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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Grade de Maître de Loge

Publié le 2 Septembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

La Loge qui représente l’appartement où se tient la Cour de Cyrus, roi des Assyriens régnant à Babylone, doit être tendue de vert et éclairée par tel nombre de bougies que l’on juge à propos. A l’orient doit être un trône élevé sur 7 degrés sur lequel s’assoit le Maître qui représente Cyrus sous le titre de Souverain.

Le Premier Surveillant se nomme: Nabuzardin,

le Second : Mitridatte,

le Secrétaire : Chancelier,

le Maître des Cérémonies : Grand Maître,

les Frères : Grands Architectes

et le récipiendaire : Zorobabel.

Le Maître et les Officiers portent au col un grand cordon vert moiré tombant en pointe sur l’estomac, au bas duquel pend le bijou de l’Ordre qui sont deux épées en sautoir nouées par la lame.

Ce bijou doit être d’or.

Le Maître a un sceptre, et les Frères l’épée à la main; ils ont un large cordon vert moiré passé en bandoulière de gauche à droite au bas duquel pend le bijou ci-dessus. Ils ont de plus un tablier et une paire de gants de peau blanche doublés et bordés de taffetas vert.

Le tableau de la Loge doit représenter l’enceinte ou espace du terrain dans lequel le second temple a été bâti; il doit y reparaître avec toute la splendeur. Le tout ainsi préparé, I’on ouvre la Loge comme il suit ci-après.

Avant que d’ouvrir la Loge, on fait d’abord dire une messe du Saint Esprit à laquelle le Maître et tous les Frères assistent, ainsi que le récipiendaire. Cette messe finie, I’on introduit le candidat dans la Chambre de préparation. Pendant ce temps le Maître et tous les Frères entrent en Loge, puis chacun ayant pris sa place, le Souverain ouvre la Loge comme il suit.

Le Souverain s’étant fait assurer des portes ainsi que de tous les Frères pour savoir si ils sont Vénérables de Loge, frappe 7 coups de son maillet sur l’autel de cette façon : 00000...00..

ce qui sert de signal aux Frères pour se tenir debout et à l’ordre. Les Surveillants les ayant répétés sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain après avoir fait quelques demandes du catéchisme au Premier Surveillant, prend la parole et dit à toute l’assemblée:

 

LE SOUVERAIN

 

Mes Vénérables Frères, la Loge de Vénérables maîtres de Loge est ouverte. Faisons notre devoir.

Les Surveillants ayant répété tour à tour la même chose, tous ensemble, on fait le signe, on applaudit ensuite par chacun sept coups dans ses mains, puis chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception de même et ainsi qu’il suit.

La Loge étant ouverte, le Frère Expert ou Préparateur, par ordre du Souverain, sort et va trouver le candidat dans la Chambre de préparation. Y étant entré, il lui fait différentes questions sur le dernier grade qu’il a passé, puis l’ayant fait décorer des affributs du dit grade, il le prend par la main et le conduit la vue libre et l’épée au côté, à la porte de la Loge où étant il frappe 7 coups comme cy devant, auxquels on répond en dedans par 7 autres; puis après les cérémonies usitées pour annoncer et ouvrir, I’on introduit le candidat a l’occident de la Loge où étant le Premier Surveillant en prévient le Souverain, qui ordonne au Second Surveillant de le faire voyager 3 fois autour de la Loge; ce qu’il fait.

De retour à l’occident le Souverain ordonne au Second Surveillant de la faire parvenir jusqu’à lui.

Arrivé au pied du trône ainsi qu’il est ordonné, le Souverain le fait mettre a genoux, ensuite il fait avec son sceptre un signe de croix sur le candidat en disant :

D... Que demandez-vous, mon Frère ?

R... Vénérable Grand Maître, que vous me fassiez la faveur de me recevoir Maître de Loge.

D... Vous me demandez une grâce qui ne doit être accordée qu’à ceux dont le mérite les en rend dignes et qui sont disposés à pratiquer les œuvres de miséricorde envers les pauvres maçons, ainsi qu’à verser leur sang pour la défense de la religion chrétienne et le service du Roi.

Consentez-vous à toutes ces choses ?

R... Oui, Vénérable Grand Maître.

Sur cette réponse, le Souverain lui dit:

Mon Frère, comme nous avons appris par des preuves certaines et convaincantes que les conditions nécessaires à la grâce que vous nous demandez sont en vous, cela nous a déterminés à vous l’accorder; mais auparavant que de vous l’accorder nous voulons savoir de vous si vous êtes disposé de vous servir de votre épée pour la défense de la Maçonnerie, le service de votre Souverain et l’honneur de l’Ordre, et la protection des misérables Frères.

Sur sa réponse, il lui dit:

Je vais vous recevoir Maître de Loge, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

En prononçant ces paroles, il fait avec son sceptre un signe de croix sur le récipiendaire, ensuite il se lève de son fauteuil, tire l’épée du fourreau du récipiendaire et lui donne deux petits coups, savoir un sur l’épaule droite et l’autre sur l’épaule gauche, en disant :

Par notre Très Vénérable Grand Maître, le duc de Chartres, je vous fais Vénérable Maître.

Le Souverain s’assoit ensuite dans son fauteuil puis présente l’épée au candidat, en lui disant:

Servez-vous de votre épée selon l’esprit de la Religion et non selon le mouvement de vos passions; souvenez-vous que vous n’en devez jamais frapper personne injustement; prenez-la et soyez désormais vigilant au service de la Maçonnerie et de votre Souverain, soumis à leurs ordres et particulièrement à leur correction. Sachez que les lois de l’Ordre Royal de la maçonnerie de laquelle vous êtes Maître vous obligent à l’exercice de toutes les vertus chrétiennes et morales, et à les porter à un plus haut point de perfection que le commun des Maçons.

Le Souverain descend ensuite de son trône et y fait monter le candidat un instant ; y étant assis, I’on pose au dessus de sa tête deux épées mises en sautoir et un réchaud plein de feu au-dessous des pieds. Le candidat ainsi purifié, le Souverain le fait descendre de son trône et reprend sa place; il fait ensuite mettre le candidat à genoux au pied de l’autel, sa main droite sur le saint Évangile, puis en cette attitude, il lui fait prononcer à haute voix l’obligation suivante:

Moi, N.N..., je promets et je jure au Dieu tout Puissant, d’observer toute ma vie les saints Commandements, de les suivre d’un grand zèle pour la défense de la foi, lors toutefois que cela me sera commandé par mes supérieurs. Je promets ainsi d’exercer la charité et les œuvres de miséricorde envers les pauvres Maçons et selon mon pouvoir. Comme aussi de garder à mon Souverain une inviolable fidélité, ainsi qu’à Monseigneur le Grand Maître et de leur rendre une parfaite obéissance. Je promets en outre de garder un secret inviolable sur nos mystères, ainsi que sur tous les autres grades de l’Ordre royal; ainsi que Dieu, très bon et très puissant me soit en aide et ce Saint Évangile par moi touché.

Il baise le Saint Évangile, ensuite de quoi, le Souverain le fait relever, et lui dit :

Mon Frère, venez promptement que je vous embrasse, et que je vous reconnaisse comme Maître de Loge, et, mon Frère, en cette qualité comme défenseur de la foi, protecteur des Maçons, et comme sujet soumis à nos règlements.

Le candidat arrivé à la droite du Souverain, celui-ci le décore des gants, tablier, cordons et bijou dont on a fait la description ci-devant; ensuite de quoi il l’embrasse, puis il lui donne le signe, mots et attouchement comme il suit.

Le signe se fait en mettant l’un et l’autre l’épée à la main et se les passer réciproquement par dessus la tête les lames croisées.

Le mot sacré est “jeek jeek” qui veut dire “je le suis”, il sert aussi de mot de passe.

L’attouchement se donne en s’empoignant l’un et l’autre la main droite, et la glissant réciproquement jusqu’au bout des doigts.

Le Souverain ayant donné au candidat le signe, mot et attouchement, il l’envoie se faire reconnaître comme Vénérable Maître à toute la Loge. Ce qu’il fait; de retour auprès de lui il lui fait prendre place parmi les Vénérables Maîtres, puis toutes les réceptions étant finies, il procède à l’instruction comme et ainsi qu’il suit.

 

D... Etes-vous Vénérable de Loge ?

R... Oui Souverain, je le suis.

D... Comment vous appelez-vous ?

R... Comme récipiendaire Zorobabel et comme Vénérable Cyrus.

D... Pourquoi ?

R... Parce que ce fut de Cyrus que Zorobabel reçut directement l’ordre de rétablir le temple du vrai Dieu.

D... Comment avez-vous été reçu ?

R... Entre le fer et le feu.

D... Pourquoi par le fer ?

R... Parce qu’on me l’a mis en main pour punir les traîtres à la Maçonnerie, et faire exécuter de point en point dans ma Loge les statuts qui m’ont été donnés et confiés par celui qui m’a constitué.

D... Pourquoi par le feu ?

R... Pour faire voir que j’ai été purifié de la tête au pieds par le fer et le feu.

D... Comment vous faites-vous reconnaître comme Vénérable Maître de Loge ?

R... Par signe, mot et attouchement.

D... Donnez-les moi.

On les donne.

D... Quelle heure est-il ?

R... Minuit sonné, Souverain.

 

Après cette réponse, le Souverain frappe 7 coups comme ci-devant de son maillet sur l’autel, lesquels servent de signal à tous les Frères pour se tenir debout et à l’ordre, c’est-à-dire l’épée nue à la main. Les Surveillants les ayant répétés tour à tour sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain prend la parole et dit à toute l’assemblée :

Mes Frères, la Loge des Vénérables Maîtres de Loge est fermée. Faisons notre devoir.

Les Surveillants ayant répétés la même chose sur chacune de leur colonne, tous ensemble on fait le signe; on applaudit ensuite par chacun 7 coups dans ses mains.

Cela fait l’on se donne le baiser de paix, puis la quête pour les pauvres étant faite, chacun après le banquet usité se retire en paix.

référence: National Library of Australia, Clifford Ms 1077/44

 

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Cérémonie d'installation du Vénérable Maître

Publié le 2 Septembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Revue «LE SYMBOLISME» numéro 353, année 1961

Notes sur la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loges

par René GUILLY

 

La première apparition importante dans l'histoire maçonnique de la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loges se produisit au moment du grand schisme anglais de 1753 -cet évènement d'une importance capitale que l'on rencontre inévitablement dès que l'on aborde en profondeur les véritables problèmes maçonniques.

En effet, parmi les nombreux griefs faits aux «Modernes» de 1717 par les «Anciens» de 1753 et qui sont énumérés tout au long par B.E. Jones dans son «Freemason's Guide and Compendium» (p. 201) figure celui-ci : «avoir laissé tomber en désuétude la cérémonie ésotérique de l'installation du Maître, quoique quelques-unes de leurs loges aient pratiqué de bonne heure une telle cérémonie et continue de leur propre initiative a le faire».  

Les «Anciens» tenaient essentiellement à cette cérémonie qui était chez eux une des conditions pour être «exalté», si l'on nous permet cet anglicisme, au grade de L'Arche Royale. C'est d'ailleurs cette condition et le désir de nombreux frères d'être admis aux secrets de L'Arche Royale qui amena cette cérémonie ésotérique à se transformer en une sorte de 4e degré, souvent conféré après une élection fictive à la charge de Vénérable. Ce 4e degré passa même parfois, et notamment aux U.S.A., sous la juridiction des chapitres de L'Arche Royale.  

Il importe avant tout de savoir si, du point de vue traditionnel, cette accusation était fondée.

 

Henry Sadler dans ses «Notes on the ceremony of Installation» (1) estime que la première trace de cette cérémonie se trouve dans les Constitutions d'Anderson de 1723. On relève en effet a la page 71 de cet ouvrage, inclus dans «La manière de constituer une nouvelle loge», le passage suivant : «Sur quoi le Député répétera les obligations du Maître, et le Grand Maître questionnera le Candidat (2) disant «Vous soumettez-vous à ces obligations ainsi que les Maîtres l'ont fait de tout temps ? » Et le candidat signifiant sa cordiale soumission à celles-ci, le Grand Maître, au cours de certaines cérémonies significatives et conformément aux anciens Usages, I'installera et lui présentera les Constitutions, le Livre de Loge, et les Instruments de son office, non pas tous ensemble, mais l'un après l'autre.  

Il est certain que l'on trouve ici plus que des indices d'une cérémonie d'installation réservée au Maître de la Loge.

 

Un peu plus de lumière a été jeté sur ce problème dans les années 1809 et 1810. Le 26 octobre 1809, le Prince de Galles -plus tard George IV- Grand Maître des Modernes, avait délivré une patente à une loge de Maîtres expressément chargée de rechercher puis de promulguer les anciens Land-Marks du Métier.

Il s'agissait de préparer I'union qui devait intervenir en 1813 entre les deux grands corps rivaux, en revenant à certains usages après avoir reconnu leur authenticité traditionnelle.

Dans sa première tenue, le 21 novembre 1809, cette loge adopta le nom, sous lequel elle est entrée dans l'histoire, de Loge Spéciale de Promulgation. Le Duc de Sussex, qui devait succéder en 1813 comme Grand Maître des Modernes a son frère le Prince de Galles, et devenir, aussitôt après, le Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, faisait partie de cette loge ainsi que plusieurs grands Maîtres provinciaux.  

Le F\ Bonnor, premier surveillant de la loge de l'Antiquité N° 1, fut nommé secrétaire, et il fut un des rares à être capable d'exposer avec précision en quoi consistaient vraiment certains usages anciens que justement sa Loge pratiquait.  

Il faut reconnaître que la caution de la loge de l'Antiquité est d'une particulière importance du point de vue de la tradition maçonnique. Elle portait le N° 1 des Modernes, et seul le tirage au sort après 1813 lui fit assez bizarrement attribuer le N° 2, au profit de la plus ancienne loge des Anciens, la Grand Master's Lodge, qui reçut le N° 1 bien qu'elle n'ait été fondée qu'en 1756.  

La loge de Antiquité était autre que la Loge très ancienne (les Anglais disent dans ce cas : « a time immemorial Lodge ») qui se réunissait, en 1717, à la taverne qui avait pour enseigne «à l'oie et au gril» au cimetière Saint-Paul. Cette loge fut une des quatre fondatrices, le 21 juin 1717, de la Première Grande Loge d'Angleterre.

Elle prit en 1761 le nom de «West India and American Lodge» et en 1770 adopta celui de «Lodge of Antiquity».  

Il est important de noter que cette loge ne passa jamais sous la juridiction des Anciens et resta fidèle a la G. L. de 1717, sauf de 1777 à 1787 où, ayant à sa tête le celebre écrivain maçonnique William Preston, elle forma, à la suite d'une querelle avec la Grande Loge, la «Grand Lodge of England South of River Trent», travaillant sous l'autorité de la Loge «of All England» à York.  

En ce qui concerne plus particulièrement la cérémonie d'Installation du Maître de la loge, Antiquité affirme communiquer des secrets particuliers lors de l'installation du Maître depuis au moins 1726 (B.E. Jones o.c. p. 248) et accorder depuis 1739 un rang privilégié au Passé Maître Immédiat.  

Toujours est-il que la Loge spéciale de Promulgation ayant abordé, le 19 octobre 1810, la question qui nous intéresse, après avoir évidemment vérifié et accepté les arguments de la loge de l'Antiquité adopta une résolution reconnaissant : «que la cérémonie d'installation des Maîtres de Loges était un des véritables Land-Marks du Métier et devait être préservé ».  

Il fut aussi résolu ce même jour «qu'il serait fait appel aux membres de la loge spéciale de Promulgation qui étaient Maîtres Installés pour installer le Vénérable en chaire de la Loge, et ensuite, sous la direction de ce dernier, pour prendre toutes mesures pour installer les autres membres qui étaient Maîtres de Loges ». Seize membres de la loge spéciale de Promulgation assistaient à la tenue suivante. Sur les quinze maîtres de loge présents, quatre seulement étaient Maîtres Installés, et trois de ces derniers appartenaient à la loge de l'Antiquité. A la tenue qui suivit un Conseil de Maîtres Installés, fut formé : le Très Vénérable Maître et les autres Maîtres de loge furent régulièrement installés.  

 

Afin que les autres Maîtres de loge de Londres et des environs puissent être installés à leur tour dans les mêmes conditions, le Grand Maître accepta de prolonger de deux mois la validité des pouvoirs de la Loge spéciale de Promulgation. Des convocations furent lancées, et tout frère se présentant avec un certificat de sa loge attestant qu'il avait rempli l'office de Surveillant et avait été régulièrement élu à la charge de Maître fut alors régulièrement installé, ainsi que plusieurs grands Maîtres Provinciaux et le Comte de Moira lui-même, Acting Grand Master (Grand Maître adjoint). 

La loge spéciale de Promulgation cessa ses travaux, selon toute apparence, le 5 mars 1811. Aussitôt après l'Union, une nouvelle loge spéciale fut formée par l'élite des deux corps. Elle prit le nom de Loge de Réconciliation et ne doit pas être confondue avec la précédente. Sa mission essentielle fut d'élaborer et d'enseigner ensuite aux Loges des cérémonies uniformes pour les trois degrés; c'était là une tâche importante et il ne paraît pas qu'elle se soit étendue à la cérémonie d'installation,  

En 1827, le Duc de Sussex, Grand Maître, estima le moment venu de porter ses efforts sur ce dernier point. A cet effet, des lettres patentes furent délivrées à un certain nombre de frères particulièrement bien informés, afin de se constituer en Conseil de Maîtres Installés. Ce conseil devait, d'une part élaborer un cérémonial unique qui recevrait l'approbation du Grand Maître, et de l'autre installer tous les Maîtres de Loges qui n'avaient encore pu l'être.  

Tous les Maîtres et anciens Maîtres de loge furent avisés par circulaire, et invités à assister à trois réunions qui eurent lieu les 17, 22 et 28 décembre 1827.  

En 1828, ce Conseil de Maîtres Installés adressa un rapport sur sa mission au Duc de Sussex. On y lit notamment : «Nous sommes heureux d'être en mesure d'informer votre Altesse Royale que ces réunions ont été suivies par un grand nombre d'assistants, et que toutes les formes et cérémonies de l'installation, telles qu'elles ont été établies par nous et qui avaient précédemment eu l'honneur d'être approuvées par votre Altesse Royale, ont été communiquées et pratiquées; et nous avons aussi procédé à l'Installation de tous les Maîtres de Loges qui n'avaient pas été régulièrement installés et qui en manifestèrent le désir».  

Il est particulièrement intéressant de relever parmi les membres de ce Conseil de Maîtres Installés les noms de : William White, ancien Grand Secrétaire des Modernes, 2e Surveillant de la Loge Spéciale de Promulgation, Grand Secrétaire de la Grande Loge Unie d'Angleterre, de 1813 à 1857 ; William Meyrick, membre de la loge de l'Antiquité depuis 1792, premier Surveillant de la loge de Réconciliation ; Thomas Cant, membre fondateur en 1823 de la loge d'instruction «Emulation».  

Une filiation directe apparaît ainsi entre la loge spéciale de Promulgation, dont faisait également partie le Duc de Sussex, le Conseil de Maîtres Installés de 1827 et la Loge d'Instruction «Emulation»

Cette dernière «The Emulation Lodge of Improvement» avait été fondée le 20 octobre 1823. D'abord souchée sur la loge de l'Espérance (Lodge of Hope) elle fut transférée vers 1831 a la Lodge of Unions N° 256. La renommée des travaux de cette loge d'Instruction fut très grande, et c'est elle qui fixa les rituels qui constituent de nos jours le Rite Emulation. Un de ses membres les plus connus pour son activité et sa compétence fut le F\ Peter Gilkes (1765-1833).

 

A partir de 1841, la Loge Emulation pratiqua régulièrement la cérémonie d'Installation des Maîtres de Loge les premiers vendredis de novembre, décembre, janvier et février. Dans ses « Nootes the ceremony of Installation » -d'où sont tirés la plupart de ces précieux renseignements- Henry Sadler écrit (p. 37): «j'ai toute raison de croire que la cérémonie maintenant pratiquée dans la Loge d'Instruction Emulation est essentiellement la même que celle du Conseil de Maîtres Installés de 1827». Il est donc entièrement licite de dire que la cérémonie ésotérique d'Installation du Rite Emulation est non seulement reliée - ce qui va de soi - à la Grande Loge des Anciens de 1753, mais aussi, par la loge spéciale de Promulgation, la loge de l'Antiquité et dans une certaine mesure, par l'allusion des Constitutions d'Anderson de 1723 à la Grande Loge des Modernes de 1717.  

Néanmoins, il est honnête de constater que la période qui va de 1717 à 1750 environ, est celle pour laquelle nous possédons le moins d'éléments. Qu'il nous soit permis de hasarder une explication à ce sujet. Tous les historiens sont d'accord pour reconnaître que le terme de Maître désignait d'abord une fonction - celle de Maître de la Loge avant de s'appliquer à un grade - celui de Maître Maçon. Il est clair que c'est à ce Maître de la loge choisi parmi les compagnons (comme le montrent les Constitutions de 1723) que s'applique la phrase déjà citée: «le Grand Maître au cours de certaines cérémonies significatives et conformément aux anciens Usages, I'installera». L'apparition, à une époque très proche, du grade de Maître, a pu être considéré par certains comme une qualification suffisante pour la chaire. Les deux cérémonies, celle du 3e degré et celle de l'installation du Maître de la Loge, pouvant paraître faire double emploi la première aurait seule subsisté dans un grand nombre de Loges.  

Quoi qu'il en soit, il est permis de penser que cette cérémonie d'installation ne devint réellement ésotérique (c'est-à-dire accomplie en présence des seuls Maîtres Installés) que plus tard. Certaines autres règles furent sans doute également tardives : ainsi celle exigeant la présence de trois Maîtres Installés.

 

Apres l'union de 1813, le nouveau corps adopta au sujet de la dignité de Maître Installé la même ligne de conduite que pour L'Arche Royale. La doctrine des Modernes de 1717, qui étaient officiellement opposés à tout grade supérieur au 3e degré, l'emporta en apparence. Comme L'Arche Royale, la cérémonie ésotérique d'Installation fut déclarée un simple complément de la Maîtrise.  

La conséquence sur le rituel en fut que tous les développements cérémoniels qui, dans beaucoup de cas, avaient amené la dignité de Maître Installé à ressembler à une sorte de 4e degré, furent sévèrement élagués en Angleterre. L'essentiel seul subsista, et le Conseil des Maîtres Installés ne saurait être assimilé à un atelier travaillant à un degré particulier (3). La dignité de Maître Installé ne fut plus considérée comme une qualification pour l'Arche Royale ; cette condition fut cependant maintenue pour les trois «Principaux» d'un chapitre.  

On trouvera, illustré de gravures amusantes, un exemple du « Past Master's degree » pratiqué aux U.S.A. dans un rituel publié à Londres dans la deuxième moitié du siècle dernier «A Ritual and Illustrations of Freemasonry» (4). Ce degré y occupe un rang intermédiaire entre le Mark Master et le Most Excellent Master.

   

La cérémonie ésotérique d'Installation ne paraît pas avoir été pratiquée en France au XVIIIe siècle Au XIXe siècle, le Tuileur de Vuillaume (1820) donne des renseignements sur le «grade» de Passé Maître, la plupart différents d'ailleurs de ce que nous enseigne le Rite Emulation. Cet auteur ajoute (p. 71) : «Il y a beaucoup de loges ou le Past-Master n'est pas connu, surtout dans le Rite Français. Pour en tenir lieu, on a fait un extrait du rituel du vingtième degré Vénérable Maître de Loge avec les mots qui suivent... : », mots qui n'ont pas davantage de rapport avec le Rite Emulation.  

Le titre de Vénérable d'Honneur, dignité ad vitam, est considéré en 1834 par Bazot dans son manuel du Franc-Maçon, comme une «innovation discutable», c'était là sans doute le moyen - assez profane - qu'avaient trouvé certains maçons français pour tenir lieu du Passé Maître anglais. Mais ce titre, décerné par un simple vote, comme encore actuellement, ne s'accompagnait d'aucun élément traditionnel. 

Tout indique que la cérémonie ésotérique d'Installation demeura exceptionnelle dans notre pays jusqu'à la fondation de la Grande Loge Nationale Française, en 1913. C'est après cette date, vers 1918-1919, selon l'opinion très autorisée du F\ P. de R., qu'une adaptation du Rite Emulation fut faite pour les Loges Ecossaises Rectifiées de cette Obédience. Cet heureux précédent a été très récemment imité par une loge du Rite Moderne Français.

 

J'en ai terminé avec ce bref rappel historique. On ne dira jamais assez combien la personnalité du Vénérable a d'importance pour la vie d'une loge. Ce rôle éminent du Maître de la loge est une des grandeurs et une des faiblesses de notre Institution. Aussi, tout ce qui contribue à renforcer la dignité et l'instruction maçonnique des Maîtres en chaire ne peut-il avoir qu'une influence bénéfique pour notre Ordre.  

Nos frères anglais ont été sages en maintenant et en remettant en vigueur le principe d'une cérémonie distincte réservée au Maître de la Loge et de secrets qui lui sont conférés par ses pairs. De plus, cette dignité, demeurant attachée au Passé Maître, crée dans l'Ordre un groupe d'hommes dont la responsabilité initiatique et morale est accrue, ce qui ne peut avoir que d'heureux effets pour le maintien et la sauvegarde de la Tradition Maçonnique, but vers lequel doivent tendre, aujourd'hui

plus que jamais, tous les Maçons éclairés.


(1) Londres 1889.

(2) Le Maître élu par les frères de la nouvelle Loge.

(3) La G. L. d'Ecosse échappait naturellement à ces décisions qui ne concernaient que l'Angleterre et son rituel d'installation ésotérique, fort intéressant d'ailleurs, a conservé un cérémonial d'ouverture par demandes et réponses qui lui donne l'apparence d'un degré

(4) Cote de la Bibliothèque Nationale 8° H 8031.

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Blason de la RL Laurence Dermott

Publié le 1 Septembre 2009 par Thomas Dalet

 

 

 

IHSV : In Hoc Signo Vinces : devise de la Loge.

"Au moment où Constantin allait marcher contre Maxence, une croix de feu parut dans le ciel entourée de cette inscription : In hoc signo vinces. Constantin plaça ce signe mystérieux sur son étendard, et le fit peindre sur les boucliers, les casques et les armes de ses soldats."

On retrouve cette devise dans certains rituels de hauts grades

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Irish Royal Arch(texte irlandais)

Publié le 30 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


L'Arche Royale irlandaise : la légende n'est pas la même et repose sur la reconstruction du Temple..

A noter les quatre voiles

Let us now consider the Irish Royal Arch Chapter as worked today. The only

qualification is that the candidate has been a Master Mason of at least twelve months.

The Irish Royal Arch Chapter as worked to day, is set at the repair of the Temple

under Josiah, about 620BC, and is thus more true to the Biblical text of 2nd Chronicles

Chpt. 34 Verses 1-14. Companions, this is the reason that Irish Masons wear their

Aprons under their jackets as the repair took place at a time when Israel was at peace

(a rare occurrence even to this day) we remove our Jackets, when we go to work. The

other two Supreme Bodies set the degree some 100 years later when the Jews having

received their freedom from Cyrus (King of Persia), return to Jerusalem to rebuild the

Temple under the leadership of Zerubbabel (this episode of Jewish history is worked

in Ireland under the Grand Council of Knight Masons).

In Ireland most Halls follow the same design with the Lodge Room on the

upper storey and a Dining Room and Kitchen on the lower. Therefore the Lodge Room

will be changed to suit the Chapter working The room will be divided by four coloured

veils blue, purple, scarlet and white, which are hung North South, and divide the room

East to West. The colours not only parallel those of the Tabernacle the tent like

structure that housed the Ark of the Covenant during the Children of Israel wandering

in the wilderness but also the four ancient elements, air, water, fire and earth. All are

guarded by Captains except the Captain of the White veil who is however known as

the Royal Arch Captain. All have small Banners similar to the colours of their

respective veils, on these banners is a six pointed star in the centre of which is a triple

tau n.b. these are the only banners in an Irish Chapter. The white veil separates the

Council Chamber from the rest of the room, the Superintendent of the Tabernacle sits

inside the Council Chamber within the White veil and the Captain of the Host sits in

front of the three principal Officers , named as the Chief Scribe, High Priest and the

Excellent King, these represent Shaphan, Hilkiah and Josiah although they are never

named in the ceremony. The altar is in its traditional place in the centre of the Lodge

Room and will have a special compartment let into the top this will have a lid with a

ring fitted to enable the crow bar to be inserted. Some Halls have a proper vault in the

floor, unfortunately due to health and safety considerations they are rarely used to-day

as they were intended. However, there is always a light to illuminate the magnificent

plate of gold!

The ritual may appear simple to Scottish and English Companions, but it is

worth giving a brief outline; before the chapter is opened the Ex. King will instruct

any who are not Royal Arch Masons to retire, this is obviously retained from the time

all degrees were worked under the Craft Warrants. After proving the Chapter tyled and

guarded next the Captain of the Host is asked if he can vouch all present as Royal

Arch Masons (No password is given) when the Captain of the Host gives this

assurance the Officers of the Chapter are asked to take their places. The Captain is

next instructed to announce to the Companions to divide the word, all divide the word.

In Ireland the word is the old tripartite one despite a move to change to the one now

used in England and Scotland, a ground swell of opinion from the Irish Companions

stopped this change. The Captain of the Host will have to assure the Ex. King that the

symbols use in our ceremonies are safely preserved and duly deposited. After a prayer,

during which the banners are lowered, the Chapter is declared open.

The degree is divided into two parts, Reception and passing the Veils and the

Degree of the Royal Arch. The Candidate(s) are hoodwinked on entry into the chapter

room, (it is preferable to have three candidates but a Companion can make up the

number) they then pass under an arch made with the hands of the Brethren, then they

take an obligation as a Royal Arch Mason after which they are conducted to the Blue

veil where they are challenged by its Captain for the password, this being given by his

conductor they are now admitted and instructed in the password and sign for passing

the veil, This ceremony is repeated for the purple and red veils. The candidates are

now admitted into the Council Chamber where they express their desire to help with

the work of repairing the Temple the candidates having received permission to assist

with the work leave the room. They return in the attire of workmen i.e. they are in

their shirt sleeves and commence to clear the rubble with a spade, and discover the

secret vault when the pick strikes its top to produce a hollow sound, and lift the ring in

the top with the crow bar, if there is one candidate he will be figuratively lower into

the vault to discover the items left there by our three Grand Masters which will be

explained to him by his conductor. Brethren this is a much truncated version of the

degree, there are no ceremonies at the festive board as in England ( I have attended the

Aldergate Chapter as a guest of its former Scribe E.)

It is common to hear the Chapter referred to as the red, as the regalia as worn

in the Chapter is all red and consists of an apron and sash worn from right shoulder to

left hip, and in certain Chapters white gloves. As in the two other Home constitutions a

member Jewel on a white ribbon may be worn but it is more usual to see the Past

Kings one on a red ribbon and since 1991 a past V. W. Masters jewel is also permitted

in Chapter but it is not permitted to wear Chapter jewels in Craft Lodges although

most people would be too polite to pass comment on a visitor doing so. The

inscriptions on a Royal Arch jewel are as follows, round the circle 'SIT TIBI SCIRE

SATIS SI TALIA JUNGERE POSSI' ( If you canst unite such things thou knowest

enough). On five sides of the two triangles are inscribed in Greek, Latin and English

(O, worshipper of God citizen of the world).

commentaires

Lumière sur l'Arche Royale (franc-maçonnerie.ca)

Publié le 30 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels


par le Comp:. Harry Carr, P.G.St.B.
Traduction par le Comp:. Gilles Chiniara

Discours donné devant les membres du Chapitre London de Premiers Principaux, no 2712

Cette présentation doit commencer par une excuse, puisqu'il est évident que certains des concepts présentés ici paraîtront surprenants, sinon outrageux. Je dois ajouter qu'ils seront expliqués aussi simplement que possible, à la lumière de la connaissance maçonnique actuelle.

L'Arche Royale fit son apparition en Angleterre durant les années 1740. Nous pouvons supposer que les graines de cette nouvelle cérémonie avaient commencé à germer quelques années avant les premiers rapports officiels, mais nous ne pouvons remonter plus tôt dans la datation de l'Arche Royale.

Raisons pour l'Arche Royale

À la question : «Pourquoi l'Arche Royale est-elle apparue?», la réponse proposée est qu'une cérémonie supplémentaire, ou un «quatrième degré» distinct, était inévitable; ceci peut être expliqué par la connaissance que l'on a de l'évolution des trois degrés symboliques.

Si nous remontons dans l'histoire de la franc-maçonnerie anglaise aussi loin que nous l'osons, au temps où les degrés ou grades maçonniques se développaient encore, il apparaît presque certain que la première cérémonie maçonnique fut réalisée pour le Compagnon maçon, c'est-à-dire l'artisan entraîné et accompli.

Le système des Apprentis fait ses premières apparitions en Angleterre au XIIIe siècle, et il convient de supposer que l'autre degré fut développé comme cérémonie d'admission pour les Apprentis.

À ce moment, et jusqu'au crépuscule du XVIIe siècle, le métier n'avait que deux cérémonies d'admission : l'une pour les Apprentis ou les Apprentis Reçus, l'autre pour les «Compagnons» ou «Maîtres». Tôt ou tard, il devenait inévitable qu'apparaîtrait le désir de cérémonies distinctes pour les Compagnons et les Maîtres; les deux s'égalaient par leurs compétences techniques, mais les Compagnons étaient des employés, et ceux d'entre eux qui étaient assez méritants pour devenir Maîtres allaient naturellement désirer un degré qui leur serait propre.

Le troisième degré apparut en Angleterre vers 1724-1725 et, en 1730, il était devenu assez connu, bien que rarement pratiqué.

À ce stade de l'évolution des degrés, les trois degrés du métier avaient chacun leur propre cérémonie; seul un seul degré n'était pas ainsi représenté. Il n'existait en effet aucune cérémonie propre aux hommes qui avaient présidé une loge, c'est-à-dire, les Maîtres de Loges. Une telle cérémonie devait fatalement apparaître vers 1740.

Ceci est, bien entendu, une simplification à outrance de l'histoire qui ne représente que mes opinions propres, mais elle est basée sur des fondements historiques et les dates mentionnées ici sont supportées par des preuves documentaires.

Les origines de la cérémonie de l'Arche Royale

En excluant les détails mineurs, il est possible de retracer les bases de la cérémonie de l'Arche Royale à deux histoires:

1. L'histoire biblique véridique décrivant le retour de Babylone et la construction du Temple.

2. La légende ancienne décrivant la découverte du caveau voûté, de l'autel et du Mot Sacré.

La portion biblique est de l'histoire pure. La légende, dans sa forme écrite, remonte au temps des premiers Pères de l'Église. Vers 400 A.D., Philostorgius, décrivant la reconstruction du Temple, rapporte la découverte du caveau voûté. Cette version semble constituer la charpente de la légende qui a survécu. Neuf-cents ans plus tard, au XIVe siècle, Nicephorus Callistus, dans sa description de la construction du quatrième Temple, étaye le compte-rendu de Philostorgius. Cette histoire est rapportée avec tant de détails saisissants qu'elle mérite une reproduction textuelle:

«Au moment de la pose des fondations, ainsi que je l'ai dit, il y avait une pierre parmi les autres, à laquelle la base des fondations était fixée, qui glissa de sa place et révéla la bouche d'une caverne qui avait été creusée dans le roc. Le plancher de la caverne se perdait dans l'obscurité de sa profondeur. Les surintendants, désireux d'en apprendre davantage, attachèrent l'un des ouvriers à une longue corde et l'y firent descendre. Celui-ci, atteignant le fond, y trouva de l'eau qui lui arrivait à mi-jambes et, fouillant tous les recoins de ce lieu creux, conclut, aussi sûrement qu'il le pouvait par le sens du toucher, qu'il s'agissait d'un carré. Retournant vers l'ouverture, il heurta un petit pilier, guère plus haut que le niveau de l'eau, et, l'illuminant, y trouva déposé un livre, enveloppé d'un linge léger et propre. L'ayant pris, il indiqua par la corde qu'ils devaient le remonter. Sitôt remonté, il leur montra le livre qui suscita leur admiration, ayant été découvert immaculé et intact, en un lieu obscur et sombre. Le Livre, ouvert, stupéfia non seulement les juifs, mais aussi les Grecs, par ce qu'ils lurent sur ses premières pages, écrit en lettres sublimes : ‘Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.' En termes clairs, ces écrits contenaient visiblement tout l'Évangile que la langue divine du Disciple-Vierge avait énoncé.» (Extrait de A.Q.C., vol. Ixix, p.43)

J'ai donné ici la traduction de l'original, telle qu'elle apparaît en anglais, en 1659, dans l'ouvrage de Samuel Lee intitulé Orbis Miraculum. Deux points sont dignes de mention. D'abord, que la forme actuelle de la légende de l'Arche Royale n'est ni pure invention ni innovation récente; il s'agit bien d'une parcelle d'une légende religieuse remontant au cinquième siècle après Jésus-Christ, et probablement même plus ancienne.

Ensuite, le Livre Saint découvert dans le caveau voûté n'était pas l'Ancien Testament, avec les mots usuels : «Au commencement, Dieu créa...»; il s'agissait de l'Évangile selon St-Jean, un texte purement chrétien, et, au moment de sa première apparition, le degré de l'Arche Royale était également purement chrétien. Jusqu'à présent, nos cérémonies de l'Arche Royale débutent par une prière chrétienne, et le travail entier est empreint de symbolisme et d'idées trinitaires, si bien que, malgré son inspiration issue de l'Ancien Testament, une très forte influence chrétienne y demeure manifeste.

Lieu d'origine

Il est impossible de préciser, avec certitude, le pays d'origine de l'Arche Royale, mais il semble possible que la cérémonie ait été importée en Angleterre du pays d'Irlande. Plusieurs des premières références à l'Arche Royale proviennent, sans conteste, d'Irlande et, quand la Grande Loge des Anciens fut fondée en 1751, celle-ci reconnut l'Arche Royale comme un ajout plus ou moins essentiel aux degrés symboliques.

Il existe, toutefois, une autre possibilité voulant que la cérémonie ait ses sources en France, où une myriade d'innovations maçonniques fit son apparition au début des années 1740. En particulier, il existe une référence, dans le Sceau Rompu daté de 1745, à une classe supérieure de Maçons avec une cérémonie commémorant les maçons ayant oeuvré «une truelle à la main, une épée au côté». Plusieurs preuves similaires étayent l'opinion selon laquelle certaines caractéristiques particulières de la cérémonie de l'Arche Royale, quel que soit le nom qu'elle portait, étaient déjà connues sur le Continent à une date antérieure, mais ceci ne peut être considéré comme une preuve de filiation.

La première Grande Loge, des «Modernes», n'offrit aucune reconnaissance officielle ni aucun support à la cérémonie, bien qu'elle fût pratiquée par plusieurs loges de «modernes», et il est intéressant de noter que, quoique la cérémonie ne fût pas considérée comme une composante intégrale des trois degrés symboliques, elle était néanmoins pratiquée dans les loges ordinaires. Les Chapitres de l'Arche Royale n'existaient pas encore comme organisations indépendantes pour l'octroi de ce nouveau grade et il n'existait, bien évidemment, aucune instance dirigeante.

Le premier Grand et Royal Chapitre de l'Arche Royale de Jérusalem («Modernes») fut constitué en juillet 1767. Les «Anciens», qui avaient toujours considéré la cérémonie comme «le fondement, le coeur et la moelle de la Maçonnerie», n'avaient pas réalisé le besoin d'un organisme dirigeant distinct, et les minutes de leur premier Grand Chapitre débutent en 1782, après une série de résolutions adoptées dans leur Grande Loge en décembre 1771.

Développement de l'Arche Royale

En ce qui a trait au développement de la cérémonie de l'Arche Royale, il y a tout lieu de croire que celle-ci fut conçue initialement pour les Maîtres de Loge ou pour les hommes ayant déjà été vénérables d'une loge, et quoique les opinions sur ce point divergent quelque peu, il existe, en fait, une pléthore de preuves pour supporter cette affirmation. En 1744, Dr Fifield Dassigny publia un livre doté d'un titre interminable, A serious and impartial enquiry to the cause of the present decay of Freemasonry in the kingdom of Ireland (Une enquête sérieuse et impartiale sur les causes du déclin actuel de la Franc-Maçonnerie au royaume d'Irlande) dans lequel, évoquant l'Arche Royale, il la décrit comme «une organisation d'hommes ayant déjà été vénérables d'une loge».

Douze ans plus tard, Laurence Dermott, Grand Secrétaire de la Grande Loge des Anciens, mentionnait avec dédain ceux qui «se pensaient Maçons de l'Arche Royale sans avoir été vénérables d'une loge dans la forme régulière» (Ahiman Rezon, 1756, p. 48). Toutefois, à cette époque, la franc-maçonnerie n'étant pas aussi répandu qu'elle l'est aujourd'hui, une telle restriction — si elle avait vraiment été appliquée — aurait rendu la nouvelle cérémonie quasi-impossible, puisqu'il n'y aurait jamais eu suffisamment de candidats pour la maintenir vivante. Ainsi, nous découvrons très tôt les preuves de l'apparition d'une sorte de «degré de vénérable», artificiel, auquel les membres postulant l'Arche Royale recevaient un semblant d'Installation dans le but de se qualifier pour le degré de l'Arche Royale.

Les minutes de la première époque de l'Arche Royale (de 1740 à 1760 environ) sont rarissimes et peu informatives, mais il existe des registres d'une réunion d'urgence tenue à Bolton en 1769, durant laquelle trois hommes furent successivement installés comme vénérables, après quoi le Maître effectif de la loge fut réinstallé. À la loge Mount Moriah, maintenant au no 34, à Londres, il fut résolu, en juin 1785 que «... le Frère Phillips passera vénérable le jour de la St-Jean pour obtenir le Suprême Degré de l'Arche Royale...» À la Philanthropic Lodge de Leeds, actuellement no 304, les minutes de mai 1795 rapportent que «le Frère Durrans passa vénérable pour recevoir l'Arche Royale». Plusieurs rapports de nature similaire rendent évidente l'existence d'une cérémonie fictive de «passage du vénérable» qui fut largement pratiquée durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Quand les Grands Chapitres rivaux furent unis en 1817, le «degré de vénérable» fut officiellement aboli, mais son existence se perpétua à divers endroits jusqu'aux années 1850.

Jusqu'à aujourd'hui, dans plusieurs juridictions américaines, les préliminaires à l'Arche royale forment une cérémonie brève qui contient des éléments évidents de notre travail d'Installation.

Le rituel de l'Arche Royale

Quant au rituel de l'Arche Royale, il est surprenant de constater que, hormis les inévitables enrichissements et les changements graduels du style et de la présentation, les éléments essentiels demeurent, de nos jours, largement identiques à ce qu'ils étaient durant les années 1760. Les plus anciennes références de cette période indiquent que le candidat, les y:. b:. découvrit un parchemin qui contenait les premiers mots de l'Évangile de St-Jean : «Au commencement était le Verbe...» Les Séjournants interprétaient l'histoire de la «découverte», et le restant de la cérémonie, comme les degrés symboliques de nos jours, consistait en un Catéchisme de quelques 18 à 20 questions et réponses. Ceci peut être décrit comme le rituel de l'Arche Royale de la première période.

La deuxième période couvre approximativement les années 1780 à 1835. Dans les degrés symboliques, cette période a apporté les plus grandes évolutions stylistiques dans la présentation des éléments symboliques et illustratifs du rituel. Quant à l'Arche Royale, l'essence de sa cérémonie demeura essentiellement inchangée mais, au lieu de 18 à 20 questions dans le Catéchisme, il y avait à ce moment 80 à 100 questions exigeant de longues réponses couvrant la majeure partie de ce qui constitue, de nos jours, les conférences traditionnelle, symbolique et mystique. La quasi-totalité des éléments actuels des conférences se retrouvait, non sous forme de dissertations, mais de questions-réponses.

Le Nom ineffable n'était pas «partagé»; le «mot composé des quatre langues» l'était. Il n'y avait encore aucune lettre aux angles du T:. et le Triple T:. n'est pas apparu jusqu'à environ 1820. La cérémonie de l'Arche Royale connaissait alors de multiples avatars, sujette aux variations locales et aux capacités et limitations de ses interprètes. Apparemment, les deux Grands Chapitres ne firent aucune effort pour diffuser un rituel standardisé, et ce n'est qu'en 1817, avec l'union des deux rivaux, que les circonstances devenaient favorables à l'uniformisation du rituel.

Le premier pas vers ce but s'effectuait au début des années 1830 quand un comité fut nommé par le Grand Chapitre Suprême. Le travail semble avoir été dominé par le Rev. G. A. Browne, à un certain moment Grand Chapelain de la Grande Loge Unie, qui fut nommé spécifiquement lors d'une réunion, avec remerciements spéciaux pour ses services. En novembre 1834, les cérémonies furent répétées et approuvées par le Grand Chapitre Suprême, et un Chapitre de Promulgation fut constitué en 1835, pour une durée de six mois, avec le mandat d'agir comme Chapitre d'Instruction et, plus spécifiquement, d'assurer l'uniformité du rituel à travers l'Ordre. Il effectua des démonstrations des formes nouvellement approuvées des cérémonies d'Installation et d'Exaltation, durant une série de réunions tenues de mai à août 1835. En novembre 1835, pour éviter toute méprise, le Grand Chapitre «résolut et déclara que les cérémonies adoptées et promulguées par le Grand Chapitre spécial les 21 et 25 novembre 1834, constituent les cérémonies de notre Ordre qu'il est du devoir de tout Chapitre d'adopter.» Les différentes versions des rituels actuels, dont Domatic, Aldersgate, et Standard, sont toutes issues du rituel de l'Arche Royale de novembre 1834.

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Royal Arch Purple degree (Orange Ordrer)

Publié le 30 Août 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels

A noter : le "Notre Père en fin de tenue !

No business connected with the affairs of this Degree shall be transacted except in open Lodge, guarded by a Sentinel and Tyler, and seven members of this Degree shall form a quorum.
The Sentinel and Tyler shall be examined by the Master, before taking their places, to see if they are properly qualified to report on those applying for admission.
Triple lights only shall be used in the room, and a proper Arch shall be erected in front of the Master’s chair.
The 9614 should consist of triangular pieces of wood with rounded edges on top, and joined together with rope.
The chair having been taken by the Master and the officers and brethren in their seats, all the officers and members (except the Master, Sentinel and Tyler) shall be tested in the Orange Annual and Royal Arch Pass by the Marshal and Lecturer, who shall report the result of their examination to the Deputy Master.
The Deputy Master shall then rise and say: Worshipful Master, all members present are in possession of the Orange Annual and the Pass of this Degree.
If any brother be present who has not the Annual and Pass, the Deputy Master shall add: Except Bro. ….
The Master shall then say: Who can vouch for Bro. … that he is in good standing in the Royal Arch Purple Degree?
Note.—A member without the Annual must be vouched for by a member of the lodge to which he belongs, or in the event of no member of the lodge being present, he must produce a receipt for dues shoving that he is in good standing, and must also pass an examination in the work of the Degree.
Should the brother be in possession of the Annual, but without the Pass, he may be vouched for by some one who has sat with him in a Royal Arch Purple meeting. Otherwise, he must pass an examination in the work of the Degree.
The fee for admission to this Degree must be paid in advance.
The Master shall then give three knocks, the brethren shall rise, give the prayer sign, and the Chaplain shall say: Now, we command you, brethren, by the name of our Lord Jesus Christ, that ye withdraw yourselves from every brother that walketh disorderly, and not after the traditions which he received of us. For yourselves know how ye ought to follow us; for we behaved not ourselves disorderly among you, neither did we eat any man’s bread for nought; but wrought with labor and travail night and day, that we might not be chargeable to any of you.
 
 
Prayer
 
Chaplain: Gracious and Almighty God, Thou who didst raise a wall of water around Thy servants, the children of Israel, on their right hand and on their left, and who didst save them from the power of Pharaoh and the perils of the Red Sea; by whose Divine permission in aftertimes our liberties have been secured and our most holy religion preserved; continue unto us Thy Almighty favor; may Thy heavenly love be the arch of our protection, and the increase of Thy Spirit amongst us the special mark of our seal and covenant with Thee. These, with all other needful blessings, we humbly beg, through the mediation of Jesus Christ our Lord and Saviour.
Brethren: Amen.
The Master shall then say: I now declare this Royal Arch Purple Lodge open in due form. God Save the King.
The Master shall then give one knock, the brethren shalt resume their seats, and the following Order of Business shall be proceeded with:
Repeating the Lecture.
Minutes of last meeting read and confirmed and signed by the Master.
Applications for Advancement.
Balloting for Candidates.
Initiation of Candidates.
General Business.
Repeating the Lecture.
Lodge Closed with Prayer.
 
 
Admission
 
On the admission of a Candidate the following form shall be used:
The opening proceedings being completed, the Master shall read the following admonition to the brethren: The mysteries and solemnities of this Degree require that the utmost respect, order and decorum be observed by all the brethren. Every brother shall remain in his place, and shall not leave it on any pretence, without directions from the Master. No brother shall indulge in any kind of levity, nor meddle with the form of Initiation, unless specially requested by the Master. Brethren conducting themselves otherwise may be expelled from the room by the Master.
The Master shall then appoint two brethren to proceed to the ante-room and prepare the Candidate, who shall be divested of his Coat and Vest, his left breast, and right leg and right foot bared with a P. on his back, a S. in his right hand, and B., he shall be brought to the Lodge room door; and the necessary articles required in the initiation being in their proper places, the Conductors shall knock for admission. The Tyler, after making the proper inquiries, shall announce to the Master the Conductors desire for admittance; and if satisfactory, the Master shall direct the Tyler to open the door and admit them and the Candidate.
The Receiver shall meet the Candidate on his entrance and give him . (p.)
Receiver: What feelest thou?
Candidate: … (p.)
The meaning is here to be explained.
The Candidate, shall then kneel on his right knee, and repeat the Lord’s Prayer; after which the Chaplain shall read the following portions of Scripture:
Chaplain: Moreover thou shalt make the tabernacle with ten curtains of fine-twined linen, and blue, and purple, and scarlet, and thou shalt make loops of blue upon the edge of the one curtain from the selvedge in the coupling. And thou shalt make an hanging for the door of the tent, of blue, purple and scarlet, and fine-twined linen. Lord, I cry unto Thee; make haste unto me; give ear unto my voice, when I cry unto Thee. Let my prayer be set before Thee as incense; and the lifting up of my hands as the evening sacrifice. Set a watch, O Lord, before my mouth; keep the door of my lips. Incline not my heart to any evil thing, to practise wicked works with men that work iniquity; and let me not eat of their dainties. Let the righteous smite me; it shall be a kindness; and let him reprove me, it shall be an excellent oil, which shall not break my head; for yet my prayer also shall be in their calamities. When their judges are overthrown in stony places, they shall hear my words, for they are sweet. Our bones are scattered at the grave’s mouth, as when one cutteth and cleaveth wood upon the earth.
But mine eyes are unto Thee, O God the Lord: in Thee is my trust; leave not my soul destitute. Keep me from the snares which they have laid for me, and the gins of the workers of iniquity. Let the wicked fall into their own nets, whilst that I withal escape.
The Candidate is now to be led three times on his journey, bearing his P. and S., and get ... (f’s), which are explained to him; he is then led to M. H., which having ascended, the number of steps are explained to him; then he is brought to the R. with three solemn steps, where he shall remain until further orders.
The Chaplain shall then read: And it came to pass when the people removed from their tents to pass over Jordan, and the Priests bearing the Ark of the Covenant before the people; and as they that bear the Ark were come unto Jordan, and the feet of the Priest that bear the Ark were dipped in the brim of the water here dip the right finger of the Candidate that the waters which came down from above stood and rose up upon an heap, and the people passed over right against Jericho. And the Priests that bear the Ark of the Covenant of the Lord stood firm on dry ground here remove Candidate’s foot from the R. in the midst of Jordan.
The Candidate shall then be directed to take … out of the R. with both hands, counting aloud as he does so. There shall be no interference with the Candidate during this part of the ceremony. The count being completed correctly, the Chaplain shall say: And it came to pass, when all the people had passed clean over Jordan, that the Lord spake unto Joshua, saying, Take you twelve men out of the people, out of every tribe a man, and command ye them saying: Take you hence out of the midst of Jordan, out of the place where the Priests feet stood firm, twelve stones, and ye shall carry them over with you, and leave them in the lodging place where ye shall lodge this night. That this may be a sign among you; and these stones shall be for a memorial unto the Children of Israel for ever.
The Candidate shall then be conducted to the Worshipful Master, where, kneeling under the Arch, he shall receive the Obligation. Three knocks shall then be given and the brethren shall rise and present the recognition sign. The Worshipful Master shall then instruct the candidate to place both hands on the open Bible, say “I,” give his name in full, and repeat the following Obligation:
 
 
Obligation
 
I, A. B., solemnly and sincerely promise, in the presence of Almighty God and of this Worshipful Lodge, erected to God and dedicated to Joshua, that I will always conceal the whole and every part of the secrets of a Royal Arch Purple Marksman; that I will not write them, print, stamp, stain, cut, hew, carve or engrave them, or any part of them, on any substance whatever, nor cause them to be done, so that they may become legible or intelligible, without due authority. And further, that I will not, verbally or otherwise, communicate them even to a brother of the Royal Arch Purple Degree, except after strict trial and due examination.
I also solemnly promise to keep the secrets of a Royal Arch Purple Marksman, given to me as such (except they may be contrary to the law of the land); that I will not wrong or injure any Royal Arch Purpleman, nor know him to be wronged or injured, without giving him timely notice thereof, and preventing it, if within my power. I further promise that I will not know a Royal Purple Marksman to be in want, hardship or distress (which has not been brought upon him by his own misconduct), without rendering him such reasonable relief and assistance as may be in my power, without injury to myself or family. I also further promise that I will not initiate, or be present at the initiation of any candidate into the dignity of a Royal Arch Purple Marksman, except there be present at least a quorum of the Royal Arch Purple Degree; nor will I initiate or be present at the initiation of any candidate into this Degree, without his first having paid the prescribed fee.  
Lastly, I swear that I will use all my influence to promote fellowship and brotherly love amongst my brethren; and that I will abide by a decision of a majority of the Lodge upon all business connected therewith: And all this I do solemnly promise, testify and declare, in the plain words by me spoken —and without any hesitation, secret evasion, or mental reservation whatever— So help me God and keep me steadfast in this my Royal Arch Purple Marksman’s Obligation.
The Candidate shall then seal his Obligation by kissing the Holy Bible.
After the Candidate has taken the Obligation and before rising, a mark shall be inflicted on the left breast with a rubber stamp, which shall be a facsimile of the lodge seal, after which the Chaplain shall say: And Jacob went out from Beersheba, and went toward Haran. And he lighted upon a certain place, and ‘he tarried there all night, because the sun was set; and he kook of the stones of that place and put them for his pillow and lay down in that place to sleep. And he dreamed, and behold a ladder set up on the earth, and the top of it reached to Heaven, and behold the Angels of God ascending and descending on it.
Here lay the Candidate on his back, placing a stone under his head, and covering his Jody with a canvas sheet; after which the Chaplain shall read: And behold, the Lord stood above it, and said: I am the Lord God of Abraham thy father, and the God of Isaac; the land whereon thou liest, to thee will 1 give it, and to thy seed. And behold, I am with thee, and will keep thee in all places whither thou goest, and I will bring thee again into this land; for I will not leave thee until I have done that which I have spoken to thee of.
The Candidate shall then be placed against the (W.) and underneath the (W.) while the Chaplain reads the following:  cried unto the Lord with my voice; with my voice unto the Lord did I make my supplication. I poured out my complaint before Him; I shewed before Him my trouble. When my spirit was overwhelmed within me, then Thou knewest my path. In the way wherein I walked have they privily laid a snare for me; I looked on my right hand, and beheld, but there was no man that would know me: refuge failed me: no man cared for my soul. I cried unto Thee, O Lord: I said Thou art my refuge and my portion in the land of the living. Attend unto my cry, for I am brought very low: deliver me from my persecutors; for they are stronger than I. Bring my soul out of prison, that I may praise Thy Name: the righteous shall compass me about; for Thou shalt deal bountifully with me.
The Candidate shall then have explained to him the penalties of the Degree. He shall then be shown the Lights and warrant, which shall be explained to him; and from thence led to a position immediately in front of the Master.
The following hymn shall then be sung:
O God of Bethel, by whose hand
Thy people still are fed;
Who through this weary pilgrimage
Hast all our fathers led.
 
Through each perplexing path of life
Our wandering footsteps guide;
Give us each day our daily bread,
And raiment fit provide.
 
Such blessings from Thy gracious hand
Our humble prayers implore;
And Thou shalt be our chosen God,
And portion evermore.
The Lecturer shall then communicate the secret work of the Degree to the Candidate when all are advanced, and the Candidate shall be invested with the regalia of the Degree.
The Master shall then deliver the following charge to the newly-advanced brother: Brother. You have now been admitted, after strict trial, to this exalted Degree. It must have proved to you many facts, which, if duly considered, may tend to inform your mind, and to render less obdurate the propensity inherent in man to sin. Reflect, and you will see that man is not regarded by Orangemen on account of his worldly wealth; it is the wealth of the soul that we prize— not that which, when we perish, can avail nothing. Reflect, and you will have good cause to remember how much it has become your duty to render assistance to a brother in distress. Reflect, and you will find that much of your duty is enforced upon you by implication, which a clear mind, seeking for justice, will at once discover. Remember, then, your duty and your Obligations, and also how fatal and dark will be your plunge from this to eternal death, should you neglect them. Remember also, that it is only by obedience to our Father in Heaven that you can expect to pass from the darkness of this world to the light of everlasting life; and that prayer, and the practice of all that is good; together with a strong reliance upon your Saviour, can alone lead to this. Remember, too, that you prayed as being under the canopy of Heaven; therefore, take heed and recall to your mind the solemn hour of death, the awful one of judgment, and lastly eternity. A lesson has been taught you how these may be overcome; and if you hope to gain eternal life, I warn you that it is essential that you should have faith in Christ, for no one in his own weakness and sinfulness can be perfect. If, therefore, you hope for the charitable aid and- intercession of your Saviour, you should extend charity to others. In every way you are taught to avoid sin. When least expected the serpent may ‘be in your path. I therefore entreat you, as you hope to obtain salvation, that you omit no occasion which you may find to fulfil the vows you have now made.
The Candidate shall then be conducted in front of the Past Master, who shall say: Brother. Having attained to the Royal Arch (or third) Degree of the Orange Association, it is incumbent upon me, to briefly explain the various ceremonies through which you have passed, and to impress upon your mind the fact that this Degree is not one of a light or trifling nature, but of high importance and due solemnity. Your preparation for admission into this Degree is emblematical of an event which all, sooner or later, must experience. It is emblematical of your final exit from this world to the world to come. You are doubtless aware that no matter what a man may possess here on earth, it will not gain him admission to the celestial Lodge above. Therefore, to impress this more forcibly upon your mind you were neither naked nor clothed, barefoot nor shod, blindfolded, and deprived of all money and minerals.
You were neither naked nor clothed, to remind you that if you should ever meet a Brother, in a distressed condition, you should contribute as liberally to his relief as his situation requires and your circumstances will permit.
You were neither barefoot nor shod because it was an ancient Israelitish custom, referred to in the book of Ruth, as being in former times the manner and mode of changing and redeeming; “and to confirm all things a man plucked off his shoe and gave it to his neighbor, and this was testimony in Israel.” We do this as a pledge of our fidelity, and thereby signify that we will in all things conform to the established laws and customs of our Association.
You were blindfolded to remind you that as you were then in darkness, so should you keep the world without, as relates to the secrets of Orangeism; secondly, that your heart might conceive before your eyes beheld the secrets of the Order; and, lastly, had you refused to submit to the prescribed forms and ceremonies, and thereby being found unworthy to be taken by the hand as a brother, you might have been conducted out of the lodge without being allowed to discover even the form thereof.
You were deprived of all money and minerals because Orangeism regards no man on account of his worldly wealth or honors. It is the internal and not the external qualifications of a man that should render him worthy to become a member of this Degree.
The three distinct knocks were given on entering, first to alarm the lodge and inform the Worshipful Master that you were prepared for initiation, and secondly, to remind you of the words of our Lord, “Ask and ye shall receive, seek and ye shall find, knock and it shall be opened unto you.”
You were asked to kneel in prayer because no man should ever enter upon any great and important undertaking without first invoking the blessing of the Deity. You were then asked in whom you put your trust. This is according to the laws and usages of our Association because no man can be admitted to membership unless he be a firm believer in the Christian religion.
You were then taken by the right hand and told to arise, follow your leader and fear no danger. This was to remind you that as you were then in darkness and could neither foresee nor avoid danger, you were in the hands of trustworthy friends in whose fidelity you might safely confide.
The journey through the wilderness and the three great and mighty falls, were emblematical of our pilgrimage here upon earth, and the many trials and temptations incident thereto. No matter how great or small, high, or low, rich or poor, all must meet on the same common level; all must submit to the dominion of Death, Judgment and Eternity.
You were led under the Arch to remind you, first, that before attaining to rank or station in the Order, you must submit to be governed by the majority of the lodge and those placed in authority over you, and, secondly, to recall to your mind the Divine injunction that he who humbleth himself shall be exalted, and he who exalteth himself shall be abased.
In closing the Lodge, the brethren shall rise, and assume she proper position, and the Chaplain and brethren shall repeat the Lord’s Prayer.
CHAPLAIN AND BRETHREN: Our Father, which art in Heaven; hallowed be Thy Name; Thy kingdom come; Thy will be done on earth as it is in Heaven; give us .this day our daily bread; and forgive us our trespasses, as we forgive them that trespass against us; and lead us not into temptation; but deliver us from evil: for Thine is the kingdom the power and the glory, forever and ever. Amen.
The Master shall then say: I now declare this Royal Arch Purple Lodge closed in due form. God Save the King.
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La Formation au sein de la Loge de recherche Laurence Dermott

Publié le 25 Août 2009 par Thomas Dalet


Un certain nombre d'entre vous m'ayant demandé la nature de la formation dispensée au sein de cette Loge indépendante, je vous en précise les grands axes.

Tout d'abord cette mission de formation n'existe que pour servir à développer la recherche.
Après de nombreux entretiens avec des Soeurs et des Frères de toutes obédiences, il m'est apparu qu'on ne pouvait raisonnablement se lancer dans de la recherche documentaire sans connaître l'histoire, l'organisation et les Rites de notre Ordre qui sont vous le savez très nombreux.
Il faut savoir quoi chercher, où et comment.

Ensuite cette Loge n'est pas une Loge d'instruction. La formation ne portera donc pas sur la pratique de tel ou tel Rite.
L'étude des Rites se fera au travers de leur histoire et de leur organisation et non de leur corpus initiatique, même si nous travaillerons les différentes légendes et allégories.

Enfin, cette formation doit êtrte transmissible et comprise par le plus grand nombre. Nous produirons donc des modules sous format pwt, accessibles et utilisables facilement.


"Cherchez et vous trouverez"et non je l'espère (d'aucun m'ont mis en garde) "cherchez et ON vous trouvera"!

Merci de votre interêt pour ce projet qui commence à prendre forme.





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Chevalier de l'Epée

Publié le 24 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du REAA

( Bibliothèque municipale de Lyon, Fonds Willermoz, Ms 5933)

 

Ce grade est appelé Chevalier de l'Epée ou Chevalier Maçon parce que la formule de sa réception est toute militaire.

Elle est fondée sur l'histoire parce que les Maçons ayant été conduits à Babylone en captivité, le Temple ayant été détruit, Zorobabel, leur prince, obtint par la suite de Cyrus la permission de le rebâtir; mais comme ils étaient environnés de toutes parts d'ennemis, ils travaillaient tenant l'épée d'une main et la. truelle de l'autre, ce qui a donné lieu à cet Ordre de Chevalier de l'Epée ou Chevalier Maçon comme gens choisis pour mettre en sûreté les ouvriers subalternes, mais qui, pour soutenir une certaine égalité avec leurs Frères, n'étaient pas moins adonnés aux travaux communs.

Quelques-uns les appellent Chevaliers de l'Orient, quoique d'autres en fassent un grade séparé, parce que l'histoire s'est passée dans cette partie du monde.

On les appelle aussi Maçons Libres: 1• parce que 1e grade se donne à visage découvert; 2• parce que parmi les captifs il y avait une classe de Maçons descendus de la race d'Hiram et de Moabon et des premiers architectes que Salomon avait rendus libres de tout impôt et qui furent choisis les premiers par Zorobabel.

On les nomme Zorobabel parce qu'ils représentent ce prince qui reçoit les ordres de Cyrus pour la reconstruction du Temple.

 

Décoration de la loge

 

La loge doit avoir deux appartements contigus et dans chacun un tableau et une décoration.

 

1er appartement

 

Représente l'appartement et la cour de Cyrus, roi des Assyriens régnant à Babylone, I1 doit être tendu en vert et éclairé par 70 lumières pour marquer les 70 années de la captivité. I1 doit avoir à l'orient un trône pour le Maître, au midi des sièges pour les Frères et à l'Occident d'autres pour les Surveillants.

Le carré de la loge doit être fermé par une petite muraille de carton ou de bois d'un pied et demi de hauteur, peinte en carreaux blancs, verts et rouges pour marquer les murailles de Babylone.

Lorsque les Frères sont debout, ils doivent être en dedans du carré et en dehors lorsqu'ils sont assis. Cette muraille sera garnie de 7 tours: 3 au septentrion, 3 au midi et une à l'occident. Les six seront d'un demi pied au dessus des murailles, mais celle du milieu de l'occident 7 pieds et sa circonférence sera proportionnée pour y contenir un homme; elle aura deux portes, l'une en dedans, l'autre en dehors et sans passage pour la lumière.

La tenture de l'occident doit joindre exactement les côtés de cette partie extérieure pour qu'on puisse y entrer et en sortir sans rien apercevoir. Cette porte extérieure sera gardée par deux Servants, l'épée au côté et une pique à la main.

Le tableau de la chambre sera composé d'un trône qui sera sur la ligne de la muraille de l'orient afin qu'assis il soit dans l'intérieur du carré. Derrière le trône il y aura une toile représentant le songe de Cyrus, savoir un lion furieux et rugissant prêt à se jeter sur lui; plus haut, la. gloire du Grand Architecte; sur un trône au dessous seront Nabuchodonosor et Balthazar, prédécesseurs de Cyrus, chargés de chaînes; du centre de la gloire il sortira un vautour qui portera ces mots: Rends la liberté aux captifs; derrière cette (tenture?), il doit y avoir des vagues représentées qu'on puisse agiter au besoin représentant le fleuve Starbuzanaï.

Sur ce fleuve sera posé un pont de bois solide, lequel conduira au second appartement, et l'on agitera les flots quand les Frères passeront sur ce pont pour se rendre au second appartement.

 

2d appartement où se passe la 2de action

 

Il représente l'enceinte ou espace de terrain dans lequel le 2d Temple a été bâti. Le Temple doit y reparaître dans toute sa splendeur et la tenture y sera rouge.

Les décorations comme au Grand Architecte; le tableau de même.

 

Titres du ler appartement

 

Le Maître représente Cyrus et est appelé Souverain Maître.

Le Premier Surveillant représente Nabuzardan son premier Général.

Le Deuxième Surveillant représente le second Général,

Le Secrétaire, 1e Chancelier.

Le Maître des Cérémonies, le Grand Maître.

Le récipiendaire, Zorobabel.

Et les Frères, princes de la cour, nommés Princes Chevaliers.

 

Titres du 2d appartement

 

Le Maître est appelé Très Excellent Maître ou l'Excellence de l'Ordre.

Les Surveillants, Très Puissants.

Les Officiers, Très Respectables.

Les Frères, Très Vénérables.

Et le récipiendaire, Zorobabel.

 

Habillement des Frères dans le ter appartement

 

Le Maître et les Officiers portent au col un large cordon vert moiré tombant en pointe sur l'estomac, sans bijoux; le Maître a un sceptre et les Frères l'épée à la main. Les Surveillants et les Frères auront un large cordon vert moiré passé en bandoulière de la gauche à la droite, sans bijoux, plus un tablier doublé de taffetas vert bordé d'un petit ruban, sans autre signe, et la bavette basse.

Le tablier et cordon ne peuvent se porter que dans les fonctions qui se passent dans le ler appartement, puisque ce sont des meubles profanes que Cyrus avait voulu donner aux membres de sa cour, croyant que c'était suffisant pour en faire des Maçons; on les porte cependant en ce jour en mémoire de ce crue ce prince et sa cour accordèrent à Zorobabel 1a réédification du Temple

 

Dans le 2d appartement

 

En y passant, les Frères quittent le vert et prennent le rouge qui est la, véritable couleur écossaise. On y distingue cependant les grades par les rosettes qui sont au bas du cordon les unes sur les autres, savoir une bleue pour l'Architecte, une rouge poux le Grand Architecte, une verte pour le Chevalier de l'Épée et une noire pour le Chevalier de l'Aigle.

Les Frères ont une écharpe de soie couleur d'eau bordée d'une frange d'or et parsemée de tâtes de mort, d'ossements en sautoir, de chaînes triangulaires en or et au milieu traversée par une bande d'or représentant un pont sur lequel sont trois lettres L.D.P. Cette écharpe se passe autour du corps en ceinture de façon que les bouts pendent, garnis de franges d'or, sur le côté de la basque de l'habit. Cette écharpe se peut porter partout, excepté dans le premier appartement de cette loge.

Le Maître et les Officiers portent leur bijou au col et les Frères au bas de leur cordon en écharpe.

Le Maître a trois triangles par gradation l'un dans l'autre. Le Premier Surveillant pore l'équerre, le Deuxième Surveillant 1e niveau, tous les Officiers leurs bijoux tous renfermés dans un triple triangle.

Le bijou est celui des Architectes, mais sur le trophée il y a deux épées nues, 1a lame en sautoir et les poignées sur le niveau; tout doit être d'or ou doré.

 

Préparation du récipiendaire

 

Le récipiendaire doit être en rouge, gants, cordons, tablier écossais, les mains enchaînées dans des chaînes dont les chaînons sont des triangles dorés; il faut que ces chaînes soient assez longues pour qu'il ait les bras libres.

On lui apprend qu'il doit se nommer Zorobabel, qu'il doit se présenter d'un air triste et plaintif, qu'il doit se considérer comme captif. On doit lui ôter toutes armes, tous ornements, tous bijoux. On lui fait mettre son visage sur ses mains jusqu'à la porte de la tour où les Gardes le fouillent exactement.

 

Ouverture de la loge


Le Souverain: Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la, loge de Chevalier de l'Epée. Les Généraux répètent. Le Souverain frappe 7 coups avec distance du 5e au 6e et les Généraux répètent. Souv.: Général Premier Surveillant, quel est le premier soin d'un Maçon?

ler Général: Souverain Maître, c'est de voir si la loge est couverte.

Souv.: Général Second Surveillant, voyez, etc. (Le Second va voir.) 2d Général: La loge est bien couverte.

ler Gén.: Souverain Maître, la loge est bien couverte.

Souv.: Quelle heure est-il?

ler Gén.: Les 70 années de la captivité.

Souv.: "Généraux, Princes et Chevaliers, il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les captifs en liberté. Je suis pénétré de les voir gémir dans les fers, mais je ne puis les délivrer sans vous consulter sur un songe qui m'est apparu et qui exige une explication.

J'ai cru voir un lion rugissant prêt à se jeter sur moi pour me dévorer; son aspect m'a épouvanté et m'a fait fuir pour éviter sa fureur, mais à l'instant j'ai aperçu mes prédécesseurs qui servaient de marchepied à une gloire que les Maçons désignent sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Deux paroles m'ont arrêté; elles sortaient du centre de l'Etre lumineux et j'ai distingué qu'elles signifient de rendre la liberté aux Maçons, sinon que ma couronne passerait entre les mains des étrangers. Je demeurai confus et comme interdit et le songe disparut. Depuis ce moment ma tranquillité s'est évanouie. C'est à vous, Princes, de m'aider de vos avis pour délibérer sur ce que je dois faire."

Pendant ce discours, les Frères ont la tête baissée sur leurs mains, mais à la fin ils regardent le Premier Général et l'imitent. Celui-ci porte la main droite à son épée, la tire, la présente pointe en haut le bras tendu devant soi, baisse ensuite la pointe vers la terre pour donner l'acquiescement à la volonté du roi, relève ensuite la pointe en haut pour signifier "liberté" et reste alors dans cette position.

Souv.: "Que la captivité finisse! Généraux, Princes et Chevaliers, la loge des Chevaliers de l'Epée est ouverte."

Les Généraux répètent la même chose. Le Souverain et tous les Frères font des acclamations sans applaudissements.

 

Réception

 

Quand le récipiendaire est prêt, le Terrible le conduit à la porte de la tour, auprès des Gardes qui l'interrogent et auxquels il répond. (Le Terrible lui dicte ses réponses.)

Garde: Que demandez-vous?

Récipiendaire: Je demande s'il est possible de parler à votre Souverain.

Garde: Qui êtes-vous?

Récip.: Le premier d'entre mes égaux, Maçon par rang et captif par disgrâce.

Garde: Quel est votre nom?

Récip.: Zorobabel. Garde: Quel est votre âge?

Récip.: 70 ans.

Garde: Quel est le sujet qui vous amène ici?

Récip.: Les larmes et la misère de mes Frères.

Garde: Attendez, nous tâcherons de faire parvenir vos plaintes au Souverain.

L'un des Gardes frappe 7 coups à la porte de la tour en Chevalier de l'Épée. Le 2e Général 2e Surveillant frappe 7 coups sur le maillet du Premier Général Premier Surveillant, celui-ci sur celui du 2e et le Souverain ensuite.

2e Gén.: Un Garde frappe à la porte de la tour en Chevalier de l'Épée. 1er Gén.: Souverain Maître, un Garde, etc.

Souv.: Général Premier Surveillant, qu'on l'introduise. Gardez avec toutes les précautions ordinaires; dans le trouble où je suis il n'est point de petits avis à négliger.

Le 2e Surveillant va à la porte, frappe, ouvre, amène 1e Garde à l'occident qui, croisant les bras, s'incline et dit:

Garde: Le premier d'entre les égaux des Maçons, âgé de 70 ans, demande à paraître devant vous.

Souv.: Qu'il soit introduit dans 1a tour de notre palais; nous l'interrogerons. Le Garde fait une autre prosternation, s'en retourne, fait entrer 1e récipiendaire dans la tour, la referme et le Souverain lui demande:

Souv.: Quel sujet vous amène ici?

Récip.: Implorer la justice et 1a bonté du Souverain.

Souv.: Sur quoi?

Récip.: Demander grâce pour mes Frères qui sont en servitude depuis 70 ans.

Souv.: Quel est votre nom?

Récip.: Zorobabel, le premier d'entre mes égaux, Maçon par rang et captif par disgrâce.

Souv.: Quelle est la grâce que vous demandez?

Récip.: Que sous la faveur du Grand Architecte de l'Univers la justice du roi nous accorde la liberté et qu'il nous permette d'aller rebâtir le Temple de notre Souverain.

Souv.: Puisque d'aussi justes motifs vous conduisent ici, que la liberté de paraître devant nous à face découverte lui soit accordée. Aussitôt les Généraux vont ouvrir la porte de la tour et l'amènent à l'occident

et le font prosterner.

Souv.: Zorobabel, j'ai ressenti comme vous le poids de votre captivité; je suis prêt à vous en délivrer et de vous accorder la liberté sur l'instant si vous voulez me communiquer les secrets et les mystères de la Maçonnerie pour qui j'ai toujours eu la plus profonde vénération.

Récip.: Souverain Maître, lorsque Salomon nous en donna les premiers principes, il nous apprit que l'égalité devait être la lère colonne; elle ne règne point ici: votre rang, vos titres, votre supériorité et votre cour ne sont point compatibles avec le séjour où l'on s'instruit des mystères de mon Ordre. D'ailleurs vos masques extérieures me sont inconnues et les serments inviolables qui m'engagent et que je ne puis fausser m'empêchent de vous dévoiler de tels mystères; si ma liberté est à ce prix, je préfère la captivité.

Souv.: J'admire la fermeté de Zorobabel; il mérite la liberté par sa fermeté dans ses engagements. Les Frères y répondent tout de suite en baissant et relevant la pointe de leur

épée.

Souv.: Général F. 2e Surv., faites faire à Zorobabel les 70 tours de l'occident, midi, orient et septentrion, que je réduis à 15, pour que cette route lui fasse trouver la grâce que sa discrétion mérite. De retour, le 2e Surv. frappe 7 coups et le Premier Surv. dit:

ler Gén.: Que demandez-vous?

2e Gén.: Le voyage mystérieux de Zorobabel est fini.

ler Gén.: Souverain Maître, le voyage, etc.

Souv.: Je vous accorde, Zorobabel, la grâce que vous m'avez demandée; je consens que vous soyez mis en liberté. Le Souverain frappe 7 coups qui servent de signal aux Généraux pour ôter à

Zorobabel ses fers, ce qu'ils font, et le Souverain dit:

Souv.: Allez dans votre pays; je vous permets de rebâtir le Temple détruit par mes ancêtres; que vos trésors vous soient remis entre les mains avant le soleil couché. Soyez reconnu chef sur vos égaux; j'ordonnerai qu'on vous obéisse en tout lieu de votre passage. Qu'il vous soit donné toute aide et secours comme à moi-même; je n'exige de vous qu'un simple tribut de trois agneaux, cinq moutons et sept béliers que j'enverrai recevoir sous le portique du nouveau Temple; et si je le demande, c'est plutôt pour me ressouvenir de l'amitié que je vous jure que par reconnaissance. Approchez, cher ami. (Les Généraux le font approcher.)

Je vous arme de cette épée pour marque distinctive sur vos égaux; je suis persuadé que vous ne l'emploierez qu'à leur défense; en conséquence, je vous crée Chevalier de l'Epée.

(En disant ces derniers mots, il lui frappe de son épée sur l'épaule et l'embrasse; et donnant le tablier et le cordon vert qui passe de l'épaule gauche à la droite:)

Pour vous marquer mon estime, je vous décore d'un tablier et d'un cordon que j'ai adoptés à l'imitation des ouvriers de votre Temple, quoique ces marques ne soient accompagnées d'aucun mystère. Cependant je ne les accorde qu'aux Princes de ma cour par honneur; désormais vous pouvez jouir comme eux des mêmes avantages.

Présentement, je vous remets entre les mains de mon Premier Général qui vous donnera des guides pour vous conduire en sûreté auprès de vos Frères et au lieu où vous devez rebâtir le nouveau Temple.

Le Premier Général le fait rentrer dans la tour et 1'y laisse pendant que les Frères passent en silence dans le 2d appartement.

Dès qu'un Servant avertit le Terrible que tous sont entrés, celui-ci prend 1e récipiendaire, le mène par derrière la tenture à l'endroit où est le pont qui conduit au second appartement à l'entrée duquel i1 trouve des Gardes qui l'arrêtent, lui arrachent son cordon et son tablier vert, et veulent l'empêcher de passer; mais il les force, les met en fuite et arrive à la porte du 2d appartement. Le Terrible frappe 7 coups en Chevalier de l'Épée.

Les Frères dans ce second appartement ne sont plus de la cour de Cyrus. Dès qu'ils entendent frapper ils prennent à la ceinture du tablier une truelle qu'ils tiennent de la main gauche et leur épée de la droite.

Le tracé de la loge est couvert d'un drap rouge.

Le 2d Surveillant frappe 7 coups le premier.

2d Surv.: J'ai entendu frapper à la porte de la loge en Chevalier de l'Épée.

ler Surv.: Très Excellent Maître, on frappe, etc. T. Exc.: Très Puissant Frères Second Surveillant, voyez qui frappe. (Le 2d frappe et ouvre, disant:)

2d Surv.: Que demandez-vous?

Récip.: Je demande à revoir mes Frères, ces restes infortunés de la fraternité qui sont échappés de la captivité, afin de leur donner des nouvelles de ma délivrance de Babylone.

(Le 2d Surv. revient, frappe; le Premier lui répond et le 2d dit:)

2d Surv.: C'est un Frère captif de Babylone qui dit avoir été délivré et qui demande

à être réuni au sein de la fraternité.

1er Surv.: Très Excellent Maître, c'est un Frère, etc. T. Exc.: Mes Frères, la nouvelle de ce captif pourrait avoir son fondement. Les 70 années sont expirées, le jour de la réédification du Temple est arrivé: ne négligeons point un aussi précieux augure. Faites-lui demander son nom, de quel pays il est, son âge, pour éviter la surprise.

(Le 2d frappe, on lui répond; il ouvre et dit:)

2d Surv.: Quel est votre nom?

Récip.: Zorobabel.

2d Surv.: Où est votre pays?

Récip.: En deçà du fleuve Starbuzanaï, à l'occident de la Syrie.

2d Surv.: Quel est votre âge?

Récip.: 70 ans. (Le Second sure. referme la porte, frappe et dit au Premier Surv.:)

2d Surv.: Ce captif qui vient de Babylone se nomme Zorobabel; il est d'un lieu en deçà du fleuve Starbuzanaï, à l'occident de la Syrie, et il a 70 ans.

ler Surv.: Très Excellent Maître, ce captif, etc.

T. Exc.: Zorobabel, (le) nom du pays en deçà le fleuve Starbuzanaï, âgé de 70 ans; oui, mes Frères, la captivité cesse et notre sommeil finit. Ce captif fut justement le prince de la tribu souveraine qui doit relever notre Temple; qu'il soit admis parmi nous et soit reconnu pour guider et soutenir nos travaux.

(Le Second Surv. va frapper, ouvre, reçoit le captif et le conduit à l'occident.)

ler Surv.: Très Excellent Maître, voici Zorobabel qui désire être admis au sein de la fraternité.

T. Exc.: Zorobabel, faites-nous un récit succinct de votre délivrance.

Récip.: Cyrus, me permettant de paraître devant son trône, fut touché des misères de la fraternité. I1 m'arma de ce glaive pour la défense et le secours de mes Frères, et m'honora du titre de Frère à sa compagnie; ensuite, m'accordant la liberté, il confia mes jours à des sujets zélés qui m'ont aidé à triompher de nos ennemis au passage du fleuve Starbuzanaï, où cependant, malgré notre victoire, nous avons perdu les marques distinctives que nous avait données le roi, notre libérateur.

T. Exc.: Mon Frère, la perte que vous avez faite nous annonce que la justice de notre fraternité ne peut supporter les triomphes de la pompe et de la grandeur. Cyrus en vous décorant de ces honneurs n'était pas guidé par l'esprit d'égalité qui nous accompagne invariablement. Vous voyez par cette perte qu'il n'y a que les marques de ce prince qui ont disparu et que vous avez conservé celles de la véritable Maçonnerie.

Mais avant que je vous communique les secrets qui ont été réservés depuis votre captivité dans le reste de notre fraternité, nous exigeons de vous des assurances comme la durée de votre disgrâce n'a point affaibli en vous les sentiments et la parfaite connaissance des mystères de la Maçonnerie.

Récip.: Interrogez-moi, je suis prêt à répondre.

T. Exc.: Quel grade avez-vous dans la Maçonnerie?

Récip.: Celui de Grand Architecte.

T. Exc.: Donnez-moi le signe. Récip.: (I1 le donne.) T. Exc.: Donnez l'attouchement au Très Puissant Frère ler Surv.

Récip.: (I1 le donne.)

T. Exc.: Donnez-moi la parole.

Récip.: (I1 la donne.)

T. Exc.: Mes Frères Chevaliers, je crois que Zorobabel mérite d'être admis à notre nouveau mystère. (Les Frères répondent en levant et baissant la pointe de l'épée.)

T. Exc.: Très Puissant Frère Second Surv., faites avancer le Frère par 3 pas de Maître en avant et que le dernier le mette au pied du tribunal du Grand Architecte; qu'il vienne y prendre les engagements que nous requérons.

(On le place comme aux précédents.)

 

Obligation

 

"Oui, je promets, sous les mêmes obligations que j'ai prêtées dans les différents grades de la. Maçonnerie, de ne jamais révéler les secrets des Chevaliers de l'Épée ou `laçons Libres à aucun d'un grade inférieur ou profane sous les peines de rester dans la captivité la plus dure; que mes fers ne puissent jamais se briser, que mon corps soit exposé à la merci des bêtes féroces, que mes sens soient privés de l'odorat et de Poule, et que la foudre en tombant en éclat me réduise en poudre, pour servir d'exemple à tous les indiscrets. Ainsi soit-il."

 

Le Maître le relève et dit, remettant son épée dans le fourreau, ce que les Frères imitent:

T. Exc.: Mon Frère, la destruction du Temple ayant assujetti les membres de la Maçonnerie à des disgrâces si rigoureuses que nous avons craint que leur captivité ou leur dissipation n'ait aidé à les corrompre dans la fidélité à leurs engagements, c'est ce qui nous contraint, en attendant l'instant de la réédification, de nous tenir éloignés dans un lieu secret et particulier où nous conservons fidèlement quelques débris de l'ancien monument. Nous n'introduisons que ceux que nous connaissons pour vrais et légitimes Maçons, non seulement par signe, attouchement et parole, mais encore par leurs actions et leurs mœurs. Nous leur communiquons alors nos nouveaux secrets avec plaisir, mais nous exigeons qu'ils apportent avec eux pour gages quelques monuments de l'ancien Temple; ceux que Cyrus vous a remis nous suffisent. (Pendant cette dernière partie on découvre le tableau.)

T. Exc.: Très Puissant Premier Surv., faites faire au récipiendaire 3 pas de Maître en arrière pour lui apprendre que nous devons tenir pour certain que la parfaite résignation est la vertu favorite des Maçons.

(Par ces pas il va. à l'occident et le Maître dit:)

Mon Frère, le motif de nos travaux est la réédification du Temple du Grand Architecte de l'Univers; ce sublime ouvrage était réservé à Zorobabel. Les engagements que vous venez de prendre avec nous sous ce titre en ont produit l'exécution. Son éclat et la grandeur dans laquelle il paraît à vos yeux vous prouvent qu'il n'en rien diminué. I1 ne reste plus qu'à le conserver par l'épée que Cyrus vous a donnée pour sa défense; vous y contribuerez dorénavant. Venez donc participer à nos secrets.

Mon Frère, c'est de porter la main droite sur l'épaule gauche et de la descendre diagonalement jusqu'au côté droit en se coupant le corps; le second, qui en e la réponse, est de porter la main droite sur la hanche gauche en se traversant le ventre jusqu'à la hanche droite.

L'attouchement est de porter la main droite à l'épée pour la tirer comme si on voulait combattre; ensuite, faire un mouvement en voltant le corps, le pied droit derrière et levant la. main gauche en faisant semblant de repousser son ennemi, de sorte que les deux Frères dans cette position rencontrent les mains gauches l'une entrelaçant dans l'autre, et à l'instant s'embrassent.

La parole est Judas et Benjamin.

Le mot de passe est Libertas qui dérive des Maçons Libres.

Répétez maintenant ces signes, attouchements et paroles avec tous les Frères Chevaliers de notre loge; ensuite, vous viendrez me le rendre.

(I1 le fait et revient.)

T. Exc.: Mon Frère, par votre délivrance le roi Cyrus vous a créé Chevalier de l'Épée et moi je vous crée Chevalier Maçon. Voici une truelle qui sera le symbole perpétuel de votre dignité, c'est-à-dire que vous travaillerez désormais une truelle à la main et une épée de l'autre si jamais le Temple vient à se détruire, car c'est ainsi que nous avons rebâti celui-ci.

(En lui mettant l'écharpe:)

Cette écharpe doit vous accompagner dans toutes les loges et vous est une marque de la vraie chevalerie que vous avez acquise au fleuve de Starbuzanaï par la victoire remportée sur ceux qui s'opposaient à votre passage.

(I1 lui donne la rosette verte:)

Comme nous n'admettons dans nos cérémonies aucune des marques dont Cyrus vous a décoré, nous voulons cependant bien en conserver quelque mémoire par une rosette de la couleur qu'il avait choisie et que nous mettons sous les rosettes des autres grades (mises au bas du cordon écossais auquel est attaché le bijou).

(On lui donne le bijou:)

Ce bijou, par l'addition des épées en sautoir, vous annonce le trophée de notre Maçonnerie et qu'on n'en doit faire usage que pour elle, c'est-à-dire pour l'équité.

(On lui donne les gants.)

Nous allons procéder à votre proclamation. Mes chers Frères Chevaliers Maçons, consentez-vous que Zorobabel règne désormais sur les travaux de la Maçonnerie?

(Ils y consentent en baissant et relevant la pointe de leurs épées. En le plaçant à la chaise qui lui est destinée:)

T. Exc.: Passez, mon Frère, au tribunal des souverains de notre ouvrage. Vous servirez de pierre angulaire à l'édifice et vous devez régner sur les ouvriers comme Salomon, Hiram et Moabon y ont régné et commandé sur eux.

Dès qu'il est en place, les Frères remettent leur épée, frappent dans leurs mains 3 fois et crient 3 fois Zorobabel.

 

Instruction

 

Demande du Maître: Comment vous a-t-on fait parvenir à ce haut et éminent grade?

Réponse: J'y suis parvenu par l'humilité, la patience et de fréquentes sollicitations

D. A    qui vous adressâtes-vous?

R. Au grand Roi.

D. Quel est votre nom?

R. Zorobabel.

D. Votre pays?

R. La Judée, où je suis issu de parents nobles de 1a tribu de Juda.

D. Quel art professez-vous?

R. La Maçonnerie.

D. Quel édifice bâtissez-vous?

R. Des temples et des tabernacles.

D. Où les construisez-vous?

R. Faute de terrain, nous les élevons dans nos cœurs.

D. Quel est le nom du Chevalier Maçon?

R. Celui d'un Maçon Très Libre.

D. Pourquoi Très Libres?

R. Parce que les Maçons qui furent choisis par Salomon pour travailler à son Temple furent déclarés libres et exempts de tout impôt pour eux et leurs descendants de mâle en mâle; ils eurent en outre le privilège de porter des armes et lors de la destruction du Temple par Nabuchodonosor, les Maçons furent menés en captivité avec le peuple juif, mais la bonté du roi les remit dans leur ancien droit pour bâtir un 2e Temple sous Zorobabel. C'est depuis cette époque qu'ils portent le nom de Très Libres.

D. pourquoi Cyrus les remit-il en liberté? . Pour retourner en Judée, leur pays.

D. L'ancien Temple était-il beau?

R. C'était la première merveille du monde en richesse et en grandeur, car son parvis pouvait contenir 200.000 personnes.

D. Oui lui avait donné le modèle?

R. Le Grand Architecte de l'Univers.

D. A qui le donna-t-il?

R. Au roi David.

D. Le fit-il exécuter?

?. Cet édifice était réservé à Salomon.

D. De cruel caractère était Salomon?

R. Le plus sage de son temps, ayant 1a. connaissance de toutes les sciences et la dos de prophétie.

U. Qui fut 1e principal architecte qui conduisit un si grand  édifice?

R. Dieu fut le premier, Salomon le 2e et Adoniram le 3e.

D. Qui était cet Adoniram?

R. Tyrien de nation, son père s'appelait (Abda?) et sa mère était de 1a tribu de Nechtali .

D. Qui a posé la première pierre du Temple?

R. Salomon.

0. De quoi était cette pierre?

R. D'agate, d'un pied carré.

D. A quelle heure fut-elle posée?

R. avant le soleil levé.

D. Pourquoi?

R. Pour marquer la vigilance que nous devons avoir en toutes nos oeuvres.

D. Quel ciment y employa-t-on?

Un ciment  mystique composé de lait, d'huile de vin et de farine.

D. Quel est le sens mystique de ce ciment?

R. Pour composer le premier homme l'Etre suprême employa la douceur, 1a sagesse, 1a force et la bonté.

D. Où fut posée cette pierre?

R. Au milieu de 1a chambre destinée au sanctuaire.

D.Combien l'ancien Temple avait-il de portes?

Trois: l’une à l'orient, ,une au midi et l’autre à l'occident.

0. Qui fut cause de la destruction du Temple?

R. Les vices des Israélites  et l'impiété des rois qui le détruisirent et 1es asservirent sous le règne de Nabuchodonosor.

D. Combien de temps dura le siège?

R. Dix-huit mois.

D. Combien de temps dura 1e Temple ?

R. 470 ans, 6 mois et 10 jours.

D. Sous quel roi d'Israël fut-il détruit?

R. Sous le règne de Sédécias, dernier de la race de David.

D. Où mourut Sédécias?

R. A Babylone, en captivité.

D. Que nous représente Jérusalem prise par 27 endroits différents?

R. Cela nous représente qu'une loge 1a mieux couverte peut être surprise, à moins qu'elle ne soit bien gardée par des Frères Terribles sur la vigilance desquels on puisse compter en toute sûreté.

D. Que signifient la compassion et le bon traitement que les Assyriens firent au peuple de Judée?

R. L'excellence de l'Ordre des Frères Maçons qui est estimé des grands et petits e t qui est en vénération parmi ceux qui ont la connaissance de leurs mystères.

D. Pourquoi les Assyriens ne firent-ils captifs que les grands de marque et 1aissèrent-ils 1e bas peuple errant dans les ruines de la triste Sion?

R. Pour nous apprendre que l'Ordre des F (rères) ", M(açons) est le partage de l' honnête homme et plus particulièrement de celui qui est zélé, mais qu'on doit éviter d'initier dans nos mystères le profane vulgaire qui se plait à vivre dans l' ignorance.

D. Que nous enseigne la résistance que les Maçons Libres firent lorsque les Assyriens vinrent attaquer le dehors du Temple?

R. Les soins, la vigilance que tout bon Frère doit apporter pour couvrir la loge, et en défendre les approches aux profanes, même au péril de sa vie.

D. Pourquoi ceux-là cédèrent-ils aux Assyriens?

R. Les Maçons Libres étaient inférieurs en nombre; ils furent obligés de céder à la force, ce qui nous donne à connaître que si un Maçon n'est point circonspect sur ce qui concerne les secrets de l'Ordre, il peut vitre surpris par de faux Frères qui le mettraient dans le cas de céder à 1eurs faux raisonnements. De là il suit que tout zélé Maçon, dans quelque grade qu' il soit parvenu, doit se bien conduire afin de ne point être surpris par 1a vanité e t le mensonge.

D. Que représentent la destruction du Temple et 1e peuple captif?

R. La division et la. discorde qui naissent dans une loge lorsqu'elle ne s'attache pas au travail avec régularité, laquelle tôt ou tard doit se diviser et se diviser par 1a dispersion de ses membres.

D. Que signifient la colonne Booz brisée , le chandelier à 7 branches enlevé?

R. Le mal énorme qu'un Frère commet lorsqu'il transgresse son serment et qu'il révèle quelqu'un de nos mystères; il brise  par 1à la colonne dont i1 est i1 est l’emblème et  (qu')il se rend indigne de voir la brillante lumière figurée par le chandelier à 7 branches.

D. Que signifie ce ( faux?) sacrificateur qui répond de l'arche qu'on lui a donnée en garde sous peine de la vie?

R. Qu'un vrai Maçon répond des secrets qu' on lui confiés sous peine de mort suivant  son obligation.

D. Pourquoi le nombre de 81 est-il tant renommé et sacré parmi les Maçons?

R. Parce que ce nombre exprime la triple essence de la Divinité marquée par ce triple triangle et par le carré de neuf et le nombre de trois.

D. Pourquoi les chaînes des Maçons étaient-elles triangulaires?

R. Les Assyriens ayant appris que le triangle étai. pour eux l'emblème du nom de l'Eternel, ils les firent construire de cette façon pour faire plus de peine aux captifs.

D. Pourquoi les chaînes de Sédécias étaient-elles d'or?

R. Pour nous apprendre que les richesses sont le plus souvent 1e plus grand ennemi de l'homme.

D. Pour quoi était-il défendu aux Maçons Libres de travailler aux édifices profanes?

R. Pour nous apprendre à ne point travailler ni fréquenter de loges irrégulières, à être fidèles observateurs des lois maçonniques, sous peine de perdre le titre de Maçons Libres.

D. Quelle fut 1a principale cause qui fit souhaiter aux Hébreux de sortir de 1a captivité?

R. Le désir de rebâtir le Temple de Salomon pour y adorer l'Éternel; ce qui nous représente les désirs que tout bon Maçon doit avoir qu'il se forme souvent de juste(s) et parfaite(s) loge(s) en (?) 1a gloire du Grand Architecte de l'Univers où elle soit de plus en plus manifestée par de nouveaux temples dressés et élevés dans nos cœurs.

D. Quelles étaient les dimensions que Cyrus donna pour la construction du nouveau Temple?

R. 120 coudées de profondeur, 60 de hauteur e t 60 de largeur.

D. D'où vient que Cyrus ordonna pour la construction du Temple qu'on tirât 1es bois des forêts du Liban et les pierres des carrières de Tyr?

R. Pour nous marquer que le premier Temple ayant été bâti avec ces matériaux, il fallait que 1e second fût bâti avec 1es mêmes et que rien ne doit varier; ce qui signifie que la nouvelle Maçonnerie est continue jusqu'à nous, qu'elle doit être toujours la même, qu'elle est aujourd'hui telle qu'elle était le jour de 1a fondation du Temple de Salomon.

D. Pourquoi Zorobabel était-il prosterné au pied du trône de Cyrus?

R. Pour marquer l'excellence et le sublime de l'0rdre considéré dans ses mystères et dans les différents grades qui le composent et qu'on ne peut obtenir que par l'humilité et la prière.

D. Pourquoi priait-on pour 1a conservation du roi de Babylone après la reconstruction du Temple?

R. Pour nous apprendre à nous intéresser avec cœur et ferveur pour ceux qui considèrent l'Ordre en général.

D. Expliquez-moi le nom des principaux architectes qui eurent  la direction du nouveau Temple?

R. Bibot. (1)

D. Que signifie le compas?

R. Pour régler ses actions et veiller sur celles de nos Frères.

D. Que représente la pâque que les Juifs célébrèrent avant leur départ?

R. Nos repas qui doivent être aussi sain(t)s que c'était la pâque des Hébreux.

D. Que représente 1a ville de Jérusalem ruinée et plongée dans la tristesse?

R. L'état où se trouve une loge irrégulière où la cabale et l'inséras ont plus de part que le bien général de 1a société.

D. Que signifient les 3 mois, 5 jours de marche et l'arrivée à 3 heures après midi?

R. L'intervalle qu'il faut laisser entre les grades.

D. Que signifient les 7 jours de repos avant que de commencer le nouveau Temple?

R. Qu'une juste et parfaite loge ne doit rien entreprendre qu'avec connaissance de cause et que le nombre de Frères soit compétent.

D. Que signifient les ouvriers payés par bandes, les uns à la colonne J, les autres à la colonne B et les autres à la lettre G?

R. Les différents grades de la Maçonnerie.

D. Que signifie l'épée que les ouvriers portent en travaillant?

R. Que tout bon Maçon doit s'armer du silence et du secret pour cacher nos mystères aux profanes.

D. Pourquoi y a-t-il 70 lumières dans votre loge?

R. In mémoire des 70 ans de la captivité de Babylone.

 

Cloture de la loge

 

Le T. Exc. frappe 7 coups, autant, 1e ler  Surv. et  autant le Second; ensuite le T. 

Exc . demande :

T. Ex..: Frère Premier Surv., quelle heure est-il?

1er Surv. : L' instant de 1a réédification.

T. Exc.: Mes Frères, puisque nous sommes assez heureux pour avoir rebâti dans sa splendeur le Temple, conservons les marques par notre secret sur la réédification; il est temps de nous reposer.

La loge des Chevaliers Maçons est fermée.

On frappe 3 fois 3 coups dans les mains et on crie 3 fois Zorobabel.

 

 

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Maître Parfait (1805)

Publié le 24 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du REAA


La Loge de Maître Parfait doit être tendue de vert, ornée de quatre colonnes blanches élevées à chaque coin, à distance égale. Elle doit être éclairée par seize lumières, 4 à chaque point cardinal. A l'Or\ un dais rouge, une table au devant, couverte de noir parsemé d'étoiles.

Préparation pour ouvrir la Loge

1° Le Trois Fois Respectable Maitre qui préside représente le noble Adoniram, fils d'Abda, de la tribu de Dan qui conduisait les travaux du Temple Il fut rappelé à la mort d'Hiram‑Abif et eut le bonheur d'être le premier des sept qui lui furent substitués.

Il est orné des décorations du degré de la Perfection et de ceux des Princes de Jérusalem. Il est assis dans le fauteuil de Salomon, sous le dais ; il tient dans la main un marteau.

2° Il n'y a qu'un F\ qui représente Stolkin. Il est avec le bijou et le tablier; il est assis à l'occident; il tient aussi un marteau à la main et remplit les devoirs d'Inspecteur.

3° L'autre F\ assistant, qui doit être au moins Mait\ Parf\, doit être décoré avec un large ruban vert, en sautoir, ayant pour bijou un compas ouvert à un angle de 60 degrés.

Le F\ Conducteur qui représente Zerbal, capitaine des gardes est décoré comme les premiers. Tous les FF\ doivent avoir un tablier de peau blanche, avec une bavette verte. Au milieu du tablier on doit peindre ou broder une pierre carrée au milieu de trois cercles, sur laquelle est la lettre J.

Ouverture de la Loge

Adoniram dit :

D. F\ Inspecteur, la L\ est‑elle bien tuilée, sommes‑nous tous Mait\ Parf\ ?

R. 3 F\ R\ M\, nous sommes à couvert et nous sommes tous Mait\ Parf\

D. Avertissez que je vais ouvrir la L\ de Mait\ Parf\

L'Inspecteur dit :

R. FF\ qui décorez les Col.., le 3 F\ R\ M\ nous avertit qu'il va ouvrir la L\ de Mait\ Parf\

Le 3 F\ R\ M\ frappe quatre coups avec son marteau.

Le F\ Inspecteur le répète à l'ouest; un F\ en fait autant au sud, alors tous les FF\ font ensemble le Signe d'Admiration.

D. Quelle heure est‑il, F\ Stolkin ?

R. Quatre heures.

Puisqu'il est quatre heures, il est temps que les ouvriers se mettent à l'ouvrage. Avertissez que la L\ de Mait\ Parf\ est ouverte.

Réception

Le Cand\ doit être décoré des ornemens et bijoux de Mait\ Secret. Il est dans l'anti‑chambre. Dès que la L\ est ouverte le M\ des Cér\ se lève et va frapper 4 coups sur l'épaule du F\ Insp\ en lui disant :

Il y a, dans l'anti‑chambre, un M\ Secret qui désire être admis et recevoir le grade de Mait\ Parf\

Le F\ Insp répète ces paroles au 3 F\ R\ M\ Adoniram qui dit

Est‑il bien recommandé, est‑il digne d'obtenir cette faveur; me répondez‑vous de son zêle, de sa ferveur et de sa constance?

Le F\ Insp\ répond :

J'en réponds.

Alors le 3 F\ R\ M\ dit :

Qu'il soit introduit selon l'ancienne forme.

Le F\ Insp\ donne ordre au F\. M\ des. Cér\ d'introduire le Cand\; il va le trouver, l'examine sur les degrés qu'il a deja reçus et lui ôte toutes les armes offensives; lui passe au cou un cordon de soie verte dont il tient le bout dans la main gauche, ayant son épée nue à la droite et le conduit à la porte où il frappe 4 coups qui sont répétés par le F\ Insp\ qui dit :

3 F\ R\ M\, on frappe à la porte.

Le 3 F\ R\ M\ dit:

Faites voir qui frappe ainsi?

Le f. Expert va s'informer qui a frappé ainsi et le dit au 3 F\ R\ M\ qui ordonne l'introduction.

Alors le Cand.. est conduit dans la partie du sud du tombeau qui est tracé sur le plancher de la L\

Dès que le 3 F\ R\ M\ l'apperçoit ayant sur lui la décoration de M\ Secret il lui dit :

D. Que demandés‑vous, mon F\?

R. Je demande la faveur d'être reçu M\ Parf\

Alors le 3 F\ R\ M\ dit:

F\ Insp\, apprenez à ce F\ à voyager.

Le F\ Insp\ prend alors le Cand\ et le fait voyager par le sud 4 fois autour de la L\ après quoi il le fait mettre à genoux et le fait passer ensuite sur le tombeau de chaque côté des Col\, les croisant alternativement de l'une à l'autre, ayant toujours les marques du M\ Secret sur lui. Il parait ainsi au pied de l'autel où il met son genou droit un peu plié et après être resté un petit moment dans cette posture, il s'agenouille entièrement, met la main droite sur l'Evangile et prononce l'obligation suivante.

Obligation

Je promets, devant le G\ A\ D\ l'U\, à cette R\ Assemblée de ne jamais révéler ou communiquer à aucune personne qui ne serait pas de ce grade, les secrets qui vont m'être confiés et ce, sans aucun prétexte quelconque, de ne jamais en converser qu'avec de vrais Maç\ connus pour tels et régulièrement reçus, sous les peines d'être deshonnoré et de souffrir ce que je me suis imposé moi‑même par mes premières obligations; ainsi je prie Dieu de me maintenir dans la droiture et l'équité. Amen.

Après que le Cand\ a prêté son serment, le 3 F\ R\ M\ lui ôte le cordon qu'il a au cou en lui disant :

Je vous retire maintenant du chemin du vice et par le pouvoir que j'ai reçu du très puissant Roi des Rois, je vous élève au degré de Mait\ Parfait sous les conditions que vous observerez et que je vais vous prescrire.

Le Signe est celui d'Admiration. Il se fait en élevant les mains vers le ciel ainsi que les yeux ; laisser tomber les bras en les croisant sur le ventre et baissant la vue vers la terre.

Le 2e Signe, pour se reconnaitre, est de joindre la pointe des pieds par degré, ainsi que les genoux réciproquement ; porter chacun sa main droite sur le cœur et la retirer du côté droit en formant l'équerre.

Le Mot Sacré est Jevah.

Le Mot de Passe est Acacia.

L'Attouchement est de porter la main gauche sur l'épaule droite du F\ ; se mettre ensuite la main droite l'une dans l'autre, quatre doigts serrés, les pouces levés pour former le triangle.

Discours historique

Salomon, étant informé que le corps d'Hiram‑Abif avait été trouvé et déposé dans la partie la plus basse du Temple et voulant conserver les précieux restes de ce grand homme, ordonna au noble Adoniram, son grand ami, de lui faire les funérailles les plus pompeuses possibles, défendant, en même temps, d'effacer les marques de sang qui avaient été répandues dans le Temple jusqu'à ce qu'on ait tiré vengeance et que tous ceux qui assisteraient à ces funérailles seraient décorés de tablier et de gans blancs. Le noble Adoniram fut nominé, en ce moment, grand architecte en chef des ouvrages. Il donne le plan d'un superbe monument de marbre blanc et noir pour être élevé à la mémoire d'Hiram‑Abif. Il fut parfaitement fini en 9 jours. Le cœur du R\ Mait\ Hiram‑Abif fut mis dans une urne et posé sur le sommet d'un superbe obélisque placé à la partie droite du T\ un peu du côté du nord où les meurtriers l'avaient mis la 1ère fois et l'avaient déposé avant de le transporter dans le lieu où Stolkin le découvrit.

L'urne qui contenait le cœur d'Hiram‑Abif était percée d'une épée et toutes les personnes qualifiées venaient là pour témoigner leurs regrets. Quand la vengeance fut accomplie le corps fut déposé dans l'obélisque qui fut couvert par une pierre triangulaire sur laquelle était gravé M. B. N. et une branche d'acacia au dessus de ces lettres qui étaient en hébreu.

Ce tombeau était placé dans un appartement séparé du Temple où Salomon avait coutume de tenir son chapitre et de conférer avec Hiram, Roi de Tyr, et Hiram‑Abif sur les saints mystères. Il fut enterré avec les plus grands honneurs. Trois jours après la cérémonie, tous les ouvriers étaient rangés dans le même ordre qu'ils étaient aux funérailles; il offrit des prières à l'Eternel; il examina la tombe, le mausolée, le triangle et les lettres qui y étaient gravées et alors levant les mains et les yeux au ciel il dit, dans la joie de son cœur : C'est parfait! Et par un Signe d'Admiration, tous les ouvriers levèrent leurs mains et leurs yeux vers le ciel, penchant un peu la tête sur l'épaule droite et laissèrent tomber leurs mains sur le ventre en s'écriant quatre fois : Amen.

Clôture

D. F\ Stolkin, quelle heure est‑il?

R. 3 F\ R\ M\, il est 5 heures.

Puisqu'il est 5 heures et que l'ouvrage est fini, il est temps de nous délasser; avertissez les FF\ que je vais fermer cette L\.

Le F\ Stolkin répète.

Alors Adoniram frappe 4 coups qui sont répétés à l'occident par le F\ Stolkin, ensuite Adoniram fait le Signe d'Admiration ainsi que tous les FF\ en fixant le tombeau et la L\ est fermée.

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Grade d'Apprentif des loges de Lyon (1772)

Publié le 24 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


(Bibliothèque de Lyon. Fonds Costes. ms 5937 (307)


Lorsque le jour de réception d’un profane est arrivé et que l’heure indiquée a sonné, le Vénérable entre en Loge, précédé de ses deux Surveillants, qui doivent examiner si personne ne s’est glissé et caché dans la Loge. S’en étant bien assuré, ils disent au Maître des Cérémonies de faire entrer tous les Frères en commençant par les plus hauts grades. Lorsque toute la Loge est assemblée, le Vénérable frappe un coup et dit :

“ Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge. Frère premier Surveillant, quel est le devoir des Surveillants ?”

Le premier Surveillant : “ C’est de voir si la Loge est couverte ”.

Le Vénérable : “ Frère premier Surveillant, assurez-vous de l’intérieur, tandis que le Frère deuxième Surveillant s’assurera de l’extérieur de la Loge.”

Le premier Surveillant dit au deuxième Surveillant :

“ Frère deuxième Surveillant, tandis que je vais tuiler l’intérieur, ayez soin de tuiler l’extérieur de la Loge, écartez-en les profanes.”

Le Frère deuxième Surveillant ayant mis la Loge à couvert, frappe trois coups sur l’épaule du premier Surveillant et lui dit :

“ Frère premier Surveillant, la Loge est couverte à l’extérieur.”

Le premier Surveillant dit :

“ Vénérable, la Loge est parfaitement couverte, tant en dehors qu’en dedans, nul profane ne peut voir ni entendre nos mystères, nous pouvons commencer.”

Le Vénérable frappe trois coups et dit :

“ A l’ordre, mes Frères.”

Le premier et le deuxième Surveillants répètent et tous les Frères en apprentif.

 

OUVERTURE DE LA LOGE

 

Le Vénérable : “Frère premier Surveillant, que venez-vous faire ici ? ”

Le premier Surveillant : “Vénérable, vaincre mes passions, soumettre mes volontés et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.”

Le Vénérable : “Etes-vous Maçon ? ”

A.  : “Mes Frères et compagnons me reconnaissent comme tel.”

D.  : “A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ? ”

A.  : “Au signe, au mot et à l’attouchement.”

D.  : “Qu’entendez-vous par signe ?”

A.  : “Tout ce qui a rapport à mon obligation, ou bien toute équerre, niveau ou perpendiculaire.  ”

D.  : “Qu’entendez-vous par attouchement ?”

A.  : “Certaines manières réglées et mystérieuses prendre la main pour se reconnaître.”

D.  : “Qu’entendez-vous par le mot ?”

A.  : “Une parole consacrée et mystérieuse qui sert à nous faire reconnaître.”

D.  : “Donnez-moi le signe d’appr:. ”

On le donne

D.  : “Que signifie-t-il ?”

A.  : “Il me rappelle mon obligation et la peine à laquelle je me suis soumis qui est d’avoir la gorge coupée au cas que je devienne parjure.”

D.  : “Donnez l’attouchement au Frère le plus voisin de colonne pour qu’il me parvienne par le midy. Le Frère deuxième Surveillant fera de même de son côté pour qu’il me parvienne par le septentrion.”

On le fait

Le Vénérable : “Quel est le mot d’app:. ?”

Le premier Surveillant : “Je vous le donnerai comme je l’ai reçu.”

On le donne

Le Vénérable : “Où se tient le Vénérable en Loge ?”

Le premier Surveillant : “A l’Orient.”

Le Vénérable : “Pourquoi ?”

Le premier Surveillant : “Comme le soleil commence sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s’y tient pour ouvrir la Loge, I’éclairer et mettre les ouvriers au travail.”

Le Vénérable : “A quelle heure s’ouvre la Loge d’appr:. ? ”

Le premier Surveillant : “A midi” (dans quelques Loges, on dit à la première heure).

Le Vénérable : “Quelle heure est-il ?”

Le premier Surveillant : “Midi plein” (la 1ère d’un jour très brillant).

Le Vénérable : “Pourquoi dites-vous cela ?”

Le premier Surveillant : “Parce que le grade d’apprentif est le premier.”

Le Vénérable frappe en app. et dit : “Puisqu’il est midi plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d’app:. est ouverte. ”

En disant cela, le Vénérable et tout l’Orient font le signe d’app:.

Le premier Surveillant interpelle les Frères qui sont sur sa colonne, chacun par ses qualités et grades, et dit que la Loge d’app:. est ouverte. En disant cela, il fait le signe d’app:. et tout le midy le fait en même temps que lui.

Le Vénérable Surveillant fait de même, ainsi que la colonne du Septentrion.

Le Vénérable et tous les Frères ayant fait ensemble la triple acclamation, s’écrient:.:.:. ...

 

FORMULE DE RECEPTION

 

Le Vénérable : “Mes Frères, nous sommes assemblés pour procéder à la réception au grade d’apprentif, de M. N. qui a été admis unanimement par le tenu de la dernière assemblée de laquelle le Frère secrétaire va vous lire le verbal.”

Le Frère secrétaire fait lecture dudit verbal.

Le Vénérable : “Mes Frères je vous prie de réitérer votre consentement si vous persistez dans la même intention. Si quelqu’un de vous a quelques raisons valables d’opposition, qu’il les dise hardiment, nous sommes tous Maçons, par conséquent discrets.”

Le Vénérable frappe un coup pour avertir les Frères de donner leur consentement en étendant la main droite sur le tracé de la Loge. Le consentement étant donné, le Vénérable députe un Frère pour préparer le profane, avant que le Frère Terrible sorte de la Loge.

Le Vénérable dit au Frère proposant : “Le discernement que cette Loge a toujours connu en vous, et le zèle que vous avez témoigné pour le service de l’art royal, nous sont garantie que le sujet proposé vous est parfaitement connu, et que vous nous répondez foi de Maçon des bonnes qualités du récipiendaire. C’est sur votre témoignage qu’il va être introduit, mais souvenez-vous que vous vous engagez formellement pour lui, et que vous nous répondez personnellement de ce profane. N’oubliez pas que vous vous engagez de plus à l’instruire de notre doctrine et de nos mystères. Je vous déclare au nom de cette Loge qu’il ne sera point admis à aucun autre grade, qu’il ne nous ait donné des preuves de sa condition, de sa sagesse, de son zèle. C’est à ces conditions m.c.f. que la Loge vous accepte pour répondant. Allez donc avec le Frère Préparateur le mettre dans l’état convenable à sa réception.”

Le Surveillant Proposant et le Frère Préparateur sortent ensemble et vont auprès du récipiendaire dans la Chambre des réflexions ; ils doivent l’aborder d’un air sérieux et poli. Le proposant lui fait une exhortation et lui dit qu’il espère n’avoir point à rougir de ce qu’il l’a proposé à la Loge. Il lui demande la rétribution prescrite par les règlements et le laisse entre les mains du Frère Préparateur. Il rentre en Loge et remet au Frère Trésorier les droits de réception de la part du Profane.

Le Surveillant Préparateur ayant fait quelques questions au récipiendaire, relatives à la démarche qu’il fait de se présenter pour être reçu, il doit lui présenter le danger des épreuves auxquelles il va être soumis et l’importance des obligations qu’il va contracter. Que la démarche qu’il fait est de la plus grande conséquence ; une fois engagé, il ne pourra plus s’en dédire, qu’il examine sérieusement ses dispositions, ses forces et son courage ; il est encore libre de se retirer, s’il a le moindre regret.

S’il le voit dans une ferme résolution, il lui dira d’un ton ferme :

“ Monsieur, êtes-vous déterminé à obéir aveuglément et sans résistance, sur tout ce que je vais exiger de vous ? ”

Si le récipiendaire répond OUI, le Surveillant Préparateur poursuit :

“ Donnez-moi donc votre épée (s’il en a une), votre argent, votre montre, votre tabatière si elle est en métal, vos bagues, tous vos bijoux, vos boucles de souliers, de jarretière, même ceinture de culotte enfin tout ce que vous avez sur vous de métal sans oublier même les épingles. Cette précaution est absolument nécessaire.

Il ajoute, après avoir fait tout cela :

“Ce n’est pas encore assez Monsieur, il faut ôter vos jarretières, mettre votre soulier gauche en pantoufles, découvrir à nu votre genouil droit, quitter votre habit et votre veste, sortir votre bras gauche hors de la chemise, découvrir votre poitrine et votre mamelle gauche, vous voilà actuellement dans l’état où vous devez vous présenter. Voyez à présent, Monsieur, le cas que nous faisons des parures et des ajustements profanes. En ouvrant sur votre situation actuelle les yeux de l’âme, fermez ceux du corps, vous allez en être privé pour quelque temps. Heureux si le premier usage que vous en ferez est pour apercevoir la véritable lumière. Le bandeau mystérieux dont je vais les couvrir, va vous faire perdre de vue tous les objets qui ont jusqu’à présent fixé vos regards profanes. Etes-vous dans la ferme résolution de faire ce sacrifice à notre ordre ? Vous devez bien sentir que toutes ces préparations nous rendent absolument maîtres de vous. Vous êtes en notre pouvoir. c’est vous-même qui vous y êtes livré de votre propre mouvement, nous sommes assez généreux pour vous remettre en liberté si vous vous repentez de cette démarche. Nous n’exigerons pas même le secret de votre part sur ce qui s’est déjà passé. Ainsi, consultez-vous et ne faites rien dont vous dussiez vous repentir.”

Si le récipiendaire persiste, on lui met le bandeau sur les yeux en lui demandant sa parole d’honneur qu’il ne voit pas. En fait, le Frère Préparateur, le laissant en cet état à sa réflexion, rentre en Loge et vient rendre compte au Vénérable des dispositions du récipiendaire en lui apportant tous ses métaux.

Le Vénérable ayant donné ordre au Frère Préparateur d’aller chercher le profane, il va le prendre dans la Chambre des Réflexions par la main droite, lui fait appuyer de la gauche la pointe de l’épée sur la poitrine, en cet état le conduit jusqu’à la porte de la Loge à laquelle il frappe en Maçon. Le deuxième Surveillant en avertit le premier et celui-ci le Vénérable qui dit de voir ce que c’est. Le Vénérable Surveillant entrouvre et demande qui frappe ? Le Surveillant Préparateur répond : “ C’est un gentilhomme profane qui demande à être reçu Maçon ”. Le deuxième Surveillant referme et rend cette réponse au Vénérable par le premier Surveillant.

Le Vénérable dit :

“Demandez-lui son nom, son surnom, son pays, son âge, sa profession et sa religion.”

Le Frère Préparateur rend réponse à toutes ces questions.

Le Vénérable : “Demandez-lui encore s’il est dans les dispositions d’être fidèle à la Religion, à son Prince, à l’Etat, à l’Ordre du Maçon, d’aimer et de secourir ses Frères ”

On rend réponse

Le Vénérable : “ Demandez au Frère Préparateur si ce profane est en état décent et s’il est soumis à toutes les épreuves que nous lui avons proposées.”

Le deuxième Surveillant lui ayant rendu réponse, le Vénérable frappe en Maçon et dit : “Introduisez le profane en la manière accoutumée.”

Le deuxième Surveillant ouvre la porte. Le Frère Préparateur ayant introduit le récipiendaire entre les deux Surveillants, lui dit : “ C’est dans ce moment terrible M. , que vous devez vous armer de courage, j’ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour vous mettre en état d’être reçu Maçon, c’est à vous d’achever par votre fermeté et votre constance, la carrière que vous avez commencée. Je vous abandonne à présent pour ne vous plus revoir de ma vie, à moins que vous ne vous rendiez digne de devenir mon Frère. Adieu, Frère Surveillant, je vous remets ce profane, vous en répondez à présent ”. Le Frère deuxième Surveillant lui met la main sur l’épaule gauche et lui saisit le bras gauche, il dit alors :

“Frère premier Surveillant, le profane est entre nos mains.”

Le premier Surveillant met sa main gauche sur l’épaule droite du récipiendaire et lui saisit le bras droit. Il dit alors :

“Vénérable, le profane est entre nos mains, nous sommes Maîtres de lui.”

Le Vénérable ayant frappé en Maçon, tous les Frères se lèvent et se tiennent debout sans remuer, cracher ni moucher. Alors, le Vénérable, s’adressant au récipiendaire, lui dit d’un ton ferme et imposant :

“M. N. N., que pensez-vous faire ici ?”

“N’est-ce point la fin de curiosité qui vous amène ici, parlez vrai ?”

“Quel autre motif a pu vous déterminer, vous qui n’avez aucune idée de nos mystères ?”

“Vous sentez-vous assez de force et de courage pour supporter les épreuves par lesquelles il vous faudra nécessairement passer, quelque violente qu’elles puissent être ?”

“Etes-vous dans la disposition sincère d’aimer vos Frères, de les secourir dans leur besoin, les aider de vos lumières et de vos conseils, de votre bourse même, autant que vos moyens vous le permettront et de risquer votre vie pour secourir un de vos Frères en danger de perdre la sienne ?”

“Pouvez-vous, sans indiscrétion et sans nommer personne, ni la donner à connaître, nous confier en nous racontant quelque trait de bienfaisance de votre part ? Vous ne devez pas comprendre sous ce titre l’aumône faite à un pauvre, dont l’importunité a été peut-être l’unique cause, il nous faut des faits réels et que vous puissiez accorder avec la discrétion d’un galant homme.”

Si le récipiendaire a cité quelque action bienfaisante de sa part, le Vénérable lui dira :

“Nous n’attendions par moins, Monsieur, de votre grandeur d’âme et de la noblesse des sentiments qui vous ont ouvert ce Temple de la bénéficience ; ce que vous venez de nous dire est d’un augure très flatteur pour notre Loge, voilà Monsieur, des actions qui nous assurent des qualités de nos candidats. Après une action d’humanité aussi belle, nous ne devons plus avoir de méfiance à votre égard, nos craintes commencent déjà à s’évanouir. Les épreuves qui vous restent à subir vont pour jamais nous attacher à vous par des liens indissolubles. Mais, avant d’aller plus loin, je dois vous assurer que la fausseté des imputations que des ennemis jaloux nous font chaque jour, les foudres du Vatican injustement lancées contre nos temples, en ont respecté les murs : une fausse prévention ayant fait élever des orages contre nous, la sagesse du Maçon les a dissipés, notre conduite et nos œuvres nous ont fait connaître. Etre fidèle à la Religion, à son Prince, à l’Etat, aimer ses Frères, les aider dans leurs besoins, étendre nos vues de bienfaisance jusque sur le profane, fuir et détester le vice, plaindre les vicieux sans les haïr, voilà en abrégé Monsieur quels sont nos devoirs, nos lois, notre morale, si dans la suite vous apercevez le contraire de ce que je vous dis vous pouvez vous devez même le révéler, le publier : ainsi, n’ayez aucun regret de vous engager dans un Ordre respectable, cet honneur et cette faveur insigne sont recherchés tous les jours par des princes, des nobles et des roturiers. Ils se font gloire de se donner le doux nom de Frère. Selon ce que vous venez d’entendre, quelles sont vos dispositions ? Parlez librement, nous ne demandons que des sujets sincères et vrais. Qu’une fausse honte de vous désister de votre entreprise, ne vous engage pas à faire une démarche qui put vous causer un repentir. Vous êtes libre de profiter de ce moment de liberté qui vous reste, elle va expirer et il ne nous sera plus possible de vous la rendre ; voulez-vous vous retirer, partir ? ”

On laisse le profane à ses réflexions pendant un moment, après lequel, s’il persiste, le Vénérable ordonne au Frère deuxième Surveillant de le faire voyager.

Le deuxième Surveillant prend alors le récipiendaire et le fait voyager trois fois autour de la Loge, en commençant par le Septentrion et finissant par le Midi. Après chaque tour, les Frères secouent leur tablier. Le récipiendaire ayant fini ses voyages, le Vénérable Surveillant dit : “ Frère premier Surveillant, je vous remets le profane, commencez vos fonctions, les miennes sont finies.”

Le Vénérable dit alors au premier Surveillant de reconduire le profane à l’Orient. Le récipiendaire étant alors au pied du trône, le Vénérable lui dit : “ Monsieur, les épreuves que vous avez subies sont légères en comparaison de celles que vous avez à essuyer, je vous en avertis afin que vous puissiez agir en pleine liberté ; persistez-vous avec le même courage que vous avez témoigné jusqu’à présent ? ”

 Après la réponse du candidat, on le fait asseoir sur un tabouret et le Vénérable lui adresse le discours suivant :

“ Monsieur, I’empressement que vous avez montré pour entrer dans le très ancien, très respectable et illustre Ordre des Frères Maçons et le témoignage authentique que notre cher Frère, votre proposant, nous a rendu de vos qualités, nous font un présage heureux que vous possédez les vertus nécessaires pour parvenir au Temple de la Vérité. Mais, avant de vous dévoiler nos mystères sacrés, il faut qu’au nom de cette respectable société, dont j’ai l’avantage d’être le chef, j’entre avec vous dans le détail des qualités qui doivent caractériser un vrai Maçon. Sans chercher à combattre les préjugés répandus contre notre Ordre, préjugés dont la fausseté se démontre au premier examen, je vais m’attacher uniquement à vous rappeler les dispositions que nous exigeons de vous et les règles auxquelles il faudra nécessairement vous soumettre pour arriver à la perfection dont il est le but. Tous les législateurs politiques n’ont pu former des établissements durables ; quelque sages qu’aient été leurs lois, elles n’ont pu s’étendre dans tous les pays et dans tous les siècles. Comme elles avaient dans chaque Etat des vues particulières, elles n’ont pu devenir universelles, ni convenir au goût et au génie de chaque nation. L’amour de la patrie mal entendu et la diversité des intérêts, détruisant bientôt chez les uns et les autres, l’amour de l’humanité. Dès lors, le monde entier, qui dans sa primitive institution ne devait former qu’une république universelle, dont chaque nation était une famille et chaque particulier un enfant, vit la discorde, la haine, la jalousie, l’orgueil, le vil intérêt lui déchirer le flanc ; tous les membres épars de ce grand corps sanguinolent et se détruisant bientôt par eux-mêmes. Ce fut pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes, prises dans la nature même de l’homme, que notre Ordre fut établi. Voulant par là, réunir tous les hommes d’un esprit éclairé et d’une humeur douce et agréable, non seulement par l’amour des beaux arts, mais encore plus par les principes de la vertu la plus éprouvée. Telle a été Monsieur, l’intention de nos ancêtres, quelle obligation n’avons-nous pas à ces hommes supérieurs, qui uniquement guidés par le désir d’un bien général, ont imaginé un établissement dont le seul but est la réunion des esprits et des œuvres cimentée par les liens de la plus solide vertu ? La saine morale est l’étude la plus essentielle de notre société. Les beaux arts et la contemplation de la nature viennent ensuite nous distraire agréablement en élevant notre esprit vers le Créateur. Si les Ordres religieux furent établis pour rendre les hommes plus parfaits, les Ordres militaires pour inspirer l’amour de la gloire ; l’Ordre des Francs-Maçons fut institué pour former des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles observateurs des lois de l’amitié et plus amateurs de la vertu, que des récompenses qui lui sont dues. Nous bannissons de nos Loges toutes disputes pouvant altérer la tranquillité de l’esprit, la douceur des mœurs et les sentiments d’amitié que nous devons à nos Frères. C’est là qu’uniquement occupés du soin de nous instruire, nous pratiquons le bien et démasquons le vice. C’est là que l’orgueil est forcé de plier et qu’une aimable égalité est substituée aux vains titres de grandeur et de noblesse. C’est là enfin, que la Charité, la mère et le principe des autres vertus, y brille dans tout son éclat et embellit un Ordre dont elle est le soutien et le fondement. Loin de rien entreprendre contre les intérêts de la Religion, du Prince et de l’Etat, nos vœux les plus sincères ne tendent qu’à la gloire du suprême architecte de l’univers, qu’à la prospérité du souverain qui nous gouverne et à la splendeur de l’Etat dans lequel nous vivons. Mais un profond silence sur des matières si respectables nous est expressément ordonné, sous peine d’exclusion irrévocable. Enfin, les dernières qualités que nous exigeons encore de vous, sont une discrétion à toute épreuve sur tous les secrets qui vous ont été révélés, une volonté ferme et constante d’aimer vos Frères, de les protéger, de les secourir dans leurs besoins, de les éclairer de vos lumières, de les édifier par vos bons exemples, de sacrifier tout ressentiment personnel, et de rechercher en un mot, tout ce qui peut contribuer à la paix, à la concorde et à l’union de la Société. Je ne sais Monsieur, si j’aurai réussi dans le plan que je viens de vous offrir des obligations que vous allez contracter, mon dessein a été de vous frayer la voie que vous devez suivre, j’espère que l’ardeur que vous témoignez suppléera à tout ce qui me reste à vous dire. Puisse le Grand Architecte de l’Univers, nous accorder toute la satisfaction que nous nous promettons, et que votre initiation s’accomplisse pour la plus grande gloire, la prospérité de l’Ordre et votre avancement dans la perfection. Selon ce que je viens de vous dire, Monsieur, êtes-vous résolu de prononcer avec toute la liberté d’esprit, l’engagement et l’obligation que je vais vous dicter ? Etes-vous dans la ferme résolution et la signer et sceller de votre sang ? En ce cas-là, Monsieur, mettez-vous à genoux, pour venir vous-même, découvrez la place de votre cœur, à nu ; la pointe de ce compas doit reposer dessus, tandis que vous prononcerez le serment redoutable qui va vous ouvrir la porte de notre Temple. Levez la main droite vers le trône de l’Etre Suprême qui vous voit et vous entend, répétez avec moi.”

A l’instant où le profane va prononcer son engagement, le Vénérable frappe le coup de silence, tous les Frères s’approchent en tournant sur lui la pointe de leurs épées. Le premier Surveillant dit alors brusquement au récipiendaire :

“Arrête, téméraire ! Tu vas prononcer l’arrêt de mort. Tremble dans ce moment redoutable. Si ton cœur n’est pas d’accord avec ta bouche, retire-toi.”

Le Vénérable lui fait répéter mot à mot la formule suivante :

 

FORMULE

 

“Oui ! grand Dieu, je promets d’être fidèle à ta sainte religion, à mon souverain et à ma patrie, d’aimer et de secourir mes Frères dans leurs besoins, autant que mes facultés et la providence me le permettront. Je promets un attachement et une fidélité inviolables à l’Ordre respectable du Franc-Maçon. Je promets, en homme d’honneur, de garder très étroitement le secret sur les mystères qui me seront confiés, étant résolu fermement, de perdre plutôt la vie que de révéler à un profane, rien de ce qui a rapport à la Maçonnerie. Plutôt que de manquer à ma parole, je préférerai avoir la gorge coupée, mon corps brûlé et mes cendres jetées au vent. Que le Grand Architecte de l’Univers soit à mon aide et me préserve d’oublier mes engagements.”

Le Vénérable dit ensuite :

“Vous voilà maintenant engagé d’une manière irrévocable, il n’est plus en votre pouvoir de vous rétracter, vous nous appartenez bien légitimement, puisque vous vous êtes donné volontairement à nous. Je compte qu’en répétant avec moi, vous avez senti la force et l’étendue des obligations que vous contractiez et que vous êtes bien dans l’intention de les exécuter. Voyons à présent si votre sang est aussi pris que votre volonté.”

En donnant trois coups de maillet sur la tête du compas qui repose sur son cœur, il lui dit :

“Par le pouvoir dont cette respectable Loge m’a revêtu, je vous reçois Maçon. Levez-vous. Le titre de Frère va désormais vous appartenir et je vais proclamer votre admission aux quatre parties de ce Temple.”

“Frères premier et deuxième Surveillants, Vénérables passés Maîtres, Vénérable en exercice, Off. Dign:. M en F:. G:. qui composez cette R:. L:. reconnaissez le F:. N pour apprentif Maçon et applaudissons à son admission.”

 

On fait la triple acclamation.

 

“Frère premier Surveillant, reconduisez le Frère à l’Occident et mettez-le en état de voir la Lumière.”

Le premier Frère l’emmène à l’Occident, lui ôte les bandeaux et ne les laisse tomber que lorsque le Vénérable a frappé le troisième coup du signal, à l’instant deux Frères placés aux deux côtés du récipiendaire jettent sur une bougie allumée une pincée de poix résinée, pour faire une grande flamme au moment où il voit le jour. Lorsque le bandeau est levé, le premier Surveillant dit au Vénérable : “Tout est prêt”. Les Frères ont eu soin de tourner la pointe de leurs épées contre le récipiendaire et le Vénérable dit : “Mon Frère, ces épées dont vous voyez la pointe dirigée contre votre cœur, vous annoncent le châtiment qui vous serait réservé si jamais vous deveniez indiscret, de même qu’elles vous assurent du secours que vous devez attendre de vos Frères, si vous étiez dans le cas d’en avoir besoin.”

Le Vénérable frappe ou remet les épées : le Patron du récipiendaire vient l’embrasser et le conduit hors de la Loge pour le faire habiller. Il le conduit ensuite entre les deux Surveillants, lesquels avertissent le Vénérable que le récipiendaire demande à être revêtu en Maçon. Le Vénérable ordonne à son Frère premier Surveillant de faire monter les trois marches d’escalier et de faire avancer le récipiendaire par trois pas d’app:.. Le récipiendaire étant en face du Vénérable, le Vénérable dit :

“ M:. C:. F:. vous entrez dans un nouveau monde, bien différent de celui dont vous sortez. Il faut vous dépouiller de toutes les passions qui pourraient affaiblir les heureuses dispositions que nous avons remarquées en vous, décoré des ornements maçonniques dont nous allons vous revêtir. Faites-nous connaître de plus en plus votre zèle et votre attachement à vos devoirs, que vous êtes digne de la faveur signalée que nous allons vous faire, et justifier notre choix par votre exactitude à les remplir. Je vais commencer à vous dévoiler nos mystères, mais ne croyez pas parvenir tout d’un coup dans le sanctuaire de la vérité. Un voile épais vous la cachera encore longtemps (ou pendant quelque temps), ce n’est que dans le dernier des hauts grades, que vous la verrez toute nue ; nous allons seulement vous confier quelques objets de la Maçonnerie qu’on appelle allégorique, méritez par votre conduite que nos emblèmes vous soient expliqués.”

 

HISTOIRE DU GRADE

 

“Quoique notre Ordre soit fort ancien, pour des raisons que vous saurez ensuite, nos ancêtres ont jugé à propos de fixer la première époque de la Maçonnerie à la construction du Temple, sous le règne de Salomon. Comme cet édifice était considérable, il était nécessaire d’établir un Ordre pour faire exécuter sans confusion tous les différents ouvrages. Le sage roi établit donc différentes classes d’ouvriers à qui il confia les différents travaux. La première classe était celle des apprentifs. Leur devoir était d’aider les compagnons et de dégrossir les pierres brutes, enfin on les chargea des ouvrages plus aisés, comme de porter les matériaux dont on pouvait avoir besoin. On leur donna un tablier, qui est la marque de tout Maçon, un signe, un attouchement et un mot pour se faire reconnaître, car sans cette précaution, il aurait été impossible de les distinguer des autres pour payer chaque fois le salaire convenu.

“Il fut assigné à chaque classe un lieu où ce payement devait leur être fait. Les apprentifs se rendirent auprès d’une colonne nommée JAKIN, qui était à gauche du parvis du Temple. Là, après avoir donné le signe, le mot et l’attouchement convenus, ils recevaient leurs salaires. Ce sont ces mêmes signes, attouchement et mot qui sont parvenus jusqu’à nous sous le secret le plus inviolable et que je vais vous communiquer.”

Le Vénérable la lui donne

“ Je vous revêts de ce tablier, plus noble et plus ancien que le cordon de la Toison d’Or et que vous devrez toujours, porter en Loge. Sa blancheur vous dénote la conduite d’un vrai Maçon. Je vous donne aussi ces gants, symbole de la pureté des mœurs d’un Maçon dont les mains ne doivent jamais se prêter à aucune action malhonnête. Quoique dans nos Loges nous n’admettions pas de femmes, cependant le cœur d’un Maçon est sujet à des faiblesses attachées à notre nature. Il peut aimer, il doit estimer le beau sexe. Je vous remets donc ce gant de femme, M:. F:. R:. à condition que vous ne le donniez qu’à une personne estimable par ses mœurs et en qui vous aurez remarqué des qualités dignes de fixer le cœur d’un galant homme. Etant assuré à présent de la générosité de votre âme, je n’hésite plus à vous rendre vos métaux et vos bijoux, persuadé de la disposition où vous êtes à les sacrifier au soulagement de vos Frères dans le besoin.

“Je vous félicite (en l’embrassant) à présent M:. C:. F:. du bonheur que vous avez d’être Maçon. C’est un avantage bien grand pour vous et vous le reconnaîtrez un jour. Allez vous faire connaître à vos Frères.”

Le Surveillant des Cérémonies conduit le récipiendaire à tous les Surveillants de la Loge auxquels il donne le signe, le mot et l’attouchement. Il revient ensuite le dire au Vénérable qui lui dit : “ Il me reste à vous donner le mot de passe pour entrer dans nos Loges : allez vous placer M:. C:. F:. pour entendre l’instruction que va vous donner le C:. F:. orateur, au nom de la Loge”.

 

DISCOURS DE L’ORATEUR

 

Le discours fini, on ramène le récipiendaire entre les Surveillants pour lui expliquer le tableau, ensuite le Vénérable ordonne au Frère premier Surveillant de le faire travailler sur la pierre brute. Il le fait en apprentif, après quoi on applaudit au travail du N:. Récipiendaire.

Le Vénérable ordonne ensuite au Frère Surveillant de faire la lecture des règlements que le N:. doit signer.

S’il n’y a plus de travail à faire, on ferme la Loge de la manière suivante, cependant le Vénérable invite auparavant le récipiendaire à signaler son entrée dans l’Ordre, par quelque aumône en faveur des pauvres ; le récipiendaire ayant donné l’exemple, on fait courir le tronc des pauvres.

 

INSTRUCTION

 

Le Vénérable D.  : “Etes-vous Maçon ?”

Le 1er Surveillant : “ Mes Frères et compagnons me reconnaissent pour tel.”

D.  : “Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?”

N.  : “Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai voulu voir la lumière.”

D.  : “Qui vous a engagé à vous faire recevoir Maçon ?”

N.  : “Mon propre désir et ma sincère volonté.”

D.  : “Que vous en a-t-il coûté ?”

N.  : “La Lumière et mes métaux.”

D.  : “A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?”

N.  : “Au signe, au mot et à l’attouchement.”

D.  : “Donnez-moi le signe ; on le donne ”

D.  : “Que signifie-t-il ?”

N.  : “Il me rappelle mon obligation par laquelle j’ai consenti à avoir la gorge coupée, si je deviens parjure à mes engagements.”

D.  : “Donnez-moi l’attouchement.”

N.  : “On le donne au Vénérable Surveillant.”

D.  : “Donnez-moi le mot.”

N.  : “Je vous le donnerai comme je l’ai reçu” (on l’épelle).

D.  : “Que veut dire ce mot ?”

N.  : “Le Seigneur est mon espérance.”

D.  : “D’où vient ce mot ?”

N.  : “D’une colonne qui était à la gauche du parvis du Temple auprès de laquelle les Apprentifs allaient recevoir leur salaire.”

D.  : “ Quel est le mot de passe d’Apprentif ?”

N.  : “ TUBALCAIN.”

D.  : “Que veut dire ce mot ?”

N.  : “C’est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler dans l’écriture.”

D.  : “Qu’entendez-vous par signe ?”

N.  : “Tout équerre, niveau ou perpendiculaire.”

D.  : “Qu’entendez-vous par attouchement ?”

N.  : “J’entends la façon de se prendre la main pour se reconnaître entre Frères.”

D.  : “Qu’entendez-vous par parole ?”

N.  : “Un mot sacré et mystérieux qui sert à me faire reconnaître pour Apprentif.”

D.  : “Quel est le point parfait de votre entrée ?”

N.  :  C’est la manière de se camper et de marcher en Maçon.”

D.  : “Qui vous a introduit en Loge ? ”

N.  : “Un gentilhomme de mes amis, que j’ai ensuite reconnu pour Maçon.”

D.  : “Comment avez-vous été annoncé en Loge ?”

N.  : “Par trois grands coups.”

D.  : “Que signifient-ils ?”

N.  : “Trois passages de l’Ecriture Sainte : Demandez et vous recevrez ; Cherchez et vous trouverez ; Frappez et on vous ouvrira.”

D.  : “Que vous ont produit ces trois coups ?”

N.  : “Le deuxième Surveillant qui m’a fait voyager 3 fois d’Occident en Orient par le Septentrion et 3 fois d’Orient en Occident par le Midy.”

D.  : “Quand êtes-vous entré en Loge, qu’avez-vous vu ?”

N.  : “Rien que l’esprit humain puisse comprendre.”

D.  : “Pourquoi ?”

N.  : “Parce que j’étais privé de la véritable Lumière.”

D.  : “Comment étiez-vous habillé, quand on vous a introduit en Loge ?”

N.  : “J’étais nu, ni vêtu, ni chaussé, ni déchaussé mais cependant d’une manière décente et séparé de tous métaux.”

D.  : “Pourquoi étiez-vous séparé de tous métaux ?”

N.  : “Parce que dans le temps où l’on construisit le Temple de Salomon, tous les matériaux étaient taillés et prêts à être mis en œuvre, de sorte que l’on n’entendit frapper aucun coup de marteau.”

D.  : “Pourquoi dans ce voyage mystérieux, vous faisait-on lever le pied et baisser la tête ? ”

N.  : “Parce que lors de la construction, il fallait lever le pied pour passer sur les matériaux et baisser la tête pour passer sous les échafauds.”

D.  : “Qu’avez-vous fait après vos voyages ?”

N.  : “J’ai contracté une obligation à laquelle je serai fidèle même au péril de ma vie.”

D.  : “Où vous a-t-on conduit après cette obligation ?”

N.  : “Aux extrémités des ouvrages pour voir la Lumière.”

D.  : “Quand on vous a donné la Lumière, qu’avez-vous vu ?”

N.  : “Trois grandes Lumières le soleil, la lune et l’étoile flamboyante ou le Vénérable ”

D.  : “Expliquez-moi cela ?”

N.  : “Comme le soleil éclaire pendant le jour et la lune pendant la nuit, de même l’étoile flamboyante ou le Vénérable, préside à la Loge pour l’éclairer de ses sages conseils et de ses lumières.”

D.  : “Comment êtes-vous parvenu au Temple ?”

N.  : “Par un escalier à 3 marches et par 3 pas en équerre, à la manière des Maçons.”

D.  : “Que signifient ces 3 marches et ces 3 pas ?”

N.  : “Les 3 voyages mystérieux, ou l’épreuve que l’on m’a fait subir.”

D.  : “Comment voyagent les Apprentifs ?”

N.  : “D’Occident en Orient pour chercher la Lumière.”

D.  : “Comment vous appelez-vous ?”

N.  : “HORUS, qui veut dire silence.”

D.  : “Quel âge avez-vous ?”

N.  : “Trois ans et plus.”

D.  : “Qu’est-ce que cela veut dire ?”

N.  : “Les années d’épreuve que l’on exigeait jadis avant d’être reçu Maçon.”

D.  : “Dans quelle Loge avez-vous été reçu ?”

N.  : “Dans une Loge juste et parfaite.”

D.  : “Qu’appelez-vous une Loge juste et parfaite ?”

N.  : “Trois la forment - Cinq la composent - Sept la rendent juste et parfaite.”

D.  : “ Comment appelez-vous votre Loge ?”

N.  : “La Loge Saint-Jean.”

D.  : “Ou est-elle située ?”

N.  : “Dans un lieu saint et sacré, tel que la Vallée de Josaphat.”

D.  : “Sur quoi est-elle fondée ?”

N.  : “Sur trois grandes colonnes : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ; sagesse pour entreprendre, force pour exécuter, beauté pour orner.”

D.  : “Quelle est la forme de votre Loge ?”

N.  : “La même que celle d’un globe.”

D.  : “Quelle est sa longueur ?”

N.  : “De l’Orient à l’Occident.”

D.  : “Quelle est sa largeur ?”

N.  : “Du Septentrion au Midi.”

D.  : “Quelle est sa profondeur ?”

N.  : “Depuis la surface jusqu’au centre.”

D.  : “Sa hauteur ?”

N.  : “Un espace immense.”

D.  : “Qu’entendez-vous par là ?”

N.  : “Que le globe terrestre renferme tous les Maçons, lesquels ne composent qu’une seule et même Loge.”

D.  : “Où se tient le Vénérable en Loge ?”

N.  : “A l’Orient.”

D.  : “Pourquoi ?”

N.  : “Comme le soleil ouvre sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s’y tient pour ouvrir la Loge, mettre les ouvriers en œuvre et les éclairer de sa Lumière.”

D.  : “Où se tiennent les Frères Surveillants ?”

N.  : “A l’Occident.”

D.  : “Pourquoi ?”

N.  : “Comme le soleil termine sa carrière de ce côté, de même les Surveillants s’y tiennent pour fermer la Loge, payer les ouvriers et les envoyer contents.”

D.  : “Où se tiennent les Apprentifs ?”

N.  : “Au Septentrion.”

D.  : “Pourquoi ?”

N.  : “Afin que de ce côté obscur ils puissent considérer les travaux des compagnons.”

D.  : “Avez-vous reçu des gages ?”

N.  : “Oui, Vénérable.”

D.  : “Où les avez-vous reçus ?”

N.  : “A la colonne J.”

D.  : “A quelle heure se ferme la Loge ?”

N.  : “A minuit.”

D.  : “Quelle heure est-il ?”

N.  : “Minuit plein.”

 

Le Vénérable frappe trois coups et dit : “Puisque la Loge se ferme à minuit, et qu’il est minuit plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d’Apprentif est fermée ” , en disant cela, le Vénérable et tout l’Orient font le signe d’apprentif.

Le premier Surveillant frappe et annonce que la Loge est fermée. Il fait le signe, de même que la colonne du midy.

On fait la triple acclamation.

Le deuxième Surveillant fait de même avec le Septentrion.

 

Rituel publié par A. Ladret in “Le grand siècle de la Franc-Maçonnerie “  1976  p113

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