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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Les égrégores - Le secret des dieux

Publié le 29 Juin 2013 par Paule dans Planches

Les esprits, les divinités, les démons, les anges sont des égrégores, c'est-à-dire des énergies psychiques engendrées par les croyants. Généralement, ces forces psychiques qui habitent le subconscient et l'inconscient collectif asservissent les
hommes et les maintiennent dans des croyances restrictives. Le pouvoir des religions et des sectes repose sur le pouvoir d'attraction de ces égrégores.
Lorsque l'homme prend conscience de la véritable nature des divinités et qu'il réalise que ce sont les hommes qui créent les dieux, et non le contraire, il peut se libérer de leur influence. Dès lors, il peut choisir de les utiliser consciemment pour augmenter sa propre puissance. Le simple croyant est l'instrument soumis des religions, alors que celui qui est initié à la connaissance des égrégores ne se soumet à aucune religion. Il ne se laisse récupérer par aucune secte.
Autrefois, la religion des romains prescrivait d'utiliser la puissance des dieux pour satisfaire ses propres désirs. Les païens ne se soumettaient pas aveuglément aux dieux ; mais ils leur commandaient en maîtres. Ce point fondamental est ce qui différencie l'initié du profane, le polythéiste du monothéiste.
" Les Romains implorent les dieux non pour les honorer, mais pour se les concilier ; non pour avoir la force d'obéir à leur volonté, mais pour les plier à leurs désirs. " (J. Chevalier)
La véritable liberté consiste à échapper à volonté aux égrégores qui nous mettent mal à l'aise et à utiliser sereinement la Puissance de ceux qui nous apporte ce dont nous avons besoin. La recherche du bonheur personnel est le but de l'initié. Peu
lui importe de servir la cause d'une religion. Il communie directement avec l'invisible, sans faire appel aux castes sacerdotales dont le seul véritable souci est le maintient de leurs prérogatives sur les fidèles.
Les égrégores ne sont pas de simples créatures imaginaires, mais des forces agissantes qui se nourrissent des pensées et des émotions de ceux qui croient en eux.
La véritable initiation est la connaissance des égrégores. L'initiation permet de se libérer de l'influence funeste d'un mauvais égrégore et de s'approprier l'énergie positive d'un égrégore bienveillant. Les divinités sont des créatures psychiques autonomes
et immortelles. Les dieux se nourrissent des rites et des rituels que leurs offrent leurs adeptes. La mort d'un culte n'entraîne pas la mort d'une divinité. Même si un grand nombre de divinités païennes ont sombré dans l'oubli au cours des âges, ces créatures
psychiques sont immortelles et continuent de vivre dans les abysses de l'inconscient. Elles s'enfoncent dans les profondeurs, prêtes à resurgir dès que deux ou trois humains s'assembleront pour les réveiller. Plus une religion a d'adeptes, plus il
y a de cérémonies religieuses et plus les dieux acquièrent de puissance. C'est la pratique religieuse qui donne de la force aux dieux. Le mot office signifie devoir. L'office divin est le devoir du croyant qui nourrit la divinité de sa prière. Les dieux sont tonifiés par les pensées, les paroles et les actes des croyants. Les animistes pensent que c'est le sang des sacrifices qui fortifie les dieux. En réalité, c'est l'émotion produite par le rituel. Plus une cérémonie est spectaculaire et plus elle dégage d'énergies psychiques nutritives. C'est l'énergie émotionnelle qui nourrit la divinité. Pour être nourricière, l'émotion doit être véritable, c'est pourquoi les hommes ont fait appel à des symboles puissants, comme le sang du sacrifice. La plupartdes dieux ont été nourrit avec le sang des sacrifices, même Yahvé, le dieu d'Israël. Pour les fidèles de Yahvé, le sang était un aliment tabou réservé à leur dieu.
Le subconscient tient pour vrai ce qu'il perçoit par l'intermédiaire des sens. Il croit ce qu'il voit, sens, entend et touche par le moyen du corps physique. La croyance religieuse vient des profondeurs, elle est involontaire. La foi est forgée par
le réveil des forces abyssales, généralement lors de l'assistance à une cérémonie religieuse riche en émotions. Ce réveil Peut se produire à tout âge, mais c'est souvent pendant l'enfance, quand l'esprit est encore facilement malléable, que naît
la foi religieuse.
Parmi les nombreuses religions qui existent ou ont existé, les religions polythéistes sont les plus ouvertes, parce qu'elles admettent l'existence d'une pluralité de divinités. Les religions les plus sectaires sont les religions monothéistes qui n'admettent
qu'un seul dieu et nient l'existence des autres divinités.
Il est souvent difficile de briser les tabous dont s'entourent les sectes et les religions. La notion de sacré qui enveloppe une croyance, une tradition, un objet, un lieu ou une personne, rend les croyants très susceptibles. Le non-respect du tabou
est considéré comme un grave sacrilège. La violation du tabou religieux déclenche une réaction très agressive de la part des" gardiens de la tradition ", qui sont généralement les membres d'une caste sacerdotale qui craignent de perdre leur pouvoir
et leur autorité ou des propagandistes fanatisés qui redoutent de perdre leurs certitudes. Le tabou religieux repose sur la terreur. Le tantrisme véritable ou voie de la main gauche, qui n'a rien de commun avec le pseudo-tantrisme qui est pratiqué
en Occident, prescrit la violation des tabous pour se libérer des limitations humaines. Son équivalent occidental est le satanisme.
Les principaux interdits du monothéisme biblique et coranique concernent l'adoration d'autres divinités et la liberté sexuelle.

Depuis Moïse, les religions bibliques n'ont pas hésité à profaner les sanctuaires des religions païennes qu'elles exècrent.

" Renversez tous les lieux où les nations dont vous possèderez la terre ont doré leurs dieux sur les hautes montagnes et sur
les collines, et sous les arbres couverts de feuillages. Détruisez leurs autels et brisez leurs statues, brûlez leurs bois
sacrés, réduisez en poudre leurs idoles, et effacez de tous ces lieux la mémoire de leur nom. " (Deutéronome : 12, 1.)
Le but ultime du monothéisme est l'éradication du vieux paganisme, afin d'imposer à tous les hommes une religion universelle
fondée sur la croyance en un dieu unique. C'est essentiellement ce but que visent l'œcuménisme et le dialogue islamo-judéo-chrétien.
Heureusement pour les polythéistes et les hénothéistes, l'unité au sein du monothéisme reste encore une utopie.
Chaque individu est attiré par le groupe qui lui correspond, selon son cheminement personnel et son évolution. Au cours de sa vie, un individu peut rejoindre différentes religions, différentes églises ou sectes et entrer en contact avec différents
égrégores. A la longue, cette quête se révèle libératrice. Seuls ceux qui restent figés dans un dogme ou une tradition se ferment toute possibilité d'évolution spirituelle.
Les divinités sont bonnes ou mauvaises selon les croyances qui les nourrissent. Dans les tous premiers temps de leur création, les égrégores sont mortels, jusqu'a ce que les offrandes et les sacrifices leurs procurent l'immortalité.
Yahvé est un égrégore engendré par le clan abrahamique. Il n'est pas le créateur du ciel et de la terre. Le Dieu véritable, C'est l'Univers, le Tout, le Cosmos. Le mot Vie est préférable au mot Dieu. Il exprime mieux la réalité des choses. La vie
est bonne, elle n'a rien de commun avec Yahvé, l'égrégore pudibond et coléreux qui a été fortifié par les innombrables sacrifices et holocaustes de la religion mosaïque. La Vérité est panthéiste. L'Univers, la Vie n'ont rien de commun avec le dieu d'Israël.
Cette croyance selon laquelle Yahvé est le dieu créateur du monde s'enracine dans la mythologie juive. De nombreux peuples ont imaginé des divinités créatrices. C'est une façon de s'approprier le mystère de la Vie.
Les cathares sectaires jugeaient le monde mauvais et prétendaient que la matière et la chair étaient les créations du diable.
Ils étaient assez proches de la pensée bouddhiste, monastique et ascétique qui rejète la vie et ses plaisirs. Ces sectes ennemies
de la chair haïssent la Vie.
Pour parvenir à une claire compréhension du monde invisible, il faut dépasser toutes les fausses croyances, toutes les superstitions
religieuses. Les chefs religieux n'ont même pas conscience de servir des égrégores et prennent très au sérieux la fonction
" sacrée " que leur défèrent la masse des croyants. Pour entrer en relation avec un égrégore, le clergé n'est pas indispensable.
Chaque homme, chaque femme est capable d'établir une relation personnelle avec la divinité de son choix. Toutes sont directement
accessibles, pour peut qu'on ait quelques notions du phénomène religieux.
La véritable initiation spirituelle consiste à avoir une claire compréhension des égrégores. Cette connaissance libère de
la peur et de la culpabilité. Elle permet d'éviter l'influence des égrégores répressifs, ceux qui ont été créés pour asservir
les masses et de choisir les bons, ceux qui épanouissent l'individu. Les mauvais égrégores possèdent ceux qui leur font allégeance.
La personnalité d'un individu possédé par un égrégore tyrannique est complètement déformée, voire annihilée. Ce genre d'égrégores
despotiques causent des maux parfois irréversibles. L'initié est celui qui est capable d'utiliser la puissance d'un ou plusieurs
égrégores pour rendre sa vie plus heureuse. Il peut aussi créer des égrégores protecteurs qui seront pour lui des alliés de
pouvoir. Le pouvoir de créer des égrégores est enseigné par la science chamanique.
Les sectes et religions sectaires engendrent des égrégores tyranniques qui sont très néfastes. Si on est victime de l'un d'eux,
il est possible de se libérer de leur mauvaise influence. Le secret ? Il suffit d'accomplir les actes que ces égrégores détestent
et ils fuiront loin de vous. Le processus de libération est
simple. Premièrement, couper tous liens avec les adeptes d'une secte ou d'une religion qui nourrit un égrégore malsain. L'important
est de s'abstenir de participer au culte qui fortifie l'égrégore dont on veut se libérer. Dans les premiers temps, après avoir
chassé l'égrégore pernicieux, il est conseillé d'attirer l'influence d'un égrégore antagoniste de l'égrégore funeste. Ce nouvel
égrégore jouera un rôle protecteur. Sans cela, l'égrégore chassé reviendra en force et l'état de la personne sera pire qu'avant.
Par la méditation, l'initié peut se construire une carapace contre tout choc en retour. L'égrégore continu de roder dans le
subconscient, il hante la personne qui l'a chassé de son esprit et cherche une faille par laquelle il pourra revenir occuper
sa demeure.
La meilleure façon de méditer est de s'asseoir en tailleur sur un tapis, face au Nord. Il est préférable d'enlever tous ses
vêtements et de demeurer dans la nudité totale. On choisira un lieu ou l'on ne risque pas d'être dérangé, comme sa chambre
à coucher. Devant soi, il faut placer une bougie allumée et concentrer son regard sur la flamme. Les yeux doivent rester ouvert
et fixer la flamme sans sourciller. Après quelques temps, les yeux s'habituent à cet exercice. Il faut respirer calmement
et faire appel à un ou plusieurs égrégores connus pour leur pouvoir libérateur et régénérateur. On récitera leurs noms mentalement
ou oralement, plusieurs fois de suite, jusqu'à ce que leur présence soi perceptible. Cet exercice doit être renouvelé chaque
jour, de préférence le soir, avant de se coucher. En une ou quelques semaines, le contact sera fermement établi. Une passerelle
sera jetée entre vous et l'égrégore que vous aurez choisi pour vous protéger.
Est initié quiconque connaît le secret des dieux. Seul l'initié est capable de maîtriser ces puissances invisibles. L'initié
sait qu'il existe une multitude d'égrégores. Il est impossible de vivre en société sans entrer en contact avec un égrégore.
L'initié s'efforcera de devenir le temple d'un égrégore qui le conduira vers l'épanouissement personnel et la réalisation
de ses désirs.
La vieille religion naturelle et animiste, c'est le paganisme universel qui nous relie à la multitude des égrégores. La base
du paganisme repose sur la multiplicité des dieux. Dans le paganisme, chaque individu peut trouver la divinité qui lui correspond.
Cette liberté de choix n'existe pas dans le monothéisme. Cette doctrine restrictive est fondée sur l'obligation d'adorer un seul dieu. L'intransigeance et le sectarisme du monothéisme sont directement responsables de l'athéisme grandissant. Dans
l'hindouisme et chez les peuples polythéistes, la foi païenne est demeurée intacte. Des dieux vieux de plusieurs milliers d'années sont présents partout et ils partagent la vie quotidienne des hommes.

Les différents égrégores religieux

Les premiers égrégores religieux ont été engendrés pendant la préhistorique. Les premiers hommes ont divinisé les morts et créé le culte des ancêtres ou mânes. La mort fait peur à tout homme normal. Les morts sont associés à la peur de la Mort.
Dans la pensée religieuse païenne, leur culte permet d'apprivoiser la Mort en s'assurant la bienveillance des défunts. Les premiers hommes ont divinisé les forces de la nature, les éléments et certains animaux. C'est généralement les attributs de férocité ou de puissance de certaines espèces animales qui ont poussé les premiers hommes à créer les premiers égrégores animaux.
Le dragon mythique est une survivance de la connaissance des dinosaures qui existe encore dans le cerveau reptilien de l'homme.
Les reptiles sont à l'origine des mammifères, des poissons et des oiseaux. Les égrégores ou divinités animales communiquent aux hommes la férocité ou la puissance des animaux auxquels ils sont liés. Les égrégores liés aux forces de la nature, permettaient aux premiers hommes de maîtriser leur peur des éléments déchaînés, comme la tempête ou la foudre. L'activité parfois impressionnante
des forces de la nature a inspiré aux premiers hommes le sentiment qu'elles étaient vivantes. De ce sentiment est né la croyance aux esprits de la nature.
L'angoisse de la mort, des forces naturelles ou animales qui dépassent largement la faiblesse des hommes est donc à l'origine des dieux. Les égrégores animaux engendrés par les cultes chamaniques et animistes de la préhistoire vont perdurer avec les religions et magies polythéistes, notamment dans la mythologie égyptienne et dans la mythologie hindouiste. Le culte des animauxsacrés et des dieux animalisés est une caractéristique du paganisme. Seule la mythologie yahviste se montre radicalement hostile aux égrégores animaux des nations païennes.
Dans la religion mosaïque, le sang et la chair de certains animaux domestiques étaient offerts en sacrifices et holocaustes
sur l'autel de Yahvé, le dieu invisible. Le christianisme et l'islam ont hérité de la religion mosaïque sa haine des égrégores animaux. Le catéchisme de l'Eglise catholique veut maintenir une barrière infranchissable entre les hommes et les animaux.
Ces derniers sont jugés inférieurs et indignes de droits. Même l'affection leur est refusée. Ce discours rigide est dans la logique du judéo-christianisme qui s'est toujours montré hostile au culte païen des animaux sacrés. Les égrégores animaux
nous relient à notre passé totémique. Les animaux sont nos frères et beaucoup éprouvent des sentiments proches des nôtres,particulièrement chez les mammifères. Ils ont l'innocence et la cruauté des enfants humains. Les animaux éprouvent la peur,
la souffrance, la tristesse, la faim, la soif, la fatigue, le plaisir, la joie, tout comme nous. De par leurs capacités intellectuelles,
les hommes sont des mutants, mais leur corps est celui d'un primate. L'homme est un mammifère. Il appartient au monde animal.
Les dieux-animaux qui vivent dans l'inconscient profond nous enracinent dans ce monde qui fut le nôtre, autrefois. La civilisation judéo-chrétienne nous a coupé de nos racines animales.

Conclusion
Les dieux, les déesses, les démons existent véritablement, mais les religions officielles nous trompent sur la véritable nature de ces énergies. Car ce sont bien des énergies psychiques engendrées par les hommes. Ce sont les hommes qui créés les divinités grâce au pouvoir du subconscient. Cependant, ces forces ne sont pas des chimères, elles ont une existence réelle dans le psychisme humain. Le moi peut facilement être balayé par les énergies qui habitent l'inconscient. Le subconscient, l'inconscient sont encore des mystères que la science est loin d'avoir complètement exploré. Le monde psychique échappe à notre compréhension du monde. Le paradis et l'enfer existent et ils sont en nous. Ce sont des états émotionnels, des " lieux " qui n'existent qu'en esprit et que seuls des états d'extases mystiques, des transes chamaniques, des altérations de la conscience produites par l'épuisement, les substances psychotropes, les rêves peuvent révéler à la conscience humaine.
La véritable initiation est la connaissance des égrégores. Cette connaissance libératrice donne à l'initié un pouvoir qui lui permet de transcender toutes les religions existantes. L'initié est le maître des dieux parce qu'il connaît leur secret.
Il sait que c'est l'homme qui a créé Yahvé et non le contraire. Cette notion fondamentale libère de toutes les peurs, de toutes les superstitions dont les exploiteurs de l'angoisse existentielle profitent trop souvent. L'initié rejette les dogmes et
les clergés institués qui prétendent détenir et imposer la Vérité. La connaissance libératrice le place au-dessus de toutes les fausses croyances, au-dessus de toutes les superstitions.
L'initié rejette également l'athéisme. L'incroyant se prive de l'aide précieuse apporté par les égrégores religieux. L'athée subit l'influence incommodante d'autres égrégores, sans en avoir véritablement conscience. Il n'y a pas que les égrégores
religieux qui règnent sur l'humanité. Les hommes ont engendré d'autres forces psychiques qui influencent notre volonté. Ces forces invisibles, ce sont les égrégores sociaux, raciaux, nationaux, politiques, familiaux et ceux qui ont été engendrés
par notre propre karma

A vos claviers mes F et mes S

source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/3/egregore/egregore.htm

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Comme les galets sur la plage…

Publié le 27 Juin 2013 par Philippe Dabeaux dans Planches

L'idée de cette planche est née d'une conversation avec notre F\ Lucien il y a déjà quelques années.
Nous cherchions tous les deux à mieux comprendre ce qu'était l'approche maçonn\., plus précisément à voir comment s'engage I'initiation. Et nous étions tombés d'accord pour dire qu'il s'agissait d'abord de frotter nos cervelles les unes aux autres comme les galets se frottent les uns aux autres sur la plage.
De là est sorti, longtemps après, le récit parfaitement imaginaire de cette planche, une planche très courte.
Etretat est une plage du pays de Caux, que certains d'entre vous doivent connaître, une plage si mystérieuse qu'elle a donné lieu a d'étranges romans, pleins de secrets tels que ceux de Gaston Leroux au début du 20ème siècle et qui connaissent toujours un grand succès.
On sait que si l'on applique à son oreille un coquillage - nous I'avons tous fait dans notre enfance - on croit entendre la rumeur de l'Océan. Ce que I'on sait moins, c'est que I'on perçoit aussi très bien la voix des galets qui couvrent les plages, à Etretat en particulier.
Alors, comment ne pas imaginer que ces galets ont une vie qui leur est propre et que nous ne savons pas reconnaître tant nous sommes abusés par la force des bruits qui submergent nos existences profanes.
Et la première leçon de cet émerveillement, c'est bien qu'il faut rompre avec ce monde de bruits et d'égarement si nous voulons retrouver la voix mystérieuse et secrète de ces galets.
Que disent-ils?
Chercher à le savoir est bien sur ce qu'il y a d'essentiel pour celui qui séjourne au bord de la mer, non comme un touriste ignorant, mais avec la curiosité d'un esprit en quête de connaissance.
Il y découvrira une légende et au besoin il l'inventera lui-même.
Parmi ces voix, celle d'un galet bien oblongue et bien arrondi m'a touché plus que les autres comme si je ressentais avec lui des affinités, sans lesquelles communiquer risque bien de n'être qu'un leurre.
Ce galet racontait a qui voulait I'écouter dans Ie creux de I'oreille, I'expérience qu'il avait connue depuis son origine singulière.
Il était né le jour ou un bloc de calcaire s'était détaché de la falaise de l'Orient, du côté de la Falaise d'Amont comme on l'appelle, suivant une genèse propre, bien sur, aux galets de la côte normande.
En touchant le sol, le bloc avait éclaté et les morceaux s'étaient éparpillés au hasard en se mêlant a des galets anciens - des galets déjà établis - une chute verticale dans la vie du Monde.
Ainsi avait commencé I'histoire d'une Pierre exposée à tous les vents, à tous les chocs, exposée tout simplement à I'aventure d'une Pierre brute perdue dans sa solitude.
Et elle se sentit d'abord vilain petit canard parmi tous ces galets alentour, parfaitement polis.
Tout s'était passé si vite et si brusquement.
Elle avait d'abord connu un choc impressionnant avec la Terre, de nuit, après s'être détachée de la Falaise. Une tempête agitait alors la Manche et l'Eau l'avait recouverte par vagues successives. Et puis au matin, le Soleil, comme une boule de Feu avait ramené le calme en même temps que la lumière et l'avait apaisée dans un éveil qui lui sembla sa véritable naissance.
Cependant, blottie dans son trou et dans son silence, la Pierre brute se comparait à ses voisins et se demandait comment elle pourrait un jour accéder à cette maturité des formes qu'elle contemplait autour d'elle.
Pour l'instant, tous ces galets lui semblaient se mêler mécaniquement, dans la plus grande confusion, sous l'effet de forces extérieures et la petite Pierre brute, tout a son apprentissage, comprit qu'il lui manquait de comprendre faute de connaître et pressentit qu'il lui faudrait beaucoup travailler, beaucoup se frotter pour assumer un jour cette contrainte naturelle.
Et elle pourrait ce jour là passer de sa solitude à une identité partagée, fraternelle.
Elle en était encore loin.
Elle se consolait en observant que d'autre pierre brutes gisaient à côté d'elle, qui l'avaient accompagnée dans sa chute et qu'elles devaient, elles aussi, se mettre a I'ouvrage.
Mais par ou commencer?
Fallait-il forcer le mouvement au risque de s'égarer?
Fallait-il solliciter ses voisins qui, manifestement la laissaient se débrouiller en affirmant a leur manière que c'est par soi-même que l'on apprend et que l'écoute passive d'un enseignement n'apporte que des illusions.
Et puis, quel enseignement pourrait arrondir les angles d'une pierre déchiquetée?
Il fallait se frotter, s'user, se faire au contact des autres et passer par I'expérience que les anciens avaient connue - reprendre et utiliser les outils de la Tradition.
Rude expérience qui commençait dans le climat tonique de cette plage tournée vers le septentrion, éclairée et chauffée par l'effet de la lumière sur les falaises.
Et c'est ainsi que la petite Pierre brute fut saisie, fut parcourue par le désir d'être un galet, ayant soudain l'intuition qu'une parole bien pesée et bien curieuse devait compléter son silence et la mettre en rapport avec les plus anciens galets.
La Pierre brute se mit au travail, prit confiance en elle et libéra d'abord son imagination.
Mais elle comprit avec le temps que l'imagination ne suffisait pas pour donner sens à sa quête, qu'il y fallait aussi une intelligence qui nourrisse de sens ce qu'elle imaginait - sans doute l'intelligence du cœur, qui n'est plus seulement de raison, d'autant plus qu'on s'approchait de l'Automne, qui demande une plus grande solidarité.
Et sans qu'elle s'en rendît vraiment compte, toutes ses pointes aigues, déchiquetées disparaissaient, ses arrêtes s'émoussaient et la Pierre brute se polissait, prenait une forme plus conforme à sa vocation naturelle. Les galets de la plage lui prêtaient maintenant une écoute plus attentive, le partage gagnait, une union invisible s'esquissait qu'elle ressentit comme un encouragement fraternel.
Sa joie fut d'autant plus grande qu'elle comprit que de connaître mieux les autres l'aidait à mieux se connaître elle-même.
Pour l'hiver prochain, elle serait un galet et elle serait du monde à sa place.
Ce qui frappait le plus dans sa métamorphose, dans les passages successifs qui avaient élevé la petite Pierre brute jusqu'à être un Galet, c'était à coup sûr la Foi qu'elle avait montré dans son cheminement et qui avait prolongé, qui avait approfondi la confiance qu'elle avait d'abord acquise pour elle-même.
Ce qui frappait aussi, c'était l'Espérance dont son coeur était pénétré, quels que soient les Vents, les Tempêtes, la Force des Marées ou plus simplement le voisinage de certains galets.
Il lui était arrivé de douter comme il convient, mais la petite Pierre brute avait toujours retrouvé en elle la force d'aller au - delà du doute dans le silence de son face à face avec elle-même - une force qui lui avait permis de travailler et de rejoindre les autres galets, la force d'être aujourd'hui un Galet fort et beau, un vrai galet de collection, mais un peu jeune encore pour être sage comme pouvaient l'être les Anciens, les très Anciens qu'il observait.
Trois jours avant Pâques - le jour du Vendredi Saint - un événement naturel bouleversa Etretat.
Après une nuit de tempête, une Tempête de Fin du Monde, on s'aperçut au matin qu'il n'y avait plus un seul galet sur la Plage.
La nouvelle fut longue à se répandre, sans doute parce qu'elle parut d'abord incroyable. Et puis, à partir de midi, on vit la foule affluer jusqu'au milieu de la nuit.
La tristesse fut grande qui envahit la région et beaucoup dormirent mal cette nuit là.
Mais où retrouver les galets disparus?
Le mystère était entier, comme si l'Esprit avait abandonné la Plage.
La Presse nationale en fit le lendemain de gros titres, le jour même où les galets furent de retour sur la plage.
Que s'était-il donc passé?
Certains y virent un miracle - une façon symbolique d'être en accord avec ces jours de fête.
Les commentaires, les spéculations allèrent bon train.
On finit par expliquer qu'un coup de mer plus violent que d'habitude, un vrai raz de marée avait balayé la plage et entraîné les galets au large, en les précipitant dans des profondeurs nocturnes.
Et puis, un autre raz de marée avait, en sens contraire, reconduit les galets sur la plage, qui avaient donc subi les agressions aveugles de la Nature.
Tout frais émoulu de cette tourmente, notre petit Galet était sorti de l'épreuve tout saisi par une intense émotion, mais peu à peu il se sentit fortifié par cette épreuve et eut conscience de son devoir d'être plus fort pour se libérer des forces aveugles.
Et soudain, élevant son regard, il contempla l'Univers et se rendit compte qu'il ne l'avait jamais regardé, jamais observé comme il le faisait en cet instant.
Il découvrait l'Univers avec des yeux d'Apprenti.
Mes Frères, il est temps, je pense, de s'élever au dessus de ce conte, de le transcender et de retrouver notre rituel d'ouverture au 1er degré - autrement dit, de voir comment le symbolisme du REAA nous intègre chaque fois dans la vérité première de l'Univers, du Temps et de l'Espace et comment ce symbolisme nous prépare à accéder à d'autres connaissances.
Et c'est bien ce que se préparait à découvrir patiemment notre petit galet dans une aventure qui se construirait peu à peu - dans une plage posée comme un Carré long entre l'Orient et l'Occident, le Septentrion et le Midi.
Mais aussi sous cette voûte céleste qu'il contemple du plus profond au plus haut et qui l'invite à s'élever.
En même temps, un monde fermé, mystérieux, à l'intérieur duquel le Galet perçoit que rien n'est connu qui ne vienne de l'intérieur - de l'intérieur de lui-même.
Il découvre tout simplement que l'Univers est un Temple avec le Soleil, la Lune, la Voûte étoilée comme celui où nous nous tenons en cet instant.
Et l'essentiel avec une émotion maîtrisée venue de tout son être, c'est de ressentir qu'il est de cet Univers et qu'il commence le cheminement vers une connaissance nouvelle en quête de Spiritualité- mes FF\ l'ascèse maç\ est une longue patience.

J'ai dit V\M\

Source : www.ledifice.net

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Le Secret du Silence ou Le Silence du Secret

Publié le 26 Juin 2013 par C\ A\M\ dans Planches

Savoir se taire et s'abstenir de parler c'est pouvoir surtout entendre, écouter et ne rien dire (premier travail d'apprenti) ce qui nous donne la faculté de pouvoir penser, réfléchir en toute sérénité et d'abandonner ses préjugés.
Mon premier travail fut de garder le silence pendant presque 2 ans. Se fut un apprentissage très enrichissant, mais pas si facile que cela. Deux ans en gardant le silence fut long et court en même temps. Combien de fois ai-je voulu prendre la parole pour intervenir ?

Il est difficile de se taire lorsque l'on a des choses à dire. Mais si j'avais eu la parole comment aurais-je agi ? Heureusement, ce silence imposé me fut bénéfique afin de pouvoir réfléchir, méditer, approfondir, aller jusqu'au bout de mes idées pour me faire une opinion juste et sage.

Apprendre à écouter,

Cette situation m'a permis d'acquérir une ouverture d'esprit à l'écoute des questions des planches traitées. Il est entendu qu'en ce qui concerne les réponses ce n'était pas seulement une découverte, mais une consolidation de mes pensées.
Bien souvent j'ai été surprise par tout ce que nous savons et que nous ne pouvons pas ou peu exprimer.
Dans la plupart du temps ce qui est propagé lors de la transmission d'une lecture de planche n'est pas du méconnu, mais une forme de connaissance que l'on a laissé se cristalliser.
A cet instant, il est précisément bon de se rappeler et rapprocher ce que nous apercevons dans le Cabinet de Réflexion : VITRIOL.
Il est sage qu'en adoptant cette base et en conjuguant l'écoute et sa propre Recherche culturelle et ou intellectuelle, on puisse en se rectifiant obtenir une approche plus sensible de la vérité.

Retrouver ce qui est en moi n'est pas apprendre dans le sens où l'on acquiert une langue, une technique, une science, ce qui exige une accumulation de données et de mémoire, mais c'est apprendre en écoutant, en regardant et par la suite pouvoir agir avec discernement.

Briser le bloc solide de nos a priori…
Apprendre à écouter, mais bien plus encore la voix qui est en nous et que nous ne pouvons entendre que si l'on fait silence.
En effet le bavardage incessant de nos pensées, nos regards (si nos yeux sont aveuglés par nos soucis), et parfois de ce tumulte intérieur nous empêche de percevoir et de comprendre.
Voir est une des choses des plus difficiles au monde, (nous sommes tellement aveugles, prendre le temps de voir c'est bien aussi).
Voir ou entendre ces deux perceptions sont semblables, voir si on n’entend rien, et entendre si on ne voit rien.
Il n'est de pire aveugle celui qui ne veut pas voir.
Il n'est de pire sourd celui qui ne veut pas entendre.

Ce n'est que lorsqu'on est silencieux, jusqu'au fond de son être, que l'on peut voir provenant de ce silence, comment notre pensée prend forme.
La vie que nous menons comporte en général très peu de solitude, même lorsque nous sommes seuls, nous sommes encombrés par tant d'influences, de connaissances, de souvenirs, d'expériences, de soucis, de chagrins, de conflits qui sont notre quotidien.
Laisser nos métaux à la porte du temple prend là aussi sa signification !

Avoir un esprit libre, qui ne s'attarde pas à acquiescer, à réfuter, à prendre parti dans les discussions, à argumenter sur des mots, mais qui s'attache à suivre ce que l'on observe avec l'intention de comprendre.
Pouvoir regarder, observer, écouter, s'apercevoir au travers des planches qui sont faites que souvent nous nous forgeons une opinion sur telle ou telle personne qui n'est pas ce que l'on croyait.
On apprend aussi à être attentif, à être à l'écoute sans porter de jugement quel qu'il soit
Ce qui évite les notions toutes faites, les a priori.

Parfois un petit sourire, un clin d'oeil font la différence, nul besoin de parler pour se comprendre, ces petits gestes et signes fraternels m'ont encouragée bien souvent. Etre simplement à l'écoute des autres pour mieux se rendre compte, pour apprendre quelque chose ou du moins y réfléchir par la suite.

En vidant son esprit de toutes idées préconçues, on s'ouvre à une dimension différente qui permet de secouer l'engourdissement des habitudes. Garder le silence m'a permis d'être un peu plus patiente et peut-être un peu plus disponible.

La patience il faut la chercher au plus profond de soi, la domestiquer pour atteindre notre but et enfin la savourer, ce qui nous amène au savoir-faire pour le faire savoir. La patience n'est pas innée, elle est pour chacune de nous la récolte d'une vie passée, vécue et à venir.

Il est une règle, un engagement, un devoir en F\M\ où nous devons garder le secret sur tout ce qui est dit, un mutisme sur ce que nous voyons et entendons. Nous devons nous taire, car nous nous rendons coupable de trahison en divulguant ce qui nous a été confié. Nous devons respecter les secrets qui ne sont pas nôtres, au même titre que la propriété d'autrui.
Ce silence observé par les initiés ne porte pas uniquement sur ce que l'on a pu apprendre lors de notre initiation.
La question se pose : Comment dans ses conditions pouvons nous garder un silence ?
Considérant que nous devons transmettre à l'extérieur ce que nous avons appris a l'intérieur !
Existerait- il un silence profane et un silence initié !

Nous devons nous différencier des bavardages profanes empressés d'étaler leur savoir superficiel, du je sais tout, je connais tout. Le silence n'a de valeur par rapport à ce que l'on détient et non ce que l'on divulgue. (transmettre)

Si dire serait trahir, il doit y avoir une façon de communiquer le savoir et la méthode. L'engagement que nous avons pris, c'est-à-dire de garder le silence sur les secrets qui nous ont été confiés sur ce que l'on a vu ou appris et de ce qu'on va voir ou apprendre des secrets.
Néanmoins ces secrets peuvent être révélés à un autre Maçon après avoir vérifié s’il a qualité pour les connaître (par le tuilage rituel, signes, mots et attouchements). De ce fait en reconnaît dans cette femme ou homme un autre soi-même que l'on appelle Soeur ou Frère.
Donc dans ces conditions il n'y a pas violation, rien n'est révélé puisque celui avec qui on a communiqué connaît déjà ce qu'on va lui énoncer par son initiation (le secret).

Secret du mot latin « secretum » de secerno, qui signifie séparer, mettre à part, distinguer.
Est secret par conséquence, ce qui est caché, dissimulé, hors d'atteinte, à l'écart, recouvert, protégé, masqué, voilé, retiré, séparé, disparu, connu d'un nombre limité, confidentiel etc..
Il est donc équivalent du silence et de la discrétion.

Il est une autre forme de silence.

Les yeux bandés lors de mon initiation ou seule l'ouie me faisait percevoir les différents sons.
Désorientée, déstabilisée, j'observais par rapport au bruit, soutenue par des mains amies me guidant dans les méandres de l'obscurité lors des mes voyages.
L'oeil privé de son usage par le bandeau, est compensé par l'ouie, équilibre de l'être humain qui se substitue a la vue.

La pierre qui est cachée que nous devons polir de ses aspérités !

Le secret du grade (signes, mots, et attouchements).
Là le silence n'est pas uniquement une question de bruit et de son, rappelons-nous, en ce qui nous concerne, et pour rester dans l'esprit maçonnique, le fait que 2 personnes ne se connaissant pas, puissent, par un attouchement qui nous est transmis sans qu'aucun mot émane de leurs corps, arriver à rompre le silence.

Le silence est une forme de rigueur, rappelons-nous !

Au premier coup de maillet il se produit un silence total, chacune de nous se tait, s'immobilise et devient attentive, il en est ainsi jusqu'à la fermeture des travaux.
Nous ne pouvons prendre la parole que si nous la demandons en levant la main et seulement sur accord de notre surveillante qui elle-même la demande à notre V.M.

Le silence de transmission.

Parfois le gestuel est plus marquant que la parole, quand nos bras se croisent que nos mains se serrent nous formons la chaîne d'union.
Le silence de l'émotion partagée à ce moment où nous formons la chaîne d'union, cette parfaite communion est une forme de silence qui nous unit.
Ce silence transmit par ce seul geste me comble et me donne une sensation de bien être me permettant d'accomplir mon travail avec plus de force et de vigueur.
J'aime à sentir la pression des mains de mes soeurs qui se trouvent près de moi.
Nous concernant, il est évident que notre chaîne d'union ne peut être interrompue par un regard, par une pensée négative, le silence ne peut être considéré comme véritable silence que si à ce moment précis nous devions quitter l'esprit maçonnique pour revenir à l'esprit profane.

Silence, sujet vaste est varié.
Que veut-il dire ?
Paix, Sérénité, Communion, Humilité, Secret, Indifférence, peur, honte ignorance...
Ou tout à la fois.

Mais le silence a parfois son prix.

Combien de victimes, de morts encore aujourd'hui (les événements nous le prouvent) ?
On se dit que pouvons nous faire toutes seules, bien sur ça nous fait de la peine, on se sent coupable, on se mobilise pour venir en aide, un peu d'argent envoyé et notre BA est faite.
Mais est ce suffisant !

Combien d'enfants maltraités dont nous connaissons la souffrance qu'ils endurent, et nous fermons les yeux pour ne pas avoir à faire « à qui d'ailleurs ? ».
Mais savent-ils qu’ils encourent la non-assistance à personnes en danger.

Ces femmes qui sont battues, violées, qui se taisent pour cacher leurs hontes, leurs désespoirs, leurs peurs.
Devons-nous, avons nous le droit à notre tour de violer leurs silences !

Faut-il garder le silence ?

Ce silence, ce mutisme qui son de la lâcheté contre toutes ses horreurs. Devons-nous nous taire ?
Pourquoi agissons-nous ainsi ? par honte, lâcheté indifférence, ignorance.
Ignorance que nous ne voulons pas entendre par manque d'information, par manque de temps, par manque de pouvoir ou bien peut-être par peur.

Silence ou délation ! dans certaines situations ma position serait d'opter pour la délation...mais dans ce cas, faut-il appeler cela délation ?

Pourtant les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire, pour ne pas faire de peine, ne pas choquer, cette peine que nous pouvons avoir suite à un malheur où nous trouvons parfois la sérénité dans le silence d'un temple.
Cette communion, ce silence qui nous entoure nous permet de prier avec ferveur en faisant abstraction de tout ce qui nous entoure.
Le silence dise les règles monastiques est une grande cérémonie. Dieu arrive dans l'âme qui fait régner en elle le silence, mais il rend muet qui se dissipe en bavardage et ne pénètre pas en qui s'enferme et se bloque dans le mutisme.

Souvent le langage est impropre à exprimer la joie, la douleur, le bonheur ou la peine.
Si parler peut communiquer des concepts, des idées, etc…il ne peut qu'exprimer difficilement les sentiments, il ne peut rendre compte qu'imparfaitement du vécu, et du ressenti.
Il y a bien l'autre qui l'écoute, présent à la parole à qui on essaye de faire passer la signification des mots que l'on transmet, leurs sens, mais aussi tous les mots manquants, perdus, oubliés, impossible à dire, à énoncer car ils n'existent pas ou on ne sait pas les exprimer.
Alors le silence s'établit par manque de pouvoir exprimer ce que l'on ressent, un mal être nous consume à petit feu et parfois grande est la difficulté à pouvoir aider.
On se dit « si je l'avais su plus tôt ». Prendre le temps d'observer dans les vrais sens du terme les êtres qui nous entourent et de s'apercevoir du danger pas quand il est trop tard.
Il est en chacune de nous d'être à l'écoute et de regarder le changement qu'il peut y avoir afin d'apporter notre aide, notre soutien, notre amour, notre amitié.

Pour nous F.M. garder le silence vis-à-vis de personnes dont nous savons qu'elles traversent des moments difficiles est antinomique aux valeurs que nous devrions avoir toujours présentes à l'esprit.
Ce silence est égoïste.

Il explique que le silence de transmission, celui qui construit, nous inonde à nouveau.
La chaîne d'union doit être présente à chaque instant et pas seulement dans notre Temple.
Nos soeurs n'aspirent pas au repos, elles promettent de continuer au dehors du Temple l'Oeuvre Maçonnique.

Nous avons toutes fait l'expérience du silence volontaire ou imposé.

L'éducation que nous n'avons pas eue. On se tait bien souvent du fait de notre culture, il vaut mieux parfois ne rien dire que dire n'importe quoi.

A l'école, se taire afin d'obtenir une certaine discipline imposée par nos enseignants.
La meilleure façon d'apprendre et d'écouter.

Dans un hôpital pour respecter le repos des malades.

Au cinéma afin d'apprécier un film, et ne pas gêner les autres.

Combien de fois avons nous entendu à la maison « silence papa dort » ou « silence bébé dort » ! Ce qui me fait penser au foetus qui ne dit rien pendant 9 mois mais qui entend tout.
Il apparaît au monde dans un extraordinaire cri. 9 mois de silence pour préparer ce cri.
Ce cri qui est la vie, mais est-il le cri de la souffrance !

Pour l'apprenti (ne sommes nous pas éternels apprentis) une nouvelle naissance nous a été donnée, tout comme ce nouveau né, nous devons apprendre, mettre en pratique tout ce que l'on nous a enseigné pour enfin pouvoir transmettre à notre tour.

Bien évidemment ce n'est pas de crier qui nous a été demandé, mais de garder le silence, le recul, la réflexion qui nous sont imposés dans le temple par le seul fait que même une Maîtresse demande l'autorisation de parler.

Le silence est le premier élément à la connaissance personnelle.

Alors sachons méditer sur cette maxime dont je ne connais pas l'auteur je cite « Le silence est d'or, la parole d'argent » et comme le dit notre V\M\.

Retirons-nous en paix sous la loi du silence.

J'AI DIT

Source : www.ledifice.net

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De la Parole à l'Ecriture

Publié le 24 Juin 2013 par Pierre Lengyel GLDF orient de Coutances dans Planches

TTCCSS et TTCCFF en vos degrés et qualités

 

C'est une grande énigme, qui m'interroge, depuis quand les Hommes, sont ils passés du grognement animal à la parole ?
Quand est ce que la répétition de grognements, indiquant soit des objets, soit des situations, est devenu pour la tribu, compréhensive et imitative, par les adultes puis par mimétisme par les enfants. Personne ne peut le dire avec précision, et cela fait partie des grandes inconnues de l'Histoire. Est-ce le développement du larynx, du cerveau ? Nul ne peut le dire. Tout ce que l'on sait, est que le geste accompagna la Parole.
Mais une chose est certaine, ce fut un grand bond pour les Civilisations à venir. De ce temps reculé, il nous reste au 21éme siècle, des exemples encore visibles de nos jours. Chez les peuples Esquimaux par exemple. Compte tenu des conditions climatiques, il est bien évident que seule la Parole pouvait assurer la cohésion du groupe , faute de matériaux pour écrire, le sang séché des animaux n'étant pas très fiable et résistant au grand froid . Aussi chez certains peuples d'Afrique. Il y a un petit nombre de langues et de dialectes qui ne peuvent pas être transposés dans une écriture compréhensible, de nos jours faute de support résistant à la chaleur et à l'humidité mais aussi de grammaire codifiée.
La Parole a donc pendant des millénaires servis de moyen de compréhension et de mémoire pour nos lointains ancêtres. Il est vrai que la mémoire a dû être le seul moyen utilisé pour transmettre ce que l'on nomme l'expérience. Quels sont les fruits que l'on peut manger, quels sont les animaux que l'on peut chasser sans risques, où trouver de l'eau, comment fabriquer et reproduire à volonté le Feu ? Beaucoup d'interrogations mais pas beaucoup de réponses. Ce qui est certain est que la mémoire et la Parole, pendant des siècles furent le lien des premiers hommes.
IL y a environ sept mille ans , entre le Tigre et l'Euphrate, la première écriture reconnue comme tel par les scientifiques, fit son apparition dans le royaume de Sumer, cette écriture, l'écriture cunéiforme, fut le premier signe d'une civilisation reconnue comme une organisation complexe de la société humaine.
L'écriture cunéiforme comprenait environ mille cinq cent signes, pouvant couvrir les besoins vitaux de cette époque, comme le commerce, la religion, les premières lois, enfin tout ce qui concerne l'organisation du royaume de Sumer. On était passé de la tribu au royaume organisé grâce à l'écriture.
Mais ce nouveau moyen de communication était réservé, aux scribes de l'époque ainsi qu'aux prêtres et autres lettrés. On était scribe de père en fils pour éviter la divulgation de cette technique, car la possession de cette pratique était une garantie du pouvoir. C'est grâce à l'écriture cunéiforme, que l'on connaît, ce que l'on peut appeler le premier livre, l'Epopée de GILGAMESH. Epopée qui relate, si l'on en croit les historiens, le Déluge.
Mille cinq cent signes, pour assurer la cohésion du royaume sumérien, c'est beaucoup, mais il faut savoir qu'un même signe pouvait avoir plusieurs significations, en étant associés avec d'autres signes. C'était la première fois que la Parole était figée dans la matière.
Un peu plus tard, en Egypte, une autre civilisation, elle aussi utilisa l'écriture comme support au développement de son empire, les fameux hiéroglyphes. Cette écriture égyptienne, comprenait cinq mille hiéroglyphes, et là aussi savoir écrire et lire était l'apanage des scribes et des prêtres. IL y avait dans ces empires comme d'en d'autres, une séparation entre la Parole et l'Ecrit, l'une étant réservée au plus grand nombre, l'autre réservée à une minorité .
On trouve la même chose à des milliers de kilomètres de ces deux empires, dans le temps comme dans la distance, chez les peuples amérindiens, avec pour certains, une écriture que l'on n'arrive toujours pas à déchiffrer, les QUIPUS des Mayas. Les ordinateurs les plus puissants n'ont toujours pas réussi à comprendre le sens de ces cordelettes et des nœuds qui les composent. Mystère lorsque l'on sait que les Mayas avaient des connaissances astronomiques à peu près équivalentes à celles de nos savants du 19éme siècle.
Avec l'écriture, les civilisations pouvaient transmettre à leur descendance, les acquis de toutes sortes, et de tous les domaines, comme par exemple, les acquis techniques, les acquis sociaux, surtout concernant la succession des princes, les acquis religieux, les acquis philosophiques et d'autres. L'expérience des hommes n'était pas perdue, mais surtout elle devenait codifiée et transmise pour le futur, assurant ainsi la pérennité des civilisations.
Mais voici l'exception qui confirme la règle : le royaume des Incas, qui ne possédât pas un système écrit, au grand désarroi des historiens, qui ne peuvent faire que des hypothèses sur cette civilisation. Les chercheurs pensent que les Incas ont préférait la Parole à l'Ecrit, dans tous les domaines d'activités de la vie quotidienne. Je pense qu'il faut une extrême rigueur de la mémoire, pour transmettre tous les éléments composants la vie sociale, et que cela impose, si je puis dire des gardiens de la mémoire. Le moins que l'on puisse dire et autant que l'on sache, la société Inca était une société rigoureuse. Mais la Parole au fil des siècles perd forcément de son intensité et de son intégrité, car faisant appel à la mémoire, il est inéluctable qu'il y est une déperdition modifiant le sens initial de la Parole.
De nos jours, en Afrique, il y a encore des Peuples qui fonctionnent toujours avec la Parole et ce malgré les efforts d'alphabétisation des gouvernements. Que l'on songe à l'arbre à palabre.
Durant le Moyen Age, il y a eu mélange des deux, et la société médiévale, a toujours utilisé, et le droit coutumier, basé sur la Parole et le droit écrit, comme les canons de l'Eglise.
Un peu d'histoire sur l'écriture ; tout d'abord sur les supports utilisés, en premier lieu la pierre, mais d'une utilisation peu pratique, ensuite l'argile, plus facile mais plus fragile, puis le papyrus, facile à utiliser, léger et rangeable, puis le papyrus, cher et d'un usage délicat, puis les végétaux, biodégradables à souhait et en fin le papier.
Sur le papier, selon la tradition chinoise, le papier fut inventé en Chine en 105 apJC . C'est en 751 que le secret de la fabrication du papier se répand, d'abord de l'Asie Central, au Moyen Orient puis il atteint l'Occident au 12éme siècle, et par exemple en 1348 les français créent la première fabrique à Troyes. Mais son usage est encore cher, moins cher que le parchemin mais quand même, le papier reste coûteux.
Mais la grande avancée de l'écriture reste la transformation des idéogrammes, en lettres d'alphabet. On ne peut pas dire que les Phéniciens soient les inventeurs de l'alphabet, mais 3000 ans avant JC, l'alphabet phénicien est pratiquement l'ancêtre de tous les systèmes alphabétiques du monde occidentale dépendant du bassin méditerranéen (alphabet grec, cyrillique, étrusque et latin) Il comporte 22 lettres avec un système phonétique simple et démocratique. Byblos reste dans le langage moderne comme l'exemple type.
Indiscutablement l'écrit a permis l'essor des civilisations, en rationalisant les moyens de communications, en passant de l'idéogramme, plein de concepts variables, à la lettre plus consensuelle par le plus grand nombre. Sans trop se tromper on peut penser que l'alphabet phénicien, est presque l'enfant du commerce phénicien, en permettant d'avoir un langage compréhensible par le plus grand nombre pour les différentes opérations commerciales (une petite digression, on parle au 21éme siècle de mondialisation, mais au temps de Phéniciens, il y avait déjà la mondialisation : du bassin méditerranéen, jusqu'en Chine et plus)
Voici maintenant une chronologie générale sur l'écriture
-3300 Tablettes sumériennes d'Uruk au sud de la Mésopotamie le plus ancien témoignage d'écriture
-3200 naissance du système hiéroglyphique égyptien
-2300 Pictogrammes des sites de Moenjo-dajo et Harappa considéré comme étant à l'origine de l'écriture proto-indienne
-2600 A Fara et abou-slabikh, premiers textes proprement littéraires
-2000 Le sumérien apparaît comme langue parlée en Mésopotamie
-1800 Existence en Grèce d'une langue retrouvée sur des tablettes
-1600 Système hiéroglyphique hittite
-1200 Apparition d'un alphabet de 22 lettres au Yémen
-1000 L'alphabet phénicien de 22 lettres se répand en Méditerranée et en Inde
-700 Adaptation par les Etrusques de l'alphabet grec, pour donner naissance à l'alphabet Latin
-600 Ecriture hébraïque, " hébreu carré "
-300 En Inde, deux écritures alphabétiques : le brahmi et la kharosthi se répandent et se diversifient en Asie centrale du Sud Est, au Tibet et Indonésie
-200 Décret de Ptolémée V sur une stèle, en hiéroglyphes, en démotique et en grec.
C'est la fameuse pierre de Rosette.
0 Invention du papier en Chine

Je passe sur une partie de cette chronologie pour arriver aux dates suivantes plus importantes.
+1000 Invention en Chine des caractères mobiles d'imprimerie en céramique.
+1100 Fabrication du papier en France
+1400 Gutenberg imprime la Bible (1455), l'imprimerie révolutionne la diffusion des livres et du savoir. Le papier va remplacer peu à peu le parchemin.
On peut dire à la lecture de cette chronologie, que les Phéniciens furent les premiers à fixer les sons de la Parole par des caractères grossiers.
De nos jours l'écriture devient électronique, mais dans cent ans, qu'en restera -t-il ?

La Franc-maçonnerie

Nous avons aussi notre écriture " carrée " peut être d'origine hébraïque ? Mais il faut bien le dire que de nos jours, elle n'est plus utilisée, ni même connue ou comprise par l'ensemble des SS et des FF. Si on laisse de côté le domaine des relations administratives entre les Loges et les Obédiences, basé uniquement sur l'écriture, toute la partie rituelle se fait par l'utilisation de la Parole, du son et du verbe.
IL y a des Loges ou les planches sont lues de mémoire en regardant le pavé mosaïque.
En cela nous ne sommes pas coupés de la Tradition Initiatique, puisque l'apprentissage du savoir qui doit conduire à la Connaissance doit se faire de " bouche à oreille ", de la même manière que dans les sociétés que nous qualifions de primitives. C'est le son qui doit permettre au changement d'état de conscience.
Dans l'Islam, on trouve un bon exemple de la puissance du son et de la Parole, la qualité du muezzin est déterminée par les modulations de son appel à la prière. De la même façon, c'est en psalmodiant les sourates du Coran, que l'on apprend à mieux connaître Dieu, et à s'identifier a lui. Le christianisme, n'est pas en reste, par les chants grégoriens que les moines chantent presque toute la journée, au cours des différents offices. Le monachisme étant lui aussi, une autre forme initiatique, à savoir obtenir un état de conscience différent et supérieur de la moyenne des Hommes.
Nos rituels s'ils ne sont pas chantés, sont parlés, et subissent des ruptures de sons et de cadences ponctués par les coups de maillet. Ces coups de maillets ne sont pas uniquement décoratifs, ils indiquent seulement un changement de rythme dans le déroulement du rituel.
Tout ceci coule de source puisque nous sommes à la recherche de la Parole Perdue qui est le Verbe créateur de la Bible.
La Parole pour le Maçon est importante, elle débute lorsque nous prêtons Serment sur les trois lumières, à cet instant, elle est un peu notre carte d'identité, pour les autres FF qui la reçoivent, et tout au long de notre vie maçonnique, elle sera la représentante de notre qualité maçonnique et de notre savoir maçonnique, c'est grâce à la Parole que d'autres pourront nous reconnaître comme Franc-Maçon.
Nous devrons ne pas parler pour ne rien dire, et nous ne pourrons pas prendre la Parole plus de trois fois, pas seulement par discipline, mais surtout, pour nous faire prendre conscience, que la Parole ne doit pas être un torrent impétueux, mais une source agréable, pour l'oreille des FF. Il nous faut être avare de Parole, car il est dit que celui qui sait, ne parle pas.
Comme le muezzin, comme le moine, elle le témoin de notre état d'esprit, et il n'est pas nécessaire qu'elle vienne de notre intellect, pour être efficace, mais qu'elle vienne aussi de notre cœur, pour être active. Mais c'est dans le silence que la Parole prend force et vigueur, et le paradoxe de cette Planche, c'est que pour parler de la Parole, j'ai utilisé l'écriture ; aussi mes SS et FF, retirons nous sous la loi du silence.
J'ai dit

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/parole2/parole2.htm

 

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Prière de St Patrick

Publié le 22 Juin 2013 par X dans Irlande

 

Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
La force de Sa Venue au jour du jugement.
 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force des ordres des Chérubins,
Dans l’obéissance des Anges,
Dans le service des Archanges,
Dans l’espoir de la Résurrection,
Dans les prières des Patriarches,
Dans les prédictions des Prophètes,
Dans les prédications des Apôtres,
Dans les fidélités des Confesseurs,
Dans l’innocence des Vierges saintes,
Dans les actions des Hommes justes.
 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force du Ciel,
Lumière du Ciel,
Lumière du Soleil,
Éclat de la Lune,
Splendeur du Feu,
Vitesse de l’Eclair,
Rapidité du Vent,
Profondeur de la Mer,
Stabilité de la Terre,
Solidité de la Pierre.
 

Je me lève aujourd’hui,
Par la force de Dieu pour me guider,
Puissance de Dieu pour me soutenir,
Intelligence de Dieu pour me conduire,
Oeil de Dieu pour regarder devant moi,
Oreille de Dieu pour m’entendre,
Parole de Dieu pour parler pour moi,
Main de Dieu pour me garder,
Chemin de Dieu pour me précéder,
Bouclier de Dieu pour me protéger,
Armée de Dieu pour me sauver :
Des filets des démons,
Des séductions des vices,
Des inclinations de la nature,
De tous les hommes qui me désirent du mal,
De loin et de près,
Dans la solitude et dans une multitude.
 

J’appelle aujourd’hui toutes ces forces
Entre moi et le mal,
Contre toute force cruelle impitoyable
Qui attaque mon corps et mon âme,
Contre les incantations des faux prophètes,
Contre les lois noires du paganisme,
 

Contre les lois fausses des hérétiques,
Contre la puissance de l’idolâtrie,
Contre les charmes des sorciers,
Contre toute science qui souille le corps et l’âme de l’homme.
 

Que le Christ me protège aujourd’hui :
Contre le poison, contre le feu,
Contre la noyade, contre la blessure,
Pour qu’il me vienne une foule de récompenses.
 

Le Christ avec moi,
Le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi,
Le Christ en moi,
Le Christ au-dessus de moi,
Le Christ au-dessous de moi,
Le Christ à ma droite,
Le Christ à ma gauche,
Le Christ en largeur,
Le Christ en longueur,
Le Christ en hauteur,
Le Christ dans le coeur de tout homme qui pense à moi,
Le Christ dans tout oeil qui me voit,
Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.
Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
 

Au Seigneur est le Salut,
Au Christ est le Salut,
Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.
 

Amen ! Amen ! Amen !  

 

Source : http://catholiquedu.free.fr/prieres/STPATRICK.htm

 

 

 

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Les secrets véritables des Maîtres Maçons. Les mots substitués

Publié le 21 Juin 2013 par Alain BOUCHET – 1er Surv\ dans Planches

D. - Comment voyagent les Maîtres Maçons ?
R. - de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre
D. - Dans quel but ?
R. - pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière
D. - Qu’est-ce qui a été perdu ?
R. - les secrets véritables des Maîtres Maçons.
D. – Comment ont-ils été perdus ?
R. – par « Trois Grands Coups » qui ont causé la fin tragique de notre R\M\ HIRAM
(Instruction au 3ème D\)

Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît\ Maç\ nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F\M\ et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maç\.
Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit … mais on peut toujours en parler entre nous.

*
* *


I. De la nécessité du mythe et son contexte
II. De l’outil au Logos
III. Chercher ce qui a été perdu
IV. Les mots forcément substitués


I. De la nécessité du mythe et son contexte.

Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM\ MM\ présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices.
Le T\V\M\déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ». Voilà le problème posé. Aussitôt le T\V\M\ pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ».
La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF\ sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux-même. D’ailleurs le T\V\M\ intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat :
- « arracher les restes à ses meurtriers », il est pragmatique
- « rendre les honneurs funèbres à sa dépouille » : pour le respect et la dignité dus au défunt enfin, pour ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir de recueillir quelques traces de sa science ».

Outre le chagrin, quelles sont les émotions qui habitent les FF\ à ce moment-là ? Quel est leur état d’esprit ?
Vraisemblablement ressentent-ils la colère et la révolte, l’incompréhension, le dégoût, le désir de justice qui mène à la recherche des coupables - avec un désir de vengeance ?
Car après avoir été capturés les meurtriers subissaient, d’après la loi de cette époque, le châtiment suprême pour venger le défunt et sa famille.

Nous connaissons la suite et la fin de l’histoire qui nous amène sur un tout autre plan que celui de considérations matérielles, obscures, brutales et bornées.
Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là.
Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux.
Quant au comportement des Comp\, il est moins clair.
En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? lequel des trois Comp\ a eu cette idée, quel était son dessein ?
En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés.
Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes.
Alors, que savons-nous ?!
Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice. En sommes-nous sûrs ? Et si le mythe nous mentait ? Et si Hiram avait parlé ?
C’est une hypothèse, pas une provocation.
Un autre départ serait alors que les Comp\ se retrouveraient très embarrassés avec de bien encombrants secrets. En effet, en tant que créateur de l’œuvre, Hiram avait en tête la totalité de son projet architectural. Les Comp\, eux, n’avaient qu’une connaissance fragmentaire et imparfaite des plans et de l’idée « divine » détenue par Hiram puisque ces Comp\ n’étaient que des exécutants. Ils auraient été reçus avec les MM\. Qu’auraient-ils faits ? Qu’auraient-ils dits ? Combien de temps auraient-ils tenu sans être démasqués ?

Mais la vérité est que Hiram n’a rien révélé et qu’il a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM\ MM\. Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Comp\ que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal.
Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté.
Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Comp\, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ?

C’est en quelque sorte une mort libératrice mais qui condamne les MM\ MM\ à la liberté.
Il est bien entendu nécessaire que Hiram meurt. Avec ou sans mauvais Comp\, le temple n’aurait-il pas été achevé ?
Il faut se rappeler que deux autres personnes détiennent les clés du savoir et d’une certaine Connaissance. Il s’agit des deux Rois : Salomon et Hiram Roi de Tyr qui, de par leur fonction royale sont investis de pouvoirs particuliers. Ils forment un tri-magistère qui organise le chantier et s’assure du bon déroulement des travaux.
Mais sans la mort de Hiram nous aurions été privés d’une histoire édifiante, édifiante dans le sens d’élévation spirituelle.

De nombreux mythes sur la condition humaine rendent nécessaire la désobéissance, la révolte ou la transgression face à une autorité toute puissante.
Dans l’histoire biblique du commencement, Adam et Eve passent outre un commandement divin et ils acquièrent indûment la connaissance du Bien et du Mal. Cela provoque un changement d’état et de plan de conscience ce qui les rend semblables aux dieux (au pluriel).

Nous comprenons que nos besoins physiques primaires (biologiques) et psychiques nous lient par leur fonctionnement automatique. Par la transgression nous avons la faculté de nous en affranchir sans pour autant nous en abstraire, ce qui serait un non-sens.
Plus tard, Moïse brisera les Tables de la Loi et plus tard encore Judas trahira Jésus. Pour ne citer que ceux-là car les rebellions sont nombreuses dans les Ecritures.

Des récits représentatifs émanent d’autres cultures, je pense au mythe d’Isis et d’Osiris que je n’aborde pas non pas par désintérêt mais parce que je me sens plus à l’aise dans le domaine judéo-chrétien.

Et malgré la mort du Maît\, paradoxalement, l’édifice sera achevé.

II. De l’outil au Logos

Ce paradoxe permet d’aborder les divers aspects de la Parole qui est l’outil qui donne forme au récit, que les mots habillent et que le nom désigne.
Tout d’abord, la Parole véhiculerait-elle des secrets que nous ignorons pour n’en avoir pas conscience ou par ignorance ?

Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam.
Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification.
Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme.
La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde.
Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement.
Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux.

C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir - celui de nommer - et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis.

Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent.

Paroles et mots servent jusqu’ici à nommer des individualités : Dieu, homme, animaux ou objets dans un but métaphysique le plus souvent.
La parole est aussi utilisée socialement pour satisfaire des obligations politiques ou religieuses. La Grèce antique a vu l’éclosion de nombreuses écoles qui exaltaient la puissance de la parole. Celle-ci parfois coupée de la réalité proposait d’accéder à une connaissance logique et désincarnée. Son apprentissage vise l’efficacité et ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l’autre car seule l’intellectualisation du langage est recherchée.

Ces philosophies qui conviennent au monde profane vont à l’encontre de ce que nous imaginons en Maç\ car pour nous elles sont source d’ignorance.
Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Comp\ pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être.

Je m’arrête aussi sur l’épisode Babylonien représentatif des dangers du langage soi-disant unique.
Cette légende nous dit que Noé et les siens ont bâti une ville et une tour dont le sommet atteint le ciel. Leur but est de s’installer durablement et de ne pas disperser leur force. Ils parlent tous la même langue, sont unis et réussissent dans leurs entreprises.
La manifestation de cet orgueil déplaît à Dieu qui les disperse sur toute la surface de la terre car, dit-il, « tout ce que les hommes entreprennent ensemble leur réussit ».
Ce pourrait être une bonne chose mais connaissant les hommes, n’est-ce pas là plutôt une illustration du risque totalitaire ? Un seul peuple, un seul langage, une seule parole dans la bouche d’un seul chef ?
Quelle place aurait été donnée aux étrangers ou à ceux qui refusent dogmatisme et fanatisme ?
Les mots avaient perdu leur sens ce qui rendait la parole incompréhensible ou bien le dialogue devenait un simple bavardage.
De la confusion des langues naît l’obligation pour l’homme de rassembler ce qui est épars, à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’il pense être perdu.

III. Chercher ce qui a été perdu

Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maît\ perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ».
Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM\ MM\ ?!
Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ?
Au XII ème siècle, des philosophes ont utilisé le cercle – symbole de l’espace clos – pour définir Dieu. La phrase est bien connue : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part ».
Ils parvenaient à dire la vertigineuse problématique du cercle avec ses rapports du centre à la périphérie, et la difficulté de trouver les places respectives de Dieu et de l’homme.
Nous, Maç\, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C.à.d. la chose elle-même ou le « ça », avec le sens de son expression qui permet de situer le « ça » dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc.
Ce que les Esotéristes appellent : « la multiplicité dans l’Unité primordiale »
Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux.
En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre.
Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ?
Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ?

Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité.

IV. Les mots forcément substitués

Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle.
Nous avançons prudemment. Tout d’abord, nous épelons, puis au grade Comp\ nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème D\ le F\ 1er Surv\ revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maît\ que le T\V\M\ approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés. Il est clairement entendu qu’il s’agit-là d’un arrangement, d’un accommodement …
Mais plus qu’un mot, le Maç\ devient comme un Dieu qui grave les Tables de la Loi pour lui-même, les autres Maç\ s’y employant aussi.
Il est souhaitable que l’homme ne commette pas l’erreur mainte fois répétée dans l’histoire de faire de cet homme le centre du monde, conséquence d’un nombrilisme désastreux qui altère les vertus de l’espérance. Peut être devons-nous avoir à l’esprit que la voie Maç\ et sa méthode favorisent la connaissance de soi et la transformation de soi pour permettre l’émergence naturelle de la Loi morale.
Les Maç\ travaillent donc à tailler les Tables de la Loi jusqu’à ce que la Loi s’y révèle d’elle-même.
Pour cela, nous allons sans cesse du silence intérieur à la parole qui rend possible le dialogue. Il n’est pas dit que les aller-retour dans la verticalité doivent se faire dans le silence. Mais pour l’horizontalité il est certain que seul le langage permet d’échanger avec nos semblables. Encore que …

Mais je m’en tiendrai au REAA qui nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram.

Frédéric Dard, alias San Antonio, fait dire à l’un de ses personnages : « les autres font ce qu’ils veulent de tes paroles tandis que tes silences les affolent ».
Le silence est l’épreuve que subissent les Ap\ jusqu’à ce qu’ils accèdent au grade de Comp\. Je dis épreuve car pour beaucoup c’est une période difficile qui n’est pas prolongée au-delà du grade d’Ap\.
Le silence est ici une ascèse à durée limitée contrairement à d’autres spiritualités – exotériques le plus souvent – qui érigent le silence en discipline de vie.

La discipline Maç\ vise, bien sûr, à apprendre aux Ap\ à « enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré », qui est le cœur.
Car il n’a jamais été bénéfique pour personne de « jeter des perles devant les porcs », comme le dit durement l’Ecriture. On ne peut communiquer un secret à qui n’a pas vocation pour le connaître. La suite du verset dit pourquoi : « de peur qu’ils se retournent contre vous pour vous déchirer ».

Oui, mais parfois le silence fait peur. Quant à la parole elle peut être dangereuse, parfois aussi. Ou simplement remplir un espace immense et intervenir dans les divers aspects de la vie des individus ou des sociétés.

L’épisode biblique de la résurrection de Jésus (qui devient Christ) illustre cela. Les femmes qui suivaient Jésus de son vivant se rendent à son sépulcre dont elles trouvent l’entrée ouverte et le tombeau vide de son occupant.
Dans cette histoire aussi la mort retire la parole au protagoniste. Mais depuis 2000 ans ne peut-on dire que son absence est parlante ?

Le Temple dit de Salomon a été détruit deux fois au cours de son histoire. Et entre temps, il a été profané à plusieurs reprises. Où étaient les MM\ MM\ pendant ces périodes troubles ? Où s’assemblaient-ils ? Participaient-ils à d’autres constructions ? Quels mots utilisaient-ils pour exprimer leurs secrets ? Comment ont-ils préservé leurs secrets ?
Pour eux, je ne sais pas. Pour nous, aujourd’hui, j’ai quelques idées.

La démarche Maç\ qui est collective est pratiquée par des hommes individuellement faibles, mais forts lorsqu’ils s’assemblent en L\. Forts ils resteront s’ils quittent la L\ avec la volonté de pratiquer fidèlement le Devoir.
Mais on parle à l’extérieur du Temple avec des mots également substitués car il faut « penser en Maç\ et parler en profane » ai-je lu récemment.
Toutefois dans l’enceinte sacralisée, nous « rassemblons ce qui est épars » en utilisant les mots substitués du REAA car seul l’usage de ces mots limite les risques de dispersion dans la manœuvre de recentrage.

Le choix des mots substitués que nous utilisons est, ou a été, l’objet de discussions. J’aimerais être kabbaliste pour en discourir à mon aise. Ce n’est pas le cas. Je préfère donc retenir que le mot est le véhicule de l’idée.
La narration biblique de l’histoire du peuple d’Israël est un cheminement de substitution en substitution.
Souvenons-nous : L’Eternel ordonne un sacrifice à Abraham et son fils semble être le sacrifié alors qu’au dernier moment un bélier le remplacera sur l’Autel.
Plus tard, la Loi morale s’inscrit dans le Décalogue ; la transmission orale devient Loi écrite, gravée. En termes d’interdictions pour certains préceptes : « tu ne … ». Sachant ce qu’il ne faut pas faire, il appartient aux hommes de s’organiser librement socialement. La substitution est double puisque l’expression de la Loi change de forme et que l’homme bénéficie à cet instant de la capacité de prendre des initiatives personnelles et collectives.
Plus tard encore, au cours de son ministère Jésus dit être venu pour accomplir la Loi et non pas la détruire. L’ancienne alliance devient nouvelle – du moins pour les chrétiens – et les sacrifices n’ont plus lieu d’être puisqu’il se propose en victime expiatoire pour l’humanité. Le plan de conscience est une fois encore modifié.
De Jésus il est dit dans le rituel de réception au 2ème D\ qu’ « il vint annoncer à l’Occident la Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine : Aimez-vous les uns les autres ».
Que penser de l’application de ces simples mots au cours des 2000 ans écoulés ?

Les disciples de Jésus dispenseront la pensée de leur Maître par des écrits dont les mots et leur sens vont du plus simple au plus complexe et constituent la Loi morale.
La Maç\ et les Maç\ y trouve la Sagesse, la Force et la Beauté - ainsi que l’Amour - pour relever de nombreux Temples temporairement à terre.

Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T\V\M\lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres. Ils nous reviendront en écho, enrichis de son expérience.
C’est ainsi que, avec des Mots nous bâtissons le 3ème Temple idéal et éternel.

Mon F\ MOHABON, je suis à l’écoute de tes Secrets véritables et de tes Mots substitués.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Les secrets véritables du Maître Maçon

Publié le 19 Juin 2013 par X dans Planches

Les Secrets véritables de la légende d’Hiram au cœur du grade de maître

Les Secrets véritables de la légende de Maître Hiram mentionnés dans le rituel du 3ème degré nous amènent au cœur du grade de maître et soulèvent de nombreuses questions : de quels secrets s’agit-il ? Pourquoi sont-ils véritables ? Que recherche vraiment le MM qui est perdu ? Que représentent ces mots substitués ? Où les rechercher ? Ce mythe de Maître Hiram et de la recherche des véritables secrets nous plongent dans les quêtes que l’on retrouve dans les grandes religions ou les traditions, telle la quête du graal chez les chrétiens ou la recherche du grand œuvre chez les alchimistes.
Le mythe nous invite à la recherche et au travail pour découvrir sur quoi s’édifie notre propre quête maçonnique. Il nous invite à revenir aux questions fondamentales que se pose le MM. Si le MM peut donner l’enseignement maçonnique, à la différence du compagnon qui le reçoit, sa quête continue sur un autre plan.

De quels secrets s’agit-il ?

Revenons à la question sur la nature des secrets. Les secrets explicitement mentionnés dans le rituel sont ceux du grade du MM : les signes, l’attouchement, le mot de passe, les 5 points parfaits, le mot sacré et la marche. Les secrets perdus représentent davantage, ils relèvent du sacré. Il existe une grande proximité étymologique entre les mots « sacré » (sacratum) et « secret » (secretum) : il s'agit dans l'un et l'autre cas de ce qui est mis à part. La même proximité existe avec le mot sacrifice : sacrifier, c'est «sacrum facere», rendre sacré l'objet du sacrifice. Maître Hiram nous en donne la meilleure illustration en allant jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ce qu’il considère comme sacré. Il nous démontre que la valeur du secret ne tient essentiellement qu'à la valeur de celui qui le détient. Ces mots «secret», « sacré » et « sacrifice » s’accordent et se complètent dans leur signification respective. Le sacré sans secret, comme le sacrifice sans secret n’existent pas.

Le secret sert à protéger l’accès à une connaissance, ici sacrée. Tout savoir initiatique est sacré, il doit être transmis, il ne peut être ni donné, ni inventé. Seuls les cabalistes, et peut-être le gnostiques, pensaient que les plus hauts mystères, les plus grands secrets de la création, les arcanes de la nature et de l'être se découvrent par la recherche, l'intuition et la méditation. Même avec un peu de patience et de persévérance, il manquera toujours la transmission, élément indispensable de l’initiation.

Ces secrets, sacrés et issus du sacrifice, protègent une connaissance profonde, et c’est la notion de « véritable » qui en donne la nature.

Pourquoi «véritables» ?
Ceci nous amène à une autre question : qu’y a-t-il de véritable dans ces secrets ? Comme si les secrets des autres grades ne l’étaient pas.

L’histoire des mauvais compagnons nous montre qu’il est vain d’avoir un secret, car il faut être prêt, c.à.d. que le secret est dans l’être et non dans l’avoir, ici l’obtention du grade de MM par la simple connaissance de mots. La mort de Maître Hiram est le fruit malheureux de la confusion entre l’être et l’avoir. Le secret initiatique, inaccessible, inexprimable et incommunicable, est lié à l’initiation et comme la vie, il se vit, il ne se décrit pas. La simple communication, comme la lecture seule, ne livrera jamais l’essentiel, ni d’ailleurs la seule communication de mots, aussi sacrés soient-ils. Passer de l’avoir à l’être, c’est passer de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit, du carré au cercle ou de la terre au ciel. C’est ce qu’indique Maître Hiram aux mauvais compagnons lorsqu’il est menacé : « travaille, persévère et tu seras récompensé », il les pousse à agir pour être.

Ces secrets véritables sont des secrets intérieurs qui ne s’acquièrent que par la transmission et le travail sur soi. C’est en ce sens qu’ils sont véritables, car c’est en développant son être que l’on s’approche de sa vérité intérieure, celle qui nous conduit vers l’état d’Homme Véritable.

Les mots substitués

A défaut d’avoir trouvé les mots véritables qui ont été perdus, les maîtres apportent les mots substitués. Cette perte et cette substitution sont des éléments importants du cheminement initiatique et sont présentes dans pratiquement toutes les traditions. René Guénon y voit « la perte de l’état primordial, et par conséquence directe, celle de la tradition correspondante ». Ainsi la perte fait appel à la substitution pour perpétuer la Connaissance. Par analogie, c’est le rôle des symboles qui donnent une signification d’une autre dimension que le support, ou encore la substitution des mots sacrés qui n’étaient jamais prononcés, à l’instar du nom divin dans le judaïsme.

Les mots substitués ont pour fonction d’assurer la nécessaire gradation des connaissances dans le cheminement initiatique. Il peut être dangereux de donner des outils à quelqu'un n'ayant pas les bases pour s'en servir, comme il serait irresponsable de donner des allumettes à un enfant ne connaissant pas les dangers du feu. Il s'agit là d'une réserve pédagogique et d'une élémentaire prudence. Le secret et les mots substitués ont donc pour fonction de mener à maturation les processus intérieurs qu'une révélation hâtive perturberait. C'est en se taisant sur ce qui de toute façon n'est guère communicable, que le cheminement intérieur est mieux mené à terme. Ces secrets ne peuvent qu’être transmis progressivement : en Apprenti nous épelons, puis au grade de Compagnon nous donnons un mot de passe au risque de mal le prononcer. Enfin au 3ème degré nous utilisons un mot de passe et un mot de Maître jusqu’à ce que les mots véritables puissent être retrouvés.

La recherche de ce qui est perdu : d’est en ouest, au centre du cercle

Cela soulève une autre question : où et comment chercher ces secrets véritables qui ont été perdus ? Dans les différentes traditions, la perte de quelque chose est associée à sa recherche, à la quête. Telle la quête du Graal de l’initiation chevaleresque du moyen-âge.

Le rituel nous indique de rechercher d’est en ouest, car éclairé par la lumière qui brille depuis l’est le MM peut initier sa quête et répandre la lumière à son tour.

Il est aussi dit que le MM peut les retrouver au centre du cercle car placé ainsi, il ne peut pas s’égarer. La figure circulaire est le symbole de la divinité, de l’Etre Suprême, le symbole parfait de la totalité. La forme du cercle exprime la plénitude et l’harmonie. Des philosophes ont utilisé le cercle pour définir Dieu, ainsi Blaise Pascal disait : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». Etre au centre du cercle n’est-il pas notre nostalgie ou espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection et de divinité ? C’est retourner au centre de nous-mêmes, revenir à l’essentiel, revenir à l’alpha. Le centre est le pôle où tout débute, d’où tout émane et vers lequel tout revient, c’est le centre du monde dans un espace sacré, lorsque l’on est en parfaite harmonie avec sa personnalité profonde.

La question éternelle et fondamentale, qui donne une autre dimension à notre existence, est de savoir retrouver notre centre, et comment y accéder. L’inscription gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes « connais-toi toi-même » que Socrate aurait choisie pour devise en y ajoutant « et tu connaîtras l’univers et les dieux » nous apporte un premier élément de réponse en nous indiquant de d’abord travailler sur nous-mêmes.

Conclusion : construire le temple

La mort de Maître Hiram représente la mort initiatique, qui avec la renaissance à un autre niveau de conscience permet de continuer la quête vers la vérité et la liberté. Le mythe de Maître Hiram est donc l’histoire d’une quête pour poursuivre l’objectif du Maître qui est la construction du temple de Salomon. L’assassinat de Maître Hiram conduit donc à la question de la finition du Temple. Qui pourra le terminer car le savoir faire du Maître est perdu ? Le mythe pose ainsi la question de la construction de notre temple intérieur.

Le mythe est le moyen d’avancer dans notre quête personnelle, car le mythe pour le mythe, aussi intéressant soit-il, n’a qu’un intérêt limité. Il faut aller au-delà des symboles et des mythes, qui ne sont que des supports qui par analogie sont des déclencheurs de conscience, des moyens, c.à.d. des outils indispensables pour avancer.

Au niveau individuel, le mythe nous guide dans la quête du MM dans sa démarche maçonnique. Cette quête n’est pas la recherche d’un résultat, mais la progression vers plus de connaissance, vers plus de conscience. Nous ne pouvons avancer sur ce chemin de la connaissance et de la conscience que par l’expérimentation, par l’action, car tout ce qui est en dehors de l’expérimentation n’est que possibilité.

Si nous avons tenté d’apporter des réponses à quelques questions du mythe, il en reste de nombreuses qui restent encore ouvertes : pourquoi a-t-on perdu ces secrets car d’autres maîtres devaient le posséder ? Qui va terminer le temple ? Que sont devenus les mauvais compagnons ? Où est la sépulture de Maître Hiram ? Etc. La recherche des réponses à ces questions en s’appuyant sur la transmission et l’expérience permettra de progresser dans la recherche personnelle.

Changer la pierre brute en pierre taillée, l’amener à recevoir et à diffuser la lumière n’est-il pas le travail que nous devons entreprendre sur nous avec nos Frères : seul et ensemble en même temps ? Car on ne peut prétendre améliorer le monde si l’on n’est pas soi-même construit et réalisé, c’est-à dire un Homme Véritable, qui a retrouvé les secrets véritables.

Très Vénérable Maître, j’ai dit.

 Source : www.ledifice.net

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Secret des maîtres maçons

Publié le 18 Juin 2013 par M\ dans Planches

Il était une fois trois rois ou princes maîtres maçons assis sur leur trône dans la salle des trônes du palais des rois et des princes maçons. Salomon, Hiram et Hiram Abif recevaient les compagnons Jacques et Soubise. Ils étaient compagnons depuis un temps suffisamment long pour devenir maîtres maçons ; leurs travaux étaient des travaux de qualité. Ils pouvaient donc subir l'épreuve du 7. Cette épreuve abominable, personne, à ce jour, n'était parvenu à la réussir.

Salomon, Hiram et Hiram Abif faisaient amener vingt-huit bêtes du plus beau troupeau de la région pour les offrir en dédicace sur l'autel du temple qu'ils construisaient à Jérusalem. La qualité des compagnons permettait de choisir des moutons. Les animaux devaient subir une période de purification dans les étables proches du temple. Il fallait les parquer là en suivant les indications des maîtres.

La voix de Salomon se fit entendre : - Compagnon Soubise, Compagnon Jacques, ayez attention ! Salomon quitta son trône, prit un stylet, une plaque de la cire la plus fine et ; Vingt-huit moutons vous attendent ; vous devez les répartir également dans les 7 étables réservées aux 7 sacrificateurs. Pour partager les animaux, nous utilisons, nous les maîtres maçons, une opération mathématique complexe dont je vais vous donner le nom secret et la technique secrète, elle aussi.

Salomon traça sur la plaque de la cire 28, à la droite du nombre, il fit une barre verticale, une barre plus petite horizontale, vers le haut de la barre horizontale mais pouvant lui permettre d'écrire le nombre 7. - Ceci s'appelle la division ! Ayez attention ! Je vous indique la technique opératoire ! Vingt-huit divisé par 7 : en huit combien de fois 7 ? Il y va une fois. Une fois 7 fait sept, ôté de huit, il reste 1. J'abaisse le 2. En 21 combien de fois 7 ? Il y va trois fois. Trois fois 7 font 21, ôté de 21 il reste 0. Mes frères, vous mettrez donc treize moutons dans les 7 étables des sept sacrificateurs et le Saint béni soit-il ! Vous accordera le mot de passe. 28 (7__21) (13 0).

Nos deux compagnons partirent donc se mettre au travail, persuadés qu'avec de telles indications il n'était pas possible de commettre une erreur. Ils revinrent le lendemain, le soleil du matin illuminait la salle des trônes. Salomon les attendait, assis sur son trône, accompagné d'Hiram et Hiram Abif, eux-mêmes assis sur leur trône. La mine dépitée des compagnons indiquait l'échec. Nulle question ne leur fut adressée.

Hiram roi de Tyr, se leva, il fit entendre sa voix. - Compagnons Jacques et Soubise, pour vous prouver la valeur de l'enseignement du sage roi Salomon, je vais vous révéler un autre secret des maîtres maçons. L'opération qui permet de vérifier la division s'appelle la multiplication. Salomon vous a dit qu'il devait y avoir treize bêtes pour chaque sacrificateur. Si vous multipliez treize par 7, vous retrouvez vos 28 moutons.

Hiram, roi de Tyr, écrivit le nombre 13 sous le trois, il écrivit 7 ; sur la même ligne, il fit une petite croix sous la croix et le sept il traça un trait. - Treize multiplié par sept : 7 fois trois font 21, il écrivit 21 sous le trait. 7 fois 1 7. 13 x 7. 21 7 28. Il écrivit 7 sous le 1 ; il traça un trait sous le sept et dit :- sept et un, huit, Vingt et un plus sept font 28. Pour s'assurer de la valeur de la multiplication nous procédons à la preuve par neuf. Hiram, roi de Tyr, fit un grand x, il procéda à la réduction, selon la sagesse divine, des différents nombres. - treize, soit 1 + 3 = 4 je pose 4 dans la partie supérieure du x.

J'écris 7 en dessous, je dis 7 fois 4 vingt-huit, 8 + 2 = 10 1 + 0 = 1. J'écris 1 à gauche du x. Considérez maintenant le résultat 28, soit 2 + 8 = 10 = 1. L'affaire est prouvée. Redoublez d'efforts mes frères, vous devez mettre treize moutons dans chaque étable. Ici, les compagnons Jacques et Soubise auraient pu faire une remarque simple : 7 x 4 = 28 donc... Mais les compagnons maçons sont si admiratifs de la science des maîtres maçons, surtout quand ceux-ci sont assis sur un trône dans une salle des trônes...

Les compagnons revinrent à minuit plein. Leur mine indiquait un naufrage complet et irrémédiable. Hiram Abif intervint : - La division, la multiplication sont encore hors de votre portée, nous allons tenter de vous rendre favorable le Saint, béni soit-il ! Il nous reste encore un secret que nous allons tenter de vous enseigner ; c'est l'addition ! Reprenons le résultat obtenu par la sagesse du Roi Salomon et vérifions-le par l'addition. 13 ; 13 ; 13 ; 13 ; 13 ; 13 +13=28 J'écris 13 sept fois de suite, et j'additionne 3 + 3 = 6 ; et 3 = 9 ; et 3 = 12 ; et 3 = 15 ; et 3 = 18 ; et 3 = 21; et 1 = 24 ; et 1 = 25 ; et 1 = 26 ; et 1 = 27 ; et 1 = 28 !

La démonstration est faite. Votre travail consiste à matérialiser dans les étables des sacrificateurs ce résultat. Nos compagnons repartirent affronter l'épreuve. Il était midi plein lorsqu’ils revinrent le sourire aux lèvres dans la salle du trône. Les maîtres les regardaient inquiets ; jusqu'à ce jour, nul n'avait réussi l'épreuve ; les compagnons devenaient maîtres par la seule grâce des maîtres ! Jacques sollicita l'autorisation de parler et la reçut. - Les animaux sont dans les étables, Très Vénérables Maîtres !

Salomon fit entendre sa voix : - Expliquez-nous comment vous avez procédé ! Soubise parla : - Nous les avons fait entrer un à un dans les 7 étables et pour être tout à fait sûr, Jacques a compté et recompté. - Expliquez-vous ! Qu'avez-vous compté et recompté ? interrogea Hiram, roi de Tyr. - J'ai compté les pattes, et dans chaque étable, j'ai trouvé 16 pattes !

Hiram Abif dit : - Le sage roi Salomon va procéder à la vérification de ce compte ! Vous affirmez qu'il y avait 16 pattes dans chaque étable. Un animal possède 4 pattes ! Si le grand roi Salomon divise 16 par 4 il trouvera 13 seulement si votre compte est bon ! Salomon posa une fois encore la division, le secret des maîtres. Elle fut suivie avec attention par Hiram, roi de Tyr et Hiram Abif.

16 divisé par 4 ; en 6 combien de fois 4, il y va une fois, 1 x 4 = 4 ; 4 ôté de 6, il reste 2 ; j'abaisse mon 1 ; en 12 combien de fois 4 ; il y va trois fois ! Trois fois quatre font douze ! 12 - 12 = 0. 16 (4__12 (13 0). Il y avait donc bien 13 bêtes par étable ! Salomon venait de le prouver par l'usage de la division. Les compagnons débordaient d'admiration pour la sagesse de leurs maîtres.

Hiram insista : - Le Saint, béni soit-il ! Vous a-t-il fourni le mot de passe ? Jacques et Soubise, compagnons de grande intelligence et très admiratifs de la science des maîtres dirent ensemble : - il est possible que le Saint, béni soit-il ! Nous ait fourni l'indication nécessaire à découvrir le mot de passe. Hiram Abif insista à son tour : - expliquez-vous ! Jacques parla : - Dès que les moutons furent rentrés, les sacrificateurs leur offrirent 7 épis de blé ! - Nous pensons que l'épi de blé nous permettra de passer, ajouta Soubise. -Qu'il en soit fait selon la volonté du Saint, béni soit-il ! Proféra Salomon.

A partir de ce jour, cette épreuve ne fut plus imposée aux compagnons. Les maîtres parlaient désormais du sept et plus, sans trop de précisions. Les maîtres changeaient des éléments des rituels, il ne faut pas que les profanes puissent pénétrer nos secrets. Il y avait bien parfois un apprenti ou un compagnon qui posait des questions trop pertinentes mais tant que les maîtres décident de qui devient ou ne devient pas maître il n'est pas utile de remettre en question la tradition.

Mes sœurs, mes frères, il en est de certains secrets des maîtres comme de cette division, de cette multiplication, de cette addition. Quand enseignons-nous comme une véritable sagesse le respect des anciennes obligations ? Quand recherchons-nous les textes qui servirent de base à Anderson pour comprendre sa démarche et vérifier ce qu'il nous apporte ? Quand apportons-nous aux compagnons et aux apprentis tous les outils nécessaires à la connaissance de soi qui seule permet de continuer la construction du temple même lorsque le maître est mort ? Raisonnement mathématique utilisé à partir de graine d'Archimède, numéro 0, « sept étonnant » 

 

Source : www.ledifice.net

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Le secret en maçonnerie

Publié le 17 Juin 2013 par X dans Planches

La franc-maçonnerie suscite dans le monde profane une grande curiosité.
Etonnamment, les travaux de notre société ne sont jamais autant commentés que par ceux qui n'en font pas partie. Le mystère présumé des pratiques d'une organisation avive le désir d'en connaître les secrets. Le secret que l'on construit de l'extérieur, par désir, peur ou simple préjugé nous pourrions tout aussi bien le nommer superstition. Suspectée de ramifications politiques occultes, assimilée sans précaution aux pratiques sectaires qui se développent chaque jour un peu plus, soupçonnée et malheureusement parfois convaincue d'affairisme, la franc-maçonnerie jouit dans l'opinion d'une image troublée. On a coutume de dire qu'elle n'est pas une société secrète mais plutôt une société discrète. Je ne souscrits pas à cette distinction qui me semble dangereuse ; résonnent encore à mes oreilles ces mots du serment prêté par l'apprenti lors de son initiation : « Je m'engage à garder inviolablement le secret maçonnique… » Le secret, lui, n'est jamais réductible; il est ou n'est pas. Il est absolu ou inexistant. La question est de savoir ce qui relève en maçonnerie du secret ou de la simple discrétion nécessaires à la sérénité des travaux.
Le secret naît avec l'initiation; un secret qui, dans le même temps, unit et divise. Il unit l'apprenti à la loge dont il partage désormais les travaux. Mais avec ce secret si ardemment désiré par l'impétrant c'est aussi une coupure définitive avec la vie profane qui se joue. Le secret matérialise le passage du profane au sacré, de l'ombre à la lumière. Ce qui m'était jusqu'alors inconnu, m'est révélé progressivement par les différentes phases de l'initiation; pour que la lumière soit donnée, que ses frères se dévoilent à lui, l'impétrant sera débarrassé de son bandeau, ultime vestige de son aveuglement profane; mais cela ne peut se faire sans que le testament philosophique ne soit détruit ; il ne peut pas accéder à la lumière de l'initiation sans le renoncement absolu à cette vie qu'il quitte. Si l'initié accède à un secret, il en porte un autre profondément ancré en lui ; celui des aspirations qui l'ont conduit aux portes du temple. Ce secret il l'aura partagé avec ses futurs frères, et eux seuls, à qui le testament est lu avant d'être brûlé.
Le rappel au secret est constant : lors de l'ouverture des travaux le couvreur s'assurant que la loge est dûment couverte, ou encore les deux surveillants vérifiant que les colonnes ne sont composées que de membres de la loge ou de visiteurs connus. Nul profane ne saurait briser le secret de la tenue. En dehors de la loge il est va de même car on ne peut être franc-maçon sans porter en soi sa promesse fondamentale. C'est ainsi que nous nous retirons après chaque tenue sous la loi du silence. Les constitutions d'Andersen sont assez claires sur la conduite d'un franc-maçon en présence d'étrangers. Vous devez, est t'il écrit, « être circonspects dans vos paroles et votre maintien afin que l'étranger le plus pénétrant ne puisse découvrir ou remarquer ce qu'il convient de ne pas divulguer ». Drôle de secret que celui là, tout de même, un secret si secret qu'on ne puisse même pas l'écrire ni le nommer.
Car à ne pas le nommer, l'on s'interroge ? S'agit t'il des décors du maçon, des symboles qui ornent les colonnes, des rituels qui ordonnent le travail en loge. Tout ceci n'est t'il pas largement connu de tous les profanes qu'un simple achat en librairie peut renseigner avec luxe détails. Que penser de nos frères qui écrivent ces livres. Trahissent t'ils donc allègrement ce secret dont, il y peu, l'apprenti que je suis devenu, prêtait serment de n'en jamais rien révéler. Mais, au fait, qu'ai je donc à révéler ?
Avant d'être un contenu perceptible, un savoir ou une connaissance, le secret est un engagement.
D'un point de vue pratique, il est le fruit d'une nécessité historique; une manière pour l'obédience de survivre aux attaques violentes dont elle a et fait d'ailleurs toujours l'objet; le franc-maçon choisit de se dévoiler ou de ne pas le faire. Mais il s'agit d'un acte de responsabilité et de liberté individuelle. Nul en revanche ne saurait sous aucun prétexte divulguer l'appartenance d'un autre frère à une obédience maçonnique ni révéler ce qui a été dit ou fait en loge. « Je préférerais avoir la gorge coupée que de trahir les secrets qui m'ont été confiés ». Tel est couramment l'une des interprétations que l'on peut faire du signe que chaque maçon exécute lors d'une intervention en loge. La fidélité à cet engagement est de mon point vue tout à fait essentielle, non seulement car elle repose sur un serment et donc symbolise la solidarité sans faille qui unit tous les francs-maçons, mais aussi car elle garantit une formidable liberté de parole. Ne pas avoir à se préoccuper des conséquences de ce que l'on dit, pouvoir exprimer sans arrière-pensée ni crainte sa réflexion, seul l'engagement au secret des débats permet à mon sens de l'obtenir. Seule la garantie du secret absolu sur le travail de la tenue permet d'en préserver la dimension sacrée, d'assurer que les métaux ont bien été laissés à la porte du temple. L'entrée dans le temple ce fait ainsi sous le signe qui est, en ce sens, également symbole de contention et de réserve.
L'initiation devait me livrer un secret, elle m'appelle en fait à la solidarité; elle ajoute à la chaîne qui dans l'espace et dans le temps lie les francs-maçons un nouveau maillon.
La pratique du secret, et plus généralement d'une grande discrétion dans son travail, entretient dans l'opinion un halo de mystère autour des travaux de la maçonnerie, porte ouverte aux phantasmes de tous ordres. L'obédience est vite soumise à un mouvement paradoxal. Comment communiquer sans dévoiler ?

Comment peser sur la vie profane, avec quels mots sans pour autant trahir le secret des travaux en loge ? Car on ne peut travailler à l'amélioration matérielle et morale de l'humanité si l'on se coupe de tout moyen d'influence politique, le mot politique étant naturellement à prendre dans son acception première, la vie de la cité. Mais, en même temps, si de longues épreuves ont été nécessaires pour tester la motivation du candidat et le juger apte et digne de partager le secret, ce n'est certes pas pour le livrer sans précaution à tout profane ; d'un point vue purement profane le secret sert la franc-maçonnerie. Dans un monde livré aux fantaisies des modes, où la communication prime sur le message, la posture mystérieuse entretenue par les travaux maçonniques ne dessert pas forcément la force de son message. D'un point de vue, strictement stratégique, il ne suffit plus aujourd'hui d'avoir une réflexion. L'efficacité de l'action humaniste que nous menons suppose que nos idées passent ; qu'elles passent à travers notre attitude dans le monde, sans compromission, sans trahison du secret fondamental qui nous lie mais avec le souci constant de tenir compte des meilleurs moyens de faire progresser notre approche des grands problèmes de société. La discrétion participe du poids et de la force présumée qui nous est reconnue; nous aurions sans doute tort de ne pas en tirer parti.
Mais je ne mélange pas cette discrétion au secret qui reste, pour moi, avant tout la préservation de l'identité de mes frères et de leurs propos en loge.
C'est une vision réductrice du secret maçonnique pourra t'on m'objecter. Je ne le pense pas. Solidarité, respect de la parole donnée, ce sont pour moi des vertus fondamentales. Que vaut l'aide et l'appui de celui qui ne peut garantir le secret. Envisagée sous sa dimension sociale la franc-maçonnerie doit continuer d'assurer la protection de ses frères. Mais en plus nous devons préserver la dimension sacrée du travail en loge.
M'interrogeant sur le secret maçonnique, je me souviens de ce proverbe d'un soufi du 19ème siècle Salih de Merv qui dit « les aveugles ont besoin d'yeux, pas de lumière ».
Autrement dit il n'existe pas de lumière pour qui ne peut ou ne sait la voir. Le secret maçonnique est aussi et peut être essentiellement une construction intérieure, personnelle et intime. Une construction qui ne s'enracine pas simplement dans domaine de la conscience mais une construction qui vient puiser ses sources plus profondément en nous. Par notre travail, par celui des symboles que j'interroge et du rituel auquel je prends part ce sont les profondeurs de mon inconscient qui résonnent et se révèlent à moi. Nous sommes plus à mon sens dans le domaine de la conscience mais celui de l'indicible ; le secret s'enracine dans l'intimité des émotions, du vécu ou du ressenti du franc-maçon, dans dialogue constant de la raison et de l'expérience intime, de la pensée rationnelle et l'évidence inexplicable du symbole ; il est mon expérience intérieure pour reprendre le titre du livre mystique de Georges Bataille. Il ne se transmet pas, en tout cas par le biais du langage, car il ne s'acquiert pas par le langage. Il se forme par le travail profond du rituel sur le franc-maçon, un travail lent et continu. Un peu à l'image des aiguilles marquant les minutes sur une montre qui paraissent toujours immobiles et pourtant ne cessent jamais de tourner. Chaque frère vit une maçonnerie qui lui est singulière. De secrets il y en a autant que de frères et d'expériences personnelles du cheminement maçonnique. Une multiplicité qui n'exclut pas l'unité, unité que nous retrouvons par exemple dans la chaîne d'union par laquelle nous voulons, affranchis des insuffisances du langage, partager nos secrets intérieurs ; fusionner pour que les anneaux de pur métal forment cette chaîne une et indivisible, si forte et si unie qu'une seule main suffit à prêter serment pour l'ensemble des anneaux qui la composent; ériger avec des pierres lisses et parfaitement ajustées le temple idéal de l'humanité.
Le secret c'est une quête, une quête sans fin, une quête de centralité, d'unité, d'universalité.
L'initiation au sein de la loge, le serment prêté me soustrait au monde profane. Un premier cercle, un nouvel espace s'ouvre à l'apprenti, celui de la loge et des frères qui la composent. Ce premier niveau du secret maçonnique renvoie à l'exigence de solidarité et de discrétion déjà mentionnée. Il délimite la division du profane et du sacré.
Le cheminement maçonnique bien que reposant sur un rituel collectif est en même temps une démarche intérieure, personnelle, singulière à chaque franc-maçon. La communauté du rituel n'a pas pour but de contraindre l'individualité mais au contraire de fait surgir l'unité de la diversité. Un nouveau cercle, un nouvel espace personnel s'érige peu à peu. Les mots sont impuissants à le décrire. Chacun construit peu à peu, consciemment ou non le cercle des ses émotions, de son vécu intime en atelier, de sa méditation.
Chaque frère est ainsi constructeur d'un nouvel espace, d'un secret indicible qui le soustrait aux autres non seulement par sa singularité mais également par son incommunicabilité. Ce second cercle délimite en quelque sorte son espace intérieur de celui de ses frères.
Mais c'est en soi même que se poursuit sans relâche cette quête d'un secret intérieur. Un troisième cercle qui dissimulerait à ma conscience cette centralité, le secret maçonnique. Recherche du principe, de l'origine du tout ou du secret maçonnique, c'est en fait la même chose.
Mais la vérité ne réside t'elle pas dans la quête elle-même, dans les transformations successives qu'elle induit sur le franc-maçon plus que dans l'hypothétique découverte d'un supposé secret maçonnique ?

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Le secret maçonnique

Publié le 16 Juin 2013 par X dans Planches

Une fois n’est pas coutume, je souhaiterais aborder cette planche sur un plan très personnel ; non, parce que je suis à la recherche d’un divan confortable et d’une oreille avertie, mais parce qu’à mes yeux, il ne sert strictement à rien ni pour vous, ni pour moi, d’aborder la question du secret initiatique de manière essentiellement intellectuelle. Le mot « intellectuel » étant entendu ici dans sons sens péjoratif d’intellectualisme, cette maladie contagieuse qui nous contamine tous et qui guette tout jeune maçon introduit fraîchement dans ce bouillon de culture qu’est trop souvent la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui.

Cette approche personnelle du secret initiatique confèrera à mon travail une vertu dont je me suis trop souvent éloigné dans mes laïus précédents : celle de la brièveté.

Ceci démontrera par là même qu’il est plus facile, du moins pour ce qui me concerne, de faire un discours long et charpenté de citations et d’exemples, sur l’initiation que de parler de sa propre initiation, ou simplement d’y faire allusion…

Mon père qui n’était pas un intellectuel, et qui n’en était pas pour autant frustré, avait coutume de répéter cette maxime qui semble sortie tout droit de l’Almanach Vermot, ce recueil du bon sens populaire : « Un secret à deux, ce n’est plus un secret ! ».

Son discours était-il inspiré ? Je pourrais le penser aujourd’hui, en constatant qu’en ponctuant chacun de ses « airs entendus » de cette litote lapidaire, il énonçait une réalité que j’ai mis des années de maçonnerie sage et tranquille à découvrir : si le secret initiatique existe, il est impossible d’en parler à deux, et a fortiori à plusieurs.

C’est pourtant à cet exercice que se livrent les 1er et second surveillants dans l’ouverture des travaux du rituel dit de 1802, que je cite en ces lieux non par provocation, mais pour les besoins de la cause :

- « Mon Frère, qu’y a t il entre nous ? » commence le 1er surveillant

Question à laquelle le second surveillant répond :

- « Un secret, mon Frère ! »

Et le 1er surveillant de poursuivre par une question qui brûle les lèvres de tous ceux qui assistent à cette ouverture des travaux :

- « Quel est ce secret ? »

Pour aboutir à cette réponse :

- « La Franc-Maçonnerie. »

qui, pour le moins, dénoterait d’une pauvreté intellectuelle affligeante chez les rédacteurs de ce rituel, si nous n’y soupçonnions une volonté de provoquer chez nous, un questionnement rédempteur.

En fait, nous apprenons par là que le secret initiatique qui intrigue tant ceux qui ne le détiennent pas, c’est tout simplement la Franc-Maçonnerie.

Nous pouvons imaginer que c’est le même sentiment d’étonnement et de frustration dont ont été saisis, ceux qui s’attendaient à découvrir le secret du peuple élu à leur entrée dans Jérusalem au mois d’août de l’an 70 après Jésus-Christ.

Le 24ème jour de ce même mois, les soldats de Titus entrent dans le Temple de Jérusalem et y mettent le feu. Alors qu’ils pénètrent au centre du Temple, dans le Saint des Saints, au cœur de l’ancien palais d’or et de cèdre, là où seul le Grand Prêtre pouvait pénétrer au jour du Kippour, ils se précipitent pour savoir enfin ce qu’il y avait de si mystérieux en ce lieu, pour que les Juifs le gardent avec autant de précautions. Le général romain qui guidait ses soldats vers le centre des centres pensait enfin percer ce secret.

Soulevant alors le rideau du lieu saint, ils ne purent qu’être stupéfaits par le spectacle s’offrant à leurs yeux : il n’y avait rien ! Absolument rien !… Là, au centre de tous les centres, au centre du monde, au « lieu » par excellence, dans le cœur brûlant de Jérusalem, dont l’oubli entraînait pour le Juif que sa dextre se dessèche et que sa langue colle au palais, là était simplement un lieu désespérément vide de tout !

Et bien, mes Frères, pour ce qui me concerne, car comme je vous l’ai annoncé en introduction, c’est une vision personnelle qui préside au travail que je vous livre ce soir, le secret initiatique est aussi un « lieu vide tout »…

Mais ce lieu n’est « vide de tout » que pour celui qui comme ce général romain n’a pas pris la peine de passer par l’ascèse nécessaire et préalable à une véritable expérience que bien pompeusement, je vais qualifier ici de « spirituelle » à défaut de termes plus adéquats pour qualifier cette ouverture de notre intellect (ici, dans le bon sens du terme) vers justement ce qui ne peut être nommé.

Pour celui qui a vécu la plus minime expérience qui soit, ce « lieu vide de tout » déborde d’une plénitude qui lui confère à jamais la Sagesse, la Force et la Beauté, ces attributs qui soutiennent le Temple ainsi élaboré.

Parler plus longuement de ce secret initiatique serait faire œuvre de rhétorique et discuter à l’envi sur l’initiation, chose facile et à la portée de tout homme, mais qui sont autant d’éléments disqualifiants pour parvenir à l’expérience évoquée plus haut, qui est justement le seul moyen pour avoir une petite idée de ce que peut être ce secret si secret.

S’il était besoin de preuve, il suffirait d’être attentif un moment à cette volonté incompréhensible dans le cadre initiatique qui est le notre, que l’on peut constater chez nombre de maçons, à vouloir trouver une réalité concrète et rationnelle à cette idée de secret maçonnique.

Sans vouloir approfondir de trop cette piste purement « intellectuelle », qu’il nous soit permis un instant d’en cerner les quelques lieux communs les plus généralement assénés de manière rassérénante dans nos loges :

Il en est qui trouvent une racine historique à ce secret maçonnique - alors même, que nous le verrons plus loin, cela ne peut être – en rappelant la fameuse tradition opérative : Au temps des « opératifs », les francs-maçons, hommes de métier disposant des secrets du métier, auraient opté pour « dévoiler » dans leurs œuvres ce qui devait rester caché dans leur cœur.

Et alors que ce qui précède nous laisserait croire que le secret maçonnique trouve sa source dans le métier, pour le Chevalier André-Michel de Ramsay, il n’en est rien, lorsqu’il déclare dans son fameux discours en 1737 : « C'était, selon les apparences, des mots de guerre que les croisés se donnaient les uns aux autres, pour se garantir des surprises des Sarrasins, qui se glissaient souvent déguisés parmi eux pour les trahir et les assassiner ». Mais il ajoute tout de suite : « Ces signes et ces paroles rappellent le souvenir ou de quelque partie de notre science ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la foi. » Autrement dit, ce secret, loin de trouver sa source dans l’histoire, va la puiser dans « quelque mystère de la foi »… C'est-à-dire dans un temps mythique et non plus historique.

Vouloir ancrer le secret maçonnique dans l’histoire des hommes ne conduit qu’à faire une confusion entre ce qui est secret et ce qui est ésotérique. Ce qui est ésotérique n’est pas secret, mais tout simplement caché, voilé. Caché en vertu de la discipline de l’arcane exprimée sans ambiguïté dans Mathieu VII, 6 : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.».

Cette discipline de l’arcane propre à toute tradition risquant de remettre en cause l’ordre social établi par les dogmes, c'est-à-dire par des règles essentiellement humaines, il est donc tout aussi naturel qu’important que les « empêcheurs de tourner en rond » observent une discrétion minimale sur leur manière de penser, surtout si cette façon de penser est génératrice de réaction, d’oppression voire, comme cela a toujours été le cas au cours de l’histoire humaine, de répression !

Henri Corbin prétendait « qu'il convient d'avancer de façon inconnue pour nous protéger de ceux qui sont inaptes au cheminement, par manque de qualifications, cela ne les concerne pas, et de ceux qui nous sont hostiles, cela ne les concerne que trop ».

Pour ne point se prendre trop au sérieux, je vous rappellerais ce mot fort à propos et plein de bon sens de l’humoriste Pierre Desproges qui disait que « l’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». On peut en effet parler de tout, mais pas avec tout le monde.

Face à cette nécessité de se protéger des attaques éventuelles de l’extérieur, toute organisation ésotérique se doit d’instaurer des règles internes de fonctionnement, et notamment la première d’entre elles : un serment prêté par tout membre de l’organisation de garder secrets les enseignements reçus, tout comme devaient rester secrets les règles et astuces du métier, qui faisaient justement la différence entre celui qui y avait été initié et celui qui y restait « profane » au sens étymologique de ce terme, à savoir celui qui demeurait devant le Temple, sans pouvoir y entrer…

Comme toute règle de droit, ce serment devait être assorti de sanctions à peine d’être tout aussi inapplicable qu’inappliqué. Delà, les imprécations quelques peu surannées diffusées par nos rituels : gorge tranchée ou autre torture plus ou moins barbare qui rappelle les supplices infligés au Moyen-Âge à celui qui s’était rendu coupable d’un crime de lèse-majesté.

Cette discrétion observée quant aux « secrets » du métier, valait aussi et vaut toujours quant à l’identité des membres de l’organisation.

Il pourrait être objecté ici à juste titre que c’est là une règle élémentaire de courtoisie que de ne pas trahir la confiance qui nous est faite, lorsque nous sommes amenés à connaître la qualité de tel ou tel homme, dans la mesure où notre sens de la morale, de la justice ou de la loyauté envers quelque chose de supérieur, ne nous obligent pas à justement révéler ce que nous aurions été conduits à apprendre.

C’est ainsi que dévoiler tel ou tel frère, sans son accord préalable, ne constitue pas une violation du fameux secret maçonnique, mais tout simplement une violation du serment prêté lors de notre initiation.

Il en serait de même à coup sûr de l’inobservance, malheureusement trop souvent constatée, du principe du secret des délibérations : Ainsi en est-il du Frère peu scrupuleux qui va dévoiler dès sa sortie de l’Atelier, les observations formulées par tel ou tel Frère sur tel ou tel autre Frère admis, par exemple à présenter un travail d’augmentation de salaire.

Mais pour regrettables que sont de tels incidents, plus souvent provoqués par la bêtise que par une réelle volonté de nuire à l’organisation, personne ne pourrait soutenir sans provoquer l’hilarité générale que ces manquements méritent d’être punis d’un égorgement.

Que dire alors de la révélation des mots, signes et attouchements, qui ont déjà fait l’objet d’indiscrétions multiples, et qui alimentent en permanence les étagères du rayon « ésotérisme » des grandes surfaces. Aucun maçon sain de corps et d’esprit (ce qui a priori constitue un pléonasme dont vous voudrez bien me pardonnez) ne peut croire qu’en révélant ces « secrets » de polichinelle, il s’expose à la terrible vengeance d’une sorte de Sainte-Vehme reconstituée pour l’occasion.

Mais, même lorsqu’il donne – sans penser peut-être d’ailleurs que c’est là quelque chose de paradoxal pour un franc-maçon – un caractère « symbolique » à ces sanctions, il ne peut imaginer que c’est en ça que réside le secret initiatique.

Tout simplement parce, que toute cette perspective s’inscrit à un espace-temps, et penser que le secret initiatique puisse se concevoir dans un temps historique risque de rendre inopérante toute tentative d’en percer un jour le ….. secret !

Bien au contraire, le secret initiatique s’inscrit dans un espace-temps qui n’a rien à voir avec l’histoire, et c’est bien pour cela qu’il se trouve être incommunicable avec des mots fussent-ils tirés de nos rituels.

Le seul moyen pour un homme de percer ce secret est de se faire initier. C’est là, cependant, une condition nécessaire mais insuffisante. Encore faut-il pour cet homme devenu maçon de vivre au sein de sa maçonnerie, l’expérience qui lui dévoilera le secret, mais qui ne lui révèlera qu’à lui seul, car le langage par lequel le secret est révélé n’est utilisé que par les deux entités sujet et objet de cette révélation… Pour chacun d’entre nous, il s’avère langage particulier, même si le secret qu’il révèle semble être le même pour tous.

Si l’on reprend alors l’échange entre les deux surveillants qui ouvre les travaux dans le rituel de 1802 :

Frère Second surveillant qu’y a-t-il entre nous ?

Un secret mon Frère !

On comprend bien dès lors que tous deux parlent bien du même secret. Mais lorsque le 1er surveillant demande au second surveillant de lui dire quel est ce secret, ce dernier ne peut faire que cette réponse qui peut paraître dubitative : « La franc-maçonnerie ». Il indique par là que pour découvrir ce secret, il faut passer non seulement par la méthode, mais surtout par l’application de cette méthode dans ce qu’elle a de plus pur, dans ce qu’elle est de débarrassée de toutes les pesanteurs dont la vie dans le monde et dans l’histoire l’a chargées.

On peut alors donner sa juste valeur à ce sonnet anonyme du XVIIIe siècle :

« Pour le public, un franc-maçon

Sera toujours un vrai problème,

Qu'il ne saurait résoudre à fond

Qu'en devenant Maçon lui-même. »

Je pourrais, pour illustrer mon propos, inventer un autre dialogue, dans lequel le 1er surveillant demanderait au second : « quel goût ont les fraises ? », et le second surveillant lui répondrait par cette lapalissade : « les fraises ont le goût de la fraise ! ».

Comment expliquer en effet à quelqu’un qui n’a jamais goûté à une fraise, ce qu’est le goût des fraises ?

Nous savons bien que cela est impossible, et que le secret du goût des fraises est tout aussi incommunicable que le secret maçonnique. Cette incommunicabilité n’ôte cependant rien à sa réalité : les fraises ont un goût, c’est sûr ! Et pour le connaître, il est nécessaire et suffisant d’y goûter, d’en faire l’expérience.

Mais quand bien même cette expérience aurait lieu pour deux êtres, qui dès lors, comme nos deux surveillants du rituel de 1802, semblent parler de la même chose… S’agit-il bien de la même chose ? Qu’est-ce qui peut me dire que le goût que je trouve aux fraises que je mange est le même que celui que mon Frère en maçonnerie trouve à ses propres fraises ?

Les fraises sont identiques et communes à tous, leur goût demeure à jamais particulier à chacun, sans possibilité de communication sur le sujet avec un autre que Celui qui a fait que les fraises aient un goût, car comme le disait Sohrawardi : « Pourquoi Dieu a-t-il créé ses créatures, si ce n’est pour pouvoir converser avec elles en secret ? »

Eric-Emmanuel Schmitt nous dit dans son évangile selon Pilate : « Il est évident que pour décrire le séjour de Jésus au désert, je me sers de ma nuit au désert lorsque, au mois de février 1989, je suis entré athée dans le Sahara et ressorti croyant… En fait, je n’utilise pas tant que cela mon expérience singulière. Je n’écris que ce qui est nécessaire à mon livre. Je continue à garder pour moi cette nuit sous les étoiles qui a changé ma vie. »

Je vais donc le suivre sur ce point et arrêter là mes tentatives inutiles de vous parler de ce qui, par définition, est indicible, en me contentant (et ce ne sera déjà pas si mal si j’y parviens) d’espérer donner envie à ceux qui n’ont jamais mangé de fraises, ceux dont on dit ici, qu’ils ne savent ni lire ni écrire, mais seulement épeler, d’apprendre ce secret merveilleux qu’est le goût de la fraise.

J’ai dit !

Source : http://fm.alsace.tradition.over-blog.com/article-le-secret-ma-onnique-110966558.html

 

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