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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:21

 

Avant d'étudier la cause ou le motif de la création première de la Maçonnerie, il est nécessaire de montrer dans une certaine mesure la vertu du secret, et avec quel soin il faut conserver ce dernier.

L'une des principales qualités qui fait la sagesse d'un homme est sa force ou sa capacité à conserver et cacher intelligemment les secrets honnêtes qu'on lui confie, de même que ses propres affaires. Quiconque lit l'histoire sacrée et profane y verra un grand nombre de tentatives avouables (en temps de paix et de guerre) qui n'aboutirent jamais au but recherché, mais qui furent brisées en miettes et défaites uniquement par manque de dissimulation et de secret; et. outre leur fin malheureuse, des maux infinis s'en sont suivis. Mais avant tout autre exemple, considérons ce qui excelle tout le reste, venu de Dieu lui-même. Celui qui garde particulièrement ses secrets par devers soi, ne laisse jamais quiconque savoir ce qui adviendra demain; et les sages des époques antérieures ne pouvaient deviner ce qui se passerait dans la nôtre. Nous discernons par là que le secret plaît à Dieu lui-même. Et même si (pour le bien de l'homme) il Lui a plu de révéler quelques choses, il est impossible de modifier ou d'altérer sa décision, en fonc­tion de quoi les sages révérends d'autrefois affectaient toujours de mettre secrètement en pratique leurs intentions.

Nous apprenons que Caton le Censeur disait souvent à ses amis qu'il y avait trois choses dont il avait motif de se repentir, s'il négligeait jamais d'effectuer réellement l'une des trois, ou toutes les trois: la première, s'il divulguait un secret; la seconde, s'il s'aventurait sur l'eau quand il aurait pu rester sur la terre ferme; et la troisième, s'il laissait passer une journée sans accomplir quelque bonne action. Les deux dernières sont dignes d'être notées ; mais la première est à pré­sent notre sujet. Ayant reçu de sa mère diverses lettres de grande importance, Alexandre, après les avoir lues en la seule présence de son ami cher Ephesion. produisit le sceau qui scellait sa correspondance secrète, et sans parler le posa sur les lèvres d'Ephesion: lui signifiant par là que celui dans le sein de qui un homme enfouit ses secrets devrait garder les lèvres scellées sans les révéler.

Parmi d'autres récits, le lecteur ne trouvera pas déplaisant de lire l'histoire qui suit, rapportée par Aulucelle dans ses Nuits attiques,et par Macrobe dans ses Saturnales.

Les Sénateurs de Rome en leur session habituelle au Sénat, avaient institué entre eux la coutume suivante : chaque sénateur père d'un fils amènerait celui-ci qui pourrait demeurer à côté de son père pendant la session, ou partir selon le cas.* Encore cette faveur n'était-elle pas commune, mais étendue seulement aux fils de la noblesse qui étaient élevés de façon à devenir de sages gouverneurs, capables de protéger leurs propres secrets. Vers cette époque il advint que le sénat délibérait d'une cause très importante, les sénateurs demeurèrent beau­coup plus longtemps que d'habitude, et la conclusion du débat fut ren­voyée au lendemain, le secret absolu étant enjoint en attendant. Parmi les fils de nobles qui avaient assisté à cette importante séance il y avait ce jeune homme fidèle, fils du grave Papirius, dont la famille était une des plus nobles et des plus illustres à Rome.

Comme le jeune homme rentrait à la maison, sa mère, (comme bien des personnes du sexe, fortement attirée par tout ce qui est nou­veau) le pria de lui dire quelle étrange affaire avait été débattue au sénat pendant la journée, qui avait eu le pouvoir de les retenir si long­temps au-delà de l'heure habituelle. Le vertueux jeune homme répon­dit courtoisement qu'il s'agissait d'une affaire qu'il n'était pas en son pouvoir de révéler car il était tenu solennellement au secret. Sur cette réponse, le désir de sa mère de s'enquérir plus avant dans cette affaire grandit et rien ne pouvait la contenter que de lui fournir la réponse. Donc, par de belles paroles et prières, par de riches promesses elle essaya de forcer cette petite cassette secrète; mais voyant que ses efforts restaient vains, elle passa alors aux menaces de violence et aux coups de lanière, parce que la force peut contraindre, là où la douceur échoue.

Cet admirable et noble esprit trouvant très pénibles les menaces d'une mère, mais ses coups encore plus amers que tout au monde, comparant son amour pour sa mère et le devoir qu'il avait envers son père: l'un, puissant, mais l'autre impératif, pose sa mère et son caprice sur l'un des plateaux de la balance, son père, son propre honneur et les injonctions solennelles de secret sur l'autre plateau, et trouve que sa mère avait un poids intrinsèque en tant que telle, mais qu'il était plus léger que le vent quand elle s'emportait. Aiguisant son jeune esprit sur le grès de son exigence, afin de l'apaiser et de préser­ver son honneur tout en restant discret, il se résolut à parler ainsi:

Madame et Chère Mère, vous avez bien raison de blâmer les sénateurs de rester aussi longtemps en session, et surtout pour traiter une question si impertinente: car il n'y a pas d'espoir d'aboutir à une conclusion sauf si les femmes de sénateurs sont admises en consulta­tion sur ce sujet. Je ne dis cela que d'après mon jugement récent car je sais que leur sagesse peut aisément me confondre et cependant, je ne sais si la nature ou !e devoir me l'enseignent, mais il leur semble néces­saire pour l'augmentation de la population, et pour le bien public, que chaque sénateur se voie allouer deux femmes, ou encore, que chaque femme ait deux maris; je me vois mal appeler deux hommes du nom de père sous un seul toit; je préférerais appeler deux femmes du nom de mère. Telle est la question, Mère, et la décision doit intervenir demain.

Entendant ceci, la mère !e prit pour vérité évidente, comme le jeune homme semblait très hésitant à le révéler. Le sang de la mère bouillonna et la colère s'empara d'elle. Il n'est nul besoin de dire au lec­teur que de telles colères sont irréfléchies, mais qu'au contraire elles entraînent les sens et les facultés à la précipitation et à d'autres sottises, que ceci les rend incapables d'agir aussi bien ou de rendre autant ser­vice que la situation l'exige souvent. Aussi, sans réfléchir davantage, la mère s'en fut chez les autres matrones et dames de Rome, pour leur apprendre cette affaire d'importance, qui touchait de si près à la paix et au bien-être de leur vie. Cette nouvelle mélancolique créa un dérange­ment si passionnel que les dames s'assemblèrent immédiatement; et quoiqu'un parlement de femmes, aux dires de certains, soit rarement dirigé par une seule présidente, l'affaire parut si urgente, la chose si pressante et, du côté des hommes, simplement l'envie de se faire plaisir, que la mère voulut parler pour elle-même et les autres. Et le lendemain il y eut un tel chahut à la porte du sénat, pour que les femmes puissent s'asseoir à côté de leurs maris en cette délibération extraordinaire, que tout Rome semblait en effervescence. Elles ne vou­lurent pas dire la raison de leur venue avant d'être admises; (une fois entrées, ce qui était contraire à toutes les règles) la femme présidente fit un grand discours, demandant que les femmes aient plutôt deux maris, que les hommes deux épouses, alors qu'ils arrivaient difficile­ment à en satisfaire une, &c. L'énigme ayant trouvé sa solution, le jeune homme fut chaudement félicité pour sa discrétion, les dames turent grandement confondues et s'en allèrent, le rouge de la honte au visage. Néanmoins, pour éviter pareil inconvénient à l'avenir, on déci­da que les sénateurs n'amèneraient plus leurs fils aux sessions, on auto­risa seul le jeune Papirius, et non seulement on applaudit sa réserve et la discrétion de sa conduite, mais il fut récompensé et chargé d'hon­neurs.

On ne doit pas oublier non plus le fidèle Anaxarque  (tel que Pline le rapporte au livre VII, chapitre 23) qu'on enleva pour lui arra­cher ses secrets, qui se coupa la langue avec ses dents et la cracha ensuite à la figure du tyran.

Les Athéniens avaient une statue de bronze, devant laquelle ils s'inclinaient; le personnage n'avait pas de langue, pour signifier l'im­portance du secret.

De même les Egyptiens adoraient Harpocrate. dieu du silence; pour ce motif il est toujours représenté un doigt sur la bouche.

Les Romains avaient une déesse du silence nommée Angerone. représentée comme Harpocrate, un doigt sur la bouche en signe de secret.

On loue fort les serviteurs de Plancus car aucune torture ne put leur faire avouer les secrets que leur maître leur avait confiés.

Le serviteur de Caton fut également cruellement torturé, mais rien ne put lui faire révéler les secrets de son maître.

Quinte Curse nous enseigne que chez les Perses on punissait très sévèrement selon une loi inviolable celui qui révélait un secret; comme confirmation il dit que le roi Darius, vaincu par Alexandre, s'était échappé pour se cacher là où il se croyait à l'abri; aucun torture, ni promesse de riche récompense, ne purent fléchir les frères fidèles qui savaient sa cachette, ou les amener à la révéler à qui que ce fût. Il ajoute en outre que nul ne devrait confier quelque affaire d'importance à qui ne sait pas vraiment garder un secret.

Au nombre de toutes ses lois, Horace aurait voulu que chacun garde secret tout ce qui se faisait ou se disait: pour ce motif l'habitude des Athéniens (quand ils se réunissaient pour une fête) était que les  plus anciens parmi eux montraient à chaque frère la porte par laquelle il entrait, disant: prends garde que pas un seul mot ne passe ce seuil, de ce qui sera dit ou fait.

La première chose enseignée par Pythagore à ses disciples était le silence, en conséquence il les maintenait sans parole pendant un cer­tain temps, afin qu'ils apprennent mieux à conserver les précieux secrets qu'il leur communiquait; il leur enseignait encore à ne parler que si nécessaire, exprimant par là que le secret était la qualité la plus rare. Plût à Dieu que les Maîtres de nos loges actuelles en fissent autant! On demanda à Aristote ce qui lui paraissait le plus difficile; il répondit: le secret et le silence.

A cette fin, St. Ambroise place parmi les principes premiers de la vertu le don de la patience silencieuse.

Le sage roi Salomon dit au livre des Proverbes qu'un roi ne devrait pas boire de vin, car l'ivresse est ennemie du secret; et à son avis, n'est pas digne de régner qui ne sait garder ses propres secrets. II ajoute que quiconque divulgue des secrets est un traître, celui qui les protège est un frère loyal; celui qui sait contrôler sa langue est sage; et encore celui qui garde bouche close, conserve son âme. On pourrait citer encore maints exemples pour prouver l'excellence du secret gardé; j'ose affirmer que [ C-9] l'honneur, la justice, la vérité, et la fidélité les plus grands se sont toujours rencontrés chez ceux qui savaient garder leurs secrets et ceux d'autrui. Ceci est noblement décrit par Horace, qui dit:

L'homme résolu et ferme envers le dépôt fait,

Inflexible devant le mal, et s'entêtant à être juste;

Peut mépriser l'insolence grossière de la canaille,

Ses clameurs ineptes et ses cris et son tumulte;

II dupe le farouche tyran

Défie le front sévère et la voix dure

Et sourit d'une grandeur plus élevée :

Ni le rude tourbillon qui déforme

Le golfe noir d'Adria, et le tourmente de tempêtes

Ne peut fléchir la vertu résolue de son âme;

Ni le rouge bras de Jupiter en colère

Qui projette du ciel son tonnerre

Et lui donne furie pour rugir et force pour voler.

Que toute la nature autour de lui se brise,

Précipitée dans la confusion et la ruine;

Lui, sans souci, écouterait le craquement puissant

Et serait debout, sauf, parmi la chute d'un monde.

Je pense donc que si l'on réfléchit bien au silence et au secret, on les trouvera absolument nécessaires pour habiliter un homme à traiter des affaires d'importance. Si on s'accorde sur ce point, je suis certain que personne ne disputera que les francs-maçons sont supérieurs à tous les autres hommes dans la protection de leurs secrets depuis le début des temps. Et ni le pouvoir de l'or, qui souvent trahit rois et princes et parfois fit renverser des empires, ni les punitions les plus cruelles, n'ont pu extorquer de secret même au plus faible des membres de toute la fraternité.

J'avance donc humblement qu'on admettra par conséquent que le bien-être de l'humanité fut la cause première ou le motif d'une institution aussi noble que la Maçonnerie (nul Art ne s'étant montré aussi large­ment utile), qui non seulement tend à protéger ses membres contre des attaques extérieures, mais à policer les tendances frustes d'esprits iniques, et à les retenir dans les liens plaisants des vraies religion, morale et vertu. Les préceptes de l'Art royal sont tels que si ceux qui ont l'honneur d'en être membres voulaient bien ne vivre que selon les vrais principes de l'Art ancien, tout homme doué de la moindre parcel­le d'honneur ou d'honnêteté doit nécessairement approuver les actes des membres, et donc s'efforcer de suivre leurs traces. Et même si très peu de frères, ou aucun, ne peut atteindre au sublime de la beauté de la construction d'Hiram Abif. les ennemis même de la Maçonnerie doi­vent admettre qu'elle est la société la plus renommée qui fut jamais, est ou (peut-être) sera sur terre. La description exacte suivante :

 

Désert et irrégulier le monde était encore

Spectacle peu plaisant à contempler

Des saisons inclémentes détruisaient l'homme,

Sous la chaleur de la canicule et le vent glacial de l'hiver;

Le sauvage avide, dont la voix à l'oreille humaine

Résonne désagréable et emplit le cœur de terreur:

Qui retiendrait la force de ces guerriers combatifs?

Leurs insultes leurs tentatives osées ?

Sans la Maçonnerie, NOTRE glorieux bouclier,

Nous serions obligés de leur céder ainsi qu'à bien d'autres.

Salut, An puissant, don gracieux du ciel,

Donné par le Créateur pour aider l'humanité:

Toi seul donnas sa forme à l'Arche,

Qui sauva les fidèles de la tempête proche;

Lorsque les Cowans pécheurs s'humiliaient dans le flot,

L'arche des maçons chevauchait fièrement

L'onde puissante sans se soucier de sa direction

Jusqu'à ce que les flots se retirent et que la terre sèche apparaisse

Sur le Mont Ararat, après le puissant déluge,

Se tenaient leur arche et leur loge ouverte régulièrement

Là le Maçon, de sa propre initiative

Eleva un autel au Seigneur du ciel

Rendit grâce et offrit un sacrifice,

Qui plut à Jéhovah; et ce dernier se dit,

Plus jamais je ne maudirai le sol,

Ni ne frapperai les vivants comme je l'ai tait

Tant que la terre sera je lui donnerai cette bénédiction,

Un temps propice pour semer ta graine;

Le temps de la moisson pour bénir le laboureur

D'abondantes récoltes pour sa peine et son soin:

Nuits, jours et saisons entoureront ce globe

Sans cesse jusqu'à la fin des temps:

Pour confirmer ma promesse envers toi

Au milieu des nues que l'arc-en-ciel soit mon témoin;

Une arche divine prouve comment Dieu sauva la vie

De quatre maçons et de leurs épouses.

Ce sont les bénédictions de chaque époque et saison

Que Dieu a promises au Maître Maçon.

C'est par quoi l'on voit que de grandes choses se firent

Grâce à cet Art, depuis le premier temps du monde.

Quel mortel au monde, de près ou de loin,

Sur ce globe sous la sphère des cieux,

Peut nommer un Art tant approuvé de Dieu,

Que la Maçonnerie chez David qu'il aima;

Voyez Moriah où Dieu apparut à l'homme

Et donna au prince le plan du Saint temple;

Le sage Salomon remplit ensuite cette obligation,

Aidé de Tyr et grâce à l'habileté du puissant Hiram.

< span style="font-size: 12pt;">C'est l'Art qui excella dans le monde,

Et il plut au Dieu des armées de venir demeurer

Parmi les Maçons qui érigèrent le Temple

Pour adorer Dieu et maintenir son nom sacré.

Par l'Art des Maçons apparaissent des dômes élevés,

Où l'on révère encore Dieu avec crainte et vérité;

Par l'Art des Maçons le cœur de l'avare avide,

(Quoique cerclé de métal, impénétrable comme sa cassette)

Eprouve de la compassion et n'attribuant plus de valeur à son trésor

Donne généreusement, ce qu'il n'avait jamais imaginé auparavant :

Par l'Art des maçons la langue blessante tombe

Devant le trône lorsque résonne l'appel du silence terrible

Par l'Art des maçons les ailes du désir licencieux

Sont tôt coupées courtes et ne peuvent s'élever plus haut;

L'An ancien refrène l'esprit lascif loin des

Tendances sans pudeur, illégales et profanes

Par l'Art des maçons, cet âne, cet avorton, le petit-maître

(La disgrâce de l'humanité et la risée de toutes les filles)

Abandonne bientôt sa sottise, et devenu plus raisonnable

Se découvre un inconnu à lui-même;

Par l'Art des maçons les orgueilleux emblèmes de l'état

(Pépinière de l'ambition, et son haut siège)

Deviennent des colifichets vains et inutiles

Les francs-maçons préfèrent des joies plus durables.

Il me semble entendre certains lecteurs dire: si la Maçonnerie est telle qu'on la décrit ici, les membres de la fraternité sont certainement les plus heureux des hommes; et cependant, on en rencontre souvent, au contraire, les uns très malheureux, d'autres de parfaites canailles, et un grand nombre de sots ignorants, illettrés, et stupides; ou tout au moins qui voudraient le taire croire au monde. Cet aspect sera étudié et élucidé en temps voulu ensuite. En attendant, je suis bien certain que seuls des étrangers à la Maçonnerie, et des ennemis sans générosité de la Fraternité, douteront de la véracité de ce qui est dit ici de la

Maçonnerie. Et afin de plaire à mes lectrices et à ceux des lecteurs qui n'ont pas l'honneur d'être initiés au mystère, je leur demande ici la per­mission de traiter des principes de l'Art (pour ce à quoi ma plume se limite): ils seront, je l'espère, justement admirés, parce qu'ils reposent sur la religion, la morale, l'amour fraternel, et l'esprit de compagnonnage.

Un Maçon est tenu par son engagement d'adorer vraiment le Dieu éter­nel et de croire fermement en lui, comme en toutes ces archives sacrées que dignitaires et pères de l'église ont compilées et publiées à l'usage des hommes de bien. Donc, quiconque comprend correctement l'Art, ne peut marcher dans la voie sans religion des malheureux libertins ni être amené à suivre ceux qui professent avec arrogance l'athéisme ou le déisme.12 Il ne doit pas non plus être entaché des grossières erreurs de la superstition aveugle, mais il a la liberté d'embrasser la foi qu'il juge bonne, à condition qu'en tous temps il révère dûment son Créateur, et dans le monde agisse avec honneur et honnêteté, faisant toujours de ce précepte en or sa règle de conduite, qui engage à se conduire envers autrui comme il voudrait qu'autrui en fît envers lui: car l'Art royal, au lieu d'entrer dans de vaines et inutiles querelles concer­nant les différentes opinions et croyances des hommes, admet dans la fraternité tous ceux qui sont fidèles et loyaux; cela a amené la réconci­liation de personnes qui, sans ce secours, seraient restés ennemis per­pétuels.

 

Un maçon aime la paix, est toujours paisible sujet du pouvoir civil tant que ce dernier ne dépasse pas les limites de la religion et de la raison; et on n'a encore jamais vu un vrai maçon entraîné dans aucuns noirs complot, intentions et machinations contre l'état, parce que le bien-être de la nation est son premier souci. Ainsi, vis-à-vis du plus haut au der­nier degré de la magistrature, il est toujours déférent et respectueux. Le fait que la Maçonnerie a plusieurs fois pâti des effets de la guerre, du carnage, de la dévastation, a engagé plus fortement les compagnons à agir conformément aux règles de paix et de loyauté; les nombreuses preuves de cette conduite ont amené les anciens rois et pouvoirs à les protéger et les défendre. Mais si un frère était assez malheureux pour se rebeller contre l'état, il  ne trouverait aucun appui chez ses com­pagnons, qui ne lui adresseraient plus la parole: le gouvernement pour-

rait en prendre le moindre ombrage, ou être jaloux. Envers soi-même, un maçon a toujours soin d'éviter toute forme d'ex­cès et d'intempérance qui pourrait l'empêcher d'accomplir les devoirs nécessaires à sa louable activité, ou le mener à des crimes qui jette­raient le discrédit sur l'ancienne Fraternité.

Il doit traiter ses inférieurs comme il voudrait que ses supérieurs le trai­tent, réfléchissant sagement à l'origine commune de l'humanité; et même si la Maçonnerie n'ôte nul honneur à quiconque, l'Art admet que s'en tenir strictement au sentier de la vertu est le seul moyen de conser­ver une conscience claire et d'ennoblir un homme.

Un maçon doit avoir assez de bonté pour ne jamais faire la sourde oreille devant les plaintes de la pauvreté miséreuse; mais si un frère est oppressé par la pénurie, il doit écouter le récit de ses souffrances avec une attention particulière; et ensuite, la pitié doit couler de son cœur, et le secours venir sans préjudice pour lui-même, en fonction de ses pos­sibilités.

Un maçon doit respecter l'autorité de son Maître et des officiers qui président, et se conduire humblement parmi ses frères; il ne doit ni négliger de vaquer à ses occupations pour l'amour de la compagnie, en courant de loge en loge; ni se quereller avec la masse des igno­rants en raison de leurs réflexions déplaisantes à ce sujet. Mais pendant ses loisirs on lui demande d'étudier les arts et les sciences d'un esprit diligent, afin qu'il accomplisse son devoir non seulement envers le grand Créateur, mais aussi envers son prochain et soi-même. Car che­miner humblement sous le regard de Dieu, faire œuvre de justice et aimer la charité sont les caractéristiques certaines d'un véritable Maçon franc ancien et accepté. J'espère que tous posséderont ces qualités jus­qu'à la fin des temps, et j'ose espérer que tout véritable frère se joindra à moi pour dire, Amen.

L'avantage obtenu par le respect strict des principes de l'An royal est si évident qu'il faut croire que chaque homme de bien vou­drait les professer et les mettre en pratique ; car ces principes tendent à rendre la vie plus heureuse, étant fondés sur la sagesse et la vertu.

D'abord, nos privilèges et enseignements, correctement utilisés, non seulement nous rendent heureux de ce côté-ci de la tombe, mais encore préparent notre félicité éternelle ensuite.

Car l'Art repose sur une base si ferme qu'elle n'admettra jamais le blasphème, la licence, les jurons, la controverse ou la méchanceté; et si tous ne sont pas du même avis en matière de foi, ils sont tous una­nimes en matière de Maçonnerie : à savoir, travailler honnêtement, ne pas manger le pain de quelqu'un sans travailler mais de toutes nos forces nous aimer et nous servir, comme frères d'une maison; pensant sagement qu'il est aussi grandement absurde de se quereller avec un homme parce qu'il ne croit pas comme soi, que ce le serait parce qu'il n'a pas exactement la même taille et la même allure, ..

Donc, secourir celui qui est dans la détresse, partager notre pain avec le pauvre qui travaille1, remettre le voyageur égaré sur la bonne voie sont des caractéristiques inhérentes de l'Art royal et conforme à sa dignité, et telles que les dignes membres de ce grand ordre se sont tou­jours efforcés de les mettre en pratique sans jamais se lasser.

Une fois tout bien considéré, on trouvera que ce bénéfice, et bien d'autres, obtenus par le strict respect des principes de l'Art, (comme bon nombre de frères l'ont récemment éprouvé), non seule­ment égalent, mais dépassent largement ce qui existe en toute autre société.

S'il en est ainsi, les dignes membres de cette société, importan­te et très utile, ne peuvent jamais être trop prudents dans le choix de leurs nouveaux membres ; j'entends par là, qu'ils doivent bien connaître le caractère et la situation d'un candidat qui sollicite d'être initié au mystère de la franc-maçonnerie.

De ceci dépend la prospérité ou la disparition de l'Art royal; de même que régularité, vertu, harmonie sont les seuls ornements de la nature humaine, (trop souvent prompte à agir sous d'autres formes), de même le bonheur de la vie dépend, pour une grande partie, de notre propre élection et d'un choix prudent dans ces démarches.

Car la société des hommes ne peut subsister sans concorde et l'échange de services mutuels ; il en est de même dans la construction d'une arche de pierre, qui s'écroulerait si une pierre n'en soutenait pas correctement une autre.

Autrefois tout homme qui en faisait la demande n'était pas admis à l'Art royal (même s'il était homme de bien et de bonne renommée), ni admis à partager le bénéfice de notre noble et antique institu­tion s'il n'était suffisamment habile pour faire progresser la Maçonnerie, soit sur le plan théorique, soit dans la pratique ; ou s'il n'était pas suffisamment riche pour employer, honorer et protéger les Compagnons.

Je ne voudrais pas qu'on se méprenne sur le sens de mes pro­pos: je n'ai pas dit qu'on ne devait admettre aucun commerçant de bonne réputation à partager nos privilèges ; mais je pense au contraire qu'ils sont membres utiles de la communauté, et qu'ils se sont souvent montrés de véritables ornements de leurs loges.

Ceux que je vise sont les misérables des rangs inférieurs, (sou­vent amenés par des membres exclus*), certains d'entre eux ne sachant ni lire ni écrire; et quand avec l'aide de la maçonnerie ils sont admis en compagnie de leurs supérieurs par le rang, ils agissent sou­vent au-delà de leurs talents, et sous le prétexte de chercher la connais­sance, tombent en des scènes de gloutonnerie ou d'ivresse, négligeant ainsi leurs occupations indispensables et nuisent à leurs pauvres familles, qui s'imaginent qu'à bon droit elles peuvent déverser leurs exclamations et invectives contre la Maçonnerie toute entière, sans réfléchir, ou savoir que nos constitutions et principes sont exactement à l'opposé de telles pratiques aussi basses.

Je crois nécessaire de donner ici un conseil à ceux qui pour­raient souhaiter devenir membres de cette ancienne et honorable insti­tution : ils doivent d'abord savoir que nul ne peut devenir franc-maçon régulier s'il n'est libre, d'âge mûr, sain de corps et des membres, jouis­sant de tous les sens de l'homme. C'est une coutume de tous les maçons à travers les âges et en tous lieux, dans le monde entier.

Un mot encore, ou deux : ceux à qui je m'adresse maintenant sont hommes ayant de l'instruction, une honnête réputation, mais sans fortune; je leur dis donc, pensez à votre famille et à vos ressources, sachez que la Maçonnerie exige des capacités, de l'assiduité et une bonne présentation, pour préserver et soutenir son antique et honorable grandeur. Sur ce point il y aurait encore beaucoup à dire, mais je crois que les règlements suffiront, et je renvoie îe lecteur à leur découverte.

Ensuite, il faut réfléchir au choix des Officiers qui dirigent et gouvernent la loge selon les bonnes et anciennes lois de notre consti­tution; c'est un sujet de grande importance car les officiers d'une loge ne doivent pas seulement améliorer la situation de leur propre loge, mais aussi tout ce qui touche au bien de la fraternité en général.

En conséquence, nul ne doit être proposé ou soumis à élection s'il n'est jugé, par ses compétences et son mérite connus, digne d'agir; il doit donc bien connaître les règlements et les lois publics et internes de l'Art ; il doit être d'une honnêteté scrupuleuse, humain et bon, patient dans l'adversité, modeste dans ses propos, résolu dans ses déci­sions ou conseils et (surtout) fidèle en amitié et loyal dans le secret.

De tels candidats méritent bien d'être choisis pour diriger et gouverner leurs loges respectives; envers eux les membres doivent faire preuve de courtoisie et d'obéissance et, par leurs antiques et sages mandements, apprendre à mépriser ces bavards impatients, querelleurs, méprisants, arrogants, et pleins de suffisance, qui sont le fléau de la société des hommes.

Je ne peux m'empêcher de dire ici que j'ai connu des hommes aux intentions tout à fait honnêtes, qui sans aucune malice commettent de graves erreurs et parfois ont mené de bonnes loges à leur perte; ce fut lorsque des frères se précipitèrent sans retenue sur des postes où leurs maigres connaissances de la maçonnerie les rendaient incapables d'assurer la responsabilité de leur fonction, au détriment de l'ordre et pour leur plus grand déshonneur.

Parmi les qualités et principes des pratiquants de l'Art royal, j'ai fait allusion à la conduite d'un maçon en loge ; je souhaite qu'il y ajou­te ces quelques lignes : il doit montrer le respect dû au Maître et aux officiers, et leur obéir en tout domaine raisonnable; il ne doit pas mau­dire, jurer, ni prendre des paris, faire usage de langage licencieux ou indécent, qui déshonore le nom de DIEU, et corrompe les bonnes manières; il ne doit pas se conduire de façon ridicule, ni bouffonne tant que la loge traite de sujets sérieux et solennels; il ne doit introduire, soutenir ou citer nulle querelle ou controverse sur des sujets reli­gieux ou politiques, ne doit pas forcer un frère à boire ou manger, ou à demeurer contre son gré; ni dire ou faire quoi que ce soit d'offensant, ou d'empêcher une innocente conversation libre, de peur de rompre l'harmonie et défaire les buts et intentions louables de l'ancienne et honorable fraternité.

Et je recommande sincèrement la franc-maçonnerie comme le remède le plus souverain pour se purger de tout ce qui précède et autres défauts ; et les loges régulières comme les seuls séminaires où les hommes peuvent entendre, comprendre, et apprendre leurs devoirs envers Dieu, et envers autrui. Et ce, sans la surabondance de mots méprisants et méchants, d'arguments interminables ou de débats féroces, utilisés depuis plus de mille ans parmi les mortels dans l'erreur : au lieu d'unir les hommes en un seul groupe (comme serviteurs de Dieu et frères d'une même maison) tout cela les a divisés en autant d'opinions différentes qu'il y avait (non seulement de langues, mais même) d'hommes au moment de la confusion de Babel.

Quant à la conduite des frères en dehors de la loge, j'espère que le court laps de temps entre deux réunions ne leur fera pas oublier la décence et la bonne tenue à respecter en loge, qui peut leur servir de règle infaillible de conduite et de comportement en tous autres compa­gnies et lieux; et de même que le Vénérable Maître le fait avec discré­tion en loge,  ils devraient diriger, gouverner et instruire leurs familles chez eux dans la crainte de Dieu et l'amour du prochain, tan­dis qu'eux-mêmes imitent l'obéissance des membres de l'ordre, en res­pectant leur supérieurs.

Ces quelques idées peuvent servir à rappeler aux frères les devoirs qui leur incombent en tant que francs-maçons et de même, la conduite qu'ils doivent observer de façon à plaire à Dieu, selon les principes de la Maçonnerie, et tout à leur honneur. Pour la plus grande satisfaction de mes lecteurs en général, je donne ici les divers anciens devoirs des maçons francs et acceptés.

 

 

LES ANCIENS   DEVOIRS DES MAÇONS FRANCS   ET   ACCEPTÉS.

 

(THE OLD CHARGES OF THE FREE AND ACCEPTED MASONS)

 

Premier devoir : de DIEU et de la religion.

 

Un maçon est tenu par son engagement d'obéir à la loi morale en vrai noachide ; et s'il comprend correctement l'Art, il ne sera jamais ni athée stupide, ni libertin irréligieux, et n'agira pas contre sa conscien­ce.

Autrefois, les maçons chrétiens avaient l'obligation de se conformer aux usages chrétiens de chaque pays où ils voyageaient ou travaillaient, puisqu'on les trouvait en tous pays, même s'ils étaient de religion diverse.

On les oblige généralement à adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes s'accordent (laissant à chaque frère ses convictions personnelles), c'est-à-dire, qu'ils doivent être hommes de bien et fidèles, hommes d'honneur et honnêtes, quels que soient le nom, la religion ou la philosophie qu'ils embrassent, car tous s'accor­dent sur les trois grands articles de Noé, suffisants pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la maçonnerie est le centre de leur union, et l'heureux moyen de réconcilier des personnes qui autrement seraient restées perpétuellement éloignées les unes des autres.

 

Deuxième devoir : Du magistrat civil, suprême et subalterne.

 

Un maçon est un sujet paisible, ne s'engageant jamais dans des com­plots contre l'état, et ne manquant jamais de respect envers les magis­trats subalternes. Autrefois, pour sa loyauté rois, princes et états encou­rageaient la Fraternité, toujours florissante surtout en temps de paix; mais bien qu'on ne doive pas encourager un frère en rébellion contre l'état, s'il n'est cependant convaincu d'aucun autre crime, ses liens avec la loge restent indéfectibles.

 

Troisième devoir : des loges.

 

Une loge est un lieu où des maçons s'assemblent pour tra­vailler; d'où, cette assemblée ou société dûment organisée de francs-maçons, s'appelle une loge; tout comme le mot 'église' désigne à la fois l'assemblée des fidèles et le lieu de culte. Chaque frère doit appartenir à une loge, et ne peut s'absenter sans être blâmé, s'il n'est pas retenu par la nécessité.

Les hommes admis parmi les francs-maçons doivent être nés libres (ou hors servage), d'âge mûr, de bonne renommée; sains de corps, sans difformité des membres au moment de leur admission; on n'admet ni femme ni eunuque.

Lorsque des hommes de qualité, ou éminents, fortunés, et savants demandent à être initiés, il faut les accueillir avec respect, après les avoir dûment interrogés; car ils seront souvent de bons maîtres (ou créateurs) d'ouvrage, et n'emploieront pas de cowans quand ils peuvent avoir de vrais maçons; ils feront aussi les meilleurs officiers de loges, les meilleurs décorateurs, pour l'honneur et la vigueur de la loge. Parmi elles la fraternité peut même trouver un grand maitre. Mais ces frères sont également soumis aux règlements et devoirs, sauf en ce qui concerne plus directement les opératifs.

 

Quatrième devoir ; Des maitres, surveillants, compagnons, et apprentis.

 

Tout avancement chez les maçons est fondé sur la valeur réelle et le mérite personnel, et non sur l'ancienneté. Aucun maître ne prendra un apprenti qui n'est pas le fîls d'honnêtes parents, jeune homme parfait sans mutilation ou défaut corporel, et capable d'apprendre les mystères de l'Art royal. Ainsi les seigneurs seront bien servis et l'An ne sera pas méprisé. Quand il en aura l'âge et l'habileté, le jeune homme pourra devenir apprenti ou franc-maçon de rang inférieur ; puis, selon ses pro­grès, compagnon puis maître, capable d'entreprendre le chantier d'un seigneur.

Les surveillants sont choisis parmi les maîtres-maçons, et aucun frère ne peut devenir maître d'une loge s'il n'a servi en qualité de surveillant quelque pan, sauf dans des cas extraordinaires, ou quand une loge se forme et qu'on ne trouve personne ; alors, trois maîtres-maçons, qui n'ont jamais été maîtres ou surveillants de loges aupara­vant, peuvent devenir maître et surveillants de cette nouvelle loge.

Mais hors la présence de trois maîtres-maçons, aucun nombre ne peut constituer une loge, et nul ne peut devenir grand maître ou grand surveillant qui n'a pas d'abord été maître d'une loge.

 

Cinquième devoir : de la gestion du métier au travail.

 

Tous les maçons doivent travailler dur et honnêtement les jours ouvrables, afin de vivre honorablement et de paraître de façon décente et seyante les jours fériés; et de même il faudra respecter les horaires de travail définis par la loi, ou confirmés par la coutume.

Seul un maître maçon peut être maître d'œuvre; il entreprendra le travail du seigneur de manière raisonnable; utilisera les matériaux comme les siens propres et ne paiera pas plus de gages que ce qui est juste aux compagnons ou apprentis.

Les surveillants seront loyaux envers le maître et les compa­gnons, prenant soin de tout en loge et à l'extérieur de la loge, en parti­culier en l'absence du maître, et les frères leur obéiront.

Le maître et les maçons finiront fidèlement l'ouvrage comman­dé, que ce soit à la tâche ou à la journée ; et ils ne feront pas à la tâche ce qu'il est accoutumé de faire à la journée. Nul ne montrera de la jalousie de la prospérité d'un frère, ne le supplantera ou le fera renvoyer du travail, s'il est capable d'achever l'ouvrage.

Chaque maçon recevra ses gages humblement sans murmurer ou se rebeller et il ne quittera pas le maître avant d'achever l'ou­vrage du seigneur; il évitera tout langage grossier, appelant chacun 'frère' ou 'compagnon' avec beaucoup de courtoisie, en loge et à l'exté­rieur; chacun enseignera un jeune frère à devenir habile et expert, pour que l'ouvrage du seigneur ne soit pas gâché. Mais si les Maçons francs et acceptés n'acceptent pas de cowans au travail parmi eux, et ils ne seront pas employés par eux sans nécessité impérieuse; même en ce cas, ils ne doivent pas enseigner les cowans, mais tenir une communi­cation séparée; aucun manœuvre ne sera utilisé pour le propre travail d'un maçon.

 

Sixième devoir : de la conduite des MAÇONS.

 

1 - en loge avant sa fermeture.

Vous ne devez pas tenir de comités privés, ni avoir de conversations particulières sans la permission du maître, ni parler de sujets imperti­nents, interrompre le maître ou le surveillant ou tout autre frère s'adressant au maître; vous ne devez pas agir de manière ridicule quand la loge est occupée de sujets sérieux et solennels, mais devez révérer dûment le maître, les surveillants et les compagnons, et les respecter. Tout frère trouvé coupable d'une faute s'en tiendra à la décision de la loge, sauf s'il fait appel à la Grande Loge, ou si cela retarde le chantier d'un seigneur, car alors on peut procéder à un arbitrage particulier. On ne doit introduire en loge ni querelle personnelle ni dis­cussion concernant la famille, la religion ou la politique; car comme maçons, nous sommes tous de la très vieille religion catholique déjà citée ; et de toutes les nations sur l'équerre, le niveau, et le fil à plomb; comme nos prédécesseurs en toutes époques, nous somme décidés à ne pas avoir de querelles politiques, contraires à la paix et au bien-être de la loge.

2 - après la fermeture de la loge, avant le départ des frères. Vous pouvez vous amuser de manière innocente, vous traitant l'un l'autre selon vos moyens, mais en évitant tout excès, en ne forçant pas un frère à boire ou manger au-delà de ses souhaits (selon la vieille règle du roi Assuerus}, ou l'empêchant de rentrer chez lui quand il en a envie: bien qu'après la tenue vous soyez des hommes ordinaires, le blâme de vos excès rejaillirait sur la fraternité, quoiqu' injustement.

3 - quand des frères se rencontrent sans la présence d'étrangers, mais en loge formée.

Vous devez vous saluer comme on vous l'a enseigné ou l'on vous l'en­seignera, vous donnant librement des éléments d'instruction, mais sans découvrir de secrets, à moins que ce ne soit à ceux qui depuis longtemps ont fait la preuve de leur discrétion et honneur, et sans déroger au res­pect qui est dû à un frère, s'il n'était pas maçon. Bien que tous les frères et compagnons soient sur le même niveau, la Maçonnerie n'ôte à personne l'honneur qu'il possède avant d'être initié, ou qui lui sera dû ensuite. Au contraire, elle ajoute au respect qu'on lui doit, nous ensei­gnant à rendre honneur à qui honneur est dû, en particulier à un frère

noble ou éminent, que nous voudrions distinguer parmi tous ceux de son rang et de sa situation, et le servir avec zèle, selon nos capacités.

4 - en présence d'étrangers non maçons.

Vous devez être prudents en paroles, dans votre maintien et vos gestes, de sorte que l'étranger le plus perspicace ne découvre pas ce qu'il ne faut pas dévoiler; et aux questions impertinentes ou tendancieuses, ou au discours ignorant d'étrangers, il conviendra que les francs-maçons répondent prudemment.

5- chez soi et dans le voisinage.

Les maçons doivent être gens de bonne moralité, comme ci-dessus indiqué, donc de bons maris, bons parents, bons fils et bons voisins; il ne faut pas rester trop longtemps loin de chez soi, et éviter tout excès;

mais aussi des hommes sages pour des raisons connues d'eux-mêmes.

6 - envers un frère étranger.

Vous devez l'interroger avec précaution, comme la prudence vous le dictera pour que vous ne vous en laissiez pas conter par un faux prétendant que vous repousserez avec dérision, mais si vous voyez en lui un frère sincère et authentique, vous le respecterez comme frère et s'il est dans le besoin, vous le secourrez si vous le pouvez, ou autre­ment lui indiquerez comment il pourra être secouru; si vous le pouvez employez-le, ou recommandez-te à qui pourra l'employer, mais vous n'avez pas l'obligation d'aller au-delà de vos possibilités.

7 - en présence d'un frère et en son absence.

Les maçons francs et acceptés ont toujours eu l'obligation d'éviter toute forme de diffamation et calomnie des frères sincères et loyaux, ou de critique irrespectueuse des actes d'un frère ou de sa personne, et de méchanceté ou de ressentiment injuste; vous ne devez pas souffrir que l'on adresse des reproches à un frère honnête, mais devez défendre sa réputation en tout ce qui est compatible avec l'honneur, la sécurité et la prudence, mais pas plus loin.

 

Septième devoir : des proces.

Si un frère vous fait du tort, adressez-vous d'abord à votre propre loge ou à la sienne; et si vous n'obtenez pas satisfaction vous pouvez faire appel devant la Grande Loge, mais vous ne devez jamais avoir recours à une cour de justice tant que le cas peut être réglé autrement ; car si le cas ne concerne que des maçons et la maçonnerie, les procès devraient être évités grâce aux avis sagaces de maçons prudents, qui sont les meilleurs arbitres de différends.

Mais si cet arbitrage n'est pas possible ou est inefficace, et que l'affaire doive être portée devant les cours de justice ou d'équité, il faut éviter la colère, la méchanceté et la rancœur dans cette plainte, ne rien dire ou faire qui puisse nuire à la continuité ou au renouveau de l'amour et l'amitié fraternels, qui sont la gloire et le ciment de notre antique fraternité. Ainsi nous pourrons montrer au monde entier l'in­fluence bénéfique de la maçonnerie, comme le font depuis le début des temps les frères sages, véritables et fidèles, et comme ils continueront à le faire jusqu'à ce que l'architecture disparaisse dans l'embrasement général. Amen! qu'il en soit ainsi !

Toux ces devoirs, vous les respecterez, ainsi que ceux qui vous seront communiqués d'une façon qui ne peut s'écrire.

 

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