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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

planches

Le rituel d'ouverture au premier degré

Publié le 4 Mai 2013 par J\P\ dans Planches

Vénérable maître et vous tous mes frères en vos degrés et qualités, ma planche s’intitule : le rituel d’ouverture au premier degré.

Dans le dictionnaire il est dit q’un rite est un ensemble de règles fixant le déroulement d’un cérémonial quelconque, c’est une action accomplie conformément à des règles. Un rituel est un texte qui codifie les règles à appliquer lors d’une cérémonie.

Le rituel est lu en loge à chaque fois que les frères se réunissent. Il sert en quelque sorte d’ouverture des travaux, de passage entre un état et un autre, une alchimie. La transmutation de l’homme ordinaire en initié, la transition du profane au sacré, préparer les frères à agir dans un espace-temps sacré, les préparer à un voyage dans la tradition et à l’intérieur d’eux-mêmes.
La loge se ferme au profane. Le rituel peut commencer. Le franc maçon traverse une frontière pour passer dans un autre monde, pour l’instant plongé dans les ténèbres. Seul l’endroit où siège le vénérable maître est éclairé. « Prenez place mes frères, nous allons procéder à l’ouverture de la loge » dit-il. Le silence qui règne est le signe de la concentration de chacun face au sacré qui va se mettre en place.

Le coup de maillet a retenti, le franc maçon se prépare à parcourir le chemin de la connaissance. Il s’agit de prendre une place physique, mais surtout une place intérieure en harmonie avec l’univers et la magie des symboles du rituel d’ouverture.
Le rituel va permettre de créer une ambiance et de procéder à des travaux.
Par l’ouverture de la loge nous allons recevoir des connaissances. Lorsque le vénérable maître annonce qu’il va procéder à l’ouverture de la loge, il nous invite à nous y intégrer mais aussi à nous ouvrir, à ouvrir une brèche en nous et à participer, ouvrir son esprit et son cœur et laisser la lumière y entrer.

Il y a un instant encore nous étions dans la vie ordinaire, dans un monde dit profane. Cet appel va ouvrir un espace différent, un espace sacré entre frères, entre hommes égaux face au cheminement que nous entreprenons pour aller vers le sommet.
Le vénérable maître sollicite l’aide des deux surveillants. C’est à eux qu’incombe une partie des devoirs de ce travail d’ouverture.

Ainsi, le second surveillant doit s’assurer que la loge est couverte, que l’espace est clos. Il demande au frère couvreur de le faire. Les ordres ne sont pas transmis directement mais du vénérable maître au frère couvreur en passant par le frère second surveillant. Le retour se fait de la même façon, du frère couvreur au vénérable maître en passant par le second surveillant.

Dans l’obscurité, des relais sont nécessaires.
La loge est dûment couverte, le frère couvreur l’affirme. Avant de répondre au second surveillant il a agit. Il regarde à l’intérieur de lui-même, il a écarté le profane. Il peut maintenant affirmer : la loge est dûment couverte. Le premier devoir est accompli. Les frères sont protégés des agitations du dehors. Cette protection est indispensable.
Aucun profane ne pourra désormais franchir le seuil. La loge est couverte, le frère couvreur en est le gardien. Cela n’est pas suffisant. Il faut maintenant reconnaître les qualités maçonniques des hommes présents. Cette charge est dévolue aux surveillants. Ils doivent s’assurer que tous les assistants sont apprentis francs maçons, à leur place et à leur office, et rendre compte au vénérable maître.
Brusquement, nous apprenons qu’il y a un ordre dans la loge. Si un homme est second, c’est qu’il y en a un premier. S’il est surveillant, c’est qu’il existe une nécessité à surveiller. Une loge est donc une organisation complexe. C’est au frère second surveillant que s’adresse pour commencer le vénérable maître. Probablement parce qu’il est plus accessible que le premier. Un apprenti peut-il comprendre, sentir cela ? Je dirai que à chaque niveau Sa compréhension.

Ne sommes-nous pas là aussi pour apprendre et pour comprendre ? L’harmonie de la loge n’est pas due au hasard mais procède donc d’un ordre. Le rituel précise qu’il y a un premier devoir. Cela sous entend qu’il y en a d’autres. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître l’importance du devoir même si le profane avance généralement en premier lieu ses droits.
La participation au rituel, nous montre quelle attitude prendre. Celui qui ne remplie pas ses devoirs n’a pas sa place ni dans le monde ni dans le temple.

Le vénérable maître pose ses questions aux surveillants qui ont une place précise, géographique mais aussi psychologique dans la composition de la loge.
Par l’ouverture d’un testament nous recevons l’héritage de nos parents, de notre famille. Ici, symboliquement par l’ouverture de la loge nous allons recevoir l’héritage des connaissances accumulées par notre famille de chercheurs spirituels. Ceux-ci tentent de nous transmettre la clé de la connaissance, du monde inconnu auquel nous appartenons sans savoir comment le rejoindre. Le vénérable maître nous invite à ouvrir notre temple intérieur. L’ouverture de la loge c’est aussi une invitation à s’y intégrer.
La déambulation des surveillants vise à reconnaître les hommes dans leur qualité d’apprentis maçons par la mise à l’ordre. Chacun est à sa place et à son office, c'est-à-dire là où il faut et prêt à faire ce qu’il faut. Ainsi, le deuxième devoir est accompli.
Chaque objet, chaque décor, a une place définie. Ce n’est pas un effet du hasard mais l’indication d’un ordre. Chacun est sa place, le surveillant, le secrétaire, le trésorier et cela n’est pas un honneur, mais une charge, avec des devoirs à accomplir.
L’apprenti, qui débute sa recherche, a aussi des devoirs, notamment de silence, de présence régulière, et de maniement du ciseau. La pierre qu’il taille est encore grossière et long est le chemin vers la pierre polie. Le déroulement du rituel nous montre l’action qui conduit à la connaissance.

Il en est de même à l’orient dit le vénérable Maintenant nous en sommes sûrs, tous les assistants sont apprentis francs maçons. Le profane vit dans son monde alors que l’apprenti perçoit déjà la présence d’une nouvelle vie organisée derrière le monde rationnel. S’il existe deux mondes, il existe deux manières de les appréhender. Réussir ces deux mondes est peut être possible à force de travail, de recherche de vérité pour les mettre en harmonie. Le passage du rituel du second au premier surveillant et enfin au vénérable maître semble long à l’apprenti car ils disent sensiblement la même chose mais celui-ci au fur et à mesure qu’il pratique concrètement le rituel s’aperçoit qu’il faut du temps pour instaurer, pour sentir les vibrations de la loge et de chaque maçon présent.

Puisque la loge est dûment couverte, entrons dans les voies qui nous sont tracées. Il doit donc exister des traces à suivre. Quand on demande à être initié, c’est aussi parce qu’on a conscience que la vie ordinaire ne répond pas à notre attente. Est-ce cette trace là qu’il faut suivre, sachant que ce n’est pas la plus facile. Je crois que c’est la voie du perfectionnement de la paix et de l’harmonie, même si elle est difficile et ardue.

C’est peut être ici que je vais trouver le chemin qui me correspond le plus.
Qu’avons-nous demandé lors de notre première entrée dans le temple ? Qu’avons-nous demandé alors que profane nous nous sommes tournés vers la franc-maçonnerie ?
Etre accepté, travailler dans un temple n’étant pas un but, qu’en espérions-nous ? On espère recevoir une connaissance, une solution, une réponse. La franc-maçonnerie nous réclame de donner, de servir, de respecter. Les frères nous réclament notre présence, notre savoir. Donc nous demandons aussi.

Nous demandons la connaissance, l’initiation.
La lumière vénérable, nous demandons la lumière dit le rituel. Un mot immense. Dans le dictionnaire on parle de rayonnement perçu par les yeux, de clarté, d’éclairage, mais aussi de ce qui éclaire l’esprit. L’apprenti se questionne. Quelle lumière est-il venu chercher, quel éclaircissement ? Il cherche l’élément qui fait comprendre la lumière de la raison, posséder des connaissances, un savoir, la lumière qui le sort des ténèbres. La lumière est aussi le soleil et ses couleurs étonnantes du levant ou du couchant que les vieux vénéraient parce qu’ils connaissaient les vertus et les bienfaits de sa chaleur. Pour les croyants, le Christ est la lumière du monde, Dieu est lumière. Que cette lumière nous éclaire. Le bandeau ôté, pour l’apprenti commence l’instruction initiatique. L’homme ordinaire se dirige vers la lumière. L’apprenti fait son chemin intérieur, il ne doit pas se laisser séduire par les fausses lumières. Sommes-nous en mesure de voir cette lueur innée en nous ? L’apprenti la perçoit à peine. La lumière du flambeau du vénérable à l’orient va, par l’intermédiaire du maître de cérémonie et des surveillants, éclairer la loge.

Frères surveillants et maître des cérémonies veuillez m’assister. Le maître des cérémonies respecte un ordre, il assiste le vénérable. Il frappe le sol de sa canne de pèlerin et va porter la lumière. Il entreprend un voyage, une marche qui guide les autres. Cette marche sera assistée plus tard par l’expert qui avec son épée l’aidera dans sa démarche initiatique.
Le vénérable maître invite les frères surveillants et maître de cérémonie à l’assister parce que aucun homme ne peut marcher seul sur le chemin de la vérité, de la lumière. Le rituel une fois de plus nous rappelle que pour avancer nous avons besoin d’être assistés, de nous unir aux autres frères.

Que la sagesse préside à la construction de notre édifice. Le vénérable en allumant le flambeau à trois branches illumine l’orient. Cette flamme permettra d’allumer d’autres flammes et de diffuser la lumière à toute la loge. A partir d’une petite flamme intérieure, nous pouvons nous embraser si nous savons chercher dans notre être. Le maître des cérémonies en allumant l’étoile du pilier Force et le flambeau du premier surveillant, illumine l’occident. Que la force soutienne notre édifice. Le maître des cérémonies continue son périple et allume l’étoile du pilier Beauté puis le flambeau du second surveillant. Le midi s’illumine. La pleine lumière règne dans le temple. La beauté orne l’édifice. Le rituel nous approche des trois piliers : La sagesse, la force et la beauté. Ces valeurs sont indispensables. Le vénérable qui possède la sagesse, la prudence, la réflexion, doit transmettre la flamme, la lumière pour aider ses frères. Il veillera au bon déroulement des travaux sacrés. La beauté orne le temple et permet au néophyte de s’engager sur le chemin, elle développe le goût de l’harmonie. La force est nécessaire pour lutter dans les ténèbres, pour passer de l’ombre à la lumière. Pour le franc-maçon elle est guidée par la beauté et la fraternité, sinon elle pourrait prendre des fausses voies. La force n’est pas violence. L’apprenti commence à comprendre pourquoi il se met à l’ordre avant de parler, il s’interroge sur sa vie intérieure, il en découvre des richesses. Ces lumières tout à coup lui ouvrent l’esprit, il commence à comprendre ce qu’il est venu chercher lors de sa première entrée dans le temple.

Le frère expert dispose les trois grandes lumières sur l’autel des serments puis trace le tableau d’apprenti sur le pavé mosaïque entre les trois piliers.

L’autel des serments est le lieu sacré, c’est la table qui reçoit les trois grandes lumières, les trois symboles majeurs que sont le volume de la loi sacrée, le compas et l’équerre. Le livre sacré qu’est la Bible représente-t-il la lumière religieuse ? Le reflet de la lumière intérieure sûrement. Le volume de la loi sacrée pourrait être la Thora en Israël, le Coran pour les musulmans. Ce qui est important est invisible, caché au fond de soi même.

L’équerre, l’emblème de la rectitude inspire la droiture dans les pensées et les actions des francs-maçons. C’est le symbole de la morale. Elle rappelle à l’apprenti qu’il est une pierre brute et que son objectif est de tailler puis de polir cette pierre, de sorte qu’elle puisse bien s’insérer parmi les autres pierres dans la construction de l’édifice.

Le compas est l’instrument de mesure, l’outil qui permet de tracer un cercle parfait sans perdre le centre. Il permet de tracer un rond comme la terre, comme la voûte céleste. L’apprenti est dans sa caverne, dans ses ténèbres, il recherche le centre, sa tâche est de le découvrir. Le frère expert déroule le tableau d’apprenti. Le vénérable lui demande de le tracer car autrefois les compagnons le traçaient à la craie. Sur le tableau figure le dessin de tous les symboles contenus dans le temple, un espèce de condensé sur une toile roulée.
Prenez place mes frères. Le vénérable donne un coup de maillet. Le rituel change de direction.
Nous sommes à couvert, orientés convenablement. Nous sommes prêts pour aller plus loin dans notre découverte de la spiritualité. L’action va pouvoir à nouveau s’engager. L’apprenti est jeune, il manque d’expérience dans le domaine ésotérique. Quel que soient ses actions et son savoir dans la vie profane, il doit être guidé par la loge.
« Frère second surveillant quel âge avez-vous ? »
« Trois ans vénérable maître ». Avec ses trois ans l’apprenti pénètre dans un autre monde, il entreprend un voyage dans le mystère sous le signe du chiffre trois. Quand il marche il fait trois pas, son âge est de trois ans, son élévation est de trois degrés possibles, il est dirigé par trois maillets, le vénérable et les deux surveillants, il salue trois fois, la batterie est de trois coups, le décor comprend trois colonnettes, le flambeau a trois branches.

Où est votre place dans la loge ? Nous observons qu’il est besoin de quatre phrases différentes pour évoquer un point. Le rituel questionne, répond et explicite la réponse. A cette question, il sera successivement répondu au midi, à l’occident et à l’orient. Puis, le rituel fournit une explication à la question « pourquoi êtes-vous placés ainsi ? » L’apprenti prend toujours place au Nord. Il rejoindra le second surveillant au midi lorsqu’il deviendra compagnon, quand il pourra sortir de la pénombre du septentrion. A quelle heure les apprentis ont-ils coutume d’ouvrir leurs travaux ? Les apprentis sont dans le temple pour travailler à l’édification, à la construction de l’homme, à l’éveil de leur être. Les travaux commencent à midi, dit le rituel. A midi il est l’heure de prendre en main son destin. Pour l’homme mature c’est le midi de sa vie, il devient responsable, c’est l’heure de la paix, de l’amour de la fraternité. C’est à midi que le soleil est le plus haut, la clarté la plus pure, la lumière la plus intense. C’est l’heure la plus propice à la découverte de l’être. Au midi de sa vie, l’homme est en pleine maturité, il est temps de faire le point.

Puisque nous avons l’âge et qu’il est l’heure, nous pouvons ouvrir les travaux. En annonçant aux quatre points cardinaux qu’une ouverture des travaux va avoir lieu, on conçoit que le rituel nous invite à une ouverture de conscience. Il est l’heure de basculer dans un autre monde. Le moment est venu, nous avons l’âge. Le vénérable a invité tous les frères de toutes les colonnes à se joindre à lui. L’annonce est faite.
«Debout et à l’ordre mes frères » dit le vénérable.
Trois coups de maillet retentissent successivement à l’orient, l’occident et au midi.
Adopter cette attitude c’est être prêt à s’orienter, à se tourner vers l’intérieur, vers son être intérieur. Le rituel conduit le franc-maçon vers ce monde intérieur, ce monde extraordinaire.

Le frère expert et le maître des cérémonies relèvent une équerre symbolique au dessus de l’autel des serments, constituée de la canne et de l’épée. La canne du pèlerin et l’épée de la noblesse et du courage, forment l’équerre de la rectitude, de la droiture.
A la gloire du grand architecte de l’univers. Ce n’est pas une manière d’appeler Dieu. Je crois que Celui-ci s’il existait vraiment serait plus grand que le grand architecte. Le franc-maçon a la possibilité de rester libre de croire ou de ne pas croire en Dieu. Il s’agit de prendre conscience d’un ordre universel, une loi de la création. Je déclare ouverte cette respectable loge. A moi mes frères par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise. Le vénérable ne s’adresse plus comme au début du rituel aux surveillants, à l’expert ou au maître des cérémonies, il s’adresse à toute la loge, au grand architecte de l’univers. C’est au nom de cet ordre que les actions vont désormais se dérouler. Le rituel nous dit maintenant qu’il faut changer de monde. Nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laissé nos métaux à la porte du temple. Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière. Nous ne sommes plus dans un monde où l’apprenti mal guidé risque de s’épuiser, se perdre. Nous nous sommes débarrassés à l’entrée du temple de tout ce qui brille d’un éclat trompeur, tout ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel. Nous pouvons aller vers la lumière.

Prenez place mes frères. Frère secrétaire veuillez donner lecture de la planche tracée de nos derniers travaux.

Le rituel a conduit tous les assistants sur le chemin de la connaissance. Certains l’ont peut être atteinte mais peut on jamais dire que nous sommes arrivés au bout du chemin ? Il est l’heure de prendre place et d’œuvrer.

Lors d’une réunion maçonnique le début et la fin des travaux commence par un rituel écrit. On peut donc penser qu’il existe un rituel d’ouverture puis un rituel de fermeture. En fait je crois tout est rituel pendant une tenue dans un temple et s’il existe un espace intermédiaire entre le début et la fin, ce n’est pas dûment consigné. Cette partie varie en fonction de l’ordre du jour, mais la forme rituelle demeure.
La pratique du rituel maçonnique nous indique les attitudes à prendre et les étapes à franchir pour nous initier.

Vénérable maître, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Le Rite

Publié le 2 Mai 2013 par PVI dans Planches

Nous allons essayer ensemble de comprendre ce qu'est le rite, quelle est sa fonction et ce qu'il opère. Nous allons donc d'abord le définir, c'est-à-dire savoir ce qu'il est et ce qu'il n'est pas. Ensuite, nous allons l'illustrer. Nous allons illustrer des rites exotériques puis ésotériques. Cela veut dire que nous allons vivre, ou essayer de vivre, ensemble des rites exotériques (rites communs à tous, pratiqués chez tout le monde) et nous essaie­rons ensuite de comprendre, sans trahir le secret, ce que sont des rites ésotériques (rites réservés à certains membres d'une société initiatique comme la Franc-Maçonnerie).

Tout d'abord, et c'est là une chose très importante, posons- nous la question de savoir ce qu'est le rite et, par là même, ce qu'est le symbole ; car on ne peut pas dissocier rite et symbole ils constituent un couple inséparable. Quelle est la fonction de ce couple ? C'est de transmettre. De transmettre quoi ? De trans­mettre la tradition, une tradition initiatique. Arrêtons-nous un instant pour savoir ce qu'est une tradition. Une tradition n'est pas un usage ni une coutume : ne mérite le nom de tradition que ce qui se relie au principe du monde, à l'Architecte, aux principes qui gouvernent la vie. Ne mérite le nom de tradition initiatique que ce qui se relie à l'ordre du monde, aux lois de la vie, aux arché­types, aux lois de l'univers. C'est là une choses fondamentale qu'il nous Faut bien comprendre et nous ne comprendrons rien au rite si nous mélangeons tradition, d'une part, us et coutumes, de l'autre. La tradition, c'est ce qui relie au plan de la vie, à l'ordre du monde, aux lois de la vie parce que toutes les tradi­tions nous disent que le monde a un ordre, qu'il n'est pas le fait du hasard, que la vie a des lois, tout comme l'univers, que l'homme est soumis à des lois.

Ces lois nous sont transmises par la tradition initiatique, par les traditions initiatiques, et ce, au moyen des rites et des symboles. Il faut bien saisir que rites et symboles sont là pour transmettre ces lois, pour nous relier à l'archétecte, à l'archée. Ces lois sont identiques dans toutes les traditions initiatiques de l'humanité parce qu'il est une tradition fondamentale, primor­diale. Cette tradition va se manifester dans des temps différents et dans des lieux différents. Elle va prendre des formes diffé­rentes selon qu'elle se manifeste en Afrique ou en Asie, au XVII' siècle ou il y a trois mille ans, mais elle est fondamentalement une et je maintiens que finalement cette tradition est une science. Je sais bien ce que ce nom peut avoir de provoquant mais elle est une science. Si nous observons le monde avec nos moyens de connaissance, si nous sommes capables d'aller sur la lune, de fabriquer des machines et des voitures sans arrêt, ce n'est pas pour autant que nous avons l'exclusivité du savoir. D'autres hommes, il y a 3 000, 10 000, 100 000 ans, ont su le monde aussi bien que nous, différemment, mais aussi bien. Personne, aujour­d'hui, n'est capable de retrouver le pourquoi d'un méridien d'acupuncture et pourtant ils l'ont perçu... Cela veut dire que ces êtres ont su le monde différemment ; ils avaient des moyens d'approche différents, des outils de connaissance différents mais ils savaient le monde au moins aussi bien que nous. Ce savoir, cette science, cet autre regard, ces outils leur étaient transmis par une tradition initiatique, par la tradition initiatique.

Nous pouvons ainsi commencer à comprendre ce que sont les rites et les symboles : ce sont les outils, les moyens, les agents qui nous transmettent cet ordre du monde, ces lois de l'univers, cette science de la vie. Quelle différence y a-t-il entre symbole et rite ? Elle est simple. Les symboles nous disent ces lois et les rites nous les font vivre. Vous pouvez saisir maintenant ce qu'est un rite et ce qu'il n'est pas. Le rite n'est pas une pièce de théâtre ou un jeu, il n'est pas une cérémonie. Il nous fait vivre les lois de la vie, du cosmos, de l'homme. Chaque rite initiatique, quel qu'il soit (cela est à mon avis fondamental et c'est ce que nous allons essayer d'illustrer ensuite) nous fait vivre une loi particu­lière, la loi qui opère dans tel moment ou dans telle circonstance. Chaque rite permet de vivre la loi cosmique, l'archétype qui opère à un moment donné ou dans une circonstance donnée de notre vie. Ainsi, des rites font vivre les lois qui opèrent à la naissance, à la pberté et à la mort. Des rites font vivre les lois qui opèrent lors d'une initiation. Mais, toujours et partout, le rite a pour fonction de nous faire vivre la loi cosmique, archétypielle, qui opère dans un moment ou une circonstance donnée de la vie. En fait, il a pour fonction d'actualiser, de réaliser la fonction physio­logique qui est en jeu à ce moment. Le rite n'est donc pas une abstraction ; on a trop tendance à le comprendre comme un jeu sans support, sans réalité. Fondamentalement, il est en prise directe sur le réel. Il est ce qu'il y a de plus réel. Nous verrons tout à l'heure comment, plus que tout autre chose, il permet de rendre réel, d'actualiser des fonctions physiologiques archéty­pielles et capitales.

Nous allons maintenant illustrer cette fonction, successive­ment à travers des rites exotériques puis maçonniques. Pourquoi commencer par les rites exotériques ? D'abord, parce qu'ils me permettront de faire saisir la fonction du rite sans violer le secret maçonnique. Ensuite, parce que ces rites sont communs à tous, réservés à tous les hommes, sans distinction. Enfin, parce qu'ils nous concernent tous et qu'ils se réfèrent à des moments impor­tants de notre vie. Comment les rites exotériques au moment de la naissance, de la puberté, du mariage, de la mort, rendent-ils réelles en nous, actuelles en nous, certaines fonctions physiolo­giques fondamentales ? C'est à cette question qu'il nous faut répondre. Pour chaque rite, nous suivrons le plan suivant : je décris le rite, en général chinois ou africain, parce qu'il se trouve que ce sont les deux traditions que j'ai le mieux étudiées, ou plu­tôt le moins mal ; ensuite, nous l'analysons et, enfin, nous défi­nissons quelle est la loi que ce rite actualise.

Commençons par un rite de naissance, chinois : c'est le rite de présentation de l'enfant au père, au troisième mois de sa vie. Que se passe-t-il dès la naissance ? Il y a un certain nombre de rites d'approche. D'abord, l'enfant est posé au sol, tout nu, à l'abri des éléments, du froid et du vent mais posé au sol tout nu, pendant trois jours, sans être nourri. Au bout de trois jours, le vassal vient, il prend l'enfant, le pose sur un lit. Tout de suite après (ne souriez pas parce que vous verrez tout à l'heure pour­quoi), il tire des flèches dans toutes les directions de l'espace. Ensuite, l'enfant est baigné et remis au gynécée où il est nourri. Tout ceci se passe pendant les trois premiers jours. Au troisième mois, il est présenté au père qui ne l'a pas vu jusqu'alors. L'en­fant est amené par la mère. Le père et la mère ne se sont pas vus depuis six mois puisqu'ils ont interrompu tout contact (même visuel) à partir du sixième mois de la grossesse. Ils ont fait leurs ablutions, ont revêtu les habits de mariage et, tout à l'heure, ils prendront ensemble un repas de mariage. La mère arrive avec son enfant, face au père et la gouvernante (c'est elle qui parle et non pas la mère) lui dit : « Monsieur, Madame... vous présente votre enfant ». Que fait le père ? Il lui touche la paume de la main droite et lui donne dans l'oreille un nom, son nom..., le nom secret, le nom véritable que pratiquement personne ne saura jamais. Ce rite de présentation étant fini, l'enfant repart au gyné­cée dont il ne sortira qu'à l'âge de sept ans. Cependant, il verra son père tous les dix jours, une minute, le temps qu'il lui serre la main, c'est-à-dire qu'il lui touche la paume de la main droite.

Analysons ce rite. Je comprends que cela puisse vous paraître étrange. Ce qui est important, c'est d'essayer de comprendre ensemble comment, derrière ces gestes qui étonnent les . occi­dentaux d'aujourd'hui, ce rite réalise des fonctions physiolo­giques fondamentales qui nous manquent. Que s'est-il passé ? Voyons d'abord les rites d'approche qui nous révèlent trois fonc­tions essentielles : on vitalise cet enfant, on le purifie et on le nourrit. Comment le vitalise-t-on ? L'enfant qui arrive après un accouchement, après neuf mois de grossesse, a besoin d'énergie. Où trouver de l'énergie si ce n'est en terre ? On le pose sur la terre, pendant trois jours, sans le nourrir, pour le vitaliser. Il est, bien sûr, à l'abri des éléments. Au bout de ces trois jours, il faut le purifier. Que fait l'homme ? Que fait le vassal qui le sou­lève pour le purifier ? Pourquoi tire-t-il des flèches dans toutes les directions ? Parce qu'il disperse au loin toutes les souillures de la naissance. Ce n'est pas un geste artificiel, c'est un geste réel inhérent au rite. En tirant au loin des flèches dans toutes les directions, vraiment, réellement, il le purifie. Pour achever cette purification, on baigne l'enfant. Enfin, il est nourri. Il a donc été vitalisé, purifié et nourri au troisième jour. Pourquoi trois jours ? Trois, c'est la création, c'est le chiffre même de la création.

Voyons maintenant la présentation au père qui lui touche la paume de la main droite et qui lui donne son nom. Trois remar­ques s'imposent : la première concerne le père qui est dans une situation très particulière ; il est comme l'empereur, au centre du cercle. Il n'agit pas, il ne pense pas, il est transparent. En Chine l'empereur n'agit pas, il est celui qui, au centre de l'empire, au centre du monde, est transparent aux lois de l'univers, aux lois de la vie. C'est le médiateur entre le monde, la,terre, l'empire et le ciel, avec ses lois et son ordre. L'empereur a une position cen­trale qui est celle du prophète, des prophètes. Il est au milieu, immobile, pur, transparent. Le père, à ce moment-là, a cette posi­tion impériale, seigneuriale. Il ne décide pas mentalement, intel­lectuellement quel est le nom à donner à cet enfant. Cet homme en position d'empereur, transparent au monde et à ses lois, est inspiré et, à ce moment-là, il donne à son enfant le nom qui lui est prédestiné. Que fait-il avant ? Il touche la mère. Que signifie toucher la mère, toucher la paume de la main droite ? Etablir une alliance (nous avons oublié que serrer la main de quelqu'un c'était établir une alliance). Le père établit donc une alliance avec son fils. Il est à ce moment précis le représentant du ciel, de ses lois et de son ordre, il établit une alliance avec cet être. Après, il peut lui donner son nom, son nom secret, le « Min ». Il y a trois sortes de nom. Le premier est le nom secret qui correspond à votre destin, à votre fonction physiologique. Cela signifie que dans un monde sans hasard, nous sommes tous les éléments d'une mosaïque cosmique et, dans cette mosaïque, chacun a sa place et son rôle. Imaginez-vous avec vos cellules, vos organes, imaginez qu'à l'intérieur de vous vous avez les cellules du foie, du rein, du cerveau et que chaque cellule a sa fonction, chaque cellule a sa place, son rôle. Il en est de même au sein de l'univers. Chaque homme, chaque être a une fonction et un rôle possibles, même s'il ne le sait pas. Ce rôle est défini par le nom secret. Le deuxième nom sera donné au garçon à la majorité, à la fille lors de sa puberté. Celui-ci est le nom public, celui que tout le monde saura ; il définira son rôle social. Le troisième nom sera donné à certains êtres parvenus à un certain état d'initiation. Ce nom-là définira leur fonction, j'allais dire sacerdotale, leur fonction ini­tiatique. C'est Abram qui est devenu Abraham, c'est Saraï qui est devenu Sarah, c'est Jacob qui est devenu Israël. Il en est ainsi du troisième nom.

Pour ce qui est de notre rite, le père va lui donner, va lui dire son destin, sa fonction dans la mosaïque. Constatez l'impor­tance de cette attitude. Regardez le déroulement logique qui fait que cet enfant, après qu'il ait été dans le troisième jour vitalisé, purifié, nourri, est présenté au père, représentant du ciel, qui fait alliance avec lui. Imaginez ce que peut être une alliance avec le ciel et son ordre. Il lui dit son nom et, par là même, sa fonction dans la vie cosmique. Quelqu'un vous a-t-il jamais dit quelle serait votre fonction ? Lui le saura ! Nous, nous sommes perdus. Cet enfant, par ces deux gestes tout simples qui sont le symbole même du rite, a fait alliance avec le ciel et sait désormais quelle est sa fonction, sa situation et son rôle dans la mosaïque cosmi­que et dans l'univers. Allons plus loin. La deuxième étape impor­tante, c'est la puberté. Que se passe-t-il à la puberté ? Observons un rite africain que nous essaierons d'analyser et de comprendre.

A la puberté, l'enfant est séparé du gynécée, du groupe des femmes où il était jusqu'alors. Il est séparé durement. On l'enlève les femmes pleurent comme s'il était mort et on l'enferme dans une grotte. Puis, il est baigné. Ses vêtements sont détruits. On lui donne un autre nom : le nom public. Cela fait, on va l'emme­ner dans le bois sacré qui est un espace sacré comme peut l'être un temple. Là, on va l'instruire, on va lui dire les légendes, les mythes, les rites de la tribu. On lui apprendra les mystères de la vie, les lois de la vie, du monde. Puis, on le confirmera dans son sexe par la circoncision ou par l'excision (ne bondissez pas ! Nous nous expliquerons dans cinq minutes sur l'excision). Après tout cela, il est ramené au village. A ce moment, nous avons une situa­tion très particulière. Il a tout oublié, il ne sait plus marcher, il ne sait plus parler, il ne sait plus rire. Il marche courbé, il ne reconnaît plus personne, ni son père, ni sa mère. C'est étrange. Quelqu'un le reconnaît, qui le guide, l'amène chez lui où il est accueilli par des danses et par des chants, c'est-à-dire par l'amour. Que signifie tout cela ? On l'a enlevé violemment, ses parents pleuraient comme s'il était mort, ce qui veut dire que cet être est en train de mourir pour renaître à un autre état. Revenons un instant sur la confirmation du sexe. S'il est vrai que dans l'Afrique archaïque, traditionnelle, il fallait circoncire le garçon, il n'est pas vrai qu'il fallait exciser la fille et nous allons voir pourquoi.

Il est normal qu'à la puberté l'enfant soit confirmé dans son sexe ; il va devoir se marier, il va devoir s'unir à l'autre, procréer. Cet enfant, qui jusque là était androgyne, va devoir perdre cet androgynat pour le retrouver plus tard avec une autre conscience. Le problème est toujours le même : nous avons connu un état d'unité, nous le perdons et nous devons le retrouver avec une autre conscience. Par exemple, nous avons connu un état d'unité au moment où spermatozoïde et ovule se sont unis pendant une seconde, un éclair durant lequel nous avons été UN. Ensuite, la vie a repris son cours et nous avons vécu dans un état de multi­plicité. Nous avons perdu cette unité et nous avons à la retrou­ver. Avant la puberté, androgynat, après confirmation dans son sexe, il devient mâle ou femelle. Nous verrons, tout à l'heure, comment après la ménopause ou l'andropause il doit retrouver l'androgynat avec une autre conscience et c'est parce qu'on doit confirmer cet enfant dans son sexe qu'on enlève au garçon ce qui est le symbole du sexe féminin, c'est-à-dire le prépuce et qu'on enlève à la fille ce qui est le symbole du sexe masculin, c'est-à- dire le clitoris, mais, parce qu'il y a un « mais », alors que chez le garçon la circoncision, c'est-à-dire l'ablation du prépuce se fait matériellement comme il est dit dès les premiers chapitres de la genèse, chez la fille ce geste n'était que symbolique ! Cela veut dire que dans les temps archaïques de l'Afrique, l'initiateur enlevait symboliquement le clitoris pour confirmer cette fille dans son sexe.

Que s'est-il passé ? Il s'est passé que, sous l'influence du matérialisme que nous connaissons bien, un jour ils se sont dit : « Mais ce n'est pas possible, ce n'est pas un geste symbolique qui suffit, il n'est pas possible que je confirme cette enfant dans son sexe, que je lui fasse perdre son androgynat par un simple geste symbolique, sans aucun support matériel, ce n'est pas vrai ! ». Ils ont douté de l'opérativité du rite, ils ont cru que, parce que ce geste n'était pas matériel, qu'il n'était pas physique, il n'était pas opératif ; ils ont cru que, parce que ce geste ne comportait pas d'éléments anatomiques, il n'était pas opératif, et, de ce jour-là, ils ont commencé à enlever le clitoris et à faire des mutilées au lieu de faire des initiées.

Il est indispensable de comprendre, même pour nous, occi­dentaux, qu'à partir du moment où l'on doute de l'opérativité du rite, de ce geste symbolique, on fait un geste matériel. Non seule­ment nous n'avons plus l'opérativité d'un même geste rituel mais plus encore nous faisons des mutilés au lieu de faire des initiés. C'est essentiel pour nous, occidentaux, car nous verrons tout à l'heure comment, en l'absence de rites, nous aussi nous faisons des mutilés, mais des mutilés de l'esprit.

Revenons à l'enfant. C'est un nouveau-né. Il est mort, il revit. C'est ce que le rite nous dit, c'est ce qu'il opère et c'est ce qu'il nous faut comprendre. Il y a vraiment eu mort et renaissance. Qu'a réalisé ce rite fondamentalement ? Il a réalisé trois choses : mort d'un être, naissance d'un nouvel être, d'un être adulte et plus que cela, il lui a donné la connaissance des lois de l'univers. Imaginez ce gamin à sa puberté. On lui a donné la connaissance des lois cosmiques. Tout d'un coup, il est intégré dans le cosmos parce qu'il sait les lois de l'univers et puis, on lui a fait perdre son androgynat pour qu'il puisse encore assurer la survie de l'espèce et se marier. Imaginez bien que tous ces gestes symbo­liques ont une efficacité réelle ; un être est mort et un autre est né. Cet enfant devient un adulte vrai. Que n'avons nous pas perdu ! En l'absence de rites pubertaires, nous ne sommes plus, à cet âge difficile, en mesure de mourir et de renaître ; nous ne sommes plus intégrés dans le cosmos dont nous ne savons plus les lois puisque personne ne nous les a dites ; nous n'avons pas perdu notre androgynat. Je n'insisterai pas sur tous les problèmes sexuels évoqués par Freud et tous les psychanalistes de la terre. Dans cette période difficile, nous sommes restés identiques alors que nous avions à mourir et à renaître. Nous allons mettre des années et des années pour le faire parce que nous n'avons pas de rite. Alors que nous devions savoir les lois du cosmos qui auraient dû nous être dictées par un ancêtre, un initiateur, qui nous l'aurait enseigné à travers les rites, les légendes, les mythes (nous ne savons rien), nous allons mettre vingt ans, trente ans, quarante ou cinquante ans à les apprendre, ces lois. Alors que nous devions perdre notre androgynat, tout de suite, par un geste symbolique, nous ne l'avons pas perdu et, là aussi, nous allons perdre un temps considérable pour résoudre ces pro­blèmes. Le rite est opératif ; c'est tellement vrai que vous ne soupçonnez pas le nombre de mutilés de l'esprit que nous avons fait par l'absence de rites. Nous ne sommes pas responsables ; nous arrivons et nous n'avons plus de rites pubertaires ! Avons- nous conscience du nombre de garçons et de filles qui sont en hôpital psychiatrique parce qu'ils n'ont pas eu de rites puber­taires pour les faire renaître, pour les intégrer dans le cosmos et pour leur faire perdre leur androgynat ? Vous ne pouvez pas savoir le nombre de personnes, après la ménopause ou à l'andro­pause, qui sont complètement perdues parce qu'elles n'ont pas vécu ce rite de puberté avec son efficacité réelle.

Souvenons-nous de l'excision et à quoi mène la perte de la notion de l'opérativité. Les Maçons doivent comprendre que le rite est opératif même s'il n'est pas un geste matériel. Ne faisons pas comme ces prêtres africains qui, à un moment donné, ont douté. Ils se sont mis à exciser parce qu'ils étaient sûrs ainsi de réaliser un acte sans se rendre compte qu'ils perdaient du même coup l'efficacité du rite.

Nous allons maintenant repartir en Chine pour voir comment vit un couple. L'enfant est né, l'enfant a été initié à la puberté. Comment vit le couple ? Vous allez voir comment le mari et la femme, les deux éléments du couple, sont les deux moitiés d'un même corps mais séparées. Tous les rites vous disent cela et il en est ainsi jusqu'à la ménopause et l'andropause. Après, ils se réuniront. Souvenez-vous de ce que je vous disais tout à l'heure : à la puberté, nous perdons notre état d'unité et nous devons le retrouver après avec une autre conscience. Pour l'instant, nous sommes dans la dualité et mari et femme sont face à face, côte à côte, deux moitiés d'un corps vivant séparées. Comment cela se passe-t-il dans la vie quotidienne ? Il faut que le rite opère, qu'il rende cette loi efficace. Commençons par le repas. Chacun est assis sur sa natte, dans la même pièce. Observons. Deux moi­tiés d'un même corps ; ils prennent le même repas dans deux plats différents ; il s'agit de la même chose, le même repas avec deux plats différents, les deux moitiés. Ils ont accompli chacun séparément leurs ablutions et ils boivent dans deux coupes. Les deux coupes sont faites chacune avec la moitié d'une même cale­basse (les deux moitiés séparées d'un même corps...). Après le repas du soir, ils se saluent cérémonieusement, ils se déshabillent chacun dans leur pièce et ils dorment chacun sur sa natte mais dans la même pièce. Plus encore, ils ne s'appellent pas par leur nom secret ; ils ne se donnent rien de la main à la main ; ils évitent tout contact, même indirect ; il n'y a aucun contact entre leurs effets qui ne sont pas suspendus au même support et qui ne sont pas mis dans les mêmes corbeilles. Remarquez bien comment les choses sont séparées et combien c'est important de confirmer la perte de cet androgynat. Nous comprendrons l'im­portance de tout cela au moment où ils vont se retrouver. Bien entendu, ils ne se baignent pas ensemble. Dans la Chine tradi­tionnelle, il n'est pas question qu'un époux et une épouse se baignent ensemble. La seule union est sexuelle, réglementée par des rites. Les deux êtres sont unis puisqu'ils sont les deux élé­ments d'un même corps mais ils sont séparés pour bien perdre leur androgynat. A 49 ans (7 x 7), notez le symbolisme des nom­bres, pour elle, et à 64 ans (8 X 8), pour lui, tout se réunit, les interdits sont levés. Ces deux êtres qui étaient séparés au niveau des repas, du linge, qui ne pouvaient pas dire leur nom, se toucher la main, qui ne pouvaient pas avoir leurs effets dans la même corbeille, mettent tout en commun et cela, tout à coup. Imaginez ce que c'est ! Imaginons-nous à 50 ans avec l'être avec lequel nous vivons, réalisant brutalement cette vie commune. Mangez sur la même natte, dormir sur la même natte, boire dans la même coupe, manger dans le même plat, se toucher la main. Cela signi­fie réaliser cet androgynat à travers le couple et, par là même, en nous. Nous retrouvons l'unité primordiale. C'est cela que le rite opère. Désormais, ces deux vieux seront unis jusqu'à la mort.

Ils seront ensemble dans la même tombe et leurs tablettes funé­raires seront mises dans la même salle. Ainsi, ils deviendront, suprême honneur, un vrai couple d'ancêtres. Vous avez là ce que réalise un rite de ce type.

Je sais bien ce qu'on peut me dire en se plaçant sur un plan social ou psychologique, mais nous nous plaçons sur un plan métaphysique qui est finalement le seul vrai, celui des lois sur la vie, de la réalité de la vie. La vie est métaphysique, elle est archétypielle. C'est sur ce plan là que nous nous sommes séparés pour réaliser chacun la perte androgynale. Puis, tout d'un coup, à 49 et 64 ans, nous nous réunissons, nous mettons tout en com­mun. C'est la vraie fusion. D'ailleurs, la femme, dans la Chine ancienne, ne fait vraiment partie de la famille de son mari qu'à partir de cet âge là. Il faut bien comprendre que dans un premier temps nous avons vécu la dualité, la perte de l'androgynat, la survie de l'espèce (il fallait faire des enfants).

Dans un deuxième temps, nous retrouvons l'unité avec une autre conscience et nous allons vivre notre survie spirituelle. Nous allons vivre la vie de l'esprit. Cela doit se faire obligatoi­rement ; un jour ou l'autre, nous allons vivre cette vie de l'esprit mais, là encore, alors qu'en Occident (ne croyez pas que je cri­tique l'Occident, je constate, parce que je suis aussi occidental que vous et cela me manque autant qu'à vous), cela se fait dans l'anarchie, là, le rite nous aide, nous oblige à vivre cette dualité, à perdre cet androgynat, à être mari et femme assurant la survie de l'espèce. Le rite nous oblige ensuite à retrouver l'unité, la vie de l'esprit en nous préparant à la mort. Je crois que cela nous manque et que, si l'on parle tant du troisième âge, si on est obligé d'inventer une spécialité qui s'appelle la gérontologie, c'est peut- être parce que nous n'avons plus de rites. Nous ne savons plus quelle fonction nous avons à réaliser, quel rôle nous avons à jouer.

Pendant cette période, nous ne savons plus quoi faire, quelle vie mener.

Nous allons aborder maintenant le rite mortuaire qui est un rite africain. Cet homme ou cette femme vient de mourir. On va fixer un endroit au milieu d'un cours d'eau et on va détourner le cours d'eau un instant. On dresse une hutte puis on met le mort sur cette hutte mais pas n'importe comment : soit en position fœtale, c'est-à-dire recroquevillé, soit en triangle ; les jambes sont disposées de telle façon que cet homme fait face à un trian­gle. Ensuite, on le retourne, on le met à plat ventre et on refait prendre au cour d'eau sa direction originelle. Il passe ainsi sous la hutte pendant trois jours. Au bout de trois jours, on le prend et on l'enterre. Vous avez là les premières funérailles parce que, plus tard, quand il ne lui restera que les os, on prendra ses os, j'allais dire les os de l'ancêtre (nous verrons pourquoi tout à l'heure), et on les enterrera ailleurs, dans un endroit pur. Pour comprendre le rite, il nous faut comprendre ce qu'est la mort. Dans une civilisation traditionnelle, la mort n'est pas la fin, c'est un passage. Après la mort, tout n'est pas fini, nous passons d'un plan à un autre ; les chinois disent que nous passons d'une forme à une autre, d'un monde où nous avons cette forme dans un monde où nous avons une autre forme. C'est un double passage Nous changeons de plan et de monde. Comme il y a mort, il y a renaissance inévitablement. C'est la loi cosmique, ce sont les loi de la vie ; il n'y a pas de mort sans renaissance, cela n'existe pas. La vie n'est que mort et renaissance. Les Chinois disent que le monde, les hommes, les animaux se recréent à chaque seconde de la vie. A chaque seconde, vous mourez et vous renaissez diffé­rent. Les Chinois décrivent les mécanismes qui permettent d'assu­rer cette mort et cette renaissance perpétuelles. Nous avons tout cristallisé sur la mort comme si elle était la seule et nous verrons comment, plus tard, dans une société initiatique, dans un chemin initiatique, nous avons à mourir pour renaître. Ce n'est pas une illusion, c'est une réalité. Dans une société traditionnelle, nous passons du statut de mort au statut d'ancêtre. Après avoir été un homme mort avec tout ce que cela comporte, nous allons deve­nir un ancêtre.

Interrogeons-nous sur l'ancêtre. Dans toutes les sociétés tra­ditionnelles c'est le garant de l'ordre social parce qu'il est le médiateur avec l'ordre cosmique. L'ancêtre, c'est celui qui est présent, j’allais dire au ciel. C'est celui qui va garantir (ce qui n'est plus le cas) l'ordre social. L'ordre social de la tribu, du pays de l'empire est conforme à l'ordre cosmique. C'est le vrai rôle de l'ancêtre et c'est pour cela qu'il est important de passer du statut de mort au statut d'ancêtre, ce qui explique que vous avez deux funérailles. Vous serez enterré dans un endroit impur parce que vous avez à vous purifier. Quand vous serez purifié, que vos os auront blanchi, vous serez enterré dans un deuxième endroit où vous aurez votre statut d'ancêtre. Là, vous accomplirez votre rôle, j'allais dire céleste, mais il n'est pas au ciel, le ciel est sur terre. On a trop tendance en Occident à croire que le ciel est ailleurs. Le ciel est ici et maintenant, le ciel est sur terre. Cet ancêtre sera l'intermédiaire entre l'ordre cosmique et l'ordre de la terre, il sera le médiateur. Remarquez, nous pourrions presque dire ce jeu, entre cet homme qui est sous terre et son rôle qui est céleste et observez comment en même temps à la naissance, alors que l'en­fant s'offre à la vie, on enterre le placenta sous terre, au même endroit, comme s'il fallait toujours qu'il y ait quelque chose sur terre et quelque chose sous terre pour établir la liaison entre eux.

Le rite permet que ce mort renaisse, et ce n'est pas un arti­fice, un jeu ; vraiment, réellement, concrètement, complètement, en mettant cet être dans cette position foetale ou triangulaire, on lui permet de renaître après sa mort. Voyez ce qu'est un rite mor­tuaire. C'est un rite qui permettra à cet être qui vient de mourir de réaliser ce passage difficile, douloureux, pendant trois jours puisqu'il doit renaître et se recréer.

Remarquez bien l'opérativité du rite. En le retournant, on lui permet de quitter ce monde formel pour accéder à un autre monde. Réalisons ce qui se passe en ce moment. Qui les aide à passer ? Comment se fait ce passage qui est nécessairement diffi­cile et douloureux ? Comment change-t-on de monde alors que nous n'avons plus de rite. N'est-il pas urgent que nous retrouvions nos rites pour que, le jour venu, quelqu'un soit là, en conscience, pour nous aider par le rite à passer, à changer de monde et à renaître ?

Abordons le rite de l'homme malade. Je vais vous en conter un qui est un rite africain du Zaïre. La maladie fait partie de la vie comme l'orage et le tremblement de terre font partie de la vie.

Imaginez que dans ce temple entre un fou furieux. Quelle sera notre réaction ? Les plus courageux vont se jeter sur lui, on va lui mettre une camisole de force et puis, on va le bourrer de drogues de façon à ce qu'il soit anéanti, mourant.

Imaginez maintenant que nous soyons toujours dans un temple mais dans une tribu du Zaïre. Comment cela se passe-t-il ? Cet homme arrive fou furieux. Bien entendu, des hommes le maî­trisent pour ne pas qu'il nuise, mais ils n'emploient ni camisole de force, ni drogue, pas même une plante. Que se passe-t-il ? Tout le village arrive. Au centre de la place, il y a le prêtre, l'initié, qui s'installe comme l'empereur, en prière, en état de prière. Cet homme, tout d'un coup, est tout amour, tranparent au monde, transparent comme un cristal entre cette place, avec cet homme fou furieux, avec les gens de sa tribu, et cet univers avec ses lois et avec son ordre. Imaginez que ce fou entre et que l'un d'entre nous se mette au milieu, pur comme du cristal, transparent comme du cristal, tout amour (c'est la condition sine qua non) et que, par là même, il soit le médiateur, l'intermédiaire entre nous et le ciel et son ordre, le monde et son ordre, et la vie et son ordre. Qu'arrive-t-il dans la tribu maintenant que chacun est à sa place ? Tout à coup, vous avez dans un coin les tam-tams qui commencent, gentiment, calmement, régulièrement, j'allais dire de manière ordonnée, et alors que cet être est là, au centre, toute transparence et tout amour, les tam-tams commencent à s'agiter, à se désordonner, à s'accélérer. Vous voyez les tam-tams qui s'agi­tent, qui sont de plus en plus dans le désordre. Jusqu'où vont-ils comme cela ? Ils vont jusqu'au désordre de l'homme fou furieux et ils vont avec l'amour et la transparence du « cheikh » qui est au milieu, ils vont rejoindre cet être dans son désordre, sa folie, et quand ils l'auront rejoint grâce à cet amour et à cette transpa­rence, vous verrez les tam-tams qui redescendent peu à peu, len­tement, doucement, qui calment le désordre, qui s'agitent de moins en moins et qui, peu à peu, finissent à l'état de départ où tout était calme, ordonné.

Chose fantastique ! Au fur et à mesure que les tam-tams redescendent vous voyez cet être qui se calme tout seul. Quand ils sont redevenus paisibles et quand le silence est revenu sur la tribu avec cet être au centre, amour et transparence, cet homme n'est plus fou furieux, sa crise est vide. Voilà un rite ! Il faut être médecin pour imaginer ce qu'est un rite thérapeutique. Comparez un homme fou furieux à qui l'on met une camisole (ou à qui l'on administre des médicaments) et un autre fou furieux qui a devant lui un être au centre, tous les autres membres du village autour, avec les tam-tams qui vont le chercher dans son désordre et qui le ramènent doucement à l'ordre. Qu'ont-ils fait ? Ils ont réintégré cet être dans l'ordre cosmique, dans l'ordre du monde. Ils l'ont remis en relation avec l'ordre cosmique et, par là, ils ont réalisé en lui cet ordre. C'est fondamental de comprendre, pour abstrait que ce soit, que ce n'est pas une utopie, c'est définitif, c'est-à-dire, pour prendre un langage scientifique, c'est un fait expérimental reconductible.

Ils ont relié cet être à l'ordre du monde, aux lois de la vie, de l'univers et ils lui ont permis de rendre réel en lui cet ordre qui était perturbé : c'est cela la ligne de traitement de la maladie ! Vous noterez la solidarité du groupe. Cet homme n'a pas été rejeté. Nos fous, nous les rejetons, nous ne savons plus quoi en faire. Ce n'est pas de notre faute, personne ne nous a expliqué ce que nous devions faire alors, nous les parquons dans des asiles. Dans ce village, au contraire, le groupe s'est senti responsable. Il a été autour de cet être, au milieu, amour et transparence. Le groupe est allé le chercher et est revenu avec lui. Il faut dire que dans une société traditionnelle vraie, l'ordre social et l'ordre cosmique étaient plus près qu'aujourd'hui. Par ailleurs, vous observerez que ce n'est qu'un traitement : ramener l'homme dans son ordre en le reliant à l'ordre cosmique. C'est le seul traitement vrai de la maladie. Faire en sorte que l'homme qui est devant vous, ou la femme, revienne en ordre en étant relié à l'ordre idéal de la vie. Les chinois diraient à l'ordre du ciel.

Il ne faut pas oublier ce qui est, à mon avis, le plus impor­tant : tout l'amour et la transparence qu'il a fallu pour que le traitement puisse se faire. Il faut être tous les jours devant des malades, et pas seulement des malades, pour savoir combien c'est difficile d'aimer l'autre, quel qu'il soit. Aimer l'autre parce qu'au bout du compte il a toujours en lui un trésor caché, une étincelle divine. Ce rite thérapeutique nous rappelle qu'il n'y a pas de guérison vraie sans amour et transparence.

Nous venons de vivre quelques rites exotériques, communs à tous. Comprenons bien comment à la naissance nous devions avoir notre nom secret de prédestination et faire alliance avec le ciel ; comment à la puberté nous devions mourir et renaître, per­dre l'androgyne et comment nous devions être intégrés dans le cosmos.

Nous avons compris comment les rites, j'espère que nous avons compris, comment les rites, après la ménopause et l'andro­pause, nous permettent de retrouver cet androgynat, de retrouver cette voie de l'esprit, cette unité perdue, avec notre conscience.

Nous avons compris comment les rites nous permettaient de passer à un autre monde et de devenir un ancêtre.

Nous avons compris comment le rite permettait de guérir réellement un homme en le réintégrant dans l'ordre cosmique, en rendant réel en lui l'ordre de la vie par l'amour et par la trans­parence.

Abordons maintenant les rites ésotériques qui sont réservés à des membres d'une société initiatique qui sont censés avoir des capacités que d'autres n'ont pas (remarquez le conditionnel). Le but des rites ésotériques est le même que celui des rites exoté­riques. Il est de réaliser, de rendre réelles, actuelles, les lois qui vont être opératives pendant notre vie initiatique. Nous entrons en Franc-Maçonnerie dans un but. Nous allons avoir à subir des transformations, des mutations. Nous allons les subir de deux manières. D'abord, par l'influence spirituelle que transmet la Franc-Maçonnerie parce qu'il est vrai que la Franc-Maçonnerie transmet une influence spirituelle. Nous allons subir, accélérer, favoriser ces transformations et ces mutations par le rite. Nous avons un rite de constructeur : Franc-Maçon. Nous sommes dans un monde sans h Isard, cela veut dire que ce n'est pas par hasard que la Franc-Maçonnerie a un rite de constructeur. Si nous possé­dons la symbolique de constructeur, c'est que nous avons à bâtir, à construire. Nous sommes au début du chemin. Nous avons à construire un temple en nous, collectivement, et nous avons à construire un être chaque fois qu'il y en a un qui se présente à la porte du temple et qui a les qualifications requises. C'est pour cela que nous avons une symbolique de constructeur : nous avons une fonction de construction. Il nous faut édifier des êtres, des temples. Faire que cet être puisse arriver au terme qui est de mourir à lui-même pour naître au divin. Je sais que vous réa­gissez sur le mot « divin » mais vous savez qu'il y a une réalité physiologique et que les mots ne changent rien.

La réalité physiologique est que nous avons deux êtres en nous : un être spécifique, public, avec ses passions, ses buts, ses besoins, ses envies de posséder, ses désirs, ses problèmes psycho­logiques, son paraître et puis, nous en avons un autre, au fond, caché comme un trésor et qui demande à vivre. Entrer en Franc- Maçonnerie c'est, qu'on le sache ou non, fondamentalement, vou­loir que vive cet homme qui est caché au fond, que vive ce trésor, cet être que vous pouvez appeler spirituel, transcendant, embryon taoïste, être divin, être immanent, tous les noms de la terre, cela ne change rien à sa réalité : cet être est en nous et il demande à vivre. C'est pour cela que nous avons un rite de constructeur ; nous sommes, en tant que Franc-Maçon, au début du chemin. Nous devons édifier un mythe et nous allons le faire par le rite parce que le rite va le permettre, parce qu'il est opérant. Il y a des rites d'ouverture de Loge, de fermeture et d'initiation. Je ne vais pas vous les décrire mais je peux quand même vous dire ce que ça fait. Le rite d'initiation consiste à initier celui qui se pré­sente à la porte du temple, c'est-à-dire le profane qui demande à être admis en Franc-Maçonnerie. D'abord, nous ouvrons la Loge. Imaginez que nous soyons tous Francs-Maçons, nous avons un Vénérable, des Officiers, nous allons ouvrir la Loge. Qu'allons- nous faire ? Nous allons reproduire, revivre l'acte éternel de créa­tion. Nous avons à revivre à chaque ouverture les lois qui ont présidé à la construction du monde, les lois qui ont présidé à la création de toute vie, quelle qu'elle soit. Que faire ? Nous nous relions à l'Architecte. Nous nous donnons l'ordre de créer les hommes qui sont là juste pour mener à terme cette création. Il nous faut nous relier à la source de vie qui est la Lumière. Il nous faut donc installer l'espace puis le temple et alors, tout est prêt, nous pouvons donner vie à ce temple : ce temple qui est en nous et ce temple politique qu'est la Loge. Ce n'est pas important de savoir leur nom, l'important est de savoir ce qu'ils opèrent et de savoir qu'un rite d'ouverture de Loge nous fait revivre les lois qui président à la création de toute vie, que ce soit la vie de l'homme, de l'univers ou la vie de la plante, de l'animal ou du cristal. Les lois sont les mêmes et le rite vous les fait revivre.

Ainsi, à chaque ouverture de Loge, Tenue après Tenue, nous revivons ces lois qui, patiemment, nous permettent de créer le temple qui est en nous et le temple qu'est la Loge. Venons-en à la fermeture de la Loge. Qu'allons-nous faire ? Nous allons la des­tructurer, la renvoyer au chaos (le chaos n'est pas la pagaille, c'est l'indistinction parce que les forces ont changé de sens sou­vent, et à la fermeture de Loge, nous allons renvoyer cet univers au chaos).

Dans certaines occasions, nous avons des profanes qui se présentent et nous devons les initier. Il va falloir qu'ils meurent et qu'ils renaissent et ce, par un rite qui est, croyez-le bien, opé­ratif. Il est vrai. La construction de cet être sera réelle, aussi réelle que si nous avions construit cet édifice ou la cathédrale de Paris. Quand on dit que par le rituel d'initiation on construit un être ce n'est pas un jeu, on ne fait pas semblant, on n'a pas donné un coup de maillet en disant des formules et en jetant tout par terre ; ce n'est pas vrai ! Ce jour-là, si le rite est fait en conscience et ce qui me désespère c'est de le voir faire n'importe comment, si le rite est fait en conscience, un être commence à mourir et un autre commence à naître, réellement. C'est une trahison que de ne pas le faire en conscience parce que cet être est venu pour mourir et pour renaître et il est venu, qu'il le sache ou pas, sous tous les prétextes de la terre (et ceux qui sont en Maçonnerie depuis quinze ou vingt ans en ont vu suffisamment pour savoir que nous arrivons ici sous tous les prétextes de la terre). Fonda­mentalement, nous avons une demande qui est de faire vivre en nous cet être fantastique qui est caché au plus profond, ce tré­ sor auquel nous devons accéder.. C'est une trahison, une mutila­tion que de ne pas lui permettre de vivre en ne réalisant pas un rite comme il devrait l'être.

Alors, que se passe-t-il ? D'abord, il meurt en terre ; puis il va renaître à travers des épreuves, on va le reconstruire à travers quatre éléments parce que la vie est faite de quatre éléments. Il va renaître à travers sept épreuves que je ne vous décompose pas parce que sept sont toujours les moyens qui sont donnés pour, mener une création à son terme. N'oubliez pas que les nombres sont la vérité du monde. Rien ne se fait sans les nombres dans la vie. Le nombre est le secret du nom ; c'est pour cela que le nom est le secret de la vie. Nous avons oublié tout cela, pas tout ; nous avons oublié que la réalité de la vie était sous-tendue par le nombre et qu'elle était vie par le nombre. Ce n'est pas pour rien que l'on fait des choses à trois, à neuf ; ce n'est pas pour rien qu'il y a sept épreuves (s'il y avait six épreuves et non sept, il n'y aurait pas la même opérativité du rite). Sept, c'est le temps qu'il faut pour mener une création à son terme. Cet être va donc commencer à renaître parce que la Franc-Maçonnerie, avec son symbolisme de constructeur, est un début de chemin. Ensuite, on va lui donner, par l'instruction, les moyens de vivre. Voilà ce que l'on réalise dans un rituel d'initiation. Il meurt, on le recons­truit à travers les éléments et les voyages et on permet à quel­qu'un qui est en lui de commencer à renaître. A ce moment là, on l'instruit comme on instruisait cet adolescent dans le bois sacré ; on l'instruit à d'autres lois de la vie, plus archaïques, plus fonda­mentales.

Ce qu'il est important de retenir, surtout pour les Maçons, les Maçonnes qui sont ici, c'est que tous vos gestes rituels opèrent quelque chose et qu'il est vrai que nous construisons vraiment, réellement, un temple à chaque rituel d'ouverture et qu'il est vrai également que nous construisons vraiment, concrètement, un être à chaque rituel d'initiation. Tous les gestes rituels que l'on vous demande de faire sont là pour opérer en nous des transfor­mations et des mutations. Quand on nous dit : « Rentrez à l'ordre dans le temple » , remarquez ce mot « ordre » qui revient sans arrêt et qui se réfère à cet ordre de la vie, à cet ordre cosmique.

Ce qui est sûr, c'est que si vous entrez dans n'importe quel ordre et si vous vous mettez dans n'importe quel ordre, vous ne ferez pas en sorte que cette mutation se produise. Tous les gestes rituels doivent être faits conformément au rite parce qu'un rite opère en nous, à chaque instant où nous le faisons, une transfor­mation et une mutation nécessaires. Il faut dire à ceux qui ne sont pas Maçons que s'ils ont envie de le devenir un jour, ils doivent savoir en tout cas, dès leur entrée, que le rite ne sera pas un jeu, une cérémonie, une pièce de théâtre, un artifice, que ce sera un acte opérant, réel, authentique, efficace.

J'espère que nous avons compris ensemble quel était le rôle fondamental du rite qui est d'actualiser, de réaliser (réaliser c'est rendre réel) en nous des lois cosmiques, archétypielles, les lois de la vie. Car, finalement, la vie n'est que l'incarnation des archétypes, des lois qui nous gouvernent. Elle n'est que l'incar­nation des attributs divins que, dans le même temps, elle nous révèle et elle nous masque. La vie n'est que l'incarnation d'attri­buts et d'archétypes et le rite est le moyen qui nous est donné pour vivre ces archétypes et attributs, pour réaliser ces lois qui sont à vivre à un temps ou dans une circonstance donné de notre vie. S'il fallait ne retenir qu'une chose, ce serait celle-ci : le rite nous permet de vivre la loi de la vie, la loi cosmique, la loi fonda­mentale archaïque que nous devions vivre à un tel moment de notre vie (comme la puberté, la ménopause) ou dans telle circons­tance (par exemple lors d'un rituel d'initiation).

Pour cela, nous devons saisir que tout est archétypiel, que la vie est archétypielle, que tout est métaphysique, que la vie fonda­mentalement est métaphysique. Pour comprendre un rite, il ne faut surtout pas se placer sur un plan psychologique ou social, placez-vous sur un plan métaphysique, archétypiel. Quand vous aurez accédé au plan archétypiel ou métaphysique, vous compren­drez facilement quelle est la réalité sociale ou psychologique qui en découlait.

Regardez avec un œil neuf tous les gestes rituels ; si vous voyez une femme musulmane voilée dans la rue, plutôt que de crier psychologiquement ou socialement à l'inégalité des sexes, demandez-vous quelle est la raison profonde, archétypielle, méta­physique qui fait que cette femme est voilée ; quel secret doit-elle cacher ? Si on vous parle d'anthropophagie, en plus que de crier à l'inhumanité, et vous aurez raison, demandez-vous quelle dégé­nérescence il y a eu pour en arriver là. Quelle opérativité du rite a-t-on oubliée pour en arriver là ?

Comment partant du fait que le Maître, arrivé au terme de sa vie, donne ses attributs à son héritier, on est arrivé au fait qu'un homme en mange un autre pour s'attribuer certains pou­voirs illusoires ?

Ainsi, quand vous êtes devant un rite, devant un geste rituel, n'oubliez pas que le monde est métaphysique et la réalité arché­typielle.

Il nous faut bien comprendre aussi ce que nous faisons en Franc-Maçonnerie. La Franc-Maçonnerie est un chemin de réali­sation. Ce chemin, nous ne pouvons le faire que par le vécu de nos rites, par la répétition de nos rites, par le fait que Tenue après Tenue, nous avons nos rites qui réalisent en nous des transforma­tions et des mutations qui vont permettre, d'une part, au vieil homme de mourir et, d'autre part, à cet être caché et divin qui est en nous de vivre.

Sachez que tout Franc-Maçon, qu'il le sache ou non, fonda­mentalement, entre en Franc-Maçonnerie pour cela. Enfin, il nous faut comprendre que le grand problème du monde actuel n'est pas social, politique ou économique. Il est que nous vivons la fin d'un cycle, le « kali-yuga », la fin d'un cycle temporel. C'est pour cela que nous sommes dans l'anarchie. Nous sommes en effet coupés de l'archée, des lois, des archétypes. C'est aujourd'hui le problème fondamental : le monde tout entier (et pas seulement l'Occident) est en train de vivre la fin d'un cycle et, par là même, nous vivons le début d'un autre, immatériel, subtil, c'est encore un embryon, une cellule. Pour vivre le début de cet autre cycle, le rite est nécessaire parce que si, dans l'anarchie actuelle, nous voulons nous relier aux lois de la vie et du cosmos, il nous faut d'abord vivre la réalité et l'opérativité du rite. Seul le rite nous permettra de devenir conformes à cet ordre du monde, de ré­pondre à cet ordre idéal de la vie. Comprenons que seul le rite nous permettra de retrouver cette perfection qui, en même temps première et dernière, est en nous.

Jean-Marc Kespi

(*) Conférence prononcée par Jean-Marc Kespi, le 5 décembre 1981, dans le cadre des conférences organisées par le Cercle Condorcet- Brossolette.

Source : www.ledifice.net

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Le Bonheur maçonnique

Publié le 26 Avril 2013 par W\ D\ dans Planches

Le hasard du calendrier, si hasard il y a, fait que je vous présente ce travail juste après celui de notre F\ JBL, qui a posé les bases d’un état de contentement et pour que celui-ci puisse s’exprimer de manière équilibré et en toute humilité, il faut montrer que l’on est heureux.
Le 2° hasard, du calendrier toujours, fait qu’il y a 5 ans jour pour jour que j’ai reçu la Lumière, et que j’ai ce bonheur d’être FM\ Je veux donc partager avec vous une des raisons qui font que j’honore mes engagements maç\ et que je ne déserte pas les colonnes
Etre heureux en maçonnerie, la belle affaire !
Existe-t-il un bonheur maçonnique ? Comment l’atteindre ? Y a-t-il un mode d’emploi ?
C’est ce que je vous propose comme thème de réflexion ce soir ;
Notre constitution stipule à l’article 3 du chapitre premier je cite : « les membres de l’Ordre Maçonnique Mixte Internationale le Droit Humain cherchent avant tout à réaliser sur la terre et pour tous les humains le maximum de développement moral, intellectuel, et spirituel, condition première du bonheur qu’il est possible à chaque individu d’atteindre dans une humanité fraternellement organisée ».
Mais qu’est ce que le Bonheur ? Obéit-t-il à des règles ? Aurait-t-il plusieurs visages ?
Une chose est certaine : « tous les hommes cherchent à être heureux et refusent le malheur. Mais l’absence de malheur n’est pas le bonheur, il est juste la suppression d’un désagrément précis.
Sans vouloir être exhaustif, je vous propose dans un premier temps un éventail historique de cette quête naturelle des hommes. Puis j’aborderai le bonheur dans le cheminement maçonnique avant de faire un clin d’œil à la colonne d’harmonie et aux agapes.
Rappelons d’abord que le mot bonheur se définit comme étant un état durable de plénitude et de
satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le troublesont absents
. Il se distingue du plaisir quoiqu’il puisse le contenir. Le bonheur s’inscrit dans la durée, alors que le plaisir est limité dans le temps. Le bonheur peut aussi contenir la joie, mais ce n’est pas non plus la joie, qui est une émotion exprimant un sentiment d’exaltation agréable et profonde, ressentie lorsqu’une situation, un désir ou un évènement heureux se produit. Elle amène une personne à un état de plénitude plus ou moins durable.
Le bonheur quant à lui n’est pas un passage : c’est un état statique de longue durée qui est l’aboutissement d’une construction et l’accumulation des satisfactions.
A travers les âges les chemins du bonheur sont aussi variés que les cultures et les croyances.
- L’eudémonisme antique avec Aristote affirme que le but de l’action humaine est le bonheur, comme une fin de l’action. Il apparaît comme un accord entre l’homme et les choses. Il est dans la vie contemplative et dans l’exercice de l’intelligence qui conduit au « penser vrai »
- La doctrine d’Epicure fait du plaisir le bien primitif et naturel : si le plaisir est le principe et le but d’une vie bienheureuse, nous dit-il, elle ne peut cependant s’envisager sans la pratique des vertus de prudence, d’honnêteté et de justice. Le vrai bonheur consiste dans la paix de l’âme que rien ne vient troubler.
- Pour les stoïciens avec Sénèque le bonheur est avant tout de rester libre et maître de ses opinions et de ses pensées, quelques soient les circonstances. Le bonheur ne consiste point à acquérir et à jouir, mais à ne pas désirer. On se contente de vivre en conformité avec la nature.
- Apres les philosophes de l’antiquité, la révolution chrétienne apporte une vision plus pessimiste des choses. Le bonheur n’est pas pour l’immédiat, il n’existe pas dans ce monde ici-bas, mais il est pour plus tard, dans la cité de Dieu. L’homme est déchiré entre son moi temporel condamné à vivre à la sueur de son front et son moi transcendantal tourné vers un paradis idéal, vers un bonheur céleste, un royaume où les pauvres, les persécutés ou les miséricordieux seront heureux ; telle qu’on la retrouve dans l’Evangile selon Matthieu (5,3-12) « Heureux sont ceux qui ont faim, qui sont spirituellement pauvres, qui sont opprimés, qui pleurent ; OUI ! Réjouissez-vous car une magnifique récompense vous attend dans les cieux et vous serez ainsi, comme les prophètes d’autrefois »
- A la fin des siècles des Lumières, Emmanuel Kant oppose le penchant naturel de l’homme qui le porte individuellement à la recherche du bien-être, à l’exercice de la raison dont l’objet ne peut viser qu’au perfectionnement moral. Le destin de l’homme s’accomplit dans l’exercice des vertus comme ultime objet de ses préoccupations. Ainsi, avec Kant, si le bonheur relève d’un droit naturel des hommes, alors notre raison peut et même doit aussi nous conduire à en rechercher l’accomplissement au profit de son prochain.
En fait La quête du bonheur varie selon notre vision du monde, influencée par le contexte historique, régional, culturel et familial.
On peut hériter d’une fortune, mais on ne peut pas hériter du bonheur. Nous sommes faits pour le bonheur mais il ne nous est pas acquis. Ce n’est pas un dû. C’est un état auquel on aspire naturellement, mais c’est à nous qu’il appartient d’en découvrir les chemins et de se donner les moyens d’y parvenir. La recherche du bonheur c’est l’affaire de chacun. Il nous faut le gagner, le mériter, puis l’entretenir pour le garder. Il est fragile, il est léger et peut s’envoler avec le vent où disparaître à la défaveur d’un quelconque caprice du destin.
Encore faut-il savoir quel type de bonheur nous cherchons.
Il y a plusieurs sortes de bonheur et chacun mérite une égale considération.
Le bonheur matériel, c’est le bien-être et la satisfaction des sens ; il est fait de plaisirs qu’il ne faut surtout pas négliger, puisqu’ils sont naturels, et participent à l’épanouissement de l’individu – car « ventre affamé n’a point d’oreille » , mais leurs abus risquent de nous engourdir l’esprit. Ces plaisirs là sont fugaces et s’effacent, lorsque les sens sont rassasiés…dans l’attente d’un prochain désir, et le réveil d’un nouvel appétit de l’homme insatiable.
Le bonheur qui touche le cœur est plus noble, car il est à la fois, don et partage, mais il peut-être fragile car il est tributaire de l’autre et risque de disparaître avec l’objet de la passion. Il peut arriver que l’on soit responsable de son départ, faute d’avoir su le retenir.
Et enfin le bonheur qui comble l’esprit, qui est indifférent aux biens acquis, qui est au dessus des plaisirs de la vie matérielle. L’homme ne vit pas que de pain : Corps et esprit ont un égal besoin de nourritures terrestres et spirituelles .Ce bonheur là ne subit aucune altération puisqu’il est le résultat d’un patient travail sur soi, d’un enrichissement continu, aboutissant à la réalisation de soi.
Et c’est là probablement que la franc-maçonnerie se propose comme une méthode pour avoir accès au bonheur.
Un jour, une lueur d’abord fugace puis lancinante nous est apparue : et s’il existait une autre possibilité d’existence ? Si cette matérialité dans laquelle on est plongé risquait de nous noyer dans les vicissitudes de la vie, de l’éphémère, du superficiel ? Si se présentait à nous une autre voie que celle qui nous amène inexorablement à notre vulgaire décomposition physique, après une vie remplie de satisfactions fugitives ou de souffrances artificielles ?
Et à ce moment, il y a eut en nous un appel … Appel diffus, imprécis… Appel à une autre connaissance, appel à la recherche de réponses aux questions jusqu’alors demeurées non résolues, appel à la compréhension de nous-même.
On a ainsi frappé à la porte du Temple, non pas avec anxiété, ni avec curiosité, mais avec le désir d’acquérir une certaine sérénité, désir d’ouvrir de nouveaux horizons, autres que ceux que nous connaissons déjà.
C’est ainsi que l’on a été initié en laissant nos métaux à la porte du temple.
L’initiation maçonnique consiste à permettre à chacun de nous, de trouver sa vraie place. Cela commence dès le cabinet de réflexion, à la mort du profane et à la naissance d’un être nouveau, cherchant en lui-même à savoir qui il est. Maine de Biran un de nos frères philosophe souligne combien l’étude de nous même nous met sur la voie du bonheur, et Socrate d’ajouter « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers ».
En faisant l’effort d’une recherche de sa personnalité dans la démarche initiatique, on donne un sens à sa vie, on s’oblige à rechercher ce qu’on a potentiellement déjà en nous, mais qu’on refuse de voir : le bonheur et la plénitude. Pour y parvenir il faut apprendre à concilier nos actions et nos pensées, nos connaissances et notre conscience.
Il faut nous élever et s’éloigner de « notre petit-moi » fondé sur les pulsions, la colère, la jalousie, la possession et l’instinct. Il faut également s’écarter de nos préjugés et de nos peurs.
L’objectif étant de mieux se connaître pour mieux percevoir l’autre et s’enrichir de ses idées, des ses expériences, de pouvoir concilier les contraires, pour qu’ensemble nous construisions un monde meilleur. Ainsi apparaît le bonheur profond que recèle la vraie fraternité, l’envie - le besoin j’allais dire - d’être bon avec les autres, de les aider à vivre – spirituellement bien sur, mais aussi pour le pain quotidien, la bonté est joie, l’amour est joie. Il n’y a de bonheur complet que partagé.
Il n’y a pas que la connaissance de soi et de l’autre qui débouche sur la fraternité et sur l’amour partagé. Il y a encore de multiples autres expressions du bonheur en franc-maçonnerie
D’abord le bonheur d’être libre. C’est parce que nous sommes libres que nous sommes admis à être des frères. C’est librement et de notre propre volonté que nous avons demandé à être reçu dans le temple. Et c’est librement que nous poursuivrons notre cheminement maçonnique avec nos propres idées, nos propres croyances, nos propres choix, les rituels étant là pour nous guider. La franc-maçonnerie reste donc une société initiatique, où la réunion de femmes et d’hommes convaincus, se sont mis en marche dans une quête exigeant la maîtrise de soi et la liberté intérieure.
Ensuite le bonheur de la vertu qui nous donne la force de vaincre nos passions, stériles et avilissantes et qui nous amène à un perpétuel combat intérieur, pour lequel nous devons mettre en œuvre tous les outils symboliques qui nous ont été donnés.
L’égalité est aussi un autre pilier qui participe à notre bonheur maçonnique. Nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. Le franc-maçon par son action quotidienne et son engagement dans la cité lutte vigoureusement contre l’inégalité, la morosité et le pessimisme. Il se donne pour but de maintenir lumineuse et droite la flamme de l’amour humain et de l’esprit universel.
Il est un autre bonheur capital, essentiel sans doute : celui de la connaissance
Aujourd’hui, comme hier, les franc-maçons luttent contre la sclérose des habitudes mentales et des cloisonnements disciplinaires en s’obligeant à créer de la pensée actuelle sur les grands mythes de leurs ancêtres et sur le devenir de l’humanité.
On intègre ainsi la grande chaîne de l’humanité, et on met en œuvre dans la réflexion sur nos symboles non seulement de l’intuition et de l’imagination, mais aussi une pensée rationnelle et logique. On utilise la totalité des outils intellectuels pour saisir la vérité sous toutes ses formes sachant que l’on doit aller sans cesse plus loin « parce que les signes, matière première de la réalité, sont toujours à combiner et la réalité toujours à être et à dire » comme l’écrit Daniel Beresniak.
On s’aperçoit qu’en s’imposant des contraires de comportements, telles que l’écoute des propos d’autrui dans le grand silence, la maîtrise de son temps de parole et de son attitude, on libère en réalité sa spontanéité, en se libérant de ses pulsions. C’est ce que l’on appelle tailler sa pierre, chacun restant libre de son angle d’approche et de son rythme de travail.
Cette connaissance qui vient des travaux, des recherches, des réflexions des autres frères, cette connaissance pour laquelle on sait qu’il n’y a ni terme, ni limite, comme la recherche de la vérité, nous donne la joie de la découverte, de la compréhension, de la communion avec les autres, nous donne le bonheur du travail accompli.
Qui n’a pas ressenti, au fond de son cœur, un sentiment de plénitude, de joie après une tenue riche en lumière et en ferveur partagée ? Avec le sentiment d’avoir bien travaillé et d’avoir mérité son salaire ? Qui n’a pas alors rayonné de bonheur en partageant l’égrégore que créent les rituels lors de telles circonstances ?
Mes BAF et S\
La maçonnerie donne aussi à l’initié les outils pour forger en lui des pensées de bonheur par les Arts. Ce chapitre peut-être à lui-même un sujet de planche et volontairement je n’insisterai pas sur l’Art Royal de la maçonnerie, qui est l’art de bâtir, ni sur les autres Arts, pour n’aborder que celle de la colonne d’harmonie.
La musique, 7ème des arts libéraux, contribue à l’épanouissement de notre être, à l’apaisement de nos tensions et nous met dans des conditions idéales d’écoute et de partage. La musique arrange et ordonne des sons pour construire « ce matériau musical » agréable à l’oreille. La musique produit des harmonies délicieuses, mais elle passe autant par les symboles de son écriture ( les notes de musique ), que par le sens émotionnel qu’elle peut procurer. La musique suggère l'inexprimable, rend intelligible le symbolisme et enrichit la perception du sacré. Par ses facultés incantatoires, elle émeut et provoque un état second. L’émotion des accords, des rythmes, des sons des instruments, le timbre des voix mais aussi la beauté, la poésie ou la vérité des textes, tout cet ensemble concourt à créer en nous un état particulier de bien-être, qui participe à notre bonheur d’être en loge.
Notre rituel d’ouverture de nos travaux au grade d’apprenti nous invite à retirer profit et joie de nos travaux. De même le rituel de clôture annonce : Que la joie soit dans les cœurs ! Il ne s’agit pas là de promesses, mais d’un véritable programme, dans un monde de paix, où l’on voudrait voir régner l’amour, et c’est à nous, chacun à sa place et à son office, qu’il appartient d’améliorer la condition humaine.
Cette invocation est une prière à manifester notre bonheur. Le bonheur est généreux et communicatif. Il se multiplie en se partageant. Des chercheurs en neurosciences cognitives affirment que chez des animaux et l’homme des neurones miroirs déclenchent les réactions de mimétisme et d’empathie, cette capacité de ressentir intuitivement l’autre, de se mettre à sa place, ce qui conforte le lien social
On sait par exemple, que lorsque quelqu’un baille, cela déclenche des bâillements en séries. Mais au-delà de ce mimétisme, si nous sommes attentifs aux autres, à leur écoute, leurs émotions se reflètent dans nos neurones miroirs, ce qui nous incite à la compassion. C’est une façon simple de travailler sans relâche au bonheur de l’humanité. Et si nous rayonnons de bonheur il se réfléchira sur les neurones de nos semblables et les aidera à être mieux et plus heureux. Le bonheur est contagieux, propageons-le !
La démarche initiatique peut donc être considérée comme partie prenante à la recherche du bonheur. Elle est mieux qu’un porte-bonheur ; elle est une porte du bonheur. Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur, c’est le chemin qui est le bonheur, car il n’est de bonheur complet que partagé.
Nous devons continuer au dehors l’œuvre commencée dans le temple, et transmettre dans la cité, entre autre, cette idée de bonheur pour réaliser sur la terre et pour tous les humains un cadre juste et rigoureux ou chacun pourra œuvrer à sa félicité et à celle de tous.
Il y a encore un autre moment fort dans notre vie maçonnique qui est amour, partage et joie, je veux parler bien sûr des agapes.
L’Agape est, au sens large, « un repas entre convives unis par un sentiment de fraternité ». Dans notre Franc-maçonnerie, héritière de ces plus anciennes traditions, l’Agape ne doit pas être considérée comme une pure nécessité physique mais doit être considérée comme une valeur ajoutée à la Tenue. L’Agape invite à l’approfondissement du chemin de perfectionnement parcouru pendant la Tenue. Elle permet aux initiés de mieux comprendre la voie dans laquelle ils se sont engagés. L’Agape possède donc un rôle initiatique profond.
Son seul but n’est pas de satisfaire un besoin élémentaire, il reflète une certaine philosophie car dans la vie humaine le repas est à la fois, un acte biologique, un acte social et un acte spirituel.
Les Agapes procurent aux initiés une ivresse, spirituelle bien sûr, la seule dans laquelle les hommes inspirés ont puisé de tout temps la lumière.
L’organisation de nos agapes, avec un apport personnalisé de différents plats participe grandement à notre désir de partage en faisant découvrir aux autres frères des recettes de son terroir, de sa région. Ce voyage, à travers les Arts culinaires de chacun, est une pierre de plus à notre édifice à la recherche du bonheur.
Il n’est pas possible de passer sous silence notre banquet d’ordre du solstice d’été, et notre sortie champêtre inter-obédientielle, dont la finalité est la fusion des cœurs dans l’amour de l’autre, et la découverte de la personnalité de chacun, le tout dans un esprit de convivialité et de cordialité fraternelle, en se rappelant comme le dit si bien Victor Borges que le rire est la distance la plus courte entre deux personnes.
Mes FF\ Et mes SS\ Je vous propose par anticipation à charger vos canons et à boire.
… BUVONS à la fraternité qui nous rassemble et qui nous rend heureux
… BUVONS à l’égalité que nous prônons pour une humanité plus joyeuse
… BUVONS à la liberté sous toutes ses formes.
Le bonheur est à portée de main !
Je voudrais avant de finir, pour dissiper le vague à l’âme, vous divulguer, puisque vous êtes mes frères, un remède qu’un ami pharmacien m’a confié. Mais avant d’aller plus loin, il faudrait que vous me promettiez le silence, secret oblige !
Prendre trois pincées de rituel, cinq grammes de symboles, sept onces et plus de batterie d’allégresse et d’espérance ; à cela on ajoute une poignée de fraternité. Le tout est réduit en poudre avec un maillet sur une pierre cubique et on le verse dans un breuvage d’amertume de son choix. Et, après avoir ingurgité cette décoction, le miracle advient… L’apaisement suit immédiatement jusqu’au moment tant attendu du bonheur total…
Je terminerai en paraphrasant cette publicité bien connu : Alors Heureux ??
J’ai dit V\M\ Et vous m’avez entendu !        
Extrait de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique : Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

  • Travaille comme si tu n’avais pas besoin d’argent.
  • Aime comme si jamais personne ne t’avait fait souffrir.
  • Et danse comme si personne ne te regardait.

Nous avons multiplié nos possessions mais réduit nos valeurs; réussi dans la vie mais pas notre vie; ajouté des années à la vie mais pas de vie aux années; nous allons sur la lune mais nous sommes incapable de parler à nos voisins; nous avons des revenus plus hauts mais le moral plus bas.

Il Existe un Pays sans peur…

Il Existe une Contrée sans douleur

A l’Intérieur de votre Cœur

A cela donnez de la Valeur…

Acceptez d’Ouvrir la Porte

Amour, Lumière, Créativité…

Vous attendent de l’autre Côté

Lâchez prise… rancune, colère, qu’importe

Unique, Essence de Vie, Âme de Lumière

Vous Etes Enfants de la Terre

Tu es Lui, Elle est Toi, Tous Reliés

Prenez Conscience en Simplicité

Que Vous Etes unité, en unité

Il Vous suffit d’Ouvrir la Porte, l’Amour est là

Trouver la Clé, Tendre la Main, Voyez !

Détendez-vous, Enfants de la Terre

Laissez Eclore vos Prières

Sans crainte, Créez votre Bonheur

Il est Présent, maintenant, il est Vous

Il Existe un Pays sans peur…

Il Existe une contrée sans douleur

A l’Intérieur de votre Cœur

A cela donnez de la Valeur…

Source : www.ledifice.net

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Les Origines du rite et des constitutions

Publié le 25 Avril 2013 par X dans Planches

Mes Frères, quel est le lien qui nous unit ? C'est la franc-maçonnerie. Qu'est ce que la franc-maçonnerie ? C'est une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour travailler en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité. Ces mots, ces phrases, sont ceux que nous apprenons tous par cœur durant notre apprentissage.

Bien souvent, nous les oublions après, non pas que nous nous sentions débarrasser d'une corvée, mais logiquement, plus le temps passe, plus nous vieillissons et plus nous nous élevons. Le résultat fait qu’automatiquement, nous nous éloignions de la base. Alors pour un instant, redescendons. Juste un peu d'histoire afin de situer la franc-maçonnerie dans le temps et les époques. Tout d'abord, pour une société qui serait prétendument secrète, la franc-maçonnerie détient un record singulier, c'est celui de la bibliographie. En 1925, déjà ¾ de siècle, un érudit allemand du nom de WOLFSTIEG avait déjà dénombré (Toutes œuvres confondues) plus de 54.000 titres traitant du sujet Imaginez vous ¾ de siècle après, à l'aube du nouveau millénaire, et avec les récentes affaires, ce que cela peut donner en plus comme articles, brochures et livres divers.

Cette planche n'a pas pour but de les connaître ni de les énumérer, mais plus simplement, je dirais qu'il s'agit ici d'un résumé de notre histoire, de ses bases et des origines de nos Constitutions.

Au commencement, à la sortie de l'âge des cavernes, dès qu'il se trouva des hommes pour extraire la pierre, au moyen de la construction ils élevèrent des murs et posèrent dessus un toit pour s'abriter. Dès cet instant, l'ARCHITECTURE était née. L'Architecture est la mère de toutes les civilisations. Elle est la condition première car sans elle, nulle pensée créatrice ne peut prendre forme. Cette inspiration émane directement du Grand Architecte de l'Univers et elle en est l'expression humaine. Dans sa forme originelle et de part sa source, elle justifie sa prééminence sur les autres arts pour faire entendre et comprendre ce qu'était la vie et les aspirations des peuples qui bâtissaient.

Bien des siècles plus tard se dresseraient dans les cieux européens les grandes cathédrales qui pour MICHELET étaient « de gigantesques actes de Foi ». Au Moyen âge, il s'est trouvé des architectes, des tailleurs de pierre, des appareilleurs et des imagiers pour donner à l'ART ROYAL sa destination la plus haute : La gloire de Dieu, Incréé et Créateur, à la fois géniteur et asexué, en un mot : Le Grand Architecte de l'Univers. Lorsque vers 1145, le moine cistercien Garin de Troyes appartenant à l'abbaye de Fontenay, réussi a appliquer à la géométrie les « Postulats d'Euclide », il venait d'inventer l'art du Trait, qui permettrait aux Compagnons du Devoir d'élever les constructions que nous connaissons encore de nos jours
La franc-maçonnerie, née au cours du 12ème siècle, est issue du milieu des bâtisseurs. Ils étaient à l'époque les seuls capables de construire ces cathédrales. En somme, ils étaient les représentants de la haute technologie de leur temps. Si nous pouvons connaître quel monastère forma les premiers d'entre eux, ce que nous ignorons encore, c'est où et comment ils ont été recrutés et sur quelles bases ils le furent pour être plus précis.

Tous ces hommes étaient organisés en confréries. Détachés des structures sociales et politiques de leur temps, ouvert à tous ceux qui en acceptent les règles, la confrérie unit les hommes épris d'un même idéal. On trouvait dans leurs rangs des Maîtres, des Compagnons et des Apprentis. Ils furent les premiers FRANCS-MACONS. J'ouvre ici une brève parenthèse. Il faut savoir que le mot franc maçon est français. Au temps des constructeurs, c'est à dire au 11ème siècle, c'était le terme exact pour désigner ceux qui appartenaient à des confréries ou des corporations qui bénéficiaient d'une franchise. Voyez la Franche-Comté qui était en fait une Comté Franche, ou encore les francs bourgeois.

De nos jours existent encore des ports francs. Rappelons nous de discussions entre Frères qui faisaient remarquer que le terme Franc Maçon venait de l'anglais Free Masson, mais n'oublions pas non plus que nos Chers Frères d'outre-Manche placent la charrue avant les bœufs. Il nous suffit de faire comme pour le mot V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\ rectifier. Cette franchise donc, permettait de libérer un homme, un vilain, de son servage. Le seigneur de son fief lui accordant alors le droit de devenir autre chose que sa condition première ne lui aurait pas permis. En quelque sorte naissait l'homme nouveau. On peut comprendre également le terme Franc-maçon dans le sens de maçon travaillant la pierre franche, celle que l'on taille et que l'on sculpte. Le franc-maçon est l'artisan qui par son habileté et sa compétence a su devenir un homme libre, libre d'esprit et j'irai jusqu'à dire de libre pensée puisque son propre créateur, affranchi de sa servitude par son travail, délivrant par son art de travailler la matière, un message de liberté intellectuelle et de pure spiritualité.

La hiérarchie pyramidale est basée sur le Maître d'œuvre appelé également Vénérable, qui est respecté, non pour sa personne mais pour sa fonction, ses qualités spirituelles et son expérience. Il est chargé outre l'organisation générale du travail sur le chantier, de veiller à l'évolution spirituelle de tous les membres. Dans sa tâche, il est secondé par les autres Maîtres, les Surveillants, qui dirigent les équipes sur le chantier. Ces équipes sont formées par des Compagnons auxquels sont adjoints les Apprentis.

Assujetti aux rudes épreuves du service sur le chantier, le postulant se voit astreint aux tâches les plus basses et soumis aux railleries de la part de ses aînés. Tout est mis en œuvre pour éprouver sa volonté et le dissuader d'intégrer la confrérie. S'il parvient à faire preuve de patience et de stoïcisme, il sera accepté et subira les épreuves de l'initiation. Une fois admis, outre l'application au métier, une conduite irréprochable sera exigée de lui ainsi que le strict respect des lois de la confrérie.

Celui qui transgresse les lois de l'ordre est sévèrement puni et en cas de faute grave, de divulgation des rites et des secrets au profane, il peut-être exclut à vie de l'ordre. Il ne nous faut pas comprendre les soucis du secret avec une volonté déterminée d'occulter les connaissances, mais l'enseignement ésotérique (du grec Eisio pour ce qui est en dedans) dispensé dans les ateliers à pour but d'éviter la dissolution des connaissances et surtout les mauvaises transmissions qui en résulteraient. Seul celui qui a réussi les épreuves peut apprendre et transmettre. C'est le principe même de la confrérie ; la transmission de l'enseignement avec le souci que ce dernier survive aux hommes. Souvenons-nous d'Archimède pendant que Syracuse tombait. Alors qu'il allait être frappé à mort par le soldat romain, il lui aurait dit : « Tue-moi mais n'efface pas çà ».

Hormis l'aparté sur Archimède, tous les éléments que j'ai cités seront, comme nous le verrons, repris plus tard par Anderson pour l'établissement des Constitutions. J'ai utilisé le mot YMAGIER et non pas YMAGEUR en l'écrivant avec un Y pour initiale comme dans sa forme en français de l'époque. J'aurais plutôt dû employé à la place le terme barbare d'IMAGINEUR car « TOUT EST IMAGINATION ». Ces ouvriers étaient en fait des OEUVRIERS. Ayant la charge de faire naître sous leurs mains les statues, ils faisaient appel à leur imagination ainsi qu'à leur interprétation symbolique des Ecritures. Ils créaient une œuvre en taillant leur pierre. Ce n'étaient aucunement des illettrés comme nous pourrions le penser, mais des gens simples, instruits sur les chantiers pour la plupart, et à qui l'ont communiquaient la CONNAISSANCE.

« Un maçon est obligé par sa tenure d'obéir à la Loi morale, et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». (Art 1 des Anciennes Obligations). Des querelles virent le jour entre Francs Maçons appartenant aux confréries et les autres, maçons grossiers, appartenant aux corporations et n'ayant pas eu accès aux Arcanes du Métier, n'entendant pas l'utilisation du compas, de l'équerre et de la règle. Elles ne servirent qu'à creuser le fossé entre eux. Les Confréries de Francs Maçons apparurent en Occident aux environs du 10ème siècle sans que cette période puisse être vraiment retenue comme authentique.

Dans « LA FRANC-MACONNERIE, HISTOIRE ET INITIATION », Christian JACQ nous rapporte la légende suivante, tirée du Manuscrit « Cooke » : « Durant le 10ème siècle vivait en Angleterre un roi du nom de ATHELSTAN. Ce roi régna jusqu'aux environs de l'An 940. Ce serait sous son règne que Saint Alban fit construire par des maçons la ville qui porte son nom. L'un des fils du roi prénommé Edwin voulant faire partie des constructeurs, il devint géomètre et Maître d'œuvre après avoir franchi toutes les étapes de l'Initiation Maçonnique. Elu Grand Maître, il aurait fondé à York la première Grande Loge et réunit une Assemblée Plénière en 925 ou 926, assemblée qui devait ensuite se tenir tous les ans et qui de nos jours fait partie de nos Traditions ».

La légende toujours, raconte qu'Edwin aurait voulu procéder à la rédaction de Constitutions propres aux Maçons. Pour ce faire et par souci d'honnêteté, il aurait réuni tous les Rituels Maçonniques accessibles dans toutes les langues de l'époque. Les Maçons des diverses régions du globe lui auraient fait parvenir des écrits en Grec, en Latin, en Français et en Allemand. Edwin en fit faire une compilation et désormais un Livre des Constitutions serait remis à chaque nouveau Franc Maçon. La phrase qui débutait l'ouvrage aurait été : « GRAND ARCHITECTE DU CIEL ET DE LA TERRE, FONTAINE ET SOURCE DE TOUTE BONTE, QUI BATIT DE RIEN SA CONSTRUCTION VISIBLE ».

(Référence Manuscrit COOKE. Vers 1410/1420). Réalité, légende, la plupart des historiens ne jugent pas sérieuse l'histoire d'Edwin, fils de roi, architecte, géomètre et franc-maçon. Le haut moyen âge, je devrais plutôt dire le Grand moyen âge, celui des cathédrales, meurt avec le 14ème Siècle et la Disparition de l'ordre du Temple. Les Francs Maçons ne jouissent plus en France de la puissante protection de l'ordre. La période fin 15èmè Siècle début du 16ème voit encore les Francs Maçons beaucoup voyager. (Ils auraient été alors plus de 30.000). Ils sont allé partout, aussi bien dans le monde occidental que dans le monde oriental. Leurs constructions témoignent pour eux en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Italie, en Palestine, à Chypre. C'est également cette époque qui voit naître le récit selon lequel un passant observant 3 ouvriers sur un chantier leur aurait posé cette question : « Que faites vous ? ».

Le premier aurait répondu : « Je gagne ma vie », le deuxième « Je taille une pierre », le troisième, « Je construit une cathédrale ». Seul celui-là aurait été un Initié. Le 16ème siècle voit les non maçons entrer en Loge. Dans les débuts, se ne sont pas encore des intellectuels ni des philosophes mais plutôt des hermétistes. Ces « Maçons » dits « Acceptés » seront de plus en plus nombreux dans les Ateliers. Cette période de la fin du 16è et du début du 17ème verra la venue des bourgeois, puis celle des prêtres et des nobles. La réaction en sera que les Opératifs et les Manuels quitteront les Loges et la fracture se fera entre les Francs Maçons et les Compagnons.

Frères utérins d'une même mère « LA CONNAISSANCE » ayant œuvré pour un même but « LE PERFECTIONNEMENT » dans le respect d'une même Règle, « LA TRADITION ». Ce ne sera que quelques siècles plus tard que de timides rapprochements auront lieu. En 1535, l'Evêque de Cologne Monseigneur HERMAN estime que le destin des constructeurs est menacé et qu'il faudrait de nouveau définir le rôle de la Francs Maçonnerie par rapport aux grands problèmes du temps. Pour cela, il provoque la réunion de Cologne où des délégations de Francs maçons viennent des toutes les capitales européennes. Leur premier travail devra être une charte où sera affirmée l'antiquité de l'Institution et son originalité. Décision sera prise de conserver les signes et les mots rituels, le patronage de Saint Jean étant toujours de mise. Cette charte stipule qu'une Loge désirant initier un profane doit obligatoirement comprendre 7 Frères, placés sous la direction d'un Maître. Ainsi, les bases de l'ordre sont conservées dans leur ensemble.

En 1599 Des documents maçonniques Administratifs comme les Procès-verbaux de la Loge Saint Mary's Chapel à Edimbourg, sont connus. (Le premier procès-verbal d'une initiation daterait du 9 Janvier 1598). Le nouvel initié ayant pour nom Alexandre CERBIE. Les Loges étant fixées dans les villes, elles deviennent plus accessibles aux profanes. La Tradition étant conservée par des Artisans, souvent se sont eux qui dirigent les Loges. C'est sans doute pour cela que la maçonnerie dite « ECOSSAISE » est considérée comme la plus respectueuse des idéaux primitifs.

L'année 1688 aurait vu la création à Saint Germain en Laye d'une Loge fondée par le Roi Jacques II Stuart, alors en exil en France. C'est cette première Loge fondée en 1688 qui aurait introduit la maçonnerie écossaise détentrice des Rites les plus anciens, inspirés des initiations de Bâtisseurs et de la Tradition Templière.

1717 marques la naissance de la Franc Maçonnerie moderne ou « SPECULATIVE ». Un pouvoir maçonnique centralisateur est constitué ; une Logé Mère s'arrogeant la toute puissance législative.

En 1718, le Grand Maître PAYNE demanda aux Frères d'apporter en Grande Loge toute pièce d'archives concernant la Fraternité, et à plusieurs reprises au cours de tenues trimestrielles de Grande Loge, plusieurs documents lui furent présentés.

En 1721, Payne put soumettre un règlement contenant 39 articles ainsi que les textes dont il s'était servi. 29 Septembre 1721. Une tenue de Grande Loge chargea le Révérend ANDERSON de « mettre en ordre dans une nouvelle méthode » les Anciennes Constitutions.

Le 25 Mars 1722, Création d'une commission de 14 Frères (2x7) qui rapporta. 25 Mars 1722. Sur ordre du Duc de MONTAIGU alors Grand Maître de la Grande Loge d' Angleterre, le pasteur James ANDERSON fait imprimer et éditer le livre intitulé : « DES MACONS FRANCS ET ACCEPTES » ; Recueilli par lui dans les Anciennes Archives. Ces Anciennes Obligations sont LE LIVRE DE LA LOI des Maçons Spéculatifs. Elles énoncent quels sont les Devoirs et Obligations envers l'ordre, La Loge, Les Frères ainsi que la conduite qu'un maçon doit tenir chez lui. Elles seront dans le Livre des Constitutions.

Ces Anciennes Archives ou Old Charges sont en grande partie tirées du Manuscrit COOKE. Le manuscrit Cooke se présente comme un poème anonyme daté aux environs de 1410. Ce manuscrit dont l'érudition laisse à penser qu'il est le fruit de la collaboration de plusieurs auteurs, comme son modèle immédiat le REGIUS, aborde d'une manière neuve l'éloge des ARTS LIBERAUX et l'histoire légendaire du Métier de Bâtisseur. L'histoire relatée par le manuscrit Cooke est un véritable enseignement voilé sous un manteau d'allégories. Si nous l'examinons dans le détail, les différents aspects du manuscrit sont :

a) La Maçonnerie comme fondement des Arts Libéraux. Ce trait de pensée s'appuie sur l'Universalité de l'Architecture qui fait appel à l'ensemble des Arts Libéraux et sur le fait que, d'après la Genèse : (Chapitre 4, 17). Je cite : « Caïn connu sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville ». Si je lis bien, l'invention de la maçonnerie précéda et prépara peut-être l'invention des autres Arts Libéraux, le trivium (Grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium. (Arithmétique, géométrie, astrologie et musique) Poursuivons notre citation. Nous lisons : (Genèse 4, 18-19). « A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Méhuyaël engendra Métushaël, et Métushaël engendra Lamek. Lamek prit deux femmes ; le prénom de la première était Ada et le nom de la seconde Cilla et encore : (Genèse 4, 22) : Cilla enfanta TUBAL-CAÏN ; il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ».

b) Les « Patrons» du métier de Bâtisseur. Les « Patrons » cités en référence dans le manuscrit REGIUS daté de 1390, sont remplacés dans la rédaction du manuscrit Cooke par la référence aux « Patrons Testamentaires » du Métier, Testamentaires par référence à l'Ancien Testament. Ces 'anciens patrons' étaient : SEVERIN, SEVERE, CARNOPHORE et VICTORIN.

Quatre tailleurs de pierre martyrisés. Ils sont représentés sur une clef de voûte de l'église de Chars. Appelés également « LES QUATRE COURONNES », ils représentent symboliquement les 4 points cardinaux, rayonnant à partir d'un centre qui est l'initié lui même et en qui tout se trouve. Ces « nouveaux Patrons » cités dans la Bible sont : Genèse 4, 20-21 Caïn et Jabel « Patrons » des maçons ; Jubal « Patron » des musiciens ; Tubal-Caïn « Patron » des forgerons et Naamah, sœur de Tubal-Caïn « Patronne » des tisseuses et des fileuses. (Sic) Réf. Manuscrit Cooke.

Puisque je cite à nouveau Tubal-Caïn en temps que « patron » des forgerons, il me paraît nécessaire de rappeler que beaucoup considèrent les « Opératifs » originels comme ayant été des orfèvres en la matière, que se soit en matière d'architecture, de taille de pierre et de sculpture. Or si nous analysons le terme « orfèvre », qu'y trouvons-nous ? Tout d'abord le préfixe « OR », du Latin Aurum, métal noble et précieux, et ensuite le suffixe « FEVRE », qualificatif vieux français, qui s'est fait 'patronyme' et a pris les formes de « FAVRE ». « LEFEVRE » ; « FABRE » ; « LEFEBURE » avec un V\ ou avec un B\ ou même les deux, le V\ s'étant transformé au moment de la révolution pour devenir un U\. Toutes ces formes d'un même mot variant selon la région d'origine et qui signifient « FORGERON ». Le tout réuni établissant le qualificatif de « FORGERON DE L'OR ». Bien qu'étant placé sous le patronage de Saint Eloi, il est quand même l'expression d'un travail du métal, comme il se trouve exprimé avec Tubal-Caïn pour la franc-maçonnerie dans le manuscrit Cooke.

c) Les 2 COLONNES de LA CONNAISSANCE. Toujours selon le Cooke, ces 2 Colonnes étaient destinées à échapper au Déluge et dessus auraient été inscrites les connaissances propres aux Arts Libéraux, par opposition à Flavius Josèphe dans ces « ANTIQUITES JUIVES ». Reprises dans le Manuscrit REGIUS sur l'épisode de la Tour de Babel, les auteurs du Régius et du Cooke intègrent ces 2 colonnes dans leur texte en raison de leur analogie avec les 2 colonnes JAKIM et BOAZ du Temple de Salomon. Je cite : « Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : YAKIM ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : BOAZ. Ainsi fut achevée l'œuvre des colonnes » (1 er Livre des Rois, 7, 21-22). Dans « le Cantique des Cantiques », hymne à l'amour attribué à Salomon, nous trouvons au 5ème poème : « Ses jambes sont comme des colonnes d'albâtre, posées sur des bases d'or pur ». Il est certain qu'alors Salomon ne parlait pas des colonnes du Temple, mais qui sait, peut-être La connaissance était-elle au bout.

d) L'IMPORTATION DE LA MACONNERIE. Du chantier du Temple de Salomon, en Angleterre, via la France, cette importation exprimée dans le Cooke est une allégorie servant à signifier un fait bien connu de l'Architecture ; à savoir que l'Art Gothique des Cathédrales apparut en Ile de France avant d'être importé au 12ème siècle en Angleterre. Des textes existent, prouvant l'envoi d'architectes français aux 12 et 13ème siècle en Angleterre. Le manuscrit Cooke prouve que les maçons, principalement formés aux arts mécaniques, étaient également instruits et mêmes lettrés à l'égal des savants instruits des arts libéraux.

17 JANVIER 1723. Adoption du texte des « ANCIENNES OBLIGATIONS » comme Loi de la Maçonnerie par la G.L.d'Angleterre. Année 1728 : Création de la 1 ère G\ L\ D\ F\ « Mise en sommeil en 1767 ». 1894 Recréation de la G\ L\ D\ F\ La Constitution fut votée par l'Assemblée Générale des 10, 11, 12 Mai 1895, avec élection du Grand Maître et des Grands Officiers.

Après l'histoire, passons au Rite. La terminologie de ce mot a deux sens différents selon qu'il est écrit avec un R majuscule ou avec un R minuscule. Est appelé Rite avec une majuscule, une branche particulière de la Franc Maçonnerie. (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite Ecossais Rectifié, Rite Français). Est appelé rite avec une minuscule, un acte cérémoniel dont la forme a été réglée à l'avance en vue de sa finalité initiatique. Au grade d'Apprenti, il suffit de se souvenir du moment où l'on dépouille de ses métaux le futur Frère. Dans un sens comme dans l'autre, le terme RITE ne doit jamais être employé comme un synonyme de « PRINCIPE ETABLI » ou bien de « SYMBOLE ». La religion catholique possède plusieurs liturgies auxquelles la terminologie a donné le nom de Rite. En effet, il y a le Rite Romain, le Rite Maronite des chrétiens du Proche Orient, le Rite Orthodoxe des grecs et des slaves. Un Rite peut donc se définir comme une présentation dont le caractère le distingue des autres par la forme. Il est impossible de citer tous les Rites et toutes les Religions. Par des événements encore présents dans les esprits et dans les chairs, nous avons eu à connaître en Europe, une nouvelle guerre de religions. C'est dire combien peut-être dure parfois, la coexistence de différents rites.

Qu'on le nomme Dieu, Yawhé, Allah, l'Eternel, l'Ineffable, ou la Grand Architecte, tous ces noms ne sont que l'expression d'une même chose ; un concept qui dépasse l'entendement du commun des mortels. Au delà de tout dogme, c'est la représentation que l'homme s'est fait de ce qu'il ne peut toucher ou voir mais qu'il essaie encore et toujours d'appréhender Eternelle dualité de l'esprit et de la Lettre. Qu'il soit juif ou chrétien, catholique ou protestant, musulman sunnite ou chi'ite, l'homme à toujours le même devoir envers les autres ; La Charité. Le partage est le début de la connaissance de soi. La charité est un devoir, mais qui ne doit pas s'exercer au préjudice des siens, comme pour un Franc Maçon. Elle doit se faire, sans ostentation. N'importe qui peut en bénéficier. Qu'il soit animiste, chrétien ou juif, la charité ne saurait faire preuve de distinction dans la pauvreté et le besoin. Le tronc de La Veuve détenu par l'hospitalier peut-être réclamé par qui veut. Il peut-être versé à qui le mérite, sans distinction de nationalité, de race ou de religion s'il est F\ M\. N'oublions pas que le mot hospitalier vient du mot hospice d'où dérive le mot hôpital. L'ordre des Hospitaliers, rival de celui du Temple et l'un des bénéficiaires de la dissolution de ce dernier, avait été crée pour venir en aide aux pauvres en Terre Sainte.

Qui veut venir en Loge vient, celui qui ne veut pas venir, reste. Si un Rite ne plaît pas ou s'il est mal vécu, liberté est d'en changer afin d'en pratiquer un autre. J'ai volontairement soustrait de mon travail, les vicissitudes ainsi que toutes les péripéties qui ont entourées l'établissement du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France, ces dernières mériteraient à elles seules plusieurs planches, de très longues heures de lecture, et de jouer les rats de bibliothèque, afin de pouvoir consulter tous les écrits, Décrets, et Circulaires du Suprême Conseil de France, ainsi que les Archives du Grand Orient. Donc, je me contenterai juste de citer les plus pratiqués en France.

Commençons par celui que nous connaissons et pratiquons le Rite ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTE, le Rite EMULATION, le Rite FRANÇAIS, Le Rite ECOSSAIS RECTIFIE. Depuis 1938, existent à la Grande Loge de France des ateliers qui travaillent au Rite rectifié.
Le Rite Ecossais Rectifié serait le prolongemenLes Origines du rite et des constitutionst de la maçonnerie qui aurait existé en Angleterre avant 1717. Créé officiellement en 1778, il résulte qu'il est certainement la forme la plus ancienne de la maçonnerie spéculative. Il a conservé dans son rituel un archaïsme qui le distingue des formes modernes que nous connaissons et qui lui donne une valeur initiatique très estimable. En Europe, il est surtout pratiqué en Suisse.

Le Rite français ou Moderne. Rite pratiqué par le Grand Orient de France. La plupart des ses Ateliers travaillent avec ce Rite. Il ne comprend que sept degrés mais le Grand Collège des Rites confère tous les grades de l'écossisme jusqu'au 33 è. Bien qu'étant cataloguée « Obédience irrégulière », la Grande Loge de France et les Loges qui lui sont fédérées, n'en travaillent pas moins au Rite Ecossais Ancien et Accepté. D'autres Ateliers dans d'autres Obédiences utilisent ce rituel mais parfois, celui-ci ayant été 'adaptés' sur différents points, il peut s'en suivre de notables différences. « Celui qui a reçu l'initiation dans une Loge régulièrement constitué est un maçon « régulier » ».

A la Grande Loge de France, nous travaillons surtout au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ici, l'ostracisme est absent. Nous acceptons tous les Frères, de toutes les Obédiences. Nous sommes autant F\ M\ qu'eux. Ils peuvent venir assister à nos travaux, nos outils sont les leurs. Nous tendons tous vers les mêmes buts ; notre perfectionnement, le perfectionnement de l'homme, le bien-être de l'humanité, normalement. Quand le Rite est bon et bien fait, il est facile pour le franc-maçon de travailler avec ses outils et ses symboles - c'est-à-dire l'intelligence de sa main et la beauté de son cœur - à son perfectionnement, pour la joie de ses Frères et de son Atelier.

Le chemin offre tout et bien plus encore, mais rien n'y est gratuit. Les réponses sont en nous. Faisons le premier pas, le chemin fera le reste. Le passé avec ses clivages a permis que s'établisse la séparation entre les racines, le tronc et les branches. Ne continuons pas à débiter « l'arbre merveilleux » même pour en faire de belles planches, sinon que nous restera t il de l'héritage originel des bâtisseurs ?

Nous sommes tous des ENFANTS DE LA VEUVE. Cette veuve est la Connaissance. Connaissance de Soi, connaissance des Autres, connaissance de l'Univers « CONNAIS-TOI TOI MEME ET TU CONNAITRAS L'UNIVERS ET LES DIEUX ». Nous disparaîtrons tous un jour, telle est la Loi de la nature et de la Vie. Hâtons-nous de nous connaître et de connaître les autres. Construisons maintenant afin que nos descendants n'est peut-être pas à le faire à leur tour, et s'ils devaient chercher, qu'ils trouvent et comprennent pourquoi nous cherchions et ce que nous tentions de construire : L'Homme et l'Humanité.

Lorsque nous pénétrons pour la première fois dans un Temple maçonnique, nous ne savons pas très bien comment va se passer l'apprentissage. Evidemment, qui dit apprentissage, dit formation. Arrêtons- nous un instant sur le verbe Former. Il signifie que quelque chose va changer de forme, va se transformer. Donc, nous avons une matièLes Origines du rite et des constitutionsre. Que celle-ci soit végétale ou minérale, durant l'apprentissage, nous allons la façonner, tout d'abord comme le veut le Maître puis sans bien nous en apercevoir, nos mains et nos pensées vont agir selon notre cœur. Et bien cette matière qui insidieusement nous change, nous transforme, c'est le Rite. Il est à la fois actif et passif, présent actuel et passé futur. Le Rite est comme l'air qui nous entoure ; impalpable mais essentiel. Nous ne pouvons ni le voir, ni l'étreindre mais lui nous baigne.

La première fois, nous ne saisissons pas tout. Nous faisons des gestes, nous prenons des attitudes sans bien saisir toutes leurs significations. Au fur et à mesure que le temps passe, nous sommes de plus en plus pénétrés par ce que nous vivons. En fait, la matière qui a évolué c'est nous.

Je terminerai ici mon bref survol de l'histoire des origines, en souhaitant qu'il se rapproche le plus possible de la vérité historique, et qu'en même temps, il soit conforme à la beauté de la légende de notre confrérie. Si tel n'était pas le cas, veuillez m'excuser par avance des erreurs ou omissions que j'aurai pu faire.

Au moyen âge, un ordre chevaleresque avait une très belle devise, qui malheureusement a disparu avec lui et les événements. Il s'agit de la devise de l'ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon. Permettez-moi de vous la restituer en la visitant et en la rectifiant.

Pas pour nous grande architecte. Pas pour nous. Mais pour le gloire de ton nom.

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

commentaires

La Franc-Maçonnerie est-elle une religion ?

Publié le 23 Avril 2013 par Schoenel dans Planches

Soucieux que le "vent profane" ne souffle pas dans le "Temple", "l'Ordre Maçonnique" s'interdit en loge, toute polémique sur des sujets ayant trait à une religion et tout débat politique ou social. "Le Grand Architecte de l'Univers" est conçu comme symbole de l'amour, de l'infini et de la perfection, liant entre eux, tous les membres de la confrérie par delà les concepts religieux, métaphysiques ou philosophiques de chacun. Il est le symbole essentiel compréhensible à tous par lequel la "Franc-Maçonnerie" affirme la dimension spirituelle de la Vie.
Selon les principes décrits ci-dessus, la Franc-Maçonnerie serait plutôt un ordre philosophique et moral qu’une religion. Mais est-ce vraiment le cas ? Catéchèse ou moralisme ?

Y a-t-il une spiritualité maçonnique?

La franc-maçonnerie est divisée plus ou moins en deux blocs distincts : l'une est d'essence anglo-saxonne (plutôt théiste) et l'autre est latine et plus particulièrement francophone (plutôt laïcs). La franc-maçonnerie anglo-saxonne se distingue des loges françaises en ce sens que la première a toujours été proche de l'"Establishment" et de la Monarchie, alors que la seconde a toujours affectionné les valeurs démocratiques et républicaines. En gros, cela signifie, que les francs-maçons britanniques et américains sont plus enclin au "conservatisme" qu'entretiennent la bourgeoisie et l'aristocratie au pouvoir, celles-ci croyant néanmoins en l'existence d'un "Grand Architecte de l'Univers" (ou en un Dieu créateur qui a un plan bien défini pour l'humanité), alors que les francs-maçons français sont plutôt enclin au "libéralisme" que véhicule le système démocratique humaniste et laïque qui ne croit pas nécessairement en l'existence d'un quelconque créateur de l'univers.
En fait il existe des loges pour satisfaire toutes les croyances. Ce n’est donc pas la foi ou l’athéisme qui unit les francs maçons entre eux mais un rituel ésotérique et symbolique qui est à peu de choses près le même dans toutes les loges. Si ce rituel prend une connotation spirituelle alors le "Maçonnisme" est une religion. C’est l’objet de cette étude, en faire la démonstration !

En quête d’élévation.

Les philosophes qui se sont fait recevoir Francs-maçons n’ont pas manqué de distinguer dans l’Ordre maçonnique une spiritualité indépendante de l’organisation fonctionnelle, et ils ont appelé « Maçonnisme » ce qui est du domaine de l’esprit par opposition à la Maçonnerie, vaste association matérialisée. Le Maçonnisme est à la Maçonnerie ce que le Christianisme en sa pureté concevable est par rapport aux églises chrétiennes, ou plus spirituellement la notion d’Epouse de Christ par rapport aux dénominations. La différence est donc dans l’esprit et lui seul.
Au corps, cependant, se rattache une âme, même et peut être surtout quand il s’agit d’une corporation, d’une collectivité permanente. En Maçonnerie, le Maçonnisme représente l’esprit, qui souffle où il veut et ne se laisse pas emprisonner dans l’enceinte des loges. Celles-ci retiennent plus facilement l’âme de la maçonnerie, si bien qu’il y règne une certaine fraternité. Un corps uni par même esprit.
Le symbolisme ésotérique qui demeure une langue morte pour la grande masse des francs-maçons actuel, ignorent tout des origines lointaines et occultes des symboles qu’ils utilisent. Si correcte que puisse être cérémoniellement leur initiation, les récipiendaires se comportent souvent passivement à l’égard du cérémonial, dont le rôle est de confondre l’esprit du néophyte. Même incompris de ceux qui en sont chargés, l’enseignement ne perd rien de son efficacité spirituelle, dès lors qu’il imprime sa marque aux initiés. Ceux-ci, insensibles à l’ésotérisme du rituel, sont néanmoins sous la domination de forces occultes qui les influencent directement. Les gestes sont accomplis et les paroles prononcées, liant spirituellement les maçons qui souvent ne se contentent que de l’extériorité des mystères sacrés, oubliant toute la profondeur du coté mystique des rites des loges, à la grande satisfaction de celui qui se cache derrière tous ces symboles.

Aucune association ne fait autant parler d’elle que la Franc-Maçonnerie. On sait que des secrets sont confiés aux Francs-maçons, qui, lors de leur initiation jurent de les garder inviolablement. Pour connaître ces secrets, des hommes de tous les pays, de toutes les races, de toutes les religions et de toutes les conditions sociales se sont fait initier depuis 1717, date de l’institution de la Franc-maçonnerie sous sa forme actuelle.

Selon les francs-maçons, jusqu’au XVIIIe siècle, on avait cherché le salut des hommes dans la communauté fraternelle de leurs convictions religieuses. Les religions avaient propagé des croyances rivales et chacune se considérait comme la seule vraie ; d’où contestations, discordes véhémentes et guerres désastreuses. Le fanatisme religieux étant envisagé comme responsable de tous ces maux, les partisans de la conciliation reconnurent indispensable de propager la tolérance. Cette vertu philosophique devait tempérer l’absolutisme de la foi. A celui qui croit avoir raison, elle fait admettre que les autres n’ont pas tort à leur point de vue, d’où respect de personnes justifiant par leur conduite les principes inspirateurs de leurs actes. Qui agit bien ne saurait penser mal en sa conscience, quelles que soient ses théories. C’est sur ce postulat que les maçons prirent leur essor et investirent tous les compartiments de la société humaine occidentale moderne.
Sur de telles bases il devient facile d’éloigner les hommes de la foi et du message de la Bible qui ne l’oublions pas est avant tout un message d’amour entre Dieu et les hommes. L’ « amour » maçonnique se porte donc en concurrent direct de celui de Dieu qui serait la cause indirecte des divisions et la querelle dans le genre humain. Il convient donc de fournir aux hommes un substitut fraternel que la religion classique ne saurait donner.

Bref historique

A la Renaissance, l'Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l'Antiquité. L'alchimie, la kabbale, l'astrologie, la sorcellerie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l'aboutissement au XVIIe siècle. Ce mouvement est à mettre en parallèle au vent du renouveau spirituel qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la Renaissance sous l'impulsion de dissidents catholiques tels que Martin Luther puis Jean Calvin. A ce renouveau spirituel le diable répond par une contre-réforme alliant ésotérisme, religion et science occulte, pour amener l'humanité vers une aube nouvelle de bonheur, de fraternité et de paix satanique. Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien,
Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie naîtra un siècle plus tard en Angleterre et reprendra les idées de la réforme rosicrucienne. C'est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui a fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègrera d'ailleurs un grade de « Chevalier Rose-Croix », puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens, scellant ainsi la fusion occulte des deux ordres. Il est donc plus que probable que la franc-maçonnerie ne soit pas un prolongement des corporations médiévales, mais bien une réponse occulte au renouveau spirituel lié à la réforme protestante de Luther, puis celle de Wesley en Angleterre qui initia le mouvement de réveil Méthodiste et qui mènera encore un siècle plus tard à celui du grand réveil de la Pentecôte. Le maçonnisme n’étant que le pendant occulte des réveils chrétiens en Angleterre et en Amérique.

Quelques principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.

Toutes les loges régulières du monde adoptent des principes et des règles traditionnelles communes. Principes de base définis par la Grande Loge d'Angleterre "Loge Mère du Monde". Parmi les plus remarquables se trouvent :

La Franc-Maçonnerie affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême qu'elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Elle requiert de tous ses adeptes qu'ils admettent cette affirmation. Cette exigence est absolue et ne peut faire l'objet d'aucun compromis, ni d'aucune restriction. La Franc-Maçonnerie ne définit pas l'être suprême et laisse à chacun la liberté de le concevoir.

Tout travail maçonnique se fait "A La gloire du grand architecte de l'univers" et en présence des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie : le volume de la loi sacrée (la Bible) sous l'équerre et le compas, sur lesquels sont prêtés tous les serments et obligations.

Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la Loge.

Les trois premiers grades sont ceux de : Apprenti, Compagnon, et Maître, des loges bleues (degrés de base de la maçonnerie)

Les Francs-Maçons ont adopté certains symboles qui sont tous empruntés a l'art de bâtir : le tablier de peau, la truelle, l'équerre, le compas; ils sont distribués en un certain nombre de petites assemblées dites loges, présidées chacune par un vénérable; le lieu dans lequel ils se réunissent est appelé temple, en mémoire du temple de Salomon. Ils reçoivent, selon qu'ils sont plus ou moins avancés dans l'initiation, des grades divers, dont le nombre peut aller jusqu’à 33; mais il n'y a que trois de ces grades vraiment essentiels, ceux d'apprenti, de compagnon et de maître, entre lesquels dans la plupart des pays d’Europe continentale, l’intervalle minimum est d’une année. En Angleterre, cet intervalle minimum est de quatre semaines. Aux Etats-Unis, il peut n’être que de quelques heures.

Pour bien comprendre le "catéchisme" maçonnique et ses rituels occultes il faut comprendre le sens caché des rituels des trois premiers degrés.

L’Apprenti au premier degré

Conformément à la tradition immémoriale de l’ordre et par référence aux enseignements des rituels, le volume de la loi sacrée, ouvert sur l’autel des serments, est la Bible, considérée non comme la description d’un Dieu révélé, mais comme un livre sacré symbole de haute spiritualité. Les frères dont la religion se réfère à un autre livre sacré ont toute licence de prêter serment sur cet autre livre. Le serment d’admission, dans le rite, doit être pris sur les trois grandes lumières : le volume de la loi sacrée, l’équerre et le compas. Une grande loge régulière doit exiger que tout nouveau membre prenne son obligation sur le volume de la loi sacrée. Le rite d’initiation ouvre donc à l’apprenti les portes du temple, après cooptation par un "frère", qui découvre alors un nouvel univers, très symbolique.

La première initiation qui le mènera des ténèbres vers les flammes de l’épreuve du feu, ne sont qu’une image de l’enfer par excellence qui débute par l'épreuve de la Terre. Enfermé dans une pièce généralement située au sous-sol et dont les murs sont peints en noir, le candidat doit rédiger son testament (la mort), après avoir répondu à trois questions qui portent sur les devoirs de l'homme envers lui-même, envers sa famille, envers l'humanité. Il est ensuite conduit les yeux bandés, une corde au cou, le bras gauche, le sein gauche, le genou droit découverts, le pied gauche en pantoufle. Il a dû remettre tous ses objets métalliques : stylo, clefs, argent. Ainsi dépouillé, il prononce un premier serment, boit une gorgée d'eau pure, puis un breuvage amer, « symbole de l'amertume et du remords » qui seraient son lot si jamais il ne respectait pas son engagement. Alors commencent les voyages. L'épreuve de l'Air. Au milieu d'un grand vacarme, le postulant est entraîné dans un parcours parsemé d'obstacles ; il doit marcher sur une planche à boules, puis une planche à bascule. L'épreuve de l'Eau. De l'eau est renversée sur Le candidat. Mais le trajet est moins difficile, les bruits s'estompent : seuls des cliquetis d'épées se font entendre. « Nous avons voulu vous faire comprendre que les obstacles s'aplanissent sous les pieds de l'homme qui persévère dans les chemins de la Vertu », déclare alors le Vénérable. L'épreuve du Feu. Le terrain est libre, aucun bruit ne se fait entendre. Ce silence a lui aussi une valeur symbolique : « Si l'on persévère résolument dans la vertu, la vie devient calme et paisible. » Et les flammes, dont l'initié sent la chaleur, sont le complément de sa purification. Une fois rhabillé, le néophyte est enfin solennellement intronisé et reçoit le tablier d'apprenti franc-maçon. Le testament qu'il a rédigé est détruit.

Dans le temple l’apprenti découvrira alors les colonnes du temple, "Boaz" et "Jakin", "la voûte étoilée", le "pavé mosaïque" ou encore une troisième colonne nommé "beauté" et "l’étoile flamboyante". C’est au niveau des premiers symboles que déjà s’infléchie l’orientation spirituel de l’apprenti qui sera mis en contact avec les premiers éléments païens et occulte des rites et symboles maçonniques.

La découverte du temple

Les "deux colonnes" reproduction de celles du temple de Salomon, ne sont en fait que les copies des deux piliers situés devant le temple de Melqart à Tyr : les fameux Jakin et Boaz (les colonnes J et B). Quand on sait que Melqart ou Baal-Melqart est une abréviation de Mélekh-Karth, qui signifie roi de la ville, c'est-à-dire de Tyr, le ton est déjà donné, car la Bible sur laquelle l’apprenti aura prêté serment nous enseigne que le roi de Tyr dépeint en Ezékiel 28, n’est en fait qu’une allégorie de satan lui-même. L’origine des colonnes devant le temple de Salomon n’est à mon sens d’aucune inspiration divine, car l’entrée du Tabernacle, modèle du temple de pierre de Salomon ne comportait pas ces deux colonnes ou piliers en face de lui. Cette idée ne peut venir que du roi de Tyr ou du fondeur Hiram lui-même né d’un père tyrien. Ces deux colonnes tyriennes renvoient en fait aux deux faisceaux de roseaux de la porte-vulve de la déesse Ishtar. Mais ça continue de plus belle…

La "troisième colonne". Nommée "beauté" elle pousse l’idolâtrie un cran plus haut encore. De style corinthien cette colonne est la plus aboutie car elle achève par son style la culture grec et annonce celle des romains qui reprendront à leur compte ce style pour leurs colonnes, perpétuant dans leurs formes le culte de la déesse mer/mère. Si les deux premières colonnes représentent l’entrée du temple la troisième représente la divinité elle même, la déesse de la beauté, Vénus/Aphrodite. Vénus née de la mer qui renvoie à Aphrodite, Astarté, Asherah "dame de la mer" Ashratum / Ashratu, Asherdu chez les hittites. et les sumériens Athirat appelée "Athirat de la mer" ou aussi traduit "elle qui marche sur la mer", elle est "Mère de tous les dieux" comme Tiamat le serpent ancien qui lui représente la mer et d’où viennent tous les dieux.
Asherah, la déesse protectrice de Tyr, est le nom sous lequel la déesse cananéenne Anat-Astarte apparaît dans la Bible et paraît renvoyer, dans la forme de pluriel masculin à l’hébreu Asherim, soit à des arbres ou des clairières consacrées, d’où le culte à un poteau, un pilier ou un arbre sacré. Enfin, suivant une autre ligne d’influence, le culte d’une pierre ou d’un poteau sacré, connus dans la religion sémitique sous le nom de masseba ou de nosb, paraît avoir été importé ou du moins partagé avec la Crète minoenne et les peuples égéens, où le pilier était une représentation de la grande déesse sous la forme d’un arbre stylisé. Asherah est sous sa forme d’arbre ou de colonne dressée une image de "l'arbre de vie" ou plutôt comme nous allons le découvrir plus loin l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

La "voûte étoilée" représentant le ciel, avec le soleil, la lune et l’étoile ne sont que la représentation symbolique des dieux majeurs du panthéon babylonien, Shamash, Sin et Ishtar, représentés sur la partie haute du kudurru babylonien de Melishipak par exemple.
Il faut également rappeler que dans la cosmogonie babylonienne le ciel est une des parties du serpent ancien Tiamat tué par le dieu Marduk qui fendit le cadavre de Tiamat après sont combat victorieux, " comme un poisson séché "; dont une moitié va tapisser le ciel et l'autre soutenir la terre. « Et le voici qui créé le monde tel qu'il se présente. Sur la nouvelle voûte céleste, il fixe le chemin du soleil, de la lune et des étoiles ». D’une certaine manière donc, les symboles célestes comme les étoiles, la lune et le soleil sont directement associés au serpent ancien qui leur donna vie.

Le "pavé mosaïque", est un damier noir et blanc placé au centre du temple de la loge. Ce damier, par la présence du noir et du blanc, symbolise l’omniprésence, en tout, des opposés. En franc-maçonnerie il est un discours couramment admis selon lequel, toute pensée, toute idée contient en même temps son contraire, comme « le bien » ne peut se concevoir que par opposition « au mal ».

Nous avons donc un condensa de symboles païens et occultes qui ornent les temples maçonniques. Le serment prêté sur la Bible n’est donc qu’un artifice trompeur servant à donner une légitimé sainte et reconnue comme universelle à une religion dont le fond est inspiré par le diable, comme le démontre avec force et sans ambages les degrés suivant du compagnon et du maître.

Le Compagnon au second degré.

Le grade du Compagnon est intimement lié au nombre cinq, nombre directement lié à l’étoile à cinq branches, le pentacle. Le but du rituel est d’allumer cette étoile pour qu‘elle devienne "l’étoile flamboyante". Le rituel impose cinq voyages initiatiques au terme desquels un des cinq cierges en forme de pentagramme disposés à coté de l’autel principal sera successivement allumé dans un ordre précis. Au cours du troisième voyage, l’étoile placée à l’orient est allumée : c’est l ‘apparition de "l’Etoile Flamboyante". Puis vient la consécration du nouveau compagnon, cinq coups de maillets seront frappés sur l’épée flamboyante tenue au dessus de sa tête. Après la consécration du compagnon et pendant son instruction sur son grade en dehors du temple, les lumières des bougies de l’étoile son éteintes et "des épis de blés" sont distribués à tous les Frères…

Je suis intimement convaincu que seul les niveaux les plus élevé de l’ordre ont une notion de l’acte de folie qu’ils viennent de commettre. Car qui d’autre qu’Helel ben shakhar, astre fils de l’aube (l’astre décrit en Esaïe 14 : 12.) et traduit incorrectement par "astre brillant" ou "Lucifer", se cache sous la forme trompeuse de l’étoile flamboyante. "L’Etoile Flamboyante" n’est donc qu’une des nombreuses variantes de la fausse traduction, étoile brillante ou Lucifer d’Esaïe 14. C’est donc directement au diable que se vouent corps et âmes les francs-maçons dans leur rituel diabolique. Helel en hébreu désigne également Vénus l’étoile la plus brillante dans le ciel, qui renvoie également aux divinités païennes adorées sous cette forme.

Que représente alors le blé ? Le blé représente la semence, la descendance ou la postérité du serpent, le diable. Comme le clame l’Eternel en Genèse 3 : 15 Je mettrai une inimitié entre toi (le serpent) et la femme (l’Eglise véritable), entre ta semence (postérité) et sa semence (postérité): celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
Bar en hébreu signifie le fils et germe de blé, ce symbole reprit par satan dans le rituel maçonnique affirme avec force que désormais le compagnon maçon devient un fils du diable de la postérité du serpent. C’est aussi pour cette raison que les déesses mères derrières lesquelles se cache satan sont pour la plupart également des déesses de la fertilité et des moissons. Cette fois c’est la partie basse du kudurru de Melishipak qui nous révèle l’origine babylonienne du rituel.
Comme représenté sur l’image ci-contre on peut lire de gauche à droite dans la partie la plus basse, la semence du serpent est la vie.
La gerbe ou la semence représente le Dagon de la bible, dont le nom dans les langues sémitiques occidentales signifie « grain », le serpent dont est issu la semence est à l’origine de tout et la parèdre de Dagon son épouse Ishara le scorpion (qui était la déesse chaldéenne de la guerre et de la fertilité), symbolise la mère qui donne la vie, mais qui sous le signe du scorpion mène en fait à la mort. Cette Ishara par syncrétisme se fondra plus tard dans le culte Ishtar/Astarté.
Comme on le voit les vérités bibliques se retrouvent dans les traces archéologiques des cultes mésopotamiens dès l’aube des civilisations jusqu’à nos jours, avec une constance dans les rituels qui ne varient presque pas dans leurs formes si ce n’est dans leur fond.

Un «G » (signifiant gnose, "connaissance") est inscrit au centre de l'étoile. Là encore il faut revenir à l’hébreu pour confondre l’adversaire caché dans son étoile. Connaissance revêt deux significations en hébreu, c’est la connaissance lié au savoir et l’érudition mais également signifie aussi l’union dans un même corps, comme Adam qui connu Eve et elle enfanta. Dans ce sens également le diable affirme que les maçons forment un corps uni par le même esprit à leur dieu. La lettre « G » signifie aussi pour les maçons géométrie, soit un fondement de toute leur science, qui agit comme une clé pour ouvrir le monde de la métaphysique et sa compréhension. G signifie aussi pour eux, gravitation, génération, génie et par la septième lettre de notre alphabet le G de God (Dieu en anglais).

En associant les différents symboles présents dans le temple, "le grand architecte" qui oeuvre dans l’ombre reconstitue de manière symbolique la genèse spirituelle des hommes avec leur dieu. En effet comme dans le jardin d’Eden un arbre est planté (la colonne de la beauté), qui lie la connaissance (la gnose) au bien et au mal (le pavé mosaïque). Présenté comme l’arbre de vie il est en fait l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui mène à la perdition et la mort, comme le démontre le troisième grade, celui du maître.

Le Maître au troisième degré.

Le rituel au troisième degré mènera le compagnon au grade de Maître. Pour ce faire le récipiendaire devra s’identifier à Hiram le fondeur des colonnes et ustensiles en bronze du temple de Salomon.
la vie et la mort d'Hiram, enrichies par les légendes, deviennent un mythe initiatique qui inspire le rituel maçonnique. D'après le récit mythique, Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple par trois compagnons pour avoir refusé de les initier aux secrets de son art. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram se tut, estimant que le temps n'était pas venu. Le premier le frappa d'un coup de règle sur la gorge, le deuxième d'un coup d'équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l'acheva d'un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret.
Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s'identifie à Hiram : pour cela il doit d'abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître. Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un maître fondateur.
Il serait naïf de croire que le mythe d’Hiram se rapporte au seul fondeur de bronze fils d’une veuve de la tribu de Dan. En fait Hiram était également le roi de Tyr fils d’Abibaal qui régna sur Tyr de 968 à 935 et dont le nom signifie "mon père est Baal", et Hiram signifie "frère exalté". Pas étonnant donc que les maçons soient tous des frères dont le maître et seigneur (Baal signifie seigneur) est le roi de Tyr (Ezékiel 28), soit satan lui-même.
Le rituel de la résurrection d’Hiram n’est en fait qu’une parodie occulte du baptême chrétien qui lie dans la mort le nouveau maître maçon à son dieu, le diable.

Hiram étant dans la légende maçonnique éponyme une allégorie de Jésus de Nazareth, le tombeau d’Hiram était donc une allégorie pour désigner le sépulcre de Joseph d’Arimathie dans lequel ce dernier, aidé de Nicodème, avait placé le corps défunt de Jésus de Nazareth (Mt. 27,57-60 ; Jn 19,38-42). « Dans la chambre où se fait cette cérémonie, on trace sur le plancher la loge du maître qui est la forme d’un cercueil entouré de larmes. Sur l’un des bouts du cercueil on dessine une tête de mort ; sur l’autre, deux os en sautoir ; et l’on écrit au milieu JEHOVA, hwhy. Devant le cercueil on trace un compas ouvert ; à l’autre bout, une équerre ; et à droite, une montagne sur le sommet de laquelle est une branche d’acacia.
La légende maçonnique du meurtre d’Hiram par trois mauvais compagnons étant une allégorie de la Passion/résurrection de Jésus de Nazareth condamné à mort par trois hommes : Caïphe, Hérode, et Ponce-Pilate. Dans le contexte de cette référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, les larmes du tableau de loge de maître renvoyaient aux larmes de l’apôtre Pierre (Mt. 26,75), aux larmes des disciples de Jésus (Mc 16,10), aux larmes des femmes de Jérusalem (Lc 23,27-28), ainsi qu’aux larmes de Marie de Magdala (Jn 20,11.13.15). La tête de mort Dans le contexte de la référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, la tête de mort du tableau de loge de maître renvoyait à la mention évangélique du Golgotha (la forme grecque pour le mot araméen gulgota signifiant crâne) où Jésus fut crucifié et mourut.
Les deux os en sautoir (c’est à dire en forme de croix : référence probable à la croix de Jésus de Nazareth).
Le nom divin hwhy se rapporte également directement à Jésus-Christ par le verset de Jean 14:8 « Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit 9 Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? »
Dans les catéchismes maçonniques antérieurs, le compas symbolisait YHVH et l’équerre la croix de Jésus de Nazareth.

Quand on étend le récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, qu’on le couvre d'un drap noir, et qu’on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier maître, c’est bien d’un rituel parfaitement religieux qu’il s’agit, copié sur celui véritable du baptême dans le Seigneur Jésus-Christ.

Agape fraternelle

Le banquet ou « agape fraternelle », est une des plus vieilles et des plus solides traditions maçonniques. La tradition s'est maintenue. Chaque tenue est suivie - obligatoirement d'un banquet ou « agape fraternelle » .
La plupart des agapes sont de simples banquets d'ordre réunissant les titulaires de tel ou tel grade, mais à tous les grades de Rose-Croix, il existe une cérémonie spéciale, l'agape du Jeudi Saint, banquet d'ordre d'un type spécial au cours duquel les Chevaliers consommentl'Agneau traditionnel.
Mais il y a plus fort dans l'impiété. Chaque année, dans la nuit du Jeudi Saint au Vendredi Saint, a lieu un banquet auquel tous les Rose-Croix sont tenus d'assister. Dans ce banquet , sur la table disposée en forme de croix, est apporté un agneau rôti, dont la tête est surmontée d'une petite couronne d'épine et dont les pieds sont traversés chacun par un clou. Cet agneau est placé au centre de la croix, tourné sur le dos et les pattes de devant écartées. Il n'y a pas à s'y tromper : il représente la victime du calvaire. Le président du banquet sacrilège coupe la tête et les pieds de cet agneau et les jette dans un fourneau allumé. Il les offre ainsi en holocauste à Lucifer, adoré par les Rose-Croix sous la forme du feu.... Après le baptême la sainte-cène occulte !

Ajoutons en passant que les Rose-Croix sont les espions attitrés des loges. En entrant dans le 19° degré, l'initié pénètre dans la maçonnerie noire. Il n' a plus grand chose à apprendre et à partir de ce moment avance-t-il à pas de géant vers le grade de Chevalier Kadosh; c'est l'adoration directe et cultuelle de Lucifer; c'est l'abrutissement progressif par la pratique de la Magie; puis les hommages rendus à satan sous la forme d'un serpent ...

C'est en effet parmi les Maîtres que sont choisis les adeptes capables de s'élever par une suite d'initiation de plus en plus occulte jusqu'au rang de chevalier Kadosh. Kadosh signifie sacré, en hébreu.
C'est au 30e degré seulement , c'est à dire au grade de Chevalier Kadosh, que le Franc Maçon se rend compte du chemin qu'on lui a fait parcourir. On voit dès lors ce que signifie cette expression maçonnique "pratiquer la vertu". c'est tout simplement se livrer à la débauche... Qu'il nous suffise de faire remarquer que la Franc Maçonnerie ajoute aux moyens de perversion qu'elle employait avec les Apprentis, la pratique réglée et louée de la dépravation la plus abjecte. Elle écarte ainsi ses adeptes de leur devoirs religieux et domestiques et prend sur eux une emprise considérable

Un mois après sa réception le nouveau Maître est convoqué à une tenue spéciale au Troisième degré pour communiquer à la loge ses impressions maçonniques. Des frères haut gradés, c'est à dire appartenant au 30 e 31 e 32 ou 33 e degré, assistent toujours à cette séance , car il faut que l'autorité centrale sache à quoi s'en tenir sur le nouveau Maître et s’il est jugé digne il sera appelé aux plus hautes fonctions. C’est à ce niveau que le voile tombe et que la vérité maçonnique est révélée réellement. Les maîtres des plus hauts degrés apprendront au nouveau venu que :"La terre est partagée entre deux camps qui se disputent le pouvoir. Parmi les hommes, les uns sont les enfant d'Adam, ils adorent Adonaï, le Jéhovah auquel Salomon élevait un temple, le Dieu des chrétiens. Les autres - et nous francs Maçons, nous sommes de ces autres là - se regardent comme les descendants de Tubalcaïn et de Caïn, fils d'Eblis, l'ange de lumière Lucifer...nous voulons monter plus haut...venger le grand opprimé...et prendre la revanche d'Eblis notre Père, contre Jéhovah son persécuteur, et nous poussons notre cris de guerre : "Vengeance contre "toi, ô Adonaï"
Enfin s’il est jugé digne d'être reçut Chevalier Kadosh s’achève l’initiation suprême, il frappe à coup de poignard une tête de mort surmontée d'une tiare, représentation de la papauté, et une autre ornée d'une couronne royale, emblème de la puissance civile. Il se prosterne devant Lucifer et brûle l'encens sur son autel.

Le Chevalier Kadosh évoque alors satan suivant les formules du rituel de haute magie; adossé à la hideuse idole du Baphomet templier il brandit son poignard en craint "Nekam, Adonaï! Vengeance contre toi, ô Adonaï". Il récite l'oraison à Lucifer, composé par le F Proudhon.
« Viens, Lucifer, viens ! ô calomnié des prêtres et des rois ! Viens que nous t'embrassions, que nous te serrions sur notre poitrine ! Il y a longtemps que nous te connaissons et que tu nous connais aussi. Tes oeuvres, ô le béni de notre coeur, ne sont pas toujours bonne et belle aux yeux du vulgaire ignorant; mais elles seules donnent un sens à l'univers et l'empêche d'être absurde. Toi seul anime et féconde le travail. Tu ennoblis la richesse, tu sers d'essence à l'autorité; tu met le sceau à la vertu... Et toi Adonaï, dieu maudit, retire-toi, nous te renions ! Le premier devoir de l'homme intelligent est de te chasser de son esprit et de sa conscience; car tu es essentiellement hostile à notre nature, et nous ne relevons aucunement de ton autorité. Nous arrivons à la science malgré toit, au bien être malgré toi, à la société malgré toi; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons ta divinité. ETC… »

Le maçonnisme est donc bien une religion occulte parodiant les rites chrétiens et dont le dieu n’est personne d’autre que le diable, satan. Ceci est d’ailleurs clairement annoncé sur le premier site maçonnique français http://www.franc-maconnerie.org/web-pages/hermetisme/occultisme.htm« la Maçonnerie n'est pas « occultiste » par nature, ce qui n'empêche pas certains de ses adeptes de s'adonner à l'occultisme. La Maçonnerie est tout au plus occulte. » On apprécie la nuance sémantique…

Albert Pike

L'un des plus célèbres Francs-Maçons américains fut Albert Pike (1 809-1891). En tant que Franc-Maçon de haut-grade, Albert Pike exerça son activité sur le Rite Ecossais dont il faisait partie comme " Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil " de Charlestown, de 1859 à 1891. Mais nous savons aussi que Pike fut un haut initié du Palladisme.
Société très secrète, qui se voulait supérieure aux Suprêmes Conseils maçonniques, inconnue des Francs-Maçons de base (ceux des loges " bleues ") et souvent même des plus élevés en grade, le Palladisme " se composait d'émérites qui, selon le procédé classique, devaient exercer leur influence à l'intérieur des loges, et diffuser les consignes par noyautage ". On comprend alors pourquoi Albert Pike fut membre d'honneur de la plupart des Suprêmes Conseils du monde (ce fut en 1889 qu'il reçut cette dignité du Suprême Conseil de France).
Dans Morals and Dogmas of the ancient and accepted Scottish Rite, Albert Pike écrivait déjà:
" La divinité de l'Ancien Testament est partout représentée comme l'auteur direct du mal, dépêchant aux hommes des esprits mauvais et trompeurs... Le Dieu de l'Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines... C'est une divinité violente, jalouse, vindicative, autant qu'ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie... "
Albert Pike, déclare encore le 14 juillet 1889 aux chefs de la Franc-Maçonnerie universelle, à l'occasion du Centenaire de la Révolution : " Ce que nous devons dire au vulgaire, c'est ceci : Nous adorons un dieu, mais c'est un dieu qu'on adore sans superstition. A vous, Grands Inspecteurs Généraux ; nous dirons ceci que vous pouvez répéter aux frères des 32°, 31°, et 30° degrés : La religion maçonnique devrait être maintenue, par nous tous initiés des hauts grades, dans la pureté de la doctrine luciférienne. "
"Si Lucifer n'était pas Dieu, est-ce qu'Adonaï (le Dieu des chrétiens) dont les actes prouvent la cruauté, la perfidie, la haine de l'homme, la barbarie et l'aversion pour la science, est-ce qu'Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ? ".
"Oui, Lucifer est Dieu, et malheureusement Adonaï aussi est Dieu.
Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de lumière sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir, car l'absolu ne peut exister que par deux dieux, l'obscurité étant nécessaire à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à la statue, et le frein à la locomotive...
La doctrine du Satanisme il faut comprendre : " la doctrine qui présente Satan comme un être malfaisant " est une hérésie, et la véritable et pure religion philosophique est la croyance en Lucifer, l'égal d'Adonaï; mais Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l'humanité contre Adonaï, le Dieu de l'obscurité et du mal."

Conclusion

Devenir franc-maçon est loin d’être un jeu ésotérique et philosophique qui doit vous aider à devenir meilleur. En devenant maçon vous entrez de plein pied dans la religion occulte et trompeuse de satan lui-même, qui vous conduira par rituels successifs jusqu’à vous identifier à Hiram le fondeur, assimilé en fait à Caïn le forgeron semence du serpent et meurtrier d’Abel semence véritable de Dieu. Comme Caïn fut amené par son père le diable à bâtir des villes et développer les sciences, les arts et la religion polythéiste qui masque les faces cachées du diable, le franc-maçon sera appeler à pérenniser et achever l’œuvre diabolique commencé par les sumériens, qui consista à bâtir une civilisation industrielle, urbaine, religieuse et matérialiste où le Dieu véritable n’avait plus sa place et qui fut anéantit sous les eaux du déluge.

Aucun chrétien ne peut prétendre être né de nouveau et être franc-maçon et je dirais même qu’en devenant franc-maçon on cesse d’être chrétien en pêchant contre le Saint-Esprit, anéantissant en soi l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ.
Aucun pasteur digne de ce nom ne doit avoir un franc-maçon dans son église de peur de corrompre le corps Saint de son assemblée en ouvrant grande les portes aux forces occultes qui sévissent dans le "temple" maçonnique. Il va sans dire qu’aucun ministère en Christ est compatible avec la religion maçonnique, ce qui serait une abomination aux yeux de Dieu.

Cela ne veut pas dire qu’un franc-maçon est irrémédiablement condamné aux flammes de l’enfer. Si un chrétien remplit du Saint-Esprit ne peut devenir franc-maçon, un franc-maçon peut devenir un chrétien véritable régénéré et sanctifié par le sang du Christ. Pour peu que sincèrement vous vous approchez de Dieu dans la repentance en demandant pardon ouvertement en brisant la loi du secret et rejetiez l’Ordre en abandonnant et détruisant tous les symboles, livres et pratiques liés au maçonnisme, alors la régénérescence en Jésus-Christ est possible. Car aucun serment, contrat ou pacte même signé de son sang ne saurait être supérieur à celui que versa Dieu lui-même sur la croix et qui vous délivre de tout péché.


1 Jean 5:4 parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi(en Jésus-Christ).

Source : hthttp://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE9.htmtp://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE9.htm

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La Doctrine du Rite Ecossais Rectifié

Publié le 16 Avril 2013 par O\ G\ dans Planches

Il est admis dans l’Ordre Maçonnique que le Rite Ecossais Rectifié se différencie des autres rites par sa doctrine qui traite spécifiquement de l’origine, de la condition présente et de la fin de l’homme comme de l’Univers.

A l’exception d’un seul document intitulé : L’Instruction Secrète des Grands Profès, cette doctrine n’est jamais exposée de manière explicite, cependant les rituels et les instructions des grades en contiennent de nombreuses allusions et orientent de fait toutes les réflexions du Maçon rectifié vers cette même doctrine.

Plus précisément, rituels et instructions ont été soigneusement élaborés par les fondateurs du Rite, de façon à constituer un véhicule de cette doctrine. Le véhicule en question est conçu pour s’adresser à un récepteur actif, c’est à dire : un « …cherchant… » à qui on ne délivre pas un enseignement prédigéré mais que l’on aide à s’approcher par lui-même de ce qu’on cherche à lui enseigner.

Il est également reconnu que l’enseignement de Martinez de Pasqually a exercé une influence déterminante sur la formation du Rite Ecossais Rectifié, au point de considérer parfois avec excès que la doctrine de ce rite se confond en celle de Martinez.

En effet, si Martinez de Pasqually et son Traité de Réintégration des êtres sont aujourd’hui connus, il n’en était guère de même au XVIII è me siècle en dehors du cercle très étroit de ses disciples : les Elus Coëns de l’Univers.
Bien évidemment, les Fondateurs du Rite Ecossais Rectifié appartenaient à ce cénacle, mais le rite fut avant tout élaboré pour toucher un cercle plus étendu.

Par ailleurs, en dehors de l’œuvre de Martinez de Pasqually, il existe d’autres composants de la doctrine. Certains sont fondamentaux, c’est le cas par exemple de :
- la Maçonnerie spéculative et de la Stricte Observance Templière.
La première importée de Grande Bretagne apporta les rituels, les mots, les signes ainsi que l’ésotérisme des constructeurs, alors que la seconde dota le rite d’une ossature et d’une référence chevaleresque.

D’autres composants apparaissent plus secondaires, ce sont par exemple les influences de Joseph de Maistre ou de Louis Claude de Saint Martin : père du martinisme, mais l’ensemble de ces apports ne put réellement constituer un authentique corpus de doctrine que grâce au génie synthétique de Jean Baptiste Willermoz.

Comme pour chaque rite maçonnique, l’enseignement doctrinal du Rite Ecossais Rectifié l’est sous forme de symboles que l’on peut regrouper en deux catégories:
- les symboles graphiques ou tableaux et les symboles « dramatiques » (le rituel dans son déroulement temporel).

Cependant, à côté de ces deux formes d’enseignement symboliques, il existe d’autres formes plus discursives, ce sont les instructions par demandes et réponses et les instructions « morales », destinées à guider le Maçon rectifié dans ses méditations sur les symboles et à en identifier le sens.
Les discours adressés par le Vénérable Maître au récipiendaire au cours de sa réception et commentant « à chaud » les symboles dramatiques et graphiques qui lui sont alors dévoilés, s’inscrivent dans le même esprit.

Aucune de ces formes d’enseignement n’est spécifique au Rite Ecossais Rectifié car toutes appartiennent dans une large mesure au fond commun de la Maçonnerie française du XVIII è me siècle, néanmoins le Rite Ecossais Rectifié a su adapter ces éléments traditionnels en les formatant à son enseignement doctrinal.

Ainsi par exemple, le discours tenu à l’origine par le Frère Orateur à l’égard du récipiendaire et duquel sont issues les Instructions morales a connu un double développement :
il s’est étendu à l’ensemble des grades et a modifié son caractère purement moral à l’origine pour devenir un véritable commentaire du rituel et des symboles.

Enfin à tous ces instruments d’enseignement doctrinal, il faut rajouter celui spécifique du Rite Ecossais Rectifié, à savoir : la Règle Maçonnique adoptée lors du Convent de Wilhelmsbad en 1782.

La doctrine du Rite Ecossais Rectifié est axée sur le schéma fondamental : Etat Primordial -Chute- Réintégration. Dès le grade d’apprenti, les allusions rapportées à ce schéma sont nombreuses, le symbole graphique « Adhuc Stat », représentant « …une colonne brisée et tronquée, mais ferme sur sa base… », en est d’ailleurs un des exemples.

Ce tableau qui n’est pas issu du fond commun de la Maçonnerie française pas plus qu’il n’est une innovation du rite, provient de la Stricte Observance où il faisait directement allusion à la survie secrète de l’Ordre templier, mais en représentant ce symbole, le rite en a modifié le sens pour lui faire exprimer sa propre doctrine.

En effet, au niveau des loges bleues, la doctrine du Rite Ecossais Rectifié s’articule autour de la correspondance symbolique entre le Temple de l’homme et celui de l’Univers avec comme archétype : le Temple de Salomon.

Le rite a fait du symbole du Temple, un véritable résumé de l’ensemble de sa doctrine. On y retrouve ainsi les différentes applications du schéma : Etat Primordial- Chute- Réintégration propres à l’homme en général, à l’homme en particulier et à l’Ordre Maçonnique mais on y retrouve aussi tout un symbolisme rapporté à la structure de l’Univers et à celle de l’être humain.

En fait, le symbolisme multiforme du Temple proposé par le Rite Ecossais Rectifié est intégralement développé dans l’Instruction Secrète des Grands Profès où les apports des Elus-Cöens de Martinez de Pasqually confèrent alors au Rite, toute son identité et toute sa spécificité.

La conception que se fait le Rite Ecossais Rectifié rapportée au travail de réflexion du Maçon est quant à elle, évoquée dans l’Instruction Morale d’apprenti où il est dit que le développement parfait des mystères de l’Ordre serait un jour la récompense de son « zèle », de ses « vertus » et de sa « persévérance ».

« …Le voile qui couvre nos mystères ne pourra être levé devant vous qu’à mesure que votre intelligence le percera. Le premier instant de votre entrée dans l’Ordre ne peut y suffire. Leur développement parfait sera donc un jour la récompense de votre zèle, de vos vertus et de votre persévérance.. »

Dans la citation en question, il est précisément mentionné l’expression « …nos mystères… » et là encore, cela ne doit rien au hasard.
On retrouve en effet cette notion de mystère dans l’Instruction par demandes et réponses du grade d’apprenti et l’on y comprend que l’initiation maçonnique consiste à être initié à des mystères.

De nouveau, ce concept est commun à la Maçonnerie française du XVIII è me siècle, mais dans le Rite Ecossais Rectifié, les mystères ont un contenu étroitement lié à la doctrine du rite pour qui les mystères de la Franc Maçonnerie sont « …l’origine, la fondation et le but de l’Ordre… ».

En effet, dans le cadre de la doctrine du Rite Ecossais Rectifié, le terme final de l’initiation maçonnique demeure la restauration de l’homme dans son « …Etat Primordial… » , c’est la première partie du processus initiatique, celle que René Guénon définit sous le terme de « …petits mystères… ».

Ces « …petits mystères… » comprennent en fait tout ce qui traite du développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité, ils aboutissent à la perfection de cet état, que la Tradition désigne comme la Restauration de « …l’Etat Primordial… ».

Notons bien cependant que « …l’Etat Primordial… » tel que le conçoivent le Rite Ecossais Rectifié et Martinez de Pasqually reste celui d’un être spirituel, à l’image de ce qu’était Adam avant la Chute dont l’une des conséquences a été « …l’incorporisation… » de l’homme, être auparavant doté d’un corps glorieux, enfermé aujourd’hui dans un corps de matière périssable.

La conséquence directe de la faute contingente d’un être libre est donc, comme le stipule l’Instruction morale d’apprenti que « …l’homme a perdu la lumière par l’abus de sa liberté… ».
Nous évoquons ici la perte d’un état supérieur à l’état individuel humain, même si le rite dans sa terminologie, le qualifie encore d’humain.

Pour espérer un jour reconquérir cet état, le Maçon rectifié devra plus que jamais se métamorphoser en « …homme de désir… », ce désir qui n’est rien d’autre que cette impulsion qui pousse l’homme déchu à retourner vers son état originel et dans laquelle, ce dernier puisera toute l’énergie nécessaire pour accomplir ce difficile retour aux sources.

Toutefois, le Maçon rectifié devra surtout se confier à ce guide évoquée par l’Instruction Morale : « …Le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route figure ce rayon de lumière qui est inné dans l’homme, par lequel seul il sent l’amour de la Vérité et peut parvenir jusqu’à son temple.. ».

Ce guide décrit comme un rayon de lumière est une parcelle du Divin et cette lumière est issue de Dieu et plus spécifiquement : de son Verbe car c’est par le Verbe que le Père s’est fait connaître à l’Homme et uniquement par Lui.
En effet, le Verbe était « …au commencement auprès de Dieu… » et demeure celui « …qui illumine tout l’homme… ».

Le Verbe est donc pourvu d’une face tournée vers Dieu qu’il contemple éternellement et d’une autre tournée vers le monde, par laquelle il manifeste la Divinité comme l’atteste le Christ quand il affirme : « …Qui me voit, voit le Père… » et c’est d’ailleurs grâce à cette double nature divine et humaine, que ce guide suprême intercède en permanence en notre faveur.

Comprenons alors que sans lui, aucune réconciliation ni communication avec Dieu, n’est possible, accordons lui ainsi toute notre confiance et faisons de nouveau du plus grand des réconciliateurs, notre plus grand Sauveur.

Source : www.ledifice.net

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Camille Savoire et le Régime Ecossais Rectifié

Publié le 15 Avril 2013 par A\ B\ dans Planches

Après Johanis Corneloup et Oswald Wirth, Alain Bernheim nous propose dans ce numéro de Renaissance Traditionnelle, de nous intéresser à Camille Savoire... Alors tout d'abord parlons brièvement d'Alain Bernheim, français résidant en Suisse, auteur maçonnique qui signa également sous le pseudonyme, y compris dans Renaissance Traditionnelle, d'Henri Amblaine, ceci lui permettant d'obtenir deux fois (ce qui n'est en principe pas autorisé) le prix Norman Spencer de la Loge Quatuor Coronati de Londres en 1986 et 1993.

Camille Savoire donc, nait le 6 juillet 1869, il est initié 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Ecossaise qui avait été créée elle, en 1880 et qui engendrera la Grande Loge de France. Cette loge il la quitte au bout d'un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans. On le sait Camille Savoire marquera sa carrière maçonnique par le réveil du Rite Ecossais Rectifié en France, et la création du Grand Prieuré Des Gaules dont il fut le premier Grand Prieur, induisant de plus la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière qui deviendra en 1948 la Grande Loge Nationale Française.

1. Le Rite Ecossais Rectifie et Le Grand Orient de France 1776/1841

Brièvement, il faut noter que dès 1773/74 le Rite Ecossais Rectifié en France est constitué de trois Directoires Ecossais, celui de Lyon, de Bordeaux et de Strasbourg et qu'un Traité fut établi en 1776 avec le Grand Orient de France. Dans ce traité, il y est dit globalement, article 6 que le Grand Orient de France et les Directoires Ecossais conserveront respectivement et exclusivement l'administration et la discipline chacun sur les Loges du Rite et du Régime. Le Grand Collège des Rites, qui s'était appelé de 1806 à 1814 Grand Directoire des Rites, vit en 1811, le 14 juin plus précisément, la création en son sein d'une section dédiée au Rite Ecossais Rectifié. En 1841 pourtant, le Rite Ecossais Rectifié s'éteignait en France...

2. Le Rite Rectifie et le Rite Ecossais Ancien et Accepté en Suisse

En 1844, 14 Loges suisses travaillant aux grades bleus, créent la Grande Loge Suisse Alpina. Pourtant en 1885 seule la Préfecture de Genève pratique encore le rite et devient donc la seule structure garante du RER et encore plus la gardienne des archives. Entretemps , notons la création d'un traité, le 2 février 1896, entre le Suprême Conseil de Suisse et le Directoire d'Helvétie, renouvelé en 1910, puis interrompu et conclu de nouveau en 1946, et encore en vigueur au moment de la rédaction de l'article en 1981.

3. Situation Maçonnique en France entre 1877 et 1910

En 1877 suite à son Convent, le Grand Orient de France vit ses relations internationales se détériorer. Depuis 1771 les relations avec l'Angleterre étaient interrompues entre les deux grandes obédiences qu'étaient devenue le Grand Orient et la Grande Loge Unie d'Angleterre. Mais les maçons à titre individuel étaient encore reçus dans les Loges. En 1877 la Grande Loge Unie d'Angleterre interdit l'accès à ses Loges, à tout maçon qui ne pratiquait pas une maçonnerie liée à la croyance en Dieu et ce jusqu'à la reconnaissance en 1913 de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière.

4. Première étape de l'Action de Camille Savoire

Médecin spécialiste de la Tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe pour des congrès médicaux et avait noué de nombreux contacts avec des maçons étrangers et il tissa des liens avec les différentes obédiences de ces pays. 33ème degré du REAA, Savoire va obtenir une équivalence du grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, prenant le nom de eques a Fortitudine, et fut armé en même temps que les Frères Edouard de Ribaucourt et Gustave Bastard. Ils obtiendront ensuite en 1910 la patente de fondation de la Commanderie de Paris, placée sous l'autorité de la Préfecture de Genève.

Mais revenons un petit peu plus tôt dans l'histoire, dans la foulée de leur armement, tous trois réveillent la Loge « Le Centre des Amis », Loge bleue rectifiée et en sommeil depuis 1838. Le Grand Orient informé répondit en réfutant cette création, priant de plus les frères à l'initiative de ce réveil, de se retirer ipso facto sous peine de radiation de l'obédience, Pourtant il semble que Camille Savoire eut au préalable, obtenu un accord, au moins verbal, du Grand Commandeur du collège des Rites, et sa surprise fut d'autant plus grande, qu'existait ce traité bilatéral dont nous avons parlé. En signe de bonne foi, ces trois frères s'exécutèrent, en échange de la création au sein du Grand Orient de cette Loge, mais Camille Savoire malgré tout se retirera de ce dernier projet, induisant de fait :

• D'une part la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et régulière que rejoint « Le Centre des Amis », et
• D'autre part la signature d'un nouveau traité Franco-Suisse qui tint jusqu'en 1955.

5. Savoire Grand Commandeur du Collège et Grand Prieur du Grand Prieure des Gaules (1923-1935)

C'est en 1923 que Camille Savoire devient Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, et en 1924 il fut invité par le Grand Prieuré d'Helvétie de même que le Frère Barrois alors à la tête de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, lui aussi CBCS. Barrois refusa comme le lui obligeait l'interdit anglais et le Grand Prieuré d'Helvétie rompit alors son entente avec son obédience. Savoire Grand commandeur des Hauts Grades du Grand Orient et Grand Prieur dès 1933 devenait ainsi l'interlocuteur privilégié des Suisses.

6. Savoire quitte le Grand Orient de France et se Démet de sa Charge de Grand Commandeur

Avant 1946, le Grand Collège des Rites n'est pas indépendant. Ainsi dès 1934, Arthur Groussier prépare un dossier d'indépendance de celui-ci par rapport au Conseil de l'Ordre. Savoire ira plus avant en prônant l'unification des Hauts Grades, tous rites confondus, ce qui aurait peut-être permis de rouvrir l'axe des relations maçonniques entre la France et l'Angleterre. Devant l'échec, Savoire crée donc le Grand Prieuré Des Gaules et propose au Grand Orient trois options :

• L'exercice du RER sous les auspices du GO mais sans possibilité d'action de ce dernier sur les rituels et les grades bleus.
• 2ème option : l'indépendance réciproque avec signature d'un accord.
• 3ème option : l'ignorance réciproque.

Les trois options étant refusées par le Grand Orient, Savoire quitte l'obédience, sa charge, et va fonder en 1936, le Grand Prieuré Des Gaules. De son côté le GO reprends contact avec la Suisse.

7. Après 1945

A partir de 1945, Savoire est malade, l'activité du GPDG après la guerre est très limitée et Savoire meurt en 1951, le Grand prieuré d'Helvétie confirme le Frère Rybinski en tant que Grand Maître National de la Grande Loge du RER et le Grand Prieur devient le Frère Moiroux. Cette Grande Loge Rectifiée intégrera en 1958 la GLNF, affaiblissant quelque peu le Grand Orient, mais d'un autre côté le GLNF perdra elle quelques Loges parties former la GLNF-Opéra sur laquelle se créera le Grand Prieuré de France. A partir de là, les frères accédant aux degrés supérieurs du Régime Ecossais Rectifié d'une obédience devront appartenir au seul prieuré de cette obédience. En 1967 se créera le Grand Prieuré Indépendant des Gaules, le Grand Prieuré de Neustrie et le Grand Prieuré d'Aquitaine en 1974.

8. Qu’est-ce que le rectifié

Alain Bernheim pour conclure se lance dans une description succincte du Rectifié en citant d'abord Camille Savoire : « J'avoue que le libre penseur que j'ai toujours été n'a manifesté en entrant au Régime Ecossais Rectifié aucune hésitation ni éprouvé aucun scrupule, lorsqu'on lui a demandé de déclarer qu'il professait l'esprit du christianisme surtout lorsque le Grand Prieur a ajouté : il s'agit ici de l'esprit du christianisme primitif réuni dans la maxime « Aime ton prochain comme toi-même ».

Puis Bernheim cite le Grand Prieur d'Helvétie : « Le rite est inspiré du désir de faire de ses membres par les moyens de l'enseignement symbolique propre à la Maçonnerie, de fidèles maçons, dans l'esprit du christianisme, mais d'un christianisme dans sa pureté originelle, dépouillé de toute occupation dogmatique et sectaire ».

Enfin rappelons qu'en 1979 peu de Frères pratiquaient le Rite Ecossais Rectifié, voire même revendiquaient cette notion impopulaire mais réelle de rite « élitaire », en affirmant même : « Nous sommes le nombre. Ayons la force ».

Joseph de Maistre et la Franc-Maçonnerie avant et après le Convent de Wilhelmsbad

 

EMILE DERMENGHEM, écrit en 1946, un ouvrage « Joseph De Maistre Mystique », traitant de l'attitude relativement réservé de Joseph de Maistre, et, de son positionnement lors des débats du Convent de Wilhelmsbad.

A partir de ce livre, Michel Masson écrit un article dans Renaissance Traditionnelle, espérant nous amener à mieux comprendre cette personnalité, mais aussi, nous éclairer sur l'émergence d'idées nouvelles et sur un sujet toujours d'actualité afin d'en retirer le meilleur bénéfice pour tous.

Pour mieux comprendre ce contexte, il est nécessaire de souligner que la personnalité de Joseph de Maistre ne laisse pas indifférent, car il dénote en regard de ses contemporains.

De plus, ses adversaires tentent par tous les moyens de le déstabiliser et de l'affabuler d'une réputation tenace d'un individu aimant les gens de pouvoir.

Cet homme essaya tout simplement de mettre en adéquation sa conception du monde et son mode de vie, mais, aussi de permettre à la tradition maçonnique de demeurer bien vivante malgré la période politique instable de cette époque permettant difficilement de laisser place à celle-ci.

De ce fait, historiquement à la date du 18 juin 1782, Joseph de Maistre adressa un épais document via le frère Savaron qui devait représenter une loge lors de ce convent, au Duc Brunswick-Lunebourg, sérénissime grand frère supérieur à Victoria, ce courrier ne fut sans doute jamais lu.

Au delà de l'expédition de ce manuscrit, le Frère a Floribus qui n' est autre que Joseph de Maistre, voulait faire connaître à ses pairs son positionnement et son analyse sur les thèmes délibérés, mais aussi, à travers ses réponses ce qui était pour lui la Franc-Maçonnerie.

Pour rappeler les thèmes de ce convent, les interrogations abordées portent autour d'un axe comptant 6 points et que l'on pourrait résumer ainsi :

De quel héritage la Franc maçonnerie était-elle issue et existait- il plusieurs niveaux ? De plus, avait elle un lien avec les templiers, leur secret, ce dernier n'avait il pas finalement peut être survécu sous une autre forme ?

Au demeurant, les participants s'interrogeaient aussi, de manière plus générale, sur la structure de la Franc-maçonnerie et sur son fonctionnement, afin de trouver un point d'équilibre harmonieux entre le cérémonial et la pratique du rite, ou enfin, quelle place tenait les sciences secrètes au sein de celle-ci ?

A ce questionnement, les réponses du Frère à Floribus témoignèrent particulièrement d'une grande richesse philosophique et religieuse.

Toutefois, il faut savoir qu'il rejette massivement toutes les pistes éventuelles d'une quelconque origine et relation historique entre l'Ordre des Templiers, et, la Maçonnerie. Par ailleurs, il souhaite que tous les signes ostentatoires se rapportant à cet ordre soient à bannir des rituels.

Pour lui, les templiers ne sont en aucun cas une congrégation philosophique, et, il s'attache à démontrer que la « Maçonnerie » ne peut être issue d'un ordre fanatique lié à l'histoire, ainsi, qu'aux atrocités que cela induit et que toute l'humanité toute entière ne suffirait pas à la justification du sang versé.

Il se permet de tourner en dérision cette conception en disant que ce processus était la création du pouvoir en place nécessaire pour asseoir son autorité sur la population, et, pour justifier de ses crimes.

Il préfère à la rigueur privilégier les corporations de constructeurs de cathédrales, puisque les édifices religieux sont liés en quelque sorte à l'humanité toute entière en raison du lien qui les relie à Dieu, et, de ce fait à la destinée de l'homme.

A la question concernant un supérieur, il affirme qu'au niveau de la hiérarchie du mouvement, « la présence d'un degré supérieur » n'existe pas et en réfute d'ailleurs l'idée.

D'autant plus que celui qui s'engage le fait en toute liberté et de ce fait devient la représentation de sa volonté.

En effet, il est fondamental pour lui, d'avoir le devoir de garder, et, de préserver les secrets éventuels.

De plus, il précise que même si l'homme du peuple fait partie du royaume par son action, par contre sa volonté est indissociable de son être car il reste libre de son engagement ou de son désir et par conséquent de l'autorité nationale.

D'autre part, au niveau d'une identification initiatique, il abandonne l'idée de rechercher des similitudes entre l'initiation maçonnique et celles Egyptienne ou Grecque qui ne sont pour lui qu'une aberration antique, et, qu'il est préférable de se recentrer sur le véritable évangile, voir de remonter au début de la création du monde initial, au delà de l'ère chrétienne.

Ainsi, à travers toutes ces argumentations, cette appartenance identitaire est indéniablement rattachée au dogme chrétien et au seul « Créateur ». Et pour préciser sa réflexion, il est nécessaire pour lui de remonter aux premiers jours de la création, alors qu il n'existait rien si ce n'est le Créateur permettant de retrouver par cette méthode le lien indéniable, et, de surcroît cette filiation éternelle qui existe entre toutes créations de l'Eternel, et, l'homme, mais qui continue de perdurer malgré l'écoulement du temps.

C'est pourquoi, Joseph de Maistre considère sans aucune ambiguïté que l'initiation maçonnique est par sa nature une essence assurément religieuse et chrétienne.

De ce fait pour lui, au niveau des 3 grades le cheminement consistera à l'acquisition de connaissance spirituelle, et, celles de certaines valeurs.

Ainsi, au niveau du premier grade, il s'agit d'un apprentissage gravitant autours des sciences humaines tels que la bienfaisance, l'éthique, l'ouverture d'esprit sur le monde, l'homme, la politique, l'environnement...

Autour du second s'articule pour reprendre l'expression de Joseph de Maistre « le grand œuvre de la Franc-Maçonnerie ». Il entend par là le devoir qui lie tous maçons envers ses frères, et même l'humanité tout entière par ses actions de bienfaisance, mais aussi de retrouver le chemin du vrai chrétien lui permettant de retrouver son état initial dégagé de toutes querelles politico-chrétiennes, qui au cours de l'histoire eut réussi à briser l'unité.

Enfin, pour le 3ème grade, c'est la continuité de cette voie maçonnique dont le devoir est de mettre l'accent sur cette recherche théologique avec pour les uns la Bible comme outil qui reste incontestablement la voie des seuls initiés et des mystères des saintes écritures.

Pour d'autres, une étude approfondie s'ordonnant à une connaissance accrue de la nature des choses, permettant une affirmation d'une certaine doctrine.

Enfin, que d'autres frères, et Joseph de Maistre espère qu'ils soient les plus nombreux, nous révèlent ce qu'ils savent de cet esprit suprême qui crée et émane toutes choses en tout lieux et en tout temps.

Emile Dermenghem analyse à travers les propositions de cet homme l'échec de celui-ci qui voulait croire que la maçonnerie puisse être en quelque sorte la voie du catholicisme lui permettant son évolution.

Cependant celle-ci prenait une toute autre direction vraisemblablement en raison de l'instabilité politique de l'époque et de sa propre histoire à la veille de son grand chamboulement, voire d'une orientation laïque déjà décidée.

Il est difficile de donner une réponse, mais Joseph de Maistre juge avec amertume ce convent en ces termes « toute assemblée d'hommes dont le saint esprit ne se mêle pas ne fait rien de bon ».

Ce dernier ne rejette pas pour autant ses pairs, ni ses convictions puisqu'il défend celles- ci lors des attaques antimaçonniques de l'abbé Barruel qui accuse d'hérésie toutes les sociétés secrètes ayant été sans doute les artisans de la révolution. Cependant, au fil du temps et des bouleversements historiques de cette période, il met peu à peu de la distance, et évite de s'impliquer autant dans son engagement concernant le courant de l'illuminisme et celui du scepticisme de l'époque.

Ainsi, le comte des soirées de Saint Petersbourg est toujours convaincu du mystère des Saintes Ecritures contenues dans la bible, mais préfère finalement rester fidèle à l'église romaine qu'il juge plus rassurante puisqu'existant depuis plus de 1800 ans, plutôt que de suivre Saint Martin et ses disciples sur le chemin moins conformiste du Martinésisme suivant fidèlement les préceptes de leurs maître.

A propos de ce mouvement, il tourne quelque peu en dérision la composition du Traité et les termes qui y sont énoncés. Cependant, il reconnaît que la base n'est pas sans intérêt ayant une certaine authenticité, mais qu'elle a été détournée par des propos faussés car cet écrit sert la cause d'hommes refusant toute reconnaissance hiérarchique de l'église romaine. Pour lui finalement le seul intérêt de « cette secte » est à la rigueur l'évangélisation des pays privés d'églises permettant de convertir leurs populations à la chrétienté et les soumettre à ce qui s'y rattache.

Ainsi, cet article met en évidence un homme à la fois théosophe voire, un martiniste sincère, et un catholique avisé. C'est pourquoi, il n'est pas logique de concevoir Joseph de Maistre sans prendre en compte toutes les composantes de sa personnalité puisque la vision de celui-ci serait faussée altérant de cette manière sa pensée.

Pour en terminer avec cette étude, en 1816 Joseph de Maistre lui-même se définit à travers ses propos comme un fidèle de l'église, mais reconnaît que sa fréquentation des martinistes lui a permis à travers l'étude du Traité et des rencontres effectuées de s'ouvrir sur d'autres horizons.

Cette révélation Emile Dermenghem la reprend dans son ouvrage démontrant qu'avec le temps cet homme a arrêté de s'interroger et de rechercher sur ce qu'il a pu l'éclairer à un moment de son parcours hors des sentiers traditionnels, mais qu'il en demeure pas moins reconnaissant à ceux qui l'avaient mis sur la voie de cette réflexion voir de cette ouverture.

Source : www.ledifice.net

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Les grands initiés

Publié le 7 Avril 2013 par X dans Planches

Lors de notre quatrième voyage, on nous fit découvrir les noms de 5 personnages ayant fait de la franc-maçonnerie ce qu’elle est aujourd’hui. Ce sont les grands initiés. Qui sont-ils ? Des hommes, rien que des hommes au destin particulièrement exceptionnel. Ils ont su par leurs écrits, leurs paroles ou leurs actes, rassembler autour d’eux une foule de penseurs et de cherchant qui on vu en eux l’approche de la vérité. Ils ont tous des personnalités différentes et ont suivi des voies pas forcément similaires, mais tous recherchaient la même chose : rassembler. Rassembler les hommes par des pensées basées sur l’amour, le respect et la tolérance. Ils ont tous voulu rapprocher l’homme du spirituel et du divin.

·         Moise : celui qui fut initié par dieu. Il ne fut pas un philosophe mais un instrument de révolte contre l’oppresseur de son peuple. Il écrit sous la dictée de dieu les dix commandements et tout un ensemble de lois religieuses et sociales.

·         Pythagore : s’inscrit comme l’inspirateur des futurs grands penseurs. Il invente la philosophie et la géométrie. On lui prête l’écriture des « vers dorés ». Un texte que chaque être humain devrait mettre en application. Nombres de nos symboles nous viennent de lui : Le delta lumineux, la règle du silence, la science des nombres, l’importance des secrets et des serments, l’usage des agapes, le vocable « vénérable ». Il a surtout laissé le pentagramme ou étoile flamboyante.

·         Socrate : l’homme du dialogue, qui accouche ses interlocuteurs de leurs mots et de leurs pensées. Un homme de raison, un rien mystique sans être dogmatique. Il cherche la vérité au travers du dialogue, il a dit un jour : « Je sais que vous n’allez pas me croire, mais la plus haute forme de l’excellence humaine est de se questionner soi-même et de questionner les autres »

·         Jésus : l’homme dieu, il répandait ses paroles comme un semeur, espérant voir pousser la sagesse dans le cœur des hommes.

·         Confucius : le sage, il tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. Il ne veut pas déranger l’ordre naturel des choses mais que l’homme trouve sa place tout en respectant le monde qui l’entoure.

Jésus est celui qui a le plus marqué, je l’ai appelé l’homme dieu, mais serait-il plus un initié ? Qui était cet homme fait dieu qui se vaut d’être considéré d’être un prophète de l’islam ? Renié totalement par les juifs qui annonçaient la venue d’un messie mais qui n’ont pas voulu croire en ses enseignements tant ils étaient à l’opposé de leur dogme millénaire.
Le fait que Jésus ait demandé le baptême de Jean n’a pas manqué de troubler ses disciples. Il s’agissait d’une initiation. Il a également suivi une initiation en Egypte où il est resté un an. Moise et Jésus auraient tous deux suivi l’enseignement de l’école « fraternité essénienne-nazaréenne ». Cette école d’où tous les plus grands prophètes d’Israël étaient sortis. Moïse aurait transmis le savoir de cette école à 70 disciples, savoir tenu des anciens égyptiens et dont Jésus se serait inspiré. Tous deux auraient donc été initiés.

Jésus reste l’archétype du rédempteur, celui qui après un long cheminement s’est racheté, s’est délivré lui-même, et a retrouvé sa pureté originelle enrichie de la connaissance de la vie dans le monde de l’action, jusqu’à sa mort sur la croix, cette mort signifie que nous devons symboliquement mourir à nos conceptions erronées, à nos préjugés, afin de pouvoir renaitre en homme pur et vertueux.

S’il avait été Dieu lui-même, aurait-il eu un doute avant d’être aspirer par la divinité lors de sa crucifixion. Il dit : « père pourquoi m’as-tu abandonné ». Il s’adresse là au véritable Dieu en tant qu’être humain. Il serait donc un initié frappé par la grâce lors de son baptême dans le Jourdain ?

Il s’agissait pour Jésus de se purifier et de se rapprocher de l’unité.

Ils sont, chacun à leur manière, des guides ou des modèles spirituels. L’observation des rites et la rectitude du cœur, la piété filiale, les rapports du Ciel, des hommes et de la terre, autant de voies susceptibles d’inscrire l’homme au centre de leurs préoccupations.

En fait tous les grands initiés sont des rebelles, peut-être en avance sur leur temps mais surement en désaccord avec leurs dirigeants. Chacun d’eux a pris plus ou moins des engagements politiques les mettant en porte à faux avec les détenteurs du pouvoir.

Ces hommes ont eu à un moment de leur vie, une illumination qui les a fait changer. Comme le profane qui frappe à la porte du temple.

Chacun de ces grands initiés avait sa méthode pour atteindre le cœur des hommes : le dialogue ou l’écoute, l’enseignement d’un dogme ou la recherche par soi-même. Le contexte historique dans lequel ils vivaient a aussi influencé leurs routes, de part leurs engagements politiques et religieux. Pour Moïse, c’était la loi du talion, avec Jésus vint le temps du pardon, Confucius, lui, avançait que la compréhension des êtres était la base de l’harmonie. Socrate amena la raison dans la réflexion : la foi alliée à l’intelligence.

Ils gardaient malgré tout le même objectif : la recherche de la vertu et de la sagesse. Tous croyaient en l’immortalité de l’âme et affirmaient que la mort n’est pas une fin. Ils ont tous fui une existence facile pour n’être que des SDF ou presque. Ils étaient d’infatigables marcheurs et, afin de répandre leurs idées ont choisi de cheminer sur les routes pour aller à la rencontre des hommes. Aller vers les autres sans attendre qu’ils ne s’égarent, c’est peut-être à cela que l’on peut reconnaître un grand initié. Il n’a de cesse de vouloir faire évoluer les êtres qui l’entourent et les faire progresser vers la sagesse. Leur vraie sagesse serait-elle de vouloir obtenir celle des autres ?

En fait la seule vraie différence entre eux est que certains ont eu une révélation, un appel de l’unité divine qui leur fit alors ouvrir les yeux sur les vraies valeurs qu’ils devaient défendre, alors que les autres ont cherché durant toute leur vie à s’approcher de la vraie lumière.

Le fait d’être un grand initié n’est pas un fait en lui-même mais un jugement humain. Ce jugement évolue selon l’époque et l’endroit mais il reste un jugement. Devenir un grand initié aux yeux des autres :

- Aux yeux de mes petits enfants, je suis un grand initié car j’ai la connaissance de ce que eux ne font que découvrir, je leur montre le chemin, je les protège. Mais il faudra qu’un jour ils prennent leurs propres décisions, qu’ils pensent par eux même sans demander avant si le pas qu’ils vont faire est sur le bon chemin. Il faudra qu’ils soient prêts afin de ne pas s’écarter de la vertu, et l’enseignement que je leur aurais dispensé sera alors primordial.

- Pour le compagnon, ces grands initiés sont un peu des pères ou des grands pères qui guident sans inhiber l’évolution de notre personnalité. Ce sont des modèles dans lesquels nous pouvons tirer le meilleur pour mener notre quête. Ils nous inspirent mais ne doivent pas se substituer à nous même, leurs mots ne doivent pas se substituer aux nôtres au risque de perdre notre âme.

Tous avaient autour d’eux des disciples auxquels ils confiaient leurs pensées. Ceux-ci ont pu transcrire leurs paroles, créant ainsi des courants philosophiques ou religieux qui aujourd’hui aident le cherchant dans sa quête.

Ces disciples ont eu peu ou pas l’occasion d’exprimer leurs propres pensés. Le compagnon peut parcourir tout ces écrits mais doit rester maitre de ses idées.

« Ne laisse pas n’importe quelle pensée, n’importe quel sentiment ou désir, féconder ta terre » (Olivier Manitara ; le livre secret des Esséniens)

Nous, francs maçons, sommes les héritiers de ces grands initiés mais il faut prendre garde à ne pas tomber dans le dogme.

« La véritable religion est avant tout un état d’esprit et d’âme qui appartient à la vie intérieure de l’individu et qui doit demeurer libre de toute frontière et manipulation artificielle » (olivier Manitara)

La science étudie tout ce qui est matière : le ciel qui nous entoure et ses étoiles jusqu’aux atomes qui façonnent notre existence. Les religions essaient de nous convaincre du bien fondé de leurs dogmes et étudient la science de l’esprit à partir de leurs certitudes. Les grands initiés nous enseignent de rester à l’écoute, de nous positionner non pas sur des certitudes dictées par la science ou notre religion mais sur la recherche permanente de la vérité. Rien n’est arrêté, tout est possible. Dans son livre, E. Schuré tente de nous convaincre que l’avenir est dans le rapprochement de la science et de la religion qu’en est-il vraiment ?

Je me pose cette question : la philosophie est elle le lien entre la science et la religion ?

Tous les grands initiés avaient compris que pour que l’homme comprenne et accepte leur message il serait besoin d’un édifice intérieur solide et harmonieux, sans cela leur mission dans le monde risquait d’être compromise. C’est donc un tel édifice qu’en premier lieu, ils se sont efforcés de bâtir.

Notre temple intérieur ne peut être édifié que par nous, leurs écrits et leurs idées ne sont pour nous que des outils supplémentaires. Ce ne sont pas les outils qui font la construction, mais celui qui les emploie et la façon de les employer. L’équerre que nous avons en main lors de ce quatrième voyage est justement là pour nous rappeler cette rectitude que nous devons avoir. « Crains l’exemple d’autrui ; pense d’après toi-même : Consulte, délibère, et choisis librement. »

Ils nous démontrent que chaque homme est capable de se surpasser et c’est une leçon de plus que nous donnent ces hommes. Lorsque l’homme renait franc maçon, il doit être purifié et, sans forcément oublier qui il était, devenir ou tout au moins tenter de devenir un homme de lumière. Ce qui nous relie à eux, c’est l’amour. L’amour avec un grand A. Par notre fraternité, nous exprimons ce qu’eux essayaient d’inculquer à leurs semblables.

L’interprétation de leurs textes ou de leurs paroles reste personnelle à chaque FM :.

Tout ces actes, toutes ces paroles qui nous paraissent à l’inverse de ce qu’ils veulent nous enseigner ne valent que par leur interprétation : le meilleur exemple en est l’évangile de Luc 12.49. Interprétée à l’opposé par deux religions.

Les tables de la loi ont crées la division, Jésus a lui aussi créé sans le vouloir un schisme qui dure encore 2000 ans après.

Il est donc essentiel pour nous franc-maçon de savoir interpréter leurs messages. Chacun d’entre eux peut nous apporter une étincelle de lumière, ils ne sont pas différents mais complémentaires, je dirai même indispensables les uns pour les autres. Chacun possède une part de vérité que nous nous efforçons de comprendre, l’important ne sont pas les mots mais leur compréhension.

La quête du FM ne peut s’arrêter à la lecture de tel ou tel document, elle ne fait que s’enrichir. Chaque FM sait au fond de lui jusqu’où il aimerait mener cette recherche. Notre recherche est basée sur une seule chose : le doute.

En effet si nous faisions confiance à nos ainés, si nous avions cru en leurs paroles, nous n’en serions pas là, notre recherche n’aurait pas lieu d’être. Nous aurions en temps et en heure approfondi leurs paroles et nous aurions compris depuis bien longtemps leur signification et nous aurions approché la vérité de si près qu’elle serait aujourd’hui évidente. Nous, bien sûr, c’est l’humanité. Chaque être humain possède cette étincelle divine au fond de lui qu’il suffit d’aviver. L’approche du divin à toujours fait peur à l’humanité, encore aujourd’hui. Sommes nous prêts, même nous FM à faire face à l’inconnu ? Difficile de répondre. Toutes les réflexions de ces grands initiés sont pour le compagnon ou plutôt paraissent des évidences, mais après une approche plus maçonnique leur complexité nous embarrasse et on s’aperçoit bien vite que les explications manquent. L’ésotérisme que nous abordons par notre initiation va nous ouvrir la voie. Nous nous devons d’être les gardiens de ces pensées, nous devons transmettre le message qu’elles contiennent afin d’améliorer l’humanité et préparer le jour où tous les hommes pourront recevoir la lumière.

Ces grands initiés nous enseignent que la vérité existe et que notre quête philosophique n’est pas vaine. Tous défendaient le fait que l’homme peut à tout moment basculer vers le bon et le beau, il faut pour cela qu’il ait la connaissance de ce qui est bien pour l’humanité, il doit discerner le bien du mal, la justice de l’injustice, et ne plus se leurrer de faux semblants. Il sera alors libre et sur la voie de la vertu. L’approche du divin à travers eux devient plus facile car ils nous ont transmis des enseignements qui pour le FM sont une base solide et riche pour sa réflexion.

Les hommes étaient-ils prêts à recevoir ces enseignements ?

Le grand initié n’est-il pas celui qui revient dans la caverne pour nous ouvrir les yeux sur ce qu’est réellement la vie, sur l’essence même de nos origines et de nos valeurs et nous délivrer ainsi des chaines de l’ignorance. Comme l’explique Platon par le « mythe de la caverne ».

Tous ces grands initiés ne sont que des maillons d’une chaine qui se perpétue encore de nos jours. Des hommes et des femmes essaient de porter haut l’âme des hommes. Ils donnent leurs vie pour certains à des causes que l’on croirait perdues et essaient d’entrainer dans leur sillage tous ceux de bonne volonté. Pareils à leurs ainés, ils vont vers les hommes et cherchent ou ont cherché à les faire progresser vers les voies de la sagesse. C’est une tâche ardue rendue encore plus difficile par les progrès de la science et des nouvelles technologies, car les mauvais messages ont tendance à se propager plus vite que les bons. Ces êtres privilégiés annoncent et préparent la spiritualité de demain.

En conclusion c’est AMOUR, aimer, un verbe qu’ils ont conjugué à tous les temps et que nous nous efforçons de prononcer à voix basse. Ils ont chacun leur approche de ce qu’est l’amour : limité à ses proches, ouvert à tous, parfois à tous les êtres vivants, ou bien simplement limité à sa personne croyant ainsi limiter ses désirs ; il faut simplement faire une synthèse de ces pensées pour nous faire un idéal de ce que peut être l’amour.

Oui c’est dur d’aimer vraiment, ça tord les tripes, on a du mal à s’endormir lorsque l’on pense aux gens à qui on voudrait transmettre un message d’amour, oui ça fait mal de voir ces même gens qui ne nous renvoient pas cet amour, mais nous devons continuer, nous devons aller jusqu’à nous torturer pour transmettre le message qu’ils nous ont laissé en héritage et tant pi si l’on passe pour des ringards, des sentimentaux ou des faibles, nous devons faire fis de toute critique et comme eux aller jusqu’au don de soi pour que naisse une nouvelle humanité.

VM j’ai dit

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/5110

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Déisme et spiritualité maçonnique

Publié le 6 Avril 2013 par Eric R\ dans Planches

(...) L’idée d’une puissance, d’un principe supérieur, irrigue définitivement tous les systèmes de pensées depuis plus de 4000 ans. Tous les compartiments des idées sont enveloppés par l’idée de Dieu. Le monothéisme chrétien des premiers siècles a conquis l’Empire romain, justifié le pouvoir de droit divin, offert le paradis à ses croyants ; dicté la morale, les lois et les règlements et formé la conscience citoyenne des républicains. Les tables de la loi de l’Ancien Testament, gravées dans la pierre, sont désormais consacrées par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et le dispositif législatif.

Pour exprimer le refus de Dieu, il faut d’abord se situer par rapport à lui. L’athéisme devient alors un sous- produit du divin, un doute nécessaire à son embellissement. Si aucune morale n’échappe au divin, est-il encore possible d’échapper au dogmatisme religieux ?

La franc-maçonnerie spéculative tente de répondre à cette question.

C’est l’idée d’un principe organisateur universel qui est mis en avant pour les loges et obédiences qui admettent le Grand Architecte de l’Univers. La notion même d’architecte n’est pas sans rapport avec la filiation légendaire de la maçonnerie spéculative et opérative. On a substitué l’architecte à Dieu, dans un esprit œcuménique et dans la suite des grandes découvertes scientifiques de Galilée, Kepler et Newton. L'Univers céleste n’était plus conforme au canon de l'Église. La géométrisation de Dieu relève du désir inconscient d’une religion véritablement universelle.

Du fait de la laïcisation de la société, certaines loges et Obédiences refusent de travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, tentant de confirmer l’athéisme comme base initiatique. Il y a confusion malencontreuse entre le refus de la religion et de son dogme et l’idée de Dieu. Il faut simplement avoir à l’esprit que les grades dits supérieurs confirment l’idée de Dieu ou du Christ et en toute hypothèse celle du Grand Architecte de l’univers. Il n’est pas certain que le fait d’être à la pointe de ce qui se fait dans la société soit duplicable en matière initiatique.

L’ensemble des religions appartient à un fonds commun de spiritualité. L’homme s’est élevé dans sa condition et sa destinée, en s’appuyant sur une base traditionnelle, dont la religion est une expression. Ces religions ont fait nos sociétés, et la conscience de l’homme. À ce titre nous estimons qu’elles sont un bien commun de l’humanité. Les excès et les dévoiements ne remettent pas en cause leur apport spirituel. La lecture d’un texte dit « sacré » ne doit jamais se faire sur un plan exotérique (et donc partisan et contingent). Seule la lecture ésotérique est empreinte de sagesse. Cette lecture est transversale et dépasse le fait religieux. Le religieux exotérique n’est pas à l’ordre du jour dans les loges maçonniques. C’est pour n’avoir pas compris le sens ésotérique transversal et l’idée de Tradition commune à tous ces textes que certains d’entre nous ont pu développer des réactions ostraciques. Ces derniers ne comptent que sur eux pour tout réinventer, ils sont donc leur propre religion, sans tradition.

Avant d’aborder les rapports entre l’église et les francs-maçons, il convient de situer religion et spiritualité. On peut décrire trois cas.

Le premier, historiquement, dit que la spiritualité est de nature religieuse, comme ce fut le cas dans les anciens devoirs, jusqu’au Mason Word. La prégnance de la religion dominait l’autonomie de la pensée, du moins pour le plus grand nombre. À partir de 1723, le Grand Architecte de l’Univers se substitue à Dieu et alors la spiritualité maçonnique dépasse le contenu des religions pour mieux les englober. Vient ensuite la IIIe République. La spiritualité se dissocie de la religion qui ne devient plus qu’un compartiment de celle-ci, une modalité d’expression parmi d’autres. Ces trois étapes caractérisent la pluralité de la Franc-maçonnerie d’aujourd’hui.

Pour les anciens opératifs catholiques, Dieu est le premier des maçons. Le Dieu Pancréator anthropomorphique est une représentation constante, souvent tracé dans une mandorle au tympan des églises et en enluminures. Cette imagerie rallie toutes les variantes dans l’appellation du Grand Architecte De l’Univers (GADLU).

Aucune discrimination n’est tolérée en Franc-maçonnerie. Tous les courants religieux peuvent être représentés. Les statistiques sont formelles : 10% de nos citoyens pratiquent régulièrement une religion, 75% déclarent croire en Dieu ou en une puissance créatrice. 25% se déclarent agnostiques, athées ou ne savent pas. Les Loges maçonniques sont le reflet de cette société française. Ce n’est pas l’appartenance religieuse qui fait le Maçon. Chaque maçon est libre de donner au mot Dieu la définition qu’il veut.

Atteindre ce que Socrate et Platon appelaient "l'état de sagesse", ce que les chrétiens appellent "l'illumination", ce que les Japonais appellent "le Satori", ce que les hindous appellent "la Réalisation spirituelle", tel est le but premier et fondamental de toute Maçonnerie. Il ne faut pas confondre "religion" et "spiritualité", ni "cléricalisme" et "religion". Libres et tolérants, les francs-maçons se considèrent comme des frères et acceptent que chacun cultive ses propres convictions et suive son propre chemin spirituel.

Les francs-maçons sont, par essence, opposés à tout dogmatisme, quel qu'il soit. Il est à noter que certaines loges sont plus adaptées par la philosophie de leurs rituels, à recevoir en leur sein un croyant ou un non-croyant. C’est la responsabilité du parrain, c'est-à-dire de celui qui est chargé de vous guider dans votre entrée en Franc-maçonnerie, de trouver la loge et l’obédience la plus adaptée à votre cas.

Par principe, on rappelle qu’en loge il est interdit de parler de religion ou politique afin de conserver une sérénité dans la tenue des travaux.

Définir son propre cas, revient à tenter de se situer dans le paysage religieux. Avant toute chose, il faut distinguer religion et église. La religion reste une croyance générale et impersonnelle, alors que l’église intervient dans la mise en œuvre d’un dogme qu’elle a pu produire dans le temps. Autrement dit, on peut parfaitement se déclarer de telle religion, sans accepter le dogme d’une église qui s’en réclame. On distingue au-delà de cette dichotomie, le texte sacré et son interprétation.

On peut tenter de distinguer 7 catégories :

-Les chrétiens d’esprit et de corps qui furent les premiers rédacteurs des Anciens Devoirs. Catholiques en faisant référence à la Sainte Trinité, puis anglicans et pour finir calvinistes. L’appartenance religieuse fondait la pratique rituelique.

- Les Déistes, qui sont à l’origine une hérésie de la foi chrétienne, car ils ne se réfèrent pas à une révélation. L’idée générale repose sur la création de l’univers par un Dieu bon et puissant. Ce Dieu est infiniment respectable, mais il ne s’est manifesté dans aucune écriture ni aucune révélation. Cette attitude propre à remettre en cause les canons de l’église explique que les chrétiens fondamentalistes se soient opposés à la notion de Grand Architecte de l’Univers. L’option Déiste est très largement présente dans les premières constitutions. Elle est conçue comme le plus petit dénominateur commun entre les différentes religions et voulait donner un caractère universaliste à la Franc-maçonnerie organisée, en l’appuyant très largement sur l’Ancien Testament, commun à toutes les religions du livre.

- Les Théistes souvent « noachites » ou « noachides» qui font de l’idée d’un Dieu unique, une omnipotence et une omniscience qui perfuse l’univers entier depuis sa création, sans représentation anthropomorphique. C’est une doctrine indépendante de toute religion établie.

- Les Relativistes qui loin de contester l’idée divine, la considère croyance utile, voire indispensable au bon équilibre sociétal et à la psychologie humaine. La foi devient utilitaire. La religion et son explication de l’univers ne sont qu’une hypothèse.

- Les Rationalistes qui considèrent que l’homme doit raisonner avant de croire, et qu’un dogme ne peut s’imposer de lui-même à l’homme libre. La foi religieuse interdit l’usage de la raison, la foi ne peut être qu’une hypothèse non raisonnée.

- Les Agnostiques qui doutent de l’existence d’un dieu sans le nier pour autant, de même qu’ils ignorent la profondeur métaphysique. Le domaine de l’intime, de l’origine des choses et de la destinée est inaccessible.

- L’athée qui constate que l’idée divine n’est prouvée par aucune science ni aucun raisonnement et met à l’écart le cortège des représentations mentales des croyants. L’athée assume librement sa pensée sans s’appuyer sur un dogme quelconque. On nie l’existence de Dieu et de la divinité.

Il existe sûrement bien d’autres catégories.

La rituelie maçonnique évolua avec les mentalités : si les anciens devoirs étaient expressément catholiques, intégrants la prière, les rituels maçonniques apparus après les statuts de Schaw de 1599, ne laissait aucune place à la prière des anciens devoirs catholiques. Ils étaient assortis d’un catéchisme mnémotechnique dupliquant celui de l’église.

Notons enfin que les constitutions dites d’Anderson en 1723 puis en 1738 se firent l’écho d’un discours rassembleur de bon aloi, propre à rétablir la paix civile, tout en s’inspirant particulièrement du Mason Word calviniste de nature symbolique et herméneutique. 1723 : « Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale ; et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin profane.
Mais, quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on a jugé mainte­nant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la reli­gion dont tous les honnêtes gens conviennent, qui est de permettre à un chacun d'embrasser les opinions qu'il croit les plus saines et les plus raisonnables; ces opinions qui peuvent rendre un homme bon, équi­table, sincère et humain envers ses semblables, de quelque lieu et de quelque croyance qu'ils puissent être. De sorte que, par un principe si excellent, la maçonnerie devient le centre de l'union parmi les hommes, et l'unique moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des per­sonnes qui n'auraient jamais pu être sociables parmi elles, par rapport à la différence de leurs sentiments. »


1723 n’est qu’une étape. On peut lire dans les Constitutions, l’obligation d’un simple déisme basé sur la religion naturelle, dans un esprit de tolérance. Le but d’unir les deux cultes était une vaine utopie. Il faut plutôt y rechercher un calcul politique des Orangistes qui désormais détenaient le pouvoir et avaient beau jeu de pratiquer l'œcuménisme de circonstance. En effet en 1738 l’allusion à un Noachisme devient l’expression unitaire des religions du livre. On y dépasse le christianisme schismatique pour aller vers les origines vétéro-testamentaires, qui ouvrent l’expression d’une lecture personnelle de l’Ancien Testament, propre à satisfaire l’esprit protestant ou Huguenot. En effet on attribue abusivement à Anderson la complète rédaction des constitutions de 1738. Le marquis de La Tierce, son ami, avait deux ans auparavant tenté d’améliorer le texte de 1723 en y introduisant un esprit certes reformé et oecuménique, mais d’essence française. À cet effet il y introduit, avant publication de 1742, une version du discours de Ramsay qui établit un lien chevaleresque, tout en améliorant l’aspect historique particulièrement défaillant chez Anderson.

Le Noachisme :

Le point de vue « noachite » est une idée « Ramsayenne », reprise par De la Tierce et Anderson. C’est donc un rassemblement qui est proposé sur la base du plus petit dénominateur commun. Cette volonté de rassemblement va ouvrir la porte à la légende d’Hiram qui est une relecture de la figure de Jésus. En évitant de tomber dans une déité proclamée, Hiram porte le grade de Maître au sommet de l’Art royal, tout en organisant le passage de l’initiation sur la matière à l’initiation sacerdotale.

1738 :« Un maçon s'oblige à observer la loi morale comme un vrai noachide; et s'il comprend droitement le métier, jamais ne sera stupide athée ni libertin sans religion, ni n'agira jamais contre sa conscience. Au temps jadis, les maçons chrétiens devaient se conformer aux usages chrétiens de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient. Mais la maçonnerie existante en toutes les nations même de religions différentes, le seul devoir est aujourd'hui d'adhérer à cette religion où tous les hommes s'accordent (sauf pour chaque frère à garder son opinion particulière), c'est-à-dire d'être hommes bons et vrais, ou hommes d'honneur et de probité, n'importe les appellations, religions ou croyances qui les distinguent : car ils s'accordent tous sur les trois grands articles de Noé, et c'en est assez pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la maçonnerie est le centre de leur union, et le moyen de concilier des personnes qui auraient dû, autre­ment, rester sans cesse éloignées les unes des autres. »

Le Noachisme en tant que tel par son universalité ne devait pas oublier la tradition dont était issue la Franc-maçonnerie. Elle ne pouvait ignorer ses racines chrétiennes et les prières qui ponctuaient les rites maçonniques opératifs[1][5]. De ces anciens devoirs, il importait pour certains de réintroduire la prière à Dieu. C’est ainsi que la réaction des « Anciens » contre les « Moderns » replace l’invocation à Dieu dans les rituels spéculatifs. Le centre de résistance principal était la vieille loge d’York qui pratiquait l’ancien principe de la loge libre et la fidélité à l’église (anciennement la Sainte Église puis l’Église anglicane). Ils finirent par fusionner non sans que Laurence Dermott publie en 1753 une version des constitutions de la Grande Loge des anciens, reprenant celle de 1738 avec un esprit nettement plus déiste.

La fusion des « Anciens » et des « Modernes »en 1813 entretiendra durablement une confusion entre ce qui caractérise les rites anciens et modernes, entraînant un mélange « génétique » dans la pratique rituelique.

Au Rite Écossais Primitif, il est préférable d’accepter l’idée divine, quelle que soit la typologie représentative, avec ou sans pratique religieuse. Pour s’en faire une idée il suffit de lire l’invocation de fermeture :

«- Très Saint et Très Glorieux Seigneur Dieu, Suprême Architecte du Ciel et de la Terre, Dispensateur de toutes les Grâces ici-bas, nous te supplions de bénir nos Travaux et d’illuminer nos esprits d’intelligence et de Sagesse, afin que nous puissions être à même de Te connaître et de Te servir droitement, toutes nos actions ne tendant qu’a Ta Gloire, et au retour de nos Âmes en Ta Lumière. Amen. »

On constate que les deux terminologies Dieu et Suprême Architecte de l’Univers sont confondues pour rejoindre le versant métaphysique de la Déité, avec une notion liée à l’âme qui correspond à la pratique tri-unitaire des Anciens devoirs. (Corps, âme, esprit.)

Le Rite Écossais Rectifié par son histoire inspirée par les ordres de chevalerie accepte plutôt les chrétiens, l’ésotérisme chrétien occupant une place majeure C’est en 1778 que ce rite adossé sur celui de la Stricte Observance Templière est rectifié par JB Willermoz. L’invocation finale préalable à la fermeture des travaux illustre une différence avec l’esprit œcuménique des constitutions d’Anderson :

« Souverain Maître de l'Univers qui n'avez cependant nul besoin, vous avez voulu posséder votre Temple parmi nous et en nous. Daignez donc, Seigneur, conserver cette Demeure à jamais et toujours dans la Paix et l’Harmonie. Vous qui avez choisi ce Temple pour que votre Saint Nom y soit invoqué, faites aussi qu'il demeure une maison de travail et d'obsécration pour Votre peuple, et que ces Pierres Vivantes que sont Vos ouvriers, Suprême Architecte du Monde, soient à jamais unies entre elles par le ciment de la Charité... Amen ! ... »

Le Rite Écossais Ancien et accepté, par sa nature syncrétique, accepte toutes les tendances, ce rite pouvant être qualifié de Théiste. Enfin le Rite Français est plus généraliste encore et les libres penseurs peuvent y trouver une place. Il n’y a pas d’invocation au sens biblique du terme, mais l’affirmation d’un idéal dans la sphère humaine :

« Bien au-dessus des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le Franc-Maçon le vaste domaine de la pensée et de l’action. Avant de nous séparer, élevons-nous ensemble vers notre idéal. Qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre vie, qu’il soit la Lumière sur notre chemin ! « 

Le serment qui engage le franc-maçon est donné sur la bible ouverte à l’Évangile de Saint Jean considéré comme un livre initiatique, surmonté de l’équerre et du compas, comme pour la plupart des rites écossais. Certains rites préconisent l’équerre, le compas et la règle cette dernière remplaçant la Bible.

La Franc-maçonnerie reste universelle et n'impose aucune limite à la recherche de la Vérité. Elle est donc par nature adogmatique. En Franc-maçonnerie, il n'existe aucune Vérité "venue d'en haut" (en dehors de la religion et de l’éventuelle révélation, qui reste du domaine privé), aucun gourou à vénérer, seul subsiste le travail individuel et collectif, autour d'un outil parmi tant d'autres : la méditation et la reliance à la tradition et aux êtres.

L’excommunication :

C’est ce relativisme religieux qui a toujours gêné les autorités religieuses. Les Constitution révisées d’Anderson approuvées par la Grande Loge de Londres le 25 janvier 1738 dans son article 1er déclare : « Un vrai Maçon est obligé par son titre, de se conformer à la loi morale comme un vrai noachide… » C'est-à-dire établir une relation au Divin, antérieure au Nouveau Testament objet de divergences d’interprétation, pour se transporter sur le terrain de l’Ancien Testament, laissant à chacun le droit de se définir plus précisément dans sa croyance. La réaction du Pape Clément XII est une condamnation de la Franc-maçonnerie dans la Bulle « In Eminenti… » datée de 1738 « Pour d’autres motifs justes et raisonnables de Nous connus… » Renouvelée par Benoît XIV en 1751 dans la bulle « Providas ». Les bulles qui excommunient les catholiques Franc-maçon sont sans effet en France, car elles doivent être enregistrées par le parlement. Cependant, à la restauration et suite au concordat de 1801 passé entre Bonaparte et Pie VII, elles deviennent applicables et sont reprises dans la bulle « Ecclesiam a Jesus Christo » qui vise plus généralement les sociétés occultes. On vit alors les membres du clergé et les fidèles quitter les Loges, remplacés par des frères insensibles à cette situation et probablement moins engagés dans la religion catholique. Suite à ce déséquilibre, on assista à une montée en puissance du sentiment Déiste dans l’esprit voltairien jusqu’à la révolution de 1848 et ce, dès le Second Empire. Cette situation évolua vers la laïcité républicaine qui permit au Grand Orient de France en 1877 d’éliminer la référence au Grand Architecte de l’Univers. Ainsi, on suit un axe qui part de l’Esprit des Lumières pour aboutir à un positivisme et un rationalisme extrême.

En 1884 le 2 avril, Léon XIII publie l’encyclique « Humanum Genus » ou les francs-maçons sont accusés de « ruiner la Sainte Église…, dépouiller les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ ». Il faut préciser que la Franc-maçonnerie oeuvra avec un réel succès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation de l'Église et de L'État.

En 1915, le canon 2335 du droit canonique, stipule que les francs maçons catholiques encourent l’excommunication.

C’est en 1983 que cet article fut annulé et remplacé par le canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ». À ce point de l’histoire, on ne peut pas dire que la franc-maçonnerie conspire contre l'Église. Il existe même une franc- maçonnerie Christique. Toute perspective de rapprochement pour les francs maçons pratiquant une religion, disparaît lorsque le 26 novembre 1983 le futur Pape Benoît XVI, président la Congrégation pour la doctrine de la Foi, renouvela l’interdiction faite aux catholiques d’appartenir à la franc-maçonnerie.

L’Église Anglicane n’est pas en reste et accuse la franc-maçonnerie d’être hérétique, gnostique, de s’opposer à la trinité. Il y a incompatibilité des deux démarches. Les méthodistes lui reprochent le secret et en interdisent l’accès. Seule l’église baptiste des États-Unis semble accepter l’adhésion à la franc-maçonnerie. En France l’Église Orthodoxe n’a formulé aucune opposition. Enfin l’Islam, malgré le soufisme, s’oppose à la démarche maçonnique qualifiée de sioniste. Le Bouddhisme et l’hindouisme restent dans une indifférence bienveillante.

Le constat est clair, si la franc-maçonnerie et l’immense majorité des Frères, respectent et estiment les religions, les églises font preuve d’une méfiance voir d’une hostilité incompréhensible pour les francs maçons pratiquant assidûment une religion. Il convient d’examiner les cinq points qui motivent cette hostilité.

1) Le relativisme

Le fait de considérer sur un pied d’égalité toutes les pratiques religieuses fait que la franc-maçonnerie est multiconfessionnelle. Cette attitude est proche de la vision laïque, ce qui pose un problème aux religions universalistes et conquérantes. Le fondement de ce relativisme trouve sa source à la fois dans le Noachisme historique, mais aussi à la distinction qui est faite entre la voie mystique et initiatique. Pour le maçon ces deux voies sont distinctes, pour le clergé, la révélation mystique est la seule voie.

Ce relativisme cède parfois à une hostilité ouverte. Le grand Orient en 1922 dans son convent déclare :

« La séculaire puissance d’obscurantisme prétend à l’universalité de son hégémonie mondiale. Son Vatican, avec ses multiples services de sa curie romaine, telle une pieuvre colossale développe ses monstrueux tentacules sur le monde entier. L’ombre néfaste de ses maisons de prières et de servitude dissimule aux humains les perspectives des horizons de lumière et de vérité. Si nous voulons que cette ombre meurtrière de la pensée humaine, complice de tous les crimes qui laissent dans l’histoire une longue traînée de sang, ne puisse s’étendre et s’épanouir dans ce monde, si nous voulons préserver les générations d’un fatal enlisement intellectuel sous la sujétion des dogmes, des préjugés, et des superstitions ; détruisons ce symbole « apostolique » d’horreur et d’épouvante, ce foyer de malfaisance universelle et reprenons l’âpre combat au cri renouvelé de Voltaire : Ecrasons l’Infâme ! »

2) Le langage de la franc-maçonnerie traditionnelle et symbolique

C’est un langage ésotérique. L’Église des premiers siècles était l’héritière des traditions passées et avait indiscutablement un discours initiatique en plus du discours mystique.C’est un aspect que l’Église dans sa course à la sécularisation et sa conquête du pouvoir temporel a négligé. À force de s’appuyer sur le plus grand nombre, le discours de l’Église s’est vulgarisé. Le versant ésotérique réservé à l’élite (notamment aux évêques) fut abandonné au profit d’un exotérisme simplificateur et anthropomorphique. C’est ainsi que l’Église pouvait parler au plus grand nombre et peser sur les âmes et le pouvoir politique. L’Église restait détentrice des anciennes traditions sans en comprendre le sens profond.

Cet abandon remonte au Moyen-âge. L’ésotérisme chrétien de la grande tradition se trouvait en difficulté. L’enjeu résidait dans la maîtrise du pouvoir temporel, ou le nombre et la matérialité pèsent plus que l’élite et l’esprit. Il fit ressortir les sociétés initiatiques détectrices des traditions et de leurs interprétations. Celles qui sommeillaient bien souvent très près des évêques et cardinaux qui, autrefois, maîtrisaient ce langage. Les interprétations de l’ésotérisme chrétien, par les fidèles d’amour, les roses croix, les templiers, les gnostiques, les alchimistes n’étaient que partielles. Leurs interprétations ne reposaient pas sur une métaphysique de la totalité. Cette dislocation n’a pas permis à ces mouvements de survivre par eux-mêmes. Ils devaient se rallier à une voie véritablement initiatique comme la Franc-maçonnerie opérative. Seul ce réceptacle pouvait garantir la transmission.

On ne peut priver de voie initiatique, le cherchant de bonne foi. Cette aspiration correspond à un besoin irrépressible, qu’aucune loi ou aucun règlement ne peut juguler. Il ne restait plus à l'Église que la voie mystique assujettie au dogme, qui a produit un grand nombre de béatifications. La voie mystique est l’équivalent de la voie initiatique, la première s’exerçant dans le domaine extérieur (exotérisme) et la seconde dans le domaine intérieur (ésotérisme). Toutes les deux supposent un laborieux effort pour y parvenir, mais aussi une capacité à recevoir la grâce divine ou à la découvrir.

La voie sacerdotale n’étant plus que mystique, seule la voie artisanale restait à la disposition du peuple et la voie chevaleresque pour la noblesse. C’est dans ces deux voies que se dirigèrent les micro-sociétés initiatiques, pour les enrichir, tout en prospérant à l’abri de l’institution. Inattaquables, car forts utiles (travail de la matière ou art du combat), elles transportèrent leur trésor initiatique jusqu'à nous. L'église dépossédée de son hégémonie dans l’interprétation des textes sacrés et de l’explication du monde se retrouva contestée dans la voie initiatique sacerdotale par différents mouvements à caractères gnostiques. Cette affaire marqua profondément la Papauté qui en tira des règles aussi rigides que l’inquisition. La disgrâce de la franc-maçonnerie est en partie due à ce passif.

Ce qui ressemblait à la franc-maçonnerie, ainsi que les autres organisations initiatiques, trouva le champ libre.

La religion n’était pas contestée dans ses fondements, mais elle était complétée dans une deuxième interprétation sur un registre ésotérique soustrait à l’audition du plus grand nombre.

3) L’antériorité interprétative

La légitimité d’un mouvement d’idée trouve souvent ses fondements dans le caractère immémorial de sa pratique. À l’évidence bien des traditions sont antérieures à l’avènement du Christ.

Les alchimistes prétendent que leur science est le reflet des saints mystères et que le Christ partage l’immanence de la pierre philosophale. Adam n’est-il pas un modelage fait de glaise, d’eau et du souffle divin, soit les éléments de bases qui après division et purification donneront la pierre philosophale…

Les gnostiques plaident aussi pour une renaissance ultime tout en se fondant sur des traditions antérieures à la chrétienté.

Les roses croix qui depuis 1646 désirent réaliser l’approche ésotérique des œuvres de Dieu dans la nature, dans le but de la dominer.

Les hermétistes s’intéressent à la nature du Christ : s’agit-il d’une résurrection, d’une renaissance, d’une exaltation ? Qu’en est-il de ce corps mystique ? Ils trouvent à s’appuyer sur une antériorité qui remonte bien avant Jésus Christ.

Comme l'Église des premiers siècles, ils fondent leurs traditions et leurs symbolismes sur des pratiques qui appartiennent au fonds commun des sociétés à mystères ou initiatiques.

À l’antériorité interprétative s’ajoute parfois la pratique théurgique. Celle-ci fut particulièrement mise en exergue par Martinez de Pasqually, lorsque fut instauré l’ordre des Élus Cohen. Son influence fut suffisamment forte pour irriguer en partie la franc-maçonnerie moderne, à tendance christique, telle que pratiquée par le Rite Écossais Rectifié. La franc-maçonnerie swedenborgienne s’imprègne fortement des enseignements de la bible, de la Genèse du principe créateur et de la réintégration.

Ainsi l’autonomie dans l’interprétation se traduit en autonomie de la volonté et fait sortir du giron papal, toute une série de mouvements initiatiques, mystiques et autres, qui sont de nature à porter préjudice à l’institution ecclésiale.

Le Christ et sa résurrection, ainsi que tous les mystères de la révélation sont interprétés spécifiquement par tous les mouvements initiatiques hermétiques, qui font peu de cas du Dogme de l'Église.

4) Le dogme

L’emprise naturelle et respectable de la doctrine dans une religion va se heurter à la conquête du Soi par l’initié. On admet généralement que la religion catholique, pratiquée en sa forme ancienne et traditionnelle, offrait un cheminement initiatique. Ledit cheminement restait sous l’emprise des différents sacrements, qui marquaient les admissions aux mystères de la foi.

Le hiatus semble reposer sur le caractère initiatique de l'Église, de la franc-maçonnerie et la liberté d’évolution de cette dernière. Les deux institutions se retrouvent en concurrence sur le chemin de l’initiation, sacerdotale pour la première et artisanale pour la seconde.

La différence tenait à l’autonomie de l’interprétation. Le dogme tient fermement la main du chrétien, ne le laissant quitter le seul chemin possible, alors que la Franc-maçonnerie ne prétend nullement diriger le maçon sur son chemin, proposant un simple épaulement de la fraternité initiatique de la loge. L’initiation a toujours existé et l'Église s’est appuyée sur les traditions initiatiques antérieures pour entrer dans les âmes et les cœurs. La voie cardiaque est si efficace qu’il convient de fermer la porte derrière soi pour éviter toute concurrence. Or, c’est aussi par la voie cardiaque et son égrégore que la Franc-maçonnerie s’installe en nous. N’oublions pas que la Franc-maçonnerie interprète les textes sacrés et donc la Bible sur un plan ésotérique. Chassant sur les terres de l’ésotérisme chrétien, l’interprétation libre et personnelle du maçon, risque de s’opposer à la révélation et aux dogmes. Les initiés sur la voie savent qu’il est judicieux, au nom d’une certaine cohérence, de n’emprunter qu’une seule voie à la fois. En conséquence être fidèle dans une religion n’est pas incompatible sur le plan initiatique avec la Franc-maçonnerie, mais suppose l’adhésion à un dogme qui guide les pas du maçon. La peur de l’Église est que ce dernier, par ses propres découvertes et son exégèse ésotérique, ne se détourne du canon.

5) Hiram

La légende d’Hiram apparaît dans les loges vers 1730-1745. Elle semble réunir sur elle l’action des courants ésotériques voir occultistes des siècles passés. Rose-croix, alchimistes, détenteurs de la Gnose, élus Cohens trouvent une expression plus élaborée dans cette légende. La théâtralité du récit, introduit dans le rituel d’exaltation, le passage dans un autre état, voire dans un autre monde, pour «l’élu » qui a été choisi par ses pairs.

L'homme-matière devient Homme-esprit. Nous ne sommes plus dans le registre de la pierre taillée. C’est bien plus qu’une simple palingénésie qui mimerait au plan symbolique le sacrifice du Christ. Son assassinat et son relèvement rituel n’étaient pas pour plaire au clergé, d’autant que cette mort rituelle est une délivrance de toute contingence et donc de la matière, alors que la crucifixion du Christ annonce la résurrection des corps et le salut de l’âme.

La délivrance est réservée aux élus, le salut est pour tous.

L’interprétation du sacrifice du Christ et de sa résurrection se trouva concurrencée par l’approche initiatique de la légende D’Hiram. C’est toute la construction dogmatique qui était menacée par l’élan maçonnique. Désormais, s’en était trop, le futur Maître ne pouvait vivre une résurrection-délivrance dans des cérémonies secrètes, et il ne pouvait y avoir deux Christs, celui du salut et celui de la délivrance, celui de l’Église et celui des maçons.

L’interprétation maçonnique est potentiellement supérieure à celle de l'Église, car cette dernière ne se situe que « par » et « pour » l’homme, lui proposant le salut pour réalisation spirituelle, alors que la maçonnerie offre le changement d’état.

L'Église considère que la spiritualité est sa suite et conséquence, inspirée par la foi. Le point de vue de l'Église s’oppose à certains maçons pour qui la croyance en une religion n’est qu’un simple compartiment de la spiritualité.

La base historique du christianisme repose sur la Résurrection. C’est l’expression prophétique de la volonté divine dans un domaine purement contingent et historique. Ce « sous-domaine » d’intervention est de moindre dimension, qu’une sphère métaphysique, conceptualisée par l’initié-maçon dans son for intérieur. Ainsi, la métaphysique de l’initié parfait saisit l’ensemble de la permanence et du tout, alors que la prophétie et la résurrection ne sont que l’émanation d’une volonté divine dans une strate. Il y a bien différence de perspective, car la nature de la religion est décidément dénuée de son dimensionnement ésotérique.

C’est un dialogue de sourds.

L'Église ne reconnaissant pas l’ésotérisme comme autonome et supérieur dans sa portée, mets en avant la voie mystique. Elle n’accepte pas de reconnaître l’abandon fautif de l’interprétation de l’ésotérisme spécifiquement chrétien. De son côté, le maçon n’entend pas se soumettre au dogme, conservant ainsi l’intégrité d’une voie initiatique, artisanale, ancestrale et personnelle.

La voie initiatique peut être complétée par la foi. Si on admet que la foi religieuse complète et illustre dans un domaine limité, le concept métaphysique.

De notre point de vue il n’y a pas contradiction entre la voie initiatique et la voie mystique, elles sont agissantes sur deux domaines différents, mais pas contradictoires.

Toutes les voies ascensionnelles sont censées converger en un point commun et ultime. Ce sommet de la montagne pouvait être suggéré par la légende du relèvement d’Hiram et la résurrection du Christ. Les conséquences étaient trop importantes pour qu’il puisse y avoir la moindre reconnaissance de part et d’autre.

(…)

© Comprendre la Franc-maçonnerie - Editions du Maçon 2011

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-spiritualite-maconnique-99413011.html



 

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Les relations entre l'Eglise et la Franc-maçonnerie sous la 3ème République

Publié le 2 Avril 2013 par GLDF dans Planches

Au XIXe siècle, l’on constate une inflation des anathèmes pontificaux contre la franc-maçonnerie qui devient galopante avec Pie IX (dix textes entre 1846 et 1878) et Léon XIII (sept textes entre 1878 et 1903), pour culminer en 1884 avec la célèbre encyclique Humanum genus qui appelait les catholiques du monde entier à « démasquer la franc-maçonnerie ».

Au départ, au XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie était une société d’agrément sans visée philosophique spéciale, ses membres en France étant tous chrétiens. Ensuite, au siècle suivant, le libéralisme, le positivisme et le scientisme triomphants firent sentir leur influence sans partage jusque dans les loges françaises. Et cela d’autant plus facilement que les interdits pontificaux avaient fini par vider complètement ces dernières de leurs membres catholiques. Républicains et libres-penseurs s’y retrouvèrent donc entre eux et, par conséquent, chez eux. Au nom de la liberté et du progrès, les rituels furent remaniés et les thèmes politiques et anticléricaux firent leur apparition dans les ordres du jour des loges. Mouvement philanthropique et philosophique dans ses buts, la maçonnerie française devint dans les faits une organisation de combat anticléricale.
La défaite de Napoléon III en 1870 entraîna la chute du Second Empire. La IIIe République fut proclamée. Les monarchistes qui la dominèrent tout d’abord furent battus par les républicains à toutes les élections les unes après les autres. Après la démission du président Mac-Mahon en 1879 et son remplacement par Jules Grévy, les républicains détinrent tous les leviers du pouvoir. Avec leurs alliés francs-maçons ils engagèrent sans tarder une lutte sans merci contre l’Eglise catholique.

I. Le heurt des convictions (1879-1914)
Les protagonistes
L’Eglise de France disposait encore de trois solides ancrages au début de la IIIe République : des bastions intacts de catholicité (aussi bien géographiques que sociaux et familiaux), l’adhésion d’une confortable majorité de la population féminine (qui se voyait toutefois privée du droit de vote) et un clergé abondant et solidement formé totalisant près de 220 000 membres. En vertu du Concordat de 1801, le clergé était rétribué par l’Etat et bénéficiait d’une influence sur les institutions et la vie publique qui dépassait largement son rôle purement religieux. Nombreux se comptaient parmi les gens d’Eglise et leurs fidèles les tenants d’une restauration monarchique.

En face, les obédiences maçonniques, toutes composés d’ardents républicains, tombaient d’accord pour faire disparaître l’influence de l’Eglise catholique de la sphère publique, c’est-à-dire d’instituer une république laïque. Globalement, la franc-maçonnerie française comptait à cette époque 25 000 membres, dont 20 0000 pour le Grand Orient de France
Alors, David contre Goliath ? Effectivement, réduite à ses seules forces, la franc-maçonnerie n’aurait pu passer à l’offensive. Mais, depuis l’arrivée au pouvoir des républicains en 1879, les francs-maçons disposaient d’alliés de poids. La franc-maçonnerie s’occupa alors beaucoup de politique afin de faire prévaloir ses idées anticléricales.

La proximité des francs-maçons avec le pouvoir républicain
Tous les cabinets ministériels comportèrent des francs-maçons en nombre très important. Ces ministres francs-maçons représentaient d’après mes calculs en moyenne 42% du personnel gouvernemental. L’année 1901 vit la naissance, à Paris, du Parti républicain radical et radical-socialiste. A une exception près, l’équipe organisatrice était entièrement composée de francs-maçons. Cent cinquante loges étaient représentées, soit près du tiers des ateliers alors en activité. Considérant le rôle prépondérant joué par les francs-maçons dans ces assises, il n’est pas étonnant de trouver une grande ressemblance entre le programme mis au point par les radicaux et les vœux adoptés par les convents des obédiences maçonniques. Manifestement, il y avait osmose, même si les hommes politiques francs-maçons n’étaient pas tous radicaux.

L’offensive anticléricale
Soutenu à fond par la franc-maçonnerie, le pouvoir anticlérical en place s’attaqua avec vigueur à l’omniprésence de l’Eglise dans les institutions et l’espace public. De leur côté, les catholiques pesèrent de toute leur force pour tenter de conserver à l’Eglise ses prérogatives temporelles et son influence sur l’éducation de la jeunesse. Loi après loi, décret après décret, la laïcité publique fut installée au cours de la décennie 1881-1890. En 1901, la loi sur les associations fut promulguée. Ce texte donnait la liberté aux associations tout en la refusant aux congrégations. Avec l’arrivée du radical et franc-maçon Emile Combes aux affaires en 1902, commença l’application de la loi. Les congrégations furent presque toutes supprimées et les congréganistes réduits à l’exil ou à la sécularisation. Les obédiences maçonniques réclamaient la séparation des Eglises et de l’Etat depuis longtemps. La loi de séparation fut finalement votée en 1905. Les biens immobiliers et mobiliers de l’Eglise furent tous confisqués. Comme pour les lois précédentes, le pape Pie X fit porter par la franc-maçonnerie la responsabilité de la séparation.

L’antimaçonnisme catholique
Des ligues antimaçonniques furent créées, des revues furent lancées. L’Association Antimaçonnique de France et son organe emblématique La Franc-Maçonnerie démasquée sont les plus célèbres. Au moyen de tracts, affiches et conférences, furent divulgués auprès du public rituels, catéchismes, constitutions et règlements, mots de semestre, circulaires, travaux des convents, noms des francs-maçons, tout était jeté en pâture à la curiosité du public. En 1904, à l’instigation de des antimaçons, éclata l’Affaire des Fiches. L’Association Antimaçonnique de France dévoila en 1908 dans le Répertoire maçonnique l’identité de 30 000 francs-maçons français avec mention pour chacun de sa profession et de son adresse.
Au total, de 1879 à 1914, politiquement minoritaires, les catholiques ne furent pas en mesure de s’opposer à la déferlante qui lamina l’influence de leur Eglise sur la société française. De plus, la calamiteuse Affaire Taxil avait ajouté le ridicule à leurs difficultés et discrédité l’antimaçonnisme catholique. A l’inverse, la franc-maçonnerie, en quelque sorte le laboratoire à idées du régime en place, vit se concrétiser ses idéaux. En 1914, les deux France paraissaient irréconciliables. Survint la Grande Guerre.

II. Le relatif apaisement (1919-1940)
La persistance d’un antimaçonnisme catholique
Pendant la Guerre de 1914-1918, catholiques et francs-maçons s’étaient retrouvés au coude à coude dans les tranchées. Sous la mitraille, ils avaient appris à vivre et à mourir ensemble. Après le conflit, les relations entre les autorités françaises et l’Eglise se normalisèrent. Après quarante ans de domination sans partage de la gauche sur les institutions de la République, la droite parlementaire était revenue aux affaires en 1919. L’ascendant que la franc-maçonnerie faisait précédemment sentir sur le pouvoir avait cessé d’aller de soi.
L’antimaçonnisme catholique ne désarma cependant pas, mais il changea son axe d’attaque. Mgr Ernest Jouin apparenta dans sa Revue Internationale des Sociétés Secrètes les juifs aux francs-maçons sous le vocable de « judéomaçonnisme ». Il signifiait de cette façon que la vision d’une alliance de circonstance entre francs-maçons et juifs, telle qu’on avait pu la concevoir avant le conflit était remplacée par le concept d’un dessein politique rigoureux, pour la réalisation duquel les juifs exerçaient leur emprise sur la franc-maçonnerie. Le lien était ainsi établi entre des formes de pensée antimaçonniques et antisémites selon le modèle du XIXe siècle et l’antijudéo-maçonnisme propre au XXe siècle.

Les évolutions dans la franc-maçonnerie
En 1933, le scandale politico-financier auquel était lié Alexandre Stavisky donna lieu à un regain d'hostilité à l'égard de la franc-maçonnerie et des juifs. Fils de parents juifs immigrés de Russie, ce repris de justice avait développé ses activités illicites dans un milieu d’hommes d’affaires qui presque tous étaient francs-maçons. L’Affaire Stavisky eut pour conséquence une crise politique qui culmina dans les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934. Ces évènements ébranlèrent le régime républicain et firent trembler la franc-maçonnerie, qui s’en voulait la gardienne sourcilleuse.
A la Grande Loge de France, le Conseil Fédéral décida de convoquer un convent extraordinaire afin d’obtenir tous pouvoirs pour épurer l’obédience de ses membres indésirables. Le nombre des radiations s’éleva à 637, et celui des démissions provoquées à 705.
Au Grand Orient de France, le malaise était également perceptible. Le Conseil de l’Ordre prononça une cinquantaine d’exclusions. Etaient du nombre d’anciens ministres et des députés. De hautes personnalités comme le professeur Charles Richet et l’influent journaliste Léo Abel Gaboriaud quittèrent l’obédience. Le docteur Camille Savoire, grand commandeur du Grand Collège des Rites, et d’autres dignitaires comme André Lebey, René Wibaux, Aimé Machon et Raymond Corbin, donnèrent à leur démission en 1935 un tour plus spiritualiste. C’est ainsi qu’en 1935 fut créé le Grand Prieuré des Gaules, organisme recteur du Rite Ecossais Rectifié. Dans la nouvelle obédience, les discussions politiques, sociales et religieuses étaient proscrites. C’était un retour à l’ancienne tradition maçonnique de neutralité. C’était aussi et surtout une réaction contre les implications de la maçonnerie française dans les problèmes de la cité.

La franc-maçonnerie, l’Eglise et les totalitarismes
Toutefois un fait nouveau vint brouiller l’image traditionnelle du conflit frontal opposant depuis des lustres franc-maçonnerie et Eglise. La maçonnerie était à présent attaquée par d’autres forces. La Russie soviétique avait prohibé la franc-maçonnerie. La Hongrie, l’Italie, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne firent de même.

L’inquiétude engendrée par la montée de l’antimaçonnisme d’Etat en Europe gagna le puissant Rite Ecossais Ancien et Accepté aux Etats-Unis. Le souverain grand commandeur de la juridiction Nord des Etats-Unis, Melvin Maynard Johnson, décida de porter la défense de la franc-maçonnerie à l’ordre du jour de la Conférence Internationale des Suprêmes Conseils, qui devait se tenir en juin 1935 à Bruxelles. Trois questions furent au cœur des travaux : « Quelles sont les véritables raisons de l’hostilité de certains gouvernements et partis politiques ? Quels sont les griefs, réels ou imaginaires, articulés contre la Franc-Maçonerie ? La Maçonnerie a-t-elle commis des fautes ou des indiscrétions qui ont favorisé l’action de l’adversaire ? ». Cette importante réunion marquait ainsi un changement d’état d’esprit par rapport aux récriminations, à la pratique de la victimisation et au coup du dédain, jusqu’alors réponses habituelles des francs-maçons aux agressions dont ils faisaient l’objet.
Pour sa part, l’Eglise catholique était aux prises en Italie, et encore plus en Allemagne, avec un pouvoir totalitaire qui s’employait activement à marginaliser son influence dans la société. Le pape Pie XI s’était montré tout d’abord conciliant avec Mussolini et avait signé avec lui les Accords du Latran en 1929. Pie XI en vint ensuite à considérer le fascisme comme une moderne idolâtrie, qu’il dénonça en 1931 dans son encyclique Non abbiamo bisogno
<!--[if !supportFootnotes]-->[1]  . Il en fut de même avec l’Allemagne nazie. Un concordat fut signé en 1933, mais très rapidement les relations entre Berlin et le Vatican se tendirent. En 1937 parurent presque simultanément deux encycliques. Divini Redemptoris condamnait le communisme, que Pie XI qualifiait d’intrinsèquement pervers. Mit brennender Sorge<!--[if !supportFootnotes]-->[2]   portait condamnation du nazisme et de ses théories raciales, de son système de déification de l’État, de mécanisation de la personne humaine et d’endoctrinement de la jeunesse.

L’apparition d’un état d’esprit nouveau
En face des dangers que les extrémismes de droite comme de gauche faisaient courir à la fois à la franc-maçonnerie et à l’Eglise catholique, quelques francs-maçons hauts gradés se prirent à penser à la possibilité d’un rapprochement entre les deux grandes institutions. Albert Lantoine, dignitaire du Suprême Conseil de France, était du nombre. En 1936-1937, dans ses articles de la revue Le Symbolisme, puis dans un ouvrage intitulé Lettre ouverte au Souverain Pontife préfacé par Oswald Wirth, il fit savoir que le temps était venu pour la franc-maçonnerie et l’Eglise de mettre fin à leur querelle séculaire de façon à faire face aux totalitarismes de tous bords. Encore plus significatif, le Suprême Conseil de France jugea nécessaire, en 1938, d’affirmer solennellement les principes de non-ingérence politique du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Dans la foulée, la Grande Loge de France fit sienne cette déclaration.

Les observateurs catholiques se réjouirent de la fracture qui venait de se produire dans la franc-maçonnerie française. Pour eux, il se serait agi d’une nouvelle phase de la lutte qui opposait les maçons spiritualistes, attachés à la tradition, aux maçons rationalistes, épris de progrès. Réduits au statut de minoritaires depuis les débuts de la IIIe République, les premiers l’emportaient au Suprême Conseil, d’où ils étendaient leur influence sur une Grande Loge ravie de redécouvrir les vertus incarnées par ses hauts grades. Au Grand Collège des Rites, au contraire, ils avaient dû prendre la porte et se regrouper sous les auspices du Grand Prieuré des Gaules.

De leur côté, certains catholiques pensèrent que le moment était venu d’une réconciliation de l’Eglise et de la franc-maçonnerie. Le jésuite Joseph Berteloot était de ceux-là. Spécialiste des questions maçonniques dans son Ordre, il était en relation avec Lantoine. Il accueillit la proposition de ce dernier avec sympathie, mais la Seconde Guerre mondiale interrompit ce processus de rapprochement.

En conclusion, la période 1879-1914 est une séquence de relations conflictuelles très dures entre l’Eglise et la franc-maçonnerie. L’une croyait servir Dieu, l’autre la République, et toutes les deux la France. Les francs-maçons sont omniprésents dans les allées d’un pouvoir qui a fait de l’anticléricalisme sa priorité. La période 1919-1940 est le temps des relations tendues mais apaisées. L’Eglise a accepté les lois républicaines. L’Etat a assoupli ses positions. Les liens entre Etat et franc-maçonnerie se sont distendus, en rapport avec la baisse d’audience des radicaux. Des dissensions apparaissent dans la franc-maçonnerie : GL vs GO suite à l’Affaire Stavisky et au Front Populaire La Guerre de 1914-1918 marque en ce domaine comme dans tant d’autres une rupture ; elle signe la fin de la Belle Epoque et des positions figées. Après la Seconde Guerre mondiale, le dialogue entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique devait reprendre et s’amplifier dans un climat plus serein. A défaut de se reconnaître, les protagonistes d’un conflit devenu sans objet pouvaient apprendre à mieux se connaître. « Il ne s’agit ni d’affirmer ni de nier, mais de comprendre. » Cet aphorisme de Spinoza trouvait dans cette situation nouvelle une singulière résonance. 
 

Commission d’Histoire Maçonnique Compte rendu de la réunion du 22 septembre 2012 GLDF

Le travail de cette réunion était présenté par le professeur Michel Jarrige

 

Source : www.ledifice.net

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