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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:09

…Si nous en venons à la « parole perdue » et à sa recherche dans la Maçonnerie, nous devons constater que, tout au moins dans l’état actuel des choses, ce sujet est entouré de bien des obscurités ; nous ne prétendons assurément pas les dissiper entièrement, mais les quelques remarques que nous formulerons seront peut-être suffisantes pour faire disparaître ce qui risquerait d’être pris au premier abord pour des contradictions. La première chose qu’il y a lieu de remarquer à cet égard, c’est que le grade de Maître, tel qu’il est pratiqué dans la Craft Masonry, insiste sur la « perte de la parole », qui y est présentée comme une conséquence de la mort d’Hiram, mais paraît ne contenir aucune indication expresse quant à sa recherche, et qu’il y est encore moins question de la « parole retrouvée ». Cela peut sembler vraiment étrange, puisque la Maîtrise, étant le dernier des grades qui constituent la Maçonnerie proprement dite, doit nécessairement correspondre, tout au moins virtuellement, à la perfection des « petits mystères », sans quoi sa désignation même serait d’ailleurs injustifiée. On peut, il est vrai, répondre que l’initiation à ce grade, en elle-même, n’est proprement qu’un point de départ, ce qui est en somme tout à fait normal ; mais encore faudrait-il qu’il y ait dans cette initiation même quelque chose qui permette d’« amorcer », si l’on peut s’exprimer ainsi, la recherche constituant le travail ultérieur qui devra conduire à la réalisation effective de la Maîtrise ; or nous pensons que, malgré les apparences, il en est bien réellement ainsi. En effet, le « mot sacré » du grade est manifestement un « mot substitué », et il n’est d’ailleurs donné que comme tel ; mais, en outre, ce « mot substitué » est d’une sorte très particulière : il a été déformé de plusieurs façons différentes, au point d’en être devenu méconnaissable et on en donne des interprétations diverses, qui peuvent présenter accessoirement quelque intérêt par leurs allusions à certains éléments symboliques du grade, mais dont aucune ne peut se justifier par une étymologie hébraïque quelconque. Maintenant, si l’on restitue la forme correcte de ce mot, on s’aperçoit que son sens est tout autre que ceux qui lui sont ainsi attribués : ce mot, en réalité, n’est pas autre chose qu’une question, et la réponse à cette question serait le vrai « mot sacré » ou la « parole perdue » elle-même, c’est-à-dire le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers . Ainsi, la question étant posée, la recherche est bien « amorcée » par là même comme nous le disions tout à l’heure ; il appartiendra dès lors à chacun, s’il en est capable, de trouver la réponse et de parvenir à la Maîtrise effective par son propre travail intérieur.

Un autre point à considérer est celui-ci : la « parole perdue » est, le plus généralement, en conformité avec le symbolisme hébraïque, assimilée au Nom tétragrammatique ; il y a là, si l’on voulait prendre les choses à la lettre, un anachronisme évident, car il est bien entendu que la prononciation du Nom ne fut pas perdue à l’époque de Salomon et de la construction du Temple. Cependant, on aurait tort de regarder cet anachronisme comme constituant une difficulté réelle, car il ne s’agit nullement ici de l’« historicité » des faits comme tels, qui, à ce point de vue, importe peu en elle-même, et le Tétragramme n’y est pris que pour la valeur de ce qu’il représente traditionnellement ; il peut d’ailleurs fort bien n’avoir été lui-même, en un certain sens, qu’un « mot substitué », puisqu’il appartient en propre à la révélation mosaïque et que, à ce titre, il ne saurait, non plus que la langue hébraïque elle-même, remonter réellement jusqu’à la tradition primordiale . Si nous avons signalé cette question, c’est surtout pour attirer l’attention sur ceci, qui est beaucoup plus important au fond : dans l’exotérisme judaïque, le mot qui est substitué au Tétragramme qu’on ne sait plus prononcer est, comme nous l’avons déjà dit précédemment, un autre nom divin, Adonaï, qui est formé également de quatre lettres, mais qui est considéré comme moins essentiel ; il y a là quelque chose qui implique qu’on se résigne à une perte jugée irréparable, et qu’on cherche seulement à y remédier dans la mesure où les conditions présentes le permettent encore. Dans l’initiation maçonnique, au contraire, le « mot substitué » est une question qui ouvre la possibilité de retrouver la « parole perdue », donc de restaurer l’état antérieur à cette perte ; là est en somme, exprimée symboliquement d’une façon assez frappante, une des différences fondamentales qui existent entre le point de vue exotérique et le point de vue initiatique .

Avant d’aller plus loin, une digression est nécessaire pour que la suite puisse être bien comprise : l’initiation maçonnique, se rapportant essentiellement aux « petits mystères » comme toutes les initiations de métier, s’achève par là même avec le grade de Maître, puisque la réalisation complète de celui-ci implique la restauration de l’état primordial; mais on est alors amené à se demander quels peuvent être, dans la Maçonnerie, le sens et le rôle de ce qu’on appelle les hauts grades, dans lesquels certains, pour cette raison précisément, n’ont voulu voir que des « superfétations » plus ou moins vaines et inutiles. En réalité, il faut ici faire avant tout une distinction entre deux cas : d’une part, celui des grades qui ont un lien direct avec la Maçonnerie, et, d’autre part, celui des grades qui peuvent être considérés comme représentant des vestiges ou des souvenirs, venus se greffer sur la Maçonnerie ou se « cristalliser » en quelque sorte autour d’elle, d’anciennes organisations initiatiques occidentales autres que celle-ci. La raison d’être de ces derniers grades, si on ne les considère pas comme n’ayant qu’un intérêt simplement « archéologique » (ce qui serait évidemment une justification tout à fait insuffisante au point de vue initiatique), est en somme la conservation de ce qui peut encore être maintenu des initiations dont il s’agit, de la seule façon qui soit restée possible après leur disparition en tant que formes indépendantes ; il y aurait certainement beaucoup à dire sur ce rôle « conservateur » de la Maçonnerie et sur la possibilité qu’il lui donne de suppléer dans une certaine mesure à l’absence d’initiations d’un autre ordre dans le monde occidental actuel ; mais ceci est entièrement en dehors du sujet que nous étudions présentement, et c’est seulement l’autre cas, celui des grades dont le symbolisme se rattache plus ou moins étroitement à celui de la Maçonnerie proprement dite, qui nous concerne ici directement.

D’une façon générale, ces grades peuvent être considérés comme constituant proprement des extensions ou des développements du grade de Maître ; il n’est pas contestable que, en principe, celui-ci se suffit à lui-même, mais, en fait, la trop grande difficulté qu’il y a à dégager tout ce qui s’y trouve contenu implicitement justifie l’existence de ces développements ultérieurs . Il s’agit donc d’une aide apportée à ceux qui veulent réaliser ce qu’ils ne possèdent encore que d’une façon virtuelle ; du moins est-ce là l’intention fondamentale de ces grades, quelles que soient les réserves qu’il pourrait y avoir lieu de faire sur la plus ou moins grande efficacité pratique de cette aide, dont le moins qu’on puisse dire est que, dans la plupart des cas, elle est fâcheusement diminuée par l’aspect fragmentaire et trop souvent altéré sous lequel se présentent actuellement les rituels correspondants ; nous n’avons à envisager que le principe, qui est indépendant de ces considérations contingentes. À vrai dire, d’ailleurs, si le grade de Maître était plus explicite, et aussi si tous ceux qui y sont admis étaient plus véritablement qualifiés, c’est à son intérieur même que ces développements devraient trouver place, sans qu’il soit besoin d’en faire l’objet d’autres grades nominalement distincts de celui-là .

Maintenant, et c’est là que nous voulions en venir, parmi les hauts grades en question, il en est un certain nombre qui insistent plus particulièrement sur la « recherche de la parole perdue », c’est-à-dire sur ce qui, suivant ce que nous avons expliqué, constitue le travail essentiel de la Maîtrise ; et il en est même quelques-uns qui donnent une « parole retrouvée », ce qui semble impliquer l’achèvement de cette recherche ; mais, en réalité, cette « parole retrouvée » n’est jamais qu’un nouveau « mot substitué », et, par les considérations que nous avons exposées précédemment, il est facile de comprendre qu’il ne puisse en être autrement, puisque la véritable « parole » est rigoureusement incommunicable. Il en est notamment ainsi du grade de Royal Arch, le seul qui doive être regardé comme strictement maçonnique à proprement parler, et dont l’origine opérative directe ne puisse soulever aucun doute : c’est en quelque sorte le complément normal du grade de Maître, avec une perspective ouverte sur les « grands mystères » Le mot qui représente dans ce grade la « parole retrouvée » apparaît, comme tant d’autres, sous une forme assez altérée, ce qui a donné naissance à des suppositions diverses quant à sa signification ; mais, suivant l’interprétation la plus autorisée et la plus plausible, il s’agit en réalité d’un mot composite, formé par la réunion de trois noms divins appartenant à autant de traditions différentes. Il y a là tout au moins une indication intéressante à deux points de vue : d’abord, cela implique évidemment que la « parole perdue » est bien considérée comme étant un nom divin ; ensuite, l’association de ces différents noms ne peut s’expliquer que comme une affirmation implicite de l’unité fondamentale de toutes les formes traditionnelles ; mais il va de soi qu’un tel rapprochement opéré entre des noms provenant de plusieurs langues sacrées n’est encore que tout extérieur et ne saurait en aucune façon symboliser adéquatement une restitution de la tradition primordiale elle-même, et que, par conséquent, ce n’est bien réellement qu’un « mot substitué »

Un autre exemple, qui est d’ailleurs d’un genre très différent, est celui du grade écossais de Rose-Croix, dans lequel la « parole retrouvée » se présente comme un nouveau Tétragramme devant remplacer l’ancien qui a été perdu ; en fait, ces quatre lettres, qui ne sont du reste que des initiales ne formant pas un mot à proprement parler, ne peuvent exprimer ici autre chose que la situation de la tradition chrétienne vis-à-vis de la tradition hébraïque, ou le remplacement de l’« Ancienne Loi » par la « Nouvelle Loi », et il serait difficile de dire qu’elles représentent un état plus proche de l’état primordial, à moins qu’on ne veuille l’entendre en ce sens que le Christianisme a accompli une « réintégration » ouvrant certaines possibilités nouvelles pour le retour à celui-ci, ce qui est d’ailleurs vrai en quelque façon pour toute forme traditionnelle constituée à une certaine époque et en conformité plus particulière avec les conditions de cette époque même. Il convient d’ajouter que, à la signification simplement religieuse et exotérique, il se superpose naturellement ici d’autres interprétations, d’ordre principalement hermétique, qui sont loin d’être sans intérêt en elles-mêmes ; mais, outre qu’elles s’éloignent de la considération des noms divins qui est essentiellement inhérente à la « parole perdue », c’est là quelque chose qui relève de l’hermétisme chrétien beaucoup plus que de la Maçonnerie proprement dite, et, quelles que soient les affinités qui existent entre l’un et l’autre, il n’est cependant pas possible de les considérer comme identiques, car, même lorsqu’ils font jusqu’à un certain point usage des mêmes symboles, ils n’en procèdent pas moins de « techniques » initiatiques notablement différentes à bien des égards. D’autre part, la « parole » du grade de Rose-Croix se réfère manifestement au seul point de vue d’une forme traditionnelle déterminée, ce qui nous laisse en tout cas bien loin du retour à la tradition primordiale, qui est au-delà de toutes les formes particulières ; sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, le grade de Royal Arch aurait assurément plus de raisons que celui-là de s’affirmer comme le nec plus ultra de l’initiation maçonnique.

Nous pensons en avoir dit assez sur ces « substitutions » diverses, et, pour terminer cette étude, nous devrons maintenant revenir au grade de Maître, afin de chercher la solution d’une autre énigme qui se pose à son sujet et qui est celle-ci : comment se fait-il que la « perte de la parole » y soit présentée comme résultant de la mort du seul Hiram, alors que, d’après la légende même, d’autres que lui devaient la posséder également ? Il y a là, en effet, une question qui rend perplexes beaucoup de Maçons, parmi ceux qui réfléchissent quelque peu sur le symbolisme, et certains vont même jusqu’à y voir une invraisemblance qu’il leur paraît tout à fait impossible d’expliquer d’une façon acceptable, alors que, comme on le verra, il en est tout autrement en réalité.La question que nous posions à la fin de la précédente partie de cette étude peut se formuler plus précisément ainsi : lors de la construction du Temple, la « parole » des Maîtres était, suivant la légende même du grade, en la possession de trois personnages qui avaient le pouvoir de la communiquer : Salomon, Hiram, roi de Tyr, et Hiram-Abi ; ceci étant admis, comment la mort de ce dernier peut-elle suffire pour entraîner la perte de cette parole ? La réponse est que, pour la communiquer régulièrement et dans la forme rituelle, il fallait le concours des « trois premiers Grands-Maîtres », de sorte que l’absence ou la disparition d’un seul d’entre eux rendait cette communication impossible, et cela aussi nécessairement qu’il faut trois côtés pour former un triangle ; et ce n’est pas là, comme pourraient le penser ceux qui n’ont pas une habitude suffisante de certaines correspondances symboliques, une simple comparaison ou un rapprochement plus ou moins imaginatif et dénué de fondement réel. En effet, une Loge opérative ne peut être ouverte que par le concours de trois Maîtres ayant en leur possession trois baguettes dont les longueurs respectives sont dans le rapport des nombres 3, 4 et 5 ; c’est seulement quand ces trois baguettes ont été rapprochées et assemblées de façon à former le triangle rectangle pythagoricien que l’ouverture des travaux peut avoir lieu. Cela étant, il est facile de comprendre que, d’une façon similaire, un mot sacré peut être formé de trois parties, telle que trois syllabes dont chacune ne peut être communiquée que par un des trois Maîtres, de sorte que, en l’absence d’un de ceux-ci, le mot aussi bien que le triangle resterait incomplet, et que rien de valable ne pourrait plus être accompli ….

Source : http://esprit-universel.over-blog.com

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:07

Le Grand Chapitre Général de France

Le 2 février 1784, sept Chapitres parisiens de Rose-Croix, souchés sur des loges du Grand Orient, se regroupent pour former le Grand Chapitre Général. Ces Chapitres fondateurs ont pour nom : La réunion des amis intimes, Les amis intimes, Les frères unis de Saint Henry, L’amitié, L’harmonie, Salomon et La Trinité. Le grand Chapitre Général se présente comme une fédération des Chapitres de hauts grades en France : « Lesdits sept souverains chapitres ne se sont et ne sont congrégés que dans le désir et le dessein de former entre eux un grand Chapitre Général qui réunit à perpétuité, en France, sous son régime et sous son gouvernement, tous les souverains Chapitres qui y existent à présent et y existeront à l’avenir, afin de réformer l’Acéphalité qui les caractérise et d’en purger les abus ». Ce texte illustre le caractère anarchique du développement des grades écossais et la pluralité des systèmes mis en place.

Les 81 membres fondateurs du Grand Chapitre Général appartiennent, selon l’historien Matthieu Baumier « à une bourgeoisie de professions libérales essentiellement, physionomie familière dans le Paris maçonnique de la fin du XVIIIème siècle où métiers de justice, de finance et du négoce dominent amplement ». Ils sont porteurs des idées des Lumières et tenants d’une forme de déisme éclairé, de religion naturelle, avec reconnaissance d’un Grand Architecte de l’Univers qui n’est pas un Dieu révélé. Un certain nombre d’entre eux sont officiers du Grand Orient, ce qui leur dénie toute volonté d’indépendance vis-à-vis de cette Obédience.

Le 8 avril 1784, l’élection des quinze officiers constituant l’exécutif de la structure portent Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau à la fonction de Président, sous la dénomination de Très Sage et Grand Maître. Il sera réélu à cette fonction le 8 mai 1787. Le rôle assigné au Grand Chapitre Général est celui dévolu précédemment à la Chambre des Grades. Les statuts et règlements généraux arrêtés le 19 mars 1784, prévoient explicitement cinq ordres, ou ensemble de grades:

« Le Grand Chapitre Général renfermera toutes ses connaissances dans cinq ordres.

Le 1er ordre comprendra tous les intermédiaires de la maîtrise à l’Élu. L’Élu en sera le complément

Le 2e ordre comprendra l’Écossais, tous Écossais possibles, et ce qui y est relatif

Le 3e ordre comprendra le Chevalier d’Orient, et ce qui y a rapport

Le 4° ordre comprendra le Rose-Croix, et ce qui y est relatif

Le 5e Ordre comprendra tous les grades physiques et métaphysiques et tous les systèmes, particulièrement ceux adoptés par des associations maçonniques en vigueur ».

Les quatre premiers ordres sont constitués en « conseils » et ont pour vocation de réaliser les cérémonies de passage d’un ordre à l’autre. Les procès-verbaux des réunions desdits conseils témoignent qu’il n’y a pas présentation de travaux symboliques, hormis des discours de l’orateur du Conseil. Le V° ordre est composé de 27 membres, qui composent le « bureau de correspondance, et le comité du Grand Chapitre Général » : toutes les affaires concernant celui-ci sont ainsi envoyées à ce niveau sommital pour y être préparées et discutées à l’effet de lui en rendre compte. Deux classes y sont distinguées : « Attendu que les connaissances provenant des divers systèmes entrainent un travail suivi et des lumières qu’on ne peut acquérir que successivement et à force de zèle et d’assiduité, le 5e Ordre sera subdivisé. Sa subdivision sera de neuf, lesquels seront élus par l’assemblée des membres composant ledit 5e Ordre. […]. Cette subdivision s’occupera essentiellement de classer chaque grade suivant l’ordre auquel il appartient, ainsi que toutes les connaissances maçonniques de telle nature qu’elles puissent être. ».

Le 18 avril 1784, il est procédé à l’élection des membres du V° Ordre : Roëttiers de Montaleau est nommé Président. Il sera réélu à cette charge le 8 mai 1787. Le V° ordre est ainsi une forme d’académie des grades « écossais », ayant pour rôle de classer les grades existants et de réduire en un seul les grades d’une même famille. La codification proposée pour les quatre ordres n’excluait cependant pas la pratique de grades intermédiaires dans certains Chapitres. Les procès-verbaux des réunions du 24 avril 1784 au 4 décembre 1787 ont été redécouverts très récemment par le Grand Orient de France, parmi les archives maçonniques restituées par la Russie. Ils ont été publiés par Pierre Mollier, Directeur du service Bibliothèque, Archives, Musée du Grand Orient de France, dans la revue Renaissance Traditionnelle. Ils confirment le rôle de l’assemblée du V° Ordre comme lieu de gestion administrative du Grand Chapitre Général : préparation des décisions en matière de candidatures, affiliations, passages d’un ordre à l’autre, agrégation de Chapitres, finances et agrément des rituels établis pour les ordres. Il semble, ainsi que l’écrit Pierre Mollier, que les travaux du V° Ordre ne se tenaient pas selon un rituel ou un grade particulier (travaux « ouverts » et « fermés en la manière accoutumée »). De même, aucune cérémonie initiatique n’accompagnait l’élection à cet ordre. On peut en conclure qu’il s’agissait ainsi d’un grade administratif.

Entre 1784 et 1786, le Grand Chapitre Général finalisera la fixation d’un rituel pour chacun des quatre premiers ordres, en prenant appui sur les travaux de la Chambre des Grades : Élu Secret, Grand Élu Écossais, Chevalier d’Orient et Souverain Prince de Rose-Croix. Ces rituels seront imprimés en 1801 dans un recueil intitulé « Régulateur des Chevaliers Maçons ». Les procès-verbaux du V° ordre laissent à penser que Roëttiers de Montaleau aura rédigé lui-même les rituels des premier, deuxième et quatrième ordres. Le Grand Chapitre Général ne fut qu’une parenthèse de l’histoire : dès le 17 février 1786, le Grand Orient décidait qu’il lui serait rattaché. On notera avec amusement l’anagramme donné, plus que tardivement au Grand Chapitre Général par la Chambre des Grades le 4 décembre 1787 : « Granit de l’écharpe ». Était-ce pour fermer définitivement la parenthèse ?

Le Souverain Chapitre Métropolitain

La réunion (ou plus exactement la ré-union) du Grand Chapitre Général au Grand Orient n’intervient que le 2 février 1788. Il est ainsi fait don à la puissance maçonnique alors dominante d’un système de hauts grades structuré (cinq ordres) et de plusieurs dizaines de chapitres implantés en France et dans ses colonies. Aussitôt est installé le « Chapitre Métropolitain », à qui des lettres capitulaires ont été accordées à des fins de régularité. Cette nouvelle structure poursuit les travaux du Grand Chapitre Général avec le même mode de fonctionnement et les mêmes animateurs, Roëttiers de Montaleau restant le Président du Chapitre Métropolitain et du V° Ordre jusqu’à sa mort le 30 janvier 1808. Mais le Chapitre Métropolitain, appelé communément « Souverain Chapitre Métropolitain », n’échappera pas à la tourmente révolutionnaire : ses travaux sont en effet interrompus en avril 1792 et ne reprendront qu’en avril 1797 : « Diverses propositions ont été faites pour le bien et la régularité des travaux du Chapitre Métropolitain et leur rendre le lustre et l’activité si essentiels au bien de l’Ordre en général. Elles ont été renvoyées à une commission. » La lecture des procès-verbaux des réunions du Comité des 27 (exécutif de la structure) révèle cependant des difficultés profondes dès l’année 1800 :

- Problèmes financiers dus à un arriéré important de cotisations des membres du Chapitre Métropolitain ; réunions des conseils des quatre ordres sans décor maçonnique adapté, conduisant le Président, appelé Très Sage, à proposer « pour le bien particulier et la gloire du Chapitre Métropolitain tendant à ce que les séances soient tenues dans les 4 ordres avec le plus de décence et d’apparat possible, en raison de quoi il serait très nécessaire de le pourvoir de tous les vêtements et ornements indispensables à sa splendeur», ce que ne permettaient pas à ce moment les finances de la structure ; chapitres fondateurs en déshérence : « Le T\S\ a encore parlé des chapitres fondateurs ; et après avoir représenté à l’assemblée que la plupart des chapitres se trouvant depuis longtemps sans activité par l’effet des circonstances, il a fait sortir l’importance qu’il y aurait à inviter ceux de l’O\ de Paris à se rapprocher du centre commun en se réunissant au Chapitre métropolitain en remplacement de ceux qui par l’effet des mêmes circonstances ne font plus corps avec lui. » ; pratique de rituels anciens et non reconnus depuis 1786 : « depuis que le G\O\ avait réuni à ses attributions la Maç\ des hauts grades, et avait déterminé ceux qu’il reconnaitrait, divers chapitres de sa correspondance continuaient à travailler suivant l’ancien rite en conservant des grades qui ne font plus partie de la Maç\ française, et en donnant aux ff. : initiés dans leur sein, des mots, signes et attouchements qui ne sont plus en usage au G\ O\ » ; difficultés à établir des Règlements Généraux propres au Chapitre Métropolitain, qui ne seront approuvés qu’en 1804.

Cette même année, le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), né aux États Unis s’implante en France : contrairement au Rit pratiqué par le Chapitre Métropolitain (trois grades symboliques et quatre ordres, chacun d’entre eux étant un regroupement synthétique de grades), le REAA est analytique : il est en effet organisé en 33 degrés (les trois grades symboliques et trente grades au-delà du grade de maître). Il confère des hauts grades au-delà du grade de Rose-Croix, grade terminal du Rit (qui sera dénommé quelques années plus tard Rite Français pour être distingué du REAA). A quelques exceptions près, le patrimoine maçonnique utilisé par les deux rites est le même, piochant dans les hauts grades développés en France à partir de 1740. Fidèle à sa volonté de contrôler la franc-maçonnerie, le Grand Orient crée en son sein le 21 juillet 1805 un Grand Directoire des Rites, « composé d’autant de membres qu’il y aura de rites ». La riposte ne se fera pas attendre : le Rite Écossais reprit son indépendance, en termes d’administration des grades supérieurs au 18ème degré.

Le Souverain Chapitre Métropolitain se devait de réagir, afin de maintenir le positionnement du Rit ancien Pour cela, il lui fallait tout à la fois désigner pour chef suprême du Rit le Grand Maître du Grand Orient de France, Cambacérès, se réorganiser et se positionner en termes de hauts grades au-delà de celui de Rose-Croix. Le premier point fut acquis lors du Comité d’administration du 17 avril 1807, les deux autres l’avaient été par des décisions prises à l’assemblée générale du 20 décembre 1806 :

« Le Très Sage [Roëttiers de Montaleau] a fait plusieurs propositions, toutes tendantes au bien général de ce Respectable Atelier Chapitre Métropolitain et à ranimer l’activité de ses travaux par les motifs les plus propres à le faire remonter à sa première splendeur. Le premier moyen qu’il a proposé, a été de passer l’éponge sur l’intégralité de l’arriéré des cotisations, en convertissant cet objet en un don gratuit librement offert, et à réduire cet objet pour la suite à une cotisation annuelle de 6 francs, payables d’avance. [….]. Le Très Sage a fait observer que les circonstances paraissant exiger de faire connaitre au G\O\ que le Chapitre professait des connaissances maçonniques jusqu’à 81 degrés distribués par séries et renfermés dans cinq ordres et que jaloux de contribuer à repousser l’abus de les prodiguer, l’invitait à organiser des chapitres supérieurs qui ne conférassent les hauts grades au-dessus de ceux sous le titre de Rose-Croix, que jusqu’à un degré limité. »

La nomenclature de 81 grades du Chapitre Métropolitain est ainsi fixée : neuf séries de neuf grades classées par famille (voir dernier chapitre). Le V° ordre exerce enfin (mais un peu tard) le rôle qui lui avait été dévolu dès 1784. Cela est acté par ses propres statuts approuvés en décembre 1807, aux termes desquels il est structuré en deux classes. La première est composée d’un conseil de neuf membres, « gardien des cahiers maçonniques, des règlements et archives du Chapitre Métropolitain » et « possédant les plus hauts grades ». Il faut comprendre que ce conseil avait vocation à réunir les porteurs des grades sommitaux des divers systèmes maçonniques du Grand Orient, et à conférer lesdits grades. Les cahiers des 81 grades sont déposés dans une arche à deux clefs, établie au lieu des séances du Conseil des IX. On ne sait si le projet ultérieur du Frère Gastebois père de faire des IX une classe d’ « Initiés dans les profonds mystères » aura pu être concrétisé. Un rituel de ce grade (62ème de la nomenclature) semble le confirmer, puisque l’un de ses exemplaires comporte la mention « dernier grade du 5ème ordre du Souverain Chapitre Métropolitain ». On notera avec intérêt que ce grade était le dernier du Rite en 33 degrés du comte de Clermont daté de 1768. Dans ce rituel, l’un des mots de reconnaissance est « Panapotheon » (que l’on peut traduire par élevé au plus haut niveau). Une deuxième classe, dite des Prosélytes, est composée de 27 membres nommés par le conseil des IX. Elle n’est convoquée que pour procéder à des réceptions de Prosélytes ou pour communication des lumières contenues dans les huit premières séries, la neuvième étant réservée à la classe des IX. Les rituels de cette dernière série appartiennent à la tradition hermétique, vraisemblablement peu compatible avec le rationalisme encyclopédique des dirigeants du Chapitre Métropolitain.

Cette forme de confiscation de la connaissance nous interroge. Les Prosélytes étaient-il jugés ne pas avoir les connaissances suffisantes pour appréhender ces sujets ? Fallait-il dérober aux yeux du « vulgaire » un patrimoine dérangeant, issu de la tradition hermétique? Une réponse peut être donnée par la vocation des membres du Conseil des IX d’être porteurs des grades sommitaux des divers Rites. On remarquera par ailleurs la procédure de recrutement des Prosélytes, qui doivent avoir déposé au conseil des matériaux dignes d’être déposés dans l’arche et des réponses à des « proponenda» communiqués à l’avance :

2° pourquoi la voute de nos Loges est-elle décorée par l’image de la lune, du soleil et des étoiles ?

3° pourquoi prenons-nous le nom de francs-maçons ?

4° quelle est l’allégorie cachée sous la figure du Triple Triangle, bijou des officiers du Grand Orient ?

5° pourquoi les nombres 3, 5, 7, 9, 21, 27, 81 sont-ils particulièrement adoptés en Maçonnerie ? »

L’énoncé de ces sujets démontre à l’évidence que leur niveau initiatique est limité aux grades symboliques au sein des chapitres du début du XIXème siècle. Il ne se déroule en effet dans les conseils des quatre ordres toujours pas de travaux symboliques, hormis les réceptions. Les passages d’ordre s’effectuent par ailleurs dans des délais parfois très rapprochés. L’entrée dans la classe des Prosélytes se fait par la réception au grade de Chevalier du Soleil, dernier grade de la 8ème série. Pierre Mollier a recensé 80 cahiers de ce grade copiés au XVIIIème siècle et répartis en trois familles. De par la multiplicité des rituels, l’auteur voit dans le Chevalier du Soleil « un grade à géométrie variable : double enseignement, permettant plusieurs utilisations du grade selon la sensibilité et l’objectif de ceux qui le pratiquaient, Ce grade témoigne de par son contenu double, de l’ancienneté de 2 courants marginaux au 18° : FM « philosophique », cad déiste et rationaliste, et FM hermétique, mais qui se pérenniseront dans la FM française ».

Ce grade traduit le stade ultime de l’initiation., soit par la réalisation du Grand Œuvre Philosophique dans les rituels hermétiques : « il faut pour y parvenir avoir écrasé le serpent de l’ignorance mondaine, et extirper de son cœur jusqu’aux moindres racines du préjugé et de l’erreur pour être admis au nombre des enfants de la vérité », soit par la volonté de « dépouiller le vieil homme, secouer les préjugés, enfants de l’erreur, voir la vraie lumière, et chercher la vérité » dans les rituels philosophiques. Les notes de Gastebois père nous éclairent sur le rituel utilisé pour la réception au V° ordre : « conférer le grade de Chevalier du Soleil, suivant le cahier du Sublime Elu de la Vérité ». Son analyse permet de le classer sans ambigüité parmi les rituels philosophiques.

Le V° ordre, structuré pour la première fois fin 1807, fonctionne sans Roëttiers de Montaleau, décédé le 31 janvier 1808. Les procès-verbaux des réunions du 18 décembre 1807 au 1er juin 1813 retracent des travaux consacrés pour leur plus grande part à la réception de Chevaliers Rose-Croix dans la classe des Prosélytes. Quelques débats se tiennent encore « sur le mode à adopter pour faire reprendre auRit ancien le lustre qui lui appartient, par la collation des grades supérieurs qu’il possède au-delà de celui de S\ P \ CH\ R\C \ », confirmant la préoccupation de positionnement par rapport au Rite Écossais.

Quant aux procès-verbaux des assemblées de 4ème ordre du 1er semestre 1814, ils font état d’une stagnation des travaux du Chapitre Métropolitain et d’une situation de quasi faillite de la structure, les loyers impayés la contraignant à restituer le 1er janvier 1815 les locaux à leur propriétaire, avec archivage des effets du V° ordre. A la même époque, le Grand Orient de France décide de reprendre l’administration de l’ensemble des hauts grades sous sa coupe Un Grand Consistoire des Rites sera installé fin 1815, qui deviendra le Grand Collège des Rites en 1826. En 1823, le Chapitre Métropolitain renoncera à son titre et choisira de s’intituler Chapitre des Gaules la patente du 30ème degré du Rit Écossais Ancien et Accepté lui étant accordée à cette occasion.

Le V° ordre cessera ainsi toute activité à la Restauration qui interviendra en avril 1814 avec l’avènement de Louis XVIII, avant d’être réveillé à la fin du XXème siècle, mais cela relève d’une autre partie de son histoire…

Colette Léger

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 08:56

Il y a cela un peu plus d'un an, alors apprenti, je vous présentais un travail pour passer au grade de compagnon. Une année de silence, à l'écoute de mes frères, pour découvrir le travail en Loge et les grands principes qui fondent notre Ordre.

Une année d'échanges, où j'ai appris beau­coup en acceptant les règles multi-centenaires que nos anciens ont forgées tout au long de leurs rencontres.

Il est toujours agréable de revenir sur ces moments passés dans les ateliers sur la colonne du Nord, où la chaleur humaine le dispute à la franche amitié !

Ayant obtenu le grade de compagnon, j'ai tout d'abord changé de place dans le Temple. Je me suis retrouvé sur la colonne du Midi, sous le regard attentif du Premier Surveillant, place que je m'honore d'occuper à chaque tenue.

Ainsi, au fil des mois, de réunions en agapes fraternelles, de conversations chaleureuses en travaux importants je n'ai cessé de tailler la Pierre Brute, afin d'améliorer mes connaissances pour mieux comprendre le monde et faire triompher mes idéaux.

Apprenti, Compagnon, le Temple est pour moi, l'endroit essentiel où se construit la Franc -Maçonnerie. C'est dans ce lieu que tout se façonne, c'est de ce lieu que tout se développe. En son sein tout est symbole et rappelle les étapes que nous devons fran­chir pour mieux connaître le monde et ses mystères. C'est au cours des séances que nous avons ensemble, que se découvre pro­gressivement tout ce qui le constitue.

Aujourd'hui, je vous propose d'étudier un des éléments qui forme le tableau de l'apprenti et que l'on retrouve bien sûr dans celui de compagnon, c'est-à-dire : Les deux colonnes du Temple.

Edmond GLOTON, dans la Chaîne d'Union rappelle avec concision la place qu'elles doivent occuper dans nos ateliers : "Beaucoup de nos frères pensent à tort qu'il faut pour abriter les travaux de leur atelier un local spécialement aménagé. N'importe quelle salle peut convenir, du moment que le tracé de la loge figure entre les colonnes".

Cet élément essentiel au Temple, que nous avons en perma­nence sous les yeux, provoque de nombreuses réflexions, voire des interrogations. Aussi, je me propose d'envisager tout ce qui peut, de près ou de loin, nous permettre de mieux comprendre l'intérêt que nous avons, de considérer ce sujet sous tous ces aspects.

Bien entendu, sur le plan architectural, les colonnes ne sont pas nées dans l'esprit de l'homme par hasard. En effet, il y a plu­sieurs centaines de milliers d'années, nos ancêtres vivaient dans des grottes ou des abris pour se protéger, se reposer. Dans les forêts, ils ont découvert naturellement ce que pouvait représenter un tronc d'arbre qui s'élève vers le ciel. Dans les grottes ils ont rencontré des concrétions calcaires : stalagtites et stalagmites qui ne pouvaient que les inspirer.

De là bien sûr, est née toute une symbolique, où l'imaginaire humain se développant, a conduit les hommes à modifier lente­ment leur mode de vie.

En coupant les arbres, ils ont exploité un matériau différent de ceux qu'ils avaient l'habitude d'utiliser : l'os, la pierre.

Je ne m'étendrai pas sur toutes les religions primitives qui ont vénéré l'arbre et sa forme en trois parties : les racines : la vie ; le tronc : la force ; le feuillage : l'espoir, symbolique constamment employée par les hommes jusqu'à nos jours et ce sont ces formes étranges qui décorent de nombreuses grottes, qui ont servi nos pre­miers artistes pour leur représentation du monde et de sa magie.

Déjà, nous pouvons sentir l'approche informelle qu'ont eue ces premiers hommes, du monde extérieur et du monde intérieur, à travers ces formes identiques, apparentes ou cachées, données aux profanes ou révélées aux initiés, que nous avons intellectuali­sées, stylisées, sous forme de colonnes.

Au fil des millénaires, nos ancêtres ont saisi tout l'intérêt qu'il y avait à utiliser cette forme pour construire leur habitation. Des maisons sur pilotis aux cabanes sommaires, le tronc de l'arbre a permis la sédentarisation des tribus vagabondes à la recherche de nourriture, donnant donc naissance à l'agriculture, mais aussi aux premiers villages, lieux essentiels où allaient se développer les civilisations. On retrouve à travers les fouilles archéologiques les différents procédés employés pour la construc­tion, où devaient se marier avec une grande précision deux dimensions essentielles : l'horizontale et la verticale.

Le passage à la pierre se fait tout naturellement lorsque l'homme veut donner à la construction une importance magique ou religieuse, c'est-à-dire, intégrer la dernière dimension qui nous échappe ou qui nous fuit, je veux dire : le temps.

Ainsi, les premiers édifices qui accueillent, ou permettent un culte, sont des temples, où les colonnes sont les éléments indis­pensables à sa solidité.

Lente progression de l'esprit de l'homme qui affirme sa place sur la terre, en prenant possession du sol pour organiser sa vie sociale et chercher à comprendre le monde qui l'entoure en éle­vant des temples à la gloire de forces qu'il craint ou qu'il vénère.

Ainsi, techniquement, toute construction quelle qu'elle soit, des premiers âges jusqu'à nos jours, ne peut se passer de cet ins­trument indispensable, capital qu'est la colonne !

Je ne me prive pas du plaisir de vous rappeler quelques vers de Victor Hugo, dans un de ses plus célèbres- poèmes : " endormi", tiré de la Légende des Siècles :

"Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu. Une race y montait comme une longue chaîne. Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu !"

A travers toutes les formes de l'art, les hommes ont mêlé à leurs oeuvres les colonnes, ou comme pièce principale, ou comme décor.

Des temples grecs ou romains aux tableaux de Piero Della Francesca, de Buren aux monuments à la gloire des ancêtres; nombreux sont les artistes qui ont rappelé ou utilisé cet élément indispensable à la construction de l'humanité. Car, bien souvent le commun des mortels a oublié la place essentielle que jouent les colonnes, pour la construction du monde, une marche vers un avenir meilleur !

Tout savoir, toute connaissance, toute découverte, se construit et ne peut se développer qu'à partir de basés solides, et c'est la colonne qui en forme le squelette, entre la base qui prend appui sur la terre ferme et le chapiteau qui en est l'extrémité. Tout nous montre que, sans elle, plus rien de concret ou de positif ne peut exister. Elle devient le symbole de la solidité que Samson, prison­nier des Philistins remit en question en écartant les colonnes de leur temple, qui, en s'effondrant offrit à son peuple la victoire.

Plus les colonnes du temple seront solides et assurées, plus difficile sera la tâche de ceux qui veulent l'ébranler: Au-delà de leur place symbolique, à l'entrée de notre demeure, face à nous, elles nous rappellent en permanence, que pour. assurer la conti­nuité de notre labeur, nous devons constamment œuvrer sans relâche à la construction d'une vie meilleure en respectant les grands principes qui sont les nôtres, socle de notre action.

Symbole de solidité bien sûr, mais symbole de vie aussi, comme l'arbre où la base en est la racine qui va puiser dans la terre des ressources nécessaires, indispensables à tout développe­ment. Le lien est très fort entre les différentes parties qui la constitue, comme l'arbre formant un tout. Ainsi, les hommes ont souvent dressé des colonnes un peu partout sur la terre, pour sym­boliser la vie et tenter de laisser l'empreinte indélébile de leur passage.

Car, au-delà de la vie qu'elle représente à travers le monde végétal, elle est aussi représentation humaine. Représentation sensuelle, la colonne est un phallus dressé comme signe de fécon­dité et de reproduction. L'homme marque en l'érigeant sa puis­sance dominatrice sur le monde dangereux qui l'entoure. Elle est là, pour signer sa présence, et que d'autres après lui, qui seront nés de sa semence, pourront contempler. C'est debout que l'homme avance dans le temps, déchirant le voile de l'obscurité qui l'entoure, il veut montrer qu'il est lui-même par sa position verticale, celui qui construit, celui sur qui tout repose.

Je reviendrai sur ce symbole très fort de l'homme dressé devant l'univers qui l'écrase.

Les deux colonnes qui signent l'entrée de notre temple sous la voûte constellée d'étoiles nous rappellent sans cesse ce que nous sommes, et ce vers quoi nous nous dirigeons.

Ce mariage magique, entre des hommes amis, des colonnes dressées, l'univers infini, doit nous inciter à la plus grande et pro­fonde méditation sur notre devenir, la place que nous occupons dans la création.

Je terminerai la dimension symbolique des colonnes en rap­pelant brièvement ce que tout à l'heure j'évoquais au niveau de la verticalité : sa base forme une équerre parfaite qui lui permet d'ailleurs de rester en place sans aucun appui extérieur.

Liant l'horizontale et la verticale, la colonne symbolise l'espace.

L'équerre qu'elle forme avec le sol, rectifie, ordonne la matière, symbolisant la droiture, le respect des lois, des règle­ments. Symbole permanent que l'on retrouve sur le tableau de l'Apprenti et du Compagnon.

Enfin, elles sont doubles, c'est-à-dire qu'elles nous incitent à réfléchir sur la dualité, donc sur le nombre deux.

A l'entrée du Temple, deux colonnes qui encadrent la porte, nous ouvrent le passage avant d'aller prendre place pour com­mencer les travaux.

A la question : "Comment avez-vous été reçu compagnon ?", notre réponse a été : en passant de la colonne du Nord à celle du Midi. La colonne J, dont la couleur est rouge, correspond au soleil et signifie la raison, dont la clarté dissipe les ombres de l'erreur. La colonne B, dont la couleur est blanche, correspond à la lune. Cela veut dire que la raison elle-même a besoin, pour

donner toute sa mesure, de sensibilité, de sentiment, d'imagina­tion. Ainsi, grâce à la discipline de la raison dont il ne doit jamais se distraire, le Compagnon peut, doit s'élever à la conception imaginative, réglée elle, de ce qui pourrait et devrait être.

Ainsi, en passant entre les deux colonnes, à l'entrée du Temple, nous franchissons une étape qui nous conduit en un lieu sacré, chargé d'histoire, de symboles. `

En effet, il faut retourner dans le passé pour saisir toute l'importance de ces colonnes qui indiquaient l'entrée du Temple de Salomon. La Bible nous le décrit. Pour y pénétrer, il fallait passer entre deux colonnes que le roi Salomon avait fait exécuter par HIRAM de Tyr, de la tribu de Nephtalli, homme sage, intelli­gent, ayant une grande connaissance d'un noble matériau qui est l'airain.

La Bible nous explique leurs mesures : dix-huit coudées de hauteur, douze de circonférence, douze à leur base ; leurs chapi­teaux cinq ! La somme de ces nombres correspond au, nombre des constellations et des signes du zodiaque. Reliées entre elles par un portique, elles donnent accès à un lieu sacré. Leur solidité grâce à l'airain devait leur permettre de résister au temps, et au déluge.

La colonne de droite fut nommée Jachin et celle, de gauche Boaz.

Le mot Jachin s'écrit en hébreu avec les lettres Iod, Caph, lod, Nun. Le mot Boaz s'écrit avec les lettres Beth, Aïn, et Zaïn. Nous retrouvons, grâce à ces lettres une autre écriture. Jakin avec un K et Booz avec deux 0. Bien sûr, ces appellations ne relèvent pas du hasard ou de l'improvisation. De nombreuses études ont été faites à leur sujet. Il n'y eut jamais de contestation sur le sens symbolique de ces deux colonnes. La première étant suffisam­ment caractérisée comme masculine par le Iod initial qui la désigne communément. Ce caractère hébraïque correspond en effet à la masculinité par excellence. Beth, la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, est considérée, d'autre part, comme essentielle­ment féminine, car son nom signifie maison, d'où l'idée de récep­tacle, de caverne, d'utérus.

La colonne J, qui correspond au soleil est donc masculine, active. La symbolique des couleurs- exige qu'elle soit rouge. La colonne B qui correspond à la Lune est féminine, passive, donc blanche ou noire.

Ces deux symboles nous montrent bien l'antagonisme des forces qui règlent la marche de l'univers, l'antagonisme qui forme l'humanité, porte le monde dans lequel nous vivons.

Au-delà de cet affrontement, il y a une profonde et très secrète complémentarité, car, l'une et l'autre se nourrissent mutuellement, forment un tout que nous découvrons au sein du Temple, sous la voûte étoilée, en direction de l'Orient où siège le Vénérable. De ce triangle parfait reliant les trois forces essen­tielles qui portent notre action, nous siégeons de part et d'autre pour ne point rompre le lien magique qui façonne notre Ordre.

Pour faire respecter celui-ci, est placé, devant chaque colonne, un surveillant, qui, comme son nom l'indique, veille au bon déroulement des travaux des Frères placés de part et d'autre de l'entrée se faisant face en deux colonnes, correspondant à la lettre J et la lettre B.

Les deux colonnes formées par les Frères sont les bornes du monde créé et de même que les surveillants ont sous leur dépen­dance les Apprentis et les Compagnons, de même les deux colonnes correspondent aux surveillants. Derrière le premier sur­veillant se dresse la colonne B. Il doit surveiller les travaux des compagnons placés devant. C'est la colonne du Midi. Derrière le deuxième surveillant se dresse la colonne J, dont la mission est l'instruction des Apprentis. C'est la colonne du Nord.

Ces colonnes, autrefois, étaient dressées extérieurement de chaque côté de la partie principale du Temple. Elles correspon­daient aux obélisques des sanctuaires égyptiens. Elles étaient cou­vertes de hiéroglyphes ou de dessins mystérieux, que les initiés, seuls, devaient apprendre à saisir le sens.

Le salaire reçu auprès de celles-ci, n'a rien de matériel, c'est l'instruction initiatique sur laquelle veille les surveillants.

A l'image du matériau utilisé : l'airain, alliage noble de diffé­rents métaux : étain; argent, cuivre, elles représentaient l'incor­ruptibilité, l'immortalité, l'inflexible justice. Elles sont générale­ment surmontées de trois grenades ouvertes, les graines noyées dans la pulpe transparente symbolisant les Maçons unis entre eux par un idéal commun.

Les lys qui les décorent évoquent la flamme pure, fécondante qui doit briller dans chacun de nos coeurs, et nous aider tous ensemble, à faire triompher notre idéal.

Sept rangs de chaînes les entourent, placés entre les grenades et les lys. Elles ont une double valeur symbolique. Tout d'abord, elles suggèrent les liens qui emprisonnent les profanes, les main­tiennent dans l'ignorance, chaînes dont nous avons su nous libérer, qui, maintenant, deuxième symbole nous unissent définitivement.

Ainsi, elles réunissent ce que nous faisons régulièrement en nous donnant la main, pour mieux travailler ensemble : les sym­boles de fécondité, d'union.

C'est pour toutes ces raisons que les Frères qui ont fait circu­ler le tronc de la veuve et le sac aux propositions, viennent se placer, côte à côte entre les colonnes, face au Vénérable et attendent le signal pour les remettre à sa disposition.

De même, lorsque s'installe le Collège des Officiers, c'est entre celles-ci qu'ils sont acclamés par tous les Frères réunis.

Seul, le Pavé Mosaïque déplace la ligne droite qui relie l'axe médian entre les deux colonnes, et le Vénérable. Aucun Frère ne lui tourne le dos. Nous sommes là pour garantir, assurer le lien puissant, secret qui doit en permanence affirmer l'unité, la fécon­dité, et l'éternité de nos travaux. Chacun à sa place, séparé du monde profane par la porte du Temple et ses deux colonnes.

Je rappellerai brièvement que suivant le rite auquel l'on tra­vaille, la place des surveillants est inversée comme le sont les lettres J et B accrochées aux colonnes. Au-delà de ces diffé­rences, il y a le symbole attaché à la complémentarité de ces deux espaces, qui, en se faisant face forment une partie unie, labo­rieuse, disciplinée pour aider tous les Frères à travailler ensemble en s'inspirant des idées que portent en elles les deux colonnes fermant l'entrée de notre demeure et que vient achever le Vénérable Maître assis à l'Orient.

Tableau parfait de l'harmonie qui enveloppe la Loge, quand les travaux commencent. Harmonie que nous retrouvons sur le tapis de la Loge posé en son milieu sur le Pavé Mosaïque.

Symbole du tableau mystique du grade de Compagnon ou les deux colonnes reposant sur le Pavé Mosaïque sont entourées de tous les attributs qui constituent notre travail, notre but.

Au-dessus de la colonne B : le Niveau ; de la colonne J : la Perpendiculaire, reliés entre eux au milieu de celles-ci par le compas, pointes en haut, ouvert sur la lettre G aux cinq sens.

Ainsi, nombreuses sont les étapes à franchir, lorsque l'on se dirige vers l'Orient. Nombreux sont les signes qui nous guident vers plus de générosité, de perfection. Lé travail que nous avons commencé n'est jamais achevé. Mais avant qu'il soit entrepris, il faut d'abord franchir la porte sur laquelle on peut lire bien sou­vent : LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ, et passer entre les colonnes.

Comme je le rappelais au début, Edmond GLOTON résumait que, pour abriter un atelier, il suffisait que le tracé de la Loge figure entre les colonnes. Au nombre de deux, bien sûr. Deux seu­lement car elles forment ensemble deux parties d'un même tout. Elles sont face à face, en opposition, chacune représentant un symbole différent, au contenu conflictuel, donc de réflexion, somme d'équilibres réalisés ou de menaces latentes.

Ce dualisme qu'elles incarnent, sur lequel repose toute dia­lectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, est source de progrès, de vie. Ce principe de division porte en lui le principe de multiplication, donc générateur de fécondité. Nous le retrouvons dans les différentes civilisations qui nous ont précédées, où la mort et la vie, le mal et le bien ont pris différentes formes maté­rielles, spirituelles ou intellectuelles.

Nous avons découvert le principe actif de ce dualisme dès la naissance, où notre corps est formé de deux parties, du visage jusqu'aux membres. La beauté ou la laideur, la force ou la fai­blesse, l'intelligence ou la bêtise sont les aspects différents que peut prendre l'individu, donc son équilibre.

Ainsi, lorsque les colonnes évoquent les principes de mas­culinité ou de féminité, elles rappellent en permanence notre profonde, éternelle dualité, homme et femme, ou éternelle ambi­guïté : homme ou femme, ou éternelle complémentarité : homme/femme.

De même la science, instrument de connaissance, outil salvateur contre l'ignorance, l'absurdité séparant le vrai du faux, qui s'est développée sur ces contradictions, a fait germer les plus grandes théories, sur le principe magistral de la thèse et de l'antithèse, ouvrant ainsi la porte à des solutions qui nous conduisent à mieux comprendre le monde, mieux agir pour l'avenir de l'humanité.

Les vertus conjuguées des deux éléments essentiels qui constituent la base du devenir de l'univers, forment une puissance infinie où l'espace et le temps se confondent. L'absurdité de notre vie n'a d'égal que le sens de notre mort. Ainsi, tout simplement, au sein de ce temple, fraternellement rassemblés devant les colonnes, sous le regard de notre Vénérable Maître, nous essayons de construire, dans la contradiction, le dualisme, ce monde, plus juste, plus solidaire, auquel nous aspirons tous, que nous voulons, loin de tout égoïsme, malsain, faire partager demain, à ceux qui, au-delà des colonnes, dans le monde profane, veulent frapper à la porte du Temple.

Source : www.ledifice.net

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 08:03

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 07:35

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 07:23

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 05:40

Le pentagramme, qu'on appelle dans les écoles gnostiques l'étoile flamboyante, est le signe de la toute-puissance et de l'autocratie intellectuelles.

C'est l'étoile des mages ; c'est le signe du Verbe fait chair ; et, suivant la direction de ses rayons, ce symbole absolu en magie représente le bien ou le mal, l'ordre ou le désordre, l'agneau béni d'Ormuz et de Saint Jean ou le bouc maudit de Mendès.

C'est l'initiation ou la profanation ; c'est Lucifer ou Vesper, l'étoile du matin ou du soir.

C'est Marie ou Lilith ; c'est la victoire ou la mort ; c'est la lumière ou la nuit.

Le pentagramme élevant en l'air deux de ses pointes représente Satan ou le bouc du sabbat, et il représente le Sauveur lorsqu'il élève en l'air un seul de ses rayons.

Le pentagramme est la figure du corps humain avec quatre membres et une pointe unique qui doit représenter la tête.
Une figure humaine la tête en bas représente naturellement un démon, c'est-à-dire la subversion intellectuelle, le désordre ou la folie.

Or, si la magie est une réalité, si cette science occulte est la loi véritable des trois mondes, ce signe absolu, ce signe ancien comme l'histoire et plus que l'histoire, doit exercer et exerce en effet une influence incalculable sur les esprits dégagés de leur enveloppe matérielle.

Le signe du pentagramme s'appelle aussi le signe du microcosme, et il représente ce que les kabbalistes du livre de Zohar appellent le microprosope.

L'intelligence complète du pentagramme est la clef des deux mondes. C'est la philosophie et la science naturelle absolues.

Le signe du pentagramme doit se composer des sept métaux, ou du moins être tracé en or pur sur du marbre blanc.

On peut aussi le dessiner avec du vermillon sur une peau d'agneau sans défauts et sans taches, symbole d'intégrité et de lumière.

Le marbre doit être vierge, c'est-à-dire n'avoir jamais servi à d'autres usages ; la peau d'agneau doit être préparée sous les auspices du soleil.
L'agneau doit avoir été égorgé au temps de Pâques avec un couteau neuf, et la peau doit avoir été salée avec le sel consacré par les opérations magiques.

La négligence d'une seule de ces cérémonies difficiles et arbitraires en apparence fait avorter tout le succès des grandes œuvres de la science.
On consacre le pentagramme avec les quatre éléments ; on souffle cinq fois sur la figure magique ; on l'asperge avec l'eau consacrée ; on la sèche à la fumée des cinq parfums, qui sont l'encens, la myrrhe, l'aloès, le soufre et le camphre, auxquels on peut joindre un peu de résine blanche et d'ambre gris ; on souffle cinq fois, en prononçant les noms des cinq génies, qui sont Gabriel, Raphaël, Anaël, Samaël et Orifiel ; puis on pose alternativement le pentacle sur la terre au nord, au midi, à l'orient, à l'occident et au centre de la croix astronomique, et l'on prononce l'une après l'autre les lettres du tétragramme sacré ; puis on dit tout bas les noms bénis de l'Aleph et du Thau mystérieux réunis dans le nom kabbalistique d'Azoth.

Le pentagramme doit être placé sur l'autel des parfums, et sous le trépied des évocations. L'opérateur doit aussi en porter sur lui la figure avec celle du macrocosme, c'est-à-dire de l'étoile à six rayons, composée de deux triangles croisés et superposés.

Lorsqu'on évoque un esprit de lumière, il faut tourner la tête de l'étoile, c'est-à-dire une de ses pointes, vers le trépied de l'évocation et les deux pointes inférieures du côté de l'autel des parfums. C'est le contraire s'il s'agit d'un esprit des ténèbres ; mais il faut alors que l'opérateur ait soin de tenir le bout de la baguette ou la pointe de l'épée sur la tête du pentagramme.

Nous avons déjà dit que les signes sont le Verbe actif de la volonté. Or la volonté doit donner son Verbe complet pour le transformer en action ; et une seule négligence, représentant une parole oiseuse ou un doute, frappe toute l'opération de mensonge et d'impuissance, et retourne contre l'opérateur toutes les forces dépensées en vain.

Il faut donc s'abstenir absolument des cérémonies magiques, ou les accomplir scrupuleusement et exactement toutes.

Le pentagramme tracé en lignes sinueuses sur du verre au moyen de la machine électrique exerce aussi une grande influence sur les esprits et terrifie les fantômes.

Les anciens magiciens traçaient le signe du pentagramme sur le seuil de leur porte pour empêcher les mauvais esprits d'entrer et empêcher les bons de sortir. Cette contrainte résultait de la direction des rayons de l'étoile. Deux pointes en dehors repoussaient les mauvais esprits, deux pointes en dedans les retenaient prisonniers ; une seule pointe en dedans captivait les bons esprits.

Toutes ces théories magiques, basées sur le dogme unique d'Hermès et sur les instructions analogiques de la science, ont toujours été confirmées par les visions des extatiques et par les convulsions des cataleptiques se disant possédés des esprits.

Le G que les francs-maçons placent au milieu de l'étoile flamboyante signifie Gnose et Génération, les deux mots sacrés de l'ancienne Kabbale. Il veut dire aussi Grand Architecte, car le pentagramme, de quelque côté qu'on le regarde, représente un A.
En le disposant de manière que deux de ses pointes soient en haut et une seule pointe en bas, on peut y voir les cornes, les oreilles et la barbe du bouc hiératique de Mendès, et il devient le signe des évocations infernales.

Comme on le voit, tous les mystères de la magie, tous les symboles de la gnose, toutes les figures de l'occultisme, toutes les clefs kabbalistiques de la prophétie, se résument dans le signe du pentagramme, que Paracelse proclame le plus grand et le plus puissant de tous les signes.

Faut-il s'étonner après cela de la confiance des magistes et de l'influence réelle exercée par ce signe sur les esprits de toutes les hiérarchies ? Ceux qui méconnaissent le signe de la croix tremblent à l'aspect de l'étoile du microcosme. Le mage, au contraire, lorsqu'il sent sa volonté faiblir, porte les yeux vers le symbole, le prend dans la main droite, et se sent armé de la toute-puissance intellectuelle, pourvu qu'il soit vraiment un roi digne d'être conduit par l'étoile au berceau de la réalisation divine ; pourvu qu'il sache, qu'il ose, qu'il veuille et qu'il se taise ; pourvu qu'il connaisse les usages du pentacle, de la coupe, de la baguette et de l'épée ; pourvu enfin que les regards intrépides de son âme correspondent à ces deux yeux que la pointe supérieure de notre pentagramme lui présente toujours ouverts.

Source : www.ledifice.net

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 05:08

Mes T\C\F\ A\ et C\,

Par votre ascèse et votre travail de méditation sur les symboles, grâce au zèle et au dévouement dont vous nous avez honorés durant votre apprentissage, vous avez étés jugés dignes d’être reçus dans la chambre de COMP\ .

Pour passer de la colonne du septentrion à celle du midi, il vous a fallu subir des épreuves réglementaires conformes au rituel d’élévation. Au cours de cette cérémonie, nous vous avons confié de nouveaux outils comme le compas, l’équerre ou le levier, et nous vous avons enseigné de nouveaux usages pour ceux que vous possédiez déjà, à l’instar du maillet, du ciseau ou de la règle.

La multiplicité de ces outils et la variété de leur usage vous font comprendre que le travail de dégrossissage de votre pierre doit être poursuivi , et que vous devez, en outre , vous atteler à une nouvelle tâche ; réaliser votre pierre cubique de la façon la plus parfaite qui soit ,non par orgueil ou fierté, mais parce que la quête de l’absolu à laquelle vous vous consacrez est le seul moyen qui vous permettra de redécouvrir votre noyau original ; de parvenir à la flamme qui brûle au fond de votre être et qui aspire à son retour à l’origine, au point d’émanation du principe.

La contemplation de l’étoile flamboyante dont la lumière resplendit de mille feux dans les ténèbres qui l’entourent vous sera utile à bien des égards, tant elle symbolise par sa forme et son éclat la perfection à laquelle nous cherchons tous à accéder. En outre, L’étoile flamboyante sera pour vous un guide précieux , elle dirigera votre marche, elle vous orientera inlassablement dans l’univers et le temple et vous ramènera invariablement vers vos Frères. Ceci, parce qu’aujourd’hui, si vous vous devez de poursuivre votre travail d’introspection, il vous est dorénavant intimé d’aller courir le monde pour découvrir d’autres univers et d’autres espaces maçonniques.

A cet égard, observez attentivement le niveau qui vous a été confié ce soir. Non seulement par le fil à plomb qu’il contient, il garde en son sein la perpendiculaire , donc l’axe vertical, mais il indique une nouvelle dimension dans laquelle vous devez inscrire votre travail : celle de l’horizontalité. Cet axe symbolise non seulement votre aspiration à vous instruire d’avantage en voyageant dans les différentes Loges et Orients, mais il traduit aussi votre souci communautaire, votre amour fraternel sincère pour vos FF\ ; il vous rappelle en permanence à vos devoirs envers les autres et vous mêmes.

A l’instar du pas du compagnon , dès lors que vous ferez un pas de côté, il vous faudra revenir dans l’axe ! N’oubliez jamais que les nouveaux pouvoirs qui vous ont été octroyés ce soir ne vous confèrent que de nouveaux devoirs. Seule la stricte verticalité du fil à plomb qui forme l’angle droit avec l’axe horizontal garantit la parfaite stabilité de la construction. Il vous faut donc être prudents, éloignez vous avec précaution du centre quand vous voyagerez sur l’axe horizontal ; n’hésitez pas à revenir sur vos pas dès que vous n’êtes pas surs d’être sur le bon chemin ; N’espérez pas de choses « inespérables » avec vos nouveaux outils ou la parole dont vous jouissez dorénavant, et plus rien ne vous sera caché ! Prenez votre temps, car« Tout vient à point à qui sait attendre ».

Efforcez vous de méditer sur le sens de vos nouveaux symboles et sur la nouvelle signification de ceux que vous connaissiez auparavant ; sachez néanmoins que si votre intelligence peut particulariser le choix de leur utilisation dans un contexte précis, c’est votre cœur qui en déterminera l’efficacité initiatique.

Mes T\C\F\ COMP\, tous les FF\ ici présents ce soir se réjouissent de vous voir travailler dorénavant dans la chambre de COMP\, nous vous souhaitons une bonne continuation sur votre voie initiatique ; nous comptons sur vous pour rester de solides anneaux de pur métal de notre chaîne d’union. Nous éperons que vous vous épanouirez encore d’avantage parmi nous et vous assurons de tout notre amour fraternel.

J’ai dit, V\M\

Source : www.ledifice.net

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 07:50

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 09:42

Je vais vous rendre compte, dans ma planche, de mes modestes recherches sur les 2 Colonnes ornant le Tapis de Loge au grade d'AA\ en particulier et décorant l’entrée du Temple Maçonnique en général.
Tout d'abord pourquoi avoir choisi ces Colonnes plutôt qu'un autre élément du Tapis de Loge?
1 - parce qu’elles sont le premier symbole que nous rencontrons en pénétrant dans le
Temple ;
2 - parce qu'elles représentent la dualité régissant l’homme et le monde ;
3 - parce qu'elles nous préparent à la découverte du nombre 3.
Je vous propose le cheminement suivant:
1 - rappel et commentaires de la description biblique
2 - les Colonnes et la bi-polarité
3 - les Colonnes et la Mer de bronze
4 - Colonnes et hindouisme
5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\

1 – Rappel et commentaires de la description biblique

Les Colonnes J\ & B\ sont mentionnées dans la Bible au 1er livre des Rois, chapitre 7, versets 13 à 22:
« Verset 13 : Le roi Salomon avait fait venir de Tyr Hiram, ouvrier en airain, fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et d’un père tyrien »
Hiram est phénicien et est en contact avec la triade divine phénicienne Melqart, Astarté et Baal. Hiram connaît donc les magnifiques temples que son homonyme, le roi Hiram, a fait ériger en l’honneur de Melqart, Astarté et Baal. Melqart est la puissance tutélaire de la cité de Tyr et deux piliers ornent l’entrée du temple qui lui est consacré.
« Verset 14 : Il était rempli de sagesse, d’intelligence et d’habileté pour faire toute espèce d’ouvrages en airain. Il se rendit donc auprès du roi Salomom et il exécuta tout le travail.»
Hiram est un expert dans son domaine, c’est un « architecte ».
« Verset 15 : Il fabriqua 2 colonnes d’airain ; la première avait 18 coudées de hauteur, et un cordon de 12 coudées mesurait la circonférence de la seconde. »
Qu’est-ce qu’une colonne ? Le mot vient du latin columna et du grec columen, c’est ce qui s’élève, un soutien, un pilier. Les colonnes se retrouvent dans le totem des indiens d’Amérique et dans l’arbre de vie égyptien. Elles relient le haut et le bas. Elle sont un pont entre ciel et terre.
L’airain est une appellation ancienne du bronze, un alliage de cuivre et d’étain ou d’argent. Si l’argent est communément associé à la Lune, la mythologie grecque associe l’étain à Jupiter, le roi des dieux et le cuivre à Vénus, déesse de l’amour. L’airain unit donc symboliquement des éléments complémentaires, la chaleur de Jupiter et le froid de la Lune, la vie extérieure et la vie intérieure, les mouvements ascendants et descendants, le principe Bois et le principe Eau de la tradition chinoise. Il est symbole d’incorruptibilité, d’immortalité et d’inflexible justice.
« Verset 16 : Il fondit 2 chapiteaux d’airain pour les placer sur le sommet des colonnes : la hauteur d’un chapiteau était de 5 coudées, et la hauteur de l’autre était également de 5 coudées. »
Une hauteur totale de 23 coudées pour chaque colonne et son chapiteau. 2 plus trois font 5, le chiffre de l’homme. 23 multipliés par 2 font 46. La valeur des lettres hébraïques composant le nom d’Adam donne aussi 46. L’inverse de 46, c’est 64 comme le nombre de cases du pavé mosaïque, comme la valeur des lettres hébraïques du mot Eden.
« Verset 17 : Des treillis en forme de réseaux, des festons en forme de chaînettes décoraient les chapiteaux placés au sommet des colonnes ; il y avait 7 festons pour chacun des 2 chapiteaux. »
7 est le nombre parfait et symbole de l'abondance divine, il est aussi selon la Bible le nombre du châtiment, de la purification et de la pénitence. Il est aussi attribué à Satan qui s'efforce de copier Dieu, se faisant le singe de Dieu. Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (chapitre 13, verset 1) a sept têtes. 7 est également le symbole de vie éternelle chez les Égyptiens: il représente un cycle complet, une perfection dynamique. Pour nous, 7 MM :. rendent la Loge juste et parfaite…
« Verset 18 : Hiram fit passer autour de ces treillis deux rangées de grenades pour orner chacun des chapiteaux qui surmontaient les colonnes. »
Pour Oswald Wirth, les grenades sont les signes de l’amitié parce que le rangement symétrique des graines fait songer à la famille maçonnique dont tous les membres sont harmonieusement reliés par l’esprit d’ordre et de fraternité. Dans la mythologie grecque, Perséphone mange le pépin de grenade comme Eve croque la pomme, c’est donc aussi le fruit défendu.
« Verset 19 : Les chapiteaux qui surmontaient les colonnes, dans le portique, figuraient des lis de 4 coudées de hauteur. »
Le lis est synonyme de blancheur, de pureté, d’innocence mais aurait aussi des vertus aphrodisiaques. Pour Angelo de Gubernatis, l’odeur du lis est un mélange de miel et de poivre. Dualité quand tu nous tiens… La forme toutefois rappelle le nombre 3.
« Verset 20 : Les chapiteaux placés sur les 2 colonnes s’élevaient immédiatement au-dessus d’un renflement qui précédait les treillis ; 200 grenades disposées sur 2 rangs entouraient les 2 chapiteaux. »
200 correspond à la lettre hébraïque "resch", elle-même associée au 20ème arcane du Tarot: le Jugement, c'est-à-dire le bouleversement et l'antagonisme.
« Verset 21 : Hiram dressa les colonnes dans le portique du temple. Il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. »
On peut se poser la question de savoir par rapport à quel axe la Bible situe la droite et la gauche. D’est en ouest ou d’ouest en est ? La question ne semble pas avoir de réponse clairement tranchée, cela se traduit aujourd’hui par des emplacements des colonnes différents selon les rites. Ce qui semble sûr, par-contre, c’est que les colonnes soient placées à l’extérieur du temple de Salomon.
Les dimensions du Temple mentionnées dans la chronique d’Ezéchiel – chapitre 41 combinées à deux rectangles solsticiaux et à un peu de trigonométrie permettent de calculer que les deux colonnes se trouvent à 1.4 coudée du mur frontal.
Jakin vient de Jah Iachin, Jéhovah et signifie qu’il établisse, qu’il affermisse. La Colonne J :. symbolise le soufre, l’énergie expansive ; elle est masculine, rouge.
Boaz signifie avec force, dans la force, en lui la force. La Colonne B :., c’est le mercure, la réceptivité, l’assimilation et la gestation ; elle est féminine, blanche ou noire.
« Verset 22. Au sommet des colonnes était un ouvrage en forme de lis. Ainsi fut achevé le travail des colonnes »

2- les Colonnes et la bi-polarité

La Colonne J\ s’identifie avec le soufre des alchimistes, elle symbolise le foyer générateur, l’énergie expansive qui, de l’intérieur, exerce son influence sur l’extéreur. Elle est donc masculine, elle éveille l’idée de lutte, d’action stabilisatrice. Le nom qu’elle porte signifie stabilité – fermeté ou encore « il établit, il fonde ».
Mais, de même que le mercure s’oppose au soufre et le calme à l’impétuosité, la Colonne J\ se complète par la Colonne B\. Celle-ci signifie initiatiquement « en lui la force » ; force n’est pas ici synonyme de violence, elle évoque au contraire l’irrésistible puissance du travail persévérant que nul obstacle ne rebute, le travail sage et pondéré, qui est le seul que puissent apprécier et pousuivre avec fruit les maçons.
La correspondance alchimique de B :. est le mercure qui marque l’influence de l’extérieur sur l’intérieur. B\ est le symbole de la réceptivité passive, de l’assimilation, de la rectification et de la gestation, phénomènes qui précèdent la naissance de la Lumière et qui sont caractéristiques de la féminité. Celle-ci conserve et perpétue ce que la masculinité sème, établit ou fonde.
J\ et B\ sont le complément l’une de l’autre et sont indissociablement liées ; elles font du terme « deux », du binaire, le principe fondamental, essentiel de l’existence du monde sensible et de la vie du genre humain. Elles correspondent aux antithèses suivantes : sujet-objet, agent-patient, actif-passif, positif-négatif, mâle-femelle, père-mère, donner-recevoir, agir-sentir, esprit-matière, soleil-lune, abstrait-concret.
Les colonnes symboliques rappellent les obélisques couverts d’hiéroglyphes qui se dressaient devant les temples égyptiens. On les retrouve dans les deux tours du portail des cathédrales gothiques. Ce sont les colonnes d’Hercule qui marquent les limites entre lesquelles se déplacent l’esprit de l’homme. Le domaine de ce qui nous est connu a pour image le voile d’Isis, tendu entre les deux colonnes. Ce rideau nous dérobe la vue de la Réalité vraie, qui se renferme dans le mystère de l’Unité. Nous sommes là le jouet de Maya, la déesse de l’Illusion ; la Vérité soulève le voile de Maya dans la carte de tarot intitulée « le monde ».
Pour se défaire de son influence, l’homme aspirant à la liberté ne doit accorder qu’une valeur relative aux entités antagonistes que nous imaginons. Le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal, le Beau et le Laid se rapportent à des extrêmes qui n’existent que dans notre esprit. Ce sont les bornes factices du monde qui nous est connu, nous sommes séduits par les reflets chatoyants du voile d’Isis. Ce voile suspendu entre les colonnes du Temple en masque l’entrée et doit être soulevé par le penseur qui veut y pénétrer. L’Initié, après avoir subi les épreuves et reçu la lumière, laisse ce voile derrière lui. Il se tient alors entre les deux colonnes, debout sur le pavé mosaïque, une autre représentation du binaire.
Deux est le nombre de l’esprit, du discernement, qui procéde par analyse en établissant des distinctions incessantes, sur lesquelles rien ne saurait se baser. L’esprit qui s’obstine à poursuivre dans cette direction se condamne à la stérilité du doute systématique, à l’opposition impuissante, à la contestation perpétuelle. Ce Binaire est celui de Méphistophélès, le contradicteur qui toujours nie. Le maçon sait conjurer le démon après l’avoir évoqué car l’Unité radicale ne se dédouble à ses yeux que pour se reconstituer trinitairement. Deux révèle Trois et le Ternaire n’est qu’un aspect plus intelligible de l’Unité.

3 – les Colonnes et la Mer de bronze

On considère souvent que J\ et B\ se suffisent à elle-mêmes, qu’elles sont seules. En fait, elles sont complétées par un troisième élément à l’extérieur du temple.
Hiram réalise également la Mer de bronze, vasque contenant 40.000 litres d’eau pour les ablutions des prêtres. Il est intéressant de voir que cette vasque est soutenue par 12 bœufs, répartis en 4 groupes de 3, orientés vers les 4 points cardinaux.
12 est le nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait. Dans les civilisations judaïques et orientales antiques, il correspond à la plénitude, à l'achèvement et à l'intégralité d'une chose. Pour le psychanalyste René Allendy, il exprime l'idée que l'Univers forme un tout associé à l'idée de différenciation – c’est 10 + 2.
12 représente la manifestation de la Trinité aux quatre coins de l'horizon - 3 x 4, comme les 3 groupes de 4 boeufs.
Mais est-ce que les bœufs de la Mer de bronze sont bien des bœufs ? Est-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’une résurgence du culte du Taureau, proscrit par Yahvé ? Salomon bâtit un temple à la gloire de l’Eternel, celui-là même qui a défendu à Moïse d’adorer des dieux de métal fondu (Exode 34, verset 17) et il fait reposer l’instrument de purification des prêtres sur le dieu Taureau !
Si la mer de bronze sert à purifier, à laver le corps, les Colonnes J\ et B\ ne servent-elles pas à purifier l’âme ? Ou bien ont-elles pour fonction de dissiper les pertubations cosmiques ? Quel est l’effet de leur bi-polarité sur notre esprit, sur notre âme ?
Voilà quelques pistes que je me propose de suivre lors d’un prochain travail de dégrossissage de ma pierre brute.

4 – Colonnes et hindouisme

Le Temple de Salomon est divisé en 3 lieux essentiels en relation aussi bien avec le macrocosme ou monde cosmique qu’avec le microcosme ou monde individuel :
- Le Vestibule (Oulam), relié à la Terre et au corps humain, est inondé par la lumière du jour.
- Le Saint Lieu (Hikal), associé à l’Atmosphère et l’âme humaine, reçoit la lumière du jour réfléchie.
- Le Saint des Saints (Debir), représentant le Ciel ou l’Esprit, est plongé dans l’obscurité.
Sur les 2 côtés du Vestibule se tiennent les Colonnes J\ et B\, disposées le long d’un axe « vertical » qui a son équivalent tant dans le macrocosme que dans le microcosme.
L’axe du microcosme : il symbolise la voie spirituelle suivie par celui qui entend s’élever et atteindre la pleine réalisation. Cette direction, appelée sushumnâ, s’étend depuis la base de la colonne vertébrale à la couronne de la tête et se prolonge au-delà. Le long de sushumnâ se trouvent les chakras, centres subtils de l’individu. Leur éveil successif correspond aux différentes étapes vers la pleine réalisation. Le passage d’un état à un autre consiste toujours en une mort au cycle précédent et une naissance au cycle suivant. Ce processus d’initiation a symboliquement lieu dans la caverne cosmique. Les principales étapes sont :
- la naissance physique
- la deuxième naissance au domaine des possibilités subtiles de l’individualité humaine. C’est une ré-génération psychique produisant un être humain centré. Elle correspond à l’initiation aux petits mystères, accessibles par la porte des hommes.
- la troisième naissance est d’ordre spirituel. Elle donne accès au domaine des possibilités supra-individuelles à travers la porte des dieux. C’est l’initiation aux grands mystères.
En franchissant la porte des hommes, l’être humain pourra accèder à l’état d’être primordial, intermédiare entre l’homme ordinaire et l’Etre spirituel. A moins d’avoir atteint la ré-génération psychique complète, il repassera la porte des hommes et se retrouvera dans un nouveau cycle du monde manifesté.
Pour passer du monde individuel au monde spirituel, il empruntera la porte des dieux et quittera définitivement la caverne cosmique, c’est le but ultime de l’initiation.
L’axe du macrocosme : la sphère céleste et l’horizon sont des représentations des mondes céleste et terrestre. Ils sont reliés par un axe vertical dénommé axe du monde. Le point associé au soleil levant se déplace le long de l’horizon en direction du nord terrestre quand le soleil de midi s’élève vers le nord céleste. Inversement, quand le soleil de midi descend vers le sud céleste, le point du soleil levant glisse le long de l’horizon en direction du sud terrestre. La phase ascendante est associée à la voie des dieux (dêva-yâna) et la descendante à la voie des ancêtres (pitri-yâna).
La phase ascendante, allant du solstice d’hiver au solstice d’été en direction du Nord céleste, correspond à la voie de la clarté ; la phase descendante, menant du solstice d’été au solstice d’hiver en direction du sud céleste, s’apparente à la voie obscure. La Bhagavad-Gitâ dit bien : « feu, lumière, jour, lune croissante, semestre ascendant du soleil vers le nord sont les signes lumineux qu mènent à Brahma ; fumée, nuit, lune décroissante, semestre descendant du soleil vers le sud sont les sombres signes de la voie du retour au monde manifesté ».
La porte des hommes est associée au solstice d’été et la porte des dieux au solstice d’hiver. L’angle formé par les deux directions associées au lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été dépend de la latitude du lieu de l’observateur. En prenant la valeur de cet angle pour Jérusalem (56°) et en la combinant avec les dimensions du Temple, on peut montrer que les deux colonnes indiquent exactement la position du lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été.
La Colonne J\ serait ainsi associée à la porte des dieux et la Colonne B\ à la porte des hommes.

5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\.

Lorsque vous m’avez reçu parmi vous, vous m’avez soumis, après le cabinet de réflexion, à 3 épreuves dans le Temple : l’air, l’eau et le feu. Ces voyages débutent et se terminent à l’Occident, et, je me l’imagine, peut-être même entre les Colonnes J :. & B :.. Elles représentent la première porte à franchir sur le chemin de la découverte de soi-même ; elles sont le premier symbole que nous rencontrons lorsque nous nous mettons à l’ordre, lorsque nous nous préparons au travail. Elles marquent symboliquement la transition entre le monde profane et l’univers des initiés, induisant la transformation de celui qui franchit cette limite.
Le symbolisme de la Porte est de tout temps présent dans la tradition des civilisations. Du toril, précédent l’entrée des temples shintoïstes au portique grec, des Portes de pierre égyptiennes, dans les mastabas, improprement appelées “fausses portes” alors qu’elles sont des portes de Vérité, au jubé des cathédrales, chacune de ces représentations est une invite à tenter un passage. Car c’est bien une incitation à changer de nature que propose le symbole. A savoir : oser franchir et passer dans une nature inconnue, oser affronter un monde invisible non exempt de dangers.
En F :. M :., celui que l’on est appelé à découvrir derrière la porte n’est rien d’autre que soi-même, c’est-à-dire l’être vrai, dépouillé de tout artifice social, qui est en chacun de nous. Il arrive aussi, parfois, que l’on ne sache ou ne veuille reconnaître cet être, autrement dit naître effectivement de nouveau avec lui. Pourtant l’une des plus belles significations de la Porte est peut-être l’homme lui-même. Car si l’homme est porteur de sa densité charnelle bien concrète, avec tous les aléas que cela peut comporter, il est également fait d’une abstraction nommée âme qui peut lui permettre de se transcender. En d’autres termes, de franchir en lui-même des Portes successives de réalité et de conscience.
Les Colonnes J\ & B\ me rappelent constamment que le binaire n’est qu’apparence, que le monde, que la vie, que l’homme ne sont pas uniquement blancs ou noirs, pas uniquement vrais ou faux, pas uniquement bons ou mauvais. Les Colonnes me permettent de progresser car elles m’indiquent la voie du ternaire stabilisateur, la voie du delta lumineux. Père et mère deviennent enfant ; force et matière deviennent mouvement ; raison et imagination deviennent intelligence.
Je vous remercie fraternellement mes TT\ CC\ FF\ de m’avoir aidé à franchir les Colonnes J :. & B :. et de m’avoir ainsi donné la possibilité d’ouvrir la porte de la première étape d’un voyage que je ressens à la fois difficile et passionnant. Je vous remercie de m’avoir permis de redécouvrir la joie d’apprendre, la difficulté de l’effort et le plaisir à surmonter l’obstacle. En tant qu’A :. et pour autant que vous me donniez à nouveau la parole, je serai heureux de vous faire part et de vous rendre compte de la poursuite des mes travaux sur la symbolique de la Porte. Ils porteront sur l’emplacement, le sens des Colonnes placées dans notre Temple et sur leur présence dans le monde contemporain : N’a-t-on pas affirmé dans les colonnes de la revue Alpina que les tours du World Trade Center étaient les Colonnes J\ & B\ de l’Amérique ?
Vén\ M\ en Ch\, mes TT\ CC\ FF\, je vous remercie de votre bienveillance. J'espère aujourd'hui avoir fait un premier dégrossissage de ce sujet et je me réjouirais de vos apports et compléments.

J’ai dit, Vén\ M\

Source : www.ledifice.net

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