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Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Ahiman Rezon (extrait)

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


CONCERNANT DIEU ET LA RELIGION.


Quiconque par amour de la connaissance, pour le désir d'étendre son champ d'utilité, ou pour tout autre motif vertueux, désire devenir Franc-Maçon, doit être informé qu'il doit croire fermement dans l'existence de la Divinité, et qu'il doit l'adorer, et lui obéir en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l'Univers.


Les Francs-Maçons sont strictement astreints d'observer la loi morale, et de fuir les voies de l'immoralité et du vice. Ils doivent également éviter les erreurs grossières du Libre-penseur, de la bigoterie et de la superstition. Ils doivent faire un usage convenable de leur raison personnelle, " en vertu de cette liberté par laquelle " en tant que Maçon " ils sont faits libres; " " d'en user, mais non d'en abuser."

Ils sont tenus d'adhérer aux grands principes essentiels de la religion révélée sur laquelle tous les hommes sont d'accord, alors que la façon et les formes d'adoration sont laissées à leur propre jugement. Il s'ensuit que les Francs Maçons sont des hommes de bien et loyaux ; hommes d'honneur et de probité, hommes vertueux, quels que soient les noms qui aident à les distinguer. De par ce compte-rendu de la religion du métier, il ne faut pas supposer que la.
Maçonnerie enseigne aux hommes à devenir indifférents envers la religion et l'état futur. C'est le contraire qui est vrai.

La Franc-Maçonnerie recommande et enseigne la religion et la moralité comme essentielles à sa propre prospérité et au bonheur de ses membres. Elle s'efforce, dans tous ses rites, d'imprégner l'esprit de la confrérie de ces profonds devoirs. Elle travaille à rendre ses membres pieux et vertueux ici-bas, afin qu'ils soient heureux dans " l'au-delà." Un Athée ne peut pas être admis, parce qu'il ne pourrait se considérer comme lié par une obligation religieuse.

Les hommes immoraux sont rejetés par nos règlements, parce qu'ils vivent en défiance des lois et commandements de Dieu; et que les individus, ou les sociétés composées de tels individus, ne peuvent servir le bonheur de leurs semblables, ni recevoir les bénédictions du ciel sur aucun de leurs actes.


Toutefois, la Franc-Maçonnerie n'enquête pas sur quelles religions particulières ou quelles dénominations ses membres appartiennent. Cela est une question qu'il est sage de laisser à Dieu et à eux-mêmes. " Devant leur propre maître ils se dressent ou tombent." La bienveillance universelle est la plus grande aspiration morale. Elle constitue l'étoile polaire de la Maçonnerie. Les influences sectaires et les disputes sont susceptibles de réduire cette gaie sympathie pour tout le genre humain, laquelle est le dessein que notre Ordre cultive et sert.

Les disputes religieuses, et non la Religion, sont bannies de nos Loges. Chaque Franc-Maçon doit adorer Dieu de la manière et sous la forme que consciemment il croit être la plus acceptable aux yeux de Dieu, et la plus conforme à Sa parole. En somme, la moralité et les devoirs religieux du Maçon sont contenus dans ce commandement : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et tes voisins comme toi-même."

 

 

 

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Bibliographies maçonniques

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans bibliographie


Biographies

BRAULT E., Le mystère du Chevalier Ramsay, Paris, Prisme, 1973.

CHEREL A., Un aventurier religieux au XVIIIe siècle. André-Michel Ramsay, Paris, Librairie Académique Perrin, 1926.

GUY R., Goethe franc-maçon, Paris, ABI, 1974.

PINAUD P.-F., Cambacérès, le premier surveillant de la franc-maçonnerie impériale, coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

PORSET Ch., Voltaire franc-maçon, La Rochelle, Rumeur des Ages, 1995.

PORSET Ch., Mirabeau franc-maçon, La Rochelle, Rumeur des Ages, 1996.


Dictionnaires, encyclopédies

LENNHOF E., POSNER O., Internationales Freimaurereilexicon, Amalthea Verlag, Zurich, 1932.

CARPENTIER ALTING A.S., Woordenboek voor Vrijmetselaren, Haarlem, F. Bohn, 1884.

COIL H.W., Coil's Masonic Encyclopedia, New York, Macoy Publishing and Masonic Supply Company, 1961.

GAUDART DE SOULAGES M., LAMANT H., Dictionnaire des francs-maçons français, Paris, Albatros, 1980.

LHOMME J., MAISONDIEU E., TOMASO J., Dictionnaire thématique de la franc-maçonnerie, Monaco, Le Rocher, 1993.

LIGOU D. (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris, Presses Universitaires de France, 1987.

MACKEY A.G., HUGHAN W.J., HAWKINS E.L., An Encyclopaedia of Freemasonry and its kindred sciences comprising the whole range of arts, sciences and literature as connected with the institution, New York-Londres, The Masonic History Company, 2 tomes, 1913.

MELLOR A., Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Paris, Belfond, 1979.

SAINT-GALL M., Dictionnaire des hébraïsmes dans le Rite Ecossais Ancien et Accepté, Paris, Demeter, 1988.


Esotérisme

FAIVRE A., L'ésotérisme au XVIIIe siècle en France et en Allemagne, Paris, Seghers, 1973.

FAIVRE A., L'ésotérisme (coll. Que sais-je ? , n° 1031), Paris, Presses Universitaires de France, 1992.

GALTIER G., Maçonnerie égyptienne, Rose-Croix et Néo-Chevalerie. Les Fils de Cagliostro, Monaco, Rocher, 1989.

LAURANT J.P. (dir.)., Cahier René Guénon, Paris, L'Herne, 1985.

LE FORESTIER R., La Franc-Maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, Paris-Louvain, Aubier Montaigne-Nauwelaerts, 1970.

ROMAN D., René Guénon et les destins de la franc-maçonnerie, Paris, Editions de l'Oeuvre, 1982.

SIGAUD P.-M. (éd.), René Guénon, Lausanne, L'Age d'Homme, 1984.


Femmes, mixité

BUISINE A., La franc-maçonnerie anglo-saxonne et les femmes, Paris, Trédaniel, 1995.

BACOT J.-P., Les filles du pasteur Anderson. Deux siècles de franc-maçonnerie mixte et féminine en France, Paris, Edimaf, 1988.

BENCHETRIT K., LOUART C., La franc-maçonnerie au féminin, Paris, Belfond, 1994.

BRAULT E., La franc-maçonnerie et l'émancipation des femmes, Paris, Dervy, 1953.

BUISINE A. (dir.), La Grande Loge Féminine de France, Paris, Trédaniel, 1995.

CHARPENTIER DE COYSEVOX N., La franc-maçonnerie mixte et le Droit humain, coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.


Franc-maçonnerie, Églises, religions

BERESNIAK D., Juifs et francs-maçons, Paris, Bibliophane, 1989.

BOUTIN P., La franc-maçonnerie, l'Eglise et la modernité, Paris, Desclée de Brouwer, 1998.

DE THIER H., Eglise catholique et Temple maçonnique. Un autre regard, Paris, Dervy, 1997.

ESPOSITO R.F., Santi e massoni al servizio dell'uomo. Vite parallele, Foggia, Bastogi, 1992.

FERRER BENIMELI J.A., Les archives secrètes du Vatican et de la franc-maçonnerie. Histoire d'une condamnation pontificale, Paris, Dervy-Livres, 1989.

FERRER BENIMELI J.A., CAPRILE G., ALBERTON V., Maçonaria e igreja catolica. Ontem, hoje e amanha, Sao Paulo, Editions Paulines, 1983.

GABUT J-J., Eglise, religions et franc-maçonnerie. Le dossier complet, Clermont-Ferrand, Editions De Borée, 1998.

LEMAIRE J. (éd.), Chrétiens et francs-maçons dialoguent = La Pensée et les Hommes, n° 23, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1993.

ROUSSE-LACORDAIRE J., Rome et les francs-maçons : histoire d'un conflit, Paris, Berg International, 1996.

NEFONTAINE L., Eglise et franc-maçonnerie, Paris, Chalet, 1990.

PISTRE P., Lettre aux catholiques amis des maçons, revue qui paraît trois fois l'an depuis 1989 (7, rue du Docteur Bernardbeig F 31100 Toulouse).

PORSET Ch., REVAUGER C. (dir.), Franc-maçonnerie et religions dans l'Europe des Lumières, Paris, Honoré Champion, 1998.

MOUTTAPA J. (éd.), Bouddhisme et franc-maçonnerie, coll. Question de, n° 101, Paris, Albin Michel, 1995.


Franc-maçonnerie opérative et origines

NEGRIER P., Textes fondateurs de la tradition maçonnique, Paris, Grasset, 1995.

BECHMANN R., Villard de Honnecourt : la pensée technique au XIIIe siècle et sa communication, Paris, Picard, 1991.

STEVENSON D., The first freemasons. Scotland's early lodges and their members, Aberdeen University Press, 1988.

STEVENSON D., The origins of freemasonry. Scotland's century 1590-1710, Cambridge University Press, 1988.

TRISTAN F. (dir.), La franc-maçonnerie : documents fondateurs, Paris, Cahier de l'Herne, 1992, n° 62.

VERVAL G., A la recherche de Jakin et Boaz, Bruxelles, Memo Codec, 1989.


Généralités

VERDUN J., La réalité maçonnique, Paris, Flammarion, 1982.

MOURGUES J., La pensée maçonnique, Paris, Presses Universitaires de France, 1989.

DUPUY R., La foi d'un franc-maçon, Paris, Plon, 1975.

TORT-NOUGUES H., L'idée maçonnique. Essai sur une philosophie de la franc-maçonnerie, Paris, Albin Michel, 1995.

APOSTEL L., Freemasonry. A Philosophical Essay, Bruxelles, Centrum voor de Studie van de Verlichting en van het Vrije Denken - Vrije Universiteit Brussel, 1985.

BARAT M., La conversion du regard, Paris, Albin Michel, 1992.

BERESNIAK D., La franc-maçonnerie, Paris, Grancher, 1988.

GARIBAL G., Etre franc-maçon aujourd'hui, Alleur (Belgique), Marabout, 1994.

HUTIN S., Les Francs-Maçons, Paris, Seuil, 1961.

LIGOU D., La franc-maçonnerie, Paris, Presses Universitaires de France, 1977.

MERCURY F., Le Petit Retz de la franc-maçonnerie, Paris, Retz, 1989.

NAUDON P., La franc-maçonnerie, coll. Que sais-je ?, Paris, Presses Universitaires de France, 1993 (mises à jour régulières).

NEFONTAINE L., La franc-maçonnerie, une fraternité révélée (coll. Découvertes), Paris, Gallimard, 1994.

NEFONTAINE L., La franc-maçonnerie (coll. 50 Mots), Paris, Desclée de Brouwer, 1993.

NEFONTAINE L., La franc-maçonnerie, Paris-Montréal, Cerf-Fides, 1990.

SALICETI C., Humanisme, franc-maçonnerie et spiritualité, Paris, Presses Universitaires de France, 1997.

SAUNIER J., Les Francs-Maçons, Paris, Grasset, 1972.

SIMON P., La franc-maçonnerie, Paris, Flammarion, 1997.

TOURRET F., La Franc-Maçonnerie (coll. Clefs, n° 39), Paris, Seghers, 1975.


Histoires de la franc-maçonnerie (Angleterre)

BUISINE A., La franc-maçonnerie anglo-saxonne, Paris, Trédaniel, 1995.

HAMILL J., The Craft. A history of English Freemasonry, Wellingborough, Crucible, 1986.

REVAUGER C., Le fait maçonnique au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Paris, Edimaf, 1990.


Histoires de la franc-maçonnerie (Belgique)

DE SCHAMPHELEIRE M., Histoire de la franc-maçonnerie belge depuis 1830. Un siècle et demi de Grand Orient de Belgique, 3 tomes, Bruxelles, Grand Orient de Belgique, 1986-1987.

HASQUIN H. (dir.), Visages de la franc-maçonnerie belge du XVIIIe au XXe siècle, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1983.

VAN DEN ABEELE A., Les enfants d'Hiram, Bruxelles, Roularta Books, 1992.


Histoires de la franc-maçonnerie (Espagne)

FERRER BENIMELI J.A., La massoneria in Spagna dalle origini a oggi, Foggia, Bastogi, 1987.

FERRER BENIMELI J.A. (dir.), La masoneria espanola entre Europa y America (= Actes du VI Symposium international d'histoire de la maçonnerie espagnole, 1-3 juillet 1993), Saragosse, Département de l'Education et de la Culture du Gouvernement d'Aragon, 1995.

FERRER BENIMELI J.A. (dir.), La masoneria en la Espana del siglo XX [= Actes du VII Symposium international d'histoire de la maçonnerie espagnole, 17-20 avril 1995], Tolède, Université de Castille-La Mancha, 1996.

MARTIN L.P., La masoneria en Castilla y Leon en el siglo XIX, Salamanque, Editions Députation de Salamanque, 1996.


Histoires de la franc-maçonnerie (France)

PISTRE P., Francs-maçons du Midi. Maçonnerie biterroise et sociabilité urbaine du XVIIIe siècle à nos jours, Perpignan, Mare Nostrum, 1995.

HEADINGS M.J., La franc-maçonnerie sous la IIIe République, Monaco, Rocher, 1998.

HOURTOULLE F.G., Franc-maçonnerie et révolution, Paris, Carrère, 1989.

JUPEAU REQUILLARD F., La Grande Loge Symbolique Ecossaise (1880-1911) ou les avant-gardes maçonniques, Monaco, Rocher, 1999.

FAUCHER J.-A., Histoire de la Grande Loge de France (1738-1980) , Paris, Albatros, 1981.

BORD G., La franc-maçonnerie en France des origines à 1815, Paris, Librairie Nationale, 1908.

CHEVALLIER P., Histoire de la franc-maçonnerie française, 3 tomes, Paris, Fayard, 1974-1975.

COLLAVERI F., La franc-maçonnerie des Bonaparte, Paris, Payot, 1982.

COMBES A., Histoire de la Franc-Maçonnerie au XIXe siècle, tome 1, Monaco, Rocher, 1998.

COMBES A., Histoire de la Franc-Maçonnerie au XIXe siècle, tome 2, Monaco, Rocher, 1999.

COMBES A., Les trois siècles de la franc-maçonnerie française, Paris, Edimaf, 1989.

GAYOT G., La franc-maçonnerie française, textes et pratiques (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Gallimard et Julliard, 1980.

HALEVI R., Les loges maçonniques dans la France d'Ancien Régime, Paris, Armand Colin, 1984.

LANTOINE A., Histoire de la franc-maçonnerie française, 3 tomes, Paris, Nourry, 1925, 1930, 1935.

LIGOU D., La franc-maçonnerie et la Révolution française, Paris, Chiron, 1989.

MELLOR A., La Grande Loge Nationale Française, Paris, Belfond, 1980.

ORVAL J., La Franc-Maçonnerie. Abrégé d'histoire maçonnique générale du XVIIIe siècle à nos jours, Bruxelles, Labor, 1988.

RAGACHE V., Le Grand Orient de France et l'Affaire Dreyfus. Mythes et réalités (1894-1906) , coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

PORSET Ch., Les Philalèthes et les Convents de Paris. Une politique de la folie, Paris, Honoré Champion, 1996.

PORSET Ch., La devise maçonnique "Liberté, Egalité, Fraternité", coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

PORSET Ch., Hiram Sans-Culotte ? Franc-maçonnerie, Lumières et Révolution : trente ans d'études et de recherches, Paris, Honoré Champion, 1998.


Histoires de la franc-maçonnerie (International)

BEAUREPAIRE P.-Y., La République universelle des francs-maçons. De Newton à Metternich, Rennes, Editions Ouest-France, 1999.

BEAUREPAIRE P.-Y., Franc-maçonnerie et cosmopolitisme au siècle des Lumières, coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

GRIFFE M., Histoire de la franc-maçonnerie. Approche d'une chronologie, Cannes, Editions T.S.H., 1995. Remarquable synthèse avec une vue…panoramique. Indispensable.

LEMAIRE J. (éd.), La franc-maçonnerie et l'Europe = La Pensée et les Hommes n° 19, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1992.

MARX J. (éd.), Maçonnerie, maçonneries, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1990.

NAUDON P., Histoire générale de la franc-maçonnerie, Paris, Presses Universitaires de France, 1981.

PORSET Ch. (éd.), Acta Latomorum et Historica. Mélanges offerts à Daniel Ligou, Paris, Honoré Champion, 1998.


Histoires de la franc-maçonnerie (Italie)

MOLA A.A., Storia della Massoneria italiana dalle origini ai nostri giorni, Milan, Bompiani, 1992.


Revues maçonniques

Cahiers Jean Scot Erigène, Paris, Loge de recherche Jean Scot Erigène de la Grande Loge de France.

Bulletin de la Fédération française de l'Ordre mixte international Le Droit Humain, Paris.

Le Maillon, Paris, Editions Detrad, revue interobédientielle.

Le Tracé, Paris, revue de la Grande Loge féminine de France.

Humanisme, Paris, revue des francs-maçons du Grand Orient de France.

Points de Vue Initiatiques, Paris, revue de la Grande Loge de France.

Chroniques d'histoire maçonnique, Paris, revue de l'Institut d'études et de recherches maçonniques (IDERM), Paris, Grand Orient de France (dir. André Combes).

Travaux de la Loge nationale de recherches Villard de Honnecourt, Paris, Grande Loge Nationale Française.

Logos, Bruxelles, revue du Grand Orient de Belgique (bilingue français-néerlandais).

Acta macionica, Bruxelles, Grande Loge Régulière de Belgique.

Renaissance traditionnelle, Paris (excellente revue d'études historiques et symboliques).

Salix, Paris, Grande Loge Nationale Française.

La Chaîne d'Union, revue d'études symboliques et maçonniques du Grand Orient de France.


Symbolisme et rituels

DECHARNEUX B., NEFONTAINE L., Le symbole, Paris, Presses Universitaires de France, 1998.

NEGRIER P., Le Temple et sa symbolique, Paris, Albin Michel, 1997.

ALLEAU R., De la nature des symboles (coll. Symboles), Paris, Flammarion, 1958.

ALLEAU R., La science des symboles. Contribution à l'étude des principes et des méthodes de la symbolique générale (coll. Bibliothèque scientifique), Paris, Payot, 1978.

BACHELARD G., L'eau et les rêves. Essai sur l'imagination de la matière, 1942 ; L'air et les songes. Essai sur l'imagination du mouvement, 1943 ; La terre et les rêveries de la volonté. Essai sur l'imagination des forces, 1948 ; La terre et les rêveries du repos. Essai sur les images de l'intimité, 1948 ; La poétique de l'espace, 1957 ; La poétique de la rêverie, 1960.

BAYARD J.-P., Le symbolisme maçonnique traditionnel, tome 1 : Les loges bleues (coll. Symboles, symbolismes), 3° éd. remaniée et augmentée, Paris, Lauzeray International, 1978. Réédité depuis chez Edimaf, Paris.

BENURAUD A., BRUGNAUX C., Eléments pratiques de formation maçonnique et symbolique, Firminy (France), Les Amis de Tristan Duché, 1993. Il s'agit d'un ensemble de fiches contenues dans un classeur de seize anneaux.

NEFONTAINE L., Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie. Tome 1 : Histoire et historiographie, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1994.

NEFONTAINE L., Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie. Tome 2 : Phénoménologie et herméneutique, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1997.

BERTEAUX R., La symbolique au grade de maître, Paris, Edimaf, 1982 ; La symbolique au grade d'apprenti, Paris, Edimaf, 1986 ; La symbolique au grade de compagnon, Paris, Edimaf, 1986.

BERTEAUX R., Le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Sa symbolique, ses degrés supérieurs (du 15° au 33°), Paris, Edimaf, 1987.

BIEDERMANN H., Encyclopédie des symboles (coll. Encyclopédies d'aujourd'hui), édition française établie sous la direction de Michel CAZENAVE, Paris, Le Livre de Poche, 1996.

CASSIRER E., Philosophie der symbolischen Formen, 3 vol., Berlin, 1923, 1925, 1929 ; trad. française La Philosophie des formes symboliques, 3 vol., Paris, Minuit, 1972.

CHEVALIER J., GHEERBRANT A., Dictionnaire des symboles, éd. revue et augmentée, Paris, Robert Laffont et Jupiter, 1982.

DIERICKX J., La dimension rituelle à propos de la langue des rituels maçonniques, dans Sociétés. Revue des Sciences humaines et sociales, n° 24, Paris, Armand Colin, 1989.

DIERKENS J., L'initiation maçonnique ou l'espoir d'une conjonction entre la spiritualité et la raison, dans The Masonic Paradigm. Emancipation - Initiation = Tijdschrift voor de Studie van de Verlichting en van het Vrije Denken, Bruxelles, V.U.B., 1984, 3-4, p. 415-426.

DURAND G., L'imagination symbolique (coll. Quadrige, 51), Paris, Presses Universitaires de France, 19641, 1984.

ELIADE M., Images et symboles. Essais sur le symbolisme magico-religieux (coll. Tel, 44), Paris, Gallimard, 1952.

ISAMBERT F.-A., Rite et efficacité symbolique. Essai d'anthropologie sociologique (coll. Rites et symboliques), Paris, Cerf, 1979.

JONCHERY A., Puissance du symbolique. Le symbolique dans la philosophie maçonnique, Monaco, Rocher, 1998.

JUNG C.G., L'homme et ses symboles, Paris, Pont-Royal, 1964.

JUNG C.G., Métamorphoses de l'âme et ses symboles. Analyse des podromes d'une schizophrénie, trad. par Y. LE LAY, Genève, Librairie de l'Université Georg et Cie, 1973.

LANGLET P., Des Rites maçonniques. Vécu initiatique et franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 1996.

LERBET G., L'apprenti franc-maçon, coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

NEGRIER P., Les Symboles Maçonniques d'après leurs sources, suivi de la Métaphysique de la Genèse et du Temple de Salomon (coll. Essais et documents, II), Paris, Télètes, 1990.

NEHR J.-Ch., Symbolisme et franc-maçonnerie, Paris, Diffusion Edimaf, 1997.

RICOEUR P., Finitude et culpabilité, t. 2 : La Symbolique du mal, Paris, Aubier-Montaigne, 1960.

SERINGE P., Les symboles dans l'art, dans les religions et dans la vie de tous les jours, Genève, Helios, 1985.

VIERNE S., Rite, roman, initiation, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1973.

WUNENBURGER J.-J., Le sacré (coll. Que sais-je ? , 1912), Paris, Presses Universitaires de France, 1981.

WUNENBURGER J.-J., L'imagination (coll. Que sais-je ? , 649), Paris, Presses Universitaires de France, 1991.

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Les origines de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique "Opéra"

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Tracer un schéma historique de la G.L.T.S. « Opéra » quarante ans après sa
fondation permettra, nous l'espérons, à tous ceux qui portent intérêt au
mouvement maçonnique de mieux cerner la place de chacun dans ce qu'on peut
appeler la galaxie des obédiences.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler d'emblée que le groupe à l'origine de
la création de l'obédience en 1958 n'était constitué, tout au plus, que d'une
trentaine de maçons décidés alors que la G.L.T.S. « Opéra » groupe aujourd'hui
deux mille cinq cents maçons dans cent trente-quatre loges.
Hélas, très peu de cette trentaine figurent encore sur les colonnes. L'âge sans
doute mais aussi la camarde ont joué leur rôle dans cet éclaircissement et
quelques uns seulement ont, à un moment ou à un autre, pour des raisons d'eux
seuls connues, pris leurs distances. Ce qui permet d'affirmer, tous comptes
faits, que nous sommes à présent devant un constat de réussite.

Sans vouloir attrister d'entrée de jeu notre propos avec une chronique
nécrologique, nous voudrions pourtant évoquer deux des noms les plus marquants
de cette épopée. Le premier, qui a quitté ce bas monde en 1965, est Pierre de
Ribaucourt dont le nom est étroitement lié à cette obédience comme un maillon
incontournable de la chaîne qui la relie, à travers les siècles, aux origines
mêmes de la maçonnerie. Le second, également disparu, est Abel Hermand. Il fut,
quant à lui, le lien ténu avec ce qu'il est convenu d'appeler l'Ordre Intérieur
du Régime Écossais Rectifié. Deux figures inoubliables pour un hommage des plus
mérités.

Très jeune organisation, disions-nous. Oui, car la création d'une obédience sous
le nom de « Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies
Françaises » ne date que de 1913. Mais elle est le point de départ de ce qui
allait devenir la G.L.N.F. dans l'immédiat après-guerre, puis G.L.N.F. Bineau
après la scission de 1958 (voir plus loin).
Mais pourquoi donc, une fois séparés de Bineau, avoir conservé le titre de G. L.
N. F. ? Tout simplement parce que les dissidents se considéraient comme seuls
héritiers et dépositaires de l'esprit français qui avait prévalu lors de la
création de l'obédience en 1913. Les deux descendants directs de son créateur
Édouard de Ribaucourt, Pierre le fils et Édouard le petit-fils, étaient parmi le
plus actifs de la cause.
Et pourquoi Opéra ? Tout simplement encore, parce que l'un deux pouvait disposer
de locaux à l'adresse du « cercle Républicain », au numéro 5 de l'avenue de
l'Opéra, à Paris, et qu'une adresse officielle était indispensable pour le dépôt
en préfecture de la demande de création d'une association nouvelle. La «
G.L.N.F. Opéra » allait en naître.

Revenons à la création de 1913. Elle était elle-même l'aboutissement d'une
longue marche, jalonnée de ces multiples péripéties dont toute l'histoire de la
maçonnerie, trop humaine en ce sens, est largement émaillée. On y trouve tout et
son contraire pour peu qu'on la regarde dans les détails, mais elle est aussi,
si on l'observe du point de vue de Sirius, un sillon comme celui que savait en
son temps tracer le laboureur et son solide attelage de boeufs.

Documents rares, souvent incomplets, parfois contradictoires et truffés de
langage particulier, cryptés, truqués et tendancieux. Il n'est pas facile de s'y
retrouver et l'historien y rencontre bien des embûches. On peut s'en consoler
car l'essentiel a sans douté été mis ainsi à l'abri du regard des profanes,
l'allégorie seule se chargeant du message confié au langage des symboles.
La loge connue sous le nom de « Centre des Amis » et qui porte le numéro 1 de la
G.L.T.S. « Opéra » est chargée d'une histoire qui est celle de l'obédience tout
entière. Elle peut être aussi considérée comme un vecteur privilégié du Régime
Écossais Rectifié de son origine à nos jours.

La destruction, en 1314, de l'Ordre du Temple est un fait historique. Si la
transmission de son message par des chevaliers mandatés reste discutable, le
fait que, ayant accueilli ces fuyards, Robert Bruce, roi d'Écosse, créa en son
royaume l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Écosse n'est pas discutable. Que
lesdits émissaires de Jacques de Molay y aient déposé ledit message reste
également discutable.
Que l'Ordre du Chardon ait survécu ou non aux tragiques fluctuations de
l'histoire d'Écosse et d'Angleterre reste discutable, mais que Jacques II,
chassé par son gendre, se soit établi au château de Saint-Germain-en-Laye en
1688 ne peut être contesté.
Non plus le fait qu'il y ait institué une loge bleue sur laquelle fut souché
un chapitre de Maîtres Écossais de Saint-André.

Comment de là la Tradition se développe en France, passe en Thuringe puis en
Allemagne, et par quels princes et gentilshommes, quels mariages, quelles
relations amicales ou militaires, encore des points discutables. Mais, à partir
de là, les ouvrages ne font pas défaut et chacun, selon sa sensibilité, peut s'y
référer.
La publication vers 1735 du fameux « Discours de Michel de Ramsay » tend à
établir sur des bases historiques les origines chevaleresques de ce qu'on
appelle alors l'Art Royal. Il contribue à répandre l'Écossisme au sein des
nombreux ateliers qui, depuis Saint-Germain-en-Laye et en quelques trente-sept
ans, ont proliféré dans toute la France. Prolifération des ateliers mais aussi
prolifération parallèle de hauts grades plus ou moins fantaisistes. La plus
grande confusion règne en Europe comme en France dans ce développement quasi
anarchique.

Séjournant à Paris en 1745, le baron de Hund qui se dit dépositaire de lumières
initiatiques d'origine templiéres, pompées soit dit en passant auprès des
mahométans de Jérusalem, les transmet à des ateliers supérieurs. C'est à partir
de 1756 que ce régime prend une grande extension à travers toute l'Europe, miné
pourtant en bien des points par des influences extérieures, cléricales ou
autres.

Et c'est en 1763 qu'un convent est réuni à Aldenberg en Thuringe et que se
trouve codifié la « Stricte Observance Templière ».
Un nouveau convent doit pourtant se réunir neuf ans plus tard, en 1772, à Kohlo,
convent au cours duquel le duc Ferdinand de Brunswick est élu grand maître de la
« Stricte Observance Templière ». Un autre de 1775, à Brunswick, un encore en
1778, à Wolfenbütel, et un à Dresde. Autant de débats et de confrontations au
cours desquels se façonne un nouveau régime au sein duquel semble s'être
dissoute la « Stricte Observance ».
Sans oublier le mémorable Convent des Gaules, à Lyon en décembre 1778, dont
l'importance capitale sur les destinées de l'Ordre n'est plus à démontrer ni le
rôle prépondérant du mystique Jean-Baptiste Willermoz, confluent des deux
courants spirituels du martinisme et du martinézisme. Là furent élaborés deux
documents d'importance capitale dont « le code maçonnique des Loges réunies et
rectifiées en France .» pour les loges bleues.
Là également furent abandonnées définitivement les prétentions à l'héritage
politique et séculier des Templiers et, en place, confirmée la tradition
templière ; bâtir le Temple mystique. Abandon et confirmation desquels est, en
partie au moins, née et adoptée la mention de Rectifié attribuée depuis au
régime écossais auquel nous nous référons. Son retentissement fut tel que le duc
de Brunswick décida d'en faire bénéficier l'ensemble de la maçonnerie dans toute
l'Europe continentale, décision à l'origine de la convocation du Convent de
Wilhemsbad ouvert le 20 juillet 1782.

Mais où est donc le « Centre des Amis » dans tout cela? Patience, nous y venons,
nous nous attardons seulement un peu et cette longue marche, qui n'est pourtant
qu'un raccourci bien succinct, n'a pour objet que de situer le « Centre des Amis
» avec les lointaines origines de la maçonnerie évoquées plus haut. Ce lien est
bien antérieur à la création en 1913 de la « Grande Loge Indépendante et
Régulière pour la France et les Colonies Françaises ».
Ce lien qu'on commence peut-être à percevoir passe encore par un chemin parsemé
de nombreuses embûches. La moindre n'est sans doute pas la Révolution Française
qui stoppa momentanément le fabuleux essor de la maçonnerie en général pour,
peutêtre, lui en donner un plus grand encore à la fin des troubles. Nous savons
qu'un « Grand-Orient » était en place avec une assise considérable avant même le
Convent des Gaules. Il coiffait en particulier des loges militaires réunissant
de nombreux gardes suisses dont on sait aussi la place qu'ils occupaient sous
l'Ancien Régime.

L'une d'elles, qui reçut sa patente constitutive à l'Orient des Gardes Suisses,
le 24 juillet 1778, sous le titre distinctif de « Guillaume Tell », fut
confirmée par un acte du « Grand-Orient » du 10 avril 1789. La plupart de ses
membres disparurent tragiquement le 10 août 1792, littéralement massacrés lors
de l'assaut des Tuileries. Ils reposent en paix sous les pelouses de la chapelle expiatoire du square Louis
XVI à Paris.
Leurs frères français survivants ne voulurent pas les oublier et sollicitèrent
du « Grand-Orient » l'autorisation de se réunir sous un autre titre distinctif.
C'est alors qu'apparaît le nom de « Centre des Amis ». Une loge qui va se réunir
dès lors contre vents et marées, travaillant au début au Rite Français. Mais le
24 octobre 1807, elle demande à adopter le « Régime Écossais Rectifié de Dresde
», comme on le nommait parfois à l'époque.
La guerre cependant a déchiré et déchire encore l'Europe entière et la
maçonnerie n'échappe pas à la tourmente ; elle s'en trouve même passablement
ébranlée. Willermoz, qui a de justesse échappé au massacre en 1793, n'a pourtant
pas désarmé et certains suggèrent qu'il pourrait bien être celui (il a presque
quatre-vingt quinze ans à l'époque) qui aspira les responsables du « Centre des
Amis » vers ce ralliement. Une lettre du 10 septembre 1810 semblerait en
apporter la preuve. Il y déclare, s'adressant au prince de Hesse-Cassel :
« ... je viens te parler d'un établissement maçonnique formé à Paris en 1808 et
que j'ai ensuite constitué de même en Préfecture provisoire. Il y prospère sous
le titre de loge du Centre des Amis ; c'est une pépinière qui nous a déjà rendu
de grands services. Car, c'est par les soins des principaux membres de cette
Loge qui furent alors députés auprès de moi à Lyon pour obtenir et copier les
rituels, instructions et documents de tous les grades du Régime, que nous devons
l'honneur et l'avantage inappréciable d'avoir maintenant un protecteur, un Chef
et un GrandMaître National du Régime Rectifié en France, dans la personne du
Sérénissime Frère de Cambacérès, Prince, etc. Qui était déjà depuis quelques
années Grand-Maître des loges du Rite Français, dirigées par le Grand-Orient de
France. »
Le Grand-Orient a dit oui et désormais le « Centre des Amis » ne quittera plus
le Régime Écossais Rectifié. De 1808 à 1814, ses travaux sont conduits dans son
plus pur esprit. Mais la chute de l'Empire porte à l'institution un coup si
sévère qu'on peut craindre un moment la disparition en France de la loge et du
régime.
La dispersion des ses archives est confirmée par un document daté de 1837 qui
nous révèle également que, comme d'aucuns s'y rendent aujourd'hui pour y puiser
dans leurs coffres les écus plus ou moins honnêtement dissimulés, trois vieux
membres du « Centre des Amis » se tournent alors vers Genève pour y solliciter
des Corps supérieurs de la franc-maçonnerie helvétique leur aide pour le
rétablissement du Prieuré de Neustrie.

Cette aide acquise, le trois frères se mettent à l'oeuvre en 1839, mais, hélas,
pour peu de temps ; ils se mettent en sommeil deux ans plus tard, confiant cette
fois archives et rituels à la Préfecture de Genève.
S'ouvre alors une triste période de calomnies et de persécutions de la part de
l'Église romaine qui conduit, par réaction la maçonnerie à un matérialisme
ostentatoire dont on souffre encore de nos jours. Une résolution est votée au
Convent du « Grand-Orient de France », en 1877, qui « décide ne plus faire de la
croyance au Grand Architecte de l'Univers un article de foi maçonnique ». La
formule est rayée des documents de l'Ordre et entraîne dès lors une rupture des
relations avec les puissances maçonniques du reste du monde.

C'est finalement, après une mort apparente de soixante-dix ans, que le « Centre
des Amis » renaît en 1910, tel le phénix, sous l'impulsion d'un certain nombre
de membres du « Grand Prieuré d'Helvétie », En 1911, un accord est signé entre
le Grand-Orient et le Grand Directoire de Genève : le Grand-Orient autorise à
nouveau le « Centre des Amis » à travailler avec les anciens rituels, Le rite
suscite alors un très vif intérêt et la loge prospère rapidement.
Trop, peut-être? Car, après deux ans, l'autorisation d'user de l'exergue « À la
Gloire du Grand Architecte de l'Univers » lui est brutalement retirée. Et la
voilà contrainte à l'exil pour garder son rite dans la pureté originelle.
Et, par ce grand détour, nous voici revenus en 1913 et à la création sous
l'égide du « Centre des Amis », de la « Grande Loge Indépendante et Régulière
pour la France et les Colonies Françaises », « L'Anglaise », numéro 204, de
Bordeaux et « Saint-George » ne tardent pas à se joindre au « Centre des Amis ».
Serait-ce déjà l'arrivée du cheval de Troie grand-breton qui amènera la
prédominance anglaise et l'inévitable scission de 1958? Nous n'oserions le
prétendre, mais qui sait? Son premier Grand-Maître est Édouard de Ribaucourt,
père de Pierre dont nous avons plus haut évoqué la mémoire.
La première guerre mondiale achevée, l'obédience se développe assez
régulièrement. Nous laisserons pour ce qu'elles furent les chamailleries et
autres vicissitudes qui jalonnèrent ce développement. Là, comme partout, il ne
s'agit que d'hommes et les colliers entravent parfois plus l'homme qu'ils ne le
distinguent. Ce en quoi l'humble devise des Templiers, ceux des Croisades, dont
certains se prétendent dépositaires est bien souvent mise à mal : « Non nobis,
domine... » Vingt-et-un ans à peine et vient une autre guerre. S'ouvre alors une
période au cours de laquelle il vaudra mieux nier son appartenance maçonnique
que de constituer des archives. La tête sur le billot n'était pas une image de
rhétorique en ces temps troublés. Et six années de sommeil laissent une période
désespérément creuse pour l'Histoire.

Dès la reprise des travaux, au lendemain de la Libération, l'interminable titre
de 1913 est ramené à « Grande Loge Nationale Française », point !
La machine tourne avec un ronron de moulin. Les loges sont nombreuses et les
admissions vont bon train. La règle veut qu'un convent soit réuni chaque année.
Celui de 1958 s'ouvre le 22 février. Et là, nous quittons l'histoire pour
l'anecdote, mais une anecdote qui va ouvrir une histoire. L'histoire de la «
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra », On ne sait trop pourquoi mais
l'atmosphère est un peu tendue en de début de convent, à tel point que la parole
est sèchement refusée à plusieurs délégués de loges dès l'examen du rapport
financier. Un projet de modification du règlement général avait été
régulièrement déposé et devait venir à l'examen mais il semble que tout eut été
fait pour que les délégués de loges ne fussent pas informés suffisamment tôt
pour en connaître l'exacte teneur et le but poursuivi.

L'incident était devenu inévitable et, après moultes péripéties peu glorieuses,
une rupture intervint et certaines loges quittèrent l'obédience.
S'ouvre alors une période faste, l'air vif s'engouffre. « La France », loge
tombée en sommeil depuis l'entre deux guerres, va être réveillée par d'aussi
illustres frères que Robert Ambelain, Philippe Encausse, Pierre Mariel, Irénée
Séguret et quelques autres.
Les réceptions se succèdent. La rigueur est pourtant de règle et tout écart dans
le déroulement des cérémonies est relevé et rapidement corrigé si nécessaire.
Cinq ans plus tard, l'obédience est partout reconnue et reçue.
Quinze loges, dont sept à Paris, une à Saint-Germain-en-Laye, une à Dunkerque,
trois à Lille, une à Lyon, une à Nancy, une à Strasbourg et même une à
Léopoldville (qui n'est pas encore Kinshasa) figurent à la matricule.
Recueillis des mains d'un illustre frère très âgé qui les détient depuis 1935,
des documents incontestables permettent le réveil de l'Ordre Intérieur[2]. Ceci
va enfin permettre à ce cher vieux « Régime Écossais Rectifié » de reconstituer
son maillage et de s'épanouir comme peut-être il n'avait encore jamais réussi à
le faire depuis le convent créateur de 1782.
La « G.L.T.S. Opéra », nouveau nom de la « G.L.N.F.-Opéra » compte actuellement
cent trente-quatre loges (dont un certain nombre hors frontières) et deux mille
cinq cents membres.
Ce qui est modeste par rapport à d'autres obédiences mieux implantées et plus
bruyantes. Cependant doit-on se lamenter sur une si modeste place et un certain
manque de puissance? Le pouvoir dans la cité ne fait vraiment pas ou, en tout
cas, ne devrait pas faire partie de la recherche du maçon. La pureté du message
reçu demeure ou devrait demeurer son unique préoccupation et nous pouvons très
bien nous contenter de le transmettre comme nous l'avons reçu en nous remémorant
simplement l'adage qu'aimait à citer Édouard de Ribaucourt] :

" C'est la seule richesse qui s'accroît quand on la partage ".

Passer en quarante ans de trente-cinq membres à deux mille cinq cents peut
sembler à certains une performance modeste ; soit, peut-être, mais c'est
qu'alors nombre de feuilles mal accrochées se sont détachées au fil des ans. Ce
qui n'a pourtant pas empêché l'arbre de fortifier sa ramure, le Régime Écossais
Rectifié est solidement assis au sein de la Fédération Opéra dont il reste le
pilier central.
J'aimerais conclure en vous livrant une forte pensée : elle n'a pas grand chose
à voir avec le sujet de cet article, elle n'est, hélas !, pas de moi. J'en
ignore même l'auteur, amis elle mérite attention et chacun pourra la méditer à
loisir.

DES CENT TREIZE  il y a ceux qui font quelque chose
il y a ceux qui ne font rien
il y a ceux qui croient faire quelque chose il y en a trois qui font quelque chose
il y en a dix qui font des conférences sur ce que font les trois
il y en a cent qui font des conférences sur ce que disent les dix
il arrive que l'un des cent dix vienne expliquer la manière de faire à l'un des
trois alors, l'un des trois intérieurement s'exaspère et extérieurement sourit.
Mais il se tait, car il n'a pas l'habitude de la parole ;
d'ailleurs, il a quelque chose à faire.

André GAYET

commentaires

Masonry dissected : Pritchard 1730

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations


Détail de ce qui s'exige pour la Réception d'un Apprenti parmi les Francs-Maçons, par Demandes & Réponses


D. D'où venez-vous ?

R. Du Collège ou Société de saint Jean.

D. Qu'est-ce que l'on vous a commandé ?

R. Les bien Nobles Confrères & Co-Membres du Collège de saint Jean m'ont ordonné de vous saluer cordialement trois fois.

D. Que voulez vous faire ici ?

R. Je ne prétend pas suivre ma propre volonté, mais plutôt contraindre mes désirs, en observant les Préceptes des Maçons & de faire journellement des progrès en cette profession.

D. Etes-vous Maçon ?

R. L'on me tient pour tel, étant reçu par les Frères & Membres.

D. Comment peut-on être assuré que vous êtes Maçon ?

R. Par des signes & par des preuves complètes touchant les observations principales de mon entrée.

D. Qu'est ce que c'est des signes ?

R. Tous les angles carrés & rectangles.

D. Quelles sont les preuves ?

R. Des certains jeux de mains fraternels ordonnés.

D. Eclaircissez-moi les points principaux de vôtre entrée ?

R. En me donnant de la lumière touchant le premier chef, je vous éclairerai concernant le second.

D. Ne les publierez-vous point ?

R. Je les cacherai toujours.

D. Qu'est-ce que vous cacherez ?

R. Toutes les choses secrètes & mystérieuses des Maçons, si ce n'est envers un bon & légitime Frère, après avoir dûment interrogé, & accepté dans un bien noble Collège réglé par les Frères & Membres.

D. Où est-ce qu'on vous a fait Maçon ?

R. Dans un Collège complet & réglé.

D. En quoi consiste un Collège complet & réglé ?

R. Il faut sept personnes ou davantage.

D. Quelles sont telles ?

R. Un Maître, deux Surveillants, deux Ouvriers, & deux Apprentis acceptés.

D. Combien faut-il pour un petit Collège ?

R. Cinq Personnes.

Quels sont ces cinq ?

R. Ce sont un Maître, deux Surveillants, un Ouvrier, & un Apprenti accepté.

D. Qui est-ce, qui vous introduit dans ce Collège ?

R. Un Apprenti accepté.

D. De quelles circonstances votre introduction fut-elle accompagnée ?

R. Cette entrée se fit ni nu, ni habillé, ni chaussé, ni nu-pieds, sans aucun métal, dans une figure ambulante & non surnaturelle.

D. De quelle manière avez-vous eu accès ?

R. En frappant fortement trois fois.

D. Qui est-ce qui vous a reçu ?

R. Le Second Surveillant.

D. Comment vous a-t-il placé ?

R. Il me conduisit du côté du Nord-Est du Collège, & de là en retournant vers le côté Ouest ; enfin, il me présenta au

Premier Surveillant.

D. Que fit le Premier Surveillant à votre égard ?

R. Il me proposa & m'enseigna, qu'en avançant trois pas, je m'approcherais du Maître du Collège.

D. Que fit le Maître du Collège à votre sujet ?

R. Il me fit Maçon.

D. Avec quelles cérémonies cela se faisait-il ?

R. J'entrai en Office en faisant le serment de Maçon. Voici la posture, où je me tenais, couché sur les genoux, le corps dans un carré touchant par la circonférence la poitrine gauche nue, & mettant la main nue sur la Bible.

D. Avez-vous retenu l'engagement de votre profession ?

R. Je ferai de mon mieux, pour en expliquer le contenu.

« Je proteste & jure en préférence du tout-puissant DIEU, devant cette bien noble Assemblée, que je tairai & cacherai îles Secrets mystérieux des Maçons, ou de la Société des Maçons, dont on voudra me faire la communication; jamais je ne les découvrirai, si ce n'est à quelque véritable & légitime Frère & Membre : De plus, je promets & assure que je ne les publierai point d'une façon non permise, ni par la voie de l'écriture, ni par celle de l'impression, ni par le dessin, ni par sculpture, tant en bois qu'en pierre, en imitant quelque caractère intelligible ou alphabet reconnaissable. Le tout sous le châtiment restrictif, que la Langue me soit tirée de la bouche, & le Cœur de la poitrine gauche que la Tête me soit coupée & toutes ces pièces jetées dans la mer, où pendant les vingt quatre heures il y a deux fois flux & reflux, un peu éloigné du Rivage pour y être enterrées & enfoncées sous le sable de la mer, à la façon des mariniers, le Corps réduit en cendres, qui seront jetées au vent afin de ne plus conserver aucun souvenir d'un traiter de Maçon. »

D. De quelle forme est la Chambre du Collège ?

R. C'est un quarré long.

D. De quelle longueur est-elle ?

R. D'est en Ouest

D. De quelle largeur ?

R. Du Nord au sud.

D. De quelle hauteur ?

R. Des pouces, des pieds, des coudées innombrables, aussi haut que le ciel. (chaque coudée, fait deux pieds de Paris)

D. De quelle profondeur ?

R. Jusques au centre de la terre.

D. En quel endroit est placée cette chambre ?

R. Sur un fond sacré, soit sur la montagne la plus haute, ou dans un vallon le plus profond ou dans quelque autre lieu caché.

D. Quelle est sa situation ?

R. Tout en Est & Ouest.

D. Pourquoi cette assiette ?

R. Pour imiter les Eglises & les Chapelles.

D. Quels sont les fondements de cette Chambre ?

R. Trois grands Piliers.

D. Quels Piliers donc ?

R. Ces trois colonnes ou Piliers sont la Sagesse, le Force, & la Beauté.

D. Quelle est la raison ?

R. La Sagesse pour l'ordonnance, la Force pour soutenir, & la Beauté pour l'ornement.

D. Quel en est le plafond ?

R. C'est un Ciel de Nuées embellies de toute sorte Couleurs.

D. Y a-t-il des meubles ?

R. Vraiment.

D. Quels sont ces ajustements ?

R. Des ouvrages à la mosaïque, une Comète & une pièce garnie d'or.

D. A quel usage sont employés ces effets ?

R. Le pavé de la Chambre est orné d'ouvrages à la Mosaïque, la Comète se trouve au centre, & tout le tour de la Chambre est tapissé d'un brocard d'or.

D. Y a-t-il d'autres Ornements ?

R. La Bible, un Compas, & un Carré.

D. Qui est le Propriétaire de ces pièces ?

R. La Bible appartient à DIEU, le Compas au Maître, & le Carré est destiné à l'Ouvrier.

D. Y a-t-il encore d'autres choses précieuses ?

R. Oui, il y a encore autre chose.

D. Qu'est-ce qu'il y a donc ?

R. Il y a encore six Pièces, trois à toucher & trois non à toucher.

D. Quelles sont les Pièces à toucher ?

R. Une Règle pour tirer des lignes parfaites & droites, le plomb pour examiner la droiture des murailles horizontalement & le cordon pour mesurer le fond perpendiculairement.

D. Quelles sont les trois autres ?

R. Une planche, une pierre brute, & un marteau pointu.

D. A quel usage sont destinés ces matériaux ?

R. La planche sert au Maître pour dessiner des plans, la pierre vient à propos à l'ouvrier pour aiguiser ses Instruments, le Marteau pointu est utile à un Apprenti accepté.

D. Cette Chambre ne manque-t-elle pas de lumière ? Y fait-t-il clair ?

R. Il y a trois clartés.

D. Quelles sont ces trois clartés ?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître Maçon du Collège.

D. Il faut expliquer cela davantage.

R. Le soleil le jour, la Lune la nuit, & le Maître pour gouverner son Collège.

D. Se trouve-t-il des clartés immobiles dans cette chambre du Collège ?

R. Oui

D. Combien en y a-t-il ?

R. L'on y voit trois.

D. Comment sont-elles rangées ?

R. En Est, en Sud & en Ouest.

D. De quelle utilité sont-elles ?

R. Pour éclairer les Ouvriers tant durant le travail que pendant leur repos.

D. Pour quelle raison n'y en a-t-il pas au Nord ?

R. Parce qu'il n'y a pas de rayons du Soleil de ce côté-là.

D. Quelle place occupe votre Maître au Collège ?

R. Il se tient en Est.

D. Pour quelle raison ?

R. Comme le Soleil se lève en Est précédé par l'Aurore, ainsi se place le Maître en Est, appliquant sa main droite sur la poitrine gauche, ayant un Angle rentrant au cou, ce qui a sa signification, c'est pour ouvrir le Collège & distribuer la manoeuvre aux Ouvriers.

D. Où sont placés vos Surveillants ?

R. Ils sont debout en Ouest.

D. Quelle est leur occupation ?

R. Comme le soleil se couche en Ouest pour finir le Jour, ainsi les Surveillants se rangent de ce côté-là attachant leurs Mains droites sur leurs Poitrines gauches, ayant au cou le Plomb d'Espagne & la ficelle pour mesurer ce qui a

sa signification, afin de fermer le Collège après avoir déchargé & payé tous les Travailleurs,

D. Où est que se tient l'Apprenti reçu ?

R. Au sud.

D. Que fait-il ?

R. Il fait attention à tout, dont on veut l'instruire, il fait aussi les honneurs de la Salle, en recevant & complimentant les nouveaux Frères.

D. Où est posté l'Apprenti accepté le plus récemment ?

R. On lui a assigné le Nord.

D. De quoi prend-il soin ?

R. Il veille à écarter les étrangers & les curieux.

D. Quelle est la punition d'un étranger qu’on attrape ?

R. On le place sous une gouttière durant une forte pluie afin que les eaux le pénètrent depuis la tête jusques aux pieds & que ses souliers en soient remplis.

D. Quels sont les Mystères des Maçons ?

R. Des signes, des Preuves & beaucoup de Verbiages.

D. Où gardez-vous ces Mystères ?

R. Dans ma Poitrine gauche.

D. Avez-vous la Clef (laquelle est la Langue) de ces mystères ?

R. Sans doute.

D. En quel lieu est-elle mise en garde ?

R. Dans une boite d'os (qui sont les dents) laquelle ne s'ouvre & ne se ferme qu'avec une clef d'ivoire.

D. Est-elle pendue ou couchée ?

R. Elle est pendue.

D. A quoi est-elle attachée ?

R. A une courroie de six pouces (courroie est l'attache de la Langue) ou à une bouclé, laquelle est la Gorge ou les Lèvres.

D. De quel métal ou minéral est-elle ?

R. Ni de l'un, ni de l'autre, c'est une Langue apologétique laquelle parle mieux à la louage d'un Frère absent qu'en sa présence.

D. Combien y a-t-il d'éléments fondamentaux pour les Maçons ?

R. Il y en a quatre.

D. Comment les nomme-t-on ?

R. Le Point, la Ligne, la surface, & un Corps Compact.

D. Expliquez cela ?

R. Le Point ou le Point central empêche toute erreur du Maître ne faisant la circonférence, la Ligne est une Longueur sans largeur, la Surface est une Longueur avec une largeur, un Corps Compact entoure le tout.

D. Combien y a-t-il de signes capitaux ?

R. J'en connais quatre.

D. Quels sont-il ?

R. Ceux qui concernent la gorge, la Poitrine les mains, & les pieds. Cela demande quelque explication. Le Gosier puisqu'il aide à la prononciation, la Poitrine regarde l'intérieur, la Main sert à toucher les mains & autres choses, le Pied par rapport au marcher.

D. Que vous faut-il apprendre pour devenir Célèbre Maître Maçon ?

R. Le silence, la modestie & un bon entretien.

D. Qu'apprenez-vous pour devenir un Maçon Ouvrier ?

R. J'apprends à colorer, à faire un carré, à polir des pierres inégales, à égaliser la surface, & à tirer une muraille en droiture.

D. Avez-vous vu aujourd'hui le maître de votre Collège ?

R. Je l'ai vu.

D. Quel habillement porte-t-il ?

R. Un habit jaune (qui signifie le Compas de cuivre) & des bas Bleus (qui sont les pointes d'acier du Compas).

D. Combien avez vous servi auprès du maître du Collège ?

R. Depuis le matin du lundi, jusqu’au soir du samedi.

D. Comment avez-vous servi ?

R. Avec de la chaux, des charbons de bois, & une pelle de terre.

D. Quelle signification a cela ?

R. La Liberté, le sérieux, & le Zele.

D. Dites-moi le signe d'un Apprenti accepté.

Le signe & la preuve, en est, d'étendre les quatre doigts de la main droite en frottant doucement la Gorge. Autre preuve, le gros du pouce droit, s'applique sur le premier membre du premier doigt du Frère, qui exige le mot de guet.

D. Donnez-moi le mot de guet ?

R. BOAZ, ou le mot de BOAIEs.

D. Donnez-moi encore un autre mot.

JOACHIM, ou le mot JAKHIN.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Moins de sept ans.

D. Pourquoi fait-il jour ?

R. Afin que l'on puisse voir.

D. Pourquoi fait-il nuit ?

R. C'est pour entendre pendant son silence.

D. Quel vent fait-il ?

R. Tout Est & Ouest.

D. Quel heure est-il ?

R. Il est midi ou minuit.

 

Réception & qualités nécessaires d'un Frère Ouvrier, Sujet à l'Examen.

D. Etes vous Frère-Ouvrier ?

R. C'est ce que je suis.

D. Pourquoi vous a-t-on fait Frère-Ouvrier ?

R. A cause de la lettre G.

D. Que signifie ce G ?

R. C'est la Géométrie ou la cinquième science.

D. Avez-vous voyagé ?

R. J'ai fait voyage en Orient & en Occident.

D. N'avez-vous jamais maçonné ?

R. J'ai maçonné à l'édification du Temple.

D. Où est-ce qu'on vous a payé ?

R. Dans la Chambre intérieure.

D. Comment avez-vous eu entrée dans la Chambre ?

R. En passant au travers d'une antichambre.

D. Au passage de l'Antichambre qu'y avez-vous remarqué ?

R. J'y ai vu deux grandes Colonnes.

D. Comment les appelle-t-on ?

R. J. & B. qui signifie JOACHIM, & BOAZ.

D. De quelles hauteurs sont-elles ?

R. De dix-huit coudées.

D. De combien est leur circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Quels ornements y a-t-il ?

R. Il y a deux Chapiteaux.

D. De quoi sont-ils composés ?

R. Ils sont composés de rets & de pommes de Grenade.

D. Par quel chemin avez-vous pénétré jusqu'à la Chambre intérieure ?

R. J'y ai monté par un escalier dérobé fait en escargot.

D. Combien de degrés a cet escalier ?

R. Il y a sept ou davantage.

D. Pourquoi le nombre sept ou davantage ?

R. Puisque sept ou plus, compose un Collège complet.

D. En entrant par la porte de la Chambre intérieure qu'y avez-vous remarqué ?

R. D'abord un Surveillant se présenta à ma vue.

D. Vous a-t-il questionné ?

R. Il me fit trois demandes.

D. Quelles étaient ces demandes ?

R. Il me demanda un signe, une preuve, & le mot de guet.

D. De quelle hauteur est la porte de la Chambre intérieure ?

R. Elle est aussi haute qu'aucun étranger ne saurait y arriver avec la main pour y ficher un éclat de bois.

D. Etant entré dans la chambre, qu'est-ce qui a frappé le plus votre vue ?

R. J'y vis quelque chose ressemblant à un D....

D. Que signifie ce D...?

R. Il représente une chose plus grande que vous.

D. Qui est donc plus grand que moi qui suis Franc-Maçon accepté & Maître de la société ?

R. Le grand prudent Architecte du rond du monde ou celui qui fut mené sur le haut du Temple.

D. Sauriez-vous répéter la leçon de la lettre D... ?

R. Je tacherai de réussir : au milieu du Temple de Salomon un D... cette lettre se voit & se reconnaît parfaitement, cependant la signification n'en est connue que de peu de monde.

D. Mon Ami parce que vous prétendez appartenir à cette société, rien ne doit vous empêcher de m'expliquer la signification de ce D...

R. C'est par les sciences que plusieurs espèces de corps ont reçu des lumières, dont nous avons l'inspection. Je ne découvrirai toutefois mes pensées, qu'aux hommes.

D. Vous en ferez donc part à des hommes sincères ?

R. D. s'ils méritent cet avantage.

D. Je suis sincère, aussi bien que digne de l'honneur de vous rendre respectable, & je vous ordonne de me faire entendre à l'instant par des paroles & par des signes, si vous me comprenez tant que je vous comprends ?

R. Ce D... renferme mystérieusement le mot de Guet & la cinquième science, ou Géométrie avec un art convenable & une prononciation non affectée.

D. Mon ami votre réponse est juste & je changerai le mot d'ami en celui de Frère, si vous me découvrez les francs fondements comme il faut.

R. Les sciences sont mystérieusement composées par une Architecture admirable ressemblant à un anagramme ; un point, une ligne & un coin externe : cependant un corps compact fait la dernière.

D. Je me félicite de l'heureuse rencontre en Vous saluant amicalement.

R. Et tous les Bien Nobles Frères & Co-Membres d'où je suis venu.

D. Ils vous saluent, saluent saluent triplement de coeur, en vous priant de m'apprendre votre Nom.

R. Je suis un tel... Soyez le bien venu Frère par la Grâce de...

 

Réception & Qualités Requises d'un Maître par l'examen.

D. Etes-vous un Maître Maçon ?

R. Je le suis, éprouvez-moi, interrogez-moi, & si vous le trouvez bon, rejetez-moi.

D. Où était votre Maître précédent ?

R. Dans une société de Maître complète.

D. Combien faut-il pour une société de maître complète ?

R. Elle est composée de trois Maîtres.

D. Par quel moyen êtes-vous parvenu à la Maîtrise ?

R. Par le secours de DIEU, par le quarré & par ma diligence.

D. De quelle façon vous a-t-on déclaré Maître ?

R. A l'aide du Quarré & du Compas.

D. Je pense que vous avez été auparavant Apprenti reçu.

J'ai vu Joachim & Boaz, j'ai été fait Maître avec un Diamant, une pierre inégale & un Quarré, ce qui ne se pratique pas souvent.

D. En vrai Maître Maçon vous savez donc parfaitement la règle de trois, & M. B. ? C’est Mach-Benah qui vous rendra franc, & s'il vous manque quelque chose en l'art de Maçonnerie, on vous l'apprendra dans ce Collège ou Société.

 

J'entends ce métier sans exception, je connais les clefs de tous les Collèges.

D. Vous êtes un Garçon héroïque, d'où venez-vous ?

R. Je viens d'Orient.

D. Où allez-vous ?

R. Je vais en Occident.

D. Qu'allez-vous faire là ?

R. J'y chercherai ce qui a été perdu & enfin retrouvé.

D. Qu'est donc cette chose perdue & retrouvée ?

R. Le mot de Maître Maçon.

D. Par quelle occasion a-t-il été perdu ?

R. Par trois coups furieux ou par la mort de nôtre grand Maître Hiram.

D. Comment a-t-il péri ?

R. Chargé de l'érection du Temple de Salomon en qualité de Maître Maçon, en faisant selon sa coutume la visite des ouvrages à midi, les travailleurs s'étant absentés pour dîner, entré, au Temple trois scélérats qu'on suppose des Frères Ouvriers, se postèrent aux trois portes du Temple, en voulant sortir, il fut arrêté & on lui demanda le Mot d'un Maître, s'excusant qu'il ne l'avait pas reçu d'une pareille façon, recommandant la patience & que dans peu cela se trouverait : sa réponse ne satisfaisant point l'Interrogateur, il lui donna un grand coup, dont il chancela. Il croyait de passer par la seconde porte, mais il y fut régalé de même d'un coup effroyable, après avoir fait une semblable réplique, enfin à la troisième porte, où il se présenta, il fut frappé si durement qu'il mourut.

D. Qu'emploient ces assassins pour le tuer ?

R. Des coups meurtriers, des instruments durs ; & des sentinelles puissantes.

D. Comment en usèrent-ils ensuite ?

R. Ils sortirent le corps mort du Temple par la porte d'Occident & le cachèrent sous un monceau de pierre jusqu'à minuit.

D. En quel temps ce Crime se fit-il ?

R. De nuit pendant que tous le monde reposait.

D. Que firent-ils encore ?

R. Ils le portèrent sur une haute montagne & lui donnèrent une sépulture commune.

D. Quand est-ce que l'on s'aperçu de son absence ?

R. L'on ne s'en aperçut que le septième jour.

D. Quand est-ce qu'il fut retrouvé ?

R. Ce fut quinze jours après.

D. Qui est-ce qui l'a trouvé ?

R. Par ordre du Roi Salomon quinze aimables Frères sortirent par la porte Occidentale du Temple & se rangèrent à droite & à gauche en s’éloignant l'un de l'autre, à une distance convenable qu'ils pouvaient s'entendre. De plus ils étaient convenus qu'en cas le mot de Maître ne se trouva point auprès du corps, le hasard leur en fournirait un autre. Un de ces Frères fatigué en montant la montagne s'assit, & tira avec facilité de la terre quelques branches & s'apercevant que le font y avait été remué fraîchement, il appela les autres Frères, en examinant, ils reconnurent que

ce corps y avait été enterré dans une fosse commune, six pieds vers l'Orient, six pieds vers l'Occident & autant en profondeur ; cette sépulture était couverte de quelque terre légère & un peu de verdure. Surpris d'étonnement ils s'éclatèrent en criant grâce à DIEU, notre Maître a eu une belle maison, ils refermèrent la fosse en y attachant pour tout ornement une branche de Cassia ; puis ils en firent rapport au Roi Salomon.

D. Que commanda ce Roi savant ?

R. Il ordonna de le déterrer & de faire son enterrement avec cérémonie, le corps étant accompagné par quinze Frères Ouvriers avec des gants blancs & de tabliers : ce qui devait encore se pratiquer aujourd'hui parmi les Maçons.

D. De quelle manière Hiram fut-il élevé ?

R. De même que les autres Maçons quand ils l'obtiennent.

D. Comment cela se fait-il ?

R. Par les cinq points de la Confrérie.

D. Quels sont ces points ?

R. 1. Main contre main, 2. pied contre pied, 3 joue contre joue, 4. genou contre genou, 5. & puis la main au dos. Al'élévation de Hiram on le prit à l'extrémité des doits, dont la peau se quitta, ce que l'on nomma le vernis, on appelle poigner le mouvement de la main droite, ou par son extension en pliant le doigt du milieu, & en étendant le premier doigt & le quatrième, en le penchant vers les côtés du pli. Le signe c'est d'appliquer sur la poitrine gauche le pouce droit, en étendant les autres doigts.

D. Comment appelle-t-on un Maître Maçon ?

R. Je m'appelle Cassia & je sors d'un Collège réglé & complet.

D. Où est-ce que l'on a enterré Hiram ?

R. Dans l'intérieur du Temple.

D. Par quelle porte y a-t-il été porté ?

R. Par la porte du Couchant.

D. Quels sont les bijoux d'un Maître ?

R. Les Vestibule, les Fenêtres du toit & la planche carrée.

D. Expliqué moi cela?

R. D. Le Vestibule signifie le Garçon dans l'intérieur, les Fenêtres du toit dénotent les ouvertures ou clartés intérieures, la Planche carrée désigne le fond d'une planche. Rendez-moi la parole des Maîtres ?

R. D. Il lui parla à l'oreille & disait avec l'assistance de cinq de la Confrérie MachBenah c'est à dire un Maître Ouvrier. Quand vous voyez des Maçons-Ouvriers à l'ouvrage & que vous souhaitez de distinguer un Maçon reçu des autres, prenez une pièce de brique & demandez leur quelle odeur si trouve, un Maçon reçu vous répondra sur le champs, qu'elle ne sent ni le cuivre, ni le fer, ni l'acier, mais qu'il porte uniquement l'odeur d'un Maçon. En l'interrogeant sur son âge, il répliquera j'ai passé les sept ans, ce qui est la marque d'un Maître.

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Le Parfait maçon : réception des maîtres

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations


Pour la loge des maîtres, il faut préparer deux toiles : sur la première qui est la seule qu'on présente d'abord à la vue du récipiendaire, est tracée la figure du tabernacle que Moïse fit élever à son retour du Mont Sinaï ; toute la longueur en est divisée en trois parties ; celle du milieu, appelée le sanctuaire, contient l'arche qui servit à déposer les tables de la loi, et dessus de l'arche sont placés deux chérubins avec des ailes; dans la partie basse, du côté du Septentrion, on représente une table, vis-à-vis, du côté du midi, un chandelier à sept branches. A droite et à gauche sont écrits les noms Bezeleel et Eliab qui sont ceux des deux habiles maçons auxquels l'érection du tabernacle fut confiée par Moïse : et dans la troisième partie, qui est celle d'en haut, est représenté Moïse lui-même, remettant l'encensoir à son frère Aaron.


Lorsque tous les arrangements sont faits, le maître signifie par un grand coup, que la loge est ouverte. Alors un des frères quitte sa place et va chercher en dehors le récipiendaire, qu'il amène à la porte de la loge ; il y frappe cette fois-ci trois coups, et le maître répond par le même nombre, qui sert de signal à l'introduction.

Le récipiendaire, étant entré dans la loge, va se prosterner aux pieds du maître qui le fait relever, en lui disant : Frère, ouvrez les yeux et soyez saisi d'un saint respect ; vous voyez devant vous le tabernacle érigé par le grand maître Moïse. Voici l'arche où Dieu se montrait présent par ses oracles ; à droite est la table pour l'oblation des pains, à gauche le chandelier à sept branches qui servait à éclairer le tabernacle ; mais tout ce qui frappe vos yeux n'est qu'une légère esquisse des merveilles que nous vous préparons.

Alors le récipiendaire se prosterne une seconde fois, et le vénérable lui présentant la pointe de son épée sur le cœur, lui fait encore répéter l'obligation, dans les mêmes termes que je l'ai rapporté.

Pendant cet intervalle, on substitue la seconde toile où est dessinée espèce de temple qu'on dit être celui de Salomon; outre le grand portail qui est placé à l'occident, il doit y avoir deux portes plus basses du côté de l'orient, et entre ces deux portes, un escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur pour monter à trente chambres distribuées à l'entour du temple en forme de galeries. Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; dans celle antérieure sont tracés une table, un grand chandelier avec un autel dans le milieu, et au-dessus de l'autel sont marquées les lettres A. et H. L'autre partie, qu'on nomme le sanctuaire, est décorée par la représentation de l'arche d'alliance que deux chérubins semblent couvrir de leurs ailes ; au-dessous de l'arche sont encore marquées un grand A. et une grande S.

Comme on présente ceci au récipiendaire pour le chef-d'œuvre de la maçonnerie, afin de le mettre à portée de ne rien laisser échapper de toutes ses beautés, on fait éteindre le feu de la terrine triangulaire et on y supplée par un grand nombre de bougies allumées qui représentent, dit-on, 10.000 chandeliers que Salomon avait fait faire pour éclairer le temple. Cela fait, le maître prend lui-même la peine de donner l'instruction à peu près ainsi qu'il suit.

Pendant que les Israélites voyageaient dans le désert, comme ils n'avaient encore aucune habitation fixe, Dieu inspira à Moïse d'ériger le tabernacle sur le dessein qu'il lui donna lui-même, afin qu'au moyen de ce temple portatif, ils fussent en état de lui rendre, dans tous les lieux, le culte qui lui était dû.

Moïse, après avoir conduit et gouverné les Israélites pendant quarante années, se sentant près de sa fin, fit assembler tout le peuple au bord du Jourdain, où il lui fit un excellent discours, et lui dicta les lois qu'il devait suivre pour arriver à la terre promise : il annonça, entre autres choses, au peuple, que le tabernacle qu'il avait établi n'était que la figure du temps futur, et que quand ce peuple serait une fois en possession du pays de Chanaam, Dieu choisirait lui-même une ville qui serait nommée la ville sainte, où on lui bâtirait un temple sur le modèle de ce tabernacle.

David, devenu roi des Hébreux environ 400 ans après, établit par inspiration divine son séjour à Jérusalem et résolut d'y bâtir le comme il avait été prédit par Moïse; mais Dieu lui con d'abandonner cette entreprise, parce que ses mains avaient été trop souvent teintes du sang de ses ennemis et lui fit connaître que cet honneur était réservé à Salomon son fils.

En effet, ce grand prince qui avait obtenu de Dieu l'esprit de sagesse, n'eut rien plus à coeur que la construction du temple, mais il ne put le commencer que dans la quatrième année de son règne et il l'acheva dans le cours de sept ans.


Quoique la maçonnerie, depuis Moïse jusqu'à Salomon, eût fait des progrès considérables, elle avait toujours été renfermée dans les deux degrés d'apprentis et compagnons, personne, excepté les chefs, n'ayant osé prendre encore le nom de maître. Ce fut, suivant les maçons Salomon qui. le premier, institua le degré de la maîtrise, ayant conservé aux deux premiers grades les signes anciens dont ils étaient en possession immémoriale, et ayant établi de nouveaux signes en faveur de ceux qu'il élevait au rang supérieur de maîtres.

Les ouvriers que ce roi employa à la construction du temple étaient nombre de 183.200. Savoir, 100.000 manœuvres ou apprentis, 80.000 compagnons et 3.200 maîtres.

Tous étaient subordonnés à deux grands architectes ou inspecteurs généraux qui étaient Adoram et Hiram, les maçons les plus accomplis y eût alors sur la terre.

Ceux-ci rendaient compte à Salomon directement de tout ce qui se passait, donnaient les plans des ouvrages, veillaient à leur exécution. Adoram avait de plus le détail du paiement de tous les ouvriers; et comme il était impossible qu'il les connût tous, il fut convenu que leurs signes et mots serviraient à les distinguer. Par ce moyen, celui qui donnait les mots et les signes du maître en avait la paie; ainsi des autres.

Entre les trente chambres qui entouraient le temple, en forme de galerie, il y en avait une, la plus ornée de toutes, uniquement réservée pour les conférences de Salomon avec Adoram et Hiram, qui se tenaient deux fois chaque semaine; deux autres chambres où était la trésorerie, et c'était à celles-là que les ouvriers se rendaient à différentes heures, et sans tumulte, pour recevoir leur paie; il y en avait aussi deux pour l'habitation des deux grands architectes, qui étaient obligés d'y coucher pour être à portée de veiller aux ouvrages de l'intérieur du temple ; et les vingt chambres de surplus servaient aux maçons à tenir leurs loges toutes les fois qu'il plaisait à leurs maîtres de les assembler régulièrement.*


Les lettres A. et H. marquées au-dessus de l'Autel, sont les initiales des noms d'Adoram et Hiram, grands architectes du temple. Salomon même les y fit graver afin d'immortaliser la mémoire de ces deux grands hommes.

Ici le maître suspend un moment l'instruction pour faire une peinture touchante et pathétique de la ruine de ce superbe édifice par Nabucodonosor, ce qui l'excite ainsi que tous les autres frères à pleurer en quelque sorte sur Jérusalem; mais pour abréger des lamentations inutiles, il ajoute : Pourquoi nous affliger si fort ? Le temple n'est pas détruit, mes frères, puisqu'il existe moralement en chacun de nous. Alors la joie renaît dans l'assemblée, tous les frères s'embrassent, et le vénérable continue l'instruction.

Les maîtres, dit-il, ont trois moyens pour se faire distinguer, savoir un signe pédestral, un double attouchement et deux paroles. Ils ont aussi des questions particulières.

Leur signe se fait en plaçant le pied gauche en avant et le pied droit derrière, en sorte que la pointe du pied droit, touchant au talon du pied gauche forme l'équerre.

Le double attouchement se communique de cette façon-ci. On présente la paume de la main droite horizontalement à celui qui se prétend maître. S'il l'est en effet, il ne manque pas d'y appuyer sur-le-champ sa main gauche à poing fermé, et tout de suite il étend à son tour sa main droite dans une position semblable à celle de l'autre frère qui y répond par le même mouvement du poing, comme s'ils se témoignaient par là, l'un à l'autre, qu'ils se reposent sur leur amitié réciproque comme sur leur plus ferme appui.

Les deux paroles des maîtres sont Adonaï, Schilo. Les frères maçons les prétendent sacrées, et même prophétiques. Pour moi, qui ne voyant tout ceci qu'avec les yeux d'un profane, puis tout au plus atteindre à la signification littérale, je me contente d'observer que, suivant l'explication ordinaire, Adonaï veut dire Seigneur, et Schilo signifie Son fils, ou celui à qui il est réservé.


Finissons par les questions :


- D. Etes-vous maître maçon ?

- R. Mon nom est Harodim.**

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu maître ?

- R. Dans une des vingt-cinq chambres.

- D. De combien était composée votre loge ?

- R. De neuf maîtres députés des 3.200.

- D. Qui est-ce qui y présidait ?

- R. Le grand architecte de l'univers, et après lui le premier d'entre les maçons.

- D. Qu'avez-vous vu lors de votre réception ?

- R. J'ai vu le tabernacle érigé par le grand maître Moïse.

- D. Combien avait-il de parties ?

- R. Trois.

- D. Que signifient ces trois parties ?

- R. Elles sont une figure du monde.

- D. Expliquez- moi cela.

- R. Celle du milieu représente le ciel où Dieu habite ; et les deux autres qui ne sont ouvertes qu'aux sacrificateurs, représentent la terre et la mer

- D. Que représente la table posée dans le tabernacle ?

- R. Elle est une figure de notre âme dont nous devons offrir et rapporter à Dieu toutes les oeuvres.

- D. Que représente le chandelier à sept branches ?

- R. Les septs vertus.

- D. Définissez-moi le tabernacle.

- R. C'était la figure du temps futur et le modèle d'un édifice plus parfait

- D. Quel était cet édifice ?

- R. Le temple de Salomon.

- D. Où a-t-il été bâti ?

- R. Sur la montagne, dans un lieu choisi par David, où était auparavant l'aire d'Oron Jebuseen. - D. Donnez-moi une autre réponse.

- R. Le temple a été bâti dans l'endroit même où Adam, le premier des hommes et des maçons, a été enterré.

- D. Que signifient les lettres A. et H. placées au-dessus de l'Autel ?

- R. Ce sont les noms d'Adoram et Hiram, les deux grands architectes du temple de Salomon.

- D. Où avez-vous reçu votre paie ?

- R. Dans les deux chambres de la galerie.

- D. Quel est le nom d'un maître maçon ?

- R. Harodim ou Menatzchim.

- D. Quel est le nom d'un compagnon ?

- R. Gabelin.

- D. Quel est le nom d'un apprenti ?

- R. Louvet.

- D. Quel est le nom du fils d'un maçon ?

- R. Louveteau.

- D. Qui est-ce qui éclaire votre loge ?

- R. Dix mille et un chandeliers.

- D. Quelle est la plus grande de toutes ces lumières ?

- R. C'est le maître de la loge.

- D. Comment voyage le maître ?

- R. Sur terre et sur mer, de l'orient à l'occident, et du midi au septentrion.

- D. Donnez-moi le signe de maître.

- R. Le voici.

- D. Donnez-moi l'attouchement.

- R. C'est l'ouvrage de deux [sic].

- D. Donnez-moi les paroles de maître.

- R. Adonaï Schilo.

- D. Donnez-m'en l'explication.

- R. Adonaï signifie le Seigneur, Schilo signifie son fils, ou celui à qui il est réservé.

Il me reste à observer que le très vénérable ouvre et ferme toujours ses loges d'apprentis, compagnons et maîtres par quelques-unes des questions propres à chacun de ces degrés, dont la dernière, commune à tous les grades, est toujours celle-ci.

- D. Quel est le devoir d'un maçon ?

- R. Obéir. travailler et se taire.

A quoi le maître ajoute, quand c'est pour ouvrir la loge :

- Obéissons, travaillons et taisons-nous.

Et si c'est pour la fermer, il dit :

- Nous avons obéi, mes frères, nous avons travaillé, taisons-nous.

* Il faut supposer que Salomon ne régla l'ordre et la destination de ces trente chambres, qu'après qu'on eut entièrement achevé le corps, et ce qu'on appelle la grosse maçonnerie du bâtiment.

** Harodim signifie conducteur ou intendant des ouvrages ; c'est le nom qu'on donnait aux 3200 maîtres. Suivant le troisième livre des Rois chap. 5. v.16, ils étaient 3300 et le livre des Chroniques, chap.2., verset 18 fait même monter le nombre à 3600.

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Le Parfait maçon : réception des compagnons

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations


Réception des compagnons


Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.


L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions :


- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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Le Parfait maçon : réception des apprentis

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations

 

Réception des apprentis


Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.


Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes :


- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

 En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.


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Le Sceau rompu : 1745

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations


Catéchisme des Apprentifs.

 

Demande. Quel est le premier soin du Maçon ?

Réponse. C'est de voir si la Loge est couverte.

D. D'ou venez-vous ?

R. De la Loge S. Jean.

D. Quel recommandation nous apportez-vous ?

R. Bon accueil aux Freres et Compagnons de cette Loge.

D. N'apportez-vous rien de plus ?

R. Le Vénérable Maître de la Loge S Jean vous salüe par trois fois trois.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes Freres et Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. A quoi connoîtrai-je que vous etes Maçon ?

R. A mes signes et mes marques, et au point parfait de mon entrée.

D. Quels sont les signes des Maçons ?

R. L'Equierre, le Niveau et la Perpendiculaire.

D. Quelles sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Freres.

D. Donnez-moi le point parfait de entrée.

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je garde ?

R. Je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Les Signes des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

D. Qui compose cette Loge ?

R. 3, 5, et 7 ; sçavoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillans, 2 Compagnons et 2 Apprentifs.

D. Qui la forme ?

R. 5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillans, 1 Compagnons et 1 apprentif.

D. Qui la gouverne ?

R. 3, un Vénérable Maître et 2 Surveillans.

D. Pourquoi vous êtez-vous fait recevoir Maçon ?

R. C'est que j'étois dans les ténèbres et je voulois voir la lumiere .

D. Qui vous a examiné en Loge ?

R. Un Expert.

D. Dans quel état étiez-vous, quand vous avez subi cet examen ?

R. Ni nud ni vêtu, et cependant dans une posture décente.

D. Comment vous y a-t'il introduit ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. 3 Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

D. Qu'avez-vous vû paroître après trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a-t'il fait de vous ?

R. Il m'a fait faire le tour de la Loge par le Septentrion, et m'a remis à l'Occident entre les mains du premier Surveillant.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumiere.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Il m'a fait mettre en bon Maçon les pieds en équierre, et m'a présenté au Vénérable Maître par 3 pas.

D. Qu'est ce que le Maître a fait de vous ?

R. Avec le désir sincere que j'avois et le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

D. Comment vous a-t'il reçu Maçon ?

R. Avec toutes les formalités requises ; j'avois le genoüil droit nud sur l'équiere, la main droite sur la Bible, et de la main gauche un Compas encore en équiere sur la mamelle gauche qui étoit nuë.

D. Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractois un engagement de garder le Secret des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Qu'avez-vous fait quand vous avez entré en Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

D. Qu'avez-vous vû quand vous avez été reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumieres.

D. Que signifient ces trois grandes lumieres ?

R. Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. Pourquoi le Soleil ?

R. Comme le Soleil préside au jour, et la Lune à la nuit : ainsi le Maître gouverne le Loge.

D. Quels sont les devoirs du Maçon ?

R. De fuir le vice et de pratiquer la vertu.

D. Quels sont les secrets des Maçons ?

R. Des paroles, des attouchements et des signes sans nombre.

D. Quel est le principal point de la Maçonnerie ?

R. C'est d'être privé de tous métaux.

D. Pourquoi ?

R. C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on entendit aucun bruit causé par la hache ou d'autresoutils composés d'aucun métail.

D. Comment a-t'on pû élever un si vaste et si solide Edifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

R. Hiram Roi de Tyr envoya à Salomon les cèdres du Liban tous taillés et prêts à poser ; et Salomon en fit faire autant dans les carrieres des pierres dont il avoit besoin pour son Temple.

D. Où étoit située votre Loge ?

R. Dans la vallée de Josaphat ou dans quelqu'endroit caché

D. Quelle forme avoit-elle ?

R. Un quarré long.

D. Quelle longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Quelle largeur ?

R. Des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

D. Qui la couvroit ?

R. Un Dais céleste orné d'Etoiles.

D. Qui la soutenoit ?

R. Trois grands piliers.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour soutenir, et beauté pour orner.

D. Avez-vous des Bijoux ?

R. Oüi, Vénérable ; il sont au nombre de 6, sçavoir 3 mobiles et 3 immobiles.

D. Quels sont vos Bijoux mobiles ?

R. L'Equiere, le Niveau et la Ligne d'aplomb.

D. Et les Bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre cubique à pointe et la Pierre brute.

D. Quel est l'usage des mobiles ?

R. L'Equiere sert à donner la forme, le Niveau à mettre à l'uni, et la Ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur les Bases.

D. Quel est l'usage des immobiles ?

R. La Planche à tracer sert au Maître pour faire ses Plans ; la Pierre cubique à pointe aux Compagnons, et la Pierre brute aux Apprentifs.

D. A qui étoit dédié votre Loge ?

R. A S. Jean.

D. Pourquoi ?

R. C'est que du tems des Guerres Saintes dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réünirent aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem.

D. Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. De deux sortes ; scavoir, les Maçons de Théorie et les Maçons de Pratique.

D. Qu'apprenez-vous en étant Maçon de Théorie ?

R. Une bonne morale ; à épurer nos mœurs et à nous rendre agréables à tout le monde.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

R. C'est l'Ouvrier tailleur de Pierres et qui éleve des perpendiculaires sur leurs bases.

D. Aviez-vous des lumières fixes ?

R. Oui, Vénérable, au nombre de trois, dont une à l'Orient, une à l'Occident, et la troisiéme au midi.

D. Pourquoi point au Septentrion ?

R. C'est que les rayons du Soleil pénétrent foiblement vers cette partie.

D. A quoi servoient-elles ?

R. A éclairer ceux qui venoient à la Loge ; ceux qui y travailloient et ceux qui s'en retournoient.

D. Où se tenoit le Maître ?

R. A l'Orient : parce que le Soleil se leve à l'Orient pour ouvrir la barriere du jour ; le Maître se tient donc au même endroit pour éclairer et gouverner sa Loge, l'ouvrir et mettre les Ouvriers à l'œuvre.

D. Où se tenoient les Compagnons ?

R. Au Midi, pour recevoir l'instruction et faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où se tenoient les Apprentifs ?

R. Au Septentrion pour garder et renforcer la Loge.

D. Où se tenoient les Surveillans ?

R. A l'Occident. Comme le Soleil se couche à l'Occident pour fermer la barriere du jour, les Surveillants se tiennent en cet endroit pour payer les Ouvriers, les renvoyer et fermer la Loge.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Au dessous de sept ans.

D. Quel heure est-il ?

R. Douze heures sonnées.

 

Le Maître

 

Mes Freres, la Loge d'Apprentifs est fermée.

 

Catéchisme des Compagnons.

 

Demande. Etes-vous Compagnon ?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre G ?

R. Géométrie ou la cinquiéme des Sciences.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oüi, Vénérable, dans le Temple de Salomon.

D. Par où y êtes-vous entré ?

R. Par la porte de l'Occident.

D. Quavez-vous remarqué ?

R. Deux grands Piliers.

D. De quelle matiere étoient-ils ?

R. De Bronze.

D. De quelle hauteur ?

R. De dix-huit coudées.

D. Quelle en étoit la circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Et l'épaisseur ?

R. De quatre doigts.

D. Quels étoient leurs ornemens ?

R. Deux Chapiteaux décorés de Lys, avec des pommes de Grenades.

D. Combien y en avoit-il à chaque moulure ?

R. Cent et plus.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oüi, Vénérable, dans la chambre du milieu.

D. Par où y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par 3, 5 et 7.

D. Pourquoi ?

R. C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment, et 7 la rendent juste et parfaite.

D. Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

R. Un Surveillant.

D. Qu'a t-il exigé de vous ?

R. Un signe, un attouchement et une parole.

D. Donnez-moi le signe d'apprentifs. (on fait le signe d'Apprentif).

Donnez l'attouchement au second Surveillant. (on donne l'attouchement).

D. Est-il juste mon Frere, (reprend le Vénérable) (le second Surveillant).

R. Oüi très-Vénérable.

D. Donnez-moi la parole ?

R. Je l'épelerai avec vous ; donnez-moi la premiere lettre, je vous donnerai la seconde

D. I.

R. A.

D. K.

R. J.

D. N.

R. Jakin.

D. Donnez-moi le signe de Compagnon? (on donne le signe).

D. Quand vous fûtes dans la chambre du milieu que vîtes-vous ?

R. Une grande lumiere dans laquelle je crus appercevoir la lettre G.

D. Que signifie la lettre G ?

R. Plus grand que vous, Vénérable.

D. Qui peut-être plus grand que moi qui suis Maçon libre et Maître d'une Loge aussi-bien composée ?

R. Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

D. Comment voyage les Maîtres de votre Ordre ?

R. De l'Occident au Midi, du Midi au Septentrion, et du Septentrion à l'Orient.

D. Quels sont les principaux signes de la Maçonnerie ?

R. ils se réduisent à quatre, le Gutural, le Pectoral ; le Manuel ; et le Pédestre.

D. Que signifient-ils

R. 1°. Le Guttural sert à donner le signe d'Apprentif et à nous faire souvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons le Secret des Maçons et de la Maçonnerie. 2°. Le Pectoral sert à donner le signe de Compagnon, et à marquer que nous le gardons dans le cœur. 3°. Le Manuel sert à donner l'attouchement au Frere. 4°. Le pédestre marque un Maçon exact à mettre ses pieds en équiere.

D. Avez-vous des Ornements ?

R. Oüi Vénérable, trois ; le Pavé Mosaique, l'Etoile flamboyante et la Houpe dentelée.

D. Quel étoit leur usage ?

R. Le Pavé Mosaique couvroit le Temple ; l'Etoile flamboyante étoit au centre, et la Houppe dentelée bornoit les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le cœur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oüi, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clefs d'yvoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne scait dire que du bien en l'abscence comme en la présence des Freres.

D. Avez-vous vû votre Maître aujourd'hui ?

R. Oüi Vénérable.

D. Comment étoit-il habillé ?

R. Or et Azur.

D. Pendant quel tems le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zéle, ferveur et liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence, et la Charité envers ses Freres.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie et l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

 

La fermeture de la Loge de Compagnon, se fait comme à celle d'Apprentifs.

 

Catéchisme des Maîtres.

 

Demande. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très-Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une telle Loge ?

R. Trois ; scavoir, un très-respectable Maître, et deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equiere au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprentif et Compagnon ?

R. Jackin et booz me sont connus.

D. Et la Régle de trois vous est-elle aussi connüe ?

R. Je l'entends, et la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui étoit perdu.

D. Qui est-ce qui étoit perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdüe ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très-respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projeterent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très-respectable Maître fut assassiné ?

R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentifs qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui seroit marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, et la premiere parole qui seroit proférée serviroit à l'avenir pour les Maîtres.

D. Donnez-moi le signe ? (on fait le signe du Maître)

R. Donnez l'attouchement à votre Frere premier Surveillant ? (on donne l'attouchement)

D. Venez me donner la parole à l'oreille ?

R. Macbenac.

D. Que fit-on du corps de notre très-respectable Maître Adoniram ?

R. Salomon pour récompenser son zéle et ses talens le fit inhumer dans le Sanctuaire du Temple.

D. Que fit-il mettre sur son Tombeau ?

R. Une Médaille d'or faite en triangle, où étoit gravé JEHOVA. Qui est le nom de Dieu en Hébreu.

 

Après ces Interrogations, les Freres se donnent la Parole réciproquement, et le premier et second Surveillans la rendent au Maître, et la Loge est fermée.

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Le Grand Mystère des Franc-Maçons découverts : 1724

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Divulgations


Dans lequel se trouvent les diverses Questions qu'on leur pose dans leurs Assemblées et Installations : De même aussi que leur Serment, Santé, Signes et Points pour se reconnaître l'un l'autre. Comme ils ont été trouvés en possession d'un Franc-Maçon qui est mort subitement. Et publiés maintenant pour l'Information du Public.

 

PRÉFACE

Ce document ayant été trouvé en possession d'un Franc-Maçon qui est mort subitement, il a été jugé opportun de le publier mot pour mot, afin que le Public puisse enfin avoir des renseignements exacts sur le Grand Mystère des Francs-Maçons.

Un homme à Louvain annonça qu'il avait, à grand peine, découvert, vaincu et dompté, et qu'il était maintenant prêt à montrer dans sa Baraque pour six sous l'entrée, le Monstre le plus hideux et le plus vorace, le Tourment de toute l'Humanité, spécialement dans l'Adversité.

Les gens se pressèrent de toutes parts pour voir ce monstre : Ils entraient par devant; et, après avoir vu la Créature, sortaient par derrière, où on leur demandait si le Monstre valait la peine d'être vu. Et comme ils avaient, en entrant dans la Baraque, promis de garder le Secret, ils répondaient que c'était une Créature tout à fait extraordinaire... Et l'Homme y trouvait son compte. Mais par hasard, il fut révélé que cette Créature extraordinaire n'était qu'un POU.

 

LES SIGNES DU FRANC-MAÇON

 

Un Guttural

 

Un Pédestre

 

Un Manuel

 

Un Pectoral

 

D. Que la Paix soit ici.

R. J'espère qu'elle y est.

D. Quelle heure est-il ?

R. Ça va sur Six, ou ça va sur Douze.

Q. Avez-vous beaucoup de travail ?

R. Non.

Q. Donnez-vous ou prenez-vous ?

R. Les deux ou ce qu'il vous plaît.

Q. Comment vont les Equerres ?

R. Tout Droit.

Q. Etes-vous Riche ou Pauvre ?

R. Ni l'un ni l'autre.

Q. Changez-moi cela ?

R. Oui.

Q. Au nom de, etc. êtes-vous Maçon ? (in name of, etc. are you Mason ?)

R. Je suis Maçon.

Q. Qu'est-ce qu'un Maçon ?

R. Un Homme engendré d'un Homme, né d'une Femme et Frère d'un Roi.

D. Qu'est-ce qu'un Compagnon ?

R. Le familier d'un Prince.

Q. Comment saurais-je que vous êtes Franc Maçon ?

R. Par les Signes, les Attouchements et les Points de mon Entrée.

Q. Quel est le Point de votre Entrée ?

R. J'entends et je cache sous le châtiment d'avoir la gorge tranchée ou Langue arrachée de la Tête.

Q. Où avez-vous été fait Franc Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

Q. Combien font une Loge ?

R. Dieu et l'Equerre, avec cinq ou sept Maçons droits et parfaits, sur les plus hautes montagnes ou dans les plus profondes vallées du Monde.

Q. Pourquoi les Nombres impairs font-ils une Loge ?

R. Parce que tous les Nombres impairs sont à l'avantage des Hommes.

Q. De quelle Loge êtes-vous ?

R. De la Loge St Jean.

Q. Comment se tient cette Loge ?

R. Plein Est et Ouest, comme se tiennent tous les Temples.

Q. Où est le Point du Maçon ?

R. A la fenêtre de l'Est, attendant le lever du Soleil pour mettre ses Hommes à l'ouvrage.

Q. Où est le point du Surveillant ?

R. A la fenêtre de l'Ouest, attendant le coucher du Soleil pour renvoyer les Apprentis Entrés.

Q. Qui dirige et gouverne la Loge et en est le Maître ?

R. I r a h

ou la Colonne de Droite. (irah pour Ivah ?)

I a c h i n

Q. Comment est-elle gouvernée ?

R. Par l'Equerre et la Règle.

Q. Avez-vous la Clef de la Loge ?

R. Oui, je l'ai.

Q. Quel est son Pouvoir ?

R. Ouvrir et fermer, et fermer et ouvrir.

Q. Où la gardez-vous ?

R. Dans une Boîte d'ivoire, entre ma Langue et mes Dents, ou dans mon Cœur où je garde tous mes Secrets.

Q. Avez-vous une Chaîne à la Clef ?

R. Oui, j'en ai une.

Q. Quelle est sa longueur ?

R. Aussi longue que de ma Langue à mon cœur.

Q. Combien de Bijoux précieux ?

R. Trois; une Pierre d'équerre, un Diamant et une Equerre.

Q. Combien de Lumières ?

R. Trois; une plein Est, Sud et Ouest.

Q. Que représentent-elles ?

R. Les trois Personnes, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

Q. Combien de Colonnes ?

R. Deux : Iachin et Boaz.

Q. Que représentent-elles ?

R. Force et Stabilité de l'Église dans tous les âges.

Q. Combien d'angles y a-t-il dans une Loge de St Jean ?

R. Quatre, ressemblant à des Equerres.

Q. Comment trouve-t-on le Méridien ?

R. Quand le Soleil quitte le Sud et s'enfonce à l'Extrémité Ouest de la Loge.

Q. Dans quelle partie du Temple se tenait la Loge ?

R. Dans le Porche de Salomon à l'extrémité Ouest du Temple, où étaient dressées les deux Colonnes.

Q. Combien de Pas appartiennent-ils à un Maçon Droit ?

R. Trois.

Q. Donnez moi la Solution.

R. Oui, je vais le faire.

Le Très Vénérable, les Vénérables Maîtres et les Vénérables Compagnons de la Très Vénérable Loge d'où je viens vous saluent bien.

R. Que le Salut du Grand Dieu pour nous soit dans notre Assemblée et avec la Très Vénérable Loge d'où vous venez et dont vous êtes.

Q. Donnez-moi le mot de Jérusalem.

R. Giblin.

Q. Donnez-moi le Mot Universel.

R. Boaz.

Q. Droit Frère des nôtres, quel est votre Nom ?

R. M. ou N.

Bienvenue Frère M ou N dans notre Société.

Q. Combien de points particuliers appartiennent-ils à un Franc-Maçon ?

R. Trois : Fraternité, Fidélité, et Discrétion. (tacity)

Q. Que représentent-ils ?

R. L'Amour Fraternel, la Bienfaisance et la Vérité parmi tous les Maçons Droits auxquels tousles Maçons furent consacrés lors de la Construction de la Tour de Babel et du Temple de Jérusalem.

Q. Combien de Points justes ?

R. Cinq ; Pied à Pied, Genou à Genou, Main à Main, Cœur à Cœur et Oreille à Oreille.

Q. D'où vient un Arc ?

R. De l'Architecture.

Q. Combien d'Ordres en Architecture ?

R. Cinq ; le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite

Q. A quoi correspondent-ils ?

R. Ils correspondent à la Base, à la Perpendiculaire, au Diamètre, à la Circonférence et à l'Equerre.

Q. Quel est le Mot droit ou le Point droit d'un Maçon?

R. Adieu. (en français dans le texte)

 

Le Serment du Franc-Maçon

Vous devez servir Dieu au mieux de votre Connaissance et Instruction et être un fidèle Homme Lige du Roi, et aider et assister tout Frère, pour autant que cela est en votre pouvoir ; par le Contenu de cette Ecriture Sainte vous tiendrez ce Serment. Ainsi Dieu vous soit en aide.

 

La Santé d'un Franc-Maçon

A la Santé de notre Société et de tout Frère fidèle qui tient son Serment de Secret. Car nous avons juré de nous aimer les uns les autres. Le Monde ne connaît aucun autre Ordre comme notre Noble et Ancienne Fraternité. Qu'ils cherchent à comprendre le Mystère.

Frère, à ta Santé.

 

Signes Pour reconnaître un véritable Maçon


1. Enlever le Chapeau avec deux doigts et le Pouce.

2. Frapper de la Main droite à l'intérieur du petit doigt de la gauche trois fois comme si l'on taillait la pierre (as if hewing) …

3. En formant l'Équerre, c'est-à-dire en assemblant les talons, les Orteils des deux Pieds écartés à une certaine distance, ou par tout autre Triangle.

4. Se prendre Main à Main, avec les Pouces gauche et droit serrés et se presser au Poignet trois fois avec l'Index sur le Pouls.

5. Vous devez murmurer en disant ainsi : Les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où je viens, vous saluent tous bien. L'autre répondra : Dieu salue bien les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où vous venez.

6. Passez les deux Index sur les Paupières trois fois.

7. Renversez un verre, ou quoique ce soit d'autre de creux, après avoir bu.

8. Demandez comment allez-vous ? et vos Frères boivent à la santé l'un de l'autre.

9. Demandez à quelle Loge ils ont été faits Francs-Maçons.

 

N.B. Dans la troisième (année) du Roi Henry VI un Acte du Parlement fut passé par lequel il était déclaré Félonie d'inciter les MAÇONS à se réunir en Chapitres et Assemblées. La peine est Emprisonnement et Amende et Rançon à la Volonté du Roi.

 

FINIS

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Fondation du Grand Orient de France :1773

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


 1771

                     

-         16 juin 1771 Décès  de Clermont.

-         Dés le lendemain, les FF « schismatiques », c’est à dire bannis en 1766, s ‘adressent au duc de Montmorency-Luxembourg et offrent, par son  intermédiaire la Grande Maîtrise au duc de Chartres.

-         31 juin 1771 : la GL se réunit sous la présidence de Puisieux doyen des VM de Paris. Elle décide la reprise des travaux de la GL. Les FF bannis en 1766, dont le chef est Labady, sont admis en tenue, l’un d’eux, Duret, dit quelques mots sur le décès de Clermont et propose pour lui succéder le duc de Chartres avec Luxembourg comme substitut général.

-         24 juin 1771 : élection du duc de Chartres et du duc de Luxembourg.

 

1° Réintégration des exclus de 1766.

 

-         nomination de nouveaux officiers. Dès août 1771, Labady devient secrétaire au département des provinces et Guillot trésorier. La Chaussée cesse d’être Garde des Sceaux. De nouveaux Statuts sont adoptés.

-        Septembre 1771. La GL décide d’examiner toutes les patentes accordées depuis le schisme, tant par Chaillon de Jonville et La Chaussée que par les « schismatiques ». Création d’une commission d’enquêtes sur la gestion de l’Ordre de 1766 à 1771.

-        17 octobre, Le Roy lit le rapport officiel de réintégration qui annule les décrets de bannissement des 5 avril et 14 août 1766, rapport antidaté au 21 juin 1771..

-        14 octobre 1771. Une circulaire invite les LL à se faire représenter à l’installation du GM

-         27 décembre : La GL nomme ses officiers

 

1772

 

-        29 janvier : La Chaussée rend compte devant une commission nommé par la GL et composée de Martin, Guillot, Le Roy et Labady.

-        5 avril 1772 : Luxembourg obtient l’accord de Chartres, tant pour devenir GM de la GL de F que du régime écossais du Grand Globe Français et du Conseil des Empereurs  d’Occident et d’Orient. (offre faite en août 1771)

-        18 avril 1772 : Installation officielle de Luxembourg. Le même jour, Labady attaque La Chaussée dont les comptes sont déficitaires.

 

2° Fusion du Conseil des Empereurs et de la Grande Loge

 

-         Juillet 1772 : le Conseil, dont le souverain est Luxembourg, installe une commission dont Labady, son Grand-Orateur, Gaillard (remplacé par Carbonnel), le baron de Toussainct, son secrétaire-général, et Lalande, l’astronome. Il ne s’agissait que de reprendre le projet avorté en octobre 1766.

-         De  son côté, la GL nomme comme commissaires Bruneteau, son Grand-Orateur, l’abbé Lucas de Boulainvilliers, Lacan et Daubertin (deux « bannis » de 1766)

-        9 août 1772 : fusion des deux corps en une « Souveraine  et Très Respectable Grande Loge de France ». Nomination d’une commission, faite des huit membres précités, ayant pour tâche de réformer l’administration de la GL, de réorganiser les HG et d’élaborer des statuts nouveaux.

-        4 et 12 septembre : circulaires annonçant l’installation future du duc de Chartres.

-        17 septembre 1772 : circulaire annonçant la fusion.

 

3° Dissolution de la Grande Loge de France et création de la Grande-Loge nationale.

 

-        La commission des huit travailla de fin 1772 à début 1773, souvent sous la présidence de Luxembourg.

-        2 octobre : La Chaussée est condamné sur la plainte de Labady.

-        16 et 17 novembre 1772, nouvelles circulaires annonçant l’installation prochaine du GM mais le 7 novembre , une lettre du comte de Saint-Florentin, secrétaire d’Etat, annonçait au duc de Luxembourg que cette installation ne pouvait avoir lieu en raison de l’opposition de Louis XV, Chartres étant en disgrâce en raison de son soutien aux parlements. Les FF de province qui avaient fait le déplacement rentrèrent chez eux après avoir donné procuration aux FF de Paris. Labady avait 27 procurations !

 

1773

 

-        Début 1773, Luxembourg reçoit des huit commissaires le projet de nouveaux statuts et règlements. Il accepte la réforme le 12 février 1773, projet dont il sait qu’il sera rejeté par les M de Paris parce qu’il prévoit la suppression de la Maîtrise à vie. Les M de L parisiens reprochent à la commission de s’être instaurée en Conseil de l’Ordre, de vouloir détruire le régime ancien de la maç et de n’avoir pas tenu la réunion du 27 décembre 1772.

-        Le 5 mars, il convoque les délégués des L de province. Les membres présents, avec les huit commissaires de la GL, se constituent en Grande –Loge-Nationale, chez Breton[1], rue Saint-Antoine. Luxembourg est absent. Carbonnel préside et reçoit les soixante-un présents[2]. Ayant entendu le baron de Toussainct, les FF provinciaux s’étonnent que l’assemblée n’ait pas élu de bureau, que les commissaires s’intitulent « Conseil de l’ordre » et estiment représenter les FF de Paris. Effectivement, les commissaires semblent avoir trompé les délégués en se présentant comme les mandataires  des LL de Paris  mais aggravent leur cas en s’installant aux offices en tentant de faire voter leur projet dans la précipitation. Seuls les deux premiers articles sont adoptés.

-        8 mars, les provinciaux se réunissent, en présence de Lalande et Toussainct, vérifient leurs pouvoirs et élisent leurs officiers, dont Guillotin comme secrétaire. L’abbé Rozier propose d’élire un Grand-Maître et un Administrateur Général. Chartres et Luxembourg sont élus. Luxembourg, quoique absent, accepte et considère cette tenue comme la deuxième de la GL-Nationale..

-        Le 9 mars, doublement élu par Paris (24  juin 1771) et la Province (8 mars 1773), Luxembourg préside la GL-Nationale (3° réunion) chez Buzançois, rue Saint-Dominique.. Il proclame la GL-Nationale « Souveraine » tandis que les FF adoptent les principes des statuts et élisent une commission de neuf membres, six provinciaux et trois parisiens (aucun des bannis de 1766 n’en fait partie), pour les parfaire. Une autre commission dont fait partie Guillotin, est désignée pour juger du Mémoire justificatif … de la Chaussée.

-        L’opposition se fait jour. Il y avait à Paris 111 M de L qui pouvaient participer à la Grande Loge. Ils ne peuvent accepter l’appellation nouvelle, en premier lieu l’architecte Puisieux, président de la Grande Loge, Bourgeois, secrétaire de Paris  et le Garde de Sceaux Duret.. Début avril, Bourgeois établit une liste de 104 M de L parisiens composant « l’Orient de France » (manquent 7 noms favorables à Luxembourg) (Chiffres de Chevallier)

-        14 mars 1773, 68 M de L parisiens se réunissent, sur convocation de Bourgeois, dénoncent les agissements de la Commission des Huit, lui dénient le droit de s’appeler « Conseil de l’Ordre » et de se dire « représentants de Paris », décident de remettre sur le métier les Statuts, de « régulariser »la nomination du GM et de son administrateur. En bref, de rendre à Paris ses prérogatives. Ils nomment 14 députés pour les représenter.

-        Ces 14 députés se réunissent en loge sous la direction de Méry d’Arcy et demandent à Luxembourg d’être réunis aux neuf commissaires nommés le 9 mars. Luxembourg refuse.

-        3 avril, Les M de Paris demandent à s’unir aux députés de province et de travailler avec eux au rétablissement de l’Ordre

-         Le 7 avril 1773, se réunit la 4° séance de la GL-Nationale à l’hôtel de Chaulnes, boulevard de la Porte Saint-Michel. Buzançois préside en présence de Luxembourg.. L’abbé Rozier dépose les pièces de l’assemblée du 14 mars. Les députés des Loges de Paris sont admis et écoutent le discours que le F. Leroy prononce en leur nom. Ils demandent leur place dans l’assemblée « avec les mêmes rangs, titre, droits et prérogatives que les députés de province » afin de former avec eux un même corps, la Grande Loge Nationale de France. Le même jour, Luxembourg nomme le baron de Toussainct secrétaire Général.

-         14 avril, Hôtel de Chaulnes, 5° séance de la GLN. Buzançois préside, Luxembourg présent. 34 M de L parisiens de plus se soumettent, soit 92 sur 111. 77 convoqués.

-         17 avril : 6° assemblée qui ratifie une partie des statuts.(Buzançois préside, Luxembourg présent)

-         22  avril : 7° assemblée. les 27 officiers du GODF seront élus mais Luxembourg, excusé, désignera les premiers.

-         24 mai : 8° assemblée Buzançois préside, Luxembourg présent. Savalette de Langes, Véné des Amis Réunis (Paris) remet une requête de Chaillon de Jonville. Il accepte la composition du GODF, aux nominations de Chartes et de Luxembourg et demande l’honorariat. Le même jour l’article premier des statuts est accepté

-          Le Grand-Orient sera composé de la Grande-Loge et de tous les vénérables  en exercice, ou députés des Loges, tant de Paris que des provinces ….Le GODF ne reconnaîtra désormais pour vénérable de Loge, que le maître élevé à cette dignité par le choix libre des membres de la Loge 

 

4° Fondation du Grand Orient de France.

 

-         28 mai  9° assemblée. Carbonnel préside. Luxembourg, absent, fait nommer Paul de Beauvilliers, comte de Buzançois, Grand-Conservateur de l’Ordre. Il fait connaître les Grands-Officiers d’Honneur, tous de sa Loge sauf trois (Bacon de la Chevalerie, le marquis de Clermont-Tonnerre, le marquis de Briqueville).Luxembourg arrive après les nominations.

-         2 juin : 10° assemblée Luxembourg, par lettre car absent, voyant le mécontentement, dit que ces nominations sont provisoires.

-         7 juin 11° assemblée. Carbonnel préside. On lit les 3° et 4° articles.

-         14 juin : 12° assemblée. Carbonnel préside, Luxembourg présent. L’assemblée accepte l’article sur les M de L. les anciens M de L seront nommés « anciens maîtres et fondateurs » et seront remboursés de tous leurs frais, Morin, député de la Loge de Castres, précise leur position, se plaint de l’administration de l’ancienne Grande Loge, attaque l’inamovibilité des M de L .précise les raisons de l’abandonner et invite les FF à abandonner leur intérêt particulier à l’intérêt général.

-         17 juin : Labady, qui n’est rien au nouveau GODF, réunit les M de L parisiens qui désignent une commission avec le F. Gouillard à sa tête Des remontrances sont adressées au GO, signées par le F. Martin, secrétaire  (officier de la GL)

-         20 juin : rapport de Gouillard : refus de reconnaître la légitimité de la GL-nationale, celle des députés de province et de Paris, de laisser dépouiller les M de L parisiens  de leurs constitutions primitives et les priver du droit le plus sacré qui ait existé dans les sociétés policées, la propriété.. On invite les « vrais maçons » à se réunir et on invite Luxembourg à les présider ( ?).

-         Assemblée du 21 juin 13° assemblée de la GLN. Carbonnel préside, Luxembourg présent. Sont nommés les membres des trois chambres. Nouvel incident Labady. Il réclame les procurations qu’il a transférées à d’autres FF. Ce qui est refusé.

-         24 juin 14° assemblée. Luxembourg donne une fête, pour la Saint-Jean d’été, aux membres de la GL-nationale dans le temple des Amis Réunis.

-         26 juin : 15° assemblée de la GLN. Carbonnel préside, Luxembourg présent. Dernière lecture du 4° article. Sont adoptés « les Statuts de l’Ordre Royal de la Franc-Maçonnerie en France » dit Chevallier. En fait le PV dit seulement qu’il a été décidé d’envoyer les statuts aux loges.

-         5 juillet 16° assemblée. Carbonnel préside. Luxembourg présent. Méry d’Arcy, Guillotin, Le Roy, Varenne de Beost,  La Lande, Bruneteau, Beauclas et Toussainct désignés pour rédiger le 6° article.

-         12 juillet 17° assemblée. Carbonnel  préside, Luxembourg présent. Daubertin sollicite d’être blanchi n’ayant pas signé le libelle de 1766 qui avait valu leur expulsion aux « bannis », ce qui est accordé.

-         20 juillet  18° assemblée Beauclas préside. Luxembourg absent. Toussainct lit un libelle  « injurieux » (de Labady). Guillotin lit un rapport favorable aux Loges Provinciales ou Loges-Mères

-         13 août : la commission désignée pour traiter du différend Labady-La Chaussée rend son verdict.

-         30 août : l’ancienne GL déclare la prétendue GL-nationale illégale et irrégulière, et menace de déchéance qui assistera à ses travaux (signés Duret, Bourgeois, tous  deux  bannis en 1766).

-         1er septembre : Bacon préside. 19° et  dernière assemblée de la GLN. Le GO s’occupe d’un décret émanant de « la soi-disant GL » et du rapport (du 13 août) concernant le Mémoire de La Chaussée. La Chaussée est blanchi mais le Mémoire proscrit. Labady est accusé du libelle infamant du 20 juillet et un F de sa loge, Datesen déclare qu’il ne veut plus siéger à se c ôtés.

-         8 septembre : sur rapport de Gouillard, Grand Orateur de la GL de F, les huit commissaires de 1772 sont chassées de la maçonnerie et Labady, Duret, Letre signent une circulaire incendiaire contre le GODF.  Ils gardent les sceaux de l’ancienne GL, refusent de les rendre et s’en servent pour faire illusion aux loges de province en se couvrant des noms du GM et de l’administrateur Général.

-         17 septembre Luxembourg se plaint de l’usage abusif du sceau et de sa signature dans la circulaire signée Labady, Duret et Letre

-         Emprisonnement de Labady,  Duret et Bourgeois du 9 au 17 octobre pour « affaires de Franc-Maçonnerie » . Les Sceaux et timbres de la GL sont remis à Luxembourg[4].

 

5° Installation du duc de Chartres comme GM du GODF..

 

-         13 août : Buzançais, Bacon de  la Chevalerie et le baron de Toussaint demandent audience au duc de Chartres. Ils ne sont pas reçus.

-         8 octobre : la délégation est reçue par le duc.

-         9 octobre, il signe les travaux de la veille.

-         22 octobre : Installation du duc de Chartres. Luxembourg ouvre les travaux, reçoit l’obligation du duc. Bacon, Grand Orateur, fait le résumé de ce qui s’est passé. Le GM confirme dans leurs postes les Grands Officiers et approuve les nouveaux statuts « pour être exécutés dans toute l’étendue du globe français maçon ».

 

6° Installation du GODF rue du Pot-de-Fer, ancien noviciat des jésuites, le 12 août 1774.

 

-         9 septembre 1774 : création de la loge personnelle du duc de Chartres, Saint-Jean de Chartres à l’orient de Mouceaux.

-         En 1774, le GODF reconnaît les L d’adoption.

 

La première tâche du GODF fut de demander aux LL de faire « rafraîchir » leurs constitutions (décembre 1774). Elles eurent pour cela un délai de deux ans. Une nouvelle constitution coûtait 120 livres, un « rafraîchissement » seulement neuf livres. Les anciens  VM « inamovibles » recevaient un simple brevet d’ancien maître fondateur. Beaucoup firent traîner les choses en longueur. En janvier 1777, le GO décida que les constitutions non renouvelées (donc les LL) seraient « irrégulières ».

A côté de lui, subsistait l’ancienne Grande Loge de France sous le nom d’Orient de Clermont qui s’opposait à ce qu’il appelait l’Orient Pot-de-Fer.

 

7° L’ancienne Grande Loge reconstituée.

 

-         la GL se réunit les 17, 20 et 23 juin, 30 août, 2 et 10 septembre  1773. 46  M de L assistent à l’assemblée du 17 juin. 19 M de L de la GLN assistent aux premières réunions.. Leroy et Toussainct refusent de signer le PV du 17 juin. Bruneteau, Richard, Daubertin, Joubert et La Lande se retirent avant la fin des délibérations le 20 juin.

-         D’après l’édition 1778 de  ses Statuts, l’article premier précise

 

ART 1er La Grande Loge de France est composée de tous les maîtres des Loges régulières de l’Orient de Paris, ayant à leur tête le Grand Maître et ses représentants

ART 2 Aux maîtres de Loge de Paris seuls appartient le Gouvernement de l’Ordre, à l’exclusion des maîtres des loges de province.

 

La GL de F se disait travaillant sous la GM du

 

 

 

 

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