Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Qui était Saint André ?

Publié le 13 Juillet 2026 par T.D

Au rituel du 4e Grade, désigné à cette époque sous le nom de « Maître Ecossais », approuvé par le Convent des Gaules de 1778, manquait le  dernier tableau, avec la figure de saint André, ainsi que l’ultime instruction qui résume tous les points essentiels de la Maçonnerie symbolique rectifiée, éléments qui furent rajoutés bien après le Convent de Wilhelmsbad (1782).

Dans une lettre, Willermoz expliquait le sens du 4e Grade du Régime rectifié de la manière suivante : « Nous n’avons chez nous qu’un seul grade supérieur et intermédiaire entre les trois gra­des bleus et l’Ordre Intérieur, dénommé, comme je l’ai déjà dit, Maître Ecossais de Saint-André. (…) Notre Maître Ecossais retrace et met en action dans sa réception tou­tes les grandes époques historiques survenues au Temple de Salomon et à la nation élue : la destruction, la réédification et la deuxième dédicace de l’un, la captivité, le re­tour et les combats de l’autre ; car nous ne perdons jamais de vue les révolutions de ce Temple unique, ni le grand emblème du Maître Hiram ; tous ces objets sont mis en scène sous les yeux du candidat par divers tableaux, dont le dernier figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle par Saint-André qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ ; ici finissent les symboles. » [1]

Pourtant, malgré sa place importante dans le Régime rectifié, peu de Frères connaissent qui fut réellement saint André.

Il semble donc intéressant d’éclairer la figure de ce grand saint et Apôtre qui occupe une place charnière au sein du système fondé par Jean-Baptise Willermoz.

Saint André (+ 62), frère de saint Pierre, est le premier des Apôtres qui ait connu Jésus-Christ, aussitôt après Son Baptême sur les bords du Jourdain. Toutefois son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra avec son frère Simon, jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

 Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu’au Pont-Euxin. Les prêtres de l’Achaïe prirent soin d’envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix : « Si je craignais ce supplice, dit-il, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son Apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d’être prêts eux-mêmes au combat.

 Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l’objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. »

 Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l’Apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur.

 D’aussi loin qu’il aperçut la Croix, il s’écria d’une voix forte : « Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de Son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. O bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m’a sauvé. »

 Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d’une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le Saint, du haut de sa Croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes.

 Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d’une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l’âme.

Ainsi, comme le souligne Willermoz, Saint André « figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ », il nous rappelle que la Nouvelle Alliance est rattachée et unie aux alliances antérieures qu’elle réincorpore et « accomplit », mais que l’Incarnation de Jésus-Christ a ceci de particulier qu’elle manifeste non seulement la continuité des promesses qu’elle situe sur un plan céleste et divin, mais surtout fonde pour toujours « l’Alliance éternelle » (Hébreux 13, 20), l’Alliance parfaite, bien supérieure à l’ancienne, l’Alliance nouvelle qui libère la race d’Adam par l’effet de la loi nouvelle de grâce.

commentaires
Publicité

Saint André, l'apôtre

Publié le 13 Juillet 2026 par T.D

Les évangiles nous le présentent comme l’un des deux disciples de Jean le Baptiste qui suivirent Jésus dès le commencement (Jn 1, 35-39).

André est né à Bethsaïde, en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade. Avec son frère Simon, il était pêcheur. Recherchant Dieu, il avait d’abord été le disciple du prédicateur Jean le Baptiste, qui l’avait certainement baptisé. Lorsque Jean-Baptiste désigna Jésus-Christ en disant : « Voici l’agneau de Dieu », « l’agneau de Dieu qui l’emporte sur les péchés du monde » (Jean 1, 29-40), il le suivit et ne le quitta plus. Il fut ainsi premier disciple appelé par Jésus-Christ.

André servit souvent d’intermédiaire. C’est lui qui amena son frère Simon Pierre à Jésus (Jn 1, 39-42).
C’est encore lui, lors de l’épisode de la multiplication des pains, qui amena le jeune garçon portant les cinq pains et les deux poissons à Jésus pour nourrir une multitude affamée (Jn 6, 9).
C’est lui enfin qui, avec Philippe, son compagnon de Bethsaïde, introduisit auprès de Jésus quelques Grecs qui cherchaient à le rencontrer.

La tradition rapporte qu’après la Pentecôte, il partit prêcher l’Évangile, au cours d’un long voyage, tout autour des côtes de la mer Noire. Ses voyages l’amenèrent en Bithynie (côte turque), à Éphèse, en Mésopotamie, en Ukraine actuelle, en Thrace (région entre le Bosphore et le Danube), à Byzance et finalement en Achaïe (région au nord du Péloponnèse), où il finit crucifié, sous l’empereur Néron, à Patras, en l’an 60. La croix de supplice sur laquelle il a été crucifié était en forme de X, ce qui a donné le nom de croix de Saint-André.

Au IVe siècle, ses reliques furent transportées à Constantinople, mais reposent aujourd’hui à Amalfi en Italie. Dans les années soixante, une grande partie des reliques du saint et de sa croix furent restituées à l’Église de Grèce. Dans la ville de Patras, on construisit une grande église pour les abriter.

L’attribut de saint André est la croix à branches égales, dite croix de saint André, sur laquelle il fut martyrisé. Parfois, l’ancien pêcheur de Galilée tient un grand filet d’où émergent des têtes de poissons.

commentaires

Le Serment: je préfèrerais avoir la gorge coupée...

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

Dans le mémento du 1er degré, au chapitre « instruction » il est demandé à l’Apprenti de faire le signe pénal et d’en donner la signification. -

« que signifie ce signe ? » questionne le 1er Surv∴ et le Frère répond « que les secrets qui m’ont été confiés. »

Cette réponse fait bien sûr écho au serment qu’il a prêté lors de sa cérémonie d’initiation. Souvenons-nous, le V∴M∴ lui demande d’écouter attentivement la formule du serment. Le récipiendaire jure donc. De ne jamais révéler aucun secret de la F∴M∴ à qui n’en a pas qualité pour les connaître ; l’observance consciencieuse des principes de l’Ordre; de suivre régulièrement les travaux ; d’aimer ses frères. Et il conclut:

« Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d’aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée. »

Rien que ça… Phrase terrible, glaçante qui scelle son serment.

Pour l’instant, le futur initié ignore que tout est symbole — quoiqu’il puisse quand même le deviner, le V∴M∴ lui a donné quelques indices entre les épreuves. Tout est symbole, certes mais pendant une seconde qui n’a pas pris cette sentence — pardonnez-moi ce jeu de mot — au 1er degré ? Qui ne s’est pas demandé si à l’origine, jadis dans une société où la peine de mort, la torture, la barbarie étaient assez partagées par des juges peu enclins à la tolérance et à la galéjade ; si cette punition n’avait pas existé. Après tout, la maçonnerie ne date pas d’hier. Et il y a fort à parier qu’une des origines du fantasme anti maçonnique, de l’accusation calomnieuse des pires infamies auxquelles nous nous livrons et dont heureusement nous savons rire, pourrait venir de là. C’est bien connu toute cérémonie d’initiation quelle qu’elle soit, au mieux intrigue, au pire fait peur. Ce qui est sûr c’est qu’on en sort différent, transformé.

En outre, le V∴M∴ insiste en demandant par deux fois au néophyte — au cas où celui-ci soit devenu relapse entre temps — s’il persiste, si son serment et ses engagements ne lui donnent aucune inquiétude. Nous remarquerons que dans le memento, c’est juste la gorge qui est menacée de tranchage. Il n’est pas question de langue arrachée ; de toute façon, l’Apprenti n’a pas vraiment eu l’occasion de s’en servir. Il y a une autre différence. En prononçant lors de l’initiation la phrase « sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée », le récipiendaire subit, il est sous une menace. Ce qui le punirait en cas de trahison, c’est une justice immanente, celle du Grand Architecte ou celles des Frères. Bref, cette peine lui serait infligée par d’autres. Quelques années plus tard, alors qu’il a progressé, que les Maitres pensent qu’il est apte à gravir une marche, l’Apprenti qui a travaillé une partie des symboles à son degré est également capable d’être. Capable de dire « je ». « […] je préfèrerais avoir la gorge coupée que de révéler les secrets qui m’ont été confiés. » La conjugaison en dit long. L’Apprenti quitté sa forme passive d’homme imparfait pour commencer à suivre un chemin actif, une voix d’affirmation. Les mots ont leur importance, les secrets sont confiés au Frère. Pas donnés. Ce n’est donc pas tant un contenu, une liste de mots, de gestes ou d’attouchements dont il est question. Mais de confiance. Le terme « signe pénal » est très peu souvent prononcé par le V∴M∴ ou les Off∴ pendant les tenues régulières au 1er degré. Le mot « signe » sans qualificatif suffit ; « A moi mes Frères ! Par le signe… » ; la signification pénale de ce dernier est intégrée. Intégré, car la mise à l’ordre est tout à la fois le rappel de la mesure — avant de parler, il vaut mieux tourner sept fois dans sa bouche sa langue, surtout si elle n’est pas encore arrachée — mais aussi la façon de se souvenir de notre serment ; la main devient alors le symbole de la lame guetteuse. Une auto punition en suspens.

A propos de serment, à l’heure où je travaillais ce modeste morceau d’architecture, notre F Benoît nous saisissait d’un passage du Recueil des obligations déontologiques des magistrats, publié par le Conseil Supérieur de la Magistrature. En voici la substance : « Le devoir de solidarité entre les membres de certaines organisations ou l’existence d’un système de justice propre à celles-ci peuvent générer un devoir de loyauté incompatible avec l’impartialité à laquelle les magistrats sont tenus. […] La pratique du serment […] qu’implique l’appartenance à certaines organisations philosophiques ou religieuses risque d’être incompatible avec les devoirs d’indépendance et d’impartialité du magistrat. » Le serment maçonnique est en effet double. Le symbolique prononcé à l’intérieur du Temple et celui qui en découle pour le monde profane. Ce dernier m’apparaît moins comme la parole donnée à ne rien dévoiler qu’à une parole tacite de ne pas se dévoiler. Car que faut-il donc taire qui ne soit déjà révélé, commun ? Les livres, les sites se sont chargés de trahir le serment à notre place. Tous les secrets sont accessibles excepté le nôtre évidemment. Et celui de l’appartenance. Le Franc-Maçon sait bien qu’un outil, un symbole doit être manié avec circonspection. Le bandeau sur les yeux de la Justice symbolise son impartialité ; il ne lui cache pas la vue, il la préserve, grâce à lui, elle peut voir clairement, équitablement. Son aveuglement est garant de son impartialité. A l’inverse, celui qui cache les yeux du récipiendaire le maintient dans les ténèbres ; il faut lui ôter pour qu’il reçoive la lumière. Ce qui peut donc inquiéter dans cet abstract du Conseil Supérieur de la Magistrature, quelle que soit notre obédience, c’est l’abolition annoncée entre la légalité et la légitimité. Entre le Droit et le droit d’être. La menace d’un monde, sans symbole et sans symbolique, qui confond tout. Un monde où est jeté dans le même sac, la Franc-Maçonnerie, des associations tolérantes et universalistes et des organisations criminelles, factieuses ou sectaires. La Franc-Maçonnerie encore très suspecte de collusions et d’entre-soi n’est donc pas prête d’être épargnée ou valorisée. Cette « incompatibilité avec les devoirs d’indépendance et d’impartialité du magistrat » nous renvoi encore et toujours à une marginalisation. Car face à ceux qui tranchent et coupent réellement des têtes, des gorges et plus largement des pensées, notre serment, tout sanglant et douloureux qu’il puisse apparaitre est bien inoffensif.

 

Alain KEI.°.

commentaires

L’Autel des serments

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

Le but de la présente planche est de définir ce qui, dans nos Loges, est un autel et traditionnellement désigné comme « Autel des serments » ; de préciser à quoi il sert, dans quelle intention et comment y disposer les objets symboliques.

Essayons tout d’abord de définir ce qu’est l’autel de notre Loge.

Essai de définition de l’Autel

A l’avant du Pavé mosaïque et à courte distance des trois marches conduisant à l’Orient, la Tradition nous fait placer un autel dans l’axe du Vénérable Maître.

Cet « Autel des serments » devrait, selon l’usage des Anciens, se trouver sur le plateau du Vénérable Maître, mais en réalité il est représenté le plus souvent sur un petit meuble immédiatement accolé à son plateau, au-dessus ou au-dessous des trois marches qui délimitent l’Orient de la Loge. Il est plus rarement situé au centre du Carré Long de la Loge. Il s’agit d’un support surélevé destiné à rassembler les éléments symboliques.

Dans la plupart de nos Loges, il s’agit d’un meuble généralement de forme cubique mais ailleurs, il s’agit parfois d’une grosse pierre brute sur laquelle peuvent être posées ce que nous appelons « les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie ».

Que doit-on trouver sur l’Autel des serments ?

L’Autel des serments

En vue du bon déroulement de chaque Tenue, le Frère Architecte dépose sur l’Autel le Volume de la Loi Sacrée fermé. Au Rite moderne, il y joint un compas également fermé ainsi qu’une équerre. Selon le rite pratiqué, d’autres objets doivent parfois être placés sur l’Autel. Ainsi, au Rite Écossais Rectifié, une petite Épée et une Truelle sont également disposées en plus des Trois Grandes Lumières.

Les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie forment symboliquement un tout. On peut en déduire l’intention des Maçons de ne pas accepter le contenu du livre sacré dans son sens littéral, mais bien de l’interpréter au moyen du symbolisme du Compas et de l'Équerre.

Pour certains Maçons, le Volume de la Loi sacrée ne serait qu’un symbole et, à ce titre, il serait susceptible d’interprétation personnelle. Mais la présence de la Bible sur l’Autel est un Landmark contesté par certaines Loges non-régulières. C’est pourquoi, dès 1929, la Grande Loge Unie d’Angleterre – qui est l’héritière de la première Grande Loge de Londres et, à ce titre, la garante de l’archétype de la Franc-maçonnerie spéculative – a publié les huit principes fondamentaux pour la reconnaissance des Grandes Loges.

Sans pour autant vous les rappeler tous, je vous dirai simplement qu’au point 3 de ces Landmarks, il est spécifié que les Initiés devront prêter leur obligation sur le Livre de la Loi Sacrée, ou les yeux fixés sur ce Livre ouvert, par lequel est exprimé la révélation d’en haut par laquelle la conscience de l’individu que l’on initie est irrévocablement liée.

Le Volume de la Loi Sacrée ne se trouve pas seul sur l’Autel. Il est recouvert de l'Équerre et du Compas. La présence de ces deux outils – qui deviennent des symboles une fois les Travaux ouverts – n’a aucune connotation blasphématoire. Nous sommes en présence d’un modèle symbolique universel. Dans ce modèle, l'Équerre représente la partie matérielle du Cosmos, c’est-à-dire pour nous la Terre. Le Compas y représente le Ciel ou les Cieux. L'Équerre est donc l’emblème de l’homme et le Compas celui du Grand Architecte de l’Univers.

Ces Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie constituent un modèle symbolique ternaire. Mais l'Équerre et le Compas, modèle binaire, se juxtaposent, pour en éclairer la portée, avec le Volume de la Loi Sacrée qui, aux yeux de certains autres Maçons, est bien plus qu’un symbole. Pour Guy Boisdenghien notamment, le Volume de la Lois Sacrée contient des passages attribués à des révélations a-humaines ».

Le point 6 des Landmarks précise également que les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie seront toujours exposées pendant les Travaux de la Grande Loge ou des Loges sous son contrôle. La principale de ces Lumières est le Livre (ou Volume) de la Loi Sacrée, concept que je vais à présent essayer d’expliciter.

Le serment

Lors de la cérémonie d’Initiation, immédiatement après les « voyages », l’Impétrant prête son serment sur les trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Le rituel précise bien qu’il s’agit du Volume de la Loi Sacrée, le Compas et l'Équerre.

Dans certaines obédiences ou à certains rites, il est dit au candidat que ce Volume de la Loi sacrée, c’est la Bible. En réalité, ce Volume est toujours la Bible, ouverte au Prologue de l'Evangile de Jean. Agir autrement reviendrait à vider le rite de son sens !

Mais ce livre ne représente peut-être rien pour le candidat. Pour que ce serment ait une valeur, il faut qu’il soit prêté sur un livre représentant la loi morale ou la Tradition.

Conformément à l’article 3 de la Constitution de notre Obédience, la G.L.R.B., toutes les promesses et engagements solennels doivent être pris en apposant la main droite sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie, à savoir le Volume de la Loi Sacrée, ouvert de préférence à l’Évangile selon St Jean,  sous l'Équerre et le Compas. Le Livre sacré exigé par la religion d’un candidat peut à sa demande être ajouté sur l’autel pour le même usage.

La Loge peut donc, le temps du Serment, ajouter à la Bible un autre ouvrage, en concertation préalable avec le candidat pour lequel il aura cette valeur : le Coran, la Torah, les Védas (hindouisme), le Tripitaka (bouddhisme), le Tao te King (taoïsme), les quatre livres de la doctrine (confucianisme), le Zend-Avesta (zoroastrisme).

L’article 32.1 de notre Règlement Général concerne toutes les promesses et engagements solennels », par exemple : les initiations aux trois grades mais aussi le serment du Vénérable Maître lors de son Installation solennelle.

L’article 32.2 précise qu’une Loge peut, à la demande d’un seul Frère ou de plusieurs des membres de la Loge ou même d’un Frère visiteur, décider de placer sur l’autel – à côté de la Bible, ouverte sous l'Équerre et le Compas – d’autres « Volumes de la Loi Sacrée ». Le Grand Comité donne un avis sur les Volumes qui peuvent être pris en compte.

Cet article 32.2 ne concerne que toutes les autres occasions où il n’est pas de question de promesses ni d’engagements solennels.

Concernant l’ouverture du livre de la loi sacré dans notre tradition européenne, nous ouvrons et nous fermons les Travaux avec l’Evangile de saint Jean d’où provient la Vraie Lumière. C’est donc bien la Bible qui doit être ouverte. Il n’y a pas de raison impérative pour que les autres livres soient ouverts.

Précisons aussi que la Bible peut avoir un caractère religieux pour le candidat, ainsi d’ailleurs que pour certains membres de la Loge. Mais, dans son rôle de Volume de la Loi Sacrée, il n’en est rien. Les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie n’ont aucun caractère religieux. Les rites pratiqués à la Grande Loge régulière de Belgique sont ouverts aux hommes de toute confession.

Considérations sur la Bible ou Volume de la Loi Sacrée

La Bible, en tant que « objet – livre » n’a aucun caractère sacré. Un livre ne peut à l’évidence être sacral. Par contre, une partie de son contenu se souche sur la Tradition car, pour reprendre l’expression de Guy Boisdenghien, elle exprime « une révélation a-humaine » ; l’exemple le plus connu étant les Dix Commandements que Yahvé dicta à Moïse sur le mont Sinaï.

On ne lit pas la Bible uniformément mais selon quatre optiques : littérale, historique, morale et ésotérique. Se référer à la lettre des écrits bibliques ne tient plus la route à notre époque. De plus, l’historicité des récits n’est plus prise en compte depuis le siècle dernier. D'ailleurs, tout texte qui se veut enseignement d’une tradition ou d’une révélation n’a que des rapports secondaires et même insignifiants avec la réalité et la chronologie historiques. Demeurent les lectures morales et d’approche ésotérique. A ces niveaux, le Livre n’est plus la propriété du peuple élu en sa partie vétérotestamentaire ni celle des chrétiens dans sa partie néotestamentaire. Ainsi, les gnostiques, les déistes, les agnostiques et même les athées peuvent y glaner des réflexions concernant la Loi Morale ou leur introspection personnelle, spirituelle ou non.

Faut-il nécessairement rappeler que les Évangiles et tout particulièrement celui attribué à Jean contiennent ce remarquable message à l’adresse de toute l’humanité : « aimez-vous les uns les autres ! ».

Pour bon nombre de Maçons réguliers, c’est-à-dire ceux qui se souviennent que notre Maçonnerie traditionnelle et universelle est chrétienne, le Volume de la Loi sacrée représente le livre du Verbe créateur, manifesté sous l’aspect de la révélation. La Tradition révélée par le Volume de la Loi sacrée, dans son sens ésotérique est source de Connaissance et de méditation. L'Eternel a créé le monde par le Verbe qui s’incarne dans la langue sacrée et dans la parole rituelle qui contient l’essence primordiale. Un livre fermé garde son secret. Un livre ouvert instruit celui qui le lit, dévoile ce qui est caché.

Ce livre contient un double message. Le premier comporte un enseignement extérieur, représenté par les dogmes et une loi morale à caractère exotérique. Le second message développe une cosmogonie [1], contient un message symbolique à décrypter qui est à caractère ésotérique. Le second n’exclut pas le premier, mais au contraire l’éclaire en ouvrant sur le champ indéfini des possibles et permet de dépasser les limites étroites de la dualité.

Beaucoup de Maçons réguliers, attachés à la Franc-maçonnerie universelle, considèrent que le Volume de la Loi Sacrée contient le message d’une Tradition intemporelle, celle-ci étant l’expression de la relation entre la Vérité et la Sagesse. Mais à un moindre niveau, elle contient une loi morale sur laquelle devrait s’appuyer tout Franc-maçon.

En ce qui concerne cette approche ésotérique, il est indéniable que plusieurs passages bibliques véhiculent un message caché. Les versets à double sens sont aisément repérables car ils sont précédés d’un signal tel que l’expression « Au commencement » qui peut aussi se traduire par « dans le Principe ». La Genèse, de même que certains passages du Pentateuque, l’Apocalypse et surtout l'Evangile selon saint Jean ne sont réellement clairs qu’après un décryptement. C’est donc par volonté symbolique que, pendant la durée des Travaux d’une Loge, le Volume de la Loi sacrée est ouvert au Prologue de Jean. C’est aussi par référence au Prologue que les Francs-maçons sont parfois nommés « Enfants de la Lumière », dénomination qui exprime bien un des piliers de la Franc-maçonnerie spéculative.

L'Evangile selon saint Jean proclame le Christ en tant que Logos. Il y est énoncé, non comme venant racheter le genre humain mais comme apportant aux hommes la Lumière, en leur inculquant la nécessité de la régénération, car l'Evangile de Jean développe principalement quatre axes qui interpellent tout Franc-maçon par delà sa sensibilité personnelle dans la perception du Grand Architecte de l’Univers :

1°) l’énonciation du message d’Amour ;

2°) l’enseignement de l’égalité de tous les hommes, la fraternité universelle, le pardon des offenses et l’unité de Dieu ;

3°) l’introduction d’un rite de fraternité par le partage du pain et du vin qui sont sa chair et son sang en tant que matérialisation des rayons solaires, c’est-à-dire, pour nous, terriens, la manifestation de la Vie ;

4°) la proposition de méditer ou prier en tous lieux et non en des lieux déterminés, ce qui signifie méditer ou prier en esprit et non par des prières machinales vidées de tout contenu réel.

En énonçant « Dieu est Esprit », « Dieu nous a donné de son esprit » et « Dieu est Amour », Jean exprime la fusion de la Connaissance et de l’Amour. Le quatrième Évangile est donc bien en conformité avec la gnose maçonnique !

Disposition de l’Equerre et du Compas sur l’Autel

Lors de l’Ouverture des Travaux, le Vénérable se place devant l’Autel pour y disposer correctement les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Il appartient au Vénérable Maître, et à lui seul, d’ouvrir le Volume de la Loi Sacrée et de déposer dessus l'Équerre et le Compas, d’une manière spécifique à chaque degré auquel la Loge s’apprête à travailler. Au Rite Écossais Rectifié, c’est le rôle du Frère Maître des cérémonies de procéder à la disposition particulière des trois Grandes Lumières ainsi que de la Truelle et de la petite Épée.

Sur la Bible ouverte au Prologue de saint Jean, l'Équerre et le Compas peuvent être placés de trois façons différentes mais le Compas est toujours ouvert à 45°. Ces dispositions évoquent un progrès moral ou une hiérarchie de valeurs. Elles constituent en quelque sorte des signes distinctifs de chacun des trois degrés et procèdent de l’allégorie.

Au grade d'Apprenti, nous constatons que l’Équerre couvre les deux branches du Compas. Il semblerait que ce soit pour indiquer qu'à ce grade on ne peut demander plus du Néophyte que SINCÉRITÉ et CONFIANCE, conséquences naturelles de la droiture et de la rectitude.

Effectivement, on ne peut pas déjà demander à l’Apprenti la Sagesse qu’il n’a pas encore acquise. Sa probité et sa rectitude naturelles sont tout ce que les Maîtres attendent de lui, principalement le Second Surveillant. La matière prime sur l’Esprit.

Par cette disposition, on signifie à l’Apprenti qu’il œuvre sur la matière. Son rôle consiste à dégrossir la Pierre brute avec les seuls outils dont il dispose, le Maillet et le Ciseau. Il ne sait pas ce que sera l’édifice car il n’a pas eu connaissance des plans.

Je ne vous révèlerai rien en ce qui concerne les autres degrés.

Mais il convient encore de remarquer que, dans le plan horizontal de l’Autel des serments, les pointes du Compas sont tournées vers l’Occident et que l'Équerre est toujours ouverte vers l’Orient. Cela signifie que le Maçon ne doit pas se comporter en pur esprit mais au contraire mettre en application ce qu’il découvre ou apprend.

Demeurer dans le domaine purement spéculatif est un comportement stérile, sans réelle utilité. D'autre part, il ne doit pas rester prisonnier de la matière mais il doit s'efforcer de la dominer en s'élevant lui-même afin de vivre en harmonie avec le monde.

Voilà pour ce qui concerne l’autel et les symboles qui y sont mis en évidence à chacune de nos Tenues. Rappelons, si nécessaire, que le titre de cette planche est « L’Autel des serments ». C’est pourquoi je vais à présent aborder la question de son utilité et développer quelques considérations à propos de notre serment.

Considérations sur notre serment

Lors de notre Initiation, nous nous sommes tous engagés par notre serment à respecter la Constitution, le Règlement général de notre Obédience et le Règlement particulier de notre Loge.

Prêté la main droite dégantée et posée sur le Volume de la Loi Sacrée afin que nous nous engagions sur ce qu’il y a de plus sacré, notre serment nous enjoint :

  • de garder le secret ;
  • de rester fidèle et discret, c’est-à-dire de ne trahir ni l’Ordre maçonnique, ni nos Frères ;
  • de persévérer dans le perfectionnement, c’est-à-dire de marcher sur le chemin de l’Initiation.

Par tout serment solennel, l’homme renonce à une certaine part de sa liberté, ce qu’il fait devant une autorité qui a le pouvoir en tous lieux et en tout temps de constater un manquement à cette renonciation et de le punir.

A ce sujet, René Désaguliers s’est interrogé : « Quelle peut être une telle autorité sinon un Dieu ou le Dieu unique ? ». C’est cet aspect qui est plus particulièrement marqué dans le mot latin « sacramentum », d’où le terme « serment » dérive directement. « Sacramentum » est lié au mot « sacer » qui signifie sacré ou ce qui appartient au monde divin.

Pour moi, le serment est un acte essentiel de la Franc-maçonnerie.

Pratique extrêmement ancienne de l’humanité, le serment est obligatoirement sanctionné par une autorité supérieure à l’homme, par une transcendance capable de le juger. En Franc-maçonnerie, le serment consiste en une promesse solennelle faite par le Néophyte qui s’engage à garder les secrets de la Maçonnerie et à se conformer en toutes choses aux règlements de l’Ordre, conformes aux lois en vigueur dans le pays.

Le serment est empreint d’un caractère solennel, de la gravité d’un pacte, du sérieux extrême de l’engagement indissoluble entre celui qui le prête et celui qui le reçoit.

Ce serment initiatique a aussi un caractère antique et sacré. Il est prononcé de la libre volonté du Récipiendaire, sans contrainte et devant une assemblée de Maçons témoins qui vont devenir ses Frères et en présence du principe de l’Ordre.

Ce serment spécifique se décompose en trois parties : une invocation, une promesse, une imprécation. Le plus souvent, et en tout cas dans notre Obédience régulière, l’invocation est faite à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Le serment est prêté sur la Bible, toujours ouverte au Prologue de l'Evangile de saint Jean. On peut dès lors considérer que notre serment a un caractère d’alliance cosmique avec l’Etre suprême, avec l'Eternel, avec le Grand Architecte, avec Dieu, selon vos convictions les plus intimes et toutes personnelles.

C’est une obligation réciproque consentie librement entre l’Ordre et le Néophyte qui est accepté en qualité de nouveau maillon de la chaîne initiatique. Cette promesse au caractère solennel engage notre être tout entier à être fidèle.

Pour conclure, du moins provisoirement…

L’Équerre, le Compas et le Volume de la Loi Sacrée composent ce que nous appelons « les Trois Grandes Lumières » de la Maçonnerie de Tradition. Ils se trouvent placés sur l’autel des serments. Le Volume de la Loi sacrée est symboliquement ouvert au début et fermé à la fin des Travaux pour marquer le nécessaire mais provisoire rupture avec le monde profane.

Ces symboles placent d’emblée la prestation de serment des Francs-maçons réguliers dans la dimension spirituelle qui caractérise les rites pratiqués à la Grande Loge Régulière de Belgique. Ce caractère sacré souligne l’importance du serment maçonnique, son caractère intangible et inviolable.

Ils signifient également, par leur association dynamique – les trois à la fois – que cette dimension sacrée n’est pas confondue avec le sacré d’une religion particulière, car le Volume de la Loi Sacrée est considéré dans son association avec l'Équerre et le Compas, comme le symbole d’une Tradition et non celui d’une référence théologique.

Il s’agit une fois encore de préserver en ce domaine la liberté de conscience de chacun de ceux qui s’engagent dans notre Obédience régulière et de les encourager à construire des relations humaines tolérantes et respectueuses de la diversité des cultures et des civilisations.

 

R :. F :. A. B.

commentaires

Le serment. Planche du 1er degré

Publié le 12 Juillet 2026 par T.D

A la gloire du grand architecte de l’univers, au nom de la franc-maçonnerie universelle et sous les auspices de la grande loge de France.

Vénérable maître, dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes frères en vos grades et qualités.

Ce midi je viens vous présenter le fruit de mes réflexions. J’ai choisi ce thème volontairement, et en conscience. Pour cela et pour respecter la ligne de réflexion insufflée par notre V :. M :. J’ai organisé mon travail en trois parties. La première abordera le serment profane, nous verront quels ont été les serments prononcés de manière plus ou moins réfléchi. La seconde traitera du serment maçonnique proprement dit. Et lors de la troisième partie je tenterai de vous donner une vision plus personnel de ce serment, et comment grâce à celui-lui je suis passé d’un état de vieil homme a un homme nouveau un certain soir d’avril.

I .Le serment profane

Avant de parcourir les siècles, voyons ce que veux dire le mot serment. Le serment est un Mot qui vient du latin sacramentum, qui signifie sacré. Ce caractère sacré revêt dès lors une importance fondamentale. Le serment est une affirmation, une promesse que l'on fait sur son honneur ou en prenant à témoin ce que l'on regarde comme sacré. Dans mon métier le serment est un mot souvent employé et parfois galvaudé. Il a une signification historique importante. Cependant plus aucun serment n’est prononcé lors de l’engagement militaire. Et a bien y réfléchir il ne reste plus beaucoup à ma connaissance de moment profane où il convient de prêter serment. On jure de moins en moins dans le monde profane ou si l’on jure c’est de manière vulgaire disait Ragon. Il reste ici ou là quelques vestiges de traditions, mais plus rien de vraiment officiel.

Le sacré échapperait il au monde profane ?

Malgré tout plusieurs pages de notre histoire, qu’elles soient militaires ou pas s’y réfèrent.

Serment de Strasbourg (842): Le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petits-fils de l'empereur Charlemagne, se prêtent serment d'assistance mutuelle. Tous les deux sont en guerre contre leur frère aîné Lothaire, qui a hérité du titre d'empereur de leur père Louis le Pieux, mort deux ans plus tôt. Leur serment est repris par tous les soldats dans leur langue habituelle. C’est la première fois dans l’histoire que le français, alors langue uniquement parlée, est utilisée lors d’un écris.

« Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, en tant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles »

Le 20 juin 1789 l’ensemble des députés prêtent Le serment du jeu de paumes Ils jurèrent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume de France. Monté sur une table, Bailly, qui présidait, répéta à haute voix la formule, puis tous les assistants, électrisés, clamèrent leur adhésion, sous les applaudissements de la foule, massée dans les tribunes

« Moi député Bailly, Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable » ils ont tenus parole. Le 2 mars 1941, le colonel Philippe Leclerc prête avec ses hommes le « serment de Koufra » :« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Il respectera ce serment en libérant Strasbourg le 23 novembre 1944 à la tête de la 2e division blindée. Grace à ces exemples de serments profanes ont peux remarquer trois particularités qui auront leur importance plus tard : La première : aucun d’eux n’est un serment individuel. Aucun n’engage l’individu qui le prononce de manière autonome et libre. A chaque fois celui qui prête serment le fait au nom d’une multitude de personnes qui poussée par un effet de masse jure à leur tour. La seconde : A chaque fois, il est prononcé sous une sorte de contrainte belliqueuse, face à une menace ou pour résoudre un problème politique. Il ne se fait jamais en pleine liberté. La troisième : jamais il ne se fait sur une chose sacrée.

II. Alors qu’en est-il du serment maçonnique ?

Le serment maçonnique comporte toujours trois parties :

L’invocation, qui fait généralement appel à quelque chose de sacré. L’honneur ou le GADLU

La promesse qui est l’objet du serment lui-même.

Et l’imprécation qui énumère les châtiments en cas de parjure.

Le serment le plus important prononcé en maçonnerie est celui qui est solennellement énoncé lors de l’initiation au grade d’apprentis. En fait de serment il y en a réellement trois.

Le 1er serment : La discipline du secret.

« Je m’engage sur l’honneur au silence le plus absolu sur tous les genres d’épreuves que l’on pourra me faire subir ».

Ce premier serment est prononcé alors que nous ne sommes encore qu’un humble candidat plongé dans les ténèbres. La coupe des libations pleine d’une eau pure dans une main et l’autre main sur le coeur. Ces deux gestes simultanés symbolisent la pureté et la sincérité du récipiendaire.

Le 2nd serment : l’amour pour nos frères.

« Sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers et en présence de cette Respectable loge de Francs Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée. C’est l’invocation.

De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des Secrets de la Franc Maçonnerie à qui n’a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.

On revient ici sur le premier serment pour réaffirmer cette discipline du silence.

Je jure d’observer consciencieusement les principes de l’Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d’en suivre régulièrement les Travaux, d’aimer mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions. Voila le point culminant du second serment

Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d’aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d’avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d’être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur

morale et indigne d’appartenir à la Franc Maçonnerie ». C’est l’imprécation

Ce dernier serment se fait une fois les trois épreuves passées, le candidat a toujours les yeux bandés, il est placé face a l’autel des serments, la main droite tendu au dessus des grandes lumières de la loge et dans la main gauche un compas pointé sur son coeur. Le Compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et, en particulier, envers nos Frères Francs Maçons.

3ème serment : se soumettre à la loi.

Un peu plus tard dans le rite initiatique le V :. M :. aura demandé à ce qu’on donne la lumière au candidat. Le bandeau lui sera enlevé et il devra une troisième fois jurer. Cette fois ci seulement le néophyte pourra apercevoir le livre de la loi sacrée, et les outils symboliques. A cet instant et pour toujours le Volume de la loi Sacrée demeure le symbole de la Tradition. L’Equerre, emblème de la rectitude, nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions ; elle est le symbole de la Loi morale.

« Néophyte, adhérez-vous entièrement aux obligations que vous venez de contracter ?

Confirmez-vous sincèrement et sans restriction le serment solennel que vous avez prêté, il y a quelques instants sous le bandeau ?

Jurez-vous, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre Ordre en ce qu’ils vous commanderont de conforme et non contraire à nos lois ? » Je le jure !

Trois épreuves symboliques

Trois serments simples et solennels

Trois coups de maillet

Et naquis un nouvel homme

III. Ma vision du serment.

Alors maintenant je voudrais vous parler de mon serment maçonnique. Celui que j’ai prêté un certain mois d’avril, devant vous. En réfléchissant bien, le vieil homme que j’étais n’avait jamais prêté serment. Fait des promesses, oui. Pris des engagements, bien évidement, mais prêté serment je n’en ai pas souvenir. Ce jour

là par contre j’ai le souvenir d’un sentiment total de confiance, un acte de totale liberté. Je me souviens que plusieurs fois le V :. M :. Nous a demander de confirmer que nous étions prêt a prêter serment comme pour m’assurer que j’avais toujours le choix, jusqu’au dernier moment. Comme pour nous permettre jusqu’à la fin de refuser ce choix. Cette porte de sortie souvent offerte avant le serment démontre bien que celui qui jure ne doit le faire qu’en totale liberté, en connaissance de cause, sans contrainte quelle soit matérielle ou philosophique. Je me rends compte en préparant ce travail que le serment que j’ai prêté me rend plus libre en fait. Un serment profane oblige, il contraint. Le serment maçonnique apporte la liberté. La liberté de progresser non plus seul dans les ténèbres mais ensemble avec nos frères. Il s’agit bien d’un serment personnel, mais qui implique un travail conjoint. Une sorte d’abandon individuel volontaire. Alors depuis ce temps là je jure. Je jure à chaque fois que le V :. M :. ferme les travaux. Je jure de me taire et d’agir dans le monde profane. C'est-à-dire non plus agir avec ma bouche mais agir avec mon âme et mon coeur.

« Mes Frères, bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action.

Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre idéal.

Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin.

Retirons-nous en paix en jurant de garder la loi du silence ! » Je le jure

Je crois que chaque fois que nous jurons à la fermeture de nos travaux nous renouvelons notre serment. Il nous faut donc nous rappeler ce que nous avons juré :

· De ne jamais révéler nos secrets

· De travailler à la prospérité de notre Respectable Loge, D’en suivre régulièrement les Travaux,

· D’aimer nos Frères, De les aider par nos conseils et nos actions

· D’observer les principes qui régissent la Grande Loge de France et d’Obéir au chef de notre ordre.

Pour terminer je citerai Oswald Wirth qui disait: « Il y a un pacte, en initiation : me consacrant au bien, j’ai le droit au vrai et je ne serai pas trompé, si je reste fidèle à mes engagements de conduite ».

J’ai dit V :. M :.

 

commentaires
Publicité

Le Serment Initiatique : Une Première Lumière

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Une lecture approfondie du Serment prononcé par le candidat lors de la cérémonie d’Initiation au REAA révèle d’une part la richesse et la complexité de la formule, d’autre part le moment où celui-ci est prononcé ou, pour être plus exact, les moments où celui-ci est prononcé. Car dans le Rite Ecossais Ancien Accepté, le Serment se lit deux fois. Une première fois, lorsque le candidat a accompli les trois Voyages, une deuxième fois lorsqu’il a reçu la Lumière.

Ce Serment reste pourtant le même, mot pour mot, et il faut se demander ce qui a alors changé : à coup sûr, l’état du candidat !

Demande : « Depuis quand êtes-vous Franc-Maçon ? »

Réponse : « Depuis que j’ai reçu la Lumière. »

Révélation et Conversion

La première lecture se fait donc avant d’avoir reçu la lumière

C’est dire si ce moment est précis et solennel. Le candidat est alors Récipiendaire et doit ressentir comme un écho à la démarche qu’il a librement choisie (… moi, de ma propre et libre volonté…) et ce, depuis que son besoin de conversion a germé au fond de lui, conversion dans le sens de métanoïa, de retournement de l’esprit. Cette lecture est ponctuée d’un « Je le jure » fugace, mais qui restera gravé dans la mémoire individuelle puisque, notons-le, c’est le Vénérable de la Loge qui lit le Serment pour le Récipiendaire qui a encore les yeux bandés et qui, de ce fait, a décuplé ses facultés auditives.

Devenir Néophyte : La Seconde Lumière

Le candidat lit une deuxième fois, le Serment parce qu’il vient de recevoir la Lumière, c’est-à-dire qu’il est maintenant un Néophyte, celui qui vient de naître, celui qui vient d’être converti. Il s’agit bien là de la confirmation, en temps que « quasi-Maçon », de son engagement qu’il avait pris intérieurement lorsqu’il était encore profane, lorsqu’il n’avait pas encore été reçu, lorsqu’il était encore dans les Ténèbres.

Cette lecture est cette fois ponctuée d’une signature qui restera gravée dans la mémoire collective de la loge, dans le cahier du Frère Secrétaire.

Un Serment, Deux Lectures

Finalement, ce double engagement n’est-il pas la représentation rituelle de ce que nous préconisons au sein du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée concernant le recrutement des Sœurs et des Frères, à savoir d’une réelle prédisposition, d’un réel besoin motivé d’œuvrer à sa propre édification et non d’un vague désir d’appartenance à un Ordre ?

Ce que nous avons observé pour la Règle de notre communauté initiatique que nous faisons lire aux candidats, et qui est généralement validée sans être toutefois réellement comprise, nous l’observons pour le Serment de la cérémonie d’Initiation. Si le candidat accepte de garder inviolablement le secret maçonnique, il ne peut évidemment pas encore en connaître le sens profond. Et d’ailleurs, combien de Maçon peuvent le prétendre ? Assurément aucun, car nous sommes et resterons à jamais sur le chemin de la recherche constante du sens.

En Maçonnerie, tout se fait par 3. Ainsi, ce Serment nécessite obligatoirement une troisième lecture, cette fois en qualité de Maçon outillé, c’est-à-dire de cherchant. Une lecture, certes silencieuse, intérieure et non rituelle, mais incessante car, à l’évidence, nous nous trouvons devant une formule extrêmement condensée et synthétisant la totalité de notre démarche initiatique.

Serment et Vérité

Nous, Maçons du Grand Orient Traditionnel de Méditerranée, devons inlassablement réitérer ce Serment, au quotidien, en aucun cas comme une prière ou invocation, plutôt en cherchant à en pénétrer son sens profond, en travaillant les valeurs qui y sont évoquées, en éprouvant constamment leur faisabilité individuelle, tant sur le plan physique que sur le plan moral, et surtout, en mon sens, sur le plan spirituel.

La Règle graduée de 24 pouces du Maçon peut nous aider à ordonner notre engagement. Au départ, seul l’engagement physique, à savoir se rendre disponible, être présent, doit nous mener vers l’engagement moral, à savoir se rendre disponible, être présent pour son prochain. L’absence d’un Maître nuit à l’instruction des Apprentis et Compagnons. L’absence d’un Apprenti ou d’un Compagnon nuit à la vie d’un atelier qui se construit dans la transmission. L’absence d’une Sœur ou d’un Frère officiant nuit à la justesse de son office. Combien de fois, par l’absence, une loge peinera à ouvrir ses travaux, un Morceau d’Architecture ne sera pas pleinement partagé, l’Ordre du jour sera précipitamment modifié, la Planche tracée des derniers travaux ne sera pas lue ? Combien de fois l’Appel des Sœurs et des Frères de la loge sera ponctué d’excuses et de regrets à se demander si nous vivons en période de guerre ou d’épidémie ? Une communauté initiatique ne peut être initiatique que par la présence de ses adeptes. Le Grand Orient Traditionnel de Méditerranée l’a bien compris puisqu’il veut travailler à la réunion des initiés et en a fait le principe 16 de sa règle

Pour autant, suivre assidûment les tenues de son Respectable Atelier, pratiquer l’assistance envers les faibles, la justesse envers tous, le dévouement envers sa famille et envers l’Humanité suffit-il à être un initié ?

Non. Du moins, pas dans la communauté que j’ai choisie.

L’Engagement Spirituel

Il y a un engagement qui conditionne les deux précédents que j’appelle l’engagement spirituel. C’est celui que je ne pouvais encore nommer, mais qui était déjà présent bien avant mon initiation, celui qui m’accompagne dans l’exercice de mon métier, dans mes rapports avec mes proches, celui qui me rend présent à moi-même, celui qui m’ouvre les yeux, qui m’éveille au Monde et qui me fait aimer mes Sœurs et mes Frères en toutes circonstances.

La notion d’Amour est fondamentale. Nous l’utilisons trop souvent pour exprimer uniquement la grande loi de solidarité humaine qui est la doctrine morale de la Franc-Maçonnerie. Mais l’amour, avant de mener à l’amour de l’autre, doit naître ou renaître, se ressentir et s’entretenir en soi. Plus qu’un état d’esprit, il est un rapport à soi et au Monde. L’amour est une suite permanente de révélations et d’émerveillements. Ainsi, l’Amour est le fruit exquis de la Connaissance. Chercher et trouver l’harmonie, la beauté en toute chose n’est pas aisée. Est-ce notre environnement social qui nous abrutit nous tire vers le bas ?

Est-ce notre héritage judéo-chrétien qui, pour nous laver de nos soi-disant péchés, nous maintient dans la culpabilité, la discrétion et l’enfermement ?

Ou bien est-ce nous-même, par paresse ou par peur, qui nous interdisons d’ôter et de définitivement jeter le bandeau à nos pieds ?

Toujours est-il qu’il est beaucoup plus facile de ne pas se poser de questions, de camper sur ses positions, de se nourrir de ses certitudes et de tourner en rond, en luttant, tant bien que mal, contre les difficultés du quotidien. Combien il faut être fort pour continuer à croire en l’Harmonie, lorsqu’un malheur vous frappe, lorsqu’un proche vous quitte ou lorsque des difficultés financières persistent ! Au mieux, il est beaucoup plus facile de paraître aimable aux autres que d’être véritablement aimant… L’Amoureux, lame n°6 du Tarot de Marseille, signifie que l’Amour est le pivot de l’évolution des êtres et de la création des choses. La question de l’engagement est de savoir si chacun d’entre nous aura cette même chance d’accéder à cet état d’Amoureux. Si nous sommes tous inégaux en entrant pour la première fois dans le Temple, nous devons croire en une certaine équité dans notre processus initiatique qui, effectivement, fait part égale à chacun si toutefois nous, Maçons, en sommes convaincus et œuvrons en ce sens sans jamais négliger nos devoirs d’instruction et de transmission. Il sera toujours temps d’observer si « la greffe a fonctionné », comme disent certains.

Promesse et Pratique

Promettre de suivre la Sagesse, de collaborer à la Force Universelle et de travailler dans le cadre de la Beauté est plutôt chose facile car bien abstraite pour le Néophyte. Et pour le Maçon « confirmé », il sait très bien que personne n’aura la prétention de le juger face à cet engagement colossal qui est au moins l’œuvre d’une vie !

Le Travail sur Soi : La Quête Maçonnique Authentique

Notre Serment est plus précis et plus immédiat. Il nous demande de promettre de nous efforcer de travailler à la Sagesse, Force et Beauté. Et là, plus aucune Sœur, plus aucun Frère ne pourra se cacher derrière l’abstraction et la complexité de la tâche puisqu’il est surtout question d’employer toute sa force, ses moyens, son courage, son énergie au travail d’édification et ce, avec zèle, constance et régularité. Là encore, il est clairement exprimé que l’important n’est pas le but, mais de se mettre en chemin, c’est-à-dire de se relever les manches, porter son tablier, ses gants et prendre du plaisir physique et spirituel à découvrir, dénouer et dévoiler ce que nous sommes et tous les « possibles » qui nous sont offerts, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers…

commentaires

Les serments de l'Apprenti

Publié le 11 Juillet 2026 par T.D

Publié le 10 Août 2009 par Thomas Dalet
Rite de Misraïm
Moi……………….., En présence du Grand Architecte de l’Univers et de cette Respectable Assemblée de Maçons, je promets et jure, sur ma foi et mon honneur d’homme et de Femme libre, solennellement et sincèrement, sans restriction mentale d’aucune sorte, de ne jamais révéler aucun des mystères et des secrets de la Franc-maçonnerie qui vont m’être confiés, qu’a un bon et légitime frère/Sœur, ou dans une loge ou un triangle maçonnique régulièrement constitué, de ne jamais les écrire, tracer ou buriner, sans l’autorisation de mes supérieurs ultimes, ni former aucun caractère par où les secrets de l’ordre maçonnique puissent être dévoilés, sous peine d’avoir la gorge tranchée, d’être déshonoré, et de voir mon nom transcrit à perpétuité sur la colonne d’infamie, alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m’emportent dans un éternel oubli.Je promets et je jure de considérer désormais tous les Francs-maçons comme mes frères, les protégeant, les assistant, et les aidant en leurs besoins, temporels comme spirituels .A partir de ce jour et dés cet instant, je répandrai les enseignements que j’aurais reçus, afin qu’une pleine lumière «éclaire la route des hommes des Femmes, mes frères mes sœurs, et cela sans distinction de classe sociale, de race, de couleur, de religion ou de nation. Je m’efforcerais de donner l’exemple de toutes les vertus, sacrifiant par avance tout vain désir d’honneur, toute ambition, et toute vanité. Et cela non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer à tous le désir de les acquérir. Je pratiquerais la Fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serais le soutien du faible, l’adversaire de l’injustice, m’opposant à toute violence imméritée, d’où qu’elle vienne, qu’elle s’adresse au corps de l’Ame. Et en cela, que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide, et les vivants symboles que je touche de ma main.
REAA(Grande Loge de France)
« Moi, N....... sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers et en présence de cette Respectable Loge de Francs-Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée.De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie à qui n'a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.Je jure d'observer consciencieusement les principes de l'Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d'en suivre régulièrement les Travaux, d'aimer  mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions.Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d'aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d'avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d'être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur morale et indigne d'appartenir à la Franc-Maçonnerie ».
Rite Ecossais Primitif

Moi, N........... ici présent, en présence du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, et de cette Respectable Assemblée, je promets de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franche Maçonnerie qui peuvent m'être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d'avoir la gorge tranchée, le coeur arraché, les entrailles déchirées, mon cadavre brûlé et mes cendres jetées aux vents afin qu'il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes et parmi les Franc-Maçons. Ainsi soit-il, et que le Dieu Tout-Puissant me soit en aide.
Rite York
De mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes.En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité.Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures., si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.
RER
Moi …… , ,sur ma parole d’honneur (prononçant ses noms de baptême et civil), je promets sur le Saint Evangile, en présence du Grand Architecte de Univers, et je m’engage sur ma parole d’honneur, devant cette respectable assemblée, d’être fidèle à la sainte religion chrétienne, au Chef de l’Etat19, aux lois de l’Etat; d’être bienfaisant envers tous les hommes, lorsque je pourrai leur être utile; de ne jamais révéler aucun des Mystères, secrets et symboles de la franc-Maçonnerie, de quelque manière que ce puisse être, et de n’en parler aucun homme que je n’aurai pas reconnu pour un vrai et fidèle maçon. Je promets de me soumettre aux lois de la Franc-Maçonnerie, et d’obéir, en ce qui concerne ces lois, à ceux qui sont chargés de leur exécution; d’aimer tous tes Frères, et de faire respecter et chérir l’Ordre, en pratiquant constamment parmi les hommes les vertus qu’il exige. Si je manque à cet engagement, que je viens de contracter par ma libre volonté et ferme détermination, je consens d’être réputé homme sans foi, sans honneur, et digne du mépris de tous mes Frères; déclarant que je persiste à vouloir être admis dans l’Ordre des Francs-Maçons, et que j’en réitère la demande. Ainsi, que Dieu me soit en aide.
Rite Français
Moi, N..N je jure et promets sur le Volume de la Sainte Loi (1) et sur ce glaive, symbole de l’honneur, devant le Grand Architecte de l’Univers, de garder inviolablement tous les secrets qui me seront confiés par cette Respectable Loge, ainsi que tout ce que j’y aurai vu faire ou entendu dire; de ne jamais les écrire, tracer, graver, ni buriner, que je n’en aie reçu la permission expresse, et de les secourir selon mes facultés; je promets, en outre, de me conformer aux statuts et règlements de cette Respectable Loge. Je consens, si je deviens parjure, à avoir la gorge coupée, le cœur et les entrailles arrachés, le corps brûlé et réduit en cendres, mes cendres jetées au vent, et que ma mémoire soit en exécration à tous les Maçons. Que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.
Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (GLMF)
Moi,…. En présence du Grand Architecte de l'Univers... Et de cette Respectable Assemblée de Maçons... Je promets et je jure... Sur mon honneur d'Homme ou de Femme libre...Solennellement et sincèrement... et sans restriction mentale d'aucune sorte... De ne Jamais révéler... Aucun des Mystères et des Secrets... De la Franc‑Maçonnerie... Qui vont m'être confiés... Qu'à un bon et légitime Maçon... Ou dans une Loge ou un Triangle maçonniques... Régulièrement constitués... De ne jamais les écrire... Tracer ou buriner... Sans autorisation de mes Supérieurs ultimes... Ni former aucun caractère... par où les Secrets de l'Ordre Maçonnique... Puissent être dévoilés ... Sous peine d'avoir la gorge tranchée... D’être déshonoré ... Et de voir mon nom transcrit à perpétuité... Sur la Colonne d'Infamie... Alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer... Afin que le flux et le reflux... M'emportent dans un éternel oubli... Je promets et je jure de considérer désormais... Tous les Francs‑Maçons comme mes (Sœurs «ou et» Frères)... Les protégeant... Les assistant... Et les aidant en leurs besoins... Temporels comme spirituels... A partir de ce jour et dès cet instant... Je répandrai les enseignements que j'aurais reçus... Afin qu'une pleine lumière éclaire la route des Hommes,... Et cela sans distinction de classe sociale... De race, de couleur, de religion ou de nation... Je m'efforcerai de donner l'exemple de toutes les vertus... Sacrifiant par avance tout vain désir d'honneur... Toute Ambition, et toute vanité... Et cela non par orgueil stérile... Mais dans le seul but d'inspirer à tous le désir de les acquérir... Je pratiquerai la Fraternité humaine en toute son amplitude... Pour en démontrer les bienfaits... Je serai le soutien du faible... L'adversaire de l'injustice... M’opposant à toute violence imméritée... D'où qu'elle vienne... qu'elle s'adresse au corps ou à l'âme... Et en cela... Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide... Et les Vivants Symboles que je touche de ma main.
Rite Standard d’Ecosse
Moi, M..., En présence du G.A.D.L.U.,Et de cette digne et Vénérable Loge d'Apprentis Francs-maçons, Honorable, respectable, régulièrement constituée, Assemblée, dédiée et dûment consacrée, De mon plein gré et consentement, Par ceci ... (le Vénérable Maître soulève la main droite du Candidat et la repose sur le V.L.S.),Et sur ceci ... (idem)Sincèrement et solennellement, Je promets et jure que toujours je tairai, Cacherai et jamais ne révélerai Aucune partie ou parcelle Des Secrets ou Mystères Touchant ou appartenant à la Franc-Maçonnerie Soit ceux qui me sont déjà connus, Soit ceux qui vont maintenant m'être communiqués Ou qui me seront révélés à l'avenir, Sauf à un ou plusieurs Frères véritables et réguliers Et cependant même pas à celui-là ou à ceux-là sans les avoir éprouvés, Strictement examinés, Ou sans avoir été assuré par un Frère bien connu Qu'ils sont dignes de cette confiance, Sauf également au sein d'une Loge juste, parfaite et régulière d'Apprentis Francs-Maçons. Je promets en outre solennellement Que je n'écrirai point ces secrets, Je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai Ni ne les tracerai en aucune façon Sur quoi que ce soit de mobile ou d'immobile sous la voûte du ciel, Que je n'engagerai personne à le faire, Ni ne le permettrai S'il est en mon pouvoir de l'en empêcher. Afin que nulle lettre, caractère ou dessin, Ni la moindre trace d'une lettre, d'un caractère ou d'un dessin, Ne puisse être lisible par moi ou par n'importe qui au monde, De crainte que nos Arts Secrets et nos Mystères Puissent être révélés par mon imprudence. Je promets encore solennellement de défendre et de maintenir La Constitution et le Règlement de la Grande Loge Nationale Française D'obéir aux officiers de cette Loge   régulièrement inscrite sur les registres de la Grande Loge Nationale Française Et que je reconnaîtrai toujours comme ma Loge-Mère. Ces différents points, je jure solennellement de les observer Sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, Sous peine, si j'en viole aucun, D'être flétri comme un individu volontairement parjure, D'être stigmatisé comme étant dénué de toute valeur morale, Totalement indigne d'être admis dans cette très Respectable Loge, Ou même dans toute réunion d'hommes qui estiment l'honneur et la vertu Au-dessus des avantages extérieurs du rang et de la fortune. Que Dieu m'aide et m'arme de constance Pour tenir fidèlement l'Obligation Solennelle d'Apprenti Franc-Maçon Que je viens de contracter.
Stricte Observance
Moi, N…, jure devant Dieu, créateur universel du monde entier, de prêter un serment réel et physique, que je ne dévoilerai jamais les secrets de la Franc-Maçonnerie à qui pour cela ne serait ni Sage, ni Franc-Maçon, et d’aucune manière je ne dirai la moindre bribe de ce que je vais voir, entendre et ressentir lors de la vénérable assemblée des francs-maçons, sans auparavant m’être suffisamment éprouvé pour savoir si c’est un vrai Frère. Je déclare, jure et promets solennellement que jamais je n’écrirai, taillerai, enterrerai, n’imprimerai ou ne graverai, ni même n’admettrai que quelqu’un puisse écrire, tailler, enterrer, imprimer ou graver quoi que ce soit sur du papier, du métal, sur la main, absolument rien qui puisse donner l’impression d’une lettre ou d’une figure, que ce soit volubile ou non, solide ou liquide. Je jure et promets solennellement fidélité à mon Souverain, aux lois des puissances sous lesquelles je vis, d’y rester fidèle, aimable et de m’y attacher, et dans cette Loge ou toutes celles où que je pourrai me rendre d’y rester fidèle, de ne causer à aucun ni nuisance ni inconvénient mais de les protéger en mon âme et conscience et si je devais découvrir de telles choses, de les rapporter immédiatement.Je m’engage à être compatissant envers tous les hommes, à me montrer généreux et serviable avec tous et en particulier avec mes Frères et Sœurs, et à être avec eux dans toutes les circonstances, à moins que ce ne soit contraire aux mœurs ou à mon honneur que je promet de préserver. Si je devais manquer à l’un de ces engagements, je veux que ma gorge soit tranchée, ma langue arrachée, mon cercueil transpercé, mon ventre ouvert, mes entrailles retirées et que mon corps ainsi mutilé soit jeté contre une digue, là où le flux et le reflux passeront deux fois en vingt-quatre heures ; que mes restes ensanglantés soient brûlés et que leurs cendres soient éparpillées à l’air libre pour qu’il ne subsiste aucun souvenir de mon être, pas seulement parmi les francs-maçons et autres personnes mais sur toute la surface du globe terrestre. Que Dieu me soit témoin. 
Rite Emulation

En présence du Grand Architecte de l’Univers, et de cette Loge de Maçons Francs et Acceptés, honorable, respectable, régulièrement constituée, assemblée, dédiée et dûment consacrée, de mon plein gré et consentement, par ceci (le VM. touche de sa m.g. la m. d. du Cand.) et sur ceci (le VM. touche de sa m.g. le VLS.) sincèrement et solennellement, je promets et jure que toujours je tairai, cacherai et jamais ne révélerai aucune partie ou parcelle des secrets ou mystères, touchant ou appartenant aux Maçons Francs et Acceptes en FM., soit ceux qui me sont déjà connus, soit ceux qui vont maintenant m’être communiqués ou qui me seront révélés à l’avenir, sauf à un ou plusieurs Frères, véritables et réguliers, et même pas à celui-là ou à ceux-là, sans les avoir éprouvés, strictement examinés, ou sans avoir été

assure par un Frère bien connu qu’ils sont dignes de cette confiance; sauf également, au sein d’une Loge juste, parfaite et régulière d’anciens Francs Maçons. Je promets en outre solennellement, que je n’écrirai pas ces secrets, que je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai, ni ne les tracerai en aucune façon, sur quoi que ce soit de mobile ou d’immobile sous la voûte du ciel, que je n’engagerai personne à le faire, ni ne le permettrai, s’il est en mon pouvoir de l’empêcher, afin que nulle lettre, caractère ou dessin ou la moindre trace d’une lettre, d’un caractère

ou d’un dessin, ne puisse être lisible ou compréhensible par moi, ou par n’importe qui au monde, de crainte que nos arts secrets et nos mystères soient révélés par mon indignité. Ces différents points, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque, ou restriction mentale d’aucune sorte, sous peine si j’en viole un seul,

d’avoir la gorge tranchée, la langue arrachée à la racine et enfouie dans les sables de la mer à marée basse à une encablure du rivage, là où le flux et le reflux se font sentir deux foix par vingt quatre heurs, ou bien sous la peine plus effective d’être flétri comme un individu volontairement parjure, d’être stigmatisé comme étant un être dénué de toute valeur morale, totalement indigne d’être admis dans cette Très Respectable Loge ou dans toute autre Loge légitime, ou même dans toute réunion d’hommes qui estiment l’honneur et la vertu, au-dessus des avantages extérieurs du

rang et de la fortune. Que Dieu m’aide et m’arme de constance pour tenir fidèlement cette obligation solennelle d’Apprenti Franc-Maçon.

commentaires

Stricte Observance Chevalier du temple(extrait)

Publié le 10 Juillet 2026 par T.D

 

Il est juste que vous receviez maintenant quelques informations sur les périls auxquels autrefois les Chevaliers étaient soumis, puisque l'irrévocable Serment que vous prendrez vous engage à suivre leurs pas glorieux et leur ferme fidélité, si vous étiez placé dans de semblables circonstances. En tant que Pèlerin vous avez été déjà informé de l'histoire et de la nature de l'Institution dans ses premières étapes. Vous avez encore à apprendre l'affreuse catastrophe qui lui est survenue deux siècles après sa création en Palestine. Pendant cette période l'Ordre s'était beaucoup développé et était au seul service de la cause de la Religion. Déjà, c'est chose étrange et renversante, que ce fut l'œuvre d'hommes de même Foi, mais poussés par le vil motif de posséder pour eux-mêmes les trésors et les terres de l'Ordre. Pour cela, Philippe le Bel Roi de France et le Pape Clément V, en l'an 1307, s'engagèrent en une affreuse alliance visant à détruire l'Ordre illustre.

Dans la nuit du 10 octobre de cette même année, alors que le Grand Maître et ses chevaliers étaient en train de se reposer en toute confiance dans Paris la capitale Chrétienne, Philippe, avec ses séides armés, les arrêtèrent dans leur Maison du Temple même et au petit jour tous les Chevaliers de la Province de France étaient arrêtés et jetés en prison. Peu après un acte d'accusation fut présenté conte eux, dans lequel ils étaient désignés comme des loups parjures, idolâtres et en général comme les plus ignobles des hommes. Stupéfaits et outragés, les Guerriers de la Croix protestèrent de leur innocence et opposèrent à leur ennemis les preuves et l'affirmation de l'intégrité de l'Ordre. Mais leur perte était préméditée. Beaucoup furent soumis à la torture pour les forcer à confesser des crimes dont ils étaient innocents et ceux qui survécurent au chevalet furent condamnés à dépérir en prison des années sans qu'aucune aide leur fut apportée et avec à peine assez de nourriture pour supporter existence. Enfin fin ils furent conduits dehors en groupes, parfois cinquante ensemble et furent brûlés sur des bûchers. Jacques de Molay, leur illustre Grand-Maître, avec quatre de ses Prieurs, furent les dernières victimes de cette implacable persécution. Après être resté environ sept années en prison, ces illustres Chevaliers furent, le 11 mars 1314, sortis pour leur exécution devant la cathédrale de Paris. Après que le décret et la sentence du sanguinaire Philippe eut été lue, ils furent brûlés vifs devant tes citadins assemblés, eux les glorieux martyrs de l'Ordre glorieux.

Dans toute l'Europe la même persécution eut lieu avec plus ou moins de barbarie et bien qu’Edouard(2), qui possédait une grande partie de l'Ecosse, n'essayât de perpétrer aucune cruauté de cette sorte dans ce pays, en raison de la progression de Bruce3 et de son armée, par qui les Templiers étaient protégés, même là l'Ordre fut finalement dépouillé de ses privilèges et possessions.

commentaires

La stricte Observance Templière : la confusion

Publié le 10 Juillet 2026 par T.D

  • Par Didier Le Masson

 

La Stricte Observance se considérait comme le successeur et la légitime continuatrice de l’Ordre du Temple, copiant même son organisation. La Stricte Observance dominera la Franc-maçonnerie allemande pendant près de trente années, y semant le désordre absolu.

« Die Strikte Observanz », ainsi dénommée parce qu’elle exigeait de ses membres l’observation stricte d’une discipline inflexible et d’une obéissance aveugle, sans discussion, à l’Ordre et aux Supérieurs Inconnus – Unbekannte Oberen, Superiores Incogniti. Une pseudo-Maçonnerie fondée sur le Discours de Ramsay, la légende templière et jacobite. Elle se voulait Franc-maçonnerie « renouvelée », « rectifiée ».

En outre, un « plan économique » assurait à ses membres retraite et moyens financiers. Le XVIIIe siècle, celui des Lumières – l’Aufklärung en Allemagne – et du rationalisme, voit également fleurir l’irrationnel et pulluler groupes et sociétés dits secrets, tous se disant initiatiques.

A propos de cette époque, Paul Valéry écrit dans son introduction au Swedenborg de Martin Lamm, page 266 : « Les adeptes se multiplient, l’initié foisonne, le rôle social de l’occulte devient immense ». Antoine Faivre fait observer dans sa préface à l’ouvrage de Le Forestier [1], La Franc-maçonnerie templière et occultiste : « Ce désir de s’instruire en se réunissant, de confronter ses opinions au sein d’une société fraternelle participe autant des « Lumières » que de l’Illuminisme, qui ont pour dénominateur commun une soif de connaissance universelle et l’exaltation des possibilités de l’homme ».

La Franc-maçonnerie arrive en France entre 1725 et 1730. Elle pénètre en Allemagne avec les trois grades anglais d’origine, par l’intermédiaire d’hommes d’affaires allemands initiés en Angleterre. En Décembre 1737, est fondée, à Hambourg, la première Loge : Absalom zu den drei Nesseln dont les statuts sont rédigés en français. Puis, venant directement de France elle arrive à Berlin où la première Loge est créée en Septembre 1740 après l’accession au trône du prince héritier Frédéric. Devenu roi, il tiendra le Premier Maillet de sa loge dénommée « Loge Première » ou » Loge du Roi notre Grand Maître ».

Un terreau favorable dans le romantisme allemand, nourri de mythes et de fantastique

Statuts, rituels, comptes-rendus, règlements et travaux seront rédigés et se dérouleront longtemps en français, langue de la Cour de Prusse. On connaît la célèbre phrase du roi : « Je ne parle allemand qu’à Dieu et à mon cheval. » Bon nombre de nobles, aristocrates, militaires et protestants français participeront à la création de Loges en Prusse et ses territoires.

La Stricte Observance trouvera, en Allemagne, un terreau favorable dans le romantisme germanique : goût du mythe, des légendes, de la féérie, du rêve, du secret et du fantastique, au milieu d’un extraordinaire fatras, dit ésotérique, de thèmes et sociétés les plus divers : alchimie, Graal, Magie, kabbale chrétienne, théurgie magique, théosophie, arithmosophie, pour en citer seulement quelques-uns : toute une cosmogonie reposant sur le fantastique et la fantasmagorie.

La même époque voit proliférer sociétés et groupes, dits initiatiques, tels les Rosenkreuzer – Rose-croix allemands –, les Illuminés de Bavière, les Illuminés d’Avignon, le Cléricat de Starck, le Mesmérisme, le Quiétisme, les Elus Coëns, les Philadelphes, les Philalèthes, Cagliostro, le Comte de St Germain, Swedenborg parmi bien d’autres.

En Maçonnerie française : le Système de Clermont, les Systèmes de Bordeaux et de Metz, de Toulouse. Et le Système de Willermoz qui s’imposera, mettant fin à la Stricte Observance au Convent de Wilhelmsbad en 1782.

La dérive chevaleresque envahit la Franc-maçonnerie

C’est au milieu de ce paysage aussi divers, hétéroclite et complexe, que va apparaître en Allemagne une autre « sorte » de Franc-maçonnerie – à vrai dire – une dramatique dérive de la Maçonnerie traditionnelle : la Stricte Observance. Une Maçonnerie qui se veut perpétuation, reconstitution de l’Ordre du Temple.

En 1732, le chevalier André-Michel de Ramsay, protestant converti au catholicisme par Fénelon, publie son fameux Discours dans lequel il donne à la Maçonnerie une origine templière : « Nos ancêtres, les Croisés voulurent réunir dans une seule fraternité les sujets de toutes les nations […] Nous avons parmi nous trois espèces de confrères ; des novices, ou apprentis, des compagnons ou profès, des Maîtres ou Parfaits […] Du temps des guerres saintes, on ne communiquait ces signes et ces paroles qu’à ceux qui promettaient solennellement et souvent même au pied des autels, de ne jamais les révéler […] Quelque temps après, notre Ordre s’unit avec les chevaliers de St Jean de Jérusalem. Depuis, nos loges portent le nom de loges de Saint Jean. Les rois, les princes, les seigneurs en revenant de Palestine dans leur pays y établirent des loges différentes. Du temps des dernières croisades, on voit déjà plusieurs loges érigées en Allemagne, Italie, Espagne, en France et au-delà, en ECOSSE, à cause de l’intime alliance qu’il y eut entre ces deux nations […] Peu à peu, nos loges, nos fêtes et nos solennités furent négligés dans la plupart des pays. Elles se conservèrent néanmoins dans toute leur splendeur parmi les écossais. »

De là, l’imaginaire chevaleresque latent qu’entretiennent plus d’un esprit et plus d’un Maçon, envahit la Franc-maçonnerie. Le Discours de Ramsay se démarque totalement de la Maçonnerie traditionnelle : on est aux antipodes de celle d’Anderson, mais il séduit les tenants et fervents d’une filiation templière en Franc-maçonnerie. En France, le Comte de Clermont fonde le Chapitre ou Système de Clermont, Système de hauts grades : Ecossais, Novice-Chevalier du Temple, Royal Arch, dont s’inspirera la Stricte Observance. Clermont accorde à ce Chapitre, le droit de surveillance des loges symboliques.

Ainsi que l’écrit Le Forestier : « En introduisant la légende templière dans la Maçonnerie, les rose-croix allemands n’avaient eu d’autre but que de donner une interprétation nouvelle de la Tradition et du secret maçonnique en leur conférant un caractère occultiste, et, surtout, hermétique […] La filiation templière fournissait à la fois à la Maçonnerie écossaise la généalogie historique qui lui manquait et la contexture homogène qui lui avait jusqu’alors fait défaut. Non seulement l’ascendance des Templiers était plus flatteuse que celle des tailleurs de pierre et justifiait le titre de chevaliers que se donnaient les Maçons, mais encore, l’histoire de cet ordre illustre disparu à la suite d’un drame politique et judiciaire resté présent à toutes les mémoires, était universellement connue […] L’idée de pouvoir un jour restaurer publiquement l’Ordre du Temple, de lui faire rendre au profit des Maçons qui revendiquaient son héritage, les avantages dont il avait joui précédemment, donnait à la Maçonnerie écossaise un but précis et mettait en branle un des plus hauts mobiles de l’activité humaine : l’intérêt matériel et immédiat ».

Les affabulations du baron von Hund qui emportera son « secret » dans la tombe

En Allemagne, revient de France le baron von Hund qui va fonder une Maçonnerie « renouvelée », « rectifiée », selon ses propres termes : la Stricte Observance. Il dit être porteur d’une Patente de « Maître d’Armée » – Ordensheer – de la VII° Province de l’Ordre du Temple, rédigée en chiffré… et qui n’a jamais pu être déchiffrée !

Karl-Gotthelf baron von Hund und Altengrottkau (1722-1776) avait été initié à Francfort paraît-il à l’âge de 19 ans. Eduqué en France comme de nombreux nobles et aristocrates allemands, il fréquente assidûment les loges françaises ; on le trouve, même, en 1743, surveillant dans une loge de Versailles. On dit aussi qu’il aurait reçu, en France, les hauts grades du Chapitre de Clermont.

Selon Le Forestier et d’autres historiens (allemands) il aurait été présenté à Charles-Edouard Stuart, réfugié à St Germain en Laye, et prétendant à un retour sur le trône anglais. Hund expliquera qu’il avait été initié chevalier templier à la Cour de Charles-Edouard par un certain et mystérieux « Chevalier au plumet rouge » – Eques a penna rubra – en présence de Lord Kilmarnock et de Lord Clifford.

Rien de tout cela n’a jamais été prouvé et les recherches les plus récentes concluent à l’affabulation pure et simple de la part de Hund. On a beaucoup écrit que Hund avait été manipulé par les Stuartistes, catholiques, et par les Jésuites, en vue de contrecarrer l’expansion de la Réforme protestante.

Mais sans doute aussi était-il comme bien d’autres obnubilé par cette obsession d’une restauration de l’Ordre du Temple et cette « mode », grandissante en Maçonnerie, des hauts grades. Vivement questionné au cours de différents Convents de la S.O., sur l’origine et la nature de ses « pouvoirs », Hund refusera toujours et obstinément de révéler quoi que ce soit concernant le nom de ses « initiateurs », arguant à l’infini qu’il trahirait ainsi le serment de secret absolu qu’il avait prononcé. Il emportera dans sa tombe ses « secrets », pour autant qu’ils aient existé.

Mais il aura entraîné à sa suite tous les Maçons – et non des moindres – qui étaient éblouis par la « magie » des titres et appellations, décorations, uniformes, sautoirs et décors, honneurs, magnificence de l’artificiel, futilité du factice et de la théâtralité.

Et tous ceux qui voulaient ainsi se démarquer de la loge bleue, tant on leur avait dit qu’ils étaient « supérieurs » à cette dernière !

Une organisation bâtie sur le modèle de l’Ordre du Temple

La S.O. se voulait bâtie sur le modèle de l’Ordre du Temple. Au sommet, l’Ordre Intérieur, composé, au départ, de six membres, Hund à leur tête, et réputé être une « classe supérieure de Maçons ». La S.O. est organisée en Provinces, comme l’Ordre du Temple – tout au moins « sur le papier » – comme l’écrira Lennhof. La VII° Province : Germania Inferior : Elbe et Oder, Danemark et Suède. La VIII° : Germania Superior : Danube, Pô, Tibre. Puis elle s’étend à la France avec trois Provinces et Directoires : la V° Province : Bourgogne et Suisse (1773) La VI° : Auvergne, la VII° Occitanie (Montpellier 1774). En avril 1776, le Grand Orient de France signe un traité avec les Directoires français.

Chaque Province était divisée en Diocèses, dont dépendaient les Préfectures. Les loges étaient rattachées aux préfectures. La Province était dirigée par un Grand Maître Provincial et administrée par un Chapitre Provincial. Chaque Chevalier portait un nom d’ordre : ainsi Hund était Chevalier de l’épée, « Eques ab ense ». Les solennités correspondaient à celles de l’Ordre du Temple. La loge était appelée « domus ordinis », maison de l’Ordre, et le président de la loge « commandator domus ». Les colonnes Jakin et Boaz signifiaient « Jacobus Molay Burgundicus ». Maillet, équerre, truelle rappelaient le métier manuel pratiqué par les Templiers. L’emblème des loges était un fût de colonne portant la mention « adhuc stat » (que l’on retrouve au R.E.R.). Les obligations des membres étaient fixées par les Obedienzakte que chaque candidat se devait de signer, s’engageant à « se rectifier ».

Les hauts grades correspondaient aussi à de fortes obligations financères

Le IV° : Maître Ecossais Verd. Le V° : Novice. Ce grade, écrit Le Forestier, était consacré à « la légende spécifiquement templière » qui était amplement contée au candidat. Les novices devaient abandonner leurs biens à l’Ordre. Le VI° Grade : Chevalier, qui donnait accès à l’Ordre Intérieur. L’armement du Chevalier donnait lieu à une cérémonie d’adoubement ; il se voyait attribuer un nom d’ordre : « Eques a… », « Chevalier de… » qui pouvait être soit une traduction du patronyme, soit évoquer ses armoiries héréditaires.

Seul, le Chapitre Provincial pouvait se prononcer sur la réception d’un chevalier. Ce dernier était appelé à forte contribution financière au profit de l’Ordre. Hund avait, d’ailleurs, dans le cadre du « plan économique » de la S.O., chargé un certain Schubart de parcourir l’Europe et les Provinces afin de recueillir les subsides destinés au fonctionnement de l’Ordre et du « plan économique ».

Lettre de février 1779 (extrait) de Charles, duc de Södermanie (Suède), Grand Maître du Rite Suédois à Willermoz

L'image montre une lettre manuscrite en français. Le texte est écrit à l'encre noire sur du papier blanc. La lettre semble être une correspondance historique, avec une signature à la fin. Le contenu de la lettre est rédigé en style cursif, ce qui donne une impression d'antiquité. La signature à la fin de la lettre est "Charles, Duc de Södermanie," indiquant l'auteur de la lettre. La lettre semble être une communication formelle, avec des phrases soigneusement structurées et une conclusion polie.

Au cours de son histoire, la S.O. va réunir un certain nombre de Convents. 1764 : le Convent d’Altenberg (Weimar) convent fondateur de la S.O. décide de baser tout le système de la Stricte Observance sur la filiation templière dont le secret serait réservé et révélé aux seuls détenteurs des deux derniers hauts grades. A partir de ce convent, tous les participants s’engagent à obéir strictement aux ordres et sans jamais demander d’explications ! Qui plus est, il est exigé qu’ils signent un acte de soumission et jurent obéissance aux Supérieurs Inconnus. Peut-on imaginer système plus absolutiste et qui n’a absolument plus rien à voir avec l’esprit de la Franc-maçonnerie ?

Mais Hund et la S.O. vont devoir affronter la « concurrence » de deux autres systèmes en marge de la Maçonnerie andersonienne : le Cléricat – Klerikat- de Starck et le Système ou Rite Suédois. Comme la S.O. le Cléricat prétendait être le continuateur de l’Ordre du temple, dont les secrets étaient « en la seule possession des ecclésiastiques de l’Ordre ».

L’historien Wolfstieg décrivait le Cléricat comme « un conglomérat de Maçonnerie, de templarisme, magie, alchimie, kabbale, théosophie, théurgie ». En 1768, Starck prend contact avec Hund : un Grand Chapitre scelle l’union du Cléricat et de la S.O. : elle restera sans lendemain. En face de lui Hund trouve également le Système Suédois – peu ou pas du tout connu dans notre pays et sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

Ce système se réclamait aussi de Ramsay et de la filiation templière, doublé de l’influence swedenborgienne ; système et rite toujours pratiqué dans toute la Scandinavie, et autres pays, et, en Allemagne, par l’obédience Große Landesloge von Deutschland.

La loge de Goethe, Amalia zu den drei Rosen, avait adhéré à la Stricte observance templière

1768 : près de 40 loges ont adhéré à la Stricte Observance, dont celle de Goethe, Amalia zu den drei Rosen à Weimar. La S.O. est désormais bien implantée en Saxe, Silésie, à Berlin, Brème, Hambourg, Stettin, Copenhague, Prague, Varsovie, et en Rhénanie, Hongrie, Suisse. L’historien Runkel écrira que la Stricte Observance « a vécu dans les années 1763-1768 ses années de gloire ». Elle compte, désormais, 13 Préfectures en Allemagne, Autriche, Bohème, Danemark.

1772 : au Convent de Kohlo, Hund est très vivement questionné sur l’origine et l’authenticité de ses « pouvoirs » maçonniques et pressé – presque violemment – de dire qui était ce « chevalier au plumet rouge » qui aurait été son initiateur. Hund refuse énergiquement de révéler quoi que ce soit, se réfugiant derrière son serment de garder le secret le plus absolu. Le Duc de Brunswick est élu « Magnum Superior Ordinis per germaniam inferiorem ».

1775 : Convent de Brunswick (Braunschweig) : la Stricte Observance est à son apogée. 26 princes allemands assistent aux travaux et adhèrent à la S.O. Mais les demandes de preuves de la filiation templière pleuvent, souvent de manière violente, de la part des participants. Elles demeurent sans réponse, et Hund persiste dans son refus obstiné de révélations. Le convent voit un violent affrontement entre Frères, la plupart demandant un retour des loges au véritable rituel maçonnique. Le soupçon grandit de jour en jour parmi les chevaliers.

1776. Octobre. Hund décède à Meiningen, il n’a que 54 ans. Après sa disparition, ni documents, ni traces quelconques de la transmission qu’il aurait reçue ne seront découverts. Sa succession est ouverte. Plusieurs candidats se présentent. Les deux seuls protagonistes demeurent le Duc de Brunswick et Karl, Duc de Södermanland, prince de la Maison Royale de Suède. Temporairement, Karl l’emportera au Convent de Leipzig en 1777. Un acte d’union est signé entre la Stricte Observance et le Système Suédois : union qui demeurera sans lendemain, à l’instar de celle avec Starck. Karl cèdera la Grande Maîtrise du Système Suédois à son héritier présomptif : Bernadotte. De fait, depuis cette date, le Rite Suédois demeurera toujours présidé par un Bernadotte, jusqu’au décès du dernier, il y a quelques années seulement, l’actuel roi de Suède ayant décliné la présidence du Rite. A l’heure présente l’Ordre Suédois – Svenska Frimurare Orden – est présidé par le Frère Anders Fahlman ; la Suède compte, en 2011, 15 200 Frères de Rite Suédois.

Jean-Baptiste Willermoz, (1730–1824)

Mais c’était, au milieu de tout ce désordre, sans compter avec un troisième intervenant : Willermoz et son Système de Lyon. En 1772, il prend contact avec Hund qui lui accorde une patente pour prendre la tête de la VI° Province, dite d’Auvergne. Mais les Frères de Lyon, considérant purement chimérique une reconstitution de l’Ordre du Temple, refusent de se soumettre à l’autorité des chefs de la Stricte Observance.

De sorte que, en 1778, Willermoz convoque le Convent National des Gaules qui se tient du 25 au 27 Décembre, à Lyon. Les Directoires des V° et VI Provinces : Auvergne et Bourgogne décident d’abandonner l’appellation de « templiers » pour prendre celle de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, C.B.C.S. . Willermoz a voulu l’abandon de la légende templière et proposé la « réforme des réformes » : son Régime ou Rite Ecossais Rectifié. Le plus absolu désordre règne parmi les Loges de la Stricte Observance.

Le Convent de Wilhelmsbad décide l’abandon définitif de la légende templière

1786. 16 Juillet. Le Convent de Wilhelmsbad se réunit, convoqué par le Duc de Brunswick, six ans après la mort de Hund, convent qui tient près de 36 séances, et dure … 50 jours ! Brunswick tente de jeter de nouvelles bases pour la Stricte Observance. De nombreuses loges entrent en rébellion. Willermoz, qui assiste au Convent, exige avec force que soient abandonnées la légende et la filiation templière, la Stricte Observance ne pouvant, en aucun cas, représenter une continuation ou restauration de l’Ordre du Temple. Lennhof écrira : « n’importe quel tribunal devant lequel on irait, nous rirait au nez ». Nettelbladt, de son côté exposait : « Les frères de la Stricte Observance ne se trouvent en aucune manière justifiés à se considérer comme les descendants authentiques des Templiers et la prudence exige qu’ils renoncent à une appellation pouvant les faire soupçonner de rétablir un Ordre supprimé par les autorités spirituelles et temporelles ».

Le Convent de Wilhelmsbad décide l’abandon définitif de la légende et de la filiation templière, et anéantit celle des Supérieurs Inconnus. Tout au plus reconnaît-il « une certaine analogie, un certain rapport avec l’Ordre du Temple ». Le convent fixe la nouvelle structure symbolique de la S.O. : Apprenti, Compagnon, Maître, limitant les hauts grades à trois : Ecossais, Novice, Chevalier : étonnante ressemblance avec l’actuel R.E.R : Maître Ecossais de St André, Ecuyer Novice, C.B.C.S . Sans conteste, le grand « gagnant » du Convent et de la S.O. est Willermoz. De son côté, le Rite Suédois sort intact de l’épreuve et son étagement de grades demeurera inchangé jusqu’à nos jours. Brunswick est réélu Grand Maître, mais profondément affaibli. Beaucoup de loges et de Frères quittent la Stricte Observance. Le 3 Juillet 1792, Brunswick décède. La S.O. disparaît définitivement.

La Stricte Observance : « système mystique avorté » pour Le Forestier, constitua le moment le plus noir de toute l’histoire de la Maçonnerie allemande, conduisant à sa complète déstabilisation, retardant son développement. De nombreuses zones d’ombre et questions demeureront à jamais sans réponse concernant Hund et la Stricte Observance. En supposant que le prétendant Charles-Edouard Stuart et ceux qui l’entouraient, aient été ces « supérieurs inconnus », ils disparurent en 1746 lorsque Charles-Edouard Stuart fut battu, le 16 Avril, à Culloden, par le Duc de Cumberland, et contraints à fuir. Quant à sa suite, elle fut soit décimée soit emprisonnée. Hund aurait donc été « lâché » puisque tout contact avait été rompu.

Toute l’histoire de la Stricte Observance aura démontré le pouvoir destructeur de l’affabulation et de la mystification la plus totale, le triomphe et la domination de l’imaginaire, du fantastique, de la crédulité, du fallacieux et – en termes d’aujourd’hui – du virtuel.

Fallait-il que fut suffisamment puissant ce pouvoir pour attirer des Frères Maçons éclairés comme Goethe, Lessing, Herder, Wieland, ces grands témoins de la culture et de la civilisation allemande de leur temps ? Goethe, dont l’œuvre, il est vrai, sans cesse évolua entre le rationnel et l’irrationnel. Il dira, tout de même, de la Stricte Observance, après l’avoir quittée, qu’elle avait été une « mascarade blanc-rouge », et, pour Lessing, « une rêverie ». [2]

Lennhof écrira : « la Stricte Observance n’a rien apporté, elle est morte à temps » mais, auparavant, il avait consigné : « la Stricte Observance ne dut de survivre à la Guerre de Trente Ans que grâce à la présence, à Berlin, d’officiers français pratiquant le Système de Clermont ».

Pierre Mollier [3] a excellemment écrit (in La Chevalerie Maçonnique) : « Cette rémanence de l’imaginaire au fil des siècles est un phénomène tout à fait singulier de l’histoire des idées […] L’idéal chevaleresque apparaît comme l’une des composantes du corpus initiatique que la Franc-maçonnerie spéculative s’agrègera durant le deuxième tiers du XVIII° siècle […] Refuge ou tremplin vers un autre horizon […] la légende templière reste, dans la modernité, un point de fixation à la résistance contre le désenchantement du monde ».

Comme une sorte de constante, le souvenir du Temple subsiste encore dans certains hauts degrés de divers Rites : au R.E.A.A, le 30° degré, Chevalier Kadosch, le X° Degré du Rite Suédois, le VII° de l’obédience 3 WK en Allemagne, et, au Rite d’York, l’Ordre des Chevaliers de St Jean l’Evangéliste, entre autres.

Le succès de la Stricte Observance peut s’expliquer par la volonté des Maçons allemands de posséder leur Franc-maçonnerie propre, dégagée des influences anglaise et française.

Mais, après le désastre de la Stricte Observance, provoquant désordre, confusion, égarements parmi les francs-maçons allemands, se lève, à Hambourg, le Frère Friedrich-Ludwig Schröder qui va s’attacher avec succès et après bien des années d’efforts, à la réforme de la Maçonnerie allemande, réforme adoptée par la Grande Loge de Hambourg en 1816.

Désormais la Franc-maçonnerie se limitait, dans le Rite de Schröder, à la pratique des trois premiers grades symboliques seulement, excluant toute appartenance aux degrés supérieurs. Cette disposition demeure valable, au XXI° siècle, pour tous les membres et toutes les loges qui pratiquent le Rite de Schröder : cette particularité vaut d’être mentionnée.

 

commentaires
Publicité

Le Rite de Stricte Observance Templière

Publié le 7 Juillet 2026 par T.D

Il est traditionnel de faire remonter les origines de son Rite aux croisades, aux Chevaliers du Temple, aux Égyptiens, au Roi Salomon ou encore à la Genèse, etc.... Nous ne dérogerons pas à l’exercice, nous permettant ainsi, par un texte mêlant légendes, mythes et faits historiques, de mettre en exergue qui nous sommes, au travers des valeurs que nous entendons défendre et promouvoir au sein de la Grande Loge Souveraine de France. 

Ainsi… 

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Puis Dieu créa l’homme et la femme. Adam, le premier homme et Ève, la première femme, s’unirent et eurent deux enfants, Abel et Caïn. Par jalousie, convoitise et orgueil, Caïn tua Abel et, pour ce crime, fût chassé de l’Éden. Adam et Eve eurent alors un autre enfant, Seth, dont l’un des descendants sera Noé, qui aura lui-même trois fils, Sem, Cham et Japhet. Constatant la bassesse des hommes, Dieu décida, en faisant venir le déluge, de les rayer de la surface de la terre, ainsi que tous les êtres vivants. Cependant, Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur, alors Dieu lui ordonna de construire une arche et d’y entrer avec les siens, ainsi qu’avec un couple de toutes les espèces vivant sur terre. Puis ce fut le déluge, et tous les êtres disparurent. 

Alors Dieu fit baisser les eaux qui se calmèrent, et l’arche se posa sur les monts d’Ararat. Noé lâcha plusieurs fois la colombe et, un soir, elle revint avec un rameau d’olivier. Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la totalité de la terre et tous descendirent alors de l’arche. Dieu bénit Noé et ses fils. Il leur dit : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre. » 

Japhet et les siens partirent vers l’Ouest et s’établirent entre les fleuves du Don, de la Volga et de l’Oural, sur une terre nommée Europe. Japhet prit pour femme Adâtanêsès, fille d'Eliakim, avec qui il aura sept enfants donnant une nation d’Europe : Gomer (ancêtre des Celtes), Magog (ancêtre des Scythes), Madaï (ancêtre des Iraniens et des Mèdes), Javan (ancêtre des Grecs et des latins), Tubal (ancêtre des peuples ibériques), Méschec (ancêtre des Russes) et Tiras (ancêtre des Thraces). Gomer, ancêtre des Celtes, aura trois enfants : Aschkenaz (ancêtre des Saxons et des Scandinaves), Riphat (ancêtre des Paphlagoniens) et Togarma (ancêtre des Tokhariens et des Arméniens). Javan, ancêtre des Grecs et des Latins, aura quatre enfants : Élischa (ancêtre des Eoliens), Tarsis (ancêtre des Etrusques), Kittim (ancêtre des Romains) et Rodanim (ancêtre des Rhodiens). 

Parmi ces nations, l’une se distingua par son excellence, se furent les Grecs, fils de Javan. Il ne fait aucun doute que la bénédiction divine était sur ce peuple, tant et si bien que l’on put ainsi parler de « miracle grec ». Ce furent les grands philosophes, ainsi Socrate, auteur de la fameuse citation « je sais seulement que je ne sais rien», institua que la grammaire était un art que tout père devait enseigner à son enfant, ainsi pour Platon, la dialectique est « le moyen, à travers le dialogue, de connaître « ce qui est », ainsi pour Aristote, la rhétorique est l’art oratoire, c'est-à-dire « l'apprentissage de la capacité de discerner dans chaque cas ce qui est potentiellement persuasif ».
Grammaire, dialectique et rhétorique forment le trivium, mot qui signifie les trois chemins et qui se rapporte au « pouvoir de la langue ». 

« Tout est nombre », nous enseigne Pythagore, qui fait progresser l'arithmétique et agrandit le monde des mathématiques. Les grecs découvriront que la musique est régie par les lois de l’harmonique, qu’elle est une combinaison harmonieuse des contraires, une unification des multiples et un accord des opposés. Les Hellènes excellaient en géométrie, ainsi bâtirent-ils une des sept merveilles du monde antique, à savoir le Temple d’Artémis à Éphèse. L’astronomie hellénistique influencera de manière décisive les mondes indien, arabe et occidental.
Arithmétique, musique, géométrie et astronomie forment le quadrivium, soit les quatre voies au-delà du trivium, qui se rapportent au « pouvoir des nombres ». 

Les fils de Javan donnèrent donc au monde les sept arts libéraux, ainsi la Grammaire parle, la Dialectique enseigne, la Rhétorique colore les mots, la Musique chante, l'Arithmétique compte, la Géométrie pèse et l'Astronomie s'occupe des astres. 

De plus, le philosophe Platon, dans son ouvrage « La République », définira les quatre vertus essentielles à la constitution de la cité idéale, à savoir la justice, la prudence, la tempérance et la force, qui deviendront les quatre vertus cardinales du christianisme. 

Puis vînt le Christ… 

Consubstantiel au Père, fait homme de la Vierge Marie par l’Esprit-Saint, le Christ vînt sur terre pour racheter par son sang les péchés des hommes et établir la nouvelle Alliance entre eux et le Seigneur. Vendu et trahi par le Sanhédrin et Judas, il souffrit sa passion, fut crucifié et mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin. 

Alors, les apôtres se mirent en route pour apporter la bonne nouvelle de l’Évangile à toutes les nations d’Europe. Ainsi, l’apôtre Paul, dans son épître aux Corinthiens, nous transmet les vertus théologales, données par Dieu aux hommes : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » Citons le commentaire allégorique de saint Augustin, pour qui le poisson, l’œuf et le pain sont les trois vertus théologales : le poisson c’est la Foi ; l’œuf, l’Espérance ; le pain, la Charité. « Le poisson est bon comme la Foi ; il vit dans l’eau sans s’y noyer ; comme nous croyants, baptisés dans les eaux du baptême, nous sommes sauvés des tempêtes du siècle. L’œuf c’est le symbole de l’Espérance ; l’œuf n’est pas le poussin, il est en attente de poussin ; avec sa coquille, l’œuf ne voit pas ce pour quoi il œuvre ; il attend avec patience ce qui lui arrivera. Le pain c’est le meilleur des aliments, comme la Charité est la meilleure des vertus. » 

Toujours dans la même épître aux Corinthiens, Paul annonce aussi les 7 dons du Saint-Esprit, que saint Thomas d’Aquin nous décrira comme suit, au regard de la raison : « Pour la saisie de la vérité, la raison spéculative est donc perfectionnée par le don d'intelligence, la raison pratique par celui de conseil. Pour bien juger, la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse, la raison pratique par la science (la connaissance). Quant à la puissance appétitive, en ce qui regarde autrui elle est perfectionnée par la piété ; en ce qui regarde le sujet lui-même elle est perfectionnée par la force contre la terreur des périls, et contre la convoitise désordonnée des choses agréables elle est perfectionnée par la crainte (de Dieu). » 

Toutes les nations d’Europe embrassèrent la nouvelle Alliance, les mystères de la foi et le symbole de Nicée-Constantinople. 

Les Turcs Seldjoukides, maîtres de Jérusalem, interdirent le pèlerinage des chrétiens en Terre sainte afin d'aller prier sur le Saint-Sépulcre. Les chrétiens étaient volés, brimés, réduits en esclavage et, pour la plupart, assassinés. Pour cette raison, le Pape Urbain II appela les Rois chrétiens à délivrer Jérusalem ; ce fut le début des croisades et Jérusalem fut libérée par l’armée chrétienne.

Hugues de Payns, fondateur et premier maître de l'Ordre, vint pour la première fois en Terre sainte, pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage. Lors du concile de Naplouse, naquit la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, sous l'impulsion de neuf chevaliers : Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Archambaud de Saint-Amand, Geoffroy de Bossoit, André de Montbard, Gondemare de Cîteaux, Robert de Craon et Rolland de Provence, ayant pour mission initiale de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident. 

Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem située à l'emplacement du temple de Salomon. C'est ce lieu, dans lequel ils installèrent leurs quartiers, qui donna par la suite à l’Ordre le nom de Templiers ou de Chevaliers du Temple. 

L’Archange Michel, chef de la milice céleste des anges du Bien et saint protecteur des chevaliers, veillait sur eux, si bien que ce soit sur le champ de bataille, auprès des pauvres ou des pèlerins, dans leur conduite ou leurs propos, les Chevaliers de l’Ordre pratiquèrent avec assiduité les sept vertus chevaleresques traditionnelles que sont la noblesse, la bonté, l'humilité, le courage, la piété, la fidélité et l’honneur. 

La néfaste séparation des Églises d'Orient et d'Occident s’était produite, mais pour les Templiers, pour qui rassembler ce qui est épars est une exigence, tous les chrétiens étaient reçus à l’Ordre de manière égale. Ils paieront, par la destruction de l’Ordre, ce refus de se soumettre aux diktats des autorités royales et papales. 

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, par jalousie, convoitise et orgueil, Philippe IV le Bel, Roi de France, ordonne à Guillaume de Nogaret l’arrestation de tous les Templiers et la saisie de leurs biens, suivi rapidement en ce sens par le pape Clément V. Le 18 mars 1314, vendu, trahi et à la suite d’un procès inique, Jacques de Molay, Grand Maître de l’Ordre, est exécuté sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris. 

Dès les premières arrestations, neuf Chevaliers de l’Ordre se réfugient en Écosse, au départ de Marseille. Il s’agit de Charles d’Aumont, prieur d’Auvergne, accompagné des chevaliers Edward Harris, Maréchal Templier en Ecosse, Pierre de Bologne, chapelain, Etienne Stormont, Grand Commandeur d’Angleterre, Adam Dalberg, Grand Commandeur d’Allemagne, Philibert Thierry, Chevalier des Flandres, André Montigny, chevalier d’Auvergne, Adalbert Matignon, chevalier de France et Wolfgang Von Sassen, chevalier germain. Ne pouvant voyager avec l’habit du Temple, ils se vêtissent en maçons, dont ils épousent le métier, et passent ainsi inaperçus jusqu’en Écosse, à Aberdeen, où ils obtiennent rapidement le statut «d’hommes libres du métier». Depuis le VIIème siècle, on désigne les hommes libres sous le vocable de «Francs», et c’est ainsi que nos neuf Chevaliers deviennent des « Francs-maçons ». 

Le pape Clément V ayant ordonné l'arrestation des Templiers dans tous les États de la chrétienté, la discrétion est de mise. Désireux cependant de perpétuer l’esprit et les valeurs du Temple, Charles d’Aumont et ses Frères d’exil décident de cacher le sens profond et les buts de la Vénérable Fraternité sous le voile des symboles de la maçonnerie. Se réunissant le soir au sein de la Loge, ils en protègent l’accès par des mots, signes et gestes. 

Ainsi, après avoir été, une fois de plus, abattu, le Temple entame sa reconstruction. 

Pierre après pierre, sous la sage protection des secrets du vénérable métier et grâce aux réfugiés écossais, alors en guerre contre l’Angleterre, l’idée vivace d’une restauration spirituelle de la Vénérable Fraternité faît son chemin à travers toute l’Europe, et ce jusqu’en Allemagne où, à Manua dans la Haute-Lusace, nait le Baron Karl Gotthelf von Hund, concepteur du Rite de Stricte Observance Templière... 

Ce Rite, tel que nous le pratiquons, est indissociable de l’influence jacobite, c’est-à-dire de la présence en France de réfugiés écossais durant les révoltes jacobites (du latin Jacobus, Jacques), qui se sont déroulées en Grande-Bretagne et en Irlande entre 1688 et 1746, année de la bataille de Culloden, qui vit la victoire des troupes anglaises sur les clans écossais unifiés. L’objectif de ces révoltes était de ramener Jacques Stuart, VII d'Écosse et II d'Angleterre (le dernier roi catholique de la monarchie britannique), et, plus tard, ses descendants de la maison Stuart, sur le trône dont ils ont été privés par le Parlement après la Glorieuse Révolution de 1688. Certains de ces réfugiés écossais étaient Franc-maçons, et de nombreux Franc-maçons français prirent fait et cause pour les jacobites. Pour les remercier, les Frères écossais créèrent un grade à la suite des traditionnels Apprenti, Compagnon et Maître : le Maître Écossais. Ce grade ouvrit la porte aux « hauts-grades », avec notamment le Chevalier de l’Orient ou Maçon Libre. La bulle papale du 28 avril 1738, In eminenti apostolatus specula, interdît aux catholiques de fréquenter les Loges maçonniques. En réponse, les Francs-maçons catholiques désirant poursuivre leur parcours maçonnique, tout en réaffirmant leur attachement à la foi chrétienne, créèrent le grade de Rose-Croix. Le baron von Hund, concepteur de notre Rite, ajoutera les grades de Novice et de Chevalier du Temple. Ainsi, les Provinces allemandes de la Stricte Observance travailleront les grades d’Apprenti, Compagnon, Maître, Maître Écossais, Novice et Chevalier de Temple ; Les trois Provinces françaises travailleront aussi le Chevalier de l'Épée, Maçon Libre et le Chevalier de l'Aigle, Rose-Croix.
Aussi, en quête de cohérence et de pertinence, la Grande Loge Souveraine de France opte pour le système suivant :
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Apprenti ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Compagnon ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Maître ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  Chevalier du Temple ;
Grande Loge Souveraine de France - Rite de Stricte Observance Templière  La distinction de Chevalier Profès est accordée aux FFSS:. ayant rendu service à l’ordre de manière inestimable.

La Grande Loge Souveraine de France entend œuvrer à la réappropriation des valeurs culturelles qui ont fondé notre civilisation, à savoir la discipline grecque, le glaive romain, la sagesse antique et la spiritualité chrétienne. En ce sens, le Chevalier du Temple, soldat chrétien discipliné et grade ultime du Rite de Stricte Observance Templière, est la quintessence idéalisée de ces valeurs, de cette éthique, vers lesquelles nous tendons. Cet héritage « templier » est, pour nous, intellectuel et culturel.

Les travaux par grade :
Apprenti (3 ans) : la fraternité, l'honneur, l'obéissance, la bienfaisance, l'humilité, le silence, la sérénité face à la mort, la sagesse et la noblesse ;
Compagnon (2 ans) : Définies par Platon dans le livre IV de La République, les quatre vertus de l’âme qui nous consacrent à l’homme au sein de la Cité idéale, qui sont les vertus cardinales du christianisme : La justice, la prudence, la tempérance et la force d'âme ;
Maître (2 ans) : Perfectionnant les vertus cardinales et tirées de la Première épître aux Corinthiens de saint Paul (1Co 13,13), les vertus théologales, qui nous consacrent à Dieu : La foi, l'espérance et la charité .
Chevalier du Temple : Aura, au cours de ce parcours, approché les fondamentaux de notre philosophie et œuvrera au perfectionnement de ceux-ci, ayant pour objectif ultime de tendre vers une éthique parfaite.

commentaires
Publicité
<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 50 60 70 80 90 100 > >>