Publié le 13 Janvier 2014 par G\ O\ dans Planches
Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-Maçons par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même role. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son age, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = age + heure / Fermeture = heure pour le 1er...A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\.
Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer. Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde,nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE,c'est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à « intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbre et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette ré-activation, cette ré-actualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécéssiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est interessant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde celeste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'age, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relache au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demie nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilté de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-Maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-Maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'age invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiales j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait,tel un enfant, décalé,« qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon age = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédo-psychiatres parce que, disent-ils, c'est l'age où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer,et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement...Et là on se demande quel age peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans aprés quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amenera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment aprés l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inéxorablement sur un chemin et le temps qui passe,c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambuis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux.c'est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre éxistence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'aprés. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie,on est obligés de répondre : éprouvez moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa...Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.
J'ai dit,
Source : www.ledifice.net
Publié le 7 Janvier 2014 par M\ D\ dans Planches
Le profane est dans un état « amorphe ». Par définition ce mot désigne qui n’a pas de forme apparente ou une structure bien déterminée. Une âme sans structure ne peut que vivre dans la confusion. Le profane qui vit dans le chaos intérieur est de ce fait, dans un statisme qui le prive substantiellement de toute ambition spirituelle. Le profane est entouré par les ténèbres ou, comme on dit couramment, il est dans le noir. Le mot noir provient du latin « Niger ». Le noir est la sensation produite par l’absence, voire par l’absorption complète de tous les rayons lumineux. Cette perception peut être élargie à tous les objets produisant la même réaction. Le noir se caractérise essentiellement comme une absence de lumière empêchant les couleurs d’apparaître dans leur tonalité visible. On dit généralement qu’être dans le noir équivaut à être dans l’obscurité et donc à ne rien comprendre. Néanmoins, lorsque dans le domaine des arts graphiques on veut produire du noir très dense, on doit lui ajouter trente à quarante pour cent de bleu. En effet, ajouter du noir au noir le « salirait » en le laissant toujours plus gris que noir. Dans la nature, la nuit n’est jamais noire. Ce qui laisse présager de bons auspices. Dans le monde profane le noir est souvent symbole de deuil et de détresse. Il peut évoquer le pessimisme et la peur ou alors, plus couramment, il est directement lié à la tristesse. De cela, toutes les expressions passées dans le langage populaire. Ci après, à titre d’exemple, quelques-unes des citations parmi les plus répandues : se mettre dans une colère noire, être la bête noire, être dans le désespoir le plus noir, se faire un sang d’encre noire, avoir les idées noires, ou encore, se trouver dans la misère noire, être sur la liste noire, travailler au noir, etc. Malgré cela, dans le monde profane le noir offre également un autre visage décidemment plus positif. Ceci, sans pourtant exprimer de sentiments passionnés. Au contraire, le noir s’impose avec pureté et sobriété. De ce qui précède, il est loisible de constater que le noir est directement associé à la dignité et à l’autorité, celui des juges et des arbitres par exemple, mais aussi à l’austérité et à la frugalité ou encore à l’élégance et au raffinement. Dans l’Égypte ancien, le noir avait une symbolique positive. Dans la langue des pharaons, le verbe « kem », qui provient du mot « noir » veut dire : mener à bien, s’élever à, accomplir mais le mot « kem » veut dire aussi : complet, parfait, obligation, devoir. Dans la Loge, les Apprentis siègent au septentrion et les Compagnons au midi. Les Maîtres sur l’une ou l’autre colonne pour éclairer et guider les frères Apprentis et Compagnons moins expérimentés. La partie la moins lumineuse est métaphoriquement affectée au septentrion. En effet, l’Initié qui vient de sortir des ténèbres représente inéluctablement le membre le moins éclairé et le moins érudit de l’Institution Maçonnique. De ce fait, il évoque la pierre brute qui nécessite considérablement de travail, soutien et réconfort. L’Initié pour émerger du noir doit travailler avec assiduité et constance et ceci d’une part, pour mériter la confiance et l’amour fraternel qu’on lui a accordé et d’autre part, pour rechercher la paix, l’harmonie et l’équilibre entre lui-même, son corps et son âme. Ce qui au fur et à mesure édifiera les efforts produits et gratifiera son travail. Tous les Initiés avant de commencer leur aventure, étaient métaphoriquement dans le noir. Les initiations se confèrent la nuit car tout ce qui se rapporte à la génération de la vie nouvelle se produit dans le noir. Pour les nouveaux frères le noir représente le point de départ. A ce propos, il me semble utile de rappeler que Jésus est né à minuit, au cœur symbolique de la nuit, au plus profond de l’obscurité. L’Apprenti ne peut qu’associer le noir à l’inconnu, et je dirais, à ce qui est dissimulé à ses yeux ou tout simplement, à ce qu’il n’arrive pas encore à voir et plus précisément pas encore à comprendre ou à interpréter, car la cécité qui engendre le noir tout autour de lui, est substantiellement intérieure.
L’Apprenti n’est tout simplement pas prêt.
Aussi, j’affirme sans hésitation que nous sommes et nous resterons toujours apprentis car nous aurons toujours quelques choses à découvrir et à apprendre et ceci indépendamment du statut de chacun, des études effectuées, des expériences vécues ainsi que de l’intelligence et volonté propre à chacun de nous. Pour revenir au fil conducteur de mon travail, dans la Loge les Luminaires : le Soleil et la Lune, se trouvent à l’Orient derrière le plateau du Vénérable Maître. Dans une optique cartésienne on pourrait s’attendre à voir le Soleil disposé à l’Orient et la Lune positionnée à l’Occident. En revanche, selon l’esprit de l’Univers de la symbolique de la Loge, il prédomine une cohérence spirituelle qui nous amène à rechercher une sensation d’harmonie intérieure. Ce que la logique du monde profane ne pouvait pas nous apporter. Dans les rites anciens, on retient trois grandes Lumières : la Bible, l’Equerre et le Compas et trois petites Lumières : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune. Dans les Rites modernes, c’est précisément le contraire. Il est utile de rappeler que le Rite Emulation, tel que témoigné par la documentation concernée, qui remonte au 27 novembre 1823, est parmi les Rites les plus anciens.
Au Rite Emulation, le Soleil se trouve à gauche tandis que la Lune se trouve à droite.
La position du Soleil et de La Lune peut varier d’un Rite à l’autre. Les explications trouvent leurs origines dans l’influence que la foi a pu exercer dans le temps, sur les différents Rites. Ce qui explique aussi les diversifications qui existent entre les anciens et les nouveaux rites et plus en général, entre un Rite et l’autre. La première vision de tout Initié qui entre dans la Loge, est celle du Soleil et de la Lune qui encadrent le Vénérable Maître. A ce moment donné, le Soleil et la Lune expriment un concept qui dépasse l’Initié. Ceci, d’autant plus que son attention est littéralement captivé par le Vénérable Maître qui s’impose pendant toute la durée de la cérémonie d’initiation. Par la suite, l’Apprenti réalisera que le Vénérable Maître imprimera la cadence des toutes les tenues régulières auxquelles il aura la possibilité d’assister. Le Vénérable Maître ouvre la Loge et dirige les travaux. Dans la Loge on travaille symboliquement de midi, quand le Soleil est au zénith, jusqu’à minuit, quand le Soleil est au Nadir. Le travail est donc placé sous la lumière descendante. De ce qui précède, le début des travaux coïncide avec le midi, quand la lumière est à son maximum d’intensité, tandis que la fin des travaux corresponde à minuit, quand la Lune reflète la lumière solaire. Le Soleil actif et la Lune passive, marquent ainsi l’opposition permanente qui les caractérise. Toutefois, lumière et obscurité vont de pair sans s’opposer. Au contraire, leurs qualités propres s’ajoutent et se complètent et contribuent à la transformation progressive du jeune Initié mais aussi de tous les Maçons. Ceci, selon un processus alchimique qui vise à obtenir, comme déjà énoncé ci-avant, la juste harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Le Soleil, générateur de lumière, est l’emblème de l’énergie mais aussi de l’intellect et de la raison et il éclaire les esprits. Le Soleil désigne par excellence la composante masculine et représente l’élément feu. La Lune symbolise la compréhension et la tolérance propres à la féminité. C’est la figure maternelle qui se révèle avec son mouvement croissant et décroissant qui régularise les rythmes naturels. La Lune représente l’élément eau. Le Soleil et la Lune représentent donc l’alternance d’ondées et d’éclaircies, d’équilibre et d’instabilité, d’activité et de repos, de blanc et de noir. En définitive, la dialectique de l’opposé à laquelle nous sommes confrontés au quotidien. La Lune en tant que Luminaire, est le reflet du Soleil et comme lui est significative de santé. La Lune atteint sa plénitude à l’opposition du Soleil. Elle se lève quand lui se couche et, pendant toute la nuit, elle sert de relais. Elle ne subit pas la lumière radieuse et éblouissante du Soleil. Elle la prend pour la rediffuser successivement mais en la dosant judicieusement. La Lune n’a pas un rôle secondaire. Les deux Luminaires sont complémentaires et si l’un domine le jour, l’autre règle la nuit. Ensemble ils évoquent la mort et la résurrection et accompagnent de manière indissociable le chemin de tous les Frères. Pour les Egyptiens l’Orient représentait le monde des vivants tandis que l’occident représentait le monde des morts. Aussi, ils croyaient que le Soleil allait se régénérer pendant la nuit. Les Egyptiens vénéraient plusieurs dieux. Parmi les plus connus, il y avait le dieu Râ ou dieu Soleil qui était indiscutablement le plus important. Plus récemment, nous constatons que l’empire Inca était très structuré et bureaucratisé, et que leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. La civilisation Inca, qui a connu son apogée au 15ème siècle, vouait un culte au Soleil. Leur empereur, appelé « Inca », était considéré comme le fils du Soleil. Aussi, nous noterons que le culte de « sol invictus » l’invincible Soleil, devint très répandu dans le Rome ancien. La popularité du culte du Soleil influencera successivement l’adoption chrétienne de plusieurs pratiques, dont celle du Dimanche. Les Indiens d’Amérique, peuple qui s’est distingué pour les pratiques ésotériques, dont les connaissances se transmettaient de bouche à oreille, attribuaient au Soleil et à la Lune une valeur symbolique qui influençait significativement leur quotidien. J’ai toujours éprouvé une forte fascination pour ce peuple et actuellement, je ne peux pas dissimuler mon émerveillement face à certaines affinités, puisque je suppose que la Maçonnerie est la dernière institution du monde occidental qui préserve et pratique des procédés traditionnelles. Une tradition conçue comme la transmission d’une influence spirituelle strictement liée à un rituel. C’est pour cela que la tradition initiatique n’est pas comprise ni parfois acceptée par le monde profane.
La tradition initiatique ne laisse pas de traces écrites !
Il est notoire que l’absence de Soleil, notamment en ce qui concerne son influence sur la température, empêcherait toute forme de vie. Toutefois, si l’on minimise le problème de la température, pas de soleil, cela voudrait dire, pas de saison et en conséquence pas de synthèse de la chlorophylle pour les plantes qui viendraient à disparaitre. Il est évident que sans la végétation il n’y aurait plus d’herbivores et donc pas de carnivores…et tout s’écroulerait inexorablement comme un château de cartes. L’homme subit lui aussi, de manière directe, l’influence du Soleil. Selon des études scientifiques, le comportement des humains est commandé par la « physiologie ». Cette science étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants ainsi que les interactions entre un organisme vivant et son environnement. Le Soleil exerce un effet direct sur une parte de notre chimie corporelle et notamment en ce qui concerne la quantité d’albumine dans le sérum sanguin. L’albumine est essentielle pour le maintien de la pression oncotique indispensable à la bonne répartition des liquides entre les vaisseaux sanguins et les tissus. Après m’être attardé sur le Soleil, je suis assez impatient d’approfondir l’autre Luminaire qui surplombe la colonne du sud, celle des compagnons, la Lune. En « Sanskrit » la Lune se nomme « Mas ». J’aimerais attirer l’attention sur le fait qu’il faut considérer le « Sanskrit » non comme la langue d'un peuple, mais comme une langue de culture qui a toujours été l'apanage d'une élite sociale, du moins depuis l'Antiquité. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme la langue qui véhicule la culture. Une déesse, « Mena » représentait la vitalité et la jeunesse ainsi que la défense face à l’adversité. Aussi elle incarnait la Déesse de la période de règles des femmes et par conséquent celle de la fécondité, de la gestation et de la transformation. La racine « ME » qui se retrouve aussi en Europe, signifie mesurer mais aussi milieu ou encore atteindre pleinement. Dans la Loge, la Lune est symbolisée par un croissant de cinq jours en plein progression. Je me compare à elle car moi aussi, je suis dans une phase de développement progressif. En ce qui concerne la Lune, elle ne possède pas sa propre lumière mais reflète la lumière du Soleil. Je dirais comme moi que je m’exprime encore très souvent à travers les paroles des Frères plus expérimentés. Les phases de la Lune se perpétuent de manière immuable. De mon côté, je cherche perpétuellement, à travers un travail de perfectionnement, à m’améliorer. Le cycle croissant de la Lune culmine avec le cercle parfait, qui nous subjugue, mais aussitôt elle replonge dans l’obscurité. Je suis captivé par ce phénomène parce que pour moi représente l’exhortation à continuer à travailler ainsi qu’à me remettre toujours en cause.
La Lune n’est pas passive et d’ailleurs, comment j’aurais pu avoir des doutes !
La Lune influence les semailles et les récoltes mais influence également les marées. La Lune a une influence aussi sur les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Et d’autre part, la phase lunaire dure vingt-huit jours. Exactement comme le cycle menstruel de la femme. Encore plus extraordinaire est le fait que c’est en correspondance de la pleine-lune qu’on enregistre dans le monde entier, sans aucune distinction, le taux le plus élevé de naissances. De même, pour les animaux. Enfin, la Lune influence notre psychisme et donc notre santé. La Lune régit tout ce qui est liquide et notre corps est en majorité composé d’eau. De ce fait, certaines pathologies humaines sont plus ou moins fortes selon la période du cycle lunaire. Je regarde la Lune, et ceci, aussi bien en dehors qu’à l’intérieur de la Loge, et je suis de plus en plus respectueux envers elle. Elle ne m’assèche pas, elle ne m’opprime pas. La Lune propage sa lumière sagement, afin de m’obliger à ouvrir les yeux et à scruter attentivement tout ce qui m’entoure. Tout ce que dans le passé, même s’il était devant moi, je n’arrivais pas ni à entrevoir ni à percevoir. Tout ce qui à cause de mon aveuglement intérieur, me laissait froidement insensible. Et cette illumination qu’on peut recevoir n’est pas un bien matériel. Elle appartient au bien spirituel et le bien spirituel n’appartient pas au temps. Le bien spirituel consiste à se laisser inonder par la lumière et redécouvrir les montagnes, les océans, le firmament, la flore, la faune et, d’une manière générale, tout ce qui nous entoure et pressentir que tout est ou pourrait être envahi de lumière. Aussi, je constate que les deux lumières nous donnent un message clair. Le Soleil se trouve devant la colonne « B » que signifie « en f… » et la Lune devant la colonne « J » que signifie « é… ». Les deux Luminaires associés aux colonnes respectives, symbolisent deux forces qui agissent en synergies. La première représente la puissance qui illumine pour la première fois l’Initié et la deuxième la réception durable de cette Lumière et fondamentalement de ce qu’elle incarne. Juste avant la fin de mon travail mes Frères Compagnons, je me suis posé une question : Pourquoi la Lune, qui se caractérise pour ses phases, ascendantes et décroissantes, dans la Loge ne change pas ? Après réflexion j’ai trouvé une réponse.
Ma réponse !
Et alors mes chers Frères Compagnon j’aimerais vous retourner la question : « pourquoi selon vous dans la Loge la Lune ne change pas ? » De mon côté j’ai eu une intuition et je pense, au moins pour le moment car la pierre que je suis est constamment en évolution, d’avoir identifié la raison. Cependant, dans le respect du serment solennel que j’ai prêté lors de mon initiation, je ne révélerai jamais ce que je découvre dans la Loge ou pendant mon travail maçonnique en général. Je m’engage à garder en moi et pour moi tout secret, parce que je suis profondément et sincèrement convaincu qu’il doit rester soigneusement celé pour le bien de la Maçonnerie ainsi que pour préserver ma paix intérieure. Aussi, je suis persuadé que les secrets maçonniques resteront un mystère pour ceux qui n’ont pas reçu la lumière, et, ceci, même s’ils considèrent en avoir saisi l’essence. Chaque secret recèle en toute probabilité un ou plusieurs secrets plus profonds et intimes qui amènent à la lumière et donc à la connaissance. Ceci dit, le secret maçonnique je le garderai jalousement dans le plus profond de mon âme. Je ne violerai jamais ma promesse, car ce don qu’on m’a confié, le secret que j’ai décelé ou que je découvrirai, je l’emporterai avec moi dans la tombe !D’autre part, peut être que mon interprétation ne coïncide pas avec vos opinions. Ou alors, seulement partiellement. Peu importe mes Frères, nous sommes tous différents mais c’est notre diversité qui fait notre force car ce qui compte réellement sont les valeurs que nous partageons. Et dans la Loge, peu importe la religion, la politique, le travail, les revenus, la voiture qui nous amène, la montre qu’on porte ou le téléphone qu’on utilise. Ce qui compte en réalité est ce que notre esprit ressent dans le plus profond de notre conscience morale et moi je suis persuadé, que nos sentiments pourraient différer sensiblement de l’un à l’autre, sans pourtant diverger radicalement.Toutefois, ce qui pour moi est encore plus remarquable, c’est que dans la Loge j’ai la certitude que je vous montrerai toujours mon vrais visage et vous le votre…et que je pourrai toujours compter sur vous et vous sur moi, mes Frères.
Source : www.ledifice.net
Publié le 3 Janvier 2014 par Solange SUDARSKIS dans Planches
Courbez la tête, cette porte est très basse: par cette première parole, adressée au novice, la cérémonie d’initiation se place d’emblée sous le signe de l’inflexion. Le grand expert fait ressortir l’impétrant, le confronte avec le premier élément, puis le ramène.
Courbez-vous cette porte est très basse. Le myste vient de vivre l’épreuve de la Terre. Il lui est rappelé qu’il en est le fils (il en vient, il y retournera). Et à ce fils de la Terre (humus en latin) il est demandé de montrer de l’ humilité par son inclination.
Le néophyte entend: « Courbez-vous, cette porte est très basse ». Hésitera-t-il? Peut-il douter que l’entre-deux par lequel il doit passer pour franchir le seuil ne soit pas ce qu’on lui dit ? Depuis son obscurité, le récipiendaire fait confiance à la parole dans la lumière. Alors il se baisse, par acceptation que la porte soit basse; en réalité ou symboliquement.
C’est CELA l’humilité, se baisser non pour se faire petit, mais pour faire confiance à l’autre; pour laisser place à la parole d’un autre qui sait mieux, qui guide, qui indique, qui dit. C’est l’humilitas selon Spinoza et non la micropsuchia (se minimiser) d’Aristote.
L’humilité n’est pas le mépris de soi, mais une connaissance de soi et une re-connaissance de l’autre.
En se baissant le futur maç\ rend sensible sa confiance sous forme d’un acte qui n’est pas obéissance mais entendement et compréhension. Il se met en relation avec une forme du monde qui l’environne; il s’y adapte, il tient compte de ce qui lui est extérieur en se modifiant pour se conformer à une unité harmonique.
L’humilité est ainsi une conscience extrême de ses limites.
Je suis trop grand pour une porte plus basse que moi, ce n’est pas la porte que j’agrandis, car je ne le peux, c’est moi que je diminue pour me placer avec juste mesure dans l’espace que je traverse.
Ainsi l’humilité vécue par le profane n’est pas une humiliation. C’est une épreuve de savoir-faire par une réponse de réalité adaptée à une parole qui ne commande pas mais recommande. Baissez-vous, la porte est basse et si je me baisse pour passer il y a alors une relation de qualité, de sujet à sujet, qui échange des informations constructives. Il est indiqué que la porte est basse. Une raison est donnée qui explique pourquoi il faut se baisser, il s’agit de pouvoir passer sans se faire mal.
Et le récipiendaire qui vient juste de se baisser, pour toucher la terre, répète son mouvement pour avancer. Il se protège en se rapprochant de l’humus et se présente ainsi dans une position fœtale pour aller vers sa renaissance.
Baissez-vous, c’est comme l’invitation à naître, à se baisser pour vivre debout; baissez-vous cela s’entend, en ce temps initial, comme une indication du moment à renaître. Allez maintenant, sortez de la matrice obscure pour pénétrer dans la loge-mère. Franchissez cette limite au-delà de laquelle il y a votre devenir franc-maçon.
En se baissant, c’est par un changement de position que le profane passe d’une attitude rigide et droite à une autre position dans son mental. Il s’ouvre en laissant place en lui à sa renaissance. La porte basse est à vivre comme une difficulté de l’accès à un autre soi-même, comme nécessité d’une modification du récipiendaire pour parvenir à l’initiation. La porte est basse pour être le lieu de passage d’une arrivée de plus d’être qui, de ce fait, va participer de l’autre côté à la transformation du monde.
La porte basse marque l’espérance de cette possibilité d’accès à une réalité supérieure
Les rites maç\ placent au commencement de l’initiation une recommandation, celle de l’humilité qui de ce fait apparaît comme fondamentale et fondatrice du rapport entre F\et S\
La fraternité c’est avant tout de l’humilité en ce sens qu’elle fait place à l’autre dans un relatif renoncement de la dilatation naturelle de l’ego au profit de la réalité de l’autre : Humilité, synergie de Tolérance. Par l’humilité, c’est à dire en se retirant de soi pour s’ouvrir aux autres, la tolérance se dynamise.
Ce n’est plus seulement : tu penses ce que tu veux mais moi aussi et je ne change pas d’avis; c’est avec l’humilité se replacer, par un pluralisme interprétatif, dans un rapport au monde dans ce mouvement de transcendance vers l’autre qui ne signifie pas appropriation de la vérité, mais convergence vers le possible.
L’écoute de la parole de l’autre permet une mise en mouvement orientée. Il y a articulation et clarification de l’expérience temporelle. Baissez-vous la porte est basse, mais en vérité la porte n’est pas basse. Que peut-on en penser? Pour les maç\ sur les colonnes il leur est donné à voir l’inexactitude de la parole du gd\exp\ qui guide le myste. De fait, cela se passe dans le contexte d’un rite, là où ce qui est dit, comme dans un récit mythique, devient vérité apodictique: ce qui est dit fonde la vérité absolue. Il s’agit évidemment de réalités sacrées car à ce moment c’est le sacré qui est réalité. Alors la porte est vraiment basse. Le temps sacré rend l’espace sacré et cette porte basse est celle du temple érigé dans la matière cosmique sanctifiée.
Le modèle architectural de l’ouverture pour entrer dans le temple est donc une porte basse qui veut ainsi créer une rupture de niveau d’être pour parvenir dans ce nouveau monde que le maç\a choisi d’habiter.
L’humilité maçonnique est cette capacité à se plier pour pénétrer dans le temple parmi les autres. C’est savoir tailler sa pierre avec la juste mesure pour qu’elle s’assemble, pour parvenir à être parmi les hommes.
Mais c’est aussi entrer dans le temple intérieur pour s’accepter dans une recherche de soi à travers des niveaux de compréhension de plus en plus profonds.
L’humilité maç\ est un acte dans le rapport à l’autre.
Ecouter en humilité est en soi un acte complet, il sera celui du F\M\ et tout particulièrement celui de l’apprenti. Cet acte porte en lui même sa liberté parce qu’il s’agit d’œuvrer pour que le moi laisse place à la relation.
C’est l’abandon du vieil homme au profit d’une conscience attentive, c’est le renoncement de la répétition des enregistrements expérimentaux pour un temps sans cesse inaugural qui ajoute du nouveau à l’être, qui le fait avancer vers un être-autrement, un être avec les autres.
L’humilité est cette conscience d’être perfectible et la capacité de douter qui laisse de la place en soi à autre chose qu’à ses certitudes.
L’humble n’est pas un éclopé de la réussite, car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître autrui, non comme négation victimaire de soi mais comme condition héroïque où l’homme fait place à l’homme.
L’humilité est une mise en mouvement du « JE » qui fait place au « NOUS » pour l’instauration d’un juste rapport entre partenaires. L’humilité en tant que tolérance de soi avec les autres est l’indispensable manière d’être du maç\ sur laquelle se solidifie l’édification du temple.
A la fin des travaux, lorsque le “JE” est devenu le “NOUS” rituel sur lequel s’appuie le serment du retour à la vie profane "promettons de garder le silence sur nos travaux ; Nous le promettons", la porte des commencements est devenue immense.
Source : www.ledifice.net
Publié le 24 Décembre 2013 par S\ T\-M\ dans Planches
Le travail demandé à l’instruction par le Second Surveillant, lors de notre dernière séance d’instruction porte sur le thème de la « Marche de l’Apprenti ». Je me suis de prime abord demandé par quel bout j’allais entamer ce travail avec un thème aussi sérieux et qui demande une réflexion approfondie afin de pouvoir produire une planche qui éviterait le plus possible, de faire du plagiat car à fortiori, il est difficile de parler de la marche de l’apprenti sans rechercher ce qu’en ont dit d’autres bien avant moi. Mais je vais m’efforcer et j’espère réussir, de relater mon ressenti personnel du symbolisme de la marche de l’Apprenti. La marche est le contraire de l’arrêt, de la stagnation, et se définit dans le Petit ROBERT comme l’action de marcher, de se mouvoir avec ses deux membres inférieurs que sont les pieds, soutenus par les jambes. Un dicton populaire dit qu’avant de courir, il faut savoir marcher. Mais il y a plusieurs façons de marcher et la marche en Franc-maçonnerie est toute particulière, notamment pour le grade d’Apprenti que je suis. Particulière parce qu’elle est empreinte de symbolisme et source de stress lorsqu’on arrive en retard en loge et qu’après le tuilage, il faut y procéder pour être accepté parmi les Frères réunis. La marche d’apprenti permet de « prendre le train en marche » après l’Ouverture des travaux et fait pénétrer le retardataire dans l’égrégore de la loge. En Franc-maçonnerie, « tout est symbole » et dans le rite que nous pratiquons à la Grande Loge de France en général et à la Loge D\ F\ E\ (Orient de Brazzaville) en particulier, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, les symboles sont partout. La Symbolique de la marche de l'Apprenti m’a paru être en tout premier lieu,
-un passage du chaos à l'ordonné (Ordo Ab Chao),
-du profane au sacré (du Sol du Parvis au Sol Pavé Mosaïque de la Loge),
-de la mort à la renaissance,
-de l’éparpillement à la concentration.
Cette marche de l’apprenti qui est pénible, hésitante, malhabile, m’a paru comparable à celle de l'enfant à bas âge avec ses images d'apprentissage, entrecoupée de réflexions, d’hésitations. Dans le monde profane, marcher comme le fait l’apprenti en loge, apparaîtrait comme de la folie, toujours être à l’ordre, pieds en équerre, démarrer avec le pied gauche, faire trois pas distincts d’égale distance, etc. on ne saurait marcher ainsi dans la vie courante. Ce qui nous amène à l’importance et au caractère « autre » de ce qui se passe en loge maçonnique, une marche qui constitue un secret incommunicable au profane. La gestuelle qui accompagne la marche de l’apprenti est comme suit :
1. Etre à l’Ordre, la main droite sous le menton et touchant la carotide.
2. Les pieds en Equerre, le pied gauche en avant et le talon du pied gauche touchant celui du pied droit formant avec celui-ci, un angle à 90 (on parle d’angle droit en géométrie).
3. Le sérieux du visage.
4. Le démarrage toujours de la marche par le pied gauche.
5. Trois pas distincts, d’égale distance.
6. Faire le signe pénal.
Que signifie pour moi « être à l’Ordre, la main droite sous le menton et touchant la carotide ? » Il s’agit du signe qui me rappelle le Serment que j’ai prêté sur les trois grandes lumières de la loge (Volume de la Loi Sacrée, Equerre, Compas) lors de mon initiation et qui dit que « je préfèrerais avoir la gorge tranchée plutôt que dévoiler les secrets qui m’ont été confiés au sein de la Franc-maçonnerie ». Le secret maçonnique est de l’ordre ésotérique, donc caché aux non-initiés, il n’est donc pas question pour moi de révéler à qui que ce soit qui ne sied pas avec moi dans la loge, de ce qui s’y passe, de ce qui s’y dit et de l’ambiance qui y règne. Aussi, la notion de secret maçonnique m’interdit, au travers des Devoirs maçonniques figurant dans le Mémento de l’Apprenti, de dévoiler l’appartenance à la franc-maçonnerie de quelque Frère que ce soit, libre à moi de dévoiler la mienne avec les risques d’incompréhension et les conséquences éventuelles attachées à ce manque de discrétion. « Il ne faut pas donner la nourriture des enfants aux porcs… », disait l’autre. Le Silence est d’Or lorsqu’on est franc-maçon et plus encore lorsqu’on est Apprenti ; le fameux silence qui s’est imposé à moi dès le cabinet de réflexion et qui doit me guider tout le long de mon parcours initiatique, silence qui ne veut forcément pas dire « refus de parler » ou « interdiction de parler » mais incitation à « parler intérieurement ». Lorsque je parle intérieurement, je réalise le « connais-toi toi-même » de Socrate et je tais mes passions et mes sentiments les plus vils, je me sonde, je me regarde dans le miroir pour voir ce qui est à corriger. Le silence est donc, plus un avantage pour moi qu’un handicap et à ce titre, le signe d’Ordre en est le symbole. Que signifient pour moi « Les pieds en Equerre, le pied gauche en avant et le talon du pied gauche touchant celui du pied droit formant avec celui-ci un angle à 90 (on parle d’angle droit en géométrie) ? » L’Equerre est le symbole d'égalité, de droiture, de rectitude, de morale que je dois pratiquer en tant qu’Apprenti. La droiture morale est une des Obligations du Franc-maçon que je tente à chaque instant d’être ; et à ce niveau, l’Equerre me rappelle encore la phrase qu’a prononcée le Frère Expert à la question du Vénérable Maître lors de mon initiation :
-Qui va là ?
-Un profane qui demande à être initié en franc-maçonnerie.
-Comment ose-t-il l’espérer ?
-Parce qu’il est « libre et de bonnes mœurs »
Le Franc-maçon doit être un homme libre et de bonnes mœurs, lesquelles bonnes mœurs relèvent de la Droiture morale, symbolisée par l’Equerre. Loin des dogmes religieux, les pratiques qui peuvent me nuire à moi-même et à mon entourage, telles que la débauche, l’infidélité en couple, le vol, le mensonge, l’hypocrisie, la médisance, la colère, (…) doivent être proscrites par moi-même et permettre, tant à ma progéniture qu’à tous ceux qui m’observent, de trouver un exemple de bonnes mœurs à suivre afin de trouver l’harmonie nécessaire à l’épanouissement de tous. Que signifie pour moi le « sérieux du visage » lors de la marche de l’Apprenti ? La Franc-maçonnerie est une école qui forme, non pas à l’obtention des diplômes profanes mais à l’appropriation de valeurs qui rendent l’homme meilleur pour lui-même, pour ses semblables et pour l’humanité. La démarche maçonnique est une école de vie et à ce titre, lorsque je suis sérieux lors de ma marche d’Apprenti, je m’imprègne du caractère solennel de la gestuelle, je m’imprègne de l’égrégore qui règne au sein de la loge, je reproduis une gestuelle que des siècles ont vu de multiples hommes répéter, je ne suis pas le premier à faire cette gestuelle et je ne serai pas le dernier, je dois donc être dans le présent, « je suis » dans la marche et aucune autre pensée ne doit venir déranger ce moment d’intense concentration car la perfection du geste est de rigueur en franc-maçonnerie. La mauvaise exécution de la gestuelle peut avoir des effets néfastes sur le déroulement et l’harmonie de la tenue maçonnique, il faut donc prendre cet instant avec le sérieux que cela requiert. Que signifie pour moi, le démarrage toujours de la marche par le pied gauche ? Cela serait-il juste une distinction des autres rites pour lesquelles la marche d’apprenti commence par le pied droit ? Cela serait il anodin de commencer par le pied gauche ? Serait-ce pour les tenants de la symbolique maçonnique, une façon de passer à contrecourant des préjugés et superstitions profanes ? Lesquels préjugés et superstitions ont toujours placé le côté gauche comme étant celui du mal et le côté droit celui du bien ? La Franc-maçonnerie nous inciterait-elle à marcher en commençant du pied gauche pour bafouer le prêt à penser collectif ? Ou encore, est ce parce qu’étant placé au Septentrion qui est à gauche en entrant dans la Loge, l’Apprenti que je suis est censé démarrer sa marche par le pied gauche pour s’asseoir à gauche ? En politique, on parle de la gauche comme étant le modèle social par opposition à la droite comme étant le modèle capitaliste (…), l’Apprenti serait-il incité à avoir l’esprit de gauche (le Socialisme, le Communisme, l’Ecologie, …) au lieu de celui des Républicains… ? Mais là, je m’égare peut être du sujet, tant est il que la Franc-maçonnerie proscrit, dans l’esprit de tolérance, le prosélytisme et le débat politique et prône la diversité des sensibilités. Bref, j’avoue ne pas avoir d’explication sur le pourquoi du pied gauche par rapport au pied droit mais j’ose espérer que je comprendrai au fur et à mesure que je ferai de nouveaux progrès en franc-maçonnerie. Que signifie pour moi, faire trois pas distincts, d’égale distance ? Trois pas distincts, pourquoi pas quatre (4), pourquoi pas cinq (5), pourquoi pas plus ? Cela doit bien avoir un sens ; et en cherchant et en me remémorant ce que j’ai lu et entendu, il est dit que le nombre trois est celui de l’Apprenti. Les trois pas distincts prennent donc tout leur sens :
• Il y’a trois grades en Franc-maçonnerie dite Loge bleue,
• Au rituel d’initiation, le Vénérable Maître pose actes :
• L’apprenti à trois ans ;
• Il y 'a trois grandes lumières en loge,
• Le signe d’Ordre se pratique par trois gestuelles,
• Trois Officiers dirigent la loge au grade d’apprenti, 5 l’éclairent, 7 la rendent juste et parfaite ; mais il en faut bien 3 pour la direction de la loge :
• Les Marches pour atteindre le plateau du Vénérable Maître en loge sont au nombre de trois ;
• Le Flambeau sur le plateau du Vénérable Maître est à trois branches ;
• Sur le tableau de la loge au degré d’Apprenti, figurent trois Fenêtres : à l’Orient, au Midi et à l’Occident ;
• Les piliers de la loge sont au nombre de trois,
• Le Vénérable Maître, le Premier Surveillant et le Second Surveillant marquent l’Ouverture et la Fermeture des Travaux par trois coups de Maillet chacun ;
• Lors de l’Acclamation, le mot « Houzzé » est prononcé trois fois ;
• La batterie d’acclamation est faite trois fois ;
• La Chaîne d’Union est libérée par trois frictions de mains entrelacées ;
• Le rituel d’initiation en loge au grade d’apprenti comporte trois épreuves,
• Il existe trois niveaux de conscience spirituelle,
• L’homme est Tripartite,
• L’univers a trois dimensions,
• Trois notions caractérisent l’Homme par rapport aux autres espèces :
• Trois notions forment une aptitude ou un handicap majeur à l’Homme :
• Etc.
La Franc-maçonnerie m’apprend donc que le dualisme n’est pas la clé de la compréhension de l’homme et de l’univers,
• il n’est ni question de Bien et de Mal qui s’opposent,
• il n’est ni question de Bon et Méchant qui s’opposent,
• il n’est ni question de Paradis et d’Enfer en contradiction,
• il n’est ni question de Dieu et de Satan qui s’opposent,
• il n’est ni question de Blanc et Noir qui s’opposent, Etc.
Il est question du ternaire (le nombre 3) par lequel je dois voir les choses, les « Deux » mis ensemble donnent le Un et l’ensemble forment le Trois, tout comme un homme qui s’accouple avec une femme pour donner naissance à un enfant et ils forment tous une famille de trois personnes. Ce que je pense n’est qu’un complément de ce que pense l’autre, de telle sorte que nos pensées complémentaires nous rendent plus épanouis que chacun se bornant sur son opinion. Ce sont nos complémentarités et non nos différences qui doivent primer, voilà la leçon du nombre trois, enseignée à l’Apprenti Franc-maçon que je suis, du moins, ce que j’en comprends. Venons-en à la seconde partie de la marche à trois pas distincts ; l’égale distance entre les pas. Peut être est ce là juste une différenciation avec les autres rites pour lesquelles les pas peuvent ne pas être d’égale distance. L’égale distance est matérialisée dans le triangle équilatéral (côtés équidistants) par opposition aux triangles isocèles (deux côtés égaux) et rectangles (hypoténuse, côté horizontal, côté vertical). L’égale distance m’apprend que ma progression et mon épanouissement devraient se faire de manière harmonieuse et sans déséquilibre. Une sagesse populaire ne dit-elle pas justement qu’avant de courir, il faut savoir marcher ? Le nourrisson aurait-il les pieds assez agiles pour courir, sans avoir su comment les poser et marcher ? L’apprenti que je suis, ne sais donc ni lire, ni écrire, il ne sait qu’épeler et par conséquent doit s’appliquer à bien faire les trois pas, bien distincts, dans la perfection du mouvement. L’égale distance met aussi en lumière la notion d’Egalité qui fait partie de la Devise des Francs-maçons, Liberté Egalité Fraternité que nous scandons lors de l’Acclamation. L’Egalité m’apprend qu’il n’y pas de naissance supérieure ou inférieure à d’autres, que nous sommes tous nés égaux et avons les mêmes droits naturels. Que signifie pour moi, « faire le signe pénal ? » Comme je l’ai dit précédemment en parlant du signe d’Ordre, le signe Pénal vient sanctionner l’acte de se mettre à l’Ordre en répétant à chaque fois le Serment pris lors de l’Initiation, à savoir garder le Secret Maçonnique mais aussi en précisant par ce signe que je suis astreint au Silence que m’impose ma position d’Apprenti. Après ce développement, je ressors de cette planche avec le sentiment de n’avoir pas approfondi comme il le faut le thème, et avec toujours le besoin d’avoir plus d’éclaircissements et plus d’orientations de frères plus aguerris de la symbolique maçonnique car comme l’Elève qui a répondu à son professeur de philosophie à la question de savoir « Qu’est ce que le courage ? » en se levant et en sortant de la salle pendant qu’il donnait son cours en lui disant « le courage, c’est de sortir de la salle pendant que vous n’avez pas fini votre cours », je dirais qu’à la question « Qu’est ce que la marche de l’Apprenti ? », il me faut juste Me mettre à l’Ordre, les Pieds en Equerre, Marcher en faisant 3 Pas et Finir par le Signe Pénal.
Vénérable Maître, J’ai dit.
Source : www.ledifice.net
Publié le 6 Décembre 2013 par W\ L\ dans Planches
Pour parler ensemble de la spiritualité et de l’humanisme et comprendre la spiritualité de l’humanisme ou l’humanisme de la spiritualité, il convient de situer l’évolution historique de la notion d’humanisme. Bien entendu a une même époque le mot humanisme n’évoquait pas les mêmes notions pour tous les philosophes, savants et politiciens, aussi j’ai, pour simplifier, retenu l’acception la plus générale pour une période donnée et quelques érudits pourraient bien y trouver matière à débat…mais ce n’est pas là l’objectif premier de notre entretien.
Chez les grecs, par exemple, l’humaniste s’incorporait à la nature et aux besoins de la cité. L’érudition construisait un citoyen humaniste éveillé à la politique et aux arts. Les qualités humanistes s’opposaient à l’homme barbare qui vie comme un animal sans comprendre les lois de la nature et n’a donc aucun moyen de choisir son comportement ni de transcender ses pulsions.
En cela l’enseignement des grandes lois d’architecturassions du monde par les humanistes helléniques est très proche du second degré maçonnique qui ouvre cette conscience particulière déjà travaillée au premier degré, sur l’harmonie possible par un effort d’éveil de la vigilance. Nous y reviendrons ultérieurement.
Pour les philosophes et les sages grecs, vivre en dehors des lois de la nature, ou en opposition à ces lois, ne peut que conduire aux chaos matériel et à la souffrance psychologique dans une agitation intellectuelle sans reperds ni axes. Cette conscience de l’ordre cosmique pouvait se construire en étudiant les lois naturelles telles que les lois de la géométrie ou de l’arithmétique pour Pythagore, les lois de la grammaire ou de la rhétorique pour Socrate, les lois des phénomènes pour les atomistes Lucrèce, Empédocle ou Démocrite. Les rites initiatiques d’Eleusis sont très proches de cette conception de la sagesse et mettaient en oeuvre les moyens d’acquérir la connaissance de l’ultime vérité.
Dès la période pré-socratique l’humanisme reconnaît à l’homme le droit de vivre dans une nature créée pour lui. L’homme est élevé au même niveau que tout ce qui vit sur terre et sa connaissance consiste surtout à s’y intégrer. Quant à la constitution de l’homme lui-même, Platon lui reconnaît trois âmes indispensables justifiant la hiérarchie naturelle de la société.
- Premièrement l’âme désirante qui a son centre au niveau du ventre, ce sont les paysans et les artisans,
- Deuxièmement l’âme courageuse qui a son centre au niveau du diaphragme, ce sont les guerriers,
- troisièmement l’âme raisonnable qui a son centre au niveau de la tête, ce sont les magistrats.
Il est à noter que cette architecturassions de l’homme reste aujourd’hui encore utilisée par les Ordres initiatiques. Nous y reviendrons. Il est intéressant de remarquer que pour Platon la justice c’est l’harmonie. C’est-à -dire que tout est juste si chacun est à sa place et conserve sa place. Vouloir changer de place notamment par la ruse ou le mensonge conduit inévitablement au désordre, constitue une faute et entraîne la maladie de l’âme et de la société. Nous sommes à la fois loin de la notion actuelle de liberté mais proche d’une certaine sagesse que personne ne se risquerait de prôner pour l’ordre sociale.
Avec Aristote il ne suffit pas d’être à sa place ou de se croire à sa place mais de penser sa place. L’intellect acquière ses lettres de noblesse et son autonomie, mais la découverte de la pensé, pour ce philosophe, c’est que les être humains sont des êtres moyens et qu’il convient d’en prendre la juste mesure. La vertu humaine n’est pas un absolu de sagesse, de cœur ou d’intelligence. Nous devons nous contenter de ce que nous sommes. L’homme doit trouver son juste niveau et sa juste place à ce niveau et n’en point souffrir, ce qui débouchera sur le stoïcisme. L’homme d’Aristote ne peut penser à l’acte pur, à la l’état pur ou à la pensée pur car il en est aveuglé de part sa propre nature. Sa vertu ne doit viser ni l’absolu ni l’égalité mais le relatif de sa destiné et de ses possibilités ; d’où par exemple la reconnaissance naturelle de l’esclavage pour les perdants aux combats. Cette notion humaniste ne fait plus du tout parti de nos conceptions. Puis l’humanisme tombe en désuétude au Moyen-Âge. Le cours de l’existence humaine est réglé par le rythme des pratiques religieuses, par la crainte du courroux céleste sur terre et dans l’au-delà, par un perpétuel face à face avec Dieu dans lequel il mesure sa fragilité et sa petitesse. Personne ne raisonne plus, tout le monde récite les sentences contenues dans les ordres religieux sans éprouver le besoin de les penser. La raison est humiliée devant la vérité divine, l’homme n’est plus rien notamment pour ceux qui usent du pouvoir.
A la Renaissance, période difficile à délimiter mais que l’on peut situer entre le XVème et le XVIème siècle, les idées bouillonnent. Institutions, croyances, systèmes de pensées sont contestés et transformés. Alors que la scolastique s’attachait avant tout aux textes, des méthodes empiriques s’élaborent, permettant d’interroger directement la nature. Il y a une volonté de retour à l’expérience en même temps qu’à la raison jusqu’alors, sauf en Grèce ancienne, limitée dans ses démarches par son accord nécessaire avec les dogmes. La raison se libère totalement et conquière le droit d’imaginer et de concevoir, le droit de construire en fonction de sa compréhension comme les initiés cherchent à libérer l’esprit des apprentis prisonnier inconscient de leur histoire. C’est l’époque où Pic de la Mirandole découvre la grandeur de son espèce, celle d’un être vivant librement dans la création grâce à sa raison.
Commence une période complexe, multiforme oů émergent des personnalités puissantes : Giodano Bruno, Erasme, Thomas More, Guillaume Budé, Rablais, Montaigne…etc. Qui nous indiquent par leur esprit combien, si nous nous libérions de notre pauvre prison par la méthode initiatique, non seulement nous n’y perdrions pas notre personnalité mais au contraire, nous pourrions prendre une dimension exceptionnelle, peut-être notre véritable dimension personnelle et universelle.
Nous assistons à cette époque à une sorte d’explosion marquée par la naissance de la science moderne qui détache l’ordre du monde du sens des valeurs ovines et abandonne la vie contemplative des cieux pour se tourner vers les grandes lois qui régissent la nature. Et surtout, l’homme a une place à part dans cette nature parce qu’il découvre que son esprit est capable de transcender la nature donc de la transformer, ne devient capable de dominer sa propre nature, de la perfectionner, de la maîtriser et de la sublimer. Par nature il faut entendre tout l’univers.
Faire ses humanités revient à privilégier la culture ancienne, grec et latine, à se cultiver, à interroger le savoir des philosophes pour devenir responsable de soi-même, politiquement, socialement ou culturellement. Etre un humaniste consiste à polir l’homme animal et à le forcer à bénéficier des bienfaits de la civilisation occidentale.
La méthode consiste à dresser l’homme sans se soucier de son particularisme ou de son individualité. Ce dressage a pour but de l’intégrer dans une société qui sert uniquement la société au profit des dirigeants. Etre un humaniste réaliste consiste à donner à manger, à couvrir et à ne point laisser physiquement souffrir. Les humanistes de cette période, sûr de leur supériorité, cherchent davantage à dresser et à conditionner l’animal corporel qu’est l’homme, plutôt qu’à développer son humanitude. On s’occupe des hommes sur la terre entière comme on s’occupe aujourd’hui des animaux à la SPA. Jamais en tout cas, l’ouverture à autrui n’est incluse dans ces donnés élémentaires.
Ainsi la lutte contre l’obscurantisme n’a pas débouché sur un homme complètement diffèrent, il y a eu déviation et l’humanisme du XVIIIème siècle laisse la société humaine insatisfaite. Peut-être parce que, si les plantes et la faune sont plongés dans la réalité mécanique du monde ou elles naissent, se développent et meurent, il y a pour l’homme une dimension autre à vivre que l’étude archéologique des textes anciens n’éveille pas. Peut-être parce que les humanistes du XVIIIème siècle voulaient, avec la franc-maçonnerie moderne, donner toute sa valeur à l’homme et que l’explosion scientifique l’a donnée à la technologie.
On apparaît petit à petit que les études physiologiques ou chimiques qui accroissent la connaissance du caractère organique de l’homme, de l’organisme animal de l’homme, ne rendent pas entièrement compte de la totalité de la nature humaine. Il existerait une essence inconnaissable, mystérieuse, un Etre profond qui ne se contente pas de savoir scientifiques ou de savoir pensé. L’homme apparaît beaucoup plus complexe et a aussi besoin d’une nourriture radicalement différente.
Le savoir nourrit l’intellect comme l’art nourrit l’affect, pour reprendre la terminologie platonicienne, mais dans quel but ? Comment ne plus être un barbare ? Par quelle vigilance peut-on éveiller la partie qui fait que l’homme n’est pas un simple animal ? Et surtout, comment vivre réellement cette spécificité humaine dans les tourmentes du quotidien ? …Nous approchons d’un questionnement spirituel, d’un humanisme spirituel.
Avec l’avènement de la psychanalyse freudienne et jungienne l’accomplissement du devoir humaniste apparaît alimenter l’ego et épanouir le moi, il donne surtout une satisfaction personnelle mais n’est pas encore proche de l’autre.
Il n’en demeure pas moins que cette forme d’humanisme, lié à la dualité et aux biens matériels, est préférable à l’indifférence. Même si elle ne conduit pas à l’évolution humaine elle conduit à l’amélioration des lois qui régissent la société.
C’est à ce moment là que commence un mouvement philosophique mener par Emmanuel Levinas et Martin Heidegger qui conduira à une notion moderne de l’humanisme et qui deviendra probablement l’enjeu de la société du XXIème siècle. Elle sera peut-être l’aboutissement des connaissances profondes véhiculées par les Ordres Initiatiques depuis l’aube de l’humanité et qu’en dehors des sages initiés personne n’était prêt à appliquer. L’humanisme moderne tient dans la relation avec autrui, la relation désintéressée avec l’humanité considérée comme un autre soi-même. C’est la véritable fraternité vécue comme une manière de reconnaître et de saluer l’autre, une manière de répondre à la présence de l’autre sans crainte pour soi-même.
Cette perspective idéaliste de l’humanisme oů les autres sont perçus comme un autre moi-même sous entend un développement de notre être intérieur qui ferait de nous des hommes capables d’un contact de cœur à cœur, d’une fusion totale avec les autres en dehors de toute emprise de l’ego sur nos comportements conscients ou inconscients, en dehors de toute emprise de nos peurs et de nos désirs sur nos comportements relationnels. Est-ce réaliste ? Non si on considère l’homme barbare agissant instinctivement comme un animal, oui si on considère que l’homme est perfectible et qu’il peut exprimer le meilleur de son humanitude, de l’inconnu qu’il est ou qu’il aspire à être.
Au lieu que l’humanisme soit une opposition entre le civilisé et le barbare et consiste en un dressage de l’homme matériel pour l’intégrer horizontalement à la nature, l’humanisme moderne considère l’état d’un homme hautement évolué pour l’intégrer verticalement dans le mystère d’un univers visible et invisible dans lequel il rejoint l’autre en temps qu’homme. L’humaniste moderne sera un homme qui a rejoint sa propre humanitude et qui est capable de l’exprimer dans sa vie quotidienne.
Reconnaître l’autre comme un autre soi-même, c’est acquérir la capacité de voir, au-delà des différences extérieures, l’identité spirituelle qui constitue toute l’espèce humaine en devenir personnelle. Toute la difficulté consiste à rejoindre notre humanitude pour raisonner, sentir et agir en homme véritable. Ce chemin entre le barbare ou l’animal et l’homme réellement homme, est le chemin initiatique Traditionnel.
Vouloir faire de l’homme, comme les profanes l’on tenté, un animal rationnel plein de savoir, revient surtout à parler d’humanisme sans libérer, comme les ordres initiatiques se le proposent, la partie de l’être essentiel qui réaliserait véritablement notre humanitude spécifique à notre espèce pour l’accomplissement de notre but. Il apparaît alors que l’humanisme n’est pas un objectif mais une conséquence de notre état. Toutefois au même titre que la fraternité l’humanisme constitue un chemin. On est humain dans ses pensées et dans ses actes ou on ne l’est pas ; entre les deux on peut tenter de le devenir avec de plus en plus d’exigence et de finesse. Etre humain ne veut pas dire que l’on accepte d’être un animal-humain mais au contraire que nous voulons faire les efforts nécessaire pour être un humain avec une dimension de vie bien spécifique à l’espèce humaine.
Déshumaniser nos actes produits le goût amer de notre propre déshumanisation au profit d’une dimension racornie et d’un état mutilé qui nous empêche de porter un regard sur notre éternité qui nous appelle aussi en l’autre.
Parce que de tout temps, depuis que l’homme existe, il n’a jamais fait de doute, pour aucune civilisation, que sous l’homme de chair et d’émotions se cache un homme d’esprit et de sentiment, un homme plus vrai que les simples apparences, toutes les civilisations : égyptienne avec le mythe d’Isis et d’Osiris, grecque avec les initiations éleusines et le mythe de Déméter et Perséphone, romaine avec les bacchanales, celle du Moyen-Age avec les initiations de métier jusqu’à la franc-maçonnerie moderne, toutes les civilisations ont laissé les traces de rites capables d’élever l’homme jusqu’à sa véritable dimension.
La correspondance que nous ressentons, en nous, entre le Haut et le Bas, ou entre l’intérieur et l’extérieur, n’est pas due à l’évolution de notre civilisation mais à notre qualité humaine identique aujourd’hui à la qualité des hommes qui tracèrent la Table d’Emeraude à l’époque de l’Egypte hellénistique.
Et c’est parce que l’homme qui nait aujourd’hui, nait identique dans ses structures, à celui d’hier, que la science initiatique d’hier peut permettre aujourd’hui de vivre l’expérience extraordinaire de la dimension universelle pour peu que l’initié fasse l’effort nécessaire à opérer son perfectionnement et son éveil.
Cette rencontre intérieure avec les mystères de la vie où se découvrent les énigmes insaisissables de l’existence, intéresse aussi bien le croyant que l’incroyant et si elle demeure en dehors du champ des préoccupations des profanes qui ne cherchent, par compensation inconsciente, qu’à améliorer leur plaisir terrestre par l’accumulation d’argent et de pouvoir, elle transcende les préoccupations égotistes de l’athéisme ou de la religiosité pour pénétrer dans le domaine de l’expérience concrète de notre identité éternelle dans un univers complexe, ordonné, organisé, où l’initié trouve sa cohérence et sa place en même temps qu’il perçoit la place de chaque chose, de chaque homme et le sens ultime de la création.
Alors la franc-maçonnerie qui nous permet, ou qui permet à certains d’accomplir cette reconnexion avec l’étant ou cette métamorphose aura toujours sa raison d’être, parce que demain, comme aujourd’hui et comme hier, il y aura des hommes à soulager de leurs souffrances et d’autres à guider dans leur exigence de dépasser le mammifère qu’ils sont pour accomplir leur humaine nature prisonnière ou assassinée par le zoologique.
Nous pourrions peut-être, maintenant, voir comment la Franc-maçonnerie conduit à la plus haute spiritualité, c’est-à-dire comment elle permet d’accomplir le sens de sa vie et partant, le sens de la vie de chaque homme. Les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie étudient l’homme, non pas du point de vue de ce qu’il est, ou de ce qu’il croit être, ou encore de ce qu’il parait être ni de ce qu’il devrait paraître pour être adapté à la société, mais du point de vue de ce qu’il peut devenir, de son perfectionnement possible pour que d’une part, il soit conscient des nécessites de la vie et qu’il puisse s’y adapter en fonction de juste besoin et que, d’autre part sa vie prenne un sens universel et qu’il se sente en harmonie avec lui-même, avec la société, la famille et la nature. Cela nous rappelle bien entendu les grandes lignes de la sagesse hellénistique.
La première l’idée fondamentale de la tradition initiatique est que l’homme tel que nous le connaissons n’est pas un être accompli. Il sent par intuition ou par contact avec son inconscient profond, le désir de vivre en paix, en beauté et en amour. Il à la nostalgie d’un monde meilleur oů il pourrait exprimer librement le meilleur de lui-même mais il n’y parvient pas.
Il n’y parvient pas parce qu’il est plein d’idées fausses sur lui-même. Il ne se rend pas compte qu’il est une machine, un robot mis en marche par des influences extérieures à sa profondeur. L’homme intérieur, ce que nous sommes vraiment ne peut rien faire ne peut même pas s’exprimer car nous ne sommes pas le maître de l’homme robot.
Si nous n’admettons pas, et ne comprenons pas notre propre mécanicité, nous ne pouvons rien apprendre de plus que ce que nous sommes, nous ne pouvons pas aller plus loin et rien ne changera vraiment en nous, pour notre être et l’humanisme restera intellectuel sans que nous soyons capable de l’appliquer dans notre vie.
La deuxième idée fondamentale de l’initiation traditionnelle et donc maçonnique, est que tous les hommes pourraient évoluer s’ils le désiraient vraiment, mais leur histoire, leur éducation, leur hérédité, leur hypnotisme aux exigences matérielles, sociales et professionnelles font qu’ils n’ont pas fondamentalement envie de bouger, d’être diffèrent. Que nous n’avons pas fondamentalement envie de bouger, nous souhaitons demeurer les mêmes, avec en plus, une large pincé de bonheur. Et s’il nous arrive de vouloir que quelque chose change, nous voulons que ce soient les autres qui changent.
Là troisième idée fondamentale de la tradition initiatique est, qu’avant de devenir diffèrent et d’acquérir de nouvelles facultés, nous devons voir que nous nous attribuons déjà des facultés que nous n’avons pas et puisque nous croyons les avoir nous ne cherchons plus à les acquérir. Cette troisième idée rejoint celle de Socrate exprimée à Delphes et qui est aussi le premier pas du grade d’apprenti : connais-toi toi-même.
Nous ne connaissons pas nos limites, ni nos fonctionnements, ni nos possibilités. Nous ne connaissons même pas jusqu’à quel point nous ne nous connaissons pas.
Le degré d’apprenti s’attaque à la plus trompeuse et à la plus importante des qualités que nous nous attribuons : la conscience. Le changement initiatique chez l’apprenti, commence par un changement dans sa manière de comprendre la signification de la conscience. Il s’agit comme nous l’indique la descente dans le cabinet de réflexion de nous vivre de l’intérieur, de descendre en soi pour regarder, sentir et comprendre nos mécanismes de penser, d’émotion et de mouvement a partir d’un point de vue intérieur.
La conscience initiatique n’est pas un savoir : « j’ai prie conscience » ne veut plus dire : « j’ai réfléchi à…et j’ai maintenant conscience de… ». La nouvelle conscience en l’apprenti est une sorte très particulière d’enfin trouver à l’intérieur de moi-même, cela reste toujours le cheminement à suivre.
Un échange incessant se produit entre les influences du monde sur nous et de nous-mêmes sur le monde. L’apprenti travaille à se connaître, le compagnon, suivant l’explication du rituel d’installation, travail à connaître les lois du monde, travailler se connaître dans son monde sans que soit interrompue l’élaboration de plus en plus fiable d’une conscience intérieure référentielle. Le maître cherchera à intégrer ce qu’il « connaît » être, dans le monde qu’il a découvert. Le maître est présent non seulement en tant qu’élément zoologique isolé, mais aussi en tant qu’élément conscient de la construction du monde.
Mais la grande affaire de la maîtrise, celle qui va mener l’initié à l’éveil et au sens de la vie, c’est la prise de conscience, par l’intérieur, par le vécu, par l’expérience, par le contact directe que quelque chose t’es mort en lui, un Etre qui savait, un Etre mystérieux, qu’un véritable Maître est mort tué par ce que l’apprenti puis le compagnon ont découvert être.
Nous voyons bien que si le travail de l’apprenti n’a pas été réellement mené et si le travail du compagnon n’a pas non plus été mène avec sérieux, malgré le passage au grade de maître, celui qui a subi les cérémonies d’initiation ne sera jamais un véritable initié. Les cérémonies d’initiations n’opèrent pas de miracles, elles nous indiquent sur quoi nous devons travailler et comment le faire progressivement. Elles ne font pas le travail à notre place d’où les quantités d’initié qui sont restés profanes.
Nous nous rendons compte que s’initier n’est pas simplement vivre une cérémonie d’initiation, il s’agit là simplement d’un début qui nous révèle une méthode de travail, une progression en trente-trois étapes successives, capable, par maturation de nous donner accès à un monde diffèrent, non parasité, non réduit à nos limites relatives, nous permettant l’épanouissement d’une vie supérieure, de toucher une dimension infinie, une présence éternelle de notre individualité dans la rigueur d’une action concrète dans la vie quotidienne.
La pratique d’une éthique humaniste n’est pas un bonheur facile et béat. L’éthiques, lors d’une rencontre avec l’autre ou avec soi-même, est toujours mise à mal par un choix conflictuel entre des pulsions égotistes, un champ de souffrance ou de plaisirs et la conscience d’une activité moins avantageuse mais plus digne. L’éthiques, la dignité et l’humanisme sont des actes gratuits mais producteurs d’un sentiment d’identité avec un goût du respect et du sens de la vie.
Une conduite éthique et humaniste ne s’improvise pas dans l’urgence d’une situation sauf si un axe de liberté existe déjà. Une conduit éthique.
Source : www.ledifice.net