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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

De quelques précieuses plumes...

Publié le 7 Janvier 2010 par Thomas Dalet dans Histoire du RER

Publié sur le blog de A Valle Sancta

Le 31 mai 2007, je publiais ici un billet listant les auteurs que je considère comme étant les plus sûrs et les mieux informés quand il s'agit d'étudier le Régime écossais rectifié, son histoire et sa spiritualité.

Une discussion récente sur une mailing list amie m'incite à republier le-dit billet (les rajouts sont en italiques). La difficulté reste la même : ces auteurs n'ont presque pas publier de livre traitant du sujet qui nous intéresse, ils n'ont publié que des articles dans diverses revues (Renaissance Traditionnelle, Cahiers verts, Villard de Honnecourt, etc.) parfois difficiles à trouver.

Espérons que dans un avenir proche, certains de ces auteurs publient soit un livre nouveau soit une compilation de leurs études déjà disponibles dans les-dites revues...

Les librairies ésotériques ou les rayons "ésotérisme" des librairies généralistes sont souvent bien fournis en ouvrages divers et variés traitant parfois de près, et souvent de loin, de l'initiation et la spiritualités dans leurs diverses formes. Si je devais recommander quelques auteurs aux quelques visiteurs de ce site j'indiquerais ceux-là

  • Robert Amadou : Il s'agit du chercheur qui a, le premier, étudié de manière systématique l'oeuvre de Louis-Claude de Saint-Martin dont tant de personnes se réclament sans vraiment le connaître. Amadou a publié l'essentielle des ouvrages de Saint-Martin, ainsi que l'oeuvre majeure de son "premier maître" de Martines de Pasqually : le Traité sur la Réintégration des Êtres. Il permet ainsi une meilleure compréhension des sources spirituelles du régime écossais rectifié ;
  • Serge Caillet : Dans le sillage de Robert Amadou, Serge Caillet contribue à une meilleure connaissance de l'oeuvre de Martines de Pasqually, c'est-à-dire l'Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l'univers, par les travaux de son Institut Eleazar et par une série d'articles en cours de parution dans la revue Renaissance Traditionnelle. Sans être un spécialiste du Régime écossais rectifié, Caillet contribue par le truchement de sa connaissance de Martines de Pasqually et de son oeuvre à une meilleure compréhension de ce qu'est Le Régime écossais rectifié;
  • Roger Dachez : Héritier de René Guilly, Dachez est l'auteur d'une histoire de la Franc-maçonnerie française et d'une histoire du passage de l'ère opérative à celle spéculative. Il est actuellement directeur de la revue Renaissance Traditionnelle dans laquelle il a publié plusieurs articles notamment sur le Régime écossais rectifié ou le martinésisme ;
  • René Guilly-Désaguliers : L'un des pionniers de l'école authentique d'historiographie maçonnique, il est le fondateur de la revue Renaissance Traditionnelle. Parmi ces principaux travaux, une série d'articles sur les Pierres de la Franc-maçonnerie, une étude sur les différentes colonnes qu'on trouve dans le symbolisme maçonnique, ainsi que plusieurs articles fondamentaux sur le Régime écossais rectifié dans ses deux classes (symbolique et chevaleresque) ;
  • Pierre Mollier : Il est en charge du Musée, des Archives et de la Bibliothèque du Grand Orient de France, il est également rédacteur en chef de la revue Renaissance Traditionnelle. Ses travaux ont permis une meilleure connaissance des divers grades chevaleresques ainsi que les premières années du Rite français. Ce n'est donc pas un spécialiste à proprement parler du Régime rectifié, mais son éclairage sur les grades chevaleresques apparus au XVIIIè siècle est absolument indispensable pour qui veut comprendre le Régime rectifié et plus particulièrement son Ordre intérieur ;
  • Pierre Noël : Fin connaisseur de l'histoire de la Franc-maçonnerie il a publié d'innombrables études dans la revue Acta Macionica ainsi que des études approfodies sur la Stricte Observance, le Régime écossais Rectifié et la genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté ;
  • Jérôme Rousse-Lacordaire : Il est dominicain et bibliothécaire du Saulchoire, il s'intéresse aux différents courants de l'ésotérisme occidental. Il explore notamment les oppositions et les intersections entre christianisme et Franc-maçonnerie notamment en étudiant les relations entre Rome et la francs-maçons, la place de Jésus en Maçonnerie ainsi que les prières des élus coëns de Martines de Pasqually et c'est à ce titre qu eje le signale parmi les auteurs pouvant intéresser les lecteurs intéressés par le Régime écossais rectifié dont le caractère chrétien n'est plus à prouver ;
  • Jean-François Var : Historien de formation et prêtre depuis plusieurs années, Jean-François Var est l'un des deux ou trois meilleurs connaisseurs du Régime écossais rectifié à la fois dans son histoire et dans sa dimension spirituelle. Il a écrit d'innombrables articles de fond dans la revue Les Cahiers Verts notammment en mettant en valeur la dimension martinésienne du Régime Rectifié. Précédemment il avait publié de nombreux articles dans la revue Villard de Honnecourt traitant des débuts de la Franc-maçonnerie spéculative et du Régime rectifié.
  • Jean-Marc Vivenza : Philosophe de formation et de profession, Jean-Marc Vivenza est un fin connaisseur du martinisme et du martinésisme. Il a récemment publié trois études magistrales, l'une dans Les Cahiers Verts sur le saint-martinisme idéale, une deuxième sur le martinisme dans ses trois facettes (Martines, Saint-Martin et Willermoz) et la troisième sur la prière du coeur chez Saint-Martin. Il a également publié des ouvrages sur la Rose+Croix, sur Jospeh de Maistre, etc.

A ces auteurs majeurs, on pourra ajouter trois auteurs un peu moins indispensables mais tout à fait recommandables (pour faire court : trop de digressions et moins de faits avérés dans les écrits des deux premiers, pas assez d'insistance sur le martiénsisme pour le troisième et pourtant il en avait les capacités !) :

  • Jean Ursin (surtout son Instructions à l'usage des Maîtres au rite écossais rectifié, Paris, Éditions Dervy, 1995).
  • Roland Bermann (Le grade de compagnon au rite écossais rectifié, sa nature et son ésotérisme, Editions Dervy, 2009 et éventuellement son étude sur le Maître écossais de saint André, mais uniquement dans sa deuxième version paru chez Dervy en 2008, la première version étant "nulle" en raison de l'absence de référence martiénsienne alors que le quatrième grade rectifié est éminemment martiénsien)
  • Jean Saunier (Les chevaliers aux portes du Temple, Editions Ivoir-Claire, 2004)

Evidemment on n'oubliera pas les deux classiques en notant tout de même leur vision par trop "externe" et parfois un peu moqueuse vis-à-vis de J-B Willermoz :

  • Alice Joly (Un Mystique Lyonnais : Jean-Baptiste Willermoz, Teletes, 1986 et sq)
  • René Le Forestier (La Franc-Maçonnerie Templière et Occultiste, Arche Milan, 2003)

Un auteur très réputé, souvent réédité et pourtant peu recommandable à mon sens : Jean Tourniac. Fort de son aura d'ancien Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules, il est considéré par beaucoup comme "la" référence !!! Et pourtant, Tourniac survol le martinésisme de très... très... loin. Il rend plus que centrale la fantaisie templière comme s'il n'avait jamais lu les écrits de Willermoz à ce sujet. Et, pire que tout, il insuffle dans le rectifié une pensée qui lui est propre (une sorte de judéo-christianisme sentimentaliste) sous couvert de son aura de Grand Prieur, ce qui est pour le moins malhonnête !


Bonnes lectures à tous et bonne année 2010 (avec 26 heures d'avance)

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Hugues O'Kelly : un franc-maçon catholique..

Publié le 3 Janvier 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

Source : Gould history of Freemasonry : Freemasonry in Portugal (extrait)

Thanks, however, to the care taken by Pierre Avedo in preserving the documents relating to the Inquisition, which he found in the national archives of the Torre do Tombo, which are reproduced or summarized in Gra"inha's Histoire, there is certain evidence that Freemasonry was in existence in Portugal in 1733, that it was introduced into the country by a Scotsman named Gordon and that there were two Lodges, one composed of Catholics and the other of Protestants.

The evidence given before the Inquisition by Hugo O'Kelly, who is described as " Grand Master " of the Lodge that met in the rue de Remolares, the Catholic Lodge, declares that Freemasonry had been introduced into Portugal by Gordon, that he (O'Kelly) had, in 1738, been a member of it for two years ; that the Lodge was known as the Royal House of Lusitanian Freemasons and was quite separate from the Protestant Lodge, of which he declared he knew nothing and had never visited; that the Catholic Lodge held their meetings on the first Wednesday of every month, that the subjects discussed were educational, economical and recreative. It was said that the Protestant Lodge had the smaller membership, but beyond this fact O'Kelly disclaimed any knowledge of its transactions.

O'Kelly was an Irish colonel and, among the other members of the Lodge of which he was the Master were Denis Hogan, a lieutenant in the Alcantara cavalry; Thomas French, a merchant; Captain Patrick Brown; James(Jacques?) O'Kelly, dancing instructor to the Royal Family; Michael O'Kelly, his brother, owner of a glass‑works ; Charles Caroll, a merchant; Sergeant‑Major Charles Mardel, a German engineer; and three Dominican monks Fathers Patrick O'Kellen (or Kinide), Tilan and Leynan.

The principal witness against the Freemasons before the Inquisition was a Dominican named Charles O'Kelly, a professor of theology at the College of Corpo Santo, who said that the proprietor of the restaurant where the Lodge was held was an Irishman named Rice ; that the Lodge was well attended; and that all the members appeared to be excellent Catholics, if judged by their regular attendance at the church of Corpo Santo.
The result of the inquiry was that the Inquisition abandoned its proceedings against the Catholic Lodge and devoted its attention to the Protestant Lodge.

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In Memoriam et voeux 2010

Publié le 3 Janvier 2010 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


A la Mémoire de mon Frère et ancêtre, HUGUES O'KELLY, militaire irlandais de la première moitié du 18ème siècle, initié en Irlande en 1735 et Vénérable fondateur de la RL "Maison Royale des Franc-Maçons de la  Lusitanie" à l'Orient de Lisbonne en 1738.

A son frère MICHEL O'KELLY, initié en 1736 et membre de la même Loge.

A son cousin JACQUES (JAMES O'KELLY) premier Vénérable de la RL "Maison Royale des Franc-Maçons de la  Lusitanie" à l'Orient de Lisbonne.*

 

Aux maçons irlandais, les "irréguliers" du 18ème siècle, longtemps méprisés par les "Moderns" anglais.

A mon arrière grand-mère Alice O'KELLY qui m'a permis d'appartenir à cette glorieuse famille irlandaise.

A tous les Maçons, "réguliers" ou "irréguliers", meilleurs voeux pour cette nouvelle année.

Thomas Dalet
fondateur 268 ans après mon ancêtre de la RL Royal York à l'Orient de Rennes qui pratique le Rite York, issu de la maçonnerie irlandaise.


* source : Grande encyclopédie portugaise et brésilenne.

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Le culte opéré par le Christ selon Martines de Pasqually

Publié le 31 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité

Publié sur le blog de A Valle Sancta


Martines de Pasqually dans son Traité (§ 161) fait la liaison entre le culte qu'il promeut dans son Ordre et le culte institué par le Christ pour son Eglise :
"Le Christ n'a-t-il pas opéré un culte infiniment plus grand que tous les autres (...) ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. En effet, le Christ a laissé, par son institution spirituelle divine, à ses disciples la prière et l'invocation journalière de six heures en six heures qui complètent le jour ordinaire de 24 heures. Ces mêmes disciples, qui composent l'Eglise chrétienne, font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour. Voilà qui rappelle le premier ordre spirituel du cuite divin établi chez les premières nations noéchites par les sages enfants de Noé. Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cuites divins et l'Eglise chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices et les deux autres aux deux équinoxes ; c'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations dont nous avons assez longtemps parlé. Je n'entrerai point dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant assez dit pour vous convaincre que le cérémonial, ainsi que les temps convenables aux opérations du culte divin, ont été dès le commencement fixés et réglés parmi les hommes, que toutes ces choses ont été transmises par l'esprit divin et qu'elles ne proviennent point de convention humaine. "
Cela mériterait plus ample analyse pour voir dans quelle mesure Martines ne chercherait pas une inclusion dans l'Eglise de son Ordre ou peut être même, une folie, l'annexion de l'Eglise ! ...
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Des statuts et règlements de la Grande Loge de France présidée par le F Peny (1760)

Publié le 31 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Publié sur le blog de Montaleau

Bref rappel historique

En 1758, le Grand Maitre de la Grande Loge de France, le Comte de Clermont, va nommer Jacques Lacorne, Substitut Particulier du Grand Maitre.

Celui-ci, en cette qualité, va réunir en Grande Loge, cette multitude de Maitre de Loge.

Une partie de ces Maitres de Loge, n’accepteront pas l’autorité du Frère Lacorne, et en 1760, sous la Direction du Frère Martin Peny, vont provoquer une scission et donner naissance à une autre Grande Loge.

Le 19 Mai 1760, date de la mise en place de cette deuxième Grande Loge, le Vénérable Maitre Peny présenta en assemblée, de nouveaux Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maitres de Paris, dite de France.

Vingt trois Vénérables Maitres, dont Peny, signèrent les Statuts, et reconnurent l’autorité du Très Respectable Grand Maitre le Comte de Clermont.

Les vingt trois présents procédèrent à l’élection des neufs officiers prévus par les statuts.

Furent élus :

Peny : Président, Duret : Premier Surveillant, Villemsens : Second Surveillant, Robineau : Secrétaire et Expert, Guillot : Trésorier et Expert, Coconnier, Baillot, Servant et Ledin : Expert

Début 1762, le frère Lacorne décéda, ce fut alors, l’occasion pour les deux factions de participer aux différentes cérémonies funèbres organisées à la mémoire de cet Illustre Frère.

Elus pour deux ans les officiers furent renouvelés le 28 Mai 1762.

Six des anciens n’avaient pas été réélus ou continués : Pény, Villemsens, Robineau, Guillot, Baillot et Servant.

Le nouveau collège était composé comme suit :

Baquet : Président, Duret : Premier Surveillant, Léveillé : Second Surveillant, Perrault : Secrétaire Expert, Ledin : Trésorier Expert, Hardy, Lexcombart, Pradier et Guainard : Experts.

Suite à ces élections, Le Frère Pény, cessa de participer aux travaux ,permettant  ainsi, aux deux Grandes Loges de se rencontrer et enfin de fusionner en fin 1762, sous l’autorité du Substitut Général, nommé par le Grand Maitre, le Frère Chaillon de Joinville.

 

Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maîtres de L'orient a Paris dite de France, présentés à l'assemblée générale des Maîtres par le V. F. Peny, Maitre  de la loge de Saint Martin le 19 mai mil sept cent soixante.

ARTICLE PREMIER

Les assemblées générales des maîtres seront et demeureront fixées à quatre par an, de trois mois en trois mois, tous les premiers lundis des mois de juin, septembre, décembre et mars. Lesquelles seront prévenu(e)s par des lettres écrites par le secrétaire, du consentement du Président et des officiers, lesquelles seront portées quatre jours avant par le F. Thuilleur, à qui il sera payé par chaque me 4S pour ses peines. Désigneront les jours, heures et lieux des assem¬blées, où tous les maîtres auront soin de se rendre, à moins qu'ils ne justifient par lettres écrites au secrétaire des causes qui les auraient empêchés de s'y rendre.

ART. 2

Il sera fait une 5e Assemblée à la Saint-Jean Baptiste où seront admis les premiers et seconds surveillants de chaque loge régulière, à qui il sera porté des lettres, comme il est dit à l'article 1er, où, étant tous les F. assemblés, le secrétaire fera l'appel, pour et par rang d'ancienneté placer les maîtres et les surveillants, en observant que les premiers surveillants seront placés au midy et les seconds au nord.

ART. 3

Les Maîtres seront distingués en trois classes. Savoir la classe des Anciens, celle des Modernes et celle des Jeunes. Ces derniers n'entreront dans celle des modernes qu'au bout de trois ans et les modernes dans celle des anciens qu'au bout de quatre ans, ce qui fera le nombre 7 pour entrer dans la classe des anciens.

ART. 4

Il sera tous les deux ans, à l'assemblée générale qui précédera celle de Saint-Jean, procédé à l'élection de 9 officiers pour régir, gouverner et connaître des affaires de la de loge lesquels officiers seront élus par scrutin, savoir : un président et deux surveillants dans la classe des anciens et 6 autres officiers experts dans le nombre et classe des Modernes et Jeunes sans distinction, dans lesquels six seront compris le secrétaire et le trésorier. Tous lesquels officiers seront et demeureront stables pendant deux années, à moins qu'aucuns d'eux ne commettent quelque faute grave qui leur fit mériter cassation, alors on serait obligé d'en nommer d'autres pour les remplacer.

ART. 5

Les 9 officiers dénommés en l'article précédent seront tenus de s'assembler tous les 1er lundis de chaque mois pour connaître des affaires qui seraient survenues pendant le courant de chaque mois pour par eux être examinées et rapportées les décisions qu'ils en auraient faites à la prochaine assemblée générale pour être confirmées ou tolérées selon qu'il conviendra.

ART. 6

Lors des assemblées générales les officiers se placeront savoir le président à l'orient accompagné des F. secrétaire et trésorier et des deux plus anciens experts et à l'occident seront les deux surveillants accompagnés des deux autres experts et ensuite chacun des maîtres prendront place par rang d'ancienneté depuis l'orient jusques à l'occident dans l'intervalle des officiers, observant que tous les officiers seront tenus de se décorer à toutes les assemblées générales pour être reconnus et distingués.

ART. 7

Tous les maîtres assemblés, le président ouvrira la loge par les cérémonies ordinaires en observant qu'il ne sera parlé ni agité aucune affaire que les trois premières santés d'obligation n'aient été portées, après quoi l'on procédera à la décision des affaires tant présentées que celles qui seront rapportées par les officiers pendant le cours des trois mois pendant lequel temps toutes affaires seront agitées par les experts ou autres mes chargés de les rapporter il ne sera fait aucune interruption par qui que ce soit ni agité autre chose sans permission après avoir demandé à parler avec la décence due à l'ordre; et dans l'intervalle des affaires seront portées les santés du président, des surveillants, des officiers, des maîtres absents et présents. Et pour dernière celle de tous les mes réguliers des Loges de France y joignant leurs officiers commendataires et la prospérité de leurs loges, observant que la santé du Président sera répondue par les surveillants et celle des survts par le F. secrétaire et trésorier.

ART. 8

Le Président et le secrétaire seront dépositaires de chacun un registre sur lesquels seront écrits les statuts et règlements et délibérations qui se feront tant aux assemblées générales qu'à celles des officiers, ensemble le nom des Maîtres, de leurs surveillants et le nom des loges et dates de leurs installations et constitutions. Le Trésorier tiendra pareillement un Registre sur lequel seront écrites les recettes et dépenses qu'il fera pour la compagnie et ne fera néanmoins aucune dépense sans y être autorisé par délibération desquelles recettes et dépenses il rendra compte lorsqu'il en sera requis par l'assemblée générale lesquels trois susdits registres seront remis tous les deux ans alternativement aux officiers en place.

ART. 9

Les anciens présidents surveillants et officiers experts seront mandés aux comités d'officiers en place pour donner leurs avis sur les affaires qui surviendront et auront les anciens officiers la préséance aux assemblées générales sur les autres maîtres pour les voix délibératives de chacun leur classe sans néanmoins passer d'une classe à une autre que le temps fixé par l'art. 3 ne soit expiré.

ART. 10

Il ne sera érigé en me de loge aucun F. qu'il ne soit d'un Etat libre honnête et son maître, c'est-à-dire aucun domestique tel qu'il puisse être ni autre sans qualité mais bien tous marchands maîtres ou bourgeois pourvus de charges ou d'un état distingué lorsqu'il en aura la capacité et que son zèle et sa volonté sera de se conformer au respect dû au R.G. Me et à l'art Royal ainsi qu'aux présents règlements et qu'il n'ait passé aux grades de premier ou second surveillants.

ART. 11

Aucun F. ne pourra être constitué sans qu'au préalable il n'ait été annoncé à l'ensemble des maîtres ou aux comités d'officiers où il sera par le président nommé trois maîtres par tour et rang de tableau pris un de chaque classe pour être présent et connaître de ses travaux et capacité. Lesquels maîtres dresseront procès-verbal de ce qui leur sera connu lequel sera rapporté par le plus ancien pour être par le président du consentement de l'assemblée ordonné la mise en place si le cas y échoit sans déroger à l'art. 10.

ART. 12

Il sera par reconnaissance et droits d'avènement à la maîtrise payé par les Mes futurs le jour de leur mise en place la somme de onze louis, savoir six livres au profit de la grande Loge es mains du Trésorier, trois louis pour l'expédition de la lettre en parchemin, et quarante sols au thuileur et sera de plus donné aux trois maîtres constituants doubles honoraires et aux secrétaire et trésorier ainsi qu'au présentateur du maître futur honoraires simples.

ART. 13

Il est défendu à tous les Maîtres de loges de donner les trois grades le même jour à moins qu'il ne se trouve un candidat obligé de partir pour la province. Alors s'il y en avait plusieurs ils profiteraient du même avantage le dit jour seulement.

Défendons de plus à tous maîtres de donner la maîtrise ni d'agréger aucuns F. d'autre loge régulière sans une permission par écrit des maîtres qui les auraient reçus aux deux premiers grades et d'où se retireraient les F. pour se faire agréger à d'autres loges.

Faisons pareillement défense à tous les mes de recevoir un candidat qui leur serait présenté par aucun F. de la loge régulière sans la permission du me de sa loge à peine d'interdiction d'un an de la grande loge ou d'amende arbitraire pour la première fois.

ART. 14

Défendons pareillement à tous maîtres officiers et membres de loge mandés ou non mandés de troubler directement ou indirectement aucun me de loge où ils se trouveraient encore qu'ils y aperçussent quelques vexations ou prévarication permettant aux mes seulement de faire leurs représentations et quant aux officiers et membres leur permettant de dresser procès-verbal en dehors de ce qu'ils auront vu de contraire à l'Ordre et de remettre au me de leur loge le procès-verbal requérant qu'il soit envoyé et communiqué à la Grande Loge pour y faire droit.

Défendons de plus à tous maîtres officiers et membres de loge régulière de donner la main, prêter leurs bijoux ornements ni leur science a aucune loge clandestine à peine d'amende arbitraire et d'interdiction pour les maîtres et d'exclusion pour tous autres frères si le cas y échoit.

ART. 15

Tous les Mes de loge ou autres frères qui recevront des lettres de province de quelque frère qui désirerait être constitué s'adresseront au président qui leur donnera le moyen convenable pour parvenir à leur obtention ensemble l'état des frais qu'il leur en coûtera tant pour droit d'avènement à la maîtrise expédition de lettres et droit de thuileur conformément à l'art. 12. Et seront de plus tenus les mes futurs de province de satisfaire par excédent aux frais des Assemblées extraordinaires pour signer leurs lettres dont le nombre sera fixé de douze mes, scavoir les neuf officiers et trois autres mes pris à tour de rôle dans les trois classes conformément à l'art. 3.

ART. 16

Il ne sera fait aucune constitution par aucun me de Loge soit ville, soit bourg de France sans qu'au préalable il n'en ait donné avis à la Grande Loge des Maîtres à qui il sera envoyé les noms et surnoms des maîtres futurs et des surveillants ensemble le nom de leur loge et les qualités des maîtres conformément à l'article 10 et satisferont pareillement aux droits portés par l'article 12 et faute de ce faire les maîtres qui auraient été constitués ne seront reconnus ni enregistrés comme faisant corps à la susd. Grande Loge.

ART. 17

Tous les maîtres réguliers qui n'auront pas de constitutions ou qui les auraient égarées seront tenus d'affirmer de leurs dates et jours qu'ils auront commencé à tenir leurs loges et de dénommer les maîtres qui les auront assistés et constitués afin d'être inscrits sur le registre suivant leur rang dans les classes où ils se trouveront suivant leurs dates.

ART. 18

Il est expressément défendu à tous maîtres qui se trouveront aux assemblées tant générales que particulières de rendre compte de ce qu'il se sera passé à aucun F. sinon à un me de loge qui n'aurait pu s'y trouver par des affaires indispensables ou autrement que ce ne fut des choses qui regardent toutes les loges pour le bien de l'ordre.

ART. 19

Ne pourront les Mes refuser des certificats aux F. qui en exigeront soit pour voyager ou pour se retirer dans une autre loge à moins qu'ils n'eussent fait quelques fautes assez graves pour leur en faire mériter le refus sauf aux dits frères de se pourvoir par Requête à la Grande Loge pour par elle être fait droit à ce qu'il appartiendra.

ART. 20

Tous Mes qui auront quelques plaintes à porter dresseront des mémoires qu'ils adresseront au secrétaire de la Grande Loge sous enveloppe, lequel après en avoir pris connaissance mandera par écrit les parties récusées à ce qu'elles aient à produire leurs moyens de défense en bref, pour par lui être rapporté au prochain comité d'officiers où il sera chargé des experts par le président pour s'instruire des affaires afin de les rapporter à la prochaine assemblée générale pour être à la pluralité des voix prononcé contre qui il appartiendra selon l'exigence des cas.

ART. 21

Il sera fait un cachet pour la Grand Loge lequel sera déposé et confié au secrétaire pour être apposé tant sur les lettres patentes des Maîtres réguliers que sur les certificats des F. de loges régulières et non à tous autres f. d'aucune loge clandestin»

Observant néanmoins que le secrétaire ne pourra opposer le dit cachet que du consentement du président et des officiers à peine d'exclusion il aura pareillement attention d'inscrire les noms des maîtres et autres frères sur son registre qui seront porteurs du cachet.

 **

« Aujourd’hui 19 mai 1760. Nous Mes de loges Régulières de l'Orient de Paris, composant la grand loge des maîtres régulièrement assemblés en la loge de Saint-Jean après avoir vu lu et examiné les présents statuts et règlements à nous présentés par le V. F. Peny, nous n'avons rien trouvé ni aperçu de contraire a l'ordre ni de préjudiciable au bien et au respect deus tant à N.R.G.M. qu'a l'art Royal, nous avons au contraire Reconnus et reconnaissons que les présents ne peuvent que maintenir a l'avenir la Paix et la Concorde, et éviter tous abus vexations et prévarications qui pourraient s'émouvoir tant dans les loges particulières que dans la présente Grande loge, Pourquoi nous avons présentement conclu et décidé concluons et décidons que les Présents Règlements seront et demeureront stables pour a l'avenir être suivis et exécutés en tout leur contenu sans déroger au respect dû à l'art Royal n'y a N.T.R.G.M.S.A.S. Monseigneur le Comte de Clermont à moins qu'il ne lui plaise les corriger et augmenter si bon lui semble a quoi nous nous soumettons de nous conformer et avons signé les dts jour et an que dessus ».

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Pour la Nouvelle Année

Publié le 30 Décembre 2009 par Thomas Dalet

UNE PRIÈRE

 

          Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui existe dans le Silence.

 

Sans aliénations, vivez autant que possible en bons termes avec toutes Personnes.

 

Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d’Esprit et l’Ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.

 

Evitez les individus Bruyants et Agressifs, ils sont une vexation pour l’Esprit.

 

Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir Vain ou Vaniteux.

 

 Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

 

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.

 

Soyez toujours intéressé à votre carrière  si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.

 

Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies.

 

Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands Idéaux, et partout la vie est remplie d’Héroïsme.

 

 Soyez vous-même.

 

Surtout n’affectez pas la Fraternité.

 

Non plus ne soyez Cynique en Amour, car il est en face de stérilité et de tout désenchantement aussi Eternel que l’herbe.

 

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

 

Fortifiez une puissance d’Esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

 

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères, de nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

 

Vous êtes un enfant de l’Univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici.

 

         Et qu’il vous soit clair ou non, l’Univers se déroule sans doute comme il le devrait.

 

Soyez en paix avec Dieu, quelque soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme.

 

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.
Prenez attention mes Frères,

 

Tâchez d’être heureux.
                                                            D EaS

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Rite Français : présentation du Rite par le Souverain Chapitre "je doute" GODF

Publié le 23 Décembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


Publié par le blog de Montaleau, provenant de Cyrille de trois points infos


Un rituel libéré ? Chiche !

Au Rite Français du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France les Souverains Chapitres sont "souverains". Ils ont la liberté d'élaborer leur rituel, quitte à respecter les valeurs fondamentales du Rite et celles du Grand Orient de France. Ayant pratiqué comme beaucoup de frères du Grand Orient de France le rite français en loge bleue et le rite écossais ancien et accepté dans les "hauts" grades puisqu'il n'y avait alors que cette possibilité, nous avons assisté à la fin du XXème siècle à la résurrection du Rite Français pour les grades "dits de Sagesse". D'abord avec une relative indifférence et ensuite avec un prudent scepticisme parce que la rumeur des parvis faisait courir l'idée que ce Rite Français était autant sinon plus " christique " que le Rite Ecossais Ancien Accepté.

Lorsque nous avons eu la curiosité d'accéder aux textes, ce sont d'abord les ressemblances entre les deux rites qui ont retenu notre attention : même fond légendaire, même présence de la bible dans la structure intime du rituel avec de surcroît un aspect farce relevant des Monty Python qui, pour être amusant peut-être, semblait conduire le symbolisme aux limites du simplisme et aux frontières d'un ridicule meurtrier. C'est dire que cela ne correspondait à aucune de nos attentes et ne donnait aucune raison de changer de rite pour tomber de Charybde en Scylla.

Nos attentes

A force d'observer le fonctionnement du Grand Orient de France, en participant à ses activités dans le respect de ses traditions et de son histoire et dans la culture de ses valeurs, nous étions venus, comme beaucoup de frères, à rêver d'un rituel qui serait libéré de sa gangue religieuse, biblique, judéo-chrétienne. Ce rituel idéal serait dégagé de ses prétentions chevaleresques qui - pour être supposées traditionnelles - n'en sont pas moins obsolètes. Il serait aussi nettoyé de ses référents à des moyens de violence - épées, poignards - dont sans doute la force de l'habitude empêchait de voir l'inanité ou le ridicule.


Pour être plus explicite
Il nous semblait urgent que la franc-maçonnerie se libère de la tutelle biblique hébraïsante, chrétienne et catholico-protestante et que, dans ses structures institutionnelles au niveau du rituel, elle s'ouvre naturellement vers toutes les sources de tradition, toutes les formes et tous les moyens de la connaissance pour en explorer les corrélations, les apports et les démarches et s'approcher de leurs secrets. Il nous semblait urgent de libérer les symboles de leur personnalisation judaïque (Hiram, Salomon, Zorobabel, Temple de Jérusalem …) qui les étrécit en les réduisant à une localisation géographique, hébraïque occidentale : celle-ci a pu avoir une justification historique ou politique dans le passé mais elle semble aujourd'hui abusivement réductrice.

D'autre part il nous semblait utile d'affranchir le rituel du poids de ses ambitions chevaleresques qui relèvent d'une tradition parfaitement datée historiquement, sociologiquement et politiquement et de ce fait évidemment obsolète. Et s'il fallait proposer des modèles, porteurs de valeurs fortes qui servent de parangon mobilisateur, ouverts sur l'avenir, nous suggérerions de promouvoir le "chevalier" en "Citoyen". De fait le citoyen bénéficie de deux siècles de promotion dans notre république laïque, révolutionnaire à vocation démocratique. Il constitue le peuple souverain source légitime de tous les pouvoirs. Il porte des valeurs aussi "nobles" que celles de la chevalerie. Il a de nombreuses fois démontré sa pugnacité, son dévouement dans la défense de la nation, son sens de l'honneur, du courage et de la fidélité ainsi que celui du sacrifice.

Enfin il nous semblait urgent - profitant du mouvement - d'éliminer l'arme blanche (épée, poignard….) de l'arsenal de notre société de pensée initiatique qui prétend l'utiliser comme support, symbole et moyen de notre recherche philosophique et spirituelle. L'érection de cet instrument en outil symbolique de notre démarche sur les chemins de la connaissance relève bien sûr du leurre : on argue que l'épée peut être présentée comme un symbole de l'Egalité datant d'une époque aristocratique où la noblesse tenait le haut du pavé avec le privilège de porter les armes pour défendre la société. Au XVIIIème siècle l'aristocratie aurait octroyé ce privilège à la roture qui fréquente la loge pour casser la tradition ségrégationniste, fondement de la société féodale aristocratique inégalitaire.

Dans cette perspective ce symbole - si symbole il y a - est donc fortement connoté historiquement (XVIIIème siècle) et de plus censément dépassé depuis que l'Egalité est inscrite dans la Constitution de nos Républiques et aux frontons des édifices publics. On observe aussi que l'idée de "désarmer" les loges passe aux yeux de certains de nos frères pour une manifestation de naïveté répréhensible face aux dangers qui menacent la société : on ne voit pas cependant qu'on aie jamais érigé en symbole la plume ou le crayon.

Il n'empêche que ceux-ci ont toujours été les instruments de la pensée qui se libère et de réflexion qui avance sur le chemin des vérités. Mais on voit bien au contraire que Moïse a éliminé à l'arme blanche trois mille des siens parce que ceux-ci ne pratiquaient pas la bonne religion de la bonne manière, à son retour du Mont Sinaï, d'où il rapportait les Tables de la Loi. La maîtrise des armes n'a guère servi dans l'histoire qu'à assurer la domination de ceux qui les détiennent pour la seule justification qu'ils en sont les détenteurs. Quant au peuple qui est assujetti par ces armes, il n'y trouve pas le moyen de sa liberté alors qu'on lui interdisait de lire et écrire pour le maintenir dans l'assujettissement. Convenons que pour nos usages, la règle, l'équerre et le maillet se révèlent des substituts autrement efficaces pour notre approche de la vérité et du centre de l'idée.


Le rituel de Blois

Nous appellerions ce rituel par dérision "rituel libéré" pour le distinguer des rituels français dits "Modernes", du Régulateur des chevaliers maçons de 1801. Car, à discuter avec des initiateurs de la résurrection du Rite français dans les années 1990, nous avions découvert que chaque Souverain Chapitre avait la liberté de son rituel, quitte à respecter les " fondamentaux " du Rite Français au sein du G.O.D.F.

C'est cette liberté qui nous a engagés à faire le pas, à mettre au point notre rituel et à créer à Blois le Souverain Chapitre " Je Doute " en mars 2002. Nous avons simplement tranché tous les liens qui renvoient impérativement ou insidieusement sur les livres de la Bible (Ancien et Nouveau Testament). Et cela suffit à faire apparaître la richesse fondamentale d'un Rite ouvert dès lors dans sa structure sur l'entier des hommes.


Concrètement :

Le nom d'Hiram est effacé : il nous reste le concept de l'Architecte qui construit, conçoit, dirige le chantier. C'est dire le Maître par définition. Ce n'est plus le constructeur du seul Temple de Salomon. C'est peut-être Dédale, ou le constructeur anonyme des pyramides, des ziggourats ou des cathédrales. C'est librement chaque frère qui reprend le flambeau et construit son temple intérieur.

Le nom de Salomon est effacé : il nous reste le Souverain, c'est-à-dire la source fondamentale des pouvoirs. Le souverain n'est plus réduit à une incarnation historique et biblique. Il s'incarnera selon les époques dans tel type de monarque, de roi … Ou aujourd'hui dans le "Peuple" source de toute légitimité qui n'est soumis à personne, à aucune autorité supérieure et génère la loi humaine, sociale, politique ...

Zorobabel évincé : il nous reste le franc-maçon persécuté. L'histoire du XXème siècle est suffisamment tragique pour le franc-maçon (Allemagne, Espagne, France..) pour y trouver à nourrir cet aspect du mythe. Joaben, l'Elu tiré au sort, devient l'Ouvrier qui œuvre à l'édification de la justice pour dépasser la vengeance. Albibalc se réduit au Meurtrier. (Meurtrier du père).

Le "chevalier" expulsé est promu en "Citoyen." La réalité concrète du rôle du chevalier dans l'histoire de la société occidentale ne permet pas de justifier sa présence dans la mythologie maçonnique comme parangon de valeurs morales exemplaires alors même que le peuple citoyen a conquis sa liberté et sa dignité et peut travailler en conscience à promouvoir ses valeurs lui-même.

L'arme blanche (épée ou poignard) est rangée au placard pour être avantageusement remplacée par la Règle, l'Equerre ou le Maillet. Accessoirement nous avons aussi éliminé l'aspect farce Monty Python des têtes coupées fichées sur un pieu et maculées de sang. On préserve la symbolique en exposant simplement les outils des trois mauvais compagnons associés à leur devise.

Tout le système légendaire des "hauts" grades reste donc intact. Mais il est débarrassé de sa chape de plomb biblique hébraïsante et peut révéler son infinie richesse. Ainsi libéré, il élargit son champ d'interprétation et permet de nourrir toutes les directions de recherche sans s'étrécir sur une seule source obligée enkystée dans sa structure.

Depuis sa création, l'atelier se montre exigeant quant au respect du rituel qui crée un lieu et un espace-temps rigoureux au sein desquels la réflexion se libère de ses carcans, s'ouvre à tous les champs de la tradition et s'examine dans sa propre genèse. Le fond légendaire est intégralement présent. Il sert de support et de catalyseur à la recherche des frères qui s'appuient sur l'apport de nos anciens pour entrer librement dans un présent ouvert sur l'avenir. Comme il se doit la symbolique est soumise au libre examen de chacun sans être contraint à de subreptices renvois institutionnels et dogmatiques vers les livres bibliques.

Le titre du souverain chapitre "Je Doute" implique chacun dans son intime : s'il n'interdit pas les convictions, il retient de les asséner comme des vérités. Chaque frère poursuit sa démarche à son pas, dans la direction qui s'ouvre à lui. Il fait part de ses découvertes bien persuadé qu'il ne s'agit que d'étapes nouvelles dont la remise en cause lui permettra d'aller plus loin, s'il peut trouver une lumière occasionnelle dans les contributions de ses frères.

Pas de maître à penser. Pas de guide. Ni gourou, ni prêtre, ni pasteur, ni rabbin. Aucun imam. Aucune autorité de référence. Aucun pouvoir de l'un sur l'autre. Aucune sujétion. Ni devoir d'obéissance et de fidélité. Chacun rencontre en soi-même ses propres exigences sans se trouver jamais justifié d'imposer à qui que ce soit des rigueurs fantasmatiques. Seulement des francs-maçons, maîtres souverains, citoyens libres sur le chemin de l'à-venir. Des frères sceptiques à qui l'on essaie d'expliquer notre démarche de libération vis à vis de toute référence religieuse et de la bible eurent cette remarque : "Mais alors il ne reste plus rien ?". Amusant !… Comment mieux justifier l'urgence de notre démarche ?

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Les traces de martinésisme dans le premier grade du Régime écossais rectifié

Publié le 26 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER

Des traces de martinésisme existent dans le rituel du premier grade du Régime écossais rectifié. J'en ai établi ici une liste. Evidemment, chaque trace identifiée mériterait d'être développée notamment celle où le caractère martinésien ne coule pas de source et est le résultat d'un effort d'exégèse. De même, il serait judicieux de poursuivre cette enquête pour couvrir les trois autres grades de la classe maçonnique...En attendant, voici les premiers résultats...

 

Le Rectifié est-il martinésiste ?

 

Rôle de l'introducteur et du second survaillant

  • "[...] celui que j’ai envoyé pour vérifier vos titres nous a certifié qu’ils sont justes, et m’a demandé un guide pour diriger vos pas. Ce guide vous a été envoyé, Monsieur."
  • "[...] Mais ne vous découragez point, vous avez des guides qui méritent votre confiance, et qui vous garantiront de tout péril si vous vous laissez conduire avec docilité."
  • "[...] celui qui, étant dans les ténèbres, veut se diriger lui-même et marcher sans guide, s’égare et se perd. "
  • "Mais vous n’auriez pu les faire sans un guide sûr et fidèle pour diriger votre marche :
  • ce guide vous a été donné, il ne vous abandonnera jamais si vous ne le fuyez vous-même."
  • "le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route vous figure ce rayon de lumière
  • qui est inné dans l’homme, par lequel seul il sent l’amour de la vérité et peut parvenir jusqu’à son Temple."

Martinésisme

  • L'anthropologie martinésienne insiste sur le fait que le mineur spirituel (l'homme) doit se fier aux pensées que lui inspire son esprit bon compagnon (ange gardien)
  • L'introducteur est ce guide, à moins que ce ne soit le second surveillant qui guide le candidat dans ses voyages ?

Voyages

 

Feu

  • Midi
  • Consume la corruption / Brule l'être corrompu
  • "L’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui-même ?"

Eau

  • Nord
  • Lave et purifie les choses impures / contient les principes de la putréfaction
  • "Celui qui rougit de la religion, de la vertu, et de ses frères, est indigne de l’estime et de l’amitié des maçons."

Terre

  • Occident
  • La vie / germe altéré accélère la putréfaction
  • "Le maçon dont le coeur ne s’ouvre point au besoin et aux malheurs des autres hommes, est un monstre dans la société des Frères."

Martinésisme

  • La théorie des éléments est centrale dans la cosmogonie et l'anthropologie martinésiennes
  • Lors de la prévarication des esprits rebelles, Dieu délégua la création de l'univers créé à des esprits ternaires demeurés fidèles
  • Les esprits ternaires créèrent la matière à partir des trois principes souffre, sel et mercure
  • Les trois principes mélangés selon un savant dosage donnèrent les éléments
  • Plus particulièrement le corps de l'homme est le résultat de l'assemblage de ces trois éléments : feu, eau et terre
  • Au-delà de cette théorie des éléments, notons le caractère central de l'image divine en l'homme
  • Cette théorie de l'image divine de l'homme n'est pas exclusivement martinésiste
  • Elle est essentiellement chrétienne et les Pères de l'Eglise s'en servent comme base de leur anthropologie
  • Martines y a également recourt, notamment dans certains rituels de son ordre (6 occurences dans les invocations de GA)

Justice et Clémence

Nulle trace

 

Sic transit

Nulle trace

 

Tablier blanc

  • "Recevez de mes mains l’habit de l’Ordre le plus ancien et le plus respectable qui fût jamais. Sa blancheur vous indique la pureté qui est le but de nos travaux, et que nous cherchons à recouvrer."
  • Cette lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté.

Martinésisme

  • La blancheur que nous cherchons à recouvrer est une référence à l'état premier de l'homme
  • C'est ce même état qui donne son titre au Traité de Martines puis qu'il s'agira de réintégrer les vertus, c'est à dire d'en retrouver l'usage
  • Parmi ses vertus citons le corps de gloire dont la blancheur du tablier est un rappel
  • Rappelons que le tablier est fait de peau, un peu comme cette tunique de peau qu'Adam portera au moment de la chute et qui n'est pas blanche elle

Nom de l'apprenti : p...g

Martinésisme

  • Dans les rites maçonnique l'apprenti prend un nom issu du travail du métal : T...n
  • Dans la maçonnerie rectifié T...n est remplacé par P...g
  • Il n'empêche que l'explication donné par Willermoz est que le travail du métal ne puet servir de référence à l'apprenti

Pierre brute

Batterie

  • "le seul moyen qui vous reste de découvrir la belle forme dont elle est susceptible"

Martinésisme

  • Encore une référence à ce binôme "image & ressemblance" cher aux Pères de l'Eglise et à Martines

Trois lois

Nulle trace

 

Chandelier à trois branches

  • L’orient maçonnique signifie la source et le principe de la lumière que cherche le Maçon. Elle vous a été représentée par le chandelier à trois branches qui brûlait sur l’autel d’orient comme étant l’emblème de la triple puissance du Grand Architecte de l’Univers.

Martinésisme

  • Triple puissance qui ordonne et gouverne le monde = Pensée / Volonté / Action
  • Pensée / Volonté / Action chez Martines = Père / Fils / Esprit-Saint chez Willermoz

Terrine garnie d'esprit de vin à l'Orient

Martinésisme

[Compléter]

 

Adhuc stat

Martinésisme

  • Tronquée mais ferme sur sa base, cette colonne représente l'image altérée et la ressemblance à recouvrer
  • Il s'agit encore une fois de la notion centrale de l'image divine dans l'homme qu'il s'agit de rétablir

Lumières d'ordre

Martinésisme

  • lumière à l’Orient qui sont Pensée / Volonté / Action
  • lumières des grands chandeliers qui sont l'univers créé
  • lumières des officiers qui sont ceux de la matière

Triangle d'Orient

Martinésisme

  • Le triangle pointe en bas chez Martines symbolise la lumière (cf le triangle implicite formée par les éléments)
  • Le triangle pointe en haut correspond à la matière sanctifiée, rétablie, le corps de gloire en somme

Nombre 3

Martinésisme

  • Le nombre 3 est le début des choses
  • Dans le grade d'apprenti, il s'agit du nombre de la corporisation (3 éléméents)
  • C'est là que commence l'histoire de l'apprenti, et elle ira jusqu'à la période actuelle (compagnon, la durée des choses) puis jusqu'à la période future (maître, la fin des choses)

Temps

Martinésisme

  • 4 temps rythment la tenue rectifiée : midi, midi plein, minuit et minuit plein
  • La journée des élus coens étaient rythmés par 4 temps de prières : 6h00 du matin, midi, 6h00 du soir et minuit

Prière de clôture

Martinésisme

  • "ô toi qui as toujours voulu et opéré pour le bonheur de l’homme"
  • Pensée / Volonté /Action-Opération

Remarquable étude faite par notre Frère CBCS  A VALLE SANCTA  et publiée sur son blog   http://blog.avallesancta.com/

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RITE FRANCAIS: DU PROCES VERBAL DE L'ASSEMBLEE DU 23 JUILLET 1789 DE LA LOGE "PARFAITE UNION" DE RENNES

Publié le 22 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


« L'heureuse révolution qui s'opère, en présageant l'union des esprits et des cœurs de tous les Français, est, pour le vrai Maçon, le plus digne sujet d'actions de grâces au Grand Architecte de l'Univers ; après le tribut d'hommages rendu à la sagesse suprême, il convient, pour l'édification des Frères répandus sur la surface du globe, et pour confondre les profanes assis dans les ténèbres, de manifester authentiquement la joie pure et sincère que le vrai Maçon ressent du rétablissement de l'ordre et du règne de la justice et de la charité : ces motifs sont dignes de l'attention des Frères, je les prie d'y prêter toute leur attention et de m'aider de leurs conseils. »

« Le triomphe de la liberté et du patriotisme est le triomphe le plus complet du vrai Maçon. C'est de nos Temples et de ceux élevés à la saine philosophie que sont parties les premières étincelles du feu sacré qui, s'étendant rapidement de l'Orient à l'Occident, du Midi au Septentrion de la France, a embrasé le cœur de tous ses citoyens.

« La magique révolution qui, sous nos yeux, opère en si peu de jours, doit être célébrée, par les disciples fidèles du véritable Maître, avec un saint enthousiasme dont les profanes ne peuvent partager les douceurs. Les cantiques que les vrais Enfants de la Veuve chantent maintenant sur la montagne sacrée, à l'ombre de l'acacia, retentissent au fond de nos cœurs et, les mains levées vers le Grand Architecte de l'Univers, nous devons tous conjurer notre Maître de porter à l'auteur de tout ce bien l'hommage de notre vive gratitude.

« Les principes d'égalité, de justice et d'humanité que, sous la sceptre de fer d'un prince, bourreau de ses sujets les plus fidèles et sous le gouvernement tyrannique de la Féodalité, les martyrs de notre Ordre développaient avec tant d'énergie à nos Pères dans l'Art royal, le roi de vingt-cinq millions d'hommes libres, Louis XVI enfin, vient de les consacrer à jamais dans son empire.

«Aucun de vous, mes Très Chers Frères, n'ignore que notre Respectable Grand Maître, le duc d'Orléans, a concouru plus que personne à l'heureuse révolution qui vient de s'opérer. Empressons-nous d'entrer dans ses vues, signalons notre joie et ne craignons pas de la faire éclater par des actes de bienfaisance aux yeux de tous nos concitoyens.

«Qu'il est beau, mes Très Chers Frères, le jour où un roi citoyen vient annoncer qu'il veut commander à un peuple libre et former de son superbe empire une vaste Loge dans laquelle tous les bons Français vont véritablement être Frères ! Qu'il soit gravé dans nos fastes, en caractères brûlants d'amour, cet événement aussi glorieux pour les Français que pour leur Roi, dont les annales du monde ne présentent aucun exemple. Que les soldats citoyens qui, par leur dévouement à la chose publique et leur noble marche sous les drapeaux de la liberté, ont sauvé la Patrie, reçoivent les hommages de notre admiration et de notre profonde reconnaissance.

« Dans les transports de joie qui nous animent, faisons retentir les voûtes du Temple de la Charité, de l'Egalité et de la Liberté, de nos cris éclatants et répétés de : Vive la Nation ! Vive le Roi ! Vive le Grand Maître des Maçons français, leur ange tutélaire et celui de tous les bons citoyens. »

SOURCE : LE BLOG DE MONTALEAU

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Petit Abrégé historique du Rite Ecossais Primitif (Robert Ambelain)

Publié le 21 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


La Franc‑Maçonnerie n'est pas née de la Grande Loge de Londres fondée en 1717 par le pasteur James Anderson, Dès le 26 mars 1688 (selon un Etat du Grand Orient pour l 779) nous avons la preuve de l'existence de loges militaires au sein des régiments écossais et irlandais ayant accompagné le roi Charles II d'Angleterre en son exil en France, Ces loges essaimèrent suffisamment pour grouper et constituer en 1725 l'Ancienne et Très Honorable Société des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, Puis, intérêt ou curiosité, de très nombreux sujets du roi Louis XV se feront initier en des loges écossaises ou irlandaises civiles, bien que français. Et viendra le temps, en 1735, où le nom sera changé, et ce sera alors l'Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France, groupant des loges exclusivement françaises parce que composées de maçons français.

Enfin, en 1755, ces loges se grouperont en une Grande Loge de France, laquelle onze ans plus tard, par suite d'un schisme suscité par des tendances politiques dans le vent de l'époque, verra se constituer le Grand Orient de France que nous connaissons. Cette Grande Loge de France disparaîtra en 1769, laissant la place au Grand Orient de France, L'actuelle Grande Loge de France a été constituée en 1897, d'une Grande Loge Symbolique Ecossaise réinsérant d'anciennes loges ayant fait dissidence antérieurement : elle est donc sans aucune filiation avec celle du XVIIIème siècle.

Le Rite Ecossais Rectifié, fondé à Lyon en 1778 par un Convent organisé par J-B. Willermoz, ne fut que la rectification mêlée de Martinézisme du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish) pratiqué par ces anciennes loges militaires dès 1688 à Saint‑Germain‑en‑Laye. Leurs rituels furent apportés en 1751 à Marseille par le stuardiste Georges de Wallnon, qui y fonda le 27 août, avec des pouvoirs venus d'Edimbourg, celle qui devait devenir la Mère Loge Ecossaise de Marseille sous le nom de Saint‑Jean d'Ecosse.

C'est de cette filiation qu'est né l'actuel Rite Ecossais Primitif. D'où sa devis "Primigenius more majorem", allusion à l'ancienneté de celui‑ci.

Robert Ambelain

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En ses Archives historiques de la Franc‑Maçonnerie, publié en 1981, l'éditeur Les Rouyat nous dit ceci :

"Ceux qui ont suivi Jacques III (Charles‑Edouard) en son exil, ont introduit en France la Maçonnerie jacobite catholique, opposée à la Maçonnerie orangiste protestante. L'activité des Ecossais en France, et notamment dans le Midi, est un des traits importants de cette période."

L'auteur n'a pas la minutie de contrôle des historiens et il a confondu Jacques III et Jacques II. Un magnifique ouvrage récent publié à l'occasion de l'exposition de Saint‑Germain‑en‑Laye de 1992 sur La Cour des Stuarts à Saint‑Germain‑en‑Laye nous dit finalement ceci page 233 :

"Cette religion universelle qui fit battre l'Europe au même rythme de ses loges et de ses maillets, fut importée sur le continent par des jacobites militants. En France elle fut introduite par Derwentwater et MacLean, par Wharton en Espagne, Patrick Gordon et James Keith en Russie, Lord Wintoun à Rome. On a même pu prétendre que la Franc‑Maçonnerie avait été une vaste entreprise de conspiration jacobite destinée à rétablir les Stuarts sur le trône. L'oeuvre maçonnique avait bien d'autres objectifs ; elle n'en a pas moins contribué à cimenter la solidarité des partisans. " (op. cil.)'

La présence de sommités des Archives de France et de la Bibliothèque Nationale en cette présentation écarte toute possibilité d'erreur grave. Par contre il en est une que divers auteurs spécialisés en la maçonnerie ont commise et qu'il convient de réfuter, soit l'affirmation que cette maçonnerie était catholique, alors qu'elle était simplement chrétienne, ce qui est fort différent. Il y a en effet des usages et des rites ésotériques qui parlent. C'est ainsi que le comte de Barnwall, qui fonda à Toulouse en 1747 la loge Les Ecossais Fidèles, nous montre dans le rituel le Rose‑Croix d'Hérédom de Kilwining arborant deux cordons, l'un vert, de gauche à droite, et l'autre rouge, de droite à gauche, Ce sont là les couleurs de deux branches différentes de la Maçonnerie stuardiste, car le vert est la couleur héraldique de la très catholique Irlande, et le rouge est celle de la très puritaine Ecosse. Ce qui nous a valu en un même degré deux dénominations différentes, le Maître Irlandais, frère jumeau du Maître Ecossais. C'est pourquoi Devaux d'Hugueville en 1779, accommodant le Rose‑Croix jacobite à sa façon, reconnaît que le ruban du Chevalier de Saint‑André est tantôt vert et tantôt rouge, selon les capitales,

La présentation de cette histoire de la Maçonnerie stuardiste en France va maintenant et nécessairement prendre l'aspect d'une chronologie.

1688 ‑ Le 26 mars 1688 la loge militaire du régiment de Dorrington (devenu ensuite régiment de Walsh) d'où son nom primitif Loge de Dorrington ouvre ses travaux à Saint‑Germain‑en Laye. En 1752 elle prendra le nom de La Parfaite Egalité et lors de son affiliation au Grand Orient de France, l'Etat de celui‑ci pour 1779 mentionnera la date de 1688 comme étant celle de sa fondation à Saint‑Germain‑en‑Laye. Cela à une époque où le Grand Orient est très sévère sur les dates avancées par les candidates à l'affiliation.

Il en sera de même pour celles du régiment de O'Gilwy (affiliée en 1747), du régimentd'Albany (l 747 également). La loge militaire des Gardes Irlandaises est repartie en Angleterre lors de la restauration de Charles II en 1660.

4

1716 ‑ Selon Alain Merger en la revue La Provence Historique de janvier‑mars 1978, Avignon, capitale du Comtat‑Venaissin et domaine pontifical indépendant du roi de France, est depuis 1716 le lieu de ralliement de l'émigration jacobite sur le continent. Dans les années 1736 et 1737, la ville deviendra le premier centre maçonnique méditerranéen. Ce sont des Francs-Maçons jacobites qui y fonderont en août 1737 la loge du marquis de Calvière, officier des gardes du corps du Pape, initié en 1734 par le comte irlandais Balmerino, jacobite convaincu. Le marquis de Calvière initiera à son tour le duc d'Aumont qui fondera plus tard la loge Bussi-Aumont. Ceci nous relie à la duchesse de Portsmouth et à ce fils, bâtard de Charles Il qui le titra duc de Richmond. Cette loge d'Avignon reçoit d'ailleurs fréquemment des Frères visiteurs venant de cette loge de Bussi‑Aumont.

1725‑1735 ‑ Mais jusqu'à présent les loges sont indépendantes, elles ne relèvent que du roi d'Angleterre légitime à leur yeux, c'est‑à‑dire nécessairement un Stuart, d'où leur nom de logesroyales (en anglais R. L., d'où on a fait en France "Respectable Loge") puisque le roi est le Grand Maître de la Franc‑Maçonnerie opérative depuis des siècles Elles ont néanmoins un nom collectif : Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons dans le royaume deFrance. A cette époque et depuis plusieurs années, le Grand Maître est Sir James Hector MacLean. Il se dit "présent grand maître", ce qui sous‑entend évidemment qu'il n'est ni le premier ni le dernier. Les Constitutions de 1720 (infra page ???) nous montrent comment s'effectuait la succession des grands maîtres. Effectivement il a succédé à Georges, duc de Warton. Et en 1735, fin de cette séquence, eu égard à l'amplification du nombre de Maçons français de souche, le nom collectif va changer, il devient Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France.

C'est à l'influence de Marseille, de sa noblesse locale et surtout de sa culture, que l'on peut attribuer la création de la plupart des loges provençales. Selon M. Agulhou en son livre Pénitents et Francs‑Maçons de l'ancienne Provence: "Dans la région provençale la diffusion de la Franc‑Maçonnerie est J'adoption d'un fait social national, venu de Paris et de Versailles, et rayonnant du centre de la France vers la périphérie." Il faut plutôt lire Paris plutôt que Versailles.

1736 ‑ Le marquis de Calvière reçoit un haut grade du jacobite "mylord comte de Baltimore", qui se dit grand maître de toutes les loges d'Angleterre, loges stuardistes évidemment. A cette époque une Maçonnerie encore très insuffisamment structurée a peine à conserver une organisation indiscutés. A son tour Calvière transmettra ce haut grade au duc d'Aumont, qualifié de "premier grand maître de toutes les loges de France", et qui donnera à son tour au même marquis de Calvière tous pouvoirs pour établir la loge Saint Jean à Avignon. Il semble qu'il y ait là confusion entre Aumont, de la loge Bussi‑Aumont, et le duc d'Antin premier grand maître de nationalité française (de 1738 à 1744). On peut situer ainsi les faits

- 1736 : initiation de Calvière dans les milieux jacobites d'Avignon,

- 1737 : séjour de Calvière à Paris, contacts avec les milieux jacobites,

- 1737 : en août, Calvière est muni pour trois mois des pouvoirs du duc d'Aumont pour la fondation de la loge Saint‑Jean à Avignon (cf. P. Chevalier: Les ducs sous l'Acacia) en septembre Calvière continue de répandre la Franc‑Maçonnerie en Avignon.

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1737 ‑ Le 28 septembre Mgr de Belzunce évêque de Marseille dénonce à l'Intendant de la province les activités maçonniques de sa ville et souligne l'importance de celles du marquis de Calvière. Aussi le 23 octobre 1737, celui‑ci (officier aux gardes du corps pontificaux du Comtat‑Venaissin) est dans l'obligation de cesser ses mêmes activités maçonniques à Marseille, se limitant à sa loge de Saint Jean à Avignon, mais demeurant fervent maçon néanmoins. En effet :

1738 ‑ Cette année là, Calvière appartiendra à la célèbre loge Bussi‑Aumont et y sera nomméDépositaire de l'Ordre, évidemment ordre jacobite (cf. le manuscrit n' 891 de la Bibliothèque de Carpentras, page 68 à 70). Il s'agit évidemment de la Maçonnerie jacobite puisqu'à cette époque il n'y en avait pas d'autre en France. A tel point qu'en septembre 1735 le Comte de Saint‑Florentin, secrétaire d'Etat était reçu Franc‑Maçon, En 1736, c'était le maréchal d'Estrée, et au début de 1737. ce seront six chevaliers de l'Ordre du Saint‑Esprit qui deviendront des frèresde tous les autres en la Maçonnerie française naissante.

1743 ‑ le 9 décembre 1743 le duc d'Antin meurt et lui succède le comte de Clermont, autre prince du sang,

1746 ‑ les Francs‑Maçons de Marseille savent depuis cette date que les loges maçonniques ne sont plus pratiquement inquiétées par la police en France, et ils s'efforcent alors, réaction normale, de monter le pouvoir civil contre les autorités religieuses, dont Mgr de Belzunce a été le plus brillant défenseur, n'hésitant pas à associer les Francs‑Maçons aux jansénistes

1747 ‑ Selon Gaston Martin et les archives départementales de la Haute‑Garonne, le comte irlandais John de Barnwall de Tromlestown fonde à Toulouse la loge Les Ecossais Fidèles. Louis XV le naturalisera français et lui confirmera son titre. Cette loge prendra par la suite le nom de Sagesse et Union, puis Sagesse, et enfin deviendra (on ne sait encore pourquoi) LaVieille Bru, ce qui sous‑entend qu'elle fut indirectement la "belle‑fille" d'une autre loge antérieure, peut‑ être une ancienne loge militaire des régiments irlandais.

1749 ‑ Des visites nombreuses de Francs‑Maçons jacobites vont se succéder à Avignon, la plupart, mais pas tous, venant de Marseille. En cette année il y a à Marseille les loges Saint Jean de Jérusalem, Saint Jean des Elus de la Vérité, etc. En tout une bonne trentaine de loges, peut‑être simplement composées de dix à douze membres étant donné les problèmes de locaux.

Voici maintenant un ancien document qui montre combien la Franc‑Maçonnerie jacobite était toujours active et puissante vers 1750‑1755. Il s'agit de J'affiliation (c'est‑à‑dire de la régularisation maçonnique) de la loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union à 1'orient de St‑Pierre de la Martinique ; la pièce est datée du 2 août 1750.

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"Nous Vénérable Maître, Officiers et Membres de la Très Respectable Loge Saint‑Ferréol de Clermont de la ville de Marseille, constituée par le Grand Maître et les Grands Officiers du Très Ancien et Très Illustre Ordre des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, le 1er octobre 1749, accordons aujourd'hui par ces présentes l'affiliation à nos chers et dignes Frères de la Respectable Loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union, au bourg de St‑Pierre de la Martinique, situé sous le 14ème degré 30 minutes, en qualité de petite‑fille de Clermont (1), l'autorisant par le pouvoir qui nous a été donné à jouir de tous les privilèges d'une loge régulière et constituée, confirmant à cet effet notre cher Frère…… Maître (de Loge), notre cher Frère ...... 1er Surveillant, et notre cher Frère d'Oïanboure 2ème Surveillant.

Nous enjoignons par ces présentes à notre cher Frère…… et à ses successeurs d'observer et faire observer exactement les règles générales et particulières de la Maçonnerie, de ne recevoir aucun candidat au‑dessous de l'âge de vingt et un ans, ni aucun profane dont la probité n'est pas tout‑à‑fait reconnue, de ne recevoir Maître aucun Frère servant sans une permission expresse de la Respectable Loge Saint‑Ferréol, ordonnons aussi à la dite loge Saint Jean de nous faire informer de chaque mutation qu'elle jugera à propos de faire des Maîtres et des Surveillants, le tout sous peine de nullité de la présente affiliation. En foi de quoi nous lui donnons et avons fait expédier ces présentes, scellées du Sceau de l'architecture de la loge Saint Ferréol deClermont. A Marseille ce 2 août 1750."

Mais dès 1738 avait été fondé en 1'lle de la Martinique une loge nommée La Parfaite Union laquelle avait modifié son nom pour démontrer son appartenance à la Maçonnerie stuardiste en y ajoutant celui de la loge affiliatrice : Saint Ferréol de Clermont. En effet toujours à la Martinique, une loge avait été fondée le 24 mars 1750 sous le nom de La Parfaite d'Ecosse, par patente délivrée par une loge écossaise de Bordeaux. Mais comme tout porte à croire qu'elle relevait de la Grande Loge orangiste d'Angleterre, La Parfaite Union avait tenu à se faire régulariser comme loge stuardiste par une patente émanant d'une filiation incontestable.

1750 ‑ Cette même année les archives nous révèlent qu'à Marseille le Frère Capellu y est qualifié de "grand maître général des Chevaliers d'Orient". Ce grade est celui au sommet de la hiérarchie écossaise de l'époque. Or à Avignon en 1751 on ne pratiquait que les grades d'Elu et d'Ecossais. S'agit‑il là l'une des activités de Ramsay ? C'est fort possible, car le très jacobite Ramsay fut en relations étroites avec Avignon, notamment avec le mystérieux Balmerino qui initia clavière.

1750 ‑ Toujours à Marseille. L'évêque de la ville Mgr de Belzunce écrit à Versailles pour protester contre le fait que les Francs‑Maçons sont en cours d'achat d'une demeure pour y installer leur temple, Comme suite à cette demande d'assistance, l'Intendant pour la Provence reçoit en réponse la lettre ci‑après

"Mgr l'évêque de Marseille a fait informer le Roi que les Francs‑Maçons s'assemblent publiquement en cette ville, et qu'ils sont même en marché d'une maison où ils se proposent de tenir leur loge. Sa Majesté me charge de vous écrire à employer votre autorité pour faire cesser ces assemblées et pour ôter à ceux qui les tiennent tous les moyens de continuer."

(1) En cette patente deux noms ont été effacés. Il s'agit probablement de ratures amenées par l'obligation de faire disparaître deux imprudentes nominations, celle du Vénérable et celle du ler Surveillant. A Marseille, les responsables de la loge Saint Ferréol de Clermont avaient appris par la suite que leur confiance avait été dupée. A cette époque, "aux Isles", il y avait de tout…

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Cette lettre est signée du Comte de Saint‑Florentin, lequel est Franc‑Maçon depuis 1735 ! Quant à Louis XV il conseille à l'évêque de Marseille d'user de son autorité ! Mais celui‑ci n'en a aucune quant à la Police, et c'est là l'astuce du Roi. Celui‑ci sera lui‑même Franc‑Maçon, reçu en la logeLa Chambre du Roi groupant des officiers de celle‑ci, comme l'a démontré P. Chevalier; il autorisera l'Encyclopédie, anoblira Voltaire, sauvera le chevalier de la Barre d'une mort horrible suite à son sacrilège (il sera d'abord décapité), Enfin la bulle pontificale excommuniant les Francs‑Maçons ne sera pas publiée dans le royaume.

1751 ‑ Le 27 août de cette année le jacobite écossais Georges de Wallnon, qui est muni de pouvoirs datés d'Edimbourg le 17 juin 175 1, constitue à Marseille la loge Saint‑Jean d'Ecosse.

1752 ‑ Le 17 mai de cette année Georges de Wallnon transmet ses pouvoirs de Vénérable et Maître de Loge à Alexandre Routier, et la Loge prend alors le nom de Mère‑Loge de Marseille, titre qui lui restera longtemps. Loge puissante, tant par elle‑même que par celles qu'elle créa en France et au‑delà des mers, car elle eut en sa volontaire sobriété une très grande influence sur le milieu profane par la présence de Maçons de qualité. On observera que dès 1751, date de sa fondation, les "décors" maçonniques y ont été francisés, le rouge de l'écossisme et le vert de l'irlandisme ont cédé la place au bleu de France. La résurgence actuelle de 1985 est revenue au rouge par respect pour la tradition écossaise confirmée par les Constitutions de 1720, qui la régissent. A la mort de Jacques Il à Saint‑Germain‑en‑Laye le 5 septembre 1701, Louis XIV inséra les régiments écossais et irlandais en ses armées, avec évidemment leurs loges militaires. C'est ainsi que le Royal Ecossais arborera sur son drapeau, avec la croix de Saint‑André (en place de la latine) et les armes de l'Ecosse (en place de celles de France), la cordelière aux "lacs d'amour" de la Franc‑Maçonnerie, soutenant la médaille de l'Ordre de Saint‑André. Ces régiments s'illustrèrent au "service de France" dans les batailles de l'époque, à Fontenoy notamment.

1794 ‑ A Marseille, dans le début de l'année, Barras et Fréron envoyèrent à l'échafaud cinq membres de la loge Saint‑Jean‑d'Ecosse, alors en sommeil.

1801 ‑ Saint‑Jean‑d'Ecosse reprend ses travaux. En 1811 elle comprend 400 membres, et ses loges‑filles de Provence, du Levant, des Isles et même d'Italie, témoignent de son rayonnement (cf. Les Rouyat : Archives de la Franc‑Maçonnerie). Mais à cette date le souvenir de ses véritables origines stuardistes est à peu près oublié.

N.B. ‑ En 1812, à l'Orient de La Ciotat, la loge Saint‑Charles d'Ecosse travaillant au "Rite d'Edimbourg" (sic) était encore en activité. Fondée sans doute en l'honneur de Charles-Edouard Stuart passant à Antibes en 1744.

Publié avec l'aimable autorisation du VM et de l'archiviste de la RL La Lumière Ecossaise, à l'Orient d'Ollioules (Var).

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