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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 06:26

Soucieux que le "vent profane" ne souffle pas dans le "Temple", "l'Ordre Maçonnique" s'interdit en loge, toute polémique sur des sujets ayant trait à une religion et tout débat politique ou social. "Le Grand Architecte de l'Univers" est conçu comme symbole de l'amour, de l'infini et de la perfection, liant entre eux, tous les membres de la confrérie par delà les concepts religieux, métaphysiques ou philosophiques de chacun. Il est le symbole essentiel compréhensible à tous par lequel la "Franc-Maçonnerie" affirme la dimension spirituelle de la Vie.
Selon les principes décrits ci-dessus, la Franc-Maçonnerie serait plutôt un ordre philosophique et moral qu’une religion. Mais est-ce vraiment le cas ? Catéchèse ou moralisme ?

Y a-t-il une spiritualité maçonnique?

La franc-maçonnerie est divisée plus ou moins en deux blocs distincts : l'une est d'essence anglo-saxonne (plutôt théiste) et l'autre est latine et plus particulièrement francophone (plutôt laïcs). La franc-maçonnerie anglo-saxonne se distingue des loges françaises en ce sens que la première a toujours été proche de l'"Establishment" et de la Monarchie, alors que la seconde a toujours affectionné les valeurs démocratiques et républicaines. En gros, cela signifie, que les francs-maçons britanniques et américains sont plus enclin au "conservatisme" qu'entretiennent la bourgeoisie et l'aristocratie au pouvoir, celles-ci croyant néanmoins en l'existence d'un "Grand Architecte de l'Univers" (ou en un Dieu créateur qui a un plan bien défini pour l'humanité), alors que les francs-maçons français sont plutôt enclin au "libéralisme" que véhicule le système démocratique humaniste et laïque qui ne croit pas nécessairement en l'existence d'un quelconque créateur de l'univers.
En fait il existe des loges pour satisfaire toutes les croyances. Ce n’est donc pas la foi ou l’athéisme qui unit les francs maçons entre eux mais un rituel ésotérique et symbolique qui est à peu de choses près le même dans toutes les loges. Si ce rituel prend une connotation spirituelle alors le "Maçonnisme" est une religion. C’est l’objet de cette étude, en faire la démonstration !

En quête d’élévation.

Les philosophes qui se sont fait recevoir Francs-maçons n’ont pas manqué de distinguer dans l’Ordre maçonnique une spiritualité indépendante de l’organisation fonctionnelle, et ils ont appelé « Maçonnisme » ce qui est du domaine de l’esprit par opposition à la Maçonnerie, vaste association matérialisée. Le Maçonnisme est à la Maçonnerie ce que le Christianisme en sa pureté concevable est par rapport aux églises chrétiennes, ou plus spirituellement la notion d’Epouse de Christ par rapport aux dénominations. La différence est donc dans l’esprit et lui seul.
Au corps, cependant, se rattache une âme, même et peut être surtout quand il s’agit d’une corporation, d’une collectivité permanente. En Maçonnerie, le Maçonnisme représente l’esprit, qui souffle où il veut et ne se laisse pas emprisonner dans l’enceinte des loges. Celles-ci retiennent plus facilement l’âme de la maçonnerie, si bien qu’il y règne une certaine fraternité. Un corps uni par même esprit.
Le symbolisme ésotérique qui demeure une langue morte pour la grande masse des francs-maçons actuel, ignorent tout des origines lointaines et occultes des symboles qu’ils utilisent. Si correcte que puisse être cérémoniellement leur initiation, les récipiendaires se comportent souvent passivement à l’égard du cérémonial, dont le rôle est de confondre l’esprit du néophyte. Même incompris de ceux qui en sont chargés, l’enseignement ne perd rien de son efficacité spirituelle, dès lors qu’il imprime sa marque aux initiés. Ceux-ci, insensibles à l’ésotérisme du rituel, sont néanmoins sous la domination de forces occultes qui les influencent directement. Les gestes sont accomplis et les paroles prononcées, liant spirituellement les maçons qui souvent ne se contentent que de l’extériorité des mystères sacrés, oubliant toute la profondeur du coté mystique des rites des loges, à la grande satisfaction de celui qui se cache derrière tous ces symboles.

Aucune association ne fait autant parler d’elle que la Franc-Maçonnerie. On sait que des secrets sont confiés aux Francs-maçons, qui, lors de leur initiation jurent de les garder inviolablement. Pour connaître ces secrets, des hommes de tous les pays, de toutes les races, de toutes les religions et de toutes les conditions sociales se sont fait initier depuis 1717, date de l’institution de la Franc-maçonnerie sous sa forme actuelle.

Selon les francs-maçons, jusqu’au XVIIIe siècle, on avait cherché le salut des hommes dans la communauté fraternelle de leurs convictions religieuses. Les religions avaient propagé des croyances rivales et chacune se considérait comme la seule vraie ; d’où contestations, discordes véhémentes et guerres désastreuses. Le fanatisme religieux étant envisagé comme responsable de tous ces maux, les partisans de la conciliation reconnurent indispensable de propager la tolérance. Cette vertu philosophique devait tempérer l’absolutisme de la foi. A celui qui croit avoir raison, elle fait admettre que les autres n’ont pas tort à leur point de vue, d’où respect de personnes justifiant par leur conduite les principes inspirateurs de leurs actes. Qui agit bien ne saurait penser mal en sa conscience, quelles que soient ses théories. C’est sur ce postulat que les maçons prirent leur essor et investirent tous les compartiments de la société humaine occidentale moderne.
Sur de telles bases il devient facile d’éloigner les hommes de la foi et du message de la Bible qui ne l’oublions pas est avant tout un message d’amour entre Dieu et les hommes. L’ « amour » maçonnique se porte donc en concurrent direct de celui de Dieu qui serait la cause indirecte des divisions et la querelle dans le genre humain. Il convient donc de fournir aux hommes un substitut fraternel que la religion classique ne saurait donner.

Bref historique

A la Renaissance, l'Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l'Antiquité. L'alchimie, la kabbale, l'astrologie, la sorcellerie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l'aboutissement au XVIIe siècle. Ce mouvement est à mettre en parallèle au vent du renouveau spirituel qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la Renaissance sous l'impulsion de dissidents catholiques tels que Martin Luther puis Jean Calvin. A ce renouveau spirituel le diable répond par une contre-réforme alliant ésotérisme, religion et science occulte, pour amener l'humanité vers une aube nouvelle de bonheur, de fraternité et de paix satanique. Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien,
Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie naîtra un siècle plus tard en Angleterre et reprendra les idées de la réforme rosicrucienne. C'est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui a fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègrera d'ailleurs un grade de « Chevalier Rose-Croix », puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens, scellant ainsi la fusion occulte des deux ordres. Il est donc plus que probable que la franc-maçonnerie ne soit pas un prolongement des corporations médiévales, mais bien une réponse occulte au renouveau spirituel lié à la réforme protestante de Luther, puis celle de Wesley en Angleterre qui initia le mouvement de réveil Méthodiste et qui mènera encore un siècle plus tard à celui du grand réveil de la Pentecôte. Le maçonnisme n’étant que le pendant occulte des réveils chrétiens en Angleterre et en Amérique.

Quelques principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.

Toutes les loges régulières du monde adoptent des principes et des règles traditionnelles communes. Principes de base définis par la Grande Loge d'Angleterre "Loge Mère du Monde". Parmi les plus remarquables se trouvent :

La Franc-Maçonnerie affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême qu'elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Elle requiert de tous ses adeptes qu'ils admettent cette affirmation. Cette exigence est absolue et ne peut faire l'objet d'aucun compromis, ni d'aucune restriction. La Franc-Maçonnerie ne définit pas l'être suprême et laisse à chacun la liberté de le concevoir.

Tout travail maçonnique se fait "A La gloire du grand architecte de l'univers" et en présence des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie : le volume de la loi sacrée (la Bible) sous l'équerre et le compas, sur lesquels sont prêtés tous les serments et obligations.

Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la Loge.

Les trois premiers grades sont ceux de : Apprenti, Compagnon, et Maître, des loges bleues (degrés de base de la maçonnerie).

Les Francs-Maçons ont adopté certains symboles qui sont tous empruntés a l'art de bâtir : le tablier de peau, la truelle, l'équerre, le compas; ils sont distribués en un certain nombre de petites assemblées dites loges, présidées chacune par un vénérable; le lieu dans lequel ils se réunissent est appelé temple, en mémoire du temple de Salomon. Ils reçoivent, selon qu'ils sont plus ou moins avancés dans l'initiation, des grades divers, dont le nombre peut aller jusqu’à 33; mais il n'y a que trois de ces grades vraiment essentiels, ceux d'apprenti, de compagnon et de maître, entre lesquels dans la plupart des pays d’Europe continentale, l’intervalle minimum est d’une année. En Angleterre, cet intervalle minimum est de quatre semaines. Aux Etats-Unis, il peut n’être que de quelques heures.

Pour bien comprendre le "catéchisme" maçonnique et ses rituels occultes il faut comprendre le sens caché des rituels des trois premiers degrés.

L’Apprenti au premier degré

Conformément à la tradition immémoriale de l’ordre et par référence aux enseignements des rituels, le volume de la loi sacrée, ouvert sur l’autel des serments, est la Bible, considérée non comme la description d’un Dieu révélé, mais comme un livre sacré symbole de haute spiritualité. Les frères dont la religion se réfère à un autre livre sacré ont toute licence de prêter serment sur cet autre livre. Le serment d’admission, dans le rite, doit être pris sur les trois grandes lumières : le volume de la loi sacrée, l’équerre et le compas. Une grande loge régulière doit exiger que tout nouveau membre prenne son obligation sur le volume de la loi sacrée. Le rite d’initiation ouvre donc à l’apprenti les portes du temple, après cooptation par un "frère", qui découvre alors un nouvel univers, très symbolique.

La première initiation qui le mènera des ténèbres vers les flammes de l’épreuve du feu, ne sont qu’une image de l’enfer par excellence qui débute par l'épreuve de la Terre. Enfermé dans une pièce généralement située au sous-sol et dont les murs sont peints en noir, le candidat doit rédiger son testament (la mort), après avoir répondu à trois questions qui portent sur les devoirs de l'homme envers lui-même, envers sa famille, envers l'humanité. Il est ensuite conduit les yeux bandés, une corde au cou, le bras gauche, le sein gauche, le genou droit découverts, le pied gauche en pantoufle. Il a dû remettre tous ses objets métalliques : stylo, clefs, argent. Ainsi dépouillé, il prononce un premier serment, boit une gorgée d'eau pure, puis un breuvage amer, « symbole de l'amertume et du remords » qui seraient son lot si jamais il ne respectait pas son engagement. Alors commencent les voyages. L'épreuve de l'Air. Au milieu d'un grand vacarme, le postulant est entraîné dans un parcours parsemé d'obstacles ; il doit marcher sur une planche à boules, puis une planche à bascule. L'épreuve de l'Eau. De l'eau est renversée sur Le candidat. Mais le trajet est moins difficile, les bruits s'estompent : seuls des cliquetis d'épées se font entendre. « Nous avons voulu vous faire comprendre que les obstacles s'aplanissent sous les pieds de l'homme qui persévère dans les chemins de la Vertu », déclare alors le Vénérable. L'épreuve du Feu. Le terrain est libre, aucun bruit ne se fait entendre. Ce silence a lui aussi une valeur symbolique : « Si l'on persévère résolument dans la vertu, la vie devient calme et paisible. » Et les flammes, dont l'initié sent la chaleur, sont le complément de sa purification. Une fois rhabillé, le néophyte est enfin solennellement intronisé et reçoit le tablier d'apprenti franc-maçon. Le testament qu'il a rédigé est détruit.

Dans le temple l’apprenti découvrira alors les colonnes du temple, "Boaz" et "Jakin", "la voûte étoilée", le "pavé mosaïque" ou encore une troisième colonne nommé "beauté" et "l’étoile flamboyante". C’est au niveau des premiers symboles que déjà s’infléchie l’orientation spirituel de l’apprenti qui sera mis en contact avec les premiers éléments païens et occulte des rites et symboles maçonniques.

La découverte du temple

Les "deux colonnes" reproduction de celles du temple de Salomon, ne sont en fait que les copies des deux piliers situés devant le temple de Melqart à Tyr : les fameux Jakin et Boaz (les colonnes J et B). Quand on sait que Melqart ou Baal-Melqart est une abréviation de Mélekh-Karth, qui signifie roi de la ville, c'est-à-dire de Tyr, le ton est déjà donné, car la Bible sur laquelle l’apprenti aura prêté serment nous enseigne que le roi de Tyr dépeint en Ezékiel 28, n’est en fait qu’une allégorie de satan lui-même. L’origine des colonnes devant le temple de Salomon n’est à mon sens d’aucune inspiration divine, car l’entrée du Tabernacle, modèle du temple de pierre de Salomon ne comportait pas ces deux colonnes ou piliers en face de lui. Cette idée ne peut venir que du roi de Tyr ou du fondeur Hiram lui-même né d’un père tyrien. Ces deux colonnes tyriennes renvoient en fait aux deux faisceaux de roseaux de la porte-vulve de la déesse Ishtar. Mais ça continue de plus belle…

La "troisième colonne". Nommée "beauté" elle pousse l’idolâtrie un cran plus haut encore. De style corinthien cette colonne est la plus aboutie car elle achève par son style la culture grec et annonce celle des romains qui reprendront à leur compte ce style pour leurs colonnes, perpétuant dans leurs formes le culte de la déesse mer/mère. Si les deux premières colonnes représentent l’entrée du temple la troisième représente la divinité elle même, la déesse de la beauté, Vénus/Aphrodite. Vénus née de la mer qui renvoie à Aphrodite, Astarté, Asherah "dame de la mer" Ashratum / Ashratu, Asherdu chez les hittites. et les sumériens Athirat appelée "Athirat de la mer" ou aussi traduit "elle qui marche sur la mer", elle est "Mère de tous les dieux" comme Tiamat le serpent ancien qui lui représente la mer et d’où viennent tous les dieux.
Asherah, la déesse protectrice de Tyr, est le nom sous lequel la déesse cananéenne Anat-Astarte apparaît dans la Bible et paraît renvoyer, dans la forme de pluriel masculin à l’hébreu Asherim, soit à des arbres ou des clairières consacrées, d’où le culte à un poteau, un pilier ou un arbre sacré. Enfin, suivant une autre ligne d’influence, le culte d’une pierre ou d’un poteau sacré, connus dans la religion sémitique sous le nom de masseba ou de nosb, paraît avoir été importé ou du moins partagé avec la Crète minoenne et les peuples égéens, où le pilier était une représentation de la grande déesse sous la forme d’un arbre stylisé. Asherah est sous sa forme d’arbre ou de colonne dressée une image de "l'arbre de vie" ou plutôt comme nous allons le découvrir plus loin l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

La "voûte étoilée" représentant le ciel, avec le soleil, la lune et l’étoile ne sont que la représentation symbolique des dieux majeurs du panthéon babylonien, Shamash, Sin et Ishtar, représentés sur la partie haute du kudurru babylonien de Melishipak par exemple.
Il faut également rappeler que dans la cosmogonie babylonienne le ciel est une des parties du serpent ancien Tiamat tué par le dieu Marduk qui fendit le cadavre de Tiamat après sont combat victorieux, " comme un poisson séché "; dont une moitié va tapisser le ciel et l'autre soutenir la terre. « Et le voici qui créé le monde tel qu'il se présente. Sur la nouvelle voûte céleste, il fixe le chemin du soleil, de la lune et des étoiles ». D’une certaine manière donc, les symboles célestes comme les étoiles, la lune et le soleil sont directement associés au serpent ancien qui leur donna vie.

Le "pavé mosaïque", est un damier noir et blanc placé au centre du temple de la loge. Ce damier, par la présence du noir et du blanc, symbolise l’omniprésence, en tout, des opposés. En franc-maçonnerie il est un discours couramment admis selon lequel, toute pensée, toute idée contient en même temps son contraire, comme « le bien » ne peut se concevoir que par opposition « au mal ».

Nous avons donc un condensa de symboles païens et occultes qui ornent les temples maçonniques. Le serment prêté sur la Bible n’est donc qu’un artifice trompeur servant à donner une légitimé sainte et reconnue comme universelle à une religion dont le fond est inspiré par le diable, comme le démontre avec force et sans ambages les degrés suivant du compagnon et du maître.

Le Compagnon au second degré.

Le grade du Compagnon est intimement lié au nombre cinq, nombre directement lié à l’étoile à cinq branches, le pentacle. Le but du rituel est d’allumer cette étoile pour qu‘elle devienne "l’étoile flamboyante". Le rituel impose cinq voyages initiatiques au terme desquels un des cinq cierges en forme de pentagramme disposés à coté de l’autel principal sera successivement allumé dans un ordre précis. Au cours du troisième voyage, l’étoile placée à l’orient est allumée : c’est l ‘apparition de "l’Etoile Flamboyante". Puis vient la consécration du nouveau compagnon, cinq coups de maillets seront frappés sur l’épée flamboyante tenue au dessus de sa tête. Après la consécration du compagnon et pendant son instruction sur son grade en dehors du temple, les lumières des bougies de l’étoile son éteintes et "des épis de blés" sont distribués à tous les Frères…

Je suis intimement convaincu que seul les niveaux les plus élevé de l’ordre ont une notion de l’acte de folie qu’ils viennent de commettre. Car qui d’autre qu’Helel ben shakhar, astre fils de l’aube (l’astre décrit en Esaïe 14 : 12.) et traduit incorrectement par "astre brillant" ou "Lucifer", se cache sous la forme trompeuse de l’étoile flamboyante. "L’Etoile Flamboyante" n’est donc qu’une des nombreuses variantes de la fausse traduction, étoile brillante ou Lucifer d’Esaïe 14. C’est donc directement au diable que se vouent corps et âmes les francs-maçons dans leur rituel diabolique. Helel en hébreu désigne également Vénus l’étoile la plus brillante dans le ciel, qui renvoie également aux divinités païennes adorées sous cette forme.

Que représente alors le blé ? Le blé représente la semence, la descendance ou la postérité du serpent, le diable. Comme le clame l’Eternel en Genèse 3 : 15 Je mettrai une inimitié entre toi (le serpent) et la femme (l’Eglise véritable), entre ta semence (postérité) et sa semence (postérité): celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
Bar en hébreu signifie le fils et germe de blé, ce symbole reprit par satan dans le rituel maçonnique affirme avec force que désormais le compagnon maçon devient un fils du diable de la postérité du serpent. C’est aussi pour cette raison que les déesses mères derrières lesquelles se cache satan sont pour la plupart également des déesses de la fertilité et des moissons. Cette fois c’est la partie basse du kudurru de Melishipak qui nous révèle l’origine babylonienne du rituel.
Comme représenté sur l’image ci-contre on peut lire de gauche à droite dans la partie la plus basse, la semence du serpent est la vie.
La gerbe ou la semence représente le Dagon de la bible, dont le nom dans les langues sémitiques occidentales signifie « grain », le serpent dont est issu la semence est à l’origine de tout et la parèdre de Dagon son épouse Ishara le scorpion (qui était la déesse chaldéenne de la guerre et de la fertilité), symbolise la mère qui donne la vie, mais qui sous le signe du scorpion mène en fait à la mort. Cette Ishara par syncrétisme se fondra plus tard dans le culte Ishtar/Astarté.
Comme on le voit les vérités bibliques se retrouvent dans les traces archéologiques des cultes mésopotamiens dès l’aube des civilisations jusqu’à nos jours, avec une constance dans les rituels qui ne varient presque pas dans leurs formes si ce n’est dans leur fond.

Un « G » (signifiant gnose, "connaissance") est inscrit au centre de l'étoile. Là encore il faut revenir à l’hébreu pour confondre l’adversaire caché dans son étoile. Connaissance revêt deux significations en hébreu, c’est la connaissance lié au savoir et l’érudition mais également signifie aussi l’union dans un même corps, comme Adam qui connu Eve et elle enfanta. Dans ce sens également le diable affirme que les maçons forment un corps uni par le même esprit à leur dieu. La lettre « G » signifie aussi pour les maçons géométrie, soit un fondement de toute leur science, qui agit comme une clé pour ouvrir le monde de la métaphysique et sa compréhension. G signifie aussi pour eux, gravitation, génération, génie et par la septième lettre de notre alphabet le G de God (Dieu en anglais).

En associant les différents symboles présents dans le temple, "le grand architecte" qui oeuvre dans l’ombre reconstitue de manière symbolique la genèse spirituelle des hommes avec leur dieu. En effet comme dans le jardin d’Eden un arbre est planté (la colonne de la beauté), qui lie la connaissance (la gnose) au bien et au mal (le pavé mosaïque). Présenté comme l’arbre de vie il est en fait l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui mène à la perdition et la mort, comme le démontre le troisième grade, celui du maître.

Le Maître au troisième degré.

Le rituel au troisième degré mènera le compagnon au grade de Maître. Pour ce faire le récipiendaire devra s’identifier à Hiram le fondeur des colonnes et ustensiles en bronze du temple de Salomon.
la vie et la mort d'Hiram, enrichies par les légendes, deviennent un mythe initiatique qui inspire le rituel maçonnique. D'après le récit mythique, Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple par trois compagnons pour avoir refusé de les initier aux secrets de son art. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram se tut, estimant que le temps n'était pas venu. Le premier le frappa d'un coup de règle sur la gorge, le deuxième d'un coup d'équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l'acheva d'un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret.
Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s'identifie à Hiram : pour cela il doit d'abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître. Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un maître fondateur.
Il serait naïf de croire que le mythe d’Hiram se rapporte au seul fondeur de bronze fils d’une veuve de la tribu de Dan. En fait Hiram était également le roi de Tyr fils d’Abibaal qui régna sur Tyr de 968 à 935 et dont le nom signifie "mon père est Baal", et Hiram signifie "frère exalté". Pas étonnant donc que les maçons soient tous des frères dont le maître et seigneur (Baal signifie seigneur) est le roi de Tyr (Ezékiel 28), soit satan lui-même.
Le rituel de la résurrection d’Hiram n’est en fait qu’une parodie occulte du baptême chrétien qui lie dans la mort le nouveau maître maçon à son dieu, le diable.

Hiram étant dans la légende maçonnique éponyme une allégorie de Jésus de Nazareth, le tombeau d’Hiram était donc une allégorie pour désigner le sépulcre de Joseph d’Arimathie dans lequel ce dernier, aidé de Nicodème, avait placé le corps défunt de Jésus de Nazareth (Mt. 27,57-60 ; Jn 19,38-42). « Dans la chambre où se fait cette cérémonie, on trace sur le plancher la loge du maître qui est la forme d’un cercueil entouré de larmes. Sur l’un des bouts du cercueil on dessine une tête de mort ; sur l’autre, deux os en sautoir ; et l’on écrit au milieu JEHOVA, hwhy. Devant le cercueil on trace un compas ouvert ; à l’autre bout, une équerre ; et à droite, une montagne sur le sommet de laquelle est une branche d’acacia.
La légende maçonnique du meurtre d’Hiram par trois mauvais compagnons étant une allégorie de la Passion/résurrection de Jésus de Nazareth condamné à mort par trois hommes : Caïphe, Hérode, et Ponce-Pilate. Dans le contexte de cette référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, les larmes du tableau de loge de maître renvoyaient aux larmes de l’apôtre Pierre (Mt. 26,75), aux larmes des disciples de Jésus (Mc 16,10), aux larmes des femmes de Jérusalem (Lc 23,27-28), ainsi qu’aux larmes de Marie de Magdala (Jn 20,11.13.15). La tête de mort Dans le contexte de la référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, la tête de mort du tableau de loge de maître renvoyait à la mention évangélique du Golgotha (la forme grecque pour le mot araméen gulgota signifiant crâne) où Jésus fut crucifié et mourut.
Les deux os en sautoir (c’est à dire en forme de croix : référence probable à la croix de Jésus de Nazareth).
Le nom divin hwhy se rapporte également directement à Jésus-Christ par le verset de Jean 14:8 « Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit 9 Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? »
Dans les catéchismes maçonniques antérieurs, le compas symbolisait YHVH et l’équerre la croix de Jésus de Nazareth.

Quand on étend le récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, qu’on le couvre d'un drap noir, et qu’on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier maître, c’est bien d’un rituel parfaitement religieux qu’il s’agit, copié sur celui véritable du baptême dans le Seigneur Jésus-Christ.

Agape fraternelle

Le banquet ou « agape fraternelle », est une des plus vieilles et des plus solides traditions maçonniques. La tradition s'est maintenue. Chaque tenue est suivie - obligatoirement d'un banquet ou « agape fraternelle » .
La plupart des agapes sont de simples banquets d'ordre réunissant les titulaires de tel ou tel grade, mais à tous les grades de Rose-Croix, il existe une cérémonie spéciale, l'agape du Jeudi Saint, banquet d'ordre d'un type spécial au cours duquel les Chevaliers consomment l'Agneau traditionnel.
Mais il y a plus fort dans l'impiété. Chaque année, dans la nuit du Jeudi Saint au Vendredi Saint, a lieu un banquet auquel tous les Rose-Croix sont tenus d'assister. Dans ce banquet , sur la table disposée en forme de croix, est apporté un agneau rôti, dont la tête est surmontée d'une petite couronne d'épine et dont les pieds sont traversés chacun par un clou. Cet agneau est placé au centre de la croix, tourné sur le dos et les pattes de devant écartées. Il n'y a pas à s'y tromper : il représente la victime du calvaire. Le président du banquet sacrilège coupe la tête et les pieds de cet agneau et les jette dans un fourneau allumé. Il les offre ainsi en holocauste à Lucifer, adoré par les Rose-Croix sous la forme du feu.... Après le baptême la sainte-cène occulte !

Ajoutons en passant que les Rose-Croix sont les espions attitrés des loges. En entrant dans le 19° degré, l'initié pénètre dans la maçonnerie noire. Il n' a plus grand chose à apprendre et à partir de ce moment avance-t-il à pas de géant vers le grade de Chevalier Kadosh; c'est l'adoration directe et cultuelle de Lucifer; c'est l'abrutissement progressif par la pratique de la Magie; puis les hommages rendus à satan sous la forme d'un serpent ...

C'est en effet parmi les Maîtres que sont choisis les adeptes capables de s'élever par une suite d'initiation de plus en plus occulte jusqu'au rang de chevalier Kadosh. Kadosh signifie sacré, en hébreu.
C'est au 30e degré seulement , c'est à dire au grade de Chevalier Kadosh, que le Franc Maçon se rend compte du chemin qu'on lui a fait parcourir. On voit dès lors ce que signifie cette expression maçonnique "pratiquer la vertu". c'est tout simplement se livrer à la débauche... Qu'il nous suffise de faire remarquer que la Franc Maçonnerie ajoute aux moyens de perversion qu'elle employait avec les Apprentis, la pratique réglée et louée de la dépravation la plus abjecte. Elle écarte ainsi ses adeptes de leur devoirs religieux et domestiques et prend sur eux une emprise considérable.

Un mois après sa réception le nouveau Maître est convoqué à une tenue spéciale au Troisième degré pour communiquer à la loge ses impressions maçonniques. Des frères haut gradés, c'est à dire appartenant au 30 e 31 e 32 ou 33 e degré, assistent toujours à cette séance , car il faut que l'autorité centrale sache à quoi s'en tenir sur le nouveau Maître et s’il est jugé digne il sera appelé aux plus hautes fonctions. C’est à ce niveau que le voile tombe et que la vérité maçonnique est révélée réellement. Les maîtres des plus hauts degrés apprendront au nouveau venu que :"La terre est partagée entre deux camps qui se disputent le pouvoir. Parmi les hommes, les uns sont les enfant d'Adam, ils adorent Adonaï, le Jéhovah auquel Salomon élevait un temple, le Dieu des chrétiens. Les autres - et nous francs Maçons, nous sommes de ces autres là - se regardent comme les descendants de Tubalcaïn et de Caïn, fils d'Eblis, l'ange de lumière Lucifer...nous voulons monter plus haut...venger le grand opprimé...et prendre la revanche d'Eblis notre Père, contre Jéhovah son persécuteur, et nous poussons notre cris de guerre : "Vengeance contre "toi, ô Adonaï"
Enfin s’il est jugé digne d'être reçut Chevalier Kadosh s’achève l’initiation suprême, il frappe à coup de poignard une tête de mort surmontée d'une tiare, représentation de la papauté, et une autre ornée d'une couronne royale, emblème de la puissance civile. Il se prosterne devant Lucifer et brûle l'encens sur son autel.

Le Chevalier Kadosh évoque alors satan suivant les formules du rituel de haute magie; adossé à la hideuse idole du Baphomet templier il brandit son poignard en craint "Nekam, Adonaï! Vengeance contre toi, ô Adonaï". Il récite l'oraison à Lucifer, composé par le F Proudhon.
« Viens, Lucifer, viens ! ô calomnié des prêtres et des rois ! Viens que nous t'embrassions, que nous te serrions sur notre poitrine ! Il y a longtemps que nous te connaissons et que tu nous connais aussi. Tes oeuvres, ô le béni de notre coeur, ne sont pas toujours bonne et belle aux yeux du vulgaire ignorant; mais elles seules donnent un sens à l'univers et l'empêche d'être absurde. Toi seul anime et féconde le travail. Tu ennoblis la richesse, tu sers d'essence à l'autorité; tu met le sceau à la vertu... Et toi Adonaï, dieu maudit, retire-toi, nous te renions ! Le premier devoir de l'homme intelligent est de te chasser de son esprit et de sa conscience; car tu es essentiellement hostile à notre nature, et nous ne relevons aucunement de ton autorité. Nous arrivons à la science malgré toit, au bien être malgré toi, à la société malgré toi; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons ta divinité. ETC… »

Le maçonnisme est donc bien une religion occulte parodiant les rites chrétiens et dont le dieu n’est personne d’autre que le diable, satan. Ceci est d’ailleurs clairement annoncé sur le premier site maçonnique français http://www.franc-maconnerie.org/web-pages/hermetisme/occultisme.htm« la Maçonnerie n'est pas « occultiste » par nature, ce qui n'empêche pas certains de ses adeptes de s'adonner à l'occultisme. La Maçonnerie est tout au plus occulte. » On apprécie la nuance sémantique…

Albert Pike

L'un des plus célèbres Francs-Maçons américains fut Albert Pike (1 809-1891). En tant que Franc-Maçon de haut-grade, Albert Pike exerça son activité sur le Rite Ecossais dont il faisait partie comme " Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil " de Charlestown, de 1859 à 1891. Mais nous savons aussi que Pike fut un haut initié du Palladisme.
Société très secrète, qui se voulait supérieure aux Suprêmes Conseils maçonniques, inconnue des Francs-Maçons de base (ceux des loges " bleues ") et souvent même des plus élevés en grade, le Palladisme " se composait d'émérites qui, selon le procédé classique, devaient exercer leur influence à l'intérieur des loges, et diffuser les consignes par noyautage ". On comprend alors pourquoi Albert Pike fut membre d'honneur de la plupart des Suprêmes Conseils du monde (ce fut en 1889 qu'il reçut cette dignité du Suprême Conseil de France).
Dans Morals and Dogmas of the ancient and accepted Scottish Rite, Albert Pike écrivait déjà:
" La divinité de l'Ancien Testament est partout représentée comme l'auteur direct du mal, dépêchant aux hommes des esprits mauvais et trompeurs... Le Dieu de l'Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines... C'est une divinité violente, jalouse, vindicative, autant qu'ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie... "
Albert Pike, déclare encore le 14 juillet 1889 aux chefs de la Franc-Maçonnerie universelle, à l'occasion du Centenaire de la Révolution : " Ce que nous devons dire au vulgaire, c'est ceci : Nous adorons un dieu, mais c'est un dieu qu'on adore sans superstition. A vous, Grands Inspecteurs Généraux ; nous dirons ceci que vous pouvez répéter aux frères des 32°, 31°, et 30° degrés : La religion maçonnique devrait être maintenue, par nous tous initiés des hauts grades, dans la pureté de la doctrine luciférienne. "

"Si Lucifer n'était pas Dieu, est-ce qu'Adonaï (le Dieu des chrétiens) dont les actes prouvent la cruauté, la perfidie, la haine de l'homme, la barbarie et l'aversion pour la science, est-ce qu'Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ? ".
"Oui, Lucifer est Dieu, et malheureusement Adonaï aussi est Dieu.
Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de lumière sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir, car l'absolu ne peut exister que par deux dieux, l'obscurité étant nécessaire à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à la statue, et le frein à la locomotive...
La doctrine du Satanisme il faut comprendre : " la doctrine qui présente Satan comme un être malfaisant " est une hérésie, et la véritable et pure religion philosophique est la croyance en Lucifer, l'égal d'Adonaï; mais Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l'humanité contre Adonaï, le Dieu de l'obscurité et du mal."

Conclusion

Devenir franc-maçon est loin d’être un jeu ésotérique et philosophique qui doit vous aider à devenir meilleur. En devenant maçon vous entrez de plein pied dans la religion occulte et trompeuse de satan lui-même, qui vous conduira par rituels successifs jusqu’à vous identifier à Hiram le fondeur, assimilé en fait à Caïn le forgeron semence du serpent et meurtrier d’Abel semence véritable de Dieu. Comme Caïn fut amené par son père le diable à bâtir des villes et développer les sciences, les arts et la religion polythéiste qui masque les faces cachées du diable, le franc-maçon sera appeler à pérenniser et achever l’œuvre diabolique commencé par les sumériens, qui consista à bâtir une civilisation industrielle, urbaine, religieuse et matérialiste où le Dieu véritable n’avait plus sa place et qui fut anéantit sous les eaux du déluge.

Aucun chrétien ne peut prétendre être né de nouveau et être franc-maçon et je dirais même qu’en devenant franc-maçon on cesse d’être chrétien en pêchant contre le Saint-Esprit, anéantissant en soi l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ.
Aucun pasteur digne de ce nom ne doit avoir un franc-maçon dans son église de peur de corrompre le corps Saint de son assemblée en ouvrant grande les portes aux forces occultes qui sévissent dans le "temple" maçonnique. Il va sans dire qu’aucun ministère en Christ est compatible avec la religion maçonnique, ce qui serait une abomination aux yeux de Dieu.

Cela ne veut pas dire qu’un franc-maçon est irrémédiablement condamné aux flammes de l’enfer. Si un chrétien remplit du Saint-Esprit ne peut devenir franc-maçon, un franc-maçon peut devenir un chrétien véritable régénéré et sanctifié par le sang du Christ. Pour peu que sincèrement vous vous approchez de Dieu dans la repentance en demandant pardon ouvertement en brisant la loi du secret et rejetiez l’Ordre en abandonnant et détruisant tous les symboles, livres et pratiques liés au maçonnisme, alors la régénérescence en Jésus-Christ est possible. Car aucun serment, contrat ou pacte même signé de son sang ne saurait être supérieur à celui que versa Dieu lui-même sur la croix et qui vous délivre de tout péché.


1 Jean 5:4 parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi(en Jésus-Christ).

Source : htmp://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE9.htm

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 06:42

« De tous les Etres, le plus ancien
« c'est DIEU, car il n'a pas été engendré.
« Le plus beau c'est le MONDE, car
« il est l'ouvrage de DIEU ».
THALES (Vle siècle avant J.-C.).

Dès sa création la Franc-Maçonnerie spéculative anglaise a fixé des landmarks, c'est-à-dire des bornes, des règles à observer au-delà desquelles n'y a plus de maçons, mais seulement des membres d'une société profane, non initiatique. Toute obédience se situant en dehors de ces landmarks est considérée comme irrégulière par les puissances maçonniques anglo-saxonnes. En pratique, la clé de voûte de l'édifice initiatique maçonnique, le symbole fondamental de la Maçonnerie est le Grand Architecte de l'Univers. Son invocation au début et à lia fin des travaux maçonniques donne aux adeptes le sentiment de participer à une assemblée placée au-delà de l'humain et les aide à trouver la plénitude du sens de la vie. Signalons que cette expression de « Grand Architecte de l'Univers » est aussi ancienne que la Franc-Maçon­nerie. Incontestablement, la maçonnerie opérative était d'essence religieuse et un certain caractère religieux a été conservé dans la maçonnerie spéculative, lors de son organisation par Anderson en 1723. A cet égard il apparaît nécessaire d'examiner l'évolution subie par le symbole du Grand Architecte de l'Univers depuis cette date. Tel est l'objet de notre propos. Au préalable, nous jugeons utile de définir les deux concepts du déisme et du théisme, de façon à nous faire mieux entendre.

Le déisme est un système reconnaissant l'existence de Dieu. C'est une croyance basée sur la raison, mais rejetant toute révélation et partant, tout dogme, et observant la religion naturelle. En un mot, le déiste croit en un être supérieur incognescible.

Le théisme, par contre, est la croyance en seul dieu person­nel transcendant et en sa volonté révélée. Le Dieu, créateur de l'Univers, le régit et est immanent dans cet Univers.

En fait, le déiste, tout en admettant que la raison peut saisir d'existence d'une puissance supra-humaine, d'un Absolu, d'un Principe, se refuse à en analyser les caractères qui échappent aux facultés humaines, tandis que le théiste s'estime capable de les étudier. Ces différences étant établies, est évident que le problème essentiel et indiscutable pour tout Franc-Maçon est la croyance dans le Grand Architecte de l'Univers. Nous ne traiterons pas dans ces conditions des Obédiences, telle le Grand Orient de France, qui rejette toute allusion à ce symbole sans toujours l'avoir exactement compris. Pour nous, ce symbole doit, en principe, être aussi bien admis et entendu par les déistes que par les théistes. Mais qu'en est-il, en réalité, dans la pratique ?

L'article ler des Constitutions dont la rédaction est due aux Pasteurs Anderson et Desaguliers et qui constituent la carte universellement reconnue de la Maçonnerie spéculative dans sa formulation de la première édition de 1723, précise : « un maçon est tenu par son obligation d'obéir à la loi morale et, s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux ».

Ce texte, bien qu'il soit interprété par certains commentateurs comme constituant une condamnation de l'athéisme, constitue un progrès considérable par rapport aux Landmark des anciens Devoirs (les Old Charges), des maçons opératifs. En effet, ces Devoirs s'adressaient à une confrérie catholique, constructrice d'édifices sacrés, composée de loges opératives dispersées, tandis que les constitutions concernent des loges spéculatives groupées, organisées, déistes, au sein desquelles se côtoient des catholiques, des protestants, des juifs, des musulmans, etc. Certains auteurs estiment que cette évolution est la conséquence, sinon le fait, des membres des églises réformées qui aspiraient à entrer en Maçonnerie et peut-être même à la diriger. En tout état de cause, avec le symbolisme du Grand Architecte de l'Univers apparaît une des premières manifestations de la liberté de conscience : des hommes de religion différentes peuvent officiellement se réunir et participer à une œuvre initiatique commune. li s'agit bien d'une manifestation de tolérance, aussi large que l'état d'esprit de l'époque le permettait. Sous diverses pressions, le Grand Maître Dervenwater dans ses règlements du 27 octobre 1736 a cru devoir modifier cette conception libérale en imposant de façon formelle la croyance en un Dieu personnel, créateur de l'Univers, père de tous les hommes. Il précise : « un maçon ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion ». Cette position, en régression par rapport à celle d'An­derson, restera, hélas, comme nous allons le voir, celle de lia Maçonnerie anglaise. C'est ainsi que l'obligation I des constitutions de la Grande Loge Unie d'Angleterre, publiées en 1813, à la date de la constitution de cette nouvelle obédience par fusion de deux autres puissances maçonniques, est ainsi rédigée : « Quelle que soit la religion d'un homme, ou sa manière d'adorer Dieu, il n'est pas exclu de l'ordre, pourvu qu'il croie au Glorieux Architecte du ciel et de la terre ». Le dogme de la croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, restera un landmark de la Maçonnerie anglaise, qui n'a jamais cessé d'accentuer sa tendance conservatrice et rétrograde. Pour la Grande Loge Unie d'Angleterre « la Maçonnerie est un culte pour conserver et répandre la croyance en l'existence de Dieu, pour aider les Maçons à régler leur vie et leur conduite sur les principes de leur propre religion quelle qu'elle soit, à condition que ce soit une religion monothéiste, qui exige la croyance en Dieu comme .Etre Suprême, et que cette religion ait un Livre Sacré, considéré comme contenant la volonté révélée de Dieu, et sur lequel l'initié puisse prêter serment à l'Ordre. » Donc, le Maçon anglais doit avoir UN DIEU PERSONNEL, il doit être théiste et croire à des dogmes. Cette position est évidemment en net retrait sur celle, plus tolérante, d'Anderson. Le célèbre écrivain maçonnique, A. Mackey, estime que le landmark essentiel est la croyance en l'existence de Dieu comme Grand Architecte de l'Univers et en la résurrection en une vie future. Il s'agit d'une interprétation encore plus étroite des Constitutions d'Anderson. Dans le même sens, le Credo Maçonnique, rédigé en 1924 par la Grande Loge de New York, proclame : Il existe un Dieu unique, père de tous les Hommes ». La Grande Loge Unie d'Angleterre se dit la Grande Loge mère du Monde, en raison de l'antériorité de sa fondation. Elle se dit la gardienne des us et coutumes traditionnels de la Maçonnerie dite régulière. Elle décidait, le 4 septembre 1929, dans un mémoire en huit points, relatif aux critères de régularité des obédiences : « que la croyance au Grand Architecte de l'Univers et en sa volonté révélée soit une condition essentielle pour l'admission de ses membres ». Cette même grande Loge confirmait ainsi sa pensée dans une lettre adressée le 18 octobre 1950 à la Grande Loge d'Uruguay : « La vraie maçonnerie doit conserver et répandre la croyance en l'existence de Dieu... mais ce doit être une religion mono­théiste... ayant un Livre Sacré ». Aussi explicite est la Constitution de la Grande Loge de la Caroline du Sud : « Quiconque... désire devenir Franc-Maçon doit être informé qu'il doit croire fermement dans l'existence de la Divinité, qu'il doit l'adorer et lui obéir, en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l'Univers ». En France même, la Grande Loge Nationale Française, fondée en 1913 par des dissidents du Grand Orient, se dit la seule obé­dience régulière française, en fonction des landmarks anglo­ saxons qu'elle respecte, et se trouve être la seule puissance maçonnique française reconnue par la Grande Loge d'Angleterre. Dans un manifeste adressé à la presse en septembre 1960, les dirigeants de la G.L.N.F. précisaient : « la première condition pour être admis dans l'Ordre et pour faire partie de la G.L.N.F. est la' croyance en l'Etre Suprême et en sa volonté révélée. Cette règle est essentielle et n'admet aucun compromis ». Cette même obédience, dans une communication datant de 1961, écrivait : « Il ne peut y avoir de maçonnerie régulière en dehors des principes de varietur suivants : croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers - croyance en sa volonté révélée et exprimée dans le Livre de la Sainte Loi - croyance en l'immortalité de l'âme ». Enfin, la G.L.N.F. dans une règle en 12 'points, datant de 1967, déclare : « La Franc-Maçonnerie est une fraternité Initiatique qui a pour fondement traditionnel la Foi en Dieu Grand Architecte de l'Univers ». Aussi l'un de ses membres, J. Tourniac, estime-t-il que « 'la Croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, est la base et le fondement primordial de notre édifice ». Force est donc de constater, à la lecture de ces citations, volontairement limitées, que les maçons anglo-saxons, suivis en cela par ceux de la G.L.N.F., ont fait une démarche spirituelle régressive, revenant aux anciens Devoirs des opératifs et négligeant toute l'évolution de la pensée humaine depuis la création de la maçonnerie spéculative, mieux encore, en étant en retrait par rapport à Anderson. Aussi ces maçons croient, de bonne foi, semble-t-il, que seules les obédiences auxquelles 'ils appartiennent sont régulières. « Chaque rite, a dit Papus, a la singulière prétention d'être seul régulier ». C'est pourquoi les obédiences anglo-saxonnes « excommunient » volontiers les puissances maçonniques qui n'admettent pas leur conception des landmarks, autrement dit celles qui ne reconnaissent pas l'obligation, pour leurs membres, d'être des théistes, ayant un dieu personnel, créateur rigoureusement affirmé par sa volonté révélée. L'Ecossisme, ordre initiatique traditionnel, quant à lui, ne prétend pas détenir la vérité révélée et n'aspire pas à un monopole de régularité maçonnique. Il n'a pas non plus la prétention d'imposer son point de vue aux autres rites maçonniques, car il pratique un large esprit de tolérance mutuelle. L'Ecossisme, dans la ligne de l'esprit libéral qui le caractérise, désigne le Dieu allégué par Anderson par un symbole : celui du Grand Architecte de 'l'Univers. Et 'l'ordre travaille à le glorifier et non à le définir. Conformément au Code élaboré par la conférence du Luxem­bourg du 15 mai 1954, les maçons écossais prêtent le serment d'admission sur 'les Trois Grandes Lumières. Pour eux l'interprétation des symboles, et notamment celui du Grand Architecte de l'Univers, relève exclusivement de la conscience de chaque adepte, la pratique scrupuleuse du rituel, 'l'étude du symbolisme et le tra­vail personnel demeurant les seuls moyens d'accès au contenu initiatique de l'ordre. A plusieurs reprises la position de la Grande Loge de France a été définie à la radio. Retenons deux citations. La première date de 1959 : « Croyance en un principe de Vie, créateur et ordonnateur transcendant et immanent. Sagesse infinie, Connaissance 'parfaite, Amour, Perfection, c'est notre Grand Architecte de l'Univers qui conditionne notre initiation du premier au dernier jour de notre existence maçonnique. » La deuxième, particulièrement explicite, fut énoncée le 18 octobre 1959 par le Grand Maître, dans les termes suivants : « chacun choisit son sentier personnel dans le vaste jardin initiatique, mais toutes ces voies 'individuelles conduisent vers la Connaissance de et vers l'identification finale de l'initié avec Elle. Comment ce cheminement initiatique pourrait-il s'accomplir si le voyageur ne croyait pas en l'existence du havre vers lequel il 'progresse ? ». Pour le maçon écossais, le Grand Architecte de l'Univers est un principe créateur, dynamique par excellence, organisateur de l'Univers. Mais aucun dogme ne s'y rattache. Il lui est loisible de la concevoir comme la loi qui régit la matière, dont les hommes ne peuvent percevoir que les manifestations sensibles ; dans ce cas, l'univers visible dont il est le principe conducteur et conservateur est la divinité à l'état de manifestation. Il peut l'entendre comme l'organisateur, l'ordonnateur, le géomètre, la force d'ordre qui lutte contre le chaos et lui substitue une harmonie, c'est-à-dire comme un principe d'Ordre. Il peut aussi l'admettre comme un Dieu créateur, Principe d'existence, ce peut être le dieu des philosophes du XVIII° siècle, aussi bien que le Dieu des Religions révélées. Il justifie toujours la lutte de l'homme contre la matière, le hasard ou le destin. Le symbole du Grand Architecte de l'Univers n'étant lié à aucune croyance exprime donc la foi du maçon écossais dans la totale liberté de conscience. Il se place tout naturellement dans le cadre de l'initiation sur un plan idéal transcendant le chaos, exaltant les valeurs spirituelles les plus hautes, donnant de goût du sacré et conduisant au voyage vers l'invisible. Ainsi, pour l'Ecossisme, ale Grand Architecte de 'l'Univers, c'est le Dieu de Platon, tel qu'il le définit dans « Timée » : « le Dieu prit toute la masse des choses visibles qui n'étaient pas en repos, mais se mouvait sans règle et sans ordre et le fit passer du désordre à l'Ordre, estimant que l'ordre 'était supérieur à tous égards ». C'est aussi la divinité dont parle Voltaire dans ses « Dialogues philosophiques » : « cet 'architecte de l'Univers si visible à notre esprit et en même temps incompréhensible, quel est son séjour ? De quel ciel, de quel séjour envoie-t-il ses éternels décrets à toute la nature ? Je n'en sais rien, 'mais je sais que toute la nature lui obéit ». Il est donc certain que pour le maçon écossais, le Grand Architecte de l'Univers n'est pas nécessairement une personne divine, dont la volonté révélée est visible en Loge et s'est exprimée une fois pour toutes par 'le texte immuable d'une Loi écrite. C'est un principe supérieur et idéal qui n'exige aucun Credo. Au Convent de Lausanne de 1875, les Suprêmes Conseils Euro­péens du Rite Ecossais ont adopté divers textes à ce sujet, qu'il nous paraît opportun de rappeler. Dans un document intitulé « Définitions », ils ont précisé : « La Franc-Maçonnerie a pour doctrine la reconnaissance d'une Force supérieure dont elle proclame l'existence sous le nom de Grand Architecte de l'Univers ». Dans une « déclaration de principes », il a été arrêté : « La Franc-Maçonnerie proclame l'existence d'un Principe Créateur sous le nom de Grand Architecte de l'Univers ». Enfin, dans une ultime déclaration, les Suprêmes Conseils concernés ont précisé : « Aux Hommes dont la religion est la suprême consolation, la Maçonnerie a dit : cultivez votre religion sans obstacles, suivez les aspirations de votre conscience. La Franc-Maçonnerie n'est pas une religion, elle n'a pas de culte. » La devise du Suprême Conseil « Deus meumque jus » (Dieu et mon Droit) montre la relation reconnue par le Rite Ecossais Ancien et Accepté entre Dieu et l'Homme, ce dernier 'ne se voyant impo­ser, en sa qualité de maçon, aucune autre voie que celle choisie par sa conscience. La position officielle de l'Ecossisme a donc été clairement définie. Elle n'a pas varié. Elle montre que la notion de Grand Architecte de l'Univers est à la fois plus ample et plus restreinte que celle du Dieu des différentes religions. En ce qui concerne le Volume de la Loi Sacrée, l'attitude de l'Ecossisme est semblable. Ce Livre est, en effet, l'une des Trois Grandes Lumières de l'Ecossisme, non pas en tant qu'expression de la volonté révélée de Dieu, mais comme symbole de la plus haute spiritualité humaine. Répétons-le : le symbole du Grand Architecte de l'Univers est le plus important de la Maçonnerie. Malheureusement, son interprétation sépare et divise les Obédiences. Celles qui se disent « traditionnelles » sont devenues, au fil des années, théistes, orthodoxes et conformistes. Elles exigent la croyance en un Dieu personnel. Par contre, l'Ecossisme est indubitablement déiste et libéral.

En cela, l'Ordre Ecossais est resté fidèle à la Tradition, H a su appliquer le principe de tolérance implicitement formulé par les Constitutions d'Anderson, en tenant compte de l'évolution spirituelle de l'humanité au cours de ces deux derniers siècles. A la conception anglo-saxonne rigide des landmarks, le Rite Ecossais Ancien et Accepté a su opposer la compréhension vivante et enrichissante du concept fondamental de l'Ordre, témoignant par-là même de sa haute valeur initiatique. Pour ses adeptes, l'interprétation du prestigieux symbole du Grand Architecte de l'Univers, les aide à poursuivre leur cheminement sur la voie de l'initiation, qui est libération à 'l'égard des dogmes. C'est le meilleur témoignage de la capacité du Rite de faire pratiquer une réelle tolérance active, contrairement au regrettable usage en vigueur dans d'autres obédiences qui glorifient de façon purement formelle cette vertu, sans la mettre en pratique dans le domaine métaphysique. L'Ecossisme met ainsi en œuvre un efficace retour aux sources, fondement de la régularité de ses adeptes, tandis que les obédiences qui se disent « traditionnelles » restent figées dans leur dogmatisme et leur intolérance. Déistes, les maçons écossais le sont. Certains d'entre eux peut-être la majorité, sont également — mais à titre personnel — anticléricaux. C'est sans doute cette dernière position — qui n'est pas celle officielle du Rite — qui a pu provoquer un malentendu dans l'esprit des Anglo-saxons. En effet, compte tenu de leur état d'esprit propre, anticléricalisme et athéisme peuvent être plus ou moins assimilés l'un à l'autre. De cette confusion que nous voulons croire involontaire, a pu découler leur attitude envers l'Ecossisme, qui se situe à mi-chemin de l'ignorance 'dédaigneuse et de l'hostilité avouée. est certain que le Rite Ecossais Ancien et Accepté ne peut que partager l'opinion de la Maçonnerie anglaise sur le postulat qu'une société initiatique doit respecter un minimum de principes intangibles, si elle ne veut pas dégénérer peu à peu et se transformer en un groupement de clubs plus ou moins fermés, mais devenus profanes par la nature même de leurs motivations, de leurs travaux et de leurs interventions publiques. Par le fait même que les Anglais dénient toute valeur symbolique au Grand Architecte 'de l'Univers et le définissent étroitement, il semble bien qu'ils ne voient dans la Maçonnerie qu'une pratique plus élargie de leur religion. Ils en font, en quelque sorte, un culte complémentaire. Pour les maçons écossais, cette attitude ne paraît pas compatible avec la tradition et la nécessaire évolution de l'ordre. En ce domaine, plus encore qu'en d'autres, la recherche de la vérité nécessite une absolue liberté de pensée et de conscience, conjuguée avec son indispensable corollaire : LE RES­PECT DE L'HOMME. Aussi, l'Ecossisme est contraint — quoi qu'il lui en coûte sur le plan de la fraternité — de rejeter le landmark imposé par la Grande Loge Unie d'Angleterre : la croyance en un dieu personnel et à sa volonté révélée. Il reste ainsi fidèle à 'la conception libérale des premiers créateurs des obédiences maçonniques. Néanmoins, les maçons écossais souhaitent, ardemment, qu'au-delà des divisions inter obédiences à ce sujet, puisse enfin voir le jour une confédération d'obédiences, liées par une charte commune basée sur les points d'accord. « Rassembler ce qui est épars », n'est-ce point là le travail de tout Maître Maçon ? Dans cette perspective, l'universalisme maçonnique, tant désirable et tant désiré, passerait enfin dans les faits. Il s'épanouirait pour la plus grande gloire et pour la prospérité de la Maçonnerie et permettrait une plus large exaltation de son message spirituel.

Publié dans le PVI N° 29 - 2éme trimestre 1978

Source : www.ledifice.net

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:37

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 14:58

A la Gloire du G\A\D\L\U\, V\M\ et vous tous mes FF\ en vos G\ et Q\, notre Vén\M\ nous invite à un Banquet d’Ordre.
C’est donc de « Manger et Boire ensemble » que je vous entretiendrai. Molière a dit : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger », et pourtant, mes FF\, est-ce toujours vrai aujourd’hui ? Nous vivons dangereusement. Se nourrir est devenu une réelle prise de risques quotidienne à l’époque où,
- la vache folle hante nos assiettes et les frites Mac-Cain sont transgéniques
- la maladie de Creutzfeld-jakob nous guette,
- les pollutions successives de nos mers et de nos rivières nous invitent à éviter les crustacés pollués aux bacilles fécaux et les poissons aromatisés au mazout,
- les saumons et les poulets sont gavés avec des farines animales,
- les rillettes et les fromages sont livrés avec salmonelles et listériose et ceci sans supplément,
- les cuisses de canards avariées vont remplir nos assiettes,
- les moutons ont la tremblante
- les antibiotiques farcissent la viande de porc et
- les crabes phosphorescents pêchés dans la Hague illumineront nos repas,
j’avais envie d’inviter, ce midi, José BOVE ou Jean Pierre KOFF pour nous parler de mal bouff. Mais sont-ils F\M\ ? Rassurez-vous mes FF\, je ne vous entretiendrai pas de cela ce midi. Pour l’oublier et nous donner du cœur à l’ouvrage, je vous propose d’ouvrir une « Sacrée Bouteille » en guise d’apéritif. Ecoute de « Sacrée bouteille » Graeme ALLWRIGHT.
Il existe, vous le savez, d’autres façons d’utiliser notre organe, -je parle évidemment de la bouche…-. Ainsi, je cite Jésus, dans Matthieu : « Ecoutez et soyez intelligents ! Ce qui entre dans la bouche ne souille pas l’Homme, mais ce qui sort de la bouche c’est ce qui souille l’Homme. Ce qui sort de la bouche vient du cœur et c’est cela qui souille l’Homme. Car du cœur viennent les mauvais calculs, les meurtres, les adultères, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes. Voilà ce qui souille l’Homme alors que de manger les mains sales ne souille pas l’Homme. » Je vous propose donc d’évoquer ensemble la nourriture spirituelle et plus particulièrement, la nourriture partagée à l’occasion du Banquet d’Ordre. Le banquet a, de toute époque et pour beaucoup de raisons, toujours eu une signification forte. Jadis, il était de coutume de terminer chaque tenue par un banquet, mais pour que les travaux de mastication ne prennent pas plus d’importance que nos travaux philosophiques et spéculatifs, - même si ces derniers ne remplissent pas le ventre d’un honnête F\ M\-, il a été convenu de le réserver à certaines occasions. Deux termes sont utilisés : le Banquet d’Ordre et les Agapes. Au menu, ce midi, après cette introduction en guise d’apéritif, je vous servirai en premier plat une présentation du Banquet sur un plan historique et rituel. Il est agrémenté à la sauce symbolique. Les Agapes suivront. Enfin, la Cène, repas important dans notre culture judo chrétienne, terminera ce travail. Rappelons en avant propos que, jadis, le banquet était constitué par des offrandes. Il exprime un rite communiel et en particulier, pour les occidentaux, celui de l’Eucharistie. De façon plus général, il est un symbole de participation à une société, à un projet, à une fête. La notion de « bonne chère » apparaît, d'ailleurs, comme tout à fait subjective. Si, se nourrir n'est que la satisfaction d'un besoin physique et psychique, ce contentement viscéral devient une démarche intellectuelle lorsque la gourmandise apparaît, forte aberration de la faim, qu'elle finit souvent par gouverner.
Déjà la commensalité (1) était très importante pour le citoyen grec. Il ne s'agissait pas seulement de « vivre ensemble » dans la cité, pour une mise en commun, dans l'intérêt général mais plutôt de « bien vivre ensemble ».
Si l'amitié (philia) forme la base du tissu social, convenons qu’il n'est pas de meilleur moment pour l'amitié que le repas, où l'on partage les mêmes émotions pour des mets et des vins choisis.
Et n'est-ce pas dans cette euphorie que l'on peut échanger les meilleures considérations sur de vastes problèmes ?
L’importance pour ces moments privilégiés est mise en exergue à la fin du Vème siècle avant notre ère. Des gastronomes, gens riches et joyeux fêtards, fondèrent une société pour l'encouragement à l'art culinaire et à son développement. On ouvrit alors des concours et des prix furent décernés aux vainqueurs, couronnes de laurier, certes, mais aussi de jolies sommes.
Eu égard à leurs longues études et à leurs nombreux stages, les chefs cuisiniers athéniens étaient de hauts personnages, désignés comme « archi-cuisiniers » (archimageiros) et donc archi-payés. Parmi eux, Archestrate, l'« inventeur » de la gastronomie, illustra l’Art culinaire par la cuisson d'un poisson au four (une petite bonite), seulement enroulé dans une feuille de figuier. Cette exquise simplicité restera, à travers les millénaires, le symbole de la gastronomie. Un sacré Maître Queue, s’il en est…
Là, nous sommes alors, loin des banquets gargantuesques des Rois et Seigneurs du Moyen-Age et n’ayons pas peur de le dire, de nos ancêtres F\M\. Le banquet est l’une des plus solides et des plus anciennes traditions maçonniques. Ainsi, les objets de tables, décorés aux armes des loges avec des symboles maçonniques sont nombreux et démontrent, chez nous, l’importance de la convivialité. Les Constitutions d’Anderson de 1773 prescrivent ces moments privilégiés. En effet, la tradition du banquet explique les nombreuses assemblées dans les restaurants et le fait que l’opinion publique au XVIIIème siècle assimilait souvent la Maçonnerie aux sociétés bachiques, nombreuses à l’époque. L’usage du banquet varie avec le rite pratiqué. Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Banquet d’Ordre a lieu une fois par an. Les fêtes solsticiales sont aussi l’occasion de se réunir pour un banquet, en compagnie de la famille et des amis profanes. Le rituel du Banquet d’Ordre est emprunté aux traditions des loges militaires sous l’Ancien Régime. Appelé également « travaux de mastication » ou « travaux de table », les aliments et les ustensiles adoptent des dénominations particulières :

L’eau est « la poudre faible » ; le vin : « la poudre forte ou poudre rouge » ; le champagne est « la poudre pétillante » et les alcools et liqueurs sont « la poudre fulminante ».
Le pain est « le mortier » ou « pierre brute »
Le verre est « le canon ». Il est d’ailleurs amusant de rappeler une expression typique de la région : prendre un canon, signifie boire un verre de vin entre copains.
Les serviettes de table sont « les drapeaux », les fourchettes sont « les pioches » et les couteaux sont « les glaives ».
La nappe est « le voile », l’assiette, « la Tuile » ; la cuillère est la « Truelle », la bouteille, « la Barrique ». Enfin, manger, c’est « mastiquer », boire, c’est « tirer une canonnée ou faire feu » et découper, « c’est dégrossir ».

Signalons, mes FF\ que ce langage reste très militaire.
Quant aux aliments, ils représentent les « quatre matériaux »
Le sel, est « le sable » et le poivre, est « le sable jaune ».

Et maintenant, mes FF\, passons au Rituel.
Au cours du repas, les FF\ trinquent à la santé de personnes illustres ou méritantes, c’est alors l’occasion de « charger » le verre. Il faut alors se mettre à l’Ordre d’Appr\ et poser la main gauche sur le bord de la table, les doigts réunis et étendus, le pouce longeant le bord pour former une équerre. Les banquets se tiennent presque toujours au grade d’Appr\, afin que tous les Maçons puissent y être admis, quelque soit leurs grades et qualités. Il ne doit y avoir qu’une seule table, disposée en fer à cheval ce qui rappelle le Triclinium (2) des Anciens. Elle s’apparenterait, du reste, à la forme de la Table de la Sainte Cène. Les FF\ se placent en dehors, excepté le M\ de Cér\ qui se place parfois dans le fer à cheval en face du Vén\ M\. Ce dernier occupe le milieu de la table, ayant à ses côtés les Off\. Les FF\ Surv \ prennent place aux deux extrémités. Quant au F\ Expert, il lui est conseillé de porter de bonnes chaussures car il doit s’assurer régulièrement que la loge est bien Couverte.
Cette dernière prend le titre d’Atelier. Elle est donc conduite par le Vén\ qui ordonne les santés, exceptée la sienne.
Tout ce qui est placé sur la table doit être rangé sur une ligne matérialisée par un cordon. Il y a 7 santés d’Obligation et on intercale entre la 6ème et la 7ème, toutes celles que l’on juge à propos d’ajouter. Il est d’usage, si les Honneurs sont portés à un personnage présent qu’il remercie par une courte réponse, suivie d’une batterie. Dans certains rites, la somme des battements de mains composant toutes les batteries successives atteint 180, c’est à dire la mesure en degrés d’une demi- circonférence. J’imagine le rapprochement avec le symbolisme de la Table Ronde autour de laquelle les Chevaliers prenaient place en stricte égalité, comme à l’occasion de notre Banquet d’Ordre. Notons cependant que, si la Loge de Table est en demi cercle, elle symbolise également le Paradis Terrestre, c’est à dire le début du cycle ; alors que notre table se rapproche du Carré Long symbolisera l’attente de la Jérusalem Céleste et donc la fin du Cycle. J’ajoute enfin, qu’au XVIIIème siècle, les Maçons se réunissaient dans les salles d’auberges, lieux propices à organiser des festins. Ils traçaient les symboles à la craie sur le plancher puis les effaçaient à la fin de la tenue avant de souper, moment privilégié pour développer la convivialité. Cette convivialité, en plus du plaisir qu’elle procure, joue un rôle social. Ainsi souvenons-nous des dîners des philosophes des Lumières.
De nombreux traités et contrats commerciaux ont été et sont toujours établis autour d’une table.
Des repas de travail permettent d’aborder des sujets épineux, d’autres comme le Banquet de Platon sont prétextes à des joutes rhétoriques. En règle générale, les repas sont l’occasion d’échanger des idées. On s’y étonne, on s’émerveille, on s’indigne et surtout on rit. Enfin, pour les Maçons, le calme, la sérénité et la qualité des travaux sont assurés dans la mesure où il existe un temps pour se détendre et se libérer. Quel lieu plus propice que la Salle Humide, même si « tous les F\ semblent aspirer au repos » en fin de tenue… ? Outre le banquet d’ordre, un autre terme désigne ces moments forts pendant lesquels les FF\ se réunissent dans la convivialité, ce sont les Agapes. Ce mot grec signifie « tendresse ». La tendresse est proche de l’affection, de l’amour, du dévouement, autant de qualités du vrai Maçon. L’équivalent latin d’Agape est « caritas », c’est à dire « charité », cette vertu qu’il faut pratiquer toute l’année. En effet, la Charité « est comme l’Amour, on n’en parle le moins possible mais il faut le pratiquer le plus souvent ». Cette charité est exacerbée en hiver alors que les Restos du Cœur, chers à Coluche, nous le rappelle, tout comme la soupe populaire servie par l’Armée du Salut.
De ce point de vue, comment ne pas dire combien il est aberrant, à l’aube du XXIème siècle, que de tels besoins fondamentaux constituent encore un problème dans ce monde profane trop inégalitaire. Mais du reste, les Agapes ne se soldent pas uniquement par la satisfaction de besoins physiologiques. Elles traduisent surtout un « plus », quelque peu magique, qui amène progressivement les convives à transformer leur comportement en devenant moins agressifs, plus expansifs et plus authentiques. Partager en commun vins et nourriture est susceptible de créer un courant de communication et de compréhension sous l’effet d’une libération de l’être et de ses pensées. Les agapes s’apparentent alors à une sorte de rituel de nature à entretenir ou renforcer des liens privilégiés, amicaux et fraternels. Il n’est donc pas étonnant qu’elles aient été historiquement et restent de nos jours, par le partage d’un même repas, un moyen recherché pour constater, favoriser ou développer une même identité, un même but ou des sentiments communs. Aussi, est-il encore habituel d’organiser un repas familial ou amical en guise de témoignage d’affection. L’inverse est tout aussi vrai et pour contribuer à aplanir des difficultés, des divergences de points de vue, des situations conflictuelles ou tendues, un bon repas est très utile. Autant de raisons qui démontrent que les Agapes s’inscrivent dans notre mode de vie quotidien. Sous couvert de mettre en exergue ou fêter un événement, elles visent à faire prendre conscience ou favoriser une certaine communauté d’idées, de valeurs, d’intérêts. Elles servent à développer une certaine Solidarité ou Fraternité dans la mesure où ce partage contribue à une transformation affective et intellectuelle, permettant réellement de se rapprocher les uns des autres. Parfois, on oppose Agape à « Eros », dieu de l’Amour. Agape est un amour de bienveillance et de prévenance tandis qu’Eros correspond à l’amour des amants.
Notre amour est celui de la Fraternité, l’amour pur. Les Agapes sont ainsi le moment du partage de la nourriture, du corps, du cœur et de l’esprit. Ce moment est toujours pratiqué avec plaisir. Ce repas est aussi l’occasion, pour les Appr\, de servir et desservir tous les FF\, symbole d’apprentissage mais aussi signe de respect.
Dans le même esprit, les premiers chrétiens pratiquaient la coutume de laver les pieds de leurs hôtes. Rassurez-vous F\ Appr\, je ne vous l’imposerai pas. C’est aussi l’occasion de rappeler que les Agapes étaient également le repas pris en commun par les premiers chrétiens. Dans le Nouveau Testament, il devient synonyme d’Amour Fraternel. Ainsi, dans ce contexte, Agapè est soit l’amour gratifiant de Dieu pour les Hommes, soit l’amour inconditionné, le dévouement des Chrétiens pour autrui. En effet, tous les Hommes sont frères puisque fils d’un même Dieu. Ce dévouement existe également pour tous les FF\ Maçons. Et notre Banquet d’Ordre ainsi que les Agapes procèdent du même esprit de fraternité.
Jésus et ses disciples formaient une « communauté » qui se réunissait régulièrement autour d’un repas traditionnel. Lors de ces repas, qui représentaient un aspect important de la vie en communauté, à Qumrân notamment, on bénissait le pain et le vin conformément à la coutume juive. De nombreux récits de l’Ancien et du Nouveau Testament commencent ou finissent par des repas. Jésus lui-même ne dédaignait pas la bonne chère et le bon vin.
Un de ces repas traditionnels est le Repas Pascal. Il comprend d’ordinaire le pain sans le levain et le vin, les herbes amères, le persil que l’on trempe dans le vinaigre ou l’eau salée et qui représentent l’amertume des jours passés en exil ; un œuf dur, un mélange de fruits et de noix pilées, un tibia d’agneau plus ou moins garni de viande. Les convives sont allongés sur des banquettes comme le veut le rituel car il s’agit de montrer que depuis la sortie de l’Egypte, le peuple élu est libre. J’en averti une nouvelle fois nos FF\ Appr\, nous n’en ferons pas de même ce midi. Un autre repas important de la tradition chrétienne est la Cène.
Selon un usage juif, Jésus a partagé un repas avec ses disciples avant de mourir, rompant avec eux, le pain « qui était son corps » et les a invités à « faire cela en mémoire de lui ». Le Talmud prescrit de fracturer le pain car en le séparant, on suggère l’autonomie de chacun et d’en donner les morceaux aux convives qui reçoivent ainsi le gage de l’autonomie et la nourriture qui les unit.
Manger, c’est à la fois affirmer son autonomie et se relier à ceux qui vous ont nourris et qui vous ont donné les moyens de devenir autonomes. Ce repas est donc lié au mémorial mais aussi à l’action de grâce et au sacrifice du Christ. Dans le Deutéronome, verset 8, il est dit « Pour que tu saches que ce n’est pas par le pain seul que l’Homme vivra, mais par tout ce qui sort de la bouche du Seigneur, l’Homme vivra. » En effet, la bouche de l’Homme a plusieurs fonctions. Des plus utilisées, celle de manger et celle de parler, celle d’ingérer de la nourriture physique et spirituelle. C’est aussi celle de porter au dehors une parole nourrissante pour les autres. L’œuvre de Jésus repose sur cet objectif prioritaire, c’est à dire, la Bonne Parole encore dénommée : « Evangile ». Au 6ème jour de la création, Dieu donne la nourriture physique à Adam, ce sont les plantes créées au 3ème jour. Ce n’est qu’après le Déluge que Dieu a permis à l’Homme de manger de la viande, hormis celle d’un animal vivant.
Est-ce un progrès pour l’Homme de pouvoir manger de tout ? En tout cas, je suis convaincu que manger n’importe quoi n’en est pas un… Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. Déjà le livre du Lévitique donnait de nombreuses restrictions et limitations. Je gage qu’il serait judicieux de les méditer. Mes FF\ comme je vous l’ai déjà dit, la nourriture symbolique ne nourrit totalement l’Homme. Ceci s’applique également au F\ M\, alors concluons rapidement avant d’aller nous restaurer. Les travaux de mastication s’inscrivent, selon moi, dans une dynamique de développement de la Fraternité, de la convivialité avant d’être travaux rituels et symboliques. Ils scellent l’amitié née des travaux collectifs et des affinités diverses. Admettons, dans le meilleur des cas, que la Fraternité engendrée par les Agapes et les Banquets, se révèle toujours circonstancielle, la plupart du temps, superficielle et le plus souvent, limitée à la seule durée de la rencontre. D’une manière générale, ce type de Fraternité s’appuie sur l’aspect quantitatif des choses et trouve sa racine dans l’affectivité.
Au contraire, la Fraternité que nous vivons en F\ M\ s’appuie plutôt sur l’aspect qualitatif des choses, axé sur une certaine spiritualité avec des buts et des idées procédant d’un ordre initiatique et sacramentel.
Ils se différencient des autres repas banals de tous les jours. Ils ne sont donc plus les repas qui satisfont la loi physique du corps humain mais ils ouvrent la porte à une relation fraternelle profonde. Enfin, mes FF\, apprécions, ces moments de liberté joyeuse et remercions notre Vén\ M\ de nous permettre d’y goûter régulièrement. Permettez que je termine en formulant cinq vœux qui rappellent la Tradition et auxquels, j’espère, vous serez « presque tous » sensibles :

premièrement, que le service soit entièrement à la charge des Appr\
deuxièmement, que les menus soient très copieux
troisièmement, que chaque FF\ soit suffisamment pourvu en poudre rouge
quatrièmement, que l’on ne lésine pas sur le nombre de santés
et cinquièmement, qu’à la clôture de la Loge de Table soit remise en application la formule habituelle et donc rituelle, élaborée par nos FF\ des Loges de Metz : « et maintenant, allons voir les filles ».

J’ai dit V\ M\ et vous comprendrez qu’« il faut que je m’en aille ». Ecoute de « Il faut que je m’en aille » de Graeme ALLWRIGHT.

 (1) Manger à la même table qu’une autre personne
(2) salle à manger où se trouvaient 3 lits sur lesquels on s’allongeait pour prendre les repas

Source : www.ledifice.net

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Published by S\ H\ - dans Planches
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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:05

I - La Dualité dans le langage De façon tout à fait évidente et profane, force est de constater que le nombre « deux » est omniprésent dans la vie humaine. Dieu a presque tout créé en double. Les quelques exemples ci-après illustrent la chose :

  • Dieu créa le ciel et la terre ;
  • Dieu créa l’homme et la femme ;
  • L’Homme a deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux pieds, deux mâchoires, deux poumons…etc. (presque tout est en double en l’homme) ;
  • Le socle de la famille est double (un père et une mère).
  • La lumière et l’obscurité.
  • Le jour et la nuit ;
  • La vie et la mort ;
  • Etc…

Cette notion de dualité est tout aussi présente dans l’organisation de la société. La société ne se dualise-t-elle pas aussi du fait des inégalités sociales ? Les opposés du monde ci-dessous illustrent bien cette dualité.

  • Le riche et le pauvre ;
  • Le bon et le méchant ;
  • Action et réaction ;
  • le juste et le faux ;
  • le positif et le négatif ;
  • le vice et la vertu ;
  • la beauté et la laideur ;
  • vérité et mensonge ;
  • etc.

Elle joue également un rôle important sur le plan technologique. En effet, la révolution numérique qui est en train de bouleverser notre société est née de l’exploitation judicieuse dela notion de dualité plus précisément du binaire. Grâce au symbole 0 et 1 tout peut être représenté. Car toute chose sur la terre a une nature double. Autrement dire toute chose a toujours deux états importants l’un et l’autre.

  • L’homme est vivant ou mort ;
  • Une lampe est allumée ou éteinte ; etc.

A partir de ces constats il est aisé de comprendre que la dualité est très importante et joue un rôle important dans la vie profane, à tel point qu’elle se retrouve dans le fondement même de ce qui caractérise l’être humain : le langage. Quel rapport entre langage et dualité ? Si nous définissons le langage comme la faculté d’exprimer verbalement sa pensée, comme pouvoir d’expression verbale de la pensée, alors, de fait, la dualité est intrinsèque de la notion même de langage. Affirmer cela semble de prime abord antinomique. Néanmoins, en repartant des évidences énoncées précédemment nous constaterons immédiatement que l’exemple de l’Egypte est édifiant. En effet, le concept de dualité est permanent et primordial dans la pensée égyptienne, à tel point qu’il y occupait une place si importante qu'il existait un nombre grammatical particulier pour le représenter : le « duel » (qui s'ajoute au singulier et au pluriel). Ce nombre, ayant des caractéristiques distinctes du pluriel, est utilisé pour tous les mots ou notions allant par paires : les bras, les yeux, les obélisques, etc. Le duel était signifié par l'ajout d'un suffixe particulier au nom. A l’exemple du langage et de l’écriture donc, chez les égyptiens, tout allait par paire, soit complémentaire, soit antithétique : les « Deux Terres » de la Haute-Égypte et la Basse-Égypte représentant le double-pays, le lotus et le papyrus, les plantes héraldiques de Haute et de Basse-Égypte, les « Jumeaux royaux », les dieux Shou et Tefnout, les «Deux Maîtres », Horus et Seth, les « Deux Maîtresses », les deux déesses protectrices, le vautour blanc de Haute-Égypte et Ouadjet le cobra de Basse-Égypte ; le jonc et l'abeille, la « double couronne » qui associe la couronne blanche oblongue de l'ancien royaume du Sud (Haute-Égypte) et la couronne rouge, plate à fond relevé de l'ancien royaume du Nord (Basse-Égypte), l'Orient et l'Occident, le bien et le mal, l'harmonie et le désordre… De même, pratiquement toutes les divinités étaient associées par paires et fréquemment de même racine nominale : Amon et Amonet, Heh et Hehet, Kekou et Kekout, Noun et Nounet. L’exemple de conception du monde des égyptiens est édifiant et nous permet peut-être d’appréhender au plus près le concept de dualité d’autant que, revenant à la notion même de langage, la dualité était également marquée par le doublement du hiéroglyphe déterminatif. Dès lors il apparaît que le symbole lui-même, l’écriture elle-même était porteuse du « duel ». Mais la conception duale égyptienne n’est pas isolée. Le langage est en soi dual par deux côtés : la notion de signifiant/signifié d’une part et celle de signe et symbole d’autre part qui sont indissociables du concept même de langage. Le signe linguistique diffère du symbole. Quand j’emploie le mot « chien », il n’est nullement certain d’une part que le signifiant, le son « chien » comporte une relation intrinsèque avec le signifié, le concept de chien, d’autre part qu’il existe un rapport naturel entre l’image acoustique, l’ensemble sonore, le signifiant et le concept, le signifié. Tout au contraire, dans le symbole, cette relation entre la représentation sensible et le concept est tout à fait évidente comme le montre Hegel dans son Esthétique : « le symbole est d’abord un signe. Mais dans le signe proprement dit, le rapport qui unit le signe à la chose signifiée est arbitraire… Il en est tout autrement du signe particulier qui constitue le symbole. Le lion, par exemple, sera employé comme symbole de la magnanimité ; le renard, de la ruse, le cercle, symbole de l’éternité. Mais le lion, le renard possèdent en eux-mêmes les qualités dont ils doivent exprimer le sens… Ainsi, dans ces sortes de symboles, l’objet extérieur renferme déjà en lui-même le sens à la représentation duquel il est employé ». Ainsi donc, si l’unité de sens issue de la dualité de la forme et du contenu est évidente dans le symbole, elle l’est bien moins en ce qui concerne le signe linguistique. Et pourtant, si le langage, invention du signe, capacité de création indéfinie semble indissociable de la pensée qui se forme dans les mots et par l’expression verbale certains philosophes, comme Bergson insiste sur la notion même de dualité dans le concept même de langage et dans son essence même en dissociant pensée et langage. Les mots et le langage, instruments de la pratique et de l’action dans le monde ne traduisent qu’imparfaitement la vraie vie de l’âme. Le langage, adapté à la pratique, ne peut exprimer la vie intérieure, pensée pure, réalité concrète et fluide. Il existe donc une dualité supérieure aux yeux de Bergson dans ce qu’est le langage lui-même, un au-delà du langage, un ineffable objet d’intuition. Cependant, ce que nous saisissons en dehors de tout langage est extrêmement indéterminé et peut-nous sembler, à première vue, très riche. Mais cette indétermination même est une marque de faiblesse. L’ineffable est flou, imprécis et obscur comme le qualifie Hegel dans la Phénoménologie de l’Esprit : « ce qu’on nomme l’ineffable n’est autre chose que le non-vrai, l’irrationnel, ce que simplement l’on s’imagine ». Seul le mot détermine, structure et forme la pensée. On retrouve ici le fameux dualisme de Descartes. Dans ses méditations métaphysiques, Descartes se lance dans une quête au cours de laquelle il s’engage à douter de tout ce en quoi il croit, afin de découvrir ce dont il peut être certain. En faisant cela, il découvre qu’il peut douter du fait qu’il ait ou non un corps (il se peut qu’il soit simplement en train de rêver de son corps, ou que ce ne soit qu’une illusion créée par un « malin génie »), mais il ne peut pas douter de l’existence de son esprit. Ceci constitue pour Descartes le premier indice montrant que le corps et l’esprit sont deux choses réellement différentes. L’esprit, selon Descartes, est « res cogitans », une chose pensante et une substance immatérielle. Cette chose est l’essence de sa personne, celle qui doute, croit, espère et pense. Cette distinction entre le corps et l’esprit est ainsi étayée dans les méditations VI : « j'ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et [...] j'ai une idée distincte du corps, en tant qu'il est seulement une chose étendue et qui ne pense point. […] Toutes les choses que je conçois clairement et distinctement, peuvent être produites par Dieu telles que je les conçois ». Ainsi, explique Descartes, la dualité corps/esprit : l’esprit est une chose pensante qui peut exister indépendamment de son corps étendu. Et par conséquent, l’esprit est une substance distincte du corps, une substance dont l’essence est la pensée. L’affirmation centrale du dualisme cartésien est donc que l’esprit immatériel et le corps matériel interagissent de façon causale, une idée qui continue d’apparaître de manière privilégiée dans de nombreuses philosophies non européennes. Les événements mentaux causent des évènements physiques, et inversement. Cela conduit à un problème très profond concernant le dualisme cartésien : Comment un esprit immatériel peut-il causer quoi que ce soit dans un corps matériel, et inversement ? Descartes lui-même a peiné pour obtenir une réponse cohérente à ce problème. Dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohême, il suggéra que les esprits des êtres animés interagissaient avec le corps à travers la glande pinéale, une petite glande au centre du cerveau, entre les deux hémisphères. Cependant, cette explication n’était pas satisfaisante : comment un esprit immatériel peut-il interagir avec la glande pinéale matérielle ? Étant donnée la difficulté qu’il y avait à défendre la théorie de Descartes, certains de ses disciples, tel Nicolas Malebranche, proposèrent une explication différente : toutes les interactions corps-esprit demandaient l’intervention directe de Dieu. Selon ces philosophes, les différents états de l’esprit et du corps consistaient seulement l’occasion d’une telle intervention, et non sa cause. Leibniz a reconnu la faiblesse de la prise en compte par Descartes des interactions causales intervenant en un lieu défini dans le cerveau. Malebranche a décidé que l'invocation d'un support matériel tel que la glande pinéale pour expliquer les interactions entre le matériel et l’immatériel était impossible, et il a par la suite formulé sa doctrine supposant que les interactions étaient en réalité causées par l’intervention de Dieu lors de chacune des occasions individuelles. A ce point de vue, sa position rejoint l’idée de Leibniz selon laquelle Dieu a créé, une fois pour toute, une harmonie préétablie de telle manière que tout se passe comme si les évènements physiques et mentaux étaient la cause, et étaient causées l’un par l’autre mutuellement. En réalité, les causes mentales n’ont que des effets mentaux et les causes physiques n’ont que des effets physiques. C’est la raison pour laquelle ce point de vue a été appelé parallélisme. Reprenons, notre étude concernant la dualité intrinsèque au langage, la grammaire elle-même de notre langue est empreinte de dualité. L’étude des formes de l’énoncé est éminemment révélatrice de cette dualité. En effet, elle s’effectue commodément à partir de la notion d’énonciateur, définie comme l’instance qui prend en charge l’énonciation de l’énoncé et donc l’énoncé. A partir de là, l’usage terminologique tend à distinguer :

  • les modalités d’énonciation qui « renvoient au sujet de l’énonciation en marquant l’attitude énonciatrice de celui-ci dans sa relation à son allocutaire ».
  • les modalités d’énoncé qui « renvoient au sujet de l’énonciation en marquant son attitude vis-à-vis du contenu de l’énoncé ».

Les modalités d’énonciation se traduisent linguistiquement par les types phrastiques : déclaratif, injonctif et interrogatif. Les modalités d’énoncé mettent en jeu tous les mécanismes linguistiques visant à traduire l’évaluation par l’énonciateur du contenu d’énoncé : évaluation affective mais aussi axiologique (bon ou mauvais) ou épistémique (vrai, faux) ou encore dans une certaine mesure incertain. Il y aurait grand illusion à considérer qu’il y a une absolue hétérogénéité entre les deux groupes de modalités. Ainsi, l’évaluation affective a une étroite affinité avec l’exclamation ; de même la modalité déclarative est pour une bonne part liée à la prise en charge de la vérité (ou de la fausseté) d’un contenu d’énoncé. Dans ce cadre, se pose le problème de la négation, interprétable, selon les cas, comme négation de phrase ou négation de constituant. Au plan logique, la négation de phrase place le mécanisme de négatif sur le même plan que les modalités assertive, injonctive ou interrogative : autrement dit, en fait un acte de parole autonome ; à l’inverse, la négation de constituant n’est qu’une forme prise par une modalité : assertion négative (défense), interro-négation, défense (= injonction négative). Pour qu’il y ait négation de phrase, il faut que le morphème négatif serve non seulement à décrire une entité, une qualité ou un procès négatif, mais surtout à traduire le souci de l’énonciateur de s’opposer à son interlocuteur. La négation de phrase est fondamentalement réfutatoire.
Pourquoi ce bref développement sur la négation ? Parce qu’elle est profondément représentative de la dualité. En effet, distinguons NON de NE. La distinction entre négation prédicative, c’est-à-dire dont le caractère linguistique s’attache dans le plan de la langue, à certaines parties de celle-ci et qui les rend aptes à la fonction, en discours, de prédicat, celui-ci étant ce que le discours dit du sujet, et la négation non-prédicative, c’est-à-dire qui n’a aucune autonomie syntaxique (ou pour simplifier, par une définition incomplète mais opératoire, qui ne peut faire phrase à soi-seul), est fortement inscrite dans la morphologie, et ce, dès l’ancien français.

  • prédicatif : non
  •  non-prédicatif : ne.

Il y a donc une complète opposition entre NON et NE. Au plan sémantique, dans une perspective guillaumienne, cette distinction signifie que la matière négative de NON est empruntée à l’expérience que le locuteur a de la négativité en tant qu’expérience d’univers extralinguistique, alors que la matière négative de NE est empruntée à l’expérience que le locuteur a du mécanisme linguistique que l’on appelle négation et qui, en tout état de cause, est un mécanisme soustractif par rapport au positif initial. Une conséquence essentielle de cet état de chose : NON implique une négativité indiscutable, ce qui explique que dans l’histoire du français, il ait presque toujours été réfractaire à l’emploi dit explétif, à l’inverse de NE qui couvrait aussi bien l’emploi explétif que l’emploi strictement négatif. Fonctionnellement, NON est négation de tout ce qui n’est pas le procès conjugué, tandis que NE, est au contraire pertinent pour nier le procès conjugué. Pour aller plus loin, il est aisé de démontrer que le mécanisme de négation non-prédicatif porter par l’utilisation de NE est lui-même emprunt de dualité. Examinons rapidement l’alternance entre négation pleine simple et négation pleine composée. Nous nous arrêterons ici aux deux emplois non strictement négatifs de NE : NE explétif et NE en contexte exceptif. En théorie guillaumienne, NE explétif est une saisie très précoce du mécanisme constructeur du mot ; il renvoie à une négativité sous-jacente, implicite, liée à un rapport sémantico-logique entre ce qui est et ce qui pourrait être (différent de ce qui aurait pu être). On comprend donc qu’il se rencontre derrière des verbes de crainte ou d’empêchement. Un bref passage par l’ancien français nous montre qu’on le rencontre également souvent dans les comparatives d’inégalité (ex. : qui plus estoit blance a devise / que n’est la nois quis ciet sor branche). Dans les temporelles d’antériorité, la situation est contrastée en ancien français : tantôt NE est exprimé, tantôt NON, ce qui nous rappelle qu’en aucun moment de notre langue le NE n’a été obligatoire. Par différence avec le NE explétif étudié ci-dessus, le NE en situation exceptive marque un engagement plus avancé dans le mouvement de la négativation, mais suffisamment modeste néanmoins pour que ce mouvement puisse être inversé. Ce rôle d’inverseur, très largement tenu par « que » aujourd’hui, l’était déjà en ancien français à côté de « fors » et de « fors que » qui signifiait « à ceci près que ». A noter pour finir la double tension de la négation pleine syntaxiquement représentée par la construction NE + forclusif. Une des originalités de la négation non prédicative est, en effet, d’être une négation composée, ou, plus exactement, d’être devenue tout au long de l’histoire de la langue une négation composée. Sémantiquement, cela signifie que l’opération de négativation du positif s’effectue en deux temps :

  • premier temps : on enclenche un mouvement de soustraction sur le positif. A cette opération correspond le morphème adverbial NE, encore appelé discordantiel.
  • deuxième temps : on confirme ce mouvement négativant en le rendant irréversible ; à cette opération correspond le morphème appartenant à une classe, celle des forclusifs eux-mêmes emprunts de dualité (ceux qui sont de purs opérateurs abstraits : pas, point, mie effectuant strictement l’opération décrite ci-dessus), ceux qui sont dotés en plus d’une valeur lexicale particulière (jamais, goutte etc.).

Nous nous arrêterons là concernant la dualité intrinsèque à notre langage et à notre grammaire sachant que les mêmes démonstrations seraient faisables temps au niveau des modalités temporelles (indicatif / subjonctif) ou de la représentation des événements (présent et les différentes formes de passé). Que la grammaire même, le langage donc, et par conséquent le signe rejoigne la façon d’appréhender le monde de façon duale nous amène à supposer que la plus grande partie des concepts dont se sert le mental fonctionnent dans la dualité. Il n’existe pas d’ordre d’expérience humaine dans lequel la représentation n’est pas pensée en terme de concepts duels : capitalisme/communisme, fait/droit, bien/mal, vertu/vice, dieu/diable, vrai/faux, beau/laid, théorie/pratique, chaud/froid, joie/tristesse, force/faiblesse, absolu/relatif, transcendant/immanent, abstrait/concret, idéal/réel, objectif/subjectif... Finalement, le caractère quasi systématique et formel de ces types d’opposition pose la question de savoir si ce n’est pas notre intellect qui taillerait nos constructions mentales de façon duale. Cette conception du double, de l’opposition par deux n’est-elle pas alors une source constante de faux problèmes ? N’est-elle pas sur le fond fictif ? Sans véritable portée ontologique ? Car si c’était le cas, l’accès à l’ontologie devrait être nécessairement non-duel, obligeant par là à transcender la dualité du mental ordinaire. Cependant, toutes les dualités ne viennent pas nécessairement des constructions de la pensée. En effet, ce n’est pas la pensée qui fabrique la dualité droite/gauche dans la symétrie du corps, la dualité mâle/femelle chez les animaux, ou encore celle homme/femme, pôle +/pôle – sur la pile électrique…en clair, toutes les dualités existant dans la nature par essence antérieure à toute pensée humaine. Cela revient ici à affirmer que la dualité, la pensée duelle qui nous caractérise n’est pas une fiction mais étant déjà et par essence présente dans la nature elle nous pousse à reproduire notre représentation du monde et la façon dont nous l’exprimons sous la forme de concepts duels, de pensée duelle et conférant à cette dernière une réelle portée ontologique. Cette question est très complexe et, depuis Parménide et Héraclite ne cesse de resurgir dans la philosophie occidentale à l’exception de celle de Hegel fondée sur une logique non duelle visant à démontrer que la contradiction est à l’œuvre dans les choses. A ce titre Hegel dans sa dialectique thèse-antithèse-synthèse s’oppose aux antinomies formulées par Kant dansla Critique de la Raison pure. D'un point de vue très général, la philosophie hégélienne, ou Phénoménologie de l’esprit, tel qu’il la nomme lui-même, est donc une pensée qui veut concilier les opposés qui apparaissent, par la conciliation des philosophies de l'Être et des philosophies du devenir. En effet, avec la dialectique, ces oppositions cessent d'être figées puisque le mouvement d'une chose est d'être posée, puis de passer dans son contraire, et ensuite de réconcilier ces deux états. Ainsi, l'être n'est-il pas le contraire du néant ; l'être passe dans le néant, le néant dans l'être, et le devenir en est le résultat, je cite : « Le néant, en tant que ce néant immédiat, égal à soi-même, est de même, inversement, la même chose que l'être. La vérité de l'être, ainsi que du néant, est par suite l'unité des deux ; cette unité est le devenir ». Cela étant, le caractère très systématique et formel de la dialectique hégélienne finit aussi par éveiller la méfiance, d’autant que le concept de « dialectique » lui-même est pris en deux sens par Hegel selon que l'on parle du dialectique ou de la dialectique, le dialectique désignant un moment intermédiaire entre l'abstrait et le spéculatif, qui correspond en gros au scepticisme (l'art de dissoudre les opinions dans le néant), tandis que la dialectique désigne le mouvement de dissolution du fini lui-même. Hegel, souhaitant s’en éloigné, revient inexorablement et contre sa volonté, sans doute inconsciemment même, vers une certaine conception duale : les deux sens de dialectique issue de sa pensée en témoignent. Ce paradoxe dans la philosophie hégélienne partant d’une méthode duelle pour finalement aboutir à un concept niant cette dualité intrinsèque à la nature même nous ramène inévitablement à la question de savoir quel statut nous devons reconnaître à la dualité ? Cette dernière est-elle dans la nature des choses ou est-elle seulement dans la représentation de la nature des choses ? Comment discerner une dualité fictive, qui n’est que l’ombre engendrée par les complications de l’intellect, d’une dualité réelle, présente dans le réel ? En bref, nous ne savons pas aborder la complexité autrement que par des simplifications duelles abusives. Revenons-en aux fondamentaux, et notamment les Pensées de Pascal. Pascal a une intuition fulgurante de la non-séparation dans la Nature, dont la compréhension est mortelle pour la pensée duelle : « Les parties du monde ont toutes un tel rapport et un tel enchaînement l’une avec l’autre, que je crois impossible de connaître l’une sans l’autre et sans le tout ». Ce qui veut dire que connaître, c’est toujours relier et non pas séparer, décomposer, opposer, ce qui est le propre de l’intellect ordinaire. Distinguer certes, mais ne pas disjoindre. Une chose n’existe que dans sa relation avec les autres et dans sa configuration dans un tout qui l’englobe. La relation a un sens à la fois statique, ce qui veut dire que toute situation réelle est complexe de fait, et dynamique, ce qui veut dire encore que les processus qui œuvrent dans le réel sont causalement inter-reliés. Cette interrelation n’est pas le fait de l’homme, elle est tissée dans l’intelligibilité même de la Nature, dans son fonctionnement le plus intime. D’où le passage qui suit, quelques lignes plus bas : « Toutes choses étant causée et causantes, aidées et aidantes, médiatement et immédiatement, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties ». La conscience d’unité est indispensable dans le domaine de la connaissance. Elle est aussi d’une exceptionnelle urgence sur le plan de l’action de l’homme dans le monde. Si la Nature forme un tout, il n’est pas possible d’isoler quoi que ce soi, il n’y a pas de petite action et aucune action n’est sans conséquence, immédiatement et à long terme. Pascal le dit aussi très bien dans les Pensées : « Le moindre mouvement importe à toute la nature ; la mer change pour une pierre. Ainsi, dans la grâce, la moindre action importe par ses suites à tout. Donc tout est important. En chaque action, il faut regarder, outre l’action, notre état présent, passé, futur et les autres à qui elle importe, et voir les liaisons de toutes ces choses ». Nous ferions d’immenses progrès, si nous pouvions immédiatement comprendre qu’il n’y a pas d’existence séparée. Tout est lié dans le champ de la connaissance, comme tout est étroitement lié dans la Nature. Or le propre de la pensée duelle, c’est justement d’aller en sens inverse, de penser dans la séparation, la disjonction, là où les choses ne sont ni séparables, ni disjointes. L’opération de la pensée duelle consiste à diviser, opposer, fragmenter, séparer ce qui dans le réel est en fait intimement lié et qui aussi par ailleurs recrée aussi de fausses unités qui n’existent pas dans le réel, mais seulement dans les concepts. Ainsi donc, pour simplifier, nous pouvons ici partiellement conclure que si nous identifions la dualité à la caverne de Platon, tant que la représentation duelle n’est pas mise en cause, comprise et dépassée, c’est-à-dire hors de la caverne, on ne peut pas en sortir, on est tout simplement dedans. Nous n’avons tout bonnement jamais quitté la caverne… Qui que nous soyons, quoique nous soyons, le monde de la caverne est le monde de la dualité. La demeure de la caverne, celle du monde sensible, est celle du relatif, et dans le relatif, aucun concept ne saurait subsister sans son contraire. La plus grande partie de notre expérience quotidienne, se situe dans le domaine relatif des relations élémentaires. Notre expérience empirique se situe dans le champ du relatif, dans le champ de la dualité tracé dans les sillons de l’attitude naturelle. Maintenant, à supposer que brusquement nous sortions de la dualité, que nous entrions dans un éveil plus élevé, nous aurions dès lors un nouveau point de vue. La pensée ferait un saut d’intelligibilité. Or, pour parler comme Platon, dans le monde intelligible, dans le domaine des relations sublimes, dans l’absolu, rien de ce qui existe n’a de contraire. Si l’appréhension de la dualité est coextensive à la pensée, il est indispensable, pour entrer dans le champ des relations sublimes, que l’intelligence transcende son fonctionnement ordinaire. Et quoiqu’il en soit, « Et tenebrae eam non comprehenderunt ». L’accès à la non-dualité est une sorte de saut quantique de la pensée et un changement radical de perspective.

II – Langage / Signe / Symbole Franc-Maçon de la dualité De même que nous venons de le démontrer de façon profane, la dualité est omniprésente dans le langage, d’aussi loin que notre connaissance nous le prouve. D’un point de vue maçonnique, il en est de même. Dualité, nous l’avons vu, renvoie au chiffre deux qui exprime le principe féminin, qui symbolise l’ambivalence, le conflit, un antagonisme qui, de latent, devient manifeste, une rivalité, une réciprocité, qui, peut être de haine autant que d’amour. En bref, une opposition qui peut être contraire et incompatible aussi bien que complémentaire et féconde. On retrouve ces diverses significations dans le premier des dualismes : créateur et créature, vie et mort, blanc et noir, masculin et féminin, bien et mal, jour et nuit, gauche et droite. Deux signifie l’équilibre réalisé ou des menaces latentes et il peut être le germe d’une évolution créatrice aussi bien que d’une involution désastreuse. Chez les anciens, où ce chiffre était attribué à « la Mère », le deux, ou la dyade, était l’emblème de la matière susceptible de toutes sortes de formes. Pythagore ne considérait pas moins ce chiffre comme représentant le mauvais principe tandis que Platon le comparait à Diane toujours stérile et partant peu honorée. Les Romains tenaient également le deux pour néfaste, c’est pour cela que le deuxième mois de l’année et le deuxième jour du mois furent consacrés à Pluton le Dieu des morts. Les constatations faites ci-dessus dans l’environnement profane semblent se confirmer dans la Franc-maçonnerie. Cette ambivalence, nous la retrouvons de façon évidente dans notre temple. Je cite : « Il dressa les colonnes sur le devant du Temple, l’une à droite, l’autre à gauche : il nomma celle de droite Jakin, et celle de gauche Boaz… »(Les Chroniques, II – 3 – 17) Ces deux colonnes revêtent un rôle de première importance dans la symbolique maçonnique. Une idée centrale qui était fondamentale de la pensée de la Renaissance était l’unité du système et l’omniprésence conséquente de la Divinité. Pour moi, cette idée est représentée sur le Tapis de loge par un groupe de trois symboles « les Décors de la Loge ». Je vais tenter ici une analyse de ces symboles. Vous pardonnerez, par avance mes imperfections, et mes approximations d’apprenti…

Les Colonnes d’abord.

L’idée de la dualité est omniprésente dans les décors de loge – des carrés blancs et noirs en dessous jusqu’à la Lune et le Soleil, antiques symboles des opposés féminin et masculin, au-dessus. Dans la zone centrale, la dualité est représentée par les deux colonnes. Dans le symbolisme maçonnique, elles se voient données des noms. Notre objet sera donc d'essayer de redéfinir les colonnes symboliques du Temple de Salomon au travers des symboles généraux de la Tradition. Le mot symbole du grec – « sumbolon » signifie « signe qui fait reconnaitre ». Le symbole sous-entend donc : la connaissance originelle que nous avons perdue dans notre état d'exil. D'une manière générale nous pouvons dire que ces 2 colonnes expriment la dualité résultant de la Division apparente de l'unité. Tout le travail de L'initié étant de réconcilier les contraires avec l’aide de la providence : « Même les ténèbres ne sont ténébreuses pour toi et la nuit devient lumineuse comme le jour : les ténèbres sont comme la Lumière » Psaume 139.1. Pour résumer ce point, je me contenterai simplement de citer le Prologue de l’Evangile selon Saint Jean : « In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil quod factum est. In ipso vita erat, et vita erat lux hominum: et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt » - Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut, tout fut par lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes : et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Le nombre 2 exprime la division mais aussi la fécondité. Voici les piliers fondamentaux de la Jérusalem Céleste, « Hiram dressa les colonnes dans le portique du Temple, il nomma la colonne de droite « Jakin » et puis il dressa la colonne de gauche et la nomma « Boaz » 1 Rois 7,21. 2. Les deux colonnes peuvent être interprétées comme symbolisant les 2 pôles de la création, Adam et Eve, le masculin et le féminin, le soleil et la lune, l'esprit et l'âme, mais aussi la dualité de l'âme et du corps, du feu et de l'eau, le jour et la nuit, le principe de force et de résistance, de Dieu et de la nature, d'Osiris et d’Isis, de Saint Jean l'évangéliste et de Saint Jean Baptiste, d'Abel et Caïn, de Jacob et Esaü. Cette liste, n'est pas, limitée. En hébreu Adam provient de la racine hébraïque : Adamath, la terre et le corps de l'homme et Eve est l'âme principe qui par le souffle anime le corps. Nous devons ici faire une parenthèse et préciser qu'Adam prit conscience qu'Eve était nue, autrement dit, en considérant qu'Eve est le cœur d'Adam, le Christ (en tant que Yod) est le cœur d'Eve et le père (en tant qu'Aleph), le cœur du Christ est donc cette noble « pierre » passage obligé pour rejoindre le père. De même, l'arbre de la connaissance n'est pas un pommier, invention que nous devons aux premiers pères de l'église chrétienne, soucieux de marier les mythes gréco-romains avec les mystères Chrétiens. Dans la tradition hébraïque, l'arbre de la connaissance du bien et du mal est le figuier et il peut être confondu avec les colonnes du binaire ainsi que l'atteste Jérémie 24.1 « L'éternel me fit voir deux paniers de figues posés devant le Temple de l'éternel après que Mebucadnetsar roi de Babylone eut emmené de Jérusalem et conduit Jéconia, fils de Joakim roi de Juda (...) l'un des paniers contenais de bonnes figues, comme les figues de la première récolte et l'autre panier de très mauvaises figues qu'on ne pouvait manger à cause de leur mauvaise qualité ». Un couple de colonnes a toujours marqué l’accès vers un autre espace. Par exemple, les Colonnes d’Hercule définissaient l’espace du monde réel, physique, des vivants, par rapport à la réalité inconnue du monde post-mortem, l’au-delà, le mystère. Les colonnes ont toujours marqué cette ligne fictive que nous appelons « limite » et au-delà de laquelle nous devons être capables de faire face à un état différent de celui d’où nous provenons. Les colonnes contiennent donc le sens de l’épreuve. Les colonnes ont donc également une symbolique de frontière, de délimitation de l’espace. Les deux colonnes à l’entrée du Temple maçonnique ne sont pas le fait du hasard. La description, des 2 colonnes du Temple de Salomon, dans la Bible, au livre des Rois chapitre V et VI, montre bien que le nombre « deux » répond à un besoin précis. La colonne de gauche a pour nom « JAKIN » et la colonne de droite, que je ne sais pas nommer a pour nom un mot hébreu qui peut se traduire par « en force ». Le nombre « deux » se voit également à travers le pavé mosaïque représenté par un damier peint en noir et blanc donc par « deux » couleurs. Ce pavé mosaïque étant un espace sacré sur lequel on ne marche presque jamais, ou en tout cas de façon codifié et qui semble maintenir enfoui un secret, le nombre « deux » peut être considéré comme le signe du silence et du secret. Le Pavé Mosaïque représente la Divinité comme elle est perçue par le pôle opposé de la conscience, ici, la Terre de la vie ordinaire. La lumière et les ténèbres du pavé représentent les paires opposées, un mélange de miséricorde et de justice, de récompense et de punition, de vengeance et d’amour. Elles représentent également l’expérience humaine de la vie, lumière et ténèbres, bien et mal, facilité et difficulté. Mais cela n’est que ce qui en est perçu. Les carrés ne sont pas le symbole ; le Pavé est le symbole. Les carrés blancs et noirs s’assemblent avec harmonie afin de former le Pavé, une chose une, une unité. L’ensemble est entouré par le Cordon à houppes dentelées qui relie l’ensemble en un symbole unique. Sous cette représentation sur le Tapis de Loge, la Corde relie non seulement les carrés, mais toute l’image en une unité parfaite. Ainsi, le fait que les Maçons, qui formulèrent ce symbolisme, rassemblèrent ces trois objets en un seul groupe semblent nous obliger à les considérer ensemble. Ces Décors de la Loge sont l’Étoile Flamboyante, le Pavé Mosaïque et le Cordon à houppes dentelées, et ils sont tous destinés à se référer à la Divinité. L’Étoile Flamboyante est une représentation héraldique de la Divinité. L’Étoile Flamboyante, disposée dans le ciel, représente la Divinité telle qu’elle est, dans toute sa gloire, comme se projetant elle-même dans l’existence. De même, qu’il y a deux colonnes de Frères dans une loge (celle du Septentrion et celle du midi), le Vénérable Maître, à l’Orient, est assisté de « deux » Surveillants, à l’Occident, pour éclairer la loge, et pour autant « et tenebrae eam non comprehenderunt ». D’ailleurs, dès lors que nous entrons en tenue, voici ce que dit le Vénérable Maître :

V\ M\ : Frère Premier Surveillant, où est placé le Vénérable Maître dans la Loge ?

Puis par un jeu de questions/réponses à l’ouverture comme à la fermeture, voici ce que nous entendons :

Ouverture :

V\ M\ : Où se place le Vénérable Maître dans la Loge ?

1er Surv\ : A l'Orient, Vénérable Maître.

V\ M\ : Pourquoi ?

1er Surv\ : Comme le soleil commence son cours à l'Orient et répand sa lumière dans le monde, de même le Vénérable Maître se place à l'Orient pour mettre les Frères à l'ouvrage et éclairer la Loge de ses lumières.

V.M. : Où se placent les Surveillants ?

1er Surv\ : A l'Occident.

[…]

V\ M\ : Puisqu'il est midi, que le Vénérable Maître est placé à l'Orient et les Surveillants à l'Occident, avertissez les Frères que je vais ouvrir la Loge.

Fermeture :

V\ M\ : Frère Premier Surveillant où est placé le Vénérable Maître dans la loge ?

1er Surv. : A l'Orient, Vénérable Maître.

[…]

V\ M\ : Frère Premier Surveillant, où sont placés les deux Surveillants ?

1er Surv\ : A l'Occident, Vénérable Maître.

V\ M\ : Pourquoi, Frère Premier Surveillant ?

1er Surv\ : Comme le soleil termine sa carrière à l'Occident, de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge et les renvoyer contents.

V\ M\ : Puisqu'il est minuit, que le Vénérable Maître est placé à l'Orient et les deux Surveillants à l'Occident, avertissez les Frères que je vais fermer la Loge.

Le Vénérable Maître est donc assisté des deux surveillants, et il est intéressant de voir que le jeu des questions/réponses suit le mouvement du soleil : « Comme le soleil commence son cours à l'Orient, .../... de même le Vénérable Maître.../... » et : « Comme le soleil termine sa carrière à l'Occident.../... de même les Surveillants.../... ».

En me référant à La Pratique Journalière du Rite Ecossais Rectifié de Notre Bien Aimé Frère, passé à l’Orient Eternel, Henri BLANQUART, nous retrouvons ici notre similitude avec les anciens égyptiens auxquels nous faisions référence précédemment, notamment en ce qui concerne l’aspect mythologique et la création du Monde par Râ, qui, ouvrant les deux mains engendra notre univers. De l'Unité divine naît en tout premier lieu la Dualité fondamentale. L'Unité divine se trouve à l'originede toutes choses, à l'Orientdonc. La Dualité est créée et se situe à l'Occident là où se trouve la chute, la mort, donc le monde matériel. En fait, ce jeu de questions/réponses, de même que la place des surveillants dans la loge semble aboutir à un 1 (Le Vénérable Maître) + 2 (Les deux surveillants) ce qui ferait donc 3 comme les 3 côtés d’un triangle, la Sainte-Trinité, et le triangle de positionnement de ces trois protagonistes dans la Loge. Il convient cependant de faire remarquer que, par le fait qu’il résulte de la somme de deux unités, le nombre « deux » est par essence le symbole du couple. Il porte en lui, les notions d’attachements et même peut-être des notions de fusion pour rebâtir une nouvelle unité. La Sainte Bible dans La Genèse, le premier livre de Moïse, ne précise-t-elle pas que : « …l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair ». Sur le plan intellectuel, il faut toujours associer à la thèse et l’antithèse, la synthèse pour qu’un développement soit complet. Ainsi, pour atteindre la perfection dans notre univers qui repose sur la loi des contraires, il faut donc faire évoluer le nombre « deux » vers le nombre « trois » qui symbolise la stabilité. Je m’appuierai ici sur l’analyse de notre bien aimé frère Gaétan dans sa planche Le Pavé mosaïque, concilier les contraires, la voie de l’équilibre…, je cite : « L’alternance de blancs et de noirs ne doit pas nous faire oublier que la partie la plus élaborer du pavé mosaïque est le joint. De tout temps, pour tendre vers la perfection, les ouvriers ont cherché à le dissimuler pour ne laisser apparaître que la matière première : la pierre. Pour réussir cette opération, la taille de la pierre brute doit être parfaite pour s’assembler au mieux. Mais la plus grande difficulté de l’œuvre se retrouve dans le joint, dans l’invisible. Là, l’apprenti devait être à l’écoute de l’enseignement de son maître pour réussir l’opération que l’on appelle « faire le joint » c'est-à-dire réunir le pavé blanc et le pavé noir en un tout. Le pavé mosaïque est donc porteur en lui même d’une troisième voie invisible aux yeux du profane ». C’est cette voie, accessible uniquement à l’initié, et source de travail permanent sur soi pour vaincre notre dualité et échapper à l’Arlequin qui est en chacun de nous qu’il nous faut trouver en souffrant et persévérant… Peut-être également afin que les ténèbres comprennent enfin la Lumière… De même, lors de notre intégration, nous avons été de plein fouet jeté dans la dualité constituée intrinsèquement par les 3 éléments :

Lors du Premier Voyage :

Introducteur : Qu'est ceci ?

Le Candidat répond : « DU FEU »

Introducteur : Le Feu consume la corruption mais il dévore l'être corrompu.

Lors du Second Voyage

Introducteur : Qu'est ceci ?

Le Candidat répond : « DE L'EAU »

Introducteur : C'est par la dissolution des choses impures que l'eau lave et purifie, mais elle recèle des influences funestes et les principes de la putréfaction.

Lors du Troisième Voyage :

Introducteur : Qu'est ceci ?

Le Candidat répond : « DE LA TERRE »

Introducteur : Le grain mis en terre y reçoit la vie, mais si son germe est altéré, la Terre même en accélère la putréfaction. Nous constatons aisément que chaque élément porte en lui, en son essence même la dualité de sa nature même. La dualité est ce qui, au final, les caractérise et ce qui caractérise leur qualité intrinsèque. Baudelaire est très proche de ce cheminement et la dualité est un thème essentiel et central de l’œuvre baudelairienne qui a une place prépondérante dans sa vie privée. Dans Les Fleurs du Mal, il chante :

« Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur deux sentiments
Contradictoires l’horreur de la vie et l’extase de la vie
C’est bien le fait d’un paresseux nerveux ».

En fait, chez Baudelaire, la dualité peut être définie comme la coexistence de deux choses de différente nature mais impossible à séparer du fait de leur relation étroite. L’un des exemples les plus clairs est celui du Bien et du Mal, où chaque élément est compris souvent dans son opposition à l’autre. Sartre dit de Baudelaire : « C’est en faisant le mal et surtout le mal que Baudelaire arrive au Bien ». D’où vient l’idée de la dualité chez Baudelaire ? Le poète, dès son enfance, comprend qu’il existe une différence essentielle entre lui et les autres enfants puisque, déchu, il ne reçoit pas assez d’amour et de tendresse de la part de ses parents. Il essaie alors de se voir tel qu’il est, pour se connaître. Mais il ne peut pas voir ses yeux, et c’est pourquoi son cœur devient le miroir reflet de son âme :

« Tête-à-tête sombre et limpide
[Q]u’un cœur devenu son miroir ».

« L’Irrémédiable »

Et ainsi naît une dualité que l’on constate même dans les titres de ses recueils : Les Fleurs du Mal et Spleen et Idéal. Dans les Fleurs du Mal d’abord : la fleur en poésie baudelairienne est symbole de beauté, de pureté, ou symbolise la femme, le mal étant le symbole du malheur et de la misère, sociaux, physiques ou métaphysiques. Et le poète cherche à extraire la beauté du mal. Il le dit ainsi :

« Tu m’as donné ta boue j’en ai fait de l’or ».

Conclusion

Ainsi, parce que : un contraire éclaire l'autre, ce qui est à cerner, pose une question propédeutique : quel est le contraire de dualité ? C'est à tort que l'on proposera « unité », car unité renvoie à une dualité (= deux éléments) ou une pluralité réunies par une synthèse. Le contraire de dualité est selon nous, « unicité » qui désigne le caractère de ce qui est unique, pour ainsi dire la solitude d'un élément. Unicité peut désigner un seul principe auquel tout peut être réduit et, par exemple, la matière, l'Idée, Dieu. Ce déterminisme vital ne saurait se concevoir sans un tel monisme, puisqu'il n'admet qu'un seul principe constitutif. On mesure l'enjeu du choix entre le monisme et le dualisme ! Nous poserons donc comme principe de base cette définition universellement admise que dualité et dualisme sont des synonymes qui ne diffèrent que par le point de vue. Dualité désigne, au contraire de unicité, le caractère ou l'état de ce qui est double de ce qui comporte deux éléments, chacun ne pouvant être seul, mais étant pourtant différents pour ne pas dire antagonistes, et qui, réunit ou côte à côte peuvent aboutir à un troisième élément réunifiant les deux… De deux, on aboutit alors à 3 qui n’est en fait qu’un (ex. : le pavé mosaïque dalle noire (1) + blanche (1) = pavé mosaïque (3) qui pris comme tel, n’est qu’un élément… Tout problème posé par la dualité se ramène donc à cette question : la dualité est-elle provisoire ou définitive, accidentelle ou essentielle ? Ou encore : les deux éléments de la dualité sont-ils déductibles ou irréductibles l'un à l'autre ? Prenons un exemple pour illustrer cela. Si je dis, et cela est peu contestable, que l'homme est un être raisonnable sensiblement affecté, je pose en principe deux éléments indépendants, différents, qui semblent irréductibles l'un à l'autre (on ne peut être égoïste et aimer en même temps). Cela revient à dire qu'il y a en l'homme une dualité : la sensibilité et l'esprit. Ce dualisme de l'être de l'homme a pour conséquence un dualisme moral conflictuel : l'homme est l'unité de ce qui perpétuellement se fuit (l'eau et le feu, écrit Hegel), de ce qui se combat comme l'amour et l'égoïsme se font la guerre ou encore le réel et l'idéal, notamment parce que l’homme ne parvient à fuir les ténèbres pour aller vers la lumière…, sa richesse intérieure en somme… Ce qui laisse deviner un dualisme entre la vérité et la réalité, un déchirement entre ce qui est et ce qui doit être : avec pour conséquence que l'homme, ne pouvant jamais satisfaire en même temps les deux éléments que sont le devoir et la recherche du plaisir, ne pouvant jamais suivre sa nature en faisant son devoir, l'homme pourra bien rechercher le bonheur mais la réalisation (l'existence) du bonheur poursuivi ne sera jamais qu'une illusion, la satisfaction imaginaire d'un désir (et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt). Cela m’amène à considérer un autre sujet : celui du Trois comme la manifestation du Un par le Deux c'est à dire par les deux forces vues auparavant. La génération des Deux par l'Un est identique à la parole qui crée simultanément le son et le souffle.

C'est aussi la Sainte Trinité :

  • le Père,
  • le Fils,
  • l'Esprit Saint.

L'Un inconnaissable contient potentiellement en lui les Deux. Les Deux exprimés par le Un, c'est à dire issus du Un, sont de même nature que le Un. L'Un et les Deux sont ainsi consubstantiels.

J’ai dit, Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:19

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 07:39

Après de nombreuses errances stériles et irrationnelles, je décidais de tout reprendre du début, le jour de mon passage au deuxième grade. Je fus, ce jour là, étonné par l’insistance du rituel quant à l’explication du tableau de L\. Je suppose que la lecture et la compréhension de la planche tracée doivent être indispensable pour progresser et pour ressentir ce qui me préoccupe maintenant, une présence presque anodine mais essentielle, une ancre de navire, un épi de blé auprès d’une chute d’eau. 

A l’inverse de la planche tracée du premier grade, qui ne présente qu’un assemblage de symbole dont l’apprenti est seulement spectateur et c’est un a priori, la planche tracée du second grade m’indique une amplitude et une direction.  Je me situe maintenant dans le temps, à midi, et dans l’espace, sur les parvis. Je vais du nord à l’est. Je me dirige vers ce  lieu secret, la C\ du M\. Je suis sur les parvis du Temple, après les col\ J\ et  B\. Je tourne le dos à l’extérieur, les yeux rivés au pied de l’escalier tournant. Je me dirige vers le sacré. Je vais donc effectuer une démarche rétrospective ou plutôt introspective quant à mon initiation et revenir sur mes pas, retourner au mouvement et au bruit dehors, hors du temple, près de l’épi, près de la chute d’eau. Je dois redescendre les trois marches entre J\ et B\ et retourner sur  terre, fouettée par les vents profanes et faire face à mes  désordres intérieurs,  pour réaliser la présence de cet épi de blé auprès d’une chute d’eau. Qui est-il, que me dit-il ? Cet épi, en amarrage au pied du temple, au début de mon parcours, au nord, à l’entrée des Parvis. 

Cet épi de blé, courbé mais vigoureux et cette chute d’eau violente, bruyante, désordonnée représenteraient la naissance, la création, la création frénétique, la soif de vie. C’est une démonstration de la nature, en force, en abondance. Le mot pour épi de blé ou pour chute d’eau, en Hébreux est le même. Je penserais donc que ce symbole est dédoublé pour renforcer l’idée de force et d’énergie. Ce sont deux éléments distincts qui ne forment plus qu’un pour un objectif commun, faire germer les graines. Il faut donc y voir un acte copulatoire, un symbole alchimique. Et là, le symbole est clair. Le principe féminin et le principe masculin sont représentés. La conception et la naissance sont suggérées par un épi de blé auprès d’une chute d’eau. Les deux principes se confondent dans ce symbole. La terre est  matrice,  mère nourricière. Elle reçoit la semence. Et l’épi apporte cette semence. Mais il est aussi le résultat, il donne de nouvelles graines. Et l’eau, symbole de vie, permet ce résultat. La chute d’eau apporte aussi, du haut vers le bas, un mouvement perpétuel. L’épi de blé suggère également un mouvement perpétuel, mais du bas vers le haut, la germination, l’élévation, la germination, l’élévation, etc. L’initié, est cette graine. Il a germé en terre, dans le cabinet de réflexion. A la lumière, il s’élèvera au second grade, plus tard le temps de la  moisson viendra. Le salut au premier grade prend un  sens supplémentaire. L’équerre, symbolisée par la main droite, est prête, comme une faux, à moissonner la tête de l’épi. De plus le verbe équarrir veut dire tailler une pierre avec des angles droits mais veut dire aussi traiter le cadavre des animaux, plus exactement en  retirer la chair des os. Le salut au premier grade est donc une offrande encore aveugle pour une mort initiatique. Celui du second grade inclurait plus une notion de détermination personnel à son propre sacrifice. Tout d’un coup ce symbole n’est plus seulement le symbole de la conception et de la naissance mais également un symbole de sacrifice et de mort et, afin de poursuivre le cycle, un symbole de résurrection. Bref, cet épi de blé auprès d’une chute d’eau  représente la jonction entre la naissance et la mort, le point de départ et d’arrivée qui va du  profane au sacré. 

De nombreux mythes et de nombreuses pratiques rituelles reviennent à mon esprit avec plus de clarté. Je ne peux qu’en faire mention et en aucun cas exposer chacune de ces légendes et de ces pratiques, qui m’éloignerais trop de mon sujet. Seulement ce symbole fait certainement référence aux  légendes sur la castration d’Attis, sur la mort et la résurrection d’Osiris et à des rituels primitifs ou premiers comme la circoncision, l’excision , et d’autres. Je précise d’ailleurs que nombre de ces légendes voit en cet épi, plutôt un épi de maïs, qu’un épi de blé. Le rituel seul enseigne aux maçons  la qualité de cet épi. Les premiers tableaux de Loges d’Harris, au rite émulation, ne contenaient  pas d’épi, mais seulement un plan d’eau, plutôt lacustre d’ailleurs. C’est le rituel qui apportent les réponses et les compléments. Grâce à cet épi de blé auprès d’une chute d’eau, le rituel prend encore une dimension primordiale, il apporte le sens. Il donne également la raison du mot de passe, Shibb\. L’étymologie hébraïque fait une distinction caractéristique entre Sibb\ et Shibb\. Sans approfondir, Sibb\ est constitué du substantif sebel ou siblah, qui veut dire une charge, une peine, un fardeau, la douleur même. Le mot arabe zabbal, signifie ramasseur d’ordure. Il en ressort deux sens, l’un comme mot de passe, sumbollon en grec, l’autre comme repas pris en commun. Quant à Shibb\ associé donc avec le substantif shin veut dire tirer, étirer, croître, se frayer un chemin. Avec la connaissance de ce mot, sans la connaissance du rituel, tout pousserait à penser qu’il faut prononcer Sibb\ et non Shibb\. Un profane se trahirait comme l’ont été les gens d’Ephraïm. 

L’App\ s’inscrit encore dans Sibb\, et, pour le clin d’œil, il doit accueillir ses tâches matérielles en salle humide avec joie car il commence déjà la sacralisation de son être par des actes anodins. Il se prépare à son insu, au déchargement de ses peines et de ces fardeaux, fait de rancœur et d’orgueil, pour croître et se frayer un chemin. Plus tard il sera C\ et, comme moi,  découvrira le chuintement au dépens du sifflement.  Doit-on y deviner l’anéantissement du serpent, son soi inférieur, ses passions et ses émotions humaines par le contrôle de ses sens ?  

Le choix de ce mot de passe n’est  pas simplement une allusion biblique, c’est une évidence. C’est encore moins pour le souvenir et la commémoration de l’ évènement sanglant du massacre de quarante deux milles gens d’Ephraïm, sous les ordres de Jephté. A moins bien-sûr, et c’est une parenthèse, que ce fut un massacre initiatique, un sacrifice  collectif pour de nouveaux initiés. Jephté serait d’une dimension nouvelle. Il ne serait plus ce fils de catin, ce guerrier totalitaire et infanticide, mais deviendrait effectivement un juge, la lumière d’un groupe. Sa mère ne serait plus une simple prostituée dans le sens communément  utilisé aujourd’hui, mais une initiée dont l’école péripatéticienne d’Aristote en serait la continuité. L’origine grecque du mot  péripatéticien, péripatétein, signifie se promener. Je me plais à croire, pour rire, que mon périple dans les allées de mon labyrinthe est seulement une promenade à multiples directions sur les sentiers de la vérité. Je me trouve moins pressé pour recueillir tous les petits cailloux que j’ai semé au hasard de ma vie profane. Mais je referme ici la parenthèse, et je reviens à mon épi de blé auprès d’une chute d’eau. 

J’ai constaté la mesure infime, microscopique, d’une planche tirée de l’arbre de la connaissance, quand mon intéret s’est posé plus précisément sur l’alphabet hébraique à propos de Shibb. En particulier la  vingt et unième consonne de son alphabet, Shin, représenté sous la forme d’une dent... Elle est une des trois lettres mères et règne sur l’élément feu. Sa valeur numérique est de 300. Et le 3 représente l’équilibre. Elle correspond au chakra du troisième oeil. Dans la symbolique hébraïque cette lettre représente trois piliers de l’arbre des séphiroth et plus précisément le pilier droit de la grâce. L’analogie avec nos trois colonnes maçonniques fut naturelle et le mot de passe devint, dans mes réflexions,  le mot de passage non pas au seconde grade mais pour bien au-delà, pour accéder à l’Orient, à la beauté. Si j’entrevoyais les raisons d’un temps et d’une situation initiatique inconfortable, je réalisais également que je n’avais pas les outils nécessaires pour poursuivre. Ce coup d’œil rapide sur l’alphabet hébreux, ses combinaisons et sa symbolique m’apporta finalement plus de questions que de réponses. 

En revanche, la compréhension et la pertinence de ce mot de passe par rapport à la référence biblique m’apporta peu. Mais la prudence m’a été enseignée, et je suppose du bout des lèvres, que nombre d’éléments symboliques de cet épisode biblique sont encore restés invisibles à mes yeux. Mais, il est certain qu’ au travers du rituel, l’explication du meurtre des gens d’Ephraïm apporte du sang au symbole. La mort, une mort rôde irrésistiblement autour de Shibb\, représenté par cet épi de blé auprès d’une chute d’ « os ». 

Pour conclure, ce symbole serait le début et la fin du  parcours initiatique, la conception et la mort, le vivier et le charnier. Je comprends mieux maintenant le mal du C., ma souffrance. C’est Shibb\, mon épreuve de vérité. Je m’écorche à chaque pas, je me lacère à  coup d’équerre. Je dois me sédentariser, me creuser, retourner à la terre. Mon esprit doit maîtriser mes sens et mes émotions. Il doit dominer mon corps. Mon idée de quitter les parvis en faisant marche arrière au début de ma planche était stupide. Au contraire, il me faut poursuivre en avant pour  rejoindre cet épi de blé auprès d’une chute d’eau et m’y reconnaître. Je dois devenir semence et parcourir un cycle. Je pense à un poème de Goethe au titre évocateur « meurs et deviens ». Je dois renaître au sacré pour offrir mes services au grand géomètre de l’Univers, pour bâtir et pour me bâtir.                      

Il me faudra devenir cet épi de blé auprès du chute d’eau. Il me faudra devenir symbole, mais ceci est une autre histoire. Pour l’heure, encore nomade, je ne suis qu’une taupe nyctalope qui cherche à poser sa pierre, tombale.           

J’ai dit\

Source : www.ledifice.net

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 06:18

Lors de l'Initiation au grade d'Apprenti, l'Expert offre au Néophyte une coupe remplie d'un breuvage au goût amer : le Breuvage de Mémoire, l'Eau de Mnémosymée.

A ce stade précis du Rituel d'Initiation le Vénérable Maître prononce les paroles suivantes :

« Monsieur (Madame), puisque telle est votre volonté, quoi qu'il arrive, de devenir Maçon. Et que c'est librement que vous acceptez les conséquences de toute cette rituelie ésotérique, sur vous-même et en vous-même , il vous appartient donc de continuer votre lente assimilation à l'Âme de notre Fraternité. Tout à l'heure vous avez bu le Breuvage de l'Oubli , destiné à vous dépersonnaliser, à vous enlever tout volonté propre. Voici une seconde Coupe, celle du Breuvage de Mémoire , l'Eau de Mnémosymée… Quand vous l'aurez absorbée, votre possession sera totale, absolue. L'Âme occulte de la Maçonnerie tout entière sera passée en vous. En n'importe quelle région du Monde, vous ne ferez plus qu'un avec tous vos Frères et Sœurs. Leurs amitiés, leurs répugnances seront les vôtres. Alors que l'Eau d'Oubli faisait de vous un corps sans vie, sans volonté propre, l'Eau de Mémoire, fera de vous le Maçon militant, le véritable Enfant de la Veuve. En trois fois, buvez, Monsieur (Madame). »

Ce rituel n'est pas anodin et sans grande valeur ; au contraire, ce moment revêt un rôle fondamental dans la quête initiatique et ce simple geste contient trois symboles parmi les plus importants qu'un maçon doit retenir, afin de donner une pleine lumière à sa démarche.

Ces symboles sont : la coupe, la boisson amère et la couleur verte.

En commençant le Rituel d'Initiation l'Expert fait boire au Néophyte le breuvage de l'Oubli, d'un goût insipide, afin qu'en oubliant ses penchants passés puisse se dépersonnaliser et mourir à sa vie passée. Il ne s'agit pas de détruire les particularités de son caractère ou de modifier son destin, mais de maîtriser ses penchants afin de saisir la quintessence de son être et de le faire vivre conformément à son déterminisme. Il s'agit donc bien de renaître à une autre vie, plus consciente. Dans la mythologie grecque lorsque l'âme se présentait aux Enfers elle était confrontée à cinq fleuves, mais elle n'en traversait qu'un. Ces fleuves étaient l'Achéron (douleur) ; le Phlégéton (brûler) ; le Cocyte (lamentations) ; le Styx (horrible) ; le Léthé (oubli). Si l'âme traversait le Léthé, c'est qu'il lui était donné de se réincarner dans une autre vie. Or si le fleuve peut avoir différents aspects, c'est qu'il représente l'existence même et ses diverses manières d'être vécue. Descendant des montagnes, sinuant à travers les vallées, se perdant dans les lacs ou les mers, le fleuve symbolise l'existence humaine et son écoulement avec la succession des désirs, des sentiments, des intentions, et la variété de leurs détours. Au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm nous ne faisons que reproduire cette tradition mythologique, consistant à marquer par ce geste le recommencement, auquel le néophyte est appelé.

Après les épreuves rituelles une autre coupe est offerte à l'impétrant et celle-ci avant de lui laisser prononcer le serment, c'est-à-dire avant qu'il devienne un Franc-maçon. Cette fois il s'agit d'un breuvage amer, celui de Mémoire : l'eau de Mnémosymée. Si le premier breuvage avait le goût insipide de la vie profane et matérielle dans laquelle l'Esprit n'est pas encore éveillé, le deuxième apporte l'amertume de la vie de l'Initié, de celui qui cherche, de celui qui est tourmenté par le désir de connaître, mais aussi par la profonde solitude qu'il devra accepter pour découvrir soi-même. Le choc de ce goût amer éveille en lui la mémoire d'un monde passé, d'une unité primordiale dont il ne reste que le souvenir dans les formes acquises par les vertus que l'Initiation lui propose de pratiquer. Cette pratique le fera renaître à une vie plus spirituelle, dans laquelle il sera amené à gravir une échelle de valeurs autres et bien plus solides que celles de la pure existence profane.

Un jour, lorsque l'initié pourra être considéré un Adepte, c'est-à-dire lorsqu'il sera parvenu à la sérénité, seulement alors il pourra goûter la douceur de l'Ambroisie.

Même si ces trois phases nous reconduisent aux trois degrés fondamentaux de l'Initiation, le symbole lié à cette boisson est contenu dans la coupe. La coupe qui nous est plus connue est certainement celle du Graal de la légende celtique. Cette Coupe creusée dans l'émeraude et contenant le sang du Christ, que Joseph d'Arimathie porta en Bretagne, afin que l'Initiation puisse survivre et se perpétrer dans la recherche de chacun des hommes à l'esprit éveillé.

A ce propos Fulcanelli disait : «Le Graal est le mystère le plus élevé de la chevalerie mystique et de la Maçonnerie qui en dégénère ; il est le voile du Feu Créateur , le Deus Absconditus dans le mot INRI, gravé au-dessus de la tête de Jésus en croix. Les Egyptiens possédaient aussi cet attribut : Sérapis est souvent figuré avec, sur sa tête, le même objet, nommé Gardal sur les bords du Nil. C'était dans ce Gardal que les prêtres conservaient le feu matériel, comme les prêtresses y conservaient le feu céleste de Phtah. Or, ce dieu Feu, ce dieu Amour s'incarne éternellement en chaque être, puisque tout, dans l'univers, a son étincelle vitale. C'est l'Agneau immolé depuis le commencement du monde, que l'Eglise catholique offre à ses fidèles sous les espèces de l'Eucharistie enclose dans le Ciboire, comme le Sacrement d'Amour. Le ciboire, aussi bien que le Graal et les cratères sacrés de toutes les religions, représente l'organe féminin de la génération, et correspond au vase cosmogonique de Platon, à la coupe d'Hermès et de Salomon, à l'urne des anciens mystères. Le Gardal des Egyptiens est donc la clef du Graal. C'est en somme le même mot. En effet, de déformation en déformation, Gardal est devenu Gradal , puis, avec une sorte d'aspiration, Graal . Le sang qui bouillonne dans le saint calice est la fermentation ignée de la vie ou de la mixtion génératrice. Nous ne pourrions que déplorer l'aveuglement de ceux qui s'obstineraient à ne voir dans ce symbole, dépouillé de ses voiles jusqu'à la nudité, qu'une profanation du divin. Le Pain et le Vin du Sacrifice mystique, c'est l'esprit ou le feu dans la matière, qui, par leur union, produisent la vie. »

Le rite de la Coupe est la dernière épreuve avant que le néophyte ne prononce le serment d'Initiation maçonnique et que la Lumière ne lui soit donnée. Ce moment est donc le plus important et son ésotérisme n'est pas assez étudié. La couleur verte est celle de l'émeraude et par conséquence celle du Graal. Elle est aussi celle du plan « astral », l'intermédiaire entre le plan physique et les plans supérieurs, spirituels. Dans la tradition orientale, du système énergétique régissant l'être humain, le vert est la couleur du 4 ème Chakra, celui du cœur. Ce dernier se situe entre le trois premières d'en bas et les trois d'en haut, il est le chakra de la fusion équilibrée entre la matière et l'esprit. Le vert est la couleur des corps en décomposition, mais aussi de la nature renaissante, d'ailleurs la disposition zodiacale du processus alchimique situe en Taureau le travail intérieur à la matière, juste avant la calcination . Nous savons que la planète Venus, à laquelle on attribue la couleur verte, est en domicile dans le signe du Taureau ; c'est alors que en ce signe de couleur verte le mouvement lent et constant commence à produire les prémices vitales. Le vert représente ainsi une phase transitoire de l'évolution ; la même transition est confiée à la Coupe d'amertume. Il est à noter que dans la liturgie catholique, le vert est employé pour les ornements sacerdotaux du deuxième au sixième dimanche après l'Epiphanie et à tous les dimanches après la Pentecôte ; c'est-à-dire dans l'attente, l'espérance des deux pivots du Catholicisme : Pâques et Noël.

Si, donc, la couleur verte représente le travail intérieur de la naissance et de la renaissance, comme transformation de la matière par l'esprit, c'est-à-dire par le feu créateur, il semble tout à fait logique et naturel, que la lumière centrale sur nos autel et sur le plateau du V\ M\ soit la flamme d'une bougie verte, symbolisant en même temps l'eau du fleuve de la vie, la naissance, la décomposition de la mort, et le plan intermédiaire de l'harmonie à laquelle tend l'Initié.

Source : www.ledidfice.net

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 15:46

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 06:21

L’eau est un des quatre éléments symboliques. Elle fait référence à trois notions : elle est à la fois source de vie, purification, régénérescence (mort du profane et naissance de l’initié).
L’eau, matrice originelle
L’eau c’est la vie, l’origine du monde : eau de pluie, eau de mer, eau tranquille des lacs, eau tumultueuse des torrents. L’eau est Mère et matrice, source de toutes choses. La notion d’eaux primordiales, d’océan des origines, est quasi universelle. L’eau est partout, même dans les déserts, sous forme d’oasis. L’eau est l’origine et le véhicule de toute vie, le fluide vital, le sang de nos veines, la sueur de nos efforts, les larmes de nos yeux.
Ainsi que l’a dit
René Guénon dans son « aperçu sur l’initiation », l’eau a toujours été et est particulièrement le symbole de « la Substance universelle » qui, par la purification, ramène l’être humain à la materia prima, afin qu’il soit apte à recevoir la vibration du « Fiat Lux » initiatique, stade suprême de cette spiritualité toute particulière, que doit lui donner l’initiation maçonnique. L’épreuve de l’eau est donc subie au moment de l’initiation. Au cours de ce deuxième voyage, le récipiendaire entend moins de bruit et trouve moins d’obstacles que pendant le premier voyage. Cela signifie que l’homme qui persévère dans l’effort et dans la vertu peut aplanir peu à peu les difficultés rencontrées sur son chemin de vie. Cependant, la route est encore sinueuse et irrégulière, il n’est donc pas encore affranchi des combats qu’il lui faudra mener pour triompher de ses passions. L’épreuve de l’eau représente donc le milieu du gué, et montre que le chemin parcouru ne doit pas nous faire oublier la distance qu’il faut encore franchir.
S'immerger dans les eaux et en ré-émerger signifie passer par une phase de désintégration, de dissolution suivie d'une phase de ré-intégration et de ré-génération comme dans le baptême et les rites initiatiques. Il s'agit d'une mort dans un état, suivie d'une re-naissance dans un autre. Comme le feu, les eaux sont à la fois sources de mort et de vie, destructrices et créatrices. Le feu fait bouillir l’eau jusqu’à l’évaporer, mais l’eau peut calmer et éteindre le feu. Le feu est masculin et puissant. L’eau est féminine, sensuelle et maternelle.
L’eau est primordiale, c’est la mer originelle où tout a débuté, le liquide symbiotique où chacun de nous a baigné et où nous avons commencé à exister. C’est la source et le véhicule de toute vie.
Le cycle de l’eau
L'eau est fluide elle épouse toutes les formes qu'elle rencontre sans jamais les contrarier, l'eau suit son cours, elle semble faible alors qu'en réalité elle est la force. Des trois éléments terrestres, elle domine toujours. Que ce soit par la douceur lorsqu'elle érode les rochers au fil des siècles et dessine les côtes en forme de dentelles. Par ses colères, en torrent ou en pluie, elle soumet la terre à son courroux. Même le feu, qui possède lui aussi la vertu symbolique de purification, ne lui résiste pas. Si par hasard le feu devient vengeur, l'eau le ramène toujours à la raison.
L’eau est libre et sans attaches. Elle se laisse couler en suivant la pente du terrain ou en suivant le courant. L’eau s’abandonne. La force de l’eau est une force Yin, dite féminine. Elle a aussi ses côtés sombres. La force de l’eau, on peut la constater lors d’une inondation ou d’un tsunami. Elle s’insinue partout, elle va dans tous les sens. On peut arrêter un incendie, on ne peut contenir une inondation.
Les eaux descendent du flanc de la montagne dans la vallée et rejoignent la mer, où toutes se retrouvent pour retourner à un état indifférencié. De là, elles regagnent le ciel sous la forme de nuages. Poussées par le vent, elles terminent leur course en averses au-dessus des sommets et recommencent un nouveau cycle.
L’eau et les religions
De tout temps et partout, l’eau a été considérée comme un symbole de la propreté matérielle et morale, une source de vie, un centre de régénérescence.
C’est la raison pour laquelle l’eau est regardée aussi bien en maçonnerie que dans les religions comme un symbole de purification, qui lave l’être humain de ses souillures.
Cette notion est confirmée par toutes les traditions.
Dans toutes les religions, dans toutes les civilisations, dans tous les mythes, l’eau est source de vie, moyen de purification ou de régénérescence, promesse de développement. L’eau est aussi le symbole de la vie spirituelle : eaux du baptême, eaux de Pâques. Elle est un symbole universel de fécondité et de fertilité, de sagesse, de grâce et de vertu. La pluie et la rosée symbolisent une semence ou une bénédiction du ciel, qui fertilise la Terre.
Les religions du Livre (judaïsme, christianisme et islam) ont toutes pris naissance dans des zones désertiques, où l’eau est précieuse. C’est un “ don de Dieu ”.
L’eau, dans l’ancien Testament, apparaît comme « principe créateur, au travers des nuées et des brouillards ». C’est de l’eau et de la terre qu’a été façonné le premier homme.
L’épisode du déluge montre ensuite le caractère destructeur et purificateur de l’eau : les hommes qui ne respectent pas la loi divine sont noyés et seul Noé et son Arche survivront aux flots dévastateurs.
De nombreux travaux ont démontré l’existence d’un tel épisode dans les textes fondateurs des grandes civilisations, comme l’Amérique Latine, l’Egypte ou la civilisation mésopotamienne, où l’on retrouve des éléments de déluge liés à une notion de jugement et de sélection par les flots, à la fois dévastateurs et purificateurs.
L’eau, élément protecteur des bons et destructeur des méchants, se retrouve dans l’épisode du passage de la Mer Rouge par Moïse, lui même “sauvé des eaux” à sa naissance. Ce dernier fait également surgir une source en tapant sur un rocher avec son bâton : c’est cette eau, symbolisant la Loi, qui sera bue pour fonder la civilisation de Moïse. Il dut aussi laver son corps et ses vêtements pour recevoir la loi divine.
Le symbolisme de l’eau
Dans bien des pays, l’eau est une bénédiction. Dans la tradition asiatique, le coeur du sage est une maison où loge l’eau. On compare le coeur d’un sage à un puits, à une source, et la parole du sage à la puissance d’un torrent.
Le symbolisme de l'eau peut nous mener très loin, de la source à l'estuaire, puis de l’estuaire à la source. Le circuit de l'eau est riche de nombreux enseignements. C’est la fin qui engendre son commencement, car, par l’éternité de son cycle perpétuel, l’eau semble ne jamais finir ni commencer, et s’ouvre un passage vers l’infini.
Le Feu et l'Eau sont souvent associés dans les rites initiatiques de purification et de ré-génération. Ces éléments se complètent l'un l'autre, mais à différents niveaux. Si l'eau purifie l’âme jusqu’à la suprême spiritualité, le Feu rend la chose effective par la réalisation du plus haut degré de spiritualité : l'illumination. Avec l'Eau, l'être progresse lentement, tandis qu'il est complètement transformé avec le Feu.
Dans la nature, l’eau est partout. La sève des plantes, c’est de l’eau. Un arbre est un fleuve dressé vers le ciel : l'eau, par la sève, s'avance dans l'arbre à la rencontre de la lumière.
Les eaux douces reviennent dans de nombreuses histoires ou contes comme élixir de vie, de connaissance et de vérité. Les eaux calmes symbolisent la paix et l’ordre. L’eau fait partie de tous les rites initiatiques. Tout lieu de pèlerinage a son point d’eau, sa source sacrée ou sa fontaine de guérison.
Retourner à la source ou traverser la rivière d'une berge à l'autre signifie toujours surmonter un obstacle séparant deux états différents de l'être, passer d'un état inférieur à un état supérieur. Dans bien des mythes, il faut traverser un cours d’eau pour se purifier ou accéder à la connaissance. C’est l’origine du mot de passe du compagnon : SCHIBBOLETH, qui signifie « épi » ou « passage à gué », et qui provient d’un épisode de la Bible, dans le livre des Juges : les hommes d’Ephraïm, qui voulaient traverser le Jourdain pour sauver leurs vies, ne purent prononcer correctement ce mot, que leur demandaient les hommes de Galaad, et furent égorgés sur la rive.
Symboliquement, cet épisode signifie que ne pas savoir prononcer correctement SCHIBBOLETH, c’est ne pas avoir suffisamment dégrossi sa pierre, et donc ne pas pouvoir prétendre passer d’une rive à l’autre, d’un état inférieur à un état supérieur. L’apprenti qui peut donner le mot de passe est admis dans la chambre des compagnons, il est donc libre de franchir la rivière.
L’eau peut nous laver de tout. Un texte du poète indien Rigveda nous le rappelle :

« Vous les eaux, qui réconfortez,
Apportez- nous la force,
La grandeur, la joie, la vision !
Souveraines des merveilles,
Régentes des peuples,
Vous les eaux, donnez sa plénitude aux remèdes
Afin qu’ils soient une cuirasse pour mon corps,
Et qu’ainsi je vois longtemps le soleil !
Et vous les eaux, emportez tout ceci :
Ce péché quel qu’il soit, si je l’ai commis,
Ce tort, si à qui que ce soit, j’ai pu le causer
Et ce serment mensonger, si je l’ai prêté »

L’eau enfin, c’est le liquide amniotique, le début de la vie, le ventre de ma mère. J’y ai passé 9 mois dans un monde chaud, obscur et confortable. Puis je fus expulsé dans un monde froid, lumineux, vaste et métallique. J’ai vécu des années dans ce monde, qui petit à petit, m’a rendu aveugle de nouveau. L’obscurité m’enveloppait peu à peu et j’ai ressenti un besoin de lumière.
Puis un soir, un frère est venu me chercher dans le cabinet de réflexion, pour me déposer, le cœur nu et les yeux bandés, dans un nouveau ventre, une nouvelle matrice, chaude, chaleureuse et nourricière, dépourvue de métaux. J’ai donc vécu une seconde naissance, sans sage femme, mais avec des hommes sages, mes frères désormais.
Je ne retournerai jamais dans le ventre de ma mère, mais je retrouve, de semaine en semaine, ma loge mère, ce ventre bienveillant et accueillant. Puis je retourne dans le monde profane, froid, métallique, parfois cruel, mais moins effrayant, depuis que je sais que je peux, à la mesure de mes moyens, le réchauffer et l’adoucir.
source :
www.ledifice.net

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