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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Le serment. Planche du 1er degré

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

A la gloire du grand architecte de l’univers, au nom de la franc-maçonnerie universelle et sous les auspices de la grande loge de France.

Vénérable maître, dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes frères en vos grades et qualités.

Ce midi je viens vous présenter le fruit de mes réflexions. J’ai choisi ce thème volontairement, et en conscience. Pour cela et pour respecter la ligne de réflexion insufflée par notre V :. M :. J’ai organisé mon travail en trois parties. La première abordera le serment profane, nous verront quels ont été les serments prononcés de manière plus ou moins réfléchi. La seconde traitera du serment maçonnique proprement dit. Et lors de la troisième partie je tenterai de vous donner une vision plus personnel de ce serment, et comment grâce à celui-lui je suis passé d’un état de vieil homme a un homme nouveau un certain soir d’avril.

I .Le serment profane

Avant de parcourir les siècles, voyons ce que veux dire le mot serment. Le serment est un Mot qui vient du latin sacramentum, qui signifie sacré. Ce caractère sacré revêt dès lors une importance fondamentale. Le serment est une affirmation, une promesse que l'on fait sur son honneur ou en prenant à témoin ce que l'on regarde comme sacré. Dans mon métier le serment est un mot souvent employé et parfois galvaudé. Il a une signification historique importante. Cependant plus aucun serment n’est prononcé lors de l’engagement militaire. Et a bien y réfléchir il ne reste plus beaucoup à ma connaissance de moment profane où il convient de prêter serment. On jure de moins en moins dans le monde profane ou si l’on jure c’est de manière vulgaire disait Ragon. Il reste ici ou là quelques vestiges de traditions, mais plus rien de vraiment officiel.

Le sacré échapperait il au monde profane ?

Malgré tout plusieurs pages de notre histoire, qu’elles soient militaires ou pas s’y réfèrent.

Serment de Strasbourg (842): Le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petits-fils de l'empereur Charlemagne, se prêtent serment d'assistance mutuelle. Tous les deux sont en guerre contre leur frère aîné Lothaire, qui a hérité du titre d'empereur de leur père Louis le Pieux, mort deux ans plus tôt. Leur serment est repris par tous les soldats dans leur langue habituelle. C’est la première fois dans l’histoire que le français, alors langue uniquement parlée, est utilisée lors d’un écris.

« Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, en tant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles »

Le 20 juin 1789 l’ensemble des députés prêtent Le serment du jeu de paumes Ils jurèrent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume de France. Monté sur une table, Bailly, qui présidait, répéta à haute voix la formule, puis tous les assistants, électrisés, clamèrent leur adhésion, sous les applaudissements de la foule, massée dans les tribunes

« Moi député Bailly, Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable » ils ont tenus parole. Le 2 mars 1941, le colonel Philippe Leclerc prête avec ses hommes le « serment de Koufra » :« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Il respectera ce serment en libérant Strasbourg le 23 novembre 1944 à la tête de la 2e division blindée. Grace à ces exemples de serments profanes ont peux remarquer trois particularités qui auront leur importance plus tard : La première : aucun d’eux n’est un serment individuel. Aucun n’engage l’individu qui le prononce de manière autonome et libre. A chaque fois celui qui prête serment le fait au nom d’une multitude de personnes qui poussée par un effet de masse jure à leur tour. La seconde : A chaque fois, il est prononcé sous une sorte de contrainte belliqueuse, face à une menace ou pour résoudre un problème politique. Il ne se fait jamais en pleine liberté. La troisième : jamais il ne se fait sur une chose sacrée.

II. Alors qu’en est-il du serment maçonnique ?

Le serment maçonnique comporte toujours trois parties :

L’invocation, qui fait généralement appel à quelque chose de sacré. L’honneur ou le GADLU

La promesse qui est l’objet du serment lui-même.

Et l’imprécation qui énumère les châtiments en cas de parjure.

Le serment le plus important prononcé en maçonnerie est celui qui est solennellement énoncé lors de l’initiation au grade d’apprentis. En fait de serment il y en a réellement trois.

Le 1er serment : La discipline du secret.

« Je m’engage sur l’honneur au silence le plus absolu sur tous les genres d’épreuves que l’on pourra me faire subir ».

Ce premier serment est prononcé alors que nous ne sommes encore qu’un humble candidat plongé dans les ténèbres. La coupe des libations pleine d’une eau pure dans une main et l’autre main sur le coeur. Ces deux gestes simultanés symbolisent la pureté et la sincérité du récipiendaire.

Le 2nd serment : l’amour pour nos frères.

« Sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers et en présence de cette Respectable loge de Francs Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée. C’est l’invocation.

De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des Secrets de la Franc Maçonnerie à qui n’a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.

On revient ici sur le premier serment pour réaffirmer cette discipline du silence.

Je jure d’observer consciencieusement les principes de l’Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d’en suivre régulièrement les Travaux, d’aimer mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions. Voila le point culminant du second serment

Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d’aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d’être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur

morale et indigne d’appartenir à la Franc Maçonnerie ». C’est l’imprécation

Ce dernier serment se fait une fois les trois épreuves passées, le candidat a toujours les yeux bandés, il est placé face a l’autel des serments, la main droite tendu au dessus des grandes lumières de la loge et dans la main gauche un compas pointé sur son coeur. Le Compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et, en particulier, envers nos Frères Francs Maçons.

3ème serment : se soumettre à la loi.

Un peu plus tard dans le rite initiatique le V :. M :. aura demandé à ce qu’on donne la lumière au candidat. Le bandeau lui sera enlevé et il devra une troisième fois jurer. Cette fois ci seulement le néophyte pourra apercevoir le livre de la loi sacrée, et les outils symboliques. A cet instant et pour toujours le Volume de la loi Sacrée demeure le symbole de la Tradition. L’Equerre, emblème de la rectitude, nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions ; elle est le symbole de la Loi morale.

« Néophyte, adhérez-vous entièrement aux obligations que vous venez de contracter ?

Confirmez-vous sincèrement et sans restriction le serment solennel que vous avez prêté, il y a quelques instants sous le bandeau ?

Jurez-vous, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre Ordre en ce qu’ils vous commanderont de conforme et non contraire à nos lois ? » Je le jure !

Trois épreuves symboliques

Trois serments simples et solennels

Trois coups de maillet

Et naquis un nouvel homme

III. Ma vision du serment.

Alors maintenant je voudrais vous parler de mon serment maçonnique. Celui que j’ai prêté un certain mois d’avril, devant vous. En réfléchissant bien, le vieil homme que j’étais n’avait jamais prêté serment. Fait des promesses, oui. Pris des engagements, bien évidement, mais prêté serment je n’en ai pas souvenir. Ce jour

là par contre j’ai le souvenir d’un sentiment total de confiance, un acte de totale liberté. Je me souviens que plusieurs fois le V :. M :. Nous a demander de confirmer que nous étions prêt a prêter serment comme pour m’assurer que j’avais toujours le choix, jusqu’au dernier moment. Comme pour nous permettre jusqu’à la fin de refuser ce choix. Cette porte de sortie souvent offerte avant le serment démontre bien que celui qui jure ne doit le faire qu’en totale liberté, en connaissance de cause, sans contrainte quelle soit matérielle ou philosophique. Je me rends compte en préparant ce travail que le serment que j’ai prêté me rend plus libre en fait. Un serment profane oblige, il contraint. Le serment maçonnique apporte la liberté. La liberté de progresser non plus seul dans les ténèbres mais ensemble avec nos frères. Il s’agit bien d’un serment personnel, mais qui implique un travail conjoint. Une sorte d’abandon individuel volontaire. Alors depuis ce temps là je jure. Je jure à chaque fois que le V :. M :. ferme les travaux. Je jure de me taire et d’agir dans le monde profane. C'est-à-dire non plus agir avec ma bouche mais agir avec mon âme et mon coeur.

« Mes Frères, bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action.

Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre idéal.

Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin.

Retirons-nous en paix en jurant de garder la loi du silence ! » Je le jure

Je crois que chaque fois que nous jurons à la fermeture de nos travaux nous renouvelons notre serment. Il nous faut donc nous rappeler ce que nous avons juré :

· De ne jamais révéler nos secrets

· De travailler à la prospérité de notre Respectable Loge, D’en suivre régulièrement les Travaux,

· D’aimer nos Frères, De les aider par nos conseils et nos actions

· D’observer les principes qui régissent la Grande Loge de France et d’Obéir au chef de notre ordre.

Pour terminer je citerai Oswald Wirth qui disait: « Il y a un pacte, en initiation : me consacrant au bien, j’ai le droit au vrai et je ne serai pas trompé, si je reste fidèle à mes engagements de conduite ».

J’ai dit V :. M :.

 

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Le Serment Initiatique : Une Première Lumière

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Une lecture approfondie du Serment prononcé par le candidat lors de la cérémonie d’Initiation au REAA révèle d’une part la richesse et la complexité de la formule, d’autre part le moment où celui-ci est prononcé ou, pour être plus exact, les moments où celui-ci est prononcé. Car dans le Rite Ecossais Ancien Accepté, le Serment se lit deux fois. Une première fois, lorsque le candidat a accompli les trois Voyages, une deuxième fois lorsqu’il a reçu la Lumière.

Ce Serment reste pourtant le même, mot pour mot, et il faut se demander ce qui a alors changé : à coup sûr, l’état du candidat !

Demande : « Depuis quand êtes-vous Franc-Maçon ? »

Réponse : « Depuis que j’ai reçu la Lumière. »

Révélation et Conversion

La première lecture se fait donc avant d’avoir reçu la lumière

C’est dire si ce moment est précis et solennel. Le candidat est alors Récipiendaire et doit ressentir comme un écho à la démarche qu’il a librement choisie (… moi, de ma propre et libre volonté…) et ce, depuis que son besoin de conversion a germé au fond de lui, conversion dans le sens de métanoïa, de retournement de l’esprit. Cette lecture est ponctuée d’un « Je le jure » fugace, mais qui restera gravé dans la mémoire individuelle puisque, notons-le, c’est le Vénérable de la Loge qui lit le Serment pour le Récipiendaire qui a encore les yeux bandés et qui, de ce fait, a décuplé ses facultés auditives.

Devenir Néophyte : La Seconde Lumière

Le candidat lit une deuxième fois, le Serment parce qu’il vient de recevoir la Lumière, c’est-à-dire qu’il est maintenant un Néophyte, celui qui vient de naître, celui qui vient d’être converti. Il s’agit bien là de la confirmation, en temps que « quasi-Maçon », de son engagement qu’il avait pris intérieurement lorsqu’il était encore profane, lorsqu’il n’avait pas encore été reçu, lorsqu’il était encore dans les Ténèbres.

Cette lecture est cette fois ponctuée d’une signature qui restera gravée dans la mémoire collective de la loge, dans le cahier du Frère Secrétaire.

Un Serment, Deux Lectures

Finalement, ce double engagement n’est-il pas la représentation rituelle de ce que nous préconisons au sein du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée concernant le recrutement des Sœurs et des Frères, à savoir d’une réelle prédisposition, d’un réel besoin motivé d’œuvrer à sa propre édification et non d’un vague désir d’appartenance à un Ordre ?

Ce que nous avons observé pour la Règle de notre communauté initiatique que nous faisons lire aux candidats, et qui est généralement validée sans être toutefois réellement comprise, nous l’observons pour le Serment de la cérémonie d’Initiation. Si le candidat accepte de garder inviolablement le secret maçonnique, il ne peut évidemment pas encore en connaître le sens profond. Et d’ailleurs, combien de Maçon peuvent le prétendre ? Assurément aucun, car nous sommes et resterons à jamais sur le chemin de la recherche constante du sens.

En Maçonnerie, tout se fait par 3. Ainsi, ce Serment nécessite obligatoirement une troisième lecture, cette fois en qualité de Maçon outillé, c’est-à-dire de cherchant. Une lecture, certes silencieuse, intérieure et non rituelle, mais incessante car, à l’évidence, nous nous trouvons devant une formule extrêmement condensée et synthétisant la totalité de notre démarche initiatique.

Serment et Vérité

Nous, Maçons du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée, devons inlassablement réitérer ce Serment, au quotidien, en aucun cas comme une prière ou invocation, plutôt en cherchant à en pénétrer son sens profond, en travaillant les valeurs qui y sont évoquées, en éprouvant constamment leur faisabilité individuelle, tant sur le plan physique que sur le plan moral, et surtout, en mon sens, sur le plan spirituel.

La Règle graduée de 24 pouces du Maçon peut nous aider à ordonner notre engagement. Au départ, seul l’engagement physique, à savoir se rendre disponible, être présent, doit nous mener vers l’engagement moral, à savoir se rendre disponible, être présent pour son prochain. L’absence d’un Maître nuit à l’instruction des Apprentis et Compagnons. L’absence d’un Apprenti ou d’un Compagnon nuit à la vie d’un atelier qui se construit dans la transmission. L’absence d’une Sœur ou d’un Frère officiant nuit à la justesse de son office. Combien de fois, par l’absence, une loge peinera à ouvrir ses travaux, un Morceau d’Architecture ne sera pas pleinement partagé, l’Ordre du jour sera précipitamment modifié, la Planche tracée des derniers travaux ne sera pas lue ? Combien de fois l’Appel des Sœurs et des Frères de la loge sera ponctué d’excuses et de regrets à se demander si nous vivons en période de guerre ou d’épidémie ? Une communauté initiatique ne peut être initiatique que par la présence de ses adeptes. Le Grand Orient Traditionnel de Méditerranée l’a bien compris puisqu’il veut travailler à la réunion des initiés et en a fait le principe 16 de sa règle

Pour autant, suivre assidûment les tenues de son Respectable Atelier, pratiquer l’assistance envers les faibles, la justesse envers tous, le dévouement envers sa famille et envers l’Humanité suffit-il à être un initié ?

Non. Du moins, pas dans la communauté que j’ai choisie.

L’Engagement Spirituel

Il y a un engagement qui conditionne les deux précédents que j’appelle l’engagement spirituel. C’est celui que je ne pouvais encore nommer, mais qui était déjà présent bien avant mon initiation, celui qui m’accompagne dans l’exercice de mon métier, dans mes rapports avec mes proches, celui qui me rend présent à moi-même, celui qui m’ouvre les yeux, qui m’éveille au Monde et qui me fait aimer mes Sœurs et mes Frères en toutes circonstances.

La notion d’Amour est fondamentale. Nous l’utilisons trop souvent pour exprimer uniquement la grande loi de solidarité humaine qui est la doctrine morale de la Franc-Maçonnerie. Mais l’amour, avant de mener à l’amour de l’autre, doit naître ou renaître, se ressentir et s’entretenir en soi. Plus qu’un état d’esprit, il est un rapport à soi et au Monde. L’amour est une suite permanente de révélations et d’émerveillements. Ainsi, l’Amour est le fruit exquis de la Connaissance. Chercher et trouver l’harmonie, la beauté en toute chose n’est pas aisée. Est-ce notre environnement social qui nous abrutit nous tire vers le bas ?

Est-ce notre héritage judéo-chrétien qui, pour nous laver de nos soi-disant péchés, nous maintient dans la culpabilité, la discrétion et l’enfermement ?

Ou bien est-ce nous-même, par paresse ou par peur, qui nous interdisons d’ôter et de définitivement jeter le bandeau à nos pieds ?

Toujours est-il qu’il est beaucoup plus facile de ne pas se poser de questions, de camper sur ses positions, de se nourrir de ses certitudes et de tourner en rond, en luttant, tant bien que mal, contre les difficultés du quotidien. Combien il faut être fort pour continuer à croire en l’Harmonie, lorsqu’un malheur vous frappe, lorsqu’un proche vous quitte ou lorsque des difficultés financières persistent ! Au mieux, il est beaucoup plus facile de paraître aimable aux autres que d’être véritablement aimant… L’Amoureux, lame n°6 du Tarot de Marseille, signifie que l’Amour est le pivot de l’évolution des êtres et de la création des choses. La question de l’engagement est de savoir si chacun d’entre nous aura cette même chance d’accéder à cet état d’Amoureux. Si nous sommes tous inégaux en entrant pour la première fois dans le Temple, nous devons croire en une certaine équité dans notre processus initiatique qui, effectivement, fait part égale à chacun si toutefois nous, Maçons, en sommes convaincus et œuvrons en ce sens sans jamais négliger nos devoirs d’instruction et de transmission. Il sera toujours temps d’observer si « la greffe a fonctionné », comme disent certains.

Promesse et Pratique

Promettre de suivre la Sagesse, de collaborer à la Force Universelle et de travailler dans le cadre de la Beauté est plutôt chose facile car bien abstraite pour le Néophyte. Et pour le Maçon « confirmé », il sait très bien que personne n’aura la prétention de le juger face à cet engagement colossal qui est au moins l’œuvre d’une vie !

Le Travail sur Soi : La Quête Maçonnique Authentique

Notre Serment est plus précis et plus immédiat. Il nous demande de promettre de nous efforcer de travailler à la Sagesse, Force et Beauté. Et là, plus aucune Sœur, plus aucun Frère ne pourra se cacher derrière l’abstraction et la complexité de la tâche puisqu’il est surtout question d’employer toute sa force, ses moyens, son courage, son énergie au travail d’édification et ce, avec zèle, constance et régularité. Là encore, il est clairement exprimé que l’important n’est pas le but, mais de se mettre en chemin, c’est-à-dire de se relever les manches, porter son tablier, ses gants et prendre du plaisir physique et spirituel à découvrir, dénouer et dévoiler ce que nous sommes et tous les « possibles » qui nous sont offerts, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers…

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Les serments de l'Apprenti

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Publié le 10 Août 2009 par Thomas Dalet
Rite de Misraïm
Moi……………….., En présence du Grand Architecte de l’Univers et de cette Respectable Assemblée de Maçons, je promets et jure, sur ma foi et mon honneur d’homme et de Femme libre, solennellement et sincèrement, sans restriction mentale d’aucune sorte, de ne jamais révéler aucun des mystères et des secrets de la Franc-maçonnerie qui vont m’être confiés, qu’a un bon et légitime frère/Sœur, ou dans une loge ou un triangle maçonnique régulièrement constitué, de ne jamais les écrire, tracer ou buriner, sans l’autorisation de mes supérieurs ultimes, ni former aucun caractère par où les secrets de l’ordre maçonnique puissent être dévoilés, sous peine d’avoir la gorge tranchée, d’être déshonoré, et de voir mon nom transcrit à perpétuité sur la colonne d’infamie, alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m’emportent dans un éternel oubli.Je promets et je jure de considérer désormais tous les Francs-maçons comme mes frères, les protégeant, les assistant, et les aidant en leurs besoins, temporels comme spirituels .A partir de ce jour et dés cet instant, je répandrai les enseignements que j’aurais reçus, afin qu’une pleine lumière «éclaire la route des hommes des Femmes, mes frères mes sœurs, et cela sans distinction de classe sociale, de race, de couleur, de religion ou de nation. Je m’efforcerais de donner l’exemple de toutes les vertus, sacrifiant par avance tout vain désir d’honneur, toute ambition, et toute vanité. Et cela non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer à tous le désir de les acquérir. Je pratiquerais la Fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serais le soutien du faible, l’adversaire de l’injustice, m’opposant à toute violence imméritée, d’où qu’elle vienne, qu’elle s’adresse au corps de l’Ame. Et en cela, que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide, et les vivants symboles que je touche de ma main.
REAA(Grande Loge de France)
« Moi, N....... sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers et en présence de cette Respectable Loge de Francs-Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée.De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie à qui n'a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.Je jure d'observer consciencieusement les principes de l'Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d'en suivre régulièrement les Travaux, d'aimer  mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions.Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d'aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d'avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d'être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur morale et indigne d'appartenir à la Franc-Maçonnerie ».
Rite Ecossais Primitif

Moi, N........... ici présent, en présence du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, et de cette Respectable Assemblée, je promets de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franche Maçonnerie qui peuvent m'être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d'avoir la gorge tranchée, le coeur arraché, les entrailles déchirées, mon cadavre brûlé et mes cendres jetées aux vents afin qu'il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes et parmi les Franc-Maçons. Ainsi soit-il, et que le Dieu Tout-Puissant me soit en aide.
Rite York
De mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes.En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité.Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures., si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.
RER
Moi …… , ,sur ma parole d’honneur (prononçant ses noms de baptême et civil), je promets sur le Saint Evangile, en présence du Grand Architecte de Univers, et je m’engage sur ma parole d’honneur, devant cette respectable assemblée, d’être fidèle à la sainte religion chrétienne, au Chef de l’Etat19, aux lois de l’Etat; d’être bienfaisant envers tous les hommes, lorsque je pourrai leur être utile; de ne jamais révéler aucun des Mystères, secrets et symboles de la franc-Maçonnerie, de quelque manière que ce puisse être, et de n’en parler aucun homme que je n’aurai pas reconnu pour un vrai et fidèle maçon. Je promets de me soumettre aux lois de la Franc-Maçonnerie, et d’obéir, en ce qui concerne ces lois, à ceux qui sont chargés de leur exécution; d’aimer tous tes Frères, et de faire respecter et chérir l’Ordre, en pratiquant constamment parmi les hommes les vertus qu’il exige. Si je manque à cet engagement, que je viens de contracter par ma libre volonté et ferme détermination, je consens d’être réputé homme sans foi, sans honneur, et digne du mépris de tous mes Frères; déclarant que je persiste à vouloir être admis dans l’Ordre des Francs-Maçons, et que j’en réitère la demande. Ainsi, que Dieu me soit en aide.
Rite Français
Moi, N..N je jure et promets sur le Volume de la Sainte Loi (1) et sur ce glaive, symbole de l’honneur, devant le Grand Architecte de l’Univers, de garder inviolablement tous les secrets qui me seront confiés par cette Respectable Loge, ainsi que tout ce que j’y aurai vu faire ou entendu dire; de ne jamais les écrire, tracer, graver, ni buriner, que je n’en aie reçu la permission expresse, et de les secourir selon mes facultés; je promets, en outre, de me conformer aux statuts et règlements de cette Respectable Loge. Je consens, si je deviens parjure, à avoir la gorge coupée, le cœur et les entrailles arrachés, le corps brûlé et réduit en cendres, mes cendres jetées au vent, et que ma mémoire soit en exécration à tous les Maçons. Que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.
Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (GLMF)
Moi,…. En présence du Grand Architecte de l'Univers... Et de cette Respectable Assemblée de Maçons... Je promets et je jure... Sur mon honneur d'Homme ou de Femme libre...Solennellement et sincèrement... et sans restriction mentale d'aucune sorte... De ne Jamais révéler... Aucun des Mystères et des Secrets... De la Franc‑Maçonnerie... Qui vont m'être confiés... Qu'à un bon et légitime Maçon... Ou dans une Loge ou un Triangle maçonniques... Régulièrement constitués... De ne jamais les écrire... Tracer ou buriner... Sans autorisation de mes Supérieurs ultimes... Ni former aucun caractère... par où les Secrets de l'Ordre Maçonnique... Puissent être dévoilés ... Sous peine d'avoir la gorge tranchée... D’être déshonoré ... Et de voir mon nom transcrit à perpétuité... Sur la Colonne d'Infamie... Alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer... Afin que le flux et le reflux... M'emportent dans un éternel oubli... Je promets et je jure de considérer désormais... Tous les Francs‑Maçons comme mes (Sœurs «ou et» Frères)... Les protégeant... Les assistant... Et les aidant en leurs besoins... Temporels comme spirituels... A partir de ce jour et dès cet instant... Je répandrai les enseignements que j'aurais reçus... Afin qu'une pleine lumière éclaire la route des Hommes,... Et cela sans distinction de classe sociale... De race, de couleur, de religion ou de nation... Je m'efforcerai de donner l'exemple de toutes les vertus... Sacrifiant par avance tout vain désir d'honneur... Toute Ambition, et toute vanité... Et cela non par orgueil stérile... Mais dans le seul but d'inspirer à tous le désir de les acquérir... Je pratiquerai la Fraternité humaine en toute son amplitude... Pour en démontrer les bienfaits... Je serai le soutien du faible... L'adversaire de l'injustice... M’opposant à toute violence imméritée... D'où qu'elle vienne... qu'elle s'adresse au corps ou à l'âme... Et en cela... Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide... Et les Vivants Symboles que je touche de ma main.
Rite Standard d’Ecosse
Moi, M..., En présence du G.A.D.L.U.,Et de cette digne et Vénérable Loge d'Apprentis Francs-maçons, Honorable, respectable, régulièrement constituée, Assemblée, dédiée et dûment consacrée, De mon plein gré et consentement, Par ceci ... (le Vénérable Maître soulève la main droite du Candidat et la repose sur le V.L.S.),Et sur ceci ... (idem)Sincèrement et solennellement, Je promets et jure que toujours je tairai, Cacherai et jamais ne révélerai Aucune partie ou parcelle Des Secrets ou Mystères Touchant ou appartenant à la Franc-Maçonnerie Soit ceux qui me sont déjà connus, Soit ceux qui vont maintenant m'être communiqués Ou qui me seront révélés à l'avenir, Sauf à un ou plusieurs Frères véritables et réguliers Et cependant même pas à celui-là ou à ceux-là sans les avoir éprouvés, Strictement examinés, Ou sans avoir été assuré par un Frère bien connu Qu'ils sont dignes de cette confiance, Sauf également au sein d'une Loge juste, parfaite et régulière d'Apprentis Francs-Maçons. Je promets en outre solennellement Que je n'écrirai point ces secrets, Je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai Ni ne les tracerai en aucune façon Sur quoi que ce soit de mobile ou d'immobile sous la voûte du ciel, Que je n'engagerai personne à le faire, Ni ne le permettrai S'il est en mon pouvoir de l'en empêcher. Afin que nulle lettre, caractère ou dessin, Ni la moindre trace d'une lettre, d'un caractère ou d'un dessin, Ne puisse être lisible par moi ou par n'importe qui au monde, De crainte que nos Arts Secrets et nos Mystères Puissent être révélés par mon imprudence. Je promets encore solennellement de défendre et de maintenir La Constitution et le Règlement de la Grande Loge Nationale Française D'obéir aux officiers de cette Loge   régulièrement inscrite sur les registres de la Grande Loge Nationale Française Et que je reconnaîtrai toujours comme ma Loge-Mère. Ces différents points, je jure solennellement de les observer Sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, Sous peine, si j'en viole aucun, D'être flétri comme un individu volontairement parjure, D'être stigmatisé comme étant dénué de toute valeur morale, Totalement indigne d'être admis dans cette très Respectable Loge, Ou même dans toute réunion d'hommes qui estiment l'honneur et la vertu Au-dessus des avantages extérieurs du rang et de la fortune. Que Dieu m'aide et m'arme de constance Pour tenir fidèlement l'Obligation Solennelle d'Apprenti Franc-Maçon Que je viens de contracter.
Stricte Observance
Moi, N…, jure devant Dieu, créateur universel du monde entier, de prêter un serment réel et physique, que je ne dévoilerai jamais les secrets de la Franc-Maçonnerie à qui pour cela ne serait ni Sage, ni Franc-Maçon, et d’aucune manière je ne dirai la moindre bribe de ce que je vais voir, entendre et ressentir lors de la vénérable assemblée des francs-maçons, sans auparavant m’être suffisamment éprouvé pour savoir si c’est un vrai Frère. Je déclare, jure et promets solennellement que jamais je n’écrirai, taillerai, enterrerai, n’imprimerai ou ne graverai, ni même n’admettrai que quelqu’un puisse écrire, tailler, enterrer, imprimer ou graver quoi que ce soit sur du papier, du métal, sur la main, absolument rien qui puisse donner l’impression d’une lettre ou d’une figure, que ce soit volubile ou non, solide ou liquide. Je jure et promets solennellement fidélité à mon Souverain, aux lois des puissances sous lesquelles je vis, d’y rester fidèle, aimable et de m’y attacher, et dans cette Loge ou toutes celles où que je pourrai me rendre d’y rester fidèle, de ne causer à aucun ni nuisance ni inconvénient mais de les protéger en mon âme et conscience et si je devais découvrir de telles choses, de les rapporter immédiatement.Je m’engage à être compatissant envers tous les hommes, à me montrer généreux et serviable avec tous et en particulier avec mes Frères et Sœurs, et à être avec eux dans toutes les circonstances, à moins que ce ne soit contraire aux mœurs ou à mon honneur que je promet de préserver. Si je devais manquer à l’un de ces engagements, je veux que ma gorge soit tranchée, ma langue arrachée, mon cercueil transpercé, mon ventre ouvert, mes entrailles retirées et que mon corps ainsi mutilé soit jeté contre une digue, là où le flux et le reflux passeront deux fois en vingt-quatre heures ; que mes restes ensanglantés soient brûlés et que leurs cendres soient éparpillées à l’air libre pour qu’il ne subsiste aucun souvenir de mon être, pas seulement parmi les francs-maçons et autres personnes mais sur toute la surface du globe terrestre. Que Dieu me soit témoin. 
Rite Emulation

En présence du Grand Architecte de l’Univers, et de cette Loge de Maçons Francs et Acceptés, honorable, respectable, régulièrement constituée, assemblée, dédiée et dûment consacrée, de mon plein gré et consentement, par ceci (le VM. touche de sa m.g. la m. d. du Cand.) et sur ceci (le VM. touche de sa m.g. le VLS.) sincèrement et solennellement, je promets et jure que toujours je tairai, cacherai et jamais ne révélerai aucune partie ou parcelle des secrets ou mystères, touchant ou appartenant aux Maçons Francs et Acceptes en FM., soit ceux qui me sont déjà connus, soit ceux qui vont maintenant m’être communiqués ou qui me seront révélés à l’avenir, sauf à un ou plusieurs Frères, véritables et réguliers, et même pas à celui-là ou à ceux-là, sans les avoir éprouvés, strictement examinés, ou sans avoir été

assure par un Frère bien connu qu’ils sont dignes de cette confiance; sauf également, au sein d’une Loge juste, parfaite et régulière d’anciens Francs Maçons. Je promets en outre solennellement, que je n’écrirai pas ces secrets, que je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai, ni ne les tracerai en aucune façon, sur quoi que ce soit de mobile ou d’immobile sous la voûte du ciel, que je n’engagerai personne à le faire, ni ne le permettrai, s’il est en mon pouvoir de l’empêcher, afin que nulle lettre, caractère ou dessin ou la moindre trace d’une lettre, d’un caractère

ou d’un dessin, ne puisse être lisible ou compréhensible par moi, ou par n’importe qui au monde, de crainte que nos arts secrets et nos mystères soient révélés par mon indignité. Ces différents points, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque, ou restriction mentale d’aucune sorte, sous peine si j’en viole un seul,

d’avoir la gorge tranchée, la langue arrachée à la racine et enfouie dans les sables de la mer à marée basse à une encablure du rivage, là où le flux et le reflux se font sentir deux foix par vingt quatre heurs, ou bien sous la peine plus effective d’être flétri comme un individu volontairement parjure, d’être stigmatisé comme étant un être dénué de toute valeur morale, totalement indigne d’être admis dans cette Très Respectable Loge ou dans toute autre Loge légitime, ou même dans toute réunion d’hommes qui estiment l’honneur et la vertu, au-dessus des avantages extérieurs du

rang et de la fortune. Que Dieu m’aide et m’arme de constance pour tenir fidèlement cette obligation solennelle d’Apprenti Franc-Maçon.

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Stricte Observance Chevalier du temple(extrait)

Publié le 10 Juillet 2026 par T.D

 

Il est juste que vous receviez maintenant quelques informations sur les périls auxquels autrefois les Chevaliers étaient soumis, puisque l'irrévocable Serment que vous prendrez vous engage à suivre leurs pas glorieux et leur ferme fidélité, si vous étiez placé dans de semblables circonstances. En tant que Pèlerin vous avez été déjà informé de l'histoire et de la nature de l'Institution dans ses premières étapes. Vous avez encore à apprendre l'affreuse catastrophe qui lui est survenue deux siècles après sa création en Palestine. Pendant cette période l'Ordre s'était beaucoup développé et était au seul service de la cause de la Religion. Déjà, c'est chose étrange et renversante, que ce fut l'œuvre d'hommes de même Foi, mais poussés par le vil motif de posséder pour eux-mêmes les trésors et les terres de l'Ordre. Pour cela, Philippe le Bel Roi de France et le Pape Clément V, en l'an 1307, s'engagèrent en une affreuse alliance visant à détruire l'Ordre illustre.

Dans la nuit du 10 octobre de cette même année, alors que le Grand Maître et ses chevaliers étaient en train de se reposer en toute confiance dans Paris la capitale Chrétienne, Philippe, avec ses séides armés, les arrêtèrent dans leur Maison du Temple même et au petit jour tous les Chevaliers de la Province de France étaient arrêtés et jetés en prison. Peu après un acte d'accusation fut présenté conte eux, dans lequel ils étaient désignés comme des loups parjures, idolâtres et en général comme les plus ignobles des hommes. Stupéfaits et outragés, les Guerriers de la Croix protestèrent de leur innocence et opposèrent à leur ennemis les preuves et l'affirmation de l'intégrité de l'Ordre. Mais leur perte était préméditée. Beaucoup furent soumis à la torture pour les forcer à confesser des crimes dont ils étaient innocents et ceux qui survécurent au chevalet furent condamnés à dépérir en prison des années sans qu'aucune aide leur fut apportée et avec à peine assez de nourriture pour supporter existence. Enfin fin ils furent conduits dehors en groupes, parfois cinquante ensemble et furent brûlés sur des bûchers. Jacques de Molay, leur illustre Grand-Maître, avec quatre de ses Prieurs, furent les dernières victimes de cette implacable persécution. Après être resté environ sept années en prison, ces illustres Chevaliers furent, le 11 mars 1314, sortis pour leur exécution devant la cathédrale de Paris. Après que le décret et la sentence du sanguinaire Philippe eut été lue, ils furent brûlés vifs devant tes citadins assemblés, eux les glorieux martyrs de l'Ordre glorieux.

Dans toute l'Europe la même persécution eut lieu avec plus ou moins de barbarie et bien qu’Edouard(2), qui possédait une grande partie de l'Ecosse, n'essayât de perpétrer aucune cruauté de cette sorte dans ce pays, en raison de la progression de Bruce3 et de son armée, par qui les Templiers étaient protégés, même là l'Ordre fut finalement dépouillé de ses privilèges et possessions.

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La stricte Observance Templière : la confusion

Publié le 10 Juillet 2026 par T.D

  • Par Didier Le Masson

 

La Stricte Observance se considérait comme le successeur et la légitime continuatrice de l’Ordre du Temple, copiant même son organisation. La Stricte Observance dominera la Franc-maçonnerie allemande pendant près de trente années, y semant le désordre absolu.

« Die Strikte Observanz », ainsi dénommée parce qu’elle exigeait de ses membres l’observation stricte d’une discipline inflexible et d’une obéissance aveugle, sans discussion, à l’Ordre et aux Supérieurs Inconnus – Unbekannte Oberen, Superiores Incogniti. Une pseudo-Maçonnerie fondée sur le Discours de Ramsay, la légende templière et jacobite. Elle se voulait Franc-maçonnerie « renouvelée », « rectifiée ».

En outre, un « plan économique » assurait à ses membres retraite et moyens financiers. Le XVIIIe siècle, celui des Lumières – l’Aufklärung en Allemagne – et du rationalisme, voit également fleurir l’irrationnel et pulluler groupes et sociétés dits secrets, tous se disant initiatiques.

A propos de cette époque, Paul Valéry écrit dans son introduction au Swedenborg de Martin Lamm, page 266 : « Les adeptes se multiplient, l’initié foisonne, le rôle social de l’occulte devient immense ». Antoine Faivre fait observer dans sa préface à l’ouvrage de Le Forestier [1], La Franc-maçonnerie templière et occultiste : « Ce désir de s’instruire en se réunissant, de confronter ses opinions au sein d’une société fraternelle participe autant des « Lumières » que de l’Illuminisme, qui ont pour dénominateur commun une soif de connaissance universelle et l’exaltation des possibilités de l’homme ».

La Franc-maçonnerie arrive en France entre 1725 et 1730. Elle pénètre en Allemagne avec les trois grades anglais d’origine, par l’intermédiaire d’hommes d’affaires allemands initiés en Angleterre. En Décembre 1737, est fondée, à Hambourg, la première Loge : Absalom zu den drei Nesseln dont les statuts sont rédigés en français. Puis, venant directement de France elle arrive à Berlin où la première Loge est créée en Septembre 1740 après l’accession au trône du prince héritier Frédéric. Devenu roi, il tiendra le Premier Maillet de sa loge dénommée « Loge Première » ou » Loge du Roi notre Grand Maître ».

Un terreau favorable dans le romantisme allemand, nourri de mythes et de fantastique

Statuts, rituels, comptes-rendus, règlements et travaux seront rédigés et se dérouleront longtemps en français, langue de la Cour de Prusse. On connaît la célèbre phrase du roi : « Je ne parle allemand qu’à Dieu et à mon cheval. » Bon nombre de nobles, aristocrates, militaires et protestants français participeront à la création de Loges en Prusse et ses territoires.

La Stricte Observance trouvera, en Allemagne, un terreau favorable dans le romantisme germanique : goût du mythe, des légendes, de la féérie, du rêve, du secret et du fantastique, au milieu d’un extraordinaire fatras, dit ésotérique, de thèmes et sociétés les plus divers : alchimie, Graal, Magie, kabbale chrétienne, théurgie magique, théosophie, arithmosophie, pour en citer seulement quelques-uns : toute une cosmogonie reposant sur le fantastique et la fantasmagorie.

La même époque voit proliférer sociétés et groupes, dits initiatiques, tels les Rosenkreuzer – Rose-croix allemands –, les Illuminés de Bavière, les Illuminés d’Avignon, le Cléricat de Starck, le Mesmérisme, le Quiétisme, les Elus Coëns, les Philadelphes, les Philalèthes, Cagliostro, le Comte de St Germain, Swedenborg parmi bien d’autres.

En Maçonnerie française : le Système de Clermont, les Systèmes de Bordeaux et de Metz, de Toulouse. Et le Système de Willermoz qui s’imposera, mettant fin à la Stricte Observance au Convent de Wilhelmsbad en 1782.

La dérive chevaleresque envahit la Franc-maçonnerie

C’est au milieu de ce paysage aussi divers, hétéroclite et complexe, que va apparaître en Allemagne une autre « sorte » de Franc-maçonnerie – à vrai dire – une dramatique dérive de la Maçonnerie traditionnelle : la Stricte Observance. Une Maçonnerie qui se veut perpétuation, reconstitution de l’Ordre du Temple.

En 1732, le chevalier André-Michel de Ramsay, protestant converti au catholicisme par Fénelon, publie son fameux Discours dans lequel il donne à la Maçonnerie une origine templière : « Nos ancêtres, les Croisés voulurent réunir dans une seule fraternité les sujets de toutes les nations […] Nous avons parmi nous trois espèces de confrères ; des novices, ou apprentis, des compagnons ou profès, des Maîtres ou Parfaits […] Du temps des guerres saintes, on ne communiquait ces signes et ces paroles qu’à ceux qui promettaient solennellement et souvent même au pied des autels, de ne jamais les révéler […] Quelque temps après, notre Ordre s’unit avec les chevaliers de St Jean de Jérusalem. Depuis, nos loges portent le nom de loges de Saint Jean. Les rois, les princes, les seigneurs en revenant de Palestine dans leur pays y établirent des loges différentes. Du temps des dernières croisades, on voit déjà plusieurs loges érigées en Allemagne, Italie, Espagne, en France et au-delà, en ECOSSE, à cause de l’intime alliance qu’il y eut entre ces deux nations […] Peu à peu, nos loges, nos fêtes et nos solennités furent négligés dans la plupart des pays. Elles se conservèrent néanmoins dans toute leur splendeur parmi les écossais. »

De là, l’imaginaire chevaleresque latent qu’entretiennent plus d’un esprit et plus d’un Maçon, envahit la Franc-maçonnerie. Le Discours de Ramsay se démarque totalement de la Maçonnerie traditionnelle : on est aux antipodes de celle d’Anderson, mais il séduit les tenants et fervents d’une filiation templière en Franc-maçonnerie. En France, le Comte de Clermont fonde le Chapitre ou Système de Clermont, Système de hauts grades : Ecossais, Novice-Chevalier du Temple, Royal Arch, dont s’inspirera la Stricte Observance. Clermont accorde à ce Chapitre, le droit de surveillance des loges symboliques.

Ainsi que l’écrit Le Forestier : « En introduisant la légende templière dans la Maçonnerie, les rose-croix allemands n’avaient eu d’autre but que de donner une interprétation nouvelle de la Tradition et du secret maçonnique en leur conférant un caractère occultiste, et, surtout, hermétique […] La filiation templière fournissait à la fois à la Maçonnerie écossaise la généalogie historique qui lui manquait et la contexture homogène qui lui avait jusqu’alors fait défaut. Non seulement l’ascendance des Templiers était plus flatteuse que celle des tailleurs de pierre et justifiait le titre de chevaliers que se donnaient les Maçons, mais encore, l’histoire de cet ordre illustre disparu à la suite d’un drame politique et judiciaire resté présent à toutes les mémoires, était universellement connue […] L’idée de pouvoir un jour restaurer publiquement l’Ordre du Temple, de lui faire rendre au profit des Maçons qui revendiquaient son héritage, les avantages dont il avait joui précédemment, donnait à la Maçonnerie écossaise un but précis et mettait en branle un des plus hauts mobiles de l’activité humaine : l’intérêt matériel et immédiat ».

Les affabulations du baron von Hund qui emportera son « secret » dans la tombe

En Allemagne, revient de France le baron von Hund qui va fonder une Maçonnerie « renouvelée », « rectifiée », selon ses propres termes : la Stricte Observance. Il dit être porteur d’une Patente de « Maître d’Armée » – Ordensheer – de la VII° Province de l’Ordre du Temple, rédigée en chiffré… et qui n’a jamais pu être déchiffrée !

Karl-Gotthelf baron von Hund und Altengrottkau (1722-1776) avait été initié à Francfort paraît-il à l’âge de 19 ans. Eduqué en France comme de nombreux nobles et aristocrates allemands, il fréquente assidûment les loges françaises ; on le trouve, même, en 1743, surveillant dans une loge de Versailles. On dit aussi qu’il aurait reçu, en France, les hauts grades du Chapitre de Clermont.

Selon Le Forestier et d’autres historiens (allemands) il aurait été présenté à Charles-Edouard Stuart, réfugié à St Germain en Laye, et prétendant à un retour sur le trône anglais. Hund expliquera qu’il avait été initié chevalier templier à la Cour de Charles-Edouard par un certain et mystérieux « Chevalier au plumet rouge » – Eques a penna rubra – en présence de Lord Kilmarnock et de Lord Clifford.

Rien de tout cela n’a jamais été prouvé et les recherches les plus récentes concluent à l’affabulation pure et simple de la part de Hund. On a beaucoup écrit que Hund avait été manipulé par les Stuartistes, catholiques, et par les Jésuites, en vue de contrecarrer l’expansion de la Réforme protestante.

Mais sans doute aussi était-il comme bien d’autres obnubilé par cette obsession d’une restauration de l’Ordre du Temple et cette « mode », grandissante en Maçonnerie, des hauts grades. Vivement questionné au cours de différents Convents de la S.O., sur l’origine et la nature de ses « pouvoirs », Hund refusera toujours et obstinément de révéler quoi que ce soit concernant le nom de ses « initiateurs », arguant à l’infini qu’il trahirait ainsi le serment de secret absolu qu’il avait prononcé. Il emportera dans sa tombe ses « secrets », pour autant qu’ils aient existé.

Mais il aura entraîné à sa suite tous les Maçons – et non des moindres – qui étaient éblouis par la « magie » des titres et appellations, décorations, uniformes, sautoirs et décors, honneurs, magnificence de l’artificiel, futilité du factice et de la théâtralité.

Et tous ceux qui voulaient ainsi se démarquer de la loge bleue, tant on leur avait dit qu’ils étaient « supérieurs » à cette dernière !

Une organisation bâtie sur le modèle de l’Ordre du Temple

La S.O. se voulait bâtie sur le modèle de l’Ordre du Temple. Au sommet, l’Ordre Intérieur, composé, au départ, de six membres, Hund à leur tête, et réputé être une « classe supérieure de Maçons ». La S.O. est organisée en Provinces, comme l’Ordre du Temple – tout au moins « sur le papier » – comme l’écrira Lennhof. La VII° Province : Germania Inferior : Elbe et Oder, Danemark et Suède. La VIII° : Germania Superior : Danube, Pô, Tibre. Puis elle s’étend à la France avec trois Provinces et Directoires : la V° Province : Bourgogne et Suisse (1773) La VI° : Auvergne, la VII° Occitanie (Montpellier 1774). En avril 1776, le Grand Orient de France signe un traité avec les Directoires français.

Chaque Province était divisée en Diocèses, dont dépendaient les Préfectures. Les loges étaient rattachées aux préfectures. La Province était dirigée par un Grand Maître Provincial et administrée par un Chapitre Provincial. Chaque Chevalier portait un nom d’ordre : ainsi Hund était Chevalier de l’épée, « Eques ab ense ». Les solennités correspondaient à celles de l’Ordre du Temple. La loge était appelée « domus ordinis », maison de l’Ordre, et le président de la loge « commandator domus ». Les colonnes Jakin et Boaz signifiaient « Jacobus Molay Burgundicus ». Maillet, équerre, truelle rappelaient le métier manuel pratiqué par les Templiers. L’emblème des loges était un fût de colonne portant la mention « adhuc stat » (que l’on retrouve au R.E.R.). Les obligations des membres étaient fixées par les Obedienzakte que chaque candidat se devait de signer, s’engageant à « se rectifier ».

Les hauts grades correspondaient aussi à de fortes obligations financères

Le IV° : Maître Ecossais Verd. Le V° : Novice. Ce grade, écrit Le Forestier, était consacré à « la légende spécifiquement templière » qui était amplement contée au candidat. Les novices devaient abandonner leurs biens à l’Ordre. Le VI° Grade : Chevalier, qui donnait accès à l’Ordre Intérieur. L’armement du Chevalier donnait lieu à une cérémonie d’adoubement ; il se voyait attribuer un nom d’ordre : « Eques a… », « Chevalier de… » qui pouvait être soit une traduction du patronyme, soit évoquer ses armoiries héréditaires.

Seul, le Chapitre Provincial pouvait se prononcer sur la réception d’un chevalier. Ce dernier était appelé à forte contribution financière au profit de l’Ordre. Hund avait, d’ailleurs, dans le cadre du « plan économique » de la S.O., chargé un certain Schubart de parcourir l’Europe et les Provinces afin de recueillir les subsides destinés au fonctionnement de l’Ordre et du « plan économique ».

Lettre de février 1779 (extrait) de Charles, duc de Södermanie (Suède), Grand Maître du Rite Suédois à Willermoz

L'image montre une lettre manuscrite en français. Le texte est écrit à l'encre noire sur du papier blanc. La lettre semble être une correspondance historique, avec une signature à la fin. Le contenu de la lettre est rédigé en style cursif, ce qui donne une impression d'antiquité. La signature à la fin de la lettre est "Charles, Duc de Södermanie," indiquant l'auteur de la lettre. La lettre semble être une communication formelle, avec des phrases soigneusement structurées et une conclusion polie.

Au cours de son histoire, la S.O. va réunir un certain nombre de Convents. 1764 : le Convent d’Altenberg (Weimar) convent fondateur de la S.O. décide de baser tout le système de la Stricte Observance sur la filiation templière dont le secret serait réservé et révélé aux seuls détenteurs des deux derniers hauts grades. A partir de ce convent, tous les participants s’engagent à obéir strictement aux ordres et sans jamais demander d’explications ! Qui plus est, il est exigé qu’ils signent un acte de soumission et jurent obéissance aux Supérieurs Inconnus. Peut-on imaginer système plus absolutiste et qui n’a absolument plus rien à voir avec l’esprit de la Franc-maçonnerie ?

Mais Hund et la S.O. vont devoir affronter la « concurrence » de deux autres systèmes en marge de la Maçonnerie andersonienne : le Cléricat – Klerikat- de Starck et le Système ou Rite Suédois. Comme la S.O. le Cléricat prétendait être le continuateur de l’Ordre du temple, dont les secrets étaient « en la seule possession des ecclésiastiques de l’Ordre ».

L’historien Wolfstieg décrivait le Cléricat comme « un conglomérat de Maçonnerie, de templarisme, magie, alchimie, kabbale, théosophie, théurgie ». En 1768, Starck prend contact avec Hund : un Grand Chapitre scelle l’union du Cléricat et de la S.O. : elle restera sans lendemain. En face de lui Hund trouve également le Système Suédois – peu ou pas du tout connu dans notre pays et sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

Ce système se réclamait aussi de Ramsay et de la filiation templière, doublé de l’influence swedenborgienne ; système et rite toujours pratiqué dans toute la Scandinavie, et autres pays, et, en Allemagne, par l’obédience Große Landesloge von Deutschland.

La loge de Goethe, Amalia zu den drei Rosen, avait adhéré à la Stricte observance templière

1768 : près de 40 loges ont adhéré à la Stricte Observance, dont celle de Goethe, Amalia zu den drei Rosen à Weimar. La S.O. est désormais bien implantée en Saxe, Silésie, à Berlin, Brème, Hambourg, Stettin, Copenhague, Prague, Varsovie, et en Rhénanie, Hongrie, Suisse. L’historien Runkel écrira que la Stricte Observance « a vécu dans les années 1763-1768 ses années de gloire ». Elle compte, désormais, 13 Préfectures en Allemagne, Autriche, Bohème, Danemark.

1772 : au Convent de Kohlo, Hund est très vivement questionné sur l’origine et l’authenticité de ses « pouvoirs » maçonniques et pressé – presque violemment – de dire qui était ce « chevalier au plumet rouge » qui aurait été son initiateur. Hund refuse énergiquement de révéler quoi que ce soit, se réfugiant derrière son serment de garder le secret le plus absolu. Le Duc de Brunswick est élu « Magnum Superior Ordinis per germaniam inferiorem ».

1775 : Convent de Brunswick (Braunschweig) : la Stricte Observance est à son apogée. 26 princes allemands assistent aux travaux et adhèrent à la S.O. Mais les demandes de preuves de la filiation templière pleuvent, souvent de manière violente, de la part des participants. Elles demeurent sans réponse, et Hund persiste dans son refus obstiné de révélations. Le convent voit un violent affrontement entre Frères, la plupart demandant un retour des loges au véritable rituel maçonnique. Le soupçon grandit de jour en jour parmi les chevaliers.

1776. Octobre. Hund décède à Meiningen, il n’a que 54 ans. Après sa disparition, ni documents, ni traces quelconques de la transmission qu’il aurait reçue ne seront découverts. Sa succession est ouverte. Plusieurs candidats se présentent. Les deux seuls protagonistes demeurent le Duc de Brunswick et Karl, Duc de Södermanland, prince de la Maison Royale de Suède. Temporairement, Karl l’emportera au Convent de Leipzig en 1777. Un acte d’union est signé entre la Stricte Observance et le Système Suédois : union qui demeurera sans lendemain, à l’instar de celle avec Starck. Karl cèdera la Grande Maîtrise du Système Suédois à son héritier présomptif : Bernadotte. De fait, depuis cette date, le Rite Suédois demeurera toujours présidé par un Bernadotte, jusqu’au décès du dernier, il y a quelques années seulement, l’actuel roi de Suède ayant décliné la présidence du Rite. A l’heure présente l’Ordre Suédois – Svenska Frimurare Orden – est présidé par le Frère Anders Fahlman ; la Suède compte, en 2011, 15 200 Frères de Rite Suédois.

Jean-Baptiste Willermoz, (1730–1824)

Mais c’était, au milieu de tout ce désordre, sans compter avec un troisième intervenant : Willermoz et son Système de Lyon. En 1772, il prend contact avec Hund qui lui accorde une patente pour prendre la tête de la VI° Province, dite d’Auvergne. Mais les Frères de Lyon, considérant purement chimérique une reconstitution de l’Ordre du Temple, refusent de se soumettre à l’autorité des chefs de la Stricte Observance.

De sorte que, en 1778, Willermoz convoque le Convent National des Gaules qui se tient du 25 au 27 Décembre, à Lyon. Les Directoires des V° et VI Provinces : Auvergne et Bourgogne décident d’abandonner l’appellation de « templiers » pour prendre celle de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, C.B.C.S. . Willermoz a voulu l’abandon de la légende templière et proposé la « réforme des réformes » : son Régime ou Rite Ecossais Rectifié. Le plus absolu désordre règne parmi les Loges de la Stricte Observance.

Le Convent de Wilhelmsbad décide l’abandon définitif de la légende templière

1786. 16 Juillet. Le Convent de Wilhelmsbad se réunit, convoqué par le Duc de Brunswick, six ans après la mort de Hund, convent qui tient près de 36 séances, et dure … 50 jours ! Brunswick tente de jeter de nouvelles bases pour la Stricte Observance. De nombreuses loges entrent en rébellion. Willermoz, qui assiste au Convent, exige avec force que soient abandonnées la légende et la filiation templière, la Stricte Observance ne pouvant, en aucun cas, représenter une continuation ou restauration de l’Ordre du Temple. Lennhof écrira : « n’importe quel tribunal devant lequel on irait, nous rirait au nez ». Nettelbladt, de son côté exposait : « Les frères de la Stricte Observance ne se trouvent en aucune manière justifiés à se considérer comme les descendants authentiques des Templiers et la prudence exige qu’ils renoncent à une appellation pouvant les faire soupçonner de rétablir un Ordre supprimé par les autorités spirituelles et temporelles ».

Le Convent de Wilhelmsbad décide l’abandon définitif de la légende et de la filiation templière, et anéantit celle des Supérieurs Inconnus. Tout au plus reconnaît-il « une certaine analogie, un certain rapport avec l’Ordre du Temple ». Le convent fixe la nouvelle structure symbolique de la S.O. : Apprenti, Compagnon, Maître, limitant les hauts grades à trois : Ecossais, Novice, Chevalier : étonnante ressemblance avec l’actuel R.E.R : Maître Ecossais de St André, Ecuyer Novice, C.B.C.S . Sans conteste, le grand « gagnant » du Convent et de la S.O. est Willermoz. De son côté, le Rite Suédois sort intact de l’épreuve et son étagement de grades demeurera inchangé jusqu’à nos jours. Brunswick est réélu Grand Maître, mais profondément affaibli. Beaucoup de loges et de Frères quittent la Stricte Observance. Le 3 Juillet 1792, Brunswick décède. La S.O. disparaît définitivement.

La Stricte Observance : « système mystique avorté » pour Le Forestier, constitua le moment le plus noir de toute l’histoire de la Maçonnerie allemande, conduisant à sa complète déstabilisation, retardant son développement. De nombreuses zones d’ombre et questions demeureront à jamais sans réponse concernant Hund et la Stricte Observance. En supposant que le prétendant Charles-Edouard Stuart et ceux qui l’entouraient, aient été ces « supérieurs inconnus », ils disparurent en 1746 lorsque Charles-Edouard Stuart fut battu, le 16 Avril, à Culloden, par le Duc de Cumberland, et contraints à fuir. Quant à sa suite, elle fut soit décimée soit emprisonnée. Hund aurait donc été « lâché » puisque tout contact avait été rompu.

Toute l’histoire de la Stricte Observance aura démontré le pouvoir destructeur de l’affabulation et de la mystification la plus totale, le triomphe et la domination de l’imaginaire, du fantastique, de la crédulité, du fallacieux et – en termes d’aujourd’hui – du virtuel.

Fallait-il que fut suffisamment puissant ce pouvoir pour attirer des Frères Maçons éclairés comme Goethe, Lessing, Herder, Wieland, ces grands témoins de la culture et de la civilisation allemande de leur temps ? Goethe, dont l’œuvre, il est vrai, sans cesse évolua entre le rationnel et l’irrationnel. Il dira, tout de même, de la Stricte Observance, après l’avoir quittée, qu’elle avait été une « mascarade blanc-rouge », et, pour Lessing, « une rêverie ». [2]

Lennhof écrira : « la Stricte Observance n’a rien apporté, elle est morte à temps » mais, auparavant, il avait consigné : « la Stricte Observance ne dut de survivre à la Guerre de Trente Ans que grâce à la présence, à Berlin, d’officiers français pratiquant le Système de Clermont ».

Pierre Mollier [3] a excellemment écrit (in La Chevalerie Maçonnique) : « Cette rémanence de l’imaginaire au fil des siècles est un phénomène tout à fait singulier de l’histoire des idées […] L’idéal chevaleresque apparaît comme l’une des composantes du corpus initiatique que la Franc-maçonnerie spéculative s’agrègera durant le deuxième tiers du XVIII° siècle […] Refuge ou tremplin vers un autre horizon […] la légende templière reste, dans la modernité, un point de fixation à la résistance contre le désenchantement du monde ».

Comme une sorte de constante, le souvenir du Temple subsiste encore dans certains hauts degrés de divers Rites : au R.E.A.A, le 30° degré, Chevalier Kadosch, le X° Degré du Rite Suédois, le VII° de l’obédience 3 WK en Allemagne, et, au Rite d’York, l’Ordre des Chevaliers de St Jean l’Evangéliste, entre autres.

Le succès de la Stricte Observance peut s’expliquer par la volonté des Maçons allemands de posséder leur Franc-maçonnerie propre, dégagée des influences anglaise et française.

Mais, après le désastre de la Stricte Observance, provoquant désordre, confusion, égarements parmi les francs-maçons allemands, se lève, à Hambourg, le Frère Friedrich-Ludwig Schröder qui va s’attacher avec succès et après bien des années d’efforts, à la réforme de la Maçonnerie allemande, réforme adoptée par la Grande Loge de Hambourg en 1816.

Désormais la Franc-maçonnerie se limitait, dans le Rite de Schröder, à la pratique des trois premiers grades symboliques seulement, excluant toute appartenance aux degrés supérieurs. Cette disposition demeure valable, au XXI° siècle, pour tous les membres et toutes les loges qui pratiquent le Rite de Schröder : cette particularité vaut d’être mentionnée.

 

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Le Rite de Stricte Observance Templière

Publié le 7 Juillet 2026 par T.D

Il est traditionnel de faire remonter les origines de son Rite aux croisades, aux Chevaliers du Temple, aux Égyptiens, au Roi Salomon ou encore à la Genèse, etc.... Nous ne dérogerons pas à l’exercice, nous permettant ainsi, par un texte mêlant légendes, mythes et faits historiques, de mettre en exergue qui nous sommes, au travers des valeurs que nous entendons défendre et promouvoir au sein de la Grande Loge Souveraine de France. 

Ainsi… 

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Puis Dieu créa l’homme et la femme. Adam, le premier homme et Ève, la première femme, s’unirent et eurent deux enfants, Abel et Caïn. Par jalousie, convoitise et orgueil, Caïn tua Abel et, pour ce crime, fût chassé de l’Éden. Adam et Eve eurent alors un autre enfant, Seth, dont l’un des descendants sera Noé, qui aura lui-même trois fils, Sem, Cham et Japhet. Constatant la bassesse des hommes, Dieu décida, en faisant venir le déluge, de les rayer de la surface de la terre, ainsi que tous les êtres vivants. Cependant, Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur, alors Dieu lui ordonna de construire une arche et d’y entrer avec les siens, ainsi qu’avec un couple de toutes les espèces vivant sur terre. Puis ce fut le déluge, et tous les êtres disparurent. 

Alors Dieu fit baisser les eaux qui se calmèrent, et l’arche se posa sur les monts d’Ararat. Noé lâcha plusieurs fois la colombe et, un soir, elle revint avec un rameau d’olivier. Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la totalité de la terre et tous descendirent alors de l’arche. Dieu bénit Noé et ses fils. Il leur dit : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre. » 

Japhet et les siens partirent vers l’Ouest et s’établirent entre les fleuves du Don, de la Volga et de l’Oural, sur une terre nommée Europe. Japhet prit pour femme Adâtanêsès, fille d'Eliakim, avec qui il aura sept enfants donnant une nation d’Europe : Gomer (ancêtre des Celtes), Magog (ancêtre des Scythes), Madaï (ancêtre des Iraniens et des Mèdes), Javan (ancêtre des Grecs et des latins), Tubal (ancêtre des peuples ibériques), Méschec (ancêtre des Russes) et Tiras (ancêtre des Thraces). Gomer, ancêtre des Celtes, aura trois enfants : Aschkenaz (ancêtre des Saxons et des Scandinaves), Riphat (ancêtre des Paphlagoniens) et Togarma (ancêtre des Tokhariens et des Arméniens). Javan, ancêtre des Grecs et des Latins, aura quatre enfants : Élischa (ancêtre des Eoliens), Tarsis (ancêtre des Etrusques), Kittim (ancêtre des Romains) et Rodanim (ancêtre des Rhodiens). 

Parmi ces nations, l’une se distingua par son excellence, se furent les Grecs, fils de Javan. Il ne fait aucun doute que la bénédiction divine était sur ce peuple, tant et si bien que l’on put ainsi parler de « miracle grec ». Ce furent les grands philosophes, ainsi Socrate, auteur de la fameuse citation « je sais seulement que je ne sais rien», institua que la grammaire était un art que tout père devait enseigner à son enfant, ainsi pour Platon, la dialectique est « le moyen, à travers le dialogue, de connaître « ce qui est », ainsi pour Aristote, la rhétorique est l’art oratoire, c'est-à-dire « l'apprentissage de la capacité de discerner dans chaque cas ce qui est potentiellement persuasif ».
Grammaire, dialectique et rhétorique forment le trivium, mot qui signifie les trois chemins et qui se rapporte au « pouvoir de la langue ». 

« Tout est nombre », nous enseigne Pythagore, qui fait progresser l'arithmétique et agrandit le monde des mathématiques. Les grecs découvriront que la musique est régie par les lois de l’harmonique, qu’elle est une combinaison harmonieuse des contraires, une unification des multiples et un accord des opposés. Les Hellènes excellaient en géométrie, ainsi bâtirent-ils une des sept merveilles du monde antique, à savoir le Temple d’Artémis à Éphèse. L’astronomie hellénistique influencera de manière décisive les mondes indien, arabe et occidental.
Arithmétique, musique, géométrie et astronomie forment le quadrivium, soit les quatre voies au-delà du trivium, qui se rapportent au « pouvoir des nombres ». 

Les fils de Javan donnèrent donc au monde les sept arts libéraux, ainsi la Grammaire parle, la Dialectique enseigne, la Rhétorique colore les mots, la Musique chante, l'Arithmétique compte, la Géométrie pèse et l'Astronomie s'occupe des astres. 

De plus, le philosophe Platon, dans son ouvrage « La République », définira les quatre vertus essentielles à la constitution de la cité idéale, à savoir la justice, la prudence, la tempérance et la force, qui deviendront les quatre vertus cardinales du christianisme. 

Puis vînt le Christ… 

Consubstantiel au Père, fait homme de la Vierge Marie par l’Esprit-Saint, le Christ vînt sur terre pour racheter par son sang les péchés des hommes et établir la nouvelle Alliance entre eux et le Seigneur. Vendu et trahi par le Sanhédrin et Judas, il souffrit sa passion, fut crucifié et mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin. 

Alors, les apôtres se mirent en route pour apporter la bonne nouvelle de l’Évangile à toutes les nations d’Europe. Ainsi, l’apôtre Paul, dans son épître aux Corinthiens, nous transmet les vertus théologales, données par Dieu aux hommes : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » Citons le commentaire allégorique de saint Augustin, pour qui le poisson, l’œuf et le pain sont les trois vertus théologales : le poisson c’est la Foi ; l’œuf, l’Espérance ; le pain, la Charité. « Le poisson est bon comme la Foi ; il vit dans l’eau sans s’y noyer ; comme nous croyants, baptisés dans les eaux du baptême, nous sommes sauvés des tempêtes du siècle. L’œuf c’est le symbole de l’Espérance ; l’œuf n’est pas le poussin, il est en attente de poussin ; avec sa coquille, l’œuf ne voit pas ce pour quoi il œuvre ; il attend avec patience ce qui lui arrivera. Le pain c’est le meilleur des aliments, comme la Charité est la meilleure des vertus. » 

Toujours dans la même épître aux Corinthiens, Paul annonce aussi les 7 dons du Saint-Esprit, que saint Thomas d’Aquin nous décrira comme suit, au regard de la raison : « Pour la saisie de la vérité, la raison spéculative est donc perfectionnée par le don d'intelligence, la raison pratique par celui de conseil. Pour bien juger, la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse, la raison pratique par la science (la connaissance). Quant à la puissance appétitive, en ce qui regarde autrui elle est perfectionnée par la piété ; en ce qui regarde le sujet lui-même elle est perfectionnée par la force contre la terreur des périls, et contre la convoitise désordonnée des choses agréables elle est perfectionnée par la crainte (de Dieu). » 

Toutes les nations d’Europe embrassèrent la nouvelle Alliance, les mystères de la foi et le symbole de Nicée-Constantinople. 

Les Turcs Seldjoukides, maîtres de Jérusalem, interdirent le pèlerinage des chrétiens en Terre sainte afin d'aller prier sur le Saint-Sépulcre. Les chrétiens étaient volés, brimés, réduits en esclavage et, pour la plupart, assassinés. Pour cette raison, le Pape Urbain II appela les Rois chrétiens à délivrer Jérusalem ; ce fut le début des croisades et Jérusalem fut libérée par l’armée chrétienne.

Hugues de Payns, fondateur et premier maître de l'Ordre, vint pour la première fois en Terre sainte, pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage. Lors du concile de Naplouse, naquit la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, sous l'impulsion de neuf chevaliers : Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Archambaud de Saint-Amand, Geoffroy de Bossoit, André de Montbard, Gondemare de Cîteaux, Robert de Craon et Rolland de Provence, ayant pour mission initiale de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident. 

Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem située à l'emplacement du temple de Salomon. C'est ce lieu, dans lequel ils installèrent leurs quartiers, qui donna par la suite à l’Ordre le nom de Templiers ou de Chevaliers du Temple. 

L’Archange Michel, chef de la milice céleste des anges du Bien et saint protecteur des chevaliers, veillait sur eux, si bien que ce soit sur le champ de bataille, auprès des pauvres ou des pèlerins, dans leur conduite ou leurs propos, les Chevaliers de l’Ordre pratiquèrent avec assiduité les sept vertus chevaleresques traditionnelles que sont la noblesse, la bonté, l'humilité, le courage, la piété, la fidélité et l’honneur. 

La néfaste séparation des Églises d'Orient et d'Occident s’était produite, mais pour les Templiers, pour qui rassembler ce qui est épars est une exigence, tous les chrétiens étaient reçus à l’Ordre de manière égale. Ils paieront, par la destruction de l’Ordre, ce refus de se soumettre aux diktats des autorités royales et papales. 

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, par jalousie, convoitise et orgueil, Philippe IV le Bel, Roi de France, ordonne à Guillaume de Nogaret l’arrestation de tous les Templiers et la saisie de leurs biens, suivi rapidement en ce sens par le pape Clément V. Le 18 mars 1314, vendu, trahi et à la suite d’un procès inique, Jacques de Molay, Grand Maître de l’Ordre, est exécuté sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris. 

Dès les premières arrestations, neuf Chevaliers de l’Ordre se réfugient en Écosse, au départ de Marseille. Il s’agit de Charles d’Aumont, prieur d’Auvergne, accompagné des chevaliers Edward Harris, Maréchal Templier en Ecosse, Pierre de Bologne, chapelain, Etienne Stormont, Grand Commandeur d’Angleterre, Adam Dalberg, Grand Commandeur d’Allemagne, Philibert Thierry, Chevalier des Flandres, André Montigny, chevalier d’Auvergne, Adalbert Matignon, chevalier de France et Wolfgang Von Sassen, chevalier germain. Ne pouvant voyager avec l’habit du Temple, ils se vêtissent en maçons, dont ils épousent le métier, et passent ainsi inaperçus jusqu’en Écosse, à Aberdeen, où ils obtiennent rapidement le statut «d’hommes libres du métier». Depuis le VIIème siècle, on désigne les hommes libres sous le vocable de «Francs», et c’est ainsi que nos neuf Chevaliers deviennent des « Francs-maçons ». 

Le pape Clément V ayant ordonné l'arrestation des Templiers dans tous les États de la chrétienté, la discrétion est de mise. Désireux cependant de perpétuer l’esprit et les valeurs du Temple, Charles d’Aumont et ses Frères d’exil décident de cacher le sens profond et les buts de la Vénérable Fraternité sous le voile des symboles de la maçonnerie. Se réunissant le soir au sein de la Loge, ils en protègent l’accès par des mots, signes et gestes. 

Ainsi, après avoir été, une fois de plus, abattu, le Temple entame sa reconstruction. 

Pierre après pierre, sous la sage protection des secrets du vénérable métier et grâce aux réfugiés écossais, alors en guerre contre l’Angleterre, l’idée vivace d’une restauration spirituelle de la Vénérable Fraternité faît son chemin à travers toute l’Europe, et ce jusqu’en Allemagne où, à Manua dans la Haute-Lusace, nait le Baron Karl Gotthelf von Hund, concepteur du Rite de Stricte Observance Templière... 

Ce Rite, tel que nous le pratiquons, est indissociable de l’influence jacobite, c’est-à-dire de la présence en France de réfugiés écossais durant les révoltes jacobites (du latin Jacobus, Jacques), qui se sont déroulées en Grande-Bretagne et en Irlande entre 1688 et 1746, année de la bataille de Culloden, qui vit la victoire des troupes anglaises sur les clans écossais unifiés. L’objectif de ces révoltes était de ramener Jacques Stuart, VII d'Écosse et II d'Angleterre (le dernier roi catholique de la monarchie britannique), et, plus tard, ses descendants de la maison Stuart, sur le trône dont ils ont été privés par le Parlement après la Glorieuse Révolution de 1688. Certains de ces réfugiés écossais étaient Franc-maçons, et de nombreux Franc-maçons français prirent fait et cause pour les jacobites. Pour les remercier, les Frères écossais créèrent un grade à la suite des traditionnels Apprenti, Compagnon et Maître : le Maître Écossais. Ce grade ouvrit la porte aux « hauts-grades », avec notamment le Chevalier de l’Orient ou Maçon Libre. La bulle papale du 28 avril 1738, In eminenti apostolatus specula, interdît aux catholiques de fréquenter les Loges maçonniques. En réponse, les Francs-maçons catholiques désirant poursuivre leur parcours maçonnique, tout en réaffirmant leur attachement à la foi chrétienne, créèrent le grade de Rose-Croix. Le baron von Hund, concepteur de notre Rite, ajoutera les grades de Novice et de Chevalier du Temple. Ainsi, les Provinces allemandes de la Stricte Observance travailleront les grades d’Apprenti, Compagnon, Maître, Maître Écossais, Novice et Chevalier de Temple ; Les trois Provinces françaises travailleront aussi le Chevalier de l'Épée, Maçon Libre et le Chevalier de l'Aigle, Rose-Croix.
Aussi, en quête de cohérence et de pertinence, la Grande Loge Souveraine de France opte pour le système suivant :
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Apprenti ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Compagnon ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Maître ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Chevalier du Temple ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  La distinction de Chevalier Profès est accordée aux FFSS:. ayant rendu service à l’ordre de manière inestimable.

La Grande Loge Souveraine de France entend œuvrer à la réappropriation des valeurs culturelles qui ont fondé notre civilisation, à savoir la discipline grecque, le glaive romain, la sagesse antique et la spiritualité chrétienne. En ce sens, le Chevalier du Temple, soldat chrétien discipliné et grade ultime du Rite de Stricte Observance Templière, est la quintessence idéalisée de ces valeurs, de cette éthique, vers lesquelles nous tendons. Cet héritage « templier » est, pour nous, intellectuel et culturel.

Les travaux par grade :
Apprenti (3 ans) : la fraternité, l'honneur, l'obéissance, la bienfaisance, l'humilité, le silence, la sérénité face à la mort, la sagesse et la noblesse ;
Compagnon (2 ans) : Définies par Platon dans le livre IV de La République, les quatre vertus de l’âme qui nous consacrent à l’homme au sein de la Cité idéale, qui sont les vertus cardinales du christianisme : La justice, la prudence, la tempérance et la force d'âme ;
Maître (2 ans) : Perfectionnant les vertus cardinales et tirées de la Première épître aux Corinthiens de saint Paul (1Co 13,13), les vertus théologales, qui nous consacrent à Dieu : La foi, l'espérance et la charité .
Chevalier du Temple : Aura, au cours de ce parcours, approché les fondamentaux de notre philosophie et œuvrera au perfectionnement de ceux-ci, ayant pour objectif ultime de tendre vers une éthique parfaite.

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La Stricte Observance Templière 2

Publié le 7 Juillet 2026 par T.D

VI
Déclin et évolution

Facteurs du déclin
Au milieu du XIXe siècle, la Stricte Observance, sous l'influence du Baron von Hund, a connu un déclin notable. Plusieurs facteurs ont contribué à cette chute de l'influence de cet ordre maçonnique, qui prônait des rituels ésotériques et une hiérarchie rigide. Pour comprendre ce phénomène, il est impératif de se plonger dans le contexte historique et social de l'époque.
Tout d'abord, le début du XIXe siècle était marqué par les révolutions industrielles et politiques en Europe, ainsi que par un mouvement de rationalisation et de sécularisation. Les idées des Lumières, qui avaient précédemment été adaptées par les maçons, prenaient de nouvelles directions. La montée des idéologies rationalistes et scientifiques a ébranlé les fondements mystiques et ésotériques sur lesquels reposait la Stricte Observance. Au fur et à mesure que la société devenait plus industrialisée et modernisée, l'intérêt pour les rituels secrets et le mysticisme s'estompa, remplacé par une demande croissante pour des systèmes d'enseignement plus clairs et accessibles.
Un autre facteur majeur du déclin de la Stricte Observance est la fragmentation croissante des obédiences maçonniques. Au cours de la période qui a suivi, divers rites ont vu le jour, chacun avec des philosophies et des pratiques distinctes. Le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Rite Français, par exemple, ont proposé des approches plus démocratiques et inclusives de la maçonnerie. Ces nouveaux mouvements ont attiré de nombreux membres de la Stricte Observance, qui cherchaient une communauté plus ouverte et des enseignements qui répondaient mieux aux préoccupations de leur époque.
Le schisme au sein de la maçonnerie a été aggravé par des luttes internes et des rivalités qui ont conduit à une dilution de l'autorité de la Stricte Observance. Les loges, qui auparavant se réunissaient autour des mêmes idéaux, ont commencé à se diviser sur la manière d'interpréter et de pratiquer les rituels, rendant le maintien d'un corps cohérent et influent de plus en plus difficile.
Les bouleversements politiques, notamment les guerres napoléoniennes et les révolutions à travers l'Europe, ont également joué un rôle significatif dans le déclin de la Stricte Observance. Les membres de la société maçonnique se sont souvent retrouvés dans des situations où l'identité et les alliances de la loge étaient mises à l'épreuve. Dans certaines régions, les gouvernements avaient des réticences envers la franc-maçonnerie, la considérant comme une menace potentielle à l'ordre établi, ce qui a conduit à des restrictions et à la répression.
Par ailleurs, la guerre entrave le développement d'un lien communautaire solide, nécessaire à la pérennité de tels mouvements. Les loges, autrefois des refuges sûrs pour la discussion intellectuelle et la camaraderie, ont vu leur influence déclinée, car l'insécurité et le changement constant ont modifié les priorités des membres, les éloignant de l'implication active dans les pratiques maçonniques.

Renaissance et héritage
Malgré le déclin de la Stricte Observance, un intérêt pour ses principes et pratiques a émergé au XXe siècle. Pendant la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe siècle, des mouvements contemporains ont commencé à se réclamer de cet héritage. La renaissance de cet intérêt peut être attribuée à plusieurs tendances socioculturelles.
D'une part, dans une époque marquée par la recherche de sens et de spiritualité, un nombre croissant d'individus se tournent vers les traditions ésotériques et mystiques, y compris la franc-maçonnerie. Les gens cherchent des réponses à leurs questionnements existentiels et trouvent dans la Stricte Observance, avec son accent sur l'initiation et la tradition, une voie pour explorer ces concepts.
D'autre part, la montée de la culture numérique et des réseaux sociaux a permis aux groupes intéressés par les enseignements de la Stricte Observance de se réunir et d’échanger des idées de manière plus efficace. L'ère numérique a facilité la connectivité et la mise en réseau, donnant l'opportunité d'explorer les anciens rituels et philosophies maçonniques adaptées à un public moderne. Des organisations se sont formées pour explorer les enseignements de von Hund et promouvoir une vision contemporaine et pertinente de la Stricte Observance.
Les mouvements contemporains qui se réclament de l'héritage de la Stricte Observance ont non seulement restauré certains de ses rituels et enseignements, mais les ont également adaptés pour répondre aux besoins des membres d'aujourd'hui. L'écho de l'importance de la fraternité, de la responsabilité individuelle et de la recherche de la connaissance demeure au cœur de ces groupes, mais ils les envisagent désormais sous un prisme qui intègre des idées modernes telles que l'écologie, l'engagement civique et les problématiques sociétales contemporaines. Cela marque une rupture avec l'élitisme perçu de la Stricte Observance originale, et témoigne d'une volonté d'intégrer les valeurs positives de la modernité, tout en honorant les traditions ancestrales.
L'influence de la franc-maçonnerie et des mouvements qui s’en réclament aujourd’hui va au-delà de la simple pratique rituelle. Ces groupes s'engagent dans la promotion de la charité, de la philanthropie. Ils contribuent à renforcer les valeurs d'humanité et de solidarité, des principes qui ont toujours été au cœur de la maçonnerie.
De plus, le renouveau de la Stricte Observance dans le cadre contemporain pose des questions sur les limites et les possibilités de la maçonnerie à l'ère de la mondialisation. L’émergence de groupes qui explorent les anciennes traditions tout en intégrant des réflexions modernes constitue un dialogue en constante évolution qui pourrait potentiellement redéfinir le paysage maçonnique pour les générations à venir.
L'analyse du déclin de la Stricte Observance au milieu du XIXe siècle révèle un tableau complexe. Les changements sociaux, les révolutions politiques et le développement d'autres rites maçonniques ont contribué à son affaiblissement. Toutefois, cette obédience ne s'est pas complètement éteinte ; au contraire, elle a fourni une base précieuse pour les mouvements contemporains qui, tout en honorant l'héritage de von Hund, cherchent à s'adapter aux défis du monde moderne.
La renaissance de ces principes ésotériques chrétiens, bien que fondamentalement transformée, témoigne de la persistance de la quête humaine pour la connaissance, la fraternité et le sens. Les mouvements contemporains s'efforcent de maintenir vivante la flamme de la Stricte Observance, tout en la reformulant pour répondre à un monde en constante évolution, dans un dialogue entre le passé et l'avenir qui pourrait rendre la maçonnerie encore pertinente dans les décennies à venir.

 

VII
Critiques et controverses

Antimaçonnisme et adversités
La Stricte Observance, l'un des courants les plus influents de la franc-maçonnerie au XVIIIe et au début du XIXe siècle, n'a pas seulement été un mouvement de recherche d'initiation et de mysticisme. Elle a également été le centre de critiques et de controverses qui ont contribué à son déclin. Les accusations d'antimaçonnisme, particulièrement en Europe, sont emblématiques des adversités auxquelles la Stricte Observance a dû faire face.
L'antimaçonnisme n'est pas un phénomène nouveau ; il s'inscrit dans une longue tradition de méfiance vis-à-vis des institutions secrètes. Tout au long de l'histoire, les sociétés maçonniques ont été vues comme des bastions d'élitisme et de mystère, et la Stricte Observance, avec ses rituels ésotériques et ses présomptions d'influence, n'a pas échappé à cette perception.
Les critiques se sont souvent concentrées sur le caractère secret des rituels maçonniques. Cette opacité a alimenté des suspicions, alimentant des théories du complot qui voyaient dans la franc-maçonnerie un réseau de manipulation politique et de pouvoir occulte. Les détracteurs, allant des ecclésiastiques aux hommes politiques, ont attribué des motivations sinistres aux maçons, les qualifiant d'ennemis de la foi chrétienne et de l'ordre social.
Les accusations visant la Stricte Observance ont souvent pris une tournure religieuse. Les membres de l'ordre étaient vus comme des hérétiques, adorant des entités occultes et remettant en question les dogmes traditionnels. Cette hostilité s'est intensifiée avec l'essor du romantisme et des mouvements à connotation antirationnelle, qui ont vu la recherche du mystique dans les anciennes traditions comme une menace à l'ordre établi.
Au-delà des critiques religieuses, la Stricte Observance a également été accusée d'avoir des liens avec des mouvements révolutionnaires. À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, les révolutions française et américaine ont suscité de vives réactions parmi les élites. Les adversaires de la franc-maçonnerie, en particulier, ont considéré la Stricte Observance et d'autres rites comme des orchestrateurs de désordre social, affirmant que ces groupes cherchaient à renverser les gouvernements en place.
Les loges étaient souvent perçues comme des lieux de discussion sur des idées subversives. La perception d'une conspiration politique plus large a été renforcée par le fait que de nombreux révolutionnaires français étaient d'anciens membres de la franc-maçonnerie. Les critiques ont souvent affirmé que la Stricte Observance était à l'origine du mouvement révolutionnaire, ce qui a conduit à une méfiance accrue envers l'ordre et ses membres.
Face à ces critiques, la Stricte Observance a tenté de se défendre en adoptant une attitude de réserve et en renforçant ses discours sur l'engagement spirituel et l'éthique personnelle. Cependant, la mauvaise presse et l'opposition constante ont désorienté de nombreux membres, provoquant des schismes internes et une dilution de leurs idéaux. La tension entre le désir d'obscurité et la nécessité de se justifier a conduit à des divisions qui ont affaibli l'ordre à long terme.

Débat sur l'ésotérisme et la transparence
Le débat autour de la Stricte Observance ne se limite pas à des questionnements historiques et politiques. La nature même de son ésotérisme et la perception publique du secret maçonnique continuent d'alimenter une discussion sur la transparence, la confiance et l'inclusivité dans le monde contemporain.
La Stricte Observance, avec son accent sur l'initiation, la contemplation personnelle et l'expérience spirituelle, est fondamentalement un mouvement d'exploration intérieure. Ses rituels étaient conçus pour guider les membres vers une connaissance supérieure de soi et du cosmos. Cependant, cette approche ésotérique a toujours été ambiguë aux yeux du grand public.
Pour ceux qui voient la franc-maçonnerie comme une simple société secrète, l'ésotérisme peut sembler obscur, presque élitiste. Les rituels qui peuvent sembler spirituels et enrichissants pour les initiés peuvent être perçus comme des pratiques obscures pour ceux qui ne sont pas impliqués. Cette distance entre la maçonnerie et le grand public alimente à la fois fascination et méfiance.
À l'ère numérique et de la communication instantanée, la question de la transparence est plus pertinente que jamais. Il devient difficile pour des institutions maçonniques de maintenir des secrets, qui sont d’ailleurs des pseudos secrets... La Stricte Observance, comme d'autres organisations maçonniques, se retrouve à jongler entre le besoin de préserver son caractère initiatique et l'exigence de répondre à une société de plus en plus critique à l'égard des institutions.
Les nouvelles générations, plus connectées et en quête de vérités tangibles, posent des questions sur l'intention derrière le secret maçonnique. Pourquoi, si l’on a rien à cacher, les rituels et enseignements doivent-ils être gardés cachés ? Les opposants arguent que cette opacité est synonyme de cachotterie, de manipulation et de pouvoir secret, nuisant ainsi à la légitimité de l'ordre. Pour calmer ces inquiétudes, certaines obédiences maçonniques ont commencé à ouvrir certaines de leurs pratiques au grand public, provoquant un renouveau d'intérêt et une meilleure compréhension de leurs missions et de leurs objectifs.
Les perceptions publiques de la Stricte Observance sont profondément affectées par les préjugés historiques, mais aussi par des médias contemporains qui tendent à caricaturer la maçonnerie. Les stéréotypes largement répandus, véhiculés par des œuvres de fiction et des théories du complot, ont souvent pour effet d'éclipser la réalité et les intentions profondes de l'ordre.
Les efforts pour rectifier les perceptions erronées doivent passer par des échanges authentiques, des dialogues ouverts et des initiatives éducatives. Les leaders de la Stricte Observance de la période moderne se rendent compte que leur réputation était à l'origine diluée par le secret. Par conséquent, des efforts ont été entrepris pour relier les traditions à des actions concrètes de service communautaire.
L'engagement dans des causes sociales et humanitaires, ainsi que la promotion de la pensée libre et du débat constructif, constitue désormais une mesure importante pour redéfinir le paysage maçonnique. En rendant les valeurs de la Stricte Observance accessibles et en montrant leur pertinence dans des contextes contemporains, l'ordre espère non seulement apaiser les critiques, mais également attirer une nouvelle génération d'initiés.
Les critiques et controverses entourant la Stricte Observance mettent en lumière des tensions complexes entre tradition ésotérique et attentes contemporaines de transparence et d'ouverture. Alors que des siècles de méfiance et d'antimaçonnisme continuent d'influencer la perception de l'ordre, un dialogue constructif, ainsi qu'une réévaluation des valeurs maçonniques, semblent nécessaires pour que cet héritage puisse s'épanouir dans un monde moderne en constante évolution. La capacité de la Stricte Observance à évoluer et à se réinventer face aux critiques déterminera son avenir et son influence dans la société d'aujourd'hui.

 

VII
Perspectives

Bilan de l'impact historique
La Stricte Observance Templière, en tant qu'ordre maçonnique fondé au XVIIIe siècle, a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de la franc-maçonnerie. Ses contributions, tant sur le plan spirituel que social, sont profondément enracinées dans le contexte intellectuel et culturel de son époque. En tant que mouvement qui a opéré un rapprochement entre la maçonnerie et les traditions chevaleresques des Templiers, la Stricte Observance a cherché à donner un sens nouveau à l'initiation, à la mystique et aux idéaux de chevalerie :
1. Réhabilitation de la mémoire templière
Un des plus grands succès de la Stricte Observance a été de réhabiliter la mémoire des Templiers, souvent perçus sous un jour négatif en raison des persécutions dont ils ont été victimes au Moyen Âge. En associant leurs rituels à ceux de cet ordre médiéval, les membres de la Stricte Observance ont redonné vie aux valeurs d’honneur, de courage et de loyauté qui caractérisaient les chevaliers templiers. Cette quête d'identité a joué un rôle significatif dans la fondation d'une spiritualité maçonnique qui valorisait le sacrifice personnel et le service à autrui.
2. Influence sur les autres rites maçonniques
Parallèlement à cette réhabilitation, la Stricte Observance a eu un impact crucial sur le développement d'autres rites maçonniques. En intégrant des éléments ésotériques chrétiens, elle a ouvert la voie à une maçonnerie plus mystique et hermétique qui allait inspirer divers courants. Beaucoup de ces pratiques, en particulier celles liées à l'initiation et à la quête de la connaissance, trouvent leurs racines dans les enseignements que la Stricte Observance a promus.
3. Élargissement de la vision de la franc-maçonnerie
La Stricte Observance a également préparé le terrain pour un élargissement de la vision de la franc-maçonnerie au-delà de ses origines. Plutôt que de rester cantonnée à des aspects utilitaires de la construction, elle a encouragé la réflexion sur le développement spirituel et moral. Cette transformation a permis à la franc-maçonnerie de devenir un mouvement plus inclusif, abordant des préoccupations humanistes et sociales.

Perspectives d'avenir
1. Restauration de l'ordre dans le paysage maçonnique contemporain
À l'aube du XXIe siècle, la Stricte Observance, comme beaucoup d'autres ordres maçonniques, est confrontée à des défis sans précédent. Dans un monde de plus en plus connecté et interdisciplinaire, les valeurs et les pratiques maçonniques, y compris celles de la Stricte Observance, doivent évoluer pour rester pertinentes. La nécessité de réinventer l'ordre dans un contexte contemporain est devenue essentielle, et cela peut impliquer une redéfinition de son rôle et de son image.
2. Engagement envers la communauté
Une des pistes de développement pour la Stricte Observance réside dans l’engagement communautaire. En favorisant l'action sociale et en s'impliquant dans des initiatives visant à améliorer la vie des membres de la communauté, l'ordre peut démontrer l'importance de ses enseignements dans un monde moderne. En cela, la Stricte Observance pourrait ainsi se présenter non seulement comme un espace de développement spirituel, mais aussi comme une force active en matière d’amélioration sociale, mettant en avant l’éthique et la morale que prône l'initiation.
3. Dialogue intergénérationnel et inclusivité
Les générations futures ayant des attentes différentes concernant l’accès à l’information et l’acceptation des valeurs diverses, la Stricte Observance devra adopter une approche plus inclusive et diversifiée. Un dialogue intergénérationnel sera essentiel pour attirer de nouveaux membres qui recherchent un espace qui allie engagement spirituel et implication sociale. La capacité à écouter et à s'adapter aux préoccupations contemporaines, tout en préservant les traditions fondamentales de l’ordre, sera cruciale pour son succès.
4. Le retour aux sources spirituelles
Enfin, il est très bénéfique pour la Stricte Observance d’être revenue à ses principes initiaux : l'exploration de la spiritualité, la quête de vérité et la recherche de sagesse. Ce qui implique un réinvestissement dans les rituels d'initiation et l'enseignement des valeurs maçonniques fondamentales, afin de raviver l'intérêt pour les aspects mystiques et spirituels qui font partie intégrante de son héritage. En réaffirmant son engagement envers l’ésotérisme et la mystique, la Stricte Observance attire ainsi un nouveau public en quête de profondeur et de sens dans un monde souvent superficiel.

La Stricte Observance Templière a joué, et joue, un rôle indispensable dans le développement historique de la franc-maçonnerie, favorisant une synthèse entre ancien et moderne, mystique et éthique. À travers ses contributions à la réhabilitation de la mémoire templière, son influence sur d'autres rites et son engagement envers les valeurs morales et l’éthique, cet ordre a laissé un héritage qui ne peut être négligé. La Stricte Observance embrasse désormais les mutations contemporaines et se réinvente, tout en gardant un lien fort avec ses racines. En répondant aux défis d’aujourd’hui, la SOT garantie sa survie, mais également sa prospérité en tant que force spirituelle et sociale, prête à inspirer les générations futures à poursuivre la quête de lumière, de vérité et d’engagement.

 

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La Stricte Observance Templière 1

Publié le 7 Juillet 2026 par T.D

 

I
Introduction

La Stricte Observance Templière est un ordre maçonnique qui a vu le jour au XVIIIe siècle, à une époque marquée par de profonds changements sociaux, politiques et spirituels en Europe. La Stricte Observance, qui se revendique directement de l’héritage des Templiers, se concentre sur le développement spirituel et moral de ses membres, ainsi que sur l’accomplissement de rituels ésotériques chrétiens, à ne pas confondre avec le christianisme ésotérique. Ce mouvement maçonnique, qui s’inscrit dans le paysage particulièrement riche de la franc-maçonnerie, se distingue par son approche rigoureuse et par ses prétentions à initier ses membres aux vérités cachées du monde et de l’existence humaine.
L’ordre prend racine dans le contexte turbulent de l'Europe du XVIIIe siècle, où la Révolution française a déjà commencé à borner des siècles de monarchie et d'institutions religieuses en défiant les dogmes établis. Le besoin de retrouver une voie spirituelle authentique et de redéfinir le savoir traditionnel a suscité la formation de plusieurs sociétés secrètes, parmi lesquelles la Stricte Observance Templière se distingue par son attachement symbolique aux Templiers et par ses pratiques rituelles imprégnées d'ésotérisme chrétien.

Définition de la Stricte Observance Templière
La Stricte Observance Templière, fondée en 1751 par le Baron Karl von Hund et d'autres francs-maçons influents, se présente comme un ordre cherchant à perpétuer l'esprit des Templiers, en fusionnant tradition maçonnique et mysticismes inspirés des traditions chrétiennes. Son but premier est la promotion de vertus morales et spirituelles, tout en gardant une stricte observance des rites et des règles parmi ses membres. Basée sur un ensemble précis de légendes et de rituels, cette obédience se rattache à des fondements historiques qui font allusion à l'héritage des Templiers, tout en intégrant les valeurs de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle. L'ordre revendique une chaîne ininterrompue de transmission des connaissances ésotériques, affirmant posséder un savoir ancien sur la construction du corps spirituel et la quête de la vérité ultime. Les membres de la Stricte Observance sont encouragés à suivre un chemin initiatique rigoureux afin d'accéder à des niveaux supérieurs de compréhension et d'éveil spirituel, jugeant que ces enseignements sont essentiels non seulement pour leur propre évolution personnelle, mais également pour le bien de l'humanité.

Importance de la SOT
La Stricte Observance Templière est d'une importance capitale, non seulement pour comprendre le développement interne de la franc-maçonnerie, mais aussi pour saisir l'impact de ce mouvement sur les sociétés européennes du XVIIIe et XIXe siècles. Cet ordre maçonnique a joué un rôle significatif dans les dynamiques de pouvoir et d’influence qui ont émergé à cette époque charnière, alors que l’ancienne architecture de la société commençait à se fissurer sous les attentes de la modernité.
L'un des aspects fondamentaux de la Stricte Observance est son engagement envers le mysticisme, qui se prête à un débat plus large sur la manière dont les sociétés secrètes ont façonné les croyances et les idéologies en Europe. L'interaction entre la spiritualité, l'ésotérisme et la moralité a non seulement conduit à une réévaluation des traditions classiques, mais a également influencé des sphères comme l'art, la littérature et la philosophie. En ce sens, l'ordre contribue à expliquer comment les idées de liberté, d'égalité et de fraternité ont vu le jour, des concepts qui allaient transcender les murs des loges maçonniques pour se répercuter dans la société en général, notamment à travers les grands mouvements de réforme et d'émancipation. De plus, l'ordre de la Stricte Observance Templière met en lumière la question de l'identité maçonnique et des divers courants qui l'habitent. Elle offre l'opportunité d'explorer les tensions entre tradition et progrès, ainsi que les défis internes que doivent relever des fraternités cherchant à naviguer entre le respect des rituels ancestraux et la nécessité de s'adapter à un monde en constante évolution. Ce questionnement est particulièrement pertinent aujourd’hui alors que la franc-maçonnerie elle-même est confrontée à des défis modernes, tels que la question de la migration massive, incontrôlée et l’identité des peuples. En somme, l'importance de la Stricte Observance Templière réside dans sa capacité à éclairer des facettes oubliées de l'histoire maçonnique, à comprendre les interrelations complexes entre spiritualité, société secrète et culture, et à apprécier la façon dont ce mouvement a jeté les bases de réflexions et de luttes qui perdurent encore dans nos sociétés contemporaines. La Stricte Observance ne se limite pas à ses rituels, elle est un révélateur des enjeux plus larges de la quête humaine pour la connaissance, la vérité et le sens, démontrant que l'ésotérisme chrétien et la franc-maçonnerie continuent d'occuper une place essentielle dans le paysage culturel et spirituel moderne.
Dans ce contexte, il est impératif de ne pas seulement se concentrer sur l’aspect historique de cet ordre, mais également d’étudier son impact durable sur les sociétés contemporaines. En analysant ses principes, ses croyances et ses rituels, nous pouvons commencer à apprécier non seulement le parfum d’antan qui flotte autour de la Stricte Observance, mais aussi sa capacité à inspirer une réflexion critique sur les symboliques et les valeurs prêtées aux traditions ésotériques dans le monde d'aujourd'hui. Ainsi, la SOT s'avère être non seulement une plongée dans un passé riche et complexe, mais également une exploration des rapports actuels entre tradition, modernité et spiritualité.

 

II
Historique de la Stricte Observance

Origines
La Stricte Observance est un mouvement maçonnique qui trouve ses racines dans une période marquée par des transformations sociales, politiques et religieuses en Europe au XVIIIe siècle. Ses origines sont entourées de mystère et de spéculations, souvent associées aux légendaires Templiers, ainsi qu'à la franc-maçonnerie qui prenait de l'ampleur à cette époque. Ce lien avec les Templiers repose sur des traditions et des mythes, qui ont vu le jour tantôt par intérêt pour les symboles de pouvoir et de sagesse, tantôt par nostalgie d'un passé glorieux.
Les origines de la franc-maçonnerie, quant à elles, se situent dans les guildes de maçons du Moyen Âge, mais au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie a évolué vers des pratiques plus ésotériques, intégrant des éléments de mysticisme et de philosophie. La Stricte Observance se présente comme une réponse à ce besoin de structure et de spiritualité en intégrant des éléments propres à la tradition templière, tels que la quête de la vérité, l'initiation et la protection d'un savoir ancien.
Le Baron Karl von Hund, l'un des principaux fondateurs de la Stricte Observance, envisageait le mouvement comme un moyen de restaurer une tradition perdue qui serait, selon lui, le véritable legs des Templiers. En inscrivant sa création dans ce cadre, Hund donnait à la Stricte Observance une héritage prestigieux, ce qui était crucial pour attirer les membres influents de son temps. De plus, cette connexion avec les Templiers eut un fort attrait pour de nombreux maçons, à la recherche de profondeur spirituelle et d'une identité à travers les âges.

Fondation
La Stricte Observance fut officiellement fondée en 1751 sous l'égide du Baron Karl von Hund, un noble allemand. La première rencontre marquante de ce mouvement eu lieu à Nuremberg, où Hund et ses pairs établirent les principes fondamentaux qui allaient guider les activités de la nouvelle observance. Ce qui distingue la Stricte Observance des autres rites maçonniques de l'époque, c'est son accent mis sur le secret, la discipline et une hiérarchie stricte inspirée des Templiers.
Au fil des années, la Stricte Observance se développa et prit une ampleur considérable. Hund y incorporait des rituels d'initiation élaborés et des degrés maçonniques, renforçant ainsi le sentiment de fraternité et d'élitisme parmi ses membres. Le rite se construisit également autour de la notion de quête spirituelle et de recherche de la vérité.
L'un des événements marquants de cette période fut la création de plusieurs loges dans toute l'Europe, en particulier en Allemagne. Ces loges se voulaient des espaces où les initiés pouvaient non seulement échanger des connaissances, mais aussi se consacrer à la rénovation morale et spirituelle des hommes. Sous l’administration de Hund, un réseau de loges fut établi, reliant des maçons à travers des frontières, engendrant une fraternité paneuropéenne.
La Stricte Observance misait sur des rituels riches et symboliques. Loin d'être une simple organisation sociale, elle proposait un parcours initiatique complexe impliquant des traditionnels rites d’initiation, mais aussi des enseignements ésotériques. Le lien entre l’initiation et une quête de savoir supérieur était constamment réaffirmé, ce qui attirait de nombreux membres influents. Ces rituels étaient souvent enveloppés de mystère, permettant de renforcer l'attrait de l'organisation et la dévotion des initiés.
En 1762, un tournant notable fut la rencontre de plusieurs chefs de loges à Munich, qui décidèrent d'unir leurs forces sous une forme plus centralisée. Ils ressentaient le besoin d’asseoir la légitimité et l’autorité de la Stricte Observance face à d'autres rites. Ce fut un moment historique qui aboutit à la mise en place d’une structure plus formelle. Ce développement pourra, par la suite, alimenter des tensions internes au sein du mouvement, notamment en ce qui concerne ses liens avec les autres obédiences maçonniques.
Malgré son dynamisme, la Stricte Observance ne demeura pas à l’abri des critiques. Certains de ses membres dénoncèrent son caractère trop secret et ses rituels jugés trop rigides. En outre, la montée des idées des Lumières et le rationalisme qui accompagna cette période amenèrent certains membres à s’interroger sur le bien-fondé de la continuité des traditions ésotériques.
La fin du XVIIIe siècle se révéla être une période de transition pour la Stricte Observance. En effet, le mouvement connut une certaine désagrégation, surtout avec le déclin du baron Karl von Hund. Ses efforts pour maintenir l’autorité et l’unité des loges se heurtèrent à des courants divergents au sein même de ces dernières, entraînant un éclatement du mouvement.
À l'aube du XIXe siècle, bien que la Stricte Observance n'atteignît pas l'ampleur qu'on eût pu lui prédire, son influence se continua par le biais d'autres rites de la franc-maçonnerie, telle la Maçonnerie rectifiée, qui intégra de nombreux éléments du modèle observant. De ce fait, la Stricte Observance demeura une pierre angulaire dans l'édifice maçonnique occidental.
Au fil des années, son héritage perdura à travers divers mouvements maçonniques et initiatiques qui se réclament directement de cette tradition. Les loges et les groupes qui se forment à partir des idées et des rituels de la Stricte Observance continuent d'exister aujourd'hui, témoignant de l'impact durable et de la fascination qu'exerce ce mouvement sur les esprits modernes à la recherche de sagesse et de sens.
L’histoire de la Stricte Observance illustre une quête intemporelle de compréhension et d’unité spirituelle qui ne cesse d’inspirer de nouvelles générations. Cette recherche d’identité par les rituels, la tradition et la mystique témoigne d'un besoin universel d'appartenance à quelque chose de plus grand que soi, un thème qui demeure pertinent même à l’époque actuelle.

 

III
Structure et organisation

Hiérarchie interne de la Stricte Observance
La Stricte Observance, en tant que mouvement maçonnique, attire l’attention tant au niveau de son organisation interne que de ses rituels. La structure hiérarchique de cet ordre joue un rôle primordial dans le développement de la spiritualité de ses membres et dans la mise en œuvre de ses traditions. En proposant une hiérarchie bien définie, la Stricte Observance établit un cadre qui facilite l'initiation et la progression des frères au sein de l'ordre.
La hiérarchie interne de la Stricte Observance se divise naturellement en plusieurs grades qui correspondent à des étapes d'initiation et de compréhension. Les trois grades de base sont souvent identifiés comme suit :
1. Apprenti : C’est le premier degré de l’initiation. L'Apprenti est généralement un novice qui s'engage dans la quête de connaissance et de compréhension des mystères maçonniques. Ce grade représente l'initiation dans le monde symbolique de la maçonnerie. Lors des rituels d’initiation, l’Apprenti doit prêter un serment de silence, signifiant son engagement à respecter les secrets des Frères. La figure de l’Apprenti est également synonyme d'humilité et d’ouverture d’esprit, constituant ainsi une période où l’individu est encouragé à apprendre des autres.
2. Compagnon : Une fois que l’Apprenti a démontré sa compréhension des enseignements fondamentaux, il peut progresser au rang de Compagnon. Ce grade représente un approfondissement des connaissances et des responsabilités. Les Compagnons doivent acquérir des compétences spécifiques et s’engager dans des études plus poussées des vertus et de l'éthique de l’ordre. Ils sont également souvent impliqués dans des projets communautaires et des activités de loyauté envers l'art maçonnique. Le Compagnon est ainsi vu comme un intermédiaire entre l'Apprenti et le Maître, ayant une responsabilité accrue tout en continuant à apprendre.
3. Maître : Le Maître est le troisième et dernier degré de l’initiation dans la Stricte Observance. Ce grade est associé à la perfection et à la maîtrise de la matière, tant sur le plan symbolique que pratique. Un Maître est considéré comme un guide pour les autres membres, capable d'enseigner et de transmettre les valeurs de l'ordre. Le passage à ce degré implique souvent une cérémonie riche en symbolisme et en mystère, où le nouvel initié doit prouver sa capacité à comprendre des enseignements profonds et à diriger les travaux de la loge.
Outre ces grades, certaines structures peuvent comporter des degrés supplémentaires, souvent réservés aux membres les plus engagés. Ces degrés élargissent le champ des connaissances initiatiques et offrent des responsabilités supplémentaires.

Rituels et Cérémonies
Les rituels jouent un rôle central dans la Stricte Observance, marquant les différentes étapes de l'initiation et contribuant à l'enseignement des valeurs maçonniques. Chaque rituel est chargé de symbolisme, et leur compréhension profonde est essentielle pour les membres de l’ordre.
Chaque grade dans la Stricte Observance est accompagné de rituels spécifiques, comprenant des éléments symboliques et des cérémonies qui aident les membres à intégrer les enseignements et à renforcer leur engagement. Voici un aperçu des principaux rituels associés aux trois grades :
1. Rituel d’initiation de l’Apprenti : Ce rituel marque le passage à l'état d'Apprenti. Il est souvent traversé du symbolisme du voyage, représentant le départ vers la quête de la connaissance. L’Apprenti est questionné et soumis à des épreuves symboliques. Il passe ensuite par différentes étapes, où il est imparfait et vulnérable, marquant son entrée dans le monde maçonnique. Le point culminant de ce rituel est l’allumage d’une lumière, évoquant l’illumination et la recherche de la vérité.
2. Rituel du Compagnon : Une fois reçu Compagnon, le membre se voit initié dans des rituels plus complexes impliquant des illustrations de l'architecture et de la construction. Ce rituel met en avant la nécessité de la compréhension tout en reliant l’art maçonnique à des concepts d’éthique et d’humanisme. En symbolisant la construction morale et intellectuelle, il invite le Compagnon à devenir un bâtisseur dans le monde, tant en interne qu’en externe.
3. Rituel du Maître : Le rituel du Maître est souvent le plus élaboré et le plus riche en symbolisme. Dans cette cérémonie, le nouvel initié est symboliquement confronté à la mort et la résurrection, emblématisant une transformation profonde de l’âme et de l'esprit. Le Maître est également amené à recevoir des enseignements sur le pouvoir, la sagesse et la responsabilité qu’engendre ce grade. Il est vu comme le gardien des secrets de la maçonnerie et est investi d'une responsabilité de direction au sein de la loge.
La Stricte Observance représente une tradition maçonnique riche et complexe, où la hiérarchie interne et les rituels sont étroitement interconnectés. La structure hiérarchique offre un cheminement clair aux membres, leur permettant de gravir les échelons en acquérant à la fois des connaissances ésotériques et pratiques. Les rituels, en tant que cérémonies sacrées, servent à fortifier l'identité maçonnique et à renforcer la cohésion entre les Frères.
Ainsi, la Stricte Observance incarne une quête universelle pour la compréhension de soi et du monde, une aventure spirituelle ancrée dans des siècles de traditions qui continuent d’inspirer et d’instruire les nouvelles générations de maçons.

IV
Philosophie et doctrine

La Stricte Observance, en tant que mouvement maçonnique, repose sur un ensemble de philosophies et de doctrines qui guident ses membres dans leur quête de connaissance et d’élévation spirituelle. Ces principes maçonniques s’articulent autour de valeurs telles que la liberté, l’égalité, la fraternité, ainsi que la recherche de la vérité et de la connaissance. Ils s’inspirent également d’une riche tradition ésotérique, profondément ancrée dans l’histoire spirituelle de l’humanité.

Les principes fondamentaux 1. La recherche de la vérité : Au cœur de la maçonnerie se trouve un engagement inébranlable envers la recherche de la vérité. Les membres de la Stricte Observance voient la quête de la connaissance comme un chemin d’illumination personnelle et collective. Cette approche est un moyen d’atteindre une sagesse supérieure. 2. La moralité et l’éthique : La Stricte Observance insuffle une forte dimension éthique à ses enseignements. Le respect des valeurs morales et l’intégrité personnelle sont essentiels pour aspirer aux degrés supérieurs de l’ordre. Les membres sont souvent amenés à réfléchir sur leur conduite personnelle et à s’engager activement pour le bien-être de leurs semblables. Cette notion d’éthique est renforcée par des rituels qui rappellent sans cesse l’importance de vivre en accord avec des principes moraux élevés.
3. La solidarité et la fraternité : La notion de fraternité est omniprésente dans les pratiques maçonniques. Les membres de la Stricte Observance sont frères et sœurs, partageant un lien unique qui transcende les différences personnelles. Ce sentiment de communauté se traduit par un soutien mutuel, renforçant ainsi les liens qui unissent les membres.
4. L’initiation et la transformation personnelle : L’un des aspects les plus distinctifs de la Stricte Observance est son accent sur le processus d’initiation. Chaque grade à l'intérieur de l’ordre est une étape dans un parcours de transformation personnelle, permettant aux membres de grandir spirituellement. L’initiation est conçue pour inviter à une réflexion sur la nature de l’existence et de soi. Ce cheminement intérieur est essentiel pour devenir un maître dans l’art de la maçonnerie.
5. L’harmonisation de l’esprit et de la matière : La Stricte Observance cherche à établir un équilibre entre le monde spirituel et le monde matériel. Les membres sont encouragés à rechercher la compréhension des lois universelles qui sous-tendent la réalité. Cela implique une exploration des relations entre les forces matérielles et spirituelles, permettant ainsi à chaque individu de vivre une existence harmonieuse.

Influence des traditions ésotériques chrétiennes
Les philosophies de la Stricte Observance sont également teintées par des éléments mystiques et ésotériques, particulièrement influencés par les traditions chrétiennes. Cette dimension ésotérique joue un rôle crucial dans la façon dont les membres perçoivent leur spiritualité et leur engagement envers les enseignements du Christ.
1. La gnose chrétienne : La Stricte Observance incorpore des éléments de la gnose chrétienne, une branche du christianisme qui valorise la connaissance ésotérique comme moyen de salut. Les gnostiques croyaient en la possibilité de connaître Dieu à travers l’expérience spirituelle personnelle plutôt que par la foi aveugle. Dans ce contexte, les rituels et les enseignements maçonniques deviennent des outils permettant d’accéder à une compréhension plus profonde du divin.
2. Symbolisme chrétien : De nombreux rituels maçonniques s’inspirent du symbolisme chrétien. Les figures bibliques, les récits de la vie du Christ et les concepts de résurrection et de rédemption sont souvent intégrés dans les enseignements maçonniques. Les membres sont ainsi amenés à contempler les symboles chrétiens comme des métaphores de leur propre quête de vérité et de transformation.
3. La quête du Saint Graal : Dans le folklore chrétien et les traditions chevaleresques, le Saint Graal est souvent perçu comme un symbole de connaissance ultime et de révélation spirituelle. La Stricte Observance, à travers ses rituels, représente la quête du Graal comme un archétype du chemin vers la sagesse et l’illumination. Les membres sont invités à voir leur propre parcours dans cette quête, cherchant non seulement le Graal matériel mais aussi une connexion plus profonde avec le divin.
4. La maîtrise de soi : Un autre aspect essentiel des traditions ésotériques chrétiennes qui influence la Stricte Observance est l’idée de la maîtrise de soi. Les enseignements mettent l’accent sur la nécessité de surmonter les passions et les désirs matériels pour atteindre une plus grande compréhension spirituelle. Cela est perçu comme un parallèle à l’expérience du Christ, qui a souvent été confronté à des tentations tout au long de sa mission. Dans ce cadre, la résilience et l’intégration des principes moraux deviennent des objectifs majeurs pour les membres.
5. L'union mystique avec le divin : Au cœur de la mystique chrétienne se trouve l’idée d’une union intime non seulement avec la divinité mais aussi avec les autres membres de la communauté de foi. Cette vision d’unité réciproque est également présente dans la Stricte Observance. Les rituels maçonniques sont conçus pour renforcer ce sentiment d’appartenance, encourageant les membres à percevoir la divinité en eux-mêmes et en leurs frères.
La Stricte Observance se distingue par ses principes maçonniques profondément ancrés dans la quête de vérité, de moralité, de solidarité et de transformation personnelle. Les traditions ésotériques chrétiennes contribuent à enrichir cette philosophie, offrant des éléments mystiques qui soutiennent la recherche spirituelle des membres. La fusion de ces deux dimensions crée un tableau complexe et fascinant où la maçonnerie devient une voie initiatique à travers laquelle l’individu peut naviguer pour découvrir des vérités plus profondes sur lui-même et sur l'univers.
À travers leur engagement dans la Stricte Observance, les maçons aspirent à non seulement améliorer leur propre existence, mais également à contribuer au bien-être de la société dans son ensemble. Ce cheminement, ancré dans la connaissance, la fraternité et un lien spirituel avec les traditions ésotériques chrétiennes, témoigne d’une recherche noble et intemporelle pour l’harmonie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

 

V
Impact culturel et social

Influence sur la société
L'ordre de la Stricte Observance, fondé à la fin du XVIIIe siècle, se distinguait par son accent sur l'ésotérisme, le mysticisme et l'adhésion stricte à des rituels élaborés. Sous la direction du Baron von Hund, la Stricte Observance a cherché à établir une maçonnerie qui ne se contentait pas de l'amélioration individuelle, mais qui aspirait également à l'élévation morale et spirituelle collective. Ce mouvement a attisé l'intérêt pour la spiritualité mystique et a favorisé un sentiment d'appartenance à une élite éclairée. L'impact de cette obédience sur la société ne peut être sous-estimé. D'un point de vue culturel, la Stricte Observance a servi de catalyseur pour la diffusion des idées des Lumières, comme la raison, l'égalité et la liberté. Les loges maçonniques étaient souvent des lieux de rencontre pour les intellectuels, les philosophes et les réformateurs. Ainsi, elles ont joué un rôle central dans la construction d'un espace social où les idées pouvaient être discutées librement.
Sur le plan politique, la franc-maçonnerie a influencé de nombreux événements significatifs. Au moment de la Révolution française, par exemple, des maçons ont occupé des positions clés dans les premières phases du mouvement révolutionnaire, utilisant leurs réseaux pour propager les idéaux de liberté, de fraternité et d'égalité. Les folles discussions dans les loges ont largement contribué à forger un climat d'opposition à l'ancien régime, rendant ces idéaux accessibles à un public élargi.
Cependant, l'ordre de la Stricte Observance a également rencontré des critiques. Certains l'ont perçue comme un retranchement de l'élitisme, où seuls quelques initiés avaient accès à des savoirs et rituels réservés. Ce sentiment a été exacerbé par la volonté de von Hund d'ériger des barrières à l'entrée, favorisant ainsi une forme d'exclusion. En conséquence, d'autres obédiences ont émergé, prônant un libre accès au savoir et une approche plus inclusive des valeurs maçonniques.

Interactions avec d'autres obédiences
1.Le Rite Écossais Rectifié
Le Rite Écossais Rectifié est une réforme du rite de Stricte Observance Templière initiée par le lyonnais Jean-Baptiste Willermoz et validé en 1782 lors du convent de la SOT qui eut lieu à Wilhelmsbad.
2.Le Rite Écossais Ancien et Accepté
Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) est l'une des obédiences les plus répandues au sein de la franc-maçonnerie. Établi au XVIIIe siècle, il a évolué pour intégrer des éléments de l'ésotérisme tout en promouvant une approche systématique de la croissance personnelle. Contrairement à la Stricte Observance, qui se concentrait sur le secret et l'initiation élitiste, le REAA prône une progression ouverte à tous, où le développement personnel s’effectue à travers une série de degrés symboliques. Les degrés du REAA, qui vont jusqu'à 33, permettent une exploration plus approfondie des concepts spirituels et moraux, en affublant les rituels d'une richesse symbolique.
En ce sens, la Stricte Observance et le REAA se distinguent par leur vision de l'initiation et de la connaissance. Alors que la première se concentre sur un contrôle strict et une hiérarchie rigide, le REAA encourage l’échange d’idées et la diversité des expériences, offrant ainsi une approche plus démocratique de l'acquisition du savoir maçonnique.
3.Le Rite Français
Le Rite Français, quant à lui, émerge également au XVIIIe siècle mais sous des auspices plus distincts que la Stricte Observance et le REAA. Ce rite se caractérise par une approche rationaliste des enseignements maçonniques, valorisant la réflexion critique et le dialogue. Le Rite Français prône également des rituels simplifiés, rendant l'initiation plus accessible et moins hermétique. Il s'agit d'une critique directe de l'exclusivisme et du mysticisme souvent associé à la Stricte Observance.
La philosophie du Rite Français insiste sur l’amélioration de l’individu et de la société par l'éducation et la raison, alignée sur le mouvement des Lumières. Alors que la Stricte Observance soutenait une approche plus mystique et ritualisée, le Rite Français a favorisé un engagement civique plus prononcé et une réflexion éthique. Ce dernier a également proliféré durant l'ère de la Révolution, adoptant les idéaux de liberté et d'égalité et s’opposant à la hiérarchisation sociale promue par des rites comme la Stricte Observance.

L'impact culturel et social de l'ordre de la Stricte Observance, avec le Baron von Hund à sa tête, a été significatif dans l'histoire de la franc-maçonnerie et, par extension, dans celle de l'Europe. Ce mouvement, bien que caractérisé par sa nature élitiste et son secret, a également rempli un rôle fondamental dans la diffusion des idéaux des Lumières et la promotion de discussions critiques sur la société.
En comparaison avec d'autres rites maçonniques, comme le Rite Écossais Ancien et Accepté et le Rite Français, la Stricte Observance se distingue par sa rigidité et son hermétisme. Étant à la fois un produit de son temps tout en suscitant des critiques, elle a toutefois ouvert la voie à d'autres systèmes plus inclusifs et accessibles. Cette dynamique de tension entre ouverture et exclusivité apparaît comme essentielle pour comprendre non seulement l'évolution de la franc-maçonnerie, mais également son impact sur la culture, la société et la politique, et ce jusqu'à nos jours. Les raisons qui ont conduit des individus éminents à s'engager dans cette quête de vérité et de connaissances demeurent des enjeux contemporains, soulignant la résonance persistante des idées maçonniques dans notre monde moderne.

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René Guénon - Grands mystères et petits mystères.

Publié le 6 Juillet 2026 par T.D

par Abdoullatif

Nous avons fait allusion à diverses reprises, dans ce qui précède, à la distinction des « grands mystères » et des « petits mystères », désignations empruntées à l’antiquité grecque, mais qui sont en réalité susceptibles d’une application tout à fait générale ; il nous faut maintenant y insister un peu plus, afin de bien préciser comment cette distinction doit être entendue. Ce qu’il faut bien comprendre avant tout, c’est qu’il n’y a pas là des genres d’initiation différents, mais des stades ou des degrés d’une même initiation, si l’on envisage celle-ci comme devant constituer un ensemble complet et être poursuivie jusqu’à son terme ultime ; en principe, les « petits mystères » ne sont donc qu’une préparation aux « grands mystères », puisque leur terme lui-même n’est encore qu’une étape de la voie initiatique. Nous disons en principe, car il est bien évident que, en fait, chaque être ne peut aller que jusqu’au point où s’arrêtent ses possibilités propres ; par conséquent, certains pourront n’être qualifiés que pour les « petits mystères », ou même pour une portion plus ou moins restreinte de ceux-ci ; mais cela veut dire seulement qu’ils ne sont pas capables de suivre la voie initiatique jusqu’au bout, et non pas qu’ils suivent une autre voie que ceux qui peuvent aller plus loin qu’eux.

Les « petits mystères » comprennent tout ce qui se rapporte au développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité ; ils aboutissent donc à ce que nous avons appelé la perfection de cet état, c’est-à-dire à ce qui est désigné traditionnellement comme la restauration de l’« état primordial ». Les « grands mystères » concernent proprement la réalisation des états supra-humains : prenant l’être au point ou l’ont, laissé les « petits mystères », et qui est le centre du domaine de l’individualité humaine, ils le conduisent au delà de ce domaine, et à travers les états supra-individuels, mais encore conditionnés, jusqu’à l’état inconditionné qui seul est le véritable but, et qui est désigné comme la « Délivrance finale » ou comme l’« Identité Suprême ». Pour caractériser respectivement ces deux phases, on peut, en appliquant le symbolisme géométrique (1), parler de « réalisation horizontale » et de « réalisation verticale », la première devant servir de base à la seconde; cette base est représentée symboliquement par la terre, qui correspond au domaine humain, et la réalisation supra-humaine est alors décrite comme une ascension à travers les cieux, qui correspondent aux états supérieurs de l’être (2). Il est d’ailleurs facile de comprendre pourquoi la seconde présuppose nécessairement la première : le point central de l’état humain est le seul où soit possible la communication directe avec les états supérieurs, celle-ci s’effectuant suivant l’axe vertical qui rencontre en ce point le domaine humain ; il faut donc être parvenu d’abord à ce centre pour pouvoir ensuite s’élever, suivant la direction de l’axe, aux états supra-individuels ; et c’est pourquoi, pour employer le langage de Dante, le « Paradis terrestre » est une étape sur la voie qui mène au « Paradis céleste » (3).

Nous avons cité et expliqué ailleurs un texte dans lequel Dante met le « Paradis céleste » et le « Paradis terrestre » respectivement en rapport avec ce que doivent être, au point de vue traditionnel, le rôle de l’autorité spirituelle et celui du pouvoir temporel, c’est-à-dire, en d’autres termes, avec la fonction sacerdotale et la fonction royale (4) ; nous nous contenterons de rappeler brièvement les conséquences importantes qui se dégagent de cette correspondance au point de vue qui nous occupe présentement. Il en résulte en effet que les « grands mystères » sont en relation directe avec l’« initiation sacerdotale », et les « petits mystères » avec l’« initiation royale » (5) ; si nous employons les termes empruntés à l’organisation hindoue des castes, nous pouvons donc dire que, normalement, les premiers peuvent être regardés comme le domaine propre des Brâhmanes et les seconds comme celui des Kshatriyas (6). On peut dire encore que le premier de ces deux domaines est d’ordre « surnaturel » ou « métaphysique », tandis que le second est seulement d’ordre « naturel » ou « physique », ce qui correspond bien effectivement aux attributions respectives de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel ; et, d’autre part, ceci permet aussi de caractériser nettement l’ordre de connaissance auquel se réfèrent les « grands mystères » et les « petits mystères » et qu’ils mettent en œuvre pour la partie de la réalisation initiatique qui les concerne : ceux-ci comportent essentiellement la connaissance de la nature (envisagée, cela va sans dire, au point de vue traditionnel et non au point de vue profane qui est celui des sciences modernes), et ceux-là la connaissance de ce qui est au delà de la nature. La connaissance métaphysique pure relève donc proprement des « grands mystères », et la connaissance des sciences traditionnelles des « petits mystères » ; comme la première est d’ailleurs le principe dont dérivent nécessairement toutes les sciences traditionnelles, il en résulte encore que les « petits mystères » dépendent essentiellement des « grands mystères » et y ont leur principe même, de même que le pouvoir temporel, pour être légitime, dépend de l’autorité spirituelle et a en elle son principe.

(1) Voir l’exposé que nous en avons fait dans Le Symbolisme de la Croix.

(2) Nous avons expliqué plus amplement cette représentation dans L’Ésotérisme de Dante.

(3) Dans la, tradition islamique, les états auxquels aboutissent respectivement les « petits mystères » et les « grands mystères » sont désignés comme l’« homme primordial » (el-insân el-qadîm) et l’« homme universel » (el-insân el-kâmil) ; ces deux termes correspondent donc proprement à l’« homme véritable » et à l’« homme transcendant » du Taoïsme, que nous avons rappelés dans une note précédente.

(4) Voir Autorité spirituelle et pouvoir temporel, ch. VIII. - Ce texte est le passage dans lequel Dante, à la fin du son traité De Monarchia, définit les attributions respectives du Pape et de l’Empereur, qui représentent la plénitude de ces deux fonctions dans la constitution de la « Chrétienté ».

(5) Les fonctions sacerdotale et royale comportent l’ensemble des applications dont les principes sont fournis respectivement par les initiations correspondantes, d’où l’emploi des expressions d’« art sacerdotal » et d’« art royal » pour désigner ces applications.

(6) Sur ce point, voir aussi Autorité spirituelle et pouvoir temporel, ch. II.

Nous venons de parler seulement des Brâhmanes et des Kshatriyas, mais il ne faut pas oublier que les Vaishyas peuvent aussi être qualifiés pour l’initiation; en fait, nous trouvons partout, comme leur étant plus spécialement destinées, les formes initiatiques basées sur l’exercice des métiers, sur lesquelles nous n’avons pas l’intention de revenir longuement, puisque nous en avons suffisamment expliqué ailleurs le principe et la raison d’être (7), et que du reste nous avons dû en reparler ici même à diverses reprises, étant donné que c’est précisément à de telles formes que se rattache tout ce qui subsiste d’organisations initiatiques en Occident. Pour les Vaishyas à plus forte raison encore que pour les Kshatriyas, le domaine initiatique qui leur convient proprement est celui des « petits mystères » ; cette communauté de domaine, si l’on peut dire, a d’ailleurs amené fréquemment des contacts entre les formes d’initiation destinées aux uns et aux autres (8), et, par suite, des relations assez étroites entre les organisations par lesquelles ces formes sont pratiquées respectivement (9). Il est évident que, au delà de l’état humain, les différences individuelles, sur lesquelles s’appuient essentiellement les initiations de métier, disparaissent entièrement et ne sauraient plus jouer aucun rôle ; dès que l’être est parvenu à l’« état primordial », les différenciations qui donnent naissance aux diverses fonctions « spécialisées » n’existent plus, bien que toutes ces fonctions y aient également leur source, ou plutôt par cela même ; et c’est bien à cette source commune qu’il s’agit en effet de remonter, en allant jusqu’au terme des « petits mystères », pour posséder dans sa plénitude tout ce qui est impliqué par l’exercice d’une fonction quelconque.

Si nous envisageons l’histoire de l’humanité telle que l’enseignent les doctrines traditionnelles, en conformité avec les lois cycliques, nous devons dire que, à l’origine, l’homme, ayant la pleine possession de son état d’existence, avait naturellement par là même les possibilités correspondant à toutes les fonctions, antérieurement à toute distinction de celles-ci. La division de ces fonctions se produisit dans un stade ultérieur, représentant un état déjà inférieur à l’« état primordial », mais dans lequel chaque être humain, tout en n’ayant plus que certaines possibilités déterminées, avait encore spontanément la conscience effective de ces possibilités. C’est seulement dans une période de plus grande obscuration que cette conscience vint à se perdre ; et, dès lors, l’initiation devint nécessaire pour permettre à l’homme de retrouver, avec cette conscience, l’état antérieur auquel elle est inhérente ; tel est en effet le premier de ses buts, celui qu’elle se propose le plus immédiatement. Cela, pour être possible, implique une transmission remontant, par une « chaîne » ininterrompue, jusqu’à l’état qu’il s’agit de restaurer, et ainsi, de proche en proche, jusqu’à l’« état primordial » lui-même ; et encore, l’initiation ne s’arrêtant pas là, et les « petits mystères » n’étant que la préparation aux « grands mystères », c’est-à-dire à la prise de possession des états supérieurs de l’être, il faut en définitive remonter au delà même des origines de l’humanité ; et c’est pourquoi la question d’une origine « historique » de l’initiation apparaît comme entièrement dépourvue de sens. Il en est d’ailleurs de même en ce qui concerne l’origine des métiers, des arts et des sciences, envisagés dans leur conception traditionnelle et légitime, car tous, à travers des différenciations et des adaptations multiples, mais secondaires, dérivent pareillement de l’« état primordial », qui les contient tous en principe, et, par là, ils se relient aux autres ordres d’existence, au delà de l’humanité même, ce qui est d’ailleurs nécessaire pour qu’ils puissent, chacun à son rang et selon sa mesure, concourir effectivement à la réalisation du « plan du Grand Architecte de l’Univers ».

Nous devons encore ajouter que, puisque les « grands mystères » ont pour domaine la connaissance métaphysique pure, qui est essentiellement une et immuable en raison même de son caractère principiel, c’est seulement dans le domaine des « petits mystères » que des déviations peuvent se produire ; et ceci pourrait rendre compte de bien des faits concernant certaines organisations initiatiques incomplètes. D’une façon générale, ces déviations supposent que le lien normal avec les « grands mystères » a été rompu, de sorte que les « petits mystères » en sont arrivés à être pris pour une fin en eux-mêmes ; et, dans ces conditions, ils ne peuvent même plus aboutir réellement à leur terme, mais se dispersent en quelque sorte dans un développement de possibilités plus ou moins secondaires, développement qui, n’étant plus ordonné en vue d’une fin supérieure, risque dès lors de prendre un caractère « désharmonique » qui constitue précisément la déviation. D’un autre côté, c’est aussi dans ce même domaine des « petits mystères », et là seulement, que la contre-initiation est susceptible de s’opposer à l’initiation véritable et d’entrer en lutte avec elle (10) ; celui des « grands mystères », qui se rapporte aux états supra-humains et à l’ordre purement spirituel, est, par sa nature même, au delà d’une telle opposition, donc entièrement fermé à tout ce qui n’est pas la vraie initiation selon l’orthodoxie traditionnelle. Il résulte de tout cela que la possibilité d’égarement subsiste tant que l’être n’est pas encore réintégré dans l’« état primordial », mais qu’elle cesse d’exister dès qu’il a atteint le centre de l’individualité humaine ; et c’est pourquoi l’on peut dire que celui qui est parvenu à ce point, c’est-à-dire à l’achèvement des « petits mystères », est déjà virtuellement « délivré » (11), bien qu’il ne puisse l’être effectivement que lorsqu’il aura parcouru la voie des « grands mystères » et réalisé finalement l’« Identité Suprême ».

(7) Voir Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. VIII.

(8) En Occident, c’est dans la chevalerie que se trouvaient, au moyen âge, les formes d’initiation propres aux Kshatriyas, ou à ce qui doit être considéré comme l’équivalent aussi exact que possible de ceux-ci.

(9) C’est ce qui explique, pour nous borner à donner ici un seul exemple caractéristique, qu’une expression comme celle d’« art royal » ait pu être employée et conservée jusqu’à nos jours par une organisation comme la Maçonnerie, liée par ses origines à l’exercice d’un métier.

(10) Cf. Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. XXXVIII.

(11) Il est ce que la terminologie bouddhique appelle anâgamî, c’est-à-dire « celui qui ne retourne pas » à un état de manifestation individuelle.

(René Guénon, Aperçus sur l’initiation, Chap. XXXIX : Grands mystères et petits mystères).

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René Guénon - Sur les degrés initiatiques.

Publié le 6 Juillet 2026 par T.D

 

par Abdoullatif

Nous avons été fort étonné de constater en ces derniers temps que certains, dont nous pensions cependant qu’ils auraient dû mieux comprendre ce que nous avons exposé à maintes reprises sur l’initiation, commettaient encore à ce sujet d’assez étranges méprises, témoignant de notions tout à fait inexactes sur des questions qui sont pourtant relativement simples. C’est ainsi que, notamment, nous avons entendu émettre l’assertion, parfaitement inexplicable de la part de quiconque possède ou devrait posséder quelque connaissance de ces choses, que, entre l’état spirituel d’un initié qui est simplement « entré dans la voie » et l’« état primordial », il n’existe aucun degré intermédiaire. La vérité est qu’il en existe au contraire un grand nombre, car le chemin des « petits mystères », qui aboutit à l’« état primordial », est certainement fort long à parcourir, et en fait, bien peu arrivent jusqu’à son terme ; comment pourrait-on soutenir que tous ceux qui sont sur ce chemin sont réellement au même point, et qu’il n’en est pas qui soient parvenus à des étapes différentes ? D’ailleurs, s’il en était ainsi, comment se ferait-il que les formes initiatiques qui se rapportent proprement aux « petits mystères » comprennent généralement une pluralité de degrés, par exemple trois dans certaines d’entre elles, sept dans certaines autres, pour nous borner aux cas les plus connus, et à quoi ces degrés pourraient-ils bien correspondre ? Nous avons cité aussi une énumération taoïste dans laquelle, entre l’état de l’« homme sage » et celui de l’« homme véritable », il est fait mention de deux autres degrés intermédiaires (1) ; cet exemple est même particulièrement net, puisque l’« état primordial », qui est celui de l’« homme véritable », y est expressément situé au quatrième degré d’une hiérarchie initiatique. Dans tous les cas, et de quelque façon qu’ils soient répartis, ces degrés ne peuvent, théoriquement tout au moins, ou symboliquement si l’on veut, lorsqu’il s’agit d’une initiation simplement virtuelle, représenter rien d’autre que les différentes étapes d’une initiation effective, auxquelles correspondent nécessairement autant d’états spirituels distincts dont elles sont la réalisation successive ; s’il en était autrement, ils seraient entièrement dépourvus de toute signification. En réalité, les degrés intermédiaires de l’initiation peuvent même être en multitude indéfinie, et il doit être bien entendu que ceux qui existent dans une organisation initiatique ne constituent jamais qu’une sorte de classification plus ou moins générale et « schématique », limitée à la considération de certaines étapes principales ou plus nettement caractérisées, ce qui explique d’ailleurs la diversité de ces classifications (2). Il va de soi aussi que, même si une organisation initiatique, pour une raison quelconque de « méthode », ne confère pas des degrés nettement distincts et marqués par des rites particuliers à chacun d’eux, cela n’empêche pas que les mêmes étapes existent forcément pour ceux qui y sont rattachés, du moins dès qu’ils passent à l’initiation effective, car il n’y a aucun moyen qui permette d’atteindre directement le but.

Nous pouvons encore présenter les choses d’une autre façon, qui les rend peut-être encore plus « tangibles » : nous avons expliqué que l’initiation aux « petits mystères », qui prend naturellement l’homme tel qu’il est dans son état actuel, lui fait en quelque sorte remonter le cycle parcouru dans le sens descendant par l’humanité au cours de son histoire, afin de le ramener finalement jusqu’à l’« état primordial » lui-même (3). Or, il est évident qu’entre celui-ci et l’état présent de l’humanité, il y a eu bien des stades intermédiaires, comme le prouve la distinction traditionnelle des quatre âges, à l’intérieur de chacun desquels il y aurait d’ailleurs lieu d’établir encore des subdivisions ; la dégénérescence spirituelle ne s’est pas produite d’un seul coup, mais par étapes successives, et, logiquement, la régénération ne peut s’opérer qu’en parcourant les mêmes étapes en sens inverse, et en se rapprochant ainsi graduellement de l’« état primordial » qu’il s’agit de reconquérir.

Nous comprendrions mieux qu’on puisse croire qu’il n’y a pas de degrés distincts dans le parcours des « grands mystères », c’est-à-dire entre l’état de l’« homme véritable » et celui de l’« homme transcendant » ; ce serait également faux, mais du moins cette illusion serait-elle plus facilement explicable. Il y a cependant de multiples états supra-individuels, parmi lesquels il en est qui sont en réalité fort éloignés de l’état inconditionné dans lequel seul est réalisée la « Délivrance » ou l’« Identité Suprême » ; mais, dès qu’un être a dépassé l’« état primordial » pour atteindre un état supra-individuel quel qu’il soit, quiconque est encore dans l’état individuel humain le perd de vue en quelque sorte, comme un observateur dont la vue serait limitée à un plan horizontal ne pourrait connaître d’une verticale que son seul point de rencontre avec ce plan, tous les autres lui échappant nécessairement. Ce point, qui correspond proprement à l’« état primordial », est donc en même temps, comme nous l’avons dit ailleurs, la « trace » unique de tous les états supra-humains ; c’est pourquoi, de l’état humain, l’« homme transcendant » et ceux qui ont seulement réalisé des états supra-individuels encore conditionnés sont véritablement « indiscernables » entre eux, ainsi que de l’« homme véritable » lui-même qui n’est pourtant parvenu qu’au centre de l’état humain et n’a actuellement la possession effective d’aucun état supérieur (4).

Cette note n’a d’autre but que de rappeler certaines notions que nous avions déjà exposées, mais qui paraissent bien n’avoir pas été toujours suffisamment comprises ; et nous avons estimé d’autant plus nécessaire d’y revenir qu’il est véritablement bien dangereux, pour ceux qui n’en sont encore qu’au premier stade de l’initiation, de s’imaginer qu’ils sont déjà, s’il est permis de s’exprimer ainsi, des candidats immédiats à la réalisation de l’« état primordial ». Il est vrai qu’il en est qui vont encore beaucoup plus loin et qui se persuadent que, pour obtenir immédiatement la « Délivrance » elle-même, il suffit d’en éprouver un désir sincère, accompagné d’une confiance absolue dans un Guru, sans avoir le moindre effort à accomplir par soi-même ; assurément, on croit rêver quand on se trouve en présence de pareilles aberrations !

 

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