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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 05:55

Et lorsque le premier mystère eut fini de dire ces paroles, Matthieu s'avança et dit : « Je connais l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse ; permets-moi de te l'exposer en toute clarté. » Et le premier mystère répondit : « Je te le permets, Matthieu ; donne l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. » Et Matthieu dit : « Quant à l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de Salomon dans une de ses odes : « Il m'a conduit dans les lieux élevés au-dessus du ciel, et il m'a conduit dans les lieux qui sont dans les fondements inférieurs, et il a dispersé mes ennemis et mes adversaires; il m'a donné la puissance de rompre mes chaînes, et il a vaincu, par mes mains, le serpent à sept têtes. Il m'a placé sur sa racine, afin que je détruisisse sa race ; tu étais avec moi, Seigneur, me protégeant, et ton nom m'a entouré en tout lieu. Ta clarté a détruit la vision de celui qui parle méchamment. Ta main a tapissé la voie pour ceux qui te sont fidèles. Tu les as rachetés du sépulcre, et tu les as transportés au milieu des cadavres. Tu as pris les os des morts, tu les as revêtus de chair, et tu as donné à ceux qui ne remuaient pas l'énergie et la vie. Tu as conduit les éons à leur perte, afin qu'ils fussent tous détruits, et qu'ils devinssent nouveaux et pour que ta lumière fût doublée pour eux tous. Tu as construit ta richesse par leur moyen et ils sont devenus la résidence des saints.» Voilà, Seigneur, l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. » Et quand le premier mystère eut entendu les paroles qu'avait dites Matthieu, il dit : « C'est bien. Matthieu, toi que je chéris; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Et le premier mystère continuant de parler dit : « La Sagesse adressa ensuite cette hymne : « Je dirai, tu es la lumière élevée qui m'as délivrée et m'as conduite vers toi, et tu n'as pas laissé les émanations du triple pouvoir m'enlever ma lumière ; ils sont mes ennemis, ô lumière des lumières ; j'élève vers toi mes cantiques. Tu m'as délivrée, lumière; tu as élevé ma force dans le chaos; tu m'as délivrée de ceux qui descendent dans les ténèbres. » Voilà les paroles que dit la Fidèle Sagesse. Et maintenant que celui dont l'intelligence peut comprendre les paroles que dit la Fidèle Sagesse avance, et qu'il en donne l'explication. » Et quand le premier mystère eut fini de dire ces paroles à ses disciples, Marie avança, et dit : « Seigneur, je comprends ce que tu viens de nous dire et je puis expliquer les paroles de la Fidèle Sagesse ; mais je crains Pierre, parce qu'il m'intimide et qu'il a de la haine pour notre sexe. » Et quand Marie eut parlé de la sorte, le premier mystère lui dit : « Personne ne pourra nuire à chacun de ceux, qui, rempli de l'intelligence de la lumière, s'avancera pour expliquer ce que je dis. Et maintenant, Marie, donne l'explication des paroles que prononça la Fidèle Sagesse. »

Et Marie, répondant au premier mystère, dit au milieu des disciples : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de David au sujet de l'explication des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse : « Je t'élèverai, Seigneur, parce que tu m'as reçu vers toi tu as sauvé ceux qui des
cendaient dans le tombeau (2461  ). »

Et quand Marie eut ainsi parlé, le premier mystère lui dit : « C'est bien, Marie, tu es heureuse. » Et continuant de parler, il dit à ses disciples : « La Fidèle Sagesse prononça ensuite cette hymne : « La lumière a été ma libératrice et elle a changé mes ténèbres en lumière, elle a entr'ouvert le chaos qui m'entourait; elle m'a ceinte de lumière. » Et quand le premier mystère eut prononcé ces paroles, Marthe avança et dit : « Seigneur, ta force a prophétisé jadis à l'égard de ces paroles par la bouche de David : « Je te célébrerai, Seigneur, parce que tu m'as reçu vers toi. »

Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que disait Marthe, il dit : « C'est bien, Marthe. » Et continuant de s'adresser à ses disciples, il dit : « La Fidèle Sagesse continua de réciter des hymnes et elle dit : «Ma force célèbre les louanges de la lumière; n'oublie pas toutes les forces de la lumière qu'elle t'a données et toutes les forces qui sont à toi; j'adresse une hymne au nom de son mystère saint qui a remis toutes tes fautes et qui te protège contre toutes les afflictions dont tes ennemis t'affligeaient; il a délivré ta lumière de tes persécuteurs, qui étaient acharnés à te nuire; il t'a donné la couronne de lumière dans sa miséricorde; il t'a délivrée et remplie d'une lumière pure. » Et le premier mystère, ayant dit ces mots, dit : « Que celui qui peut donner l'explication de ces paroles, avance et qu'il la donne clairement. » Et Marie s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis en ces termes par la bouche de David au sujet des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse : « Que mon âme loue le Seigneur, et que tout ce qui est en moi loue le Seigneur. » Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que dit Marie, il dit : « C'est bien, ô Marie, tu es heureuse. » Et ensuite, continuant de parler, le premier mystère dit à ses disciples : « Portant la Fidèle Sagesse, je la conduisis dans les régions qui sont au-dessous du treizième éon, et je lui donnai le nouveau mystère de la lumière, et je lui donnai l'hymne de la lumière pour que les archons des éons ne l'emportassent pas sur elle depuis cette heure, et je la mis dans cette place jusqu'à ce que, venant à elle, je la conduisis à sa place qui est dans les régions supérieures. Et lorsque je l'eus mise en cette place, elle adressa une autre hymne, s'exprimant de cette manière : « Je suis fidèle à la lumière et je la loue, parce que, se souvenant de moi, elle a entendu mon hymne. Elle a tiré ma force du chaos et des ténèbres de toute la matière, et, me conduisant en haut, elle m'a placée dans une région élevée et ferme ; elle m'a mise dans la voie qui conduit à ma place, et elle m'a donné le nouveau mystère, elle m'a donné l'hymne de la lumière. Maintenant, lumière, tous les archons verront ce que tu as fait à mon égard, afin qu'ils craignent et qu'ils soient fidèles à la lumière. » Tel est l'hymne que dit la Fidèle Sagesse, pleine d'allégresse d'avoir été retirée du chaos et d'avoir été conduite dans la région qui est au-dessous du treizième éon. Et maintenant, que celui que son intelligence anime, et qui comprend l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse, s'avance pour le dire. » Et André avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a jadis prophétisé à cet égard par la bouche de David, lorsqu'il a dit : « Le Seigneur a entendu ma prière; il a conduit mon âme hors du tombeau » Et lorsqu'André eut donné l'explication des paroles de la Fidèle Sagesse, le premier mystère lui dit : « C'est bien, André; tu es heureux. » Et continuant de parler, il dit à ses disciples : « Telles sont toutes les choses qui sont advenues à la Fidèle Sagesse. Et lorsque je l'eus conduite dans les régions qui sont au-dessous du treizième éon, m'étant approché de la lumière, elle me dit : «Lumière des lumières, rends-toi vers la lumière afin que tu te sépares de moi, et qu'Adamas le tyran sache que tu t'es séparée de moi, et qu'il ne sache pas qui doit me délivrer. Car il est venu vers moi dans cette région, lui et tous les archons qui me haïssent, ainsi que le triple pouvoir qui donnera la puissance à la force à face de lion, pour qu'ils viennent tous me tourmenter et qu'ils m'enlèvent toute ma lumière, et qu'ainsi je devienne sans puissance et que je me trouve privée de lumière. Et maintenant, lumière et ma lumière, ôte-leur la force de leur lumière, afin qu'ils ne puissent plus m'affliger dès cette heure. »

« Et lorsque j entendis les paroles que disait la Fidèle Sagesse, je lui répondis : « Mon Père qui m'a procréé, ne m'a pas encore permis de leur enlever leur lumière; mais je scellerai les régions du triple pouvoir de tous ces archons qui te haïssent , parce que tu as été fidèle à la lumière; et je scellerai aussi les régions d'Àdamas et de ses archons , pour qu'ils n'aient pas la force de combattre contre toi, jusqu'à ce que leur temps soit accompli, et jusqu'à ce que le moment soit venu pour que mon Père me permette de leur enlever leur lumière. » Et je lui dis ensuite : «Écoute que je te fasse connaître leur temps et quand arriveront les choses que je te dis : elles arriveront lorsque trois temps auront été accomplis. » Et la Fidèle Sagesse me répondit :« Lumière, fais que je sache quand les trois temps seront accomplis, afin que je me réjouisse et que je sois dans l'allégresse lorsque approchera le temps où tu dois me conduire dans l'endroit qui est à moi, et je me réjouirai aussi de ce que le temps approchera où tu ôteras la lumière à tous ceux qui me haïssent, parce que j'ai été fidèle à ta lumière.» Et je répondis : « Quand tu verras la porte du trésor de la grande lumière qui sera ouverte au treizième éon et qui est à gauche, quand ils auront ouvert cette porte, les temps seront accomplis. » Et la Sagessse répondit : « Lumière, comment, étant dans les lieux où je suis, saurai-je que cette porte est ouverte?» Et je lui répondis : «Lorsqu'ils ouvriront cette porte, tous ceux qui sont dans toutes les régions aérées le sauront à cause de la grande lumière qui se répandra dans toutes leurs régions, et j'ai disposé ces portes pour que tes ennemis ne puissent te faire aucun mal jusqu'à ce que les trois temps soient accomplis. Tu auras la faculté d'aller chez leurs douze éons au temps que tu voudras et de revenir pour retourner dans ton lieu qui est au-dessous de la treizième région des éons, et dans lequel tu es maintenant; mais tu n'auras pas la faculté d'entrer dans la porte des régions supérieures qui est dans le treizième éon, pour entrer dans ton lieu d'où tu es sortie. Quand les trois temps seront accomplis, tes ennemis te tourmenteront de nouveau avec tous leurs archons pour t'enlever la lumière, étant irrités contre toi et pensant que tu t'es emparée de leur force dans le chaos, et croyant que tu leur as enlevé leur lumière. Ils t'attaqueront donc afin de t'enlever ta lumière, pour la mettre dans le chaos et pour la donner à leurs créatures, pour qu'elles puissent sortir du chaos et venir en leur région. Adamas les assistera, mais je leur enlèverai toutes leurs forces, je te les donnerai et je viendrai pour que tu les prennes. Lorsqu'ils te tourmenteront , alors adresse une hymne à la lumière, et je ne différerai pas de t'assister, et je viendrai promptement vers toi des lieux qui sont au-dessous de toi; je leur enlèverai leur lumière, et du lieu où je t'ai placée, au-dessous de la treizième région des éons, je te conduirai jusqu'au lieu où tu es sortie. » Et quand la Fidèle Sagesse eut entendu ces paroles que je lui dis, elle fut remplie d'une allégresse extrême. Et, la laissant dans la région qui est au-dessous de la treizième région des éons, je me séparai d'elle et je vins vers la lumière. »

Le premier mystère dit ainsi à ses disciples toutes les choses qui étaient arrivées à la Fidèle Sagesse, et il était assis au milieu d'eux sur le mont des Oliviers, leur montrant toutes ces choses. Et continuant do parler, il dit : « Il arriva ensuite que, lorsque j'étais assis dans le monde des hommes, tant assis auprès de la voie qui mène en ce lieu, c'est-à-dire à la montagne des Oliviers, avant que m'eût été envoyé mon vêtement dont je me revêtis dans le vingt-quatrième mystère, et je n'étais pas encore venu dans les régions supérieures pour recevoir mes deux vêtements, étant assis près de vous en ce lieu qui est la montagne des Oliviers ; et le temps que j'avais indiqué à la Fidèle Sagesse fut accompli, temps auquel Adamas avec tous ses archons devait la tourmenter. Et quand ce temps fut accompli, j'étais dans le monde du genre humain ; étant auprès de vous en ce lieu, Adamas regarda du haut des douze éons dans les régions du chaos, et il vit sa force, qui est dans le chaos entièrement dépourvue de lumière, parce que je lui avais ôté sa lumière ; et il vit qu'elle était obscure et qu'elle ne pouvait parvenir à sa place, qui est les douze éons. Adamas se souvint de la Fidèle Sagesse, et il fut irrité extrêmement contre elle, pensant qu'elle s'était emparée de sa force dans le chaos et croyant qu'elle lui avait enlevé sa lumière ; et il prit avec lui une foule de ses archons, et ils poursuivirent la Sagesse pour la rejeter dans le chaos. Et elle éleva sa voix vers moi, implorant mon assistance et disant : «Lumière des lumières, je mets ma confiance en toi ; délivre-moi de mes ennemis et ne souffre pas qu'ils m'enlèvent ma lumière. Élève ma force au-dessus de mes ennemis qui se sont déclarés contre moi sans me laisser de trêve. Hâte-toi et secours-moi ainsi que tu me l'as promis.»

Et quand le premier mystère eut achevé de dire ces paroles, il dit : «Que celui qui comprend les paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse , s'avance afin d'en donner l'explication. » Et Jacques s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a jadis prophétisé par la bouche de David au sujet des paroles de la Fidèle Sagesse, lorsqu'il a dit dans le septième psaume : «Seigneur, mon Dieu, je crois en toi, protége-moi contre mes persécuteurs» Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que dit Jacques, il dit : «C'est bien Jacques que je chéris.»

Et Jésus continua et dit : «Il arriva que, lorsque la Fidèle Sagesse eut achevé de dire les paroles de cette hymne, elle se tourna en arrière pour voir si Adamas se retournerait avec ses archons, pour qu'ils vinssent dans leur région, et elfe les vit qui la poursuivaient ; elle se retourna vers eux et leur dit : «Pourquoi me persécutez-vous, disant que je ne recevrai nul secours afin que je sois délivrée de vous? Maintenant mon défenseur est juste, et sa lumière est puissante, et il m'assistera jusqu'au temps qu il a fixé ; car il m'a dit: «Je viens pour te secourir; » et il étendra sa colère sur vous en tout temps, et c'est le temps qu'il m'a indiqué. Maintenant, si vous ne retournez en arrière et si vous ne cessez de me poursuivre, la lumière préparera sa force ; elle préparera toutes ses forces pour vous enlever votre lumière, et vous serez dans l'obscurité. Et elle a procréé ses forces pour vous enlever votre force, afin que vous périssiez. » Quand la Fidèle Sagesse eut ainsi parlé, regardant dans la région d'Adamas, elle vit cette région obscure et le chaos qu'il avait procréé ; et elle vit aussi deux proboles obscures très cruelles qu'Adamas avait procréées pour qu'elles saisissent la Fidèle Sagesse et qu'elles la conduisissent dans le chaos qu'il procréa, afin qu'elles la tourmentassent dans cette région jusqu'à ce qu'elles lui eussent enlevé sa lumière.

«Et il advint que, lorsque la Fidèle Sagesse vit ces deux proboles obscures et cruelles et cette région obscure qu'avait procréée Adamas, elle fut effrayée et s'adressa à la lumière, en s'écriant : «Lumière, voici qu'Adamas, le fauteur de l'injuste, s'est irrité ; il a procréé une probole obscure et une seconde probole, et il a procréé le chaos. Et maintenant, ô lumière, enlève-lui le chaos qu'il a créé pour m'y mettre en me privant de ma lumière, et détruis la résolution qu'il a prise de m'enlever ma lumière. Et en punition de son injustice de vouloir m'enlever ma lumière, ôte-lui toutes les siennes.» Telles sont les paroles que dit la Fidèle Sagesse dans son hymne. Et maintenant, que celui qui a l'intelligence avance, afin de donner l'explication des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse en son hymne. » Et Marthe, s'avançant, dit : « Seigneur, j'ai l'intelligence des paroles que tu as dites. Permets-moi d'en donner l'explication avec clarté. » Et le premier mystère, répondant à Marthe, lui dit : «Je te permets, Marthe, afin de donner l'explication des paroles qu'a prononcées la Sagesse dans son hymne. » Et Marthe dit : «Seigneur, ce sont les paroles que ta puissance de lumière a prophétisées jadis par la bouche de David dans le septième psaume: «Mon Dieu est un juge véritable, fort et compatissant ; si vous ne vous convertissez pas, il aiguisera son glaive ; il tendra son arc et il le préparera, et ses flèches vous consumeront. » Et quand Marthe eut fini, le premier mystère lui dit en la regardant : « C'est bien, Marthe, tu as bien parlé, tu es heureuse »

Et il advint que lorsque Jésus eut fini de dire à ses disciples tout ce qu'avait éprouvé la Fidèle Sagesse lorsqu'elle était précipitée dans le chaos, et la manière dont elle adressait des hymnes à la lumière pour que celle-ci voulût la sauver et la tirer du chaos, l'introduisant dans la douzième région des éons, et la manière dont la lumière la protégea dans toutes les afflictions que lui avaient infligées les archons du chaos, parce qu'elle s'efforçait de venir à la lumière, Jésus, continuant ensuite son discours, dit à ses disciples : « Il advint ensuite que portant la Fidèle Sagesse, je l'introduisis dans la treizième région des éons, où était une lumière immense et supérieure à toute autre lumière, et je l'introduisis dans la région du vingt-quatrième invisible, où était une lumière immense, et ils furent troublés en voyant la Sagesse qui était avec moi ; ils la connurent, mais ils ne connurent pas qui j'étais, mais ils me regardaient comme rémission de la région de la lumière. Et quand la Sagesse vit ses compagnons invisibles, elle fut remplie d'une allégresse extrême, et voulut leur montrer les miracles que j'avais faits pour elle depuis la terre de l’humanité jusqu'à ce que je l'eusse délivrée. Montant au milieu des invisibles, elle m'adressa une hymne au milieu d'eux, disant : « Je déclarerai devant toi, lumière, que tu es le Sauveur et le Rédempteur en tout temps. J'entonnerai une hymne à la louange de la lumière qui m'a protégée et qui m'a délivrée de la main des archons, mes ennemis, et tu m'a délivrée dans toutes les régions ; tu m'as délivrée dans les régions supérieures comme dans le fond du chaos, et dans les sphères des archons des éons, et lorsque j'étais descendue de la hauteur, je m'étais égarée dans des régions où il n'y a nulle lumière. Je n'ai pu me tourner vers toi dans la treizième région, ma demeure, parce qu'il n'y a en moi aucune lumière, ni aucune force ; ma force est accablée par l'affliction. Et la lumière m'a protégée dans toutes mes peines ; elle m'a entendue lorsque j'étais livrée à mes ennemis ; elle m'a indiqué la voie dans la région des éons pour me conduire à la treizième région des éons, ma demeure. Je te rendrai témoignage, ô lumière, parce que tu m'as sauvée, et je célébrerai tes miracles dans la race de l'humanité. Lorsque j'étais privée de ma force, tu m'as donné la force, et lorsque je manquais de lumière, tu m'as remplie d'une lumière pure. J'ai été dans les ténèbres et dans l'ombre du chaos. J'ai été liée par des chaînes dures dans le chaos où il n'y a nulle lumière, parce que j'ai enfreint l'ordre de la lumière et que je l'ai courroucée par ma désobéissance, en sortant de la place qui m'appartenait. Et quand je fus descendue, je fus privée de ma force et je fus sans lumière. Et personne ne me secourut, et lorsque mes ennemis me tourmentaient, je m'adressai à la lumière, et elle me protégea contre tous mes ennemis; elle brisa tous mes liens ; elle me tira des ténèbres et de l'affliction du chaos. Je te célébrerai, lumière, parce que tu m'as sauvée, et les miracles se sont montrés dans la race de l'humanité, et tu as brisé les portes élevées des ténèbres et les durs leviers du chaos, et lorsque mes ennemis me tourmentaient, j'ai adressé une hymne à la lumière, et elle m'a défendue contre tous mes persécuteurs. Envoyant ton émanation vers moi, tu mas donné de la force, elle m'a délivrée de toutes mes afflictions. Je te célébrerai, lumière, parce que tu m'as sauvée, et parce que tu as ait des miracles dans la race de l'humanité.»

« Telle est l'hymne que dit la Fidèle Sagesse étant au milieu du vingt-quatrième invisible, voulant leur faire savoir tous les miracles que j'avais faits pour elle, et voulant leur faire savoir qu'en venant dans le monde de l'humanité, je leur avais donné les mystères des régions supérieures. Maintenant que celui qui est élevé en son intelligence vienne, afin de dire l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Et lorsque Jésus eut fini de dire ces paroles, Philippe dit : « Jésus, mon Seigneur, haute est ma pensée, el je comprends l'explication de l'hymne qu'a dite là Sagesse. C'est à ce sujet que jadis le prophète David a prophétisé, disant dans le cent dixième psaume. « Rendez témoignage au Seigneur, parce qu'il est compatissant, et parce que sa miséricorde s'étend jusque dans l'éternité»

«Voilà, Seigneur, l'explication de l'hymne que dit la Sagesse. » Et quand Jésus eut entendu les paroles que disait Philippe, il dit : « C'est bien, Philippe, tu es heureux; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Sagesse.»

Et après toutes ces choses, Marie s'avança et adora les pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, ne te fâche pas si je t'interroge, parce que nous nous informons de toute chose avec zèle et avec empressement. Tu nous a dit jadis : Cherchez et vous trouverez ; appelez et on vous ouvrira. Maintenant, Seigneur, quel est celui que je trouverai, ou quel est celui que nous appellerons ? ou quel est celui qui a le pouvoir de nous donner l'explication des paroles au sujet desquelles nous t'interrogeons? Tu nous as donné la connaissance de la lumière, et tu nous a révélé des choses sublimes. Il n'y a personne dans le monde du genre humain qui ait cette connaissance, il n'y a personne dans les régions supérieures des éons qui ait la force de nous enseigner le sens des paroles que tu dis; toi seul,sachant tout, et parfait en toute chose, peux le faire; c'est pourquoi je ne m'enquiers point de ces choses comme le font les hommes du monde, mais nous la cherchons dans la connaissance des régions supérieures que tu nous a donnée, et nous la cherchons aussi dans le lieu de l'explication parfaite que tu nous a enseignée. Maintenant, Seigneur, ne te fâche pas contre moi, mais révèle-moi la parole au sujet de laquelle je t'interroge.» Et quand Jésus eut entendu les paroles qu'avait dites Marie-Madeleine, il lui répondit : « Demande ce que tu veux demander, et je te révélerai avec empressement et vérité ce que tu devras faire; en vérité, en vérité, je vous le dis, livrez-vous à une grande joie et soyez dans une extrême allégresse, vous informant avec empressement de toutes choses, et je me réjouirai lorsque vous vous informerez avec zèle de ce qu'il vous convient de savoir. Demande ce que tu désires connaître, et je te le révélerai avec joie. .»

Lorsque Marie eut entendu les paroles que dit le Sauveur, elle éprouva une grande allégresse, et elle se réjouit extrêmement, disant à Jésus : « Mon Sauveur et Seigneur, de quelle manière sont les vingt-quatre invisibles, et comment sont leurs régions, et de quelle espèce sont-ils, ou de quelle espèce est leur lumière ? » Et Jésus répondit à Marie : « Qu'y a-t-il en ce monde qui soit semblable à eux ? ou quel est en ce monde le lieu qui est semblable à eux? A quoi les comparerai-je, ou qu'est-ce que je dirai d'eux? Il n'y a en ce monde aucun objet auquel je les comparerai, et il n'y a nulle chose qui puisse s'y assimiler, car il n'y a rien en ce monde qui soit de l'espèce du ciel. En vérité, je vous le dis, chaque invisible est plus grand que le ciel et que la sphère qui est au-dessus de lui, et il n'y a nulle lumière en ce monde plus éclatante que la lumière du soleil; mais en vérité, en vérité, je vous le dis, les vingt-quatre invisibles sont d'une lumière plus éclatante dix mille fois que la lumière du soleil qui est en ce monde, selon la manière que je vous ai dite une autre fois, et la lumière du grand ancêtre invisible est dix mille fois plus grande que la lumière des invisibles, ainsi que je vous l'ai dit. Mais encore un peu de temps, et je te conduirai, toi et tes frères qui comme toi sont mes disciples, dans tous les lieux des régions supérieures, et je vous conduirai dans les trois emplacements du premier mystère jusqu'au lieu unique du séjour de l'Ineffable, Et vous verrez toutes ses formes dans la réalité, elles qui n'ont pas de pareilles, et quand je vous aurai conduits dans les régions supérieures, vous verrez la gloire de ceux qui appartiennent aux régions supérieures, et vous serez dans une admiration extrême, et quand je vous conduirai dans la région des archons de l'heimarmené, vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, et vous regarderez le monde qui est devant vous comme l'obscurité de l'obscurité, et lorsque vous regarderez tout le monde du genre humain, il vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la distance énorme qui vous séparera de lui; Et quand je vous aurai conduit vers les douze éons, vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, et à cause de cette gloire, la région des archons de l'heimarmené vous paraîtra comme l'obscurité des ténèbres et elle sera devant moi comme un grain de poussière à cause de la grande distance qui la sépare d'elle, ainsi que je vous l'ai dit.

« Et lorsque je vous aurai conduits à la treizième région des éons et que vous verrez sa gloire, les douze régions des éons vous paraîtront comme l'obscurité des ténèbres, et quand vous verrez les douze éons, ils vous paraîtront comme un grain de poussière à cause de la grande distance qui les sépare, et de son éclat qui est bien supérieur au sien.

« Et quand je vous aurai conduits aux régions du milieu et que vous verrez la gloire qui y brille, la treizième région des éons vous semblera l'obscurité des ténèbres, et lorsque de là vous regarderez les douze éons, eux et leurs sphères, et tout ce qui les accompagne, paraîtront comme un grain de poussière devant vous, à cause de la grande distance qu'il y a entre eux et la grande supériorité qu'il y a au-dessus d'eux.

« Et quand je vous aurai conduits aux régions de ceux qui appartiennent à la droite et que vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, les régions de ceux qui appartiennent au milieu vous paraîtront comme la nuit qui est dans le monde du genre humain, et lorsque vous regarderez le milieu, il sera à vos yeux comme un grain de poussière , à cause de la grande distance qu'il y a entre lui et les régions de ceux qui appartiennent à la droite; et quand je vous aurai conduits à la terre de lumière où est le trésor de la lumière, pour que vous voyiez la gloire dans laquelle ils sont, les régions de ceux qui appartiennent à la droite vous paraîtront comme la lumière du midi dans le monde du genre humain, quand le soleil ne s'illumine pas; et lorsque vous aurez regardé les régions de ceux qui appartiennent à la droite, ils paraîtront comme un grain de poussière devant vous à cause de la grande distance qui les sépare du trésor de la lumière, et lorsque je vous conduirai dans les régions qui sont le partage de ceux qui ont reçu les mystères de la lumière, pour que vous voyiez la gloire de la lumière dans laquelle ils sont, la terre de la lumière vous paraîtra semblable à la lumière du soleil qui est dans le monde du genre humain; et lorsque vous regarderez la terre de la lumière, elle vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la grande distance qui la sépare de la terre de la lumière et de la grandeur qui est bien supérieure. »

Et lorsque Jésus eut cessé de dire ces paroles à ses disciples, Marie-Madeleine s'avança et dit : « Seigneur, ne te fâche pas contre moi si je t'interroge, parce que nous nous informons avec empressement de toutes choses. » Et Jésus répondit à Marie : « Demande ce que tu veux demander, et je te le révélerai clairement, sans parabole, et je te dirai toutes les choses dont vous vous informerez depuis l'intérieur des intérieurs jusqu'à l'extérieur des extérieurs, et depuis l'Ineffable jusqu'à l'obscurité des ténèbres, afin que vous ayez de toutes ces choses une connaissance entière. Ainsi, Marie, informe-moi de ce que tu veux savoir, et je te le révélerai avec beaucoup de joie et d allégresse » et elle dit : « Seigneur, est-ce que les hommes du monde, qui auront reçu les mystères de la lumière, seront plus élevés que les proboles du trésor de la lumière dans ton royaume, car je t'ai entendu dire: Lorsque je vous aurai conduits dans les régions de ceux qui reçoivent les mystères, la région de la terre de la lumière vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la grande distance qui l'en sépare et de la grande gloire dans laquelle il est. Maintenant, dis-nous, Seigneur, les hommes recevant les mystères seront-ils plus élevés que la terre de la lumière et seront-ils plus élevés qu'elle dans le royaume de la lumière? » Et Jésus répondit à Marie : « Il est bien que tu t'informes de toutes choses avec zèle et avec empressement; mais, écoute, Marie, je te parlerai de l'accomplissement des éons et de l'érection de l'univers.

«Je vous l'ai déjà dit : lorsque je vous aurai conduits dans les régions qui sont le partage de ceux qui reçoivent les mystères de la lumière et les trésors de la lumière, les régions des proboles de la lumière ne vous paraîtront que comme un grain de poussière et comme la lumière du soleil du jour. Et ces choses arriveront au temps de l'érection de l'univers. Les douze sauveurs des trésors, et les douze rangs de chacun d'eux qui sont les proboles des sept voix et des cinq arbres, seront avec moi dans les régions qui sont le partage de la lumière, et ils seront avec moi dans mon royaume. Chacun d'eux sera sur ses proboles, et chacun d'eux sera roi sur sa gloire, grand sur sa grandeur et petit sur sa petitesse. Et le sauveur de la probole de la première voix sera dans la région des âmes qui recevront le premier mystère du premier mystère dans mon royaume. Et le sauveur de la probole de la seconde voix sera dans la région des âmes de ceux qui recevront le second mystère du premier mystère dans mon royaume. Et le sauveur de la probole de la troisième voix sera dans la région de ceux qui recevront le troisième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière. Et le sauveur de la probole de la quatrième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes de ceux qui recevront le quatrième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière, et le sauveur de la probole de la cinquième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes recevant le cinquième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière, et le sixième sauveur de la probole de la sixième voix sera dans la région des âmes recevant le sixième mystère du premier mystère ; et le septième sauveur de la probole de la septième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes recevant le septième mystère du premier mystère dans le trésor de ta lumière ; et le huitième sauveur, qui est le même que le sauveur de la probole du premier arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le huitième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le neuvième sauveur, qui est le même sauveur de la probole du second arbre du trésor de la lumière , sera dans la région des âmes recevant le neuvième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le dixième sauveur, qui est le même que le sauveur de la probole du troisième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le dixième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le onzième sauveur, qui est le même que le sauveur du quatrième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le onzième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière ; et le douzième sauveur, qui est le même que le sauveur du cinquième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le douzième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le septième amen, et les cinq arbres, et les trois amen seront à ma droite, rois subsistant dans le partage de la lumière, et sauveurs jumeaux qui sont reniant de l'enfant ; et les neuf gardiens resteront aussi à ma gauche, trois subsistant dans le partage de la lumière; et chacun des sauveurs sera roi sur les rangs de ses proboles dans le partage de la lumière, comme ils sont dans les trésors de la lumière; et neuf gardiens des trésors de la lumière seront plus élevés que les sauveurs dans le partage de la lumière; et les sauveurs jumeaux seront plus élevés que les neuf gardiens dans le royaume ; et les trois amen seront plus élevés que les deux sauveurs jumeaux dans le royaume; et les cinq arbres seront plus élevés que les trois amen dans le partage de la lumière; et Jeû , gardien des possessions de la lumière et le grand Sabaoth le bon, seront rois sur le premier sauveur de la première voix du trésor de la lumière qui sera dans la région de ceux qui recevront le premier mystère du premier mystère, parce que Jeû est le gardien des régions de ceux qui appartiennent à la droite, el Melchisédech, le grand héritier de la lumière, et les deux grands chefs émanant de la lumière choisie qui est la pureté même et qui s'étend du premier arbre jusqu'au cinquième. Jeû est l'évêque de la lumière qui émane le premier dans la pureté de la lumière du premier arbre ; il est le gardien du partage de ceux qui appartiennent à la droite émanant du second arbre, et les deux chefs émanant aussi de la pure lumière choisie du troisième et du quatrième arbre dans le trésor de la lumière. Melchisédech émane aussi du cinquième arbre. Le grand Sabaoth le bon, que j'ai appelé mon Père, émane de Jeû, le gardien de la lumière (2465  ).

« A cause de la sublimité de la chose qu'il a mise en soi, ils seront rois associés dans le premier mystère de la première voix du trésor de la lumière, et ils seront dans la région des âmes recevant le premier mystère du premier mystère, et la vierge de la lumière et le grand conducteur du milieu que les archons des éons appellent le grand Jaô, nom du grand archon qui est dans leurs régions. Lui et la vierge de la lumière et de ses douze diacres (διάκονες), dans lesquels vous aurez reçu la forme, et desquels vous aurez reçu la force, ils seront aussi tous rois. Et le premier sauveur de la première voix dans la région des âmes de ceux qui recevront le premier mystère du premier mystère dans les possessions de la lumière, et les quinze satellites des sept vierges de la lumière qui sont dans le milieu émaneront des régions des douze sauveurs , ainsi que les autres anges du milieu, chacun sur sa gloire, afin qu'ils soient rois avec moi dans les possessions de la lumière, et je serai roi sur eux tous dans les possessions de la lumière. Toutes les choses que je vous dis ne seront point en ce temps ; mais elles seront dans l'association des éons, qui est la solution de toutes choses et l'érection totale du compte des âmes qui participent aux possessions de la lumière Mais, avant cette association dont je vous parle, ces choses n'auront pas lieu, et chacun sera dans sa région où il est placé depuis le commencement , jusqu'à ce que les nombres de la congrégation des âmes accomplies soient complets ; les sept voix et les cinq arbres, et les trois amen, et les sauveur jumeaux, et les neuf gardiens, et les douze sauveurs, et ceux qui sont dans les régions de ceux qui appartiennent à la droite, et ceux qui sont dans les régions du milieu, chacun d'eux restera dans la région où ils ont été placés jusqu'à ce qu'ils soient tous transportés au dehors et que le nombre des âmes de la lumière soit accompli; et tous les autres archons qui appartiennent au milieu resteront aussi dans les régions où ils sont placés jusqu'à ce que les mêmes choses s'accomplissent , et toutes les âmes viendront chacune au temps où elle recevra le mystère, et elles seront transportées vers les archons qui appartiennent au milieu, et elles viendront dans les régions de ceux qui appartiennent au milieu, et ceux qui appartiennent au milieu les baptiseront de l'onction spirituelle, et elles passeront dans ceux qui appartiennent à toutes les régions du milieu, et elles passeront dans les régions de ceux qui appartiennent à la droite, et dans les régions des neuf gardiens, et dans les régions des sauveurs jumeaux, et dans les régions des trois amen et des douze sauveurs, et dans les cinq arbres et les sept voix, chacun fournissant ses sceaux et ses mystères, et ils viendront en toutes ces âmes pour qu'elles viennent dans les régions des possessions de la lumière selon qu'il aura reçu le mystère de la lumière et il aura pris une possession de la lumière.

« Et toutes les âmes du genre humain qui recevront les mystères de la lumière viendront d'abord à tous les archons qui appartiennent au milieu, et elles viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toutes les régions du milieu, et à ceux qui appartiennent aux régions de tous ceux qui appartiennent à la droite; et ils viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toute région des trésors de la lumière, et ils entreront dans tous, et ils viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toutes les régions du premier commandement, pour qu'ils aillent dans les possessions de la lumière jusqu'à la région de son mystère, pour que chacun reste dans la région qui a reçu le mystère pour lui et ceux qui appartiennent à la région du milieu, et ceux qui appartiennent à la droite et ceux qui appartiennent à toutes les régions des trésors de la lumière. Chacun sera dans la région et le rang dans lesquels il a été placé dès le commencement, jusqu'à ce que toutes choses soient accomplies, chacun d'eux ayant terminé la fonction à laquelle il a été destiné, à cause de la congrégation des âmes qui ont reçu les mystères, à cause de cet arrangement, afin qu'ils mettent leur sceau sur toutes les âmes qui ont reçu les mystères et qui doivent passer en ceux qui auront pris part aux possessions de la lumière. Et maintenant, Marie, voilà la chose dont tu t'informais avec empressement et avec zèle. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »

Et quand Jésus eut cessé de dire ces paroles, Marie-Madeleine s'avança et dit : «Seigneur, toutes les paroles que tu as dites sont pour mes oreilles des trésors de lumière ; mais, maintenant, souffre que je t'interroge sur ce que tu as dit, Seigneur : Toutes les âmes de la race humaine qui recevront les mystères de la lumière entreront d'abord dans le partage de la lumière avant tous les archons et avant ceux qui appartiennent à toute région de ceux qui appartiennent à la droite, et même toute région du trésor de la lumière. Et tu nous as dit jadis : Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers ; les derniers sont la race de tous les hommes, qui entrera d'abord dans le royaume de la lumière, comme ceux qui appartiennent à toutes les régions supérieures, et sont les premiers. Tu nous as aussi dit, Seigneur : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre; ce qui signifie : Tu voulais savoir si nous comprenions toutes les paroles que tu as dites. »

Et lorsqu'elle eut cessé de parler, le Sauveur admira ce qu'elle venait de dire, car c'était le sens parfait de ce qu'il avait révélé.

Et Jésus répondit : « C'est bien, Marie, et tu parles avec grande sagesse; c'est l'explication de la parole. » Et ensuite Jésus, continuant, dit à ses disciples : « Écoutez que je vous parle de la gloire de ceux qui appartiennent à la hauteur, comme ils sont suivant la manière dont je vous parlai jusqu'à aujourd'hui. Lorsque je vous aurai conduits à la région du dernier soutien entourant les trésors de la lumière, et lorsque je vous conduirai en ces régions pour que vous voyiez la gloire dans laquelle il est, la région du partage de la lumière ne sera plus dans votre pensée que l'image de celle du monde, à cause de la grandeur dans laquelle est le dernier soutien et de la grande lumière dans laquelle il est, et ensuite je vous parlerai de la gloire du compagnon qui est au-dessus du petit compagnon. Je vous parlerai des régions qui sont au-dessus des compagnons ; il n'existe à leur égard nulle ressemblance en ce monde pour que j'en fasse la comparaison, nulle similitude que je puisse exprimer, nulle force, nulle lumière dans ce monde qui puisse leur être comparée. Il n'y a donc aucun moyen d'exprimer en ce monde ce que sont les choses dont je vous parle. »

Et lorsque Jésus eut cessé de parler, Marie-Madeleine s'avança et lui dit: «Seigneur, ne te fâches pas contre moi si je m'informe de toutes ces choses avec empressement et avec zèle, afin que mes frères les annoncent à la race humaine, pour que les hommes, les entendant et les croyant, soient préservés des tourments rigoureux que leur feraient subir les archons méchants, afin qu'ils arrivent dans la hauteur du royaume des lumières ; et c'est pourquoi, Seigneur, non seulement nous sommes miséricordieux à l'égard de nous-mêmes, mais de plus nous sommes miséricordieux à regard de toute la race humaine pour qu'elle soit préservée de tous tourments rigoureux. Et maintenant, Seigneur, nous nous informons de toutes choses avec empressement, afin que nos frères les annoncent à toute la race des hommes, afin qu'ils ne tombent pas dans la main des archons cruels des ténèbres, et pour qu'ils soient préservés des souffrances des ténèbres extérieures. »

Et lorsque Jésus eut entendu les paroles que disait Marie, le Sauveur, manifestant pour elle sa grandis miséricorde, lui dit: «Demande ce que tu veux demander, et je te le révélerai avec empressement et clarté , sans parabole.» Et quand Marie eut entendu les paroles que disait le Sauveur, elle éprouva une vive allégresse,et elle dit : « Seigneur, de combien le second ancêtre est-il plus grand que le premier, et quelle est la distance qui les sépare et de combien sa lumière sera-t-elle plus grande?» Et Jésus répondit à Marie, en parlant au milieu de ses disciples: «En vérité, en vérité, je vous le dis, le second ancêtre est éloigne du premier, d'une telle distance que nulle mesure ne peut l'exprimer, selon la hauteur et selon la profondeur, selon la largeur et selon la longueur. Il est éloigné d'une distance immense que nulle mesure ne peut exprimer auprès des anges, des archanges et des dieux, et la supériorité de sa lumière est telle qu'aucun nombre ne peut la rendre. Le troisième, le quatrième et le cinquième ancêtre sont, chacun d'eux, supérieurs à l'autre, d'une supériorité qui n'a aucune mesure, et chacun possède une lumière supérieure à un degré qui ne saurait s'exprimer. »

Et quand Jésus eut cessé de dire ces paroles à ses disciples, Jean dit à Jésus : « Seigneur, mon Sauveur, permets aussi que je parle, et ne te courrouce pas contre moi si je m'enquiers de toute chose avec empressement et avec zèle, car tu nous as fait la promesse de nous révéler tout ce que je te demanderai. Et maintenant, Seigneur, ne nous cache rien au sujet des choses sur lesquelles nous t'interrogerons. » Et Jésus, répondant dans sa grande miséricorde, dit à Jean : «Toi aussi, tu es heureux, Jean, que je chéris ; dis les paroles que tu voudras, et je te révélerai face à face et sans paraboles ce que tu demanderas, t'enseignant toutes les choses que tu auras demandées avec zèle et empressement. » Et Jean dit à Jésus: «Seigneur, celui qui aura reçu le mystère, restera-t-il dans le lieu où il est et n'aura-t-il aucun moyen d'aller dans d'autres régions qui sont au-dessus de lui ou d'aller dans d'autres régions qui sont au-dessous de lui ?» Et Jésus répondant dit à Jean : « Mes disciples chéris et bons, vous vous informez de toutes choses avec empressement ; écoute, Jean, ce que je vais te dire : chacun recevant le mystère de la lumière restera dans le lieu ou il aura reçu le mystère, et nul n'aura la faculté de s'élever dans les régions qui sont au-dessus de lui ; celui qui aura reçu le mystère, dans la première disposition, aura la faculté d'aller dans les lieux qui sont au-dessous de lui, mais non dans ceux qui seront au-dessus,et celui qui aura reçu le mystère du premier mystère aura la faculté d'aller dans tous les lieux qui sont hors de lui, mais il n'aura pas celle d'aller dans les lieux qui sont au-dessus de lui, et il en sera ainsi de ceux qui auront reçu les mystères supérieurs (2466  ).

«En vérité, je vous le dis: cet homme dans la destruction du monde sera roi sur tous les ordres des pleurômes, et celui qui aura reçu le mystère de l'Ineffable, c'est moi. Il connaît le mystère à cause duquel les ténèbres ont été faits et à cause duquel la lumière a été faite ; il connaît le mystère de la création des ténèbres des ténèbres et de la lumière des lumières ; il connaît le mystère de la création du chaos et de celle du trésor de la lumière ; et il connaît le mystère de la création de la terre de la lumière, et il connaît le mystère de la création des châtiments réservés aux pécheurs, et il connaît le mystère de la régénération du règne de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi les pécheurs ont été créés, et pourquoi ont été créés les domaines de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les impies, et pourquoi ont été faits les saints, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les peines pour les méchants, et pourquoi ont été faites toutes les émanations de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi le péché a été fait et pourquoi ont été faits les baptêmes et les mystères de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le feu du châtiment et pourquoi ont été faits les jets de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la colère et pourquoi a été faite la paix, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le blasphème et pourquoi a été faite l'hymne de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les similitudes de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été faite l'injure et pourquoi a été faite la bénédiction, et il connaît le mystère pourquoi à été faite la méchanceté et pourquoi a été faite la flatterie, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le meurtre et pourquoi a été faite la vivification de l'âme, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits l'adultère et la débauche et pourquoi a été faite la pureté, el il connaît le mystère pourquoi a été faite la reconnaissance et pourquoi a été faite l'ingratitude, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits l'orgueil et la jactance et pourquoi ont été faites l'humilité et la douceur, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les pleurs et pourquoi a été fait le rire, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la médisance et pourquoi a été fait le discours profitable, et il connaît le mystère pourquoi a été faite l'obéissance et pourquoi a été faite la résistance, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le murmure et pourquoi ont été faites la simplicité et l'humilité, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la force et pourquoi a été faite la faiblesse, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la pauvreté et pourquoi a été faite l'opulence, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la domination dans le monde et pourquoi a été fait l'esclavage, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la mort et pourquoi a été faite la vie. »

Et quand Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, ils furent remplis de joie et d'allégresse de ce qu'il leur avait dit ces paroles. Et Jésus continuant de parler, leur dît :« Mes disciples chéris, écoutez ce que je vous dirai de la connaissance entière du mystère de l'Ineffable. Le mystère de l'Ineffable connaît pourquoi a été faite la sévérité et pourquoi a été faite la miséricorde ; il connaît pourquoi ont été faits les reptiles et pourquoi ils doivent être détruits, il connaît pourquoi ont été faits les animaux et pourquoi ils doivent être détruits, il connaît pourquoi ont été faits les troupeaux et pourquoi ont été faits les oiseaux, il connaît pourquoi ont été faites les montagnes et pourquoi ont été faites les pierres précieuses qui sont en elles, il connaît pourquoi a été faite la matière de l'or et pourquoi a été faite la matière de l'argent, il connaît pourquoi a été faite la matière de l'air et pourquoi a été faite te matière du fer, il connaît pourquoi a été faite la matière du plomb et pourquoi a été faite la matière du verre et pourquoi a été faite la matière de la cire, il connaît pourquoi ont été faites les plantes et pourquoi ont été faites leurs matières, il connaît pourquoi ont été faites les eaux de la terre et toutes les choses qui sont en elles et pourquoi la terre elle-même a été faite, il connaît pourquoi ont été faites les mers, et pourquoi ont été faits les animaux qui habitent les mers, il connaît pourquoi a été faite la matière du monde et pourquoi il doit être détruit. »

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples : « Mes disciples, mes compagnons, et mes frères, que chacun de vous se recueille dans l'esprit qui est en lui, afin que vous obéissiez à ma parole et que vous recueilliez toutes les paroles que je vous dirai, car, depuis ce moment, je continuerai è vous parler de toutes les sciences de l'Ineffable; il connaît le mystère pourquoi a été fait l'occident et pourquoi a été fait l'orient, il connaît le mystère pourquoi a été fait le midi et pourquoi a été fait le septentrion, il connaît le mystère de la création des démons et de la création du genre humain, il connaît le mystère de la création de la chaleur et de la création de l'air doux, il connaît le mystère de la création des étoiles et de la création des nuages; il connaît le mystère pourquoi la terre est profonde et pourquoi les eaux viennent à sa surface, il connaît le mystère pourquoi la terre est aride et pourquoi la pluie tombe sur elle, il connaît le mystère pourquoi est faite la disette et pourquoi est faite la fertilité, il connaît le mystère pourquoi est faite la gelée et pourquoi est faite la rosée salutaire, il connaît le mystère pourquoi est faite la poussière et pourquoi est fait un rafraîchissement agréable, il connaît le mystère pourquoi est faite la grêle et pourquoi est faite la neige qui est agréable, il connaît le mystère pourquoi est faite la tempête qui s'élève et pourquoi est fait le vent qui se calme, il connaît le mystère pourquoi est faite l'ardeur de la chaleur et pourquoi sont faites les eaux, il connaît le mystère de la création du vent du nord el du vent du midi, il connaît le mystère de la création des étoiles du ciel et le mystère de la création des astres et de leur marche et de toutes leurs révolutions, il connaît le mystère de la création des archons des sphères, et de la création des sphères et de toutes leurs régions, il connaît le mystère de la création des archons, des éons et de la création des éons; il connaît le mystère de la création des archons qui président aux supplices et de la création des décans, il connaît le mystère des anges et de la création des archanges ; il connaît le mystère de la création des seigneurs et de la création des dieux, il connaît le mystère de la création de la haine et de la création de l'amour, il connaît le mystère de la création de la discorde et de la création de la réconciliation, il connaît le mystère pourquoi a été faite l'avarice et pourquoi a été faite la renonciation à toute chose et pourquoi a été fait l'amour, il connaît le mystère pourquoi a été faite la cupidité et pourquoi a été faite la satiété, il connaît le mystère pourquoi a été faite l'impiété et pourquoi a été fait l'attachement à Dieu, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les gardiens et pourquoi ont été faits les sauveurs, il connaît le mystère pourquoi ont été faites les trois puissances et pourquoi ont été faits les invisibles, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les ancêtres et pourquoi ont été faits les purs, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les présomptueux et pourquoi ont été faits les fidèles, il connaît le mystère pourquoi a été faite la grande triple puissance et pourquoi a été fait le grand ancêtre des invisibles, il connaît le mystère pourquoi a été fait le treizième éon et pourquoi ont été faites les régions de ceux qui appartiennent au milieu, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les anges du milieu et pourquoi ont été faites les vierges de la lumière, il connaît le mystère pourquoi a été faite la terre de la lumière, et il connaît le mystère de la terre de la lumière et pourquoi a été fait le grand héritage de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les gardiens des régions de ceux qui appartiennent è la droite, et pourquoi ont été faits leurs chefs, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les portes de la vie et pourquoi a été fait Sabaoth le bon, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la région de ceux qui appartiennent à la droite et pourquoi a été faite la terre de lumière qui est le trésor de la lumière, el il connaît le mystère pourquoi ont été faites les émanations de la lumière el pourquoi ont été faits les douze sauveurs, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les trois portes du trésor de la lumière et pourquoi ont été faits les neuf gardiens, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les sauveurs jumeaux et pourquoi ont été faits les trois amen, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les cinq arbres et pourquoi ont été faits les sept amen, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le mélange qui n'existait pas, et comment il a été purifié. » Et Jésus dit ensuite : « Que chacun de vous s'efforce de comprendre et qu'il ait en lui la force de la lumière pour s'y soumettre. Et dès ce moment, je vous parlerai des régions qu'habite la vérité de l'Innéfable et de la manière dont elles sont.» ...

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/pistissophia.htm

 

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Published by X - dans Gnose
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 05:53

Quand Jésus entendit les paroles de Thomas, il lut dit : « C'est bien, Thomas, et tu as bien parlé; c'est là l'explication de la septième supplication de la Fidèle Sagesse; en vérité, en vérité, je vous le dis, toutes les créatures du monde vous regarderont comme heureux sur la terre, parce que je vous ai révélé ces choses et que vous avez reçu de mon souffle, et que je vous ai donné l'intelligence spirituelle de ce que je vous dis. Et ensuite je vous remplirai de toute la lumière et de toute la force de mon souffle pour que vous compreniez depuis ce temps tout ce qui vous sera dit et tout ce que vous verrez. Encore un peu de temps, et je vous parlerai de tout ce qui concerne les régions supérieures depuis l'extérieur jusqu'à l'intérieur, et depuis l'intérieur jusqu'à l'extérieur. »

Et Jésus continuant son discours, dit à ses disciples: « Il advint que lorsque la Fidèle Sagesse eut dit la septième supplication dans le chaos, et avant que l'ordre ne me fut venu du premier mystère pour que je la délivre, pour que je la conduise en l'élevant dans le chaos, de mon propre mouvement, et par un effet de ma miséricorde, sans en suivre l'ordre, je la conduisis dans un lieu spacieux dans le chaos, et lorsque les émanations matérielles du triple pouvoir surent qu'elle avait été conduite dans un lieu spacieux dans le chaos, elles cessèrent un peu de la tourmenter, pensant qu'elle serait conduite entièrement dans le chaos. La Fidèle Sagesse ne savait pas que je l'assistais ainsi ; et elle ne me connaissait nullement, maïs elle persistait à célébrer le trésor de la lumière qu'elle avait vu précédemment e tauquel elle était fidèle, et elle pensait que c'était lui qui l'assistait; et comme elle avait été fidèle à la lumière, elle pensait qu'elle serait conduite dans le chaos et que sa supplication serait exaucée; mais l'ordre du premier mystère n'était pas encore accompli pour que sa supplication fût exaucée. Écoutez donc, et je vous dirai toutes les choses qui arrivèrent à la Fidèle Sagesse. Il arriva que lorsque je l'eus conduite dans un lieu un peu spacieux, dans le chaos, Ies émanations du triple pouvoir cessèrent de la tourmenter, pensant que je la mènerais entièrement dans le chaos. Et lorsqu'elles surent que la Fidèle Sagesse n'était pas conduite dans le chaos, ils revinrent afin de la tourmenter extrêmement. Et c'est pourquoi elle dit la huitième supplication, la disant de cette manière : « J'ai placé mon cœur en toi, lumière, ne me laisse pas dans le chaos; écoute-moi et délivre-moi dans ta pensée. Tourne ton esprit vers moi et délivre-moi; sois mon sauveur, ô lumière, et délivre-moi; conduis-moi à ta lumière, car tu es mon sauveur, et tu me conduiras vers toi. Et à cause du mystère de ton nom, indique-moi ta voie et donne-moi ton mystère, et tu me délivreras de cette force à face de lion et de mes ennemis qui m'ont tendu des pièges, car tu es mon Sauveur, et je donnerai la pureté de ma lumière en tes mains. Délivre-moi, ô lumière, dans ta connaissance. Tu t'irriteras contre ceux qui veillent contre moi, afin qu'ils ne s'emparent pas totalement de moi. J'ai cru à la lumière; je me réjouirai et je chanterai tes louanges, parce que tu as pitié de moi et que tu tournes ton cœur vers la peine où je suis; tu me délivreras, et tu me rendras ma force hors du chaos. Tu ne m'as pas abandonnée à la force à face de lion, mais tu m'as conduite dans la région où il n'y a pas d'affliction »

Lorsque Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, il continua et dit : « Lorsque la force à face de lion sut que la Fidèle Sagesse n'avait pas été ramenée dans le chaos, elle vint avec toutes les autres émanations matérielles du triple pouvoir, et elles tourmentèrent de nouveau la Fidèle Sagesse. Et, lorsqu'elles la tourmentaient, elle continua sa supplication, en criant et disant : « Aie pitié de moi, lumière, parce qu'ils me tourmentent encore. Ce qui est en moi est troublé, lumière, selon ton ordre, ainsi que ma force et mon esprit. Ma force a reçu de grands dommages, lorsque j'étais sujette à ces tourments. Et le nombre de mon temps est dans le chaos. Ma lumière s'est éclipsée, parce que ma force m'a été enlevée. Et toutes les forces qui étaient en moi ont été détruites. Je suis sans puissance devant tous les archons des éons oui me haïssent, et devant les vingt-quatre émanations dans les régions desquelles j'étais. Et mon frère a craint de me survivre à cause des persécutions dans lesquelles j'étais plongée. Et tous les archons des régions supérieures m'ont regardée comme de la matière en laquelle il n'y a aucune lumière. Je suis devenue comme une force matérielle qui est tombée loin des archons, et tous ceux qui sont avec les éons ont dit : elle est devenue comme le chaos. Et ensuite toutes les forces dénuées de miséricorde m'ont environnée et se sont efforcées de m'enlever toute ma lumière, qui est en moi. Mais j'ai cru à toi, lumière, et j'ai dit : Tu es mon Sauveur, et mon sort tel que tu l'as fixé est entre tes mains. Délivre-moi de mes ennemis qui m'affligent et me persécutent. Étends ta lumière sur moi, car je ne suis rien en ta présence, et conserve-moi dans ta miséricorde ; ne souffre pas que je sois investie d'ignominie, car c'est toi, lumière, que je célèbre dans mes hymnes. Que le chaos couvre mes persécuteurs, et qu'ils soient plongés dans les ténèbres infernales. Ferme la porte à ceux qui veulent me dévorer par ruse, et qui disent : «Enlevons toute la lumière qui est en elle, quoique je ne leur aie fait aucun mal. »

Et quand Jésus eut ainsi parlé, Matthieu s'avança et dit: « Seigneur, ton souffle m'a ému et ta lumière m'a instruit, pour que l'explique la huitième supplication de la Fidèle Sagesse. Ta force a jadis prophétisé à cet égard par la voix de David, dans le trentième psaume, lorsqu'il a dit: «J'ai mis mon cœur en toi, Seigneur; ne permets pas que je sois humilié jusque dans l'éternité»

Lorsque Jésus eut entendu ces paroles, il dit : « C'est bien, Matthieu ; maintenant, en vérité, je vous le dis, lorsque le nombre parfait sera accompli, et lorsque l'univers sera détruit, je serai assis dans le trésor de la lumière, et vous aussi serez assis sur les douze forces de la lumière , jusqu'à ce que nous ayons rétabli les rangs des douze sauveurs dans les régions de chacun d'eux. » Et lorsque Jésus eut ainsi parlé, il dit : « Comprenez-vous ce que je dis? » Et Marie s'avança et dit : « Seigneur, tu nous as jadis annoncé en paraboles : J'établirai avec vous un royaume comme mon père en a établi un avec moi, et vous boirez et mangerez sur ma table, dans mon royaume, et vous serez assis sur les douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. »

Jésus répondit : « C'est bien, Marie ; » et, continuant, il dit à ses disciples : « Il advint ensuite que lorsque les émanations du triple pouvoir continuaient de tourmenter la Fidèle Sagesse dans le chaos, elle prononça la neuvième supplication, disant : « Ο lumière ! confonds ceux qui rabotèrent ma force, et rends-moi la force qu'ils m'ont enlevée. Viens, sauve-moi. De grandes ténèbres me couvrent et m'affligent. Dis à ma force : Je te délivrerai. Que tous ceux qui veulent m'enlever toute ma lumière soient privés de leur force ; qu'ils retournent dans le chaos et qu'ils soient réduits à l'impuissance, ceux qui veulent m'enlever toute ma lumière. Que leur force soit comme la poussière , et que Ieû, ton ange, les frappe, et, s'ils veulent s'élever en haut, que les ténèbres les saisissent; Qu'ils soient rejetés dans le chaos, et que Ieû, ton ange, les poursuive pour les frapper des ténèbres de l'enfer, parce qu'ils m'ont tendu des pièges, ainsi que la force à face de lion, sans que je leur fisse aucun mal. Ils me tourmentent et veulent m'enlever la force, qui est en moi. Maintenant, ô lumière ! enlève la pureté à la force à face de lion sans qu'elle le sache. Et que le dessein qu'a formé le triple pouvoir pour m'enlever ma lumière soit confondu , et enlève lui la sienne. Ma force se réjouira dans la lumière et sera dans l'allégresse, parce que tu l'auras sauvée. Et toutes les parties de ma force diront : Il n'y a pas d'autre sauveur que toi, qui m'as délivrée de la force à face de lion qui m'enleva ma force. Et tu me délivreras de ceux qui m'ont enlevé ma force et ma lumière. Car ils se sont levés contre moi , proférant des mensonges et disant que je connaissais le mystère de la lumière dans la région supérieure , et ils me pressaient, disant : « Dis-nous les mystères de la lumière de la région supérieure ; » mais je ne savais pas ces mystères, et ils m'ont infligé tous ces maux, parce que i'ai été fidèle à la lumière de la région supérieure.

« Et je me suis assise dans les ténèbres, l'âme humiliée dans le deuil. Ο lumière, pour la cause de laquelle je célèbre des hymnes, sauve-moi. Je sais que tu me délivreras, parce que je faisais ta volonté, lorsque j'étais dans la région des éons. Je faisais ta volonté, comme les puissances invisibles qui sont dans mes régions, et je pleurais, en cherchant avec zèle ta lumière. Maintenant tous mes ennemis m'ont environnée, et se sont réjouis de mes maux, et sans miséricorde ils m'ont infligé de grandes afflictions. Ils ont grincé des dents contre moi, voulant m'enlever toute ma lumière. Jusques à quand, lumière, leur permettras-tu de m'affliger? Délivre ma force de leurs mauvaises pensées et préserve-moi de la force à face de lion, parce que je suis seule dans ces régions : je te célèbre, lumière, me trouvant au milieu de tous ceux qui se sont réunis contre moi, et je crierai vers toi au milieu de tous ceux qui m'affligent. Et maintenant, lumière, qu'ils ne se réjouissent pas sur moi, me tourmentant et voulant m'enlever ma force. Tu as connu leur ruse, ô lumière ; ne permets pas que ton secours soit éloigné de moi. Hâte-toi, lumière, juge-moi et venge-moi, et juge-moi dans ta bonté. Ο lumière des lumières, que mes ennemis ne m'enlèvent pas ma lanière et qu'ils ne disent pas entre eux : Notre force est rassasiée de sa lumière ; et qu'ils ne disent pas : Nous avons dévoré sa force, mais que les ténèbres les environnent et qu'ils soient impuissants, ceux qui veulent m'enlever ma lumière ; qu'ils soient plongés dans le chaos et les ténèbres, ceux qui disent : nous avons enlevé sa lumière et sa force. Sauve-moi, pour que je sois dans l'allégresse, car j'aspire à la treizième région des éons, la région de la justice, et pour que je dise en tout temps : La lumière de Ieû, ton ange, ira en augmentant d'éclat, et ma langue chantera tes louanges tout le temps dans la treizième région des éons. » Et quant Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, il dit : « Que celui parmi vous qui comprend ce que j'ai dit en donne l'explication. » Et Jacques s'avança, et embrassa la poitrine de Jésus, et dit : « Seigneur, ton souffle ma donné l'intelligence, et je suis prêt à donner l'explication de ce que tu as dit. C'est à ce sujet que ta force a jadis prophétisé par la voix de David dans le trente-quatrième psaume, lorsqu'il a parlé ainsi de la neuvième supplication de la Fidèle Sagesse: Juge, Seigneur, ceux qui m'ont fait tort; combats contre ceux qui me combattent (2455  ). »

Et quand Jacques eut ainsi parlé,. Jésus dit : « C'est bien, Jacques, et tu as bien parlé; c'est l'explication de la neuvième supplication de la Fidèle Sagesse ; en vérité, en vérité, je vous le dis; vous entrerez plutôt dans le royaume des cieux que tous les invisibles, et tous les dieux et tous les archons qui sont avec le treizième éon et avec la onzième éon, et non seulement vous, mais chacun de ceux qui aura fait mes mystères. » Et lorsque le Sauveur eut ainsi parlé, il dit: « Comprenez-vous les paroles que je vous dis?» Et Marie dit: « Seigneur, c'est ce que tu nous as dit autrefois, que les derniers seront les premiers et que les premiers seront es derniers. Les premiers .qui ont été procréés avant nous sont les invisibles; ils ont été avant le genre humain, et les dieux et les archons, et les hommes qui recevront les mystères, entreront les premiers dans le royaume des cieux. » Et Jésus dit : « C'est bien, Marie. »

Et Jésus continuant, dit à ses disciples : « Il arriva que lorsque la Fidèle Sagesse eut proféré sa neuvième supplication, la force au visage de lion la tourmenta derechef, voulant lui enlever sa force. Et elle s'adressa de nouveau à la lumière, poussant des cris et disant : « Lumière à laquelle j'ai cru dès le commencement, et pour la cause de laquelle j'ai éprouvé ces grandes douleurs, viens à mon secours. » Et sa prière fut alors entendue. Le premier mystère l'entendit, et je fus envoyé pour l'assister; je vins pour l'aider, je la ramenai dans le chaos, parce qu'elle avait souffert de grandes peines et de grandes afflictions par suite de sa foi à la lumière. Je fus donc envoyé par le premier mystère pour la secourir en tout. Je n'étais pas encore venu dans le monde des éons. mais je vins au milieu d'eux tous, sans qu'aucun d'eux ne le sût ni ceux qui appartiennent à l'intérieur de l'intérieur, ni ceux qui appartiennent à l'extérieur de l'extérieur, et avec la connaissance du premier mystère seulement, et il arriva que, lorsque je fus venu dans le chaos pour l'aider, elle me vit, car je resplendissais d'une grande lumière, et j'étais miséricordieux à son égard, et je n'étais pas arrogant comme la force au visage de lion qui enleva la force et la lumière, à la Sagesse et qui la tourmenta pour lui enlever toute la lumière qui est en elle; elle me vit en possession d'une lumière dix mille fois plus grande que la force au visage de lion, et elle comprit que je venais de la hauteur des régions supérieures dont elle avait eu foi en la lumière dès le commencement; alors la Fidèle Sagesse eut confiance, et dit la dixième supplication, disant : « J'ai crié derechef vers toi, lumière des lumières; lorsque j'étais dans l'affliction, tu m'as entendue ; préserve ma force des lèvres injustes et des embûches trompeuses. Qu'ils ne me privent pas de la lumière qu'ils veulent m'enlever par leurs pièges perfides. Je suis entourée des piéges des orgueilleux et des embûches de ceux qui sont sans miséricorde ; malheur à moi, parce que ma demeure est éloignée et que je suis dans la demeure du chaos; ma force n'est plus dans mes régions. J'ai parlé avec douceur à ces ennemis cruels, et tandis, que je leur parlais avec douceur, ils m'ont attaquée sans motif. » Et quand Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, il leur dit : « Maintenant, que celui que son souffle anime, qu'il avance afin qu'il dise l'explication de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse. »

Et Pierre répondit et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisa à cet égard par la bouche de David, lorsqu'il dit, dans le cent dix-neuvième psaume : J'ai crié vers toi, Seigneur, dans mon affliction ; tu m'as entendu, Seigneur; préserve mon âme des lèvres injustes et de la langue trompeuse (2456  ). » Telle est, Seigneur, la solution de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse, telle qu'elle l'a dite, lorsqu'elle était tourmentée par les émanations matérielles du triple pouvoir, ainsi que par la force à face de lion, et qu'ils la faisaient extrêmement souffrir. » Et Jésus dit : « C'est bien, Pierre, tu as bien parlé. C'est l'explication de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse. »

Et Jésus, continuant de parler, dit à ses disciples : « Il advint que lorsque la force à face de lion venant vers la Fidèle Sagesse, s'approcha de moi, qui resplendissais d'une lumière immense, elle fut remplie de colère et elle projeta hors d'elle une autre multitude d'émanations très véhémentes. Alors la Fidèle Sagesse prononça la onzième supplication, disant : « Pourquoi la force se lève-t-elle pour faire du mal? Sa pensée était d'enlever la lumière qui est en moi et comme de me frapper du glaive. J'ai préféré descendre dans le chaos que de rester dans la région du treizième éon, région de la justice. Et ils ont voulu me prendre par ruse, afin de dévorer toute ma lumière. C'est pourquoi la lumière leur enlèvera toute leur lumière, et détruira toute leur matière, et leur ôtera leur lumière, et ne les laissera pas rester avec le treizième éon, leur demeure, et elle ne laissera pas leurs noms parmi les noms des vivants, et les vingt-quatre émanations verront ce qui est arrivé a la force à face de lion, afin qu'ils craignent et qu'ils ne soient pas indociles, mais qu'ils donnent la pureté de leur lumière, et ils te verront afin qu'ils te glorifient et qu'ils disent : voici celui qui n'a pas donné la pureté de sa lumière afin d'être sauvé, mais qui s'est glorifié dans toi l'éclat de sa lumière et qui a dit : « J'enlèverai la lumière de la Fidèle Sagesse. » Et maintenant que celui dont la force est exaltée s'avance afin .d'expliquer la onzième supplication de la Fidèle sagesse. » Alors Salomé s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé à cet égard par la bouche de David dans le cinquante-unième psaume, en disant : Pourquoi l'impie se glorifie-t-il de sa malice (2457  )?»

Et quand Jésus eut entendu ces paroles, il dit : « C'est bien, Salomé; en vérité, en vérité, je vous le dis; je vous instruirai dans tous les mystères du royaume de la lumière.»

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples: « Je m'approchai ensuite du chaos, resplendissant d'une lumière immense, afin d'enlever sa lumière à la force à face de lion. Et, en apercevant ma lumière, elle eut peur et elle appela son dieu pour qu'il vint la secourir. Et il fut rempli de colère, et la Fidèle Sagesse fut effrayée, et elle s'adressa derechef à moi, disant : Ne m'oublie pas, ô lumière ; mes ennemis ont ouvert leur bouche contre moi ; ils ont voulu m'enlever ma force, et ils ont eu de la haine pour moi, parce que je célébrai tes louanges et que je t'aimais. Qu'ils soient plongés dans les ténèbres extérieures; enlève-leur leur force et ne leur permets pas de s'élever dans leurs régions. Que le chaos les enveloppe comme un vêlement. Aie pitié de moi, ô lumière, à cause du mystère de ton nom, et sauve-moi dans ta miséricorde. Viens è mon secours, car ma force est détruite, parce qu'il n'y a ici aucun mystère, et ma matière est liée, parce que ma lumière m'a été enlevée. Et maintenant que celui dont l'esprit est animé, avance et donne l'explication des paroles de la Fidèle Sagesse. »

Et André dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de David à cet égard, lorsqu'il a dit dans le trente-huitième psaume : Mon Dieu, ne garde pas le silence pour ma louange, parce que les pécheurs et les hommes perfides ont ouvert leur bouche contre moi»

Et le premier mystère, continuant son discours, dit : « Il advint que comme je ne conduisais pas encore la Fidèle Sagesse dans le chaos parce que je n'en avais pas encore reçu l'ordre de mon Père, les rejetons du triple pouvoir voyant la Fidèle Sagesse pourvue de lumière comme elle l'avait été dès le commencement, ils s'arrêtèrent contre la Fidèle Sagesse et ils appelèrent à grands cris le triple pouvoir pour qu'il les assistât et les secondât pour enlever de nouveau à la Sagesse les forces qui étaient en elle, et le triple pouvoir envoya une autre grande force de lumière descendant dans le chaos comme une flèche qui vole, afin d'assister ses rejetons pour qu'ils enlevassent la lumière à la Fidèle Sagesse une autre fois. Et lorsque cette force de lumière fut descendue, les rejetons du triple pouvoir qui sont dans le chaos furent remplis de confiance et ils poursuivirent de nouveau la Fidèle Sagesse qui était dans une grande terreur et un grand trouble, et ils la tourmentèrent cruellement; un d'eux se changea sous la forme d'un grand serpent, un autre se changea sous la forme d'un basilic à sept têtes, un autre se changea sous la forme d'un dragon, et la première puissance du triple pouvoir avec une face de lion et les autres en très grand nombre, se mirent ensemble; elles attaquèrent la Fidèle Sagesse et la conduisirent de nouveau dans les régions inférieures du chaos et la tourmentèrent beaucoup. Et en fuyant, elle vint dans les régions supérieures du chaos, et ils la poursuivirent, la tourmentant cruellement. Et Adamas le tyran regarda les douze régions des éons, et il fut aussi courroucé contre la Fidèle Sagesse, parce qu'elle voulait venir à la lumière des lumières qui est au-dessus d'eux tous. Et Adamas regarda, et il vit que les ennemis de la Fidèle Sagesse la tourmentaient jusqu'à ce qu'ils eussent enlevé toutes les lumières qui étaient en elle. Et il advint que lorsque la puissance du triple pouvoir eut descendu dans le chaos, elle rencontra la Fidèle Sagesse, et la force avec un visage de lion, et la force avec un visage de serpent, et la force avec un visage de basilic, et la force avec un visage de dragon, et toutes les forces du triple pouvoir entourèrent la Fidèle Sagesse, voulant lui enlever de nouveau ses forces.

« Et lorsqu ils la tourmentaient et l'affligeaient, elle s'adressa de nouveau à la lumière, disant : « Lumière à laquelle je suis fidèle, que ta lumière vienne à moi, car tu es celle qui m'a pris en elle et tu me délivreras de mes persécuteurs. » Et quand la Fidèle Sagesse eut parlé de la sorte, d'après l'ordre de mon Père, j'envoyai Gabriel et Michel et les satellites de la lumière pour qu'ils portassent la Fidèle Sagesse sur leurs mains, afin que ses pieds ne touchassent pas aux ténèbres extérieures, et je leur ordonnai de la diriger dans les régions du chaos dans lesquelles ils devaient la conduire. Et lorsque les anges furent descendus dans le chaos, eux, et les émanations de la lumière, alors toutes les émanations du triple pouvoir et celles d'Adamas virent l'émanation de la lumière rendant une lumière immense, nulle espèce de lumière ne lui étant étrangère; ils furent effrayés et ils laissèrent la Fidèle Sagesse, et une grande émanation de lumière entoura la Fidèle Sagesse de tous les côtés, à la droite et à la gauche, et une couronne de lumière se plaça sur sa tête. Et il advint que lorsque l'émanation de la lumière eut entouré la Fidèle Sagesse, elle fut pleine de confiance, et cette émanation ne cessa de l'entourer de tout côté, et elle ne craignit plus tous les rejetons du triple pouvoir, et ils ne purent changer leur figure derechef, et ils ne purent soutenir l'éclat de la grande lumière qui formait la couronne de sa tête, et une grande multitude d'entre eux tomba à sa droite et beaucoup d'autres à sa gauche, et ils ne pouvaient approcher de la Fidèle Sagesse à cause de la grande lumière qui l'environnait; ils ne purent ainsi lui faire aucun mal, parce qu'elle croyait à la lumière, et d'après le commandement de mon Père, le premier mystère, je descendis dans le chaos, et j'attaquai la puissance à la face de lion qui était la plus grande lumière, et je lui en levai toute sa lumière, et je frappai tous les rejetons du triple pouvoir, et ils tombèrent tous dans le chaos, sans puissance, et j'emmenai la Fidèle Sagesse à la droite de Gabriel et de Michel, et une grande émanation de lumière entra en elle, et elle contempla ses ennemis dont j'avais enlevé toute la lumière, et je la fis sortir du chaos foulant aux pieds les rejetons du triple pouvoir au visage de serpent, et elle foulait aussi aux pieds le rejeton au visage de basilic à sept têtes, et elle foulait aux pieds la puissance à la face de lion et celle a la face de dragon. Je fis rester la Fidèle Sagesse au-dessus de la puissance qui a la face d'un basilic à sept têtes et qui est la plus forte de toutes dans sa malice, et moi, le premier mystère, j'ai été sur elle, et j'ai enlevé toutes les forces qui sont elles, et j'ai détruit toute sa matière, afin qu'il n' y ait pas de rejeton. » Et lorsque le premier mystère eut ainsi parlé à ses disciples, il s'écria: « Comprenez-vous de quelle manière je vous ai parlé? » Et Jacques dit : « Seigneur, la force de ta lumière a prophétisé jadis par la bouche de David au sujet de tes paroles ; car il est dit dans le quatre-vingt-dixième psaume : «Celui qui habite sous la protection du Très-Haut sera sous l'ombre du Dieu du ciel»

« Écoute donc, et que je te dise en toute clarté la parole que ta force a dite par la bouche de David : « Celui qui habite dans l'aide du Très-Haut sera sous l'ombre du Dieu du ciel. »

« Lorsque la Sagesse se confiait à la lumière, elle fut sous la lumière de l'émanation de. la lumière qui sortit de lui dans les régions supérieures, et la parole que ta force dit par la bouche de David : « Je dirai au Seigneur, tu es celui qui me reçut à lui, et mon Dieu est mon lieu de refuge ; je me suis confié en lui. »

« C'est la même parole que la Fidèle Sagesse chanta en son hymne : « Tu es celui qui me reçut vers lui et je viens vers toi. » Et la parole que dit ta force : « Mon Dieu, je crois en toi ; tu me sauveras des pièges des chasseurs et des paroles des méchants, est la même que ce que dit la Fidèle Sagesse : « Lumière, je crois à toi, parce que tu me délivreras des rejetons du triple pouvoir et d'Adamas le tyran, et tu me délivreras de toutes les peines oui m'affligent, » La parole que tu as dite par la bouche de David : « Il couvrira ta poitrine de son ombre, et tu auras confiance sous ses ailes, » est ceci : La Fidèle Sagesse est dans la lumière qui émane de la lumière qui sortit de toi, et elle persévéra, se confiant dans la lumière qui est à sa droite et à sa gauche, et qui sont les ailes de l'émanation de la lumière. Et la parole que la force de lumière prophétisa par la bouche de David : « La vérité t'entourera comme d'un bouclier.»

«C'est la lumière de l'émanation de la lumière qui environne la Fidèle Sagesse de tout côté comme un bouclier. Et la parole qu'a dite la force : « Il ne craindra pas la terreur de la nuit, » signifie que la Fidèle Sagesse ne craignit pas les terreurs et les troubles dans lesquels elle avait été plongée dans le chaos qui est la nuit. Et la parole qu'a dite ta force : « Il ne craindra pas la flèche qui vole dans le jour, » signifie que la Fidèle Sagesse n'a pas craint la force que la vérité envoya de la hauteur extrême et qui est dans le chaos comme une flèche volante. Ainsi ta force de lumière dit : « Tu ne craindras pas la flèche qui vole dans le jour. » C'est pourquoi quand cette force sortit du treizième éon, il est le maître des douze éons, et il est la lumière pour tous. C'est pourquoi il a dit : « Le jour.» Et cette autre parole qu'a dite la force de la lumière : « il ne craindra pas ce qui se promène dans les ténèbres. » veut dire que la Sagesse n'a pas craint la force à face de serpent qui causait de l'effroi à la Fidèle Sagesse dans le chaos qui est lui-même les ténèbres. Et la parole qu'a dite la force : « Il ne craindra pas le démon de l'heure de midi, » signifie que la Fidèle Sagesse n'a pas craint les démons rejetons d'Adamas le tyran, lesquels précipitèrent la Fidèle Sagesse dans un grand exil et qui sont sortis d'Adamas, le douzième éon. C'est pourquoi ta force a dit « : Il ne craindra pas le démon de l'heure de midi. » Et l'heure de midi est celle où elle sortit du douzième éon qui est l'heure de midi. Et elle sortit aussi du chaos qui est la nuit, et la nuit elle sortit du douzième éon qui est au milieu de chacun d'eux. C'est pourquoi ta force de lumière a dit : « l'heure de midi, » parce que les douze éons sont au milieu entre te treizième éon et entre le chaos. Et la parole que ta force de lumière a dite par la Douche de David : « Mille tomberont à sa gauche, et des myriades à sa droite, et ils n'approcheront pas de lui, » signifie qu'une multitude de rejetons du triple pouvoir n'auraient pu rester devant la grande lumière de l'émanation de la lumière ; une foule d'entre eux tomba à la gauche de la Fidèle Sagesse, et une foule d'entre eux tomba à sa droite, et ils ne pouvaient s'approcher d'elle.

« Et la parole que ta force de lumière dit par la bouche de David : « Tu les contempleras cependant, et tu verras le traitement des pécheurs, parce que tu es son espérance, Seigneur, » signifie que la Fidèle Sagesse a contemplé ses ennemis qui ont tous été renversés à la fin, et non seulement elle les a vus ainsi, mais toi. Seigneur, le premier mystère, tu as enlevé la force de la lumière qui est dans la force à la face de lion, et tu as enlevé la force à tous les rejetons du triple pouvoir, et tu les as précipités dans le chaos, les empêchant de venir dans leurs régions ; c'est pourquoi la Fidèle Sagesse a contemplé ses ennemis ; elle les a contemplés renversés dans le chaos, et elle a vu aussi la rétribution qui leur a été faite. Ils avaient voulu enlever à la Sagesse sa lumière ; tu les as traités en conséquence, et tu leur as enlevé la lumière qui est en eux, au lieu de lumières de la Sagesse qui a été fidèle à la lumière des régions supérieures, et suivant la manière dont ta force de lumière s'était exprimée par la bouche de David : « Tu a pris un asile dans un lieu élevé, le mal ne t'approchera pas. » Ce qui signifie que lorsque la Fidèle Sagesse, ayant foi en la lumière, était affligée par ses ennemis, elle adressa une hymne à la lumière, et ils ne purent lui faire aucun mal, et ils ne purent approcher d'elle. Et la parole que la force de ta lumière dit par la bouche de David : « Il a commandé à ses anges de te guider dans toutes tes voies et de te porter dans leurs mains, de peur que tu ne te frappes le pied contre une pierre, » signifie ceci : Tu as commandé à Gabriel et Michel de conduire la Sagesse dans toutes les régions du chaos, jusqu'à ce qu'ils l'en aient ramenée, et de la porter clans leurs mains, afin que ses pieds ne touchent pas les ténèbres inférieures. Et la parole que ta force de lumière a dite par la bouche de David : « Tu marcheras sur le serpent et sur le basilic, et tu marcheras sur le serpent et sur le dragon, parce que tu as eu confiance en moi, » signifie que lorsque la Fidèle Sagesse s'est élevée au-dessus du chaos, elle a marché sur les rejetons du triple pouvoir; elle a marché sur ceux qui sont a face de serpent et sur ceux qui sont à face de basilic à sept tètes, et elle a marché sur la force à face de lion, et sur celle qui est à face de dragon, et comme elle fut fidèle à la lumière, elle a été préservée d'eux tous. Telle est, Seigneur, l'explication des paroles que tu as dites. « Et il advint que lorsque le premier mystère eut entendu ces paroles, il dit : «C'est bien, Jacques, que je chéris, » Et le premier mystère continuant de parler dit à ses disciples : « Et il advint que lorsque j'eus reconduit la Fidèle Sagesse dans le chaos, elle s'écria derechef, disant : « Je suis préservée dans le chaos, et je suis délivrée des liens des ténèbres. Je suis venue vers toi, ô lumière, parce que tu as été la lumière, en me préservant et me protégeant de tous côtés, et ceux de mes ennemis qui combattent contre moi ont fui devant la lumière, et ils n'ont pu approcher de moi, parce que ta lumière était avec moi, et que l'émanation de ta lumière me protégeait, lorsque tous mes ennemis qui me tourmentaient m'avaient enlevé mes forces et m'avaient jetée, dépourvue de toute lumière, dans les enfers. Je fus comme une matière inerte devant eux. Et ensuite la force de ton émanation vint de toi vers moi pour me sauver. Elle brilla à ma gauche, et elle brilla à ma droite, et elle m'entourait de toute part, et nulle des régions moyennes où j'étais n'était sans lumière. Tu purifiais en moi toutes mes matières mauvaises, et je fus au-dessus de toutes mes matières à cause de ta lumière et à cause de l'émanation de ta lumière. Je me confiai en ta lumière, et la lumière pure de ton émanation me secourut, et mes ennemis qui me tourmentaient furent éloignés de moi. » Tel est le cantique que dit la Fidèle Sagesse lorsqu'elle fut délivrée des liens du chaos. Et maintenant que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. »

Et quand le premier mystère eut achevé de dire ces paroles, Thomas s'avança et dit : «Seigneur ,mes oreilles ont reçu la lumière, et mon intelligence comprend les paroles que tu as dites. Permets-moi de donner l'explication des paroles qu'a dite la Fidèle Sagesse.»

Et le premier mystère répondant à Thomas, dit : «Je le permets de donner l'explication de l'hymne que m'adressa la Fidèle Sagesse. » Et Thomas dit : « Seigneur, quant à l'hymne que t'adressa la Fidèle Sagesse lorsqu'elle fut délivrée du chaos, ta force de lumière a jadis prophétisé par la bouche de Salomon, fils de David, lorsqu'il a dit dans son ode : « J'ai été préservé des chaînes qui me menaçaient. J'ai fui vers toi, Seigneur, parce que tu as été la main qui m'as protégé et défendu, m'assistent contre ceux qui combattaient contre moi, et ils ne se sont pas montrés, parce que ta face était avec moi, me défendant par un effet de ta grâce. J'ai été frappé et vilipendé devant la multitude, et ils m'ont rejeté. J'ai été comme du plomb devant eux. Mais ta force est venue à mon secours, car tu as posé des lampes à ma droite et à ma gauche, afin qu'autour de moi nul ne manquât de lumière. Tu m'as couvert de l'ombre de ta miséricorde, et j'ai été sur les vêtements de peaux .Ta main droite m'a élevé, et tu m'as guéri de mon infirmité. Je suis devenu fort par ta vérité, et j'ai été sacrifié pour ta justice. Ceux qui combattaient contre moi ont été éloignés, et j'ai été justifié par ta bonté en ton repos et pour l'éternité de l'éternité. » Voilà, Seigneur, l'explication du cantique qu'a dit la Fidèle Sagesse. » Et le premier mystère, après avoir entendu les paroles qu'avait dites Thomas, lui répondit : « C'est bien, Thomas, et grand est ton bonheur; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Elle premier mystère, continuant de parler, dit a ses disciples : « La Fidèle Sagesse m'adressa ensuite une autre hymne, disant : « J'élève derechef ma voix vers toi. Tu m'as retirée de la région élevée des éons qui est au-dessus du ciel, et tu m'as conduite aux régions inférieures, et tu m'as délivrée des régions inférieures, et tu as enlevé la matière qui est dans mes forces, et tu as éloigné de moi les émanations du triple pouvoir qui me tourmentaient et qui étaient mes ennemis, et tu m'as donné ton assistance pour que je fusse délivrée des chaînes d'Adamas et pour que je puisse vaincre le basilic à sept tètes. Tu l'as renversé par mes mains et tu m'as placée au-dessus de sa matière. Tu l'as détruite pour que sa race ne surgit pas depuis; tu es resté avec moi, me donnant de la force, et ta lumière m'a entourée de toutes les régions et tu as rendu sans puissance toutes les émanations du triple pouvoir, car tu leur as enlevé la force de leur lumière, et tu as dirigé mes voies pour me tirer du chaos, et tu m'as fait sortir des ténèbres matérielles, et tu as retiré toutes mes forces de ceux dont tu as enlevé la lumière. Tu as jeté en elles une lumière pure, et tu as donné une lumière pure venant de la lumière des régions supérieures à toutes les parties de mon être qui n'avaient aucune lumière, et la lumière de ta face est devenue pour moi la vie. Tu m'as ramenée au-dessus du chaos, afin que toutes les matières qui sont dans ses régions soient dissoutes, et afin que ta lumière renouvelle toutes mes forces, et qu'elle soit dans elles toutes. Tu as mis en moi la lumière de ton émanation. Je suis devenue une lumière purifiée.» Telle est la seconde hymne que dit la Fidèle Sagesse. Et que celui qui comprend ce cantique avance afin qu'il l'explique.»

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Published by X - dans Gnose
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 05:49

Lorsque Jésus fut ressuscité d'entre les morts, il passa onze ans, parlant avec ses disciples et les enseignant jusques aux lieux non seulement des premiers préceptes et jusques aux lieux du premier mystère, de celui qui est dans l'intérieur des voiles, dans l'intérieur du premier précepte, qui est lui-même le vingt-quatrième mystère, mais aussi des choses qui sont au delà, qui sont dans la seconde place du second mystère, qui est avant tous les mystères ; le père de la similitude de la colombe, Jésus dit à ses disciples : « Je suis venu de ce premier mystère, qui est le même que le dernier mystère, qui est le vingt-quatrième. » Ses disciples ne connaissaient ni ne comprenaient ces choses, car aucun d'eux n'avait pénétré ce mystère, mais ils pensèrent que ce mystère était le sommet de l'univers et la tête de toutes les choses qui existent ; et ils pensèrent que c'était la fin de toutes les fins, car Jésus leur avait dit, au sujet de ce mystère, qu'il environne le premier précepte, et les cinq empreintes, et la grande lumière, et les cinq assistants, et également tout le trésor de la lumière.

Et Jésus n'avait pas encore annoncé à ses disciples toute l'émanation de toutes les régions du grand invisible, et des trois triples pouvoirs, et des vingt-quatre invisibles et de leurs régions, et de leurs éons, et de leurs rangs, le tout selon la manière dont émanent ceux qui sont les mêmes que les proboles du grand invisible, et il ne leur avait pas dit leurs naissances et leurs créations, et leur vivification, et leurs archons, et leurs anges, et leurs archanges, et leurs décans, et leurs satellites, et toutes les maisons de leurs sphères ; Jésus n'avait pas dit à ses disciples toute l'émanation des proboles du trésor de la lumière ; il ne leur avait pas parlé de leurs sauveurs selon l'ordre de chacun d'eux et le mode de leur existence; il ne leur avait pas parlé des régions des sauveurs jumeaux, qui est l'enfant de l'enfant, et il ne leur avait pas dit le lieu des trois amen qui sont dispersés dans l'espace ; il ne leur avait pas dit en quel lieu émanent les cinq arbres, ni les sept amen qui sont les mêmes que les sept voix, ni quelle est leur région selon le mode de leur émanation ; Jésus n'avait pas dit non plus à ses disciples quelles sont les régions des cinq assistants ou en quelle région ils sont; il ne leur avait pas parlé des cinq empreintes, ni du premier précepte et en quel lieu elles sont; il avait seulement, en parlant avec ses disciples, révélé l'existence de ces êtres, mais il ne leur avait pas expliqué leur émanation et le rang de leur région; ils ne savaient donc pas qu'il y avait d'autres régions dans l'intérieur de ce mystère, et il n'avait pas dit à ses disciples de quel lieu il était sorti jusqu'à ce qu'il entrât ans ce mystère, jusqu'à ce qu'il en fût émané, mais il leur avait dit en les enseignant : « Je suis venu de ce mystère. » C'est pourquoi ils pensaient, au sujet de ce mystère, que c'était la fin de toutes les fins, et que c était le sommet de l'univers, et que c'était le plérôme entier. Et Jésus dit à ses disciples : « Ce mystère environne toutes les choses que je vous ai dites depuis le jour où je suis venu vers vous jusqu'au jour d'aujourd'hui.» C'est pourquoi les disciples ne pensaient pas qu'il y eût quelque chose dans l'intérieur de ce mystère.

Il advint que les disciples étant assis ensemble sur le mont des Oliviers, dirent ces paroles et se livrant à une grande allégresse, se réjouissaient et se disaient mutuellement : « nous sommes plus heureux que tous les hommes qui sont sur la terre parce que le Sauveur nous a révélé toutes ces choses et que nous avons reçu toute élévation et toute perfection. » Et, tandis qu'ils parlaient ainsi, Jésus était assis un peu à l'écart. Et il arriva que le quinzième jour de la lune du mois de tobé qui était le jour où la lune était pleine, ce même jour, le soleil s'étant levé dans sa marche ordinaire, il parut ce jour-là une grande force de lumière, jetant un éclat incomparable, et nulle espèce de lumière n'en approchait. Car elle sortait de la lumière des lumières, et elle vint sur Jésus et l'enveloppa tout entier. Il était un peu éloigné de ses disciples et il brillait d'un éclat incomparable.

Les disciples ne voyaient pas Jésus à cause de la grande lumière qui l'entourait, car leurs yeux étaient aveuglés par l'éclat de cette lumière. Ils apercevaient seulement la lumière qui lançait de grands jets de lumière. Ces jets n'étaient pas égaux entre eux, et la lumière n'était pas partout égale, et elle se dirigeait en diverses directions, depuis la partie inférieure jusqu'à la partie supérieure, et la splendeur de cette lumière atteignait depuis la terre jusqu'aux cieux. Et les disciples, en voyant cette lumière, furent dans un grand trouble et dans un grand effroi. Et il advint qu'une grande splendeur lumineuse vînt sur Jésus et l'enveloppa peu à peu. Alors Jésus fut élevé au-dessus de la terre, et il plana, et s'envola, resplendissant d'une clarté immense. Et les disciples le regardèrent jusqu'à ce qu'il fût monté au ciel, aucun d'eux ne prenant la parole, mais ils étaient tous dans un grand silence. Et ces choses se passèrent le quinzième jour de la lune, le jour où se termine le mois de tobé .

Et il arriva que lorsque Jésus fut monté dans le ciel après la troisième heure, toutes les forces des cieux se troublèrent et s'agitèrent entre elles, et tous les éons, et toutes les régions et tous leurs ordres , et la terre entière fut agitée, ainsi que tous ses habitants. Et tous les hommes furent troublés ainsi que les disciples, et ils pensaient qu'il était possible que le monde fût au moment d'être détruit. Et toutes les forces qui étaient dans le ciel ne cessèrent point être troublées, et elles s'agitèrent entre elles, depuis la troisième heure du quinzième jour de la lune de tobé jusqu'à la neuvième heure du jour suivant. Et tous les anges, et les archanges, et toutes les puissances des régions supérieures chantaient des hymnes, de sorte que le monde entier entendait leur voix qui ne cessa point jusqu'à la neuvième heure du jour suivant. Mais les disciples étaient assis ensemble, épouvantés et livrés au trouble le plus extrême. Ils s'effrayaient du grand mouvement qui avait lieu, el ils pleuraient ensemble disant: Qui est-ce qui arrivera? Est-ce que le Sauveur détruira toutes les régions ? Et en parlant ainsi ils versaient ensemble des larmes, et la neuvième heure du jour suivant, les cieux s'ouvrirent et ils virent Jésus qui descendait, resplendissant d'un éclat extraordinaire. Et cette lumière n'était pas égale, mais il y en avait de diverses façons, et elle se divisait en des lumières infinies, plus éblouissantes les unes que les autres. Il y en avait de trois espèces qui brillaient d'une manière différente, la seconde qui était au milieu l'emportait sur la première, et la troisième était supérieure aux deux autres. Et la première lueur était semblable à la lumière qui était venue envelopper Jésus avant qu'il montât aux cieux.

Et il advint que lorsque les disciples virent cela, ils furent grandement troublés et saisis d'effroi. Et Jésus miséricordieux el doux, voyant ses disciples extrêmement troublés , leur parla, disant : « Rassurez-vous , c'est moi, ne craignez point. » Et lorsque les disciples entendirent ces paroles, ils dirent : « Seigneur, si tu retires à toi cette lumière éblouissante, nous pourrons rester ici ; sinon, nos yeux resteront aveuglés, et nous sommes troublés, et le monde entier est aussi troublé à cause de la grande lumière qui t'environne; » alors Jésus retira eu lui la splendeur de sa lumière, et les disciples rassurés vinrent vers Jésus, et se prosternant à la fois devant lui, ils l'adorèrent, disant : « Maître, où as-tu été, et à quelle fonction as-tu été appelé? et d'où viennent tous ces troubles et toutes ces perturbations qui ont lieu ?» Et Jésus, plein de miséricorde, leur dit : « Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, depuis l'heure où-je suis venu aux lieux d'où je suis sorti, car dès ce moment, je vous parlerai en toute clarté depuis le commencement de la vérité jusqu'à la fin et je vous parlerai face à face sans parabole. Je ne vous cacherai rien, dès cette heure, à l'égard des choses qui appartiennent aux régions supérieures et à l'égard de celles qui appartiennent aux régions de la vérité. Car l'autorité m'a été donnée par l'Ineffable et par le premier mystère de tous les mystères par qui je vous parle depuis le commencement jusqu'à l'accomplissement et depuis les choses intérieures jusqu'aux extérieures et depuis les choses extérieures jusqu'aux intérieures. Écoutez donc afin que je vous dise toutes ces choses.

« Il advint que j'étais assis à quelque distance de vous dans le jardin des Olives, méditant sur l'ordre de la mission pour laquelle j'avais été envoyé, car elle était accomplie, et le dernier mystère, qui est le même que le vingt-quatrième mystère depuis les choses intérieures jusqu'aux extérieures, ne m'avait pas encore envoyé un vêtement (vestimentum, ἔνδυμα), et ces choses sont dans la seconde place du premier mystère dans l'ordre de ses places.

« Il advint que lorsque je comprenais que le but de mon ministère pour lequel j'étais venu était accompli, et que le mystère ne m'avait pas encore envoyé mon vêtement, le temps n'étant pas accompli, et lorsque je méditais sur ces choses, assis dans le jardin des Oliviers, à quelque distance de vous, le soleil se levant aux lieux où l'a placé le premier mystère par lequel il a été créé, voici que d'après l'ordre du premier mystère, mon vêtement de la lumière me fut: envoyé, celui qui m'avait été donné depuis le commencement, et que j'ai mis dans le dernier mystère qui est le vingt-quatrième mystère depuis ceux qui sont dans le rang de la seconde place du premier mystère, et c'est ce vêtement que je mis dans le dernier mystère jusqu'à ce que le temps fut accompli où je devais commencer à parler avec la race humaine et à leur révéler toutes choses depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin , en parlant depuis les intérieurs des intérieurs jusqu'aux extérieurs des extérieurs; réjouissez-vous donc et soyez pleins d'allégresse , parce qu'il vous a été donné que je vous parle depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin. Je vous ai choisis dès le commencement par le premier mystère. Réjouissez-vous, car, descendant dans le monde, j'ai, depuis le commencement, conduit avec moi douze forces selon la manière que je vous ai dite dès le commencement. Je les ai prises des douze sauveurs du trésor de la lumière suivant le commandement du premier mystère; je les ai jetées dans le sein de nos mères, en venant dans le monde, et ce sont celles qui sont aujourd'hui dans notre corps. Ces forces m'ont été données au-dessus de tout le monde, car vous devez sauver le monde entier, pour que vous puissiez souffrir les menaces des chefs du monde, et les peintes du monde, et ses périls, et ses persécutions.

« Je vous ai dit bien des fois que la force qui a été mise en vous , je l'avais tirée des onze sauveurs qui sont dans le trésor de la lumière. C'est pourquoi je vous ai dit dès le commencement que vous n'étiez pas de ce monde, et moi je n'en suis pas. Tous les hommes qui sont dans le monde, ont pris des âmes des archons des éons. Mais a force qui est en vous vient de moi, car votre âme appartient aux régions supérieures. J'ai amené les douze sauveurs du trésor de la lumière que j'ai prise d'une portion de ma force que j'ai prise la première, Et lorsque je suis venu en entrant dans le monde, je suis venu au milieu des archons des sphères, semblable à Gabriel, l'ange des éons, et les archons des éons ne m'ont pas connu, mais ils pensaient que j'étais lange Gabriel.

« Il advint que lorsque je fus venu au milieu des chefs des éons, je regardai d'en haut le monde des hommes suivant le commandement du premier mystère, et je trouvai Elisabeth, mère de Jean-Baptiste avant qu'elle l'eut conçu. Je mis en elle la force que j'avais reçue du petit Jaô, le bon qui est dans le milieu, afin qu'il pût prêcher avant moi, et qu'il préparât ma voie, et qu'il baptisât de l'eau de la rémission des péchés .Et cette force est dans le corps de Jean. Et au lieu d'un archon destiné à la recevoir, je trouvai l'âme d'Élie le prophète dans la sphère des éons, et je le pris, et je reçus son âme, et je la conduisis à la vierge, fille de la lumière, et celle-ci la donna à ses héritiers qui la conduisirent dans la sphère des archons et la placèrent dans le sein d'Elisabeth. La force du petit Jaô, de celui qui est au milieu , et l'âme d'Élie le prophète, ont été liées dans le corps de Jean-Baptiste. C'est pourquoi vous avez douté au temps que je vous ai dit : Jean dit : Je ne suis pas le Christ, et vous me dites : il est écrit dans l'Écriture, que si le Christ vient, Élie viendra avant lui et lui préparera la voie. Mais lorsque vous m'avez parlé ainsi, je vous ai répondu : Élie est véritablement venu et il a préparé toutes choses selon la manière qui a été écrite, et ils lui ont fait ce qu'ils ont voulu. Et comme je connaissais que vous ne compreniez pas ce que je vous ai dit de l'âme d'Élie liée en Jean-Baptiste, je vous ai répondu dans un discours en parabole, vous parlant face à face, si vous voulez comprendre Jean-Baptiste et cet Élie dont je vous ai annoncé la venue. »

Et Jésus continuant de parler, dit : « Il advint ensuite que, suivant le commandement du premier mystère, je regardai d'en haut le monde des hommes, je trouvai Marie qui est appelée ma mère selon la chair, je lui parlai sous la figure de Gabriel, et lorsqu'elle se fut élevée vers moi, je mis en elle la première force que je reçus de Barbelon, c'est-à-dire le corps qui venait des régions supérieures. Et au lieu de l'âme, je mis en elle la force que je reçus du grand Sabaoth, le bon qui est dans la division de droite, et les douze forces des douze sauveurs du trésor de la lumière que je reçus des douze diacres qui sont dans le milieu, je la portai dans la sphère des archons. Et les décans des archons et de leurs satellites pensaient que c'était les âmes des archons, et ils la portèrent aux satellites, et je les liai dans les corps de vos mères. Et lorsque votre temps fut accompli, elles vous enfantèrent dans le monde, nulle âme des archons n'existant en vous.»

Lorsque Jésus eut dit ces choses à ses disciples sur le mont des Olives, il continua de parler et il dit : « Réjouissez-vous, et que la joie se place sur votre joie, parce que les temps sont accomplis où je revêtirai mon vêtement qui m'a été préparé dès le commencement et que j'ai mis dans le dernier mystère jusqu'au temps de sa perfection, mais son temps n'était pas accompli, le temps prescrit par le premier mystère, pour que je vous parle depuis le commencement de la vérité jusqu'à sa fin, et depuis les intérieurs des intérieurs, parce que le monde doit être sauvé par vous. Réjouissez-vous donc et soyez dans la joie, car vous êtes heureux au dessus de tous les hommes sur la terre puisque vous devez sauver le monde entier.

Et lorsque Jésus eut fini de dire ces paroles à ses disciples, il dit : « voici que je reçus mon vêtement, et toute science m'est donnée pour le premier mystère. Encore un peu de temps et je vous dirai tout mystère et tout pleurôme et je ne vous cacherai rien depuis cette heure, mais dans la perfection je vous instruirai de toute perfection et de tous les mystères qui sont eux-mêmes la fin de toutes les fins et le pleurôme de tous les pleurômes et la gnose de toutes les gnoses qui sont dans mon vêtement ; je vous dirai tous les mystères depuis l'intérieur des intérieurs jusqu'à l'extérieur des extérieurs; écoutez donc, et que je vous dise toutes les choses qui me sont arrivées.

« Il advint que lorsque le soleil se leva dans les lieux de l'Orient, une grande puissance de lumière descendit, dans laquelle était mon vêtement que je mis dans le vingt-quatrième mystère comme je vous l'ai déjà dit. Et je trouvai le mystère dans mon vêtement écrit dans les cinq paroles qui appartiennent aux régions supérieures et qui sont : Zama, zama ôzza rachama ôzai, dont l'explication est celle-ci : le mystère, qui est en dehors du monde et qui est cause que l'univers entier ait été fait, c'est toute l'agression et toute l'élévation; il projette toutes les émanations et ce qui est en elles toutes. Je suis venu vers nous (veni ad nos) pour que nous nous associons a toi, mais nous étions tous avec toi. Nous sommes un et identique, et tu es un et identique. C'est le premier mystère qui a été fait depuis le commencement et qui est ineffable avant l'émanation, et nous sommes tous son nom.

«Maintenant, nous vivons donc tous ainsi pour toi dans la dernière limite qui est la même que le dernier mystère depuis l'intérieur.

« Nous t'avons envoyé ton vêtement qui est le tien depuis le commencement que tu l'as placé dans la dernière limite, jusqu'à ce que son temps soit accompli suivant le commandement du premier mystère. Et, son temps étant accompli, je te le donnerai. Viens à nous, parce que nous sommes tous en toi, pour que nous te revêtions du premier mystère et de toute sa gloire, suivant l'ordre de celui qui nous a donné le premier mystère, car tu es notre prédécesseur et tu as été fait avant nous. Hâte-toi, revêts ce vêtement; viens à nous, car nous avons besoin de toi, afin que nous te revêtions de ce vêtement jusqu'à ce que le temps déterminé par l'Ineffable soit accompli. Ce temps est déjà accompli. Viens donc promptement vers nous afin que nous t'en revêtions jusqu'à ce que tu accomplisses tout le ministère de la perfection du premier mystère déterminée par l'Ineffable. Viens à nous et laisse le monde. Viens donc; tu recevras aussitôt toute ta gloire qui est la gloire du premier mystère.

« Et lorsque je vis le mystère de toutes ces paroles dans le vêtement qu'il m'avait envoyé, je m'en revêtis à cette heure, et je devins une lumière immense, et je volai dans les régions supérieures, et je vins aux portes du firmament étant devenu une lumière incomparable. Et toutes les portes du firmament s'émurent et s'ouvrirent.

«Ayant quitté ce lieu, je montai dans la première sphère, et je brillai d'une lumière des plus immenses, quarante fois neuf fois plus grande que celle dont je rayonnais dans le firmament, et, lorsque je vins aux portes de la première, toutes ses portes s'émurent et s'ouvrirent à la fois el d'elles-mêmes. J'entrai dans le séjour des sphères, jetant une lumière immense, et tous les archons furent dans un grand trouble, et s'agitant tous dans cette sphère, ils virent la grande lumière qui m'appartenait. Et regardant mon vêtement, ils virent en lui le mystère de son nom, et leur trouble augmenta. Et ils furent dans une grande épouvante, disant : « Est-ce que le Seigneur de l'univers nous a changés à notre insu? » Et tous leurs liens furent brisés, ainsi que leurs rangs. Et chacun s'arrêta en son rang, se prosternant tous à la fois devant moi et devant mon vêtement, ils m'adorèrent, et ils chantèrent tous des hymnes de l'intérieur des intérieurs, éprouvant une grande crainte et une grande perturbation. Et, quittant ce lieu, je vins aux portes de la seconde sphère qui est l'Heimarméné et toutes ses portes s'émurent et s'ouvrirent d'elles-mêmes. Et j'entrai dans le séjour de l'Heimarméné entouré d'une lumière immense , et il n'y avait nulle espèce de lumière qui ne fût en moi. Et la lumière était quarante fois neuf fois plus grande dans l'heimarméné que dans la sphère. Et tous les archons qui sont dans cette sphère se troublèrent et ils tombèrent les uns sur les autres, saisis d'une grande épouvante en voyant la lumière qui m'appartenait. Et, regardant mon vêtement, ils virent, dans mon vêtement, le mystère de son nom, et de plus en plus troublés, ils furent saisis de crainte, disant entre eux : « Comment le Seigneur nous a-t-il changés, sans que nous le sachions? » Et les liens de leurs liens et de leurs rangs et de leurs séjours furent brisés, et chacun s'arrêta en son rang. Et tous se prosternant devant moi et devant mon vêtement, ils m'adorèrent. Et tous chantèrent une hymne depuis l'intérieur des intérieurs, étant saisis d'une grande crainte et d'un grand trouble. Et, laissant ce lieu et montant vers les grands archons des éons, je vins à leurs voiles et à leurs portes, montrant une lumière immense, et il n'y avait nulle espèce de lumière qui ne fût en moi. Et il advint que lorsque je parvins aux douze éons, leurs voiles et leurs portes furent grandement troublés, et leurs voiles se replièrent d'eux-mêmes, et leurs portes s'ouvrirent à la fois, et j'entrai vers es éons, brillant d'une lumière immense, à laquelle nul genre de lumière n'était étranger, et celte lumière était quarante fois neuf fois plus grande dans l'Heimarméné. Et leurs anges, et leurs éons, et leurs archanges, et leurs archons, et leurs dieux, et leurs seigneurs, el leurs forces, et leurs étincelles, et leurs ancêtres, et leurs triples pouvoirs me virent, moi qui étais la lumière immense et auquel nulle espèce de lumière n'était étrangère. Et ils furent extrêmement troublés. Et une grande frayeur s'empara d'eux lorsqu'ils virent la lumière éblouissante qui était à moi. Et leur trouble et leur crainte parvinrent jusqu'aux régions du grand Maître des cieux et jusqu'à celles des trois grands triples pouvoirs. Et à cause de leur grande frayeur, le grand Maître et les trois triples pouvoirs ne cessèrent de courir de çà et de là dans leurs régions, et ils ne purent fermer leurs régions à cause de la grande frayeur qu'ils éprouvaient, et ils réunirent tous leurs éons et toutes leurs sphères, et tous leurs sujets, troublés et effrayés à l'extrême à cause de la grande lumière qui était en moi, bien différente de celle qui m'appartenait lorsque j'étais sur la terre des hommes, lorsque le vêtement resplendissant était venu sur moi. Car il ne pouvait souffrir la lumière, comme elle est dans sa vérité, autrement le monde se dissoudrait ainsi que toutes les choses qu'il contient. Mais la lumière qui était en moi, chez les douze éons, est huit fois mille fois et sept fois cent fois plus grande que celle qui fut avec moi dans le monde avec vous.

« Il advint que tous ceux qui étaient chez les douze éons furent dans le plus grand trouble, lorsqu'ils virent la grande lumière qui était en moi ; ils coururent çà et là dans leurs régions, et tous les éons furent troublés, et tous les cieux et tous leurs mondes à cause de l'épouvante qu'ils éprouvaient, parce qu'ils ne connaissaient pas le mystère qui était accompli. Et Adamas, le grand tyran, et tous les tyrans qui sont chez tous les éons, commencèrent à combattre en vain contre la lumière. Et ils ne purent pas voir qui ils combattaient, parce qu'ils ne voyaient rien qu'une lumière très éclatante. Et il advint que lorsqu'ils combattaient contre la lumière, ils succombèrent tous et, tombant sans force, ils devinrent comme les habitants de la terre quand ils sont morts, et qu'en eux il n'y a plus de souffle. Et j'enlevai la troisième partie de la force d'eux tous, afin qu'ils ne persistassent pas dans leurs mauvaises pratiques, et pour que si les hommes, qui sont dans le monde, les invoquaient dans leurs mystères que les anges pécheurs ont révélés et qui sont la magie, afin donc que si les hommes les invoquaient dans leurs mauvaises pratiques, ils ne pussent les accomplir.

«Et je changeai les heimarménés et les sphères qui sont leurs souveraines, et je les rendis pendant six mois tournées vers la gauche et accomplissant leurs influences, et pendant six mois tournées vers la droite et accomplissant leurs influences d'après le commandement du premier précepte, et d'après le commandement du premier mystère, Iaô, le gardien de la lumière, les avait placés regardant à gauche en tout temps, et accomplissant leurs influences et leurs fonctions Et il advint que lorsque j'arrivai à leurs régions, ils furent indociles à la lumière et en hostilité avec elle. C'est pourquoi je leur enlevai la troisième partie de leur force, afin qu'ils ne pussent accomplir leurs mauvaises pratiques, et je changeai les heimarménés et les sphères, les plaçant tournées à droite pendant six mois accomplissant leurs influences, et tournées à gauche pendant six mois. » Et quand le Sauveur eut ainsi parlé à ses disciples, il dit : « Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre. »

Et quand Marie eut entendu les paroles qu'avait dites le Sauveur, elle regarda dans l'air avec étonnement pendant la durée d'une heure, et elle dit : « Seigneur, permets-moi de parler avec sincérité. » Et Jésus le miséricordieux répondit à Marie : « Marie, tu es heureuse ; je t'instruirai de tous les mystères qui appartiennent aux régions supérieures ; parle avec sincérité, toi dont le cœur est plus que celui-là de tous tes frères dirigé vers le royaume des cieux. »

Et Marie dit au Sauveur : « Seigneur, tu as dit : « que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre, » afin que nous entendions les paroles que tu as dites. Écoute-moi donc, Seigneur ; tu as dit : « J'ai enlevé la troisième partie de la force de tous les archons des éons, et j'ai changé leurs heimarménés et leurs sphères qui sont leurs souveraines, afin que si la race des hommes qui sont en ce monde les invoquait dans leurs mystères que les anges pécheurs leur ont enseignés pour accomplir leurs méfaits, dans les mystères de leur magie, ils ne pussent dès cette heure, accomplir leurs méfaits,» car tu leur as enlevé leur force el leurs devins ; et ceux qui montrent aux hommes qui sont dans le monde toutes les choses futures, n'ont plus la faculté, depuis cette heure, de leur montrer l'avenir, parce que tu as changé leurs sphères et que tu les as rendus durant six mois tournées à gauche, accomplissant leurs influences, et durant six autres mois tournées à droite, accomplissant leurs influences. C'est de tes paroles, Seigneur, qu'a parlé la force qui était dans Isaïe le prophète , et qu'elle a dit en parabole, en parlant de l'Égypte : « Où donc, Égypte, où sont tes devins elles interprètes de l'heure, et ceux qu'ils évoquent de la terre, et ceux qu'ils appellent eux-mêmes ?» La force qui était dans Isaïe le prophète a donc prophétisé, avant que tu ne vinsses, et elle a annoncé que tu enlèverais leur force à tous les archons des éons, et que tu changerais leurs sphères et leurs heimarménés. Et quand le prophète a dit: « Vous ne savez pas ce qu'accomplira le Seigneur, » cela signifie que nul des archons ne sait ce que tu accompliras dès cette heure, et ce qu'a dit Isaïe de l'Égypte, doit se dire aussi de la matière sans efficacité, et Isaïe parlait de la force qui est aujourd'hui dans ton corps matériel, et que tu as prises dans Sabaoth le bon, qui est dans la région de droite. C'est donc pour ce motif que tu nous as dit, Seigneur Jésus : que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre, parce que ta sais si le cœur de chacun aspire ardemment vers le royaume des cieux. »

Et lorsque Marie eut cessé de dire ces paroles , le Sauveur dit: « C'est bien, Marie, tu es heureuse au-dessus de toutes les femmes qui sont sur la terre, car tu seras le pleurôme de tous les pleurômes, et la fin de toutes les fins. » Et quand Marie eut entendu le Sauveur s'exprimer de la sorte, elle ressentit une extrême allégresse, et allant vers Jésus, elle se prosterna devant lui et adora ses pieds, en disant: « Seigneur, écoute-moi, et permets que je t'interroge au sujet des paroles que tu m'as dites concernant les régions dans lesquelles tu as été. »

Et Jésus répondant à Marie, dit : « Parle avec franchise et ne crains rien ; je te révélerai toutes les choses que tu demanderas. » Et elle dit : « Seigneur, tous les hommes sachant les mystères de la magie des archons de tous les éons, et de la magie des archons de l'heimarméné et de ceux qui appartiennent à la sphère, comme les anges méchants les leur ont enseignés, et ils les invoquent dans leurs mystères qui sont leur magie pour empêcher de bonnes actions, pourront-ils accomplir leurs projets en ce temps, ou non? »

Et Jésus répondant à Marie, dit : « Ils ne les accompliront pas comme ils les accomplissaient depuis le commencement, lorsque je leur enlevai la troisième partie de leur force. Mais ils feront la faute en ceux qui savent les mystères de la magie du treizième éon. »

Et quand Jésus eut dit ces paroles, Marie se leva et dit : « Seigneur, les devins et les observateurs de l'heure (les astrologues, les faiseurs d'horoscopes), montreront-ils dès lors aux hommes les choses futures? » Et Jésus répondit à Marie : « Si les observateurs de l'heure tombent sur les heimarménés et les sphères tournées vers la gauche suivant leur première émanation, leurs paroles s'accompliront, et ils diront ce qui devra arriver, mais s'ils rencontrent les heimarménés , ou que les sphères soient tournées vers la droite, ils n'annonceront rien devrai, parce que leurs influences seront retournées ainsi que leurs quatre angles, et leurs trois angles, et leurs huit figures. Car, dès le commencement, leurs quatre angles et leurs trois angles, et leurs huit figures étaient tournés vers la gauche. Mais je les changerai, faisant qu'elles se tournent six mois vers la gauche et six mois vers la droite. Celui qui aura trouvé leur nombre depuis le temps que je les ai changées en réglant que, pendant six mois, elles regardent leur voie gauche, et pendant six mois elles regardent leur voie droite; celui qui les aura observées de cette manière, aura exactement leurs influences, et annoncera toutes les choses qu'elles feront. Il en sera de même des devins, s'ils invoquent le nom des archons, pour que leurs influences tournées vers la gauche se révèlent à eux. Et sur toutes les choses à l'égard desquelles ils interrogeront les décans, ceux-ci les diront exactement. Et si les devins invoquent leurs noms, regardant vers la droite, ils ne les entendront point regardant vers une autre figure, selon leur première disposition dans laquelle Iaô les a placées, et ils seront dans un grand trouble, ne connaissant pas leurs trois angles et leurs quatre angles, et toutes leurs figures »

Et il advint que Jésus ayant prononcé ces paroles , Philippe étant assis , écrivait toutes les paroles que Jésus disait, et ensuite Philippe s'avançant, se prosterna et adora les pieds de Jésus, disant : « Mon Sauveur et Seigneur, donne-moi la permission de parler, et je t'interrogerai au sujet de la parole que tu nous a dite, concernant les régions où tu as été à cause de ta mission. » Et le Sauveur miséricordieux répondant à Philippe, dit : « La permission est donnée, dis ce que tu veux dire. » Et Philippe répondit a Jésus : « Seigneur, à cause du mystère, tu as changé les rapports des archons, et de leurs éons, et de leurs heimarménés et de leurs sphères, et de toutes leurs régions , et tu les as rendus tous troublés dans leur voie et égarés dans leurs courses ; as-tu fait ces choses pour le salut du monde ou non? »

Jésus répondant, dit à Philippe et à ses disciples : « J'ai changé leur voie pour le salut de toutes les âmes ; en vérité , en vérité, je vous le dis; si je n'avais changé leur voie, ils auraient perdu une multitude d'âmes, et il se serait passé beaucoup de temps sans que les archons des éons et les archons de l'heimarméné et de la sphère, et toutes leurs régions, et tous leurs cieux, et tous leurs éons eussent été détruits , et les âmes auraient passé beaucoup de temps hors de ce lieu, et le nombre des âmes des justes qui seront mises par le mystère dans la possession des régions supérieures , et qui seront dans le trésor de la lumière , eût cessé d'être accompli. C'est pourquoi j'ai changé leur voie pour qu'ils fussent troublés, et qu'étant troublés, ils perdissent la force qui est dans la matière de leur monde, afin que ceux qui doivent être sauvés soient promptement purifiés, et transportés dans les régions supérieures, et afin que ceux qui ne doivent pas être sauvés soient détruits. »

Et quand Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, Marie s'avança, belle dans son langage et heureuse, et elle se prosterna aux pieds de Jésus, disant: « Seigneur, pardonne-moi si je te parle, et ne te courrouce pas contre moi si je te cause de l'ennui en t'interrogeant souvent. » Et le Sauveur, répondant en sa miséricorde, dit à Marie : « Dis ce que tu voudras, et je te révélerai avec clarté. » Et Marie répondant, dit à Jésus : « Seigneur, comment les âmes s'arrêteront-elles hors de ce lieu, et de quelle manière seront-elles promptement purifiées? » Et Jésus répondant, dit à Marie: « C'est bien, Marie, tu cherches la vérité dans tes questions qui sont bonnes, et tu fournis la lumière à toutes choses par ton empressement et ton zèle. Dès cette heure, je ne vous cacherai rien, mais je vous révélerai toutes choses avec soin et avec clarté. Ecoute-donc, Marie, et vous tous, mes disciples, recueillez ma parole.

« Avant que je ne divulguasse ma mission à tous les archons des éons, et à tous les archons de l'heimarméné et des sphères, ils étaient tous liés à leurs chaînes et à leurs sphères et à leurs sceaux selon la manière que Iaô, le gardien de la lumière, les lia dès le commencement, et chacun d'eux restait dans son rang, et chacun d'eux marchait dans son parcours, selon la manière que les avait disposés laô le gardien de la lumière. Et lorsque fut venu le temps du nombre de Melchisédech, le grand héritier de la lumière, il vint au milieu des éons et de tous les archons, liés dans les sphères, et il ôta la pure lumière à tous les archons des éons et à tous les archons de l'heimarméné, et des sphères. Car il ôta ce qui les avait troublés. Et il excita leur surveillant qui est sur eux, pour qu'il tournât aussitôt leurs cercles, et il enleva la force qui est en eux, et le souffle de leur bouche, et les larmes de leurs yeux et la sueur de leurs corps. Et Melchisédech, l'héritier de la lumière, purifia ces forces, pour porter leur lumière dans le trésor de la lumière, et les satellites de tous les archons recueillirent toute leur matière, et les satellites des archons de toute les heimarménés, et les satellites des sphères qui sont au-dessous des archons, la reçurent pour qu'ils fissent les âmes des hommes et des troupeaux et des reptiles et des bêtes et des oiseaux, et qu'ils les envoyassent dans le monde des nommes. Et les puissances du soleil, et les puissances de la lune, lorsqu'elles regardèrent le ciel et qu'elles virent les places des voies des éons et des heimarménés et des sphères, virent que la lumière leur avait été enlevée. Et prenant la pure lumière et le résidu de la matière, elles la portèrent dans la sphère qui est au-dessous des éons pour en faire les âmes des hommes et pour eu faire les reptiles, et les bêtes de somme,et les animaux, et les oiseaux, suivant le cercle des archons de cette sphère, et suivant tous les figures de leur conversion, afin de les rejeter dans le monde des hommes, pour y devenir des âmes de ce lieu, et cela selon a manière que je vous ai déjà dite.

« C'est ce qu'ils faisaient avec persévérance, avant que leur force ne fût diminuée en eux et qu'elle ne fût affaiblie et qu'ils ne devinssent débiles et sans puissance. Et il advint que lorsqu'ils furent sans puissance et que leur force eut cessé en eux, et qu'ils devinrent débiles en leur force, et que la lumière qui est dans leur région eut cessé, et que leur règne fut dissous, il advint que lorsqu'ils connurent ces choses pour un temps, et lorsque le nombre assigné à Melchisédech, l'héritier de la lumière, fut accompli, il vint de nouveau pour entrer au milieu de tous les archons des éons, et de tous les archons de l'heimarméné et de la sphère, et il les troubla pour remettre promptement leurs cercles, et il les comprima pour jeter la force hors d'eux, du souffle de leur bouche, et des larmes de leurs yeux et de la sueur de leurs corps. Et Melchisédech, l'héritier de la lumière, les purifia suivant la manière qu'il accomplit avec persévérance, et il porta leur lumière dans le trésor de la lumière .

«Et lorsque je vins pour monter au ministère où j'avais été appelé par l'ordre du premier mystère, je montai au milieu des douze archons des éons, revêtu de mon vêtement, et je resplendissais d'une lumière immense, et il n'y avait nulle espèce de lumière qui ne fût en moi. Et lorsque tous les tyrans, le grand Adamas, et les tyrans de tous les onze éons , tous s'efforcèrent de combattre avec la lumière de mon vêtement, voulant en avoir la possession entre eux afin de rester dans leurs royaumes. Ils faisaient ainsi,, ne sachant pas avec qui ils combattaient. Et lorsqu'ils combattaient ainsi avec la lumière, moi, suivant l'ordre du premier mystère, changeant leurs voies et les armes de ses éons, et les voies de ses heimarménés y et les voies de sa sphère, je les mis pendant six mois en regard des trois angles de gauche, et des quatre angles, et des choses qui sont dans leur région, et dans leur huit figures selon la manière où ils étaient dès le commencement. Je changeai leur conversion et leur direction .

«Mais quand j'eus enlevé la troisième partie de leurs forces, je changeai leurs sphères, afin qu'ils regardassent quelque temps à gauche, et qu'ils regardassent quelque temps droite. Je changeai toute leur voie, et toute leur course, et j'accélérai la voie de leur course afin qu'ils fussent purifiés rapidement, et j'abrégeai leur cercle, et je rendis légère leur voie. Et ils se hâtèrent beaucoup, et ils furent excités en leur voie, et ils ne purent, dès cette heure, dévorer la matière de leur pure lumière. Et j'abrégeai leurs temps et leur durée afin que le nombre des âmes justes qui recevront les mystères et seront dans le trésor de la lumière, fût promptement accompli. Si je n'avais changé leur course,et si je n'avais abrégé leur temps, ils n'auraient laissé aucune âme venir dans le mon de, à cause de la matière de leur résidu (faecis) qu'ils ont dévorée, et une multitude d'âmes auraient été perdues. C'est pourquoi je vous ai dit dans le temps : « J'ai abrégé les temps à cause de mes élus. » Autrement nulle âme n'eût pu être sauvée. J'ai abrégé les temps et les durées à cause du compte des âmes justes qui recevront les mystères et qui sont les âmes des élus, et si je n'avais abrégé leur temps, nulle âme matérielle n'eût pu être sauvée» mais elles auraient été consumées dans le feu qui est dans la chair des archons, et telles sont les choses au sujet desquelles tu m'as interrogé. »

Et lorsque Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, tous se prosternèrent à la fois et l'adorèrent en disant : « Nous, tes disciples, nous sommes élevés au-dessus de tous les hommes, à cause de la grandeur des choses que tu nous révèles. »

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples : « Écoutez, écoutez ce qui m'arriva avec les archons, des douze éons, et avec tous leurs archons, et leurs maîtres, et leurs autorités, et leurs anges, et leurs archanges. Lorsqu'ils virent le vêtement brillant qui est sur moi, car chacun d'eux vit le mystère de son nom qui est en mon vêtement brillant dont j'étais revêtu»,tous se prosternèrent à la fois, adorant le vêtement brillant qui est sur moi, et tous s'écrièrent à la fois, disant : «Le Seigneur de l'univers nous a changés à notre insu, » et tous chantèrent à la fois un cantique depuis l'intérieur des intérieurs, et toutes leurs triples puissances et leurs grands ancêtres, et leurs anges et leurs forces engendrées d'elles-mêmes, et leurs vertus, et leurs dieux, et leurs flambeaux, et tous leurs grands. Ils virent les gardiens de leurs régions ayant perdu une partie de leur force, tomber dans la faiblesse, et ils furent eux-mêmes dans une grande peur immense. Et, découvrant le mystère de leur nom dans mon vêtement, ils s'empressaient de venir pour adorer le mystère de leur nom dans mon vêtement, et ils ne purent à cause de la grande lumière oui était avec moi. Mais étant un peu éloignés de moi, ils l'adorèrent. Ils adorèrent la lumière de mon vêtement, et ils s'écrièrent tous, chantant des hymnes de l'intérieur des intérieurs.

«Et il advint que lorsque les gardiens qui sont auprès des archons, eurent découvert ces choses, tous, tombant dans l'abattement, tombèrent hors de leurs régions, et ils devinrent comme les habitants du monde lorsqu'ils sont frappés de mort, nul souffle ne restant en eux, et se trouvant de la même manière qu'ils avaient été à l'heure où je leur enlevai leur force. Et il advint ensuite que lorsque je m'éloignais de ces éons, chacun de tous ceux qui sont dans les douze éons furent tous liés dans leurs places et commirent des méfaits suivant la manière que je les avais disposés, pour qu'ils passassent six mois tournés vers la gauche, commettant leurs méfaits dans ses quatre angles et dans ses trois angles, et dans ceux qui sont dans leur région, et pour que derechef ils passassent six autres mois regardant vers la droite, et vers ses trois angles, et vers ses quatre angles, et vers ce qui appartient à leur région. Telle est la manière dont marcheront ceux qui sont sous l'heimarméné et dans les sphères.

« Il advint ensuite que je montai dans les régions supérieures vers les voiles de la treizième région des éons. Et il advint que lorsque je fus venu à ses voiles, ils s'ouvrirent devant moi. Entré à la treizième région des éons, je trouvai la fidèle Sagesse au-dessous de la treizième région des éons seule, aucun d'eux n'étant auprès d'elle. Elle était assise, livrée à la tristesse et pleurant parce qu'ils ne l'avaient pas conduite à la treizième région des éons, sa place dans les régions supérieures. Et elle s'affligeait aussi à cause des souffrances que lui avait causées l'orgueilleux qui est un des trois triples puissances, et quand je vous parlerai de l'émanation, je vous dirai le mystère de leur création. Et il advint que lorsque la fidèle Sagesse me vit, et qu'elle vit la lumière immense qui m'environnait, nulle espèce de lumière ne m'étant étrangère, elle fut dans un grand trouble, et regardant la lumière de mon vêtement, elle vit le mystère de mon nom tracé sur mon vêtement, et toute la splendeur de son mystère, comme il avait été depuis le commencement dans les régions supérieures et dans la treizième région des éons. Alors elle adressa un hymne la lumière qui était dans les régions supérieures qu'elle vit dans les voiles du trésor de la lumière»

Et il advint que lorsque Jésus eut dit ces choses à ses disciples, Marie s'avança et dit: « Seigneur, je t'ai entendu dire que la divine sagesse était aussi dans les vingt-quatre proboles, mais elle n'était pas dans leur région, car tu as dit : « Je l'ai trouvée au-dessous de la treizième région des éons. » Et Jésus répondant dit à ses disciples ; « Il advint que la fidèle Sagesse était dans la treizième région des éons, dans la région de toutes ses sœurs invisibles, qui sont elles-mêmes les vingt-quatre proboles du grand invisible. Il advint que, par l'ordre du premier mystère, la divine Sagesse, ayant regardé en haut, vit la lumière des ailes du trésor de la lumière. Et elle désira aller dans cette région, mais elle ne put y venir. Elle cessa de faire le mystère de la treizième région des éons, mais elle adressa un hymne à la lumière des régions inférieures qui est dans la lumière des ailes du trésor de la lumière. Il advint que lorsqu'elle chantait l'hymne adressée vers les régions supérieures tous les archons qui sont dans les douze régions des éons, eurent de la haine pour elle, ceux oui sont dans la partie inférieure, parce qu'elle s'arrêta dans ses mystères et qu'elle voulut s'élever afin d'être au-dessus 'eux. C'est pourquoi ils furent irrités contre elle, et ils conçurent de la haine à son égard. Et le grand triple pouvoir orgueilleux, qui est le troisième des triples puissances et qui réside dans la treizième région des éons, celui qui fut indocile, en ne produisant pas toute la pureté de sa force qui est en lui, et ne montrant pas la pure lumière au temps que les archons donnèrent leur pureté, voulut être souverain sur toute la treizième régions des éons et sur ceux qui sont au-dessous de lui. Et il arriva que les archons des douze régions des éons s'irritèrent contre la fidèle Sagesse qui est au-dessus d'eux; ils conçurent à son égard une haine extrême, et le grand triple pouvoir orgueilleux dont je vous ai parlé, suivit les archons des douze régions des éons, et s'irrita contre la fidèle Sagesse, et il eut pour elle une haine extrême, parce qu'elle voulait aller dans la lumière qui est au-dessus de lui, et il projeta hors de lui une grande force à la face de lion, et de la matière qui est en lui, il projeta une autre multitude d'émanations matérielles, et il les envoya dans les régions inférieures, au milieu du chaos, pour qu'ils tendissent des pièges à la Fidèle Sagesse, et qu'ils lui ôtassent la force qui est en elle, parce qu'elle voulait aller dans la région supérieure qui est au-dessus d'eux tous, et parce qu'elle cessa aussi de faire ses mystères et elle continua de pleurer cherchant la lumière qu'elle avait vue, et les archons qui restent dans le mystère qu'ils font, eurent de la haine contre elle, et tous les gardiens qui veillent auprès des portes des éons, eurent aussi de la haine contre elle.

« Et il advint ensuite d'après le commandement du premier ordre que le grand orgueilleux triple pouvoir qui est un des trois pouvoirs, conduisit la Sagesse dans la treizième région des éons, pour qu'elle contemplât les lieux de l'enfer, et quelle y vit en ce lieu sa puissance de lumière qui est avec une face de lion, et il voulait qu'elle vint en ce lieu afin qu'ils lui ôtassent la lumière qui est en elle, et la Sagesse regardant d'en haut vit la force de cette lumière dans la région des enfers, et elle ne savait pas qu'elle appartenait au triple pouvoir orgueilleux, mais elle pensa qu'elle provenait de la lumière qu'elle avait vue dès le commencement dans la région supérieure et qui vient des ailes du trésor de la lumière, et elle pensa en elle-même : « je viendrai dans le lieu de ma syzygie pour que je prenne la lumière que les éons de la lumière ont procréée pour moi, afin que je puisse venir a la lumière des lumières qui est dans la hauteur des hauteurs,» et, dans ces pensées,, elle sortit de sa place à la treizième région des éons, et elle monta vers les douze éons; les archons des éons l'aperçurent, et ils s'irritèrent contre elle, parce qu'elle avait voulu s'élever aux régions supérieures. Sortie des douze régions des éons, elle vint dans les lieux du chaos, et avança vers la force de la lumière à face de lion pour la dévorer. Tous les défenseurs de la matière l'environnèrent. Et la grande force de la lumière à face de lion dévora la puissance de la lumière dans la Sagesse et purgea (purgavit) sa lumière qu'elle avait dévorée et sa matière. Ils la jetèrent dans le chaos, dont la moitié est de flamme et l'autre moitié de ténèbres, et il y avait un archon à face de lion, et c'est Ialdabaôth dont je vous ai parlé bien des fois. Et quand ces choses eurent été accomplies, la Sagesse fut dans une extrême faiblesse. Et la force de la lumière à face de lion commença à enlever toutes les forces de la lumière dans la Sagesse, et toutes les forces de la matière du pouvoir orgueilleux entourèrent à la fois la Sagesse, et la tourmentèrent. Et la fidèle Sagesse poussant de grands cris, s'adressa à la lumière des lumières qui vit dès le commencement, implorant son assistance, et elle prononça cette supplication, en disant ces paroles : «Lumière des lumières que j'ai implorée dès le commencement, écoute maintenant, ô lumière, mes supplications. Protège-moi, lumière, parce que de mauvaises pensées sont venues en moi, j'ai regardé, ô lumière, dans les régions de l'enfer, j'ai vu la lumière dans ce lieu, et je suis venue pensant que je viendrai en ce lieu pour que je pris sa lumière, et je suis tombée dans les ténèbres qui sont dans le chaos de l'enfer. Je n'ai pu m'envoler et venir en ma place, c'est pourquoi je suis tourmentée par tous mes ennemis, et la force à face de lion m'a enlevée ma lumière qui est en moi, et j'ai crié en implorant ton assistance, et ma voix n'est pas montée dans les ténèbres. Et j'ai regardé en haut pour que la lumière à laquelle j'ai cru m'assistât. Et quand j'ai regardé en haut j'ai vu tous les archons d'une multitude d'éons. Jetant leur regards sur moi, ils se réjouissaient de mes cris en cet état, moi qui ne leur ait fait aucun mal. Mais ils me haïssent sans motifs, et quand les proboles du triple pouvoir ont vu que les archons des éons se réjouissaient de mes maux, ils ont compris que les archons des éons ne me prêteraient pas leur secours et ceux qui m'affligeaient dans l'injustice ont eu confiance, et ils m'enlevèrent la lumière que j'avais reçue d'eux. Maintenant, lumière véritable, tu sais que j'ai fait ces choses dans ma simplicité, pensant que la lumière à face de lion t'appartenait. Et le péché que j'ai commis, est patent devant toi. Ne permets pas, Seigneur, que je reste plus longtemps dans le dénuement, car j'ai cru dès le commencement à ta lumière. Seigneur, lumière des forces, ne me laisse pas plus longtemps privée de ta lumière, car c'est à cause de ta lumière que je suis plongée dans mon affliction, et la honte m'a couverte, et à cause de ta lumière je suis étrangère à mes frères invisibles et aussi aux émanations du grand Barbelo. Ces choses me sont arrivées, ô lumière, parce que j'ai eu le désir de pénétrer en ton séjour, et !a colère de l'orgueilleux est venue contre moi, de celui qui n'a pas écouté ton ordre pour qu'il répandit sa lumière, parce que j'ai été dans la région de ses éons, ne faisant pas son mystère, et tous, el les gardiens des portes des régions des éons me cherchaient, et tous ceux qui comprennent leurs mystères me poursuivaient. Mais j'ai regardé en haut vers toi, lumière, et j'ai cru en toi ; ne me laisse pas dans l'affliction de l'obscurité du chaos, mais délivre-moi de ces ténèbres; si tu veux venir pour me sauver, grande est ta miséricorde ; écoute-moi dans la vérité et sauve-moi. » Voilà les paroles que dit la fidèle Sagesse, et que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. »

Et Marie ait : « Seigneur, mes oreilles reçoivent la lumière et j'entends dans ma force de lumière. Écoute donc ce que j'ai à dire des paroles que prononça la Fidèle Sagesse en confessant son péché; ta force de lumière a jadis prophétisé à son égard par la bouche de David lorsqu'il a dit dans le soixante-huitième psaume : « Mon Dieu, protége-moi, car les eaux sont venues jusqu'à mon âme »

Et Marie dit ensuite :« Telle est, Seigneur, l'explication de la supplication qu'a exprimée la Fidèle Sagesse.» Et Jésus répondit : « C'est bien, Marie, tu es heureuse, » et continuant de parler, il dit: « La Fidèle Sagesse adressa derechef une hymne en ces termes : « Lumière des lumières, j'ai cru en toi; ne me laisse pas dans les ténèbres jusqu'à la fin de mon temps. Assiste-moi et protège-moi en les mystères. Incline ton oreille vers moi et sauve-moi. Que la force de ta lumière me conserve et me porte vers les éons élevés; délivre-moi de la force à face de lion et de tous mes ennemis; j'ai cru en toi dès le commencement; ta es mon sauveur et mon trésor de lumière, Ma bouche est remplie de gloire pour que je dise en tout temps le mystère de ta grandeur. Ne me laisse pas dans le chaos, et ne m'abandonne pas, car mes ennemis ont voulu m'enlever toute ma lumière. Tourne-toi vers moi, lumière, et délivre-moi de ces cruels. Que ceux qui veulent m'enlever ma force tombent et soient dans l'impuissance, et qu'ils soient plongés dans les ténèbres. »

Et quand Jésus eut achevé ces paroles, il dit à ses disciples : « Comprenez-vous ce que je vous dis?» Et Pierre s'avançant, dit: « Seigneur, ne permets pas à cette femme de prendre notre place et de ne laisser parler aucun de nous, car elle parle bien des fois. » Et Jésus répondant dit à ses disciples : « Que celui en qui s'agite la force de l'esprit lui donnant l'intelligence, s'avance pour parler; je vois, Pierre, ta force dans la connaissance du mystère des paroles que dit la fidèle Sagesse. Avance donc et donnes-en l'explication au milieu de tes frères. » Et Pierre dit : «Seigneur, ta force a jadis prophétisé au sujet de ces paroles par la bouche de David lorsqu'il a dit dans le soixante-neuvième psaume: « Seigneur mon Dieu, songe à me secourir»

Et le Sauveur dit à Pierre : « C'est bien, Pierre, c'est l'explication du cantique de la fidèle Sagesse. Vous êtes heureux au-dessus de tous les hommes qui sont sur la terre parce que je vous ai révélé ces mystères. En vérité je vous le dis, je vous donnerai tous les mystères de toutes les régions de mon Père et de toutes les régions du premier mystère, afin que ce que vous aurez reçu sur la terre soit reçu dans le royaume des régions supérieures, et afin que ce que vous aurez rejeté sur la terre soit rejeté dans le royaume de mon Père qui est dans les cieux ; écoutez donc, et comprenez les supplications que prononça la fidèle Sagesse : «Lumière des forces, protège-moi ; que ceux qui veulent m'enlever ma lumière soient jetés dans le chaos; qu'ils soient plongés dans les ténèbres, ceux qui m'affligent en disant : « Nous serons plus forts qu'elle. » Qu'ils se réjouissent, tous ceux qui cherchent la lumière,et qui disent en tout temps: « Je célébrerai le mystère de ceux qui veulent ton mystère. . » Protége-moi donc, lumière, car j'ai besoin de ma lumière que mes ennemis veulent m'enlever. Tu es mon sauveur, lumière; hâte-toi et délivre-moi de ce chaos. . »

Et lorsque Jésus eut cessé de dire ces paroles à ses disciples, leur exposant le troisième cantique qu'avait prononcé la fidèle Sagesse, il ajouta : «Que celui en qui se trouve le souffle de l'intelligence, avance pour qu'il dise le sens du cantique que dit la fidèle Sagesse. . » Et Marthe se prosterna à ses pieds, et les embrassa en poussant des cris et en pleurant, et en se livrant aux gémissements et à l'humiliation, et elle dit : « Seigneur, aie pitié de moi, et étends sur moi ta miséricorde, et permets que je dise l'explication du cantique qu'a dit la fidèle Sagesse. » Et Jésus, donnant la main à Marthev lui dit : « Heureux est l'homme qui se sera humilié, car il lui sera fait miséricorde. Tu es donc heureuse, Marthe ; expose l'explication du sens du cantique de la fidèle Sagesse.» Et Marthe répondant à Jésus, lui dit au milieu de ses disciples : « Quant au sens du cantique que la fidèle Sagesse a récité, Seigneur, ta force a prophétisé jadis, lorsqu'elle s'est exprimée dans les termes suivants dans le soixante-dixième psaume de David : « Mon Dieu, j'ai cru en toi, ne permets pas que je sois humilié pour toujours» Voici, Seigneur, l'explication du troisième cantique qu'a dit la fidèle Sagesse. »

Et il advint que lorsque Jésus eut entendu Marthe qui disait ces paroles, il dit : « C'est bien, Marthe, et tu as bien parlé, » Et Jésus, continuant son discours, dit à ses disciples : « La fidèle Sagesse continua de dire sa quatrième supplication, la disant avant que la force à face de lion et que toutes les émanations matérielles qui sont avec elle, et que l'orgueilleux avait envoyées dans le chaos, ne vinssent la tourmenter derechef afin de lui enlever toute la lumière qui est en elle, et elle parla ainsi : «Lumière à laquelle j'ai cru, entends ma supplication, et que ma voix vienne jusque dans ta demeure. Ne détourne pas de moi l'image de ta lumière, mais tourne-toi vers moi qui suis dans l'affliction. Hâte-toi, sauve-moi au moment où j'adresserai derechef mes cris vers toi, car mon temps disparaît comme le brouillard, et je suis devenue de la matière. Ma lumière m'a été enlevée, et ma force a été détruite. J'ai perdu la mémoire de mon mystère dont je me suis acquittée dès le commencement. Ma force a succombé en moi par suite de ma frayeur. Je suis devenue comme un démon qui habite dans la matière, où il n'y a nulle lumière, et je suis devenue comme un décan qui est seul dans l'air. Et mes ennemis ont dit : Au lieu de la lumière qui est en elle, remplissons-la du chaos. J'ai dévoré la sueur de ma substance, et l'amertume des larmes de la matière de mes yeux, pour que ceux qui me tourmentent ne m'enlèvent pas ces autres choses. Toutes ces choses, lumière, me sont arrivées par ton ordre et d'après ta décision, et ta volonté est qu'elles m'arrivent. Ta volonté m'a conduite dans l'enfer, et je suis venue dans l'enfer comme la force du chaos. Et ma force s'est glacée en moi. Seigneur, tu es la lumière dans l'éternité, et tu visites en tout temps les affligés. Maintenant, lumière, lève-toi, cherche ma voie et l'âme qui est en moi. L'ordre que tu avais établi pour moi dans mes afflictions est accompli. Le temps est arrivé pour que je cherche ma voie et mon âme, le temps que tu as fixé pour me chercher, parce que tes sauveurs en ont voulu à ma force qui est dans mon âme, car mon temps est accompli. Et en ce temps tous les archons des éons de la matière craindront ta lumière, et toutes les émanations de la treizième région des éons de la matière craindront les mystères de ta lumière, pour que d'autres se revêtent de la pureté de leur lumière, quand le Seigneur cherchera la force de notre âme. C'est le mystère qui est devenu le modèle pour la race qui est à créer, et cette race a adressé une hymne aux régions supérieures; la lumière a regardé de la hauteur

de sa lumière, elle regardera en toute matière pour entendre les gémissements de ceux qui sont liés, afin de briser la force des âmes dont la force a été liée, pour mettre son nom dans l'âme et son mystère dans la force. »

Et lorsque Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, il dit: « Voilà la quatrième supplication qu'a dite la fidèle Sagesse. Et que celui qui peut comprendre comprenne. » Et quand Jésus eut dit ces paroles, Jean s'avança et adora la poitrine de Jésus et dit : « Seigneur, pardonne-moi, et souffre que je dise l'explication de la quatrième supplication qu'a dite la fidèle Sagesse. » Et Jésus dit à Jean : « Je t'encourage et t'autorise à dire l'explication de la quatrième supplication qu'a dite la fidèle Sagesse. » Et Jean répondit et dit : « Seigneur et Sauveur, la force de ta lumière a prophétisé jadis au sujet de ce qu'a dit la fidèle Sagesse, en s'exprimant dans le cent-unième psaume de David : Seigneur, écoute ma prière, et que mes cris arrivent jusqu'à toi»

Et lorsque Jean eut fini de dire ces paroles, Jésus, se tenant au milieu de ses disciples, lui dit : « C'est bien, Jean, et une place t'est réservée dans le royaume de la lumière. » Et Jésus, continuant son discours, dit à ses disciples : « Les émanations de l'orgueilleux triple pouvoir tourmentant la fidèle Sagesse dans le chaos, voulurent lui enlever toute sa lumière, et le temps de la retirer du chaos n'était pas encore venu, et l'ordre n'était pas encore venu du premier mystère pour que je la sauvasse dans le chaos. Et il advint donc que lorsque les émanations matérielles la tourmentaient, elle s'écria, disant sa cinquième supplication : « Lumière de mon salut, je t'adresse une hymne dans le lieu des régions supérieures et aussi dans le chaos ; je t'adresse l'hymne que je t'adressais dans les régions supérieures. Viens vers moi, ô lumière. Tourne l'esprit, lumière, vers ma supplication; car ma force est remplie de ténèbres, et ma lumière s'est perdue dans le chaos. Je suis devenue comme les archons du chaos qui sont descendus dans les ténèbres inférieures. Je suis devenue comme un corps matériel pour lesquels il n'y a nul sauveur dans les régions supérieures. Je suis devenue comme les matières, leur force a été enlevée, et qui ont été précipitées dans le chaos, que tu n'as pas sauvées et qui ont péri. Ils m'ont mis dans les ténèbres infernales, dans l'obscurité, et dans les matières inertes et privées de toute force. Tu as fixé tes ordres sur moi et sur toutes les choses que tu as réglées, et ton souffle en fuyant m'a fondue. C'est aussi d'après l'ordre des choses que tu as réglées, que tous mes ennemis se sont mis à me tourmenter, et ils ont eu de la haine contre moi, et se sont abstenus de moi, et j'ai été presque complètement perdue, et ma lumière a été diminuée en moi. Et i'ai crié derechef vers la lumière, dans toute la lumière qui est en moi, et j'ai élevé les mains les étendant vers toi. Et maintenant, lumière, est-ce que ta volonté est accomplie dans le chaos? et des libérateurs venant suivant ta volonté, s'élèveront-ils dans les ténèbres pour venir? diront-ils le mystère de ton nom dans le chaos? diront-ils ton nom dans le chaos que tu n'éclaireras pas ? Je te célèbre, lumière, et ma supplication te parviendra dans les régions supérieures. Que ta lumière vienne sur moi, parce qu'ils m'ont enlevé ma lumière, et que je suis dans les souffrances à cause de la lumière, depuis le temps que mes ennemis m'attaquent. Et quand j'ai regardé là-haut vers la lumière, et que l'ai regardé dans l'enfer, je me suis levée selon la force de la lumière qui est dans le chaos, et je suis venue dans l'enfer. Ton ordre est venu sur moi, et les craintes que tu as fixées m'ont troublée et m'ont environnée, abondantes comme les eaux ; elles se sont emparées de moi pour tout mon temps. Et, suivant ta volonté, tu n'as pas laissé ma compagne me secourir; tu n'as pas laissé ma syzygie me préserver de mon affliction. » Telle est la cinquième supplication qu'a dite la fidèle Sagesse dans le chaos, lorsqu'elle était tourmentée par toutes les émanations matérielles du triple pouvoir. »

Et quand Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, il leur dit : « Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre; que celui dont le souffle est brillant en lui, avance, pour dire l'explication du sens de la cinquième supplication de la fidèle Sagesse. » Et lorsque Jésus eut dit ces paroles, Philippe se leva, posant un livre qu'il avait dans ses mains, car c'est lui qui écrit les choses que Jésus a dites et toutes celles qu'il a faites. Et Philippe s'avançant dit à Jésus: « Seigneur, je suis celui auquel tu as confié le soin du monde, afin que j'écrive toutes les choses que nous disons et que nous faisons; tu ne m'as pas permis d'exposer l'explication du mystère de la supplication de la fidèle Sagesse. Mon esprit fut agité bien des fois en moi, et me presse fortement pour que je donne l'explication de la supplication de la fidèle Sagesse, et je me suis avancé parce que j'écris toutes les choses. »

Et quand Jésus eut entendu Philippe, il lui dit : « Écoute, Philippe, que je te parle, car c'est à toi, à Thomas et à Mathieu qu'a été donnée par le premier mystère la charge d'écrire toutes les choses que je dirai et que je ferai, et toutes les choses que vous verrez. Le nombre des paroles que tu dois mettre par écrit n'est pas encore accompli ; lorsqu'il le sera, tu seras en mesure de faire ce que tu voudras. Maintenant, vous trois, écrivez toutes les choses que je dirai, et que je ferai, et que je verrai, afin que je rende témoignage de toutes les choses du royaume des cieux. » Et quand Jésus eut dit ces paroles, il dit à ses disciples : « Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre, » Et Marie se levant, vint au milieu des disciples, et elle se tint auprès de Philippe, et elle dit à Jésus: « Seigneur, mon oreille a entendu la voix de la lumière, et je suis prête à entendre, selon ma force et selon ma connaissance la parole que tu as dite. Maintenant, Seigneur, écoute, que je parle avec clarté; tu nous as dit. « Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. » Et tu as dit aussi à Philippe : « C'est à toi, à Thomas et à Mathieu, que la charge a été donnée par le premier mystère d'écrire toutes les choses du règne de lumière, afin que vous en rendiez témoignage. » Écoute donc afin que je donne l'explication de la parole que ta force de lumière a prophétisée jadis par la voix de Moïse, « Toute chose se constatera par deux ou trois témoins. » Ces trois témoins sont Philippe et Thomas et Mathieu. » Et il advint que, lorsque Jésus eut entendu cette parole, il dit: « C'est bien, Marie, c'est l'explication de la parole. Maintenant, Philippe, avance, pour donner l'explication du mystère de la cinquième supplication de la fidèle Sagesse.

« Et ensuite assieds-toi, afin d'écrire toutes les choses que je dirai, jusqu'à l'accomplissement de la fonction qui t'est donnée, d'écrire les paroles du règne de la lumière. Ensuite tu continueras de dire ce que ton esprit comprend. Donne donc maintenant l'explication du mystère de la cinquième supplication de la Fidèle Sagesse.» Et Philippe, répondant à Jésus, dit: « Écoute, Seigneur, et que je dise l'explication et la supplication de la Sagesse. Ta force a jadis prophétisé sur elle par la voix de David, disant dans le quatre-vingt-septième psaume: Seigneur, lieu de mon salut, je crie vers toi le jour et la nuit ; que ma parole aille vers toi, et prête ton oreille à ma supplication»

Et quand Jésus en tendit ces paroles, il dit: « C'est bien, Philippe chéri; viens et assois-toi pour écrire toutes les paroles que je dirai, et toutes les choses que je ferai , et toutes celles que tu verras. » Et Philippe s'asseyant, écrivit.

Jésus, continuant de parler à ses disciples, leur dit: « La fidèle Sagesse poussa derechef des cris vers la lumière. Elle lui remit le péché qu'elle avait commis et quittant sa place, elle vint dans les ténèbres. Elle dit la sixième supplication parlant en ces termes: « Je te célèbre, lumière, dans les ténèbres des enfers. Écoute ma supplication, et que ta lumière soit attentive à la clameur de mes prières; je ne viendrais pas devant toi, et tu m'abandonnerais, si tu n'étais pas, ô lumière, ma libératrice, à cause de la lumière de ton nom. J'ai cru en toi, lumière, toi qui es ma force , j'ai été fidèle à ton mystère, et ma force a cru à la lumière qui est en haut, et elle a cru à elle lorsqu'elle était plongée dans le chaos de l'enfer. Que toute force qui est en moi croie à la lumière, tandis que je suis plongée dans les ténèbres de l'enfer. Et qu'elles y croient aussi lorsqu'elles viendront dans les régions supérieures, car il nous verra et nous rachètera, et le mystère de son salut est grand. Et il préservera toutes les forces contre le chaos à cause de ma faute, lorsque, laissant ma place, je suis venu dans le chaos. Et maintenant que celui-là comprenne, qui peut comprendre. » Et, quand Jésus eut achevé de dire ces paroles à ses disciples, il leur dit: « Comprenez-vous ce que je vous dis » Et André s'avançant dit : « Seigneur, la force de ta lumière a prophétisé jadis par la voix de David, dans le cent vingt-neuvième psaume, en disant : « J'ai crié vers toi, Seigneur, du fond de l'abîme. Écoute ma voix : Qu'Israël mette son espérance dans le Seigneur (2452  ). » Et Jésus dit: «C'est bien, André, et tu es heureux; c'est l'explication de la supplication de la Sagesse; en vérité, en vérité, je vous le dis, je vous ferai connaître tous les mystères de la lumière et toute gnose, depuis l'intérieur des intérieurs jusqu'à l'extérieur des extérieurs; depuis l'ineffable jusqu'aux ténèbres des ténèbres, et depuis la lumière des lumières; depuis tous les dieux jusques aux démons; depuis tous les seigneurs jusques aux décans ; depuis toutes les révolutions jusques à toutes les émanations : depuis la création des hommes jusques à celle des bêtes et des animaux et des reptiles ; aussi on vous appellera parfaits et accomplis en toutes choses. En vérité, en vérité, je vous le dis, là où je serai dans le royaume de mon Père, vous y serez avec moi. Et quand le nombre du parfait sera accompli, pour que le mélange soit détruit, je donnerai l'ordre qu'ils conduisent tous les dieux qui n'ont pas encore donné la pureté de leur lumière, et je donnerai l'ordre au feu de la Sagesse que jettent les parfaits, pour qu'il consume ces tyrans jusqu'à ce qu'ils aient donné la dernière pureté de leur lumière. » Et lorsque Jésus eut fini de dire ces paroles à ses disciples, il leur dît: « Comprenez-vous ce que je vous dis? » Et Marie dit: « Voici, Seigneur, le sens de la parole que tu as dites. Quant à ce que tu as dit: que dans la destruction du mélange tu seras assis sur la force de la lumière, et que tes disciples, c'est-à-dire nous, nous serons assis à ta droite, lorsque nous jugerons les tyrans qui n'auront pas encore rendu la pureté de leur lumière; et, quant à ce que tu as dis du feu qui doit les consumer jusqu'à ce qu'ils aient donné la dernière lumière qu'ils aient en eux, à l'égard de ce que tu as dit ainsi, ta force de lumière a prophétisé jadis par la voix de David, lorsqu'il a dit dans le vingt-quatrième psaume : « Dieu s'assiéra dans l'assemblée des dieux pour juger les dieux. » Et Jésus lui dit : « C'est bien, Marie, » Et continuant son discours, il dit à ses disciples : « Il arriva que lorsque la Fidèle Sagesse eut fini de dire la sixième supplication de la rémission, se tournant derechef vers les régions inférieures, pour voir si ses péchés lui étaient remis, et pour voir si elle allait derechef être conduite dans le chaos, comme elle n'avait pas encore été exaucée, l'ordre du premier mystère n'étant pas donné pour lui remettre son péché et la ramener dans le chaos ; étant donc tournée vers les régions supérieures afin de voir si sa supplication était entendue, elle vit tous les douze archons des douze éons la raillant et se réjouissant, parce que sa supplication n'était pas exaucée, et lorsqu'elle vit qu'ils la raillaient, elle s'affligea extrêmement et elle éleva la face vers les régions supérieures, disant dans la septième supplication : « Lumière, j'ai de nouveau élevé ma force vers toi; lumière, je t'en supplie, ne souffre pas que je tombe dans l'ignominie, ou que les onze archons des éons qui me haïssent se réjouissent de mon malheur. Quiconque t'est fidèle, ne sera pas livré à l'ignominie. Ils resteront dans les ténèbres, ceux qui ont enlevé ma force ; ils n'en seront pas possesseurs, mais elle leur sera ôtée. Lumière, montre-moi tes voies, et je serai sauvée en les suivant, et montre-moi les endroits où je dois me rendre pour être délivrée dans le chaos, et indique-moi la voie dans ta lumière, et fais que je sache, ô lumière, que tu es mon Sauveur. Je croirai en toi en tous temps. Tourne ton attention pour me sauver, ô lumière, parce que ta miséricorde dure jusque dans l'éternité. Ne m'impute pas la faute que j'ai commise depuis le commencement par suite de mon ignorance, mais sauve moi par ton grand mystère, remettant les péchés à cause de ta bonté, lumière qui es sainte et droite. C'est pourquoi elle me rendra la vie, pour que je sois sauvée dans ma faute, et elle ôtera à mes ennemis mes forces qui ont été brisées par l'effroi des émanations matérielles du triple pouvoir. Car toutes les sciences de la lumière sont pour le salut, et les mystères sont à chacun de ceux qui cherchent les régions de ses possessions et qui cherchent les mystères a cause du mystère de ton nom, ô lumière. Remets-moi ma faute, car elle est grande. Il donnera à chacun de ceux qui croient à la lumière le mystère qu'il voudra. Et son âme sera dans les régions de la lumière, et sa force sera l'acquisition du trésor de la lumière. La lumière est ce qui donne la force à ceux qui lui sont fidèles, et le nom de son mystère est chez ceux qui croient à lui, et il leur montrera le lieu des possessions qui sont dans le trésor de la lumière. J'ai été fidèle en tout temps à la lumière qui délivrera mes pieds des chaînes des ténèbres. Tourne ton attention vers nous, ô lumière, et sauve-moi, car mes ennemis ont enlevé mon nom dans le chaos, et ils m'ont causé de grandes afflictions. Délivre-moi de ces ténèbres, et jette les regards sur les douleurs de mes afflictions. Remets-moi mes fautes. Pense aux douze archons qui m'accusent et sont jaloux de moi. Veille sur ma force et protège-moi, et ne me fais pas rester dans ces ténèbres où je t'ai été fidèle, et mes ennemis m'ont comme privée de raison à cause de la fidélité que j'avais pour toi. Et maintenant, ô lumière, conserve mes forces dans les peines qui m'affligent et protége-moi contre mes ennemis. »

Jésus ayant ainsi parlé à ses disciples, Thomas s'avança et dit: « Seigneur, mon esprit est plein

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 05:25

    

1. Second livre du prophète Ezra, fils de Sarius, d'Azareus, fils d'Elchias, fils de Salame, fils de Sador, fils d'Acitob,

2. Fils d'Achias, fils de Finée, fils d'Héli, fils d'Amerias, fils d'Azicus, fils de Marimoth, fils d'Arna, fils d'Ozias, fils de Borith, fils d'Abisseus, fils de Finée, fils d'Eleazar,

3. Fils d'Aron, de la tribu de Lévi, qui fut captif dans le pays des Mèdes, sous le règne d'Artaxerxès, roi des Perses.

4. Le Seigneur m'adressa la parole en ces termes.

5. Va et annonce à mon peuple ses forfaits ; à ses fils, les fautes qu'ils ont commises contre moi, pour qu'ils les annoncent aux fils de leurs fils.

6. Les péchés de leurs pères se sont accrus chez eux ; ils m'ont oublié et ont sacrifié à des dieux étrangers.

7. Ne les ai-je pas tirés de la terre d'Egypte, de la maison d'esclavage? Mais eux-mêmes m'ont irrité et ont méprisé mes avis.

8. Arrache les cheveux de ta tête, rejette tous les maux sur eux parce qu'ils ne m'ont pas écouté : c'est un peuple rebelle.

9. Jusques à quand les soutiendrai-je, eux que j'ai comblés de tant de bienfaits?

10. J'ai renversé à cause d'eux beaucoup de rois ; j'ai frappé Pharaon avec ses serviteurs et toute son armée.

11. J'ai détruit toutes les nations devant leur face ; en Orient, j'ai dispersé le peuple de deux provinces, Tyr et Sidon, et j'ai exterminé tous leurs adversaires.

12. Parle-leur et dis-leur : Voici ce que dit le Seigneur.

13. Je vous ai fait traverser la mer : je vous ai montré des forteresses ; je vous ai donné pour chef Moïse et pour prêtre Aron.

14. Je vous ai fourni de la lumière par une colonne de feu, j'ai fait en vous de grands miracles : vous m'avez oublié, dit le Seigneur.

15. Paroles du Tout-Puissant : La caille a été pour vous un signe ; je vous ai donné des camps pour vous protéger et là vous avez murmuré.

16. Ce n'est pas en mon nom que vous avez triomphé de la perte de vos ennemis, mais vous avez murmuré alors.

17. Où sont les bienfaits que vous avez reçus de moi? Ne poussiez-vous pas des cris vers moi quand vous aviez faim et soif, dans le désert, en disant :

18. Pourquoi nous as-tu amenés dans ce désert pour nous faire périr? Il valait mieux pour nous être esclaves des Egyptiens que de mourir dans cette solitude.

19. J'ai eu pitié de vos gémissements : je vous ai donné la manne pour nourriture : vous avez mangé le pain des anges.

20. Quand vous aviez soif, n'ai-je pas fendu la pierre? Les eaux n'ont-elles pas coulé à satiété ; je vous ai protégés avec les feuilles des arbres contre la chaleur.

21. Je vous ai partagé des terres fertiles ; j'ai abattu devant votre face les Chananéens, les Phérézéens et les Philistins. Que ferai-je encore pour vous, dit le Seigneur.

22. Paroles du Tout-Puissant : Quand vous étiez dans le désert, près du fleuve d'amertume, altérés et maudissant mon nom,

23. Je n'ai pas lancé le feu contre vous en échange de vos blasphèmes, mais, envoyant du bois dans l'eau, j'en ai fait un fleuve d'eau douce.

24. Que te ferai-je, Jacob? Tu n'as pas voulu m'obéir, Juda I Je me transporterai vers d'autres nations; je leur donnerai mon nom pour qu'elles gardent mes lois.

25. Puisque vous m'avez abandonné, je vous abandonnerai ; quand vous me demanderez miséricorde, je n'aurai pas pitié de vous.

26. Quand vous m'invoquerez, je ne vous exaucerai pas; vous avez souillé vos mains de sang, et vos pieds n'ont pas été lents à courir commettre des meurtres.

27. Ce n'est pas moi que vous avez abandonné : c'est vous, dit le Seigneur.

28. Paroles du Tout-Puissant : Ne vous ai-je pas priés, comme un père, ses fils ; une mère, sa fille ; une nourrice, ses nourrissons,

29. D'être mon peuple, tandis que je serais votre père?

30. Je vous ai rassemblés comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Que vous ferai-je, maintenant? Je vous chasserai de devant ma face.

31. Quand vous me présenterez des offrandes, je détournerai ma face de vous ; je repousserai vos jours de fêtes, néoménies et circoncisions charnelles.

32. Je vous ai envoyé mes serviteurs, les prophètes ; vous les avez pris, vous les avez égorgés, vous avez déchiré leurs corps, je vous réclamerai leur sang, dit le Seigneur.[302]  

33. Paroles du Tout-Puissant : Votre demeure est déserte;]  je vous pousserai comme le vent pousse la paille.

34. Vos fils n'engendreront pas, parce qu'ils ont négligé avec vous mes commandements et parce qu'ils ont fait le mal devant moi.

35. Je livrerai vos demeures à un peuple étranger qui me croit sans m'avoir entendu, à qui je n'ai pas montré ces signes et qui fera ce que je lui prescris.

36. Il n'a pas vu les Prophètes, mais il se rappellera leur antiquité.

37. J'atteste la grâce de ce peuple étranger dont les petits enfants sont transportés de joie ; sans m'avoir vu par les yeux de la chair, ils croiront en esprit ce que j'ai dit.

38. Maintenant, père, regarde avec gloire et contemple ce peuple qui vient de l'Orient.

39. Je lui donnerai pour chef, Abraham. Isaac, Jacob, Osée, Amos, Michée, Joël, Abdias, Jonas,

40. Nahum, Habacuc, Sophonias, Aggée, Zacharias et Malachie qui est appelé aussi l'ange du Seigneur.[304]  

CHAPITRE II

1. Voici ce que dit le Seigneur: J'ai tiré ce peuple de la servitude ; je lui ai envoyé mes commandements par mes serviteurs, les prophètes ; il n'a pas voulu les entendre, il a rendu mes projets inutiles.

2. La mère qui les enfantés leur a dit : Allez, mes fils, car je suis veuve et abandonnée.

3. Je vous ai élevés avec joie et je vous ai perdus avec tristesse et affliction, car vous avez péché devant le Seigneur Dieu et vous avez fait le mal devant moi.

4. Que ferai-je pour vous, à présent? je suis veuve et abandonnée ; allez, mes fils, et demandez au Seigneur sa miséricorde.

5. Et toi, ô Père, je t'invoque comme témoin contre la mère des fils qui n'ont pas voulu conserver mon alliance.

6. Pour qu'ils soient livrés à la confusion, leur mère au rapt, et qu'ils manquent de postérité ;

7. Qu'ils soient dispersés parmi les nations, que leur nom soit effacé de la terre puisqu'ils ont méprisé mon alliance,

8. Malheur à toi, Assur, qui caches chez toi les méchants, race mauvaise, rappelle-toi ce que j'ai fait à Sodome et à Gomorrhe.

9. Dont le pays gît sous les morceaux de poix et les tas de cendres ; voilà comme je traiterai ceux qui ne m'ont pas écouté, dit le Seigneur tout-puissant.

10. Voici ce que le Seigneur dit à Ezra : Annonce à mon peuple que je lui accorderai le royaume de Jérusalem que je devais donner à Israël.

11. Je prends sur mol leur gloire et je leur donnerai les tentes éternelles que j'avais préparées pour eux.

12. L'arbre de la vie leur donnera son parfum; ils n'éprouveront ni peines ni fatigues.

13. Demandez et vous recevrez; priez que le nombre des jours soit diminué ; déjà le royaume est préparé pour vous; veillez.

14. Atteste, atteste le ciel et la terre : j'ai laissé tout le mal et j'ai créé le bien, car je suis le Vivant, dit le Seigneur.

15. Mère, embrasse tes fils : élève-les avec joie comme les colombes ; affermis leurs pieds, car je t'ai choisie, dit le Seigneur.

16. Je ressusciterai les morts de leurs places ; je les ferai sortir de leurs monuments, car j'ai reconnu mon nom en eux.

17. Ne crains pas, mère des fils, car je t'ai choisie, dit le Seigneur.

18. J'enverrai pour t'aider mes serviteurs Isaïe et Jérémie sur le conseil desquels j'ai sanctifié et préparé pour toi douze arbres chargés de fruits divers,

19. Et autant de fontaines laissant couler du lait et du miel et sept montagnes immenses, couvertes de roses et de lis, où je remplirai de joie tes fils.

20. Rends justice à la veuve : juge le pupille, donne au pauvre, protège l'orphelin, habille celui qui est nu,

21. Soigne celui qui est brisé et faible: ne raille pas le boiteux, protège le manchot et guide l'aveugle vers la vision de ma lumière,

22. Protège dans tes murs le vieillard et le jeune homme.

23. Quand tu trouveras des morts, confie-les au sépulcre en le marquant et je te donnerai la première place dans ma résurrection.

24. Sois calme et tranquille, mon peuple, car ton repos viendra.

25. Bonne nourrice, nourris tes fils, affermis leurs pieds.

26. Aucun des serviteurs que je t'ai donnés ne périra: je les chercherai au nombre des tiens.

27. Ne te laisse pas abattre ; quand viendra le jour de l'oppression et de la détresse, les autres pleureront et seront tristes, toi, tu seras gaie et dans l'abondance.

28. Les nations seront jalouses et ne pourront rien contre toi, dit le Seigneur.

29. Mes mains te protégeront, de peur que tes fils ne voient la géhenne.

30. Egaie-toi avec tes fils, mère, car je te délivrerai, dit le Seigneur.

31. Rappelle-toi tes fils endormis, car je les tirerai des cachettes de la terre; je leur ferai miséricorde, car je suis clément, dit le Seigneur tout-puissant.

32. Embrasse tes fils jusqu'à ce que je vienne; annonce-leur ma miséricorde.

33. Moi, Ezra, j'ai reçu de mon Seigneur sur le mont Choreb, l'ordre d'aller à ces Israélites : quand je suis venu à eux, ils m'ont repoussé et ont rejeté ce que le Seigneur leur mandait.

34. C'est pourquoi je vous le dis, nations qui entendez et qui comprenez; attendez votre pasteur; il vous donnera le repos éternel ; celui qui doit venir à la fin du siècle est proche.

35. Soyez prêts à recevoir la récompense de son règne, car une lumière perpétuelle brillera pour vous dans l'éternité du temps.

36. Fuyez l'ombre de ce siècle, recevez la joie de votre gloire; j'atteste ouvertement mon Sauveur.

37. Recevez le don du Seigneur et réjouissez-vous en rendant grâces à celui qui vous a appelés un royaume céleste.

38. Levez-vous, dressez-vous et voyez le nombre de ceux qui sont marqués pour le banquet du Seigneur.

39. Ceux qui se sont tirés des ombres des siècles, recevront du Seigneur de splendides tuniques.

40. Sion, reçois tous les tiens, enferme tes enfants vêtus de blanc qui ont accompli la loi du Seigneur.

41. Le nombre de tes fils que tu désirais est complet ; prie la domination du Seigneur de sanctifier ton peuple qui a été appelé dès l'origine.

42. Moi, Ezra, je vis sur la montagne de Sion une grande foule que je ne pus compter, et tous louaient le Seigneur par des cantiques.

43. Au milieu d'eux était un jeune homme d'une haute taille, plus grand que tous, qui plaçait des couronnes sur les têtes de chacun d'eux et s'élevait davantage; j'étais saisi par cette merveille.

44. Alors j'interrogeai l'ange et lui dis : Qui sont ceux-ci, Seigneur?

45. Il me répondit: Ce sont ceux qui ont déposé le vêtement mortel et ont reçu le vêtement immortel : qui ont confessé le nom de Dieu} maintenant, ils sont couronnés et reçoivent des palmes.

46. Je repris : Quel est ce jeune homme qui les couronne et leur donne des palmes dans les mains?

47. Il me répondit : C'est le fils de Dieu qu'ils ont confessé dans le siècle. Alors je commençai à glorifier ceux qui avaient tenu courageusement pour le nom du Seigneur.

48. Alors l'ange me dit : Va, annonce à mon peuple quelles merveilles du Seigneur Dieu, et combien grandes tu as vues.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 04:50

1. Seigneur tout-puissant, Dieu de mes pères, Abraham, Isaac et Jacob, et de leur race sainte!

2. Vous qui avez créé le ciel et la terre; et tout ce qu’ils renferment!

3. Vous qui par votre parole avez donné des bornes à la mer, qui avez fermé l’abîme et l’avez scellé de votre nom terrible et adorable!

4. Vous devant qui toutes les créatures tremblent, et dont elles redoutent la puissance, parce qu’elles ne peuvent soutenir ni l’éclat de votre gloire ni la colère dont vous menacez les pécheurs!

5. Seigneur ! la miséricorde que vous nous avez promise est infinie et au-dessus de tout ce que l’on peut concevoir.

6. Car vous êtes le Seigneur, le Très Haut, bon, patient, miséricordieux, et toujours prêt à vous repentir des maux dont vous nous avez affligés .

7. Vous avez promis de recevoir les pécheurs à la pénitence et de les sauver dans votre infinie miséricorde.

8. Vous donc, Seigneur! Dieu des justes? Ce n’est ni à Abraham, ni à Isaac, ni à Jacob, que vous avez ordonné de faire pénitence, ils ne vous ont point offensé.

9. Mais à moi qui suis pécheur, puisque le nombre de mes crimes égale celui des sables de la mer.

10. Seigneur! Mes iniquités se sont multipliées elles se sont accrues, et je ne suis pas digne de porter mes regards vers le ciel.

11. Je suis tellement courbé sous la pesanteur de mes chaînes qu’il m’est impossible de lever la tête et il n’y a plus en moi de respiration.

12. Parce que j’ai excité votre courroux et que j’ai fait le mal en votre présence

13. J’ai été rebelle à votre volonté et je n’ai point gardé vos commandements:

14. J’ai introduit de honteuses abominations dans Israël, et mes crimes se sont multipliés.

15. Mais à présent je fléchis les genoux dans l’amertume de mon cœur et j’implore votre bonté.

16. J’ai péché, Seigneur, et je reconnais mes iniquités. C’est pourquoi, Seigneur, je vous conjure par les prières les plus vives de me les remettre et de ne point me perdre en les punissant.

17. Ne me réservez pas à des supplices éternels et ne me reléguez point dans les profondeurs de la terre car vous êtes le Dieu des pécheurs pénitents.

18. Vous ferez éclater sur mol toute votre bonté, en me sauvant par votre miséricorde infinie, tout indigne que j’en suis.

19. Et je vous louerai tous les jours de ma vie, puisque toutes les puissances du ciel, font retentir vos louanges, et que la gloire vous appartient dans tous les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/manasses.htm

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 07:58

« Prends le temps de travailler, c’est le prix du succès.
Prends le temps de penser, c’est la source de l’énergie.
Prends le temps de jouer, c’est le secret de la jeunesse éternelle.
Prends le temps de lire, c’est la fondation de la sagesse.
Prends le temps d’être bon, c’est le chemin du bonheur.
Prends le temps de rêver, c’est accrocher son char à une étoile.
Prends le temps d’aimer et d’être aimé, c’est le privilège des dieux.
Prends le temps de regarder autour, les jours sont trop courts pour être égoïste.
Prends le temps de rire, c’est la musique de l’âme. »

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 05:10

Nous écrivons aussi la prophétie de Sibylle, fille du sage Harqal le roi, quand elle expliqua la vision qu'eurent cent hommes en une nuit, dans l'intérieur de la ville de Rome. Après que la nation des Israélites fut sortie d'Egypte (Mas'r) et qu'elle eut voyagé dans le désert, au temps de Moïse (Mousa), ils entrèrent dans la terre du roi des Grecs, des Jébuséens (Yâbousiyin), et des Hébreux (‘Abirânyin); il y avait parmi eux des prophètes et des docteurs. Ils adorèrent les idoles, se prosternèrent devant les démons ; la royauté et les prophètes leur manquèrent. Alors ils allèrent trouver ceux qu'ils croyaient des sages, dirent aux devins de leur montrer ce que leur montraient les prophètes dans leurs prophéties, mais la force leur fut enlevée par Dieu très haut. Lorsque Titus, roi des Romains, les emmena en captivité, il arriva à la ville de Rome la grande et les dispersa dans le pays des Francs. Là-dessus, cent hommes eurent un songe la même nuit, au mois d'août de l'ère d'Alexandre : c'étaient des juges et des rois. Le lendemain, chacun raconta à son compagnon ce qu'il avait vu. Leur songe à tous était le même; ils s'en affligèrent beaucoup parce qu'il n'y avait personne dans leur pays pour leur expliquer ce rêve. Ils se dirent les uns aux autres : C'est une chose qui nous a apparu de la part de Dieu et qu'il nous a découverte pour nous apprendre ce qui arrivera jusqu'à la fin des temps, afin que nous en informions la ville de Rome et ses grands. Ils rapportèrent cela à César, roi de Rome. Quand il les entendit et demanda qui pourrait expliquer ce rêve, il ne trouva personne, ce qui l'affligea beaucoup. Il entendit parler d'une femme sage nommée Sibylle, fille d'Hercule, un des grands de Rome; il envoya dans la ville d'Ephèse pour informer ses philosophes de ce songe. Quand ses messagers vinrent la trouver, avec la lettre royale, elle partit avec eux. En apprenant cette nouvelle, le roi réunit tous les habitants de Rome et les informa de l'arrivée de Sibylle ; ils sortirent, grands et petits, à sa rencontre, ressentirent une vive joie et la firent entrer dans la ville avec du respect et de grands honneurs. Quand elle fut arrivée et qu'elle eut salué le roi, il ordonna de la recevoir et de l'honorer. Elle se mit à raconter aux gens ce qui se passait au monde, époque par époque ; elle connaissait ce qu'il y a dans les cieux, la marche du soleil et de la lune et leur donnait des noms. Tous les gens de l'Occident et les chefs du pays allèrent la trouver. Elle était âgée de 180 ans et avait une sœur appelée Chamalou. Elle faisait aux gens des révélations selon leurs demandes, car sa science lui avait été révélée par le Livre des Maîtres qui l'emporte sur tous en mérite. Dieu prolongea sa vie jusqu'à ce qu'elle atteignit l'âge de 294 ans. Quand les cent hommes leur eurent appris leur songe, elle leur dit : Habitants de Rome, réunissez-vous au Cirque et à l'Hippodrome. Vous parlerez tous devant le peuple, et nous invoquerons tous le Maître puissant, le Dieu suprême, pour qu'il nous fasse connaître le sens de ce rêve. Quand ils furent partis, comme elle le leur avait ordonné, elle se mit à dire : Venez, gens de Rome, pour que je vous fasse connaître le prodige et que je vous explique ce songe. Ils lui répondirent : Quant au rêve que nous avons eu, nous allons t'en instruire. Il y avait neuf soleils : le premier était d'une lueur éclatante, plein de rayons ; son éclat remplissait le monde entier d'une lumière brillante. Le second ressemblait au premier, mais il était un peu plus faible. Dans le troisième étaient des brouillards et des ténèbres ; dans le quatrième, il y avait un nuage pareil à du sang; dans le cinquième, une lumière qui ne brillait que faiblement; le sixième était mêlé de cendres et de couteaux aigus; ses rayons étaient remplis de scorpions. Le septième brillait par instants, puis s'éteignait ; il avait une rougeur pareille à du sang et, tout autour, de nombreux scorpions avec peu de lumière. Le huitième était entouré de scorpions, couvert de nuages et était agité. Le neuvième lui ressemblait. Sibylle dit aux gens de Rome : Ces neuf soleils que vous avez vus sur le monde représentent neuf âges à venir. Dieu vous a montré ce qui arriverait dans chacun : celui qui voit et qui n'est pas vu vous a découvert l'avenir. Dans le premier âge, les hommes seront humbles, zélés mutuellement pour le bien ; ils n'y aura chez eux ni perte, ni ruine; ils aimeront à construire et à bâtir, à creuser des tombes ; en tout temps, ils penseront à la mort. Le second âge ressemblera au premier; les hommes aimeront à faire l'aumône. Au troisième âge apparaîtront la colère et la perfidie; ces hommes feront le contraire de la volonté de Dieu; le péché se multipliera parmi eux. Au quatrième âge, ils seront vils, aimant la honte ; ils verseront le sang et se complairont dans les mauvaises actions. Dans le cinquième, les hommes aimeront le meurtre ; le monde sera ruiné de leur temps. Dans le sixième, une lumière descendra du haut des cieux dans le sein d'une vierge pure ; cette Vierge deviendra enceinte et la mettra au monde à Bethléem ; elle sera enfantée dans une grotte ; les cieux et la terre se réjouiront de cette naissance; les Mages viendront de l'Orient vers le nouveau-né lui apportant des présents. Contre lui se lèvera une troupe de Juifs qui le crucifieront et enfonceront des clous dans ses mains et ses pieds. Il mourra, sera enterré, et le troisième jour, il ressuscitera comme il sera sorti du sein de la Vierge qui sera restée telle ; de même quand il sortira du tombeau, celui-ci conservera les sceaux (intacts), comme a dit David le prophète : Ceux qui ne l'auront pas reçu ..., mais ceux qui lui auront obéi et qui auront cru en lui, Dieu leur donnera ce que l'œil n'a jamais vu, ce que l'oreille n'a jamais entendu, ce que le cœur humain n'a jamais imaginé; c'est ce que Dieu donnera à ses amis et à ses fidèles; il les appellera ses fils et ses frères. Dans le septième âge, un roi se lèvera de Byzance et une femme de Constantinople ; ils viendront à Jérusalem et feront croire beaucoup de gens en celui qui a été mis en croix. Beaucoup adoraient les démons ; ils reviendront à lui. Je vous le dis: Après cela se lèvera un autre qui tuera et détruira les églises de Dieu ; ceux qui croient au Messie, il les fera périr par l'épée ou les brûlera dans le feu. Ensuite apparaîtra un roi pire que celui-là ; il tuera-les chrétiens et les chassera de leurs églises. Dans le huitième âge, il y aura des terreurs et de violentes calamités. Au commencement de son règne, la terre, les villes et les palais seront ébranlés ; les murs des grandes cités tomberont et seront ruinés. Ensuite, il y aura un tremblement de terre. La mort s'abattra sur le pays des Grecs. Un effroi et une violente crainte domineront dans la terre de Byzance, tellement que la route sera coupée entre le pays des Francs et celui de Rome. A cette époque, les murailles de la ville, du côté de l'Orient, seront ruinées. Sur elle dominera un roi dont le règne sera accompli en 27 ans ; on ne connaîtra pas le mal. Il laissera deux fils; le nom de l'un sera comme celui de l'homme venu de Théman. Après cela, les rois viendront vers les gens du royaume ; les rivages ainsi que les églises seront ravagés ; tous marcheront dans le mensonge et la violence. A cette époque, les fils s'élèveront contre leurs pères ; les fils et les esclaves seront assis ; les hommes libres seront debout et travailleront; de même, les esclaves qui ne connaissent ni leurs pères ni leurs mères seront sultans. En ce temps-là le péché se multipliera ; les prêtres aimeront la nourriture et la boisson, détesteront marcher derrière les convois funèbres et s'acquitter des prières, multiplieront les paroles contre les gens. Ecoutez leurs paroles et n'agissez pas comme eux, car la miséricorde et la foi les auront quittés. Après cela, les églises seront détruites et les gens périront ; quand vous verrez la nation chez laquelle tout cela arrivera soyez certain que ce que Dieu a dit au prophète sera confirmé. Les déserts seront vides des hommes vertueux qui les habitent ; il y n'aura, dans les solitudes et les montagnes, personne qui ne soit effrayé. Ceux qui demeurent dans l'intérieur des villes seront dans une grande détresse. A cette époque, des gens viendront de l'Orient, et d'autres de l'Occident ; ils se rencontreront en route et se demanderont les uns aux autres : D'où es-tu? Après cela, les villes seront prospères, et, au bout de 40 ans, une femme de la tribu de Dan deviendra enceinte, et cela dans le neuvième âge. Les anges descendront, pareils à des hommes, et marcheront parmi eux. A cette époque sortira le peuple des Madjoudj qui anéantiront toute la terre. En ces jours cette femme enfantera dans la montagne qu'on appelle le Mont des Monts ; son fils prétendra être Dieu ; beaucoup de gens viendront le rejoindre pour voir ses miracles, et il leur fera voir des prodiges dans le soleil, la lune et les étoiles, excepté dans les morts, car il n'aura pas le pouvoir de les ressusciter. Alors les meurtres se multiplieront parmi les hommes Une femme veuve viendra le trouver et lui dira : Fais-moi justice de mon adversaire; mais il lui répondra : Reste là. Alors sera accomplie la parole du crucifié au sujet d'un juge qui sera dans une ville, ne craindra pas Dieu et n'aura pas honte devant les-gens : « Cette femme a imploré son assistance ; il a jugé en sa faveur, alors qu'elle insistait ». A cette époque, les prêtres, les docteurs et les rois seront anéantis. Voici quel sera le portrait de cet homme : le cou mince, les bras longs, les doigts courts ; dans ses yeux, une lumière comme celle du soleil, un signe dans l'œil droit. Il viendra devant Jérusalem ; il établira son camp devant Sion. Alors deux hommes venus d'un endroit inconnu de tous, excepté Dieu — que son nom soit exalté — iront le trouver et lui diront : Tu n'es pas Dieu, mais un faux prophète. Quand il entendra leurs paroles, il sera furieux, il les saisira et les immolera sur l'autel des sacrifices de Sion. La parole de David le prophète s'accomplira: Ils feront monter un veau sur ton autel. A ce moment, à cause de cette idolâtrie, celui qui a été suspendu à la croix s'irritera ; il descendra vers lui et le fera périr ainsi que tous ses sectateurs : un feu descendra du ciel et dévorera toute la terre jusqu’à une profondeur de 40 coudées : le ciel se pliera comme du papier. Alors arrivera l'heure inévitable : ce sera l'achèvement, la fin du monde. Le Dieu juste apparaîtra ; il fera placer ce jour-là les croyants à sa droite, et les méchants, il les mettra à sa gauche. Nous demandons à Notre-Seigneur et à notre Dieu Jésus le Messie de nous placer parmi ceux qui ont travaillé à le satisfaire et ont exécuté ses ordres par l'intervention de Notre-Dame, la mère de lumière, de Monseigneur Pierre (Mâr Bat'ros), l'apôtre saint et puissant, de Monseigneur Georges (Mâr Djirdjis) et de tous les saints. Gloire et louange à Dieu éternellement, que sa miséricorde soit sur nous. Amen ! Que Dieu pardonne à celui qui a écrit et lu ce livre !

VERSION ARABE  (Manuscrit de la Bibliothèque Nationale, fds. arabe, n. 281.)  

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/sibylle.htm

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 06:31

Lors de notre quatrième voyage, on nous fit découvrir les noms de 5 personnages ayant fait de la franc-maçonnerie ce qu’elle est aujourd’hui. Ce sont les grands initiés. Qui sont-ils ? Des hommes, rien que des hommes au destin particulièrement exceptionnel. Ils ont su par leurs écrits, leurs paroles ou leurs actes, rassembler autour d’eux une foule de penseurs et de cherchant qui on vu en eux l’approche de la vérité. Ils ont tous des personnalités différentes et ont suivi des voies pas forcément similaires, mais tous recherchaient la même chose : rassembler. Rassembler les hommes par des pensées basées sur l’amour, le respect et la tolérance. Ils ont tous voulu rapprocher l’homme du spirituel et du divin.

·         Moise : celui qui fut initié par dieu. Il ne fut pas un philosophe mais un instrument de révolte contre l’oppresseur de son peuple. Il écrit sous la dictée de dieu les dix commandements et tout un ensemble de lois religieuses et sociales.

·         Pythagore : s’inscrit comme l’inspirateur des futurs grands penseurs. Il invente la philosophie et la géométrie. On lui prête l’écriture des « vers dorés ». Un texte que chaque être humain devrait mettre en application. Nombres de nos symboles nous viennent de lui : Le delta lumineux, la règle du silence, la science des nombres, l’importance des secrets et des serments, l’usage des agapes, le vocable « vénérable ». Il a surtout laissé le pentagramme ou étoile flamboyante.

·         Socrate : l’homme du dialogue, qui accouche ses interlocuteurs de leurs mots et de leurs pensées. Un homme de raison, un rien mystique sans être dogmatique. Il cherche la vérité au travers du dialogue, il a dit un jour : « Je sais que vous n’allez pas me croire, mais la plus haute forme de l’excellence humaine est de se questionner soi-même et de questionner les autres »

·         Jésus : l’homme dieu, il répandait ses paroles comme un semeur, espérant voir pousser la sagesse dans le cœur des hommes.

·         Confucius : le sage, il tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. Il ne veut pas déranger l’ordre naturel des choses mais que l’homme trouve sa place tout en respectant le monde qui l’entoure.

Jésus est celui qui a le plus marqué, je l’ai appelé l’homme dieu, mais serait-il plus un initié ? Qui était cet homme fait dieu qui se vaut d’être considéré d’être un prophète de l’islam ? Renié totalement par les juifs qui annonçaient la venue d’un messie mais qui n’ont pas voulu croire en ses enseignements tant ils étaient à l’opposé de leur dogme millénaire.
Le fait que Jésus ait demandé le baptême de Jean n’a pas manqué de troubler ses disciples. Il s’agissait d’une initiation. Il a également suivi une initiation en Egypte où il est resté un an. Moise et Jésus auraient tous deux suivi l’enseignement de l’école « fraternité essénienne-nazaréenne ». Cette école d’où tous les plus grands prophètes d’Israël étaient sortis. Moïse aurait transmis le savoir de cette école à 70 disciples, savoir tenu des anciens égyptiens et dont Jésus se serait inspiré. Tous deux auraient donc été initiés.

Jésus reste l’archétype du rédempteur, celui qui après un long cheminement s’est racheté, s’est délivré lui-même, et a retrouvé sa pureté originelle enrichie de la connaissance de la vie dans le monde de l’action, jusqu’à sa mort sur la croix, cette mort signifie que nous devons symboliquement mourir à nos conceptions erronées, à nos préjugés, afin de pouvoir renaitre en homme pur et vertueux.

S’il avait été Dieu lui-même, aurait-il eu un doute avant d’être aspirer par la divinité lors de sa crucifixion. Il dit : « père pourquoi m’as-tu abandonné ». Il s’adresse là au véritable Dieu en tant qu’être humain. Il serait donc un initié frappé par la grâce lors de son baptême dans le Jourdain ?

Il s’agissait pour Jésus de se purifier et de se rapprocher de l’unité.

Ils sont, chacun à leur manière, des guides ou des modèles spirituels. L’observation des rites et la rectitude du cœur, la piété filiale, les rapports du Ciel, des hommes et de la terre, autant de voies susceptibles d’inscrire l’homme au centre de leurs préoccupations.

En fait tous les grands initiés sont des rebelles, peut-être en avance sur leur temps mais surement en désaccord avec leurs dirigeants. Chacun d’eux a pris plus ou moins des engagements politiques les mettant en porte à faux avec les détenteurs du pouvoir.

Ces hommes ont eu à un moment de leur vie, une illumination qui les a fait changer. Comme le profane qui frappe à la porte du temple.

Chacun de ces grands initiés avait sa méthode pour atteindre le cœur des hommes : le dialogue ou l’écoute, l’enseignement d’un dogme ou la recherche par soi-même. Le contexte historique dans lequel ils vivaient a aussi influencé leurs routes, de part leurs engagements politiques et religieux. Pour Moïse, c’était la loi du talion, avec Jésus vint le temps du pardon, Confucius, lui, avançait que la compréhension des êtres était la base de l’harmonie. Socrate amena la raison dans la réflexion : la foi alliée à l’intelligence.

Ils gardaient malgré tout le même objectif : la recherche de la vertu et de la sagesse. Tous croyaient en l’immortalité de l’âme et affirmaient que la mort n’est pas une fin. Ils ont tous fui une existence facile pour n’être que des SDF ou presque. Ils étaient d’infatigables marcheurs et, afin de répandre leurs idées ont choisi de cheminer sur les routes pour aller à la rencontre des hommes. Aller vers les autres sans attendre qu’ils ne s’égarent, c’est peut-être à cela que l’on peut reconnaître un grand initié. Il n’a de cesse de vouloir faire évoluer les êtres qui l’entourent et les faire progresser vers la sagesse. Leur vraie sagesse serait-elle de vouloir obtenir celle des autres ?

En fait la seule vraie différence entre eux est que certains ont eu une révélation, un appel de l’unité divine qui leur fit alors ouvrir les yeux sur les vraies valeurs qu’ils devaient défendre, alors que les autres ont cherché durant toute leur vie à s’approcher de la vraie lumière.

Le fait d’être un grand initié n’est pas un fait en lui-même mais un jugement humain. Ce jugement évolue selon l’époque et l’endroit mais il reste un jugement. Devenir un grand initié aux yeux des autres :

- Aux yeux de mes petits enfants, je suis un grand initié car j’ai la connaissance de ce que eux ne font que découvrir, je leur montre le chemin, je les protège. Mais il faudra qu’un jour ils prennent leurs propres décisions, qu’ils pensent par eux même sans demander avant si le pas qu’ils vont faire est sur le bon chemin. Il faudra qu’ils soient prêts afin de ne pas s’écarter de la vertu, et l’enseignement que je leur aurais dispensé sera alors primordial.

- Pour le compagnon, ces grands initiés sont un peu des pères ou des grands pères qui guident sans inhiber l’évolution de notre personnalité. Ce sont des modèles dans lesquels nous pouvons tirer le meilleur pour mener notre quête. Ils nous inspirent mais ne doivent pas se substituer à nous même, leurs mots ne doivent pas se substituer aux nôtres au risque de perdre notre âme.

Tous avaient autour d’eux des disciples auxquels ils confiaient leurs pensées. Ceux-ci ont pu transcrire leurs paroles, créant ainsi des courants philosophiques ou religieux qui aujourd’hui aident le cherchant dans sa quête.

Ces disciples ont eu peu ou pas l’occasion d’exprimer leurs propres pensés. Le compagnon peut parcourir tout ces écrits mais doit rester maitre de ses idées.

« Ne laisse pas n’importe quelle pensée, n’importe quel sentiment ou désir, féconder ta terre » (Olivier Manitara ; le livre secret des Esséniens)

Nous, francs maçons, sommes les héritiers de ces grands initiés mais il faut prendre garde à ne pas tomber dans le dogme.

« La véritable religion est avant tout un état d’esprit et d’âme qui appartient à la vie intérieure de l’individu et qui doit demeurer libre de toute frontière et manipulation artificielle » (olivier Manitara)

La science étudie tout ce qui est matière : le ciel qui nous entoure et ses étoiles jusqu’aux atomes qui façonnent notre existence. Les religions essaient de nous convaincre du bien fondé de leurs dogmes et étudient la science de l’esprit à partir de leurs certitudes. Les grands initiés nous enseignent de rester à l’écoute, de nous positionner non pas sur des certitudes dictées par la science ou notre religion mais sur la recherche permanente de la vérité. Rien n’est arrêté, tout est possible. Dans son livre, E. Schuré tente de nous convaincre que l’avenir est dans le rapprochement de la science et de la religion qu’en est-il vraiment ?

Je me pose cette question : la philosophie est elle le lien entre la science et la religion ?

Tous les grands initiés avaient compris que pour que l’homme comprenne et accepte leur message il serait besoin d’un édifice intérieur solide et harmonieux, sans cela leur mission dans le monde risquait d’être compromise. C’est donc un tel édifice qu’en premier lieu, ils se sont efforcés de bâtir.

Notre temple intérieur ne peut être édifié que par nous, leurs écrits et leurs idées ne sont pour nous que des outils supplémentaires. Ce ne sont pas les outils qui font la construction, mais celui qui les emploie et la façon de les employer. L’équerre que nous avons en main lors de ce quatrième voyage est justement là pour nous rappeler cette rectitude que nous devons avoir. « Crains l’exemple d’autrui ; pense d’après toi-même : Consulte, délibère, et choisis librement. »

Ils nous démontrent que chaque homme est capable de se surpasser et c’est une leçon de plus que nous donnent ces hommes. Lorsque l’homme renait franc maçon, il doit être purifié et, sans forcément oublier qui il était, devenir ou tout au moins tenter de devenir un homme de lumière. Ce qui nous relie à eux, c’est l’amour. L’amour avec un grand A. Par notre fraternité, nous exprimons ce qu’eux essayaient d’inculquer à leurs semblables.

L’interprétation de leurs textes ou de leurs paroles reste personnelle à chaque FM :.

Tout ces actes, toutes ces paroles qui nous paraissent à l’inverse de ce qu’ils veulent nous enseigner ne valent que par leur interprétation : le meilleur exemple en est l’évangile de Luc 12.49. Interprétée à l’opposé par deux religions.

Les tables de la loi ont crées la division, Jésus a lui aussi créé sans le vouloir un schisme qui dure encore 2000 ans après.

Il est donc essentiel pour nous franc-maçon de savoir interpréter leurs messages. Chacun d’entre eux peut nous apporter une étincelle de lumière, ils ne sont pas différents mais complémentaires, je dirai même indispensables les uns pour les autres. Chacun possède une part de vérité que nous nous efforçons de comprendre, l’important ne sont pas les mots mais leur compréhension.

La quête du FM ne peut s’arrêter à la lecture de tel ou tel document, elle ne fait que s’enrichir. Chaque FM sait au fond de lui jusqu’où il aimerait mener cette recherche. Notre recherche est basée sur une seule chose : le doute.

En effet si nous faisions confiance à nos ainés, si nous avions cru en leurs paroles, nous n’en serions pas là, notre recherche n’aurait pas lieu d’être. Nous aurions en temps et en heure approfondi leurs paroles et nous aurions compris depuis bien longtemps leur signification et nous aurions approché la vérité de si près qu’elle serait aujourd’hui évidente. Nous, bien sûr, c’est l’humanité. Chaque être humain possède cette étincelle divine au fond de lui qu’il suffit d’aviver. L’approche du divin à toujours fait peur à l’humanité, encore aujourd’hui. Sommes nous prêts, même nous FM à faire face à l’inconnu ? Difficile de répondre. Toutes les réflexions de ces grands initiés sont pour le compagnon ou plutôt paraissent des évidences, mais après une approche plus maçonnique leur complexité nous embarrasse et on s’aperçoit bien vite que les explications manquent. L’ésotérisme que nous abordons par notre initiation va nous ouvrir la voie. Nous nous devons d’être les gardiens de ces pensées, nous devons transmettre le message qu’elles contiennent afin d’améliorer l’humanité et préparer le jour où tous les hommes pourront recevoir la lumière.

Ces grands initiés nous enseignent que la vérité existe et que notre quête philosophique n’est pas vaine. Tous défendaient le fait que l’homme peut à tout moment basculer vers le bon et le beau, il faut pour cela qu’il ait la connaissance de ce qui est bien pour l’humanité, il doit discerner le bien du mal, la justice de l’injustice, et ne plus se leurrer de faux semblants. Il sera alors libre et sur la voie de la vertu. L’approche du divin à travers eux devient plus facile car ils nous ont transmis des enseignements qui pour le FM sont une base solide et riche pour sa réflexion.

Les hommes étaient-ils prêts à recevoir ces enseignements ?

Le grand initié n’est-il pas celui qui revient dans la caverne pour nous ouvrir les yeux sur ce qu’est réellement la vie, sur l’essence même de nos origines et de nos valeurs et nous délivrer ainsi des chaines de l’ignorance. Comme l’explique Platon par le « mythe de la caverne ».

Tous ces grands initiés ne sont que des maillons d’une chaine qui se perpétue encore de nos jours. Des hommes et des femmes essaient de porter haut l’âme des hommes. Ils donnent leurs vie pour certains à des causes que l’on croirait perdues et essaient d’entrainer dans leur sillage tous ceux de bonne volonté. Pareils à leurs ainés, ils vont vers les hommes et cherchent ou ont cherché à les faire progresser vers les voies de la sagesse. C’est une tâche ardue rendue encore plus difficile par les progrès de la science et des nouvelles technologies, car les mauvais messages ont tendance à se propager plus vite que les bons. Ces êtres privilégiés annoncent et préparent la spiritualité de demain.

En conclusion c’est AMOUR, aimer, un verbe qu’ils ont conjugué à tous les temps et que nous nous efforçons de prononcer à voix basse. Ils ont chacun leur approche de ce qu’est l’amour : limité à ses proches, ouvert à tous, parfois à tous les êtres vivants, ou bien simplement limité à sa personne croyant ainsi limiter ses désirs ; il faut simplement faire une synthèse de ces pensées pour nous faire un idéal de ce que peut être l’amour.

Oui c’est dur d’aimer vraiment, ça tord les tripes, on a du mal à s’endormir lorsque l’on pense aux gens à qui on voudrait transmettre un message d’amour, oui ça fait mal de voir ces même gens qui ne nous renvoient pas cet amour, mais nous devons continuer, nous devons aller jusqu’à nous torturer pour transmettre le message qu’ils nous ont laissé en héritage et tant pi si l’on passe pour des ringards, des sentimentaux ou des faibles, nous devons faire fis de toute critique et comme eux aller jusqu’au don de soi pour que naisse une nouvelle humanité.

VM j’ai dit

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/5110

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Published by X - dans Planches
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 06:59

(...) L’idée d’une puissance, d’un principe supérieur, irrigue définitivement tous les systèmes de pensées depuis plus de 4000 ans. Tous les compartiments des idées sont enveloppés par l’idée de Dieu. Le monothéisme chrétien des premiers siècles a conquis l’Empire romain, justifié le pouvoir de droit divin, offert le paradis à ses croyants ; dicté la morale, les lois et les règlements et formé la conscience citoyenne des républicains. Les tables de la loi de l’Ancien Testament, gravées dans la pierre, sont désormais consacrées par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et le dispositif législatif.

Pour exprimer le refus de Dieu, il faut d’abord se situer par rapport à lui. L’athéisme devient alors un sous- produit du divin, un doute nécessaire à son embellissement. Si aucune morale n’échappe au divin, est-il encore possible d’échapper au dogmatisme religieux ?

La franc-maçonnerie spéculative tente de répondre à cette question.

C’est l’idée d’un principe organisateur universel qui est mis en avant pour les loges et obédiences qui admettent le Grand Architecte de l’Univers. La notion même d’architecte n’est pas sans rapport avec la filiation légendaire de la maçonnerie spéculative et opérative. On a substitué l’architecte à Dieu, dans un esprit œcuménique et dans la suite des grandes découvertes scientifiques de Galilée, Kepler et Newton. L'Univers céleste n’était plus conforme au canon de l'Église. La géométrisation de Dieu relève du désir inconscient d’une religion véritablement universelle.

Du fait de la laïcisation de la société, certaines loges et Obédiences refusent de travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, tentant de confirmer l’athéisme comme base initiatique. Il y a confusion malencontreuse entre le refus de la religion et de son dogme et l’idée de Dieu. Il faut simplement avoir à l’esprit que les grades dits supérieurs confirment l’idée de Dieu ou du Christ et en toute hypothèse celle du Grand Architecte de l’univers. Il n’est pas certain que le fait d’être à la pointe de ce qui se fait dans la société soit duplicable en matière initiatique.

L’ensemble des religions appartient à un fonds commun de spiritualité. L’homme s’est élevé dans sa condition et sa destinée, en s’appuyant sur une base traditionnelle, dont la religion est une expression. Ces religions ont fait nos sociétés, et la conscience de l’homme. À ce titre nous estimons qu’elles sont un bien commun de l’humanité. Les excès et les dévoiements ne remettent pas en cause leur apport spirituel. La lecture d’un texte dit « sacré » ne doit jamais se faire sur un plan exotérique (et donc partisan et contingent). Seule la lecture ésotérique est empreinte de sagesse. Cette lecture est transversale et dépasse le fait religieux. Le religieux exotérique n’est pas à l’ordre du jour dans les loges maçonniques. C’est pour n’avoir pas compris le sens ésotérique transversal et l’idée de Tradition commune à tous ces textes que certains d’entre nous ont pu développer des réactions ostraciques. Ces derniers ne comptent que sur eux pour tout réinventer, ils sont donc leur propre religion, sans tradition.

Avant d’aborder les rapports entre l’église et les francs-maçons, il convient de situer religion et spiritualité. On peut décrire trois cas.

Le premier, historiquement, dit que la spiritualité est de nature religieuse, comme ce fut le cas dans les anciens devoirs, jusqu’au Mason Word. La prégnance de la religion dominait l’autonomie de la pensée, du moins pour le plus grand nombre. À partir de 1723, le Grand Architecte de l’Univers se substitue à Dieu et alors la spiritualité maçonnique dépasse le contenu des religions pour mieux les englober. Vient ensuite la IIIe République. La spiritualité se dissocie de la religion qui ne devient plus qu’un compartiment de celle-ci, une modalité d’expression parmi d’autres. Ces trois étapes caractérisent la pluralité de la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui.

Pour les anciens opératifs catholiques, Dieu est le premier des maçons. Le Dieu Pancréator anthropomorphique est une représentation constante, souvent tracé dans une mandorle au tympan des églises et en enluminures. Cette imagerie rallie toutes les variantes dans l’appellation du Grand Architecte De l’Univers (GADLU).

Aucune discrimination n’est tolérée en Franc-maçonnerie. Tous les courants religieux peuvent être représentés. Les statistiques sont formelles : 10% de nos citoyens pratiquent régulièrement une religion, 75% déclarent croire en Dieu ou en une puissance créatrice. 25% se déclarent agnostiques, athées ou ne savent pas. Les Loges maçonniques sont le reflet de cette société française. Ce n’est pas l’appartenance religieuse qui fait le Maçon. Chaque maçon est libre de donner au mot Dieu la définition qu’il veut.

Atteindre ce que Socrate et Platon appelaient "l'état de sagesse", ce que les chrétiens appellent "l'illumination", ce que les Japonais appellent "le Satori", ce que les hindous appellent "la Réalisation spirituelle", tel est le but premier et fondamental de toute Maçonnerie. Il ne faut pas confondre "religion" et "spiritualité", ni "cléricalisme" et "religion". Libres et tolérants, les francs-maçons se considèrent comme des frères et acceptent que chacun cultive ses propres convictions et suive son propre chemin spirituel.

Les francs-maçons sont, par essence, opposés à tout dogmatisme, quel qu'il soit. Il est à noter que certaines loges sont plus adaptées par la philosophie de leurs rituels, à recevoir en leur sein un croyant ou un non-croyant. C’est la responsabilité du parrain, c'est-à-dire de celui qui est chargé de vous guider dans votre entrée en Franc-maçonnerie, de trouver la loge et l’obédience la plus adaptée à votre cas.

Par principe, on rappelle qu’en loge il est interdit de parler de religion ou politique afin de conserver une sérénité dans la tenue des travaux.

Définir son propre cas, revient à tenter de se situer dans le paysage religieux. Avant toute chose, il faut distinguer religion et église. La religion reste une croyance générale et impersonnelle, alors que l’église intervient dans la mise en œuvre d’un dogme qu’elle a pu produire dans le temps. Autrement dit, on peut parfaitement se déclarer de telle religion, sans accepter le dogme d’une église qui s’en réclame. On distingue au-delà de cette dichotomie, le texte sacré et son interprétation.

On peut tenter de distinguer 7 catégories :

-Les chrétiens d’esprit et de corps qui furent les premiers rédacteurs des Anciens Devoirs. Catholiques en faisant référence à la Sainte Trinité, puis anglicans et pour finir calvinistes. L’appartenance religieuse fondait la pratique rituelique.

- Les Déistes, qui sont à l’origine une hérésie de la foi chrétienne, car ils ne se réfèrent pas à une révélation. L’idée générale repose sur la création de l’univers par un Dieu bon et puissant. Ce Dieu est infiniment respectable, mais il ne s’est manifesté dans aucune écriture ni aucune révélation. Cette attitude propre à remettre en cause les canons de l’église explique que les chrétiens fondamentalistes se soient opposés à la notion de Grand Architecte de l’Univers. L’option Déiste est très largement présente dans les premières constitutions. Elle est conçue comme le plus petit dénominateur commun entre les différentes religions et voulait donner un caractère universaliste à la Franc-maçonnerie organisée, en l’appuyant très largement sur l’Ancien Testament, commun à toutes les religions du livre.

- Les Théistes souvent « noachites » ou « noachides» qui font de l’idée d’un Dieu unique, une omnipotence et une omniscience qui perfuse l’univers entier depuis sa création, sans représentation anthropomorphique. C’est une doctrine indépendante de toute religion établie.

- Les Relativistes qui loin de contester l’idée divine, la considère croyance utile, voire indispensable au bon équilibre sociétal et à la psychologie humaine. La foi devient utilitaire. La religion et son explication de l’univers ne sont qu’une hypothèse.

- Les Rationalistes qui considèrent que l’homme doit raisonner avant de croire, et qu’un dogme ne peut s’imposer de lui-même à l’homme libre. La foi religieuse interdit l’usage de la raison, la foi ne peut être qu’une hypothèse non raisonnée.

- Les Agnostiques qui doutent de l’existence d’un dieu sans le nier pour autant, de même qu’ils ignorent la profondeur métaphysique. Le domaine de l’intime, de l’origine des choses et de la destinée est inaccessible.

- L’athée qui constate que l’idée divine n’est prouvée par aucune science ni aucun raisonnement et met à l’écart le cortège des représentations mentales des croyants. L’athée assume librement sa pensée sans s’appuyer sur un dogme quelconque. On nie l’existence de Dieu et de la divinité.

Il existe sûrement bien d’autres catégories.

La rituelie maçonnique évolua avec les mentalités : si les anciens devoirs étaient expressément catholiques, intégrants la prière, les rituels maçonniques apparus après les statuts de Schaw de 1599, ne laissait aucune place à la prière des anciens devoirs catholiques. Ils étaient assortis d’un catéchisme mnémotechnique dupliquant celui de l’église.

Notons enfin que les constitutions dites d’Anderson en 1723 puis en 1738 se firent l’écho d’un discours rassembleur de bon aloi, propre à rétablir la paix civile, tout en s’inspirant particulièrement du Mason Word calviniste de nature symbolique et herméneutique. 1723 : « Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale ; et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin profane.
Mais, quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on a jugé mainte­nant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la reli­gion dont tous les honnêtes gens conviennent, qui est de permettre à un chacun d'embrasser les opinions qu'il croit les plus saines et les plus raisonnables; ces opinions qui peuvent rendre un homme bon, équi­table, sincère et humain envers ses semblables, de quelque lieu et de quelque croyance qu'ils puissent être. De sorte que, par un principe si excellent, la maçonnerie devient le centre de l'union parmi les hommes, et l'unique moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des per­sonnes qui n'auraient jamais pu être sociables parmi elles, par rapport à la différence de leurs sentiments. »


1723 n’est qu’une étape. On peut lire dans les Constitutions, l’obligation d’un simple déisme basé sur la religion naturelle, dans un esprit de tolérance. Le but d’unir les deux cultes était une vaine utopie. Il faut plutôt y rechercher un calcul politique des Orangistes qui désormais détenaient le pouvoir et avaient beau jeu de pratiquer l'œcuménisme de circonstance. En effet en 1738 l’allusion à un Noachisme devient l’expression unitaire des religions du livre. On y dépasse le christianisme schismatique pour aller vers les origines vétéro-testamentaires, qui ouvrent l’expression d’une lecture personnelle de l’Ancien Testament, propre à satisfaire l’esprit protestant ou Huguenot. En effet on attribue abusivement à Anderson la complète rédaction des constitutions de 1738. Le marquis de La Tierce, son ami, avait deux ans auparavant tenté d’améliorer le texte de 1723 en y introduisant un esprit certes reformé et oecuménique, mais d’essence française. À cet effet il y introduit, avant publication de 1742, une version du discours de Ramsay qui établit un lien chevaleresque, tout en améliorant l’aspect historique particulièrement défaillant chez Anderson.

Le Noachisme :

Le point de vue « noachite » est une idée « Ramsayenne », reprise par De la Tierce et Anderson. C’est donc un rassemblement qui est proposé sur la base du plus petit dénominateur commun. Cette volonté de rassemblement va ouvrir la porte à la légende d’Hiram qui est une relecture de la figure de Jésus. En évitant de tomber dans une déité proclamée, Hiram porte le grade de Maître au sommet de l’Art royal, tout en organisant le passage de l’initiation sur la matière à l’initiation sacerdotale.

1738 :« Un maçon s'oblige à observer la loi morale comme un vrai noachide; et s'il comprend droitement le métier, jamais ne sera stupide athée ni libertin sans religion, ni n'agira jamais contre sa conscience. Au temps jadis, les maçons chrétiens devaient se conformer aux usages chrétiens de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient. Mais la maçonnerie existante en toutes les nations même de religions différentes, le seul devoir est aujourd'hui d'adhérer à cette religion où tous les hommes s'accordent (sauf pour chaque frère à garder son opinion particulière), c'est-à-dire d'être hommes bons et vrais, ou hommes d'honneur et de probité, n'importe les appellations, religions ou croyances qui les distinguent : car ils s'accordent tous sur les trois grands articles de Noé, et c'en est assez pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la maçonnerie est le centre de leur union, et le moyen de concilier des personnes qui auraient dû, autre­ment, rester sans cesse éloignées les unes des autres. »

Le Noachisme en tant que tel par son universalité ne devait pas oublier la tradition dont était issue la Franc-maçonnerie. Elle ne pouvait ignorer ses racines chrétiennes et les prières qui ponctuaient les rites maçonniques opératifs[1][5]. De ces anciens devoirs, il importait pour certains de réintroduire la prière à Dieu. C’est ainsi que la réaction des « Anciens » contre les « Moderns » replace l’invocation à Dieu dans les rituels spéculatifs. Le centre de résistance principal était la vieille loge d’York qui pratiquait l’ancien principe de la loge libre et la fidélité à l’église (anciennement la Sainte Église puis l’Église anglicane). Ils finirent par fusionner non sans que Laurence Dermott publie en 1753 une version des constitutions de la Grande Loge des anciens, reprenant celle de 1738 avec un esprit nettement plus déiste.

La fusion des « Anciens » et des « Modernes »en 1813 entretiendra durablement une confusion entre ce qui caractérise les rites anciens et modernes, entraînant un mélange « génétique » dans la pratique rituelique.

Au Rite Écossais Primitif, il est préférable d’accepter l’idée divine, quelle que soit la typologie représentative, avec ou sans pratique religieuse. Pour s’en faire une idée il suffit de lire l’invocation de fermeture :

«- Très Saint et Très Glorieux Seigneur Dieu, Suprême Architecte du Ciel et de la Terre, Dispensateur de toutes les Grâces ici-bas, nous te supplions de bénir nos Travaux et d’illuminer nos esprits d’intelligence et de Sagesse, afin que nous puissions être à même de Te connaître et de Te servir droitement, toutes nos actions ne tendant qu’a Ta Gloire, et au retour de nos Âmes en Ta Lumière. Amen. »

On constate que les deux terminologies Dieu et Suprême Architecte de l’Univers sont confondues pour rejoindre le versant métaphysique de la Déité, avec une notion liée à l’âme qui correspond à la pratique tri-unitaire des Anciens devoirs. (Corps, âme, esprit.)

Le Rite Écossais Rectifié par son histoire inspirée par les ordres de chevalerie accepte plutôt les chrétiens, l’ésotérisme chrétien occupant une place majeure C’est en 1778 que ce rite adossé sur celui de la Stricte Observance Templière est rectifié par JB Willermoz. L’invocation finale préalable à la fermeture des travaux illustre une différence avec l’esprit œcuménique des constitutions d’Anderson :

« Souverain Maître de l'Univers qui n'avez cependant nul besoin, vous avez voulu posséder votre Temple parmi nous et en nous. Daignez donc, Seigneur, conserver cette Demeure à jamais et toujours dans la Paix et l’Harmonie. Vous qui avez choisi ce Temple pour que votre Saint Nom y soit invoqué, faites aussi qu'il demeure une maison de travail et d'obsécration pour Votre peuple, et que ces Pierres Vivantes que sont Vos ouvriers, Suprême Architecte du Monde, soient à jamais unies entre elles par le ciment de la Charité... Amen ! ... »

Le Rite Écossais Ancien et accepté, par sa nature syncrétique, accepte toutes les tendances, ce rite pouvant être qualifié de Théiste. Enfin le Rite Français est plus généraliste encore et les libres penseurs peuvent y trouver une place. Il n’y a pas d’invocation au sens biblique du terme, mais l’affirmation d’un idéal dans la sphère humaine :

« Bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-Maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action. Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre idéal. Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin ! « 

Le serment qui engage le franc-maçon est donné sur la bible ouverte à l’Évangile de Saint Jean considéré comme un livre initiatique, surmonté de l’équerre et du compas, comme pour la plupart des rites écossais. Certains rites préconisent l’équerre, le compas et la règle cette dernière remplaçant la Bible.

La Franc-maçonnerie reste universelle et n'impose aucune limite à la recherche de la Vérité. Elle est donc par nature adogmatique. En Franc-maçonnerie, il n'existe aucune Vérité "venue d'en haut" (en dehors de la religion et de l’éventuelle révélation, qui reste du domaine privé), aucun gourou à vénérer, seul subsiste le travail individuel et collectif, autour d'un outil parmi tant d'autres : la méditation et la reliance à la tradition et aux êtres.

L’excommunication :

C’est ce relativisme religieux qui a toujours gêné les autorités religieuses. Les Constitution révisées d’Anderson approuvées par la Grande Loge de Londres le 25 janvier 1738 dans son article 1er déclare : « Un vrai Maçon est obligé par son titre, de se conformer à la loi morale comme un vrai noachide… » C'est-à-dire établir une relation au Divin, antérieure au Nouveau Testament objet de divergences d’interprétation, pour se transporter sur le terrain de l’Ancien Testament, laissant à chacun le droit de se définir plus précisément dans sa croyance. La réaction du Pape Clément XII est une condamnation de la Franc-maçonnerie dans la Bulle « In Eminenti… » datée de 1738 « Pour d’autres motifs justes et raisonnables de Nous connus… » Renouvelée par Benoît XIV en 1751 dans la bulle « Providas ». Les bulles qui excommunient les catholiques Franc-maçon sont sans effet en France, car elles doivent être enregistrées par le parlement. Cependant, à la restauration et suite au concordat de 1801 passé entre Bonaparte et Pie VII, elles deviennent applicables et sont reprises dans la bulle « Ecclesiam a Jesus Christo » qui vise plus généralement les sociétés occultes. On vit alors les membres du clergé et les fidèles quitter les Loges, remplacés par des frères insensibles à cette situation et probablement moins engagés dans la religion catholique. Suite à ce déséquilibre, on assista à une montée en puissance du sentiment Déiste dans l’esprit voltairien jusqu’à la révolution de 1848 et ce, dès le Second Empire. Cette situation évolua vers la laïcité républicaine qui permit au Grand Orient de France en 1877 d’éliminer la référence au Grand Architecte de l’Univers. Ainsi, on suit un axe qui part de l’Esprit des Lumières pour aboutir à un positivisme et un rationalisme extrême.

En 1884 le 2 avril, Léon XIII publie l’encyclique « Humanum Genus » ou les francs-maçons sont accusés de « ruiner la Sainte Église…, dépouiller les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ ». Il faut préciser que la Franc-maçonnerie oeuvra avec un réel succès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation de l'Église et de L'État.

En 1915, le canon 2335 du droit canonique, stipule que les francs maçons catholiques encourent l’excommunication.

C’est en 1983 que cet article fut annulé et remplacé par le canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ». À ce point de l’histoire, on ne peut pas dire que la franc-maçonnerie conspire contre l'Église. Il existe même une franc- maçonnerie Christique. Toute perspective de rapprochement pour les francs maçons pratiquant une religion, disparaît lorsque le 26 novembre 1983 le futur Pape Benoît XVI, président la Congrégation pour la doctrine de la Foi, renouvela l’interdiction faite aux catholiques d’appartenir à la franc-maçonnerie.

L’Église Anglicane n’est pas en reste et accuse la franc-maçonnerie d’être hérétique, gnostique, de s’opposer à la trinité. Il y a incompatibilité des deux démarches. Les méthodistes lui reprochent le secret et en interdisent l’accès. Seule l’église baptiste des États-Unis semble accepter l’adhésion à la franc-maçonnerie. En France l’Église Orthodoxe n’a formulé aucune opposition. Enfin l’Islam, malgré le soufisme, s’oppose à la démarche maçonnique qualifiée de sioniste. Le Bouddhisme et l’hindouisme restent dans une indifférence bienveillante.

Le constat est clair, si la franc-maçonnerie et l’immense majorité des Frères, respectent et estiment les religions, les églises font preuve d’une méfiance voir d’une hostilité incompréhensible pour les francs maçons pratiquant assidûment une religion. Il convient d’examiner les cinq points qui motivent cette hostilité.

1) Le relativisme

Le fait de considérer sur un pied d’égalité toutes les pratiques religieuses fait que la franc-maçonnerie est multiconfessionnelle. Cette attitude est proche de la vision laïque, ce qui pose un problème aux religions universalistes et conquérantes. Le fondement de ce relativisme trouve sa source à la fois dans le Noachisme historique, mais aussi à la distinction qui est faite entre la voie mystique et initiatique. Pour le maçon ces deux voies sont distinctes, pour le clergé, la révélation mystique est la seule voie.

Ce relativisme cède parfois à une hostilité ouverte. Le grand Orient en 1922 dans son convent déclare :

« La séculaire puissance d’obscurantisme prétend à l’universalité de son hégémonie mondiale. Son Vatican, avec ses multiples services de sa curie romaine, telle une pieuvre colossale développe ses monstrueux tentacules sur le monde entier. L’ombre néfaste de ses maisons de prières et de servitude dissimule aux humains les perspectives des horizons de lumière et de vérité. Si nous voulons que cette ombre meurtrière de la pensée humaine, complice de tous les crimes qui laissent dans l’histoire une longue traînée de sang, ne puisse s’étendre et s’épanouir dans ce monde, si nous voulons préserver les générations d’un fatal enlisement intellectuel sous la sujétion des dogmes, des préjugés, et des superstitions ; détruisons ce symbole « apostolique » d’horreur et d’épouvante, ce foyer de malfaisance universelle et reprenons l’âpre combat au cri renouvelé de Voltaire : Ecrasons l’Infâme ! »

2) Le langage de la franc-maçonnerie traditionnelle et symbolique

C’est un langage ésotérique. L’Église des premiers siècles était l’héritière des traditions passées et avait indiscutablement un discours initiatique en plus du discours mystique.C’est un aspect que l’Église dans sa course à la sécularisation et sa conquête du pouvoir temporel a négligé. À force de s’appuyer sur le plus grand nombre, le discours de l’Église s’est vulgarisé. Le versant ésotérique réservé à l’élite (notamment aux évêques) fut abandonné au profit d’un exotérisme simplificateur et anthropomorphique. C’est ainsi que l’Église pouvait parler au plus grand nombre et peser sur les âmes et le pouvoir politique. L’Église restait détentrice des anciennes traditions sans en comprendre le sens profond.

Cet abandon remonte au Moyen-âge. L’ésotérisme chrétien de la grande tradition se trouvait en difficulté. L’enjeu résidait dans la maîtrise du pouvoir temporel, ou le nombre et la matérialité pèsent plus que l’élite et l’esprit. Il fit ressortir les sociétés initiatiques détectrices des traditions et de leurs interprétations. Celles qui sommeillaient bien souvent très près des évêques et cardinaux qui, autrefois, maîtrisaient ce langage. Les interprétations de l’ésotérisme chrétien, par les fidèles d’amour, les roses croix, les templiers, les gnostiques, les alchimistes n’étaient que partielles. Leurs interprétations ne reposaient pas sur une métaphysique de la totalité. Cette dislocation n’a pas permis à ces mouvements de survivre par eux-mêmes. Ils devaient se rallier à une voie véritablement initiatique comme la Franc-maçonnerie opérative. Seul ce réceptacle pouvait garantir la transmission.

On ne peut priver de voie initiatique, le cherchant de bonne foi. Cette aspiration correspond à un besoin irrépressible, qu’aucune loi ou aucun règlement ne peut juguler. Il ne restait plus à l'Église que la voie mystique assujettie au dogme, qui a produit un grand nombre de béatifications. La voie mystique est l’équivalent de la voie initiatique, la première s’exerçant dans le domaine extérieur (exotérisme) et la seconde dans le domaine intérieur (ésotérisme). Toutes les deux supposent un laborieux effort pour y parvenir, mais aussi une capacité à recevoir la grâce divine ou à la découvrir.

La voie sacerdotale n’étant plus que mystique, seule la voie artisanale restait à la disposition du peuple et la voie chevaleresque pour la noblesse. C’est dans ces deux voies que se dirigèrent les micro-sociétés initiatiques, pour les enrichir, tout en prospérant à l’abri de l’institution. Inattaquables, car forts utiles (travail de la matière ou art du combat), elles transportèrent leur trésor initiatique jusqu'à nous. L'église dépossédée de son hégémonie dans l’interprétation des textes sacrés et de l’explication du monde se retrouva contestée dans la voie initiatique sacerdotale par différents mouvements à caractères gnostiques. Cette affaire marqua profondément la Papauté qui en tira des règles aussi rigides que l’inquisition. La disgrâce de la franc-maçonnerie est en partie due à ce passif.

Ce qui ressemblait à la franc-maçonnerie, ainsi que les autres organisations initiatiques, trouva le champ libre.

La religion n’était pas contestée dans ses fondements, mais elle était complétée dans une deuxième interprétation sur un registre ésotérique soustrait à l’audition du plus grand nombre.

3) L’antériorité interprétative

La légitimité d’un mouvement d’idée trouve souvent ses fondements dans le caractère immémorial de sa pratique. À l’évidence bien des traditions sont antérieures à l’avènement du Christ.

Les alchimistes prétendent que leur science est le reflet des saints mystères et que le Christ partage l’immanence de la pierre philosophale. Adam n’est-il pas un modelage fait de glaise, d’eau et du souffle divin, soit les éléments de bases qui après division et purification donneront la pierre philosophale…

Les gnostiques plaident aussi pour une renaissance ultime tout en se fondant sur des traditions antérieures à la chrétienté.

Les roses croix qui depuis 1646 désirent réaliser l’approche ésotérique des œuvres de Dieu dans la nature, dans le but de la dominer.

Les hermétistes s’intéressent à la nature du Christ : s’agit-il d’une résurrection, d’une renaissance, d’une exaltation ? Qu’en est-il de ce corps mystique ? Ils trouvent à s’appuyer sur une antériorité qui remonte bien avant Jésus Christ.

Comme l'Église des premiers siècles, ils fondent leurs traditions et leurs symbolismes sur des pratiques qui appartiennent au fonds commun des sociétés à mystères ou initiatiques.

À l’antériorité interprétative s’ajoute parfois la pratique théurgique. Celle-ci fut particulièrement mise en exergue par Martinez de Pasqually, lorsque fut instauré l’ordre des Élus Cohen. Son influence fut suffisamment forte pour irriguer en partie la franc-maçonnerie moderne, à tendance christique, telle que pratiquée par le Rite Écossais Rectifié. La franc-maçonnerie swedenborgienne s’imprègne fortement des enseignements de la bible, de la Genèse du principe créateur et de la réintégration.

Ainsi l’autonomie dans l’interprétation se traduit en autonomie de la volonté et fait sortir du giron papal, toute une série de mouvements initiatiques, mystiques et autres, qui sont de nature à porter préjudice à l’institution ecclésiale.

Le Christ et sa résurrection, ainsi que tous les mystères de la révélation sont interprétés spécifiquement par tous les mouvements initiatiques hermétiques, qui font peu de cas du Dogme de l'Église.

4) Le dogme

L’emprise naturelle et respectable de la doctrine dans une religion va se heurter à la conquête du Soi par l’initié. On admet généralement que la religion catholique, pratiquée en sa forme ancienne et traditionnelle, offrait un cheminement initiatique. Ledit cheminement restait sous l’emprise des différents sacrements, qui marquaient les admissions aux mystères de la foi.

Le hiatus semble reposer sur le caractère initiatique de l'Église, de la franc-maçonnerie et la liberté d’évolution de cette dernière. Les deux institutions se retrouvent en concurrence sur le chemin de l’initiation, sacerdotale pour la première et artisanale pour la seconde.

La différence tenait à l’autonomie de l’interprétation. Le dogme tient fermement la main du chrétien, ne le laissant quitter le seul chemin possible, alors que la Franc-maçonnerie ne prétend nullement diriger le maçon sur son chemin, proposant un simple épaulement de la fraternité initiatique de la loge. L’initiation a toujours existé et l'Église s’est appuyée sur les traditions initiatiques antérieures pour entrer dans les âmes et les cœurs. La voie cardiaque est si efficace qu’il convient de fermer la porte derrière soi pour éviter toute concurrence. Or, c’est aussi par la voie cardiaque et son égrégore que la Franc-maçonnerie s’installe en nous. N’oublions pas que la Franc-maçonnerie interprète les textes sacrés et donc la Bible sur un plan ésotérique. Chassant sur les terres de l’ésotérisme chrétien, l’interprétation libre et personnelle du maçon, risque de s’opposer à la révélation et aux dogmes. Les initiés sur la voie savent qu’il est judicieux, au nom d’une certaine cohérence, de n’emprunter qu’une seule voie à la fois. En conséquence être fidèle dans une religion n’est pas incompatible sur le plan initiatique avec la Franc-maçonnerie, mais suppose l’adhésion à un dogme qui guide les pas du maçon. La peur de l’Église est que ce dernier, par ses propres découvertes et son exégèse ésotérique, ne se détourne du canon.

5) Hiram

La légende d’Hiram apparaît dans les loges vers 1730-1745. Elle semble réunir sur elle l’action des courants ésotériques voir occultistes des siècles passés. Rose-croix, alchimistes, détenteurs de la Gnose, élus Cohens trouvent une expression plus élaborée dans cette légende. La théâtralité du récit, introduit dans le rituel d’exaltation, le passage dans un autre état, voire dans un autre monde, pour «l’élu » qui a été choisi par ses pairs.

L'homme-matière devient Homme-esprit. Nous ne sommes plus dans le registre de la pierre taillée. C’est bien plus qu’une simple palingénésie qui mimerait au plan symbolique le sacrifice du Christ. Son assassinat et son relèvement rituel n’étaient pas pour plaire au clergé, d’autant que cette mort rituelle est une délivrance de toute contingence et donc de la matière, alors que la crucifixion du Christ annonce la résurrection des corps et le salut de l’âme.

La délivrance est réservée aux élus, le salut est pour tous.

L’interprétation du sacrifice du Christ et de sa résurrection se trouva concurrencée par l’approche initiatique de la légende D’Hiram. C’est toute la construction dogmatique qui était menacée par l’élan maçonnique. Désormais, s’en était trop, le futur Maître ne pouvait vivre une résurrection-délivrance dans des cérémonies secrètes, et il ne pouvait y avoir deux Christs, celui du salut et celui de la délivrance, celui de l’Église et celui des maçons.

L’interprétation maçonnique est potentiellement supérieure à celle de l'Église, car cette dernière ne se situe que « par » et « pour » l’homme, lui proposant le salut pour réalisation spirituelle, alors que la maçonnerie offre le changement d’état.

L'Église considère que la spiritualité est sa suite et conséquence, inspirée par la foi. Le point de vue de l'Église s’oppose à certains maçons pour qui la croyance en une religion n’est qu’un simple compartiment de la spiritualité.

La base historique du christianisme repose sur la Résurrection. C’est l’expression prophétique de la volonté divine dans un domaine purement contingent et historique. Ce « sous-domaine » d’intervention est de moindre dimension, qu’une sphère métaphysique, conceptualisée par l’initié-maçon dans son for intérieur. Ainsi, la métaphysique de l’initié parfait saisit l’ensemble de la permanence et du tout, alors que la prophétie et la résurrection ne sont que l’émanation d’une volonté divine dans une strate. Il y a bien différence de perspective, car la nature de la religion est décidément dénuée de son dimensionnement ésotérique.

C’est un dialogue de sourds.

L'Église ne reconnaissant pas l’ésotérisme comme autonome et supérieur dans sa portée, mets en avant la voie mystique. Elle n’accepte pas de reconnaître l’abandon fautif de l’interprétation de l’ésotérisme spécifiquement chrétien. De son côté, le maçon n’entend pas se soumettre au dogme, conservant ainsi l’intégrité d’une voie initiatique, artisanale, ancestrale et personnelle.

La voie initiatique peut être complétée par la foi. Si on admet que la foi religieuse complète et illustre dans un domaine limité, le concept métaphysique.

De notre point de vue il n’y a pas contradiction entre la voie initiatique et la voie mystique, elles sont agissantes sur deux domaines différents, mais pas contradictoires.

Toutes les voies ascensionnelles sont censées converger en un point commun et ultime. Ce sommet de la montagne pouvait être suggéré par la légende du relèvement d’Hiram et la résurrection du Christ. Les conséquences étaient trop importantes pour qu’il puisse y avoir la moindre reconnaissance de part et d’autre.

(…)

© Comprendre la Franc-maçonnerie - Editions du Maçon 2011

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-spiritualite-maconnique-99413011.html



 

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Published by Eric R\ - dans Planches
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 05:39

La perception du rapport analogique est peut-être le seul acte réellement fécond dont soit capable l’esprit humain. Elle est à la base de toute la rhétorique et de toutes les opérations de symbolisation, au cœur des trouvailles les plus efficaces de l’image poétique, si l’on accepte la définition célèbre qu’en donnait M. Reverdy, comme des seules démarches vraiment progressives du raisonnement logique, dont le moment essentiel est celui où les prémisses sont choisies et rapprochées en vertu d’une sorte de pressentiment que leur alliance sera féconde. Aussi, une logique de l’analogie, si elle devenait un jour possible sur des bases plus solides que celles de la symbolisation freudienne, nous ferait-elle sans doute apparaître la démonstration mathématique comme un cas particulier de l’image poétique. Il suffira, pour l’instant, que la possibilité idéale d’une telle logique soit entrevue pour que l’on se garde de traiter trop légèrement ceux qui ont fait de l’analogie la démarche ordinaire de leur pensée.

Or, il est un domaine qui paraît réfractaire à tout procédé de spéculation plus précis, et c’est la théologie mystique. L’analogie seule peut nous donner l’espoir de franchir la distance de la nature physique, et de notre nature, à la nature divine, et de réunir les éléments d’une représentation plus ou moins grossière de celle-ci. Reste à se demander en quel sens le rapport analogique de Dieu et de l’homme peut et doit être considéré. Autrement, est-ce de la connaissance de l’homme que l’on s’efforcera d’inférer une connaissance de Dieu, ou est-ce de la connaissance de Dieu que l’on s’efforcera d’inférer une connaissance de l’homme ?

La représentation de Dieu sous une apparence et des caractères humains se rencontre peut-être la première : le mana, si on le considère comme primitif, est du divin senti, mais non représenté ; et la représentation totémique, même chez Durkheim, n’est pas, ou n’est pas encore une représentation de Dieu. C’est ensuite l’anthropomorphisme, c’est-à-dire le système dans lequel, consciemment ou non, on passe de la connaissance de l’homme à la connaissance et à la représentation de Dieu. Le sens du vecteur analogique est de l’homme vers Dieu. On proposera l’appellation de théomorphisme pour les doctrines dans lesquelles ce n’est plus Dieu qui est conçu à l’image de l’homme, mais l’homme qui est conçu comme étant à l’image de Dieu. Le vecteur analogique va ici de Dieu vers l’homme.

Le sens de ce vecteur est bien la caractéristique des deux attitudes. Il va de soi, en effet, qu’entre l’anthropomorphisme de Dieu et le théomorphisme de l’homme, la distinction sera pratiquement fort délicate à établir. Ainsi la référence aux versets 26 et 27 de la Genèse ne suffira pas pour prouver le caractère théomorphique des interprétations courantes de la Bible. Au surplus, c’est toujours l’homme qui nous est donné empiriquement et familièrement, et il paraîtra dès lors peu important à certains de savoir si cet objet de l’expérience est le portrait ou l’original de la divinité à laquelle nous prétendons accéder à travers lui. L’affirmation que l’homme a fait Dieu à son image est une affirmation sceptique, qu’une doctrine religieuse ne professe jamais explicitement. Nous ne pourrons donc la déceler qu’en observant dans quel sens chemine la connaissance à l’intérieur de la doctrine constituée. Si nous nous apercevons que le contenu de sa notion de Dieu n’a pu se former que par des analogies humaines, son caractère anthropomorphique ne pourra plus être sérieusement discuté. C’est ainsi, par exemple, que l’élaboration cartésienne de la divinité comporte au moins une démarche visiblement anthropomorphique, celle où Descartes, qui a établi sa propre existence à partir du fait de sa pensée, établit l’existence de Dieu à partir du sentiment d’imperfection de cette pensée. Car, en ce moment, il considère la pensée, non plus comme un être indéniable et indéterminé, mais comme un état qualifié dont le complément est une qualification toute humaine de Dieu, désormais considéré comme parfait. On sent bien, et Spinoza a très bien senti, le progrès qui serait réalisé par une doctrine dans laquelle la connaissance cheminerait rigoureusement de Dieu vers l’homme.

Est-ce possible, et le théomorphisme n’implique-t-il pas un anthropomorphisme préalable ? Le vecteur part de Dieu, disons-nous, mais comment est-on arrivé à Dieu ? N’est-ce pas par analogie, et par une analogie humaine ? Ce qui reviendrait à faire du théomorphisme une façon différente d’exposer la connaissance de Dieu, mais non de l’acquérir et à l’opposer à l’anthropomorphisme un peu comme on oppose la phase déductive et la phase inductive dans le discours scientifique. Il est évident que nous ne pouvons exclure complètement le raisonnement qui conclut de l’homme à Dieu. Ainsi le maître dont nous allons parler, Martinez de Pasqually, nous signalera comme instructifs des détails de la structure humaine, l’inégalité des cinq doigts de la main, par exemple, et la tendance à utiliser ces analogies, relativement peu marquée dans son Traité de la Réintégration, l’était peut-être davantage dans son enseignement oral et se retrouve très nettement chez son disciple Saint-Martin, même avant qu’elle soit exacerbée par l’influence de Bœhme. Mais il est clair que cette relation analogique doit être conçue comme une relation de signe à chose signifiée. Dieu n’a de main en aucun sens, mais la main de l’homme signifie quelque chose dans le plan divin. Les caractères humains ne sont en rien plus essentiels à la divinité que les caractères d’imprimerie ne sont essentiels à la pensée.

Enfin et surtout, le théomorphisme échappe au reproche d’anthropomorphisme préalable par un coup de force et un coup de génie à la fois : la connaissance ne part pas, en effet, d’une représentation anthropomorphique de la divinité, parce qu’elle ne part d’aucune représentation définie de cette divinité. Dieu est comme une source de lumière que sa luminosité même nous empêche de regarder, si bien que, quoique le sens du vecteur analogique soit de Dieu vers l’homme, ce n’est pas en Dieu que nous le verrons lui-même, mais dans l’homme, miroir plus encore que portrait de la,divinité. Dieu ne commencera à être représenté que par ie reflet de sa propre lumière sur le miroir humain. On voit tout de suite l’extrême délicatesse de la méthode : car il faudra veiller soigneusement à ne renvoyer vers Dieu que la seule lumière venue de lui, et non point une autre qui nous serait propre. Mais on en voit aussi l’intérêt, car si elle est rigoureusement entendue, nulle autre ne pourra concevoir Dieu d’une façon aussi pure, tout en pénétrant le sens du monde phénoménal d’une façon aussi complète.

On retrouverait assez facilement des formes partielles de l’attitude théomorphique : ainsi dans la voie ascétique et mystique qui est celle de l’Imitation de Jésus-Christ, où le rapport de l’homme à Dieu est considéré non tant comme réellement existant dans la morphologie de l’homme que comme devant idéalement exister dans son être spirituel grâce à la morale et à la piété, le corollaire est mis dans une plus grande lumière que le théorème. Et c’est vraisemblablement dans le courant kabbaliste, ou mieux dans Je courant général de l’ésotérisme occidental que nous trouverions l’effort le plus soutenu pour rester fidèle à la méthode ici définie. On se contentera d’en souligner l’emploi dans l’œuvre du maître le plus original de la mystique française au XVIII8 siècle, Martinez de Pasqually.

Nous nous appuierons principalement sur le Traité resté incomplet et publié à la fin du siècle dernier [Traité de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles et divines (Paris, Chacornac, 1899). Cf. naturellement aussi l’ouvrage fondamental de M. Van Rijnberk, Martinez de Pasqually, 2 volumes, Derain-Raclet, Lyon, 1938]. On connaît trop peu ce grand texte : Matter se plaignait que l’on ne pût atteindre Martinez, comme Socrate, qu’à travers son Platon (Saint-Martin) ou son Xénophon (l’abbé Fournie). Le Traité, c’est Socrate lui-même ; avec toute l’ardeur et tout le décousu de l’exposé oral. On croit entendre en le lisant la voix du maître improvisant péniblement son livre dans son mauvais jargon, devant ses disciples, Grainville ou Champoléon, qui le reprennent sur son style, demandent des explications, obligent ainsi sa pensée à faire un effort pour s’expliquer de plus en plus clairement, si bien que l’exposé revient parfois sur ses pas, progresse, propose successivement plusieurs versions qui se contredisent parfois en partie1, avant de s’en tenir à l’explication la plus satisfaisante. Ainsi avons-nous à poursuivre la pensée de Martinez comme celle d’un interlocuteur qui n’arrive pas toujours à se faire comprendre, d’autant plus qu’il écrit pour ses disciples déjà Réau-Croix, c’est-à-dire très préparés, en principe, à le lire et à le saisir à demi-mot.

De prime abord, le traité se présente, on Je sait, comme un commentaire courant et un complément de quelques textes bibliques (presque tout le livre de la Genèse, sauf l’histoire de Joseph ; l’histoire de Moïse et ses instructions ; et quelques pages sur l’histoire de Saül). Bien que s’appuyant ainsi à chaque instant sur le texte biblique inspiré, Martinez reste cependant fidèle à la méthode métaphysique, grâce à son procédé fondamental d’interprétation, la notion de « type ». Selon lui, les épisodes bibliques s’éclairent, en effet, les uns les autres, dès que l’on est capable de les rapprocher convenablement : ils se répètent et symbolisent les uns avec les autres, d’Adam à Jésus-Christ. L’interprétation consistera donc à faciliter ces rapprochements et à les mettre en pleine lumière : l’explication jaillira alors d’elle-même. C’est en cela que consiste le dégagement des types. Le type est en quelque sorte, dans le Traité, la forme canonique du raisonnement par analogie. Il est supérieur à la fois au symbole et à la prophétie, parce qu’il est tourné à la fois vers le passé et vers l’avenir : « Un type est une figure réelle d’un fait passé, de même que d’un fait qui doit arriver sous peu de temps » (Traité, p. 153), alors que le symbole et la prophétie ne concernent que l’avenir, et que la prophétie n’est même qu’une menace sur l’avenir dont la réalisation reste subordonnée à la miséricorde de Dieu et à la conduite de la créature.

L’usage de cette notion de type est constant le long du Traité : Adam, Caïn et Abel font le type du Créateur avec les premiers esprits émanés et Adam (81) ; Adam est le type du vrai Adam ou le Christ ; Abel est type de Celui qui viendra ; Gain, type des prophètes ; Noé fait le type du Créateur ; le déluge et les événements qui suivent font le type de la création universelle ; Abraham avec Ismaël et Isaac répète le type d’Adam avec Caïn et Abel ; Abraham avec Isaac fait le type du Créateur avec le Christ ; Isaac avec Jacob et Esau font le type du Créateur avec les premiers esprits et Adam ; Abraham avec Isaac et Jacob font le type d’Adam avec Abel et Seth ; Esaû est le type de Caïn et de Cham ; Moïse répète les types de Noé ; en différents temps, Moïse présente également le type du Créateur, du fils du Créateur et de l’Esprit divin, etc. [Respectivement : 66, 79, 89-94, 141, 178, 214-216, 222, 223, 236, 240, 290]. Nous avons multiplié les exemples pour montrer la généralité de l’emploi du procédé, très souvent c’est la considération du type qui guide Martinez dans les adjonctions qu’il fait au récit canonique : ainsi nous parle-t-il de la joie qui mondait Eve pendant qu’elle était grosse d’Abel, bien que la Genèse soit muette sur ce point, parce que cet événement a été répété « vers le milieu du temps » par la grossesse de Marie et d’Elisabeth. C’est comme un reflet de la joie du Magnificat qu’il saisit déjà sur le visage de l’hommesse à peine créée. Sur des points de détail comme celui-là, l’imagination poétique de Martinez contribue à accentuer le type en retouchant le récit biblique. Mais ce reproche ne tient pas devant l’immense généralité de l’emploi du procédé. Et si plusieurs de ces analogies sont couramment invoquées par la liturgie romaine, l’originalité de Martinez est de s’en servir pour simplifier l’intelligence du texte sacré. Le type, en effet, réduit prodigieusement la diversité des événements, puisque ceux-ci se représentent les uns les autres. Ainsi voyons-nous les faits se surperposer bien plus exactement que les visages sur les clichés composites de Gaiton, s’emboîter de manière à ne plus offrir finalement à notre esprit qu’un seul fait, une unité au lieu d’une diversité. Puissance singulière d’un procédé de pensée qui fait évanouir la durée jusque de l’histoire et nous libère déjà, autant qu’il est en lui, de ce que nous apprendrons petit à petit à mieux connaître comme la source de toutes nos misères, l’esclavage par rapport au temps.

Et cet unique fait qui devra nous retenir, c’est le rapport de l’homme avec Dieu et l’obscurcissement de ce rapport, si bien que l’histoire n’est plus qu’un perpétuel développement de ce thème et de cette situation, une représentation indéfiniment multipliée de ce qu’il y a d’invariable dans la condition humaine, comme si Dieu avait décidé pour notre plus grand profit de nous en obséder sans cesse.

Il suffît donc de se borner au récit du seul événement, à proprennent parler, qui soit jamais arrivé, c’est-à-dire la chute des premiers esprits et de l’homme, ou encore l’origine de pensées distinctes de la pensée divine. C’est la partie de loin la plus connue de la théologie martinéziste. De Dieu, nous considérerons simplement au départ qu’il est, et qu’il est immuable. Il est, car il est l’être, et il est immuable, car il ne peut jamais revenir sur ses actes, ou plus strictement encore, sur ce qu’il est en acte. L’être ne peut se déjuger sans se défaire. Tout être spirituel existe d’abord en Dieu et comme l’être de Dieu. Dieu se glorifie en établissant les règles immuables d’un culte envers lui-même, c’est-à-dire en définissant son rapport à ces êtres spirituels : ce qui implique leur émanation comme êtres libres et distincts. L’émanation des premiers esprits est fondée sur ces règles, nous dit en effet Martinez ; ce sont donc elles qui entraînent l’individuation de l’être, et la liberté n’est que la faculté de s’y soumettre ou non. La liberté de Dieu est limitée par ces lois, car l’immuable ne peut revenir sur elles ; et des libertés émanées, il est attendu qu’elles s’infléchissent dans le sens du culte. L’émanation ne comporte rien de plus ; en particulier, elle n’entraîne aucune délégation du pouvoir spirituel émanateur. Le système établi entre Dieu et les premiers émanés n’est pas susceptible de se retrouver entre ceux-ci et des êtres qu’ils émaneraient à leur tour. Que quelques esprits libres tentent de singer ainsi leur émanateur, ils abusent de leur liberté, — et dès que cette pensée est conçue en eux, c’est la prévarication et l’origine du mal spirituel, dont Dieu n’est pas responsable, puisqu’il résulte du jeu, par définition imprévisible, de la liberté de ces esprits.

Ici commence le temps. La convention qui fondait les rapports des premiers esprits avec Dieu est violée en ce qui concerne ces prévaricateurs ; leur séparation va être totale, parce que Dieu écarte de lui leur malice. Sur son ordre, certains esprits restés fidèles produisent d’eux-mêmes trois essences spiritueuses, et ils en forment le monde du temps, que nous appelons matériel [Ibid., 354. Il s’agit, on le sait, des esprits inférieurs du cercle ternaire]. Ce sera la prison des prévaricateurs, l’instrument de leur séparation d’avec Dieu. Et pour être leur geôlier, Dieu émane un nouvel être spirituel distinct : Adam. L’émanation d’Adam est donc elle-même d’abord d’essence contractuelle ; Adam a une fonction à remplir. Dieu le charge de connaissances et de puissances : puis il l’abandonne à son libre arbitre et l’émancipé. On sait le reste : le mineur émancipé prêtera une oreille trop complaisante aux suggestions de ses prisonniers. Il a le pouvoir de se donner une postérité purement spirituelle, de corps glorieux comme le sien propre, à condition que, dans cette opération, sa volonté et celle de Dieu soient jointes (comme si, bien qu’émancipé, pour cet acte, et pour cet acte seul, le mineur avait besoin que se joigne à la sienne la volonté de son tuteur). Sous l’influence des esprits pervers dont il a la garde, Adam va essayer à son tour de donner le jour à des êtres spirituels. Il a cette pensée, il l’accomplit : et le résultat, à son grand étonnement, est « une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne », à laquelle il donnera ensuite, pour reconnaître sincèrement sa prévarication, le nom de Houva, ou Homesse (Ibid., pp. 27, 53). Cette fois encore l’être émané a rompu le contrat, et Dieu va se séparer de lui. La forme à laquelle il a donné naissance est de nature spiritueuse, et non spirituelle, semblable donc au monde qui sert de prison aux pervers. La forme de l’homme est changée en une forme semblable à celle du fruit de sa faute, — et désormais il devra se servir de celui-ci pour avoir une postérité qui sera une postérité d’hommes et non plus une postérité spirituelle de Dieu. L’homme est envoyé rejoindre ses anciens prisonniers dans le temps et habiter sur la terre « comme le reste des animaux ». Non pas sans espoir toutefois ; par sa sincérité et son repentir, Adam obtiendra sa réconciliation, et Dieu lui restituera en partie ses vertus et puissances et la possibilité de lui rendre un culte selon les nécessités de sa nouvelle forme et de sa nouvelle situation.

On remarque tout de suite quelques particularités de cette interprétation de la Genèse : par exemple, la façon de concevoir le rôle de la femme dans la chute. Eve est la conséquence du mal et le mémorial de la faute beaucoup plus qu’un agent actif ou la collaboratrice du mineur. L’infériorité des postérités femelles, qui est certaine, fient donc à l’origine même de la forme féminine.

D’une façon plus intéressante, on voit que, par une vue profonde, c’est dans une analyse de la puissance créatrice et de l’acte créateur que Martinez, cherche la nature de la faute. Le principe du mal spirituel, c’est la volonté de concurrencer l’œuvre de création ou d’émanation de Dieu. Il est hors de la puissance d’aucun être particulier de rien ajouter à l’être. Toute tentative de création qui ne fait pas la part de la collaboration divine est mauvaise. Ainsi, l’homme, dont l’être est l’être même de Dieu, est capable, s’il se soumet à sa nature profonde, d’avoir une postérité de forme spirituelle et glorieuse, une postérité de Dieu. Mais sa faute, perpétuée dans la hideuse apparence matérielle, est d’avoir manqué à sa vocation et à sa nature, d’avoir déformé Dieu en lui. Le théomorphisme, règle de conduite, est ici absolument inséparable du théomorphisme, principe de structure.

La nature du châtiment enfin nous en apporte la confirmation. La matière en est l’instrument essentiel. Ce que nous appelons ainsi, produit par des principes spiritueux grâce à un être spirituel divin, n’est pas un être radicalement distinct de l’être. La matière n’est pas un être du tout, elle est une apparence. Les formes corporelles sont nées dans une explosion du chaos, par une sorte de refus de l’esprit devant l’être fantomatique de la matière, de constatation de son incompatibilité avec elle. Et « il n’est pas possible de regarder les formes corporelles présentes comme réelles sans admettre une matière innée dans le Créateur divin, ce qui répugne à sa spiritualité ... » [Ibid. 149 ; cf. 161-163]. Distinction qui se complète par celle de la création et de l’émanation : « La création n’appartient qu’à la matière apparente, qui, n’étant provenue de rien, si ce n’est l’imagination divine, doit rentrer dans le néant ; mais l’émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables. » [Ibid., 176. II serait de la plus haute importance de savoir ce que devient cette distinction’ dans le texte du manuscrit non publié du Traité, celui du prince Chrétien de Hesse. On sait en effet par M. Van Rijnberk (op. cit., 58) que ce manuscrit porte fréquemment sinon toujours le mot « créé » là où le texte publié par M. Philipon porte le mot « émané »]. Il ne peut donc être question de création, si paradoxal que cela paraisse, que pour les êtres qui ne sont pas. Ainsi Adam a perpétré lui-même en créant Eve le brouillard qui le sépare désormais de l’Eternel. A la fin des temps, la matière générale s’effacera de la présence de l’homme comme un tableau s’efface de l’imagination du peintre (115), mais d’ici là, Adam est emprisonné dans le songe de Dieu et dans son propre mensonge ; il ne pourra plus avoir de postérité que par Eve et à travers Eve, c’est-à-dire qu’il ne pourra plus produire que des œuvres chargées de matière et donc irréelles. Il est corps et âme, une forme apparente qui lui rappelle sa faute, et une forme réelle et éternelle qui s’en repent. Pour Martinez (un peu comme pour Pascal), nous ne pouvons comprendre la nature de l’homme que si nous voyons en lui un mineur en privation auquel la vue de Dieu est dérobée par un fantôme de l’imagination divine — Dieu séparé de Dieu par une divine, mais non tout à fait impénétrable fumée.

Cela peut encore se préciser. Adam, avant la prévarication, est revêtu d’une forme glorieuse, « forme apparente que l’esprit conçoit et enfante selon ses besoins et selon les ordres qu’il reçoit du Créateur. Cette forme est aussi promptement réintégrée qu’elle est enfantée par l’esprit » (Ibid., p. 57). Bien que forme apparente, elle n’est pas d’origine spiritueuse comme la matière, mais purement spirituelle, formée par des esprits, comme la nue qui déroba Moïse sur le Sinaï à la vue d’Israël (283). Elle n’ôte donc rien à l’homme de sa nature de pur esprit, universel dissolvant.

Adam est un esprit qui lit dans l’esprit, il est en Dieu, distinct de Dieu par sa seule fonction : la garde des pervers et le culte à rendre, c’est-à-dire une manière d’être à observer vis-à-vis de la créature et du Créateur. L’individuation, nous l’avons dit, est purement fonctionnelle ; elle se fait par lois, commandements et préceptes, ou, si l’on préfère, par poids, nombres et mesures. Adam est le véritable émule du Créateur, l’homme-dieu. Son privilège essentiel est double : d’abord la communication intégrale et immédiate de toute pensée divine et démoniaque ; et ensuite le pouvoir de se donner à lui-même, sous la réserve du concours de la volonté divine, mais ce concours n’aurait jamais été refusé, une postérité de forme spirituelle semblable à la sienne. Bref, Adam est Dieu-émané (32).

Or, de même que l’être ne s’acquiert ni ne se perd, de même l’homme ne peut avoir cessé d’être Dieu. Quant à son être, il est toujours ce qu’il était, mais il a perdu son double privilège : il a perdu son corps de gloire et son pouvoir de créer une postérité de Dieu. Et surtout, il n’a plus la communication spontanée de la pensée divine. Adam a possédé toutes les sciences et toutes les connaissances spirituelles, mais il a tout perdu, du moment qu’il n’a plus la connaissance transparente de Dieu, que celle-ci est oubliée, effacée de son esprit : « C’est la matérialité qui met en nous l’oubli », disait un philosophe ; séparé de sa forme chaotique le mineur jouirait, en effet, pleinement « de la lumière impassive spirituelle et inaltérable qui est innée en lui-même » (163). C’est notre corps, en somme, qui nous cache la vue de notre âme.

L’état présent de l’homme quant à la pensée s’exprime d’ailleurs en un mot : l’homme n’est plus pensant, il est pensif. Il était pensant lorsqu’il atteignait la pensée par une vue directe. Désormais, il ne peut plus la connaître que par communication : elle lui vient grâce à un être différent de lui, esprit divin qu démoniaque (car le démon, lui, a gardé la faculté de penser : ce qui lui manque c’est la faculté de communiquer désormais avec la pensée divine). La chute a opéré une dégradation de notre faculté de penser comme elle a opéré une dégradation de notre faculté de nous reproduire. Déjà, à l’instant de la prévarication, la pensée du crime n’était point de l’homme, mais du pervers qui le tentait, le chef des démons, « arbre de vie du mal pour une éternité ». La liberté de l’homme n’est donc pas dans la pensée, mais dans son pouvoir d’accepter ou de refuser la pensée qui lui est proposée par l’être bon ou mauvais. La réintégration du mineur dépendra de sa fermeté à repousser l’être mauvais, étranger à lui et à sa forme. On comprend ainsi comment, bien que l’homme soit à l’image de Dieu, il puisse cependant être coupable : c’est qu’il est accessible à la pensée démoniaque ; le mal ne se fait que lorsque l’intellect démoniaque se substitue à nous, le mal ne s’accomplit sur la terre que par des possédés. Ainsi tout le mal se rattache toujours et uniquement à la même première opération mauvaise, puisque c’est de celle-ci que date la dégradation de notre faculté de penser [Il ne peut être question de vérifier psychologiquement la doctrine de Martinez. On noiera cependant ce texte d’un grand mystique possédé, le P. Surin, décrivant son état alors qu’il est possédé à son tour, après avoir essayé d’exorciser les Ursulines de Loudun : « Je ne saurais vous expliquer ce qui se passe en moi durant ce temps, et comme cet esprit s’unit avec le mien sans m’ôter ni la connaissance, ni la liberté de mon âme, et se taisant néanmoins comme un autre moi-même, et comme si j’avais deux âmes, dont l’une est dépossédée de l’usage de mon corps et de ses organes, et se tient à quartier regardant faire celle qui s’y est introduite. Ces deux esprits se combattent en un même champ qui est le corps, et l’âme même est comme partagée et selon une partie de soi est le sujet des impressions diaboliques, et selon l’autre des mouvements qui lui sont propres ou que Dieu lui donne » (apud P. Pourrat, La Spiritualité chrétienne, IV, 97 ; Paris Gabalda, 1928)].

Que pouvons-nous faire pour échapper au mal et remettre en évidence notre caractère divin ? Ou encore en quoi consistera le bien et le culte resté au pouvoir de l’homme déchu ? Il reste évidemment dans l’homme une sorte de base, l’âme, bonne en elle-même, qui tient à son union substantielle avec Dieu ; il a des sagesses, vertus et puissances, qui sont en lui « la pensée, l’image et la ressemblance du Créateur ». Mais ce fond de la nature humaine ne détermine pas nécessairement l’action, puisque celle-ci, chez l’homme tombé, exige toujours deux autres facteurs : la volonté libre et la pensée insinuée en lui par un esprit divin ou démoniaque. Si toutefois l’action bonne est marquée du nombre 3 parce qu’elle exige réellement ces trois facteurs : puissance innée du mineur, la pensée insinuée et la puissance directe de l’esprit divin majeur, l’action mauvaise de son côté est marquée du nombre 2, nombre de confusion, car l’âme s’y abandonne de telle façon à l’intellect démoniaque qu’elle s’identifie à lui jusqu’à devenir « le tombeau de la mort ». Le moment capital qui décide de la qualité de l’action est donc celui de la pensée insinuée ; selon que celle-ci sera bonne ou mauvaise, l’action du mineur le sera aussi : « La liberté enfante la volonté et la volonté adopte la pensée bonne ou mauvaise qu’elle a conçue, et sitôt qu’elle en a obtenu le fruit, le mineur revient sur lui-même et, méditant sur le produit de son opération, il devient lui-même le juge du bien et du mal qu’il a commis » (Ibid., p. 343). Il y aura donc deux espèces de bonnes œuvres : celles que l’homme pourra produire en vertu de sa puissance innée, qui seront faibles et ne pourront être dites lui appartenir, car elles sont directement de Dieu en nous ; et celles que l’homme accomplira lorsque sa propre puissance sera multipliée par le concours d’un esprit majeur bon, actions vives et parfaites qui seront bien au mineur, car ce sera lui qui aura tout fait pour solliciter ce concours de l’esprit majeur et s’y abandonner.

C’est ici le fondement de l’ascèse, de la mystique et de la spéculation martinézistes. Ascèse, car la tâche de l’homme sera de se purifier très profondément, non seulement de la cupidité des biens de la matière, mais encore de la curiosité à leur sujet : « Les formes de cet univers n’existent point réellement en nature, ni d’elles-mêmes, mais seulement par l’être qui les anime, et tout ce qui paraît exister se dissipera... promptement » (256), — la matière, est un songe qui ne doit pas nous retenir comme une réalité. Mystique, car il sera de la plus grande importance de s’assurer ensuite de la collaboration d’un esprit majeur avec le mineur purifié, et ce sera le rôle de la prière et de la théurgie. Et enfin, au-delà, il y a place pour une nouvelle connaissance spéculative : les sciences de la matière sont définitivement condamnées, et il n’est pas question d’y revenir, mais si la matière est un songe, c’est un songe de Dieu, et nous pouvons en quelque sorte le psychanalyser pour remonter à son auteur. En ce sens, toutes les apparences retrouvent une raison d’être comme elles sont, et on peut proposer une interprétation théomorphique même de ce qui n’est pas, comme les formes corporelles et, en particulier, la nôtre ; la pensée n’est plus dupe des variations temporelles et elle retrouve une sorte d’intelligence sub specie aeternitalis.

Dans cette voie spéculative, l’homme sera guidé par la tradition jusqu’à lui des révélations successives. Adam lui-même, s’il a perdu la connaissance directe et le culte spirituel, s’est vu cependant investi de la charge d’un culte nouveau proportionné à ses moyens d’opération ; il a été capable de procréer Abel conformément au plan divin, sans excès charnel, et, grâce à cet enfant, il a été réconcilié. A mesure que l’on s’éloigne de lui, la révélation primitive s’efface de la vue et de la mémoire des hommes ; mais elle a été renouvelée par le mécanisme des types qu’ont fait, au cours des temps, une série de mineurs pensants et non pensifs, députés par l’Eternel : ainsi Enoch, Noé, Melchisedech, etc. ; et enfin par le type qu’a fait le Christ. C’est une perte irremplaçable que l’inachèvement du Traité, et l’on ne peut s’empêcher de rêver à la richesse d’interprétation que Martinez nous aurait dévoilée s’il avait poussé son commentaire jusqu’au Nouveau Testament. Mais l’importance qu’il accordait au Christ n’est point douteuse par ce que nous savons de lui, et par ce que nous possédons de son œuvre (ainsi les pages sur le type du Christ en Abel, 110-117). Esprit doublement puissant, octenaire, Fils et Verbe du Créateur, le Christ a synthétisé tous les types qui pouvaient faire révélation, de manière à peindre à l’homme, avec une clarté aveuglante, encore qu’elle ne soit pas aperçue de tout le monde, son entière condition. Il s’est détourné d’Israël et a appelé tous les hommes (sauf la postérité de Caïn) à la réconciliation. La réalisation théomorphique était chez lui accomplie, puisque son incarnation volontaire n’était pas, comme celle d’Adam, le fruit d’une prévarication. Aussi, bien qu’il ait combattu le démon comme un être pensif, notamment lors de la tentation, il lui a infligé de telles molestations que son état de resserrement est incomparablement plus rigoureux depuis sa venue. Mais, pour nous aussi, le Réconciliateur est venu, et il nous sera demandé bien plus qu’à ceux qui ne le connurent point.

Enfin, si l’intelligence de notre nature et du cryptogramme de la nature physique nous est ainsi suggérée, indépendamment de nos propres expériences, par les secours successifs des mineurs élus et par le secours de l’esprit doublement puissant, nous pourrons encore reconnaître la vérité à son rayonnement. L’assentiment commun et complet est toujours le signe d’une spiritualité distincte de celle des individus : passager et limité, il peut être le fait d’une pensée entièrement démoniaque, mais durable, il se fonde certainement dans la pensée divine. L’œuvre démoniaque est une œuvre de division et de confusion : « Il n’y a pas parmi les hommes de matière, deux pensées, deux actions, deux opérations qui puissent s’accorder... » (111). L’homme abandonné à lui-même ne sera pas capable non plus de réconcilier vingt personnes à sa volonté. Mais si la multiplicité éloigne de la vérité, la vérité, au contraire, unit les esprits ; elle opère dans le sens de l’unité théomorphique à retrouver, en assimilant les esprits les uns aux autres, en restituant autant qu’elle le peut la pensée transparente et sans limites individuelles, hors de la matière et du temps.

On pouvait le prévoir, si la conséquence du péché est la dégradation de notre faculté de penser, le travail devra tendre surtout à remédier à cette infériorité. Il nous faut déchiffrer la pensée avec peine, c’est-à-dire « opérer comme un être purement spirituel temporel, sujet au temps et à la peine du temps » (315). Essayons cependant de remonter vers notre état premier. Il ne paraît guère possible d’y parvenir pendant notre existence temporelle terrestre et de franchir d’un seul bond les trois cercles sensible, visuel et rationnel, qui nous renferment comme les trois cercles dont se servent les voyageurs pour repérer leur position terrestre. Nous n’échapperons pas au purgatoire [Cf. définition, p. 219. La métempsychose est formellement exclue, quoique ait pensé Frank. Cf. notamment 171-172]. Mais quoique toujours pensifs, nous pouvons nous efforcer de n’accueillir que les insinuations provenues de l’arbre de vie du bien. Nous serons ainsi plus fidèles à notre vraie nature divine ; purifié du désespoir, disait Kierkegaard, « le moi plonge à travers sa propre transparence dans la puissance qui l’a posé ». C’est aussi le but de l’ascèse et de la mystique martinézistes. On pourrait d’ailleurs multiplier les rapprochements ; par exemple, entre la réalisation théomorphique et ce que l’on a appelé, à propos de saint Jean de la Croix, l’état théopathique. Sans entrer dans une étude de mystique comparée, on voit que le théomorphisme de l’homme ne nous entraîne pas nécessairement au panthéisme. La mystique martinéziste est même plus proche, pensons-nous, des mystiques de la « nuit » que des mystiques quiétistes. Elle le doit vraisemblablement à son caractère beaucoup plus spéculatif que sentimental. Le progrès essentiel s’accomplit ici dans l’ordre de la pensée, parce que la chute a été avant tout une chute de la faculté de penser. Le démon a de grands pouvoirs et le mineur la faculté de les tenir en échec : la vie intérieure à la poursuite de la réalisation théomorphique en est revêtue d’un caractère profondément dramatique.

Cette réalisation, et donc la conception de l’individualité humaine dont elle découle, est bien la charnière de la pensée de Martinez. La lumière vient de Dieu, mais nous n’en saisissons toute la richesse que lorsque la réflexion sur nous-mêmes nous a purifiés. « Mes jours sont la vapeur des jours de l’Eternel », s’écriera Saint-Martin ; ils ne sont rien d’autre, et il appartient à la pensée d’essayer de restituer les jours de l’Eternel dans notre vie intérieure. Ce faisant, nous comprendrons que la vraie intelligence du monde des apparences nous conduit à l’intelligence du monde des vraies réalités. Le microcosme nous conduit au macrocosme matériel, surcéleste et divin. Mais c’est selon un rapport analogique purifié de toutes les grossièretés de l’anthropomorphisme ; et c’est pour ainsi dire à l’intérieur de tout le divin et de rien d’autre que ce qui est divin que la pensée se meut. Il ne s’agit pas de se dissimuler les contradictions et les faiblesses d’un tel système au regard de la pensée strictement rationnelle. Mais la voie analogique de la pensée mystique ne relève pas de ce tribunal et ne nous intéresse même que dans la mesure où elle relève d’une juridiction d’appel. Pour celle-ci, entre l’anthropomorphisme et le panthéisme, peut-être est-ce l’attitude théomorphique (qui, certes, n’est pas particulière à Martinez de Pasqually) qui paraîtra la plus rigoureuse et la plus instructive.

Source : http://sophia.free-h.net/

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