Il semble que la Maçonnerie ait pénétré en Suède vers 1730, en provenance d’Angleterre après avoir transité par la France. En 1735, on relève la création d’une première Loge à Stockholm qui, par la suite, prit le nom de « Den Nordiska Första » (La Première [Loge] Nordique). Cette Loge travaillait aux trois premiers grades. La première Loge de Saint André date de 1756. Elle travaillait aux 4ème, 5ème et 6ème grades et adopta plus tard le titre distinctif de « Den Nordiska Cirkeln » (Loge du Cercle Nordique).
Le Rite Suédois, appelé aussi scandinave, apparaît au début de 1759. Il comporte actuellement dix grades subdivisés en trois groupes plus un onzième dit suprême. Ce rite fut réglé en 1780 par une commission placée sous la direction du duc Carl von Södermanland, le futur roi Charles XIII.
Les trois premiers grades sont analogues à ceux de la Maçonnerie de St Jean des autres pays. Les trois suivants (IV à VI) sont inspirés du RER de Saint André : les deux premiers sont conférés simultanément au cours d’une même cérémonie, tan- dis que le troisième l’est ultérieurement. Le Frère qui a accédé au VIème degré peut être reçu, après un certain délai d’at- tente, dans la subdivision suivante, le Chapitre. Les quatre degrés capitulaires sont conférés par la GL provinciale ; ce sont tous des grades chevaleresques compor- tant un titre particulier et le septième tient lieu d’introduction au Chapitre.
Le « Fondé de pouvoir » du Grand Maître préside le Suprême Conseil de l’Ordre maçonnique suédois qui se compose des Officiers supérieurs de l’Ordre ainsi que des sept Grands Maîtres provinciaux et du Maître de Chapelle de Finlande. Tous sont porteurs du XIème degré.
En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre civil royal qui n’était conféré qu’à des Francs-Maçons ayant atteint le XIème degré. Les Vénérables des Loges de St Jean et de St André sont, dans la plupart des cas, revêtus du Xème grade et portent les décors de leur rang dans l’exercice de leur Office. Lors de toutes les Tenues, on arbore les marques extérieures (cordon et ta- blier) de son grade. Aucun Officier ne doit avoir dépassé l’âge de 75 ans. En principe, le Vénérable et les autres Officiers ne restent pas dans leur fonction au-delà de six années. Les locaux maçonniques de Suède comportent fréquemment plusieurs pièces (Temples, salles etc.) ce qui ne manque pas d’impressionner les récipiendaires lors de leur initiation.
Une particularité de la Maçonnerie scandinave réside dans les associations fraternelles qui obéissent à une réglementation formelle. A l’exception du grand Stockholm, on les rencontre dans la plupart des cas dans les petites aggloméra- tions qui ne comportent pas de Loge. Ces associations jouent un rôle important en tant que Loges d’instruction et connaissent un rituel rigoureux ; les Officiers et les Frères présentent des conférences et débats sur des sujets maçonniques. Bien entendu, les membres de ces associations doivent être affiliés à une Loge de St Jean, de St André ou à un Chapitre.
Le Rite Suédois décrit plus avant est également pratiqué en Norvège, au Danemark, et en Islande et, dans une certaine mesure, dans les Loges finnoises parlant le suédois. On peut affirmer, qu’exception faite de la langue, le rite sué- dois est dans sa forme et dans le contenu des rituels le même pour tous les pays scandinaves. Comme déjà dit, il comporte onze grades mais le passage de l’un au suivant n’est pas automatique. En plus d’une participation assidue aux travaux, on exige des Frères la preuve qu’ils possèdent une bonne connaissance de la Maçonnerie. En réalité, il faut compter plusieurs années pour obtenir une pro- motion dans un grade supérieur. Le rite, resté actuel jusqu’à nos jours, est celui qui fut instauré en 1800. Toutes les Loges de St Jean ou de St André ainsi que les Chapitres jouissent d’une cer- taine autonomie, tout en restant soumis à l’autorité du GM provincial.
Mentionnons encore, qu’à l’exception de la GL finlandaise qui travaille en finnois et ne relève pas du système suédois, tout comme la « Freimaurerlauget » du Danemark et la « Polarstjernen » d’Oslo, la Maçonnerie des pays scandinaves est fortement imprégnée par le christianisme. Tout candidat doit se faire connaître comme chrétien s’il veut être reçu.
Les relations entre l’Ordre et la Couronne remontent à 1770, lorsque le roi Gustave III et ses deux frères, les ducs Charles (qui deviendra le roi Charles XIII) et Frédéric-Adolphe furent initiés. La GL de Suède s’est constituée en 1760 ; en 1774, le duc Charles en devint le GM. En tant que tel, il garda cette charge jusqu’à sa mort en 1818. Tous les rois qui succédèrent à Charles XIII furent les GM jusqu’à Gustave VI Adolphe inclus. Son fils aîné, Gustave Adolphe, périt lors d’un accident d’aviation en 1947, alors que son propre fils, l’actuel roi Charles XVI Gustave, n’avait que 9 mois. Lorsque le roi Gustave VI Adolphe mourut en 1973, son fils cadet, le prince Bertil, duc de Hallande, devint le nouveau GM. A sa mort en 1997, la lignée des GM de sang royal s’interrompit. Depuis 1973, année où Charles XVI Gustave monta sur le trône, ce dernier devint le protecteur de l’Ordre.
Depuis 1997, tout comme au Danemark, en Norvège et en Islande, la charge de GM est assumée par une personnalité issue de la bourgeoisie. Le premier « roturier » ayant accédé à ce poste est l’industriel Gustaf Piehl. Depuis novembre 1997, l’Ordre maçonnique suédois compte une Loge de re- cherche « Carl Friedrich Eckleff » forte de 27 membres actifs. Adresse de son siège : Bangårdsgatan 3, SE – 73520 Uppsala. En collaboration avec la Loge de recherche danoise « Friederich Münter », elle publie une chronique annuelle du nom de Acta Masonica Scandinavica dont le premier tome a paru en 1998.
Souce GLSA
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