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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

17 mars, la Saint Patrick ...

Publié le 17 Mars 2013 par Chawax dans Irlande

Le 17 mars, jour de la fête nationale en Irlande, est l’occasion pour le peuple irlandais de célébrer Saint Patrick, son saint patron. Mais grâce à la diaspora irlandaise, la Saint Patrick est aujourd’hui fêtée des Etats-Unis à l’Australie, partout où les irlandais ont émigré. Un nombre toujours plus importants de non irlandais fêtent également la Saint Patrick, histoire de se sentir irlandais un jour dans l’année ! La tradition veut que le jour de la Saint Patrick, on porte des habits de couleur verte. Dans de nombreuses villes d’Irlande et du monde entier, des parades donnent l’occasion aux irlandais d’afficher leur attachement à leurs racines. La Saint Patrick est également un bon prétexte à descendre quantité de verres de bière irlandaise ou de whiskey, en écoutant de la musique irlandaise !

La Saint Patrick en Irlande

D’abord simple fête religieuse, la Saint Patrick est un jour férié en Irlande depuis le Bank Holiday Ireland Act de 1903, voté sur proposition du député irlandais James O’Mara. Le même O’Mara fit passer plus tard une loi interdisant l’ouverture des pubs le 17 mars, loi qui fut valable jusque dans les années 70 ! La première parade de la Saint Patrick en Irlande se tint à Dublin en 1931. Elle constitue encore la principale manifestation de la Saint Patrick sur l’île verte, attirant 500 000 spectateurs en 2006. Depuis 1996, sous l’impulsion du gouvernement irlandais, la parade de Dublin se déroule dans le cadre d’un festival de 5 jours, le Saint Patrick’s Festival, qui est une vitrine de l’Irlande et de sa culture. D’autres parades se tiennent dans les principales villes d’Irlande : Cork, Belfast, Galway, Derry, Kilkenny, Limerick, Waterford, ... La plus importante en dehors de Dublin est celle de Downpatrick, en Irlande du Nord, là même ou est enterré Saint Patrick, qui rassemble 2 000 participants et 30 000 spectateurs. A l’occasion de la Saint Patrick, de nombreux irlandais portent un trèfle ou un petit drapeau irlandais sur la veste, certains portent des objets verts dans les cheveux, d’autres se font peindre des trèfles sur les joues, tout est bon pour marquer sa fièreté d’être irlandais. Et bien sûr les pubs se remplissent le soir, dans une atmosphère festive et populaire ! A noter que la couleur verte n’a pas toujours été appréciée par les irlandais, puisque autrefois on considérait qu’elle portait malheur : le petit peuple irlandais (les lutins et les farfadets) appréciant le vert, les enfants qui portaient trop de vert risquaient fort de se faire enlever ...

Depuis les années 90, les dirigeants politiques irlandais ont pris l’habitude de représenter l’Irlande à travers le monde à l’occasion de la Saint Patrick, essentiellement dans les pays où la communauté irlandaise est importante (Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, ...). Une belle manière d’assurer un lien entre la diaspora irlandaise et les irlandais ! Il est par exemple de tradition que le chef du gouvernement irlandais offre un bol de trèfles au président des Etats Unis d’Amérique à l’occasion de la Saint Patrick.

En Irlande du Nord, la Saint Patrick, fête catholique, a longtemps été considérée par les loyalistes comme un « festival de républicains irlandais » ... Les parades de la Saint Patrick étaient donc financées grâce à des fonds privés. Mais il y a quelques années, la ville de Belfast a décidé de participer au financement de la parade de Belfast, à condition que la parade ne soit pas politisée (par exemple par la présence de drapeaux de la République d’Irlande) et qu’elle réunisse ensemble loyalistes et républicains.

Si vous projetez d’assister aux festivités de la Saint Patrick en Irlande (en particulier à Dublin), réservez longtemps à l’avance, car les vols vers l’Irlande et les hôtels de Dublin sont pleins à craquer pendant une semaine !

La Saint Patrick hors d’Irlande

Principale destination des émigrés irlandais, les Etats-Unis sont sans aucun doute le pays (hors d’Irlande) qui fête le plus la Saint Patrick. C’est même à Boston, en 1737, que se tint la première parade de la Saint-Patrick. La ville a d’ailleurs toujours la réputation d’être la plus irlandaise des villes américaines. En dehors de Boston, les parades les plus anciennes se tiennent à Philadelphie, Chicago, Morristown (New Jersey), Savannah (Géorgie), San Francisco, Pittsburgh, Butte (Montana), ... Mais la plus célèbre et la plus importante se tient à New York, depuis 1756. En 2006, 150 000 participants ont remonté la 5ème avenue de Manhattan, devant près de 2 millions de spectateurs ! La parade est menée par le 69ème régiment d’infanterie (issu en 1851 d’une milice d’émigrés catholiques irlandais), suivi par des fanfares militaires, des associations culturelles, des organisations d’émigrés, etc ... En dehors des parades, de nombreux américains s’habillent de vert, des villes s’habillent de vert (Chicago colore même sa rivière en vert !), certaines équipes de base ball (les Chicago White Sox ou les Boston Red Sox par exemple) remplacent même leur tenue habituelle par des tenues vertes !

Hormis les Etats-Unis, la Saint Patrick est fêtée au Canada, en particulier à Montreal qui accueille la plus grande parade du pays depuis 1824. La Saint Patrick est même un jour férié dans la province de Terre Neuve et du Labrador. La Saint Patrick est également jour férié dans la petite île de Montserrat, dans les Caraïbes, en souvenir de la fondation de l’île par des réfugiés irlandais des îles voisines de Saint Kitts and Nevis. En Europe, la Grande-Bretagne est évidemment en tête des festivités. Londres accueille une parade depuis 2002, mais la plus grande se tient à Birmingham, qui se présente comme la 3ème plus grande parade de la Saint Patrick dans le monde, après celles de New York et Dublin. De nombreux irlandais viennent également assister aux courses de chevaux du Cheltenham Festival, qui coïncide habituellement avec la Saint Patrick. Munich, Copenhague ou Moscou sont d’autres exemples de villes accueillant des parades de la Saint Patrick. Mais c’est bien le monde entier qui a une partie de son coeur en Irlande le 17 mars !

En France, la Saint Patrick est malheureusement peu fêtée, à l’exception bien sûr des pubs irlandais qui permettent aux passionnés de la l’île verte, irlandais ou non, de se rassembler pour avaler des pintes de Guinness et écouter de la musique irlandaise ! Depuis une dizaine d’années, le Festival Interceltique de Lorient organise à chaque Saint Patrick un concert géant en région parisienne. Après les Nuits Celtiques du Stade de France pendant plusieurs années, c’est aujourd’hui le Palais Omnisport de Paris Bercy qui accueille de nombreux spectateurs pour la Nuit de la Saint-Patrick. Au programme : pipe bands, bagadou, danseurs et danseuses irlandaises, choeurs gallois, stars de la musique celtique, ... Une fête qui rassemble donc des artistes celtes, au-delà des seuls irlandais, une grande campagne promotionnelle pour le Festival Interceltique de Lorient qui se déroule quelques mois plus tard ...

Source : http://www.terresceltes.net/17-mars-la-Saint-Patrick.html

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Evangile de l'Enfance (2)

Publié le 16 Mars 2013 par X dans Gnose

CHAPITRE XXVII.

Lorsqu'ils arrivèrent à Bethléem, il s'y était déclaré des maladies graves et difficiles & guérir qui attaquaient les yeux des enfants et beaucoup périssaient. Et une femme qui avait un fils près de mourir, le mena à Marie et la trouva qui baignait le Seigneur Jésus. Et cette femme dit : « O Marie, vois mon fils qui souffre cruellement. » Marie l'entendant lui dit : « Prends un peu de cette eau avec laquelle j'ai lavé mon fils et répands-la sur le tien. » La femme fit comme le lui recommandait Marie, et son fils, après avoir été fort agité, s'était endormi, et lorsqu'il se réveilla, il se trouva complètement guéri. La femme pleine de joie, revint trouver Marie qui lui-dit : « Rends grâce à Dieu, de ce qu'il a guéri ton fils. »

CHAPITRE XXVIII.

Cette femme avait une voisine dont l'enfant était atteint de la même maladie et ses yeux étaient presque fermés et il criait piteusement nuit et jour. Et celle dont le fils avait été guéri lui dit : « Pourquoi ne portes-tu pas ton fils à Marie comme je lui ai porté le mien lorsqu'il était au moment de la mort et qu'il a été guéri par cette eau dans laquelle Jésus s'était baigné? » Et cette seconde femme alla aussi prendre de cette eau et aussitôt qu'elle en eut répandu sur son fils, son mal cessa. Et elle apporta son fils parfaitement guéri à Marie, qui lui recommanda de rendre grâce à Dieu et de ne raconter à personne ce qui lui était arrivé.

CHAPITRE XXIX.

Il y avait dans la même ville deux femmes mariées au même homme et chacune avait un fils qui était malade. L'une se nommait Marie et son fils avait nom Kaljufe. Cette femme se leva et elle porta son enfant à Marie, la mère de Jésus, et elle lui offrit une très belle nappe, et elle lui dit : « O Marie, reçois de moi cette nappe et, en échange, donne-moi un de tes langes. » Marie y consentit et la mère de Kaljufe fit avec ce lange une tunique dont elle revêtit son fils. Et il se trouva guéri et l'enfant de sa rivale mourut le même jour. Il en résulta de grands dissentiments entre ces deux femmes; elles s'acquittaient, chacune à son tour, une semaine durant, des travaux du ménage et une fois que le tour de Marie, la mère de Kaljufe, était venu, elle s'occupait de faire chauffer le four pour cuire le pain et, allant chercher la farine, elle sortit laissant son enfant près du four. Sa rivale voyant que l'enfant était resté seul, le prit et le jeta dans le four tout embrasé et elle s'enfuit Marie revint et elle vit son enfant qui était au milieu du four où il riait, car le four s'était soudainement refroidi, comme si jamais il n'y avait été allumé de feu, et elle se douta que sa rivale l'avait jeté là. Elle l'en retira donc et le porta à la vierge Marie et lui raconta ce qui s'était passé. Et Marie lui dit : « Tais-toi, car je crains pour toi si tu divulgues ces choses. » Ensuite la rivale alla au puits puiser de l'eau et voyant Kaljufe qui jouait auprès et qu'il n'y avait à l'entour nulle créature humaine, elle prit l'enfant et le jeta dans le puits. Des hommes étant venus pour se procurer de l'eau virent l'enfant qui était assis sans aucun mal, sur la surface de l'eau, et ayant descendu des cordes, ils le retirèrent Et ils furent remplis d'une telle admiration pour cet enfant, qu'ils lui rendirent les honneurs comme à un dieu. Et sa mère le porta en pleurant à Marie et lui dit : « O ma maîtresse, vois ce que ma rivale a fait à mon fils et comme elle l'a fait tomber dans le puits et il n'y a pas de doute pour moi qu'elle ne cause un jour sa mort » Marie lui répondit : « Dieu punira le mal qui t'a été fait » Peu de joute après, la rivale alla puiser de l'eau et ses pieds s'embarrassèrent dans la corde de sorte qu'elle tomba dans le puits et lorsque l'on accourut pour lui porter secours, on trouva qu'elle s'était fracassé la tête. Elle mourut donc d'une manière funeste et la parole du sage s'accomplit en elle : « Ils ont creusé un puits et ils ont jeté la terre en haut, mais ils sont tombés dans la fosse qu'ils avaient préparée. »

CHAPITRE XXX.

Une autre femme de la même ville avait deux enfants, malades tous deux; l'un mourut et l'autre était près de trépasser; sa mère le prit dans ses bras et le porta à Marie en versant un torrent de larmes et elle lui dit : « O ma maîtresse, viens à mon secours et assiste-moi ; j'avais deux fils et je viens d'en perdre un et je vois l'autre au moment de périr. Vois comment j'implore la miséricorde du Seigneur. » Et elle se mit à dire : « Seigneur, vous êtes plein de clémence et de compassion ; vous m'aviez donné deux fils, vous avez rappelé l'un d'eux à vous, du moins laissez-moi l'autre. » Marie témoin de son excessive douleur, eut pitié d'elle et Lui dit : « Place ton enfant dans le lit de mon fils et couvre-le de ses vêtements. » Et quand l'enfant eut été placé dans le lit à côté de Jésus « ses yeux appesantis par la mort se rouvrirent et appelant sa mère à voix haute, il demanda du pain et quand on lui en eut donné, il le mangea. Alors sa mère dit : « O Marie, je connais que la vertu de Dieu habite en toi, au point que ton fils guérit les enfants aussitôt qu'ils l'ont' touché. » Et l'enfant qui fut ainsi guéri est ce même Barthélémy dont il est parlé dans l'Évangile.

chapitre XXXI.

11 y avait au même endroit une femme lépreuse qui alla trouver Marie mère de Jésus et qui lui dit : « O ma maîtresse, assiste-moi. » Et Marie lui répondit : « Quel secours demandes-tu? est-ce de l’or ou de l'argent, ou veux-tu être guérie de ta lèpre ? » Cette femme repartit : « Qu'est-ce que tu peux faire pour moi ? » Et Marie lui dit : « Attends un peu jusqu'à ce que j'aie lavé mon enfant et que je l'aie mis dans son lit. » La femme attendit et Marie, après l'avoir couché, tendit à la femme un vase plein de l'eau avec laquelle elle avait lavé son enfant et lui dit : « Prends un peu de cette eau et répands-la sur ton corps. » Et aussitôt que la malade l'eut fait, elle se trouva guérie, et elle rendit grâce à Dieu.

chapitre XXXII.

Elle s'en alla ensuite, après être restée trois jours auprès de Marie et elle vint dans une ville où rendait un prince qui avait épousé la fille d'un autre prince, mais lorsqu'il vit sa femme, il aperçut entre ses yeux les marques de la lèpre, ayant la forme d'une étoile et leur mariage avait été déclaré nul et non valide. Et cette femme voyant la princesse qui se livrait au désespoir, lui demanda la cause de ses larmes, et la princesse lui répondit : « Ne t'informe pas de ma situation ; mon malheur est tel que je ne puis le révéler à personne. » La femme insistait pouf le savoir, disant qu'elle connaîtrait peut-être quelque remède à y apporter. Elle vit alors les traces de la lèpre qui paraissaient entre les yeux de la princesse. « Moi aussi, » dit-elle, « j'ai été atteinte de cette même maladie et je m'étais rendue pour affaires à Bethléem. Là, j'entrai dans une caverne où je vis une femme nommée Marie et elle avait un enfant qui s'appelait Jésus. Me voyant atteinte de la lèpre, elle eut pitié de moi, et die me donna l'eau dans laquelle elle avait lavé le corps de son fils. Je versai cette eau sur mon corps et je fus aussitôt guérie. La princesse lui dit alors : « Lève-toi et viens avec moi et fais-moi voir Marie. » Et elle s'y rendit apportant de riches présents. Et quand Marie la vit, elle dit : « Que la miséricorde du Seigneur Jésus soit sur toi. » Et elle lui donna un peu de cette eau dans laquelle elle avait lavé son enfant. Aussitôt que la princesse en eut répandu sur elle, elle se trouva guérie et elle rendit grâces au Seigneur, ainsi que tous les assistants. Le prince apprenant que sa femme avait été guérie, la reçut chez lui et célébrant de secondes noces, il rendit grâces à Dieu.

CHAPITRE XXXIII.

Il y avait au même endroit une jeune fille que Satan tourmentait ; l'esprit maudit lui apparaissait sous la forme d'un grand dragon qui voulait la dévorer et il avait sucé tout son sang de sorte qu'elle ressemblait & un cadavre. Et toutes les fois qu'il se jetait sur elle, elle criait, en joignant les mains au-dessus de sa tête et elle disait : « Malheur, malheur à moi, car il n'y a personne qui puisse me délivrer de cet affreux dragon. » Son père et sa mère et tous ceux qui l'entouraient et.qui la voyaient, se livraient à l'affliction et répandaient des larmes, surtout lorsqu'elle pleurait et disait : « O mes frères et mes amis, n'y a-t-il donc personne qui me délivre de ce meurtrier? » La fille du prince qui avait été guérie de la lèpre, entendant la voix de cette malheureuse, monta sur le toit de son château et elle la vit, les mains jointes au-dessus de la tête, versant des larmes abondantes et tous ceux qui l'entouraient pleuraient aussi. Et elle demanda si la mère de cette possédée vivait encore. Et quand on lui eut répondu que son père et sa mère étaient tous deux en vie, elle dit : « Faites venir sa mère auprès de moi. » Et quand elle fut venue, elle lui demanda : « Est-ce ta fille qui est ainsi possédée? » Et la mère ayant répondu que oui, en versant des larmes, la fille du prince dit : « Ne révèle pas ce que je vais te confier ; j'ai été lépreuse, mais Marie, la mère de Jésus-Christ m'a guérie. Si tu veux que ta fille obtienne sa délivrance, conduis-la à Bethléem et implore avec foi l'assistance de Marie et je crois que tu reviendras pleine de joie ramenant ta fille guérie. » Aussitôt la mère se leva et elle partit et elle alla trouver Marie, et elle lui exposa l'état dans lequel était sa fille. Marie l'ayant écoutée lui donna un peu de l'eau dans laquelle elle avait lavé son fils Jésus et lui dit de la répandre sur le corps de la possédée. Elle lui donna ensuite un morceau des langes de l'enfant Jésus et elle lui dit : « Prends ceci et montre-le à ton ennemi, toutes les fois que tu le verras, » et elle la renvoya ensuite en paix.

CHAPITRE XXXIV.

Lorsqu'après avoir quitté Marie, elles furent revenues dans leur ville et lorsque vint le temps où Satan avait coutume de la tourmenter, il lui apparut sous la forme d'un grand dragon et, à son aspect, la jeune fille fut saisie d'effroi. Et sa mère lui dit : « Ne crains rien, ma fille, laisse-le s'approcher davantage de toi et montre-lui ce linge que nous a donné Marie et nous verrons ce qu'il pourra faire. » Et quand le malin esprit qui avait revêtu la forme de ce dragon fut tout proche, la malade, toute tremblante de frayeur, mit sur sa tête et déploya le linge et il en sortit des flammes qui s'élançaient vers la tête et vers les yeux du dragon, et on entendit crier à haute voix : « Qu'y a t-il entre toi et moi, ô Jésus, fils de Marie ? où trouverai-je un asile contre toi ? » Et Satan prit la fuite avec épouvante, abandonnant cette jeune fille, et depuis il ne lui apparut jamais. Et elle se trouva ainsi délivrée, et elle rendit dans sa reconnaissance des actions de grâce à Dieu, ainsi que tous ceux qui avaient été présents à ce miracle.

CHAPITRE XXXV.

Il y avait dans cette même ville une autre femme dont le fils était tourmenté par Satin, il se nommait Judas, et toutes les fois que le malin esprit s'emparait de lui, il cherchait à mordre ceux qui étaient près de lui, et, s'il était seul, il mordait ses propres mains et ses membres. La mère de ce malheureux entendant parler de Marie et de son fils Jésus, se leva r et tenant son fils dans ses bras, elle le porta à Marie. Sur ces entrefaites, Jacques et Joseph avaient conduit dehors l'enfant Jésus pour qu'il jouât avec les autres enfants, et ils s'étaient assis hors de la maison et Jésus avec eux. Judas s'approcha et s'assit à la droite de Jésus, et quand Satan commença à l'agiter comme d'ordinaire, il cherchait à mordre Jésus, et comme il ne pouvait l'atteindre, il lui donnait des coups dans le côté droit, de sorte que Jésus se mit à pleurer. Et, en ce moment, Satan sortit de cet enfant, sous la forme d'un chien enragé. Et cet enfant fut Judas Iscariote, qui trahit Jésus et le côté qu'il avait frappé fut celui que les Juifs percèrent d'un coup de lance.

CHAPITRE XXXVI.

Lorsque le Seigneur Jésus eut accomplit sa septième année, il jouait un jour avec d'autres enfants de son âge et, en s'amusant, ils faisaient avec de la terre détrempée diverses images d'animaux, de loups, d'ânes, d'oiseaux, et chacun vantant son ouvrage, s'efforçait de l'élever au-dessus de celui de ses camarades. Alors le Seigneur Jésus dit aux enfants: « J'ordonnerai aux figures que j'ai faites de se mettre à marcher. » Et les enfants lui demandant s'il était le fils du Créateur, le Seigneur Jésus ordonnait aux images de marcher et elles avançaient aussitôt. Quand il leur commandait de revenir, elles revenaient. Il avait fait des images d'oiseaux et de passereaux qui volaient lorsqu'il leur enjoignait de voler et qui s'arrêtaient quand il leur disait de s'arrêter, et quand il leur présentait de la boisson et de la nourriture, elles mangeaient et buvaient. Quand les enfants se furent retirés et qu'ils eurent raconté à leurs parents ce qu'ils avaient vu, ceux-ci leur dirent; « Evitez à l'avenir d'être avec lui, car c'est un enchanteur ; fuyez-le donc dorénavant, et ne jouez plus avec lui.»

CHAPITRE XXXVII.

Un certain jour le Seigneur Jésus jouant et courant avec les autres enfants passa devant la boutique d'un teinturier qui se nommait Salem ; il y avait dans cette boutique des étoffes appartenant à grand nombre d'habitants de la ville et que Salem se préparait à teindre de diverses couleurs; Jésus étant entré dans cette boutique prit toutes ces étoffes et les jeta dans la chaudière. Salem se retournant et voyant les étoffes perdues, se mit à pousser de grands cris et à réprimander Jésus, disant : « Qu'as-tu fait, ô fils de Marie? tu as fait tort à moi et à mes concitoyens; chacun demandait la couleur qui lui convenait, et toi tu es survenu, et tu as tout perdu. » Le Seigneur Jésus répondit : « De quelque pièce d'étoffe que tu veuilles changer la couleur, je la changerai. » Et aussitôt il se mit à retirer les étoffes de la chaudière et chacune était teinte de la couleur que désirait le teinturier . Et les Juifs témoins de ce miracle, célébrèrent la puissance de Dieu.

CHAPITRE XXXVIII.

Joseph parcourait toute la ville, menant avec lui le Seigneur Jésus et on l'appelait pour confectionner des portes ou des cribles, ou des coffres, et le Seigneur Jésus était avec lui partout où il allait. Et tontes les fois que l'ouvrage que faisait Joseph devait être plus long bu plus court, plus large ou plus étroit, le Seigneur Jésus étendait la main, et la chose se trouvait aussitôt telle que l'avait désiré Joseph, de sorte qu'il n'avait point besoin de rien achever de sa propre main, car il n'était pas fort habile dans ce métier de menuisier.

chapitre XXXIX.

Un jour, le roi de Jérusalem le fit appeler et lui dit : « Je veux, Joseph, que tu me fasses un trône d'après la dimension de l'endroit où j'ai coutume de m'asseoir. » Joseph obéit, et aussitôt mettant la main à l'œuvre, il passa deux ans clans le palais jusqu'à ce qu'il eût achevé de fabriquer ce trône. Et lorsqu'il fut placé à l'endroit où il devait être, l'on vit que de chaque côté il manquait deux spithames à la mesure fixée .Alors le roi se mit en colère contre Joseph, et Joseph, redoutant le courroux du monarque, ne put manger et se coucha à jeun. Alors le Seigneur Jésus lui demandant quel était le motif de sa crainte, il répondit : « C'est que l'ouvrage auquel j'ai travaillé deux ans entiers est gâté. » Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Reviens de ta frayeur et ne perds pas courage; prends ce côté du trône et moi l'autre, pour que nous l'amenions à une mesure exacte. » Et Joseph ayant fait ce que prescrivait le Seigneur Jésus et chacun tirant fortement de son côté, le trône obéit et eut exactement la dimension que l’on désirait. Les assistants, voyant ce miracle, furent frappés de stupeur et bénirent Dieu. Ce trône était fabriqué avec un bois qui existait dès le temps de Salomon, fils de David, et qui était remarquable par ses diverses formes et figures.

CHAPITRE XL.

Un autre jour, le Seigneur Jésus alla sur la place et voyant les enfants qui s'étaient réunis pour jouer, il se mêla à eux ; l'ayant aperçu, ils se cachèrent et le Seigneur Jésus alla à la porte d'une maison et demanda à des femmes qui se tenaient debout à l'entrée où ces enfants avaient été. Et comme elles répondirent qu'il n'y en avait aucun dans la maison, le Seigneur Jésus dit : « Qu'est-ce que vous voyez sous cette voûte ? » Elles répondirent que c'étaient des béliers âgés de trois ans et le Seigneur Jésus s'écria : « Sortez, béliers, et venez vers votre pasteur. » Et aussitôt les enfants sortirent, ayant forme de béliers, et ils sautaient autour de lui, et ces femmes ayant vu cela, furent saisies d'effroi Et elles adoraient le Seigneur Jésus, disant : « O Jésus! fils de Marie, notre Seigneur, tu es vraiment le bon Pasteur d'Israël, aie pitié de tes servantes qui sont en ta présence et qui ne doutent pas, Seigneur, que tu ne sois venu pour guérir et non pour perdre. » Ensuite, le Seigneur Jésus ayant répondu que les enfants d'Israël étaient parmi les peuples comme des Éthiopiens, les femmes dirent : « Seigneur, tu connais toutes choses et rien ne t'est caché ; nous te demandons et nous espérons de ta miséricorde que tu voudras bien rendre à ces enfants leur ancienne forme. » Et le Seigneur Jésus dit alors : « Venez, enfants, afin que nous allions jouer. » Et aussitôt, en présence de ces femmes, ces béliers reprirent la figure d'enfants.

chapitre XLI.

Au mois d'Adar Jésus rassembla les enfants et les fit ranger comme étant leur roi ; ils avaient étendu leurs vêtements par terre pour qu'il s'agît dessus, et ils avaient posé sur sa tête une couronne de fleurs, et comme des satellites qui accompagnent un roi, ils s'étaient rangés à sa droite et à sa gauche. Si quelqu'un passait parla, les enfants l'arrêtaient de force et lui disaient : « Viens et adore le roi, afin que tu obtiennes un heureux voyage. »

CHAPITRE XLII.

Sur ces entrefaites arrivèrent des hommes qui portaient un enfant sur une litière. Cet enfant avait été sur la montagne avec ses camarades pour chercher du bois, et, ayant trouvé un nid de perdrix, il y mit la main pour en retirer les œufs, et un serpent caché au milieu du nid le mordit, et il appela ses compagnons à son secours. Quand ils arrivèrent, ils le trouvèrent étendu sur la terre et comme mort, et des gens de sa famille vinrent et ils l’emportaient à la ville et quand ils furent arrivés à l'endroit où le Seigneur Jésus trônait comme un roi, les autres enfants l'entouraient comme étant de sa cour, et ces enfants allèrent au-devant de ceux qui portaient le moribond et leur dirent: « Venet et saluez le roi. » Comme ils ne voulaient point approcher à cause du chagrin qu'ils éprouvaient, les enfants les amenaient de force. Et quand ils furent devant le Seigneur Jésus, il leur demanda pourquoi ils portaient cet enfant ; ils répondirent qu'un serpent l'avait mordu, et le Seigneur Jésus dit aux enfants : « Allons ensemble et tuons ce serpent. » Les parents de l'enfant qui était au moment de trépasser priant les autres enfants de les laisser aller, ceux-ci répondirent ; « N'avez-vous pas entendu ce que le roi a dit : Allons et tuons le serpent, et ne devez-vous pas vous conformer à ses ordres? » Et, malgré leur opposition, ils faisaient rebrousser chemin à la litière. Lorsqu'ils furent arrivés auprès du nid, le Seigneur Jésus dit aux enfants : « N'est-ce pas là que se cache le serpent ?» Et eux ayant répondu oui, le serpent appelé par le Seigneur Jésus, sortit aussitôt et se soumit à lui. Et le Seigneur lui dit : « Va et suce tout le poison que tu as répandu dans les veines de cet enfant. » Le serpent, rampant, reprit alors tout le poison qu'il avait répandu, et le Seigneur l'ayant maudit, il creva aussitôt après et il mourut Et le Seigneur Jésus toucha l'enfant de sa main, et il fut guéri. Et comme il se mettait à pleurer, le Seigneur Jésus lui dit ; « Cesse tes pleurs, tu seras mon disciple. » Et cet enfant fut Simon le Cananéen dont il est fait mention dans l'Évangile.

chapitre XLIII.

Un autre jour Joseph avait envoyé son fils Jacques pour ramasser du bois, et le Seigneur Jésus s'était joint à lui comme son compagnon, et quand ils furent arrivés à l'endroit où était le bois et lorsque Jacques se fut mis à en ramasser, voici qu'une vipère le mordit, et il commença à crier et à pleurer. Le Seigneur Jésus le voyant dans cet état, s'approcha de lui et il souffla sur l'endroit où il avait été mordu, et Jacques fut guéri sur-le-champ .

CHAPITRE XLIV.

Un jour, le Seigneur Jésus était avec des enfants qui jouaient sur un toit, et l'un de ces enfants vint à se laisser tomber et il expira sur le coup. Les autres enfants s'enfuirent et le Seigneur Jésus demeura seul sur le toit, et les parents du mort étant arrivés, ils dirent au Seigneur Jésus : « C'est toi qui as précipité notre fils du haut du toit. » Et comme il le niait, ils répétèrent encore plus fort : « Notre fils est mort et voici celui qui l'a tué. » Et le Seigneur Jésus répondit : « Ne m'accusez pas d'un crime dont vous ne pouvez apporter aucune preuve; mais demandons à cet enfant lui-même qu'il mette la vérité au grand jour. » Et le Seigneur Jésus descendit et se plaça près de la tête du mort et dit à haute voix : « Zeinon, Zeinon, qui est-ce qui t'a précipité du haut du toit? » Et le mort répondit : « Seigneur, ce n'est pas toi qui as été la cause de ma chute, mais c'est quelqu'un qui m'a fait tomber. » Et le Seigneur ayant recommandé aux assistants de faire attention à ces paroles, tous ceux qui étaient présents louèrent Dieu de ce miracle .

chapitre XLV.

Marie avait un jour commandé au Seigneur Jésus d'aller lui chercher de l'eau à un puits. Et lorsqu'il se fut acquitté de cette tâche, la cruche déjà pleine qu'il élevait se brisa. Et le Seigneur Jésus ayant étendu son manteau, porta à sa mère l'eau qu'il y avait recueillie, et elle fut frappée d'admiration, et elle conservait dans son cœur tout ce qu'elle voyait

CHAPITRE XLVI.

Un autre jour, le Seigneur Jésus jouait sur le bord de l'eau avec d'autres enfants, et ils avaient creusé des rigoles pour faire couler l'eau, formant ainsi des petits bassins, et le Seigneur Jésus avait fait avec de la terre douze petits oiseaux et les avait placés autour de son bassin, trois de chaque côté. C'était un jour de sabbat, et le fils d'Hanon, le juif, survenant et les voyant ainsi occupés, leur dit : « Comment pouvez-vous un jour de sabbat, faire des figures avec de la boue ? » Et il se mit à détruire leurs bassins. Et le Seigneur Jésus ayant étendu les mains sur les oiseaux qu'il avait faits, ils s'envolèrent en gazouillant Ensuite lorsque le fils d'Hanon, le juif, s'approcha du bassin qu'avait creusé Jésus, afin de le détruire, l'eau disparut et le Seigneur Jésus lui dit : « Tu vois comme cette eau est séchée; il en sera de même de ta vie. » Et aussitôt l'enfant se dessécha.

chapitre XLVII.

Un autre jour, comme le Seigneur Jésus rentrait le soir au bois avec Joseph, un enfant courant au devant de lui, le choqua avec violence, et le Seigneur Jésus fut presque renversé, et il dit à cet enfant : « Ainsi que tu m'as poussé, tombe et ne te relève pas. » Et à l'instant, l'enfant chut par terre et il expira.

CHAPITRE XLVIII.

Il y avait à Jérusalem un homme, nommé Zachée, qui instruisait la jeunesse. Et il disait à Joseph : « Pourquoi, Joseph, ne m'envoies-tu pas Jésus afin qu'il apprenne les lettres ? » Joseph voulait se conformer à cet avis, et il en convint avec Marie. Ils menèrent donc l'enfant vers le maître, et, aussitôt que celui-ci l'eut vu, il écrivit un alphabet et lui dit de prononcer Aleph. Et quand il l'eut fait, il lui demanda de dire Beth. Le Seigneur Jésus lui dit : « Dis-moi d'abord quelle est la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Et le maître se disposait à le frapper, mais le Seigneur Jésus se mit à lui expliquer la signification des lettres Aleph et Beth, quelles sont les lettres dont la forme est droite, celles dont elle est oblique, quelles sont celles qui sont doubles, celles qui sont accompagnées de points et celles qui en manquent, et pourquoi telle lettre en précède une autre et il dit beaucoup de choses que le maître n'avait jamais entendues et qu'il n'avait lues en aucun livre. Et le Seigneur Jésus dit au maître : « Fais attention à ce que je vais te dire. » Et il se mit à réciter clairement et distinctement Aleph, Beth, Gimel, Daleth, jusqu'à la fin de l'alphabet. Le maître en fut dans l'admiration, et il dit : « Je crois que cet enfant est né avant Noé ; » et, se tournant vers Joseph, il ajouta : « Tu m'as conduit, pour que je l'instruise, un enfant qui en sait plus que tous les docteurs. » Et il dit à Marie : « Ton fils n'a nul besoin de notre enseignement. »

chapitre XLIX.

Ils le conduisirent ensuite à un maître plus savant, et aussitôt qu'il l'eut aperçu : « Dis Aleph », lui demanda-t-il. Et lorsqu'il eut dit Aleph, le maître lui prescrivit de prononcer Beth. Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Dis-moi la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Le maître irrité leva la main pour le frapper, et aussitôt sa main se dessécha et il mourut Alors Joseph dit à Marie : « Dorénavant il ne faudra plus laisser l'enfant sortir de la maison, car quiconque s'oppose à lui, est frappé de mort »

chapitre L.

Lorsqu'il eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisent à Jérusalem à l'époque de la fête, et la fête étant finie, ils s'en retournèrent, mais le Seigneur Jésus resta dans le temple, parmi les docteurs et les vieillards et les savants des fils d'Israël, qu'il interrogeait sur différents points de la science, et, à son tour, il leur répondait, et il leur demanda : « De qui le Messie est-il fils? » Et ils répondirent : « Il est le fils de David. » Jésus répondit : « Pourquoi donc David, mu par l'Esprit-Saint, l’appelle-t-il son Seigneur, lorsqu'il dit : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : « Assied-toi à ma droite pour que je mette tes ennemis sous tes pieds. » Alors un des chefs des docteurs l'interrogea, disant : « As-tu lu les livres Saints? » Le Seigneur Jésus répondit : « J'ai lu les livres et ce qu'ils contiennent, » et il leur expliquait l'écriture, la loi, les préceptes, les statuts, les mystères qui sont contenus dans les livres des prophéties, chose que l'intelligence de nulle créature ne peut comprendre. Et ce chef des docteurs dit : « Je n'ai jamais vu ni entendu une pareille instruction ; qui pensez-vous que cet enfant puisse être? »

chapitre LI.

Il se trouva là un philosophe savant dans l'astronomie, et il demanda au Seigneur Jésus, s'il avait étudié la science des astres. Et Jésus lui répondant exposait le nombre des sphères et des corps célestes, leur nature et leurs oppositions, leur aspect trine, quadrat et sextile, leur progression et leur mouvement rétrograde, le comput et la prognostication et autres choses que la raison d'aucun homme n'a scrutées.

chapitre LII.

Il y avait aussi parmi eux un philosophe très savant en médecine et dans les sciences naturelles, et lorsqu'il demanda au Seigneur Jésus s'il avait étudié la médecine, celui-ci lui exposa la physique, la métaphysique, l'hyperphysique et l'hypophysique, les vertus du corps et les humeurs et leurs effets, le nombre des membres et des os, des urines, des artères et des nerfs, les divers tempéraments, chaud et sec, froid et humide, et quels sont leurs résultats; quelles sont les opérations de l'âme dans le corps, ses sensations et ses vertus, les facultés de la parole, de la colère, du désir, la congrégation et la dispersion et d'autres choses que l'intelligence d'aucune créature n'a pu saisir. Alors ce philosophe se leva et il adora le Seigneur Jésus en disant : « Seigneur, désormais je serai ton disciple et ton serviteur. »

chapitre LIII.

Et tandis qu'ils parlaient ainsi, Marie survint avec Joseph, et depuis trois jours elle cherchait Jésus; le voyant assis parmi lés docteurs, les interrogeant et leur répondant alternativement, elle lui dit : « Mon fils, pourquoi en as-tu ainsi agi à notre égard ? ton père et moi nous t'avons cherché, nous donnant beaucoup de peine. » Il répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il convenait que je demeurasse dans la maison de mon père ? » Mais ils ne comprenaient pas les paroles qu'il leur adressait. Alors les docteurs demandèrent à Marie s'il était son fils, et, elle ayant répondu que oui, ils s'écrièrent : « O heureuse Marie, qui as enfanté un tel enfant » Il revint avec eux à Nazareth, et il leur était soumis en toutes choses. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. Et le Seigneur Jésus profitait en taille, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Chapitre LIV.

Il commença dès ce jour à cacher ses miracles, ses secrets et ses mystères, jusqu'à ce qu'il eut accompli sa trentième année, lorsque son père révéla publiquement sa mission aux bords du Jourdain, une voix venue du ciel ayant fait entendre ces mots : « C'est mon fils bien-aimé dans lequel j'ai mis toute ma complaisance, » et le Saint-Esprit ayant apparu sous la forme d'une colombe blanche,

CHAPITRE LV.

C'est lui que nous adorons humblement, car il nous a donné l'existence et la vie, et il nous a fait sortir des entrailles de nos mères ; il a pris pour nous le corps de l'homme, et il nous a rachetés, nous couvrant de sa miséricorde éternelle, et nous accordant sa grâce par son amour pour nous et par sa bonté. A lui la gloire, puissance, louange et domination dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

Fin de l'Évangile de l'Enfance tout entier, avec l'assistance du Dieu suprême, suivant ce que nous trouvons.

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/enfance.htm

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Evangile de l'Enfance (1)

Publié le 16 Mars 2013 par X dans Gnose

Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit-Saint, Dieu unique.

Avec le secours et l'assistance du Dieu tout-puissant, nous commençons à écrire le livre des miracles de notre Sauveur, maître et Seigneur Jésus-Christ, lequel s'appelle l'Évangile de l'enfance, dans la paix du Sauveur. Ainsi soit-il.

CHAPITRE Ier.

Nous trouvons dans le livre du grand-prêtre Joseph qui vécut du temps de Jésus-Christ (et quelques-uns disent que son nom était Caïphe) que Jésus parla lorsqu'il était au berceau et qu'il dit à sa mère Marie : moi que tu as enfanté, je suis Jésus, le fils de Dieu, le Verbe, ainsi que te l'a annoncé l'ange Gabriel et mon père m'a envoyé pour le salut du monde.

CHAPITRE II.

L'an trois cent soixante-neuf de l'ère d'Alexandre, Auguste ordonna que chacun se fit enregistrer dans sa ville natale. Joseph se leva donc et conduisant Marie son épouse, il vint à Jérusalem, et il se rendit à Bethléem pour se faire inscrire avec sa famille dans l'endroit où il était né; lorsqu'ils furent arrivés tout proche d'une caverne, Marie dit à Joseph que le moment de sa délivrance était venu et qu'elle ne pouvait aller jusqu'à la ville, « mais, » dit-elle,« entrons dans cette caverne. » Le soleil était au moment de se coucher. Joseph se hâta d'aller chercher une femme qui assistât Marie dans l'enfantement, et il rencontra une vieille Israélite qui venait de Jérusalem et la saluant, il lui dit : « entre dans cette caverne où tu trouveras une femme au moment d'accoucher. »

CHAPITRE III.

Et après le coucher du soleil, Joseph arriva avec la vieille devant la caverne et ils entrèrent. Et voici que la caverne était toute resplendissante d'une clarté qui surpassait celle d'une infinité de flambeaux et qui brillait plus que le soleil à midi. L’enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, tétait le sein de sa mère Marie. Tous deux restèrent frappés de surprise à l'aspect de cette clarté, et la vieille demanda à Marie : « Est-ce que tu es la mère de cet enfant? » Et Marie ayant répondu affirmativement, la vieille lui dit : « Tu n'es pas semblable aux filles d'Eve, » et Marie repartit : « De même qu'il n'y a parmi les enfants aucun qui soit semblable à mon fils, de même sa mère est sans pareille parmi toutes les femmes. La vieille dit alors : « Madame et maîtresse, je suis venue pour acquérir une récompense qui dure à jamais, et Marie lui répondit : « Pose tes mains sur l'enfant. » Lorsque la vieille l'eut fait, elle fut purifiée, et quand elle fut sortie, elle disait : « Dès ce moment, je serai la servante de cet enfant, et je serai vouée à son service durant tous les jours de ma vie. »

CHAPITRE IV.

Ensuite, lorsque les bergers furent arrivés, et qu'ayant allumé le feu, ils se livraient à la joie, les armées célestes leur apparurent, louant et célébrant le Seigneur, la caverne eut toute ressemblance à un temple auguste, où des rois célestes et terrestres célébraient la gloire et les louanges de Dieu à cause de la nativité du Seigneur-Jésus-Christ. El cette vieille Israélite voyant ces miracles éclatants, rendait grâces à Dieu, disant : « Je vous rends grâce, ô Dieu, Dieu d'Israël, parce que mes yeux ont vu la nativité du Sauveur du monde».

CHAPITRE V.

Lorsque le temps de la circoncision fut arrivé, c'est-à-dire, le huitième jour, époque à laquelle la loi prescrit que le nouveau-né doit être circoncis., ils le circoncirent dans la caverne, et la vieille Israélite recueillit le prépuce (d'autres disent que ce fut le cordon ombilical qu'elle recueillit) et le mit dans un vase d'albâtre rempli d'huile de vieux nard. Et elle avait un fils qui faisait commerce de parfums, et elle lui donna ce vase, en disant : « Garde-toi de vendre ce vase rempli de parfum de nard, lors même qu'on t'en offrirait trois cents deniers. » C'est ce vase que Marie la pécheresse acheta et qu'elle répandit sur la tête et sur les pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ, en les essuyant de ses cheveux. Quand dix jours se furent écoulés, ils portèrent l'enfant à Jérusalem, et à l'expiration de la quarantaine, ils le présenteront dans le temple au Seigneur, en donnant pour lui les offrandes que prescrit la loi de Moïse où il est dit : « Tout enfant mâle qui sortira du ventre de sa mère sera appelé le saint de Dieu. »

CHAPITRE VI.

Le vieillard Siméon vit l'enfant Jésus brillant de clarté comme une colonne de lumière, tandis que la Vierge Marie, sa mère, le portait dans ses bras et qu'elle ressentait une extrême joie et une foule d'anges formaient comme un cercle autour de lui, célébrant ses louanges et l'accompagnant, ainsi que les satellites d'un roi vont à sa suite. Siméon s'approchant donc avec empressement de Marie et étendant ses mains vers elle, disait au Seigneur Jésus : « Maintenant, Seigneur, votre serviteur peut se retirer en paix suivant votre parole, car mes yeux ont vu votre miséricorde et ce que vous avez préparé pour le salut de toutes les nations, pour la lumière de tous les peuples et la gloire de votre peuple d'Israël. » La prophétesse Anne était aussi présente, et elle rendait grâces à Dieu, et elle vantait le bonheur de Marie.

CHAPITRE VII.

Et voici ce qu'il arriva, tandis que le Seigneur Jésus était né à Bethléem, ville de Judée, au temps du roi Hérode, des mages vinrent des pays de l'Orient, à Jérusalem, ainsi que l'avait prédit Zoradascht et ils apportaient avec eux des présents, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, et ils adorèrent l'enfant, et ils lui firent hommage de leurs présents. Alors Marie prit un des linges dans lesquels l'enfant était enveloppé et le donna aux mages qui le reçurent comme un don d'une inestimable valeur. Et à cette même heure, il leur apparut un ange sous la forme d'une étoile qui leur avait déjà servi de guide, et ils s'en allèrent en suivant sa clarté jusqu'à ce qu'ils fussent de retour dans leur patrie.

CHAPITRE VIII.

Les rois et les princes s'empressèrent de se réunir autour des mages, leur demandant ce qu'ils avaient vu et ce qu'ils avaient fait, comment ils étaient allés et comment ils étaient revenus et quels compagnons de route ils avaient eus ? Les mages leur montrèrent le linge que Marie leur avait donné ; c'est pourquoi ils célébrèrent une fête, ils allumèrent du feu suivant leur usage, et ils l'adorèrent, et ils jetèrent ce linge dans les flammes, et les flammes l'enveloppèrent. Le feu étant éteint, ils en retirèrent le linge tout entier et les flammes n'avaient laissé sur lui aucune trace. Ils se mirent alors à le baiser et à le poser sur leurs têtes et sur leurs yeux, disant : « Voici sûrement la vérité ! quel est donc le prix de cet objet que le feu n'a pu ni consumer, ni endommager? » Et le prenant, ils le déposèrent avec grande vénération dans leurs trésors.

CHAPITRE IX.

Hérode voyant que les mages ne retournaient pas vers lui, réunit les prêtres et les docteurs, et il leur dit : « Enseignez-moi où doit naître le Christ ». Et lorsqu'ils lui eurent répondu que c'était à Bethléem, ville de Judée, Hérode commença à méditer en son esprit le meurtre du Seigneur Jésus. Alors un ange apparut à Joseph dans son sommeil, et il lui dit : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et réfugie-toi en Egypte. » Et au chant du coq, Joseph se leva et il partit.

chapitre X.

Et tandis qu'il songeait quel chemin il devait suivre, le jour survint et la fatigue du voyage avait brisé la courroie de la selle. Il approchait d'une grande ville où il y avait une idole à laquelle les autres idoles et déités de l'Egypte offraient des hommages et des présents, et il y avait un prêtre attaché au service de cette idole, et toutes les fois que Satan parlait par la bouche de l'idole, le prêtre rapportait ce qu'il disait; aux habitants de l'Egypte et de ses rivages. Ce prêtre avait un enfant de trois ans qui était possédé d'une grande multitude de démons ; il prophétisait et annonçait beaucoup de choses, et lorsque les démons s'emparaient de lui, il déchirait ses vêtements, et il courait nu dans la ville, jetant des pierres aux hommes. L'hôtellerie de cette ville était dans le voisinage de cette idole ; lorsque Joseph et Marie furent arrivés et qu'ils furent descendus à celte hôtellerie, les habitants furent saisis de consternation, et tous les princes et les prêtres des idoles se réunirent autour de cette idole lui demandant : « D'où vient cette consternation et quelle est la cause de cette terreur qui a envahi notre pays ? » Et l'idole répondit : Cette épouvante a été apportée par un Dieu ignoré qui est le Dieu véritable, et nul autre que lui n'est digne des honneurs divins, car il est véritablement le Fils de Dieu. A sa venue, cette contrée a tremblé; elle s'est émue et épouvantée, et nous éprouvons une grande crainte à cause de sa puissance. » Et en ce moment cette idole tomba et se brisa ainsi que les autres idoles qui étaient dans le pays et leur chute fit accourir tous les habitants de l'Egypte .

CHAPITRE XI.

Mais le fils du prêtre, lorsqu'il fut attaqué du mal auquel il était sujet, entra dans l'hôtellerie et il insultait Joseph et Marie, et tous les autres s'étaient enfuis, et comme Marie lavait les linges du Seigneur-Jésus, et qu'elle les suspendait sur une latte, ce jeune possédé prit un de ces linges et le posa sur sa tête, et aussitôt les démons prirent la fuite, en sortant par sa bouche, et on vit s'éloigner des figures de corbeaux et de serpents. L'enfant fut immédiatement guéri par le pouvoir de Jésus-Christ, et il se mit à chanter les louanges du Seigneur qui l'avait délivré et à lui rendre grâces. Et quand son père vit qu'il avait recouvré la santé, il s'étonna et il dit : « Mon fils, que t'est-il donc arrivé, et comment as-tu été guéri? » Et le fils répondit : « Lorsque les démons me tourmentaient, je suis entré dans l'hôtellerie, et j'y ai trouvé une femme d'une grande beauté qui était avec un enfant et elle suspendait sur une latte des linges qu'elle venait de laver; j'en pris un et je le posai sur ma tête et les démons s'enfuirent aussitôt et m'abandonnèrent. » Le père fut remplie de joie et s'écria : « Mon fils, il se peut que cet enfant soit le fils du Dieu vivant qui a créé les cieux et la terre, et aussitôt qu'il a passé près de nous, l'idole s'est brisée, et les simulacres de tous nos dieux sont tombés, et une force supérieure à la leur les a détruits. »

CHAPITRE XII.

Ainsi s'accomplit la prophétie qui dit : « J'ai appelé mon fils de l'Egypte. » Lorsque Joseph et Marie apprirent que cette idole s'était renversée et qu'elle avait péri, ils furent saisis de crainte et de tremblement, et ils se disaient : « Lorsque nous étions dans la terre d'Israël, Hérode voulut faire périr Jésus, et, dans ce but, il ordonna le massacre de tous les enfants de Bethléem et des environs, et il n'y a pas de doute que les Égyptiens ne nous brûlent tout vifs, s'ils apprennent que cette idole est tombée. »

CHAPITRE XIII.

Ils partirent donc, et ils arrivèrent près de la cachette de voleurs qui dépouillaient de leurs vêtements et de leurs effets les voyageurs qui passaient près d'eux et qui les amenaient garrottés. Ces voleurs entendirent un grand bruit pareil à celui du cortège d'un roi qui sort de sa capitale au son des instruments de musique, escorté d'une grande armée et d'une nombreuse cavalerie, ils laissèrent tout leur butin et s'empressèrent de fuir. Les captifs se levant alors, brisèrent les liens l'un de l'autre, et ayant repris leurs effets, ils se retiraient lorsque voyant Joseph et Marie qui s'approchaient, ils leur demandèrent : « Où est ce roi dont le cortège a, par son bruit, épouvanté les voleurs au point qu’ils se sont enfuis et que nous avons été délivrés? » Et Joseph répondit : « Il vient après nous. »

CHAPITRE XIV.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où il y avait une femme démoniaque, et tandis qu'elle était allée une fois puiser de l'eau durant la nuit, l'esprit rebelle et impur s'emparait d'elle. Elle ne pouvait ni supporter aucun vêtement, ni habiter une maison, et toutes les fois qu'on l'attachait avec des liens ou avec des chaînes, elle les brisait et s'enfuyait nue dans les lieux déserts, elle se tenait sur les roules et près des sépultures, et elle poursuivait à coups de pierre ceux qu'elle trouvait, de sorte qu'elle était pour ses parents un grand sujet de deuil. Marie l'ayant vue, fut touchée de compassion, et aussitôt Satan abandonna cette femme, et il s'enfuit sous la forme d'un jeune homme, en disant : « Malheur à moi, à cause de toi, Marie, et à cause de ton fils ! » Lorsque cette femme fut délivrée de ce qui causait ses tourments, elle regarda autour d'elle, et, rougissant de sa nudité, elle alla vers ses proches, fuyant l'aspect des hommes, et s'étant revêtue de ses habits, elle exposa à son père et à ses parents ce qui lui était arrivé, et ils étaient du nombre des habitants les plus distingués de la ville, et ils hébergèrent chez eux Joseph et Marie, leur témoignant un grand respect.

CHAPITRE XV.

Le lendemain, Joseph et Marie se mirent en route, et le soir ils arrivèrent à une autre ville où se célébrait une noce, mais, par suite des embûches de l'esprit malin et des enchantements de quelques magiciens, l'épouse avait perdu l'usage de la parole, de sorte qu'elle ne pouvait plus ouvrir lg bouche. Lorsque Marie entra dans la ville portant dans ses bras son fils, le Seigneur Jésus, la muette l'aperçut et aussitôt elle étendit ses mains vers Jésus, elle le prit dans ses bras et le serra contre son sein en lui donnant beaucoup de baisers. Aussitôt le lien qui retenait sa langue se brisa et ses oreilles s'ouvrirent et elle commença à glorifier et à remercier Dieu qui l'avait guérie. Et il y eut cette nuit une grande joie parmi les habitants de cette ville, car ils pensaient que Dieu et ses anges étaient descendus parmi eux.

CHAPITRE XVI.

Joseph et Marie passèrent trois jours en cet endroit où ils furent tenus en grande vénération et traités avec splendeur. Étant munis de provisions pour leur voyage, ils partirent ensuite et ils vinrent dans une autre ville, et comme elle était florissante et ses habitants en grande célébrité, ils désiraient y passer la nuit. Il y avait dans cette ville une femme noble et comme elle était descendue au fleuve pour s'y laver, voici que l'esprit maudit sous la forme d'un serpent, s'était jeté sur elle et il s'était enlacé autour de son ventre, et chaque nuit, il s'étendait sur elle. Lorsque cette femme eut vu Marie et le Seigneur Jésus qu'elle portait contre son sein, elle pria Marie de lui permettre de porter et d'embrasser cet enfant. Marie y consentit, et aussitôt que cette femme eut touché l'enfant, Satan l'abandonna et s'enfuit, et depuis cette femme ne le revit plus. Tous les voisins louèrent le Seigneur et cette femme les récompensa avec une grande générosité.

CHAPITRE XVII.

Le lendemain, cette même femme prit une eau parfumée pour laver l'enfant Jésus, et, quand elle l'eut lavé, elle garda cette eau. Et il y avait là une jeune fille dont le corps était couvert d'une lèpre blanche et elle se lava de cette eau, elle fut immédiatement guérie. Le peuple disait donc ; « Il n'y a pas de doute que Joseph et Marie et cet enfant ne soient des dieux » et ils ne paraissent pas de simples mortels. » Lorsqu'ils se préparèrent à partir, cette fille qui avait été guérie de la lèpre s'approcha d'eux et les pria de lui permettre de les accompagner.

CHAPITRE XVIII.

Ils y consentirent et elle alla avec eux et ils arrivèrent à une ville où il y avait le château d'un prince puissant, et ce palais était proche de l'hôtellerie. Ils s'y rendirent, et la jeune fille s'étant ensuite approchée de l'épouse du prince, la trouva triste et versant des larmes et elle lui demanda la cause de sa douleur. Et celle-ci lui répondit : « Ne t'étonne pas de me voir livrée à l'affliction ; je suis en proie à une grande calamité que je n'ose raconter à aucun homme. » La jeune fille lui repartit : « Si tu me dis quel est ton mal, tu en trouveras peut-être le remède auprès de moi. » La femme du prince lui dit : « Tu ne révéleras ce secret à personne. J'ai épousé un prince dont la domination, pareille à celle d'un roi, s'étend sur de vastes états, et, après avoir longtemps vécu avec lui, il n'a eu de moi nulle postérité. Enfin j’ai conçu, mais j'ai mis au inonde un enfant lépreux ; l'ayant vu, il ne l’a pas reconnu comme étant à lui, et il m'a dit : « Fais mourir cet enfant ou donne-le à une nourrice qui l'élève dans un endroit si éloigné que jamais l'on n'en entende parler. Et, reprends ce qui est à toi, car je ne te reverrai jamais. » C'est pourquoi je me livre à la douleur en déplorant la calamité qui m'a frappée et je pleure sur mon mari et sur mon enfant. » La jeune fille lui répondit : « Ne t'ai-je pas dit que j'ai trouvé pour toi un remède que je te promets? Moi aussi j'ai été atteinte de la lèpre, mais j'ai été guérie par une faveur de Dieu, qui est Jésus le fils de Marie. » La femme lui demandant alors où était ce Dieu dont elle parlait, la jeune fille répondit; « Il est dans cette même maison où nous sommes? » — « Et comment cela peut-il se faire, où est-il ? » repartit la princesse. — La jeune fille répliqua : « Voici Joseph et Marie, l'enfant qui est avec eux est Jésus, et c'est lui qui m'a guérie de mes souffrances. » — « Et comment » dit la femme, « est-ce qu'il t'a guérie ? Est-ce que tu ne me le diras pas ? » — La jeune fille répondit : « J'ai reçu de sa mère de l'eau dans laquelle il avait été lavé, et je l'ai versée sur mon corps et ma lèpre a disparu. » La femme du prince se leva alors et elle reçut chez die Joseph et Marie, et elle prépara à Joseph un festin splendide dans une grande réunion. Le lendemain, elle prit de l'eau parfumée afin de laver le Seigneur Jésus, et elle lava avec cette même eau son fils qu'elle avait apporté avec elle, et aussitôt son fils fut guéri de sa lèpre. Et elle chantait les louanges de Dieu, en lui rendant grâces et en disant : « Heureuse la mère qui t'a engendré, ô Jésus! L'eau dont ton corps a été arrosé guérit les hommes qui ont part à la même nature que toi. » Elle offrit de riches présents à Marie et elle la renvoya en la traitant avec grand honneur.

chapitre XIX.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où ils voulaient passer la nuit. Ils allèrent chez un homme qui était marié depuis peu, mais qui, atteint d'un maléfice, ne pouvait jouir de sa femme (8), et quand ils eurent passé la nuit près de lui, son empêchement fut rompu. Lorsque le jour se leva, ils se ceignaient pour se remettre en route, mais l'époux les en empêcha et leur prépara un grand banquet.

chapitre XX.

Le lendemain, ils partirent et comme ils approchaient d'une autre ville, ils virent trois femmes qui quittaient un tombeau en versant beaucoup de pleurs. Marie les ayant aperçues dit a la jeune fille qui les accompagnait : « Demande-leur qui elles sont et quel est le malheur qui leur est arrivé. » Elles ne firent point de réponse à la question que la jeune fille leur fit, mais elles se mirent à l'interroger de leur côté, disant : « Qui êtes-vous, et où allez-vous? car déjà le jour est tombé et la nuit s'avance. » La jeune fille répondit : « Nous sommes des voyageurs et nous cherchons une hôtellerie afin d'y passer la nuit. » Elles repartirent : « Accompagnez-nous et passez la nuit chez nous. » Ils suivirent donc ces femmes, et ils furent introduits dans nue maison nouvelle, ornée et garnie de différents meubles» Or, c'était dans la saison de l’hiver, et la jeune fille étant entrée dans la chambre de ces femmes, les trouva encore qui pleuraient et qui se lamentaient A côté d'elles était un mulet, couvert d'une housse de soie, devant lequel était placé du fourrage, et elles lui donnaient à manger et elles l'embrassaient La jeune fille dit alors: « O ma maîtresse, que ce mulet est beau, » et elles répondirent en pleurant : « Ce mulet que tu vois est notre frère, il est né de la même mère que nous. Notre père nous laissa à sa mort de grandes richesses et nous n'avions que ce seul frère et nous cherchions à lui procurer un mariage convenable. Mais des femmes enflammées de l'esprit de la jalousie ont jeté sur lui, à notre insu, des enchantements, et une certaine nuit, un peu avant le point du jour, les portes de notre maison étant fermées, nous avons vu que notre frère avait été changé en mulet et qu'il était tel que tu le vois à présent. Nous nous sommes livrées à la tristesse, car nous n'avions plus notre père qui pût nous consoler ; nous n'avons oublié aucun sage au monde, aucun magicien, ou enchanteur, nous avons eu recours à tous, mais nous n'en avons retiré nul profit. C'est pourquoi, toutes les fois que nos cœurs sont gonflés de tristesse, nous nous levons et nous allons avec notre mère que voici, au tombeau de notre père, et, après y avoir pleuré, nous revenons. »

CHAPITRE XXI.

Lorsque la jeune fille eut entendu ces choses elle dit : « Prenez courage et cessez de pleurer, car le remède de vos maux est proche, il est même avec vous et au milieu de votre demeure ; j'ai été lépreuse, mais après que j'eus vu cette femme et ce petit enfant qui est avec elle et qui se nomme Jésus, et après avoir versé sur mon corps l'eau avec lequel sa mère l'avait lavé, j'ai été purifiée. Je sais aussi qu'il peut mettre un terme à votre malheur; levez-vous, approchez-vous de Marie, et après l'avoir conduite chez vous, révélez-lui le secret dont vous m'avez fait part, en la suppliant d'avoir compassion de vous. » Lorsque ces femmes eurent entendu ces paroles de la jeune fille, elles s'empressèrent d'aller auprès de Marie et elles l'emmenèrent chez elles et elles lui dirent en pleurant : « O Marie, notre maîtresse, prends pitié de tes servantes, car notre famille est dépourvue de son chef et nous n'avons pas un père ou un frère qui entre ou qui sorte devant nous. Ce mulet que tu vois est notre frère, et des femmes l'ont par leurs sortilèges, réduit à cet état Nous te prions donc d'avoir pitié de nous. » Alors Marie, touchée de compassion, souleva l'enfant Jésus et le plaça sur le dos du mulet et elle pleurait, ainsi que les femmes, et elle dit : « Hélas ! mon fils, guéris ce mulet par un effet de ta grande puissance et fais que cet homme recouvre la raison dont il a été privé. » A peine ces mots étaient-ils sortis de la bouche de Marie que le mulet reprit aussitôt la forme humaine et se montra sous les traits d'un beau jeune homme et il ne lui restait nulle difformité. Et lui, et sa mère et ses sœurs adorèrent Marie et, élevant l'enfant au-dessus de leurs têtes, ils l'embrassaient en disant : « Heureuse ta mère, ô Jésus, Sauveur du monde ! Heureux les yeux qui jouissent de la félicité de ton aspect. »

CHAPITRE XXII.

Les deux sœurs dirent à leur mère : « Notre frère a repris sa première forme, grâce à l'intervention du Seigneur Jésus et aux bons avis de cette jeune fille qui nous a conseillé de recourir à Marie et à son fils. Et maintenant, puisque notre frère n'est pas marié, nous pensons qu'il est convenable qu'il épouse cette jeune fille. » Lorsqu'elles eurent fait cette demande à Marie et qu'elle y eut consenti, elles firent pour cette noce des préparatifs splendides et la douleur fut changée en joie et les pleurs firent place aux rires, et elles ne firent que se réjouir et chanter dans l'excès de leur contentement, ornées de vêtements magnifiques et de joyaux. En même temps elles célébraient les louanges de Dieu, disant : » O Jésus, fils de Dieu qui a changé notre affliction en allégresse et nos lamentations en cris de joie ! » Joseph et Marie demeurèrent dix jours en cet endroit ; ensuite ils partirent comblés des témoignages de vénération de toute cette famille, qui, après leur avoir dit adieu, s'en retourna en pleurant, et la jeune fille surtout répandit des larmes.

CHAPITRE XXIII.

Ils arrivèrent ensuite près d'un désert et comme ils apprirent qu'il était infesté de voleurs, ils se préparaient à le traverser pendant la nuit Et voici que tout d'un coup, ils aperçurent deux voleurs qui étaient endormis et près d'eux ils virent une foule d'autres voleurs qui étaient les camarades de ces gens et qui étaient aussi plongés dans le sommeil. Ces deux voleurs se nommaient Titus et Dumachus et le premier dit à l'autre : « Je te prie de laisser ces voyageurs aller en paix, de peur que nos compagnons ne les aperçoivent » Dumachus s'y refusant, Titus lui dit : « Reçois de moi quarante drachmes et prends ma ceinture pour gage. » Et il la lui présentait en même temps, le priant de ne pas appeler et de ne pas donner l'alarme. Marie voyant ce voleur si bien disposé à leur rendre service lui dit : « Que Dieu te soutienne de sa main droite et qu'il t'accorde la rémission de tes péchés. » Et le Seigneur Jésus dit à Marie : « Dans trente ans, ô ma mère, les Juifs me crucifieront à Jérusalem, et ces deux voleurs seront mis en croix à mes côtés, Titus à ma droite et Dumachus à ma gauche et, ce jour-là, Titus me précédera dans le Paradis. » Et lorsqu'il eut ainsi parlé, sa mère lui répondit : « Que Dieu détourne de toi semblables choses, ô mon fils, » et ils allèrent ensuite vers une ville des idoles, et, comme ils en approchaient, elle fut changée en un tas de sable.

chapitre XXIV.

Ils vinrent ensuite à un sycomore que l’on appelle aujourd'hui Matarea et le Seigneur Jésus fit paraître à cet endroit une fontaine où Marie lava sa tunique. Et le baume que produit ce pays vient de la sueur qui coula des membres de Jésus .

CHAPITRE XXV.

Ils se rendirent alors à Memphis et ayant vu Pharaon, ils demeurèrent trois ans en Egypte, et le Seigneur Jésus y lit beaucoup de miracles qui ne sont consignés ni dans l'Évangile de l'Enfance, ni dans l'Évangile complet .

CHAPITRE XXVI.

Au bout de trois ans ils quittèrent l’Egypte et ils retournèrent en Judée, et lorsqu'ils en furent proches, Joseph redouta d'y entrer, car il apprit qu'Hérode était mort et que son fils Archélaüs lui avait succédé, mais l'ange de Dieu lui apparut et lui dit : « O Joseph, va dans la ville de Nazareth et fixes-y ta demeure. »

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L'Hypostase des Archontes : « De l’Origine des Puissances »

Publié le 15 Mars 2013 par Traduction : André Wautier dans Gnose

1. Inspiré par l’esprit du Père de la vérité et se référant aux « puissances des ténèbres » , le grand Apôtre nous a dit que « nous n’avons pas à combattre contre la chair et le sang, mais contre les puissances maîtresses de ce monde de ténèbres, contre les esprits pervers. » C’est pourquoi je vous ai mandé ceci, puisque vous vous êtes interrogés au sujet de la réalité de ces puissances.

2. Leur chef est aveugle. Poussé par son pouvoir, son ignorance et sa vanité, il déclara avec arrogance : « C’est moi qui suis Dieu. Il n’y en a pas d’autre que moi. » Disant cela, il pécha contre l’Univers . Or, son discours fut perçu par l’lncorruptible, et il vint une voix émanant de l’incorruptibilité, qui dit : « Tu te trompes, Samaël » ce qui veut dire : Dieu des aveugles.

3. Ses pensées s’enténébrèrent. Et, ayant par le blasphème qu’il avait proféré laissé échapper de lui sa puissance, il la poursuivit, à l’instigation de Pistis Sophia, en descendant vers le Chaos et vers l’Abysse sa mère, qui établit les enfants de celui-là, chacun selon son pouvoir, sur le modèle des éons qui sont dans la hauteur : car c’est, à l’origine, à la ressemblance du monde invisible que le monde visible a été conçu à partir de celui qui est caché.

4. Lorsque l’lncorruptibilité abaissa son regard vers la région des eaux, son image apparut dans les eaux et les maîtres des ténèbres en devinrent amoureux . Mais, du fait de leur faiblesse, ils ne purent s’approprier cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux : les psychiques, en effet, ne peuvent comprendre les Pneumatiques , car ils sont d’en bas, alors qu’elle était d’en haut. C’est pourquoi l’lncorruptibilité regarda en bas vers la région des eaux en vue d’unir, selon la volonté du Père, le Tout à la Lumière.

5. Les archontes firent des projets et dirent : « Allons, faisons un homme qui soit de la poussière de la terre. » lls modelèrent leur créature comme si elle était entièrement de terre. Or, le corps dont sont faits les archontes est femelle, c’est un avorton d’apparence animale. Ayant pris de la poussière de la terre, ils modelèrent leur homme d’après leurs propres corps et à la ressemblance de l’image du dieu qui leur était apparue dans les eaux. Ils dirent : « Allons  façonnons-le conformément au modèle que nous avons perçu, en sorte qu' il puisse voir sa […] et que nous l’emprisonnions dans la forme que nous avons façonnée », n’ayant pas compris, vu leur impéritie, la puissance de Dieu. Ce dernier souffla dans son visage, et l’homme acquit une âme sur la Terre pour de longs jours .

6. Toutefois, étant donnée leur impéritie, ils n’arrivèrent pas à le faire se tenir debout . Ils s’obstinèrent à souffler tels des vents de tempête , tentant de capter cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux, mais dont ils ne comprenaient pas le pouvoir.

7. Tout cela cependant était arrivé par la volonté du Père du Tout. Peu après, I’ Esprit aperçut sur le sol l’homme pourvu d’une âme. Et l’Esprit sortit du Monde adamantin, il descendit et vint en lui, et l’homme devint une âme vivante. Il lui donna le nom d’Adam parce qu’il l’avait trouvé rampant sur la terre .

8. Une voix sortit de l’lncorruptibilité en vue d’une aide à Adam et les archontes rassemblèrent toutes les bêtes de la terre, ainsi que les oiseaux du ciel, pour voir comment Adam les dénommerait, pour qu’il donne un nom à chacun des oiseaux et à toutes les bêtes .Ensuite, les archontes prirent Adam et ils le placèrent dans un verger pour qu’il le cultive et en assure la garde. Ils lui donnèrent un ordre, disant : « Tu mangeras de tous les arbres dans le verger, mais de I’ arbre de la connaissance du bien et du mal, n’en mange pas ; n’y touche pas non plus, car le jour où vous en mangeriez, vous péririez de mort. » Mais ils lui dirent cela sans bien comprendre ce qu’ils lui avaient dit. Car, par la volonté du Père, ils le lui dirent de telle sorte qu’ils pouvaient en réalité en manger, afin qu’Adam les voie comme s’il était un homme d’une nature uniquement hylique .

9. Les archontes se concertèrent et dirent : « Allons, faisons tomber sur Adam un profond sommeil. » Et il s’endormit. Or, ce sommeil qu’ils firent tomber sur lui pour le faire dormir, c’est l’ignorance. Ils tranchèrent alors dans son côté, celui qui était pareil à une femme vivante, puis ils reconstituèrent ce coté en mettant de la chair à la place .

10. Alors, Adam ne fut plus entièrement qu’une âme. Et la femme pneumatique vint vers lui et elle lui parla, disant : « Redresse-toi, Adam ! » Et, lorsqu’il l’eut vue, il dit : « C’est toi qui m’as donné vie : tu seras appelée Mère des vivants. Car c’est elle qui est ma mère , elle est l’accoucheuse et la femme et celle qui a présidé à la naissance. »

11. Alors, les archontes s’approchèrent de leur Adam. Et, quand ils virent sa contre partie féminine parler avec lui, un grand émoi les saisit et ils la désirèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! jetons en elle notre semence » et ils la poursuivirent. Mais elle se rit d’eux à cause de leur stupidité et de leur aveuglement, et elle se changea en arbre devant eux tous. Elle étendit devant eux le reflet de son ombre, qui lui ressemble et c’est celle-ci qu’ils souillèrent abominablement, polluant ainsi l’empreinte qu’elle lui avait imprimée : c’est ainsi qu’en s’en prenant à l’image qu’elle avait dessinée en même temps que la leur, ils provoquèrent eux-mêmes leur propre condamnation.

12. Alors, le principe féminin pneumatique s’introduisit dans le Serpent, l’instructeur , qui se mit à les enseigner, disant : « Que vous a-t-on dit ? Était-ce : de tous les arbres du jardin, vous en mangerez, mais de l’arbre de la connaissance du mal et du bien, n’en mangez pas ? » La femme de chair dit : « Non seulement on a dit : n’en mangez pas, mais même : n’y touchez pas, car le jour où vous en mangeriez, vous péririez de mort. » Le Serpent, l’instructeur, dit alors : « Vous ne périrez pas de mort. C’est par jalousie qu’on vous a dit cela. Au contraire, vos yeux s’ouvriront et vous deviendrez comme les dieux, distinguant le bien et le mal. » Mais le principe instructeur féminin se retira alors du Serpent et le quitta, ne laissant derrière lui qu’un être de terre.

13. La femme de chair prit alors du fruit de l’arbre et en mangea, puis elle en donna à son mari comme à elle : et ces êtres psychiques mangèrent. Alors, leur déficience devint patente, vu leur manque de connaissance, et ils s’aperçurent qu’ils avaient été dépouillés de l’esprit pneumatique. Ils prirent des feuilles du figuier et s’en ceignirent les reins.

14. Alors, le grand Archonte arriva et il dit : « Adam, où es-tu ? » car il ne savait pas ce qui s’était passé . Adam répondit : « J’ai entendu ta voix et j’ai pris peur, parce que j’étais nu, et je me suis caché. » L’Archonte dit : « Pourquoi t’es-tu caché ? sinon parce que tu as mangé du seul arbre dont je t’avais ordonné : n’en mange pas. Alors, tu en as mangé ? » Adam dit : « La femme que tu m’as donnée, elle m’en a présenté et j’ai mangé. » L’Archonte arrogant, alors, maudit la femme. La femme dit : « C’est le Serpent qui m’a poussée et j’ai mangé. » lls se tournèrent vers le Serpent et maudirent son ombre, en sorte qu’elle devint impuissante, ne sachant pas qu’elle n’était que l’image d’eux-mêmes (qu’ils avaient) dessinée. Depuis lors, le Serpent est sous la malédiction des archontes : jusqu’à ce que vint l’Homme parfait, cette malédiction a pesé sur le Serpent.

15. Alors, ils se tournèrent vers leur Adam, ils le prirent et ils le jetèrent hors du verger avec sa femme : car il n’y a pas en eux de bienfaisance, du fait qu’ils sont eux-mêmes plus bas que la malédiction. Bien plus, ils tourmentèrent l’homme par de grandes tribulations et une vie pleine de soucis, afin que l’humanité soit accaparée par la vie matérielle et n’ait pas la possibilité de se consacrer à l’Esprit saint .

16. Dans la suite, elle enfanta Caïn, leur fils. Et Caïn cultiva la terre. L’homme connut à nouveau sa femme, qui devint grosse une nouvelle fois et enfanta Abel. Et Abel fut pasteur de moutons .

17. Or, Caïn présenta des fruits de son champ, tandis qu’Abel présentait un sacrifice de ses agneaux. Dieu regarda les offrandes d’Abel, mais il n’agréa pas les offrandes de Caïn. Et Caïn, I’homme charnel, abattit son frère Abel. Alors, Dieu dit à Caïn : « Où est Abel, ton frère ? » Il répondit, disant : « Suis-je donc le gardien de mon frère ? » Dieu dit à Caïn : « Écoute ! la voix des sangs de ton frère crie vers moi. Tu as péché par ta bouche. Cela se retournera contre toi. Cependant, quiconque tuerait Caïn déchaînerait sept vengeances. Tu vivras donc en gémissant et en tremblant sur la terre. »

18. Alors, Adam connut sa ressemblance féminine, Eve, et elle devint grosse, et d’Adam elle enfanta Seth Et elle dit : « J’ai enfanté un autre homme de par Dieu, en place d’Abel. »

19. Eve devint grosse à nouveau et elle enfanta Nôréa. Et elle dit : « Il a été conçu en moi une vierge comme une aide pour beaucoup de générations de l’humanité. » Cette vierge, les archontes ne l’ont pas souillée.

20. Alors, I’ humanité se mit à se multiplier et à croître. Les archontes prirent conseil les uns des autres et dirent : « Allons ! provoquons un déluge de nos propres mains et anéantissons toute chair, hommes et animaux. »

21. Mais, quand l’Archonte des Forces apprit leur résolution, il dit à Noé : « Fais-toi une arche d’un bois imputrescible et cachez-vous en elle, toi et tes enfants, avec les animaux et les oiseaux du ciel, du plus petit au plus grand, et fabrique-la sur la montagne de Sir. »

22. Alors, Oréa vint à lui pour monter dans l’arche. Mais, comme il ne la laissait pas monter, elle souffla sur l’arche et fit en sorte qu’elle soit détruite par le feu. Il construisit alors l’arche une deuxième fois.

23. Les archontes vinrent à sa rencontre avec l’intention de l’abuser. Leur chef suprême lui dit : « Eve, ta mère, est venue à nous. » Mais Noréa , se tournant vers eux, leur dit : « C’est vous qui êtes les gouverneurs des ténèbres ? Vous êtes maudits et vous n’avez pas connu ma mère, mais c’est votre équivalent féminin que vous avez connu. Aussi ne suis-je pas issue de vous : c’est, bien au contraire, du monde d’en haut que je suis venue. » L’archonte arrogant fit appel à tout son pouvoir et son apparence devint pareille à [ … ] noir. Il lui dit, dans sa présomption : « Il te faut nous rendre service comme l’a fait  ta mère Eve, car on m’a […]. »

24. Mais Noréa se tourna, grâce à la puissance de [ … ] cria d’une grande voix vers le Saint, le Dieu du Tout : « Protège-moi des archontes d’iniquité et sauve-moi de leur emprise ! »

25. Alors, un ange descendit des cieux et lui dit : « Pourquoi cries-tu vers Dieu ? Pourquoi te montres-tu aussi téméraire envers l’Esprit saint ? » Nôréa dit : « Qui es-tu ? » Les archontes d’iniquité s’étaient éloignés d’elle. Il répondit : « Moi, je suis Elelêth l’avisé , le grand ange qui se tient debout en présence de l’Esprit saint. J’ai été envoyé pour m’entretenir avec toi et pour te délivrer des griffes de ceux qui sont sans loi. Et je te ferai connaître tes racines. » Or, cet ange, je ne suis pas capable de dire sa puissance. Son apparence est comme de l’or fin et sa vêture comme la neige. Vraiment, ma bouche n’est apte, ni à exprimer sa puissance, ni à décrire son visage.

26. Elelêth, le grand ange, me parla : « Moi, dit-il, je suis intelligence ; je suis l’un des quatre illuminateurs qui se tiennent debout en présence du Grand Esprit invisible . Crois-tu que ces archontes aient quelque pouvoir sur toi ? Aucun d’eux ne pourra prévaloir contre la racine de la vérité, car c’est à cause d’elle que s’est produite ces derniers temps la Manifestation et ces autorités seront vaincues. Et elles ne pourront pas te souiller, pas plus que cette génération, car votre place est dans l’lncorruptibilité, là où habite l’Esprit virginal , lequel domine les autorités du Chaos et leur monde. »

27. Alors je dis : « Seigneur, instruis-moi des capacités de ces autorités. Comment sont-elles venues à l’existence ? et à partir de quelle origine et en quelle matière ? et qui les créa, elles et leur pouvoir ? »

28. Et le grand ange Éleleth, I’lntelligence, me parla : « Dans les éons sans limite réside l’incorruptible Sophia, encore appelée Pistis . Elle voulut créer seule quelque chose, sans son conjoint , et elle produisit un être céleste. « Entre le Monde d’en haut et les éons d’en bas, il y a un voile, et une ombre se dessina sous ce voile. Cette ombre devint matière et cette ombre fut projetée plus bas. Et ce qu’elle avait produit devint un être matériel semblable à un avorton. Mais il reçut une forme façonnée comme provenant de l’ombre et il devint une bête arrogante ressemblant à un lion .

29. « Il était androgyne, puisqu’il était, je viens de le dire, sorti de la matière. Ouvrant les yeux, il aperçut la matière vaste et étendue, et il devint arrogant, il dit : Moi, je suis Dieu et il n’y en a pas d’autre que moi. Disant cela, il pécha contre le Tout. Mais il sortit d’au-dessus de l’Eon suprême une voix qui dit : Tu te trompes, Samaël c’est le dieu des aveugles . « Mais il rétorqua : S’il existe quelqu’un d’autre d’antérieur à moi, qu’il se montre à moi ! Aussitôt, Sophia étendit son doigt et elle fit parvenir la lumière au sein de la matière, et elle la suivit jusqu’en bas, dans les régions du Chaos. Puis, elle partit en remontant dans sa lumière. L’obscurité, à nouveau, envahit alors la matière .

30. « Cet Archonte, qui est androgyne, se bâtit un autre domaine, d’une grandeur sans limite, et il résolut de susciter de lui des enfants. Il créa pour lui-même sept enfants, androgynes comme leur auteur, et il dit à ses enfants : ‘Je suis le Dieu du Tout’. « Mais Zoé, la fille de Pistis Sophia, lui dit en criant : Tu fais erreur, Saclas un nom occulte pour laldabaôth . Elle lui souffla au visage et son souffle devint pour elle un ange de feu, et cet ange lia laldabaôth et le précipita dans le Tartare au fond de l’abîme .

31. « Alors, lorsque son enfant Sabaôth eut vu le pouvoir de cet ange, il fut retourné et il condamna son père, ainsi que sa mère, la matière. Il prit celle-ci en aversion, et il célébra Sophia et sa fille Zoé. « Aussi Sophia et Zoé l’enlevèrent-elles pour l’établir sur le septième ciel, en dessous du voile qui se trouve entre la hauteur et les bas-fonds. On l’appela le Dieu des Forces, Sabaôth , parce qu’il est supérieur aux Forces du Chaos, du fait que Sophia l’y a établi. « Après tout cela, il se fabriqua un grand char à quatre faces de chérubins , avec pour l’assister un nombre immense d’anges (porteurs) de harpes et de cithares.

32. « Et Sophia emmena sa fille Zoé pour la faire asseoir à sa droite en vue de lui enseigner ce qu’il y a dans l’Ogdoade, et elle plaça à sa gauche l’ange de la colère. Depuis ce jour, on appela sa droite Vie, tandis que la gauche fut le modèle de l’iniquité issue de l’Eon du pouvoir suprême d’en haut. C’est avant ton temps qu’ils sont venus à l’existence.

33. « Mais, lorsque laldabaôth le vit établi dans cette grande gloire et à cette hauteur, il en devint jaloux et cette envie devint un être androgyne . C’est là l’origine de l’envie, et l’envie engendra la mort, et la mort engendra des enfants, à chacun desquels elle attribua un ciel, et tous les cieux du Chaos furent emplis de leur multitude .

34. « Or, c’est en conformité avec la volonté du Père du Tout que tout cela se produisit, à l’exemple de toutes les choses d’en haut, afin que tout le Chaos puisse être empli.

35. « Voici donc que je t’ai instruite de l’histoire des archontes et de la matière en laquelle ils ont été créés, et aussi de leur auteur et de leur monde. »

36. Mais je dis : « Seigneur, suis-je, moi aussi, faite de leur matière ? » « Toi, de même que tes descendants, vous êtes issus du Père primordial. C’est d’en haut, de la Lumière impérissable, que sont venues leurs âmes. Aussi les autorités ne pourront-elles s’approcher d’eux, grâce à l’Esprit de vérité présent en eux, et tous ceux qui ont acquis la connaissance de ce chemin sont immortels parmi les hommes mortels. Cependant, cette semence ne se manifestera pas aujourd’hui. Après trois générations toutefois, elle se manifestera et elle rejettera loin d’elle le joug d’erreur des autorités. »

37. Alors, je dis : « Dans combien de temps, seigneur ? » Il répondit : « Lorsque l’Homme vrai révélera, au moyen d’une image modelée, l’existence de l’Esprit de vérité que le Père aura envoyé. « C’est lui alors qui les instruira de toutes choses. Et il les oindra du chrême de la vie éternelle, qui lui aura été remis par la génération autonome . « Alors, ils seront affranchis de la pensée aveugle et ils fouleront aux pieds la mort issue des puissances. Et ils monteront dans la Lumière sans limite, là où repose cette semence. « Dès lors, les puissances délaisseront leurs éons et leurs anges pleureront sur leur destruction, tandis que leurs démons lamenteront leur mort. « Alors, tous les enfants de la Lumière connaîtront vraiment la vérité et leur racine, ainsi que le Père du Tout et l’Esprit saint. Tous, ils diront d’une seule voix : La Vérité du Père est juste et le Fils règne sur le Tout. »

38. Et tous clameront, dans les siècles des siècles : « Saint, saint, saint ! Amen. »

CODEX II, 5

Source : http://religions.free.fr/2400_apocryphes/2400_apocryphes/2428_hypostasearchonte.html

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Les Séthiens / Sethoïtes

Publié le 14 Mars 2013 par X dans Gnose

C'était des Gnostiques d'Egypte (vers 100 ap.JC) qui vénéraient Seth en tant que prophète. ils affirment que celui-ci se serait réincarné dans différents prophètes, dont Melchisédech et Jésus (lequel n'est pas mort sur la croix).

Saint Augustin, dans "Des hérésies 19", les décrit ainsi :

"Les Séthiens étaient ainsi appelés du fils d'Adam qui portait le nom de Seth : ils l'honoraient, mais à leur culte se joignaient des fables et des erreurs, fruits de leur vanité. A les entendre, le patriarche Seth fut engendré par une mère céleste, qui, disaient-ils, avait eu un commerce avec un père également céleste, et ainsi se forma une nouvelle race divine, celle des enfants de Dieu. Du reste, nul ne saurait dire les rêveries qu'ils ont imaginées par rapport aux principautés et aux puissances. Quelques auteurs disent qu'à eurs yeux, Sem, fils de Noé, était le Christ."

Pseudo-Tertullien, dans "Adversus Omnes haereses" (Contre toutes les hérésies") écrit ceci :


"Voici quelles sont les extravagances de cette doctrine.
Deux hommes furent créés par les anges, Caïn et Abel : il s’éleva parmi les anges de grandes dissensions et des querelles terribles à cause d’eux. Alors la Vertu qui est supérieure à toutes les vertus, et qu’ils appellent la Mère, aussitôt que la mort d’Abel lui fut annoncée, voulut que Seth fût conçu et naquît à la place d’Abel, afin que, par la mort et la naissance de cette semence pure, les anges qui avaient formé les deux premiers hommes fussent déshérités de leur gloire ; car ils soutiennent que les anges formèrent avec les hommes des unions illégitimes.
Alors cette même Vertu, qu’ils appellent le Mère, ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure, châtia ces prévarications par le déluge, afin de détruire entièrement la race née de ce mélange, et de ne conserver que la semence qui était pure et intacte.
Mais les anges (archontes) qui avaient créé les hommes de la première semence se glissèrent secrètement, et à l’insu de la Mère, dans l’arche de Noé avec les huit personnes qu’elle renfermait, et y introduisirent la semence de Caïn, afin que la semence de la malice, au lieu de périr, fût conservée avec les autres, et que rendue à la terre après le déluge, elle se développât à l’exemple des autres, se répandît au loin, et couvrît l’univers tout entier.
Quant au Christ, ils ne le regardent que comme Seth, et il n’a été réellement que Seth, disent-ils."

On a trouvé à Nag Hammadi, en Egypte, des livres ayant appartenu aux gnostiques Séthiens (l'Hypostase des archontes, l'Apocryphon de Jean, etc ...). Ces textes permetttent de reconstituer la cosmogonie de la secte :

Au début était l'Etre Primordial (Dieu invisible) et sa patèdre Ennoïa (sa Pensée).
Ensembles ils ont créé l'Eon Barbélon. De celui-ci et de sa parèdre Pronoïa (sa Prescience) sont nés plusieurs Eons hermaphrodites, le Christ Monogène (Fils Unique) ainsi les quatre grands anges : Harnozel, Oroïoel, Daveithé et Heleleth. Sont apparus ensuite encore 8 Eons
(Certains disent que c'est alors que fut créé Adam et son fils Seth. Ce dernier épousera sa soeur Noréa et donnera naissance à la race des Séthiens, les hommes bons.)
Le Dernier Eon, Sophia essaie d'enfanter toute seule mais elle échoue.. Elle ne parvient à créer qu'un serpent hermaphrodite à tête de lion : le grand archonte Ialdabaôth, appelé aussi Samael, Sacla, Ariael, le "Premier né des eaux (Noun)" ou le "Vent des ténèbres". Celui-ci l se prend pour de Dieu unique et crée le monde matériel (Sa compagne porte le nom de Nebruel).
Il crée aussi les sept archontes (exousias) planétaires de l'hebdomade : Athôth (Oraios), Eloaïm (Eloaios), Astaphaïos, Iaô, Sabaoth, Adonis (Adonaios), et Sabbataïos (Sabbathas).
Il crée également les 12 esprits zodiacaux : Athôth (Iaôth), Harmas (Hermas, l'oeil de feu), Galila, Iabêl, Adônaîos / Sabaôth, kainan / Caïn (le soleil), Abel ?, Abiressia (Abiressiné), Iôbel, Harmoupiael, Melkharadonin (Adônin) et Belias.
Enfin, il crée les 360 (ou 365) anges de l'année.
Sophia erre, affligée alors un conjoint lui est envoyé pour la consoler. Ensembles ils créent Pronoïa / Zoé (Vie) / l'Esprit Saint / Metropator (Mère-Père) / la "Mère céleste" / la "Mère des vivants".
Ialdabaoth essaie de fabriquer le premier homme, Adamas / Adam (en s'inspirant d'un reflet venu d'en haut), mais celui-ci marche à quatre pattes comme un animal. Inspiré par Sophia, Ialdabaoth souffle alors dans Adam la parcelle de lumière (psyche) qu'il avait hérité de celle-ci; Adam se redresse alors.
Le grand archonte Ialdabaoth se rend alors compte qu'Adam est devenu supérieur à lui. Jaloux, il l'emprisonne alors dans la matière. Sophia envoit alors sa fille Pronoïa / Zoé pour combattre le grand archonte et délivrer les hommes.
Pronoïa pénètre dans le jardin d'Eden sous la forme d'un serpent afin de révéler la Gnose à Adam et Eve. (Il est dit aussi que le Christ vient se poser, sous la forme d’un aigle, au sommet de l’arbre de la connaissance).Lors de la guerre qui s'ensuit, les archontes essaient de noyer les hommes éveillés de Seth et Noréa en envoyant le déluge ... mais les dynamis (anges de Mars) et l'ange Eleleth viennent secourir les humains.
Pronoïa / Zoé parvient finalement à chasser le grand archonte dans le Tartare et elle convertit l'un de ses fils, le soleil Sabaoth, l'un des sept archontes planétaires.Il organise alors l'Ogdoade, où s'installent Jésus, la Vierge et le Saint-Esprit :
"“Sophia et Zoé libèrent Sabaoth et lui donnent la maîtrise du septième ciel, en-dessous du voile qui se situe entre le dessus et le dessous... Il est élevé au-delà des forces du chaos”

Source : http://atil.ovh.org/noosphere/ophites.php

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Le Livre Secret de Jean

Publié le 13 Mars 2013 par Traduction Chantal Duros dans Gnose

Les historiens de l'Eglise ont rapporté une tradition que dans les premiers temps Chrétiens, au premier et second siècle de notre ère Chrétienne, l'Eglise Occidentale centrée à Rome regarda défavorablement l'Evangile de Jean parce qu'il était considéré comme étant Gnostique. A St. Irénée de Gaule va le crédit d'avoir soutenu cet Evangile, pour qu'il soit accepté dans le canon du Nouveau Testament.

Mais à nouveau, au Moyen Age, nous entendons que les Manichéens du sud de la France possédaient un "faux Evangile de Jean", qui avait la prétention d'être des révélations de Saint Jean reçues alors qu'il se pencha sur la poitrine du Christ. Cet Evangile, dirent les hommes d'église, confondait le Christ avec Lucifer et avait même une fausse genèse du monde, en laquelle le Démiurge rebellé contre Dieu, était chassé des cieux, et implorait Dieu d'avoir une chance de se racheter. Ceci lui fut garanti, et la manière de sa rédemption fut de créer un cosmos en sept jours.

Le Démiurge (c'est un mot Grec, adopté de Pythagore, Platon et Aristote) et ses aides purent voir les modèles archétypaux par lesquels la création devait procéder, mais ne furent pas capables de les copier, et ainsi cette création fut imparfaite. Inévitablement, lorsque le démiurge créa des créatures vivantes, devant être l'humanité, cette création fut également imparfaite. La créature signifiant l'homme était faible et pouvait seulement ramper sur le sol. Prenant pitié de cette créature, Dieu envoya Son Emissaire, le Christ, et marie, deux anges des cieux supérieurs, pour instiller un esprit vivant, et lorsque ceci fut fait, la créature devint capable de se tenir debout et de se montrer elle-même humaine. Ainsi la création fut regardée comme l'œuvre du principe des Ténèbres déchu, qui fut racheté ensemble avec son Principe par Christ, le Principe de Lumière.

Comment la Lumière rachète t-elle les ténèbres ? En brillant dans les ténèbres, qui ne sont pas une "chose en soi" réelle, positive, mais simplement l'absence de Lumière. Les ténèbres sont ce qui est appelé un fait "négatif", quelque chose qui existe seulement par l'absence de quelque chose d'autre, n'ayant pas de substance. De ce concept, les Manichéens décrivirent leur formule pour la conquête du mal.

La légende est qu'à une époque existaient deux royaumes, le royaume des Elfes de Lumière et le royaume des Elfes de la Nuit. Les Elfes de Lumière étaient purement bons, et les Elfes de la Nuit étaient entièrement mauvais. Mais comment les Elfes de Lumière pouvaient-ils conquérir les Elfes de la Nuit, puisqu'ils ne pouvaient pas, par leur nature ou essence, faire le mal ? Ils résolurent le problème en incorporant une partie du Royaume de Lumière au Royaume des Ténèbres, et en brillant de façon continue, maîtrisèrent l'obscurité.

Agissant sur cette formule, les Manichéens infiltrèrent les rangs de leurs ennemis, en Europe, premièrement l'Eglise Catholique Romaine, bien qu'ils aient d'autres ennemis ailleurs. Les manichéens cachés vivaient extérieurement les vies de Catholiques dévots, excepté qu'ils projetaient leur totale influence en promouvant la bonté et éliminant les maux à l'intérieur de l'Eglise. Ils doivent avoir eu des réticences mentales à l'égard de nombreux enseignements Catholiques, mais ils gardèrent celles-ci pour eux-mêmes.

Il est rapporté le cas d'un prêtre dont la vie était si sainte et belle qu'il fut presque adoré par ses ouailles, même lorsqu'il était vivant; mais après sa mort, à leur grande horreur, ils trouvèrent parmi des affaires la preuve indiscutable que leur saint adoré était, en fait, un Manichéen. Alors ils détruisirent et ensevelirent ses reliques et déversèrent la haine sur la mémoire de ce "démon" déguisé, dont la sainteté avait été pour tous eux une inspiration et dont la bonté aimante avait illuminé leurs vies.

Combien de grands réformateurs des églises orthodoxes furent en fait, des Manichéens ou des Gnostiques déguisés ? Un jour nous pourrons le savoir. Nous disons "manichéens ou Gnostiques" parce que des découvertes archéologiques, telles que celles de Nag Hammadi en Egypte, montrent que les doctrines essentielles de Mani remontent aux époques Chrétiennes primitives et pré Chrétiennes.

Mani fut un Maître universaliste qui croyait que toutes les anciennes religions, dans leur pure essence, menaient au trône du Christ. L'Eglise Catholique Romaine, suivie par ses ramifications, les Luthériens, et autres églises orthodoxes Protestantes qui sont aussi des formes de Catholicisme, ont pris position que seul L'Ancien Testament devrait être combiné au Nouveau testament, parce que Jésus était un Juif, et que toutes les autres écritures devraient être ignorées ou détruites. Ils allèrent même plus loin et établirent une règle qu'à moins qu'un suiveur du Christ n'accepte l'Ancien Testament avec le Nouveau, et évite les écritures des autres Gentils, alors il n'était pas Chrétien, peu importe combien il aimait le Christ et peu importe combien il s'efforçait de vivre la vie du Christ. C'est la doctrine qui mena à la persécution étendue et l'intolérance universelle, car elle maintenait, en effet, que chaque homme devait être un Juif avant de pouvoir être un Chrétien.

Saint Paul avait déjà combattu pour les Gentils au premier siècle, afin qu'ils puissent être Chrétiens sans aller à travers la synagogue ou le Temple Hébreux à Jérusalem bien qu'il soit évident qu'il aurait été heureux de les accueillir là comme "craignant Dieu" à la Cour des Gentils. Il aurait même tordu les barrières de la clôture du Temple et permis aux Gentils convertis d'adorer des Israélites eux-mêmes. Au moins, les Juifs l'accusèrent d'essayer de prendre un Gentil dans leur section intérieur sacrée. Il essaya probablement, du moins.

Nous voyons également que Saint Paul faisait référence aux enseignements des Mystères Grecs, et aux astronomes et philosophes Grecs, en qui il avait l'exemple de certains des plus dévots des Pharisiens et des Sadducéens devant lui.

Il est significatif que parmi les doctrines d'une secte appelée les Pauliciens les historiens ne savent pas si le nom venait de leur propre leader ou de Saint Paul, mais certains pensent qu'il vient de saint Paul nous trouvons de nombreuses doctrines qui étaient caractéristiques du Manichéisme.

La bibliothèque trouvée en Egypte en 1945 donna deux versions de l'Apocryphe de Jean. Le livre avait été découvert au 19ème siècle mais ne fut pas traduit à cette époque. Personne ne semblait être intéressé par lui, et seuls quelques passages furent remarqués dans différents livres par des auteurs qui visitèrent le musée à Berlin où ce livre remarquable était préservé.

Jean Doresse parle des livres Gnostiques comme étant des écrits "déguisés" en Chrétiens, parce qu'il ne comprend pas que les anciens peuples ne ressentaient pas être un péché de retenir leurs propres écritures anciennes et de les interpréter à la Lumière du Christ. Aujourd'hui des missionnaires essaient encore de forcer les Bouddhistes, par exemple, à rejeter et renoncer à la 'Lumière de l'Asie" quand ils deviennent Chrétiens; comme s'il était nécessaire de renoncer à une lumière parce qu'une lumière plus forte était venue dans le monde! Personne n'aurait été plus respectueux de Bouddha que le Christ Lui-même ! et personne n'aurait été plus respectueux du Christ que Gautama le bouddha.

Un des deux documents trouvés à Nag Hammadi est une variante du livre de Jean à Berlin. Les deux versions principales N°1 et N°2, la N°2 étant similaire au Codex Berlin. Il mentionne une "édition N° 36 de Codex X" qu'il dit "donner une version développée du résumé dans le texte qui est plus amplifiée et enrichie par un vernis personnel". Il donne alors un bref résumé.

Préambule : l'Apôtre Jean, frère de Jacques, est troublé par la question jetée qui lui est jetée dans le Temple par un Pharisien nommé Arimanios. "Où est parti ton maître à présent"?

"Un pharisien nommé Arimanios". Le nom du Pharisien n'était probablement pas vraiment Arimanios. Arimanios est, selon toute vraisemblance, Ahriman, le Satan perse, ou Tentateur. Ici le Tentateur parle à Jean à travers les lèvres d'un Pharisien, tout comme il paraît à Jésus à travers Pierre lorsque Jésus le réprimanda en disant, "Arrière, Satan", regardant droit en face de Pierre lorsqu'il lui parlait. De façon similaire, c'est le Tentateur, Satan, ou le Doute et le Désespoir personnifiés, qui parle à Jean dans l'épreuve du Pharisien : "Où est parti ton Maître à présent"?

Jean se retira dans la solitude de la montagne pour méditer et prier, cherchant une réponse à ceci et autres questions : Pourquoi le Christ fut-il envoyé dans le monde ? Qui est son Père ? Qu'est ce que l'Eon comme celui où voyage l'humanité ? Le ciel s'ouvre et un Etre triple apparaît dans la forme d'un homme jeune, une femme et un vieillard et cet Etre triple déclare qu'il est véritablement un seul Etre, Père-Mère-Fils.

L'Etre révèle à Jean les secrets de l'Univers, passé et futur, et lui ordonne de transmettre ces enseignements à l'Elu. (Doresse ne mentionne pas l'histoire traditionnelle, telle que racontée au Moyen Age, que Jean reçut sa vision lorsqu'il reposait sur la poitrine du Christ).

L'Etre Primordial existait seul au commencement, calme et au repos dans le Grand Silence de l'océan de Lumière. Il contemplait les vagues de pure Lumière en lesquelles il reposait et par Sa pensée, de Lui-même une image fut projetée sur les vagues. Cette Première Pensée est le "parfait pouvoir de Barbelos", l'Image de Dieu, qui est l'Homme Primordial et l'Esprit Vierge. Nous pouvons remarquer que tous ces enseignements sont véritablement des concepts Platoniciens dans une vêture mythologique; non un "déguisement", mais une allégorie poétique.

D'autres "Eons androgynes" Principes bisexués ayant à la fois des pouvoirs masculins et féminins, Pouvoir-volonté et Amour-Sagesse, un concept grossièrement dégradé par les Pères de l'Eglise aux premiers siècles correspondent aux Elohim de la Bible. Le Jéhovah biblique fut en fait un de ces Elohim doublement sexués, qui fut identifié par les Hébreux, ou interprété par eux, comme étant l'Etre Unique Absolu Suprême, son ancien statut ayant été rejeté et oublié.

Barbelos, le Premier Etre, la Vierge Divine fixe résolument la Lumière de Dieu, et en fixant ainsi conçoit une Etincelle, qui devient le Fils de Dieu. Dans ces anciennes visions, la comparaison est, nous croyons, dans la manière dont une image est réfléchie dans une boule de cristal. A la fois les cristaux de quartz et de verre étaient faits en Egypte et autres lieux, peut-être même en verre blanc, bien que ceci ne soit pas certain. De toute façon, la forme ancienne de polissage de gemme était de "rouler" les pierres. Elles n'étaient pas facettées de la même manière que nous le faisons aujourd'hui. Ainsi une pièce de cristal de quartz pouvait avoir été trouvée 'roulée" dans un ruisseau ou "roulée" par un artisan; et si c'est le cas, il pourrait avoir servi en tant que cristal de voyance. Le cristal a la propriété particulière de prendre une image reflétée n lui-même, et de la réverbérer. Elle apparaît à l'envers, le cristal en est plein. Même ainsi la vision de la Lumière crée à l'intérieur le Barbelos le Premier Ange une Etincelle qui est de Dieu et qui est comme Dieu.

Les poètes orientaux comparent également la sympathie mystique avec Dieu à la manière dont un amoureux voit son image dans la pupille de l'œil de son aimée. Chacun voit l'autre, amant et aimé, chacun voit dans la pupille de l'œil de l'autre une image de lui-même. Ainsi l'Homme contemple Dieu et l'Image de Dieu est formée dans son âme; et inversement l'Image de l'Homme est formée dans l'Oeil de Dieu, et cette Image d'Homme dans l'Oeil de Dieu est ce que voit le mystique. Telle est la formule de l'Oeil, comme montrée dans de nombreuses anciennes allégories poétiques de l'orient; et telle est, nous le croyons, la signification de ces obscurs textes dans l'Apocryphe de Jean.

Le Christ qui est ainsi engendré est appelé le Monogène. Ce mot résonne de façon particulière, mais il signifie simplement l' "Engendré seul" comme dans l'ouverture de l'Evangile de Jean dans le Nouveau Testament. Dans celui-ci, également, si nous devions substituer la forme grecque des noms, notre texte serait méconnaissable; par exemple : "Je suis le Chemin, la Gnose, et la Vie". Ou, "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu".

Du Christ viennent les Quatre Luminaires, les quatre Seigneurs Principaux du Karma, appartenant symboliquement aux quatre signes fixes du zodiaque. Certains disent qu'il y a sept Seigneurs du Karma; ceci se réfère, bien sûr, aux sept Principes Planétaires qui influencent la destinée humaine dans l'horoscope.

Après ces Pouvoirs Célestes, Adam fut créé, le premier homme de la Terre. Ceci est suivi (dans ce texte) de l'histoire de la "Chute de Sophia" qui voulait créer seule comme le Créateur et qui donna naissance à un monstre ressemblant à un lion et un serpent, qu'elle cachait dans un nuage manifestement, les constellations du zodiaque, avec une référence spéciale au Lion et au Scorpion, ou autres dragons astronomiques des ciels. A nouveau nous répétons, cet apocryphe n'est rien qu'un poème un poème compliqué, allégorique et les étudiants se rendent eux-mêmes ridicules en le traitant comme s'il était un traité direct comme les travaux du Romain Lucretius.

L'histoire de Sophia qui peut aussi être comparée à la Vierge, qui à présent tient le Soleil à sa chute à l'équinoxe d'automne est suivie de l'histoire du combat des pouvoirs de la Lumière avec ceux des Ténèbres; qui survécut au Moyen Age, comme nous l'avons remarqué. Il est à noter que les Ténèbres ne peuvent seulement être détruites elles-mêmes lorsque qu'elles poursuivent la Lumière, parce que la Lumière détruit automatiquement les ténèbres par sa brillance.

L'Etre caché dans le Nuage devient le Créateur Démiurge des mondes inférieurs. Ceci est le "Jéhovah", le Cosmocréateur de l'Ancien Testament. Il crée Sept Rois pour gouverner les Sept Cieux (Planètes), et Cinq Rois qui gouvernent les Abysses les royaumes du Chaos, les "Mondes Sombres" dans lesquels les âmes se rendent entre les incarnations. Ces cinq mondes sombres avec leurs Cinq Rois, représentent le "Chaos" des Grecs, et "l'abysse" dans lequel les germes de toute vie et formation se développent.

Plus tard des êtres furent créés, 360 ou 365 en nombre un Ange pour chaque jour de l'année, évidemment. Ils sont symbolisés par les silhouettes à têtes d'animaux, dans la culture Egyptienne.

Chacun savait que les Egyptiens n'adoraient pas des animaux ou des animaux-démons; ils prenaient ces figures de façon symbolique. L'idée est précisément la même que nous trouvons dans notre Nouveau Testament, où un bœuf est dépeint pour l'Evangile de Luc, un Lion pour St. Marc, un serpent pour St. Jean, et un homme pour St. Matthieu. Il aurait été assez en droite ligne avec la symbologie Egyptienne d'avoir dépeint St. Luc comme un homme à tête de bœuf tenant un livre dans sa main. Nous pouvons ne pas aimer ce symbolisme, mais nous pouvons le comprendre.

Tous les Pouvoirs ont deux noms, en accord avec la doctrine magique de l'antiquité par laquelle le Nom "Secret" ou "Dieu" était un Nom de Pouvoir, et qui n'était jamais révélé; puisque le nom commun était le nom utilisé publiquement. Les Egyptiens donnaient toujours à leurs enfants deux noms pour cette raison, le premier étant le nom secret. Dans les Ecoles Initiatiques comme dans le Baptême Chrétien nous voyons une forme de coutume similaire, où le baptisé prend un nouveau nom. Il semblerait également qu'il avait un nouveau Nom Secret, comme un Initié; car le Baptême était une Initiation et une renaissance.

Chaque chose dans la vie a ses bons et mauvais aspects. Les planètes dans l'horoscope peuvent donner une destinée bénéfique ou l'opposé, ou les deux mêlées à la fois, ce qui est habituellement le cas. Par conséquent chaque Grand Ange a deux Noms, et chaque démon peut être contraint par l'usage du Nom du Grand Ange qui a gouverne sur ses activités. L'Apocryphe de Jean n'entre pas dans ceci, mais le concept est impliqué dans le fait que les Intelligences Créatrices sont dites avoir Deux Noms.

Lorsque sa création fut terminée, Ialdebaoth s'exclame fièrement : "je suis un dieu jaloux et il n'y a d'autre dieu que moi!" Et l'Apocryphe prévient que l'histoire de la création ne doit jamais être prise dans le sens que Moïse l'a décrite, mais d'un point de vue opposé.

Sophia, voyant que son fils pèche contre Dieu, va et vient comme un esprit sur l'abysse de l'espace, et elle est aidée dans sa détresse par d'autres pouvoirs. A la fin, fixant les eaux de l'abysse, les Pouvoirs, à leur étonnement, voient se refléter l'image de Dieu! Ialdebaoth commande alors que lui et ses compagnons créent un être fait à la ressemblance de cette Image dépeinte, qu'ils appellent Adam, et les Archéons (Pouvoirs) se mettent au travail. Archon est le terme Grec.

Comme pour les autres noms des Pouvoirs, le texte dit, "Si tu veux les connaître, ils sont écrits dans le livre de Zoroastre", montrant que l'influence Perse réside derrière les influences Hébraïque, Grecque, et Egyptienne de cet Apocryphe.

Adam fut créé, mais ne pouvait se tenir debout, et cinq messagers envoyés du Dieu véritable conseillèrent à Ialdebaoth d'insuffler le souffle de vie dans la bouche d'Adam. Il fit ceci, et Adam non seulement se leva, mais devint resplendissant, et Ialdebaoth craignit aussitôt qu'il ne lui dérobe son pouvoir.

Les Pouvoirs chassèrent alors Adam dans les ténèbres inférieures. Mais la Mère prit pitié d'Adam, et lui envoie une Etincelle de Pensée de Lumière, appelée Zoé, un autre mot Grec. Puis les Archéons construisent encore un autre corps, plus dense et plus matériel, dans lequel ils emprisonnent Adam. Ils créent le Paradis dans le monde inférieur, et l'y déposent, mais les joies de son Paradis sont illusoires et pleines d'amertume. L'Arbre de Vie appartient à Ialdebaoth, et son fruit est amer; l'Arbre de la Connaissance détient l'Etincelle, ou Germe, de Lumière de la Divine Mère.

"Qu'était le Serpent qui enseigna à l'Homme de manger de cet Arbre?"demande Jean. Le sauveur répond :"Le Serpent lui enseigna le germe du désir, pour mettre Adam en esclavage; mais il vit qu'Adam ne lui obéissait pas à cause du Germe de Lumière qui était en lui". Le Serpent est, comme montré ci-dessus, Jehovah-Ialdebaoth. Il est celui qui gouverne l'Arbre de "Vie", ou désir, des corps engendrés.

Le Démiurge crée alors Eve, qui est une partie de la Lumière Adamique, mais lorsqu'il ouvre le côté d'Adam, la part de lumière s'échappe, aussi il fabrique Eve avec ce qui reste. L'apocryphe dit que le Christ Lui-même se manifesta dans la forme d'un aigle et s'assit sur l'Arbre de la connaissance, pour inciter Adam et Eve à manger du fruit de la Connaissance, dans lequel était le Germe de Lumière appartenant à la Divine Mère, par lequel ils pourraient être rachetés des ténèbres de la matière et du pouvoir de Jéhovah-Ialdebaoth, le Serpent des Ténèbres. Le germe du Démiurge est à la fois dans Adam et Eve, qui apportent Caïn et Abel; mais Seth s'échappe. Seth est l'Homme Rempli de Lumière, qui plus tard renaît en tant que Jésus le Christ, le fils véritable de Sophia, la Sagesse.

St. Paul dit, parlant d'Abraham, Sarah et Agar :"lesquelles choses sont en allégories"; et il est évident que ces Gnostiques écrivaient en allégories. Elles ne peuvent pas être comprises d'une autre manière.

Nous voyons de ceci pourquoi les Catholiques croyaient que les Manichéens adoraient Satan, puisque pour les Manichéens Jéhovah était le Satan et l'Esprit de l'Arbre de la Connaissance était le Christ. Mais ils n'adoraient pas Satan, ils adoraient le Christ, comme l'Esprit qui donnait Sagesse et Connaissance à l'humanité. L'Arbre de Vie de Jéhovah n'était pas immortalité mais "génération", un arbre généalogique.

Il y a une raison de croire que le texte de la Genèse Hébraïque, écrite d'un point de vue opposé, comme Max Heindel l'a commenté une fois, a , en fait, donné la même interprétation lorsqu'elle dit que "Adam connut Eve, et qu'elle porta Caïn"; Adam connut Eve, et elle porta Seth"; identifiant ainsi clairement la génération avec l'Arbre de la Connaissance, alors que les Gnostiques et les Manichéens donnaient cette signification à l'Arbre de Vie.

Comme dans Pistis-Sophia, un long dialogue entre Jean et le Christ est donné, couvrant de nombreux sujets d'intérêt spirituel. L'Apocryphe montre qu'il y a un véritable Esprit, qui est Au-dessus, et un Esprit Contrefait (qui imite Le Véritable) qui est en-dessous, dans l'espace inférieur. Le Salut est libéré de la "caverne de perversité" dans laquelle l'homme est emprisonné, et où il passe tous ses jours regardant les ombres. (Comparez avec le Mythe Platonique de la Grotte dans la République, Livre VII).

Il y a une guerre constante entre le Véritable Esprit et l'Esprit Contrefait revendiquant pour les âmes de l'humanité. C'est le Démiurge qui envoie ses anges en bas pour séduire les filles des hommes à chaque fois qu'elles montrent quelque inclination à s'élever des cavernes de perversité, leur enseignant les soi-disant bonnes choses de la terre, leur donnant la santé matérielle, le bonheur, et le pouvoir; leur enseignant les arts, les habiletés, et les sciences du monde physique.

Mais la Grande Mère n'oublie jamais, et elle survole encore, aller et retour, sur l'abysse du temps et de l'espace, cherchant à sauver ses enfants. Elle va vers Adam pour l'éveiller de son sommeil dans les ténèbres, lui disant :

Je suis la richesse de la Lumière

Je suis la mémoire de la Plénitude (de l'Esprit)

Je marchai dans les profondeurs des Ténèbres

Et je persévérai jusqu'à ce que j'atteigne le milieu de la prison, vers la fondation du Chaos…

Je pénétrai dans le cœur de la prison, c'est à dire, la prison du corps

Et je dis 'Que celui qui entend s'éveille du lourd sommeil!'

Et Adam s'éveilla…disant, "Qui a appelé mon nom?'

Et l'Esprit répond : 'Je suis la Pensée de l'Esprit Vierge

Qui te ré-établit dans les royaumes de gloire.

Lève-toi, et souviens-toi que

C'EST TOI- MÊME QUE TU AS ENTENDU

Et retourne vers ta racine!

Car je suis Le Miséricordieux.

Abrite-toi des anges de destruction, des démons du Chaos,

Et de tout ce qui te gêne, et élève-toi du lourd sommeil de la demeure infernale'.

L'étudiant Gnostique français Jean Doresse qu'il n'est pas toujours clair de savoir qui parle, si c'est le Sauveur, ou la Reine Vierge des Anges; et il dit que sans doute ceci insiste sur l'histoire du Christ ayant été mélangée à l'ancien mythe de la déesse Mère. La ressemblance au mythe Babylonien de la Descente d'Ishtar et du mythe Grec de Déméter cherchant Perséphone est évidente; pas pour mentionner l'Isis Egyptienne cherchant Osiris. Le poète a fait un effort, apparemment pour construire un mythe parmi de nombreux, une allégorie éclectique, universaliste, acceptable aux anciens peuples, incluant les Juifs.

Le texte utilisé par les Manichéens médiévaux en Europe peut avoir été une version éditée par Mani ou ses disciples.

Puisque Doresse n'est pas un mystique ou un occultiste, et puisqu'il interprète ces textes avec un littéralisme qui est déplorable, nous ne pouvons prendre sa parole pour la substance véritable de l'Apocryphe de jean. Il n'est pas réellement intéressé, sauf comme un vivisecteur est intéressé en découpant un animal dans un laboratoire; et c'est uniquement lorsque nous prenons en sympathie ces anciens livres dans nos consciences, en méditation et contemplation, utilisant l'imagination poétique, que nous pouvons entrer dans l'esprit en lequel ils furent écrits et ainsi en arriver à une sorte de compréhension de ces textes.

RAYS MAI JUIN 2002 ANN BARKUST

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/le_livre_secret_2.htm

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Les Eons

Publié le 12 Mars 2013 par X dans Gnose

Les Eons

Ce sont d’immenses agrégats de forces naturelles, invisibles mais tangibles, créés au cours des temps par les hommes (initialement inconscients). Les éons exercent maintenant une influence coercitive sur l’existence humaine. L’autoconservation étant devenue la principale caractéristique de l'humanité, les éons, à leur tour, ont une propension à l'autoconservation.
Ils sont au nombre de douze et ont constitué, au fil des temps, un groupe hiérarchisé qui règne sur les domaines de l'espace-temps. Au prix d’une immense souffrance humaine, les entités éoniques les plus puissantes ont acquis, par rapport à la roue des naissances, un affranchissement qu’elles ne peuvent conserver qu’en entretenant cette souffrance. Elles se nourrissent des éthers libérés par la violence de la douleur et, à l'inverse, par l'ardeur de la joie intense.
Parallellement à ces influences naturelles, on trouve les forces du septuple cosmos divin. Cette septuplicité, du fait de l'état chuté du genre humain, provoque le plus souvent férocité, paresse, animosité, et son cours harmonieux et paisible se trouve contrarié et entravé de toutes les façons possibles.

ÉTYMOLOGIE

En grec, le temps, la durée, l'éternité ; lat. aevum ; goth. aivs ; sanscr. âyus ; ainsi dit parce que l'éon était une intelligence éternelle. Terme des systèmes gnostiques. Nom des émanations ou intelligences éternelles sorties du sein de l'Un. Les éons sont les substances divines qui en Dieu émanent plus immédiatement ; ils sont les uns actifs, les autres passifs ; ils sont de différents sexes : il n'y en a qu'un certain nombre.
Innombrable et illimitée, la progéniture du Père-Fils — les existants — est pourtant indivisible ; c’est qu’elle est issue de lui, Père et Fils, à la manière de baisers : par l’effet de leur surabondance, le baiser de personnes s’embrassant mutuellement dans une pensée bonne et insatiable est unique, bien que s’exprimant en de multiples baisers. Telle est l’Église nombreuse, qui préexiste aux éons, que l’on appelle à juste titre « les éons des éons ».
Il est impossible à un intellect de les concevoir — telle est la perfection de ce lieu-là — et nulle parole ne les peut dire, car ils sont ineffables et ils sont au-dessus de tout nom. Ils sont inconcevables. Eux seuls néanmoins ont le pouvoir de s’attribuer des noms afin de se concevoir. En effet, ils ne sont pas enracinés ici-bas. Car ceux qui appartiennent à ce lieu-là sont ineffables et indénombrables, selon cette constitution. Car telle est la forme, la manière et la sorte, la joie et l’allégresse de l’Inengendré, innommé, au-dessus de tout nom, inconcevable, invisible et insaisissable ; c’est le Plérôme de la Paternité, si bien que sa surabondance est devenue procréation. Tant qu’ils sont demeurés dans la Pensée du Père, c’est-à-dire tant qu’ils sont demeurés dans la Profondeur cachée, la Profondeur les connaissait certes, mais eux ne pouvaient connaître la Profondeur en laquelle ils se trouvaient, ni se connaître eux-mêmes, ni connaître quoi que ce soit d’autre.
Ils existaient avec le Père, et ils n’existaient pas pour eux-mêmes, mais ils possédaient leur existence seulement comme une semence, de sorte qu’on peut comparer leur existence à celle d’un embryon. Il les a engendrés comme le logos qui existe à l’état de semence avant que ne viennent à l’existence les choses qu’il produit.
C’est également pour cela que le Père a prévu à leur sujet non seulement qu’ils existeraient pour lui, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes ; qu’ils existeraient donc dans sa pensée en tant que substance intellectuelle, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes.
Ils sont des intellects d’intellects, qui se trouvent être des logoi de logoi, supérieurs de supérieurs, degrés de degrés, plus élevés les uns que les autres.

Les douze éons de la perdition :

L’homme-âme dialectique de cette nature se maintient au moyen de douze forces. Dans notre École il est question de douze forces astrales planétaires, à savoir : huit forces éthériques, deux forces astrales et deux forces spinales. Ces douze forces planétaires sont les mêmes que celles dont parle la Pistis Sophia, quand elle dit que toutes les âmes naissent des forces des archontes de ces sphères. Les archontes sont les forces de la damnation, comme le dit la Pistis Sophia. - Les noyaux de ces forces sont désignées comme étant les “éons de la perdition”. Les douze éons de la perdition sont les douze foyers de la lipika, tant cosmique que microcosmique. Comme telles, ces douze forces ne sont jamais libératrices pour l’homme mais sont, sans exception, corruptrices pour l’humanité. C’est pourquoi elles sont désignées comme les douze portes de la perdition.

Le zodiaque, les 12 éons

Pour le comprendre, il faut avoir quelques notions de ce qu’on entend par zodiaque, les douze signes qui gouvernent directement l’univers dialectique. Ces douze forces tiennent enfermé l’univers dialectique entier et le régissent. Ce sont les autorités divines dialectiques supérieures qui déterminent la dodécuple personnalité de l’être humain.

Ils forment:

1. - la conscience dialectique;

2. - l’instinct dialectique de possession;

3. - l’idée dialectique de fraternité;

4. - l’idée dialectique de patrie (concrétisation sur terre du Royaume des cieux);

5. - l’idéal dialectique de force, courage, héroïsme;

6 .- l’idéal dialectique de fécondité;

7. - l’idée dialectique de vie en harmonie;

8. - l’idée dialectique du développement s'exprimant par l'occultisme;

9. - le rêve de la divinisation dialectique;

10. - la première étape de la réalisation de cette divinité illusoire, au sens mental;

11.- la deuxième étape, au sens éthique;

12.- la troisième étape au sens d'une manifestation matérielle ne signifiant rien d'autre qu'une souffrance infinie.

Or cette chaîne dodécuple forme la grande prison de la nature de la mort: douze dieux, dont émanent douze idées, douze illusions, douze tentatives.

Les mystères de la magie du Treizième Éon :

Et si, sur cette voie de retour à la liberté des mystères transfiguristiques, un pauvre esseulé est arraché à la gigantesque emprise de l'univers de la mort, c'est un vrai miracle! Pour expliquer cet insigne et merveilleux événement, il est écrit aux chapitres 19 et 20 de la Pistis Sophia :
Marie dit : Seigneur, les hommes qui connaissent les mystères de la magie de tous les archontes de tous les éons, et la magie des archontes du destin et de ceux de la sphère, celle que les anges déchus leur ont apprise pour contrecarrer les bonnes actions et qu'ils invoquent dans leur mystère, c 'est-à-dire, leur magie noire, ces hommes les accompliront-ils désormais ou non?»
Jésus fit cette réponse à Marie : «Ils ne l'accompliront pas de la façon dont ils l'ont accomplie depuis le commencement, parce que je leur ai enlevé un tiers de leur force. Mais ils demanderont des forces à ceux qui connaissent les mystères de la magie du Treizième Eon. Et s'ils invoquent les mystères de la magie de ceux qui se trouvent dans le Treizième Eon, ils l'accompliront de façon sûre et certaine, parce que je n'ai retiré aucune force de ce domaine, conformément à l'ordre du Premier Mystère. Celui qui coopère avec le Treizième Eon, qui, de tout son être, se consacre à la Fraternité du Trésor de la Lumière, avec le désir du salut et en totale reddition de lui-même, a évidemment remis à ce Treizième Éon son potentiel magique, son pouvoir magique. Cet Éon n'emploie pas cette Force pour transformer le spatio-temporel en quelque chose de durable et d'éternel, mais pour nous attirer dans le nouveau Champ de vie; pour vous élever, avec votre force tout entière et grâce à elle, une fois que vous serez purifié. Vous possédez une force, un bien inaliénable. Cette force vous met en interaction magique, en relation magique avec les éons de la nature ordinaire; et c'est avec votre force qu'ils vous animent en vue de la mort. Mais si, avec cette même force, vous entrez en liaison avec le Treizième Éon, alors vous êtes animé en vue de la Vie. Cette animation pour la mort dégénère et dénature complètement votre microcosme. Mais l'animation pour la Vie le transfigurera totalement. Tel est le grandiose mystère de la libération. Il s'agit ici de deux lois magiques; mais sur les deux, une seule peut opérer. Que faites-vous de votre force, vous, en tant que microcosme? Si vous acceptez de livrer votre force à la Gnose, la Loi de la libération devient opérante en ce qui vous concerne. Vous ne dépendez plus de la seule volonté de la Fraternité, mais vous êtes parfaitement en mesure de mener à bien, vous-même, votre propre accomplissement.

Source : http://gnose.free.fr

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Livre des secrets de Jean (2)

Publié le 12 Mars 2013 par (BG, 2 ; NH III, 1) dans Gnose

«Les autorités créèrent leur ouvre par  une action conjointe d’elles mêmes et de toutes leurs puissances. Les autorités modelèrent un modelage d’après elles-mêmes et chaque puissance créa une âme à partir de sa puissance propre, l’âme. Elle créa cette âme d’après l’image qu’elle avait vue, à l’imitation de celui qui  existe depuis le commencement, l’Homme parfait. Les puissances dirent : “Nommons-le Adam afin que le nom de celui-ci ainsi que sa puissance deviennent pour nous lumière”.

 

« Et les puissances commencèrent à partir de l’intérieur. La première puissance, Divinité, est une âme d’os ; la deuxième, Souveraineté, une âme de nerf ; la troisième, Jalousie, une âme de chair ; la quatrième, Pronoia, une âme de moelle ainsi que la constitution totale du corps ; la cinquième, Royauté, une âme de sang ; la sixième, Compréhension, une âme de peau ; la septième, Sophia, une âme de cheveux. Et ces puissances mirent en ordre le corps entier.

 

« Alors leurs anges les assistèrent et créèrent à partir de ce qui avait été précédemment préparé par les autorités comme support  de l’âme, l’ordre d’ajointement des membres. Et le corps entier fut créé, étant assemblé par la foule des anges dont j’ai parlé précédemment.

 

« Et ce corps demeura inactif un long moment car les sept autorités ne purent le mettre debout pas plus que les trois cent soixante anges qui avaient procédé à l’ajointement.

 

« Alors la Mère voulut reprendre la puissance qu’elle avait donnée à l’Archonte par impétuosité et sans méchanceté. Elle adressa une supplique au Père dont la miséricorde est abondante, ainsi qu’aux quatre lumières. Et il envoya, par décision sainte, l’Autogène et les quatre lumières sous l’aspect d’anges du Premier Archonte.

 

« Ils le conseillèrent dans le but d’extirper de lui la puissance de la Mère. Ils lui dirent : “ Souffle dans son visage l’Esprit qui est en toi et l’ouvre se mettra debout !” Et le premier Archonte souffla dans cette oeuvre un Esprit qui n’est autre que la Puissance de la Mère, le faisant passer de lui dans le corps. Et celui-ci se mut  aussitôt.

 

« Alors le reste des autorités fut jaloux de Yaldabaôth, car c’était d’elles toutes que l’homme était issu, et elles donnèrent à celui-ci  les puissances issues d’elles et il devint ainsi possesseur des âmes des sept autorités et de leurs puissances. Sa pensée devint alors supérieure à celle de ceux qui l’avaient créé et à celle du Premier Archonte.

 

« Mais Yaldabaôth et ses autorités comprirent que l’homme s’était dépouillé du mal en devenant plus sage qu’eux et qu’il avait accédé  à la lumière. Il le prirent alors et l’entraînèrent vers les régions les plus basses de toute la matière.

 

« Le bienheureux Père, bienfaiteur miséricordieux, manifesta sa compassion envers cette puissance de la Mère qui avait été soustraite à l’Archonte, afin qu’elle exerce sa domination sur le corps. Il envoya son Esprit  bienfaisant et miséricordieux, Épinoia de la lumière, comme aide pour le premier à être descendu, celui qu’ils avaient appelé Adam. C’est elle qu’Adam a nommée « Vie ».

 

« C’est elle qui travaille à la création entière, peinant avec elle, l’érigeant pour en faire son propre temple parfait, et lui ouvrant les yeux au sujet de la descente de sa déficience en lui enseignant sa remontée.

 

« Et Épinoia de la lumière se trouva donc cachée en lui de sorte que  les archontes ne perçoivent pas sa présence, mais que notre consoeur Sophia qui est semblable à nous corrige ses déficiences grâce à Épinoia de la lumière.

 

« L’homme devint lumineux à cause de l’ombre de lumière qui est en lui. Et il devint supérieur à ses créateurs. Et toutes les autorités archontiques firent un signe d’assentiment  voyant que l’homme les surpassait.

 

«Les autorités tinrent conseil avec tout le corps angélique des archontes et le reste de leurs pouvoirs. Alors le souffle et la terre furent mélangés à l’eau et à la flamme ; ils les assemblèrent au moyen des quatre vents au souffle brûlant, les unissant ensemble. Provoquant une grande confusion ils introduisirent l’homme dans l’ombre de la mort. Ils firent donc un autre modelage, une nouvelle fois, mais à partir de terre, d’eau, de feu et de souffle, c’est-à-dire à partir de matière, de ténèbres, de désir et d’Esprit contrefait.

 

« Le voilà le lien ! Le voilà le tombeau du modelage du corps dont les voleurs ont revêtu l’homme comme d’un lien matériel, le lien de l’oubli ! Et c’est ainsi que l’homme est devenu mortel. La voilà la descente primordiale et la séparation primordiale ! Mais l’Ennoia de la lumière préexistante est en lui, éveillant sa pensée !

 

« Le Premier Archonte prit l’homme et le plaça dans ce paradis, dont il disait qu’il est délices pour lui, mais c’est afin de le tromper, car leur nourriture est amère, et leur  beauté perverse. Leur nourriture est tromperie et leur arbre, impiété. Leur fruit est un poison qui n’apporte pas la guérison et leur promesse est mort pour lui.

 

« C’est en prétendant qu’il était l’arbre de la vie qu’ils ont planté leur arbre ; mais je vous enseignerai que le mystère de leur vie c’est l’Esprit contrefait fait par eux afin de détourner l’homme de sorte qu’il ne conçoive pas par la pensée sa plénitude.

 

« Cet arbre est ainsi fait : sa racine est amère, ses branches sont ombres de mort, son feuillage est haine et tromperie, son huile est onction de perversité et son fruit désir de  la mort. Sa semence ne s’abreuve que d’obscurité. Ceux qui goûtent à cet (arbre), leur lieu de séjour est l’Hadès.

 

« Quant à l’arbre qu’ils disent être  “pour connaître le bien et le mal”, c’est Épinoia de la lumière, celle à propos de qui ils ont fait commandement de ne pas goûter, c’est-à-dire de  ne pas lui obéir. En effet ce commandement a été édicté contre l’homme afin qu’il ne regarde pas en haut, vers sa plénitude, et qu’il ne pense pas qu’il est nu de sa plénitude. Mais c’est Moi qui l’ai redressé  pour qu’il mange ! »

 

Je lui dis : « Seigneur ! N’est-ce donc pas le serpent qui a instruit l’homme ? » Il rit et dit : « Le serpent  leur a enseigné le désir de procréation, qui est souillure et corruption, pour que ce désir soit utile pour lui-(même).

 

« Et le Premier Archonte sut qu’Adam ne lui avait pas obéi parce qu’il était plus intelligent que lui. Aussi désira-t-il reprendre la puissance qui lui avait été retirée au profit d’Adam. Et il jeta un égarement sur Adam. »

 

Je lui dis : «Seigneur ! qu’est-ce que l’égarement ? » Alors il me dit : «Ne l’interprètes pas comme l’a dit Moïse : “il l’a fait dormir”, mais comprends qu’il voila les perceptions  d’Adam d’aperception et, en effet, il a parlé par la bouche du prophète en disant : “J’appesantirai les oreilles de leur cour pour qu’ils  ne pensent pas et ne voient pas”.

 

« Épinoia de la lumière se cacha alors en Adam et dans son désir de la posséder, l’Archonte voulut l’en faire sortir au moyen de la côte. Mais comme  Épinoia de la lumière est un être insaisissable, les ténèbres, bien qu’elles aient poursuivi sa lumière, ne purent la saisir.

 

«L’Archonte voulut alors amener la puissance hors d’Adam en faisant un nouveau modelage mais en forme de femme et mit celle-ci debout devant Adam. Cela ne se passa donc pas comme l’a dit Moïse : “il prit une côte”, mais il créa une femme et la plaça auprès de lui.

 

 « À cet instant Adam fut dégrisé de l’ivresse des ténèbres, car Épinoia de la lumière retira le voile qu’il avait sur le cour. Aussitôt qu’il connut sa co-essence qui lui ressemble, il dit : “Maintenant tu es un os de mes os et de la chair de ma chair !”

 

« C’est pourquoi l’homme quittera son Père et sa Mère, s’unira à sa femme et ils deviendront, eux deux, une chair unique, parce que le conjoint de la Mère sera envoyé pour que soient redressées les déficiences de celle-ci.

 

« C’est pourquoi Adam la nomma : “mère de tous les vivants”.

 

« Par décision de la Souveraineté d’en haut et par révélation, Épinoia enseigna à Adam la connaissance par l’intermédiaire de l’arbre, sous l’aspect d’un aigle. Elle lui apprit à manger la connaissance, afin qu’ils se souviennent  de leur plénitude, car s’était produite dans les deux la chutedans l’ignorance.

 

« Yaldabaôth comprit qu’ils s’écartaient de lui et il les maudit. Et il ajouta en plus à l’adresse de la femme que son mari la dominerait, sans connaître le mystère qui s’était produit par  décision sainte d’en haut. Mais eux eurent peur de le maudire en révélant son ignorance à ses anges. Et il les jeta hors 62 du paradis et les revêtit d’épaisses ténèbres.

 

« Yaldabaôth vit alors la vierge qui se tenait auprès d’Adam. Il fut rempli d’ignorance et voulant susciter d’elle une semence, il la souilla et engendra un premier fils, et semblablement un deuxième : Yaoué, face d’ours et Eloïm, face de chat. L’un est juste et l’autre est injuste. Eloïm est le juste et Yaoué  l’injuste. Le juste, il l’a établi sur le feu et le souffle ; l’injuste, il l’a établi sur l’eau et la terre. C’est eux que toutes les générations ont nommés Abel et Caïn.

 

« Jusqu’à aujourd’hui, l’union matrimoniale instituée par le Premier Archonte a duré. Il a semé en Adam un désir de procréation de sorte que, grâce à cette nature archontique, ils engendrent à la ressemblance de Yaoué et Eloïm, à l’instigation de leur Esprit contrefait.

 

« Quant aux deux archontes, Yaoué et Eloïm, il les a établis sur les éléments afin qu’ils gouvernent sur le tombeau.

 

« Ayant connu sa propre essence Adam engendra Seth sur  le modèle de la génération qui est en haut dans les éons.

 

« De la même façon fut envoyé à la Mère son propre Esprit, pour qu’il fasse se lever ceux qui sont de même nature que lui Seth  mais sont dans la figure de la plénitude, et qu’il les conduise hors de l’oubli et du mal du tombeau.

 

« Et ceux-ci demeurèrent un temps ainsi, pendant qu’elle ouvre en faveur de la semence afin que, lorsque l’Esprit Saint viendra des grands éons, il les établisse hors de leur déficience  en vue de la restauration de l’Éon pour que cet éon soit dans une plénitude sainte et qu’ils ne soient plus déficients. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Toutes les âmes  seront-elles sauvées dans la lumière pure ? » Il me dit : « Tu as accédé à l’Ennoia de grandes réalités qu’il est difficile de dévoiler à d’autres 65 qu’à ceux qui appartiennent à cette génération inébranlable.

 

« Ces âmes sur qui l’Esprit de vie descend et en qui il s’unit à la puissance, seront sauvées et deviendront parfaites et seront dignes de monter vers ces grandes lumières. Là, en effet, elles sont purifiées de tout mal et libérées des liens de la perversité puisqu’elles ne se sont appliquées à rien d’autre qu’à (promouvoir) ce rassemblement incorruptible, se souciant de ce rassemblement sans colère, ni jalousie, ni crainte, ni désir, ni rassasiement. Elles n’étaient affectées par aucune de ces passions, mais seulement par la condition charnelle pendant qu’elles s’en servent, guettant (le moment) où elles seront reçues  par les receveurs dans la dignité de la vie éternelle et de l’appel, endurant tout, supportant  tout pour mener à sa perfection le combat et hériter de la vie éternelle. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! Qu’advient-il des âmes de ceux qui n’ont pas [fait] cela ? Où se rendront celles d’entre elles en qui l’Esprit de vie s’est associé à la puissance ? Seront-elles sauvées ou non ? » Il me dit : « Celles en qui cet Esprit entre, en tout état de cause seront sauvées (car) celles-là fuient le mal. La puissance 5 entre en effet dans tous les hommes, car sans elle ils ne pourraient tenir debout. C’est après que l’homme soit né que l’Esprit de vie est amené vers l’Esprit contrefait. Lorsque l’Esprit de vie vient, lui qui est vigoureux, il fortifie l’âme, c’est-à-dire la puissance, et l’Esprit contrefait ne l’égare plus vers la perversité. Mais au contraire celui  en qui l’Esprit contrefait descend est attiré par celui-ci et tombe dans l’erreur. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Les âmes de ceux-ci, lorsqu’elles sortiront de la chair, où iront-elles ? » Mais lui, rit et dit : Elles se rendent vers un lieu destiné à l’âme, c’est-à-dire à la puissance qui l’a emporté sur l’Esprit contrefait. Cette âme est vigoureuse. Elle fuit les ouvres perverses, et est sauvée par la visite incorruptible, puis elle accède au repos des éons. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Ceux qui n’ont rien connu du tout qu’advient-il de leurs âmes ? Où iront-elles ? » Il me dit : « L’Esprit contrefait a pesé sur celles-ci quand elles ont trébuché et, par ce moyen, il accable leur âme, l’oriente vers les ouvres perverses et l’entraîne dans 5 l’oubli. Ainsi, après qu’elles ont été dénudées du corps, elles sont livrées aux autorités qui relèvent de l’Archonte. Celles-ci les jettent à nouveau dans des liens et elles tournent avec ces autorités jusqu’à ce qu’elles soient délivrées du mal et de l’oubli, et acquièrent la connaissance. Ainsi elles atteignent la perfection et sont sauvées. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Comment l’âme peut-elle redevenir petite et retourner dans le sein de la Mère ou dans l’Homme ? » À ma question, il se réjouit et dit : «Tu es bienheureux en vue d’un accompagnement ! Cette âme est en effet remise à un autre qui appartient au lieu de l’Esprit de vie. Elle l’accompagne, lui obéit et est sauvée. Ainsi ces âmes ne retournent pas dans une chair à partir de ce moment. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! ceux qui après avoir accédé à la connaissance  s’en sont détournés, qu’advient-il de leurs âmes et où sont-elles conduites ? » Il me dit : « Ils iront vers le lieu dans lequel les anges de la pauvreté conduisent ceux  pour qui la repentance n’est pas venue et ils y seront gardés en vue du jour où ils seront châtiés. Quiconque a blasphémé l’Esprit Saint sera  torturé dans un châtiment éternel. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! D’où est venu l’Esprit contrefait ? » Il me dit : « Lorsque la Mère riche en miséricorde s’est associée à l’Esprit Saint miséricordieux qui a peiné avec nous, c’est-à-dire à l’Épinoia de la lumière unie à la semence, cet Esprit éveilla la pensée des hommes de la génération de cet Homme parfait, lumière éternelle. Le Premier Archonte comprit alors que ceux de la semence de Seth lui étaient devenus supérieurs par l’éminence de leur sagesse. Il voulut s’accaparer leur conseil, car, du fait de son ignorance, il ne savait pas  que les membres de ce conseil étaient plus sages que lui.

 

«Le Premier Archonte tint donc conseil ; il engendra la Fatalité et lia  au moyen de mesure, de temps et de moments, dieux des cieux, anges, démons et hommes, afin que tous soient pris dans le lien de cette Fatalité qui règne sur chaque chose ; dessein mauvais et pervers !

 

« Et le Premier Archonte se repentit à propos de ceux qui étaient venus à l’existence par son action. Il tint conseil  en vue de provoquer un déluge sur tout l’édifice humain. Alors la grandeur de Pronoia se souvint, elle qui s’identifie à Épinoia de la lumière  et elle révéla la chose à Noé qui l’annonça aux hommes. Mais ils ne le crurent pas.

 

« Cela ne se passa pas comme Moïse l’a dit : “Ils se cachèrent dans une arche”, mais ils se mirent à l’abri dans un lieu, pas seulement Noé mais aussi d’autres hommes de la génération inébranlable. 10 Ils allèrent vers un lieu et se mirent à l’abri au moyen d’un nuage de lumière.

 

« Et Noé connut la Souveraineté d’en haut lui et ceux qui sont avec lui dans  la lumière qui avait brillé pour eux parce que les ténèbres s’étaient répandues sur tout ce qui est sur terre.

 

« Puis l’Archonte tint conseil avec ses 74 anges et il envoya ses anges vers les filles des hommes afin qu’ils suscitent d’elles une semence pour 5 leur satisfaction. Mais ils n’y parvinrent pas la première fois.

 

« Et n’y étant pas parvenus, ils se réunirent (alors) tous en conseil afin de créer l’Esprit contrefait à l’imitation de l’Esprit qui était descendu. Alors leurs anges se transformèrent prenant l’apparence des époux de celles-ci afin de les remplir de cet Esprit issu d’eux, Esprit plein des ténèbres qui proviennent de la perversité. Ils leur apportèrent de l’or, de l’argent, des présents, ainsi que les métaux de bronze, de fer et toutes sortes de choses. Ils les entraînèrent vers des distractions afin qu’elles ne se souviennent plus de leur Pronoia inébranlable.

 

« Ils les prirent et ils engendrèrent des enfants  issus des ténèbres provoquées par leur Esprit contrefait. Et ils fermèrent les cours de ces (enfants) et ils devinrent durs de la dureté même de l’Esprit contrefait  jusqu’à maintenant. En conséquence de cela la Bienheureuse Mère-Père à l’abondante miséricorde, reçoit forme dans sa semence.

 

« Je suis d’abord monté vers  l’Éon parfait, mais je te dis ces choses maintenant pour que tu les mettes par écrit et les transmettes à ceux qui partagent le même Esprit que toi, en secret, car ce mystère  est celui de la génération inébranlable. Cette Mère est venue une autre fois avant moi, ce qu’elle a fait dans le monde c’est restaurer la déficience, mais moi je vous enseignerai ce qui adviendra !

 

« Et en effet je t’ai transmis ces choses pour que tu les écrives et qu’elles soient conservées en sécurité. »

 

Il me dit alors : « Maudit soit quiconque échangera ces paroles contre un présent ou contre de la nourriture ou contre de la boisson, ou contre un vêtement ou contre autre  chose du même genre. »

 

Le Seigneur confia ce mystère à (Jean et devint aussitôt invisible pour lui. Alors celui-ci vint vers ses condisciples et commença à leur dire les paroles) qui lui avaient été dites par le Sauveur.

 

Le Livre des secrets de Jean

 

Commentaire : à comparer avec le Sepher Yetsirah, le Livre de la Création de la Kabbale.

Source : http://gnose.free.fr

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Livre des secrets de Jean (1)

Publié le 12 Mars 2013 par (BG, 2 ; NH III, 1) dans Gnose

Il arriva, pendant l’un de ces jours où Jean, frère de Jacques, — ce sont les fils de Zébédée — était monté à Jérusalem, qu’étant monté au Temple, un pharisien du nom d’Arimanias s’approcha de lui et lui dit : « Où est ton maître, celui que tu suivais ? » Jean lui dit : « Il est retourné dans le lieu d’où il était venu. » Le pharisien lui dit : « Ce Nazôréen vous a fait errer dans l’erreur et vous a rempli les oreilles de mensonges. Il a fermé vos coeurs et vous a détournés des traditions de vos pères. »

 

Lorsque j’entendis ces propos, je me détournai  du Temple, me dirigeant vers la Montagne, vers un lieu désert. Je m’affligeais beaucoup et je disais : « Comment le Sauveur a-t-il donc été mandaté ? Pourquoi a-t-il été envoyé dans le monde  par son père qui l’a envoyé ? Qui est son père ? Et de quelle nature est cet éonvers lequel nous irons ? Il nous a dit  que cet éon où nous sommes avait reçu la figure de cet éon incorruptible où nous irons, mais ne nous a pas instruits de ce dernier en nous disant de quelle nature il était ? »

 

À cet instant, alors que je réfléchissais à cela, les cieux s’ouvrirent, la création entière fut illuminée par une lumière qui apparut en  dessous des cieux et le monde entier fut ébranlé. Je fus effrayé et je me prosternai. Et voici que m’apparut un enfant. Mais il changea son aspect, prenant celui d’un vieillard en qui se trouvait de la lumière. Je regardai, mais sans comprendre ce prodige. S’agissait-il d’une apparence ayant des formes multiples dans la lumière et  dont les formes avaient été manifestées les unes par les autres comme si elle était une ? Mais alors comment avait-elle trois aspects ?

 

Il me dit : « Jean, pourquoi doutes-tu et es-tu effrayé? Tu n’es pas étranger à cette apparence. Ne sois pas pusillanime. Je suis avec vous en tout temps. Je suis  le Père, je suis la Mère, je suis le Fils. Je suis celui qui existe éternellement, celui qui est sans souillure et sans mélange. Je suis venu maintenant t’instruire de ce qui est, de ce qui a été  et de ce qui doit advenir afin que tu connaisses les choses invisibles comme les choses visibles, et t’instruire aussi au sujet de l’Homme parfait.

 

 « Maintenant donc lève ton visage, écoute et  . . . ce que je te dirai aujourd’hui afin de le proclamer toi-même à ceux qui partagent le même Espritque toi, eux qui sont issus de la génération inébranlable de l’Homme parfait. »

 

Et comme j’interrogeai afin d’accéder à la pensée, il me dit : «la Monade étant une monarchie, aucun pouvoir ne s’exerce sur elle qui est le dieu et père de toutes choses, le saint, l’invisible établi au-dessus de toutes choses, établi dans son incorruptibilité, établi dans la lumière pure qu’une lumière oculaire ne peut percevoir. La Monade est l’Esprit.

 

« Il n’est cependant pas convenable de concevoir cet Esprit comme dieu ou en des termes similaires, car il est plus qu’un dieu, il est un pouvoir au dessus duquel n’existe aucun pouvoir puisque personne n’existe avant lui.

 

« Il n’a pas non plus besoin de ceux-là les éons qui viennent après lui : il n’a pas besoin de Vie, car il est éternel. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car il est imperfectible, dans la mesure où il n’a pas de déficience qui le rende perfectible. Il est au contraire totalement parfait en tout temps. Il est lumière.

 

 « Il est l’illimité car nul n’existe avant lui pour le limiter. Il est l’indistinct car nul n’existe avant lui pour lui imposer une distinction. Il est l’incommensurable car personne d’autre ne l’a mesuré, qui existe avant lui. Il est l’invisible car  nul ne l’a vu, lui cet éternel toujours existant. Il est l’indicible car nul n’existe qui l’appréhende de façon à le dire. Il est l’innommable car 5 il n’est personne qui existe avant lui pour le nommer.

 

« Il est la lumière incommensurable, sans mélange, sainte, pure, indicible, parfaite et incorruptible.

 

« Il n’est ni perfection, ni béatitude, ni divinité, mais quelque chose de supérieur à ces notions. Il n’est ni illimité ni limité, mais quelque chose de supérieur à ces notions, car il n’est ni corporel, ni incorporel, ni grand, ni petit, ni une quantité, ni une créature.

 

« Nul ne peut non plus le  penser, puisqu’il n’est rien de ce qui existe, mais est quelque chose de supérieur à ces notions, non du fait qu’il possèderait une supériorité, mais comme s’il était sa propre possession.

 

« Il ne fait pas partie des éons ; le temps n’existe pas pour lui. Si quelqu’un, en effet, fait partie d’un éon, c’est que d’autres ont  préparé cet éon pour lui. Et le temps ne lui a pas été imposé comme limite puisqu’il n’a pas reçu d’un autre qui le limite. Et il est sans besoin car il n’y a absolument personne avant lui.

 

« C’est en  s’adressant à lui-même ses demandes, dans la plénitude de la lumière, qu’il pense la lumière sans mélange, la grandeur incommensurable. C’est ainsi qu’il est l’Éon car le dispensateur d’éon, la lumière, car le dispensateur de lumière, la vie, car le dispensateur de vie, le bienheureux, car le dispensateur de béatitude, la connaissance, car le dispensateur de connaissance. Il est en tout temps le bien, car le dispensateur de bien, le faiseur de bien, non à la mesure de ce qu’il possède mais à la mesure de ce qu’il dispense. Il est la grâcequi dispense grâce, la lumière incommensurable.

 

 « Que te dirai-je au sujet de cet être insaisissable ? Qu’il ressemble à la lumière. C’est dans la mesure où j’ai la capacité de le comprendre ! — car qui pourra jamais le comprendre —que je pourrai en parler avec toi.

 

« Son éon est incorruptible, en quiétude, se reposant en silence. Existant avant toutes choses, il est la tête de tous les éons, car sa Bonté dispense tous les éons, si toutefois il existe un autre attribut auprès de lui. Aucun d’entre nous en effet n’a connaissance de ce qui concerne cet incommensurable hormis celui qui a habité en lui. C’est lui qui nous en a parlé.

 

« C’est lui, l’Esprit, qui se pense lui-même dans sa propre lumière qui l’entoure. C’est lui qui est la source d’eau vive, la lumière pleine de pureté. La source de l’Esprit s’écoula, venant de l’eau vive de la lumière. Et il  organisa tous les éons et  leurs ordres. En toutes formes il pensa sa propre image en la voyant dans l’eau de lumière pure qui l’entoure.

 

« Et son Ennoia devint une ouvre, se manifesta et se tint devant lui dans le flamboiement de la lumière. Elle est la puissance manifestée antérieurement à toutes choses.

 

« Elle est laPronoia de toutes choses qui brille dans la lumière, l’image de l’Invisible.

 

Elle est la puissance parfaite, Barbélô, l’éon parfait de gloire qui glorifie l’Esprit pour l’avoir manifestée.

 

Et quand elle le pense, elle est Prôtennoia, son image.

 

« Elle devint ainsi un Homme primordial qui n’est autre que l’Esprit virginal triple mâle à la  triple puissance, au triple nom, éon non vieillissant, car androgynesorti de la Pronoia de l’Esprit.

 

« Et  Barbélô demanda à l’Esprit que lui soit donnée la prescience. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment Prescience se manifesta, se tint auprès  d’Ennoia qui s’identifie à Pronoia, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que la puissance parfaite, Barbélô, car c’est par son intervention qu’elle est venue à l’existence.

 

« À nouveau cette puissance, Barbélô, demanda que lui soit donnée  l’incorruptibilité. Et il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Incorruptibilité se manifesta. Elle se tenait auprès d’Ennoia et de Prescience, et elles glorifiaient l’invisible Esprit et Barbélô car c’est par son intervention qu’elles sont venues à l’existence.

 

« Elle demanda enfin que lui soit donnée la vie éternelle. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Vie-éternelle se manifesta. Et elles se tenaient là glorifiant l’Esprit ainsi que Barbélô puisque c’est par l’intervention de celle-ci qu’elles sont venues à l’existence, par la manifestation de l’invisible Esprit.

 

« Telle est la pentade des éons du Père qui s’identifie à  l’Homme primordial. Telle est l’image de l’Invisible qu’est Barbélô associée à Ennoia, Prescience, Incorruptibilité et Vie-éternelle. Telle est la pentade androgyne qui constitue la décade des éons du Père.

 

« Barbélô regarda intensément vers  la lumière pure. Elle entoura celle-ci et enfanta une étincelle de lumière qui ressemble à la lumière bienheureuse, mais qui ne lui était pas égale en grandeur.

 

« C’est  le Monogène manifesté par le Père, le Dieu autogène, le Fils premier engendré de tous ceux qui appartiennent au Père, la lumière pure.

 

« Alors le grand Esprit invisible se réjouit à cause de la lumière qui avait été manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il  oignit ce Fils de sa Bonté/Messianité, afin qu’il devienne parfait et qu’il soit sans besoin étant devenu bon/Christ, puisqu’il l’a oint de la Bonté/Messianité que l’invisible Esprit a versée sur lui. Et le Fils reçut l’onction de l’Esprit virginal  et se tint en sa présence glorifiant l’invisible Esprit ainsi que celui par qui il a été manifesté.

 

« Et le Fils demanda que lui soit donné un partenaire, l’intellect. L’invisible Esprit fit un signe d’assentiment. Alors Intellect se manifesta et se tint auprès de lui ainsi que de Bonté/Messianité, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô.

 

« Toutes les oeuvres qui précèdent ont été produites dans un silence associé à Ennoia.

 

«Alors L’invisible Esprit voulut faire une oeuvre au moyen d’une parole. Sa Volonté devint une ouvre. Elle se manifesta et se tint avec Intellect  et la lumière, le glorifiant. La parole suivit Volonté, car c’est par la parole que le Christ a créé toute chose, lui le Dieu autogène.

 

«Quant à Vie-éternelle et  Volonté d’une part et Intellect et Prescience d’autre part, ils se tinrent là  glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô car c’est d’elle qu’ils sont issus.

 

« Le grand Esprit invisible conféra la perfection au Dieu autogène, Fils de Barbélô, pour qu’il se tienne auprès de grand Esprit invisible. Il est le Dieu autogène, le Christ, que l’Esprit a honoré d’un grand honneur parce qu’il était issu de sa Prôtennoia. Il est celui que l’invisible Esprit a établi comme Dieu sur toute chose, Dieu  véritable.

 

«L’Esprit lui donna toute autorité et fit en sorte que la vérité qui est en lui-même fut mise à la disposition de ce Dieu véritable, afin qu’il pense toute chose lui dont le nom ne sera dit qu’à ceux qui en sont dignes.

 

« C’est de  la lumière qu’est le Christ et d’Incorruptibilité, par le don de l’Esprit invisible, que la tétrade des grandes lumières fut manifestée hors du Dieu autogène afin de l’assister.

 

« La triade est composée de Volonté, Ennoia et Vie.

 

« La tétrade, quant à elle, est composée de Grâce, Compréhension, Perception et Intelligence.

 

« Grâce est avec la première lumière, Armozel, l’ange  qui est dans le premier éon, et avec lui sont trois éons : Grâce, Vérité, et Forme. La deuxième lumière, Oroïael est celle qu’il a établie sur le deuxième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Pronoia, Perception et Mémoire. La troisième lumière, Daveïthé, a été établie sur le troisième éon ; avec elle sont trois éons qui sont  Compréhension, Amour et Apparence. Quant à la quatrième Lumière, Éléleth, elle a été établie sur le quatrième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Perfection, Paix et Sophia.

 

« Telles sont les quatre lumières qui se tiennent auprès du Dieu autogène, les  douze éons qui assistent l’enfant, le grand Christ autoengendreur, par le don et le bon plaisir de l’invisible Esprit. Ceux-ci sont les douze éons qui appartiennent au Fils  autoengendré. C’est par la volonté de l’Esprit Saint que toutes choses ont été affermies par l’Autogène.

 

« De la Prescience  de l’Intellect parfait, par le don et le bon plaisir du grand Esprit invisible et en présence de l’Autogène, l’Homme parfait véritable qui fut le premier manifesté fut appelé du nom d’Adamas. Et il fut installé dans le premier éon de l’Autogène, près du grand Dieu, Autoengendreur, le Christ, dans le premier éon, auprès d’Armozel  accompagné de ses puissances. Et l’Esprit invisible lui donna une puissance intellectuelle invincible.

 

«L’Homme parfait dit alors : « Je te glorifie et te bénis, Esprit invisible : car c’est par toi que tout est venu à l’existence et en vue de toi que tout existe. Je te bénis, en m’associant à l’Autogène et à l’Éon, toi qui es triade, Père, Mère et Fils, puissance parfaite ! »

 

« Et l’Homme parfait installa son fils Seth  sur le deuxième éon près de la deuxième Lumière Oroïael. Dans le troisième éon fut installée la semence de Seth — les âmesdes saints  qui étaient dans l’Éon — auprès de la troisième lumière, Daveïthé. Dans le quatrième éon enfin furent installées les âmes de ceux qui ont eu connaissance de leur plénitude et n’ont pas été prompts à se repentir, mais sont restés temporairement (dans cet état) puis se sont finalement repentis. C’est auprès de la quatrième lumière, Éléleth, que ceux-là resteront, rassemblés en ce lieu, glorifiant l’invisible Esprit.

 

« Donc, notre consoeur Sophia étant un éon, pensa une pensée issue d’elle-même et en accord avec la réflexion de l’Esprit et avec Prescience. Elle voulut manifester  la ressemblance de cette pensée qui lui est propre sans que l’Esprit ait manifesté son bon plaisir, sans même qu’il ait fait un signe d’assentiment, sans même que son conjoint, le virginal Esprit mâle, ait donné son consentement.

 

« C’est donc sans avoir cherché l’assentiment de son conjoint, qu’elle consentit à son propre projet sans le bon plaisir de l’Esprit et sans que celui qui parle d’une seule voix avec elle n’en ait eu connaissance  s’élançant au dehors à cause de l’impétuosité qui est en elle.

 

« Sa réflexion ne pouvait demeurer improductive, aussi son ouvre, l’Archonte, sortit-elle, imparfaite, ne possédant pas une forme conforme à la forme de Sophia, parce qu’elle l’avait faite sans son conjoint, ne possédant pas non plus la figure de Sophia, lui qui est dans l’apparence de la Mère.

 

«Sophia vit cette oeuvre, présente dans son conseil, alors qu’elle était devenue une autre forme, avec une face de serpent et une face de lion et des  yeux illuminant comme un feu. Alors elle chassa cette ouvre loin d’elle, hors de ces lieux, afin qu’aucun des immortels ne la  voit, parce qu’elle l’avait enfantée dans un état d’ignorance.

 

« Elle jumela à son oeuvre une nuée lumineuse, et plaça au milieu de la nuée un trône afin que nul ne voit cette oeuvre excepté l’Esprit Saint que l’on nomme Mère de tous les vivants. Et Sophia lui donna le nom de Yaldabaôth. Il est le Premier  Archonte, celui qui a pris beaucoup de puissance à la Mère.

 

« Il s’écarta d’elle, s’éloigna d’un lieu vers un lieu qui est à l’intérieur de l’endroit dans lequel il avait été enfanté, s’empara d’un autre lieu et se créa un éon flamboyant d’un feu lumineux, celui dans lequel il se tient maintenant.

 

« Alors il  s’accoupla avec sa propre déraison et engendra les autorités qui lui sont subordonnées, douze anges affectés chacun à son éon conçu d’après la figure des éons incorruptibles.

 

« Et les autorités créèrent pour elles-mêmes sept anges et ces anges, trois puissances, de sorte que le total de ceux qui lui sont subordonnés est de trois cent soixante êtres angéliques, associés à sa triple puissance elle-même conçue à la ressemblance de la première figure qui existe avant lui.

 

« Les autorités ont été manifestées par l’Engendreur en chef, premier Archonte des ténèbres et de l’ignorance. Aussi bien, ces autorités partagent-elles l’ignorance de celui qui les a engendrées.

 

« Voici leurs noms : Le premier nom est Yaôth. Le deuxième est Hermas, l’oil du feu. Le troisième est Galila. Le quatrième est Yabêl Le cinquième est Adonaïos. Le sixième est Sabaôth. Le septième est Kaïnan et Kaê, celui que l’on nomme Kaïn, c’est-à-dire le soleil. Le huitième est Abiressiné. Le neuvième est Yôbêl. Le dixième est Harmoupiael. Le onzième est Adônin. Le douzième est Bélias.

 

« Toutes ces autorités possèdent d’autres noms qui leur viennent du désir associé à la colère. Bref, toutes celles-ci, leurs noms sont doubles ; ceux dont elles sont habituellement nommées leur viennent de ces gloires d’en haut, mais ce sont ceux dont elles ont été nommées conformément à la vérité qui manifestent leur nature.

 

« Et Saklas les a appelées de leurs différents noms en fonction de son imagination et de leur puissance. Par ces noms glorieux les hommes s’éloignent et s’affaiblissent. Par les autres, au contraire, ils acquièrent puissance et croissent.

 

« Et Saklas ordonna que sept autorités règnent sur les cieux et cinq sur le Chaos infernal.

 

« Les noms de gloire des autorités qui dominent sur les sept cieux sont les suivants : Le premier est Yaôth, face de lion. Le deuxième est Élôaïos, face d’âne. Le troisième est Astophaïos, face de hyène. Le quatrième est Yaô, face de serpent à sept têtes. Le cinquième est Adonaïos, face de dragon. Le sixième est Adôni, face de singe. Le septième est Sabbataïos, face de flamme de feu lumineux. Telle est l’hebdomade du Sabbat ! Tels sont les autorités qui gouvernent le monde !

 

« Quant à Yaldabaôth-Saklas, lui qui a une forme multiple de sorte qu’il se manifeste lui-même en tout visage en fonction de son désir, il a réparti entre ces autorités une portion de son propre feu  mais de la lumière pure de la puissance qu’il a dérobée à la Mère, il ne leur en a pas donné.

 

« C’est pour cette raison qu’il a été pour eux Seigneur, à cause de la gloire lumineuse de la puissance de la Mère qui est en lui. C’est (aussi) pour cette raison qu’il s’est lui-même nommé “Dieu” sur ces autorités, se montrant (ainsi) désobéissant  envers l’origine qui est la sienne.

 

« Et Saklas jumela aux autorités sept puissances. Par sa parole elles existèrent. Et il leur donna un nom. Il installa les autorités en commençant par la plus élevée.

 

« La première puissance donc est Pronoia, auprès de la premièreautorité, Yaôth ; la deuxième est Divinité, auprès de la  deuxième, Élôaios ; la troisième est Messianité, auprès de la troisième, Astaphaïos ; la quatrième est Jalousie, auprès de la quatrième, Yaô ; la cinquième est  Royauté, auprès de la cinquième, Sabaôth ; la sixième est Com[préhension, au]près de la sixième, Adôni ; la septième est Sophia, auprès de la septième, Sabbataïos.

 

 « Ces puissances possèdent un firmament correspondant à chaque ciel et un éon conçu à la ressemblance des éons primordiaux, comme la figure des éons incorruptibles.

 

«L’Archonte vit donc  la création qui est au-dessous de lui ainsi que la foule des anges qui sont au-dessous de lui et sont issus de lui. Il leur dit : « Je suis un Dieu jaloux ! En dehors de moi il n’en existe point d’autre ! » Par là, il signifie aux anges qui sont au-dessous de lui qu’un autre Dieu existe, car s’il n’en existait pas d’autre de qui serait-il jaloux ?

 

« La Mère commença alors à être portée car elle perçut sa déficience due au fait que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle lorsqu’elle avait été blâmée  par sa plénitude. »

 

Et moi, Jean, de dire : « Seigneur ! que signifie : “être porté ?” » Lui alors rit et dit : « Penserais-tu que ce soit dans le sens où l’a dit Moïse, qu’elle était portée au dessus des eaux ? Non ! mais voyant la malice et la révolte qui adviendraient par son fils, elle se repentit. Et faisant un va-et-vient dans les ténèbres  de l’ignorance, elle commença à avoir honte. Mais ne s’aventurant pas à l’extérieur, elle fait un va-et-vient. Son aller et sa venue c’est ce que signifie “être porté”.

 

 « Lorsque l’impudent Archonte déroba de la puissance  à la Mère, il ignorait que ceux qui sont supérieurs à sa mère sont multitude. Il disait en effet  de sa mère qu’elle seule existait. Voyant la foule nombreuse des anges qu’il avait créés, il s’exaltait au dessus d’eux.

 

« Lorsque la Mère comprit que l’avorton des ténèbres était imparfait parce que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle, elle se repentit et versa  d’abondantes larmes.

 

«Alors la prière de son repentir fut entendue et ses frères intercédèrent en sa faveur. Alors l’Esprit Saint invisible fit un signe d’assentiment. Lorsque  l’Esprit invisible eut fait un signe d’assentiment, il répandit sur elle un Esprit Saint venu de leur plénitude. Son conjoint descendit vers elle  pour redresser leurs déficiences.

 

« C’est au moyen de Pronoia que l’Esprit invisible donna à cet Esprit Saint de redresser les déficiences de Sophia. Aussi ce ne fut pas dans son propre éon qu’elle fut placée, mais, 10 à cause de l’ignorance qu’elle avait manifestée, elle est dans le neuvième éon jusqu’à ce qu’elle ait redressé sa déficience.

 

« Une voix parvint qui disait : “  l’Homme existe ainsi que le fils de l’Homme”. Le Premier Archonte Yaldabaôth entendit la voix mais pensait que celle-ci ne venait pas  d’en haut.

 

 «Alors le Père saint (et) parfait, l’Homme primordial se manifesta à eux en prenant l’aspect d’un Homme. Le Bienheureux Barbélô leur  manifesta l’apparence de celui-ci l’Homme parfait et l’archontat entier des sept autorités fit un signe d’assentiment et elles virent dans l’eau la figure de l’image.

 

«Les autorités et leurs puissances se dirent les unes aux autres : “Créons un homme qui soit à l’image de Dieu et à sa ressemblance”.

 source : www.gnose.free.fr

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Le Livre des secrets de Jean introduction

Publié le 11 Mars 2013 par X dans Gnose

Le Livre des secrets de Jean a reçu, à juste titre, le nom de « Bible gnostique ». C'est en effet dans ce traité que nous a été conservée la version la plus complète du mythe auquel se référaient les gnostiques qui faisaient de Seth, troisième fils d'Adam, leur ancêtre. L'auteur y présente une synthèse de l'histoire universelle. On assiste d'abord à la constitution d'un modèle céleste conçu à partir d'une Première Pensée du Grand Esprit invisible, Pensée qui se multiplie jusqu'à produire un modèle parfait constitué de vingt-deux éons, dont le dernier est Sophia, la Sagesse. Mais celle-ci ne pourra résister au désir de construire ce modèle au-delà du nombre parfait et donnera naissance à un 23e éon, celui de l'Archonte. Exclu du modèle mais en gardant le souvenir, l'Archonte en construira une contrefaçon, notre monde, dans lequel il manifestera cette part de connaissance dont il a dépossédé sa Mère. Toute l'histoire de l'humanité, de la création d'Adam au retour annoncé de Seth à la fin des temps, doit alors être interprétée comme une guerre de libération de cette connaissance prisonnière, une guerre dont les hommes, partagés en deux camps, seraient à la fois les victimes et les acteurs. Au moment où l'auteur écrit, rien n'est joué, la domination de l'Archonte est encore universelle, mais grâce à la révélation du « Livre des secrets », l'humanité dispose enfin de cette connaissance qui permettra à ceux qui appartiennent à la semence de Seth de trouver le chemin du retour vers ce monde intelligible auquel ils appartiennent.
Cette version du mythe séthien, composée au cours du second siècle de notre ère, nous est parvenue sous deux formes dont la plus longue a retenu l'attention des commentateurs du fait de ses affinités avec l'Évangile de Jean. Celle qui est publiée et commentée dans ce volume, la plus brève et la plus ancienne, n'a été christianisée que superficiellement et conserve encore intacte une version du mythe séthien qui se présente, pour l'essentiel, comme une interprétation du modèle biblique hébreu faite en fonction des règles de l'hermeneutique juive de la période du Second Temple. Un document précieux pour notre connaissance des origines juives du mouvement gnostique.

Source : http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8798

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