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Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Analyse du Sepher Ietzirah

Publié le 27 Janvier 2013 par Adolphe Franck dans Kabbale

Les deux livres que, malgré la crédulité des uns et le scepticisme des autres, nous avons reconnus pour les vrais monuments de la kabbale, nous fourniront seuls les matériaux que nous allons faire servir à l'exposition de cette doctrine. Ce ne sera qu'en de rares occasions, quand l'obscurité des textes nous en fera une absolue nécessité, que nous ferons intervenir les commentaires. Mais les innombrables fragments dont ces livres se composent, empruntés, sans choix et sans discernement, à des époques différentes, sont loin de nous offrir tous un caractère parfaitement uniforme. Ceux-ci ne font qu'étendre le système mythologique dont les éléments les plus essentiels se trouvent déjà dans le Livre de Job et les Visions d’Isaïe : ils nous font connaître, avec une grande richesse de détails, les attributions des anges comme celles des démons, et se rapportent à des idées depuis trop longtemps populaires, pour appartenir à une science considérée dès son origine comme un secret aussi terrible qu'inviolable. Ceux-là, sans contredit, les plus récents, expriment des penchants si serviles et un pharisaïsme si étroit, qu'ils ressemblent à des traditions talmudiques, mêlées par orgueil, autant que par ignorance, aux opinions d'une secte fameuse, dont le nom seul inspirait un respect idolâtre. Enfin, ceux qui forment le plus grand nombre nous enseignent, dans leur ensemble, la véritable croyance des anciens kabbalistes, et sont la source à laquelle ont puisé, plus ou moins préoccupés de la philosophie de leur siècle, tous les hommes qui voulurent passer, dans les temps modernes, pour leurs disciples et leurs continuateurs. Nous sommes cependant oblige de faire remarquer que cette distinction ne regarde que le Zohar. Quant au Livre de la Création sur lequel s'exercera d'abord, s'il n'est pas d'une grande étendue, si même il ne peut le pas toujours notre esprit vers des régions très élevées, il nous offre du moins une composition très homogène et d'une rare originalité. Les nuages dont l’imagination des commentateurs s'est plu à l'entourer, se dissiperont d'eux-mêmes si, au lieu d'y chercher, à leur exemple, les mystères d'une sagesse ineffable, nous n'y voyons qu'un effort de la raison, au moment de son réveil, pour apercevoir le plan de l'univers et le lien qui rattache à un principe commun tous les éléments dont il nous offre l'assemblage.

Ce n'est jamais qu'en s'appuyant sur l'idée de Dieu, qu'en se faisant l'interprète de la volonté et de la pensée suprêmes, que la Bible ou tout autre monument religieux nous explique le monde et les phénomènes dont il est le théâtre. C'est ainsi que dans la Genèse nous voyons la lumière sortir du néant à la parole de Jéhovah ; Jéhovah, après avoir tiré du chaos le ciel et la terre, se fait le juge de son Oeuvre et la trouve digne de sa sagesse: c'est pour éclairer la terre qu'il attache au firmament le soleil, la lune et les étoiles. Quand il prend de la poussière, qu'il lait passer en elle un souffle de vie pour laisser ensuite échapper de ses mains la dernière et la plus belle de ses créatures, il nous a déjà déclaré son dessein de formel l'homme à son image.—Dans l'ouvrage dont nous essayons de rendre compte, on suit une marche tout opposée, et cette différence est très significative, quand elle se montre pour la première fois dans l'histoire intellectuelle d'un peuple : c'est par le spectacle du Monde qu'on s'élève à l'idée de Dieu ; c'est par l'unité qui règne dans l'œuvre de la création, qu'on démontre à la fois et l'unité et la sagesse du Créateur. Telle est, comme nous l'avons dit ailleurs, la raison pour laquelle le livre tout entier n'est pour ainsi dire qu'un monologue placé dans la bouche du patriarche Abraham : on suppose que les considérations qu'il renferma sont celles qui ont porté le père des Hébreux à quitter le culte des astres pour y substituer celui de l’Eternel. Le caractère que nous venons de signaler éclate avec tant d'évidence, qu'il a été remarqué et défini avec beaucoup de justesse par un écrivain du douzième siècle.

« Le Sepher ietzirah, dit Jehouda Hallévi, nous enseigne l'existence d'un seul Dieu, en nous montrant, au sein de la variété et de la multiplicité, la présence de l'unité et de l'harmonie ; car un tel accord ne peut venir que d'un seul ordonnateur. »

Jusqu'ici tout est parfaitement conforme aux procédés de la raison ; mais, au lieu de chercher dans l'univers les lois qui le régissent, pour lire ensuite dans ces lois elles-mêmes la pensée et la sagesse divines, on s'efforce d'établir une grossière analogie entre les choses et les signes de la pensée, ou les moyens par lesquels la sagesse se fait entendre et se conserve parmi les hommes. Remarquons, avant d'aller plus loin, que le mysticisme, en quelque temps et sous quelque forme qu'il se manifeste, attache une importance sans mesure à tout ce qui peut représenter au dehors les actes de l'intelligence, et il n y a pas encore si longtemps qu'un écrivain très connu parmi nous a voulu prouver que l'écriture n’est pas une invention de l'humanité, mais un présent de la révélation. Ici il s'agit des vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu et des dix premiers nombres qui, en conservant leur propre valeur, servent encore à l'expression de tous les autres Réunies sous un point de vue commun, ces deux sortes de signes sont appelées les trente-deux voies merveilleuses de la Sagesse,

« avec lesquelles, dit le texte, l'Eternel, le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël, le Dieu vivant, le Roi de l'univers, le Dieu plein de miséricorde et de grâce, le Dieu sublime, qui demeure dans l'éternité, le Dieu élevé et saint a fondé son nom ».

A ces trente-deux voies de la Sagesse, qu'il ne faut pas confondre avec les distinctions subtiles, et d'un ordre tout différent, admises à leur place par les kabbalistes modernes il faut ajouter trois autres formes, désignées par trois termes d'un sens très douteux, mais qui ont certainement, au moins par leur généalogie grammaticale, une très grande ressemblance avec ceux qui en grec désignent le sujet, l'objet et l'acte même de la pensée. Nous croyons avoir démontré précédemment que ces mots détachés sont entièrement étrangers au texte. Cependant nous ne pouvons pas laisser ignorer qu'ils ont été compris tout différemment et d'une manière qui ne répugne ni au caractère général du livre, ni aux lois de l'étymologie, par l'auteur espagnol que nous avons nommé un peu plus haut. Voici comment il s'exprime à ce sujet :

« Par le premier de ces trois termes (Sephar), on veut désigner les nombres, qui seuls nous offrent un moyen d'apprécier la disposition et les proportions nécessaires à chaque corps pour atteindre le but dans lequel il a été créé; et la mesure de longueur, la mesure de capacité et la mesure de poids, et le mouvement, et l'harmonie toutes ces choses sont réglées par le nombre. Le second terme (Sipur) veut dire la parole et la voix, parce que c'est la parole divine, c'est la voix du Dieu vivant qui a produit les êtres sous leurs diverses formes, soit extérieures, soit intérieures; c'est à elle qu'on a fait allusion dans ces mots: et Dieu dit que la lumière soit, « et la lumière fut ». Enfin, le troisième terme (Sépher) signifie l'écriture. L'écriture de Dieu, c'est l'oeuvre de la création; la parole de Dieu, c'est son écriture ; la pensée de Dieu, c'est sa parole. Ainsi, la pensée, la parole et l'écriture ne sont en Dieu qu'une seule chose, tandis que dans l'homme elles sont trois »

Cette explication a d'ailleurs le mérite de caractériser assez bien, tout en l'ennoblissant, ce bizarre système qui confond la pensée avec des symboles généralement conçus, pour la rendre en quelque sorte visible, et dans l'ensemble et dans les diverses parties de l'univers.

Sous le nom de Sephiroth, qui joue ailleurs un si grand rôle, mais qui entre ici pour la première fois dans le langage de la kabbale, on s'occupe d'abord des dix nombres ou numérations abstraites. Elles sont représentées comme les formes les plus générales, par conséquent les plus essentielles de tout ce qui est, et, si je puis m'exprimer ainsi comme les catégories de l'univers. Nous voulons dire qu'en cherchant, n'importe de quel point de vue, les premiers éléments ou les principes invariables du monde, on doit d'après les idées dont nous sommes l'interprète, rencontre ; toujours le nombre dix.

« Il y a dix Sephiroth ; dix et non pas neuf, dix et non onze ; fais en sorte que tu les comprennes dans ta sagesse et dans ton intelligence; que sur elles s’exercent constamment tes recherches, tes spéculations, ton savoir, la pensée et ton imagination; fais reposer les choses sur leur principe, et rétablis le Créateur sur sa base »

En d'autres termes, et l'action divine et l’existence du monde se dessinent également aux yeux de l’intelligence sous cette forme abstraite de dix nombres, dont chacun représente quelque chose d'infini, soit en étendue, soit en durée, soit par tout autre attribut. Tel est du moins le sens que nous attachons à la proposition suivante :

« Pour les dix Sephiroth, il n'y a pas de fin ni dans l'avenir, ni dans le passé, ni dans le bien, ni dans le mal, ni en élévation, ni en profondeur, ni à l'orient, ni à l'occident, ni au midi, ni au nord[»

Il faut remarquer que les divers aspects sous lesquels on considère ici l'infini sont au nombre de dix, ni plus ni moins ; par conséquent, nous n'apprenons pas seulement, dans ce passage, quel doit être le caractère général de toutes les Sephiroth ; nous y vouons de plus à quels principes, à quels éléments elles correspondent. Et comme ces différents points de vue, quoique opposés deux à deux, appartiennent cependant à une seule idée, à un seul infini, on ajoute :

« Les dix Sephiroth sont comme les doigts de la main, au nombre de dix, et cinq contre cinq ; mais au milieu d'elles est l’alliance de l'unité »

Ces derniers mots nous fournissent à la fois l'explication et la preuve de tout ce qui précède.

Cette manière d'entendre les dix Sephiroth, sans sortir précisément des rapports que présentent les choses extérieures, a cependant un caractère éminemment abstrait et métaphysique. Si nous voulions la soumettre à une analyse sévère, nous y trouverions, subordonnées à l'infini et à l'unité absolue, les idées de durée, d'espace et d'un certain ordre invariable sans lequel il n'y a ni bien ni mal, même dans la sphère des sens. Mais voici une énumération un peu différente, qui, au moins en apparence, fait une plus grande part aux éléments matériels. Nous nous bornons à traduire.

« La première des Sephiroth, un, c'est l'esprit du Dieu vivant ; béni soit son nom, béni soit le nom de celui qui vit dans l'éternité ! L'esprit, la voix et la parole, voilà l'esprit saint.
Deux, c'est le souffle qui vient de l'esprit : en lui sont gravées et sculptées les vingt-deux lettres qui ne forment cependant qu'un souffle unique.
Trois, c'est l'eau qui vient du souffle ou de l'air. C'est dans l'eau qu'il a creusé les ténèbres et le vide, qu'il a formé la terre et l'argile, étendue ensuite en forme de tapis, sculptée en forme de mur et couverte comme d'un toit.
Quatre, c'est le feu qui vient de l'eau, et avec lequel il le a fait le trône de sa gloire, les roues célestes (ophanim), les séraphins et les anges serviteurs Avec les trois ensemble il a construit son habitation ainsi qu'il est écrit : Il fait des vents ses messagers, et des feux enflammés ses serviteurs.»

Les six nombres suivants représentent les différentes extrémités du monde, c'est-à-dire les quatre points cardinaux, plus la hauteur et la profondeur Ces extrémités ont aussi pour emblèmes les diverses combinaisons qu'on peut former avec les trois premières lettres du mot Jéhovah.

Ainsi, à part les différents points qu'on peut distinguer dans l'espace, et qui n'ont par eux-mêmes rien de réel, tous les éléments dont ce monde est composé sont sortis les uns des autres, en prenant un caractère de plus en plus matériel, à mesure qu'ils s'éloignent de l'esprit saint, leur commune origine N'est-ce pas cela qu'on appelle la doctrine de l'émanation ? N'est-ce pas cette doctrine qui nie la croyance populaire que le monde a été tiré du néant ? Les paroles suivantes nous aideront peut-être à sortir de l'incertitude :

« La fin des Sephiroth se lie à leur principe comme la flamme est unie au tison, car le Seigneur est un, et il n'y en a pas un second. Or, en présence de l'un, que sont les nombres et les paroles ? »

Pour ne pas nous laisser ignorer qu'il s'agit ici d'un grand mystère qui nous commande la discrétion jusqu'avec nous-mêmes, on ajoute immédiatement :

« Ferme ta bouche poux ne pas en parler, et ton coeur pour ne pas y réfléchir; et si ton coeur s'est échappé, ramène-le à sa place ; car c'est pour cela que l'alliance a été faite »

Je suppose qu'on veut, par ces derniers mots, faire allusion à quelque serment en usage parmi les kabbalistes, pour dérober leurs principes à la connaissance de la multitude. Quant au premier de ces deux passages, la singulière comparaison qu'il renferme est assez fréquemment répétée dans le Zohar : nous la retrouverons étendue, développée et appliquée à l'âme aussi bien qu'il Dieu. Ajoutons à cela que dans tous les temps et dans toutes les sphères de l'existence, dans la conscience aussi bien que dans la nature extérieure, la formation des choses par voie d'émanation a été représentée par le rayonnement de la flamme ou de la lumière.

A cette théorie, si toutefois nous ne faisons pas une distinction plus apparente que réelle, s'en mêle une autre qui a fait un chemin plus brillant dans le monde, et qui se présente ici avec un caractère remarquable : c'est celle du verbe, la parole de Dieu identifiée avec son esprit, et considérée, non pas seulement comme la forme absolue, mais comme l'élément générateur et la substance même de l'univers. En effet, il ne s'agit plus, comme dans la traduction chaldaïque d'Onkelos, de substituer partout, pour anéantir l'anthropomorphisme, la pensée ou l'inspiration divine à Dieu lui-même, lorsqu'il intervient comme une personne humaine dans les récits bibliques : le livre que nous avons sous les yeux affirme expressément, dans un langage concis mais pourtant clair, que l'esprit saint, ou l'esprit du Dieu vivant, forme, avec la voix et la parole, une seule et même chose ; qu'il a successivement comme rejeté de son sein tous les éléments de la nature physique ; enfin, il n'est pas seulement ce qu'on appellerait, dans la langue d'Aristote, le principe matériel des choses ; il est le verbe devenu monde. Du reste, il faut nous rappeler que, dans cette partie de la kabbale, il n'est question que du monde, et non de l'homme ou de l'humanité.

Toutes ces considérations sur les dix premiers nombres occupent une place très distincte dans le Livre de la création. Il est facile de voir qu'elles s'appliquent à l'univers en général, et qu'elles regardent plutôt la substance que la forme. Dans celles que nous avons devant nous, on compare entre elles les diverses parties de l'univers, on s'efforce de les ramener sous une loi commune, comme on a voulu précédemment les résoudre en un principe commun ; on y donne enfin plus d'attention à la forme qu'à la substance. Elles ont pour base les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu. Mais il faut songer au rôle extraordinaire qui, déjà dans la première partie, est attribué à ces signes extérieurs de la pensée. Considérés seulement par rapport aux sons qu'ils représentent, ils se trouvent, pour ainsi dire, sur la limite du monde intellectuel et du monde physique ; car si, d'une part, ils viennent se résoudre dans un seul élément matériel, qui est le souffle ou l'air, de l'autre ils sont les signes indispensables à toutes les langues, et par conséquent la seule forme possible ou la forme invariable de l'esprit. Ni l'ensemble du système ni le sens littéral ne nous permettent d'interpréter différemment ces mots déjà cités plus haut :

« Le nombre deux (ou le second principe de l'univers), c'est l'air qui vient de l'esprit ; c'est le souffle dans lequel sont gravées et sculptées les vingt-deux lettres qui, toutes réunies, ne forment cependant qu'un souffle unique. »

Ainsi, par une combinaison bizarre, mais qui ne manque pas d'une certaine grandeur, qui, du moins, se comprend et s'explique, les articulations les plus simples de la voix humaine, les signes de l'alphabet ont ici un rôle tout à fait semblable à celui des idées dans la philosophie de Platon. C'est à leur présence, c'est à l'empreinte qu'ils laissent dans les choses, qu'on reconnaît dans l'univers et dans toutes ses parties une intelligence suprême ; c'est enfin par leur intermédiaire que l'esprit saint se révèle dans la nature. Tel est le sens de la proposition qu'on va lire :

« Avec les vingt-deux lettres, en leur donnant une forme et une figure, en les mêlant et les combinant de diverses manières, Dieu a fait l'âme de tout ce qui est formé et de tout ce qui le sera. C'est sur ces mêmes lettres que le saint, béni soit--il, a fondé son nom sublime et ineffable. »

Elles se partagent en divers ordres qu'on appelle les trois mères, les sept doubles et les douze simples. Il n'est d'aucune utilité, pour le but que nous poursuivons, de faire connaître la raison de ces étranges dénominations. D'ailleurs la place des lettres est entièrement envahie par la division que nous venons d'exposer et par les nombres qui en résultent : ou, pour nous exprimer plus clairement, ce sont les nombres trois, sept et douze qu'on cherche à retrouver per fas et nefas dans ces trois régions de la nature : 1° dans la composition générale du monde ; 2° dans la division de l'année ou dans la distribution du temps dont l'année est la principale unité ; 3° dans la conformation de l'homme. Nous retrouvons ici, bien qu'elle ne soit pas explicitement énoncée, l’idée du macrocosme et du microcosme, ou la croyance que l'homme n'est que l'image et, pour ainsi dire, le résumé de l'univers.

Dans la composition générale du monde, les mères, c'est-à-dire le nombre trois, représentent les éléments, qui sont l'eau, l'air et le feu. Le feu est la substance du ciel ; l'eau, en se condensant, est devenue celle de la terre ; enfin, entre ces deux principes ennemis, est l'air qui les sépare et les réconcilie en les dominant[. Dans la division de l'année, le même signe nous rappelle les saisons principales : l'été, qui répond au feu ; l’hiver, qui, dans l'Orient, est généralement marqué par des pluies ou par la domination de l'eau, et la saison tempérée, formée par la réunion du printemps et de l'automne. Enfin, dans la conformation du corps humain, cette trinité se compose de la tête, du cœur ou de la poitrine, et du ventre ou de l’estomac ; ce sont, si je ne me trompe, les fonctions de ces divers organes qu'un médecin moderne a appelés le trépied de la vie. Mais le nombre trois paraît ici, comme dans toutes les combinaisons du mysticisme, une forme si nécessaire, qu'on en fait aussi le symbole de l'homme moral, en qui l'on distingue, selon l'expression originale,

« le plateau du mérite, le plateau de la culpabilité et l'aiguille de la loi qui prononce entre l'un et l'autre ».

Par les sept doubles on représente les contraires ou du moins les choses de ce monde qui peuvent servir à deux fins opposées. Il y a dans l'univers sept planètes, dont l'influence est tantôt bonne et tantôt mauvaise ; il y a sept jours et sept nuits dans la semaine ; il y a dans notre propre corps sept portes, qui sont les yeux, les oreilles, les narines et la bouche. Enfin, ce nombre sept est encore celui des événements heureux ou malheureux qui peuvent arriver à l'homme. Mais cette classification, comme on doit s'y attendre, est trop arbitraire pour mériter une place dans cette analyse.

Les douze simples, dont il nous reste encore à parler, répondent aux douze signes du zodiaque, aux douze mois de l'année, aux principaux membres du corps humain et aux attributs les plus importants de notre nature. Ces derniers, qui seuls ont peut-être quelque droit à notre intérêt, sont la vue, l'ouïe, l'odorat, la parole, la nutrition, la génération, l'action ou le toucher, la locomotion, la colère, le rire, la pensée et le sommeil. C'est, comme on le voit, l'esprit d'examen à son début ; et si nous avons lieu d'être surpris, tantôt de ses procédés, tantôt de ses résultats, cela même est une preuve de son originalité.

Ainsi, la forme matérielle de l'intelligence, représentée par les vingt-deux lettres de l'alphabet, est en même temps la forme de tout ce qui est ; car, en dehors de l'homme, de l'univers et du temps, on ne peut plus rien concevoir que l'infini : aussi appelle-t-on ces trois choses les fidèles témoins de la vérité. Chacune d'elles, malgré la variété que nous y avons observée, est un système qui a son centre et en quelque sorte sa hiérarchie :

« Car, dit le texte, l'unité domine sur les trois ; les trois sur les sept, les sept sur les douze ; mais chaque partie du système est inséparable de toutes les autres »

L'univers a pour centre le dragon céleste ; le cœur est le centre de l'homme ; enfin, les révolutions du zodiaque forment la base des années. Le premier, dit-on, ressemble à un roi sur son trône ; le second, à un roi parmi ses sujets, et le troisième, à un roi dans la guerre . Nous croyons que par cette comparaison on a voulu indiquer la régularité parfaite qui règne dans l'univers, et les contrastes qui existent dans l'homme sans détruire son unité. En effet, on ajoute que les douze organes principaux dont notre corps est composé

« sont rangés les uns contre les autres en ordre de bataille ; il en est trois qui servent à l'amour, et trois qui produisent la haine ; trois qui donnent la vie, et trois qui appellent la mort. Le mal se trouve ainsi en face du bien et du mal ne vient que le mal, comme le bien n'enfante que le bien. »

Mais on fait remarquer aussitôt que l'un ne saurait être compris sans l'autre. Enfin, au-dessus de ces trois systèmes, au-dessus de l'homme, de l'univers et du temps, au-dessus des lettres comme au-dessus des nombres ou des Sephiroth « est le Seigneur, le roi véritable qui domine sur toutes choses, du séjour de sa sainteté et pendant des siècles sans nombre ».

A la suite de ces mots, qui forment la véritable conclusion du livré, vient cette espèce de dénouement dramatique dont nous avons parlé précédemment, et qui consiste dans la conversion d'Abraham, encore idolâtre, à la religion du vrai Dieu.

Le dernier mot de ce système, c'est la substitution de l'unité absolue à toute espèce de dualisme : à celui de la philosophie païenne, qui voulait voir, dans la matière une substance éternelle dont les lois ne sont pas toujours d'accord avec la volonté divine; comme à celui de la Bible qui, par l'idée de la création, aperçoit bien dans la volonté divine, et par conséquent dans l'être infini, la seule cause, la seule origine réelle du monde, mais qui en même temps regarde ces deux choses, l'univers et Dieu, comme deux substances absolument distinctes l'une de l'autre. En effet, dans le Sepher ietzirah, Dieu, considéré comme l'Etre infini et par conséquent indéfinissable, Dieu, dans toute l’étendue de sa puissance et de son existence, se trouve au-dessus, mais non en dehors des nombres et des lettres, c'est-à-dire des principes et des lois que nous distinguons dans ce monde : chaque élément a sa source dans un élément supérieur, et tous ont leur origine commune dans le verbe ou dans l'esprit saint. C'est aussi dans le verbe que nous trouvons ces signes invariables de la pensée qui se répètent en quelque sorte dans toutes les sphères de l'existence, et par lesquels fout ce qui est devient l'expression d'un même dessein Et ce verbe lui-même, le premier des nombres, la plus sublime de toutes les choses que nous puissions compter et définir, qu'est-ce qu'il est, sinon la plus sublime et la plus absolue de toutes les manifestations de Dieu, c'est-à-dire la pensée ou l'intelligence suprême ? Ainsi Dieu est à la fois, dans le sens le plus élevé, et la matière et la forme de l'univers. Il n'est pas seulement cette matière et cette forme ; mais rien n'existe ni ne peut exister en dehors de lui ; sa substance est au fond de tous les êtres, et tous portent l'empreinte, tous sont les symboles de son intelligence.

Cette conséquence si audacieuse, si étrangère, en apparence, aux principes qui la fournissent, est le fond de la doctrine enseignée dans le Zohar. Mais là on suit une marche toute différente de celle qui vient de se dessiner sous nos yeux : au lieu de s'élever lentement, par la comparaison des formes particulières et des principes subordonnés de ce monde, au principe suprême, à la forme universelle, et enfin à l'unité absolue, c'est ce dernier résultat qu'on admet tout d'abord; on le suppose, on l'invoque en toute occasion comme l’axiome incontesté ; on le déroule, en quelque façon, dans toute son étendue, en même temps qu'on le montre sous un jour plus mystérieux et plus brillant. Le lien qui pouvait exister entre toutes les conséquences obtenues de cette manière se trouve rompu, il est vrai, par la forme extérieure de l’ouvrage, mais le caractère synthétique qui y règne n'en est pas moins prononcé ni moins visible. Il est donc permis de dire que le Livre de la lumière commence précisément au point où s'arrête celui de la Création : la conclusion de l'un sert à l'autre de prémisses. Une seconde différence, bien autrement digne d'être remarquée, sépare ces deux monuments et s'explique par une loi générale de l’esprit humain : aux nombres et aux lettres nous allons voir substituer les formes intérieures, les conceptions invariables de la pensée, en un mot les idées dans la plus vaste et la plus noble acception de ce terme. Le verbe divin, au lieu de se manifester exclusivement dans la nature, nous apparaîtra surtout dans l'homme et dans l'intelligence ; il aura pour nom l'Homme prototype ou céleste, אדם עלאי אדם קדמון

Enfin, dans certains fragments dont la haute antiquité ne saurait être contestée, nous verrons, sans préjudice pour l'unité absolue, la pensée elle-même prise pour substance universelle, et le développement régulier de cette puissance mis à la place de la théorie assez grossière de l'émanation. Loin de nous la folle pensée de trouver chez les anciens Hébreux la doctrine philosophique qui règne aujourd'hui en Allemagne presque sans partage; mais nous ne craignons pas de soutenir, et nous espérons bientôt démontrer que le principe de cette doctrine, et jusqu'à des expressions exclusivement consacrées par l'école de Hegel, se trouvent parmi ces traditions oubliées que nous essayons de rendre à la lumière. Cette transformation que nous signalons dans la kabbale, ce passage du symbole à l'idée, se reproduit dans tous les grands systèmes philosophiques ou religieux, dans toutes les grandes conceptions de l'intelligence humaine. Ainsi, ne voyons-nous pas dans le rationalisme les diverses formes du langage dont se compose presque entièrement la logique d'Aristote, devenir dans celle de Kant les formes constitutives et invariables de la pensée ? Ainsi, dans l'idéalisme, Pythagore et le système des nombres n'ont-ils pas précédé la sublime théorie de Platon ? Ainsi, dans une autre sphère, n'a-t-on pas représenté tous les hommes comme issus du même sang ? n'a-t-on pas fait consister leur fraternité dans la chair, avant de la trouver dans l'identité de leurs droits et de leurs devoirs, ou dans l'unité de leur nature et de leur tâche ? Ce n'est pas ici le lieu d'insister plus longtemps sur un fait général; mais nous espérons du moins avoir fait comprendre les rapports qui existent entre le Sepher ietzirah et l'ouvrage à la fois bien plus étendu et plus important dont nous allons extraire la substance.

Source : http://esopedia.urobore.net/Sepher_Yetzirah

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Précisions

Publié le 26 Janvier 2013 par T.D

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Ces thèmes seront étudiés la première année pour permettre ensuite de faire des publications en fonction de l’intérêt des Frères.

Travaillant de façon transversale sur des sujets de la Franc-Maçonnerie et de son ésotérisme, nous ne sommes en aucun cas une Loge d’Instruction. En effet la plupart des Loges d’Instruction travaillent sur leur Rite, ce qui ne sera pas notre cas.

Engagement : chaque Frère qui sortira d’une Tenue de notre Loge en saura plus qu’en y entrant.

Nous n’avons aucun but ni envie de concurrencer quelque Loge que ce soit, nous sommes simplement réunis pour apprendre, comprendre et transmettre. Cette Loge existe de façon virtuelle depuis plusieurs années.

S'il s'avère que ses buts, son programme et ses Tenues ne correspondent pas aux besoins de suffisamment de Frères, elle continuera son travail sur le net avec le soutien et la fidélité de ses 283 abonnés.

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Sepher Yetzirah, introduction de Wynn Westcott

Publié le 26 Janvier 2013 par Wynn Westcott dans Kabbale

Le Sepher Yetsirah, ou Livre de la Formation, est peut-être l’un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soient parvenus. L’intérêt majeur pour la Kabbale hébraïque, ses modes de pensée & ses doctrines ayant diminué ces dernières années, ceci m’a poussé à traduire des traités à partir du texte hébreu original en leur adjoignant les versions latines des maîtres médiévaux ; j’ai également publié une Introduction à la Kabbalah qui peut être d’un certain intérêt pour les étudiants.

Trois livres importants du Zohar, ou Livre de la Splendeur qui constitue une source majeure d’enseignements kabbalistiques, ont été traduits en anglais par S.L. MacGregor Mathers ; le Sepher Yetsirah en version anglaise est un compagnon presque incontournable de ces dissertations : en réalité, les deux livres s’expliquent mutuellement.

Le Sepher Yetsirah, bien que son nom signifie « Livre de la Formation », n’est en aucune manière une narration de la Création, ou un substitut à la Genèse, mais c’est un antique et instructif livre philosophique traitant d’un aspect de l’origine de l’univers et de l’humanité, un aspect archaïque & essentiellement hébreu. La réunion des processus de la création en un arrangement à la fois alphabétique et numéral ne se retrouve que chez les auteurs sémitiques.

L’attention doit être attirée vers cette particularité essentielle de la langue hébraïque : l’inextricable et nécessaire association des lettres et des nombres, chaque lettre suggérant un nombre & chaque groupe de lettres véhiculant une signification numérique aussi cruciale que sa signification littérale.

Les principes kabbalistiques consistant en un renversement des lettres hébraïques et leur substitution par d’autres selon des combinaisons définies doivent également être étudiés et gardés à l’esprit. C’est sur ces principes que l’initiative de « travail sur le terrain » de cette dissertation repose. Ces principes se retrouvent au fil des traités kabbalistiques qui se sont succédés dans le temps, nombre d’entre eux étant collectés dans un unique volume connu comme le Zohar, ouvrage traitant principalement des dignités essentielles de la Divinité, des Émanations qui en sont issues, de la doctrine des Sephiroth, des figures du Microprosope et du Macroprosope et de la doctrine de la réincarnation.

Le Sepher Yetsirah, quant à lui, traite essentiellement de notre univers et du Microcosme. A ce sujet, les opinions des rabbins kabbalistes hébreux et de mystiques contemporains doivent être brièvement examinées.

L’intéressante citation qui suit est de Rabbi Moïse Botarel qui a écrit son fameux Commentaire en 1409 : « C’est Abraham notre Père – béni soit-il – qui a écrit ce livre afin de condamner la doctrine des sages de son temps qui étaient incrédules quant au dogme suprême de l’Unité. Du moins, ceci était l’opinion de Rabbi Saadiah – béni soit-il – comme cela est écrit dans le premier chapitre de son livre La Pierre des Philosophes. Voici ses propres mots : ‘Les sages de Babylone attaquèrent Abraham sur sa foi ; car ils étaient contre lui alors qu’eux mêmes étaient divisés en trois sectes. La première pensait que l’Univers était sujet au contrôle de deux forces opposées, l’une n’existant que pour détruire l’autre, ceci est le dualisme ; les dualistes tiennent qu’il n’y a rien de commun entre l’auteur du mal et l’auteur du bien. La seconde admettait Trois Grandes Puissances ; deux d’entre elles comme dans le premier cas et une troisième Puissance dont la fonction était de donner raison à l’un ou à l’autre, un arbitre suprême. La troisième secte ne reconnaissait aucun dieu hormis le Soleil, dans lequel elle reconnaissait l’unique principe de l’existence.’ »

Rabbi Judah Ha Levi (qui naquit vers 1120), dans sa description critique de ce traité, écrivait : « Le Sepher Yetsirah nous enseigne l’existence d’un Unique Pouvoir Divin en nous démontrant que dans la variété et la multiplicité il y a Unité et Harmonie, et qu’une telle concorde universelle ne peut provenir que du règne d’une Unité Suprême ».

Selon Isaac Myer dans sa Qabbalah (p.159), allusion est faite au Sepher Yetsirah dans les écrits d’Ibn Gebirol de Cordoue, communément appelé Avicebron, qui mourut en 1070 de notre ère.

Eliphas Levi, le célèbre occultiste français, écrivit du Sepher Yetsirah, dans son Histoire de la Magie, p.54 :

« Le Zohar est une source d’illumination, le Sepher Yetsirah est une échelle formée de vérités. En lui sont expliqués les 32 signes absolus des sons, nombres et lettres : chaque lettre reproduit un nombre, une idée et une forme ; afin que les mathématiques soient à même de fournir des applications aux idées et aux formes non moins rigoureuses qu’aux nombres, par une exacte proportion et une correspondance parfaite. Par la science du Sepher Yetsirah l’esprit humain est fixé sur la vérité, et la raison, et il est capable de prendre en compte les développements possibles de l’intelligence par les évolutions des nombres. Le Zohar représente la vérité absolue, & le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l’atteindre, de se l’approprier et de l’utiliser ».

À un autre endroit, Eliphas Levi écrit :

« Le Sepher Yetsirah & l’Apocalypsesont les chefs-d’œuvre de l’Occultisme ; ils contiennent plus de sagesse que de mots ; leur expression est tout aussi figurative et poétique, et en même temps aussi exacte que les mathématiques ».

Dans le volume titré La Kabbale de l’éminent universitaire Adolphe Franck, il y a un chapitre sur le Sepher Yetsirah. Il écrit ce qui suit :

« Le Livre de la Formation contient, je ne dirais pas un système physique, mais une cosmologie qui a pu être conçue à une époque et dans un pays habitué à expliquer tous les phénomènes par une action directe de la Cause Première [...] Sa forme est simple et grave; il ne s’y trouve aucune démonstration ou argument, mais il consiste plutôt en une série d’aphorismes, soigneusement groupés et qui ont tous la concision des plus anciens oracles ».

Dans son analyse du Sepher Yetsirah, il ajoute :

« Le Livre de la Formation, même s’il n’est pas très volumineux, et s’il ne nous élève pas non plus vers les régions les plus hautes de la pensée, nous offre cependant un composition très homogène & d’une rare originalité. Les nuages que l’imagination du commentateur ont réuni autour de lui, seront dissipés, si nous y cherchons, non pas les mystères de l’ineffable sagesse, mais un essai de doctrine raisonnée, construite sur l’entendement, un effort pour comprendre le plan de l’univers et cerner le lien entre le principe commun et tous les éléments qui sont autour de nous ».

« Le dernier mot de ce système est la substitution de l’Unité divine absolue à toute idée de Dualisme, contre cette philosophie païenne qui voyait dans la matière une substance éternelle dont les lois n’étaient pas en accord avec la Volonté Divine, et contre la Doctrine biblique, qui par l’idée de Création postule deux choses, l’Univers et Dieu en tant que deux substances absolument distinctes l’une de l’autre ».

« En fait, dans le Sepher Yetsirah, Dieu considéré comme Infini et conséquemment Être indéfinissable, étendu en toutes choses par son pouvoir et son existence, bien qu’au-dessus d’eux, n’est pas en-dehors des nombres, sons et lettres – les principes et lois générales que nous reconnaissons ».

« Chaque élément a sa source dans une forme plus élevée, et toutes les choses ont leur origine commune dans le Verbe (Logos), le Saint Esprit… Ainsi Dieu est à la fois, dans le sens le plus élevé, la matière et la forme de l’univers. Bien qu’Il ne soit pas seulement cette forme : car rien ne peut exister ou existe en dehors de Lui ; Sa substance est le fondement de tout, et toutes choses portent Son empreinte et sont des symboles de Son Intelligence ».

La tradition hébraïque accorde aux parties les plus anciennes parties du Zohar une date antérieure à la construction du Second Temple, mais Rabbi Siméon bar Yochaï, qui a vécu sous le règne de l’empereur Titus vers 70-80 de notre ère, est considéré comme l’auteur de ces écrits & Rabbi Moïse de Léon, de Guadalaxara en Espagne, qui est mort en 1305, a certainement reproduit et publié le Zohar.

Ginsburg, parlant des doctrines zohariques de l’ « Aïn Soph », dit qu’elles étaient inconnues jusqu’au 13è siècle ; il ne nie pas l’antériorité du Sepher Yetsirah mais dans celui-ci, il n’est pas question de l’Aïn Soph Aur ni de l’Aïn Soph. Je pense cependant que cette omission n’est pas la preuve que la doctrine de l’Aïn Soph Aur et de l’Aïn Soph n’existaient pas encore, car il est raisonnable de supposer que le Sepher Yetsirah est un volume assigné au Monde Yetziratique, le troisième des Mondes kabbalistiques de l’Émanation, alors que le Ash Metzareph concerne le Monde d’Assiya, le quatrième ou Monde le plus bas des Coques, et est un traité d’alchimie ; quant au Sepher DiTzedioutha, il peut être considéré comme une Oeuvre Atziluthique, traitant des Emanations de la Déité ; et il existe sans doute une quatrième œuvre assignée au Monde de Briah, mais je n’ai pas été capable de l’identifier. Le Talmud babylonien et le Talmud de Jérusalem se réfèrent tous deux au Sepher Yetsirah. Leur traité Sanhedrin mentionne très certainement le Livre de la Formation ainsi qu’une œuvre similaire ; et Rashi dans son commentaire sur le traité Erubin considère cela comme une donnée historique fiable.

D’autres indices historiques sont donnés par Saadya Gaon, qui mourut en 940, et Judah Ha Levi, 1150 de notre ère ; tous les deux en ont parlé comme d’une œuvre ancienne. Quelques critiques modernes l’ont attribué à Rabbi Akiba qui a vécu au temps de l’empereur Hadrien, vers 120 de notre ère et qui a perdu la vie en prenant fait et cause pour la faux messie Barchocheba ; d’autres suggèrent qu’il a été écrit vers 200 de notre ère. Graetz cependant l’attribue aux temps gnostiques, vers le troisième ou quatrième siècle de notre ère, et Zunz en parle comme d’une œuvre post Talmudique appartenant à la période Géonim, vers 700-800 de notre ère ; Rubinsohn, dans sa Bibliotheca Sacra, en parle comme n’étant que de simples idées sans aucun fondement.

Les Talmuds ont été collectés en un ensemble cohérent et imprimés à Venise vers 1520.

Le Zohar a été imprimé à Mantoue en 1558; puis à Crémone en 1560 et à Lublin en 1623 ; une quatrième édition par Knorr von Rosenroth à Sulzbach en 1684. Certaines parties ne sont pas aussi anciennes car les Croisades sont mentionnées dans un chapitre.

Six éditions hébraïques du Sepher Yetsirah ont été collectées et imprimées à Lemberg en 1680. La plus ancienne de ces six était celle de Saadyah Gaon. Il existe encore trois versions latines, celle de Guillaume Postel, celle de Johann Pistorius & une troisième par Johannes Stephanus Rittangelius. Cette dernière offre à la fois la version hébraïque et la version latine et aussi les « Trente-deux sentiers » en supplément.

Il existe une traduction allemande par Johann Friedrich von Meyer, datée de 1830 ; une version d’Isidor Kalish dans laquelle il a reproduit de nombreuses annotations de grande valeur de Meyer ; une édition en français par Papus, de 1888 ; une édition en français par Mayer Lambert de 18911, avec les commentaires arabes de Saadyah Gaon ; et une édition anglaise par Peter Davidson de 1896, laquelle est suivie des « 50 Portes de l’Intelligence » et les « 32 Sentiers de la Sagesse ».

L’édition que j’en propose aujourd’hui est celle des anciens codex hébreux traduits en anglais et complétés par les versions latines de Pistorius, Postellus et Rittangelius, en suivant ce dernier plutôt que les anciens commentateurs.

Les étudiants peuvent se référer à la Bibliotheca magna Rabbinica de Bartoloccio de Cellerio, Rome, 1678-1692, à Basnage, Histoire des Juifs, 1708 et à la Doctrine et Littérature de la Kabbale de A.E. Waite. J’ai également examiné de manière superficielle les copies suivantes du Sepher Yetsirah en hébreu :

1. Une version par Saadiah, Ab. ben David, et trois autres, Mantoue, 1562, 4to.

2. Une version accompagnée du commentaire de Rabbi Abraham F. Dior, Amsterdam, 1642, 4to.

3. Une version incluant la préface de M. ben J. Chagiz, Amsterdam, 1713, 16mo.

4. Une version de Constantinople, 1719.

5. Une version Zolkiew, 1745, 4to.

6. Une version de Moïse ben Jacob, Zozec, 1779, 4to.

7. Une version Grodno, 1806, 4to.

8. Une version Dyhernfurth, 1812, 8vo.

9. Une version Salonica, 1831, 8vo.

10. Une copie MS. Datée de 1719, du British Museum.

J’ajoute ici les titres complets des trois versions latines que l’on trouve à la Bibliothèque du British Museum :

Abrahami Patriarchae Liber Jezirah sive Formationis Mundi, Patribus quidem Abrahami tempora praecedentibus revelatus, sed ab ipso etiam Abrahamo expositus Isaaco, et per pro prophetarum manus posteritati conservatus, ipsis autem 72 Mosis auditoribus in secundo divinae veritatis loco, hoc est in ratione, quoe est posterior authoritate, habitus. Parisiis, 1552.

Gulielmus Postellus : Id est Liber Jezirah, qui Abrahamo, Patriarchae adscribitur, una cum Commentario Rabbi Abraham F.D. super 32 semitis Sapientiae, a quibus Liber Jezirah incipit: Translatus et notis illustratus a Joanne Stephano Rittangelio, Ling. Orient. in Elect. Acad. Regiomontana Prof. Extraord, Amstelodami, 1642.

Dans l’ouvrage de Tomas Primus Artis Cabalisticae hoc est reconditae theologiae et philosophiae scriptorum, Basileae 1587, on trouve le Liber de Creatione Cabalistinis, Hebraice Sepher Jezira ; Authore Abrahamo. Successive filiis ore traditus. Hinc jam rebus Israel inclinatis ne deficeret per sapientes Hierusalem arcanis et profundissimis sensibus literis commendatus. Johannes Pistorius.

Le Sepher Yetsirah comprend 6 chapitres et 33 paragraphes distribués de cette manière : le premier chapitre en compte 12 puis les autres 5, 5, 4, 3 et 4.

Dans quelques versions les paragraphes ou sujets sont arrangés de manière différente. Le plus ancien titre porte, en outre, les mots « Les Lettres de notre Père Abraham » ou « Écrits par le patriarche Abraham » et l’on en parle comme tel dans nombre d’ouvrages d’autorités médiévales, mais cette origine est sans aucun doute fabuleuse, bien que peut-être moins improbable que l’auteur du Livre d’Enoch, mentionné par Saint Jude, dont deux copies manuscrites en langue éthiopienne furent sauvées des sauvages d’Abyssinie en 1773 par le grand voyageur James Bruce.

En essence cette œuvre fut, sans aucun doute, la cristallisation par un auteur de siècles de traditions et il a été régulièrement complété par d’autres auteurs qui l’ont également revus. En ce qui concerne quelques-unes de ces additions qui furent rejetées par les étudiants médiévaux, je ne les ai pas incorporées dans le texte, préférant présenter dans ce volume uniquement le texte occulte original, sur lequel de grandes autorités hébraïques, allemandes, jésuites etc. ont écrit de longs commentaires, mais sans parvenir à l’expliquer de manière satisfaisante. Kalisch, parlant de ces commentaires, dit :

« ils ne contiennent rien de plus qu’un ensemble d’explications arbitraires et de distorsions sophistiquées des versets, des notions astrologiques, des superstitions orientales, un jargon métaphysique, de mauvaises connaissances de la physique, et aucune élucidation correcte de cet ancien livre ».

Kalisch, cependant, n’était pas un occultiste ; ces commentaires sont si étendus qu’ils demandent des années d’études, et je n’ai aucune hésitation à confesser que mes recherches à ce sujet n’ont été que superficielles.

Ce travail a été lu comme Conférence devant l’Hermetic Society de Londres, et le docteur Anna Kingsford, son président, au printemps 1886.

Source : http://www.esoblogs.net/5289/sepher-yetzirah-introduction-de-wynn-westcott/

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Le Sefer Yetsirah – L’Arbre de Vie

Publié le 25 Janvier 2013 par X dans Kabbale

Le Sefer Yetsirah ou le livre de la Formation est un des plus anciens traités rabbiniques de philosophie Kabbalistique qui nous soit parvenu. Ce manuel philosophique traite de l'origine de l'univers et de l'humanité.

Il est important de préciser que la langue hébraïque associe des lettres et des nombres : chaque lettre suggérant un nombre et chaque groupe de lettres possède une signification numérique vitale. Le principe de renversement des lettres et de leur substitution par d'autres lettres selon des combinaisons préalablement définies est également utilisé.

D’après, le Sepher Yetzirah, l'esprit humain est fixé sur la vérité et sur la raison tout en étant capable de prendre en compte les développements de l'intelligence par des nombres. Le Zohar représente la vérité absolue et le Sepher Yetsirah fournit les moyens de l'atteindre et de l'utiliser.

Les dix sefirots (Sephiroth ) sont les dix nombres primordiaux. Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter (numération – numérologie). Le terme sefirot signifie qu'il ne s'agit pas de nombres ordinaires mais de « nombres principes» identifiés comme étant les dix dimensions infinies du cosmos, à savoir les six dimensions de l'espace, les deux du temps et celles du bien et du mal.

Les sefirots servent à décrire la naissance du monde. La première sefira est le pneuma divin. De celui-ci sort la seconde sefira, l'air… De l'air sont issus l'eau et le feu. Les 6 dernières sefirot représentent les six directions dans l'espace. Elles sont scellées au moyen de 6 permutations du grand nom de dieu YHW.

Le Sefer Yetsirah nous apprend que « le réel » est constitué par la combinaison des 22 lettres hébraïques, générant les 231 combinaisons binaires, à l'origine de la création du monde.

Le premier groupe de lettres est composé des trois consonnes mères aleph, mem, shin.

Le second groupe est composé des sept consonnes doubles. Elles représentent les sept planètes du cosmos, les sept jours de la semaine ainsi que les sept orifices de la tête de l'homme.

Le dernier groupe est celui des douze consonnes simples placées en rapport avec les douze manifestations psychosomatiques qui se déroulent chez l'homme ainsi qu'avec les douze organes principaux. Elles représentent les douze mois de l'année.

La structure de l'Arbre de Vie

L’Arbre de Vie de la Kabbale représente symboliquement les Lois de l'Univers. Ce schéma est formé de 4 mondes, 10 centres énergétiques (ou numérations appelées Sephiroth), 3 voiles d’existence négative non manifestée, 3 piliers et 22 sentiers. Cet ensemble forme les 32 voies de la Sagesse.

Les 4 mondes sont :
ATZILUTH : l'Emanation (les archétypes, les concepts, le mental abstrait),
BRIAH : la Création (le mental concret, les formes pensées),
YETSIRAH : la Formation (les émotions, les sentiments, l'astral),
ASIAH : l'Action (la cristallisation).

D'abord, Kether, Hokmah et Binah, les trois Sephirah originelles.
Ensuite, Chesed, Geburah et Tipheret, les trois Sephiroth réellement créatrices.
Après Netzah, Hod et Yesod,
Et pour terminer Malkut.
On observe ainsi quatre "groupes" de Sephiroth, que l'on a appelés Mondes ou Olanim (singulier Olam) :

Olam Ha'Atziluth, le monde de l'émanation, il regroupe Kether, Hokmah et Binah. C'est le monde le plus proche de l'essence divine, du grand Tout, de l'Unique. Atziluth est le monde du divin, de l'étincelle de vie originelle. Toutefois, comme chaque Sephirah est présente dans toutes les autres, Aztiluth n'est pas seulement présent dans Kether, Hokmah et Binah, mais également dans les sept autres Sephiroth. Cette "parcelle" évoquera toujours ce principe de l'émanation originelle des Sephiroth ainsi que leurs rôles dans la création de l'univers. La couleur associée à ce monde est le blanc.

Olam Ha'Briah, le monde de la création, il regroupe Chesed, Geburah et Tipheret. C'est le monde qui a initié réellement l'univers, après la séparation de Daath. Les créatures de ce monde sont les Archanges. Ce monde de l'esprit, de l'élévation intellectuelle est associé à la couleur bleue du ciel. Son élément est l'air de l'élévation spirituelle.

Olam Ha'Yetzirah, le monde de la formation, il regroupe Netzah, Hod et Yesod. C'est le monde qui a vu la concrétisation de la formation de Malkut qui en est directement émanée. Les créatures sont généralement des exécutrices de la volonté d'entités supérieures formés d'anges de puissance modérée. C’est l'ultime étape avant la formation de la Terre, et donc chaque Sephirah est associée à une planète de notre univers, la Terre étant bien sûr postérieure aux autres corps célestes. C’est aussi le monde de l'émotion, de la psyché. La couleur qui lui est associé est le violet. On lui attribue également une correspondance avec l'élément eau, la source qui nourrit le monde.

Olam Ha'Assiah, le monde de l'action, ne comporte que Malkut, la Sephirah finale. Les créatures de ce monde sont des serviteurs. C’est le monde du corps, le plus terre à terre, c'est le monde matériel. Sa couleur associée est le rouge du sang, le rouge de la terre.

Les 10 Sephiroth sont :

KETHER : la Volonté, la Couronne (représenté par le Svastika),
HOCHMAH (ou CHOKMAH) : l'Amour Sagesse (représenté par le phallus),
BINAH : l'Intelligence et la Compréhension (représenté par la coupe),
HESED (ou CHESED) : la Miséricorde et la Grâce (représenté par le bâton),
GEBURAH : la Justice et la Rigueur (représenté par l'épée),
TIPHERETH : la Beauté (représenté par la croix),
NETSAH (ou NETZACH) : la Victoire (représenté par la rose),
HOD : la Gloire (représenté par Hermès),
YESOD : le Fondement (représenté par le miroir),
MALKUTH : le Royaume (représenté par la croix aux bras égaux).

Les 3 voiles d’existence négative non manifestée sont :

AIN : la Négation,
AIN SOPH : l'Illimité,
AIN SOPH AUR : la Lumière.

Les 3 piliers ou colonnes sont :

la Miséricorde (à droite, positif, masculin) gouverné par la lettre "schin",
la Rigueur (à gauche, négatif, féminin) gouverné par la lettre "mem",
l'Equilibre (au centre, neutre) gouverné par la lettre "aleph".

  • Le pilier de la miséricorde (placé à droite appelé Yachin) comporte les Sephiroth de l'aspect masculin, les aspects positifs, à savoir Hokmah, Chesed et Netzah. Il est associé à tout ce qui insuffle la vie et pousse à son développement. Il est souvent représenté comme une colonne de couleur blanche.
  • Le pilier de la rigueur (placé à gauche appelé Boaz) comporte les Sephiroth réceptacles teintées de l'aspect féminin, les aspects négatifs car ils tendent à restreindre les actions de la Force : Binah, Geburah et Hod. Ce pilier est associé à tout ce qui contient, résorbe et confine la vie afin de mieux la contrôler. Il est souvent représenté comme une colonne de couleur noire. On l'appelle aussi parfois pilier de la sévérité, ou de la Forme en tant que forme du moule dans lequel tout vient s'inscrire.
  • Le pilier de l'équilibre (placé au centre) représente le devenir théorique de tout être humain. Ce pilier comporte les Sephiroth qui se trouvent marquées d'une union équilibrée entre les deux principes, à savoir Malkut, notre monde, Yesod, la porte vers les sphères plus hautes, Tipheret, l'enfant divin de Chesed et Geburah, et enfin Kether, la Sephirah de l'illumination, parfait équilibre entre ces deux principes qu'elle a elle-même engendrés.

Une dernière structure kabbalistique que l’on nomme également les Mondes peut être établie en sachant que chaque Monde contient l'Arbre de Vie en entier et possède son humeur ainsi que toutes ses créatures :

  • Sohar, le Monde Parfait. Sohar est un monde où tout est structure, code à respecter, interdit à observer. Les créatures de ce monde sont très pointilleuses sur les principes, sur les rituels répétitifs et rigoureusement codifiés.
  • Zakaï, le Monde Pur. Zakaï est un monde où la nature de l'univers s'exprime dans sa plus grande pureté. Ainsi, les créatures de ce monde sont souvent très proches de la préservation, de la pureté élémentaire, des chevaliers luttant pour l'honneur, pour restaurer l'intégrité de tout.
  • Pachad, le Monde de l'Apocalypse. C’est un monde en perpétuel mouvement soumis au cycle des changements. Les lieux sont souvent d'une grande beauté, mais cette beauté n'est jamais que temporaire, et laisse souvent la place à la dissolution, à la pourriture, avant que de ce terreau fertile ne renaissent à nouveau en de sublimes paysages. Les créatures de ce monde sont souvent les ouvrières d’un renouveau permanent avec une humeur changeante, difficiles à cerner. Ils oeuvrent en général en accord avec les cycles de la nature, qu'il s'agisse de cycles ascendants, créateurs, ou de cycles descendants, destructeurs.
  • Meborack, le Monde de l'Equilibre. C’est un monde constitué de subtiles nuances savamment dosées où toute chose est le résultat de mélanges harmonieux. Les paysages de ce monde sont d’une très grande beauté. Les créatures de ce monde sont toujours soucieuses de cet équilibre attaché au pilier central de l'Arbre de Vie et elles cherchent à rétablir l'harmonie (la perfection) en toute chose.
  • Aresh, le Monde de l'Adversité. C’est un monde où tout n'est que bataille et furie. Les cinq éléments s'y livrent une guerre qui dure depuis l'aube des temps, et toutes les créatures sont destinées au combat, des combattants redoutables, emportés, qui recherchent dans cette voie le dépassement de soi par l'adversité. Leur but est l'anéantissement de l'adversaire à travers les épreuves, tant physiques que spirituelles.

L'Arbre de Vie présente donc une structure géométrique. Quatre cercles représentant les quatre Olanim s'intersectent les uns avec les autres tout en restant centrés sur un axe vertical entouré de deux autres axes, ces trois segments représentant les trois piliers. A une double structure de Sephiroth, réparties sur trois piliers, et de Mondes (Sohar, Zakaï, Pachad, Meborack et Aresh), vient s'ajouter la structure des Olanim, présents dans chacune des Sephiroth, mais dominants dans certaines d'entre elles quel que soit le regroupement que l'on ait choisi d'adopter.

Source : http://users.swing.be/nombre/Kabbale/arbre_de_vie_kabbale.htm

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Sepher Yetzirah – Version Gra : livre de la formation

Publié le 25 Janvier 2013 par Mayer Lambert dans Kabbale

Chapitre Premier

I. Par trente-deux voies mystérieuses de sagesse, Yah, l’Éternel tzevaot, le Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout puissant, élevé et sublime, habitant l’Éternité et dont le nom est saint, a tracé et créé son monde, sous trois formes : dans l’écriture, le nombre et la parole.

Ce sont dix nombres primordiaux [1], vingt-deux lettres fondamentales, dont trois principales, sept doubles et douze simples.

2. Dix nombres primordiaux selon le nombre des dix doigts, dont cinq sont en face de cinq. Et la personne de l’Unique est juste au milieu, par la parole, la langue et la bouche. Ils correspondent aux dix infinis : profondeur du commencement et profondeur de la fin, profondeur du bien et profondeur du mal, profondeur du haut et profondeur du bas, profondeur de l’orient et profondeur de l’occident, profondeur du nord et profondeur du sud. Et un maître unique, Dieu, roi fidèle, les domine toutes du séjour de sa sainteté et jusque dans l’éternité des éternités.

3. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales : alef mem, chin ; elles correspondent au plateau du mérite, au plateau du démérite et à la balance de la loi qui met l’équilibre entre eux.

Sept doubles, bet, guimel, dalet, kaf pé, rech, taw, qui correspondent à la vie, la paix, la sagesse, la richesse, la postérité, la faveur, la domination.

Douze simples, hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ’ayin, tzadi, qôf qui correspondent à la vue, l’ouïe, l’odorat, la parole, la nutrition, la cohabitation, l’action, la marche, la colère, le rire, la pensée et le sommeil.

4. Par lesquelles Yah, Éternel tzevaot, Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, élevé, sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé trois pères et leurs postérités [2], sept conquérants et leurs légions [3], douze arêtes du cube. La preuve de la chose est [donnée par] des témoins dignes de foi, le monde, l’année et la personne, qui ont la règle des dix, trois, sept et douze ; leurs préposés sont le dragon, la sphère et le cœur.

Deuxième chapitre

I. Dix nombres primordiaux, dix et non neuf, dix et non onze.Comprends avec sagesse, et sois sage avec intelligence ; examine-les et sonde-les. Sache, pense, imagine ; établis la chose dans son évidence et établis le créateur à sa place. Les nombres correspondent à dix infinis ; quand on les aperçoit, ils ressemblent à l’éclair, et, à la fin, ils vont à l’infini ; on a dit d’eux qu’ils s’élancent et reviennent, sur l’ordre de Dieu, qu’ils se précipitent comme un ouragan, et qu’ils se prosternent devant son trône [4].

2. Vingt-deux lettres fondamentales. Trois principales, sept doubles et douze simples.

Les trois principales sont alef mem, chin. Mystère important, caché, merveilleux et éclatant, d’où sortent le feu, l’air et l’eau, d’où tout a été créé.

3. Sept doubles : bet, guimel, dalet, kaf, pé, rech, taw. Sept et non six, sept et non huit, six côtés dans les six directions, et !le temple placé juste au milieu – l’Éternel soit béni de son endroit ! Il est l’endroit du monde et le monde n’est pas son endroit.

4. Douze simples, douze et non onze, douze et non treize. Douze arêtes des angles, se divisant dans les directions, séparant les différents côtés : arête est-nord, arête est-haut, arête est-bas, arête nord-ouest, arête nord-haut, arête nord, bas, arête ouest-sud, arête ouest-haut, arête ouest-bas, arête sud-est, arête sud-haut, arête sud-bas.

5. Par lesquelles Yah, l’Éternel tzevaot, Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, noble et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé vingt-deux lettres, fixées à la sphère ; la sphère tourne devant derrière, derrière devant.

Signe de la chose : rien ne dépasse en bien les délices, et rien ne dépasse en mal la plaie.

6. La preuve de la chose estdonnée par des témoins dignes de foi : le monde, l’année et la personne.

Le monde se compte par dix : les trois sont le feu, l’air et l’eau ; les sept sont les sept planètes ; les douze sont les douze signes du zodiaque.

L’année se compte par dix : les trois sont l’hiver, l’été et la demi-saison ; les sept sont les sept jours de la création ; les douze sont les douze mois.

La personne se compte par dix : trois sont la tête, le tronc et le ventre ; les sept sont les sept ouvertures ; les douze sont les douze organes directeurs.

Troisième chapitre

I. Dix nombres fermés.

Ferme ta bouche pour ne pas parler, ferme ton cœur pour ne pas penser, et si ton cœur s’élance, retourne vers l’Endroit, car il est dit ainsi : Ils courent et reviennent. Fixe leur fin dans leur commencement et leur commencement dans leur fin, comme une flamme fixée à un charbon [5]. Sache, pense et imagine que le Créateur est Un et qu’il n’y en a pas en dehors de Lui, et, devant l’unité, que comptes-tu ?

2. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales, sept doubles, douze simples.

Trois principales, alef, mem, chin. Le feu, l’air et l’eau. L’origine du ciel-est le feu, l’origine de l’atmosphère est l’air, l’origine de la terre est l’eau : le feu monte, l’eau descend et l’air est la règle qui met l’équilibre entre eux ; le mem est grave, le chin est aigu, l’alef est intermédiaire entre eux. Alef mem-chin est scellé de six sceaux et enveloppé dans le mâle et la femelle [6]. Sache, pense et imagine que le feu supporte l’eau.

3. Sept doubles : b, g, d, k, p, r, t, qui sont usitées avec deux prononciations : bet, vet ; guimel, ghimel ; dalet, dhalet ; kaf, khaf ; pé, fé ; rech, rhech ; taw, thaw : l’une douce, l’autre dure, à l’instar du fort et du faible. Les doubles représentent des contraires. Le contraire de la vie, c’est la mort ; le contraire de la paix, c’est le malheur ; le contraire de la sagesse, c’est la sottise ; le contraire de la richesse, c’est la pauvreté ; le contraire de la culture, c’est le désert ; le contraire de la grâce, c’est la laideur ; le contraire du pouvoir, c’est la servitude.

4. Douze lettres simples : hé, waw, zayin, ket, tet, yod, lamed, nun, samekh, ayin, tzadi, qof Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et permutées. Comment les a-t- Il multipliées ? Deux pierres bâtissent deux maisons, trois bâtissent six maisons, quatre bâtissent vingt-quatre maisons, cinq bâtissent cent vingt maisons, six bâtissent sept cent vingt maisons, sept bâtissent cinq mille quarante maisons. À partir de là, va et compte ce que ta bouche ne peut exprimer, ce que ton oreille ne peut entendre.

5. Par lesquelles Yah, l’Éternel tzevaot, le Dieu d’Israël, Dieu vivant, Seigneur tout-puissant, élevé et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint a tracé le monde. YaH se compose de deux lettres, YHVH de quatre lettres ; Tzevaot : Il est comme un signe dans son armée ; Dieu d1sraël : Israël est un prince devant Dieu ; Dieu vivant : trois chosesont appelées vivantes : Dieu vivant, eau vive, et arbre de la vie ; El : fort ; Chadday : jusque-là, Il suffit ; Élevé : car Il réside dans la hauteur du monde, et est au-dessus de tous les êtres élevés ; Sublime : car Il porte et soutient le haut et Je bas ; tandis que les porteurs sont en bas et leur charge en haut, Lui est en haut et Il porte en bas ; Il porte et soutient le monde entier ; Habitant l’éternité : car son règne est éternel et ininterrompu ; Son nom est saint : car Lui et ses serviteurs sont saints et ils Lui disent chaque jour : Saint, Saint, Saint.

6. La preuve de la chose est fournie par des témoins dignes de foi : le monde, l’année, l’âme. Les douze sont en bas, les sept au-dessus d’eux et les trois au-dessus des sept. Des trois, Il a formé son sanctuaire et tous sont attachés à l’Un. Signe de l’Un qui n’a pas de second, roi unique dans son monde, qui est un et dont le nom est un.

Quatrième Chapitre

I. Dix nombres primordiaux.

Premièrement : l’esprit du Dieu vivant, vie du monde, dont le trône est affermi de toute éternité. Son nom est loué et béni toujours et éternellement. C’est là l’esprit saint.

2. Deuxièmement : Il a tracé un air d’un autre air, Il a taillé les quatre côtés du ciel : l’orient, l’occident, le nord et le sud, et il y a un vent de chaque côté.

3. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales, sept doubles et douze simples ; lettres taillées dans l’air, tracées par la voix, fixées dans la bouche en cinq endroits : alef, hé, het, ’ayin ; bet, waw, mem, pé ; guimel, yod, kaf, qof ; dalet, tet, lamed, nun, taw ; zayin ; samekh, tzadi, rech, chin.

Les gutturales se prononcent avec la fin de la langue, les linguales vers le milieu de la langue en se prononçant avec la voyelle, les sifflantes entre les dents et avec la langue inerte.

4. Les vingt-deux lettres, Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et interverties, et Il en a formé toutes les créatures et tout ce qui sera créé. Et de quelle façon les a-t-Il multipliées ? L’alef avec toutes et toutes avec l’alef, le bet avec toutes et toutes avec le bet, le guimel avec toutes et toutes avec le guimel ; toutes tournent en cercle. Il se trouve qu’elles sortent par deux cent trente et une portes. Il se trouve que toutes les paroles sortent sous un même nom.

5. Il a formé du néant le, réel. Il a fait exister ce qui n’était pas. Il a taillé de grandes colonnes d’un souffle insaisissable.

6. Troisièmement : Il a créé l’eau de l’air ; Il a tracé et taillé avec elle le tohu et le bohu, le limon et l’argile, Il en a fait comme une sorte de parterre, Il les a taillés en une sorte de mur, Il les a couverts comme une sorte de toiture ; Il a fait couler l’eau dessus, et cela est devenu la terre, comme il est écrit : Car à la neige Il dit : Sois de la terre ! Job 37:6).

Tohu, c’est la ligne verte qui entoure le monde entier, bohu ce sont les pierres trouées et enfoncées dans l’océan, d’où sort l’eau, comme il est dit : Il étendra sur elle la ligne de tohu et les pierres de bohu (Is. 34:n).

7. Quatrièmement : le feu de l’eau. Il a tracé et taillé avec lui le trône de gloire et toute la légion céleste, comme il est écrit : Il fait des vents ses messagers et ses serviteurs de feu flamboyant (Ps. 104:4).

8. Cinquièmement : Il a choisi trois lettres simples et les a fixées avec son grand nom et a scellé avec elles les six côtés.

Il a scellé le haut, il s’est tourné en haut et l’a scellé avec yod, hé, waw.

Sixièmement : Il a scellé le bas. Il s’est tourné en bas et l’a scellé yod, waw, hé.

Septièmement : Il a scellé l’orient. Il s’est tourné devant lui et Ill’ a scellé avec hé, waw, yod.

Huitièmement : Il a scellé l’occident. Il s’est tourné derrière lui, et l’a scellé avec hé, yod, waw.

Neuvièmement : Il a scellé le midi. Il s’est tourné à droite et l’a scellé avec waw, yod, hé.

Dixièmement : Il a scellé le nord. Il s’est tourné à gauche et l’a scellé avec waw, hé, yod.

Voilà les dix nombres primordiaux : 1. l’esprit du Dieu vivant ; 2. l’air [créé] de l’esprit ; 3. l’eau créée de l’air ; 4. le feu [créé] de l’eau ; 5-10 le haut, le bas, l’orient, l’occident, le nord, le sud.

Cinquième Chapitre

I. Il a fait régner l’alef dans l’air, Il lui a attaché une couronne et a combiné une [lettre] avec l’autre, et Il a créé avec lui l’atmosphère dans le monde, la demi-saison dans l’année et le tronc dans la personne : mâle et femelle, mâle avec èmech et la femelle avec acham :

2. Il a fait régner le mem sur l’eau, Il lui a attaché une couronne et Il les a mélangés l’un avec l’autre ; Il a formé avec lui la terre dans le monde, l’hiver dans l’année et le ventre dans la personne.

3. Il a fait régner le chin dans le feu, et Il lui a attaché une couronne et Il les a mêlés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le ciel dans le monde, l’été .dans l’année, la tête dans la personne, mâle et femelle.

De quelle façon les a-t-Il mêlés ? Alef, mem, chin ; alef, chin, mem ; mem, chin, alef ; mem, alef, chin ; chin, alef mem ; chin, mem, alef Le ciel est du feu, l’atmosphère est de l’air, la terre est de l’eau. La tête de l’homme est du feu, son cœur est de l’air, son ventre est de l’eau.

4. Sept lettres doubles, b, g, d, k, p, r, t ; Il les a tracées, taillées, mélangées, équilibrées et permutées ; Il a créé avec elles les planètes, les jours et les ouvertures.

5. Il a fait régner le bet et Il lui a attaché une couronne, et les a combinés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui Saturne dans le monde, le sabbat dans l’année, et la bouche dans la personne.

6. Il a fait régner le guimel, Il lui a attaché une couronne et les a mélangés l’un avec l’autre, Il a créé avec lui Jupiter dans le monde, dimanche dans l’année, l’oeil droit dans la personne.

7. Il a fait régner le dalet, Il lui a attaché une couronne, Il les a mélangés l’un avec l’autre, et Il a créé avec lui Mars dans le monde, le lundi dans l’année et l’œil gauche dans la personne.

8. Il a fait régner le kaf, Il lui a attaché une couronne, et les a mêlés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le soleil dans le monde, le mardi dans l’année, la narine droite dans la personne.

9. Il a fait régner le pé, Il lui a attaché une couronne, Il les a mêlés l’un avec l’autre, et a créé avec lui Vénus dans le monde, le mercredi dans l’année, la narine gauche dans la personne.

10. Il a fait régner le rech, Il lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui Mercure dans le monde, le jeudi dans l’année, l’oreille droite dans la personne.

11. Il a fait régner le taw, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui la Lune dans le monde, le vendredi dans l’année, l’oreille gauche dans la personne.

12. Il a séparé les témoins et les a placés chacun à part, le monde à part ; l’année à part et la personne à part.

Sixième Chapitre

I. Douze simples : hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ’ayin, tzadi, qof Il les a tracées, taillées, multipliées, équilibrées et permutées et Il a créé avec elles les signes du zodiaque, les mois et les organes directeurs : deux agités, deux tranquilles [7], deux délibérants [8], deux gais (qui sont les deux intestins) [9], les deux mains, les deux pieds [10]. Il les a mis comme en lutte et les a rangés comme en bataille. Dieu a fait l’un en face de l’autre.

2. Trois, chacun à part ; sept divisés, trois au-dessus de trois, et l’un, la règle qui met l’équilibre entre eux.

Douze placés en bataille : trois amis, trois ennemis, trois meurtriers et trois résurrecteurs et tous attachés J’un à l’autre.

Signe de la chose : vingt-deux objets et un corps.

3. De quelle façon les a-t-Il multipliées : hé waw, waw hé, zayin, het, bet zayin, tet yod, yod tet, lamed nun, nun lamed, samekh ’ayin, ’ayin samekh, tzadi qof qof tzadi.

4. Il a fait régner le hé, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre, et Il a créé avec lui le Bélier dans le monde, nissan dans l’année et le foie dans la personne.

5. Il a fait régner le waw, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre ; Ha créé avec lui le Taureau dans le monde, iyar dans l’année ; la bile dans la personne.

6. Il a fait régner le zayin, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui les Gémeaux dans le monde, siwan dans l’année et la rate dans la personne.

7. Il a fait régner le het, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Cancer dans le monde, tammuz dans l’année et l’estomac dans la personne.

8. Il a fait régner le tet, lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le Lion dans le monde, av dans l’année, le rein droit dans la personne.

9. Il a fait régner le yod, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui la Vierge dans le monde, èlul dans l’année et le rein gauche dans la personne.

10. Il a fait régner le lamed, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui la Balance dans le monde, tichri dans l’année, l’intestin abstinent dans la personne.

11. Il a fait régner le nun, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre, et Il a créé le Scorpion dans le monde, marbèchwan dans l’année, l’intestin aveugle dans la personne.

12. Il a fait régner le samekh, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Sagittaire dans le monde, kislew dans l’année, la main droite dans la personne.

13. Il a fait régner le ’ayin, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui le Capricorne dans le monde, tévet dans l’année, la main gauche dans la personne.

14. Il a fait régner le tzadi, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et Il a créé avec lui le Verseau dans le monde, chevat dans l’année, le pied droit dans la personne.

15. Il a fait régner le qof lui a attaché une couronne et a créé avec lui les Poissons dans le monde, adar dans l’année et le pied gauche dans la personne.

16. Il a divisé les témoins, les a placés chacun a part, le monde à part, l’année à part et la personne à part.

Septième Chapitre

I. Air, demi-saison, tronc. Terre, hiver, ventre. Ciel, été, tête. Ce sont alef mem, chin.

2. Saturne, samedi, bouche. Jupiter, dimanche, œil droit. Mars, lundi, œil gauche. Soleil, mardi, narine droite. Vénus, mercredi, narine gauche. Mercure, jeudi, oreille droite. Lune, vendredi, oreille gauche.

3. Bélier, nissan, foie. Taureau, iyar, bile. Gémeaux, siwan, rate. Cancer, tammuz, estomac. Lion, av, rein droit. Vierge, elul, rein gauche. Balance, tichri, intestin abstinent. Scorpion, marhèchwan, intestin aveugle. Sagittaire, kislew, main droite. Capricorne, tévet, main gauche. Verseau, chevat, pied droit. Poissons, adar, pied gauche. Ce sont hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ayin, tzadi, qof

Huitième Chapitre

Avec l’alef ont été formés : l’air, l’atmosphère, la demi saison, la poitrine et la règle de l’équilibre (fléau).

Avec le mem ont été formés l’eau, la terre, l’hiver, le ventre et le plateau du démérite.

Avec le chin ont été formés le feu, le ciel, l’été, la tête et le plateau du mérite.

Avec le bet ont été formés Saturne, le Sabbat, la bouche, la vie et la mort.

Avec le guimel ont été formés Jupiter, le dimanche, l’œil droit, la paix et le malheur.

Avec le dalet ont été formés Mars, le lundi, l’œil gauche, la sagesse et la sottise.

Avec le kaf ont été formés le soleil, le mardi, la narine droite, la richesse et la pauvreté.

Avec le pé ont été formés Vénus, le mercredi, la narine gauche, la culture et le désert.

Avec le rech ont été formés Mercure, jeudi, l’oreille droite, la grâce et la laideur.

Avec le. taw ont été formés la Lune, le vendredi, l’oreille gauche, la domination et la servitude..

Avec le bet ont été formés le Bélier, nissan, le foie, la vue et la cécité.

Avec le waw ont été formés le Taureau, iyar, la bile, l’ouïe et la surdité.

Avec le zayin ont été formés les Gémeaux, siwan, la rate, l’odorat et l’absence d’odorat.

Avec le het ont été formés le Cancer, tammuz, l’estomac, la parole et le mutisme.

Avec le tet ont été formés le Lion, av, le rein droit, la déglutition et la faim.

Avec le yod ont été formés la Vierge, èlul, le rein gauche, le commerce sexuel et la castration.

Avec le lamed ont été..formés la Balance, tichri, l’intestin abstinent, l’activité et l’importance.

Avec nun ont été formés le Scorpion, marfèchwan, l’intestin aveugle, la marche et la claudication.

Avec samekh ont été formés le Sagittaire, kislew, la main droite, la colère et l’enlèvement du foie.

Avec ’ayin ont été formés le Capricorne, tévet, la main gauche, le rire et l’enlèvement de la rate.

Avec tzadi ont été formés le Verseau, chevat, le pied droit, la pensée et l’enlèvement du cœur.

Avec le qof ont été formés les Poissons, adar, le pied gauche, le sommeil et la langueur.

Et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Le Dragon dans le monde est comme un roi sur le trône, la sphère dans l’année est comme un roi dans la ville, le cœur dans le corps est comme un roi dans la guerre.

Le résumé de la chose est : Quelques-uns se réunissent avec d’autres, et ceux-ci se réunissent avec ceux-là. Ceux-ci sont opposés à ceux-là, et ceux-là opposés à ceux-ci. Ceux-ci sont le contraire de ceux-là, et ceux-là sont le contraire de ceux-ci. Si ceux-ci ne sont pas, ceux-là ne sont pas ; et si ceux-là ne sont pas, ceux-ci ne sont pas ; et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Trois choses sont au pouvoir de l’homme (les mains, les pieds, les lèvres), trois choses ne sont pas au pouvoir de l’homme (les yeux, les oreilles, les narines).

Il y a trois choses pénibles à entendre : la malédiction, le blasphème et la mauvaise nouvelle.

Il y a trois choses agréables à entendre : la bénédiction, la louange et la bonne nouvelle.

Trois regards sont mauvais : le regard de l’adultère, le regard du voleur et le regard de l’avare.

Trois choses sont agréables à voir : le regard de la pudeur, le regard de la franchise et le regard de la générosité.

Trois odeurs sont mauvaises : l’odeur de l’air corrompu, l’odeur d’un vent lourd et l’odeur des poisons.

Trois odeurs sont bonnes : l’odeur des épices, l’odeur des festins et l’odeur des aromates.

Trois choses sont mauvaises pour la langue : le bavardage, la calomnie et l’hypocrisie. Trois choses sont bonnes pour la langue : le silence, la réserve et la sincérité. Et lorsque Abraham notre père l’eut compris, qu’il imagina, combina, scruta et pensa, et que cela lui réussit, Dieu se révéla à lui et lui appliqua le verset : Avant que Je t’aie formé dans le sein [maternel], Je t’ai connu, et avant que tu sois sorti de la matrice, Je t’ai sanctifié, Je t’ai placé comme prophète parmi les nations Jér. 1:5) : Dieu fit d’Abraham son ami et contracta une alliance avec lui et avec sa postérité.

Notes :

1. Belima qui nous paraît signifier, dans la pensée de l’auteur, tiré de rien est considéré comme la clé de voûte du monde, puisque le monde y est suspendu (cf. Job 26 :7).

2. L’air, l’eau, le feu et ce qui en dérive.

3. Les planètes et les étoiles.

4. Les anges sont les nombres, qui ne sont presque rien au début, et qui s’étendent ensuite à l’infini.

5. L’auteur veut sans doute dire que si les nombres sont infinis pour nous, ils ne le sont pas pour Dieu.

7. La bile et le foie.

8. La rate et l’estomac.

9. Les reins.

10. D’après Sabbataï Donolo ce serait l’œsophage et le bas-ventre. Il. Chez Donolo : deux ravisseurs (les mains) et deux chasseurs (les pieds).

Traduction française par Mayer Lambert. Version électronique par Spartakus FreeMann.

Source : http://www.kabbale.eu/sepher-yetzirah-version-gra-traduction-mayer-lambert/

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La Théomorphose des dix Sephiroths en Dieux Vaudou

Publié le 24 Janvier 2013 par Saint-John Kauss dans Kabbale

«à France»

«Quiconque opère par la Religion seule, sans le concours des autres vertus, est absorbé et consommé par la Divinité, et ne pourra vivre longtemps. Et quiconque s’approchera sans être purifié, attirera sur lui la condamnation et sera livré à l’Esprit du Mal...»
(H. Cornélius Agrippa)

Par l’étude de la KABBALE, tout initié apprend que la «Tradition» veut qu’à l’Origine, Dieu ait révélé les mystères de cette Science aux Anges qui les ont ensuite transmis aux hommes. Adam, Noé, Abraham et Sarah, parents du peuple juif, ont été les premiers bénéficiaires de cet enseignement supérieur. Et on raconte, jusqu’à aujourd’hui, qu’Abraham a consigné les principaux éléments de cet enseignement secret de Dieu dans un livre, le Sefer Yetsirah (le Livre de la Création ou de la Formation), qu’il devrait transmettre à Isaac, Jacob, puis à Joseph qui n’a pas su divulguer cette Connaissance à son tour. Et c’est ainsi que «la Sagesse secrète» des mystères de Dieu s’est perdue jusqu’à l’époque de Moïse1.

La Kabbale, ainsi définie, désigne «le courant mystique à tendance ésotérique existant au sein du Judaïsme». On la surnomme tour à tour la «Sagesse d’En Haut», la «mathématique sacrée», une «mystique du langage», la «Sagesse secrète», la «Connaissance mystique», et finalement «Ce qui est reçu», c’est-à-dire ce qui est censé venir de Dieu. Plusieurs auteurs Kabbalistes, depuis les années 100, ont mis l’accent sur l’origine de cette «Sagesse secrète», et nous ont imposé d’abord la version du Sefer Yetsirah pour continuer avec celle du Sefer Ha-Zohar, le Livre de la Splendeur2. Et de ce dernier livre, nous apprenons que la «Sagesse secrète» fut révélée non seulement à Moïse sur le mont Sinaï, mais également et avant tout à Adam, au Paradis. En effet, le Zohar rapporte qu’Adam reçut un livre «descendu du Ciel et remis par le Maître des mystères»; ceci revient à dire que le premier homme fut le premier Kabbaliste. Mais, le Sefer Yetsirah (Livre de la Formation), attribué au Patriarche Abram ou Abraham et considéré comme le plus ancien traité kabbalistique de cosmogonie et de cosmologie, établit les trente-deux mystérieux sentiers de Sagesse en dix sephiroth belimah et vingt-deux lettres de fondement3. Les sephiroth, qui nous intéressent ici, sont, pour ainsi dire, l’instrument, les «attributs de la Divinité». Dans l’esprit des Kabbalistes, elles sont en quelque sorte des suppléants, «des essences effectives» qui doivent assurer et corriger l’ordre du monde établi.

LES QUATRE MONDES ET LES DIX SEPHIROTH

C’est par le jeûne, nous dit-on, et des prières répétées que les mystiques juifs et kabbalistes tentent d’effectuer un décollage spirituel en dirigeant leurs âmes à travers les sept demeures célestes, vers le ciel afin qu’elles pénètrent jusqu’au Trône.4 Ainsi donc, l’objectif de la Kabbale est d’atteindre la conscience en mêlant le «moi» au Divin. Et quatre mondes s’offrent à nous et servent à expliquer les concepts et les racines qui alimentent l’existence de l’Arbre hébraïque de vie.1, 5 La présence des dix sephiroth (ou sefirot) est la preuve nette d’une rigoureuse hiérarchie même dans la Maison de Dieu. Mais qui sont les dix sephiroth?

À la Figure I, la sephirah du bas appelée Malkhut (la Royauté) correspond astrologiquement à la Terre. Juste au-dessus se trouve la sephirah Yesod (le Fondement) qui correspond à la Lune. Au-dessus de Yesod, on observe la sephirah Tipheret (Beauté). Elle correspond au Soleil. Les deux sephiroth latérales, situées kabbalistiquement au-dessous du Soleil, sont Netzach et Hod, Victoire et Gloire. La sephirah Hod, à gauche, correspond à Mercure; et Netzach, à droite, à Vénus.

À priori, le trio Terre-Lune-Soleil constitue l’axe vertical de l’Arbre séfirotique, le Soleil central (Tipheret) recevant directement sa propre lumière de Kether (la Couronne). Ainsi donc, les «canaux» séfirotiques distribuent cette lumière à toutes les sephiroth de l’Arbre de vie qui sont, comme nous l’avons déjà mentionné, des attributs de la Divinité.

Les deux sephiroth latérales, placées cette fois-ci au-dessus du Soleil (Tipheret), sont Chesed et Gevurah, Grâce et Jugement. La sephirah Chesed, à droite, correspond à Jupiter; et Gevurah, à gauche, à Mars. Juste au-dessus de Chesed se trouve la sephirah Chokhmah (la Sagesse) qui correspond à Uranus. Au-dessus de Gevurah, on retrouve la sephirah Binah (Intelligence). Elle correspond à Saturne. Puis finalement Kether, la sephirah qui est au-dessus de tout. Elle correspond à la Couronne. Et Jésus, le Christ, l’Essénien, le plus vrai des Initiés, le Grand Mage, Divinité Solaire, se manifeste dans la sixième émanation cosmique, Tipheret.

Sur l’Arbre de vie1, 5, le monde d’ATSILUT qui est le plus élevé des quatre, signifiant Proximité ou Émanation, est «situé à la racine de notre univers métaphysique, spirituel et physique». C’est le monde divin ou céleste. Il rassemble les trois sephiroth supérieures ou sphères d’émanation de l’énergie, et représente la volonté divine. Atsilut est associé à l’élément «Feu» qui représente l’Esprit. C’est le monde de l’énergie divine qui pénètre dans les trois autres mondes et les irradie par un rayonnement le plus souvent invisible, tel l’est celui du laser.

Descendant du premier monde, celui de BERIAH transforme la volonté divine en créativité. Ce monde relie les trois sephiroth supérieures aux sephiroth inférieures de l’Arbre de vie. Situé sur le «tronc» de l’Arbre séfirotique, Beriah, le monde de la Création, «renferme l’énergie qui forme les particules terrestres essentielles des atomes, des éléments et des étoiles». Ceci étant dit, dans Beriah, «l’intellect transforme l’inspiration en pensée créatrice». Si Atsilut est associé à l’élément «Feu», Beriah de son côté, correspond à l’Air.

Dans le troisième monde, YETSIRAH, celui de la Formation, «la création est différenciée en formes uniques, l’émotion et l’ego. Ce monde régule notre vie psychologique et biologique. Yetsirah est l’expression de la différenciation et de l’individuation entre Adam et Ève». Si Beriah, le monde de l’intellect, se concentre sur l’intelligence et la sagesse, Yetsirah, le royaume de l’émotion, embrasse l’équilibre entre la force, la miséricorde et l’expression de la beauté. Il correspond à l’élément «Eau».

Le quatrième monde ou celui d’ASSIYAH comprend l’Action et le royaume du corps. C’est le monde terrestre dans toute sa splendeur et sa complicité. Les mondes supérieurs, sous forme d’énergie, descendent et interagissent avec le royaume d’Assiyah dans un concept «d’accomplissement», selon le principe de «tout ce qui est en bas, est en haut». L’exemple le plus frappant demeure la ressemblance nette entre l’Arbre de vie kabbalistique et la structure de l’ADN (acide désoxyribonucléique), lequel acide est responsable de la transmission des caractères génétiques chez les êtres vivants.

Bref, les sephiroth qui gouvernent le monde d’Assiyah, soit Hod (la Splendeur ou la Réverbération) et Netzach (le Triomphe et l’Éternité), sont unies par Yesod (le Fondement) et reliées aux mondes supérieurs grâce à l’énergie de Tipheret (la Beauté). Elles gouvernent les formes et les interrelations de la vie quotidienne sur Terre (Malkhut, la Royauté).

En résumé, chacun des quatre mondes correspond à un élément: ATSILUT, le Feu; BERIAH, l’Air; YETSIRAH, l’Eau; ASSIYAH, la Terre. Et le Sefer Yetsirah d’évoquer ainsi les quatre éléments:

«Les trois mères de l’Univers sont l’air, l’eau, le feu
Le Ciel fut créé à partir du feu
La Terre fut créée à partir de l’eau
Et l’air du Souffle décide entre eux.»
(Sefer Yetsirah
3, 4)

LES DIX SEPHIROTH ET LES DIEUX VAUDOU

Imaginons un seul instant la substitution des sephiroth (ou sefirot) par les dieux vaudou 1, 5, 6-24. Que les sephiroth qui dominent le monde d’ATSILUT soient remplacées respectivement par Dieu (Neptune), Agoué (Uranus) et par Baron (Saturne); que celles qui gouvernent le monde de BERIAH soient plutôt dénommées Legba (Jupiter), Ogou (Mars) et Damballah (Apollon / Soleil); que celles qui contrôlent le monde de YETSIRAH soient respectivement Fréda (Vénus), Ogou Saint-Jean (Mercure) et Simbi (Lune); que celles qui dominent le monde d’ASSIYAH soient, entre autres, Dantor (Terre). La Figure III qui illustre et évoque, pour la première fois, la possibilité d’une astrokabbalistique correspondance entre le Vaudou et la Kabbale, remet alors en question la possession exclusive d’un Dieu parfait par les Hébreux ou les Juifs. Il est possible que cet enseignement secret des mystères divins ait été dévoilé à ce peuple de l’Ancien Monde par le biais d’Abraham. Mais il n’en demeure pas moins vrai que cette «connaissance mystique et secrète», sous d’autres formes, soit également livrée à d’autres peuples de l’Ancienne Perse, de l’Éthiopie ou de l’Égypte, mais qui n’ont pas su conserver et divulguer ce «Savoir d’En Haut» à leur tour. Il a fallu Moïse, chez les Juifs, pour reprendre le flambeau de cette Connaissance «égarée» depuis Joseph. Et c’est ainsi que la Tradition du peuple «Élu» ou «Choisi» s’est maintenu malgré vents et marées, guerres et génocides à travers les âges.

Les dieux vaudou ont aussi leurs traditions9-24 Les vieilles Histoires des îles et de l’Afrique racontent qu’ils ont été déchus de leur pouvoir dans la Maison Céleste, et rejetés au premier Ciel (Terre) par Dieu lui-même afin de les punir pour avoir pris «trop de contacts», sans ordre et permission du Très Haut. Les Anges ont toujours transmis aux humains des «secrets» qui ont permis, paraît-il, l’évolution du royaume terrestre. Platon, Aristote, Pythagore, Archimède, Copernic, Galilée, Léonard de Vinci, Paracelse, Isaac Newton, Leibnitz, Descartes, Kepler, Ampère, Faraday, Edison, Albert Einstein, etc., ont tous été des grands Kabbalistes, et qui ont probablement reçu la Connaissance secrète des Anges.25-29 En Haïti30, il est courant d’entendre dire que tel écrivain ou politicien a eu son enseignement sous l’eau, c’est-à-dire chez les Anges. Anges rebelles ou pas31-32, ce sont des Anges qui ont inspiré Mahomet, le poète Dante et le monstre littéraire qu’est Victor Hugo. De ce fait, il faut se dire que les Juifs n’ont pas à eux seuls le monopole de l’apprentissage par les Anges. Mais, eux, ils l’ont intégré au sein du Judaïsme; ce qui a permis à ces épopées hébraïques d’évoluer, de façon officielle, à travers la religion judéo-chrétienne.

Mais comment contacter les Anges? Des anciens philosophes hermétiques33-35. ont rédigé de remarquables traités kabbalistiques, lesquels ont été récupérés, de façon magistrale, par les Mages du vaudou. Il a été rapporté que la Kabbale juive fut «violée», et qu’il existe de nos jours «différentes formes de kabbale qui ont évolué à partir de diverses traditions des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles en Europe». La Kabbale chrétienne, entre autres, prôna une lecture catholique des enseignements kabbalistiques du Zohar et d’autres travaux de ce genre. L’introduction de l’autre magie, celle issue du mouvement gnostique hermétique égyptien, a permis une certaine dérivation de la Kabbale juive; ce qui nous force à admettre trois grandes lignées de la Kabbale: juive, chrétienne et égyptienne.

Des personnes «réclamées», c’est-à-dire choisies par les Anges, ont le pouvoir de les contacter à des heures précises du jour ou de la nuit. Ces individus, mi-homme, mi-esprit (loa ou ange), reçurent leurs enseignements sous l’eau, non sur terre des humains, et sont très recherchées, surtout les femmes, dans cette société de consommation. La plupart des «francs-maçons» ne rêvent que de ces femmes aux pouvoirs kabbalistiques à des degrés différents. Les politiciens, les entrepreneurs, les avocats ainsi que les militaires et les médecins choisissent de les avoir pour «femmes ou amies» par mesure de prudence et d’opportunisme, une façon légale comme toute autre d’activer ou d’augmenter leur «force», l’énergie mystique qui les accompagne déjà. D’autres sont rémunérées tout simplement en tant que «devins» ou porteuses de chance et diseuses de bonne aventure. Et c’est ainsi qu’a commencé, entre autres, en Haïti, le commerce de la «Connaissance secrète» par les Prêtres (Hougan) et Prêtresses (Mambo) du Vaudou. Le pays, Haïti, doit réajuster ce «Karma» qu’elle traîne depuis l’arrivée de Colomb et le génocide qui s’ensuivit. Son «Karma» est également lié à la pratique la plus «sombre» qui ne fût jamais faite de la Magie. C’est à ce «Karma» qu’elle doit aujourd’hui les pires horreurs qu’elle a subies et subit encore depuis l’assassinat honteux par les siens de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines.

L’INITIÉ DANS LE VAUDOU HAÏTIEN

Le cheminement de l’Initié, comme l’entend Éliphas Lévi35, est rude et sans appel. Par l’Initiation, celui-ci apprend à «commercer» avec les dieux et, de par ses contacts privilégiés, il a le loisir de rencontrer les «esprits, loas ou anges» sans difficultés. Face à lui-même, l’Initié contrôle et dirige son propre Esprit, lequel corrige et peut guérir le corps de certaines maladies. De ce fait, le rituel de l’Initiation «Kanzo» à l’haïtienne, n’est-il pas proche de celui qui était autrefois pratiqué par les confréries de Déméter, de Dionysos ou de Mithra?36 L’âme de l’Initié 37-38, après la Mort, va demeurer sous l’Eau, vivre dans les eaux inférieures, tout près de Maître Ogou Ossangne, «l’Esprit des grottes de l’Océan où l’Initié vient parfaire la maîtrise de soi». Durant le voyage initiatique (astral), c’est-à-dire lors de l’Initiation mystique dans le «djèvo» (la chambre initiatique), il y a «mort» de l’Autre. L’Initié sait qu’il est dorénavant «mort» et qu’il n’est plus le même individu. Il est alors appelé à devenir à son tour un Initiateur, un Père spirituel (Hougan ou Mambo), le gardien des Traditions. Il a reçu, doit maintenir, puis transmettre à d’autres éventuels Initiés du Vaudou qui gagneront sa confiance d’Adepte.

Par des gestes très simples, par la Parole sincère à prononcer en quelques phrases, l’Initié peut atteindre des plans élevés pour être «branché», et a le pouvoir d’ouvrir tout «réservoir d’énergie», de percer et d’activer la fréquence «des vibrations denses et environnantes» appropriées à tous désirs et volontés. Il est également capable d’atteindre les plans supérieurs où «toutes choses se réalisent». Par exemple, le fait de «jeter de l’eau» par terre sert à saluer les «loas» et à leur créer un chemin vers le quartier général des esprits, la Ville Sainte (Ville-aux-Camps, l’Olympe vaudou, la Guinée céleste), vers IFÉ, équivalente de la Jérusalem céleste des Chrétiens. Le Chemin est, par conséquent, un chemin d’Eau. Dans le Vaudou, c’est le dieu Legba qui annonce l’eau … du Ciel (la pluie ou les vapeurs d’eau), laquelle remplace les libations, la cérémonie de «jeter dlo». L’utilisation de l’Eau est essentiellement d’ordre magique. Par sa manipulation lors du premier Baptême, on est mis en contact avec Celui qui a «le pouvoir de mettre en action le magnétisme purificateur de l’eau»; d’où la désagrégation des énergies négatives d’ordre psychique «liées aux zones d’ombre de l’inconscient». Mais durant le second Baptême (Initié Kanzo), on fait plutôt appel au «Feu» lors d’une épreuve publique à laquelle sont soumis les initiés. Enfin, par le troisième Baptême, on met l’Initié en contact avec «la Force Créatrice de la Divinité», l’Esprit. On parle alors de l’Initiation au troisième degré, l’Initié Assogoué.

Prenons, également comme exemple, l’usage de l’encens «afin de chasser en premier lieu des entités malveillantes et de créer ensuite un champ vibratoire de fréquence élevée». Ce champ, à son tour, permet la descente d’Énergies silencieuses et d’Entités bienveillantes. De plus, la position de deux chandelles (gauche et droite de l’Autel) est fort significative. Chacune d’elles canalise un pilier de l’Arbre de vie1, 5 kabbalistique et facilite «la descente de la Force Divine pour opérer sur les plans denses de notre Terre». Sans oublier le Signe de la Croix qui n’est que «le procédé théurgique de la descente harmonieuse et équilibrée des quatre Éléments (l’Air, la Terre, l’Eau et le Feu) sur celui qui les trace».

Bref, le Vaudou est avant tout une «Énergie»14, 22, une Religion10, 17, 20 des forces naturelles, une Musique19, 23 du rassemblement, un Lieu10, 15 des moments sacrés de transe et de possession. Le volet spirituel du Vaudou n’exclut pas les Divinités en tant que «forces majeures», et Dieu6 en tant que Tout-Puissant, le Grand Olohoum. Ce volet comprend également les relations entre l’Homme et la Nature.5 Le Vaudou, en tant que culte des Esprits (anges ou loas) engendrés de Dieu et culte des Ancêtres, est une force vitale, un symbole de la «Connaissance secrète» à ne pas négliger et à transmettre.

Chez les personnes concernées 39, les Esprits (anges ou loas) sont à l’intérieur de l’enveloppe corporelle, au niveau du cœur qui est la porte mystique. Le cerveau, le plexus solaire, le cœur et les testicules correspondent respectivement à l’air, au feu, à l’eau et à la terre, les quatre éléments définitifs et réglementaires. En somme, toutes les grandes Divinités engendrées de Dieu pour diriger ses ministères ne sont que des Ministres, des gérants conducteurs sur cette terre. Ils sont là pour veiller sur nos âmes dont ils devront, au jour dernier, rendre compte. Mystiquement parlant, l’Homme est un Arbre, un Arbre de vie.5 La puissance de Dieu, comme le dit si bien Jésus, le Christ, est en nous, c’est-à-dire à l’intérieur du corps sous forme d’entités atomiques, de molécules divines. Et ce n’est pas sans raison que l’émotion vient du cœur, celui-ci étant le centre de toute opération mystique.

«Connais-toi toi-même», disait Socrate.

 Source : http://www.potomitan.info/kauss/sephiroth.php

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Qui est le Dieu de la Kabbale?

Publié le 24 Janvier 2013 par PVI dans Kabbale

Pour ses zélateurs — c'est-à-dire tous ceux qui un jour ont commencé à pénétrer dans ses arcanes — la Kabbale n'est pas une quelconque branche des sciences humaines, c'est la Science par

excellence, la Science de la Vie et de la Mort, ou plus exactement de l'Arbre de vie et de l'Arbre de mort.

Eliphas Levi a dit que la Kabbale pouvait être appelée « la mathématique de la pensée humaine. Elle est l'algèbre de la foi ; elle résout les problèmes de l'âme comme des équations en découvrant l'inconnu ».

Algèbre, mathématique, équations, oui, puisque dans la langue hébraïque tout est nombre. Puisque chaque lettre de cette langue étonnante, sans origine connue, possède une valeur numérale.

Or la numération a pour base ces dix premiers nombres. D'où les dix « Sephiroth ».

Les dix « Sephiroth » sont ainsi, comme le souligne le professeur Scholem de l'Université de Jérusalem, les dix catégories primitives qui constituent le monde de l'Unité divine en développement. Les Sephiroth sont les puissances et façons d’agir du Dieu vivant.

C'est le mythe de la création raconté par les symboles et les images.

C'est — qu'on me permette cette définition toute person­nelle — le « développement exotérique de Dieu ».

Pour la Kabbale et par les Sephiroth, Dieu sort de son secret et de l'inexprimable. Car les mondes de la création, secrets ou visibles, sont le reflet et la répétition dans leur structure du monde de l'être divin intérieur... Nous sommes proches, on le voit, de la grande leçon d'Hermès Trismégiste, pieusement conservée par la Franc-Maçonnerie.

Dieu donc apparaît dans les branches et le tronc de l'arbre séphirotique qui est un arbre théogonique et cosmogonique. C'est l'histoire de la création, telle que la décrit le Zohar.

« Au commencement, lorsque la volonté du Roi commença à agir, il grava des signes dans l'Aura céleste. Une flamme sombre jaillit dans le royaume le plus caché, du mystère de l'infini, comme un nuage sans forme, se trouvant dans l'anneau de cette Aura, ni blanc, ni noir, ni rouge, ni vert, et d'aucune couleur. D'abord, lorsque cette flamme grandit et s'élargit, elle fit naître des couleurs resplendissantes. Au plus profond de cette flamme, c'est là que jaillit une source, débordant de couleurs, cachée dans le mystère le plus secret de l'infini. La source ne perça pourtant pas l'éther environnant et demeura tout à fait inconnue jusqu'à ce que, par la suite, la puissance de sa percée ait éclairé le point le plus haut et le plus caché. Au-dessus de ce point, il n'y a rien de reconnaissable et c'est pourquoi il s'appelle Reschith, le premier des dix mots de la création par lesquels le Tout fut créé. »

Mais le Dieu qui se dévoile dans les Sephiroth est en fait représenté par l'homme originel — c'est un Dieu anthropomor­phique car l'Homme créé à l'image de Dieu est contraint de rendre la pareille à son créateur — dans sa forme la plus pure : celle de l'Adam Kadmon l'homme « originel » de double essence.

A cet égard il n'est pas inutile de souligner que l'arbre des Sephiroth est à la fois mâle et femelle et que sa grande originalité est l'affirmation par la 10e Sephirah : Schekina (appelée aussi Malkouth) d'un élément féminin en Dieu. C'est l'un des progrès les plus riches de la Kabbale sur la tradition rabbinique. Cela grâce à son exégèse gnostique.

La Schekina est en effet le lieu de la psyché et comme telle reliée à la très vieille symbolique lunaire, c'est l'Arbre de mort opposé à l'Arbre de vie. Mais en même temps elle est l'épouse du Roi (et aussi la mère d'Israël...), en fait le démiurge. Son union avec Dieu est le signe de la Rédemption (on voit quel utile rapprochement pourrait être fait dans ce sens avec le culte marial. Rien en fait ne s'oppose dans la religion chrétienne à la conception kabbalistique...)

* * *

Et voici donc comment est constitué l'Arbre séphirotique :

— Au sommet Kether, la Couronne, première manifestation de l'indicible, de l'incogniscible Aïn Soph, l'infini. La Couronne arrose l'arbre et propage la sève à travers les branches et les rameaux. C'est par elle que le non-être se fait être et que s'effectue le passage de la puissance à l'acte. C'est le point initial, la lumière primordiale, la source de toute lumière.

De la Couronne, première Sephirah naissent deux principes :

— Hokhmah, la Sagesse, 2e sephirah, le Père, masculin ;

— Binah, l'Intelligence, 3e sephirah, la Mère, féminin.

A partir de ces deux Sephiroth, l'indifférencié se développe. Unies entre elles, elles engendrent Da'ath, la Science, la Connais­sance.

Ces trois premières Sephiroth constituent le « Grand Visage », trinité indivisible, située au-dessus du Trône et correspondant au monde de l'émanation. Elles sont la manifestation des principes divins, la Trinité de la religion chrétienne. Le triangle formé est pointe en haut. C'est notre Delta flamboyant, les triangles pointes en bas, tournés vers la matière étant réservés aux deux autres séries de Sephiroth, dites de « construction ».

Rappelons le mot de la Genèse : « L'homme après avoir commis le péché originel, s'était caché. Il ne pouvait plus contempler le visage de Dieu ». L'homme tombé dans la matière ne peut voir ni comprendre l'Absolu. Dieu néanmoins dans sa jeunesse suprême se fait pressentir par l'Intelligence omnisciente émanée de la Couronne dominant toute la Création.

C'est encore le chiffre trois qui commande donc le système séphirotique au sommet (les trois premiers commandements du Décalogue — il y a dix commandements comme il y a dix sephi­roth — sont précisément réservés à Dieu).

Le deuxième groupe de l'Arbre séphirotique est donc consti­tué par six sephiroth dits de construction qui constituent le « Petit visage » et répondent aux six jours de la création-réalisation dans le monde créé de l'émanation du ternaire suprême.

— Deux sephiroth émanent donc l'une de Hokhmah ; c'est Chesed (la Grâce) ou Gedullah (la Clémence) et Geburah (la Rigueur) appelé aussi Dïn (le Jugement). Ces quatrième et cin­quième sephiroth sont les deux bras du Maître du Tout, la parure du Trône royal.

Mais elles s'unissent au coeur de l'Arbre séphirotique pour donner la sixième Sephirah celle qui est vraiment le coeur du Maître du Tout, celle du Bien et de l'Harmonie, la merveilleuse Tiphereth, la Beauté, qui symbolise l'Idéal placé au centre de l'oeuvre divine.

Ces trois sephiroth correspondent aux trois premiers jours de la Création : Chezed à la Lumière, Geburah à l'étendue conçue le second jour et Tiphereth à la première manifestation de la Vie uni­verselle par le règne végétal, à la réalisation du mouvement dans l'espace, l'eau et la Terre.

— La septième Sephirah, Nezah correspond à la création des astres. C'est la Victoire. Il est dit dans la Genèse que les astres ont été créés pour « éclairer l'intelligence de l'homme ». C'est par la compréhension des astres que l'homme a pu vaincre la matière et

deviner les voies du Créateur...

— Hod, la huitième Sephirah, la Gloire, voit l'achèvement de

l'oeuvre divine dans l'individualité de la Vie universelle à travers les espèces.

Mais Nezah et Hod s'unissent en Yesod, la neuvième Sephirah, le Fondement, véritable principe générateur de l'Univers. C'est la Création de l'homme, Adam, dont le chiffre est précisément 9, en numération hébraïque (Adam : 40+4+1 = 4+5 = 9). Adam est l'esprit incarné.

Toute la Création aboutit ainsi à la pénétration dans la matière de l'Etincelle divine, du feu premier et par suite à sa purification.

Ce processus accompli, l'Etincelle se libérera de son individua­lité et retournera à sa Source.

Le chiffre neuf, celui d'Adam termine donc le Travail divin. Il faut à présent revenir au commencement, à l'unité.

— C'est le but de la dixième Sephirah, Malkouth, qui à elle seule forme le troisième et dernier groupe de l'Arbre. Malkouth, la Royauté (mâle et femelle puisqu'elle porte aussi le nom de Cheki­nah, épouse et reine) est aux pieds du Trône dans le Monde de l'action. C'est par Malkouth qu'Ain Soph établit son règne.

Par Malkouth l'Esprit ayant totalement pénétré la matière et atteint à son individualisation maxima, revient à son origine.

Malkouth est le septième jour de la Création, celui du repos et du retour à la Source.

Ainsi est indiquée la voie de l'Unité entre les mondes d'en haut et d'en bas. Aïn Soph en haut, Malkouth en bas. L'Arbre est complet et redevient possible l'unification du Nom brisé. C'est pourquoi il est écrit : « En ce jour le Seigneur sera Un et Son nom sera Un ».

Ainsi apparaît l'union dans l'éternité de l'infiniment petit et de l'infiniment grand.

Voici donc ces Sephiroth qui contiennent l'infini et embrassent toutes les lois mécaniques de l'Univers.

Elles sont dix et non neuf car nous resterions dans le domaine de la terre avec le culminant de la Création sur la terre, le nombre d'Adam. Elles sont dix et non onze car onze est inaccessible à notre compréhension. C'est le passage au plan supérieur qui nous est fermé dans notre condition humaine. Celui peut-être qu'à l'heure de notre initiation suprême nous pourrons découvrir.

Source : www.ledifice.net

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Subdivisions horizontales et verticales de l’Arbre de Vie

Publié le 23 Janvier 2013 par Didier dans Kabbale

En Considérant de plus près cette subdivision verticale, nous constatons que la colonne centrale, la colonne royale, est formée de quatre Sephiroth : Kether(la Couronne, unissant Hochmah et Binah), Tiphereth(la Beauté, unissant Hesed et Gebourah), Yesod(le Fondement, unissant Netsah et Hod) et Malkuth(le Royaume recevant toutes les émanations séphirotiques). Placée sous la domination de Kether, cette colonne équilibre, harmonise et réconcilie toutes les oppositions présentes dans la création. C’est le Pilier central qui, en raison de sa position, correspond d’une certaine manière à l’Axis Mundides anciens, cet axe stable et immobile autour duquel s’organise la création.

Dans la chrétienté, l’Axis Mundifut très tôt assimilé à l’axe vertical de la croix, mettant en exergue les qualité de stabilité et d’immobilité caractérisant l’axe du monde. Aussi, la position et la stabilité de cet axe ont fait de la colonne centrale un symbole vivant de la présence divine au sein du monde créé. En ce sens, elle représente le principe créateur lui-même structurant l’univers de manière incessante. Cette colonne symbolise donc la puissance divine qui anime l’univers et en laquelle toute chose a « la vie, le mouvement et l’être ».

Quant à la colonne de droite, elle est formée des trois Sephirothsuivantes : Hochmah(la Sagesse), Hesed(la Grâce) et Netsah(la Victoire). Placée sous la domination de Hochmah, elle incarne le pôle masculin et actif de la création. Elle est appelée le « pilier de la Miséricorde » puisqu’elle renferme en elle-même la vie et la clémence. Pour les Francs-Maçons, elle correspond à la colonne de Yakîn.

Quant à la colonne de gauche, elle est formée des trois Sephirothsuivantes : Binah(l’Intelligence), Gebourah(la Rigueur) et Hod(la Gloire). Placée sous la domination de Binah, elle incarne le pôle féminin et passif de la création. On la désigne parfois sous le nom de « Pilier de la Rigueur » puisqu’elle incarne toutes les formes de jugement et de rigueur. Elle correspond chez les Francs-Maçons à la colonne de Boaz, la « Maison de la Force ».

Ainsi donc, les colonnes de gauches et de droite représentent les deux polarité à l’origine de toute chose. Elles évoquent aussi les deux colonnes qu’Hiram Abiffdressa devant le vestibule du Temple de Salomon.

A propos de la polarité des colonnes, il est également intéressant de souligner qu’une Sephirah, appartenant à l’un des côtés de l’Arbre de Vie, ne peut transmettre sa qualité propre à la Sephirahinférieure qui se trouve dans la même colonne sans passer par la Sephirahqui lui est opposée et complémentaire, conformément au tracé originel de l’Eclair Fulgurant. Ainsi si Hochmah(la sagesse) transfère sa puissance à Hesed(la Grâce) située juste en-dessous d’elle, elle doit transiter par Binah(l’Intelligence). De même, lorsque Binah(l’Intelligence) transmet sa lumière à Gebourah(la Rigueur), elle doit d’abord passer par Hesed.

A cette subdivision de l’arbre s’ajoutent également plusieurs subdivisions horizontales mettant en exergue différentes dimensions ontologiques propres au Sephiroth. Ainsi, une subdivision traditionnelle fait apparaître l’Arbre de Vie comme une superposition formée de trois triades se projetant dans la dixième et dernière Sephirah, Malkuth.

La première triade ou « triade suprême » est évidemment composée des Sephiroth Kether(la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Cette première triade correspond aux principes essentiels et ontologiques de la création. Au niveau du microcosme, elle symbolise la dimension spirituelle de l’homme.

La seconde triade est composée des Sephiroth Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur) et Tiphereth(la Beauté). Elle correspond aux principes cosmologiques de la création. Au niveau du microcosme, elle symbolise le moi supérieur.

La troisième triade est composée des Sephiroth Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement). Elle correspond aux puissances cosmiques et à l’acte créateur. Au niveau du microcosme, elle symbolise essentiellement le moi personnel.

Enfin la Sephirah Malkuth(le Royaume) correspond à l’Immanence divine, c’est-à-dire à la présence de Dieu au sein de toute chose. Sur le plan du microcosme, elle évoque la dimension corporelle parfaitement unie à l’esprit.

A cette première subdivision horizontale s’ajoute également une seconde subdivision fort importante pour les kabbalistes. Elle consiste à diviser les Sephiroth en trois catégories :
- la première est formée des trois Sephirothsupérieurs : Kether (la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Elle constitue ce que les kabbalistes appellent le Macroprosope.
- la seconde division comprend les six Sephirothsuivantes : Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur), Tiphereth(la Beauté), Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement). Elle forme alors le Microprosope.
- Enfin, la dernière division comporte exclusivement la dixième Sephirah Malkuth(le Royaume) et constitue ce que les kabbalistes nomment la Shekinah.

Le Macroprosope
Les trois premières Sephiroth Kether(la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence) forment ce que les kabbalistes appellent le Grand Visage ou Macroprosope (l’Alrich Anpin). Parfois on le nomme également « le Longanime » Elles sont symbolisées par les trois lettres Aleph, Yod et Noun qui forment le mot Aïn : le non-être. En ce sens, le Macroprosope représente la face cachée, la force primordiale précédant les six jours de la création. Au sein de cette triade suprême, Kether(la Couronne) incarne la forme indifférenciée de Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Elle révèle donc à elle seule les mystères du Grand Visage : elle correspond à l’« Ancien des Anciens » ou l’ « Anciens des Jours ».

Le Microprosope
Les six Sephirothsuivantes, Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur), Tiphereth(la Beauté), Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement) forment le Petit Visage ou Microprosope (le Zeï Anpin). Parfois, on le dénomme également « l’Impatient ». Le Microprosope révèle les mystères et les lumières du Macroprosope, renfermées en son sein. Ces Sephirothreprésentent donc la face révélée de Dieu, les six jours e la création. En tant que synthèse de toutes les émanations séphirotiques, Tiphereth(la Beauté) incarne à elle seule les mystères du Petit Visage : elle correspond au « Roi » ou au « Fils ».

Ajoutons que l’alliance du Petit Visage et du Grand Visage forme le monde de l’unité (le Yichoud), symbolisant l’union idéale de l’être et du non-être.

La Shekinah
Enfin, la dixième Sephirah, Malkuth(le Royaume), forme à elle seule une troisième subdivision de l’Arbre de Vie. Il s’agit de la Shekinah, c’est-à-dire de la présence et de l’immanence divines. On la nomme parfois la « Femme », la « Fiancée » ou l’« Epouse » du Roi. Elle représente le septième jour, celui du Sabbat. Dans le Cantique des cantiques, un couple d’amoureux évoque les rapports que Dieu (le Roi) entretient avec la Shekinah (Sa présence en toute chose).

Source : http://nephilimlejeu.free.fr/spip/spip.php?article977

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Les Séphiroths

Publié le 23 Janvier 2013 par Rituel REAA dans Kabbale

Nous voici conduits à cet Infini, dont le nom hébreu "En Soph" vous a été révélé.

 

         Vous connaissez aussi"Malkuth" ou le Royaume dont vous êtes Maîtres, puisque vous le circonscrivez avec votre compas mental.

 

         Mais est-il possible de relier le Fini à l'Infini, le Concret à l'Abstrait, Malkuth à En Soph ? Nos prédécesseurs de l'Antiquité se sont posé la question, et vous savez déjà comment ils l'ont résolue, puisque vous avez traversé successivement les neuf voûtes kabbalistiques, caractérisées chacune par le nom d'un des Sephiroth.

 

         Ce n'est point ici le lieu de vous enseigner en détail la doctrine des Sephiroth ou Nombres sacrés de la Kabbale. Les livres ne manquent pas et vous pourrez l'étudier à loisir. Pour orienter vos méditations sur ce sujet, efforcez-vous cependant de retenir les notions suivantes :

 

         Frère Gardien de la Tour, qui veillez à notre sécurité et à ce titre observez le monde extérieur veuillez nous dire ce qu'il faut penser de Malkuth

 

LE FRERE GARDIEN

 

         Malkuth signifie  ROYAUME. Or L'homme est le Roi de tout ce qui est à sa portée: il est appelé à régner sur l'Univers objectif, qui est son Royaume.

 

         Le domaine de notre activité n'est d'ailleurs qu'une immense fantasmagorie, que l'Initié ne doit pas confondre avec la réalité vraie. Celle-ci ne tombe pas sous les sens; elle échappe aux méthodes d'investigation de la science expérimentale. Le savant moderne, armé de ses instruments d'observation, se condamne à ignorer ce qui se cache derrière Les apparences des choses si, à l'exemple du philosophe ou du véritable Sage, il ne s'applique pas à sonder l'Inconnu, en approfondissant les mystères dérobés à la connaissance de la masse grossière des hommes.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Quelle indication fournirez-vous sur Iésod ?

 

LE FRERE GARDIEN

 

         Iésod signifie BASE ou FONDEMENT. Tout objet perceptible se compose d'éléments qui échappent à nos perceptions. Ces éléments imperceptibles sont coordonnés, et maintenus entre eux dans des relations d'une relative fixité par une sorte de cadre hyperphysique, qui est le plan invisible ou occulte, mais concret, selon lequel les êtres se construisent.

 

         Lorsque les Maîtres travaillent sur la planche à tracer, ils modifient le plan selon lequel la construction devra s'effectuer. Leur action s'exerce ainsi sur Iésod, fantôme idéal, base ou fondement de ce qui doit prendre corps.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, vous qui représentez Mohabon, le plus zélé des Maîtres de son temps, l'ami particulier d'Hiram-Abi, voulez-vous nous éclairer sur la signification de Hod.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         Ce terme fait allusion à la splendeur, à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

 

         Si nous travaillons a cette Gloire, ce n'est pas seulement pour rendre hommage à l'Être Suprême qui est forcément au-dessus de toute glorification

 

         La Gloire resplendissante désignée par HOD s'identifie avec la Logique, l'Ordre, la Coordination, la Loi, qui assurent le fonctionnement régulier de tous les rouages de l'organisme Universel. Pour travailler à la Gloire du Grand Architecte, il s'agit donc de remplir fidèlement le rôle qui nous est assigné par la destinée. Que chacun accomplisse sa tâche particulière et qu'il fasse scrupuleusement son devoir, afin de donner la note qui lui est demandée dans le concert de l'harmonie universelle.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAlTRE

 

         Frère Premier Grand Surveillant, vous qui représentez ici Adon Hiram, Chef des tribus chargées de couper les cèdres sur les flancs du mont Liban, Comment interprétez-vous Netsah, désignation de la 7° Séphire ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Netsah signifie Victoire ou Triomphe ; or, pour vaincre ou triompher il faut s'associer à la marche du Progrès, dont il importe de se faire l'agent actif.

 

         NETSAH, HOD et JESOD constituent, dans l'arbre des Sephiroth, le ternaire dynamique, NETSAH représentant le principe générateur ou directeur du mouvement ou du travail universel; HOD est la loi selon laquelle s'opère l'oeuvre constructive ou l'organisation universelle; JESOD, enfin, figure le plan déterminé de ce qui doit se faire, le type constructif destine à s'objectiver.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Pouvez-vous nous indiquer également le sens du mot Tiphereth ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Tiphereth signifie BEAUTE. Le Beau s'impose à nous; il force notre admiration et nous oblige à l'aimer. Nos sentiments sont ainsi dominés par l'idéal qui se dégage de nos aspirations.

 

         Ne craignons pas de désirer le mieux, fortifions notre désir, rendons-le profond, afin qu'il parte du plus intime de notre être. Sachons rêver avec ferveur, construisant en rêve ce dont nous désirons ardemment la réalisation pratique. N'oublions pas que les plus grandes choses sont nées de l'imagination d'un rêveur !

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, veuillez nous parler de Geburah, Pec'had ou Din, noms attribués à la 5° Séphire.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         Geburah se traduit par  RIGUEUR, SEVERITE.

 

         Pec'had par  PUNITION, CRAINTEet 

 

         Din par JUGEMENT.

 

         Tous ces mots font allusion à la nécessité de se restreindre, de se limiter, de se maîtriser soi-même. L'être n'est libre que s'il sait se gouverner et par conséquent se dominer. De même que les richesses laborieusement accumulées ne doivent pas être dépensées inconsidérément. Il appartient au sage d'économiser les forces dont il dispose. La vie échappe à qui ne sait la retenir ; elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre ensuite en oeuvre à bon escient.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, il vous sera facile de nous faire saisir le sens de C'hesed et de Gedulah.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         C'hesed signifie Grace, Misericorde, Merciet      Gedulah, Grandeur, Magnificence.

 

         Au ternaire dynamique constitué par les 7e, 8e et 9e Sephiroth, se superpose un ternaire animique ou vital, dans lequel la 4e Sephire correspond au principe d'expansion généreuse qui donne et répand la vie, alors que la 5e administre la vie donnée, l'économise, l'empêche de se diluer, afin de la maintenir au degré de tension voulue. Quant à la 6e Sephire, elle nous montre la Beauté comme le résultat de l'activité vitale ou animique.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère premier Grand Surveillant, que direz-vous de Binah ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Binah signifie Intelligence ou Compréhension. C'est la faculté qui conçoit les idées. Elle a été comparée à une Vierge-Mère enfantant les images originelles des choses, car c'est une faculté féminine ou réceptive. C'est elle qui revêt l'idée pure d'une forme, grâce à laquelle elle devient exprimable, après avoir été formulée. Toute idée, en effet, doit se refléter dans l'imagination, afin de s'y traduire en image, et prendre ensuite le caractère d'une entité imaginaire, mais réelle dans le domaine de l'irréalité.

 

         Le Penseur n'imagine pas en vain: il peuple l'ambiance mentale d'images destinées à être recueillies progressivement par les intelligences réceptives. Les idées ont besoin d'être semées par des hommes qui ne seront compris que plus tard. Le grain réparti germe, ce blé se développe, et, lorsque la moisson a mûri, une révolution intellectuelle se trouve accomplie.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère Grand Orateur, vous qui avez pour mission de faire prévaloir ici la raison et la saine logique, quelle idée nous donnerez-vous de C'hochmah ?

 

LE FRERE GRAND ORATEUR

 

         C'hochmah signifie Sagesse. Il s'agit ici de la Pensée créatrice, de cette suprême Raison, radiation de cette Lumière principielle qui éclaire toutes les intelligences. Cette Lumière brille en chacun de nous dès que nous avons su rendre transparentes les écorces corporelles qui tendent à l'obscurcir, Les purifications initiatiques font tomber le bandeau qui dérobait à notre vue la clarté de notre lumière intérieure.

L'Initié bénéficie d'une illumination produite par l'éclat de sa propre raison, rendue plus active, plus consciente d'elle-même et mieux mise en rapport avec c'hochmah, source centrale de toute sagesse et de toute raison.

 

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Mais à qui revient le droit de s'identifier avec Ce qui est, avec ce qui possède l'Être en soi ?

 

         Que sommes-nous, nous qui parlons, nous qui avons conscience de notre moi ? Personnalités éphémères, nous ne participons que transitoirement à l'existence. Aucun de nous ne peut dire:Je suis, puisque nous n'apparaissons que pour disparaître.

 

         Nous concevons cependant un principe possédant l'être véritablement, c'est l'Être étant, que les Kabbalistes représentaient par le mystérieux tétragramme tracé sur la plaque triangulaire d'or incrustée dans le cube Agathe auprès duquel vous avez été conduits.

 

         Il ne m'appartient pas de vous révéler ici toute la portée du mot sur lequel de gros volumes ont été tracés. Vous êtes appelés à vous instruire par vous-mêmes des divers systèmes de philosophie que l'on s'est efforcé d'édifier sur ce qui nous a été conservé de fort anciennes et respectables traditions.

 

         Considérez simplement que le mot sacré par excellence, le mot ineffable qui ne doit pas être prononcé, se compose des quatre lettres, Jod, He, Vau, He.

 

         Le Jod initial n'est qu'une virgule, principe de toute numération et écriture, ou mieux point primitif, point suprême, symbole de l'Unité inaccessible, en laquelle nous pouvons imaginer concentrée toute la vertu expansive des choses. Nous nous ferons ainsi une idée de l'Archée, principe de toute activité, cause agissante, sujet pensant, concevant, voulant et commandant, personnifiée dans l'Artiste, l'Ouvrier, l'Opérateur, le Créateur, l'Engendreur.  

         Le He traduit le souffle qui sort de l'intérieur pour se répandre au dehors. C'est la Lumière de gloire, la splendeur d'En Haut. C'est l'émanation qui rayonne d'un point central pour remplir l'espace, c'est l'activité exercée par le principe actif (Jod) et sans laquelle celui-ci ne serait pas actif. Il s'agit donc ici, par rapport à Jod, de l'acte de penser, de concevoir, de vouloir, de commander.  

         Le Vau figure le rapport qui relie la Cause à l'effet. C'est la raison en Dieu, sa délibération, sa pensée agissant dans le libre choix de ses déterminations.  

         Quant au second He, il manifeste le résultat de l'action, l'oeuvre réalisée le travail effectué et s'effectuant la création en voie d'accomplissement C'est la Lumière Créée, la Lumière de Dieu dans son Royaume .

 

         Vous avez entendu, mes Frères, ce qui pouvait être dit.

Source : Rituel REAA

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Influence de l'arbre des séphirots de la cabbale sur le REAA

Publié le 22 Janvier 2013 par Jean-Pierre Fressafond dans Planches

I PREAMBULE

Le REAA s’inspire de nombreuses traditions comme la Bible, l’Evangile de Jean, la Cabbale Juive, l’Alchimie, les ésotérismes des religions du livre (judaïsme, christianisme, islam), la magie blanche, le symbolisme des nombres, la légende arthurienne, les compagnons bâtisseurs de cathédrale, l’Egypte ancienne, la Grèce antique, l’hermétisme etc …. Toutes les traditions ont en commun l’utilisation de la voie symbolique, ce qui facilite leur intégration dans le REAA et ce à un point tel qu’il est difficile de s’en abstraire. En revanche, il est aisé de repérer et d’isoler les marques des ces traditions afin de les étudier séparément dans le contexte du REAA et d’en évaluer l’influence.
Dans sa définition la Cabbale juive est une école de sagesse et l’Arbre des SEPHIROTH en est l’un des éléments fondamentaux.

II LA CABBALE

• La cabbale constitue l’ésotérisme hébraïque ; elle a été révélée la première fois après la chute de Jérusalem et la destruction de son temple afin de donner au peuple juif dispersé, un gage d’unité auquel il pourrait s’accrocher pendant les périodes difficiles qu’il avait à surmonter (70 après JC).
• En Hébreux le mot cabbale signifie TRADITION ; la cabbale est une interprétation mystique de la Bible.
• C’est en Espagne et à Babylone entre les XI eme et XIII ème siècles que la cabbale a ressurgi grâce à un exceptionnel élan d’intelligence initié par les trois religions du Livre et aussi grâce à des circonstances favorables. Ces religions mirent en sommeil leurs sanglantes rivalités et créèrent des « Maisons de la Sagesse » dans lesquelles les « gens du Livre », ainsi qu’ils furent dénommés, mirent en commun les ressources de leurs bibliothèques pour traduire des textes notamment arabes, hébreux, latins, grecs, afin de les diffuser dans toute l’Europe et même au-delà. Les ouvrages qui eurent le plus de succès furent ceux d’Aristote sur la logique, ceux d’Avicenne sur l’Ame et la Métaphysique, ceux de Ghazali sur le droit, ceux d’Averroès sur la médecine et la philosophie, entre autres sages. Le franciscain Saint Bonnaventure s’est inspiré d’Avicenne et d’Averroès pour établir une école de formation des prêtres, ainsi que Saint Thomas d’Aquin et Albert Legrand qui firent la même chose. A cette époque les mystiques juifs étaient fortement influencés par les cultures qui les entouraient. Les sages, chrétiens et musulmans étaient dans le même état d’esprit, tout cela a produit un amalgame de systèmes religieux qui a enrichi les « Maisons de la Sagesse ». De ce climat œcuménique resurgirent la cabbale, le soufisme et l’ésotérisme chrétien.
• Ces courants de Sagesse furent plus ou moins à l’origine de la création d’universités en Espagne, en France et en Angleterre. D’ailleurs l’enseignement de la Cabbale n’a jamais été interrompu, il fut transmis à travers les siècles et modifié périodiquement pour s’adapter aux lieux et aux époques. Parallèlement il en fut de même pour l’Hermétisme qui a été redécouvert pendant la Renaissance italienne (Giordano Bruno), idem pour l’Alchimie. Pic de la Mirandole a écrit « la cabbale est la révélation véritable qui seule peut donner la preuve réelle du caractère divin de la mission du Christ ». Malheureusement les successeurs du Christ ne furent ni des cabbalistes, ni de sages philosophes.
Ces emprunts de symboles transformés par le REAA modifient leurs acceptions d’origine jusqu’à n’avoir plus rien de commun avec elles ou presque
• La cabbale est un système de pensée basé , entre autre, sur la contemplation de l’Arbre des Sephiroth et la méditation. Ce système de pensée peut être transposé à tous les niveaux de la manifestation Divine, à savoir : (voir figure 2)
1. le niveau divin non manifesté (hors espace/temps),
2. le niveau divin manifesté (l’univers),
3. le niveau de la vie (en général),
4. le niveau humain (l’Espèce),
5. le niveau du Moi profond et de l’Initié,
6. le niveau de l’infra humain (terme employé par la cabbale pour désigner les primitifs),
7. le niveau satanique.
 Toute une vie ne suffirait pas pour intégrer tout l’enseignement de la cabbale ; j’avais lu moi-même plusieurs centaines de pages sur ce sujet, à la suite de quoi j’avais fait, il y a une dizaine d’années, un résumé d’une vingtaine de pages complètement abscond. Ce jour, après plusieurs essais pour dégager un « fil rouge », je me suis focalisé sur une seule utilisation de l’Arbre des Sephiroth et j’ai choisi de réfléchir sur son influence sur le REAA et notamment sur l’ouverture des travaux maçonniques.

III L’ARBRE DES SEPHIROTH, PRESENTATION

Cette figure géométrique, tout comme une échelle de Jacob, permet à tout moment de s’évader de la vie courante pour conduire la pensée vers les sphères de l’esprit et de redescendre sur Terre après avoir puisé dans la pensée de l’univers ; l’Arbre des Sephiroth est un moyen de structurer notre réflexion. Ce moyen de méditation assisté par une figure géométrique existe sous d’autres aspects : les différents polygones, les pyramides, les étoiles, les labyrinthes, le cercle, le point, l’X du Tsim Tsoum etc…D’autres moyens existent pour structurer la pensée : la musique, les percussions, les mantras, les moyens lumineux, olfactifs gestuels et même le silence….
Le mot SEPHIROTH (SEPHIRAH au singulier) vient de l’ hébreux, langue dans laquelle il signifie CHIFFRE, nous sommes partiellement dans la symbolique des nombres.    
• Vision générale  :
1. On peut décrire succinctement l’Arbre des Sephiroth comme étant un empilement vertical de triangles.
2. Les côtés de ces triangles sont des sentiers ; Il y en a 22 comme les 22 lettres de l’alphabet grec. Ils portent un nom. Aux angles des ces triangles il y a des cercles, baptisés sephiroth, qui porte chacune un nom, il y en a 10.    
• Dans cet empilement vertical de triangles, certains ont la tête en haut et d’autres la tête en bas ; orientation signifiante. Chaque niveau de triangle représente un niveau de manifestation différent, c’est une triade.
• Par les sentiers et les sephiroth ces niveaux de manifestation interagissent.
• L’Arbre présenté dans le contexte maçonnique comporte 6 niveaux mais il existe des arbres dans des contextes différents pouvant présenter 2 fois plus de niveaux.
• La Cabbale juive n’a pas le privilège de l’Arbre des Sephiroth. On retrouve des figures similaires ayant le même fonctionnement dans d’autres traditions comme celles des tziganes, des romes d’Europe centrale, des celtes et des vikings, des touaregs de l’Egypte ancienne, de l’Amérique précolombienne etc….
   
IV ANALYSE DE L’ARBRE DES SEPHIROTH
( selon Jean Haab l’Arbre des Sephiroth est un glyphe fantastique)

• Vision détaillée :

1 l’Arbre est divisé en 6 niveaux de hiérarchie divine :
- Le niveau 0 de l’AIN-SOPH plane au dessus de l’Arbre, il est hors Monde il est comparable au signe mathématique de l’infini.
- Le niveau 1 : Monde d’AZILUTH
Le niveau 1 est le sommet de l’Arbre. La Sephirah KETHER (la couronne) est comparable au chiffre 0 dans lequel on aurait placé le signe mathématique de l’infini, le cardinal de cet ensemble est un nombre transcendant qui génère tous les autres. KETHER est un archétype divin qui génère la création BINAH à gauche et HOCHMAH à droite, constituant ainsi ce que la Cabbale dénomme la GRANDE TRIADE, symbole créateur. Rappelons qu’en FM le Ternaire est omniprésent, il contient l’opposition duale qui après élévation se résout dans l’UNITE. Le 1 est la valeur secrète du 3. Le FM doit résoudre ce secret en lui-même. Pythagore disait « Dieu est nombre des nombres ».
- Le niveau 2 est le monde manifesté de BERIAH, il va de l’infiniment petit à l’infiniment grand (entre lesquels est l’infiniment complexe). Le monde de BERIAH est issu de l’énergie vitale contenant l’Information, c’est le monde de l’infiniment complexe.
- Le niveau 3 est le monde de l’évolution dynamique de la matière et de la VIE, telle est YETHZIRAH.
- Le niveau 4 est le monde de l’action et du moi profond c’est ASSIAH. La parole n’a d’existence que si elle se transforme en ACTION (symbole maçonnique fort).
- Le niveau 5 est le monde infra- humain et satanique de KLIPOTH.
• Vision détaillée de l’Arbre dans laquelle se dessinent les trois pilliers de la Sagesse.
Dans la figure 2 nous avions découvert l’existence de quatre niveaux horizontaux dans l’empilement de triangles que sont les TRIADES. Maintenant dans la Figure 3 nous discernons 3 colonnes verticales ; ce sont les piliers de la SAGESSE.
1. Au centre, le pilier de l’EQUILIBRE, dominé en loge maçonnique par le DELTA LUMINEUX, représente la ligne de VOLONTE DIVINE appelé KAV dans la Cabbale. Ce pilier part de KETHER (le CREATEUR) passe par THIPHERETH, Sephirah qui représente le Messie phare de l’Humanité et descend jusqu’à MALKUTH (le Royaume) qui représente l’INITIE potentiel au fond de chaque être humain, la ligne KAV descend jusque dans l’INFRA-HUMAIN (prouvant ainsi que chaque humain est secourable) et va jusqu’à KLIPOTH la Sephirah satanique. Le Vénérable Maître qui envoie la pulsion créatrice représente KETHER et le couvreur représente MALKUTH.
2. A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.    
3. A droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.
• Vision détaillée de la descente du Pouvoir Divin en Loge
1. Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin
2. Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR ZIGZAGANT impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

V UTILISATION DE L’ARBRE DES SEPHIROTH PAR L’INITIE

• La présentation dynamique de l’Arbre est inscrite dans la Cabbale. Pour le FM, la vision dynamique de cette structure est voulue par le REAA. Elle l’initie à faire un travail sur lui- même. Cette vision est cohérente avec l’esprit de REAA. Il serait absurde de modéliser un univers statique alors que nous savons que tout tourne, tout vibre de l’infiniment petit à l’infiniment grand ; l’univers se complexifie franchissant ainsi des paliers vers de plus en plus de conscience. Par l’Homme, c’est dans le domaine de l’esprit que cela se produit avec pour moyen essentiel la VISION INTERIEURE proposée par l’Arbre des Sephiroth et le REAA.
• La Cabbale, nous l’avons signalé, s’inspire de la pensée grecque où existait, entre autres, la Tradition des Mystères d’Eleusis. Sur l’un des Temples qui lui était consacré, était inscrit : « descend au fond de toi-même et tu découvriras les secrets de l’univers » formule attribuée à Socrate. Nous avons dans le REAA la formule V.I.T.R.I.O.L ; visible seulement dans le Cabinet de réflexion, elle dit la même chose. L’objet premier de notre quête est de retrouver la Parole Perdue. De la réussite de cette quête dépendent toutes les autres motivations.    
• Lorsque le Vénérable Maître ouvre les travaux en faisant descendre l’éclaire zigzaguant de KETHER à MALKUTH, il incite tous les FM à remonter en zigzaguant de MALKUTH à KETHER, de TRIADES en TRIADES afin de découvrir l’Unité. Seul un messie peut, théoriquement, monter directement de MALKUTH à KETHER. L’initié ordinaire remonte laborieusement en zigzagant.
• Durant cette ouverture des travaux, le nombre de coups de maillet est lui-même signifiant : si nous comptons bien, nous avons 4 séries de 3 fois 1 coup de maillet puis 3 fois 3 coups de maillet. Je vous invite à méditer sur le symbolisme des nombres pour résoudre cette énigme vous-mêmes.
• La présence sur les 4 figures proposées de l’Arbre, d’une mystérieuse SEPHIRAH (en pointillés) appelée DAATH n’aura pas échappé à votre vigilance. DAATH est située sur le pilier central, celui de l’EQUILIBRE sous la grande TRIADE sommitale entre la VOLONTE CREATRICE et la CREATION. DAATH représente cette Espérance que nous avons que l’évolution à un sens, qu’elle conduit à un aboutissement. DAATH est l’INTUITION, le sixième sens ajouté à nos cinq sens biologiques. Cette intuition est le reflet de KETHER dans MALKUTH, elle est le moteur de notre évolution vers plus de conscience. 
Si les concepteurs,du REAA ont emprunté les symboles de plusieurs traditions, ce fut probablement pour multiplier les canaux de communication et ainsi toucher le plus possible de catégories de sensibilités et de stades d’avancements initiatiques, lesquels sont infinis.
Il faut s’attendre à ce que certains symboles soient sans échos, notamment chez les profanes ou chez les initiés allergiques à ce type de vecteurs. Mais ces échecs ne sont pas une raison suffisante pour oublier ces moyens de communication, un jour ou l’autre la connection peut se produire de manière inattendue.
Si l’on admet que l’arbre des sephiroth est conçu pour structurer la pensée dans le cadre d’une méditation ou d’une réflexion chez des personnes enclines à la voie mystique on peut étendre son usage à d’autres secteurs de la pensée. Cependant, après la phase exploratoire sur la voie initiatique au cours de laquelle on butine plusieurs fleurs à la fois, la recherche devra être recentrée en ne mélangeant pas plusieurs voies initiatiques et philosophiques simultanément. En revanche, la voie symbolique n’est pas incompatible avec la voie scientifique, bien au contraire, les hommes scientifiques finissent toujours par y arriver.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/Arbre-des-Sephiroth_a262.html

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