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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 06:57

question :Qui es-tu ? réponse : Je suis un homme qui connaît la lumière et adhère à celle-ci.

Q. : Qu'est-ce qu'un tel homme ?

R. : C'est celui qui, après avoir reconnu la lumière, est illuminé par celle-ci, et y adhère entièrement ; qui sait et qui pratique tout ce que la vieille et authentique communauté de lumière a toujours su et pratiqué, que ce soit écrit dans le livre de la lumière ou non.

Q. : Par quel signe reconnaît-on un adhérent de la lumière ?

R. : Par le fait qu'il connaît le signe de la croix dans la nature, le grand symbole de la force de dissociation , de la sépara­tion du pur et de l'impur, du parfait et de l'imparfait ; qu'il évite tous les travaux non authentiques et les erreurs que rejettent unanimement les vrais maîtres de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Comment se désigne l'adhérent de la lumière ? R. : II se désigne par le grand signe de la croix de la nature (+), par le signe de la grande force de dissociation ; il dit et entreprend tout au nom ou selon les attributs du feu, de la lumière et de l'esprit, et ainsi il conduit tout vers son Amen, ou vers son achèvement.

Q. : Combien y a-t-il de chapitres de l'authentique communauté de lumière, que doit connaître chaque adhérent de la lumière ?

R. : Il y en a cinq ; le premier concerne la vraie conviction et la foi, ou l'adhésion à la lumière ; le second, les sept moyens d'obtenir la lumière ; le troisième, les dix commandements de la lumière ; le qua­trième, la connaissance de la force créatrice qui agit, et de la forme pure. qui reçoit ; le cinquième, la science de la dissociation de la lumière.

CHAPITRE PREMIER

De l'adhésion à la lumière

Q. : Quel est le chapitre premier de la doctrine authentique de la lumière ?

R. : L'adhésion à la lumière et la connaissance de celle-ci ; car sans cette adhésion et cette connaissance, il n'est pas possible de faire agir une force, de réaliser et d'achever quelque chose.

Q. : A quoi doit croire et adhérer chaque fils de la lumière ?

R. : A tout ce que les hommes de lumière ont enseigné et rédigé dans les 12 articles de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Quels sont les 12 articles de l'authentique communauté de lumière ?

R. : 1. J'adhère et je crois à une force créatrice du feu, qui a donné naissance au ciel et à la terre, ou encore à l'Extensum et au Concretum à ce qui est volatile et à ce qui est fixe. 2. J'adhère et je crois aussi à une lumière produite par cette force du feu, lumière qui est la maîtresse de l'univers ou la force toute-puissante dans la nature. 3. Cette lumière pure émanant du feu, est reçue par l'esprit le plus pur, et née de la forme la plus pure. 4. Cependant, elle a dû souffrir au royaume de l'impur ; elle a été dissociée, mortifiée et enfouie sous terre. 5. Alors la lumière descend au plus profond de la matière ; et au bout de 3 époques, c'est-à-dire après 3 réunions de trois forces spirituelles avec 3 formes purifiées, elle se redresse, à nouveau vivante. 6. Elle se rehausse jusqu'à la perfection suprême, en tant que force de lumière brillante du feu tout-puissant. 7. Et après avoir atteint à cette perfection suprême, elle est capable de rendre vivant tout ce qui est mort, et parfait tout ce qui est imparfait. 8. Je crois à l'esprit de lumière émanant du feu et de la chaleur, et je le connais. 9. La sainte, universelle et véritable communauté de lumière, association et union de ceux qui sont capables de lumière. 10. Abolition des maladies et de la misère. 11. Renouvellement de notre être. 12. Et félicité suprême de la vie.

Q. : En quoi consiste le principal contenu de ces 12 articles ?

R. : Il consiste, pour celui qui est capable de lumière, à suivre les lois de la lumière, qu'il reconnaît par la raison , et qu'il pratique par sa volonté ; à savoir, qu'il n'existe qu'une seule force universelle, en une substance et essence, et qu'en même temps celle-ci est triple dans son évolution force du feu en tant que force créatrice ; force de lumière en tant que force d'union ; et force de l'esprit, émanant du feu et de la lumière, en tant que force formatrice de toutes choses.

Cet esprit qui émane conduit tout à la perfection, et par des moyens ordonnés à l'achèvement suprême.

CHAPITRE SECOND

 Des 7 moyens d'obtenir la lumière

Q. : Quel est le chapitre second de la doctrine de la véritable commu­nauté de lumière ?

R. : Ce sont les 7 moyens d'obtenir la lumière, moyens que la com­munauté tient pour éminents et saints.

Q. : Qu 'est-ce qu 'un tel moyen ?

R. : Il s'agit d'une action visible par laquelle une force invisible réa­lise une perfection intérieure.

Q. : Combien y a-t-il de ces moyens ?

R. : Sept, et ils sont en analogie avec les sept sacrements. 1. Le bap­tême, par l'eau et la lumière. 2. La confirmation de la matière selon l'eau et la lumière. 3. La purification. 4. La réception de la lumière d'en haut dans l'essence et la substance. 5. La sanctification et le perfectionnement de l'objet (Sache). 6. L'huile d'en haut. 7. L'association du feu et de la lumière en un corps parfait.

Q. : Qu 'est-ce que le baptême par la lumière ?

R. : C'est le premier et le plus nécessaire des moyens d'association ; grâce à lui, la matière est purifiée par l'eau et par la parole agissant dans l'eau, et est reproduite en tant que corps nouveau et priait dans l'être de lumière.

Q. : Qu'est-ce que la confirmation ?

R. : La confirmation par la lumière est un moyen d'association par lequel la matière, préparée comme il est dit plus haut est fortifiée par l'huile de lumière et par l'esprit qui s'y trouve, et est rendue davantage capable de perfection.

Q. : Quel est le troisième moyen d'association ?

R. : C'est celui par lequel la lumière et le feu, sous les espèces formelles des principes du pain et du vin, reçoivent leur essence, dès qu'un prêtre ordinaire de la nature sait transformer ces prin­cipes sur l'autel.

Q. : Quel est le quatrième moyen d'association ?

R. : C'est le moyen grâce auquel le prêtre de la nature, capable de lumière, purifie la matière réceptive à la lumière, et à lui-même tous les effets de l'imperfection.

Q. : Quel est le cinquième ?

R. : C'est le moyen d'association grâce auquel la force pure de lumière, sous forme d'huile, se rehaussé jusqu'à la perfection des forces guérissantes.

 Q. : Que/ est le sixième ?

R. : Le sixième est celui grâce auquel la matière est sanctifiée et ren­due capable de lumière par 7 forces agissantes.

Q. : Quel est le septième ?

R. : C'est l'association parfaite de la lumière avec le feu grâce à un être intermédiaire qui émane de la lumière et du feu, et qui réalise la plus parfaite de toutes les associations.

CHAPITRE TROISIÈME

Des 10 commandements de la lumière

Q. : Quel est le chapitre troisième de la communauté de lumière ?

R. : Les 10 commandements de la lumière, au sujet desquels il est écrit : Si tu veux réaliser quelque chose, réalise-le par l'exécution des com­mandements ou de la loi.

Q. : Quels sont les 10 commandements de la lumière ?

R. : Ce sont les suivants :

1. Il n'y a pas plus d'une matière. 2. Les propriétés de cette matière doivent être utilisées dans l'ordre. 3. Dans 6 actions, la matière achève son travail journalier, puisque 3 forces produisent 3 êtres et elle se repose dans la septième force, en tant que plénitude de ses actions ; cette septième force doit être sainte pour toi en tant que sabbat de la lumière. 4. La lumière et le feu, en tant qu'élément passif et actif doivent t'inspirer le respect ; car le feu est l'élément mâle et la lumière l'élément femelle — ils sont le père et la mère de toutes choses. 5. Ne ravis pas à la lumière ce qui vivifie, afin que la matière, qui doit être rehaussée, ne meure pas. 6. Ne mélange pas ton ouvrage hors de l'ordre établi. Toute chose a son temps et ses rotations. Il est de ton devoir d'unir les forces dispersées. 7. Ne soustrais pas leurs propriétés à la lumière et au feu ; il est du devoir du sage de les faire agir entièrement. Il laisse à chacun ce qui lui appartient. 8. Ne prends pas pour vraie une fausse apparition, et n'accepte rien d'impur et d'étranger, qui ne serait pas capable d'absorber la lumière, afin que l'artifice ne te donne pas une fausse image. 9. L'esprit émanant' de la lumière et du feu ne désire aucune chose qui soit encore liée à d'autres, et qui ne soit pas détachée. 10. Par ailleurs, cet esprit ne désire aucune matière qui lui soit étrangère et non semblable.

Q. : En quoi consiste le contenu principal de ces lois de la lumière ?

R. : En ce que la lumière doit pénétrer entièrement ta matière ou substance,, afin que le feu soit entièrement uni par la lumière, et que l'esprit émanant de la lumière et du feu vivifie entièrement ta matière. Ceci est la première loi.

La seconde est similaire à celle-ci, à savoir : Tu dois traiter de la même manière la matière que tu travailles, et toute autre essence que tu veux amener à la perfection.

C'est à ces deux conditions principales que se rattache toute la science de la lumière, et tous ceux qui y adhèrent.

Q. : Quels sont les commandements de la communauté de lumière qui travaille ?

R. : Ils sont au nombre de cinq. Premièrement : Respecte, en tant que sacrés, les moments de repos dans le travail ; car la lumière a ses sab­bats, et le travailleur doit les fêter. Deuxièmement : Au cours de ces fêtes de lumière, consacre la substance du saint sacrifice ; laisse, par l'eau de lumière, le pur se séparer de l'impur, l'actif de l'inactif. Troisièmement: Dans ton travail, abstiens-toi de tout ce qui est contre la loi de lumière, aussi bien dans les forces et actions que dans les formes et essences  des choses ; celles-ci sont les 4 quatembres de l'école de lumière. Quatrièmement : Essaie, au moins une fois l'an, de discuter avec un ami raisonnable du progrès que tu fais, et de découvrir ce qui te gaie, afin que tu aies un soutien sur ton chemin, qui te mène à la perfection Cinquièmement : Aux époques que te désigne la raison, abstiens-toi aussi bien d'ouvrir ton cœur à d'autres que de te lier prématurément.

Q. : Pourquoi faut-il respecter les commandements de la communauté de lumière des vrais connaisseurs de la nature ?

R. : Parce que les lois de la lumière, ou conditions de la lumière, commandent que l'homme n'obéisse pas seulement à ce qui est nécessaire, à l'intérieur de la nature, pour atteindre le but fixé, mais éga­lement à ce qui est exigé à l'extérieur à cette fin ; en effet, le quatrième commandement de la lumière suppose ces exigences, et quiconque ne respecte pas ses bonnes ordonnances et ses préceptes sera tenu pour un pro fane et un homme de chair qui ignore les lois de l'esprit.

CHAPITRE QUATRIÈME

Q. : Quel est le chapitre quatrième de la communauté de lumière intérieure des véritables connaisseurs de la nature ?

R. : C'est la connaissance de l'analogie du saint Pater-noster adhérent , et du saint salut angélique adhérent, avec la force naturelle et la forme, naturelle la plus pure.

Q. : Quelle est cette analogie ?

R. : 1. Force suprême de la lumière, toi qui es le divin dans la nature, et qui demeures au plus profond de celle-ci comme dans le ciel, que soient sanctifiés tes attributs et tes préceptes. 2. Où tu es, tout est parfait ; que le règne de ta connaissance arrive parmi les tiens. 3. Que, dans tout travail, notre volonté unique soit toi, force de lumière qui agis Par toi-même ! Et de même que tu réalises tout dans la nature entière, réalise tout, également, dans notre travail. 4. Donne-nous de la rosée du ciel et du gras de la terre, les fruits du soleil et de la lune venant de l'arbre de la vie. 5. Et pardonne-nous toutes les erreurs que nous avons commises, faute de te connaître, dans notre travail, comme de notre cité nous voulons faire sortir de leur erreur ceux qui ont offensé nos principes ; ne nous abandonne pas à notre présomption et à notre propre science, mais délivre-nous de tout mal par l'achèvement de ton oeuvre. Amen.

 Analogie de l'Avé

Sois la bienvenue, source pure du mouvement propre forme pure capable de recevoir la force de lumière ! A toi seule s'unit la force de lumière de toutes choses. De toutes les formes réceptives, tu es la plus bienheureuse, et saint est le fruit que reçois, l'essence de la lumière et de la substance de chaleur unies. Forme pure, qui a engendré l'être le plus parfait, lève-toi pour devenir force de lumière pour nous, pendant que nous travaillons, et à l'heure où nous achevons l'ouvrage !

Q. : Quel est le contenu principal de tout le Pater-noster des enfants de lumière et de son analogie dans la nature ?

R. : Ils prient pour la somme de tous les biens spirituels et temporels pour le salut de l'âme et de la vie, pour obtenir de Celui qui est la force de lumière suprême — le divin dans la nature — la grande œuvre de la nature ; ils prient pour que Dieu les guide vers la sagesse, les préserve des erreurs dans leurs travaux, et leur enseigne à être bienfaisants envers les hommes, leurs frères, afin que soit réalisé ce que Dieu a promis aux des­cendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et que l'alliance de Dieu avec les hommes soit exécutée.

Q. : Pourquoi les enfants de lumière ont-ils également une analogie du salut angélique ?                      

R. : Afin que, non seulement, ils admirent ta grandeur de Dieu dans ta force toute-puissante de la nature (avec laquelle le Christ a une analo­gie), mais qu'également ils reconnaissent la splendeur de la forme virgi­nale la plus pure, dont l'analogie est la vierge Marie et à laquelle s'est unie la force supérieure afin de produire ce qui existe de plus parfait. Car, de même que le Saint-Esprit s'est uni à la vierge Marie pour pro­duire l'homme spirituel le plus parfait, de même l'esprit le plus pur de la nature s'unit à la matière la plus pure pour produire la forme physique la plus parfaite, le Rédempteur physique de la nature, qui amène à la perfec­tion tous les autres objets physiques, ce qui constitue le secret des sages. C'est pourquoi cet art ne peut être compris que de celui qui adhère au Christ ; et seules les analogies de la religion nous entraînent vers la connaissance suprême ; de même que l'expérience acquise par les enfants de lumière les conduit, également par analogie, à la connaissance des plus hauts mystères de la foi.

Q. : Ne suffit-il pas qu'un enfant de lumière sache et connaisse tout ce qui lui est prescrit ?

R. : Non ! Cela ne suffit pas, il doit également le pratiquer, et démontrer sa connaissance par ses œuvres ; c'est là-dessus qu'est fondée la science de la dissociation es enfants de lumière, science qui est en analogie avec la justice chrétienne.

CHAPITRE CINQUIÈME

Q. : Quel est le chapitre cinquième des enfants de lumière ?

R. : Il se compose de deux parties, à savoir qu'un adhérent de la lumière doit, par la grâce d'en haut qui est notre rosée, notre +, purifier partout l'impur, et réaliser le bien ; car la connaissance doit concorder avec l'exécution : cela veut dire que la théorie et la pratique doivent concorder ; ce n'est pas assez, pour un connaisseur de lumière, de connaî­tre l'art, il doit aussi savoir le pratiquer ; le savoir seul ne justifie pas, il faut aussi la pratique.

Q. : Quel est le mal qu'il faut fuir le plus dans notre science de la lumière ?

R. : Ce qui risque de priver l'homme de ce bien naturel suprême qui est la plus haute perfection de la nature.

Q. : Quels sont les principaux péchés ou erreurs que l'on peut commettre dans l'opération ?

R. : Ce sont les actions qui — aussi bien à l'égard de l'opération que dans l'application de ce trésor après l'opération — sont contraires aux fins de Dieu ; plus précisément, ce sont les suivantes : La trop forte éléva­tion par le feu. La trop forte concentration.Le gaspillage. L'excessive parcimonie de matière. La surcharge. L'inflammation. Le refroidissement. Au sujet de ces péchés principaux et mortels,,, qui tuent l'esprit, il est écrit : ceux qui le commettent n'obtiendront pas la perfection suprême dans la nature physique.

Q. : Combien y a-t-il d'infractions, ou de péchés chimiques, contre l'esprit de la nature ?                            

R. : 1. Tout bâtir sur cet esprit, présomptueusement, sans indulgence et sans raison, pécher contre sa miséricorde. 2. Désespérer aussitôt, lorsqu'on ne voit pas immédiatement son effet. 3. S'opposer à la connais­sance des vérités chimiques. 4. Jalouser ses frères pour la grâce dont ils bénéficient. 5. Endurcir son cœur contre les exhortations les plus salutai­res. 6. Demeurer dans l'ignorance. Ces infractions sont sans pardon, car elles ne pourront jamais être compensées dans l'ouvrage.

Q. : Quelles sont les infractions qui crient au ciel ?

R. : 1. Détruire délibérément l'ouvrage. 2. Profaner l'ouvrage. 3. En abuser pour opprimer les hommes. 4. Supprimer, à celui qui y a participé, son salaire mérité.

Q. : Quels sont les péchés chimiques étrangers ?

R. : 1. Conseiller à autrui l'erreur chimique. 2. Inciter autrui au Péché. 3. Consentir à l'erreur d'autrui. 4. Louer l'erreur d'autrui. 5. Se taire en présence de l'erreur d'autrui. 6. Fermer les yeux sur l'erreur d'autrui. 7. Participer aux erreurs d'autrui. 8. Défendre ces erreurs.

C'est ainsi que nous participons aux erreurs d'autrui, comme si nous les avions commises nous-mêmes.      

Q. : Suffit-il, lorsque l'on est en possession de l'ouvrage, de délaisser le mal et d'éviter le péché ?

R. : Non ! Il faut faire aussi le bien ; car Dieu n'accorde cette grâce qu'afin que l'homme ainsi gratifié puisse apporter les fruits mûrs de la perfection. Il doit également mener une vie juste et pieuse devant Dieu et devant les hommes, et, par de bonnes œuvres, faire honneur à sa haute vocation.

Q. : Combien y a-t-il de bonnes œuvres ?

R. : Trois.

1. Le sage doit avoir son âme toujours orientée vers Dieu et la sagesse. 2. Qu'il s'abstienne de tout ce qui n'est pas divin et sage. 3. Qu'il remédie partout aux besoins des hommes, ses frères.

Q. : A quoi servent les bonnes œuvres ?

R. : Les bonnes œuvres servent à rendre heureux tant l'individu que l'univers entier.

Q. : Quelles sont les œuvres corporelles de la miséricorde que peut réaliser le sage lorsqu'il a atteint la perfection suprême de la nature phy­sique ?

R. : 1. Il peut nourrir ceux qui ont faim. 2. Faire boire ceux qui ont soif. 3. Vêtir ceux qui sont nus. 4. Héberger les étrangers. 5. Guérir les malades. 6. Eveiller la matière morte.

Q. : Quelles œuvres spirituelles peut pratiquer ce même sage ?

R. : 1. Il peut punir le péché. 2. Informer les ignorants. 3. Prodi­guer ses conseils à ceux qui doutent. 4. Consoler ceux qui sont affligés. 5. Souffrir patiemment l'injustice.

Q. : Quelles sont les huit félicités chimiques ?

R. : Ce sont celles qui sont obtenues par la jouissance et la posses­sion de la plus haute perfection de la nature en tant que bien naturel suprême, et qui sont enseignées par saint Jean dans l'Apocalypse d'après la révélation du Seigneur. 1. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du fruit de l'arbre de la vie, qui se trouve dans le paradis de mon Dieu. 2. Celui qui l'emportera ne sera pas offense par la seconde mort. 3. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du pain céleste caché, et je lui donnerai une pierre blanche sur laquelle sera écrit un nouveau nom que personne ne comprend, sauf celui qui possède la pierre. 4. A celui qui l'emportera et qui gardera mon œuvre jusqu'à sa fin, je donnerai la puissance sur les nations ; et il mènera les peuples avec une verge de fer, et il les brisera comme les vases d'un potier ; il aura ce que j'ai hérité du père, et je lui donnerai une étoile du matin. 5. Celui qui l'emportera sera habillé de blanc, et je n'effacerai jamais son nom du livre de la vie, et je le confesserai publiquement devant mon père et les anges. 6. Celui qui l'emportera sera une colonne dans le temple de mon Dieu, et j'inscrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville sainte qui est la nouvelle Jérusalem descendant du ciel, et il saura mon nouveau nom. 7. Celui qui l'emportera, je le laisserai s'asseoir sur mon trône, tout comme je suis assis sur le trône de mon père parce que je l'ai emporté. 8. Celui qui sera le vainqueur obtiendra, par le droit de la suc­cession, tout ce qu'il désire et souhaite de moi ; je serai Dieu, et il sera mon fils.

Q. : Quels sont, dans cet art, les conseils évangéliques ou célestes ?

R. : Ils sont au nombre de trois : 1. Rester pauvres dans la richesse. 2. Rester abstinents, alors que nous pouvons jouir de tout. 3. Rester obéissants, alors que nous pouvons commander.

Q. : Quelles sont les 4 choses dernières ?

R. : 1 : La mort, en tant que mortification de la matière. 2 : Le juge­ment, ou la dissociation 3 : de ce qui est céleste et vivant 4 : vis-à-vis de ce qui est terrestre et mort. Pense, ô homme, pendant ton travail, à ces quatre choses dernières, et tu ne failliras pas dans ton ouvrage.

REMARQUES FINALES

La force la plus subtile est unie dans l'aimant à la matière la plus grossière.

La force divisible est apparentée au point indivisible.

Expérience

On peut décomposer l'aimant en autant de points que l'on veut ; les morceaux maintiennent ensemble les points et les pôles similaires.

Ce qui, dans le cas de l'aimant, se manifeste dans les parties exté­rieures, paraît se situer de façon imperceptible dans tous les corps. Sans aucun doute, tous ont leurs points et pôles des forces par lesquelles ils s'unissent à des corps similaires et repoussent les corps dissemblables.

D'après le principe de base Principium infinitorum similium, la struc­ture de l'univers entier, dans ce qu'il contient de plus grand et de plus petit, paraît cohérente et régie par des rapports magnétiques ; ainsi, ces rapports associent le plus subtil au plus grossier, et le plus grossier au plus subtil — tout cela suivant un ordre cohérent. L'égalité et l'inégalité découlent, toutes deux, d'un récipient unique qui est la force.

Problèmes

1. Comment une grandeur peut-elle être divisée en d'innombrables autres, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, subsiste néanmoins toujours un rapport semblable ?

Ou bien : comment faire pour que d'innombrables puissances et séries de nombres (actus) se suivent les unes les autres en gardant une dépen­dance constante, de telle sorte que, dans l'infini, subsiste un rapport simi­laire ?

Ou bien : comment la force intérieure doit-elle être raccordée à la force extérieure pour que la forme cachée soit tournée vers l'extérieur? Etant donné que, dans les miroirs paraboliques, le foyer, se situe entre les tangentes et les sécantes, ne faudrait-il pas ajuster les tangentes aux sécantes si l'on veut atteindre le point le plus interne avec la forme extérieure selon des angles égaux ?                                       

Ne serait-ce pas possible de faire se rejoindre, dans l'air, en un ce tain endroit, les points harmoniques ? Que veut dire : faire la quadrature du cercle ? Ne serait-il pas contraire à la nature des choses d'imaginer que « faire la quadrature du cercle » signifie que l'on veut exprimer un cercle par un carré ? « Faire la quadrature d'un cercle », cela ne veut-il pas dire plutôt épuiser un espace cyclique avec des nombres rationnels, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, il subsiste un rapport précis ? Comment trouver la racine et l'aire de chaque carré irrationnel ? Et comment la vraie proportion des lignes laté­rales et perpendiculaires ? Comment démontrer, à partir du contenu rationnel du triangle équilatéral (sans connaître à l'avance la ligne de carré de celui-ci), combien de pieds ou fragments contient le carré du triangle ? Qu'entendaient les anciens, en fait, par quadrature, et qu'entendaient-ils par Arithmetica novenaria ? Et quelles découvertes ferait le monde si 1''Arithmetica novenaria était associée à la quadrature ? Dans la physique, le Principium infinitorum similium ne règne-t-il pas en tant que Principium cognitionis ? Et dans la métaphysique et la théologie, le Principium unitatis ne peut-il pas être le Principium conscientiae ? Grâce à ces deux principes, l'éphémère et le passager ne peuvent-ils pas être saisis et rendus permanents ? N'est-ce pas une loi éternelle qui veut que le spirituel trouve sa subsistance dans le corporel, et que le spirituel soit enfermé dans un espace corporel ?

Cette corporéité ou ce « en quoi » , n'est-ce pas quelque chose qui pourrait être exprimé par le mot « espace » , une forme corporelle à l'intérieur de laquelle agit le spirituel ? N'y a-t-il pas 3 principes de base, et ceux-ci n'agissent-ils pas sous forme de 7 for­ces  ? Ces 3 principes de base ne sont-ils pas 3 sources d'auto­mouvement qui amènent 7 formes  à l'intérieur d'une même conception, les trois premières formes constituant le premier principe, la quatrième et la cinquième constituant le second principe, et la sixième et la septième constituant le troisième principe ?

En considérant l'univers, maintenu ensemble de façon aussi im­muable, l'être raisonnable doit conclure qu'il existe un éternel et indissolu­ble lien de la divinité qui maintient tout ensemble. Cependant, on voit aussi, dans le monde matériel, la fragilité ou l'éphémère, et dans l'éphé­mère l'impérissable.

L'homme peut connaître cela ; pour qu'il ait cette connaissance, il lui faut toutefois quelque chose qui la lui rende possible. Cette chose est la lumière intérieure, ou l'âme ; et d'autre part, la chose qui rend tout visible, c'est la lumière extérieure.

L'âme dont nous parlons est inconnue de l'homme en tant que lumière, aussi longtemps qu'il n'est pas né de Dieu, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il considère les choses dans son esprit et dans l'esprit naturel et non dans l'esprit divin. Lorsqu'il commence à considérer Dieu dans notre esprit, il voit que Dieu est en dehors de tout espace et de tout temps de tout lieu et de tout mouvement ; et que néanmoins il doit y avoir en Dieu quelque chose qui se meut, qui ordonne l'espace et le temps, le lieu et toutes choses. Ce quelque chose, c'est la Parole, la Sagesse et la Splendeur de Dieu, et cette parole n'est pas une essence  idéale, mais quelque chose de corporel , par quoi le divin et l'humain dans sa forme la plus pure, le suprasensible et le sen­sible, le spirituel et le physique agissent conjointement :

    sur la réceptivité de l'homme vis-à-vis du divin ;

    sur la capacité d'élévation de l'homme charnel jusqu'au suprasensible ;

    sur la capacité du matériel  de se magnifier, pour se transformer en spirituel.

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Published by Karl Von Eckartshausen - dans Alchimie
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:44

I. – De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l’alchimie est essentiellement « l’art de faire de l’or ». L’unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c’est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.

Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S’ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d’aujourd’hui sur l’unité de la matière, sur l’inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d’en opérer la transmutation, sur l’analogie universelle (l’atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n’ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d’alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d’expériences rigoureuses, a dû brûler plus d’une fois ce qu’elle adorait la veille ? Inutile d’entamer ici des controverses superflues. Au surplus, l’alchimie – vraie – n’a nul besoin d’aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.

Bien au contraire ! Car c’est peut-être pour avoir succombé à cette manie d’approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d’Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles – du moins dans leurs écrits publics. Et l’impression que l’alchimie n’est rien de plus qu’une sorte de mauvaise chimie, compliquée d’idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.

Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d’Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu’il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n’aboutirent qu’à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont – à juste titre – ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d’endosser la paternité, nul n’y reconnaissant plus les siens ! Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux. Précédent à méditer…

II. – La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est – toute théorie mise de côté – un fait sur lequel il est difficile d’ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L’Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l’Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d’impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l’art transmutatoire et l’avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.

Mais la partie n’est pas le tout et si l’Alchimie n’était qu’une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l’estimer au point de rompre une lance en sa faveur.

Si l’or et les passions qu’il suscite, l’or et les maux qu’il provoque, l’or et les crimes qui lui font cortège avait été l’unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l’unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?

Si nous lisons de véritables initiés à la science d’Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d’Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l’admirable auteur de l’Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l’Œuvre métallique, ils parlent surtout d’autre chose.

Qu’est-ce à dire ?

Exposons le comme nous l’avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.

Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l’Œuvre du Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».

Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l’Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais – et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).

Telle est l’origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l’existence de pas mal de faiseurs d’or qui n’étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs d’or » – sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d’or » (9).

Il n’y a que celui qui a régénéré, avec l’assistance d’En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n’agit qu’à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).

Les autres – qui n’en sont pas là – ou bien font du Grand-Œuvre une simple opération magique (car l’on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n’a rien à voir avec l’Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d’or – physique – par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l’art d’écouter aux portes et d’espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s’il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d’une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l’honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l’Œuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d’accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d’agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l’humilité sont le plus universellement requises).

Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. – De l’Œuvre mystique et de l’Œuvre physique

En résumé, l’homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l’homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-Œuvre dont le Verbe divin est l’Alchimiste et l’Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l’Œuvre, mais il n’y a qu’un Agent : l’Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) – non les souffleurs – sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l’Œuvre physique à l’Œuvre mystique (14).

Quant à l’homme « physique », son Grand-Œuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d’une absolue rareté) n’est possible que parce qu’il n’en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c’est le corps de l’homme tel qu’il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c’est le corps glorieux tel que l’a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d’Eckhartshausen).

Comme dans l’interne des métaux, il y a dans l’interne de l’homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand œuvre est (pour l’adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.

Le Grand-Œuvre physique et le Grand-Œuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c’est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c’est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n’est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. – Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-Œuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c’est-à-dire sur l’abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d’actualité.

Tout d’abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d’énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s’offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d’ailleurs à des « transmutations » de l’ordre de un dix-millionième de gramme.

C’est la montagne qui enfante d’une souris !…

En regard, le Grand-Œuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d’énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.

Autre chose. La science d’aujourd’hui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l’atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l’atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l’enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu’il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s’avère infiniment plus dangereux que le second..

Et, en dépit d’une terminologie barbare qui s’allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».

Comme si l’on pouvait, d’ailleurs, expliquer la matière par la matière ? …

Aussi, le bombardement atomique n’a pas fait exploser que l’atome. Il a mis en pièces du même coup tout l’édifice scientifique moderne. Et c’est au seuil de nos super-laboratoires qu’on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »

Et ceux qui y entrent – les « initiés » tout au moins – ont en effet peu d’illusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l’humanité…

Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.

Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels – une bague en or, par exemple – dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.

C’est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en œuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu’un changement d’équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu’on accorde à certains d’entre eux. Il ne s’agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalité qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d’autres états – parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne – interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.

Non, cent fois non, la voie royale de l’hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.

Et la possession de cette science extérieure, n’est pas faite pour favoriser l’accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l’ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L’Alchimie est évidemment sœur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s’en convaincre, et c’est dans ce sens que j’ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m’avait écrit. Il s’excusait presque d’ignorer la chimie ; c’est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d’avoir l’esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l’époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l’accomplissement du Grand-Œuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l’alchimie. » Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. – Simples aperçus sur le Grand Œuvre

En résumé, dans l’œuvre métallique, l’artiste utilise comme agent – et c’est par là qu’il se différencie le plus profondément du chimiste – une énergie vivante et universelle qu’il n’est pas utile de préciser pour l’instant. Comme substrat, il se sert d’une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.

Dans l’Œuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l’Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.

Non seulement la description de l’œuvre physique s’adapte strictement aux phases de l’Œuvre spirituel, mais il est possible de tirer d’une description de l’Œuvre spirituel une adaptation parfaite à l’œuvre physique (pourvu qu’on ait de l’un ou de l’autre un peu plus qu’une connaissance simplement livresque et superficielle).

La première partie de l’Apocalypse de Jean s’adresse « aux Sept Églises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l’Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l’Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n’en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.

Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l’Alchimie élémentaire, où l’œuvrant s’adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l’arbre de vie (qui pourrait être le Mercuredes Sages), la manne cachée, l’étoile du matin, et ainsi de suite.

Ceux qui sont familiarisés avec l’hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s’agit et nous sauront gré d’en remettre l’interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l’Œuvre, s’ils ne se sentent intérieurement appelés. C’est ici le lieu de citer l’avertissement qui clôt la lettre d’invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t’es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s’attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s’abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l’épisode évangélique du convive qui n’avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).

Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l’Œuvre l’a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d’où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l’inspiration de travailler dans cette voie doivent s’adresser à eux et non à nous. Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :

1° La vie minérale n’est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.

2° Les opérations alchimiques sont – matériellement – simples. Parfois d’autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.

3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.

4° Que l’inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l’Universel est universelle. Ce n’est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.

5° Comme le dit Jacob, l’artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même – précautionneusement – ses matières.

6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C’est là le nœud d’un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.

7° L’alchimiste n’est pas un magiste. Et le feu qu’il emploie pour son œuvre n’est pas, malgré l’opinion de certains modernes, son propre « astral ». C’est cependant un feu « astral » si on l’envisage à un certain point de vue. Rien d’alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.

8° Ne pas s’hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l’art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu’ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c’est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l’Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l’Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C’est un bel exemple de piège terminologique ! Éventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.

9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n’est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.

10° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »

Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l’esprit et spiritualiser le corps, ce, l’un par l’autre. Et l’Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C’est pourquoi Jésus nous dit d’élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l’exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.

11° La théorie précède la pratique et l’accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d’un souffleur. L’analyse spagyrique des métaux – comme par exemple la donne Roger Bacon – les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu’à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.

12° Observez la nature !… Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L’art doit commencer son œuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi… Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !

13° Les herbiers n’apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l’intellect et à l’âme que dix salles de musée. Il y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l’esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !

14° L’œuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s’exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n’a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d’un mixte est chose différente de tirer l’Elixir de la matière. C’est tout au plus une moitié de l’Œuvre.

15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d’y parer. Fiez-vous plutôt à l’aide et à l’inspiration du Ciel : Orare et Laborare !

17° Etudiez les vieux auteurs et n’acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siècles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N’étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu’on peut être d’autant plus hyperbolique qu’on serre de plus prés la réalité opératoire.

18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l’électricité magnétisée» d’Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.

19° Les grandes époques de foi – et d’art – furent les époques bénies de l’Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Être alchimiste, c’est avoir la foi !

20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !… Le corps a faim de repos ; l’âme a soif d’épreuves. Nul n’a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d’abord à ses épines. Comme les débuts de l’œuvre physique, les débuts de l’Œuvre spirituel sont « travaux d’Hercule », mais, comme son Mercure, l’alchimiste acquiert des forces en marchant.

21° Qui veut la Lumière, doit la demander d’abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu’on connaît, c’est faire descendre en soi un peu de la vérité qu’on ignore.

22° Que l’Esprit divin s’incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l’Œuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d’abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c’est là le travail préparatoire du véritable Grand-Œuvre. Quand cette purification qui t’incombe sera terminée, l’Esprit descendra. Mais ceci ne t’incombe pas. C’est Dieu qui choisira son heure. Tel est le vrai Grand-Œuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L’autre, le Grand-Œuvre physique, te sera donné par surcroît.

Les quelques remarques qui précèdent pourront, croyons-nous, rendre de menus services à ceux qui se croiraient « appelés ». Il ne dépend que de Dieu et d’eux qu’ils soient un jour « élus ». Nous n’avons pas voulu faire de ces quelques pages un « cours d’Hermétisme ».

Nous espérons avoir montré ce qu’est l’Alchimie véritable, dégagée de ses contrefaçons.

Au lecteur de juger si nous n’avons pas été trop présomptueux.

Source : http://www.esoblogs.net/6985/quest-ce-que-lalchimie/

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Published by André Savoret - dans Alchimie
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:42

Le monde est aujourd’hui sans mystère : la conception rationnelle prétend tout éclairer et tout comprendre ; elle s’efforce de donner de toute chose une explication positive et logique, et elle étend son déterminisme fatal jusqu’au monde moral. Je ne sais si les déductions impératives de la raison scientifique réaliseront un jour cette prescience divine, qui a soulevé autrefois tant de discussions et que l’on n’a jamais réussi à concilier avec le sentiment non moins impératif de la liberté humaine. En tout cas, l’univers matériel entier est revendiqué par la science, et personne n’ose plus résister en face à cette revendication. La notion du miracle et du surnaturel s’est évanouie comme un vain mirage, un préjugé suranné. Il n’en a pas toujours été ainsi ; cette conception purement rationnelle n’est apparue qu’au temps des Grecs ; elle ne s’est généralisée que chez les peuples européens, et seulement depuis le XVIII° siècle. Même de nos jours bien des esprits éclairés demeurent engagés dans les liens du spiritisme et du magnétisme animal.

Aux débuts de la civilisation, toute connaissance affectait une forme religieuse et mystique. Toute action était attribuée aux dieux, identifiés avec les astres, avec les grands phénomènes célestes et terrestres, avec toutes les forces naturelles. Nul alors n’eût osé accomplir Une œuvre politique, militaire, médicale industrielle, sans recourir à la formule sacrée, destinée à concilier la bonne volonté des puissances mystérieuses qui gouvernaient l'univers. Les opérations réfléchies et rationnelles ne- venaient qu’ensuite, toujours étroitement subordonnées.

Cependant ceux qui accomplissaient l'œuvre elle-même ne tardèrent pas à s’apercevoir que celle-ci se réalisait surtout par le travail efficace de la raison et de l’activité humaine. La raison introduisit. à son tour, pour ainsi dire subrepticement, ses règles précises dans les recettes d’exécution pratique, en attendant le jour où elle arriverait à' tout dominer.

De là une période nouvelle, demi rationaliste et demi mystique, qui a précédé la naissance de la science pure. Alors fleurirent les sciences intermédiaires, s'il est permis de parler ainsi : l'astrologie, l'alchimie, la vieille médecine des vertus des pierres et des talismans, sciences qui nous semblent aujourd'hui chimériques et charlatanesques. Leur apparition a marqué cependant un progrès immense à un certain jour et fait époque dans l'histoire de l'esprit humain. Elles ont été une transition nécessaire entre l'ancien état des esprits, livrés à la magie et aux pratiques théurgiques, et l'esprit actuel, absolument positif, mais qui, même de nos jours, semble trop dur pour beaucoup de nos contemporains.

L'évolution qui s'est faite à cet égard, depuis les Orientaux jusqu'aux Grecs et jusqu'à nous, n'a pas été uniforme et parallèle dans tous les ordres. Si la science pure s'est dégagée bien vite dans les mathématiques, son règne a été plus retardé dans l'astronomie, où l'astrologie a subsisté parallèlement jusqu'aux temps modernes. Le progrès a été surtout plus lent en chimie, où l'alchimie, science mixte, a conservé ses espérances merveilleuses jusqu'à la fin du siècle dernier.

L'étude de ces sciences équivoques, intermédiaires entre la connaissance positive des choses et leur Interprétation mystique, offre une grande importance pour le philosophe. Elle intéresse également les sauvants désireux de comprendre l'origine et la filiation des idées et des mots qu'ils manient continuellement. Les artistes, qui cherchent à reproduire les œuvres de l'antiquité, les industriels, qui appliquent à la culture matérielle les principes théoriques, veulent aussi savoir quelles étaient les pratiques des anciens, par quels procédés ont été fabriqués ces métaux, ces étoffes, ces produits souvent admirables qu'ils nous ont laissés. L'étroite connexion qui existe entre la puissance intellectuelle et la puissance matérielle de l'homme se retrouve partout dans l'histoire : c'est le sentiment secret de cette connexion qui fait comprendre les rêves d'autrefois sur la toute-puissance de la science. Nous aussi, nous croyons à cette toute-puissance, quoique nous l'atteignions par d'autres méthodes.

 

 

LES SEPT METAUX ET  LES  SEPT  PLANETES

« Le monde est un animal unique, dont toutes les parties, quelle qu'en soit la distance, sont, liées entre elles d'une manière nécessaire. » Cette phrase de Jamblique le néoplatonicien ne serait pas désavouée par les astronomes et par les physiciens modernes, car elle exprime l'unité des lois de la nature et la connexion générale de l'univers. La première aperception de cette unité remonte au jour où les hommes reconnurent la régularité fatale des révolutions des astres; ils cherchèrent aussitôt à en étendre les conséquences à tous les phénomènes matériels et même moraux, par une généralisation mystique, qui surprend le philosophe, mais qu'il importe pourtant de connaître, si l'on veut comprendre le développement historique de l'esprit humain. C'était la chaîne d'or qui reliait tous les êtres, dans le langage des auteurs du moyen âge. Ainsi l'influence des astres parut s'étendre à toute chose, à la génération des métaux, des minéraux et des êtres vivants; aussi bien qu'à l'évolution des peuples et des individus. Il est certain que- le soleil règle, par le flux de sa lumière et de sa chaleur, les saisons de l'année et le développement de la vie végétale ; il est la source principale des énergies actuelles ou latentes à la surface de la terre. On attribuait autrefois le même rôle, quoique dans des ordres plus limités, aux divers astres, moins puissants que le soleil, mais dont la marche est assujettie à des lois aussi régulières. Tous les documents historiques prouvent que c'est à Babylone et en Chaldée que ces imaginations prirent naissance; elles ont. joué un rôle important dans le développement de l'astronomie, étroitement liée avec l'astrologie, dont elle semble sortie. L'alchimie s'y rattache également, au moins par l'assimilation établie entre les métaux et les planètes, assimilation tirée de leur éclat, de leur couleur et de leur nombre même.

Attachons-nous d'abord à ce dernier : c'est le nombre sept, chiffre sacré que l'on retrouve partout, dans les jours de la semaine, dans rémunération des planètes, dans celle des métaux, des couleurs, des tons musicaux.

L'origine de ce nombre paraît être astronomique et répondre aux phases de la lune, c'est-à-dire au nombre des jours qui représentent le quart de la révolution de cet astre. Le hasard fit que le nombre des astres errants (planètes), visibles à l'œil nu, qui circulent ou semblent circuler dans le ciel autour de la terre, s'élève précisément à sept : la Lune, le Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. A chaque jour de la semaine un astre fut attribué : les noms même des jours que nous prononçons maintenant continuent à traduire, à notre insu, cette consécration babylonienne.

Le nombre des couleurs fut pareillement fixé à sept ; cette classification arbitraire a été consacrée par Newton, et elle est venue jusqu'aux physiciens de notre temps. Elle remonte à une haute antiquité. Hérodote rapporte que la ville d'Ecbatane (Clio, 98) avait sept enceintes, peintes chacune d'une couleur différente. : la dernière était dorée; celle qui la précédait, argentée. C'est, je crois, la plus ancienne mention qui établisse une relation du nombre sept avec les couleurs et les métaux. La ville fabuleuse des Atlantes, dans le roman de Platon, est pareillement entourée par des murs concentriques, dont les derniers sont revêtus d'or et d'argent; maïs on n'y retrouve pas le mystique nombre sept.

Ce même nombre était aussi, nous l'avons dit, caractéristique des astres planétaires. D'après M. François Lenormant, les inscriptions cunéiformes mentionnent les sept pierres noires, adorées dans le principal temple d'Ouroukh en Chaldée, bétyles personnifiant les sept planètes. C'est au même symbolisme que se rapporte, sans doute, un passage du roman de Philostrate sur la vie d'Apollonius de Tyane (III, 41), passage dans lequel il est question de sept anneaux donnés à ce philosophe par le brahmane Iarchas.

Entre les métaux et les planètes le rapprochement résulte, non seulement de leur nombre, mais surtout de leur couleur. Les astres se manifestent à la vue avec des colorations sensiblement distinctes : Suus cuique color est,  dit Pline (II, xvi). La nature diverse de ces couleurs a fortifié le rapprochement des planètes et des métaux. C'est ainsi que l'on conçoit aisément l'assimilation de l'or, le plus éclatant et le roi des métaux, avec la lumière jaune du soleil, le dominateur du ciel. La plus ancienne indication que l'on possède à cet égard se trouve dans Pindare. La cinquième ode des Isthméennes débute par ces mots : « Mère du soleil, Thia, connue sous beaucoup de noms, c'est à toi que les hommes doivent la puissance prépondérante de l'or. »

Dans Hésiode, Thia est une divinité, mère du soleil et de la lune, c'est-à-dire génératrice des principes de la lumière (Théogonie, 371-374). Un vieux socialiste commente ces vers en disant : « De Thia et d'Hypérion vient le soleil, et du soleil l'or. A chaque astre une matière est assignée : au Soleil For, à la Lune l'argent, à Mars le fer, à Saturne le plomb, à Jupiter l'électrum, à Hermès l'étain, à Vénus le cuivre1 » Cette scolie remonte à l'époque alexandrine. Elle reposait, à l'origine, sur des assimilations toutes naturelles.

En effet, si la couleur jaune et brillante du soleil rappelle celle de l'or :

orbem Per duodena régit muadi sol aureus astra 2,

la blanche et douée lumière de la lune a été de tout temps assimilée à la teinte de l'argent. La lumière rougeâtre de la planète Mars, igneus d'après Pline, diaprés les alchimistes, a rappelé de bonne heure celle, du sang et celle du fer, consacrés à la divinité du même nom. C'est ainsi que Didyme, dans un extrait de son commentaire sur l'Iliade (I. V), commentaire un peu antérieur à Père chrétienne, parle de Mars, appelé l'astre du fer. L'éclat bleuâtre de Vénus, l'étoile du soir et du matin, rappelle pareillement la teinte des sels de cuivre, métal dont le nom même est tiré de celui de l'Ile de Chypre, consacrée à la déesse Cypris, nom grec de Vénus. De là le rapprochement fait par la plupart des auteurs. Entre la teinte blanche et sombre du plomb et celle de la planète Saturne, la parenté est plus étroite encore, et elle est constamment invoquée depuis l'époque alexandrine. Les couleurs et les métaux assignés à Mercure « l'étincelant » (, radians, d'après Pline) et à Jupiter « le resplendissant » () ont varié davantage, comme je le dirai tout à l'heure.

Toutes ces attributions sont liées étroitement à l'histoire de l'astrologie et de l'alchimie. En effet, dans l'esprit des auteurs de l'époque alexandrine, ce ne sont pas là de simples rapprochements ; mais il s'agit de la génération même des métaux, supposés produits sous l'influence des astres dans le sein de la terre.

Proclus, philosophe néoplatonicien du Ve siècle de notre ère, dans son commentaire sur le Timée de Platon, expose que « l'or naturel et l'argent et chacun des métaux, comme chacune des autres substances, sont engendrés dans la terre, sous l'influence des divinités célestes et de leurs effluves. Le Soleil produit l'or ; la Lune, l'argent ; Saturne, le plomb, et Mars, le fer. »

L'expression définitive de ces doctrines astrologico-chimiques et médicales se trouve dans l'auteur arabe Dimeschqî, cité par Chwolson (Sur les Sabéens, t. II, p. 380, 396, 411, 544). D'après cet écrivain, les sept métaux sont en relation avec les sept astres brillants, par leur couleur, leur nature et leurs propriétés : ils concourent à en former la substance. Notre auteur expose que, chez les Sabéens, héritiers des anciens Chaldéens, les sept planètes étaient adorées comme des divinités ; chacune avait son temple et, dans le temple, sa statue, faite avec le métal qui lui était dédié. Ainsi le Soleil avait une statue d'or ; la Lune, une statue d'argent; Mars, une statue de fer; Vénus, une statue de cuivre; Jupiter, une statue d'étain; Saturne, une statue de plomb. Quant à la

planète Mercure, sa statue était faite avec un assemblage de tous les métaux, et dans le creux ou versait une grande quantité de mercure. Ce sont là des contes arabes, qui rappellent les théories alchimiques sur les métaux et sur le mercure, regardé comme leur matière première. Mais ces contes reposent sur de vieilles traditions défigurées, relatives à l'adoration des planètes à Babylone et en Chaldée, et à leurs relations avec les métaux.

Il existe, en effet, une liste analogue dès le second siècle de notre ère : on la trouve dans un passage de Celse, cité par Origène (Opera, t. I, p. 646 ; Contra Celsum, I. VI, 22; édition de Paris, 1733). Celse expose la doctrine des Perses et les mystères mithriaques, et il nous apprend que ces mystères étaient exprimés par un certain symbole, représentant les révolutions célestes et le passage des âmes à travers les astres. C'était un escalier, muni de sept portes élevées, avec une huitième au sommet.

La première porte est de Plomb ; elle est assignée à Saturne, la lenteur de cet astre étant; exprimée par la pesanteur du métal3.

La seconde porte est d'étain ; elle est assignée à Vénus, dont la lumière rappelle l'éclat et la mollesse de ce corps.

La troisième porte est d'airain, assignée à Jupiter, à cause de la résistance du métal.

La quatrième porte est de fer, assignée à Hermès, parce que ce métal est utile au commerce, et se prête à toute espèce de travail.

La cinquième porte, assignée à Mars, est formée par un alliage de cuivre monétaire, inégal et mélangé.

La sixième porte est d'argent, consacrée à la Lune.

La septième porte est d'or, consacrée au Soleil ; ces deux métaux répondant aux couleurs des deux astres.

Les attributions des métaux aux planètes ne sont pas ici tout à fait les mêmes que chez les néoplatoniciens et les alchimistes. Ils semblent répondre à une tradition un peu différente et dont on retrouve ailleurs d'autres traces. En effet, d'après Lobeck (Aglaophamus, p. 936, 1829), dans certaines listes astrologiques, Jupiter est de même assigné à l'airain, et Mars au cuivre.

On rencontre la trace d'une diversité plus profonde et plus ancienne encore dans une vieille liste alchimique, reproduite à la fin de plusieurs manuscrits, et où le signe de chaque planète est suivi du nom du métal et des corps dérivés ou congénères.

La plupart des planètes répondent aux mêmes métaux que dans les énumérations ordinaires, à l'exception de la planète Hermès, à la suite du signe de laquelle se trouve le nom de l'émeraude. Or, chez les Egyptiens, d'après Lepsius, la liste des métaux comprenait, à côté de l'or, de l'argent, du cuivre et du plomb, les noms des pierres précieuses, telle que le mafek ou émeraude et le chesbet ou saphir, corps assimilés aux métaux, à cause de leur éclat et de leur valeur4. Il y a là le souvenir de rapprochements très différents des nôtres, mais que l'humanité a regardés autrefois comme naturels, et dont la connaissance est nécessaire pour bien concevoir les idées des anciens. Toutefois l'assimilation des pierres précieuses aux métaux a disparu de bonne heure, tandis que l'on a pendant longtemps continué à ranger dans une même classe les métaux purs, tels que l'or, l'argent, le cuivre et certains de leurs alliages, par exemple l'électrum et l'airain. De là des variations importantes dans les signes des métaux et des planètes.

Retraçons l'histoire de ces variations ; il est intéressant de la décrire pour l'intelligence des vieux textes.

Olympiodore, néoplatonicien du VIe siècle, attribue le plomb à Saturne; l'électrum, alliage d'or et d'argent, regardé comme un métal distinct, à Jupiter ; le fer à Mars, l'or au Soleil, l'airain ou cuivre à Vénus, l'étain à Hermès (planète Mercure), l'argent à la Lune. Ces attributions sont les mêmes que celles du scoliaste de Pindare cité plus haut; elles répondent exactement et point pour point à une liste initiale du manuscrit alchimique de Saint-Marc, écrit au xi° siècle, et qui renferme des documents très anciens.

Les symboles alchimiques consignes dans les manuscrits comprennent les métaux suivants, dont l'ordre et les attributions sont constants pour la plupart.

  L'or correspondait au. Soleil, relation que j'ai exposée plus haut. Le signe de l'or est presque toujours celui du soleil, et il est déjà exprimé ainsi, dans les papyrus de Leide.

  L'argent correspondait à la Lune et était exprimé toujours par le même signe planétaire.

  L'électrum, alliage d'or et d'argent, était réputé un métal particulier chez les Egyptiens, qui le désignaient sous le nom d'asem, nom qui s'est confondu plus tard avec le mot grec asemon, argent non marqué. Cet alliage fournit à volonté, suivant les traitements, de For ou de l'argent. 11 est décrit par Pline, et il fut regardé jusqu'au temps des Romains comme un métal distinct. Son signe était celui de Jupiter/attribution que nous trouvons déjà dans Zosime, auteur alchimique du m6 ou IVe siècle de notre ère.

Quand l'électrum disparut de la liste des métaux, son signe fut affecté à l'étain, qui jusque-là répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes alchimiques portent la trace de ce changement5. En effet, la liste du manuscrit de Venise porte (fol. 6) : « Jupiter, resplendissant électrum. » Et ces mots se retrouvent, toujours à côté du signe planétaire, dans le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris (fol. 17 recto, ligne -16), la première lettre du mot Zeus figurant sous deux formes différentes (majuscule et minuscule). Au contraire, un peu plus loin, dans une autre liste du dernier manuscrit (fol. 18 verso, ligne 5), le signe de Jupiter est assigné à l'étain.

4° Le plomb correspondait à Saturne : cette attribution n'a éprouvé aucun changement, quoique le plomb ait plusieurs signes distincts dans les listes.

Le plomb était regardé par les alchimistes égyptiens comme le générateur des autres métaux et la matière première de la transmutation. Ce qui s'explique par ses apparences, communes à divers autres corps.

En effet, ce nom s'appliquait, à l'origine, à tout métal ou alliage métallique blanc et fusible; il embrassait l'étain (plomb blanc et argentin, opposé au plomb noir ou plomb proprement dit, dans Pline) et les nombreux alliages qui dérivent de ces deux métaux, associés entre eux et avec l'antimoine, le zinc, le nickel, le bismuth, etc. Les idées que nous avons aujourd'hui sur les métaux simples ou élémentaires, opposés aux métaux composés ou alliages, ne se sont dégagées que peu à peu dans le cours des siècles. On conçoit d'ailleurs qu'il en ait été ainsi, car rien n'établit à première vue une distinction absolue entre ces deux groupes de corps. .

5° Le fer correspondait à Mars. Cette attribution est la plus ordinaire. Cependant dans la liste de Celse le fer répond à la planète Hermès.

Le signe même de la planète Mars se trouve parfois donné à l'étain dans quelques-unes des listes. Ceci rappelle encore la liste de Celse qui assigne à Mars l'alliage, monétaire. Mars et le fer ont deux signes distincts, quoique communs au métal et à la planète, savoir : une flèche avec sa pointe, et un , abréviation du mot , nom ancien de la planète Mars, parfois même avec adjonction d'un , abréviation de , « l'enflammé », autre nom ou épithète de Mars.

6° Le cuivre correspondait à Vénus, ou Cypris, déesse de l'île de Chypre, où l'on trouvait des mines de ce métal, déesse assimilée elle-même à Hathor,1a divinité égyptienne multicolore, dont les dérivés bleus, verts, jaunes et rouges du cuivre rappellent les colorations diverses.

Toutefois la liste de Celse attribue le cuivre à Jupiter et l'alliage monétaire à Mars. La confusion entre le fer et le cuivre, ou plutôt l'airain, aussi attribués à la planète Mars, a existé autrefois; elle est attestée par celle de leurs noms : le mot oes, qui exprime l'airain en latin, dérive du sanscrit ayas, qui signifie le fer6. C'était sans doute, dans une haute antiquité, le nom du métal des armes et des outils, celui du métal dur par excellence.

7° L'étain correspondait d'abord à la planète Hermès ou Mercure. Quand Jupiter eut changé de métal et fut affecté à l'étain, le signe de la planète primitive de ce métal passa au mercure.

La liste de Celse attribue l'étain à Venus, ce qui rappelle aussi l'antique confusion du cuivre et du bronze (airain, alliage d'étain).

8° Mercure. Le mercure, ignoré, ce semble, des anciens Egyptiens; mais connu à l'époque alexandrine, fut d'abord regardé comme une sorte de contre argent et représenté par le signe de la lune retourné. Il n'en est pas question dans la liste de Celse (IIe siècle). Entre le VIe siècle (liste Olympiodore le philosophe, citée plus haut) et le VIIe siècle de notre ère (liste de Stephanus d'Alexandrie, qui sera donnée tout à l'heure), le mercure prît le signe de la planète Hermès, devenu libre par suite des changements d'affectation relatifs à Pétain.

Ces attributions nouvelles et ces relations astrologico-chimiques sont exprimées dans le passage suivant de Stephanus : « Le démiurge plaça d'abord Saturne, et vis-à-vis le plomb, dans la région la plus élevée et la première; en second lieu, il plaça Jupiter vis-à-vis de l'étain, dans la seconde région; il plaça Mars le troisième, vis-à-vis le fer, dans la troisième région; il plaça le Soleil le quatrième, et vis-à-vis For, dans la quatrième région; il plaça Vénus la cinquième, et vis-à-vis le cuivre, dans la cinquième région ; il plaça Mercure le sixième, et vis-à-vis le vif-argent, dans la sixième région; il plaça la Lune la septième, et vis-à-vis l'argent, dans la septième et dernière région7. » Dans le manuscrit, au-dessus de chaque planète, ou de chaque métal, se trouve son symbole. Mais, circonstance caractéristique, le symbole de la pianote Mercure et celui du métal ne sont pas encore les mêmes, malgré le rapprochement établi entre eux, le métal étant toujours exprimé par un croissant retourné. Le mercure et l'étain ont donc chacun deux signes différents dans nos listes, suivant leur époque.

Voilà les signes fondamentaux des corps simples ou radicaux, comme nous dirions aujourd'hui.

Ces signes sont le point de départ de ceux d'un certain nombre de corps, dérivés de chaque métal et répondant aux différents traitements physiques ou chimiques qui peuvent en changer Fêtât ou l'apparence.

Tels sont : la limaille, la feuille, le corps calciné ou fondu, la soudure, le mélange, les alliages, le minerai, la rouille ou oxyde. Chacun de ces dérivés possède dans les listes des manuscrits un signe propre, qui se combine avec le signe du métal, exactement comme on le fait dans la nomenclature chimique de nos jours.

Les principes généraux de ces nomenclatures on donc moins changé qu'on ne serait porté à le croire, l'esprit humain procédant suivant des règles et des systèmes de signes qui demeurent à peu près les mêmes dans la suite des temps. Mais il convient d'observer que les analogies fondées sur la nature des choses, c'est-à-dire sur la composition chimique, démontrée par la génération réelle des corps et par leurs métamorphoses réalisées dans la nature ou dans les laboratoires, ces analogies, dis-je, subsistent et demeurent le fondement de nos notations scientifiques ; tandis que les analogies chimiques d'autrefois entre les planètes et les métaux, fondées sur des idées mystiques sans base expérimentale, sont tombées dans un juste discrédit. Cependant leur connaissance conserve encore de l'intérêt pour l'intelligence des vieux textes et pour F histoire de la science.

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Published by Berthelot - dans Alchimie
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:36

Préface de l'auteur

La connaissance précieuse ne sera pas obtenue tant que l'âme n'aura pas assiégé, conquis et abattu le mal, ayant ainsi gagné la couronne de fleurs du Chevalier, que la Chasteté gracieuse et vierge pose sur le front du champion du Christ, après sa victoire. Alors la connaissance merveilleuse montera, mais sans la perfection.

Le premier point

Du Sang et de l'Eau de l'Ame

1. Tout ce qui est substance et tangible est dans ce monde. Etant donné que l'âme n'est ni une substance ni une entité en ce monde, ni son sang et ni son eau ne sont substance ou entité dans ce monde.

2. Il est certain que l'âme, avec son sang et son eau, réside dans le sang et dans l'eau extérieurs; mais sa substance est magique. Car l'âme est aussi un feu magique, et son image ou forme est créée dans la lumière (par la force de son propre feu et de sa propre lumière) émanant du feu magique; et pourtant celle-ci est une image véritable de chair et de sang, mais non pas dans son état original.

3. Comme la sagesse de Dieu a un être et cependant existe: la sagesse n'est pas un être. Ainsi l'âme avec son image possède une existence, et pourtant celle-ci, l'âme, n'est qu'un feu magique, mais sa subsistance prend sa source dans sa substance.

4. De même qu'un feu a besoin de substance pour brûler, ainsi le feu magique de l'âme a la chair, le sang, et l'eau. Il n'y aurait point de sang si la teinture du feu et de la lumière n'étaient point de l'eau. Cette teinture est l'entité ou la vie de la sagesse (qui a en elle toutes les formes de la Nature), et est l'autre feu magique.

5. Car elle donne toutes les couleurs; et de sa forme émane l'énergie divine de la nature douce de la lumière (c'est-à-dire: selon la propriété de la lumière qui est en elle); et selon la propriété du feu qui est en elle; elle est une subtilité de la transmutation. Elle peut mener toute chose à son degré le plus élevé; bien qu'elle ne soit pas un esprit vivant, mais l'entité suprême.

6. Ainsi, la teinture est la même entité dans l'eau, et elle introduit en cette dernière, les propriétés du feu et de la lumière, avec toutes les forces de la Nature par lesquelles elle transforme l'eau en sang; et ceci elle le fait dans l'eau extérieure et aussi bien que dans l'eau intérieure, de même qu'elle le fait au sang extérieur et intérieur.

7. Le sang intérieur de l'état de la substance divine est également magique; car c'est la Magie qui le transforme en substance. C'est le sang spirituel, que la nature extérieure ne peut atteindre (rügen), que par imagination. L'imagination intérieure introduit la volonté extérieure dans le sang intérieur, par ce processus, le sang et la chair de l'état de la substance divine sont corrompus, et la noble image de la ressemblance avec Dieu est éclipsée.

8. Le sang et la chair de l'âme résident dans le plus haut mystère, car ils sont l'état de la substance divine. Et lorsque le sang et la chair extérieurs meurent, ils tombent dans le mystère extérieur, et le mystère extérieur tombe dans le mystère intérieur.

9. Et chaque feu magique a son éclat et son obscurité en soi-même; ce qui cause la désignation d'un jour final de séparation: lorsque tous devront passer à travers un feu et seront éprouvés, ce qui déterminera ceux qui seront aptes, et ceux qui ne le seront pas. Alors toute chose retournera dans sa propre magie, et sera alors comme elle était depuis l'éternité.


Le deuxième point.

De l'élection de la grâce.
Du bien et du mal.

1.      Dieu seul, depuis l'éternité est tout. Son essence se divise en trois distinctions éternelles. La première est le monde-feu, la seconde est le monde des ténèbres, et la troisième est le monde-lumière. Et pourtant, il n'y a qu'une seule essence, l'une dans l'autre; mais l'une n'est pas l'autre.

2. Les trois distinctions sont pareillement éternelles et sans limites, ni ne sont restreintes ni dans le temps ni dans l'espace. Chaque distinction s'enferme en elle-même dans un être; et sa qualification est en accord avec sa propriété, et dans cette qualification réside aussi son désir, comme le centrum naturae (centre de la nature).

3. Et le désir est sa création, car le désir crée l'être où il n'y en avait point, et cela dans l'essence du désir, selon la propriété du désir. Et l'ensemble n'est qu'une Magia, ou la faim pour l'état d'être.

4. Chaque forme crée un être dans son désir; et chaque forme se remplit du miroir de sa propre clarté, et a sa vision dans son propre miroir. Sa vision est une ténèbre pour un autre mirroir, et sa forme est cachée pour un autre œil; mais dans la sensation, il y a une différence.

5. Car chaque forme dérive sa sensation de l'état originel des trois formes de la Nature, à savoir: l'aigre, l'amer et l'angoisse; et pourtant, dans ces trois formes, il n'y a aucune souffrance en soi, mais le feu y cause la douleur que la lumière transforme à nouveau en douceur.

6. La vraie vie est enracinée dans le feu; il y a un lien entre la lumière et les ténèbres. Ce lien est le désir avec tout ce dont il se remplit; c'est pour cela que le désir appartient au feu, et que sa lumière brille de ce feu. Cette lumière est la forme, pou la vue, de cette vie; et la substance introduite dans le désir est le bois à brûler dont le feu brûle, qu'il soit dur ou tendre; c'est aussi son royaume de paradis ou d'enfer.

7. La vie humaine est le lien entre la lumière et les ténèbres; elle brûlera dans celle à laquelle elle s'abandonnera. Si elle s'abandonne au désir de l'essence, elle brûlera dans l'angoisse, dans le feu des ténèbres.

8. Mais si elle s'abandonne à un néant, elle sera sans désir et tombera dans le feu de la lumière; et ainsi brûlera sans douleur; car elle n'apporte à son feu aucun combustible qui pourrait alimenter un feu. Comme il n'y a aucune douleur en elle, ni que la vie ne reçoit pas de souffrance, car elle (la vie) n'en contient aucune en elle-même; elle (la vie humaine) tombera dans la Magia première, qui est Dieu dans sa triade.


9. Lorsque naît la vie, celle-ci possède tous les trois mondes en elle. Elle sera contenue dans le monde auquel elle s'unira et c'est de ce feu qu'elle brûlera.

10. Car, lorsque la vie s'enflamme, elle est attirée par tous les trois mondes; et ils se meuvent dans l'essence, comme dans le premier feu qui s'enflamme. Quelle que soit l'essence que la vie, dans son désir, choisisse et reçoive; c'est de ce feu qu'elle brûlera.

11. Si la première essence dans laquelle la vie s'enflamme est bonne, alors le feu est aussi plaisant et bon. Mais si celle-ci est mauvaise et obscure, qu'il consiste d'une propriété de violente furie, alors le feu sera aussi un feu-furie, et il aura un désir correspondant, se conformant à la propriété de ce feu.

12. Chaque imagination désire seulement une essence pareille à elle-même et de la nature dont elle naquit originellement.

13. Actuellement, la vie de l'homme est pareille à une roue dont bientôt le point le phus bas deviendra le point le plus haut. Elle s'enflamme à chaque essence et se souille de chaque essence. Mais elle se baigne dans le mouvement du cœur de Dieu, une eau de gentillesse; et de cet endroit, elle est capable d'introduire un état de substance dans son feu-vie. L'élection de Dieu ne dépend pas de la première essence.

14. Car la première essence n'est que le Mysterium pour une vie; et la première vie ainsi que le feu dont elle s'enflamme, appartient au Mysterium dont elle a pris l'essence; que cette essence soit entièrement violente, ou une essence mixte, ou une essence de lumière en accord avec le monde-lumière.

15. La propriété dans laquelle la vie prend ascension est aussi celle dont brûlera sa lumière. Cette vie n'a pas d'élection et aucun jugement ne sera porté sur elle; car elle tient de sa propre condition primitive, et porte son jugement en elle-même. Elle se sépare de toute autre source (Qual); car elle ne brûle que de sa propre source, de son propre feu magique.

16. L'élection est en rapport avec ce qui est introduit, qui peut appartenir à la lumière, soit aux ténèbres. Car selon que ce qui est introduit appartienne à une propriété ou à une autre, ainsi sera aussi la volonté de sa vie. C'est ici que l'on peut savoir si elle est d'une nature de violente furie, ou d'une essence d'amour. Aussi longtemps qu'elle brûle d'un seul feu, elle est abandonnée par l'autre; et l'élection du feu dans lequel elle brûle se transmet à la vie, par ce même feu aussi longtemps qu'elle reste dans ce feu.

17. Mais si la volonté de ce feu (comme le punctum volant) plonge dans un autre feu et s'y enflamme, elle pourra allumer de ce feu la vie entière, et pourra rester dans ce feu.

18. Alors la vie renaît, soit au monde des ténèbres ou à celui de la lumière, (selon le monde dans lequel la volonté s'est enflammée), et alors surgit une autre élection. Et voila la raison pour laquelle Dieu tolère que l'homme enseigne, et il en est de même du diable. Chacun d'eux désire que la vie plonge dans son propre feu et s'y allume d'elle-même. Et ainsi l'un des mysterium saisit l'autre.


Le troisième point

Du péché.
De ce qu'est le péché et pourquoi c'est péché



1. Une chose qui est Une n'a ni commandement, ni loi. Mais si cette chose se mélange à une autre, il en résulte deux êtres distincts, existant comme un seul, mais aussi deux volontés, l'une opérant à l'encontre de l'autre. Voilà l'origine de l'opposition ou de l'inimitié.

2. Considérons l'opposition à Dieu. Dieu est Un et bon; sans aucune souffrance ou qualité limitée (Qual); et bien que toute source ou qualité (Qual) soit en Lui, Il n'est pas encore manifesté. Car le bien a absorbé le mal, le contraire de soi-même, et le garde enfermé dans le bien, tel un prisonnier; car le mal sera l'une des causes de la vie et de la lumière, mais non manifestée. Pourtant, le bien meurt dans le mal, afin de pouvoir se mouvoir dans le mal, sans souffrance ni sensation, en soi-même.

3. L'amour et l'inimitié sont une seule et même chose; mais chacune réside en soi-même, ce qui en fait deux choses distinctes. La mort est la ligne de démarcation entr'elles; et pourtant la mort n'existe pas, sauf que le bien meurt au mal, comme la lumière est morte à la morsure du feu et ne sent plus le feu.

4. Nous devons donc encore expliquer le péché dans la vie humaine. Voici: la vie est Une et bonne; mais s'il existe une autre qualité à l'intérieur d'elle-même, celle-ci devient une inimitié contre Dieu, car Dieu réside dans la vie la plus élevée de l'homme.

5. Cependant, aucune existence incommensurable ne peut résider dans une existence mesurable. Car dès que la vraie vie éveille la douleur en elle-même, celle-ci n'est plus identique au néant, dans lequel il n'y a pas de douleur. C'est pourquoi, l'une se sépare immédiatement de l'autre.

6. Car le bien - ou la lumière - est comme un néant; mais si quelque chose le pénètre, alors celui-ci devient autre chose que le néant, car la chose qui le pénètre réside en elle-même, en tourment (Qual); car là où il y a quelque chose, il doit aussi y avoir aussi une qualité (Qual) qui la crée et la maintienne.

7. Considérons maintenant l'amour et l'inimitié. L'amour ne possède qu'une seule qualité et une seule volonté; celui-ci ne désire que l'objet de son amour, et rien d'autre; car le bien est seulement l'Unité, et la qualité est multiple; et la volonté humaine, qui désire de multiple choses, apporte en elle-même et dans l'Unique (où réside Dieu), le tourment de la pluralité.

8. Car le multiple est ténèbre et assombrit la vie de la lumière; et l'Unique est la lumière, car Celui-ci s'aime Soi-même et ne possède aucun désir pour le multiple.

9. La volonté de la vie doit donc être dirigée vers l'Unique (comme vers le bien), et ainsi demeurer dans une qualité unique. Mais si celle-ci imagine une autre qualité, elle se rend elle-même enceinte de cette chose qu'elle désire.

10. Et si cette chose se trouve être sans fondation éternelle; elle aura une racine périssable et fragile. Alors la chose recherchera une racine pour assurer sa préservation, afin de subsister. Car chaque vie réside dans un feu magique, et chaque feu doit avoir une substance pour pouvoir brûler.

11. Cette même chose doit créer pour elle-même une substance selon son désir afin que son feu ait un combustible pour se nourrir. Aucun feu-source ne peut subsister dans le feu libre, car ce dernier ne peut l'atteindre, n'étant lui-même qu'une chose.

12. Tout ce qui subsiste en Dieu doit être libéré de sa volonté propre. Il ne peut y avoir aucun feu individuel brûlant à l'intérieur de soi-même, car le feu de Dieu doit être son feu. Sa volonté doit être unie à Dieu, afin que Dieu et la volonté et l'esprit de l'homme ne soient qu'une seule et même chose.

13. Car ce qui est Un ne peut pas être en désaccord ou en inimitié avec soi-même, puisque ne possédant qu'une volonté. Où qu'il aille, quoiqu'il fasse, il reste Un avec soi-même.

14. Une volonté unique ne peut avoir qu'une imagination unique, et l'imagination ne créer ou ne désire que ce qui s'assimile à elle-même. C'est de cette manière que nous devons comprendre la volonté contraire.

15. Dieu réside en toute chose; et rien ne Le contient, sauf si une telle chose est Une avec Lui. Mais si celle-ci sort de l'Unité, elle sort de Dieu et entre en elle-même, et devient alors différente de Dieu, en s'en séparant elle-même. Et voici que se manifeste la Loi qui veut que toute chose doive re-sortir de soi-même pour retourner dans l'Unité ou bien rester séparée de l'Unité.

16. Et voici comment on peut savoir ce qui est péché, et pourquoi c'est péché. Lorsqu'un être humain veut se séparer lui-même de Dieu, en une existence propre, il éveille son propre Soi et brûle de son propre feu, qui n'a pas la capacité du feu divin.

17. Car toute chose que la volonté pénétrera et dont elle prendra possession sera devenue étrangère à la volonté Une de Dieu. Car tout appartient à Dieu et rien n'appartient à la volonté de l'homme. Mais si celle-ci réside en Dieu, alors tout lui appartient aussi.

18. Donc, nous reconnaissons que le désir est péché. Car celui-ci est une attirance d'une séparation de l'Unité vers le multiple et l'introduction du multiple dans l'Unité. Il voudra posséder, et pourtant devrait être sans volonté. C'est par le désir que se cherche la substance, et c'est dans la substance que le désir allume un feu.

19. Chaque feu particulier brûle selon le caractère de son être propre; et voici comment naissent la séparation et l'inimitié. Car le Christ a dit: "Celui qui n'est pas avec moi, est contre moi; et celui qui n'amasse point avec moi, dissipe au lieu d'amasser." (Luc XI,23) Car celui-ci amasse sans Christ; et tout ce qui n'est pas en Lui, est en-dehors de Dieu.

20. Nous voyons donc que l'avarice est péché; car il s'agit d'un désir extérieur à Dieu. Et nous comprenons aussi que l'orgueil est péché, car celui-ci tendra à devenir sa chose propre, en se séparant de soi-même de Dieu, comme de l'Unité.

21. Car tout ce qui réside en Dieu doit se mouvoir en Lui, dans Sa volonté. Nous voyons donc que nous sommes tous en Dieu, comme une unité répartie en de nombreux membres; il va donc à l'encontre de Dieu, celui qui se sépare des autres, en se faisant lui-même un seigneur, comme l'orgueil peut le faire. L'orgueil se fera un seigneur, et Dieu est le seul Seigneur. Il y aura donc deux seigneurs, l'un se séparant de l'autre.

22. C'est pour cela que tout ce qui désire posséder en propre est péché et une volonté contraire, même s'il s'agit du boire ou du manger. Si la volonté imagine dans cet état, elle s'en remplit et en allume le feu propre, et dès lors, un autre feu brûle dans le premier et devient une volonté contraire et une erreur.

23. C'est pourquoi nous devons cultiver, en-dehors de l'opposition, une volonté neuve, qui s'abandonnera de nouveau dans l'Unité simple; et l'opposition devra être brisée et tuée.

24. Considérons maintenant le Verbe de Dieu devenu humain. Si l'homme y place son désir, il sortira de la douleur (Qual), de son feu propre et sera un nouveau-né dans le Verbe. Et ainsi la volonté naissante résidera en Dieu; mais la volonté première restera avarice, matérialité et pluralité.

25. De même, la pluralité du corps doit être brisée, et celle-ci doit périr et se détacher de la volonté naissante, alors la volonté naissante connaîtra une nouvelle naissance. Car dans l'Unité, celle-ci réabsorbe tout en soi-même, non avec un propre désir, mais avec son propre amour - un amour qui est uni à Dieu -, afin que Dieu soit entièrement en tout, et que Sa Volonté soit la volonté de toute chose; car en Dieu n'existe qu'une seule volonté.

26. Ainsi nous découvrons que le mal doit être subordonné à la vie du bien, pour autant que la volonté se retire à nouveau du mal, de soi-même, dans le bien; car le feu de la vie est constitué de férocité.

27. Mais la vie de la volonté de la vie doit être retournée contre elle-même, en conflit; car elle doit fuir sa férocité et ne plus la vouloir. Elle ne doit plus vouloir désirer, et cependant la volonté de son feu (c'est à dire la vie de son feu) désire et doit posséder le désir. Voici donc la chose: renaître dans la volonté.

28. Chaque volonté-esprit qui reste dans le désir du feu de sa vie (comme dans l'ardeur du bois pour le feu), ou qui y pénètre et possède le terrestre, reste séparée de Dieu aussi longtemps qu'elle possède ce qui est étranger, c'est à dire le terrestre.

29. Donc nous reconnaissons comment la superfluité du boire et du manger engendre le péché. Car la volonté pure, qui se sépare du feu de la vie, est noyée dans le désir et emprisonnée, et ainsi se trouve trop faible dans le combat. Car la source du feu (ou du désir) la garde captive et la remplit d'ardent désir, de telle manière que cette même volonté dirige son imagination dans le désir.

30. De même, la volonté placée dans le désir du boire et du manger est terrestre et est séparée de Dieu. Mais la volonté qui s'échappe du feu terrestre, brûle dans le feu intérieur et est divine.

31. La volonté qui s'échappe du désir terrestre ne s'élève pas du feu terrestre. Non, elle est la volonté du feu de l'âme, qui a été capturée et cachée par le désir terrestre. Elle ne désire pas rester dans le désir terrestre, mais veut retourner dans son Unité, en Dieu, de laquelle elle trouva originellement sa source.

32. Mais si celle-ci est gardée prisonnière du désir terrestre, elle sera enfermée dans la mort et souffrira l'agonie. Voici comment comprendre le péché.


Le quatrième point.

Comment le Christ rendra le Royaume à Son Père.


1. Lors de la création du monde et de tout être, le Père se mit en mouvement selon Sa propriété, c'est-à-dire par le centre de la Nature, par le monde ténébreux et le monde-feu. Ceux-ci continuèrent leur mouvement et leur domination jusqu'au moment où le Père se déplaça selon son cœur (et le monde-lumière), et Dieu devint homme. Ensuite, l'amour régna, la lumière vainquit la propriété de violente furie du Père et guida le Père dans le Fils avec amour.

2.Puis le Fils eut domination sur ceux qui s'attachèrent à Dieu; le Saint-Esprit (qui provient du Père et du Fils) attira les hommes vers la lumière d'amour, à travers le Fils, vers Dieu le Père.

3. Mais à la fin des temps, le Saint-Esprit reviendra au Père et aussi dans la propriété du Fils et les deux propriétés deviendront actives à l'instant. L'esprit du Père se révélera dans le feu et la lumière, mais également dans la violente colère du monde des ténèbres. Alors le royaume retournera au Père. Car le Saint-Esprit doit gouverner éternellement et être un révélateur éternel dans le monde-lumière aussi bien que dans le monde des ténèbres.

4. Car les deux mondes resteront immobiles; et le Saint-Esprit, qui provient du Père et du Fils, a le droit de régner éternellement dans les deux mondes, selon la nature et la propriété de chacun de ces mondes.

5. Lui seul sera le révélateur des merveilles. Et la domination éternelle qu'Il exercera avec l'Esprit, sera rendue au Père (qui est tout), par le Fils.


Le cinquième point.

De la magie. De ce qu'est la magie.
De ce qu'est le fondement de la magie.


1. La Magie est la Mère de l'éternité, de l'être de tous les êtres; car elle se crée elle-même et son entendement réside dans le désir.

2.Elle n'est elle-même qu'une volonté et cette volonté est le grand mystère de tous les miracles et de tous les secrets; mais elle se manifeste elle-même par l'imagination de la faim du désir d'exister.

3. C'est l'état originel de la Nature. Son désir crée une image (Einbildung). Cette image ou figure est seulement la volonté du désir. Mais le désir crée dans la volonté un être semblable à ce que contient la volonté.

4. La magie véritable n'est pas un être, mais l'esprit du désir de cet être. C'est une matrice sans substance, mais qui se manifeste dans un être de substance.

5. La Magie est l'esprit, et l'être est son corps; et pourtant les deux ne font qu'un, comme l'âme et le corps ne font qu'une seule personne.

6. La Magie est le plus grand secret, car elle est supérieure à la nature et elle crée la nature selon la forme de sa volonté. Elle est le mystère du Ternaire; c'est-à-dire qu'elle réside dans le désir, dans la volonté d'aspirer vers le cœur de Dieu.

7. Elle est la puissance formatrice dans la Sagesse éternelle, étant un désir dans le Ternaire, dans lequel l'éternelle merveille du Ternaire désire se manifester en coopération avec la Nature. C'est le désir qui s'introduit dans la Nature ténébreuse, et par la Nature dans le feu, et par le feu, par la mort ou la violence, dans la lumière de la Majesté.

8. Elle n'est pas Majesté, mais le désir en Majesté. Elle est le désir du pouvoir divin, et non pas le pouvoir lui-même, mais elle est la faim ou le désir ardent du pouvoir. Elle n'est pas la Toute-Puissance de Dieu, mais l'élément directeur de la Puissance et du Pouvoir de Dieu. Le cœur de Dieu est le pouvoir, et le Saint-Esprit est la révélation du pouvoir.

9. Elle n'est néanmoins pas seulement le désir du pouvoir, mais aussi de l'esprit conducteur; car elle contient Fiat en elle-même. Ce que l'Esprit-Volonté révèle en elle, elle le manifeste comme un être par l'aigreur qui est Fiat; tout cela s'accomplit selon le modèle de la volonté. Comme la volonté forme un modèle dans la sagesse, c'est ainsi que le désir de la Magie le reçoit; car elle a l'imagination dans sa propriété comme un ardent désir.

10. L'imagination est douce et tendre, elle ressemble à l'eau. Mais le désir est dur et sec, comme la faim; il durcit ce qui est tendre et on le trouve dans toute chose, car il est le plus grand être (Wesen) dans la Déité. Il guide ce qui n'a pas de fondement vers sa fondation et ce qui n'est rien vers quelque chose.

11. C'est dans la magie que se trouvent toutes les formes d'Etre de tous les êtres. Elle est une mère dans chacun des trois mondes et crée chaque chose d'après le modèle et la volonté de cette chose. Elle n'est pas l'entendement, mais un élément de création selon l'entendement et elle se prête au bien aussi bien qu'au mal.

12. C'est tout cela que la volonté modèle dans la sagesse, pourvu que la volonté de l'entendement y pénètre également, c'est ce qui reçoit son être de la Magie. Elle sert ceux qui aiment Dieu dans Son Etre, car elle créé la substance divine dans l'entendement et la prend de l'imagination, aussi bien que de la douceur de la lumière.

13. C'est la Magie qui crée la chair divine; et l'entendement est né de la sagesse, car celui-ci distingue les couleurs, les pouvoirs et les vertus. L'entendement conduit l'esprit vrai et juste par la bride; car l'esprit s'envole et l'entendement est son feu.

14. L'esprit n'est pas rebelle, il ne devrait pas s'opposer à l'entendement; mais être la volonté de l'entendement. Mais les sens, dans l'entendement s'envolent et sont rebelles.

15. Car les sens sont l'éclair de l'esprit-feu, ils apportent avec eux, dans la lumière, les flammes de la Majesté; et dans les ténèbres ils apportent avec eux l'éclair de la terreur, semblable à un féroce éclair de feu.

16. Les sens sont d'un esprit si subtil, qu'ils entrent en chaque être et absorbent chaque être en eux-mêmes. Mais l'entendement éprouve tout dans son propre feu; il rejette le mal et ne retient que le bien. Alors la Magie, sa mère, le prend le bien et lui donne l'être.

17. La Magie est la mère dont provient la Nature, et l'entendement est la mère provenant de la Nature. La Magie guide le feu féroce, et l'entendement sort sa propre mère: la Magie, du le feu féroce jusqu'à son propre feu.

18. Car l'entendement est le feu du pouvoir, et la Magie est le feu ardent; et pourtant il ne faut pas la comprendre comme un feu, mais comme le pouvoir ou la mère du feu. Le feu est appelé principe, et la Magie est appelée désir.

19. Tout est accompli par la Magie, le bon ainsi que le mauvais. Sa propre œuvre est Nigromantia, mais elle est distribuée à travers toutes les propriétés. Dans ce qui est bien, elle est bonne, et dans ce qui est mal, elle est mauvaise. Elle est utile aux enfants du Royaume de Dieu, et aux sorciers du royaume du diable; car l'entendement peut en faire ce qu'il lui plaît. Elle ne possède pas l'entendement, et pourtant elle comprend tout; car elle est la compréhension de toutes choses.

20. Il est impossible d'en mesurer la profondeur, car elle est depuis l'éternité la base et le fondement de toutes choses. Elle est un maître de philosophie ainsi qu'une la mère de philosophie.

21. Mais la philosophie conduit la Magie, sa mère, comme il lui plaît. Comme le divin pouvoir, c'est-à-dire le Verbe (ou le cœur de Dieu), conduit le Père sévère vers la douceur; ainsi la philosophie (ou l'entendement) conduit sa mère vers une qualité douce et divine.

22. La Magie est le livre de tous les savants. Ceux qui veulent apprendre doivent d'abord apprendre la Magie, que leur art soit plus élevé ou plus bas. Même le paysan des champs doit aller à l'école magique, s'il veut cultiver son champs.

23. La Magie est la meilleure théologie, car en elle, la vraie foi a sa fondation et sa demeure. Et celui qui la bafoue est un fou; car il ne la connaît pas et il blasphème Dieu et lui-même, et il est plus un jongleur qu'un théologien possédant l'entendement.

24. Il est comme quelqu'un qui se bat devant un miroir et ne connaît pas la cause de la dispute, car il mène un combat superficiel, le théologien injuste regarde la Magie dans sa réflexion et ne comprend rien à son pouvoir. Car elle est à la ressemblance de Dieu, et lui n'est pas divin, oui, il est diabolique même, selon la propriété de chaque principe. En somme: La Magie est l'Activité de l'Esprit-Volonté.


Le sixième point.

Du Mystère.
De ce qu'est le Mystère.


1. Le mystère n'est rien d'autre que la volonté magique qui est encore emprisonnée dans le désir. Il peut se modeler à volonté dans le miroir de la sagesse. Et de la manière dont il se modèle dans la teinture, il sera fixé et formé en Magie, et enfin amené en un être.

2. Car le Mysterium Magnum n'est rien d'autre que la faculté qu'a la Déité de se cacher, en compagnie de l'Etre de tous les êtres, de ce mystère en procèdent d'autres, et chaque mystère est le miroir et le modèle du suivant. Et voici la grande merveille de l'éternité, dans laquelle tout est inclus, et qui, de toute éternité, a été vue dans le miroir de la sagesse. Et rien ne passe qui n'ait été, de toute éternité, connu dans le miroir de la Sagesse.


3. Mais vous devez comprendre ceci selon les propriétés du miroir, selon toutes les formes de la Nature, c'est-à-dire selon la lumière et l'ombre, selon la compréhension et l'incompréhension, selon l'amour et le courroux, ou selon le feu et la lumière, comme il a été démontré ailleurs.

4. Le Magicien a le pouvoir, dans ce Mystère, d'agir selon sa volonté, et il peut faire ce qui lui plaît.

5. Mais il doit être armé dans cet élément même, dans lequel il pourrait créer; sinon, il sera rejeté au-dehors comme un étranger, et livré au pouvoir des esprits de cet élément, qui pourront le traiter comme bon leur semble. Rien de plus ne peut être dit à ce sujet, à cause de la tourba.

Emprunté au site de l'Ordre Martiniste des Pays-Bas : http://kingsgarden.org
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Published by Jacob Boehme - dans Alchimie
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 15:56

 

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Je vous avais parlé lors de mon bilan sur 2010 que j’introduirai cette année les créatures magiques et mystérieuses. On va commencer avec le petit peuple des elfes, fées et lutins, et plus particulièrement, le Leprechaun, ce lutin irlandais si connu, dont on retrouve bon nombre de représentations aux alentours de la St Patrick.

Le Leprechaun est un petit homme qui ne dépasse pas 90cm de haut, habitant en Irlande. On le trouve partout sur l’île d’Emeraude, mais il serait né sur le mont Ben Bulben, en Sligo, au Nord-Ouest de l’Irlande. Il construit des demeures confortables et propres à l’abri des haies, des pierres levées et des talus plantés d’arbres dont les racines lui servent de charpente.

C’est un gourmand, qui n’aime pas beaucoup la cuisine irlandaise, principalement composée de pommes de terre. Il adore par contre leur pain-soda, qu’il prépare à merveille en le parfumant aux herbes.

Farceur, mais bougon, c’est un cordonnier hors pair. Mais ne lui confiez pas vos chaussures abîmées : incapable de terminer le travail qu’on lui demande, il n’en réparera qu’une seule par paire !

C’est un gardien de trésors, et il sait toujours où l’or est enterré. On dit que c’est lui qui a la surveillance des trésors enfouis du Tuatha de Danann, des Sidhe (les elfes irlandais) et du Petit Peuple. On dit qu’il se sert des arcs-en-ciel pour indiquer aux hommes qui le méritent l’emplacement des chaudrons d’or qu’il a enterrés.

Si vous parvenez à le surprendre avant qu’il ne vous remarque, il se montrera serviable, acceptera de vous raconter une histoire ou de vous chanter une chanson. Son répertoire de contes et de chants est inépuisable ! Il sera même sans doute assez gentil pour vous montrer directement l’emplacement de l’un de ses trésors. Si par contre, c’est lui qui vous trouve, alors attention !

Farceur, moqueur, voire cruel, il n’hésitera pas à vous jouer un tour ! Pour s’attirer ses faveurs, rien de mieux qu’un peu de lait, du tabac à priser ou du bon whiskey (pas du whisky, qui est la version écossaise de cette boisson !). Il n’hésite pas à se moquer des avares et des voleurs, qu’il attire dans des pièges dont ils auront beaucoup de mal à en sortir.

Il est aussi un excellent violoniste, et il aurait initié les grands musiciens irlandais au maniement de l’archet de leur fiddle. Il est aussi un excellent joueur de hurling, le sport national irlandais, mais s’il triche, il vaut mieux éviter de le lui faire remarquer. Tout est affaire de tact et de politesse lorsqu’on a affaire à un Leprechaun !

De nombreux contes irlandais parlent du Leprechaun, et j’en ai choisi deux :

Une vieille légende irlandaise raconte qu’un jeune garçon était si pauvre qu’il en était presque réduit à mendier. Il gagnait sa vie en poussant les chariots de tourbe, qui était alors un combustible très répandu. Il était calme, introverti, et, disons-le, un peu laid. Mais il adorait lire, et s’adonnait à cette passion dès qu’il en avait l’occasion et les moyens. Au cours d’une de ces lectures, il découvrit l’existence des Leprechauns, et des trésors qu’ils gardent bien enfouis. Il se dit que c’était pour lui une chance de sortir de sa misère, et de pouvoir acheter tous les livres qu’il voudrait.

Alors, pendant qu’il poussait ses chariots de tourbe, il tendait l’oreille pour essayer d’entendre le bruit d’un martèlement en provenance des haies sur le bord du chemin, signe qu’un Leprechaun y réparait une chaussure. Après des semaines d’attente, il finit par entendre le bruit tant espéré. Un beau soir, au coucher du soleil, il vit un Leprechaun travaillant sous une grande feuille d’oseille.

Il se glissa silencieusement derrière lui, le prit brusquement par le col de son vêtement, et le menaça de ne pas le lâcher tant qu’il ne révélerait pas l’emplacement d’un de ses trésors. « Inutile d’employer la menace avec moi », répondit le Leprechaun, « car nous sommes du même sang, toi et moi ».

En effet, le jeune garçon avait du sang nain dans les veines, ce qui fait qu’il appartenait en partie au Petit Peuple, et qu’il avait donc le droit de réclamer le trésor. Il lâcha le Leprechaun, qui le conduisit jusqu’à un fort abandonné, comme il y en a tant en Irlande. Ils franchirent une porte au cœur d’une épaisse muraille. A l’intérieur, le sol était littéralement couvert d’or. « Prends tout ce que tu veux, mais fais vite, car lorsque la porte se fermera, ce sera pour toujours ! » lui dit le Leprechaun.

Le garçon se dépêcha, chargea ses bras et ses habits d’autant d’or qu’il put et sortit du vieux fort. La porte se referma alors dans un grand fracas. Lorsqu’il voulut remercier le Leprechaun, celui-ci avait déjà disparu.

Le garçon changea complètement de vie : il déposa son or dans une banque à Dublin, et le dépensa sagement. Il jouit de cette fortune toute sa vie durant, et devint fort cultivé. Ses descendants continuèrent à profiter de cette fortune jusqu’à nos jours.

Si cette histoire se termine bien, ce n’est pas le cas de toutes. En effet, je vous l’ai dit, les Leprechauns sont des êtres farceurs, qui jouent parfois de très mauvaises blagues.

Ainsi, un Leprechaun dévoila un jour à un paysan que sous une certaine touffe de séneçon se trouvant dans son champ, il trouverait un fabuleux trésor. Le paysan n’avait rien pour creuser sous la main, alors il rentra chez lui chercher un outil. Prévoyant, il pensa quand même à marquer d’abord le bon plan de séneçon en lui attachant un ruban rouge. Lorsqu’il revint avec ses outils, il vit que tous ses plans portaient un ruban rouge, et que le Leprechaun avait disparu.

Source : http://www.les-mondes-de-gwenn.fr/2011/01/05/le-leprechaun-symbole-irlandais/

Commentaire : Il y a unethéorie selon laquelle les irlandais auraient utilisé ce lutin familier pour en faire la caricature des envahisseurs anglais. 

 

 

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Published by X - dans Irlande
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 13:09

"Puisse le chemin monter à ta rencontre,
Puisse le vent souffler dans ton dos,
Le soleil briller chaud sur ton visage,
La pluie tomber douce sur tes champs,
Et jusqu'à notre prochaine rencontre,
Que le Seigneur te tienne dans le creux de sa main !"

"Bhí sin ann agus is fada ó bhí..." "Il était une fois, et c'était il y a bien longtemps..." (formule traditionnelle irlandaise)

 

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Published by Thomas Dalet
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 08:22

Le profane qui demande à être initié aux mystères de la  Franc-Maçonneriepeut-il imaginer ce qui l’attend et les épreuves que celui-ci devra surmonter afin de recevoir la lumière ? Non, mais son instinct lui laisse entrevoir un « changement », une « transmutation » qui se prépare au plus profond de lui. Le chemin qu’il vient de prendre c’est celui de l’Initiation, du latin Initiare qui veut dire commencer, car c’est bien une quête initiatique que celui-ci vient d’entreprendre. Pourquoi cherche-t-il à être Initié ? Peut-être que son inconscient, fil conducteur de la plupart de ses actions, au travers d’un imperceptible murmure, que seul celui qui écoute avec son cœur peut espérer entendre, lui a révélé le but ultime de l’ « Homme » : la PURIFICATION. En effet, l’Initiation c’est la purification, purification de l’ « Homme Cosmique » qui après le drame de la Chute édénique, entraînant sa propre destruction, cherche à se régénérer afin de réintégrer le paradis perdu.

La première épreuve que le profane vivra pour entrer en Franc-Maçonnerie sera celle du cabinet de réflexion, nom étrange qui cache une pratique bien plus ancienne que la Maçonnerie elle-même. Le cabinet de réflexion est à mon sens, une des épreuves les plus importantes sur le chemin de l’Initiation, car c’est en son sein qu’il faudra « procéder à une sorte de décrassement intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui » [1] Le cabinet de réflexion utilise le langage universel de la symbolique, afin de faire vivre au profane sa première épreuve, qui est celle de la terre. Il est écrit quelque part dans la Bible « tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la terre. Tu n’emporteras rien en mourant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi », et en effet, avant que le profane ne rentre dans le cabinet de réflexion, on lui demande de se défaire de son argent et de déposer tous ses objets métalliques. À l’intérieur du cabinet de réflexion, le profane découvrira plusieurs symboles évoquant la mort, puis le postulant est invité à rédiger son « testament philosophique » car à cet instant précis il va mourir à sa vie profane, mais avant de renaître et de vivre pleinement sa seconde naissance, il se doit de faire un bilan et de répondre par écrit à trois questions : Quels sont les devoirs de l’homme envers lui-même ? Quels sont les devoirs de l’homme envers Dieu ? Quels sont les devoirs de l’homme envers l’humanité ?

Dans cet étroit cabinet de réflexion, aux murs peints en noir, dont la seule source lumineuse se trouve être une simple bougie dont la flamme vacille lentement, le profane, une fois que le bandeau lui est retiré, se trouve rapidement confronté aux nombreux symboles et inscriptions qui l’entourent. Puis peu à peu, il découvre un autre symbole, dont aucun support matériel ne peut exprimer la présence et qui pourtant est le plus important des symboles : le SILENCE. Il est dit que « quand se taisent les bruyantes passions du monde, le cherchant peut enfin écouter », ainsi le profane est invité à faire le silence, afin qu’il puisse écouter au plus profond de lui-même les paroles de sagesse que lui inspire son cœur. Le cabinet de réflexion est comme une caverne alchimique où se déroule un rite de purification, une matrice dans laquelle notre être renaîtra purifié, c’est un lieu où, si nous y passions plusieurs jours, nous pourrions y atteindre l’illumination intérieure. Lorsque le profane aura fait le silence sur les passions du monde qui l’entoure, et que par un savant contrôle de sa respiration il aura atteint une tranquille méditation, alors il commencera à devenir sensible aux messages qui l’entourent.

Face à lui, une inscription énigmatique l’invite à un voyage au plus profond de lui-même, et sans même le savoir il s’y prêtera, guidé dans sa démarche par le rythme du silence. V.I.T.R.I.O.L, énigme indéchiffrable, dont le profane ne comprendra intellectuellement le sens que bien plus tard, mais à cet instant précis, lorsqu’il se trouve dans l’œuf primordial, caverne alchimique aux pouvoirs de transmutations infinis, son inconscient n’aura aucune peine à comprendre cette inscription dont la valeur alchimique ne fait plus aucun doute. Les sept initiales, V.I.T.R.I.O.L, sont la révélation de l’opération du Grand Œuvre, aide -mémoire indispensable au profane, comme à l’Initié, car il révèle le processus alchimique de la transmutation de l’être comme des métaux. V.I.T.R.I.O.L, septénaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mènent à l’éveil, « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : « Omnia ab uno, omnia ad unum », « Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité ».

Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre philosophale. Le Sel, le Soufre, et le Mercure expriment ensemble le véritable équilibre, auquel le profane doit tendre afin de se régénérer. Le Soufre représente l’énergie expansive, principe actif masculin et le Mercure représente l’énergie attractive, principe passif féminin, tandis que le Sel qui résulte de l’action du Soufre sur le Mercure, est neutre, résulta des deux principes, il est donc l’agent équilibrant, comme l’exprime avec perfection son symbole, un cercle divisé en deux par une diagonale qui le traverse, image parfaite de l’équilibre.

Le sablier qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut inexorablement pas arrêter, chaque grain de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut-être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas.

Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon à son tour. Ce « témoin » psychique est un véritable crâne humain posé près du profane, et devant lui se trouve écrit ces mots : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des mots lourds de significations. Ce crâne, réceptacle des forces supérieures, transmettra alors un dernier message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes de mort parlantes qui enseignaient aux vivants. Elle lui dira : »Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », (O. Wirth) alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction. Mourir pour renaître à nouveau, c’est une loi universelle : « En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jean 12 : 24). Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde méditation, lèvera les yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle, et le triomphe prochain de la lumière sur les ténèbres.

Lausanne, le 05 juillet 2005 Par Marcos Drake. Article extrait d’un livre à paraître de Marcos Drake.

Source :  http://www.esoblogs.net/110/le-cabinet-de-reflexion-ou-la-caverne-alchimique/

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 08:19

PREFACE.

Dans leurs écrits les Philosophes se sont exprimés de bien des manières différentes, mais toujours énigmatiques. Ils nous ont légué une science noble entre toutes, mais voilée complètement pour nous par leur parole nuageuse, entièrement cachée sous un voile impénétrable. Et pourtant ils ont eu raison d'agir ainsi. Aussi, je vous conjure d'exercer avec persévérance votre esprit sur ces sept Chapitres, qui renferment l'art de transmuer les métaux, sans avoir à vous inquiéter des écrits des autres philosophes. Repassez souvent dans votre esprit leur commencement, leur milieu, leur fin, et vous y trouverez des inventions si subtiles que votre âme en sera remplie de joie.

 

CHAPITRE I

DÉFINITIONS DE L'ALCHIMIE.

Dans quelques manuscrits anciens, on trouve de cet art plusieurs définitions desquelles il importe que nous parlions ici. Hermès dit : " L'Alchimie est la science immuable qui travaille sur les corps à l'aide de la théorie et de l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle, les transforme en une espèce supérieure plus précieuse. Un autre philosophe a dit : " l'Alchimie enseigne à transmuer toute espèce de métal en une autre, cela à l'aide d'une Médecine particulière, ainsi qu'on peut le voir par les nombreux écrits des Philosophes. " C'est pourquoi je dis : " l'Alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine Médecine ou élixir, laquelle étant projetée sur les métaux imparfaits, leur donne la perfection dans le moment même de la projection.

 

CHAPITRE II

DES PRINCIPES NATURELS ET DE LÀ GÉNÉRATION DES MÉTAUX.

Je vais parler ici des principes naturels et de la génération des métaux. Notez d'abord que les principes des métaux sont le Mercure et le Soufre. Ces deux principes ont donné naissance à tous les métaux et à tous les minéraux, dont il existe pourtant un grand nombre d'espèces différentes. Je dis de plus que la nature a toujours eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver à la perfection, à l'or. Mais par suite de divers accidents qui entravent sa marche, naissent les variétés métalliques, ainsi qu'il est clairement exposé dans plusieurs philosophes.

Selon la pureté ou l'impureté des deux principes composants, c'est-à-dire du Soufre et du Mercure, il se produit des métaux parfaits ou imparfaits, l'or, l'argent, l'étain, le plomb, le cuivre, le fer. Maintenant recueille pieusement ces enseignements sur la nature des métaux, sur leur pureté ou leur impureté, leur pauvreté ou leur richesse en principes.

Nature de l'Or : l'Or est un corps parfait composé d'un Mercure pur, fixe, brillant, rouge et d'un Soufre pur, fixe, rouge, non combustible. L'Or est parfait.

Nature de l'Argent : c'est un corps pur, presque parfait, composé d'un Mercure pur, presque fixe, brillant, blanc. Son Soufre a les mêmes qualités. Il ne manque à l'Argent qu'un peu plus de fixité, de couleur et de poids.

Nature de l'étain : c'est un corps pur, imparfait, composé d'un Mercure pur, fixe et volatil, brillant, blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre a les mêmes qualités. Il manque seulement à l'étain d'être un peu plus cuit et digéré.

Nature du plomb : c'est un corps impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, pulvérulent, légèrement blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre est semblable et de plus combustible. Il manque au plomb, la pureté, la fixité, la couleur ; il n'est pas assez cuit.

Nature du cuivre : le cuivre est un métal impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, combustible, rouge, sans éclat. De même pour son Soufre. Il manque au cuivre, la fixité, la pureté, le poids. Il contient trop de couleur impure et de parties terreuses incombustibles.

Nature du fer : le fer est un corps impur, imparfait, composé d'un Mercure impur, trop fixe, contenant des parties terreuses combustibles, blanc et rouge, mais sans éclat. Il lui manque la fusibilité, la pureté, le poids ; il contient trop de Soufre fixe impur et de parties terreuses combustibles. Tout alchimiste doit tenir compte de ce qui précède.

 

CHAPITRE III

D'OU L'OR DOIT RETIRER LA MATIÈRE PROCHAINE DE L'ÉLIXIR.

Dans ce qui précède on a suffisamment déterminé la genèse des métaux parfaits et imparfaits.

Maintenant nous allons travailler à rendre pure et parfaite la matière imparfaite. Il ressort des chapitres précédents que tous les métaux sont composés de Mercure et de Soufre, que l'impureté et l'imperfection des composants se retrouve dans le composé ; comme on ne peut ajouter aux métaux que des substances tirées d'eux-mêmes, il s'ensuit qu'aucune matière étrangère ne peut nous servir, mais que tout ce qui est composé des deux principes, suffit pour perfectionner, et même transmuer les métaux.

Il est très surprenant de voir des personnes, pourtant habiles, travailler sur les animaux, lesquels constituent une matière très éloignée, alors qu'elles ont sous la main une matière suffisamment prochaine dans les minéraux. Il n'est pas impossible qu'un Philosophe ait placé l'Œuvre dans ces matières éloignées, mais c'est par allégorie qu'il l'aura fait.

Deux principes composent tous les métaux et rien ne peut s'attacher, s'unir aux métaux ou les transformer, s'il n'est lui-même composé des deux principes. C'est ainsi que le raisonnement nous force à prendre pour Matière de notre Pierre, le Mercure et le Soufre.

Le Mercure seul, le Soufre seul ne peuvent engendrer les métaux, mais par leur union, ils donnent naissance aux divers métaux et à de nombreux minéraux. Donc il est évident que notre Pierre doit naître de ces deux principes.

Notre dernier secret est très précieux et très caché : sur quelle matière minérale, prochaine entre toutes, doit-on directement opérer ? Nous sommes obligé de choisir avec soin. Supposons d'abord que nous tirions notre matière des végétaux : herbes, arbres et tout ce qui naît de la terre. Il faudra en extraire le Mercure et le Soufre par une longue cuisson, opérations que nous repoussons, puisque la nature nous offre du Mercure et du Soufre tout faits.

Si nous avions élu les animaux, il nous faudrait travailler sur le sang humain, cheveux, urine, excréments, œufs de poule, enfin tout ce que l'on peut tirer des animaux. Il nous faudrait, là encore, extraire par la cuisson, le Mercure et le Soufre. Nous récusons ces opérations pour notre première raison. Si nous avions choisi les minéraux mixtes, telles que sont les diverses espèces de magnésies, marcassites, tuties, couperoses' ou vitriols, aluns, borax, sels, etc., il faudrait mêmement en extraire le Mercure et le Soufre par cuisson, ce que nous repoussons pour les mêmes raisons que ci-dessus. Si nous choisissions l'un des sept esprits comme le Mercure seul, ou le soufre seul, ou bien le Mercure et l'un des deux soufres, ou bien le soufre vif, ou l'orpiment ou l'arsenic jaune, ou l'arsenic rouge, nous ne pourrions les perfectionner; parce que la nature ne perfectionne que le mélange déterminé des deux principes. Nous ne pouvons faire mieux que la nature, et il nous faudrait extraire de cas corps le Soufre et le Mercure, ce que nous repoussons comme ci-dessus.

Finalement, si nous prenions les deux principes eux-mêmes, il nous faudrait les mêler selon une certaine proportion immuable, inconnue à l'esprit humain, et ensuite les cuire jusqu'à ce qu'ils soient coagulés en une masse solide.

C'est pourquoi nous écartons l'idée de prendre les deux principes séparés, c'est-à-dire le Soufre et le Mercure, parce que nous ignorons leur proportion et que nous trouverons des corps dans lesquels les deux principes sont unis dans de justes proportions, coagulés et conjoints selon les règles.

Cache bien ce secret: L'Or est un corps parfait et mâle sans superfluité ni pauvreté. S'il perfectionnait les métaux imparfaits fondus avec lui, ce serait l'élixir rouge. L'argent aussi est un corps presque parfait et femelle, et si par simple fusion, il rendait presque parfaits les métaux imparfaits, ce serait l'élixir blanc. Ce qui n'est pas et ce qui ne peut pas être, parce que ces corps sont parfaits à un seul degré. Si leur perfection était communicable aux métaux imparfaits, ces derniers ne se perfectionneraient pas et ce seraient les métaux parfaits qui seraient souillés par le contact des imparfaits. Mais s'ils étaient plus que parfaits, au double, au quadruple, au centuple, etc., ils pourraient alors perfectionner les imparfaits.

La nature opère toujours simplement, c'est pour cela que la perfection est simple en eux, indivisible et non transmissible. Ils ne pourraient entrer dans la composition de la Pierre, comme ferments, pour abréger l'œuvre ; ils se réduiraient en effet en leurs éléments, la somme de volatil dépassant la somme de fixe.

Et parce que l'or est un corps parfait composé d'un Mercure rouge, brillant, et d'un Soufre semblable, nous ne le prendrons pas comme matière de la Pierre pour l'élixir rouge ; car il est trop simplement parfait, sans perfection subtile, il est trop bien cuit et digéré naturellement et c'est à peine si nous pouvons le travailler avec notre feu artificiel ; de même pour l'argent.

Quand la nature perfectionne quelque chose, elle ne sait cependant pas le purifier, le parfaire intimement, parce qu'elle opère avec simplicité. Si nous choisissions l'or et l'argent, nous pourrions à grand peine trouver un feu capable d'agir sur eux. Quoique nous connaissions ce feu, nous ne pouvons cependant arriver à la purification parfaite à cause de la puissance de leurs liens et de leur harmonie naturelle ; aussi repoussons l'or pour l'élixir rouge, l'argent pour l'élixir blanc. Nous trouverons un certain corps, composé de Mercure et de Soufre suffisamment purs, sur lesquels la nature aura peu travaillé.

Nous nous flattons de perfectionner un tel corps avec notre feu artificiel et la connaissance de l'art. Nous le soumettrons à une cuisson convenable, le purifiant, le colorant et le fixant selon les règles de l'art. Il faut donc choisir une matière qui contienne un Mercure pur, clair, blanc et rouge, pas complètement parfait, mélangé également, dans les proportions voulues et selon les règles, avec un Soufre semblable à lui. Cette matière doit être coagulée en une masse solide et telle qua l'aide de notre science et de notre prudence, nous puissions parvenir à la purifier intimement, à la perfectionner par notre feu, et à la rendre telle qu'à la fin de l'Œuvre, elle soit des milliers de mille fois plus pure et plus parfaite que les corps ordinaires cuits par la chaleur naturelle.

Sois donc prudent ; car si tu as exercé la subtilité et l'acuité de ton esprit sur ces chapitres où je t'ai manifestement révélé la connaissance de la Matière, tu possèdes maintenant cette chose, ineffable et délectable, objet de tous les désirs des Philosophes.

 

CHAPITRE IV

DE LA MATIÈRE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAINTENIR.

Si tu n'as pas la tête trop dure, si ton esprit n'est pas enveloppé complètement du voile de l'ignorance et de l'inintelligence, je puis croire que dans les précédents chapitres tu as trouvé la vraie Matière des Philosophes, matière de la Pierre bénite des sages, sur laquelle l'Alchimie va opérer dans le but de perfectionner les corps imparfaits à l'aide de corps plus que parfaits. La nature ne nous offrant que des corps parfaits ou imparfaits, il nous faut rendre indéfiniment parfaite par notre travail la Matière nommée ci-dessus.

Si nous ignorons la manière d'opérer, quelle en est la cause, sinon que nous n'observons pas comment la nature perfectionne chaque jour les métaux ? Ne voyons-nous pas que dans les mines, les éléments grossiers se cuisent tellement et s'épaississent si bien par la chaleur constante existant dans les montagnes, qu'avec: le temps elle se transforme en Mercure ? Que la même chaleur, la même cuisson transforme les parties grasses de la terre en Soufre ? Que cette chaleur appliquée longtemps à ces deux principes, engendre salon leur pureté ou leur impureté, tous les métaux ? Ne voyons-nous pas que la nature produit et perfectionne tous les métaux par la seule cuisson ? 0 folie infinie, qui donc, je vous le demande, qui donc vous oblige à vouloir faire la même chose à l'aide de régimes bizarres et fantastiques. C'est pourquoi un Philosophe a dit : " Malheur à vous qui voulez surpasser la nature et rendre les métaux plus que parfaits par un nouveau régime, fruit de votre entêtement insensé. Dieu a donné à la nature des lois immuables, c'est-à-dire, qu'elle doit agir par cuisson continue, et vous insensés, vous la méprisez ou vous ne savez pas l'imiter. " II dit de même : " Le feu et l'azoth doivent te suffire. " Et ailleurs : " La chaleur perfectionne tout. " Et ailleurs: " II faut cuire, cuire, recuire et ne pas s'en fatiguer. " Et en différents passages: " Que votre feu soit calme et doux ; qu'il se maintienne ainsi chaque jour, toujours uniforme, sans faiblir, sinon il s'ensuivra un grand dommage. — Sois patient et persévérant. — Broyé sept fois. Sache que tout notre magistère se fait d'une chose, la Pierre, d'une seule façon, en cuisant et dans un seul vase. — Le feu broyé — L'Œuvre est semblable à la création de l'homme. Dans l'enfance on le nourrit d'aliments légers, puis quand ses os se sont affermis, la nourriture devient plus fortifiante ; de même notre magistère est d'abord soumis à un feu léger avec lequel il faut toujours agir pendant la cuisson. Mais quoique nous parlions sans cesse de feu modéré, nous sous-entendons néanmoins que dans le régime de l'Œuvre il faut l'augmenter peu à peu et par degré jusqu'à la fin.

 

CHAPITRE V

DU VAISSEAU ET DU FOURNEAU.

Nous venons de déterminer la manière d'opérer, nous allons maintenant parler du vaisseau et du fourneau, dire comment et avec quoi ils doivent être faits. Lorsque la nature cuit les métaux dans les mines à l'aide du feu naturel, elle ne peut y parvenir qu'en employant un vaisseau propre à la cuisson. Nous nous proposons d'imiter la nature dans le régime du feu, imitons-la donc aussi pour le vaisseau. Examinons l'endroit où s'élaborent les métaux. Nous voyons d'abord manifestement dans une mine, que sous la montagne il y a du feu, produisant une chaleur égale, dont la nature est de monter sans cesse. En s'élevant elle dessèche et coagule l'eau épaisse et grossière, contenue dans les entrailles de la terre, et la transforme en Mercure. Les parties onctueuses minérales de la terre sont cuites, rassemblées dans les veines de la terre et coulant à travers la montagne, elles engendrent le Soufre. Comme on peut l'observer dans les filons des mines, le Soufre né des parties onctueuses de la terre rencontre le Mercure. Alors a lieu la coagulation de l'eau métallique. La chaleur continuant à agir dans la montagne, les différents métaux apparaissent après un temps très long. On observe dans les mines une température constante, nous pouvons en conclure que la montagne qui renferme des mines est parfaitement close de tous côtés par des rochers ; car, si la chaleur pouvait s'échapper, jamais les métaux ne naîtraient.

Si donc nous voulons imiter la nature, il faut absolument que nous ayons un fourneau semblable à une mine, non par sa grandeur, mais par une disposition particulière, telle que la feu placé dans le fond ne trouve par d'issue pour s'échapper quand il montera, en sorte que la chaleur soit réverbérée sur le vase, clos avec soin, qui renferme la matière de la Pierre. Le vaisseau doit être rond, avec un petit col. Il doit être en verre ou en une terre aussi résistante que le verre; on enfermera hermétiquement l'orifice avec un couvercle et du bitume. Dans les mines, le feu n'est pas en contact immédiat avec la matière du Soufre et du Mercure ; celle-ci en est séparée par la terre de la montagne. De même le feu ne doit pas être appliqué à nu au vaisseau qui contient la Matière, mais il faut placer ce vaisseau dans un autre vase fermé avec autant de soin que lui, de telle sorte qu'une chaleur égale agisse sur la Matière, en haut, en bas, partout où il sera nécessaire. C'est pourquoi Aristote dit dans la Lumière des lumières, que le Mercure doit être cuit dans un triple vaisseau en verre très dur, ou, ce qui vaut mieux, en terre possédant la dureté du verre.

 

CHAPITRE VI

DES COULEURS ACCIDENTELLES ET ESSENTIELLES QUI APPARAISSENT PENDANT L'OEUVRE.

Ayant élu la Matière de la Pierre, tu connais de plus la manière certaine d'opérer, tu sais à l'aide de quel régime on fait apparaître les diverses couleurs en cuisant la Pierre. Un Philosophe a dit " Autant de couleurs, autant de noms. Pour chaque couleur nouvelle apparaissant dans l'Œuvre, les Alchimistes ont inventé un nom différent. Ainsi à la première opération de notre Pierre, on a donné le nom de putréfaction, car notre Pierre est alors noire. "Lorsque tu auras trouvé la noirceur, dit un autre Philosophe, sache que dans cette noirceur se cache la blancheur, et il faut l'en extraire."

Après la putréfaction, la pierre rougit et on a dit là-dessus : " Souvent la pierre rougit, jaunit et se liquéfie, puis se coagule avant la véritable blancheur. Elle se dissout, se putréfie, se coagule, se mortifie, se vivifie, se noircît, se blanchit, s'orne de rouge et de blanc, tout cela par elle-même. "

Elle peut aussi verdir, car un philosophe a dit : " Cuis jusqu'à ce qu'un enfant vert apparaisse, c'est l'âme de la pierre. " Un autre a dit : " Sachez que c'est l'âme qui domine pendant la verdeur. "

II apparaît aussi avant la blancheur les couleurs du paon, un philosophe en parle en ces termes : " Sachez que toutes les couleurs qui existent dans l'Univers ou que l'on peut imaginer, apparaissent avant la blancheur, ensuite seulement vient la vraie blancheur. Le corps sera cuit jusqu'à ce qu'il devienne brillant comme les yeux des poissons et alors la pierre se coagulera à la circonférence. "

" Lorsque tu verras la blancheur apparaître à la surface dans le vaisseau, dit un sage, sois certain que sous cette blancheur se cache le rouge ; il te faut l'en extraire, cuis donc jusqu'à ce que tout soit rouge. " II y a enfin entre le rouge et le blanc une certaine couleur cendrée, de laquelle on a dit: " Après la blancheur, tu ne peux plus te tromper, car en augmentant le feu, tu arriveras à une couleur grisâtre. " " Ne méprise pas la cendre, dit un Philosophe, car avec l'aide de Dieu, elle se liquéfiera. " Enfin apparaît le Roi couronné du diadème rouge, si dieu le permet.

 

CHAPITRE VII

DE LA MANIÈRE DE PAIRE LA PROJECTION SUR LES MÉTAUX IMPARFAITS.

Comme je l'avais promis, j'ai traité jusqu'à la fin notre Grand Œuvre, Magistère béni, préparation des élixirs blanc et rouge. Maintenant nous allons parler de la manière de faire la projection, complément de l'Œuvre, attendu et désiré avec impatience. L'Elixir rouge, jaunit à l'infini et transforme en or pur tous les métaux. L'Elixir blanc blanchit à l'infini et donne aux métaux la blancheur parfaite. Mais il faut savoir qu'il y a des métaux plus éloignés que d'autres de la perfection et, inversement il y en a qui sont plus prochains. Quoique tous les métaux soient également amenés à la perfection par l'Elixir, ceux qui sont prochains, deviennent parfaits plus rapidement, plus complètement, plus intimement que les autres. Lorsque nous aurons trouvé le métal le plus prochain, nous écarterons tous les autres. J'ai déjà dit quels sont les métaux prochains et éloignés et lequel est le plus près de la perfection. Si tu es suffisamment sage et intelligent, tu le trouveras, dans un précédent chapitre, indiqué sans détour, déterminé avec certitude. Il est hors de doute que celui qui a exercé son esprit sur ce Miroir trouvera par son travail la vraie Matière, et saura sur quel corps il convient de faire la projection de l'Elixir pour arriver à la perfection.

Nos précurseurs qui ont tout trouvé dans cet art par leur seule philosophie, nous montrent suffisamment et sans allégorie, le droit chemin, quand ils disent : " Nature contient Nature, Nature se réjouit de Nature, Nature domine Nature et se transforme dans les autres Natures. " Le semblable se rapproche du semblable, car la similitude est une cause d'attraction ; il y a des philosophes qui nous ont transmis là-dessus un secret remarquable. Sache que la nature se répand rapidement dans son propre corps, alors qu'on ne peut l'unir à un corps étranger. Ainsi l'âme pénètre rapidement le corps qui lui appartient, mais c'est en vain que tu voudrais la faire entrer dans un autre corps.

La similitude est assez frappante ; les corps, dans l'Œuvre, deviennent spirituels et réciproquement les esprits deviennent corporels ; le corps fixe est donc devenu spirituel. Or, comme l'Elixir, rouge ou blanc, a été amené au delà de ce que sa nature comportait, il n'est donc pas étonnant qu'il ne soit pas miscible aux métaux en fusion, quand on se contente de l'y projeter. Il serait impossible ainsi de transmuer mille parties pour une. Aussi je vais vous livrer un grand et rare secret : il faut mêler une partie d'Elixir avec mille du métal le plus prochain, enfermer le tout dans un vaisseau propre à l'opération, sceller hermétiquement et mettre au fourneau à fixer. Chauffez d'abord lentement, augmentez graduellement le feu pendant trois jours jusqu'à union parfaite. C'est l'ouvrage de trois jours.

Tu peux recommencer alors à projeter une partie de ce produit sur mille de métal prochain, et il y aura transmutation. Il te suffira pour cela d'un jour, d'une heure, d'un moment. Louons donc notre Dieu, toujours admirable, dans l'Eternité.

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Published by Roger Bacon - dans Alchimie
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 08:16

L'Art commence où la nature cesse d'agir ...


PRÉFACE

Beaucoup de Francs-Maçons rejettent l'Alchimie et la classent dans la catégorie des " fausses sciences " et des superstitions inhérentes à une époque d'obscurantisme. C'est que le terme d'Alchimie est assez rarement compris. Un Adepte récent : Fulcanelli, en son livre " Les Demeures Philosophales " s'est cependant longuement efforcé de faire comprendre tout ce qu'elle n'est pas, tout ce qu'elle ne saurait être. Etant entendu qu'on ne comprend vraiment ce qu'elle est qu'avec la Grâce de Dieu et l'aide d'un ami. Il est certain que l'Alchimie n'a jamais été un moyen artisanal de fabriquer de l'or, le soir au bout de sa table de cuisine. Il est certain aussi qu'elle n'est pas l'ancêtre de la moderne chimie, non plus que les premiers balbutiements de celle-ci. C'est la spagyrie, l'hyper-chimie qui assume ce rôle et il est certain que ceux qu'on appelait, non sans raillerie, les " souffleurs " ont obscurément contribué à créer ce que la science moderne nomme la chimie. Mais l'Alchimie, l'Alchimiste dont on représente ce dernier, le plus souvent sous les traits d'un vieux sage dont les yeux se sont usés dans les grimoires ; cet art et le Maître qui le professe sont sans rapport comme sans commune mesure avec ce à quoi s'intéresse la science et les scientifiques.


L'Alchimie c'est l'Art des transformations évolutives. L'évolution c'est la distance qui sépare l'Alpha de l'Oméga, l'Alpha c'est le Verbe Créateur, c'est la poussée initiale... L'Oméga c'est le terme. Louis Claude de Saint Martin dit : " L'origine se confond avec la fin des choses ". Mais ne nous limitons pas à ce qui a une vie apparente indiscutable. Tout ce qui existe vit et disons simplement que la vie se manifeste différemment dans chacun des règnes, que la conscience y est plus ou moins endormie et que chez l'homme ordinaire elle est le plus souvent à peine éveillée. Cette idée d'une conscience propre à tous les règnes y compris les minéraux, voire même d'une mémoire se trouve sous la plume d'un grand Maçon contemporain : J. Corneloup, en son livre : " D'Alpha à Oméga : la Vie ".

Dès lors si nous avons reconnu qu'une même loi assume l'évolution de tout ce qui existe quelque soit le règne envisagé ou l'ordre de grandeur circonscrit dans l'espace et le temps, si nous admettons que des processus invariables tendent à faire jaillir le maximum de perfection possible sur un être, ou une catégorie d'êtres donnée, toujours dans l'un quelconque des règnes. Si enfin nous jugeons concevable qu'il soit possible à l'homme de saisir cette loi en l'une des ses corrélations et de l'appliquer de telle façon qu'une évolution minérale qui réclamerait sans doute un nombre incalculable d'années, va se trouver réduite à un temps très court du fait que l'Art va supplanter la nature, alors nous concevons la somme de Sagesse qui se peut déduire d'une telle Opération. Cet Art, c'est l'Alchimie : l'ART ROYAL. Et nous voyons clairement que son but essentiel n'est pas de faire de l'or.

L'homme a tendance à rejeter tout ce qu'il ne comprend pas, ou tout du moins à le classer dans une catégorie qui lui est immédiatement accessible et le plus souvent il se contente de ces sortes de clichés. Pour l'ensemble des profanes, faute de pouvoir atteindre une compréhension raisonnable de la Franc-Maçonnerie, faute de pouvoir l'expliquer, ils échafaudent des invraisemblances, la ramenant au médiocre niveau de leur jugement. Pour les uns la F\ M\ est une organisation politique, clandestine puisque secrète, dont le but essentiel est de secouer dans l'ombre les fondements des Etats et des sociétés qui, d'aventure, se trouveraient contrecarrer des plans qui demeurent, en vérité obscurs... Pour d'autres il s'agit d'un mouvement anticlérical, ou d'une mafia dont les membres se distribuent, sous un manteau couleur de muraille, des places et des prébendes... Voire même une association de Mages malfaisants se livrant aux pires diableries. Que n'a-t-on dit, pas écrit ? Les débordements de Léo Taxil restent en filigrane dans les consciences profanes : le Franc-Maçon demeure un homme inquiétant ou un farfelu.

La Franc-Maçonnerie, dit-on, ne se comprend que vue de l'intérieur. Cela est vrai. Encore qu'il faudrait aussi comprendre que le Symbolisme est un langage universel et que s'il est écrit: " Frappez et l'on vous ouvrira... " il faut bien admettre que la porte qui s'ouvre est celle à laquelle on a frappé. L'objet de ce travail est l'Alchimie, c'est donc sous cet angle seulement que je traiterai de Maçonnerie. En précisant qu'il m'est arrivé de me demander ce que les colonnes J\ et B\ à l'entrée du Temple, le Soleil et la Lune à l'orient, les douze signes du Zodiaque entre autres, sans parler du cabinet de réflexion et de ce qui s'y trouve pouvaient bien représenter si on rejette à priori l'Alchimie. Mais un grand Maçon : Oswald Wirth, a assez abondamment traité de ces Symboles sous leur aspect Hermétique, aussi ne ferai-je que les signaler lorsqu'ils se présenteront.

Nous pouvons d'ores et déjà entrer dans ce qui fait l'objet de ce travail, car en tentant de définir ce qu'est la F\ M\ nous verrons qu'elle est en liens étroits avec l'Alchimie et que, bien mieux elle est une Alchimie.

- I - Entre l'ART ROYAL (l'Alchimie) et la VOIE ROYALE (la F\M\) nous allons dès lors essayer d'établir toutes les similitudes. Etant entendu que nous considérons comme analogue la " Minière des Sages " dans son gîte métallifère et le " profane initiable " dans le monde profane. Admettant d'autre part, ainsi que le précise René Guénon dans son livre " Aperçus sur l'initiation " que la Franc-Maçonnerie est une, sinon la grande voie de l'Initiation en Occident.

Tous les minerais, les Sages l'ont bien précisé, ne sont pas aptes à être employés dans l'Art d'Alchimie. Parmi les minerais il en est un seul qui convienne, et sa désignation par son nom profane est un des grands secrets de l'Art, mais tous les morceaux, toutes les parcelles de ce minerai recueillis dans la mine ne sont pas d'une égale qualité : ils sont plus ou moins purs ce qui rend la durée de l'Œuvre variable et les différentes Opérations plus ou moins délicates. De même tous les profanes ne sont pas initiables, il s'en faut. Et parmi ceux que le destin, le Karma a amené au bord de l'initiation, ou si l'on veut : parmi ceux que Dieu a appelé à " mûrir " plus vite, tous ne présentent pas les mêmes qualités, les mêmes possibilités. Car, ainsi que nous l'avons vu, c'est bien une maturation accélérée qui est le but de l'Alchimie et de l'Initiation, respectivement au minéral et à l'homme. Sans le concours de l'Art, la parcelle de " Minière des Sages ", comme l'homme resterait, l'une dans sa mine, l'autre dans le profane et l'évolution connaîtrait la lenteur et les échec de la nature.

Nous savons que c'est grâce à l'action du " Spiritus Mundi " que la " Pierre des Philosophes " va devenir la " Pierre Philosophale ". Au niveau du Minéral ce " Spiritus Mundi " est un Sel chimique, dont le nom profane est aussi un des grands arcanes de l'Art Alchimique. Au niveau de l'Initiation Maçonnique c'est un influx psychique, une action de la Loge en tant que vectrice des forces de l'Egrégore de l'Ordre. Je dirais bien qu'il s'agit là d'une corrélation du Saint-Esprit, aussi bien sur le plan de l'Initiation humaine que sur celui de l'Alchimie minérale, mais je sais que disant cela je vais m'attirer les véhémentes protestations aussi bien des Francs-Maçons que des Catholiques : Les premiers vont sans doute me suspecter de subordonner l'Initiation Maçonnique aux croyances particulières de l'Eglise Catholique ; les autres vont trouver blasphématoires de ramener le Saint-Esprit à l'action d'un sel chimique. Qu'importe, les Alchimistes me comprendront et ces lignes s'adressent à eux.

Le Grand'Œuvre Alchimique comporte ( en exceptant la pré-préparation) une première phase : la Préparation, comprenant elle-même deux opérations la mortification et la séparation. Par Mortification il faut entendre l'action de concasser, de broyer et de pulvériser la Materia Prima. Quant à la séparation c'est proprement la mort de cette Materia Prima puisque nous voyons l'Esprit et l'âme de l'être minéral quitter le corps, c'est à dire en termes Alchimiques : Le Sel et le Mercure séparés du Soufre.

Je précise encore que c'est l'aspect essentiellement initiatique de la F\M\que j'ai retenu, que c'est sous cet angle et sous cet angle seulement que je l'envisage. Donc au plan de l'homme, il y a bien quelque chose qui amène un être donné à solliciter l'Initiation Maçonnique. Là encore j'élimine les curieux, ceux que le goût du mystère ou tout autre motif encore moins avouable peuvent avoir conduit jusqu'au Parvis du Temple et ne retiens que ceux qui sont initiables ; c'est-à-dire ceux qui recevront avec fruit l'Initiation et s'engageront tout entier et sans restriction sur la Voie Royale. Il est plus que probable que ce quelque chose qui les aura amené à se poser des questions qui ne préoccupent habituellement pas leurs contemporains, des questions que ni les religions ni les philosophies ni aucune idéologies partielles et partiales du monde profane ne solutionnent pleinement, ce quelque chose, dis-je, sera une suite d'épreuves ayant rompu toutes les amarres qui maintiennent en place ( c'est-à-dire dans leurs illusions et leurs demi-vérités ) les profanes. Ces épreuves peuvent n'être pas physiques. Elles sont en tout cas le fait de la souffrance intérieure d'un homme qui se cherche : c'est la mortification... La Séparation c'est cette sensation éprouvée par l'Ame que LA VIE n'est pas cette vie ( je veux dire n'est pas que cette vie ) que nous ne sommes pas que cet ego à la recherche de ses puériles satisfactions, de ses bonheurs fugitifs et tronqués.
La Materia Prima est préparée. Le profane est à la porte du Temple. Le Grand'Œuvre va passer à la phase active.

1° INITIATION : Pour la Materia Prima c'est SOLVE. Il s'agit de rendre Eau, la Terre par le Feu. Les Matières vont mourir, tout va pourrir. L'entité minérale va cesser d'être en tant que telle et c'est au sein même de cette dissolution que va naître et croître le germe d'une vie nouvelle : La GRANULATION. C'est une loi universelle : Il faut qu 'un grain de blé soit mis en terre, qu'il y pourrisse, qu'il cesse d'être un grain de blé pour qu'un nouvel épi jaillisse du germe infime né de la pourriture même de ce grain.

Pour le profane, futur Maçon, c'est le premier degré de la Maçonnerie symbolique. Il est reçu Apprenti. Nous verrons plus en détail cette première Initiation qui est à elle seule, ainsi que l'a dit Oswald Wirth, toute la Maçonnerie . Contentons-nous, pour l'instant de constater l'étonnante similitude entre l'ascèse Maçonnique et le Grand'Œuvre. Toute la symbolique Maçonnique tourne évidemment autour de l'idée de construction. Le profane, c'est une pierre brute inutilisable comme telle dans la construction sacrée du Temple universel. L'Apprenti aura pour tâche de tailler cette pierre (cette pierre qui est lui-même) pour en faire une Pierre cubique propre à la construction envisagée. Pour mener à bien cette tâche deux outils seront à sa disposition, deux outils qui symboliseront son grade : Le maillet et le ciseau.

Le ciseau, passif, symbolise la pensée s'ouvrant à la Connaissance, les résolutions, aussi, prises par cette pensée enrichie de Lumière... Le maillet, actif, c'est la volonté qui va faire passer en acte, en réalité ce que l'esprit a perçu ou conçu. Dès lors, nous voyons que l'apprentissage consiste, en fait, à détruire, à dissoudre ( Solvere ) la personnalité profane. Non pas en lui superposant une autre personnalité. Je veux dire en lui apprenant une nouvelle science, une nouvelle morale, un nouveau " savoir-vivre ", mais au contraire en l'aidant à se réaliser, en le faisant être intégralement ce qu'il est. C'est-à-dire en faisant pourrir l'être fictif que les conditionnements naturels ont faits de lui et conjointement en faisant naître au sein de sa propre dissolution le germe de ce qu'il va être, de ce qu'il est, de ce qu'il devrait être. Car c'est bien de la mort du vieil homme que naît l'Initié. C'est bien durant la longue nuit dont parle Saint Jean de la Croix, qu'à leu le mariage de l'Ame avec son Divin Amant. Mais restons à la Maçonnerie : c'est bien de la destruction de la pierre brute, de son remodelage que naît la Pierre cubique.

Dans le Rituel " Ancien et Primitif de Menphis-Misraïm, le Grand-Expert s'adressant au candidat, avant que de frapper à la porte du Temple, lui dit : " S "initier, Monsieur, c'est apprendre à mourir ... ".
En fin de Solve l'Alchimiste coupe la " tête au Corbeau ", nous sommes alors en possession de la QUINTESSENCE. Le flacon sera ouvert pour permettre la Végétation. En Maçonnerie nous passons au Grade de Compagnon.

2° INITIATION : Alors que la caractéristique fondamentale de Solve était la putréfaction et la mort desquels naissait une vie nouvelle, la caractéristique de Coagula sera la construction et le perfectionnement de cette forme nouvellement née. Elle sera d'abord nourrie, tel un enfant, du " Lait Virginal ", c'est-à-dire du Sel philosophique qui a débuté Solve. Un axiome Alchimique nous dit en effet que " Toute chaleur activée dans un lieu humide donne la couleur Noire et que toute chaleur activée dans un milieu sec donne la couleur blanche, puis la couleur rouge ", car la Pierre au Blanc sera nourrie précisément de la QUINTESSCENCE.

Solve a vu la destruction de l'entité minérale en tant que Materia Prima. Du pourrissement et de la mort de cet être est né une Granulation germe d'un nouvel être plus pur et que les Maîtres ont appelé " l'Enfant-Roi ". C'est à porter ce germe à l'état adulte que va tendre Coagula. Et la Pierre rubifiée de la fin de Coagula est bien cet " Enfant " devenu adulte.

L'Apprenti Franc-Maçon, durant son apprentissage, et sous l'effet de ce que certains ont appelé le " travail de la Loge " a vu se dissoudre sa personnalité profane. Le ciseau de sa pensée s'est aiguisé sur l'universel et libre langage des Symboles. Et sans doute certains de ces Symboles ont commencé d'ouvrir pour lui leurs inépuisables trésors. Le Maillet de sa volonté a fait passer en acte, avec fermeté, dans sa vie ce que sa pensée a pu saisir de la mouvante Vérité ; et c'est ainsi que s'est formé en lui le fragile embryon du nouvel être, de l'Initié qu'il est en train de devenir. Tout autour de cet embryon c'est la nuit, car pour la première fois cet homme est libre. Il a rompu les amarres du profane : plus de morale toute faite. Plus de croyances acceptées globalement. Plus de vérités enseignées. Fini le confort de la vérité des autres, de la vérité pour tout le monde. Il ne reste qu'une expérience à vivre, qu'une lumière à découvrir dans l'obscurité de son incarnation, au fond de l'abîme d'un " moi " qui s'effiloche...
Dans la nuit ainsi que toute " génération " un Initié est né. Mais c'est un enfant si fragile... " J'ai trois ans, mon Frère " répond l'Apprenti-Maçon lorsqu'on lui demande son âge. Mais nous verrons plus tard pourquoi le Trois est le Nombre de l'Apprenti.

Toute l'Initiation, tout le travail du Compagnon aura pour objet de consolider ce germe naissant, d'élever cet enfant. La pierre est grossièrement taillée, il s'agit de la parfaire.

L'Apprenti a tué le profane, le Compagnon va développer en lui l'Initiation, il va s'affermir et devenir vraiment un Initié. Et nous verrons qu'en fin de compte un Franc-Maçon n'est jamais autre qu'un Compagnon. C'est-à-dire un de ceux qui partagent le même pain (Compagnon, du latin Cum : avec et panis : pain ) participe à la même construction sacrée : " Le Temple universel élevé A-la-Gloire-du-Grand Architecte-des-Mondes " 3°INITIATION : Nous arrivons à la dernière Opération Alchimique. En fin de Coagula, si l'Artiste a bien œuvré, il est en possession de la Pierre au Rouge. Mais nous savons que cette Pierre qui contient encore des impuretés est considérée par les Maîtres comme le " Faux-Prophète " de l'Apocalypse. Elle a atteint une certaine perfection intérieure, mais elle est inapte à opérer les transmutations des métaux vulgaires en or. Pour qu'elle soit à même d'opérer ces transmutations et de collaborer ainsi à la rédemption minérale, il lui faut être multipliée ,pour cela elle devra être à nouveau broyée, puis mourir comme durant Solve et repasser par toutes les Opérations jusqu'à ce qu'elle revienne au Rouge, alors en cet état elle pourra transmuter dix fois son poids. Et il sera possible de recommencer encore et toujours et à chaque fois elle multipliera sa puissance transmutatoire.
Au niveau du minéral, il y a des limites à cette Voie de Perfection, elles sont essentiellement définies par l'impossibilité pour l'Artiste d'opérer assez vite et pour les ballons de contenir une Chrysopée devenue liquide et radiante, etc.

Nous allons voir que la Maîtrise Maçonnique correspond très exactement à la Multiplication Alchimique. Le Franc-Maçon, à la fin de son temps de Compagnon est très exactement ( doit être très exactement ) en l'état de la Pierre fin Coagula. L'Initié, en lui a grandi, il a travaillé à l'œuvre commune de construction. Sa morale, il l'a construite lui-même dans son cœur. Ses croyances ne lui ont pas été apprises, elles sont le fruit d'une expérience et d'une méditation corollaire. L'Amour n'est pas pour lui une loi morale, c'est une Connaissance et il sait s'élever au-dessus de ma mêlée et trouver la Vérité là où elle se cache. Mais ce Temple, c'est un Temple intérieur, il l'a construit en lui, pour lui, il n'est pas encore capable de transformer ce qu'il touche, de régénérer ceux qui l'approchent ... Il n'est pas encore un Maître.

La Maîtrise c'est la Multiplication et nous verrons dans un instant que son appareil funèbre évoque parfaitement ce recommencement. Mais avant que d'aborder le détail des Initiations proprement dites, je voudrais préciser davantage ce que je n'ai fait qu'évoquer au sujet du Compagnon.
On considère d'ordinaire le deuxième Degré de Compagnon comme un Grade intermédiaire entre celui d'Apprenti et celui de Maître, et cela est vrai dans un certain sens. Mais en fait l'Apprentissage conduit à la Maçonnerie proprement dite. Car un Franc-Maçon n'est rien d'autre qu'un Compagnon et la Maîtrise est ce but jamais complètement atteint. Le F\M\ est donc un Compagnon sorti d'Apprentissage et en quête de Maîtrise. Car s'il y a une limite à la perfection des Multiplications Alchimiques, si la condition humaine implique elle aussi ces limites à la perfection Initiatique, la raison de l'homme sait que cet Absolu existe ( ou plutôt est ) bien que sans pouvoir le saisir parce qu'au-delà de toute raison humaine. Et la Voie Royale est cette Voie qui va indéfiniment vers la Maîtrise, vers l'Absolu. Le Franc-Maçon est ce Compagnon qui marche de tout son être, de toute sa volonté vers l'UNITE. C'est un " Pèlerin de l'Absolu ".

- II - Entrons plus avant dans le détail de la rituelie des trois Initiations Symboliques, et précisant que les Rituels sont innombrables dans leur forme et que je vais m'efforcer de glaner ça et là dans ce que j'ai vu et compris et qui a un indiscutable parallélisme Alchimique, étant entendu que toutes les autres interprétations qui ont pu être données ne sont pas fausses pour autant. Disons qu'elles sont à un autre niveau, qu'elles sont traitées autrement et qu'elles s'adressent à un autre entendement ? Le Symbole est universel.

La première phase de l'Initiation d'Apprenti c'est le " cabinet de réflexion ". C'est un local exigu, aménagé, en principe, dans une cave. Là, le récipiendaire séjourne un temps plus ou moins long. Il est assis sur un escabeau de bois devant un pupitre, afin d'y pouvoir rédiger son " testament philosophique ". Devant lui deux coupes : l'une contenant du sel, l'autre contenant du soufre. Puis une tête de mort. Ce réduit est le plus souvent éclairé par une chandelle. Au mur quelques inscriptions un peu grandiloquentes telles que : " Si la curiosité t'a conduit ici, va-t-en ... " ou : " Si tu es capable de dissimulation, tremble, on te pénétrera... " Mais insistons plutôt : " Si tu persévères, tu seras purifié par les Eléments, tu sortiras de l'abîme des ténèbres, tu verras la Lumière.... "

Enfin toujours au mur : un tableau sur fond noir sur lequel se détachent en blanc d'abord un coq, puis un sablier et une faulx, puis encore au-dessous, au centre, une tête de mort et de chaque côté les Symboles spagyriques du Soufre et du Sel, au milieu du tout, ces deux mots : " VIGILANCE - PERSEVERANCE ". Et pour finir, dans un autre coin du mur, l'inscription : VITRIOL.

Le symbolisme Alchimique me semble vraiment très visible. Le récipiendaire, dans cet " in space " souterrain c'est assurément la pierre des philosophes dans sa minière. Il en sera retiré par les offices du Frère Grand-Expert pour être conduit dans le Temple, tout comme le minerai pour être placé dans l'Athanor. La coupe de sel et la coupe de soufre, tout comme leurs symboles spagyriques peints sur le tableau se passe, je crois de commentaires. Le crâne humain et la tête de mort peints sur le tableau, c'est le " Caput mortuum " la Terre damnée des Philosophes ". Quand à la dernière sentence que j'ai citée, elle résume toute l'Alchimie : la première partie se rapporte indiscutablement à la phase Solve ( l'abîme des ténèbres ) et aux phases de Coagula qui lui font suite ( tu verras la Lumière ). Le coq symbolise l'élément volatil, souvent on lui oppose un quadrupède pour symboliser le " fixe ". La faulx et le sablier sont l'un et l'autre des Symboles propres à Saturne, planète qui régit l'Œuvre jusqu'à la fin du Corbeau où commence le régime de Jupiter. Enfin, s'il est deux mots qui peuvent parfaitement s'appliquer à l'Alchimie c'est assurément : Vigilance et Persévérance... Vitriol, c'est évidemment : " Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidum " soit : Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant ( par l'Art ) tu trouveras la Pierre cachée des Sages.

A un moment donné le F... Grand-Expert vient préparer le récipiendaire. Pour ce faire on lui retire son soulier gauche, on lui relève la jambe droite de son pantalon jusqu'au-dessus du genou, puis ne lui ayant laissé sur le buste que sa chemise, on lui dénude tout le côté gauche de la poitrine et on lui bande les yeux. C'est dans cet appareil qu'il sera conduit au Temple.

Nous n'insisterons pas sur le fait qu'il n'a qu'une chaussure. La similitude avec la légende de Jason est par trop évidente et nous savons que c'est la perte de cette chaussure qui décide de l'expédition des Argonautes et il est connu que cette légende, comme d'ailleurs toutes les légendes sont des récits Alchimiques. Par contre il y a lieu d'insister davantage sur le fait que cette " Préparation " du récipiendaire a pour objet de le mettre dans un état où il n'est " ni nu, ni vêtu ". Cette préparation ne serait-elle pas la Préparation Alchimique ? Opération qui, en fait a pour but d'épurer sommairement la Matière. Et ce candidat à l'Initiation Maçonnique " ni nu, ni vêtu " n'est-il pas la matière sommairement épurée ? De plus, si nous considérons l'Alchimie comme un éternel recommencement, l'abandon d'une partie des vêtements n'est-il pas la représentation de ce qui se passe durant Solve, lorsque lors de la " Mondification " toute une partie de soufre non amalgamable est abandonnée. il y a là, je pense une interprétation qui peut se faire en plusieurs " épaisseurs ", comme souvent en Alchimie. Le bandeau c'est, bien sûr, l'ignorance du profane et alchimiquement la pierre obscurcie par les terrestréités qu'elle contient.

Enfin le récipiendaire est introduit dans le Temple. Il doit presque ramper pour passer sous la porte " qui est très basse " disent les Rituels. C'est que, alchimiquement, le col du Ballon est très étroit. Le Temple c'est l'Athanor et dans le cas particulier de Solve c'est un Ballon soigneusement bouché, tout comme le Temple dont la porte est elle aussi soigneusement fermée. Le F\ Couvreur veille à ce que le Temple soit couvert...
L'initiation au Grade d'Apprenti se compose principalement de trois " voyages " qui sont chacun une purification par un Elément. On considère alors que le séjour dans le cabinet de réflexion, séjour souterrain, correspond à la purification par la Terre. Or au cours de la Préparation Alchimique, l'Agent Salin est bien utilisé sous son aspect de terre, et c'est bien comme Sel qu'il va permettre la Séparation. Nous sommes donc bien au début de Solve.

Le premier voyage dans le Temple sera la Purification par l'Eau. Parti de l'Occident sous la conduite de " l'Expert " il passe par le midi, l'Orient et revient par le Nord. Sa marche est semée d'embûches et de traquenards. Elle se déroule dans le bruit et le tumulte assourdissant des épées que les FF\ de la Loge frappent violemment sur le sol et des maillets que le Vénérable-Maître et les deux FF\ Surveillants heurtent à leurs plateaux respectifs. Revenu au Nord il est arrêté par le F\ 2ème Surveillant ( je laisse volontairement ce qui ne me paraît pas avoir un intérêt Alchimique très précis ). On plonge alors le bras du récipiendaire dans un seau d'eau. C'est la Purification symbolique par l'Eau.

Alchimiquement, il me semble tout à fait évident que nous sommes au début de Solve. Cette agitation de la Loge n'est-elle pas l'effervescence dans le Ballon, lorsque le Feu Salin excité par le 5ème Feu réveille les trois Feux de la Materia Prima et que s'affrontent les principes adverses. C'est dans cet affrontement que se fait la Conjonction, c'est bien au cours de cette Initiation que naît l'Initié. L'Eau, c'est le " Feu-Eau " qui ne mouille pas les mains et qui entraîne la liquéfaction propre à Solve. Ainsi le " mariage " dans les proportions de nature est symboliquement fait.

Le Deuxième Voyage : Purification par l'Air. Même itinéraire, mais ce n'est plus le grand bruit du premier voyage. Les épées effleurent légèrement le sol, comme un souffle. Il n'y a plus d'embûches, la voie est libre. Le candidat est conduit cette fois jusqu'au Midi où le F\ 1er Surveillant l'arrête. Le F\ Maître des Cérémonies souffle trois fois sur le front du néophyte. Le deuxième voyage est terminé. Ici une petite parenthèse : il y a inversion dans le " Rite Ecossais " de l'emplacement des Surveillants. J'ai suivi pour cette description le rituel de Menphis-Misraïm qui pour ce qui est de la place des Surveillants est semblable au Rituel du Grand-Orient. Ceci n'a du reste aucune importance dans ce travail consacré à l 'Alchimie. Je l'ai déjà précisé, les Rituels sont nombreux et cela prouve le caractère d'universalité de la Franc-Maçonnerie.

Alchimiquement ( seul aspect qui intéresse ce travail ), cette purification par l'Air me semble indiquer ce Feu énergétique ou 5ème Feu qui du début à la fin anime la Matière et permet d'en soumettre toutes les parcelles à l'action purificatrice et régénératrice de l'Agent Igné, qui permet aussi l'excitation de cet Agent. Enfin nous savons que ce Sel prend tour à tour l'aspect des quatre Eléments...

Le Troisième voyage : Purification par le Feu. Ici nul bruit, nulle embûche, mais arrivé à l'Orient, le récipiendaire se trouve environné par la flamme qui sort de la " pipe à lycopode ". Revenu à l'Occident, il entendra, comme lors des précédents voyages, le discours initiatique.
Ici, rien à préciser, l'Alchimie est la philosophie par le Feu . Ce voyage l'indique expressément. Il s'agit donc de l'Agent Igné. Je dirais même qu'il s'agit toujours de l'Agent igné, puisque celui-ci est le " Chaos des Sages " et qu'il contient en lui tous les Eléments. Il est donc tour à tour : Terre- Eau. Air, Feu, sans cesser d'être aussi et simultanément les trois autres Eléments.

Après ces trois voyages, le récipiendaire est conduit sur les Parvis, c'est-à-dire hors le Temple... Lorsqu'il y est réintroduit, tout est changé : Les Luminaires du Temple sont éteints, un Frère (Apprenti le plus souvent ) gît à l'Orient, les pieds sur le premier des trois degrés qui conduisent à la Chaire du Maître, un plastron rouge placé sur sa chemise simule le sang. Une torchère de chaque côté du " cadavre " donne la lumière à la Loge. Tous les FF... de l'Atelier ont chacun leur épée en main gauche et la tiennent brandie dans la direction du néophyte. On ôte le bandeau des yeux de ce dernier et le Vénérable lui dit que tel est le sort réservé au Maçon parjure. La scène peut être impressionnante étant donné le choc psychique qu'est pour le candidat sa première Initiation. J'avoue qu'elle le fut pour moi. Une initiation est une sorte de psychodrame comme une catharsis qui ne manque pas d'avoir ses répercussions profondes. Mais il faut bien avouer que si cette scène n'avait d'autre but que d'éveiller un sentiment de crainte chez le candidat et de faire passer en lui un salutaire frisson de frayeur, cela se réduirait à un enfantillage d'un goût, du reste assez douteux.
Restons donc à l'interprétation Alchimique du Rituel et constatons que l'obscurité règne dans le Temple et qu'à l'Orient, là où se lève la Lumière, gît un Apprenti la chemise ensanglantée. Nous sommes à la fin de Solve : l'obscurité c'est celle qui a été appelée " Corbeau ". Les épées pointées indiquent l'action incisive et pénétrante de l'Agent Salin. L'Apprenti gisant à l'Orient, c'est la Granulation. Le sang sur la chemise, c'est le " Sang du Dragon ", le " Sceau d'Hermès ". Solve est terminé, du moins dans sa phase de mort, il ne reste plus qu'à couper la " Tête au corbeau ".

Le candidat est alors reconduit dans les Parvis. Le Temple reprend son aspect accoutumé. Puis le récipiendaire y est amené, il boit alors le breuvage amer, puis il prête serment. Dans le Rituel de Menphis-Misraïm que j'ai sous les yeux, au début de l'initiation, le futur Apprenti boit le contenu d'une première coupe appelé liqueur de l'oubli. Cette liqueur a pour but " la dissolution de la personnalité profane ", or le breuvage amer est au contraire le breuvage de mémoire. C'est l' " Eau de Mnémosymée ".
" ... Quand vous l'aurez absorbée, votre possession sera totale. L'Ame occulte de la Franc-Maçonnerie toute entière sera passée en vous... " Je cite textuellement le Rituel.

Du point de vue Alchimique, la première coupe c'est le Sel Philosophique qui débute Solve et la coupe amère c'est le " Lait Virginal " qui débute Coagula ou le " Sang du Dragon " qui le termine. C'est, en tout cas ce qui permet le résurrection, l'accession à la Lumière. Tous les Symboles Maçonniques sont éclairés et le bandeau est arraché des yeux du néophyte. Ce bain de Lumière, c'est la Pierre au Blanc. Vêtu de sa blanche robe de lin, le ressuscité sort du sépulcre. L'homme ordinaire est mort, le glorieux renaît. La Franc-Maçonnerie compte un Frère de plus. L'Alchimiste sait qu'il arrive au terme de ses peines, encore un effort, et il sera en possession de la très précieuse Pierre Philosophale.

Ainsi se termine la première Initiation Maçonnique. Ainsi est vécue ce psychodrame qui met en jeu cet archétype fondamental de la mort et de la résurrection. mais ainsi que l'a précisé René Guénon (Aperçus sur l'Initiation ), le contenu Initiatique, de nos jours est virtuel. Il appartient donc à l'Initié de réaliser ce contenu virtuel et c'est à cette tâche que se livre l'Apprenti-Maçon. Il n'a, alchimiquement terminé son apprentissage que lorsque Solve est terminé en lui, c'est-à-dire lorsqu'il a dissous sa personnalité profane et que sur le cadavre de cette personnalité flotte la QUINTESSENCE ou cinquième essence surajoutée au quaternaire de sa forme et qui est le produit le plus pur de ce que contenait sa triple constitution.

Un dernier mot : si l'Apprenti a trois ans, c'est que le nombre 3 est son Nombre et ce Nombre trois est le sien parce que la Séparation lui a révélé la triple essence de son être et de toutes choses, car l'Unité n'est concevable qu'en sa triplicité.
.·. Trois était le Nombre de l'Apprenti. Cinq sera le nombre du Compagnon. Alchimiquement la " Tête au Corbeau a été coupée " et la QUINTESSENCE soigneusement rangée.

L'Apprenti-Maçon va donc recevoir son " augmentation de salaire ". Il va être reçu Compagnon. Il n'a plus les yeux bandés et il est directement introduit dans le Temple. Son Initiation va consister essentiellement en cinq voyages qu'il fera sous la conduite de F... Grand-Expert. Il portera chaque fois des outils différents. Je laisserai de côté ces manipulations d'outils de constructeurs dont la valeur symbolique est sans rapport, je crois, avec l'Alchimie. Chacun de ces voyages le conduira vers une " cartouche " dont il lira à voix haute les noms qui y sont inscrits.

1er voyage : Il est fait avec, en mains, le maillet et le ciseau, il conduit l'Apprenti vers une cartouche à l'ouest où il peut lire le nom des cinq sens.
2er voyage : L'Apprenti porte alors le niveau et la perpendiculaire, il rencontre au midi une cartouche portant les noms des ordres d'architecture.
3er voyage : Equerre et Compas en mains, l'Apprenti fait une troisième fois le tour de la loge. A l'Orient il peut lire les noms des Arts libéraux.
4er voyage : Muni du Compas et de la Règle, l'Apprenti trouve au nord les noms de cinq Philosophes antiques.
5er voyage : Cette fois c'est les mains libres que, toujours conduit par le F... Expert, l'Apprenti fait le tour de la Loge. Ce voyage c'est la " Glorification du Travail ". Seul le travail permet au Compagnon de développer en lui l'Initié nouveau-né.

Maçonniquement parlant, c'est la symbolique des outils qui est intéressante, mais il ne me semble pas qu'elle apporte rien de particulier à l'Alchimie.
Enfin après cette " Glorification du Travail ", le grand Symbole des Compagnons est révélé : c'est l'Etoile flamboyante et la lettre G .
Rien dans ce Rituel ne me paraît avoir de rapport direct avec l'Alchimie. Et pourtant cette Initiation qui a pour objet de consolider l'œuvre à peine ébauchée au grade d'Apprenti ma paraît assez semblable au Coagula de l'Alchimie. La " Glorification du Travail " va dans le même sens. La partie négative de la destruction du profane qui a été le propre de l'apprentissage est terminée. Il s'agit maintenant de construire l'Initié et ce qui me paraît intéressant du point de vue de l'Alchimie, c'est précisément cette insistance du Nombre cinq. Et le moment capital c'est assurément l'Etoile flamboyante et la lettre G.

Il est dit au Compagnon que cette lettre G veut dire Génie, Gravitation, Géométrie, Génération et Gnose. Pour ce qui est de l'Alchimie, les deux derniers termes me semblent particulièrement indiqués. En effet qui dit Alchimie dit GENERATION. Dieu seul a créé. L'homme ne peut que générer. Tel le semeur, qui par son geste, par son acte, va appeler une graine inerte à produire l'être végétal que, sans le savoir elle portait en elle. Mais pour cela la graine devra pourrir et mourir... On le voit, par ce mot de Génération, la lettre G est déjà toute l'Alchimie. Cela est encore complété par l'acceptation de Gnose. Car par Gnose, il faut certes entendre la connaissance des choses cachées, mais par Connaissance il faut comprendre, non la chose apprise par la bouche ou les écrits des autres, mais l'expérience vécue à l'intérieur de soi-même et ressentie comme une évidence. N'est-ce pas là toute la révélation de l'Alchimie ? Que dis-je ? sa raison d'être ...

Alchimiquement nous savons ce qu'est la Quintessence et le rôle qu'elle joue dans la dernière partie de Coagula. Maçonniquement c'est l'Etoile flamboyante, l'étoile à cinq branches qui symbolise la Quintessence. Durant son apprentissage, le Maçon, s'il a suffisamment médité et lutté a été constamment mis en présence des oppositions quaternaires et il a compris que ce n'est pas par hasard si sa Loge est un " carré long " qui s'étend dans les quatre directions des points cardinaux. Souvent il a dû se trouver au centre de cette croix des Eléments. (Crucis veut dire : creuset et croix). Or ce qui a jailli du fond de son être tel le sang de la crucifixion c'est la cinquième essence. C'est parce que s'est ajouté à lui cette Essence Spirituelle qu'il est devenu un Initié. Et il n'est Initié que dans la proportion où il s'est assimilé cette Quintessence ; car alors au quaternaire de la forme il a ajouté la Lumière de l'Esprit, ce qui fait de lui un Pentagrame. L'homme spirituel, l'homme régénéré s'inscrit dans un Pentagrame.
Au quaternaire des Eléments du " Chaos des Sages " s'est ajouté une cinquième essence. L'Alchimiste a en mains le " Mercure Philosophique ", il en nourrira plus tard sa Pierre.

C'est en lui que le Compagnon-Maçon va édifier sa première construction. Il va se construire lui-même pour pouvoir participer efficacement à l'œuvre de la Franc-Maçonnerie universelle : La construction du Temple. Car on ne reçoit que pour donner. N'oublions pas que l'apprentissage a dû dissoudre le " MOI ". C'est donc " NOUS " que dira le Compagnon en apportant sa modeste contribution à l'œuvre collective.
.·. La Pierre rubifiée de la fin de Coagula contient des impuretés. pour devenir la Pierre Philosophale il va falloir mourir et repasser par toutes les tribulations de Solve et de Coagula. C'est au prix de la mort que s'acquiert la vie éternelle.

La Loge a revêtu son funèbre appareil, elle est tendue de Noir. Les Maîtres se désolent de ne pouvoir poursuivre l'œuvre féconde de la Franc-Maçonnerie, car leur Maître, Hiram est mort. Trois Compagnons ont tenté successivement de s'emparer par la force du secret de la Maîtrise : Le premier était à la porte de l'Orient ; il a exigé ce secret, devant le refus d'Hiram de le lui livrer, il a asséné à ce dernier un coup de règle à la gorge. Le coup a dérapé et lui a frappé l'épaule lui paralysant le bras droit. Le deuxième attendait à la porte du Midi : même exigence, même refus d'Hiram, même violence. Mais cette fois c'est un coup d'équerre que reçoit le Maître, droit au cœur. Enfin un autre Compagnon l'attend à la porte d'Occident. Hiram refuse encore de livrer sous la menace le secret de la Maîtrise, il reçoit un furieux coup de maillet sur le front, il s'affaisse mort. Le forfait accompli, les Compagnons enterrent Hiram sous un amas de décombres au Nord du Temple... Tel est le drame symbolique.

Le Compagnon candidat à la Maîtrise va alors subir une épreuve : s'il se sent le cœur pur et la conscience tranquille, il devra enjamber le cadavre d'Hiram. Il le fait. Dès lors il va être identifié à Hiram et vivre personnellement ce drame.

Une mort volontaire avait permis au profane de renaître Initié, lors de sa réception au premier degré, et je pense l'avoir suffisamment démontré. Il s'agissait bien des Opérations de Solve et de la résurrection de la Pierre au blanc. Mais il faut une seconde mort à l'Initié pour atteindre à l'immortalité des Maîtres. Là, le Symbolisme est flagrant, il s'agit de la Multiplication.

Ainsi donc le Compagnon est assimilé à Hiram. Comme lui il sera frappé à l'épaule par la règle ( c'est-à-dire dans son corps ). Au cœur par l'Equerre ( c'est-à-dire dans son Ame ). Au front par le Maillet ( c'est-à-dire dans son esprit ). Alchimiquement : le Soufre, le Mercure et le Sel. Puis il sera étendu sous le drap mortuaire, son tablier sera rabattu sur son visage et un rameau d'acacia sera posé sur le drap. C'est le rameau d'acacia qui dans l'interprétation mythique du drame permettra de retrouver le " cadavre ".

Arrêtons - nous un instant : Nous sommes au stade de la Multiplication. Tout comme le Grand'Œuvre recommence. le drap mortuaire c'est évidemment le " Corbeau ". La Pierre au Rouge ( le Compagnon) a été traitée comme la Materia Prima (le profane) et atteinte dans sa triple constitution. Elle gît morte. Mais pourquoi donc ce rameau d'acacia sur le drap mortuaire ? Il est vrai que c'eût pu être une branche de chêne ou de fougère, car c'est bien là la " Fontaine occulte " d'où coule l' "Eau de Vie " (je remarque qu'en espagnol eau-de-vie se dit " aguardiente " littéralement : eau ardente). Voilà bien le " Feu-Eau qui ne mouille pas les mains " le grand arcane de l'Alchimie...

Examinons les détails rituéliques qui ne sont pas directement en rapport avec l'Alchimie ou qui obligeraient à des descriptions aussi longues qu'inutiles. les Maîtres vont alors essayer de rappeler à la vie leur maître Hiram dont le Compagnon-candidat-à-la-Maîtrise est la représentation. Pour cela le Deuxième Surveillant prononcera d'abord le nom d'une des colonnes du Temple placée à droite de l'entrée : JAKIN. Devant l'insuccès de ce mot à ressusciter le mort il se retirera en disant : " La chair quitte les os "... Le Premier-Surveillant prononce alors le nom de la deuxième colonne, celle de gauche : BOHAZ. C'est le même insuccès, il se retirera lui aussi en disant : " Tout se désunit ". Enfin au mot de MAK-BENAH ( Fils de putréfaction) Hiram, aidé par un Maître se lèvera de son tombeau.

JAKIN, c'est l'énergie créatrice masculine, c'est la force expansive qui part du centre de tout être : c'est le SOUFRE.
BOHAZ, c'est la réceptivité féminine, c'est l'énergie qui venant de l'extérieur pénètre toute chose : c'est le MERCURE.
MAK-BENAH, (fils de putréfaction) par son origine on reconnaît bien là le SEL et je crois qu'il n'y a rien d'autre à ajouter.

Le Compagnon a vécu la mort symboliquement tel le néophyte des antiques Mystères. En lui Hiram ressuscite et ainsi lui-même est-il ressuscité. Telle est l'ultime degré de la Maçonnerie symbolique : La Maîtrise. Comme la Pierre de fin Coagula, le Compagnon était souillé par des impuretés, comme elle il doit repasser par l'épreuve de la mort et de la pourriture.
" Car nul ne peut blanchir s'il n'a auparavant noirci... " Nul ne peut s'élever s'il ne s'est humilié... et nul ne peut atteindre la Vie éternelle s'il n'a connu la mort.

Le Grand Œuvre Alchimique est un éternel recommencement : La Pierre multipliée une fois peut être à nouveau soumise à une nouvelle mort, à une nouvelle résurrection, pour atteindre à plus de pouvoir rédempteur. Et puis encore ... jusqu'aux limites du possible qui sont les limites mêmes du présent cycle d'évolution minérale. Il reste toujours à la Pierre quelques parcelles d'impuretés, quelque infime souillure... Ce sont les restes de son ancienne nature de " minerai profane ".

Ainsi le Maître-Maçon sait qu'il n'est jamais au terme de la Maîtrise, car il lui reste toujours à détruire quelques parcelles de son " Moi " : de ce trompeur écran de la personnalité qui déforme le Nombre au point de n'en faire qu'un chiffre. Et, du reste s'il avait d'aventure conscience d'être parvenu à l'ultime point de quelque chose, une ligne infime, insaisissable, comme celle qui marque le Solstice, séparerait ce point final du commencement d'autre chose et tout serait à recommencer plus loin, plus haut selon ce processus invariable : SOLVE et COAGULA qui est la loi de l'Alchimie : La Chimie de AL.
\ " Etes-vous Maître-Maçon ? est-il demandé dans le catéchisme du grade de Maître.
Réponse : Eprouvez-moi, l'Acacia M'EST CONNU
Demande : Pourquoi répondez-vous ainsi ?
Réponse : Parce que l'Acacia est le symbole d'une vie indestructible dont les Mystères m'ont été dévoilés...

Ce texte est la copie conforme d'un texte écrit par Roger Caro dans son ouvrage : '' Rituel F.A.R.+C. et Deux Textes Alchimique Inédits ''

 Source : www.ledifice.net

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Published by Roger Caro - dans Alchimie
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 16:51

 

Après la Gnose, les Cathares, les Mauvais Compagnons, mes recherches porteront sur l’Alchimie et la Kabbale.

Le but de ces recherches par thèmes est de fournir des documents( planches, études, articles...) pour les premières tenues de la RL Loge Dermott.

Entre ces textes, j’ai choisi de parler de mon pays d’origine, l’Irlande, qui est aussi celui de Laurence Dermott.

Bonnes fêtes de fin d’année.

Thomas Dalet

Http://hautsgrades.over-blog.com

 

 

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