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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:37

BREVE   EXORTATION pour un MAÇON nouvellement initié.

 

Mon frère,

 

Vous voilà maintenant admis (avec le consentement unanime de notre loge), membre de notre très ancienne et très honorable socié­té; ancienne, parce qu'elle existe de temps immémorial; honorable, parce qu'elle tend à rendre tel en tous points l'homme qui veut bien se conformer à ses glorieux préceptes. Les plus grands monarques, à toutes les époques, tant en Asie et en Afrique qu'en Europe, ont encou­ragé l'Art royal; nombre d'entre eux ont présidé en qualité de grands maîtres les maçons de leurs territoires respectifs, ne croyant diminuer en rien leur impériale dignité en se mettant au niveau de leurs frères maçons, et d'agir comme ils le faisaient.

Le Grand Architecte de l'Univers est notre Maître suprême ; et la règle infaillible qu'il nous a donnée est celle selon laquelle nous travaillons; les querelles religieuses ne sont pas tolérées en loge, car en tant que maçons nous ne pratiquons que la religion universelle, ou reli­gion naturelle ; c'est le ciment qui unit les principes les plus différents en un groupe sacré, et qui rapproche ceux qui étaient les plus éloignés les uns des autres.

Il y a trois sortes de devoirs que les maçons devraient toujours inculquer, à savoir, envers DIEU, envers notre prochain et envers nous-mêmes : envers DIEU, en ne prononçant son nom qu'avec la terreur et le respect qu'une créature doit à son Créateur, de le considérer comme le bien suprême, dont nous sommes venus au monde pour profiter, et selon cette optique, régler toutes nos actions; envers notre prochain, en agis­sant selon l'équerre, ou agir envers lui comme on voudrait qu'il agisse envers nous ; envers nous-mêmes, en évitant l'intempérance et les excès qui nous rendraient incapables d'assurer notre travail ou nous mèneraient à une conduite incompatible avec nos activités louables, et restant tou­jours dans des limites raisonnables, et libres de toute souillure.

En tant que citoyen, un maçon doit se conduire en paisible sujet obéissant, se conformant de bon gré aux ordres du gouvernement sous lequel il vit.

II doit toujours être déférent envers ses supérieurs, et il doit plu­tôt être honoré de ses subordonnés, que d'exiger d'eux cet honneur. Il doit être homme de bien et charitable, ne restant pas impassible alors que les hommes ses semblables (mais beaucoup plus ses frères) sont dans le besoin lorsqu'il est en son pouvoir (sans préjudice pour lui-même ou sa famille) de les soulager.

En loge ii se conduit avec toute la dignité nécessaire, de peur que soient détruites l'harmonie et la beauté de celle-ci. Il doit obéir au maître et aux officiers qui président, et s'appliquer avec diligence au travail de îa loge, pour devenir plus rapidement expert, à la fois pour l'honneur de sa loge et le sien. Il ne doit pas négliger ses propres affaires* pour l'amour de la maçonnerie, ni s'impliquer dans des querelles avec ceux qui par igno­rance la calomnient ou la ridiculisent. Il doit aimer les arts et les sciences, et saisir toutes les occasions d'y faire des progrès.

Il faut comprendre ici qu'un maçon ne doit pas appartenir à plusieurs loges à la fois, ni courir de loge en loge; ou encore, après des maçons ou la maçonnerie, ce qui peut mener à l'aban­don de son travail ou de sa famille; mais tout maçon est assujetti au règlement intérieur de sa loge, qu'il doit respecter strictement en permanence - car l'assiduité et tes capitations d'une loge ne doivent jamais nuire à lui-même ou à sa famille.

 

S'il recommande un frère pour que ce dernier soit initié, il doit se por­ter garant qu'à son avis celui-ci est bien te! qu'il se conformera aux obligations ci-dessus énumérées, de peur que par sa mauvaise condui­te, la loge n'ait mauvaise réputation.

Rien ne saurait choquer davantage tous les maçons loyaux que de voir un frère quelconque profaner ou enfreindre les règles sacrées de leur ordre; et on peut souhaiter que n'aient jamais été admis ceux qui pourraient ainsi les transgresser.

 

L'ANCIENNE FAÇON de Constituer une Loge.

 

Afin d'éviter de nombreuses irrégularités, une nouvelle loge devrait être constituée par le grand maître, assisté de son député et des surveillants; ou, en l'absence du grand maître, le député remplace le grand maître, le premier grand surveillant fait fonction de député, et le maître en fonction d'une loge, de second surveillant. Ou, si le député est absent, le grand maître peut déléguer l'un de ses grands surveillants, qui peut en nomme d'autres, pro tempore.

Lorsque la loge est ouverte et que les candidats, soit les nou­veaux maître et surveillants, sont encore parmi les compagnons, le grand maître demandera au député s'il les a interrogés, et s'il trou­ve le maître versé dans la noble science et l'Art royal, et dûment ins­truit de nos mystères, &c. Le député répond par l'affirmative et sur l'ordre du grand maître ira chercher le candidat parmi les compagnons, et le présentera au grand maître, disant, Très Respectable Grand-Maître, les frères ici présents souhaitent se former en une loge régu­lière, et je vous présente le digne frère A. B. (à installer) comme maître; je sais qu'il est fort habile et de bonne moralité, digne de confiance et loyal, il aime toute la fraternité, où qu'elle soit dispersée à la surface de la terre.

Le grand maître place alors le candidat à sa gauche, et après avoir demandé et obtenu le consentement unanime des frères, pronon­cera ces mots (après quelques autres cérémonies et formules qu'on ne peut mettre par écrit): je constitue et forme ces bons frères en une nou­velle loge régulière, et vous nomme, frère A. B., son maître, ne doutant de vos capacité et soin à préserver le ciment de la loge, …

Sur ce, le député, ou quelque autre frère à sa place, répétera Obligation du maître, le grand maître demandera alors au candidat: us soumettez-vous à ces obligations comme les maîtres le font de m temps ? Et le nouveau maître donnant de bon cœur son acceptation, le grand maître, selon certaines cérémonies symboliques et certains anciens usages, l'installera et lui présentera sa patente, le livre des constitutions, le livre de loge, et les instruments de sa fonction, l'un après l'autre; après chacun d'eux, le grand maître, son député quelque frère à leur place, récitera la courte obligation succincte qui correspond à l'objet donné.

Ensuite les membres de la nouvelle loge, s'inclinant devant le grand maître, le remercieront (suivant la coutume des maîtres) et rendront immédiatement hommage à leur nouveau maître (et en fidèles maçons) lui promettront obéissance et soumission par les félicitations habituelles.

Le député et les grands surveillants, et tous les autres frères non membres de cette nouvelle loge, adresseront ensuite leurs félicitations nouveau maître, qui les remerciera comme il convient (envers des maîtres-maçons), d'abord le grand maître puis les grands officiers et le trésorier dans l'ordre.

Ensuite le grand maître ordonne au nouveau maître d'entrer aussitôt en fonction; et ce dernier, appelant son premier surveillant, un compagnon (maître-maçon), le présente au grand maître pour avoir son probation et aux membres de la loge pour avoir leur consentement, ors le premier ou le second grand surveillant ou quelque autre frère a place répète l'obligation d'un surveillant, &c. d'une loge régulière; celui-ci signifiant qu'il s'y soumet de bon cœur, le nouveau maître lui net séparément les divers objets de sa charge, et à l'ancienne façon en due forme, l'installe à la place qui lui convient.

De la même façon le nouveau maître appellera son second surveillant, qui sera maître-maçon, et présenté comme précédemment au : second grand surveillant ou à quelque frère à sa place, et il sera installé la place qui lui convient. Et les frères de cette nouvelle loge témoigneront de leur obéissance aux nouveaux surveillants, par les félicitations usuelles dues aux surveillants.

Alors le grand maître félicite tous les frères d'avoir un maître et des surveillants,. leur recommande l'harmonie en espérant que leur seule rivalité sera une louable émulation dans la pratique de l'Art royal et des vertus sociales.

Puis le grand secrétaire, ou quelque frère à sa place (sur l'ordre du grand maître), au nom de la Grande Loge, déclare et proclame cette nouvelle loge dûment constituée sous le n° , &c. Alors la loge toute entière (selon la coutume des maîtres) remercie cordialement et sincè­rement le Très Respectable Grand-Maître de lui avoir fait l'honneur de cette constitution.

Le grand maître ordonne encore au grand secrétaire d'enregis­trer cette nouvelle loge dans le livre de la Grande Loge, et d'en donner notification à toutes les autres loges régulières; et après quelques démonstrations de joie et de satisfaction coutumières, il donne l'ordre au premier grand surveillant l'ordre de fermer la loge.

 

PRIERE dite à l'ouverture des loges, en usage chez les francs-maçons juifs.

 

Seigneur, dans ta vérité tu surpasses tout, et il n'est rien de grand comparé à toi; car à toi appartient la louange, qui vient de tous les œuvres de ta main, à jamais.

Eclaire-nous, nous t'en supplions, en nous donnant la véritable connaissance de la maçonnerie; par les douleurs d'Adam, le premier homme que tu fis; par le sang d'Abel, homme saint à tes yeux; par la rectitude de Seth, qui te plut; et par ton alliance avec Noé, dont il te plut, grâce à son architecture, de préserver la graine de tes bien-aimés; ne nous compte pas au nombre de ceux qui ignorent tes lois, et les divins mystères de la Kabbale secrète.

Mais accorde-nous, nous t'en supplions, que le gouverneur de cette loge ait sagesse et connaissance, pour nous instruire et nous expli­quer ses mystères secrets, comme notre frère saint Moïse ** le fit (en sa loge) pour Aaron, Eléazar, et Ithamar, (fils d'Aaron) et les soixante-dix Anciens d'Israël. Accorde-nous de comprendre, apprendre, et conserver toutes les lois et tous les commandements du Seigneur, ainsi que ce saint mys­tère pur et sans tache jusqu' à la fin de notre vie. Amen, Seigneur.

 

PRIERE en usage chez les premiers Maçons chrétiens .

 

Que ta puissance du père céleste, la Sagesse de son glorieux fils, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, trois personnes en une seule divinité, soient avec nous en ce début, et nous accordent la grâce de nous gou­verner ici dans notre vie de telle sorte que nous venions en ce bonheur qui n'aura jamais de fin. Amen.

 

Autre prière, généralement dite à l'ouverture ou la consécration d'une loge.

 

Seigneur Dieu, très saint et très glorieux, grand architecte du ciel et de la terre, qui dispenses tous les bienfaits et les grâces, et qui as promis que là où deux ou trois seraient réunis en ton nom, tu serais parmi eux : en ton nom nous nous assemblons et réunissons, te sup­pliant très humblement de bénir toutes nos entreprises, afin que nous puissions te connaître et te servir comme il convient, que toutes nos actions tendent à ta gloire et au salut de nos âmes.

Et nous te supplions Seigneur Dieu, de bénir notre entreprise d'aujourd'hui, et de nous accorder que ce nouveau frère dédie sa vie à ton service, et qu'il soit un frère loyal et véritable parmi nous : donne-lui une parcelle de ta divine sagesse, que grâce au secrets de la maçon­nerie, il puisse comprendre les mystères de la sainteté et du christia­nisme. Nous t'en supplions humblement, pour l'amour de Jésus Christ notre Seigneur et sauveur et en son nom.

"Dans la préface de la Mishna se trouve la tradition des Juifs, ainsi expliquée: DIEU ne donna pas seulement la Loi à Mo/se sur te Mt Sinaï, mais il en fournit aussi l'explication: Quand Moïse descendit de la montagne et entra sous sa tente, Aaron vint lui faire visite. Et Moïse enseigna à Aaron les lois qu'il avait reçues de Dieu en les expliquant; ensuite, Aaron se plaça à la droite de Moïse et E/éazareî Ithamar, fils d'Aaron furent admis, et Moïse leur répéta ce qu'il venait de dire à leur père; une fois ces deux hommes assis à la gauche et à la droite de Moïse, les soixante-dix anciens d'Israël composant le Sanhedrim, entrèrent et Moïse leur répéta les mêmes lois, avec leur interprétation, comme il l'avait fait pour Aaron et ses fils. Enfin tous ceux qui dans la foule le voulurent furent invités et Moïse les instruisit de la même façon, si bien qu'Aaron enten­dit quatre fois ce que Moïse avait reçu de Dieu sur le Mt Sinaï, Eléazar et Ithamar trois fois, les soixante-dix anciens deux fois, et la foule une fois. Ensuite Moïse mit par écrit les lois reçues, mais sans leurs commentaires; il jugea suffisant de les confier à la mémoire des personnes ci-dessus nommées qui, en étant bien instruites, les transmirent à leurs enfants, et ces derniers aux leurs et ainsi de suite de génération en génération.

AHABATH OLAM.*

 

Prière dite à la loge de l'Arche Royale à Jérusalem. Tu nous as aimés Seigneur, notre Dieu, d'un amour éternel; avec une patience infinie, tu nous as épargnés, notre père et roi, pour l'amour de ton grand nom et celui de notre Père qui crut en toi; tu nous enseignas les lois de la vie pour que nous puissions faire ton bon plaisir d'un cœur parfait : Sois-nous miséricordieux, notre Père de miséricorde qui fais preuve de pitié, aies pitié de nous, nous t'en prions, et mets la compré­hension dans nos cœurs, que nous puissions comprendre, écouter, apprendre, enseigner, conserver, accomplir tous les mots de la doctrine de ta loi d'amour, et fais que nos cœurs s'attachent à ta loi, et s'unissent dans la crainte et l'amour de ton NOM ; nous n'aurons pas honte, ne faillirons pas, ne serons pas perdus, à jamais.

Parce que nous avons cru en ton NOM, saint, grand, puissant et terrible, nous nous réjouirons dans ton salut et dans tes bontés, Seigneur notre Dieu; et le nombre de tes bontés ne nous a abandonne­ra jamais. Selah : Hâte-toi de venir nous bénir, donne-nous la paix aux quatre coins du monde; car tu es un Dieu qui travailles pour le salut, et toi, notre roi qui nous fait nous attacher à ton saint NOM, pour te louer et s'unir à toi dans ton amour, et pour acclamer ton NOM : tu es béni Seigneur Dieu qui as choisi ton peuple Israël dans l'amour.

Après avoir inséré cette prière et cité cette partie de la maçon­nerie communément appelée Arche Royale (qui est, je le crois ferme­ment, la racine, le cœur et la moelle de la franc-maçonnerie) je ne peux m'empêcher de citer un individu ayant une intention malveillante, qui depuis un certain temps en fait commerce et attire un certain nombre d'hommes dignes et honnêtes, leur fait croire que lui et ses aco­lytes enseignaient réellement tout et le détail de la branche ci-dessus nommée de la maçonnerie, qu'ils communiquaient bientôt aux dignes frères de leur connaissance, sans être capables de quelque jugement que ce fût pour distinguer la vérité de l'erreur et par conséquent ils ne pouvaient détecter l'imposture. Mais, comme le fait justement observer Sénèque le sage, il en est pour nous dans ia vie comme pour une armée

en déroute, l'un trébuche, et un autre tombe sur lui, et ainsi de suite, l'un sur le cou de l'autre, jusqu'à ce que le champ entier ne soit qu'une série de chutes. C'est le cas de tous ceux qui se croient Maçons de l'Arche Royale sans occuper la chaire de façon régulière, selon l'ancien usage de l'Art royal : j'ajouterai à ceci l'opinion de notre Vénérable Frère le Docteur  D'Assigny, imprimée en l'an 1744 : "Quelques membres de la fraternité, dit-il, ont exprimé la gêne qu'ils éprouvent parce qu'on ne leur a pas révélé le secret de l'Arche (puisqu'ils sont déjà passés par les divers degrés de probation). Je ne peux m'empêcher de penser qu'ils n'ont pas droit à ce privilège tant qu'ils n'en ont pas véri­tablement fait la demande, et ne sont reçus pas selon le rituel accoutu­mé. Et comme c'est un groupe d'hommes qui ont déjà occupé la chai­re, et donné des preuves indéniables de leur habileté en architecture, on ne saurait les traiter avec trop de déférence, et tout spécialement puisque les membres actuels de cette loge particulière sont sans tache, et que leur conduite est judicieuse et irréprochable ; ainsi il ne peut y avoir la moindre occasion d'avoir un doute, ce sont d'excellents maçons."

Le respect que j'ai pour le nom même de franc-maçon suffit à me faire taire le nom de la personne visée: et au lieu de le dénoncer, ou de le stigmatiser du nom qu'il mérite réellement, je souhaite sincère­ment que Dieu le ramène de son labyrinthe actuel d'obscurité vers la vraie lumière de la maçonnerie, qui est vérité, charité et justice.

Je ne doute pas que ces lignes atteignent la personne visée; et mon intention étant plus de réformer que d'offenser, j'espère qu'il répondra à mon attente, en abandonnant ces maux qui attirent le déshonneur sur lui et sur l'Art royal; et je l'assure (sur l'honneur d'un maçon) que je n'ai nulle intention malveillante à son égard, pas davan­tage qu'Hésiode contre son frère Perse, lorsqu'il écrivit les conseils sui­vants:

 

O Perse, sot Perse, penche ton oreille

Vers les bons conseils d'une âme sincère ;

De la méchanceté la route est tôt trouvée

Courte est la voie et en terrain sûr.

Les chemins de la vertu doivent s'atteindre par le labeur

Ardu, long, et en terrain escarpé,

Le passage est garni d'épines, mais quand on arrive au sommet

Le futur est beau et la perspective simple :

De loin il dépasse tous les autres hommes celui

Qui dans sa sagesse réfléchit en toutes choses

Sagement se voyant ami de soi-même

Tout va bien pour le présent et l'avenir

Et celui qui obéit aux règles du sage

Mérite quelque louange

Mais quiconque n'est pas sage lui-même ni ne sait

Écouter la sagesse, est une homme inutile.

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:21

 

Avant d'étudier la cause ou le motif de la création première de la Maçonnerie, il est nécessaire de montrer dans une certaine mesure la vertu du secret, et avec quel soin il faut conserver ce dernier.

L'une des principales qualités qui fait la sagesse d'un homme est sa force ou sa capacité à conserver et cacher intelligemment les secrets honnêtes qu'on lui confie, de même que ses propres affaires. Quiconque lit l'histoire sacrée et profane y verra un grand nombre de tentatives avouables (en temps de paix et de guerre) qui n'aboutirent jamais au but recherché, mais qui furent brisées en miettes et défaites uniquement par manque de dissimulation et de secret; et. outre leur fin malheureuse, des maux infinis s'en sont suivis. Mais avant tout autre exemple, considérons ce qui excelle tout le reste, venu de Dieu lui-même. Celui qui garde particulièrement ses secrets par devers soi, ne laisse jamais quiconque savoir ce qui adviendra demain; et les sages des époques antérieures ne pouvaient deviner ce qui se passerait dans la nôtre. Nous discernons par là que le secret plaît à Dieu lui-même. Et même si (pour le bien de l'homme) il Lui a plu de révéler quelques choses, il est impossible de modifier ou d'altérer sa décision, en fonc­tion de quoi les sages révérends d'autrefois affectaient toujours de mettre secrètement en pratique leurs intentions.

Nous apprenons que Caton le Censeur disait souvent à ses amis qu'il y avait trois choses dont il avait motif de se repentir, s'il négligeait jamais d'effectuer réellement l'une des trois, ou toutes les trois: la première, s'il divulguait un secret; la seconde, s'il s'aventurait sur l'eau quand il aurait pu rester sur la terre ferme; et la troisième, s'il laissait passer une journée sans accomplir quelque bonne action. Les deux dernières sont dignes d'être notées ; mais la première est à pré­sent notre sujet. Ayant reçu de sa mère diverses lettres de grande importance, Alexandre, après les avoir lues en la seule présence de son ami cher Ephesion. produisit le sceau qui scellait sa correspondance secrète, et sans parler le posa sur les lèvres d'Ephesion: lui signifiant par là que celui dans le sein de qui un homme enfouit ses secrets devrait garder les lèvres scellées sans les révéler.

Parmi d'autres récits, le lecteur ne trouvera pas déplaisant de lire l'histoire qui suit, rapportée par Aulucelle dans ses Nuits attiques,et par Macrobe dans ses Saturnales.

Les Sénateurs de Rome en leur session habituelle au Sénat, avaient institué entre eux la coutume suivante : chaque sénateur père d'un fils amènerait celui-ci qui pourrait demeurer à côté de son père pendant la session, ou partir selon le cas.* Encore cette faveur n'était-elle pas commune, mais étendue seulement aux fils de la noblesse qui étaient élevés de façon à devenir de sages gouverneurs, capables de protéger leurs propres secrets. Vers cette époque il advint que le sénat délibérait d'une cause très importante, les sénateurs demeurèrent beau­coup plus longtemps que d'habitude, et la conclusion du débat fut ren­voyée au lendemain, le secret absolu étant enjoint en attendant. Parmi les fils de nobles qui avaient assisté à cette importante séance il y avait ce jeune homme fidèle, fils du grave Papirius, dont la famille était une des plus nobles et des plus illustres à Rome.

Comme le jeune homme rentrait à la maison, sa mère, (comme bien des personnes du sexe, fortement attirée par tout ce qui est nou­veau) le pria de lui dire quelle étrange affaire avait été débattue au sénat pendant la journée, qui avait eu le pouvoir de les retenir si long­temps au-delà de l'heure habituelle. Le vertueux jeune homme répon­dit courtoisement qu'il s'agissait d'une affaire qu'il n'était pas en son pouvoir de révéler car il était tenu solennellement au secret. Sur cette réponse, le désir de sa mère de s'enquérir plus avant dans cette affaire grandit et rien ne pouvait la contenter que de lui fournir la réponse. Donc, par de belles paroles et prières, par de riches promesses elle essaya de forcer cette petite cassette secrète; mais voyant que ses efforts restaient vains, elle passa alors aux menaces de violence et aux coups de lanière, parce que la force peut contraindre, là où la douceur échoue.

Cet admirable et noble esprit trouvant très pénibles les menaces d'une mère, mais ses coups encore plus amers que tout au monde, comparant son amour pour sa mère et le devoir qu'il avait envers son père: l'un, puissant, mais l'autre impératif, pose sa mère et son caprice sur l'un des plateaux de la balance, son père, son propre honneur et les injonctions solennelles de secret sur l'autre plateau, et trouve que sa mère avait un poids intrinsèque en tant que telle, mais qu'il était plus léger que le vent quand elle s'emportait. Aiguisant son jeune esprit sur le grès de son exigence, afin de l'apaiser et de préser­ver son honneur tout en restant discret, il se résolut à parler ainsi:

Madame et Chère Mère, vous avez bien raison de blâmer les sénateurs de rester aussi longtemps en session, et surtout pour traiter une question si impertinente: car il n'y a pas d'espoir d'aboutir à une conclusion sauf si les femmes de sénateurs sont admises en consulta­tion sur ce sujet. Je ne dis cela que d'après mon jugement récent car je sais que leur sagesse peut aisément me confondre et cependant, je ne sais si la nature ou !e devoir me l'enseignent, mais il leur semble néces­saire pour l'augmentation de la population, et pour le bien public, que chaque sénateur se voie allouer deux femmes, ou encore, que chaque femme ait deux maris; je me vois mal appeler deux hommes du nom de père sous un seul toit; je préférerais appeler deux femmes du nom de mère. Telle est la question, Mère, et la décision doit intervenir demain.

Entendant ceci, la mère !e prit pour vérité évidente, comme le jeune homme semblait très hésitant à le révéler. Le sang de la mère bouillonna et la colère s'empara d'elle. Il n'est nul besoin de dire au lec­teur que de telles colères sont irréfléchies, mais qu'au contraire elles entraînent les sens et les facultés à la précipitation et à d'autres sottises, que ceci les rend incapables d'agir aussi bien ou de rendre autant ser­vice que la situation l'exige souvent. Aussi, sans réfléchir davantage, la mère s'en fut chez les autres matrones et dames de Rome, pour leur apprendre cette affaire d'importance, qui touchait de si près à la paix et au bien-être de leur vie. Cette nouvelle mélancolique créa un dérange­ment si passionnel que les dames s'assemblèrent immédiatement; et quoiqu'un parlement de femmes, aux dires de certains, soit rarement dirigé par une seule présidente, l'affaire parut si urgente, la chose si pressante et, du côté des hommes, simplement l'envie de se faire plaisir, que la mère voulut parler pour elle-même et les autres. Et le lendemain il y eut un tel chahut à la porte du sénat, pour que les femmes puissent s'asseoir à côté de leurs maris en cette délibération extraordinaire, que tout Rome semblait en effervescence. Elles ne vou­lurent pas dire la raison de leur venue avant d'être admises; (une fois entrées, ce qui était contraire à toutes les règles) la femme présidente fit un grand discours, demandant que les femmes aient plutôt deux maris, que les hommes deux épouses, alors qu'ils arrivaient difficile­ment à en satisfaire une, &c. L'énigme ayant trouvé sa solution, le jeune homme fut chaudement félicité pour sa discrétion, les dames turent grandement confondues et s'en allèrent, le rouge de la honte au visage. Néanmoins, pour éviter pareil inconvénient à l'avenir, on déci­da que les sénateurs n'amèneraient plus leurs fils aux sessions, on auto­risa seul le jeune Papirius, et non seulement on applaudit sa réserve et la discrétion de sa conduite, mais il fut récompensé et chargé d'hon­neurs.

On ne doit pas oublier non plus le fidèle Anaxarque  (tel que Pline le rapporte au livre VII, chapitre 23) qu'on enleva pour lui arra­cher ses secrets, qui se coupa la langue avec ses dents et la cracha ensuite à la figure du tyran.

Les Athéniens avaient une statue de bronze, devant laquelle ils s'inclinaient; le personnage n'avait pas de langue, pour signifier l'im­portance du secret.

De même les Egyptiens adoraient Harpocrate. dieu du silence; pour ce motif il est toujours représenté un doigt sur la bouche.

Les Romains avaient une déesse du silence nommée Angerone. représentée comme Harpocrate, un doigt sur la bouche en signe de secret.

On loue fort les serviteurs de Plancus car aucune torture ne put leur faire avouer les secrets que leur maître leur avait confiés.

Le serviteur de Caton fut également cruellement torturé, mais rien ne put lui faire révéler les secrets de son maître.

Quinte Curse nous enseigne que chez les Perses on punissait très sévèrement selon une loi inviolable celui qui révélait un secret; comme confirmation il dit que le roi Darius, vaincu par Alexandre, s'était échappé pour se cacher là où il se croyait à l'abri; aucun torture, ni promesse de riche récompense, ne purent fléchir les frères fidèles qui savaient sa cachette, ou les amener à la révéler à qui que ce fût. Il ajoute en outre que nul ne devrait confier quelque affaire d'importance à qui ne sait pas vraiment garder un secret.

Au nombre de toutes ses lois, Horace aurait voulu que chacun garde secret tout ce qui se faisait ou se disait: pour ce motif l'habitude des Athéniens (quand ils se réunissaient pour une fête) était que les  plus anciens parmi eux montraient à chaque frère la porte par laquelle il entrait, disant: prends garde que pas un seul mot ne passe ce seuil, de ce qui sera dit ou fait.

La première chose enseignée par Pythagore à ses disciples était le silence, en conséquence il les maintenait sans parole pendant un cer­tain temps, afin qu'ils apprennent mieux à conserver les précieux secrets qu'il leur communiquait; il leur enseignait encore à ne parler que si nécessaire, exprimant par là que le secret était la qualité la plus rare. Plût à Dieu que les Maîtres de nos loges actuelles en fissent autant! On demanda à Aristote ce qui lui paraissait le plus difficile; il répondit: le secret et le silence.

A cette fin, St. Ambroise place parmi les principes premiers de la vertu le don de la patience silencieuse.

Le sage roi Salomon dit au livre des Proverbes qu'un roi ne devrait pas boire de vin, car l'ivresse est ennemie du secret; et à son avis, n'est pas digne de régner qui ne sait garder ses propres secrets. II ajoute que quiconque divulgue des secrets est un traître, celui qui les protège est un frère loyal; celui qui sait contrôler sa langue est sage; et encore celui qui garde bouche close, conserve son âme. On pourrait citer encore maints exemples pour prouver l'excellence du secret gardé; j'ose affirmer que [ C-9] l'honneur, la justice, la vérité, et la fidélité les plus grands se sont toujours rencontrés chez ceux qui savaient garder leurs secrets et ceux d'autrui. Ceci est noblement décrit par Horace, qui dit:

L'homme résolu et ferme envers le dépôt fait,

Inflexible devant le mal, et s'entêtant à être juste;

Peut mépriser l'insolence grossière de la canaille,

Ses clameurs ineptes et ses cris et son tumulte;

II dupe le farouche tyran

Défie le front sévère et la voix dure

Et sourit d'une grandeur plus élevée :

Ni le rude tourbillon qui déforme

Le golfe noir d'Adria, et le tourmente de tempêtes

Ne peut fléchir la vertu résolue de son âme;

Ni le rouge bras de Jupiter en colère

Qui projette du ciel son tonnerre

Et lui donne furie pour rugir et force pour voler.

Que toute la nature autour de lui se brise,

Précipitée dans la confusion et la ruine;

Lui, sans souci, écouterait le craquement puissant

Et serait debout, sauf, parmi la chute d'un monde.

Je pense donc que si l'on réfléchit bien au silence et au secret, on les trouvera absolument nécessaires pour habiliter un homme à traiter des affaires d'importance. Si on s'accorde sur ce point, je suis certain que personne ne disputera que les francs-maçons sont supérieurs à tous les autres hommes dans la protection de leurs secrets depuis le début des temps. Et ni le pouvoir de l'or, qui souvent trahit rois et princes et parfois fit renverser des empires, ni les punitions les plus cruelles, n'ont pu extorquer de secret même au plus faible des membres de toute la fraternité.

J'avance donc humblement qu'on admettra par conséquent que le bien-être de l'humanité fut la cause première ou le motif d'une institution aussi noble que la Maçonnerie (nul Art ne s'étant montré aussi large­ment utile), qui non seulement tend à protéger ses membres contre des attaques extérieures, mais à policer les tendances frustes d'esprits iniques, et à les retenir dans les liens plaisants des vraies religion, morale et vertu. Les préceptes de l'Art royal sont tels que si ceux qui ont l'honneur d'en être membres voulaient bien ne vivre que selon les vrais principes de l'Art ancien, tout homme doué de la moindre parcel­le d'honneur ou d'honnêteté doit nécessairement approuver les actes des membres, et donc s'efforcer de suivre leurs traces. Et même si très peu de frères, ou aucun, ne peut atteindre au sublime de la beauté de la construction d'Hiram Abif. les ennemis même de la Maçonnerie doi­vent admettre qu'elle est la société la plus renommée qui fut jamais, est ou (peut-être) sera sur terre. La description exacte suivante :

 

Désert et irrégulier le monde était encore

Spectacle peu plaisant à contempler

Des saisons inclémentes détruisaient l'homme,

Sous la chaleur de la canicule et le vent glacial de l'hiver;

Le sauvage avide, dont la voix à l'oreille humaine

Résonne désagréable et emplit le cœur de terreur:

Qui retiendrait la force de ces guerriers combatifs?

Leurs insultes leurs tentatives osées ?

Sans la Maçonnerie, NOTRE glorieux bouclier,

Nous serions obligés de leur céder ainsi qu'à bien d'autres.

Salut, An puissant, don gracieux du ciel,

Donné par le Créateur pour aider l'humanité:

Toi seul donnas sa forme à l'Arche,

Qui sauva les fidèles de la tempête proche;

Lorsque les Cowans pécheurs s'humiliaient dans le flot,

L'arche des maçons chevauchait fièrement

L'onde puissante sans se soucier de sa direction

Jusqu'à ce que les flots se retirent et que la terre sèche apparaisse

Sur le Mont Ararat, après le puissant déluge,

Se tenaient leur arche et leur loge ouverte régulièrement

Là le Maçon, de sa propre initiative

Eleva un autel au Seigneur du ciel

Rendit grâce et offrit un sacrifice,

Qui plut à Jéhovah; et ce dernier se dit,

Plus jamais je ne maudirai le sol,

Ni ne frapperai les vivants comme je l'ai tait

Tant que la terre sera je lui donnerai cette bénédiction,

Un temps propice pour semer ta graine;

Le temps de la moisson pour bénir le laboureur

D'abondantes récoltes pour sa peine et son soin:

Nuits, jours et saisons entoureront ce globe

Sans cesse jusqu'à la fin des temps:

Pour confirmer ma promesse envers toi

Au milieu des nues que l'arc-en-ciel soit mon témoin;

Une arche divine prouve comment Dieu sauva la vie

De quatre maçons et de leurs épouses.

Ce sont les bénédictions de chaque époque et saison

Que Dieu a promises au Maître Maçon.

C'est par quoi l'on voit que de grandes choses se firent

Grâce à cet Art, depuis le premier temps du monde.

Quel mortel au monde, de près ou de loin,

Sur ce globe sous la sphère des cieux,

Peut nommer un Art tant approuvé de Dieu,

Que la Maçonnerie chez David qu'il aima;

Voyez Moriah où Dieu apparut à l'homme

Et donna au prince le plan du Saint temple;

Le sage Salomon remplit ensuite cette obligation,

Aidé de Tyr et grâce à l'habileté du puissant Hiram.

< span style="font-size: 12pt;">C'est l'Art qui excella dans le monde,

Et il plut au Dieu des armées de venir demeurer

Parmi les Maçons qui érigèrent le Temple

Pour adorer Dieu et maintenir son nom sacré.

Par l'Art des Maçons apparaissent des dômes élevés,

Où l'on révère encore Dieu avec crainte et vérité;

Par l'Art des Maçons le cœur de l'avare avide,

(Quoique cerclé de métal, impénétrable comme sa cassette)

Eprouve de la compassion et n'attribuant plus de valeur à son trésor

Donne généreusement, ce qu'il n'avait jamais imaginé auparavant :

Par l'Art des maçons la langue blessante tombe

Devant le trône lorsque résonne l'appel du silence terrible

Par l'Art des maçons les ailes du désir licencieux

Sont tôt coupées courtes et ne peuvent s'élever plus haut;

L'An ancien refrène l'esprit lascif loin des

Tendances sans pudeur, illégales et profanes

Par l'Art des maçons, cet âne, cet avorton, le petit-maître

(La disgrâce de l'humanité et la risée de toutes les filles)

Abandonne bientôt sa sottise, et devenu plus raisonnable

Se découvre un inconnu à lui-même;

Par l'Art des maçons les orgueilleux emblèmes de l'état

(Pépinière de l'ambition, et son haut siège)

Deviennent des colifichets vains et inutiles

Les francs-maçons préfèrent des joies plus durables.

Il me semble entendre certains lecteurs dire: si la Maçonnerie est telle qu'on la décrit ici, les membres de la fraternité sont certainement les plus heureux des hommes; et cependant, on en rencontre souvent, au contraire, les uns très malheureux, d'autres de parfaites canailles, et un grand nombre de sots ignorants, illettrés, et stupides; ou tout au moins qui voudraient le taire croire au monde. Cet aspect sera étudié et élucidé en temps voulu ensuite. En attendant, je suis bien certain que seuls des étrangers à la Maçonnerie, et des ennemis sans générosité de la Fraternité, douteront de la véracité de ce qui est dit ici de la

Maçonnerie. Et afin de plaire à mes lectrices et à ceux des lecteurs qui n'ont pas l'honneur d'être initiés au mystère, je leur demande ici la per­mission de traiter des principes de l'Art (pour ce à quoi ma plume se limite): ils seront, je l'espère, justement admirés, parce qu'ils reposent sur la religion, la morale, l'amour fraternel, et l'esprit de compagnonnage.

Un Maçon est tenu par son engagement d'adorer vraiment le Dieu éter­nel et de croire fermement en lui, comme en toutes ces archives sacrées que dignitaires et pères de l'église ont compilées et publiées à l'usage des hommes de bien. Donc, quiconque comprend correctement l'Art, ne peut marcher dans la voie sans religion des malheureux libertins ni être amené à suivre ceux qui professent avec arrogance l'athéisme ou le déisme.12 Il ne doit pas non plus être entaché des grossières erreurs de la superstition aveugle, mais il a la liberté d'embrasser la foi qu'il juge bonne, à condition qu'en tous temps il révère dûment son Créateur, et dans le monde agisse avec honneur et honnêteté, faisant toujours de ce précepte en or sa règle de conduite, qui engage à se conduire envers autrui comme il voudrait qu'autrui en fît envers lui: car l'Art royal, au lieu d'entrer dans de vaines et inutiles querelles concer­nant les différentes opinions et croyances des hommes, admet dans la fraternité tous ceux qui sont fidèles et loyaux; cela a amené la réconci­liation de personnes qui, sans ce secours, seraient restés ennemis per­pétuels.

 

Un maçon aime la paix, est toujours paisible sujet du pouvoir civil tant que ce dernier ne dépasse pas les limites de la religion et de la raison; et on n'a encore jamais vu un vrai maçon entraîné dans aucuns noirs complot, intentions et machinations contre l'état, parce que le bien-être de la nation est son premier souci. Ainsi, vis-à-vis du plus haut au der­nier degré de la magistrature, il est toujours déférent et respectueux. Le fait que la Maçonnerie a plusieurs fois pâti des effets de la guerre, du carnage, de la dévastation, a engagé plus fortement les compagnons à agir conformément aux règles de paix et de loyauté; les nombreuses preuves de cette conduite ont amené les anciens rois et pouvoirs à les protéger et les défendre. Mais si un frère était assez malheureux pour se rebeller contre l'état, il  ne trouverait aucun appui chez ses com­pagnons, qui ne lui adresseraient plus la parole: le gouvernement pour-

rait en prendre le moindre ombrage, ou être jaloux. Envers soi-même, un maçon a toujours soin d'éviter toute forme d'ex­cès et d'intempérance qui pourrait l'empêcher d'accomplir les devoirs nécessaires à sa louable activité, ou le mener à des crimes qui jette­raient le discrédit sur l'ancienne Fraternité.

Il doit traiter ses inférieurs comme il voudrait que ses supérieurs le trai­tent, réfléchissant sagement à l'origine commune de l'humanité; et même si la Maçonnerie n'ôte nul honneur à quiconque, l'Art admet que s'en tenir strictement au sentier de la vertu est le seul moyen de conser­ver une conscience claire et d'ennoblir un homme.

Un maçon doit avoir assez de bonté pour ne jamais faire la sourde oreille devant les plaintes de la pauvreté miséreuse; mais si un frère est oppressé par la pénurie, il doit écouter le récit de ses souffrances avec une attention particulière; et ensuite, la pitié doit couler de son cœur, et le secours venir sans préjudice pour lui-même, en fonction de ses pos­sibilités.

Un maçon doit respecter l'autorité de son Maître et des officiers qui président, et se conduire humblement parmi ses frères; il ne doit ni négliger de vaquer à ses occupations pour l'amour de la compagnie, en courant de loge en loge; ni se quereller avec la masse des igno­rants en raison de leurs réflexions déplaisantes à ce sujet. Mais pendant ses loisirs on lui demande d'étudier les arts et les sciences d'un esprit diligent, afin qu'il accomplisse son devoir non seulement envers le grand Créateur, mais aussi envers son prochain et soi-même. Car che­miner humblement sous le regard de Dieu, faire œuvre de justice et aimer la charité sont les caractéristiques certaines d'un véritable Maçon franc ancien et accepté. J'espère que tous posséderont ces qualités jus­qu'à la fin des temps, et j'ose espérer que tout véritable frère se joindra à moi pour dire, Amen.

L'avantage obtenu par le respect strict des principes de l'An royal est si évident qu'il faut croire que chaque homme de bien vou­drait les professer et les mettre en pratique ; car ces principes tendent à rendre la vie plus heureuse, étant fondés sur la sagesse et la vertu.

D'abord, nos privilèges et enseignements, correctement utilisés, non seulement nous rendent heureux de ce côté-ci de la tombe, mais encore préparent notre félicité éternelle ensuite.

Car l'Art repose sur une base si ferme qu'elle n'admettra jamais le blasphème, la licence, les jurons, la controverse ou la méchanceté; et si tous ne sont pas du même avis en matière de foi, ils sont tous una­nimes en matière de Maçonnerie : à savoir, travailler honnêtement, ne pas manger le pain de quelqu'un sans travailler mais de toutes nos forces nous aimer et nous servir, comme frères d'une maison; pensant sagement qu'il est aussi grandement absurde de se quereller avec un homme parce qu'il ne croit pas comme soi, que ce le serait parce qu'il n'a pas exactement la même taille et la même allure, ..

Donc, secourir celui qui est dans la détresse, partager notre pain avec le pauvre qui travaille1, remettre le voyageur égaré sur la bonne voie sont des caractéristiques inhérentes de l'Art royal et conforme à sa dignité, et telles que les dignes membres de ce grand ordre se sont tou­jours efforcés de les mettre en pratique sans jamais se lasser.

Une fois tout bien considéré, on trouvera que ce bénéfice, et bien d'autres, obtenus par le strict respect des principes de l'Art, (comme bon nombre de frères l'ont récemment éprouvé), non seule­ment égalent, mais dépassent largement ce qui existe en toute autre société.

S'il en est ainsi, les dignes membres de cette société, importan­te et très utile, ne peuvent jamais être trop prudents dans le choix de leurs nouveaux membres ; j'entends par là, qu'ils doivent bien connaître le caractère et la situation d'un candidat qui sollicite d'être initié au mystère de la franc-maçonnerie.

De ceci dépend la prospérité ou la disparition de l'Art royal; de même que régularité, vertu, harmonie sont les seuls ornements de la nature humaine, (trop souvent prompte à agir sous d'autres formes), de même le bonheur de la vie dépend, pour une grande partie, de notre propre élection et d'un choix prudent dans ces démarches.

Car la société des hommes ne peut subsister sans concorde et l'échange de services mutuels ; il en est de même dans la construction d'une arche de pierre, qui s'écroulerait si une pierre n'en soutenait pas correctement une autre.

Autrefois tout homme qui en faisait la demande n'était pas admis à l'Art royal (même s'il était homme de bien et de bonne renommée), ni admis à partager le bénéfice de notre noble et antique institu­tion s'il n'était suffisamment habile pour faire progresser la Maçonnerie, soit sur le plan théorique, soit dans la pratique ; ou s'il n'était pas suffisamment riche pour employer, honorer et protéger les Compagnons.

Je ne voudrais pas qu'on se méprenne sur le sens de mes pro­pos: je n'ai pas dit qu'on ne devait admettre aucun commerçant de bonne réputation à partager nos privilèges ; mais je pense au contraire qu'ils sont membres utiles de la communauté, et qu'ils se sont souvent montrés de véritables ornements de leurs loges.

Ceux que je vise sont les misérables des rangs inférieurs, (sou­vent amenés par des membres exclus*), certains d'entre eux ne sachant ni lire ni écrire; et quand avec l'aide de la maçonnerie ils sont admis en compagnie de leurs supérieurs par le rang, ils agissent sou­vent au-delà de leurs talents, et sous le prétexte de chercher la connais­sance, tombent en des scènes de gloutonnerie ou d'ivresse, négligeant ainsi leurs occupations indispensables et nuisent à leurs pauvres familles, qui s'imaginent qu'à bon droit elles peuvent déverser leurs exclamations et invectives contre la Maçonnerie toute entière, sans réfléchir, ou savoir que nos constitutions et principes sont exactement à l'opposé de telles pratiques aussi basses.

Je crois nécessaire de donner ici un conseil à ceux qui pour­raient souhaiter devenir membres de cette ancienne et honorable insti­tution : ils doivent d'abord savoir que nul ne peut devenir franc-maçon régulier s'il n'est libre, d'âge mûr, sain de corps et des membres, jouis­sant de tous les sens de l'homme. C'est une coutume de tous les maçons à travers les âges et en tous lieux, dans le monde entier.

Un mot encore, ou deux : ceux à qui je m'adresse maintenant sont hommes ayant de l'instruction, une honnête réputation, mais sans fortune; je leur dis donc, pensez à votre famille et à vos ressources, sachez que la Maçonnerie exige des capacités, de l'assiduité et une bonne présentation, pour préserver et soutenir son antique et honorable grandeur. Sur ce point il y aurait encore beaucoup à dire, mais je crois que les règlements suffiront, et je renvoie îe lecteur à leur découverte.

Ensuite, il faut réfléchir au choix des Officiers qui dirigent et gouvernent la loge selon les bonnes et anciennes lois de notre consti­tution; c'est un sujet de grande importance car les officiers d'une loge ne doivent pas seulement améliorer la situation de leur propre loge, mais aussi tout ce qui touche au bien de la fraternité en général.

En conséquence, nul ne doit être proposé ou soumis à élection s'il n'est jugé, par ses compétences et son mérite connus, digne d'agir; il doit donc bien connaître les règlements et les lois publics et internes de l'Art ; il doit être d'une honnêteté scrupuleuse, humain et bon, patient dans l'adversité, modeste dans ses propos, résolu dans ses déci­sions ou conseils et (surtout) fidèle en amitié et loyal dans le secret.

De tels candidats méritent bien d'être choisis pour diriger et gouverner leurs loges respectives; envers eux les membres doivent faire preuve de courtoisie et d'obéissance et, par leurs antiques et sages mandements, apprendre à mépriser ces bavards impatients, querelleurs, méprisants, arrogants, et pleins de suffisance, qui sont le fléau de la société des hommes.

Je ne peux m'empêcher de dire ici que j'ai connu des hommes aux intentions tout à fait honnêtes, qui sans aucune malice commettent de graves erreurs et parfois ont mené de bonnes loges à leur perte; ce fut lorsque des frères se précipitèrent sans retenue sur des postes où leurs maigres connaissances de la maçonnerie les rendaient incapables d'assurer la responsabilité de leur fonction, au détriment de l'ordre et pour leur plus grand déshonneur.

Parmi les qualités et principes des pratiquants de l'Art royal, j'ai fait allusion à la conduite d'un maçon en loge ; je souhaite qu'il y ajou­te ces quelques lignes : il doit montrer le respect dû au Maître et aux officiers, et leur obéir en tout domaine raisonnable; il ne doit pas mau­dire, jurer, ni prendre des paris, faire usage de langage licencieux ou indécent, qui déshonore le nom de DIEU, et corrompe les bonnes manières; il ne doit pas se conduire de façon ridicule, ni bouffonne tant que la loge traite de sujets sérieux et solennels; il ne doit introduire, soutenir ou citer nulle querelle ou controverse sur des sujets reli­gieux ou politiques, ne doit pas forcer un frère à boire ou manger, ou à demeurer contre son gré; ni dire ou faire quoi que ce soit d'offensant, ou d'empêcher une innocente conversation libre, de peur de rompre l'harmonie et défaire les buts et intentions louables de l'ancienne et honorable fraternité.

Et je recommande sincèrement la franc-maçonnerie comme le remède le plus souverain pour se purger de tout ce qui précède et autres défauts ; et les loges régulières comme les seuls séminaires où les hommes peuvent entendre, comprendre, et apprendre leurs devoirs envers Dieu, et envers autrui. Et ce, sans la surabondance de mots méprisants et méchants, d'arguments interminables ou de débats féroces, utilisés depuis plus de mille ans parmi les mortels dans l'erreur : au lieu d'unir les hommes en un seul groupe (comme serviteurs de Dieu et frères d'une même maison) tout cela les a divisés en autant d'opinions différentes qu'il y avait (non seulement de langues, mais même) d'hommes au moment de la confusion de Babel.

Quant à la conduite des frères en dehors de la loge, j'espère que le court laps de temps entre deux réunions ne leur fera pas oublier la décence et la bonne tenue à respecter en loge, qui peut leur servir de règle infaillible de conduite et de comportement en tous autres compa­gnies et lieux; et de même que le Vénérable Maître le fait avec discré­tion en loge,  ils devraient diriger, gouverner et instruire leurs familles chez eux dans la crainte de Dieu et l'amour du prochain, tan­dis qu'eux-mêmes imitent l'obéissance des membres de l'ordre, en res­pectant leur supérieurs.

Ces quelques idées peuvent servir à rappeler aux frères les devoirs qui leur incombent en tant que francs-maçons et de même, la conduite qu'ils doivent observer de façon à plaire à Dieu, selon les principes de la Maçonnerie, et tout à leur honneur. Pour la plus grande satisfaction de mes lecteurs en général, je donne ici les divers anciens devoirs des maçons francs et acceptés.

 

 

LES ANCIENS   DEVOIRS DES MAÇONS FRANCS   ET   ACCEPTÉS.

 

(THE OLD CHARGES OF THE FREE AND ACCEPTED MASONS)

 

Premier devoir : de DIEU et de la religion.

 

Un maçon est tenu par son engagement d'obéir à la loi morale en vrai noachide ; et s'il comprend correctement l'Art, il ne sera jamais ni athée stupide, ni libertin irréligieux, et n'agira pas contre sa conscien­ce.

Autrefois, les maçons chrétiens avaient l'obligation de se conformer aux usages chrétiens de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient, puisqu'on les trouvait en tous pays, même s'ils étaient de religion diverse.

On les oblige généralement à adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes s'accordent (laissant à chaque frère ses convictions personnelles), c'est-à-dire, qu'ils doivent être hommes de bien et fidèles, hommes d'honneur et honnêtes, quels que soient le nom, la religion ou la philosophie qu'ils embrassent, car tous s'accor­dent sur les trois grands articles de Noé, suffisants pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la maçonnerie est le centre de leur union, et l'heureux moyen de réconcilier des personnes qui autrement seraient restées perpétuellement éloignées les unes des autres.

 

Deuxième devoir : Du magistrat civil, suprême et subalterne.

 

Un maçon est un sujet paisible, ne s'engageant jamais dans des com­plots contre l'état, et ne manquant jamais de respect envers les magis­trats subalternes. Autrefois, pour sa loyauté rois, princes et états encou­rageaient la Fraternité, toujours florissante surtout en temps de paix; mais bien qu'on ne doive pas encourager un frère en rébellion contre l'état, s'il n'est cependant convaincu d'aucun autre crime, ses liens avec la loge restent indéfectibles.

 

Troisième devoir : des loges.

 

Une loge est un lieu où des maçons s'assemblent pour tra­vailler; d'où, cette assemblée ou société dûment organisée de francs-maçons, s'appelle une loge; tout comme le mot 'église' désigne à la fois l'assemblée des fidèles et le lieu de culte. Chaque frère doit appartenir à une loge, et ne peut s'absenter sans être blâmé, s'il n'est pas retenu par la nécessité.

Les hommes admis parmi les francs-maçons doivent être nés libres (ou hors servage), d'âge mûr, de bonne renommée; sains de corps, sans difformité des membres au moment de leur admission; on n'admet ni femme ni eunuque.

Lorsque des hommes de qualité, ou éminents, fortunés, et savants demandent à être initiés, il faut les accueillir avec respect, après les avoir dûment interrogés; car ils seront souvent de bons maîtres (ou créateurs) d'ouvrage, et n'emploieront pas de cowans quand ils peuvent avoir de vrais maçons; ils feront aussi les meilleurs officiers de loges, les meilleurs décorateurs, pour l'honneur et la vigueur de la loge. Parmi elles la fraternité peut même trouver un grand maitre. Mais ces frères sont également soumis aux règlements et devoirs, sauf en ce qui concerne plus directement les opératifs.

 

Quatrième devoir ; Des maitres, surveillants, compagnons, et apprentis.

 

Tout avancement chez les maçons est fondé sur la valeur réelle et le mérite personnel, et non sur l'ancienneté. Aucun maître ne prendra un apprenti qui n'est pas le fîls d'honnêtes parents, jeune homme parfait sans mutilation ou défaut corporel, et capable d'apprendre les mystères de l'Art royal. Ainsi les seigneurs seront bien servis et l'An ne sera pas méprisé. Quand il en aura l'âge et l'habileté, le jeune homme pourra devenir apprenti ou franc-maçon de rang inférieur ; puis, selon ses pro­grès, compagnon puis maître, capable d'entreprendre le chantier d'un seigneur.

Les surveillants sont choisis parmi les maîtres-maçons, et aucun frère ne peut devenir maître d'une loge s'il n'a servi en qualité de surveillant quelque pan, sauf dans des cas extraordinaires, ou quand une loge se forme et qu'on ne trouve personne ; alors, trois maîtres-maçons, qui n'ont jamais été maîtres ou surveillants de loges aupara­vant, peuvent devenir maître et surveillants de cette nouvelle loge.

Mais hors la présence de trois maîtres-maçons, aucun nombre ne peut constituer une loge, et nul ne peut devenir grand maître ou grand surveillant qui n'a pas d'abord été maître d'une loge.

 

Cinquième devoir : de la gestion du métier au travail.

 

Tous les maçons doivent travailler dur et honnêtement les jours ouvrables, afin de vivre honorablement et de paraître de façon décente et seyante les jours fériés; et de même il faudra respecter les horaires de travail définis par la loi, ou confirmés par la coutume.

Seul un maître maçon peut être maître d'œuvre; il entreprendra le travail du seigneur de manière raisonnable; utilisera les matériaux comme les siens propres et ne paiera pas plus de gages que ce qui est juste aux compagnons ou apprentis.

Les surveillants seront loyaux envers le maître et les compa­gnons, prenant soin de tout en loge et à l'extérieur de la loge, en parti­culier en l'absence du maître, et les frères leur obéiront.

Le maître et les maçons finiront fidèlement l'ouvrage comman­dé, que ce soit à la tâche ou à la journée ; et ils ne feront pas à la tâche ce qu'il est accoutumé de faire à la journée. Nul ne montrera de la jalousie de la prospérité d'un frère, ne le supplantera ou le fera renvoyer du travail, s'il est capable d'achever l'ouvrage.

Chaque maçon recevra ses gages humblement sans murmurer ou se rebeller et il ne quittera pas le maître avant d'achever l'ou­vrage du seigneur; il évitera tout langage grossier, appelant chacun 'frère' ou 'compagnon' avec beaucoup de courtoisie, en loge et à l'exté­rieur; chacun enseignera un jeune frère à devenir habile et expert, pour que l'ouvrage du seigneur ne soit pas gâché. Mais si les Maçons francs et acceptés n'acceptent pas de cowans au travail parmi eux, et ils ne seront pas employés par eux sans nécessité impérieuse; même en ce cas, ils ne doivent pas enseigner les cowans, mais tenir une communi­cation séparée; aucun manœuvre ne sera utilisé pour le propre travail d'un maçon.

 

Sixième devoir : de la conduite des MAÇONS.

 

1 - en loge avant sa fermeture.

Vous ne devez pas tenir de comités privés, ni avoir de conversations particulières sans la permission du maître, ni parler de sujets imperti­nents, interrompre le maître ou le surveillant ou tout autre frère s'adressant au maître; vous ne devez pas agir de manière ridicule quand la loge est occupée de sujets sérieux et solennels, mais devez révérer dûment le maître, les surveillants et les compagnons, et les respecter. Tout frère trouvé coupable d'une faute s'en tiendra à la décision de la loge, sauf s'il fait appel à la Grande Loge, ou si cela retarde le chantier d'un seigneur, car alors on peut procéder à un arbitrage particulier. On ne doit introduire en loge ni querelle personnelle ni dis­cussion concernant la famille, la religion ou la politique; car comme maçons, nous sommes tous de la très vieille religion catholique déjà citée ; et de toutes les nations sur l'équerre, le niveau, et le fil à plomb; comme nos prédécesseurs en toutes époques, nous somme décidés à ne pas avoir de querelles politiques, contraires à la paix et au bien-être de la loge.

2 - après la fermeture de la loge, avant le départ des frères. Vous pouvez vous amuser de manière innocente, vous traitant l'un l'autre selon vos moyens, mais en évitant tout excès, en ne forçant pas un frère à boire ou manger au-delà de ses souhaits (selon la vieille règle du roi Assuerus}, ou l'empêchant de rentrer chez lui quand il en a envie: bien qu'après la tenue vous soyez des hommes ordinaires, le blâme de vos excès rejaillirait sur la fraternité, quoiqu' injustement.

3 - quand des frères se rencontrent sans la présence d'étrangers, mais en loge formée.

Vous devez vous saluer comme on vous l'a enseigné ou l'on vous l'en­seignera, vous donnant librement des éléments d'instruction, mais sans découvrir de secrets, à moins que ce ne soit à ceux qui depuis longtemps ont fait la preuve de leur discrétion et honneur, et sans déroger au res­pect qui est dû à un frère, s'il n'était pas maçon. Bien que tous les frères et compagnons soient sur le même niveau, la Maçonnerie n'ôte à personne l'honneur qu'il possède avant d'être initié, ou qui lui sera dû ensuite. Au contraire, elle ajoute au respect qu'on lui doit, nous ensei­gnant à rendre honneur à qui honneur est dû, en particulier à un frère

noble ou éminent, que nous voudrions distinguer parmi tous ceux de son rang et de sa situation, et le servir avec zèle, selon nos capacités.

4 - en présence d'étrangers non maçons.

Vous devez être prudents en paroles, dans votre maintien et vos gestes, de sorte que l'étranger le plus perspicace ne découvre pas ce qu'il ne faut pas dévoiler; et aux questions impertinentes ou tendancieuses, ou au discours ignorant d'étrangers, il conviendra que les francs-maçons répondent prudemment.

5- chez soi et dans le voisinage.

Les maçons doivent être gens de bonne moralité, comme ci-dessus indiqué, donc de bons maris, bons parents, bons fils et bons voisins; il ne faut pas rester trop longtemps loin de chez soi, et éviter tout excès;

mais aussi des hommes sages pour des raisons connues d'eux-mêmes.

6 - envers un frère étranger.

Vous devez l'interroger avec précaution, comme la prudence vous le dictera pour que vous ne vous en laissiez pas conter par un faux prétendant que vous repousserez avec dérision, mais si vous voyez en lui un frère sincère et authentique, vous le respecterez comme frère et s'il est dans le besoin, vous le secourrez si vous le pouvez, ou autre­ment lui indiquerez comment il pourra être secouru; si vous le pouvez employez-le, ou recommandez-te à qui pourra l'employer, mais vous n'avez pas l'obligation d'aller au-delà de vos possibilités.

7 - en présence d'un frère et en son absence.

Les maçons francs et acceptés ont toujours eu l'obligation d'éviter toute forme de diffamation et calomnie des frères sincères et loyaux, ou de critique irrespectueuse des actes d'un frère ou de sa personne, et de méchanceté ou de ressentiment injuste; vous ne devez pas souffrir que l'on adresse des reproches à un frère honnête, mais devez défendre sa réputation en tout ce qui est compatible avec l'honneur, la sécurité et la prudence, mais pas plus loin.

 

Septième devoir : des proces.

Si un frère vous fait du tort, adressez-vous d'abord à votre propre loge ou à la sienne; et si vous n'obtenez pas satisfaction vous pouvez faire appel devant la Grande Loge, mais vous ne devez jamais avoir recours à une cour de justice tant que le cas peut être réglé autrement ; car si le cas ne concerne que des maçons et la maçonnerie, les procès devraient être évités grâce aux avis sagaces de maçons prudents, qui sont les meilleurs arbitres de différends.

Mais si cet arbitrage n'est pas possible ou est inefficace, et que l'affaire doive être portée devant les cours de justice ou d'équité, il faut éviter la colère, la méchanceté et la rancœur dans cette plainte, ne rien dire ou faire qui puisse nuire à la continuité ou au renouveau de l'amour et l'amitié fraternels, qui sont la gloire et le ciment de notre antique fraternité. Ainsi nous pourrons montrer au monde entier l'in­fluence bénéfique de la maçonnerie, comme le font depuis le début des temps les frères sages, véritables et fidèles, et comme ils continueront à le faire jusqu'à ce que l'architecture disparaisse dans l'embrasement général. Amen! qu'il en soit ainsi !

Toux ces devoirs, vous les respecterez, ainsi que ceux qui vous seront communiqués d'une façon qui ne peut s'écrire.

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:43

Par Francis DELON

Une abondante littérature a été écrite sur Ahiman Rezon de Laurence DERMOTT, mais les détails des expressions hébraïques qu’il utilisa n’ont pas été suffisamment prises en considération.
Laurence DERMOTT (1720-1791)
Laurence DERMOTT fut initié en 1740, à l’âge de 20 ans, dans la Loge n°26 (Constitution Irlandaise) à Dublin. Il fut exalté à l’Arc Royal comme le note le registre de l’Arc Royal des Anciens, en accolant la mention suivante à son nom : n°26, Dublin, 1746.
Quelque temps plus tard, il partit pour Londres. On raconte qu’en 1748 il fut employé comme peintre, travaillant habituellement douze heures par jour. Un peu plus tard, il aurait été marchand de vin et dut connaître un succès raisonnable car il offrit un trône au Grand Maître, d’un coût de 34 livres. Avec ses droits perçus sur Ahiman Rezon, Il participa aussi à une œuvre de charité de la Grande Loge des Anciens.
Selon le Bibliothécaire de la Grande Loge d’Irlande, il n’existe aucun portrait connu de DERMOTT.
La Grande Loge des Anciens est généralement considérée pour avoir été fondée en 1751. Son premier Grand Secrétaire, MORGAN, resta seulement en fonction une année. En 1752, DERMOTT postula avec succès à cette charge, ayant défait au moins un autre postulant. Dès le début, il s’identifia, d’un manière sans précédent, avec les affaires de sa « Grande Loge ». C’était une personne zélée, efficace, honnête, probablement pas facile à vivre et un adversaire féroce et peut-être même acariâtre.

Les connaissances de DERMOTT en Hébreu
On sait peu de choses sur l’éducation de DERMOTT et ses connaissances dans des matières telles que le Latin, le Grec et l’Hébreu furent probablement celles d’un autodidacte, comme le mentionne l’historien CHETWODE CRAWLEY : L. DERMOTT avait seulement des notions de latin et d’hébreu.
Le Révérend Morris ROSENBAUM a répertorié la liste des Juifs Francs- Maçons du XVIIIème siècle. Ainsi, à l’année 1760, on trouve un certain Isaac BELISARIO, maître d’école. S’il a connu DERMOTT, il est probable qu’il l’ait aidé en Hébreu, mais aucune preuve ne permet d’étayer cette hypothèse.

Les Constitutions de la Grande Loge des Anciens
La Grande Loge des Anciens fut fondée en 1751 sous le titre distinctif de « La très Honorable Société des Maçons Francs et Acceptés selon les Anciennes Constitutions ».
A la différence de la Première Grande Loge et des Grandes Loges d’Ecosse et d’Irlande, les Anciens dénommèrent d’un titre inhabituel leur « Livre des Constitutions » : Ahiman Rezon, ou Aide à un Frère. Il fut compilé par DERMOTT, leur Grand Secrétaire. La première édition fut publiée en 1756 après qu’il eut lancé une souscription dans une annonce parue le 16 novembre 1754, où il indiquait que son livre serait essentiellement un recueil d’extraits d’ouvrages d’autres auteurs tels que ANDERSON, DESAGULIERS, PENNELL et SPRATT.
L’ouvrage eut un impact considérable car, entre 1756 et 1838, il connut pas moins de 44 éditions : 9 en Angleterre, 21 en Irlande et 14 en Amérique.

L’origine du nom « Ahiman Rezon »
Le Frère ROSENBAUM, dans son article Ahiman Rezon le Fidèle Frère Secrétaire publié dans les AQC 23 en 1910, signale que DERMOTT utilisa fréquemment la très populaire Bible de Genève, la reprenant mot à mot chaque fois qu’il citait un texte biblique. Cette traduction contient en outre ... un Index particulier des Noms et Mots Hébreux, Chaldéens, Grecs et Latins cités dans la Bible ..... Cette liste alphabétique ne dépasse pas 7 pages dans l’édition originale de 1560, mais celle de 1589 est accompagnée d’un index de pas moins de 63 pages, recensant tous les noms propres cités dans la Bible, avec leurs significations et les chapitres et les vers où ils apparaissent.
Le titre, hors du commun, de DERMOTT a donné lieu à quelques amusantes contrefaçons telles que « A. Himan Rezon », « Highman Rezon », et « Iman’s Reasons ».

La signification de Ahiman
La signification donnée est : Frère instructeur (préparateur ?) (prepared, trained brother), Frère de la main droite ou mon Frère est un don.
Ahiman était, avec Shallum, Akkub et Talmon, le quatrième des portiers (gardiens du seuil de la Tente) cités dans le Premier Livre des Chroniques (9, 17).
Le Frère ROSENBAUM considère que lorsque DERMOTT décida de l’explication « Frère de la main droite », il se réfère spécifiquement au verset 18 du Psaume 80 Prière pour la restauration d’Israël : ... Ta main sur l’homme de ta droite, où le même terme est utilisé. Le mot hébreu pour « droit » est Yamin, qui est apparenté à Emunah signifiant « Foi » et à Amen (Ainsi soit- il).
L’option par ROSENBAUM de Frère loyal est donc parfaitement plausible.

La signification de Rezon
DERMOTT ne nous donne même pas un soupçon d’explication.
En fait, Rezon est un personnage biblique mentionné dans le Premier Livre des Rois (11, 23). ... A Salomon, Dieu sucita aussi comme adversaire Rezon, fils d’Elyada. Il avait fui de chez son maître Hadadézer, Roi de Golan.
C’était un puissant adversaire contemporain du Roi Salomon. Il n’existe aucun lien apparent entre lui et un des quatre portiers. Le mot est fondé sur la racine hébraïque signifiant « secret ». ROSENBAUM se réfère à l’index de la Bible de Genève qui donne les définitions suivantes : « petit », « caché », secret », « secrétaire », « privé ».
Le mot hébreu pour « secret » est Raz, se prononçant comme l’Anglais « jazz ». Quelquefois, le mot Rezon est donné sous la forme Retzon. Dans ce cas, une consonne hébraïque différente, pas très dissemblable en son, a été utilisée, donnant un mot avec une signification différente. Le sens de Retzon est « volonté ». Des tentatives ont été faites pour combiner « volonté » avec « Ahiman », parvenant ainsi à cette locution : « La volonté d’un Frère prêt », mais cette hypothèse n’est guère convaincante.
En fait, l’utilisation par DERMOTT du mot Rezon, par un hasard heureux ou après un examen scrupuleux de la Bible de Genève, servit admirablement ses objectifs car l’expression Ahiman Rezon peut se traduire, selon ROSENBAUM, par Le Fidèle Frère Secrétaire (Faithful Brother Secretary). Cette interprétation met bien en valeur le sujet de DERMOTT, l’excellence de la discrétion qui apparaît sur la page de titre d’Ahiman Rezon.

La Guématrie
ROSENBAUM avance également comme hypothèse que DERMOTT apprit, auprès d’amis juifs érudits, les rudiments de la méthode de la Guématrie, ce système connu des anciens Babyloniens et Grecs, consistant à attribuer à chaque consonne une correspondance numérique. Un certain d’auteurs juifs du Moye- Age prirent d’ailleurs l’habitude de choisir le titre de leur livre de manière que leur total numérique corresponde à celui de leur nom.
Dans le cas d’Ahiman Rezon, le total est de 372 tandis que celui de DERMOTT, mentionné en Hébreu dans son registre des procès- verbaux des années 1752-1760, est 371, une différence véritablement insignifiante. Toutefois, ROSENBAUM ne considère pas cette explication valable.

Les Gardiens de la Porte
Dans son introduction à Ahiman Rezon, DERMOTT se réfère à un songe au cours duquel il rencontra les quatre portiers du Temple (les Gardiens de la Porte).
Leurs noms étaient : Shallum (le Chef), AkKub, Talmon et Ahiman. Ils mentionnés dans cet ordre dans le Premier Livre des Chroniques (9/17). La signification de ces quatre noms est précisée par la Bible de Genève. Celle d’Ahiman ayant déjà été donnée, les trois autres sont les suivantes :
- Shallum : pacifique, parfait, adepte de la paix ;
- Akkub : domination ;
- Talmon : cadeau de la rosée, à peine prêt.
On ignore toutefois si DERMOTT prit connaissance de la mention de ces Gardiens des Portes en lisant directement les Chroniques ou en consultant simplement l’index de la Bible de Genève.
On peut simplement noter qu’il fit un usage ingénieux de cette histoire, puisqu’il fit dire à Ahiman dans son rêve : ... à partir du jour de la consécration du Saint- Temple jusqu’à l’époque actuelle, je n’ai jamais vu une histoire de la Maçonnerie ... Ainsi, il écartait la possibilité d’avoir à compiler une histoire, comme par exemple l’avait fait ANDERSON, inspirée sans doute des traditions des « Old Charges » des Guildes du Métier.
Dans l’Histoire Sainte, Ahiman est le quatrième et dernier des portiers, tandis qu’à la page XI de son introduction, Le rédacteur au lecteur, DERMOTT le range à la seconde place, reconnaissant tout de même la primauté de Shallum, comme il est mentionné dans les Chroniques. Puis, il en vient à en faire le porte- parole des quatre, en lui attribuant, à travers son rêve, une parfaite connaissance de la langue anglaise.
La raison de cette préférence donnée à Ahiman se trouve dans la Bible de Genève. Elle indique, dans ses Concordances, que le mot hébreu « Ach » signifie « Frère ». On a recensé 26 mots composés comprenant cette syllabe. DERMOTT les a probablement bien examinés et, comme dans les noms des quatre portiers, seul Ahiman comportait cette syllabe, il fut finalement choisi.

Les prières maçonniques
ANDERSON considérait que la Franc- Maçonnerie devait être : ... le centre d’union et le moyen de faire naître une amitié fidèle parmi des personnes qui auraient pu rester perpétuellement à distance ...
Le concept maçonnique d’un Dieu universel conduit tout à fait naturellement à l’usage de prières dans les rituels maçonniques. Selon les termes de William PRESTON, ... c’était une preuve appropriée de gratitude. Les « Old Charges » des anciennes confréries de bâtisseurs opératifs indiquaient que leur travail commençait par une invocation trinitaire.
Nous savons, par les Illustrations of Masonry de PRESTON (1772) que la Première Grande Loge utilisait des prières lors des cérémonies d’ouverture, d’initiation et de fermeture.

Prière en usage à l’ouverture des Travaux
 « Puisse la faveur du Ciel s’étendre sur cette heureuse assemblée ; puisse-t-elle commencer, se dérouler et finir dans l’ordre, l’harmonie et l’amour fraternel. Amen. »
Prière en usage à la fermeture des Travaux
 « Puisse la Bénédiction du Ciel être sur nous et tous les Maçons réguliers ; pour nous embellir et nous unir avec chaque vertu morale et sociale. Amen. »
Prière en usage lors de l’Initiation d’un candidat
 « Accorde  moi ton aide, Père Tout- Puissant et Suprême Gouverneur du Monde, à cette assemblée ; et fais que ce candidat à la Maçonnerie puisse dédier et dévouer sa vie à ton service et devenir ainsi pour nous un authentique et fidèle Frère. Revêts- le de la compétence de ta divine Sagesse, que par les secrets de cet art, il soit encore davantage capable de dévoiler les mystères de l’Impiété en ton Saint- Nom. Amen. »
Les divulgations du XVIIIème siècle apportent des indications précieuses sur le rituel maçonnique et donnent des explications plausibles sur l’usage ou le non- usage des prières. Par exemple, si La Maçonnerie disséquée de PRITCHARD (1730) n’en comprend aucune, Les Trois Coups Distincts (1760) et Jackin et Boaz (1762) contiennent une prière chrétienne pour la réception d’un nouveau Frère. D’ailleurs, une des accusations des « Anciens » à l’encontre des « Modernes » portait justement sur l’omission, par ceux- ci- des prières ou leur limitation au premier degré.

La Règle d’or de Michée
Dans son introduction à Ahiman Rezon, DERMOTT affirme que son livre était destiné à .... montrer à la partie du Monde dans l’erreur, que les vrais Principes de la Franc- Maçonnerie sont d’aimer la Miséricorde, de faire Justice, et de se tenir humblement devant Dieu.
Il attire l’attention sur un passage (Chap. 6/8) du Livre prophétique de Michée, auquel on donne fréquemment le nom de Règle d’or de Michée.
 « On t’a fait savoir,
homme, ce qui est bien,
ce que Yahvé réclame de toi :
rien d’autre que d’accomplir la justice,
d’aimer la bonté
et de marcher humblement
avec ton Dieu »
Bien que Ahiman Rezon ne comporte pas de prière fondée sur ces assertions à vocation fortement universaliste, il existe, en effet, de telles prières en usage dans la Franc- Maçonnerie comme celle mentionnée par Wellins CALCOTT dans A Candid Disquisition (1769).

Prière en usage lors de l’admission d’un Frère
 « O Dieu très glorieux et éternel, qui êtes l’architecte en chef de l’univers créé ! Exauce nous ; tes serviteurs qui sont déjà entrés dans cette très noble, ancienne et honorable fraternité, que nous puissions être solides et prudents, et toujours avoir le souvenir de ces choses sacrées et saintes que nous avons reçues, et faire notre possible pour instruire et former les autres dans le secret, afin que rien ne puisse être illégalement obtenu ; et que cette personne qui doit maintenant être reçue Maçon, puisse être un digne membre, et puisse-t-il, comme nous, vivre comme des hommes, envisageant la grande fin pour laquelle ta bonté nous a créés ; O Dieu, donne nous de la sagesse pour venir à bout de toutes choses, de la force pour supporter toutes les difficultés, et de la beauté pour orner ces demeures célestes où ton honneur se tient, et accorde, O Seigneur, que nous puissions vivre ensemble dans l’amour fraternel et la charité, et dans toutes nos relations dans le monde, faire justice à tous les hommes, aimer la charité et cheminer humblement avec toi, notre Dieu ; et enfin, puisse un merveilleux accueil nous être réservé dans ton royaume, O Grand Jehovah. Maintenant à toi, le roi éternel, immortel, invisible, le seul vrai Dieu, être le royaume, le pouvoir et la gloire à jamais. Amen.
La même prière se trouve dans The History of Masonry or the Free Masons Pocket Companion (3ème edition, Edinburgh, 1772) variant seulement par l’emploi du pluriel dans l’expression “ces personnes”.
Un commentaire sur Le Livre de Michée extrait du Pentateuque mentionne que le prophète s’adresse à toute l’humanité en insistant sur l’universalité. Développant cette idée, il met l’accent sur le fait que l’amour de la miséricorde est une des obligations de l’homme envers son créateur et que l’amour de la justice est une des obligations de l’homme envers ses frères. Les premiers devoirs correspondent aux cinq premiers commandements et les derniers aux cinq suivants. Se tenir humblement devant Dieu consiste à faire preuve de la pureté et de l’humilité conduisant à une vie vertueuse, afin de réaliser les desseins de la miséricorde et de la justice.
DERMOTT devait certainement apprécier les enseignements de Michée et il est tout à fait remarquable que dans ses deux prières universelles, il ne fasse aucune allusion à ce texte bien connu du Prophète. »

Les quatre prières dans Ahiman Rezon
Elles sont spécifiquement chrétiennes. D’ailleurs PENNELL, dans son commentaire sur son Livre irlandais des Constitutions (1730), ne voit rien d’incongru dans le fait d’insérer une forme de prière nettement chrétienne.
En effet, de telles prières se trouvaient dans les Constitutions Irlandaises pour les trois premiers grades et étaient constamment utilisées, principalement dans les loges de l’Irlande intérieure, jusqu’à très récemment, sauf si elles risquaient d’offenser un Frère présent.
DERMOTT a donc fait une contribution importante en élaborant des prières susceptibles d’être utilisées par les Juifs et les Chrétiens.
La Première Grande Loge n’était pas intéressée par une telle idée et ce fut le Duc de SUSSEX, après l’Union de 1813, qui se vit chargé de mettre au point des prières acceptables par tous.

Première prière. Prière dite à l’ouverture des travaux par les Francs- Maçons de confession juive
 « O Seigneur, excellent es-Tu dans Ta vérité, et rien n’est grand en comparaison avec Toi ; à Toi la Louange pour toutes les Œuvres de tes Mains, à jamais.
Illumine nous, nous t’en supplions, de la vraie Science de la Maçonnerie ; Par la Douleur d’Adam, le premier homme créé ; Par le Sang d’Abel le Saint ; Par la Justice de Seth, en qui tu t’es complu, et par l’Alliance de Noé, dans le Bâtiment de qui il t’a plu de sauver la Semence de tes biens- aimés, ne nous compte pas au nombre de ceux qui méconnaissent tes Commandements et les divins Mystères de la secrète Cabale.
Mais accorde, nous t’en supplions, à Celui qui dirige cette Loge, d’être revêtu de Science et de Sagesse, afin de nous instruire et nous expliquer ses Mystères secrets, comme notre Saint Frère Moïse fit (en sa Loge) à Aaron, à Eleazar et Ithamar (les fils d’Aaron) et aux soixante dix Anciens d’Israël.
Et accorde nous de comprendre, apprendre et observer tous les Commandements et Décrets du Seigneur et conserver son saint Mystère pur et sans tache jusqu’à la fin de notre vie. Amen Seigneur. »
Tandis que la page de garde d’Ahiman Rezon mentionne Loges Juives et Chrétiennes, l’intitulé se limite à la première catégorie. Or, en Franc- Maçonnerie, il n’y a jamais eu de loges juives. Ceci peut signifier qu’une loge comprenant un nombre significatif de Frères israélites peut préciser, dans ses statuts, que les menus, lors des agapes, doivent être en accord avec la diététique juive et qu’il ne doit pas y avoir de tenues lors des fêtes religieuses. D’ailleurs, le nombre total de Juifs Francs- Maçons, pendant cette partie du 18ème siècle, resta insignifiant. En 1759, trois ans après la publication d’Ahiman Rezon, la Lebeck’s Head Lodge n°246 constitua un atelier à majorité israélite. Mais, il est difficilement concevable que DERMOTT ait anticipé de telles loges quand il rédigea son livre. Peut- être avait-il en tête qu’un Frère de confession juive puisse, lors de l’ouverture des travaux, se dire à lui- même cette forme de prière suivant la première obligation des Constitutions de 1723 : ... en laissant à chacun d’eux son opinion particulière .... Cela aurait, dans ce cas, témoigné d’une forme de coexistence entre des Frères de différentes confessions.
DERMOTT, dans une note infra- paginale à cette prière, renvoie, pour une explication plus détaillée, à la préface de la Mishna, un important livre juif de référence recensant tout le corpus de la loi orale en opposition avec les textes écrits de l’Ancien Testament.
L. GINZBERG, dans son livre Les Légendes des Juifs (1909, tome III, p. 142), recense tous les souvenirs des personnages bibliques recueillis par leurs successeurs et qui sont mentionnés dans la note infra- paginale de DERMOTT.
Le mot hébreu pour la prise en compte de cette tradition est Kabbale, terme désignat les enseignements ésotériques ou mystiques du Judaïsme médiéval. Il y eut une Kabbale chrétienne au Moye- Age exprimant les tentatives d’érudits chrétiens pour expliquer le Christianisme en s’inspirant des techniques Kabbalistiques.
MACKEY, dans son Encyclopédie de la Franc- Maçonnerie, la définit ainsi : doctrine philosophique reçue des Anciens ou interprétation mystique de l’Ecriture, comprenant les vérités les plus profondes sur la religion.
On retrouve également à la page 146 de l’œuvre de GINZBERG le Midrash (ou légende) cité par DERMOTT. Ce dernier assimile à une cérémonie maçonnique la transmission par Moïse de la tradition orale à Aaron, à ses fils et aux Anciens, ajoutant même, entre parenthèses, dans sa loge. De plus, il qualifie de la même épithète notre saint frère Moïse et Abel.
Dans le même tome de GINZBERG, page 481, un trouve un autre Midrash considérant Moïse comme Homme de Dieu, sous- entendant une sainteté particulière, comme l’indique d’ailleurs le sous- titre du psaume 90 : Prière de Moïse, homme de Dieu.
Enfin, cette prière, qui ne figure pas dans la liturgie hébraïque, est certainement le résultat d’une compilation réalisée par DERMOTT.

Seconde prière. Prière en usage parmi les Maçons Chrétiens primitifs
 « Que la Puissance du Père des Cieux et la Sagesse de son Fils glorieux, par la Grâce et la Bonté du Saint- Esprit, étant trois Personnes en un seul Dieu, soient avec nous à notre Commencement et nous donnant la Grâce de nous gouverner dans notre vie de telle sorte que nous puissions parvenir à sa Béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »
Cette prière destinée à accompagner l’ouverture des travaux soulève une question. Pourquoi DERMOTT utilise le terme de Chrétiens primitifs.
On peut mentionner qu’ANDERSON qualifiait ainsi les Catholiques romains, avant la Bulle d’Excommunication de 1738.
Le texte de DERMOTT est identique à la prière sise dans le Grand Lodge MS n°1 de 1583.

Troisième prière. Prière plus spécifiquement réservée à la Réception et à l’Ouverture

 « Très saint et glorieux Seigneur Dieu, Toi, Grand Architecte du Ciel et de la Terre, qui est le Donateur de tous Dons et de toutes Grâces, et qui a promis que là où deux et trois seraient réunis en Ton Nom, tu seras au milieu d’eux ; en Ton Nom nous nous assemblons et nous nous réunissons te suppliant humblement de nous bénir dabs toutes nos Entreprises, afin que nous puissions te connaître et te servir justement, et que toutes nos Actions servent à ta Gloire et au Salut de nos Ames.
Et nous te supplions, O Seigneur Dieu, de bénir notre présente Entreprise, et accorde à notre nouveau Frère de dédier sa vie à ton Service, qu’il soit un vrai et fidèle Frère parmi nous. Revêts- le de la divine Sagesse afin qu’il puisse au moyen des secrets de la Franc- Maçonnerie, être capable de découvrir les Mystères de la Piété et du Christianisme. Nous t’en supplions humblement, au Nom et pour l’Amour de notre Seigneur et Sauveur JESUS CHRIST. Amen. »
C’est également une prière pour Chrétiens et elle comprend une citation de l’Evangile de Saint Mathieu (18/20 : ... que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux, qui s’avère bien appropriée pour une cérémonie d’ouverture. Le second paragraphe n’est qu’un reflet du rituel du premier degré actuel, à l’exception de la dernière phrase d’inspiration chrétienne.

Quatrième prière. AHABATH OLAM (Prière reprise dans la Loge de l’Arc Royal à Jérusalem)
 « Tu nous a aimés, O Seigneur notre Dieu, avec un Amour éternel ; tu nous a ménagés avec une grande et extrême Patience, notre Père et notre Roi pour l’amour de ton grand NOM et pour l’amour de notre Père qui a confiance en toi, auquel nous devons d’enseigner les Règles de la Vie, afin qu’ils suivent les Règles de ton bon Plaisir avec un Cœur Parfait.
Sois miséricordieux envers nous, O notre Père, Père miséricordieux qui montre la Miséricorde ; témoigne de la Miséricorde envers nous afin que nous puissions t’implorer, et mets de la Compréhension dans nos Cœurs, afin que nous puissions comprendre, être prudents, écouter, apprendre, enseigner, garder, faire et accomplir tous les Mots de la Doctrine de Ta Loi d’Amour, et éclaire nos Yeux sur tes Commandements et permets à nos Cœurs de trouver ta Loi et unis les dans l’Amour et la Crainte de ton NOM ; nous n’aurons jamais honte, ni ne confondrons, ni trébucherons jusqu’à la fin des siècles.
PARCE QUE nous avons confiance en ton SAINT, GRAND, PUISSANT et TERRIBLE NOM, nous nous réjouirons et nous serons heureux de ton Salut et de la Miséricorde, O Seigneur notre Dieu, et la Multitude de tes Miséricordes ne nous abandonnera jamais, Selah ; Et maintenant, Dépêche- toi et apporte nous une Bénédiction et la Paix des quatre Extrémités de la Terre, car tu es un Dieu qui travaille à notre Salut et nous a élus parmi les autres Peuples et autres Langues ; et toi, notre Roi tu nous a initiés à être fidèles à ton grand NOM, à te prier dans l’amour, à être unis à toi, et à aimer ton NOM : Bénis- nous, O Seigneur, qui a choisi ton Peuple Israël avec Amour. »
Dans une note infra-paginale, DERMOTT renvoie le lecteur aux commentaires du Docteur WOTTON sur la Mishna.
Ce qu’il a effectivement en tête lorsqu’il insère cette prière est la Maçonnerie de l’Arc Royal. Il poursuit avec cette explication : Ayant .... mentionné cette partie de la Maçonnerie communément dénommée « l’Arc Royal », que je crois fermement être la Racine, le Cœur et la Moelle de la Franc- Maçonnerie .... Pour DERMOTT, la référence de l’en- tête , Une Prière reprise dans la Loge de l’Arc Royal à Jérusalem, signifie probablement que cette prière pouvait être employée tant dans une Loge bleue que dans un Chapitre. L’expression Loge de l’Arc Royal s’explique certainement par le fait que nous sommes aux prémices de la Maçonnerie de l’Arche Royale et que les termes n’étaient pas définitivement fixés. L’expression A Jérusalem correspond très probablement à ce que les rituels actuels décrivent comme Le Grand et Saint Chapitre de l’Arc Royal de Jérusalem.
La notre infra- paginale de DERMOTT concernant « Ahabath Olam » renvoie aux commentaires sur la Mishna du Docteur WOTTON (et non WOOTON comme l’écrit DERMOT avec inexactitude).

William WOTTON (1666-1726)
On raconte qu’à l’âge de 13 ans, il maîtrisait déjà l’Hébreu, le Chaldéen, le Syriaque, l’Arabe, le Grec et le Latin. Après des études à Cambridge, il fut élu, en 1685, à l’âge seulement de 19 ans, Fellow du Collège Saint- Jean. Entré par la suite dans les Ordres, il obtint, en 1707, son Doctorat de Sciences Religieuses.
En tant qu’hébraïste, il se rattache à la tradition de l’époque Tudor quand l’apparition du Puritanisme et le fort développement des études sur l’Ancien Testament éveillèrent un grand intérêt pour l’apprentissage de l’Hébreu.
En 1718, il publia Miscellaneous Discourses to the Tradition and Usages of the Scribes and Pharisiens in our Blessed Saviour’s Jesus Chist’s time, comprenant des traductions et des commentaires sur certains des 523 chapitres de la Mishna.
Son ouvrage fut fréquemment mentionné dans des œuvres théologiques postérieures et était encore probablement d’actualité lorsque DERMOTT compila son Ahiman Rezon.
Si sa maîtrise de l’Hébreu est parfaite, ses commentaires sur la religion juive n’offrent pas toujours l’objectivité souhaitée et manquent également de précision. Ainsi, page 178, il fait du grand Rabbin SHAMMAI un adepte de la secte karaite alors qu’il combattit rigoureusement leurs idées.
La Mishna est un des plus importants ouvrages juifs, le catalogue de toute la loi orale fondée sur le Pentateuque. Son élaboration débuta à l’époque de la naissance du Christ et ne s’acheva que deux siècles plus tard.
« Ahabath Olam » est une des sept bénédictions citées par WOTTON, précédant et suivant la très importante prière de Sh’ma qui est l’objet particulier de sa recherche. La traduction, en Français, du premier vers de cette prière est Deutéronome (6/4-9) :
Ecoute, Israël : Yahvé notre Dieu est le seul Yahvé. Tu aimeras Yahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répèteras à tes fils, les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout ; tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau ; tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.
Elle est considérée comme la Profession de Foi d’Israël. C’est l’affirmation la plus claire possible du Monothéisme ; elle reconnaît la Paternité de Dieu et par conséquent la Fraternité de l’homme.
Cette dernière assertion se retrouve d’ailleurs dans le Lévitique (19/18) : Tu aimeras ton prochain comme toi- même.
Dans le Nouveau Testament, ces thèmes sont surtout présents dans Matthieu (22/34-38) :
Apprenant qu’il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent en groupe, et l’un d’eux lui demanda pour l’embarrasser : Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ........ Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi- même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux- là.
Les sept bénédictions se rapportent au Psaume 119/164 : Eloge de la Loi divine : Sept fois le jour je te loue pour tes justes jugements.
Les sept bénédictions citées par WOTTON ne sont pas seulement présentes dans la Mishna, mais devaient être très anciennes et très connues pour être répertoriées dans ce catalogue. Dans une note infra- paginale du premier tome de son ouvrage, page 186, il soutient qu’il les a trouvées dans un livre de prières juives se rattachant à la tradition sépharade, Seder Tephilloth, traduit en Répertoire des Prières, imprimé à Venise en 1544 et à Amsterdam en 1636. (Les Sépharades, regroupant les Juifs portugais et espagnols, constituaient une minorité à l’intérieur du Judaïsme anglais en opposition avec les Ashkénazes originaires d’Europe Centrale et Orientale).
La prière d’introduction de la Sh’ma est « Ahabath Olam ». C’est très vraisemblablement pour cette raison, en plus de la richesse de son enseignement, qu’elle retint l’attention de DERMOTT. Il est d’ailleurs remarquable que les premiers et derniers mots hébreux de cette prière soient les mêmes, à savoir l’Amour.
Dans l’édition de Belfast de 1782, DERMOTT a modifié l’extrait suivant ... ton Saint, Grand, Puissant et Terrible Nom comme suit : Parce que nous avons confiance dans l’Esprit- Saint, Puissant et Terrible Nom, donnant ainsi à la prière une connotation chrétienne.

Conclusion
Le premier rituel maçonnique anglais avait une forte connotation chrétienne. Il avait probablement atteint sa maturité dès l’époque des loges de maçons opératifs. Les « Old Charges », qui étaient utilisés, débutaient par une invocation trinitaire et on trouve de nombreuses références chrétiennes dans les premiers catéchismes maçonniques.
La première Obligation d’ANDERSON formulée dans ses Constitutions de 1723 ouvre une voie aux non- Chrétiens rejoignant la Fraternité. Sa phrase (... des personnes qui auraient pu rester perpétuellement distantes) peut s’appliquer aux Chrétiens autres que les membres de l’Eglise établie, mais correspond en fait à ce que nous appelons aujourd’hui l’universalité. L’utilisation, par DERMOTT, de la prière « Ahabath Olam » et sa référence à une prière dite par les Maçons juifs portent le témoignage de cette universalité.
Un des meilleurs jugements sur la période s’étendant de 1717 à 1813 reste probablement celui du Frère William WAPLES, cité par John DASHWOOD dans Remarques sur les premiers procès- verbaux de la Grande Loge des Anciens (AQC 70, page 176).
.... adaptant un système établi de Maçonnerie vers des principes monothéistes. Son progrès fut d’abord prudent et lent, jusqu’à ce qu’enfin la reconnaissance d’un Dieu universel s’impose.

Publié par R. Raczynski

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:11

Délibération du Centre des Amis du 5 novembre 1913

   

O. de Paris, le 5 novembre 1913

  

Resp. Loge le Centre des Amis O. de Paris

  

Considérant :  

Que le GO de France a supprimé en 1913 de ses Rituels Rectifiés de 1778, les

Invocations d'ouverture et de fermeture ainsi que l'admirable Symbole du Grand

Architecte de l'Univers qui lui avaient été garantis par le Grand Orient lors du

réveil du Rite au GO (1910)

Considérant :

Que le Grand Orateur du Convent de septembre 1913 a déclaré que le

Symbole du Grand Architecte de l'Univers était contraire à l'art. 1 de la

Constitution et que cette prétention blesse la Foi maçonnique des membres de

la R.L. Le Centre des Amis.

Considérant :

Que le Convent de 1913 à refusé de donner suite aux réclamations de la Resp.

Loge le centre des Amis, qui demandait qu'on lui laisse ses anciens Rituels

justes et parfaits, ainsi que ses ouvertures, fermetures à l'invocation du

G.A.D.l'U.

Considérant :

Que le Convent a voté à la presque unanimité l'ordre du jour, marquant ainsi

son "oubli" des engagements pris vis à vis de la Resp. Loge le centre des Amis.

Cette Loge a décidé à l'unanimité :  

De quitter régulièrement le Grand Orient de France, de déléguer ses pouvoirs à

la nouvelle obédience régulière connue sous le nom de  

Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière

à charge pour elle de rétablir en France des Loges justes et parfaites aux 3

premiers degrés, Apprentis, Compagnons et Maîtres, dans l'axe de la Franc

Maçonnerie Universelle et reconnues comme telles par la Grande Loge

d'Angleterre, notre Mère à tous.  

La Loge Le Centre des Amis prête serment d'obéissance et de fidélité à la

nouvelle Obédience Régulière.

  

Paris 5 nov. 1913

Par Mandement de la R.L. et par Ordre

Le Centre des Amis.

Dr E. de Ribaucourt, V.  

Dr G. Bastard, Secr.   Paul Pottier, Or.  

M. Macaigne 

Discours d'Édouard de Ribaucourt au convent de 1913

  

« R.M., mes FF., ce n'est pas sans émotion et découragement que je prends la parole aujourd'hui à cette tribune. Les nombreux amis que j'ai au Conseil de l'Ordre m'ont dissuadé de porter notre différend devant cette assemblée en me disant que le Convent ne comprendrait pas et ne pourrait comprendre les choses que je vous exposerais.

A cela j'ai protesté énergiquement et j'ai répondu que, le Convent étant souverain, il était la seule autorité à laquelle il nous était possible de recourir légalement…


Je suis chargé par la R.L. Le Centre des Amis, du Rite rectifié, de porter officiellement à votre connaissance les faits suivants :

Lorsqu'en 1910, nous avons quitté l'obédience de Genève, nous nous sommes constitués en Loge Régulière du GO de France, en nous conformant aux articles 239 et 242 du Règlement général qui nous permettait l'exercice de rites anciennement pratiqués en France. Il y eut des engagements préalables pris par les deux plus hautes autorités du GO, je veux parler de notre distingué F. Bouley, alors président du Conseil de l'Ordre, et notre regretté F. Blatin, alors Grand Commandeur du Grand Collège des Rites.

En effet, au cours des pourparlers préliminaires, notre F. Bouley nous assura devant témoins, je veux parler de notre F.B…. qu'on ne toucherait pas à notre rituel et que l'ouverture "A la Gl. du G.A. de l'U." serait respectée. Notre F. Blatin examina longtemps notre rituel et nous pria de remplacer une prière préliminaire par un prélude non dogmatique ; nous acceptâmes, et ce fut lui-même, de sa main et d'un jet, qui écrivit le splendide prélude qui fait la raison d'être de notre rite en France ; je vous en donnerai lecture dans un instant.

Pour justifier l'emploi de la formule du "G.A. de l'U." , il introduisit dans ce prélude une explication, très maçonnique qui ne pouvait laisser aucun doute de la signification non dogmatique de cette formule.

En résumé, les obligations de la nouvelle Loge librement consenties de part et d'autre furent les suivantes… (et Ribaucourt de lire les quatre points contenus dans son article de 1912 déjà cités).

Ce qui ressort clairement de ces lignes, c'est que la L. le Centre des Amis reconnaissait le Grand Orient comme son Grand Directoire et adoptait le Règlement général de l'Ordre comme le sien et qu'en échange le Grand Orient de France lui garantissait ses invocations d'ouverture et de fermeture.

J'appuie sur ce fait, car, s'il maintenait cette suppression, le Grand Orient de France pourrait s'apercevoir, un peu tard, qu'il aurait délié par le même fait la L. le Centre des Amis de son serment de fidélité. L'un ne va pas sans l'autre…Voici ce qui nous a été garanti par le F. Blatin… (de Ribaucourt lit ici les invocations écrites par Blatin, citées en note).Voilà, mes FF, l'admirable morceau que notre F. Blatin a bien voulu nous écrire d'un seul jet.


Et maintenant y a-t-il parmi vous des FF. qui aient assisté à nos travaux et qui aient été blessés par cette splendide ouverture qui a fait l'admiration de certains Grands Officiers de la Grande Loge d'Angleterre et de la Grande Loge Nationale d'Ecosse . Non. Depuis trois ans, nous nous sommes servis de notre exergue et de nos rituels aux trois degrés et, jamais chez nous, il n'y a eu de discussions regrettables. Nous avons travaillé modestement sans bruit, en limitant nos efforts à la reprise des relations maçonniques internationales, afin de servir la cause de la paix

universelle. Peu après le passage de notre Loge au Grand Orient, notre regretté ami et F. Blatin mourait. Nous étions alors privés de son appui éclairé, droit et consciencieux. Lui du moins n'aurait jamais permis que des engagements solennels ne soient pas tenus.


Je vais être obligé de vous parler de notre T.R.F. Bouley pour lequel j'éprouve une réelle affection.

Lors de la constitution de la Loge de Saint-André, à Paris, équivalent au 18° degré des autres rites, il omit dans les rituels l'ouverture "A.L.G.D.G.A.D.L.U.". Ce fait nous amena des ennuis avec nos sœurs Loges de l'étranger qui refusèrent alors d'échanger des garants d'amitié avec nous. C'est pourquoi, malgré le rituel imposé, le quatrième degré de Saint-André s'est constamment ouvert avec la formule du "G.A. de l'U." dénuée de tout dogmatisme. Ceci a un peu réparé les choses, et vous devez comprendre que je me refuserais à compromettre notre œuvre, si je devais me plier aux exigences d'un cléricalisme à rebours. Le symbole du "Grand Architecte de l'Univers" est le symbole de l'idéal de chacun de nous, quelles que soient nos convictions philosophiques. En juillet 1913, le Grand Orient nous a remis des rituels très beaux dans leur ensemble et nous en remercions notre F. Bouley ; mais les invocations d'ouverture et de fermeture, garantis par le F. Blatin, étaient supprimées, ainsi que la formule du "G.A. de l'U.".


Nos FF. de la L. Le centre des Amis, considérant que les engagements consentis de part et d'autre en 1911, sont actuellement méconnus ou oubliés, ont décidé de porter leur différend devant l'Assemblée générale, afin d'obtenir justice.

La L. Le Centre des Amis a confiance dans l'équité du Convent de 1913 et propose cet ordre du jour :

"Le Convent, considérant que la formule du "G.A. de l'U." (contenue dans l'ouverture et la fermeture des Rituels du Régime rectifié revus par le F. Grand Comm. Blatin en 1911) donne toute satisfaction par son prélude au principe de la liberté de conscience exposé à l'article premier du Règlement général du G.O.D.F. , confirme spécialement aux Loges du régime rectifié le droit de se servir desdits rituels contenant la formule en question".

Mes FF. comment et pourquoi refuseriez-vous à notre rite, qui a toujours servi fidèlement le Grand Orient dès son origine, l'exercice de sa formule de principes garantie en 1776, 1781, 1804, 1811 et 1911, alors que vous couvrez d'une confiante amitié le rite écossais ancien et accepté de la rue Puteaux, qui, lui, use en France de cette formule et en abuse à l'étranger à votre détriment . Après nous avoir réveillés au Grand Orient, mes FF., ne nous forcez pas à nous mettre en sommeil.

 

 

 

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 18:54
Source : Gould history of Freemasonry : Freemasonry in Portugal (extrait)

Thanks, however, to the care taken by Pierre Avedo in preserving the documents relating to the Inquisition, which he found in the national archives of the Torre do Tombo, which are reproduced or summarized in Gra"inha's Histoire, there is certain evidence that Freemasonry was in existence in Portugal in 1733, that it was introduced into the country by a Scotsman named Gordon and that there were two Lodges, one composed of Catholics and the other of Protestants.

The evidence given before the Inquisition by Hugo O'Kelly, who is described as " Grand Master " of the Lodge that met in the rue de Remolares, the Catholic Lodge, declares that Freemasonry had been introduced into Portugal by Gordon, that he (O'Kelly) had, in 1738, been a member of it for two years ; that the Lodge was known as the Royal House of Lusitanian Freemasons and was quite separate from the Protestant Lodge, of which he declared he knew nothing and had never visited; that the Catholic Lodge held their meetings on the first Wednesday of every month, that the subjects discussed were educational, economical and recreative. It was said that the Protestant Lodge had the smaller membership, but beyond this fact O'Kelly disclaimed any knowledge of its transactions.

O'Kelly was an Irish colonel and, among the other members of the Lodge of which he was the Master were Denis Hogan, a lieutenant in the Alcantara cavalry; Thomas French, a merchant; Captain Patrick Brown; James(Jacques?) O'Kelly, dancing instructor to the Royal Family; Michael O'Kelly, his brother, owner of a glass‑works ; Charles Caroll, a merchant; Sergeant‑Major Charles Mardel, a German engineer; and three Dominican monks Fathers Patrick O'Kellen (or Kinide), Tilan and Leynan.

The principal witness against the Freemasons before the Inquisition was a Dominican named Charles O'Kelly, a professor of theology at the College of Corpo Santo, who said that the proprietor of the restaurant where the Lodge was held was an Irishman named Rice ; that the Lodge was well attended; and that all the members appeared to be excellent Catholics, if judged by their regular attendance at the church of Corpo Santo.
The result of the inquiry was that the Inquisition abandoned its proceedings against the Catholic Lodge and devoted its attention to the Protestant Lodge.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 15:43


A la Mémoire de mon Frère et ancêtre, HUGUES O'KELLY, militaire irlandais de la première moitié du 18ème siècle, initié en Irlande en 1735 et Vénérable fondateur de la RL "Maison Royale des Franc-Maçons de la  Lusitanie" à l'Orient de Lisbonne en 1738.

A son frère MICHEL O'KELLY, initié en 1736 et membre de la même Loge.

A son cousin JACQUES (JAMES O'KELLY) premier Vénérable de la RL "Maison Royale des Franc-Maçons de la  Lusitanie" à l'Orient de Lisbonne.*

 

Aux maçons irlandais, les "irréguliers" du 18ème siècle, longtemps méprisés par les "Moderns" anglais.

A mon arrière grand-mère Alice O'KELLY qui m'a permis d'appartenir à cette glorieuse famille irlandaise.

A tous les Maçons, "réguliers" ou "irréguliers", meilleurs voeux pour cette nouvelle année.

Thomas Dalet
fondateur 268 ans après mon ancêtre de la RL Royal York à l'Orient de Rennes qui pratique le Rite York, issu de la maçonnerie irlandaise.


* source : Grande encyclopédie portugaise et brésilenne.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:33

Publié sur le blog de Montaleau

Bref rappel historique

En 1758, le Grand Maitre de la Grande Loge de France, le Comte de Clermont, va nommer Jacques Lacorne, Substitut Particulier du Grand Maitre.

Celui-ci, en cette qualité, va réunir en Grande Loge, cette multitude de Maitre de Loge.

Une partie de ces Maitres de Loge, n’accepteront pas l’autorité du Frère Lacorne, et en 1760, sous la Direction du Frère Martin Peny, vont provoquer une scission et donner naissance à une autre Grande Loge.

Le 19 Mai 1760, date de la mise en place de cette deuxième Grande Loge, le Vénérable Maitre Peny présenta en assemblée, de nouveaux Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maitres de Paris, dite de France.

Vingt trois Vénérables Maitres, dont Peny, signèrent les Statuts, et reconnurent l’autorité du Très Respectable Grand Maitre le Comte de Clermont.

Les vingt trois présents procédèrent à l’élection des neufs officiers prévus par les statuts.

Furent élus :

Peny : Président, Duret : Premier Surveillant, Villemsens : Second Surveillant, Robineau : Secrétaire et Expert, Guillot : Trésorier et Expert, Coconnier, Baillot, Servant et Ledin : Expert

Début 1762, le frère Lacorne décéda, ce fut alors, l’occasion pour les deux factions de participer aux différentes cérémonies funèbres organisées à la mémoire de cet Illustre Frère.

Elus pour deux ans les officiers furent renouvelés le 28 Mai 1762.

Six des anciens n’avaient pas été réélus ou continués : Pény, Villemsens, Robineau, Guillot, Baillot et Servant.

Le nouveau collège était composé comme suit :

Baquet : Président, Duret : Premier Surveillant, Léveillé : Second Surveillant, Perrault : Secrétaire Expert, Ledin : Trésorier Expert, Hardy, Lexcombart, Pradier et Guainard : Experts.

Suite à ces élections, Le Frère Pény, cessa de participer aux travaux ,permettant  ainsi, aux deux Grandes Loges de se rencontrer et enfin de fusionner en fin 1762, sous l’autorité du Substitut Général, nommé par le Grand Maitre, le Frère Chaillon de Joinville.

 

Statuts et Règlements de la Grande Loge des Maîtres de L'orient a Paris dite de France, présentés à l'assemblée générale des Maîtres par le V. F. Peny, Maitre  de la loge de Saint Martin le 19 mai mil sept cent soixante.

ARTICLE PREMIER

Les assemblées générales des maîtres seront et demeureront fixées à quatre par an, de trois mois en trois mois, tous les premiers lundis des mois de juin, septembre, décembre et mars. Lesquelles seront prévenu(e)s par des lettres écrites par le secrétaire, du consentement du Président et des officiers, lesquelles seront portées quatre jours avant par le F. Thuilleur, à qui il sera payé par chaque me 4S pour ses peines. Désigneront les jours, heures et lieux des assem¬blées, où tous les maîtres auront soin de se rendre, à moins qu'ils ne justifient par lettres écrites au secrétaire des causes qui les auraient empêchés de s'y rendre.

ART. 2

Il sera fait une 5e Assemblée à la Saint-Jean Baptiste où seront admis les premiers et seconds surveillants de chaque loge régulière, à qui il sera porté des lettres, comme il est dit à l'article 1er, où, étant tous les F. assemblés, le secrétaire fera l'appel, pour et par rang d'ancienneté placer les maîtres et les surveillants, en observant que les premiers surveillants seront placés au midy et les seconds au nord.

ART. 3

Les Maîtres seront distingués en trois classes. Savoir la classe des Anciens, celle des Modernes et celle des Jeunes. Ces derniers n'entreront dans celle des modernes qu'au bout de trois ans et les modernes dans celle des anciens qu'au bout de quatre ans, ce qui fera le nombre 7 pour entrer dans la classe des anciens.

ART. 4

Il sera tous les deux ans, à l'assemblée générale qui précédera celle de Saint-Jean, procédé à l'élection de 9 officiers pour régir, gouverner et connaître des affaires de la de loge lesquels officiers seront élus par scrutin, savoir : un président et deux surveillants dans la classe des anciens et 6 autres officiers experts dans le nombre et classe des Modernes et Jeunes sans distinction, dans lesquels six seront compris le secrétaire et le trésorier. Tous lesquels officiers seront et demeureront stables pendant deux années, à moins qu'aucuns d'eux ne commettent quelque faute grave qui leur fit mériter cassation, alors on serait obligé d'en nommer d'autres pour les remplacer.

ART. 5

Les 9 officiers dénommés en l'article précédent seront tenus de s'assembler tous les 1er lundis de chaque mois pour connaître des affaires qui seraient survenues pendant le courant de chaque mois pour par eux être examinées et rapportées les décisions qu'ils en auraient faites à la prochaine assemblée générale pour être confirmées ou tolérées selon qu'il conviendra.

ART. 6

Lors des assemblées générales les officiers se placeront savoir le président à l'orient accompagné des F. secrétaire et trésorier et des deux plus anciens experts et à l'occident seront les deux surveillants accompagnés des deux autres experts et ensuite chacun des maîtres prendront place par rang d'ancienneté depuis l'orient jusques à l'occident dans l'intervalle des officiers, observant que tous les officiers seront tenus de se décorer à toutes les assemblées générales pour être reconnus et distingués.

ART. 7

Tous les maîtres assemblés, le président ouvrira la loge par les cérémonies ordinaires en observant qu'il ne sera parlé ni agité aucune affaire que les trois premières santés d'obligation n'aient été portées, après quoi l'on procédera à la décision des affaires tant présentées que celles qui seront rapportées par les officiers pendant le cours des trois mois pendant lequel temps toutes affaires seront agitées par les experts ou autres mes chargés de les rapporter il ne sera fait aucune interruption par qui que ce soit ni agité autre chose sans permission après avoir demandé à parler avec la décence due à l'ordre; et dans l'intervalle des affaires seront portées les santés du président, des surveillants, des officiers, des maîtres absents et présents. Et pour dernière celle de tous les mes réguliers des Loges de France y joignant leurs officiers commendataires et la prospérité de leurs loges, observant que la santé du Président sera répondue par les surveillants et celle des survts par le F. secrétaire et trésorier.

ART. 8

Le Président et le secrétaire seront dépositaires de chacun un registre sur lesquels seront écrits les statuts et règlements et délibérations qui se feront tant aux assemblées générales qu'à celles des officiers, ensemble le nom des Maîtres, de leurs surveillants et le nom des loges et dates de leurs installations et constitutions. Le Trésorier tiendra pareillement un Registre sur lequel seront écrites les recettes et dépenses qu'il fera pour la compagnie et ne fera néanmoins aucune dépense sans y être autorisé par délibération desquelles recettes et dépenses il rendra compte lorsqu'il en sera requis par l'assemblée générale lesquels trois susdits registres seront remis tous les deux ans alternativement aux officiers en place.

ART. 9

Les anciens présidents surveillants et officiers experts seront mandés aux comités d'officiers en place pour donner leurs avis sur les affaires qui surviendront et auront les anciens officiers la préséance aux assemblées générales sur les autres maîtres pour les voix délibératives de chacun leur classe sans néanmoins passer d'une classe à une autre que le temps fixé par l'art. 3 ne soit expiré.

ART. 10

Il ne sera érigé en me de loge aucun F. qu'il ne soit d'un Etat libre honnête et son maître, c'est-à-dire aucun domestique tel qu'il puisse être ni autre sans qualité mais bien tous marchands maîtres ou bourgeois pourvus de charges ou d'un état distingué lorsqu'il en aura la capacité et que son zèle et sa volonté sera de se conformer au respect dû au R.G. Me et à l'art Royal ainsi qu'aux présents règlements et qu'il n'ait passé aux grades de premier ou second surveillants.

ART. 11

Aucun F. ne pourra être constitué sans qu'au préalable il n'ait été annoncé à l'ensemble des maîtres ou aux comités d'officiers où il sera par le président nommé trois maîtres par tour et rang de tableau pris un de chaque classe pour être présent et connaître de ses travaux et capacité. Lesquels maîtres dresseront procès-verbal de ce qui leur sera connu lequel sera rapporté par le plus ancien pour être par le président du consentement de l'assemblée ordonné la mise en place si le cas y échoit sans déroger à l'art. 10.

ART. 12

Il sera par reconnaissance et droits d'avènement à la maîtrise payé par les Mes futurs le jour de leur mise en place la somme de onze louis, savoir six livres au profit de la grande Loge es mains du Trésorier, trois louis pour l'expédition de la lettre en parchemin, et quarante sols au thuileur et sera de plus donné aux trois maîtres constituants doubles honoraires et aux secrétaire et trésorier ainsi qu'au présentateur du maître futur honoraires simples.

ART. 13

Il est défendu à tous les Maîtres de loges de donner les trois grades le même jour à moins qu'il ne se trouve un candidat obligé de partir pour la province. Alors s'il y en avait plusieurs ils profiteraient du même avantage le dit jour seulement.

Défendons de plus à tous maîtres de donner la maîtrise ni d'agréger aucuns F. d'autre loge régulière sans une permission par écrit des maîtres qui les auraient reçus aux deux premiers grades et d'où se retireraient les F. pour se faire agréger à d'autres loges.

Faisons pareillement défense à tous les mes de recevoir un candidat qui leur serait présenté par aucun F. de la loge régulière sans la permission du me de sa loge à peine d'interdiction d'un an de la grande loge ou d'amende arbitraire pour la première fois.

ART. 14

Défendons pareillement à tous maîtres officiers et membres de loge mandés ou non mandés de troubler directement ou indirectement aucun me de loge où ils se trouveraient encore qu'ils y aperçussent quelques vexations ou prévarication permettant aux mes seulement de faire leurs représentations et quant aux officiers et membres leur permettant de dresser procès-verbal en dehors de ce qu'ils auront vu de contraire à l'Ordre et de remettre au me de leur loge le procès-verbal requérant qu'il soit envoyé et communiqué à la Grande Loge pour y faire droit.

Défendons de plus à tous maîtres officiers et membres de loge régulière de donner la main, prêter leurs bijoux ornements ni leur science a aucune loge clandestine à peine d'amende arbitraire et d'interdiction pour les maîtres et d'exclusion pour tous autres frères si le cas y échoit.

ART. 15

Tous les Mes de loge ou autres frères qui recevront des lettres de province de quelque frère qui désirerait être constitué s'adresseront au président qui leur donnera le moyen convenable pour parvenir à leur obtention ensemble l'état des frais qu'il leur en coûtera tant pour droit d'avènement à la maîtrise expédition de lettres et droit de thuileur conformément à l'art. 12. Et seront de plus tenus les mes futurs de province de satisfaire par excédent aux frais des Assemblées extraordinaires pour signer leurs lettres dont le nombre sera fixé de douze mes, scavoir les neuf officiers et trois autres mes pris à tour de rôle dans les trois classes conformément à l'art. 3.

ART. 16

Il ne sera fait aucune constitution par aucun me de Loge soit ville, soit bourg de France sans qu'au préalable il n'en ait donné avis à la Grande Loge des Maîtres à qui il sera envoyé les noms et surnoms des maîtres futurs et des surveillants ensemble le nom de leur loge et les qualités des maîtres conformément à l'article 10 et satisferont pareillement aux droits portés par l'article 12 et faute de ce faire les maîtres qui auraient été constitués ne seront reconnus ni enregistrés comme faisant corps à la susd. Grande Loge.

ART. 17

Tous les maîtres réguliers qui n'auront pas de constitutions ou qui les auraient égarées seront tenus d'affirmer de leurs dates et jours qu'ils auront commencé à tenir leurs loges et de dénommer les maîtres qui les auront assistés et constitués afin d'être inscrits sur le registre suivant leur rang dans les classes où ils se trouveront suivant leurs dates.

ART. 18

Il est expressément défendu à tous maîtres qui se trouveront aux assemblées tant générales que particulières de rendre compte de ce qu'il se sera passé à aucun F. sinon à un me de loge qui n'aurait pu s'y trouver par des affaires indispensables ou autrement que ce ne fut des choses qui regardent toutes les loges pour le bien de l'ordre.

ART. 19

Ne pourront les Mes refuser des certificats aux F. qui en exigeront soit pour voyager ou pour se retirer dans une autre loge à moins qu'ils n'eussent fait quelques fautes assez graves pour leur en faire mériter le refus sauf aux dits frères de se pourvoir par Requête à la Grande Loge pour par elle être fait droit à ce qu'il appartiendra.

ART. 20

Tous Mes qui auront quelques plaintes à porter dresseront des mémoires qu'ils adresseront au secrétaire de la Grande Loge sous enveloppe, lequel après en avoir pris connaissance mandera par écrit les parties récusées à ce qu'elles aient à produire leurs moyens de défense en bref, pour par lui être rapporté au prochain comité d'officiers où il sera chargé des experts par le président pour s'instruire des affaires afin de les rapporter à la prochaine assemblée générale pour être à la pluralité des voix prononcé contre qui il appartiendra selon l'exigence des cas.

ART. 21

Il sera fait un cachet pour la Grand Loge lequel sera déposé et confié au secrétaire pour être apposé tant sur les lettres patentes des Maîtres réguliers que sur les certificats des F. de loges régulières et non à tous autres f. d'aucune loge clandestin»

Observant néanmoins que le secrétaire ne pourra opposer le dit cachet que du consentement du président et des officiers à peine d'exclusion il aura pareillement attention d'inscrire les noms des maîtres et autres frères sur son registre qui seront porteurs du cachet.

 **

« Aujourd’hui 19 mai 1760. Nous Mes de loges Régulières de l'Orient de Paris, composant la grand loge des maîtres régulièrement assemblés en la loge de Saint-Jean après avoir vu lu et examiné les présents statuts et règlements à nous présentés par le V. F. Peny, nous n'avons rien trouvé ni aperçu de contraire a l'ordre ni de préjudiciable au bien et au respect deus tant à N.R.G.M. qu'a l'art Royal, nous avons au contraire Reconnus et reconnaissons que les présents ne peuvent que maintenir a l'avenir la Paix et la Concorde, et éviter tous abus vexations et prévarications qui pourraient s'émouvoir tant dans les loges particulières que dans la présente Grande loge, Pourquoi nous avons présentement conclu et décidé concluons et décidons que les Présents Règlements seront et demeureront stables pour a l'avenir être suivis et exécutés en tout leur contenu sans déroger au respect dû à l'art Royal n'y a N.T.R.G.M.S.A.S. Monseigneur le Comte de Clermont à moins qu'il ne lui plaise les corriger et augmenter si bon lui semble a quoi nous nous soumettons de nous conformer et avons signé les dts jour et an que dessus ».

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 17:05

Pierre Noël

La  Grande Maîtrise inexistante du comte de Clermont.

 

La première Grande Loge de France, qui n’a rien à voir  avec l’actuelle quoi qu’en disent certains, eut dès son avènement deux tares indélébiles dont elle ne put se débarrasser et qui furent cause de sa perte : la prééminence absolue de la capitale dont seuls les Maîtres de Loge constituaient l’assemblée de Grande Loge, la lutte entre Maçonnerie symbolique et organismes de hauts grades pour le contrôle de l’assemblée.

 

 1° Louis de Bourbon, comte de Clermont, Grand Maître de toutes les loges régulières de France

 

-          11 décembre 1743, élection du comte de Clermont comme « Grand Maître de toutes les loges régulières de France » (titre à lui accordé par les Statuts de 1745) par « douze maîtres » (Thory), vingt pour Naudon, contre Maurice de Saxe et le prince de Conti. L’omnipotence de fait des loges de Paris posait déjà problème ! 

Que sait-on du comte de Clermont ?

Qu’il est né le 15 juin 1709, à Versailles, qu’il fut porté sur les fonds baptismaux le 15 novembre 1717 par Louis XV en personne, qu’il fut tonsuré le même jour et nommé abbé de l’Abbaye de Bec-Hellouin, avant  d’en recevoir d’autres et d’être enfin désigné abbé de Saint-Germain en 1737, ce qui ne l’empêcha ni de manifester précocement son goût pour les lettres  ni d’accumuler les aventures féminines.

Autorisé par dispense pontificale à porter les armes, Louis guerroya en Allemagne et devint Maréchal de Camp puis Lieutenant-Général.  C’est donc ce Grand Seigneur, Prince du Sang et amant d’une Mlle Leduc de grande beauté, résidant au château de Berny[1] depuis 1738, que les Francs-Maçons parisiens élirent à la Grande Maîtrise le jour de la Saint-Jean  d’hiver 1743 en remplacement de son petit-neveu décédé prématurément, le duc d’Antin. Il le restera vingt-huit ans.

A peine élu, le GM aurait désiré réformer l’ordre, en 1744 (dit Naudon !), seule tâche qu’il pouvait envisager, un commandement lui étant refusé (témoignage d’un secrétaire du lieutenant de police, Morabin, le 15 mars 1744). Il obtint cependant son commandement et durant les trois années suivantes se couvrit de gloire à Furnes, Ypres, Menin, Namur et Rocour.

Ayant quitté l’armée,  il se retira dans son château de Berny avec Mlle Leduc et s’y consacra à l’art, au théâtre …. En 1754, il fut élu à l’académie française.

Cela ne l’empêcha pas de rejoindre, en 1758, l’armée empêtrée dans la guerre de sept ans, et là, ce fut le désastre, Minden puis Crefeld où il fut vaincu (23 juin 1758) par une armée allemande inférieure en nombre,  commandée par le duc Ferdinand de Brunswick, futur Grand Maître de la Stricte Observance. Désavoué, relégué à Berny, moqué, chansonné, Clermont épousa Mlle Leduc et vécut dans l’isolement d’une vieillesse relativement désargentée. Il connut enfin la disgrâce  royale, ayant pris fait et cause pour la révolte du Parlement.

Il décéda le 16 juin 1771.

Ce Grand Seigneur s’est-il intéressé à l’ordre dont il était le Grand Maître nominal ?

On ignore où il fut initié. On sait qu’il ne mit pas les pieds en Grande Loge et la laissa se déchirer.

Le seul indice de son intérêt sont quatre lettres, publiées par A.Cordier (Histoire de l’Ordre maçonnique en Belgique, 1854), témoignant d’un souci de Clermont pour la maçonnerie.

Adressées au marquis de Gages, elles  datent du 1er j. du 6° M 1766 (1er août 1766), du 1er J. du 8° M 1766 (1er octobre 1766), du 6° J. du 1e M 1766  (6 mars 1766) et du  1er J . du 12° M 1766 (1er février 1767). 

Dans la lettre du 6 mars, il affirme être Rose-Croix, tout comme le marquis, et nous apprend qu’il a toujours limité le don de ce grade, « sa nation étant par trop inconstante ». Dans celle du 1er février, il parle d’un ouvrage à venir révélant tout le Sublime de la maçonnerie en 15 grades.  C’est bien peu.

Sous  sa GM, le nombre de loges alla croissant pourtant, de 20 en 1743 à plusieurs centaines à sa mort, ce qui ne signifie pas qu’il prit part à cette croissance ni s’en préoccupa.

Eut-il une loge privée où il cultivait les hauts-grades ? Sa signature au bas des statuts de la RL St-Jean de Jérusalem le rend possible. De même la délibération du 21 septembre 1766 du Conseil des Chevaliers d’Orient condamnant le grade de Kadosch pourrait avoir eu son aval,  du moins d’après Naudon[2].   

La seule trace de son élection est dans l’article IX des règlements généraux du 11 décembre 1743 :

C’est pourquoi après que le Grand Maître sera installé on requerra solennellement l’avis des Frères ; c’est ainsi qu’on en a usé à l’égard des présens règlemens qui ont été proposés par la Grande Loge tenue le 11 Xbre 1743

 

-          Reglemens généraux extraits des anciens registres des loges à l’usage de celles de France avec les changemens faits à la grande loge assemblée tenüe le onzième décembre 1743 pour servir de Règles à toutes les loges du dit royaume.

-          Règlements en 20 articles qui indiquent aussi l’apparition des Ecossais ! A l’article 20. Ce sont les Statuts d’une Grande Loge opposée aux grades supérieurs.

                                                                                              

Ces statuts nous paraissent étonnement précis[3], quasi prêts à l’emploi.

La grande loge est composée des maîtres et surveillants de toutes les loges particulières. Elle se réunit en  communication de quartier déterminée par le Grand Maître. Celui-ci a à sa gauche son Député et en face de lui ses Grands Surveillants. Ne sont régulières que les loges érigées  par la GL. Les affaires en GL se règlent à la pluralité des voies.

Ne portent les bijoux en or suspendus à un collier bleu que le GM, son Député, les GS, les anciens GS, le Secrétaire et le Trésorier. (art. 1)

Les listes des membres de chaque loge doivent être communiqués à la GL. Le Grand Secrétaire porte deux plumes en sautoir et le trésorier une  clef d’or  (art. 2)  

Les grands officiers ne peuvent être officiers d’une loge privée (art. 6). Le GM ou son Député ou ses GS visiteront une fois l’an toutes les loges de la ville et des environs (art. 8).

Chaque (assemblée de) Grande Loge peut faire des règlements (art. 9).Chaque loge particulière peut faire des lois particulières (art.12). Aucun frère/profane ne peut être admis sans le consentement unanime des frères (art. 15) et seulement 15 jours après être annoncé  (art. 14)

Aucune loge n’est régulière si elle n’est fondée avec la permission du Grand Maître et aucun maçon n’est régulier s’il n’est membre d’une loge régulière (art. 16).

 

Enfin l’art 20 condamne les « Ecossois » :

 

Comme on apprend que depuis peu quelques frères s’annoncent sous le nom de Maîtres Ecossois et  forment dans les loges  particulières des prétentions et exigent des prérogatives dont on ne trouve aucune trace   dans les anciennes archives et coutumes des loges répandues sur la surface de la terre ; la GL a déterminé affin de conserver l’union et la bonne harmonie qui doit régner entre les FM qu’à  moins que ces maîtres Ecossois ne soyent officiers de la GL, ou de quelque Loge particulière, ils ne seront considérés  par les frères que comme les autres apprentifs et compagnons, dont ils doivent porter l’habillement sans aucune marque de distinction quelconque.  

Ces statuts sont signés par La Cour D.G.M.

 

-          27 décembre : installation  de Clermont (Thory. Etait-il présent ?)

-          1744 : Pouvoir confié aux « Députés », Christophe Jean Baur[4] puis de Mussel. Vu leur inactivité, les M de L délivrent des lettres de Constitution. Transformation du vénéralat annuel en une possession vénale.

-          8  juin 1745 : perquisition à l’hôtel de Soissons, rue des deux écus. C’est la dernière marque d’opposition du pouvoir, « la dernière profanation du temple », écrit Chevallier, avant 1940. Clermont joua-t-il un rôle dans cet arrêt des poursuites ? Aucune preuve.

 

2° Les partis en présence.


-          24 juin  1745 : Statuts dressés par la RL St Jean de Jérusalem dressés par notre N. t.e.f . Louis de Bourbon-Grand Maître de toutes les  L. Régulières de France en 48 articles.

 

Comme on va le voir, ces statuts sont très différents de ceux de 1743. Ils s’adressent cette fois à une loge de hauts-grades. Il n’y est pas question d’organisation d’une obédience quelconque.

  

Article XXXX : les maîtres ordinaires s’assemblent avec les maîtres les parfaits et irlandais trois mois après la St Jean, les maîtres Elus six mois après, les  Ecossais  neuf mois après, et ceux pourvus de grades supérieurs quand ils le jugeront apropos

C’est probablement la première vraie hiérarchie de hauts-grades connue : Parfait, Irlandais, Elu, Ecossais[5].

 

-          En 1750 existe à Paris un Conseil de Chevaliers d’Orient. Il faut pour y parvenir être Parfait (c’est à dire Ecossais) et être passé par les neuf degrés de la maçonnerie. (lettre de De Boulard à ses  frères de Bordeaux). Cette lettre nous éclaire sur deux conceptions opposées de l’Ecossisme  (l’une étant « l’ancienne maîtrise » axée sur l’Ancien Testament à Bordeaux, l’autre chrétienne à Paris).  De  lui, descendrait une Grande Loge  de Grands Maîtres Ecossais  dont De Valois est responsable en 1748.

 

-          Statuts dressés par la RL loge St Jean de Jérusalem de l’orient de Paris gouverné s parle très  haut et très puissant seigneur Louis de Bourbon, comte de Clermont, Prince du Sang, Grand Maître de toutes les Loges Régulières de France , pour servir de Règlemens à toutes les loges du royaume. Le  4 juillet 1755, signé sur l’original par le comte de Clermont. 48 articles. C’est là aussi une loge écossaise ! Le GM jouait donc sur les deux tableaux.

 

-          1758 : création du Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, Grande et Souveraine Loge de Saint Jean de Jérusalem, par Pirlet, liégeois d’origine et tailleur d’habits de son état.

 

-          1760 Lacorne, maître à danser, se ( ?) donne le titre de Substitut particulier et réunit des M de L en « Grand Orient »,  donc une GL personnelle.  Une deuxième Grande Loge se forme, composée de gens « de bas étage » (Pény)

-          Mort de Lacorne au printemps 1762. Service funèbre le 5  avril 1762.

-          24 juin 1762. Après  sa mort, les deux « Grands Orients » Lacorne et Pény se réunissent en une Grande Loge de France, composée des seuls M de L parisiens, sous la direction de Augustin Jean François Chaillon de Jonville[6] (1733-1807), grâce aux soins de Le Boucher de Lenoncourt[7]. Le nom de Chaillon apparaît comme « Substitut du GM » le  6 septembre 1762 dans le Registre de la GL.

-          22 juillet 1762 : création du Conseil de Chevaliers d’Orient, d’après Thory

-          14 décembre 1762 : sept commissaires sont désignés pour effectuer la fusion des deux Grandes Loges. ils établissent des règlements acceptés par les LL de province[8].

-          Sont nommés Grands Officiers de la GL de France, Moët, président ; Le Roy, secrétaire général ; Brest de La Chaussée[9], garde des sceaux ; plus tard, Zambault devient secrétaire général.

-          Le F. de Valois, garde des archives de l’ancien conseil des Chevaliers d’orient (dont étaient membres Moët, Le  Roy, la Chaussée et Le Boucher de Lenoncourt) annonce qu’il ne se réunit plus. 

-          La GL ne pratique que trois premiers degrés tandis que « Le Conseil des empereurs d’Orient et d’Occident, Sublime mère Loge  Ecossaise »[10] (SMLE), organisme de hauts-grades, ne prend jusque là aucune part aux opérations de la GL.

-          Deux groupes en présence, Conseil des Chev d’Orient[11] et Sublime Mère Loge Ecossaise, qui vont se disputer le contrôle de la Grande Loge.

 

Les personnalités appartenant à ces deux organismes semblent indiquer la différence sociologique entre elles, le Conseil des Chevaliers d’Orient était plus aristocratique (Moët, la Chaussée, Chaillon …), le Conseil des Empereurs nettement plébéien (Pirlet, Pény, …).

 

3°  Les élections de 1765.

 

-          En 1763 et 64, La  Chaussée ne se présente que rarement en GL. Il se contente de signer les documents.

-          En janvier 1764 (le 22), la GL reconnaît l’autorité de la SMLE pour les grades supérieurs à l’occasion d’une querelle  de prééminence survenue à Lyon.

-          La SMLE s’en sert contre la Mère Loge  Ecossaise du Contrat Social, issue de Saint Lazare.

-          GL dirigée par triumvirat Moët, Le Roy, La Chaussée, du Conseil des Chev. d’Orient, instruits par Morin ( ?).

-          27 décembre 1765. Elections et remplacement des offices pourvus depuis 1762.  Elections manipulées par le triumvirat qui se réserve les places éminentes. Distribution de bulletins préinscrits  …. Le Boucher propose d’attribuer d’office les fonctions à des grands seigneurs, les Comte de Choiseul, marquis de Seignelay, prince de Nassau et le duc de la  Trémoille. Proposés dans un conventicule chez Zambault, ils furent nommés aux élections malgré l’opposition de Moët, président de la GL et Chef  du conseil des Chev.  d’orient. Ces grands seigneurs refusent l’élection et sont remplacés par des Chev.  d’orient.

-          Révolte des mécontents devant cette mise en main. Propos injurieux rapportés par Zambault dès février1766.

 

4° Protestation contre les élections de 1765.

 

-          21 mars 1766 : Communication de quartier. Protestation contre les  élections signées de 18 M de L. Moët refuse de la lire car « injurieuse ». (49 présents en GL dont Labady et Pirlet). Election de deux SS et de plusieurs experts.

 

o        5 avril 1766 : lecture d’un mémoire « scandaleux » dirigé par les Chev. d’Orient contre les protestataires (en fait réponse au libelle) et lecture par Moët  du libelle des protestataires. 21 présents  dont Tschoudy et Labady. Neuf des 18 signataires de la protestation sont exclus de « toutes les loges », Perrault, Pény, Hardy, Guillot, Daubertin, Ponsard,  Maurin, Pethe & Lacan (Daubertin et Lacan n’avaient pas signé le libelle). Cette condamnation fut votée par Moët, Le Roy (orateur), la Chaussée, Ledin (trésorier), Zambault (secrétaire) (impliqués dans le libelle) ; Martin, Thierrat, le Lorrain, Lafin et Joubert de la Bourdinière (tous Chev  d’Orient et officiers) ; Baquet, Guainard, Lettre et Labady (officiers) ; Magnier et Tschoudy[12], membres.

 

-          Entre le 5 avril et le 14  mai, sept FF se rétractent, ne restent que onze  exclus. Les décrets de prescription sont envoyés en province par Zambault..

 

5° Le rôle de François Le Boucher de Lenoncourt.

 

-          Signataire du libelle, se rétracte dès le 5 avril 1766.

-          3 juin 1766 : Les Chev. d’Orient proposent la proscription de Boucher.

-          17 juillet 1766 :  on n’en parle plus !

 

 

Mais la Chaussée aurait obtenu la suspension des travaux de la GL en 1767, d’après Le Précis ! Or, le Boucher  de Lenoncourt est accusé par la Chaussée, dans son mémoire, d’avoir obtenu, en février 1767,  du gouvernement la cessation d’activités de la GL.

 

 

Donc deux affirmations opposées ! Difficile de faire la part des choses.

Quoi qu’il en soit, la Chaussée profitera de la suspension pour déclarer faussement que le Boucher est exclu de la GL. L’hostilité à Le Boucher semble provenir d’éléments privés et  de sous-entendus malveillants.

 

6° La suppression des Mères-Loges de province le 14 août 1766.

 

Le 3 juin 1765, la GL avait créé des Mères-loges à Strasbourg et Lyon mais, suite  à des plaintes nombreuses, les supprima par décret le 14 août 1766.

Le décret était rédigé par les chev. d’Orient et portait les sceaux et timbres de la GL et du Conseil des chev  d’Orient !

 

7° Proposition d’union de la GL et de la S.M.L.E.

 

La SMLE avait pris le titre de Souverain Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, Sublime Mère Loge Ecossaise du Grand Globe  de France. Son  président était Pirlet 

 

-          2 octobre 1766 : Gaillard, orateur de la SMLE, proposa  de confondre les deux autorités[13], GL et SMLE[14]. Mais Moët s’y opposa de façon assez théâtrale et obtint gain de cause. L’affaire  fut remise à la  prochaine assemblée. Mais Gaillard fit imprimer son discours et le distribua aux M de L qui devaient voter.. 

-          16 octobre, une cabale se monte contre Vincent Labady, accusé d’être le promoteur de ce projet d’union. Jean-Lazare de Salla, trésorier peu honnête de la loge de Labady, membre  des chev. d’Orient, écrivit un mémoire infamant sur Labady et demanda à être entendu par la GL. Labady demanda que Moët et Le Roy, ses ennemis, fussent commissaires. Ils s’adjoignent Guainard, secrétaire général de la SMLE.

-          Un familier des Chev. d’Orient, Thierriat, porta plainte contre Gaillard pour la distribution de son mémoire mais elle n’eut pas de suite mais elle fut actée, ce qui était déjà une victoire pour les chev. Les VM présents refusèrent de signer le registre qui ne fut signé que par Zambault, La Chaussée  et Joubert de la Bourdinière.

-          Entre le 16 octobre et le 15 novembre, Moët et Le Roy tentèrent une médiation entre Labady et son accusateur, médiation que Labady refusa. Moët[15], furieux, annonça que cette affaire ne serait pas « jugée par des maçons ».

-          Labady est arrêté le 1er décembre et exilé à Blois le 28 du même mois. Ordre de Moët  ou du gouvernement ?

 

8° Emprisonnement de Labady au  For-L’Evêque.

 

-          1er décembre 1766. Arrestation de Labady et confiscation de ses papiers maçonniques. C’est Salla qui indiqua l’habitation de Labady.

-          Mis  au secret jusqu’au 16 décembre puis interrogé par le commissaire  Durocher. On lui demande de trier les papiers relatifs à la SMLE et d’ouvrir un paquet cacheté indiqué par Salla. Puis Durocher se fait reconnaître comme F. (de Toulouse) et propose à Labady de porter plainte, lequel refuse. Il déclare que son arrestation est due aux changements qu’il  voulait faire dans l’ordre pour son bien  et son honneur. Tout est ouvert  et, en fin , 33 pièces , Statuts, lettres, missives et discours sont cotées et signées par Labady, toutes ayant trait  aux changements projetés. Elles sont remises au lieutenant de police.

-          Labady est remis au secret jusqu’au 28 décembre, relégué à Blois (mais y alla-t-il ?) et libéré  le 11 janvier 1767.

-          Il assiste aux funérailles du F. Zambault, décédé le 21 janvier 1767, et est présent en GL le 4 février.

 

9° Assemblée du 4 février 1767.

 

-          Moët démissionne de la présidence, on se demande pourquoi.

-          Lors de l’assemblée, on enlève la présidence aux chev. d’Orient, Le Boucher devient 2° Grand Surveillant, Bacquet[16] devient président,  Bourgeois[17] devient secrétaire, Paris[18]  devient Premier Grand Surveillant.

 

La suspension des travaux suivit cette assemblée ! On n’échappe pas à l’impression que les Chevaliers d’orient ont obtenu cette suspension pour éviter leur défaite totale ! Or comme ils étaient plus proches du pouvoir… !

 

10° L’assemblée du 21 février  1767 et les « ordres du  gouvernement ».

 

Assemblé extraordinaire et non prévue par les statuts de 1763 !

Au préalable, outrés de voir leur échapper la présidence et le secrétariat, les Chev. d’Orient, par la voix du F. Ledin, apostrophent Labady et l’injurient en  GL pour sa détention récente. Labady porte plainte puis se désiste.

La suspension fut annoncée par une note  de La Chaussée :

 

Avons délibéré en vertu des ordres du Gouvernement qui nous ont été communiqués par kos  TCD de la Chaussée, Grand garde des Archives & Ledin, trésorier, que la TRGL de France suspendrait ses travaux jusqu’à des temps plus heureux

 

La Chaussée et Ledin ont-ils agi seuls ? La Chaussée exhiba des lettres de convocation émises par le magistrat de la capitale[19], ils persuadèrent les ff.  qu’ils avaient reçu des ordres précis  pour cesser les travaux maçonniques, ce que tous acceptèrent.

En fait, on n’a pas trouvé d’ordre écrit. Sartine a-t-il donné un ordre verbal ?

Ce n’est que trois ans plus tard, le 30 octobre 1769, que La Chaussée et le Roi envoient une circulaire annonçant cette suspension en ajoutant que cette suspension était due à un ordre du Substitut Général, Chaillon de Jonville.

A vrai dire, dans une lettre du même 30 octobre, La Chaussée dit que les travaux ont été suspendus pour des raisons indispensables et que c’est sur ordre de Jonville qu’il en a averti les ff., ce qui n’est pas la même chose.

 

11° Situation anarchique de la maçonnerie durant la suspension.

 

Les Chev. d’Orient ne veulent pas briser les sceaux que conserve La Chaussée. Il veut aussi le registre des délibérations mais celui-ci est confié au secrétaire.

La Chaussée prétend cependant qu’il recevait  toute la correspondance, étant le seul connu.

La suspension de la GL ne signifie pas la suppression de l’ordre. Les loges continuent à se réunir comme à l’ordinaire, reçoivent diplômes, Constitutions, brevets , grades …. signés par La Chaussée. Mais des FF présents à l’assemblée du 21 février et qui usurpent les fonctions de la GL, prétendant même qu’elle a repris des travaux.  Ce sont Pény, qui prétend avoir reçu ses pouvoirs de Jonville, Duret, l’Eveillé,  vice –présidents,  et Poupart[20], Secrétaire Général.

Le 8  octobre 1769, Jonville envoie une circulaire certifiant  que la GL n’avait pas repris ses travaux, qu’il n’avait donné aucun pouvoir à Pény, Duret, l’Eveillé et y joignit le nom des ff. bannis  en 1766 et qu’il avait fait choix de FF fidèles pour servir de dépositaires de confiance

C’était Moët, Le Roy, La Chaussée ! Les documents signés par eux étaient les seuls valables.

Jonville se déchargeait  de toute fonction et  donnait à la Chaussée le dépôt de la maçonnerie en France.

La Chaussée pouvait notamment  autoriser des FF à former une loge malgré la suspension  des travaux de la GL.

L’interdiction ne visait que la Grande Loge des Maîtres de Paris, dite de France , elle ne portait pas sur les corps rivaux !

 

Il y en eut quatre,

-          la GL elle-même faite des maîtres de loge,

-          la GL Pény, Duret, L’Eveillé ;

-          une autre menée par Pirlet, fondateur du Conseil des Empereurs (avec plusieurs des bannis de 1766);

-          enfin Jonville, La Chaussée, Moët, Le Roy qui étaient inactifs mais possédaient les sceaux, registres  et timbres.

 

 

12° Tentative de reprise des travaux.

 

En 1769, Pény et Duret demandèrent audience à Chaillon, raison pour laquelle  la Chaussée et le Roy établirent la circulaire du 30 octobre 1769 et donnèrent de la publicité aux décrets de 1766.  Cette audience visait à faire reconnaître  leur GL. Elle n’eut pas lieu.

C’est à cette époque que la Chaussée déclara exclus le Boucher, 2° Grand Surveillant de la GL, qu’il poursuivait de sa haine depuis 1766.

 

-          Labady, membre des empereurs, fait une tentative d’union lors d’une réunion de quelques FF désireux de reprendre les travaux, en 1770.

-          Quelques  FF demandent au lieutenant de police de lever l’interdiction. En vain.

-          Requête de 29 FF, dont certains des Empereurs, envoient une délégation à Chaillon : Bourgeois, Lafin, Martin et Graillard. Labady parmi les signataires.

-          20 mars 1770 : Poupart confesse avoir assisté à une assemblée  de FF exclus. Le même jour, les bannis de 1766  demandaient une révision de la peine.

-          Assemblée probable de la GL en février-mars 1770.

-          16 juin 1771 : décès du comte de Clermont.

-          21 juin 1771 : La GL de France reprend ses travaux.



[1] Château appartenant à l’Abbaye de Saint-Germain, situé dans la municipalité de Fresnes..

[2] Naudon ne donne aucune preuve de son affirmation.

[3] Deux lacunes cependant Il n’est pas écrit que seules sont représentées les loges de Paris et il n’est question nulle part d’un Maître des Cérémonies qui n’existait sans doute pas encore.

[4] Banquier, né à Genève, aurait prêté de l’argent à Mlle Leduc. Ce serait sous son mandat que la Grande Loge décida qu’elle ne pouvait être constituée que de VM de Paris ou de leurs représentants. Décédé en 1770.

[5] On reconnaît les actuels 5°, 6°,  9° et 14° degrés du REAA.

[6] Ancien avocat au Parlement de Paris, Doyen des Maîtres de Requêtes.

[7] Employé au service de santé de l’armée, vénérable de L’Ecossaise de La Vertu Militaire,  revêtu de tous les haut-grades. Lorrain, séjourne à Paris de 1765 à 1767.

[8] Ce sont ces statuts, adoptés en 1763, qui seraient, d’après Bernheim, à la base des Constitutions « de Bordeaux » de 1762.

[9] La Chaussée, ancien directeur de la Loterie, commis pour l’examen des comptes de la marine, secrétaire interprète de la Reine. 

[10] Créé en 1758 d’après Thory, présidé par Pirlet.

[11] Créé en 1765 d’après le  Précis..

[12] Tschoudy, décédé le 28 mai 1769 à  Paris, âgé de 40 ans.

[13] Cette union fut réalisée en 1772.

[14] Il proposa la création  de trois chambres, l’une pour le symbolique, l’autre pour l’écossisme, la troisième pour les grades supérieurs.

[15] Jean-Pierre Moët, Véné de la loge St Jean du Secret, était secrétaire du comte de Saint-Florentin, maçon depuis 1735  et Secrétaire d’Etat de la Maison du Roi en charge de Paris. Le lieutenant de police était sous ses ordres.

[16] Coutelier de son état,  véné de St Fidèle

[17] greffier au parlement, véné de Socrate  de la Parfaite Union et membre du Conseil des Empereurs.

[18] Véné de la Paix Immortelle et membre du Conseil des Empereurs

[19] le lieutenant de police, M. de Sartine.

[20] Pény, plumassier ; Duret, hôtelier ; Poupart, tabletier ; l’Eveillé, menuisier.

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 07:03
Pierre NOEL

Pendant plusieurs décennies, la «première» Grande Loge fondée à Londres en 1717 fit la loi en Angleterre. C'est à elle que l'on doit la tripartition des grades et l'introduction de la légende d'Hiram, véritables landmarks sans laquelle il ne peut y avoir de franc-maçonnerie. Ses rituels ne sont connus que par des divulgations, dont la plus essentielle reste le «Masonry dissected» de Samuel Prichard (1730). Lorsque la maçonnerie fut introduite en France, les premiers adeptes de ce qui devait devenir la Grande Loge de France en adoptèrent tout naturellement les usages avant de les adapter et de les développer selon leur sensibilité propre. Il en gardèrent l'essentiel, qui reste aujourd'hui la base même du Rite Français :

·                                 Les deux surveillants sont placés à l'ouest de la loge

·                                 Le ternaire Soleil-Lune-Vénérable sont les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie, représentées par les trois chandeliers d'angle placés autour du tableu de la loge.

·                                 La loge est supportée par trois colonnes (Sagesse-Force-Beauté)

·                                 Les « mots » J ... et B... sont ceux respectivement des 1er et 2ème grades

·    Au 3ème grade, « l'ancien mot de maître », Jéhovah, n'est pas « perdu » mais seulement remplacé par un mot de circonstance, M... B... La clef du grade est l'expérience mystique que connaît le néophyte lorsqu'il est couché dans la tombe qui porte le nom du Très-Haut.

En 1751 fut instituée, à Londres toujours, la « Très Ancienne et Honorable Fraternité des Maçons Francs et Accepté », dont les membres étaient pour la plupart d'origine irlandaise. Cette innovation vint rompre la belle unité britannique, d'autant que les Grandes Loges d'Irlande et d'Ecosse la reconnurent bientôt la jeune obédience comme seule régulière, car seule fidèle aux «anciens usages». De fait, leur bouillant Grand Secrétaire, Laurence Dermott, n'eut de cesse qu'il n'ait dénoncé les «déviations» de la première Grande Loge, leur reprochant pêle-mêle d'avoir simplifié et déchristianisé les rituels, omis les prières, inversé les mots sacrés des premier et deuxième grades, abandonné la cérémonie «secrète» d'installation d'un vénérable et, surtout, rejeté le grade de Royal Arch. Sans trop de vergogne, il qualifia de «Modern» les tenants de la plus ancienne Grande Loge, ce qui permit de nommer «Antient», ou Ancienne, sa toute récente obédience.


En 1760, une autre divulgation, les «Three Distinct Knocks... », révéla la teneur des rituels «anciens dont les différences essentielles avec le Rite moderne méritent d'être soulignées :

·    Le premier et le second surveillants ont chacun en main une colonne de 20 pouces, qui représentent les deux colonnes du Temple de Salomon.

·    Le second surveillant est placé au milieu de la colonne du midi, tandis que le premier surveillant se tient à l'ouest (ils sont en fait postés devant les portes du temple)).

·    Ils sont assistés par deux diacres, fonction d'origine irlandaise, l'un situé à la droite du vénérable, l'autre à la droite du premier surveillant.

·   Les chandeliers, toujours associés au ternaire soleil-lune-maître de la loge mais dénommés « petites lumières « (lesser Lights ), sont placés à la droite du vénérable et des surveillants.

·   La bible, l'équerre et le compas, placés sur l'autel devant le vénérable, sont appelés « Grandes Lumières de (ou plutôt « dans ») la Maçonnerie » .

·    Les mots sacrés sont B... au 1er grade et J... au 2ème.

·   L'ancien mot de maître est perdu par la mort d'Hiram car il faut être trois pour le prononcer (c'est la fameuse «règle de trois» déjà évoquée dans les premiers catéchismes britanniques). Salomon et le roi de Tyr ne peuvent donc plus le communiquer aux nouveaux maîtres qui doivent se contenter d'un mot de substitution.

La France, à l'époque, ne connut rien de ces développements et continua, comme par le passé, à ne pratiquer que le Rite moderne, embelli, augmenté, enrichi certes, mais fondamentalement identique à lui-même. L'écossisme que prônait Abraham n'était finalement rien d'autre, pour les grades bleus, qu'un avatar du Rite moderne de Prichard.

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 14:32

PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE LE GODF et le SUPREME GRAND CHAPITRE DE L'ANCIENNE MAÇONNERIE D'YORK ET DE l'ARC ROYAL du GODF

 

Vu les textes constitutifs du Grand Orient de France de 1773,

Vu le concordat unifiant le Rite Ancien au G\ O\ D\ F\ en 1804,

Vu les textes constituants le Chapitre de l'Arc Royal du Phénix du G\ O\ D\ F\ de 1817,

Vu les textes régissant le Grand Collège des Rites de 1816 à 1999 ;

 

Le Grand Orient de France conserve la propriété des Rites dont il est possesseur en vertu des traités passés avec les puissances maçonniques auxquelles ils appartenaient.

Le Grand Orient de France délègue au Suprême Grand Chapitre de l'Ancienne Maçonnerie d'York et de l'Arc Royal l'exercice exclusif de la Maçonnerie de la Marque et de l'Arc Royal. Le Grand Maître du G\ O\ D\ F\ est le garant du rite.

 

Le Suprême Grand Chapitre s'engage à maintenir le principe de la liberté de conscience et les traditions de la Maçonnerie de la Marque et de l'Arc Royal. Toute fonction en son sein est pourvue par l'élection et est limitée dans le temps. La justice interne à l'institution sera administrée par une chambre de justice indépendante composée de membres élus.

Le Suprême Grand Chapitre est autonome. Ses relations internationales seront établies en coordination avec le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France et soumises à son accord.

 

Il est institué entre les contractants une commission paritaire composée des trois principaux dignitaires des deux instances qui se réunira au moins une fois par an pour assurer le suivi des relations entre les parties.

 

Le Suprême Grand Chapitre de l'Ancienne Maçonnerie d'York et de l'Arc Royal s'engage à n'élever aux grades de la Marque et de l'Arc Royal que des membres actifs des loges du Grand Orient de France. Toutefois il aura aussi la faculté d'y recevoir des maçons étrangers résidant dans des pays où n'existent pas de Suprême Grand Chapitre en relations fraternelles avec lui sans qu'il soit nécessaire que ces frères soient membres actifs d'une loge du Grand Orient. Ces promotions ne pourront cependant être faites qu'après accord de la commission paritaire.

 

Paris, le 21 décembre 2001.

 

 

Le Premier Principal                                                                                  Le Grand Maître,

du Suprême Grand Chapitre de                                                              Président du Conseil de l'Ordre

l'Ancienne Maçonnerie d'York et de l'Arc Royal                 du Grand Orient de France

P….. M……                                                                                                   Alain BAUER

 

 

Ratifié par le Convent du G\O\D\F\, le 6 Septembre 2002.

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