dans l’intelligibilité même de la Nature, dans son fonctionnement le plus intime. D’où le passage qui suit, quelques lignes plus bas : « Toutes choses étant causée et causantes, aidées et aidantes, médiatement et immédiatement, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties ». La conscience d’unité est indispensable dans le domaine de la connaissance. Elle est aussi d’une exceptionnelle urgence sur le plan de l’action de l’homme dans le monde. Si la Nature forme un tout, il n’est pas possible d’isoler quoi que ce soi, il n’y a pas de petite action et aucune action n’est sans conséquence, immédiatement et à long terme. Pascal le dit aussi très bien dans les Pensées : « Le moindre mouvement importe à toute la nature ; la mer change pour une pierre. Ainsi, dans la grâce, la moindre action importe par ses suites à tout. Donc tout est important. En chaque action, il faut regarder, outre l’action, notre état présent, passé, futur et les autres à qui elle importe, et voir les liaisons de toutes ces choses ». Nous ferions d’immenses progrès, si nous pouvions immédiatement comprendre qu’il n’y a pas d’existence séparée. Tout est lié dans le champ de la connaissance, comme tout est étroitement lié dans la Nature. Or le propre de la pensée duelle, c’est justement d’aller en sens inverse, de penser dans la séparation, la disjonction, là où les choses ne sont ni séparables, ni disjointes. L’opération de la pensée duelle consiste à diviser, opposer, fragmenter, séparer ce qui dans le réel est en fait intimement lié et qui aussi par ailleurs recrée aussi de fausses unités qui n’existent pas dans le réel, mais seulement dans les concepts. Ainsi donc, pour simplifier, nous pouvons ici partiellement conclure que si nous identifions la dualité à la caverne de Platon, tant que la représentation duelle n’est pas mise en cause, comprise et dépassée, c’est-à-dire hors de la caverne, on ne peut pas en sortir, on est tout simplement dedans. Nous n’avons tout bonnement jamais quitté la caverne… Qui que nous soyons, quoique nous soyons, le monde de la caverne est le monde de la dualité. La demeure de la caverne, celle du monde sensible, est celle du relatif, et dans le relatif, aucun concept ne saurait subsister sans son contraire. La plus grande partie de notre expérience quotidienne, se situe dans le domaine relatif des relations élémentaires. Notre expérience empirique se situe dans le champ du relatif, dans le champ de la dualité tracé dans les sillons de l’attitude naturelle. Maintenant, à supposer que brusquement nous sortions de la dualité, que nous entrions dans un éveil plus élevé, nous aurions dès lors un nouveau point de vue. La pensée ferait un saut d’intelligibilité. Or, pour parler comme Platon, dans le monde intelligible, dans le domaine des relations sublimes, dans l’absolu, rien de ce qui existe n’a de contraire. Si l’appréhension de la dualité est coextensive à la pensée, il est indispensable, pour entrer dans le champ des relations sublimes, que l’intelligence transcende son fonctionnement ordinaire. Et quoiqu’il en soit, « Et tenebrae eam non comprehenderunt ». L’accès à la non-dualité est une sorte de saut quantique de la pensée et un changement radical de perspective.
II – Langage / Signe / Symbole Franc-Maçon de la dualité
De même que nous venons de le démontrer de façon profane, la dualité est omniprésente dans le langage, d’aussi loin que notre connaissance nous le prouve. D’un point de vue maçonnique, il en est de même. Dualité, nous l’avons vu, renvoie au chiffre deux qui exprime le principe féminin, qui symbolise l’ambivalence, le conflit, un antagonisme qui, de latent, devient manifeste, une rivalité, une réciprocité, qui, peut être de haine autant que d’amour. En bref, une opposition qui peut être contraire et incompatible aussi bien que complémentaire et féconde. On retrouve ces diverses significations dans le premier des dualismes : créateur et créature, vie et mort, blanc et noir, masculin et féminin, bien et mal, jour et nuit, gauche et droite. Deux signifie l’équilibre réalisé ou des menaces latentes et il peut être le germe d’une évolution créatrice aussi bien que d’une involution désastreuse. Chez les anciens, où ce chiffre était attribué à « la Mère », le deux, ou la dyade, était l’emblème de la matière susceptible de toutes sortes de formes. Pythagore ne considérait pas moins ce chiffre comme représentant le mauvais principe tandis que Platon le comparait à Diane toujours stérile et partant peu honorée. Les Romains tenaient également le deux pour néfaste, c’est pour cela que le deuxième mois de l’année et le deuxième jour du mois furent consacrés à Pluton le Dieu des morts. Les constatations faites ci-dessus dans l’environnement profane semblent se confirmer dans la Franc-maçonnerie. Cette ambivalence, nous la retrouvons de façon évidente dans notre temple. Je cite : « Il dressa les colonnes sur le devant du Temple, l’une à droite, l’autre à gauche : il nomma celle de droite Jakin, et celle de gauche Boaz… »(Les Chroniques, II – 3 – 17) Ces deux colonnes revêtent un rôle de première importance dans la symbolique maçonnique. Une idée centrale qui était fondamentale de la pensée de la Renaissance était l’unité du système et l’omniprésence conséquente de la Divinité. Pour moi, cette idée est représentée sur le Tapis de loge par un groupe de trois symboles « les Décors de la Loge ». Je vais tenter ici une analyse de ces symboles. Vous pardonnerez, par avance mes imperfections, et mes approximations d’apprenti…
Les Colonnes d’abord.
L’idée de la dualité est omniprésente dans les décors de loge – des carrés blancs et noirs en dessous jusqu’à la Lune et le Soleil, antiques symboles des opposés féminin et masculin, au-dessus. Dans la zone centrale, la dualité est représentée par les deux colonnes. Dans le symbolisme maçonnique, elles se voient données des noms. Notre objet sera donc d'essayer de redéfinir les colonnes symboliques du Temple de Salomon au travers des symboles généraux de la Tradition. Le mot symbole du grec – « sumbolon » signifie « signe qui fait reconnaitre ». Le symbole sous-entend donc : la connaissance originelle que nous avons perdue dans notre état d'exil. D'une manière générale nous pouvons dire que ces 2 colonnes expriment la dualité résultant de la Division apparente de l'unité. Tout le travail de L'initié étant de réconcilier les contraires avec l’aide de la providence : « Même les ténèbres ne sont ténébreuses pour toi et la nuit devient lumineuse comme le jour : les ténèbres sont comme la Lumière » Psaume 139.1. Pour résumer ce point, je me contenterai simplement de citer le Prologue de l’Evangile selon Saint Jean : « In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil quod factum est. In ipso vita erat, et vita erat lux hominum: et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt » - Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut, tout fut par lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes : et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Le nombre 2 exprime la division mais aussi la fécondité. Voici les piliers fondamentaux de la Jérusalem Céleste, « Hiram dressa les colonnes dans le portique du Temple, il nomma la colonne de droite « Jakin » et puis il dressa la colonne de gauche et la nomma « Boaz » 1 Rois 7,21. 2. Les deux colonnes peuvent être interprétées comme symbolisant les 2 pôles de la création, Adam et Eve, le masculin et le féminin, le soleil et la lune, l'esprit et l'âme, mais aussi la dualité de l'âme et du corps, du feu et de l'eau, le jour et la nuit, le principe de force et de résistance, de Dieu et de la nature, d'Osiris et d’Isis, de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Jean Baptiste, d'Abel et Caïn, de Jacob et Esaü. Cette liste, n'est pas, limitée. En hébreu Adam provient de la racine hébraïque : Adamath, la terre et le corps de l'homme et Eve est l'âme principe qui par le souffle anime le corps. Nous devons ici faire une parenthèse et préciser qu'Adam prit conscience qu'Eve était nue, autrement dit, en considérant qu'Eve est le cœur d'Adam, le Christ (en tant que Yod) est le cœur d'Eve et le père (en tant qu'Aleph), le cœur du Christ est donc cette noble « pierre » passage obligé pour rejoindre le père. De même, l'arbre de la connaissance n'est pas un pommier, invention que nous devons aux premiers pères de l'église chrétienne, soucieux de marier les mythes gréco-romains avec les mystères Chrétiens. Dans la tradition hébraïque, l'arbre de la connaissance du bien et du mal est le figuier et il peut être confondu avec les colonnes du binaire ainsi que l'atteste Jérémie 24.1 « L'éternel me fit voir deux paniers de figues posés devant le Temple de l'éternel après que Mebucadnetsar roi de Babylone eut emmené de Jérusalem et conduit Jéconia, fils de Joakim roi de Juda (...) l'un des paniers contenais de bonnes figues, comme les figues de la première récolte et l'autre panier de très mauvaises figues qu'on ne pouvait manger à cause de leur mauvaise qualité ». Un couple de colonnes a toujours marqué l’accès vers un autre espace. Par exemple, les Colonnes d’Hercule définissaient l’espace du monde réel, physique, des vivants, par rapport à la réalité inconnue du monde post-mortem, l’au-delà, le mystère. Les colonnes ont toujours marqué cette ligne fictive que nous appelons « limite » et au-delà de laquelle nous devons être capables de faire face à un état différent de celui d’où nous provenons. Les colonnes contiennent donc le sens de l’épreuve. Les colonnes ont donc également une symbolique de frontière, de délimitation de l’espace. Les deux colonnes à l’entrée du Temple maçonnique ne sont pas le fait du hasard. La description, des 2 colonnes du Temple de Salomon, dans la Bible, au livre des Rois chapitre V et VI, montre bien que le nombre « deux » répond à un besoin précis. La colonne de gauche a pour nom « JAKIN » et la colonne de droite, que je ne sais pas nommer a pour nom un mot hébreu qui peut se traduire par « en force ». Le nombre « deux » se voit également à travers le pavé mosaïque représenté par un damier peint en noir et blanc donc par « deux » couleurs. Ce pavé mosaïque étant un espace sacré sur lequel on ne marche presque jamais, ou en tout cas de façon codifié et qui semble maintenir enfoui un secret, le nombre « deux » peut être considéré comme le signe du silence et du secret. Le Pavé Mosaïque représente la Divinité comme elle est perçue par le pôle opposé de la conscience, ici, la Terre de la vie ordinaire. La lumière et les ténèbres du pavé représentent les paires opposées, un mélange de miséricorde et de justice, de récompense et de punition, de vengeance et d’amour. Elles représentent également l’expérience humaine de la vie, lumière et ténèbres, bien et mal, facilité et difficulté. Mais cela n’est que ce qui en est perçu. Les carrés ne sont pas le symbole ; le Pavé est le symbole. Les carrés blancs et noirs s’assemblent avec harmonie afin de former le Pavé, une chose une, une unité. L’ensemble est entouré par le Cordon à houppes dentelées qui relie l’ensemble en un symbole unique. Sous cette représentation sur le Tapis de Loge, la Corde relie non seulement les carrés, mais toute l’image en une unité parfaite. Ainsi, le fait que les Maçons, qui formulèrent ce symbolisme, rassemblèrent ces trois objets en un seul groupe semblent nous obliger à les considérer ensemble. Ces Décors de la Loge sont l’Étoile Flamboyante, le Pavé Mosaïque et le Cordon à houppes dentelées, et ils sont tous destinés à se référer à la Divinité. L’Étoile Flamboyante est une représentation héraldique de la Divinité. L’Étoile Flamboyante, disposée dans le ciel, représente la Divinité telle qu’elle est, dans toute sa gloire, comme se projetant elle-même dans l’existence. De même, qu’il y a deux colonnes de Frères dans une loge (celle du Septentrion et celle du midi), le Vénérable Maître, à l’Orient, est assisté de « deux » Surveillants, à l’Occident, pour éclairer la loge, et pour autant « et tenebrae eam non comprehenderunt ». D’ailleurs, dès lors que nous entrons en tenue, voici ce que dit le Vénérable Maître :
V\ M\ : Frère Premier Surveillant, où est placé le Vénérable Maître dans la Loge ?
Puis par un jeu de questions/réponses à l’ouverture comme à la fermeture, voici ce que nous entendons :
Ouverture :
V\ M\ : Où se place le Vénérable Maître dans la Loge ?
1er Surv\ : A l'Orient, Vénérable Maître.
V\ M\ : Pourquoi ?
1er Surv\ : Comme le soleil commence son cours à l'Orient et répand sa lumière dans le monde, de même le Vénérable Maître se place à l'Orient pour mettre les Frères à l'ouvrage et éclairer la Loge de ses lumières.
V.M. : Où se placent les Surveillants ?
1er Surv\ : A l'Occident.
[…]V\ M\ : Puisqu'il est midi, que le Vénérable Maître est placé à l'Orient et les Surveillants à l'Occident, avertissez les Frères que je vais ouvrir la Loge.
Fermeture :
V\ M\ : Frère Premier Surveillant où est placé le Vénérable Maître dans la loge ?
1er Surv. : A l'Orient, Vénérable Maître.
[…]
V\ M\ : Frère Premier Surveillant, où sont placés les deux Surveillants ?
1er Surv\ : A l'Occident, Vénérable Maître.
V\ M\ : Pourquoi, Frère Premier Surveillant ?
1er Surv\ : Comme le soleil termine sa carrière à l'Occident, de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge et les renvoyer contents.
V\ M\ : Puisqu'il est minuit, que le Vénérable Maître est placé à l'Orient et les deux Surveillants à l'Occident, avertissez les Frères que je vais fermer le Loge.
Le Vénérable Maître est donc assisté des deux surveillants, et il est intéressant de voir que le jeu des questions/réponses suit le mouvement du soleil : « Comme le soleil commence son cours à l'Orient, .../... de même le Vénérable Maître.../... » et : « Comme le soleil termine sa carrière à l'Occident.../... de même les Surveillants.../... ». En me référant à La Pratique Journalière du Rite Ecossais Rectifié de Notre Bien Aimé Frère, passé à l’Orient Eternel, Henri BLANQUART, nous retrouvons ici notre similitude avec les anciens égyptiens auxquels nous faisions référence précédemment, notamment en ce qui concerne l’aspect mythologique et la création du Monde par Râ, qui, ouvrant les deux mains engendra notre univers. De l'Unité divine naît en tout premier lieu la Dualité fondamentale. L'Unité divine se trouve à l'originede toutes choses, à l'Orientdonc. La Dualité est créée et se situe à l'Occident là où se trouve la chute, la mort, donc le monde matériel. En fait, ce jeu de questions/réponses, de même que la place des surveillants dans la loge semble aboutir à un 1 (Le Vénérable Maître) + 2 (Les deux surveillants) ce qui ferait donc 3 comme les 3 côtés d’un triangle, la Sainte-Trinité, et le triangle de positionnement de ces trois protagonistes dans la Loge. Il convient cependant de faire remarquer que, par le fait qu’il résulte de la somme de deux unités, le nombre « deux » est par essence le symbole du couple. Il porte en lui, les notions d’attachements et même peut-être des notions de fusion pour rebâtir une nouvelle unité. La Sainte Bible dans La Genèse, le premier livre de Moïse, ne précise-t-elle pas que : « …l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair ». Sur le plan intellectuel, il faut toujours associer à la thèse et l’antithèse, la synthèse pour qu’un développement soit complet. Ainsi, pour atteindre la perfection dans notre univers qui repose sur la loi des contraires, il faut donc faire évoluer le nombre « deux » vers le nombre « trois » qui symbolise la stabilité. Je m’appuierai ici sur l’analyse de notre bien aimé frère Gaétan dans sa planche Le Pavé mosaïque, concilier les contraires, la voie de l’équilibre…, je cite : « L’alternance de blancs et de noirs ne doit pas nous faire oublier que la partie la plus élaborer du pavé mosaïque est le joint. De tout temps, pour tendre vers la perfection, les ouvriers ont cherché à le dissimuler pour ne laisser apparaître que la matière première : la pierre. Pour réussir cette opération, la taille de la pierre brute doit être parfaite pour s’assembler au mieux. Mais la plus grande difficulté de l’œuvre se retrouve dans le joint, dans l’invisible. Là, l’apprenti devait être à l’écoute de l’enseignement de son maître pour réussir l’opération que l’on appelle « faire le joint » c'est-à-dire réunir le pavé blanc et le pavé noir en un tout. Le pavé mosaïque est donc porteur en lui même d’une troisième voie invisible aux yeux du profane ». C’est cette voie, accessible uniquement à l’initié, et source de travail permanent sur soi pour vaincre notre dualité et échapper à l’Arlequin qui est en chacun de nous qu’il nous faut trouver en souffrant et persévérant… Peut-être également afin que les ténèbres comprennent enfin la Lumière… De même, lors de notre intégration, nous avons été de plein fouet jeté dans la dualité constituée intrinsèquement par les 3 éléments :
Lors du Premier Voyage :
Introducteur : Qu'est ceci ?
Le Candidat répond : « DU FEU »
Introducteur : Le Feu consume la corruption mais il dévore l'être corrompu.
Lors du Second Voyage
Introducteur : Qu'est ceci ?
Le Candidat répond : « DE L'EAU »
Introducteur : C'est par la dissolution des choses impures que l'eau lave et purifie, mais elle recèle des influences funestes et les principes de la putréfaction.
Lors du Troisième Voyage :
Introducteur : Qu'est ceci ?
Le Candidat répond : « DE LA TERRE »
Introducteur : Le grain mis en terre y reçoit la vie, mais si son germe est altéré, la Terre même en accélère la putréfaction. Nous constatons aisément que chaque élément porte en lui, en son essence même la dualité de sa nature même. La dualité est ce qui, au final, les caractérise et ce qui caractérise leur qualité intrinsèque...
Source : www.ledifice.net
Publié le 21 Janvier 2014 par J\M\ C\ dans Planches
A vous tous, mes Frères en vos grades et qualités,
Lorsque je décidai de m’attaquer à ce sujet, j’étais ragaillardi par l’idée que je me faisais de faire trois planches d’un coup. Après tout, n’importe quel potache de Terminale S pouvait me confirmer que les nombres 1, 2 et 3 sont entiers, font partie de l’ensemble N des nombres réels et sont discrets. En d’autres termes, je pouvais faire trois sujets bien séparés et je me lançai donc avec trois feuilles blanches, bien étalées en parallèle sur mon bureau.
En dépit de ce que ma formation d’Ingénieur avait pu laisser comme traces dans mon vieux cerveau gauche, je dus me rendre rapidement à trois évidences :
- le sujet était bien plus compliqué qu’il n’en paraissait
- les trois sujets étaient indissociables
- pire, le nombre trois me menait inéluctablement au nombre quatre.
C’est donc sur ces prémisses que je me mis à l’ouvrage …
Que peut représenter l’unité ?
« Un le Tout » … tout est un, vu qu’il ne saurait rien exister en dehors du tout, me dit le manuel d’instruction du Premier Degré.
Bien qu’autour de nous, tout soit complexité et multiplicité nous avons chacun, en nous-mêmes, l’impression d’être « un » et unique. Notre société est multiforme et multiculturelle mais nous cherchons chacun confusément le Vrai, le Juste et le Beau : un principe que nous pressentons d’Unité car une chose vraie, juste et belle devrait être comprise et acceptée par tous. Le respect de la parole donnée est une valeur universelle. Le Un serait-il donc ce principe primordial, cette Unité primordiale ?
Le Un est-il premier - au sens non arithmétique du terme ? Dans notre système de pensée occidental, l’intelligence est logiquement première, l’exécution découlant de l’action. Avant le Un, rien …
L’univers a un centre mais ce centre est partout à la fois puisque nous pensons l’univers infini ! La multiplicité infinie de l’univers se révèle-elle donc par ce centre unique et omniprésent ?
Oui mais l’univers est-il vraiment infini dans l’espace et le temps vraiment éternel ? Si notre espace-temps a eu un commencement physique au moment du « Big Bang » de l’Abbé Lemaître, qu’il y avait il « avant » ? De l’information disent Grichka et Igor Bogdanoff. Avant notre univers, il y avait l’information pour qu’il se réalise, le schéma de montage, le plan du G.A.D.L.U. Le Un devrait donc être premier.
Autre piste : Teilhard de Chardin parle de la transition de la matière inanimée : de l’Alpha de la pré-vie à l’Oméga de la conscience collective. La matière première des sages, l’étoffe première de l’univers devient un Tout dans une transformation spirituelle, un Esprit Universel, réfléchi sur lui-même en un centre unique de conscience. La multiplicité devient Unité.
C’est maintenant que les choses se compliquent … Saint Jean écrit par trois fois dans l’Apocalypse : « je suis l’Alpha et l’Omega de l’univers, il n’y a pas de second dans l’Incréé » … voila donc que l’Unité pourrait être bipolaire et me fait découvrir un petit morceau du chiffre deux.
Je reviens à mon manuel d’Instruction du Premier Degré : « L'Intelligence humaine assigne artificiellement des bornes à ce qui est, en réalité, un et sans limites. Nous ne percevons qu'en différenciant l'objet observé de son milieu » … Deux représente un antagonisme qu’il convient de concilier.
Le deux découle du Un, c’est l’addition de Un à Un, son dédoublement. Le tout primordial est polarisé en deux essences : le yin et le yang, le mâle et la femelle, une dualité d’opposés qui forme un couple ? Deux forces opposées dont l’action commune ordonne le chaos en cosmos dans un mouvement spectaculairement inverse des lois de l’entropie. Orb ad Chaos … C’est le mystère par excellence du serpent Ouroboros, qui se mord la queue pour survivre, le symbole de l’éternel recommencement, de la vie naissant de la mort, de l’ordre naissant de la destruction, symbole déjà connu 16 siècles avant Jésus Christ en Egypte pharaonique.
La loge a la forme d’un carré long : un terme étrange qui dénomme deux carrés mis côte à côte. C’est ainsi que les alchimistes représentaient le nombre deux, les deux carrés fusionnaient pour donner un rectangle de proportion 1 : 2 : les proportions « divines » de Fra Luca Paccioli et Leonard de Vinci eux-mêmes.
Si nous acceptons que l’amour soit la force primordiale de l’univers, celle par qui tout se fait et s’est fait, alors Dieu et l’Amour ne peuvent exister seuls à moins d’accepter un narcissisme de proportions divines …. Pour aimer il faut au moins être deux !
Mais l’amour entre deux êtres constitue un triplet. L’énergie créatrice va s’écouler entre les deux pôles. Un aimant est un et insécable mais dipolaire. Un aimant coupé en deux aura toujours deux pôles, liés par le champ magnétique qui lui donne ses propriétés. De deux, je suis passé à trois tout naturellement.
Dans l’évangile de Saint Jean, la différence sémantique est instructive : il n’y a pas de second mais il pourrait y avoir un deuxième ! Auquel cas, il y a nécessairement un troisième.
1 + 2 = 3 : en mathématique, on dirait que 3 est « la gloire » de 2 : la somme du nombre et de ceux qui le précèdent.
« Il y a lieu de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. Le Ternaire, synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité » me dit mon manuel d’Instruction du Premier Degré.
Ce nombre trois est l’une des première constantes que j’ai vue en Loge lors de mon initiation : le Delta Rayonnant, symbole du G.A.D.L.U., formant un tout par ces trois côtés. C’est la Trinité de la Chrétienté et du Judaïsme : le Père, le Fils et le Saint-Esprit – formant Un – Le dieu.
Ma réflexion se complique car je note que les musulmans, bien que monothéistes et ayant inventé la numérotation décimale n’ont pas cette triple notion. Plus près de nous, le pasteur Jean-Théophile Désaguliers était unitarien - ne croyant donc ni en la Trinité, ni en la divinité du Christ - mais il se disait chrétien et on ne lui contestera sa qualité de Maçon …
Depuis mon initiation, j’ai vu que la Franc Maçonnerie déborde de symboles sur ce nombre trois :
- Dans le Cabinet de Réflexion, j’ai trouvé les trois principes de l’alchimie : le sel, le soufre et le mercure.
- Lors de mon Initiation, j’ai été reçu par trois grands coups et j’ai fait trois voyages.
- Les trois grandes Lumières de la Franc Maçonnerie : Volumes de la Loi Sacrée, Compas et Equerre.
- Les trois signes de la Franc Maçonnerie : L’Equerre symbole de l’équité que je dois montrer dans mes actes, le Niveau qui me rappelle que je dois œuvrer au nivellement des inégalités et la Perpendiculaire qui me montre la direction dans laquelle doivent s’élever l’état moral et matériel des individus et de la société.
- Les Signes : une façon d’agir toujours équitable et franche ; les Mots d’un langage loyal et sincère et les Attouchements, symboles de la sollicitude fraternelle.
- Les trois Piliers de la Loge : Force, Sagesse et Beauté, symbolisés par le Vénérable Maître et les deux Surveillants.
- Mes trois outils d’Apprenti : la règle à 24 divisions, la laie et le ciseau
- Comme Apprenti, j’ai trois ans.
Mais il y a aussi la tripartition de l’être humain en corps, esprit et âme et ses trois formes d’intelligence : dextérité physique, intelligence intellectuelle et intelligence émotionnelle qui font que l’humain est un tout, qui font que le Trois explique le Un.
C’est à cet instant que je me rappelai l’aimant qui me fis si bien entrevoir un lien entre le nombre Deux et le nombre Trois et que je réalisai que cette liaison spécifique interne ne pouvait acquérir sa fonction que parce que le champ se refermait par l’extérieur !
Il suffit par ailleurs d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi pour comprendre que notre univers a au moins quatre dimensions : trois dans l’espace et une dans le temps.
Aux trois composantes internes de l’Unité, je viens d’ajouter une dimension autre, externe : me voici confronté au 3+1, un tétragramme sur lequel je choisirai de plancher plus tard avec votre bienveillante permission.
Mes Frères, je sollicite votre indulgence pour cette planche bien imparfaite. Merci de m’avoir écouté.
J’ai dit, Très Vénérable.
source : www.ledifice.net
Publié le 20 Janvier 2014 par JBW dans Planches
Quelles sont les raisons qui nous font nous retrouver dans ce cadre rituel d'initiation et d'échanges fraternels, dans ce Temple consacré, où nous puisons (et nous le croyons) aux sources vives de la tradition?
Je vais essayer, avec l'aide du Phil. Inc., de répondre à cette importante question, car elle est à mon avis fondamentale. Nos prédécesseurs ont ouvert la voie et nous pouvons penser en effet que si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais, depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même qui l'a assujetti au travail de l'initiation en se refusant à ses recherches.
« La première initiation, fondée sur la dégradation de l'homme et exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'intelligence et de la vertu. C'est dans ce but qu'ils soumirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses et qu'ils s'assurèrent de leur constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence que des hiéroglyphes, des symboles et des emblèmes difficiles à pénétrer.
Ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route qui peut conduire l'homme à son état primitif et le rétablir dans les droits qu'il a perdus. »
Voilà, mes chères Sœurs et mes chers Frères, le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystérieuse et sacrée, dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d'en faire usage et qui égare ceux qui ne se seront pas élevés au-dessus des choses sensibles.
« Dans l'état actuel de l'homme privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c'est d'oublier ou de nier cette lumière. Aussi l'objet principal des Sages Instructeurs de l'Initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux peuples, mais de porter par leur exemple et par leur doctrine à faire croire en cette vérité avec confiance et de lui rendre un sincère hommage. Dans cette optique ils élevèrent un Temple célèbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu'au Sanctuaire, étaient remplies d'initiés de divers rangs et fonctions. C'est ainsi qu'on présentait à l'Homme de Désir un tableau parfait de l'Univers et des agents préposés à le diriger. »
GENESE DU TEMPLE
Tout débute avec le livre biblique l'Exode aux chapitres 24 à 30, où Moïse, le conducteur, reçoit, sur le Sinaï, les ordres pour la construction; « Moïse redescend du Sinaï et la peau de son visage rayonnait. Il convoqua toute l'assemblée et transmit au peuple les ordonnances de l'Éternel: travail pendant 6 jours, repos le 7e; les offrandes, la confection de l'arche, du tabernacle, du chandelier, de l'autel, des toiles du parvis, des colonnes… toutes œuvres pour la tente d'assignation, pour son service et pour les vêtements sacrés. »
Au chapitre 36, la construction des meubles, autels et ornements s'opère sous l'impulsion de l'habile Betsaléel grâce aux offrandes du peuple sous forme d'or, d'argent, de tissus, d'aromates, de bois précieux, de pierreries… Au Ch. 40, enfin, l'Éternel demande à Moïse de dresser le tabernacle et la tente d'assignation le 1er jour du 1er mois de la 2e année selon un ordre précis. Puis Moïse oindra tout ce que renferme le tabernacle, la cuve et l'autel; il oindra de même Aaron et ses fils pour qu'ils soient au service de l'Éternel par leur sacerdoce. Alors la nuée couvrit la tente et la gloire de l'Éternel remplit le tabernacle. Cela se passait en 1444 av. J.C.
« Ainsi il y eut d'abord le premier temple, si l'on peut dire, l'arche du déluge, qui fut errante et flottait sur les eaux, pour nous peindre l'incertitude et les ténèbres des premiers temps: (Genèse VI à VIII). Le deuxième temple, le tabernacle était alternativement en mouvement et en repos, et de plus, c'était l'homme lui-même qui le transportait et le fixait dans les lieux choisis; cela afin de nous montrer les droits accordés à l'homme dans sa seconde époque, droits sur lesquels il peut aspirer par intervalle à la possession de la lumière. Enfin le troisième temple, celui de Salomon, était stable et adhérent à la terre, pour nous apprendre sensiblement quels sont les privilèges auxquels l'homme peut prétendre un jour; privilèges qui s'étendent jusqu'à fixer à jamais sa demeure dans le séjour de la Vérité. » (Louis-Claude de Saint-Martin).
Remarquons que malgré la stabilité apparente du temple de Salomon, celui-ci souffrit en subissant les affres des armées des ténèbres et la colère des ennemis de la Vérité et de la Lumière: il fut renversé ! Zorobabel le fit reconstruire à Jérusalem entre 536 et 516 av. J.C. Zorobabel, qui signifie "adversaire de la confusion" était de lignée royale et fit armer les ouvriers de truelles (initiation de métier) et d'épées (initiation chevaleresque) pour se défendre des populations locales hostiles aux Israélites, les errants. Hérode agrandit le Temple (vers -18) mais il fut anéanti définitivement par Titus (en + 70).
Car, à cette même époque, il y eut l'édification du plus merveilleux des temples, de l'arche la plus universelle non faite de mains d'hommes; ce Temple, cette Arche sont le Christ lui-même en qui habite en permanence le Verbe divin.
Le Christ était, est, et reste à jamais le seul et vrai "pont" jeté entre l'homme et Dieu.
TEMPLE ET QUETE INITIATIQUE
Dans sa quête initiatique l'homme recherche la parole perdue, car, retrouver cette parole, en l'occurrence le Nom incommunicable IEOVAH force active de l'ancienne alliance, c'est réunifier et harmoniser en soi toutes les potentialités, toutes les manifestations de tous les niveaux de l'être: physique, psychique et spirituel. C'est reconstruire, en "rassemblant ce qui est épars", l'homme total; c'est la réédification mystique du temple intérieur (le sanctuaire du Cœur) dans lequel pourra descendre (puisque devenu "vierge" par les différentes purifications) le Verbe, dont le Nom est IEOCHOUAH.
Retrouver la Parole perdue, c'est se recouvrir de la puissance de l'Éternel, aller vers l'unification et l'identification entre la lumière intérieure (celle qui luit dans nos ténèbres) et la lumière universelle extérieure. Par le Nom, Dieu se révèle à l'homme.
Dans ce contexte, le temple de Salomon, jusqu'à ce jour inégalé sauf par le Christ, est l'image, l'emblème de l'homme émané de Dieu dans toute sa splendeur et dans ses privilèges originels.
Je vous propose à présent une visite guidée du temple et le but ultime du "voyage" consiste à découvrir le NOM, au cœur même de l'édifice. Il faut pour cela suivre le "labyrinthe de la parole perdue et franchir "la triple enceinte". Faut-il préciser que ce chemin initiatique est calqué sur les pérégrinations des Israélites en recherche d'une terre d'accueil, la recherche de la terre promise ?
Pour suivre cet itinéraire et ses étapes cruciales, je tracerai un parallèle schéma-tique entre le modèle du Temple, les mondes classés selon la tradition kabbalis-tique et la constitution de l'homme.
Le schéma parlera de lui-même.
En Franc-Maçonnerie, théoriquement, l'apprenti, lors de son initiation, reçoit la lumière et passe du parvis dans la première enceinte du temple: le Porche. C'est là que se tient la Loge. Il vient de mourir au monde profane et de subir sa seconde naissance, naissance à un monde spirituel et initiatique. Dans le Porche il aperçoit les 4 outils nécessaires à son perfectionnement phy-sique, moral et intellectuel l'amenant progressivement à la maîtrise et à la connaissance de l'Étoile flamboyante et de la lettre G. Jusqu'à son élévation au grade de Maître-Maçon il aura à cœur de se perfectionner dans l'Art Royal, œuvrant toujours et partout, autour de lui comme en lui-même, avec justice et équité.
Dans le déroulement du rituel du 4e grade du R.É.R, le Maître-Maçon est reçu sur les ruines du premier temple (celui de Salomon) et, pour accéder à la seconde enceinte, c'est-à-dire le Sanctuaire, il lui faut passer symboliquement par la mer d'airain et s'y purifier. Cela n'est pas sans rappeler St. Jean Baptiste baptisant d'eau ceux qui sont appelés à aplanir le sentier et à gravir la montagne pour entendre la parole vivante du Christ. La conscience de l'initié est dès lors portée sur le monde psychique, le monde de l'âme (symbolisée par l'eau) et il devient actif sur deux plans simultanément: le plan terrestre ou hylique et le plan psychique.
Si l'entrée dans le Sanctuaire n'est qu'un passage obligé, c'est maintenant que commence réellement la carrière de sa régénération, dont le chandelier, l'autel des parfums et la table des pains de proposition lui indiquent les étapes. L'initié s'attache dès lors au service du Temple et devient ministre du culte; il accède à la cour des Lévites. Devant lui il aperçoit l'étoile à six branches, le sceau de Salomon, le sceau de l'union et de l'harmonie.
L'initiation Martiniste au premier degré d'« Associé » débute à ce niveau, directement, et suppose que l'Homme de Désir ait accompli, par lui-même, tout le cheminement décrit ci-dessus.
A force de courage, de persévérance et de prières nous découvrons dans toute sa splendeur le Nom sacré écrit en lettres de feu. Il est la racine de toute chose, la vie de tout l'univers. La vision et la reconnaissance de ce Nom élève notre conscience jusque dans le plan spirituel ou pneumatique; là l'homme est délivré à jamais des renaissan-ces mortelles et multiformes puisqu'il est parvenu à s'identifier à l'esprit immortel universel.
Bientôt peut-être, après cette extraordinaire découverte, l'initié aura-t-il connaissance de la prononciation du Nom sacré... Celle-ci lui procurera le baptême de l'Esprit, la 3e naissance, naissance au monde divin et l'entrée dans la troisième enceinte: le Saint des Saints. Là se trouvent l'arche et la nuée au-delà de laquelle se tient l'Éternel. La 3e naissance, procurée par la prononcia-tion du NOM central, ouvre la dernière étape conduisant l'être à sa réintégration finale.
La découverte du Nom transpose l'homme vers l'état sacerdotal figuré par l'autel des parfums. Dans cet état aussi, l'homme sera revêtu du corps de lumière et rétabli dans ses premières fonctions et prérogatives. Le Verbe divin a éclos dans le temple de son cœur.
Mais avant d'aspirer à une si haute destination, attachons-nous d'abord à dégager les sens symboliques de la mer d'airain, du chandelier, de la table des pains de proposition et de l'autel des parfums.
ORNEMENTS SYMBOLIQUES
LA MER D'AIRAIN. I Rois 7 v.23.
Hiram fit faire la mer de fonte; elle avait dix coudées ( h ) = 10, d'un bord à l'autre, une forme entièrement ronde, cinq coudées de haut ( v ) = 5 et une circonférence que mesurait un cordon de trente coudées ( k ) = 30... son épaisseur était d'une palme ( t ) = 1 et contenait 2000 baths.
[une coudée ~ 50 cm. et une palme ~ 75mm]
· Si (iod) = la force divine, le divin créateur;
· si (hé) = le souffle de l'existence, germe de la vie;
· si (lamed) = mouvement, dynamisme;
· si (aleph) = principe, ...
nous pourrions conclure, en ce qui concerne les dimensions de cette cuve d'airain que le Divin Créateur souffle sur l'eau et y infuse la racine de l'existence, que de ce fait l'eau est dynamisée et que celui qui s'y plonge peut retourner au principe. De là à dire que la mer d'airain contenait une eau expiatoire, une eau lustrale et purificatrice, il n'y a qu'un pas.
Souvenons-nous aussi de l'ange qui agite l'eau de la piscine qui s'appelait Béthesda et qui acquérait le pouvoir de guérir le premier qui s'y plongeait, quelle que fût sa maladie. (Jean V,2)
L'eau de la cuve d'airain servait à la purification des prêtres du Temple, première étape, étape primordiale sur laquelle s'enchaînent les autres et qui, cependant, les détermine toutes. La mer d'airain fait aussi penser aux eaux primordiales et vierges sur lesquelles vint se poser l'Esprit divin, pour les féconder, et engendrer ainsi toute forme de vie et d'existence ultérieure. La purification est l'étape initiale et nécessaire au-delà de laquelle toute entreprise sera agréable au Grand Architecte de l'Univers (abandon des métaux, des préjugés, fuite devant les vices...ne pas médire.).
Celui qui s'y plonge est affranchi de toute souillure terrestre, il retourne aux sources vives et peut communiquer sensiblement avec les plans supérieurs.
Aussi ai-je placé cette mer d'airain sur la ligne charnière donnant accès aux plans supérieurs de l'âme et de l'esprit.
Notons aussi que la mer repose sur 4 x 3 bœufs (symbole des forces fructifiantes) et qu'il y a également 12 portes permettant de passer de la cour des Gentils à la cour des Israélites. C'est maintenant, après les ablutions, que l'initié va faire fructifier le dépôt sacré qui lui fut confié. Le baptême d'eau préfigure le baptême en esprit et le précède...
LE CHANDELIER D'OR A SEPT BRANCHES
Le chandelier fait allusion à l'activité créatrice de Dieu durant 6 jours, puis au repos du 7e jour, quand tout était juste et parfait. Malgré les 7 branches, malgré la diversité des aspects, c'est la même lumière qui rayonne, c'est l'expression de l'unité dans la multiplicité des formes et dans la diversité des manifestations.
Lumière est ici synonyme de Vérité.
La lumière luit dans les ténèbres, symbole de la présence divine.
C'est le feu du chandelier qui rappelle aussi l'embrasement miraculeux de l'holo-causte sur l'autel, signe visible de la réconciliation du peuple avec Dieu.
Ce feu sacré avait été caché lors de la destruction du premier Temple, caché mais conservé, puis réinstallé dans le Temple de Zorobabel, du côté gauche. Comment ne pas penser alors à notre Dieu immanent, conservé dans notre "côté gauche", au centre de notre cœur et dont la lumière, malgré nos chutes successives, nos errements et nos faiblesses, continue pour autant à briller secrètement !
Le chandelier à 7 branches répète le nombre de la lumière supérieure (celle du St.Esprit) qui éclaire et vivifie le sanctuaire mystérieux, le siège de sa gloire... le cœur de l'homme.
Sept symbolise le plan, le but idéal vers lequel s'organisent les forces et tendent les évolutions; c'est le nombre de la plénitude.
LA TABLE DES PAINS DE PROPOSITION
D'après la Loi de Moïse, on déposait 12 pains, chaque semaine, au nom des 12 tribus d'Israël, dans le Sanctuaire. Seuls les prêtres avaient le droit de toucher ces offrandes propitiatoires.
Ce pain préfigure la manne céleste, le pain de Vérité, le pain que Jésus rompra le jour de la Cène et qu'Il partagera avec ses disciples en leur disant: ceci est mon corps.
Selon ce sens, le pain représente l'invisible cause de tout.
Dans le temple de Zorobabel, le pain servait de "véhicule" par lequel la bénédiction divine était communiquée au peuple. Ce pain d'offrande était placé devant la face de Jéhovah, et, séjournant dans le Sanctuaire, il se sacralisait; aussi, seuls les prêtres pouvaient-ils le consommer.
Ce rôle premier fut renforcé par l'institution christique de l'Eucharistie et depuis il est permis de penser que le Christ est réellement présent dans l'hostie consacrée. Mais cet aspect mérite un développement qu'il n'est pas utile d'aborder maintenant.
Les douze pains sont rangés 6 par 6, pour nous peindre les deux lois sénaires, sources de toutes les choses intellectuelles et temporelles. La loi du sénaire est manifestée dans le rapport du rayon à la circonférence et c'est un nombre de 6 actions réunies qui a concouru à la corporisation matérielle de l'univers (les 6 jours); que par conséquent ce nombre de 6 doit diriger toutes les choses sensibles comme par exemple il dirige tout ce qui est relatif au temps: 1h = 60 mn, 1 mn = 60s, 4 périodes de 6 heures durant une journée...
Les pains de présentation sont des "objets sensibles", touchant nos sens, symbolisant tout ce que la terre peut produire de mieux, nourriture essentielle et indispensable. Ce seront donc les vertus les plus élevées, les bénédictions les plus hautes qui se manifesteront "dans" et "par" ces pains. Dans les pains se produira l'union entre ce qui vient d'en-haut (bénédictions de l'Éternel) et ce qui vient d'en-bas (offrandes des hommes, pures et vitales).
Voilà peut-être un sens se rapportant aux deux triangles qui s'entrelacent dans le Sceau de Salomon.
L'AUTEL DES PARFUMS
La fumée d'encens est un puissant moyen de purification. L'encens est le symbole du culte des vertus actives, des prières vraies, le parfum des actes sans cesse faits pour Dieu sans y songer même.
L'encens élève l'état de conscience de l'homme vers les plans de l'intuition et procure à celui qui sait prier dans de telles circonstances, une indescriptible paix intérieure.
L'autel des parfums était "cubique long" et recouvert d'or pour accentuer la pureté et l'inaltérabilité du parfum.
LE TÉTRAGRAMME SACRÉ
Ce sujet, déjà abordé au début de cet exposé, mérite une étude particulière dépassant le cadre de cette planche. Je renvois à l'excellent travail fait par une de nos Sœurs, M.B., et qui figure dans le Bulletin de Liaison N° 4 de l'O.M.L. ainsi qu'à un extrait de l'œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin intitulé « A propos du NOM sacré » paru dans le Bulletin N° 7.
L'ARCHE D'ALLIANCE
De même que le grade de Maître Écossais de Saint-André est un grade pivot autour duquel s'articulent l'Ancien et le Nouveau Testament, de même, me semble-t-il, le Nom sacré IEOVAH, est le pivot qui permet de basculer du Sanctuaire dans le Saint des Saints, où se trouve précisément l'arche au-dessus de laquelle se tient l'Éternel.
La connaissance du NOM sacré et de sa prononciation permet d'accéder, par la troisième naissance, au monde divin, d'être reçu "dans le Ciel" en présence de l'Éternel.
L'arche est le tabernacle des Vérités révélées, le dépôt de toutes les ordonnances que le peuple devait observer. Grâce à la conformité de la réalisation de l'arche, l'homme peut y trouver le modèle de sa gloire ancienne et de ses connaissances primitives. L'arche servait "d'organe" aux vertus supérieures qui y descendaient
Dans Exode XXV, 22, nous lisons: « C'est là que je me rencontrerai avec toi. Du haut du propitiatoire (couvercle de l'arche), entre les deux chérubins placés sur l'arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d'Israël. »
Là, donc, où est l'arche, là aussi est Élohim.
CONCLUSION
Notre visite nous trace un chemine-ment indispensable dans la carrière de notre régénération spirituelle et il est indispensable d'en parcourir toutes les étapes. Il s'agit pour nous de réédifier mystiquement le temple intérieur et de relever les ornements dans le sanctuaire de notre cœur. Il s'agit, en l'occurrence, de purifier nos désirs, nos sentiments, nos idées, nos aspirations et de les élever gratuitement, en don à l'Éternel.
Pour parvenir au Paradis, au Saint des Saints, en ce lieu où coulent le miel et le lait, que de sacrifices sont nécessaires ! Il faut sacrifier nos penchants, brûler nos passions et nos préjugés sur l'autel des holocaustes, enterrer notre orgueil, fuir la paresse et, à chaque fois, il nous faudra plonger dans l'eau purificatrice de la mer d'airain, nous laver de tout ce qui dégrade, qui avilit… Ensuite seulement notre esprit nourri par les pains sacrés peut pénétrer dans un monde supérieur, c'est-à-dire passer le voile tendu à l'entrée du tabernacle et bénéficier des secours nouveaux qui s'y trouvent, accéder en somme à un nouvel état spirituel, sur-naturel. Le but ultime est d'approcher de l'arche sainte, d'entrer en contact avec la « lueur » de l'Esprit et se laisser transfigurer.
Source : www.ledifice.net
Publié le 13 Janvier 2014 par G\ O\ dans Planches
Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-Maçons par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même role. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son age, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = age + heure / Fermeture = heure pour le 1er...A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\.
Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer. Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde,nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE,c'est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à « intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbre et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette ré-activation, cette ré-actualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécéssiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est interessant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde celeste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'age, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relache au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demie nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilté de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-Maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-Maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'age invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiales j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait,tel un enfant, décalé,« qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon age = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédo-psychiatres parce que, disent-ils, c'est l'age où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer,et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement...Et là on se demande quel age peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans aprés quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amenera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment aprés l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inéxorablement sur un chemin et le temps qui passe,c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambuis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux.c'est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre éxistence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'aprés. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie,on est obligés de répondre : éprouvez moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa...Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.
J'ai dit,
Source : www.ledifice.net
Publié le 7 Janvier 2014 par M\ D\ dans Planches
Le profane est dans un état « amorphe ». Par définition ce mot désigne qui n’a pas de forme apparente ou une structure bien déterminée. Une âme sans structure ne peut que vivre dans la confusion. Le profane qui vit dans le chaos intérieur est de ce fait, dans un statisme qui le prive substantiellement de toute ambition spirituelle. Le profane est entouré par les ténèbres ou, comme on dit couramment, il est dans le noir. Le mot noir provient du latin « Niger ». Le noir est la sensation produite par l’absence, voire par l’absorption complète de tous les rayons lumineux. Cette perception peut être élargie à tous les objets produisant la même réaction. Le noir se caractérise essentiellement comme une absence de lumière empêchant les couleurs d’apparaître dans leur tonalité visible. On dit généralement qu’être dans le noir équivaut à être dans l’obscurité et donc à ne rien comprendre. Néanmoins, lorsque dans le domaine des arts graphiques on veut produire du noir très dense, on doit lui ajouter trente à quarante pour cent de bleu. En effet, ajouter du noir au noir le « salirait » en le laissant toujours plus gris que noir. Dans la nature, la nuit n’est jamais noire. Ce qui laisse présager de bons auspices. Dans le monde profane le noir est souvent symbole de deuil et de détresse. Il peut évoquer le pessimisme et la peur ou alors, plus couramment, il est directement lié à la tristesse. De cela, toutes les expressions passées dans le langage populaire. Ci après, à titre d’exemple, quelques-unes des citations parmi les plus répandues : se mettre dans une colère noire, être la bête noire, être dans le désespoir le plus noir, se faire un sang d’encre noire, avoir les idées noires, ou encore, se trouver dans la misère noire, être sur la liste noire, travailler au noir, etc. Malgré cela, dans le monde profane le noir offre également un autre visage décidemment plus positif. Ceci, sans pourtant exprimer de sentiments passionnés. Au contraire, le noir s’impose avec pureté et sobriété. De ce qui précède, il est loisible de constater que le noir est directement associé à la dignité et à l’autorité, celui des juges et des arbitres par exemple, mais aussi à l’austérité et à la frugalité ou encore à l’élégance et au raffinement. Dans l’Égypte ancien, le noir avait une symbolique positive. Dans la langue des pharaons, le verbe « kem », qui provient du mot « noir » veut dire : mener à bien, s’élever à, accomplir mais le mot « kem » veut dire aussi : complet, parfait, obligation, devoir. Dans la Loge, les Apprentis siègent au septentrion et les Compagnons au midi. Les Maîtres sur l’une ou l’autre colonne pour éclairer et guider les frères Apprentis et Compagnons moins expérimentés. La partie la moins lumineuse est métaphoriquement affectée au septentrion. En effet, l’Initié qui vient de sortir des ténèbres représente inéluctablement le membre le moins éclairé et le moins érudit de l’Institution Maçonnique. De ce fait, il évoque la pierre brute qui nécessite considérablement de travail, soutien et réconfort. L’Initié pour émerger du noir doit travailler avec assiduité et constance et ceci d’une part, pour mériter la confiance et l’amour fraternel qu’on lui a accordé et d’autre part, pour rechercher la paix, l’harmonie et l’équilibre entre lui-même, son corps et son âme. Ce qui au fur et à mesure édifiera les efforts produits et gratifiera son travail. Tous les Initiés avant de commencer leur aventure, étaient métaphoriquement dans le noir. Les initiations se confèrent la nuit car tout ce qui se rapporte à la génération de la vie nouvelle se produit dans le noir. Pour les nouveaux frères le noir représente le point de départ. A ce propos, il me semble utile de rappeler que Jésus est né à minuit, au cœur symbolique de la nuit, au plus profond de l’obscurité. L’Apprenti ne peut qu’associer le noir à l’inconnu, et je dirais, à ce qui est dissimulé à ses yeux ou tout simplement, à ce qu’il n’arrive pas encore à voir et plus précisément pas encore à comprendre ou à interpréter, car la cécité qui engendre le noir tout autour de lui, est substantiellement intérieure.
L’Apprenti n’est tout simplement pas prêt.
Aussi, j’affirme sans hésitation que nous sommes et nous resterons toujours apprentis car nous aurons toujours quelques choses à découvrir et à apprendre et ceci indépendamment du statut de chacun, des études effectuées, des expériences vécues ainsi que de l’intelligence et volonté propre à chacun de nous. Pour revenir au fil conducteur de mon travail, dans la Loge les Luminaires : le Soleil et la Lune, se trouvent à l’Orient derrière le plateau du Vénérable Maître. Dans une optique cartésienne on pourrait s’attendre à voir le Soleil disposé à l’Orient et la Lune positionnée à l’Occident. En revanche, selon l’esprit de l’Univers de la symbolique de la Loge, il prédomine une cohérence spirituelle qui nous amène à rechercher une sensation d’harmonie intérieure. Ce que la logique du monde profane ne pouvait pas nous apporter. Dans les rites anciens, on retient trois grandes Lumières : la Bible, l’Equerre et le Compas et trois petites Lumières : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune. Dans les Rites modernes, c’est précisément le contraire. Il est utile de rappeler que le Rite Emulation, tel que témoigné par la documentation concernée, qui remonte au 27 novembre 1823, est parmi les Rites les plus anciens.
Au Rite Emulation, le Soleil se trouve à gauche tandis que la Lune se trouve à droite.
La position du Soleil et de La Lune peut varier d’un Rite à l’autre. Les explications trouvent leurs origines dans l’influence que la foi a pu exercer dans le temps, sur les différents Rites. Ce qui explique aussi les diversifications qui existent entre les anciens et les nouveaux rites et plus en général, entre un Rite et l’autre. La première vision de tout Initié qui entre dans la Loge, est celle du Soleil et de la Lune qui encadrent le Vénérable Maître. A ce moment donné, le Soleil et la Lune expriment un concept qui dépasse l’Initié. Ceci, d’autant plus que son attention est littéralement captivé par le Vénérable Maître qui s’impose pendant toute la durée de la cérémonie d’initiation. Par la suite, l’Apprenti réalisera que le Vénérable Maître imprimera la cadence des toutes les tenues régulières auxquelles il aura la possibilité d’assister. Le Vénérable Maître ouvre la Loge et dirige les travaux. Dans la Loge on travaille symboliquement de midi, quand le Soleil est au zénith, jusqu’à minuit, quand le Soleil est au Nadir. Le travail est donc placé sous la lumière descendante. De ce qui précède, le début des travaux coïncide avec le midi, quand la lumière est à son maximum d’intensité, tandis que la fin des travaux corresponde à minuit, quand la Lune reflète la lumière solaire. Le Soleil actif et la Lune passive, marquent ainsi l’opposition permanente qui les caractérise. Toutefois, lumière et obscurité vont de pair sans s’opposer. Au contraire, leurs qualités propres s’ajoutent et se complètent et contribuent à la transformation progressive du jeune Initié mais aussi de tous les Maçons. Ceci, selon un processus alchimique qui vise à obtenir, comme déjà énoncé ci-avant, la juste harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Le Soleil, générateur de lumière, est l’emblème de l’énergie mais aussi de l’intellect et de la raison et il éclaire les esprits. Le Soleil désigne par excellence la composante masculine et représente l’élément feu. La Lune symbolise la compréhension et la tolérance propres à la féminité. C’est la figure maternelle qui se révèle avec son mouvement croissant et décroissant qui régularise les rythmes naturels. La Lune représente l’élément eau. Le Soleil et la Lune représentent donc l’alternance d’ondées et d’éclaircies, d’équilibre et d’instabilité, d’activité et de repos, de blanc et de noir. En définitive, la dialectique de l’opposé à laquelle nous sommes confrontés au quotidien. La Lune en tant que Luminaire, est le reflet du Soleil et comme lui est significative de santé. La Lune atteint sa plénitude à l’opposition du Soleil. Elle se lève quand lui se couche et, pendant toute la nuit, elle sert de relais. Elle ne subit pas la lumière radieuse et éblouissante du Soleil. Elle la prend pour la rediffuser successivement mais en la dosant judicieusement. La Lune n’a pas un rôle secondaire. Les deux Luminaires sont complémentaires et si l’un domine le jour, l’autre règle la nuit. Ensemble ils évoquent la mort et la résurrection et accompagnent de manière indissociable le chemin de tous les Frères. Pour les Egyptiens l’Orient représentait le monde des vivants tandis que l’occident représentait le monde des morts. Aussi, ils croyaient que le Soleil allait se régénérer pendant la nuit. Les Egyptiens vénéraient plusieurs dieux. Parmi les plus connus, il y avait le dieu Râ ou dieu Soleil qui était indiscutablement le plus important. Plus récemment, nous constatons que l’empire Inca était très structuré et bureaucratisé, et que leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. La civilisation Inca, qui a connu son apogée au 15ème siècle, vouait un culte au Soleil. Leur empereur, appelé « Inca », était considéré comme le fils du Soleil. Aussi, nous noterons que le culte de « sol invictus » l’invincible Soleil, devint très répandu dans le Rome ancien. La popularité du culte du Soleil influencera successivement l’adoption chrétienne de plusieurs pratiques, dont celle du Dimanche. Les Indiens d’Amérique, peuple qui s’est distingué pour les pratiques ésotériques, dont les connaissances se transmettaient de bouche à oreille, attribuaient au Soleil et à la Lune une valeur symbolique qui influençait significativement leur quotidien. J’ai toujours éprouvé une forte fascination pour ce peuple et actuellement, je ne peux pas dissimuler mon émerveillement face à certaines affinités, puisque je suppose que la Maçonnerie est la dernière institution du monde occidental qui préserve et pratique des procédés traditionnelles. Une tradition conçue comme la transmission d’une influence spirituelle strictement liée à un rituel. C’est pour cela que la tradition initiatique n’est pas comprise ni parfois acceptée par le monde profane.
La tradition initiatique ne laisse pas de traces écrites !
Il est notoire que l’absence de Soleil, notamment en ce qui concerne son influence sur la température, empêcherait toute forme de vie. Toutefois, si l’on minimise le problème de la température, pas de soleil, cela voudrait dire, pas de saison et en conséquence pas de synthèse de la chlorophylle pour les plantes qui viendraient à disparaitre. Il est évident que sans la végétation il n’y aurait plus d’herbivores et donc pas de carnivores…et tout s’écroulerait inexorablement comme un château de cartes. L’homme subit lui aussi, de manière directe, l’influence du Soleil. Selon des études scientifiques, le comportement des humains est commandé par la « physiologie ». Cette science étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants ainsi que les interactions entre un organisme vivant et son environnement. Le Soleil exerce un effet direct sur une parte de notre chimie corporelle et notamment en ce qui concerne la quantité d’albumine dans le sérum sanguin. L’albumine est essentielle pour le maintien de la pression oncotique indispensable à la bonne répartition des liquides entre les vaisseaux sanguins et les tissus. Après m’être attardé sur le Soleil, je suis assez impatient d’approfondir l’autre Luminaire qui surplombe la colonne du sud, celle des compagnons, la Lune. En « Sanskrit » la Lune se nomme « Mas ». J’aimerais attirer l’attention sur le fait qu’il faut considérer le « Sanskrit » non comme la langue d'un peuple, mais comme une langue de culture qui a toujours été l'apanage d'une élite sociale, du moins depuis l'Antiquité. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme la langue qui véhicule la culture. Une déesse, « Mena » représentait la vitalité et la jeunesse ainsi que la défense face à l’adversité. Aussi elle incarnait la Déesse de la période de règles des femmes et par conséquent celle de la fécondité, de la gestation et de la transformation. La racine « ME » qui se retrouve aussi en Europe, signifie mesurer mais aussi milieu ou encore atteindre pleinement. Dans la Loge, la Lune est symbolisée par un croissant de cinq jours en plein progression. Je me compare à elle car moi aussi, je suis dans une phase de développement progressif. En ce qui concerne la Lune, elle ne possède pas sa propre lumière mais reflète la lumière du Soleil. Je dirais comme moi que je m’exprime encore très souvent à travers les paroles des Frères plus expérimentés. Les phases de la Lune se perpétuent de manière immuable. De mon côté, je cherche perpétuellement, à travers un travail de perfectionnement, à m’améliorer. Le cycle croissant de la Lune culmine avec le cercle parfait, qui nous subjugue, mais aussitôt elle replonge dans l’obscurité. Je suis captivé par ce phénomène parce que pour moi représente l’exhortation à continuer à travailler ainsi qu’à me remettre toujours en cause.
La Lune n’est pas passive et d’ailleurs, comment j’aurais pu avoir des doutes !
La Lune influence les semailles et les récoltes mais influence également les marées. La Lune a une influence aussi sur les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Et d’autre part, la phase lunaire dure vingt-huit jours. Exactement comme le cycle menstruel de la femme. Encore plus extraordinaire est le fait que c’est en correspondance de la pleine-lune qu’on enregistre dans le monde entier, sans aucune distinction, le taux le plus élevé de naissances. De même, pour les animaux. Enfin, la Lune influence notre psychisme et donc notre santé. La Lune régit tout ce qui est liquide et notre corps est en majorité composé d’eau. De ce fait, certaines pathologies humaines sont plus ou moins fortes selon la période du cycle lunaire. Je regarde la Lune, et ceci, aussi bien en dehors qu’à l’intérieur de la Loge, et je suis de plus en plus respectueux envers elle. Elle ne m’assèche pas, elle ne m’opprime pas. La Lune propage sa lumière sagement, afin de m’obliger à ouvrir les yeux et à scruter attentivement tout ce qui m’entoure. Tout ce que dans le passé, même s’il était devant moi, je n’arrivais pas ni à entrevoir ni à percevoir. Tout ce qui à cause de mon aveuglement intérieur, me laissait froidement insensible. Et cette illumination qu’on peut recevoir n’est pas un bien matériel. Elle appartient au bien spirituel et le bien spirituel n’appartient pas au temps. Le bien spirituel consiste à se laisser inonder par la lumière et redécouvrir les montagnes, les océans, le firmament, la flore, la faune et, d’une manière générale, tout ce qui nous entoure et pressentir que tout est ou pourrait être envahi de lumière. Aussi, je constate que les deux lumières nous donnent un message clair. Le Soleil se trouve devant la colonne « B » que signifie « en f… » et la Lune devant la colonne « J » que signifie « é… ». Les deux Luminaires associés aux colonnes respectives, symbolisent deux forces qui agissent en synergies. La première représente la puissance qui illumine pour la première fois l’Initié et la deuxième la réception durable de cette Lumière et fondamentalement de ce qu’elle incarne. Juste avant la fin de mon travail mes Frères Compagnons, je me suis posé une question : Pourquoi la Lune, qui se caractérise pour ses phases, ascendantes et décroissantes, dans la Loge ne change pas ? Après réflexion j’ai trouvé une réponse.
Ma réponse !
Et alors mes chers Frères Compagnon j’aimerais vous retourner la question : « pourquoi selon vous dans la Loge la Lune ne change pas ? » De mon côté j’ai eu une intuition et je pense, au moins pour le moment car la pierre que je suis est constamment en évolution, d’avoir identifié la raison. Cependant, dans le respect du serment solennel que j’ai prêté lors de mon initiation, je ne révélerai jamais ce que je découvre dans la Loge ou pendant mon travail maçonnique en général. Je m’engage à garder en moi et pour moi tout secret, parce que je suis profondément et sincèrement convaincu qu’il doit rester soigneusement celé pour le bien de la Maçonnerie ainsi que pour préserver ma paix intérieure. Aussi, je suis persuadé que les secrets maçonniques resteront un mystère pour ceux qui n’ont pas reçu la lumière, et, ceci, même s’ils considèrent en avoir saisi l’essence. Chaque secret recèle en toute probabilité un ou plusieurs secrets plus profonds et intimes qui amènent à la lumière et donc à la connaissance. Ceci dit, le secret maçonnique je le garderai jalousement dans le plus profond de mon âme. Je ne violerai jamais ma promesse, car ce don qu’on m’a confié, le secret que j’ai décelé ou que je découvrirai, je l’emporterai avec moi dans la tombe !D’autre part, peut être que mon interprétation ne coïncide pas avec vos opinions. Ou alors, seulement partiellement. Peu importe mes Frères, nous sommes tous différents mais c’est notre diversité qui fait notre force car ce qui compte réellement sont les valeurs que nous partageons. Et dans la Loge, peu importe la religion, la politique, le travail, les revenus, la voiture qui nous amène, la montre qu’on porte ou le téléphone qu’on utilise. Ce qui compte en réalité est ce que notre esprit ressent dans le plus profond de notre conscience morale et moi je suis persuadé, que nos sentiments pourraient différer sensiblement de l’un à l’autre, sans pourtant diverger radicalement.Toutefois, ce qui pour moi est encore plus remarquable, c’est que dans la Loge j’ai la certitude que je vous montrerai toujours mon vrais visage et vous le votre…et que je pourrai toujours compter sur vous et vous sur moi, mes Frères.
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