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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 12:07

La Loge qui représente l’appartement où se tient la Cour de Cyrus, roi des Assyriens régnant à Babylone, doit être tendue de vert et éclairée par tel nombre de bougies que l’on juge à propos. A l’orient doit être un trône élevé sur 7 degrés sur lequel s’assoit le Maître qui représente Cyrus sous le titre de Souverain.

Le Premier Surveillant se nomme: Nabuzardin,

le Second : Mithridate,

le Secrétaire : Chancelier,

le Maître des Cérémonies : Grand Maître,

les Frères : Grands Architectes

et Ie récipiendaire : Zorobabel.

 

Le Maître et les Officiers portent au col un grand cordon vert moiré tombant en pointe sur l’estomac, au bas duquel pend le bijou de l’Ordre qui sont deux épées en sautoir nouées par la lame.

 

Ce bijou doit être d’or.

 

Le Maître a un sceptre, et les Frères l’épée à la main; ils ont un large cordon vert moiré passé en bandoulière de gauche à droite au bas duquel pend le bijou ci-dessus. Ils ont de plus un tablier et une paire de gants de peau blanche doublés et bordés de taffetas vert.

 

Le tableau de la Loge doit représenter l’enceinte ou espace du terrain dans lequel le second temple a été bâti; il doit y reparaître avec toute la splendeur. Le tout ainsi préparé, I’on ouvre la Loge comme il suit ci-après.

 

Avant que d’ouvrir la Loge, on fait d’abord dire une messe du Saint Esprit à laquelle le Maître et tous les Frères assistent, ainsi que le récipiendaire. Cette messe finie, I’on introduit le candidat dans la Chambre de préparation. Pendant ce temps le Maître et tous les Frères entrent en Loge, puis chacun ayant pris sa place, le Souverain ouvre la Loge comme il suit.

Le Souverain s’étant fait assurer des portes ainsi que de tous les Frères pour savoir si ils sont Vénérables de Loge, frappe 7 coups de son maillet sur l’autel de ceffe façon :

 

00000...00..

 

ce qui sert de signal aux Frères pour se tenir debout et à l’ordre. Les Surveillants les ayant répétés sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain après avoir fait quelques demandes du catéchisme au Premier Surveillant, prend la parole et dit à toute l’assemblée:

 

LE SOUVERAIN

 

Mes Vénérables Frères, la Loge de Vénérables maîtres de Loge est ouverte. Faisons notre devoir.

 

Les Surveillants ayant répété tour à tour la même chose, tous ensemble, on fait le signe, on applaudit ensuite par chacun sept coups dans ses mains, puis chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception de même et ainsi qu’il suit.

 

 

 

 

La Loge étant ouverte, le Frère Expert ou Préparateur, par ordre du Souverain, sort et va trouver le candidat dans la Chambre de préparation. Y étant entré, il lui fait différentes questions sur le dernier grade qu’il a passé, puis l’ayant fait décorer des attributs du dit grade, il le prend par la main et le conduit la vue libre et l’épée au côté, à la porte de la Loge où étant il frappe 7 coups comme cy devant, auxquels on répond en dedans par 7 autres; puis après les cérémonies usitées pour annoncer et ouvrir, I’on introduit le candidat a l’occident de la Loge où étant le Premier Surveillant en prévient le Souverain, qui ordonne au Second Surveillant de le faire voyager 3 fois autour de la Loge; ce qu’il fait.

 

De retour à l’occident le Souverain ordonne au Second Surveillant de la faire parvenir jusqu’à lui.

 

Arrivé au pied du trône ainsi qu’il est ordonné, le Souverain le fait meffre a genoux, ensuite il fait avec son sceptre un signe de croix sur le candidat en disant :

 

D... Que demandez-vous, mon Frère ?

 

R... Vénérable Grand Maître, que vous me fassiez la faveur de me recevoir Maître de Loge.

 

D... Vous me demandez une grâce qui ne doit être accordée qu’à ceux dont le mérite les en rend dignes et qui sont disposés à pratiquer les œuvres de miséricorde envers les pauvres maçons, ainsi qu’à verser leur sang pour la défense de la religion chrétienne et le service du Roi.

Consentez-vous à toutes ces choses ?

 

R... Oui, Vénérable Grand Maître.

 

Sur cette réponse, le Souverain lui dit:

 

Mon Frère, comme nous avons appris par des preuves certaines et convictives que les conditions nécessaires à la grâce que vous nous demandez sont en vous, cela nous a déterminés à vous l’accorder; mais auparavant que de vous l’accorder nous voulons savoir de vous si vous êtes disposé de vous servir de votre épée pour la défense de la Maçonnerie, le service de votre Souverain et l’honneur de l’Ordre, et la protection des misérables Frères.

 

Sur sa réponse, il lui dit:

 

Je vais vous recevoir Maître de Loge, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

 

En prononçant ces paroles, il fait avec son sceptre un signe de croix sur le récipiendaire, ensuite il se lève de son fauteuil, tire l’épée du fourreau du récipiendaire et lui donne deux petits coups, savoir un sur l’épaule droite et l’autre sur l’épaule gauche, en disant :

 

Par notre Très Vénérable Grand Maître, le duc de Chartres, je vous fais Vénérable Maître.

 

Le Souverain s’assoit ensuite dans son fauteuil puis présente l’épée au candidat, en lui disant:

 

Servez-vous de votre épée selon l’esprit de la Religion et non selon le mouvement de vos passions; souvenez-vous que vous n’en devez jamais frapper personne injustement; prenez-la et soyez désormais vigilant au service de la Maçonnerie et de votre Souverain, soumis à leurs ordres et particulièrement à leur correction. Sachez que les lois de l’Ordre Royal de la maçonnerie de laquelle vous êtes Maître vous obligent à l’exercice de toutes les vertus chrétiennes et morales, et à les porter à un plus haut point de perfection que le commun des Maçons.

 

Le Souverain descend ensuite de son trône et y fait monter le candidat un instant ; y étant assis ,l’on pose au dessus de sa tête deux épées mises en sautoir et un réchaud plein de feu au-dessous des pieds. Le candidat ainsi purifié, le Souverain le fait descendre de son trône et reprend sa place; il fait ensuite mettre le candidat à genoux au pied de l’autel, sa main droite sur le saint Évangile, puis en cette attitude, il lui fait prononcer à haute voix l’obligation suivante:

 

Moi, N.N..., je promets et je jure au Dieu tout Puissant, d’observer toute ma vie les saints Commandements, de les suivre d’un grand zèle pour la défense de la foi, lors toutefois que cela me sera commandé par mes supérieurs. Je promets ainsi d’exercer la charité et les œuvres de miséricorde envers les pauvres Maçons et selon mon pouvoir. Comme aussi de garder à mon Souverain une inviolable fidélité, ainsi qu’à Monseigneur le Grand Maître et de leur rendre une parfaite obéissance. Je promets en outre de garder un secret inviolable sur nos mystères, ainsi que sur tous les autres grades de l’Ordre royal; ainsi que Dieu, très bon et très puissant me soit en aide et ce Saint Évangile par moi touché.

 

Il baise le Saint Évangile, ensuite de quoi, le Souverain le fait relever, et lui dit :

 

Mon Frère, venez promptement que je vous embrasse, et que je vous reconnaisse comme Maître de Loge, et, mon Frère, en cette qualité comme défenseur de la foi, protecteur des Maçons, et comme sujet soumis à nos règlements.

 

Le candidat arrivé à la droite du Souverain, celui-ci le décore des gants, tablier, cordons et bijou dont on a fait la description ci-devant; ensuite de quoi il l’embrasse, puis il lui donne le signe, mots et attouchement comme il suit.

 

Le signe se fait en mettant l’un et l’autre l’épée à la main et se les passer réciproquement par dessus la tête les lames croisées.

 

Le mot sacré est “… ” qui veut dire “je le suis”, il sert aussi de mot de passe.

 

L’attouchement se donne en s’empoignant l’un et l’autre la main droite, et la glissant réciproquement jusqu’au bout des doigts.

 

Le Souverain ayant donné au candidat le signe, mot et attouchement, il l’envoie se faire reconnaître comme Vénérable Maître à toute la Loge. Ce qu’il fait; de retour auprès de lui il lui fait prendre place parmi les Vénérables Maîtres, puis toutes les réceptions étant finies, il procède à l’instruction comme et ainsi qu’il suit.

 

D... Etes-vous Vénérable de Loge ?

R... Oui Souverain, je le suis.

 

D... Comment vous appelez-vous ?

R... Comme récipiendaire Zorobabel et comme Vénérable Cyrus.

 

D... Pourquoi ?

R... Parce que ce fut de Cyrus que Zorobabel reçut directement l’ordre de rétablir le temple du vrai Dieu.

 

D... Comment avez-vous été reçu ?

R... Entre le fer et le feu.

 

D... Pourquoi par le fer ?

R... Parce qu’on me l’a mis en main pour punir les traîtres à la Maçonnerie, et faire exécuter de point en point dans ma Loge les statuts qui m’ont été donnés et confiés par celui qui m’a constitué.

 

D... Pourquoi par le feu ?

R... Pour faire voir que j’ai été purifié de la tête au pieds par le fer et le feu.

 

D... Comment vous faites-vous reconnaître comme Vénérable Maître de Loge ?

R... Par signe, mot et attouchement.

 

D... Donnez-les moi.

 

On les donne.

 

D... Quelle heure est-il ?

R... Minuit sonné, Souverain.

 

Après cette réponse, le Souverain frappe 7 coups comme ci-devant de son maillet sur l’autel, lesquels servent de signal à tous les Frères pour se tenir debout et à l’ordre, c’est-à-dire l’épée nue à la main. Les Surveillants les ayant répétés tour à tour sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain prend la parole et dit à toute l’assemblée :

 

Mes Frères, la Loge des Vénérables Maîtres de Loge est fermée. Faisons notre devoir.

 

Les Surveillants ayant répétés la même chose sur chacune de leur colonne, tous ensemble on fait le signe; on applaudit ensuite par chacun 7 coups dans ses mains.

 

Cela fait l’on se donne le baiser de paix, puis la quête pour les pauvres étant faite, chacun après le banquet usité se retire en paix.

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 10:46

A la fin du repas, les Officiers de l’Atelier prennent épée, cordons, gants blancs, les autres FF\ leurs chapeaux et leurs gants. Tous ont une épée et une torche. Aucun Frère ne porte de tablier.

Ils se placent sur deux colonnes face à face, à l'Occident de l'aire prévue pour le feu, le V\ M\ et les deux Surveil­lants le plus loin du feu.

Le M\ des C\ amène les profanes et les fait passer entre les haies formées par les FF puis les dispose en cercle autour du feu. Il va alors chercher les FF\ et SS\ visiteurs à qui on a donné aussi une torche allumée, eux ne portent que leurs gants (et leurs chapeaux si leur Rite le leur permet).

Par le même chemin que les profanes, les M\ des C\ les répartit autour du feu.

Il retourne alors se placer à l'Occident et il y reste.

Une colonne passant par le Nord l'autre par le Midi, les FF\ de l'Atelier vont prendre place autour du feu, les places ayant été marquées préalablement.

Le VM. étant arrivé à I'Orient , les deux Surveillants se croisent devant le V\M\ et, retournent à l'Occident, cha­cun par sa colonne.

 

Le 2nd Surveillant lit alors une première invocation à l’Occident Nord.

“A Saint Jean‑le‑Baptiste annonciateur­ de la Lumière qui, par l'eau appela le Feu du jour, et proclama le règne du Juste.

A celui dont la voix établit la Puissance de la Parole.

Au premier maillon de la Chaîne d'Amour qui allait transfigurer le monde.

HOMMAGE ET PROSPERITE !”

 

Légère pause.

 

Deuxième invocation par le 1er Surveillant à l'Occident Midi.

“Et au Souverain Maître de toutes choses visibles et invisibles. Au principe Créateur, Suprême réalité de l'Esprit. Loi et Grand Architecte de l'Univers. GLOIRE ET FIDELITE !”

 

Pause.

 

Troisième invocation par le V\ M\ à l’0rient\

“Mes FF et vous tous amis réunis.

Voici que la carrière du jour le plus long se termine,

Et que nous allumons déjà les feux de l'hiver.

Souvenons‑nous, en cet instant, de la Promesse qu'ils contiennent :

JE SUIS LA VIE!”

 

Le M\ des C\ va alors par le Nord chercher le V\M\. et le conduit au feu, où celui‑ci jette sa torche. Ce qui allume le feu préalablement arrosé d'essence afin qu'il s'enflamme facilement (prévoir des gobelets en papier contenant de l'essence que l'on placera à l'in­térieur du tas de bois).

Le M\ des C\ ramène le V\M\ à l'O après lui avoir fait faire le tour du feu.

Il agit de même avec les deux Surveillants, les deux ensemble.

 

Le M. des C. fait alors le tour du feu par le Nord, à chaque fois qu'il passera devant un F\ ou une S\ celui‑ci ou celle‑ci s'approche du feu pour y jeter sa torche et retourne à sa place qu'il aura marqué en fichant son épée en terre.

 

Le VM.

“Mes SS., mes FF, et vous tous mes amis, donnons‑nous la main”

 

Après une pause, pendant laquelle tout le monde se donne la main, il ajoute :

 “L'heure de nous séparer est proche. Promettons‑nous de nous retrouver tous l'an prochain”

 

Il invite alors l'assemblée à entonner le chant maçonnique “Ce nest qu'un au revoir”

A la fin du chant, il conclut :

 “N'oubliez pas que nous avons toujours besoin de lumière, de chaleur et d'amitie. Alors quand l'heure viendra de repartir, que chacun d'entre nous se munisse jusqu'à l'an prochain d'un Brandon de ce feu afin qu'il puisse sauter l'année.”

FF\ Surveillants, accompagnez‑nous !

Mes Amis, le feu est à vous!

 

Les FF\ de l'Atelier repartent comme ils sont venus ;

Les deux Surveillants font leur tour du feu, jusqu'à l'Orient où ils se croisent. A partir de là, à chaque fois qu'ils passent devant un Frère de l'Atelier, celui‑ci lui emboite le pas.

Les Frères ne reforment pas les haies et s'en vont directement se changer.

Ils reviennent ensuite tous chercher les profanes et leur brandon.

Par la suite, tout le monde ayant regagné la salle des Agapes, on terminera la soirée ou la nuit comme il sied à chacun. Pendant tout le temps de la cérémonie, une musique douce de préférence maçonnique rythmera les déplacements. On aura besoin de placer un potentiomètre à portée de l'un des Frères afin qu'il puisse baisser le ton à chaque fois qu'un F\ prendra la parole.

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 10:02

Les travaux sont ouverts selon les rituels de l'ordre.

 

F Initiateur

Mes adelphes, vous êtes réunis pour fêter le solstice, la saint Jean d'été.

 

F Orateur

Nous fêtons une plénitude, et un déclin.

Nous célébrons deux fonctions traditionnelles symbolisées par

l'effacement de Jean le Baptiste et l'apparition de Jean l'Evangéliste.

Nous fêtons l'épi d'or et la graine qui sera posée au sein de la terre.

 

F Initiateur

F. Secrétaire pourquoi les Martinistes fêtent-ils Jean l’Evangéliste ?

 

F Secrétaire

C'est un appel à la mémoire. Les hommes oublient celui qui est venu

indiquer le chemin, et ceux qui nous ont précédé pour aplanir notre chemin.

Jean a réuni des ouvriers dispersés, il les a mis au travail sur le

chantier du grand architecte.

 

F Initiateur

F. Secrétaire., qui fut Jean le Baptiste ?

 

F Secrétaire

F Initiateur Le Baptiste naquit selon la tradition au solstice d'été.

L'Evangile de Jean dit :

Jean 3.30 "Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue."

 

F Initiateur

F. Orateur., où est votre place dans notre temple ?

 

 F Orateur

 Au midi.

 

F Initiateur

Pourquoi mon F. ?

 

F Orateur

Je marque la position du soleil à son zénith. C'est l'heure où l'ombre

est la plus courte sur notre terre.

 

F Initiateur

F. Orateur, quelle porte ouvre le pantacle à l’orient ?

 

F Orateur

La porte des Dieux ! Je l'ai passée pour venir aider les hommes, mes

adelphes. Celui qui l'ouvre et qui la ferme est Jean l'Evangéliste dont

nous célébrons la fête au solstice d'hiver, quand le soleil est au plus

haut dans sa course vers le Nord, au plus bas dans sa course vers le Sud.

 

F Initiateur

F. Orateur. Qui est ce Jean l’Evangéliste ?

 

F Orateur

Jean 21.20

Pierre s'étant retourné vit derrière lui le disciple que Jésus aimait,

celui qui, au cours du repas, s'était penché vers sa poitrine et qui

avait dit : «Seigneur, qui est celui qui va te livrer» ?

Jean 21.21

Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : «Et lui, Seigneur, que lui

arrivera-t-il» ?

Jean 21.22

Jésus lui répondit : «Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne,

que t'importe? Toi, suis-moi».

 

F Initiateur

F. Secrétaire, où est votre place dans le temple ?

 

F.Secrétaire

Au Nord, F Initiateur

J'observe ainsi les allées et venues par la porte d'Occident. Les

Adelphes la franchissent pour aller étudier le monde.

 

F Initiateur

F. Secrétaire, qui les guide dans ce voyage ?

 

F Secrétaire

Ils quittent le temple sous le signe de celui dont nous célébrons la

fête en ce solstice d'été : Jean le Baptiste ou le Précurseur, celui qui

aplanit le chemin. Ils vont vers le Grand Inconnu.

Jean vint rendre témoignage de la Lumière.

Ainsi, dans le monde profane, sommes-nous destinés à être les témoins de

la Lumière. Jean le précurseur est fêté au moment où le soleil est au plus haut dans

sa course vers le sud, au plus bas dans sa course vers le nord.

 

F Initiateur

F. Secrétaire, qui nous soutient dans ce long et périlleux voyage ?

 

F. Secrétaire

Le Martiniste est ouvert au ciel, à la Terre, aux hommes, à lui-même. Il

brûle du désir de comprendre le comment du fardeau de l'homme et accepte

les petits bonheurs qui sont offerts sur le chemin de la vie.

 

F Initiateur

F. Secrétaire, que cherchons-nous ?

 

F. Secrétaire

Trois étoiles, F Initiateur

Je cherche l'étoile de la fraternité.

 

F Initiateur

Quelle est cette Etoile ? Où brille t-elle dans le ciel ?

 

 

F. Secrétaire

Rouge, l'Etoile brille à l'Occident. C'est l'étoile du matin.

C'est aussi l'Etoile du soir, sa couleur est bleue au déclin du jour.

Elle est le Hé qui figure deux fois à l’Orient.

A chaque crépuscule, elle se rapproche du Nord. Elle est la Reine de la

Nuit, Dame du Ciel, Régente de la Terre.

 

F Orateur

Je cherche l'étoile de l'égalité ; l'étoile polaire est le centre à

partir duquel tout se coordonne. Selon une tradition, le caractère qui figure au centre de l'étoile signifie Unitas, l'unité.

La marche à l'étoile est le retour vers l'unité, vers le principe.

A l’orient, figure la lettre yod.  

Elle se prononce parfois IAH.

 

F Initiateur

Je cherche l'étoile de la liberté. Je la trouve quand Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les

bons. Le shin symbolise le siège tangible du soleil mystique, centre de l'univers.

 

Orateur

Jean 1.5

et la lumière brille dans les ténèbres,

 

F Secrétaire

et les ténèbres ne l'ont point comprise.

 

F Initiateur

Nous sommes les enfants de la lumière.

 

F Initiateur

Où est la place du F Initiateur ?

 

F Orateur

A l'Orient, mon F Initiateur

entre celui qui est venu (Moïse ; le maître passé)

et celui qui doit venir (Elie ; le maître inconnu).

Jean aux 2 visages se tient dans l'instant insaisissable du présent,

entre le passé qui n'est plus et le futur qui n'est pas encore.

Il est le maître de la voie ascendante et de la voie descendante.

 

F Initiateur

Mes Adelphes, avant de nous séparer, je vous demande de penser à nos

Adelphes qui sont éloignés, aux malades, aux malheureux, à ceux qui se

sont égarés dans les ténèbres, à ceux qui, dispersés, travaillent chaque

jour à multiplier les bienfaits dont le Martinisme est le dispensateur.

 

Silence Méditation ou prière du cœur ou concentration sur la lettre Vav

 

F Initiateur

Mes adelphes la leçon des solstices est telle que si le monde est

l'effet du Verbe, la nature est le symbole de la réalité.

Le miroir nous apprend que le monde de la manifestation est le reflet

d'un autre.

L'image de la main gauche est une main droite, car ce qui est en haut

n'est pas ce qui est en bas, mais comme ce qui est en bas.

Le Verbe est parole à l'extérieur, pensée à l'intérieur.

Le Verbe est témoin de la Lumière de l'Esprit et de la *flamme* au coeur

du Martiniste. Mes adelphes, debout et à l'ordre.

 

Le F Initiateur

allume des flambeaux au flambeau des maîtres passés et les

transmets aux adelphes présents.*//

 

F Initiateur

Remettant, en premier, la flamme au trésorier Hospitalier

3 Jean 0.5

Cher Frère, tu agis selon ta foi dans les soins que tu prends pour les

Sœurs et les Frères.

3 Jean 0.6

Ils ont rendu témoignage à ta charité. Tu agiras bien en pourvoyant à

leur mission d'une manière digne de Dieu.

3 Jean 0.7

Car c'est pour le Nom qu'ils se mettront en route…

Mon frère Hospitalier, en quittant le temple, tu laisseras la flamme sur

ton siège, nos adelphes pourront se souvenir de ce symbole, et se

tourner vers toi en cas de besoin matériel.

L’hospitalier acquiesce par le signe du silence

Ensuite :

 

F Initiateur

Que chacun reçoive le symbole du grand architecte, et qu'il l'utilise

selon les besoins de l'ordre, du groupe, de ses adelphes sans jamais

s'oublier lui-même. Vous emporterez avec vous ce symbole, puisque vous

avez encore à travailler pour connaître et servir la charitas !

 

CLOTURE selon les rituels de l'ordre.

 

L’hospitalier reste silencieux.

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:40

 

Les travaux sont ouverts selon le rituel de l'ordre

 

INITIATEUR

 

Mes SS et mes FF, je vous appelle pour célébrer la saint Jean d'hiver,

fête de l'Evangéliste.

 

F. Orateur, quels sont les sentiments qui vous animent à l’heure du

Temple d'Apollonius ?

 

Orateur Mon T C F Initiateur, la nature, sous nos latitudes, a connu les

prémices du printemps, l'épanouissement de l'été, la mélancolie de

l'automne. Avec l'hiver, nous pouvons imaginer que tout va mourir !

Chaque jour, le soleil paraît avoir diminué sa course; chaque midi, il

semble remonter moins haut sur l'horizon, s'éloignant à chaque lever de

l'Orient et à chaque coucher de l'Occident.

La vie des hommes de nos latitudes semble suivre le même cycle.

Que reste t-il de la sueur d'un homme ?

Dès qu'il applique son coeur à rechercher la sagesse, l'homme de désir

découvre la souffrance et la compassion. Il voit que tout est vanité.

Il reçoit une leçon des ténèbres.

L'homme de désir comme l'homme de bonne volonté ont frappé à la porte du

Temple des hommes. Devant la porte du solstice d'hiver, ils méditent la parole de saint

Jean le Baptiste que nous avons fêté en juin :

Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout.

Celui qui est de la terre est terrestre et parle de façon terrestre

 

Silence méditation

 

INITIATEUR F Trésorier comment avez-vous reçu la Lumière?

 

Trésorier Après avoir frappé maladroitement à la porte du Temple, j'y
fus introduit puisque j'avais accepté la main d'un guide. Cette main a ôté le bandeau qui couvrait mes yeux.

 

INITIATEUR Qu'avez-vous vu dans la lumière des hommes ?

 

Trésorier La bible ouverte à l'Evangile de saint Jean l'évangéliste, le masque et le manteau du philosophe.

 

INITIATEUR Mon F., le livre témoigne de la lumière comme de la folie des

hommes. Qu'y avez-vous lu?

 

Trésorier j'ai épelé ma première lettre : Yod.

 

INITIATEUR C'est la première lettre d'un mot sacré, elle vous indique le

chemin qui vous permettrait de répondre à un appel, si vous consentez à

le parcourir.  Selon une tradition, le solstice d'hiver ouvre la voie des Dieux.

 

Silence méditation

 

Maître Initié mon t c f Initiateur les membres de l'ordre vont quitter le Temple pour oeuvrer dans le monde profane. Que pouvons-nous leur confier ? Sur le chemin, l'Etoile guide leurs pas. Ils connaissent la lettre et le mot. Est-ce suffisant ?

 

INITIATEUR Mes soeurs et mes frères, vous avez reçu la Lumière des hommes.

 

Les riches et les puissants savent-ils jouir de leurs richesses ou de leur puissance avec compassion et mesure.

Les malades et les malheureux ont besoin de la santé et du bonheur.

Les ténèbres règnent dans le monde profane. Souvenons-nous :

nos Adelphes, viennent de tout quitter pour subir l'initiation que les profanes nomment la mort. Dans ce salut fraternel aux défunts du groupe, parfois d'un membre de la famille d'un martiniste, il est possible d'ajouter un mot pour préciser aux nouveaux qui furent tel ou tel frère ou sœur passé à l'orient éternel, quelle fut leur action

 

Silence méditation

 

Avec qui allons-nous partager le pain, le sel et le vin ou leurs équivalents après la fermeture de nos travaux ?

 

Pause

 

INITIATEUR F Maître Initié, connaissez-vous le nom sacré ?

 

Maître Initié mon t c f Initiateur, nous le prononçons rituellement pendant la fermeture de nos travaux

 

INITIATEUR Est-il nécessaire d'espérer pour nous mettre en chemin ?

 

Maître Initié Le signe mystique brille sur notre poitrine. Il a la forme d'une croix d'or ; il est frappé de lettres et de points.

 

INITIATEUR Maître Initié, pouvez-vous prononcer le nom sacré ?

 

Maître Initié mon t c f Initiateur, notre tradition y lit les lettres

Yod, Hé, shin, Vav, Hé.

 

INITIATEUR Maître Initié, comment prononcez-vous ce mot ?

 

Maître Initié Ma sœur, mon frère, debout et à l'ordre :

 

 «Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu,

et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a

été fait par Elle et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Elle. 

Elle était la Vie et la Vie était la Lumière des hommes. La Lumière

brille dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point comprise».

 

INITIATEUR : cette parole nous ramène à nos origines !

 

Orateur la Tradition écrite rapporte que, une fois l'an, au jour le plus

saint, le grand prêtre pénétrait dans le Saint des Saints du Temple de

Jérusalem pour y prononcer un Nom à voix haute.

Après la destruction du second Temple, la dignité de grand prêtre

disparut. Nul ne peut plus désormais prononcer le nom. Chacun est-il devenu grand prêtre ?

Un collège d'hommes peut-il remplir cette fonction ?

Une tradition orale de l'ordre rapporte que la parole est détenue par

les officiers du Temple. Par 6+1, nous retrouvons le chemin secret de la lumière intérieure.

Quelle est la valeur d'une tradition qui attendrait tout du ciel et rien du travail des hommes de désir ?

 

INITIATEUR Que faire lorsque l'un de nous s'égare ?

 

Secrétaire Restons disponibles ! L'ordre offre à ses adhérents les éléments qui permettent d'avancer dans la sérénité.

 

Portier : Lorsque nous avons frappé à la porte du Temple en profane,

nous cherchions. La porte s'est ouverte, nous avons reçu ce que l'Ordre transmet à ses initiés.

Nous affrontons la mort comme nous avons affronté la vie.

Le fils de l'homme est venu, peut-il revenir par chacun de Nous ?

 

INITIATEUR Mes Adelphes, vous avez appris à ne pas désespérer de la

condition humaine. Elle porte en elle le germe de sa libération, car il

est dit dans le livre : «La Lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point comprise».

Que la paix, la joie et la fraternité vous accueillent en ce temple.

Vous avez apporté avec vous l'étoile d'espérance le jour où vous avez

frappé à la porte du Temple des hommes. La mélancolie nous a quittés.

C'est dans le plus jeune parmi nous que nous fêtons le soleil nouveau

qui, arrivé au plus bas de sa course apparente, repart vers le zénith.

 

Secrétaire. Ecoutez et méditez:

 

livre de Baruch, fils de Nérias, fils de Maaséas, fils de Sédécias,

fils de Hasadias, fils de Helkias, écrivit à Babylone, A 3.37

« Il a découvert tout le chemin qui mène à la science et l'a indiqué

à son serviteur, Jacob ! »

 

Signe silence

 

INITIATEUR Cherchez ! Vous trouverez !

 

Demandez ! Vous recevrez ! Frappez et l'on vous ouvrira

Acceptez ce présent symbolique. Il est possible d'offrir un peu de buis, un rameau vert…

L'Initiateur remet un rameau de buis ou un rameau vert à chacun.

 

INITIATEUR . F\ (ou S) Maître Initié, où est la place d'un Initiateur ?

 

M I A l'Orient, sous le symbole du verbe, entre le passé et le futur.

Là, mes adelphes, vous trouverez par la voie cardiaque cette lumière qui

fera entrer la divinité en vous !

Ps 39.10

"J'ai fermé la bouche, je ne l'ouvrirai plus, car c'est toi qui agis."

 

Signe Silence

 

INITIATEUR F portier, où est votre place dans le temple ?

 

F Portier A l'occident, près de la porte qui s'ouvre sur le monde des

ténèbres.

 

Jean 18,17

La servante qui gardait la porte lui dit:  «N'étais-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme»?

Pierre répondit : «Je n'en suis pas»!

 

Signe Silence

 

INITIATEUR F, Maître Initié, qui fut Jean l'apôtre ?

 

Maître Initié Il est témoin de la Lumière dans le monde.

 

INITIATEUR F. Maître Initié, quelle est la couleur de la lumière suprême, selon Jean ?

 

Maître Initié : Le vert, mon t c f Initiateur

 Apocalypse 4,3

Celui qui siégeait avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine.* 

Une gloire nimbait le trône de reflets d'émeraude»

 Dans notre tradition, le vert émeraude est la couleur de l'Espérance,

de la Force, de la longévité. C'est aussi la couleur de l'immortalité que symbolise dans toutes les

traditions le rameau vert qui vous fut remis

 

INITIATEUR quelle leçon devons-nous tirer de cette journée ?

 

Orateur Ainsi la Lumière est venue du monde informe et vide pour

éclairer les hommes. Au coeur de l'homme règne la mélancolie du centre,

nous gardons l'espérance de la mystérieuse Lumière incréée qui fut et

sera d'éternité et à laquelle toute chose doit retourner.

Ainsi la réconciliation est le signe de la réintégration future. Nous

pouvons retourner d'où nous venons. C'est la grande leçon conservée par

la tradition de notre ordre et que se transmettent les gardiens du Temple.

 

Fermeture avec le rituel de l'ordre.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 19:00

Première partie

 

L’Aspirant, qui se trouve dans la salle de réception, est en habit de ville, mais découvert. Sur la tête et le visage, il porte un voile léger de couleur écarlate. Le Conducteur des Novices porte une robe noire avec un capuchon sur la tête, et après avoir saisi l’Aspirant par le bras gauche se rend près du portail qui mène du porche vers le temple sacré ; à cet instant les deux Hérauts se tiennent de chaque côté de l’entrée.

 

Conducteur des Novices : Je désire aller vers l’Autel de Dieu.

Le Premier Héraut, qui attend à l’entrée, dit : Vers Dieu qui apporte la joie à nos cœurs.

 

L’entrée de l’Aspirant dans le temple sacré se fait selon l’ordre suivant :

 

Premier Héraut                                  Deuxième Héraut

 

Conducteur des Novices                     Aspirant

 

Porte-Flambeau

 

Cinq tours sont faits dans le temple sacré, dans le sens de la course du soleil, tandis que les fraters et les officiers sont debout et que l’hymne suivant est chanté :

Ode

« Avant que Dieu fut commença l’Univers, toute la matière reposait en un amas informe Et était envahie par un grand désordre, aucun rayon n’émanait de la lumière, Et l’obscurité régnait parmi cette confusion totale ; Puis Dieu apparut, ses éclairs déchirèrent le ciel, et il fit se dresser les éléments, Dans l’Air il accrocha en suspension le Monde et il étendit par-dessus les cieux azurés ; Des Etoiles dans le ciel assurèrent le mouvement, et au centre fut fixé le Soleil. Puis il constitua l’homme à partir de la poussière, lui donna une âme vivante, Soumit toutes choses à sa volonté, le fit maître de tout, Et pourtant l’homme se montra ingrat envers les cieux, et fut chassé de l’Eden. De là vinrent tous nos maux, et l’humanité ne put trouver la paix, Jusqu’à ce que les Rosicruciens paraissent et forment ici un nouvel Eden : Où la joie règne à jamais et l’innocence première règne à nouveau. Ici coulent des sources de cristal, ici rien de vil ne peut pénétrer, L’Arbre de la Connaissance pousse en ce lieu, nous en goûtons les fruits, ignorant le péché, Pendant qu’une douce amitié prévaut, et que les Anges gardiens nous protègent alentour. » 

A la fin de l’ode, la procession s’arrête devant le Suffragant à l’Ouest :

 

Suffragant : Mon frère Conducteur des Novices, que souhaite cet Aspirant ?

 

Conducteur des Novices : Il désire aller de l’obscurité vers la pure lumière de la connaissance, afin d’apprendre les secrets et la Doctrine de la Nature, et apprendre à connaître les merveilleux principes par lesquels l’Univers est gouverné.

 

Suffragant : Mon frère, ton désir est louable, mais nous sommes des mortels comme toi ; pourquoi venir ici ?

 

Conducteur des Novices : L’Aspirant considère en effet que beaucoup de grandes vertus sont pratiquées dans l’Ordre, et que les siècles ont enrichi l’héritage de vos connaissances. Il désire être admis.

 

Suffragant : Nous reconnaissons ta foi, mais devons te rappeler que le chemin vers la connaissance est long, et que la vie de l’homme est courte ; également, rappelle-toi bien que ce que le cœur souhaite ne s’accomplit pas toujours. Ne place pas trop d’espoir dans notre Ordre. Notre but est la vérité, notre désir d’être humble, notre étude d’être sage. Le Rose-Croix laisse au monde la richesse, les honneurs et le pouvoir, ainsi que le plaisir et la paresse à la brute. Nous nous consacrons seulement à ce qui pur et vertueux, et nous incitons chacun à chercher la sagesse. Nos objectifs sont l’entraide fraternelle et l’encouragement à résoudre le grand problème de la vie, l’a avancement des sciences, la propagation de la vérité et la diffusion de cette glorieuse affirmation « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté » (cette affirmation peut être psalmodiée). Mon frère, nous avons la preuve de ta foi, mais je demande que la preuve de ton zèle soit maintenant établie.

 

Conducteur des novices : L’Aspirant me demande de dire en son nom qu’il est vraiment ignorant de Dieu, de la Nature et de lui-même ; qu’il est entouré par les ténèbres et que son esprit est dans le doute ; que sa quête est juste et sincère. Il est de son désir ardent d’être admis.

 

Suffragant : Tu as parlé sagement. Un cœur courageux peut chercher tout ce qui est le plus pur. Le  zèle vers un but élevé est des plus louables, et grâce à cela la foi peut soulever des montagnes. Prépare-toi à subir les premières épreuves requises par notre Ordre.

Que l’Aspirant soit conduit vers le Portail de la Vie pour y subir les premières épreuves relatives aux secrets fondamentaux de la Nature et de la Vérité.

 

L’Aspirant, avec les assistants, se dirige vers le Nord, puis en direction du Sud vers le Premier Ancien, qui place une petite quantité de terre propre sur ses lèvres.

 

Premier Ancien : Et la voix du Premier Ancien se fit entendre qui disait « Ecoute bien, Aspirant. La Mort est le Portail de la Vie, n’aie pas peur de le franchir, car dans la poussière se trouve la semence d’Immortalité. »

Je te révèle le mot de passe, Immortalité.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite sur son cœur. Celui-ci est ensuite conduit vers le Sud, puis à nouveau par le Nord en face du Deuxième Ancien, qui agite deux ou trois fois un éventail afin que l’Aspirant puisse sentir le mouvement de l’air.

 

Deuxième Ancien : Et la voix du Deuxième Ancien se fit entendre qui disait « Regarde, l’Air que nous respirons est rempli de mystères ; mais l’amour de Dieu surpasse toutes choses, visibles ou invisibles, tandis que l’Espoir constitue l’héritage de l’homme sur la Terre. »

Je te révèle le mot de passe, Espoir.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et, en tournant, vers le Sud devant le Troisième Ancien, qui l’asperge d’eau pure.

 

Troisième Ancien : Et la voix du Troisième Ancien se fit entendre qui disait « Approchons de la Maison de la sanctification avec des mains propres et un cœur pur, car notre Force réside dans la Toute-puissante Divinité. »

Je te révèle le mot de passe, Force.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et en tournant, vers le Sud, devant le Quatrième Ancien, qui fait ressentir à l’Aspirant la chaleur d’une flamme.

 

Quatrième Ancien : Et la voix du Quatrième Ancien se fit entendre qui disait « Entrons dans le Temple de la Perfection et ne reculons pas devant l’épreuve du Feu, car la colère de Celui qui est Saint ne consume que l’impie et l’impénitent. »

Je te révèle le mot de passe, Vertu.

Ces quatre mots de passe des Anciens forment l’aphorisme L’Immortel Espoir Force la Vertu, les initiales étant I\E\F\V\.

 

L’Aspirant place la main sur son cœur lorsqu’est prononcé le mot Vertu ; il s’incline quand il entend l’aphorisme I\E\F\V\, qu’il est prié de répéter.

L’Aspirant continue vers le Nord avec ses compagnons, et toujours en tournant vers le Sud jusqu’à ce qu’il se trouve face à l’Officiant, mais du côté Ouest de l’autel.

 

Officiant : Mon frère, les épreuves par lesquelles tu es passé avec succès sont les premières, mais en elles se trouvent beaucoup de secrets, qui te seront transmis par la suite. Dans les temps anciens, la connaissance des choses les plus élevées n’était révélée qu’après une préparation spécifique de l’Aspirant, consistant en la purification par la Terre, l’Air, l’Eau et le Feu, et après que l’Aspirant ait montré des signes évidents de moralité, de vertu, prudence et zèle. Ayant progressé au mieux jusqu’ici, es-tu prêt à nous assurer de ta bonne foi par un  Serment de FidélitE, puisque des vœux ne sont pas exigés des membres de ce Degré.

 

Aspirant : Je suis prêt.

 

Officiant : Place ta main sur ton cœur. Affirmes-tu sur l’honneur que tu ne révéleras jamais le cérémonial Secret de notre Cercle Mystique à moins que le Mage Suprême ne t’y autorise, et même dans ce cas seulement en stricte conformité avec nos Règles et Ordonnances ?

 

Aspirant : Je l’affirme.

 

Officiant : Affirmes-tu sur l’honneur ne jamais t’intéresser ou entrer en relation avec un autre Collège Rosicrucien, si ce n’est celui dans lequel tu es maintenant admis, sans obtenir au préalable l’accord du Mage Suprême ?

 

Aspirant : Je l’affirme.

Officiant :  Affirmes-tu sur l’honneur vouer spontanément obéissance à tes Officiers supérieurs en ce qui concerne les affaires en relation avec l’Ordre, et être prêt à assister et défendre tes frères de la Rose-Croix lorsque cela s’avérera nécessaire ?

 

Aspirant :  Je l’affirme.

 

Officiant : Mes frères, acceptez-vous que l’Aspirant continue ?

 

Les frères croisent les bras sur la poitrine en signe d’approbation.

 

Officiant : Que l’Aspirant s’agenouille devant l’Autel. Mes frères, en tant que véritables rosicruciens, veuillez vous agenouiller devant Celui qui nous a donné naissance. Agenouillons-nous pour cette PriEre.

 

Nous implorons Ta bénédiction et Tes gracieux conseils, O Seigneur Dieu, Père Tout-Puissant, Créateur de la Lumière et de la Vérité, au nom de Ton serviteur, qui aspire à mieux Te connaître, ainsi que Tes œuvres merveilleuses, afin que Ta Gloire puisse être magnifiée. Promet de l’illuminer de la Lumière de Ta Sagesse ; purifie-le et sanctifie-le afin que, rendu digne de ce lieu où nous nous efforçons de Te comprendre et Te glorifier, il puisse être capable de partager un véritable Espoir, de justes conseils et profiter de Ta Sainte Doctrine. Amen.

 

Les frères forment maintenant, sans bruit, le Cercle Mystique autour de l’Autel et de l’Aspirant, qui est toujours agenouillé, pendant que le Suffragant lit ce qui suit :

 

Suffragant : « Au commencement était le Monde, et le Monde était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Il en était ainsi au commencement avec Dieu.

Toutes choses furent faites par Lui ; et sans Lui rien n’aurait été fait de ce qui fut fait.

En lui résidait la Vie, et la Vie constituait la Lumière pour les hommes.

Et la Lumière brillait dans l’obscurité et l’obscurité ne le comprenait pas. »

 

Le rideau à l’Est est tiré, dévoilant l’Adepte Principal devant une table couverte de blanc, sur laquelle brûlent 33 bougies ; devant se trouve un Autel (petit) avec de l’encens qui brûle ; et par-dessus est suspendue une Etoile à 5 branches (avec une pointe en haut). L’Aspirant est prié de se lever devant l’Autel sur lequel se trouve une Rose-Croix, avec les lettres I.N.R.I. au-dessus de la Rose, au moment où l’Officiant le lui indique, comme suit :

 

Officiant : Lève-toi, mon frère, et reçois la Lumière de notre Cercle Mystique.

 

Le Conducteur enlève le voile recouvrant l’Aspirant, tandis que les frères tapent trois fois des bras sur leur poitrine.

 

Adepte Principal : Que la Lumière du Seigneur soit avec toi !

 

Officiant : Et avec ton Esprit.

Vénéré frère, ayant retrouvé une vue plus parfaite, tu découvres devant toi l’Autel sur lequel se trouve la Rose posée sur la Croix, qui nous rappelle la vie sans tâches de Celui qui fut, comme nous le pensons, la Gloire Manifestée de Dieu. Regarde les initiales du Nom et du Titre Sacrés qui furent tracés en lettres de feu sur la Croix du Rédempteur. Conserve précieusement dans ton cœur le souvenir du Mot I.N.R.I., Jesus Nazarenus Rex Judaeorum. N’oublie pas que pendant 33 années il a travaillé sur terre dans la docilité et l’humilité, une période qui est représentée par les 33 luminaires à l’Est. La Rose, mon frère, se rapporte à la beauté et à la grandeur de Sa Résurrection des morts, et représente la gloire éternelle de la Rose de Sharon, Ego sum Rosae Sharonus, et Lilium Convallium. L’Etoile à 5 branches au-dessus de l’Est, symbolisée par les 5 périples que tu viens de faire autour de ce Lieu Secret, nous rappelle les 5 points de félicité qui sont : (1) accompagner nos frères, (2) intercéder pour eux, (3) les aimer, (4) les assister, et (5) prier  pour eux, de telle façon à leur être unis par le cœur et l’esprit. L’Encens, qui s’élève en volutes vers l’Etoile lumineuse, est un symbole de la prière qui conduit vers le Trône de Dieu. Ton passage devant les 4 Anciens lors d’une course serpentine comporte une allusion mystique, car tu étais à la recherche de la Sagesse. Puisses-tu être aussi sage qu’un Serpent. Dans ton apprentissage de la Sagesse, cherche à obéir à la Loi, car tous ses chemins apportent la paix.

 

Le Conducteur du Novice fait revêtir à l’Aspirant une robe cramoisie, pendant que l’Officiant dit :

 

Officiant : Reçois et revêt cette robe cramoisie en témoignage de ton courage, de ton zèle et du dévouement que tu as promis à l’Ordre Rosicrucien. Que l’Aspirant soit placé dans le Cercle Mystique et se joigne à nous pour répéter les initiales du Mot Mystique I.N.R.I.

 

Le Cercle Mystique est formé, auquel se joint l’Aspirant.

 

Officiant : Chers frères et fraters, je déclare le Cercle Mystique parfait et la Chaine d’Union terminée.

 

Les frères croisent les bras en se battant la poitrine. L’Aspirant est conduit à l’intérieur du Cercle et s’agenouille, tandis que l’Officiant, le Suffragant et les 4 Anciens posent leurs mains sur la tête de Aspirant ; l’Adepte Principal dit alors :

 

Adepte Principal : Nous t’acceptons, mon frère, en tant que Zélateur et un des « huit ». Tu peux te retirer du Porche de Réflexion, et quand tu souhaiteras y revenir, il te faudra placer ton nom sur un morceau de papier blanc sous forme de triangle, en y ajoutant les Initiales Mystiques qui se trouvent sur l’Autel, et le produire à l’Acolyte qui se tient à l’entrée.

 

L’Aspirant est mené vers l’entrée, et tous retournent à leur station sauf le Conducteur des Novices. Le Conducteur, dans la Chambre de préparation, indique à l’Aspirant que le fait, pour lui, de préparer le papier qui lui a été demandé, démontre une réflexion suffisante de sa part, et son désir véritable de recevoir une plus grande lumière.

 

Deuxième partie

 

Le temple est arrangé comme précédemment, sauf que 3 luminaires sont allumés sur la table à l’Est, et que la Rose-Croix a été déplacée de l’autel vers le centre de cette table. Le Conducteur est en noir, le Zelator en cramoisi. L’Aspirant et le Conducteur s’approchent de l’Acolyte près du porche, et montrent le papier triangulaire, d’où suit une batterie de 4 coups.       Le Gardien des Cavernes ouvre la porte en vue de recevoir le papier et, se tournant vers le Suffragant, dit :

 

Gardien : Très Vénérable Suffragant, l’Elu désire être admis à nouveau dans le Cercle Mystique.

 

Suffragant : Demande-lui d’avancer selon la forme prescrite et de montrer le Signe Mystique.

 

Gardien : Avance vers moi selon la forme prescrite et montre le Geste Mystique d’admission.

 

L’Aspirant, comme cela lui a été prescrit à l’avance par le Conducteur, avance de 4 pas, mettant à chaque fois la main sur le cœur, et se courbe au dernier pas ; puis il remet au Gardien le document mystique. La porte est fermée et le Gardien poursuit :

 

Gardien : Très Vénérable Suffragant, j’ai reçu l’Aspirant selon le signe. Il a médité sur les préceptes préliminaires de notre Ordre, et implore humblement d’être réadmis.

 

Suffragant : Que désire-t-il ?

 

Gardien : Etre instruit.

 

Suffragant : Il l’a déjà été ; que cherche-t-il encore ?

 

Gardien : Une plus grande connaissance.

 

Suffragant : Fais-le entrer jusqu’au centre de ce Temple Sacré selon les 4 pas de Sagesse.

 

L’Aspirant fait les 4 pas lorsqu’il est près du centre du temple, plaçant à chaque fois la main sur le cœur et finalement en s’inclinant.

 

Officiant : Mon frère, d’où viens-tu ?

 

Conducteur : D’une terre de pénombre, où les bénédictions de la connaissance pénètrent rarement.

 

Officiant : Où te tiens-tu en ce moment ?

 

Conducteur : Dans les profondeurs de la Terre, les bras étendus vers le Nord et vers le Sud (L’Aspirant se tient tel un crucifié, ainsi qu’il lui a été demandé).  Et mon désir est d’approcher l’Est radieux et de me réjouir dans la Lumière parfaite.

 

Officiant : Tu as reçu une bonne inspiration, mon frère. J’approuve ton zèle et t’en félicite, mais ton progrès vers le but de la Vérité doit être lent et progressif car les mystères de la Nature ne peuvent être dévoilés à tous ceux qui recherchent son Sanctuaire, mais uniquement à ceux qui ont une véritable foi et aux humbles, bien que zélés en esprit.

Je vais maintenant te révéler les modes de reconnaissance concernant ce degré de Zelator.

 

Signe - L’Ancien signe du Rosicrucien consiste de la façon suivante : main droite sur le cœur, et main gauche sur celle-ci se croisant à hauteur des poignets. Le signe de Croix correspond au mot LVX (lux) car il reproduit en même temps les 3 lettres dont LVX est composé.

 

Geste et mot de Passe - Bras droit sur la poitrine. L’antagoniste forme une croix avec son bras gauche. Le mot …(qui signifie « Lumière ») n’est pas murmuré, mais tracé avec les doigts.

 

Mot Sacré -  ….représente le Soleil Eternel, la véritable Lumière du Monde, et la Gloire du Père.

 

Batterie - Cinq

 

Tu vas maintenant te rendre vers le Suffragant à l’Ouest, et écouter attentivement le récit historique de notre Ordre. Puis tu reviendras vers moi pour l’instruction finale.

 

L’Aspirant est mené vers le Suffragant qui le fait asseoir.

 

Suffragant : En t’instruisant dans notre présent système d’Ethique et de Métaphysique générale, nous adhérons pleinement aux anciens Mythes et Légendes concernant la Société Rosicrucienne, et par conséquent nous t’introduisons aux règles, usages et façons de vivre de ces Philosophes, ainsi qu’à la disposition de leur Lieu de Vie, car ceci est essentiel en ce moment pour que tu puisses pleinement apprécier ce dont il s’agit. Ecoute !

 

Récit historique

 

« Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains. Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et quatrièmement, la découverte de l’Elixir Vitae.

Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution.

Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche. »

 

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant.

 

L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle.

La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux.

La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit.

Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité. Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré. Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

 

Batterie de trois afin que tous se lèvent.

 

Sois prêt à dire, comme les martyrs d’autrefois, Ab Ben veRouah haCodesh, « Père, Fils, Saint-Esprit » - A Toi toute la Gloire.

 

Le Porte-Flambeau se dirige vers l’Aspirant et, après avoir placé une bougie allumée dans sa main, lui demande de l’éteindre dans un récipient de sel (près de l’Est), en disant :

 

Porte-Flambeau : Comme la lumière de cette bougie, ainsi ta flamme viendra à s’éteindre si tu venais à manquer au serment que tu as fait envers nous.  En disant cela, il place le papier triangulaire mystique avec le nom de l’Aspirant et les Initiales Sacrées dans les flammes du

               

Luminaire central à l’Est, puis conduit l’Aspirant vers l’extérieur.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 18:52

 

Objet de ce grade

 

Le Grade de l'Initié dans les profonds mystères a pour objet de faire connaître, aux vrais maçon parfaitement affermis dans les principes de

la maçon ce qu'il y a de bon ou de vicieux dans tous les autres grades dont on y fait la critique ; c'est pourquoi pour pouvoir juger sainement si les grades qu'on y approuve ou désapprouve donnent réellement lieu au jugement que l'on en porte, il est essentiel d'avoir reçu tous ces grades, ou du moins de les connaître.

Ces grades sont principalement les trois de la maçonnerie Bleue, celui de Maître Parfait ; celui d'Elu ; l'Élu de l'inconnu ; celui des Quinze ; celui d'Écossais ; celui de Souverain Cons? du Temple ; celui d'Élu suprême, celui de Chevalier d'Orient ; celui de Chevalier d'Occident ; celui de Sublime Philosophe ; celui de Chevalier du Soleil ; celui de Chevalier du Phénix ; celui de Chevalier de l'Aigle Noir, ou Rose Croix de Marseille.

 

 

Discours de l'Orateur.

 

Après que l'instruction est finie, le Frère Orateur lit le discours suivant, dans lequel se trouve expliqué parfaitement tout l'objet de ce grade :

Vous avez passé par tous les grades, on vous a fait parcourir jusqu'à aujourd'hui, les uns après les autres, tous les mystères redoutables au vulgaire, parce qu'il ne les connaît pas et que le sage voit pour la plupart d'un oeil méprisant et dédaigneux.

Nous savons rendre justice à la vertu et à la vérité, elles nous sont chères. Ce que vous allez entendre vous en convaincra de plus en plus.

L'analyse de ces grades va vous être dévoilée, vous allez en pénétrer les replis les plus cachés.

En vous découvrant les moindres circonstances, vous en reconnaîtrez les explications et vous sentirez enfin ce qu'ils méritaient de votre approbation et de votre mépris.

Les connaissances que vous avez dû acquérir après avoir été reçu Apprenti, Compagnon et Maître dans les grades de l'Elu Ecossais, Parfait Maître  Anglais, Elu suprême, Souverain Commandeur, Chevalier d'Orient et d'Occident, Prince de Rose Croix; Grand Elu, Chevalier de l'Aigle Noir, Chevalier du Soleil et des adeptes, Sublime Philosophe et Chevalier du Phénix sont les seuls sur lesquels nous nous étendrons. Les autres, qui sont en quantité et qui ne sont que des répétitions sèches et stériles de ceux dont il vient d'être fait mention, resteront dans l'oubli et ne nous laisseront d'autres impressions que le dédain le plus parfait pour ceux qui ont pu employer leur temps à des ouvrages aussi futiles, de peur d'être obligé de les haïr comme des gens infâmes, que la cupidité seule a conduits dans un travail aussi pitoyable.

 

APPRENTI ET COMPAGNON. - Les deux premiers grades nous apprennent l'entreprise que fit Salomon de bâtir un Temple à l'Éternel ; les précautions qu'il prit pour le rendre magnifique ; la demande qu'il fit d'Hiram Abif à Hiram, roi de Tyr, pour lui confier en chef la conduite de cette sainte entreprise ; le partage que fit Hiram Abif des ouvriers en trois classes ; les signes, mots et attouchement dont il convint avec eux pour les reconnaître les uns d'avec les autres ; les proportions du Temple et des deux fameuses colonnes.

Jusqu'ici il n'y a rien de mystérieux ; ouvrez la Bible, vous y trouverez les mêmes choses expliquées peut-être plus clairement. Mais n'importe, reconnaissons la prévoyance de notre instituteur.

Pour parvenir à son but, qui était de rendre les hommes égaux et de les faire vivre ensemble dans l'union la plus étroite et la plus intime, il sut s'accommoder à leurs moeurs et de plus à la faiblesse de leur âme. Il reconnaissait combien le merveilleux a de pouvoir sur le coeur humain. Il descendit à des considérations, rendit l'entrée de l'ordre difficile, imagina de rendre les réceptions terribles et formidables et sut les rendre respectables par l’appareil mystérieux qu'il répandit sur tout ce qui nous environnait.

l sentit d'ailleurs la dure nécessité de ces formalités ; il vit qu'en trompant le vulgaire, il éprouverait l'âme de ceux qu'il voulait admettre, qu'il sondait par là leur coeur et leur façon de penser, et qu'il pourrait par ce moyen distinguer la bonté du caractère et de l'esprit de candeur.

D'ailleurs l'établissement de notre M? est louable; il tendait par son application à faire vivre les hommes dans l'égalité et à n'admettre entre eux de prééminence que celle que donne la vertu.

Maîtrise. - Si nous avançons, la M? nous offre le massacre d'Hiram par 3 malheureux conspirateurs jaloux de la gloire et de la faveur qu'il recevait en vivant familièrement avec le roi Salomon, l'assemblée que tinrent les maîtres pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire, afin de prouver leur innocence à Salomon, la recherche du corps du R? M? Hir? qu'ils retrouvèrent et l'exhumation qu'ils en firent.

Déjà dans ce grade le crime se glisse parmi les constructeurs du Temple, mais on su le tourner à profit pour en montrer l'horreur et le faire détester de ceux qui étaient membres de l'ordre naissant.

 Elu. - Dans l'élu, la vengeance tirée des meurtriers est une leçon qui nous prouve que le crime ne reste jamais impuni, que l'auteur de la nature est infiniment bon, juste et implacable pour les méchants.

On découvre dans ce grade Abiram, un des auteurs de ce meurtre ; mais d'où vient qu'on fit des recherches contre Cebal et Méphiboseth ? pourquoi multiplier les êtres  Ne pouvons-nous pas dire que déjà le vice se glissait dans la Maçonnerie et que cette multiplication était un présage des désordres qui allaient s'ensuivre ? Le crime puni et le corps retrouvé, il fallut inhumer notre Respectable Maître avec la pompe qu'exigeait le service qu'il avait rendu, et il aurait sans doute mérité une autre récompense.

C'est le sujet de l'Ecossisme, où l'on glisse des cérémonies judaïques qui ne peuvent faire qu'un très mauvais effet, surtout dans un temps où les personnes qui sont à la tête des LL? sont souvent peu instruites et ont d'ailleurs des dépenses à faire, pour les rendre avec dignité, motifs qui peuvent les faire regarder comme contraires aux règles de l'ordre, par celui qui possède au fond du coeur les vrais principes de la nature qui est de saisir les occasions de se rendre utile à l'humanité souffrante.

 

Parfait Maître Anglais

 De là on passe à la Maîtrise du Parfait Maître Anglais qui est une répétition générale de ce qu'on a vu et qui aurait dû être le seul grade, si notre législateur n'eût eu crainte de communiquer trop vite l'intelligence de notre ordre, et de donner lieu à l'indiscrétion en communiquant tout d'un coup ce qu'il y avait de mystérieux à un homme nouvellement reçu.

Voilà ce qui a fait longtemps le secret de notre ordre respectable.

 

Elu de l'inconnu et des quinze.

Tout était bon jusqu'alors. Rien, excepté les élus de l'inconnu et des quinze, n'était de trop. Tout tendait au bien et au maintien de l'ordre ; mais il n'est rien de stable. Les hommes aussi changeants que I'ombre et aussi légers que le vent pouvaient-ils rester longtemps dans l'état heureux où notre législateur s'était efforcé de les mettre  Pleurons leurs faiblesses et leur aveuglement, mais sachons réparer leurs torts et donner un nouveau centre à l'Art Royal en rétablissant les premières Loges en rendant un culte pur à l'Étre suprême, en déchirant impitoyablement le bandeau qui nous a privés jusqu'à ce jour de la vraie lumière.

 

Ecossais.

On fit ensuite du Parfait Maitre Anglais, le grade d'Écossais, qui renferme la cérémonie de la dédicace du Temple. Il était, suivant les apparences, naturel de terminer l’histoire.

 Souverain  Commandeur du Temple.

 Mais où cela nous conduit-il ? Au Souverain Commandeur du Temple, grade où l'indécence la plus outrée et l'insolence la plus criante sont permises à celui qui en est décoré, par la seule raison qu'il sait que c'était au commandeur. qui en gardait la clef et qui avait l'honneur d'être admis à la cour du roi Salomon.

 

Elu suprême.

On sentit ensuite qu'on pourrait ajouter à celui qui vient d'être dit la chute du roi Salomon, son impiété et les sacrifices abominables qu'il faisait aux faux dieux, dans ce même temps qu'il avait fait construire pour le seul et véritable Maître de la nature et le comble de la folie en faisant substituer à l'arche d'alliance les simulacres des divinités que lui apportaient ses femmes et ses concubines. On imagina donc l'Elu Suprême où l'on jure une haine implacable à cet ennemi déclaré de celui qui l'avait comblé de ses bienfaits.

 

Chevalier d'Orient.

Il fallut aller plus loin ; le rétablissement du Temple de Dieu sous Cyrus fut le sujet du Chevalier d'Orient. Vous y apprenez la manière dont Zorobabel va se présenter devant Cyrus. Il pousse dans son antichambre des soupirs qui sont entendus des gardes. On va voir quel est l’homme revêtu d'un voile, couvert de cendres, qui pousse ces gémissements. On le fait prosterner aux pieds du roi qui gracieusement lui laisse voir son visage et qui ordonne à son ministre de lui donner des instructions qui consistent à lui dire qu'il faut avoir un mot de passe pour se reconnaître dans un besoin et qu'il faut être bien unis. On l'arme ensuite en Chevalier d'Orient en lui mettant une écharpe sur laquelle est représentée un pont traversant une rivière, parsemée de têtes de mort et d'ossements. On y apprend le fameux combat du fleuve Starburzanaï ; la victoire que remporte Zorobabel sur les sujets du roi Cyrus qui l'avaient attaqué malgré le passeport qu'ils voulurent lui faire avoir, signé de leur roi.

Les noms des ouvriers du nouveau Temple le nombre des hommes qui y furent employés, la résolution qu'ils prirent de travailler, mais avec l'épée au côté, le nombre d'années qu'ils furent à le construire qui fut de 40 ans : toute cette histoire se trouve encore dans la Bible, sauf la réception du Chevalier par Cyrus dont il n'est fait aucune mention et qui d'ailleurs est par elle-même fort peu nécessaire.

 

Chevalier d'Occident.

On trouve dans l'Apocalypse le sujet du Chevalier d'Occident où vous êtes ensuite transporté. La Loge représente le ciel tel qu'il est décrit par saint Jean. Le Maître de la Loge représente l'Alpha et l'Omega ; il tient un livre fermé, sept sceaux qui s'ouvrent et dont il sort des traits ; une balance, une épée, emblèmes que l'on explique et qu'on fait rapporter à la Maîtrise

Comme l'Apocalypse est indéchiffrable, ce grade l'est tout autant et ne peut être regardé comme admirable que par ceux auxquels les choses auxquelles ils ne comprennent rien paraissent des mystères et des merveilles ; absurdité moins criminelle que celles dont on vient de parler, mais encore plus folle.

 

Sublime Philosophe.

 L'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer, est l'idole que nous cherchons avec le plus grand empressement.

Le Sublime Philosophe.titre sublime et qui ne convient qu'à celui qui l'est et non point à un homme dont l'occupation est absolument contraire ; titre qui ne doit être accordé tout au plus qu'à celui qui a la vertu pour principe, qui la pratique et qui par son moyen sait se rendre heureux, le Sublime Philosophe, disons-nous, fait son unique étude de la richesse de ce fantôme, et prétend par ses découvertes égaler la science du créateur et de l'auteur de tout être.

 

Chevaliers du Soleil et du Phénix.

Ces grades sont un mélange de religion, de mercure, de soufre et d’autres ingrédients qui entrent dans la composition de ce précieux métal qu'Hiram ainsi que Salomon possédaient, mais qui a été perdu et qui ne se trouve plus que chez quelques-uns des descendants de ces fameux alchimistes ou de leurs élèves. L'on cherchera dans ce grade la vertu et le repos après le travail immense qu'exige ce grand oeuvre dont le secret n'est pas encore trouvé et ne se trouvera pas de sitôt. Ce grade donne des relâchements au moyen desquels on se flatte de pouvoir le trouver.

On pardonnerait à des hommes fous ou insensés de s'y appliquer. Mais que, sans la moindre notion de chimie et sans la moindre teinture physique des autres sciences nécessaires à un travail de cette espèce, on s'y adonne et l'on s'y livre dans ces grades où il en est question, il faut être absolument dépourvu de bon sens, et c'est se mettre dans le cas d'être enfermé aux petites maisons.

 

Souverain Prince Rose-Croix.

Comme l'Ancien Testament a fait place au Nouveau dont il n'était que la figure, et que la loi de grâce a fait disparaître la loi judaïque, on a cru devoir consacrer cette heureuse révolution dans la Maîtrise par un grade particulier. Ce grade est celui de Souverain Prince Rose-Croix.  Autrement dit le Chevalier de l'Aigle ou du Pélican qui a pris sa naissance à Hérodom. Il a pour objet les mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur du monde. L'objet de ce grade est sublime, puisqu'il nous rappelle le mystère de notre rédemption opéré par l'incarnation du Souverain Maître de la nature qui pour l'amour de nous a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice dont la mort d'Hiram, qui fait l'objet des premiers grades, n'est qu'une bien faible image, et le triomphe de la religion chrétienne par la résurrection du Verbe. Mais les honneurs et les privilèges extraordinaires qu'on attribue à ceux qui sont revêtus de ce grade sont entièrement contraires à l'esprit d'humilité qu'on enseigne et aux maximes de l'Evangile. C'est la Cène qu'on y fait. A cela près, ce grade est réellement respectable.

Chevalier de I'Aigle Noir

Le désir de se singulariser a fait imaginer à Marseille un grade qui n'a de commun avec celui-ci que le nom de Rose- Croix qu'on lui a donné fort mal à propos. Ce grade, appelé autrement Chevalier de l'Aigle Noir, n'a pour objet essentiel que le Grand Œuvre, comme tous les autres grades prétendus philosophiques dont il a été parlé ci-dessus, par conséquent il n'est ni moins extravagant ni moins ridicule que ces autres grades. La réception est contraire aux lois de la nature et fait horreur à toute âme délicate ; elle est plus propre à former un fanatique qu'un parfait maçon.

 

Grand Elu.

Le grade de Grand Élu est un mélange de l'Elu du Chevalier Kadosch et des grades philosophiques On ne voit pas qu'il ait d'autre objet que l'orgueil et l'esprit de domination dans les Loges vices qui sont également proscrits par les lois de la Maçonnerie; ce qui seul suffit pour prouver l'inutilité et l'indécence de ce grade qu'on devrait totalement anéantir.

 

Voilà les principaux grades analysés. Réfléchissons sur les derniers, qui ont pour objet le Grand Œuvre, et voyons quel bien il pourrait en résulter quand même le moyen de faire de l'or serait découvert.

L'homme qui le posséderait en serait-il plus sage et plus vertueux ? Pourrait-il faire le bonheur de l'humanité et de ses semblables ? Point du tout.

Au contraire, avec la facilité de satisfaire tous ses désirs, il s'abandonnerait beaucoup plus librement aux grands excès, et l'or devenant plus commun rendrait la subsistance et tous les besoins de la vie beaucoup plus chers et ferait périr de misère ceux qui n'auraient pas le bonheur d'en posséder.

Dégageons-nous tous, mes frères de la tyrannie de ces prétendus connaisseurs, et entrons pour n'en sortir jamais dans le vrai sentier du bonheur. Plus de préjugés : ne soyons plus les enfants d'Hiram constructeurs du Temple ni du prince de Juda qui reconstruisit le Temple de l'Eternel, ni de saint Jean l'Apocalypse transporté dans l'île de Pathmos, ni enfin les descendants de personne.

Soyons vertueux, adorons l'Etre suprême parce qu'il est notre bienfaiteur. Chérissons les mortels aveugles parce qu'ils sont nos frères; aidons-les dans leurs besoins, parce que c'est soulager l'humanité. Donnons des conseils parce que par là nous pourrons tirer du joug de l'erreur. Aimons nous parce que l'Éternel nous fit pour nous rendre heureux. Rendons-nous la vie douce par une conduite agréable et honnête. Sachons enfin passer dans le bonheur le peu de temps que nous avons à demeurer sur terre et restons vertueux au milieu des crimes et des désordres où l'univers est plongé. Amen.

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Published by Thomas Dalet - dans Rites et rituels
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 08:59

L’histoire de la Franc-Maçonnerie en Espagne est particulièrement dramatique. Elle reflète celle d’un pays qui, au XVIIIe siècle, a occupé une place tout-à-fait particulière.

L’Espagne a en effet constitué un cas marginal dans l’histoire générale des tentatives de modernisation politique et sociale qui ont  fait le dynamisme de l’Europe au XVIIIe siècle, et dans l’histoire de la diffusion de l’idéologie des Lumières qui a accompagné et inspiré ces efforts de rajeunissement.

Un certain héritage historique, une certaine structure sociale ont opposé une résistance farouche à la politique réformatrice des dirigeants, le “despotisme éclairé” (despostismo ilustrado). Cette situation particulière a eu pour effet de produire une forte imperméabilité aux modèles de pensée et d’action offerts de l’extérieur par les différentes avancées politiques et philosophiques.

Du fait de l’échec de l’expérience de “despotisme éclairé” (tentée par Charles III -1759-1788, et ses ministres), ce retard ne sera comblé que très partiellement. L’Espagne de la fin du XVIIIe siècle, et surtout du XIXe siècle, sera de ce fait un anachronisme en Europe.

La Franc-Maçonnerie n’aura pas échappé à cette opposition de la société espagnole à tout ce qui, venu de l’extérieur, avait pour objet l’émancipation de la société civile et de l’esprit humain. Dans ce pays, on peut dire que la Franc-Maçonnerie n’a cessé d’être persécutée, avec divers degrés de violence, en dehors de courtes périodes de répit, pendant deux cent cinquante ans, jusqu’au retour de la démocratie en 1975. La nouvelle constitution de 1978 a légalisé l’Ordre maçonnique et sa place dans la société espagnole.

Le contexte historique

Les deux premiers règnes des Bourbons, celui de Philippe V (1700-1746) et de Ferdinand VI (1746-1759) ne furent en rien des règnes réformateurs.

Celui de Philippe V offrit, de ses premières années, l’image d’un prince dévôt (… et néanmoins sensuel ! A partir de 1714, il s’effaça  pratiquement derrière la forte personnalité de sa seconde femme, Elisabeth Farnèse,  dont les liens familiaux avec les petits états de l’Italie centrale expliquent la politique ambitieuse de l’Espagne en Méditerranée occidentale La fin de son règne fut marquée par de longues crises au cours desquelles le roi sombrait dans la prostration et la sénilité.

Quoique son successeur, Ferdinand VI, ait été un personnage d’une paisible médiocrité, son règne est caractérisé cependant  par une certaine volonté, non traduite dans les faits, d’évolution réformatrice. Autour de 1750, son ministre, le marquis de La Enseñada conçut la nécessité de réformes d’ensemble radicales. Les textes rédigés sous son autorité constitueront une mine de travaux dans laquelle viendront puiser les ministres en fonction le règne suivant.

De 1759 à 1788, s’ouvre, avec Charles III, frère de Ferdinand VI mort sans héritier, la période des espérances. Le nouveau souverain, que l’histoire reconnaîtra comme un grand roi, avait fait son apprentissage dans les vingt années de son règne en tant que roi de Naples et de Sicile (possessions de la branche cadette des Bourbons). Il avait eu un contact personnel avec l’esprit des Lumières. Une grande offensive se dessina, sous son impulsion, contre l’Eglise, ce qui était, pour l’Espagne, s’attaquer à la racine de la faiblesse du pouvoir royal sur la conduite des affaires de l’Etat.

Déjà, au nom du “régalisme”, c’est-à-dire de la  théorie juridique du droit de l’Etat sur l’ensemble des sujets, corps constitués et ressources matérielles du royaume, le règne précédent avait obtenu du pape Benoît XIV, pape conciliant, une extension du droit de patronage royal.

Cette fois, c’est aux aspects purement spirituels de la domination ecclésiastique que Charles III s’attaqua, avec l’aide du comte d’Aranda (1766-1773) et de Campomanes. Ainsi, à la faveur de l’échec d’un complot (?) visant à déclencher une insurrection populaire contre le gouvernement, les jésuites furent expulsés (1766-1767). Charles III insista en 1773 auprès de Clément XII pour que l’Ordre soit dissout. L’Inquisition se vit imposer un assouplissement de la censure des livres. Campomanes projeta en 1766 de confisquer certains biens détenus par les communautés ecclésiastiques, ce qui aurait permis enfin de réaliser une véritable réforme agraire, et d’assurer ainsi le développement de la petite et moyenne propriété, tandis qu’Aranda envisagea d’affecter à des usages charitables, les biens des confréries, et de réduire ainsi quelque peu la pauvreté dans les villes et les campagnes.

Mais l’offensive tourna bientôt court. Qu’il s’agisse des biens de l’Eglise ou des tribunaux inquisitoriaux, le gouvernement hésita à s’attaquer à des institutions traditionnelles par crainte de soulever l’opposition des couches populaires, fortement sous l’influence des ecclésiastiques. Même un certain nombre d’ilustrados, nobles et bourgeois éclairés, ne suivirent guère ces idées nouvelles dans la mesure où elles touchaient à la religion.

Le “despotisme éclairé” en Espagne avait donc échoué.

Dès la fin du règne de Charles III, sous le ministère de Floridablanca, une réaction se dessina. L’Inquisition s’enhardit à nouveau, le grand prédicateur Diego de Cadix tonna contre les Lumières ; un clan réactionnaire se forma autour du Prince des Asturies, le futur Charles IV ; lire des ouvrages traduits du français redevint pure hérésie, et punissable comme telle.

Le règne de Charles IV (1788-1808), la Révolution en France, donnèrent le signal de la rupture entre les milieux gouvernementaux et tout ce qui est considéré comme issu de l’esprit des Lumières, désormais ouvertement accusé de saper les autorités légales. L’élite éclairée se trouva placée devant un choix radical : renier les Lumières dont les idées révolutionnaires françaises étaient évidemment présentées comme le prolongement, ou risquer d’être accusée désormais à la fois de trahison et d’hétérodoxie, et d’encourir les sanctions des autorités civiles et ecclésiastiques.

A la mort de Charles III, en 1788, l’Espagne entra rapidement en état de crise économique et morale aiguës.

Sous le médiocre règne de Charles IV, de 1788 à 1808, un conflit  social majeur mûrit : les classes moyennes commencèrent à regretter l’abandon des réformes du règne précédent qui leur semblaient porteuses d’une évolution souhaitée de la société, tandis que la noblesse et le clergé exigèrent que l’on en revienne plus nettement et plus rapidement au conservatisme de la monarchie d’avant Charles III, et que l’on effaçât toute trace de libéralisme.

Il importe de noter que, si réactionnaire qu’il fût, le roi Charles IV avait dès 1795 repris avec la France révolutionnaire l’alliance franco-espagnole en vigueur depuis 1701 (arrivée des Bourbons en Espagne). C’est Napoléon qui mettra fin à cette alliance en 1808.

L’entrée des armées impériales, à l’origine dans le seul projet de traverser le pays pour se rendre au Portugal dans le cadre d’une stratégie militaire contre les puissances coalisées (ce qui avait été relativement bien accepté par les autorités et la population espagnoles), évolua en fait, dans l’hiver 1807-1808, vers une pénétration profonde en Espagne. Dans le domaine politique, Napoléon nomma Joseph, son frère, roi d’Espagne, tandis que le Maréchal Murat se voyait attribuer le trône de Naples.

On connaît la suite. L’insurrection populaire d’Aranjuez contre les troupes françaises et le gouvernement qu’il rendait responsable de l’occupation étrangère du pays, provoqua la chute du gouvernement et l’abdication du roi Charles IV au profit de son fils Ferdinand VII.

Exploitant la crise espagnole, Napoléon obtint la renonciation au trône des deux Bourbons qu’il retint à Bayonne, ce qui déclencha la mobilisation spontanée des Espagnols au service du sentiment national, autour du symbole dynastique.

Une fois encore, aux yeux du peuple, tenu en main par ses seigneurs et ses prêtres, se trouvaient vérifiées les accusations contre les Lumières, et particulièrement contre les Français. Athées et propagateurs des idées nouvelles, ils étaient un nouvel antéchrist, qu’il fallait  repousser, dans un sentiment “ibéro-chrétien”, comme les rois catholiques avaient chassé les Maures, six cents ans plus tôt.

Finalement, affaibli par les campagnes européennes, à partir de 1812, Napoléon libéra Ferdinand VII qui rentra en Espagne et fut restauré en avril 1814.

Le pays se trouva ainsi dans une construction politique curieuse, celle des “trois Espagnes” : l’Espagne “bonapartiste” du frère de Napoléon, Joseph, devenu pour la circonstance “José Ier”, celle de la “junte centrale” de Cadix (…et des juntes locales), réunie autour de la constitution (libérale) de 1812, en lutte contre la domination française, et les royaumes de Naples et de Sicile, du prince Murat.

Désormais l’histoire intérieure de l’Espagne ne sera guère que celle d’une lutte entre absolutistes et libéraux.

En 1820, un mouvement populaire fomenté par le Colonel Riego, contraint le roi Ferdinand VII à faire des concessions : les jésuites furent expulsés, l’Inquisition abolie, et la constitution libérale de 1812, remise en vigueur. Mais le mouvement ayant fini par échouer en 1823, grâce à l’aide de l’armée française (la France étant devenue une monarchie, avec la Restauration, Louis XVIII, régnant), les anciennes prérogatives royales de Ferdinand VII furent restaurées, Riego fut arrêté et pendu et l’absolutisme rétabli dans toute sa violence arbitraire.

C’est dans ce contexte particulièrement défavorable et dramatique que la Franc-Maçonnerie s’introduit en Espagne au XVIIIe siècle, et qu’elle eut à s’y développer.


Histoire maçonnique de l’Espagne

On peut distinguer deux périodes de cette histoire au XVIIIe siècle. Mais pour une bonne connaissance de la Franc-Maçonnerie dans ce pays, il est intéressant de prolonger l’étude jusqu’au début du XIXe siècle, pour tenir compte de l’influence française, déterminante, sur la suite du développement de la Franc-Maçonnerie espagnole.

  • Un développement rapide (?) dans un contexte très hostile (1728-1758)

La première Loge d’Espagne fut constituée en 1728 (25 février), à Madrid, par le Duc de Wharton, ex-Grand Maître de la Grande Loge de Londres, et cinq autres Anglais résidents à Madrid. Elle est curieusement connue sous deux titres distinctifs : French’s Arms in St Bernard’s Street et The Flowers of Luces. Elle serait donc une des toutes premières loges, sinon peut-être la première, à avoir été fondée sur le continent

La Franc-Maçonnerie semble s’être répandue d’emblée rapidement puisqu’en 1750, on comptait, dit-on, déjà 200 loges, d’obédience soit anglaise, soit écossaise, soit irlandaise, surtout en Andalousie, où dès 1739 la Grande Loge de Londres avait désigné un Grand Maître Provincial. Exemples : les loges Lodge of St John of Jerusalem N° 53, à Gibraltar (une trentaine de membres, tous militaires), Lodge of Inhabitants N° 285 etc.

Mais il semble de plus en plus clair que les activités maçonniques, prouvées à Barcelone en 1748, à Cadix en 1756,  furent le fait de Maçons d’origine étrangère, français le plus souvent, parfois protestants, tous initiés hors d’Espagne, et qui d’après l’étude des procès de l’Inquisition, ne firent jamais allusion, dans leurs interrogatoires à l’existence de loges espagnoles, et encore moins d’obédience organisée.

Les “200 loges en 1750” que la tradition historique a rapportées, pourrait bien relever de la légende, ou être plutôt des loges de Maçons étrangers ; leur nombre paraît en fait très exagéré.

En effet, les persécutions avaient commencé dès 1740 quand le roi Philippe V, obéissant à la bulle de Clément XII de 1738, lança un édit contre le Métier et interdit la Franc-Maçonnerie. De nombreux Maçons, espagnols ou étrangers, furent bannis, emprisonnés ou condamnés aux galères.

La Maçonnerie continua pourtant à se développer, comprenant un nombre important de Frères anglais et français.

La situation devint encore plus terrible en 1751 quand le pape Benoît XIV confirma la condamnation, par sa bulle Providas.

Le roi Ferdinand VI, dans un décret, condamna les Francs-Maçons à mort, sans autre forme de procès. Il  laissa l’Inquisition sévir avec une rigueur extrême contre les Frères déclarés criminels d’état au premier chef, et jugés comme tels.

Le calme revint sous le règne de Charles III. En 1766 se serait constituée une Grande Loge Provinciale d’Espagne, sous l’obédience de Londres, qui se serait déclarée indépendante en 1780, et aurait prit le nom de Grand Orient d‘Espagne. Le premier Grand Maître en aurait été le comte d’Aranda, alors ministre, auquel aurait succédé le comte de Montijo. Mais l’existence réelle de cette obédience et la paternité du comte d’Aranda sont de plus en plus mises en cause. L’examen de sa correspondance n’apporte aucun élément permettant de confirmer cette création, d’autant que l’appartenance du comte à la Franc-Maçonnerie … n’a elle-même jamais pu encore être prouvée

Il semble en fait que la première loge authentiquement espagnole ne fut pas fondée en Espagne, mais … à Brest. Dans le cadre de l’alliance franco-espagnole l’escadre de Cadix fut envoyée à Brest en septembre 1799. Certains officiers furent initiés à la loge brestoise L’Heureuse Rencontre, d’autres à la loge, Les Elus de Sully. Quelques mois plus tard, ces officiers, désireux de travailler dans leur propre langue, sollicitèrent l’autorisation de constituer une loge sous le titre distinctif Reunión Española.

  • La Maçonnerie espagnole sous l’invasion française (1807-1814)

L’entrée des troupes françaises en 1807 provoqua la naissance et l’essor de la Franc-Maçonnerie espagnole.

De nombreuses loges militaires furent créées dans plusieurs villes. A titre d’exemple : Les Amis Fidèles de Napoléon (1808), à Barcelone, Napoléon le Grand (1811), à Madrid, Le Gibraltar Français (1814), à Santoña, Les Amis Réunis de Saint Joseph (1810) à Vitoria, etc. Elles comprenaient, semble-t-il, exclusivement des Frères militaires français.

Pendant la même période furent constituées des loges civiles par des Français de l’entourage de Joseph Bonaparte, et par des Espagnols partisans du nouveau régime; Peu nombreuses, elles n’en furent pas moins essentielles pour la suite de l’implantation de la Franc-Maçonnerie en Espagne.

C’est d’elles que sortit la Gran Logia Nacional, à partir de la loge San José, dont le principal animateur était le Frère Joachin Ferreira. Cette Grande Loge, assez active, regroupa des loges qui fonctionnèrent jusqu’en 1812. D’après les minutes de cette obédience, il apparaît que l’essentiel de l’activité maçonnique semble avoir été la bienfaisance, tant vers les Frères que les profanes.

Le comte de Grasse-Tilly, fondateur du Suprême Conseil de France et le baron de Tinan, membre de cette juridiction jouèrent un rôle très actif dans cette expansion. Il en fut de même du frère du comte de Grasse, qui sous le nom de guerre de Guzman, combattait lui, de son côté, avec les Anglais dans les rangs espagnols. Franc-Maçon également, il établit en 1808, à Aranjuez, un Consejo Supremo irrégulier, groupant des loges militaires. Cette obédience ne fut qu’épisodique. En 1809, trois loges du Rite Ecossais Ancien et Accepté se constituèrent à Madrid sous l’égide du baron de Tinan, et s’unirent en une Grande Loge Nationale, qui fonda de nombreux autres ateliers “écossais” dans le pays. En 1811, Grasse-Tilly institua un Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté, coiffant la Grande Loge Nationale, qui prit le nom de Grand Orient des Espagnes et des Indes.En 1811, il y avait donc en Espagne deux Grands Orients et deux Suprêmes Conseils.

  • La Maçonnerie espagnole sous la persécution (1814-1868)

Le retour du roi Ferdinand VII fut fatal à la Franc-Maçonnerie.

Elle fut totalement interdite, et l’Inquisition la persécuta avec une ardeur et une cruauté redoublées. Les Maçons tentèrent de s’unir et de résister, avec l’appui du mouvement libéral. Grâce à celui-ci, le Suprême Conseil fut réveillé en 1818 et, en 1820, le Grand Orient des Espagnes reprit son activité sous la direction du comte de Montijo, parent de la (si pieuse) future impératrice Eugénie.

Pendant les quatre années de libéralisme apporté par la révolution déclenchée par la patriote Riego, de 1820 à 1823, le Métier repris de la force. Mais une nouvelle insurrection, réactionnaire éclata en 1823, et mis fin à la période de gouvernement libéral de Riego. La Franc-Maçonnerie fut supprimée, et les persécutions reprirent. Nombre de Maçons réputés furent pendus ou décapités. La Maçonnerie, presqu’entièrement exterminée, fut réduite à la clandestinité. En 1825, à Grenade, une loge fut envahie par la force armée, les sept Maîtres maçons présents furent pendus, et un profane, qui venait d’être reçu Apprenti, se vit condamné à sept ans de galère.

L’aveuglement haineux était tel que le roi Ferdinand VII fut même accusé par la populace d’être lui-même un Franc-Maçon, parce qu’il n’avait pas rétabli l’Inquisition dans tous ses droits et prérogatives antérieurs.

La Franc-Maçonnerie continua  à survivre en Espagne au XIXe siècle, dans un contexte dramatique d’instabilité, de persécution, de divisions et de luttes internes et de dérive vers l’irrégularité, auquel le renouveau politique espagnol de la fin du XXe siècle vint mettre un terme.


 

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 08:13

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ont toujours été tendues et tourmentées, pratiquement depuis le début de la Franc-maçonnerie spéculative, et plus particulièrement à partir de 1738, date à laquelle les Francs-maçons furent frappés d’excommunication.

Jugés par le uns comme justifiées, pas d’autres comme inappropriées, les condamnations émises par Rome n’ont laissé personne indifférent.

De franchement antagonistes, puis tumultueuses, les relations entre ces « deux forces morales » se sont peu à peu dédramatisées, puis apaisées. Des efforts de meilleure connaissance réciproque ont été déployés de part et d’autres, notamment de la part de personnalités catholiques éminentes, au premier rang desquelles il convient de citer le Révérend Père Michel Riquet pour le rôle majeur de conciliation qu’il s’est toujours efforcé de jouer pour parvenir, au-delà d’une meilleure compréhension mutuelle, à un certain rapprochement.

Aujourd’hui les Frères catholiques ne se sentent plus en faute à l’égard de Rome d’appartenir à la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition.

Des interrogations, des ambiguïtés et des zones de flou demeurent, même si la Franc-maçonnerie ne fait plus l’objet d’une condamnation explicite.

 

L’Eglise et la Franc-maçonnerie opérative.

La Franc-maçonnerie s’est efforcée, dès avant sa création sous forme de Grande Loge, le 24 juin 1717, d’affirmer et de formaliser juridiquement sa filiation historique avec la Maçonnerie opérative.

On sait que déjà, bien plus tôt dans l’histoire de la confrérie, des Anciens Devoirs (« Old Charges »), manifestement « spéculatifs » (tels que le manuscrit Sloane, vers 1700),  affirmaient cette filiation (cf Module n°1).

Le point culminant sera atteint en 1723, lorsque paraîtront les Constitutions d’Anderson qui, à la manière des Anciens Devoirs et très exactement sous leur forme et structure interne, présente la Franc-maçonnerie comme héritière des us et coutumes et spiritualité de « l’antique métier de Maçonnerie ».

Et ce faisant, Anderson et Désaguliers, dont il est connu qu’il a puissamment contribué à créer la Franc-maçonnerie sur les fondements spirituels de la Maçonnerie opérative, se sont appropriés et nous ont ainsi rendus héritiers, jusqu’à la fin des temps de la Franc-maçonnerie régulière, ou de Tradition,  de la spiritualité de nos ancêtres, les Maçons opératifs.

Or cette Maçonnerie opérative était très religieuse, profondément catholique, avant de « se faire anglicane », par la force de l’histoire de la Grande Bretagne.

Mais cette spiritualité judéo-chrétienne pour aussi profonde et incontestable qu’elle fut, rencontra l’esprit des Lumières lors des années qui précédèrent et surtout suivirent la création de la Grande Loge de Londres, Mère Loge de toute la Franc-maçonnerie de Tradition, donc régulière, de par le monde. La Franc-maçonnerie naissante en subit quelque influence, non sur le fond mais sur le développement de sa finalité humaine.

Aussi loin que la connaissance de cette confrérie de métier se porte, c’est-à-dire, d’une manière rigoureusement documentée, à la fin du XIVe siècle, il est incontestable que la Maçonnerie opérative fut ouvertement et profondément religieuse, et comme il se doit avant la Réforme en général et la réforme anglicane en particulier, catholique. Nous le savons par les Old Charges, et notamment par le plus anciens d’entre eux qui nous soit parvenu, le manuscrit (Ms) anglais dit « Régius », daté de 1390.

Or près d’un demi-siècle avant la rédaction de ce fameux manuscrit Régius, une corporation de Maçons, dite Compagnie des Maçons de Londres dont on trouve la première trace en 1356 (à l’occasion d’un différend professionnel) avait pour devise « Dieu est notre guide » ; nous le savons parce qu’en 1 870, à l’occasion du renouvellement de sa charte, elle changea sa devise en « Dieu est notre espérance » . Dans un de ses inventaires datés de 1665, il est relevé un passage qui se réfère explicitement à la Bible. Cela ne saurait surprendre puisque toutes les corporations (ou guildes), au-delà de leurs activités normatives dans leur métier et les englobant, avaient un  essentiellement caractère religieux. Des communautés ou groupes de personnes parmi leurs membres (ou confréries) prenaient en effet soin des membres de la corporation en cas de maladie, leur assuraient une sépulture décente, priaient pour le salut de leurs âmes après leur mort et prenaient soin de leurs proches.

Le Frère Cyril N. Batham notait, dans son intéressant article consacré à la Compagnie des Maçons de Londres (Villard de Honnecourt N°2, 1981), que « les premières guildes furent souvent dirigées par un Comité de 13 membres, représentant le Christ et ses douze apôtres, et dans le cas de l’une d’entre elles, il est précisé que son président était une femme en hommage à la Vierge. »

Le Ms Régius,  après avoir appelé l’attention des Maçons, sur l’exigence de piété exhorte à « honorer ton Seigneur Dieu, tant le jour que la nuit, de tout esprit, de toute ta force. » (vers 628-­629). Il reflète ainsi son enracinement dans la Bible vétéro-testamentaire (Dt 6,5) et s’achève par une invocation toute chrétienne : « Que le Christ alors, dans sa haute grâce, vous donne tout ensemble le temps et l’esprit pour bien lire et comprendre de livre, afin de gagner le Ciel en récompense. Amen, amen [encore un hébraïsme], ainsi soit-il ! disons tous à l’unisson par charité. » (vers 820-825).

Près d’une centaine de manuscrits qui nous sont parvenus commencent par une prière de ce type, ou en contiennent une dans le cours de leur texte ou en conclusion. Autre exemple courant, au point d’être devenu un « standard », telle que cette invocation, toute paulinienne : « Que la force du Père du Ciel avec la sagesse du glorieux Fils ainsi que la grâce et la bonté du Saint Esprit, ces trois personnes réunies sous une seule divine tête [ou en seul Dieu], soient avec nous au début de nos travaux et nous donnent la grâce de nous conduire nous-mêmes pour que nous puissions vivre avec cette bénédiction [ou béatitude] qui ne prendra jamais fin. »

Peu à peu les invocations glissent de l’orthodoxie catholique (invocation de la Sainte Eglise, prière à la Sainte Vierge ; invocation de tous les Saints) vers une dogmatique plus proche de la Réforme et de l’anglicanisme , du type de celles citées ci-dessus.

Ce caractère religieux s’explique par le fait que le travail en lui-même, et celui des tailleurs de pierre, maçons architectes peut-être encore plus, compte tenu du caractère édificateurs de ces « logeurs du Bon Dieu » (R. F. Jean-François Blondel, n’était pas dissocié de son caractère sacré.

Le travail était, pour reprendre la belle expression de notre F. Paul Naudon, « l’ascèse de la vie chrétienne qui menait à Dieu ». L’association ne pouvait être dans cette perspective strictement professionnelle ; une confrérie religieuse venait doubler la communauté.

Le prêtre, en Angleterre le chapelain, en faisait partie, obligatoirement et au premier chef. Sa présence était requise à la fois pour les lectures bibliques requises en loge et prononciation des invocations rituelles.

Il semble que plus tard, à la veille de la création de la première Grande Loge, la Worshipful Society, nom sous lequel les Maçons opératifs continuaient à subsister, (et cela jusqu’à nos jours), professait la foi catholique, ou du moins un anglicanisme peu officiel, en raison de la présence de la forte personnalité qui la dirigeait, Sir Christopher Wren, officiellement anglican mais en fait de tendance catholique romaine et très pratiquant.

Quoi qu’il en soit, catholique, anglicane ou réformée, la Maçonnerie opérative fut très profondément chrétienne. L’on ne sait rien d’une quelconque condamnation que la Maçonnerie opérative aurait eu à subir de la part des autorités religieuses, en Angleterre ou ailleurs dans la chrétienté. Et cela, contrairement aux autres corporations qui, elles, furent à des moments divers de leur existence condamnées pour telle ou telle raison.

On citera à titre d’illustration quelques condamnations d’origine religieuse décrétées en France à l’encontre de certaines corporations, ou plus exactement, à l’encontre de certaines confréries, confraternités ou encore charité professionnelles : le décret de Bamberg, pris en 1451, par le Cardinal Nicolas de Cues qui déclare que « certaines compagnies ne conviennent pas à l’unité chrétienne . » On ne croit pas savoir que les confréries de tailleurs de pierre étaient visées. Ici c’est le soupçon de conspirations et de conjurations ou autres collusions qui pourraient bien se constituer sous « ombre de confrérie, messe, service divin ou autre cause. [1]», d’autant plus redoutables qu’elles sont scellées sous le sceau du serment, ce qui comporte, qu’on le respecte  ou qu’on le trahisse, un risque de parjure, donc de péché grave.

On pourra citer les récriminations de Guillaume Durand, évêque de Mende, en 1311, à l’encontre des clercs et laïcs « qui se goinfrent et se mettent en état d’ébriété au cours de réunions confraternelles. »

Ou encore,  le texte du concile provincial de Sens de 1522 interdisant sans appel « les banquets d’associations qui pourraient être faits les jours de fête des confréries... »

Là il semble que soit l’utilisation dispendieuse des deniers de la confrérie qui soit condamnée, alors que l’argent pourrait être mieux utilisé à des fins caritative...  ou cultuelles.

Enfin on citera la célèbre condamnation des Compagnons par la Sorbonne, le 14 mars 1655, à l’instigation d’une société dévote dite « Confrérie du Saint Sacrement » pour « leur pratiques sacrilèges et superstitieuses. » La condamnation visait uniquement les Compagnons Cordonniers, Tailleurs d’habits, Chapeliers et Selliers (du Devoir). Et de plus, la Sorbonne était une faculté de théologie, amenée certes depuis 1554 à se prononcer sur des questions de morale et des solutions de cas de conscience ; mais ses sentences n’étaient en aucun cas revêtues de l’autorité de l’Eglise, et ne l’engageaient pas.

En l’occurrence, le motif principal de la condamnation était effectivement religieux. Les rituels saisis laissaient apparaître une cérémonie de réception montée comme une parodie des sacrements de la religion chrétienne comme d’ailleurs les légendes compagnonniques, partie intégrante du travail ésotérique en cayenne, pouvaient apparaître parodier l’Evangile ou l’Ancien Testament. Ils ne nous appartient pas ici de juger si ces cérémonies et travaux conduisaient réellement à des parodies ou étaient des modes « primitifs » d’appropriation du contenu évangélique ou du plan de salut, nécessaire pour « faire passer le message » dans un milieu où la lecture de la Bible (par ailleurs interdite hors la présence d’un prêtre, interdiction que la Réforme supprima avec le succès et la fructueuse émancipation religieuse, culturelle et intellectuelle que cette suppression permit). Il est encore possible que la présence de chapelain en loge, chez les Maçons opératifs (et peut-être aussi chez toutes les confréries médiévales) ait eu pour but ... de cathéchiser ces milieux professionnels, dans la plus incontestable orthodoxie.

Les fondateurs de la Franc-maçonnerie non opérative qui œuvrèrent laborieusement pour en assurer la filiation régulière, ininterrompue, avec la Maçonnerie opérative, étaient eux-mêmes des chrétiens sincères (ce qui ne les empêchaient pas de fréquenter toutes sortes de cercles philosophiques, métaphysiques et ésotériques).

Ils reprirent à leur compte cet héritage...et ils l'ont légué à chaque Franc-maçon de Tradition qui s’en rend héritier par son serment d’appartenance à l’Ordre, prêté aux trois grades, librement et volontairement, et qui, pris dans ces conditions, leur confère la Régularité maçonnique.

 

La Franc-maçonnerie spéculative : l’esprit des Lumières.

 Lorsqu’elle crée en 1717 la première Grande Loge, la Franc-maçonnerie non opérative, si elle se rend héritière de l’esprit religieux de sa devancière, n’en est pas moins pétrie de l’esprit de les Lumières qui, en Angleterre, atteint à cette période son apogée (elle l’atteindra plus tard sur le continent, mais avec des évolutions et déviations notables par rapport à la ligne de « l’Enlightenment » anglais).

Sans renoncer à quoi que soit de la spiritualité de la Maçonnerie opérative, la nouvelle société spéculative, se servira de la symbolique, de l’esprit et des pratiques de l’ancienne Maçonnerie, dans son généreux dessein de projeter la fraternité humaine à l’échelle du monde entier, pour en faire un centre d’union, un lien fédérateur entre tous les hommes « de bonne renommée, de bonnes mœurs et d’honnête conversation », comme cela figurait autrefois dans les statuts des confréries continentales et anglaises.

La nouvelle société maçonnique faisait ainsi preuve, au grand dam des Maaçons opératifs confinés dans le périmètre étroit de la corporation professionnelle, des caractéristiques les plus nobles de l’esprit des Lumières, à savoir de sociabilité ouverte et large, de cosmopolitisme sincère et d’universalité culturelle

Cet esprit d’ouverture était directement inspiré par la philosophie des Lumières qui rayonnait en Grande Bretagne et plus particulièrement du latitudinarisme qui se traduira dans le théisme  « noachite »  des célèbres Constitutions d’Anderson et tout particulièrement de celles de la seconde édition de 1738.

Elle se conjuguait à la « New Philosphy », courant de fond réformé, qui prônait une « religion universelle » dans laquelle, au-delà des particularismes des diverses confessions, la rechercher de la vérité devait se faire conjointement dans les deux Livres de Dieu, Sa Parole et Ses œuvres.

Il suffit d’écouter l’une et de contempler les autres pour devenir sensible à sa divine présence. Car elle est directement accessible par la raison, soit « d’après notre jugement » (allusion à l’inspiration du Saint Esprit, très caractéristique de la Réforme), et soit d’après l’enseignement d’hommes sensés et sages (autre caractéristique de la Réforme).

En 1722, dans le numéro de la revue londonienne « The Postman and Historical Account », daté du 31 juillet-2 août, ainsi que dans les quatre numéros suivants, parurent des textes à caractère très nettement marqué de « constitutions » ou de « old charge », à la fois par la forme que par le fond (elles portent la marque très nette d’un Old Charge opératif), et donc destinés au grand public, par le support sur lequel il furent publiés.

Ils furent plus tard rassemblés sous le titre : « Les Anciennes Constitutions appartenant à l’Ancienne et Honorable Société des Maçons Francs et Acceptés. Tirés d’un Manuscrit  écrit il y a plus de Cinq Cents Ans, Londres : Imprimé, et Vendu par J. Roberts, dans Warwick Lane, 1722 »

Ces textes donc, connus par la suite sous le nom de leur éditeur, J. Roberts, furent publiés dans un journal.

Ils le furent, dit-on, pour répondre à une lettre attaquant les Francs-maçons

Certes il y eut bien cet article qui fustige les Francs-maçons (on se reportera à l’article cité pour prendre connaissance des reproches adressés aux Francs-maçons), mais la recherche maçonnique pense que le but principal de ces « Constitutions Roberts » furent publiées surtout pour tenter de contrer la main mise sur les loges opératives de la part des non opératifs, que l’on sentait venir, après leur entreprise qui avait abouti à la création de la Franc-maçonnerie spéculative en la présentant comme la continuation « librement consentie » de la Maçonnerie opérative. En effet de nouvelles pratiques commençaient à émerger  dans la nouvelle société, en particulier en ce qui concernait la nomination des dirigeants, les attributions  des Loges  en matière de réception de nouveaux membres, etc.

Il semble bien qu’elles étaient destinées à la fois :

A devancer la parution annoncée des Constitutions d’Anderson, pour bien affirmer et « publiciser » l’antériorité de l’Honorable société des Maçons Francs et Acceptés sur la nouvelle société, à caractère universel

A satisfaire le besoin exprimé par de nombreux Maçons opératifs de disposer, contrairement à la tradition orale ancestrale de la confrérie, d’un texte faisant foi de leur ancienneté et honorabilité

A réaffirmer le caractère incontestable de leur orthodoxie religieuse.

Sur ce dernier point, outre l’invocation trinitaire  traditionnelle en ouverture du texte, on remarquera l’exhortation à  « l’Ami et Frère », à lire à tout candidat à l’admission dans une Loge: «  [Article 1] Je dois vous exhorter à honorer Dieu dans sa sainte Eglise ; à n’avoir recours à aucune Hérésie, Schisme ou Erreur en votre Entendement... »

Il est aisé de reconnaître le caractère catholique de ces Constitutions, caractère précisément qu’Anderson et Désaguliers souhaitaient dépasser pour ouvrir la fraternité aux autres confessions d’abord, puis au monde entier ensuite, comme le texte des deux éditions des Constitutions le mettent clairement en évidence, tout empreints de l’esprit des Lumières qu’ils étaient, mais sans que cela ne remettent en cause, le moins du monde leur foi chrétienne.

 

Les condamnations civiles

Les premières condamnations de la Franc-maçonnerie non-opérative émanèrent, non pas de l’Eglise catholique et romaine, comme le pense parfois, mais de gouvernements civils. Elles se produisirent très tôt dans son  histoire.

La Franc-maçonnerie fit l’objet d’attaques, quelquefois violentes, en Angleterre même.

Nous l’avons vu, les Constitutions Roberts, par exemple, furent publiées en réponse à une attaque sévère sous la forme d’un article anonyme dans la revue « The Postman and Historical Account ». Mais de nombreuses autres attaques avaient bdéjà frappé la nouvelle Franc-maçonnerie quand cet article parut. A chaque fois, c’était le secret, le serment, mais aussi la présence, incompréhensible pour le grand public, de personnalités éminentes de la haute noblesse, des arts et des sciences dans ses rangs, qui faisait jaser les pamphlétaires inquiets et agressifs.

Il faut dire que les Maçons eux-mêmes ne faisaient pas grand chose pour éviter d’exciter la foule des folliculaires. A preuve, les défilés à répétition, en  grande tenue, dans les rues de Londres, les frasques du duc de Wharton, Grand Maître de la première Grande Loge en 1722, personnage trouble, tour à tour catholique, ou anglican, hanovrien ou jacobite, qui contribuèrent à faire monter la suspicion par ses agissements politiques. Il fonda d’abord en 1719 le « Hell Fire Club », (qui fut interdit en 1721 par édit royal), assemblée de libertins aux mœurs dissolues, puis en 1724 une parodie chinoise de la Franc-maçonnerie « L’Ancien et Noble Ordre des Gorgomons », de toute évidence d’esprit jacobite.

Cette attaque, de l’intérieur, attisa davantage l’hostilité des milieux antagonistes de la Franc-maçonnerie, et s’ajouta à celles qui l’attaquaient constamment. Elles eurent pour effet d’éloigner d’elle un certain nombre de Frères, effrayés par la réputation que la rue faisait à la société à laquelle ils venaient de se joindre.

La Cité de Londres alla même jusqu’à interdire, pendant quelques années, les défilés publics des Francs-maçons.

Le coup suivant fut porté par le gouvernement des Provinces Unies (aujourd’hui les Pays-Bas), en 1735. Il s’inquiétait du risque (et non de faits avérés) « pouvant conduire les fraternités ou associations à devenir des pépinières de factions ou d’alliances. » En fait, comme le rapporte le duc de Luynes, citant l’ambassadeur de France à La Haye, cette interdiction, renouvelée en 1737, mettait en exergue « le serment et le secret « impénétrable »... [mais surtout] était motivée par le fait que l’on avait fait la découverte d’une faction de M. le prince de Nassau pour se faire élire stathouder, et que l’on trouva que la plupart de ceux qui composaient cette faction étaient des frimassons [sic]. »

Le conseil de la ville de Genève lui releva surtout le secret et le serment, et interdit la Franc-maçonnerie en 1736.

En France, le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, informé par des rapports de police de plus en plus nombreux, de l’existence d’assemblées « d’un ordre appelé des Framassons [sic], à l’exemple de l’Angleterre [dans lequel] sont enrôlés quelques-uns de nos secrétaires d’état et plusieurs ducs et seigneurs... Ils s’assembloient, recevoient les nouveaux chevaliers, et la première règle étoit un secret inviolable pour tout ce qui se passoit. »

Comme il considère que de telles assemblées sont «  très dangereuses dans un Etat », le cardinal de Fleury va s’efforcer d’étouffer dans l’œuf cette nouvelle société.  D’avril à septembre 1737, la police, sous les ordres du lieutenant Héraut,  va traquer, sans  grand succès il faut dire, les tenues maçonniques, et le 14 septembre  1737, le commissaire du Châtelet, Jean Delépinay, arrête l’hôte d’une assemblée maçonnique et fait fermer son cabaret. Mais la sentence édictée à cette occasion va toucher l’ordre dans son entier en interdisant aux cabaretiers du royaume de recevoir de telles assemblées frappées elles aussi d’interdiction.

D’autres états européens frapperont d’interdiction les assemblées maçonniques : le Palatinat en 1737, la Magistrature d’Hambourg, en 1738...

Dans tous les cas, l’interdiction était prise toujours pour les mêmes motifs : ordre public, secret, serment...

 

Les condamnations de l’Eglise catholique

Dans un tel contexte, l’Eglise pour motiver ses condamnations, n’eut guère de mal à faire état de « parfaite connaissance de cause» et surtout de « rumeur publique ».

La condamnation de la Franc-maçonnerie fit l’objet de deux documents (ou bulles) d’excommunication : la lettre encyclique In eminenti du 28 avril 1738, fulminée par le pape Clément XII (1730-1740), et la Constitution Providas du 18 mai 1751, fulminée par le pape Benoît XIV (1740-1758) Trois sources avaient dû apporter au pape Clément XII les informations nécessaires à sa prise de décision : les nonces dans les états où des condamnations civiles avaient été prononcées, les inquisitions locales et la présence à Rome des Stuarts, à partir de 1717.

Pourtant à la veille de fulminer sa bulle, Clément XII paraît ne pas en savoir assez sur la Franc-maçonnerie puisqu’il demanda à l’inquisiteur de Florence, et fit demander aux autres, et notamment au cardinal Da Cunha, inquisiteur général au Portugal d’obtenir des informations « ... sur la nature et la fin cachée de la compagnie ou institut [des Francs-maçons], afin que, de cette façon, Sa Sainteté puisse être informée exactement. »

Aucune des eux bulles ne fut reçue en France. Plus exactement elles ne furent pas soumises à la formalité d’enregistrement par le parlement de Paris, qui en la matière, aurait donné force exécutoire à la sentence.

On s’interroge encore sur cette décision du ministère. Des historiens pense que le cardinal de Fleury, avait déjà fort à faire avec les effets de la bulle Unigenitus qui frappait les jansénistes, et ne désirait pas avoir encore une autre affaire à régler autrement que par voie de police. Il faut dire aussi, comme déjà signalé, que la participation, massive, de « grands de la cour », et peut-être...du roi Louis XV lui-même dont il est dit qu’il est très probable qu’il se fût fait recevoir dans l’Ordre (tout comme le feront le futur roi Louis XVI et ses frères de sang, le duc Philippe d’Orléans et le futur Louis XVIII ... puis Charles X), ne facilitait pas la tâche de répression du vieux cardinal.

 In eminenti (1738)

La première bulle à l’encontre de la Franc-maçonnerie et qui la rendait interdite aux catholiques, laïques ou clercs séculiers ou réguliers, « sous peine d’excommunication qui sera encourue et par le seul fait et sans autre déclaration ... de laquelle ils ne pourront être absous que par Nous ou par le Souverain Pontife  pour lors régnant, si ce n’est à l’article de la mort » comprenait six motifs de condamnation dites « causes très graves »:

 

O        l’interconfessionnalité des assemblées maçonniques

O        « le pacte étroit et impénétrable du secret »

O        le serment qui en garantit l’inviolabilité

O        l’illégalité des sociétés maçonniques au regard des lois civiles ou ecclésiastiques

O        la proscription des ces sociétés  par « les lois des princes séculiers »

O        leur mauvaise réputation

Comme le fait remarquer Jérôme Rousse-Lacordaire, dans sa remarquable étude sur la question, ces six motifs peuvent être regroupés en trois catégories :

 

O        d’ordre moral

Cette première catégorie comprend le secret et son serment ainsi que la « mauvaise réputation ».

Même s’il est vrai que certains Francs-maçons, par leur comportement et prise de positions publiques, tels nous l’avons vu le duc de Wharton, le duc d’Antin, le comte de Clermont et le duc de Chartres, duc d’Orléans dit « Philippe Egalité » tous quatre Grands Maîtres de la Franc-maçonnerie française, utilisèrent des assemblées maçonniques à d’autres fins (libertines et épicuriennes) que celles prescrites par les rituels, et prêtèrent le flanc à ces accusations, il était exagéré d’affirmer que l’Ordre, dans son ensemble, avait« la mauvaise réputation ».

Le secret et le droit de garder le secret par serment n’était pas en soi condamnable par l’Eglise catholique Celle-ci le considérait même comme un droit naturel. Mais aux yeux de Rome la droit naturel du secret devait toujours être limité par l’ordre public et aussi par l’obligation faite aux catholiques de confesser tous les péchés mortels « sans un celer aucun ».

On comprend alors que le serment maçonnique ne posait pas en tant que telle de problème en terme de nature d’agissements ou d’immoralité qu’il pouvait recouvrir. Il devenait un facteur de suspicion légitime dans la mesure où il risquait de soustraire les catholiques francs-maçons à tout contrôle sacramentel, ecclésiastique ou civil.

Cette question était en effet d’importance. A preuve cette interrogation faite à lui-même par le très catholique (ultramontaniste), le Frère Joseph de Maistre, dans son célèbre Mémoire au duc de Brunswick écrit juste avant l’ouverture du Convent de Wilhelmsbad : « Cette question [du secret] qu’on ne doit point déguiser consiste à sçavoir si nous [Francs-maçons] pouvons licitement jurer de cacher quelque chose, même à la puissance civile qui nus interrogeroit en jugement. ».

Non seulement le principe même du serment de secret posait un problème à des Francs-maçons catholiques, dans la perspective énoncée, mais « les sanctions qui l’accompagnaient [en cas de divulgation], étaient pour certains profanes lors de leur admission dans l’ordre une gêne indéniable », pour reprendre les termes d’un autre Franc-maçon catholique, le bénédictain mauriste Marc-Antoine de Courdemanche, cité par Jérôme Rousse-Lacordaire car « la barbare formule »du serment et la terreur qu’elle inspirait ne se justifiait plus « dans le siècle des lumières, sous l’empire de la délicatesse où le point d’honneur est le plus puissant mobile de notre âme. » De plus In eminenti avait relevé que le serment se prêtait sur la Bible. Aussi pour ne pas enfreindre le deuxième commandement du décalogue « Tu ne prendras en vain le nom de l’Eternel », le serment pris sous l’invocation du Nom Très Saint devait être « vrai, prudent et juste ».

C’est pourquoi le serment du secret « inviolable et impénétrable » apparaissait au XVIIIe siècle un point délicat et controversé, même de l’intérieur de la Franc-maçonnerie.

 

O        d’ordre  juridique

Ce point sera davantage souligné et approfondi par la seconde bulle, la Constitution Providas.

In eminenti se contente de mentionner que, par suspicion que les assemblées de Francs-maçons, « toujours nuisibles à la tranquillité de l’Etat », soient une sources de perversion au regard de l’ordre public (« S’ils ne faisaient rien de mal, il n’auraient pas cette haine de la lumière »), « ces sociétés ont été ont été sagement proscrites par nombre de princes dans leurs Etats. Ils ont regardé ces sortes de gens comme ennemis de la sûreté publique. »

 

O        d’ordre religieux

Le motif de tolérantisme, c’est-à-dire, en fait d’interconfessionalité dans les loges, fut, sans conteste, le point le plus délicat qui poussa la papauté à condamner la franc-maçonnerie. Nous le savons d’après le commentaire qu’en fera le successeur de Clément XII, le pape Benoît XIV, dans sa bulle Providas.

In eminenti affirmait déjà « toute notre application à [...] conserver spécialement l’intégrité de la religion orthodoxe [c’est-à-dire ici, la religion catholique], et à éloigner de l’Univers catholique, en ces temps très difficiles, tout ce qui pourrait être une danger de trouble. »

Les loges en effet recevaient évidemment, car c’était-là le but de la transformation de la Maçonnerie opérative en franc-maçonnerie non opérative ou spéculative, des hommes de foi autres que les catholiques ou les anglicans, des protestants, des juifs et aussi des musulmans. Mais déjà dans l’univers chrétien, la galaxie des diversités confessionnelles présentes en loges, notamment par des personnalités de renom, était grande : latitudinaristes professant un théisme certes chrétien mais noachite, unitariens reniant le dogme de la Trinité, etc.

Cette proximité interconfessionnelle et les échanges auxquels elle pouvait donner lieu constituait pour Rome un risque majeur de « contamination » de l’orthodoxie catholique.

Et cela, à une époque où, de plus, la séparation des affaires d’ordre privée (dont le domaine spirituel) et celles d’ordre civil (dont les engagements citoyens et autres « divertissements » temporels), n’était pas encore de , ou en tout cas admis par l’Eglise.

A ces trois catégories morale, juridique et religieuse, Clément XII ajoutait

« d’autres causes justes et raisonnables à Nous connues ». On s’est interrogé sur ces causes mystérieuses. Il apparaît que, vers 1737, Rome était préoccupée par deux questions de nature toute politique.

Premièrement, la situation politique de l’Angleterre et le sort réservé aux catholiques dans ce pays.

Même si depuis le début du siècle, la situation s’était apaisée, les catholiques anglais ou irlandais résidant en Angleterre (ces derniers très méprisés par les Anglais), vivaient leur foi très difficilement ; ils n’étaient d’ailleurs pas couverts explicitement par l’Act of Toleration de 1689 qui les frappaient d’incapacité juridique.

Rome n’avait pas perdu espoir de reconquérir l’Angleterre par une action missionnaire déclenchée au bon moment. Cela les Anglais le savaient et se méfiaient tout à la fois de la papauté et de leurs concitoyens catholiques.

De plus l’accession au trône de la dynastie hanovrienne (George I, George II, qui ne furent jamais Francs-maçons) avait porté un rude coup aux espoirs des catholiques  qui avaient de ce fait investi leurs espoir dans la restauration des Stuarts (Jacques II, réfugié en France, mort en 1701, Jacques III, dit le Prétendant ou le Chevalier de Saint George, mort en 1766, qui, à défaut d’avoir été eux-mêmes  semble-t-il, Francs-maçons, rien ne l’a jusqu’à présent prouvé, étaient fort entourés de Maçons). Elle aurait signifié ipso facto la restauration des catholiques dans leurs droits et celle de Rome dans sa capacité d’influence politico-religieuse.

Dans cette période toute la politique anglaise de Rome et sa position à l’égard de la Franc-maçonnerie est à comprendre dans le sens de la restauration des Stuarts et du rôle que l’Ordre aurait pu jouer pour aider dans ce projet.

Ce n’est pas ici le lieu de reprendre dans le détail cette histoire tourmentée.

On se contentera de rappeler que ce projet ne réussit pas. Contraint d’accepter le traité de Ryswick de 1697 qui consacrait la victoire de la dynastie hanovrienne,  et mettait ainsi fin à la situation particulière d’un pays avec deux rois, Louis XIV fut forcé de reconnaître Guillaume III d’Orange pour roi d’Angleterre. Jacques III Stuart fut obligé de renoncer à l’hospitalité française, et alla s’établir d’abord à Avignon puis à Rome avec sa famille, sa cour ses services où il apparaît qu’il employa dans son important service diplomatique de fidèles serviteurs tant catholiques que protestant dans un esprit d’équité et de tolérance, et dont beaucoup furent Francs-maçons.

En effet là où passa la cour stuartiste des loges se constituèrent, de Saint Germain en Laye (semble-t-il) en 1688 à Rome où se créa une loge jacobite, en passant par Paris (en 1725 ou 1726) et Avignon (en 1727 ?)

Rome accueillit avec empressement ce roi qui « sacrifiait la couronne à la religion. »

Même s’il n’est pas approprié de parler de deux Maçonneries différentes, l’une catholique, écossaise et jacobite, l’autre anglaise, protestante et hanovrienne, il est possible de parler de deux courants maçonniques différents sur le continent. Elles servirent certainement de courroie de transmission aux divisions politico-religieuses britanniques. Ce rôle obscur dura jusqu’à ce que la situation dynastique se clarifie, comme on l’a dit au profit des hanovriens. Aussi peut-on dire que, dès avant 1737 date où se produisit des événements à Florence relatés ci-après, les Maçons hanovriens l’avaient définitivement emporté sur leurs Frères stuartistes, de sorte que le pape put condamner la Franc-maçonnerie, sans craindre de nuire aux intérêts des stuartistes, en 1738.

Même si des projets de reconquête du trône étaient encore évoquésla cause semblait bien entendue au profit de la dynastie hanovrienne.

Deuxièmement, en 1737, en effet, Florence passa avec toute la Toscane des mains des Médicis, soumis à Rome, à celles de François duc de Lorraine, Franc-maçon éminent mais indépendant de la papauté, futur empereur d’Autriche en 1745. Une lettre adressée par le saint Office à l’Inquisiteur de Florence pour soutenir Gaston de Médicis qui avait demandé de l’aide contre la Franc-maçonnerie, car il la soupçonnait de favoriser les entreprises de son rival autrichien, contient des termes et des griefs qui seront repris quasiment mot pour mot dans In eminenti.

Providas (1751)

 

En 1751 la situation politique avait bien changé. Florence et la Toscane étaient oubliées et les ambitions stuartistes réduites à néant depuis la déroute de Culloden Moors en 1746. Et pourtant Benoît XIV cru bon de renouveler la bulle de son prédécesseur fulminée quinze ans auparavant.

Il semble bien, en dépit des efforts fait par Benoît XIV pour expliquer la nouvelle condamnation par le fait qu’In eminenti lui paraissait être restée lettre morte « à tel point qu’on ne craignait pas d’assurer que l’excommunication était levée. »ce soit des événements poitiques similaires à ceux de Toscane qui provoquèrent « la goutte qui fit déborder le vase ».Ils se produisirent cette fois à Naples.

En effet des Maçons napolitains avaient réussi à persuader le confesseur de Charles VII, roi de Naples, l’archevêque Bolaños, de lever les censures pontificales. Informé de cette manœuvre, Benoît XIV fulmina en mai 1751 sa bulle Providas.

Quoi qu’il en soit, Benoît XIV reprend intégralement le texte d’In eminenti, énumère les six cuses « très graves » de condamnation et insiste à nouveau sur les griefs d’interconfessionnalité, le secret, le serment, l’illégalité et la proscription des sociétés maçonniques.

Il dénonce vigoureusement le tolérantismme qu’il perçoit comme un danger grave pour les catholiques : « la première cause de prohibition de la Maçonnerie est que, dans ces sortes de sociétés ou conventicules, des hommes de toute religion et de toute secte se réunissent ; d’où l’on voit assez quel grand mal il peut en résulter pour la pureté de la religion catholique. »

Les effets des deux bulles

Il est connu, et d’ailleurs on l’a vu Benoît XIV s’en plaignit amèrement, les résultats pratiques de la bulle de Clément XII furent nuls même dans les états de l’Eglise, et même si les peines encourues auraient été très graves (rien moins que la peine de mort et la démolition des maisons qui auraient abrité des assemblées maçonniques, par exemple à Rome). A Florence, dont on a vu le rôle qu’elle joua dans la décision de Clément XII, la bulle ne fut pas publiée ; Mais  la loge (anglaise) de la ville se mit prudemment en sommeil, pour des raisons diplomatiques un peu complexes pour être détaillées ici. Mais la bulle fut reçue en Espagne et au Portugal et donna lieu à des procédures inquisitoriales sévères sinon cruelles.

Le procès mené en 1742, par l’Inquisition de Lisbonne, contre le Frère John Coustos, Maçon suisse naturalisé anglais protestant, qui avait « maçonné » à Paris, est resté célèbre.  Nous le connaissons par la publication qu’il en fit à son retour en Angleterre, après sa libération de la torture et des galères grâce aux pressions diplomatiques anglaises.

Cinq autres maçons furent condamner civilement et religieusement.

En Espagne, les poursuites furent déclenchées à partir de 1744 ;

En France, il est piquant de constater que les persécutions policières contre les francs-maçons cessèrent à dater de la bulle In eminenti. Le cardinal de Fleury fit plaisamment expliquer au pape que sa bulle tombait quelque peu à plat car « cette société avoit aussi commencé à faire ici quelques progrès. Le Roy a témoigné qu’elle luy déplaisoit, et elle a cessé. »

Ailleurs en Europe, si on excepte l’Espagne, le Portugal et la Pologne, la bulle de Clément XII ne fut reçue dans aucun autre état catholique. Il arriva que la Franc-maçonnerie fut persécutée, mais jamais en vertu de l’application des condamnations pontificales.

La bulle de Benoît XIV n’eut guère plus d’effet que celle de son prédécesseur. Le pape en était même arrivé à recourir à la position du sultan de Constantinople pour le prendre à témoin ! La pape exhorta le cardinal Tancin, ministre d’état de Fleury en 1742,  à envoyer une lettre à l’ambassadeur de France dans l’empire ottoman afin de l’inciter à s’opposer à l’ouverture de nouvelles loges dans cette ville ...« le sultan s’en étant plaint. »

 

La défense de la Franc-maçonnerie

Il est à remarquer, qu’à part dans les Etats où les bulles furent reçues et où ils s’y soumirent généralement, les Francs-maçons ne réagirent guère ailleurs.

Mais il est intéressant de noter quelles furent ces rares réactions.

 

O        L’ignorance du pape

Pour beaucoup de catholiques de conviction, qui ne voyaient pas sincèrement pas en quoi leur pratique de l’Art Royal pouvait bien être répréhensible à l’égard de « l’orthodoxie catholique », la réaction la plus courante fut de considérer que le pape était mal informé, tant Clément XII que Benoît XIV, d’autat que le premier cité était à l’extrême fin de sa vie quand il fulmina In eminenti, et était déjà physiquement et intellectuellement très affaibli.

A preuve cette réflexion du marquis de Saulx-Tavannes (1738) : « Notre ordre a reçu un coup terrible de notre St. Père. Vous voirés qu’il faudra le recevoir pour le désabuser et luy apprendre à ne pas si mal juger de son prochain  et à ne pas condamner ce qu’il ne connoit pas. »

Nous avons déjà signalé combien, de fait, Clément XII paraissait mal informé de la Franc-maçonnerie. Il ne faisait, dans son encyclique, allusion à aucun texte de référence, qu’ils émanent de Francs-maçons, de la Grand Loge d’Angleterre ou de divulgation, mais s’en tenait, comme signalé « en parfaite connaissance de cause »  et « à la rumeur publique ».

 

O        La réaction de la Grande Loge d’Irlande

Dès 1738, le Grand Maître de la Grande Loge d’Irlande, publia une « Réponse à la bulle du pape ».Il affirmait notamment que les Maçons révéraient le Créateur et suivaient strictement la « religion naturelle ». Il est intéressant de remarquer, qu’à l’époque, religion naturelle, signifiait religion chrétienne, c’est-à-dire la religion qu’il est naturel pour un chrétien de révérer, et non religion de la nature, polythéisme, panthéisme ou autres variétés de dérives déisme, comme cela est devenu le cas au XIXe siècle.

 

O        La réponse du baron de Tschoudy...

Le baron Louis de Tschoudy, vénérable de la Loge ancienne de Metz, publia en 1752 « L’Etrenne au pape ou les Francs-maçons vengés », série de lettres où il réfutait les arguments de Providas, tant théologiques, canoniques qu’historiques. Il concluait que la Franc-maçonnerie n’était un danger ni pour l’Eglise, ni pour les princes, et que les Francs-maçons n’étaient ni hérétiques, ni schismatiques.

« Qu’ont donc fait les Francs-maçons qui puissent être attribué à crime , Les a-t-on entendu prêcher une nouvelle doctrine, les a-t-on vu renverser les autels et sont-ils les destructeurs du culte ?[...] quels sont les propos erronés, pour la condamnation desquels il a fallu fonder un concile ? De quel schisme sont-ils les auteurs ?

[...] Quels rois ont-ils détrônés ? Quels états ont-ils troublés Quel tort ont-ils fait en public ? »

Il est amusant de noter que dans cet ouvrage il prétend que le pape, Benoît XIV qu’il apostrophe, fut jadis Franc-maçon ... ce que le dit pape prendra très au sérieux et se croira obligé de démentir dans sa bulle en dénonçant la « diffamation » dont il fait l’objet.

Il renouvela son argumentation en 1766 dans « L’Etoile flamboyante ou la société des Francs-maçons considérée sous tous ses aspects ». Il y commente les différents griefs reprochés à l’Ordre et conclut qu’il était nécessaire que l’on juge les Francs-maçons sur ce qu’ils étaient vraiment et non sur des chimères ou sur l’accessoire.

 

O        ... et celle de Joseph de Maistre

Le catholique ultramontaniste Joseph de Maistre, fort peu suspect aux yeux de Rome, dans le « Mémoire au duc de Brunswick », déjà cité, s’efforça de répondre avec le recul du temps (elle fut écrite en 1782 à l’occasion du Convent de Wilhelmsbad) aux deux bulles.

Pour ce fidèle de Rome, la Maçonnerie authentique (ce qui pourrait laisser supposer que toute la Franc-maçonnerie ne le fût pas) était essentiellement chrétienne et au service du christianisme. La question du serment était certes délicate, c’est pourquoi il fallait que la Maçonnerie fût rectifiée en profondeur pour ne plus laisser planer de soupçon quant aux secrets couverts par ce serment.

 

O        Le Convent de Wilhelmsbad (1782)

Précisément le Convent Général de Wilhelmsbad dans le but de jouer un rôle régulateur sur l’extraordinaire diversité de la Franc-maçonnerie de la fin du XVIIIe siècle souligna fortement non seulement la compatibilité entre la Franc-maçonnerie et la religion chrétienne mais surtout les fondements et origines chrétienne de la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition. Il souligna la nécessité de « rectifier » les errements de la Franc-maçonnerie ou de « ce qui lui ressemble », et donne corps à tout ce qui est critiqué par les bulles papales.

Mais pour autant la Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle ne cessa guère de se doter d’origines autant mythologiques que fantaisistes, la vague de l’égyptomanie, du goût pour les « antiquités », et la dénaturation progressive mais brutales des caractéristiques de l’esprit des Lumières de sociabilité, de cosmopolitisme et d’universalité, aidant.

Cette tendance auto-destructrice contribua à alimenter la méfiance, la suspicion et les accusations de ses adversaires qui ne voyaient certes pas encore dans la Franc-maçonnerie, un foyer de satanisme ou de paganisme, voire une machine de guerre anti-chrétienne, comme ce sera le cas de la part de ses adversaires le plus irréfléchis au XIXe siècle, mais trouvaient là une justification inespérée de leur attaques contre une société qui risquait de contaminer l’orthodoxie de la foi.

Quoi qu’il en soit, la franc-maçonnerie continua l’accélération de son développement pendant tout le XVIIIe siècle.

 

La situation actuelle

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie peuvent se lire à la lumière de trois repères :

O        L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

O        Le dialogue instauré par Vatican II

O        L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique de 1983 et la déclaration du Cardinal Ratzinger qui l’accompagne.


L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

 

Dans ce Code, quatre articles (1240, 1399, 2335 et 2336) étaient consacrés à la Franc-maçonnerie. Tous ces articles qualifiaient la Franc-maçonnerie de secte et frappaient leurs membres de sanctions pénales.

L’article 1240 refusait la sépulture ecclésiastique aux Maçons, l’article 1399 interdisait les ouvrages qui défendaient la Maçonnerie en affirmant son utilité pour la société civile ou pour l’Église, l’article 2336 énumérait une série de sanctions contre mes clercs et religieux maçons et ordonnait qu’ils fussent dénoncés au Saint Office.

L’article 2335, le plus important pour les catholiques Francs-maçons laïques frappait d’excommunication réservée simplement au Saint Siège » ceux qui donnaient leur nom à la secte maçonnique ou à toute autre association du même genre qui conspiraient contre l’Eglise et les pouvoirs civils légitimes.

Par latæ sententiæ, il faut entendre une excommunication encourue ipso facto par la disposition du droit ; par réservée, il faut entendre que seul le Saint Siège peut lever l’excommunication à l’exclusion de toute autre hiérarchiquement égale ou subalterne à celui qui en est frappé.


Le dialogue de Vatican II

 

Depuis Vatican II, des efforts ont été entrepris par des ecclésiastiques de renom (le R. P. Michel Riquet, le R. P. Joseph Berteloot, le cardinal Kroll, le cardinal Seper, et d’autres) pour alléger la sévérité de l’article 2335 de 1917, et en tout premier lieu, lever l’application de l’excommunication promises aux francs-maçons catholiques.

Le dialogue commença à s’engager sur la base précisément de distinctions :

 

O        Distinctions canoniques : Cette question renvoie à la position de l’Eglise.

Des arguments variés furent avancés. On fit valoir, contre le principe même de latæ sententiæ, que seules les associations maçonniques qui complotaient étaient à viser par cet article, et qu’il était injustifié qu’il s’appliquât aux autres.

En particulier, il était malvenu de taxer le Franc-maçonnerie régulière de complot contre l’Eglise et les pouvoirs civils, alors que précisément elle réunit des hommes de foi, et uniquement ceux-là, que l’histoire de l’origine de la Franc-maçonnerie anglaise prouve que c’est bien dans un but de paix entre les hommes que la première Grande Loge fut constituée, et qu’ainsi Franc-maçonnerie régulière anglo-saxonne et Eglise catholique avaient un ennemi commun « essentiellement anti-chrétien, le matérialisme athée. »

Mais ces tentatives de conciliation furent perçues davantage comme une manipulation pour faire se rapprocher la Franc-maçonnerie de l’Eglise qu’elles ne relevaient d’un rapprochement réciproque et équilibré. Mais cette entreprise reste perçue favorablement par la Franc-maçonnerie régulière.

 

O        Distinctions doctrinales

Cette question renvoie à la position des différentes obédiences maçonniques.

Les positions du R. P.  Riquet et les ouvrages d’Alec Mellor, avant qu’il rejoigne la Grande Loge Nationale Française, pour rapprocher l’Eglise et la Franc-maçonnerie avaient été interprétées par les obédience « irrégulières » comme une pression pour les faire renier les « idéaux de 1877 », à savoir « la liberté absolue de conscience, la laïcité, les idéaux républicains ». Cette argumentation curieusement alimente l’accusation, dont la vacuité a été maintes fois prouvée, du  « complot maçonnique en faveur de la Révolution Française et de la république ».

Elle pose en effet la question de la doctrine maçonnique, ou au moins les questions sur la régularité et sur le relativisme.

Régularité : si les éléments fondamentaux de la régularité reposent sur la croyance en Dieu révélé dans la Bible, et ils sont tout à fait conciliables avec le credo chrétien. En effet si le Franc-maçon ne met ni en lui-même (pas de maïeutique rituelle lui promettant de parvenir par son ascèse à la révélation intérieure, sans le concours de Dieu), ni en l’Ordre maçonnique, l’espérance de l’illumination intérieure et de la réalisation de son salut, mais en Dieu seul, et pour les Maçons chrétiens, en Christ seul, il n’y a aucun motif d’incompatibilité avec son appartenance à l’Eglise. C’est d’ailleurs sur cette argumentation que le R. P. Riquet obtint de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi (SCDF) une interprétation stricte de l’article 2335.

Selon cette interprétation, l’excommunication ne peut être certes levée, mais elle ne s’applique plus latæ sententiæ mais seulement à ceux qui complotent (accord entre le Grand Maître de la GLNF, Vaneck et le pape Paul VI). Cet accord, qui mettaient à l’aise les Francs-maçons catholiques réguliers, mécontenta les Maçons « irréguliers », au point que le débat sur la régularité s’engagea en se complexifiant :

 Régularité = Landmarks+GADLU (foi théiste et personnelle), mais quid des Maçons croyants mais appartenant à une obédience réputée irrégulière ?

Régularité = Reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre, sans autre forme de régularité que juridique, mais quid des Maçons qui, tout en appartenant à une obédience reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, ne professent pas la foi chrétienne, ou qui s’en éloignent par la doctrine de leurs rites ?

Régularité = Transmission  et filiation, mais dans ce dernier cas, la GLNF est issue du tronc irrégulier du GODF !

Cette complexité extrême conduisit la SCDF à refuser de statuer sur la question de savoir qui est régulier et qui ne l’est pas, en 1983, lors de la refonte du Code de droit canonique.

Relativisme : s’il est certain  « qu’une partie de la Maçonnerie se situe dans un projet de réalisation spirituel théologiquement acceptable par l’Eglise, la Franc-maçonnerie chrétienne n’en est qu’une toute petite fraction [... ] et ne se trouve nullement en dehors de l’organisation fondamentale franc-maçonne. »

 

O        Distinctions historiques :

Cette autre entrée dans le problème du rapprochement a été tentée par les acteurs persévérants, tels le R. P. Riquet et Alec Mellor. Elle consistait à examiner qui, du point de vue historique,  est resté fidèle à la spiritualité chrétienne des origines, en examinant le cours de l’histoire des obédiences, et en y  identifiant les accidents de l’histoire qui ont pu corrompre les origines chrétiennes de l’Ordre anglo-saxon, en le faisant dériver localement vers l’irrégularité, l’anticléricalisme et l’athéisme.

Mais il ne semble pas que cette entrée ait eu beaucoup d’écho auprès du Saint Siège.

L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique

 

Dans ce nouveau Code, publié en janvier 1983, l’article 1374 la Franc-maçonnerie n’est plus citée au nombre des associations qui machine contre l’Eglise, et à ce titre justiciable « d’une juste peine ».

C’est donc à l’Ordinaire du lieu de décider si telle ou telle société maçonnique est dans ce cas, et cela seulement contre l’Eglise puisqu’il n’est plus question non plus de pouvoirs civils légitimes. On aura noté que l’appartenance à une association conspiratrice n’est plus punie d’excommunication latæ sententiæ, mais d’une juste peine à évaluer par l’Ordinaire.

On avait pu donc penser que les efforts déployés de part et d’autres par les ecclésiastiques et les Franc-maçons soucieux de pratiquer leur culte sans avoir à renoncer à leur appartenance à la Franc-maçonnerie avaient été couronnés de succès.

Mais dans sa déclaration du 26 novembre 1983, la SCDF, présidée par le cardinal Ratzinger, affirme interpréter cet article 1374 et le commente ainsi : « Les fidèles du Christ qui donnent leur nom aux associations maçonniques tombent dans un péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion. »

Le
statu quo post bellum

La situation est donc confuse. Pour certains Maçons catholiques, seule compte l’article 1374 car il est revêtu de l’autorité papale. Pour d’autres, la déclaration de la SCDF, bien que de hiérarchie inférieure à celle du saint Père, doit être prise en très sérieuse considération car elle ne peut avoir publiée sans son accord, compte tenu du sujet traité et de la proximité des dates de publication.

Les Francs-maçons catholiques se retrouvent ainsi dans une situation étrange où l’excommunication à leur encontre a certes été levée, mais sans que soient reconnues aux membres catholiques la liberté d’adhérer à la Franc-maçonnerie et aux autorités ecclésiastiques locales la faculté d se prononcer publiquement en faveur de l’appartenance de leurs ouailles à l’Ordre. Ceci n’exclut pas que ces autorités puissent, au cas par cas, autoriser tel ou tel fidèle, à s’inscrire dans une loge ou à y demeurer.

C’est bien cette imprécision qui a fait dire à de nombreux Maçons catholiques que les relations entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie n’avaient cessé d’osciller entre espoir et désillusion.


 

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 07:46

  • Deux Frères (G.O.D.F.) à l’origine de la refondation de la régularité

Camille Savoire  Édouard de Ribaucourt … qui deviennent quatre : Gustave Bastard et Paul Pottier

  • Le projet : deux étages

Faire revivre la régularité par le R.E.R. Commencer par les hauts grades pour ne pas provoquer de tension avec le G.O.D.F.  La solution : passer par l’intermédiaire d’une obédience régulière étrangère,  le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (G.P.I.H.)

  • Le moyen : se faire armer C.B.C.S. (6e et dernier grade du R.E.R.) par équivalence

C. Savoire :  33e è C.B.C.S. (G.P.I.H., Genève) É. de Ribaucourt) : 31e reçu 33e (Suprême Conseil R.E.A.A.), Lausanne) è CBCS (G.P.I.H., Genève) Gustave Bastard : 30e reçu 33e (Suprême Conseil R.E.A.A.), Lausanne) è CBCS (G.P.I.H., Genève) Paul Pottier  : 18e è EN (G.P.I.H., Genève)

  • Remise de lettres – patentes par le G.P.I.H. (11 juin 1910)

ériger à Paris une Loge de Maîtres Écossais de Saint André (4e grade du R.E.R.) et une Commanderie (5e grade du RER) dépendant de la Préfecture de Genève Fondation d’une Loge bleue par réveil de la Loge Le Centre des Amis (20 juin 1910) : Loge à Directoire Créée hors G.O.D.F.

  • Menace d’exclusion et suspension de la création de la Loge 1er-6 octobre 1910

Agrégation au G.O.D.F. le 15 mars1911 Installation le 28 avril 1911 (Édouard de Ribaucourt, V.M.) Légalisation par le G.P.I.H. aux 3 grades « bleus »  Nouvelles lettres – patentes du G.P.I.H. autorisant les FF. fondateurs à créer des Loges symboliques aux quatre grades du R.E.R. au titre de la puissance du Directoire (29 septembre 1910) Protestation du G.O.D.F. : « principe de territorialité ! » Solution : traité de reconnaissance mutuelle entre  le G.O.D.F. et le G.P.I.H. (15 avril 1911 Paris et 18 avril 1911, Genève) G.O.D.F. = « puissance souveraine pour le R.E.R. en France  + principe de territorialité » G.P.I.H. = « puissance souveraine » reconnue par le G.O.D.F.

  • Ostracisation : Convent de septembre 1911

« Introduction dans l’Ordre d’un rite nouveau avec ses règlements nouveaux et inaccoutumés »
Reconnaissance explicite de l’extinction du RER en France. Perturbations et sabotages de Travaux : 1912 – 1913 Mise de la Loge de Maîtres Écossais de Saint André sous l’autorité du Suprême Conseil du R.E.A.A. Imposition de rituels dénaturés du 4e grade par le G.O.D.F. Boycott , pressions et « black-boulage » de candidats à la R.L. Le Centre des Amis Refus du G.O.D.F. de laisser la Loge travailler avec les rituels de Genève

  • Convent de septembre 1913

Affrontements et oppositions Interdiction  formelle d’utiliser les rituels suisses Interdiction de travailler « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » Suites du Convent de 1913 Ultimatum du G.O.D.F. aux FF. Savoire et Ribaucourt de se retirer « sous huit jours » de la Loge Le Centre des Amis sous peine de se voir déclarées en état d’irrégularité (17 septembre 1913) Vote par la Loge Le Centre des Amis du départ du G.O.D.F. 8 octobre 1913

  • Démarche auprès de la Grande Loge Unie d’Angleterre (G.L.U.A.) en vue de la  reconnaissance Appui de la G.L.U.A.

Appui de la Loge L’Anglaise (fondée en 1732, Bordeaux) Acceptation de la G.L.U.A. de créer la nouvelle obédience régulière avec deux Loges Lord Ampthill, 5 novembre 1913 Érection de la R.L. Le Centre des Amis et de la R.L. L’Anglaise en « G.L.N.I.&R. pour la France et les colonies françaises » Mise en sommeil de la Loge de Maître Écossais de Saint André  5 novembre 1913 (Fête du Renouvellement de l’Ordre R.E.R.)

  • Première réunion du Souverain Grand Comitéde la G.L.N.I.&R. 12-15 novembre 1913

Constitution rituelle de la G.L.N.I.&R. ; élection du F. E.  Ribaucourt, G.M.  Retrait du F. Camille Savoire ; reste membre du G.O.D.F. 15 novembre 1913 Reconnaissance officielle de la G.L.N.I.&R. par la G.L.U.A. 20 novembre 1913 Proclamation officielle à la F.M. régulière internationale  de la reconnaissance de la G.L.N.I.&R. 3 décembre 1913 Première assemblée générale de la G.L.N.I.&R. 6 décembre 1913

  • La première guerre mondiale (1914 – 1918) Neuf premières Loges

1 Loge Rite Écossais Rectifié (fondatrice) L’Anglaise  7 Loges Rite Emulation Promulgation d’une constitution 4 novembre 1915 Durera jusqu’en 1997 Démission du 1er Grand Maître, le T.R.F. Édouard de Ribaucourt 18 décembre 1918 Remplacé par le F. Charles Barrois

  • A la veille de la deuxième guerre mondiale 33 Loges dont :

 4 Loges de Rite Écossais Rectifié 27 Loges de Rite Émulation,
dont 22 anglophones 1 Loge de Recherche (Saint Claudius n° 21) L’Anglaise n° 2

  • Changement de nom : 29 octobre 1948

La G.L.N.F. : structure d’accueil des FF. anglo-saxons résidents en France Dix-neuf nouvelles Loges

Création de trois nouvelles Provinces

Austrasie (Alsace – Lorraine) Flandres Septimanie (Provence)

Début du développement international
District d’Iran

Tentative d’union de la Franc-maçonnerie française
projet de rapprochement avec la Grande Loge de France
Échec au dernier moment du fait de la G.L.D.F. (1956)

  • La scission de la G.L.N.F. en deux obédiences : 22 février 1958

G.L.N.F.

G.L.N.F. – Opéra (Pierre de Ribaucourt, fils du fondateur)

 Sept Loges dont Le Centre des Amis n° 1, Saint Claudius n° 21  trente Frères

 Motifs : « R.E.R., rite fondateur, minoritaire »« fin des années ’50, 1/3 FF. seulement francophones »

  • Jubilé de la G.L.N.F. (1964)
  • Tensions internes à la G.L.D.F.

Tropisme de nombreux FF. vers la régularité Tropisme d’autres FF. vers le resserrement des liens avec le G.O.D.F. Jeu personnel du G.M. (ambitions politiques) ; besoin du G.O.D.F. Signature d’un traité d’amitié avec le G.O.D.F. (17 septembre 1964)Rupture des relations entre le Suprême Conseil et la GLDF (18 sept.) Retrait de la délégation d’administration des 3 grades « bleus » Retrait du droit de se dire « R.E.A.A. » Réception uniquement de Maîtres réguliers Scission au sein de la GLDF Démissions massives de FF. de la G.L.D.F. 3 000 FF. Consécration par le GM de la GLNF des Loges venues de la G.L.D.F. 6 mars 1965

  • Consécration de la 100ème Loge
  • Accord avec le G.P.D.G.

Seuls des Maîtres réguliers peuvent être reçus M.E.S.A., EN et C.B.C.S. 21 octobre 1965...

Source : document de formation de la GLNF

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 12:15

Très Excellent Maître (Rite York)


Mes Frères veuillez former la chaîne, votre bras droit au-dessus du gauche. Agenouillez-vous sur le genou droit. Prions !

Les Frères répètent ensemble le "Notre Père".

"Notre Père qui est aux cieux, que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumet pas à la tentation, mais Délivre-nous du mal, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. Amen."

 

Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte(GLTSO)


Grand PRIEUR : …Embrase son cœur du feu divin de Ton Amour, afin qu'il se rende utile à la famille humaine, et qu'il mette ainsi en pratique les leçons qui nous ont été enseignées par notre Souverain Maître Jésus Christ, avec lequel nous Te disons :

« Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié que Ton Règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé
ne nous laisse pas tomber en tentation, mais délivre-nous du mal, Ainsi soit-il ! »


Chevalier du Temple (Grand Prieuré des Ordres Religieux, Militaires et Maçonniques Unis du Temple et de Saint Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte pour la  France.)


Le Notre Père est alors récité à l'unisson.

« Notre Père Qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux. Donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du malin, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. A -MEN . »

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Published by Thomas Dalet - dans Spiritualité
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