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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 16:02


Nous, Maçons Traditionnels Libres, déclarons nous soumettre aux règles, définitions et principes suivants et nous engager à les respecter en toutes circonstances.

Article I

La Franc-Maçonnerie est de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle. Elle a pour but la transformation initiatique de ses membres par la méditation de la Loi d’Amour de l’Evangile de Saint Jean et la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques. Cette transformation doit, et ne saurait s’opérer effectivement que dans un climat de tolérance, de modestie, de modération, de discrétion, de loyauté absolue, de calme et de courtoisie.

Article II

C’est pourquoi la Franc-Maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine confessionnel, politique, social, économique et financier, ce qui est une source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres. Les Loges s’interdiront tout exposé et tout travail sur ces sujets et leurs membres s’abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu’elles soient.
Les Maçons se doivent également d’observer une grande décence dans leurs propos et de s’abstenir de tout excès susceptible de modifier et d’altérer leur comportement.

Article III

L’entraide a toujours été une des grandes règles de la Franc-Maçonnerie. Elle exige cepen-dant d’être exercée avec beaucoup de discernement. Elle doit notamment se limiter aux services qui allègent les difficultés réelles que rencontrent les uns et les autres au cours de leur existence et ne jamais devenir une sorte d’association matérielle ou de complicité pour le profit.
Ainsi, sous la réserve de la discrétion qui est une des grandes lois de la Franc-Maçonnerie, l’entraide qui intervient entre les Maçons peut à tout instant être connue de tous, en particulier des Officiers des Loges et des dirigeants fédéraux, sans que personne ait à en rougir ni à formuler de réserves.
On s’abstiendra en outre de demander un service à un Maçon qui n’est pas vraiment en mesure de le rendre et l’on s’interdira de même de rendre un service s’il sort de sa compé-tence réelle ou s’il comporte, un risque, si faible soit-il, pour sa propre situation.
On se souviendra toujours que l’exercice imprudent et erroné de l’entraide est une autre des grandes causes des conflits qui peuvent surgir dans les Loges et mettre en danger le tra-vail initiatique qui doit seul s’y accomplir.

Article IV

La bienfaisance est aussi un des buts les plus anciens de la Franc-Maçonnerie. Elle se dis-tingue de l’entraide en ne se limitant pas aux membres de l’Ordre. Elle est pratiquée soit par les Loges, soit individuellement par leurs membres.
Cette bienfaisance s’exerce matériellement grâce aux fonds recueillis par le tronc qui cir-cule pour cet objet dans les assemblées. Le don qui est fait dans cette circonstance est un acte essentiel qui doit être proportionné aux ressources de chacun. C’est pourquoi les membres des Loges se feront une règle d’adresser leur obole chaque fois que les circonstances les empêcheront d’assister aux assemblées. Ils n’omettront jamais non plus de déposer leur obole lorsqu’ils sont dans l’obligation de se retirer avant la clôture des travaux.
Les maçons constatent qu'en l'état actuel des sociétés humaines, la détresse, la misère, la souffrance, les malheurs du monde, et l'inégalité en tous domaines ne cessent de s'aggraver alors que la vocation essentielle, primordiale et fondamentale de l'homme devait laisser es-pérer le contraire.
Or l'authentique bienfaisance se révèle à nous dans la totalité de son ampleur. L'humain peut s'éveiller, s'accomplir et commencer de réaliser son destin en compensant et dépassant les aléas issus de la société, de la nature, de la culture et de l'égoïsme multiforme.
La vérité de la bienfaisance est là : au secours de toutes les souffrances, au service de la dignité morale et matérielle des êtres en témoignant par la pensée, la parole et l'action d'un autre ordre humain spirituel dont l'amour de Dieu, de l'humanité et de la création est la prio-rité absolue, la valeur suprême.

Article V

Parmi les dangers qui menacent la vie initiatique des Loges, la recherche des honneurs et les rivalités qui en résultent doit certainement être considérée à l’égal des plus graves. La hiérarchie qui est une des structures naturelles de la Franc-Maçonnerie peut en effet tenter des Maçons plus soucieux d’apparence que de réalité, plus désireux d’exercer une autorité illusoire que d’assumer pleinement des charges et des responsabilités.
Il faut reconnaître par ailleurs que la place importante que prennent nécessairement des Maçons compétents, actifs et dévoués est un autre péril, car ces derniers habituent les membres des Loges à la facilité et leur succession devient d’année en année plus difficile.
C’est pourquoi les Maçons Traditionnels Libres estiment que le changement de Vénérable chaque année dans les Loges est une pratique à recommander vivement. Il est également souhaitable que le futur Vénérable ait occupé les différents postes des filières propres à chaque rite.
Les aptitudes de tous peuvent ainsi apparaître clairement et les listes des Officiers à élire chaque année ne doivent être établies que dans le seul intérêt de la Loge et du rite, et jamais dans un esprit de complaisance ou de concession à une vanité trop humaine. Il n’y a d’ailleurs pas d’exemple qu’un Frère désireux de servir la Maçonnerie, ne puisse y parvenir pleinement dans la limite de ses capacités.

Article VI

Les Loges sont dirigées de façon collégiale par les Maîtres Maçons réunis en Conférence de Maîtres, limitée aux seuls membres actifs. La plus large unanimité est toujours recherchée. Les Apprentis et les Compagnons ne sont jamais associés ou mêlés aux décisions à prendre ni aux discussions qu’elles suscitent.

Article VII

Les initiations et les affiliations ne sont décidées qu’à l’unanimité, ce qui signifie que chaque membre d’une Loge dispose d’un droit d’opposition pour des motifs sérieux et légitimes. On ne doit pas permettre en effet qu’une Loge soit troublée par l’admission d’un nouveau membre contre le gré d’un membre plus ancien. Si la répétition ou le nombre de ces oppositions crée une crise au sein d’une Loge, une issue possible est la création d’une nou-velle Loge, ce que tous doivent faciliter dans un climat de conciliation.
Ces initiations et ces affiliations devront être précédées de la plus large publicité maçon-nique permise par les circonstances, ces actes importants devant être accomplis au su de tous en toute clarté et loyauté.
D’une façon plus générale, on ne perdra pas de vue que l’association maçonnique étant fondée sur la libre cooptation et la coexistence paisible et harmonieuse, aucune règle supérieure à celles-ci ne saurait imposer à des membres, séparés momentanément ou durablement par des antipathies ou des incompatibilités, de continuer à se fréquenter dans la même Loge. Cette situation, profondément regrettable certes, mais qui se rencontre malheureusement parfois, compromet en effet tout travail initiatique et toute évolution heureuse des uns et des autres. On devra dans ce cas s’efforcer de parvenir d’un commun accord à des essaimages ou à des changements d’appartenance ce qui, en supprimant dans l’immédiat des causes de frictions, sera aussi un moyen sûr de rétablir dans l’avenir des relations plus normales et plus satisfaisantes.

Article VIII

Les augmentations de salaire sont de la même façon décidées à l’unanimité. Les candidats subissent un examen sérieux sur leur instruction maçonnique. Leur conduite doit être, à tous égards, irréprochable. Seule la Loge mère a qualité pour accorder ces augmentations de sa-laire, au besoin par délégation.

Article IX

Les Maçons Traditionnels Libres constatent que le pluralisme des rites est désormais une réalité maçonnique qui doit être admise. Ils affirment qu’à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l’essence traditionnelle de la Maçonnerie. Les rites ne s’excluent pas, ils se complètent. Ils doivent cependant conserver tous leur plus grande pureté ainsi que leurs traditions et usages propres. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu’il s’abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.

Les Maçons Traditionnels Libres font choix à ce jour de trois rites :
- Le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli, issu de la Grande Loge de 1717).
- Le Rite Ecossais Rectifié (issu en 1778 et 1782 de la Stricte Observance).
- Le Rite Anglais Style « Emulation » (issu en Angleterre de l’Union de 1813).


Ils estiment que la réunion de ces trois systèmes, égaux en intérêt et en valeur initiatique, a de fortes chances de rassembler la quasi totalité de la tradition maçonnique et que tous les autres systèmes sont composés des mêmes éléments, parfois avec moins de cohérence.
Chacun de ces trois rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont confé-rés dans des organismes nettement distincts des Loges symboliques et de leur fédération.

Chaque rite doit être pratiqué dans le respect absolu des textes et définitions fondamentaux à savoir :
- Pour le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli), les sché-mas directeurs reconstitués selon les textes français des XVIIe et XIXe siècles et les vieux documents anglais et écossais sur les rituels et les instructions par de-mandes et réponses, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696.
- Pour le Régime (ou Rite) Ecossais Rectifié, les textes définitifs rédigés à Lyon de 1785 à 1787 sous la direction de Jean-Baptiste Willermoz et selon les schémas adoptés au Convent de Wilhelmsbad (1782).
- Pour le Style « Emulation », les textes actuellement en usage dans la Loge de Perfectionnement Emulation.

Enfin les Maçons Traditionnels Libres portent tout leur intérêt à la Maçonnerie opérative d’avant 1717 ainsi qu’aux systèmes opératifs qui auraient survécu jusqu’à nos jours et se réservent soit de les pratiquer soit d’y puiser les enseignements nécessaires à une meilleure compréhension de leurs rites.
Ils adoptent les armes accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres et sa plus ancienne devise : « God is our Guide », « Dieu est notre guide », qui doit s’entendre dans tous les sens mais aussi et surtout au sens opératif, en se souvenant que l’Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem sous les ordres du Roi Salomon, avec l’aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d’Hiram Abif.

Cette charte a été adoptée à l’unanimité en tenue de Loge Nationale le 26 Janvier 1969.

Source Loge Nationale Française : http://www.logenationalefrancaise.fr/principes/la-charte-maconnerie-traditionelle-libre

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 09:55

Une nouvelle obédience maçonnique française vient de voir le jour, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), issue de frères provenant de la Grande Loge Nationale Française(GLNF) désireux d’établir les conditions de création d’une Grande Loge éligible à la reconnaissance.

Créée en septembre 2012, la GLIF a publié sur son site internet (sommaire encore) un communiqué dans lequel elle affirme ses buts, ses aspirations et son cheminement en quête d’une Reconnaissance :

Redoutant le retrait probable de la “Reconnaissance” de l’obédience à laquelle ils appartenaient, par la chaîne maçonnique universelle des Grandes Loges reconnues, un groupe de Francs-maçons de cette obédience s’est assemblé, dès 2011, forts de leur statut de Maçons réguliers, dans le but d’explorer les solutions qui permettraient de retrouver le plus vite possible, le cas échéant, cette “Reconnaissance’. 

Si le projet d’une création d’une Grande Loge, comme réponse, a été finalisé dès le printemps 2012, le groupe des « Pères fondateurs », par souci permanent de légitimité et de régularité d’origine et de refus de participer à la fragmentation de la Maçonnerie en France, s’est abstenu de s’auto-proclamer en Grande Loge dotée dune structure de gouvernance pré- déterminée.

Il a attendu, pour déclarer la création de cette nouvelle Grande Loge, que le retrait de reconnaissance, tant redouté, tombe effectivement ; qu’un cadre de travail légitime pour la reconstruction soit défini ; qu’il soit invité officiellement à y participer et que, dans ce contexte nouveau, des Loges pétitionnent en toute liberté pour motiver la création d’une telle Grande Loge aspirant à la reconnaissance des Grandes Loges régulières dans le monde.

Saluant l’initiative des Grandes Loges européennes à venir en aide aux Frères français pour favoriser la recomposition d’une Franc-maçonnerie régulière et reconnue en France, et confortée par le schéma de travail défini par la Déclaration de Bâle (10/06/2012) et confirmé par la Lettre de Berlin (28/07/ 2012) ; la création de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE “GLIF” a été officiellement publiée le 25 Septembre 2012, affirmant son total engagement dans le processus de recomposition auquel elle est officiellement invitée.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est une société fraternelle maçonnique, union de loges et de Frères réguliers, se réunissant sous la règle des 8 points des “BASIC PRINCIPLES de 1929” (Travaux ouverts à la Gloire du Grande Architecte de l’Univers, qui est Dieu, Bible, équerre, compas ouverts en Loge, membres masculins, respect des us et coutumes immémoriaux, etc.), communs à toutes les Loges maçonniques régulières dans le monde.

Elle est organisée en une association loi de 1901, regroupant des Loges constituées ellesmême en associations du même type, propriétaires de leurs propres ressources financières.

Ces Loges sont unifiées et font partie intégrante, pour la reconnaissance de leur appartenance à l’Ordre maçonnique régulier universel, de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE, au travers de chartes délivrées par le Grand Maître et de leur engagement à respecter la Constitution, les autorisant à se prévaloir des privilèges de la reconnaissance dévolue à la GLIF.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est souveraine pour les grades du Métier (« Craft »), dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L’objectif est à présent d’aboutir le plus vite possible au recouvrement, pour ses Frères, de la Reconnaissance de la part de la chaîne maçonnique universelle des Grands Loges reconnues comme telles.

Dans ce but, un calendrier de rencontres officielles avec des parties prenantes nationales et internationales est d’ores et déjà établi.

Source : http://www.gadlu.info/creation-de-la-grande-loge-independante-de-france-en-quete-dune-reconnaissance.html

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:54

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:29

Nouvelles lumières sur un conflit fondamental de la Maçonnerie anglaise .

Au fur et à mesure de l'avancement des recherches, l'histoire des premiers temps de la Maçonnerie anglaise apparaît plus complexe qu'on ne l'a dit ou imaginé jusqu'à présent. C'est le cas de ce conflit fondamental qui secoua la franc-maçonnerie d'outre-Manche pendant près de 60 ans : la querelle des « Anciens » et des « Modernes » (1751/1753-1813).

Surtout étudiée comme une affaire interne à l'Angleterre, il semble aujourd'hui, si l'on veut renouveler et approfondir la question qu'il faille tenir compte de l'environnement britannique, surtout irlandais, voire de la Maçonnerie continentale et principalement française.

C'est ainsi que depuis 1928, Philipp Crossle, grand historien de la Maçonnerie irlandaise, a attiré l'attention sur les spécificités de cette Maçonnerie et notamment l'existence d'un système en 3 grades ou étapes, antérieur au système révélé par Samuel Prichard en 1730, doté d'un contenu différent comprenant l'Arc Royal. Ce faisant, Crossle posait implicitement la question de l'apparition et de l'influence des hauts grades dans l'histoire générale de la Maçonnerie.

Par ailleurs, si, comme l'a montré Alain Bernheim, les Maçonneries anglaises et françaises ont été, pour les grades bleus, sensiblement identiques jusque vers 1750 (jusqu'à l'apparition des « Anciens »), il est certain que la floraison des hauts grades en France dès les années 1740 aura une incidence sur la Maçonnerie anglaise à partir du tournant du siècle.

C'est dire que la manière habituelle d'envisager ce conflit, comme une querelle entre un système anglais parfaitement défini et inamovible représenté par la GL de 1717 et appelé, par dérision, les « Modernes » et un système importé d'Irlande par les « Anciens » est sans doute à renouveler.

Pour s'en tenir au seul problème de l'Arc Royal, réputé avoir été importé d'Irlande en Angleterre par les « Anciens », comment rendre compte du fait que la légende de ce grade qui sera bientôt connue en Angleterre est différente de celle développée dans la version irlandaise, mais par contre très proche de la légende qui figure dans les rituels français dit de « Royale arche » ?

Il est clair que l'histoire de la Maçonnerie anglaise ne se résume pas à l'histoire de la Maçonnerie en Angleterre stricto sensu . C'est, en réalité, l'histoire d'une Maçonnerie qui subit toutes sortes d'influences, internes et anglaises bien sûr, mais aussi externes, irlandaises et françaises. Dans le deuxième tiers du XVIIIe siècle, il s'est donc constitué, en Angleterre, un système maçonnique qui est le produit de toutes ces influences et qui, évidemment, a également eu des influences, à son tour, sur d'autres Maçonneries et notamment en France. Apparaît ainsi une histoire franco-britannique qui tente de cerner toutes ces influences et de relire un certain nombre de problèmes relatifs aux origines de la Maçonnerie : l'installation du Maître de la Loge, l'Arc royal, etc.

La querelle des « Moderns » et des « Ancients » est une querelle fondamentale de la Maçonnerie anglaise. Classiquement, elle s'énonce ainsi : Jusqu'en 1750, la Maçonnerie anglaise est unie et uniforme. En 1751, apparaît une nouvelle organisation maçonnique qui va s'appeler « GL des FM selon les anciennes institutions » ou plus sommairement « GL des Anciens ». La GL de 1717 s'appellera, par dérision la « GL des Modernes » (et aujourd'hui « Première Grand Loge »). Cette GL des Anciens est principalement fondée par des Maçons Irlandais vivant à Londres mais refusant les usages de la GL de 1717 qui, en 1750, était déjà largement répandue dans toute l'Angleterre.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la théorie selon laquelle la GL des « Anciens » était une scission ou un schisme de la GL des Modernes était communément admise. Suivant cette thèse, un certain de nombres de Loges aurait quitté la GL de Londres et créé une nouvelle obédience par refus d'innovations qui auraient été apportées dans le Métier par ladite GL. Ces innovations, parmi lesquelles la fameuse histoire de l'inversion des Mots sacrés (J-B ou B-J) 1, seraient apparues dans les années 1730, puis elles seraient devenues si nombreuses (au point de devenir inacceptables) que certaines Loges auraient décidé, dans les années 1750, de revenir aux anciens usages et de quitter la GL de 1717. Cette thèse était évidemment défendue par les « Ancients » eux-mêmes et dès 1756 avec la publication du livre des Constitutions Ahiman Rezon de Laurence Dermott. Henri Sadler ( in Masonic Facts and Fictions ) a définitivement démontré, en 1887, que la fondation de 1751 n'est pas le fruit d'un schisme mais qu'elle s'est constituée de novo et qu'elle a, par conséquent, une origine différente de celle de la GL de 1717.

En réalité, c'est un Grand Comité qui apparaît en 1751 et qui prend le titre de GL à partir de 1753 lorsqu'elle eût un frère de noble naissance pour la présider en qualité de Grand Maître 2. Les premiers membres étaient des Irlandais émigrés en Angleterre. Ceux-ci auraient probablement eu des difficultés à se faire recevoir dans des Loges anglaises. De plus ces Loges pratiquaient une Maçonnerie trop différente de la leur ce qui rendait quasi impossible une intégration dans la GL de 1717. Ils auraient alors fondé leur propre GL où ils pouvaient pratiquer les usages qu'ils auraient apportés d'Irlande et dont ils auraient proclamé l'ancienneté par rapport à la Maçonnerie anglaise.

La qualification d'« ancients » attribuée à une GL qui a 30 ans de moins que son aînée peut sembler curieuse, polémique et injuste. Certes, mais au delà de cette querelle de mots, on ne doit pas oublier les questions fondamentales :

1. Quelles sont les différences réelles entre les deux GG LL ?

2. Parmi les différents usages, quels étaient ceux véritablement les plus anciens, et, dans cette perspective, quand, où, comment, pourquoi ce serait fait le passage des usages anciens aux usages modernes ?

Ces deux questions n'ont guère reçu, encore aujourd'hui, de réponses satisfaisantes.

Il semble que l'on peut renouveler cette problématique en étudiant la Maçonnerie en Irlande.

La connaissance de la Maçonnerie irlandaise passe nécessairement par l'étude d'un ouvrage fondamental de John Herron Lepper et Philipp Crossle, Histoire de la GL des Maçons Anciens et Acceptés d'Irlande , Dublin, 1925, réédité en 1987 .

Dans cet ouvrage, les auteurs montrent qu'il existent des preuves documentaires de l'existence d'une maçonnerie spéculative en Irlande avant qu'on en ait la certitude, elle aussi documentaire, en Angleterre. Ainsi, dans les archives du Trinity College de Dublin, un document mentionne l'existence d'une Loge de francs-maçons (rassemblant essentiellement des étudiants) en 1688. Un autre manuscrit du Trinity College 4, qui porte la date de 1711, décrit un système en 3 étapes 5. En 1725, le récit d'une procession publique atteste l'existence d'une GL en Irlande. En 1730 enfin, sont publiées les Constitutions dites de Pennel, proches du texte d'Anderson, à cette différence importante qu'elle mentionne le grade de Maître ce qui n'est pas le cas dans le texte anglais de 1723 6.

Ainsi, on constate que toutes les manifestations connues de la première Maçonnerie irlandaise sont remarquables soit par leur date soit par leur contenu. Au vu de ces documents, il apparaît que la Maçonnerie Irlandaise est ancienne et différente de la première Maçonnerie anglaise.

Sur l'origine sociologique de cette Maçonnerie irlandaise, on peut émettre deux hypothèses. Ce serait une Maçonnerie purement irlandaise ou celte ou alors (l'Irlande étant de facto occupée par l'Angleterre) une Maçonnerie de colons anglais installés en Irlande (les anglo-irlandais). Ces derniers composant l'aristocratie du pays sont essentiellement regroupés autour de Dublin. Cette hypothèse semble la plus crédible et la première Maçonnerie irlandaise apparaît de plus en plus comme une Maçonnerie anglo-irlandaise. Cependant, tous les colons ne font pas partie de l'aristocratie loin s'en faut. Il se constitue ainsi une immigration anglo-irlandaise pauvre, très proche de la population irlandaise autochtone, de sorte que l'émigration irlandaise vers l'Angleterre cette fois au XVIIIe siècle est surtout une émigration d'anglo-irlandais. On peut alors imaginer, car aucun document ne le confirme à l'heure actuelle, que ces anglo-irlandais, émigrés, de petite extraction, avec leur Maçonnerie propre ont reçu un accueil peu enthousiaste dans les Loges anglaises d'autant qu'ils possédaient un grade -- et c'est dans cette perspective que l'on peut réexaminer la question de l'Arc Royal -- supérieur au grade de Maître et inconnu des anglais 7, qu'ils considéraient, ainsi que l'écrivit Laurence Dermott dans les Constitutions des Ancients , comme « la racine, le coeur, la moelle de la Maçonnerie » et qu'ils réussiront d'ailleurs à imposer définitivement dans la pratique maçonnique anglaise.

En 1778, dans une édition des Constitutions, Laurence Dermott dresse une liste de griefs que les « Anciens » lancent contre les « Modernes ». Seul celui de l'abandon ou de l'ignorance de l'Installation secrète des VV MM, installation capitale puisque, dans le système des « Anciens », elle ouvre la voie à l'Arc royal, est crédible. De fait, l'installation est inconnue en Angleterre -- du moins n'en existe-t-il aucune attestation documentaire -- avant 1760 et la divulgation des « Trois coups distincts ». Mais en dehors de cette accusation, les autres griefs manquent singulièrement de fondements documentaires et sont mêmes contraires à tous les documents connus. Il est ainsi de :

1. l'abandon des prières pendant les cérémonies maçonniques.

2. l'abandon de la célébration des fêtes de Saint-Jean.

3. l'inversion de l'ordre des Mots Sacrés.

En somme, si l'on s'en tient à ce qui est attesté, deux données majeures peuvent définir l'originalité réelle des « Anciens » par rapport aux « Modernes ».

1. Leur ancienneté.

2. L'apport de l'Installation secrète et de l'Arc Royal.

Phillip Crossle, dans un article fameux, The Irish Rite 8, propose une subtile interprétation de la hiérarchie des grades en Irlande jusque vers 1730. Dans les Constitutions de Pennel, il y a 3 étapes, Apprenti, Compagnon, Maître mais elles ne correspondraient pas aux trois grades homonymes de la Maçonnerie anglaise tels qu'ils sont définis dans la divulgation de Prichard (1730). Selon la théorie de Crossle, on peut établir le tableau suivant :

Irlande

 

Angleterre

 

Apprenti

Apprenti et Compagnon

Compagnon

Maître

Maître =
Installation et Arc Royal

 

--

 

En étudiant cet article, nous essayerons de relire la querelle des « Modernes » et des « Anciens » et de nous poser les questions relatives aux origines et ancienneté vraisemblable de la Maçonnerie des Ancients ainsi qu'aux sources de cette Maçonnerie.

Discussion :

1. L'aspect sociologique des Maçonneries anglaise et irlandaise.

S'il semble bien que les « Anciens » soient plutôt des petites gens pratiquant une « technique rituelle » plus stricte que celle des « Modernes », l'uniformisation des deux Grandes Loges allaient se faire assez vite et était déjà très avancée au début du XIXe siècle jusque et y compris au niveau de la Grande Maîtrise, ce qui explique l'Union de 1813. A cette époque, l'origine irlandaise des « Anciens » avait quasiment disparu.

2. Les rapports entre l'Irlande et l'Ecosse.

Ils sont anciens. La peuplade primitive de l'Irlande, ce sont les « Scots ». Par ailleurs, à l'époque des 2 GG LL rivales anglaises, la GL d'Ecosse entretiendra des relations d'amitié avec les « Anciens ». Et l'Arc Royal s'implantera facilement et très rapidement en Ecosse.

3. Laurence Dermott.

Dans La querelle des Anciens et des Modernes , Edimaf, 1999, Marie Cécile Révauger se fait l'écho d'une thèse retenue aussi par Patrick Geay selon laquelle Laurent Dermott serait catholique. Force est de constater que, jusqu'à ce jour, on a pas exhibé la moindre preuve attestant cette affirmation.

4. Aujourd'hui la GL d'Irlande entretient d'excellentes relations avec la GLUA. Les 2 GG LL adoptent des positions communes sur les questions internationales. Mais la GL d'Irlande, qui a autorité sur l'ensemble de l'île, reste principalement composée de Protestants et d'Anglicans dans ce pays très profondément catholique.

Nous avons vu que l'intelligence de la querelle des « Ancients » et des « Moderns » (1751-3/1813) nécessite de prendre en compte l'histoire de la Maçonnerie irlandaise. Deux auteurs importants, Heron Lepper et Crossle 9, nous y aident. C'est ainsi que nous avons pu déterminer que, de tous les griefs reprochés aux Modernes par les Anciens, deux sont vraiment à examiner : l'ancienneté réelle des usages de ces deux GGLL et la question de l'installation secrète et de l'Arc Royal, ce dernier point posant implicitement la question des grades maçonniques. En effet s'il existe en 1730, en Angleterre comme en Irlande, des systèmes maçonniques en 3 grades, il semble que ces systèmes n'aient pas la même ancienneté et ne recouvrent pas la même réalité. Comment donc, en Irlande, le système des grades s'est constitué ? c'est ce que nous allons étudier à travers un remarquable article de Philipp Crossle, The Irish Rite 10.

Rappelons d'abord que « les îles britanniques » sont composées de 3 pays très différents et souvent opposés : l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande. De même il y a lieu d'opérer une distinction entre les Maçonneries de ces pays. L'histoire de la Maçonnerie irlandaise est tout à fait différente de la Maçonnerie anglaise. Philipp Crossle s'attache à faire apparaître la profonde originalité du système maçonnique irlandais avant 1750.

Les origines de la Maçonnerie en Irlande sont très obscures. Elle pourrait être importée d'Angleterre (à la fin du XVII e siècle, dans les années 1680 ?), l'Irlande étant à ce moment-là une colonie anglaise. Cette Maçonnerie irlandaise serait donc celle d'anglo-irlandais, qui auraient formés une sorte d'aristocratie dominant l'Irlande ? Cette aristocratie est séparée du reste du pays non seulement sur le plan économique et social mais aussi sur le plan religieux : elle est anglicane alors que les Irlandais autochtones sont catholiques.Au début du XVIII e siècle, la maçonnerie obédientielle apparaît en Angleterre vers 1717-23 puis en Irlande en 1725, mais, apparemment, de façon tout à fait distincte. On remarquera en effet que cette maçonnerie irlandaise, quoique probablement d'origine anglaise, est attestée depuis 1688 et, depuis de près de 40 années, elle a évolué pour son propre compte, indépendamment de l'Angleterre. Dans les années 1720, il est donc très probable que les Maçonneries anglaise et irlandaise sont très différentes quoique d'une ancienneté égale, et on pourrait même formuler l'hypothèse que les Irlandais aient conservé des usages que les Anglais eux-mêmes auraient altéré ou perdu, ce qui aurait constitué de fait une sorte d'ancienne maçonnerie anglaise (devenue irlandaise). C'est ici que l'on pourrait ancrer la revendication d'ancienneté toujours proclamée par la GL de 1751-3.

En 1730, la GL d'Irlande publie son livre des Constitutions dites de Pennell. Il y est décrit, pour la première fois de manière officielle , un système en 3 grades : apprenti, compagnon et maître. Rappelons que les Constitutions de 1723, à Londres, avait défini une Maçonnerie en 2 grades, que c'est en 1730 qu'est attesté, par une divulgation et pour la première fois en Angleterre, le grade de Maître, que cette divulgation sera condamnée par la GL de Londres, et que c'est seulement en 1738 que le grade de maître sera officialisé, dans la 2e édition des Constitutions anglaises.

Philipp Crossle constate donc que le texte de Pennell décrit explicitement 3 grades. De plus, il est dit qu'un diacre, un surveillant, un maître élu, un député GM qui auraient déjà été « compagnon » pourront se voir conférer le grade de « maître » après son installation. Pour expliquer ces bizarreries, et c'est toute la thèse de Philipp Crossle, il faut comprendre que les mots « apprenti », « compagnon » et « maître » n'ont pas, à cette époque, le même sens et ne désignent pas la même chose en Irlande et en Angleterre. Crossle nous explique qu'on ne peut mettre sur un même plan le texte officiel des Constitutions de Pennell et la divulgation de Prichard non reconnue en son temps par la GL de Londres. En Irlande, en 1730, le grade d'apprenti correspondrait au contenu des grades d'apprenti et de compagnon en Angleterre , le grade de compagnon correspondrait à un contenu proche (mais peut-être sans légende) de ce que sera le futur grade de maître en Angleterre et le grade de maître, toujours en Irlande, décrit l'essentiel de ce qui sera connu plus tard sous le nom d'« Arc Royal ». Ceci justifierait le principal grief que les Anciens (irlandais) reprochaient aux Modernes (anglais), à savoir que ces derniers ignoraient l'Arc Royal, et expliquerait aussi que l'introduction de l'Arc Royal en Angleterre soit apparue comme un 4e grade.

La thèse de Crossle s'inscrit donc parfaitement dans ce que nous savons sur l'origine des grades (à la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, le contenu des grades d'apprenti et de compagnon - des années 1730 - était rassemblé dans le seul grade d'apprenti tandis que le grade de compagnon renfermait l'essentiel de ce qui deviendra le grade de maître) tout en y ajoutant un élément nouveau : le grade de maître en Irlande ou Arc Royal.

Quant à Laurence Dermott, figure emblématique des Anciens, personnage peu connu dont certains pensent qu'il aurait été catholique , il est déjà maçon lorsqu'il arrive en Angleterre. Il est probable que son accueil dans les loges anglaises fut, en tant qu'irlandais, difficile d'autant que les usages et le contenu des grades étaient très différents ou répartis différemment par rapport à ce qu'il avait connu et reçu en Irlande. Et puis surtout il y manquait l'Arc Royal. Ce grade sera donc introduit en Angleterre mais dans le système préexistant, et il deviendra une sorte de 4 e grade anglais. Cela posera problème - la querelle des Anciens et des Modernes en témoigne - car l'Arc Royal n'est pas, pour les Anciens, un haut grade  mais fait bel et bien partie des grades du Métier. Il est même, selon la célèbre formule de Dermott, « la racine, le coeur et la moelle de la Maçonnerie ». L'hypothèse de Crossle va dans ce sens : le premier système maçonnique en 3 grades est irlandais et contient l'Arc Royal. Ainsi, à la lumière de l'histoire maçonnique irlandaise, les affirmations des Anciens prennent plus de poids : leur maçonnerie était peut-être véritablement « ancienne » et l'Arc Royal fait bien partie du Métier. La querelle des Anciens et des Modernes apparaît, au delà des problèmes de personnes comme le choc de deux cultures et de deux conceptions différentes de la maçonnerie.

Discussion :

1. Si l'histoire, avec l'union de 1813, semble avoir donné raison aux Anciens -- même si elle fut le résultat d'un compromis élaboré petit à petit et dès 1760 -- il semble que ces derniers avaient tout de même adopté le système anglais et accepté de mettre l'Arc Royal dans une position un peu à part. Et ce fut le cas aussi en Irlande. De leur côté, très intéressés par l'Arc Royal, les Modernes ont fini par adopter ce grade et l'inclure dans le Métier. Et le fameux article II de l'union, qui définit la vraie maçonnerie en 3 grades seulement y compris l'Arc Royal, prend toute sa signification historique et traditionnelle si l'on se réfère au système maçonnique irlandais des années 1730.

2.L'origine de l'arc Royal reste mystérieuse. Est-il d'origine anglaise ? Fut-il importé en Irlande à la fin du XVII e siècle puis « oublié » par les Anglais ? Au contraire, est-il d'origine purement irlandaise ? L'absence de documents ne permet pas de trancher cette question même si la deuxième hypothèse semble la plus probable.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu'il existe, aujourd'hui, deux types d'Arc Royal avec des légendes différentes. Il y a un grade avec la légende « Zorobabel » et un autre avec la légende « Josias ». L'Arc Royal irlandais d'aujourd'hui est fondé sur cette deuxième légende tout à fait différente de celle pratiquée dans l'Arc Royal anglais. Cela renvoie à une époque où il y aurait eu deux légendes alternatives en Irlande. L'une se serait imposée en Angleterre et l'autre en Irlande. Ceci est encore un mystère supplémentaire. Crossle formule l'hypothèse de l'existence d'une structure archaïque, d'un nucleus, de l'Arc Royal, sans légende. C'est seulement dans un deuxième temps qu'on aurait plaqué à ce noyau une légende, à l'instar de ce qui s'est passé pour le grade de Maître, et il aurait pu y avoir plusieurs légendes différentes (empruntées à la Bible) destinées à expliquer la structure du grade, comme une sorte de commentaire. Ceci pourrait s'appliquer d'ailleurs à l'ensemble des grades maçonniques. En effet, quel que soit le grade considéré, il est, à son origine, très simple dans sa formulation puis, dans un deuxième temps, se diversifie et se complique. Cet enrichissement consiste essentiellement en discours et légende supposés expliciter le contenu originel du grade et éclairer sa signification, même si, en réalité, ils contribuent souvent à le rendre plus obscur... et enfin, il y a la phase de normalisation et de codification. L'exemple du rite français est à cet égard significatif. Ce qui est certain, c'est que l'Arc royal était un grade profondément chrétien. C'est en 1835 seulement qu'on en a fait, après un toilettage laborieux, un grade vétéro-testamentaire, ceci dans la suite de ce qui avait été effectué pour les 3 premiers grades entre 1813 et 1816 dans la Loge de Réconciliation avec la grande entreprise de déchristianisation de la maçonnerie anglaise.

3. Les relations Irlande-Ecosse.

Très anciennes, ces relations privilégiées le sont aussi en Maçonnerie. A partir de 1753, c'est avec la GL des Anciens que la GL d'Ecosse établira des relations, de même cette dernière donne-t-elle tout son statut à l'Arc Royal, comme un 4e grade, auquel on ne peut accéder qu'après avoir été Maître installé.

 

1 Dans Les deux grandes colonnes de la Franc-Maçonnerie de René Désaguliers, 3 e édition augmentée et entièrement refondue par Roger Dachez et Pierre Mollier, Dervy, 1997, on conteste fortement la réalité de cette inversion. Il n'en reste pas moins que cette histoire - dont l'origine remonte à William Preston en 1775 - prendra une importance extraordinaire au point de monopoliser l'attention de la Loge de Promulgation, initiée par les « Modernes » de 1809 à 1811 et préparatrice à l'Union des deux GG LL rivales en 1813, qui reconnaîtra que son propre usage (J-B) est un ordre inversé par rapport à l'ordre véritable et ancien B-J. C'est dire que les « Modernes » eux-mêmes s'étaient persuadés qu'ils avaient inversé les Mots sacrés !

2 Durant ces 3 années, les tenues de GL furent présidées à tour de rôle par le Vénérable de la Loge qui organisait l'assemblée annuelle.

3 History of the Grand Lodge of Free and Accepted Masons of Ireland , vol. I, Lodge of Research, CC.

4 Publié en français, in La franc-maçonnerie : documents fondateurs , L'Herne, Paris, 1992, pp. 231-233, l'auteur de ce manuscrit est un érudit anglais en relations épistolaires avec Robert Plott - qui lui-même fait mention de l'existence de la FM en Angleterre dans l' Histoire naturelle du Staffordshire (1686) - Sir Thomas Molyneux.

5 Cf. Roger Dachez « Les origines du grade de Maître » in RT , n° 96, octobre 1993, pp. 229-231.

6 Il faudra attendre l'édition de 1738.

7 L'Arc Royal actuel a été profondément modifié vers 1835.

8Transactions of the Lodge of research CC , Dublin, 1928, pp. 155-275. La traduction française est à paraître dans Renaissance Traditionnelle.

9 History of the Grand Lodge of Free and Accepted Masons of Ireland , vol. I, Lodge of research, CC, Dublin, 1925, réédité en 1987.

10 Transaction of the Lodge of research ,CC, Dublin, 1928. A paraître en français dans RT .

11 Cf . l'article de Lionel Vibert, conférence prestonienne de 1925, The Development of Trigradal System ( The Collected Prestonian Lectures , vol. 1, 1925-1960, London, Lewis-Masonic, 1984), qui expliquait le passage, en Angleterre, du système en 2 grades à celui du système en 3 grades. Le grade de compagnon de 1723 s'est vu adjoindre une légende pour donner le grade de Maître et le grade d'apprenti de 1723 a été coupé en deux pour donner les grades d'apprenti et de compagnon postérieurs. L'hypothèse de Crossle expliquerait donc que le grade d'apprenti en Irlande en 1730 était bien le même que celui du début du XVIIIe siècle en Angleterre... Rappelons qu'il existait à la même époque, en Ecosse, un système tout à fait similaire, en 2 grades, Apprenti Entré et Compagnon du Métier ou Maître.

12 Nous entrons ici dans la difficile question des origines du grade de Maître. Il y a eu plusieurs grades de Maîtres qui ne comprenaient pas la légende de l'actuel grade de Maître. 3 légendes différentes au moins ont été identifiées, de même qu'il a existé un grade de Maître fondé sur les 5 points du Compagnonnage. L'actuelle légende est d'origine anglaise mais, avant 1730, il a pu exister, en Angleterre, un grade de maître sans cette légende et même sans légende du tout, grade auquel le contenu du grade de compagnon en Irlande aurait correspondu. Cf . Roger Dachez, « Les origines du grade de Maître » in RT .

13 L'Irlande est un pays profondément catholique. Rome avait condamné la franc-maçonnerie dès 1738. Dermott fut initié en 1740, et la GL d'Irlande était et est composée en majorité d'Anglicans. Sur Dermott, voir Ahiman Rezon , traduction par Georges Lamoine, édition SNES, 1997, pp. III à V, et Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie , Paris, 2000.

14 Comprenons bien que les Irlandais n'étaient pas opposés aux Hauts grades, comme en témoigne cette liste de grades des années 1760/80 : apprenti, compagnon, maître, maître de l'arche, compagnon de la marque, maître de la marque, maçon du lien ou de la lutte, passage de Babylone ou de la Croix rouge, passage du Jourdain, ordre royal ou Bleu de Prusse.

source : http://www.logenationalefrancaise.fr/

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:14

Les historiens de la maçonnerie anglaise n'ont guère accorde d' importance à Laurence Dermott, bien qu'il ait joue un rôle clef dans l'expansion de la Grande Loge des Anciens. C'est Henry Sadler qui lui rendit enfin justice en 1887 dans Masonic Facts and Fiction, et nous devons à Georges Lamoine d'avoir publie la première édition bilingue de l'oeuvre de Dermott qui servit de constitutions aux Anciens (Ahiman Rezon, Éd. S. N .E S., 1997), permettant ainsi aux lecteurs français de la découvrir

Laurence Dermott avait des origines modestes qu'il se fit un point d'honneur à évoquer dans la troisième édition de son Ahiman Rezon pour répondre aux attaques que les «Modernes» multipliaient alors contre lui. L'ostracisme social, teinte de racisme anti-irlandais, semble avoir été pour beaucoup dans ce silence. Dermott disait lui-même: «Les Modernes varient en matière de calomnie car, pendant que certains m'accusent de faux, d'autres disent que je suis illettré au point de ne savoir écrire mon nom. Mais le plus étrange est que d'aucuns veulent absolument que je n'aie ni pere ni mère, et que j'aie spontanément poussé dans un carre de pommes de terre d'un potager d'Irlande.»

Les siLences de l'historiographie et les calomnies dont fut victime Dermott nécessitent donc de faire le point sur La figure de proue des Anciens. Laurence Dermott est initie à la loge n° 26 de la capitale irlandaise en 1740, des l'âge de 20 ans. I1 devient vénérable de cette loge six ans plus tard. En bon Irlandais, il est catholique. I1 émigre en Angleterre peu après 1746 et est admis dans une loge «Moderne», mais, lorsque se créé la Grande Loge des Anciens, il rejoint les loges «Anciennes». Il est tour à tour ouvrier peintre, journeyman painter (employé à la journée), puis marchand de vin et courtier entre le continent et les acheteurs anglais Son statut professionnel assez précaire attire le mépris de l'aristocratique Grande Loge des Modernes pour un homme qui, malgré ce handicap certain, aspire à de très hautes responsabilités maçonniques. Laurence Dermott est élu Grand Secrétaire en 1752 de la Grande Loge des Anciens; il exerce cette fonction jusqu'en 1771, date à laquelle il devient Grand Maître Adjoint (Députe Grand Master). C'est un poste essentiel puisque le Grand Maître, presque toujours un aristocrate, n'a qu'un rôle honorifique. Il occupe cet office jusqu'en 1777, puis de nouveau de 1783 à 1787, assurant ainsi la continuité du pouvoir au sein de la Grande Loge.

Ahiman Rezon sert véritablement de constitutions aux Anciens, au même titre que l'ouvrage d'Anderson pour les Modernes. L'ouvrage, qui connaît de nombreuses rééditions jusqu'en 1813, se compose d'une introduction, d'une profession de foi sur les objectifs de La franc-maçonnerie, rédigée à la fois à l'intention des profanes et des inities, et des « anciennes obligations» et des règlements généraux de l'Ordre. Ces deux dernières parties s'inspirent très fortement du texte d'Anderson. Cependant les références à la franc-maçonnerie ,«opérative» sont plus appuyées chez Dermott que chez Anderson. Contrairement aux Modernes, les Anciens pourront d'ailleurs revendiquer une loge opérative» au XVIIIe siècle: la Domatic Lodge de Londres. Dermott ridiculise les prétentions historiques d'Anderson qui avait date la franc-maçonnerie du Paradis terrestre. Dermott traite ensuite du fonctionnement de la nouvelle Grande Loge, qui est réglemente de façon plus précise et plus démocratique que celui des Modernes. Ainsi, le choix du Grand Maître doit être approuvé à l'unanimité par les membres de la Grande Loge, les officiers de la Grande Loge sont élus et non nommés par le Grand Maître comme chez les Modernes; le déroulement des assemblées de loge est lui aussi réglementé: aucun membre n'est autorise à prendre la parole plus d'une fois sur un même sujet, cela afin de garantir la liberté d'expression de tous et d'éviter à quelques-uns de monopoliser la parole. Il introduit l' obligation de réciter une prière au moment de l'ouverture et de la clôture des travaux, il fait alors preuve d'un certain éclectisme religieux, puisqu'il propose à la fois des prières chrétiennes et des prières juives. Une prière spécifique sera récitée au 4° celui de Royal Arch, dont il n'a sans doute pas eu la paternité comme cela à pu être affirme. Dermott accorde beaucoup d' importance au comité de bienfaisance -Committee of Charity-, tout en décourageant l'entrée en franc-maçonnerie de personnes indigentes.

La personnalité de Dermott à souvent été critiquée surtout par les Modernes. Il est certain que l'auteur d'Ahiman Rezon ne pécha pas par modestie, mais cela s'explique en grande partie par la nécessite de faire face au mépris social dont firent preuve ses adversaires à son égard. Laurence Dermott fut la figure de proue des Anciens, il sut faire preuve d'offensive quand il le fallut. Sans son acharnement il est vraisemblable que la Grande Loge des Anciens n'aurait jamais connu cet essor. Dermott arrêta de déterminer la politique des Anciens en 1787 pour des raisons de santé. Il mourut en 1791.

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/Franc-M/fra-d-02.htm

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 11:44

Confessant, sans se rendre compte de ce que son affirmation peut avoir comme caractère de prétention exagérée en participant d’une ambition démesurée, qu’il cherche, depuis son apparition dans l’espace internet, « à interpréter, voire redresser la doctrine de Martinès de Pasqually » (merci pour elle !), celui qui n’y va pas par quatre chemins pour la tordre en tous sens, vient de publier des extraits d’une lettre de Jean-Baptiste Willermoz à Bernard-Frédéric de Turckheim, datée d’octobre 1785 [1].

L’initiative est louable, même si elle ressemble fort à une certaine dérobade après la sévère correction théorique qu’il vient de recevoir à propos de son interprétation de la doctrine de la création selon le Traité de la réintégration. On sent l’envie de passer à autre chose. Soit.

1) Willermoz papiste

Willermoz insiste donc dans cette lettre au baron de Turckheim que l’on nous présente, sur un des buts de l’Ordre rectifié : ramener les chrétiens à l’unité perdue.

On ne relèvera pas l’erreur au sujet de la première citation, d’un texte attribué à Willermoz qui doit bien plutôt être une déclaration du Christ : « je suis un ; j’ai établi un seul culte sur la terre, et c’est celui-là seul qui m’est parfaitement agréable ; voilà pourquoi je veux ramenertous les chrétiens à cette unité essentielle de culte qu’ils ont défiguré et morcelé au grés de leurs passions. » Il est clair que ces paroles ne peuvent être celles du patriarche lyonnais.

Curieuse méprise.

Mais dans cette correspondance, ce qui est intéressant, c’est que Willermoz met en lumière la supériorité de Rome sur l’ensemble de la chrétienté en raison du choix du Christ d’instituer saint Pierre comme le chef des apôtres et de l’Eglise, et il le fait auprès d’un réformé avec une certaine insistance en des termes forts que n’aurait pas désavoué le très papiste Joseph de Maistre (+1821), parlant nettement d’une « primauté » de l’évêque de Rome « fondée sur l’Evangile », et ceci même si la papauté venait à présenter une image trouble, car « l’unité temporelle » de la chrétienté repose pour Willermoz uniquement sur le pape : « …la primauté d’un évêque sur tous les autres et sur tous les chrétiens ; […] est formellement établie dans l’évangile. Tous les apôtres furent égaux en caractère sacerdotal et en mission évangélique ; cependant ce fut à un seul que J.C. dit : « Vous êtes Pierre et sur cette pierre je fonderai mon église. » Ailleurs il dit au même et non aux autres « Paissez mes agneaux, paissez mes brebis ». Si ce n’est pas là un caractère de primauté essentielle, il n’y en aura jamais nulle part ailleurs.» [2]

2) Willermoz place le concile au-dessus du pape

Cependant, après ce rappel d’adhésion au papisme romain, la suite nous montre un Willermoz en réalité profondément janséniste, puisqu’il place le concile au-dessus du pape, ce qui fut le cœur de l’argumentaire constant des augustiniens au XVIIIe siècle : « En soutenant l’opinionde la nécessité d’un chef visible des chrétiens, je ne confonds point le chef avec le centre commun de la chrétienté, dont j’ai parlé aussi, qui doit être seul juge compétent en matièrede foi. Or ce juge c’est l’église chrétienne assemblée en concile, formé par ses représentants essentiels. C’est celui-là seul qui peut légitimement interpréter le dogme et fixer la règle de foi des chrétiens. Si les conciles ne peuvent pas s’établir, dites-moi donc, je vous prie, quelle est la puissance sur la terre qui pourra maintenir l’unité de croyance dans la religion chrétienne, à moins que vous n’admettiez une inspiration immédiate du Saint Esprit pour chaque église en particulier. Vous nous reprochez, comme une erreur ou une faiblesse qui excite votre surprise, d’adhérer aux décisions de ces conciles. Ainsi comme malgré le désordre abominable de Sodome, dix justes eussent suffi pour sauver cette ville, nous pouvons à plus forte raison penser que dans ces conciles nombreux il s’agissait de conserver ou d’étendre la foi aux dogmes nécessaires, il y a eu dix hommes justes pieux et bien intentionnés, et que le Saint Esprit était au milieu d’eux. »

Johann Lucas Kracker, Le Concile de Trente, 1778.

 

3) Willermoz formule des thèses jansénistes

Là, et ce texte est rédigé en 1785, on est en plein climat janséniste à Lyon, comme le démontre remarquablement Jean-Marc Vivenza dans son récent ouvrage [3] – première fois à notre connaissance qu’est étudiée, dans le cadre d’un texte du milieu ésotérique, la situation du diocèse de Lyon du temps de Willermoz - le cardinal Malvin de Montazet, qui dirigeait l’ensemble du lyonnais, esprit profondément acquis aux thèses de Port-Royal, ayant encouragé les « prêtres appelants », c’est-à-dire ceux appelant les fidèles à contester la bulle Unigenitus du Pape Clément XI de 1713. L’évêque de Lyon suivait en cela les évêques qui publièrent un « Appel » visant à la réunion d’un concile général, se regroupant sous le nom d'« Appelants », en se fondant dans cette démarche sur la « Déclaration des quatre articles de 1682 », votée par l'assemblée du clergé de France qui stipulait que le concile était supérieur au pape en matière de dogme.

Antoine de Malvin de Montazet (1713-1788), archevêque de Lyon

 

La Déclaration des Quatre articles, rédigée par Bossuet, fut adoptée en 1682 par l'assemblée extraordinaire du Clergé du royaume de France, et affirmait en ses articles 3 et 4 :

- Le concile œcuménique, réunion de tous les évêques de la chrétienté, prend des décisions qui ont une valeur supérieure à celles du pape dont son autorité est donc limitée par celle des conciles généraux ;

- En matière de dogme, le pape n'est infaillible qu'avec le consentement de l'Église universelle.

Et cette affirmation de foi janséniste va si loin chez Willermoz, qu’après avoir décrit la valeur des formes de la piété (la Vierge Marie, les saints, les anges), l’importance des sacrements (confessions et extrême onction), et la grandeur du culte romain (messe), il insiste de nouveau, en accueillant favorablement la réaction de quelques frères réformés qui lui auraient déclaré : « …plusieurs églises protestantes se réuniraient, ainsi que nous, à la croyance de lacommunion romaine si cela pouvait se faire sans s’unir à la cour de Rome, pour laquelle onconserve un juste et invincible ressentiment qui rend toute union impraticable tant qu’elle nese réforme pas dans ses ambitieuses prétentions et qu’elle ne fera pas des sacrifices qu’elle ne veut pas faire. »

4) Willermoz ne parle à aucun moment des fondements de la doctrine dans cette lettre

Pourtant, contrairement à ce qu’on voudrait faire sortir de ce texte en forçant son sens et en exagérant sa portée par l’effet d’une vue particulière aisément décelable et au travers d’un prisme participant d’une conception partisane de l'oeuvre de Willermoz, dans cette lettre à Bernard de Turckheim le lyonnais en reste à des explications très évasives et superficielles au sujet de la doctrine de la Grande Profession, qui n’est pas vraiment abordée face à un interlocuteur qui manifeste des inquiétudes à son égard, et le fondateur du Régime cherche visiblement surtout à rassurer son correspondant, sans prendre le risque de s’engager dans des sujets qu’il sait être très délicats sur le plan dogmatique.

Ainsi à aucun moment, comme il apparaît, et contrairement au commentaire participant d’une opinion personnelle infondée auquel s’autorise celui qui prend l’initiative de la publication de cette lettre, et sans doute porté par l'enthousiasme d'une révélation personnelle l'entraînant à soutenir une vision restrictive et particulière de la doctrine willermozienne enfermant l'esprit des frères dans un mode de pensée unique et dogmatique bien éloigné par nature de l'approche initiatique, le patriarche lyonnais ne « met en lumière les principes et fondements spirituels « essentiels » de la Doctrine de l’Initiation de la Grande Profession de l’Ordre Rectifié » (sic), ainsi que le prouvent les termes littéraires et quasi ornementaux de sa lettre (« l’enchaînement ravissant » ; « prodigieux moyen » ; « chaleur de sentiment », etc.), qui n’abordent à aucun moment la doctrine proprement dite.

Les explications de Willermoz à Turckheim sur ce qu’il nomme la « doctrine de l’initiation », c’est-à-dire le doctrine de la Profession, traduisent bien plutôt le caractère allusif et presque fuyant de son discours, soutenant la thèse d’une origine inconnue des Instructions : « Vous aviez été frappé , comme je l’ai déjà dit, du caractère de vérité de la doctrine de l’initiation, de l’immense étendue et multiplicité des objets qu’elle embrasse, de l’enchaînement ravissant de toutes ses parties qui fournit une preuve de plus de la vérité et du prodigieux moyen qui a été employé pour nous en gratifier et pour éclairer par elle peut-être le monde entier ; vous éprouvâtes alors cette chaleur de sentiment qui la caractérise, ce que nous avions tous ressenti et nous remarquâmes avec autant d’étonnement que de satisfaction que vous étiez doué d’une intelligence rare qui vous faisait percer les points les plus obscurs et les plus difficiles de cette doctrine. »

De l’emphase, du style certes, mais pas la moindre once de doctrine dans ces lignes.

5) Willermoz un augustinien convaincu

En revanche, il est tout à fait net dans cette lettre, que Willermoz, fait siennes les thèses des augustiniens en matière de conception ecclésiale et de leur conviction que le concile est supérieur au pape : « je ne confonds point le chef avec le centre commun de la chrétienté…qui doit être seul juge compétent en matière de foi… l’église chrétienne assemblée en concile… », ce qui renforce plus encore l’analyse suivante de Jean-Marc Vivenza à propos du climat religieux dominant à Lyon, qui eut un influence directe et bien réelle sur le rectifié :

« Tel est le catholicisme, empreint de pénitence, de mortification, de bienfaisance et de prière, dans lequel baigna Willermoz, et dont sa pensée porte trace et est profondément imprégnée, catholicisme augustinien qui n’est pas du « manichéisme», soit un dualisme gnostique commun à la gnose des premiers siècles comme aux différentes expressions du néognosticisme contemporain, croyance métaphysique en l’existence de deux principes antagonistes qui s’opposent de toute éternité -, mais un christianisme très méfiant vis-à-vis du monde et de ses lois, peu enclin à considérer les créatures comme non soumises à l’emprise des mensonges du démon.

C’est donc dans ce climat participant d’un jansénisme quasi « officiel » défendu par Mgr Malvin de Montazet, et dans nul autre, que Willermoz, fervent catholique, vécut sa foi chrétienne et exerça sa piété religieuse. On ne s’étonnera donc pas d’en trouver trace dans la pensée du lyonnais, et de constater d’évidentes références aux thèses augustiniennes dans les écrits du fondateur du Régime Ecossais Rectifié, écrits qui font état d’une nette distance critique d’avec les réalités de ce monde et invitent à se libérer des vapeurs grossières de la matière pour parvenir, par la purification du coeur, aux « régions célestes » où demeure le saint Temple de l’Eternel : « Principe Suprême de tout ce qui existe, ton saint Temple n’estpoint dans cette région inférieure et matérielle et souillée ; ton trône est supérieur même auxrégions célestes, et tu en as imprimé le sentiment intime dans le coeur de l’homme. » (15 avril1788 – Willermoz, Mes pensées et celles des autres). » [4]

Conclusion

En effet, « on ne s’étonnera pas de trouver trace [d’un jansénisme quasi « officiel »] dans la pensée du lyonnais, et de constater d’évidentes références aux thèses augustiniennes dans les écrits du fondateur du Régime Ecossais Rectifié », et cette lettre destinée à Bernard de Turckheim de 1785, s’il en était besoin, par les positions anti-infaillibilistes gallicanesjansénistes très nettes à l’égard du pape qu’elle fait apparaître, le démontre de façon tout à faitincontestable.

Remercions donc celui qui nous donne, malgré l'aspect limité de ses commentaires et la rigidité dogmatique de son approche, de pouvoir en avoir la confirmation. 

Notes.

[1] Fonds Maçonnique, BNU de Strasbourg, Ms 139, f°s 61-76.

[2] «Nous sommes donc fondés, tant sur une raison éclairée que sur l’Evangile, à penser que l’église chrétienne doit avoir un chef visible, et si les réformateurs ont cru pouvoir nier la primauté essentielle de l’évêque de Rome, qu’ils nous montrent donc ailleurs un plus légitime successeur de Pierre et nous le reconnaîtrons. Ne fut-il qu’un simulacre défiguré de ce qu’il doit être, nous l’adopterions - parce que ce simulacre serait toujours nécessaire pour le maintien de l’unité temporelle – en attendant que l’image devienne plus vraie et plus pure et qu’on nous la montre où elle sera. »

[3] La doctrine de la réintégration des êtres, « Appendice IV. Jean-Baptiste Willermoz, l’augustinisme et le jansénisme », La Pierre Philosophale, 2012.

[4] La doctrine de la réintégration des êtres, op.cit., pp. 215-216.

Source : http://lalecondelyon.hautetfort.com/archive/2012/12/05/un-janseniste-lyonnais-au-xviiie-siecle-jean-baptiste-willer.html

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 14:05

"Seigneur Dieu, très saint et très glorieux, grand architecte du ciel et de la terre, qui dispenses tous les bienfaits et les grâces, et qui as promis que là où deux ou trois seraient réunis en ton nom, tu serais parmi eux : en ton nom nous nous assemblons et réunissons, te sup­pliant très humblement de bénir toutes nos entreprises, afin que nous puissions te connaître et te servir comme il convient, que toutes nos actions tendent à ta gloire et au salut de nos âmes.

Et nous te supplions Seigneur Dieu, de bénir notre entreprise d'aujourd'hui, et de nous accorder que ce nouveau frère dédie sa vie à ton service, et qu'il soit un frère loyal et véritable parmi nous : donne-lui une parcelle de ta divine sagesse, que grâce au secrets de la maçon­nerie, il puisse comprendre les mystères de la sainteté et du christia­nisme. Nous t'en supplions humblement, pour l'amour de Jésus Christ notre Seigneur et sauveur et en son nom."


Remarque : " là où deux ou trois seraient réunis en ton nom..." Les évangiles ne sont pas loin!

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:46

Que faisons-nous dans nos loges ?

« La voie que l’on peut dire n’est pas l’éternelle voie » ainsi commence le

Tao te King, le livre de la voie du milieu. Cet adage s’applique aussi à la francmaçonnerie.

Le chemin que l’on commence quand on devient franc-maçon n’est

pas facile à décrire tant il est personnel et propre à chacun. En quelque sorte « La

maçonnerie cela ne se raconte pas, cela se vit.» Alors tout ce que je peux faire ici,

c’est seulement tenter de vous dire comment je vois, et comment je vis, ce

chemin. Je vous parlerai donc de la franc-maçonnerie écossaise, celle que je vis.

Je crois cependant que certains éléments essentiels sont communs à tous les

courants de la franc-maçonnerie, et vécus par tous les franc-maçons et toutes les

franc-maçonnes.


Le premier de tous est l’héritage du siècle des Lumières, l’apprentissage de

la liberté de pensée. Un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie écossaise,

Trois coups distincts, un texte irlandais qui date de 1760 décrit la réception de

l’apprenti qui rentre en franc-maçonnerie : après avoir prêté son serment sur la

Bible il prononce cette phrase en latin « Funde merum genio » que l’on peut

traduire ainsi « Fonde le vrai par toi-même.» C’est très exactement

l’enseignement du siècle des Lumières. Emmanuel Kant écrivait en 1784, à

l’apogée de sa pensée, à la demande du Berlinische Monatsschrift : « Qu’est-ce que

les lumières : Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle

dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de

son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet

état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement

mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la

conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre

entendement ! Voilà la devise des Lumières. »


Ce que nous vivons en franc-maçonnerie, c’est la liberté d’une pensée qui se

construit et se confronte avec celle des autres, dans le respect et l’écoute, mais

sans abdiquer de sa propre logique. Une pensée qui n’hésite pas, pour y réfléchir

sans provocation mais avec rigueur, à remettre à plat tous les dogmes, que ce

soient ceux des religions ou ceux de la pensée unique, ceux des médias ou ceux de

l’opinion publique. Remise à plat qui n’a pas pour but d’arriver à une opinion

commune, à une pensée maçonnique, mais qui a pour but de permettre à chaque

frère d’asseoir plus profondément sa pensée personnelle. Car il n’y a pas de pensée

maçonnique, pas de dogme maçonnique, chacun est libre de construire, ou de

reconstruire, avec l’aide de ses frères, sa propre pensée dans un cheminement qui

sera de toute façon un chemin intérieur et personnel.

On rencontre ici un autre aspect du secret maçonnique, car il est bien clair

qu’apprendre à penser par soi-même, remettre à plat les dogmes, en particulier les

dogmes idéologiques, c’est quelque chose qui n’est pas, mais pas du tout apprécié

par les pouvoirs totalitaires. Tous les pouvoirs totalitaires, partout dans le monde,

ont pourchassé la franc-maçonnerie et les franc-maçons. Nous portons en nous la

mémoire de nos frères qui ont souffert, qui ont été exécutés ou qui ont donné

librement leur vie comme Pierre Brossolette pendant l’occupation nazie. Et le

serment de secret que nous prêtons n’est pas celui de notre propre appartenance.

Après tout je suis là devant vous et je me déclare franc-maçon sans aucun

problème. J’espère seulement que je serai un bon exemple et que je ne vous

dégouterai pas de la franc-maçonnerie. Le secret auquel nous nous engageons par

serment est celui de l’appartenance des autres, souvenir ou prémonition de

périodes où livrer le nom d’un frère signifiait, ou signifiera, mettre sa vie en

danger.


Cette construction d’une pensée libre se fait en franc-maçonnerie par

l’échange et le dialogue. On ne pense pas dans son coin, on confronte librement et

fraternellement ses opinions. Et cela passe naturellement par un apprentissage de

la parole. En effet, à notre époque où, dans la civilisation occidentale à tout le

moins, le pouvoir n’est plus au bout du fusil, selon l’expression du grand timonier,

mais dans le poids des mots et le choc des photos, pour reprendre le slogan d’un de

nos magazines grand public, à une époque où le faiseur de mots, qu’il soit artiste,

journaliste, publiciste ou politique, a souvent plus de pouvoir et gagne plus

d’argent que le producteur de nourriture ou le fabricant de machines, il me semble

que paradoxalement chacun est de plus en plus isolé, que l’échange véritable par

une vraie parole est de plus en plus rare, qu’en quelque sorte cette parole est

perdue, mais que la Franc-maçonnerie en est un des dépositaires.

La parole, le mot, sont devenus un outil de séduction de la rumeur qui

monte de notre civilisation moderne, mot choisi pour perdre la foule dans ses fauxsens

ou doubles sens, répété à l’envie par les média, puis par la foule elle même

qui ne se rend pas compte que le mot ne décrit pas la réalité, mais au mieux le

caricature, et au pire la travestit : Rigueur, Mondialisation, France d’en bas, blingbling,

et, plus récemment, récession. Pour nous acheminer vers cette vraie parole,

quoi de plus efficace, de plus évident, que de commencer par éradiquer le bruit,

l’échange imparfait de la parole médiatique ? Comme on taille une vigne ou un

arbre fruitier, la Franc-maçonnerie commence donc par ôter la parole à l’apprenti

qu’elle initie. Jusqu’à son élévation au degré de compagnon il ne prendra pas la

parole en loge. C’est en fait un apprentissage de l’écoute qui est essentiel pour la

parole. Si une parole vraie doit être issue du plus profond de soi, elle doit aussi

s’adresser là où l’autre peut l’entendre, et pour cela quelles qualités d’écoute, de

perception et de tolérance ne faut-il pas développer ! Cet apprentissage de

l’écoute se révèle être un vrai apprentissage de soi-même, et un apprentissage de

l’autre.

Mais créer un lien de tout soi-même vers la profondeur de l’autre, on sent

bien que le mot seul, et l’expression cartésienne, n’y suffiront pas. La

communication serait trop sèche, pas assez profonde, comme la note émise sur une

seule fréquence sera plate et vide sans la richesse infinie des harmoniques qui

apportent la profondeur, la complexité, la vie et la beauté. Là encore la Franc-

Maçonnerie propose à ceux qu’elle initie un mode d’expression chargé

d’harmoniques, qui permet à la parole de porter des significations riches et

profondes : le Symbole.


Le symbole c’était en Grèce 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, le moyen de reconnaissance,

primitivement un objet cassé en deux pour sceller un accord, ce qui permettait aux

envoyés de chaque partie, messagers, domestiques, ou enfants, de se faire

reconnaître de l’autre partie en reconstituant l’objet initial. On peut percevoir

dans cette reconstitution de l’objet 􀁖􀁘􀁐􀁅􀁒􀁏􀁒􀁑, dont les deux parties se recollent

d’un coup, totalement, quelle que soit la complexité de la ligne de déchirure, sans

avoir besoin de coutures, de coups de lime ou de points de colle, le contact total

qui s’établit entre deux êtres qui communiquent non pas par les concepts et les

raisonnements intellectuels, mais à travers les symboles, et qui donc mettent en

relation d’un coup la totalité d’eux-mêmes, du conscient et de l’inconscient, du

plus profond au plus élevé : le courant passe d’un coup, sur la totalité de la gamme

des harmoniques. Le langage des symboles est ainsi un outil très puissant pour

permettre au franc-maçon de s’acheminer vers une vraie parole.

Cet échange en loge, quand les coeurs se mettent à découvert, quand le

langage symbolique permet à l’inconscient même de s’ouvrir, quand la parole porte

profondément, c’est bien ce qui crée le lien qui nous unit, cette fraternité qui nous

rassemble et nous rendra attentif au moindre besoin de l’autre, cette fraternité

qu’on nous reprochera peut-être quand on la prendra pour de la connivence. Mais

cette fraternité ne se fera jamais au détriment des autres. Parce que ce n’est pas

une fraternité qui nait d’une complicité pour conquérir le monde, c’est une

fraternité qui nait du travail en commun pour s’ouvrir au monde, pour comprendre

le monde et les autres.


Spécificité Écossaise


Tout ceci, je le pense, est commun à l’ensemble de la franc-maçonnerie

Française. Venons-en maintenant à ce qui me semble propre au courant écossais de

cette franc-maçonnerie. Continuons à lire cette proclamation de 1875 de la francmaçonnerie

écossaise que j’ai commencé à citer tout à l’heure : « C’est une école

mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre

selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche

au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et

pacifique… Soyez protestants, juifs, mahométans, continue dans un autre discours

le Grand Maître d’alors, Adolphe Crémieux, la maçonnerie ne vous le demande pas.

Elle admet tout ce qui est honnête, probe, tout ce qui a un coeur généreux. La

maçonnerie d’aujourd’hui vit surtout par l’esprit, par l’intelligence, et quand elle

dit « à la gloire du grand architecte de l’Univers » c’est qu’elle reconnait une

source à cette intelligence qui dirige le monde au sein duquel nous vivons. Le

spiritualisme est donc le fond réel de la maçonnerie. »

Nous avons parlé de l’apprentissage de l’écoute par le silence, indispensable

à l’ouverture aux autres. Cette école mutuelle comporte un autre apprentissage

essentiel, celui du regard, la conversion du regard, disait un de nos passés Grands

Maîtres, qui éveille notre conscience à ce qui nous dépasse, au-delà du monde

matériel sur lequel s’arrête trop facilement notre regard. Pour décrire cette

conversion du regard, il y a un symbole qui me plait beaucoup, c’est celui du soleil

et des étoiles, et du bandeau.

Je vais vous révéler un secret, que vous pouvez trouver dans n’importe quel

livre sur la franc-maçonnerie : si vous voulez entrer en franc-maçonnerie, la

première fois que vous serez reçu en loge vous porterez un bandeau sur les yeux.

Les enfants mettent du temps à comprendre que les étoiles ne sont pas allumées le

soir par l’allumeur de réverbère du Petit Prince, et qu’elles brillent aussi le jour

mais qu’on ne les voit pas parce que la lumière du soleil les cache. Ainsi le

bandeau sur les yeux est le symbole de cette nécessité de masquer le soleil pour

voir ces milliers d’étoiles qui nous envoient une lumière qui vient de très loin dans

le passé. Il s’agit bien du premier acte d’éveil à ce que l’on ne voyait pas, à ce qui

était caché par le soleil aveuglant, et quelquefois trompeur, de notre éducation et

de notre civilisation. Ma vision personnelle de l’initiation est celle d’une porte

ouverte sur les étoiles, d’un éveil de la conscience sur ce qui est caché en arrière

plan du monde dans lequel nous vivons.

Cet éveil de la conscience à ce qu’il y a dans le monde au-delà du fric et de

la frime, cet éveil de la conscience à cet univers dans lequel nous vivrons et nous

mourrons, à ces hommes et ces femmes que nous côtoyons et qui ne sont plus des

concurrents ou des gêneurs mais d’autres nous-mêmes, dignes de respect et

d’amour, cet éveil de la conscience à ce qui peut nous transcender et donner un

sens à notre vie, c’est ce que nous appelons en franc-maçonnerie l’initiation.

Initiation car cet éveil nous place au début d’un chemin de recherche et de

travail dont nous avons le sentiment qu’il ne s’arrêtera jamais, si ce n’est le jour

de notre mort, un chemin initiatique, une voie initiatique comme d’ailleurs il y en

a d’autre de par le monde. Nous ne sommes qu’une des nombreuses voies

initiatiques que le monde a connu. En quoi notre chemin est-il initiatique, quelle

est notre spécificité, et d’abord que veut dire initiatique ? Comme nous l’indique le

Tao, on ne peut pas définir cette notion, mais on peut au moins dire ce qu’elle

n’est pas.

Notre chemin initiatique n’est pas un cursus d’enseignement. Il ne s’agit pas

d’acquérir une succession de savoirs, ou de réponses toutes faites. Tout au plus

nous apporte-t-il quelques mots clés ou phrases ésotériques n’auraient aucun sens

s’ils étaient destinés à être appris par coeur pour pouvoir répondre à l’interrogation

écrite de passage au degré suivant. Ils servent en fait à nous mettre sur la voie

d’une étape de travail personnel, d’un objectif de transformation intérieur, et à

nous permettre de découvrir les moyens et les outils qui nous permettront de

tenter d’y accéder.

Ce n’est pas vraiment non plus un apprentissage. L’apprenti regarde son

maître d’apprentissage et apprend les tours de mains, les manières de faire, et

aussi bien sûr les valeurs, qu’il s’entraine à recopier le plus parfaitement possible.

Certes il y a un peu de cela dans notre apprentissage, on observe nos frères et ils

nous apportent quelque chose. Mais ce n’est pas un tour de main que l’on peut

recopier à l’identique. Il nous faut comprendre intérieurement et profondément de

quoi il s’agit car sur notre chemin initiatique il n’y a aucune solution générale,

aucun tour de main universel, il n’y a que des accomplissements personnels et

intimes.


D’autres l’appellent une méthode, la méthode maçonnique. Ce n’est pas

faux, mais personnellement je n’aime pas tellement ce mot avec ce qu’il connote

de strict et d’intellectuel. La franc-maçonnerie écossaise n’a rien de strict, et

surtout elle n’a rien d’intellectuel, ou tout au moins de rationnel au sens cartésien

du terme. Le chemin initiatique fait appel beaucoup plus aux qualités du coeur, à

l’intuition, à la perception symbolique. C’est en fait une succession de prises de

conscience, un élargissement progressif du champ de conscience, à l’image du

chemin de randonnée qui à chaque col nous fait découvrir le paysage nouveau qui

se cachait derrière la ligne de crête.

Mais où nous conduit donc ce chemin, cet élargissement progressif de notre

champ de conscience ? Eh bien je crois qu’il nous conduit à construire petit à petit

notre propre éthique personnelle. Car la conscience conduit à la conscience… Je

n’ai pas pu résister à cette formule facile qui joue sur les deux sens du mot

conscience : la conscience de l’homme qui, contrairement à l’animal a conscience

d’exister, et la conscience morale, celle qui nous dit le bien et le mal, qui nous

donne bonne ou mauvaise conscience. Approfondir notre conscience de nousmêmes,

des autres et du monde va nous permettre de transformer notre

conscience morale, de la libérer de son asservissement à des présupposés inculqués

par la société ou la religion, ce que j’appelle une morale, pour lui donner un vrai

fondement personnel, ce que j’appelle une éthique, issue d’une compréhension de

plus en plus profonde de nous-mêmes et de ce qui nous entoure. Ce sera de cette

manière que chaque franc-maçon écossais deviendra de plus en plus capable de

« continuer au dehors l’oeuvre commencée dans le Temple »

Mais pour en arriver là, il reste une étape essentielle pour la francmaçonnerie

écossaise, celle de la construction de sa propre spiritualité, de sa

propre vision spirituelle du monde qui en quelque sorte mettra de l’ordre dans tout

ce que perçoit cette conscience de plus en plus aiguisée, et structurera

l’enchevêtrement du bien et du mal dans cette éthique que chacun de nous se

construit. Car à quoi servirait de mieux percevoir l’univers, si ce n’est pour trouver

un sens à sa vie ? A quoi servirait d’être de plus en plus à l’écoute des autres si

c’est pour continuer à les asservir et à les manipuler ? Il s’agit bien d’une

spiritualité car la voie initiatique ouvre l’esprit sur ce qu’il y a au-delà de la simple

matérialité, mais ce n’est pas une religion car elle n’apporte pas de révélations

toutes faites. Elle n’apporte pas de réponses, mais aide à se poser des questions.

Elle n’impose pas de dogmes, mais aide à réfléchir. Elle ne propose pas de gourous,

mais l’aide des frères de la Loge. Elle ne conduit pas à une croyance, mais permet

de reconstruire sa propre cohérence intérieure. C’est en avançant sur cette voie

spirituelle que nous construirons progressivement notre étique personnelle, notre

propre conception du devoir, du bien et du mal. « Funde merum genio », fonde le

vrai par toi-même.


Mais élargir son champ de conscience, construire sa propre vision du principe

de la Grande Architecture de l’Univers, élaborer librement sa propre notion du bien

et du mal, on conçoit bien que tout ceci est un travail intérieur qui n’aura jamais

de fin, car cette Vérité en quelque sorte infinie est inaccessible à l’Homme et se

reculera sans cesse, comme l’horizon se refusera toujours au voyageur. La

première sentence du Tao, voie initiatique chinoise dont nous ne nous sentons pas

si éloignés, l’exprime ainsi :

Le Tao qui peut être dit n’est pas l’éternel Tao

Le Nom qui peut être dit n’est pas l’éternel Nom

Ce qui n’a pas de nom est le début du ciel et de la terre

Comment mieux expliquer ce qui fonde vraiment le secret maçonnique, audelà

des secrets professionnels et de la protection des autres frères : « l’éternel

nom ne peut être dit », il s’agit d’une expérience personnelle incommunicable à

tous ceux qui ne se sont pas engagés sur le même chemin.

Conclusion


Ce que je voudrais vous dire, pour conclure, c’est que le message spirituel

de la franc-maçonnerie écossaise me paraît d’une actualité brûlante. Triste, en

effet, est l’héritage légué à la civilisation occidentale par le millénaire qui vient de

s’achever, tout au moins en termes de valeurs et de sens : enlisement des religions

du Livre, les unes dans l’indifférence croissante qui déserte les églises, les autres

dans le déferlement d’un fanatisme attisé à des fins politiques, effondrement des

idéologies fondées sur le matérialisme athée, laissant derrière elles le malheur et

la ruine, échec de la société de consommation, qui apporte autant d’insatisfactions

que de progrès matériels dans les foyers. Le vingt-et-unième siècle s’ouvre sur des

attentes fortes. La très grande majorité de nos contemporains aspire à la paix. Les

courants les plus nouveaux de la philosophie contemporaine tournent autour de la

question du sens de la vie et révèlent un besoin croissant de cohérence intérieure

face au tourbillon des sollicitations modernes. Par de multiples aspects notre

civilisation occidentale postmoderne exprime sa nostalgie et son espérance d’une

harmonie retrouvée.

Or la confrontation au cours du XIXème et du XXème siècle, au sein de la

pensée maçonnique écossaise, d’une tradition qui rêve de permettre à l’Homme de

trouver un sens à sa vie non par des dogmes mais par une perception intime et

cohérente de l’univers, avec la liberté de pensée, le respect de la raison et de la

science, nés du siècle des Lumières, a fait éclore une spiritualité nouvelle. C’est

ainsi qu’au seuil du XXIème siècle le franc-maçon écossais a la chance de se voir

proposer un chemin, une voie spirituelle, qui lui permet de se construire une

spiritualité qui donne un sens à son existence, sans abdiquer de la logique de sa vie

et de sa propre cohérence intérieure.


La Grande Loge de France, la franc-maçonnerie écossaise, portent ainsi la

grande responsabilité d’être dépositaires d’un message à partager avec tous ceux

qui ont faim de nourriture spirituelle et soif de la Connaissance : une spiritualité,

certes aux racines millénaires, mais qui semble bien répondre aux attentes de sens,

de cohérence et d’harmonie de nos contemporains, et pourrait bien être ainsi une

des Lumières du XXIème siècle.

Un niveau intellectuel, une culture philosophique et métaphysique sont-ils

nécessaire pour en partager les fruits ? Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’être

un Luc Ferry pour profiter pleinement de l’enseignement de la franc-maçonnerie

écossaise, quoique que plusieurs de ses livres m’aient considérablement aidé. Nos

Loges sont illuminées par des frères de toute culture et de toute formation

intellectuelle. C’est là une grande force et un grand bonheur de la francmaçonnerie

que son enseignement et sa fraternité, à tous les degrés, ne soient pas

réservés à une élite intellectuelle. Le poème de Kipling, Ma Loge Mère est toujours

d’actualité « Dehors : “Sergent !, Monsieur !, Salut !, Salam !” Dedans : “Frère !”

et ça ne fait pas de mal… » Car en fait, comme l’écrivait Khalil Gibran : « Aucun

homme ne peut rien vous révéler, sinon ce qui repose déjà endormi dans l’aube de

votre connaissance… Le maître qui marche à l’ombre du Temple, parmi ses

disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour. S’il est

vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais

vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit. »

Louis Trébuchet

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:39

Plusieurs franc-maçonneries


Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Eh bien je crois qu’il y a une première

clé, essentielle pour essayer de comprendre ce qu’est la franc-maçonnerie, pour

essayer de décrypter la réalité derrière les émissions ou les articles qui paraissent

régulièrement ici ou là. Cette clé de départ c’est qu’il n’y a pas une francmaçonnerie,

il y a des franc-maçonneries. Trois grands courants animent la francmaçonnerie

dans le monde, trois branches bien distinctes.

En France par exemple, et en simplifiant un peu, je dirais que la Grande

Loge de France, le Grand Orient de France, et la Grande Loge Nationale Française,

appartiennent à trois branches différentes de la franc-maçonnerie. Lorsque l’on

regarde une émission sur la franc-maçonnerie, ou qu’on lit un article ou un livre, il

est essentiel pour bien comprendre de savoir de quel courant maçonnique on parle.

Ces trois courants ont bien sur de nombreux points communs, mais ils restent

sensiblement différents, et aucun des trois ne peut se permettre de parler au nom

des deux autres.

Pour ma part, après vous avoir fait vivre rapidement l’histoire d’un demimillénaire

qui à fait naître la franc-maçonnerie dans cette diversité, je vous

présenterai d’abord ce que je crois être les points communs entre ces trois francmaçonneries,

puis j’essaierai de vous faire partager ce qui fonde la spécificité du

rameau maçonnique auquel j’appartiens, auquel appartient la Grande Loge de

France dont je fais partie.


Fondements historiques


Alors un peu d’histoire ! On a longtemps admis communément que l’année

1717 marque la naissance en Angleterre de la franc-maçonnerie dont nous parlons,

celle que l’on appelle spéculative, ce regroupement d’hommes ou de femmes de

tous métiers et de toutes conditions, n’ayant pas de lien particulier avec le métier

de maçon et l’industrie du bâtiment, qui se retrouvent pour penser et échanger,

spéculer, par opposition avec la franc-maçonnerie dite opérative, l’organisation

médiévale des métiers du bâtiment regroupant les franc-maçons, ces maçons ayant

obtenu la franchise de pouvoir travailler pour leur propre compte. Cette date de

naissance est maintenant contestée par nombre d’historiens depuis une trentaine

d’année, et pour ma part je pense qu’elle est fausse, qu’il faut remonter un quart

ou un demi-siècle plus tôt en Écosse, et que 1717 n’est que la naissance d’un

deuxième courant de la franc-maçonnerie.


Les racines de la franc-maçonnerie d’aujourd’hui, spéculative, se retrouvent

bien sûr dans la franc-maçonnerie opérative, l’organisation en confréries ou

compagnonnage des métiers du bâtiment, une franc-maçonnerie opérative que l’on

voit s’organiser dans les manuscrits que nous avons, grosso modo entre l’an 1400 et

l’an 1600. Les compagnons du devoir français placent en 1401 ce qu’ils appellent la

scission d’Orléans, c'est-à-dire en fait leur organisation en devoirs. Dans les iles

britanniques les deux plus anciens manuscrits décrivant une organisation collective

du métier de maçon sont datés entre 1400 et 1450, les maçons de Strasbourg se

donnent des constitutions en 1498 et ceux de Ratisbonne des statuts en 1498. Ces

documents ont tous en commun qu’ils décrivent les devoirs respectifs des maîtres,

des compagnons et des apprentis du métier, devoirs professionnels, devoirs de

solidarité, mais aussi devoirs de comportement, en quelque sorte une déontologie

professionnelle et une éthique de vie. Tout nouvel apprenti devait entendre la

lecture de ces devoirs avant de prêter serment sur la bible : serment de respecter

ces devoirs, mais aussi serment de secret, secret sur l’organisation du métier mais

surtout secret concernant les techniques et tours de main du métier qu’il serait

amené à apprendre.

Ce serment et ce secret se sont perpétués dans la franc-maçonnerie jusqu’à

nos jours. Bien sûr de nos jours cette notion de secret professionnel n’a plus cours,

tout au moins en franc-maçonnerie, où le secret recouvrira d’autres notions, mais

nous y reviendrons.


A la saint Jean d’hiver 1588 se produit en Écosse un autre évènement

important de l’organisation de la franc-maçonnerie, toujours opérative à cette

époque. William Schaw, surveillant général des maçons d’Écosse, et maître maçon

des travaux du roi d’écosse, Jacques VI Stuart, promulgue de nouveaux statuts pour

la franc-maçonnerie écossaise. On ne sait pas bien s’il met en forme une

organisation existante, ou s’il réorganise tout, mais toujours est-il que ces statuts

concrétisent l’existence de loges de francs-maçons permanentes dans les grandes

villes du royaume d’écosse, loges dirigées par des surveillants réélus chaque année.

Jusque là, et pendant un siècle encore en Angleterre, les loges se créaient et se

défaisaient au gré des chantiers, dirigées par le Maître du chantier. A partir de

1598, non seulement les loges existent de façon permanente dans chaque grande

ville d’Écosse, mais en outre elles sont tenues de tenir un registre, ce qui fait que

nous disposons des minutes de fonctionnement d’une quinzaine de loges écossaises

pour tout le XVIIème siècle.

On apprend dans ces minutes des choses très intéressantes. Dès 1637 les

loges écossaises ont commencé à recevoir des personnes n’appartenant pas au

métier de maçon, d’abord proches du métier, donneurs d’ordre, responsables de

l’administration royale ou professeurs de géométrie par exemple, puis des

membres de la gentry de plus en plus éloignés du métier. La loge de Scone et

Perth, ville où l’on couronnait les rois d’Écosse, revendique même d’avoir fait

maçon le roi Jacques VI Stuart, devenu en 1603, à la mort de la reine Elizabeth, roi

d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande sous le nom de Jacques1er. Ce mouvement

d’ouverture de la franc-maçonnerie opérative se continuera en Écosse tout au long

du XVIIème siècle.

A cette même époque il ne faut pas oublier que toutes les îles britanniques

sont ensanglantées par les guerres civiles qui opposent les Stuart à l’église

protestante, presbytérienne pour être précis, et au parlement anglais largement

favorable aux presbytériens.

A la fin du XVIIème siècle, en 1689, Jacques II Stuart,

converti au catholicisme et soutenu par Louis XIV, qui a révoqué l’édit de Nantes, a

été contraint à l’exil en France, puis en 1714 les derniers espoirs de retour au

pouvoir des Stuart sont réduits à néant par l’accession au trône Britannique de

George de Hanovre.

1714 Couronnement de George de Hanovre…

1717 Création de la Grande Loge de Londres…

Quand quatre loges Londoniennes se réunissent pour former la Grande Loge

de Londres, les loges écossaises avaient déjà reçu en leur sein au minimum 134

gentilshommes non maçons de métier parfaitement identifiés et recensés, sans

compter les non identifiés, et six loges écossaises, Aberdeen, Dunblane,

Dunfermline, Hamilton, Haughfoot, et Kelso, étaient déjà constituées en majorité

ou en quasi-totalité de gentilshommes et non de maçons de métier. Le problème

pour le pouvoir anglais est que la majorité de ces franc-maçons écossais est

favorable aux Stuarts ! Churchill relève d’ailleurs que le Maréchal de Berwick

estimait qu’à cette époque 5 écossais sur 6 étaient Jacobites. Le nouveau roi

d’Angleterre n’a pas perdu de temps pour consolider son pouvoir, prolongation et

extension des pouvoirs du parlement anglais majoritairement Whig, et négociation

de la triple alliance au détriment de Jacques II Stuart par exemple.

De là à penser que la création de la Grande Loge de Londres, trois ans après

l’avènement de George de Hanovre, répond à la volonté de contrôle d’une francmaçonnerie

fourmillant de Jacobites, il n’y a qu’un pas, que pour ma part je

franchirai sans trop d’hésitation. A l’appui de cette vision on remarquera que,

quelques jours avant la St Jean d’été de 1722, la Grande Loge de Londres se rend

en délégation auprès de Lord Townshend, secrétaire d’état de George 1er, pour

« l’assurer de son zèle envers la personne de sa majesté et son gouvernement », ce

à quoi le secrétaire d’état leur répond « qu’ils ne craignent aucune molestation de

la part du gouvernement, aussi longtemps qu’ils ne s’occuperont que des anciens

secrets de la [maçonnerie]»


En tout état de cause 1717 ne marque pas la création de la franc-maçonnerie

telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais seulement la création d’un

deuxième courant, que l’on pourrait appeler Andersonien, du nom du Pasteur

Anderson qui en rédigera les constitutions, en concurrence avec le courant initial

que j’appellerai Écossais, bien qu’il ait regroupé aussi des irlandais puis des

français, parce qu’il est né en Écosse et a été développé et soutenu par la dynastie

écossaise des Stuart. A l’origine la franc-maçonnerie Andersonienne est plus

dirigiste, elle crée la fonction de Grand Maître, qui n’existait pas dans la francmaçonnerie

Écossaise, elle nomme ad-vitam les présidents des loges, les

Vénérables Maîtres, alors que les loges écossaises sont beaucoup plus

indépendantes et élisent chaque année leurs surveillants. La franc-maçonnerie

Andersonienne est aussi beaucoup plus ouverte sur le plan religieux, astreignant ses

membres « seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord,

laissant à chacun ses propres opinions… », alors que la franc-maçonnerie écossaise

est encore résolument catholique. Mais ces différences vont vite évoluer, en

particulier en France, car ces deux courants vont se développer concurremment sur

le sol Français.


Les premières loges en France vont être écossaises, peut-être dès 1688 dans

le régiment de la garde de Jacques II en exil à Saint Germain en Laye, on en a de

fortes présomptions mais pas la certitude absolue, en tout cas en 1725 où la

première loge parisienne est fondée par de fidèles Jacobites. Le courant

Adersonien ne tardera à franchir la Manche, créant lui aussi sa première loge à

Paris en 1734. A la veille de la Révolution Française, 50 ans plus tard, il y aura 780

loges en France, selon le recensement de Claude Guérillot, dont environ 40% se

diront écossaises. A noter, ce qui ne simplifie pas les choses, qu’à la suite d’une

scission en 1773, ces loges sont regroupées alors en deux organismes nationaux,

que nous appelons obédiences, qui ne recoupent pas du tout cette différence de

courants : Le Grand Orient de France compte 537 loges dont environ la moitié

d’écossaises, et la Grande Loge de France 243 dont un tiers d’écossaises.

La franc-maçonnerie sortira exsangue de la révolution : 30 loges seulement

pour toute la France, et les régimes successifs Premier Empire, Restauration,

Second Empire, tenteront de la maintenir unifiée, et donc contrôlable, sous l’égide

du Grand Orient de France, qui se déclare alors résolument Andersonien, mais les

quelques loges écossaises qui survivent, principalement en Provence et à Paris font

de la résistance, sous l’égide du Suprême Conseil de France, puis de la Grande Loge

de France.


Le XIXème siècle verra l’évolution et la fixation définitive de ces courants.

En Angleterre et aux États-Unis, la franc-maçonnerie, en quasi-totalité

Andersonienne, restera fidèle à la notion d’un Dieu révélé, et n’introduira jamais

dans ses loges de moments de discussion et d’échange en dehors des propos de

table, restant plutôt une sorte de franc-maçonnerie de club, très orientée sur la

bienfaisance. Alors que la franc-maçonnerie française développera dans les loges

de moments de travail sur un thème, de discussion et d’échange qui deviendront

rapidement le coeur des réunions maçonniques. Mais le courant Andersonien, sous

l’égide du Grand Orient de France, et le courant Écossais évolueront très

différemment en ce qui concerne le rapport à la religion ou à la spiritualité, et en

ce qui concerne les objectifs de la Franc-maçonnerie.

En ce qui concerne les objectifs de la franc-maçonnerie, et au risque de

caricaturer un peu, on pourrait dire que le Grand Orient de France, peut-être en

raison de ses rapports étroits avec les pouvoirs successifs, développa très vite dans

ses loges un intérêt pour la résolution des problèmes de société, et au niveau

national chercha à peser sur le pouvoir pour faire avancer les solutions progressiste

qu’il préconisait. Alors que la franc-maçonnerie écossaise, plus discrète se

consacrait principalement au progrès et à l’éducation du franc-maçon lui-même.

Ce qui ne veut pas dire que des francs-maçons écossais n’eurent pas à certain

moments une influence décisive sur une société alors en pleine évolution, mais ce

fut, et c’est toujours, plutôt à titre individuel.

Dans le domaine spirituel, dès avant la révolution, tous les courants de la

franc-maçonnerie faisaient cohabiter sans trop de distinction la notion de Dieu

avec celle de Grand Architecte de l’Univers, utilisant dans leurs textes, selon les

moments, soit l’un, soit l’autre, soit les deux en même temps. Sous l’influence du

positivisme régnant en maître dans la seconde partie du XIXème siècle, la francmaçonnerie

fut obligée de préciser sa pensée dans ce domaine, aboutissant dans

les années 1875 et 1877 à des positions bien différentes. En 1877 le Grand Orient

de France avait abandonné non seulement la notion de Dieu, mais décidait de ne

plus imposer à ses loges la référence au Grand Architecte de l’Univers. De nos jours

ce terme est absent des textes du Grand Orient, qui fait preuve en toutes occasions

d’une laïcité, disons militante. La franc-maçonnerie écossaise, de son côté,

proclamait en 1875 son attachement à un principe qui transcende l’homme : « La

franc-maçonnerie proclame, comme elle l’a proclamé dès son origine, l’existence

d’un principe créateur sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose

aucune limite à la recherche de la vérité, et c’est pour garantir à tous cette

liberté qu’elle exige de tous la tolérance… Le spiritualisme est donc le fond réel

de la franc-maçonnerie. »


On ne peut pas conclure cette fresque historique, qui j’espère ne vous a pas

lassés, sans citer deux évènements importants au tournant des XIXème et XXème

siècles. La première femme franc-maçonne, Maria Deraimes, est initiée le 14

Janvier 1882 par la loge Les libres penseurs, du Pecq, en présence de Georges

Martin avec qui elle créera en 1883 la première loge mixte, Le Droit Humain, qui

donnera naissance à un ordre maçonnique mixte international sous ce même nom.

Et en 1913, Edouard de Ribaucourt, appuyé sur la loge L’Anglaise de Bordeaux,

réintroduira en France la franc-maçonnerie Andersonienne anglo-saxonne en créant

la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, qui est devenue de nos jours

la Grande Loge Nationale Française.

Ainsi voit-on cohabiter aujourd’hui en France trois courants de la francmaçonnerie

que je schématiserai, ou caricaturerai ainsi : la franc-maçonnerie

écossaise qui vise d’abord à l’amélioration intérieure de ses membres dans une

spiritualité libre de tout dogme, dont le principal représentant est la Grande Loge

de France, la franc-maçonnerie andersonienne moderne conduite en particulier par

le Grand Orient de France qui vise directement à l’amélioration matérielle et

morale de l’humanité par un humanisme social, et laïc, et la franc-maçonnerie

andersonienne anglo-saxonne, qui exige la croyance en un Dieu révélé, et met

l’accent sur la bienfaisance.

Louis Trébuchet 2008

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:51


Règlements généraux des MAÇONS francs et acceptés. Anciens règlements (A. R.)

 

A.R. 1 - Le grand maître ou son député a tout pouvoir et droit, non seu­lement d'être présent en toute loge, mais de présider partout en ayant le maître de la loge à sa gauche et d'ordonner à ses grands surveillants de l'assister, ces derniers ne devant agir comme surveillants d'une loge régulière qu'en sa présence et sur son ordre; car le grand maître au sein d'une loge régulière peut commander aux surveillants de cette loge ou à n'importe quel maître-maçon d'agir en tant que surveillants tempo­raires.

Nouveaux règlements (N.R.)

N. R. 1 - Ceci, seulement en l'absence des grands surveillants, car le grand maître ne peut les déposséder de leur office sans en donner une raison valable à la Grande Loge, selon l'A.R. xviii. Donc s'ils sont présents en une loge régulière avec le grand maître, ils doivent y servir en surveillants.

Quelques Grandes Loges (pour mettre fin à des irrégularités) ont décidé que seuls le grand maître, son député et les surveillants seront les seuls grands officiers porteront leurs bijoux d'or en sautoir à ruban bleu+ au tour du cou, et un tablier de cuir blanc à ruban de soie bleue ; le même tablier pourra être porté aussi par les passés grands officiers.

 

A.R. 2 - Le maître d'une loge quelconque a le droit et l'autorité de réunir les membres de sa loge en chapitre en cas d'urgence ou selon l'occasion, et de désigner le lieu et le moment de sa tenue habituelle; et en cas de décès ou de maladie; ou d'absence impérieuse du maître, le premier surveillant remplacera temporairement le maître, si nu! frère n'est présent qui fut maître de cette loge; car l'autorité du maître absent

revient au dernier maître présent, même s'il ne peut agir tant que le pre­mier surveillant n'a pas assemblé la loge.

N. R. 2 - II fut décidé que si un maître de loge est déposé ou démis­sionne, le premier surveillant occupera aussitôt la chaire du maître jus­qu'au moment de l'élection, et depuis, il occupe la chaire, même en pré­sence d'un passé maître.

 

A. R. 3 - Le maître de chaque loge, ou l'un de ses surveillants ou quelque autre frère désigné par le maître, tiendra un livre contenant le règlement intérieur, la liste des frères et une liste de toutes les loges de la ville, ainsi que le lieu et l'heure de ses tenues et les minutes de sa propre loge qu'il faut noter.

N. R. 3 - Si une loge quelconque déménage en un autre lieu pour ses tenues déclarées, ses officiers doivent le signaler aussitôt au grand secrétaire. Le droit de préséance d'une loge dépend de l'antériorité de sa constitution.

 

A. R. 4 - Aucune loge n'initiera plus de cinq nouveaux frères à la fois sans nécessité particulière, ni aucun homme de moins de vingt-cinq ans (qui doit être son propre maître) sans dispense du grand maître. N. R. 4 - Aucun frère n'appartiendra à plus d'une loge dans Londres sauf les membres d'une loge étrangère. Mais cette disposition est aban­donnée pour plusieurs raisons, et est maintenant obsolète

 

A. R. 5 - Personne ne peut être accepté comme membre d'une loge sans préavis d'un mois donné à la loge, afin d'enquêter comme il convient sur la réputation et les capacités du candidat, sauf dispense.

N. R. 5 - Le grand secrétaire peut aider ceux qui demandent une dis­pense à la rédiger dans la forme voulue, si nécessaire; mais si le candidat est connu, la dispense n'est pas utile.

A.R. 6 - Mais nul ne peut être reçu frère dans une loge quelconque, ou admis comme membre, sans le consentement unanime des tous les membres de cette loge alors présents, quand le candidat est proposé ; et quand le maître le demande formellement, ils donnent leur consen­tement de façon prudente, soit tacitement, soit de façon expresse, mais à l'unanimité. Et on ne peut se dispenser de ce privilège, parce que les membres d'une loge en sont les meilleurs juges; et si un membre tur­bulent leur était imposé, cela pourrait rompre l'harmonie ou prévenir leur liberté de communiquer, ou même faire éclater et disperser la loge, ce que tout frère loyal et fidèle doit éviter.

N. R. 6 - Aucun visiteur, quelles que soient ses aptitudes en maçonne­rie, ne sera admis dans une loge, à moins d'être personnellement connu, et recommandé par une personne présente de cette loge. Mais il devint difficile d'insister sur l'unanimité en quelques cas, par consé­quent les grands maîtres autorisèrent les loges à admettre un membre s'il n'y a pas plus de trois voix contre, quoique quelques loges ne dési­rent pas cette tolérance. Je ne citerai pas la raison de ce nouveau règle­ment, mais [56] il est certain que de vrais francs-maçons n'ont nul besoin d'un tel règlement, car ils sont capables de discerner un frère authentique, même si son pays ou sa langue sont très obscurs et loin­tains; et les faux prétendants n'ont pas le pouvoir de nous tromper.


A. R. 7 - Tout nouveau frère, à son acceptation, doit décorer la loge, c'est-à-dire tous les frères présents, et déposer quelque somme pour secourir les frères dans le besoin ou malades, selon ce que le candidat jugera bon de donner, outre la petite allocation qui peut être inscrite au règlement intérieur de cette loge ; ce don sera conservé par le trésorier. Le candidat devra aussi promettre solennellement de se soumettre aux constitutions et autres bons usages qui lui seront signifiés en temps et lieu voulus,

N. R. 7 - Ceci est expliqué ci-après dans la constitution du fonds de bienfaisance. Les loges ne sont pas limitées dans la recherche de leur méthode de financement de charité.

 

A. R. 8 - Aucun nombre ou groupe de frères ne se retirera ou se sépa­rera de la loge où ceux-ci furent initiés, ou admis ensuite comme membres, à moins que la loge ne devienne trop nombreuse ; et même dans ce cas, pas sans autorisation du grand maître ou du député. Et quand ils se séparent ainsi, ils doivent immédiatement rejoindre telle autre loge de leur choix, (si celle-ci veut bien les accepter), ou alors obtenir une patente du grand maître pour former une nouvelle loge qui doit être régulièrement constituée en temps voulu. Si un groupe ou un nombre de maçons décident de former une loge sans patente du grand maître, les loges régulières ne doivent ni les encourager ni les reconnaître comme frères réguliers dûment réunis, ni approuver leurs faits et gestes; ils doivent les traiter en rebelles jusqu'à ce qu'ils fassent amende honorable comme le grand maître dans sa grande prudence en décidera, et jusqu'à ce qu'il leur donne son appro­bation par une patente signifiée aux autres loges, comme il est de cou­tume quand une nouvelle loge doit être enregistrée au livre de la Grande Loge.

 

N. R. 8 - Tout frère impliqué dans l'initiation clandestine de maçons sera interdit de visite dans toutes les loges jusqu'à ce qu'il se soit dûment repenti, même si les frères ainsi initiés ont le droit de visite. Quiconque aura formé une loge déclarée sans une patente du grand maître sera refusé en loges régulières jusqu'à faire sa soumission et obtenir son pardon. Si des frères forment une loge sans autorisation et initient irrégulièrement de nouveaux frères, ils ne seront admis en aucune loge régulière, ni même comme visiteurs jusqu'à fournir une explication satisfaisante ou faire amende honorable.

Si une loge quelconque dans Londres cesse de se réunir pen­dant douze mois consécutifs, et ne se maintient pas suivant les règle­ments et lois de la Grande Loge, son nom et son rang seront effacés ou déplacés dans le livre de la Grande Loge ; et si elle demande à être insérée ou admise comme loge régulière, elle perdra son droit de pré­séance précédent, et devra se soumettre à une nouvelle constitution.

Considérant que récemment quelques frères extérieurs ont été initiés clandestinement, c'est-à-dire en dehors de toute loge régulière, et sans la permission ou la dispense du grand maître, et pour de mes­quines sommes d'argent au grand déshonneur de l'Art royal, la Grande Loge a décidé que nulle personne ainsi initiée, ou compromise dans son initiation ne pourra être grand officier, ni officier d'aucune loge, ni ne pourra bénéficier du fonds de bienfaisance si elle venait à en avoir besoin.

A. R. 9 - Mais si quelque frère se conduit mal au point de gêner sa loge, il sera dûment admonesté trois fois par le maître et les sur­veillants en loge formée; et s'il ne veut refréner son impudence, ni se soumettre avec obéissance à l'avis des frères de cette loge, il sera trai­té selon le règlement intérieur de cette loge ; ou autrement de telle manière que la Grande Loge, dans sa sagesse, jugera bonne ; ce pour quoi un nouveau règlement pourra ensuite être fait.

N. R. 9 - Attendu que des querelles sont nées à propos du déménage­ment d'une loge d'une maison à une autre et que la question a été posée de savoir qui a le pouvoir d'en décider, il est déclaré : aucune loge ne pourra déménager sans que le maître en soit averti, aucune proposition de déménagement ne se fera en l'absence du maître, et si cette propo­sition est appuyée par deux ou trois personnes, le maître convo­quera individuellement chaque membre, en précisant l'ordre du jour, et fixera une date pour entendre et juger la cause, au moins dix jours à l'avance; la décision sera prise à la majorité ; mais si le maître est de la minorité refusant le déménagement, la loge restera sur place, à moins que la majorité soit des deux tiers des membres présents. Mais si le maître refuse d'envoyer ces convocations, l'un des deux surveillants peut le faire; et si le maître néglige d'être présent au jour dit, le sur­veillant peut présider à sa place pour juger l'affaire de la manière pres­crite; mais en l'absence du maître la loge ne pourra débattre d'aucun autre ordre du jour non indiqué sur la convocation. Et si la loge décide régulièrement de déménager, le maître ou le secrétaire en avisera le secrétaire de la Grande Loge, pour que celle-ci en donne notification lors de sa prochaine tenue.


A.R. 10 - La majorité d'une loge assemblée (pas autrement) aura le privilège de donner ses instructions au maître et aux surveillants avant la réunion du Grand Chapitre, parce que iesdits officiers sont ses repré­sentants et sont censés exprimer l'opinion de leurs frères de ladite loge.

N. R. 10 - En cas d'urgence, la Grande Loge a autorisé un frère à être présent à titre personnel, et après en avoir demandé et obtenu la per­mission, à parler si le sujet concernait la maçonnerie.

 

A.R. 11 - Toutes les loges doivent autant que possible respecter les mêmes usages; pour ce faire et pour maintenir la bonne entente parmi les francs-maçons, quelques membres de chaque loge seront députés pour visiter les autres loges aussi souvent qu'il sera jugé utile.

N.R. 11 - Pour l'essentiel les mêmes usages sont vraiment respec­tés dans toutes les loges régulières (parmi les authentiques maçons francs et acceptés), cela est dû pour beaucoup aux visites de frères qui comparent les usages.

 

A. R. 12 - La Grande Loge est composée des maîtres et surveillants de toutes les loges individuelles enregistrées, le grand maître à leur tête. le député à sa gauche, les grands surveillants à leur place respective.

La Grande Loge doit tenir ses communications trimestrielles, ou ses réunions mensuelles et ajournements aussi souvent que de besoin en quelque endroit convenable décidé par le grand maître; n'y seront présents que les membres de droit, sans permission donnée ou accordée; et si un étranger (quoique frère) est présent, il n'a pas le droit de vote, ni de parole sur aucune question sauf si la Grande Loge l'y invite, ou à moins qu'on lui demande son avis.Tous les sujets se décident en Grande Loge à la majorité, chaque membre ayant une voix, le grand maître deux, sauf si la Loge laisse un sujet particulier à la discrétion du grand maître pour gagner du temps.

N. R. 12 - Aucune nouvelle loge n'est reconnue ni ses officiers admis en Grande Loge, si elle n'est régulièrement constituée et enregistrée. Tous ceux qui ont été ou seront grands maîtres seront membres de la Grande Loge et y voteront. Tous ceux qui ont été ou seront députés grands maîtres seront membres de la Grande Loge et y voteront. Tous ceux qui ont grands surveillants seront membres de la Grande Loge et y voteront.

Les maîtres et surveillants de loges ne viendront jamais en Grande Loge sans leurs bijoux, sauf pour de bonnes raisons recevables. Si un officier d'une loge ne peut être présent, il peut déléguer un frère (qui a occupé ce poste ou une autre plus élevé), porteur de son bijou et de ses décors, pour le remplacer et maintenir l'honneur de sa loge.

 

A. R. 13 - En tenue de Grande Loge, tous les sujets touchant à la fra­ternité en général, à des loges en particulier, ou à des frères à titre indi­viduel sont discutés calmement et de façon réfléchie.

1 - Là seulement les apprentis seront reçus compagnons et maîtres, sauf dispense du grand maître.

2 - Là aussi tous les différends qui ne peuvent se résoudre ou se régler en privé ou par une loge, doivent être étudiés et résolus; et si un frère se juge lésé par la décision prise, il peut en faire appel devant la gran­de loge suivante, et déposer son appel par écrit auprès du grand maître, du député ou des grands surveillants.

Là encore, tous les officiers de chaque loge fourniront la liste des membres initiés ou admis depuis la précédente tenue de grande loge.

4. Des livres seront tenus par le grand maître ou le député, ou plutôt par quelque frère nommé secrétaire de la Grande Loge, où seront réperto­riés tous les noms des loges, les lieux et dates de leurs tenues, le nom de tous les membres de chaque loge, de même que les affaires concer­nant la Grande Loge qui peuvent être consignées par écrit.

5. La Grande Loge réfléchira à la manière la plus prudent et la plus efficace de collecter et dépenser l'argent qui sera donné au titre de la bienfaisance, pour secourir uniquement les frères réellement maçons tombés dans la pauvreté et la misère, à l'exception de tout autre.

6. Chaque loge peut individuellement disposer de ses fonds en faveur de frères pauvres, selon son règlement intérieur, jusqu'à ce qu'il soit décidé par toutes les loges (selon un nouveau règlement*) de verser tous les fonds de charité recueillis par elles à la Grande Loge lors des tenues trimestrielles ou annuelles, afin de constituer un fonds commun pour mieux secourir les frères malheureux. 

7. La Grande Loge nommera un trésorier, frère possédant une fortune solide, qui sera membre de la Grande Loge ès qualité, qui sera toujours présent, et aura le pouvoir de proposer à la Grande Loge tout ce qui touche à sa fonction. 

8. C'est à lui que sera confié tout l'argent récolté pour le fonds de bienfaisance, ou tout autre usage de la Grande Loge; il tiendra les comptes dans un registre, indiquant les fins et usages auxquels les diverses sommes sont destinées, et dépensera ou déboursera ces sommes au vu de certains ordres signés, comme la Grande Loge en décidera en un nouveau règlement. Mais ès qualité, sans autre qualifi­cation, il ne votera pas pour le choix d'un nouveau grand maître et des grands surveillants, mais le fera pour toute autre décision. 

9. De même, le secrétaire sera membre de la Grande Loge ès qualité et votera en tout sauf pour le choix des grands officiers. 

10. Le trésorier et le secrétaire aura chacun un commis ou assistant s'ils le jugent bon, qui doit être frère et maître-maçon, mais jamais membre de la Grande Loge, et il ne prendra pas la parole sans ordre ou autorisation. 

11. Le grand maître ou le député ont toujours autorité pour ordonner au trésorier et au secrétaire de les assister accompagnés de leur commis et de leurs livres, afin de suivre la marche des affaires, et de savoir ce qu'il convient de faire en cas d'urgence. 

12. Un autre frère et maître-maçon devrait être nommé Tuileur pour surveiller la porte, mais il ne doit pas être membre de la Grande Loge.  

13. Mais ces postes seront définis par un nouveau règlement quand la nécessité ou l'urgence s'en feront sentir davantage à la frater­nité qu'aujourd'hui.

 

N.R. 13 - Ce qui ne peut être réglé par une tenue de Loge peut être ren­voyé au comité du fonds de bienfaisance qui en fera rapport à la tenue

de Grande Loge suivante.

Le maître d'une loge, ses surveillants et un nombre suffisant de membres de la loge, peuvent élever des maîtres et passer des compa­gnons selon leur bon vouloir.

Il a été décidé en Grande Loge qu'aucune pétition, aucun appel, ne seront reçus le jour de la tête ou Grande Loge annuelle, ni aucune affaire réglée qui puisse troubler l'harmonie de l'assemblée, mais que tout sera renvoyé à la tenue suivante de Grande Loge.

 

A. R. 14 - Si lors d'une Grande Loge statutaire ou occasionnelle, men­suelle ou annuelle, le grand maître et le député sont tous deux absents, alors le maître actuel d'une loge qui est le franc-maçon le plus ancien occupera la chaire et présidera en grand maître temporaire, investi de tous les honneurs et pouvoir pendant ce temps, si nul autre frère n'est présent qui fut grand maître ou député ; car le dernier grand maître ou député présent siège de droit en l'absence du grand maître ou du dépu­té.

N. R. 14 - Dans la première édition on a omis les droits des grands sur­veillants de cet article et on voit depuis que les anciennes loges ne met­taient jamais en chaire le maître d'une loge que quand il n'y avait pas de grand surveillant présent ou passé ; et dans ce cas un grand officier prenait toujours la place de tout maître de loge qui n'a pas été grand officier.

Par conséquent en cas d'absence en tout grand maître et député, le pré­sent premier grand surveillant occupe la chaire; en son absence, c'est le deuxième grand surveillant ; en l'absence de ce dernier le plus ancien passé grand surveillant présent; et si aucun passé grand officier n'est présent, alors le plus ancien franc-maçon qui est actuellement maître d'une loge.

Pour éviter des querelles le grand maître délivre habituellement une commission spéciale, signée et scellée de son sceau de pouvoir, contre­signé par le grand secrétaire, au premier grand surveillant ou en son absence au second grand surveillant, pour remplacer le député quand celui-ci n'est pas à Londres.

A.R. 15 - En Grande Loge nul ne peut agir comme grands surveillants que ceux de l'année; s'ils sont absents, le grand maître donnera l'ordre aux surveillants de loges d'agir en qualité des grands surveillants tem­poraires, leurs propres places étant prises par deux compagnons ou maîtres-maçons de la même loge, appelés pour ce faire, ou envoyés par le maître de cette loge; s'il a omis de le faire, le grand maître ou son remplaçant les appellera, afin que la Grande Loge soit au complet.

N. R. 15 - Peu après la première édition du livre des constitutions la Grand Loge trouva que c'était toujours l'ancien usage de rempla­cer les grands surveillants de l'année absents par les plus anciens ; depuis, les grands maîtres leur ordonnent toujours de prendre leur place immédiatement et d'agir en grands surveillants temporaires ce qu'ils font toujours en l'absence des grands surveillants de l'année, sauf quand ils ont renoncé à leur privilège afin d'honorer quelque frère qu'ils jugent plus apte à occuper ce poste. Mais si nul passé grand surveillant n'est présent, le grand maître ou celui qui préside appelle qui il lui plaît pour être grands sur­veillants temporaires.


A.R. 16
1 - Les grands surveillants ou tous autres doivent d'abord discuter des affaires des loges ou de celles de frères, et ne doivent pas en appeler au grand maître sans que le député en soit averti, à moins qu'il refuse son concours.

2 - En ce cas, ou en cas de divergence d'opinion entre le député et les grands surveillants, les parties doivent aller devant le grand maître par consentement; par la vertu de sa grande autorité et de ses pouvoirs, il peut aisément résoudre la controverse et régler le différend.

3 - Le grand maître ne devrait recevoir d'informations priées concer­nant les maçons et la maçonnerie que de son député d'abord sauf dans des cas dont il est seul juge ; et si la demande faite au grand maître est irrecevable, il peut ordonner aux grands surveillants ou à quiconque fait une demande, de se rendre auprès du député, qui doit sans délai instruire l'affaire et la soumettre comme il convient au grand maître.

 

N. R. 16 - 1. Ceci fut fait pour soulager le travail du grand maître pour l'honneur du député. 2. Aucun cas ne s'est produit jusqu'à présent, et tous les grands maîtres gouvernent plus par l'amour que par le pouvoir. 3. Il n'a pas été fait d'appel irrégulier au grand maître.

A.R. 17 - Nul grand maître, député grand maître, grand surveillant, trésorier ou secrétaire, ou quiconque les remplace, ne peut en même temps être maître ou surveillant d'une loge particulière; mais dès qu'il s'est acquitté de sa fonction, il retourne au poste ou à la fonction de sa loge d'origine d'où il a été appelé pour officier.

N. R. 17 - Certains anciens grands officiers sont maintenant officiers dans des loges, mais ne sont pas privés de leurs privilèges en Grande Loge, de siéger et d'y voter en qualités de passés grands officiers. Le maître d'une loge particulière délègue un passé grand officier de sa loge pour agir temporairement comme officier de cette loge en Grande Loge.


A. R. 18

1. Si le député est malade ou absent par nécessité le grand maître peut choisir n'importe quel frère pour agir en qualité de député temporaire.

2. Mais celui qui est choisi à l'installation, ainsi que les grands sur­veillants, ne peut être démis sans motif clairement expliqué en Grande Loge.

3. Car le grand maître, s'il est dans rembarras, peut convoquer une Grande Loge expressément pour exposer le cas et recueillir ses avis et concours. Et si les membres de cette Grande Loge ne peuvent réconci­lier le grand maître et son député ou les surveillants, ils doivent auto­riser le grand maître à congédier le député ou les surveillants et à choi­sir immédiatement un autre député ; et la Grande Loge choisira aussi­tôt d'autres grands surveillants, pour que l'harmonie et la paix soient préservées.

 

N. R. -18

1. Maintenant le premier grand surveillant remplace toujours le dépu­té, le second remplace le premier, le plus ancien passé grand surveillant remplace le second, et le plus ancien maçon, comme ci-dessus.

2. Ceci ne s'est jamais produit jusqu'à présent. Voir N. R. 1.

3. Si cela se produisit, le grand maître nommerait son député, et la

Grande Loge les autres grands officiers.

 

A. R. 19

Si le grand maître outrepassait ses pouvoirs étendus et se rendait indigne de l'obéissance et de la soumission des loges, il serait traité d'une manière à décider dans un nouveau règlement, parce que jusqu'à présent, l'ancienne fraternité n'en a jamais eu l'occasion.

N .R. 19

Les francs maçons espèrent bien ne jamais en avoir besoin.

 

A. R. 20 - Le grand maître, accompagné de son député, de ses grands surveillants, et du secrétaire, ira visiter les loges de Londres au moins une fois pendant sa maîtrise.  

N. R. 20 - Ou bien il enverra ses grands officiers visiter les loges. Cette ancienne et louable coutume rend souvent la nomination d'un député nécessaire ; lorsqu'il visite les loges, le premier grand surveillant fait office de député, le second remplace le premier, comme ci-dessus ; ou si tous deux sont absents, le premier ou le second grand surveillant pré­side en qualité de député, en visitant les loges ou en constituant une nouvelle loge, ce qui ne peut se faire sans la présence de l'un des grands officiers en exercice, sauf en des lieux trop éloignés de la Grande Loge, auquel cas quelque frère fidèle, passé maître, aura une délégation en bonne et due forme sous le sceau de la Grande Loge pour constituer telle nouvelle loge, dans un pays lointain ou assez éloi­gné, où les grands officiers ne peuvent se rendre.

 

A. R. 21 - Si le grand maître en exercice décède, ou que la maladie, un voyage outremer, ou toute autre cause l'empêche de remplir son office, le député ou en son absence le premier grand surveillant, ou en l'ab­sence de celui-ci le second grand surveillant, ou en son absence, trois maîtres de loge convoqueront immédiatement la Grande Loge afin de débattre de cette situation urgente et d'envoyer deux d'entre eux inviter le précédent grand maître à reprendre cette fonction qui lui revient ; et s'il le refuse, le précédent encore et ainsi de suite en remontant. Mais si l'on ne trouve aucun ancien grand maître, l'actuel député sera en fonction jusqu'à l'élection d'un nouveau grand maître ; et s'il n'y a pas de député, alors ce sera le franc-maçon le plus ancien actuellement maître d'une loge. 

N. R. 21 - En ce cas de vacance, s'il ne se trouve aucun précédent grand maître ni député, l'actuel premier grand surveillant occupe la chaire, ou son absence, le second grand surveillant jusqu'à l'élection d'un nouveau grand maître ; et s'il n'y a ni actuel ni ancien grand surveillant, ce sera le franc-maçon le plus ancien actuellement maître d'une loge.

 

A. R. 22 - Les frères de toutes les loges régulières de Londres ou des environs se réuniront annuellement en un lieu convenable le jour de la Saint Jean ; et après avoir réglé toutes les questions, ils peuvent se rendre à leur dîner annuel de fête, de la manière la plus convenable ; et lorsque la St jean tombe un dimanche, la réunion commune aura lieu le lundi suivant. La Grande Loge doit se réunir en un lieu convenable le jour de la Saint JEAN l'Évangéliste, chaque année, afin de proclamer les nouveaux grand maître, député et grands surveillants, ou de reconduire les sor­tants. 

N.R. 22 - Ou tous les frères au monde (qui sont loyaux et fidèles membres de l'Ordre), au lieu désigné, jusqu'à ce qu'ils aient bâti leur propore local. Seuls les membres de la Grande Loge seront admis aarts les murs pendant l'élection des grands officiers.

 

A.R. 23 - Si le grand maître en exercice consent à continuer une seconde année, un des membres de la Grand Loge (désigné à cet effet) représentera à tous les frères que le grand maître a bien gouverné, &c. et se tournant vers lui, au nom de la Grande Loge, le priera humble­ment de faire à la fraternité le grand honneur (s'il est de noble naissan­ce, sinon d'avoir la grande bonté) de continuer à être leur grand maître pour l'année à venir ; et le Très Respectable Grand Maître donnant son consentement (de la façon qu'il jugera bonne) le grand Secrétaire te proclamera à haute voix GRAND MAITRE des maçons. Les membres de la Grande Loge le salueront alors comme il convient selon les anciennes coutumes louables des francs-maçons.
N. R. 23 - La demande sera faite au grand maître par le dépUté (ou en cas d'absence par le frère que la Grande Loge désignera), au moins un mois à l'avance avant la fête de St JEAN l'Évangéliste, afin de savoir si le Très Respectable Grand Maître fera à la fraternité le grand honneur (ou aura la bonté) de continuer à son poste une seconde année, oU de désigner son successeur ; et si le Très Respectable Grand Maître ou le successeur qu'il juge apte se trouvaient hors de Londres à ce moment, alors le secrétaire écrira à tous deux ou à l'un des deux à ce sujet, les copies de ces lettres étant transcrites dans le livre des minutes de la Grande Loge, avec les réponses

.A.R. 24 - Le grand maître en exercice désignera son successeur pour l'année à venir ; si celui-ci a l'approbation unanime de la Grande Loge et qu'il est présent, il sera proclamé, salué et félicité comme nouveau grand maître» comme ci-dessus indiqué, et immédiatement ins­tallé par le précédent grand maître selon les anciens usages.

Mais si cette nomination ne fait pas l'unanimité, le nouveau grand maître sera élu au vote secret, chaque maître et surveillant écri­vant de même que le grand maître le nom de son candidat, et celui dottt le nom sera tiré au sort sera GRAND MAITRE des Maçons pour l'an­née à venir ; s'il est présent il sera proclamé, salué et félicité comme nouveau grand maître, comme ci-dessus indiqué, et immédiatement

installé par le précédent grand maître selon les anciens usages.  

N. R. 24 - C'est la coutume générale des Grandes Loges, car elfes ne désapprouvent que rarement ou jamais le choix fait. Il n'y a pas eu lieu d'appliquer cet article, la Grande Loge (comme il a été dit) ayant tou­jours approuvé le choix du grand maître ; la raison pour laquelle je l'in­sère est la crainte qu'un frère (connaissant les anciennes constitutions) pense que l'omettre soit une faute.

 

A.R. 25 –

1 - Le grand maître sortant ainsi réélu, ou le nouveau grand maître une fois installé, il exercera son droit de désigner et nommer son député (soit le sortant ou un nouveau) qui sera aussi proclamé, salué et félicité comme il convient.

2 - Le grand maître nommera aussi ses grand surveillants ; s'ils sont unanimement acceptés par la Grande Loge, ils seront aussitôt procla­més, salués et félicités selon le rite habituel. 

N. R. 25 -

1. La nomination d'un député était toujours nécessaire quand le grand maître était noble, et cet article a toujours été appliqué.

2. Cet ancien article a été parfois jugé malcommode, c'est pourquoi la Grande Loge se réserve le droit d'élire les deux grands surveillants ; tout membre a le droit d'en proposer un, et les deux personnes qui recueillent la majorité des votes (en préservant toujours l'harmonie) sont déclarées dûment élues.

 

A. R. 26 - Si le frère choisi par le grand maître pour lui succéder (ou que la Grande Loge élira au vote secret, comme ci-dessus indiqué) est hors de Londres et qu'il a répondu qu'il acceptait la charge de grand maître, il sera proclamé selon l'A. R. 23 et installé par procuration à l'actuel ou à un passé grand maître, qui agira en son nom et recevra les honneurs, salutations et félicitations usuelles. 

N. R. 26 - Le mandataire doit être le précédent ou le dernier grand maître (comme le duc de Richmond pour Lord Paisley) ou encore un frère de grande réputation comme Lord Southwell pour le Comte de Strathmore. Mais l'Installation définitive n'a lieu qu'en présence du nouveau grand maître. Les nouveaux député et grands surveillants ne peuvent nommés par procuration.

A.R. 27 - Toute Grande Loge a le pouvoir et l'autorité de faire de nou­veaux règlements ou de modifier les actuels pour le bien réel de la Fraternité, à condition toutefois que les anciens repères ("Landmarks") soient soigneusement conservés et que de tels nouveaux règlements ou modifications soient proposés et acceptés par la Grande Loge, et qu'il soit permis à tous les frères d'en prendre connaissance par écrit ; leur approbation et consentement (à la majorité) sont absolument indispen­sables pour les rendre valides. Ceci doit, après l'installation du nouveau grand rnaître, être demandé officiellement à la Grande Loge et obtenu d'elle comme cela rut fait pour ces A. R. par un grand nombre de frères.

N. R 27 - Tous les nouveaux règlements ou modifications ci-dessus mentionnés ne sont que l'amélioration ou l'explication [84] des anciens règlements pour le bien de la maçonnerie sans enfreiraire les anciennes règles de la fraternité et en conservant les anciens repères, et furent faits à plusieurs époques (selon l'occasion) par la Grande Loge qui a le pouvoir d'amender ce qui paraît gênant, et toute autorité pour faire de nouveaux règlements pour le bien de la franc-maçonnerie, ce qui n'a pas été contesté, car les membres de la Grande Loge sont vraiment les représentants de toute la fraternité, selon l'A. R. 10.


Fin des anciens règlements.

 

NOUVEAUX REGLEMENTS

 

1. Les seuls frères admis en Grande Loge sont les membres de droit, à savoir : les quatre grands officiers actifs et tous les grands officiers pas­sés, le trésorier et le secrétaire, les maîtres et surveillants de toutes les loges régulières ; à l'exception d'un frère pétitionnaire ou d'un témoin en quelque cause, ou convoqué sur ordre.

2. Au troisième coup de maillet du grand maître (toujours repris par le premier grand surveillant) tout le monde fera silence ; celui qui rompt le silence sans autorisation du président, sera publiquement répriman­dé.

3. Sous peine du même châtiment tous les frères resteront assis et observeront un silence rigoureux chaque fois que le grand maître ou le député se lèveront de la chaire pour appeler "à l'ordre ".

4. En Grande Loge tous tes membres resteront assis (suivant le numé­ro de leur loge) et ne se déplaceront pas pendant la communication, sauf les grands surveillants, qui ont directement en charge de veiller sur la Grande Loge.

5. Chaque frère ne parlera qu'une seule fois sur le même sujet, sauf pour s'expliquer ou quand le président le lui demande.

6. Pour prendre la parole, un frère se lève et reste debout, s'adressant (de la manière convenable) au Président ; on ne tentera pas de l'inter­rompre, à peine du même châtiment, à moins que le Grand Maître, trouvant qu'il s'éloigne du sujet en cours, juge bon de le rappeler à l'ordre ; alors le frère qui parle devra s'asseoir ; mais après avoir été corrigé, il peut continuer s'il le souhaite.

7. Si au cours d'une tenue de Grande Loge, un membre est rappelé à l'ordre deux fois pour avoir transgressé ces règles, et se rend coupable une troisième fois de la même faute, le président lui ordonnera sans discuter de quitter la loge pour la soirée.

8. Tout frère qui sera assez grossier pour siffler un frère, ou ce que dit ou a dit un frère, sera immédiatement exclu solennellement de la tenue, et déclaré interdit de Grande Loge à l'avenir, jusqu'à ce qu'il recon­naisse publiquement son erreur et soit pardonné.

9. Aucune proposition de nouveau^ règlement, eu de maintien ou de modification d'un règlement ancien* ne sera faîte si elle n'est pas d'abord transmise par écrit ; quand eLLE1 aura été Tue par le grand maître au bout de dix minutes au moins, cette proposition pour­ra être rendue publique, et elle sera lue à haute voix par le secrétaire ; si cette proposition est soutenue par au moins deux personnes, elle sera aussitôt soumise à l'étude de toute l'assemblée, pour que tous puissent donner leur sentiment. Ensuite, la question sera mise aux voix, pour et contre.

10. L'opinion ou le vote des membres seront indiqués en levant la main, une par membre de la tenue ; les grands surveillants compteront les mains levées^ à moins que le nombre de mains levées soit tel qu'il est inutile de compter.

Aucune autre forme de vote n'est jamais admise chez les francs-maçons.

 

Fin des nouveaux règlements.

 

Mon fils, n'oublie jamais mes lois ; que ton cœur retienne mes com­mandements, et n'ôte pas les anciens repères que tes ancêtres ont posés. salomon.

Bien que les règlements suivants soient appelés nouveaux, ils sont en usage depuis de nombreuses années, et furent rédigés en diffé­rentes époques par ordre de la communauté, pour amender ou expli­quer les anciens règlements ; car nous ne devons pas enfreindre les anciens règlements de la fraternité, comme il est dit en N. R. 27.

 

Mon principal dessein en cette entreprise étant de faire connaître à mes dignes frères les anciens et les nouveaux règlements (et de fait ils constituent le sujet le plus indispensable concernant la franc-maçonne­rie sur lequel on peut écrire) j'ai ajouté les règlements du comité du fonds de bienfaisance, tels qu'ils ont été approuvés et appliqués par la Grande Loge $ Irlande depuis l'année 1738, lorsque notre Très Respectable et très honorable frère,

 

WILLIAM STUART, le Seigneur Vicomte Mountjoy (maintenant Comte de Blessington} était grand maître.

De même, les règlements de la loge des Intendants, ou comité de bien­faisance, tels qu'ils ont été approuvés et pratiqués par les anciens Maçons d'York en Angleterre depuis 1751.

 

 

 

 

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