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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:34

 

Malgré leur proximité géographique, les deux Etats de la péninsule ibérique ne vécurent pas depuis le XVIIème siècle une histoire commune. Il est dès lors nor- mal que leur Maçonnerie respective se soit développée à peu près indépendam- ment  l’une  de  l’autre.  Si  l’on  parle  ici  de  Maçonneries  au  pluriel,  c’est  que l’Espagne aussi bien que le Portugal connurent sur leur territoire la cohabitation

de nombreuses obédiences plus ou moins rivales.

 

ESPAGNE

 

La  première  Loge  espagnole  fut  constituée  en  1728  à  Madrid  sous  l’égide  de l’Angleterre. Dès 1740 le roi Philippe V mit en sévère application la bulle ponti- ficale  de  1738  et  chargea  l’Inquisition  de  sévir  à  l’encontre  des  membres  de l’Ordre, ce qui n’empêcha toutefois pas son développement de se poursuivre. La situation devint dramatique avec la seconde bulle fulminée en 1751 par Benoît XIV; l’Inquisition procéda avec une rare rudesse. Les choses s’arrangèrent dès l’avènement du roi Charles III et une Grande Loge Provinciale put se constituer

en 1766 sous les auspices de Londres. Elle se déclara indépendante en 1780 sous

le vocable de GO d’Espagne.

L’ère napoléonienne débuta en 1807 et permit la constitution d’un nouveau GO assujetti à celui de France qui s’établit dans les bâtiments mêmes de l’Inquisition. En 1808, un Suprême Conseil du Rite Ecossais irrégulier fut constitué, remplacé trois ans plus tard par un autre, régulier celui-là, venu de France; le GO originel vint s’y rattacher en 1820.

Le  retour  au  pouvoir  du  roi  Ferdinand  VII  en  1814  porta  un  coup  dur  à  la Maçonnerie et les persécutions de l’Inquisition reprirent; la révolution (ou guerre civile) manquée de 1825 déchaîna la répression et de nombreux Maçons réputés furent pendus. Presque totalement exterminé, l’Ordre ne survécut que misérable- ment jusqu’en 1868, avec toutefois un bref sursis à la mort de Ferdinand VII en 1853. La reine Isabelle qui lui succéda relança les persécutions, bien que l’Eglise catholique ait alors perdu une grande partie de son influence. Après sa destitution

en 1868, elle fut remplacée par Amédée de Savoie qui était Franc-Maçon, ce qui permit à l’Ordre de reprendre force et vigueur. Dès 1869 un GO National se re- forma et le Portugal fonda à son tour un GO Ibérique. On assista alors à une pro- lifération d’obédiences si bien qu’en 1877 on n’en comptait pas moins de cinq qui se combattaient mutuellement, suivies d’autres encore en 1881 et 1889. Une tentative avortée de réunification avait eu lieu en 1885. Il fallut que les persécu- tions  reprissent  qui  eurent  pour  conséquence  la  suppression  de  toutes  les  obé- diences.

Ce regroupement devint enfin effectif en 1898 lorsque se constituèrent la «Gran Logia Simbolica Catalana-Balear», puis le «Gran Oriente Español» et la «Gran Logia  Española»,  dans  un  désir  unanime  de  reconstruction  sociale.  Cependant cette euphorie fut de relative courte durée puisqu’en 1922 l’ancien GO se disso- cia en pas moins de sept obédiences; l’union nécessaire pour résister aux mou- vements dictatoriaux des années 1920 fit cruellement défaut dès l’avènement de Miguel  Primo  de  Rivera  (1923)  et  du  franquisme  qui  suivit.  L’interdiction  de l’Ordre fut même suivi de massacres: l’appartenance à une Loge était passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement et même 30 pour les Hauts Grades avec repré- sailles sur les membres de la famille. On a pu dénombrer plus de 10’000 arresta- tions de personnes soupçonnées d’être Francs-Maçons et le GO d’Espagne s’exila au Mexique. Bien qu’il dût tolérer la présence de Loges dans les bases améri- caines d’Espagne, Franco ne voulut jamais changer d’attitude envers l’Ordre qu’il accusa des pires méfaits jusqu’à sa mort en 1975.

Les Maçons exilés en Amérique latine rentrés au pays tentent dès 1976 de réani- mer les feux et fondent deux GG LL qui fusionneront en 1978 sous la dénomi- nation   de   Union   de   GL-Orient   d’Espagne.   Parallèlement   deux   obédiences s’étaient constituées l’une avec charte du GO de France, l’autre sous l’égide de

la GLNF. Pour des raisons de reconnaissance, la première perdit ses effectifs au bénéfice de la seconde. Le 6 novembre 1982, la GL des Francs-Maçons du REAA fut créée à laquelle s’affilièrent douze Loges civiles – dont quatre à Barcelone et trois à Madrid – rattachées jusqu’alors à la GLNF. Par la suite, huit autres Loges

se sont encore constituées. Les Loges militaires des bases américaines sont de- meurées sous la juridiction de la GLNF.

Forte aujourd’hui de 39 Loges (16 travaillent au Rite Réconciliation/Emulation, 16 au REAA et 4 au Rite Rectifié) et de plus de 1000 Frères, la GL d’Espagne est  en  plein  développement.  Elle  est  reconnue  par  de  nombreuses  GG  LL d’Europe (dont l’Alpina) et d’Amérique du Nord. Les pourparlers avec la GLU d’Angleterre se poursuivent.

 

PORTUGAL

 

La première Loge dont il soit fait mention au Portugal date de 1735. Elle fut créée sous égide anglaise et trouva rapidement un développement réjouissant. Trois ans plus tard, la bulle fulminée par Clément XII contraignit les Maçons portugais à œuvrer dans l’ombre; ils subirent de graves persécutions suivies des galères et même de la peine de mort. Cette situation dura jusqu’à l’accession au trône d’un roi libéral, Joseph II en 1750. Cette période de tolérance prit fin avec le règne de la Reine Marie Ière qui lui succéda en 1777; les peines de prison et de bannisse- ment  furent  nombreuses  et  bien  des  Maçons  préférèrent  s’exiler.  Malgré  cela l’Ordre put se maintenir dans la clandestinité et réussit à constituer une GL et installer un GM entre 1802 et 1804. L’occupation française de 1807 permit à la Maçonnerie de recouvrer une entière liberté, sans toutefois empêcher la Grande Loge de devoir interrompre ses tra- vaux, pour des raisons autres que politiques, il est vrai. La proclamation de la mo- narchie constitutionnelle en 1820 lui donna un nouvel essor, de courte durée hé- las.  Dès  1823  le  roi  Jean  VI  rétablit  les  anciens  privilèges  et  interdit  la Franc-Maçonnerie. Le clergé put alors donner libre cours à sa vindicte et orga- nisa une nuit de la Saint-Barthélémy contre l’Ordre. Cette situation précaire dura jusqu’à l’abdication de Dom Miguel en 1834 auquel succéda Pierre IV qui était Franc-Maçon.

Dès lors la Maçonnerie portugaise se conforta mais fut en butte à des rivalités entre grandes villes. Lisbonne et Porto constituèrent chacune une GL avec son GM. L’année 1844 vit l’apparition de quatre nouvelles Loges dotées de chartes irlandaises,  qui  avaient  été  précédées  en  1841  par  la  création  d’un  Conseil Souverain d’origine brésilienne intitulé GO de Lusitanie.

En 1849, alors qu’on ne recensait pas moins de 4 obédiences rivales, une tenta- tive de fusion permit le regroupement de trois d’entre elles sous l’appellation de GO de Lusitanie, qui, hélas ne tarda pas à connaître une scission entre 1859 et 1869.

Il faut attendre 1869 pour voir la situation s’éclaircir et les rivalités entre obé- diences se dissiper par la création du «Grande Oriente Lusitano Unido» En 1872, le GO d’origine irlandaise rejoignit cette obédience pour s’en séparer lorsque des influences politiques devinrent trop perceptibles dans la Maçonnerie portugaise. En 1882, nouveau schisme suivi d’un autre en 1897. Cette situation d’instabilité perdura jusqu’en 1914 pour qu’enfin unie, la Maçonnerie portugaise trouvât un climat plus serein. Les choses demeurèrent en l’état jusqu’à l’avènement d’un ré- gime dictatorial en 1926. En butte aux persécutions de l’Etat, l’Ordre fut supprimé par Salazar en 1935. Il comptait alors 120 Loges et 10’000 membres.

Après la chute du dictateur en 1968, la Maçonnerie portugaise put renaître pru- demment de ses cendres et rétablir dès 1974 un «Grande Oriente» qui compte en- viron 250 membres. Aligné à l’origine sur le GO de France, sa reconnaissance par les autres obédiences se poursuit à petits pas.

Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:19

 

L’origine plurinationale de la péninsule, sa multiplicité ethnique, l’isolement re- latif résultant de la barrière alpine, la domination répressive des divers gouverne- ments laïcs et ecclésiastiques, tous ces facteurs ont contribué à rendre l’histoire maçonnique italienne passablement complexe.

LES DÉBUTS

 

Les premières Loges connues émanent des colonies britanniques établies dans les grands centres urbains. Charles Sackville, duc de Middlesex, fonda la première Loge à Florence en 1733. La philosophie des Lumières se répandait dans les autres villes dès 1735: Rome, Milan, Vérone, Sienne, Padoue, Vicence, Venise et surtout

le  royaume  de  Naples.  On  connaît  dans  ce  royaume  l’existence,  dès  1734,  de Loges militaires formées de mercenaires bourbons levés par le roi Charles VII de Naples,  le  futur  Charles  III  d’Espagne.  La  preuve  nous  est  rapportée  par  des confessions ultérieures arrachées par l’Inquisition espagnole.

 

L’INTERDICTION

 

Ce fut le grand-duc Jean Gaston de Médicis qui publia la première interdiction de la Maçonnerie en 1737; mais à la suite de l’ouverture d’une Loge à Livourne, à laquelle adhérèrent catholiques, protestants, et juifs, la papauté réagit énergique- ment. Clément XII fulmina la bulle apostolique «In eminenti» en 1738, se confor- mant  ainsi  à  la  politique  de  certains  Etats  européens  (et  de  quelques  cantons suisses),  qui  avaient  proscrit  et  banni  les  Loges  maçonniques  comme  étant contraires  aux  lois  en  vigueur.  En  effet,  la  Maçonnerie  accueillait  parmi  ses membres des hommes de toutes les croyances, raison pour laquelle le Pape était préoccupé: ... l’union des hommes de différentes religions,... l’apparence de per- sonnes honnêtes et prudentes, ... les maux que de telles unions peuvent avoir pour la sauvegarde des âmes.

L’interdiction papale exerça un impact différencié selon les régions. En Espagne l’Inquisition s’en saisit et envoya les Maçons sur le bûcher. Mais en Italie son impact  se  limita  essentiellement  à  la  fermeture  de  certaines  Loges  et  au ralentissement du mouvement.

La condamnation de l’Eglise est toujours en vigueur aujourd’hui et semble à beau- coup d’observateurs – mêmes catholiques – injustifiée et inactuelle. Il est défendu d’adhérer à des Loges maçonniques sans encourir de graves mesures, comme le décrète la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre

1983. Mais depuis lors, la sévérité vaticane s’est quelque peu atténuée.

 

VERS UNE GRANDE LOGE

 

Dans le royaume de Naples les Loges militaires, formées à raison de 90 % de cadets et d’officiers subalternes et d’environ 10 % de commerçants et d’ecclé- siastiques,  acceptèrent  progressivement  des  personnes  de  rang.  Ces  quelques Loges napolitaines tentèrent de créer en 1750 une Grande Loge Nationale sous

l’égide du Prince de Saint Sévère, alchimiste. Mais le roi Charles l’interdit l’an- née suivante.

Dès 1763 cependant, apparaissait la «Grande Loge Provinciale Hollandaise» dont

la simplicité habituelle se transforma bien vite en élitisme à la napolitaine puisque ses effectifs comptaient 50 % d’aristocrates et de hauts prélats.

Vers 1769 une Grand Loge Provinciale Anglaise rivale fut créée, composée par

14 % de nobles, de nombreux officiers subalternes, des intellectuels et des ecclé-

siastiques.

En 1773 les Loges napolitaines formèrent à nouveau une Grande Loge Nationale sous la protection de la reine Marie-Caroline. Mais cette émanation viennoise por- tait ombrage au roi Ferdinand IV qui suscita – sous l’inspiration de Charles III d’Espagne – un procès retentissant mais sans suite en 1775.

La Grande Loge Nationale passa par une adhésion à la Stricte Observance puis, dès 1778, au Régime Rectifié de Willermoz. Le Directoire lombard du RER fut contraint à l’inaction en 1788.

Sous l’impulsion du GO de France un GO d’Italie éphémère apparaissait en 1784. D’autres tentatives de regroupement sans lendemain se signalaient à Turin, Rome, Naples et en Sardaigne.

 

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

 

Plus d’un trône devait trembler sous le butoir de la Révolution de 1789. A Naples

un  édit  royal  suspendit  toutes  les  Loges  et  la  GL  Provinciale  fut  dissoute.

Néanmoins bien des FF des Loges «anglaises» poursuivirent leur action en faveur

de la liberté sous le couvert des Clubs des Jacobins. D’autres durent fuir à l’étran-

ger. Naples connut l’arrivée des troupes françaises en 1799. Le roi Ferdinand, ré-

fugié à Palerme, réintégra son fief et d’un seul coup, par 119 exécutions, priva

son royaume de son élite intellectuelle.

En cette fin de siècle, les autres Loges de la péninsule connurent une vie moins intense, mais pas pour autant moins confuse. On signale la présence de Loges à Turin,  Gènes,  Milan,  Crémone,  Livourne, Venise,  Padoue, Vicence  et Vérone. Toutes durent cesser leur activité en raison des mesures répressives des autorités d’une part, de la papauté d’autre part.

 

L’ÈRE NAPOLÉONIENNE

 

Comme dans tous les pays où s’exerça le pouvoir bonapartiste, la Maçonnerie italienne fut mise avec fourberie au service de la raison d’Etat. Il en résulta une domination  des  Rites  sur  la  Maçonnerie  pure  [bleue],  anomalie  qui  devait  se perpétuer jusqu’au XXème siècle. (Stolper, p. 80).

Le Piémont, la Ligurie et l’Etat Pontifical furent incorporés au territoire métro- politain français. Les Loges de ces régions passèrent sous l’autorité directe du GO

de France qui à l’époque pratiquait le Rite Français ou Moderne, formé de 7 de- grés. Au total 35 Loges fonctionnaient, dont une, à Alexandrie, sous le nom de «Les Amis de Napoléon le Grand».

 Les territoires restants de l’Italie septentrionale étaient réunis sous le règne de Napoléon. A Milan, dès 1805, les 28 Loges de ce nouveau royaume, s’affiliaient en apparence au REAA – littéralement «revêtaient l’habit du REAA»– sous l’autorité du GM Eugène de Beauharnais, Vice-Roi et gendre de Napoléon, mais qui ne manifestait aucun intérêt pour la Maçonnerie. Ce fut la première tentative de constituer une autorité maçonnique centrale pour tout le pays.

Au royaume de Naples, où Joachim Murat cherchait à se distancer de son parent Napoléon, on vit apparaître le GO de Naples doté d’une structure identique à celle du  GO  de  France,  consistant  en  7  degrés  sous  l’appellation  de  Rite  Réformé. Parallèlement,  un  Suprême  Conseil  du  REAA  se  créait  en  1809;  en  1813,  il administrait 30 % des 112 Loges du royaume. De toute évidence, le GM et le Grand Commandeur étaient tous deux ... Murat.

Enfin la Toscane, avec ses 4 Loges, se soumit à l’autorité de la Maçonnerie fran- çaise. Celle de Livourne, «Napoléon», se distingua par une activité particulière- ment brillante. Les Loges italiennes comptaient parmi leurs membres, à part les officiers français et des fonctionnaires issus de tous les niveaux, les incontour- nables  opportunistes,  mais  surtout  les  idéalistes  qui  voyaient  en  Napoléon  un moyen de secouer le joug de la domination étrangère et de la monarchie absolue. La défaite de Napoléon à Waterloo en 1815 provoqua une triste volte-face des Maçons et un assoupissement des Ateliers.

 

LE RISORGIMENTO (RÉSURRECTION)

 

L’Italie sortait du Congrès de Vienne (1815) aussi divisée qu’avant la Révolution. Le rétablissement de l’Ancien Régime provoqua la création de sociétés secrètes dont la principale était le Carbonarisme, auquel adhérèrent de nombreux Maçons patriotes, désireux de libérer le pays de l’oppression. En conséquence les Loges s’assoupirent pendant quelque 40 années. Période assez confuse pendant laquelle les différents Rites disposaient de leurs propres Loges symboliques. Ainsi plu- sieurs GO nationaux rivalisaient entre eux à Rome, Turin, Palerme, Naples, Bari

et Milan.

A l’image de Garibaldi et Mazzini, beaucoup d’initiés voyaient en la Maçonnerie la  base  d’une  politique  nationale. Avec  beaucoup  d’idéalisme,  mais  aussi  une grande confusion structurelle et idéologique.

 

L’UNIFICATION

 

L’objectif   de   l’unification   était   double:   sur   le   plan   politique,   évincer   les Autrichiens et créer une nation; sur le plan maçonnique, unifier l’Ordre.

Le 28 août 1861 Giuseppe Garibaldi, héros des deux Mondes, est élu Souverain

Grand Commandeur et Grand Maître du Centre maçonnique de Palerme.

Première organisation maçonnique d’origine italienne, le GO de Turin fut créé en décembre 1861 pour être dissous en mars 1864. Une Assemblée constituante à Florence, le 21 mai de la même année, réunissant 72 Loges et Corps maçonniques, constituait un GO dont Garibaldi devint GM. Le GO organisa par la suite de nom- breuses assises, toutes marquées par un ardent anticléricalisme. Le pouvoir tem- porel  du  Pape  prit  fin  le  20  septembre  1870. Aussitôt  le  GO  fut  transféré  de Florence  à  Rome.  C’est  là  que  le  23  mai  1874  l’assemblée  approuvait  la Constitution. Mais les problèmes ne manquèrent pas.

L’engagement politique des Maçons italiens poussa les cléricaux, avec la béné- diction papale, à organiser un Congrès International antimaçonnique à Trento, du 26 au 30 septembre 1896. Environ 3000 délégués de plusieurs pays participèrent à ce congrès, parmi lesquels quelques suisses, avec à leur tête Gioacchino Respini,

ancien conseiller d’Etat tessinois, pour étudier ... la façon de s’opposer efficacement à l’œuvre néfaste de cette secte satanique qu’est la Maçonnerie.

 

LE XXème SIÈCLE

 

La Maçonnerie italienne exerçait, à travers ses Loges, une forte activité politique et la Chambre des Députés comptait de nombreux Maçons; certains furent chefs de gouvernement et ministres. Mais la politique ne servit pas la Maçonnerie.

En 1908, le Maçon Bissolati déposait à la Chambre des Députés une motion vi- sant à interdire l’enseignement religieux dans les écoles. Malgré la recommanda- tion  du  GM  Ferrari,  nombre  de  Maçons  participèrent  au  vote  négatif  de  la Chambre, qui rejeta la motion à une forte majorité.

 

Le Grand Maître proposa alors de censurer ceux qui avaient ignoré sa consigne. Saverio Fera, Souverain Grand Commandeur du REAA à l’époque, intervint pour leur défense, mais se trouva mis en minorité. Il quitta alors le GO – après avoir fait  main  basse  sur  des  fonds  et  certains  documents  du  Rite  –  pour  fonder  la Maçonnerie de «Piazza del Gesù» qui existe encore aujourd’hui et qui est consi- dérée comme une obédience irrégulière, soit en raison de ses origines, soit du fait de son ouverture à la Maçonnerie irrégulière.

 

La situation ainsi créée devint passablement ambiguë, surtout lorsque le SC du REAA américain décidait de reconnaître le GO dit «Piazza del Gesù» alors que les  GL  des  USA  continuaient  à  reconnaître  le  GO  du  Palais  Giustiniani (Justinien). En décembre 1921 la GL d’Alabama retirait sa reconnaissance au GO, car non indépendant du REAA. En conséquence, dès 1922 le GO décidait de sé- parer sa destinée de celle du Rite.

 

LE FASCISME

 

La Marche sur Rome des Chemises noires du 27 octobre 1922 conduisit Mussolini au pouvoir. Très vite (dès 1923), la Maçonnerie fut prise pour cible. La chasse à l’homme contre les Maçons fut à son apogée le 25 septembre 1925 à Florence avec le massacre de nombreux Frères, l’internement d’autres, et la destruction des

Loges. Le GM, considérant la gravité de la situation et en vertu de ses pouvoirs,

décréta la dissolution de toutes les Loges de «Palazzo Giustinia». Comme nombre

d’antifascistes, le GM Torrigiani fut, lui aussi, enfermé à Lipari.

 

Durant la guerre, alors que le GM Palermi de «Piazza del Gesù» soumettait sa Maçonnerie  au  fascisme  (cf.  Michele  Moramarco  dans  La  Maçonnerie  hier  et aujourd’hui), d’autres Maçons s’unirent aux combattants pour la liberté.

 

 

L’APRÈS-GUERRE

 

A la fin du conflit mondial le GO d’Italie et ses Loges reprirent leur activité. Après deux schismes heureusement résorbés, en 1947 et 1951, il rétablissait ses relatons avec la plupart des obédiences régulières et obtenait, en 1972, la reconnaissance officielle de la GLU d’Angleterre. Cette reconnaissance entraîna celle des autres puissances maçonniques si bien que le GO d’Italie était reconnu par la presque totalité des obédiences régulières du monde. La position de l’Eglise ne fut pas aussi favorable. Alors même qu’en 1974 l’Eglise de Rome adoucissait son atti- tude traditionnellement hostile, une série d’attaques menées par la presse en 1976-77  remettait  tout  en  question,  provoquant  même  le  retrait  provisoire  de  recon- naissance de certaines GL d’Amérique. L’affaire P2 allait encore durcir la positiondu Vatican.

 

LA LOGE P2

 

Les années 1980 connurent le coup le plus dur porté à la Maçonnerie italienne et mondiale. Le scandale provoqua même la chute du gouvernement d’alors. Afin

de permettre aux Maçons appartenant à l’administration romaine de se soustraire aux sollicitations de leurs Frères, le GM Mazzoni avait créé en 1877 une Loge bien  régulière,  dénommée  «Propaganda  Massonica»  (P1),  dont  la  liste  des membres n’était connue que des autorités maçonniques suprêmes. Le fascisme la

fit disparaître comme toutes les autres Loges Italiennes. Elle renaquit sous le nom de «P2» après la fin de la seconde guerre.

Licio Gelli, initié en 1965 dans la Loge «Romagnosi», se distingua par ses capa- cités de prosélytisme à l’égard de personnages importants dans la vie publique italienne. En 1967 il put adhérer à la Loge P2 avec l’accord des hautes autorités de la Maçonnerie. Il en devint Maître en chaire et la Loge travailla régulièrement jusqu’en  1976,  année  de  sa  suspension  par  le  GO  Le  nombre  de  ses  membres s’élevait alors à 62. Mais Gelli savait ce qu’il voulait et réussit à rouvrir la P2 en la transformant en une organisation qui n’avait plus rien de maçonnique.

Une interview imprudente accordée à la presse en 1980, qui aurait dû le consa- crer  en  tant  que  médiateur  occulte  de  certaines  affaires  de  la  vie  italienne (quelques-unes louches), révéla la vraie nature de la P2 et entraîna une série d’en- quêtes judiciaires, de procès, de condamnations qui poussèrent Gelli à la clan- destinité  et  entraînèrent  la  fermeture  de  la  Loge. Arrêté  une  première  fois  en Suisse, il réussit à s’évader. Il fut de nouveau arrêté, condamné, extradé en Italie où, après avoir passé une brève période en prison, il fut libéré.

Le  GO  d’Italie  l’expulsa  définitivement  de  l’Ordre  le  4  septembre  1982.  Dès l’éclatement du scandale, les médias, d’une façon pas du tout désintéressée, ten- tèrent de rendre la Maçonnerie responsable des méfaits de Gelli et de son organisation.

Les GG MM Armando Corona et Di Bernardo réussirent néanmoins à redonner à leur Obédience la crédibilité qui lui était due: la réputation de l’Ordre ne doit pas continuer à être entachée par les vices et les abus de certains Frères sans scrupules.

 

LA MAÇONNERIE ITALIENNE ACTUELLE

 

Débarrassée de ses scories (Loge P 2), la Maçonnerie italienne connaissait à la fin des années 1980 un regain de vigueur et de crédibilité. En 1993, le GO d’Italie comptait 611 Loges (dont 47 à Rome, autant à Florence, 39 à Turin) et environ 13’000 Frères. Cinq Loges travaillaient en anglais et utilisaient le rituel améri- cain,  la  plupart  de  leurs  membres  étant  des  militaires  stationnés  dans  le  pays. 26 Loges travaillaient au rite Emulation dont une en langue anglaise.

Mais la corruption, la Mafia, la crise économique et politique qui s’installèrent dès 1993 dans le monde profane déstabilisèrent le GO d’Italie et provoquèrent des ruptures irrémédiables. La plus grande confusion régnait sur la régularité d’une nouvelle obédience créée d’un coup de baguette magique. Les GL régulières se distancèrent prudemment de ces querelles intestines et attendent la restauration

de l’Ordre dans sa régularité et sa sincérité.

 
Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:06

 

LES DÉBUTS

 

Pareilles à celles d’Angleterre, les anciennes Loges opératives allemandes se sont peu  à  peu  transformées  en  Loges  spéculatives.  Cependant,  en  Allemagne  la Maçonnerie n’a réussi à se maintenir que dans quelques localités, ce qui l’a em- pêchée d’acquérir l’importance de la branche anglaise.

Lorsque la Franc-Maçonnerie anglaise se propagea en Allemagne, il s’y trouvait déjà quelques anciennes Loges et même des Grandes Loges, comme par exemple la Grande Loge «Indissolubilis» dont les rituels ont été conservés en majeure par- tie. Une reconnaissance réciproque entre les deux puissances n’eut toutefois ja- mais lieu; la Grande Loge «Indissolubilis» interdisait même expressément d’ac- cepter des Francs-Maçons issus d’autres obédiences. Malgré la progression rapide de la Maçonnerie anglaise sur le territoire allemand, l’organisation autochtone se maintint encore assez longtemps.

La Franc-Maçonnerie allemande existe en fait depuis plus de 250 ans et n’est que de 20 ans la cadette de la Maçonnerie anglaise. Son berceau se situe à Hambourg. La  «Loge  de  Hambourg»,  nommée  ultérieurement  «Absalom  zu  den  Drei Nesseln» (Absalon aux Trois Orties) et qui existe encore de nos jours, fut la pre-

mière Loge d’Allemagne. En 1737 ses fondateurs – des hommes jeunes d’à peine 20 ans -, formaient un groupe d’idéalistes enflammés qui voulaient, sous le couvert de la Loge, propager l’esprit naissant de la Liberté et échanger ensemble des idées, celles mêmes qui dans le système absolutiste de l’époque étaient considé-

rées quasi criminelles.

Il s’agissait de la liberté d’expression, de conscience et de réunion ainsi que des autres libertés fondamentales, si naturelles pour nous aujourd’hui, mais conçues et revendiquées par des intellectuels courageux bien en avance sur leur temps.

L’origine  et  l’histoire  de  la  Franc-Maçonnerie,  rappelons-le,  sont  indissoluble- ment liées à l’esprit du Siècle des Lumières et à...l’émergence de l’homme s’ex- trayant de sa «minorité» intellectuelle dont il se tient pour responsable (Kant).

En 1738, le prince héritier Frédéric de Prusse, le futur Frédéric le Grand, fut reçu dans cette «Loge de Hambourg». Son fondateur, Charles Sarry, deviendra plus tard Maître en Chaire de la Loge «Aux Trois Globes» à Berlin. En 1738 égale- ment,  le  Comte  Rutowsky  fonda  à  Dresde  les  trois  Loges:  «Aux  Trois Aigles Blancs», «Aux Trois Epées» et «Aux Trois Cygnes». Une Loge princière fut créée

au sein même de la cour prussienne de Charlottenbourg; le prince héritier Frédéric donnait en 1740 l’ordre à Philippe Simon de constituer à Berlin la Loge «Aux Trois Globes». En 1741 la Loge «Aux Trois Compas» vit le jour à Leipzig et le Marquis  Frédéric  de  Brandebourg-Bayreuth  fonda  la  Loge  «Au  Soleil»  à Bayreuth. D’autres Loges furent créées dans la plupart des grandes villes alle- mandes. Selon les habitudes de la bonne société de l’époque, les travaux se dé- roulaient en langue française et beaucoup de Loges portaient des noms français.

Ulrich von Merhart écrit dans son important livre La Franc-Maçonnerie univer- selle, (Hambourg 1969):

Le  développement  de  la  Franc-Maçonnerie  en Allemagne  a  suivi  un  itinéraire particulier et compliqué. Le territoire national actuel était subdivisé à l’époque

en de multiple petits états organisés sous différents régimes. Par conséquent les relations entretenues avec les pays environnants étaient très diverses. Ce fait fa- vorisa l’éclosion de différents usages maçonniques. Mais leur diversité même en- traîna les difficultés qui durent être vaincues pour réaliser l’unification. Il sera donc plus aisé de traiter séparément les anciennes Grandes Loges car, dès le dé- but du Troisième Reich, elles durent soit se dissoudre complètement ou se trans- former en associations chrétiennes. Cette cassure permit après 1945 un renou- veau dans des conditions plus favorables.

 

DIVERSITÉ DES OBÉDIENCES

 

Pour mieux comprendre l’unification future voici un bref aperçu des plus impor- tantes anciennes Grandes Loges d’Allemagne:

 

La Grande Loge-mère nationale «Aux Trois Globes»

 

En 1744 la Loge berlinoise «Aux Trois Globes» se constitua en Grande Loge sous le nom de «Royale Grande Loge-Mère aux Trois Globes» et se développa brillamment. Au début, elle travaillait selon le rite anglais moderne. Lorsque le système de la «Stricte Observance» pénétra en Allemagne, la Grande Loge «Aux Trois Globes» l’adopta en 1766, mais l’abandonna en 1780. En 1783, après le Convent de Wilhelmsbad, elle se déclara indépendante et adopta son propre système rectifié, dont les Hauts Grades comportaient davantage de degrés sans grande valeur initiatique.  En  1796,  elle  obtint  la  protection  royale.  Un  directoire  de  sept membres la dirigeait, d’où la notion d’Ordre Intérieur. Un système de grades se développa comportant les trois degrés symboliques, un degré écossais et les trois

grades de l’Ordre Intérieur.

En 1933 cette Grande Loge comptait 177 Loges avec 22’700 Frères; pour se «dé- douaner»vis-à-vis du nazisme, elle se transforma alors en «Ordre national chré- tien», pour finalement se saborder en 1935. Ressuscitée dès 1970, ses 25 Loges sont rattachées aux Grandes Loges Unies d’Allemagne («Vereinigte Grosslogen von Deutschland [VGLvD]»).


La Grande Loge de Prusse dite «A L’Amitié»

 

Le  5  mai  1760,  quelques  Français  fondaient  à  Berlin  la  Loge  «Aux  Trois Colombes». Peu de temps après, elle changeait de titre distinctif en «L’Amitié aux Trois Colombes». En 1765, elle accueillit le Duc Edouard Auguste d’York et s’in- titula «Royal York de l’Amitié». Le Duc obtenait de Londres une lettre patente lui  confirmant  la  qualité  de  Loge-Mère  qui,  dès  1768,  prit  le  nom  de  «Loge Provinciale  des  Etats  Brandebourgeois».  Elle  travailla  en  langue  française  jus- qu’en 1795. En ce qui concerne la rédaction du rituel et de la constitution, on la doit  à  Ignace Aurelius  Fessler,  un  homme  qui  s’est  particulièrement  distingué. Pour s’en rendre compte il suffit de constater combien de systèmes apparentés au sien en sont dérivés (voir chapitre 9.7.2).

En 1932 cette Grande Loge comptait 104 Loges avec 11’500 membres; en 1933, elle se transformait en «Ordre Germano-Chrétien – A l’Amitié», vaine tentative d’assurer sa survie sous le nouveau régime. Après 1945, les Loges reconstituées en Allemagne de l’Ouest se rattachèrent à la GL (AF u. AM).

 

La GL Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne (FO)

 

Celle-ci fut fondée en 1770 par J.W. Kellner von Zinnendorf, né en 1737 à Halle, qui fut reçu en 1757 à la Loge «Philadelphia aux Trois Bras en Or» de sa ville natale.  En  1758  il  fut  initié  à  Breslau  aux  grades  Ecossais  et  devient  en  1763 membre de la Loge-Mère «Aux Trois Globes». Il était, à cette époque en sa qua- lité de médecin militaire, chef du service de la santé auprès de l’armée prussienne. En 1765, il fut élu Maître en Chaire des «Trois Globes» et pendant une première période également chef de la Stricte Observance dans les états prussiens. Avec le concours d’un ami, il se procura rituels et constitutions de la Maçonnerie sué- doise; K.F. Eckleff, fondateur du rite suédois à Stockholm, lui accorda une pa- tente. Il introduisit ce système (voir chap. 9.11) tout d’abord dans la Loge «La Petite Concorde», ne visant qu’une refonte du rituel. Se heurtant à une forte op- position,  il  quitta  la  Loge-Mère  «Aux  Trois  Globes»  en  1767  pour  fonder  sa propre Grande Loge dès 1770. En 1773, la nouvelle Grande Loge, qui connut un développement très rapide, fut reconnue par la Grande Loge de Londres, mais s’en séparait déjà en 1786.

En 1774, elle obtint la protection royale et comptait en 1778 déjà 34 Loges et en 1782 (mort de Zinnendorf) même 62 Loges de Saint-Jean. Des Loges Provinciales se formèrent en Autriche, en Silésie, en Poméranie, en Basse-Saxe et en Russie. La «Grande Loge de Suède», sous l’égide du Duc de Södermanland, ne la reconnut cependant pas immédiatement. Ce n’est qu’en 1819 que le Baron C.C.F. von Nettelbladt réussit à rétablir de bonnes relations avec la Grande Loge suédoise. Déjà avant le Troisième Reich, cette Grande Loge se sépara du reste de la Franc-Maçonnerie et travailla au rite suédois rigoureusement chrétien et s’appela alors «Ordre germano-chrétien».

En 1932 la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne comptait 173 Loges avec 22’300 Frères; elle fut également contrainte de se dissoudre en 1935. Aujourd’hui, la Grande Loge Nationale ou «Ordre Franc-Maçonnique (FO)» avec ses 82 loges est membre des «Grandes Loges Unies d’Allemagne» (VGLvD).

 

La Grande Loge de Hambourg (Précédemment Grande Loge provinciale anglaise de Hambourg et de Basse-Saxe)

 

En  1737,  la  «Loge  de  Hambourg  –  Société  de  Maçons  libres  de  la  ville  de Hambourg» – fut créée sous impulsion anglaise. Elle s’appelait à l’origine (dès 1764) «Absalon»; plus tard, elle prit le nom d’«Absalon aux Trois Orties».

Cette  Loge  avait  entrepris  d’initier  Frédéric  le  Grand  par  une  députation  de  la Loge. En 1740 déjà, Mathias Luttmann la faisait inscrire au registre londonien des Loges; de ce fait elle devint Grande Loge Provinciale et Luttmann reçut le titre de Grand Maître Provincial. A cette époque d’ailleurs, Lessing était initié à la Loge hambourgeoise «Aux Trois Roses»; c’était lui qui insista pour être reçu, bien qu’on l’ait prévenu de la «stagnation» des Loges à l’époque. Bien qu’il ne fré- quentât plus les travaux par la suite, on trouve dans ses œuvres des pensées ma- çonniques d’une élévation et d’une beauté remarquables.

En  1811,  sous  l’occupation  napoléonienne,  la  Loge  provinciale  devint  Grande Loge indépendante. En 1814, le directeur de théâtre Friedrich Ludwig Schröder en devint Grand Maître; du même coup, il fit adopter son propre Rituel et s’occupa activement à le faire reconnaître (voir chap. 9.7.1). La «Pilgrim Lodge» de Londres releva d’ailleurs un certain temps de sa compétence.

En 1932, la Grande Loge de Hambourg comptait 56 Loges avec plus de 5’000 Frères. En 1935, elle s’exila à Valparaiso (Chili). Après sa reconstitution en 1945, ses Loges se rangèrent aux cotés de la GL (AF u. AM) en 1949. Son dernier Grand Maître, le pasteur Wilhelm Hintze, devint Grand Maître d’honneur de la première Grande Loge Unie (AF u. AM) d’Allemagne.

 

La Grande Loge-Mère de l’Alliance Maçonnique Éclectique à

Francfort

 

En  1741,  à  l’occasion  du  couronnement  de  Charles  VII  à  Francfort,  la  Loge «L’Union» fut fondée. L’affluence y était grande; elle recevait, en 1743, une patente de Londres et travaillait alternativement en allemand et en français. En 1761, Johann Peter Gogel prit le maillet de Vénérable et devint en 1766 Grand Maître Provincial, ce qui autorisa «L’Union» à retirer les avantages d’une Loge-Mère. Après  le  convent  de Wilhelmsbad,  en  1783,  la  Loge  publiait  un  manifeste  de- mandant   le   retour   aux   anciens   principes   et   proposant   de   sélectionner   les meilleures parties de tous les systèmes. Au début, il n’était question que de consti- tuer  une  Alliance,  en  vue  du  maintien  de  l’Art  Royal  de  l’ancienne  Franc- Maçonnerie  purifiée.  Mais  avant  tout  elle  se  plaça  sous  la  dépendance  de  la Grande Loge d’Angleterre, en tant que Grande Loge Provinciale, jusqu’en 1822. A l’origine, l’Alliance Maçonnique Éclectique faisait partie des Grandes Loges rigoureusement chrétiennes, repoussant cependant tous les Hauts Grades à l’ex- ception  du  grade  de  Royal Arch  qu’elle  accueillit  provisoirement.  En  1844,  le principe chrétien fut à nouveau abandonné, ce qui eut pour conséquence d’inci- ter quelques Loges à quitter la Grande Loge. En 1849, on confirmait à nouveau les Anciens  Devoirs  et  l’on  interdisait  formellement  d’être  membre  des  Hauts Grades. Ce principe vaut aujourd’hui encore pour certaines de ces Loges. En 1933, «L’Alliance Eclectique» comptait 24 Loges avec 3’500 membres; elle préféra se dissoudre au début du troisième Reich. Dès 1949 les anciennes Loges

se rallièrent à la GL AF u.AM.

 

La Grande Loge «Au Soleil» à Bayreuth

 

En 1741, le Marquis Frédéric de Brandebourg-Bayreuth, beau-frère de Frédéric le Grand, fonda la Loge «Au Soleil». Elle travaillait d’abord en français selon un rituel  anglais  et  ensuite  selon  un  rituel  français  comportant  des  Hauts  Grades. Loge de cour à l’origine, elle devint par la suite Loge de ville et prit alors son appellation «Au Soleil». En 1744, elle se constitua en Loge-Mère, fonda en 1757 des Loges «filiales» à Ansbach et Erlangen et adopta les principes de la «Stricte Observance» dès 1764. Cela provoqua cependant le désarroi dans la fraternité, obligeant la Loge à interrompre ses travaux de 1765 à 1779. En 1791, elle s’unit à la Grande Loge berlinoise «A l’Amitié» pour devenir en 1807 sa Grande Loge provinciale. Mais trois ans plus tard, elle reprit à nouveau son indépendance, se rallia au principe de la Franc-Maçonnerie humanitaire et travailla selon le rite de Fessler. Les Loges possédaient à l’époque une entière souveraineté dans l’élaboration de leurs rituels. Lors de l’annexion de Bayreuth par la Bavière, elle devint, en 1811, Grande Loge de Province «Au Soleil». En 1814, l’Etat bavarois interdit à ses fonctionnaires d’appartenir à la Grande Loge, ce qui réduisit ses effectifs de moitié. En 1868, sa Constitution  fut  révisée  par  le  grand  spécialiste  suisse  de  droit  public  Johann Caspar Bluntschli. En 1932, cette obédience qui comptait 45 Loges totalisant 4’000 Frères se trans- forma en «Société pour le développement de la culture allemande». Après sa dis- solution sous le troisième Reich et sa reconstitution à partir de 1945, ses Loges rejoignirent la GL (AF u. AM).

 

TENTATIVES D’UNION AU SEIN DE LA FRANC-MAÇONNERIE ALLEMANDE

 

Le déchirement et la discorde, qui marquèrent le développement politique alle- mand  durant  les  deux  derniers  siècles,  trouve  son  reflet  dans  l’histoire  des Grandes Loges du pays. De même, l’ancienne aspiration des Allemands vers un Etat  uni  resta  celle  des  Francs-Maçons  allemands  de  se  voir  regroupés  en  une Grande Loge Unie; encore fallait-il qu’elle laissât à chaque Système une entière autonomie en matière de rituels et leur assurât la possibilité de travailler et de fra- terniser en commun. Le premier pas vers l’unification fut franchi en 1868 par la fondation des «Assises des  Grands  Maîtres Allemands».  Cette  organisation  élabora  des  principes  ma- çonniques généraux sur lesquels toutes les Grandes Loges allemandes s’accordaient.

L’étape suivante fut, à l’occasion de la création du Reich et selon un vœu una- nime, la fondation de «L’Union des Grandes Loges Allemandes», le 28 mai 1871 à Francfort. Cette Union subsista tout de même pendant 50 ans, jusqu’au départ des trois anciennes Grandes Loges prussiennes, en 1922.

En  1933,  la  Franc-Maçonnerie  allemande,  désunie  et  déchirée,  (onze  Grandes Loges différentes, dont neuf reconnues et deux non reconnues) est totalement dé- munie   face   à   la   puissance   menaçante   du   national-socialisme.   La   Franc- Maçonnerie allemande a connu ainsi la grande césure des années d’interdiction. Mais cet événement décisif eut un effet salutaire qui se manifesta, dès 1945, par

un désir ardent pour la réunification effective de la Franc-Maçonnerie allemande.

Ce vœu se réalisa d’abord le 17 mai 1958 par la réunion des deux Grandes Loges AFAM  et  FO  en  «Grandes  Loges  Unies  d’Allemagne,  Confrérie  des  Francs- Maçons Allemands». Cet accord est bien connu sous le vocable de Magna Charta. Cette dernière connut un important élargissement, lors du Convent de Berlin, en 1970: la «Grande Loge-Mère aux Trois Globes» et les Grandes Loges des Francs- Maçons   Americano-Canadiens    et    Britanniques    jusqu’ici    Grandes    Loges Provinciales, entraient, à égalité de droits, dans le giron des Grandes Loges Unies d’Allemagne.


Sources : GLSA 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 16:07

CONCERNANT DIEU ET LA RELIGION.


Quiconque par amour de la connaissance, pour le désir d'étendre son champ d'utilité, ou pour tout autre motif vertueux, désire devenir Franc-Maçon, doit être informé qu'il doit croire fermement dans l'existence de la Divinité, et qu'il doit l'adorer, et lui obéir en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l'Univers.


Les Francs-Maçons sont strictement astreints d'observer la loi morale, et de fuir les voies de l'immoralité et du vice. Ils doivent également éviter les erreurs grossières du Libre-penseur, de la bigoterie et de la superstition. Ils doivent faire un usage convenable de leur raison personnelle, " en vertu de cette liberté par laquelle " en tant que Maçon " ils sont faits libres; " " d'en user, mais non d'en abuser."

Ils sont tenus d'adhérer aux grands principes essentiels de la religion révélée sur laquelle tous les hommes sont d'accord, alors que la façon et les formes d'adoration sont laissées à leur propre jugement. Il s'ensuit que les Francs Maçons sont des hommes de bien et loyaux ; hommes d'honneur et de probité, hommes vertueux, quels que soient les noms qui aident à les distinguer. De par ce compte-rendu de la religion du métier, il ne faut pas supposer que la.
Maçonnerie enseigne aux hommes à devenir indifférents envers la religion et l'état futur. C'est le contraire qui est vrai.

La Franc-Maçonnerie recommande et enseigne la religion et la moralité comme essentielles à sa propre prospérité et au bonheur de ses membres. Elle s'efforce, dans tous ses rites, d'imprégner l'esprit de la confrérie de ces profonds devoirs. Elle travaille à rendre ses membres pieux et vertueux ici-bas, afin qu'ils soient heureux dans " l'au-delà." Un Athée ne peut pas être admis, parce qu'il ne pourrait se considérer comme lié par une obligation religieuse.

Les hommes immoraux sont rejetés par nos règlements, parce qu'ils vivent en défiance des lois et commandements de Dieu; et que les individus, ou les sociétés composées de tels individus, ne peuvent servir le bonheur de leurs semblables, ni recevoir les bénédictions du ciel sur aucun de leurs actes.


Toutefois, la Franc-Maçonnerie n'enquête pas sur quelles religions particulières ou quelles dénominations ses membres appartiennent. Cela est une question qu'il est sage de laisser à Dieu et à eux-mêmes. " Devant leur propre maître ils se dressent ou tombent." La bienveillance universelle est la plus grande aspiration morale. Elle constitue l'étoile polaire de la Maçonnerie. Les influences sectaires et les disputes sont susceptibles de réduire cette gaie sympathie pour tout le genre humain, laquelle est le dessein que notre Ordre cultive et sert.

Les disputes religieuses, et non la Religion, sont bannies de nos Loges. Chaque Franc-Maçon doit adorer Dieu de la manière et sous la forme que consciemment il croit être la plus acceptable aux yeux de Dieu, et la plus conforme à Sa parole. En somme, la moralité et les devoirs religieux du Maçon sont contenus dans ce commandement : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et tes voisins comme toi-même."

 

 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:23

Tracer un schéma historique de la G.L.T.S. « Opéra » quarante ans après sa
fondation permettra, nous l'espérons, à tous ceux qui portent intérêt au
mouvement maçonnique de mieux cerner la place de chacun dans ce qu'on peut
appeler la galaxie des obédiences.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler d'emblée que le groupe à l'origine de
la création de l'obédience en 1958 n'était constitué, tout au plus, que d'une
trentaine de maçons décidés alors que la G.L.T.S. « Opéra » groupe aujourd'hui
deux mille cinq cents maçons dans cent trente-quatre loges.
Hélas, très peu de cette trentaine figurent encore sur les colonnes. L'âge sans
doute mais aussi la camarde ont joué leur rôle dans cet éclaircissement et
quelques uns seulement ont, à un moment ou à un autre, pour des raisons d'eux
seuls connues, pris leurs distances. Ce qui permet d'affirmer, tous comptes
faits, que nous sommes à présent devant un constat de réussite.

Sans vouloir attrister d'entrée de jeu notre propos avec une chronique
nécrologique, nous voudrions pourtant évoquer deux des noms les plus marquants
de cette épopée. Le premier, qui a quitté ce bas monde en 1965, est Pierre de
Ribaucourt dont le nom est étroitement lié à cette obédience comme un maillon
incontournable de la chaîne qui la relie, à travers les siècles, aux origines
mêmes de la maçonnerie. Le second, également disparu, est Abel Hermand. Il fut,
quant à lui, le lien ténu avec ce qu'il est convenu d'appeler l'Ordre Intérieur
du Régime Écossais Rectifié. Deux figures inoubliables pour un hommage des plus
mérités.

Très jeune organisation, disions-nous. Oui, car la création d'une obédience sous
le nom de « Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies
Françaises » ne date que de 1913. Mais elle est le point de départ de ce qui
allait devenir la G.L.N.F. dans l'immédiat après-guerre, puis G.L.N.F. Bineau
après la scission de 1958 (voir plus loin).
Mais pourquoi donc, une fois séparés de Bineau, avoir conservé le titre de G. L.
N. F. ? Tout simplement parce que les dissidents se considéraient comme seuls
héritiers et dépositaires de l'esprit français qui avait prévalu lors de la
création de l'obédience en 1913. Les deux descendants directs de son créateur
Édouard de Ribaucourt, Pierre le fils et Édouard le petit-fils, étaient parmi le
plus actifs de la cause.
Et pourquoi Opéra ? Tout simplement encore, parce que l'un deux pouvait disposer
de locaux à l'adresse du « cercle Républicain », au numéro 5 de l'avenue de
l'Opéra, à Paris, et qu'une adresse officielle était indispensable pour le dépôt
en préfecture de la demande de création d'une association nouvelle. La «
G.L.N.F. Opéra » allait en naître.

Revenons à la création de 1913. Elle était elle-même l'aboutissement d'une
longue marche, jalonnée de ces multiples péripéties dont toute l'histoire de la
maçonnerie, trop humaine en ce sens, est largement émaillée. On y trouve tout et
son contraire pour peu qu'on la regarde dans les détails, mais elle est aussi,
si on l'observe du point de vue de Sirius, un sillon comme celui que savait en
son temps tracer le laboureur et son solide attelage de boeufs.

Documents rares, souvent incomplets, parfois contradictoires et truffés de
langage particulier, cryptés, truqués et tendancieux. Il n'est pas facile de s'y
retrouver et l'historien y rencontre bien des embûches. On peut s'en consoler
car l'essentiel a sans douté été mis ainsi à l'abri du regard des profanes,
l'allégorie seule se chargeant du message confié au langage des symboles.
La loge connue sous le nom de « Centre des Amis » et qui porte le numéro 1 de la
G.L.T.S. « Opéra » est chargée d'une histoire qui est celle de l'obédience tout
entière. Elle peut être aussi considérée comme un vecteur privilégié du Régime
Écossais Rectifié de son origine à nos jours.

La destruction, en 1314, de l'Ordre du Temple est un fait historique. Si la
transmission de son message par des chevaliers mandatés reste discutable, le
fait que, ayant accueilli ces fuyards, Robert Bruce, roi d'Écosse, créa en son
royaume l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Écosse n'est pas discutable. Que
lesdits émissaires de Jacques de Molay y aient déposé ledit message reste
également discutable.
Que l'Ordre du Chardon ait survécu ou non aux tragiques fluctuations de
l'histoire d'Écosse et d'Angleterre reste discutable, mais que Jacques II,
chassé par son gendre, se soit établi au château de Saint-Germain-en-Laye en
1688 ne peut être contesté.
Non plus le fait qu'il y ait institué une loge bleue sur laquelle fut souché
un chapitre de Maîtres Écossais de Saint-André.

Comment de là la Tradition se développe en France, passe en Thuringe puis en
Allemagne, et par quels princes et gentilshommes, quels mariages, quelles
relations amicales ou militaires, encore des points discutables. Mais, à partir
de là, les ouvrages ne font pas défaut et chacun, selon sa sensibilité, peut s'y
référer.
La publication vers 1735 du fameux « Discours de Michel de Ramsay » tend à
établir sur des bases historiques les origines chevaleresques de ce qu'on
appelle alors l'Art Royal. Il contribue à répandre l'Écossisme au sein des
nombreux ateliers qui, depuis Saint-Germain-en-Laye et en quelques trente-sept
ans, ont proliféré dans toute la France. Prolifération des ateliers mais aussi
prolifération parallèle de hauts grades plus ou moins fantaisistes. La plus
grande confusion règne en Europe comme en France dans ce développement quasi
anarchique.

Séjournant à Paris en 1745, le baron de Hund qui se dit dépositaire de lumières
initiatiques d'origine templiéres, pompées soit dit en passant auprès des
mahométans de Jérusalem, les transmet à des ateliers supérieurs. C'est à partir
de 1756 que ce régime prend une grande extension à travers toute l'Europe, miné
pourtant en bien des points par des influences extérieures, cléricales ou
autres.

Et c'est en 1763 qu'un convent est réuni à Aldenberg en Thuringe et que se
trouve codifié la « Stricte Observance Templière ».
Un nouveau convent doit pourtant se réunir neuf ans plus tard, en 1772, à Kohlo,
convent au cours duquel le duc Ferdinand de Brunswick est élu grand maître de la
« Stricte Observance Templière ». Un autre de 1775, à Brunswick, un encore en
1778, à Wolfenbütel, et un à Dresde. Autant de débats et de confrontations au
cours desquels se façonne un nouveau régime au sein duquel semble s'être
dissoute la « Stricte Observance ».
Sans oublier le mémorable Convent des Gaules, à Lyon en décembre 1778, dont
l'importance capitale sur les destinées de l'Ordre n'est plus à démontrer ni le
rôle prépondérant du mystique Jean-Baptiste Willermoz, confluent des deux
courants spirituels du martinisme et du martinézisme. Là furent élaborés deux
documents d'importance capitale dont « le code maçonnique des Loges réunies et
rectifiées en France .» pour les loges bleues.
Là également furent abandonnées définitivement les prétentions à l'héritage
politique et séculier des Templiers et, en place, confirmée la tradition
templière ; bâtir le Temple mystique. Abandon et confirmation desquels est, en
partie au moins, née et adoptée la mention de Rectifié attribuée depuis au
régime écossais auquel nous nous référons. Son retentissement fut tel que le duc
de Brunswick décida d'en faire bénéficier l'ensemble de la maçonnerie dans toute
l'Europe continentale, décision à l'origine de la convocation du Convent de
Wilhemsbad ouvert le 20 juillet 1782.

Mais où est donc le « Centre des Amis » dans tout cela? Patience, nous y venons,
nous nous attardons seulement un peu et cette longue marche, qui n'est pourtant
qu'un raccourci bien succinct, n'a pour objet que de situer le « Centre des Amis
» avec les lointaines origines de la maçonnerie évoquées plus haut. Ce lien est
bien antérieur à la création en 1913 de la « Grande Loge Indépendante et
Régulière pour la France et les Colonies Françaises ».
Ce lien qu'on commence peut-être à percevoir passe encore par un chemin parsemé
de nombreuses embûches. La moindre n'est sans doute pas la Révolution Française
qui stoppa momentanément le fabuleux essor de la maçonnerie en général pour,
peutêtre, lui en donner un plus grand encore à la fin des troubles. Nous savons
qu'un « Grand-Orient » était en place avec une assise considérable avant même le
Convent des Gaules. Il coiffait en particulier des loges militaires réunissant
de nombreux gardes suisses dont on sait aussi la place qu'ils occupaient sous
l'Ancien Régime.

L'une d'elles, qui reçut sa patente constitutive à l'Orient des Gardes Suisses,
le 24 juillet 1778, sous le titre distinctif de « Guillaume Tell », fut
confirmée par un acte du « Grand-Orient » du 10 avril 1789. La plupart de ses
membres disparurent tragiquement le 10 août 1792, littéralement massacrés lors
de l'assaut des Tuileries. Ils reposent en paix sous les pelouses de la chapelle expiatoire du square Louis
XVI à Paris.
Leurs frères français survivants ne voulurent pas les oublier et sollicitèrent
du « Grand-Orient » l'autorisation de se réunir sous un autre titre distinctif.
C'est alors qu'apparaît le nom de « Centre des Amis ». Une loge qui va se réunir
dès lors contre vents et marées, travaillant au début au Rite Français. Mais le
24 octobre 1807, elle demande à adopter le « Régime Écossais Rectifié de Dresde
», comme on le nommait parfois à l'époque.
La guerre cependant a déchiré et déchire encore l'Europe entière et la
maçonnerie n'échappe pas à la tourmente ; elle s'en trouve même passablement
ébranlée. Willermoz, qui a de justesse échappé au massacre en 1793, n'a pourtant
pas désarmé et certains suggèrent qu'il pourrait bien être celui (il a presque
quatre-vingt quinze ans à l'époque) qui aspira les responsables du « Centre des
Amis » vers ce ralliement. Une lettre du 10 septembre 1810 semblerait en
apporter la preuve. Il y déclare, s'adressant au prince de Hesse-Cassel :
« ... je viens te parler d'un établissement maçonnique formé à Paris en 1808 et
que j'ai ensuite constitué de même en Préfecture provisoire. Il y prospère sous
le titre de loge du Centre des Amis ; c'est une pépinière qui nous a déjà rendu
de grands services. Car, c'est par les soins des principaux membres de cette
Loge qui furent alors députés auprès de moi à Lyon pour obtenir et copier les
rituels, instructions et documents de tous les grades du Régime, que nous devons
l'honneur et l'avantage inappréciable d'avoir maintenant un protecteur, un Chef
et un GrandMaître National du Régime Rectifié en France, dans la personne du
Sérénissime Frère de Cambacérès, Prince, etc. Qui était déjà depuis quelques
années Grand-Maître des loges du Rite Français, dirigées par le Grand-Orient de
France. »
Le Grand-Orient a dit oui et désormais le « Centre des Amis » ne quittera plus
le Régime Écossais Rectifié. De 1808 à 1814, ses travaux sont conduits dans son
plus pur esprit. Mais la chute de l'Empire porte à l'institution un coup si
sévère qu'on peut craindre un moment la disparition en France de la loge et du
régime.
La dispersion des ses archives est confirmée par un document daté de 1837 qui
nous révèle également que, comme d'aucuns s'y rendent aujourd'hui pour y puiser
dans leurs coffres les écus plus ou moins honnêtement dissimulés, trois vieux
membres du « Centre des Amis » se tournent alors vers Genève pour y solliciter
des Corps supérieurs de la franc-maçonnerie helvétique leur aide pour le
rétablissement du Prieuré de Neustrie.

Cette aide acquise, le trois frères se mettent à l'oeuvre en 1839, mais, hélas,
pour peu de temps ; ils se mettent en sommeil deux ans plus tard, confiant cette
fois archives et rituels à la Préfecture de Genève.
S'ouvre alors une triste période de calomnies et de persécutions de la part de
l'Église romaine qui conduit, par réaction la maçonnerie à un matérialisme
ostentatoire dont on souffre encore de nos jours. Une résolution est votée au
Convent du « Grand-Orient de France », en 1877, qui « décide ne plus faire de la
croyance au Grand Architecte de l'Univers un article de foi maçonnique ». La
formule est rayée des documents de l'Ordre et entraîne dès lors une rupture des
relations avec les puissances maçonniques du reste du monde.

C'est finalement, après une mort apparente de soixante-dix ans, que le « Centre
des Amis » renaît en 1910, tel le phénix, sous l'impulsion d'un certain nombre
de membres du « Grand Prieuré d'Helvétie », En 1911, un accord est signé entre
le Grand-Orient et le Grand Directoire de Genève : le Grand-Orient autorise à
nouveau le « Centre des Amis » à travailler avec les anciens rituels, Le rite
suscite alors un très vif intérêt et la loge prospère rapidement.
Trop, peut-être? Car, après deux ans, l'autorisation d'user de l'exergue « À la
Gloire du Grand Architecte de l'Univers » lui est brutalement retirée. Et la
voilà contrainte à l'exil pour garder son rite dans la pureté originelle.
Et, par ce grand détour, nous voici revenus en 1913 et à la création sous
l'égide du « Centre des Amis », de la « Grande Loge Indépendante et Régulière
pour la France et les Colonies Françaises », « L'Anglaise », numéro 204, de
Bordeaux et « Saint-George » ne tardent pas à se joindre au « Centre des Amis ».
Serait-ce déjà l'arrivée du cheval de Troie grand-breton qui amènera la
prédominance anglaise et l'inévitable scission de 1958? Nous n'oserions le
prétendre, mais qui sait? Son premier Grand-Maître est Édouard de Ribaucourt,
père de Pierre dont nous avons plus haut évoqué la mémoire.
La première guerre mondiale achevée, l'obédience se développe assez
régulièrement. Nous laisserons pour ce qu'elles furent les chamailleries et
autres vicissitudes qui jalonnèrent ce développement. Là, comme partout, il ne
s'agit que d'hommes et les colliers entravent parfois plus l'homme qu'ils ne le
distinguent. Ce en quoi l'humble devise des Templiers, ceux des Croisades, dont
certains se prétendent dépositaires est bien souvent mise à mal : « Non nobis,
domine... » Vingt-et-un ans à peine et vient une autre guerre. S'ouvre alors une
période au cours de laquelle il vaudra mieux nier son appartenance maçonnique
que de constituer des archives. La tête sur le billot n'était pas une image de
rhétorique en ces temps troublés. Et six années de sommeil laissent une période
désespérément creuse pour l'Histoire.

Dès la reprise des travaux, au lendemain de la Libération, l'interminable titre
de 1913 est ramené à « Grande Loge Nationale Française », point !
La machine tourne avec un ronron de moulin. Les loges sont nombreuses et les
admissions vont bon train. La règle veut qu'un convent soit réuni chaque année.
Celui de 1958 s'ouvre le 22 février. Et là, nous quittons l'histoire pour
l'anecdote, mais une anecdote qui va ouvrir une histoire. L'histoire de la «
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra », On ne sait trop pourquoi mais
l'atmosphère est un peu tendue en de début de convent, à tel point que la parole
est sèchement refusée à plusieurs délégués de loges dès l'examen du rapport
financier. Un projet de modification du règlement général avait été
régulièrement déposé et devait venir à l'examen mais il semble que tout eut été
fait pour que les délégués de loges ne fussent pas informés suffisamment tôt
pour en connaître l'exacte teneur et le but poursuivi.

L'incident était devenu inévitable et, après moultes péripéties peu glorieuses,
une rupture intervint et certaines loges quittèrent l'obédience.
S'ouvre alors une période faste, l'air vif s'engouffre. « La France », loge
tombée en sommeil depuis l'entre deux guerres, va être réveillée par d'aussi
illustres frères que Robert Ambelain, Philippe Encausse, Pierre Mariel, Irénée
Séguret et quelques autres.
Les réceptions se succèdent. La rigueur est pourtant de règle et tout écart dans
le déroulement des cérémonies est relevé et rapidement corrigé si nécessaire.
Cinq ans plus tard, l'obédience est partout reconnue et reçue.
Quinze loges, dont sept à Paris, une à Saint-Germain-en-Laye, une à Dunkerque,
trois à Lille, une à Lyon, une à Nancy, une à Strasbourg et même une à
Léopoldville (qui n'est pas encore Kinshasa) figurent à la matricule.
Recueillis des mains d'un illustre frère très âgé qui les détient depuis 1935,
des documents incontestables permettent le réveil de l'Ordre Intérieur[2]. Ceci
va enfin permettre à ce cher vieux « Régime Écossais Rectifié » de reconstituer
son maillage et de s'épanouir comme peut-être il n'avait encore jamais réussi à
le faire depuis le convent créateur de 1782.
La « G.L.T.S. Opéra », nouveau nom de la « G.L.N.F.-Opéra » compte actuellement
cent trente-quatre loges (dont un certain nombre hors frontières) et deux mille
cinq cents membres.
Ce qui est modeste par rapport à d'autres obédiences mieux implantées et plus
bruyantes. Cependant doit-on se lamenter sur une si modeste place et un certain
manque de puissance? Le pouvoir dans la cité ne fait vraiment pas ou, en tout
cas, ne devrait pas faire partie de la recherche du maçon. La pureté du message
reçu demeure ou devrait demeurer son unique préoccupation et nous pouvons très
bien nous contenter de le transmettre comme nous l'avons reçu en nous remémorant
simplement l'adage qu'aimait à citer Édouard de Ribaucourt] :

" C'est la seule richesse qui s'accroît quand on la partage ".

Passer en quarante ans de trente-cinq membres à deux mille cinq cents peut
sembler à certains une performance modeste ; soit, peut-être, mais c'est
qu'alors nombre de feuilles mal accrochées se sont détachées au fil des ans. Ce
qui n'a pourtant pas empêché l'arbre de fortifier sa ramure, le Régime Écossais
Rectifié est solidement assis au sein de la Fédération Opéra dont il reste le
pilier central.
J'aimerais conclure en vous livrant une forte pensée : elle n'a pas grand chose
à voir avec le sujet de cet article, elle n'est, hélas !, pas de moi. J'en
ignore même l'auteur, amis elle mérite attention et chacun pourra la méditer à
loisir.

DES CENT TREIZE  il y a ceux qui font quelque chose
il y a ceux qui ne font rien
il y a ceux qui croient faire quelque chose il y en a trois qui font quelque chose
il y en a dix qui font des conférences sur ce que font les trois
il y en a cent qui font des conférences sur ce que disent les dix
il arrive que l'un des cent dix vienne expliquer la manière de faire à l'un des
trois alors, l'un des trois intérieurement s'exaspère et extérieurement sourit.
Mais il se tait, car il n'a pas l'habitude de la parole ;
d'ailleurs, il a quelque chose à faire.

André GAYET

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:29

 1771

                     

-         16 juin 1771 Décès  de Clermont.

-         Dés le lendemain, les FF « schismatiques », c’est à dire bannis en 1766, s ‘adressent au duc de Montmorency-Luxembourg et offrent, par son  intermédiaire la Grande Maîtrise au duc de Chartres.

-         31 juin 1771 : la GL se réunit sous la présidence de Puisieux doyen des VM de Paris. Elle décide la reprise des travaux de la GL. Les FF bannis en 1766, dont le chef est Labady, sont admis en tenue, l’un d’eux, Duret, dit quelques mots sur le décès de Clermont et propose pour lui succéder le duc de Chartres avec Luxembourg comme substitut général.

-         24 juin 1771 : élection du duc de Chartres et du duc de Luxembourg.

 

1° Réintégration des exclus de 1766.

 

-         nomination de nouveaux officiers. Dès août 1771, Labady devient secrétaire au département des provinces et Guillot trésorier. La Chaussée cesse d’être Garde des Sceaux. De nouveaux Statuts sont adoptés.

-        Septembre 1771. La GL décide d’examiner toutes les patentes accordées depuis le schisme, tant par Chaillon de Jonville et La Chaussée que par les « schismatiques ». Création d’une commission d’enquêtes sur la gestion de l’Ordre de 1766 à 1771.

-        17 octobre, Le Roy lit le rapport officiel de réintégration qui annule les décrets de bannissement des 5 avril et 14 août 1766, rapport antidaté au 21 juin 1771..

-        14 octobre 1771. Une circulaire invite les LL à se faire représenter à l’installation du GM

-         27 décembre : La GL nomme ses officiers

 

1772

 

-        29 janvier : La Chaussée rend compte devant une commission nommé par la GL et composée de Martin, Guillot, Le Roy et Labady.

-        5 avril 1772 : Luxembourg obtient l’accord de Chartres, tant pour devenir GM de la GL de F que du régime écossais du Grand Globe Français et du Conseil des Empereurs  d’Occident et d’Orient. (offre faite en août 1771)

-        18 avril 1772 : Installation officielle de Luxembourg. Le même jour, Labady attaque La Chaussée dont les comptes sont déficitaires.

 

2° Fusion du Conseil des Empereurs et de la Grande Loge

 

-         Juillet 1772 : le Conseil, dont le souverain est Luxembourg, installe une commission dont Labady, son Grand-Orateur, Gaillard (remplacé par Carbonnel), le baron de Toussainct, son secrétaire-général, et Lalande, l’astronome. Il ne s’agissait que de reprendre le projet avorté en octobre 1766.

-         De  son côté, la GL nomme comme commissaires Bruneteau, son Grand-Orateur, l’abbé Lucas de Boulainvilliers, Lacan et Daubertin (deux « bannis » de 1766)

-        9 août 1772 : fusion des deux corps en une « Souveraine  et Très Respectable Grande Loge de France ». Nomination d’une commission, faite des huit membres précités, ayant pour tâche de réformer l’administration de la GL, de réorganiser les HG et d’élaborer des statuts nouveaux.

-        4 et 12 septembre : circulaires annonçant l’installation future du duc de Chartres.

-        17 septembre 1772 : circulaire annonçant la fusion.

 

3° Dissolution de la Grande Loge de France et création de la Grande-Loge nationale.

 

-        La commission des huit travailla de fin 1772 à début 1773, souvent sous la présidence de Luxembourg.

-        2 octobre : La Chaussée est condamné sur la plainte de Labady.

-        16 et 17 novembre 1772, nouvelles circulaires annonçant l’installation prochaine du GM mais le 7 novembre , une lettre du comte de Saint-Florentin, secrétaire d’Etat, annonçait au duc de Luxembourg que cette installation ne pouvait avoir lieu en raison de l’opposition de Louis XV, Chartres étant en disgrâce en raison de son soutien aux parlements. Les FF de province qui avaient fait le déplacement rentrèrent chez eux après avoir donné procuration aux FF de Paris. Labady avait 27 procurations !

 

1773

 

-        Début 1773, Luxembourg reçoit des huit commissaires le projet de nouveaux statuts et règlements. Il accepte la réforme le 12 février 1773, projet dont il sait qu’il sera rejeté par les M de Paris parce qu’il prévoit la suppression de la Maîtrise à vie. Les M de L parisiens reprochent à la commission de s’être instaurée en Conseil de l’Ordre, de vouloir détruire le régime ancien de la maç et de n’avoir pas tenu la réunion du 27 décembre 1772.

-        Le 5 mars, il convoque les délégués des L de province. Les membres présents, avec les huit commissaires de la GL, se constituent en Grande –Loge-Nationale, chez Breton[1], rue Saint-Antoine. Luxembourg est absent. Carbonnel préside et reçoit les soixante-un présents[2]. Ayant entendu le baron de Toussainct, les FF provinciaux s’étonnent que l’assemblée n’ait pas élu de bureau, que les commissaires s’intitulent « Conseil de l’ordre » et estiment représenter les FF de Paris. Effectivement, les commissaires semblent avoir trompé les délégués en se présentant comme les mandataires  des LL de Paris  mais aggravent leur cas en s’installant aux offices en tentant de faire voter leur projet dans la précipitation. Seuls les deux premiers articles sont adoptés.

-        8 mars, les provinciaux se réunissent, en présence de Lalande et Toussainct, vérifient leurs pouvoirs et élisent leurs officiers, dont Guillotin comme secrétaire. L’abbé Rozier propose d’élire un Grand-Maître et un Administrateur Général. Chartres et Luxembourg sont élus. Luxembourg, quoique absent, accepte et considère cette tenue comme la deuxième de la GL-Nationale..

-        Le 9 mars, doublement élu par Paris (24  juin 1771) et la Province (8 mars 1773), Luxembourg préside la GL-Nationale (3° réunion) chez Buzançois, rue Saint-Dominique.. Il proclame la GL-Nationale « Souveraine » tandis que les FF adoptent les principes des statuts et élisent une commission de neuf membres, six provinciaux et trois parisiens (aucun des bannis de 1766 n’en fait partie), pour les parfaire. Une autre commission dont fait partie Guillotin, est désignée pour juger du Mémoire justificatif … de la Chaussée.

-        L’opposition se fait jour. Il y avait à Paris 111 M de L qui pouvaient participer à la Grande Loge. Ils ne peuvent accepter l’appellation nouvelle, en premier lieu l’architecte Puisieux, président de la Grande Loge, Bourgeois, secrétaire de Paris  et le Garde de Sceaux Duret.. Début avril, Bourgeois établit une liste de 104 M de L parisiens composant « l’Orient de France » (manquent 7 noms favorables à Luxembourg) (Chiffres de Chevallier)

-        14 mars 1773, 68 M de L parisiens se réunissent, sur convocation de Bourgeois, dénoncent les agissements de la Commission des Huit, lui dénient le droit de s’appeler « Conseil de l’Ordre » et de se dire « représentants de Paris », décident de remettre sur le métier les Statuts, de « régulariser »la nomination du GM et de son administrateur. En bref, de rendre à Paris ses prérogatives. Ils nomment 14 députés pour les représenter.

-        Ces 14 députés se réunissent en loge sous la direction de Méry d’Arcy et demandent à Luxembourg d’être réunis aux neuf commissaires nommés le 9 mars. Luxembourg refuse.

-        3 avril, Les M de Paris demandent à s’unir aux députés de province et de travailler avec eux au rétablissement de l’Ordre

-         Le 7 avril 1773, se réunit la 4° séance de la GL-Nationale à l’hôtel de Chaulnes, boulevard de la Porte Saint-Michel. Buzançois préside en présence de Luxembourg.. L’abbé Rozier dépose les pièces de l’assemblée du 14 mars. Les députés des Loges de Paris sont admis et écoutent le discours que le F. Leroy prononce en leur nom. Ils demandent leur place dans l’assemblée « avec les mêmes rangs, titre, droits et prérogatives que les députés de province » afin de former avec eux un même corps, la Grande Loge Nationale de France. Le même jour, Luxembourg nomme le baron de Toussainct secrétaire Général.

-         14 avril, Hôtel de Chaulnes, 5° séance de la GLN. Buzançois préside, Luxembourg présent. 34 M de L parisiens de plus se soumettent, soit 92 sur 111. 77 convoqués.

-         17 avril : 6° assemblée qui ratifie une partie des statuts.(Buzançois préside, Luxembourg présent)

-         22  avril : 7° assemblée. les 27 officiers du GODF seront élus mais Luxembourg, excusé, désignera les premiers.

-         24 mai : 8° assemblée Buzançois préside, Luxembourg présent. Savalette de Langes, Véné des Amis Réunis (Paris) remet une requête de Chaillon de Jonville. Il accepte la composition du GODF, aux nominations de Chartes et de Luxembourg et demande l’honorariat. Le même jour l’article premier des statuts est accepté

-          Le Grand-Orient sera composé de la Grande-Loge et de tous les vénérables  en exercice, ou députés des Loges, tant de Paris que des provinces ….Le GODF ne reconnaîtra désormais pour vénérable de Loge, que le maître élevé à cette dignité par le choix libre des membres de la Loge 

 

4° Fondation du Grand Orient de France.

 

-         28 mai  9° assemblée. Carbonnel préside. Luxembourg, absent, fait nommer Paul de Beauvilliers, comte de Buzançois, Grand-Conservateur de l’Ordre. Il fait connaître les Grands-Officiers d’Honneur, tous de sa Loge sauf trois (Bacon de la Chevalerie, le marquis de Clermont-Tonnerre, le marquis de Briqueville).Luxembourg arrive après les nominations.

-         2 juin : 10° assemblée Luxembourg, par lettre car absent, voyant le mécontentement, dit que ces nominations sont provisoires.

-         7 juin 11° assemblée. Carbonnel préside. On lit les 3° et 4° articles.

-         14 juin : 12° assemblée. Carbonnel préside, Luxembourg présent. L’assemblée accepte l’article sur les M de L. les anciens M de L seront nommés « anciens maîtres et fondateurs » et seront remboursés de tous leurs frais, Morin, député de la Loge de Castres, précise leur position, se plaint de l’administration de l’ancienne Grande Loge, attaque l’inamovibilité des M de L .précise les raisons de l’abandonner et invite les FF à abandonner leur intérêt particulier à l’intérêt général.

-         17 juin : Labady, qui n’est rien au nouveau GODF, réunit les M de L parisiens qui désignent une commission avec le F. Gouillard à sa tête Des remontrances sont adressées au GO, signées par le F. Martin, secrétaire  (officier de la GL)

-         20 juin : rapport de Gouillard : refus de reconnaître la légitimité de la GL-nationale, celle des députés de province et de Paris, de laisser dépouiller les M de L parisiens  de leurs constitutions primitives et les priver du droit le plus sacré qui ait existé dans les sociétés policées, la propriété.. On invite les « vrais maçons » à se réunir et on invite Luxembourg à les présider ( ?).

-         Assemblée du 21 juin 13° assemblée de la GLN. Carbonnel préside, Luxembourg présent. Sont nommés les membres des trois chambres. Nouvel incident Labady. Il réclame les procurations qu’il a transférées à d’autres FF. Ce qui est refusé.

-         24 juin 14° assemblée. Luxembourg donne une fête, pour la Saint-Jean d’été, aux membres de la GL-nationale dans le temple des Amis Réunis.

-         26 juin : 15° assemblée de la GLN. Carbonnel préside, Luxembourg présent. Dernière lecture du 4° article. Sont adoptés « les Statuts de l’Ordre Royal de la Franc-Maçonnerie en France » dit Chevallier. En fait le PV dit seulement qu’il a été décidé d’envoyer les statuts aux loges.

-         5 juillet 16° assemblée. Carbonnel préside. Luxembourg présent. Méry d’Arcy, Guillotin, Le Roy, Varenne de Beost,  La Lande, Bruneteau, Beauclas et Toussainct désignés pour rédiger le 6° article.

-         12 juillet 17° assemblée. Carbonnel  préside, Luxembourg présent. Daubertin sollicite d’être blanchi n’ayant pas signé le libelle de 1766 qui avait valu leur expulsion aux « bannis », ce qui est accordé.

-         20 juillet  18° assemblée Beauclas préside. Luxembourg absent. Toussainct lit un libelle  « injurieux » (de Labady). Guillotin lit un rapport favorable aux Loges Provinciales ou Loges-Mères

-         13 août : la commission désignée pour traiter du différend Labady-La Chaussée rend son verdict.

-         30 août : l’ancienne GL déclare la prétendue GL-nationale illégale et irrégulière, et menace de déchéance qui assistera à ses travaux (signés Duret, Bourgeois, tous  deux  bannis en 1766).

-         1er septembre : Bacon préside. 19° et  dernière assemblée de la GLN. Le GO s’occupe d’un décret émanant de « la soi-disant GL » et du rapport (du 13 août) concernant le Mémoire de La Chaussée. La Chaussée est blanchi mais le Mémoire proscrit. Labady est accusé du libelle infamant du 20 juillet et un F de sa loge, Datesen déclare qu’il ne veut plus siéger à se c ôtés.

-         8 septembre : sur rapport de Gouillard, Grand Orateur de la GL de F, les huit commissaires de 1772 sont chassées de la maçonnerie et Labady, Duret, Letre signent une circulaire incendiaire contre le GODF.  Ils gardent les sceaux de l’ancienne GL, refusent de les rendre et s’en servent pour faire illusion aux loges de province en se couvrant des noms du GM et de l’administrateur Général.

-         17 septembre Luxembourg se plaint de l’usage abusif du sceau et de sa signature dans la circulaire signée Labady, Duret et Letre

-         Emprisonnement de Labady,  Duret et Bourgeois du 9 au 17 octobre pour « affaires de Franc-Maçonnerie » . Les Sceaux et timbres de la GL sont remis à Luxembourg[4].

 

5° Installation du duc de Chartres comme GM du GODF..

 

-         13 août : Buzançais, Bacon de  la Chevalerie et le baron de Toussaint demandent audience au duc de Chartres. Ils ne sont pas reçus.

-         8 octobre : la délégation est reçue par le duc.

-         9 octobre, il signe les travaux de la veille.

-         22 octobre : Installation du duc de Chartres. Luxembourg ouvre les travaux, reçoit l’obligation du duc. Bacon, Grand Orateur, fait le résumé de ce qui s’est passé. Le GM confirme dans leurs postes les Grands Officiers et approuve les nouveaux statuts « pour être exécutés dans toute l’étendue du globe français maçon ».

 

6° Installation du GODF rue du Pot-de-Fer, ancien noviciat des jésuites, le 12 août 1774.

 

-         9 septembre 1774 : création de la loge personnelle du duc de Chartres, Saint-Jean de Chartres à l’orient de Mouceaux.

-         En 1774, le GODF reconnaît les L d’adoption.

 

La première tâche du GODF fut de demander aux LL de faire « rafraîchir » leurs constitutions (décembre 1774). Elles eurent pour cela un délai de deux ans. Une nouvelle constitution coûtait 120 livres, un « rafraîchissement » seulement neuf livres. Les anciens  VM « inamovibles » recevaient un simple brevet d’ancien maître fondateur. Beaucoup firent traîner les choses en longueur. En janvier 1777, le GO décida que les constitutions non renouvelées (donc les LL) seraient « irrégulières ».

A côté de lui, subsistait l’ancienne Grande Loge de France sous le nom d’Orient de Clermont qui s’opposait à ce qu’il appelait l’Orient Pot-de-Fer.

 

7° L’ancienne Grande Loge reconstituée.

 

-         la GL se réunit les 17, 20 et 23 juin, 30 août, 2 et 10 septembre  1773. 46  M de L assistent à l’assemblée du 17 juin. 19 M de L de la GLN assistent aux premières réunions.. Leroy et Toussainct refusent de signer le PV du 17 juin. Bruneteau, Richard, Daubertin, Joubert et La Lande se retirent avant la fin des délibérations le 20 juin.

-         D’après l’édition 1778 de  ses Statuts, l’article premier précise

 

ART 1er La Grande Loge de France est composée de tous les maîtres des Loges régulières de l’Orient de Paris, ayant à leur tête le Grand Maître et ses représentants

ART 2 Aux maîtres de Loge de Paris seuls appartient le Gouvernement de l’Ordre, à l’exclusion des maîtres des loges de province.

 

La GL de F se disait travaillant sous la GM du

 

 

 

 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 08:19

1785

  • Premier congrès maçonnique (Convent Philosophique) de Paris.

1786.

  • Le 22 mai se fonda en secret le Grand Orient National de Genève, remplacent la Grande Loge. Réinstallation d'une loge "Prudence" en date du 20 janvier, alors que la loge "la Prudence", existante semble t'il en 1750, passe (1786) au Grand Orient de France.
  • Adoption par le Grand Orient du Rite Français en sept degrés dont quatre Ordres : Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient et Prince Rose-Croix
  • Le 14 janvier, fondation de la Grande Loge de la Caroline du Sud ; Le 16 décembre, de Géorgie ;
  • Patente délivrée par l’Ordre Royal d’Ecosse(Grand Chapitre d’Hérédom de  Kilwinning, 25 degrés) au Chapitre de Rouen.

1787

  • Déçu par les expériences de JB Willermoz avec « l’Agent Inconnu » , St Martin regagne Paris et voyage à Londres et en Italie.

1788

  • Création du Rite de Venise
  • LC de St Martin se rend à Strasbourg et grâce à Salzmann découvre l’œuvre de J Boehme.

1789

  • Création par le Grand Orient de France de la Loge du Centre des Amis à Paris
  • Le 8 juillet, fondation de la Grande Loge du Connecticut ; - Le 18 juillet de New Hampshire (Etats-Unis).

1790

  • Démission de LC de St Martin de « l’Ordre Intérieur » et de toutes les listes maçonniques

1791

  • Le 25 juin, fondation de la Grande Loge de Rhode Island.
  • Les francs-maçons noirs américains se réunirent à Boston et constituèrent l'African Grand Lodge of North America. Prince Hall fut élu grand-maître à l'unanimité et le resta jusqu'à sa mort, en 1807. La Franc-Maçonnerie noire américaine est née (Elle porte le nom de Prince Hall). La ségrégation durera jusque dans les années 80 avec les Grandes loges des états du Nord.... Elle demeure à ce jour dans certaines Grandes Loges des états du Sud...
  • Le 5 décembre, quelques semaines après la première représentation de La Flûte Enchantée, Mozart meurt à 35 ans.  

1792

  • « l’Homme de Désir » ,« Ecce Homo » et le « Nouvel Homme » de LC de St Martin

1793 

  • 18 septembre : Le président George Washington pose la première pierre du Capitole en tenue maçonnique, entouré de très nombreux frères.

1794

  • 4 février (16 pluviôse an II) : Abolition de l'esclavage à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire (membre de la loge Les Neufs Soeurs). L'esclavage sera rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802.
  • St Martin devient professeur de philosophie à l’Ecole Normale  
  • Willermoz fuit Lyon, ne pouvant emporter qu’une partie de ses archives.
    Le 14 octobre, fondation de la Grande Loge de Vermont (Etats-Unis).

1796

  • Reprise solennelle des travaux du Grand Orient de France
  • Fermeture de l’Ecole Normale, St Martin retourne à Amboise 
  • Willermoz épouse à soixante-six ans Jeannette Pascale âgée de vingt quatre ans.  
  • Système de Fessler (Allemagne) en 9 grades

1798

  • Le 11 juin, fondation de la Grande Loge "Royal York à l'Amitié", à Berlin.

1799

  • Par le traité d'union du 23 mai, le Grand Orient reprend tous les pouvoirs de l'ancienne Grande Loge de France.
  • Fondation du Gr. Chapitre général des Etats-Unis de Royal Arch. Rite.

1800

  • Le 16 octobre, fondation de la Grande Loge de Kentucky (Etats-Unis).
  • Publication de « De l’Esprit des Choses » par LC de St Martin

1801

  • Le 31 mai, fondation à Charleston (USA) du premier Suprême Conseil du rite écossais ancien et accepté avec trente-trois degrés sous l'impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.
  • Adoption par le Grand Orient du rite français moderne.
  • L'empereur François II prohibe la F.M. en Autriche.
  • Fondation du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis.

1803

  • Décès de Louis-Claude de St Martin
  • Fondation du Grand Orient d'Italie.

1804

  • Trois loges La Prudence, La Fraternité et Le Soleil Levant quittent la Grande Loge Provinciale de Genève pour adhérer au Grand Orient de France.
  • Le 21 septembre, fondation à Paris par le comte de Grasse-Tilly, du Suprême conseil de France. C'est l'acte de naissance du Rite Ecossais Ancien & Accepté en France.
  • Le 22 septembre, création de la Grande Loge générale écossaise de France du rite ancien et accepté.
  • Rédaction du grade de Maître Ecossais de St André par JB Willermoz 
  • Renaissance du Régime Ecossais Rectifié

1805

  • A Paris, Joseph Bonaparte Grand Maître du Grand Orient.
  • Apparition du Rite de Misraïm qui pénétrera en France en 1814
  • Fondation du Grand Orient de "Portugal" et d'un Suprême Conseil à Milan.

1806

  • Le 6 juin, fondation de la Grande Loge de Delaware (Etats-Unis).

1808

  • Le 7 janvier, fondation de la Grande Loge de l'Ohio (Etats-Unis).

1810

  • Le 11 décembre, fondation de la Loge du district de Colombie (Etats-Unis).

1811

  • Le 28 septembre, fondation de la Grande Loge de Saxe à Dresde et du Suprême Conseil d'Espagne.

1812

  • Le 21 janvier, fondation de la Grande Loge de Louisiane (Etats-Unis).

1813

  • Création de la Grande Loge Unie d'Angleterre par la fusion de la Grande Loge des Anciens et de la Grande Loge des Modernes.
  • Rite Emulation créé par Peter Gilkes

1824

  • Décès de Jean-Baptiste Willermoz
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1754 

  • Fondation à Paris du Rite de Perfection
  • Fondation à Paris du Chapitre de Clermont
  • Fondation du Chapitre des Juges Ecossais à Montpellier par Martinez de Pasqually

1756

  • La Grande Loge Anglaise de France devient Grande Loge de France
  • Le 27 décembre, fondation de la Grande Loge nationale des Pays-Bas.
  • Publication de Ahiman Rezon par Laurence Dermott. Livre des Constitutions de la Grande Loge des Anciens, par opposition aux Constitutions d'Anderson pour les Modernes.

1758

  • Création du Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident (25 degrés)

1759

  • Le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident constitue à Bordeaux un Conseil des Princes du Royal Secret
  • Rite Suédois en 12 grades

1760

  • Création de la Grande Loge des Maîtres Réguliers à Lyon, fondation d’un Temple des Elus Cohen à Foix par Martinez de Pasqually
     Fondation de la Grande Loge de Suède à Stockholm.
  • Divulgation anti-maçonnique : "Les trois coups Distincts".

1761

  • Délivrance de lettres patentes donnant à Etienne Morin le droit de créer des hauts grades en Amérique, jusqu'au 25e degré, grade alors terminal de la franc-maçonnerie (Rite de Perfection dirigé par le « Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident »)

1763

  • Etienne Morin arrive en Haïti où il fonde des loges écossaises.
  • JB Willermoz fonde avec son frère le Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir

 

1764

  • 12 avril : Création de la Loge  les « Parfaits d'Écosse » à la Nouvelle Orléans. C'est le premier atelier de hauts grades sur le continent nord américain.
  • Le 20 juin, fondation de la Grande Loge de Pensylvanie (Etats-Unis).
  • Convent d’Altenberg (Stricte Observance Templière)

1765

  • Ordre de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy
  • Introduction en Suisse de la Stricte Observance Templière

1766

  • Conseil des Chevaliers d’Orient
  • Rite de Pernety ou des Illuminés d’Avignon en 6 grades
  • Rite de Schroeder (Allemagne)

1767

  • Initiation de JB Willermoz par  Martines de Pasqually à Paris dans l’Ordre des Elus Cohen . Création du Tribunal Souverain avec Bacon de La Chevalerie, Willermoz, Lusignan…
  •  Rite des Illuminés Théosophes en 6 grades 
  • 26 décembre : Henry Andrew Francken, Député Grand Inspecteur Général d'Etienne Morin s'installe à New York où il reçoit une patente, datée du 26 décembre 1767, pour la formation d'une loge de Perfection à Albany qui lui permet de conférer les degrés de perfection (du 4e au 14e) pour la première fois dans les treize colonies britanniques. Cette patente ainsi que les minutes des premiers travaux de cette loge sont actuellement dans les archives du Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis.
  • Rite des Architectes Africains en 11 grades

1768

  • Initiation de LC de St Martin par Martinez de Pasqually dans l’Ordre des Elus Cohen
  • La Grande Loge d'Ecosse introduit l'usage de délivrer des diplômes à ses membres.

1769

  • 1ère attestation du grade de Maçon de Marque(Mark Mason) à Portsmouth

1770

  • Fondation de la Grande Loge nationale d'Allemagne à Berlin sous le protectorat du Fr. Frédéric II roi de Prusse.
  • Système de Zinnendorf (Allemagne) en 7 grades
  • Rite Ecossais Primitif de Namur en 33 grades
  • Etienne Morin crée un « Grand Chapitre » de rite de Perfection à Kingston, en Jamaïque, où il meurt en 1771.
  • Temples Cohen à Bordeaux, Montpellier, Foix, Libourne, La Rochelle, Lyon, Versailles, Paris Metz

1771

  • Grande Maîtrise du Duc de Chartres malgré les interdictions royales.
  • LC de St Martin devient le secrétaire de Martinez de Pasqually

1772

  • Convent de Kohlo : Stricte Observance Templière
  • Martinez de Pasqually part pour St Domingue
  • Willermoz écrit à Karl von Hund

1773

  • Scission au sein de la Grande Loge de France dite Loge de Clermont.
  • Naissance du Grand Orient de France qui connaît d'entrée un grand succès. Election des Officiers du GODF.
  • Maçonnerie du Frère Henoch en 4 grades
  • Rite des Philalèthes en 12 grades
  • Réponse favorable de Karl von Hund à JB Willermoz pour installer la Stricte Observance Templière à Lyon
  • LC de St Martin vient à Lyon pour former les Elus Cohen

1774

  • Décès de Martinez de Pasqually à St Domingue
  • Weiler installe à Lyon le Grand Chapitre de la Province d’Auvergne de la Stricte Observance Templère .

 

1775 

  • Convent de Brunswick(SOT)
  • LC de St Martin hébérgé chez JB Willermoz à Lyon écrit son premier ouvrage : «  des erreurs et de la Vérité ».Désaccord entre St Martin et Willermoz à propos de l’affiliation à la SOT.  
  • Le 6 mars, Prince Hall et quatorze autres hommes de couleur sont initiés aux trois premiers degrés de la franc-maçonnerie au sein de la Military Lodge N°441, qui était attachée à l'armée britannique et stationnait à Boston..

1775-1783

  • Guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique. La Franc-Maçonnerie y joue un grand rôle, par l'appartenance de nombreux leaders tant américains (Washington, Franklin...) que français (La Fayette, Rochambault...).

1776

  • Concordat entre les directoires écossais et le Grand Orient de France.
  • Rite Ecossais Philosophique par le Frère Boileau en 15 grades
    Convent de Wiesbaden(SOT) et décès de Karl von Hund 
  • Création de la Loge des Neufs Sœurs à Paris
  • Rite Philosophique des Sublimes Elus de la Vérité
  • 1er mai : Création des Illuminati de Bavière par Adam Weishaupt, professeur de théologie à l'Université d'Ingolstadt.

1777

  • Remaniement des grades de la SO Templière  par Willermoz et les lyonnais ; classe symbolique, Maïtre Ecossais, Ordre Intérieur. Rédaction des cahiers de la classe supérieure des Profès et Grands Profès, Introduction de la doctrine des Elus Cohen dans la maçonnerie rectifiée par JB Willermoz. 
  • Le 6 novembre, fondation de la Grande Loge de Virginie.
  • Institution à Londres du Grand Chapitre du Royal Arch.

1778

  • Convent des Gaules à Lyon ; la Stricte Observance Templière devient pour les provinces françaises, l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Rédaction du « Code maçonnique des loges Réunies et Rectifiées de France ».

1779

  • Attaque en Allemagne de la SOT par le système des Rose-Croix d’ Or créé en  1770 en Bavière, en Autriche et en Hongrie. Le système des Templiers allemands s’affaiblit de plus en plus. 
  • Le 25 mai, installation de la Grande Loge provinciale de Russie (St. Pétersbourg).
  • Fondation à Bale, du Grand Prieuré d’Helvétie

1780

  • Rite Primitif de Narbonne en 3 classes et un grand nombre de grades 
  • Correspondance de JB Willermoz avec le Duc de Brunswick et le Prince Charles de Hesse : promotion de la réforme du convent de Lyon auprès des chefs de la Stricte Observance Templière. 
  • Fondation de la Grande Loge de Madras (Indes anglaises).

1781

  • Maçonnerie Adohiramite en 13 grades
  • Fondation de la Grande Loge de New-York (Etats-Unis).

1782

  • Alliance entre le système Rectifié de Lyon et le système des templiers allemands . Les Frères de Lyon deviennent les précepteurs de leurs anciens maîtres 
  • Convent de Wilhelmsbad, convoqué par Ferdinand de Brunswick, Grand-Maître de la Stricte Observance. Conflit Philalèthes, Illuminés de Bavière, Rose-Croix d’Or et Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte(CBCS).Renonciation à la filiation historique templière et élaboration d’un système maçonnique en six grades culminé par le CBCS. Disparition des Profès et Grands Profès, règle que JB Willermoz n’appliquera pas. Elaboration des cahiers des trois grades bleus et de l’Ordre Intérieur. Grade de Maître Ecossais devra être rédigé ultérieurement.Victoire de JB Willermoz et de ses alliés. 
  • Publication du 2ème ouvrage de LC de St Martin : « tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’Homme et l’Univers.

 1783

  • Le 18 mars, fondation de la Grande Loge Eclectique de Francfort s. M.
  • Fondation de la Grande Loge du Maryland (Etats-Unis).
  • Attaque de Willermoz par les Philalèthes(Chefdebien et Savalette) . JB Willermoz reproche à LC de St Martin de ne pas l’avoir soutenu.

1784

  • le 14 décembre : Initiation de Mozart au sein de la loge la Bienfaisance  
  • Fondation du Grand Orient de Pologne et de Lituanie.
  • Prince Hall est ses Frères obtiennent une patente de la Premier Grand Lodge of England sous la dénomination d' African Lodge n°459. Cependant, du fait des difficultés de communications, cette patente ne leur parvint qu'en 1787.
  • St Martin vient à Lyon et est reçu Profès et Grand Profès
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 08:10

1717

  • Pour le solstice d'été, le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean-Baptiste, quatre loges de Londres se réunirent dans la taverne Goose and Gridiron (l'Oie et le Grill). Elles portaient le nom des tavernes où elles avaient l'habitude de se réunir : L'Oie et le Grill, La Couronne, Le Pommier, Le Gobelet et les Raisins. Elles créent la Grande Loge de Londres et de Westminster. Anthony Sayer, premier Grand Maître.
  • C'est l'acte de Naissance de la Franc-Maçonnerie moderne, dite spéculative.  

1719 

  • Jean-Théophile Désaguliers, Grand Maître de la Grande Loge de Londres. Principal collaborateur d'Isaac Newton, il est membre de la Royal Society. A partir de cette date et sous l'impulsion de Désaguliers, intellectuels, philosophes, scientifiques, nobles, intègrent les loges.

1721

  • Le 13 octobre, institution à Dunkerque du premier atelier français "Amitié et Fraternité" par le duc de Montaigu, Grand-Maître de la Loge de Londres.

1722

 

  • Naissance de Karl von Hund

 1723

  • En janvier, publication des « Constitutions d'Anderson ».  Constitutions de la Franc-Maçonnerie sous le nom de The Constitutions of the Free-Masons containing the History, Charges, Regulations, & of that most Ancient and Right Worshipful Fraternity: For use of the Lodges, écrites par le Revd. Dr. James Anderson (1680-1739).
  • Création de la Grande Loge d’Irlande

1725

  • Nous savons qu'une loge se réunissait chez le traiteur Huré, rue des Boucheries, « à la manière des sociétés angloises », et regroupait principalement des Irlandais et des exilés stuartistes
  • Apparition du grade de Maître, à Londres.
  • ·        Création de la Grande Loge d’York

 

 1726

  • Première loge maçonnique française dont les documents sont connus et attestés en France : Patentes de la Grande Loge de Londres pour la Loge « Saint Thomas », se réunissant à l'enseigne du « Louis d'Argent », rue des Boucheries.

1727

  • Naissance de Joachim Martinez de Pasqualy

1728

  • Les loges françaises sont placées sous la direction du duc de Wharton, ancien Grand-Maître de la Grande Loge de Londres.
  • Rite de Ramsay en 3 grades : Ecossais, Novice et Chevalier du Temple
  • La F.M. est introduite en Espagne
  • Loges constituées à Gibraltar et en Inde

1730

  • Première grande divulgation anti-maçonnique. L'ouvrage de Samuel Pritchard: "Masonry Dissected" (en anglais)
  • 16 mai : Initiation de Montesquieu en Angleterre au sein de la loge Horn (Le Cor) qui se réunit à la Westminster Tavern de Londres.
  • Naissance de Jean-Baptiste Willermoz à Lyon

1731

  • Le 14 mai, initiation du duc François de Lorraine, futur empereur d'Autriche.
  • La F. M. est introduite dans le royaume de Naples.

1733

  • Fondation de la Grande Loge de Massachusetts (Amérique du Nord).

1734

  • La F. M. est introduite dans le royaume de Pologne.
  • Première réunion des F.M. hollandais, le F. comte de Waegenaer est élu Grand Maître.

1735

  • Le F. comte Sparre introduit la F. M. en Suède en fondant une loge à Stockholm.

1736

  • Introduction de la Franc-Maçonnerie à Genève par un noble anglais, Georges Hamilton.
  • Fondation de la Grande Loge de France devenue en 1773 le Grand Orient de Paris. - Les loges françaises sollicitent l'autorisation de créer la Grande Loge provinciale.
  • Le 15 octobre, fondation à Edimbourg de la Grande Loge Edimbourg.
  • Le 6 décembre, introduction définitive de la F. M. à Hambourg par la Loge "Absalom".

1737

  • Discours du chevalier de Ramsay, un écossais, qui oriente la franc-maçonnerie française vers un ordre chevaleresque, le métier des armes succédant à celui du constructeur.

1738

  • Le 4 mai, le pape Clément XII publie la Bulle "In Eminenti Apostolatus specula" excommuniant la franc-maçonnerie et ses adeptes. « Nous avons conclu et décrété de condamner et d'interdire ces dites sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules appelés du nom de Francs-Maçons, ou connus sous toute autre dénomination, comme Nous les condamnons et les défendons par Notre présente constitution, valable à perpétuité». Première d'une longue série de bulles papales...
  • La Grande Loge de Londres se proclame Grande Loge d'Angleterre.
  • Le duc d'Antin est le premier Grand-Maître français.
  • Interdiction de la F.M. dans les Pays-Bas et la Suède.

1739

  • La F. M. est introduite dans les pays Sardes.
  • L'inquisition persécute la F. M. à Florence.

 

1740

  • Fondation à Berlin de la Grande Loge "Aux Trois Globes".
  • Edit de Philippe V roi d'Espagne, contre la F. M.
  • Le Grand-Maître de l'Ordre de Malte interdit aux F. M. l'accès de son île.

1741

  • Fondation de la Grande Loge "Zur Sonne" à Bayreuth
  • Fondation de la Loge "Minerva aux Trois Palmes" à Leipzig.
  • Fondation de l'Ordre d'Heredom en Ecosse.

1742

  • Introduction de la F. M. en Autriche.

1743

  • Election à Paris le 11 décembre du Comte de Clermont et installation de la Grande Loge Anglaise de France
  • Grade de Petit Elu à Lyon
  • Le 14 mars, par ordre de l'Inquisition, appuyée par le roi Jean V, les F. M. sont torturés et brûles vifs au Portugal.
  • Naissance de Louis Claude de Saint Martin à Amboise

1744

  • Le Fr. prince royal de Prusse (Frédéric II) est élu Grand-Maître des "Trois Globes" à Berlin.

1745

  • Création de la Loge Ecossaise à Bordeaux par Etienne Morin.
  • Divulgation anti-maçonnique : "Le Sceau Rompu

1747

  • Chapitre Primordial de Rose-Croix Jacobite d’Arras

1748

  • Rite des Ecossais Fidèles à Toulouse divisé en 3 chapitres
  • La Porte Ottomane s'oppose à l'introduction de la F. M. en Turquie.

1749

  • Introduction de la F. M. en Hongrie.

1750

  • Jean-Baptiste Willermoz est élu Vénérable de sa Loge à Lyon
  • Mère Loge Ecossaise de Marseille : Rite Ecossais Philosophique en 18 degrés

1751

  • Le 18 mai, Bulle du pape Benoît XIV "Providas Romanorum Pontificum" contre l'Ordre maçonnique.
  • Fondation de l’Ordre Intérieur de la Stricte Observance par Karl von Hund
  • Le 2 juillet, sous l'influence de l'Inquisition, Ferdinand IV d'Espagne interdit la F. M. dans ses Etats.
  • 17 juillet : Schisme au sein de la Franc-Maçonnerie anglaise. Création de la Antient Grand Lodge of England à la Turk's Head Tavern, en réaction à la création de la Grande Loge de Londres de 1717, appelée Grande Loge des Moderns. Robert Turner, premier Grand Maître en 1753. Le schisme durera jusqu'en 1813, où les deux Grandes Loges fusionneront pour faire la Grande Loge Unie d'Angleterre.

1752

  • Souverain-Conseil, sublime Mère-Loge des Excellents du Grand Globe français
  • Fondation à Berlin de la Loge "L'Amitié" devenue la Grande Loge "Royal York à l'Amitié".

1753 

  • JB Willermoz fonde la Loge la « Parfaite Amitié » à Lyon

 

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