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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 19:00

Première partie

 

L’Aspirant, qui se trouve dans la salle de réception, est en habit de ville, mais découvert. Sur la tête et le visage, il porte un voile léger de couleur écarlate. Le Conducteur des Novices porte une robe noire avec un capuchon sur la tête, et après avoir saisi l’Aspirant par le bras gauche se rend près du portail qui mène du porche vers le temple sacré ; à cet instant les deux Hérauts se tiennent de chaque côté de l’entrée.

 

Conducteur des Novices : Je désire aller vers l’Autel de Dieu.

Le Premier Héraut, qui attend à l’entrée, dit : Vers Dieu qui apporte la joie à nos cœurs.

 

L’entrée de l’Aspirant dans le temple sacré se fait selon l’ordre suivant :

 

Premier Héraut                                  Deuxième Héraut

 

Conducteur des Novices                     Aspirant

 

Porte-Flambeau

 

Cinq tours sont faits dans le temple sacré, dans le sens de la course du soleil, tandis que les fraters et les officiers sont debout et que l’hymne suivant est chanté :

Ode

« Avant que Dieu fut commença l’Univers, toute la matière reposait en un amas informe Et était envahie par un grand désordre, aucun rayon n’émanait de la lumière, Et l’obscurité régnait parmi cette confusion totale ; Puis Dieu apparut, ses éclairs déchirèrent le ciel, et il fit se dresser les éléments, Dans l’Air il accrocha en suspension le Monde et il étendit par-dessus les cieux azurés ; Des Etoiles dans le ciel assurèrent le mouvement, et au centre fut fixé le Soleil. Puis il constitua l’homme à partir de la poussière, lui donna une âme vivante, Soumit toutes choses à sa volonté, le fit maître de tout, Et pourtant l’homme se montra ingrat envers les cieux, et fut chassé de l’Eden. De là vinrent tous nos maux, et l’humanité ne put trouver la paix, Jusqu’à ce que les Rosicruciens paraissent et forment ici un nouvel Eden : Où la joie règne à jamais et l’innocence première règne à nouveau. Ici coulent des sources de cristal, ici rien de vil ne peut pénétrer, L’Arbre de la Connaissance pousse en ce lieu, nous en goûtons les fruits, ignorant le péché, Pendant qu’une douce amitié prévaut, et que les Anges gardiens nous protègent alentour. » 

A la fin de l’ode, la procession s’arrête devant le Suffragant à l’Ouest :

 

Suffragant : Mon frère Conducteur des Novices, que souhaite cet Aspirant ?

 

Conducteur des Novices : Il désire aller de l’obscurité vers la pure lumière de la connaissance, afin d’apprendre les secrets et la Doctrine de la Nature, et apprendre à connaître les merveilleux principes par lesquels l’Univers est gouverné.

 

Suffragant : Mon frère, ton désir est louable, mais nous sommes des mortels comme toi ; pourquoi venir ici ?

 

Conducteur des Novices : L’Aspirant considère en effet que beaucoup de grandes vertus sont pratiquées dans l’Ordre, et que les siècles ont enrichi l’héritage de vos connaissances. Il désire être admis.

 

Suffragant : Nous reconnaissons ta foi, mais devons te rappeler que le chemin vers la connaissance est long, et que la vie de l’homme est courte ; également, rappelle-toi bien que ce que le cœur souhaite ne s’accomplit pas toujours. Ne place pas trop d’espoir dans notre Ordre. Notre but est la vérité, notre désir d’être humble, notre étude d’être sage. Le Rose-Croix laisse au monde la richesse, les honneurs et le pouvoir, ainsi que le plaisir et la paresse à la brute. Nous nous consacrons seulement à ce qui pur et vertueux, et nous incitons chacun à chercher la sagesse. Nos objectifs sont l’entraide fraternelle et l’encouragement à résoudre le grand problème de la vie, l’a avancement des sciences, la propagation de la vérité et la diffusion de cette glorieuse affirmation « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté » (cette affirmation peut être psalmodiée). Mon frère, nous avons la preuve de ta foi, mais je demande que la preuve de ton zèle soit maintenant établie.

 

Conducteur des novices : L’Aspirant me demande de dire en son nom qu’il est vraiment ignorant de Dieu, de la Nature et de lui-même ; qu’il est entouré par les ténèbres et que son esprit est dans le doute ; que sa quête est juste et sincère. Il est de son désir ardent d’être admis.

 

Suffragant : Tu as parlé sagement. Un cœur courageux peut chercher tout ce qui est le plus pur. Le  zèle vers un but élevé est des plus louables, et grâce à cela la foi peut soulever des montagnes. Prépare-toi à subir les premières épreuves requises par notre Ordre.

Que l’Aspirant soit conduit vers le Portail de la Vie pour y subir les premières épreuves relatives aux secrets fondamentaux de la Nature et de la Vérité.

 

L’Aspirant, avec les assistants, se dirige vers le Nord, puis en direction du Sud vers le Premier Ancien, qui place une petite quantité de terre propre sur ses lèvres.

 

Premier Ancien : Et la voix du Premier Ancien se fit entendre qui disait « Ecoute bien, Aspirant. La Mort est le Portail de la Vie, n’aie pas peur de le franchir, car dans la poussière se trouve la semence d’Immortalité. »

Je te révèle le mot de passe, Immortalité.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite sur son cœur. Celui-ci est ensuite conduit vers le Sud, puis à nouveau par le Nord en face du Deuxième Ancien, qui agite deux ou trois fois un éventail afin que l’Aspirant puisse sentir le mouvement de l’air.

 

Deuxième Ancien : Et la voix du Deuxième Ancien se fit entendre qui disait « Regarde, l’Air que nous respirons est rempli de mystères ; mais l’amour de Dieu surpasse toutes choses, visibles ou invisibles, tandis que l’Espoir constitue l’héritage de l’homme sur la Terre. »

Je te révèle le mot de passe, Espoir.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et, en tournant, vers le Sud devant le Troisième Ancien, qui l’asperge d’eau pure.

 

Troisième Ancien : Et la voix du Troisième Ancien se fit entendre qui disait « Approchons de la Maison de la sanctification avec des mains propres et un cœur pur, car notre Force réside dans la Toute-puissante Divinité. »

Je te révèle le mot de passe, Force.

 

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et en tournant, vers le Sud, devant le Quatrième Ancien, qui fait ressentir à l’Aspirant la chaleur d’une flamme.

 

Quatrième Ancien : Et la voix du Quatrième Ancien se fit entendre qui disait « Entrons dans le Temple de la Perfection et ne reculons pas devant l’épreuve du Feu, car la colère de Celui qui est Saint ne consume que l’impie et l’impénitent. »

Je te révèle le mot de passe, Vertu.

Ces quatre mots de passe des Anciens forment l’aphorisme L’Immortel Espoir Force la Vertu, les initiales étant I\E\F\V\.

 

L’Aspirant place la main sur son cœur lorsqu’est prononcé le mot Vertu ; il s’incline quand il entend l’aphorisme I\E\F\V\, qu’il est prié de répéter.

L’Aspirant continue vers le Nord avec ses compagnons, et toujours en tournant vers le Sud jusqu’à ce qu’il se trouve face à l’Officiant, mais du côté Ouest de l’autel.

 

Officiant : Mon frère, les épreuves par lesquelles tu es passé avec succès sont les premières, mais en elles se trouvent beaucoup de secrets, qui te seront transmis par la suite. Dans les temps anciens, la connaissance des choses les plus élevées n’était révélée qu’après une préparation spécifique de l’Aspirant, consistant en la purification par la Terre, l’Air, l’Eau et le Feu, et après que l’Aspirant ait montré des signes évidents de moralité, de vertu, prudence et zèle. Ayant progressé au mieux jusqu’ici, es-tu prêt à nous assurer de ta bonne foi par un  Serment de FidélitE, puisque des vœux ne sont pas exigés des membres de ce Degré.

 

Aspirant : Je suis prêt.

 

Officiant : Place ta main sur ton cœur. Affirmes-tu sur l’honneur que tu ne révéleras jamais le cérémonial Secret de notre Cercle Mystique à moins que le Mage Suprême ne t’y autorise, et même dans ce cas seulement en stricte conformité avec nos Règles et Ordonnances ?

 

Aspirant : Je l’affirme.

 

Officiant : Affirmes-tu sur l’honneur ne jamais t’intéresser ou entrer en relation avec un autre Collège Rosicrucien, si ce n’est celui dans lequel tu es maintenant admis, sans obtenir au préalable l’accord du Mage Suprême ?

 

Aspirant : Je l’affirme.

Officiant :  Affirmes-tu sur l’honneur vouer spontanément obéissance à tes Officiers supérieurs en ce qui concerne les affaires en relation avec l’Ordre, et être prêt à assister et défendre tes frères de la Rose-Croix lorsque cela s’avérera nécessaire ?

 

Aspirant :  Je l’affirme.

 

Officiant : Mes frères, acceptez-vous que l’Aspirant continue ?

 

Les frères croisent les bras sur la poitrine en signe d’approbation.

 

Officiant : Que l’Aspirant s’agenouille devant l’Autel. Mes frères, en tant que véritables rosicruciens, veuillez vous agenouiller devant Celui qui nous a donné naissance. Agenouillons-nous pour cette PriEre.

 

Nous implorons Ta bénédiction et Tes gracieux conseils, O Seigneur Dieu, Père Tout-Puissant, Créateur de la Lumière et de la Vérité, au nom de Ton serviteur, qui aspire à mieux Te connaître, ainsi que Tes œuvres merveilleuses, afin que Ta Gloire puisse être magnifiée. Promet de l’illuminer de la Lumière de Ta Sagesse ; purifie-le et sanctifie-le afin que, rendu digne de ce lieu où nous nous efforçons de Te comprendre et Te glorifier, il puisse être capable de partager un véritable Espoir, de justes conseils et profiter de Ta Sainte Doctrine. Amen.

 

Les frères forment maintenant, sans bruit, le Cercle Mystique autour de l’Autel et de l’Aspirant, qui est toujours agenouillé, pendant que le Suffragant lit ce qui suit :

 

Suffragant : « Au commencement était le Monde, et le Monde était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Il en était ainsi au commencement avec Dieu.

Toutes choses furent faites par Lui ; et sans Lui rien n’aurait été fait de ce qui fut fait.

En lui résidait la Vie, et la Vie constituait la Lumière pour les hommes.

Et la Lumière brillait dans l’obscurité et l’obscurité ne le comprenait pas. »

 

Le rideau à l’Est est tiré, dévoilant l’Adepte Principal devant une table couverte de blanc, sur laquelle brûlent 33 bougies ; devant se trouve un Autel (petit) avec de l’encens qui brûle ; et par-dessus est suspendue une Etoile à 5 branches (avec une pointe en haut). L’Aspirant est prié de se lever devant l’Autel sur lequel se trouve une Rose-Croix, avec les lettres I.N.R.I. au-dessus de la Rose, au moment où l’Officiant le lui indique, comme suit :

 

Officiant : Lève-toi, mon frère, et reçois la Lumière de notre Cercle Mystique.

 

Le Conducteur enlève le voile recouvrant l’Aspirant, tandis que les frères tapent trois fois des bras sur leur poitrine.

 

Adepte Principal : Que la Lumière du Seigneur soit avec toi !

 

Officiant : Et avec ton Esprit.

Vénéré frère, ayant retrouvé une vue plus parfaite, tu découvres devant toi l’Autel sur lequel se trouve la Rose posée sur la Croix, qui nous rappelle la vie sans tâches de Celui qui fut, comme nous le pensons, la Gloire Manifestée de Dieu. Regarde les initiales du Nom et du Titre Sacrés qui furent tracés en lettres de feu sur la Croix du Rédempteur. Conserve précieusement dans ton cœur le souvenir du Mot I.N.R.I., Jesus Nazarenus Rex Judaeorum. N’oublie pas que pendant 33 années il a travaillé sur terre dans la docilité et l’humilité, une période qui est représentée par les 33 luminaires à l’Est. La Rose, mon frère, se rapporte à la beauté et à la grandeur de Sa Résurrection des morts, et représente la gloire éternelle de la Rose de Sharon, Ego sum Rosae Sharonus, et Lilium Convallium. L’Etoile à 5 branches au-dessus de l’Est, symbolisée par les 5 périples que tu viens de faire autour de ce Lieu Secret, nous rappelle les 5 points de félicité qui sont : (1) accompagner nos frères, (2) intercéder pour eux, (3) les aimer, (4) les assister, et (5) prier  pour eux, de telle façon à leur être unis par le cœur et l’esprit. L’Encens, qui s’élève en volutes vers l’Etoile lumineuse, est un symbole de la prière qui conduit vers le Trône de Dieu. Ton passage devant les 4 Anciens lors d’une course serpentine comporte une allusion mystique, car tu étais à la recherche de la Sagesse. Puisses-tu être aussi sage qu’un Serpent. Dans ton apprentissage de la Sagesse, cherche à obéir à la Loi, car tous ses chemins apportent la paix.

 

Le Conducteur du Novice fait revêtir à l’Aspirant une robe cramoisie, pendant que l’Officiant dit :

 

Officiant : Reçois et revêt cette robe cramoisie en témoignage de ton courage, de ton zèle et du dévouement que tu as promis à l’Ordre Rosicrucien. Que l’Aspirant soit placé dans le Cercle Mystique et se joigne à nous pour répéter les initiales du Mot Mystique I.N.R.I.

 

Le Cercle Mystique est formé, auquel se joint l’Aspirant.

 

Officiant : Chers frères et fraters, je déclare le Cercle Mystique parfait et la Chaine d’Union terminée.

 

Les frères croisent les bras en se battant la poitrine. L’Aspirant est conduit à l’intérieur du Cercle et s’agenouille, tandis que l’Officiant, le Suffragant et les 4 Anciens posent leurs mains sur la tête de Aspirant ; l’Adepte Principal dit alors :

 

Adepte Principal : Nous t’acceptons, mon frère, en tant que Zélateur et un des « huit ». Tu peux te retirer du Porche de Réflexion, et quand tu souhaiteras y revenir, il te faudra placer ton nom sur un morceau de papier blanc sous forme de triangle, en y ajoutant les Initiales Mystiques qui se trouvent sur l’Autel, et le produire à l’Acolyte qui se tient à l’entrée.

 

L’Aspirant est mené vers l’entrée, et tous retournent à leur station sauf le Conducteur des Novices. Le Conducteur, dans la Chambre de préparation, indique à l’Aspirant que le fait, pour lui, de préparer le papier qui lui a été demandé, démontre une réflexion suffisante de sa part, et son désir véritable de recevoir une plus grande lumière.

 

Deuxième partie

 

Le temple est arrangé comme précédemment, sauf que 3 luminaires sont allumés sur la table à l’Est, et que la Rose-Croix a été déplacée de l’autel vers le centre de cette table. Le Conducteur est en noir, le Zelator en cramoisi. L’Aspirant et le Conducteur s’approchent de l’Acolyte près du porche, et montrent le papier triangulaire, d’où suit une batterie de 4 coups.       Le Gardien des Cavernes ouvre la porte en vue de recevoir le papier et, se tournant vers le Suffragant, dit :

 

Gardien : Très Vénérable Suffragant, l’Elu désire être admis à nouveau dans le Cercle Mystique.

 

Suffragant : Demande-lui d’avancer selon la forme prescrite et de montrer le Signe Mystique.

 

Gardien : Avance vers moi selon la forme prescrite et montre le Geste Mystique d’admission.

 

L’Aspirant, comme cela lui a été prescrit à l’avance par le Conducteur, avance de 4 pas, mettant à chaque fois la main sur le cœur, et se courbe au dernier pas ; puis il remet au Gardien le document mystique. La porte est fermée et le Gardien poursuit :

 

Gardien : Très Vénérable Suffragant, j’ai reçu l’Aspirant selon le signe. Il a médité sur les préceptes préliminaires de notre Ordre, et implore humblement d’être réadmis.

 

Suffragant : Que désire-t-il ?

 

Gardien : Etre instruit.

 

Suffragant : Il l’a déjà été ; que cherche-t-il encore ?

 

Gardien : Une plus grande connaissance.

 

Suffragant : Fais-le entrer jusqu’au centre de ce Temple Sacré selon les 4 pas de Sagesse.

 

L’Aspirant fait les 4 pas lorsqu’il est près du centre du temple, plaçant à chaque fois la main sur le cœur et finalement en s’inclinant.

 

Officiant : Mon frère, d’où viens-tu ?

 

Conducteur : D’une terre de pénombre, où les bénédictions de la connaissance pénètrent rarement.

 

Officiant : Où te tiens-tu en ce moment ?

 

Conducteur : Dans les profondeurs de la Terre, les bras étendus vers le Nord et vers le Sud (L’Aspirant se tient tel un crucifié, ainsi qu’il lui a été demandé).  Et mon désir est d’approcher l’Est radieux et de me réjouir dans la Lumière parfaite.

 

Officiant : Tu as reçu une bonne inspiration, mon frère. J’approuve ton zèle et t’en félicite, mais ton progrès vers le but de la Vérité doit être lent et progressif car les mystères de la Nature ne peuvent être dévoilés à tous ceux qui recherchent son Sanctuaire, mais uniquement à ceux qui ont une véritable foi et aux humbles, bien que zélés en esprit.

Je vais maintenant te révéler les modes de reconnaissance concernant ce degré de Zelator.

 

Signe - L’Ancien signe du Rosicrucien consiste de la façon suivante : main droite sur le cœur, et main gauche sur celle-ci se croisant à hauteur des poignets. Le signe de Croix correspond au mot LVX (lux) car il reproduit en même temps les 3 lettres dont LVX est composé.

 

Geste et mot de Passe - Bras droit sur la poitrine. L’antagoniste forme une croix avec son bras gauche. Le mot …(qui signifie « Lumière ») n’est pas murmuré, mais tracé avec les doigts.

 

Mot Sacré -  ….représente le Soleil Eternel, la véritable Lumière du Monde, et la Gloire du Père.

 

Batterie - Cinq

 

Tu vas maintenant te rendre vers le Suffragant à l’Ouest, et écouter attentivement le récit historique de notre Ordre. Puis tu reviendras vers moi pour l’instruction finale.

 

L’Aspirant est mené vers le Suffragant qui le fait asseoir.

 

Suffragant : En t’instruisant dans notre présent système d’Ethique et de Métaphysique générale, nous adhérons pleinement aux anciens Mythes et Légendes concernant la Société Rosicrucienne, et par conséquent nous t’introduisons aux règles, usages et façons de vivre de ces Philosophes, ainsi qu’à la disposition de leur Lieu de Vie, car ceci est essentiel en ce moment pour que tu puisses pleinement apprécier ce dont il s’agit. Ecoute !

 

Récit historique

 

« Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains. Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et quatrièmement, la découverte de l’Elixir Vitae.

Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution.

Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche. »

 

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant.

 

L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle.

La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux.

La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit.

Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité. Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré. Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

 

Batterie de trois afin que tous se lèvent.

 

Sois prêt à dire, comme les martyrs d’autrefois, Ab Ben veRouah haCodesh, « Père, Fils, Saint-Esprit » - A Toi toute la Gloire.

 

Le Porte-Flambeau se dirige vers l’Aspirant et, après avoir placé une bougie allumée dans sa main, lui demande de l’éteindre dans un récipient de sel (près de l’Est), en disant :

 

Porte-Flambeau : Comme la lumière de cette bougie, ainsi ta flamme viendra à s’éteindre si tu venais à manquer au serment que tu as fait envers nous.  En disant cela, il place le papier triangulaire mystique avec le nom de l’Aspirant et les Initiales Sacrées dans les flammes du

               

Luminaire central à l’Est, puis conduit l’Aspirant vers l’extérieur.

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Published by Thomas Dalet - dans Rites et rituels
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 18:52

 

Objet de ce grade

 

Le Grade de l'Initié dans les profonds mystères a pour objet de faire connaître, aux vrais maçon parfaitement affermis dans les principes de

la maçon ce qu'il y a de bon ou de vicieux dans tous les autres grades dont on y fait la critique ; c'est pourquoi pour pouvoir juger sainement si les grades qu'on y approuve ou désapprouve donnent réellement lieu au jugement que l'on en porte, il est essentiel d'avoir reçu tous ces grades, ou du moins de les connaître.

Ces grades sont principalement les trois de la maçonnerie Bleue, celui de Maître Parfait ; celui d'Elu ; l'Élu de l'inconnu ; celui des Quinze ; celui d'Écossais ; celui de Souverain Cons? du Temple ; celui d'Élu suprême, celui de Chevalier d'Orient ; celui de Chevalier d'Occident ; celui de Sublime Philosophe ; celui de Chevalier du Soleil ; celui de Chevalier du Phénix ; celui de Chevalier de l'Aigle Noir, ou Rose Croix de Marseille.

 

 

Discours de l'Orateur.

 

Après que l'instruction est finie, le Frère Orateur lit le discours suivant, dans lequel se trouve expliqué parfaitement tout l'objet de ce grade :

Vous avez passé par tous les grades, on vous a fait parcourir jusqu'à aujourd'hui, les uns après les autres, tous les mystères redoutables au vulgaire, parce qu'il ne les connaît pas et que le sage voit pour la plupart d'un oeil méprisant et dédaigneux.

Nous savons rendre justice à la vertu et à la vérité, elles nous sont chères. Ce que vous allez entendre vous en convaincra de plus en plus.

L'analyse de ces grades va vous être dévoilée, vous allez en pénétrer les replis les plus cachés.

En vous découvrant les moindres circonstances, vous en reconnaîtrez les explications et vous sentirez enfin ce qu'ils méritaient de votre approbation et de votre mépris.

Les connaissances que vous avez dû acquérir après avoir été reçu Apprenti, Compagnon et Maître dans les grades de l'Elu Ecossais, Parfait Maître  Anglais, Elu suprême, Souverain Commandeur, Chevalier d'Orient et d'Occident, Prince de Rose Croix; Grand Elu, Chevalier de l'Aigle Noir, Chevalier du Soleil et des adeptes, Sublime Philosophe et Chevalier du Phénix sont les seuls sur lesquels nous nous étendrons. Les autres, qui sont en quantité et qui ne sont que des répétitions sèches et stériles de ceux dont il vient d'être fait mention, resteront dans l'oubli et ne nous laisseront d'autres impressions que le dédain le plus parfait pour ceux qui ont pu employer leur temps à des ouvrages aussi futiles, de peur d'être obligé de les haïr comme des gens infâmes, que la cupidité seule a conduits dans un travail aussi pitoyable.

 

APPRENTI ET COMPAGNON. - Les deux premiers grades nous apprennent l'entreprise que fit Salomon de bâtir un Temple à l'Éternel ; les précautions qu'il prit pour le rendre magnifique ; la demande qu'il fit d'Hiram Abif à Hiram, roi de Tyr, pour lui confier en chef la conduite de cette sainte entreprise ; le partage que fit Hiram Abif des ouvriers en trois classes ; les signes, mots et attouchement dont il convint avec eux pour les reconnaître les uns d'avec les autres ; les proportions du Temple et des deux fameuses colonnes.

Jusqu'ici il n'y a rien de mystérieux ; ouvrez la Bible, vous y trouverez les mêmes choses expliquées peut-être plus clairement. Mais n'importe, reconnaissons la prévoyance de notre instituteur.

Pour parvenir à son but, qui était de rendre les hommes égaux et de les faire vivre ensemble dans l'union la plus étroite et la plus intime, il sut s'accommoder à leurs moeurs et de plus à la faiblesse de leur âme. Il reconnaissait combien le merveilleux a de pouvoir sur le coeur humain. Il descendit à des considérations, rendit l'entrée de l'ordre difficile, imagina de rendre les réceptions terribles et formidables et sut les rendre respectables par l’appareil mystérieux qu'il répandit sur tout ce qui nous environnait.

l sentit d'ailleurs la dure nécessité de ces formalités ; il vit qu'en trompant le vulgaire, il éprouverait l'âme de ceux qu'il voulait admettre, qu'il sondait par là leur coeur et leur façon de penser, et qu'il pourrait par ce moyen distinguer la bonté du caractère et de l'esprit de candeur.

D'ailleurs l'établissement de notre M? est louable; il tendait par son application à faire vivre les hommes dans l'égalité et à n'admettre entre eux de prééminence que celle que donne la vertu.

Maîtrise. - Si nous avançons, la M? nous offre le massacre d'Hiram par 3 malheureux conspirateurs jaloux de la gloire et de la faveur qu'il recevait en vivant familièrement avec le roi Salomon, l'assemblée que tinrent les maîtres pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire, afin de prouver leur innocence à Salomon, la recherche du corps du R? M? Hir? qu'ils retrouvèrent et l'exhumation qu'ils en firent.

Déjà dans ce grade le crime se glisse parmi les constructeurs du Temple, mais on su le tourner à profit pour en montrer l'horreur et le faire détester de ceux qui étaient membres de l'ordre naissant.

 Elu. - Dans l'élu, la vengeance tirée des meurtriers est une leçon qui nous prouve que le crime ne reste jamais impuni, que l'auteur de la nature est infiniment bon, juste et implacable pour les méchants.

On découvre dans ce grade Abiram, un des auteurs de ce meurtre ; mais d'où vient qu'on fit des recherches contre Cebal et Méphiboseth ? pourquoi multiplier les êtres  Ne pouvons-nous pas dire que déjà le vice se glissait dans la Maçonnerie et que cette multiplication était un présage des désordres qui allaient s'ensuivre ? Le crime puni et le corps retrouvé, il fallut inhumer notre Respectable Maître avec la pompe qu'exigeait le service qu'il avait rendu, et il aurait sans doute mérité une autre récompense.

C'est le sujet de l'Ecossisme, où l'on glisse des cérémonies judaïques qui ne peuvent faire qu'un très mauvais effet, surtout dans un temps où les personnes qui sont à la tête des LL? sont souvent peu instruites et ont d'ailleurs des dépenses à faire, pour les rendre avec dignité, motifs qui peuvent les faire regarder comme contraires aux règles de l'ordre, par celui qui possède au fond du coeur les vrais principes de la nature qui est de saisir les occasions de se rendre utile à l'humanité souffrante.

 

Parfait Maître Anglais

 De là on passe à la Maîtrise du Parfait Maître Anglais qui est une répétition générale de ce qu'on a vu et qui aurait dû être le seul grade, si notre législateur n'eût eu crainte de communiquer trop vite l'intelligence de notre ordre, et de donner lieu à l'indiscrétion en communiquant tout d'un coup ce qu'il y avait de mystérieux à un homme nouvellement reçu.

Voilà ce qui a fait longtemps le secret de notre ordre respectable.

 

Elu de l'inconnu et des quinze.

Tout était bon jusqu'alors. Rien, excepté les élus de l'inconnu et des quinze, n'était de trop. Tout tendait au bien et au maintien de l'ordre ; mais il n'est rien de stable. Les hommes aussi changeants que I'ombre et aussi légers que le vent pouvaient-ils rester longtemps dans l'état heureux où notre législateur s'était efforcé de les mettre  Pleurons leurs faiblesses et leur aveuglement, mais sachons réparer leurs torts et donner un nouveau centre à l'Art Royal en rétablissant les premières Loges en rendant un culte pur à l'Étre suprême, en déchirant impitoyablement le bandeau qui nous a privés jusqu'à ce jour de la vraie lumière.

 

Ecossais.

On fit ensuite du Parfait Maitre Anglais, le grade d'Écossais, qui renferme la cérémonie de la dédicace du Temple. Il était, suivant les apparences, naturel de terminer l’histoire.

 Souverain  Commandeur du Temple.

 Mais où cela nous conduit-il ? Au Souverain Commandeur du Temple, grade où l'indécence la plus outrée et l'insolence la plus criante sont permises à celui qui en est décoré, par la seule raison qu'il sait que c'était au commandeur. qui en gardait la clef et qui avait l'honneur d'être admis à la cour du roi Salomon.

 

Elu suprême.

On sentit ensuite qu'on pourrait ajouter à celui qui vient d'être dit la chute du roi Salomon, son impiété et les sacrifices abominables qu'il faisait aux faux dieux, dans ce même temps qu'il avait fait construire pour le seul et véritable Maître de la nature et le comble de la folie en faisant substituer à l'arche d'alliance les simulacres des divinités que lui apportaient ses femmes et ses concubines. On imagina donc l'Elu Suprême où l'on jure une haine implacable à cet ennemi déclaré de celui qui l'avait comblé de ses bienfaits.

 

Chevalier d'Orient.

Il fallut aller plus loin ; le rétablissement du Temple de Dieu sous Cyrus fut le sujet du Chevalier d'Orient. Vous y apprenez la manière dont Zorobabel va se présenter devant Cyrus. Il pousse dans son antichambre des soupirs qui sont entendus des gardes. On va voir quel est l’homme revêtu d'un voile, couvert de cendres, qui pousse ces gémissements. On le fait prosterner aux pieds du roi qui gracieusement lui laisse voir son visage et qui ordonne à son ministre de lui donner des instructions qui consistent à lui dire qu'il faut avoir un mot de passe pour se reconnaître dans un besoin et qu'il faut être bien unis. On l'arme ensuite en Chevalier d'Orient en lui mettant une écharpe sur laquelle est représentée un pont traversant une rivière, parsemée de têtes de mort et d'ossements. On y apprend le fameux combat du fleuve Starburzanaï ; la victoire que remporte Zorobabel sur les sujets du roi Cyrus qui l'avaient attaqué malgré le passeport qu'ils voulurent lui faire avoir, signé de leur roi.

Les noms des ouvriers du nouveau Temple le nombre des hommes qui y furent employés, la résolution qu'ils prirent de travailler, mais avec l'épée au côté, le nombre d'années qu'ils furent à le construire qui fut de 40 ans : toute cette histoire se trouve encore dans la Bible, sauf la réception du Chevalier par Cyrus dont il n'est fait aucune mention et qui d'ailleurs est par elle-même fort peu nécessaire.

 

Chevalier d'Occident.

On trouve dans l'Apocalypse le sujet du Chevalier d'Occident où vous êtes ensuite transporté. La Loge représente le ciel tel qu'il est décrit par saint Jean. Le Maître de la Loge représente l'Alpha et l'Omega ; il tient un livre fermé, sept sceaux qui s'ouvrent et dont il sort des traits ; une balance, une épée, emblèmes que l'on explique et qu'on fait rapporter à la Maîtrise

Comme l'Apocalypse est indéchiffrable, ce grade l'est tout autant et ne peut être regardé comme admirable que par ceux auxquels les choses auxquelles ils ne comprennent rien paraissent des mystères et des merveilles ; absurdité moins criminelle que celles dont on vient de parler, mais encore plus folle.

 

Sublime Philosophe.

 L'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer, est l'idole que nous cherchons avec le plus grand empressement.

Le Sublime Philosophe.titre sublime et qui ne convient qu'à celui qui l'est et non point à un homme dont l'occupation est absolument contraire ; titre qui ne doit être accordé tout au plus qu'à celui qui a la vertu pour principe, qui la pratique et qui par son moyen sait se rendre heureux, le Sublime Philosophe, disons-nous, fait son unique étude de la richesse de ce fantôme, et prétend par ses découvertes égaler la science du créateur et de l'auteur de tout être.

 

Chevaliers du Soleil et du Phénix.

Ces grades sont un mélange de religion, de mercure, de soufre et d’autres ingrédients qui entrent dans la composition de ce précieux métal qu'Hiram ainsi que Salomon possédaient, mais qui a été perdu et qui ne se trouve plus que chez quelques-uns des descendants de ces fameux alchimistes ou de leurs élèves. L'on cherchera dans ce grade la vertu et le repos après le travail immense qu'exige ce grand oeuvre dont le secret n'est pas encore trouvé et ne se trouvera pas de sitôt. Ce grade donne des relâchements au moyen desquels on se flatte de pouvoir le trouver.

On pardonnerait à des hommes fous ou insensés de s'y appliquer. Mais que, sans la moindre notion de chimie et sans la moindre teinture physique des autres sciences nécessaires à un travail de cette espèce, on s'y adonne et l'on s'y livre dans ces grades où il en est question, il faut être absolument dépourvu de bon sens, et c'est se mettre dans le cas d'être enfermé aux petites maisons.

 

Souverain Prince Rose-Croix.

Comme l'Ancien Testament a fait place au Nouveau dont il n'était que la figure, et que la loi de grâce a fait disparaître la loi judaïque, on a cru devoir consacrer cette heureuse révolution dans la Maîtrise par un grade particulier. Ce grade est celui de Souverain Prince Rose-Croix.  Autrement dit le Chevalier de l'Aigle ou du Pélican qui a pris sa naissance à Hérodom. Il a pour objet les mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur du monde. L'objet de ce grade est sublime, puisqu'il nous rappelle le mystère de notre rédemption opéré par l'incarnation du Souverain Maître de la nature qui pour l'amour de nous a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice dont la mort d'Hiram, qui fait l'objet des premiers grades, n'est qu'une bien faible image, et le triomphe de la religion chrétienne par la résurrection du Verbe. Mais les honneurs et les privilèges extraordinaires qu'on attribue à ceux qui sont revêtus de ce grade sont entièrement contraires à l'esprit d'humilité qu'on enseigne et aux maximes de l'Evangile. C'est la Cène qu'on y fait. A cela près, ce grade est réellement respectable.

Chevalier de I'Aigle Noir

Le désir de se singulariser a fait imaginer à Marseille un grade qui n'a de commun avec celui-ci que le nom de Rose- Croix qu'on lui a donné fort mal à propos. Ce grade, appelé autrement Chevalier de l'Aigle Noir, n'a pour objet essentiel que le Grand Œuvre, comme tous les autres grades prétendus philosophiques dont il a été parlé ci-dessus, par conséquent il n'est ni moins extravagant ni moins ridicule que ces autres grades. La réception est contraire aux lois de la nature et fait horreur à toute âme délicate ; elle est plus propre à former un fanatique qu'un parfait maçon.

 

Grand Elu.

Le grade de Grand Élu est un mélange de l'Elu du Chevalier Kadosch et des grades philosophiques On ne voit pas qu'il ait d'autre objet que l'orgueil et l'esprit de domination dans les Loges vices qui sont également proscrits par les lois de la Maçonnerie; ce qui seul suffit pour prouver l'inutilité et l'indécence de ce grade qu'on devrait totalement anéantir.

 

Voilà les principaux grades analysés. Réfléchissons sur les derniers, qui ont pour objet le Grand Œuvre, et voyons quel bien il pourrait en résulter quand même le moyen de faire de l'or serait découvert.

L'homme qui le posséderait en serait-il plus sage et plus vertueux ? Pourrait-il faire le bonheur de l'humanité et de ses semblables ? Point du tout.

Au contraire, avec la facilité de satisfaire tous ses désirs, il s'abandonnerait beaucoup plus librement aux grands excès, et l'or devenant plus commun rendrait la subsistance et tous les besoins de la vie beaucoup plus chers et ferait périr de misère ceux qui n'auraient pas le bonheur d'en posséder.

Dégageons-nous tous, mes frères de la tyrannie de ces prétendus connaisseurs, et entrons pour n'en sortir jamais dans le vrai sentier du bonheur. Plus de préjugés : ne soyons plus les enfants d'Hiram constructeurs du Temple ni du prince de Juda qui reconstruisit le Temple de l'Eternel, ni de saint Jean l'Apocalypse transporté dans l'île de Pathmos, ni enfin les descendants de personne.

Soyons vertueux, adorons l'Etre suprême parce qu'il est notre bienfaiteur. Chérissons les mortels aveugles parce qu'ils sont nos frères; aidons-les dans leurs besoins, parce que c'est soulager l'humanité. Donnons des conseils parce que par là nous pourrons tirer du joug de l'erreur. Aimons nous parce que l'Éternel nous fit pour nous rendre heureux. Rendons-nous la vie douce par une conduite agréable et honnête. Sachons enfin passer dans le bonheur le peu de temps que nous avons à demeurer sur terre et restons vertueux au milieu des crimes et des désordres où l'univers est plongé. Amen.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:23

Les origines de cet ordre ne sont connues avec aucune certitude. D’aucuns affirment qu’il a commencé à exister vers la fin du 17ième siècle. Nous trouvons cependant des traces de son existence aux 18ième et 19ième siècles en Angleterre, en Écosse, Ireland, Corfou, en France et probablement aux États-Unis ainsi qu’au Canada. L’histoire de ses origines est obscure car cet ordre a été connu sous d’autres appellations telles que :

 Ordre de Melchisédech
 Prêtre du Pilier
 Maçon « Blanc »
 Ordre de la Sainte Sagesse
 Templier « Nec Plus Ultra »

L’Ordre des Chevaliers du Temple, Prêtres de la Sainte Arche Royale s’est peu à peu éteint durant le 19ième Siècle. A la fin de ce siècle, un Maçon connu sous le nom de Henry Hotham qui avait été initié à dans cet Ordre le rétabli à Newcastle. Il forma un ainsi Tabernacle « Kent Royal ».

Pendant une courte période cet Ordre fut associé à celui des Grades Maçonniques Alliés. Il fut ensuite indépendant.

Un Grand Collège fut formé à York, en Angleterre, puis aux États-Unis. Son rôle est d’assurer la direction de l’Ordre.

Depuis 1960, l’Ordre des Chevaliers du Temple, Prêtres de la Sainte Arche Royale s’est fortement développé. On trouve aujourd’hui des Tabernacles dans la plupart des pays où est implantée la Franc-Maçonnerie.

Il est constitué en 33 degrés qui sont :

  1. Chevalier de la Marque Chrétienne, (Knight of the Christian Mark)
  2. Chevalier de Saint Paul, (Knight of Saint Paul)
  3. Chevalier de Pathmos, (Knight of Pathmos)
  4. Chevalier de la Mort, (Knight of Death)
  5. Chevalier de la Croix Noire, (Knight of the Black Cross)
  6. Chevalier de Béthanie, (Knight of Bethany)
  7. Chevalier de la Croix Blanche, (Knight of the White Cross)
  8. Chevalier de Saint Jean, (Knight of Saint John)
  9. Chevalier Prêtre du Saint Sépulcre, (Knight Priest of the Holy Sepulchre)
  10. Chevalier Prêtre du Saint Ordre de la Sagesse, (Knight Priest of the Holy Order of Wisdom)
  11. Chevalier de l’Ordre Saint et Illustre de la Croix, (Holy and Illustrious Order of the Cross)
  12. Chevalier Prêtre d’Éleusis, (Knight Priest of Eleusis)
  13. Chevalier d’Harodim, (Knight of Harodim)
  14. Chevalier du Nord, (Knight of the North)
  15. Chevalier du Sud, (Knight of the South)
  16. Chevalier Prince du Sanctuaire, (Knight & Prince of the Sanctuary)
  17. Chevalier Grand Croix de Saint-Paul, (Knight Grand Cross of Saint Paul)
  18. Chevalier de Saint-Jean le Baptiste, (Knight of Saint John the Baptist)
  19. Chevalier Rosæ Crucis, (Knight Rosæ Crucis )
  20. Chevalier de la Triple Croix ou des Trois Croix, (Knight of the Triple Cross or Three Crosses)
  21. Chevalier de la Sainte Tombe ou du Sépulcre, (Knight of the Holy Grave or Sepulchre)
  22. Chevalier de la Sainte Vierge Marie, (Knight of the Holy Virgin Mary)
  23. Chevalier de la Croix Blanche de Torpichen, (Knight of the White Cross of Torpichen)
  24. Chevalier Grand Trinitaire de Saint-Jean, (Grand Trinitarian Knight of Saint John)
  25. Chevalier Grand Croix de Saint-Jean, (Knight Grand Cross of Saint John)
  26. Chevalier Prêtre de Jérusalem, (Knight Priest of Jerusalem)
  27. Chevalier de Palestine, (Knight of Palestine)
  28. Chevalier de la Très Sainte Croix, (Knight of the Most Holy Cross)
  29. Chevalier Prêtre du Tabernacle, (Knight Priest of the Tabernacle)
  30. Chevalier de la Rédemption ou de la Merci, (Knight of the Redemption or of Mercy)
  31. Chevalier de la Vérité, (Knight of Truth)
  32. Chevalier de la Croix Rouge de Rome, (Knight of the Red Cross of Rome)
  33. Chevalier du Temple Prêtre de la Sainte Arche Royale, (Holy Royal Arch Knight Templar Priest)

Les décors de l’Ordre consistent en un long manteau blanc, une tunique telle que portée par les Chevaliers du Temple, ainsi qu’une Mitre. Pour y être admis, le candidat doit remplir les obligations suivantes :

 Avoir été régulièrement installé en Chaire de Salomon (Vénérable Maître).
Etre membre d’une Loge bleue.
Avoir été élevé au degré de Royale Arche
Avoir été reçu Chevalier du Temple (Rite d’York) ou Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Rite Écossais Rectifié).

http://www.fm-fr.org/fr

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 19:24

 

Ces quelques notes introductives sont essentiellement tirées de The Royal Ark Mariner Degree : Its Origin and History, du R.F.R.M Handfield-Jones, M.C , Grand Bi­bliothécaire de la G.L. des M.M.M. d'Angleterre, &c., pu­blié en 1968. Tout Frère intéressé par l'histoire et les ori­gines du rituel de ce Grade se reportera avec profit au mo­numental ouvrage du T.R.F le Rév Neville Barker Cryer, An G M Prov (Surrey) The Arch and the Rainbow tra­duit en français par le Prof. Georges Lamine, sous le titre L'Arche et l'Arc-en-Ciel, et devant paraître fin 1998.

Les premières "Constitutions" manuscrites ou "An­ciens Devoirs", le Poème REGIUS de 1390 environ (mais copie d'un texte des années 1350), contiennent à la ligne 537, la première allusion à Noé et au Déluge :

 

« (...) l'effroi restant / après la fin du Grand Deluge... »

(A C) ou « (…) bien après que - chose effroyable - /

Le Déluge de Noé eut déferlé (...) » (EM).


Vingt ans plus tard, le manuscrit COOKE reprend et développe l'épisode. Noé y est cité six fois et soixante-cinq lignes (257 à 320) sont consacrées, non pas seule­ment à Noé et à l'Arche, mais aux causes et circonstances du Déluge et aux colonnes portant les sciences.

Ainsi, dès le milieu du XIV° siècle l'histoire de Noé apparaît associée à la Maçonnerie

La première édition des Constitutions d'Anderson nous apprend en 1723 « qu'enfin Noé, neuvième descendant de Seth, reçût commandement de Dieu de bâtir une Grande Arche, bien faite en bois, elle fut fabriquée selon les principes de la Géométrie et les règles de la Maçonnerie », et plus loin « NOÉ et ses trois fils Japhet, Sem et Cham, tous Maçons authentiques, continuèrent après le déluge les arts et traditions antédiluviens et les dif­fusèrent largement à leur postérité croissante »

En 1726, le manuscrit GRAHAM ajoute bien plus en­core, rapportant « que Sem, Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d'y découvrir quelque chose qui les guiderait jusqu'au puissant secret (…) chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l'Arche avec Noé ».

En 1738, la deuxième édition des Constitutions d'Anderson  est plus précise dans sa partie légendaire : « quand la Destruction du Monde fut proche, Dieu commanda a Noé de construire la Grande Arche ou Château flottant. Cet édifice quoique de bois uni­quement, fut fabriqué selon les règles de la Géométrie. A son bord montèrent Noé, ses fils et après avoir pris le Chargement d'Animaux selon l'Ordre di­vin, ils furent sauvés dans l'Arche, quand tous les autres périrent dans le Déluge » et parle plus loin des « Noachides ou Fils de Noé - le premier nom des Maçons selon les antiques traditions ». Et quelques pages plus loin, dans le premier des "Anciens Devoirs", il est dit : « un Maçon est tenu par son Engagement d'obéir à la Loi morale, en vrai Noachide ou fils de Noé », et plus loin, référence est faite aux « trois Grands Ar­ticles de Noé ».

On remarquera en passant que cette légende noachide (ou noachite) dut certainement servir de canevas au Troi­sième Grade original et fut peut-être la base de la légende plus récente de la mort d'Hiram.

Chacun sait la floraison des grades et ordres à partir des années 1740. Plusieurs de ceux-ci constituent aujour­d'hui la base de notre grade de Nautonier de l'Arche.

En 1871, à Londres, une Grande Loge des Nautoniers de l'Arche Royale se dota de Statuts comprenant une longue présentation historique. L'ensemble se fonde sur une Charte de 1793 qui est un faux manifeste. Toutefois, seul le document est faux. Ce qu'il relate, en in­ventant les dates et les preuves, est assez exact dans les grandes lignes. C'est ce que nous allons voir maintenant.

La première collation authentique et avérée de ce Gra­de fut à Bath en 1790, quand un certain William Boyce « prit les grades de la Croix Rouge et aussi le Nautonier de l'Arche Royale », bien qu'un faisceau de coïncidences per­mettent de le penser connu à Portsmouth dès 1778 et peut-être à Londres vers 1772.

Un scandale électoral, relaté en 1830 dans une histoire locale, nous le montre aussi à Ipswich en juin 1790 quand « une personne du nom de Noé Sibley fonda un club ou association, prétendue branche de la Franc-Maçonnerie, appelée les Bons Samaritains ou Maçons de l'Arche, dont le serment d'admission faisait obligation à chacun d'une entraide totale en toutes circonstances, et Sir John Hadley D'Oyly (le candidat à l'élection) était Bon Samaritain. Leurs processions à travers les rues étaient un vrai spectacle une réplique de l'Arche de Noé et toutes sortes de décors et bannières y étaient promenées. »

Ebenezer Sibly, astrologue et plus tard chirurgien, ini­tié à la Loge N°79 (Anciens) de Portsmouth en 1784, ap­paraît lié à ce Grade par un rituel manuscrit conservé à la G.L.M.M. M. d'Angleterre, « La Loge d'Arche Royale ou le II Fe grade du Maçon d'Arche, développé en forme d'Instruction, par Ebenezer Sibly, Député Glrancil Noé, 1790 », qui contient, entre autres, une « Exhortation à la Digne Fraternité des Nautoniers d'Arche Royale » et un rituel dont les secrets et mystères sont ceux de « ce Grade Suprême de l'Ancienne Franc-Maçonnerie intitulé Noachi­te ou Nautonier d'Arche » et le châtiment, le même que de nos jours.

A cette période, Thomas Dunckerley était Grand Maître Provincial pour le Comté de l'Essex où se déroula l'épisode politique déjà vu. Si rien n'assure absolument que Dunckerley possédait alors ce Grade, gageons que les deux hommes s'étant rencontrés, peut-être pour des mo­tifs de discipline maçonnique, « l'infatigable fondateur » ait alors été fort intéressé.

Quoiqu'il en soit, le Freemason's Magazine relate dans sa livraison d'août 1794, à la page 147, « 16 août - L'anniversaire de son Altesse Royale le Duc d'York fut célébré avec toute la pompe maçon­nique par l'Ordre des Chevaliers Templiers demeurant à Londres, auxquels s'était jointe la Société des An­ciens Maçons de l'Ordre Diluvien d'Arche Royale et de Marque, réunis à la Taverne du Surrey, dans le Strand, sur convocation de Monsieur Thomas Dunc­kerley, Grand Maître et Grand Commandeur de ces Ordres Unis. »

Il semble donc bien que Dunckerley ait pris le contrôle de la Grande Loge des Nautoniers de 1793, devenant chef des Ordres ainsi unis. Après sa mort en 1794, Lord Ran­cliffe fut installé Grand Maître des Ordres Unis du Temple et de Malte puis, par ailleurs, des Ordres de la Croix Rou­ge de Rome et de Constantin, ainsi que Grand Comman­deur des N.A.R. en 1796, avec Noé Sibly comme Député Grand Noé et Robert Gull, Assistant Grand Noé. A la fin de la même année, Lord Rancliffe donna pouvoir à Robert Gill, Charles Sinclair, William Jones, William Cooper et Isaac Mosley d'octroyer Patentes et dispenses aux Nauto­niers de l'Arche régulièrement immatriculés. On retrouve­ra le dernier nommé trois ans plus tard, aux Amériques.

Un incendie ayant ravagé la demeure de Robert Gill, rien ne nous est parvenu de ses importantes archives amassées au long de sa riche carrière maçonnique. Dès 1799, à la mort de Noé Sibly, la Grande Loge des Nau­toniers commença à décliner, pour bientôt sombrer dans l'oubli

En 1816, puis en 1843, le F. John F.Dorrington, Grand Commandeur Noé (vraisemblablement en vertu de sa propre autorité) tenta, sans grand succès, de ressusciter la Grande Loge. Sa ténacité et ses efforts devaient pourtant, vingt-cinq ans plus tard, porter leurs fruits. Les membres de la Loge de Marque St Mark, « assemblés en loge de Nautoniers de l'Arche Royale », publièrent dans le pério­dique le Freemason : « NAUTONIERS DE L'ARCHE ROYALE - Un vaisseau de la Très Ancienne et Honorable Fraternité des Nautoniers d'Arche Royale se présenta au large de l'Hôtel George, à Aldermanbury, sur le coup des sept heures du soir, le lundi 2 mai 1870, sous le commandement de Père Noé, ayant à son bord les Nautoniers d'A.R. Marsh comme Sem, Hub­bard comme Japhet et Vesper comme P.N. Le vaisseau dû­ment amarré, l'Arche fut solennellement ouverte et les frères suivants, ayant prêté l'Ancienne Obligation de cette Honorable fraternité, montèrent à bord comme Nautoniers d'A.R. (suivent huit noms). L'Arche fut ouverte au grade de Sem et Japhet et ces chaires furent successivement occupées par les Nautoniers d'A.R. Marsh, Cubitt, Church, Levander et Morton Edwards. Après une pause, et la sor­tie des autres Nautoniers, Hubbard, Levander et Edwards furent passés dans la Chaire de Premier Principal. Durant ces cérémonies, la Patente « Gill » de la Fraternité était sur la table du Scribe. L'Arche fut dûment fermée, le vaisseau prit le large, les Nautoniers d'Arche se retrouvèrent au Banquet et, après une soirée agréablement passée, se sé­parèrent. »

Morton Edwards, sculpteur connu, était Grand Offi­cier de Marque. Le 13 mai 1870, à son domicile, à Londres, John Dorrington le nommait et investissait com­me Deputé Grand Noé et Grand Scribe de l'Ordre, au mo­ment même où un comité était constitué par la Grande Loge de Marque pour « étudier les rituels des grades d'Arche de Noé, Lien et Lutte (Link and Wrestle) et Très Excel­lent Maître ». Le 14 juin, le Chanoine George Portal, Grand Maître de la Marque, était élevé Nautonier et passé dans la Chaire de Noé par la Loge Old Kent, en compa­gnie plusieurs de ses Grands Officiers.

En août, le comité faisait rapport. Le grade semblait avoir été pratiqué depuis 1790 au moins, au sein d'ateliers autonomes ou de Loges de Marque de Temps Immémo­rial, il ne présentait rien de préjudiciable à l'Ancienne Maçonnerie, rien ne semblait empêcher qu'il soit prati­qué sous l'autorité de la Grande Loge de Marque, et il re­commandait que les Loges de Marque désirant le prati­quer y soient autorisées par le Grand Secrétaire, par une Charte spéciale, aux conditions à déterminer.

La Grande Loge, réveillée en juillet 1870, par patente de Dorrington, avait maintenant Edwards comme Grand Commandeur Noé ainsi qu'un collège complet de Grands Officiers et, au moins sur le papier, des Grands Inspec­teurs dans de nombreux pays.

En juin 1871, la Grande Loge de Marque désavouait Morton Ed­wards, l'un de ses Grands Officiers, et déclarait prendre le Grade de Nautonier sous sa protection. Ed­wards fit la sourde oreille pour ne se laisser convaincre qu'en 1884. Un rituel du Grade, publié en 1884, encore en circulation, indique dans l'Obligation l'allégeance due au « Grand Commandeur Noé ».

Depuis 1871, en Angleterre, ce Grade est pratiqué sous l'égide de la Grande Loge de Marque, où il s'est dévelop­pé avec dynamisme. Depuis 1994, il semble acquérir une certaine autonomie et se diriger vers le statut de Grande Loge agrégée, dont il jouit en France depuis la Constitu­tion de la Grande Loge le 31 mai 1997.

En Ecosse, il est administré (sous l'égide d'une Grande Loge des Nautoniers intégrée), par le Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale et pratiqué au sein de « Loges et Conseils », conjointement avec celui de Chevalier de la Croix Rouge, Croix Rouge de Daniel ou « Passe de Babylone. »

Aux États-Unis, le Grade, reçu d'Écosse en 1931, est agrégé depuis 1932 à la série des grades contrôlés par le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés et encore pratiqué de manière autonome par quelques rares Loges, essentiellement situées en Nouvelle Angleterre.



 

 

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 18:07

Le premier degré en franc-maçonnerie représente la première occasion pour le candidat de visualiser l’intérieure d’une Loge maçonnique au travail. Ses premières impressions resteront avec lui pour toute sa vie, et il est donc de première importance que le Vénérable Maître et ses Officiers lui donnent le meilleur départ possible dans sa carrière maçonnique.

Le rituel dans une Loge écossaise est exécuté par coeur, ce qui est déjà un travail considérable, même s’il est plus facile pour les uns que pour les autres.  Certains des participants vont se sentir nerveux, mal à l’aise,  même avec un peu de trac, mais l’essentiel est de se focaliser sur la communication du message au candidat : toute autre considération quant à nos aptitudes, ou de ce que pensent nos Frères en Loge, ne sont que très marginales par comparaison.

Il serait facile de considérer la transmission du degré par coeur comme un rite de passage en soi-même, mais elle est d’une importance beaucoup plus frappante, car c’est la transmission d’un message primordial à quelqu’un qui se sent, lors de son initiation, plutôt perdu. Il est donc crucial de projeter l’attention uniquement sur le candidat et d’oublier toute autre considération.  Imaginons la cérémonie comme elle sera perçue par lui seul.

Le contenu du message est plus important que l’exactitude du texte du rituel et l’accent doit être mis sur l’expression du fond du message plutôt que de donner une prestation à cent pourcent exact mais dépourvu d’émotion. Ceci dit, la signification du message ne passera que si elle est contenue dans une structure adéquate –c’est à dire le rituel – et ci celui-ci n’est pas suffisant bien maîtrisé, le candidat trouvera difficile de suivre les idées qui lui sont présentées. Comme disait Herbert von Karajan, au sujet de la musique, “quand on viole la forme, on nuit au contenu”.

Faire le rituel par coeur n’est pas une épreuve d’exactitude, c’est une question de ‘feeling’, une tentative de donner au candidat la conviction qu’il est le point focal de quelque chose de sérieux.  Les symboles que nous dévoilerons devant lui – et la dextérité avec laquelle nous les dévoilerons – vont influencer, pour le reste de sa vie, sa conception de la Loge qui l’initie, et aussi de la maçonnerie toute entière.

L’initiation au degré d’Apprenti est le premier pas dans nos mystères.  Elle représente la transition du monde profane de tous les jours vers l’univers du symbolisme.

Le Candidat laisse derrière lui le monde des phénomènes matériels pour entrer dans un monde où œuvrent les nivaux les plus profonds de ses pensées : les nivaux symboliques.  En regardant le candidat avec ses yeux bandés, n’oublions pas que l’origine du mot « mystère » se trouve dans le mot grec « mustes », un initié, provenant à son tour du verbe « muein » qui possède trois significations : fermer les yeux, fermer les lèvres, et initier.

L’univers du symbole s’ouvre au Candidat non seulement quand on lui explique les symboles les plus évidents du premier degré – les outils de travail, la planche à tracer, les colonnes des Surveillants et du Vénérable – mais dès le moment où il entre en Loge. À ce moment, à un niveau subconscient, il est obligé à se fier à tous ses sens à l’exception de la vue ; donc c’est son corps entier, à travers ses pieds, qui lui apprend la première leçon en progression géométrique. ainsi il apprend d’une façon physique, que le point, en se rejoignant à un autre point, devient une ligne ; et que la ligne, en changeant de direction chaque fois qu’il change de direction en traçant la forme rectangulaire de la Loge, devient surface.

À sa toute première entrée dans la Loge il est arrêté à un certain point par le Couvreur qui marque cet acte en tenant contre lui la pointe aiguisée d’un épée ou d’un poignard. Dans une Loge écossaise c’est souvent un sghian dhu. Ensuite il s’avance par une série de lignes droites, mais chaque fois qu’il change de direction la nouvelle orientation est marquée par un coup de maillet. Un peu comme le coup du bâton que le maître zen inflige sur le novice pour lui rappeler qu’il doit faire attention et ne pas s’endormir pendant la méditation, pour qu’il reste conscient de tout ce qui passe autour de lui.

Une fois ce plan géométrique tracé dans l’esprit du candidat, son voyage initiatique vers la lumière peut commencer, et on lui présente peu à peu les symboles psychologiques, les outils de travail dont il aura besoin pour pouvoir tailler la pierre brute, ainsi que son plan de travail, la planche à tracer.

Ces outils, nous avons vu, sont le maillet, le ciseau et la règle à vingt-quatre pouces. Le maillet représente sa propre motivation (l’impulsion du cervelet, le cerveau primordial, primitif et reptilien). Le ciseau symbolise le raffinement de cette force brute en action précise guidée par l’intelligence, la mise en fonction du néo-cortex, si on veut ; et la règle le besoin de mesurer la précision des actes accomplis pour pouvoir bien estimer leur utilité.

Rappelons que la règle est divisée, non pas en centimètres ou en dix pouces, mais en vingt-quatre pouces.  Sa base est duodécimal, pas pour reprendre bêtement les anciennes mesures anglaises, mais parce que depuis l’époque de l’Egypte antique une longueur divisée en douze unités représente la façon la plus directe de construire un triangle ayant des côtés qui ont trois, quatre et cinq unités de longueur – la forme la plus élémentaire du triangle à angle droit, comme nous enseigne Pythagore. Le chiffre vingt-quatre souligne l’importance non seulement de la mensuration linéaire mais aussi celle de la quatrième dimension, le temps.

La structure de la cérémonie d’initiation offre au candidat un drame psychologique qui se joue à un niveau très profond de son esprit ; et ceci est suivi d’une explication plus traditionnelle et rationnelle. Donc un premier message subliminal renforcé par une série de messages à base d’images et de paroles.

Nous créons ici une sorte de théâtre primitif, dans laquelle le publique et le protagoniste sont identiques. Au lieu de la scène, nous avons la surface de la Loge, et au lieu du rideau nous avons le bandeau qui est retiré des yeux du candidat au point crucial du drame quand il voit devant lui la Loge entière dévoilée et au premier plan les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie.  C’est à ce moment là que nous nous efforçons de convaincre au candidat de ne pas diluer l’expérience qu’il vient de vivre en le communiquant aux profanes : la valeur du secret.

Un des éléments les plus frappants est celui du nombre, un des éléments les plus puissants et les plus essentiels de notre langage symbolique.  Au premier degré nous trouvons les deux thèmes numériques de la maçonnerie symbolique, le trois et le quatre.

Le quatre symbolise le carré de la Loge, représentation du monde physique tel qu’il est perçu par le nouveau né : une espace créée par le contraste entre l’horizontal et le vertical, les deux paramètres de base de notre tout premier univers perceptuel.  Le trois représente les composants de notre personnalité, qu’ils soient les ‘ego’, ‘super ego’ et ‘id’ freudiens ou bien l’Enfant, l’Adulte et le Parent de l’Analyse transactionnelle, ou même les trinités divines de plusieurs religions.  Contre la toile de fond carrée de sa Loge, le candidat rencontre les trois éléments essentiels de sa propre personnalité reflétés en les personnes du Vénérable et des deux Surveillants chacun avec sa colonne symbolique : la Beauté, la Force et la Sagesse.

Mais ceci n’est que le début, car au fur et à mesure que nous observons l’initiation au premier degré nous retrouvons une multitude de symboles à des niveaux de plus en plus profonds.

Avant de conclure, permettez-moi de vous donner un extrait d’un discours donné en 1988 par le Grand Secrétaire, à l’époque, de la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’était le Commandeur Michael Higham qui s’adressait à un publique profane, aux Compagnons d’un des Guildes de la Cité de Londres :

“La franc-maçonnerie nous livre ses leçons dans une série de drames qui se déroulent au moyen d’un rituel – des pièces de théâtre en un acte si vous voulez – chacune ayant deux scènes, la première l’histoire et la seconde l’explication.

Les cérémonies maçonniques donnent une immense satisfaction aux participants – toujours différentes puisque les participants ne sont pas toujours les mêmes ; toujours exigeantes, puisqu’elles doivent être mémorisées par cœur (et la cérémonie la plus courte dure une heure au moins), et toujours très impressionnantes pour le candidat, car il est le centre d’attention dans une assemblée d’hommes qui travaillent ensemble pour lui donner un message, un message fascinant.

(Il continue avec ….) Une petite observation personnelle : j’ai trois souvenirs permanents de mon initiation dans la franc-maçonnerie: la main de l’amitié qui m’a accueilli lors de mon entrée en Loge; l’impression que chacun présent focalisait sur ce qui m’arrivait à moi ; et les conseils apparemment spontanés mais dictés par le rituel, qui m’ont été donnés lors de la seconde partie de la cérémonie. “  

Voilà. J’espère que j’ai pu vous offrir un petit goût de ce que le Candidat a pu éprouver dans une Loge écossaise, et je vous remercie bien vivement pour votre attention.

 

Bro. Peter Smith PM,

Lodge Allegiance N° 1465 (SC)

Avril 2006

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 09:39

ORGANISATION DE L'ORDRE (source franc-maçonnerie.org)

 

L’ORDRE INITIATIQUE ET TRADITIONNEL DE L’ART ROYAL est une fraternité de Maçons libres dans des loges souveraines.

La fraternité initiatique et traditionnelle tissée entre les Œuvriers et entre 1es Loges est le fondement de cet Ordre. Il est uni dans la pratique du RITE OPERATIF DE SALOMON.

Son organisation est fondée sur un système cohérent, en neuf degrés, réunissant les  membres par collèges successifs où ils œuvrent, à chaque niveau, en parfaite égalité.

La pratique du rite, du 1er au 9ème degré, s'appuie sur un ensemble de cahiers composant le REGULATEUR GENERAL et explicitant un certain nombre de ses aspects : le Premier cahier du rite, les Statuts des fondateurs, les Statuta, le Livre Coutumier, les rituels relatifs aux différents types de travaux, la règle du 4ème au 9ème degré.

 

L'Ordre Œuvrier des Bâtisseurs du Temple comporte cinq degrés :

 

Apprenti,

Compagnon,

Maître,

Maître Secret

Maître Maçon de Marque.

 

L'Ordre Chevaleresque en comporte deux :

 

Chevaler de l'Arche Royale

Chevalier Rose+Croix

 

L'Ordre Sacerdotal deux également :

 

Passeur de Lumière

Maître du Nom Ineffable

 

Cette pratique évolue dans le temps grâce aux propositions faites par les COMMISSIONS DE REGULATEUR de chaque Territoire, étudiées et déterminées par les instances dirigeantes de l'Ordre.

La Loge maçonnique est la cellule de base où vit le Maçon Franc, aux trois 1ers degrés du rite. Elle est souveraine dans la mesure où elle choisit qui elle initie et affilie, qui elle radie ou exclut ; où elle essaime et fonde à son tour ; où elle établit la nature, le rythme et la qualité de ses travaux ; où elle reçoit tout Maçon, nonobstant rites et obédiences, dûment reconnu comme tel et invité par un de ses membres ; où elle gère son trésor, évalue son travail et son œuvre sans qu'aucune personne ou institution extérieure à elle n'ait compétence pour influer, intervenir sur elle ou décider pour elle. Elle a la totale maîtrise de sa vie propre et de ses liens avec d'autres institutions maçonniques. Toutes les décisions relatives aux personnes, depuis l'admission dans la Loge jusqu'à la désignation de ses responsables, se font à l'unanimité, par le niveau traditionnel considéré. Cette exigence, absolue, conduit chacun à la prudence et à la vigilance, car la construction d'un consensus authentique est le fruit d'un lent travail individuel et collectif.

Le Maçon est libre dans la mesure où, ayant accédé à la maîtrise, sa voix contribue aux décisions de la CHAMBRE DU MILIEU concernant la vie de la Loge ; il est libre dans la mesure où il visite, s'allie à toute autre famille maçonnique de son choix.

Les Loges s'associent en GRANDES LOGE TERRITORIALES par adhésion volontaire. Cette organisation conforte la fraternité entre les Loges. Une Loge qui souhaiterait pratiquer le RITE OPERATIF DE SALOMON sans adhérer à une GRANDE LOGE TERRITORIALE le peut. De ce fait, elle n'appartient pas à l'Ordre. L’ancrage territorial correspond à une dimension géographique de proximité associée à une cohérence historique - à l'exception de la GRANDE LOGE TERRITORIALE « LE SEXTANT » dont le territoire regroupe tous les Triangles et Loges hors territoire existant.

Les liens entre Loges et G.L.T. sont des liens fonctionnels, basés sur des missions communes. Il n'existe pas de subordination hiérarchique entre elles.

Les Ateliers d'avancement offrent à l'Œuvrier de l'Art Royal la poursuite de son chemin initiatique du 4ème au 9ème degré. En général, l'implantation géographique des « ORIENTS » suit celle des G.L. T.

La Loge LES FONDATEURS N° 1, Mère-Loge générale régulatrice et de promulgation, est composée de tous les Grands Maîtres Généraux - présent et passés -, de tous les Grands Maîtres Territoriaux - présents et passés -, des membres du SUPREME CONSEIL- ainsi que de sept membres personnellement liés à l'histoire de l'Ordre. De plus, la Loge LES FONDATEURS N°1 siège en formations restreintes, SUPREME CONSEIL et COLLEGE DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX, pour des missions précises.

Le SUPREME CONSEIL est dépositaire et gardien du R.O.S. et, à ce titre, il décide des orientations générales de l'Ordre et œuvre à la maturation du rite. Il délivre les patentes et diplômes pour les Loges de l'Ordre ainsi que pour celles qui ne souhaitent pas en faire partie. Il gère et administre l'ensemble des neuf degrés du rite. Il est composé de membres choisis dans les Ateliers du 9ème degré, qui sont renouvelables par tiers tous les trois ans. Il est présidé par le SOUVERAIN GRAND COMMANDEUR (élu pour neuf ans par ses pairs) qui organise le travail du SUPREME CONSEIL - et établit les relations fonctionnelles nécessaires avec le COLLEGE DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX. Il représente le rite auprès des autres rites maçonniques.

L’administration des trois premiers degrés est déléguée par le SUPREME CONSEIL à l'un de ses membres, le GRAND MAITRE GENERAL, qui préside le COLLEGE  DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX. Ce Collège est composa des G.M.T. en exercice et des Passés Grands Maîtres Immédiats ainsi que du Grand Maître Général et du Passé Grand Maître Général Immédiat. Ce Collège travaille avec ses propres officiers. Le choix d'un nouveau G.M.G. est proposé par celui qui siège, assista du P.G.M.G.I. La désignation est faite par le SUPREME CONSEIL dont le GRAND MAITRE GENERAL dépend directement, et agréée par le COLLEGE DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX. La durée de son mandat est de trois ans. Le GRAND MAITRE GENERAL rend compte périodiquement et a posteriori au SUPREME CONSEIL de sa délégation. Celle-ci ne peut être reprise par le SUPREME CONSEIL qu'en cas de faute grave et patente, portant atteinte à l'Ordre. Le G.M.G. représente l'Ordre aux trois 1ers degrés auprès des familles maçonniques.

Le COLLEGE DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX veille, pour les trois premiers degrés, à la bonne réalisation des grandes orientations prises par le SUPREME CONSEIL et à l'harmonisation des pratiques ; il assure la cohésion et l'unité; il fédère les propositions émanant des territoires visant à l'évolution de l'Ordre.

L’administration des degrés allant du 4ème au 9ème est déléguée par le SUPREME CONSEIL sur chaque Orient à un ASSISTANT GRAND COMMANDEUR choisi en son sein et proposé par le SOUVERAIN GRAND COMMANDEUR. Il a pour mission de transmettre les décisions du SUPREME CONSEIL, de veiller au respect du rite du 4ème au 9ème, d'animer les Ateliers d'avancement et d'établir les contacts régionaux avec les SUPREMES CONSEILS  des autres rites maçonniques.

La CHAMBRE DE JUSTICE MACONNIQUE est composée de sept membres, tirés au sort par le SUPREME CONSEIL parmi les membres des Ateliers du 9ème degré. Elle a un mandat d'un an. Elle choisit en son sein son président. Sa compétence s'étend aux actions de personnes ou de groupements mettant en péril l'ensemble de l'Ordre. Elle ne peut être saisie que par un ASSISTANT GRAND COMMANDEUR ou le COLLEGE DES GRANDS MAITRES TERRITORIAUX Son travail est préparé par une mission hospitalière de trois membres des Ateliers du 7ème degré - et ce, quel que soit le degré concerné. La seule sanction qu'elle puisse prendre est l’exclusion de l'Ordre. Ses décisions sont sans appel et souveraines.

Des associations profanes fonctionnant dans le respect des lois de chaque pays concerné correspondent aux différents niveaux de l'institution où s'exercent des responsabilités collectives.

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 09:04


Mes Très chers Frères,

 

Lorsque, profane encore, vous fûtes placé dans la chambre des réflexions, vous avez fait le choix du pain, de l’eau, de la lumière et de la vie, rejetant les emblèmes de stérilité qu’étaient le sel, le soufre et le crâne.

Depuis ce moment déjà lointain, vous avez suivi avec constance, sinon toujours avec facilité, la voie dans laquelle vous étiez entré, et dont le livre qui vous a été montré tout à l’heure vous a retracé les étapes, les épreuves et les enseignements. A travers ces étapes, comme par autant de degrés, vous êtes enfin parvenu au grade suprême de Chevalier Rose Croix, dans lequel vous avez appris à connaître la nouvelle Loi et les trois vertus qui en sont les colonnes et les principes. Soutenu par la Foi au front serein, l’Espérance aux regards consolateurs et la Charité au cœur enflammé, vous êtes devenu digne de connaître la Parole sacrée et de contempler la rose mystique. Conservez, mon cher F, plus que jamais intacte votre confiance en cette voie intérieure et secrète qui vous a conduit jusque là, qui permet de redonner forme aux outils et de rendre son éclat à l’Etoile Flamboyante.

Nous avons ce soir attiré spécialement votre attention sur un des aspects les plus fondamentaux des enseignements qui sont contenus dans ce grade suprême, à savoir celui qui concerne la Sagesse. Comme toutes les autres vertus la Sagesse prise absolument est un attribut divin, et de façon dérivée une vertu humaine. Mais elle enveloppe aussi en elle-même toutes les autres vertus, comme elle enveloppe tous les êtres, car c’est par elle que le Grand Architecte a tout conçu avant que de créer. Prise en son essence, elle reste éternellement cachée dans le sein de la Divinité, et la Parole, dont nous parle le Livre saint sur lequel vous avez prêté tous vos serments, est sa manifestation. Elle a été à vos côtés dès le début de votre carrière maçonnique, où l’on vous présenta la triade Sagesse, Force, Beauté, pour vous enseigner que la première est la source et le principe des deux autres, et elle vous a ensuite accompagné tout au long du chemin que nous avons évoqué.

La sagesse est pour l’homme le premier des sept dons de l’Esprit Saint. C’est un reflet de la Sagesse divine que Dieu a mis en lui en le créant. De là procèdent les six autres dons qui sont l’intelligence, le conseil, la vaillance, la science, la crainte de Dieu et la piété. L’intelligence est la connaissance intime que nous avons du projet de Dieu sur nous et de notre destinée spirituelle. Le conseil, lié aux vertus de justice, de tempérance et de prudence, est le jugement qui nous permet de discerner en toutes choses ce qui est conforme à ce projet et ce qui lui est contraire. La vaillance, liée à la vertu de force ainsi qu’à celles de foi et d’espérance, est l’ardeur que nous mettons à réaliser ce projet divin, et cette confiance en Dieu grâce à laquelle nous résistons au découragement qui peut parfois nous tenter. La science est la connaissance de nous-même, de notre nature, de notre état et de nos rapports avec l’univers, science qui produit plutôt l’humilité que l’orgueil et qui, jointe au don de conseil, nous permet d’oeuvrer au mieux à la réalisation du projet divin. La crainte de Dieu est la conscience que nous avons de Sa transcendance absolue, du mystère de Son essence, et de notre dépendance totale vis à vis de Lui de qui nous tenons l’être. La piété, liée à la vertu de charité, est la communion intime avec ce Dieu transcendant qui est en même temps Amour, et qui est le principe de l’amour mutuel qui nous unit les uns aux autres quand nous sommes ensemble en communion avec Lui.

Soyez donc convaincu que ce n’est pas sans raison que les professeurs de l’art des Sages, les vrais Maîtres, adoptèrent pour chef celui dont vous avez occupé un jour le trône, celui auquel l’Eternel dit : « Parce que tu ne m’as demandé ni une longue vie, ni des richesses, ni la mort de tes ennemis, j’ai fait selon ta parole, je t’ai donné un cœur sage. »

Soutenus par cette confiance et cette conviction, redoublons tous ensemble d’efforts et travaillons avec constance et patience. Nous soutiendrons ainsi, à leur tour, le zèle de tous les Maçons, persuadés qu’ils seront, par notre exemple, que l’art qu’ils professent doit les conduire dans le sanctuaire de la vérité, par la pratique des vertus et la grâce du Grand Architecte de l’univers.

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 08:37

Rite Ecossais Philosophique


«En présence du Grand Architecte de l'Univers et de cette Respectable Assemblée; je promets et jure sur le Volume de la Loi Sacrée ;l'Equerre et le Compas; solennellement et sincèrement; sans aucune restriction mentale; de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie.  de ne jamais les trahir d'une manière quelconque; et de ne jamais tracer, graver ou buriner quoi que ce soit qui y ait rapport, pas plus que le nom de mes Frères; sans en avoir reçu la permission expresse de cette Respectable Loge. Je consens en plus, si jamais il m'arrivait de violer mon engagement, à avoir la gorge tranchée, le sein percé, les entrailles déchirées, le corps brûlé et réduit cendres, pour être jetés au vent; afin qu'il ne soit plus fait mémoire de moi parmi les hommes, ni parmi les maçons .Je promets d'aider mes Frères et de les secourir selon mes facultés. Je promets en outre d'observer scrupuleusement et sans réserves, la Constitution, le Rè­gle­ment général et les décrets de la Grande Loge Régulière de Belgique; ainsi que le Règlement particulier de cette Respectable Loge. Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide».


Rite de Misraïm


Moi……………….., En présence du Grand Architecte de l’Univers et de cette Respectable Assemblée de Maçons, je promets et jure, sur ma foi et mon honneur d’homme et de Femme libre, solennellement et sincèrement, sans restriction mentale d’aucune sorte, de ne jamais révéler aucun des mystères et des secrets de la Franc-maçonnerie qui vont m’être confiés, qu’a un bon et légitime frère/Sœur, ou dans une loge ou un triangle maçonnique régulièrement constitué, de ne jamais les écrire, tracer ou buriner, sans l’autorisation de mes supérieurs ultimes, ni former aucun caractère par où les secrets de l’ordre maçonnique puissent être dévoilés, sous peine d’avoir la gorge tranchée, d’être déshonoré, et de voir mon nom transcrit à perpétuité sur la colonne d’infamie, alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m’emportent dans un éternel oubli.Je promets et je jure de considérer désormais tous les Francs-maçons comme mes frères, les protégeant, les assistant, et les aidant en leurs besoins, temporels comme spirituels .A partir de ce jour et dés cet instant, je répandrai les enseignements que j’aurais reçus, afin qu’une pleine lumière «éclaire la route des hommes des Femmes, mes frères mes sœurs, et cela sans distinction de classe sociale, de race, de couleur, de religion ou de nation. Je m’efforcerais de donner l’exemple de toutes les vertus, sacrifiant par avance tout vain désir d’honneur, toute ambition, et toute vanité. Et cela non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer à tous le désir de les acquérir. Je pratiquerais la Fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serais le soutien du faible, l’adversaire de l’injustice, m’opposant à toute violence imméritée, d’où qu’elle vienne, qu’elle s’adresse au corps de l’Ame. Et en cela, que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide, et les vivants symboles que je touche de ma main.


REAA(Grande Loge de France)


« Moi, N....... sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers et en présence de cette Respectable Loge de Francs-Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée.De ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie à qui n'a pas qualité pour les connaître ni de les tracer, écrire, buriner, graver ou sculpter ou les reproduire autrement.Je jure d'observer consciencieusement les principes de l'Ordre Maçonnique, de travailler à la prospérité de ma Respectable Loge, d'en suivre régulièrement les Travaux, d'aimer  mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions.Je jure solennellement tout cela sans évasion, équivoque ou réserve mentale d'aucune sorte, sous peine, si je devais y manquer, d'avoir la langue arrachée et la gorge coupée, et d'être jugé comme un individu dépourvu de toute valeur morale et indigne d'appartenir à la Franc-Maçonnerie ».

Rite Ecossais Primitif


Moi, N........... ici présent, en présence du Dieu Tout-Puissant, Grand Architecte de l'Univers, et de cette Respectable Assemblée, je promets de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franche Maçonnerie qui peuvent m'être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d'avoir la gorge tranchée, le coeur arraché, les entrailles déchirées, mon cadavre brûlé et mes cendres jetées aux vents afin qu'il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes et parmi les Franc-Maçons. Ainsi soit-il, et que le Dieu Tout-Puissant me soit en aide.


Rite York


De mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes.En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité.Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures., si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.


RER


Moi …… , ,sur ma parole d’honneur (prononçant ses noms de baptême et civil), je promets sur le Saint Evangile, en présence du Grand Architecte de Univers, et je m’engage sur ma parole d’honneur, devant cette respectable assemblée, d’être fidèle à la sainte religion chrétienne, au Chef de l’Etat19, aux lois de l’Etat; d’être bienfaisant envers tous les hommes, lorsque je pourrai leur être utile; de ne jamais révéler aucun des Mystères, secrets et symboles de la franc-Maçonnerie, de quelque manière que ce puisse être, et de n’en parler aucun homme que je n’aurai pas reconnu pour un vrai et fidèle maçon. Je promets de me soumettre aux lois de la Franc-Maçonnerie, et d’obéir, en ce qui concerne ces lois, à ceux qui sont chargés de leur exécution; d’aimer tous tes Frères, et de faire respecter et chérir l’Ordre, en pratiquant constamment parmi les hommes les vertus qu’il exige. Si je manque à cet engagement, que je viens de contracter par ma libre volonté et ferme détermination, je consens d’être réputé homme sans foi, sans honneur, et digne du mépris de tous mes Frères; déclarant que je persiste à vouloir être admis dans l’Ordre des Francs-Maçons, et que j’en réitère la demande. Ainsi, que Dieu me soit en aide.


Rite Français


Moi, N..N je jure et promets sur le Volume de la Sainte Loi (1) et sur ce glaive, symbole de l’honneur, devant le Grand Architecte de l’Univers, de garder inviolablement tous les secrets qui me seront confiés par cette Respectable Loge, ainsi que tout ce que j’y aurai vu faire ou entendu dire; de ne jamais les écrire, tracer, graver, ni buriner, que je n’en aie reçu la permission expresse, et de les secourir selon mes facultés; je promets, en outre, de me conformer aux statuts et règlements de cette Respectable Loge. Je consens, si je deviens parjure, à avoir la gorge coupée, le cœur et les entrailles arrachés, le corps brûlé et réduit en cendres, mes cendres jetées au vent, et que ma mémoire soit en exécration à tous les Maçons. Que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.


Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm (GLMF)


Moi,…. En  présence du Grand Architecte de l'Univers... Et de cette Respectable Assemblée de Maçons... Je promets et je jure... Sur mon honneur d'Homme ou de Femme libre...Solennellement et sincèrement... et sans restriction mentale d'aucune sorte... De ne Jamais révéler... Aucun des Mystères et des Secrets... De la Franc‑Maçonnerie... Qui vont m'être confiés... Qu'à un bon et légitime Maçon... Ou dans une Loge ou un Triangle maçonniques... Régulièrement constitués... De ne jamais les écrire... Tracer ou buriner... Sans autorisation de mes Supérieurs ultimes... Ni former aucun caractère... par où les Secrets de l'Ordre Maçonnique... Puissent être dévoilés ... Sous peine d'avoir la gorge tranchée... D’être déshonoré ... Et de voir mon nom transcrit à perpétuité... Sur la Colonne d'Infamie... Alors que mon corps serait enseveli dans le sable de la mer... Afin que le flux et le reflux... M'emportent dans un éternel oubli... Je promets et je jure de considérer désormais... Tous les Francs‑Maçons comme mes (Sœurs «ou et» Frères)... Les protégeant... Les assistant... Et les aidant en leurs besoins... Temporels comme spirituels... A partir de ce jour et dès cet instant... Je répandrai les enseignements que j'aurais reçus... Afin qu'une pleine lumière éclaire la route des Hommes,... Et cela sans distinction de classe sociale... De race, de couleur, de religion ou de nation... Je m'efforcerai de donner l'exemple de toutes les vertus... Sacrifiant par avance tout vain désir d'honneur... Toute Ambition, et toute vanité... Et cela non par orgueil stérile... Mais dans le seul but d'inspirer à tous le désir de les acquérir... Je pratiquerai la Fraternité humaine en toute son amplitude... Pour en démontrer les bienfaits... Je serai le soutien du faible... L'adversaire de l'injustice... M’opposant à toute violence imméritée... D'où qu'elle vienne... qu'elle s'adresse au corps ou à l'âme... Et en cela... Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide... Et les Vivants Symboles que je touche de ma main.


Rite Standard d’Ecosse


Moi, M..., En présence du G.A.D.L.U.,Et de cette digne et Vénérable Loge d'Apprentis Francs-maçons, Honorable, respectable, régulièrement constituée, Assemblée, dédiée et dûment consacrée, De mon plein gré et consentement, Par ceci ... (le Vénérable Maître soulève la main droite du Candidat et la repose sur le V.L.S.),Et sur ceci ... (idem)Sincèrement et solennellement, Je promets et jure que toujours je tairai, Cacherai et jamais ne révélerai Aucune partie ou parcelle Des Secrets ou Mystères Touchant ou appartenant à la Franc-Maçonnerie Soit ceux qui me sont déjà connus, Soit ceux qui vont maintenant m'être communiqués Ou qui me seront révélés à l'avenir, Sauf à un ou plusieurs Frères véritables et réguliers Et cependant même pas à celui-là ou à ceux-là sans les avoir éprouvés, Strictement examinés, Ou sans avoir été assuré par un Frère bien connu Qu'ils sont dignes de cette confiance, Sauf également au sein d'une Loge juste, parfaite et régulière d'Apprentis Francs-Maçons. Je promets en outre solennellement Que je n'écrirai point ces secrets, Je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai Ni ne les tracerai en aucune façon Sur quoi que ce soit de mobile ou d'immobile sous la voûte du ciel, Que je n'engagerai personne à le faire, Ni ne le permettrai S'il est en mon pouvoir de l'en empêcher. Afin que nulle lettre, caractère ou dessin, Ni la moindre trace d'une lettre, d'un caractère ou d'un dessin, Ne puisse être lisible par moi ou par n'importe qui au monde, De crainte que nos Arts Secrets et nos Mystères Puissent être révélés par mon imprudence. Je promets encore solennellement de défendre et de maintenir La Constitution et le Règlement de la Grande Loge Nationale Française D'obéir aux officiers de cette Loge   régulièrement inscrite sur les registres de la Grande Loge Nationale Française Et que je reconnaîtrai toujours comme ma Loge-Mère. Ces différents points, je jure solennellement de les observer Sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, Sous peine, si j'en viole aucun, D'être flétri comme un individu volontairement parjure, D'être stigmatisé comme étant dénué de toute valeur morale, Totalement indigne d'être admis dans cette très Respectable Loge, Ou même dans toute réunion d'hommes qui estiment l'honneur et la vertu Au-dessus des avantages extérieurs du rang et de la fortune. Que Dieu m'aide et m'arme de constance Pour tenir fidèlement l'Obligation Solennelle d'Apprenti Franc-Maçon Que je viens de contracter.


Stricte Observance


Moi, N…, jure devant Dieu, créateur universel du monde entier, de prêter un serment réel et physique, que je ne dévoilerai jamais les secrets de la Franc-Maçonnerie à qui pour cela ne serait ni Sage, ni Franc-Maçon, et d’aucune manière je ne dirai la moindre bribe de ce que je vais voir, entendre et ressentir lors de la vénérable assemblée des francs-maçons, sans auparavant m’être suffisamment éprouvé pour savoir si c’est un vrai Frère. Je déclare, jure et promets solennellement que jamais je n’écrirai, taillerai, enterrerai, n’imprimerai ou ne graverai, ni même n’admettrai que quelqu’un puisse écrire, tailler, enterrer, imprimer ou graver quoi que ce soit sur du papier, du métal, sur la main, absolument rien qui puisse donner l’impression d’une lettre ou d’une figure, que ce soit volubile ou non, solide ou liquide. Je jure et promets solennellement fidélité à mon Souverain, aux lois des puissances sous lesquelles je vis, d’y rester fidèle, aimable et de m’y attacher, et dans cette Loge ou toutes celles où que je pourrai me rendre d’y rester fidèle, de ne causer à aucun ni nuisance ni inconvénient mais de les protéger en mon âme et conscience et si je devais découvrir de telles choses, de les rapporter immédiatement.Je m’engage à être compatissant envers tous les hommes, à me montrer généreux et serviable avec tous et en particulier avec mes Frères et Sœurs, et à être avec eux dans toutes les circonstances, à moins que ce ne soit contraire aux mœurs ou à mon honneur que je promet de préserver. Si je devais manquer à l’un de ces engagements, je veux que ma gorge soit tranchée, ma langue arrachée, mon cercueil transpercé, mon ventre ouvert, mes entrailles retirées et que mon corps ainsi mutilé soit jeté contre une digue, là où le flux et le reflux passeront deux fois en vingt-quatre heures ; que mes restes ensanglantés soient brûlés et que leurs cendres soient éparpillées à l’air libre pour qu’il ne subsiste aucun souvenir de mon être, pas seulement parmi les francs-maçons et autres personnes mais sur toute la surface du globe terrestre. Que Dieu me soit témoin. 


Rite Emulation

 

En présence du Grand Architecte de l’Univers, et de cette Loge de Maçons Francs et Acceptés, honorable, respectable, régulièrement constituée, assemblée, dédiée et dûment consacrée, de mon plein gré et consentement, par ceci (le VM. touche de sa m.g. la m. d. du Cand.) et sur ceci (le VM. touche de sa m.g. le VLS.) sincèrement et solennellement, je promets et jure que toujours je tairai, cacherai et jamais ne révélerai aucune partie ou parcelle des secrets ou mystères, touchant ou appartenant aux Maçons Francs et Acceptes en FM., soit ceux qui me sont déjà connus, soit ceux qui vont maintenant m’être communiqués ou qui me seront révélés à l’avenir, sauf à un ou plusieurs Frères, véritables et réguliers, et même pas à celui-là ou à ceux-là, sans les avoir éprouvés, strictement examinés, ou sans avoir été

assure par un Frère bien connu qu’ils sont dignes de cette confiance; sauf également, au sein d’une Loge juste, parfaite et régulière d’anciens Francs Maçons. Je promets en outre solennellement, que je n’écrirai pas ces secrets, que je ne les burinerai, sculpterai, marquerai, graverai, ni ne les tracerai en aucune façon, sur quoi que ce soit de mobile ou d’immobile sous la voûte du ciel, que je n’engagerai personne à le faire, ni ne le permettrai, s’il est en mon pouvoir de l’empêcher, afin que nulle lettre, caractère ou dessin ou la moindre trace d’une lettre, d’un caractère

ou d’un dessin, ne puisse être lisible ou compréhensible par moi, ou par n’importe qui au monde, de crainte que nos arts secrets et nos mystères soient révélés par mon indignité. Ces différents points, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque, ou restriction mentale d’aucune sorte, sous peine si j’en viole un seul,

d’avoir la gorge tranchée, la langue arrachée à la racine et enfouie dans les sables de la mer à marée basse à une encablure du rivage, là où le flux et le reflux se font sentir deux foix par vingt quatre heurs, ou bien sous la peine plus effective d’être flétri comme un individu volontairement parjure, d’être stigmatisé comme étant un être dénué de toute valeur morale, totalement indigne d’être admis dans cette Très Respectable Loge ou dans toute autre Loge légitime, ou même dans toute réunion d’hommes qui estiment l’honneur et la vertu, au-dessus des avantages extérieurs du

rang et de la fortune. Que Dieu m’aide et m’arme de constance pour tenir fidèlement cette obligation solennelle d’Apprenti Franc-Maçon.


Rite Opératif de Salomon (GODF)

 

Mon  Ami,  posez  la  main  droite  sur  le  Volume  de  la  Loi  Sacrée,  les  Constitutions  du

GODF l’Équerre et le Compas.

Mettez la main gauche sur le cœur et répétez après moi tous les termes de votre Obligation :

« Sur cette équerre, emblème de la conscience, de la rectitude et du droit, sur ce Livre de la Constitution  qui  sera désormais  ma  loi,  je  m’engage  à  garder  inviolablement  le  secret maçonnique,  à  ne  jamais  rien  dire  ni  écrire sur  ce  que  j’aurai  pu  voir  ou  entendre  pouvant intéresser l’ Ordre, à moins que je n’en aie reçu l’autorisation, et seulement de la manière qui pourra m’être indiquée.

Je promets de travailler avec zèle, constance et régularité à l’œuvre de la Franc-Maçonnerie, d’aimer  mes  FF  et  de mettre  en  pratique,  en  toutes  circonstances,  la  grande  loi  de  la solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc-Maçonnerie. Je pratiquerai l’assistance envers les faibles, la justice envers tous, le dévouement envers ma famille, ma patrie et l’ Humanité, la dignité envers moi-même.

Je promets de défendre l’idéal et les institutions laïques, expressions des principes de raison,

de tolérance et de fraternité. Je  promets  de  me  conformer  à  la  Constitution  et  au  Règlement  Général  du  Grand Orient de France, dans leurs dispositions actuelles et dans celles qui pourront être adoptées plus tard.

Je  consens,  si  jamais  je  venais  à  manquer  à  ces  engagements,  à  ce  qu’il  me  soit  fait application   des  sanctions   prévues   par   la   Constitution   et   le   Règlement   Général   du Grand Orient de France ».

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 06:27

L'Arche Royale fit son apparition en Angleterre durant les années 1740. S’il est permis de supposer que les graines de cette nouvelle cérémonie avaient commencé à germer quelques années avant les premiers rapports officiels, rien ne permet toutefois de remonter plus tôt dans la datation de l'Arche Royale.

À la question : «Pourquoi l'Arche Royale est-elle apparue ?», la réponse proposée est qu'une cérémonie supplémentaire, ou un «quatrième degré» distinct, était inévitable, ce qui peut s'expliquer par la connaissance que l'on a aujourd'hui de l'évolution des trois degrés symboliques.
En remontant dans l'histoire de la Franc-Maçonnerie anglaise, au temps où les degrés ou grades maçonniques se développaient encore, il apparaît presque certain que la première cérémonie maçonnique fut réalisée pour le Compagnon maçon, c'est à dire l'artisan entraîné et accompli.
Le système des Apprentis fait ses premières apparitions en Angleterre au XIIIe siècle, et il n'est pas interdit de penser que l'autre degré fut développé comme cérémonie d'admission pour les Apprentis.
À ce moment, et jusqu'au crépuscule du XVIIe siècle, le Métier ne proposait que deux cérémonies d'admission : l'une pour les «Apprentis» ou les «Apprentis Reçus», l'autre pour les «Compagnons» ou «Maîtres». Le désir de création de cérémonies distinctes pour les Compagnons et les Maîtres était donc logique; les deux s'égalaient par leurs compétences techniques, mais les Compagnons étaient des employés, et ceux d'entre eux qui étaient assez méritants pour devenir Maîtres allaient naturellement désirer un degré qui leur serait propre.
Le troisième degré apparut donc en Angleterre vers 1724-1725 et, en 1730, il était relativement répandu, bien que rarement pratiqué.
À ce stade de l'évolution des grades, les trois degrés du métier possédaient chacun leur propre cérémonie; seul un seul degré n'était pas représenté. Il n'existait en effet aucune cérémonie propre aux hommes qui avaient présidé une Loge, c'est à dire, les Maîtres de Loges. Une telle cérémonie devait fatalement apparaître vers 1740.
Si ceci peut être considéré comme une simplification à outrance de l'histoire, elle se base cependant sur des fondements historiques et les dates mentionnées ici sont supportées par des preuves documentaires.

En excluant les détails mineurs, il est possible de résumer les bases de la cérémonie de l'Arche Royale à deux histoires :
  • L'histoire biblique véridique décrivant le retour de Babylone et la construction du Temple.
  • La légende ancienne décrivant la découverte du caveau voûté, de l'autel et du Mot Sacré.
La portion biblique est de l'histoire pure. La légende, dans sa forme écrite, remonte au temps des premiers Pères de l'Église. Vers l’an 400 après J.-C., Philostorgius, décrivant la reconstruction du Temple, rapporte la découverte du caveau voûté. Cette version semble constituer la charpente de la légende qui a survécu. Neuf cents ans plus tard, au XIVe siècle, Nicephorus Callistus, dans sa description de la construction du quatrième Temple, étaye le compte-rendu de Philostorgius. Cette histoire est rapportée avec tant de détails saisissants qu'elle mérite une reproduction textuelle :
Au moment de la pose des fondations, ainsi que je l'ai dit, il y avait une pierre parmi les autres, à laquelle la base des fondations était fixée, qui glissa de sa place et révéla la bouche d'une caverne qui avait été creusée dans le roc. Le plancher de la caverne se perdait dans l'obscurité de sa profondeur. Les surintendants, désireux d'en apprendre davantage, attachèrent l'un des ouvriers à une longue corde et l'y firent descendre. Celui-ci, atteignant le fond, y trouva de l'eau qui lui arrivait à mi-jambes et, fouillant tous les recoins de ce lieu creux, conclut, aussi sûrement qu'il le pouvait par le sens du toucher, qu'il s'agissait d'un carré. Retournant vers l'ouverture, il heurta un petit pilier, guère plus haut que le niveau de l'eau, et, l'illuminant, y trouva déposé un livre, enveloppé d'un linge léger et propre. L'ayant pris, il indiqua par la corde qu'ils devaient le remonter. Sitôt remonté, il leur montra le livre qui suscita leur admiration, ayant été découvert immaculé et intact, en un lieu obscur et sombre. Le Livre, ouvert, stupéfia non seulement les Juifs, mais aussi les Grecs, par ce qu'ils lurent sur ses premières pages, écrit en lettres sublimes : 'Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.' En termes clairs, ces écrits contenaient visiblement tout l'Évangile que la langue divine du Disciple-Vierge avait énoncé.
Ceci est la traduction de l'original, telle qu'il apparaît en anglais, en 1659, dans l'ouvrage de Samuel Lee, intitulé Orbis Miraculum.

Deux points méritent particulièrement d’être mentionnés. D'abord, que la forme actuelle de la légende de l'Arche Royale n'est ni pure invention ni innovation récente; il s'agit bien d'une parcelle d'une légende religieuse remontant au cinquième siècle après Jésus-Christ, et probablement même plus ancienne.

Ensuite, le Livre Saint découvert dans le caveau voûté n'était pas l'Ancien Testament, avec les mots usuels : «Au commencement, Dieu créa...»; il s'agissait de l'Évangile selon St Jean, un texte purement chrétien, et, au moment de sa première apparition, le degré de l'Arche Royale était également purement chrétien.
Jusqu'à aujourd'hui, les cérémonies contemporaines de l'Arche Royale débutent par une prière chrétienne, et le travail entier est empreint de symbolisme et d'idées trinitaires, si bien que, malgré son inspiration issue de l'Ancien Testament, une très forte influence chrétienne y demeure manifeste.
Il est impossible de préciser avec certitude le pays d'origine de l'Arche Royale, mais il semble probable que la cérémonie ait été importée en Angleterre en provenance de l'Irlande. Plusieurs des premières références à l'Arche Royale proviennent, sans conteste, d'Irlande et, quand la Grande Loge des Anciens fut fondée en 1751, celle-ci reconnut l'Arche Royale comme un ajout plus ou moins essentiel aux degrés symboliques.
Il existe toutefois une autre possibilité voulant que la cérémonie trouve ses sources en France, où une myriade d'innovations maçonniques firent leur apparition au début des années 1740. En particulier, il existe une référence, dans le Sceau Rompu daté de 1745, à une classe supérieure de Maçons avec une cérémonie commémorant les maçons ayant œuvré «une truelle à la main, une épée au côté». Plusieurs preuves similaires étayent l'opinion selon laquelle certaines caractéristiques particulières de la cérémonie de l'Arche Royale, quel que soit le nom qu'elle portait, étaient déjà connues sur le Continent à une date antérieure, mais ceci ne peut être considéré comme une preuve de filiation.

La première Grande Loge, dite des «Modernes», n'offrit aucune reconnaissance officielle ni aucun support à la cérémonie, bien qu'elle fût pratiquée par plusieurs loges de «modernes», et il est intéressant de noter que, quoique la cérémonie ne fût pas considérée comme une composante intégrale des trois degrés symboliques, elle était néanmoins pratiquée dans les loges ordinaires. Les Chapitres de l'Arche Royale n'existaient pas encore comme organisations indépendantes pour l'octroi de ce nouveau grade et il n'existait, bien évidemment, aucune instance dirigeante.

Le premier Grand et Royal Chapitre de l'Arche Royale de Jérusalem («Modernes») fut constitué en juillet 1767. Les «Anciens», qui avaient toujours considéré la cérémonie comme «le fondement, le cœur et la moëlle de la Maçonnerie», n'avaient pas réalisé le besoin d'un organisme dirigeant distinct, et les minutes de leur premier Grand Chapitre débutent en 1782, après une série de résolutions adoptées dans leur Grande Loge en décembre 1771.
En ce qui concerne le développement de la cérémonie de l'Arche Royale, il y a tout lieu de croire que celle-ci fut conçue initialement pour les Maîtres de Loge ou pour les hommes ayant déjà été Vénérables d'une Loge, et quoique les opinions sur ce point divergent quelque peu, il existe une pléthore de preuves pour supporter cette affirmation. En 1744, le Dr Fifield Dassigny publia un livre doté d'un titre interminable, A serious and impartial enquiry to the cause of the present decay of Freemasonry in the kingdom of Ireland (Une enquête sérieuse et impartiale sur les causes du déclin actuel de la Franc-Maçonnerie au royaume d'Irlande), dans lequel, évoquant l'Arche Royale, il la décrit comme «une organisation d'hommes ayant déjà été Vénérables d'une Loge».

Douze ans plus tard, Laurence Dermott, Grand Secrétaire de la Grande Loge des Anciens, mentionnait avec dédain ceux qui «se pensaient Maçons de l'Arche Royale sans avoir été Vénérables d'une Loge dans la forme régulière» (Ahiman Rezon, 1756, p. 48). Toutefois, à cette époque, la Franc-Maçonnerie n'étant pas aussi répandue qu'elle l'est aujourd'hui, une telle restriction — si elle avait vraiment été appliquée — aurait rendu la nouvelle cérémonie quasi impossible, puisqu'il n'y aurait jamais eu suffisamment de candidats pour la maintenir vivante. Ainsi, nous découvrons très tôt les preuves de l'apparition d'une sorte de «degré de Vénérable», artificiel, auquel les membres postulant l'Arche Royale recevaient un semblant d'Installation dans le but de se qualifier pour le degré de l'Arche Royale.
Les minutes de la première époque de l'Arche Royale (de 1740 à 1760 environ) sont rarissimes et peu informatives, mais il existe des registres d'une réunion d'urgence tenue à Bolton en 1769, durant laquelle trois hommes furent successivement installés comme Vénérables, après quoi le Maître effectif de la Loge fut réinstallé. À la Loge Mount Moriah de Londres, il fut résolu, en juin 1785, que «… le Frère Phillips passera Vénérable le jour de la St Jean pour obtenir le Suprême Degré de l'Arche Royale …». À la Philanthropic Lodge de Leeds, les minutes de mai 1795 rapportent que «le Frère Durrans passa Vénérable pour recevoir l'Arche Royale». Plusieurs rapports de nature similaire rendent évidente l'existence d'une cérémonie fictive de «passage du Vénérable», qui fut largement pratiquée durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
Quand les Grands Chapitres rivaux furent unis en 1817, le «degré de Vénérable» fut officiellement aboli, mais son existence se perpétua à divers endroits jusqu'aux années 1850.
Jusqu'à aujourd'hui, dans plusieurs juridictions américaines, les préliminaires à l'Arche Royale forment une cérémonie brève qui contient des éléments évidents du travail d'Installation.

Quant au rituel de l'Arche Royale, il est surprenant de constater que, hormis les inévitables enrichissements et les changements graduels de style et de présentation, les éléments essentiels demeurent, de nos jours, largement identiques à ce qu'ils étaient durant les années 1760. Les plus anciennes références de cette période indiquent que le candidat découvre un parchemin qui contient les premiers mots de l'Évangile de St Jean : «Au commencement était le Verbe …». Les Séjournants interprétaient l'histoire de la «découverte», et le restant de la cérémonie, comme les degrés symboliques de nos jours, consistait en un catéchisme de quelques 18 à 20 questions et réponses. Ceci peut être considéré comme le rituel de l'Arche Royale de la première période.
La deuxième période couvre approximativement les années 1780 à 1835. Dans les degrés symboliques, cette période a apporté les plus grandes évolutions stylistiques dans la présentation des éléments symboliques et illustratifs du rituel. Quant à l'Arche Royale, l'essence de sa cérémonie demeura essentiellement inchangée mais, au lieu de 18 à 20 questions dans le catéchisme, il y en avait alors 80 à 100, exigeant de longues réponses couvrant la majeure partie de ce qui constitue, de nos jours, les conférences traditionnelles, symboliques et mystiques. La quasi totalité des éléments actuels des conférences se retrouvait, non sous forme de dissertations, mais de questions-réponses.
Le Nom Ineffable n'était pas «partagé»; le «mot composé des quatre langues» l'était. Il n'y avait encore aucune lettre aux angles du T∴, et le Triple T n'apparut que vers 1820. La cérémonie de l'Arche Royale connut alors de multiples avatars, sujette aux variations locales et aux capacités et limitations de ses interprètes. Apparemment, les deux Grands Chapitres ne firent aucune effort pour diffuser un rituel standardisé, et ce n'est qu'en 1817, avec l'union des deux rivaux, que les circonstances devinrent favorables à l'uniformisation du rituel.
Le premier pas vers ce but s'effectua au début des années 1830, quand un comité fut nommé par le Grand Chapitre Suprême. Le travail semble avoir été dominé par le Rev. G. A. Browne, à un certain moment Grand Chapelain de la Grande Loge Unie, qui fut nommé spécifiquement lors d'une réunion, avec remerciements spéciaux pour ses services. En novembre 1834, les cérémonies furent répétées et approuvées par le Grand Chapitre Suprême, et un Chapitre de Promulgation fut constitué en 1835, pour une durée de six mois, avec le mandat d'agir comme Chapitre d'Instruction et, plus spécifiquement, d'assurer l'uniformité du rituel à travers l'Ordre. Il effectua des démonstrations des formes nouvellement approuvées des cérémonies d'Installation et d'Exaltation durant une série de réunions tenues de mai à août 1835. En novembre 1835, pour éviter toute méprise, le Grand Chapitre «résolut et déclara que les cérémonies adoptées et promulguées par le Grand Chapitre spécial les 21 et 25 novembre 1834, constituent les cérémonies de notre Ordre et qu'il est du devoir de tout Chapitre de les adopter». Les différentes versions des rituels actuels, dont Domatic, Aldersgate et Standard, sont toutes issues du rituel de l'Arche Royale de novembre 1834.
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 18:38

Le V° Ordre se compose de deux classes :


          1° La Classe des Prosélytes qui a accès aux huit premières séries  de manuscrits contenus dans l'Arche du V° Ordre.

Les Prosélytes sont reçus  au V° Ordre selon le rituel du Chevalier du Soleil 72° et dernier grade de la 8° série.

          2° La classe des  Membres du Conseil, qui seule, a accès aux manuscrits de la 9° série et aux autres cahiers à classer.


Les séances du Conseil se tiennent autour d'une plate-forme près de laquelle est posée l'Arche. Pour arriver à la salle qui renferme cette plate-forme, on parcourt une route circulaire. Cette salle est tendue de blanc et décorée d'un drapeau de même couleur.

La décoration des membres du Conseil est un ruban blanc moiré liseré en or, auquel est attaché un bijou.

La décoration de la classe des Prosélytes est un ruban blanc moiré non liseré, attaché à la boutonnière et auquel vient un bijou.

Le bijou des membres du V° Ordre sera une médaille estampillée et frappée d'un seul coté représentant :


          1° Autour un serpent qui mord sa queue ;

          2° Au milieu du bijou, le Triangle radieux au centre duquel est le nom de Dieu en caractère hébraïque ;

          3° Au sommet du Triangle le chiffre 5.


Ce bijou sera doré pour les membres du Conseil et pour les Officiers d'Honneur.

Il ne sera porté que lors des séances du V° Ordre et les Frères de cet Ordre porteront en outre les décorations de  Souverain Prince Rose Croix, c'est-à-dire le sautoir, le bijou et le tablier.

Les membres composant le V° Ordre n'auront aucune préséance ni prépondérance au grand chapitre  général, ni dans aucune assemblée, concernant les différents Ordres.


 

Autres cahiers à classer contenus dans l'Arche du V° Ordre :

1 Elu de la Terre Sainte, 2 Maitre en Israël, 3 Chevalier d'Athènes, 4 Chevalier de l'harmonie, 5 Le grand prêtre, 6  L'étoile polaire, 7 Le vicomte du midi, 8 Patriarche, 9 Le chevalier de l'aigle blanc, 10 Le sage de la Grèce, 11 Le prophète martyr, 12 Lévite écossais, 13 L'écossais des petits appartements, 14 Le chevalier écossais de la gerbe d'or, 15 L'écossais d'Hiram, 16 L'écossais de Prusse, 17 L'écossais de l'académie d'Ecosse, 18 L'écossais des fils ainés, 19 L'écossais d'Angers, 20 Le vrai maitre de loge, 21 Le grand maitre de l'Ordre, 22 Ecossais de Saint André ou écossisme allemand, 23 Philosophie, 24 Adepte moderne, 25 Les chevaliers petits philosophes, 26 Clavicule hermétique, 27 Le chevalier du phénix dit le grand voyageur, 28 Grand élu maçon ou Templier de Saint Georges, 29 Ecossais d'Alcédani, 30 Elu suprême qui a rapport au tabernacle.   

 

 

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