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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

La Grande Loge des Maîtres de Paris, dite de France

Publié le 8 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Pierre Noël

La  Grande Maîtrise inexistante du comte de Clermont.

 

La première Grande Loge de France, qui n’a rien à voir  avec l’actuelle quoi qu’en disent certains, eut dès son avènement deux tares indélébiles dont elle ne put se débarrasser et qui furent cause de sa perte : la prééminence absolue de la capitale dont seuls les Maîtres de Loge constituaient l’assemblée de Grande Loge, la lutte entre Maçonnerie symbolique et organismes de hauts grades pour le contrôle de l’assemblée.

 

 1° Louis de Bourbon, comte de Clermont, Grand Maître de toutes les loges régulières de France

 

-          11 décembre 1743, élection du comte de Clermont comme « Grand Maître de toutes les loges régulières de France » (titre à lui accordé par les Statuts de 1745) par « douze maîtres » (Thory), vingt pour Naudon, contre Maurice de Saxe et le prince de Conti. L’omnipotence de fait des loges de Paris posait déjà problème ! 

Que sait-on du comte de Clermont ?

Qu’il est né le 15 juin 1709, à Versailles, qu’il fut porté sur les fonds baptismaux le 15 novembre 1717 par Louis XV en personne, qu’il fut tonsuré le même jour et nommé abbé de l’Abbaye de Bec-Hellouin, avant  d’en recevoir d’autres et d’être enfin désigné abbé de Saint-Germain en 1737, ce qui ne l’empêcha ni de manifester précocement son goût pour les lettres  ni d’accumuler les aventures féminines.

Autorisé par dispense pontificale à porter les armes, Louis guerroya en Allemagne et devint Maréchal de Camp puis Lieutenant-Général.  C’est donc ce Grand Seigneur, Prince du Sang et amant d’une Mlle Leduc de grande beauté, résidant au château de Berny[1] depuis 1738, que les Francs-Maçons parisiens élirent à la Grande Maîtrise le jour de la Saint-Jean  d’hiver 1743 en remplacement de son petit-neveu décédé prématurément, le duc d’Antin. Il le restera vingt-huit ans.

A peine élu, le GM aurait désiré réformer l’ordre, en 1744 (dit Naudon !), seule tâche qu’il pouvait envisager, un commandement lui étant refusé (témoignage d’un secrétaire du lieutenant de police, Morabin, le 15 mars 1744). Il obtint cependant son commandement et durant les trois années suivantes se couvrit de gloire à Furnes, Ypres, Menin, Namur et Rocour.

Ayant quitté l’armée,  il se retira dans son château de Berny avec Mlle Leduc et s’y consacra à l’art, au théâtre …. En 1754, il fut élu à l’académie française.

Cela ne l’empêcha pas de rejoindre, en 1758, l’armée empêtrée dans la guerre de sept ans, et là, ce fut le désastre, Minden puis Crefeld où il fut vaincu (23 juin 1758) par une armée allemande inférieure en nombre,  commandée par le duc Ferdinand de Brunswick, futur Grand Maître de la Stricte Observance. Désavoué, relégué à Berny, moqué, chansonné, Clermont épousa Mlle Leduc et vécut dans l’isolement d’une vieillesse relativement désargentée. Il connut enfin la disgrâce  royale, ayant pris fait et cause pour la révolte du Parlement.

Il décéda le 16 juin 1771.

Ce Grand Seigneur s’est-il intéressé à l’ordre dont il était le Grand Maître nominal ?

On ignore où il fut initié. On sait qu’il ne mit pas les pieds en Grande Loge et la laissa se déchirer.

Le seul indice de son intérêt sont quatre lettres, publiées par A.Cordier (Histoire de l’Ordre maçonnique en Belgique, 1854), témoignant d’un souci de Clermont pour la maçonnerie.

Adressées au marquis de Gages, elles  datent du 1er j. du 6° M 1766 (1er août 1766), du 1er J. du 8° M 1766 (1er octobre 1766), du 6° J. du 1e M 1766  (6 mars 1766) et du  1er J . du 12° M 1766 (1er février 1767). 

Dans la lettre du 6 mars, il affirme être Rose-Croix, tout comme le marquis, et nous apprend qu’il a toujours limité le don de ce grade, « sa nation étant par trop inconstante ». Dans celle du 1er février, il parle d’un ouvrage à venir révélant tout le Sublime de la maçonnerie en 15 grades.  C’est bien peu.

Sous  sa GM, le nombre de loges alla croissant pourtant, de 20 en 1743 à plusieurs centaines à sa mort, ce qui ne signifie pas qu’il prit part à cette croissance ni s’en préoccupa.

Eut-il une loge privée où il cultivait les hauts-grades ? Sa signature au bas des statuts de la RL St-Jean de Jérusalem le rend possible. De même la délibération du 21 septembre 1766 du Conseil des Chevaliers d’Orient condamnant le grade de Kadosch pourrait avoir eu son aval,  du moins d’après Naudon[2].   

La seule trace de son élection est dans l’article IX des règlements généraux du 11 décembre 1743 :

C’est pourquoi après que le Grand Maître sera installé on requerra solennellement l’avis des Frères ; c’est ainsi qu’on en a usé à l’égard des présens règlemens qui ont été proposés par la Grande Loge tenue le 11 Xbre 1743

 

-          Reglemens généraux extraits des anciens registres des loges à l’usage de celles de France avec les changemens faits à la grande loge assemblée tenüe le onzième décembre 1743 pour servir de Règles à toutes les loges du dit royaume.

-          Règlements en 20 articles qui indiquent aussi l’apparition des Ecossais ! A l’article 20. Ce sont les Statuts d’une Grande Loge opposée aux grades supérieurs.

                                                                                              

Ces statuts nous paraissent étonnement précis[3], quasi prêts à l’emploi.

La grande loge est composée des maîtres et surveillants de toutes les loges particulières. Elle se réunit en  communication de quartier déterminée par le Grand Maître. Celui-ci a à sa gauche son Député et en face de lui ses Grands Surveillants. Ne sont régulières que les loges érigées  par la GL. Les affaires en GL se règlent à la pluralité des voies.

Ne portent les bijoux en or suspendus à un collier bleu que le GM, son Député, les GS, les anciens GS, le Secrétaire et le Trésorier. (art. 1)

Les listes des membres de chaque loge doivent être communiqués à la GL. Le Grand Secrétaire porte deux plumes en sautoir et le trésorier une  clef d’or  (art. 2)  

Les grands officiers ne peuvent être officiers d’une loge privée (art. 6). Le GM ou son Député ou ses GS visiteront une fois l’an toutes les loges de la ville et des environs (art. 8).

Chaque (assemblée de) Grande Loge peut faire des règlements (art. 9).Chaque loge particulière peut faire des lois particulières (art.12). Aucun frère/profane ne peut être admis sans le consentement unanime des frères (art. 15) et seulement 15 jours après être annoncé  (art. 14)

Aucune loge n’est régulière si elle n’est fondée avec la permission du Grand Maître et aucun maçon n’est régulier s’il n’est membre d’une loge régulière (art. 16).

 

Enfin l’art 20 condamne les « Ecossois » :

 

Comme on apprend que depuis peu quelques frères s’annoncent sous le nom de Maîtres Ecossois et  forment dans les loges  particulières des prétentions et exigent des prérogatives dont on ne trouve aucune trace   dans les anciennes archives et coutumes des loges répandues sur la surface de la terre ; la GL a déterminé affin de conserver l’union et la bonne harmonie qui doit régner entre les FM qu’à  moins que ces maîtres Ecossois ne soyent officiers de la GL, ou de quelque Loge particulière, ils ne seront considérés  par les frères que comme les autres apprentifs et compagnons, dont ils doivent porter l’habillement sans aucune marque de distinction quelconque.  

Ces statuts sont signés par La Cour D.G.M.

 

-          27 décembre : installation  de Clermont (Thory. Etait-il présent ?)

-          1744 : Pouvoir confié aux « Députés », Christophe Jean Baur[4] puis de Mussel. Vu leur inactivité, les M de L délivrent des lettres de Constitution. Transformation du vénéralat annuel en une possession vénale.

-          8  juin 1745 : perquisition à l’hôtel de Soissons, rue des deux écus. C’est la dernière marque d’opposition du pouvoir, « la dernière profanation du temple », écrit Chevallier, avant 1940. Clermont joua-t-il un rôle dans cet arrêt des poursuites ? Aucune preuve.

 

2° Les partis en présence.


-          24 juin  1745 : Statuts dressés par la RL St Jean de Jérusalem dressés par notre N. t.e.f . Louis de Bourbon-Grand Maître de toutes les  L. Régulières de France en 48 articles.

 

Comme on va le voir, ces statuts sont très différents de ceux de 1743. Ils s’adressent cette fois à une loge de hauts-grades. Il n’y est pas question d’organisation d’une obédience quelconque.

  

Article XXXX : les maîtres ordinaires s’assemblent avec les maîtres les parfaits et irlandais trois mois après la St Jean, les maîtres Elus six mois après, les  Ecossais  neuf mois après, et ceux pourvus de grades supérieurs quand ils le jugeront apropos

C’est probablement la première vraie hiérarchie de hauts-grades connue : Parfait, Irlandais, Elu, Ecossais[5].

 

-          En 1750 existe à Paris un Conseil de Chevaliers d’Orient. Il faut pour y parvenir être Parfait (c’est à dire Ecossais) et être passé par les neuf degrés de la maçonnerie. (lettre de De Boulard à ses  frères de Bordeaux). Cette lettre nous éclaire sur deux conceptions opposées de l’Ecossisme  (l’une étant « l’ancienne maîtrise » axée sur l’Ancien Testament à Bordeaux, l’autre chrétienne à Paris).  De  lui, descendrait une Grande Loge  de Grands Maîtres Ecossais  dont De Valois est responsable en 1748.

 

-          Statuts dressés par la RL loge St Jean de Jérusalem de l’orient de Paris gouverné s parle très  haut et très puissant seigneur Louis de Bourbon, comte de Clermont, Prince du Sang, Grand Maître de toutes les Loges Régulières de France , pour servir de Règlemens à toutes les loges du royaume. Le  4 juillet 1755, signé sur l’original par le comte de Clermont. 48 articles. C’est là aussi une loge écossaise ! Le GM jouait donc sur les deux tableaux.

 

-          1758 : création du Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, Grande et Souveraine Loge de Saint Jean de Jérusalem, par Pirlet, liégeois d’origine et tailleur d’habits de son état.

 

-          1760 Lacorne, maître à danser, se ( ?) donne le titre de Substitut particulier et réunit des M de L en « Grand Orient »,  donc une GL personnelle.  Une deuxième Grande Loge se forme, composée de gens « de bas étage » (Pény)

-          Mort de Lacorne au printemps 1762. Service funèbre le 5  avril 1762.

-          24 juin 1762. Après  sa mort, les deux « Grands Orients » Lacorne et Pény se réunissent en une Grande Loge de France, composée des seuls M de L parisiens, sous la direction de Augustin Jean François Chaillon de Jonville[6] (1733-1807), grâce aux soins de Le Boucher de Lenoncourt[7]. Le nom de Chaillon apparaît comme « Substitut du GM » le  6 septembre 1762 dans le Registre de la GL.

-          22 juillet 1762 : création du Conseil de Chevaliers d’Orient, d’après Thory

-          14 décembre 1762 : sept commissaires sont désignés pour effectuer la fusion des deux Grandes Loges. ils établissent des règlements acceptés par les LL de province[8].

-          Sont nommés Grands Officiers de la GL de France, Moët, président ; Le Roy, secrétaire général ; Brest de La Chaussée[9], garde des sceaux ; plus tard, Zambault devient secrétaire général.

-          Le F. de Valois, garde des archives de l’ancien conseil des Chevaliers d’orient (dont étaient membres Moët, Le  Roy, la Chaussée et Le Boucher de Lenoncourt) annonce qu’il ne se réunit plus. 

-          La GL ne pratique que trois premiers degrés tandis que « Le Conseil des empereurs d’Orient et d’Occident, Sublime mère Loge  Ecossaise »[10] (SMLE), organisme de hauts-grades, ne prend jusque là aucune part aux opérations de la GL.

-          Deux groupes en présence, Conseil des Chev d’Orient[11] et Sublime Mère Loge Ecossaise, qui vont se disputer le contrôle de la Grande Loge.

 

Les personnalités appartenant à ces deux organismes semblent indiquer la différence sociologique entre elles, le Conseil des Chevaliers d’Orient était plus aristocratique (Moët, la Chaussée, Chaillon …), le Conseil des Empereurs nettement plébéien (Pirlet, Pény, …).

 

3°  Les élections de 1765.

 

-          En 1763 et 64, La  Chaussée ne se présente que rarement en GL. Il se contente de signer les documents.

-          En janvier 1764 (le 22), la GL reconnaît l’autorité de la SMLE pour les grades supérieurs à l’occasion d’une querelle  de prééminence survenue à Lyon.

-          La SMLE s’en sert contre la Mère Loge  Ecossaise du Contrat Social, issue de Saint Lazare.

-          GL dirigée par triumvirat Moët, Le Roy, La Chaussée, du Conseil des Chev. d’Orient, instruits par Morin ( ?).

-          27 décembre 1765. Elections et remplacement des offices pourvus depuis 1762.  Elections manipulées par le triumvirat qui se réserve les places éminentes. Distribution de bulletins préinscrits  …. Le Boucher propose d’attribuer d’office les fonctions à des grands seigneurs, les Comte de Choiseul, marquis de Seignelay, prince de Nassau et le duc de la  Trémoille. Proposés dans un conventicule chez Zambault, ils furent nommés aux élections malgré l’opposition de Moët, président de la GL et Chef  du conseil des Chev.  d’orient. Ces grands seigneurs refusent l’élection et sont remplacés par des Chev.  d’orient.

-          Révolte des mécontents devant cette mise en main. Propos injurieux rapportés par Zambault dès février1766.

 

4° Protestation contre les élections de 1765.

 

-          21 mars 1766 : Communication de quartier. Protestation contre les  élections signées de 18 M de L. Moët refuse de la lire car « injurieuse ». (49 présents en GL dont Labady et Pirlet). Election de deux SS et de plusieurs experts.

 

o        5 avril 1766 : lecture d’un mémoire « scandaleux » dirigé par les Chev. d’Orient contre les protestataires (en fait réponse au libelle) et lecture par Moët  du libelle des protestataires. 21 présents  dont Tschoudy et Labady. Neuf des 18 signataires de la protestation sont exclus de « toutes les loges », Perrault, Pény, Hardy, Guillot, Daubertin, Ponsard,  Maurin, Pethe & Lacan (Daubertin et Lacan n’avaient pas signé le libelle). Cette condamnation fut votée par Moët, Le Roy (orateur), la Chaussée, Ledin (trésorier), Zambault (secrétaire) (impliqués dans le libelle) ; Martin, Thierrat, le Lorrain, Lafin et Joubert de la Bourdinière (tous Chev  d’Orient et officiers) ; Baquet, Guainard, Lettre et Labady (officiers) ; Magnier et Tschoudy[12], membres.

 

-          Entre le 5 avril et le 14  mai, sept FF se rétractent, ne restent que onze  exclus. Les décrets de prescription sont envoyés en province par Zambault..

 

5° Le rôle de François Le Boucher de Lenoncourt.

 

-          Signataire du libelle, se rétracte dès le 5 avril 1766.

-          3 juin 1766 : Les Chev. d’Orient proposent la proscription de Boucher.

-          17 juillet 1766 :  on n’en parle plus !

 

 

Mais la Chaussée aurait obtenu la suspension des travaux de la GL en 1767, d’après Le Précis ! Or, le Boucher  de Lenoncourt est accusé par la Chaussée, dans son mémoire, d’avoir obtenu, en février 1767,  du gouvernement la cessation d’activités de la GL.

 

 

Donc deux affirmations opposées ! Difficile de faire la part des choses.

Quoi qu’il en soit, la Chaussée profitera de la suspension pour déclarer faussement que le Boucher est exclu de la GL. L’hostilité à Le Boucher semble provenir d’éléments privés et  de sous-entendus malveillants.

 

6° La suppression des Mères-Loges de province le 14 août 1766.

 

Le 3 juin 1765, la GL avait créé des Mères-loges à Strasbourg et Lyon mais, suite  à des plaintes nombreuses, les supprima par décret le 14 août 1766.

Le décret était rédigé par les chev. d’Orient et portait les sceaux et timbres de la GL et du Conseil des chev  d’Orient !

 

7° Proposition d’union de la GL et de la S.M.L.E.

 

La SMLE avait pris le titre de Souverain Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, Sublime Mère Loge Ecossaise du Grand Globe  de France. Son  président était Pirlet 

 

-          2 octobre 1766 : Gaillard, orateur de la SMLE, proposa  de confondre les deux autorités[13], GL et SMLE[14]. Mais Moët s’y opposa de façon assez théâtrale et obtint gain de cause. L’affaire  fut remise à la  prochaine assemblée. Mais Gaillard fit imprimer son discours et le distribua aux M de L qui devaient voter.. 

-          16 octobre, une cabale se monte contre Vincent Labady, accusé d’être le promoteur de ce projet d’union. Jean-Lazare de Salla, trésorier peu honnête de la loge de Labady, membre  des chev. d’Orient, écrivit un mémoire infamant sur Labady et demanda à être entendu par la GL. Labady demanda que Moët et Le Roy, ses ennemis, fussent commissaires. Ils s’adjoignent Guainard, secrétaire général de la SMLE.

-          Un familier des Chev. d’Orient, Thierriat, porta plainte contre Gaillard pour la distribution de son mémoire mais elle n’eut pas de suite mais elle fut actée, ce qui était déjà une victoire pour les chev. Les VM présents refusèrent de signer le registre qui ne fut signé que par Zambault, La Chaussée  et Joubert de la Bourdinière.

-          Entre le 16 octobre et le 15 novembre, Moët et Le Roy tentèrent une médiation entre Labady et son accusateur, médiation que Labady refusa. Moët[15], furieux, annonça que cette affaire ne serait pas « jugée par des maçons ».

-          Labady est arrêté le 1er décembre et exilé à Blois le 28 du même mois. Ordre de Moët  ou du gouvernement ?

 

8° Emprisonnement de Labady au  For-L’Evêque.

 

-          1er décembre 1766. Arrestation de Labady et confiscation de ses papiers maçonniques. C’est Salla qui indiqua l’habitation de Labady.

-          Mis  au secret jusqu’au 16 décembre puis interrogé par le commissaire  Durocher. On lui demande de trier les papiers relatifs à la SMLE et d’ouvrir un paquet cacheté indiqué par Salla. Puis Durocher se fait reconnaître comme F. (de Toulouse) et propose à Labady de porter plainte, lequel refuse. Il déclare que son arrestation est due aux changements qu’il  voulait faire dans l’ordre pour son bien  et son honneur. Tout est ouvert  et, en fin , 33 pièces , Statuts, lettres, missives et discours sont cotées et signées par Labady, toutes ayant trait  aux changements projetés. Elles sont remises au lieutenant de police.

-          Labady est remis au secret jusqu’au 28 décembre, relégué à Blois (mais y alla-t-il ?) et libéré  le 11 janvier 1767.

-          Il assiste aux funérailles du F. Zambault, décédé le 21 janvier 1767, et est présent en GL le 4 février.

 

9° Assemblée du 4 février 1767.

 

-          Moët démissionne de la présidence, on se demande pourquoi.

-          Lors de l’assemblée, on enlève la présidence aux chev. d’Orient, Le Boucher devient 2° Grand Surveillant, Bacquet[16] devient président,  Bourgeois[17] devient secrétaire, Paris[18]  devient Premier Grand Surveillant.

 

La suspension des travaux suivit cette assemblée ! On n’échappe pas à l’impression que les Chevaliers d’orient ont obtenu cette suspension pour éviter leur défaite totale ! Or comme ils étaient plus proches du pouvoir… !

 

10° L’assemblée du 21 février  1767 et les « ordres du  gouvernement ».

 

Assemblé extraordinaire et non prévue par les statuts de 1763 !

Au préalable, outrés de voir leur échapper la présidence et le secrétariat, les Chev. d’Orient, par la voix du F. Ledin, apostrophent Labady et l’injurient en  GL pour sa détention récente. Labady porte plainte puis se désiste.

La suspension fut annoncée par une note  de La Chaussée :

 

Avons délibéré en vertu des ordres du Gouvernement qui nous ont été communiqués par kos  TCD de la Chaussée, Grand garde des Archives & Ledin, trésorier, que la TRGL de France suspendrait ses travaux jusqu’à des temps plus heureux

 

La Chaussée et Ledin ont-ils agi seuls ? La Chaussée exhiba des lettres de convocation émises par le magistrat de la capitale[19], ils persuadèrent les ff.  qu’ils avaient reçu des ordres précis  pour cesser les travaux maçonniques, ce que tous acceptèrent.

En fait, on n’a pas trouvé d’ordre écrit. Sartine a-t-il donné un ordre verbal ?

Ce n’est que trois ans plus tard, le 30 octobre 1769, que La Chaussée et le Roi envoient une circulaire annonçant cette suspension en ajoutant que cette suspension était due à un ordre du Substitut Général, Chaillon de Jonville.

A vrai dire, dans une lettre du même 30 octobre, La Chaussée dit que les travaux ont été suspendus pour des raisons indispensables et que c’est sur ordre de Jonville qu’il en a averti les ff., ce qui n’est pas la même chose.

 

11° Situation anarchique de la maçonnerie durant la suspension.

 

Les Chev. d’Orient ne veulent pas briser les sceaux que conserve La Chaussée. Il veut aussi le registre des délibérations mais celui-ci est confié au secrétaire.

La Chaussée prétend cependant qu’il recevait  toute la correspondance, étant le seul connu.

La suspension de la GL ne signifie pas la suppression de l’ordre. Les loges continuent à se réunir comme à l’ordinaire, reçoivent diplômes, Constitutions, brevets , grades …. signés par La Chaussée. Mais des FF présents à l’assemblée du 21 février et qui usurpent les fonctions de la GL, prétendant même qu’elle a repris des travaux.  Ce sont Pény, qui prétend avoir reçu ses pouvoirs de Jonville, Duret, l’Eveillé,  vice –présidents,  et Poupart[20], Secrétaire Général.

Le 8  octobre 1769, Jonville envoie une circulaire certifiant  que la GL n’avait pas repris ses travaux, qu’il n’avait donné aucun pouvoir à Pény, Duret, l’Eveillé et y joignit le nom des ff. bannis  en 1766 et qu’il avait fait choix de FF fidèles pour servir de dépositaires de confiance

C’était Moët, Le Roy, La Chaussée ! Les documents signés par eux étaient les seuls valables.

Jonville se déchargeait  de toute fonction et  donnait à la Chaussée le dépôt de la maçonnerie en France.

La Chaussée pouvait notamment  autoriser des FF à former une loge malgré la suspension  des travaux de la GL.

L’interdiction ne visait que la Grande Loge des Maîtres de Paris, dite de France , elle ne portait pas sur les corps rivaux !

 

Il y en eut quatre,

-          la GL elle-même faite des maîtres de loge,

-          la GL Pény, Duret, L’Eveillé ;

-          une autre menée par Pirlet, fondateur du Conseil des Empereurs (avec plusieurs des bannis de 1766);

-          enfin Jonville, La Chaussée, Moët, Le Roy qui étaient inactifs mais possédaient les sceaux, registres  et timbres.

 

 

12° Tentative de reprise des travaux.

 

En 1769, Pény et Duret demandèrent audience à Chaillon, raison pour laquelle  la Chaussée et le Roy établirent la circulaire du 30 octobre 1769 et donnèrent de la publicité aux décrets de 1766.  Cette audience visait à faire reconnaître  leur GL. Elle n’eut pas lieu.

C’est à cette époque que la Chaussée déclara exclus le Boucher, 2° Grand Surveillant de la GL, qu’il poursuivait de sa haine depuis 1766.

 

-          Labady, membre des empereurs, fait une tentative d’union lors d’une réunion de quelques FF désireux de reprendre les travaux, en 1770.

-          Quelques  FF demandent au lieutenant de police de lever l’interdiction. En vain.

-          Requête de 29 FF, dont certains des Empereurs, envoient une délégation à Chaillon : Bourgeois, Lafin, Martin et Graillard. Labady parmi les signataires.

-          20 mars 1770 : Poupart confesse avoir assisté à une assemblée  de FF exclus. Le même jour, les bannis de 1766  demandaient une révision de la peine.

-          Assemblée probable de la GL en février-mars 1770.

-          16 juin 1771 : décès du comte de Clermont.

-          21 juin 1771 : La GL de France reprend ses travaux.



[1] Château appartenant à l’Abbaye de Saint-Germain, situé dans la municipalité de Fresnes..

[2] Naudon ne donne aucune preuve de son affirmation.

[3] Deux lacunes cependant Il n’est pas écrit que seules sont représentées les loges de Paris et il n’est question nulle part d’un Maître des Cérémonies qui n’existait sans doute pas encore.

[4] Banquier, né à Genève, aurait prêté de l’argent à Mlle Leduc. Ce serait sous son mandat que la Grande Loge décida qu’elle ne pouvait être constituée que de VM de Paris ou de leurs représentants. Décédé en 1770.

[5] On reconnaît les actuels 5°, 6°,  9° et 14° degrés du REAA.

[6] Ancien avocat au Parlement de Paris, Doyen des Maîtres de Requêtes.

[7] Employé au service de santé de l’armée, vénérable de L’Ecossaise de La Vertu Militaire,  revêtu de tous les haut-grades. Lorrain, séjourne à Paris de 1765 à 1767.

[8] Ce sont ces statuts, adoptés en 1763, qui seraient, d’après Bernheim, à la base des Constitutions « de Bordeaux » de 1762.

[9] La Chaussée, ancien directeur de la Loterie, commis pour l’examen des comptes de la marine, secrétaire interprète de la Reine. 

[10] Créé en 1758 d’après Thory, présidé par Pirlet.

[11] Créé en 1765 d’après le  Précis..

[12] Tschoudy, décédé le 28 mai 1769 à  Paris, âgé de 40 ans.

[13] Cette union fut réalisée en 1772.

[14] Il proposa la création  de trois chambres, l’une pour le symbolique, l’autre pour l’écossisme, la troisième pour les grades supérieurs.

[15] Jean-Pierre Moët, Véné de la loge St Jean du Secret, était secrétaire du comte de Saint-Florentin, maçon depuis 1735  et Secrétaire d’Etat de la Maison du Roi en charge de Paris. Le lieutenant de police était sous ses ordres.

[16] Coutelier de son état,  véné de St Fidèle

[17] greffier au parlement, véné de Socrate  de la Parfaite Union et membre du Conseil des Empereurs.

[18] Véné de la Paix Immortelle et membre du Conseil des Empereurs

[19] le lieutenant de police, M. de Sartine.

[20] Pény, plumassier ; Duret, hôtelier ; Poupart, tabletier ; l’Eveillé, menuisier.

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Rite Français : du caractère religieux du Grand Orient de France en 1848

Publié le 8 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


Le 14 janvier 1848, le Grand Orient examinait un rapport que lui adressait la Commission permanente, sur cette question:

Comment rendre à la Maçonnerie le caractère religieux qui lui est propre ?

Le Frère Blanchet, Rapporteur de la Commission, commence par parler du caractère religieux des initiations de l'antiquité, du déisme des Juifs, de la régénération et de la rédemption de l'homme par la mission du Christ. Il fait planer ensuite sur toutes les religions les dogmes de fraternité et de tolérance enseignés par la Maçonnerie, qu'il rattache aux trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité ; et c'est dans la Charité surtout qu'il fait consister le caractère religieux de la Maçonnerie.

  C'est la Charité qui réalise parmi les hommes la bienfaisance divine...

Bien souvent on vous a dit que le devoir de la Maçonnerie était de se mettre à la tête du progrès, et de prendre l'initiative du mouvement social; on vous a dit souvent que, si votre Institution menaçait ruine, c'était pour avoir manqué à cette mission, et pour s'être laissé distancer dans la course du monde profane.

Reproche irréfléchi ! Prétention ambitieuse, dont le succès même nous deviendrait funeste ! Pour se mettre à la tête du mouvement social, il faudrait avoir la puissance de le diriger vers le but moral ; et cette puissance, nous ne la possédons pas ; et le mouvement actuel nous pousserait vers un but diamétralement contraire à celui que nous nous proposons.

 Sans doute, la Maçonnerie eût été digne d'admiration, si elle eût pris l'initiative d'établissements véritablement utiles; si, la première, elle eût fondé des hospices, des crèches, des salles d'asile. C'est encore, il faut l'avouer, un rôle assez beau pour elle que l'imitation des exemples qu'on lui reproche de n'avoir pas donnés. Votons-lui des remercîments pour la fondation de la Maison de Secours. Sachons-lui gré des efforts qu'elle tente pour l'établissement de crèches et de salles d'asile. Mais gardons-nous d'excéder nos forces; gardons-nous surtout d'appeler le monde profane au secours de nos œuvres de bienfaisance. Nous constaterions notre impuissance. Au lieu de marcher en tête d'un mouvement généreux, nous nous mettrions à sa remorque.

Comprenons mieux la mission que nous impose notre religion maçonnique. C'est dans la retraite de nos Temples, loin du tumulte des passions profanes, à l'abri de leurs tristes entraînements, que nous devons nous livrer entre nous au mutuel enseignement de la morale. Eclairés par les lumières que la sagesse suprême départit à chacun de nous à des degrés divers, réciproquement corrigés de nos imperfections par de fraternelles leçons, nous apporterons ensuite dans le monde des sentiments épurés au saint foyer. Heureux, en offrant de bons exemples aux profanes, de leur inspirer le désir de s'associer aux travaux d'amélioration et de perfectionnement qui constituent la charité morale; c'est dans nos Temples que doivent s'exercer aussi, nos œuvres de charité. C'est à nos Frères d'en être les auteurs, les dispensateurs, les ministres.

La charité n'est possible qu'à la condition de posséder les trésors qu'elle doit répandre. Comment composer ce trésor, si ce n'est par la contribution imposée à chacun des membres de l'association, dans la limite de ses facultés comparées aux besoins généraux de l'Ordre ?

Pour réformer les abus qui menacent de détruire notre belle et utile Institution, il faut à l'égard des néophytes se montrer scrupuleux sur les conditions de moralité, et non moins exigeant sur les conditions pécuniaires. A l'égard des initiés, il faut tenir sévèrement la main à l'exécution des engagements contractés.

Par là seulement, nous obtiendrons les moyens de répandre, en même temps, les bienfaits de la charité morale et de la charité matérielle; et en exerçant envers nos Frères malheureux cette délégation de la bienfaisance suprême, nous rendrons à la Divinité le culte le plus digne d'elle, et à la Maçonnerie le caractère religieux qui lui est propre.

Le Grand 0rient : Considérant que le caractère de la Maçonnerie est essentiellement religieux, en ce sens que la charité, commandée par toutes les religions, est le but principal de la Maçonnerie ;

Considérant que si, depuis quelque temps, ce caractère religieux a paru s'affaiblir, cela tient sans doute à l'invasion des passions profanes, et par suite à l'oubli des prescriptions réglementaires;

 Considérant que la première condition de l'initiation est de posséder les qualités qui permettent aux récipiendaires d'exercer dignement la bienfaisance;

Considérant qu'il importe de ne pas laisser la mendicité pénétrer dans le Temple sous forme d'initiation ;

— Arrête : —

Art. 1er. A partir du prochain, aucune réception aux différents grades ne pourra avoir lieu qu'à la charge, par les récipiendaires, dont les qualités morales auront été, au préalable, sérieusement examinées, de payer une somme supérieure au prix actuel des initiations, et qui pourrait être….etc. »

Un Frère pensa que ce n'était pas assez de le baser sur la charité, et qu'il fallait proclamer les deux principes de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme.

Un autre émit l'avis que, si le Grand-Orient pouvait épurer la Maçonnerie, en s'assurant par lui-même des qualités morales et de la position sociale des candidats, tous les hommes de bien voudraient devenir Maçons, et qu'alors apparaîtrait le caractère religieux de l'Institution.

La Constitution du Grand Orient de France du 10 Aout 1849, précise:

Dans son article premier :

La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique,  philosophique et progressive, a pour base l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ; elle a pour objet l’exercice de la bienfaisance, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts et la pratique de toutes les vertus. Sa devise a été de tous temps : Liberté, Egalité, Fraternité.

Dans son article quatre :

La Franc-maçonnerie, ne demande compte à aucun de ses membres de ses convictions à l’égard des différentes religions existant sur la surface du globe. Elle interdit formellement dans les réunions Maçonniques, toute discussion en matière religieuse qui aurait pour objet soit la controverse entre les différentes religions, soit le prosélytisme en faveur d’un culte quelconque.

Publié par le blog de Montaleau

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Apocalypse de St Jean et Jérusalem Céleste

Publié le 3 Novembre 2009 par Thomas Dalet dans Esotérisme Chrétien

Pour tous ceux qui se passionnent par l'ésotèrisme chrétien un travail très intéressant  et très profond de notre Frère de Rennes Christian Degny est au sommaire des Cahiers Verts du GPDG.
Si un Frère possède ce texte sous format word ou pdf, je demanderai au TRF Christian Degny, l'autorisation de le publier.

 

Toutes celles et tous ceux qui ont écrit des planches traitant de l'ésotèrisme chrétien sont les bienvenus.

J'ouvre une nouvelle rubrique sur ce sujet

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RITE FRANCAIS: DES DEBUTS DE LA FRANC-MACONNERIE FRANCAISE PAR A.DORE

Publié le 26 Octobre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du Rite Français


Il semble bien que la France fut le premier pays à bénéficier de la nouvelle mode, la Franc- Maçonnerie. Ce fut d'abord par les soins de stuardistes, des Ecossais en exil.

Selon le mémoire de, de Lalande, longtemps suspect mais réhabilité par Pierre Chevallier à la suite de recherches récentes, quatre maçons anglais, partisans de Charles-Edouard Stuart, connus et bien identifiés constituèrent une Loge à Paris, soit en 1725, soit en 1726, sous le nom de Saint-Thomas, en souvenir de Thomas Beckett. Charles Radclyffe, futur comte de Derwentwater en 1731, qui deviendra Grand Maître des Loges françaises par la suite en fut l'animateur et probablement le Maître de Loge.

 On n'a jamais su où il avait été reçu maçon, ni même s'il l'avait été. On a laissé entendre que Ramsay lui aurait donné cette qualité. Or celui-ci a été admis en mars 1731 à la Loge Horn de Londres, et Radclyffe né en 1693 avait quitté l'Angleterre en 1716. Quant à Maclean, également Grand Maître après le duc de Wharton (1728 à 1731) - et avant Derwentwater qui le fut en 1736, il était né à Calais, séjourna à Edimbourg jusqu'à 1721, puis à Paris de 1721 à 1726, retourna en Ecosse de 1726 à 1728, rentra en France où il servit dans l'armée française. On ne sait où il a été reçu maçon.

Quelle maçonnerie apportaient donc en juin 1726 Charles J Radclyffe et ses amis ? Rien d'autre que ce qui existait à l'époque et décrit soit par le Registre de la Grande Loge d'Edimbourg, soit par les Constitutions d'Anderson en 1723. Une maçonnerie à deux degrés à la symbolique à peine ébauchée, mais déjà pourvue d'une finalité très vague il est vrai, « Etre le Centre de l'Union », un système administratif relativement structuré, mais limité aux critères de régularité, éventuellement une légende historique glorieuse qui lui conférait sa noblesse, le tout assorti d'un secret mystérieux sur la nature duquel tout le monde se perdait y compris ceux qui le possédaient.

L'implantation de la Maçonnerie se fit lentement au cours des années qui suivirent la création de la Loge Saint-Thomas. Elle reste toujours très confuse. Si l'on s'en tient aux seuls documents authentiques, deux nouvelles loges naquirent, l'une en 1729, les Arts Sainte-Marguerite, l'autre en 1730. Selon le Registre de la Grande Loge d'Angleterre du 17 mars 1731 et constituée régulièrement le 3 avril 1732, sous le numéro 90 et le nom de « The King's Head » butcher Row at Paris ce que l'on peut traduire par « à l'enseigne du Roi » rue de la Boucherie. On voit en elle la Loge Saint-Thomas au Louis d'Argent, ou Saint-Thomas n° 2, car elle provenait d'un essaimage de la première Loge du même nom, ou encore « Au Louis d'Argent », du fait que King's Head et Louis d'Argent doivent tirer leur identité de la pièce de monnaie en argent en cours à l'époque, qui portait gravée l'effigie du Roi de France. Puis viennent la Loge du Duc de Richmond dont on sait qu'elle travaillait en 1734, soit à Paris, soit à Aubigny-sur-Nère dans le Berri chez Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth où elle reçut Desaguliers, Montesquieu et quelques autres, en 1735 la Loge de Bussy-Aumont, en 1736 la Loge Constos-Villeroy du nom de ses deux vénérables successifs.

Quant à la province, nous trouvons Bordeaux 1732, Valenciennes 1733 Metz 1735, etc. Selon le Tableau des Loges du Royaume de France établi le 6 novembre 1744, il y avait eu à cette date et depuis 1726 20 Loges à Paris, 19 en province et, assez surprenant, 5 Loges militaires, soit 44 au total. Et c'est à partir de cet instant que ce qui devait devenir l'Ordre Maçonnique en France, prit son essor.

On ne peut dire quand fut constituée la première Grande Loge de France. Le plus ancien document connu daté de 1735 ne la mentionne pas : son titre : « Règles et devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France. » dans lequel Mac Lean est qualifié de « présent Grand Maître de la Très Honorable Fraternité des Francs-Maçons du Royaume de France » et son prédécesseur, le duc de Wharton « Grand Maître des Loges du Royaume de France ». Et si le texte qui donne pouvoir au Baron Scheffer de constituer des Loges en Suède indique « ... qu'elles seront subordonnées à la Grande toge de France », il y a lieu de rappeler que lorsqu'elles s'assemblaient « en Grande Loge », ce n'était que la réunion des officiers maîtres et surveillants de tout ou partie des Loges de Paris sous la présidence du Grand Maître. Or, ni les règlements de 1743, ni les constitutions accordées à la Loge de Lodève en 1744, ni les statuts de 1745 dressés par la Loge Saint-Jean de Jérusalem de Paris, non plus que ceux de 1755 ne mentionnent une Grande Loge de France en tant qu'autorité directrice suprême. Les Loges, dans leur presque totalité, et surtout celles de province, se plaçaient d'elles-mêmes sous l'obédience du Grand Maître dont elles sollicitaient la protection et plus encore la garantie de régularité, critère majeur à l'époque. Cette tendance se généralisa à partir de 1743, après que le comte de Clermont eût accédé à la Grande Maîtrise. Est-ce à son instigation que fut établi « ... le deuxième jour de la première semaine du troisième mois de l'an de la Lumière 5747 et de l'ère vulgaire 1747 » ce document qui voulait consacrer l'hégémonie d'un organisme central directeur de l'ensemble des Loges du Royaume de France, et qui paraît avoir échappé à la sagacité des chercheurs ?

« Règlements de la Très Respectable Grande Loge de France, dressés pour toutes les Loges régulières du Royaume, sous les auspices du Très Sérénissime Frère, Louis de Bourbon, comte de Clermont, Grand Maître de l'Ordre en France ». C'est un manuscrit de 15 pages foliotées 36 à 50, comportant 121 articles numérotés de 1 à 121, qui se termine par les mentions suivantes :

« Délibéré statué et arrêté à la T.R.G. Loge de France assemblée régulièrement le deuxième jour.

Copie collationné par nous secrétaire général sur l'original, par mandement signé, Labadie.

Extrait sur la copie envoyée à la Loge de la Douce Egalité de lorient davignon ».

On ne sait rien de la Loge La Douce Egalité, cependant attestée par deux autres documents - Labadie (ou Labbady, ou Labady) maître de la Loge l'Ecossaise de Salomon, personnage connu et remuant, était substitut pour la province du secrétaire général de la Grande Loge de France Zambault en 1765. On ne saurait, avec ces simples renseignements, fixer une date précise à cette copie. Le texte de 1747 est important en ce sens qu'il détermine pour la première fois une procédure destinée à recenser l'ensemble des Loges du Royaume et de leurs membres, à leur donner « ... des constitutions et des règlements généraux pour établir l'uniformité du Travail » à charge pour elle, Grande Loge, de répercuter le Tableau général de l'Obédience à ses composantes. Plus, une série de mesures fixant minutieusement le fonctionnement des Loges, les rapports qu'elles pouvaient avoir entre elles, ainsi qu'avec la Grande Loge, les conditions de leur régularité et de celle elle des maçons. Au travers des articles un embryon de secrétariat administratif avec six inspecteurs circulant dans toute la France, et défrayés de leurs dépenses, trésorier, secrétaire etc.

Le texte de 1747 n'a rien de commun dans sa rédaction avec ceux de 1755 et 1760, ni d'ailleurs dans ses principales dispositions, et ces deux derniers statuts semblent ignorer qu'il y ait une Grande Loge de France. Il faudra attendre le 19 mai 1763 pour que soit créé le premier sceau en même temps que l'arrêt de nouveaux statuts qui institutionnalisera la Grande Loge de France. Ce qui n'empêchera pas que, jusqu'au moment où le Grand Orient, qui lui succèdera, s'installera le 12 août 1774 en location dans les locaux du Noviciat des Jésuites, elle ne possédera pas de secrétariat permanent ni un quelconque endroit pour ses archives. Les réunions se faisaient au domicile de celui de ses membres qui voulait bien lui donner asile.

Bien qu'elle soit venue d'Angleterre, à aucun moment la maçonnerie française ne connut une Grande Loge anglais de France, c'est-à-dire une Grande Loge Provinciale de France sous la dépendance de la Grande Loge d'Angleterre, ce dont cette dernière ne manqua pas de se plaindre.

Publié par l'excellent blog de Montaleau

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Rituel d'Ecossais Vert (SOT)

Publié le 13 Octobre 2009 par Thomas Dalet dans Rites et rituels

RITUEL de la S.O.T. (suite)

Le texte ci-après provient du Manuscrit 5939 de la Bibliothèque de la Ville de Lyon (Fonds Willermoz).

Avec le degré d'Écossais Vert, on abandonne la Maçonnerie symbolique et on veut commémorer la résurrection de « Notre Maître Hiram » « L'écorce des symboles est rompue…. », et on peut vraiment le regretter devant la pauvreté symbolique de ce degré qui n'a plus les références légendaires des degrés bleus sans avoir encore la majesté des degrés chevaleresques.

Le texte des manuscrits a été établi par M. Jean Saunier.

 

ÉCOSSAIS VERT

 

La Chambre est tendue de vert, la chaire, les chaises et les tables sont couvertes des tapis de la même couleur. La loge n'est éclairée que de quatre bougies rangées de façon qu'elles forment un quarré. N'y est pas comprise la table du secrétaire qui en a une à part ; les habits sont un peu plus petits que ceux de maître et doublés de taffetas vert.

La Loge s'ouvre par quatre coups : trois de suite et le quatrième détache très fort

Le Maitre fait le signe et tous les frères après lui. Il demande à un des surveillants

V.M. : Quel est le premier devoir de tout maçon en loge ?

R. : De voir si elle est bien couverte.

V.M. : Faites votre devoir.

Cela fait, le Maitre en chaire dit :

V.M. : Mes Frères, nous sommes assemblés aujourd'hui, s'il s'agit d'une réception: pour travailler à la pierre polie et à augmenter le nombre de nos travailleurs par l'admission de ou des maîtres N…… N……en lui conférant le grade d'Ecossais Vert. S'il n'y a que conférence : à délibérer sur tel ou tel point ».

V.M. : Quelle heure est-il ?

R. :  Le Soleil se lève.

V.M. : Mettons donc la main à l'œuvre.

V.M. : Y a-t-il parmi vous quelqu'un qui ait encore quelque chose à dire contre la réception de N…… N…...?

V.M. : Votre silence me dit que non, Frère maître des cérémonies, désarmez le maître qui est dans le vestibule, examinez-le sur les trois grades d'Apprenti, Compagnon et maître ; portez-moi son épée et son chapeau, et puis retournez à le mettre en état de comparaitre devant nous.

On lui lie une corde autour du corps, dont le bout reste en mains dudit maître des cérémonies, par lequel il le conduit en frappant en maître bleu. Le premier surveillant en ouvrant la porte lui met la pointe de l'épée sur le cœur et tous deux le présentent à grands pas au Vénérable.

Tous se lèvent et font le signe.

Note de Weiler : et tirent l'épée),

Le Vénérable fait le signe, comme pour s'en saisir en lui disant :

V.M. : Je devrais selon les accusations que l'on a fait contre vous me servir du pouvoir que celle vénérable loge m'a donné et vous punir de votre indiscrétion.

V.M. : Qu'avez-vous à dire ?

Récipiendaire : ………

V.M. : Que voulez-vous ?

Récipiendaire : ………

Le Maitre des Cérémonies lui suggère de dire qu'il ne se sent coupable de rien et que sa conduite le fera voir clairement pourvu que l'on lui fasse la grâce de l'admettre.

Les Frères prient pour lui.

Le Maître des Cérémonies lui parle avec douceur disant : qu'en considération des frères on veut bien lui pardonner ou ne pas croire fondées ces accusations. Il ajoute à la fin :

M.d.C. : Puis-je me livrer, Frère, à ce doux sentiment? Quel gage m'en donnez-vous ?  

Le Récipiendaire : Ma parole d'honneur 

En lui donnant sa main Le Maître des Cérémonies :  C'est bien, êtes-vous prêt vous engager plus étroitement avec nous ?

Le Récipiendaire : Oui, très vénérable.

Le Maître des Cérémonies : Prononcez après moi.

En se mettant à genoux

FORMULE DE L'ENGAGEMENT

«En renouvelant les premières obligations de la maçonnerie dans toute leur étendue, je promets une obéissance spéciale au Directoire Écossais et ses chefs, dont je ne révélerai les secrets à qui que ce soit ni même à mes autres frères qui n'ont pas reçu ce grade, et qui en pourraient avoir que l'on répute supérieurs à celui-ci ».

Cela fait, le Vénérable le relève, lui fait ôter la corde en lui disant :

V.M. : Je vous délivre du joug de la maçonnerie symbolique, désormais vous verrez à chaque pas disparaître les hiéroglyphes et naitre la simplicité pure et nette dans votre esprit. Par le pouvoir donc qui m'en a été conféré, je vous crée Maître Écossais Vert au nom de notre Chef universel.

(Il lui donne un coup d'épée sur l'épaule droite),

V.M. : Au nom des Chefs du Directoire Écossais

(Un autre coup sur l'épaule gauche, au nom de tous les membres qui le composent.)

V.M. : (Un troisième coup sur la tête et le baise an front).

On lui ôte l'habit bleu, et le Maitre lui dit en lui mettant le vert

V.M : Voilà la couleur de l'espérance. Vous pouvez tout espérer, votre zèle hâtera l'accomplissement.

En lui attachant le bijou, il dit :

V.M. : Voici l'emblème de l'espérance, je vous confirme ce que je vous ai dit tantôt.

Il lui donne le signe, l'attouchement, et le double mot, le fait conduire au premier surveillant qui lui explique le tableau.

EXPLICATION DU TABLEAU

1er S : Nous voilà, mon Frère, à la pierre polie de brute qu'elle était. L'écorce des symboles est rompue, le noyau apparait, voilà votre maître Hiram qui tend les bras pour sortir du tombeau où il n'est plus qu'à demi. Aidons-le. Il n'y a qu'un seul effort dont notre zèle aidé du vôtre viendra aisément à bout. Imitez les vertus de ces quatre animaux et gardez vous de leurs vices dont la plupart des hommes et même quelques faux frères ne sont que trop remplis. Soyez valeureux et généreux comme le lion mais sans cruauté, adroit comme le singe imitateurs de vos anciens sans ridiculité et pétulance, clairvoyant comme l'épervier mais non persécuteur, rusé enfin comme le renard sans être fourbe ni faux.

CATÉCHISME

D. Êtes-vous Maître Ecossais ?

R. Je connais les quatre animaux et leur signification ainsi que la pierre polie.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Seize ans.

D. Comment êtes-vous parvenu à ce grade ?

R. En travaillant avec zèle et ayant gagné par là la bienveillance de mes supérieurs.

D. Comment fûtes-vous introduit dans la loge écossaise ?

R. La corde autour du corps et la pointe de l'épée sur le cœur.

D. Pourquoi la corde autour du corps ?

R. Pour dénoter que j'étais encore sous le joug des symboles, que par les grades que je recevais je devais commencer à secouer ?

D. Pourquoi la pointe de l'épée sur le cœur ?

R. Parce que le Très Vénérable en Chaire avait eu des accusations très graves coutre moi et pour lesquelles il me menaçait d'une punition proportionnée.

D. Comment vous a donc reçu le Très Vénérable ?

R. D'abord très sévèrement, niais la fermeté avec laquelle j'ai soutenu mon innocence l'a apaisé et il m'a accordé sa protection et sa bienveillance.

Ce sont les principales demandes à peu près du catéchisme, l'on en forme aussi du tableau plus ou moins selon les circonstances.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le Soleil se couche.

D. Avertissez donc chacun sa colonne que je veux fermer la loge d'Écossais Vert.

R. Il frappe quatre fois.

 Ce que les surveillants répètent et la loge se ferme.

D.E.a S.

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Rituel complet de la Loge Laurence Dermott

Publié le 7 Octobre 2009 par Thomas Dalet

Merci au BAF D. E. a S auteur de ce rituel


AVANT PROPOS

Pourquoi un nouveau Rituel ?

Je vais tenter de répondre à cette question, question que de nombreux Frères se poseront lors de la communication de ce « Nouveau Rituel ».Mes objectifs primordiaux étaient triples:

1° De proposer un Rituel  qui puisse réunir tout les Frères Maîtres Maçons de Rites ou d’Obédiences différentes aux seins d’une Loge de Recherche.

2° De ne pas imposer de doctrines ou préceptes d’une pratique de la Franc-Maçonnerie qui auraient pu heurter certains Frères.

3° Accorder à ceux qui désirent progresser et de faire progresser leurs Frères dans la Franc-Maçonnerie la liberté de s’exprimer sans contrainte structurelle ou dogmatique dans le plus pur esprit de la Maçonnerie.

 Le Rituel que vous trouverez ci-après, je l’ai élaboré d’après plusieurs Rituels notamment ceux de Jean-Baptiste WILLERMOZ.

 

 

DÉCORS DE LA LOGE

 

Sur l'autel, à l'entrée du V.M., on place un chandelier d'or à trois branches (Avant l'ouverture des Travaux, ce chandelier doit en fait être placé dans la pièce où le Vénérable Maître et les dignitaires s'habillent.), la Bible, ouverte au premier chapitre de l'Evangile de Saint Jean, tournée vers les Frères, le Compas et l'Équerre entrelacés (Le compas et l'équerre entrelacés ne doivent pas se trouver sur l'Évangile.), la Truelle, le Maillet et le Rituel du grade.

Si le chandelier se trouve encore à l'Orient, le Maître des Cérémonies va le chercher et l'apporte au Vénérable Maître.

Tout étant convenablement disposé pour commencer le travail, les deux Surveillants, qui sont entrés avec tous les membres de la Loge, se rendent, précédés du Frère Maître des Cérémonies, auprès du Vénérable Maître, tenant chacun l’épée à la main, vêtus et décorés maçonniquement; ils se font accompagner d'un Frère qui portera le chandelier à trois branches.

Le Maître des Cérémonies, annonce au Vénérable Maître que la Loge est assemblée, qu’elle attend sa présence et que tout est disposé pour commencer le travail.

Aussitôt, le Vénérable Maître en exercice et les Grands Officiers se mettent en marche pour entrer en Loge, selon leur rang respectif, ceux de rang inférieur marchant les premiers.

Ils sont précédés par le Maître des Cérémonies et les deux Surveillants; le Vénérable Maître termine la marche ayant, ainsi que tous les Frères qui se rendent avec lui, y compris le Frère Maître des Cérémonies, l’épée au côté et le chapeau sur la tête.

Le Vénérable Maître est précédé immédiatement du Frère portant le chandelier à trois branches, tout allumé. Lorsqu’ils entrent en Loge, tous les Frères sans exception sont debout à leur place, la tête découverte.

Les deux Surveillants prennent leur poste en entrant, le Maître des Cérémonies conduit les Dignitaires aux sièges qui leurs sont destinés et accompagne ensuite le Vénérable Maître jusqu’a l’Autel d’Orient, sur lequel le Frère préposé pose aussitôt le chandelier à trois branches ; tout cela doit se faire sans rapidité ni lenteur, mais avec ordre.

 

N.B.Le Tapis de Loge : aucun tapis n’est prévu dans ce rituel ! Il reste cependant à la discrétion de la R.L. ou à son V.M. de faire disposer, avant l’ouverture des travaux entre les colonnes un tapis

« OBLIGATOIREMENT AU GRADE DE MAÎTRE ».


OUVERTURE DE LA LOGE

 

 


V.M. frappe un coup de maillet  :
 Frère Maître des Cérémonies, tous ceux qui doivent m'aider à Ouvrir cette Loge sont ils placés et décorés des signes de leur pouvoir ?

S'il se trouve des places d'Officiers vacantes par l'absence des titulaires et des adjoints, le Maître des Cérémonies dira :

 

M.d.C.  Vénérable Maître, la place de …… n'est pas remplie.

Alors le Vénérable Maître nomme un Frère pour en remplir les fonctions car les Travaux ne doivent être ouverts que lorsque les neuf places d'Officiers sont occupées. Le Frère désigné va prendre la place et les bijoux de l'Officier auquel il va suppléer ; et toutes les places étant ainsi remplies, le Maître des Cérémonies dit :

 

M.d.C. :  Vénérable Maître, tous les Frères sont prêts pour l'ouverture des Travaux, ils attendent vos ordres.

Si les places des neuf Officiers sont remplies, soit par eux-mêmes, soit par leurs adjoints, le Maître des Cérémonies répond comme ci-dessus.

 

V.M. : frappe un coup de maillet Mes Frères, unissez-vous à moi pour ouvrir cette Loge.

Les Frères se mettent tous à l’ordre du grade de maitre.

 

V.M. : Frère Maître des Cérémonies, quelle est votre place dans la Loge ?

 

M.d.C. : À l’entrée de la Loge, V.M.

 

V.M. : Frère Maître des Cérémonies, quel est votre devoir ?

 

M.d.C. : Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.


V.M. :
Frère Maître des Cérémonies, les trouvez-vous ainsi correctement rangés ?

 

M.d.C. : Je le crois, V.M.

 

V.M . : Frère Maître des Cérémonies, où est placé le 2ème Surveillant ?

 

M.d.C. : Au Midi, V.M.

 

V.M. : Frère 2ème Surveillant, qui représentez-vous ?

 

2ème S. : Booz, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

V.M. :  Frère 2ème Surveillant, où est placé le 1er Surveillant ?

 

2ème S. : À l’Occident, V.M.

 

V.M. : Frère 1er Surveillant, qui représentez-vous ?

 

 1er S. : Jakin, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

V.M. : 1er Surveillant, où est placé le Frère Orateur ?

 

1er S. : À la gauche du V.M.

 

V.M. : Frère Orateur, qui représentez-vous ?

 

F. Orateur : Hiram Abif , le Prince des Architectes.

 

V.M. : Frère Orateur, quel est votre devoir ?

   

F. Orateur : Établir les plans, tracer les dessins et aider le V.M. dans l’accomplissement de l’ouvrage.

 

V.M. : Frère Orateur, où se place le V.M . ?

 

F. Orateur : À l’Orient.

 

V.M . : Frère Orateur, qui représente-t-il ?

 

 F. Orateur : Le Roi Salomon.

 

V.M. : Avant de déclarer les Travaux ouverts, invoquons la protection du Grand Architecte de l’Univers sur toutes nos entreprises. Puissent nos Travaux ouverts ainsi dans l’ordre, se continuer dans la paix et se fermer dans la concorde. Qu’il en soit ainsi.

 

V.M. : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge régulièrement ouverte.

 

V.M. : frappe un coup de maillet

 

 

 

V.M. : Prenez séance mes Frères, et je prescris au nom de l'Ordre le plus profond silence à tous les ouvriers

Tous les Frères cessent le Signe et prennent séance.

Le M.d.C. se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éclairer les Chandeliers. Avant de regagner sa place.

 

V.M. :  Frère Secrétaire, veuillez nous donner lecture de l'ordre du jour.

 

F. Secrétaire : L’Ordre du jour appelle le F. N ………. à nous proposer son travail sur le thème de …………… 

 

M.d.C. : Veuillez conduire le F. N……….. Entre les colonnes.

(Le lutrin doit se tenir à l’ordre au grade de Maître. Et ne doit commencer la lecture de sa planche que sur ordre du Vénérable Maître qui peut éventuellement l’autoriser à quitter cette position pour la lecture.)

À l’issue de la lecture de sont travail, le Vénérable Maître peut remercier le lutrin et commenter la planche proposée, et en suite autoriser la circulation de la parole sur les colonnes.


V.M. :
La parole circule sur les colonnes.

 

1er Surv. :  Vénérable Maître, le Bien-Aimé Frère N ……… de la colonne du Midi demande la permission de parler.       

 

2ème Surv. : Vénérable Maître, le Bien-Aimé Frère N ……… de la colonne du Nord demande la permission de parler.       

Les Dignitaires et les Officiers de l’Orient qui demandent la parole s’adressent directement au Vénérable Maître, sans aucune intervention intermédiaire.

 

V.M. :  Mon Frère, vous avez la parole.

 (Tout les Frères ne doivent s’adresser qu’au Vénérable Maître, et en aucun cas au lutrin.) Après la circulation de la parole, le Vénérable Maitre dit :

 

V.M. :  Frère Maître des Cérémonies, veuillez raccompagner le lutrin à sa place.

 

V.M. :  Prenez séance mon Frère.

 

V.M. : Un autre Frère à-t-il un travail à proposer sur ce thème ?

Si un Frère se propose pour présenter une planche, le V.M. demandera au M.d.C. de le conduire entre les colonnes. Dans le cas contraire, le V.M. :

 

V.M. : L’ordre du jour appelle à la fermeture des travaux


FERMETURE DE LA LOGE

 

V.M.: frappe un coup de maillet Mes Frères, unissez-vous à moi pour fermer cette Loge. Frère Maître des Cérémonies, quelle est votre place dans la Loge ?

Les Frères se mettent tous à l’ordre du grade de maitre.

 

M.d.C. : À l’entrée de la Loge, V.M.

 

V.M.: Frère Maître des Cérémonies, quel est votre devoir?

 

M.d.C.: C’est d’annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.

 

V.M.: Frère Maître des Cérémonies, les trouvez-vous ainsi correctement rangés?

 

M.d.C.: Je le crois, V.M.

 

V.M.: Frère Maître des Cérémonies, où est placé le 2ème Surveillant?

 

M.d.C.: Au Midi, V.M.

 

V.M.: Frère 2ème Surveillant, qui représentez-vous?


2ème S.:
Booz, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

V.M.: Frère 2ème Surveillant, où est placé le 1er Surveillant ?

 

2ème S.:À l’Occident, V.M.

 

V.M.: Frère 1er Surveillant, qui représentez-vous?

 

1er S.: Jakin, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

V.M.: Frère 1er Surveillant,  où est placé le Frère Orateur?

 

1er S.: À la gauche du V.M.

 

V.M.: Frère Orateur, qui représentez-vous?

 

F.Ora : Hiram Abif, le Prince des Architectes.

 

V.M. : Frère Orateur, quel est votre devoir?

 

F.Ora : Établir les plans, tracer les dessins et aider le V.M. dans l’accomplissement de l’ouvrage.

 

 

V.M: Frère Orateur, où se place le V.M .?

 

F.Ora : À l’Orient.

 

V.M.:

Frère Orateur, qui représente-t-il?

 

F.Ora :

Le Roi Salomon.

 

V.M.: frappe un coup de maillet  À l’ordre, mes Frères.

Les Frères se mettent tous à l’ordre du grade de maitre. Puis, le V.M. s’adressant à tous…

 

V.M. : Mes Frères, avant de fermer cette Loge, formons la chaîne      d'Union Fraternelle et, tous ensemble, rendons hommage au     Grand Architecte de l’Univers l’humble et respectueuse reconnaissance que nous Lui devons pour les faveurs dont Il nous a déjà comblés Puisse-t-Il continuer de protéger notre Ordre en le cimentant et en le fortifiant de toutes les vertus morales et civiques. Qu’il en soit ainsi.

 

Le Vénérable Maître, découvert et déganté, descend et va se placer entre l'Autel et le tapis de la Loge ; dans le même temps les deux Surveillants vont aussi se placer vers le tapis, l'un auprès de l'autre à l'Occident, en face du Vénérable Maître ; alors, tous les Frères de l'Atelier viennent se ranger autour du tapis, également découverts et dégantés,

Le V.M. peut éventuellement dédier cette chaine d’union et après un moment de recueillement la chaîne est rompue par le V.M. sans secousses, et tous les Frères retournent à leurs places, dans le même ordre qu'ils les ont quittées. Ils se coiffent et se gantent.

  

V.M. : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge fermée.

 

V.M. : frappe un coup de maillet

                  

  Tous les Frères cessent le signe.

 

Le M.d.C. se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éteindre les Chandeliers.

Puis il revient à l’Orient pour dissocier les Trois Grandes Lumières.

 

V.M. : Je vous invite à un banquet frugal et fraternel venez y goûter, dans une société de Frères, les charmes de l'égalité.

 

Alors, le Vénérable Maître donne le salut à tous les Frères, qui le lui rendent par une profonde inclination. Le M.d.C. prépare ensuite son cortège pour la sortie du V.M.  L’on procède à une sortie protocolaire reproduisant l'introduction en sens inverse.

 

 

D.  E .a S.

commentaires

Les remaniements d'après Wilhelmsbad

Publié le 3 Octobre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER

Pierre NOEL

1.Le demi-mensonge de Willermoz.


Le Convent, loin d'être le succès espéré, sonna le glas de la Stricte Observance. Les  loges allemandes rechignèrent à accepter la réforme de Lyon et, pour la plupart, soit  en revinrent à la maçonnerie anglaise soit se tournèrent vers d'autres horizons.

Là  n'est pas notre propos.

Les Français, par contre, voulurent achever le travail entamé. Dans la lettre célèbre  qu'il adressa à Charles de Hesse le 10 octobre 1810, Willermoz s'en explique en des  termes soigneusement choisis qui ne révélaient que ce qu'il voulait bien dire à son  lointain correspondant :  "Votre Altesse se rappelle sans doute que le temps que les députés au Convent  général pouvaient accorder pour la durée de cette assemblée étant insuffisant pour  perfectionner la multitude des travaux projetés, on s'occupa d'abord des plus  importantes ; on se borna ensuite à esquisser la réforme des grades symboliques et  des deux de l'Ordre Intérieur. L'esquisse des trois premiers considérés comme  suffisante pour satisfaire la première impatience des loges et des chapitres et leur  faire connaître le véritable esprit qui avait dirigé ce travail fut imprimé et distribué aux  députés. Une commission spéciale prise dans le sein de l'assemblée parmi les frères  d'Auvergne et de Bourgogne, connus pour les plus instruits, fut chargée d'en faire  plus à loisir la révision et la rédaction définitive avec la faculté de s'adjoindre à Lyon  et à Strasbourg les frères qu'ils jugeraient les plus capables de leur (sic) aider à  perfectionner ce grand et important travail. La rédaction définitive adoptée par les  trois provinces françaises et celle d'Italie fut présentée à l'Eminent Grand Maître  Général qui l'approuva en 1787. Dès lors, ils furent publiés dans les chapitres de  France". (in Steel-Maret, 1893, p.6).

Ce n'était là que demi-vérité. Selon le Recès, les grades bleus avaient été bel et bien  achevés à Wilhelmsbad, seuls restaient incomplets le quatrième et ceux de l'Ordre  Intérieur. Les chevaliers d'Auvergne et de Bourgogne n'avaient nulle part été  constitués en commission des rituels et Willermoz avait outrepassé le mandat reçu  en remaniant encore les grades bleus. Certes Brunswick avait entériné, en 1787, la  version que le lyonnais lui proposait mais jamais il n'eut connaissance de la rédaction  finale des degrés, achevée l'année suivante seulement.

La version officialisée par l'accord a posteriori du Grand Maître Général est déposée  aux archives municipales de Lyon. Intitulée "Rituel pour le régime de la francmaçonnerie  rectifiée adoptée au Convent général de l'Ordre à Wilhelmsbad en 1782"  (toutes les versions postérieures au Convent portent la mention "adoptée au Convent  général" !), elle porte en première page la précision suivante : "Originaux des grades  maçonniques pour les Archives du Directoire Général de Lyon en juillet  1784...utilisés de 1783 à 1788", mais 1788 est biffé et remplacé par 1785, date qui  est celle d'une révision dont nous reparlerons. Certifiés par Millanois, ils furent sans  doute utilisés jusqu'à cette date (Ms 5922, bibliothèque de la ville de Lyon).

Publiés récemment par l'I.M.R.E.T.(1987), ils ne s'éloignent guère de ceux adoptés à  Wilhelmsbad. Comme de juste, ils prévoient l'ajout de la religion chrétienne dans la  première question d'Ordre. Pour le reste la seule modification notable est le  déplacement du S.E. au N.E. du triple flambeau d'Orient au troisième grade.

Le 5 mai 1785, le Directoire d'Auvergne décida que le nom de l'apprenti serait  dorénavant Phaleg, suite aux révélations de l'"Agent Inconnu" [11]. Tubalcaïn étant  un ouvrier en métaux, son initiation ne pouvait être qu'"impure", l'apprenti devant être  dépouillé de ses métaux. Phaleg, descendant de Sem, béni par Noé, était "le  véritable instituteur de la maçonnerie et le premier qui ait tenu loge".


2. La dernière révision (1787-1788).


La rédaction finale fut achevée par Willermoz de novembre 1787 à avril 1788,  époque qui vit le séjour à Lyon de Louis -Claude de Saint-Martin. Est-ce le  "philosophe inconnu" qui lui inspira cette ultime révision? C'est possible, sinon  probable (je n'affirme rien). L'ancien secrétaire du "Grand Souverain" s'était toujours  tenu à l'écart de la maçonnerie templière, malgré une adhésion tardive et de principe,  et ses ouvrages montrent qu'il était resté très proche des enseignements de son  maître disparu. A-t'il réveillé chez son ami une flamme quelque peu négligée? Des  notes de Willermoz le suggèrent (Dachez et Désaguliers, 1990, pp.16-20). En tout  cas la dernière version des rituels bleus, envoyée en 1802 au vénérable maître  Achard de la loge de Marseille "la Triple Union" (Ms FM 418, B.N. Paris), témoigne  d'une imprégnation Coen jamais atteinte jusque là. Elle ne fut jamais, à ma  connaissance, soumise à l'approbation des supérieurs allemands de l'Ordre. Ces  rituels , utilisés de nos jours par les loges rectifiées de la Grande Loge Nationale  française, ne peuvent, en tout état de cause, être présentés comme conformes aux  décision de Wilhelmsbad. Ils s'en éloignent par trop d'innovations qui auraient bien  surpris les délégués au Convent.

Les instruments (équerre, niveau, perpendiculaire) complètent le tableau du premier  grade.

L'Introducteur accompagne le candidat durant ses voyages, avec le second  surveillant.

Le candidat rencontre au cours de ceux-ci les "éléments" (mieux vaudrait dire les  "essences spiritueuses") : le feu au Midi, l'eau au Nord, la terre à l'Occident.

Cette  péripétie, que ne connaissent ni le Rite Ecossais Philosophique ni le Rite français (  les épreuves-purifications y furent introduits à la même époque mais leur signification  y est toute différente), relève de la cosmologie de Martinez. Le caractère ternaire de  la Création est le reflet de la "Triple Puissance" qui gouverne le monde : la Pensée,  la Volonté et l'Action divine, représentées dans la loge par le triple chandelier  d'Orient. D'après Martinez, l'Univers a la forme d'un triangle dont la pointe regarde  l'occident, chaque angle étant occupé par un des trois éléments fondamentaux de la  matière :  Nord Sud  eau feu  Occident  terre  Au grade d'Apprenti de l'Ordre des Elu-Coens, les trois éléments sont ainsi disposés  autour du candidat, couché à même le sol, les pieds vers l'Orient, et enveloppé dans  trois tapis, noir, rouge et blanc, emblématiques desdits éléments (C.A. Thory, 1812,  pp. 246-247). Le rituel rectifié rappelle cette disposition et souligne que le candidat  parcourt les trois régions en lesquelles le monde est divisé.

Les emblèmes de la Justice (à l'Orient) et de la Clémence (à l'Occident), allusions à  la chute du premier homme et à la condition de sa "réintégration" en son état  primordial, son successivement présentés au récipiendaire lorsqu'il reçoit "le premier  rayon de lumière".

Au grade de compagnon furent introduits la "vertu" du grade (tempérance) et le rejet  de pièces de métal (fer, airain, argent) qui ponctue les trois voyages du récipiendaire,  usage sans précédent dans la franc-maçonnerie du XVIII° siècle. L'Instruction ajoute  qu'elles devraient être cinq, en conformité avec le nombre théorique de voyages dont  les deux derniers sont épargnés à l'impétrant.


« D :Qu'avez-vousappris dans les trois voyages que vous avez faits?  R : J'ai éprouvé les vices des métaux mais docile aux avis de mon guide, je les ai  jetés à mes pieds, hors de l 'enceinte du temple et j'ai obtenu des maximes  salutaires.

D : Quels étaient ces métaux?  R : Dans mon premier voyage, j'ai trouvé l'argent au Nord ; dans mon deuxième,  l'airain au Midi et, dans le troisième, le fer à l'Occident.

D : Pourquoi ne vous a-t'on pas fait éprouver l'or qui est le premier des métaux?  R : Parce que l'or étant à l'Orient, les apprentis et les compagnons ne pourraient le  découvrir.

D : Pourquoi ne vous a-t'on pas fait connaître les deux autres métaux?  R : Je ne sais, ayant été dispensé des deux derniers voyages."  Cette péripétie nouvelle était empruntée au grade de Maître élu, quatrième grade de  la hiérarchie coen qui en contenait onze (R.Dachez, 1981, pp. 189-191).


L'épreuve la  plus remarquable du rituel est un ensemble de cinq serments que doit prêter le  récipiendaire, aux quatre points cardinaux puis au centre du temple. Chacun se  termine par la formule "Abrenuncio" et le rejet d'une pièce de métal : de plomb à  l'Occident, de fer au Septentrion, de cuivre au Midi, d'or à l'Orient et d'argent au  centre. L'ordre des métaux diffère mais l'inspiration est bien reconnaissable.

Le troisième grade, inchangé dans l'ensemble, voit l'introduction de la vertu de  prudence qui complète l'énumération des vertus cardinales.


3. Le grade de maître écossais de Saint André.


Il ne fut achevé qu'en 1809 par Willermoz alors âgé se 79 ans et devenu bien seul :  "J'ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini du 4°  grade avait été forcément suspendu en 1789...Vingt années se sont écoulés en cet  état, mais l'année dernière après la grande maladie que j'essuyai me voyant rester  seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je  venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en  résulteraient si cette lacune dans le régime rectifié n'était pas rempli avant ma mort,  j'osai entreprendre de le faire" (in Steel-Maret, 1893, pp. 12-13)  Dans cette lettre adressée en 1810 à Charles de Hesse, le patriarche lyonnais  rappelait que le Convent n'avait arrêté que les bases du quatrième grade, avec le  tableau de la Nouvelle Jérusalem et la montagne de Sion surmontée de l'agneau  triomphant. Par contre, il s'abstint soigneusement d'ajouter que les "discours" et  l'"Instruction finale", entièrement de sa main, constituaient une introduction très  complète à la doctrine de Martinez et un excellent prélude aux enseignements de la  (Grande) Profession, que n'avaient jamais, et pour cause, prévus les députés au  Convent.. De fait ces textes étaient l'occasion d'expliciter enfin la filiation spirituelle  de l'ensemble de l'oeuvre.

Le grade lui-même ne s'écarte guère de l'ébauche de Wilhelmsbad. Le quatrième  tableau et son évocation de l'Apocalypse, la référence à saint André paraissent bien  appropriés à un grade de transition qui "figure le passage de l'Ancien au Nouveau  Testament". Rien là de bien neuf. Au-delà même de l'ébauche du Convent,  Willermoz n'avait qu'à puiser dans ses souvenirs : le dernier grade du chapitre des  chevaliers de l'aigle noir n'était-il pas, en 1761, la "chevalier de Saint André" (A.Joly,  1938, p.9). Quant à la Nouvelle Jérusalem, elle apparaissait au grade de "Sublime  Ecossais" (source probable du 19° degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté) qui  avait pour thème "une haute montagne où il y a une ville carrée qui a douze portes"  (lettre de Meunier de Précourt, 1761, in Steel-Maret, 1893, p.75). Ces  développements permettaient à Willermoz d'affirmer "L'Ordre est chrétien, il doit l'être  et ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes libres disposés  à le devenir de bonne foi".

L'instruction était aussi l'occasion de définitions dont le style et la conception  semblent empruntées aux catéchismes en usage dans le diocèse de Lyon à l'époque  (J.Granger, 1978, in "La Franc-maçonnerie chrétienne et templière des Prieurés  Ecossais Rectifiés", 1982). Ainsi en va-t-il des Juifs exclus "religieusement" du Rite,  de la fraternité limitée aux seuls maçons chrétiens, de l'Ancienne Loi considérée  comme "abolie". Toutes, notons-le, furent introduites tardivement (les rédactions  antérieures les ignoraient) alors que s'affirmait le messagemartinéziste. .Le patronage de Saint André permit aussi l'achèvement de la médaille du grade.Jusque là, elle n'avait qu'une face avec le double triangle et l'initiale du nom d'Hiram,  comme le montre la médaille de maître écossais de Willermoz conservée à la  bibliothèque municipale de Lyon. Depuis la révision finale, elle présente à son revers  le martyre de l'apôtre sur la croix "en sautoir" qui porte son nom.

commentaires

Le Convent national des Gaules(1778)

Publié le 3 Octobre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER

Pierre NOEL

1. La Réforme de Lyon.

Il se tint à Lyon du 25 novembre au 10 décembre 1778, en présence des délégués  des Provinces d'Auvergne et de Bourgogne, ceux d'Occitanie n'ayant pas jugé bon  de s'y présenter. Il y fut surtout question des hauts-grades et de l'organisation  administrative du Rite.

Le titre "Chevalier bienfaisant de la Cité Sainte" remplaça celui de "Chevalier  templier". Cette décision, imposée par Türckeim et Willermoz, n'était pas anodine.

Certes la prudence voulait que toute référence à un Ordre condamné par les  prédécesseurs du roi régnant et du pontife romain, condamnation jamais révoquée,  soit, au mieux, camouflée sous une appellation moins compromettante, mais là  n'était pas la raison profonde de cette mesure. Willermoz et ses amis étaient  convaincus que la source des connaissances maçonniques et l'origine de l'initiation  étaient bien antérieures à l'Ordre médiéval, lequel n'avait été que le détenteur  ponctuel et transitoire d'une tradition immémoriale. Les délégués se rallièrent sans  peine à cette décision dès la première séance du Convent, même si certains ne le  firent qu'avec une réticence inavouée (ce fut notamment le cas de Beyerlé, Préfet de  Lorraine et futur adversaire de Willermoz).

La "matricule" (c'est à dire l'organisation territoriale du Régime) des Provinces,  Prieurés et Commanderies de l'Ordre Intérieur fut adoptée dans un grand élan  d'optimisme, sans trop tenir compte des effectifs à vrai dire squelettiques du  système. Le "CodeGénéral del'Ordredes Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte" fut  adopté ainsi qu'une "Règle des chevaliers", aujourd'hui perdue. Les rituels de l'Ordre  Intérieur, préparés par Türckeim, furent approuvés. A l'inverse des rituels allemands,  ils supprimaient les différences basées sur la naissance et admettaient à la  "chevalerie" les bourgeois et roturiers pourvu qu'ils puissent faire état de revenus  substantiels et d'une situation "honnête" dans la société civile. Les "frères à talents"  étaient cependant tolérés, comme dans les loges bleues, à condition que leur  présence soit un véritable bénéfice pour l'Ordre.

Les grades symboliques ne furent pas oubliés pour autant. Un "Code maçonnique  des loges réunies et rectifiées de France" fut approuvé et les nouveaux rituels,  rédigés par Willermoz, ratifiés au cours des 11° et 12° séances (E.Mazet, 1985).

Plusieurs copies de ces rituels sont conservées, dont l'une fait partie du fonds Kloss  de la Bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas (catalogue VII-h-4). Ce qui suit est  basé sur cette copie primitivement destinée au Directoire de Bourgogne et certifiée  par son chancelier, Rudolph Salzmann.


2.Les grades symboliques du Convent des Gaules.


Le tableau de la loge d'apprenti est divisé en deux parties : l'une à l'occident figure le  porche, l'autre à l'orient figure le temple. Elles sont séparées par une balustrade  placée au-dessus d'un escalier à sept marches. Il conduit au pavé mosaïque, situé  en face de la porte d'entrée du temple, qui est fermée, entourée des deux colonnes J  et B. Aux quatre points cardinaux sont placées quatre portes dont celle d'orient, qui  mène au sanctuaire, est elle-aussi fermée. En haut du tableau sont dessinés le soleil,  la lune et l'étoile flamboyant laquelle contient en son milieu la lettre G.

"Autour de ce tableau, qui figure l'enceinte intérieure du temple, est tracé à la craie, à  quelques pouces de distance, un quarré long dans la même forme qui figure la  seconde enceinte ou le second parvis. A égale distance de celle-là, il en sera tracé  un autre qui figure la troisième enceinte ou le parvis extérieur dans lequel voyage  l'apprenti. On supprime ce dernier pour les voyages du compagnon et tous deux pour  ceux du maître".

La loge d'apprenti est éclairée par "trois flambeaux dont deux seront devant les FF. surveillants et l'autre à l'Orient du côté du Midi". L'innovation mérite d'être soulignée.

C'est en effet la disposition typiquement "écossaise" des flambeaux d'angle,  commune au "Rite Ecossais Ancien et Accepté" et au Rite Moderne Belge. Elle  semble être apparue en Avignon, vers 1776, dans la loge "Saint-Jean de la vertu  persécutée", loge-mère de la loge parisienne "Saint-Jean du contrat social" qui sera  le berceau du Rite Ecossais Philosophique (cf. R.Désaguliers, 1983). Il ne peut s'agir  d'une simple coïncidence. La proximité dans le temps et l'espace suggère qu'il y eut  influence réciproque. Ajoutons cependant que cette disposition des flambeaux était  déjà celle de la divulgation française de 1747, "Les Francs-maçons écrasés...", texte  énigmatique dont on ne sait trop ce qu'il faut penser mais qui suggère en tout cas  que l'idée était dans l'air depuis quelque temps déjà. J'ai déjà eu l'occasion d'insister  sur le glissement de sens induit par ce déplacement qui confond autour du tableau  les colonnes et les lumières de la loge, je n'y reviendrai pas (cf. G.Verval, 1987,  pp.11-24 ; P.Noël, 1993, pp.61-63).

L'ouverture de la loge d'apprenti se fait par la récitation de répliques de l'instruction et  ne diffère guère de celle pratiquée au Rite Français. Le vénérable tient son épée de  la main gauche, pointe en haut, tandis que les assistants tiennent la leur pointe en  bas. Soulignons l'absence de prière.

Le candidat, dans la chambre de préparation, découvre trois questions "d'ordre" :  Croyez-vous à un seul Dieu, créateur de l'univers, à l'immortalité de l'âme et à la  nécessité des devoirs qui en résultent?  Quelles sont vos idées sur la vertu...?  De quelle manière pensez-vous que l'homme puisse se rendre le plus utile à ses  semblables?  Le préparateur, après l'avoir entretenu sur ces question, l'examine sur l'opinion qu'il  se fait de la maçonnerie avant de souligner que son but est "la vertu, l'amitié et la  bienfaisance".

Introduit dans la loge, le récipiendaire déclare "sa religion et son état civil", sans qu'il  lui soit demandé son nom de baptême. Les voyages, effectués dans l'"enceinte"  décrite plus haut sont ponctués de coups de tonnerre et des trois maximes  aujourd'hui classiques :  L'homme est l'image immortelle de la divinité...

Celui qui rougit de la religion...

Le maçon dont le coeur ne s'ouvre pas..."  Le candidat monte ensuite "de l'Occident à l'Orient à côté du tableau par le Nord, à  pas libres jusque devant la table du Vénérable Maître". Le serment, pris sur l'évangile  de Saint Jean, est l'occasion de la question suivante:  "Ce livre sur lequel votre main est posée est l'évangile de Saint Jean. Y croyezvous? Si vous n'y croyez pas, quel confiance pouvons nous avoir en votre  engagement?"  En dépit de cette exhortation, le serment ne contient aucune clause de fidélité à la  religion chrétienne. Les châtiments physiques sont omis, omission qui traduit sans  doute le souci d'hommes parfaitement honorables de n'être pas accusés de crimes  imaginaires. C'est le même souci qui poussera le Grand Orient de France à  supprimer les pénalités en 1858, exemple que suivra la Grande Loge Unie  d'Angleterre en 1985 seulement.

La réception se termine par une courte explication du cérémonial et du tableau,  simple ébauche de l'instruction actuelle. Elle ne contient aucune allusion à la  progression cherchant-persévérant-souffrant qui sera introduite à Wilhelmsbad.

Enfin  les secrets sont ceux de la maçonnerie classique du temps, les mots de passe  devenant le "nom" de l'apprenti, du compagnon et du maître.

Au 2° grade le candidat, les yeux bandés et dépouillé d'une partie seulement de ses  métaux, fait cinq voyages "mystérieux" et entend deux maximes, après les 3° et 5°  tours ("L'insensé voyage toute sa vie...L'homme est bon..."). Il est ensuite conduit  devant un miroir caché par un rideau. Après que le vénérable l'a incité à rentrer en  lui-même pour y passer en revue ses erreurs et ses préjugés, le bandeau lui est  enlevé et il contemple son visage "dans le miroir éclairé par un réverbère". Il gravit  ensuite les cinq marches du grade "qu'il demande" avant de les redescendre et de  gagner l'orient par la marche des compagnons (cinq pas en équerre en partant du  pied droit du côté du midi). Le mot du grade est B.... Par contre le "nom" du  compagnon est devenu Gi... sans qu'on sache pourquoi il remplace l'habituel Schi....

Au 3° grade apparaissent le mausolée d'occident et une tête de mort à l'orient.

"A l'Occident sera placé sur le mur ou en relief un mausolé (sic), consistant en une  urne sépulchrale posée sur une base triangulaire et à trois faces. Dans chaque  triangle il y aura trois boules dans les trois angles. Au-dessus du triangle une tête de  mort repose sur des ossements. De l'urne sortira une vapeur enflammée avec  l'inscription "deponit Aliena ascendit Unus", au-dessous, dans le triangle, on lira ces  mots "Tria formant, Novena dissolvunt".

Les neuf flambeaux d'angle, disposés comme au grade d'apprenti, ne sont allumés  que lorsque le candidat est couché dans le cercueil. Introduit à reculons, il découvre  le mausolée avant d'entamer neuf voyages, "réduits à trois", au cours desquels il  écoute trois maximes dont existent plusieurs versions. Il gagne ensuite l'orient par  sept pas, suivis des trois pas du maître. La légende d'Hiram est lue avant le  simulacre du meurtre. Elle est conforme au canon français et l'ancien mot J... est  donné in extenso. Le mot substitué, M...B..., est celui en usage dans la maçonnerie  anglaise dite des "Modernes", le "nom" du maître est Gabaon.

Au grade de maître écossais seize lumières supplémentaires viennent s'ajouter aux  quatre flambeaux d'angle et aux lumières du vénérable, ici appelé député-maître, et  des surveillants (soit vingt-cinq en tout) tandis qu'apparaissent le double triangle et la  lettre H, disposés au mur d'Orient. Le rituel prévoit deux tableaux dont le premier est  en deux parties : le temple en ruines à l'occident, le temple réédifié par Zorobabel à  l'orient. Le deuxième tableau montre la résurrection d'Hiram entouré non plus de  quatre animaux mais du nom des vertus dont ils étaient l'emblème (Bienfaisance,  Prudence, religion et discrétion). La réception, considérablement étoffée, ne diffère  guère de celle en usage de nos jours. L'introducteur présente au candidat les mêmes  questions d'ordre qu'aux grades précédents et l'invite à y répondre  "catégoriquement" avant de lui lier les poignets au moyen d'"une chaîne en fer blanc  dont les anneaux sont de forme triangulaire". Introduit "en maître" dans la loge,  l'impétrant écoute un premier discours relatant la destruction du temple avant de  gagner l'Orient par sept pas, le premier le conduit à la porte d'occident du tableau,  les trois suivants à la porte d'Orient par-dessus le tableau, les trois derniers "en  équerre" jusqu'à l'autel. Après l'Obligation, il est reçu "Maître libre écossais" et reçoit  l'épée et la truelle. Ainsi armé, il oeuvre à la réédification du temple, relève l'autel des  parfums et découvre la lame d'or "qui contient le mot sacré qui était perdu". Un  deuxième discours lui retrace la geste de Zorobabel et les circonstances de la  construction du second temple, image bien imparfaite du premier. Enfin investi de  l'habit du grade, blanc doublé de vert et bordé de rouge, du cordon vert "mélangé de  rouge" et du bijou (à une face seulement), il entend le troisième et dernier discours,  imprégné de martinézisme à peine voilé, qui compare les "révolutions" du temple de  Jérusalem, "ce grand type de la maçonnerie", aux états successifs de la destinée  humaine (la gloire de son premier état, la déchéance qui suit la faute, la réintégration  promise aux élus). Celle-ci est annoncée par la résurrection d'Hiram "sortant à demi  du tombeau". Enfin le symbole du grade, un lion jouant avec des instruments de  mathématiques sous un ciel orageux, et la devise "Meliora praesumo", à la première  personne cette fois, lui laissent entendre l'existence d'une étape ultérieure dont les  "symboles" seront absents. Les secrets sont ceux de la Stricte Observance mais le  signe se donne cette fois "au front".

Ainsi furent unis en une synthèse harmonieuse les thèmes de Zorobabel, de la  reconstruction du Temple et de la découverte de la parole "innominable" (empruntés  aux chevalier d'Orient et aux divers "écossais" français) à celui de la résurrection  d'Hiram entouré des quatre animaux emblématiques des "vertus" maçonniques  (propre à l'écossais vert allemand). Willermoz s'en expliqua plus tard dans une lettre  à Charles de Hesse :  "On jugea aussi qu'il conviendrait de conserver sans le quatrième grade les  principaux traits caractéristiques de la maçonnerie française pour servir de pont de  rapprochement avec elle" (lettre à Charles de Hesse du 12 octobre 1781, in Van  Rijnberck, 1935, pp. 166-168)

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Publié le 3 Octobre 2009 par Thomas Dalet

Quel est le plus ancien Rite maçonnique ?

 

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Rite Moderne et Rite Ancien

Publié le 3 Octobre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

Pierre NOEL

Pendant plusieurs décennies, la «première» Grande Loge fondée à Londres en 1717 fit la loi en Angleterre. C'est à elle que l'on doit la tripartition des grades et l'introduction de la légende d'Hiram, véritables landmarks sans laquelle il ne peut y avoir de franc-maçonnerie. Ses rituels ne sont connus que par des divulgations, dont la plus essentielle reste le «Masonry dissected» de Samuel Prichard (1730). Lorsque la maçonnerie fut introduite en France, les premiers adeptes de ce qui devait devenir la Grande Loge de France en adoptèrent tout naturellement les usages avant de les adapter et de les développer selon leur sensibilité propre. Il en gardèrent l'essentiel, qui reste aujourd'hui la base même du Rite Français :

·                                 Les deux surveillants sont placés à l'ouest de la loge

·                                 Le ternaire Soleil-Lune-Vénérable sont les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie, représentées par les trois chandeliers d'angle placés autour du tableu de la loge.

·                                 La loge est supportée par trois colonnes (Sagesse-Force-Beauté)

·                                 Les « mots » J ... et B... sont ceux respectivement des 1er et 2ème grades

·    Au 3ème grade, « l'ancien mot de maître », Jéhovah, n'est pas « perdu » mais seulement remplacé par un mot de circonstance, M... B... La clef du grade est l'expérience mystique que connaît le néophyte lorsqu'il est couché dans la tombe qui porte le nom du Très-Haut.

En 1751 fut instituée, à Londres toujours, la « Très Ancienne et Honorable Fraternité des Maçons Francs et Accepté », dont les membres étaient pour la plupart d'origine irlandaise. Cette innovation vint rompre la belle unité britannique, d'autant que les Grandes Loges d'Irlande et d'Ecosse la reconnurent bientôt la jeune obédience comme seule régulière, car seule fidèle aux «anciens usages». De fait, leur bouillant Grand Secrétaire, Laurence Dermott, n'eut de cesse qu'il n'ait dénoncé les «déviations» de la première Grande Loge, leur reprochant pêle-mêle d'avoir simplifié et déchristianisé les rituels, omis les prières, inversé les mots sacrés des premier et deuxième grades, abandonné la cérémonie «secrète» d'installation d'un vénérable et, surtout, rejeté le grade de Royal Arch. Sans trop de vergogne, il qualifia de «Modern» les tenants de la plus ancienne Grande Loge, ce qui permit de nommer «Antient», ou Ancienne, sa toute récente obédience.


En 1760, une autre divulgation, les «Three Distinct Knocks... », révéla la teneur des rituels «anciens dont les différences essentielles avec le Rite moderne méritent d'être soulignées :

·    Le premier et le second surveillants ont chacun en main une colonne de 20 pouces, qui représentent les deux colonnes du Temple de Salomon.

·    Le second surveillant est placé au milieu de la colonne du midi, tandis que le premier surveillant se tient à l'ouest (ils sont en fait postés devant les portes du temple)).

·    Ils sont assistés par deux diacres, fonction d'origine irlandaise, l'un situé à la droite du vénérable, l'autre à la droite du premier surveillant.

·   Les chandeliers, toujours associés au ternaire soleil-lune-maître de la loge mais dénommés « petites lumières « (lesser Lights ), sont placés à la droite du vénérable et des surveillants.

·   La bible, l'équerre et le compas, placés sur l'autel devant le vénérable, sont appelés « Grandes Lumières de (ou plutôt « dans ») la Maçonnerie » .

·    Les mots sacrés sont B... au 1er grade et J... au 2ème.

·   L'ancien mot de maître est perdu par la mort d'Hiram car il faut être trois pour le prononcer (c'est la fameuse «règle de trois» déjà évoquée dans les premiers catéchismes britanniques). Salomon et le roi de Tyr ne peuvent donc plus le communiquer aux nouveaux maîtres qui doivent se contenter d'un mot de substitution.

La France, à l'époque, ne connut rien de ces développements et continua, comme par le passé, à ne pratiquer que le Rite moderne, embelli, augmenté, enrichi certes, mais fondamentalement identique à lui-même. L'écossisme que prônait Abraham n'était finalement rien d'autre, pour les grades bleus, qu'un avatar du Rite moderne de Prichard.

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