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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Jean-Baptiste Willermoz : doctrine, instruction particulière et secrète à mon fils(1818)(extrait)

Publié le 25 Février 2018 par JBW in Rites et rituels

DIALOGUE APRES LA RECEPTION D'UN FR. GR. PRO.
ENTRE LE CHEF INITIATEUR ET LE NOUVEAU RECU, SERVANT D'INTRODUCTION AUX EXPLlCATlONS DEMANDEES SUR L'INTRUCTION QU'IL A RECUE ET AUX EVELOPPEMENTS DESIRES DE LA DOCTRINE SECRETE DE L'ORDRE POUR COMPLETER SON INITIATION.
Le Nouveau Initié.
Les sublimes instructions qui m'ont été données pour ma réception dans la haute et dernière Classe secrète de l'ordre maçonnique dans le régime rectifié m'ont rempli de joie. à chaque nouveau trait de lumière j'ai senti s'agrandir tout mon être. Ces instructions destinées à sans curiosité les moyens de parvenir à la connaissance des vérités les plus essentielles à l'homme qui en sent vivement le besoin ont élevé mon esprit en l'éclairant, vers l'éternel créateur de toutes choses, elles ont embrasé mon coeur, et ont excité en moi de vifs élans d'amour et de reconnaissance pour l'auteur de mon existence et pour le divin rédempteur des hommes.
Cependant au milieu de cet immense tableau de faits si importants, divers objets ne se sont présentés à mon esprit que comme des éclairs fugitifs de lumière dont la rapidité ne m'a pas permis d'en saisir la justesse et l'application dans l'obscurité où leur disparition m'a laissé sur ces objets. J'ai cru remarquer des vides, des lacunes, des coupures; dans cette admirable chaîne de faits qui m'attristent, j'ai cru y voir des réticences volontaires, fondées sans doute sur de sages
motifs que j'ignore et que je dois respecter, mais puisque l'initiation a pour but l'instruction des hommes éprouvés, puis-je espérer de recevoir par votre secours de plus grands développements sur les points qui m'embarrassent encore, qui en fixant à cet égard mon imagination sur la ligne
de la vérité l'empêchent d'errer dans le vague et de se livrer à des interprétations incertaines qui exposent souvent à de grands dangers.
Le Chef du Collège
Mon très cher et bien aimé fr.
Vous cesseriez de vous étonner des réticences qui vous affligent, et des obscurités qui vous arrêtent si vous aviez porté vos regards sur vous-même, si vous vous étiez interrogé sur tous les devoirs que vous aviez eu à remplir jusque là. Rappeler vous le conseil important qui vous fût
donné lorsque vous fûtes reçu compagnon dans la classe symbolique, et présenté devant le miroir
voilé, qui est le symbole principal de ce grade. On vous dit alors : "Si tu as un vrai désir, du courage et de l'intelligence, tires ce rideau". C'est a dire écartes le bandeau qui obscurcit ton intelligence, et apprends te connaître.
L'avez-vous fait ? Avez vous eu constamment ce vrai désir sans mélange d'aucun motif humain, ce courage qui ne se laisse point abattre par les obstacles, et qui élève l'intelligence jusqu'à la haute région pour laquelle elle est destinée ? Avez-vous bien étudié votre propre nature, et quels sont vos rapports essentiels avec l'être des êtres qui vous a institué son image et sa ressemblance ?
N'avez-vous point trop négligé ou matérialisé les emblèmes et symboles qui dès lors vous furent offerts pour exercer votre intelligence, et ceux qui vous ont été présentés à chaque pas avec la même intention dans la carrière symbolique, qui tous cependant demandaient de votre part les plus profondes méditations ? Vous vîntes ici en la commencent pour apprendre à vaincre vos passions et soumettre votre volonté pour pouvoir faire de nouveaux progrès dans cette carrière :
Avez vous été fidèle a cette sage résolution ? N'êtes-vous point encore sous le Joug de quelque penchant désordonné, de quelques préjugés, ou de quelques opinions discordantes que l'habitude ou le respect humain vous empêchent d'oser réformer ? La soumission de la volonté de l'homme à
la volonté de Dieu est sans cesse aussi recommandée au Maçon qu'au Chrétien, lui avez-vous fait sincèrement l'abandon et l'entier sacrifice de la votre, et sans cet abandon pouvezvous raisonnablement en attendre les fruits ? Etes-vous parvenu à cet état de simplicité de coeur et de
l'esprit si louée dans les saints évangiles chez les enfants cités pour modèles dont le coeur n'est pas encore ouvert à l'enflûre du savoir et se recommande aux autres ? C'est cependant à ceux qui leur ressemblent, et à ceux là seuls que la lumière est promise. Enfin sachant que toute vraie
lumière vient d'en haut, avez vous contracté l'heureuse habitude de la demander en toute occasion importante à celui qui peut seul vous la donner ? Voilà mon ch. fr. l'examen que vous deviez faire sur vous-même avant de vous livrer à aucune plainte sur les obscurités et les lacunes que vous
avez remarqué, et encore moins sur les réticences qui vous affligent.
L'Initié.
Je reconnais et confesse avec sincérité que je n'ai pas mis par le passé toute l'importance dont vous me faites sentir en ce moment la nécessité, à tous les emblème et symboles qui m'ont été présentés, aux avis et conseils qui m'ont été donnés, qui cependant ont été souvent présents à mon
esprit. mais cette faute sera-t-elle irréparable, et ne peux-je point espérer de l'indulgente amitié de mes frères qu'ils m'aideront à la réparer.
Le Chef du Collège.
Vos frères qui vous observaient, avaient remarqué avec la plus vive satisfaction vos efforts et vous ont donné la plus grande preuve qui soit en leur pouvoir de leur confiance et des espérances que vous leur aviez fait concevoir. Vous pouvez donc compter sur leur secours comme sur leur amitié; mais méditez plus sérieusement que par le passé sur les questions qu'ils viennent de vous faire par mon organe et qui renferment autant de conseils, et n'oubliez jamais que les hommes les
plus instruits, les plus éclairés ne sont que des instruments dans les mains de la providence qui en dispose à son gré, que malgré leur secours vous aurez toujours votre propre travail à faire; que toute vraie lumière vient de Dieu et que lui seul peut vous la donner. La doctrine des Gr. Pro. que vous désirez connaître plus en détail n'est point un système hasardé,
arrangé comme tant d'autres suivant des opinions humaines; Elle remonte dans la plus haute antiquité jusqu'à Moise qui la connut dans toute sa pureté et fut choisi par Dieu pour la faire
connaître au petit nombre de ses Initiés qui furent les principaux chefs des grandes familles du peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité, et sans les voiles dont il dût ensuite la couvrir pour la multitude de la nation composé
d'hommes ignorants, charnels et grossiers qui en auraient bientôt abusé. Les instructions que vous avez reçues ainsi que celles qui pourront les suivre sont un extrait fidèle de cette sainte doctrine parvenue d'âge en âge par l'initiation jusqu'à nous; on y a joint ensuite celles relatives au grand mystère de l'incarnation du verbe divin, et à d'autres grands événements postérieurs à Moise. 
Le forme de cette initiation a quelquefois variée selon les temps et les circonstances, mais le fond, qui est invariable, est toujours resté le même : Recevez-la donc avec un juste sentiment de reconnaissance et méditez en la Doctrine sans préjugé avec ce respect religieux que l'homme dignement préparé sent devoir à ce qui l'instruit et l'éclaire, vous en recueillerez de grands fruits pour vous-même et pour vos frères.