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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

planches

Le savoir et la connaissance

Publié le 13 Décembre 2012 par André M dans Planches

Introduction

Le savoir et la Connaissance ont de tout temps intéressé les francs-maçons, car ils interfèrent fondamentalement dans les domaines scientifiques, culturels et sociologique tout en interpellant la conscience, la philosophie et le sentiment religieux.

Par ailleurs, ils sont inclus d’une manière implicite dans les rituels maçonniques puisqu’ils structurent comme nous le verrons par la suite la démarche initiatique et façonnent le langage symbolique.

Il y a donc au moins deux bonnes raisons intellectuelles de s’intéresser à une telle étude. Mais au-delà du plaisir d’entreprendre cette recherche, il existe plus fondamentalement ce besoin impérieux de comprendre le sens de la vie en s’aventurant dans des espaces nouveaux, formateurs d’une exigence de vérité. Cette nécessité de lucidité et d’authenticité est la clé qui permettra de fortifier la volonté du cherchant. Ainsi armé, le franc-maçon sera plus fort pour entreprendre toutes les recherches nécessaires qui l’amènera à clarifier l'acquis de l’inné, le signifié du signifiant et le savoir de la connaissance

"Il y a qu’il y a"... .où "il est..." selon la traduction, tels sont les premiers mots d'une strophe du poème de Parménide qui entérine magistralement l'interrogation primordiale de l'homme face à son destin et qui du même coup qualifie cette force de volonté qui pourrait être le moteur de son évolution. Comprendre et rechercher l’origine de cette volonté, c’est vivre sa condition humaine. En chaque individu existe donc fondamentalement un besoin d'être et c’est en vertu de cette nécessité que les notions du savoir et de la connaissance sont l’objet de ce travail.

Définition

Selon le Larousse encyclopédique la définition du savoir est « un ensemble cohérent de connaissances acquises au contact de la réalité ou par l’étude » et toujours selon le même éditeur la définition de la connaissance est « l’ensemble des domaines où s’exerce l’activé d’apprendre ». Mais aussi : « le fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose ».

La définition du savoir ne pose à priori pas trop de problèmes puisqu’elle est une acquisition de données.

Quant à celle de la connaissance il pourrait y avoir une source de confusion, en ce sens qu’elle est parfois prise comme une démarche pour acquérir la compréhension alors qu’elle ne représente qu’un domaine bien spécifique. Il faut donc chaque fois se référer au sens et au contexte général de la phrase dans le quel se trouve le mot connaissance pour choisir la bonne définition. Nous pouvons ajouter encore qu’il existe une connaissance subjective liée à l'acquisition de données qui inclut tout ce qui touche à la conscience y compris les démarches irrationnelles et une connaissance objective qui sont les données en elles-mêmes assimilable au savoir.

En résumé, nous retiendrons que le savoir est une démarche intellectuelle et horizontale, lié aux domaines analytiques et établit sur une réalité observable et mesurable; tandis que la Connaissance est une approche unitaire et fusionnelle de l’homme avec son environnement, sans limitations aucunes par la réalité et sans exclusion des lois régissant le domaine sensible.

Le savoir est donc l’intégration cohérente de toutes les connaissances acquises. Mais alors, où pouvons-nous situer celles qui ne sont pas apparentes, mais qui doivent exister quelque part, car rien ne peut se créer de rien ? Sont-elles dans l’inconscient sous une forme non formulées ou et, dans nos gênes prêt à nous entraîner, lorsque la situation est favorable, dans des aventures nouvelles, heureuses ou malheureuse ? Interfèrent-elles avec la conscience à notre insu en connivence avec une intelligence supérieure pour agir sur notre volonté ?

Avant de répondre à toutes ces interrogations, définissons les démarches exotériques et ésotériques afin d’enrichir les développements qui vont suivre.

Rappelons que l’exotérisme, analogiquement relié au savoir et à l’acquis s'intéresse d’une façon générale aux faits prouvés et reconnus par l'expérimentation scientifique et rejette évidemment tout ce qui est caché et du ressort de l’imagination tandis que l’ésotérisme, analogiquement relié à la Connaissance et à l’inné, prolonge l’étude dans d’autres dimensions grâce à l'utilisation d’un langage symbolique et analogique qui apporte au propos un éclairage nouveau et plus global.

La science et la vie en société

La science, les techniques et la recherche scientifique sont les principaux acteurs qui font référence à l’exotérisme, donc au savoir. Ils ont fait spectaculairement progresser ces cinquante dernières années les connaissances de la matière et de l’organisation de la vie. Cette accélération des connaissances sur nos origines a donné le sentiment que l’homme maîtrisait seul son destin..

Ainsi la cosmogonie a été dramatiquement transformée puisque la raison s’est substituée à l’intuition ce qui a eu pour conséquence de disqualifier la plupart des textes sacrés qui ont pourtant été pendant très longtemps la seule porte d'accès à la connaissance de notre univers et au divin. Parallèlement, les recherches appliquées d’une façon générale ont amélioré considérablement la qualité de l’activité humaine en déchargeant l’homme de tâches répétitives et souvent pénibles. Mais paradoxalement, le gain de temps obtenu n’a pas été utilisé pour une meilleure compréhension du sens de la vie. Il semble au contraire que l’augmentation de l’acquis et de la complexité qui en découlent pose plus de problèmes qu’elle en résout puisque l’homme reste toujours attachés à une vision matérialiste de son destin. Cette situation laisse le champ libre à toutes les fausses connaissances et surtout à l’apparition d’un populisme politique donneur de leçons qui discrédite les vérités ontologiques.

Dans un tel contexte nous remarquons logiquement que la découverte des connaissances matérielles sans association à l’inné, donc à l’ésotérisme, ne débouchent que sur des certitudes bloquant l’évolution spirituel et l’élévation du niveau de conscience de la société. Une telle situation a comme conséquence majeure de créer un hiatus entre le progrès matériel et le bonheur d’être par la permanence d’une insatisfaction individuelle généralisée créatrice de conflits sociaux. Les causes sont à rechercher dans le fait que les connaissances purement scientifiques ne représentent qu’une facette de la réalité et qu’elles masquent par leur puissance toutes les autres enfouies dans l’inconscient. Celles-ci, comme nous le savons en maçonnerie, ne peuvent surgir à la conscience que lors d’une initiation qui révèle alors le sens de la globalité et suggèrent de nouvelles possibilités d’investigation en élargissant le champ de conscience. l’Homme nouveau dans cette dimension devient une donnée essentielle de la résolution du problème. C’est l’ésotérisme qui prend le relais de l’exotérisme en intégrant l’homme comme une composante naturelle du macrocosme dans la réflexion analytique. La nouvelle connaissance révélée sera bien sûr fortement combattue par tous les adeptes de la méthode scientifique, car considérée comme non raisonnable ce qui contribuera à alimenter le conflit entre les partisans d’un développement matériel illimité et ceux qui ne veulent pas jouer aux apprentis sorciers.

Les instruments du savoir sont d’admirables moyens mis au service de la finalité de l'homme, mais une science , autrement dit une organisation de moyens séparée radicalement de la Connaissance « sagesse » , c’est à dire d'une méditation sur les fins, est vouée à l'échec puisque l’identification et la gestion des conflits resteront malheureusement insuffisants pour empêcher un désastre écologico-sociétal à l’échelle planétaire. Dans notre société libérale où l’économie est devenue une philosophie politique le temps est arrivé pour que la recherche scientifique travaille en collaboration continue avec des comités d’éthique indépendants des pouvoirs politiques, dont les membres auraient non seulement des valeurs scientifiques reconnues mais aussi des qualités spirituelles élevées, ne serait-ce pas trop demandé pour les générations futures?

Comme nous le constatons, le rationalisme scientifique ne peut pas être dissocié de l’inné et de la Connaissance sous peine de détruire les équilibres naturels. La force et la qualité de cette relation dépend du niveau de conscience de l’humanité. Elle est donc essentielle à la survie de l’homme sur cette terre.

Dans le cas où le progrès matériel resterait dissocié de l’inné, un abîme s'ouvrirait entre le monde moderne, qui a tendance à considérer l’esprit comme une auto-illusion du sujet pensant, et la Tradition dans lequel est inclus la Connaissance. La nécessite et le hasard resterait alors la seule voie de salut qui entraînera l’humanité dans les méandres de l’absurdité de la vie. L’homme devra alors se plier au règne de cette absurdité et l’humanité aura un problème sans mesure pour fonder une éthique sociétale qui ne débouche pas sur l'anéantissement de l’être, mais sur une nouvelle alliance de vie à redéfinir.

Connaissance objective, subjective et initiatique

La prise de conscience de la Connaissance, sous forme d’un ensemble d'informations, n’est donc rien d’autre qu’un état d’équilibre à l’interface du monde suggéré et du monde conscient. Le présent est une perception fugitive et permanente d’un équilibre nécessaire pour transmettre et faire communiquer entre elles objectivement les connaissances afin de construire un réseau de valeurs, étroitement lié au savoir. Nous mesurons ainsi combien sont importantes les notions d’objectivité et de subjectivité. L’une servant essentiellement à acquérir des connaissances, l’autre à entretenir le doute et à ouvrir ainsi la voie de la recherche.

Le Larousse ne parle que de la connaissance au contact de la réalité et de l'étude. Mais alors, que deviennent les connaissances initiatiques? Celles qui s'acquièrent en dehors de toute réalité raisonnable, c’est-à-dire celles qui surgissent avec force à la conscience de l'initié lors d’un drame symbolique qui lui apporte les émotions, puis les outils nécessaire à la compréhension d’une destinée qui semble pour certains bien difficile à accepter.

Est-ce à dire (toujours selon le Larousse) que seul l’usage de l’intellect est formateur de connaissances et nourrit le savoir? Que deviennent alors les connaissances issues de la Révélation, de la Rédemption, du Saint Esprit, de l'Amour et du G.’, A.’. D.’. L.’. U.’.

Dans l’optique de l’initié, la définition du Larousse est ambiguë. Elle ne fait aucunement référence aux transformations des connaissances par l’intuition. Ce processus spécifique modifie la connaissance étymologiquement objective et acquise par l’étude et la réalité, en une nouvelle connaissance subjective qui pourrait d’ailleurs retrouver une nouvelle objectivité dans le cas où la perception de l’un redeviendrait celle de tous, n’est-ce pas ainsi que naissent toute les religions.? La conscience du processus de la transformation des connaissances à travers l’homme est la clé qui permet de vivre une quête de connaissance pour s’approcher toujours plus d’un savoir irrationnellement intimiste et universel. Mais ne nous trompons pas, car selon le niveau de conscience de l’homme ou du groupe qui entreprend cette quête, la force peut s'orienter en Haut ou en Bas traduisant respectivement un bien ou une perte pour l’humanité,

Cette quête est indubitablement la force de l’initié. Elle est vécue dans la compréhension de ce qui existe en deçà et au-delà de la surface des eaux, dans une recherche aventureuse des intuitions naturellement cachées dans un milieu hostile, humide, obscure et fertile. Elles sont formatrices d’un savoir qu’il pressent juste et vrai. L’initié maintenant peut discerner dans la beauté du ciel azuré les myriades d’étoiles qui sont sa chair. Il est dorénavant cet Homme cosmique qui vit sa transcendance par l’acceptation de la dualité, il sait que le pavé mosaïque est le tremplin pour vivre la Lumière et rechercher un enseignement adapté à sa personnalité.

Le savoir, la société et les hommes

Pouvons-nous espérer que le savoir seul justifie des actes vraies, c’est-à-dire des constructions au service de ce qu’il y a de bon dans l’homme? En se référant à l’histoire, nous constatons que la plupart des découvertes scientifiques ont dans un premier temps été employées par les militaires dans le but de produire de nouvelles armes. Plus tard, ces techniques sont heureusement reprises dans la société civile afin de produire des biens de consommation qui contribuent à l’amélioration du bien être général des peuples. Mais, la distribution de cette richesse n’est malheureusement pas équitable, car les bien produits obéissent aux lois du marché. Ils iront donc en priorité chez les peuples qui peuvent les acheter.

Nous voyons donc que la découverte de connaissances matérielles d’une façon générale ne contribue pas nécessairement à promouvoir la coexistence pacifique, ni à développer une volonté nouvelle de vivre ensemble et ni de respecter les équilibres nécessaires à la survie de cette planète. Les connaissances scientifiques et les actes politiques qui en découlent ont entraîné et continuent d’apporter plus de malheur que de bonheur comme le montre notre histoire humaine.

Est-ce à dire que l’Homme éprouve de la difficulté à traduire le savoir en plus value pour l’humanité? Nous ne pouvons pas répondre à une telle question sans faire référence à la cyclologie des sociétés qui montre des comportements distincts sur le long et le court terme. Le court terme est le présent. Aujourd’hui, il est géré par un système économique libéral qui dicte l’organisation de la société humaine et qui organise le progrès, donc les connaissances en fonction des lois du marché. Le long terme obéit à des lois différentes qui n’ont rien à voir avec celles du court terme. Celles-ci sont émises en Haut pour le bien du Bas. Elles sont les gardiennes de la Vérité. Pour les comprendre, nous devons utiliser les lois de l’analogie. Ainsi, à l’instar de l’homme une civilisation naît, croît et meurt tout en subissant l’influence des cycles astrologiques. Nous sommes aujourd’hui à la fin de l’ère du poisson, bientôt nous serons dans l’ère du verseau. La fin d’un cycle est toujours difficile, car il provoque des transformations violentes afin de favoriser la venue de valeurs représentatives du cycle suivant en l’occurrence celui qui sera sous la maîtrise conjointe de Saturne et d’Uranus. Nous voyons ainsi déjà aujourd’hui apparaître une dimension spirituelle de l’homme, opposée à la conception fondamentale de la Révélation chrétienne. Cette tendance semble être la composante naturelle du sécularisme athée de ce vingtième siècle. Provoquera-t-elle la fin des religions traditionnelles?. Nous pouvons le supposer, et réfléchir sur ce constat afin de préparer les générations futures.

L’enseignement, la spiritualité et la politique

Par contre, il est indispensable de transformer l’enseignement, cet outil de la transmission des connaissances. Depuis toujours l’école ne cherche qu’à adapter les connaissances scientifiques au service de la société civile. Son but premier est l’intégration de tous les hommes dans le système économique dominant. Aujourd’hui, ce sont les notions entrepreneuriales, de compétitivité et de performances qui sont privilégiées. Elles ne sont pas l’apanage de la majorité de la population, d’où la naissance d’une forte discrimination qui crée une société à deux vitesses, Dans un tel enseignement, ce sont les valeurs horizontales, donc matérialistes qui dominent, Cela a pour conséquence que les actes sociaux sont souvent incompatibles avec le respect de la dignité humaine et posent des problèmes de conscience dramatiques pour les individus avec des niveaux de conscience élevés. Ce déficit des valeurs spirituelles a permit l’émergence d’un comportement proprement satanique caractérisé par le racisme, la purification ethnique ou même l’eugénisme, qui a eu ses lettres de noblesse sous le régime national-socialisme hitlérien ou le scientisme matérialiste qui a décimé des millions d’innocents dans les pays communistes. Cette dernière idéologie ne reconnaissait évidemment aucunes structures prônant le sentiment religieux et faisait même disparaître toute traces tangibles pouvant y faire référence. Dans ces deux derniers cas, le système politique a biaisé l’ordre naturel en privilégiant des valeurs incompatibles avec le respect de la diversité et de la dignité humaine, De telles idéologies sont évidemment nuisibles, mais comme elles font appel à l’ego et à sa glorification, elles peuvent facilement substituer l’ordre transcendantal naturel par une immanence humaine et devenir “bonne”. Dans ce contexte, c’est l’Homme qui devient Dieu ce qui a pour conséquence que l’Existence analogiquement liée au savoir se confond avec l’Essence analogiquement lié à la Connaissance. Le langage symbolique n’a plus court et il ne reste plus que la dualité au service d'un soi disant perfectionnement matériel continu et sans limite dont il est difficile de comprendre le sens par rapport à notre finitude exprimée naturellement dans la mort. Dans de telles sociétés, les rites funéraires sont minimisés à l’extrême, sauf pour les dignitaires du régime qui sont momifiés et entreposés dans des mausolées somptueux gardés par de jeunes éphèbes aux allures martiales. La mort dans ces régimes n’a plus de sens philosophique, elle n’est que l'expression naturelle du hasard sauf peut-être pour celui qui meurt, mais il ne peut plus témoigner.

L’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal

Pour continuer notre réflexion, nous allons utiliser le symbolisme de l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal afin de mieux comprendre ce qui relie l’homme au savoir et à la Connaissance

L’Existence de l’homme est analogiquement reliée à l’arbre de la connaissance du bien et du mal tandis que son Essence est en symbiose permanente avec l'arbre de vie symbolisé par le G.’. A.’. D.’. L.’. U.’.

L’arbre de vie plonge ses racines dans le cœur de tous les hommes et vivifie leur intelligence afin qu’ils puissent accepter leur condition humaine. Grâce à la connaissance de cette fertilité divine, nous pouvons imaginer combien l'immanentisme est une utopie dangereuse car elle peut faire croire aux hommes les plus puissants comme d’ailleurs aux plus faibles qu’ils peuvent atteindre le sommet de l’arbre de la connaissance du bien et du mal sans la reconnaissance de l’arbre de vie. L’illusion est parfaite, lorsque le sommet atteint, il pensent jouir du jardin d’Eden créé à leur insu par un ego hypertrophié. En vérité, il n’y a pas de lucidité ontologique sans reconnaissance réciproque des deux arbres. L’amour de soi-même et du genre humain est nourri naturellement par la sève vivifiante de l’arbre de vie qui irradie chaleureusement le cœur de tout homme de bonne volonté tandis que l’intellect tempéré par la raison reçoit parcimonieusement les vertus de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est dans cet harmonieux équilibre que grandit l’initié vers son destin glorieux. Mais si, pour une raison ou une autre l’arbre de vie est oublié, l’intellect occupera tout le terrain de la conscience et deviendra le valet de l’ego, d’où jailliront alors tout ce que le Franc maçon à rejeter dans ses nombreux voyages c’est à dire l’orgueil, la vanité, l’égoïsme, le goût du lucre, l’intolérance, la haine du genre humain et enfin le non respect des diversités,

Comme nous le voyons, l’enseignement est fondamental pour l’acquisition des connaissances. Chaque enfant qui naît est unique, il a un parcours à faire dans ce monde, Mais il a aussi une identité génétique et historique. Il fait partie d’une histoire et la façon dont celle-ci sera racontée va influer considérablement sur la qualité des connaissances qu’il va acquérir. Les traditions, les us et coutumes la famille, les idéologies vont influencer profondément son savoir, Le code maçonnique nous rappelle avec évidence cette réalité.

En naissant le nouveau né est l’expression pur de l’arbre de vie. Il est innocent et reflète la vraie Lumière dont l’intensité diminuera graduellement au contact de la réalité humaine, mais qui ne disparaîtra jamais. C’est vers elle que nous sommes naturellement attiré, c’est pourquoi nous devons toujours recherché l’enfant qui sommeille en nous comme l’a si bien rappelé Jésus en disant: « Laissez venir à moi les petits enfants » . Il ne fait qu’exprimer symboliquement le retour à l’innocence. Mais les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ont été consommés, le jugement, cet enfer, est devenu une réalité. Ainsi la naissance et la mort sont le cycle naturel de la vie manifestée. Mais au-delà des forces nécessaires à la survie, il existe donc dans l’homme un état permanent et sécurisant, garantissant la qualité de l'origine et qui apporte de l’espoir. C’est la Connaissance.

Aucun savoir ne peut être dissocié de la Connaissance, c’est à dire de l’arbre de vie qui éclaire avec force sans jamais aveugler. L’amour, la méditation, l’initiation permet à chaque période cruciale de l’évolution humaine d’apporter une transmutation des connaissances acquises. Car ce qui est important ce n’est point seulement l’acquisition du savoir mais surtout la manière de le transformer en concept. L’Homme est un créateur de concept par essence, mais faut-il encore prendre conscience que la conceptualisation sans cohérence ne nourrit que l’intellect? En fait nous voulons dire qu’un savoir brut relié à rien n’a pas d’intérêt à part celui de rigidifier la pensée. Pour qu’il exprime pleinement son contenu il doit passer à travers des états émotifs, un vécu pleinement ressenti, des prises de décision effectives, voir même des souffrances afin qu’il nourrisse et soit formateur d’un réseau créateur, révélateur en quelque sorte de la Connaissance. Plus les actes de vie sont liés à une dimension exprimant aussi bien ce qui est en haut et ce qui est en bas, plus ils illuminent la société humaine qui prend alors une toute autre dimension, l'Homme n’est plus écrasé, car il aperçoit l’horizon et devine au loin sa propre vérité qui l’entraînent dans une dimension rayonnante inspiratrice des valeurs de partage et d’amour. L’initié sait alors que la Vérité est Lumière. Il pourra donc privilégier la création pur, celle inspirée par l’arbre de vie et qui s’exprime par des actes sociaux parfaitement équilibrés comme le sont ou devraient l’être, par ailleurs toutes les volontés vécues dans une loge maçonnique. Il pourra aussi à travers les arts picturaux et musicaux transformer respectivement la matière colorée en œuvres d’art et les notes en pièces musicales.

Connaissance et quête initiatique

L’inspiration est nécessaire à la création. La reconnaissance de la Beauté de l'Oeuvre n’est pas toujours évidente, car elle dépend de notre propre perception de la Beauté qui n’est en définitive que la résultante de la transmutation du savoir dont le niveau dépend de la réalisation du ternaire apprendre, comprendre et vivre appliqué à tous les actes voulus.

Le franc-maçon connaît en quelque sorte ce mystère de la transmutation du savoir vu que son seul trésor, par ailleurs incommunicable par le verbe, est son vécu initiatique. Il représente ce que les profanes appellent le secret maçonnique et qu’ils tentent de définir dans des écrits qui caricaturent la démarche initiatique. Ce vécu initiatique est une référence générique qui permet de construire le temple universel. Il est la clé qui donne accès à la Connaissance formatrice d’un charisme maçonnique spécifique. Ce qui est donc important c’est la prise de conscience d’une réalité objective en l'occurrence la Tradition passée au crible des sentiments et exprimée par cette intelligence du cœur voulue par le rituel maçonnique. Cette démarche donne alors du sens aux connaissances qui sont les premières pierres sur lesquelles pourront travailler les outils du grade.

Cette façon de faire montre à l’évidence l’importance d’être constamment initié dans une réalité historique reflétant en puissance notre identité génétique et karmique. Les initiations maçonniques sont alors le bras évident de la construction d’un réseau créateur reflétant la Connaissance et de notre capacité à éclairer toujours plus justement nos valeurs gnostiques cachées dans l’arbre de la connaissance.

La Gnose, un chemin vers l’Unité

La Gnose, autrement dit la Voie de la Connaissance qui n’est que la formulation en langage humain de la tradition primordiale, est une composante essentielle sur lequel l'homme doit adosser ses comportements. C’est une façon de transformer toutes les données acquises en valeurs universelles. Ce passage obligé de l’acquis à la vérité de la tradition s’effectue lors d’une initiation et la finalité souhaitée du processus gnostique est un retour à l’Unité, par la perte des valeurs analytiques et multiples. C’est donc une méthode incluant une transcendance. Elle amène l’adepte naturellement dans un style de vie respectueux de la diversité et dans une cohérence holistique des valeurs humaines. Elle est la première pierre d’un ‘humanisme universel qui n’a pas de sens sans cette cohérence transcendantale. C’est pourquoi la franc-maçonnerie l’utilise comme symbole. Elle signifie que le savoir est inclus dans la Connaissance et qu’il faut faire confiance à son intuition afin de retrouver les chemins qui mènent à la Vérité. L’Homme qui suit son intuition sait qu’il butine dans cette béatitude cosmique subtilement devenue intime mais il en accepte aussi la finalité parce qu’il pourra se libérer des pesanteurs inutiles. Plus léger, il sera à même de comprendre l’inutilité des mauvaises connaissances qui créent le surhomme.

L’Homme lourd vivant en symbiose avec l’acquis ne veut pas frapper à la porte du temple, mais il a conscience d’être utile au Tout car il apporte les éléments nécessaire à la transformation des structures du monde sans en être réellement l’instigateur. En travaillant pour la fracture ou la reconstruction de la société, il assure la réalisation du cycle de la vie entretenu inéluctablement par la dualité. Il vit pleinement dans le blanc ou le noir du pavé mosaïque, mais jamais à son intersection. Le vrai initié travaille toujours sur cette ligne à la frontière de deux mondes gérés par le jugement. C’est un équilibriste qui doit s’élever afin de mieux maîtriser les pulsions duales. Il accepte naturellement une relation d'autorité entre la Connaissance et le savoir mais sans référence dogmatique afin de vivre un présent vrai, porteur d’espoir. Sa responsabilité concernant les connaissance acquises l’entraîne donc dans un nouvel espace où les mots ont toujours la même orthographe mais des sonorités différentes. Il écoute maintenant de la musique au lieu du bruit. Il connaît les notes de la partition mais son oreille recherche inlassablement les rythmes de son corps. Cette nouvelle liberté de conscience doit s’affirmer dans le partage, dans l’amour de ses F.: et du genre humain sans quoi l’initiation n’aura servit à rien. Comme Orphée, il ne peut plus se retourner, il doit continuer à marcher vers la Lumière.

La liberté, le travail et la mort

Aujourd’hui, Il est difficile de vivre et d’enseigner cette liberté initiatique, car elle suppose un gros effort sur soi-même, afin de contrer les forces du bas. En même temps, beaucoup de théories psychanalytiques aiment à découper à satiété les mécanismes de notre psychisme et font croire que tout est dans une rationalité bien sûr complexe mais parfaitement explicable. Trop de certitudes tuent le désir d’être. C’est pourquoi, l’homme rejette l’homme.

Il ne faut pas avoir peur de l’effort, comme nous le rappelle constamment la symbolique du tailleur de pierre car à chaque coup donné correspond une récompense. La force qui est à l’origine de ce travail est la même pour tous les animaux sur cette terre, c’est la survie de l'espèce. L’Homme qui est le dernier maillon de l’évolution a acquis la conscience d’être et paradoxalement le doute d’être. Cette confusion s’exprime avant tout par une mauvaise gestion de l'énergie créatrice manifestée par la sexualité. Comme tout ce qui appartient à la manifestation sensible, cette énergie obéit à la conscience individuelle mais aussi à une conscience collective qui lui est supérieure. Il existe donc une cohérence, une hiérarchie vibratoire à l’instar de celle que nous connaissons dans la physique ondulatoire.

C’est grâce à la liberté de conscience que l’homme se distingue dans le règne animal il peut donc par un choix délibéré transformer l’énergie sexuelle en actes sociaux véritables et vivre une vie relationnelle intense, véritable tremplin de la Créativité. Comprenons-nous bien, ce travail ne pourra pas se faire avec l’ego, ni par mimétisme. Il s’effectuera dans le cadre d'une initiation vécue de cette énergie. Les fruits obtenus lui permettront alors de devenir un homme encore plus libre, mais avec une responsabilité nouvelle liée à un niveau de conscience supérieur. Il sera alors celui qui vivra pleinement et avec amour les valeurs sociales du groupe, en particulier ceux de sa loge. C’est ainsi que nos anciens F.’. ont compris le sens de la fraternité et nous ont légués le REAA.

Au-delà des actes sociaux qui sont l’une des composantes de l’énergie créatrice, il existe encore une ultime initiation qui est celle de la mort physique. Le dernier acte créateur ici bas est celui de la libération dans la continuité du cycle. Sa qualité est étroitement liée à toutes les actions entreprises antérieurement. Trois niveaux énergétiques (sexuel, social et créateur) sont ainsi reconnus par l’homme dans une seule énergie constitutive pour vivre des actes vrais tout au long de son parcours terrestre. La mort, cet ultime création est la résultante de tout ce qui a été appris et compris ici bas, elle peut alors être vécue sereinement.

Dans cet état d’esprit, la cohérence structurelle exprimée par l’ordre maçonnique est la clé qui donne accès à la transcendance du sensible. L’initié peut alors paisiblement poursuivre sa quête de Vérité afin d’accéder à l’état de fils de la Lumière. A nouveau, nous constatons combien est importante la transformation de l’acquis vers une identité métaphysique inspirant notre conscience et combien la Connaissance et le savoir sont indissociablement liés aux valeurs initiatiques.

Pour l’homme initié, le monde n’a pas été créé à partir d’un Dieu plus ou moins anthropomorphisé, car il est l’émanation de la possibilité universelle jaillissant de son Non-Etre. De ce point de vue, la réalité du Cosmos est incluse dans l'Unité ce qui permet d’accepter un absolu dans notre identité humaine. Si nous considérons à nouveau l’arbre de vie comme le symbole de l’Unité et si celui-ci est vivant dans le cœur de tout homme sur cette terre, alors il ne faut plus qu’un seul acte d’allégeance pour clarifier son destin c’est celui d’embrasser son âme et celui de tous les êtres sur cette terre avec son cœur. De cette façon, nous rendrons un peu plus de sens à notre vie et surtout plus de justice dans nos actes sociaux.

Conclusion

Tout au long de ce travail, nous avons tenté modestement de comprendre les mécanismes relationnels entre les connaissances, la Connaissance et le savoir. Dans ce but, nous avons utilisé le symbolisme de l’arbre de vie et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Nous sommes ainsi restés fidèles à notre culture judéo-chrétienne, car naître dans une culture c’est avant tout en respecter son histoire; c’est aussi la comprendre et la vivre à travers ses mythes qui sont les témoins lointains de la conscience de nos ancêtres. Les initiations maçonniques du R.E.A.A. sont à cet égard remarquablement cohérentes et elles apportent aux esprits curieux et amoureux de la Gnose une vision lumineuse et pleine d’enseignements. Elles permettent pour le moins à tous d’apporter un certain éclairage sur ce propos de Leibniz « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien »

Source : http://www.fideliteprudence.ch/savoir.htm

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La Maçonnerie : Une Gnose ?

Publié le 13 Décembre 2012 par X dans Planches

Pour quiconque s'en va explorer une quelconque Terra incognita, il est toujours imprudent d'en dresser par avance les cartes et de la décrire. L'aventure de Christophe Colomb en est la preuve péremptoire . Il en est de même de ce que j’appelerai la « Gnose Maçonnique « .

La Franc-Maçonnerie possèderait-elle effectivement une Gnose ? Si oui, quelle est-elle ? Car nulle part, en aucun des documents les plus anciens, on nous précise qu'il s'agit de la Gnose classique …

Mais qu’est-ce donc que la Gnose ?
Le mot provient du grec ghosis , gnosis , connaissance … Elle est une connaissance par participation , par identification ; elle demande aux disciples de se modeler sur le maître pour découvrir à son tour le maître intérieur ; la tache est difficile et très rares sont ceux qui réalisent leur ultime réalité, ce qui fait que la gnose, malgré son universalité, reste l’apanage du petit nombre …

Et puis, définir le gnosticisme est pratiquement impossible , car ses frontières sont insaisissables ! Ce n’est pas une religion propre à un peuple ou qui ait donné naissance à une culture particulière ; elle n’est pas constituée par une église, avec une hierarchie ou une orthodoxie

En fait , il est clair que les gnostiques ne se sont jamais reconnus comme un seul et unique mouvement, car il existe plusieurs gnoses …

La caractéristique essentielle de la Gnose en est la diversité :

1 de par ses sources indirectes, dont on connaît l’existence notamment par
l’anti-gnosticisme d’Irénée de Lyon, véritable hérésiologue au IIe siècle
( je rappelle que cet évêque lyonnais fût un disciple de St Polycarpe,
lui-même disciple de Jean l’Evangéliste ), ou celui de Plotin ,

2 - et de par ses sources directes , par des écrits hermétiques, les Codex
d’Askevianus ( au British Museum ) , Brucianus ( Oxford ), Berolinensis
( contenant notamment l’Apocryphon de Jean ) la bibliothèque copte de Nag Hammadi . Bien sûr, on ne peut négliger ni que celles de Valentin, de Cérinthe, de Marcion, ou de Simon , ni celle de Mani ou plus récemment, de Princeton .

PUECH soulignait « avoir la Gnose , c’est connaître ce que nous sommes , d’où nous venons , où nous allons, ce par quoi nous sommes sauvés, quelle est notre naissance et quelle est notre renaissance « .

Qu’en est-il de la Maçonnerie ?

Vouloir faire dire à la Maçonnerie ce que telle ou telle religion enseigne est une erreur fondamentale. Car c'est dogmatiser, et a priori dans un Temple, ce serait est antimaçonnique au premier chef !

Nous devons abandonner nos « métaux » à la porte du Temple...Et ce fut l'erreur des réformateurs cléricaux du Couvent de Lyon, en 1778, puis de Wilhelmsbad en 1782, que d'affirmer : « notre Ordre est chrétien ».

La maçonnerie d'obédience anglo-saxonne, qui exige que la Bible, non seulement figure sur l'autel de toute Loge « régulière », mais encore soit considérée comme un Livre Révélé, se contredit d'ailleurs elle-même lorsque, pour étoffer ses Obédiences d'outre-mer, elle place un Coran, une Bhagabad-Gîta, ou un Canon Pâli, sur l'autel, en place de cette Bible, soit-disant irremplaçable.

En fait, la Maçonnerie n'est ni chrétienne ni anti-chrétienne, elle possède sa croyance propre, et n'a nul besoin d'emprunter aux religions du monde profane, lesquelles ne nous offrent qu'un ensemble de contradictions, à croire que Dieu change d'opinion en changeant de « prophète »

La « Gnose Maçonnique », celle qui lui est propre, encore une fois, ne saurait lui venir du Monde Profane, mais être extraite et explicitée en fonction de ses Symboles, de ses Rites eux-mêmes, et d'eux seuls : Colonnes «J» et «B», Colonnes «Sagesse», «Force», «Beauté», Carré Long, Cérémonie Rituelles et usages propres aux trois degrés «bleus»: Apprenti,Compagnon, Maître .

Nous ne devons en effet jamais perdre de vue que le laïc, ou le docteur de n'importe quelle religion, est et demeure pour nous un profane, tant qu'il n'a pas été reçu maçon. On peut en effet assimiler l'esprit maçonnique, en ses effets et ses répercussions dans le psychisme, à l'action de « l'Esprit-Saint » des Chrétiens sur le plan spirituel. Ceci ne saurait choquer personne ; un docteur en théologie ne l'est pas pour autant en médecine.

Pour comprendre la Maçonnerie, il faut devenir maçon soi-même !

Revenant à la Gnose Maçonnique, on constatera que toutes les gnoses antérieures actuellement à notre disposition, reposent toutes sur un « donné révélé » de bases judéo-chrétiennes. Or, pour la Franc-Maçonnerie, il n’existe pas de « donné révélé », et rien ne saurait être interdit à l'introspection de l'Homme.

Mais il ne s’agit pas d’une mystique , car celle-ci est le plus souvent présentée comme féminine et obscure , tandis que la voie gnostique est dite masculine et solaire . La nuit et le jour ne sauraient s’abstraire l’une de l’autre ; en se compétant , ils forment un tout .

Considérer d’ailleurs, avec nos Frères anglo-saxons ou d'obédience anglo-saxonne, que la Bible a été révélée par Dieu à Moïse, dans tous les textes antérieurs à la mort de celui-ci, c'est faire fi des découvertes modernes relatives aux vieux poèmes cosmogoniques babyloniens . C'est ignorer qu'aucun texte manuscrit n'existe d'avant la Captivité de Babylone et que c'est Esdras, « inspiré par l'Esprit-Saint », qui les reconstitua... à Babylone, et grâce, justement, à sa découverte de ces mêmes poèmes babyloniens .

Toutes ces Gnoses d'ailleurs, partent d'un postulat de départ, posant en principe que l'Ame humaine s'est dégradée, et qu'elle doit remonter vers son habitat ontologique premier. En fait , ces Gnoses classiques ont plusieurs caractéristiques en commun :

1 - Le dualisme, la plupart des termes signifiants peuvent se regrouper en deux pôles opposés mais interchangeables ; par exemple les 2 pôles , comme ici ( le monde empirique ) et là-bas ( le monde transcendantal ) . Ce dualisme n’est d’ailleurs pas radical , comme le dualisme iranien : ce monde-ci est une péripétie accidentelle qui demande une explication !

2 - L’origine du monde et de l’homme : si le monde et le mal ne sont pas des principes éternels, il doivent provenir d’une source unique, du Dieu qui lui est totalement étranger…

3 - Le salut sera la restauration de l’unité perdue ; sa face objective est la révélation et sa face subjective la Gnose, connaissance supérieure par laquelle les élus se connaissent comme étant issus du Plérome ( la Plénitude, le déploiement du divin ) . La gnose n’est pas matérialisée et son caractère secret ne résulte pas seulement de leur communication à un cercle restreint d’initiés, mais du fait que leur véritable sens est caché , ésotérique donc , comme dans l’Evangile selon Thomas : « Voici les paroles cachées qu’a dites Jésus le Vivant : celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort « .

4- Dans l’eschatologie gnostique , l’univers supérieur est immobile et le salut postule qu’il doit mettre un terme au temps et retourner à l’immobile .

5- Quant à l’éthique gnostique , elle stipule que le spirituel ne saurait faire dépendre son salut d’aucune morale , reprenant la formule de l’Evangile selon Philippe « La perle plongée dans la boue ou enduite de baume, garde la même valeur pour son proprétaire « : les gnostiques ne sont pourtant pas des » athées stupides « , ni des « libertins irreligieux « …

Bien que la Maçonnerie présente un certain caractère élitiste, elle ne nous enseigne pas cela ! Elle prend, dans le Monde Profane, un être qu'elle considère comme incomplet, endormi, non stabilisé, et elle l'éveille en lui transmettant la Lumière. Cette même lumière qui, en lui faisant apparaître les êtres et les choses, les rend réellement à l'existence.

Or, cet être incomplet, endormi, elle ne dit pas qu'elle lui restitue la Lumière, mais bien qu'elle la lui confère. Et selon sa formule propre, elle le crée, le reçoit, le constitue.

On peut donc admettre que la Gnose Maçonnique considère l'Homme Profane comme l'aboutissement d'un long cheminement ontologique, qu'il est alors parvenu devant un seuil, qu'il a buté contre une porte, et qu'il ne peut la franchir sans recevoir de ceux qui ont franchi bien avant lui cette même porte, la Clé nécessaire à son ouverture.

Il y a là un postulat maçonnique de départ conforme aux plus modernes conclusions scientifiques : d'où l'expression maçonnique rituelle lors de l'initiation d'un Apprenti : «Je vous crée, reçois, et constitue Apprenti-Maçon ... »
Or, le latin constituera signifie créer l'essence d'une chose. Créer vient du latin creare : produire, lequel (producere), signifie engendrer. Ce dernier mot signifie donner l'existence . Quant à recevoir, il vient du latin recipere accepter, admettre.

On le voit, il n'y a, dans la formule traditionnelle et sacramentelle de la Franc-Maçonnerie, aucune allusion à un quelconque péché originel, à une quelconque dégradation initiale, et à une restitution à un état antérieur. Bien au contraire, il y a l'idée de création.

Et dans les Symboles traditionnels mis sous les yeux de l'Impétrant dans le Cabinet de Réflexion, il n’y a pas davantage. Le Crâne y est l'image du Néant, de la Mort, du Non-Etre, si bien évoquée par la thèse maçonnique . Et le Coq (lorsqu'il y figure), y est l'image classique chez les anciens gnostiques, du dieu inférieur et imparfait qu'est le démiurge d'en-bas, aussi bien que,dans les grimoires magiques, du Principe du Mal.

Du Néant, de la Mort, du Non-Etre, la Maçonnerie extrait donc une « materia prima » qu'elle va évertuer par sa Rituélie, et, au terme de cette Cérémonie, en faire un être réellement vivant, libre, et pensant.

Mieux encore, en en faisant un Maçon, c'est-à-dire un constructeur, elle va le hausser au niveau de ces demiurges dont parle Empédocle d'Agrigente : «Le Démiurge et les demiurges unissent le Créé à l'Incréé.. »

L'Incréé... Peut-on mieux souligner cette différence avec le Monde Maçonnique, enfermé, abrité, réfugié, en ce Temple où seuls ont accès ceux qui, grâce à la Lumière, vivent réellement ?

Cette «création» pneumatologique, la Maçonnerie la réalise en conformité avec un Plan, qui lui a été justement confié par ce Principe Suprême qu'elle nomme le «Grand Architecte de l'Univers». Et elle exécute ce Plan par Amour, car la formule usuelle dit : «A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers... »

Elle l'exécute également par Obéissance ( la G\L\D\F\ est une obédience, certains semblent l’oublier ), car la même formule évoque un ordre reçu :
« Au nom de la F\M\ Universelle et sous les auspices de la G\L\D\F\... ».
Elle l'exécute légitimement : « En vertu des Pouvoirs qui m'ont été conférés... ».
Car derrière ces paroles sacramentelles du Vénérable Maître, c'est la Maçonnerie toute entière qui parle, puisque c'est d'elle, de sa Tradition, qu'il tient ces formules ainsi transmises, inchangées, depuis des siècles.

Ce que la Gnose Maçonnique a de commun avec les Gnoses classiques et connues, c'est cette notion de seuils intermédiaires, de portes à franchir,et que le Rituel affirme être « extrêmement basses » . Car seuils et portes sont traditionnellement gardés par des Arkontes, c'est-à-dire des Principes, et ces Principes, il faut les surmonter .

Telles sont ces phases improprement appelées baptêmes en nos Rituels. Car on ne voit guère comment un Elément (Eau, Air, Feu), dont on libère l'Impétrant, pourrait, de ce fait, le purifier. Autant dire d'un malade que l'art de médecine a tiré d'affaire, qu'il a été «purifié par la maladie ».

Une telle hypothèse équivaudrait d'ailleurs à soutenir qu'en passant par le «Cabinet de Réflexion», le Profane a été «purifié par la Terre « .Ce serait lui conférer d'ores et déjà, du fait de son séjour dans le dit « Cabinet de Réflexion», un caractère et une qualité qui en feraient, avant l'Initiation elle-même, un être différent des Profanes ordinaires.

Or, la Tradition Maçonnique ne soutient en rien cette hypothèse, et le texte des divers Rituels, (français, écossais, égyptien), la contredit, bien au contraire.

Une autre différence entre les Gnoses classiques et la Gnose Maçonnique, (outre la notion de Préexistence des Ames, qu'elle ignore délibérément, comme on vient de le constater), c'est l'absence de toute allusion, quant à la Vie Future du Maçon, avec ces hypothèses que sont la métempsychose ou la métensomatose (réincarnation).

Pour la Tradition Maçonnique, la mort charnelle conduit le Maçon à l'Orient Eternel. C'est tout.

Descendons donc sur le plan des Symboles, et voyons s'ils nous précisent quelque chose à cet égard. Dans le Temple, il est un lieu qui est nommé l'Orient, et qui, surélevé de trois marches ou «assises», s'oppose ainsi et domine l'Occident . Ce dernier étant le « seuil » du Monde Profane, c'est-à-dire du Non-Etre, de la Mort, et des Ténèbres, l'Orient sera, par opposition, le lieu de l'Etre (en sa plénitude, c'est donc l'image du « Plérôme » des gnostiques), de la Vie, (Véritable), et de la Lumière.

C'est pourquoi il est dominé par le symbole de la Cause Première, symbole très illuminé, et qui est le Delta Rayonnant .

Prendront place à l'Orient, tôt ou tard, et par le jeu des institutions maçonniques, tout les Frères qui l'auront mérité, par leur zèle, leur connaissance de la Maçonnerie, leur haute valeur morale.

S'ils en sont un jour chassés, ce sera pour franchir les Colonnes d'occident, et ainsi retourner, au Monde Profane, c’est-à-dire au Non-Etre, à la mort, aux Ténèbres. Pour un temps donné, ils seront dit « en sommeil », et rejetés à jamais, ils seront dits « oubliés » …

Peut-on mieux exprimer d'ailleurs ce retour aux Ténèbres, à la Nuit ?

On nous objectera l'usage, très récent d’ailleurs, qui veut qu’en certaines loge, le Vénérable d’un Atelier aille, à la fin de son mandat, au seuil du Temple, remplir l’office de Couvreur, soit de « Gardien du Seuil « , fonction qui n'est d’ailleurs pas définitive …Mais ce n'est nullement une disgrâce ( il n’y a pour cela qu’à prêter attention aux propos du V :.M :. lors de la cérémonie d’installation du Collège des Officiers ) bien au contraire, car bien avant le Vénérable, le Frère Couvreur est celui qui permet l'accès au Temple, c’est-à-dire à la Lumière, à la Vie, à l’Être .

Est-ce à dire que la Gnose Maçonnique ignore les notions de pluralité des formes vitales dans le Monde Profane ? En un mot, la Maçonnerie ignore-t-elle la métempsychose ou la métensomatose ? Il semble en cela qu'elle ait conservé la tradition pythagoricienne, tradition qui voulait que les Initiés reçoivent, pour premier bénéfice de leur initiation, le privilège d'échapper à la roue des vies. Seuls, les profanes y demeuraient assujettis.

Cette notion était celle de la Gnose chrétienne classique, le chrétien ayant reçu les baptêmes d'eau et de feu, échappait désormais au Prince de ce Monde, et ne relevait plus que du Christ.

Et déjà bien avant eux, Platon affirmait que «ceux qui ont approché les saintes initiations et ceux qui les ignorèrent, n'auront pas, dans le séjour des Ombres, une semblable destinée....»

Or, le Monde Profane, voué au Néant, au Non-Etre, aux Ténèbres, est symbolisé par le «Cabinet de Réflexion». Et que met-on, en ce réduit sinistre, sous les yeux du Récipiendaire quelque peu étonné ? Des emblèmes alchimiques, évoquant ipso facto les multiples transmutations qu'opère en ce Monde matériel, ce que nous nommons improprement la Vie. En effet, la soucoupe de sel, la soucoupe de soufre, la coupe où tremblote le mercure vulgaire, le crâne décharné, ne sont-ils pas des symboles du Scel, du Soulphre, du Mercure Philosophal, du Vitriol Philosophique ? Et transposé dans le plan humain, ces transmutations, ainsi dicrètement évoquées, ne rappellent-elles pas les vies successives défilant devant les Yeux du Profane ? Et en l'arrachant au «Cabinet de Réflexion» pour lui donner l'accès au Temple et à sa Lumière, la Maçonnerie ne lui fait-elle pas comprendre, à demi-mot, qu'elle entend le libérer de ces formes multiples, transitoires, et immuablement douloureuses, que sont les Vies successives ?

Telles sont les notions préliminaires d'une Gnose, exclusivement maçonnique, et que l' on peut dégager de nos Traditions et de nos Symboles.

Et s'il arrivait que des Frères, incomplètement pénétrés de l'esprit maçonnique, inconsciemment soumis à des disciplines confessionnelles étrangères à l'Ordre de lui-même, tentent de concilier leur soumission à ces disciplines, et leur désir de devenir ( et non de demeurer, de ce fait ... ), de bons et légitimes maçons, il leur resterait de méditer ce couplet, tiré des chants maçonniques du dix-huitième siècle, et connu depuis 1737

Pour le public, un Franc-Maçon
Sera toujours un vrai problème
Qu'il ne saurait résoudre à fond
Qu'en devenant Maçon lui-même

Mais V :.M :. Et vous tous mes FF :., pour adoucir quelque peu la dureté de ma planche de ce soir , permettez-moi d’emprunter à un F :. Passé à l’Or\ Etern\, la réponse qu’il aurait pu faire aux gnostiques , selon Puech :
Qui sommes-nous, d’où venons nous où allons-nous ? :
Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne …

V\M\ et vous tous mes FF\, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

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La Gnose

Publié le 13 Décembre 2012 par R/C/ dans Planches

La Gnose, c'est la connaissance ..., mais quelle connaissance ?
Celle de la Tradition Universelle et Primordiale.
Cette définition n'éclaire pas beaucoup notre attention et appelle une autre question :
Qu'est ce que la Tradition Primordiale et Universelle ?
C'est un enseignement très ancien transmis par les écoles initiatiques à leurs étudiants. Les prêtres, dans l'antiquité, ont inclu dans leurs enseignements de la morale et de l'hygiène dispensés aux peuples, des chapitres de la tradition Universelle, sous forme de dogmes.

Mais ..., quelle peut être l'origine de la Gnose ?
Il n'est pas facile de répondre à cette interrogation. Les prêtres ne s'embarassent pas pour si peu; les religions, toutes antropomorphes, enseignent à leurs fidèles que Dieu a révélé à un ou plusieurs prophêtes ses enseignements par le moyen de la révélation. Mais si on considère Dieu comme le premier Principe, ineffable, inconnaissable, intangible, il faut trouver autre chose et considérer la question en partant de l'enseignement de cette même gnose.
Elle nous enseigne, et cela dans le prologue de l'Evangile de St Jean que le Verbe était en Dieu, et que le Verbe était Dieu, et que Dieu avait émané des Entités Spirituelles, donc sans dimensions, hors du temps et de l'espace et que ces entités étaient à son Image et à sa Ressemblance, donc douées de volonté propre, de liberté et capables de choisir ..., liberté qui a permis à la première catabole, la tentative de Lucifer, le Porteur de Lumière, d'émaner à son tour une part de l'Univers.
Cette tentative a été réprimée et Dieu émane alors l'Adam Premier, l'Adam Kadmon, que Martinez de Pasqually appelera le "Mineur", pour maintenir Lucifer dans des limites inférieures. L'Adam Kadmon, émané à l'image et à la ressemblance de son Emanateur, mâle et femelle, s'est laissé convaincre par celui qu'il était chargé de surveiller, et décida d'émaner à son tour, ce qui provoqua la seconde Catabole et la chute de l'humanité dans le monde de la matière sensible.
A la suite de séries d'épreuves, les êtres déchus seront réintégrés dans leur état primitif d'émanations divines.
Toutes les écoles initiatiques, toutes les religions sérieuses admettent ce "schémah".
Les interprétations varient selon les conditions spaciales et temporelles, et selon les capacités et les talents de chacun des individus s'intéressant à cette question ..., mais cela ne précise pas comment cette Tradition Universelle est arrivée.
Nous avons vu que les religions avaient simplifié ce problême en disant, comme les judéo-christo-musulmans, que Dieu avait parlé à Moïse pour lui donner ses instructions ..., c'est pousser un peu loin l'antropomorphisme ..., Dieu a créé l'Homme à son image et à sa ressemblance, et l'Homme le lui a bien rendu ..., il n'est pas possible d'accepter cette explication simpliste qu'un enfant ne croyant plus au Père Noël, rejetterait.
..., alors, les hommes ont cherché autre chose !
Ils ont observé ce qui était à leur portée, d'abord ..., la Nature ..., le Soleil paraissant chaque matin, disparaissant le soir ..., puis la Lune, reflétant la Lumière solaire la nuit depuis la nouvelle Lune jusqu'à la pleine Lune ..., les saisons ..., les étoiles fixes ..., les corps célestes du système solaire ..., et pour mieux communiquer les résultats de leurs méditations, ils inventèrent les Nombres, en même temps que l'Ecriture.
Ils ont conclu que les faits dépendaient de Lois..., et que ces Lois dépendaient de principes et que le premier des principes était Dieu ..., et que de ce Premier Principe, inconnaissable dans son essence, provenait tout le visible, comme l'invisible ..., et que par conséquent, tout pouvait être ramené à l'Unité, d'où le mot Univers qui signifie "tourné vers Un".
En continuant leurs observations, ils ont découvert La Loi des correspondances et des similitudes gravée dans la Table d'Emeraude :
" Il est vrai, véritable et sans mensonge que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ..., etc ...".
..., de cette Loi on a pu déduire que l'invisible était comparable au visible.
Partant de la constitution de l'homme en trois, parties :
le corps = corpus = sôma
l'âme = anima = psyché
l'esprit = spiritus = pneuma
..., ils ont pu déduire que la Nature sensible était "doublée" par un double invisible - le plan astral, vivant en symbiose, comme l'ensemble psychosomatique humain, et qu'au delà, il existait un plan spirituel correspondant au pneuma humain spacial et temporel.
Partant encore de cette Loi des analogies, des similitudes et des correspondances, on peut spéculer dans tous les domaines et trouver par là même des applications pratiques - comme les astronomes trouvent par le calcul des corps célestes encore inconnus.
..., à propos de calculs ..., certaines écoles initiatiques ont travaillé en utilisant le symbolisme des nombres comme le fit Pythagore ..., ou les cabalistes ..., et ont obtenu les mêmes idéaux qu'en utilisant d'autres symboles ...
L'Unité UN correspond au Père = la Sagesse
Le Binaire DEUX, correspond à la Mère = La Beauté
Le ternaire TROIS correspond au Fils = la Force
..., ce sont là les trois hypostases de la divinité dans toutes les initiations et les religions tri-unitaires, sauf bien sûr les religions judéo-christo-musulmanes qui éliminent l'archétype de la Mère et de la Femme qu'ils jugent certainement trop inquiétant.
Cependant le nombre 1 multiplié par lui-même donne toujours UN ..., de même divisé par lui-même, le résultat est encore UN ..., si on opère une soustraction, le résultat est nul ..., mais si on ajoute l'Unité à elle même, on obtient deux ..., le mouvement apparait ..., du reste, le Zohar, un commentaire de la Bible, démontre que c'est du Nombre DEUX que tout provient ..., le deux est bien la Mère, la Femme qui perpétue la race sur le plan humain ..., et la Bible raconte que dans le symbolique Jardin d'Eden, que c'est bien la partie féminine de l'Adam Eve, l'humanité, cette Eve, la côte d'Adam, qui a été séduite par le Serpent et a entrainé l'humanité dans la seconde catabole et la création de l'Univers sensible et du plan intermédiaire ...,..., sans cette catabole que la femme déclencha, nous aurions échappé aux cycles inférieurs et leurs souffrances ..., mais de quel mérite pourrions nous nous réclamer si nous étions restés des émanations divines ?
En attendant le moment, qui n'est pas pour demain, de la réintégration des êtres dans leur état primitif, nous sommes bel et bien plongés dans les conditions spaciales et temporelles, dans une symbiose étroite psychosomatique enfermant notre pneuma ..., il faut faire avec !.
Mais des hommes curieux voulaient savoir d'où ils venaient et où ils allaient ..., et personne n'est revenu après la mort psychosomatique pour raconter quoi que ce soit ..., car les différents états de conscience passent par tous les états de conscience, depuis la lucidité jusqu'au coma, et si on peut sortir d'un degré de coma profond, on ne peut ressuciter .
Pour ce qui concerne les recherches parapsychologiques, de remémoration sur les vies antérieures, à ma connaissance, aucune indication concernant l'espace entre une mort et une nouvelle naissance d'un pneuma ne nous est parvenue. Nous sommes donc réduits à appliquer la Loi de la Table d'Emeraude pour émettre des hypothèses sur la constitution du Plan Divin. Pour mener à bien ce travail, il nous faut connaitre le plan spacial et temporel, puis, par analogies successives, apprendre à connaitre le plan intermédiaire ..., autrement dit le plan astral, si l'on veut un jour parvenir au plan spirituel.
Examinons donc un ternaire, un ternaire à notre portée, qui est l'homme, comme nous l'a conseillé l'école Socratique avec son fameux : "Connais toi, toi-même, et tu connaitras l'Univers et les Dieux".
L'homme, donc, est formé de trois parties, le corps, l'âme et l'esprit ..., le Sôma, la Psyché et le Pneuma ..., il existe une symbiose totale entre le corps et l'âme durant la période de passage dans le monde sensible. Cette union corps-âme disparait et est absorbée dans les cycles naissance-mort ..., seul, l'esprit, étincelle émanée de la Lumière éternelle, est immortel, comme sa source divine.
Le corps physique est la partie de l'homme la mieux étudiée par la science expérimentale parce que l'intelligence de l'homme a conçu et réalisé des outils permettant cette étude, et nous ne pouvons qu'admirer l'ingéniosité de sa construction, de son fonctionnement, de son organisation et de son service après vente.
Le systême nerveux central est une merveille ..., avec tous les éléments chimiques qui lui sont apportés par le flux sanguin, il fabrique l'électricité dont il a besoin pour son fonctionnement ..., il est capable de séparer les éléments des gaines isolantes protégeant ses conducteurs électriques afin de mettre hors circuit ses éléments usés aux endroits adéquats, pour rétablir le bon fonctionnement dans son ensemble ou d'une fonction en particulier ..., et comme miniaturisation ..., c'est fantastique ..., des centaines de milliers de cellules, ayant chacune plusieurs fonctions, sont concentrées dans le volume d'un pois chiche !
Mais cette merveille constituant le corps de l'homme serait inerte et rapidement décomposé s'il n'était animé par l'âme, comme tout ce qui existe, animaux et plantes.
L'âme est moins étudiée que le corps, car immatérielle ..., on manque singulièrement d'objets de contrôles expérimentaux, et lorsque certains existent, comme les photos Kirlian, le magnétomètre de Fortin, ils ne mettent en lumière que les conséquences de l'existence de l'âme.
L'âme est donc la partie qui anime, qui véhicule la cohésion de la vie. Comme le corps, l'âme est complexe ..., ses différentes parties ont des fonctions et des buts déterminés. On peut définir l'inconscient comme l'organe qui s'occupe spécifiquement de faire fonctionner les organes et appareils du corps physique en tout temps ..., aussi bien dans les différents degrés de conscience - veille - pré-sommeil - sommeil - sommeil profond - coma - coma profond - mort - ..., dans ce dernier degré - la mort - l'âme toute entière se sépare du corps et disparait elle même lorsque le corps est complètement décomposé, libérant ainsi l'esprit. A ce premier ensemble de fonctions vient s'en ajouter d'autres agissant sur le corps ou sur le comportement et que l'on peut identifier à la notion de subconscient ..., une partie de ces fonctions commande les réflexes du corps, d'autres son comportement : douleurs affectives, amour, répulsion, colère et différents états de conscience.
Si nous considérons le soma - le corps - comme un robot dont le moteur électronique et les mémoires se trouvent dans le systême nerveux central ..., la Psyché serait l'opérateur. La psyché est donc en relation, d'une part avec la nature naturée, le monde physique par l'intermédiaire du systême nerveux central dans la section des cinq sens ..., et d'autre part, elle est en rapport avec la nature naturante par sa constitution propre. Cette constitution sert d'intermédiaire entre la nature naturante et la nature naturée ..., le plan astral avec l'homme.
Ce plan astral, immatériel, n'étant pas programmé dans notre ordinateur, nous ne pouvons en prendre connaissance que dans les degrés de conscience compris entre le pré-sommeil et le coma profond ..., c'est pourquoi, dès le pré-sommeil, nous "voyons" des figures, des personnages ..., et que dans nos rêves nous assistons à des scènes plus ou moins logiques.
Comme sur le plan physique, il y a les quatre éléments et aussi les minéraux, les végétaux, les animaux ..., des phénomènes électromagnétiques, lumineux, etc ... sur le plan astral, il y a également différents phénomènes. Comme notre ordinateur n'est pas programmé pour les traiter directement, il nous faut être mis dans un état de conscience spécial pour nous rendre compte de ce qui se passe dans ce plan astral et, de plus, avoir recours à une imagination symbolique. Cette interprétation nous est donnée par la partie du plan astral connu sous le nom d'inconscient collectif ..., par exemple, les Anges, ou plus précisément les Entités dont l'agglomérat forme une classe d'Anges, nous sont imaginés par des figures humaines d'allure androgyne munies de paires d'ailes ..., ou les quatre éléments nous sont présentés par des gnomes, des ondines, des sylphes ou des salamandres.
Cet état de conscience peut être obtenu par différents procédés ..., soit qu'ils sont héréditaires ou spontanés, soit volontaires par entrainement, soit provoqués par un déséquilibre physique ( privation de nourriture ou de sommeil ), soit par des agents physiques commes des hallucinogènes ou des intoxicants, soit par magnétisme, par suggestion ou même par malaise.
Dans ce plan astral figurent aussi une quantité innombrable d'images qui sont stockées, comme dans des K7 vidéo, toutes les pensées et les actes émis et accomplis dans le passé et dans le présent depuis le commencement des temps ..., et en plus l'astral est occupé par des entités que l'on peut nommer des élémentaux qui ne sont ni bons, ni méchants et que l'homme, consciemment ou non, peut influencer ..., et il ne faut pas non plus sous-estimer le fait que certaines de ces entités, plus puissantes que d'autres, plus complexes, cherchent à se matérialiser dans le plan physique en jouant des coudes.
Ce plan astral, de par sa nature, est hors du temps et de l'espace, il est donc impossible de savoir si les K7 vidéo sont récentes ou anciennes. Les "voyants", quelque soit leur support - astrologie - tarot - cristal - nombres - géomancie - marc de café - etc ..., ne peuvent assurer que leurs prévisions se réaliseront, car certaines sont relatives au passé.
Les médiums à effets physiques ont tous été pris un jour ou l'autre, par des vérificateurs, à tricher lorsqu'ils ne sont pas en état adéquat lors de l'expérience. Nous sommes en rapport direct avec cette dimension astrale durant nos rêves et il faut bien se garder de se mettre en relation avec elle en dehors de ces périodes qui sont prévues "pour"..., car si le plan physique est une illusion, le plan astral l'est encore plus.
La troisième composante de l'homme est donc son esprit immortel, émanation de la divinité, l'image et la ressemblance de Dieu. L'esprit est le support de l'intelligence et de la raison, de l'entendement et de l'imagination créatrice ..., de la volonté et de la conscience spirituelle ..., de l'Amour Supérieur dont les trois formes sont l'Altruisme, la Fraternité et la Charité.
Sur le plan spirituel, l'homme, l'humanité, est tout comme les classes d'anges - archanges - trônes - principautés - dominations - vertus - pouvoirs - chérubins - séraphins - , l'homme est formé par des cellules androgynes qui, tout comme les corps spirituels qu'elles forment, sont à l'image de la tri-unité divine : l'Unité = le Père, la Dualité = la Mère, le Ternaire = le Fils. Ces trois états divins sont symbolisés dans nos temples respectivement par les colonnettes Sagesse, Beauté et Force. S'il était permis de s'étonner en maçonnerie, il serait possible de le faire en constatant que la plupart des Loges refusent leur entrée aux femmes.
Dans les conditions spaiiales et temporelles dans lesquelles sont plongées les cellules spirituelles humaines qui sont revêtues de peaux de bêtes, ces dernières sont sexuées. L'homme et la femme sont anatomiquement et physiologiquement complémentaires, comme ils le sont psychiquement ..., et pour qu'une question reçoive complètement sa résolution, il faut qu'elle soit étudiée en même temps par l'homme et par la femme ..., c'est d'ailleurs ce qui se passait dans les écoles initiatiques antiques celtes, scandinaves, égyptiennes, grecques, orientales etc ...
Du reste des maçons éclairés comme Cagliostro, avec ses hauts grades égyptiens ..., comme Martinez de Pasqually et son successeur et adepte Willermoz, des hommes comme Constant Chevillon au rite des Chevaliers Maçons Elus Cohens de l'Univers, ont tous reçu des soeurs dans leur Ordre respectif, et il est probable qu'un rituel spécifiquement rédigé pour la femme aux trois premiers grades ait été pratiqué au XVIIIème siècle sous la Grande Maitrise de la Princesse de Lamballe.
A note époque, nos soeurs du rite de Memphis-Misçraïm pratiquent leur propre rituel écrit par Chevillon lui-même en 1935 ..., car, la maçonnerie, conformément aux écoles initiatiques anciennes, fait passer ses adeptes par les portes de la Mort du Corps et de la Mort de l'Ame, plongeant ainsi l'esprit dans les cycles successifs.
Autant au rite masculin avec la légende d'Hiram, qu'au rite féminin avec la légende de Perséphone, les cellules humaines androgynes suivent alors la suite de l'Initiation.
Si tous les maçons repassaient de temps en temps dans le cabinet de réflexion et s'imprégnaient bien du fait qu'ils doivent y laisser leur individualité pour reprendre en main leur personnalité ..., de laisser dans ce tombeau les préjugés de la culture profane, de la culture Judéo-christo-musulmane basée sur l'idée que le droit est basé sur la force pour être mieux défendu ..., ils ne ressentiraient alors plus ce complexe d'infériorité qu'ils éprouvent devant la femme. Il faut comprendre par là que si la femme a des solutions à un problème, ce n'est pas parce que la femme est plus intelligente que l'homme, c'est parce qu'elle est femme ..., et ce que lui a trouvé, c'est parce qu'il est homme ..., et il est facile de déduire qu'à eux deux, ils peuvent trouver la totalité d'une solution. Certains maçons avouent que la présence en Loge de femmes leur fait perdre la concentration et l'attention sur les travaux exécutés ..., cela tient du fait qu'ils souffrent d'une affection entrant dans le cadre du fétichisme. Il y a le fétichisme des parties du corps, celui de pièces de vêtement, il y a aussi le fétichisme des lieux ..., et un maçon ayant un comportement normal dans la vie courante, s'il ressent une poussée de sa libido en Loge, doit savoir que celà se soigne et que celà se guérit très facilement.
La Loge est un lieu sacré dans lequel tous les présents sont censés se souvenir de cette pensée de notre frère St Exupéry :
" Mon Frère, enrichissons nous de nos différences".
Nous avons vu que la Tradition Primordiale et Universelle était la base commune des écoles initiatiques et des religions ..., et que ces religions n'en étaient que l'expression exotérique ..., nous avons vu également que dans les temps antiques tous les prêtres étaient initiés, ce qui n'est plus le cas maintenant particulièrement pour les prêtres de l'Eglise Romaine, puisqu'un membre de cette église entrant en maçonnerie serait sous le coup d'une excommunication majeure ..., cependant certains prêtres sont quand même initiés en maçonnerie, mais ils sont peu nombreux.
Ce petit nombre suffit cependant pour maintenir l'Esprit de la Tradition dans le corpus de toutes ces religions de masse qui toutes possèdent des gnostiques en leur sein. Il existe actuellement une église gnostique chrétienne apostolique qui est une résurgence des groupes gnostiques chrétiens du IIème et du IIIème siècles et dans laquelle tous les membres du clergé sont obligatoirement au moins maitres-maçons actifs.
Au IIème et IIIème siècles, des chrétiens initiés à la Tradition Universelle et Primordiale, comme l'étaient les Juifs Esséniens, se groupent dans différentes paroisses chrétiennes pour y apporter plus de matière traditionnelle.
Par exemple, quand St Paul a structuré la secte chrétienne, il n'a pu inclure la tri-unité de la tradition Universelle, le Père, la Mère, le Fils, et fut obligé de la réduire à une dualité Père - Fils, sachant bien que sinon il ne serait pas écouté et qu'il risquait d'être lynché ..., ce qui était courant et banal dans cette zone d'espace-temps.
Ce n'est que 50 ans environ après sa mort que l'on rajouta le Saint Esprit pour compléter la Trinité, mais toujours sans citer la Mère, et ce, pour la même raison : ce complexe d'infériorité de l'homme en général vis à vis de la femme et de sa capacité de créer la vie ..., alors que l'ésotérisme juif, conformément à la tradition, spécifie bien que c'est la Dualité, donc la Femme, la Mère, qui est choisie pour procéder à la création ..., ce qui est clairement énoncé dans le Zohar, par exemple, relatant la conversation symbolique du Père avec les nombres ..., ou encore plus simplement quand on sait que le premier mot de la Bible est "Bereshit" qui commence par la lettre "Beth", le B, qui est le nombre DEUX ..., le deux, la dualité qui est attribuée à la colonnette Beauté de notre Temple.
C'est aussi deux triangles qui forment le sceau de Salomon, c'est la couleur verte, symboliquement attribuée à Vénus, planète féminine, et un croissant de lune, également un symbole féminin qui figurent souvent chez les musulmans ..., et enfin, lorsque l'infaillibilité du Pape a été imposée en Concile, la première action du Pape a été de proclamer l'Ascension de la Mère de Jésus, article de Foi ..., ce qui indique bien que l'inconscient collectif considère la féminité, autant que la masculinité, malgré les altérations culturelles particulières.
L'Eglise Gnostique Apostolique actuelle, comme d'autres églises gnostiques de la résurgence de Doisnel, et Fabre des Essarts, son successeur, rappellent les quatre problêmes que se sont toujours posés les gnostiques :
1 - le problème de la création
2 - le problème de l'incarnation divine
3 - la question sociale
4 - la question de la femme
..., et c'est un septénaire qui répond à ce quaternaire :
1 - Exclusion du dogme de la création, tel qu'il est formulé par l'orthodoxie catholique romaine
2 - Existence d'une puissance inférieure productrice du monde hylique
3 - Doctrine de l'Emanation
4 - Groupement des Eons par SIZYGIES, c'est à dire par nature mâle et femelle.
5 - Analogie des trois mondes : Plérôme, Ogdoade, Hebdomade.
6 - Un Christ Sauveur s'incarnant en l'homme Jésus, mais restant indépendant de Lui et le quittant avant le drame du calvaire.
7 - Une réintégration de l'homme et de la femme ainsi que tous les autres êtres déchus dans le sein du Plérôme.
Le premier Gnostique chrétien a été Nicolas, un des sept diacres de l'église de Jérusalem choisis par les apôtres.
D'autres ont suivi ..., et au IIème et IIIème siècles, les sectes gnostiques ont été nombreuses sur tout le littoral méditerannéen.
Par la suite, il y a eu des résurgences dans plusieurs états européens. Il y a des gnostiques à titre individuel dans l'église romaine comme le Cardinal Nicolas le Cusain ..., puis, nous avons les Bogomiles en Bulgarie et en Macédoine ..., les cathares, albigeois, vaudois, patarins, cotereaux ..., St Bernard, plus druide que prêtre chrétien et les templiers, ses enfants ..., etc ..., etc ...
Force est de constater que des éléments de la Tradition Universelle et Primordiale flottent toujours dans l'inconscient collectif et se manifestent dans l'exotérisme des religions.
Nous avons la chance, dans la franc-maçonnerie, qu'elle nous soit dévoilée dans une grande partie de son ésotérisme.
Profitons de cette grâce ..., méditons et essayons de dégrossir nos pierres brutes pour construire le temple de la Jérusalem Céleste qui évolue peu à peu au cours des cycles innombrables.

Source : www.ledifice.net

 

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Les arcanes de la gnose

Publié le 13 Décembre 2012 par M/R/ dans Planches

Nous sommes les seuls responsables de notre destin, de notre vie et comme l’affirmait Plotin, « il faut que nous devenions les sculpteurs de notre propre statue et que nous fassions en sorte que nous ne nous laissions pas abimer par les vicissitudes de la vie ». Ainsi nous avons choisi de sculpter notre vie autrement, de nous élever au dessus des bassesses profanes, de spiritualiser notre matérialité. Nous avons librement choisi de renaître, en étant, après un retour dans la matrice de la Terre symbolisée par le cabinet de réflexion, initié par l’air, l’eau le feu.

Nous entrons dans une voie d’initié où nous recherchons l’excellence du parcours qui va des ténèbres à la lumière. La perfection n’étant pas de ce monde, nous essayons tout au moins de faire en sorte que le chemin soit le meilleur possible dans cette quête de Vérité et de Lumière. S’agit-il de rechercher la Vérité et la Lumière d’un monde auquel nous aspirerions ou s’agit-il de rechercher notre propre vérité pour devenir des êtres éveillés au sens bouddhique, lumineux et sereins, utiles au monde où nous vivons, pierre du Temple de l’Humanité et découvrir que le JE n’est rien s’il ne sert à tous, que les futiles décorations et titre ronflants du Moi, ne sont que les tristes reliquats d’une vie superficielle humaine ?

Quel idéal, mes Sœurs et mes frères, le beau, le bon, le véridique d’une chaîne d’union lumineuse et rayonnante. Bien sûr que c’est utopique, mais c’était, il y a quelques décennies, de l’utopie d’imaginer que nous pourrions communiquer avec le monde en un clic… C’est l’utopie qui fait avancer le monde, et le principe d’une humanité fraternelle sera un jour réalité, parce que c’est inscrit dans notre génome. Alors résonne la voix théâtrale du Vénérable Maître, qui brandit trois objets que nous avons reconnus comme des outils symboliques : « Ici sont les arcanes de la gnose ».

La phrase interpelle l’apprenti. Parce que nous ne sommes pas habitués à utiliser ces mots dans notre banale vie d’humain, et parce qu’ils sont parfumés de cette suave odeur qui nous plonge dans l’ésotérisme symbolique. Traduisons en langage exotérique ces mots. L’arcane, au masculin singulier, désigne une opération secrète de l’alchimiste, alors qu’au pluriel, cela signifie tout simplement « les secrets ». Le terme de gnose vient du grec gnosis, qui signifie « connaissance ». Avouez que « ici sont les secrets de la connaissance » cela fait moins maçonnique que « ici sont les arcanes de la gnose ».

Mais la gnose désigne aussi un concept philosophico-religieux où le salut de notre âme, autrement dit sa libération du monde matériel, passe par la connaissance de la divinité, donc par la connaissance de Soi. Et nous souvenons tous de cette formule magique, hermétique pour le profane, le V.I.T.R.I.O.L du cabinet de réflexion, Visitetis Interiora Terrae Rectificando Invenietis Occultum Lapidem, visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, trouve la pierre cachée, celle de ta nature véritable.

Nous pouvons rappeler qu’il y a deux aspects dans cette formule ésotérique. Le rappel de l’alchimique transformation du Moi en Soi, et le rappel que notre démarche n’est pas seulement la découverte et la transformation de notre Moi, mais aussi la découverte de notre nature cosmique, divine. Dans un autre rite, il est dit que le chemin tortueux de la vie conduit au trône de Dieu lui-même. La Vérité et la Lumière en quelque sorte. Et là nous sommes dans la gnose, la quête de la connaissance.

La transformation de soi commence dans le cabinet de réflexion, au centre de la Terre, dans cette caverne obscure où la matière brute pourrit pour mieux se transformer, se transcender, matrice de notre nouvelle entité. Notre matérialité, symbolisée par l’Equerre, qui devra abandonner les aspects bruts et rugueux des passions, des impatiences dominatrices de l’Égo, encore trop influencé par des réussites profanes. Cette période où l’on écoute, observe, reçoit, où l’on descend le long du fil à plomb à la recherche de son intériorité pour mieux la connaître et la maîtriser c’est notre apprentissage. C’est la première phase de ce parcours de l’initié qui définit les fondations du nouvel édifice à construire, qui conduit à faire d’une pierre brute une pierre cubique pouvant être évaluée symboliquement par l’équerre et s’ajuster parfaitement entre les autres pierres de la l’Edifice. L’équerre nous rappelle sans cesse que c’est dans la droiture que s’accomplit notre transformation, c’est le symbole de la rectitude, et non pas de la rigidité…

L’étape ultime de notre parcours est symbolisée par le compas, dont les branches mobiles ouvrent la voie à l’intelligence et la justesse, à la mesure, la circonspection, l’impartialité et la sagesse spirituelle.

Passer de la matérialité à la spiritualité ne peut cependant se faire sans un troisième élément qui agit comme catalyseur, la règle. La règle à 24 divisions, qui vous rappelle que le travail ne s’arrête jamais, que pour se transformer, notre matérialité à besoin de respecter les règles de notre ordre, car nous sommes entrés en maçonnerie comme dans un ordre, de respecter les règles éternelles d’un univers où tout est harmonie et beauté. Cette transformation aboutit à l’Etre initiatique dont parle Alain Pozarnik.

Les arcanes de la gnose de notre premier degré nous entraînent ainsi sur le chemin de la recherche de la Vérité et de la Lumière. Sur le chemin de la connaissance. Notre parcours est une gnose, et par de nombreux points elle se rapproche de la gnose des cherchants, des aventuriers de Dieu que sont les gnostiques, dans la mesure où, comme l’enseignait Guénon : « La gnose dans son sens le plus large est la connaissance ; le véritable gnosticisme doit-être avant tout la recherche de la vérité intégrale ».

S’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes, comme le conseille Joseph de Maistre, est bien proche de la démarche que nous avons adoptée.

Nous en savons aujourd’hui un peu plus sur les théories gnostiques des premiers temps par les découvertes en Egypte de textes à la fin du 17ème siècle, et surtout par la découverte en 1945 de la bibliothèque de Nag Hammadi, en Haute Egypte, évangiles, lettres, traités et actes et de l’évangile apocryphe de Judas, en 1970. Pour les gnostiques, le dieu de l’ancien testament ne serait qu’un dieu secondaire, un démiurge qui aurait créé un monde imparfait dans lequel nous vivons.

Le monde sensible est dominé par les passions hostiles dans lequel l’âme a été jetée et emprisonnée et son enveloppe charnelle est sujette à toutes les vicissitudes. L’homme est fait de chair et d’esprit, pour Thomas, la chair est pauvreté, l’Esprit est richesse. Ainsi Jésus pouvait affirmer que son royaume n’était pas de ce monde, et il serait alors venu pour apporter le message du Dieu inconnu et supérieur, l’Agnostos, étranger à la création, d’un royaume qui serait celui de l’esprit…

Nous sommes donc dans un monde manichéen du Bien et du mal, du noir et du blanc, des imparfaits et des parfaits, et le salut est dans ce royaume des cieux du Dieu supérieur qui n’a pas pu créer ce monde imparfait. On rejoint la tradition platonicienne de l’enfermement de l’âme dans une enveloppe charnelle dont elle se libère pour un monde idéal et parfait.

Yahvé est ainsi, pour certains gnostiques, ce démiurge imparfait de l’ancien testament. Le gnosticisme prône par ailleurs le salut d’une élite par la recherche intérieure et personnelle, sans l’aide d’une quelconque et humaine église, par l’introspection. Nous pouvons reconnaître en passant le « connais-toi toi-même » de Socrate. Et pour atteindre à Dieu, point n’est besoin d’une église ! Comment l’Eglise de Pierre pouvait-elle ne pas condamner ces théories qui remettaient en cause ses fondements…et sa domination politique.

Selon Judas, Jésus n’a pas pu s’incarner et être pleinement homme que si le monde crée par le père, l’Agnostos, est bon et que les hommes peuvent y vivre normalement et dans la paix. Mais si le monde a été créé par un démiurge vindicatif et mauvais, pervers, alors le christ n’est pas vraiment incarné. Seul compte alors la prise de la conscience de l’esprit divin dont l’homme émane et dont il a conservé une parcelle en lui. Jésus est alors d’essence spirituelle dont le corps visible n’a pas d’importance. Judas le traitre devient pour les gnostiques Judas le libérateur qui l’aide à se libérer de son enveloppe matérielle.

Il y a, je vous l’accorde beaucoup de mysticisme dans le gnosticisme… La gnose tente de répondre aux questions suivantes : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Ces questions existentielles sont aussi, mes Sœurs et mes Frères, les nôtres.

Notre Sublime Architecte, connaît les réponses, « je suis la source des existences et de tous les Êtres, je suis hier et je connais demain… »

Cet horloger inconnu, Dieu suprême, a mis dans notre matérialité un esprit qui est l’étincelle divine. Pour atteindre à l’exaltation spirituelle, nous avons une volonté, le serment, des outils symboliques, les arcanes de la gnose, Equerre, Compas et Règle…des guides de vie. Ces outils de bâtisseur, instruments plutôt de la géométrie qui nous est chère, nous les avons à notre disposition pour, une fois passés par la première phase d’introspection, construire notre Temple, construire notre Être initiatique.

« Qui ne s’est pas connu n’a rien connu, mais celui qui s’est connu lui-même a déjà acquis la connaissance de la profondeur du Tout » (Livre de Thomas).

Le maçon ne cherche pas à se libérer du péché originel, puisque ce péché, c’était de goûter à la connaissance, et c’est ce que nous recherchons, mais à se libérer de ses chaînes ancestrales, de ses peurs ancestrales, de sa peur à reconnaître sa nature divine et cosmique.

Les ténèbres, seraient l’inconnaissance de soi, la Lumière serait la reconnaissance du SOI et la naissance d’un être supérieur, spirituel, libéré des chaînes tressées par des siècles de dogmatisme religieux.

La gnose du maçon est existentielle, elle engage nos vies et nos destinées. L’initiation commence dans la souffrance de l’être constatant les limites du monde matériel et sa désacralisation puis devient un parcours expérimental, d’abord une voie intérieure, celle du cœur, puis la progression parmi les états multiples de l’Etre, menant à une sorte plénitude lorsque l’on passe du septentrion au midi, du Moi au Soi, puis au NOUS. Du Un au TOUT.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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L'initié sur le chemin de l'initiation

Publié le 13 Août 2009 par Thomas Dalet dans Planches


A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers,


L'Initié sur le Chemin de l'Initiation.

 

V M, et vous tous, mes FF, en vos grades et qualités.

 

Impossible.  Impossible de définir l'Initiation : intérieure elle est, et doit être.

Impossible de tracer le Chemin que je, que nous suivons : chaque chemin nous appartient, même si la lumière des autres y apporte quelque éclairage.

Comment serait-il possible de tracer un plan des chemins des initiés, sans tomber dans la dialectique stérile ?

Aussi, pas de plan, pas de grandes phrases, pas de construction : seulement quelques vibrations qui me sont miennes, qui peut-être vous sont vôtres, et que je vous livre, en tas, comme cela.

Si le jour de sa première Initiation, l'Homme reçoit la Lumière, il est admis à participer à certains mystères qui, petit-à-petit lui seront révélés, ou, mieux, transmis.

Mais jamais enseignés.

Alors, l'Homme fait son premier pas vers la Connaissance, la GNOSE.

C'est en effet par une série, une succession de degrés, qu'il peut appréhender un jour, plus tard, l'ensemble de ces mystères.

Combien long, difficile est ce chemin !

Tous, au sein de la Franc-Maçonnerie, nous passons :

         - des ténèbres à la lumière,

         - de l'ignorance à la connaissance,

         - de la mort à l'immortalité.

Qui parmi nous a tout compris ?

Qui parmi nous a tout appréhendé ?

Qui parmi nous a tout reçu ?

Qui parmi nous a tout acquis ?

D'abord, que sommes-nous venus chercher au sein de la Franc-Maçonnerie ?

Savoir ?

Pouvoir ?

Puissance ?

Autorité ?

Non, rien de cela jamais la Franc-Maçonnerie ne l'accordera à quiconque. Elle est, certes, une société d'hommes, mais êtres humains qui ne désirent qu'une seule et même finalité : devenir meilleurs devant leurs Frères, et devant eux-mêmes ; l'Homme est perfectible, pourquoi ne pas s'employer à la perfectibilité de chacun tous ensemble ?

"Que demandez-vous ?"

"La Lumière."

Un petit rayon vient, ô combien ténu.

Mes ténèbres ont-elles bien reçu la Lumière qui les repousse ?

J'ai voyagé, bravé les embûches ; passées ou finalement à venir ?

J'ai frappé, pour m'ouvrir la porte fermée et inconnue, avec ma propre clé.

Ou au contraire, avec tous mes métaux je suis entré, profanant mon propre temple intérieur et souillant celui de ceux que j'ose appeler "mes frères" ?

J'ai vu.

Pas la Lumière, mais une Lumière : l'Amour. Comment ?

Maintenant je vous l'avoue, mes Frères, par le Livre.

Le Livre ouvert qui depuis si longtemps m'était fermé ; le Livre de la Loi, fondation de tout édifice tracé sur la Loi d'Amour : la Règle ; notre histoire, notre mémoire, celle de la vie.

La vie représentant le voyage permanent de l'être sur le chemin de toutes peines et de toutes joies, de toutes épreuves et de toutes victoires.

Le Livre de l'émancipation de l'Homme par la délivrance de l'ignorance et de la limitation.

Saint Jean nous annonce dans le chapitre 21 de la Révélation :

"Et je vis un nouveau ciel (réalisation de l'harmonie spirituelle) et une nouvelle terre (état d'esprit extérieur) car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus (ancien état de la conscience de l'être)".

Partons, mes Frères, partons en quête de la Terre Promise, tels les fils d'Israël sous et par Moïse.

La carte de notre voyage est dressée cependant :

Sortons de Misraïm, Egypte, dite terre de la vie des concepts matériels, (et pourquoi s'y réfugier souvent quand péril est en la demeure), traversons le désert (développement spirituel) non sans passer par Madian (développement intellectuel).

Cette quête est notre quête propre, quand un cherchant entre en liberté de vie en direction de l'esprit, pour mieux dire :

NON, à l'esclavage à moi-même imposé par ma structure de pensée ;

Pour mieux dire OUI à l'entrée vers la liberté d'une vie existante dans la voie de l'esprit ; le Cherchant, qui progresse dans l'Initiation est sur le chemin.

Mais nous ne sommes que nous !

Nous nous appuyons d'abord sur nous,  car nous pensons, en bons et excellents profanes, que la puissance se trouve dans l'intellectuel : quelle puissance? Car elle n'existe pas.

Avant que de construire la demeure de l'Eternel, il vaudrait mieux souvent Lui dresser un Tabernacle, attendant de trouver une pierre qui convienne à l'édification de son Temple !

Car malheusement insatisfaits toujours, car toujours imparfaits, nous taillons cette pierre sans relâche, tous et chacun, attendant que poussière elle devienne ... pour devenir ciment peut-être ?

Quel est, quels sont nos héritages du Livre ?

Héritage vétéro-testamentaire : Moïse, la Loi, celle qu'il faut suivre à travers le Décalogue. Celle qui nous donne toutes les bases de la construction de l'Homme.

Héritage néo-testamentaire : Jésus le Nazaréen, nouvelle Loi, Loi d'amour, ne reniant rien de l'ancienne Loi.

Dans cette Nouvelle Loi réside la démonstration de toute perfection à accomplir, perfection humaine d'abord, par la libération des servitudes et des limitations, autant matérielles et sociales, que philosophiques et dogmatiques.

La Nouvelle Loi révèle le sens de la vie et de la mort : nous sommes invités à mourir dans l'être de chair, pour renaître, ou ressusciter, à la vie de l'Esprit.

Si cela est intégré en notre âme, nous sommes enfin affranchis de l'esclavage, celui qu'ont fui les enfants d'Israël.

"Si le grain de blé qui est tombé à terre ne meurt, il reste seul ; mais s'il meurt, il portera beaucoup de fruit".

Notre existence terrestre ne serait-elle qu'un bref épisode de notre propre évolution cosmique ?

Si notre but caché, inconscient, ou au contraire scient et par nous reconnu, est de permettre la mort de l'être charnel pour faire revivre le Divin qui est en chacun de nous, alors le Chemin de l'Initié existe.

Dans la Création nous sommes plongés comme germe d'esprit ; ce germe porte en lui tout ce qui est nécessaire à son développement, à condition qu'il cultive et ne laisse pas dépérir les facultés qui sont en lui.

Cette semence d'esprit entreprend beaucoup plus qu'un voyage, mais un périple à travers l'Univers.

Pour commencer la montée, il faut savoir descendre : la Perpendiculaire possède un axe, mais deux directions.

Personne n'est plus étranger à l'Homme que lui-même. S'il veut connaître cet étranger, il est primordial qu'il entre en lui-même. Alors, là, il y trouvera son plus dangereux ennemi et apprendra à le maîtriser. Mais il y découvrira aussi, et par cela, son véritable moi, son ami le plus fidèle, son Maître intime, son conseiller plus sage encore que lui, qui cherche, qui cherche...

L'évolution, la progression sur le chemin, ne peut se réaliser que par l'expérience au fur et à mesure de la mise en place de l'accession de degrés successifs. Une sorte de "Via Dolorosa" en quelque sorte.

Génie divin déchu, nous sommes élus, nous, francs-maçons, pour espérer réaliser la purification et affranchir l'Humanité de sa servitude. Existant hier, nos sommes pour éclairer demain.

Si le grain de blé poursuit son mystérieux développement en terre indispensable, le germe d'esprit trouve son principe de développement dans la matière ; notre but d'Initié sur le chemin est de nous affranchir de la matière, ou Matéria Prima.

Comment faire ?

Comment pouvons-nous éveiller notre conscience, et une fois ce réveil ébauché, comment trouver le chemin sans rester exilé ?

Peut-être faut-il partir, tout à rebours, de Jérusalem pour renaître à Béthléem !

Renaître dans la caverne, lieu de ténèbres, pour pénétrer nos profondeurs propres, et ensuite, voyant enfin le début du jour, par quelques timides pas, nous déployer enfin dans l'autre monde : le monde spirituel, l'Etoile de Béthléem !

Si nous avons conscience, si nous acquérons science, grâce à l'Initiation, nous développons en nous pouvoirs et facultés qui nous font accéder au royaume nouveau, et en même temps, au monde intérieur, au monde inférieur.

L'édification de cette structure intérieure qu'est le corps spirituel s'effectue par la purification (laisser ses métaux à la porte du temple),

le perfectionnement (travailler en permanence en Loge),

la méditation (silence en Loge et travail personnel de chaque jour),

et le service des autres (porter à l'extérieur le reflet de ce que nous avons reçu à l'intérieur).

Sommes-nous au commencement d'une route nouvelle ?

Sommes-nous le chemin sur notre chemin ?

Chacun répondra lui-même à lui-même, s'il sait l'Amour et utilise sagement l'intelligence, intelligence du coeur, amour de l'intelligence, en juste équilibre.

 

En conclusion, je pense que l'Initiation doit être considérée comme une grande expérience nous permettant d'accéder à l'expression de la conscience, nous révélant progressivement la qualité de notre nature supérieure et inférieure.

Cependant, faisons preuve d'humilité, car la connaissance humaine demeure toujours incomplète, et la faculté de connaître débouche rarement dans le pur absolu.

Cherchons avant tout à accomplir et épanouir ce qui est en nous.

Tenons-nous en à ce que nous sommes capables de saisir spirituellement en l'instant, pour être capable d'une meilleure quête de la GNOSE.

Montées difficiles, pentes dangereuses, embûches, étroitesse de notre chemin, limites de notre esprit, cela ne doit pas nous détourner du but, nous lasser du travail.

La Lumière est au bout du chemin.  

                                                                           P.V. \X  33°. 

                                                                                              V M , j'ai dit.

 

  

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