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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 10:03

Introduction

Jusqu'à la« découverte» des archives du musée Calvet en Avignon par René Désaguliers auquel nous désirons rendre hommage, le rite Ecossais Philosophique semblait, et d'aucuns poussaient dans ce sens, soit un rite embryonnaire "ancêtre" du rite Ecossais ancien et accepté, une erreur d'appréciation historique, ou comme l'écrivait Gould dans la première édition de sa gigantesque somme historique: « a Masonic perversion ». Les éditions suivantes de son "History of Freemasonry" corrigèrent ainsi que nous le verrons plus tard cette  opinion.

Le rite aux trois degrés symboliques, de culture française, s'entoura rapidement comme le voulait l'époque, de hauts grades au nombre de 6, 7 (Thory) ou 12 degrés. Les archives de la Loge de Saint Jean de la Vertu Persécutée en Avignon  en décrivent 13 dont l'énoncé des titres ne reprend en rien la nomenclature de Clavels  ou de Ragon. Ces hauts grades étaient doublés en Avignon d'une loge de recherche, l'Académie des Sages. Plus tard lors de son développement Parisien, le rite organisait des Convents annuels, convents qui faisaient l'admiration de Gould, mais qui valurent au rite la colère de la Sainte Inquisition, Avignon étant siège papal jusque en 1790.

Ces Hauts Grades, feront l'objet d'une étude particulière, il ne sont pas l'objet de notre soucis actuel.

Le rite Ecossais Philosophique naquit à Marseille avec la Mère-Loge du rite, la Loge de Saint Jean. La Mère-Loge Marseillaise acquit un développement remarquable. Cependant, une de ses meilleure réalisations fut la patente donnée à la loge de Saint Jean "La Vertu Persécutée », en Avignon, ses règlements et sa patente le 31 août 1774.  C'est d'Avignon et non de Marseille que le rite parvint à Paris et de là dans les Pays-Bas, la filiation Marseillaise, fut plus ou moins oubliée, quoique toujours existante pour donner à Avignon une prééminence qu'elle n'eut que tardivement. Pour la bonne renommée, on ajouta à la légende Parisienne l'intervention le Dom Pernetty, le célèbre mystique qui ne rejoignit, s'il la rejoignit, la maçonnerie Parisienne, que vers les années 1786.

Disparu en France pour les raisons que nous verrons plus loin, le rite resta vivant tant en Hollande qu'en Belgique, tant dans ses Hauts Grades récupérés en partie par le REAA que dans ses grades symboliques sous le couvert des patronymes « rite ancien» Hollandais ou rite belge moderne, pour reprendre ensuite son titre réel.

Il est dit dans l'histoire légendaire du rite que celui-ci fut fondé à Marseille en 1751, par un gentilhomme Ecossais, de la suite de Jacques III, nommé de Walmon ou Duvalmon, porteur d'une patente de la Grande Loge d'Edinburgh.

Sur le plan strictement historique, nous ne pouvons que constater l'absence de toute matérialité historique quant à cette patente. Verrier cite les Règlements du 14 novembre 1779, une lettre de Jacques de Seimandy Vénérable de la loge qui écrit: La T.R.L. Ecossaise de Marseille tient ses pouvoirs de la T. R. "Grande L. d'Edinburgh ..... ainsi que le mémoire adressé en 1801 à la Loge Métropolitaine écossaise à l'Orient d' Edinburgh, mémoire rédigé par le F. Julien, Vénérable Maître en titre reprenant l'histoire précitée mais laissé sans réponse par la Grande Loge Ecossaise. Verrier cite encore une lettre datant de 1804, d'un F. Doisy, qui certifie l'existence de la patente, confiée pour lors à un Frère aux fins de restauration.

Gould ne mentionne pas la patente, pas plus qu'il ne mentionne Dewalmon, Lantoine s'il ne nie pas l'existence de l'Ecossais "voyageur", nie l'existence de la patente. II semble que celle-ci ne figure pas dans les minutes de la Grande Loge d' Ecossel  , pas plus qu'elle ne fait partie du legs "Morrison".

Par contre, à Edinburgh même, il n'y a trace de ce fondateur, ni au peerage, ni dans la liste des FF habilités à donner patente. Qui était de Walmon ? Peut-être un de ces Jacobites émigré en France à la suite de Jacques III, ou peut-être un simple "dispensateur de patentes" sans autorité pour le faire, donc sans enregistrement officiel, ce qui avant 1750 était assez fréquent. Sans trancher pour une opinion quelconque, il était de toutes façons de bon ton au 18ème siècle de se donner une antiquité prestigieuse, que ce soit dès 1723, à Londres, avec les Grandes Constitutions, en 1754 avec le chapitre de Clermont etc etc. Pourquoi Marseille n'en aurait-elle pas fait autant pour se donner une plus grande importance et de plus grands pouvoirs. La Mère-Loge "exporta" son rite avec le plus grand succès en Martinique et à Saint Domingue et de là en Louisiane(1754) . La légende porta ses fruits en son temps.  

1.       Le rite Philosophique en France.  

Thory, dernier grand Maître du rite, le fait descendre lui, de la Société des Rose-Croix d'après des archives, «non compulsables actuellement », archives et manuscrits d'une société secrète existant à La Haye en 1622. Dans ces mêmes archives on trouverait parait-il quelques fragments d'une correspondance d'Elias Ashmole sur les sciences occultes et la théosophie, bases, nous dit Thory, d'une société dont le but était de bâtir d'une manière figurée le Temple de Salomon et dans laquelle les initiés étudiaient les secrets de la nature. Thory ajoute que tous les maçons ....... " savent que M. Boileau, médecin à Paris et Grand Maître de la Maçonnerie Hermétique était un des fondateurs de cet établissement et le plus zélé de ses soutiens ". 

Thory donne comme origine du "Régime" Philosophique, la date de 1776 qui est celle de la fondation de la Mère-Loge parisienne du rite, Saint Jean d'Ecosse du Contrat Social, succédant à la Loge de Saint Lazare qui avait été érigée en 1772. Malgré son effort de crédibilité, il semble que l'auteur se soit laissé emporter par son imagination et en plus, en bon Parisien ne prenne pas en considération l'origine provinciale du rite. 

En page 197 de son Histoire du Grand Orient de France, Thory présente assez brièvement la Mère-Loge Philosophique de Marseille et cite, mais avec beaucoup de réticences, un manuscrit dont il ne donne pas l'auteur et concernant les "Mémoires de la Franche-Maçonnerie et ses différents systèmes" (serait-ce Laurens vu la date de 1806) qui accorde à la Mère-Loge de Marseille, 20 loges dans sa constitution chiffre que Thory qualifie d'exagéré, ce qui ne manque pas d'étonner, car dans le manuscrit de Thory conservé à la Bibliothèque de la Grande Loge d'Angleterre à Londres, ce même auteur cite et détaille les 77 Loges créées par le rite Ecossais Philosophique. Il est vrai que ceci est un second manuscrit destiné à une édition qui ne vit jamais le jour. 

La Grande Loge de Saint-Jean à Marseille, aurait donc été créée le 27 août 1751 par un "Maçon Ecossais voyageur", sans aucune lettre constitutive d'une Grande Loge, car écrit Thory, ni la Grande Loge d' Edimbourg, ni les tableaux annuels de la Grande Loge de Saint-Jean n'en font mention.

D. Ligou néanmoins dans son dictionnaire (ed.1974) fait mention de lettres constitutives datées du 17 juin 1751 à Edimbourg.

Plus loin Thory confirme la création par la loge marseillaise, de plusieurs loges tant au "Levant", qu'en Provence, Lyon et même Paris.

Devenue avant la révolution Loge de Saint Jean d'Ecosse, elle prit le titre de Mère-Loge de Marseille, puis "par imitation"(dixit Thory) s'attribua le titre de Mère-Loge de France.

Lantoine en donne une version un peu plus complète. Lantoine confirme la vie très active de la loge de Marseille, qui créa entre autres, en 1766, une loge en Avignon qui s'émancipa à son tour pour devenir la Mère-Loge Ecossaise du Comtat Venaisin. La Mère-Loge du Comtat-Venaisin eut une vie des plus prolifique. D'après Gould, dès 1740, il existait en Avignon des écoles pratiquant l'Hermétisme, souvent sous des formes maçonniques du moins aux premiers degrés, avec une structure ressemblant aux soi-disant degrés Ecossais.

Le fondateur de ces écoles aurait été le Marquis de Calvière qui fonda une loge maçonnique de Saint-Jean laquelle végéta avec quelques autres loges jusqu'à l'apparition de la Mère-Loge de Marseille qui accorda des lettres de patente au rite philosophique en 1774 à notamment St Jean de la Vertu Persécutée, et la fondation de sa plus célèbre fille, la Loge de Saint-Jean du Comtat-Venaisin. Gould cite avec Lantoine, comme étant de première importance la fondation de la Loge du Comtat-Venaisin, qui prit également le titre de Mère-Loge.

Le mouvement spirituel était inspiré et dirigé (Gould dixit) par Dom Pernety, personnalité de tout premier plan, moine Bénédictin, alchimiste mais aussi mystique profond, il traduisit notamment Swedenborg.

Que Pemety fut Maçon ou non n' a aucune importance, car avant 1786 il ne fréquentait pas les loges Françaises. Son influence spirituelle fut probable, mais non prouvée. A cette base s'ajouta en 1787, sous l'impulsion du Starots polonais Gabrianca, fondateur des Illuminés d'Avignon, des éléments de Martinisme et de la philosophie de Swedenborg.

La Mère-Loge d'Avignon eut pas mal d'ennuis avec l'Inquisition, car Avignon était enceinte papale. Cette Loge eut l'imprudence de fonder et s'adjoindre un Chapitre d'étude intitulé Académie des Sages où on ne pratiquait qu'un seul grade: celui de Vrai Maçon. La pratique en soi semble inoffensive et intéressante mais ces "Vrais Maçons" ne s'occupaient que d'Hermétisme, ce qui fut considéré comme hautement subversif et l'Inquisition délégua un de ses inquisiteurs, le Père Mabille qui, avec l'aide de la police papale, cerna la Loge, fit enlever les meubles, les livres, saisir les archives ... et Avignon ne fut plus sûr pour les Maçons.

La Mère-Loge de Marseille-avait conféré en 1770, pendant une des périodes de sommeil de la Grande Loge de France, des patentes à une Loge de Saint Lazare à Paris, fondée par le F. Lazare Bruneteau, directeur d'une maison d'éducation religieuse.

Cette loge de Saint Lazare, devenue par les patentes de Marseille, Loge de Saint Jean d'Ecosse du Contrat Social au rite philosophique, et par la grâce d'Avignon, Mère-Loge du rite Ecossai Philosophique prend le nom de Saint Jean d'Ecosse du Contrat Social, Mère-Loge Ecossaise de France.

Elle rejoignit en 1773 la Grande Loge de France (futur Grand Orient).

D'après Lantoine, un membre éminent de la loge du Comtat-Venaisin, le docteur Boileau médecin auprès de l'Hôpital des Hollandais décide la loge du Contrat-Social à se laisse] installer comme Mère-Loge Ecossaise de France par les commissaires de la Mère-Loge du Comtat-Venaisin et celle-ci s'y incorpore en n'oubliant pas d'amener avec elle son Académie des Sages (Lantoine).

Il semble cependant que malgré les foudres papales, l'Académie des Sages d'Avignon, absorbée par la Mère Loge de France continua ses travaux ct créa même une Académie fille à Montpellier.

Le F. Boileau, ambassadeur de l'Hermétisme d'Avignon auprès de la Resp. Loge de Saint Lazare, fut nommé par une "Bulle" des loges allemandes , Grand Supérieur National de 5 loges et chapitres du Régime Ecossais Philosophique avec tribunal et sept tribunaux suffragants.

Ces Tribunaux étaient installés:

  • à Douai (La Parfaite Union)
  • Puylaurens (La Parfaite Amitié).
  • Toulouse (La Sagesse et l'Union).
  • Angers (Père de Famille).
  • Dunkerque (Amitié et Fraternité).
  • Anvers ( Les Elèves de Thémis).
  • Bruxelles (La Paix).

Ces deux derniers Tribunaux expliquent pourquoi, après la suppression du rite en France, le rite Ecossais Philosophique "cessa de devenir français".

Nous avons mentionné un relevé manuscrit relativement sommaire de Thory, qui décomptait la fondation de 77 loges jusqu'en 1814, au départ de la Saint Lazare fondées par le F. Boileau.

Mais il semble que Thory ait annexé dans son compte les LL. créées par Marseille.

Marseille, non comptabilisé par Thory avait également essaimé tant dans le sud de la Franc qu'à Smyrne, Istanbul, Saint Domingue, et les Mères-Loges, à la fois loge et chapitre furent probablement à l'origine de la création des hauts Grades dans les "Colonies". Les deux Loges de Marseille, la Mère Loge Ecossaise de Marseille et la Loge de Saint Ferreol interviennent la seconde pour la Loge la Parfaite Union à Saint Pierre de la Martinique dès 1750 et pour la Loge de Saint Jean à Toulon, la première pour une Loge de Port de Paix· à Saint Domingue (l752) et reprend en main en 1753, la loge de la Martinique. Les Loges de la Martinique et Saint Domingue, dès 1754, essaimèrent en Louisiane (Nouvelle Orléans).

Ce résumé trop succinct explique pourquoi Marseille, peu avant la révolution, réclama et clama son "auto nomination" en tant que Mère-Loge Ecossaise Philosophique de France, titre lui fut dénié par les instances parisiennes.

La vie des loges philosophiques fut très prolifique et comme le dit Gould .... "en dépit de ses travaux Théosophiques et Hermétiques, le Rite Ecossais Philosophique mérite notre admiration pour la haute teneur de ses travaux littéraires et la qualité de son recrutement" ..

Quelques dates d'exception sont citées par Gould:

  • le 20 juillet 1785: refus de reconnaître le rite Egyptien de Cagliostro.
  • le 24 décembre 1786: Election de Vicomte de Gand comme Grand Maître.
  • 10 mars 1788, nomination du Resp. F. Thory en temps que Grand Archiviste; la bibliothèque du rite était reconnue comme une des plus riche de l'époque. Pillée partiellement en 1789, elle se reconstitua presque totalement et fut enrichie par l'intermédiaire de Thory des archives et bibliothèque des Philalèthes (les Amis Réunis) dispersées pendant la révolution.
  • Le 13 décembre 1788, Francis, Lord Elcho, Grand Maître d'Ecosse reçoit les grades Philosophiques dans le Grand Chapitre Métropolitain.
  • le 31 juillet 1791, la révolution éclate et la Mère- Loge du Contrat Social peu après la fuite à Varennes, ( 16 juillet 1791) mets ses travaux en sommeil et invite ses Loges-Filles au nombre de 37, à en faire autant avec recommandation de ne jamais oublier leurs devoirs envers leur Souverain Louis XVI. Le Grand Chapitre semble pourtant ne pas s'être dissous. Evidemment une réaction Jacobine ne se fit pas attendre, la Loge fut dissoute et nombre de ses membres finirent sous le couperet du Frère Guillottin.
  • le 28 juin 1801. La Loge-Mère parisienne est rétablie dans ses prérogatives mais les membres du Contrat Social avaient été dispersés sous la révolution et nombre d'entre eux victimes des révolutionnaires. Comme la désignation de Mère-Loge, de par la Constitution du Régime, était donnée à la Loge la plus ancienne de la capitale ou autrement des provinces, le titre revint à une Loge créée le 19 mai 1777 sous le titre distinctif de Saint Charles du Triomphe et de la Parfaite Harmonie de Saint Alexandre d'Ecosse ou plus simplement Saint Alexandre d'Ecosse dirigée par le chevalier Delamacque, maître ad vitam. Cette loge en date du 22 août 1804 reprend officiellement ses travaux. Le 28 février 1802 se constitue à Bruxelles la loge La Paix, au rite moderne et la loge La Candeur, le 8 septembre 1804 avec un Chapitre de Rose-Croix au même rite. La Loge La Paix en février 1810, adoptera le rite Ecossais Philosophique et sera érigée la même année en Souverain Chapitre Métropolitain Ecc:., puis en 1811 en Souverain Conseil des Grands:. Aigles:. Blanc et Noir. et enfin en Gr:. Sup:. et Souv:. Tribunal des GG:. Inqu:. Insp:. Commandeurs, chef d'Ordre et prend en son sein le Chapitre de R:. C:. de Heredom de Kilwinning. 
  • 1805, réunion des loges de St Alexandre et des survivants du Contrat Social, et réunification le celle-ci avec les Chapitres et Tribunaux de la région de Paris, sous le signe distinctif le la Loge de Saint Alexandre d'Ecosse et du Contrat Social Réunies. (AQC, Stolper)
  • 1807 Cambacérès déjà Grand Maître du Grand Orient, se fit nommer par Napoléon, qui n'était pas Maçon, le 1er juillet 1806 Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil des 33, puis, le 26 mars 1807 s'installait lui-même Chef Suprême du rite Français et enfin, le 30 mars, Grand Maître d'honneur du rite Philosophique. Cambacérès parvint à coiffer les Rites de Narbonne et les Académies Alchimiques de Montpellier et l'Avignon. Ainsi l'Empire, par Cambacérès interposé, gouverna un temps l'ensemble de la Franc-maçonnerie française. Les Couvents Philosophiques annuels reprirent avec-parution d'un bulletin de 1810 à 1813, Le dernier calendrier français de la Mère-Loge Philosophique date de 1818 et donne une liste de loges ayant été accréditées depuis 1777. Mais à part l'activité inlassable de Thory, le rite était réduit à peu de choses. Stolper dans une recherche sur Simon Bolivar, donne comme raison annexe, le développement de la science qui laissait peu de place pour la recherche alchimique de la pierre philosophale, même sous sa forme spéculative, d'autant plus que cette époque voit la montée du positivisme de Comte, positivisme qui représentera la pensée "libre-exaministe" et ce jusqu'au XXème siècle. Autre cause probable du déclin en France de ce rite. Lorsque de Grasse-Tilly revint d'Amérique en 1795 avec le 33ème degré du rite ancien et accepté, il essaya de le faire adopter par sa Loge d'origine qui était devenue Saint Alexandre d'Ecosse (il appartenait au Contrat Social et au rite philosophique avant la révolution), sans succès.35 Lors, de Grasse, Pyron, et bien d'autres membres de haut rang au rite philosophique quittèrent celui-ci et passèrent après accord avec le Grand Orient au rite Ecossais ancien et accepté) (Stolper). Les rites Ecossais restèrent en bons termes un certain temps, mais la différence entre les rites et surtout l'absence du degré de Rose-Croix fit que le rite philosophique se rapprocha du rite de Hérédom de Kilwinning, inspiré et peut-être issu du Royal Order of Scotland avec quelque degrés supplémentaires (Stolper). Les Hauts grades devinrent à ce moment très confus et bien des FFF:. prenaient leurs degrés dans divers rites. Les Chapitres Philosophiques, harassés par l'hostilité des Suprêmes Conseils des 33 du REAA, cessèrent de se réunir après 1814. Dès 1826, le rite philosophique, à la mort de Claude- Antoine Thory, avait cessé d'être pratiqué en France. · Il est intéressant de savoir que l'énorme bibliothèque du rite Philosophique resta à la garde de Thory mais, à la mort de celui-ci, fut léguée au docteur Morrison de Greenfield dont la veuve céda à la Grande Loge d'Ecosse 2000 volumes où ils se trouvent toujours empoussiérés pat le temps et le désintérêt. Le reste fut dispersé.  

ACTA MACIONICA  Volume 7 (5997)

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Published by Jacques Litvine - dans Rites et rituels
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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:22

Le Vénérable Maître, ou Vénérable Maître en Chaire, est le président de là Loge, il est installé sur la Chaire du Roi Salomon. Les constitutions d'Anderson qui ne connaissent que deux degrés : Apprenti et Compagnon, parlent du "Maître" ou "Maître de Loge". Avec le développement du degré de Maître, la confusion devenant possible, l'usage s’est établi de distinguer le "Maître", titulaire des trois degrés et le "Maître de Loge", président de l'Atelier. Il appartient au Vénérable Maître en Chaire de convoquer la Loge, d'ouvrir les travaux, de procéder aux initiations et de conférer les grades,( à un niveau inférieur à son grade, au dessus seul le Conseil de l'Ordre peut les décerner, ) d'assurer le bon déroulement et l'ordre des tenues, au besoin en retirant la parole et en faisant couvrir le Temple à tout frère contrevenant à l'ordre des travaux ou des principes maçonniques. Il ne peut être repris en cours de séance par aucun assistant, sauf par l’Orateur , Il peut, si l'ordre est troublé et son autorité méconnue, suspendre et même lever la séance sans formalité, celle-ci ne pouvant être reprise sous la direction d'un autre membre de la Loge. Il dirige l’administration de la Loge et, à ce titre, contrôle le travail des autres officiers, signe les tracés, reçoit et règle la correspondance, ordonnance toutes les dépenses autorisées par la Loge. Il est de droit président de toute commission et chef de toute délégation de la Loge qu'il représente dans les cérémonies et pour les relations extérieures. Il signe les "planches officielles." Les pouvoirs du Vénérable sont aujourd'hui encore définis en ces termes. Ils sont analogues à celui du prince dans les sociétés profanes archaïques. Avec l'évolution des mentalités et le progrès de la conscience, ces pouvoirs ont été progressivement limités dans la durée. Il est aujourd’hui inconcevable que l'on puisse être Vénérable en Chaire ad vitam. Les pouvoirs du Vénérable sont limités aussi par l'Orateur, gardien de la Loi, qui peut et doit intervenir si la "Loi" est transgressée. Il est à l'Orient et fait face à l'Occident. Cette position, cosmique" signifie qu'il est symboliquement identifié au soleil levant. Il "conduit" la lumière en direction des régions obscures. Il éclaire de même, au plan du temps, il incarne le matin, le commencement, le renouveau. Dans tous les rites, le bijou du Vénérable est l'équerre. Notons que cette équerre forme avec le sautoir une "Croix de Saint André" qui marque le rayonnement qui doit caractériser cet officier. Le Vénérable doit représenter l'égrégore de la Loge. L'autorité dont il a été investi est tempérée par la bienveillance qui doit marquer tous ses actes. Aussi, son rôle est-il à la fois actif et passif, Il doit équilibrer. Il stimule, entraîne, génère l'énergie du groupe et l'entretient ; en même temps, il calme, adoucit, freine les élans d'un zèle pour qu'il ne soit pas maladroit. L'outil associé à cette fonction est la truelle. C'est l'outil qui intervient lorsque le gros œuvre" de l'édifice est terminé. Il sert à jeter et à étaler le mortier afin de couvrir les aspérités des pierres et les traces de leur séparation. Le Vénérable, grâce à son rayonnement, à son expérience et à sa bienveillance, couvre d'amour et de connaissance tout ce qui sépare les frères de la Loge et tout ce qui est inharmonique à l'intérieur de chacun d'eux. Il est l'alchimiste qui transmute les passions et les aspérités des âmes en amour fraternel. Cet amour ainsi généré stimule l'esprit et constitue l'atmosphère nécessaire à l'épanouissement de la connaissance. C'est pourquoi cette fonction est confié à un Maître expérimenté qui a pratiqué plusieurs offices, dont celui de Premier Surveillant. Néanmoins, aucun Maître ne peut prétendre être réellement à la hauteur de cette fonction. Il lui faudrait pour cela être un initié parfait ! Néanmoins, il n'est possible ni sage d'attendre de mériter ce rôle éminent pour le jouer. Ce n'est pas possible parce que, si l'on attendait un initié véritable pour occuper la Chaire du roi Salomon, il ne pourrait exister aucune Loge. Il n'est pas sage non plus d'attendre, car le Maître qui accepte cette fonction est appelé, grâce à elle, à faire des progrès dans l'Art. C'est en pratiquant des fonctions qui le dépassent que le Maître acquiert, peu à peu, la maîtrise. Aussi il ne faut pas se dérober à cette tâche, lorsque l'on est invité par ses frères à l'accomplir. Elle fait partie des épreuves à vaincre. Le Vénéralat, comme toutes les autres responsabilités, sont des étapes sur la voie Royale. Un Maître maçon attend cette fonction avec crainte et l'assume avec joie. Il l'assume avec joie et, après son temps laisse la place avec soulagement !...Ainsi se passent les choses, dans une Loge maçonnique. Tous les Maîtres qui ont accompli la fonction de Vénérable se sentent transformés et enrichis par cette expérience difficile et exaltante. Selon une tradition d'origine opérative, le Vénérable reçoit une transmission ésotérique particulière, au cours d'une cérémonie secrète dite d'installation". Les Vénérables et anciens Vénérables ayant vécu la cérémonie ésotérique de l'installation peuvent se réunir en "Conseils de Maîtres Installés" librement et en dehors de toute structure obédientielle. Ce rite se pratique systématiquement dans la maçonnerie anglaise. En France, il est demeuré longtemps en désuétude, mais il tend aujourd'hui à se généraliser. Le Rite Écossais Ancien Accepté le pratiquent systématiquement. Ces rites, en effet, se veulent traditionnels et "symbolistes" et de ce fait, sont sensibles à la "qualification" du Vénérable et à la nécessité d'un Enseignement réservé à cette fonction. En 1834, le terme de "Vénérable Maître d’honneur" est considéré comme une nouveauté, mais ne requiert aucun élément traditionnel. De nombreuses Loges françaises pratiquent cette solution qui est réglementaire mais non initiatique.

Le Couvreur, par principe est l’ancien Vénérable Maître, qui par son expérience sera un excellent Tuileur avec l’Expert. Le participe adjectif " couvert" ou "à couvert" ou encore "clos et couvert" s'emploie pour préciser que les profanes sont éloignés et que l'on peut vaquer en sécurité aux Travaux Maçonniques. A l'inverse, on dit "il pleut" ou "il neige" pour signifier que l'endroit n'est pas couvert. Le verbe "Couvrir le Temple" signifie "sortir du Temple". L'officier chargé de s'assurer de la sécurité du Temple se nomme donc le "Frère Couvreur". Le couvreur est identifié parfois avec le Tuileur. Au rite Écossais Ancien Accepté, il n'existe que le couvreur intérieur. Le Couvreur s'installe à l’occident, à côté du Second Surveillant. Il s'assure que le Temple est bien couvert, en informe le Second Surveillant qui informe le premier, lequel informe le Vénérable. Le couvreur informe également de la présence, dans les parvis, de visiteurs. Le bijou du couvreur est un glaive vertical, poignée en bas, ou bien une épée "flamboyante" comme celles dont il est question dans la Bible, au chapitre de la Genèse qui raconte comment l'Eternel fait garder l'Arbre de l'immortalité par des chérubins armés ainsi. Dans l'arbre Séphirothique, le Couvreur est "Malkhuth", le Royaume. La fonction de Couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil. En effet, le couvreur surveille le passage entre l'extérieur (profane),,..et l'intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l'arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l'intérieur. Le seuil, frontière du sacré, participe de la transcendance du centre et ses connotations symboliques sont semblables à celles de la porte.

L'Expert est chargé particulièrement de tout l'aspect rituel des travaux. Il est le gardien du rituel et dirige les cérémonies. L'Expert, nommé parfois "Grand Expert", lorsqu'il est assisté par un deuxième expert, est l'héritier du "Frère Terrible" des Loges françaises d'autrefois. Il remplace le deuxième surveillant, le premier surveillant et même le Vénérable en leur absence. Il s'assure de la qualité maçonnique des visiteurs, les tuile et donne son avis au Vénérable sur leur introduction. Il fait préparer et dirige les épreuves. Il introduit et accompagne les initiés dans leurs voyages. Il recueille les boules et les bulletins de vote et assiste à leur dépouillement. C'est lui qui enseigne aux nouveaux initiés les signes et les attouchements. Ce rôle d'initiateur, il le joue pour les trois degrés. Sa place est sur la colonne du Midi, à proximité du Trésorier et de l'orateur. Le bijou de la fonction d'Expert est mal fixé. Le Rite Écossais Ancien Accepté à adopté un glaive croisé avec une règle et un œil, insignes de sa vigilance. L’Expert prépare et dirige les cérémonies. Non seulement, il est familier du rituel, mais il est capable de juger et d'expliquer la qualité, au plan de l'Enseignement, de chacun de ses éléments. Il veille à la conservation des outils, à leur remplacement et à leur acquisition. Pendant les cérémonies, il est le centre de la Loge. Les autres officiers le suivent ; c'est lui qui donne le ton et le mouvement. À cause de ses responsabilités qui l'obligent à avoir I' œil à tout, il n'est pas tenu, lorsqu'il circule dans le Temple, de respecter la circulation. Il se déplace comme il l'entend. Le symbolisme planétaire lui convient, comme nous l'avons vu précédemment pour ce qui concerne le secrétaire. Saturne, dans la pensée hermétique, c'est la couleur noire, celle de la matière dissoute et putréfiée, ou encore le cuivre commun, le premier des métaux. Toutes ces images indiquent une fonction séparatrice, à la fois une fin et un commencement, l'arrêt d'un cycle et le début d'un nouveau cycle. De même, l'Expert préside au changement. Il est le maître des phases transitoires qui font du profane un apprenti, de l'apprenti un compagnon et du compagnon, un maître actuel, le rite de Salomon a substitué Uranus à Saturne, c'est parce que cette planète, comme symbole du changement, est encore plus évidente. Si dans sa rédaction Or, n'ayant été découverte par William Herschel que le 13 Mars 1781, on n'en trouve évidemment aucune mention dans les anciens textes. Le symbolisme astrologique voit en Uranus la force cosmique qui provoque des changements et des bouleversements, des inventions et des créations originales. Selon cette perspective, le principe d'Uranus est le progrès. Son domicile est le Verseau, qu'il partage d'ailleurs avec Saturne. Si la planète a été découverte récemment. elle a été nommée Uranus parce que ce nom, dans la mythologie Gréco-latine, est associé à l'élévation. Or, que signifie ce terme, extrait du "Royaume des Mères" ? Le processus uranien de l'élévation se situe comme un moment de la colère, du chaos : c'est l'éveil du feu primordial. Face au dieu des océans (Poséidon Neptune). il y a le dieu du ciel (Ourson) dont l'ambition est de se dégager de l'indifférencié, de l'océanique et, par la suite, de monter, de s'élever, de se tendre en hauteur,- comme pour s'individualiser au maximum. Tout ce qui détache l'homme de la terre et l'élève dans le ciel qui est son empire mythologique, tout ce qui tend à la verticalité, se passe sous ses auspices. Ainsi l'Expert est celui qui. pendant les phases du changement, porte vers le haut le néophyte. Son bijou qui, aujourd'hui encore n'est pas définitivement fixé, pourrait être une verticale ou un triangle ascendant dont la base serait dans l'Océan et le sommet parmi les étoiles de la voûte céleste.

L'Hospitalier.Cette fonction existe dans tous les rites et à tous les degrés, l’Hospitalier est nommé parfois "aumônier" ou "élémosynaire". Il est chargé de recueillir et de distribuer les "aumônes", d'aller visiter les frères malades, de soutenir ceux qui sont dans la détresse, de s'assurer de la situation des veuves et des orphelins des frères, de s'informer des raisons d'absences non motivées, car elles peuvent avoir une signification qui relève de sa compétence. Il est le "cœur" de la Loge. L'existence de cet officier remonte à la vielle maçonnerie opérative. Il existe encore actuellement dans le compagnonnage. Comme le Trésorier, l'Hospitalier n'est pas l'un des sept officiers nécessaires pour que la Loge soit juste et parfaite" L'Hospitalier siège généralement au pied de l'Orient, près du Secrétaire et sur la colonne du nord. Au plan symbolique, il est "Chesed", la grâce, dans l'arbre des séphiroth et la terre "nourricière" dans le système cosmique. Le bijou de l'Hospitalier est une "aumônière portant un cœur au centre" ou bien une simple bourse. L’Hospitalier administre une caisse autonome que l'on nomme : le tronc de la Veuve. Les Francs-Maçons, par référence à Hiram l'architecte sont les "enfants de la veuve". Hiram naquit d'une veuve, comme il est indiqué dans les "Rois" et aussi dans les "chroniques" de l'Ancien Testament. Horus naquit aussi d'une veuve, Isis, selon la légende égyptienne d'Osiris. Il est intéressant d'analyser ces mythes dont les héros grandissent sans avoir à être confrontés avec l'image du père... L'Hospitalier effectue l'essentiel de son travail en dehors des réunions. Il faut donc qu'il soit très disponible. En outre, ses qualités essentielles sont l'amour et le dévouement. A ce propos, il convient d'insister sur des mots. Trop souvent, l'hospitalier se borne à gérer le tronc qui lui est confié en faisant des dons et des prêts, avec l'accord du Vénérable, à des associations, à des frères, à des veuves, cela est bien mais n'est pas suffisant. En outre, l'hospitalier se soucie des absences, excusées ou non, et prend contact avec les frères absents afin de savoir exactement ce qui se passe. Cela est bien et nécessaire, mais pas encore suffisant. La solidarité est un devoir et un droit pour chacun, mais pas seulement cela. Si on approche cette notion en termes de droit ou de devoir seulement, on ignore le cœur et on la vit d'une manière exclusivement cérébrale. Dans cette perspective, la solidarité s'organise comme un "service", au sens administratif du terme et se pratique dans un contexte de formalités réglementaires. La solidarité, sous l'éclairage d'une communauté initiatique, n'apparaît pas seulement sous l'aspect d'un droit et d'un devoir : elle apparaît comme toute naturelle. Cela veut dire que son essence est l’Amour, tout simplement. Dans cette perspective, l'administration et ses règles permettent une bonne gestion sans constituer un carcan. Autrement dit, la fonction de solidarité s’accomplit selon des règles nécessaires mais ne rejette pas un problème si celui-ci n'est pas prévu par le règlement. La solidarité, envisagée comme naturelle, prend en compte, de ce fait, le spirituel et le matériel : lorsque l'on reçoit du pain de la main d'un ami, on reçoit beaucoup plus que de la nourriture. Ce pain n'est pas seulement du pain. Il est également la manifestation d'une présence amie et il réchauffe le cœur autant qu'il sustente l'estomac. Le Franc-Maçon, familier de la pensée symbolique, sait bien cela et connaît les correspondances entre le "soma" et le "psyché". Ainsi, il est nécessaire de conférer à la fonction hospitalière une épaisseur d'ordre spirituel que les usages et les règlements tendent à diminuer. En écrivant ces lignes, je pense à certain malheur qui aurait pu être évité : il était une fois une Loge comme beaucoup d'autres, un frère de cette Loge ne venait plus et ne s'excusait pas. Après un certain nombre d'absences, la Chambre des Maîtres expédia à ce Frère une lettre recommandée lui enjoignant de se mettre à jour avec le trésor et d’assister régulièrement aux tenues, sous peine d'exclusion. Personne, avant d'envoyer cette lettre, n'avait été voir ce frère. Le Vénérable s'était contenté de demander en Loge si quelqu'un avait des nouvelles et, sur la réponse négative de tous, la lettre recommandée avait été envoyée, or ce frère était dépressif. A cause de nombreuses contrariétés de toute nature, il avait, selon une formule à la mode, "craqué" et il s'était recroquevillé dans sa coquille. Son absence était un appel de détresse et cela, personne ne l'avait compris. Son comportement était normal du point de vue psychologique, mais déviant et condamnable du point de vue réglementaire. Après la réception de cette lettre recommandée, ce frère se donna la mort. Il eut droit à une chaîne d'union autour de sa tombe, selon les usages. L'Hospitalier doit être en relation permanente avec le trésorier. Ce dernier doit informer l'hospitalier de ses problèmes de recouvrement. Dans une communauté d'êtres humains normaux, la rigueur des sanctions doit être réservée aux membres dont la mauvaise foi et l'indifférence ne font aucun doute pour personne. Dans une communauté qui se veut "initiatique" et fraternelle, où chacun se sent chargé du devoir de recevoir et de transmettre un enseignement dont le but est d'éveiller et de stimuler la conscience et d'améliorer l'espèce humaine, il faut aller aussi loin que possible et, en tous cas, plus loin qu'on ne le fait dans le monde profane, dans la voie de l'amour et de la compréhension. Aussi, il en est de l'hospitalier comme de chacun des officiers de la Loge : chacun est le plus important... Si l'on vit profondément cette affirmation aussi raisonnable qu'illogique, on a une chance de réussir le projet initiatique.

Le Maître des Cérémonies. Dans tous les rites, "il conduit la marche". Il introduit les membres de la Loge et les visiteurs. Pendant les Tenues, il conduit les frères qui doivent se déplacer. A la fin de la tenue, il fait circuler le "sac aux propositions" en même temps que l'Hospitalier fait circuler le Tronc de la Veuve. L'insigne de sa fonction est une canne. Le bijou de son sautoir porte deux glaives entrecroisés et une canne. Sa place est à la tête de la Colonne du Nord, face à l'Expert et à côté de l'Hospitalier. Sur l'arbre Séphirothique, il incarne Tiphereth, la beauté et selon le symbolisme cosmique, il est Mercure, le messager. Mercure, c'est Hermès dont le principe est le mouvement. C'est le Dieu qui divise et unit ; il pose des bornes et aide à les franchir. Il conduit les voyageurs, les mène là où ils veulent ou bien les égare... Il préside à la circulation des choses, des êtres et des idées. La fonction du mouvement donne la vie au corps que constitue la Loge et le Maître des Cérémonies permet le mouvement. Par ailleurs, le symbolisme du mercure, selon l’alchimie. est stimulant. Il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or. Il est symbole de délivrance et associé à l'immortalité. La "science du mercure" est l'expression d'une science de la régénération intérieure. La Loge, Athanor d'une alchimie spirituelle, parvient à son but qui est, symboliquement, la transmutation du vil métal en or pur, grâce au principe incarné par le maître des Cérémonies.

L'Orateur. Au Rite Écossais Ancien Accepté , l'Orateur est le quatrième officier de la Loge. Il siège à l'Orient, à la gauche du Vénérable, face au Secrétaire. Les fonctions sont doubles : il est le gardien de la Loi et d'autre part il prononce des discours à l'occasion des cérémonies et tire les conclusions des travaux, à la fin de chaque tenue. Les discours à prononcer lors des cérémonies, à l'occasion des "passages", font partie intégrante du rituel et l'Orateur ne fait que lire. Il lui est suivant les cas permis d'improviser, sa fonction de Gardien de la Loi lui donne de très grands pouvoirs. Il peut s'opposer à toute délibération qui serait contraire aux Constitutions ou au règlement général. Il est le seul officier qui peut faire des observations, pendant la, réunion, au Vénérable. Dans une discussion, il peut intervenir 'sans demander la parole, si cette intervention est "dans l'intérêt de la Loi". Après chaque discussion et avant de passer au vote, le Vénérable demande' les conclusions de l'Orateur et celui-ci les donne, sans avoir à les motiver. La Loge ne peut voter que sur les conclusions de l'Orateur. Le bijou d'Orateur comporte parfois un livre sur lequel est écrit "Loi", ou bien les tables de la loi. Selon le symbolisme Séphirothique, il est "Chochmah" la Sagesse. Au plan cosmique, il correspond au Soleil. Dans l’Étoile à six branches (le sceau de Salomon), il forme un des deux sommets du triangle " descendant "qui organise la Loge. Si l'on représente la Loge par un homme, il est, avec l'Hospitalier, le bras gauche. En sa qualité de Gardien de la Loi, l'Orateur doit connaître parfaitement les Constitutions et les Règlements de l'Obédience. Cela pose problème, dans la perspective de l'Enseignement initiatique. La Loge est la seule structure conforme à cet Enseignement. L'Obédience, elle, ne l'est pas. L'Obédience est une fédération de Loges et sa vocation est d'ordre administratif : gérer les locaux, gérer la circulation des informations nécessaires aux Loges, mettre à la disposition de celles-ci les services dont elle a besoin. Des Loges, fédérées ou non, sont toujours des Loges. Lorsqu'elles décident de se constituer en Obédiences, elles constituent des assemblées formées par des Maîtres désignés par elles et chargent ces assemblées de gérer les problèmes communs à toutes les Loges. Par ailleurs, le Rite est géré par un Conseil, indépendant de l'Obédience. Ces assemblées rédigent des Règlements soumis à l'approbation des Loges et qui, après vote favorable des délégués des Loges, ont force de loi. Il est utile de disposer de règlements de manière à assurer le bon fonctionnement des Loges et de manière à éviter tout désordre qui pourrait survenir si l'on ne disposait pas de références solides quant aux règles du Métier. On ne peut se passer de règles écrites et on doit codifier les usages qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, il arrive que des règlements émanant de l'obédience soient en contradiction avec les règles du Métier lorsqu'ils restreignent la liberté de la Loge, pour ce qui concerne la nature de ses travaux, le choix des minables, aux trois degrés, la durée des mandats des officiers et d'autres choses de la sorte. Une Loge maçonnique est libre et souveraine. Elle détient une patente pour la pratique d'un Rite mais, en dehors de cela, n'a pas besoin d'autorisation pour se réunir et pour travailler comme elle l'entend. Elle peut accepter les visiteurs qui lui plaisent et refuser ceux qui lui déplaisent, en toute liberté. Elle peut initier qui lui convient et transmettre les trois premiers degrés comme elle l'entend. Malheureusement, depuis le XVIIe siècle, les Obédiences, d'abord simples émanations des Loges, sont devenues des "puissances", au sens profane du terme, qui confisquent à leur profit l'autorité et le pouvoir dans les domaines qui concernent l'esprit, les idées, l'enseignement lui-même. A mesure que les Obédiences pontifient en matière d'enseignement, les Loges se réduisent à la fonction de "cellules de base", ce qui n'est pas du tout conforme aux usages du Métier. La décadence, en matière de Franc-Maçonnerie, se mesure à la puissance de l'obédience qui est inversement proportionnelle à la qualité du travail en Loge. Que penser de la qualité de l'Enseignement d'une Loge dont le Vénérable demande aux "instances supérieures" de l'Obédience des autorisations à tout propos, remet servilement son maillet aux "Dignitaires" qui lui font l'honneur d'une visite, dont l'Orateur n'est que I' œil de l'obédience et le garant de la conformité de la pratique avec les règlements imposés, dont les visiteurs, au lieu d'être tuilés selon les règles du Métier, sont admis sur simple présentation d'une carte munie du tampon obligatoire ? Comment peut travailler une telle Loge : Si elle n'a pas confiance dans les outils dont elle dispose ? Si Elle a le fil à plomb et elle a besoin d'une autorité "supérieure" pour poser une verticale ? Si Elle a le niveau et elle n'est pas capable toute seule d'établir l'horizontale ? Si Elle a l'équerre et le compas et a besoin d'un concours extérieur pour tracer le triangle et l'étoile ? Si Elle dispose du livre de la Loi Sacrée et n'est pas capable de le lire et de l'interpréter elle-même ? Si Elle a tout ce qu'il faut pour progresser dans l'Art, pour construire, pour enseigner, pour juger et que cela ne lui suffit pas ? Heureusement, la tendance, de nos jours, s'inverse et les Loges apprennent à se servir des outils. Les Francs-Maçons sont de plus en plus exigeants à l'égard des anciens et à l'égard d’eux-mêmes. L'Obédience, peu à peu, redevient ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, un organisme administratif au service des Loges, rien de plus et rien de moins. Aussi, l'Orateur, s'il est à la hauteur de sa fonction, se perçoit comme Gardien de la Loi et ne se laisse pas réduire au rôle de serviteur inconditionnel d'un règlement. La Loi, c'est d'abord l'esprit et non la lettre. Un Maître pose le compas sur l'équerre, donc il "connaît" la primauté de l'esprit et il vit cette connaissance jusque dans ses profondeurs. L'Orateur est un Maître expérimenté. qui connaît l'Art, l'histoire du Métier, l'histoire de la Franc-Maçonnerie, la nature et la portée de l'initiation. Il sait juger un texte, le situer dans un contexte, il connaît les règles et les usages, bref, il est, comme le lui montre le symbolisme, la sagesse et le soleil. Pourquoi se réunit-on en Loge si ce n'est pour mettre en œuvre une pédagogie qui favorise l'émergence d'un niveau de conscience supérieur ? L'Orateur participe à ce travail. Il lui faut donc être, comme les autres Officiers et les autres Frères, un créateur, un incitateur. Le soleil rayonne, de lui viennent chaleur et lumière. Personne ne peut se 'prétendre qualifié pour tenir ce poste, mais chaque Maître doit accepter cet office s'il y est porté par ses frères et le seul fait de le tenir l'aide à progresser et à acquérir les qualités nécessaires ... s'il le désire vraiment.

Le Secrétaire, au Rite Écossais Ancien Accepté, siège à l'Orient, à la droite du Vénérable et face à l'orateur. Sa fonction tient entièrement dans cette formule : Il est la Mémoire de la Loge. Pendant les réunions, il prend l'esquisse des travaux et à partir de cette esquisse (brouillon), il dresse la planche dont il donne lecture à l'Atelier à la tenue suivante. Le procès-verbal est adopté par la Loge après avis de l'Orateur et est signé par le Vénérable, l'Orateur et le Secrétaire. Le Registre de ces délibérations donne le "Livre d'Architecture". Le Secrétaire tient également un registre matricule des membres de la Loge par ordre d'admission. Il est chargé également de la correspondance administrative avec l'obédience et de la distribution des convocations masculin et la lune, le principe féminin. Cela est faux par ce que ce commentaire est suscité par une coïncidence linguistique qui n'est pas universelle. Si, dans les langues latines, le soleil est masculin et la lune féminine, c'est le contraire qui est vrai en langue allemande et dans les langues germaniques. En hébreu et en égyptien ancien, les deux sont masculins. Par ailleurs, justifier une "idéologie" patriarcale avec un tel commentaire est malhonnête, car, d'une part, l'association des genres masculin et féminin aux choses n'est pas universelle et d'autre part, l'idéologie patriarcale est, elle aussi, contingente et ne repose sur aucune "valeur" fondamentale dont on pourrait dire qu'elle est éternelle et universelle. Par contre, ce qui est universel dans le symbolisme de la lune, c'est qu'elle est associée aux rythmes biologiques et au temps vivant qui passe. Nous ne nous sommes pas étendus sur le symbolisme du soleil, car celui-ci est beaucoup plus évident. Tous les hommes l'associent d'instinct à la chaleur, à la lumière, au rayonnement, à la fécondité. Pour ce qui concerne la lune, il faut chercher un peu plus et il se trouve qu'en cherchant, on découvre ce que doit être, du même coup, le rôle du secrétaire dans la Loge. La lune est l'astre qui croît, décroît, disparaît et réapparaît, chaque jour différemment. Son éternel retour à ses formes initiales, au cours d'une métamorphose incessante, en fait l'astre des rythmes de la vie. Mircea Eliade, dans son "Traité d'histoire des religions" constate que "les synthèses mentales rendues possibles par la révélation du rythme lunaire mettent en correspondance et unifient les réalités hétérogènes leurs symétries de structures et de leurs analogies de fonctionnement n'auraient pu être découvertes si l'homme primitif n'avait intuitivement perçu la loi de variation périodique. Par ailleurs, de nombreuses mythologies font de la lune le séjour réservé, après la mort, à des privilégiés : souverains, héros, magiciens, initiés. La lune est l'astre de la nuit.. Elle évoque la lumière dans les ténèbres et, de là, la connaissance indirecte. Elle est la transformation et évoque la croissance. De même les "tracés" du secrétaire sont inégaux en grosseur et en densité, selon la nature et le contenu des réunions. Ils sont à chaque fois différents et reviennent toujours à des formes initiales. Ils marquent le rythme et découpent le temps. Ils sont consultés en dehors des réunions, figurent dans des archives et dans des bibliothèques. Ils sont destinés à laisser des traces des travaux dans le monde profane et à ce titre, ils sont, comme la lune, la connaissance indirecte et la lumière dans les ténèbres. Le maître expérimenté qui remplit la fonction de secrétaire doit tenir compte du fait que ses tracés serviront aux historiens futurs et constituent par conséquent des documents. Lorsque nous voulons étudier la vie des Loges dans le passé, les "tracés" sont des documents précieux, voire les seuls. Selon le style, nous savons déjà si les Loges respectaient le rituel et étaient intéressées par les symboles ou non. Les premières phrases rituelles du tracé nous éclairent sur ce point. Puis viennent les compte - rendus des travaux : Là se pose le problème du résumé : La reproduction in extenso de la planche n'est pas une bonne chose parce que sa lecture alourdit trop la tenue suivante, au cours de laquelle le tracé doit être lu. Il appartient au Secrétaire de résumer les idées forces de la planche, en dix ou quinze lignes. Il est bon aussi, pour ceux qui liront plus tard, de noter scrupuleusement les interventions et les noms des intervenants, en les résumant en quelques mots. Ainsi, l'histoire de la Loge est vivante. Certains tracés, après le résumé d'une planche, indiquent : "Après, de nombreuses (ou après plusieurs) interventions, l'orateur conclut... Cela est mauvais car, en négligeant les interventions, non seulement on mutile l'histoire vivante, mais on déresponsabilise les intervenants. Les Frères réfléchissent plus et mieux lorsque, en demandant la parole, ils savent que ce qu'ils vont dire sera tracé et lu à la prochaine tenue. Bien sûr, il convient de mentionner aussi les vœux et salutations des visiteurs, mais sans citer in extenso, puis enfin, les conclusions de l'Orateur. La lecture du dernier tracé prend, selon les cas, de cinq à six minutes à un quart d'heure. Il est mauvais qu’il soit trop court et il est mauvais qu'il atteigne le quart d'heure. Le moment de la lecture du tracé des derniers travaux est utile : il permet le retour sur soi-même et participe, autant que le rituel, à une " mise en condition " profitable à la qualité de ce qui se passe ensuite. Par conséquent, le secrétaire ne doit pas effectuer un travail servile de consignation. Il doit être créatif, imaginatif, intelligent. Il a le sens de la synthèse. Il trouve le mot qui résume une pensée sans dénaturer celle-ci. Il pèse, il jauge, il mesure. Il est doué de l’Esprit de géométrie.

Les Surveillants, dans la Loge, sont les deuxième et troisième Lumières de l'Atelier, immédiatement après le Vénérable en chaire. Cela signifie que dans le cas d'une absence du Vénérable, c'est le premier Surveillant qui le remplace, ou le second, si le premier est indisponible. L'origine des surveillants est opérative et très ancienne. Les "Trois Grandes Lumières de l'Atelier", dans plusieurs "Vieux Devoirs" bien antérieurs aux constitutions d'Anderson, sont : le Maître de Loge et des deux surveillants. La définition des trois grandes lumières comme étant la Bible, l'équerre et le compas ne semble pas être antérieure au XVIIe siècle. Les surveillants sont associés étroitement aux colonnes chacun d'entre eux siège "sur des colonnes du Temple et contrôle une des colonnes de l'Atelier. Le premier Surveillant ou Surveillant Ancien surveille la colonne des Compagnons et le Second Surveillant ou Surveillant Nouveau surveille la colonne des Apprentis. Là se pose le problème de la place exacte des surveillants en Loge. Le premier Surveillant siège à gauche, à côté de la colonne "B" et le second est à droite, à côté de la colonne "J ". La place des Surveillants est aussi en relation avec le symbolisme cosmique du Temple. Sur l'arbre Séphirothique, les surveillants correspondent à "Hod", la victoire et à "Netzah", la gloire. Le Premier Surveillant est "Mars" dont la rigueur et la force doivent être inflexibles et le Second est "Vénus". Mars et Vénus sont opposés et se complètent : le premier est la force masculine et le second la grâce féminine. Les deux Surveillants forment les deux angles de la base du triangle ascendant qui "dirige" la Loge. Si l'on figure l'homme couché dans le Temple, les Surveillants représentent les jambes. Au plan du symbolisme des métaux, le Premier Surveillant représente l'Acier et le Second le cuivre. Les bijoux des Surveillants sont le niveau pour le Premier et la perpendiculaire pour le Second. Le Vénérable ouvre et ferme les travaux avec l'aide des Surveillants. Ceux-ci, comme le Vénérable, tiennent le Maillet, outil de "commandement" en ce sens qu'il "marque" le temps et ponctue la durée au moyen de la percussion. Au Rite Écossais Ancien Accepté, ils passent le long des colonnes, armés de leur maillet, pour vérifier si tous les Frères présents sont Maçons réguliers, en les faisant se mettre à l'Ordre. Pendant les travaux, c'est aux Surveillants que les frères des colonnes demandent la parole. Les Surveillants. transmettent ces demandes au Vénérable qui accorde ou non la parole. Les frères ne prennent la parole que lorsque le Surveillant de leur colonne leur a fait part de la décision du Vénérable. Mais un Surveillant peut ne pas tenir compte d'une demande de prise de parole, s'il juge que cela est bien ainsi. Les Surveillants prennent en charge la formation des nouveaux adeptes. Le second surveillant forme les apprentis et le premier surveillant forme les compagnons. Les surveillants sont des initiateurs. Là réside l'essentiel de leur fonction. Le second surveillant prépare les apprentis au compagnonnage et le premier surveillant prépare les compagnons à la maîtrise. Dans une communauté fraternelle, le désir de progresser doit être nourri par les encouragements, les incitations et les enseignements procurés par des guides. Les "Initiateurs" que sont les Surveillants ne doivent pas se borner à donner une formation exclusivement rituelle et formelle : comment on se tient, comment on prend la parole, etc. Il leur appartient de faire comprendre aux apprentis et aux compagnons pourquoi et comment l'approfondissement des symboles élargit l'esprit, favorise l'introspection, libère des préjugés et des dogmes, permet de faire de l'ordre à l'intérieur de soi-même, construit la liberté intérieure et, de ce fait, permet et assure l'usage de la liberté. Il leur appartient de montrer toute la richesse du "Meurs et deviens". Ils pétrissent l'avenir de la Loge et de la Franc-Maçonnerie. S'ils ne sont pas à la hauteur de leur fonction, la Loge n'aura de maçonnique que le nom et ne ressemblera à rien d'autre qu'à un club et à une espèce de patronage pour adultes. Bien sûr, la Loge est un corps vivant et, tel un corps vivant, si certaines de ses facultés sont défaillantes, d'autres peuvent compenser en devenant plus aiguës. L’ouïe et l'odorat se développent lorsque les yeux s'éteignent. Des Officiers peuvent être défaillants et la Loge peut, quand même, fonctionner bien si d'autres officiers compensent. Pour ce qui concerne les Surveillants, il n'est souvent pas inutile que le Vénérable se mêle de près à la formation des apprentis et des compagnons. La structure traditionnelle de la Loge prévoit que tout doit être supervisé par le Vénérable. Néanmoins, si l'un des officiers ne fait pas convenablement son travail, la Loge est mutilée et cette mutilation est grave si les officiers défaillants sont les surveillants. Le second surveillant est le plus responsable car il préside aux premiers pas des néophytes dans l'Art Royal. Le Maître de la colonne du nord facilite ou, au contraire, rend difficile l'expansion de la lumière dans le Temple. Il est nécessaire qu'il ait de nombreux contacts avec les apprentis, en dehors des réunions d'obligation. Ces contacts ne seront pas toujours des séances de travail. Ce peut être des sorties ensemble, des soirées de détente, meublées de conversations informelles qui ne seront pas toujours axées sur la Franc-Maçonnerie, mais qui seront toujours maçonniques quant à l'esprit. Le second surveillant doit entretenir et favoriser les relations amicales et fraternelles avec les apprentis et entre les apprentis. Il doit être disponible, si les apprentis éprouvent l'envie de le consulter souvent, de le voir, de le questionner, de bavarder avec lui et même, tout simplement, de jouir de sa compagnie, alors cela est très bien et annonce, pour la Loge, un avenir merveilleux ! Les apprentis travaillent sur les symboles de leur degré et sur les symboles à leur degré, mais s'ils veulent fouiller au-delà, le second surveillant ne doit pas les empêcher. Dans de nombreuses Loges, on interdit à l'apprenti de développer un sujet s'il effleure un symbole ou un mythe qu'il est supposé devoir ignorer. Or, ce n'est pas en restreignant par des tabous le travail des néophytes que l'on pratique une véritable pédagogie de l'Eveil. Tous les profanes cultivés connaissent la légende d'Hiram. La Franc-Maçonnerie, son symbolisme et sa mythologie constituent une part du patrimoine culturel de tous et non un compartiment isolé, réservé et tabou. Il est ridicule de ne pouvoir en parler à l'intérieur d'un Temple maçonnique et après y avoir été admis, parce qu'on l'aime et qu'on en attend beaucoup, avec la même liberté que dans un cénacle profane. D'ailleurs, il y a, au niveau de la cérémonie d'initiation, au premier degré, un passage pendant lequel on soulève le bandeau et on permet au candidat de contempler une petite lumière, avant qu'il soit procédé aux voyages initiatiques. Cela veut dire que si l'on veut faire des progrès, dans n'importe quel domaine que ce soit, il est nécessaire d'avoir une idée de ce qui est au-delà de son niveau. On avance mieux sur une route en regardant au delà de ses pieds... Cela ne dispense nullement de faire un pas après l'autre bien au contraire, cela aide. Par ailleurs, la perception intellectuelle d'un symbolisme associé à un degré que l'on ne possède pas ne déflore nullement la qualité de l'émotion ressentie lors du passage. Le vécu demeure une expérience intransmissible par la parole. On peut parler longtemps et savamment d'un fruit, mais son goût ne se raconte pas. Par contre., il n'est pas inutile d'avoir de nombreuses notions sur le fruit que l'on se prépare à goûter. L'apprenti doit travailler sur les symboles de son degré, les outils, la pierre brute, etc. sur les outils des constructeurs et sur l'intérêt de ce symbolisme, sur l'identité : FAIRE = SE FAIRE et sur l'intérêt de cette identité, etc. Le second Surveillant doit le guider en lui montrant l'intérêt de cette démarche. Il doit lui fournir une documentation, lui procurer une bibliographie large, avec des auteurs et des points de vue différents. L'apprenti Franc-Maçon est un adulte généralement cultivé qui doit être orienté dans ses recherches par des conseils, des incitations et des suggestions et non par des ordres et des interdictions. Le second Surveillant fournit et commente la documentation aussi librement que l'apprenti l'explore. Tout commence par la compilation. Il faut savoir, lorsqu'on aborde un sujet, ce que d'autres en ont dit. Aussi, condamner la compilation est absurde. Par contre, le second Surveillant doit inviter l'apprenti à ne pas s'en contenter. Il faut que l'apprenti s'investisse personnellement dans son travail. Si des volumes ont été écrits sur la pierre brute, il y a toujours autre chose à en dire, autre chose et autrement. Avec les sept notes blanches de notre gamme et à l'intérieur d'une seule octave, on peut toujours composer de nouveaux airs, après avoir écouté les compositeurs plus anciens. La vie ne surgit pas "ex nihilo" et aucun être humain ne ressemble exactement à un autre. La compilation servile et l'imagination délirante sont les deux excès à éviter pour que le néophyte puisse avancer dans l'Art. Notre voie ne se nomme-t-elle pas aussi, la Voie du Milieu ? Le second Surveillant, de même que tout Maître digne de son tablier, doit répondre avec bienveillance à toutes les questions, oui, toutes les questions que lui posent les apprentis. Il doit encourager les apprentis à poser des questions. Et si ces questions sont embarrassantes et qu'il ne connaît pas la réponse, il doit répondre tout simplement : "je ne sais pas ". Personne ne se diminue en avouant son ignorance. Le plus éminent savant, celui qui possède une culture aussi vaste que l'on puisse imaginer, n'a jamais plus que des lacunes au sein d'une ignorance encyclopédique. Socrate, que nous honorons dans nos Temples pour ses paroles qui montrent la voie : "Connais toi toi même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" aurait prononcé également ces paroles : " La seule chose que je suis sûr de savoir, c'est que je ne sais rien ". Aussi, le Maître qui a peur d'avouer son ignorance à un apprenti n'a rien compris et l'apprenti qui est déçu du Maître, à cause de son ignorance sur un point ou un autre, n'a rien compris non plus. Dans la Loge, nous nous aidons, en nous appuyant sur nos références particulières et en nous servant de nos outils, pour avancer vers la lumière. Chacun porte un peu de lumière au milieu de son obscurité. Ces lumières, toutes modestes, doivent se réunir pour que le Temple soit éclairé. Mais il n'y a pas deux castes : celle des néophytes qui ne savent rien et celle des Maîtres qui savent tout. Le second surveillant doit encourager la curiosité et la recherche, doit susciter les questions, doit y répondre s’il le peut et doit le dire quand il ne le peut. En aucun cas, il ne doit tricher. Or, il n'y a pas de plus lamentable tricherie que de dire à un jeune Maçon qui pose une question : "Cela n'est pas de ton âge, attends, tu sauras plus tard": Un Maître qui tient un tel langage mériterait de se voir arracher son tablier sur-le-champ. Il disqualifie la maîtrise. Il n'est qu'un profane en tablier, c'est à cause de tels Maîtres que des Loges Maçonniques croupissent dans la médiocrité.

Le Trésorier. Le Trésor d'une Loge est l'ensemble de ses ressources financières, en dehors du revenu du "Tronc de la Veuve" et des œuvres de solidarité. Il est le gestionnaire de cette somme. Il est chargé du recouvrement des cotisations, de la garde du Trésor et de l'acquittement des dépenses sur visa du Vénérable. Il tient une comptabilité dont il rend compte à la Loge, une fois l'an. Il appartient, dans une certaine mesure, au domaine du "profane" puisque ses fonctions, indispensables certes, n'ont rien d'initiatique. Il échappe donc au classement, effectué par Wirth, des relations entre Officiers et symbolisme cosmique, ainsi qu'à toute place sur le pentagramme ou l'hexagramme. En effet, une Loge peut travailler rituellement sans trésorier. Le trésorier ne prend pas place parmi les sept officiers indispensables au fonctionnement d'une Loge. Néanmoins, on l'associe à la séphira cabalistiques Geburah, la rigueur. Son bijou est deux clés croisées. Sa place est en tête de la colonne du Midi, au pied de l'Orient, à côté de l'Orateur. Son travail est ingrat. Il lui faut doser avec art, fermeté et compréhension, quand il s'agit de faire rentrer les cotisations des retardataires. Il doit posséder cette précieuse intelligence du cœur grâce à laquelle il accordera des délais dans la plus parfaite discrétion et, au besoin, alertera l'hospitalier. Comme il doit aussi acquitter les dépenses, son rôle est difficile quand les recettes sont insuffisantes, ce qui arrive parfois. Dans ce cas, il trouvera une solution, soit en faisant l'avance sur ses propres fonds s'il en a les moyens, ou en empruntant auprès d'un frère. Par contre, il doit s'abstenir de solliciter une avance de la part du Tronc de la Veuve. Il arrive que le Trésor soit pauvre et que le Tronc de la Veuve soit riche. En aucun cas, ces deux caisses ne doivent être confondues et en aucun cas, le Tronc de la Veuve ne doit soutenir le Trésor directement. La finalité du Tronc de la Veuve est l'entraide. Par conséquent, si le trésor est pauvre parce que des frères ne peuvent régler leurs cotisations, il appartient au Tronc de la Veuve d'aider ces frères, afin qu'ils puissent s'acquitter et non de compenser directement le "trou" du trésor. L'harmonie des fonctions est, de la sorte, protégée. Les problèmes du Trésor, de même que les problèmes du Tronc de la Veuve, reflètent les problèmes de la fraternité. Là où il est beaucoup question du Trésor, même pendant les Tenues, l'amour fraternel est faible et corollairement, la qualité des travaux aussi.

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/RMAP~1/Russmixte/officiers.htm

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 05:30

Les rituels désignent les cahiers qui sont utilisés par les loges pour conduire les travaux des cérémonies maçonniques. Les rituels se distinguent du Rite, ou Régime, qui est lui, un ensemble de grades ainsi qu'une certaine manière de pratiquer le rituel. Lorsqu'il atteint ses objectifs, le rituel est l'outil fondamental de la méthode maçonnique. Le premier objectif du rituel est de délimiter l'activité maçonnique, en la distinguant du monde profane. Superficiellement, la délimitation est spatiale : c'est le temple, (qui n'est pas une église). En profondeur, la délimitation est temporelle (entre le début et la fin des travaux). La Loge désigne à la fois le lieu où se réunit rituellement le groupe ainsi que le groupe lui-même. Il suffit de "tracer" les symboles du grade sur le sol pour qu'une cérémonie puisse se tenir. Le lieu est donc transitoirement consacré dès lors que le groupe est réuni pour y travailler rituellement. Le second objectif du rituel est d'organiser le travail de la Loge en le rattachant aux valeurs de l'Ordre. Superficiellement, le rituel est contraignant. En profondeur, la règle acceptée par tous permet l'expression de la liberté et de l'égalité de chacun, condition de l'épanouissement de la fraternité. Le rituel nous rattache à la Tradition. Le troisième objectif du rituel est de donner vie au symbolisme maçonnique, en centrant le travail maçonnique sur l'Homme, préoccupation primordiale des francs-maçons. Superficiellement, le rituel gère la forme des travaux de la Loge de manière purement organisationnelle et opératoire. En profondeur, le rituel a un sens, une richesse fondamentale, car il est symbolique et invite chacun à découvrir et à méditer l'enseignement dont il est porteur. Le rituel est ainsi un élément constitutif de la vie de la Loge. Il faut donc respecter les rituels afin de pouvoir atteindre les objectifs qui viennent d'être définis et de donner de la substance au travail maçonnique, sans toutefois perdre de vue que les rituels sont un moyen et non une fin. Ainsi, le rituel est-il un élément nécessaire mais non suffisant pour le travail maçonnique et pour la vie harmonieuse de la Loge. Car nous ne sommes pas une secte et la franc-maçonnerie n'est pas un culte. Notre but est à la fois le travail spéculatif, (écoute, réflexion, discours) et l'action, vers l'idéal individuel de perfection vers lequel nous tendons et que nous sommes pourtant certains de ne jamais atteindre. Certains francs-maçons ont vis à vis du rituel une attitude étrange, en considérant, parfois même avec une certaine véhémence, que toute idée de modification des rituels serait proprement "sacrilège". Une telle attitude est porteuse d'une certaine intolérance et pourrait rappeler celle des fidèles d'une fraternité intégriste qui a investi une église de Paris où bat le cœur des dévots de la tradition et du latin, clercs en soutane et militants d'extrême droite. Or, l'étude de la franc-maçonnerie et particulièrement celle des rituels et des grades, nous apprend qu'ils constituent un jardin immense et touffu, riche des essences les plus exotiques et les plus étranges. On y découvre également que les rituels ont été rédigés par des hommes, certes sensibles aux modes intellectuelles, mais aussi parfois à la vanité. Et même si elle peut sembler difficile à entendre, il faut bien reconnaître cette évidence, "en restant toutefois indulgents pour tout ce qui vient au secours de la faiblesse humaine", comme le dit Albert Lantoine, (le plus grand historien de la franc-maçonnerie française). Les rituels maçonniques peuvent d'autant moins être considérés comme porteurs d'une vérité intangible, que La Vérité ne peut pas être écrite une fois pour toutes dans "UN LIVRE" (ou un rituel). Car la Vérité, pour les francs-maçons, est comme un horizon et sa quête est celle de l'inaccessible. C'est afin de ne pas mettre de limite à cette recherche que la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers a été supprimée des rituels du Grand Orient de France depuis 1877. A cette époque, à la fin de la cérémonie de réception au premier degré, le Vénérable s'adressait alors au nouveau récipiendaire en ces termes : "Frère nouvellement initié, les formes que nous venons d'employer pour votre initiation diffèrent notablement de celles dont nous usions jadis et que vous pourrez encore voir employer dans certaines loges de France ou des pays étrangers. L'initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises au dix-huitième siècle. On l'a beaucoup compliquée, au commencement du dix-neuvième, en y mêlant des particularités que l'on croyait empruntées aux initiations de l'ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants. On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c'est à dire par la terre, l'air, l'eau et le feu. Le récipiendaire était à moitié dévêtu. Parfois, il était introduit dans le temple, couché dans un cercueil; parfois, on le faisait passer au travers d'un diaphragme en papier, pour symboliser son passage à une vie nouvelle. Dans le temple, il entendait des clameurs sourdes, des chocs violents, des bruits imitant la grêle et le tonnerre, des cliquetis d'épées. Il rencontrait des obstacles sous ses pieds. Il était précipité d'un lieu élevé, mais retenu par des mains secourables. On lui trempait les mains dans l'eau, quelquefois le bras jusqu'au coude. On lui faisait vider un calice d'amertume. On le faisait passer au milieu des flammes. On lui demandait de se soumettre à l'application d'un fer rouge. On réclamait de lui une obligation écrite et signée de son sang. Parfois, on le soumettait à des épreuves plus pénibles encore et plus effrayantes. Vous ne devrez donc pas vous étonner, s'il vous arrive de vous trouver en présence de quelque pratique de ce genre. Vous n'en serez pas troublé, non plus, sachant que le progrès est lent et que l'évolution humaine est complexe". - Rituel de réception au premier degré du Grand Orient De France de 1887. Cent vingt ans plus tard, on constate combien ce propos reste d'une étonnante actualité ... A l'origine, les fondateurs de la franc-maçonnerie ont choisi la Bible comme référence, car il était indispensable de donner à l'institution maçonnique des origines très anciennes. Ce qui permettait accessoirement de ne pas effaroucher les candidats et de se protéger contre les persécutions. Un siècle plus tard, le génie des fondateurs du Rite Ecossais Ancien Accepté fut de briser l'antagonisme millénaire entre le judaïsme et le christianisme, entre l'église et la synagogue, en consacrant, dans tout l'itinéraire qu'il propose, la complémentarité de l'ancien et du nouveau testament : Amour de la Vérité, pour les grades vétéro-testamentaires et Amour de l'Humanité pour les grades "dits" de Chevalerie. Une réflexion, qui proposerait aujourd'hui aux athées, aux agnostiques et aux musulmans, un symbolisme maçonnique dégagé des références catholico-hébraïsantes peut paraître sacrilège pour certains. Elle n'en serait pas moins innovante et prospective pour la grande famille des compagnons du Temple Invisible, voyageurs de l'absolu, qui est soudée par tout ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit, mais davantage encore parce qui lui reste à découvrir et à dire, même autrement ...

Source : http://www.troispoints.info/article-18131847.html

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 05:28

L’initiative, à vrai dire assez « osée » du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules qui, en publiant sur son blog un article intitulé « Pourquoi des aumôniers en maçonnerie ?« , vient enfin de révéler clairement qui se cachait derrière l’activité pseudonyme « d’A Tribus Lillis », a de quoi faire sursauter et prête également à sourire.

D’abord elle contredit catégoriquement les directives du Grand Maître de son obédience, qui a demandé solennellement, lors de la saint Michel 2012, que cessent les activités polémiques sur une toile regardée à ses yeux comme le lieu de tous les dangers, faite selon-lui, de «tubal-outils » (sic) : « Les réseaux sociaux, les blogs, tous les moyens de communication mis à notre disposition aujourd’hui, ne sont pas les meilleurs témoins des vérités qui nous habitent et que nous devons répandre. L’instantanéité, la rapidité, le manque de recul et le mépris du temps n’en font pas le terrain idéal de l’expression du Verbe, mais bien du small talk….ne croquons pas de cette ‘‘Apple’’ –là. » (Bruno i.O. Eq. Ab Ardenti Corde, Discours de la saint Michel, Cahiers Verts n° 7, sept. 2012).

Mais en plus elle avance des propositions proprement ahurissantes.

En effet, l’entreprise de cléricalisation du G.P.D.G., mise à mal par des déclarations de Jean-Baptiste Willermoz lui-même, qui prévint toujours constamment dans de nombreux courriers contre la place trop grande à accorder aux ministres de l’Eglise et à ne surtout jamais mêler Classe symbolique et religion, a de quoi poser un sérieux problème au principal concepteur du projet. (cf. Lettre à Achard, Lyon, le 23 Pluviose An 13, finie le 8 Ventose(17 au 27 février 1805), B.M. Lyon, MS 5456 / Lettre à Bernard de Türckheim, 3 février 1783).

Elle s’oppose surtout aux positions constantes du fondateur du Régime rectifié, et à ce que soulignent à de nombreuses reprises les rituels de l’Ordre, singulièrement oubliés par l’actuel Aumônier du G.P.D.G.

a) Les assertions fantaisistes d’A Tribus Lillis

Tout d’abord faisons justice à quelques assertions comiques :

- 1°) Que cette « Aumônerie » du G.P.D.G., date de 2005 selon les actuels Statuts de cette obédience, ne lui confère pas un degré particulier de légitimité. Au regard de l’histoire du Régime fondé en 1778, soit il y a 234 ans, c’est peu, pour ne pas dire strictement rien du tout !

- 2°) Que les Grands Capitulaires démissionnaires, fondateurs avec des Frères d’autres juridictions rectifiées du Directoire National Rectifié de France - qui ne se sont jamais livrés à des critiques directes et personnelles contre le Grand Aumônier ni l’église à laquelle il appartient - n’aient pas fait entendre ce qu’ils pensaient de cette Aumônerie en interne ou externe, est une affirmation plus que douteuse, d’autant lorsqu’on sait ce que l’un d’entre eux, fort connu et qui tint une fonction de Porte-parole, ne cessa d’exprimer à l’égard de cette structure tout à fait étrangère à ses yeux aux critères willermoziens, lorsqu’il était interrogé sur le sujet.

Mais l’essentiel n’est pas là.

Il est un élément, avant d’aborder le fond de la question, qui relève lui aussi de la plus haute fantaisie : celui visant à dénier toute autorité à la correspondance de Willermoz, surtout lorsque cette dernière ne va pas dans le sens des petits traficotages opérés par celui, et ceux à sa suite, qui ont pris depuis deux décennies, des libertés inconcevables avec le Régime. Les lettres de Willermoz ne sont pas « circonstancielles », elles participent d’éclairages précieux, de précisions extrêmement utiles pour la compréhension de la façon dont doit être pratiqué le Rectifié, et elles définissent ce que Willermoz voulait vraiment pour le système qu’il fonda.

D’ailleurs l’exemple du « papisme » de Willermoz dans ses échanges avec Bernard de Turkheim est des plus mal trouvés pour étayer la thèse de la valeur nulle de la correspondance sur le plan de l’autorité.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Willermoz, à propos des dogmes de la religion et des opinions religieuses selon les différentes confessions chrétiennes pour le Régime, s’en est toujours tenu à la même règle : ces sujets sont étrangers à la voie initiatique et n’ont pas leur place au sein du Régime rectifié.

Entrons à présent dans le vif du problème.

b) Un détournement total des textes

A Tribus Lillis, expert en manipulation de textes, essaye de plaider en faveur de son Aumônerie en s’appuyant sur des textes du Régime. Fort bien.

Il faudrait donc consulter le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France de 1778, pour voir s’il s’y trouve une indication à ce propos. Peine perdue, il n’y a pas une seule ligne, pas la moindre petite allusion sur une quelconque nécessité d’ériger une Aumônerie dans la classe symbolique. En revanche on y trouve une recommandation formelle : « Il est sévèrement défendu de parler en Loge de religion et de matières politiques. » (Art. ch. VIII).

Terrible désaveu des assertions fantaisistes d’A Tribus Lillis !

Que fait donc notre rusé compère pour se tirer de cette situation délicate ?

Tout simplement un tour de passe-passe dont il a le secret en utilisant le texte destiné à l’Ordre Intérieur du Régime, et donc à l’usage exclusif de la classe des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, pour justifier la création de son Aumônerie dans la classe des symboles !

Ainsi, s’engageant dans son exercice favori de détournement des écrits – auquel il a converti un zélé activiste dont il n’hésite pas à faire l’éloge et applaudir la triste besogne – A Tribus Lillis cite jusqu’à plus soif les différents articles du Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (Titre I, Article I & II ; Titre VIII, Chapitre I, Article I & Article IV, paragraphes 1 et 2, Article VIII).

Or, nous sommes bien en face de ce qu’il convient de désigner par son nom, à savoir une totale confusion entre les devoirs respectifs et les attributions des différentes classes de l’Ordre conduisant à une construction aberrante contredisant la logique et l’esprit du Régime Ecossais Rectifié.

Car si l’Ordre des C.B.C.S. fait bien une place aux « Chevaliers réguliers », « Prieurs du clergé » ou « Chevaliers ecclésiastiques » pour les cérémonies célébrées par la classe chevaleresque, ces charges sont réservées exclusivement à l’Ordre Intérieur du Régime et elles non pas à devenir ostensibles dans la classe des symboles.

Rajoutons pour être complet, que ces charges sont d’ailleurs exercées non en un corps constitué sous la désignation « d’Aumônerie » ou autre dénomination ecclésiale, mais uniquement au titre de l’état religieux des membres de l’Ordre, reconnus selon l’office ministériel qu’ils exercent au sein de l’Eglise. Pas plus, pas moins, et point à la ligne sur la question des ministres du culte au sein de l’Ordre !

c) La confusion des domaines conduit à des désorientations graves

Il y a donc grande supercherie de la part d’A Tribus Lillis à soutenir hypocritement : « Ce sont les mêmes fonctions, les mêmes missions que, dans des termes presque parallèles, la Constitution de 2005 du Grand Prieuré des Gaules a conféré aux « Aumôniers des Ordres », mais « modifiées selon l’état actuel de l’Ordre, le génie et les besoins du siècle ». (A Tribus Lillis, Pourquoi de aumôniers en maçonnerie ?, 29 décembre 2012).

Car cette confusion des domaines, dont témoigne la nouvelle Constitution du G.P.D.G. en son Titre VII, entraîne des conséquences terribles sur le Régime et sa vie, nous donnant de comprendre pourquoi un certain nombre de Frères ont décidé de s’éloigner de l’organisation fondée en 1935, et établir – sous le nom de Directoire National Rectifié de France – les bases d’une œuvre refondatrice fidèle à l’esprit de la Réforme de Lyon, en rupture d’avec l’entreprise de déformation cléricale de l’Ordre telle qu’organisée par les dirigeants actuels qui se sont emparés de la vénérable institution du réveil du Régime au XXe siècle.

L’opération instrumentée par A Tribus Lillis au sein du G.P.D.G, depuis de longues années, participe donc d’une manœuvre très malicieuse, visant à introduire une autorité ecclésiastique dans la classe de la maçonnerie symbolique, ceci ayant eu pour effet d’imposer à la logique interne de l’Ordre une hiérarchie religieuse étrangère à la conception willermozienne, qui montre aujourd’hui tout le danger d’une telle construction aberrante et profondément contraire au Régime rectifié, dans les critiques violentes formulées à l’encontre de la doctrine du Régime, et de ceux qui en rappellent les fondements théoriques désignés comme « hérétiques » (sic) et pourvoyeurs « d’erreurs » (re-sic), par le même Aumônier des Ordres, lancé avec ses séides dans une croisade furieuse dont la toile se fait l’écho depuis des mois.

Et cette croisade s’appuie, pour justifier son action missionnaire combative, sur la volonté d’imposer une conception dogmatique de la foi chrétienne à la doctrine du Régime rectifié, doctrine que l’on tente de soumettre aux décisions conciliaires de l’Eglise, ceci en parfait accord avec les fonctions exorbitantes que s’est attribuée abusivement cette Aumônerie : « L’Aumônerie est un organisme national dont la mission est l’enseignement des principes spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes. » (Constitution de 2005 du Grand Prieuré des Gaules, Livre VII, Titre 1).

Inutile d’insister plus avant !

d) Pour un retour aux règles du Régime rectifié

Nous terminerons donc, pour en finir définitivement avec ces tristes manœuvres de corruption de l’esprit du Régime conduisant aux attaques violentes contre la doctrine de ce « christianisme transcendant » dont Joseph de Maistre rappela la valeur, par ces lignes de Jean-Baptiste Willermoz que l’on aurait été inspiré de méditer sérieusement du côté du G.P.D.G., plutôt que de s’engager dans cette folie absolue que représente la création d’une Aumônerie au sein du Régime Ecossais Rectifié, et dont les conséquences sévères apparaissent au grand jour à présent :

« Malgré tous ces rapports de l’institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressé­ment dans les Loges toutes discussions sur les matières de religion, de politique, et de toutes sciences profanes.

Cette règle est infiniment sage et doit être bien conser­vée, car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l’on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et ne sont point des écoles de théologie, de politique, ni d’autres objets profanes.

D’un autre côté, vu la diver­sité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont dû interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l’union et la concorde frater­nelle.

En supposant même que le terme final de l’institution maçonnique pût donner à ceux qui l’atteignent des lumières suffisantes pour résoudre précisément les questions et discussions religieuses qui auraient pu s’é­lever entre les Frères s’il leur était permis de s’y li­vrer, où serait, dans les Loges symboliques, le tribunal assez éclairé pour apprécier leurs décisions et les faire respecter ? Ainsi donc, nous le répétons, les lois qui interdisent expressément toutes discussions sur ces ma­tières sont infiniment sages et doivent être rigoureuse­ment observées. »

(Rituel du 4e Grade, MS 5922/2 Bibliothèque de la ville de Lyon).

Source : http://semperrectificando.wordpress.com/2012/12/29/pourquoi-ne-faut-il-ni-aumonerie-ni-aumoniers-en-franc-maconnerie/

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:22

2 - RER : Quel ésotérisme chrétien ?

Il y a 1 mois, je concluais mon 1er moëllon d’architecture sur «les fondamentaux du RER » par cette citation du recès du Convent de WILHEMBAD en 1782 : " La vraie tendance du Régime Rectifié est et doit rester une ardente aspiration à l’établissement de la cité des hommes spiritualistes, pratiquant la morale du Christianisme primitif, dégagée de tout dogmatisme et de toute liaison avec une Eglise quelle qu’elle soit "...

Bien évidemment, cette rédaction était de la main de Willermoz , deus ex machina qui, comme nous l’avons vu, étant ultérieurement chargé de la rédaction définitive des textes fondateurs par ses mandants que son dévouement à la cause dispensaient de déperdition d’énergie, profita en plus de son exceptionnelle longévité pour interpréter à sa guise son mandat après le décès desdits mandataires.

Il n’en demeure pas moins que cette notion de «Christianisme primitif » dans un Rite dont la particularité exotérique est de se proclamer chrétien dès la réception –seul parmi tous les autres rites tout aussi chrétiens mais qui exigent une initiation- , ce «Christianisme primitif » fondateur demande clarification, notamment par rapport à la gnose chrétienne.

Je vous propose donc ce soir d’approfondir cette notion de Christianisme primitif –ou «originel » selon la formule de Jean Tourniac- qui faisait aussi dire au F\ S\, 33e au REAA et C.B.C.S au RER. qui, en 1910, était de ceux qui réveillèrent en France le Rectifié endormi depuis 30 ans : «Personnellement, j'avoue que le libre-penseur et le libre croyant que j'ai toujours été n'a manifesté en entrant au Rite Rectifié, aucune hésitation ni aucun scrupule lorsqu’on lui a demandé de déclarer qu’il professait l'Esprit du Christianisme, surtout lorsque le Grand Prieuré a ajouté, qu’il s'agissait ici de l’Esprit du Christianisme Primitif résumé dans la maxime : «Aime ton prochain comme toi-même », et que l'Ordre se réclamait de cette morale, qualifiée chrétienne, mais commune à plusieurs religions du passé, à certaines écoles philosophiques grecques ou latines, et qui se résume dans «l'amour du prochain » ...

Ceci évacue quelques confusions basiques du genre religion/confession. A ceux qui douteraient encore, je propose :

Courrier de JBW à la Triple Union datée de pluviôse, ventôse, an XIII (1805)

"… mais les loges doivent être des écoles de morale Chrétienne et non pas de catholicisme." Phrase soulignée dans le manuscrit. Cette citation est précédée de :

" ... que si depuis quelques siècles l'église romaine a eu intérêt de s'approprier exclusivement la dénomination d'Eglise, il n'était pas en son pouvoir d’affaiblir la valeur des paroles de J. C. qui a dit dans l’Evangile : Celui qui croit en moi et qui m'aime de tout son coeur, ne peut pas périr [souligné] ; qu’ainsi Dieu étant au-dessus des jugements humains, c'était à Dieu seul que les sages devaient abandonner le jugement de leurs FF qui trouveraient en son temps auprès de lui le prix de leurs vertus, de leurs erreurs »

Autre courrier de JBW à la Triple Union, 22 prairial an 12 (1804)

[l'Orateur (–c’est moi ;-)]“leur développera la morale maçonnique, qui étant fondée sur la morale chrétienne est utile à tous, mais les temples maçonniques étant ouverts à toutes les confessions chrétiennes, il se gardera de traiter d'aucun des points sur lesquels les opinions sont divisées entre elles, ...”

Last, but not least, quelques extraits de L’INSTRUCTION PARTICULIERE ET SECRETE A MON FILS POUR LUI ETRE COMMUNIQUEE LORSQU'IL AURA ATTEINT L'AGE DE PARFAITE VIRILITE, SI ALORS IL SE MONTRE DIGNE DE LA RECEVOIR, (c’est un titre !) de la main même de notre «père fondateur » JBW en 1818 –il n’avait alors que 88 ans ( !), mais n'étant plus menacé par les pouvoirs cléricaux d'avant la révolution, il s'offre enfin le luxe de s'exprimer en toute clarté ! On adhère ou pas mais au moins savons nous le fond (ou presque) de la pensée willermozienne :

«il s'agit de préparer votre esprit par des explications très peu connues aujourd'hui quoiqu'elles le fussent beaucoup dans les premiers siècles du christianisme, à apprécier dans sa juste valeur la doctrine religieuse et chrétienne (…). C'est là où se trouve l'origine des anciennes initiations secrètes, plus ou moins dégradées (…) suivant le génie des peuples qui les adoptèrent, dont on retrouve des vestiges dans toutes les parties du monde, qui ont même servi de base à la mythologie, qui furent dénaturées partout (…). Il se trouvera sans doute des hommes parmi ceux qui sont aujourd'hui spécialement et presque exclusivement préposés à l'enseignement (…) qui s'étonneront de nous voir placer sur la même ligne (…) l'étude des traditions religieuses écrites et celle des traditions non écrites, secrètement conservées et transmises dans tous les temps avec les plus grandes précautions et parvenues jusqu'à nous »

Sous la plume d’un homme que nous qualifierions aujourd’hui, de «grenouille de bénitier », difficile de comprendre des pensées qui à son époque lui auraient valu l’excommunication !

…Mais pas plus difficile que de comprendre pourquoi le même qui avait placé la charité chrétienne au sommet de son édifice doctrinal ne pouvait se permettre de consacrer tout son temps à ses spéculations que parce que ses canuts étaient enchaînés à leur métier à tisser…

Considéré dans son essence chrétienne, le Rite nous situe au début de la tradition à laquelle il se rattache (le Christianisme et la Maçonnerie), en même temps qu'aux fins ultimes du déroulement cyclique de cette tradition. Or, il y a là, des " possibilités ", au sens guénonien du terme, qui sont encore insoupçonnées lors de la gestation du rite rectifié, sauf peut-être dans la vision quasi prophétique de certains, car il y a une sorte de " prophétisme ", au sens noble du terme, de la Maçonnerie rectifiée résultant de la conjonction des courants biblico-chrétiens et maçonnico-templiers ; un prophétisme découlant de l'ésotérisme du Rite.

Qui dit "ésotérisme" dit nécessairement perspective centrale, indépendante du contexte historique. Ce n'est donc plus le Rite Écossais Rectifié, figé dans une interprétation du XVIIIe siècle, qui nous interpelle, mais ce que ce Rite détient essentiellement et potentiellement par rapport aux conceptions initiatiques de la Maçonnerie et dans le cadre spécifique de l'ésotérisme chrétien. À cet égard, le Christ y est bien évidemment, et même de façon omniprésente, "le Christ". Mais, à ce niveau le plus éminent de tous, c'est la trinité du pouvoir prophétique, sacerdotal et royal du Verbe Éternel qui domine toute perception spirituelle liée à l'aspect strictement ecclésial.

À ce degré de connaissance, le Messie-Rédempteur se révèle dans sa réalité première de "Centre de tous les Centres" selon le terme des litanies, ou de "Lieu des Possibles", deux expressions exprimant la même notion métaphysique. Or, comme le dit Jean Tourniac, qui ne voit qu'illuminé par ce soleil de pure intelligence divine, le Christianisme propre au Rite Rectifié, acquiert un rôle eschatologique –ultime- accordé à la vision prophétique ? Et qu'il évite de se muer en secte religieuse concurrente des églises dans le domaine qui est le leur et où s'exerce leur magistère incontesté.
Je crois d'ailleurs avec Tourniac que les promoteurs du Rite ont envisagé ce danger de "cléricalisation" du Rite et que certains ont même entrevu cette dimension d'un prophétisme extra-temporel. Il y a chez Joseph de Maistre par exemple, un sens du prophétisme qui n'avait pas échappé à l'analyse de R. Guénon, qu’il se réfère au Christianisme né avant tous les siècles et dès lors hors de toute église, et à la "vraie Religion qui a bien plus de 18 siècles et qui naquit le jour que naquirent les jours", ou qu'il recommande de se tenir "prêts pour un événement immense dans l'ordre divin, vers lequel nous marchons à une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs" et d'ajouter "des oracles redoutables annoncent déjà que les temps sont arrivés". Le comte dépassait donc amplement les étroitesses exégétiques.

Quant à Willermoz, sa lettre du 3 février 1873 montre qu’il ne sous-estimait pas les périls "sectarisants" du Rite. On en connaît le motif : Willermoz répond aux objections de Salzmann et B. de Turckheim qui souhaitaient la disparition de l'Ordre Intérieur de style trop immédiatement catholique à leurs yeux, mais désiraient conserver la "Profession" :
L'argumentation willermozienne repose sur la nécessité de maintenir, au contraire, des paliers dans l'ascension rectifiée : il écrit : "que ferez-vous de ceux qui ont été mal choisis sinon des ennemis de l'Ordre et de ses principes qui, tout louables qu'ils sont par leur connexion avec la religion n'en deviendront que plus suspects au clergé et au gouvernement ? Comme il arrive aujourd'hui (…) où l'on reproche aux Grands Profès d'être les fauteurs d'une nouvelle secte de religion... et du moment qu'on mêle la religion à la maçonnerie, dans l'Ordre symbolique, on opérera sa ruine... Pour faire fructifier notre régime, nous mettons à découvert ses principes et son but particulier, nos discours oratoires deviennent des sermons, bientôt nos loges deviendront des églises ou des assemblées de piété religieuse... ce danger, mes amis, qui peut paraître chimérique est bien plus prochain qu'on pense…".

Sans doute ce que Willermoz entend défendre dans cette lettre qu’Antoine Faivre qualifie justement de "capitale pour la compréhension du willermozisme", c'est la séparation entre l'ordre symbolique (comprenant le grade de Maître Écossais) et la grande Profession, en étageant, par progression, les affirmations chrétiennes du Rite qui ne culmineront qu'au sommet et au terme d'une montée doctrinale sélective. Nous n'en retiendrons que cette notion du danger de dérive sectaire lié à l'exclusivisme, voire à l’élitisme, périls sous-jacents à la spécificité religieuse du Rite, qu’un fondamentalisme intégriste pourrait oublier en confondant le respect des Rituels et de leur esprit avec l'adoration d'une Écriture Sainte et la vénération du pur littéralisme.

Cette «exotérisation» du Rite est à l’opposé de sa réalité intrinsèquement ésotérique dont Guénon, entre autres, nous a fait connaître la nature cognitive -au sens de la gnose chrétienne, elle-même à l’opposé du gnosticisme hétérodoxe. D’ailleurs, toute la cosmogonie de Martinez de Pasqually peut-être assimilée à une gnose que Clément d’Alexandrie n’aurait pas renié, lui qui illustre avec Origène ce «Christianisme primitif» cher à JBW. Clément d’Alexandrie se propose en effet de nous enseigner «la gnose véritable», celle qui vient du Christ par la tradition apostolique, et que l’étude de l’Ecriture et la vie sacramentelle actualisent en nous. De même, le grand Origène nous parle de cette «gnose de Dieu» que peu d’hommes possèdent et par laquelle Moïse a pénétré dans la Ténèbre divine. Et il faut bien dire que lorsque JBW parle à son fils de traditions non écrites, secrètement conservées et transmises dans tous les temps, il fait directement référence aux textes apocryphes qui, chez les gnostiques chrétiens, constituaient un enseignement secret, conservé et transmis par la tradition orale.

…Mais la gnose en tant que sujet de réflexion nous emmènerait trop loin, trop tard ! La notion même d'ésotérisme chrétien mériterait un morceau d'architecture particulier…

Alors, VM, je me contenterai ce soir d’évoquer une interprétation du Rite qui échappe aux limites temporelles et mentales du milieu historique qui fut le sien en ce siècle, d'ailleurs fort peu traditionnel, de la Révolution française. Cette interprétation affirme tout aussi bien le Nom et la doctrine du Rédempteur, la foi en lui qui découle des rituels de Maître Écossais et de l'Ordre Intérieur, mais se trouve accordée aux données propres à l'ésotérisme et à l'Unité transcendante des diverses religions. D'aucuns qualifieraient cette interprétation d’"abrahamique" en ce qu'elle s'étend aux sémites de chair comme aux sémites en esprit appelés à cette grâce par Celui que révère le Rite Rectifié et qui tire son sacerdoce du Roi-Prêtre Melkitsedeq, ce mystérieux personnage qui n’apparaît qu’une fois dans la bible (Genèse 14 : 8) et dont Guénon fait le père de la "tradition primordiale".
Cette herméneutique du Rite et de sa substance rituelle, cette "sémiologie initiatique" sont à découvrir ultérieurement dans les deux paliers du Rite : l'Écossais de St-André et la Chevalerie de l'Ordre Intérieur. Vous me pardonnerez ce soir de ne pas insister, mais à regret, tant la frontière purement «administrative » entre les 4 grades constitutifs du RER empêche d’en saisir l’évidente logique.

Disons simplement que l'herméneutique de notre Rite nous ouvre à la compréhension de " l'ésotérisme judéo-chrétien " qui le fonde. Exemple auquel nous devrions être sensibles :

Paul (Romains 11, 24) s'adresse aux chrétiens de son temps en ces termes : " Si toi tu as été coupé de l'olivier sauvage et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison seront-ils entés - il s'agit des Juifs - selon leur propre nature, sur leur propre olivier".

Certes l'Apôtre a en vue un événement qui touche au prophétisme, mais qui pourrait bien s'appliquer à une période où notre Rite aurait une place de choix, lors de la gloire de l'olive et qu'évoquent peut-être ces paroles de l'Ange à Zorobabel en Zaccharie 4, 11-14 : " Qui sont ces deux oliviers à la droite et à la gauche du chandelier ?...Il me dit : Ce sont les deux fils de l'onction qui se trouvent près du Seigneur de toute la Terre. " On sait que, dans la vision de Zaccharie, le Candélabre soutient sept lampes comme la Menorah, et que ce sont les sept yeux de l'Éternel qui parcourent toute la terre, alors que les deux fils de l'onction ou les deux oliviers sont Zorobabel et Jésus le Grand Prêtre.
Tourniac disait : «Comment ne pas entrevoir alors dans notre Rite une propédeutique à la grande rencontre, à la grande symbiose des deux peuples : juif et chrétien ?»

Quant à l'intériorité doctrinale du Rite en entier, elle découle d'une propédeutique (=enseignement pour apprendre à apprendre) spirituelle, confortée par l'articulation des grades et elle tient dans cette identité, déjà signalée, des Temples de l'Homme, de l'Univers et de Salomon, des Temples terrestres et céleste, avec le "modèle christique" offert par le "divin Réparateur", terme typiquement martinéziste. Antoine Faivre notera justement dans son analyse de l'ésotérisme chrétien: "Au fond Willermoz a obtenu que les cadres de la Stricte Observance Templière servissent à l'enseignement des Coens" et c'est bien pour cela, comme qu'à l'époque de Willermoz la classe secrète de la Profession -qui n'avait point encore disparu- contenait "l'essentiel de la pensée martinéziste".

Rappelons-nous encore que l’identité du Rite est faite de différents apports qui –cas unique et paradoxal- lui donnent sa cohérence. Le rite retient en effet :

- de la Maçonnerie spéculative récemment apparue en Grande-Bretagne, les rituels, mots, signes et l'ésotérisme des constructeurs, l'initiation et les trois grades bien connus,
- de la " Stricte Observance Templière " et d'un Templarisme qui remonte peut-être au chapitre dit de Clermont quant à ses sources lointaines (mais qui prend corps à Unwürde en 1754 et aux Convents d'Altenberg en 1764, Kohlo en 1772, Brunswick en 1775 et Lyon en 1778), une ossature normative pour l'ensemble des grades et la référence chevaleresque et templière –sur laquelle nous reviendrons.
- de Martinez, une sève secrète, à résonance judéo-chrétienne et fond salomonien, présente dans l'enchaînement des maximes et des tableaux et qui, à l'époque de Willermoz, jaillit visiblement au niveau de la " Profession ", celle de Chevalier Profès et Grand Profès,
- de J. de Maistre, l'intégrité chrétienne et quasi confessionnelle, avec un pressentiment de l'Évangile éternel et de ce que nous pourrions appeler aujourd'hui la "Tradition Primordiale" dans la perspective de René Guénon,
- de St-Martin, une religiosité chrétienne très priante, voire mystique,
- du XVIIIe siècle français, certains concepts religieux de ce temps, infirmés de nos jours : ainsi la définition des " pharisiens ", la loi d'amour réservée au Nouveau Testament, l'abolition de l'Ancienne Loi, la notion de fraternité limitée aux seuls chrétiens en maçonnerie, l'immortalité de l'âme, qui n'appartient pas au Credo, originel mais est une conséquence de la Résurrection de la Chair - entendue au sens hébraïque du mot - et de la Vie éternelle ou Vie du "monde qui vient".

Ajoutons que l'"immortalité de l'âme" - à ne pas confondre avec l'âme supérieure ou âme d'immortalité -, est une notion platonicienne. Enfin on retiendra, outre les concepts religieux du "Siècle des lumières" (?), le goût de l'enflure verbale parfois élégante et celui du discours patriotique et redondant...
Quant à la doctrine, il est patent qu'elle s'alimente à une source biblique et qu'elle suit l'économie et même la chronologie Testamentaire jusque dans la suite sérielle des Temples. Tout tient au fond dans la correspondance symbolique entre le Temple de l'Homme et celui de l'Univers, avec une matrice : le Temple de Salomon, puis une projection spirituelle qui va de la Milice de Terre Sainte à la Jérusalem céleste, enfin et d'abord, un modèle divin et éternel dans le Christ.

Autre remarque, cette doctrine est admirablement ventilée et étagée dans les strates graduelles du Rite sans contradiction chronologique, sans anachronisme ou syncrétisme. Donc il s'agit véritablement d'un "Ordre" (et non d'un fourre-tout), d'une "cohérence" qui tranche dans un paysage maçonnique plutôt foisonnant. Sans doute, ce désir d'unicité organique et de spécificité religieuse fait-il peu de place à l'universalité de l'initiation maçonnique et à l'universalité traditionnelle d'un Art qui est d'autant moins catégoriel que l'ésotérisme est forcément Un ! Mais ceci, au fond, ne concerne plus la structure et les caractéristiques du Rite mais beaucoup plus les critères d'entendement et les motivations du siècle, en bref l'ouverture des esprits.

On peut en effet penser avec Tourniac que le Christ est le Verbe divin incarné, qu'il est dans le Père et le Père en lui et que l'Esprit Saint est ce lien de l'un à l'autre... sans pour autant croire que l'Éternel n'est... que chrétien !
…Et, comme le dit notre excellent F.·. "Eques a silentio", l'Esprit souffle où il veut !

J'ai dit, V\ M\

C\ B\

BIBLIOGRAPHIE succincte

"Histoire des Francs-Maçons en France", dirigée par Daniel LIGOU (chez Privat, plsrs éditions)
Jean TOURNIAC: "Principes et Problèmes Spirituels du RER et de sa Chevalerie Templière" (Dervy, 1985) et allocutions pour la fête de la Saint-Hugues 1977-1979
Henry Corbin: "Introduction analytique aux Sept Traités des Compagnons Chevaliers de l'Islam iranien"
Paul NAUDON: "Origines Religieuses et Corporatives de la Franc-Maçonnerie" (chez Dervy, 1979)
René Le Forestier: "La Franc-maçonnerie templière et occultiste " Ed Aubier Paris
B.G Galiff : "La Chaîne Symbolique" réédité en 1986 par La Nouvelle Bibliothèque Initiatique à Genève.
Jean-François VAR: "La Stricte Observance" (Villard de Honnecourt N° 23-1991) et "L'Essor du Phénix" (Villard de Honnecourt N° 19-1989)
Emile Dermenghem,."Joseph de Maistre mystique". Paris, La Colombe, 1946.
René GUENON : "L'ésotérisme de Dante" (Gallimard 1995) et "Aperçus sur l'Initiation", Éditions Traditionnelles Paris 1946.
Antoine FAIVRE: "L'Esotérisme au XVIIIème siècle" (chez Seghers, 1971)
Alice JOLY: "Un Mystique Lyonnais"...(chez Protat Frères, 1938)
Wolfram von Eschenbach : "Parzifal" -Aubier Montaigne, 1977
André Kervella: "La Maçonnerie Ecossaise dans la France de l’Ancien Régime", Ed. du Rocher, 1999

Et surtout MERCI aux FF R\ B\, C\ B\, P\ N\, et à d'autres qui se reconnaîtront pour mes emprunts de certaines de leurs éminentes réflexions d'une pensée réellement partagée.

Source : www.ledifice.net

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 05:29

A propos du christianisme de l’Ordre et de la « sainte doctrine »

La Franc-maçonnerie est chrétienne de par son origine, ses sources et son histoire, C’est un fait. Elle est même chrétienne également en raison de sa nature, car tout son ésotérisme et ses symboles sont issus du christianisme, en particulier de son livre révélé : la Bible. Ceci est une chose entendue, et ceux qui au nom d’une laïcité mal comprise rejettent cette origine chrétienne, commettent non seulement une erreur historique, mais de plus tournent le dos à la nature même de l’institution initiatique dont ils sont membres. Mais cette origine, qu’il n’est pas possible de contester, signifie-t-elle pour autant que la Franc-maçonnerie relèverait d’un christianisme absolument identique à celui que professe l’Eglise ?

a) Un tour de passe-passe trompeur qui a détourné de son essence le Régime écossais rectifié

La question est importante, car la réponse est loin de correspondre à ce qu’un courant dogmatique tente de vouloir imposer dans un discours spécieux, ayant même réussi à soumettre à ses vues controuvées la structure qui présida au réveil du Régime écossais rectifié au XXe siècle, à savoir le Grand Prieuré des Gaules, devenu, de par les aléas de l’Histoire, non plus un Grand Prieuré rectifié comme il aurait dû le rester, mais une « obédience chrétienne » dotée d’une Aumônerie et pratiquant plusieurs rites, ceci en contradiction complète d’avec les critères de la maçonnerie willermozienne. De la sorte, s’arrêtant à l’enveloppe extérieure du Régime rectifié, qui n’admet en effet en son sein que des chrétiens et fait prêter serment au nom de la sainte religion chrétienne une authentique substitution frauduleuse s’est opérée à l’intérieur du Grand Prieuré des Gaules, entre « l’enseignement » dont l’Ordre est le dépositaire, c’est-à-dire la doctrineintroduite en son sein par Jean-Baptiste Willermoz lors du Convent des Gaules en 1778, et une conception ecclésiale ainsi résumée par le Grand Aumônier du G.P.D.G. – qui revendique une « conception propre intégriste » (sic !) de ce que sont les critères exigés pour être reconnu comme chrétien afin d’être admis en loge – dans une note récente intitulée « Mise au point, pour mettre fin aux controverses malvenues« : « Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié au sein du Grand Prieuré des Gaules prête serment, sur le saint évangile ouvert au premier chapitre de l’évangile de saint Jean, de « fidélité à la sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » L’affirmation est tranchée pour le moins ! D’autant que la « sainte religion chrétienne » est immédiatement définie comme devant être conforme aux conciles : « Une maçonnerie chrétienne se conforme (…) aux dogmes du christianisme en ce qu’elle est chrétienne. » Et voilà le tour de passe-passe trompeur, par lequel a été détourné de son essence le Grand Prieuré des Gaules, et avec lui le Régime écossais rectifié que l’on y pratique, réduisant cette structure à une obédience multiritualiste andersonienne professant un christianisme dogmatique. Ainsi donc, celui qui est reçu comme membre du Régime rectifié, le serait au nom de la « sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » ? Voilà une affirmation relativement burlesque, qui n’aurait pas manqué de faire profondément sursauter Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824). Pourquoi ?

b) C’est l’Ordre qui est le canal de transmission de l’initiation

Pour le savoir il est sans doute nécessaire de rafraîchir les mémoires oublieuses, et de revenir une fois encore sur un point essentiel. Lorsqu’un profane est reçu Franc-maçon, il est reçu : « Au nom de l’Ordre », et non pas au titre d’une obédience, d’un Grand Prieuré, ou d’une quelconque structure temporelle, chrétienne ou non chrétienne, le problème n’est pas là. C’est ce que proclame le Vénérable Maître au profane après son serment, toutes juridictions rectifiées confondues : « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, Au nom de l’Ordre, Et par le pouvoir qu’il m’en a donné, Je vous reçois Franc-Maçon apprenti. » C’est donc « l’Ordre » et lui seulement qui est fondateur, c’est l’Ordre qui est le canal de transmission de l’initiation. C’est lui, évoqué constamment lors de la réception, qui préside à l’accomplissement des rites de la maçonnerie rectifiée. Mais qu’est-ce que « l’Ordre » pour le Régime rectifié ? Une obédience chrétienne, ou non-chrétienne d’ailleurs, pouvant se désigner comme adogmatique ? Une société arc-boutée sur les dogmes de l’Eglise, ou bien attachée foncièrement aux valeurs de la République ? Une structure professant la liberté absolue de conscience, ou défendant la foi des conciles ? Une organisation ne s’écartant en rien des principes de Liberté, Egalité, Fraternité, ou se revendiquant des enseignements chrétiens ? Une Association fondée sur des Statuts civils et un Règlement intérieur adoptés en assemblée générale ?Entendons-nous bien, la question n’est pas de savoir si ces motifs sont louables ou dignes de respect, et ils le sont évidemment en eux-mêmes, le problème n’est pas là, mais de se demander si le rectifié se pense ou se définit selon ces critères évoqués, si sa nature en relève vraiment, ou non ? Lisons ce qu’en dit le Régime rectifié pour le savoir :

« Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? R. C’est une école de sagesse et de vertu qui conduit au Temple de la vérité, sous le voile des symboles, ceux qui l’aiment et qui la désirent. 0. Quels sont ses mystères ? R. L’origine, la fondation et le but de l’Ordre. »

Quelle est l’origine de l’Ordre ? Voici la réponse : « Son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre. Cet Ordre par excellence, à défaut de le pouvoir nommer, ne peut être appelé que le Haut et Saint Ordre (…) » Ordre par excellence détenteur des « des connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive. » Un « Haut et Saint Ordre » détenteur « des connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive », comme c’est intéressant. Serait-ce à dire que cet Ordre posséderait un enseignement, en d’autre terme une doctrine ?

c) L’Ordre rectifié, dont le Régime maçonnique n’est que l’enveloppe superficielle, possède une doctrine sur la religion

La réponse est affirmative, c’est même ce qui caractérise le Régime écossais rectifié par rapport à tous les autres rites maçonniques : être dépositaire, selon ce que soutient les Rituels de l’Ordre, d’une doctrine relevant des « connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive ». Mais que sont ces « connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive » ? Lisons, comme il convient toujours, ce que nous dit Willermoz pour le savoir : « La doctrine ne permet pas d’en douter ; et en effet, le principal but de l’initiation fut toujours d’instruire les hommes, sur les mystères de la Religion et de la science primitive, et de les préserver de l’abandon total qu’ils feraient de leurs facultés spirituelles, aux influences des Etres corporels et inférieurs. Les Initiations devaient donc être le refuge de la Vérité, puisqu’elle pouvait s’y former des Temples dans le coeur de ceux qui savaient l’apprécier et lui rendre hommage. » Le Régime écossais rectifié affirme donc qu’il y aurait un Ordre détenteur de connaissances secrètes sur la religion dont le Régime maçonnique ne serait que l’enveloppe superficielle, connaissances qui formeraient l’essence d’une doctrine. C’est ce qui est dit précisément dans une autre Instruction du Régime rectifié : « Les Loges qui reçurent [l’initiation parfaite] conservèrent jusqu’au VIe siècle ces précieuses connaissances, et le refroidissement de la foi annonce assez qu’à cette époque le souvenir s’en est affaibli, et que ce qu’il restait d’initiés se retirèrent dans le secret. Mais aussi on doit croire que ces connaissances se sont perpétuées sans interruption pendant tous les siècles du monde, car tous les ouvrages que Dieu a créés demeurent à perpétuité et nous ne pouvons rien ôter à tout ce que Dieu a fait. »

d) Les connaissances doctrinales secrètes ont été perdues par l’Eglise

Non seulement le caractère doctrinal est donc affirmé, soutenu dans toutes les Instructions, non seulement cette doctrine imprime sa marque sur chaque élément symbolique ou initiatique du Régime, mais en plus l’Ordre nous apprend que les connaissances secrètes sur le christianisme ont été perdues au VIe siècle par l’Eglise, mais se sont conservées au sein de l’Ordre qui en détient le dépôt doctrinal ! Et en effet, quoique cela puisse surprendre certains esprits, et être un danger « pour ceux qui, soit par l’effet de leur éducation religieuse, ou par leur disposition naturelle, se font un devoir d’étouffer leur propre raison pour adopter aveuglément toutes les prétentions, opinions et décisions [ecclésiales] (Willermoz écrit « ultramontaines » mais le sens est identique, ndrl.), et par conséquent l’esprit d’intolérance qui les a toujours accompagnées… » (J.-B. Willermoz, lettre à la Triple Union de Marseille,1807), c’est pourtant ce que confirme encore une fois l’Ordre de la façon la plus solennelle : « La doctrine […] remonte…jusqu’à Moïse qui la connut dans toute sa pureté et fut choisi par Dieu pour la faire connaître au petit nombre des initiés, qui furent les principaux chefs des grandes familles du Peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité… Les Instructions sont un extrait fidèle de cette Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous. » Il y a donc bien une « Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous… » qui caractérise et définit l’Ordre, ainsi que le dit positivement Willermoz – ce sur quoi insiste le Directoire National Rectifié de France - expliquant même que cette sainte doctrine fut oubliée par l’Eglise depuis le VIe siècle et qu’elle est depuis cette époque préservée par l’Ordre ! Tout ceci est clair, précis, et nous fait comprendre en quoi si l’Ordre est chrétien, il se rattache cependant à un enseignement secret, une « sainte doctrine » méconnue depuis le VIe siècle.

e) L’Ordre relève du « christianisme transcendant » et non du dogme de l’Eglise

L’Ordre est donc chrétien et relève bien du christianisme, c’est exact. Mais d’un christianisme tout à fait particulier que Joseph de Maistre (1753-1821) désigna dans son Mémoire au duc de Brunswick (1782) comme « christianisme transcendant », transcendant car s’écartant sur quelques points notables du Credo de Nicée-Constantinople puisque se rattachant à la « sainte doctrine » détentrice de connaissances oubliées par l’Eglise depuis le VIe siècle. Voilà la position officielle du Régime Ecossais Rectifié à l’égard du christianisme, selon toutes ses Instructions ! Il ne s’agit ni de « vues personnelles », ni d’une « conception sectaire », ou d’une position « doctrinaire étroite », mais de ce qu’est, sur le plan de sa vérité la plus essentielle, l’Ordre fondé par Jean-Baptiste Willermoz. Mais au fait, que clamait dans son article – qui ne fait que reprendre ses positions permanentes depuis des années – le Grand Aumônier du G.P.D.G. ? Relisons : « Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié… prête serment …. de « fidélité à la sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » Une « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où », comme c’est étrange ? Mais alors Willermoz nous aurait raconté des fables, il aurait édifié l’Ordre sur des rêveries, sur une « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où », et la Réforme qui fut l’objet du Convent des Gaules en 1778 qui consista à infuser la doctrine de la réintégration au sein de la Stricte Observance, reposerait sur des éléments imaginaires….sortis « on ne sait d’où » (sic) ? Donc ce Régime, selon le raisonnement du Grand Aumônier du G.P.D.G., n’aurait pas de doctrine spécifique, et la rectification serait un leurre, une farce, un montage illusoire inventé pour s’amuser et ennuyer les Frères allemands de la Stricte Observance ? (Notons au passage, que c’est exactement la petite musique exprimée par les pires adversaires de Willermoz au XVIIIe siècle).

f) La domination sur le Régime rectifié de l’idée de « Franc-maçonnerie chrétienne », est une prison corruptrice

On le constate donc, tout ceci n’est pas sérieux, et montre l’extrême menace que représente l’édification de conceptions étrangères aux Codes de 1778, et la domination de constructions globalisantes, comme par exemple celle connue sous le nom générique de « Franc-maçonnerie chrétienne », accompagnée d’une Aumônerie pour en faire appliquer les principes qui se superpose en autorité au Régime lui-même, agissant sur lui comme une prison corruptrice qui en déforme l’esprit et en détruit les fondements. D’ailleurs, si l’on y réfléchit un instant, on voit immédiatement en quoi le sujet du christianisme pour le Régime rectifié va évidemment bien au-delà de la conformité aux dogmes conciliaires. Car s’il faut être chrétien pour accéder à l’Ordre dès le départ, pourquoi donc serait-il nécessaire de faire venir un chrétien en loge, l’introduire dans une structure maçonnique qui, parfois, le met sous le coup de sanctions disciplinaires ecclésiales sévères – notamment pour les catholiques – si c’est simplement pour qu’il y retrouve à l’identique les éléments dogmatiques dont il dispose déjà naturellement dans son église, et sans qu’il soit obligé de se soumettre à tout un appareil complexe de grades, de rites et de cérémonies curieuses s’étendant sur de longues années, dont l’aboutissement, du point de vue doctrinal, serait exactement le même que les critères de sa « foi chrétienne » exigés au début de son initiation, et qu’un enfant possède en ouvrant son catéchisme ? Ceci n’a strictement aucun sens sur le plan initiatique, et revient à faire des conditions initiales de la démarche maçonnique rectifiée, une borne de solidification rigide et sectaire, bloquant et empêchant toute possibilité d’accès au christianisme transcendant. Si la maçonnerie rectifiée propose à certaines âmes, chrétiennes en effet car c’est une condition préalable, de se joindre à ses travaux, ce n’est sans doute pas pour leur réciter une copie conforme du Credo qu’elles connaissent par coeur de par leur confession, mais pour leur transmettre, au cours d’une propédeutique adaptée, d’un chemin lent, patient et mesuré, des connaissances, un enseignement mystérieux et secret, et pour tout dire une «révélation de la révélation» selon l’heureuse formule de Joseph de Maistre qui provient d’une «doctrine portant sur la question de la réintégration », que les baptisés ne peuvent plus trouver dans l’Eglise, puisque cette doctrine y est tout simplement inconnue depuis le VIe siècle. Invitons de ce fait aimablement le Grand Aumônier du G.P.D.G., plutôt que d’écrire des sottises et de laisser emporter sa plume par un zèle sacerdotal excessif qui trouble son jugement, de relire attentivement les Instructions de l’Ordre, ce qui lui évitera également de soutenir des énormités ridicules… mais il vrai, comme le soulignait à juste titre Willermoz : « Les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui soutiennent la vérité [de la doctrine]. » (Lettre de Willermoz à Saltzmann, mai 1812 ). Conclusion : « Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine…» Aujourd’hui le Grand Aumônier du G.P.D.G., certes va un peu plus loin, en rajoutant au reproche de « novation », ceux « d’apostasie » (sic) et de « parjure » (re-sic), les temps ont changé il est vrai, et la décadence, par l’outrance, se fait cruellement sentir ; mieux vaut en sourire… Omne promiscuum sordescit. Charitablement d’ailleurs, et pour éviter des polémiques inutiles, nous n’avons retenu que les aspects « théoriques » exprimés par le Grand Aumônier dans son article, lui laissant la responsabilité des qualificatifs destinés à une nouvelle catégorie « d’hérésiarques » de son invention, dont il croit utile d’agrémenter sa prose et ses interventions sur l’espace virtuel, procédés qui sont modérément efficaces pour « mettre fin à des controverses mal venues » (sic). Concluons plutôt par ces lignes de Robert Amadou (+ 2006), autrement plus sérieux et instructif en des domaines où, il vrai, ses qualifications étaient réelles, et sur lesquelles il a toujours conservé un respectueux silence : « Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier lui avait enseigné, l’un des relais seulement ; maintenir, quand sombrait l’ordre des Elus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martinès de Pasqually lui avait révélé comme l’archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration. »

Source : http://semperrectificando.wordpress.com

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 05:26

L’initiative récente du Directoire National Rectifié de France, de réagir à la situation actuelle inquiétante en décidant de revenir à la conception originelle de l’Ordre rectifié, telle que pensée par Jean-Baptiste Willermoz lors du Convent des Gaules en 1778, initiative pourtant vitale, semble provoquer quelques incompréhensions.

Beaucoup s’interrogent, plus ou moins sincèrement, en se demandant ce que signifie le rappel des principes rectifiés exprimé par le D.N.R.F. ?

Tout simplement que le Régime, car il s’agit bien d’un « régime » lorsqu’on parle du R.E.R., est fondé sur la notion d’Ordre, notion qui n’a strictement rien à voir avec la conception moderne « d’obédience ».

On sait comment René Guénon voyait dans la création des obédiences maçonniques, un mal moderne qui avait eu une responsabilité directe dans la « dégénérescence » profane de l’initiation : « Dans le Symbolisme (numéro d’avril), Oswald Wirth, parlant de L’Avenir maçonnique, dénonce « l’erreur de 1717, qui nous a valu les gouvernements maçonniques, calqués sur les institutions profanes, avec contrefaçon d’un pouvoir exécutif, d’un parlement, d’une administration paperassière et de relations diplomatiques » ; là-dessus tout au moins, nous sommes assez de son avis, comme le prouve d’ailleurs tout ce que nous avons dit ici même de la moderne dégénérescence de certaines organisations initiatiques en « sociétés ».

Cette influence « profane » sur l’Ordre, a provoqué toutes les catastrophes que nous connaissons, qui se sont abattues sur la Franc-maçonnerie depuis des décennies, et dont le Régime rectifié n’a pas été épargné (affairisme, politique, dogmatisme clérical, oubli de la doctrine, direction partisane, autoritarisme, désorientation, recrutement inconsidéré, etc.).

C’est pourquoi le Directoire National Rectifié de France, conscient du caractère préoccupant de la situation, entend revenir à la conception willermozienne de l’Ordre, et le proclame clairement afin de corriger les dérives contemporaines et sauvegarder l’esprit du Régime : « L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, fut conçu pour être l’écrin de l’Ordre mystérieux qui est l’essence même du Régime rectifié, sa substance intérieure secrète. Ses travaux se dérouleront donc dans l’invisible et auront pour objet de se consacrer à l’étude et à la conservation de la doctrine de la réintégration dont l’Ordre est le dépositaire de par l’Histoire, doctrine sacrée qui a un but essentiel et très élevé que peu d’hommes sont dignes de connaître. Willermoz écrira du Haut et Saint Ordre : « Son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre

De ce fait, « l’Ordre », du point de vue rectifié, lorsqu’on y fait allusion, entendu dans son principe le plus profond, le plus authentique, ne réfère donc pas à une structure administrative et temporelle, mais relève d’une dimension purement spirituelle dont l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte a le devoir de protéger l’existence, et de le défendre contre les forces de l’Adversaire. »

Quoi de plus logique pour le Régime rectifié ?

Quoi de plus nécessaire, utile et louable ?

Le constat du Directoire National Rectifié de France s’impose donc :

« Depuis le réveil complet du Régime en France au XXe siècle, force est de constater que les principes de fonctionnement propre à l’Ordre des C.B.C.S., pourtant clairement définis, n’ont pas été respectés. On a voulu se servir des cadres obédientiels de la maçonnerie andersonienne afin de faire vivre le Régime rectifié. Et, à cet égard, toutes les formes sous lesquelles vit le Régime actuellement ne sont en rien conformes à son essence, mais de plus, y compris les formes structurelles distinguées sous le nom de « Grands Prieurés » assortis de leurs divers titres distinctifs (régulier, indépendant, rectifié, réformé, traditionnel, des Gaules, etc.), qui sont en réalité très éloignés des critères propres de la rectification tels que spécifiés dans le Code de 1778. »

La conséquence de cet éloignement est, hélas, grave pour le Régime :

« On est ainsi obligé de constater que depuis le réveil en 1935 du Régime, la conception originelle du Code n’a presque jamais été suivie, entraînant des disfonctionnements significatifs dans la logique organisatrice du Régime Ecossais Rectifié qui cessa, dès lors, de se penser comme un « Ordre », le ramenant à un Rite réduit à une conception obédientielle absolument étrangère à l’esprit de la rectification, même si imaginant en relever en usant de titres et dénominations issus du corpus sémantique willermozien. »

Voilà qui est objectivement incontestable, la « conception obédientielle est absolument étrangère à l’esprit de la rectification », et vouloir faire rentrer le R.E.R., dans les cadres de la maçonnerie andersonienne en le faisant co-exister avec d’autres Rites, est une aberration.

Encore est-il possible d’être relativement clément pour les structures qui, pratiquant le R.E.R., se sont constituées dès le départ en tant qu’obédiences, en s’appuyant sur les principes des Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1723.

Mais pour les structures rectifiées, qui normalement devaient fonctionner selon le Code Maçonnique des loges Réunies et Rectifiées de 1778 et ne l’ont pas respecté, c’est un oubli, pour ne pas dire une trahison pure et simple des bases de la Réforme de Lyon !

Comme le rappelait Marius Lepage, dans une formulation qui pourrait être de Willermoz : « L’Ordre est d’essence indéfinissable et absolue; l’Obédience est soumise à toutes les fluctuations inhérentes à la faiblesse congénitale de l’esprit humain. C’est pourquoi, si nous étudions historiquement les Obédiences, nous ne parlerons de l’Ordre qu’avec notre coeur et notre intuition, ou, plus exactement, avec la grâce de cette illumination intérieure qui n’est pas mesurée pour celui dont la vie quotidienne est intimement liée à l’esprit de la Franc-Maçonnerie

Pourtant, il est tout à fait clair, par certaines réactions constatées, que bien peu comprennent encore ce qu’est « l’Ordre » ; il était donc grand temps d’en revenir aux principes du Régime tels que signalés dans l’une de ses Instructions : « Vous cherchez à remonter au but primitif de la Franc-Maçonnerie et l’on vous a attaché à un Ordre qui correspond avec ceux qui seuls peuvent vous instruire. Si vous savez quelque jour vous faire recon­naître pour un vrai chevalier Maçon de la Cité Sainte, si vous bâtissez constamment dans le temple du Seigneur, vous pouvez concevoir l’espoir de parvenir à un but si désiré. » (Instruction du 5e Grade, 1778).

La conclusion, qui s’impose d’elle-même et s’exige impérativement pour le Régime rectifié, nous est donnée par Robert Amadou : « l’accomplissement des rites propres à l’écossisme rectifié suppose que celui-ci soit constitué en un régime autonome. »

Relisons, à la lumière de cette analyse, la Proclamation du Directoire National Rectifié de France, et qui pourra prétendre ensuite, sous de fallacieux prétextes, qu’elle ne répond pas à une juste et parfaite logique rectifiée :

« L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, s’appuyant sur les transmissions et qualifications qu’il détient, constatant l’éloignement des critères rectifiés dans lequel on fait vivre le Régime, s’engage dans une entreprise de réforme et de retour aux fondements structurels et spirituels de l’initiation willermozienne, et dans la mise en œuvre concrète de la « science de l’homme » entendue dans le sens de la « doctrine » dont le Régime est dépositaire, cherchant à construire et édifier, pour ceux qui se rangeront à ses côtés en acceptant de cheminer avec lui en se dirigeant du Porche vers le Sanctuaire, un nouveau destin commun en forme d’invitation en s’appuyant, avec confiance, sur les seules bases rituelles et doctrinales du Régime Ecossais Rectifié, ceci pour le plus grand bonheur des âmes de désir en quête de la Vérité et celui de toute la famille humaine au bien de laquelle sont, par définition, consacrés tous ses travaux. »

Source : http://semperrectificando.wordpress.com

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:56

« Mais à peine le troisième jour est commencé, il ressuscite glorieusement du tombeau par sa propre divine puissance, et commence à se montrer à ceux qui l’ont aimé le plus tendrement, sous une nouvelle forme corporelle, en tout point semblable à celle dans laquelle il avait vécu parmi les hommes, mais glorieuse et impassible, dont il se revêt, et qu’il fait aussi disparaître à son gré. C’est avec cette même forme glorieuse qu’après avoir conversé, marché, mangé pendant quarante jours, leur apparaissant subitement et disparaissant aussi subitement de devant eux quand il lui plaît, après leur avoir demandé de baptiser en son nom, d’enseigner aux hommes le mystère ineffable de la Trinité divine du Père, du Fils et du Saint-Esprit, faisant un seul Dieu, qu’il monte glorieusement au ciel en leur présence, où il sera rendu visible aux anges et aux hommes sanctifiés, dans cette forme humaine glorifiée.

Mais quelle est donc la nature de cette nouvelle forme corporelle, et qu’est-ce qui constitue la différence essentielle de celle-ci sur la première ? demanderont ces hommes charnels et matériels qui ne voient rien que par les yeux de la matière, et ceux qui sont assez malheureux pour nier la spiritualité de leur être, et ceux aussi qui, attachés exclusivement au sens littéral des traditions religieuses, ne veulent voir dans la forme corporelle de l’homme primitif avant sa chute, qu’un corps de matière comme celui dont il est actuellement revêtu, en y reconnaissant seulement une matière épurée. C’est Jésus-Christ lui-même qui va leur prouver la différence essentielle de ces deux formes corporelles et leur destination, en se revêtant de l’une après sa résurrection, après avoir anéanti l’autre dans le tombeau.

Jésus homme-Dieu voulant se rendre en tout semblable à l’homme actuel, pour pouvoir lui offrir en lui un modèle qu’il pût imiter en tout, s’est soumis à se revêtir en naissant d’une forme matérielle parfaitement semblable à celle de l’homme puni et dégradé. Elle diffère cependant en ce point unique que la forme matérielle de l’homme conçu dans la concupiscence de la chair est corruptible, au lieu que la forme matérielle de Jésus, conçue par l’unique opération du Saint-Esprit et sans aucune participation des sens matériels, est incorruptible. Mais Jésus-Christ dépose dans le tombeau les éléments de la matière, et ressuscite dans une forme glorieuse qui n’a plus que l’apparence de la matière, qui n’en conserve pas même les principes élémentaires, et qui n’est plus qu’une enveloppe immatérielle de l’être essentiel qui veut manifester son action spirituelle et la rendre visible aux hommes revêtus de la matière. Si on pouvait encore douter de cette importante vérité, qu’on réfléchisse sérieusement sur les étonnantes apparitions sous formes humaines de l’archange Gabriel à Marie et à Zacharie, père de Jean-Baptiste, sur celles des anges envoyés à Abraham pour lui prédire la naissance d’Isaac et la punition de Sodome, de l’ange conducteur du jeune Tobie, et d’un grand nombre d’autres apparitions semblables des esprits purs, dont la forme corporelle a été réintégrée en eux-mêmes et a disparu aussitôt que leur mission particulière était terminée. Elles prouvent toutes les mêmes vérités. Jésus-Christ ressuscité se revêt de cette forme glorieuse chaque fois qu’il veut manifester sa présence réelle à ses apôtres pour leur faire connaître que c’est de cette même forme, c’est-à-dire d’une forme parfaitement semblable et ayant les mêmes propriétés, dont l’homme était revêtu avant sa prévarication ; et pour leur apprendre qu’il doit aspirer à en être revêtu de nouveau après sa parfaite réconciliation, à la fin des temps.

C’est là en effet cette résurrection glorieuse des corps qui seront en même temps changés pour les hommes réconciliés, ainsi que l’exprime saint Paul, mais qui ne seront pas changés pour les réprouvés. C’est enfin cette résurrection glorieuse dont la manducation réelle du corps et du sang de Jésus-Christ en apporte dans tous ceux qui y participent dignement, le germe fructificateur.»

Jean-Baptiste willermoz, Traité des deux natures, §18.

Source : http://lalecondelyon.hautetfort.com

[1] « Que devons-nous retenir de ce que nous montra Jésus-Christ, après sa Passion sur le bois de la Croix, en se manifestant à ses disciples ? (…) Nous pouvons ainsi être convaincus, selon ce que nous enseigne Willermoz, que le corps que nous aurons à la résurrection ne sera pas matériel mais spirituel, comme ceci est confirmé par saint Paul lui-même de manière explicite : « Mais quelqu’un dira : Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s’il ne meurt. (…) Semé corruptible, on ressuscite incorruptible. Semé méprisable, on ressuscite glorieux. Semé plein de faiblesse, on ressuscite plein de force. Semé corps naturel, on ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel... Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le deuxième homme vient du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. » (I Corinthiens, XV 35-54). L’homme, avant la prévarication, et nous touchons ici au centre de la doctrine rectifiée, était doté non d’un corps de matière mais d’un « corps de gloire », et c’est ce corps glorieux perdu de par sa faute qu’il lui faut retrouver, et non pas travailler, en vain, à « diviniser » ou « spiritualiser » un corps de matière frappé par la finitude et la limite, triste vestige d’une faute scandaleuse.

(J.-M. Vivenza, Le Régime Ecossais Rectifié et la doctrine de la matière, 2012)

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:53

Nous voici donc conduits à cet Infini dont le nom hébreu, EN SOPH, vous a été révélé. Vous connaissez aussi "MALKUT", ou le Royaume dont vous êtes Maîtres, puisque vous le circonscrivez avec votre compas mental. Mais est-il possible de relier le Fini à l'infini, le concret à l'abstrait, MALKUT à EN SOPH ?

Vous savez comment nos prédécesseurs de l'Antiquité ont résolu la question puisque vous avez traversé les neuf voûtes cabalistiques, dont chacune est caractérisée par le nom d'une des Séphiroths. Nous ne pouvons ici vous enseigner en détail la doctrine des Séphiroths, mais nous allons vous exposer quelques notions pour orienter vos méditations.

Frère Gardien de le Tour, qui, pour veiller à notre sécurité, observez le monde extérieur, veuillez nous dire ce qu'on peut penser à propos de la dixième séphire MALKUT ?

Le Frère Gardien.
Ce mot signifie Royaume. Or l'Homme est le Roi de tout ce qui est à sa portée: II est le Régent de l'Univers. Mais le domaine de notre activité n'est qu'une immense fantasmagorie que l'Initié ne doit pas confondre avec la Réalité Vraie. Celle-ci ne tombe pas sous les sens et le Sage doit s'appliquer à chercher ce qui se dissimule derrière les apparences.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Que nous direz-vous à propos de JESOD ?

Le Frère Gardien.
Jesod, la 9ème séphire, signifie Base ou Fondement. Tout objet Perceptible, comporte des éléments qui échappent à notre perception, et qui sont coordonnés entre eux selon un plan invisible, mais concret d'après lequel les êtres se construisent. Lorsque les Maîtres travaillent sur la planche à tracer, ils agissent sur ce Plan, c'est-à-dire que leur action s'exerce sur Jesod, base ou fondement de ce qui doit prendre corps.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant, vous qui représentez Mahabon, le plus zélé des Maîtres de son temps, ami d'Hiram-Abi, veuillez nous éclairer sur la signification de HOD.

Le Second Grand Surveillant.
HOD, huitième Séphire évoque la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Si les Francs‑Maçons travaillent, à cette gloire, ce n'est pas pour rendre hommage à un Être Suprême qui serait forcément au-dessus de toute glorification. La Gloire resplendissante désignée par Hod s'identifie avec la Logique, l'Ordre, la Coordination, la Loi, qui assurent le fonctionnement régulier de tous les rouages de l'organisme universel. Pour travailler à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, il ne s'agit donc pas de chanter ses louanges, mais de remplir fidèlement le rôle qui nous est assigné par la destinée. Que chacun accomplisse sa tâche particulière et qu'il fasse scrupuleusement son devoir, afin de donner la note qui lui est demandée dans le concert de l'harmonie universelle.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Premier Grand Surveillant, vous qui représentez ici Adoniram, Chef des tribus chargées de couper les cèdres sur les flancs du mont Liban, comment interprétez-vous NETSAH, désignation de la 7ème Séphire ?

Le Premier Grand Surveillant.
Ce mot signifie Victoire ou Triomphe; or pour vaincre ou triompher, il faut s'associer à l'évolution et à la marche du Progrès, dont il importe de se faire l'agent actif ; NETSAH, forme avec HOD et JESOD, le ternaire dynamique de l'arbre des séphiroth ; NETSAH représente le principal générateur ou directeur du mouvement du travail universel ; HOD est la loi selon laquelle s'opère l’œuvre constructive ou l'organisation universelle ; JESOD, enfin, figure le plan déterminé de ce qui doit se faire, le type constructif destiné à s'objectiver.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Pouvez-vous également nous indiquer le sens du mot TIPHERETH ?

Le Premier Grand Surveillant.
TIPHERETH, sixième Séphire signifie Beauté, et nous rappelle que le Beau, qui s'impose à nous, doit nous inspirer dans l'accomplissement de nos aspirations et la réalisation de notre Idéal. Ne craignons pas de désirer le mieux, fortifions notre désir, rendons le profond afin qu'il parte du plus intime de notre être. Sachons rêver avec ferveur, construisant en rêve ce dont nous désirons ardemment la réalisation pratique. N'oublions pas que les plus grandes choses sont nées de l'imagination d'un rêveur.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant, veuillez nous parler de GEBURAH, PEC'HAD ou DIN, noms attribués à la 5ème Séphire ?

Le Second Grand Surveillant.
GEBURAH se traduit par Rigueur, Sévérité. PEC'HAD par Punition, Crainte, et DIN par Jugement.
Tous ces mots font allusion à la nécessité d'être maître de soi-même. L'Homme n'est vraiment libre que s'il sait se gouverner et se dominer. De même que les richesses laborieusement accumulées ne doivent pas être dépensées inconsidérément, il appartient au sage d'économiser les forces dont il dispose. La vie échappe à qui ne sait la retenir; elle reste au service de qui la condense en soi, pour la mettre ensuite en œuvre à bon escient.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Second Grand Surveillant veuillez nous indiquer le sens de C'HESED ou GEDULAH.

Le Second Grand Surveillant.
Le nom de la 4ème séphire, C'HESED signifie grâce, miséricorde, on l'appelle aussi GEDLLAH qui signifie grandeur, magnificence. Au ternaire dynamique constitué par NETSAH, HOD et JESOD, se superpose un ternaire animique dans lequel C'HESED correspond au principe qui donne et répand la vie, alors que GEBURAH administre la vie donnée, et que TIPHERETH nous montre la Beauté comme le résultat de l'activité vitale ou animique.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère premier Grand Surveillant, que direz-vous de BINAH ?

Le Premier Grand Surveillant.
BINAH, 3éme séphire signifie intelligence, compréhension. C'est la faculté qui conçoit les idées. Elle a été comparée à une Vierge Mère enfantant les images originelles des choses. C'est une faculté féminine ou réceptive. C'est elle qui revêt l'idée pure d'une forme, grâce à laquelle elle devient exprimable, après avoir été formulée. Toute idée doit se refléter dans l'imagination. Le Penseur n'imagine pas en vain. II peuple l'ambiance mentale d'images destinées à être recueillies par les intelligences réceptives. Les idées ont besoin d'être semées, même si les hommes qui les sèment ne sont compris que dans un avenir plus ou moins lointain.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Frère Grand Orateur, vous qui avez pour mission de faire prévaloir ici la saine raison et la pure logique, quelle idée nous donnerez vous de C'HOCHMAH ?

Le Frère Grand Orateur.
La deuxième séphire, C'HOCHMAH, c'est la sagesse, le verbe. C'est la Pensée créatrice, ce suprême rayon de la Lumière universelle qui éclaire tout homme venant en ce monde. Cette Lumière brille en chacun de nous dés que nous avons su rendre transparentes les écorces corporelles qui tendent à l'obscurcir. Les purifications initiatiques font tomber le bandeau qui dérobait à notre vue la clarté de notre lumière intérieure. L'Initié bénéficie d'une Illumination produite par l'éclat de sa propre raison, rendue plus active, plus consciente d'elle-même et mieux mise en rapport avec C'HOCHMAH, source centrale de toute sagesse et de toute raison.

Le Trois Fois Puissant Grand Maître.
Quand à la Première séphire, KETHER, la Couronne, c'est la Cause Première, inconcevable pour l'esprit humain. Mais à qui revient le droit de s'identifier à CE QUI EST, à ce qui possède L'ÊTRE EN SOI ? Aucun d'entre nous ne peut dire : JE SUIS puisque nous n'apparaissons que pour disparaître. Nous concevons cependant un principe possédant l'Être en soi, c'est l'ÊTRE ETANT, que les cabalistes représentaient par le mystérieux tétragramme inscrit sur la pierre d'agate devant laquelle vous avez été conduits. Il ne m'appartient pas de vous révéler ici toute la portée de ce mot ineffable. Rappelez-vous simplement que ce mot sacré, qui ne doit pas être prononcé se compose de quatre lettres ( IOD, HÉ, VAU, HÉ ).

Le IOD initial évoque le Principe Créateur, cause agissante, concevant et commandant. Le premier HÉ, c'est l'émanation qui rayonne d'un point central pour remplir l'espace. II correspond au travail, à la vie ou à l'opération envisagée en elle même. Le VAU figure le rapport qui relie la Cause à l'Effet. Le second HÉ manifeste le résultat de l'action, le travail effectué et s'effectuant, la création en voie d'accomplissement.

Source : www.ledifice.net

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 07:13

Ouverture de la Loge  

 

VM : Mes Frères, unissez-vous à moi pour ouvrir cette Loge. Frère Grand Directeur

 des Cérémonies quelle est votre place dans la Loge ?  

DC : À l’entrée de la Loge, VM  

VM : Quel est votre devoir ?  

DC: Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.  

VM : Les trouvez-vous ainsi correctement rangés ?  

DC:  Je le crois, VM  

VM : Où est placé le 2° Surveillant ?  

DC : Au Midi, VM.  

VM : Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous ?  

2° S : B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.  

VM : Où est placé le 1° Surveillant ?  

2° S:  À l’Occident, VM.  

VM : Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous ?  

1° S : J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.  

VM : Où est placé l’Orateur ?  

1° S : À la gauche du VM  

VM : Frère Orateur, qui représentez-vous ?  

Orateur : H… A… , le Prince des Architectes.  

VM : Quel est votre devoir ?  

Orateur : Établir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’ accomplissement de l’ouvrage.  

VM : Où se place le VM ?  

Orateur : À l’Orient.  

VM : Qui représente-t-il ?  

Orateur: Le Roi Salomon.  

VM : Signe de Foi, mes Frères.  

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…  

Hosp : Avant de déclarer les Travaux ouverts, invoquons la protection du Grand Architecte de l’Univers sur toutes nos entreprises. Puissent nos Travaux ouverts ainsi dans l’ordre, se continuer dans la paix et se fermer dans la concorde. Qu’il en soit ainsi.  

VM : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge régulièrement ouverte.  

Tous les Frères cessent le Signe.  

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éclairer les Chandeliers. Avant de regagner sa place, il revient à l’Orient pour disposer les Trois Grandes Lumières conformément aux dispositions du 1°Grade.  

 

Fermeture de la Loge  

 

VM : Mes Frères, unissez-vous à moi pour fermer cette Loge

Frère Directeur des Cérémonies, quelle est votre place dans la Loge ?  

DC:  À l’entrée de la Loge, VM  

VM : Quel est votre devoir?  

DC:  Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.  

VM : Les trouvez-vous ainsi correctement rangés?  

DC : Je le crois, VM  

VM : Où est placé le 2° Surveillant?  

DC : Au Midi, VM  

VM : Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous?  

2° S : B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.  

GM : Où est placé le 1° Surveillant ? .  

2° S : À l’Occident, VM  

VM : Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous?  

1° S:J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.  

VM : Où est placé le Frère Orateur?  

1° S : À la gauche du VM  

VM : Frère Orateur , qui représentez-vous? 

Ora : H… A… , le Prince des Architectes.  

VM : Quel est votre devoir?  

Ora : Etablir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’accomplissement de l’ouvrage.  

VM : Où se place le VM ?  

Ora : À l’Orient.  

VM : Qui représente-t-il?  

Ora : Le Roi Salomon.  

VM : Signe de Foi, mes Frères.  

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…  

Hosp : Mes Frères, avant de fermer cette Loge, exprimons au Grand

Architecte de l’Univers l’humble et respectueuse reconnaissance que

nous Lui devons pour les faveurs dont Il nous a déjà comblés

Puisse-t-Il continuer de protéger notre Ordre en le cimentant et en le

fortifiant de toutes les vertus morales et civiques.

Qu’il en soit ainsi.  

VM : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge fermée  

Tous les Frères cessent le signe.  

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éteindre les Chandeliers. Puis il revient à l’Orient pour dissocier les Trois Grandes Lumières.

Le DC prépare ensuite son cortège pour la sortie du VM

 

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