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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 06:10

Chapitre Premier

I. Par trente-deux voies mystérieuses de sagesse, Yah, l’Éternel tzevaot, le Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout puissant, élevé et sublime, habitant l’Éternité et dont le nom est saint, a tracé et créé son monde, sous trois formes : dans l’écriture, le nombre et la parole.

Ce sont dix nombres primordiaux [1], vingt-deux lettres fondamentales, dont trois principales, sept doubles et douze simples.

2. Dix nombres primordiaux selon le nombre des dix doigts, dont cinq sont en face de cinq. Et la personne de l’Unique est juste au milieu, par la parole, la langue et la bouche. Ils correspondent aux dix infinis : profondeur du commencement et profondeur de la fin, profondeur du bien et profondeur du mal, profondeur du haut et profondeur du bas, profondeur de l’orient et profondeur de l’occident, profondeur du nord et profondeur du sud. Et un maître unique, Dieu, roi fidèle, les domine toutes du séjour de sa sainteté et jusque dans l’éternité des éternités.

3. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales : alef mem, chin ; elles correspondent au plateau du mérite, au plateau du démérite et à la balance de la loi qui met l’équilibre entre eux.

Sept doubles, bet, guimel, dalet, kaf pé, rech, taw, qui correspondent à la vie, la paix, la sagesse, la richesse, la postérité, la faveur, la domination.

Douze simples, hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ’ayin, tzadi, qôf qui correspondent à la vue, l’ouïe, l’odorat, la parole, la nutrition, la cohabitation, l’action, la marche, la colère, le rire, la pensée et le sommeil.

4. Par lesquelles Yah, Éternel tzevaot, Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, élevé, sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé trois pères et leurs postérités [2], sept conquérants et leurs légions [3], douze arêtes du cube. La preuve de la chose est [donnée par] des témoins dignes de foi, le monde, l’année et la personne, qui ont la règle des dix, trois, sept et douze ; leurs préposés sont le dragon, la sphère et le cœur.

Deuxième chapitre

I. Dix nombres primordiaux, dix et non neuf, dix et non onze.Comprends avec sagesse, et sois sage avec intelligence ; examine-les et sonde-les. Sache, pense, imagine ; établis la chose dans son évidence et établis le créateur à sa place. Les nombres correspondent à dix infinis ; quand on les aperçoit, ils ressemblent à l’éclair, et, à la fin, ils vont à l’infini ; on a dit d’eux qu’ils s’élancent et reviennent, sur l’ordre de Dieu, qu’ils se précipitent comme un ouragan, et qu’ils se prosternent devant son trône [4].

2. Vingt-deux lettres fondamentales. Trois principales, sept doubles et douze simples.

Les trois principales sont alef mem, chin. Mystère important, caché, merveilleux et éclatant, d’où sortent le feu, l’air et l’eau, d’où tout a été créé.

3. Sept doubles : bet, guimel, dalet, kaf, pé, rech, taw. Sept et non six, sept et non huit, six côtés dans les six directions, et !le temple placé juste au milieu – l’Éternel soit béni de son endroit ! Il est l’endroit du monde et le monde n’est pas son endroit.

4. Douze simples, douze et non onze, douze et non treize. Douze arêtes des angles, se divisant dans les directions, séparant les différents côtés : arête est-nord, arête est-haut, arête est-bas, arête nord-ouest, arête nord-haut, arête nord, bas, arête ouest-sud, arête ouest-haut, arête ouest-bas, arête sud-est, arête sud-haut, arête sud-bas.

5. Par lesquelles Yah, l’Éternel tzevaot, Dieu d’Israël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, noble et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé vingt-deux lettres, fixées à la sphère ; la sphère tourne devant derrière, derrière devant.

Signe de la chose : rien ne dépasse en bien les délices, et rien ne dépasse en mal la plaie.

6. La preuve de la chose estdonnée par des témoins dignes de foi : le monde, l’année et la personne.

Le monde se compte par dix : les trois sont le feu, l’air et l’eau ; les sept sont les sept planètes ; les douze sont les douze signes du zodiaque.

L’année se compte par dix : les trois sont l’hiver, l’été et la demi-saison ; les sept sont les sept jours de la création ; les douze sont les douze mois.

La personne se compte par dix : trois sont la tête, le tronc et le ventre ; les sept sont les sept ouvertures ; les douze sont les douze organes directeurs.

Troisième chapitre

I. Dix nombres fermés.

Ferme ta bouche pour ne pas parler, ferme ton cœur pour ne pas penser, et si ton cœur s’élance, retourne vers l’Endroit, car il est dit ainsi : Ils courent et reviennent. Fixe leur fin dans leur commencement et leur commencement dans leur fin, comme une flamme fixée à un charbon [5]. Sache, pense et imagine que le Créateur est Un et qu’il n’y en a pas en dehors de Lui, et, devant l’unité, que comptes-tu ?

2. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales, sept doubles, douze simples.

Trois principales, alef, mem, chin. Le feu, l’air et l’eau. L’origine du ciel-est le feu, l’origine de l’atmosphère est l’air, l’origine de la terre est l’eau : le feu monte, l’eau descend et l’air est la règle qui met l’équilibre entre eux ; le mem est grave, le chin est aigu, l’alef est intermédiaire entre eux. Alef mem-chin est scellé de six sceaux et enveloppé dans le mâle et la femelle [6]. Sache, pense et imagine que le feu supporte l’eau.

3. Sept doubles : b, g, d, k, p, r, t, qui sont usitées avec deux prononciations : bet, vet ; guimel, ghimel ; dalet, dhalet ; kaf, khaf ; pé, fé ; rech, rhech ; taw, thaw : l’une douce, l’autre dure, à l’instar du fort et du faible. Les doubles représentent des contraires. Le contraire de la vie, c’est la mort ; le contraire de la paix, c’est le malheur ; le contraire de la sagesse, c’est la sottise ; le contraire de la richesse, c’est la pauvreté ; le contraire de la culture, c’est le désert ; le contraire de la grâce, c’est la laideur ; le contraire du pouvoir, c’est la servitude.

4. Douze lettres simples : hé, waw, zayin, ket, tet, yod, lamed, nun, samekh, ayin, tzadi, qof Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et permutées. Comment les a-t- Il multipliées ? Deux pierres bâtissent deux maisons, trois bâtissent six maisons, quatre bâtissent vingt-quatre maisons, cinq bâtissent cent vingt maisons, six bâtissent sept cent vingt maisons, sept bâtissent cinq mille quarante maisons. À partir de là, va et compte ce que ta bouche ne peut exprimer, ce que ton oreille ne peut entendre.

5. Par lesquelles Yah, l’Éternel tzevaot, le Dieu d’Israël, Dieu vivant, Seigneur tout-puissant, élevé et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint a tracé le monde. YaH se compose de deux lettres, YHVH de quatre lettres ; Tzevaot : Il est comme un signe dans son armée ; Dieu d1sraël : Israël est un prince devant Dieu ; Dieu vivant : trois chosesont appelées vivantes : Dieu vivant, eau vive, et arbre de la vie ; El : fort ; Chadday : jusque-là, Il suffit ; Élevé : car Il réside dans la hauteur du monde, et est au-dessus de tous les êtres élevés ; Sublime : car Il porte et soutient le haut et Je bas ; tandis que les porteurs sont en bas et leur charge en haut, Lui est en haut et Il porte en bas ; Il porte et soutient le monde entier ; Habitant l’éternité : car son règne est éternel et ininterrompu ; Son nom est saint : car Lui et ses serviteurs sont saints et ils Lui disent chaque jour : Saint, Saint, Saint.

6. La preuve de la chose est fournie par des témoins dignes de foi : le monde, l’année, l’âme. Les douze sont en bas, les sept au-dessus d’eux et les trois au-dessus des sept. Des trois, Il a formé son sanctuaire et tous sont attachés à l’Un. Signe de l’Un qui n’a pas de second, roi unique dans son monde, qui est un et dont le nom est un.

Quatrième Chapitre

I. Dix nombres primordiaux.

Premièrement : l’esprit du Dieu vivant, vie du monde, dont le trône est affermi de toute éternité. Son nom est loué et béni toujours et éternellement. C’est là l’esprit saint.

2. Deuxièmement : Il a tracé un air d’un autre air, Il a taillé les quatre côtés du ciel : l’orient, l’occident, le nord et le sud, et il y a un vent de chaque côté.

3. Vingt-deux lettres fondamentales.

Trois principales, sept doubles et douze simples ; lettres taillées dans l’air, tracées par la voix, fixées dans la bouche en cinq endroits : alef, hé, het, ’ayin ; bet, waw, mem, pé ; guimel, yod, kaf, qof ; dalet, tet, lamed, nun, taw ; zayin ; samekh, tzadi, rech, chin.

Les gutturales se prononcent avec la fin de la langue, les linguales vers le milieu de la langue en se prononçant avec la voyelle, les sifflantes entre les dents et avec la langue inerte.

4. Les vingt-deux lettres, Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et interverties, et Il en a formé toutes les créatures et tout ce qui sera créé. Et de quelle façon les a-t-Il multipliées ? L’alef avec toutes et toutes avec l’alef, le bet avec toutes et toutes avec le bet, le guimel avec toutes et toutes avec le guimel ; toutes tournent en cercle. Il se trouve qu’elles sortent par deux cent trente et une portes. Il se trouve que toutes les paroles sortent sous un même nom.

5. Il a formé du néant le, réel. Il a fait exister ce qui n’était pas. Il a taillé de grandes colonnes d’un souffle insaisissable.

6. Troisièmement : Il a créé l’eau de l’air ; Il a tracé et taillé avec elle le tohu et le bohu, le limon et l’argile, Il en a fait comme une sorte de parterre, Il les a taillés en une sorte de mur, Il les a couverts comme une sorte de toiture ; Il a fait couler l’eau dessus, et cela est devenu la terre, comme il est écrit : Car à la neige Il dit : Sois de la terre ! Job 37:6).

Tohu, c’est la ligne verte qui entoure le monde entier, bohu ce sont les pierres trouées et enfoncées dans l’océan, d’où sort l’eau, comme il est dit : Il étendra sur elle la ligne de tohu et les pierres de bohu (Is. 34:n).

7. Quatrièmement : le feu de l’eau. Il a tracé et taillé avec lui le trône de gloire et toute la légion céleste, comme il est écrit : Il fait des vents ses messagers et ses serviteurs de feu flamboyant (Ps. 104:4).

8. Cinquièmement : Il a choisi trois lettres simples et les a fixées avec son grand nom et a scellé avec elles les six côtés.

Il a scellé le haut, il s’est tourné en haut et l’a scellé avec yod, hé, waw.

Sixièmement : Il a scellé le bas. Il s’est tourné en bas et l’a scellé yod, waw, hé.

Septièmement : Il a scellé l’orient. Il s’est tourné devant lui et Ill’ a scellé avec hé, waw, yod.

Huitièmement : Il a scellé l’occident. Il s’est tourné derrière lui, et l’a scellé avec hé, yod, waw.

Neuvièmement : Il a scellé le midi. Il s’est tourné à droite et l’a scellé avec waw, yod, hé.

Dixièmement : Il a scellé le nord. Il s’est tourné à gauche et l’a scellé avec waw, hé, yod.

Voilà les dix nombres primordiaux : 1. l’esprit du Dieu vivant ; 2. l’air [créé] de l’esprit ; 3. l’eau créée de l’air ; 4. le feu [créé] de l’eau ; 5-10 le haut, le bas, l’orient, l’occident, le nord, le sud.

Cinquième Chapitre

I. Il a fait régner l’alef dans l’air, Il lui a attaché une couronne et a combiné une [lettre] avec l’autre, et Il a créé avec lui l’atmosphère dans le monde, la demi-saison dans l’année et le tronc dans la personne : mâle et femelle, mâle avec èmech et la femelle avec acham :

2. Il a fait régner le mem sur l’eau, Il lui a attaché une couronne et Il les a mélangés l’un avec l’autre ; Il a formé avec lui la terre dans le monde, l’hiver dans l’année et le ventre dans la personne.

3. Il a fait régner le chin dans le feu, et Il lui a attaché une couronne et Il les a mêlés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le ciel dans le monde, l’été .dans l’année, la tête dans la personne, mâle et femelle.

De quelle façon les a-t-Il mêlés ? Alef, mem, chin ; alef, chin, mem ; mem, chin, alef ; mem, alef, chin ; chin, alef mem ; chin, mem, alef Le ciel est du feu, l’atmosphère est de l’air, la terre est de l’eau. La tête de l’homme est du feu, son cœur est de l’air, son ventre est de l’eau.

4. Sept lettres doubles, b, g, d, k, p, r, t ; Il les a tracées, taillées, mélangées, équilibrées et permutées ; Il a créé avec elles les planètes, les jours et les ouvertures.

5. Il a fait régner le bet et Il lui a attaché une couronne, et les a combinés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui Saturne dans le monde, le sabbat dans l’année, et la bouche dans la personne.

6. Il a fait régner le guimel, Il lui a attaché une couronne et les a mélangés l’un avec l’autre, Il a créé avec lui Jupiter dans le monde, dimanche dans l’année, l’oeil droit dans la personne.

7. Il a fait régner le dalet, Il lui a attaché une couronne, Il les a mélangés l’un avec l’autre, et Il a créé avec lui Mars dans le monde, le lundi dans l’année et l’œil gauche dans la personne.

8. Il a fait régner le kaf, Il lui a attaché une couronne, et les a mêlés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le soleil dans le monde, le mardi dans l’année, la narine droite dans la personne.

9. Il a fait régner le pé, Il lui a attaché une couronne, Il les a mêlés l’un avec l’autre, et a créé avec lui Vénus dans le monde, le mercredi dans l’année, la narine gauche dans la personne.

10. Il a fait régner le rech, Il lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui Mercure dans le monde, le jeudi dans l’année, l’oreille droite dans la personne.

11. Il a fait régner le taw, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui la Lune dans le monde, le vendredi dans l’année, l’oreille gauche dans la personne.

12. Il a séparé les témoins et les a placés chacun à part, le monde à part ; l’année à part et la personne à part.

Sixième Chapitre

I. Douze simples : hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ’ayin, tzadi, qof Il les a tracées, taillées, multipliées, équilibrées et permutées et Il a créé avec elles les signes du zodiaque, les mois et les organes directeurs : deux agités, deux tranquilles [7], deux délibérants [8], deux gais (qui sont les deux intestins) [9], les deux mains, les deux pieds [10]. Il les a mis comme en lutte et les a rangés comme en bataille. Dieu a fait l’un en face de l’autre.

2. Trois, chacun à part ; sept divisés, trois au-dessus de trois, et l’un, la règle qui met l’équilibre entre eux.

Douze placés en bataille : trois amis, trois ennemis, trois meurtriers et trois résurrecteurs et tous attachés J’un à l’autre.

Signe de la chose : vingt-deux objets et un corps.

3. De quelle façon les a-t-Il multipliées : hé waw, waw hé, zayin, het, bet zayin, tet yod, yod tet, lamed nun, nun lamed, samekh ’ayin, ’ayin samekh, tzadi qof qof tzadi.

4. Il a fait régner le hé, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre, et Il a créé avec lui le Bélier dans le monde, nissan dans l’année et le foie dans la personne.

5. Il a fait régner le waw, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre ; Ha créé avec lui le Taureau dans le monde, iyar dans l’année ; la bile dans la personne.

6. Il a fait régner le zayin, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui les Gémeaux dans le monde, siwan dans l’année et la rate dans la personne.

7. Il a fait régner le het, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Cancer dans le monde, tammuz dans l’année et l’estomac dans la personne.

8. Il a fait régner le tet, lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre ; Il a créé avec lui le Lion dans le monde, av dans l’année, le rein droit dans la personne.

9. Il a fait régner le yod, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui la Vierge dans le monde, èlul dans l’année et le rein gauche dans la personne.

10. Il a fait régner le lamed, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui la Balance dans le monde, tichri dans l’année, l’intestin abstinent dans la personne.

11. Il a fait régner le nun, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre, et Il a créé le Scorpion dans le monde, marbèchwan dans l’année, l’intestin aveugle dans la personne.

12. Il a fait régner le samekh, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Sagittaire dans le monde, kislew dans l’année, la main droite dans la personne.

13. Il a fait régner le ’ayin, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui le Capricorne dans le monde, tévet dans l’année, la main gauche dans la personne.

14. Il a fait régner le tzadi, lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un avec l’autre et Il a créé avec lui le Verseau dans le monde, chevat dans l’année, le pied droit dans la personne.

15. Il a fait régner le qof lui a attaché une couronne et a créé avec lui les Poissons dans le monde, adar dans l’année et le pied gauche dans la personne.

16. Il a divisé les témoins, les a placés chacun a part, le monde à part, l’année à part et la personne à part.

Septième Chapitre

I. Air, demi-saison, tronc. Terre, hiver, ventre. Ciel, été, tête. Ce sont alef mem, chin.

2. Saturne, samedi, bouche. Jupiter, dimanche, œil droit. Mars, lundi, œil gauche. Soleil, mardi, narine droite. Vénus, mercredi, narine gauche. Mercure, jeudi, oreille droite. Lune, vendredi, oreille gauche.

3. Bélier, nissan, foie. Taureau, iyar, bile. Gémeaux, siwan, rate. Cancer, tammuz, estomac. Lion, av, rein droit. Vierge, elul, rein gauche. Balance, tichri, intestin abstinent. Scorpion, marhèchwan, intestin aveugle. Sagittaire, kislew, main droite. Capricorne, tévet, main gauche. Verseau, chevat, pied droit. Poissons, adar, pied gauche. Ce sont hé, waw, zayin, het, tet, yod, lamed, nun, samekh, ayin, tzadi, qof

Huitième Chapitre

Avec l’alef ont été formés : l’air, l’atmosphère, la demi saison, la poitrine et la règle de l’équilibre (fléau).

Avec le mem ont été formés l’eau, la terre, l’hiver, le ventre et le plateau du démérite.

Avec le chin ont été formés le feu, le ciel, l’été, la tête et le plateau du mérite.

Avec le bet ont été formés Saturne, le Sabbat, la bouche, la vie et la mort.

Avec le guimel ont été formés Jupiter, le dimanche, l’œil droit, la paix et le malheur.

Avec le dalet ont été formés Mars, le lundi, l’œil gauche, la sagesse et la sottise.

Avec le kaf ont été formés le soleil, le mardi, la narine droite, la richesse et la pauvreté.

Avec le pé ont été formés Vénus, le mercredi, la narine gauche, la culture et le désert.

Avec le rech ont été formés Mercure, jeudi, l’oreille droite, la grâce et la laideur.

Avec le. taw ont été formés la Lune, le vendredi, l’oreille gauche, la domination et la servitude..

Avec le bet ont été formés le Bélier, nissan, le foie, la vue et la cécité.

Avec le waw ont été formés le Taureau, iyar, la bile, l’ouïe et la surdité.

Avec le zayin ont été formés les Gémeaux, siwan, la rate, l’odorat et l’absence d’odorat.

Avec le het ont été formés le Cancer, tammuz, l’estomac, la parole et le mutisme.

Avec le tet ont été formés le Lion, av, le rein droit, la déglutition et la faim.

Avec le yod ont été formés la Vierge, èlul, le rein gauche, le commerce sexuel et la castration.

Avec le lamed ont été..formés la Balance, tichri, l’intestin abstinent, l’activité et l’importance.

Avec nun ont été formés le Scorpion, marfèchwan, l’intestin aveugle, la marche et la claudication.

Avec samekh ont été formés le Sagittaire, kislew, la main droite, la colère et l’enlèvement du foie.

Avec ’ayin ont été formés le Capricorne, tévet, la main gauche, le rire et l’enlèvement de la rate.

Avec tzadi ont été formés le Verseau, chevat, le pied droit, la pensée et l’enlèvement du cœur.

Avec le qof ont été formés les Poissons, adar, le pied gauche, le sommeil et la langueur.

Et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Le Dragon dans le monde est comme un roi sur le trône, la sphère dans l’année est comme un roi dans la ville, le cœur dans le corps est comme un roi dans la guerre.

Le résumé de la chose est : Quelques-uns se réunissent avec d’autres, et ceux-ci se réunissent avec ceux-là. Ceux-ci sont opposés à ceux-là, et ceux-là opposés à ceux-ci. Ceux-ci sont le contraire de ceux-là, et ceux-là sont le contraire de ceux-ci. Si ceux-ci ne sont pas, ceux-là ne sont pas ; et si ceux-là ne sont pas, ceux-ci ne sont pas ; et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Trois choses sont au pouvoir de l’homme (les mains, les pieds, les lèvres), trois choses ne sont pas au pouvoir de l’homme (les yeux, les oreilles, les narines).

Il y a trois choses pénibles à entendre : la malédiction, le blasphème et la mauvaise nouvelle.

Il y a trois choses agréables à entendre : la bénédiction, la louange et la bonne nouvelle.

Trois regards sont mauvais : le regard de l’adultère, le regard du voleur et le regard de l’avare.

Trois choses sont agréables à voir : le regard de la pudeur, le regard de la franchise et le regard de la générosité.

Trois odeurs sont mauvaises : l’odeur de l’air corrompu, l’odeur d’un vent lourd et l’odeur des poisons.

Trois odeurs sont bonnes : l’odeur des épices, l’odeur des festins et l’odeur des aromates.

Trois choses sont mauvaises pour la langue : le bavardage, la calomnie et l’hypocrisie. Trois choses sont bonnes pour la langue : le silence, la réserve et la sincérité. Et lorsque Abraham notre père l’eut compris, qu’il imagina, combina, scruta et pensa, et que cela lui réussit, Dieu se révéla à lui et lui appliqua le verset : Avant que Je t’aie formé dans le sein [maternel], Je t’ai connu, et avant que tu sois sorti de la matrice, Je t’ai sanctifié, Je t’ai placé comme prophète parmi les nations Jér. 1:5) : Dieu fit d’Abraham son ami et contracta une alliance avec lui et avec sa postérité.

Notes :

1. Belima qui nous paraît signifier, dans la pensée de l’auteur, tiré de rien est considéré comme la clé de voûte du monde, puisque le monde y est suspendu (cf. Job 26 :7).

2. L’air, l’eau, le feu et ce qui en dérive.

3. Les planètes et les étoiles.

4. Les anges sont les nombres, qui ne sont presque rien au début, et qui s’étendent ensuite à l’infini.

5. L’auteur veut sans doute dire que si les nombres sont infinis pour nous, ils ne le sont pas pour Dieu.

7. La bile et le foie.

8. La rate et l’estomac.

9. Les reins.

10. D’après Sabbataï Donolo ce serait l’œsophage et le bas-ventre. Il. Chez Donolo : deux ravisseurs (les mains) et deux chasseurs (les pieds).

Traduction française par Mayer Lambert. Version électronique par Spartakus FreeMann.

Source : http://www.kabbale.eu/sepher-yetzirah-version-gra-traduction-mayer-lambert/

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Published by Mayer Lambert - dans Kabbale
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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 06:07

«à France»

«Quiconque opère par la Religion seule, sans le concours des autres vertus, est absorbé et consommé par la Divinité, et ne pourra vivre longtemps. Et quiconque s’approchera sans être purifié, attirera sur lui la condamnation et sera livré à l’Esprit du Mal...»
(H. Cornélius Agrippa)

Par l’étude de la KABBALE, tout initié apprend que la «Tradition» veut qu’à l’Origine, Dieu ait révélé les mystères de cette Science aux Anges qui les ont ensuite transmis aux hommes. Adam, Noé, Abraham et Sarah, parents du peuple juif, ont été les premiers bénéficiaires de cet enseignement supérieur. Et on raconte, jusqu’à aujourd’hui, qu’Abraham a consigné les principaux éléments de cet enseignement secret de Dieu dans un livre, le Sefer Yetsirah (le Livre de la Création ou de la Formation), qu’il devrait transmettre à Isaac, Jacob, puis à Joseph qui n’a pas su divulguer cette Connaissance à son tour. Et c’est ainsi que «la Sagesse secrète» des mystères de Dieu s’est perdue jusqu’à l’époque de Moïse1.

La Kabbale, ainsi définie, désigne «le courant mystique à tendance ésotérique existant au sein du Judaïsme». On la surnomme tour à tour la «Sagesse d’En Haut», la «mathématique sacrée», une «mystique du langage», la «Sagesse secrète», la «Connaissance mystique», et finalement «Ce qui est reçu», c’est-à-dire ce qui est censé venir de Dieu. Plusieurs auteurs Kabbalistes, depuis les années 100, ont mis l’accent sur l’origine de cette «Sagesse secrète», et nous ont imposé d’abord la version du Sefer Yetsirah pour continuer avec celle du Sefer Ha-Zohar, le Livre de la Splendeur2. Et de ce dernier livre, nous apprenons que la «Sagesse secrète» fut révélée non seulement à Moïse sur le mont Sinaï, mais également et avant tout à Adam, au Paradis. En effet, le Zohar rapporte qu’Adam reçut un livre «descendu du Ciel et remis par le Maître des mystères»; ceci revient à dire que le premier homme fut le premier Kabbaliste. Mais, le Sefer Yetsirah (Livre de la Formation), attribué au Patriarche Abram ou Abraham et considéré comme le plus ancien traité kabbalistique de cosmogonie et de cosmologie, établit les trente-deux mystérieux sentiers de Sagesse en dix sephiroth belimah et vingt-deux lettres de fondement3. Les sephiroth, qui nous intéressent ici, sont, pour ainsi dire, l’instrument, les «attributs de la Divinité». Dans l’esprit des Kabbalistes, elles sont en quelque sorte des suppléants, «des essences effectives» qui doivent assurer et corriger l’ordre du monde établi.

LES QUATRE MONDES ET LES DIX SEPHIROTH

C’est par le jeûne, nous dit-on, et des prières répétées que les mystiques juifs et kabbalistes tentent d’effectuer un décollage spirituel en dirigeant leurs âmes à travers les sept demeures célestes, vers le ciel afin qu’elles pénètrent jusqu’au Trône.4 Ainsi donc, l’objectif de la Kabbale est d’atteindre la conscience en mêlant le «moi» au Divin. Et quatre mondes s’offrent à nous et servent à expliquer les concepts et les racines qui alimentent l’existence de l’Arbre hébraïque de vie.1, 5 La présence des dix sephiroth (ou sefirot) est la preuve nette d’une rigoureuse hiérarchie même dans la Maison de Dieu. Mais qui sont les dix sephiroth?

À la Figure I, la sephirah du bas appelée Malkhut (la Royauté) correspond astrologiquement à la Terre. Juste au-dessus se trouve la sephirah Yesod (le Fondement) qui correspond à la Lune. Au-dessus de Yesod, on observe la sephirah Tipheret (Beauté). Elle correspond au Soleil. Les deux sephiroth latérales, situées kabbalistiquement au-dessous du Soleil, sont Netzach et Hod, Victoire et Gloire. La sephirah Hod, à gauche, correspond à Mercure; et Netzach, à droite, à Vénus.

À priori, le trio Terre-Lune-Soleil constitue l’axe vertical de l’Arbre séfirotique, le Soleil central (Tipheret) recevant directement sa propre lumière de Kether (la Couronne). Ainsi donc, les «canaux» séfirotiques distribuent cette lumière à toutes les sephiroth de l’Arbre de vie qui sont, comme nous l’avons déjà mentionné, des attributs de la Divinité.

Les deux sephiroth latérales, placées cette fois-ci au-dessus du Soleil (Tipheret), sont Chesed et Gevurah, Grâce et Jugement. La sephirah Chesed, à droite, correspond à Jupiter; et Gevurah, à gauche, à Mars. Juste au-dessus de Chesed se trouve la sephirah Chokhmah (la Sagesse) qui correspond à Uranus. Au-dessus de Gevurah, on retrouve la sephirah Binah (Intelligence). Elle correspond à Saturne. Puis finalement Kether, la sephirah qui est au-dessus de tout. Elle correspond à la Couronne. Et Jésus, le Christ, l’Essénien, le plus vrai des Initiés, le Grand Mage, Divinité Solaire, se manifeste dans la sixième émanation cosmique, Tipheret.

Sur l’Arbre de vie1, 5, le monde d’ATSILUT qui est le plus élevé des quatre, signifiant Proximité ou Émanation, est «situé à la racine de notre univers métaphysique, spirituel et physique». C’est le monde divin ou céleste. Il rassemble les trois sephiroth supérieures ou sphères d’émanation de l’énergie, et représente la volonté divine. Atsilut est associé à l’élément «Feu» qui représente l’Esprit. C’est le monde de l’énergie divine qui pénètre dans les trois autres mondes et les irradie par un rayonnement le plus souvent invisible, tel l’est celui du laser.

Descendant du premier monde, celui de BERIAH transforme la volonté divine en créativité. Ce monde relie les trois sephiroth supérieures aux sephiroth inférieures de l’Arbre de vie. Situé sur le «tronc» de l’Arbre séfirotique, Beriah, le monde de la Création, «renferme l’énergie qui forme les particules terrestres essentielles des atomes, des éléments et des étoiles». Ceci étant dit, dans Beriah, «l’intellect transforme l’inspiration en pensée créatrice». Si Atsilut est associé à l’élément «Feu», Beriah de son côté, correspond à l’Air.

Dans le troisième monde, YETSIRAH, celui de la Formation, «la création est différenciée en formes uniques, l’émotion et l’ego. Ce monde régule notre vie psychologique et biologique. Yetsirah est l’expression de la différenciation et de l’individuation entre Adam et Ève». Si Beriah, le monde de l’intellect, se concentre sur l’intelligence et la sagesse, Yetsirah, le royaume de l’émotion, embrasse l’équilibre entre la force, la miséricorde et l’expression de la beauté. Il correspond à l’élément «Eau».

Le quatrième monde ou celui d’ASSIYAH comprend l’Action et le royaume du corps. C’est le monde terrestre dans toute sa splendeur et sa complicité. Les mondes supérieurs, sous forme d’énergie, descendent et interagissent avec le royaume d’Assiyah dans un concept «d’accomplissement», selon le principe de «tout ce qui est en bas, est en haut». L’exemple le plus frappant demeure la ressemblance nette entre l’Arbre de vie kabbalistique et la structure de l’ADN (acide désoxyribonucléique), lequel acide est responsable de la transmission des caractères génétiques chez les êtres vivants.

Bref, les sephiroth qui gouvernent le monde d’Assiyah, soit Hod (la Splendeur ou la Réverbération) et Netzach (le Triomphe et l’Éternité), sont unies par Yesod (le Fondement) et reliées aux mondes supérieurs grâce à l’énergie de Tipheret (la Beauté). Elles gouvernent les formes et les interrelations de la vie quotidienne sur Terre (Malkhut, la Royauté).

En résumé, chacun des quatre mondes correspond à un élément: ATSILUT, le Feu; BERIAH, l’Air; YETSIRAH, l’Eau; ASSIYAH, la Terre. Et le Sefer Yetsirah d’évoquer ainsi les quatre éléments:

«Les trois mères de l’Univers sont l’air, l’eau, le feu
Le Ciel fut créé à partir du feu
La Terre fut créée à partir de l’eau
Et l’air du Souffle décide entre eux.»
(Sefer Yetsirah
3, 4)

LES DIX SEPHIROTH ET LES DIEUX VAUDOU

Imaginons un seul instant la substitution des sephiroth (ou sefirot) par les dieux vaudou 1, 5, 6-24. Que les sephiroth qui dominent le monde d’ATSILUT soient remplacées respectivement par Dieu (Neptune), Agoué (Uranus) et par Baron (Saturne); que celles qui gouvernent le monde de BERIAH soient plutôt dénommées Legba (Jupiter), Ogou (Mars) et Damballah (Apollon / Soleil); que celles qui contrôlent le monde de YETSIRAH soient respectivement Fréda (Vénus), Ogou Saint-Jean (Mercure) et Simbi (Lune); que celles qui dominent le monde d’ASSIYAH soient, entre autres, Dantor (Terre). La Figure III qui illustre et évoque, pour la première fois, la possibilité d’une astrokabbalistique correspondance entre le Vaudou et la Kabbale, remet alors en question la possession exclusive d’un Dieu parfait par les Hébreux ou les Juifs. Il est possible que cet enseignement secret des mystères divins ait été dévoilé à ce peuple de l’Ancien Monde par le biais d’Abraham. Mais il n’en demeure pas moins vrai que cette «connaissance mystique et secrète», sous d’autres formes, soit également livrée à d’autres peuples de l’Ancienne Perse, de l’Éthiopie ou de l’Égypte, mais qui n’ont pas su conserver et divulguer ce «Savoir d’En Haut» à leur tour. Il a fallu Moïse, chez les Juifs, pour reprendre le flambeau de cette Connaissance «égarée» depuis Joseph. Et c’est ainsi que la Tradition du peuple «Élu» ou «Choisi» s’est maintenu malgré vents et marées, guerres et génocides à travers les âges.

Les dieux vaudou ont aussi leurs traditions9-24 Les vieilles Histoires des îles et de l’Afrique racontent qu’ils ont été déchus de leur pouvoir dans la Maison Céleste, et rejetés au premier Ciel (Terre) par Dieu lui-même afin de les punir pour avoir pris «trop de contacts», sans ordre et permission du Très Haut. Les Anges ont toujours transmis aux humains des «secrets» qui ont permis, paraît-il, l’évolution du royaume terrestre. Platon, Aristote, Pythagore, Archimède, Copernic, Galilée, Léonard de Vinci, Paracelse, Isaac Newton, Leibnitz, Descartes, Kepler, Ampère, Faraday, Edison, Albert Einstein, etc., ont tous été des grands Kabbalistes, et qui ont probablement reçu la Connaissance secrète des Anges.25-29 En Haïti30, il est courant d’entendre dire que tel écrivain ou politicien a eu son enseignement sous l’eau, c’est-à-dire chez les Anges. Anges rebelles ou pas31-32, ce sont des Anges qui ont inspiré Mahomet, le poète Dante et le monstre littéraire qu’est Victor Hugo. De ce fait, il faut se dire que les Juifs n’ont pas à eux seuls le monopole de l’apprentissage par les Anges. Mais, eux, ils l’ont intégré au sein du Judaïsme; ce qui a permis à ces épopées hébraïques d’évoluer, de façon officielle, à travers la religion judéo-chrétienne.

Mais comment contacter les Anges? Des anciens philosophes hermétiques33-35. ont rédigé de remarquables traités kabbalistiques, lesquels ont été récupérés, de façon magistrale, par les Mages du vaudou. Il a été rapporté que la Kabbale juive fut «violée», et qu’il existe de nos jours «différentes formes de kabbale qui ont évolué à partir de diverses traditions des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles en Europe». La Kabbale chrétienne, entre autres, prôna une lecture catholique des enseignements kabbalistiques du Zohar et d’autres travaux de ce genre. L’introduction de l’autre magie, celle issue du mouvement gnostique hermétique égyptien, a permis une certaine dérivation de la Kabbale juive; ce qui nous force à admettre trois grandes lignées de la Kabbale: juive, chrétienne et égyptienne.

Des personnes «réclamées», c’est-à-dire choisies par les Anges, ont le pouvoir de les contacter à des heures précises du jour ou de la nuit. Ces individus, mi-homme, mi-esprit (loa ou ange), reçurent leurs enseignements sous l’eau, non sur terre des humains, et sont très recherchées, surtout les femmes, dans cette société de consommation. La plupart des «francs-maçons» ne rêvent que de ces femmes aux pouvoirs kabbalistiques à des degrés différents. Les politiciens, les entrepreneurs, les avocats ainsi que les militaires et les médecins choisissent de les avoir pour «femmes ou amies» par mesure de prudence et d’opportunisme, une façon légale comme toute autre d’activer ou d’augmenter leur «force», l’énergie mystique qui les accompagne déjà. D’autres sont rémunérées tout simplement en tant que «devins» ou porteuses de chance et diseuses de bonne aventure. Et c’est ainsi qu’a commencé, entre autres, en Haïti, le commerce de la «Connaissance secrète» par les Prêtres (Hougan) et Prêtresses (Mambo) du Vaudou. Le pays, Haïti, doit réajuster ce «Karma» qu’elle traîne depuis l’arrivée de Colomb et le génocide qui s’ensuivit. Son «Karma» est également lié à la pratique la plus «sombre» qui ne fût jamais faite de la Magie. C’est à ce «Karma» qu’elle doit aujourd’hui les pires horreurs qu’elle a subies et subit encore depuis l’assassinat honteux par les siens de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines.

L’INITIÉ DANS LE VAUDOU HAÏTIEN

Le cheminement de l’Initié, comme l’entend Éliphas Lévi35, est rude et sans appel. Par l’Initiation, celui-ci apprend à «commercer» avec les dieux et, de par ses contacts privilégiés, il a le loisir de rencontrer les «esprits, loas ou anges» sans difficultés. Face à lui-même, l’Initié contrôle et dirige son propre Esprit, lequel corrige et peut guérir le corps de certaines maladies. De ce fait, le rituel de l’Initiation «Kanzo» à l’haïtienne, n’est-il pas proche de celui qui était autrefois pratiqué par les confréries de Déméter, de Dionysos ou de Mithra?36 L’âme de l’Initié 37-38, après la Mort, va demeurer sous l’Eau, vivre dans les eaux inférieures, tout près de Maître Ogou Ossangne, «l’Esprit des grottes de l’Océan où l’Initié vient parfaire la maîtrise de soi». Durant le voyage initiatique (astral), c’est-à-dire lors de l’Initiation mystique dans le «djèvo» (la chambre initiatique), il y a «mort» de l’Autre. L’Initié sait qu’il est dorénavant «mort» et qu’il n’est plus le même individu. Il est alors appelé à devenir à son tour un Initiateur, un Père spirituel (Hougan ou Mambo), le gardien des Traditions. Il a reçu, doit maintenir, puis transmettre à d’autres éventuels Initiés du Vaudou qui gagneront sa confiance d’Adepte.

Par des gestes très simples, par la Parole sincère à prononcer en quelques phrases, l’Initié peut atteindre des plans élevés pour être «branché», et a le pouvoir d’ouvrir tout «réservoir d’énergie», de percer et d’activer la fréquence «des vibrations denses et environnantes» appropriées à tous désirs et volontés. Il est également capable d’atteindre les plans supérieurs où «toutes choses se réalisent». Par exemple, le fait de «jeter de l’eau» par terre sert à saluer les «loas» et à leur créer un chemin vers le quartier général des esprits, la Ville Sainte (Ville-aux-Camps, l’Olympe vaudou, la Guinée céleste), vers IFÉ, équivalente de la Jérusalem céleste des Chrétiens. Le Chemin est, par conséquent, un chemin d’Eau. Dans le Vaudou, c’est le dieu Legba qui annonce l’eau … du Ciel (la pluie ou les vapeurs d’eau), laquelle remplace les libations, la cérémonie de «jeter dlo». L’utilisation de l’Eau est essentiellement d’ordre magique. Par sa manipulation lors du premier Baptême, on est mis en contact avec Celui qui a «le pouvoir de mettre en action le magnétisme purificateur de l’eau»; d’où la désagrégation des énergies négatives d’ordre psychique «liées aux zones d’ombre de l’inconscient». Mais durant le second Baptême (Initié Kanzo), on fait plutôt appel au «Feu» lors d’une épreuve publique à laquelle sont soumis les initiés. Enfin, par le troisième Baptême, on met l’Initié en contact avec «la Force Créatrice de la Divinité», l’Esprit. On parle alors de l’Initiation au troisième degré, l’Initié Assogoué.

Prenons, également comme exemple, l’usage de l’encens «afin de chasser en premier lieu des entités malveillantes et de créer ensuite un champ vibratoire de fréquence élevée». Ce champ, à son tour, permet la descente d’Énergies silencieuses et d’Entités bienveillantes. De plus, la position de deux chandelles (gauche et droite de l’Autel) est fort significative. Chacune d’elles canalise un pilier de l’Arbre de vie1, 5 kabbalistique et facilite «la descente de la Force Divine pour opérer sur les plans denses de notre Terre». Sans oublier le Signe de la Croix qui n’est que «le procédé théurgique de la descente harmonieuse et équilibrée des quatre Éléments (l’Air, la Terre, l’Eau et le Feu) sur celui qui les trace».

Bref, le Vaudou est avant tout une «Énergie»14, 22, une Religion10, 17, 20 des forces naturelles, une Musique19, 23 du rassemblement, un Lieu10, 15 des moments sacrés de transe et de possession. Le volet spirituel du Vaudou n’exclut pas les Divinités en tant que «forces majeures», et Dieu6 en tant que Tout-Puissant, le Grand Olohoum. Ce volet comprend également les relations entre l’Homme et la Nature.5 Le Vaudou, en tant que culte des Esprits (anges ou loas) engendrés de Dieu et culte des Ancêtres, est une force vitale, un symbole de la «Connaissance secrète» à ne pas négliger et à transmettre.

Chez les personnes concernées 39, les Esprits (anges ou loas) sont à l’intérieur de l’enveloppe corporelle, au niveau du cœur qui est la porte mystique. Le cerveau, le plexus solaire, le cœur et les testicules correspondent respectivement à l’air, au feu, à l’eau et à la terre, les quatre éléments définitifs et réglementaires. En somme, toutes les grandes Divinités engendrées de Dieu pour diriger ses ministères ne sont que des Ministres, des gérants conducteurs sur cette terre. Ils sont là pour veiller sur nos âmes dont ils devront, au jour dernier, rendre compte. Mystiquement parlant, l’Homme est un Arbre, un Arbre de vie.5 La puissance de Dieu, comme le dit si bien Jésus, le Christ, est en nous, c’est-à-dire à l’intérieur du corps sous forme d’entités atomiques, de molécules divines. Et ce n’est pas sans raison que l’émotion vient du cœur, celui-ci étant le centre de toute opération mystique.

«Connais-toi toi-même», disait Socrate.

 Source : http://www.potomitan.info/kauss/sephiroth.php

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Published by Saint-John Kauss - dans Kabbale
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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 06:05

Pour ses zélateurs — c'est-à-dire tous ceux qui un jour ont commencé à pénétrer dans ses arcanes — la Kabbale n'est pas une quelconque branche des sciences humaines, c'est la Science par

excellence, la Science de la Vie et de la Mort, ou plus exactement de l'Arbre de vie et de l'Arbre de mort.

Eliphas Levi a dit que la Kabbale pouvait être appelée « la mathématique de la pensée humaine. Elle est l'algèbre de la foi ; elle résout les problèmes de l'âme comme des équations en découvrant l'inconnu ».

Algèbre, mathématique, équations, oui, puisque dans la langue hébraïque tout est nombre. Puisque chaque lettre de cette langue étonnante, sans origine connue, possède une valeur numérale.

Or la numération a pour base ces dix premiers nombres. D'où les dix « Sephiroth ».

Les dix « Sephiroth » sont ainsi, comme le souligne le professeur Scholem de l'Université de Jérusalem, les dix catégories primitives qui constituent le monde de l'Unité divine en développement. Les Sephiroth sont les puissances et façons d’agir du Dieu vivant.

C'est le mythe de la création raconté par les symboles et les images.

C'est — qu'on me permette cette définition toute person­nelle — le « développement exotérique de Dieu ».

Pour la Kabbale et par les Sephiroth, Dieu sort de son secret et de l'inexprimable. Car les mondes de la création, secrets ou visibles, sont le reflet et la répétition dans leur structure du monde de l'être divin intérieur... Nous sommes proches, on le voit, de la grande leçon d'Hermès Trismégiste, pieusement conservée par la Franc-Maçonnerie.

Dieu donc apparaît dans les branches et le tronc de l'arbre séphirotique qui est un arbre théogonique et cosmogonique. C'est l'histoire de la création, telle que la décrit le Zohar.

« Au commencement, lorsque la volonté du Roi commença à agir, il grava des signes dans l'Aura céleste. Une flamme sombre jaillit dans le royaume le plus caché, du mystère de l'infini, comme un nuage sans forme, se trouvant dans l'anneau de cette Aura, ni blanc, ni noir, ni rouge, ni vert, et d'aucune couleur. D'abord, lorsque cette flamme grandit et s'élargit, elle fit naître des couleurs resplendissantes. Au plus profond de cette flamme, c'est là que jaillit une source, débordant de couleurs, cachée dans le mystère le plus secret de l'infini. La source ne perça pourtant pas l'éther environnant et demeura tout à fait inconnue jusqu'à ce que, par la suite, la puissance de sa percée ait éclairé le point le plus haut et le plus caché. Au-dessus de ce point, il n'y a rien de reconnaissable et c'est pourquoi il s'appelle Reschith, le premier des dix mots de la création par lesquels le Tout fut créé. »

Mais le Dieu qui se dévoile dans les Sephiroth est en fait représenté par l'homme originel — c'est un Dieu anthropomor­phique car l'Homme créé à l'image de Dieu est contraint de rendre la pareille à son créateur — dans sa forme la plus pure : celle de l'Adam Kadmon l'homme « originel » de double essence.

A cet égard il n'est pas inutile de souligner que l'arbre des Sephiroth est à la fois mâle et femelle et que sa grande originalité est l'affirmation par la 10e Sephirah : Schekina (appelée aussi Malkouth) d'un élément féminin en Dieu. C'est l'un des progrès les plus riches de la Kabbale sur la tradition rabbinique. Cela grâce à son exégèse gnostique.

La Schekina est en effet le lieu de la psyché et comme telle reliée à la très vieille symbolique lunaire, c'est l'Arbre de mort opposé à l'Arbre de vie. Mais en même temps elle est l'épouse du Roi (et aussi la mère d'Israël...), en fait le démiurge. Son union avec Dieu est le signe de la Rédemption (on voit quel utile rapprochement pourrait être fait dans ce sens avec le culte marial. Rien en fait ne s'oppose dans la religion chrétienne à la conception kabbalistique...)

* * *

Et voici donc comment est constitué l'Arbre séphirotique :

— Au sommet Kether, la Couronne, première manifestation de l'indicible, de l'incogniscible Aïn Soph, l'infini. La Couronne arrose l'arbre et propage la sève à travers les branches et les rameaux. C'est par elle que le non-être se fait être et que s'effectue le passage de la puissance à l'acte. C'est le point initial, la lumière primordiale, la source de toute lumière.

De la Couronne, première Sephirah naissent deux principes :

— Hokhmah, la Sagesse, 2e sephirah, le Père, masculin ;

— Binah, l'Intelligence, 3e sephirah, la Mère, féminin.

A partir de ces deux Sephiroth, l'indifférencié se développe. Unies entre elles, elles engendrent Da'ath, la Science, la Connais­sance.

Ces trois premières Sephiroth constituent le « Grand Visage », trinité indivisible, située au-dessus du Trône et correspondant au monde de l'émanation. Elles sont la manifestation des principes divins, la Trinité de la religion chrétienne. Le triangle formé est pointe en haut. C'est notre Delta flamboyant, les triangles pointes en bas, tournés vers la matière étant réservés aux deux autres séries de Sephiroth, dites de « construction ».

Rappelons le mot de la Genèse : « L'homme après avoir commis le péché originel, s'était caché. Il ne pouvait plus contempler le visage de Dieu ». L'homme tombé dans la matière ne peut voir ni comprendre l'Absolu. Dieu néanmoins dans sa jeunesse suprême se fait pressentir par l'Intelligence omnisciente émanée de la Couronne dominant toute la Création.

C'est encore le chiffre trois qui commande donc le système séphirotique au sommet (les trois premiers commandements du Décalogue — il y a dix commandements comme il y a dix sephi­roth — sont précisément réservés à Dieu).

Le deuxième groupe de l'Arbre séphirotique est donc consti­tué par six sephiroth dits de construction qui constituent le « Petit visage » et répondent aux six jours de la création-réalisation dans le monde créé de l'émanation du ternaire suprême.

— Deux sephiroth émanent donc l'une de Hokhmah ; c'est Chesed (la Grâce) ou Gedullah (la Clémence) et Geburah (la Rigueur) appelé aussi Dïn (le Jugement). Ces quatrième et cin­quième sephiroth sont les deux bras du Maître du Tout, la parure du Trône royal.

Mais elles s'unissent au coeur de l'Arbre séphirotique pour donner la sixième Sephirah celle qui est vraiment le coeur du Maître du Tout, celle du Bien et de l'Harmonie, la merveilleuse Tiphereth, la Beauté, qui symbolise l'Idéal placé au centre de l'oeuvre divine.

Ces trois sephiroth correspondent aux trois premiers jours de la Création : Chezed à la Lumière, Geburah à l'étendue conçue le second jour et Tiphereth à la première manifestation de la Vie uni­verselle par le règne végétal, à la réalisation du mouvement dans l'espace, l'eau et la Terre.

— La septième Sephirah, Nezah correspond à la création des astres. C'est la Victoire. Il est dit dans la Genèse que les astres ont été créés pour « éclairer l'intelligence de l'homme ». C'est par la compréhension des astres que l'homme a pu vaincre la matière et

deviner les voies du Créateur...

— Hod, la huitième Sephirah, la Gloire, voit l'achèvement de

l'oeuvre divine dans l'individualité de la Vie universelle à travers les espèces.

Mais Nezah et Hod s'unissent en Yesod, la neuvième Sephirah, le Fondement, véritable principe générateur de l'Univers. C'est la Création de l'homme, Adam, dont le chiffre est précisément 9, en numération hébraïque (Adam : 40+4+1 = 4+5 = 9). Adam est l'esprit incarné.

Toute la Création aboutit ainsi à la pénétration dans la matière de l'Etincelle divine, du feu premier et par suite à sa purification.

Ce processus accompli, l'Etincelle se libérera de son individua­lité et retournera à sa Source.

Le chiffre neuf, celui d'Adam termine donc le Travail divin. Il faut à présent revenir au commencement, à l'unité.

— C'est le but de la dixième Sephirah, Malkouth, qui à elle seule forme le troisième et dernier groupe de l'Arbre. Malkouth, la Royauté (mâle et femelle puisqu'elle porte aussi le nom de Cheki­nah, épouse et reine) est aux pieds du Trône dans le Monde de l'action. C'est par Malkouth qu'Ain Soph établit son règne.

Par Malkouth l'Esprit ayant totalement pénétré la matière et atteint à son individualisation maxima, revient à son origine.

Malkouth est le septième jour de la Création, celui du repos et du retour à la Source.

Ainsi est indiquée la voie de l'Unité entre les mondes d'en haut et d'en bas. Aïn Soph en haut, Malkouth en bas. L'Arbre est complet et redevient possible l'unification du Nom brisé. C'est pourquoi il est écrit : « En ce jour le Seigneur sera Un et Son nom sera Un ».

Ainsi apparaît l'union dans l'éternité de l'infiniment petit et de l'infiniment grand.

Voici donc ces Sephiroth qui contiennent l'infini et embrassent toutes les lois mécaniques de l'Univers.

Elles sont dix et non neuf car nous resterions dans le domaine de la terre avec le culminant de la Création sur la terre, le nombre d'Adam. Elles sont dix et non onze car onze est inaccessible à notre compréhension. C'est le passage au plan supérieur qui nous est fermé dans notre condition humaine. Celui peut-être qu'à l'heure de notre initiation suprême nous pourrons découvrir.

Source : www.ledifice.net

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Published by PVI - dans Kabbale
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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 06:33

En Considérant de plus près cette subdivision verticale, nous constatons que la colonne centrale, la colonne royale, est formée de quatre Sephiroth : Kether(la Couronne, unissant Hochmah et Binah), Tiphereth(la Beauté, unissant Hesed et Gebourah), Yesod(le Fondement, unissant Netsah et Hod) et Malkuth(le Royaume recevant toutes les émanations séphirotiques). Placée sous la domination de Kether, cette colonne équilibre, harmonise et réconcilie toutes les oppositions présentes dans la création. C’est le Pilier central qui, en raison de sa position, correspond d’une certaine manière à l’Axis Mundides anciens, cet axe stable et immobile autour duquel s’organise la création.

Dans la chrétienté, l’Axis Mundifut très tôt assimilé à l’axe vertical de la croix, mettant en exergue les qualité de stabilité et d’immobilité caractérisant l’axe du monde. Aussi, la position et la stabilité de cet axe ont fait de la colonne centrale un symbole vivant de la présence divine au sein du monde créé. En ce sens, elle représente le principe créateur lui-même structurant l’univers de manière incessante. Cette colonne symbolise donc la puissance divine qui anime l’univers et en laquelle toute chose a « la vie, le mouvement et l’être ».

Quant à la colonne de droite, elle est formée des trois Sephirothsuivantes : Hochmah(la Sagesse), Hesed(la Grâce) et Netsah(la Victoire). Placée sous la domination de Hochmah, elle incarne le pôle masculin et actif de la création. Elle est appelée le « pilier de la Miséricorde » puisqu’elle renferme en elle-même la vie et la clémence. Pour les Francs-Maçons, elle correspond à la colonne de Yakîn.

Quant à la colonne de gauche, elle est formée des trois Sephirothsuivantes : Binah(l’Intelligence), Gebourah(la Rigueur) et Hod(la Gloire). Placée sous la domination de Binah, elle incarne le pôle féminin et passif de la création. On la désigne parfois sous le nom de « Pilier de la Rigueur » puisqu’elle incarne toutes les formes de jugement et de rigueur. Elle correspond chez les Francs-Maçons à la colonne de Boaz, la « Maison de la Force ».

Ainsi donc, les colonnes de gauches et de droite représentent les deux polarité à l’origine de toute chose. Elles évoquent aussi les deux colonnes qu’Hiram Abiffdressa devant le vestibule du Temple de Salomon.

A propos de la polarité des colonnes, il est également intéressant de souligner qu’une Sephirah, appartenant à l’un des côtés de l’Arbre de Vie, ne peut transmettre sa qualité propre à la Sephirahinférieure qui se trouve dans la même colonne sans passer par la Sephirahqui lui est opposée et complémentaire, conformément au tracé originel de l’Eclair Fulgurant. Ainsi si Hochmah(la sagesse) transfère sa puissance à Hesed(la Grâce) située juste en-dessous d’elle, elle doit transiter par Binah(l’Intelligence). De même, lorsque Binah(l’Intelligence) transmet sa lumière à Gebourah(la Rigueur), elle doit d’abord passer par Hesed.

A cette subdivision de l’arbre s’ajoutent également plusieurs subdivisions horizontales mettant en exergue différentes dimensions ontologiques propres au Sephiroth. Ainsi, une subdivision traditionnelle fait apparaître l’Arbre de Vie comme une superposition formée de trois triades se projetant dans la dixième et dernière Sephirah, Malkuth.

La première triade ou « triade suprême » est évidemment composée des Sephiroth Kether(la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Cette première triade correspond aux principes essentiels et ontologiques de la création. Au niveau du microcosme, elle symbolise la dimension spirituelle de l’homme.

La seconde triade est composée des Sephiroth Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur) et Tiphereth(la Beauté). Elle correspond aux principes cosmologiques de la création. Au niveau du microcosme, elle symbolise le moi supérieur.

La troisième triade est composée des Sephiroth Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement). Elle correspond aux puissances cosmiques et à l’acte créateur. Au niveau du microcosme, elle symbolise essentiellement le moi personnel.

Enfin la Sephirah Malkuth(le Royaume) correspond à l’Immanence divine, c’est-à-dire à la présence de Dieu au sein de toute chose. Sur le plan du microcosme, elle évoque la dimension corporelle parfaitement unie à l’esprit.

A cette première subdivision horizontale s’ajoute également une seconde subdivision fort importante pour les kabbalistes. Elle consiste à diviser les Sephiroth en trois catégories :
- la première est formée des trois Sephirothsupérieurs : Kether (la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Elle constitue ce que les kabbalistes appellent le Macroprosope.
- la seconde division comprend les six Sephirothsuivantes : Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur), Tiphereth(la Beauté), Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement). Elle forme alors le Microprosope.
- Enfin, la dernière division comporte exclusivement la dixième Sephirah Malkuth(le Royaume) et constitue ce que les kabbalistes nomment la Shekinah.

Le Macroprosope
Les trois premières Sephiroth Kether(la Couronne), Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence) forment ce que les kabbalistes appellent le Grand Visage ou Macroprosope (l’Alrich Anpin). Parfois on le nomme également « le Longanime » Elles sont symbolisées par les trois lettres Aleph, Yod et Noun qui forment le mot Aïn : le non-être. En ce sens, le Macroprosope représente la face cachée, la force primordiale précédant les six jours de la création. Au sein de cette triade suprême, Kether(la Couronne) incarne la forme indifférenciée de Hochmah(la Sagesse) et Binah(l’Intelligence). Elle révèle donc à elle seule les mystères du Grand Visage : elle correspond à l’« Ancien des Anciens » ou l’ « Anciens des Jours ».

Le Microprosope
Les six Sephirothsuivantes, Hesed(la Grâce) et Gebourah(la Rigueur), Tiphereth(la Beauté), Netsah(la Victoire), Hod(la gloire) et Yesod(le Fondement) forment le Petit Visage ou Microprosope (le Zeï Anpin). Parfois, on le dénomme également « l’Impatient ». Le Microprosope révèle les mystères et les lumières du Macroprosope, renfermées en son sein. Ces Sephirothreprésentent donc la face révélée de Dieu, les six jours e la création. En tant que synthèse de toutes les émanations séphirotiques, Tiphereth(la Beauté) incarne à elle seule les mystères du Petit Visage : elle correspond au « Roi » ou au « Fils ».

Ajoutons que l’alliance du Petit Visage et du Grand Visage forme le monde de l’unité (le Yichoud), symbolisant l’union idéale de l’être et du non-être.

La Shekinah
Enfin, la dixième Sephirah, Malkuth(le Royaume), forme à elle seule une troisième subdivision de l’Arbre de Vie. Il s’agit de la Shekinah, c’est-à-dire de la présence et de l’immanence divines. On la nomme parfois la « Femme », la « Fiancée » ou l’« Epouse » du Roi. Elle représente le septième jour, celui du Sabbat. Dans le Cantique des cantiques, un couple d’amoureux évoque les rapports que Dieu (le Roi) entretient avec la Shekinah (Sa présence en toute chose).

Source : http://nephilimlejeu.free.fr/spip/spip.php?article977

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 06:26

Nous voici conduits à cet Infini, dont le nom hébreu "En Soph" vous a été révélé.

 

         Vous connaissez aussi"Malkuth" ou le Royaume dont vous êtes Maîtres, puisque vous le circonscrivez avec votre compas mental.

 

         Mais est-il possible de relier le Fini à l'Infini, le Concret à l'Abstrait, Malkuth à En Soph ? Nos prédécesseurs de l'Antiquité se sont posé la question, et vous savez déjà comment ils l'ont résolue, puisque vous avez traversé successivement les neuf voûtes kabbalistiques, caractérisées chacune par le nom d'un des Sephiroth.

 

         Ce n'est point ici le lieu de vous enseigner en détail la doctrine des Sephiroth ou Nombres sacrés de la Kabbale. Les livres ne manquent pas et vous pourrez l'étudier à loisir. Pour orienter vos méditations sur ce sujet, efforcez-vous cependant de retenir les notions suivantes :

 

         Frère Gardien de la Tour, qui veillez à notre sécurité et à ce titre observez le monde extérieur veuillez nous dire ce qu'il faut penser de Malkuth

 

LE FRERE GARDIEN

 

         Malkuth signifie  ROYAUME. Or L'homme est le Roi de tout ce qui est à sa portée: il est appelé à régner sur l'Univers objectif, qui est son Royaume.

 

         Le domaine de notre activité n'est d'ailleurs qu'une immense fantasmagorie, que l'Initié ne doit pas confondre avec la réalité vraie. Celle-ci ne tombe pas sous les sens; elle échappe aux méthodes d'investigation de la science expérimentale. Le savant moderne, armé de ses instruments d'observation, se condamne à ignorer ce qui se cache derrière Les apparences des choses si, à l'exemple du philosophe ou du véritable Sage, il ne s'applique pas à sonder l'Inconnu, en approfondissant les mystères dérobés à la connaissance de la masse grossière des hommes.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Quelle indication fournirez-vous sur Iésod ?

 

LE FRERE GARDIEN

 

         Iésod signifie BASE ou FONDEMENT. Tout objet perceptible se compose d'éléments qui échappent à nos perceptions. Ces éléments imperceptibles sont coordonnés, et maintenus entre eux dans des relations d'une relative fixité par une sorte de cadre hyperphysique, qui est le plan invisible ou occulte, mais concret, selon lequel les êtres se construisent.

 

         Lorsque les Maîtres travaillent sur la planche à tracer, ils modifient le plan selon lequel la construction devra s'effectuer. Leur action s'exerce ainsi sur Iésod, fantôme idéal, base ou fondement de ce qui doit prendre corps.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, vous qui représentez Mohabon, le plus zélé des Maîtres de son temps, l'ami particulier d'Hiram-Abi, voulez-vous nous éclairer sur la signification de Hod.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         Ce terme fait allusion à la splendeur, à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

 

         Si nous travaillons a cette Gloire, ce n'est pas seulement pour rendre hommage à l'Être Suprême qui est forcément au-dessus de toute glorification

 

         La Gloire resplendissante désignée par HOD s'identifie avec la Logique, l'Ordre, la Coordination, la Loi, qui assurent le fonctionnement régulier de tous les rouages de l'organisme Universel. Pour travailler à la Gloire du Grand Architecte, il s'agit donc de remplir fidèlement le rôle qui nous est assigné par la destinée. Que chacun accomplisse sa tâche particulière et qu'il fasse scrupuleusement son devoir, afin de donner la note qui lui est demandée dans le concert de l'harmonie universelle.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAlTRE

 

         Frère Premier Grand Surveillant, vous qui représentez ici Adon Hiram, Chef des tribus chargées de couper les cèdres sur les flancs du mont Liban, Comment interprétez-vous Netsah, désignation de la 7° Séphire ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Netsah signifie Victoire ou Triomphe ; or, pour vaincre ou triompher il faut s'associer à la marche du Progrès, dont il importe de se faire l'agent actif.

 

         NETSAH, HOD et JESOD constituent, dans l'arbre des Sephiroth, le ternaire dynamique, NETSAH représentant le principe générateur ou directeur du mouvement ou du travail universel; HOD est la loi selon laquelle s'opère l'oeuvre constructive ou l'organisation universelle; JESOD, enfin, figure le plan déterminé de ce qui doit se faire, le type constructif destine à s'objectiver.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Pouvez-vous nous indiquer également le sens du mot Tiphereth ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Tiphereth signifie BEAUTE. Le Beau s'impose à nous; il force notre admiration et nous oblige à l'aimer. Nos sentiments sont ainsi dominés par l'idéal qui se dégage de nos aspirations.

 

         Ne craignons pas de désirer le mieux, fortifions notre désir, rendons-le profond, afin qu'il parte du plus intime de notre être. Sachons rêver avec ferveur, construisant en rêve ce dont nous désirons ardemment la réalisation pratique. N'oublions pas que les plus grandes choses sont nées de l'imagination d'un rêveur !

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, veuillez nous parler de Geburah, Pec'had ou Din, noms attribués à la 5° Séphire.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         Geburah se traduit par  RIGUEUR, SEVERITE.

 

         Pec'had par  PUNITION, CRAINTEet 

 

         Din par JUGEMENT.

 

         Tous ces mots font allusion à la nécessité de se restreindre, de se limiter, de se maîtriser soi-même. L'être n'est libre que s'il sait se gouverner et par conséquent se dominer. De même que les richesses laborieusement accumulées ne doivent pas être dépensées inconsidérément. Il appartient au sage d'économiser les forces dont il dispose. La vie échappe à qui ne sait la retenir ; elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre ensuite en oeuvre à bon escient.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère deuxième Grand Surveillant, il vous sera facile de nous faire saisir le sens de C'hesed et de Gedulah.

 

LE DEUXIEME GRAND SURVEILLANT

 

         C'hesed signifie Grace, Misericorde, Merciet      Gedulah, Grandeur, Magnificence.

 

         Au ternaire dynamique constitué par les 7e, 8e et 9e Sephiroth, se superpose un ternaire animique ou vital, dans lequel la 4e Sephire correspond au principe d'expansion généreuse qui donne et répand la vie, alors que la 5e administre la vie donnée, l'économise, l'empêche de se diluer, afin de la maintenir au degré de tension voulue. Quant à la 6e Sephire, elle nous montre la Beauté comme le résultat de l'activité vitale ou animique.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère premier Grand Surveillant, que direz-vous de Binah ?

 

LE PREMIER GRAND SURVEILLANT

 

         Binah signifie Intelligence ou Compréhension. C'est la faculté qui conçoit les idées. Elle a été comparée à une Vierge-Mère enfantant les images originelles des choses, car c'est une faculté féminine ou réceptive. C'est elle qui revêt l'idée pure d'une forme, grâce à laquelle elle devient exprimable, après avoir été formulée. Toute idée, en effet, doit se refléter dans l'imagination, afin de s'y traduire en image, et prendre ensuite le caractère d'une entité imaginaire, mais réelle dans le domaine de l'irréalité.

 

         Le Penseur n'imagine pas en vain: il peuple l'ambiance mentale d'images destinées à être recueillies progressivement par les intelligences réceptives. Les idées ont besoin d'être semées par des hommes qui ne seront compris que plus tard. Le grain réparti germe, ce blé se développe, et, lorsque la moisson a mûri, une révolution intellectuelle se trouve accomplie.

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Frère Grand Orateur, vous qui avez pour mission de faire prévaloir ici la raison et la saine logique, quelle idée nous donnerez-vous de C'hochmah ?

 

LE FRERE GRAND ORATEUR

 

         C'hochmah signifie Sagesse. Il s'agit ici de la Pensée créatrice, de cette suprême Raison, radiation de cette Lumière principielle qui éclaire toutes les intelligences. Cette Lumière brille en chacun de nous dès que nous avons su rendre transparentes les écorces corporelles qui tendent à l'obscurcir, Les purifications initiatiques font tomber le bandeau qui dérobait à notre vue la clarté de notre lumière intérieure.

L'Initié bénéficie d'une illumination produite par l'éclat de sa propre raison, rendue plus active, plus consciente d'elle-même et mieux mise en rapport avec c'hochmah, source centrale de toute sagesse et de toute raison.

 

 

LE TROIS FOIS PUISSANT GRAND MAITRE

 

         Mais à qui revient le droit de s'identifier avec Ce qui est, avec ce qui possède l'Être en soi ?

 

         Que sommes-nous, nous qui parlons, nous qui avons conscience de notre moi ? Personnalités éphémères, nous ne participons que transitoirement à l'existence. Aucun de nous ne peut dire:Je suis, puisque nous n'apparaissons que pour disparaître.

 

         Nous concevons cependant un principe possédant l'être véritablement, c'est l'Être étant, que les Kabbalistes représentaient par le mystérieux tétragramme tracé sur la plaque triangulaire d'or incrustée dans le cube Agathe auprès duquel vous avez été conduits.

 

         Il ne m'appartient pas de vous révéler ici toute la portée du mot sur lequel de gros volumes ont été tracés. Vous êtes appelés à vous instruire par vous-mêmes des divers systèmes de philosophie que l'on s'est efforcé d'édifier sur ce qui nous a été conservé de fort anciennes et respectables traditions.

 

         Considérez simplement que le mot sacré par excellence, le mot ineffable qui ne doit pas être prononcé, se compose des quatre lettres, Jod, He, Vau, He.

 

         Le Jod initial n'est qu'une virgule, principe de toute numération et écriture, ou mieux point primitif, point suprême, symbole de l'Unité inaccessible, en laquelle nous pouvons imaginer concentrée toute la vertu expansive des choses. Nous nous ferons ainsi une idée de l'Archée, principe de toute activité, cause agissante, sujet pensant, concevant, voulant et commandant, personnifiée dans l'Artiste, l'Ouvrier, l'Opérateur, le Créateur, l'Engendreur.  

         Le He traduit le souffle qui sort de l'intérieur pour se répandre au dehors. C'est la Lumière de gloire, la splendeur d'En Haut. C'est l'émanation qui rayonne d'un point central pour remplir l'espace, c'est l'activité exercée par le principe actif (Jod) et sans laquelle celui-ci ne serait pas actif. Il s'agit donc ici, par rapport à Jod, de l'acte de penser, de concevoir, de vouloir, de commander.  

         Le Vau figure le rapport qui relie la Cause à l'effet. C'est la raison en Dieu, sa délibération, sa pensée agissant dans le libre choix de ses déterminations.  

         Quant au second He, il manifeste le résultat de l'action, l'oeuvre réalisée le travail effectué et s'effectuant la création en voie d'accomplissement C'est la Lumière Créée, la Lumière de Dieu dans son Royaume .

 

         Vous avez entendu, mes Frères, ce qui pouvait être dit.

Source : Rituel REAA

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 06:32

I PREAMBULE

Le REAA s’inspire de nombreuses traditions comme la Bible, l’Evangile de Jean, la Cabbale Juive, l’Alchimie, les ésotérismes des religions du livre (judaïsme, christianisme, islam), la magie blanche, le symbolisme des nombres, la légende arthurienne, les compagnons bâtisseurs de cathédrale, l’Egypte ancienne, la Grèce antique, l’hermétisme etc …. Toutes les traditions ont en commun l’utilisation de la voie symbolique, ce qui facilite leur intégration dans le REAA et ce à un point tel qu’il est difficile de s’en abstraire. En revanche, il est aisé de repérer et d’isoler les marques des ces traditions afin de les étudier séparément dans le contexte du REAA et d’en évaluer l’influence.
Dans sa définition la Cabbale juive est une école de sagesse et l’Arbre des SEPHIROTH en est l’un des éléments fondamentaux.

II LA CABBALE

• La cabbale constitue l’ésotérisme hébraïque ; elle a été révélée la première fois après la chute de Jérusalem et la destruction de son temple afin de donner au peuple juif dispersé, un gage d’unité auquel il pourrait s’accrocher pendant les périodes difficiles qu’il avait à surmonter (70 après JC).
• En Hébreux le mot cabbale signifie TRADITION ; la cabbale est une interprétation mystique de la Bible.
• C’est en Espagne et à Babylone entre les XI eme et XIII ème siècles que la cabbale a ressurgi grâce à un exceptionnel élan d’intelligence initié par les trois religions du Livre et aussi grâce à des circonstances favorables. Ces religions mirent en sommeil leurs sanglantes rivalités et créèrent des « Maisons de la Sagesse » dans lesquelles les « gens du Livre », ainsi qu’ils furent dénommés, mirent en commun les ressources de leurs bibliothèques pour traduire des textes notamment arabes, hébreux, latins, grecs, afin de les diffuser dans toute l’Europe et même au-delà. Les ouvrages qui eurent le plus de succès furent ceux d’Aristote sur la logique, ceux d’Avicenne sur l’Ame et la Métaphysique, ceux de Ghazali sur le droit, ceux d’Averroès sur la médecine et la philosophie, entre autres sages. Le franciscain Saint Bonnaventure s’est inspiré d’Avicenne et d’Averroès pour établir une école de formation des prêtres, ainsi que Saint Thomas d’Aquin et Albert Legrand qui firent la même chose. A cette époque les mystiques juifs étaient fortement influencés par les cultures qui les entouraient. Les sages, chrétiens et musulmans étaient dans le même état d’esprit, tout cela a produit un amalgame de systèmes religieux qui a enrichi les « Maisons de la Sagesse ». De ce climat œcuménique resurgirent la cabbale, le soufisme et l’ésotérisme chrétien.
• Ces courants de Sagesse furent plus ou moins à l’origine de la création d’universités en Espagne, en France et en Angleterre. D’ailleurs l’enseignement de la Cabbale n’a jamais été interrompu, il fut transmis à travers les siècles et modifié périodiquement pour s’adapter aux lieux et aux époques. Parallèlement il en fut de même pour l’Hermétisme qui a été redécouvert pendant la Renaissance italienne (Giordano Bruno), idem pour l’Alchimie. Pic de la Mirandole a écrit « la cabbale est la révélation véritable qui seule peut donner la preuve réelle du caractère divin de la mission du Christ ». Malheureusement les successeurs du Christ ne furent ni des cabbalistes, ni de sages philosophes.
Ces emprunts de symboles transformés par le REAA modifient leurs acceptions d’origine jusqu’à n’avoir plus rien de commun avec elles ou presque
• La cabbale est un système de pensée basé , entre autre, sur la contemplation de l’Arbre des Sephiroth et la méditation. Ce système de pensée peut être transposé à tous les niveaux de la manifestation Divine, à savoir : (voir figure 2)
1. le niveau divin non manifesté (hors espace/temps),
2. le niveau divin manifesté (l’univers),
3. le niveau de la vie (en général),
4. le niveau humain (l’Espèce),
5. le niveau du Moi profond et de l’Initié,
6. le niveau de l’infra humain (terme employé par la cabbale pour désigner les primitifs),
7. le niveau satanique.
 Toute une vie ne suffirait pas pour intégrer tout l’enseignement de la cabbale ; j’avais lu moi-même plusieurs centaines de pages sur ce sujet, à la suite de quoi j’avais fait, il y a une dizaine d’années, un résumé d’une vingtaine de pages complètement abscond. Ce jour, après plusieurs essais pour dégager un « fil rouge », je me suis focalisé sur une seule utilisation de l’Arbre des Sephiroth et j’ai choisi de réfléchir sur son influence sur le REAA et notamment sur l’ouverture des travaux maçonniques.

III L’ARBRE DES SEPHIROTH, PRESENTATION

Cette figure géométrique, tout comme une échelle de Jacob, permet à tout moment de s’évader de la vie courante pour conduire la pensée vers les sphères de l’esprit et de redescendre sur Terre après avoir puisé dans la pensée de l’univers ; l’Arbre des Sephiroth est un moyen de structurer notre réflexion. Ce moyen de méditation assisté par une figure géométrique existe sous d’autres aspects : les différents polygones, les pyramides, les étoiles, les labyrinthes, le cercle, le point, l’X du Tsim Tsoum etc…D’autres moyens existent pour structurer la pensée : la musique, les percussions, les mantras, les moyens lumineux, olfactifs gestuels et même le silence….
Le mot SEPHIROTH (SEPHIRAH au singulier) vient de l’ hébreux, langue dans laquelle il signifie CHIFFRE, nous sommes partiellement dans la symbolique des nombres.    
• Vision générale  :
1. On peut décrire succinctement l’Arbre des Sephiroth comme étant un empilement vertical de triangles.
2. Les côtés de ces triangles sont des sentiers ; Il y en a 22 comme les 22 lettres de l’alphabet grec. Ils portent un nom. Aux angles des ces triangles il y a des cercles, baptisés sephiroth, qui porte chacune un nom, il y en a 10.    
• Dans cet empilement vertical de triangles, certains ont la tête en haut et d’autres la tête en bas ; orientation signifiante. Chaque niveau de triangle représente un niveau de manifestation différent, c’est une triade.
• Par les sentiers et les sephiroth ces niveaux de manifestation interagissent.
• L’Arbre présenté dans le contexte maçonnique comporte 6 niveaux mais il existe des arbres dans des contextes différents pouvant présenter 2 fois plus de niveaux.
• La Cabbale juive n’a pas le privilège de l’Arbre des Sephiroth. On retrouve des figures similaires ayant le même fonctionnement dans d’autres traditions comme celles des tziganes, des romes d’Europe centrale, des celtes et des vikings, des touaregs de l’Egypte ancienne, de l’Amérique précolombienne etc….
   
IV ANALYSE DE L’ARBRE DES SEPHIROTH
( selon Jean Haab l’Arbre des Sephiroth est un glyphe fantastique)

• Vision détaillée :

1 l’Arbre est divisé en 6 niveaux de hiérarchie divine :
- Le niveau 0 de l’AIN-SOPH plane au dessus de l’Arbre, il est hors Monde il est comparable au signe mathématique de l’infini.
- Le niveau 1 : Monde d’AZILUTH
Le niveau 1 est le sommet de l’Arbre. La Sephirah KETHER (la couronne) est comparable au chiffre 0 dans lequel on aurait placé le signe mathématique de l’infini, le cardinal de cet ensemble est un nombre transcendant qui génère tous les autres. KETHER est un archétype divin qui génère la création BINAH à gauche et HOCHMAH à droite, constituant ainsi ce que la Cabbale dénomme la GRANDE TRIADE, symbole créateur. Rappelons qu’en FM le Ternaire est omniprésent, il contient l’opposition duale qui après élévation se résout dans l’UNITE. Le 1 est la valeur secrète du 3. Le FM doit résoudre ce secret en lui-même. Pythagore disait « Dieu est nombre des nombres ».
- Le niveau 2 est le monde manifesté de BERIAH, il va de l’infiniment petit à l’infiniment grand (entre lesquels est l’infiniment complexe). Le monde de BERIAH est issu de l’énergie vitale contenant l’Information, c’est le monde de l’infiniment complexe.
- Le niveau 3 est le monde de l’évolution dynamique de la matière et de la VIE, telle est YETHZIRAH.
- Le niveau 4 est le monde de l’action et du moi profond c’est ASSIAH. La parole n’a d’existence que si elle se transforme en ACTION (symbole maçonnique fort).
- Le niveau 5 est le monde infra- humain et satanique de KLIPOTH.
• Vision détaillée de l’Arbre dans laquelle se dessinent les trois pilliers de la Sagesse.
Dans la figure 2 nous avions découvert l’existence de quatre niveaux horizontaux dans l’empilement de triangles que sont les TRIADES. Maintenant dans la Figure 3 nous discernons 3 colonnes verticales ; ce sont les piliers de la SAGESSE.
1. Au centre, le pilier de l’EQUILIBRE, dominé en loge maçonnique par le DELTA LUMINEUX, représente la ligne de VOLONTE DIVINE appelé KAV dans la Cabbale. Ce pilier part de KETHER (le CREATEUR) passe par THIPHERETH, Sephirah qui représente le Messie phare de l’Humanité et descend jusqu’à MALKUTH (le Royaume) qui représente l’INITIE potentiel au fond de chaque être humain, la ligne KAV descend jusque dans l’INFRA-HUMAIN (prouvant ainsi que chaque humain est secourable) et va jusqu’à KLIPOTH la Sephirah satanique. Le Vénérable Maître qui envoie la pulsion créatrice représente KETHER et le couvreur représente MALKUTH.
2. A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.    
3. A droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.
• Vision détaillée de la descente du Pouvoir Divin en Loge
1. Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin
2. Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR ZIGZAGANT impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

V UTILISATION DE L’ARBRE DES SEPHIROTH PAR L’INITIE

• La présentation dynamique de l’Arbre est inscrite dans la Cabbale. Pour le FM, la vision dynamique de cette structure est voulue par le REAA. Elle l’initie à faire un travail sur lui- même. Cette vision est cohérente avec l’esprit de REAA. Il serait absurde de modéliser un univers statique alors que nous savons que tout tourne, tout vibre de l’infiniment petit à l’infiniment grand ; l’univers se complexifie franchissant ainsi des paliers vers de plus en plus de conscience. Par l’Homme, c’est dans le domaine de l’esprit que cela se produit avec pour moyen essentiel la VISION INTERIEURE proposée par l’Arbre des Sephiroth et le REAA.
• La Cabbale, nous l’avons signalé, s’inspire de la pensée grecque où existait, entre autres, la Tradition des Mystères d’Eleusis. Sur l’un des Temples qui lui était consacré, était inscrit : « descend au fond de toi-même et tu découvriras les secrets de l’univers » formule attribuée à Socrate. Nous avons dans le REAA la formule V.I.T.R.I.O.L ; visible seulement dans le Cabinet de réflexion, elle dit la même chose. L’objet premier de notre quête est de retrouver la Parole Perdue. De la réussite de cette quête dépendent toutes les autres motivations.    
• Lorsque le Vénérable Maître ouvre les travaux en faisant descendre l’éclaire zigzaguant de KETHER à MALKUTH, il incite tous les FM à remonter en zigzaguant de MALKUTH à KETHER, de TRIADES en TRIADES afin de découvrir l’Unité. Seul un messie peut, théoriquement, monter directement de MALKUTH à KETHER. L’initié ordinaire remonte laborieusement en zigzagant.
• Durant cette ouverture des travaux, le nombre de coups de maillet est lui-même signifiant : si nous comptons bien, nous avons 4 séries de 3 fois 1 coup de maillet puis 3 fois 3 coups de maillet. Je vous invite à méditer sur le symbolisme des nombres pour résoudre cette énigme vous-mêmes.
• La présence sur les 4 figures proposées de l’Arbre, d’une mystérieuse SEPHIRAH (en pointillés) appelée DAATH n’aura pas échappé à votre vigilance. DAATH est située sur le pilier central, celui de l’EQUILIBRE sous la grande TRIADE sommitale entre la VOLONTE CREATRICE et la CREATION. DAATH représente cette Espérance que nous avons que l’évolution à un sens, qu’elle conduit à un aboutissement. DAATH est l’INTUITION, le sixième sens ajouté à nos cinq sens biologiques. Cette intuition est le reflet de KETHER dans MALKUTH, elle est le moteur de notre évolution vers plus de conscience. 
Si les concepteurs,du REAA ont emprunté les symboles de plusieurs traditions, ce fut probablement pour multiplier les canaux de communication et ainsi toucher le plus possible de catégories de sensibilités et de stades d’avancements initiatiques, lesquels sont infinis.
Il faut s’attendre à ce que certains symboles soient sans échos, notamment chez les profanes ou chez les initiés allergiques à ce type de vecteurs. Mais ces échecs ne sont pas une raison suffisante pour oublier ces moyens de communication, un jour ou l’autre la connection peut se produire de manière inattendue.
Si l’on admet que l’arbre des sephiroth est conçu pour structurer la pensée dans le cadre d’une méditation ou d’une réflexion chez des personnes enclines à la voie mystique on peut étendre son usage à d’autres secteurs de la pensée. Cependant, après la phase exploratoire sur la voie initiatique au cours de laquelle on butine plusieurs fleurs à la fois, la recherche devra être recentrée en ne mélangeant pas plusieurs voies initiatiques et philosophiques simultanément. En revanche, la voie symbolique n’est pas incompatible avec la voie scientifique, bien au contraire, les hommes scientifiques finissent toujours par y arriver.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/Arbre-des-Sephiroth_a262.html

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Published by Jean-Pierre Fressafond - dans Planches
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:53

Nous voici donc conduits à cet Infini dont le nom hébreu, EN SOPH, vous a été révélé. Vous connaissez aussi "MALKUT", ou le Royaume dont vous êtes Maîtres, puisque vous le circonscrivez avec votre compas mental. Mais est-il possible de relier le Fini à l'infini, le concret à l'abstrait, MALKUT à EN SOPH ?

Vous savez comment nos prédécesseurs de l'Antiquité ont résolu la question puisque vous avez traversé les neuf voûtes cabalistiques, dont chacune est caractérisée par le nom d'une des Séphiroths. Nous ne pouvons ici vous enseigner en détail la doctrine des Séphiroths, mais nous allons vous exposer quelques notions pour orienter vos méditations.

Frère Gardien de le Tour, qui, pour veiller à notre sécurité, observez le monde extérieur, veuillez nous dire ce qu'on peut penser à propos de la dixième séphire MALKUT ?

Le Frère Gardien.
Ce mot signifie Royaume. Or l'Homme est le Roi de tout ce qui est à sa portée: II est le Régent de l'Univers. Mais le domaine de notre activité n'est qu'une immense fantasmagorie que l'Initié ne doit pas confondre avec la Réalité Vraie. Celle-ci ne tombe pas sous les sens et le Sage doit s'appliquer à chercher ce qui se dissimule derrière les apparences.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Que nous direz-vous à propos de JESOD ?

Le Frère Gardien.
Jesod, la 9ème séphire, signifie Base ou Fondement. Tout objet Perceptible, comporte des éléments qui échappent à notre perception, et qui sont coordonnés entre eux selon un plan invisible, mais concret d'après lequel les êtres se construisent. Lorsque les Maîtres travaillent sur la planche à tracer, ils agissent sur ce Plan, c'est-à-dire que leur action s'exerce sur Jesod, base ou fondement de ce qui doit prendre corps.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant, vous qui représentez Mahabon, le plus zélé des Maîtres de son temps, ami d'Hiram-Abi, veuillez nous éclairer sur la signification de HOD.

Le Second Grand Surveillant.
HOD, huitième Séphire évoque la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Si les Francs‑Maçons travaillent, à cette gloire, ce n'est pas pour rendre hommage à un Être Suprême qui serait forcément au-dessus de toute glorification. La Gloire resplendissante désignée par Hod s'identifie avec la Logique, l'Ordre, la Coordination, la Loi, qui assurent le fonctionnement régulier de tous les rouages de l'organisme universel. Pour travailler à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, il ne s'agit donc pas de chanter ses louanges, mais de remplir fidèlement le rôle qui nous est assigné par la destinée. Que chacun accomplisse sa tâche particulière et qu'il fasse scrupuleusement son devoir, afin de donner la note qui lui est demandée dans le concert de l'harmonie universelle.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Premier Grand Surveillant, vous qui représentez ici Adoniram, Chef des tribus chargées de couper les cèdres sur les flancs du mont Liban, comment interprétez-vous NETSAH, désignation de la 7ème Séphire ?

Le Premier Grand Surveillant.
Ce mot signifie Victoire ou Triomphe; or pour vaincre ou triompher, il faut s'associer à l'évolution et à la marche du Progrès, dont il importe de se faire l'agent actif ; NETSAH, forme avec HOD et JESOD, le ternaire dynamique de l'arbre des séphiroth ; NETSAH représente le principal générateur ou directeur du mouvement du travail universel ; HOD est la loi selon laquelle s'opère l’œuvre constructive ou l'organisation universelle ; JESOD, enfin, figure le plan déterminé de ce qui doit se faire, le type constructif destiné à s'objectiver.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Pouvez-vous également nous indiquer le sens du mot TIPHERETH ?

Le Premier Grand Surveillant.
TIPHERETH, sixième Séphire signifie Beauté, et nous rappelle que le Beau, qui s'impose à nous, doit nous inspirer dans l'accomplissement de nos aspirations et la réalisation de notre Idéal. Ne craignons pas de désirer le mieux, fortifions notre désir, rendons le profond afin qu'il parte du plus intime de notre être. Sachons rêver avec ferveur, construisant en rêve ce dont nous désirons ardemment la réalisation pratique. N'oublions pas que les plus grandes choses sont nées de l'imagination d'un rêveur.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant, veuillez nous parler de GEBURAH, PEC'HAD ou DIN, noms attribués à la 5ème Séphire ?

Le Second Grand Surveillant.
GEBURAH se traduit par Rigueur, Sévérité. PEC'HAD par Punition, Crainte, et DIN par Jugement.
Tous ces mots font allusion à la nécessité d'être maître de soi-même. L'Homme n'est vraiment libre que s'il sait se gouverner et se dominer. De même que les richesses laborieusement accumulées ne doivent pas être dépensées inconsidérément, il appartient au sage d'économiser les forces dont il dispose. La vie échappe à qui ne sait la retenir; elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre ensuite en œuvre à bon escient.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant veuillez nous indiquer le sens de C'HESED ou GEDULAH.

Le Second Grand Surveillant.
Le nom de la 4ème séphire, C'HESED signifie grâce, miséricorde, on l'appelle aussi GEDLLAH qui signifie grandeur, magnificence. Au ternaire dynamique constitué par NETSAH, HOD et JESOD, se superpose un ternaire animique dans lequel C'HESED correspond au principe qui donne et répand la vie, alors que GEBURAH administre la vie donnée, et que TIPHERETH nous montre la Beauté comme le résultat de l'activité vitale ou animique.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère premier Grand Surveillant, que direz-vous de BINAH ?

Le Premier Grand Surveillant.
BINAH, 3éme séphire signifie intelligence, compréhension. C'est la faculté qui conçoit les idées. Elle a été comparée à une Vierge Mère enfantant les images originelles des choses. C'est une faculté féminine ou réceptive. C'est elle qui revêt l'idée pure d'une forme, grâce à laquelle elle devient exprimable, après avoir été formulée. Toute idée doit se refléter dans l'imagination. Le Penseur n'imagine pas en vain. II peuple l'ambiance mentale d'images destinées à être recueillies par les intelligences réceptives. Les idées ont besoin d'être semées, même si les hommes qui les sèment ne sont compris que dans un avenir plus ou moins lointain.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Grand Orateur, vous qui avez pour mission de faire prévaloir ici la saine raison et la pure logique, quelle idée nous donnerez vous de C'HOCHMAH ?

Le Frère Grand Orateur.
La deuxième séphire, C'HOCHMAH, c'est la sagesse, le verbe. C'est la Pensée créatrice, ce suprême rayon de la Lumière universelle qui éclaire tout homme venant en ce monde. Cette Lumière brille en chacun de nous dés que nous avons su rendre transparentes les écorces corporelles qui tendent à l'obscurcir. Les purifications initiatiques font tomber le bandeau qui dérobait à notre vue la clarté de notre lumière intérieure. L'Initié bénéficie d'une Illumination produite par l'éclat de sa propre raison, rendue plus active, plus consciente d'elle-même et mieux mise en rapport avec C'HOCHMAH, source centrale de toute sagesse et de toute raison.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Quand à la Première séphire, KETHER, la Couronne, c'est la Cause Première, inconcevable pour l'esprit humain. Mais à qui revient le droit de s'identifier à CE QUI EST, à ce qui possède L'ÊTRE EN SOI ? Aucun d'entre nous ne peut dire : JE SUIS puisque nous n'apparaissons que pour disparaître. Nous concevons cependant un principe possédant l'Être en soi, c'est l'ÊTRE ETANT, que les cabalistes représentaient par le mystérieux tétragramme inscrit sur la pierre d'agate devant laquelle vous avez été conduits. Il ne m'appartient pas de vous révéler ici toute la portée de ce mot ineffable. Rappelez-vous simplement que ce mot sacré, qui ne doit pas être prononcé se compose de quatre lettres ( IOD, HÉ, VAU, HÉ ).

Le IOD initial évoque le Principe Créateur, cause agissante, concevant et commandant. Le premier HÉ, c'est l'émanation qui rayonne d'un point central pour remplir l'espace. II correspond au travail, à la vie ou à l'opération envisagée en elle même. Le VAU figure le rapport qui relie la Cause à l'Effet. Le second HÉ manifeste le résultat de l'action, le travail effectué et s'effectuant, la création en voie d'accomplissement.

Source : www.ledifice.net

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:50

Les dix Séphiroths de vibration universelle émanent de l'Ain-Soph qui est l'étoile microcosmique qui guide notre intérieur, l'Etre réel de notre Etre.
On parle des dix Séphiroths, mais en réalité elles sont au nombre de douze ; l'Ain-Soph est la onzième et son antithèse ténébreuse, l'abîme, est la Séphiroth 12.

Ce sont douze sphères ou régions universelles qui se pénètrent et s'interpénètrent mutuellement sans se confondre. Les douze sphères gravitent dans l'atome central du signe de l'infini. Dans ces douze sphères se développe l'humanité solaire. Nous avons déjà dit que le signe de l'infini se trouve au centre de la Terre, dans son cœur. Les Séphiroths sont atomiques; les dix Séphiroths peuvent se réduire à trois tables : 1 la table des quanta, de l'énergie rayonnante qui vient du Soleil ; 2 la table des poids atomiques des éléments de la nature ; 3 la table des poids moléculaires des composés.
C'est l'échelle de Jacob, qui va de la terre jusqu'au ciel. Tous les mondes de conscience cosmique se réduisent aux trois tables.

Une Séphiroth ne peut être comprise sur un seul plan, car sa nature est quadruple. C'est pourquoi les kabbalistes s'expriment clairement en disant qu'il y a quatre mondes.
Aziluth : C'est le monde des archétypes ou monde des émanations ; c'est le monde divin.
Briah : C'est le monde de la création, aussi appelé Khorcia, c'est-à-dire le monde des sections.
Ietzirah : C'est le monde de la formation et des anges.
Assiah : C'est le monde de l'action, le monde de la matière.
Trois Séphiroths de la forme se trouvent sur le pilier de la sévérité (Binah, Geburah, Hod).
Trois Séphiroths de l'énergie se trouvent sur le pilier de la miséricorde (Chokmah, Chesed, Netzah).

Entre ces deux piliers se trouve le pilier de l'équilibre, où sont les différents niveaux de la conscience (Kether, Tiphereth, Jesod, Malkuth).

Les dix Séphiroths connues proviennent de Séphira, la Mère divine qui réside dans le Temple-Cœur : Io est le mantra de la Mère divine et les émanations de la Prakriti sont au nombre de 10, en d'autres mots les dix Séphiroths.
Kether est le Père en nous, un souffle de l'Absolu qui est en lui-même profondément inconnu. Kether est l'Ancien des jours et chacun de nous, au fond, est un bienheureux Ancien des jours.
Chokmah est le Fils, le Christ atomique en nous. Binah est la Mère en nous, l'Esprit saint en nous. Kether, Chokmah et Binah sont notre couronne Séphirotique.
Le Père très aimé, le Fils très adoré et le très sage Esprit-Saint vivent dans les profondeurs de notre conscience superlative, attendant l'instant suprême de notre réalisation.

L'Esprit saint est notre Mère divine, qui revêt un manteau bleu et une blanche tunique aux splendeurs exquises.
La Mère porte dans sa main une lampe précieuse ; cette lampe est l'Intime, qui brille au fond de nos coeurs. L'Intime est contenu dans un vase d'albâtre fin et transparent. Ce vase est notre propre conscience superlative, c'est notre Bouddhi.
L'Intime est la Séphiroth Chesed, la Bouddhi est la Séphiroth Geburah.
L'Intime et la Bouddhi s'expriment à travers l'âme humaine. L'âme humaine est Tiphereth, la volonté, la beauté.
Ainsi donc, l'Intime, avec ses deux âmes, la divine et l'humaine, officie sur son trône, qui est le système nerveux cérébro-spinal.
L'Intime est couronné de la couronne Séphirotique. L'Intime habite dans son temple. Le temple de l'Intime a deux colonnes : Jakin et Bohaz. Jakin est le mental, Bohaz est le corps astral. Le mental est la Séphiroth Netzah, l'astral est la Séphiroth Hod. Ces deux colonnes du temple s'appuient sur la pierre cubique de Jesod. Cette pierre cubique sert également de fondement au royaume de Malkuth. Cette pierre cubique est le corps éthérique, Malkuth est le corps physique.

L'homme est donc une décade complète. Nous avons dix doigts dans les mains, dix Séphiroths et dix commandements.
Lorsque l'Ancien des jours réalise les dix Séphiroths en lui-même, il se transforme en Adam-Kadmon, en homme céleste.
Celui qui réalise les dix Séphiroths en lui-même resplendit dans le monde de la lumière avec un éclat christique ineffable.
Quand l'Ancien des jours réalise les dix Séphiroths en lui-même, celles-ci resplendissent dans le monde de la lumière comme des pierres précieuses, comme des pierres resplendissantes dans le corps de l'Ancien des jours.
« Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'esprit dit aux Eglises : au vainqueur, je ferai manger de l'Arbre de vie placé dans le Paradis de Dieu » (Apoc 2 : 7).

Les dix Séphiroths resplendissent comme des pierres précieuses dans le corps de l'Ancien des jours. C'est ainsi que nous nous convertissons en la Jérusalem céleste, qui est ainsi décrite : « Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toute sorte : la première assise est de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude, la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolite, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste » (Apoc 21 : 19-20).

Les dix Séphiroths sont atomiques, les dix Séphiroths sont la ville sainte, la Jérusalem qui vient à resplendir au fond de notre cœur.
« Au milieu de la place, de part et d'autre du fleuve, il y a des arbres de vie qui fructifient douze fois, une fois chaque mois ; et leurs feuilles peuvent guérir les païens ».
« De malédiction, il n'y en aura plus ; le trône de Dieu et de l'Agneau sera dressé dans la ville, et les serviteurs de Dieu l'adoreront, ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts ».
« De nuit, il n'y en aura plus ; ils se passeront de lampe ou de soleil pour s'éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière, et ils régneront pour les siècles des siècles » (Apoc 22 : 2-5).

Quand l'homme aura incarné en lui-même sa couronne Séphirotique, alors l'Ancien des jours l'éclairera et régnera pour les siècles des siècles.
Cependant, frères de mon âme, je vous dis en vérité que personne ne parvient au Père si ce n'est par le Fils. Le Fils est le Christ atomique en nous, il est Chokmah, la divine sagesse christique, la Gnose qui resplendit au fond de notre cœur.
Nous devons inonder tous nos véhicules d'atomes de nature christique, nous devons former le Christ en nous pour monter au Père, car personne ne parvient au Père sans passer par le Fils.
Même si le Christ naissait mille fois à Bethléem, cela ne servirait à rien s'il ne naissait aussi dans notre cœur. Il faut former le Christ en nous pour entrer par les portes de la ville triomphante et victorieuse, le dimanche des Rameaux.
La nativité est un événement cosmique qui doit se réaliser en chacun de nous. La nativité est absolument individuelle. Il est nécessaire que le Christ naisse en nous, la nativité du cœur est urgente.

Il faut transformer l'Arbre de la science du bien et du mal en l'Agneau immolé de la cité sainte.
« Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus jamais » (Apoc 3 : 12).
« Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la Couronne de vie » (Apoc 2 : 10).
« Je suis le pain de vie, Je suis le pain vivant, Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier Jour. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6 : 48, 51, 54, 56).

Le Christ est réellement une couronne Séphirotique d'une sagesse incommensurable, dont les atomes les plus purs resplendissent dans Chokmah, le monde d'Ophanim.
Cette couronne Séphirotique incommensurable envoya son Bouddha, Jésus de Nazareth, qui se prépara à travers d'innombrables réincarnations dans notre évolution terrestre.
Ce fut dans le Jourdain que la couronne christique, que le Logos solaire resplendit et pénétra dans son Bouddha, Jésus de Nazareth.
C'est là le mystère de la double personnalité humaine, l'un des mystères les plus grands de l'occultisme.
Quand l'homme reçoit sa couronne Séphirotique, alors l'Ancien des jours l'illumine et le conduit vers les eaux pures de la vie.
Cependant, mes frères, personne ne parvient au Père sans passer par le Fils, et le Fils se trouve au fond de l'arche de l'alliance, attendant l'instant de la réalisation.
Cette arche de l'alliance, ce sont les organes sexuels. Ce n'est qu'au moyen de la chasteté parfaite que nous pouvons former le Christ en nous et monter au Père.

Maintenant, mes frères, je vous ai livré l'arche du Nouveau Testament.
Je vous ai maintenant enseigné le chemin de la magie sexuelle.
« Alors s'ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d'alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru » (Apoc 11 : 19).

Source : www.ledifice.net

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:43

Préliminaires

 

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin.  Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et  jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

 

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

 

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans la nuit du temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séfirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

 

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séphirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

 

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour, même si on est amené à se répéter. Nous abordons ci-dessous une approche à travers les premières occurrences des mots dans la Bible, ainsi qu'une approche sémiologique qui la complète.

 

Kéter

 

"Kéter", la couronne, n'est citée que trois fois dans la Bible. Ces trois citations proviennent du livre d'Esther et à chaque fois le mot Kéter est associé à Malkhout, le Royaume. Dans ces trois et seules citations de la couronne, la première et la dernière séfirah sont ainsi unies. "Kéter Malkhout" est la couronne royale avec laquelle la reine Vashty devait se présenter devant le roi Assuérus, quand elle était invitée au banquet des hommes (Esther 1/11).

Esther 1/11: (le roi ordonna) "d'amener devant le roi la reine Vashti, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands, car elle était remarquablement belle".

Après son refus de venir nue devant le roi, Vashty fut répudiée et sa couronne fut transmise à la belle Esther, après de nombreuses péripéties (Esther 2/17). Enfin, malgré la haine de Haman contre le peuple hébreu en général et contre Mordekhay en particulier, et malgré ses projets funestes d'extermination, Mordekhay a été honoré par le roi pour avoir su déjouer un complot contre lui. En récompense, Mordekhay devait faire le tour de la ville sur un cheval royal, avec la Couronne Royale et conduit par son ennemi Haman (Esther 6/8).

La couronne royale est ainsi liée à la célébration de Pourim, pour fêter "le changement du sort (pour)", le renversement d'une situation. Ces occurrences et le lien étroit entre les deux séfirot Kéter et Malkhout ne sont pas fortuits. Malkhout est considérée parfois comme la couronne du bas et elle est ainsi appelée "a'théret". Ces associations signifient que de Kéter à Malkhout, on se trouve devant la même unité. La descente de Kéter à Malkhout entraîne aussi la remontée de Malkhout vers Kéter; il ne s'agit pas d'un aller simple mais d'un aller et retour. Ceci est confirmé par l'équivalent guématrique de "Kéter" qui vaut 620, soit le mot "e'srim" ou 20. Vingt est le nombre de séfirot dans le voyage aller et retour.

Sur le plan sémiologique, Kéter est le "signe dans l'arrondi", le couvre chef qui protège et qui sépare, formant la haie du Roi, entre un monde à part et secret et le début de l'univers divin. Kéter est l'attribut suprême, resplendissant dans son silence, à la fois pressant vers le bas et limitant le champ de l'ascension. La Couronne Kéter délimite le monde intermédiaire et protège l'accès à l'univers d'en Haut. Cette protection pourrait être une explication du renversement de situation, le sens profond de la transformation du sort ou "pour" de Pourim.

 

H'okhmah

 

H'okhmah, la Sagesse, est citée plus de 150 fois dans la Bible-Tanakh, mais seulement dix fois dans le Pentateuque. La première occurrence de H'okhmah se trouve dans Exode 28/3: "Tu enjoindras donc à tous les artistes habiles, que j'ai doués du génie de l'art, qu'ils exécutent le costume d'Aaron, afin de le consacrer à mon sacerdoce"

Il s'agit des recommandations données à Moïse pour confectionner l'habit du grand prêtre Aharon. Cet habit doit être réalisé par des artistes inspirés dont le cœur aura été rempli de l'"esprit de sagesse".

Les autres citations de l'Exode concernent la conception et la construction de la tente du Rendez Vous et des différents objets et ustensiles pour le culte. Les qualités ou attributs de "Sagesse – Intelligence (discernement) - Connaissance" sont liés dans ces citations. Ces qualités sont attribuées en particulier à deux hommes Oholiav et Betsal-el, mais aussi à tout artiste, homme ou femme, dont le cœur aura été rempli de l'esprit divin.

Le premier verset du Deutéronome contenant la H'okhmah concerne l'observance et la pratique des lois et des statuts; celles-ci confèrent au peuple hébreu à la fois la Sagesse et le Discernement (Deutér 4/6). Dans le second verset (Deutér 34/9), Josué fils de Noun est investi comme héritier de la tradition mosaïque, car il est plein de l'esprit de sagesse.

Dans les autres parties de la Bible, les trois attributs cités ci-dessus sont repris pour qualifier les artisans du Temple de Jérusalem, Salomon et Hiram, mais aussi la reine de Saba. La plupart des autres citations se trouvent dans les deux livres attribués au roi Salomon, l'Ecclésiaste et les Proverbes, ainsi que dans le livre de Job.

Sur le plan sémiologique, H'okhmah est un questionnement sur l'existence, le point de départ de la création et la chaleur du début. Les qabalistes y ont vu le Père "aba", le point yod, germe créateur.

Ainsi l'attribut Sagesse est étroitement lié au cœur qui se remplit de l'esprit divin. Il est conféré aussi bien à des hommes qu'à des femmes. Cette Sagesse préside à la conception et à la construction de la Tente du Rendez Vous et du Temple de Jérusalem, microcosmes à l'image du macrocosme. L'observance des commandements par le commun des mortels mène à cette Sagesse, et aussi au Discernement, séfirah suivante.

D'après la tradition, la Sagesse s'acquiert par la crainte de D., mais comme toutes les qualités il ne faut pas en abuser. L'exagération dans la Sagesse mène à la vanité et au chagrin. Parfois un peu de folie a plus de poids qu'un excès de Sagesse.

Mais la Sagesse reste néanmoins du côté de la miséricorde.

 

Binah

 

Binah est le Discernement et cette séfirah apparaît pour la première fois dans le Deutéronome 4/6 cité ci-dessus. La Sagesse et le Discernement sont les deux attributs auxquels peuvent accéder ceux qui observent et pratiquent les commandements. C'est la seule occurrence dans le Pentateuque.

Deutéronome 4/6: "Observez les et pratiquez les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: "Elle ne peut être que sage et intelligente cette nation!"

Il y a une quarantaine de références bibliques surtout dans Job et les Proverbes, toutes liées à la compréhension des choses avec les limites du cerveau.

L'autre désignation rencontrée est Tvounah, l'intelligence, terminologie très voisine de Binah.

Le discernement suggère une "pensée construite": comme on édifie une maison à partir d'une fondation, comme on élève son enfant, on construit un raisonnement. Pour comprendre le sens intime des choses, on commence par un ordre logique, on y ajoute du bon sens, avec comme but suprême la connaissance du divin. La connaissance de Soi en découle. On discerne une parole à partir d'une autre parole à travers sa propre intériorité et le concept prend alors naissance progressivement. Binah implique la rigueur du raisonnement et du jugement.

Sur le plan sémiologique Binah est l'intériorité dans la connaissance du divin.

Les qabalistes y ont vu la mère "ima", la matrice des sept attributs suivants, le souffle créateur et le signe du féminin. Elle est la porte de passage vers le monde supérieur, interdit au commun des mortels.

 

Daa't

 

Daa't , la connaissance n'est pas un attribut en soi et n'est pas décompté parmi les dix séfirot. Il résulte d'une synthèse entre les deux séfirot précédentes H'okhmah et Binah. Dans certaines constructions de la Qabalah, Daa't est mis en avant à la place de Kéter. La "connaissance du divin" résulte d'une fusion harmonieuse de la Sagesse et du Discernement.

La première occurrence du mot "Daa't" est précoce puisqu'elle apparaît au début de la Genèse. Genèse 2/9: "L'Eternel fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal"

Elle désigne un arbre à l'intérieur du jardin d'Eden. Cette citation est suivie de l'interdiction de manger du fruit de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, sous peine de mourir (Gen 2/17). Puis Adam contrevient à cette interdiction et acquiert ainsi la même connaissance que le divin. Puis il s'apprête à manger de l'Arbre de Vie qui lui confère l'immortalité (Gen 3/22). Comme en Eden la connaissance et l'immortalité sont antinomiques, Adam a été amené à choisir la finitude de la vie avec le mélange du bien dans le mal.

Les autres citations bibliques confirment que Daa't désigne la connaissance du divin, conférée à certains êtres pour qu'ils puissent réaliser sur terre des œuvres symboliques et significatives à l'image d'un monde supérieur (Tente du désert, Temple de Salomon).

Sur le plan sémiologique, Daa't est la porte qui s'ouvre sur les origines et la source du signe, ou vers le temps "hors du temps", l'infini. Daa't est le delta ou le triangle lumineux, le passage de la lumière descendante ou de celle qui remonte quand elle est amplifiée par l'action humaine.

 

H'essed

 

La miséricorde H'essed est citée près de 250 fois dans la Bible mais la première citation se trouve dans la Genèse et concerne les relations entre le patriarche Abraham et sa femme Sarah. Quand il entre à Gerar, au royaume philistin d'Abimelekh, pour y demeurer, Abraham demande à Sarah, comme une faveur, de le présenter aux autorités locales comme étant son frère et non comme son mari. En effet, il était d'usage à cette époque qu'un roi local s'empare d'une belle femme et tue son époux; par contre, si l'homme qui l'accompagne n'est que son frère, il est épargné. Abraham demande ainsi la miséricorde à sa femme, la vie sauve. De plus ce n'était pas un mensonge, car Sarah était la fille de son père (et non de sa mère) et à cette époque, l'union était autorisée dans cette configuration.

Genèse 20/13: "Or lorsque D. me fit errer loin de la maison de mon père, je lui dis (à Sarah): voici la grâce que tu me feras. Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère!"

 

La citation qui suit se situe dans le même contexte du trio Abraham - Sarah - Abimelekh mais cette fois-ci, Abimelekh, dont la cour est atteinte d'une grave épidémie et qui est lui-même menacé de mort par l'Ange divin, renonce de ce fait à ravir Sarah à son époux. Souhaitant s'installer dans la région, Abraham creuse un puits dont les Philistins s'emparent. Il se plaint auprès d'Abimelekh. Pensant avoir agi correctement à son égard, puisqu'il ne lui a pas ravi Sarah, Abimelekh exige d'abord d'Abraham un serment de fidélité, avant d'intervenir pour le puits. Abraham lui offre alors sept brebis comme gage du serment, mais aussi comme preuve qu'il a creusé un puits et que celui-ci lui appartient; c'est le "serment au puits" de Beer Shewaa'.

La miséricorde de la première occurrence est en fait la grâce. Celle de la seconde est la "faveur du ciel", puisque grâce à l'ange divin qui a menacé de mort Abimelekh, le couple patriarcal a été épargné. Abimelekh a accaparé la grâce divine pour la mettre en avant et obtenir le serment d'Abraham (Genèse 21/23).

Dans les autres parties de la Bible, H'essed est la grâce qui fait suite à une injustice ou qui précède un voeu, une prière, une supplication. Elle est liée à la piété, la bonté, la charité, la bienveillance, l'affection, la reconnaissance, la faveur, la pitié… Il s'agit toujours d'une action ou d'un défaut d'action liés à un événement ou à une relation. Il y a toujours une réciprocité ou un échange, et souvent la miséricorde est liée à la recherche de la vérité "émet".

Sur le plan sémiologique, il s'agit d'un sentiment qui "coule du sein, du cœur", du sein maternel ou du cœur paternel. La cigogne qui est réputée avoir beaucoup d'affection et de charité pour ses petits s'appelle "h'assidah". Un homme pieux et bon s'appelle "h'assid".

Une mot voisin est employé au lieu de "h'essed", "rah'amim", la compassion. Ici l'image est celle du vautour protégeant ses petits ou la matrice donnant la vie. Ici aussi les premières occurrences du mot dans la Genèse se trouvent dans des situations de relations tendues et fortes, dans les rapports entre Joseph et son père Jacob et ses frères (Gen 43/14-30). Rah'amim est liée à l'indulgence, au pardon, à la pitié, à la clémence.

 

Gvourah

 

Ce mot apparaît une soixantaine de fois dans la Bible et la première fois dans l'épisode du Veau d'Or. Moïse descend de la montagne où il vient de recevoir les Tables de la Loi. Il entend les clameurs des Hébreux et leurs chants. Il essaye de les interpréter, en écartant l'hypothèse de cris ou de chants de la victoire. En fait, ce sont les hurlements affligeants d'une décadence, du retour à l'adoration idolâtre. Les Hébreux viennent d'ériger un veau d'or...

Exode 32/18: "Moïse répondit: ce n'est point le bruit d'un camp de la gloire, ce n'est point le cri annonçant une défaite, c'est une clameur affligeante que j'entend"

Ici "gvourah" exprime l'inverse du laisser aller, de l'indulgence, de la défaite. Il s'agit de la rigueur de la force victorieuse.

La deuxième occurrence se trouve dans Deutéronome 3/24 où la rigueur est liée ici à l'action, et elle exprime la force et la puissance divine: "Seigneur Eternel! Déjà tu as rendu ton serviteur témoin de la grandeur et de la force de ton bras; et quelle est la puissance dans le ciel ou sur la terre qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles!"

 

La plupart des mentions de Gvourah, la Rigueur, se trouvent dans les Prophètes et les Psaumes et ont signification la force, la vigueur, la gloire, la puissance, notamment celles de D.

Cet attribut est également lié à la grandeur "gdoulah". Sur le plan sémiologique "gvourah" est la force masculine du jeune adulte sortant de l'adolescence et du milieu familial et allant affronter les forces sauvages extérieures, le lion venu boire à la source d'eau. Sur le plan symbolique, la rigueur de gvourah est de couleur brune.

Gvourah et gdoulah apparaissent avec les trois séfirot suivantes dans 1Chroniques 29/11 où David parle de D. devant l'assemblée d'Israël. Il semble ainsi de ce fait que les séfirot ou attributs divins aient pris forme à l'époque de la rédaction des Chroniques, soit 4/5 siècles avant l'ère courante.

 

Tifeéret

 

Les deux premières occurrences de Tifeéret, la Beauté se trouvent dans l'Exode pour qualifier le vêtement sacré du grand prêtre Aharon et de ses fils. Tifeéret est le symbole de la majesté de la fonction de prêtres, car, à travers le sacerdoce, ces hommes sont consacrés à D. Ils doivent être le reflet de la beauté et de la majesté divine.

Exode 28/2-40: "Tu feras confectionner pour ton frère Aharon des vêtements sacrés, insignes d'honneur et de majesté" - "Pour les fils d'Aharon également tu feras des tuniques, et pour eux aussi des écharpes, puis tu leur feras des turbans, signes d'honneur et de dignité"

Aharon et ses fils portent ces vêtements, décrits et confectionnés avec beaucoup de précision, avant d'entrer dans la Tente du Rendez Vous ou lorsqu'ils s'approchent de l'autel.

On rencontre une cinquantaine d'autres citations essentiellement dans les Prophètes, les Proverbes et les Chroniques pour signifier la parure, le décor, l'ornement, la gloire, la beauté, la lumière, la magnificence.

Au centre de l'Arbre de Vie, "Tifeéret" est souvent liée à la couronne d'en Bas "Malkhout" représentée par l'expression "athéret". Elle est parfois aussi associée aux deux séfirot du niveau prophétique "Netsah'" et "Hod", quand on parle du roi David.

Sur le plan sémiologique, Tifeéret est le signe de la lumière qui traverse, incidente ou réfléchie par le miroir d'en Bas, Malkhout. Attribut central, la Beauté est le lien entre le haut et le bas de l'Arbre de Vie. Tifeéret amplifie la lumière qui la traverse et cette lumière est aussi le verbe, la parole, la prière…

Les qabalistes y ont vu l'aspect immanent et masculin du divin, le Prince, et aussi le lien central Waw du tétragramme "yod-hé-waw-hé".

 

 

Netsah'

 

La première occurrence de cet attribut est tardive puisqu'on ne la trouve que dans le livre de 1Samuel 15/29: "du reste le protecteur d'Israël n'est ni trompeur ni versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'il se rétracte…"

Cet attribut est "le protecteur d'Israël". Les circonstances de l'occurrence de Netsah', la Victoire, sont liées au péché du premier roi d'Israël, Saül. Le roi regrette déjà sa transgression et la confesse à son protecteur, le juge Samuel. Celui-ci lui annonce alors que D. lui arrache la royauté qu'il lui avait accordée, non par versatilité, mais pour "protéger Israël". Saül venait d'épargner Agag, roi d'A'maleq, ennemi implacable d'Israël (ennemi intérieur ou extérieur). Samuel accomplit l'acte que Saül, par peur ou par faiblesse, ne réussit pas accomplir, "tuer A'maleq", obtenir la "Victoire" sur lui! A'maleq représente le mal absolu extérieur ou en soi. Si A'maleq est épargné, Israël est en danger. D. apparaît ici comme le protecteur d'Israël.

Or Netsah' signifie Victoire, ou la durée, l'éternité. Quels en sont les rapports avec cette protection? D. est la victoire contre l'Autre Côté, le Mal, et ceci dans la durée, éternelle, infinie et dans le but de protéger Israël. Netsah' est la victoire sur l'impureté de la mort. Netsah' est un attribut du côté de la miséricorde, il est aussi la victoire durable de l'innocence.

Sur le plan sémiologique, Netsah' est la lumière qui brille d'une façon claire et limpide, la lumière primordiale et éternelle. Sur le plan symbolique, on a l'image du faucon (nets) sur la muraille (h'et), celle de la Victoire et de l'Eminence.

Les qabalistes y ont vu les lèvres qui s'entrouvrent pour prier, le début de l'esprit prophétique, la victoire sur ses propres instincts maléfiques.

 

Hod

 

La première occurrence de Hod, la réverbération se trouve dans Nombres 27/20: "Tu lui communiqueras une partie de ta majesté, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël lui obéisse", au moment où D. recommande à Moïse, avant sa mort, de transmettre à Josué une partie de sa splendeur.

La vingtaine d'autres citations se trouvent dans les Prophètes, les Psaumes et les Chroniques et ont pour sens la majesté, la gloire, l'éclat, la magnificence et la splendeur.

Le mot "hod" a pour sens commun la résonance, la réverbération avec un lien avec la parole prophétique qui se transmet grâce au charisme ou à l'exaltation ou par un être dont l'âme est élevée. Hod est aussi le halo de l'action humaine, qu'elle soit prière, étude ou générosité envers l'autre; il est aussi l'écho attendu de cette action.

Sur le plan sémiologique "hod" est à la fois une fenêtre et une porte, une fenêtre laissant passer le souffle de l'esprit ou une porte ouverte vers l'extérieur. La qabalah a vu dans hod le niveau de la voyance, l'esprit saint, l'attribut lié à l'archange Michaël, celui qui protège Israël.

Hod est du côté de la rigueur et des honneurs, c'est aussi un écho pesant de la gloire ou la lourde résonance d'une majesté.

 

Yésod

 

La première occurrence parmi la vingtaine de citations bibliques se trouve dans Exode 29/12: "tu prendras de son sang, que tu appliqueras sur les cornes de l'autel avec ton doigt: et le reste du sang tu le répandras dans la réceptacle de l'autel". Yésod désigne le réceptacle du sang du sacrifice, le fondement de l'autel.

Les autres citations ont pour sens le fondement ou la restauration de ce fondement.

Sur le plan sémiologique, Yésod a pour sens la "réalisation du secret" , c'est à dire sa transformation concrète par la révélation. La centralité de cet attribut divin le désigne comme un passage vers le monde humain, à travers la dernière séfirah Malkhout, le Royaume.

Les qabalistes y ont vu le Yod d'en Bas, l'immanence du divin par sa divulgation, mais aussi, le niveau du Juste, fondement du monde créé. Yésod est l'exutoire des épanchements supérieurs avant leur déversement dans la dernière séfirah Malkhout.

 

Malkhout

 

Le royaume Malkhout est cité plus de cent fois dans la Bible. La seule citation du Pentateuque est dans Nombres 24/7: "La sève ruisselle de ses branches (Bilaa'm prophétisant et parlant d'Israël), et sa graine est abondamment arrosée, son roi est plus grand que n'est Agag (roi d'A'maleq), sa royauté est souveraine!…".

Bilaa'm est un prophète étranger chargé par le roi Balaq de maudire Israël. Or, de ses lèvres sortent des paroles de bénédiction. Comme pour la première séfirah Kéter, on assiste ici aussi à "un renversement du sort", du destin d'Israël.

La plupart des autres citations sont dans les Psaumes pour désigner le Royaume de D., mais aussi dans Esther, comme on l'a vu ci-dessus avec Kéter, dans Daniel et les Chroniques. Le sens commun de Malkhout est aussi bien la royauté que le royaume.

Sur le plan sémiologique Malkhout est l'élévation de la matière par le signe, c'est à dire que le monde matériel s'élève par l'étude des symboles et des signes cachés.

Les qabalistes y ont vu l'aspect féminin de l'immanence divine ou Shékhinah, le "hé" du bas, l'exutoire de tous les flux de l'Arbre de Vie, la Communauté d'Israël…

Cette séfirah est aussi appelée "a'théret" ou diadème, la couronne d'en Bas. Elle entoure la Présence divine ou Shékhinah comme d'un lit de fleurs. A ce niveau se situe l'âme vitale "néfesh", l'âme animale, premier niveau de prise de conscience dans le processus d'élévation. 

Au terme de ce parcours, on peut noter la différence numérique entre les valeurs de Kéter (620) et de Malkhout (496) qui est de 124, soit la définition même de la structure de l'Arbre de Vie: l'unité du concept divin, la dualité des pôles entre lesquels on se meut dans les différents sens (bas-haut, gauche-droite), le ternaire des trois colonnes dont celle de l'équilibre central (1+2), le quaternaire par le nombre des univers successifs parcourus, de la conception à l'action en passant par la création et par la formation. La valeur numérique 124 est aussi celle de deux mots significatifs: "e'den", le jardin qui coïncide avec le monde intermédiaire que nous venons de parcourir et qui est le refuge des qabalistes et de ceux qui entreprennent l'ascension de l'Arbre; et "lapid", la torche ou la lumière nécessaire pour éclairer l'ascension mais aussi celle qui est reflétée par ces êtres hors du commun, les Justes, dont le visage resplendit comme une torche.

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Published by X - dans Kabbale
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 09:42

Comme le disait notre Frère Charles F. dans sa planche du mois dernier sur les Traditions méditerranéennes et le Christia­nisme : « à côté des courants helléniques et hébraïques, le celtisme est indispensable à la compréhension de la civilisation médiévale ».

Cette affirmation aura peut-être surpris certains d'entre nous et voici un an, j'aurais été de ceux-là. Car bien que l'école primaire nous parle de nos ancêtres les Gaulois, nous savons que nous avons été conquis et « civilisés » par les envahisseurs romains et ce, durablement : c'est le latin qu'on apprend dans les lycées aujourd'hui encore et non pas le vieux celtique.

Et pourtant, comme nous l'allons voir, il nous reste beaucoup des Celtes, à nous Francs-Maçons du Rite Ecossais.

Mais parler du celtisme est une entreprise malaisée, spécia­lement pour moi d'éducation méditerranéenne qui en ignorait naguère tout.

Dans une première partie, nous tenterons de définir Le domaine Celte, au triple point de vue, géographique, historique et cultu­rel.

Dans notre seconde partie, nous tenterons de dégager parmi tant d'autres — car il m'est impossible en une seule planche d'être exhaustif — quelques traits saillants de la tradition celtique.

Enfin notre troisième partie sera consacrée aux survivances parmi nous de la Tradition Celtique, nombreuses non seulement dans nos rites, mais aussi dans nos façons de penser.

I. - LE DOMAINE CELTE

Les Celtes sont un groupe de peuples indo-européens dont l'origine, pense-t-on actuellement d'après des découvertes archéo­logiques, se situent dans l'actuelle Bohême. Mais il n'est pas possible de séparer les Celtes des cultures des peuples qui les ont précédés et dont ils ont hérité.

GEOGRAPHIQUEMENT

Les Celtes, héritiers de la culture illyrienne ou proto-celte de Halstatt qui fleurit au 2e miillénaire avant notre ère, culture connue pour son habileté métallurgique, les Celtes donc connurent à l'époque de La Tène (Ve au Ille siècle avant J.-C. — du nom d'une localité suisse riche en vestiges) une brillante civilisation entre l'actuelle Tchécoslovaquie et le centre de la France.

Puis ils s'étendirent tant vers l'Est (royaume, durable, de Galatie autour de l'actuelle Ankara, prise et sac de Delphes en Grèce, en 279 avant J.-C.) que vers le Sud (occupation de la Gaule Cisalpine et fondation de Milan : Médiolanum, prise éphé­mère de Rome) et surtout vers l'Ouest : Gaule presque entière, péninsule ibérique, totalité des Iles Britanniques.

HISTORIQUEMENT

C'est surtout dans les Iles Britanniques, Irlande comprise bien entendu et, à un moindre degré, en Gaule continentale que se développera l'histoire celte.

Nous n'entrerons pas ici dans les détails que chacun peut trouver ailleurs : romanisation entière de la Gaule, partielle des Iles Britanniques, l'Ecosse et l'Irlande y échappant, invasions anglo- saxonnes à partir du Xle siècle repoussant à l'Ouest et au Nord le domaine celtique avec peuplement de notre Bretagne armoricaine par des Celtes des Iles Britanniques.

Ces simples jalons nous aideront à situer la communauté de culture entre les Celtes.

CULTURELLEMENT

Contrairement à d'autres cultures, méditerranéennes par exemple, où les témoignages écrits tant littéraires qu'épigraphiques surabondent, la culture celtique a laissé très peu de témoignages écrits directs.

Faisons tout de suite justice d'une légende : les Celtes savaient écrire, comme le prouve l'écriture oghamique clairement attestée (et parfaitement connue et déchiffrée) pour des usages religieux précis : inscriptions funéraires, invocations ou imprécations.

Mais tout l'enseignement des druides, comme nous le verrons, était oral. Pourquoi ? Il me semble que l'écriture était pour eux chargée d'une magie encore plus forte que la parole ; et puis l'écriture fixait à jamais une chose, un état alors que la tradition, ce qui doit être transmis, doit être quelque chose de vivant en fonction des vecteurs qui transmettent. Nous croyons devoir rap­porter cette explication de G. Dumézil, spécialiste des cultures indo-européennes, car elle éclaire ce comportement fort étranger à nos modes de pensée actuels.

Les historiens anciens, César d'abord (de Bello gallico), Diodore de Sicile, Strabon, Pomponius Mela, etc., nous ont laissé des témoignages sur la culture celtique ; mais si leurs notations nous sont précieuses, ils voyaient cette culture de l'extérieur, sans en saisir souvent tout le sens.

Sauf en Gaule, à une basse époque où l'influence romaine avait altéré la pureté des principes celtiques de non-représenta­tion de la divinité (qu'on se rappelle les sarcasmes de Brennos, chef gaulois pillant Delphes et voyant les représentations anthro­pomorphiques d'Apollon), nous ne trouverons pas de statues de dieux — ce qui ne veut pas dire que les statues trouvées à ces basses époques ne soient pas pleines d'enseignements.

C'est principalement dans les traditions épiques irlandaises et galloises qui ont survécu assez facilement à la christianisation que nous trouverons le plus clair de nos ressources.

Sans entrer dans le détail des branches goïdéliques et britto­niques, de leurs luttes, de leurs entrecroisements et de leurs ramifications, nous considérerons comme une cette culture tra­versée (ou plutôt unie) par la mer, que ce soit en Irlande, en Ecosse, au Pays de Galles ou en Armorique.

Car si la notion d'état semble avoir fait cruellement défaut aux Celtes au point qu'ils ne formèrent jamais un empire unifié mais qu'ils furent conquis successivement par des peuples étran­gers, la culture qu'ils développèrent, la tradition qu'ils assumèrent et qu'ils transmirent fût une.

II. - QUELQUES TRAITS SAILLANTS DE LA TRADITION CELTE

LA MORT

Ce qui a frappé le plus les peuples anciens en contact avec les Celtes, c'est leur absence de crainte de la Mort (cf. Diodore de Sicile, V, 28, 6 Lucain « la Pharsale » I, 454-458, César B.G. VI, 14 etc.). Comment l'interpréter ?

Les Celtes fils de la Mort

César nous apprend que les Celtes, selon les Druides, se disaient Fils de Dis (P) Atir (=. Dis Pater), le Dieu de la mort : c'était l'ancêtre de la race, source de toute vie. Le rapprochement est à faire, dans le cadre indo-européen avec le Dis Pater latin, à la fois Jupiter et Pluton, moins nettement individualisé à l'ori­gine.

Ce nom de Dis Atir était ressenti comme terrible et plutôt que de le prononcer, c'est-à-dire de rendre présent cette divinité redou­table, les Celtes préféraient l'appeler Teutatès, c'est-à-dire le Papa (hypochoristique de père) de la Tribu ; pensons au héros de nos bandes dessinées Astérix jurant par Toutatis et mesurons le chemin parcouru...

Ce Dieu est représenté s'appuyant sur une massue ou avec un maillet, objet ambivalent que nous connaissons bien, dispensateur à la fois de la mort et de la vie car il peut frapper par deux côtés différents (nous penserons aussi à une survivance du folklore breton : le mell benniguet, massue de granit dont on frappe le front des vieillards pour leur donner « la bonne mort »).

Ce Dieu Dis Ater est couvert d'une peau de loup, animal symbolisant la mort (à rapprocher du folklore lorrain actuel où après le repas gras de Carnaval l'os de l'épaule du porc est jeté « pour le loup » afin qu'il ait sa part).

La figure du folklore breton de la mort « l'Ankou » est mas­culine ; ce n'est pas un squelette mais un homme très maigre : c'est le premier mort, fils d'Adam, qui montre le chemin à toute l'humanité.

La Nuit précédant le Jour

Il est normal que dans la Tradition Celtique, après ce que nous venons d'évoquer, la Nuit précède le Jour : les durées de 24 heures étaient comptées à partir du soir et il en existe encore des survivances en Bretagne armoricaine actuelle.

Mais ce processus se retrouve également dans d'autres tradi­tions, l'hébraïque par exemple : voir Genèse 1, 8 : « il y eut un soir, puis il y eut un matin et ce fut le second jour ». C'est là le moment de citer notre très illustre et très regretté Frère René Guénon qui rapprochaient les deux traditions celtique et chaldéenne et les deux trilittères C ha L D éen &C e L T e. D'ailleurs Héber, héros éponyme des Hébreux dans la Bible, veut dire occident en langue hébraïque.

Notions sur l'Au-Delà celte

Les écrivains anciens ont parlé à cet égard (Diodore de Sicile) de croyance à la métempsychose analogue à celle des Pythago­riciens ; en fait les croyances sont fort différentes.

— pour Pythagore, l'autre vie est une compensation à celle-ci : heureuse pour les justes au-delà de la Voie Lactée, réincarnée ici pour les autres dans des êtres inférieurs (animaux, etc.) ;

— pour les Celtes, sauf cas exceptionnel de héros se réincarnant en un autre héros longtemps après, il n'y a pas de réincarna­tion. L'autre vie n'est pas une compensation à celle-ci. C'est

à l'Ouest (Soleil Couchant), dans une île au milieu de l'Océan appelée Tir-na-nOg (terre des jeunes) Ynis Afallach (= île des pommiers — pomme : fruit de sagesse — dont la légende arthurienne a fait l'île d'Avallon) une répétition heureuse et hors du temps de cette vie présente (selon d'Arbois de Jubain­ville et Plutarque : « les Celtes disent qu'à l'Ouest, au milieu de l'Océan, est une île heureuse où Chronos — le temps — est enchaîné, etc. »).

Communication entre les mondes

Elle est fréquente et paraît aisée chez les Celtes. Dans l'épo­pée, les gens de l'Autre Monde sont souvent présents, soit qu'ils sortent des « sides » (tumuli sous lesquels ils habitent normale­ment et où ils entraînent les vivants temporairement ou définiti­vement) soit qu'ils arrivent, inconnus, d'un « Autre Pays » où ils entraînent le héros. Notons la fréquence de la figure féminine de l'autre monde qui vient chercher le héros en se promettant à lui et en lui promettant une vie heureuse et éternelle.

Mais il y a pour cela des périodes privilégiées du cycle annuel où les morts reviennent, normalement, en foule chez les vivants : Samain (1" novembre en particulier). Et ceci nous amène à évo­quer le calendrier et le festiaire celtique.

LE CALENDRIER CELTIQUE

Il est, nous nous en doutons après ce qui vient d'être dit sur la nuit précédent le jour, à base luni-solaire.

Les Celtes, comme d'ailleurs les Hébreux, faisaient com­mencer la journée le soir. Ils avaient des mois lunaires avec mois intercalaires pour avoir un cycle de 30 ans, très précis d'ailleurs, faisant correspondre les mois lunaires et l'année solaire.

Mais c'est le festiaire celtique qui nous retiendra plus long­temps.

Les fêtes

Il y en a quatre principales dans l'année qui, curieusement, sont placées non pas aux solstices et aux équinoxes comme pour nous (les deux Saint-Jean, etc.) mais au milieu des saisons.

Les traditionalistes celtes, en particulier la revue « Ogam » à qui cette planche doit beaucoup, expliquent cet état de choses par la fixation de ces fêtes à des dates très anciennes et le résultat de la précession des équinoxes. A titre personnel, cette explication ne me satisfait pas — mais je ne suis pas capable d'en proposer une autre plus satisfaisante.

SAMAIN 1er novembre

C'est la fête des Morts, la plus importante, nous n'en serons pas surpris. C'est d'ailleurs aux chrétientés celtiques que l'Eglise d'Occident doit d'avoir fixé au 2 novembre la Fête des Morts (chez les orthodoxes cette fête est en août).

Cette fête du solstice d'hiver décalé est la naissance de Lug, Dieu solaire que nous retrouverons. C'est la 2e bataille de Mag Tured (= la plaine des Piliers) qui voit la victoire des Tuata dé Dana, peuple solaire, sur les Fomoïré, peuple tellurique, obscur mais néanmoins garant de la fertilité. C'est donc aussi une fête de la fertilité. Les morts y reviennent trois nuits durant visiter (et prendre avec eux quelquefois) les vivants. C'est pourquoi à cette date, en Bretagne armoricaine, les maisons sont soigneu­sement nettoyées, la table dressée, la porte entrouverte.

IMBOLC au 1er février

C'est, christianisée la fête de la Chandeleur ; avant l'ère chrétienne, c'était la fête de la déesse de la lumière Brigit, Bri­gantia, déesse des métiers et de la sagesse, probablement la même que la Bélisama gauloise (cf. Astérix). C'était une fête de purification après les souillures de l'hiver, comme la Chandeleur est une fête de la purification de la Vierge (celle-ci pouvant être comprise comme la Terre-Mère).

BELTENE au 1er mai

Ce serait, selon la revue « Ogam » déjà citée, l'ancien solstice d'été décalé. Beltène serait « le feu de Bel » ou Belenos, Dieu solaire gaulois (Bélisama, déjà citée, signifiant : semblable à Bel).

La veille de cette fête de Beltène, tous les feux du pays étaient éteints et, le jour de la fête, le Roi, au centre du pays d'Irlande, dans la ville sainte de Tara, sur la colline d'Uisnech, rallumait le feu d'où étaient ensuite pris tous les autres feux du pays. C'est un nouveau départ de la lumière, fête très importante nous nous en doutons.

Outre cet aspect solaire, la fête avait aussi un aspect polaire comme en témoigne l'If, arbre des Morts, au sommet de la colline centrale, axe assurant la communication des trois mondes. A Beltène, les sides, séjours souterrains des morts, s'ouvraient éga­lement.

Cet arbre central survit encore dans l'arbre de mai de nos campagnes autour duquel la jeunesse tourne et danse le i»' mai.

Cette glorification du travail provient d'un renouveau cosmique du feu et de la force qu'il donne.

LUGNASAD au 1er août

On fêtait alors le mariage de Lug, Dieu solaire (nasad = noces) avec Tailtiu, la terre nourricière. C'était donc une fête de l'abondance et de la fertilité.

Au Pays de Galles, un gigantesque pique-nique réunissait naguère encore tout un chacun qui mettait ses provisions dans un chaudron commun : celui-ci devenait ainsi quasi inépuisable (nous retrouverons bientôt ce chaudron).

EPONA

Cette évocation de la fécondité nous amène à parler d'une autre grande figure du panthéon celtique : Epona, la Grande Jument, figure largement attestée par des monuments, tous de basse époque bien sûr, répandus de l'Armorique à la Bulgarie, par des textes anciens (Juvénal, Tertullien, etc.) comme par l'épopée irlandaise et galloise.

Elle apparaît comme une jeune femme blonde, assise à droite sur une grande jument allant à droite, suitée souvent de son poulain. La jeune femme tient souvent une pomme d'or (symbole de la sagesse).

On a pu y discerner à la fois une figure de fécondité (elle était fêtée au solstice d'hiver, donc au début de la moitié croissante, divine, de l'année), une figure de la Grande Mère, de la Grande Reine (on pense à Alise-Sainte-Reine) qui a permis dans la période chrétienne son assimilation à la Vierge Marie par le folklore armoricain (voir le conte « Trente de Paris » où l'on voit une grande jument blanche aider le héros à traverser victorieusement toutes les épreuves qui lui sont imposées et qui se révèle à la fin être Notre-Dame ; ce conte confirme le rôle psychopompe d'Epona, clairement indiqué par ailleurs dans l'épopée irlandaise.

Notons en passant que l'importance de cette déesse amenait un interdit quant à la consommation de la viande de cheval, interdit qui s'est poursuivi fort longtemps : ce n'est que le 9 juin 1866 que la vente publique de la viande de cheval a été autorisée à Paris ; et je crois que dans les Iles Britanniques cette consomma­tion est toujours un objet d'horreur.

LE CHAUDRON DE DAGDA

Nous ne pouvons évoquer les symboles de fécondité sans parler du chaudron de Dagda (Dieu « bon », père de Brigit évoquée plus haut à propos de la fête d'Imbolc, la Chandeleur actuelle) : c'est un chaudron d'abondance, nul ne le quitte sans être rassasié. Il ne sert pas, comme chez Astérix, à préparer une potion magique qui donne une force invincible ; mais il a quand même un rôle sacrificiel et magique bien établi : les morts qui y sont jetés reviennent à la vie, les vivants qui s'y plongent acquièrent l'immor­talité.

Et ne croyons pas que ce symbole ait disparu de notre hori­zon mental : en préparant cette planche, j'ai lu fortuitement en première page du quotidien « Le Midi Libre », n° du 11 février 1974 ce titre : « la grippe de M. Pompidou a fait monter la tempé­rature dans le chaudron de la succession ». Qu'est-ce à dire ? pour le journaliste actuel, comme pour les anciens celtes, le chaudron est générateur d'une vie nouvelle et, après le décès de M. Pompi­dou, c'est de là que sortira le nouveau « roi ».

Ajoutons que le chaudron est un centre ; il est suspendu par 9 chaînes et, autour de lui, 9 bardes se tiennent (9 + 1 = 10 symbole de totalité ; nous retrouvons la Tétractys pythagoricienne), chacun avec une lance.

On ne saurait, nous l'avons compris, séparer le chaudron (principe aqueux, yin en chinois, dourel en breton) de la lance (principe igné, yang en chinois, tanel en breton).

Nous retrouverons cette complémentarité dans une des prin­cipales survivances celtiques, j'ai nommé la légende du Graal, où la Sainte Coupe n'est pas sans la lance qui saigne.

Mais voyons plus avant cette symbolique du centre.

LE CENTRE

Comme dans toutes les traditions authentiques, le centre est une figure du centre primordial polaire.

En Gaule continentale une meilleure interprétation du célèbre passage de César (B.G. VI, 13) « chaque année les druides tien­nent leurs assises en un lieu consacré qui passe pour occuper le centre de la Gaule aux confins du pays des Carnutes » et des fouilles récentes permettent de penser que ce « medionemeton » (nemed = sacré) était non pas à Chartres où la grotte dite druidique ne daterait que du XVI° siècle grâce à un chanoine soucieux de préséances, mais à Saint-Benoit-sur-Loire, sur une butte insubmer­sible par les crues de la Loire, butte avec fontaine et de nombreux restes de sacrifices (voir tous arguments dans le n° 11 de la revue Ogam, déjà citée).

En Irlande divisée en quatre provinces périphériques et une centrale. C'est au milieu de cette dernière que se dressait la ville sainte de Tara déjà évoquée (§ 2213) pour le feu nouveau de Beltène.

Au Pays de Galles nous citerons la chanson folklorique au thème bien connu : sur la terre (geste horizontal), il y a une colline (demi-cercle supérieur) ; sur la colline, il y a un arbre (geste vertical) ; sur l'arbre, il y a une branche (geste horizontal supérieur) ; sur la branche il y a un nid (demi-cercle vers le bas) ; dans le nid il y a un oeuf (geste circulaire des deux mains) ; de l’œuf sort un petit oiseau (geste de battement d'ailes).

Tout ceci est assez parlant pour qu'il ne soit pas besoin d'insister.

Plus généralement dans la tradition celtique, outre l'Irlande « I'Ile des Saints », beaucoup d'îles ont joué ce rôle de centre tant à l'époque païenne (Anglesey, détruite par les Romains, cf.

Tacite, Annales XIV, 29, 30) qu'à l'époque chrétienne où les monas­tères s'installaient souvent dans des îles (Iona par exemple).

Notons d'ailleurs qu'en France, la seule sainte nationale qui porte un nom gaulois : Sainte Geneviève, est « par hasard » sortie d'une ville sacrée : Nemetodurum, aujourd'hui Nanterre.

L'oursin fossile dans le même ordre d'idée sur le centre, nous citerons Pline le Naturaliste (XXIX, 53) et ce qu'il appelle « l’œuf de serpent » le qualifiant de « talisman des druides ».

Il s'agit en fait d'un oursin fossile (genre micraster), à symé­trie bilatérale, c'est-à-dire en forme de coeur, sur lequel les zones ambulacraires dessinent une étoile à cinq branches ou, si l'on veut, en termes héraldiques, une quintefeuille. Ce pentagramme au centre du cœur, voici l'homme réintégré au centre de l'Etre.

Ce terme d’œuf de serpent exprimant toutes les virtualités cosmiques est donc parfaitement choisi pour cette figure symbo­lique que les Gaulois tenaient en très haute estime.

LES DRUIDES

Mais il n'est pas possible d'évoquer même cursivement la tradition celtique sans parler des druides.

Par-delà l'image populaire de Panoramix préparant la potion magique dans son chaudron, par-delà l'image non moins populaire transmise par Pline le Naturaliste à tous nos manuels d'écoliers « vêtu d'une robe blanche, le druide monte à l'arbre, coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un linge blanc » nous tenterons d'en cerner l'image.

Les fonctions de l'étymologie, comme d'habitude, nous éclai­rera. Contrairement à Pline, déjà cité (H.N. XVI, 249) qui tire leur nom du mot grec 8pv signifiant chêne, il faut, semble-t-il, le ratta­cher à la racine celtique : « dru - wid - es » les très savants. César (B.G. VI, 13) précise que « les druides veillent aux choses divines, s'occupent des sacrifices publics et privés, règlent les pratiques religieuses ».

Il convient de les distinguer des filid (poètes) et des bardes (récitants).

Il convient surtout de distinguer l'autorité druidique, sacerdotale, de l'autorité royale. Une maxime de la société traditionnelle irlandaise nous y aidera : « nul ne peut parler avant le roi ; mais le roi lui-même ne peut prendre la parole sans la permission de son druide ».

Nous retrouvons là la division classique dans toutes les sociétés traditionnelles sans qu'il soit besoin d'insister.

Ultérieurement, la figure du druide s'est christianisée en celle du chapelain du roi, son conseiller favori (on pensera dans nos chansons de geste à l'archevêque Turpin auprès de l'empe­reur Charlemagne). A travers la Franc-Maçonnerie britannique où l'Orateur est qualifié de chapelain, ne faut-il pas voir dans l'obli­gation qu'a celui-ci de parler, non le premier mais le dernier, une survivance de ce rôle de conseil dans les choses essentielles ?

Bien qu'il s'agisse d'une époque plus basse, nous évoquerons aussi Saint-Louis, figurant à la fois le roi et aussi un peu le prêtre par son sacre et sa sainteté, donc figurant de façon affaiblie mais réelle l'image du Roi du Monde chère à R. Guénon : c'est naturellement sous un chêne, arbre cher aux druides, figuration mythique du centre du monde, que le Saint Roi rendait la justice.

Le rôle unificateur des druides a fait l'objet de longues dis­sertations. De même qu'en Gaule César évoque un « chef des druides » (B.G. VI 13) « à tous ces druides commande un chef unique qui exerce sur eux l'autorité suprême », de même on a pensé qu'à travers les diverses nations celtiques, séparées voire opposées, il existait une classe sacerdotale unique du Danube à l'Irlande, ayant les mêmes règles de pensée et de vie, dispensant le même enseignement. On a tiré pour cela argument de la numis­matique celte : d'un bout à l'autre du monde celte, les mêmes types de monnaie avec des motifs décoratifs et symboliques ana­logues ou même identiques apparaissent aux mêmes périodes. Ce n'est pas impossible ; mais rappelons-nous le caractère uniquement oral de l'enseignement druidique et l'absence de toute archive qui en découle et restons prudents.

Notons que les druides formaient non pas une caste fermée mais une classe non héréditaire ouverte à quiconque s'en montrait digne par de longues études et des dispositions appropriées.

Quoi qu'il en soit, le rôle du Druide apparaît bien comme celui du sage, complémentaire de celui du roi qui représente la force. La beauté, ou la fécondité, sera l'apanage de la troisième classe, celle des artisans.

LE SYMBOLISME DE LA PIERRE

A lui seul, ce sujet mériterait une planche entière. Dans le cadre si vaste qui nous a été tracé, nous ne pouvons que l'effleu­rer allusivement sans le traiter à fonds.

Comme chez d'autres peuples, la pierre est considérée par les Celtes comme un lieu unissant le Ciel — d'où elle peut être tombée (pensons aux pierres de foudre) et la Terre, sur laquelle elle s'appuie, elle prend force. Elle est donc, comme l'homme, un intermédiaire entre les deux.

Mais elle est bien plus : elle est aussi le fondement de la Terre ; c'est alors la pierre primordiale sur laquelle le monde repose. L'on pensera à la transposition chrétienne : le Christ, pierre rejetée par ceux qui bâtissaient, est devenue la pierre de l'angle sur laquelle tout repose. L'on pensera aussi à la transposition talmudique : la Shethia, pierre fondamentale remplaçant l'Arche d'Alliance.

Sans entrer dans la différenciation entre civilisations de la pierre taillée et civilisations de la pierre brute, il faut noter que les anciens Celtes construisaient en bois et ne taillaient guère la pierre. Pour eux, semble-t-il, la pierre brute symbolisait Celui qui n'a pas de forme. Celui qui n'a pas été créé de main d'homme. Ils le représentaient sous deux aspects, bien entendu complé­mentaires ; la pierre dressée ou menhir (aspect « tanel » yang, igné, masculin) et la pierre couchée ou « dolmen » (= table de pierre) (aspect « dourel », yin, aqueux, féminin). Nous avons déjà vu cette complémentarité à propos du chaudron qui ne va pas sans la lance.

En complément de cette vision statique binaire menhir-dolmen, il faut évoquer la représentation dynamique de la pierre qui des­cend du Ciel (pierre de foudre ou béthyle) avant d'y remonter grâce aux efforts personnels de l'homme, sur lui-même d'abord, qui permet de transformer la pierre brute en pierre taillée harmo­nieusement. Tous ces symboles nous sont très familiers et nous retrouvons ce symbolisme de la pierre dans bien d'autres tradi­tions anciennes et médiévales, l'alchimie en particulier qui fera, nous l'espérons bien, le sujet de planches dans les années qui viennent.

Un autre aspect de la pierre courbe (cromlech en celte) dans les survivances celtiques au Moyen Age, dans ce qu'on a appelé la Matière de Bretagne, c'est cette pierre creusée, ce vase de pierre précieuse, cette escarboucle tombée du front de Lucifer lors de son exil du Ciel, miraculeusement transmise de généra­tions en générations, objet de la quête la plus sublime des plus purs parmi les plus purs, j'ai nommé le Saint Graal, vase qui servit à la célébration de la Cène du Jeudi Saint et qui recueillit le précieux sang des plaies du Crucifié le Vendredi Saint.

III. - LES SURVIVANCES DE LA TRADITION CELTIQUE

Cette évocation des plus sommaires du Graal nous amène à nous interroger sur les survivances de la Tradition Celtique chez nous Francs-Maçons de la fin du XXe siècle.

Ces survivances sont nombreuses et posent le problème des moyens par lesquels elles sont arrivées jusqu'à nous, Francs- Maçons du rite écossais, l'Ecosse étant, nous le savons, une terre celte.

Exotériquement, c'est la littérature irlandaise épique du Moyen Age qui a été le principal vecteur.

Mais ésotériquement quelle a été la voie ? Je serai reconnais­sant aux Frères qui pourront m'éclairer sur ce point.

Tentons de dégager quelques-unes de ces survivances d'abord dans l'initiation, ensuite dans le rituel.

Les sides celtiques, souterrains séjours des morts qui vont revenir à la vie sont comparables au cabinet de réflexion où le nouvel initié, tel le germe enfoui, doit d'abord mourir pour renaître ensuite à une vie nouvelle.

Le rôle des métaux était très important dans la vie courante des Celtes, réputés pour leur métallurgie et leur orfèvrerie. Mais dans les Iles de l'Occident, le Pays de la Jeunesse, la Grande Plaine, en un mot le séjour de ceux qui ont traversé la mort et qui vivent d'une vie nouvelle, le fer est là-bas inconnu ; ceux qui y vivent ont dépouillé leurs métaux avant d'y parvenir.

Les mutilations rituelles des Fomoïrés, êtres chtoniens, pre­miers occupants de l'Irlande, garants de sa fécondité, détenteurs de pouvoirs magiques du fait même de leur contact avec le sol, portent sur le pied droit et sur le bras gauche, membres que nous nous contentons de dénuder lors de l'initiation au 1er degré.

Ces mutilations assuraient à ces Fomoïrés un meilleur contact avec la terre et par suite des pouvoirs magiques.

Ajoutons que ces Fomoïrés passaient aussi pour être borgnes. Y a-t-il, dans quelque rite de la Franc-Maçonnerie le fait de ne bander qu'un seuil oeil ? Je ne sais si nous avons conservé cet aspect de la tradition.

Les voyages « immrama » à but initiatique sont fréquemment racontés au sujet des héros de la mythologie celtique.

Avant qu'ils ne passent au Moyen Age dans la Matière de Bretagne, spécialement dans la Quête du Graal, où le chevalier ne devient parfait et n'atteint son but qu'après de nombreux voyages générateurs d'épreuves à surmonter, il faut au moins mentionner ce caractère particulier des premières chrétientés celtiques si originales où les « pélerins » voulant vivre pleine­ment leur foi s'exilaient, non vers un but de pélerinage précis mais « pour l'amour de Dieu » pour s'abandonner à sa volonté et mieux renoncer à eux-mêmes, pour là encore renaître à une vie nouvelle à travers les séries d'épreuves que leurs réservaient ces voyages ; voyages le plus souvent maritimes dont le type est le voyage de saint Brendan de Clonfert.

Les lettres dans le bûcher des morts.

Lors des funérailles, les Gaulois confiaient aux flammes des lettres à destination des morts.

De même, le néophyte, symboliquement mort à la vie profane, voit disparaître dans les flammes avec son testament une vie nouvelle ; il est donc normal, puisque le vieil homme est mort, qu'une lettre contenant ses pensées soit brûlée pour aller le rejoindre.

La remise du tablier jusqu'à ces dernières décades, le tablier que nous portons était, paraît-il, non pas en peau d'agneau (qui évoque le Feu du Bélier, signe de commencement, de renouveau) mais en peau de porc, animal d'ailleurs impur pour la tradition judéo-chrétienne,

Dans un texte épique irlandais, les fils d'un héros partent à la conquête d'une peau de porc qui guérit toutes les blessures lorsqu'on s'en enveloppe le corps.

Rappelons que pour les Celtes, le sanglier, porc sauvage, est une figure de l'initié, du druide détenteur de la sagesse. Merlin le druide dit à ses jeunes disciples « venez auprès de moi petits marcassins ».

Le secret différé dans la légende du Graal, l'oncle maternel de Perceval, l'ermite Trévizent, instruisant, initiant son neveu, le mettant sur le chemin, lui révèle certaines choses que Perceval ne comprendra que plus tard.

L'initiation que nous avons reçue n'est-elle pas analogue et n'est-ce pas plus tard, bien plus tard que nous aurons saisi tout le sens ?

Après ces survivances dans l'initiation, nous chercherons à en retrouver dans le rituel de nos tenues.

L'orientation dans la tradition celtique, l'Est est devant, le Nord à gauche, etc. Dans la langue bretonne actuelle, c'est encore le même mot qui paraît-il désigne le Sud et la droite.

La latéralisation dans toute la tradition celtique, la droite a un sens favorable, la gauche un sens défavorable. Présenter la gauche à quelqu'un est signe de malheur, d'hostilité, de bravade ou d'incorrection.

C'est donc, paradoxalement, le rite français qui semble avoir hérité de cette tradition — alors que nous qui travaillons au rite écossais présentons, dès notre entrée dans le Temple le flanc gauche à nos Frères. Il est vrai que nous présentons alors notre côté droit, lors de nos circumambulations dans le Temple au centre de celui-ci qui contient le tableau de loge — et le Trait.

Le maillet est l'attribut du Dieu Sucellus, que nous avons déjà étudié (§ 211), Dieu de la mort et de la vie ; nous avons déjà souligné le caractère ambivalent de ce maillet.

Les trois cris de lumière d'après le bardas, texte traditionnel celtique, la Divinité s'est manifestée en créant le monde par trois cris (ou trois rais) de lumière que l'on vocalise, non pas par la répétition du même terme trois fois, mais par trois lettres : O, I, W, dont la somme exprime l'Etre des êtres. Il y aurait, bien sûr des rap­prochements à faire avec d'autres traditions qui vocalisent le Nom.

De même, la batterie de deuil triple acclamation avec batte­ments de mains, se trouve déjà chez les héros de l'épopée Irian­daise.

L'accolade fraternelle est déjà triple chez les héros celtes.

L'épée et la baguette. Nous retrouvons encore ici une paire de complémentaires. Dans les opérations de magie celtique, la baguette, normalement en bois de frêne, joue le rôle de conden­sateur des énergies errantes (pensons à la baguette magique de nos fées).

L'épée aura pour rôle de disperser ces énergies qui pourraient nuire à l'expression spirituelle du groupe en ce lieu et à ce moment- là (dans le folklore irlandais, le port d'une épée protège contre les fantômes).

De même, au début d'une tenue, une baguette et une épée croisée purifient-elles le Temple et favorisent-elles l'expression de l'égrégore.

Nous comprenons mieux maintenant le sens apotropéique de la voûte d'acier dressée au-dessus d'un visiteur éminent ou, dans le monde profane, au-dessus des jeunes mariés à la sortie de l'église où ils viennent de s'unir.

L'Universel Artisan Lug, Dieu solaire qui vit encore parmi nous grâce aux villes françaises qui portent toujours son nom (Lugdu­num = la ville de Lug, qui a donné Lyon et Loudun), se présentant à Tara, centre sacré, « milieu » de l'Irlande, au palais du roi Nuada, est « tuilé » à l'entrée par le portier, nous dirions par le « cou­vreur », par le gardien du seuil.

Il s'y déclare « charpentier, forgeron, champion, harpiste, guerrier, magicien, médecin, chaudronnier ». En quelque sorte, il est poly-technicien « il-danach » (= qui possède des techniques nombreuses). C'est l'Universel Artisan ; et l'on ne peut pas ne pas penser aux Pythagoriciens (Pythagore aurait été, dit-on, initié aussi chez les Celtes) et au « Théos Technitès », le Dieu arrangeant avec art, qui fut plus tard appelé par la tradition pythagoricienne le G.A.D.L.U.

Notons en passant la qualification première de charpentier prise par Lug — à rapprocher de I'Evangile selon saint Marc VI, 3 où Jésus est ainsi qualifié « n'est-ce pas le charpentier ? » (et non pas le fils du charpentier Joseph).

Les repas rituels aux grandes fêtes (Samain, etc.), c'est dans une salle rectangulaire ou L = 4 I, orientée, appelée « salle du Milieu » (chambre ?) qu'a lieu le banquet rituel de « Fes Temrach » donné par le roi.

La place de chacun y est assignée suivant son rang ; au centre sont le feu et l'eau, symboles du binaire fondamental.

Les mets servis ont une valeur rituelle : œuf d'oie (com­mencement), sanglier et saumon (sagesse), le tout assaisonné de miel (nourriture d'immortalité d'origine aérienne et solaire) et accompagnés de bière et d'hydromel (simple et double fermen­tation, symbole, pour le 2e, d'une double mort initiatique).

Le feu nouveau, rallumé à cette occasion, le premier de tout le pays, souligne, comme tout dans le repas, le renouvellement du monde ; nous songeons tout naturellement à cette devise bien connue « ordo ab chao ».

La chaîne d'union

Cuchulainn, le principal héros épique irlandais, à résonance solaire, Fer Diad et d'autres disciples du druide Scathach, après le rite de mélange des sangs — qui ne semble pas avoir subsisté chez nous — se prennent par les mains circulairement et jurent de se considérer comme frères et de donner leur vie les uns pour les autres.

Les nombres

Le temps nous manque pour étudier les valeurs des nombres impairs supérieurs à trois, très significatifs dans la tradition cel­tique.

Mais nous ne voulons pas quitter le symbolisme de la Loge sans mentionner que dans la mythologie irlandaise nous trouvons parmi les peuples de la Déesse Dana (Thuatha Dé Dannén).

— Dagda, le druide, représentant la sagesse (pensons à son chaudron),

— Nuada, le roi « à la main d'argent », qui représente la Force,

— Ogma, le champion, inventeur de l'écriture ogamique, Dieu de l'éloquence, qui représente la Beauté.

CONCLUSIONS

Tout en ayant été fort long, j'ai le sentiment des lacunes de cette planche. Il y aurait encore énormément à dire sur ce monde traditionnel celtique qui revit en nous tant en Loge que dans le monde profane.

Heureusement, d'autres viendront après moi qui parleront de la mythologie occidentale, du fils du Dieu solaire Bélénos (Belin dans la toponymie française), ce Gurgunt, popularisé sous le nom de Gargantua qui, d'Est en Ouest, suivant la course du soleil, a laissé des traces depuis le mont Sainte Odile en Alsace jusqu'au mont Saint Michel, voisin de l'ilôt de Tombelaine (tombe Belène, tombeau de Bélénos où le soleil meurt dans la mer).

Si j'ai été trop long, au moins vous saurez, que la Lumière ne vient pas seulement de l'Est ou du Sud-Est mais aussi du Nord.

Vous ne serez plus de ceux, comme l'a dit R. Guénon, qui n'osent pas traverser la Méditerranée.

Source : www.ledifice.net

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