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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

planches

Hermétisme Alchimie et Cathédrale

Publié le 8 Janvier 2013 par R\ M\ dans Planches

Quelques définitions :

Esotérisme : Doctrine spirituelle, au niveau le plus élevé, réservée à une « élite », dévoilée par
Initiation à certains et non comprise par d’autres.

Exotérisme : Divulgué, (ex philosophie)

Gnose : Philosophie suprême de connaissances sacrées, objet de l’enseignement ésotérique des initiés.

Hermétisme : vient des textes grecs et du dieu Hermès ( dieu de la maroquinerie ?)
En rapport avec l’ésotérisme et étroitement lié à l’alchimie.

Alchimie : Science consacrée à la recherche de la transformation du plomb en or.
Principe majeur de toute alchimie : « solve et coagula » « dissoudre et coaguler »

Hermes est la transposition grecque du dieu égyptien THÔT représenté par un corps d’homme à tête d’ibis . Vénéré comme le dieu de la parole créatrice, de l’écriture et du calcul, donc du savoir.
Il est le scribe des dieux. Il est aussi celui qui mesure le temps. Hermés était préposé, à l’entrée des âmes aux enfers, à la pesée du cœur, donc à l’appréciation de l’homme .
C’est lui qui retrouva l’œil perdu par le dieu Horus lors de son combat avec Seth. Aussi, cet œil représente t il la victoire du bien sur le mal , c’est cet œil que l’on retrouve dans le temple et sur la tableau de loge.

On peut trouver 3 interprétations de l’hermétisme, à savoir :
Une doctrine ésotérique fondée sur un savoir venant du dieu Hermes ou Thôt
Une doctrine occulte des alchimistes, au moyen âge.
Dans un sens commun, le caractère de ce qui est difficile à interpréter, de ce qui est caché.

L’hermétisme est donc une philosophie, une religion, un ésotérisme ou une spiritualité à la recherche du salut par l’esprit, comme le gnosticisme, mais lié à la connaissance du cosmos. C’est la pensée de l’unité de l’être, dans des formes diverses et multiples, tout est un.
Le salut passe par la connaissance : se connaître, se reconnaître comme étant fait de vie et de lumière.( Analogie avec le prologue de st Jean : la parole était la vie, elle était la lumière des hommes)

« Sachez que la fin n’est que le commencement et que la mort est cause de vie. La vie est le commencement de la fin. Voyez noir (à la naissance), voyez blanc (comme la vie), voyez rouge (pour une renaissance) »
Texte grec « attribué » à Hermes Trimégiste, le trois fois grand .

L’alchimie est aussi dénommée « Grand Œuvre » par ses adeptes. Sa dénomination vient de l’arabe Al Kimya qui vient de Khem, le pays noir, nom qui désignait l’Egypte.
L’hermétisme chrétien a favorisé le développement d’une alchimie occidentale, au début du XIIème siècle.
Aujourd’hui, l’alchimie est dualiste. Elle est le reflet de la matière et de l’esprit, du visible et de l’invisible, du bien et du mal.

Le but de l’alchimie est de tendre à purifier la matière, et, par osmose, dans le sens hermétique du terme, l’esprit.

L’alchimie repose sur l’observation des relations et interactions entre le visible et l’invisible où se font les transformations de notre mental, espace spacio- temporel où se forme notre conscience qui nous relie au Divin. Cette conscience est le reflet de l’âme collective et universelle du monde invisible. C’est par l’alchimie que sera délivré l’esprit de la matière et la matière de l’esprit. L’alchimie est le processus transmutatoire de l’homme vers le spirituel.

Cette alchimie repose sur :
les quatre éléments qui représentent des « états » symbolisés par la matière :
La terre, c’est l’état solide
L’eau liquide
L’air volatile
Le feu de chaleur et lumière.

trois éléments, ou « matéria prima » :
Le sel qui représente le corps
Le mercure qui est l’âme
Le soufre ou l’esprit

Le sel est ce qui unifie le corps, véhicule de l’âme et de l’esprit
Le mercure est le principe volatile de l’âme qui peut être changeante, il est le trait d’union avec les éléments mobiles, air et eau.
Le soufre, cependant, est fixe, car l’esprit est en phase avec les sept métaux primaires contenus dans la terre ou matière. Il est lié à l’élément feu qui transmute les métaux.
Ils forment les trois constituants de l’homme, le corps, l’âme et l’esprit.

Avec cette alchimie, le plomb signifie la vulgarité, la méconnaissance, la lourdeur, l’or représente l’acquisition de la sagesse de vie. Ainsi l’initié pourra abandonner ses métaux à la porte du temple, car pour lui, le plomb se transforme bien en or, tout spirituel.

L’alchimie emprunte ses principes à la symbolique d’une cathédrale, sanctuaire où la pierre de l’autel est le point focal de toutes les énergies.
Le sol de notre alchimie est, comme dans les églises, un pavé mosaïque. Cette dualité qui figure le bien et le mal, la lumière et la nuit, et sa clé de voûte en est l’approche de la perfection.
En alchimie, la croix a une valeur symbolique et de mystique ascensionnelle. Représentée dans la cathédrale par la nef et le transept, la croix devient un élément dynamique, reflet de la croix céleste, verticale et polaire, et la flèche de la cathédrale résume la démarche alchimique d’une élévation vers le cosmos, vers Dieu

Le « grand œuvre » se décompose en trois étapes :

L’œuvre noir, le monde du nord , la mise à mort de la matière et puis la promesse de naissance, le devenir. Dans les cathédrales, la rosace du nord, la plus sombre. Dans la matière sombre et désorganisée, surgit un espoir, une clarté (colonne du nord)

L’œuvre blanc, le monde manifesté, la sublimation, la fixation du volatil, l’âme pourra monter vers le ciel. C’est la rosace du midi, la plus claire, c’est l’épanouissement. Le déambulatoire et la sortie vers le sud symbolisent une régénération en harmonie avec les lois de l’univers. C’est l’œuvre blanc contenu dans une rosace resplendissante de lumière, tournée vers les cycles éternels de la vie. (colonne du midi).

L’œuvre rouge, illumination, spiritualisation, retour de l’âme sur terre, réincarnation, renaissance. La rosace ouest est, en principe, la plus rouge, dans la cathédrale. Une nouvelle conscience s’est développée, au cours de ces étapes alchimiques. Le soleil, à l’ouest, se confond avec le cosmos.

Les trois œuvres alchimiques marquent les trois points cardinaux d’une cathédrale, le quatrième, l’est ou orient, apporte la source , le jaillissement de la lumière pour accomplir le grand œuvre.
Car l’orient est le point majeur de la transition entre la nuit et le jour, c’est la dualité, la dissociation entre le chaotique et le cosmique, la cathédrale y est éclairée , c’est un transept lumineux, c’est le sanctuaire du Dieu créateur, l’arche d’alliance entre le temporel et le spirituel. L’étincelle devient conscience, c’est la maîtrise dans la lumière..
Les quatre extrémités de la croix ont rejoint les quatre points cardinaux et alchimiques de l’univers, créant un axe nord-sud qui exprime le passage de la matière immobile à un état actif de fertilité, d’épanouissement, et, un axe est-ouest , naissance et course de la lumière qui apporte l’énergie indispensable à la transmutation de la matière.

Ainsi, tout initié peut trouHermétisme Alchimie et Cathédralever sa pierre philosophale, et évoluer avec sagesse, il peut choisir sa voie et œuvrer à parfaire son évolution personnelle, conscient de faire un tout avec l’univers : Tout est un et un est tout.

 

Source : www.ledifice.net

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L'Alchimie véritable

Publié le 8 Janvier 2013 par F\F\M dans Planches

Qu’est-ce que l’alchimie ?

Ce travail représente une tranche importante de ma vie, qui s’étend sur neuf ans d’étude alchimique. Pour la plupart des " initiés ", l'alchimie est l'art de faire la pierre philosophale qui a la pouvoir de transmuter le plomb en or. Cette définition est l'idée-force. Pour faire la pierre, il y a une partie technique avec du matériel, fourneau, ballon et une partie se faisant à l'oratoire. L'oratoire favorise la réussite des opérations.

Voici posée la définition la plus répandue et de nos jours elle n'a pas perdu sa vigueur. Le mirage de l'or est encore très fort. Il conduit le plus souvent l'opérateur à une impasse qui se solde par une précieuse perte de temps. L’Art est long, la vie est brève, dit un adage alchimique latin. C'est parce que je suis arrivé à cette conclusion qu'il m'a semblé important de vous présenter ce travail.

Tout d’abord que veut dire le mot alchimie ? Alchimie = chimie de AL (ou EL en hébreu). AL = Dieu. Chimie = kimia = terre noire (qui est l'Egypte). Ajoutons Al à Kimia et nous obtenons " la terre de dieu ". En hébreu, Adam signifie " Terre rouge ". Dans sa traduction de la Bible, André Chouraqui traduit ce mot par " le glébeux ".

L'alchimie métallique

La principale forme de l'alchimie est l’alchimie métallique. Elle se divise en deux branches ; la voie sèche (Canseliet, Fulcanelli) et la voie humide (Roger Caro).

Les ouvrages traitant du sujet sont innombrables. Ajoutons les histoires merveilleuses, les affirmations de ceux qui ont vu la pierre, les procès d'intention et tout ce qui a été inventé par des esprits fertiles et convainquants. Tout a été raconté, du plus sérieux au plus farfelu, certains auteurs allant même jusqu'à falsifier des documents qui étaient déjà faux pour entretenir cette définition de l’Art. Je n'oublie pas aussi ceux qui ont expliqué les textes des maîtres en fourvoyant volontairement leurs lecteurs. Difficile dans ces conditions de lever les voiles qui depuis des siècles s'accumulent sur l'alchimie véritable.

Au début de ma recherche, ma conviction était la suivante : Transmuter le plomb en or c'est vérifier la bonne qualité de la pierre obtenue à l’issue des travaux. Le plus important consiste en la transformation de l'opérateur qui s'effectue en même temps qu'avance sa pierre, l'un s'épurant au contact de l'autre.

Mes doutes

A cette époque j'étais convaincu de la valeur de ces définitions, puis j'ai lu Le Grand-Oeuvre de Paul F. Case, fondateur de BOTA (Builders of the Adytum). J'ai lu et ça m'a agacé. Ce qui était écrit était différent de ce que j'avais étudié et expérimenté. Je suis retourné à mes livres que j'ai relus.

J'ai arrêté de me torturer l'esprit lorsque je me suis rappelé les paroles de Roger Caro qui parlait de la quintessence et du prolongement de la vie. " Vivre vieux, sans limite ? Mais à l'époque on mourait à 40 ans. Avec la quintessence on vivait le double. Tu t'imagines vivre jusqu'à 160 ans ? Replace toi toujours dans le contexte initial ". Il avait raison, réduire la pierre à un doublement de la durée de vie et à une bonne santé, même si on a de l'or, paraît être un résultat bien décevant.

Autre doute : les alchimistes qui prétendaient avoir réussi la pierre philosophale n’étaient pas transformés du tout. L’idée que la pierre et l’opérateur s’épuraient conjointement ne fonctionnait pas. Je connais un alchimiste qui prétend faire la pierre en deux heures. Que cela soit vrai ou faux importe peu. Ce qui me frappe chez ce personnage haut en couleur est son attitude. Rayonnement du corps de gloire ? Inexistant.

Avec moins de résultat prétendu dans les travaux de laboratoire, mais une fin de vie, Roger a eu une fin de vie plus calme consacrée à la prière. On passait du temps avec lui comme ça, pour rien, pour le plaisir, parce qu'on se sentait bien chez lui. A une certaine étape de sa vie, il avait lâché l'alchimie métallique pour se consacrer uniquement à la prière. Après sa consécration par Armand Toussaint (lignée identique à la nôtre), il fut le patriarche de l'Eglise Universelle de la Nouvelle Alliance qu’il avait mise sur pied.

Tous ces éléments m'ont fait comprendre que les travaux de l'alchimie métallique poursuivis avec pour seul objectif les buts qu’affiche cette alchimie sont un cul-de-sac et que je devais recommencer les études. " L’alchimie métallique pour l’alchimie métallique " est une impasse comme l’est " la théurgie pour la théurgie (invocations, évocations, production de phénomènes) ".

En conclusion, il existe deux types de manuels d’alchimie. Le premier est très technique. Il repose sur les ballons (voie humide) ou les fourneaux (voie sèche). Le second parle aussi de technique mais sans matériel. Il parle toujours de prière. La Bible y est souvent mise en avant. Dans tous les cas, l'imagerie est très précise et trop souvent sous-estimée.

Qu’est-ce que la véritable alchimie ?

Si spagyrie et alchimie métallique sont des impasses, qu'est ce que l'alchimie véritable ?
Revenons un instant sur la définition de l'alchimie. C'est la TERRE DE DIEU. Le principe, que des milliers de membres d’Ordres pseudo-initiatiques n’entreverront jamais, est le suivant :
L'être humain est potentiellement immortel. En lui se trouve l'embryon d'immortalité. Je précise, ce n'est qu'un embryon. La vie, notre vie terrestre est une période de gestation de cet embryon. La mort, notre mort physique est un accouchement. Accouchement qui relève plus de la fausse-couche si durant notre vie nous n'avons rien fait. Accouchement d'un enfant viable, d'un adulte ou d'un adepte si nous avons pris soin de le choyer et le nourrir. Chacun de nous est semblable à une femme enceinte. Sa grossesse dure toute sa vie.
Il est à noter que la franc-maçonnerie véhicule encore cette définition, en particulier le rite Egyptien de Cagliostro. Comme l’écrit Denis Labouré, " Il est illusoire de penser qu’une filiation historique ininterrompue aurait permis aux secrets des Mystères antiques de parvenir jusqu'aux loges maçonniques.
Mais ils ne sont pas tombés du ciel et il est probable qu'ils y sont parvenus par des lignées de mages et d'alchimistes qui oeuvrèrent dans le silence de leur oratoire, avec ou sans patente ! Au XVIIIe siècle, les loges leur servirent de support d’enseignement ou de vivier dans lequel ils recrutèrent. Des hommes comme Cagliostro intégrèrent dans les rites maçonniques qu’ils créèrent les pratiques apprises dans des cénacles plus fermés. En1784, Joseph Balsamo (1743-1795), alias Cagliostro, créait à Lyon le " Rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne " qui ne lui survécut pas. Historiquement, rien n’est certain sur les origines du rite mis en place par son créateur après un séjour à Malte puis à Naples. Le hiérophante ou " Grand Cophte ", son titre en Maçonnerie Égyptienne, affiche son objectif ; la construction d'un corps de lumière, un corps glorieux. Dans les quarantaines spirituelles, il précise : " Chacun recevra en propre le Pentagone (Étoile Flamboyante), c'est-à-dire cette feuille vierge sur laquelle les Anges primitifs ont imprimé leurs chiffres et leurs sceaux, et muni de laquelle il se verra devenu Maître et chef d'exercice ; sans le secours d'aucun mortel, son esprit est empli d'un feu divin, son corps se fait aussi pur que celui de l'enfant le plus innocent, sa pénétration est sans limites, son pouvoir immense, et il n'aspire à plus rien d'autre qu'au repos pour atteindre l'immortalité et pouvoir dire lui-même : Ego sum qui sum. " Cette immortalité étant acquise pendant la vie physique, Cagliostro décrit ici une étape de l'alchimie interne. "

Changeons de tradition et lisons Saint Paul. " Mes petits enfants pour qui j’éprouve les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. " (Gal. 4,19) De quel Christ parle-t-il ? Certainement pas d’un dieu extérieur auquel nous devons croire en lui rendant un culte, mais de cet enfant qui doit croître en nous. De cet enfant qui, lorsqu’il vient de naître, est fragile, et doit être protégé des agressions extérieures. Par " l’amour maternel " écrit l’auteur taoiste. Par la fuite en Egypte, écrit l’évangile de Matthieu après avoir parlé d’une célèbre nuit. Il est certain que ce secret met en péril dogmes et clergés et rares sont les Eglises qui ont osé parler clairement de ce problème. Il est à l’honneur de l’Eglise Catholique Libérale, fondée par C. W. Leadbeater, Annie Besant et d’autres théosophes, d’avoir écrit des phrases comme celles-ci dans leurs documents officiels, dans ce cas à propos de Noël : " C’est une jeune lumière, pleine de promesse, la Lumière d’un enfant, car elle est pleine de promesses, et de la promesse seulement, de la glorieuse lumière du Soleil...C’est comme si l’étoile de la conscience de l’homme,..., descendant de la tête jusqu’au coeur, jusqu’à ce qui, en occultisme, est appelé la cavité du coeur, et parfois la grotte. C’est dans le coeur, une place strictement délimitée et soigneusement capitonnée, telle une chasse secrète et sainte...C’est comme si l’absolu, la réelle demeure de l’homme était descendue dans le coeur ; on dirait que l’étoile de la conscience de l’homme descend dans le coeur et y brûle très paisiblement... " ( Les pouvoirs divins derrière les fêtes chrétiennes, Van der Stok ).

On retrouve des enseignements similaires dans les mystères antiques (Eleusis, Isis ...), dans la Franc-Maçonnerie (lire " les quatre corps de l’homme " et " De Cagliostro aux Arcana Arcanorum " par notre frère Denis) et dans l’hindouisme (lire le chapitre " le corps de diamant-foudre " dans Le Yoga Tantrique, de Julius Evola). La messe est une allégorie de cette alchimie, comme le sont d'ailleurs les manipulations de l’alchimie métallique.

Comment s’y prendre ?

Situons-nous dans le cas d’un frère ou d’une soeur occidentaux initiés aux Mystères (maçonniques pour ce qui nous concerne, mais ils pourraient être aussi bien pythagoriciens ou chrétiens). Dans un premier temps, il lui faut étudier les textes qui parlent clairement de ce dont il s’agit. Plusieurs sont cités dans le paragraphe " Comment aller plus loin ? ". La tradition hermétique de Julius Evola est un pré-requis. Les ouvrages taoïstes expliquent également bien l'alchimie véritable, les textes n'ayant pas souffert de manipulations, de remaniements, d'interprétations douteuses et de censures religieuses.

Le respect d’une éthique (je ne parle pas de morale conventionnelle) sans faille est une obligation. Elle seule donne l’attitude juste face à la quête. Elle est rappelée sans cesse dans les rites maçonniques, mais également dans toutes les traditions spirituelles. Les deux principaux écueils sont :

* les compromis faits au cours de la quête pour acquérir pouvoirs et honneurs - les fameux cordons de la Franc-Maçonnerie. Ce qui est une autre façon de faire de l’or !

* l’incapacité de donner sans attendre de retour. Chaque maître a toujours eu son disciple, a toujours pris soin de placer un autre homme sur le barreau de l’échelle qu’il quittait lui-même. C’est un don gratuit, condition pour qu’il reçoive. Mais donner en échange d’autre chose, donner en attendant quelque chose de l’autre, ou exiger sans donner conduit à l’arrêt immédiat de toute progression dans cette Voie et rompt le contact avec l’Esprit.

Quant aux objectifs, il s’agit de l’établissement d’un contact avec le Saint Ange Gardien, le Daïmon de Socrate, l’éon-guide, ou le Virgile de Dante dans la Divine Comédie. Cela s’obtient par une pratique théurgique ou de prière, dans le cadre d’une voie sacerdotale. Chaque tradition (pythagoricienne, shivaïte, chrétienne, etc.) a sa procédure. Ce contact conduit aux intuitions qui " ouvrent " les livres spirituels ou les manuels d’alchimie à la compréhension de l’initié. Tel est le programme...

Une fois cela acquis, la pratique conjointe des procédures alchimique et sacerdotale est indispensable. Il n’y a pas d’alchimie laïque. L’alchimiste et le prêtre se répondent au sein d’une même personne. Pour que le rite fonctionne, le prêtre doit être alchimiste et oeuvrer à sa transformation interne. Pour que les techniques alchimiques " prennent ", l’alchimiste doit être prêtre, c’est-à-dire ouvert à l’effusion de l’Esprit. Dans un cadre chrétien, au cours de la messe, l’image de Dieu en l’homme rejoint son archétype céleste. La créature fait retour à son Principe. Je l’ai constaté lors de célébrations en milieu averti, alors que l’air ambiant se chargeait de particules de Lumière.

A quoi sert l’étude de l’alchimie métallique ?

Pourquoi continuer l'enseignement de l'alchimie dans la voie humide ? Sa pratique permet de se familiariser avec un vocabulaire, une façon différente de raisonner et de voir les choses. Elle brise des schémas mentaux qui nous empêchent de voir ce qui est devant nos yeux. C'est une préparation à la suite, le tout est de le savoir.

Qu’advient-il après la réussite du Grand Oeuvre ?

Venons-en à ceux qui ont découvert le Grand Oeuvre. Dans un premier temps, ils rendent grâce à Dieu, l'Eternel Tout Puissant. Leur vie devient prière. Dans un second temps, ils écrivent un document résumant (de façon codée, mais peut-être l’incommunicable ne peut-il être exposé autrement ?) leur expérience et on n'entend plus jamais parler d'eux.

Clap de Fin.

Ne dites pas à un alchimiste classique que l'alchimie métallique est une impasse, vous auriez de drôles de réactions, car il n’y entend généralement rien. Cela peut être amusant, mais vous risquez de tuer l’enfant, trop fragile, qui venait de naître en vous. D’où les serments maçonniques de secret et de silence. Ce que je dis là est peut-être valable pour une communauté, si j’en juge l’expérience de notre loge et notre fuite en Egypte. La mienne étant d’ailleurs une fuite à l’anglaise !

La voie vous est ouverte. Vous pouvez travailler sur l'essentiel si vous le voulez.

ORA - LEGE - LEGE - RELEGE - LABORA - INVENIES

J'ai fait mon devoir !

Source : www.ledifice.net

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L’homme dans son intégrité

Publié le 5 Janvier 2013 par GLSA dans Planches

Rechercher d'où vient l'alchimie, quel est son âge, c'est retrouver le même cheminement, les mêmes incertitudes et le même foisonnement de suppositions que lorsque, remontant le temps, on recherche les origines de la franc-maçonnerie.

Il semble pourtant que l'hypothèse qui réunit le plus de suffrages est celle qui fait naître l'alchimie, il y a bien longtemps, lorsque les hommes ont commencé à travailler les métaux, activité qui les a naturellement orienté vers une exploitation du feu et des premiers éléments chimiques permettant d'en modifier le comportement. Les artisans qui par leur travail firent des étoffes à partir de fils et grâce à l'action d'autres végétaux et minéraux en changèrent la couleur et la résistance, ceux qui travaillant la terre l'ont durcie puis rendue propre à conserver les aliments, ceux-là ont certainement contribué à la naissance de l'Art sacré. La légende s'est construite sur les tours de mains, l'enseignement, et les résultats. Les artistes ont comparé leur travail à celui du Créateur, d'autant que leurs œuvres étaient largement utilisées pour orner les lieux ou temples des religions naissantes. Elles servaient d'objets de culte, et à parer les ministres, ceux-ci ayant largement contribué à sanctifier le travail. Tenu par une main, l'outil ne se mouvait que par l'esprit de celui qui le tenait, en modelant la matière sur la réalité subjective de la nature ambiante.

Le temps s'est écoulé et les techniques se sont perfectionnées, la pensée de l'homme s'est enrichie au point de trouver son accomplissement dans cette affirmation de Teilhard de Chardin «Il n'y a pas, concrètement, de la Matière et de l'Esprit: mais de la Matière devenant Esprit». Cette phrase est une bonne définition qui non seulement correspond à la démarche alchimique mais à bien d'autres voies que l'homme a su construire pour s'évader de sa condition matérielle.

Le temps de l'athanor

Au cours du temps l'on retrouve une «tradition » alchimique en Egypte vers le IVe siècle avant notre ère, partagée avec les Grecs qui ne laissent rien passer sans se l'approprier, les dieux et l'ésotérisme devenant même leur seul commerce. Selon Pierre A. Riffard «une nouvelle voie vers l'absolu venait d'être tracée. Avec l'alchimie l'homme cherche les secrets du monde non plus vers le ciel mais dans la terre, le travail manuel devient œuvre de salut». Nous pourrions presque dire à la suite de cette définition que l'alchimie est une religion laïque, si nous ne craignions le néologisme que cette association implique.

Avec l'avènement du christianisme puis l'éclatement de l'Empire romain d'Occident, la tradition hermético-alchimiste s'occulte en Occident pour refaire surface à partir du XIXIIe s. où commence une seconde période par l'intermédiaire des cultures juive et arabe (d'où son nom al'kymia qui viendrait de Qimia, nom de l'Egypte ancienne qui aurait donné en arabe al ou el en hébreux. Al, c'est Dieu, Kimia ou Kimit signifiant «terre noire», le nom symbolique du pays des pharaons. Al ajouté à kimia donnerait «Terre de Dieu».

L'Antiquité abrite les premiers pas de la nouvelle science. L'approche philosophique de l'étude de la matière est rigoureuse, liée aux découvertes métallurgiques, chimiques et naturelles. C'est la nature qui dirige les pas de l'homme dans sa découverte. L'artisan qui ne se connaît pas encore comme alchimiste poursuit les associations dans son atelier et se découvre l'instrument de ou des dieux.

Le Moyen Age, la grande époque de la foi, voit le travail de l'artisan s'ouvrir. Ce dernier n'est plus seulement l'instrument, son esprit a mûri, il suit la voie tracée par la nature, il recherche de nouvelles combinaisons devant le mener en avant. Son travail devient tâtonnement, il se tourne vers la matière non plus pour créer avec le ou les dieux mais construire une vie différente, devenir lui-même le métal le plus parfait. Il lie son sort au mythe, son univers se rétrécit. C'est le temps de l'athanor.

Artisan de lui-même

La Renaissance lui ouvre d'autres voies, qu'il explore. La cornue fait son entrée, la synthèse dispute la première place aux régimes des feux et de la combustion. Une nouvelle génération d'alchimistes recherche dans les plantes et les analogies naturelles une spiritualité qui s'appuiera sur la médecine et prendra bientôt le pas, elle aussi, sur l'expression originale qui faisait de l'homme l'instrument. La recherche de la pureté des métaux, celle de l'affranchissement des maladies et déviances de la vie deviennent l'unique préoccupation de l'alchimiste.

L'homme ne peut cependant nier son essence, ses pas retrouvent le sens du sacré en découvrant que les métaux ne sont que des matériaux dont la place est fixée de toute éternité. Comme les plantes ils participent au cycle de la vie. L'homme redevient un artisan, un artisan de lui-même toutefois. Son travail ne vise plus en premier lieu à se libérer en créant de l'or ou à s'affranchir des maladies et de la vieillesse, mais par la découverte de sa propre complexité il renoue le dialogue avec son esprit et peut en devenir le créateur. La Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste dit en substance: «Toutes les choses sont et proviennent d'Un, par la médiation d'Un. / Toutes les choses sont nées de cette chose unique (…) / Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut/Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas; / Par ces choses se font le miracle d'une seule chose.

Les éléments du Grand Œuvre sont le soufre, le mercure et le sel, le feu et l'eau, l'activité et la passivité, les influences terrestres et célestes. La matière, si elle est diverse, pesante et obscure, n'est pourtant pas inerte et privée de vie. Pour atteindre sa régénération il faut réaliser trois étapes au travers d'opérations longues, délicates et complexes, accomplies selon une règle rigoureuse. La materia prima est d'abord réduite, décomposée et mise en «putréfaction». C'est l'œuvre au Noir, l'apprenti. L'étape suivante réalise sa purification et donne l'œuvre au Blanc, le compagnon. Enfin, l'aboutissement, l'œuvre au Rouge correspond à la transmutation finale, soit au maître. Il est évident pour tous que l'alchimie ou tout au moins son langage a pénétré le rituel maçonnique, peut-être à l'occasion des héritages des métiers - les articles publiés dans Alpina de juin-juillet dernier sur l'histoire des cathédrales en font abondamment référence - ou simplement par l'intermédiaire des Rose-Croix. Cette fraternité alchimique née d'une sorte de canular monté vers 1614 par un étudiant en théologie protestante d'origine souabe, Johan Valentin Andreae, comprenait trois textes: La réforme de l'Univers, la Fama Fraternitatis et Une brève réponse à l'estimable Fraternité de la Rose Croix suivie par la publication des Noces chimiques de Christian Rosenkreutz en 1459. Ces écrits eurent un succès fantastique en Allemagne, en Angleterre et en France, trois pays que l'on peut considérer comme les berceaux de la franc-maçonnerie spéculative.

La conscience de l'unité

Il nous faut parler des alchimies qui ont vu le jour ou se sont développées sous différentes civilisations. D'abord, l'alchimie magique et astrologique tendance dite chinoise et arabe qui aurait pour origine l'Egypte, bien sûr, mais aussi la Chaldée. Cette version se base sur une magie dite naturelle qui n'a rien à voir avec la sorcellerie. La source arabe la plus connue nous vient des écrits de Ya'kub ibn Ishak ibn Sabbah al-Kindi, qui dans le Liber de radiis stellicis traite du mouvement des étoiles et de la collision des rayons censés produire une infinité de combinaisons influençant le cours de la vie. Dans une moindre mesure mais à l'échelle humaine le feu, la couleur et les sons émettent des radiations qu'il importe de connaître et de maîtriser. L'alchimie de la Nature et de l'Amour tendance dite arabe se veut initiatique ou spéculative, reposant sur un travail sur soi, affirmant que tout est conscience et que l'existence est issue d'une énergie première: le Chaos.

Il y eut l'alchimie que nous appellerons d'Alexandrie, ville dont la population se composait essentiellement de Grecs, d'Egyptiens et de Juifs qui pour beaucoup étaient convertis à la nouvelle religion. Le Dr ès lettres Louis Ménard souligne ceci dans son livre sur Hermès Trismégiste paru en 1983: «Les Egyptiens étaient chez eux, les Grecs ne se croyaient étrangers nulle part et les Juifs au contraire tenaient à rester étrangers partout; seulement hors de leur pays, ils n'aspiraient pas à la domination, ils se contentaient de l'hospitalité. Dès lors il devenait plus facile de s'entendre. Les livres attribués à Trismégiste sont un trait d'union entre les dogmes du passé et ceux de l'avenir, et c'est par là qu'ils se rattachent à des questions vivantes et actuelles, représentant les derniers monuments du paganisme, nés dans un mélange de civilisation qui portaient des idées anciennes et s'ouvraient aux nouvelles, ils sont la passerelle entre un monde qui finit et un monde qui commence». Ces idées se sont greffées sur les deux nouvelles religions et elles ont d'abord emprunté le vecteur des conquêtes arabes, passant par l'Espagne elles sont venues réveiller le vieux courant originel. Cette alchimie-là s'est nourrie des faiseurs d'or, de la Kabbale, du Poimandrès, du Coran et de l'Evangile de saint Jean. Plus tard elles emprunteront la route des croisades, pour raviver en Occident le foyer sous l'athanor. A chacune de ces alchimies ses mérites. Toutes prônent l'intégration de l'homme au sein de la création par la conscience de l'unité entre tous ses éléments.

Créer l'Esprit en devenir

Certains font état de différences fondamentales entre l'alchimie et la franc-maçonnerie. Pour eux l'alchimiste est un homme seul qui travaille dans le secret de son laboratoire avec pour objectif premier son salut individuel. L'alchimie est fondamentalement gnostique alors que le franc-maçon ne se retranche pas du monde. Si son objectif prioritaire est également une régénération individuelle, c'est pour contribuer à l'édification du temple de l'humanité. Pour d'autres, en revanche, «on est seul parmi les hommes», pour paraphraser Antoine de Saint- Exupéry, et le chemin maçonnique est très proche de celui de l'alchimie par le travail intérieur qu'il exige, les analogies du rituel faisant appel aux images, aux sons, aux mises en situation. L'alchimiste n'est pas un souffleur (faiseur d'or) mais sa transformation n'a d'autre but que celui de transformer l'humanité en commençant par lui-même.

Depuis la nuit des temps l'homme cherche à atteindre l'inaccessible étoile mais quelle est elle? Lors de l'initiation souvent on avertit le récipiendaire de l'inutilité de ses efforts pour atteindre la Lumière. Drôle de fraternité, où ceux qui n'ont pas réussi dans leur quête dénient aux plus jeunes la possibilité de parvenir là où ils croient n'être pas parvenus. Peut être que l'étoile n'est inaccessible qu'à ceux qui ne croient pas en elle. L'alchimiste est un homme de foi qui entreprend de porter un rêve.

Sa foi lui fait transformer un mythe en réalité. Le mythe est la toile de fond de toutes les œuvres humaines, l'alchimie en est une et non des moindres. La découverte alchimique la plus importante est l'homme, ainsi que l'illustre le texte de La Table d'Emeraude. A l'instar de l'univers, l'homme est composé d'une multitude d'étoiles et pourtant unique. De par son côté individuel l'enseignement alchimique préserve l'homme dans son intégrité. En adhérant à une collectivité, à une pensée collective et sectaire on cesse d'exister en tant qu'homme. Fondre celui-ci dans l'idée, telle est la faute originelle de toutes les sociétés, qu'elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. Léonard de Vinci disait qu'un homme seul s'appartient totalement, s'il est en compagnie, ne serait-ce que d'un seul compagnon, il ne s'appartient plus que de moitié. S'il a plus d'un compagnon il s'enfonce davantage dans cet état.

La démarche maçonnique est aussi la construction d'une réalité à partir d'un mythe. Elle repose sur la foi, le foyer qu'il faut entretenir sous l'athanor pour créer l'Esprit en devenir. L'atelier maçonnique tient la place du laboratoire de l'alchimiste. Ce dernier reste seul face à l'immensité de l'universel; le franc-maçon, lui, est seul dans l'univers de sa loge. Deux milieux où se rejoignent tous les extrêmes. Si le maçon sait trouver la porte de sortie de son atelier il pourra comme l'alchimiste connaître l'univers, les dieux et lui-même.

Source : http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/

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L’Art Royal Alchimie et Initiation

Publié le 5 Janvier 2013 par M\ G\ dans Planches

L’ Art Royal est présent dans le cabinet de réflexion.
Puis avec cette phrase, véritable programme communiqué au néophyte :
« Maintenant, la parole est donnée au Frère Orateur pour exposer succinctement le sens et le but de l’Art Royal ».
Toute réflexion approfondie passe de l’analyse qui sépare à la synthèse qui recompose. « L’Art royal, art qui sépare et qui unit » écrivait Albert le Grand.
Dans son traité sur l’Optique, Newton écrit : « La transformation des corps en lumière et de la lumière en corps est très conforme au cours de la nature, qui semble se complaire aux transmutations ».
( question 30).

On peut utiliser les symboles alchimiques dans le cadre d’une introspection, afin d’avancer dans le « connais-toi toi-même ». ( V.I.T.R.I.O.L : Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem soit :Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. ).
Le processus alchimique passe par plusieurs opérations qui ont lieu dans l’athanor, foyer où elles s’effectuent :
-la putréfaction, couleur noire, œuvre au noir, (négredo). Correspond à la mort symbolique, nécessaire pour qu’une régénérescence soit possible.
-la résurrection, par la perte de la couleur noire, œuvre au blanc(albédo) ; purification.
-la rectification, passage par les couleurs de l'arc-en-ciel, qui peut symboliser la diversité des connaissances ou les divers aspects psychiques, avant de parvenir au rouge (couleur du phénix ou du pélican); c'est l'œuvre au rouge (rubedo).

Dès le premier degré, la voie à prendre est donnée; c'est la voie du symbole; la pensée symbolique est la clé; l'accès en est facilité par le fait que le langage courant est lui-même symbolique ; le mot "clé" que je viens d'employer en est un bon exemple. Le verbe, la parole, est symbole. Chaque mot a une définition précise et s’ouvre secondairement à d’autres sens, selon une interprétation qui évolue avec les connaissances que nous acquérons, et selon notre intuition et notre désir ou notre intérêt pour la vie de l’esprit ou pour la vie intellectuelle. Le symbole, visible, est la porte de l’invisible. Arthur Rimbaud, qui avait tout compris du symbolisme, écrivait « alchimie du verbe » et « le bateau ivre » rend compte de son état psychique du moment.

Nous avons plutôt l'habitude d'engranger dans notre mémoire sous forme de savoir ce que nous apprenons, et d'en rester là, satisfaits de notre acquisition, sanctionnée par un diplôme ou un avancement. Nous sommes tous avides d’avancement, qui se confond avec la reconnaissance. Pourtant l'essentiel n'est pas d'engranger, mais, à partir des symboles, de s'ouvrir à cette vie de l'esprit, à un chemin de recherche, à un chemin de pensée libérée pour une compréhension nouvelle. Si nous en étions tous conscients beaucoup chercheraient moins les signes visibles de reconnaissance, les rubans, les baudruches.
J'appelle ici pensée la raison réflexive accompagnée de l'imagination active, créatrice de sens.
L'Art Royal est une voie royale, une métaphore de l’initiation maçonnique.
On accède facilement au sens symbolique des métaux. L'or, le plomb, tout le monde en saisit les associations possibles. Mais par la suite, pour d'autres théories, pour d'autres doctrines, pour d'autres phrases du rituel, nous devrons conserver l'esprit du symbole, notamment envers les textes sacrés, et toujours se détacher du sens premier.

Voici deux citations de Roger Bacon (XIII°siècle) :
" L'Alchimie est la science immuable qui travaille sur les corps à l'aide de la théorie et de l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle, les transforme en une espèce supérieure plus précieuse“.
"Je dis de plus que la nature a toujours eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver à la perfection, à l'or. Mais par suite de divers accidents qui entravent sa marche, naissent les variétés métalliques".

Il s’agit peut-être pour le maçon de s’appliquer cette sentence à lui-même. L’or, c’est l’excellence, la lumière, le rayonnement solaire, la joie solaire de l’homme libéré, les joies de l’esprit, l’aboutissement auquel travaille l’homme perfectible.
Et encore ces citations ; celle d’un célèbre alchimiste, Zosime de Panopolis : « Le grand soleil produit l’Œuvre car c’est par le soleil que tout s’accomplit ».
Et d’Hermès Trismégiste : « Achevé, accompli est ce que j’ai dit de l’opération du soleil ». Le feu, agent actif de l’alchimie, est sur terre comme le représentant délégué du soleil.

Dans l’expression : l’alchimie travaille sur les corps, on remarque que l’évolution et le changement impliquent d’être éprouvés par le corps, le vécu, notre psychisme intimement lié au corps. Il ne s‘agit pas ici de spéculation abstraite.

L’alchimie repose sur des croyances que la science moderne a heureusement détrônées. Mais nous y avons perdu une relation profonde avec la Nature, à laquelle on donnait les traits d’Isis dans la Tradition, comme on pourrait en avoir avec une personne très chère, en harmonie avec le Tout-Un, ou l’un-tout. Vivre aujourd’hui dans les bureaux et dans les voitures fait que pour nous la Nature n’est plus qu’une toile de fond sans beaucoup de présence.

L’art, dans l’expression « art royal » est l’équivalent de technique, comme on le rencontre encore dans des expressions comme « ouvrage d’art » ou « école des arts et métiers ». Le technicien est celui qui possède un savoir qu’il s’est donné la peine d’acquérir, et qu’il met en pratique pour réaliser une œuvre. C’est là tout le travail maçonnique. La franc-maçonnerie spéculative réalise la jonction entre Art, artisanat, maçonnerie opérative, et spéculation intellectuelle ayant pour but la spiritualisation de l’homme. C’est un artisanat de l’esprit. L’art de l’architecture sert de support à cette jonction qui voit ennobli le travail d’exécution, dans un cadre sacré, prélude au travail de conception du Maître. Lequel doit se poursuivre jusqu’à réalisation de l’or spirituel.

L’Art Royal est l’art de faire de l’or à partir de n’importe quel métal, y compris avec le plomb tout enténébré, rivé à son état de matière, à la Terre, comme enchaîné par les passions humaines (la corde au cou de nos rituels). Ce qui est lourd ne peut s’élever ; dans le psychisme les passions non maîtrisées ont cette force d’attachement de la corde au cou. La purification, période d’épreuves par le feu libère le mental, et libère le désir de connaissance, qu’inaugure l’œuvre au blanc. Puis vient l’embrasement de l’amour ardent, qui réalisera l’œuvre au rouge. Dans une tautologie redondante, Hildegarde von Bingen, mystique rhénane du 12°siècle, déclarait : “Je suis ardée par l’ardeur de l’ardent “. Désir ardent de Dieu dont elle est comme embrasée.

Ce que l’homme ne connaît pas, il l’imagine ; les amis de la sagesse, qu’ils soient philosophes ou religieux, sont porteurs d’un idéal du Juste et du Bien qui compose avec ce qu’ils imaginent afin de construire un édifice théorique satisfaisant pour l’intellect, en lequel ils peuvent croire et sur lequel s’appuyer. Ainsi chacun est appelé à préparer d’abord, à construire ensuite, son Temple intérieur où puisse être reçu Dieu, ou le Principe, ou le Un-Tout, ou la Grande Lumière, selon son vocabulaire préféré. L’alchimiste, lui, travaille au Grand œuvre, veut obtenir l’élixir d’éternité, la pierre philosophale.
L’aspiration à trouver, quitte à la créer, l’harmonie qui procure son sens à l’univers amène à hiérarchiser les métaux, au nombre de sept, en relation avec les 7 planètes : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (Hermès Trismégiste). Ainsi le soleil est associé à l’or, la lune à l’argent, le mercure à mercure, le cuivre à vénus, le fer à mars, l’étain à jupiter, le plomb à saturne.

Eclairons cette symbolique par quelques autres représentations du désir de perfection, de spiritualité, qui, semble-t-il, peut illuminer tout homme (enfin presque).
Pour Platon, par le discours de Diotime dans le Banquet, on s'élève de la beauté des corps, de degré en degré, jusqu'à la beauté morale, puis à la beauté des Formes, jusqu'à contempler la beauté absolue, pure Forme.
Pour Plotin on s'élève de l'âme (figuré par la lune qui reçoit sa lumière du soleil, à l'intellect (émané de l'Un) jusqu'à la lumière de l'Un.
Dans le Yoga, la conscience s'élève de chakra en chakra, de degré en degré le long de la Kundalini, colonne d’énergie parallèle à la colonne vertébrale, jusqu'à l'élévation suprême, jusqu'à l'éveil spirituel.
On pourrait établir une comparaison avec l’arbre des Séphiroth sur lequel le Kabaliste pratique la méditation mystique.

A partir de la Foi en une évolution du monde vers la perfection finale voulue par Dieu, l’Art Royal procède de ce puissant désir d’unifier la Nature et la foi grâce à la connaissance des lois de la création, que l’alchimiste met en œuvre pour accomplir le Grand œuvre.
L’alchimiste veut échapper à la mort par la pénétration des lois de la Nature, et leur pratique, leur mise en chantier, grâce au travail et à la connaissance. Il croit avoir percé les mystères de la Nature, et voir la vérité sous le voile d’Isis, qui est aussi le voile de l’impétrant.

Le Grand œuvre conduira à la Vie parfaite, éternelle, que l’Or spirituel symbolise.
Dans l’Art Royal, le monde et l’être même du praticien de cet art sont confondus. Il n’y a pas, comme le rationalisme nous y invite dans tout ce qui occupe habituellement notre esprit moderne, séparation entre le monde et le moi. L’alchimiste progresse avec le travail de l’œuvre qui est sa propre réalisation spirituelle. Le métier fait l’homme.
Son état psychique évolue avec la progression de ses pratiques sur la matière de l’œuvre, grâce au souffre, au mercure, et au sel, sous l’action du feu d’origine divine, feu ardent, feu soleil grand maître des métamorphoses, comme le montre la succession des saisons.

L’alchimiste croit en l’unité originelle de la création, en l’unité fusionnelle parfaite que le devenir a divisé, dégradé en ses éléments. Unité absolue de la Nature et de Dieu que l’art royal retrouvera au terme de la transformation des métaux. Chaque métal marquant une synthèse, une étape de transformation. Chaque métal correspond à un état psychique. Passant alternativement de la dissolution (solvere) de la matière sous l’action purificatrice du feu (œuvre au noir) à une nouvelle coagulation (coagulare) de ses éléments, par étapes progressives. A la fin des temps, les métaux auront changé d’état et seront devenus de l’or. De même nous pouvons évoluer, c’est-à-dire changer, à travers nos états psychiques jusqu’au vécu d’une spiritualité.

En devenant franc-maçon, vous êtes entrés, mes Frères, dans une démarche d’évolution vers la parole que vous êtes venu chercher ici. La parole perdue est au dedans de nous-mêmes, au fond de notre propre puits (V.I.T.R.I.O.L), inséparable de votre pensée.
Ce qui nous est donné dans le cabinet de réflexion, juste avant le passage du monde ancien au monde nouveau, sacré, de l’atelier maçonnique, c’est le viatique de tout le parcours à venir dans cette Odyssée que constituent les degrés du rite écossais.

Ce que l’Art Royal nous dit, c’est que, quel que soit le métal dont nous sommes faits, il est possible de progresser afin d’atteindre le rayonnement lumineux et joyeux de l’or spirituel. Seul le trop vil métal ne se prêterait pas à une évolution, ( hélas certains en sont faits, reconnus pour la forme comme initiés, comme nous venons de le constater à la direction de l’Obédience).
Cette réalisation passera par l’œuvre au noir, qui commence au cabinet de réflexion, initiant un « connais-toi toi-même » par des épreuves. Dans l’athanor, qui peut représenter notre intériorité, ou encore la loge maçonnique, où se font les mutations psychiques, l’œuvre blanche, neutre, d’observation après décantation précédera l’embrasement final de l’œuvre au rouge, l’embrasement du désir, dernière phase alchimique et son couronnement. Celle qui rendra l’adepte « aussi rayonnant que jamais ».

Nos aspirations sont symboliquement figurées dans l’alchimie, création de l’imaginal. Imaginal : produits de l’imagination quand elle est orientée vers l’harmonie avec le rayonnement divin que l’homme imagine, veut voir, en lequel spontanément il croit comme il peut croire en la Beauté.
Cherchons donc sans cesse l’idée sous le symbole ; idée qu’il nous appartient d’extraire de la gangue de l’obsolète alchimie. On y trouvera une métaphore de l’initiation effective proposée au maçon, une métaphore de la transformation du profane en initié, bien au-delà de l’initiation formelle qu’il vient de vivre au 1°degré.

L'alchimie symbolise la transformation intérieure dans notre approche de la spiritualité qu'il s'agit de reconnaître en nous alors que nous l'écartons sans cesse de notre conscience, si nous situons le divin hors de nous-mêmes, comme les religions l'enseignent.

J’ai dit. Source :
www.ledifice.net

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L'Alchimie des énergies

Publié le 4 Janvier 2013 par Robert MINGAM dans Planches

 

Vénérable Maître en Chaire, Vénérables maîtres qui décorez l’Orient, et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos Degrés et Qualités.

La planche que je vous présente ce soir s’intitule « L’ALCHIMIE DES ENERGIES ». Peut être aurai-je du y ajouter en sous titre, « en Loge d’Apprenti », puisqu’ il n’y sera question que de symboles pouvant être développés au Premier degré.

Parler de l’Alchimie des Energies, c’est avant tout en définir les effets pour en rechercher les causes, car celle-ci n’est pas qu’une science consistant à transformer de « vils » métaux en or. Elle est aussi un Art, celui de la transformation spirituelle, voir de la transmutation, d’un état vers un autre état. L’initiation maçonnique serait alors, elle aussi, une œuvre alchimique, puisqu’elle permet au Néophyte de pleinement se réaliser, en s’identifiant à l’œuvre qu’il accomplit. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église » disait Jésus à son disciple Simon. Moins dogmatique, la franc-maçonnerie propose au nouvel Initié, de s’identifier à la Pierre Brute, symbole à partir duquel il travaillera au progrès de l’humanité.

L’Alchimie est partout présente en maçonnerie : A commencer dans le Cabinet de Réflexion où le profane découvre sans toujours en connaître le sens, les trois principes hermétiques que sont le sel, le souffre et le mercure. Mais l’Alchimie des énergies quant à elle, va encore bien plus loin car bien qu’impalpable, celle-ci transforme en profondeur toutes les choses et tous les êtres qu’ils soient minéraux, végétaux où animaux.

Cette énergie à laquelle nous nous référons en Loge et dont nous parlons si peu, est à la source même de notre spiritualité de Francs-maçons. Certes nous faisons l’apologie spéculative de la lumière sous toutes ses formes, qu’elle soit visible ou spirituelle, mais elle se limite trop souvent à quelques phrases tirées de nos rituels. Seul un petit nombre de symboles attestent de sa présence comme le soleil, la Lune ou le Delta Lumineux.  

Quelques autres encore éclairent faiblement l’Autel des Serments, le plateau des trois principaux officiants, et les colonnettes qui ceinturent sur trois côtés le Tapis de Loge. Mais ce ne sont pas seulement ces lumières plus suggérées qu’efficientes qui régénèrent nos énergies positives. C’est un agglomérat savamment orchestré d’énergies multiples créé par des mots, des gestes des déplacements et de nombreux autres symboles qui contribuent à produire des émotions susceptibles de réaliser un égrégore métaphysique.

Si les deux sources énergétiques symbolisées par les astres solaire et lunaire éclairent la Loge de leurs bienfaits, c’est surtout celle résultant du frottement entre le cœur magmatique et la croute densifiée de notre planète conjuguée aux deux premières qui engendre la vie. C’est l’opposition, voir la complémentarité des énergies cosmique (2) et tellurique (3) qui créé le mouvement vibratoire nécessaire à toute activité, voir à toute émotion. Manifestation du divin pour les uns, ou phénomène scientifiquement inexpliqué pour les autres, ces énergies sont nécessaires à toute forme de vie. On sait, par exemple, qu’avant de mourir, un homme pourrait rester deux mois sans se nourrir, dix à quinze jours sans boire et quelques minutes sans respirer, mais qu’à la seconde même où il perd son énergie, celui-ci perd la vie. C’est cette énergie qui, dans notre corps physique, a la même fonction, la même activité que dans la nature ou dans l’univers.

Le Soleil, premier symbole manifesté de cette énergie qui bombarde notre planète et qui, après transformation dans les couches stratosphériques, crée des conditions de vie, nous rappelle que la lumière que nous percevons pourrait s’affirmer comme l’ineffable présence d’un principe que d’ancienne civilisation avait qualifié de noms divers, que les religions nomment Dieu et que les Maçons du rite Ecossais Ancien Accepté ont, depuis le Manifeste du Convent de Lausanne de 1875, la sagesse d’invoquer sous l’appellation de Grand Architecte de l’Univers.

Aucune initiation véritable n’a jamais réellement adoré l’astre solaire, mais la partie exotérique de presque toutes les religions fait référence à sa lumière à cause de ses pouvoirs créateurs et bénéfiques.

Même si nous pouvons expliquer et reproduire artificiellement les principes naturels de la propagation des ondes magnétiques, il nous est impossible de déterminer l’essence même de cette énergie qui nous baigne et nous anime.

Sans énergie, la lumière qui éclaire les formes, les reliefs, les couleurs et les distances n’existeraient pas. Aussi, parce que l’énergie engendre la lumière, la chaleur et la vie, celle-ci est initiatrice des sciences, des religions et des arts. Elle est un outil de création.

Nos cinq sens en sont la conséquence puisque la fonction créant l’organe, sa lumière a créé nos yeux et sa chaleur a travaillé notre corps pour créer les organes de la sensation. C’est peut être pourquoi dans certains rituels d’origine compagnonnique les différents voyages en font état.

Cette énergie que l’on pourrait qualifier de verticale, engendre des phénomènes magnétiques dès qu’elle rencontre de la matière. On parle alors d’Ondes de forme qui peuvent avoir une incidence positive ou négative sur l’environnement, qu’il soit minéral, végétal, animal. Les civilisations qui nous ont précédées attestent d’une connaissance intuitive très précise de ces phénomènes radiesthésiques (1), notamment dans l’implantation de leurs sites mégalithiques et de leur architecture sacrée. Ce n’est certainement pas par pure coïncidence que la plupart des sites réputés pour être de hauts lieux de spiritualité, se retrouvent à l’emplacement même des lieux de culte païen d’autrefois, eux mêmes implantés sur des anomalies géologiques mesurables à la surface du sol.

Aussi, que l’on observe les pierres levées de Carnac, les Grandes Pyramides égyptiennes, ou les Cathédrales Gothiques du Moyen-âge, toutes témoignent d’un savoir transcendant.

En observant le ciel, et en analysant l’influence du rayonnement solaire sur leur cadre de vie, nos aînés ont pu élaborer des hypothèses et des techniques afin de l’utiliser et d’en manipuler les effets. Les puissants s’en sont bien sûr emparés pour en faire un outil de pouvoir spirituel et d’asservissement temporel en l’amalgamant aux superstitions profanes. Cependant, c’est aussi par le ressenti des phénomènes magnétiques que différentes sciences ou pseudo-sciences ont vu le jour. Car leurs applications sur la nature et sur l’humain sont multiples, diverses et variées.  

Que ce soit intuitivement ou scientifiquement, l’homme a toujours su s’identifier à la nature et à ses lois. Peut être qu’autrefois, ne disposait-il que d’outils archaïques et rudimentaires, mais ce sont ces outils, tels que la baguette de coudrier ou le pendule du sourcier qui depuis des millénaires, et par convention mentale, permettaient de chercher de l’eau, là où elle ne semblait pas se trouver.

Aujourd’hui, la géobiologie, cette science réputée nouvelle mais vieille de plusieurs millénaires, nous permet, grâce aux moyens techniques de notre époque, d’émettre des théories plutôt que des hypothèses sur la nécessité d’harmoniser toutes choses avec la nature. A présent, ce n’est plus par convention mentale mais par une approche scientifique que les archéologues mesurent l’intensité vibratoire des lieux qu’ils observent. L’homme antenne d’autrefois, a laissé la place aux antennes électroniques. Le pendule et autres matériaux obsolètes ne pouvant garantir l’absence de toutes interprétations sensorielles, ce sont des appareils ultra sensibles bardés de capteurs et reliés avec des ordinateurs, qui sont utilisés par nos scientifiques (compteur Geiger etc…) et nous permettent désormais de mesurer ces vibrations qui créent ou qui affectent notre vie, et d’en tirer des enseignements tant médicaux que thérapeutiques.

Depuis le 19e siècle de nombreux savants se sont intéressés aux phénomènes magnétiques. Les travaux du médecin allemand Ernst HARTMANN de l’Université de Heidelberg, qui nous ont permis de constater que depuis la nuit des temps, les bâtisseurs connaissaient et utilisaient intuitivement la structure de rayonnement radioactif terrestre pour implanter leurs édifices sacrés. Hendrik Antoon LORENTZ Prix Nobel de physique en 1902), a permis quant à lui, de démontrer que tout vibre dans l’Univers, la matière dite « inerte » comme la matière vivante, et que tout ce qui vibre émet des ondes longitudinales « linéaires » et, ou, tourbillonnantes. Le professeur Georges LAKHOVSKY a lui aussi mis en évidence, les relations essentielles existantes entre les radiations cosmiques et les phénomènes vitaux. Celui-ci devait aboutir à la conception que la vie est engendrée par les radiations, entretenue par elles et détruite par déséquilibre oscillatoire. D’autres encore, comme CHAUMERY et BELIZAL qui étudièrent la physique micro-vibratoire, ont fait progresser la science, notamment en ce qui concerne ses applications dans le domaine des phénomènes nucléaires.

Tout vibre dans l’Univers, et tout est en concordance. Notre bien aimé et défunt Frère Pierre DAC résumait cela en disant « Tout est dans tout… et réciproquement ». Les mots que nous prononçons, les idées que nous développons, les opinions que nous formulons, les émotions mêmes que nous ressentons, tout est perceptible sur un plan énergétique.

Désormais, la science peut même reproduire ce qu’elle ne peut expliquer en matière de phénomènes extra sensoriaux : La propagation des ondes cérébrales par télépathie par exemple. On sait que le cerveau humain, animé par une énergie vitale, peut agir comme transmetteur vers un cerveau récepteur réglé sur sa fréquence. Les scientifiques se sont emparés du concept pour inventer la radio, le téléphone, le G.P.S. même, et toutes sortes d’ondes polluantes annihilant celles bien moins puissantes que nous possédons en nous.

« Le poids des mots » disait la publicité de Paris Match. Ces mots que nous prononçons détiennent une quantité phénoménale de pouvoirs. Ce ne sont pas qu’un assemblage de lettres, ce sont des vibrations qui tendent à créer des émotions toxiques ou bienfaisantes. On sait par exemple que l’hébreu et le sanskrit sont appelées « langues vibratoires », et que lorsque les indiens prononcent des mantras, leurs vibrations sont censées s’élever dans l’univers avant de redescendre sous forme de manifestations physiques. En ce sens, chaque être humain peut être un magicien. Par une simple réflexion il peut changer le cours d’une vie. Si par exemple, nous disons à un ami que la couleur de son visage est celle de personnes ayant le cancer, cette simple remarque, s’il la prend au sérieux, pourrait engendrer ce mal en lui, et le tuer en moins d’une année. La parole est féconde et sa puissance peut être redoutable, surtout lorsqu’elle est manipulatrice.

En Loge, la parole est un outil de perfectionnement. Les travaux que nous y présentons sont réputés élever notre esprit, mais aussi notre niveau vibratoire. C’est pourquoi le choix des mots contenus dans nos rituels est si important, et qu’il peut être dommageable d’en modifier le sens caché, car l’esprit du rite pourrait en être affecté.

Les phrases prononcées au cours de nos tenues, associées aux symboles représentés dans la Loge, qui par leur fonction, leur nature et leur couleur émettent des ondes de forme susceptibles d’entrer en résonnance avec chacun de nous, sont censées contribuer à l’universalité de ce puissant égrégore qui unit tous les francs-maçons possédant (ou non) le pouvoir de s’y accorder.

Chaque symbole présent dans notre Loge peut avoir une triple interprétation. Sur un plan exotérique, ce peut être un objet usuel, un vêtement, un outil ou un mobilier. Sur un plan ésotérique, l’objet peut être comparé à son utilisateur. On parle alors de symbolisme. Sur le plan énergétique, on l’identifie à une lumière, à des ondes sonores ou à des ondes de formes réfractées. Chacun peut y voir ce qu’il veut y trouver. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’avoir des avis différents sur le vécu des symboles que nous utilisons.

Cependant, qu’il en soit conscient ou non, lorsqu’il fait ses invocations à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers et au Progrès de l’Humanité, le Vénérable Maître appelle sur lui l’énergie d’en haut en élevant son épée Flamboyante, représentation jupitérienne de la manifestation divine. Face à lui, à la porte du temple, le Couvreur dirige alors son épée vers le sol, faisant ainsi circuler l’énergie du Zenith au Nadir de la Loge.  

Autre symbole fort de nos cérémonies, lorsque le Maître des Cérémonies et le Grand Expert forment la Voûte sacrée au pied de l’Orient. Cette figure géométrique n’est pas sans rappeler le cône de lumière issu de la direction du soleil venant éclairer la Terre, et plus symboliquement, les trois symboles de la Franc-maçonnerie placés sur l’Autel des Serments. C’est pourquoi dans certains rites dits spiritualistes, le pommeau de la canne du Maître des Cérémonies qui symbolise le soleil source de toutes vies, est au sommet du triangle ainsi formé, et que les deux pointes dirigées vers le sol, symbolisent sa manifestation sur les Colonnes du Nord et du septentrion (6). Symboliquement, son énergie réfractée verticalement à midi plein sur les trois grandes lumières que sont l’Equerre, le compas et la Règle est censée se réfléchir dans toutes les directions proposées par l’onde de forme des outils, c'est-à-dire vers les 8 plateaux des officiants de la Loge.

Cette action invocatoire du rituel n’est pas sans rappeler le schéma Pyramidal égyptien dont la forme protège en son centre la chambre de Haute Initiation que les profanes appellent la Chambre du Roi (5).

Bien entendu, les sceptiques ne sont pas obligés d’adhérer à ce que je suggère, car je ne détiens aucune vérité sinon la mienne, mais les mesures enregistrées par nos scientifiques concernant les intensités vibratoires à l’intérieur de la forme pyramidale, attestent notamment de son pouvoir momificateur..

Ces énergies qui circulent en nous et autour de nous sont aujourd’hui quantifiables. Pour en faciliter l’utilisation, notamment en géobiologie, nos savants utilisent des unités sans attributs, considérés comme des unités d’effet sur une échelle de 0 à 20 000 unités, basées sur les longueurs d’onde connues en physique (1 Aengströem = 10 millionièmes de millimètre) et de fréquence en Giga Hertz (1 Giga Hertz = 1 milliard de vibrations par seconde).

Ainsi, la vitalité d’un individu en bonne santé se situerait-elle aux environs de 6500 unités, mais ce ne serait qu’avec 7000 à 8000 unités qu’il possèderait sa pleine énergie vitale. En dessous de 6500 unités, le lieu serait affaibli et pourrait être nocif à toute matière vivante. C’est pourquoi, un individu soumis à une intensité inférieure à la sienne, tend toujours à équilibrer ses forces telle une pile neuve mise en série avec une pile usagée. Celui-ci perd alors de sa puissance au profit du plus faible. Lorsque sa vitalité tombe à 3000 unités, un homme est déjà très affaibli. Il peut alors développer toutes sortes de maladies. Mais à 1000 unités il a déjà un pied dans la tombe. Inversement, un individu soumis à l’influence d’une intensité vibratoire supérieure à la sienne, se chargerait en énergie vitale et améliorerait durablement son état de santé.

Il a été démontré scientifiquement que certaines maladies répertoriées en fonction de la vibration qui les caractérisent, correspondraient à une diminution plus ou moins forte de cette intensité. A titre d’exemple, la longueur d’onde mesurée sur des cancéreux, a toujours été située entre les valeurs limites de 4500 à 4900 unités. C’est pourquoi certains patients ont recours à des magnétiseurs afin de contribuer à leur régénération cellulaire (dans la mesure bien sûr, où l’état pathologique est encore réversible), plutôt que de se faire traiter par chimiothérapie qui, en détruisant les cellules atteintes, pourrait affaiblir d’autant leur vitalité énergétique.

D’autre part, on sait pour l’avoir expérimenté, qu’un individu moyennement intelligent, soumis à l’action d’un rituel dont la vocation est de le préparer à partager une réflexion ou le contraindre à une certaine analyse, va élever son taux vibratoire, proportionnellement à son degré de réceptivité, d’attention et de compréhension.

C’est pourquoi, lorsque les travaux prennent fin et que les maçons forment la Chaîne d’Union, ceux-ci partagent souvent d’une façon inconsciente, le fruit de leurs émotions, en équilibrant cette énergie qu’ils ont acquise avec celle de leurs Sœurs et de leurs Frères. Comme dans l’exemple précité, des piles neuves mises en séries avec des piles usagées, le niveau vibratoire des Sœurs et des frères les plus attentifs, ou réceptifs aux travaux du jour (par exemple ceux qui auraient apprécié cette planche), s’affaiblit au profit des moins favorisés (j’entends, ces autres qui auraient trouvé mon discours soporifique), donnant à chacun le sentiment de vivre sur une même longueur d’onde, voir d’éprouver le sentiment d’un amour fraternel partagé.

Ainsi, la Chaîne d’Union ne serait pas qu’un symbole magico-cosmique agissant sur le mental des participants. Elle donnerait un sens à nos travaux en renforçant notre Egrégore (4), tenue après tenue.

Quand il pense énergie, l’Initié voit la lumière qu’il va chercher dans sa Loge et qu’il nomme Connaissance, Spiritualité, parfois Dieu, Grand Architecte de l’Univers ou Fraternité Universelle. Cependant, il peut aussi être cette lumière que d’autres viennent chercher. Car celui qui veut imiter un savant, un philosophe, un saint ou plus simplement un Initié, reçoit quelques particules de ses vertus.

Plus il aura le désir de partager, d’éclairer, d’instruire et d’aider ses Frères, plus son Aura augmentera et s’élargira jusqu’à devenir rayonnante et lumineuse. Plus il dépensera certaines énergies pour le bien des autres, plus il se sentira rechargé d’énergies nouvelles.

Notre quête et notre but à nous Francs-maçons, est tout autant de chercher que d’offrir. Si comme l’écrivait Isaac Newton, « Les hommes élèvent trop de murs et ne construisent pas assez de ponts », nous essayons, quant à nous, de transmettre et de perpétuer cette lumière entrevue le jour de notre initiation. Physique ou spirituelle, la lumière est une énergie vitale, un élément essentiel à la vie. Symbolisée dans nos Loges, elle suggère la nécessité de donner un sens à chacun de nos actes.

La spiritualité que nous venons chercher n’est pas une échappatoire mais une élévation de l’esprit qui peut se faire dans la foi ou dans l’athéisme, c’est affaire personnelle, une pensée libre, ou une libre pensée. C’est une réflexion sur le pourquoi du monde, sur le pourquoi de quelque chose plutôt que rien, dans une communion de pensées qui cherche à élever l’homme vers la compréhension de ce monde. Et à ce titre, la Franc-maçonnerie peut participer à cette réflexion en apportant à l’homme certains outils que sont le symbole et le rituel.

J’ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/l-alchimie-des-energies.html

 

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Propos sur le sel, le souffre et le mercure

Publié le 3 Janvier 2013 par J\ D\ dans Planches

AVANT-PROPOS

Au hasard d’un article lu il y a quelques jours j’ai retenu ces quelques mots qui peuvent donner une indication sur l’état d’esprit dans lequel j’ai voulu rédiger cette planche :
Citation de Saint Paul. Hébreux 11 « Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement » suivi de ce commentaire :« L’ histoire que nous connaissons n’est que la partie d’événements qui se déroulent dans l’invisible. »

Comme l’intitulé l’indique :

PROPOS SUR LE SEL, LE SOUFRE, ET LE MERCURE


Cette planche n’a pas la prétention d’apporter une explication complète sur les notions contenues dans les mots « sel, soufre, mercure » mais plutôt de suggérer des axes de recherches pour ceux qui pourraient être intéressés par une approche différente de la F.M. Elle est aussi, pour moi, une façon d’essayer de découvrir, de comprendre ce que peut être une démarche initiatique, ma démarche initiatique en l’abordant par l’une de ses méthodes, l’alchimie et ses symboles.

Nous savons que « le REAA a pour but de développer un système de valeurs et des procédures symboliques empreintes d’une spiritualité qui ne sont ni religieuses ni métaphysiques . C’est un système philosophique au sens que Pythagore et Platon donnent à ce mot comme sont philosophiques les Anciens Mystères, l’Hermétisme et l’Alchimie qui ont inspiré la Franc-Maçonnerie. Leur point commun est le rite, le symbole, qui sollicitent l’individu dans sa personnalité profonde et ses états de conscience bien plus que dans son intelligence et sa raison. Il n’existe ni acte de foi ni soumission à un dogme, mais adhésion, implication de l’homme dans une œuvre de reconstruction personnelle ».

En conséquence la recherche maçonnique, qui n’est pas unidimensionnelle, n’est pas fondée sur la pensée unique. Chaque Franc-Maçon se doit d’aborder les études ésotériques avec sa personnalité afin de dégager, ce qui, pour lui, est SA vérité, en utilisant les différentes sources dont il dispose que ce soit le rituel, les manuels d’instruction, les différents ouvrages qu’il pourra étudier, les discussions avec les Frères. L’essentiel est qu’il réveille en lui le feu qui lui permettra de donner vie à l’homme nouveau qu’il souhaite voir naître. « Lis le Coran comme s’il avait été écrit pour toi » a dit un sage soufi.

D’où la question que je me pose : pour être un bon Maçon doit-on obligatoirement marcher dans les traces des pas des déistes protestants qui ont jeté les bases de la franc-maçonnerie moderne sans être pour autant taxé de déviationnisme ?. Parce que si je me réfère aux écrits de Guy Piau, ancien Grand Maître de la G.L.D.F. (1988-1990) « nous nous devons d’observer que l’histoire réécrite par Anderson n’a aucun titre pouvant nous conduire à LA prendre en considération de préférence aux narrations des manuscrits REGIUS et COOKE qui lui sont antérieurs ». Le récit d’Anderson « présente un grand intérêt dans la mesure où il marque une évolution de la pensée maçonnique, laquelle se trouve soumise à l’influence d’un parti religieux, chrétien et déiste qui prend son inspiration dans la Bible. » « Par contre, les manuscrits REGIUS et COOKE s’imposent comme une relation plus authentique des idées et des influences qui s’exerçaient au sein des anciennes loges. La légende telle qu’elle est transcrite dans le manuscrit COOKE, nous donne des indications très précieuse au regard de la correspondance qui nous paraît manifeste entre la pensée alchimique et la pensée maçonnique, correspondance que nous suggèrent, de manière concrète, les représentations symboliques qui abondent dans les décorations des monuments du Moyen-Âge ». « Dans la légende qu’expose le document COOKE, apparaissent des personnages, réels ou imaginaires, qu’Anderson occulte et qui pourtant nous paraissent très significatifs de l’influence alchimique et hermétique dans la pensée maçonnique». Donc, écrit Guy Piau « nous ne pouvons pas ignorer ou laisser de côté cette influence ainsi que le fait Anderson ». Quant « au manuscrit REGIUS il ne fait aucune référence à la Bible. La construction du Temple de Salomon n’y apparaît pas » ni, en conséquence, toute allusion à la géométrie sacrée ou non.

Que je sois bien compris, je ne remets pas en cause le caractère fondamental de la Géométrie dans la pensée maçonnique, je considère seulement que, Euclide, Thalès et leurs émules sont des panneaux indicateurs que peuvent suivre uniquement ceux dont la psychologie, l’intellect, leur permet de comprendre les raisonnements parfois confus et difficiles de ceux qui les utilisent. Il existe une façon plus simple, une géométrie plus aisée, « philosophale », « subtile »qui consiste à méditer sur des éléments simples. Par exemple un trait vertical donne une image du ternaire : nous avons un corps avec deux extrémités. Il en va de même pour le cercle : une limite séparant le contenu limité d’une ambiance infinie. Ou bien, si nous essayons de représenter l’unité nous ne pouvons éprouver que des difficultés ; elle se conçoit mais ne se montre nulle part ; son meilleur symbole est le point mathématique qu’on peut situer abstraitement à l’intersection de deux lignes ou au centre du cercle. Ce point matériellement inexistant engendre la ligne en se déplaçant dans l’espace. Nous pouvons concevoir, alors, une surface qui s’élève, s’abaisse, tourne sur l’un de ses côtés et acquérir, ainsi, l’idée d’un corps à trois dimensions. Et nous obtenons par complexité croissante l’ensemble des symboles que la Franc-Maçonnerie propose à notre méditation. Voilà ce qui, pour moi, est la géométrie.

Quel rapport me direz-vous avec le Sel, le Soufre et le Mercure ? Je crois posséder la clef qui me permettra d’étudier leur signification.
Se référer au diagramme.

Si vous analysez chacun des symboles vous pouvez remarquer qu’ils sont composés : trait, croix, cercle, demi-cercle, triangle chacun de ses éléments ayant une signification particulière.

Prenons tout d’abord le cercle. Il symbolise ce qui n’a ni commencement ni fin, le « UN le TOUT », l’Ouroboros, il représente la substance primordiale uniforme, non différenciée, en cosmogonie le CHAOS primitif. Placez un point au milieu et vous obtenez la Lumière créatrice, la Lumière existant en soi, la radiation initiale qui part immédiatement de partout dont le résultat est la circonférence du cercle. Nous obtenons le Grand Agent Primordial, le Delta Lumineux, le G.A.D.L.U. qui s’oppose à lui-même pour engendrer d’abord les idées, les formes et, progressivement, les apparences compactes. Nous nous référons ici à Genèse I,1-5 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux. Dieu dit « que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ».

Continuons avec le cercle. Les dérivés de la substance primordiale, symbolisée par le cercle et appelée ALUN par les Alchimistes, sont nombreux et prennent le nom de Sels. Selon O. Wirth l’alun, selon un jeu de mots, personnifie l’un ou le cercle, i.e, à la fois le chaos primitif et l’éther.

Si nous partageons le cercle en deux à l’aide d’un trait horizontal, nous obtenons un Firmament séparateur des Eaux Supérieures des Eaux Inférieures ( Genèse I,6-10 : « Dieu dit : « qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux » et
Dès lors, le chaos indéterminé auquel nulle qualité ne pouvait être attribuée, n’existe plus. Cette barre horizontale donne au zéro la valeur d’une SUB-STANCE, pas encore sensible mais intelligible , et fait que tout ce qui existe a son Ciel (principe spirituel) et sa Terre ( principe matériel), possède une double influence interne, deux tendances opposées ( pôle positif, pôle négatif, Yin, Yang, le Soleil et la Lune, les Colonnes Jakin et Boaz)) qui permettent au Cosmos de se dégager du Chaos ( Ordo ab Chaos ). En résumé, le SEL :
- est à la base de tout ce qui prend forme, c’est-à-dire l’homme nouveau que veut devenir l’impétrant,
- est le principe stabilisateur des corps, sa substance devient le corps de la Pierre que le Sage apprend à extraire et à travailler en essayant de dégager le subtil de l’épais, première leçon que nous donne le Cabinet de Réflexion, et que le néophyte mettra symboliquement en application quand il frappera sur la Pierre Brute,
- est à la base de tout engendrement grâce à l’action combinée du Soufre et du Mercure que nous allons maintenant étudier en commençant par le MERCURE..

Poursuivons notre étude du cercle ; ajoutons au dessus un demi-cercle ou croissant avec les pointes en haut, allusion évidente au croissant de Lune.
Développons notre étude du cercle en traçant sous le cercle une croix. Elle est composée, je vous le rappelle, d’une branche verticale, branche active, et d’une branche horizontale, branche passive, exprimant ainsi une idée de fécondation, l’idée pénétrant dans l’intelligence réceptive et la fécondant, l’union du Yin et du Yang, le « deux fait un » des évangiles gnostiques. Maintenant associons ces trois figures :
- d’abord un cercle
- sur le cercle un croissant avec les pointes en haut
- sous le croissant une croix.
Nous obtenons le symbole du MERCURE.

C’est un symbole complexe qui peut être étudié de différentes façons :
- 1° nous visualisons un cercle sous lequel il y a une croix ; nous obtenons ainsi le symbole de Vénus. Il nous signale l’existence d’une substance renfermant en germe des énergies vitales destinées à se déployer dans la sphère de la matérialité soumise à de perpétuels changements, on pourrait dire qu’il s’agit de la chute de l’Esprit dans la matière, de l’involution.
- 2° nous ne voyons qu’un cercle surmonté d’un croissant pointes en haut c’est le Symbole du Sel Alkali dont la signification renforce ce qui a été dit précédemment : tout doit rentrer dans le courant de l’évolution.
- 3° nous faisons appel à la croix qui est l’indice de la fécondation et qui est placée sous le cercle lui-même surmonté du croissant. Nous obtenons le symbole de la « Matière première des Sages » qui est prête à subir toutes les métamorphoses, à réaliser toutes ses potentialités latentes, c’est le passage de la puissance à l’acte. Or cette matière première des sages n’est autre que la pierre brute, l’Apprenti lui-même

En résumé, le Mercure est l’essence fondamentale de la vie des choses, c’est le principe grâce auquel elles se produisent, se développent et se transforment, c’est l’agent universel de la nature, l’intermédiaire indispensable aux différente manifestations de l’existence. Il pénètre tout, relie tout par les liens « d’une secrète sympathie », base de l’intersubjectivité universelle.

Si le Mercure fait allusion à ce qui rentre, « se rapporte à l’énergie expansive provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité », , le SOUFRE, lui, fait allusion à ce qui sort. Il est le « Feu réalisateur » emprisonné dans chaque être, il symbolise l’ardeur vitale, le principe constructeur de tout organisme. Quand St Jean (X,33) déclare « N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit vous êtes des dieux » il fait allusion à la Lumière Créatrice enfermée, emprisonnée dans tout homme et que le Néophyte doit apprendre à découvrir en la dégageant des différentes écorces qui l’empêchent d’être efficace. Et les caractères alphabétiques : V.I.T.R.I.O.L. prennent tout leur sens. Ils invitent le Franc-Maçon à plonger au plus profond de son être pour sentir qu’il n’est pas le fruit du hasard et de la nécessité, mais bien un élément conçu pour participer à la construction d’une œuvre qui le dépasse puisque sa mise en route ne dépend pas de lui mais du GADLU. Seule lui reste la possibilité, en respectant le Tracé qui lui a été confié, d’inscrire ses efforts, dans le monde qui l’entoure pour le marquer de son empreinte, devenant ainsi le collaborateur de la Lumière Créatrice, découvrant que le divin qu’il est et le divin qui est dans l’univers ne sont qu’un.

J’ai précisé au début de cette planche qu’elle était pour moi une façon de comprendre ma démarche initiatique. Celle-ci repose en fait sur le constat qu’il existe dans l’homme un dynamisme, d’un élan qui le pousse à agir, à réaliser une oeuvre et le miroir présent dans le cabinet de réflexion est là pour me rappeler que la F.M. m’aidera à mettre à jour ce qui est en moi, ce que je dois voir en moi, à comprendre que la lumière que je cherche est en moi. Le soufre, le mercure et le sel, qui symbolisent dans leur unité l’unité que je suis en tant qu’esprit, âme et corps, me révèlent que je suis l’aboutissement de la création. Je deviens le MIROIR dans lequel l’Esprit créateur, le GADLU, se reconnaît et se contemple. Mais je ne peux remplir cette fonction de miroir que si mon ego, ma rationalité, mon mental,consentent à lâcher prise. Ils refusent d’accepter de jouer les seconds rôles, de la reconnaître qu’ils ne maîtrisent rien du tout, qu’ils sont agis par quelqu’un qui est notre être essentiel.

Je rejoins ici la problématique soulevée à notre époque par le développement des sciences, en particulier de la physique quantique : celle de l’existence d’un domaine intermédiaire dans lequel le physique et le psychique sont mêlés en une indissociable unité, dans lequel l’esprit se matérialise, dans lequel la matière se spiritualise, stipulant ainsi qu’il existe d’autres formes de connaissance et d’action que celle de la conscience personnelle du monde profane. Il s’agit de se projeter dans une dimension où le moyen de l’actualisation, de la réalisation, n’est ni l’esprit ni la matière mais ce domaine intermédiaire de réalité subtile qui ne peut être exprimé que par ce qui n’est ni abstrait, ni concret, ni rationnel, ni irrationnel, ni réel, ni irréel mais chaque fois les deux, c-à-d le SYMBOLE que Christophe Levalois définit ainsi dans son étude intitulé « Symbolisme de la décapitation du Roi » : Le symbole manifeste une idée et l’affirmation d’une force. Il est, de plus, universel, c-à-d il établit un lien entre l’acte et l’idée et les différentes dimensions de notre univers. Donc, il relie et s’avère ainsi une clef qui permet à notre compréhension d’aller au-delà des apparences et au-delà du monde sensible

Pour conclure et pour résumer, je citerai Irène Mainguy : « Ce ternaire alchimique, sel, soufre, mercure réunis dans le cabinet de réflexion, n’est pas immédiatement parlant au récipiendaire, ignorant qu’il est de toutes connaissances hermétiques. Selon l’hermétisme ( qui a rapport au grand œuvre et à la transmutation des métaux) tout se compose de soufre, de mercure, de sel ; ces trois principes se rapportent :
- à l’énergie expansive inhérente à toute individualité,
- à cette même énergie provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité,
- à la sphère d’équilibre résultant de la neutralisation de l’action sulfureuse centrifuge ( qui tend à s’échapper vers l’extérieur) et de la réaction mercurielle centripète ( qui tend à revenir au centre ) pénétrante et compressive.

V.M. J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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L'alchimie et la maîtrise maçonnique

Publié le 2 Janvier 2013 par Thomas Dalet dans Planches

J’évoquerai la relation de l’alchimie et la maîtrise maçonnique en développant trois points. Le premier portera sur l’alchimie et le nombre de la maîtresse, j’enchaînerai sur la relation de l’alchimie avec le mot de passe de la Maîtresse en terminant par les symboles alchimiques au cours de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

L’alchimie et le nombre de la Maîtresse

Dans la théorie alchimique, les grands principes ou forces vitales qui animent le monde sont contenues tant dans les métaux que dans les planètes.

Les alchimistes travaillant sur les métaux reconnaissaient sept métaux auxquels ils attribuaient le nom et le signe des sept planètes ; Or ou Soleil, Argent ou Lune, Mercure, Plomb ou Saturne, Etain ou Jupiter, Fer ou Mars, Cuivre ou Vénus. Ils doivent tous dériver d’une même source : la matière première.

Isaac . Newton célèbre alchimiste cherchait à transmuter le plomb en or.
À cette fin il a observé les planètes et en a tiré la découverte de la gravité, cette force non pas vitale mais physique dont la découverte a ouvert le Siècle des Lumières.

Fulcanelli le plus célèbre et le plus mystérieux des alchimistes du XXème siècle nous révèle dans son ouvrage « Le mystère des cathédrales » que dans le portail de Notre-Dame de Paris par exemple, on retrouve sur une statue de la Vierge des médaillons représentant les 7 planètes associées aux 7 métaux utilisés par les alchimistes
Selon lui , les clefs de la transmutation, c'est-à-dire de l'opération alchimique consistant à transformer les métaux en or, se trouvent dans le portail, dissimulées de telle manière que seuls les initiés sauront les y découvrir.

Le processus de perfectionnement de la materia prima, pour passer des caractéristiques du fer à celles de l’or, s’opérerait en sept étapes comme suit : fer - cuivre – plomb – étain – mercure – argent - or.

Le mode opératoire alchimique est codifié mais les auteurs distinguent généralement sept étapes que l’on peut considérer comme des démarches de pensée consistant à marquer les étapes dans la transformation de la matière dont le but ultime est la réalisation du Grand Œuvre.

La première étape est la CALCINATION qui a pour rôle de décomposer la matière que l’on veut transformer, c’est à dire l’analyser.

La deuxième étape est la PUTREFACTION , elle porte l’image de la mort nécessaire au renouvellement de la vie , elle correspond à l’Œuvre au noir ou nigredo ou épreuve du vide, dont le symbole est le corbeau, elle s’inscrit dans le corps, dans l’imaginaire.. sans cette phase de putréfaction de la matière le Grand Œuvre ne pourrait arriver à son terme

Vient ensuite la troisième étape la SOLUTION qui nous pousse à dissoudre grâce au sel philosophique, c’est à dire à ordonner pour faire ressortir une forme nouvelle. C’est l’apparition de la couleur blanche, cette étape nous amène à l’Œuvre au blanc ou albedo, ou ’épreuve de l’eau, dont le symbole est la colombe, elle s’inscrit dans le symbolique.

Elle est suivie par la DISTILLATION, quatrième étape qui change la nature et la propriété des choses par chauffage dans l’athanor. Ceci permet une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

La cinquième étape ou CONJONCTION rend possible le prolongement de ce niveau d’intégration car on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble, il s’agit maintenant d’intérioriser le monde et son propre monde en se projetant vers l’avenir afin de saisir les buts à atteindre et qui vont déboucher sur les « Premières Vérité » selon l’Œuvre au rouge ou rubedo, ou épreuve du feu qui elle s’inscrit dans le réel.. C’est cette cinquième étape qui correspond à la Maîtrise Maçonnique ce que je développerais plus loin.

La suite logique est la SUBLIMATION.Cette sixième étape est une opération qui nous apprnd à faire jouer les choses et à savoir manier l’Art de la raison en se décentrant de ses préoccupations antérieures au profit d’autres toutes nouvelles

Enfin arrive la COAGULATION septième et dernière étape. Elle exprime la voie dans laquelle l’Homme s’engage quand il construit son Grand Œuvre individuel grâce à une pensée de plus en plus philosophique qu’il acquiert par sa faculté d’abstraction pour aller à l’essentiel. Ceci est l’aboutissement de toute désagrégation solvante qui génère une nouvelle entité par coagulation, c’est le SOLVE et COAGULA

L’alchimie et le mot de passe de la Maîtresse

L’alchimie qu consiste à travailler sur les métaux est également liée au mot de passe du grade de Maîtresse. Car l’Alchimie est fille de TUBALCAIN

1) Tubalcaïn signifie « Maître du Monde » .

Il est dans la Bible un descendant direct de Caïn (Caïn signifie acquérir ou obtenir ). Sa fonction était de travailler la terre.
La Loi Mosaïque n’étant pas encore née, Caïn ne fut pas tué après son crime fratricide, il se trouva symboliquement exilé de la terre sacrée. Il fut envoyé de l’Orient vers le Nord.
Après que Caïn eut bâti la première ville, nommée Henoch, il devint le premier d’une lignée de créateurs. Chaque descendant de Caïn est décrit par son activité : Jubal sera nomade et berger, Dubal sera musicien …Tubal-Caïn s’occupera des métaux et des instruments.
La postérité de Caïn fonde la civilisation, le progrès de la technique, des sciences et des arts.

Tubal-Caïn appartenait à la 7ème descendance de Caïn. 7 indique que Tubal-Caïn avait évolué par rapport à son ancêtre, qu’il avait exploré sa terre, découvert des métaux et qu’il savait les utiliser. Ainsi, le 7 indique aussi la fin d’un cycle. C’est pourquoi on peut dire « J’ai 7 ans et plus «, car il y a d’autres cycles à réaliser.

Le 7, c’est encore le 4 du carré de la terre, associé au 3 du triangle de la divinité. Tubal-Caïn est identifié par ces 2 nombres de par son activité de terrien et de par sa relation avec le divin (Adam créature, création de Dieu ).

Dans l’imagerie populaire, Tubal-Caïn est représenté comme un forgeron trapu, tassé comme une pierre.

2) Dans la mythologie, Tubal-Caïn est assimilé à Vulcain pour les Romains et à Héphaïstos pour des Grecs, forgerons officiels des dieux. Maître du Feu, Héphaïstos forgea l’armure magique d’Achille, le trident de Poséidon, le sceptre de Zeus ou bien encore la colonnade de bronze du T\ de Delphes. « Il » découvrit les secrets du feu et des métaux qui peuvent être solides, ou liquides, purs ou alliés entre eux. Il se fait créateur de formes nouvelles et il paie le prix de ses découvertes par un signe visible et permanent dans son aspect physique.
On présente souvent le forgeron soit boiteux, soit unijambiste ou nain.

En effet, Héphaïstos fils unique de Junon, reine de l’Olympe et de Zeus ne fut pas reconnu par son père qui le jeta du haut de la montagne. Cela le rapproche des fils de veuves célèbres, et de la boiterie initiatique.
Dans les mythes, le Pouvoir n’est pas tendre avec celui qui « connaît » les secrets et les divulgue aux « dominés » afin de leur permettre de se libérer. De Prométhée à Adam, les « forgerons « sont estropiés. Héphaïstos est boiteux et difforme, Varuna, Tyr, Odm, Alfado sont estropiés. La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science :ils ont subi la colère d’un dieu jaloux de ses privilèges. Ils portent les marques de la vengeance des Dieux.
Pour les grecs, Héphaïstos représente le feu intérieur de la terre, comme celui qui habite le cœur de l’Homme.
Quand le minerai était découvert et extrait, il était dirigé vers les fourneaux. Puis, le forgeron se substituait à la Terre-Mère pour accélérer et parfaire « la croissance » et la maturité du minerai. Il collaborait en quelque sorte à l’œuvre de la nature, intermédiaire entre Dieu et les Hommes. Ainsi, il fabriquait l’outillage en fer dont les cultivateurs et les chasseurs avaient besoin. Il sculptait les images des ancêtres et des génies qui servaient de support aux cultes. Intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, tantôt méprisé, tantôt respecté, il vivait à l’écart du village en compagnie de sa femme la potière.

La fusion des métaux est considérée comme une mort. Le soufre extrait représente la vertu, c’est à dire le noyau ou l’esprit de métal.
Rappelez-vous l’interdiction du métal dans les outils hébreux et des outils de métal dans la construction du T\ de Salomon
Tubalcaïn, le forgeron, travaille les métaux et s’inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite. Le forgeron fait partie des bâtisseurs et apprend à Etre par le moyen de la création. Il a la connaissance des 4 éléments :le métal est extrait de la terre, il est transfiguré par le feu, lui même attisé par l’air puis trempé par l’eau afin de devenir l’instrument utile aux laboureurs ou aux guerriers. Il forge des épées, œuvre d’initié car elles sont parfois dotées d’un pouvoir magique,qui demande de connaître et maîtriser les forces contenues dans ces éléments.
Le travail de la forge signifie la constitution de l’être à partir du non-être. La forge est l’allégorie du cœur et les soufflets représentent les poumons.

Fondre le métal et le reformer correspond au « salve et coagula » de l’alchimie hermétique, travail créateur par excellence, car créer c’est recréer.

Le forgeron maîtrise le feu et grâce à lui transforme les métaux qui viennent des profondeurs de la terre. Son pouvoir est ambivalent, il peut être aussi maléfique que bénéfique.
On peut penser que La Franc-maçonne, grâce à l’introspection, extrait des profondeurs de son inconscient, de sa mémoire les mythes qu’il utilise pour comprendre, évoluer et construire un Homme nouveau. Maîtrise des éléments qui signifie Maîtrise de soi.
Tubalcaïn, le » forgeron de l’Univers » annonce Hiram.
Hiram est avant tout un métallurgiste- c’est la Bible qui le dit (Genèse 4-2.22).
Hiram est né de Caïn, qui le premier a travaillé la terre, dont la lignée s’est réfugiée dans un monde souterrain et a secrètement survécu au déluge.
Hiram est un être sombre, éclairé par un feu intérieur et totalement voué au travail.

L’alchimie dans la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

Revenons à la cinquième étape du mode opératoire alchimique qui est la CONJONCTION la phase où l on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble

Nous allons voir que la Maîtrise Maçonnique correspond très exactement à cette étape

La Franc-Maçonne, à la fin de son temps de Compagnonne est très exactement en l'état de la Pierre qui correspond à la quatrième étape du mode opératoire alchimique. Elle a fait une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

L'Initiée, en elle a grandi, elle a travaillé à l'œuvre commune de construction. Sa morale, elle l'a construite elle-même dans son cœur. Ses croyances ne lui ont pas été apprises, elles sont le fruit d'une expérience et d'une méditation corollaire.
L'Amour n'est pas pour elle une loi morale, c'est une Connaissance et elle sait s'élever et trouver la Vérité là où elle se cache. Mais ce Temple, c'est un Temple intérieur, elle l'a construit en elle, pour elle , elle n'est pas encore capable de transformer ce qu'elle touche, de régénérer celles qui l'approchent ... elle n'est pas encore une Maîtresse.

La Maîtrise c'est la CONJONCTION et nous verrons dans un instant que son appareil funèbre évoque parfaitement ce recommencement.

La Loge a revêtu son funèbre appareil, elle est tendue de Noir. Les Maîtresses se désolent de ne pouvoir poursuivre l'œuvre féconde de la Franc-Maçonnerie, car leur Maître, Hiram est mort. Trois Compagnons ont tenté successivement de s'emparer par la force du secret de la Maîtrise : Le premier était à la porte de l'Orient ; il a exigé ce secret, devant le refus d'Hiram de le lui livrer, il a asséné à ce dernier un coup de règle à la gorge. Le coup a dérapé et lui a frappé l'épaule lui paralysant le bras droit. Le deuxième attendait à la porte du Midi : même exigence, même refus d'Hiram, même violence. Mais cette fois c'est un coup d'équerre que reçoit le Maître, droit au cœur. Enfin un autre Compagnon l'attend à la porte d'Occident. Hiram refuse encore de livrer sous la menace le secret de la Maîtrise, il reçoit un furieux coup de maillet sur le front, il s'affaisse mort. Le forfait accompli, les Compagnons enterrent Hiram sous un amas de décombres au Nord du Temple...

Tel est le drame symbolique.

La Compagnonne candidate à la Maîtrise va alors subir une épreuve : si elle se sent le cœur pur et la conscience tranquille, elle devra enjamber le cadavre d'Hiram. Elle le fait. Dès lors elle va être identifiée à Hiram et vivre personnellement ce drame.

Une mort volontaire avait permis au profane de renaître Initié, lors de sa réception au premier degré.
Il s'agissait des Opérations de Solve et de la résurrection de la Pierre au blanc.
Mais il faut une seconde mort à l'Initiée pour atteindre à l'immortalité des Maîtresses.
Ainsi donc la Compagnonne est assimilée à Hiram.

Comme lui elle sera frappé à l'épaule par la règle ( c'est-à-dire dans son corps ), au cœur par l'Equerre ( c'est-à-dire dans son Ame ), au front par le Maillet ( c'est-à-dire dans son esprit ).

Puis elle sera étendue sous le drap mortuaire, son tablier sera rabattu sur son visage et un rameau d'acacia sera posé sur le drap. C'est le rameau d'acacia qui dans l'interprétation mythique du drame permettra de retrouver le " cadavre ".

Tout comme le Grande Œuvre recommence. le drap mortuaire c'est évidemment « le corbeau » qui signifie la matière au noir dans le temps de la putréfaction l’ étape de l’œuvre au noir.

La compagnonne a été traitée comme la Materia Prima (le profane) et atteinte dans sa triple constitution.
Elle gît morte.

Les trois compagnons qui tuèrent Hiram sont les trois corps alchimiques : sel, soufre et mercure. Ils blessent et font saigner Hiram et le tuent

Cela marque la phase de la mort ou le sceau d’hermès de couleur rouge sang surnage la matière noire en putréfaction. Le message de cette légende est des plus significatifs quant à l’art royal.
En effet, il est impossible de réaliser le Grand Œuvre si l’on ignore le secret de l’acacia, car la substance obtenue à partir de ce végétal va permettre d’élaborer le sel alchimique qui seul, , va permette à la matière de saigner et de prendre la couleur noire.

L’acacia était connu des alchimistes

La Compagnonne a vécu la mort symboliquement tel le néophyte des antiques Mystères. En elle Hiram ressuscite et ainsi lui-même est-il ressuscité. Telle est l'ultime degré de la Maçonnerie symbolique : La Maîtrise

La Compagnonne était souillée par des impuretés, elle doit repasser par l'épreuve de la mort et de la pourriture.

"
Car nul ne peut blanchir s'il n'a auparavant noirci...(L’œuvre au blanc après l’œuvre au noir)
Nul ne peut s'élever s'il ne s'est humilié... et nul ne peut atteindre la Vie éternelle s'il n'a connu la mort.
"

Le Grand Œuvre Alchimique est un éternel recommencement :

La Pierre peut être à nouveau soumise à une nouvelle mort, à une nouvelle résurrection, pour atteindre à plus de pouvoir rédempteur.
Et puis encore ... jusqu'aux limites du possible qui sont les limites mêmes du présent cycle d'évolution minérale.
Il reste toujours à la Pierre quelques parcelles d'impuretés, quelque infime souillure... Ce sont les restes de son ancienne nature de "minerai profane".
Ainsi la Maîtresse Maçonne sait qu'elle n'est jamais au terme de la Maîtrise, car il lui reste toujours à détruire quelques parcelles de son " Moi " : de ce trompeur écran de la personnalité qui déforme le Nombre au point de n'en faire qu'un chiffre.

Et, du reste si elle avait d'aventure conscience d'être parvenue à l'ultime point de quelque chose, une ligne infime, insaisissable, comme celle qui marque le Solstice, séparerait ce point final du commencement d'autre chose et tout serait à recommencer plus loin, plus haut selon ce processus invariable : SOLVE et COAGULA qui est la loi de l'Alchimie :

J’ai dit

 M\ M\

source : www.ledifice.net

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L'Alchimie, Art Royal ou philosophie « par le feu »

Publié le 29 Décembre 2012 par X dans Planches

   
Essayant de déchiffrer les messages liminaires contenus dans les propos de notre V.M. quand nous avons discuté du sujet que je viens de vous le lire, j'ai senti qu'il souhaitait que nous fassions ce soir, ensemble, un voyage dans le monde mystérieux de l'Alchimie, univers symbolique sur lequel le REAA s'appuie pour nous guider dans la quête de la Vérité, cette quête que nous avons tous entamée le jour de notre initiation au 1er degré.

Lors de la cérémonie d'initiation, dès que, dépouillés de nos métaux et rituellement préparés, nous avons été abandonnés et livrés à nous-mêmes dans le Cabinet de Réflexion par les F.F. Expert et Maître des Cérémonies, dès la première minute de l'épreuve de la Terre, nous avons été en contact avec le Vitriol Philosophique et le symbolisme alchimique… Rappelons que le vitriol, dans son sens exotérique ou premier est le nom populaire donné à l'acide sulfurique (H2SO4), agent corrosif puissant, dérivé du soufre. Les rapports entre la Franc Maçonnerie de REAA et l'alchimie sont donc patents et s’affichent à notre regard alors même que nous ne sommes encore que néophyte, candidat à l’initiation.

Retournons donc aux fondamentaux puisque tel est le souhait de notre V.M.

Connue en Occident depuis le XIIème siècle, l’Alchimie peut se prévaloir d’une ascendance multiple. Etymologiquement, le mot dériverait d’une forme arabe, al-kimyâ, conservée dans le provençal alkimi, de même que dans l’espagnol alquimia, mais grecque dans sa racine. Les noms anglais (Alchimy) ou allemand (Alchimie) ont conservé la dérivation médiévale, attestée également dans les vieux vocables français «alquémie» et «arkémie» (XIIIème siècle).

Si nous analysons la signification du substantif pré-arabe kimiya ou kimyâ, ce mot d’origine syriaque dériverait du grec hcmia (proche de huma, « fusion »), indiquant le caractère métallurgique des techniques antiques. Ce terme aurait été lui-même formé sur l’égyptien kham-it ou khem-it, (noir), adjectif dérivant vraisemblablement du nom Khem (le pays noir, la terre noire), nom qui désigne l’Egypte dans l’Antiquité. Ce pays aurait été en effet le berceau des arts chimiques et alchimiques, symbolisant la noirceur caractéristique de la décomposition de certains métaux.

L’Encyclopédie de l’Islam évoque cette dernière hypothèse. Elle rappelle toutefois, que le mot al-kimyâ est synonyme d’al-iksir, qui a donné le français « élixir ». Les Mafatih-al-Ulum ont rapproché kimyâ de kama, « tenir secret ». Selon al-Safadi, kimyâ serait d’origine hébraïque et signifierait que cette science vient de Dieu. Dans le corpus alchimique de Jabir ibn Hayyan, al-iksir est aussi conçu comme une émanation de l’esprit divin.

Née en Egypte, l'Alchimie ne se développe ni dans la Grèce antique, ni dans l’Egypte pharaonique, mais dans l’Egypte alexandrine vers le IIème siècle avant notre ère, à partir des « Physica et Mystica » de Bolos de Mendès, appelé aussi le Pseudo-Démocrite et découvreur de la célèbre formule : « La nature se plaît dans la nature, la nature triomphe de la nature, la nature domine la nature » qui préfigure la Table d’émeraude hermétique. Bolos de Mendès va élaborer des recettes d'atelier, basées sur la loi des sympathies et des antipathies, pour fabriquer les quatre objets de l’Alchimie d'alors : l'or, l'argent, le pourpre, les pierres précieuses, à fabriquer ou à teindre. L’Alchimie va s’épanouir à Alexandrie, grâce au terreau gréco-égyptien et aux apports des savoirs issus de la tradition magique de l’Orient (perse notamment). Parmi ses successeurs les plus connus, citons le stoïcien Posidonios d’Apamée (né en Syrie en 135 av J.C, mort à Rome en 51 av J.C) philosophe, mathématicien et astronome, auteur de la formule : « Dieu est un souffle igné doué d'intelligence, sans forme, se transformant en ce qu'il veut et se rendant semblable à tout ». Citons surtout Zosime de Panopolis (vers 300 après J.C) pour qui la transmutation des métaux apparaît comme une allégorie de la purification et de la rédemption.
On doit surtout à Zosime la célèbre formule : "Un [est] le Tout, par lui [se développe] le Tout et vers lui [retourne] le Tout ; et si l'Un ne contient pas le Tout, le Tout n'est rien. Un est le serpent [l'ouroboros, le serpent qui mord sa queue], celui qui possède l'ios [la teinture en violet ?, dernière étape de la transmutation après le noircissement, le blanchiment, parfois le jaunissement] après les deux traitements [noircissement et blanchissement ?]". On peut paraphraser le texte de Zosime comme suit : l'univers est un, car il est composé d'une seule substance indifférenciée à l'origine ; c'est par cette substance unique que l'univers s'est constitué, et c'est à cette substance unique que l'univers se ramènera par dissolution. La formule En to Pan n'est pas de Zosime. Zosime lui-même l'impute au fondateur éponyme de l'alchimie, le mythique Chymès (ou Chémès ou Chimès), qui aurait été un « prophète juif ». Cet auteur, selon un procédé fréquent dans la littérature hermétique, voile ainsi une précieuse indication philosophique par un fait pseudo-historique : la légende a ici son sens premier et révèle exactement « ce que l'on doit lire », c'est-à-dire ce que l'initié doit entendre.
Ayant vécu longtemps à Alexandrie, qui comptait alors de nombreux savants juifs, Zosime ne pouvait ignorer qu'en hébreu Chemesch est le nom du Soleil. Afin de préciser son propos, Zosime, dans ses « Instructions à Eusébie », déclare : « Le grand Soleil produit l'Œuvre car c'est par le Soleil que tout s'accomplit ». Cet enseignement fondamental est confirmé par les derniers mots de la Tabula Smaragdina, la Table d'émeraude, célèbre « codex » alchimique attribué à Hermès Trismégiste lui-même : « Complet (achevé, accompli) est ce que j'ai dit de l'Opération du Soleil ».

Une petite mise au point avant d’aller plus loin : l’Alchimie s’est également développée dans d’autres aires géographiques et culturelles : la Mésopotamie, l’Inde, le Tibet et surtout la Chine, déjà vers le VIIIème siècle av J.C. Héritière des pratiques proto-chamaniques et de danses mimétiques immémoriales, l’Alchimie chinoise s’est souchée sur les exercices étranges des taoïstes qui se proposaient de retrouver la spontanéité première en même temps que les pouvoirs perdus par l'homme civilisé. Chez les taoïstes, comme le souligne Max Kaltenmark (Lao-Tseu et le taoïsme), « si le fourneau alchimique est l'héritier de la forge magique, l'immortalité n'est plus, du moins depuis les seconds Han, le résultat d'un sacrifice à la forge, de la fonte rituelle. Elle est acquise à celui qui sait produire le « divin cinabre ». À partir de ce moment, on eut un nouveau moyen de se diviniser : il suffisait d'absorber l'or potable ou le cinabre pour devenir semblable aux dieux ».

Rappelons aussi que le cadre référentiel de la tradition extrême orientale se construit grâce à cinq éléments : le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau. Pour plus de clarté, et par manque de temps, nous resterons dans la tradition occidentale qui retient les quatre éléments (la terre, l’eau, l’air et le feu), classés dans l’ordre où nous subissons les épreuves lors de l’initiation… mais aussi que retient Empédocle d’Agrigente. Nous y ajouterons un cinquième élément, l’éther, essence du Cosmos ou « matière de l’âme » selon Cicéron, pour parvenir à la Quintessence et parvenir avec cette combinaison, à la résonnance pythagoricienne de 1+4. Pour la connaissance hermétique, il s’agira, avec sagesse, d’utiliser spirituellement dans le macrocosme, le rayonnement éthéré du cosmos. Dans la mise en œuvre alchimique, il s’agira d’extraire avec précaution dans le microcosme, sa trace toujours présente au sein des structures de l’univers. Tout ceci, en respectant le processus de remontée vers la source primordiale. Beaucoup d’écrits alchimiques évoquent ainsi « l’homme-quintessence » ou « homme-universel », qu’on peut rapprocher des textes sacrés, dont ceux de la Genèse, en remarquant que le créateur va utiliser de la glaise pour mettre en forme une enveloppe porteuse de la projection de son esprit.
Nous ne pouvons ici que nous interroger sur ce don d’ubiquité de l’Alchimie, Art très secret, vieux rêve d’immortalité démenti par la science moderne, peut-être disposition archétypale de la psyché humaine confronté au mystère de la création et de la vie.

Cette quête de l’immortalité va connaître un énorme succès en Occident. Le Corpus Hermeticum, le Poimandrès, l’Asclépios et de nombreux autres manuscrits (cf Annexe 1) sont redécouverts, traduits du grec et de l’arabe en latin. Ce savoir passe pour très ancien, ce qui nous l’avons vu est inexact, et est d’autant mieux accueilli qu’il se présente comme une sotériologie (une doctrine de salut) empruntant de nombreux éléments doctrinaux aux gnoses, au stoïcisme et au néoplatonisme. Elle inquiète d’ailleurs sérieusement l’Eglise, qui y voit une forme de concurrence de la foi chrétienne, et le pape Jean XXII ira jusqu’à promulguer contre eux (en 1317) une décrétale qui commence par Spondent, dont la teneur suit : il désapprouve cet art et, ce faisant, il interdit de s'en mêler, l'interdiction englobant tout le monde (chrétiens et juifs), avec des peines encourues par les contrevenants, qu'ils soient religieux, clercs ou laïcs. Signalons que Jean XXII a aussi commis une décrétale contre les innovations musicales et aussi une contre la chimie et la médecine. Le moindre des paradoxes n’est-il pas que ce Pape ait été un maître reconnu des arts occultes, pratiquant l’Alchimie et la Kabbale, et l’auteur d’un traité intitulé « Ars transmutatoria » (traduit en français en 1557) ? Pour Carl Jung, l’Alchimie a constitué des siècles durant un salutaire « correctif » au christianisme, porté à se désintéresser de la vie de la nature.

Ce cheminement de l’Alchimie au sein de la culture occidentale, obligatoirement marqué par l’évolution des idées scientifiques qui entraînera son déclin progressif, est néanmoins suffisamment durable pour accréditer la pérennité d’une tradition. Rejetée par Descartes comme le prototype de toute fausse science, son ennemi inconditionnel, les Lumières et surtout le XIXème siècle, l’Alchimie ne trouvera que de rares défenseurs : notamment Newton, Leibnitz chez les scientifiques et Goethe, Hölderlin, Baudelaire chez les poètes. Mais l’étymologie du mot poésie ne vient-elle pas du grec poiein, qui signifie créer ?

Quelques mots sur le mode opératoire alchimique. Il est relativement codifié et les auteurs distinguent généralement sept étapes : distillation, calcination, putréfaction, dissolution, ces quatre étapes formant l’Œuvre au noir ou nigredo, puis coagulation, vivification qui forment l’Œuvre au Blanc ou albedo, puis multiplication ou projection, ultime étape et Œuvre au rouge ou rubedo. Dans certains ouvrages, le nombre et l’ordre des étapes alchimiques différent, comme dans le Rosarium Philosophorum (1550) (sublimation, descension, distillation, calcination, solution, congélation, fixation, itération, incinération), ou comme dans le « Dictionnaire mytho-hermétique » de Dom Pernety, qui recense 12 étapes.

Le processus alchimique consiste donc pour l’essentiel à dissoudre et coaguler (solve et coagula) : dissoudre ce qu’il y a de fixe dans le souffre vulgaire, fixer ce qu’il y a de volatile dans le mercure ordinaire, et cela jusqu’à obtention d’un mercure double dont le souffre, une fois purifié, constitue le principe vivant et igné. D’abord unis dans la mort après leur conjonction (les « noces chymiques »), Roi et Reine, Soleil et Lune appelés alors Soufre et Mercure sont appelés à une glorieuse apothéose sous la forme d’un « corps » double et imputrescible (Rebis), justifiant le parallèle entre l’obtention de la Pierre philosophale (« Toison d’Or », « Elixir rouge »), phase que les alchimistes représentent par le phénix et le pélican, et résurrection du Christ.

Les philosophes « par le feu » sont donc bien des alchimistes, en ce que la régulation du feu permettant la coction de leur précieuse « matière » est pour eux un souci constant. Ils le sont de manière plus ésotérique, dans le sens où la découverte du « feu secret », que recèle toute matière vile, dote la transmutation d’un pouvoir de guérison.

Les textes font constamment état d’un travail d’équilibration, travail au cours duquel toute séparation opérée par le feu promeut une pondération plus affinée des opposés. Ainsi, de degré en degré, c’est toute la matière engagée dans l’opération qui rejoint l’état igné, tandis que l’esprit naturellement enflammé se leste parallèlement d’une plus dense matérialité. Philosopher par le Feu ne consisterait pas donc à juxtaposer deux opérations logiquement inconciliables, mais à extraire des images, correspondant à des états de la matière, leur énergie « ignée », pour tendre enfin vers un état d’équilibre.

Si la chimie est incontestablement la science des faits, l'alchimie, elle, est la science des causes. La première, limitée au domaine matériel, s'appuie sur l'expérience. La seconde prend de préférence ses prémices dans la philosophie. Si l'une a pour objet l'étude des corps naturels, l'autre tente de pénétrer le mystérieux dynamisme qui préside à leurs transformations.

C'est là ce qui fait leur différence essentielle et nous permet de dire que l'alchimie, comparée à la science positive qu'est la chimie, seule admise et enseignée aujourd'hui, est une chimie spiritualiste parce qu'elle nous permet d'envisager la notion de transcendance, donc d'entrevoir ou d'approcher la notion du Divin au travers des ténèbres de la substance.

Pour l'adepte de l'alchimie, il n'est pas suffisant de savoir exactement reconnaître et de classifier les résultats qu'il constate. Il lui faut encore interroger la Nature pour apprendre d'elle dans quelles conditions et sous l'empire de quelle volonté s'opèrent ses multiples productions, adaptations et transformations.

L'esprit "philosophique" ne saurait se contenter d'une possibilité d'identification des corps simples. Il réclame, il exige de connaître le secret de leur élaboration.

Entrouvrir la porte du laboratoire où Dame Nature mélange, combine et associe les différents éléments qui constituent la "Materia Prima", c'est satisfaisant, intellectuellement parlant.

Découvrir la force cachée sous l'influence de laquelle son labeur s'accomplit, c'est toucher au Divin.

Dire, par exemple, que deux atomes d'hydrogène combinés à un atome d'oxygène donnent une molécule d'eau, c'est énoncer une banalité. Et pourtant ? Le résultat de l'opération présente, outre un état différent (nous sommes passés, en effet, de l'état gazeux à l'état liquide), des propriétés que ne possèdent aucun des deux gaz qui ont produit cette molécule.

Quel est donc l'agent qui impose au composé sa spécificité nouvelle et contraint l'eau, solidifiée par le froid, a toujours se cristalliser sous une forme identique, dans des conditions comparables de température et de pression ? Il manque dans la formule H2O l'agent essentiel, capable de provoquer l'union intime des composants gazeux, c'est-à-dire l'énergie ou le "feu". Je défie le meilleur chimiste de fabriquer de l'eau en mélangeant de l'hydrogène à de l'oxygène dans les proportions qui conviennent sans faire intervenir le principe énergétique sous la forme d'une étincelle électrique, par exemple. La formule chimique de l'eau est donc, sinon fausse, du moins, incomplète ou tronquée…

Positive dans les faits, la chimie demeure négative dans son esprit. C'est donc précisément ce qui la différencie de la science "hermétique" dont le domaine propre comprend surtout l'étude des causes, de leurs influences, des modalités qu'elles adoptent selon les milieux et les conditions. C'est cette étude, exclusivement philosophique, qui permet à l'homme de pénétrer le mystère des faits, d'en comprendre l'étendue, de l'identifier enfin comme l'Intelligence suprême, âme de l'Univers, Lumière, Principe Créateur, Grand Architecte de l'Univers…

L'alchimie, remontant du concret à l'abstrait, du positivisme matériel au spiritualisme le plus pur, élargit le champ des connaissances humaines, des possibilités d'action qui nous ont offertes et réalise l'union intime de Principe Créateur et de la Nature, de la Création et du Créateur, de la Science et du Divin.

L'alchimie n'est obscure que parce qu'elle se cache. Les adeptes qui souhaitaient transmettre à la postérité l'exposé de leur savoir et le fruit de leur labeur se gardèrent bien de divulguer leur art en le présentant sous une forme commune afin que le vulgaire n'en pût mésuser… Autrement dit, "que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au dehors l'œuvre commencée dans le temple mais qu'elle ne reste pas exposée au regard des profanes". Nous y voilà…

L'alchimie présente donc avec la Franc Maçonnerie de REAA les analogies les plus frappantes. Il y a, de part et d'autre, identité d'ésotérisme, les mêmes buts initiatiques se traduisant par des symboles, pour l'une, empruntés aux arts métallurgiques et, pour l'autre, à l'art de bâtir. Vue sous cet angle, la Franc Maçonnerie n'est qu'une transposition de l'alchimie.

Le point de départ de l'œuvre philosophique, c'est la découverte et le choix du sujet. La matière à mettre en œuvre disent les alchimistes est fort commune et se rencontre partout. Il ne s'agit que de savoir distinguer et c'est en cela que réside toute la difficulté. L'œuvre ne peut réussir que si l'on est parvenu à trouver le sujet convenable. C'est donc la raison pour laquelle nous multiplions les enquêtes et les filtres successifs avant que d'admettre un postulant aux épreuves…

Celles-ci commencent par le dépouillement des métaux. L'alchimie ne recommande-t-elle pas, en effet, une fois la matière propice soigneusement examinée et reconnue, de la nettoyer extérieurement afin de la débarrasser de tout corps étranger qui aurait pu accidentellement adhérer à sa surface. La matière, en somme, doit être réduite à elle-même. C'est d'une manière analogue que le récipiendaire est appelé à se dépouiller de tout ce qu'il possède d'artificiel. Il doit, en effet, être réduit strictement à lui-même.

En cet état, le sujet est enfermé dans un étroit réduit où ne pénètre aucune lumière extérieure. Le Cabinet de Réflexion, manifestation de l'épreuve de la Terre, correspond au mantras de l'alchimiste, à son œuf philosophique hermétiquement clos. Le profane y trouve le tombeau ténébreux où, volontairement, il doit mourir, à la fois, à son existence passée comme à lui-même. Cette mort philosophique prélude à la naissance de l'être nouveau que sera l'Initié. Celui-ci naît de sa propre putréfaction, figurée par l'œuvre au Noir, première étape du Grand œuvre.

Les trois principes hermétiques, sel, soufre et mercure, figurent bien dans le cabinet de réflexion. Le Soufre, symbole de l'Esprit, le Sel, symbole de la Sagesse et de la Connaissance, le Mercure, sous la forme du Coq, attribut d'Hermès, symbole de hardiesse et de vigilance. C'est la raison pour laquelle le coq, héraut du Soleil, était consacré au dieu Mercure et figure toujours aujourd'hui sur les clochers de nos églises. Le coq, de surcroît, fait songer au reniement de Saint-Pierre et au remords qui s'en suivit pour ce dernier incapable de respecter le serment fait au Christ au moment de son arrestation au Jardin des Oliviers. Enfin le coq, porteur des trois couleurs alchimiques (noir, blanc, rouge) « feu secret » des alchimistes, annonce déjà le lever du jour, donc de la lumière. Pour nous, Maçons, le coq est le symbole exotérique de la Lumière que va recevoir le Récipiendaire.

Les trois principes hermétiques nous indiquent que nous devons en permanence être attentifs et tenter sans répit de pénétrer les divers sens que peuvent offrir les symboles mais que nous n'en obtiendrons l'intelligence complète qu'avec une patiente persévérance…

Autre invitation à l'éveil présente dans le Cabinet de Réflexion, l'acronyme hermétique V.I.T.R.I.O.L. Ce n'est rien d'autre qu'une invitation à la recherche de son Ego profond, l'âme humaine elle-même, la nôtre, dans le silence et la méditation. On retrouvera plus loin au cours de la cérémonie d'initiation, en écho à V.I.T.R.I.O.L., l'aphorisme de Socrate gravé au fronton du Temple d'Apollon Pythien à Delphes : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" comme appel à une vigilance incessante…

La descente au centre de la Terre, au centre du monde, n'est rien d'autre qu'une descente en nous-mêmes, comme le dit Carl Jung, à la recherche du Soi… La mutation alchimique a donc été initiée sous le signe de la terre, dans le Cabinet de Réflexion. Le vieil homme que nous sommes est brutalement confronté au mystère de symboles qu’il ne comprend pas, le profane commence à soupçonner la notion de mort symbolique à venir en examinant les symboles à portée de son regard : crâne, faux, sablier, testament philosophique.

Lors de la Cérémonie d'initiation au premier degré, le néophyte est mis devant la nécessité d'une mort devant permettre une renaissance à une vie nouvelle. "Morts aux préjugés du vulgaire", c'est-à-dire à ce qui est commun à la foule, nous avons entrepris un chemin en solitaire mais non pas dans la solitude. Morts donc aux apparences de la vie, nous renaissons par un éveil à un nouvel état de conscience. Cependant, renaître est une chose. Être en état de renaissance en est une autre, car telle est me semble-t-il notre initiation : en perpétuelle progression, c'est donc d'une renaissance dans la permanence qu'il faut parler… La renaissance initiatique est donc un état permanent d'investigation et de découverte par le développement de notre niveau de conscience sur nous-mêmes et le monde qui nous entoure.

Dans la répétitivité de nos vies, l'automatisation et l'habitude entraînent notre assoupissement, émoussent notre sens critique et nous confinent dans l'acceptation de ce qui nous entoure en nous interdisant de nous poser toute question à cet égard. Pourtant, l'initié se doit d'être ce qu'il doit devenir, c'est-à-dire un "conscient actif" pour contribuer modestement à la conscience du monde. Partager notre point de vue, notre expérience, uniquement pour la valeur qu'ils ont, c'est-à-dire un vécu personnel et non général, ouvrir son cœur au sentiment pour percevoir l'ineffable qui échappe à la science mais inonde la conscience. En somme faire, aujourd'hui, ici et maintenant, la recherche active de la signature que le Grand Architecte de l'Univers a apposée dans le désordre apparent des choses pour en distinguer la clé d'ordonnancement.

L'Initié doit donc être constamment en éveil pour permettre à la Loi d'Harmonie Universelle de se réaliser. Il doit se trouver là où sa présence est utile, pour intervenir sur le chantier, dès que nécessaire, sans oublier que s'il a une tête, il possède avant tout un cœur.

En entrant dans l’espace sacré du Temple, l’Initié se trouve confronté aux trois planètes les plus importantes de l’astrologie et de l’Alchimie : le soleil-or et la lune-argent encadrant le delta lumineux décorent l’Orient et semblent l’inviter à marcher vers elles. Le delta lumineux correspond, en astrologie, à la symbolique de la planète mercure : le verbe créateur qui mesure la conscience par delà de la mort ; le verbe pensé qui nous donne accès du fini à l’infini. En marchant de l’Occident, symbolisé par la planète Vénus, vers Mercure, en direction de l’Orient, planète de la connaissance et seul métal présent dans le Cabinet de Réflexion, l’Apprenti va prendre conscience que la fraternité est le référent le plus important pour espérer accéder à la Connaissance. L’Apprenti est dans le monde des autres en face de lui, il n’est maçon que parce que les autres « le reconnaissent pour tel ».

Ce qui confère à l'initiation maçonnique sa vertu, son efficacité, son actualité, c'est qu'elle dispose d'un Maître infaillible, universel et éternel. Ce Maître n'est fait ni de chair ni de sang, pas davantage que d'esprit. Il n'est pas non plus immatériel et invisible. Ce Maître, vous l'avez compris, mes Frères, c'est la Loge, notre Loge. Maître collectif, Maître synthétique, sa Sagesse, résultant de l'égrégore que nous constituons ensemble, ne peut jamais être pris en défaut.

"Trois la dirigent, cinq l'éclairent, sept la font juste et parfaite". Les trois Grandes Lumières éclairent les esprits et unissent les cœurs. La magie du Rituel parcourt la Loge et l'anime d'une énergie mystérieuse. Le Maître collectif est vivant, inspirant, guidant et protégeant chacun des initiés qui le constitue. Pris individuellement, chacun des initiés est incomplet et imparfait. Réunis dans le Temple, portés par le rythme du Rituel que scandent les maillets, leurs volontés convergent vers un même point idéal. Ils ne font plus qu'un désormais. Leurs expériences, leurs intelligences, leur sensibilité, leur réceptivité, leurs intuitions ne s'additionnent pas simplement mais s'exaltent les unes les autres en une sorte de progression géométrique. Ils ne sont plus seuls. Ils reçoivent l'inspiration qui vient d'en haut et savent qu'ils sont, chacun, un des maillons de la chaîne initiatique, cette chaîne qui n'a ni commencement ni fin…

Le Grand Œuvre alchimique et le Grand Œuvre maçonnique sont frères de lait. Le mariage philosophique dans l’athanor hermétiquement fermé correspond à la conjonction fraternelle qui doit s’effectuer lors des Travaux en Loge. Dans les deux cas, la cohésion du composé humain va se faire par l’égrégore. En Alchimie, l’égrégore c’est le double, le mercure philosophique ou la pierre provenant de l’union sous énergie, du principe mâle, le souffre ou soleil et du principe femelle, le mercure ou lune. Egrégore vient du grec égrégoros, le Veilleur. Il symbolise la parole agent de communication. En maçonnerie, l’égrégore est la base des Travaux en Loge. C’est un fondement sacré. La Chaîne d’Union, à la clôture des Travaux, en est un des instruments. Il ne faut jamais rompre la Chaîne d’Union de la Loge car l’égrégore pourrait s’en échapper. Il en est de même dans le cadre des opérations du Grand Œuvre qui doivent se faire en vase clos dans l’athanor hermétiquement fermé, faisant office de lien, maintenant la cohésion du composé humain qui va se rompre au moment de la mort physique. On ne rompt pas la Chaîne d’Union, on ne rompt pas le lien avec l’athanor. C’est ainsi que la Lumière peut être vue, reçue et transmise.

J'ai dit V\M\

D\ L\

ANNEXE 1
LA DIFFUSION DE L’ALCHIMIE EN OCCIDENT
L’Alchimie a pénétré Occident par trois grandes voies, Byzance, le Royaume Franc de Jérusalem et l'Egypte, encore copte, mais déjà musulmane, et, enfin, les Royaumes Almohades du sud de la péninsule ibérique. Elle fut essentiellement le résultat des conquêtes arabes. Ce peuple curieux, studieux, avide de culture et de philosophie a été le trait d'union, la chaîne qui relie l'antiquité moyen-orientale au Moyen Âge occidental. Les Arabes, élèves des Perses et des Coptes, transmirent à l'Europe la science dont ils avaient hérité de l'Egypte et de Babylone, augmentées de leurs propres acquisitions, à travers le continent européen (voie byzantine) vers le VIII° siècle.

L'influence arabe exerça également son action également au retour des expéditions "franques" en Palestine et ce sont les Croisés du XII° siècle qui "importèrent" en Europe de l'ouest la plupart des connaissances scientifiques anciennes.

Enfin, au début du XIII° siècle, de nouveaux éléments de civilisation, de sciences et d'art, issus vers la fin du IX° siècle d'Afrique septentrionale (Royaume de Fez) se répandent en Espagne (voie hispanique) et viennent accroître les premiers apports des foyers byzantins et coptes.

D'abord timide et hésitante, l'alchimie prend peu à peu conscience d'elle-même et ne tarde pas à s'affermir. Cette science "exotique", transplantée dans nos pays, s'y adapte à merveille et s'y développe avec vigueur. Cultivée dans l'ombre des monastères aux XII° et XIII° siècles, elle s'est propagée partout au XIVème, siècle propice aux hommes de savoir, qu'ils soient clercs ou laïques. Les gens de métier, qu'ils soient orfèvres, verriers, émailleurs ou apothicaires, ne résistent pas à l'irrésistible plaisir de manier la cornue ou de distiller à l'alambic. On se dispute les manuscrits, ceux de Zosime de Panopolis, d'Ostanès, de Synésius, les copies de Geber, de Razès, d'Arthéphius. Les livres de Morien, de Marie l'Egyptienne, les fragments de "La Table d'Emeraude" attribuée à Hermès Trismégiste se négocient, c'est le cas de le dire, à prix d'or…

La renommée des Maîtres qui succèdent à Artéphius, mort vers 1130, consacre la réalité hermétique et stimule l'ardeur des adeptes.

C'est au XIII° siècle, en Angleterre, l'illustre moine anglais Roger Bacon (1214-1292) que ses disciples honorent du titre de Doctor Admirabilis et dont la réputation devient universelle. La France vient ensuite avec Alain de l'Isle, Docteur de l'Université de Paris et moine de Cîteaux, mort vers 1298, puis Maître Arnaud de Villeneuve (1245-1310) tandis que brille en Italie le futur Saint Thomas d'Aquin, reçu Docteur à Padoue en 1225. On peut donc être à la fois un adepte de la philosophie, de la science hermétique et Saint, ce n'est pas incompatible…

Le XIV° siècle en voit surgir une pléiade, tels le moine franciscain catalan, Raymond Lulle (1235-1315), le clerc français, Jacques Duèze, évêque de Cahors, futur pape sous le nom de Jean XXII, Jean de Meung, l'un des auteurs du fameux "Roman de la Rose" dont le symbolisme nous occupe beaucoup, par ailleurs.

Le XV° siècle marque l'apogée de l'alchimie et surpasse les précédents, tant par la valeur que par le nombre des Maîtres qui l'ont illustrée. Parmi ceux-ci, il convient de citer Basile Valentin, moine bénédictin de l'Abbaye d'Erfurt en Thuringe (vers 1413), les anglais Thomas Norton et Georges Ripley, et enfin le noble Bernard Trévisan (1406-1490) qui consacra 56 ans de sa vie à la poursuite de l'œuvre et dont le nom est resté dans l'histoire de l'alchimie comme un symbole d'opiniâtreté, de constance et d'irréductible persévérance.

Au XVIème siècle, la science hermétique tombe dans le discrédit, l'enthousiasme décroît, l'opinion s'en détourne. Paracelse, médecin, philosophe et alchimiste, n'en est pas moins le grand héritier de l'ésotérisme égyptien que la Renaissance renie après avoir laissé les "souffleurs" le corrompre.

Voilà pour l'histoire…

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Regard maçonnique sur l'Alchimie

Publié le 28 Décembre 2012 par C\ B\ dans Planches

Précisons en préambule que la question qui me préoccupe n'est pas de savoir si les alchimistes ont effectivement réussi à faire de l'or. C'est un problème qui ne présente que peu d'intérêt pour qui a l'habitude de laisser ses métaux à la porte du temple. Que l'alchimie fut une pratique opérative, fructueuse ou vaine, est une évidence historique. En revanche, il est une question qui ne peut laissé indifférents des chercheurs de lumière : L'alchimie est-elle une opération spéculative, une quête spirituelle ? Existe-t-il un message hermétique ? Si oui, quid des rapports entre l'alchimie et la franc-maçonnerie ?

Tout d'abord, nous pouvons constater que les termes communs aux traditions maçonnique et hermétique sont nombreux. Ainsi, le Grand Œuvre ou l'Art Royal (la couronne est un élément récurrent de l'iconographie hermétique) sont des mots employés tant par le maçon que par l'alchimiste pour désigner leur quête respective. On connaît l'importance du symbole en franc-maçonnerie, ce langage universel est également fort prisé des alchimistes. Nombre d'œuvres hermétiques parmi les plus célèbres, sont purement iconographiques. C’est le cas, par exemple, du Mutus Liber ; ou des 17 figures attribuées à Jean Conrad Barchusen.

Le soleil, la lune et les étoiles qui ornent nos temples maçonniques sont également des symboles alchimiques. Le soleil représente le principe mâle ; le soufre, tandis que la lune est le principe féminin ; le mercure. On verra ultérieurement que les « noces chimiques » du soufre et du mercure ne sont autres que le Grand Œuvre, et comment il est possible d'y reconnaître un des buts de la franc-maçonnerie. Sept étoiles symbolisent les 7 distillations nécessaires à l'alchimiste pour réussir le Grand Œuvre. On retrouve ici la symbolique des nombres chère à toute tradition initiatique. Le nombre 7 est le nombre de la perfection, de l'éternité.

Parmi les figures de Barchusen, remarquables tant par leur symbolisme que par leur esthétique, on peut voir le tétragramme au sein de nuées accompagnant une apparition divine. Notons enfin, que les 4 éléments et la pierre jouent un rôle fondamental en alchimie et en franc-maçonnerie, rôle que je détaillerai dans une autre partie de cette planche. Il est possible, me semble-t-il, d'aller plus loin encore que le simple constat d'un langage commun entre l'alchimie et la franc-maçonnerie. Leur but et leur méthode sont les mêmes. Telle est mon hypothèse, et je vais m'efforcer, sinon de la prouver, tout au moins de l'étayer.

Le but du Grand Œuvre est le mariage du soufre (pôle masculin) et du mercure (pôle féminin) par l'action du sel ; principe neutre et élément ternaire qui scelle les deux autres. La légende veut que l'alchimiste, au terme de sa quête, devienne hermaphrodite. L'importance du nombre 3 ; le ternaire qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars. Un alchimiste a dit : « Le secret consiste à savoir convertir la pierre en aimant, qui attire, embrasse et unit cette quintessence astrale ». L'un est aussi le tout ; selon la formule alchimique, tout est un et tout se ramène à l'un. C'est là un enseignement initiatique important présent dans nombre de traditions. On distingue deux sortes d'unités : l'unité initiale et l'unité finale, l'alpha et l'oméga, symbolisé par l'image célèbre du serpent qui se mord la queue, souvent présente dans les traites alchimiques. Du magma initial surgit l'ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s'est souvent perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être est-il possible d'y voir plus clair en raisonnant en maçon.

La pierre philosophale ne serait-elle pas notre pierre taillée ? Ne symboliserait-elle pas l'adepte accompli ? Quelle différence entre passer du vil plomb à l'or alchimique et passer de la pierre brute à la pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien traduire une même réalité. En franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n'est autre que le franc-maçon lui-même, et le travail initiatique un travail sur soi. De leur côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu simultanément dans l'athanor de briques et dans celui du cœur. Jung, qui s'est intéressé à l'alchimie, pensait que l'œuvre opérative n'était que la projection de l'Œuvre intérieure. L'artiste et l'Œuvre, à l'instar du temple intérieur et du temple extérieur, ne font qu'un. Il apparaît donc que le but de l'alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à savoir le perfectionnement constant de l'initie.

Voyons maintenant ce qu'il en est de la méthode. Oswald Wirth estimait que l'initiation maçonnique, en particulier l'épreuve de la terre, résumait l'essentiel du processus alchimique. Lors de l'initiation maçonnique, le récipiendaire est tout d'abord dépouillé de ses métaux. La première opération alchimique consiste à débarrasser la matière première, nous parlerions nous de la pierre brute, de toutes ses impuretés. Ensuite, le futur franc-maçon est placé dans le cabinet de réflexion où il mourra en tant que profane. En alchimie, la putréfaction ou Œuvre au noir, se déroule dans l'Œuf philosophique hermétique, scellé. L'hermétiste Jacob précise que « la fin du Grand Œuvre est de se débarrasser, quand il le voudra, de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Au sein du cabinet de réflexion se trouvent de nombreux symboles alchimiques. A commencer par le sel, le soufre et le mercure ; éléments essentiels du Grand Œuvre dont le rôle a été évoqué précédemment. N'oublions pas le coq qui annonce le lever du soleil et qui, selon Fulcanelli, symbolise un autre élément alchimique, le vif argent. Enfin, bien sûr, la célèbre formule alchimique + V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\ : visita interiora terrae, rectificando invenies occultum lapidem. Pour les non latinistes, dont je suis, visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.

On a vu que le franc-maçon et l'alchimiste étaient à la fois maître d'Œuvre et matériau ; la formule V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\, qui invite à l'introspection indispensable à toute initiation va dans ce sens. J'ai évoqué Jung, ici le parallèle avec la psychanalyse s'impose. N'est-ce pas en visitant les profondeurs de l'Homme, dans les ténèbres intérieures, que le psychanalyste va chercher la lumière, la vérité de l'être ?

Chaque épreuve de l'initiation maçonnique correspond à une étape du processus alchimique. L'épreuve de l'air : le subtil se dégage de l'épais. L'épreuve de l'eau : la purification par l'eau, la distillation ou Œuvre au blanc. L'épreuve du feu correspond à la calcination, l'Œuvre au rouge qui annonce l'aboutissement du Grand Œuvre. L'initiation maçonnique et l'Œuvre alchimique peuvent se résumer en une suite de purifications successives tendant à la pureté absolue.

On peut également noter que le travail de l'alchimiste, tout comme celui du maçon, doit s'effectuer à couvert ; condition sine qua non de la réussite du Grand Œuvre. Ainsi de nombreux auteurs hermétistes soulignèrent le fait qu'il doive toujours y avoir à la porte du laboratoire, une sentinelle armée d'un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d'être admis. Le rapprochement avec le frère couvreur et le tuilage est évident.

En conclusion, il semble légitime de penser que l'alchimie est bien une philosophie initiatique et qu'il existe effectivement un message hermétique, un but et une méthode assez proches de ce que nous connaissons en maçonnerie. L'alchimie étant historiquement antérieure à la franc-maçonnerie spéculative, on peut en déduire que l'hermétisme a inspiré les premiers maçons.

Je terminerai cette planche en tentant de répondre à une question qui revient souvent : Pourquoi les écrits alchimiques sont-ils rédigés dans une langue si hermétique ? Je vois, quant à moi, trois hypothèses qui d'ailleurs ne sont pas exclusives. Le secret est si important qu'il ne convient pas de le divulguer au tout venant. Il ne faut pas jeter des perles aux pourceaux ! Seconde hypothèse : ce qui est important c'est le chemin parcouru, la recherche et le travail. Le message, s'il était révélé sans difficulté (mais peut-il l'être ?), perdrait alors toute valeur initiatique.

Enfin, une hypothèse que je qualifierai de politico-religieuse. L'alchimie, à bien des égards, est une hérésie selon les critères de l'Eglise catholique. Or, l'alchimie s'est développée en Occident au Moyen Age, période où l'inquisition sévissait et les bûchers fleurissaient. L'alchimiste n'avait donc pas intérêt à être trop explicite quant à sa philosophie. Plus tard l'Eglise catholique apostolique et romaine se trouvera un autre ennemi en la personne du
franc-maçon, mais cela est une autre histoire.

J'ai dit.

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L'Alchimie Initiatique

Publié le 27 Décembre 2012 par G\ C\ dans Planches

Que vient-il faire ce mot Alchimie dans la Maçonnerie symbolique ?

Nous nous sommes engagés pour le triomphe de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, et non pas pour dépoussiérer des vieilleries telles que l’Alchimie.
Et pourtant, nous avons bien accepté d’être renfermés dans le Cabinet de Réflexion, avec son étrange décor.

Nous avons, presque tous, écrit un jour une planche sur le V\I\T\R\I\O\L\ ou sur la pierre occulte : La Pierre Philosophale. Ne sont-ils pas des concepts et des raisonnements alchimiques ?

Le chemin initiatique doit nous conduire progressivement vers notre intériorité la plus profonde : ce Saint des Saints, dont ils parlent les anciennes traditions religieuses.

Imaginez cela comme un Temple mystérieux, dont l’accès est difficile ; comme est difficile de cerner l’essence intime de toute chose.
Pierre Vincenti Piobb, un des plus grands ésotéristes que j’ai étudié, dit que ce Temple est celui de la Haute Science et que l’on peut y pénétrer par trois portes, voir par trios voies différentes : l’Astrologie, l’Alchimie et la Magie.

Il s’agît de trois sciences anciennes ; celles que pratiquaient les Mages Assiro-Babiloniens ou les prêtres de l’Antique Egypte. La Franc-Maçonnerie moderne a gardé la voie Alchimique, qui bien évidemment n’est pas la technique pour créer l’or.

Qu’est-ce que cette voie Alchimique ?
L’Alchimie peut être considérée ‘‘une philosophie de la matière’’, dans le sens où elle étudie la disposition et l’interaction de l’énergie dans l’essence matérielle et terrestre de toute chose. En effet, l’Alchimie étudie la manière de séparer, dans un être humain, le fixe du volatil ; c'est-à-dire de le ramener à ses caractères essentiels, en le dépouillant de toute cette matière rajoutée qui est composée des acquis familiaux, de l’éducation, du milieu socioprofessionnel, de l’orgueil et des ambitions.

Une plante à l’état de graine a, d’abord, besoin d’être ensevelie dans un sol bien riche et arrosé, afin que l’eau et les engrais, provenant de la pourriture organique, puissent en alimenter la métamorphose.
Ensuite, il lui faudra la chaleur du soleil, le cycles lunaires et un bon tuteur pour qu’elle pousse droite et en bonne santé. Mais il faudra, aussi, la tailler de temps à autre, pour que ses caractères intrinsèques s’épanouissent et qu’elle donne ainsi des fruits juteux.
Sa mission accomplie, la plante mourra et reviendra à la terre pour que le cycle recommence.

Par analogie, l’Alchimiste considère que la matière humaine est assujettie au même processus.
L’Homme qui veut évoluer doit être, d’abord, capable de mourir à la vie passée; à quoi bon vouloir évoluer si nous estimons d’être parfaits et dans le juste ?
C’est là un des problèmes majeurs de la Franc-Maçonnerie que d’affirmer : ‘‘à mon âge, vous n’imaginez pas que je vais changer !?’’
Cela veut dire affirmer sa propre perfection et vouloir entrer dans une organisation initiatique pour éclairer les autres : vaste programme… !!!
Dans le cas contraire c’est de la pure stupidité ; car si je veux faire partie d’une association initiatique et progressive mais qu’en même temps je ne veux pas me soumettre aux devoirs rencontrés, pourquoi payer une cotisation et acheter des décors alors que je serais bien mieux dans mon fauteuil, avec des pantoufles, devant la télévision ?

Voici que la Franc-Maçonnerie propose une voie très particulière : celle de la transmutation des métaux en or.
Celui qui veut l’emprunter rentrera dans l’Initiation, celui qui refuse participera aux Agapes et payera les cotisations.

Mai revenons à notre Initiation maçonnique.
Lorsque un profane demande à être initié F\M\, c’est que au fond de lui une énergie intérieure a commencé à alimenter un désir secret de changement.
Cette énergie va éveiller un certain travail intérieur, qui se manifestera par un intérêt croissant pour les lectures spécialisées, par des nouvelles relations dans les milieux initiatiques, jusqu’à la rédaction d’une demande de d’initiation.
A ce moment, l’évolution intrinsèque est orientée. Ce qui reste sera extrinsèque, c'est-à-dire conditionné par ce que la vie initiatique nous présentera.
Or, si la vie initiatique offre la possibilité de bénéficier de la méthode alchimique d’évolution, les métaux constituant le profane seront transformés en or.
Regardons cette méthode en relation avec les modalités mises en forme par nos Rituels.
Tout d’abord, le profane est introduit dans le Cabinet de Réflexion : une sorte de mort l’attend ; il doit abandonner tout ce qu’il a affectionné jusque là.
Devant lui le Soufre, représentant la forme, et le Sel représentant la matière. Cela veut dire que ce dont une chose est faite est différent de l’apparence de cette même chose .
Mais en même temps la forme, bien que fallacieuse ou illusoire, manifeste la vie de la matière. Or, cette vie est possible par quelque chose, dont la nature subtile relie la matière à la forme ; c’est comme dans l’atome : d’une part l’énergie intra-atomique (entièrement immatérielle) et de l’autre l’électron (en quelque sorte matériel).
Le premier principe ne peut s’appliquer au second qu’en vertu du médiateur ‘‘éther’’, qui permet la transmission de l’énergie intra-atomique à l’électron et ainsi déclenche le mouvement.
Pour les Alchimistes ce médiateur que nous pourrions appeler l’esprit, est le Mercure représenté par le Coq.
Un néophyte, abandonnant la matière et ses formes multiples, revient à l’esprit. Mais il n’y a plus de mouvement, il se désagrège, il est calciné, c'est-à-dire séparé.

A propos de ce stade du processus alchimique, P.V. Piobb dit :
« il s’agît d’une sorte de mort intellectuelle - que certains ont dite ‘‘La Mort du profane’’. Encore une manière de parler! –
En dehors du Temple, ce qu’on croit savoir est composé de maintes notions acceptées en vertu d’habitudes. En dedans, ces habitudes de penser doivent se rectifier et plusieurs aussi s’abandonner : la Raison humaine impose d’elle-même ces rectifications et ces abandons.
Il en dérive qu’un jour, si on suit avec profit les instructions reçues, on s’aperçoit que ce qui était « profane en soi » a disparu, évaporé : « le profane est mort ». (P.V.Piobb – Clef Universelle des Sciences Secrètes – Omnium Littéraire, Paris)

Seul reste l’esprit du profane. Cette partie immortelle en lui, enfuie dans la terre lors de la première des épreuves initiatiques, devra faire germer une nouvelle plante.

La vie naît de la putréfaction, du compost qui enrichi la terre, et qui est engendré par l’action de l’eau vivifiante.
Le 2° Surveillant, celui qui est chargé de former le nouvel Apprenti Maçon, purifie le profane avec l’eau. Toutes les Traditions font naître la vie dans l’eau ; pour cela on dit que « l’eau donne expansion à la matière ».
Ici c’est l’eau lunaire, c’est la lumière réfléchie, celle que cet satellite reçoit du Soleil et distribue sur la terre en réglant ainsi les cycles naturels de la Vie.
Les Alchimistes appelaient cet eau : « l’eau mercurielle », car pour eux le Mercure était l’élément liquide médiateur.
C’est le Mercure des Philosophes ; c'est-à-dire le résultat des conceptions intellectuelles, déversé sur le néophyte rentrant dans le Temple.

Avec cet acte de purification par l’eau, le 2° Surv\ engage une relation réciproque entre les Maîtres, qui doivent être capables de transmettre des conceptions philosophiques, et le nouvel Apprenti qui doit s’ouvrir pour les recevoir.

A ce stade du processus initiatique, le profane ne garde que ce qu’il y a de fixe en lui, c’est-à-dire sa structure primordiale intime, dépouillée des formes rajoutées par la vie matérielle dans le monde de son existence. Mais ce qui est fixe est mort : le profane, n’est-il pas passé par la mort du « vieil homme » ? N’a-t-il pas rédigé un testament philosophique ? Maintenant le 1er Surveillant insufflera la vie sur ce corps mort, sur ce fixe alchimique.
« In principium erat Verbum » dit Jean. Nous savons qu’en latin Verbum signifie Souffle…
C’est l’épreuve de l’Air, qui confère une nouvelle force vitale à l’être. L’être « initié » devient ainsi « Solaire », c’est-à-dire capable de raisonnement intellectuel, quittant ainsi sa matérialité statique. Le néophyte est rentré dans la phase de la « Solution Alchimique » celle qui a toujours accompagné la « Putréfaction ». Une phase est Solaire, l’autre Lunaire ; l’une éclaire directement et donne force vitale, l’autre réfléchit une lumière indirecte, plus subtile et régulatrice de la vie. Nous apercevons ici une autre signification des deux luminaires (le Soleil et la Lune) présents dans nos Temples.

Ainsi le néophyte mort à sa vie profane, reporté à sa nature primordiale, après avoir reçu un souffle vivifiant, renaît en initié prêt à rentrer dans l’Athanor : la Loge, où il sera chauffé par le feu de la connaissance et de la Tradition, afin qu’il se produise en lui la distillation des idées.
Les Alchimistes imaginaient que la solution de la matière putréfiée pouvait être réchauffée dans un alambic, nommé Athanor.

L’Athanor était un vase clos renfermant l’être dans un « bain-marie ». Sa fonction consistait à faire évaporer l’humidité, qui montait le long des parois jusqu’au sommet, pour retomber sous la forme de petites gouttelettes.
« Il s’agit "de changer la nature et la propriété des choses". Ce que l’élève évolutif pense, ce qu’il retient de l’enseignement donné et dont son intelligence fait des idées, monte, comme une vapeur vers les hauteurs qu’il aperçoit, et de là, retombe comme une pluie bienfaisante, génératrice d’autres idées, pour incessamment remonter puis retomber, ainsi exercer l’intelligence, l’assouplir, l’affiner.
Mais le fait a lieu en « vase clos », ainsi que dans un alambic ; c’est-à-dire que les réflexions successives, qui « distillent » positivement la pensée, doivent se faire dans un cadre dûment délimité. Sans quoi, la rêverie l’emporterait et, plutôt que de suivre le droit chemin, on « déraillerait ». (P.V.Piobb – Clef Universelle des Sciences Secrètes – Omnium Littéraire, Paris)

C’est le sens de la quatrième et dernière épreuve : celle du feu. Par cette épreuve, le Vénérable Maître annonce au néophyte le chemin qu’il devra parcourir, afin de parvenir à la « conjonction alchimique » de ses aspects contraires et opposés. Afin d’acquérir la sagesse, qui est équilibre et harmonie. Par le feu on lui montre l’accès au Temple, mais il doit être conscient qu’il n’y rentrera qu’après avoir parcouru et vécu, dans son intimité, tout le chemin. Car, comme en Alchimie, en Initiation il n’y a pas de raccourcis possibles, ceux derniers étant uniquement des tromperies et des mensonges, racontés à soi-même, pour se donner l’illusion d’être différent de l’image réfléchie par le miroir.

Nous avons passé rapidement en revue les quatre premières phases de l’Alchimie :

  • La Calcination, dans le signe de Gémeaux `
  • La Putréfaction, dans le signe du Cancer a
  • La Solution, dans le signe du Lion b
  • La Distillation dans le signe de la Vierge c

Lors de ces quatre stades du processus alchimique, on présente le Travail futur au néophyte et celui-ci s’y engage par serment, le serment étant symboliquement scellé par le sang. Mais un contrat a toujours deux parties contractantes : le Maître qui doit transmettre la Tradition Initiatique et le Néophyte qui doit la recevoir. La transmutation des métaux en Or ne se fait jamais seule, il faut un Alchimiste averti. Car dans les Sciences Secrètes aucune incompétence n’est admise ; les dégâts sont toujours irréparables, comme le dit bien Thomas :

Si l’aveugle conduit l’aveugle,
ils marchent vers la chute.
(Logion 34)

La chute sera horrible surtout pour celui qui a conduit, car il a agit contre sa conscience et comme le Vénérable Maître dit lors de la fermeture des Travaux de Loge : « c’est par la Conscience que nous sommes reliés au Divin ».
Lorsque cette notion de Conscience sera parfaitement intégrée, que l’Apprenti aura appris les rudiments de l’Art Royal et le maniement des Outils ; lorsque le Compagnon aura appris à parfaire l’œuvre, à concevoir des conceptions philosophiques avec rationalité et sensibilité ; lorsque le Maître aura appris à tracer les plans de l’Edifice Initiatique, alors seulement l’Initié pourra passer aux trois autres phases alchimiques (Conjonction, Sublimation, Coagulation) et transmuter ses métaux ; alors seulement il pourra dire d’être rentré dans le Temple et d’être un Initié à l’Art Royal.
La Tradition ésotérique enseigne qu’on rentre dans le Temple à 3 degrés du signe de la Vierge. Or comme le Bain-marie l’indique, la distillation qui a lieu dans ce bain, est dans le signe de la Vierge. Ceci confirme cela. Tant qu’il n’y a pas eu de distillation dans l’Athanor, on ne pourra pas concilier les contraires ; donc il n’y aura pas de conjonction, ni d’union du Frère et de la Sœur, phase essentielle pour transmuter le métal en Or. L’homme ou la femme demeureront dans leur état profane, ils auront aperçu la Lumière, mais ils ne l’auront pas reçue. Leur respectabilité profane sera intègre, mais ils ne connaîtront pas l’Homme Parfait, celui décrit par maintes ésotéristes, exaltés par les poètes tels Dante Alighieri ou représenté par l’Homme débout de Léonard de Vinci.

Source : www.ledifice.net

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