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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Histoire de la Franc-Maçonnerie en Espagne (source GLNF)

Publié le 19 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


L’histoire de la Franc-Maçonnerie en Espagne est particulièrement dramatique. Elle reflète celle d’un pays qui, au XVIIIe siècle, a occupé une place tout-à-fait particulière.

L’Espagne a en effet constitué un cas marginal dans l’histoire générale des tentatives de modernisation politique et sociale qui ont  fait le dynamisme de l’Europe au XVIIIe siècle, et dans l’histoire de la diffusion de l’idéologie des Lumières qui a accompagné et inspiré ces efforts de rajeunissement.

Un certain héritage historique, une certaine structure sociale ont opposé une résistance farouche à la politique réformatrice des dirigeants, le “despotisme éclairé” (despostismo ilustrado). Cette situation particulière a eu pour effet de produire une forte imperméabilité aux modèles de pensée et d’action offerts de l’extérieur par les différentes avancées politiques et philosophiques.

Du fait de l’échec de l’expérience de “despotisme éclairé” (tentée par Charles III -1759-1788, et ses ministres), ce retard ne sera comblé que très partiellement. L’Espagne de la fin du XVIIIe siècle, et surtout du XIXe siècle, sera de ce fait un anachronisme en Europe.

La Franc-Maçonnerie n’aura pas échappé à cette opposition de la société espagnole à tout ce qui, venu de l’extérieur, avait pour objet l’émancipation de la société civile et de l’esprit humain. Dans ce pays, on peut dire que la Franc-Maçonnerie n’a cessé d’être persécutée, avec divers degrés de violence, en dehors de courtes périodes de répit, pendant deux cent cinquante ans, jusqu’au retour de la démocratie en 1975. La nouvelle constitution de 1978 a légalisé l’Ordre maçonnique et sa place dans la société espagnole.

Le contexte historique

Les deux premiers règnes des Bourbons, celui de Philippe V (1700-1746) et de Ferdinand VI (1746-1759) ne furent en rien des règnes réformateurs.

Celui de Philippe V offrit, de ses premières années, l’image d’un prince dévôt (… et néanmoins sensuel ! A partir de 1714, il s’effaça  pratiquement derrière la forte personnalité de sa seconde femme, Elisabeth Farnèse,  dont les liens familiaux avec les petits états de l’Italie centrale expliquent la politique ambitieuse de l’Espagne en Méditerranée occidentale La fin de son règne fut marquée par de longues crises au cours desquelles le roi sombrait dans la prostration et la sénilité.

Quoique son successeur, Ferdinand VI, ait été un personnage d’une paisible médiocrité, son règne est caractérisé cependant  par une certaine volonté, non traduite dans les faits, d’évolution réformatrice. Autour de 1750, son ministre, le marquis de La Enseñada conçut la nécessité de réformes d’ensemble radicales. Les textes rédigés sous son autorité constitueront une mine de travaux dans laquelle viendront puiser les ministres en fonction le règne suivant.

De 1759 à 1788, s’ouvre, avec Charles III, frère de Ferdinand VI mort sans héritier, la période des espérances. Le nouveau souverain, que l’histoire reconnaîtra comme un grand roi, avait fait son apprentissage dans les vingt années de son règne en tant que roi de Naples et de Sicile (possessions de la branche cadette des Bourbons). Il avait eu un contact personnel avec l’esprit des Lumières. Une grande offensive se dessina, sous son impulsion, contre l’Eglise, ce qui était, pour l’Espagne, s’attaquer à la racine de la faiblesse du pouvoir royal sur la conduite des affaires de l’Etat.

Déjà, au nom du “régalisme”, c’est-à-dire de la  théorie juridique du droit de l’Etat sur l’ensemble des sujets, corps constitués et ressources matérielles du royaume, le règne précédent avait obtenu du pape Benoît XIV, pape conciliant, une extension du droit de patronage royal.

Cette fois, c’est aux aspects purement spirituels de la domination ecclésiastique que Charles III s’attaqua, avec l’aide du comte d’Aranda (1766-1773) et de Campomanes. Ainsi, à la faveur de l’échec d’un complot (?) visant à déclencher une insurrection populaire contre le gouvernement, les jésuites furent expulsés (1766-1767). Charles III insista en 1773 auprès de Clément XII pour que l’Ordre soit dissout. L’Inquisition se vit imposer un assouplissement de la censure des livres. Campomanes projeta en 1766 de confisquer certains biens détenus par les communautés ecclésiastiques, ce qui aurait permis enfin de réaliser une véritable réforme agraire, et d’assurer ainsi le développement de la petite et moyenne propriété, tandis qu’Aranda envisagea d’affecter à des usages charitables, les biens des confréries, et de réduire ainsi quelque peu la pauvreté dans les villes et les campagnes.

Mais l’offensive tourna bientôt court. Qu’il s’agisse des biens de l’Eglise ou des tribunaux inquisitoriaux, le gouvernement hésita à s’attaquer à des institutions traditionnelles par crainte de soulever l’opposition des couches populaires, fortement sous l’influence des ecclésiastiques. Même un certain nombre d’ilustrados, nobles et bourgeois éclairés, ne suivirent guère ces idées nouvelles dans la mesure où elles touchaient à la religion.

Le “despotisme éclairé” en Espagne avait donc échoué.

Dès la fin du règne de Charles III, sous le ministère de Floridablanca, une réaction se dessina. L’Inquisition s’enhardit à nouveau, le grand prédicateur Diego de Cadix tonna contre les Lumières ; un clan réactionnaire se forma autour du Prince des Asturies, le futur Charles IV ; lire des ouvrages traduits du français redevint pure hérésie, et punissable comme telle.

Le règne de Charles IV (1788-1808), la Révolution en France, donnèrent le signal de la rupture entre les milieux gouvernementaux et tout ce qui est considéré comme issu de l’esprit des Lumières, désormais ouvertement accusé de saper les autorités légales. L’élite éclairée se trouva placée devant un choix radical : renier les Lumières dont les idées révolutionnaires françaises étaient évidemment présentées comme le prolongement, ou risquer d’être accusée désormais à la fois de trahison et d’hétérodoxie, et d’encourir les sanctions des autorités civiles et ecclésiastiques.

A la mort de Charles III, en 1788, l’Espagne entra rapidement en état de crise économique et morale aiguës.

Sous le médiocre règne de Charles IV, de 1788 à 1808, un conflit  social majeur mûrit : les classes moyennes commencèrent à regretter l’abandon des réformes du règne précédent qui leur semblaient porteuses d’une évolution souhaitée de la société, tandis que la noblesse et le clergé exigèrent que l’on en revienne plus nettement et plus rapidement au conservatisme de la monarchie d’avant Charles III, et que l’on effaçât toute trace de libéralisme.

Il importe de noter que, si réactionnaire qu’il fût, le roi Charles IV avait dès 1795 repris avec la France révolutionnaire l’alliance franco-espagnole en vigueur depuis 1701 (arrivée des Bourbons en Espagne). C’est Napoléon qui mettra fin à cette alliance en 1808.

L’entrée des armées impériales, à l’origine dans le seul projet de traverser le pays pour se rendre au Portugal dans le cadre d’une stratégie militaire contre les puissances coalisées (ce qui avait été relativement bien accepté par les autorités et la population espagnoles), évolua en fait, dans l’hiver 1807-1808, vers une pénétration profonde en Espagne. Dans le domaine politique, Napoléon nomma Joseph, son frère, roi d’Espagne, tandis que le Maréchal Murat se voyait attribuer le trône de Naples.

On connaît la suite. L’insurrection populaire d’Aranjuez contre les troupes françaises et le gouvernement qu’il rendait responsable de l’occupation étrangère du pays, provoqua la chute du gouvernement et l’abdication du roi Charles IV au profit de son fils Ferdinand VII.

Exploitant la crise espagnole, Napoléon obtint la renonciation au trône des deux Bourbons qu’il retint à Bayonne, ce qui déclencha la mobilisation spontanée des Espagnols au service du sentiment national, autour du symbole dynastique.

Une fois encore, aux yeux du peuple, tenu en main par ses seigneurs et ses prêtres, se trouvaient vérifiées les accusations contre les Lumières, et particulièrement contre les Français. Athées et propagateurs des idées nouvelles, ils étaient un nouvel antéchrist, qu’il fallait  repousser, dans un sentiment “ibéro-chrétien”, comme les rois catholiques avaient chassé les Maures, six cents ans plus tôt.

Finalement, affaibli par les campagnes européennes, à partir de 1812, Napoléon libéra Ferdinand VII qui rentra en Espagne et fut restauré en avril 1814.

Le pays se trouva ainsi dans une construction politique curieuse, celle des “trois Espagnes” : l’Espagne “bonapartiste” du frère de Napoléon, Joseph, devenu pour la circonstance “José Ier”, celle de la “junte centrale” de Cadix (…et des juntes locales), réunie autour de la constitution (libérale) de 1812, en lutte contre la domination française, et les royaumes de Naples et de Sicile, du prince Murat.

Désormais l’histoire intérieure de l’Espagne ne sera guère que celle d’une lutte entre absolutistes et libéraux.

En 1820, un mouvement populaire fomenté par le Colonel Riego, contraint le roi Ferdinand VII à faire des concessions : les jésuites furent expulsés, l’Inquisition abolie, et la constitution libérale de 1812, remise en vigueur. Mais le mouvement ayant fini par échouer en 1823, grâce à l’aide de l’armée française (la France étant devenue une monarchie, avec la Restauration, Louis XVIII, régnant), les anciennes prérogatives royales de Ferdinand VII furent restaurées, Riego fut arrêté et pendu et l’absolutisme rétabli dans toute sa violence arbitraire.

C’est dans ce contexte particulièrement défavorable et dramatique que la Franc-Maçonnerie s’introduit en Espagne au XVIIIe siècle, et qu’elle eut à s’y développer.


Histoire maçonnique de l’Espagne

On peut distinguer deux périodes de cette histoire au XVIIIe siècle. Mais pour une bonne connaissance de la Franc-Maçonnerie dans ce pays, il est intéressant de prolonger l’étude jusqu’au début du XIXe siècle, pour tenir compte de l’influence française, déterminante, sur la suite du développement de la Franc-Maçonnerie espagnole.

  • Un développement rapide (?) dans un contexte très hostile (1728-1758)

La première Loge d’Espagne fut constituée en 1728 (25 février), à Madrid, par le Duc de Wharton, ex-Grand Maître de la Grande Loge de Londres, et cinq autres Anglais résidents à Madrid. Elle est curieusement connue sous deux titres distinctifs : French’s Arms in St Bernard’s Street et The Flowers of Luces. Elle serait donc une des toutes premières loges, sinon peut-être la première, à avoir été fondée sur le continent

La Franc-Maçonnerie semble s’être répandue d’emblée rapidement puisqu’en 1750, on comptait, dit-on, déjà 200 loges, d’obédience soit anglaise, soit écossaise, soit irlandaise, surtout en Andalousie, où dès 1739 la Grande Loge de Londres avait désigné un Grand Maître Provincial. Exemples : les loges Lodge of St John of Jerusalem N° 53, à Gibraltar (une trentaine de membres, tous militaires), Lodge of Inhabitants N° 285 etc.

Mais il semble de plus en plus clair que les activités maçonniques, prouvées à Barcelone en 1748, à Cadix en 1756,  furent le fait de Maçons d’origine étrangère, français le plus souvent, parfois protestants, tous initiés hors d’Espagne, et qui d’après l’étude des procès de l’Inquisition, ne firent jamais allusion, dans leurs interrogatoires à l’existence de loges espagnoles, et encore moins d’obédience organisée.

Les “200 loges en 1750” que la tradition historique a rapportées, pourrait bien relever de la légende, ou être plutôt des loges de Maçons étrangers ; leur nombre paraît en fait très exagéré.

En effet, les persécutions avaient commencé dès 1740 quand le roi Philippe V, obéissant à la bulle de Clément XII de 1738, lança un édit contre le Métier et interdit la Franc-Maçonnerie. De nombreux Maçons, espagnols ou étrangers, furent bannis, emprisonnés ou condamnés aux galères.

La Maçonnerie continua pourtant à se développer, comprenant un nombre important de Frères anglais et français.

La situation devint encore plus terrible en 1751 quand le pape Benoît XIV confirma la condamnation, par sa bulle Providas.

Le roi Ferdinand VI, dans un décret, condamna les Francs-Maçons à mort, sans autre forme de procès. Il  laissa l’Inquisition sévir avec une rigueur extrême contre les Frères déclarés criminels d’état au premier chef, et jugés comme tels.

Le calme revint sous le règne de Charles III. En 1766 se serait constituée une Grande Loge Provinciale d’Espagne, sous l’obédience de Londres, qui se serait déclarée indépendante en 1780, et aurait prit le nom de Grand Orient d‘Espagne. Le premier Grand Maître en aurait été le comte d’Aranda, alors ministre, auquel aurait succédé le comte de Montijo. Mais l’existence réelle de cette obédience et la paternité du comte d’Aranda sont de plus en plus mises en cause. L’examen de sa correspondance n’apporte aucun élément permettant de confirmer cette création, d’autant que l’appartenance du comte à la Franc-Maçonnerie … n’a elle-même jamais pu encore être prouvée

Il semble en fait que la première loge authentiquement espagnole ne fut pas fondée en Espagne, mais … à Brest. Dans le cadre de l’alliance franco-espagnole l’escadre de Cadix fut envoyée à Brest en septembre 1799. Certains officiers furent initiés à la loge brestoise L’Heureuse Rencontre, d’autres à la loge, Les Elus de Sully. Quelques mois plus tard, ces officiers, désireux de travailler dans leur propre langue, sollicitèrent l’autorisation de constituer une loge sous le titre distinctif Reunión Española.

  • La Maçonnerie espagnole sous l’invasion française (1807-1814)

L’entrée des troupes françaises en 1807 provoqua la naissance et l’essor de la Franc-Maçonnerie espagnole.

De nombreuses loges militaires furent créées dans plusieurs villes. A titre d’exemple : Les Amis Fidèles de Napoléon (1808), à Barcelone, Napoléon le Grand (1811), à Madrid, Le Gibraltar Français (1814), à Santoña, Les Amis Réunis de Saint Joseph (1810) à Vitoria, etc. Elles comprenaient, semble-t-il, exclusivement des Frères militaires français.

Pendant la même période furent constituées des loges civiles par des Français de l’entourage de Joseph Bonaparte, et par des Espagnols partisans du nouveau régime; Peu nombreuses, elles n’en furent pas moins essentielles pour la suite de l’implantation de la Franc-Maçonnerie en Espagne.

C’est d’elles que sortit la Gran Logia Nacional, à partir de la loge San José, dont le principal animateur était le Frère Joachin Ferreira. Cette Grande Loge, assez active, regroupa des loges qui fonctionnèrent jusqu’en 1812. D’après les minutes de cette obédience, il apparaît que l’essentiel de l’activité maçonnique semble avoir été la bienfaisance, tant vers les Frères que les profanes.

Le comte de Grasse-Tilly, fondateur du Suprême Conseil de France et le baron de Tinan, membre de cette juridiction jouèrent un rôle très actif dans cette expansion. Il en fut de même du frère du comte de Grasse, qui sous le nom de guerre de Guzman, combattait lui, de son côté, avec les Anglais dans les rangs espagnols. Franc-Maçon également, il établit en 1808, à Aranjuez, un Consejo Supremo irrégulier, groupant des loges militaires. Cette obédience ne fut qu’épisodique. En 1809, trois loges du Rite Ecossais Ancien et Accepté se constituèrent à Madrid sous l’égide du baron de Tinan, et s’unirent en une Grande Loge Nationale, qui fonda de nombreux autres ateliers “écossais” dans le pays. En 1811, Grasse-Tilly institua un Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté, coiffant la Grande Loge Nationale, qui prit le nom de Grand Orient des Espagnes et des Indes.En 1811, il y avait donc en Espagne deux Grands Orients et deux Suprêmes Conseils.

  • La Maçonnerie espagnole sous la persécution (1814-1868)

Le retour du roi Ferdinand VII fut fatal à la Franc-Maçonnerie.

Elle fut totalement interdite, et l’Inquisition la persécuta avec une ardeur et une cruauté redoublées. Les Maçons tentèrent de s’unir et de résister, avec l’appui du mouvement libéral. Grâce à celui-ci, le Suprême Conseil fut réveillé en 1818 et, en 1820, le Grand Orient des Espagnes reprit son activité sous la direction du comte de Montijo, parent de la (si pieuse) future impératrice Eugénie.

Pendant les quatre années de libéralisme apporté par la révolution déclenchée par la patriote Riego, de 1820 à 1823, le Métier repris de la force. Mais une nouvelle insurrection, réactionnaire éclata en 1823, et mis fin à la période de gouvernement libéral de Riego. La Franc-Maçonnerie fut supprimée, et les persécutions reprirent. Nombre de Maçons réputés furent pendus ou décapités. La Maçonnerie, presqu’entièrement exterminée, fut réduite à la clandestinité. En 1825, à Grenade, une loge fut envahie par la force armée, les sept Maîtres maçons présents furent pendus, et un profane, qui venait d’être reçu Apprenti, se vit condamné à sept ans de galère.

L’aveuglement haineux était tel que le roi Ferdinand VII fut même accusé par la populace d’être lui-même un Franc-Maçon, parce qu’il n’avait pas rétabli l’Inquisition dans tous ses droits et prérogatives antérieurs.

La Franc-Maçonnerie continua  à survivre en Espagne au XIXe siècle, dans un contexte dramatique d’instabilité, de persécution, de divisions et de luttes internes et de dérive vers l’irrégularité, auquel le renouveau politique espagnol de la fin du XXe siècle vint mettre un terme.


 

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La Franc-Maçonnerie et l'Eglise catholique (source GLNF)

Publié le 19 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ont toujours été tendues et tourmentées, pratiquement depuis le début de la Franc-maçonnerie spéculative, et plus particulièrement à partir de 1738, date à laquelle les Francs-maçons furent frappés d’excommunication.

Jugés par le uns comme justifiées, pas d’autres comme inappropriées, les condamnations émises par Rome n’ont laissé personne indifférent.

De franchement antagonistes, puis tumultueuses, les relations entre ces « deux forces morales » se sont peu à peu dédramatisées, puis apaisées. Des efforts de meilleure connaissance réciproque ont été déployés de part et d’autres, notamment de la part de personnalités catholiques éminentes, au premier rang desquelles il convient de citer le Révérend Père Michel Riquet pour le rôle majeur de conciliation qu’il s’est toujours efforcé de jouer pour parvenir, au-delà d’une meilleure compréhension mutuelle, à un certain rapprochement.

Aujourd’hui les Frères catholiques ne se sentent plus en faute à l’égard de Rome d’appartenir à la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition.

Des interrogations, des ambiguïtés et des zones de flou demeurent, même si la Franc-maçonnerie ne fait plus l’objet d’une condamnation explicite.

 

L’Eglise et la Franc-maçonnerie opérative.

La Franc-maçonnerie s’est efforcée, dès avant sa création sous forme de Grande Loge, le 24 juin 1717, d’affirmer et de formaliser juridiquement sa filiation historique avec la Maçonnerie opérative.

On sait que déjà, bien plus tôt dans l’histoire de la confrérie, des Anciens Devoirs (« Old Charges »), manifestement « spéculatifs » (tels que le manuscrit Sloane, vers 1700),  affirmaient cette filiation (cf Module n°1).

Le point culminant sera atteint en 1723, lorsque paraîtront les Constitutions d’Anderson qui, à la manière des Anciens Devoirs et très exactement sous leur forme et structure interne, présente la Franc-maçonnerie comme héritière des us et coutumes et spiritualité de « l’antique métier de Maçonnerie ».

Et ce faisant, Anderson et Désaguliers, dont il est connu qu’il a puissamment contribué à créer la Franc-maçonnerie sur les fondements spirituels de la Maçonnerie opérative, se sont appropriés et nous ont ainsi rendus héritiers, jusqu’à la fin des temps de la Franc-maçonnerie régulière, ou de Tradition,  de la spiritualité de nos ancêtres, les Maçons opératifs.

Or cette Maçonnerie opérative était très religieuse, profondément catholique, avant de « se faire anglicane », par la force de l’histoire de la Grande Bretagne.

Mais cette spiritualité judéo-chrétienne pour aussi profonde et incontestable qu’elle fut, rencontra l’esprit des Lumières lors des années qui précédèrent et surtout suivirent la création de la Grande Loge de Londres, Mère Loge de toute la Franc-maçonnerie de Tradition, donc régulière, de par le monde. La Franc-maçonnerie naissante en subit quelque influence, non sur le fond mais sur le développement de sa finalité humaine.

Aussi loin que la connaissance de cette confrérie de métier se porte, c’est-à-dire, d’une manière rigoureusement documentée, à la fin du XIVe siècle, il est incontestable que la Maçonnerie opérative fut ouvertement et profondément religieuse, et comme il se doit avant la Réforme en général et la réforme anglicane en particulier, catholique. Nous le savons par les Old Charges, et notamment par le plus anciens d’entre eux qui nous soit parvenu, le manuscrit (Ms) anglais dit « Régius », daté de 1390.

Or près d’un demi-siècle avant la rédaction de ce fameux manuscrit Régius, une corporation de Maçons, dite Compagnie des Maçons de Londres dont on trouve la première trace en 1356 (à l’occasion d’un différend professionnel) avait pour devise « Dieu est notre guide » ; nous le savons parce qu’en 1 870, à l’occasion du renouvellement de sa charte, elle changea sa devise en « Dieu est notre espérance » . Dans un de ses inventaires datés de 1665, il est relevé un passage qui se réfère explicitement à la Bible. Cela ne saurait surprendre puisque toutes les corporations (ou guildes), au-delà de leurs activités normatives dans leur métier et les englobant, avaient un  essentiellement caractère religieux. Des communautés ou groupes de personnes parmi leurs membres (ou confréries) prenaient en effet soin des membres de la corporation en cas de maladie, leur assuraient une sépulture décente, priaient pour le salut de leurs âmes après leur mort et prenaient soin de leurs proches.

Le Frère Cyril N. Batham notait, dans son intéressant article consacré à la Compagnie des Maçons de Londres (Villard de Honnecourt N°2, 1981), que « les premières guildes furent souvent dirigées par un Comité de 13 membres, représentant le Christ et ses douze apôtres, et dans le cas de l’une d’entre elles, il est précisé que son président était une femme en hommage à la Vierge. »

Le Ms Régius,  après avoir appelé l’attention des Maçons, sur l’exigence de piété exhorte à « honorer ton Seigneur Dieu, tant le jour que la nuit, de tout esprit, de toute ta force. » (vers 628-­629). Il reflète ainsi son enracinement dans la Bible vétéro-testamentaire (Dt 6,5) et s’achève par une invocation toute chrétienne : « Que le Christ alors, dans sa haute grâce, vous donne tout ensemble le temps et l’esprit pour bien lire et comprendre de livre, afin de gagner le Ciel en récompense. Amen, amen [encore un hébraïsme], ainsi soit-il ! disons tous à l’unisson par charité. » (vers 820-825).

Près d’une centaine de manuscrits qui nous sont parvenus commencent par une prière de ce type, ou en contiennent une dans le cours de leur texte ou en conclusion. Autre exemple courant, au point d’être devenu un « standard », telle que cette invocation, toute paulinienne : « Que la force du Père du Ciel avec la sagesse du glorieux Fils ainsi que la grâce et la bonté du Saint Esprit, ces trois personnes réunies sous une seule divine tête [ou en seul Dieu], soient avec nous au début de nos travaux et nous donnent la grâce de nous conduire nous-mêmes pour que nous puissions vivre avec cette bénédiction [ou béatitude] qui ne prendra jamais fin. »

Peu à peu les invocations glissent de l’orthodoxie catholique (invocation de la Sainte Eglise, prière à la Sainte Vierge ; invocation de tous les Saints) vers une dogmatique plus proche de la Réforme et de l’anglicanisme , du type de celles citées ci-dessus.

Ce caractère religieux s’explique par le fait que le travail en lui-même, et celui des tailleurs de pierre, maçons architectes peut-être encore plus, compte tenu du caractère édificateurs de ces « logeurs du Bon Dieu » (R. F. Jean-François Blondel, n’était pas dissocié de son caractère sacré.

Le travail était, pour reprendre la belle expression de notre F. Paul Naudon, « l’ascèse de la vie chrétienne qui menait à Dieu ». L’association ne pouvait être dans cette perspective strictement professionnelle ; une confrérie religieuse venait doubler la communauté.

Le prêtre, en Angleterre le chapelain, en faisait partie, obligatoirement et au premier chef. Sa présence était requise à la fois pour les lectures bibliques requises en loge et prononciation des invocations rituelles.

Il semble que plus tard, à la veille de la création de la première Grande Loge, la Worshipful Society, nom sous lequel les Maçons opératifs continuaient à subsister, (et cela jusqu’à nos jours), professait la foi catholique, ou du moins un anglicanisme peu officiel, en raison de la présence de la forte personnalité qui la dirigeait, Sir Christopher Wren, officiellement anglican mais en fait de tendance catholique romaine et très pratiquant.

Quoi qu’il en soit, catholique, anglicane ou réformée, la Maçonnerie opérative fut très profondément chrétienne. L’on ne sait rien d’une quelconque condamnation que la Maçonnerie opérative aurait eu à subir de la part des autorités religieuses, en Angleterre ou ailleurs dans la chrétienté. Et cela, contrairement aux autres corporations qui, elles, furent à des moments divers de leur existence condamnées pour telle ou telle raison.

On citera à titre d’illustration quelques condamnations d’origine religieuse décrétées en France à l’encontre de certaines corporations, ou plus exactement, à l’encontre de certaines confréries, confraternités ou encore charité professionnelles : le décret de Bamberg, pris en 1451, par le Cardinal Nicolas de Cues qui déclare que « certaines compagnies ne conviennent pas à l’unité chrétienne . » On ne croit pas savoir que les confréries de tailleurs de pierre étaient visées. Ici c’est le soupçon de conspirations et de conjurations ou autres collusions qui pourraient bien se constituer sous « ombre de confrérie, messe, service divin ou autre cause. [1]», d’autant plus redoutables qu’elles sont scellées sous le sceau du serment, ce qui comporte, qu’on le respecte  ou qu’on le trahisse, un risque de parjure, donc de péché grave.

On pourra citer les récriminations de Guillaume Durand, évêque de Mende, en 1311, à l’encontre des clercs et laïcs « qui se goinfrent et se mettent en état d’ébriété au cours de réunions confraternelles. »

Ou encore,  le texte du concile provincial de Sens de 1522 interdisant sans appel « les banquets d’associations qui pourraient être faits les jours de fête des confréries... »

Là il semble que soit l’utilisation dispendieuse des deniers de la confrérie qui soit condamnée, alors que l’argent pourrait être mieux utilisé à des fins caritative...  ou cultuelles.

Enfin on citera la célèbre condamnation des Compagnons par la Sorbonne, le 14 mars 1655, à l’instigation d’une société dévote dite « Confrérie du Saint Sacrement » pour « leur pratiques sacrilèges et superstitieuses. » La condamnation visait uniquement les Compagnons Cordonniers, Tailleurs d’habits, Chapeliers et Selliers (du Devoir). Et de plus, la Sorbonne était une faculté de théologie, amenée certes depuis 1554 à se prononcer sur des questions de morale et des solutions de cas de conscience ; mais ses sentences n’étaient en aucun cas revêtues de l’autorité de l’Eglise, et ne l’engageaient pas.

En l’occurrence, le motif principal de la condamnation était effectivement religieux. Les rituels saisis laissaient apparaître une cérémonie de réception montée comme une parodie des sacrements de la religion chrétienne comme d’ailleurs les légendes compagnonniques, partie intégrante du travail ésotérique en cayenne, pouvaient apparaître parodier l’Evangile ou l’Ancien Testament. Ils ne nous appartient pas ici de juger si ces cérémonies et travaux conduisaient réellement à des parodies ou étaient des modes « primitifs » d’appropriation du contenu évangélique ou du plan de salut, nécessaire pour « faire passer le message » dans un milieu où la lecture de la Bible (par ailleurs interdite hors la présence d’un prêtre, interdiction que la Réforme supprima avec le succès et la fructueuse émancipation religieuse, culturelle et intellectuelle que cette suppression permit). Il est encore possible que la présence de chapelain en loge, chez les Maçons opératifs (et peut-être aussi chez toutes les confréries médiévales) ait eu pour but ... de cathéchiser ces milieux professionnels, dans la plus incontestable orthodoxie.

Les fondateurs de la Franc-maçonnerie non opérative qui œuvrèrent laborieusement pour en assurer la filiation régulière, ininterrompue, avec la Maçonnerie opérative, étaient eux-mêmes des chrétiens sincères (ce qui ne les empêchaient pas de fréquenter toutes sortes de cercles philosophiques, métaphysiques et ésotériques).

Ils reprirent à leur compte cet héritage...et ils l'ont légué à chaque Franc-maçon de Tradition qui s’en rend héritier par son serment d’appartenance à l’Ordre, prêté aux trois grades, librement et volontairement, et qui, pris dans ces conditions, leur confère la Régularité maçonnique.

 

La Franc-maçonnerie spéculative : l’esprit des Lumières.

 Lorsqu’elle crée en 1717 la première Grande Loge, la Franc-maçonnerie non opérative, si elle se rend héritière de l’esprit religieux de sa devancière, n’en est pas moins pétrie de l’esprit de les Lumières qui, en Angleterre, atteint à cette période son apogée (elle l’atteindra plus tard sur le continent, mais avec des évolutions et déviations notables par rapport à la ligne de « l’Enlightenment » anglais).

Sans renoncer à quoi que soit de la spiritualité de la Maçonnerie opérative, la nouvelle société spéculative, se servira de la symbolique, de l’esprit et des pratiques de l’ancienne Maçonnerie, dans son généreux dessein de projeter la fraternité humaine à l’échelle du monde entier, pour en faire un centre d’union, un lien fédérateur entre tous les hommes « de bonne renommée, de bonnes mœurs et d’honnête conversation », comme cela figurait autrefois dans les statuts des confréries continentales et anglaises.

La nouvelle société maçonnique faisait ainsi preuve, au grand dam des Maaçons opératifs confinés dans le périmètre étroit de la corporation professionnelle, des caractéristiques les plus nobles de l’esprit des Lumières, à savoir de sociabilité ouverte et large, de cosmopolitisme sincère et d’universalité culturelle

Cet esprit d’ouverture était directement inspiré par la philosophie des Lumières qui rayonnait en Grande Bretagne et plus particulièrement du latitudinarisme qui se traduira dans le théisme  « noachite »  des célèbres Constitutions d’Anderson et tout particulièrement de celles de la seconde édition de 1738.

Elle se conjuguait à la « New Philosphy », courant de fond réformé, qui prônait une « religion universelle » dans laquelle, au-delà des particularismes des diverses confessions, la rechercher de la vérité devait se faire conjointement dans les deux Livres de Dieu, Sa Parole et Ses œuvres.

Il suffit d’écouter l’une et de contempler les autres pour devenir sensible à sa divine présence. Car elle est directement accessible par la raison, soit « d’après notre jugement » (allusion à l’inspiration du Saint Esprit, très caractéristique de la Réforme), et soit d’après l’enseignement d’hommes sensés et sages (autre caractéristique de la Réforme).

En 1722, dans le numéro de la revue londonienne « The Postman and Historical Account », daté du 31 juillet-2 août, ainsi que dans les quatre numéros suivants, parurent des textes à caractère très nettement marqué de « constitutions » ou de « old charge », à la fois par la forme que par le fond (elles portent la marque très nette d’un Old Charge opératif), et donc destinés au grand public, par le support sur lequel il furent publiés.

Ils furent plus tard rassemblés sous le titre : « Les Anciennes Constitutions appartenant à l’Ancienne et Honorable Société des Maçons Francs et Acceptés. Tirés d’un Manuscrit  écrit il y a plus de Cinq Cents Ans, Londres : Imprimé, et Vendu par J. Roberts, dans Warwick Lane, 1722 »

Ces textes donc, connus par la suite sous le nom de leur éditeur, J. Roberts, furent publiés dans un journal.

Ils le furent, dit-on, pour répondre à une lettre attaquant les Francs-maçons

Certes il y eut bien cet article qui fustige les Francs-maçons (on se reportera à l’article cité pour prendre connaissance des reproches adressés aux Francs-maçons), mais la recherche maçonnique pense que le but principal de ces « Constitutions Roberts » furent publiées surtout pour tenter de contrer la main mise sur les loges opératives de la part des non opératifs, que l’on sentait venir, après leur entreprise qui avait abouti à la création de la Franc-maçonnerie spéculative en la présentant comme la continuation « librement consentie » de la Maçonnerie opérative. En effet de nouvelles pratiques commençaient à émerger  dans la nouvelle société, en particulier en ce qui concernait la nomination des dirigeants, les attributions  des Loges  en matière de réception de nouveaux membres, etc.

Il semble bien qu’elles étaient destinées à la fois :

A devancer la parution annoncée des Constitutions d’Anderson, pour bien affirmer et « publiciser » l’antériorité de l’Honorable société des Maçons Francs et Acceptés sur la nouvelle société, à caractère universel

A satisfaire le besoin exprimé par de nombreux Maçons opératifs de disposer, contrairement à la tradition orale ancestrale de la confrérie, d’un texte faisant foi de leur ancienneté et honorabilité

A réaffirmer le caractère incontestable de leur orthodoxie religieuse.

Sur ce dernier point, outre l’invocation trinitaire  traditionnelle en ouverture du texte, on remarquera l’exhortation à  « l’Ami et Frère », à lire à tout candidat à l’admission dans une Loge: «  [Article 1] Je dois vous exhorter à honorer Dieu dans sa sainte Eglise ; à n’avoir recours à aucune Hérésie, Schisme ou Erreur en votre Entendement... »

Il est aisé de reconnaître le caractère catholique de ces Constitutions, caractère précisément qu’Anderson et Désaguliers souhaitaient dépasser pour ouvrir la fraternité aux autres confessions d’abord, puis au monde entier ensuite, comme le texte des deux éditions des Constitutions le mettent clairement en évidence, tout empreints de l’esprit des Lumières qu’ils étaient, mais sans que cela ne remettent en cause, le moins du monde leur foi chrétienne.

 

Les condamnations civiles

Les premières condamnations de la Franc-maçonnerie non-opérative émanèrent, non pas de l’Eglise catholique et romaine, comme le pense parfois, mais de gouvernements civils. Elles se produisirent très tôt dans son  histoire.

La Franc-maçonnerie fit l’objet d’attaques, quelquefois violentes, en Angleterre même.

Nous l’avons vu, les Constitutions Roberts, par exemple, furent publiées en réponse à une attaque sévère sous la forme d’un article anonyme dans la revue « The Postman and Historical Account ». Mais de nombreuses autres attaques avaient bdéjà frappé la nouvelle Franc-maçonnerie quand cet article parut. A chaque fois, c’était le secret, le serment, mais aussi la présence, incompréhensible pour le grand public, de personnalités éminentes de la haute noblesse, des arts et des sciences dans ses rangs, qui faisait jaser les pamphlétaires inquiets et agressifs.

Il faut dire que les Maçons eux-mêmes ne faisaient pas grand chose pour éviter d’exciter la foule des folliculaires. A preuve, les défilés à répétition, en  grande tenue, dans les rues de Londres, les frasques du duc de Wharton, Grand Maître de la première Grande Loge en 1722, personnage trouble, tour à tour catholique, ou anglican, hanovrien ou jacobite, qui contribuèrent à faire monter la suspicion par ses agissements politiques. Il fonda d’abord en 1719 le « Hell Fire Club », (qui fut interdit en 1721 par édit royal), assemblée de libertins aux mœurs dissolues, puis en 1724 une parodie chinoise de la Franc-maçonnerie « L’Ancien et Noble Ordre des Gorgomons », de toute évidence d’esprit jacobite.

Cette attaque, de l’intérieur, attisa davantage l’hostilité des milieux antagonistes de la Franc-maçonnerie, et s’ajouta à celles qui l’attaquaient constamment. Elles eurent pour effet d’éloigner d’elle un certain nombre de Frères, effrayés par la réputation que la rue faisait à la société à laquelle ils venaient de se joindre.

La Cité de Londres alla même jusqu’à interdire, pendant quelques années, les défilés publics des Francs-maçons.

Le coup suivant fut porté par le gouvernement des Provinces Unies (aujourd’hui les Pays-Bas), en 1735. Il s’inquiétait du risque (et non de faits avérés) « pouvant conduire les fraternités ou associations à devenir des pépinières de factions ou d’alliances. » En fait, comme le rapporte le duc de Luynes, citant l’ambassadeur de France à La Haye, cette interdiction, renouvelée en 1737, mettait en exergue « le serment et le secret « impénétrable »... [mais surtout] était motivée par le fait que l’on avait fait la découverte d’une faction de M. le prince de Nassau pour se faire élire stathouder, et que l’on trouva que la plupart de ceux qui composaient cette faction étaient des frimassons [sic]. »

Le conseil de la ville de Genève lui releva surtout le secret et le serment, et interdit la Franc-maçonnerie en 1736.

En France, le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, informé par des rapports de police de plus en plus nombreux, de l’existence d’assemblées « d’un ordre appelé des Framassons [sic], à l’exemple de l’Angleterre [dans lequel] sont enrôlés quelques-uns de nos secrétaires d’état et plusieurs ducs et seigneurs... Ils s’assembloient, recevoient les nouveaux chevaliers, et la première règle étoit un secret inviolable pour tout ce qui se passoit. »

Comme il considère que de telles assemblées sont «  très dangereuses dans un Etat », le cardinal de Fleury va s’efforcer d’étouffer dans l’œuf cette nouvelle société.  D’avril à septembre 1737, la police, sous les ordres du lieutenant Héraut,  va traquer, sans  grand succès il faut dire, les tenues maçonniques, et le 14 septembre  1737, le commissaire du Châtelet, Jean Delépinay, arrête l’hôte d’une assemblée maçonnique et fait fermer son cabaret. Mais la sentence édictée à cette occasion va toucher l’ordre dans son entier en interdisant aux cabaretiers du royaume de recevoir de telles assemblées frappées elles aussi d’interdiction.

D’autres états européens frapperont d’interdiction les assemblées maçonniques : le Palatinat en 1737, la Magistrature d’Hambourg, en 1738...

Dans tous les cas, l’interdiction était prise toujours pour les mêmes motifs : ordre public, secret, serment...

 

Les condamnations de l’Eglise catholique

Dans un tel contexte, l’Eglise pour motiver ses condamnations, n’eut guère de mal à faire état de « parfaite connaissance de cause» et surtout de « rumeur publique ».

La condamnation de la Franc-maçonnerie fit l’objet de deux documents (ou bulles) d’excommunication : la lettre encyclique In eminenti du 28 avril 1738, fulminée par le pape Clément XII (1730-1740), et la Constitution Providas du 18 mai 1751, fulminée par le pape Benoît XIV (1740-1758) Trois sources avaient dû apporter au pape Clément XII les informations nécessaires à sa prise de décision : les nonces dans les états où des condamnations civiles avaient été prononcées, les inquisitions locales et la présence à Rome des Stuarts, à partir de 1717.

Pourtant à la veille de fulminer sa bulle, Clément XII paraît ne pas en savoir assez sur la Franc-maçonnerie puisqu’il demanda à l’inquisiteur de Florence, et fit demander aux autres, et notamment au cardinal Da Cunha, inquisiteur général au Portugal d’obtenir des informations « ... sur la nature et la fin cachée de la compagnie ou institut [des Francs-maçons], afin que, de cette façon, Sa Sainteté puisse être informée exactement. »

Aucune des eux bulles ne fut reçue en France. Plus exactement elles ne furent pas soumises à la formalité d’enregistrement par le parlement de Paris, qui en la matière, aurait donné force exécutoire à la sentence.

On s’interroge encore sur cette décision du ministère. Des historiens pense que le cardinal de Fleury, avait déjà fort à faire avec les effets de la bulle Unigenitus qui frappait les jansénistes, et ne désirait pas avoir encore une autre affaire à régler autrement que par voie de police. Il faut dire aussi, comme déjà signalé, que la participation, massive, de « grands de la cour », et peut-être...du roi Louis XV lui-même dont il est dit qu’il est très probable qu’il se fût fait recevoir dans l’Ordre (tout comme le feront le futur roi Louis XVI et ses frères de sang, le duc Philippe d’Orléans et le futur Louis XVIII ... puis Charles X), ne facilitait pas la tâche de répression du vieux cardinal.

 In eminenti (1738)

La première bulle à l’encontre de la Franc-maçonnerie et qui la rendait interdite aux catholiques, laïques ou clercs séculiers ou réguliers, « sous peine d’excommunication qui sera encourue et par le seul fait et sans autre déclaration ... de laquelle ils ne pourront être absous que par Nous ou par le Souverain Pontife  pour lors régnant, si ce n’est à l’article de la mort » comprenait six motifs de condamnation dites « causes très graves »:

 

O        l’interconfessionnalité des assemblées maçonniques

O        « le pacte étroit et impénétrable du secret »

O        le serment qui en garantit l’inviolabilité

O        l’illégalité des sociétés maçonniques au regard des lois civiles ou ecclésiastiques

O        la proscription des ces sociétés  par « les lois des princes séculiers »

O        leur mauvaise réputation

Comme le fait remarquer Jérôme Rousse-Lacordaire, dans sa remarquable étude sur la question, ces six motifs peuvent être regroupés en trois catégories :

 

O        d’ordre moral

Cette première catégorie comprend le secret et son serment ainsi que la « mauvaise réputation ».

Même s’il est vrai que certains Francs-maçons, par leur comportement et prise de positions publiques, tels nous l’avons vu le duc de Wharton, le duc d’Antin, le comte de Clermont et le duc de Chartres, duc d’Orléans dit « Philippe Egalité » tous quatre Grands Maîtres de la Franc-maçonnerie française, utilisèrent des assemblées maçonniques à d’autres fins (libertines et épicuriennes) que celles prescrites par les rituels, et prêtèrent le flanc à ces accusations, il était exagéré d’affirmer que l’Ordre, dans son ensemble, avait« la mauvaise réputation ».

Le secret et le droit de garder le secret par serment n’était pas en soi condamnable par l’Eglise catholique Celle-ci le considérait même comme un droit naturel. Mais aux yeux de Rome la droit naturel du secret devait toujours être limité par l’ordre public et aussi par l’obligation faite aux catholiques de confesser tous les péchés mortels « sans un celer aucun ».

On comprend alors que le serment maçonnique ne posait pas en tant que telle de problème en terme de nature d’agissements ou d’immoralité qu’il pouvait recouvrir. Il devenait un facteur de suspicion légitime dans la mesure où il risquait de soustraire les catholiques francs-maçons à tout contrôle sacramentel, ecclésiastique ou civil.

Cette question était en effet d’importance. A preuve cette interrogation faite à lui-même par le très catholique (ultramontaniste), le Frère Joseph de Maistre, dans son célèbre Mémoire au duc de Brunswick écrit juste avant l’ouverture du Convent de Wilhelmsbad : « Cette question [du secret] qu’on ne doit point déguiser consiste à sçavoir si nous [Francs-maçons] pouvons licitement jurer de cacher quelque chose, même à la puissance civile qui nus interrogeroit en jugement. ».

Non seulement le principe même du serment de secret posait un problème à des Francs-maçons catholiques, dans la perspective énoncée, mais « les sanctions qui l’accompagnaient [en cas de divulgation], étaient pour certains profanes lors de leur admission dans l’ordre une gêne indéniable », pour reprendre les termes d’un autre Franc-maçon catholique, le bénédictain mauriste Marc-Antoine de Courdemanche, cité par Jérôme Rousse-Lacordaire car « la barbare formule »du serment et la terreur qu’elle inspirait ne se justifiait plus « dans le siècle des lumières, sous l’empire de la délicatesse où le point d’honneur est le plus puissant mobile de notre âme. » De plus In eminenti avait relevé que le serment se prêtait sur la Bible. Aussi pour ne pas enfreindre le deuxième commandement du décalogue « Tu ne prendras en vain le nom de l’Eternel », le serment pris sous l’invocation du Nom Très Saint devait être « vrai, prudent et juste ».

C’est pourquoi le serment du secret « inviolable et impénétrable » apparaissait au XVIIIe siècle un point délicat et controversé, même de l’intérieur de la Franc-maçonnerie.

 

O        d’ordre  juridique

Ce point sera davantage souligné et approfondi par la seconde bulle, la Constitution Providas.

In eminenti se contente de mentionner que, par suspicion que les assemblées de Francs-maçons, « toujours nuisibles à la tranquillité de l’Etat », soient une sources de perversion au regard de l’ordre public (« S’ils ne faisaient rien de mal, il n’auraient pas cette haine de la lumière »), « ces sociétés ont été ont été sagement proscrites par nombre de princes dans leurs Etats. Ils ont regardé ces sortes de gens comme ennemis de la sûreté publique. »

 

O        d’ordre religieux

Le motif de tolérantisme, c’est-à-dire, en fait d’interconfessionalité dans les loges, fut, sans conteste, le point le plus délicat qui poussa la papauté à condamner la franc-maçonnerie. Nous le savons d’après le commentaire qu’en fera le successeur de Clément XII, le pape Benoît XIV, dans sa bulle Providas.

In eminenti affirmait déjà « toute notre application à [...] conserver spécialement l’intégrité de la religion orthodoxe [c’est-à-dire ici, la religion catholique], et à éloigner de l’Univers catholique, en ces temps très difficiles, tout ce qui pourrait être une danger de trouble. »

Les loges en effet recevaient évidemment, car c’était-là le but de la transformation de la Maçonnerie opérative en franc-maçonnerie non opérative ou spéculative, des hommes de foi autres que les catholiques ou les anglicans, des protestants, des juifs et aussi des musulmans. Mais déjà dans l’univers chrétien, la galaxie des diversités confessionnelles présentes en loges, notamment par des personnalités de renom, était grande : latitudinaristes professant un théisme certes chrétien mais noachite, unitariens reniant le dogme de la Trinité, etc.

Cette proximité interconfessionnelle et les échanges auxquels elle pouvait donner lieu constituait pour Rome un risque majeur de « contamination » de l’orthodoxie catholique.

Et cela, à une époque où, de plus, la séparation des affaires d’ordre privée (dont le domaine spirituel) et celles d’ordre civil (dont les engagements citoyens et autres « divertissements » temporels), n’était pas encore de , ou en tout cas admis par l’Eglise.

A ces trois catégories morale, juridique et religieuse, Clément XII ajoutait

« d’autres causes justes et raisonnables à Nous connues ». On s’est interrogé sur ces causes mystérieuses. Il apparaît que, vers 1737, Rome était préoccupée par deux questions de nature toute politique.

Premièrement, la situation politique de l’Angleterre et le sort réservé aux catholiques dans ce pays.

Même si depuis le début du siècle, la situation s’était apaisée, les catholiques anglais ou irlandais résidant en Angleterre (ces derniers très méprisés par les Anglais), vivaient leur foi très difficilement ; ils n’étaient d’ailleurs pas couverts explicitement par l’Act of Toleration de 1689 qui les frappaient d’incapacité juridique.

Rome n’avait pas perdu espoir de reconquérir l’Angleterre par une action missionnaire déclenchée au bon moment. Cela les Anglais le savaient et se méfiaient tout à la fois de la papauté et de leurs concitoyens catholiques.

De plus l’accession au trône de la dynastie hanovrienne (George I, George II, qui ne furent jamais Francs-maçons) avait porté un rude coup aux espoirs des catholiques  qui avaient de ce fait investi leurs espoir dans la restauration des Stuarts (Jacques II, réfugié en France, mort en 1701, Jacques III, dit le Prétendant ou le Chevalier de Saint George, mort en 1766, qui, à défaut d’avoir été eux-mêmes  semble-t-il, Francs-maçons, rien ne l’a jusqu’à présent prouvé, étaient fort entourés de Maçons). Elle aurait signifié ipso facto la restauration des catholiques dans leurs droits et celle de Rome dans sa capacité d’influence politico-religieuse.

Dans cette période toute la politique anglaise de Rome et sa position à l’égard de la Franc-maçonnerie est à comprendre dans le sens de la restauration des Stuarts et du rôle que l’Ordre aurait pu jouer pour aider dans ce projet.

Ce n’est pas ici le lieu de reprendre dans le détail cette histoire tourmentée.

On se contentera de rappeler que ce projet ne réussit pas. Contraint d’accepter le traité de Ryswick de 1697 qui consacrait la victoire de la dynastie hanovrienne,  et mettait ainsi fin à la situation particulière d’un pays avec deux rois, Louis XIV fut forcé de reconnaître Guillaume III d’Orange pour roi d’Angleterre. Jacques III Stuart fut obligé de renoncer à l’hospitalité française, et alla s’établir d’abord à Avignon puis à Rome avec sa famille, sa cour ses services où il apparaît qu’il employa dans son important service diplomatique de fidèles serviteurs tant catholiques que protestant dans un esprit d’équité et de tolérance, et dont beaucoup furent Francs-maçons.

En effet là où passa la cour stuartiste des loges se constituèrent, de Saint Germain en Laye (semble-t-il) en 1688 à Rome où se créa une loge jacobite, en passant par Paris (en 1725 ou 1726) et Avignon (en 1727 ?)

Rome accueillit avec empressement ce roi qui « sacrifiait la couronne à la religion. »

Même s’il n’est pas approprié de parler de deux Maçonneries différentes, l’une catholique, écossaise et jacobite, l’autre anglaise, protestante et hanovrienne, il est possible de parler de deux courants maçonniques différents sur le continent. Elles servirent certainement de courroie de transmission aux divisions politico-religieuses britanniques. Ce rôle obscur dura jusqu’à ce que la situation dynastique se clarifie, comme on l’a dit au profit des hanovriens. Aussi peut-on dire que, dès avant 1737 date où se produisit des événements à Florence relatés ci-après, les Maçons hanovriens l’avaient définitivement emporté sur leurs Frères stuartistes, de sorte que le pape put condamner la Franc-maçonnerie, sans craindre de nuire aux intérêts des stuartistes, en 1738.

Même si des projets de reconquête du trône étaient encore évoquésla cause semblait bien entendue au profit de la dynastie hanovrienne.

Deuxièmement, en 1737, en effet, Florence passa avec toute la Toscane des mains des Médicis, soumis à Rome, à celles de François duc de Lorraine, Franc-maçon éminent mais indépendant de la papauté, futur empereur d’Autriche en 1745. Une lettre adressée par le saint Office à l’Inquisiteur de Florence pour soutenir Gaston de Médicis qui avait demandé de l’aide contre la Franc-maçonnerie, car il la soupçonnait de favoriser les entreprises de son rival autrichien, contient des termes et des griefs qui seront repris quasiment mot pour mot dans In eminenti.

Providas (1751)

 

En 1751 la situation politique avait bien changé. Florence et la Toscane étaient oubliées et les ambitions stuartistes réduites à néant depuis la déroute de Culloden Moors en 1746. Et pourtant Benoît XIV cru bon de renouveler la bulle de son prédécesseur fulminée quinze ans auparavant.

Il semble bien, en dépit des efforts fait par Benoît XIV pour expliquer la nouvelle condamnation par le fait qu’In eminenti lui paraissait être restée lettre morte « à tel point qu’on ne craignait pas d’assurer que l’excommunication était levée. »ce soit des événements poitiques similaires à ceux de Toscane qui provoquèrent « la goutte qui fit déborder le vase ».Ils se produisirent cette fois à Naples.

En effet des Maçons napolitains avaient réussi à persuader le confesseur de Charles VII, roi de Naples, l’archevêque Bolaños, de lever les censures pontificales. Informé de cette manœuvre, Benoît XIV fulmina en mai 1751 sa bulle Providas.

Quoi qu’il en soit, Benoît XIV reprend intégralement le texte d’In eminenti, énumère les six cuses « très graves » de condamnation et insiste à nouveau sur les griefs d’interconfessionnalité, le secret, le serment, l’illégalité et la proscription des sociétés maçonniques.

Il dénonce vigoureusement le tolérantismme qu’il perçoit comme un danger grave pour les catholiques : « la première cause de prohibition de la Maçonnerie est que, dans ces sortes de sociétés ou conventicules, des hommes de toute religion et de toute secte se réunissent ; d’où l’on voit assez quel grand mal il peut en résulter pour la pureté de la religion catholique. »

Les effets des deux bulles

Il est connu, et d’ailleurs on l’a vu Benoît XIV s’en plaignit amèrement, les résultats pratiques de la bulle de Clément XII furent nuls même dans les états de l’Eglise, et même si les peines encourues auraient été très graves (rien moins que la peine de mort et la démolition des maisons qui auraient abrité des assemblées maçonniques, par exemple à Rome). A Florence, dont on a vu le rôle qu’elle joua dans la décision de Clément XII, la bulle ne fut pas publiée ; Mais  la loge (anglaise) de la ville se mit prudemment en sommeil, pour des raisons diplomatiques un peu complexes pour être détaillées ici. Mais la bulle fut reçue en Espagne et au Portugal et donna lieu à des procédures inquisitoriales sévères sinon cruelles.

Le procès mené en 1742, par l’Inquisition de Lisbonne, contre le Frère John Coustos, Maçon suisse naturalisé anglais protestant, qui avait « maçonné » à Paris, est resté célèbre.  Nous le connaissons par la publication qu’il en fit à son retour en Angleterre, après sa libération de la torture et des galères grâce aux pressions diplomatiques anglaises.

Cinq autres maçons furent condamner civilement et religieusement.

En Espagne, les poursuites furent déclenchées à partir de 1744 ;

En France, il est piquant de constater que les persécutions policières contre les francs-maçons cessèrent à dater de la bulle In eminenti. Le cardinal de Fleury fit plaisamment expliquer au pape que sa bulle tombait quelque peu à plat car « cette société avoit aussi commencé à faire ici quelques progrès. Le Roy a témoigné qu’elle luy déplaisoit, et elle a cessé. »

Ailleurs en Europe, si on excepte l’Espagne, le Portugal et la Pologne, la bulle de Clément XII ne fut reçue dans aucun autre état catholique. Il arriva que la Franc-maçonnerie fut persécutée, mais jamais en vertu de l’application des condamnations pontificales.

La bulle de Benoît XIV n’eut guère plus d’effet que celle de son prédécesseur. Le pape en était même arrivé à recourir à la position du sultan de Constantinople pour le prendre à témoin ! La pape exhorta le cardinal Tancin, ministre d’état de Fleury en 1742,  à envoyer une lettre à l’ambassadeur de France dans l’empire ottoman afin de l’inciter à s’opposer à l’ouverture de nouvelles loges dans cette ville ...« le sultan s’en étant plaint. »

 

La défense de la Franc-maçonnerie

Il est à remarquer, qu’à part dans les Etats où les bulles furent reçues et où ils s’y soumirent généralement, les Francs-maçons ne réagirent guère ailleurs.

Mais il est intéressant de noter quelles furent ces rares réactions.

 

O        L’ignorance du pape

Pour beaucoup de catholiques de conviction, qui ne voyaient pas sincèrement pas en quoi leur pratique de l’Art Royal pouvait bien être répréhensible à l’égard de « l’orthodoxie catholique », la réaction la plus courante fut de considérer que le pape était mal informé, tant Clément XII que Benoît XIV, d’autat que le premier cité était à l’extrême fin de sa vie quand il fulmina In eminenti, et était déjà physiquement et intellectuellement très affaibli.

A preuve cette réflexion du marquis de Saulx-Tavannes (1738) : « Notre ordre a reçu un coup terrible de notre St. Père. Vous voirés qu’il faudra le recevoir pour le désabuser et luy apprendre à ne pas si mal juger de son prochain  et à ne pas condamner ce qu’il ne connoit pas. »

Nous avons déjà signalé combien, de fait, Clément XII paraissait mal informé de la Franc-maçonnerie. Il ne faisait, dans son encyclique, allusion à aucun texte de référence, qu’ils émanent de Francs-maçons, de la Grand Loge d’Angleterre ou de divulgation, mais s’en tenait, comme signalé « en parfaite connaissance de cause »  et « à la rumeur publique ».

 

O        La réaction de la Grande Loge d’Irlande

Dès 1738, le Grand Maître de la Grande Loge d’Irlande, publia une « Réponse à la bulle du pape ».Il affirmait notamment que les Maçons révéraient le Créateur et suivaient strictement la « religion naturelle ». Il est intéressant de remarquer, qu’à l’époque, religion naturelle, signifiait religion chrétienne, c’est-à-dire la religion qu’il est naturel pour un chrétien de révérer, et non religion de la nature, polythéisme, panthéisme ou autres variétés de dérives déisme, comme cela est devenu le cas au XIXe siècle.

 

O        La réponse du baron de Tschoudy...

Le baron Louis de Tschoudy, vénérable de la Loge ancienne de Metz, publia en 1752 « L’Etrenne au pape ou les Francs-maçons vengés », série de lettres où il réfutait les arguments de Providas, tant théologiques, canoniques qu’historiques. Il concluait que la Franc-maçonnerie n’était un danger ni pour l’Eglise, ni pour les princes, et que les Francs-maçons n’étaient ni hérétiques, ni schismatiques.

« Qu’ont donc fait les Francs-maçons qui puissent être attribué à crime , Les a-t-on entendu prêcher une nouvelle doctrine, les a-t-on vu renverser les autels et sont-ils les destructeurs du culte ?[...] quels sont les propos erronés, pour la condamnation desquels il a fallu fonder un concile ? De quel schisme sont-ils les auteurs ?

[...] Quels rois ont-ils détrônés ? Quels états ont-ils troublés Quel tort ont-ils fait en public ? »

Il est amusant de noter que dans cet ouvrage il prétend que le pape, Benoît XIV qu’il apostrophe, fut jadis Franc-maçon ... ce que le dit pape prendra très au sérieux et se croira obligé de démentir dans sa bulle en dénonçant la « diffamation » dont il fait l’objet.

Il renouvela son argumentation en 1766 dans « L’Etoile flamboyante ou la société des Francs-maçons considérée sous tous ses aspects ». Il y commente les différents griefs reprochés à l’Ordre et conclut qu’il était nécessaire que l’on juge les Francs-maçons sur ce qu’ils étaient vraiment et non sur des chimères ou sur l’accessoire.

 

O        ... et celle de Joseph de Maistre

Le catholique ultramontaniste Joseph de Maistre, fort peu suspect aux yeux de Rome, dans le « Mémoire au duc de Brunswick », déjà cité, s’efforça de répondre avec le recul du temps (elle fut écrite en 1782 à l’occasion du Convent de Wilhelmsbad) aux deux bulles.

Pour ce fidèle de Rome, la Maçonnerie authentique (ce qui pourrait laisser supposer que toute la Franc-maçonnerie ne le fût pas) était essentiellement chrétienne et au service du christianisme. La question du serment était certes délicate, c’est pourquoi il fallait que la Maçonnerie fût rectifiée en profondeur pour ne plus laisser planer de soupçon quant aux secrets couverts par ce serment.

 

O        Le Convent de Wilhelmsbad (1782)

Précisément le Convent Général de Wilhelmsbad dans le but de jouer un rôle régulateur sur l’extraordinaire diversité de la Franc-maçonnerie de la fin du XVIIIe siècle souligna fortement non seulement la compatibilité entre la Franc-maçonnerie et la religion chrétienne mais surtout les fondements et origines chrétienne de la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition. Il souligna la nécessité de « rectifier » les errements de la Franc-maçonnerie ou de « ce qui lui ressemble », et donne corps à tout ce qui est critiqué par les bulles papales.

Mais pour autant la Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle ne cessa guère de se doter d’origines autant mythologiques que fantaisistes, la vague de l’égyptomanie, du goût pour les « antiquités », et la dénaturation progressive mais brutales des caractéristiques de l’esprit des Lumières de sociabilité, de cosmopolitisme et d’universalité, aidant.

Cette tendance auto-destructrice contribua à alimenter la méfiance, la suspicion et les accusations de ses adversaires qui ne voyaient certes pas encore dans la Franc-maçonnerie, un foyer de satanisme ou de paganisme, voire une machine de guerre anti-chrétienne, comme ce sera le cas de la part de ses adversaires le plus irréfléchis au XIXe siècle, mais trouvaient là une justification inespérée de leur attaques contre une société qui risquait de contaminer l’orthodoxie de la foi.

Quoi qu’il en soit, la franc-maçonnerie continua l’accélération de son développement pendant tout le XVIIIe siècle.

 

La situation actuelle

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie peuvent se lire à la lumière de trois repères :

O        L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

O        Le dialogue instauré par Vatican II

O        L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique de 1983 et la déclaration du Cardinal Ratzinger qui l’accompagne.


L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

 

Dans ce Code, quatre articles (1240, 1399, 2335 et 2336) étaient consacrés à la Franc-maçonnerie. Tous ces articles qualifiaient la Franc-maçonnerie de secte et frappaient leurs membres de sanctions pénales.

L’article 1240 refusait la sépulture ecclésiastique aux Maçons, l’article 1399 interdisait les ouvrages qui défendaient la Maçonnerie en affirmant son utilité pour la société civile ou pour l’Église, l’article 2336 énumérait une série de sanctions contre mes clercs et religieux maçons et ordonnait qu’ils fussent dénoncés au Saint Office.

L’article 2335, le plus important pour les catholiques Francs-maçons laïques frappait d’excommunication réservée simplement au Saint Siège » ceux qui donnaient leur nom à la secte maçonnique ou à toute autre association du même genre qui conspiraient contre l’Eglise et les pouvoirs civils légitimes.

Par latæ sententiæ, il faut entendre une excommunication encourue ipso facto par la disposition du droit ; par réservée, il faut entendre que seul le Saint Siège peut lever l’excommunication à l’exclusion de toute autre hiérarchiquement égale ou subalterne à celui qui en est frappé.


Le dialogue de Vatican II

 

Depuis Vatican II, des efforts ont été entrepris par des ecclésiastiques de renom (le R. P. Michel Riquet, le R. P. Joseph Berteloot, le cardinal Kroll, le cardinal Seper, et d’autres) pour alléger la sévérité de l’article 2335 de 1917, et en tout premier lieu, lever l’application de l’excommunication promises aux francs-maçons catholiques.

Le dialogue commença à s’engager sur la base précisément de distinctions :

 

O        Distinctions canoniques : Cette question renvoie à la position de l’Eglise.

Des arguments variés furent avancés. On fit valoir, contre le principe même de latæ sententiæ, que seules les associations maçonniques qui complotaient étaient à viser par cet article, et qu’il était injustifié qu’il s’appliquât aux autres.

En particulier, il était malvenu de taxer le Franc-maçonnerie régulière de complot contre l’Eglise et les pouvoirs civils, alors que précisément elle réunit des hommes de foi, et uniquement ceux-là, que l’histoire de l’origine de la Franc-maçonnerie anglaise prouve que c’est bien dans un but de paix entre les hommes que la première Grande Loge fut constituée, et qu’ainsi Franc-maçonnerie régulière anglo-saxonne et Eglise catholique avaient un ennemi commun « essentiellement anti-chrétien, le matérialisme athée. »

Mais ces tentatives de conciliation furent perçues davantage comme une manipulation pour faire se rapprocher la Franc-maçonnerie de l’Eglise qu’elles ne relevaient d’un rapprochement réciproque et équilibré. Mais cette entreprise reste perçue favorablement par la Franc-maçonnerie régulière.

 

O        Distinctions doctrinales

Cette question renvoie à la position des différentes obédiences maçonniques.

Les positions du R. P.  Riquet et les ouvrages d’Alec Mellor, avant qu’il rejoigne la Grande Loge Nationale Française, pour rapprocher l’Eglise et la Franc-maçonnerie avaient été interprétées par les obédience « irrégulières » comme une pression pour les faire renier les « idéaux de 1877 », à savoir « la liberté absolue de conscience, la laïcité, les idéaux républicains ». Cette argumentation curieusement alimente l’accusation, dont la vacuité a été maintes fois prouvée, du  « complot maçonnique en faveur de la Révolution Française et de la république ».

Elle pose en effet la question de la doctrine maçonnique, ou au moins les questions sur la régularité et sur le relativisme.

Régularité : si les éléments fondamentaux de la régularité reposent sur la croyance en Dieu révélé dans la Bible, et ils sont tout à fait conciliables avec le credo chrétien. En effet si le Franc-maçon ne met ni en lui-même (pas de maïeutique rituelle lui promettant de parvenir par son ascèse à la révélation intérieure, sans le concours de Dieu), ni en l’Ordre maçonnique, l’espérance de l’illumination intérieure et de la réalisation de son salut, mais en Dieu seul, et pour les Maçons chrétiens, en Christ seul, il n’y a aucun motif d’incompatibilité avec son appartenance à l’Eglise. C’est d’ailleurs sur cette argumentation que le R. P. Riquet obtint de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi (SCDF) une interprétation stricte de l’article 2335.

Selon cette interprétation, l’excommunication ne peut être certes levée, mais elle ne s’applique plus latæ sententiæ mais seulement à ceux qui complotent (accord entre le Grand Maître de la GLNF, Vaneck et le pape Paul VI). Cet accord, qui mettaient à l’aise les Francs-maçons catholiques réguliers, mécontenta les Maçons « irréguliers », au point que le débat sur la régularité s’engagea en se complexifiant :

 Régularité = Landmarks+GADLU (foi théiste et personnelle), mais quid des Maçons croyants mais appartenant à une obédience réputée irrégulière ?

Régularité = Reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre, sans autre forme de régularité que juridique, mais quid des Maçons qui, tout en appartenant à une obédience reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, ne professent pas la foi chrétienne, ou qui s’en éloignent par la doctrine de leurs rites ?

Régularité = Transmission  et filiation, mais dans ce dernier cas, la GLNF est issue du tronc irrégulier du GODF !

Cette complexité extrême conduisit la SCDF à refuser de statuer sur la question de savoir qui est régulier et qui ne l’est pas, en 1983, lors de la refonte du Code de droit canonique.

Relativisme : s’il est certain  « qu’une partie de la Maçonnerie se situe dans un projet de réalisation spirituel théologiquement acceptable par l’Eglise, la Franc-maçonnerie chrétienne n’en est qu’une toute petite fraction [... ] et ne se trouve nullement en dehors de l’organisation fondamentale franc-maçonne. »

 

O        Distinctions historiques :

Cette autre entrée dans le problème du rapprochement a été tentée par les acteurs persévérants, tels le R. P. Riquet et Alec Mellor. Elle consistait à examiner qui, du point de vue historique,  est resté fidèle à la spiritualité chrétienne des origines, en examinant le cours de l’histoire des obédiences, et en y  identifiant les accidents de l’histoire qui ont pu corrompre les origines chrétiennes de l’Ordre anglo-saxon, en le faisant dériver localement vers l’irrégularité, l’anticléricalisme et l’athéisme.

Mais il ne semble pas que cette entrée ait eu beaucoup d’écho auprès du Saint Siège.

L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique

 

Dans ce nouveau Code, publié en janvier 1983, l’article 1374 la Franc-maçonnerie n’est plus citée au nombre des associations qui machine contre l’Eglise, et à ce titre justiciable « d’une juste peine ».

C’est donc à l’Ordinaire du lieu de décider si telle ou telle société maçonnique est dans ce cas, et cela seulement contre l’Eglise puisqu’il n’est plus question non plus de pouvoirs civils légitimes. On aura noté que l’appartenance à une association conspiratrice n’est plus punie d’excommunication latæ sententiæ, mais d’une juste peine à évaluer par l’Ordinaire.

On avait pu donc penser que les efforts déployés de part et d’autres par les ecclésiastiques et les Franc-maçons soucieux de pratiquer leur culte sans avoir à renoncer à leur appartenance à la Franc-maçonnerie avaient été couronnés de succès.

Mais dans sa déclaration du 26 novembre 1983, la SCDF, présidée par le cardinal Ratzinger, affirme interpréter cet article 1374 et le commente ainsi : « Les fidèles du Christ qui donnent leur nom aux associations maçonniques tombent dans un péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion. »

Le
statu quo post bellum

La situation est donc confuse. Pour certains Maçons catholiques, seule compte l’article 1374 car il est revêtu de l’autorité papale. Pour d’autres, la déclaration de la SCDF, bien que de hiérarchie inférieure à celle du saint Père, doit être prise en très sérieuse considération car elle ne peut avoir publiée sans son accord, compte tenu du sujet traité et de la proximité des dates de publication.

Les Francs-maçons catholiques se retrouvent ainsi dans une situation étrange où l’excommunication à leur encontre a certes été levée, mais sans que soient reconnues aux membres catholiques la liberté d’adhérer à la Franc-maçonnerie et aux autorités ecclésiastiques locales la faculté d se prononcer publiquement en faveur de l’appartenance de leurs ouailles à l’Ordre. Ceci n’exclut pas que ces autorités puissent, au cas par cas, autoriser tel ou tel fidèle, à s’inscrire dans une loge ou à y demeurer.

C’est bien cette imprécision qui a fait dire à de nombreux Maçons catholiques que les relations entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie n’avaient cessé d’osciller entre espoir et désillusion.


 

commentaires

Création de la GLNF

Publié le 19 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


  • Deux Frères (G.O.D.F.) à l’origine de la refondation de la régularité

Camille Savoire  Édouard de Ribaucourt … qui deviennent quatre : Gustave Bastard et Paul Pottier

  • Le projet : deux étages

Faire revivre la régularité par le R.E.R. Commencer par les hauts grades pour ne pas provoquer de tension avec le G.O.D.F.  La solution : passer par l’intermédiaire d’une obédience régulière étrangère,  le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (G.P.I.H.)

  • Le moyen : se faire armer C.B.C.S. (6e et dernier grade du R.E.R.) par équivalence

C. Savoire :  33e è C.B.C.S. (G.P.I.H., Genève) É. de Ribaucourt) : 31e reçu 33e (Suprême Conseil R.E.A.A.), Lausanne) è CBCS (G.P.I.H., Genève) Gustave Bastard : 30e reçu 33e (Suprême Conseil R.E.A.A.), Lausanne) è CBCS (G.P.I.H., Genève) Paul Pottier  : 18e è EN (G.P.I.H., Genève)

  • Remise de lettres – patentes par le G.P.I.H. (11 juin 1910)

ériger à Paris une Loge de Maîtres Écossais de Saint André (4e grade du R.E.R.) et une Commanderie (5e grade du RER) dépendant de la Préfecture de Genève Fondation d’une Loge bleue par réveil de la Loge Le Centre des Amis (20 juin 1910) : Loge à Directoire Créée hors G.O.D.F.

  • Menace d’exclusion et suspension de la création de la Loge 1er-6 octobre 1910

Agrégation au G.O.D.F. le 15 mars1911 Installation le 28 avril 1911 (Édouard de Ribaucourt, V.M.) Légalisation par le G.P.I.H. aux 3 grades « bleus »  Nouvelles lettres – patentes du G.P.I.H. autorisant les FF. fondateurs à créer des Loges symboliques aux quatre grades du R.E.R. au titre de la puissance du Directoire (29 septembre 1910) Protestation du G.O.D.F. : « principe de territorialité ! » Solution : traité de reconnaissance mutuelle entre  le G.O.D.F. et le G.P.I.H. (15 avril 1911 Paris et 18 avril 1911, Genève) G.O.D.F. = « puissance souveraine pour le R.E.R. en France  + principe de territorialité » G.P.I.H. = « puissance souveraine » reconnue par le G.O.D.F.

  • Ostracisation : Convent de septembre 1911

« Introduction dans l’Ordre d’un rite nouveau avec ses règlements nouveaux et inaccoutumés »
Reconnaissance explicite de l’extinction du RER en France. Perturbations et sabotages de Travaux : 1912 – 1913 Mise de la Loge de Maîtres Écossais de Saint André sous l’autorité du Suprême Conseil du R.E.A.A. Imposition de rituels dénaturés du 4e grade par le G.O.D.F. Boycott , pressions et « black-boulage » de candidats à la R.L. Le Centre des Amis Refus du G.O.D.F. de laisser la Loge travailler avec les rituels de Genève

  • Convent de septembre 1913

Affrontements et oppositions Interdiction  formelle d’utiliser les rituels suisses Interdiction de travailler « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » Suites du Convent de 1913 Ultimatum du G.O.D.F. aux FF. Savoire et Ribaucourt de se retirer « sous huit jours » de la Loge Le Centre des Amis sous peine de se voir déclarées en état d’irrégularité (17 septembre 1913) Vote par la Loge Le Centre des Amis du départ du G.O.D.F. 8 octobre 1913

  • Démarche auprès de la Grande Loge Unie d’Angleterre (G.L.U.A.) en vue de la  reconnaissance Appui de la G.L.U.A.

Appui de la Loge L’Anglaise (fondée en 1732, Bordeaux) Acceptation de la G.L.U.A. de créer la nouvelle obédience régulière avec deux Loges Lord Ampthill, 5 novembre 1913 Érection de la R.L. Le Centre des Amis et de la R.L. L’Anglaise en « G.L.N.I.&R. pour la France et les colonies françaises » Mise en sommeil de la Loge de Maître Écossais de Saint André  5 novembre 1913 (Fête du Renouvellement de l’Ordre R.E.R.)

  • Première réunion du Souverain Grand Comitéde la G.L.N.I.&R. 12-15 novembre 1913

Constitution rituelle de la G.L.N.I.&R. ; élection du F. E.  Ribaucourt, G.M.  Retrait du F. Camille Savoire ; reste membre du G.O.D.F. 15 novembre 1913 Reconnaissance officielle de la G.L.N.I.&R. par la G.L.U.A. 20 novembre 1913 Proclamation officielle à la F.M. régulière internationale  de la reconnaissance de la G.L.N.I.&R. 3 décembre 1913 Première assemblée générale de la G.L.N.I.&R. 6 décembre 1913

  • La première guerre mondiale (1914 – 1918) Neuf premières Loges

1 Loge Rite Écossais Rectifié (fondatrice) L’Anglaise  7 Loges Rite Emulation Promulgation d’une constitution 4 novembre 1915 Durera jusqu’en 1997 Démission du 1er Grand Maître, le T.R.F. Édouard de Ribaucourt 18 décembre 1918 Remplacé par le F. Charles Barrois

  • A la veille de la deuxième guerre mondiale 33 Loges dont :

 4 Loges de Rite Écossais Rectifié 27 Loges de Rite Émulation,
dont 22 anglophones 1 Loge de Recherche (Saint Claudius n° 21) L’Anglaise n° 2

  • Changement de nom : 29 octobre 1948

La G.L.N.F. : structure d’accueil des FF. anglo-saxons résidents en France Dix-neuf nouvelles Loges

Création de trois nouvelles Provinces

Austrasie (Alsace – Lorraine) Flandres Septimanie (Provence)

Début du développement international
District d’Iran

Tentative d’union de la Franc-maçonnerie française
projet de rapprochement avec la Grande Loge de France
Échec au dernier moment du fait de la G.L.D.F. (1956)

  • La scission de la G.L.N.F. en deux obédiences : 22 février 1958

G.L.N.F.

G.L.N.F. – Opéra (Pierre de Ribaucourt, fils du fondateur)

 Sept Loges dont Le Centre des Amis n° 1, Saint Claudius n° 21  trente Frères

 Motifs : « R.E.R., rite fondateur, minoritaire »« fin des années ’50, 1/3 FF. seulement francophones »

  • Jubilé de la G.L.N.F. (1964)
  • Tensions internes à la G.L.D.F.

Tropisme de nombreux FF. vers la régularité Tropisme d’autres FF. vers le resserrement des liens avec le G.O.D.F. Jeu personnel du G.M. (ambitions politiques) ; besoin du G.O.D.F. Signature d’un traité d’amitié avec le G.O.D.F. (17 septembre 1964)Rupture des relations entre le Suprême Conseil et la GLDF (18 sept.) Retrait de la délégation d’administration des 3 grades « bleus » Retrait du droit de se dire « R.E.A.A. » Réception uniquement de Maîtres réguliers Scission au sein de la GLDF Démissions massives de FF. de la G.L.D.F. 3 000 FF. Consécration par le GM de la GLNF des Loges venues de la G.L.D.F. 6 mars 1965

  • Consécration de la 100ème Loge
  • Accord avec le G.P.D.G.

Seuls des Maîtres réguliers peuvent être reçus M.E.S.A., EN et C.B.C.S. 21 octobre 1965...

Source : document de formation de la GLNF

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Le "Notre Père" dans les rituels maçonniques

Publié le 18 Août 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


Très Excellent Maître (Rite York)


Mes Frères veuillez former la chaîne, votre bras droit au-dessus du gauche. Agenouillez-vous sur le genou droit. Prions !

Les Frères répètent ensemble le "Notre Père".

"Notre Père qui est aux cieux, que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumet pas à la tentation, mais Délivre-nous du mal, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. Amen."

 

Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte(GLTSO)


Grand PRIEUR : …Embrase son cœur du feu divin de Ton Amour, afin qu'il se rende utile à la famille humaine, et qu'il mette ainsi en pratique les leçons qui nous ont été enseignées par notre Souverain Maître Jésus Christ, avec lequel nous Te disons :

« Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié que Ton Règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé
ne nous laisse pas tomber en tentation, mais délivre-nous du mal, Ainsi soit-il ! »


Chevalier du Temple (Grand Prieuré des Ordres Religieux, Militaires et Maçonniques Unis du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte pour la  France.)


Le Notre Père est alors récité à l'unisson.

« Notre Père Qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux. Donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du malin, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. A -MEN . »

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Chevalier du Temple - Chevalier de Malte(KT-KM)

Publié le 18 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie



 

Au début du XVIII siècle, les Francs-Maçons étaient généralement de confession chrétienne trinitarienne,

mais les Constitutions de 1723 et de 1738 ouvraient la porte à "tout homme sincère et loyal" quelles que

soient ses convictions religieuses, à l'exception des athées. Ceci concernait donc les Catholiques Romains comme les Protestants, l'urne de vote de la loge procurant le remède adéquat . La Bulle papale, "ln Eminenti

Apostolatu" Specula" fulminée en 1738, excommunia tous les Francs-Maçons, ainsi que ceux qui leur

prêteraient le concours, à compter de sa promulgation et de son enregistrement par les Autorités civiles dans

les différents diocèses. Ceci produisit une réaction immédiate et, vers 1740, un certain nombre de grades à

substrat chrétien apparut en France et se répandit graduellement à travers l'Europe.

Les plus importants de ceux-ci furent un Rite maçonnique Templier et un grade de Rose-Croix,

aucun des deux n'ayant de lien historique ou rituel avec les anciens Ordres Militaires ou les Rosicruciens du

Moyen-Age. On ne sait ni comment, ni précisément quand, le Rite Temple-Malte fut introduit dans les Iles britanniques, mais on en retrouve des traces dès les années 1760, et la grande variété des rituels alors en usage qui nous sont parvenus, suggère diverses provenances. Dans tous les cas, ces grades furent adoptés par les

Chapitres de l'Arc Royal et dès l'origine, ils y furent conférés en vertu de leur Charte capitulaire.


Après l'avortement d'une tentative par le Camp de Baudoin (Baidwyn Encampment) de Bristol d'organiser

l'ensemble sur une base nationale, des approches faites auprès de Thomas DUNCKERLEY reçurent un

assentiment tel à travers le pays qu'il fut possible de constituer un Grand Camp (GRAND ENCAMPMENT) En 1791, Dunkerley présida à la première réunion du Grand Conclave constitué par sept Camps (Encampments) indépendants. Un Conservatisme inné, des doutes quant aux effets de la Loi de 1799 sur les Sociétés Secrètes et divers autres facteurs, firent toutefois que ce mouvement ne fut pas généralement bien accepté avant plusieurs années. Pendant la grande maîtrise du Duc de Sussex ( 1812-1843), une large majorité de la Grande Loge Unie fut, un temps, vivement opposée à toute activité maçonnique extérieure aux grades symboliques et à

l'Arc Royal, malgré la tolérance fallacieuse concernant les "Grades des Ordres de Chevalerie", inscrite à

l'Article II de l'Acte d'Union des Grandes Loges. Pour éviter de jeter de l'huile sur le feu, le Duc de

Sussex ne fit plus convoquer le Grand Conclave, qui était alors l'instance octroyant les Chartes; laissant

toutefois des instructions permanentes aux officiers du siège pour accorder les dispenses nécessaires aux

réunions et à la réception de Chevaliers, jusqu'à l'expédition des Chartes officielles. Vers 1830, la tension ayant diminué, le Duc, sous sa signature et sans en référer au Grand Conclave, octroya quelques Chartes à des "Encampments" (Camps) et constitua une Province templière pour le Comté de Dorset. Après sa mort en 1843, la situation était devenue telle que le Député du Duc, John Christian BURCKHARDT, fut à même de rétablir les réunions du Grand Conclave, que le C" CK KEMEYS- TYNTE fut installé comme Grand Maître et les conditions

normales de fonctionnement rétablies, à l'exception des Chartes, dont l'octroi, demeura la prérogative du seul

Grand Maître.

Lorsque Thomas DUNCKERLEV prit le contrôle du Rite, il ne chercha pas à contrôler les rituels pratiqués par les Encampments particuliers; mais dans les années 1850 il apparut judicieux de parvenir à une certaine uniformisation. Tous les anciens rituels furent alors collationnés et le rituel Templier encore en usage fut

mis en forme sur la base d'un rituel datant du XVIII' siècle. Quelques années plus tard la même chose fut

faite pour les grades de la Passe de la Méditerranée (ou Chevalier de Saint-Paul) et de l'Ordre de Malte. Dans les années 1870, on tenta vigoureusement d'étendre ce principe, en vigueur en Angleterre et au Pays de Galles, à l'Ecosse et à l'Irlande, par l'établissement d'un Convent Général, laissant à chacun le contrôle de ses affaires intérieures, mais instituant un rituel commun à tous. Seules l'Angleterre et l'Irlande mirent cela en pratique, l'Ecosse s'étant très tôt retirée des négociations. Mais les modifications apportées rencontrèrent une vive opposition à travers l'Angleterre et les projets originaux durent être revus. Toutefois, malgré l'adhésion ultérieure du Grand Prieuré Souverain du Canada, le Convent Général s'essouffla jusqu'à disparaître sans regrets en 1896, quand chaque pays retrouva l'entière souveraineté sur son administration et ses rituels.

Episodiquement, les trois Grands Prieurés d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande se concertent, par la réunion de

leurs Grands Maîtres ou Pro Grand Maître et des Grands Chanceliers ou Vice-Grands Chanceliers, sur

les questions fondamentales qui pourraient influencer le développement de l'Ordre.

(Grand Prieuré des Ordres Religieux, Militaires et Maçonniques Unis du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte pour la  France.)

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Ordre des Chevaliers du Temple, Prêtres de la Sainte Arche Royale

Publié le 17 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


Les origines de cet ordre ne sont connues avec aucune certitude. D’aucuns affirment qu’il a commencé à exister vers la fin du 17ième siècle. Nous trouvons cependant des traces de son existence aux 18ième et 19ième siècles en Angleterre, en Écosse, Ireland, Corfou, en France et probablement aux États-Unis ainsi qu’au Canada. L’histoire de ses origines est obscure car cet ordre a été connu sous d’autres appellations telles que :

 Ordre de Melchisédech
 Prêtre du Pilier
 Maçon « Blanc »
 Ordre de la Sainte Sagesse
 Templier « Nec Plus Ultra »

L’Ordre des Chevaliers du Temple, Prêtres de la Sainte Arche Royale s’est peu à peu éteint durant le 19ième Siècle. A la fin de ce siècle, un Maçon connu sous le nom de Henry Hotham qui avait été initié à dans cet Ordre le rétabli à Newcastle. Il forma un ainsi Tabernacle « Kent Royal ».

Pendant une courte période cet Ordre fut associé à celui des Grades Maçonniques Alliés. Il fut ensuite indépendant.

Un Grand Collège fut formé à York, en Angleterre, puis aux États-Unis. Son rôle est d’assurer la direction de l’Ordre.

Depuis 1960, l’Ordre des Chevaliers du Temple, Prêtres de la Sainte Arche Royale s’est fortement développé. On trouve aujourd’hui des Tabernacles dans la plupart des pays où est implantée la Franc-Maçonnerie.

Il est constitué en 33 degrés qui sont :

  1. Chevalier de la Marque Chrétienne, (Knight of the Christian Mark)
  2. Chevalier de Saint Paul, (Knight of Saint Paul)
  3. Chevalier de Pathmos, (Knight of Pathmos)
  4. Chevalier de la Mort, (Knight of Death)
  5. Chevalier de la Croix Noire, (Knight of the Black Cross)
  6. Chevalier de Béthanie, (Knight of Bethany)
  7. Chevalier de la Croix Blanche, (Knight of the White Cross)
  8. Chevalier de Saint Jean, (Knight of Saint John)
  9. Chevalier Prêtre du Saint Sépulcre, (Knight Priest of the Holy Sepulchre)
  10. Chevalier Prêtre du Saint Ordre de la Sagesse, (Knight Priest of the Holy Order of Wisdom)
  11. Chevalier de l’Ordre Saint et Illustre de la Croix, (Holy and Illustrious Order of the Cross)
  12. Chevalier Prêtre d’Éleusis, (Knight Priest of Eleusis)
  13. Chevalier d’Harodim, (Knight of Harodim)
  14. Chevalier du Nord, (Knight of the North)
  15. Chevalier du Sud, (Knight of the South)
  16. Chevalier Prince du Sanctuaire, (Knight & Prince of the Sanctuary)
  17. Chevalier Grand Croix de Saint-Paul, (Knight Grand Cross of Saint Paul)
  18. Chevalier de Saint-Jean le Baptiste, (Knight of Saint John the Baptist)
  19. Chevalier Rosæ Crucis, (Knight Rosæ Crucis )
  20. Chevalier de la Triple Croix ou des Trois Croix, (Knight of the Triple Cross or Three Crosses)
  21. Chevalier de la Sainte Tombe ou du Sépulcre, (Knight of the Holy Grave or Sepulchre)
  22. Chevalier de la Sainte Vierge Marie, (Knight of the Holy Virgin Mary)
  23. Chevalier de la Croix Blanche de Torpichen, (Knight of the White Cross of Torpichen)
  24. Chevalier Grand Trinitaire de Saint-Jean, (Grand Trinitarian Knight of Saint John)
  25. Chevalier Grand Croix de Saint-Jean, (Knight Grand Cross of Saint John)
  26. Chevalier Prêtre de Jérusalem, (Knight Priest of Jerusalem)
  27. Chevalier de Palestine, (Knight of Palestine)
  28. Chevalier de la Très Sainte Croix, (Knight of the Most Holy Cross)
  29. Chevalier Prêtre du Tabernacle, (Knight Priest of the Tabernacle)
  30. Chevalier de la Rédemption ou de la Merci, (Knight of the Redemption or of Mercy)
  31. Chevalier de la Vérité, (Knight of Truth)
  32. Chevalier de la Croix Rouge de Rome, (Knight of the Red Cross of Rome)
  33. Chevalier du Temple Prêtre de la Sainte Arche Royale, (Holy Royal Arch Knight Templar Priest)

Les décors de l’Ordre consistent en un long manteau blanc, une tunique telle que portée par les Chevaliers du Temple, ainsi qu’une Mitre. Pour y être admis, le candidat doit remplir les obligations suivantes :

 Avoir été régulièrement installé en Chaire de Salomon (Vénérable Maître).
Etre membre d’une Loge bleue.
Avoir été élevé au degré de Royale Arche
Avoir été reçu Chevalier du Temple (Rite d’York) ou Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Rite Écossais Rectifié).

http://www.fm-fr.org/fr

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Melchisédech

Publié le 17 Août 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


Roi de Salem, et prêtre du Très-Haut. L'Ecriture ne nous parle ni de son père, ni de sa généalogie (Heb 7 :1-3), ni de sa naissance, ni de sa mort; et en ce sens il était, comme dit saint Paul, la figure de Jésus-Christ, qui est le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech, et non pas selon l'ordre d'Aaron, dont l'origine, la vie et la mort sont connues. Lorsque Abraham revint de la poursuite des quatre rois ligués qui avaient vaincu les rois de Sodome et de Gomorrhe, et qui avaient emmené Loth, neveu d'Abraham (Ge 14 :17-19), Melchisédech vint au-devant d'Abraham jusque dans la vallée de Save, qui fut depuis nommée la vallée du Roi, lui présenta des rafraîchissements de pain et de vin, ou même il offrit le pain et le vin en sacrifice au Seigneur; car il était prêtre du Très-Haut; et il bénit Abraham, en disant : Béni soit Abraham par le Dieu très-haut qui a créé le ciel et la terre; et que le Dieu Très-haut soit béni, qui a livré vos ennemis entre vos mains. Abraham, voulant reconnaître en lui le qualité de prêtre du Seigneur, lui offrit la dîme de tout ce qu'il avait pris sur l'ennemi. Depuis ce temps, il n'est plus parlé, dans l'Ecriture, de la personne de Melchisédech. Seulement le Psalmiste (Ps 109 :4), parlant du Messie, dit qu'il est prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech.

 

Saint Paul, dans l'Epitre aux Hébreux (Heb 5 :6,10). développe le mystère qui est caché dans ce qui est dit de Melchisédech dans l'ancien Testament. Premièrement il relève la prêtrise de Jésus-Christ, qui est prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech, et qui en cette qualité, pendant sa vie mortelle et souffrante, offrit avec un grand cri, et avec larmes, ses prières et ses supplications à celui qui le pouvait tirer de la mort; et il a été exaucé, à cause de son humble respect pour son Père. Il dit de plus (Heb 6 :20) que notre Sauveur est entré pour nous dans l'intérieur du sanctuaire, c'est-à-dire du ciel, ayant été établi Pontife éternel selon l'ordre de Melchisédech. Car, ajoute-t-il (Heb 7 :1-3), ce Melchisédech, roi de Salem, et prêtre du Dieu très-haut, qui vint au-devant d'Abraham lorsqu'il retournait de la défaite des rois, et qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout ce qu'il avait pris, qui s'appelle, selon l'interprétation de son nom, premièrement roi de justice (c'est ce que veut dire Melchisédech), et ensuite roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix; qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement, ni fin de sa vie, étant ainsi l'image du Fils de Dieu qui demeure prêtre pour toujours. Considérez donc combien il est grand, puisque Abraham même lui donne la dîme de ce qu'il avait de meilleur.... Or il est sans doute que celui qui reçoit la bénédiction est inférieur à celui qui la lui donne; et en effet, dans la loi, ceux qui reçoivent la dîme sont des hommes mortels, au lieu que celui qui la reçoit ici n'est représenté que comme vivant; et de plus Lévi, qui reçoit la dîme des autres, l'a payée lui même, pour ainsi dire, en la personne d'Abraham, puisqu'il était encore dans la personne d'Abraham son aïeul, lorsque Melchisédech vint au-devant de ce patriarche.

 

On a formé sur le sujet de Melchisédech une infinité de doutes et de difficultés. Saint Jérôme a cru que Salem, dont Melchisédech était roi, n'était pas Jérusalem; mais la ville de Salem, près de Scythopolis, où l'on montrait encore les ruines du château de ce prince. La grandeur et la quantité de ces ruines donnaient à juger de la magnificence de cet ancien bâtiment. Il croit que c'est à cette ville de Salem qu'arriva Jacob, après le passage du Jourdain, à son retour de la Mésopotamie. (Ge XXXIII, 17), où la Vulgate porte que Jacob vint sain et sauf à Sichem, l'Hébreu lit qu'il vint à Salem, près de Sichem. Quelques-uns croient que Salem, où régnait Melchisédech, est la même que Salim, dont il est parlé dans l'Evangile de saint Jean, chap. 23.

 

Dès le temps de saint Epiphane, on avait forgé des noms au père et à la mère de Melchisédech. On donnait à son père le nom d'Héraclas ou d'Héracles, et à sa mère celui d'Astaroth ou d'Astarie. La Chaîne Arabique, sur le chapitre IX de la Genèse, le fait venir de Sem par son père , et deJapheth par sa mère. Héraclas ou Héraclim, père de Melchisédech, était, dit-on, fils ou petit-fils de Phaleg, et fils d'Héber ; et sa mère, nommée Salathiel, était fille de Gomer, fils de Japheth. Joseph, fils de Gorion, historien hébreu, qui écrivait vers le onzième siècle, prétend que Melchisédech s'appelait autrement Joram ; que l'étoile qui présidait à sa naissance, portait le nom de Sédech (c'est la planète de Jupiter); que la ville où il régnait, se nomma d'abord Jébus, puis Sédech, et enfin Salem ou Jérusalem. — [Voyez JOSEPH, fils de Gorion.]

 

Michel Glycas, Georges Cédrène et Simon Logothète font venir Melchisédech d'une race égyptienne. Ils disent que son père s'appelait Sidon ou Sida, fondateur de la ville de Sidon, capitale de Phénicie. Pour Melchisédech, il fonda Salem sur le mont Sion, y régna treize ans, et mourut sans laisser d'enfants. Suidas dit qu'il y régna cent treize ans, et mourut sans avoir été marié; qu'il était de la race maudite de Chanaan; d'où vient que l'Ecriture ne parle point de sa généalogie. Un autre auteur grec, qui a emprunté le nom de saint Athanase, dit que Melchisédech était fils d'un roi idolâtre nommé Melchi, et d'une reine nommée Salem. Melchi ayant résolu d'offrir un sacrifice à ses dieux, envoya son fils Melchisédech lui chercher sept veaux pour les immoler. Le jeune prince en y allant, fut éclairé de Dieu, et revint sur ses pas remontrer à son père la vanité des idoles. Melchi en colère, le renvoya chercher des victimes. Pendant son absence, le roi immola à ses dieux son propre fils, frère aîné de Melchisédech, avec un très-grand nombre d'autres enfants. Melchisédech étant de retour, et ayant horreur de ce carnage, se retira sur le mont Thabor, où il vécut pendant sept ans, sans habits, et sans autre nourriture que quelques fruits sauvages, et n'ayant pour toute boisson que la rosée qu'il léchait sur l'herbe.

 

Au bout de sept ans, Dieu apparut à Abraham, et lui dit d'aller sur le Thabor, et qu'il y trouverait Melchisédech. Il lui dit de le revêtir, et de lui demander sa bénédiction. Abraham obéit. Il trouva Melchisédech ; et lui ayant demandé sa bénédiction, Melchisédech l'oignit d'huile, le bénit, et lui changea le nom d'Abram en celui d'Abraham. Ils descendirent ensemble de la montagne, et Abraham s'en retourna chez lui. Quelque temps après, comme il revenait de la poursuite de Codorlahomor et de ses alliés, Melchisédech vint au-devant de lui, et lui présenta une coupe de vin, après y avoir jeté secrètement un morceau de pain, pour signifier la sainte oblation qui se fait sur nos autels. Nous ne donnons tout cela que pour un roman très-mal assorti, et ne nous arrêtons pas à le réfuter.

 

L'auteur des Questions sur l'Ancien et le Nouveau Testament, imprimé parmi les œuvres de saint Augustin avait écrit que Melchisédech n'était pas un homme, mais le Saint-Esprit qui avait apparu à Abraham sous une forme humaine. Evangélus ou Evangélius envoya cet écrit à saint Jérôme, le priant de lui en dire sa pensée. Saint Jérôme ayant examiné les anciens docteurs de l'Église, trouva qu'Origène et Didyme croyaient que Melchisédech était un ange; mais que saint Hippolyte, saint Irénée, Eusèbe de Césarée, Eusèbe d'Emèse, Apollinaire et Eustathe d'Antioche s'accordaient à dire, quoiqu'en termes divers, et par des raisonnements différents, que ce prince était Chananéen de naissance, et roi de Salem, autrement Jébus ou Jérusalem. Ce saint docteur montre que Melchisédech était une figure très-expresse de Jésus-Christ, comme roi de Salem ou roi de paix, prêtre et roi tont ensemble, prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech ; et que quand il est dit, dans saint Paul, qu'il était sans père, sans mère et sans généalogie, cela ne veut pas dire qu'il  soit descendu du ciel, ni qu'il ait été formé immédiatement des mains de Dieu, mais simplement qu'il est introduit dans l'histoire d'Abraham, sans qu'on nous dise qui il était, ni d'où il était, ni en quel temps il est né, ou en quel temps il est mort.

 

Théodore le Changeur, disciple de Théodore le Corroyeur, forma, au commencement du troisième siècle, une hérésie nominée des Melchisédéciens. Ces hérétiques disaient que Melchisédech n'était pas un homme, mais une vertu céleste, supérieure à Jésus-Christ même, puisque Melchisédech était l'intercesseur et le médiateur des anges, au lieu que Jésus-Christ l'était seulement des hommes ; que Jésus-Christ n'était que la copie de Melchisédech, et que son sacerdoce n'était formé que sur le modèle de celui de Melchisédech, selon cette parole du Psaume : Vous étes prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. Ils prenaient à la lettre ce que dit saint Paul, que Melchisédech n'avait ni père, ni mère, ni généalogie. Ces hérétiques, pour autoriser leurs erreurs, se servaient de certains livres qu'ils avaient composés eux-mêmes, et qu'ils attribuaient à des personnes dont l'Ecriture ne parle point. Cette hérésie fut renouvelée en Egypte par un nommé Hiérax, qui soutenait que Melchisédech était le Saint-Esprit. Cédrène et Zonare parlent d'une autre sorte de Melchisédéciens, nommés autrement Atingani, comme n'osant toucher les autres de peur de se souiller. Ils demeuraient principalement dans la Phrygie, ne recevant pas la circoncision et n’observant pas le sabbat. Ils ne présentaient rien à personne avec la main, et ne recevaient rien de personne ; mais ils le mettaient à terre pour vous l'offrir, ou le prenaient à terre, lorsque vous leur offriez quelque chose. Ils avaient pour Melchisédech une profonde vénération mais on ne sait sur quoi elle pouvait être fondée.

 

Les Juifs, au rapport de saint Jérôme, et les Samaritains, au rapport de saint Epiphane, soutenaient que Melchisédech était le même que le patriarche Sem, fils de Noé : opinion qui a été suivie par un grand nombre de modernes. Jurieu a prétendu prouver que Melchisédech était le même que Cham. Un auteur français, dont parle le P. Salien, a voulu que ce soit Hénoch. Un autre, réfuté par le P. Pétau, disait que les mages qui étaient venus adorer Jésus-Christ à Bethléem étaient Enoch, Melchisédech et Elie. Quelques auteurs Juifs ont inféré que Melchisédech était bâtard, de ce que l'Ecriture ne parle ni de sa race, ni de ses parents. Damiens, hérétique du nombre des Melchisédéciens, soutenait que Melchisédech était le fils de Dieu, qui apparut à Abraham, et que ce saint patriarche l'adora et le reconnut pour le Messie. Pierre Cunaeus a renouvelé ce sentiment, et l'a soutenu avec beaucoup de force. Pierre Du Moulin l'avait aussi appuyé : et encore, en, 1689, un nommé Jacques Gaillard en entreprit la défense. On peut voir la Dissertation que nous avons composée exprès sur Melchisédech, et qui est imprimée dans le second tome des Epîtres de saint Paul, à la tête de l'Epître aux hébreux ; et la Dissertalion de Christophe Schlegel, imprimée à la fin du Commentaire de Louis Tena, sur l’Epître aux Hébreux.

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St Jean l'Evangéliste

Publié le 13 Août 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


Rituel du grade de Chevalier d'Orient et d'Occident (extrait)

Moi, Jean, votre frère, votre compagnon d'affliction, de règne et de résistance en Jésus, j'ai été dans l'île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus,

J'ai été en esprit au jour seigneurial et j'ai entendu derrière moi une grande voix comme de trompette qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Eglises, Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée.

Je me retournai pour voir cette voix qui me parlait et, retourné, j'ai vu sept lampes d'or et au milieu des lampes une sorte de fils d'homme, revêtu jusqu'aux pieds, ceint à hauteur de poitrine d’une ceinture d'or, sa tête et ses cheveux blancs comme une laine blanche comme neige, ses yeux comme une flamme de feu, ses pieds pareils à du bronze-de-Liban comme en fournaise ardente, sa voix comme la voix des grosses eaux, avec sept étoiles dans sa main droite et une épée aiguë à deux tranchants sortant de sa bouche, et son visage comme brille le soleil dans sa force.

Ecris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui va être après, le mystère des sept étoiles que tu a vues dans ma droite et les sept lampes d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises et les sept lampes sont les sept Eglises.

« Ecris à l’ange de l'Eglise d’Ephèse :

Je sais tes œuvres, ton travail et ta résistance, et que tu ne peux supporter  les mauvais. Le vainqueur je lui donnerai à manger de l’arbre de vie.
Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : »

«“Ecris à l’ange de l'Eglise de Smyrne :

Je sais ton affliction et ta pauvreté, mais tu es riche. Ne crains pas ce que tu vas subir. Sois fidèle jusqu’a la mort et je te donnerai la couronne de vie.
Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

« Ecris à l'ange de l'Eglise de Pergame :

Je sais où tu habites ; Tu tiens à mon nom.
Le vainqueur, je lui donnerai de la manne cachée et je lui donnerai un caillou blanc avec,  écrit sur le caillou, un nom nouveau que personne ne sait sauf celui qui le reçoit. Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

« Ecris à l'ange de l'Eglise de Thyatire :

Je sais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ton service, ta résistance et tes dernières oeuvres plus nombreuses que les premières.
Et le vainqueur, celui qui garde mes oeuvres jusqu’à la fin, je lui donnerai pouvoir sur les nations. Il les fera paître avec une trique de fer comme on brise des vases de poterie. Et je lui donnerai l'étoile du matin.

Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

« Ecris à l’ange de l'Eglise de Sardes :

Je sais tes œuvres et que tu vis mais tu es mort. Réveille-toi, raffermis ce reste qui allait mourir, car je n'ai pas trouvé tes oeuvres remplies.

Souviens-toi donc de ce que tu as reçu et  entendu, garde-le, convertis-toi.
Le vainqueur sera vêtu aussi de tements blancs, et jamais je n’effacerai son nom du livre de vie. Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

« Ecris à  l'Eglise de Philadelphie :

Je sais tes oeuvres. Voici,j'ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut  fermer,  parce que tu as peu de force et que tu as gardé ma parole et n'as pas renié mon nom Le vainqueur, j'en ferai une colonne dans le sanctuaire et j'écrirai sur lui le nom de la nouvelle Jérusalem.Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

« Ecris à l’ange de l'Eglise de Laodicée :

Je sais tes œuvres et que tu n’es ni froid ni chaud. Si seulement tu étais froid ou chaud ! Parce qu’ainsi tu es tiède et ni froid ni chaud, je vais te vomir de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que je ne sais pas que tu es malheureux et pitoyable, pauvre, aveugle et nu. Moi, ceux que j’aime, je Ies prouve coupables et je les forme. Aie donc du zèle, convertis-toi.Le vainqueur, je lui donnerai de s’asseoir avec moi  sur mon trône.Qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

Jean-Baptiste disait à ceux qu'il baptisait : 

" Je vous ai baptisé d'eau.Un autre viendra plus tard qui vous baptisera d'Esprit et de Feu.Il tiendra en main une pelle à vanner pour séparer le grain de la paille. Il amassera le grain dans son grenier, mais brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint jamais".

Moi, Jean, votre Frère, j’eus encore une autre vision.

Aussitôt j’ai été en esprit et voici, un trône était dans le ciel et quelqu’un assis sur le trône avec autour du trône un arc-en-ciel pareil à une vision d’émeraude.

Et autour du trône vingt-quatre Anciens assis, vêtus de vêtements blancs avec sur leurs têtes des couronnes d'or.

Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Il y a devant Ie trône sept torches de feu ardent qui sont Ies sept Esprits de Dieu.

Et devant Ie trône il y avait comme une mer vitrifiée pareille à du cristal.

Et autour du trône, quatre animaux pleins d'yeux par-devant et par-derrière : le premier animal pareil à un lion, Ie deuxième pareil à un taurillon, Ie troisième avec une sorte de face d'homme et le quatrième pareil à un aigle qui vole.

Et j'ai vu dans la droite de celui qui est sur le trône un Iivre scellé de sept Sceaux.

Et j'ai vu, au milieu du trône et des quatre animaux et au milieu des anciens, un agneau debout comme égorgé.

Brisez le premier Sceau,

Et j’ai vu quand l’agneau a ouvert un des sept Sceaux.

Et j’ai entendu un des quatre animaux dire comme d'une voix de tonnerre : Viens !

Et j'ai vu, et voici un cheval blanc et celui qui était dessus avait un arc.

On lui a donné une couronne et il est sorti vainqueur et pour vaincre.

Brisez le deuxième Sceau,

Quand il a ouvert le deuxième Sceau, j'ai entendu le deuxième animal dire : Viens !

Un autre cheval est sorti, rouge. Celui qui était dessus, on lui a donné d’ôter la paix de la terre, que Ies gens s'entr’égorgent, et on lui a donné un grand sabre.

Brisez le troisième Sceau,

Quand il a ouvert le troisième Sceau, j'ai entendu le troisième animal dire : Viens ! Et j'ai vu, et voici un cheval noir et celui qui était dessus avait une balance à la main.

Et j'ai entendu comme une voix au milieu des quatre animaux crier : Un denier la mesure de blé ! un denier les trois mesures d'orge ! et l'huile et le vin, ne Ies gâche pas !

Brisez le quatrième Sceau,

Quand il a ouvert le quatrième Sceau, j’ai entendu la voix du quatrième animal dire : Viens !

Et j'ai vu, et voici un cheval vert et celui qui était dessus s'appelait La Peste. Et l’Hadès Ie suivait.

On leur a donné pouvoir sur le quart de la terre pour tuer par l'épée, par la famine, par la peste et par les bêtes de la terre.

Brisez le cinquième Sceau,

Quand il a ouvert le cinquième Sceau, j’ai vu sous l'autel les âmes de ceux qui ont été égorgés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils portaient. Ils ont crié à grande voix : Jusqu’à quand, maître saint et véritable, ne juges-tu pas et ne venges-tu pas notre sang sur les habitants de la terre ?

On leur a donné à chacun un habit blanc et on leur a dit de se reposer encore un peu tant que ne seront pas au complet leurs compagnons d'esclavage, leurs frères qui vont être tués comme eux.

Brisez le Sixième Sceau,

Et je vis quand il ouvrit le sixième Sceau, et il y eut une grande secousse, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, les étoiles du ciel sont tombées sur la terre comme un figuier, secoué de grand vent, jette ses figues vertes, le ciel se retira comme un livre qu’on roule et toutes montagnes et îles furent bougées de leur place.

Les rois de la terre, les grands, les chefs, les riches, les puissants et tout homme libre ou esclave se cachèrent dans Ies cavernes et dans Ies rochers des montagnes.

Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous, cachez-nous de la face de Celui qui est assis sur le trône, et de la colère de l'Agneau, car il est venu le grand jour de leur colère, et qui peut subsister ? »

Ne détruisez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous n'ayons marqué du Sceau en forme de Tau le front des serviteurs de Dieu.

Monseigneur, tu Ie sais. Il m’a dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande affliction. Ils ont lavé leurs habits et les ont blanchis dans le sang de  l’agneau, Ils le servent jour et nuit dans son sanctuaire et celui qui est sur le trône s'abritera près d'eux.Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif et jamais plus le soleil ne les frappera ni aucune brûlure, car l'agneau qui est au milieu du trône les fera paître et les conduira près des eaux des sources de vie, et Dieu effacera toute larme de leurs yeux.

Brisez le septième Sceau,

Quand il ouvrit le septième Sceau il y eut un silence dans le ciel.


Et je vis Ies sept anges qui se tiennent devant Dieu et il leur fut donné sept trompettes.

Et un autre ange vint et il se tint sur l'autel avec un encensoir d’or, on lui donna beaucoup de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant Ie trône.

Et l’ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel et le jeta sur la terre. Et il y eut des tonnerres, des voix, des éclairs et une secousse.

Le premier ange sonna de la trompette, et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre, et Ie tiers de la terre fut brûlé, et le tiers des arbres fut brûlé, et toute herbe verte fut brûlée.

Le deuxième ange sonna de la trompette, et une sorte de grande montagne de feu ardent fut jetée dans la mer, et Ie tiers de la mer devint du sang, le tiers des créatures qui vivaient dans la mer moururent, le tiers des navires fut détruit.

Le troisième ange sonna de la trompette, et  une grande étoile ardente comme une torche tomba du ciel. Elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile est Absinthe, et Ie tiers des eaux fut changé en absinthe et beaucoup d’hommes moururent par les eaux parce qu’elles étaient devenues amères.

Le quatrième ange sonna de la trompette, et le tiers du soleil fut frappé, et le tiers de la lune et le tiers des étoiles, afin que le tiers en fut obscurci et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit de même.

Et je vis et j’entendis un aigle volant au zénith disant d’une voix forte : malheur aux habitants de la terre ! A cause des autres sons de la trompette des trois anges qui vont en sonner.

Le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clé du puits de l’abîme lui fut donnée et elle ouvrit le puits de l’abîme et une fumée monta du puits comme la fumée d’une grande fournaise, et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits. De cette fumée sortirent des sauterelles qui se répandirent sur la terre et il leur fut donné un pouvoir pareil au pouvoir qu’ont Ies scorpions de la terre.

Il leur fut dit de ne pas nuire à l’herbe de la terre ni à aucune verdure ni à aucun arbre mais seulement aux hommes qui n'ont pas Ie Sceau de Dieu sur leur front. L’aspect de ces sauterelles était pareil à des chevaux prêts pour la guerre, avec sur leurs têtes des sortes de couronnes pareilles à de l'or, et leurs faces comme des faces d'hommes.

Elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes et des dents comme des lions.

Elles avaient des thorax comme des cuirasses de fer et Ie bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs chevaux qui courent à la guerre.

Elles avaient des queues pareilles aux scorpions avec des dards, et dans leurs queues était leur pouvoir de nuire aux hommes pendant cinq mois. EIIes avaient sur elles comme roi, l’ange de I'abîme. Son nom hébreu est Avadon, et en grec Apollyon.

Le sixième ange sonna de la trompette et j’entendis une voix sortir des quatre cornes de l'autel d’or qui est devant Dieu. Elle disait au sixième ange qui avait la trompette : « Délie les quatre anges enchaînés sur le grand fleuve Euphrate. »

Et les quatre anges qui étaient prêts pour l’année, le mois, le jour et l'heure ont été déliés pour tuer le tiers des hommes.

Le tiers des hommes ont été tués par trois plaies, par le feu, la fumée et le soufre sorti de leurs bouches. Les autres hommes, qui n’ont pas été tués par ces plaies, ne se sont pas convertis des œuvres de leurs mains pour ne plus se prosterner devant les démons, les idoles d'or, d'argent, de bronze, de pierre et de bois qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher.

Et je vis un autre ange vigoureux descendre du ciel, vêtu d’une nuée, l’arc-en-ciel sur sa tête, sa face comme le soleil et ses pieds comme des colonnes de feu.

Il avait à la main un livret ouvert. Il posa Ie pied droit sur la mer et le gauche sur la terre et il a cria à grande voix comme rugit un lion.

Quand il eut crié, Ies sept tonnerres firent parler leurs voix.

Et quand Ies sept tonnerres eurent parlé, j’allais écrire et j’entendis une voix du ciel me dire :  « Scelle ce dont parlent les sept tonnerres, ne l’écris pas.

Va, prends le livret et dévore-le, il sera amer à ton ventre, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. » Je pris Ie livret de la main de l’ange et je le dévorai. Il était dans ma bouche comme un doux miel et quand je l’eus avalé il était mes entrailles furent remplies d’amertume.

Et on me dit : Tu dois prophétiser encore sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois.

On me donna un roseau, une sorte de bâton, en disant : Lève-toi,  mesure le sanctuaire et l’autel.

Alors tomba sur la terre de la grêle et du feu mêlé de sang : le tiers de la terre, des arbres et toute l'herbe verte furent consumés.

Le parvis hors du sanctuaire, laisse-le en dehors, ne le mesure pas, car il a été livré aux nations et elles fouleront la ville sainte quarante- deux mois.

Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, vêtus de sacs, mille deux cent soixante jours.

Ce sont eux Ies deux oliviers et Ies deux lampes qui se tiennent devant Ie Seigneur de la terre.

Quand ils auront fini leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera.

Après trois jours et demi un esprit de vie de Dieu est entré en eux et ils se sont tenus sur leurs pieds et une grande crainte est tombée sur ceux qui les contemplaient.

A l'heure même ç’a été une grande secousse. Le dixième de la ville est tombé et sept mille personnes ont été tuées dans cette secousse. Les autres ont été effrayés et ont donné gloire au Dieu du ciel.

La 7e trompette sonne

Notre destin s'accomplit.

Les nations se sont mises en colère, et ta colère est venue et l'instant de juger les morts et de donner salaire à tes esclaves les prophètes, aux saints, à ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre...

 

  St Jean lettre aux Eglises

.Je suis le premier et le dernier, 18 et le vivant. J'étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. 19 Ecris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, 20 le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont les sept Eglises.

 

 Lettre à l'Eglise d'Ephèse

 Ecris à l'ange de l'Eglise d'Ephèse: Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or: 2 Je connais tesœuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs; 3 que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassé. 4 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour. 5 Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premièresœuvres; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. 6 Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais lesœuvres des Nicolaïtes,œuvres que je hais aussi. 7 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises: A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu.

 

Lettre à l'Eglise de Smyrne

8 Ecris à l'ange de l'Eglise de Smyrne: voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie: 9 je connais ta tribulation et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. 11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises: Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort.

 

 Lettre à l'Eglise de Pergame

12 Ecris à l'ange de l'Eglise de Pergame: voici ce que dit celui qui a l'épée aiguë, à deux tranchants: 13 je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. 14 Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. 15 De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes. 16 repens-toi donc; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l'épée de ma bouche. 17 que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises: A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit.

 

Lettre à l'Eglise de Thyatire

18 Ecris à l'ange de l'Eglise de Thyatire: voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent: 19 je connais tesœuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernièresœuvres plus nombreuses que les premières. 20 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. 21 je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. 22 voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leursœuvres. 23 je ferai mourir de mort ses enfants; et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vosœuvres. 24 A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis: je ne mets pas sur vous d'autre fardeau; 25 seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne. 26 A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mesœuvres, je donnerai autorité sur les nations. 27 Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père. 28 Et je lui donnerai l'étoile du matin. 29 que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises!

 

Lettre à l'Eglise de Sardes

1 Ecris à l'ange de l'Eglise de Sardes: voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles: je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. 2 Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir; car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. 3 Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. 4 Cependant tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes. 5 Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. 6 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises! 

 

Lettre à l'Eglise de Philadelphie

7 Ecris à l'ange de l'Eglise de Philadelphie: Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira: 8 Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. 9 voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. 11 je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. 12 celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. 13 que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises!

 

Lettre à l'Eglise de Laodicée

14 Ecris à l'ange de l'Eglise de Laodicée: voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: 15 je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 parce que tu dis: je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 21 celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises!…


St Jean : ouverture des 7 sceaux

 Ouverture des six premiers sceaux

1 je regardai, quand l'agneau ouvrit un des sept sceaux, et j'entendis l'un des quatre êtres vivants qui disait comme d'une voix de tonnerre: Viens. 2 je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. 3 quand il ouvrit le second sceau, j'entendis le second être vivant qui disait: viens 4 et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres; et une grande épée lui fut donnée. 5 quand il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième être vivant qui disait: viens Je regardai, et voici, parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance dans sa main. 6 et j'entendis au milieu des quatre êtres vivants une voix qui disait: Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d'orge pour un denier; mais ne fais point de mal à l'huile et au vin. 7 quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième être vivant qui disait: viens 8 je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. 9 quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. 10 ils crièrent d'une voix forte, en disant: Jusqu'à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre? 11 Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. 12 je regardai, quand il ouvrit le sixième sceau; et il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, 13 et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes. 14 Le ciel se retira comme un livre qu'on roule; et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places. 15 Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. 16 et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau; 17 car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? 

 1 après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre; ils retenaient les quatre vents de la terre, afin qu'il ne soufflât point de vent sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. 2 et je vis un autre ange, qui montait du côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant; il cria d'une voix forte aux quatre anges à qui il avait été donné de faire du mal à la terre et à la mer, 3 et il dit: Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. 4 et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël: 5 de la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau; de la tribu de Ruben, douze mille; de la tribu de Gad, douze mille; 6 de la tribu d'Aser, douze mille; de la tribu de Nephthali, douze mille; de la tribu de Manassé, douze mille; 7 de la tribu de Siméon, douze mille; de la tribu de Lévi, douze mille; de la tribu d'Issacar, douze mille; 8 de la tribu de Zabulon, douze mille; de la tribu de Joseph, douze mille; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués du sceau. 9 après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l'agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. 10 et ils criaient d'une voix forte, en disant: Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l'agneau. 11 et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants; et ils se prosternèrent sur leurs faces devant le trône, et ils adorèrent Dieu, 12 en disant: Amen! La louange, la gloire, la sagesse, l'action de grâces, l'honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles! Amen! 13 et l'un des vieillards prit la parole et me dit: Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus ? 14 je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau. 15 C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux; 16 ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur. 17 Car l'agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. 


 Ouverture du septième sceau

1 quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure. 2 et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données. 3 et un autre ange vint, et il se tint sur l'autel, ayant un encensoir d'or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône. 4 La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l'ange devant Dieu. 5 et l'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre.

 

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La Tour de Babel

Publié le 13 Août 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


Rituel du grade de Chevalier Prussien (extrait)


Il y a fort longtemps, les Chevaliers Prussiens étaient connus sous le nom de Noachides, ou descendants de Noé, que nous nommons maintenant Noé.

Les païens les appelèrent Titans, car ils voulurent escalader le ciel pour détrôner Jupiter. Ces descendants de Noé, nonobstant l'arc-en-ciel que le Seigneur avait donné aux hommes en signe de réconciliation et par lequel il les assurait qu'il ne se vengerait plus d'eux par un déluge universel, construisirent une tour assez élevée pour les mettre à l'abri de la vengeance divine.

L' Ecriture nous apprend (Genèse, XI - 1 à 9) :  Toute la terre avait un seul langage et un seul parler.

Or il advint, quand les hommes partirent de I’Orient, qu’ils rencontrèrent une plaine au pays de Shinear en Asie, et y demeurèrent. Ils se dirent l'un à l'autre "Allons, briquetons des briques , et flambons-les à la flamme". La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier.

Puis ils dirent "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "

Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers.

C'est pourquoi  l'on appelle cette tour, la tour de Babel, le mot Bavel signifiant en hébreu "confusion". Ce fut la nuit de  pleine lune de mars que le Seigneur opéra ce miracle.- Plus tard, Nemrod, héroïque chasseur devant l'Eternel, y fonda une ville, appelée Babylone, c'est-à-dire "Enceinte de confusion" (Genèse, X - 8 à 10).Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction, était le plus coupable.  Se condamnant à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.

Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.

Il érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché.

 

Genèse 11, 1-9


Tout le monde parlait alors la même langue et se servait des mêmes mots. Partis de l'est, les hommes trouvèrent une large vallée en Basse-Mésopotamie et s'y installèrent.Ils se dirent les uns aux autres : « Allons ! Au travail pour mouler des briques et les cuire au four ! » Ils utilisèrent les briques comme pierres de construction et l'asphalte comme mortier. Puis ils se dirent : « Allons ! Au travail pour bâtir une ville, avec une tour dont le sommet touche au ciel ! Ainsi nous deviendrons célèbres, et nous éviterons d'être dispersés sur toute la surface de la terre. »

Le Seigneur descendit du ciel pour voir la ville et la tour que les hommes bâtissaient. Après quoi il se dit : « Eh bien, les voilà tous qui forment un peuple unique et parlent la même langue ! S'ils commencent ainsi, rien désormais ne les empêchera de réaliser tout ce qu'ils projettent. Allons ! Descendons mettre le désordre dans leur langage, et empêchons-les de se comprendre les uns les autres. » Le Seigneur les dispersa de là sur l'ensemble de la terre, et ils durent abandonner la construction de la ville. Voilà pourquoi celle-ci porte le nom de Babel . C'est là, en effet, que le Seigneur a mis le désordre dans le langage des hommes, et c'est à partir de là qu'il a dispersé les humains sur la terre entière.

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Noé

Publié le 13 Août 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


Rituel de l'Ordre des Nautoniers de l'Arche Royale (extrait)

Parmi eux, le premier sur lequel je me dois d'attirer votre attention est le patriarche Noé (en haut, au centre) qui tient de la main gauche un triangle équilatéral et de la droite une hache, mal discernable ici. Le Livre de la Genè­se nous dit qu' «ayant suivi les voies de Dieu », rendu sur la Montagne de la Vision, lui fut montrée la destruction qui guettait la malignité des hommes. Désirant préserver les principes de la Science pour la postérité de ceux que Dieu daignerait épargner, l'ancêtre de Noé, Hénoch, éleva deux colonnes (plus bas, au centre), l'une qu'il fit de marbre, et l'autre de briques (respectivement à gauche et à droite), la première résistant à la dissolution par l'eau, la seconde à la destruction par le feu.

A l'intérieur de chacune d'elles, il pratiqua une cache secrète dans laquelle il déposa les archives de la sagesse « pour que, dit-il, la Sagesse ne disparaisse pas totalement, avec le Mal, de la surface de la terre ». Ces colonnes furent placées en sûreté dans une caverne à laquelle on accédait par une galerie de neuf arches, sommairement représentées ici (on le montre), puisque le secret de leur disposition, comme les moyens d'accès de l'une à l'autre, étaient seu­lement communiqués de père en fils et sont maintenant perdus. Le pilier de marbre résista à la montée des eaux mais ne fut retrouvé que très longtemps après, quand son contenu fut pour la première fois mis au jour, providentiel­lement préservé pour les générations futures.

La vision d'Hénoch ne devait se réaliser qu'à l'époque de son arrière petit-fils, Noé. Le Livre d' Hénoch rapporte en effet que « la femme de Lamech mit au monde un enfant dont la chair était aussi blanche que la neige et la carnation telle la rose, dont les cheveux étaient blancs comme la lai­ne et longs et qui avait des yeux magnifiques. Quand il les ouvrait il illuminait toute la maison - tel le soleil - et toute la maison était lumineuse. Et lorsqu'il fut reçu des mains de la sage-femme et ouvrit la bouche, il s'adressa au Seigneur de Justice. Lamech fut terrifié du prodige et alla voir son père Metoushèlah pour lui dire qu'il avait engen­dré un enfant différent de tous les autres. Metoushèlah consulta Hénoch qui "demeurait avec les anges" et Hénoch expliqua qu'a cause de la malignité du monde, un déluge devait s'abattre, niais que Noé et ses enfants seraient épargnés ».

Et Noé devint homme (au centre, en haut) et trouva grâce aux yeux du Seigneur, qui se laissa fléchir dans Sa détermination de détruire toute chair sous les Cieux, de crainte que la Droiture ne disparaisse aussi avec le Mal, de la surface de la terre. Selon les instructions divines, Noé construisit l'Arche (au coin supérieur droit) et y fit entrer sa famille et tous les animaux qu'il put rassembler. Alors le Seigneur ouvrit les vannes d'un grand déluge qui recouvrit la terre et détruisit toutes les créatures vivantes, mais l'Arche (au milieu, en haut) dériva en sécurité à la surface des eaux.

Quand (Ge 8,2-9) « les réservoirs de l'Abîme se fermè­rent ainsi que les ouvertures du ciel [et] la pluie fut rete­nue au ciel, [et que] les eaux diminuèrent sur la terre, Noé ouvrit la fenêtre de l'Arche (dans la toiture) qu'il avait faite. Il lâcha le corbeau qui s'envola, allant et venant. Puis il lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient bais­sé sur la surface du sol. Mais la colombe ne trouva pas où poser la patte, elle revint à lui vers l'Arche (au centre, au-dessus de l'Arche) car les eaux couvraient toute la sur­face de la terre ». Tandis qu'il attendait son retour, Noé re­posa sa tête dans le creux de son bras (on fait le 2ème  Signe) sur le rebord de la fenêtre, et quand elle revint enfin, il tendit la main afin qu'elle se pose sur son doigt (on fait le 3ème Signe) en disant «Voilà, elle approche » et (Ge 8, 9, 12) il « la prit pour la faire rentrer dans l'Arche.  Il attendit encore sept autres jours et lâcha à nouveau la colombe hors de l'Arche. Le soir elle revint à lui, et voilà qu'elle avait au bec un frais rameau d'olivier. Et Noé sut ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre. Il attendit encore sept jours et lâcha la colombe qui ne revint plus vers lui  ».  Noé fut ainsi assuré que, la colombe ayant trouvé un en­droit où se poser, il pourrait bientôt quitter l'Arche en tou­te sécurité et en paix. De ces circonstances, les deuxième et troisième signes de ce Grade tirent leur origine. La colombe et le rameau d'olivier sont, comme vous le savez, universellement considérés comme des symboles de Paix.

Quand les eaux s’abaissèrent, l’Arche demeura… sortir les animaux (en bas, à gauche) afin qu'ils croissent et se multiplient. Puis avec ses trois fils, il éleva un autel au Seigneur et il offrit des holocaustes sur l'autel (en bas, au centre).  Dieu dit alors (Ge 8, 11-13) « J'établirai Mon alliance avec vous. Aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du Déluge, il n'y aura plus de Déluge pour ravager la terre. Voici le signe de l'alliance (montrer l'arc-en-ciel) que je mets entre Moi, vous et tout être vivant avec vous, pour toutes les générations futures. J'ai mis Mon arc dans la nuée (le montrer) pour qu'il devienne un signe d'alliance entre Moi et la terre ». Ainsi l'Arc-en-ciel, la Colombe et le Rameau d'Olivier rappellent les origines de ce Grade et, ensemble, constituent le Bijou (le montrer, sur sa poitrine) porté par tous les Nautoniers de l'Arche. Sous la main de Dieu, à la demande d'Hénoch et de Noé, Sagesse et Droiture furent ainsi préservées de la des­truction.....

 

La Génèse
  1. Mais Noé trouva grâce aux yeux de l'Éternel.
  2. Voici la postérité de Noé. Noé était un homme juste et intègre dans son temps; Noé marchait avec Dieu.
  3. Noé engendra trois fils: Sem, Cham et Japhet.
  4. La terre était corrompue devant Dieu, la terre était pleine de violence.
  5. Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre.
  6. Alors Dieu dit à Noé: La fin de toute chair est arrêtée par de vers moi; car ils ont rempli la terre de violence; voici, je vais les détruire avec la terre.
  7. Fais-toi une arche de bois de gopher; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l'enduiras de poix en dedans et en dehors.
  8. Voici comment tu la feras: l'arche aura trois cents coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur.
  9. Tu feras à l'arche une fenêtre, que tu réduiras à une coudée en haut; tu établiras une porte sur le côté de l'arche; et tu construiras un étage inférieur, un second et un troisième.
  10. Et moi, je vais faire venir le déluge d'eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel; tout ce qui est sur la terre périra.
  11. Mais j'établis mon alliance avec toi; tu entreras dans l'arche, toi et tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi.
  12. De tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi: il y aura un mâle et une femelle.
  13. Des oiseaux selon leur espèce, du bétail selon son espèce, et de tous les reptiles de la terre selon leur espèce, deux de chaque espèce viendront vers toi, pour que tu leur conserves la vie.
  14. Et toi, prends de tous les aliments que l'on mange, et fais-en une provision auprès de toi, afin qu'ils te servent de nourriture ainsi qu'à eux.
  15. C'est ce que fit Noé: il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné.

Genèse 7

  1. L'Éternel dit à Noé: Entre dans l'arche, toi et toute ta maison; car je t'ai vu juste devant moi parmi cette génération.
  2. Tu prendras auprès de toi sept couples de tous les animaux purs, le mâle et sa femelle; une paire des animaux qui ne sont pas purs, le mâle et sa femelle;
  3. sept couples aussi des oiseaux du ciel, mâle et femelle, afin de conserver leur race en vie sur la face de toute la terre.
  4. Car, encore sept jours, et je ferai pleuvoir sur la terre quarante jours et quarante nuits, et j'exterminerai de la face de la terre tous les êtres que j'ai faits.
  5. Noé exécuta tout ce que l'Éternel lui avait ordonné.
  6. Noé avait six cents ans, lorsque le déluge d'eaux fut sur la terre.
  7. Et Noé entra dans l'arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux du déluge.
  8. D'entre les animaux purs et les animaux qui ne sont pas purs, les oiseaux et tout ce qui se meut sur la terre,
  9. il entra dans l'arche auprès de Noé, deux à deux, un mâle et une femelle, comme Dieu l'avait ordonné à Noé.
  10. Sept jours après, les eaux du déluge furent sur la terre.
  11. L'an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s'ouvrirent.
  12. La pluie tomba sur la terre quarante jours et quarante nuits.
  13. Ce même jour entrèrent dans l'arche Noé, Sem, Cham et Japhet, fils de Noé, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils avec eux:
  14. eux, et tous les animaux selon leur espèce, tout le bétail selon son espèce, tous les reptiles qui rampent sur la terre selon leur espèce, tous les oiseaux selon leur espèce, tous les petits oiseaux, tout ce qui a des ailes.
  15. Ils entrèrent dans l'arche auprès de Noé, deux à deux, de toute chair ayant souffle de vie.
  16. Il en entra, mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu l'avait ordonné à Noé. Puis l'Éternel ferma la porte sur lui.
  17. Le déluge fut quarante jours sur la terre. Les eaux crûrent et soulevèrent l'arche, et elle s'éleva au-dessus de la terre.
  18. Les eaux grossirent et s'accrurent beaucoup sur la terre, et l'arche flotta sur la surface des eaux.
  19. Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes.
  20. Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes.
  21. Tout ce qui se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui rampait sur la terre, et tous les hommes.
  22. Tout ce qui avait respiration, souffle de vie dans ses narines, et qui était sur la terre sèche, mourut.
  23. Tous les êtres qui étaient sur la face de la terre furent exterminés, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel: ils furent exterminés de la terre. Il ne resta que Noé, et ce qui était avec lui dans l'arche.
  24. Les eaux furent grosses sur la terre pendant cent cinquante jours. ...
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