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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 05:55

A vous tous, mes Frères en vos grades et qualités,
Lorsque je décidai de m’attaquer à ce sujet, j’étais ragaillardi par l’idée que je me faisais de faire trois planches d’un coup. Après tout, n’importe quel potache de Terminale S pouvait me confirmer que les nombres 1, 2 et 3 sont entiers, font partie de l’ensemble N des nombres réels et sont discrets. En d’autres termes, je pouvais faire trois sujets bien séparés et je me lançai donc avec trois feuilles blanches, bien étalées en parallèle sur mon bureau.
En dépit de ce que ma formation d’Ingénieur avait pu laisser comme traces dans mon vieux cerveau gauche, je dus me rendre rapidement à trois évidences :
- le sujet était bien plus compliqué qu’il n’en paraissait
- les trois sujets étaient indissociables
- pire, le nombre trois me menait inéluctablement au nombre quatre.
C’est donc sur ces prémisses que je me mis à l’ouvrage …
Que peut représenter l’unité ?
« Un le Tout » … tout est un, vu qu’il ne saurait rien exister en dehors du tout, me dit le manuel d’instruction du Premier Degré.
Bien qu’autour de nous, tout soit complexité et multiplicité nous avons chacun, en nous-mêmes, l’impression d’être « un » et unique. Notre société est multiforme et multiculturelle mais nous cherchons chacun confusément le Vrai, le Juste et le Beau : un principe que nous pressentons d’Unité car une chose vraie, juste et belle devrait être comprise et acceptée par tous. Le respect de la parole donnée est une valeur universelle. Le Un serait-il donc ce principe primordial, cette Unité primordiale ?
Le Un est-il premier - au sens non arithmétique du terme ? Dans notre système de pensée occidental, l’intelligence est logiquement première, l’exécution découlant de l’action. Avant le Un, rien …
L’univers a un centre mais ce centre est partout à la fois puisque nous pensons l’univers infini ! La multiplicité infinie de l’univers se révèle-elle donc par ce centre unique et omniprésent ?
Oui mais l’univers est-il vraiment infini dans l’espace et le temps vraiment éternel ? Si notre espace-temps a eu un commencement physique au moment du « Big Bang » de l’Abbé Lemaître, qu’il y avait il « avant » ? De l’information disent Grichka et Igor Bogdanoff. Avant notre univers, il y avait l’information pour qu’il se réalise, le schéma de montage, le plan du G.A.D.L.U. Le Un devrait donc être premier.
Autre piste : Teilhard de Chardin parle de la transition de la matière inanimée : de l’Alpha de la pré-vie à l’Oméga de la conscience collective. La matière première des sages, l’étoffe première de l’univers devient un Tout dans une transformation spirituelle, un Esprit Universel, réfléchi sur lui-même en un centre unique de conscience. La multiplicité devient Unité.
C’est maintenant que les choses se compliquent … Saint Jean écrit par trois fois dans l’Apocalypse : « je suis l’Alpha et l’Omega de l’univers, il n’y a pas de second dans l’Incréé » … voila donc que l’Unité pourrait être bipolaire et me fait découvrir un petit morceau du chiffre deux.
Je reviens à mon manuel d’Instruction du Premier Degré : « L'Intelligence humaine assigne artificiellement des bornes à ce qui est, en réalité, un et sans limites. Nous ne percevons qu'en différenciant l'objet observé de son milieu » … Deux représente un antagonisme qu’il convient de concilier.
Le deux découle du Un, c’est l’addition de Un à Un, son dédoublement. Le tout primordial est polarisé en deux essences : le yin et le yang, le mâle et la femelle, une dualité d’opposés qui forme un couple ? Deux forces opposées dont l’action commune ordonne le chaos en cosmos dans un mouvement spectaculairement inverse des lois de l’entropie. Orb ad Chaos … C’est le mystère par excellence du serpent Ouroboros, qui se mord la queue pour survivre, le symbole de l’éternel recommencement, de la vie naissant de la mort, de l’ordre naissant de la destruction, symbole déjà connu 16 siècles avant Jésus Christ en Egypte pharaonique.
La loge a la forme d’un carré long : un terme étrange qui dénomme deux carrés mis côte à côte. C’est ainsi que les alchimistes représentaient le nombre deux, les deux carrés fusionnaient pour donner un rectangle de proportion 1 : 2 : les proportions « divines » de Fra Luca Paccioli et Leonard de Vinci eux-mêmes.
Si nous acceptons que l’amour soit la force primordiale de l’univers, celle par qui tout se fait et s’est fait, alors Dieu et l’Amour ne peuvent exister seuls à moins d’accepter un narcissisme de proportions divines …. Pour aimer il faut au moins être deux !
Mais l’amour entre deux êtres constitue un triplet. L’énergie créatrice va s’écouler entre les deux pôles. Un aimant est un et insécable mais dipolaire. Un aimant coupé en deux aura toujours deux pôles, liés par le champ magnétique qui lui donne ses propriétés. De deux, je suis passé à trois tout naturellement.
Dans l’évangile de Saint Jean, la différence sémantique est instructive : il n’y a pas de second mais il pourrait y avoir un deuxième ! Auquel cas, il y a nécessairement un troisième.
1 + 2 = 3 : en mathématique, on dirait que 3 est « la gloire » de 2 : la somme du nombre et de ceux qui le précèdent.
« Il y a lieu de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. Le Ternaire, synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité » me dit mon manuel d’Instruction du Premier Degré.
Ce nombre trois est l’une des première constantes que j’ai vue en Loge lors de mon initiation : le Delta Rayonnant, symbole du G.A.D.L.U., formant un tout par ces trois côtés. C’est la Trinité de la Chrétienté et du Judaïsme : le Père, le Fils et le Saint-Esprit – formant Un – Le dieu.
Ma réflexion se complique car je note que les musulmans, bien que monothéistes et ayant inventé la numérotation décimale n’ont pas cette triple notion. Plus près de nous, le pasteur Jean-Théophile Désaguliers était unitarien - ne croyant donc ni en la Trinité, ni en la divinité du Christ - mais il se disait chrétien et on ne lui contestera sa qualité de Maçon …
Depuis mon initiation, j’ai vu que la Franc Maçonnerie déborde de symboles sur ce nombre trois :
- Dans le Cabinet de Réflexion, j’ai trouvé les trois principes de l’alchimie : le sel, le soufre et le mercure.
- Lors de mon Initiation, j’ai été reçu par trois grands coups et j’ai fait trois voyages.
- Les trois grandes Lumières de la Franc Maçonnerie : Volumes de la Loi Sacrée, Compas et Equerre.
- Les trois signes de la Franc Maçonnerie : L’Equerre symbole de l’équité que je dois montrer dans mes actes, le Niveau qui me rappelle que je dois œuvrer au nivellement des inégalités et la Perpendiculaire qui me montre la direction dans laquelle doivent s’élever l’état moral et matériel des individus et de la société.
- Les Signes : une façon d’agir toujours équitable et franche ; les Mots d’un langage loyal et sincère et les Attouchements, symboles de la sollicitude fraternelle.
- Les trois Piliers de la Loge : Force, Sagesse et Beauté, symbolisés par le Vénérable Maître et les deux Surveillants.
- Mes trois outils d’Apprenti : la règle à 24 divisions, la laie et le ciseau
- Comme Apprenti, j’ai trois ans.
Mais il y a aussi la tripartition de l’être humain en corps, esprit et âme et ses trois formes d’intelligence : dextérité physique, intelligence intellectuelle et intelligence émotionnelle qui font que l’humain est un tout, qui font que le Trois explique le Un.
C’est à cet instant que je me rappelai l’aimant qui me fis si bien entrevoir un lien entre le nombre Deux et le nombre Trois et que je réalisai que cette liaison spécifique interne ne pouvait acquérir sa fonction que parce que le champ se refermait par l’extérieur !
Il suffit par ailleurs d’ouvrir les yeux et de regarder autour de soi pour comprendre que notre univers a au moins quatre dimensions : trois dans l’espace et une dans le temps.
Aux trois composantes internes de l’Unité, je viens d’ajouter une dimension autre, externe : me voici confronté au 3+1, un tétragramme sur lequel je choisirai de plancher plus tard avec votre bienveillante permission.
Mes Frères, je sollicite votre indulgence pour cette planche bien imparfaite. Merci de m’avoir écouté.

J’ai dit, Très Vénérable.

source : www.ledifice.net

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Published by J\M\ C\ - dans Planches
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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 06:47

Quelles sont les raisons qui nous font nous retrouver dans ce cadre rituel d'initiation et d'échanges fraternels, dans ce Temple consacré, où nous puisons (et nous le croyons) aux sources vives de la tradition?
Je vais essayer, avec l'aide du Phil. Inc., de répondre à cette importante question, car elle est à mon avis fondamentale. Nos prédécesseurs ont ouvert la voie et nous pouvons penser en effet que si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais, depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même qui l'a assujetti au travail de l'initiation en se refusant à ses recherches.
« La première initiation, fondée sur la dégradation de l'homme et exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'intelligence et de la vertu. C'est dans ce but qu'ils soumirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses et qu'ils s'assurèrent de leur constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence que des hiéroglyphes, des symboles et des emblèmes difficiles à pénétrer.
Ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route qui peut conduire l'homme à son état primitif et le rétablir dans les droits qu'il a perdus. »
Voilà, mes chères Sœurs et mes chers Frères, le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystérieuse et sacrée, dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d'en faire usage et qui égare ceux qui ne se seront pas élevés au-dessus des choses sensibles.
« Dans l'état actuel de l'homme privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c'est d'oublier ou de nier cette lumière. Aussi l'objet principal des Sages Instructeurs de l'Initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux peuples, mais de porter par leur exemple et par leur doctrine à faire croire en cette vérité avec confiance et de lui rendre un sincère hommage. Dans cette optique ils élevèrent un Temple célèbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu'au Sanctuaire, étaient remplies d'initiés de divers rangs et fonctions. C'est ainsi qu'on présentait à l'Homme de Désir un tableau parfait de l'Univers et des agents préposés à le diriger. »


GENESE DU TEMPLE

Tout débute avec le livre biblique l'Exode aux chapitres 24 à 30, où Moïse, le conducteur, reçoit, sur le Sinaï, les ordres pour la construction; « Moïse redescend du Sinaï et la peau de son visage rayonnait. Il convoqua toute l'assemblée et transmit au peuple les ordonnances de l'Éternel: travail pendant 6 jours, repos le 7e; les offrandes, la confection de l'arche, du tabernacle, du chandelier, de l'autel, des toiles du parvis, des colonnes… toutes œuvres pour la tente d'assignation, pour son service et pour les vêtements sacrés. »
Au chapitre 36, la construction des meubles, autels et ornements s'opère sous l'impulsion de l'habile Betsaléel grâce aux offrandes du peuple sous forme d'or, d'argent, de tissus, d'aromates, de bois précieux, de pierreries… Au Ch. 40, enfin, l'Éternel demande à Moïse de dresser le tabernacle et la tente d'assignation le 1er jour du 1er mois de la 2e année selon un ordre précis. Puis Moïse oindra tout ce que renferme le tabernacle, la cuve et l'autel; il oindra de même Aaron et ses fils pour qu'ils soient au service de l'Éternel par leur sacerdoce. Alors la nuée couvrit la tente et la gloire de l'Éternel remplit le tabernacle. Cela se passait en 1444 av. J.C.
« Ainsi il y eut d'abord le premier temple, si l'on peut dire, l'arche du déluge, qui fut errante et flottait sur les eaux, pour nous peindre l'incertitude et les ténèbres des premiers temps: (Genèse VI à VIII). Le deuxième temple, le tabernacle était alternativement en mouvement et en repos, et de plus, c'était l'homme lui-même qui le transportait et le fixait dans les lieux choisis; cela afin de nous montrer les droits accordés à l'homme dans sa seconde époque, droits sur lesquels il peut aspirer par intervalle à la possession de la lumière. Enfin le troisième temple, celui de Salomon, était stable et adhérent à la terre, pour nous apprendre sensiblement quels sont les privilèges auxquels l'homme peut prétendre un jour; privilèges qui s'étendent jusqu'à fixer à jamais sa demeure dans le séjour de la Vérité. » (Louis-Claude de Saint-Martin).
Remarquons que malgré la stabilité apparente du temple de Salomon, celui-ci souffrit en subissant les affres des armées des ténèbres et la colère des ennemis de la Vérité et de la Lumière: il fut renversé ! Zorobabel le fit reconstruire à Jérusalem entre 536 et 516 av. J.C. Zorobabel, qui signifie "adversaire de la confusion" était de lignée royale et fit armer les ouvriers de truelles (initiation de métier) et d'épées (initiation chevaleresque) pour se défendre des populations locales hostiles aux Israélites, les errants. Hérode agrandit le Temple (vers -18) mais il fut anéanti définitivement par Titus (en + 70).
Car, à cette même époque, il y eut l'édification du plus merveilleux des temples, de l'arche la plus universelle non faite de mains d'hommes; ce Temple, cette Arche sont le Christ lui-même en qui habite en permanence le Verbe divin.
Le Christ était, est, et reste à jamais le seul et vrai "pont" jeté entre l'homme et Dieu.

TEMPLE ET QUETE INITIATIQUE

Dans sa quête initiatique l'homme recherche la parole perdue, car, retrouver cette parole, en l'occurrence le Nom incommunicable IEOVAH force active de l'ancienne alliance, c'est réunifier et harmoniser en soi toutes les potentialités, toutes les manifestations de tous les niveaux de l'être: physique, psychique et spirituel. C'est reconstruire, en "rassemblant ce qui est épars", l'homme total; c'est la réédification mystique du temple intérieur (le sanctuaire du Cœur) dans lequel pourra descendre (puisque devenu "vierge" par les différentes purifications) le Verbe, dont le Nom est IEOCHOUAH.
Retrouver la Parole perdue, c'est se recouvrir de la puissance de l'Éternel, aller vers l'unification et l'identification entre la lumière intérieure (celle qui luit dans nos ténèbres) et la lumière universelle extérieure. Par le Nom, Dieu se révèle à l'homme.
Dans ce contexte, le temple de Salomon, jusqu'à ce jour inégalé sauf par le Christ, est l'image, l'emblème de l'homme émané de Dieu dans toute sa splendeur et dans ses privilèges originels.
Je vous propose à présent une visite guidée du temple et le but ultime du "voyage" consiste à découvrir le NOM, au cœur même de l'édifice. Il faut pour cela suivre le "labyrinthe de la parole perdue et franchir "la triple enceinte". Faut-il préciser que ce chemin initiatique est calqué sur les pérégrinations des Israélites en recherche d'une terre d'accueil, la recherche de la terre promise ?
Pour suivre cet itinéraire et ses étapes cruciales, je tracerai un parallèle schéma-tique entre le modèle du Temple, les mondes classés selon la tradition kabbalis-tique et la constitution de l'homme.
Le schéma parlera de lui-même.
En Franc-Maçonnerie, théoriquement, l'apprenti, lors de son initiation, reçoit la lumière et passe du parvis dans la première enceinte du temple: le Porche. C'est là que se tient la Loge. Il vient de mourir au monde profane et de subir sa seconde naissance, naissance à un monde spirituel et initiatique. Dans le Porche il aperçoit les 4 outils nécessaires à son perfectionnement phy-sique, moral et intellectuel l'amenant progressivement à la maîtrise et à la connaissance de l'Étoile flamboyante et de la lettre G. Jusqu'à son élévation au grade de Maître-Maçon il aura à cœur de se perfectionner dans l'Art Royal, œuvrant toujours et partout, autour de lui comme en lui-même, avec justice et équité.
Dans le déroulement du rituel du 4e grade du R.É.R, le Maître-Maçon est reçu sur les ruines du premier temple (celui de Salomon) et, pour accéder à la seconde enceinte, c'est-à-dire le Sanctuaire, il lui faut passer symboliquement par la mer d'airain et s'y purifier. Cela n'est pas sans rappeler St. Jean Baptiste baptisant d'eau ceux qui sont appelés à aplanir le sentier et à gravir la montagne pour entendre la parole vivante du Christ. La conscience de l'initié est dès lors portée sur le monde psychique, le monde de l'âme (symbolisée par l'eau) et il devient actif sur deux plans simultanément: le plan terrestre ou hylique et le plan psychique.
Si l'entrée dans le Sanctuaire n'est qu'un passage obligé, c'est maintenant que commence réellement la carrière de sa régénération, dont le chandelier, l'autel des parfums et la table des pains de proposition lui indiquent les étapes. L'initié s'attache dès lors au service du Temple et devient ministre du culte; il accède à la cour des Lévites. Devant lui il aperçoit l'étoile à six branches, le sceau de Salomon, le sceau de l'union et de l'harmonie.
L'initiation Martiniste au premier degré d'« Associé » débute à ce niveau, directement, et suppose que l'Homme de Désir ait accompli, par lui-même, tout le cheminement décrit ci-dessus.
A force de courage, de persévérance et de prières nous découvrons dans toute sa splendeur le Nom sacré écrit en lettres de feu. Il est la racine de toute chose, la vie de tout l'univers. La vision et la reconnaissance de ce Nom élève notre conscience jusque dans le plan spirituel ou pneumatique; là l'homme est délivré à jamais des renaissan-ces mortelles et multiformes puisqu'il est parvenu à s'identifier à l'esprit immortel universel.
Bientôt peut-être, après cette extraordinaire découverte, l'initié aura-t-il connaissance de la prononciation du Nom sacré... Celle-ci lui procurera le baptême de l'Esprit, la 3e naissance, naissance au monde divin et l'entrée dans la troisième enceinte: le Saint des Saints. Là se trouvent l'arche et la nuée au-delà de laquelle se tient l'Éternel. La 3e naissance, procurée par la prononcia-tion du NOM central, ouvre la dernière étape conduisant l'être à sa réintégration finale.
La découverte du Nom transpose l'homme vers l'état sacerdotal figuré par l'autel des parfums. Dans cet état aussi, l'homme sera revêtu du corps de lumière et rétabli dans ses premières fonctions et prérogatives. Le Verbe divin a éclos dans le temple de son cœur.
Mais avant d'aspirer à une si haute destination, attachons-nous d'abord à dégager les sens symboliques de la mer d'airain, du chandelier, de la table des pains de proposition et de l'autel des parfums.

ORNEMENTS SYMBOLIQUES

LA MER D'AIRAIN. I Rois 7 v.23.

Hiram fit faire la mer de fonte; elle avait dix coudées ( h ) = 10, d'un bord à l'autre, une forme entièrement ronde, cinq coudées de haut ( v ) = 5 et une circonférence que mesurait un cordon de trente coudées ( k ) = 30... son épaisseur était d'une palme ( t ) = 1 et contenait 2000 baths.
[une coudée ~ 50 cm. et une palme ~ 75mm]
· Si (iod) = la force divine, le divin créateur;
· si (hé) = le souffle de l'existence, germe de la vie;
· si (lamed) = mouvement, dynamisme;
· si (aleph) = principe, ...
nous pourrions conclure, en ce qui concerne les dimensions de cette cuve d'airain que le Divin Créateur souffle sur l'eau et y infuse la racine de l'existence, que de ce fait l'eau est dynamisée et que celui qui s'y plonge peut retourner au principe. De là à dire que la mer d'airain contenait une eau expiatoire, une eau lustrale et purificatrice, il n'y a qu'un pas.
Souvenons-nous aussi de l'ange qui agite l'eau de la piscine qui s'appelait Béthesda et qui acquérait le pouvoir de guérir le premier qui s'y plongeait, quelle que fût sa maladie. (Jean V,2)
L'eau de la cuve d'airain servait à la purification des prêtres du Temple, première étape, étape primordiale sur laquelle s'enchaînent les autres et qui, cependant, les détermine toutes. La mer d'airain fait aussi penser aux eaux primordiales et vierges sur lesquelles vint se poser l'Esprit divin, pour les féconder, et engendrer ainsi toute forme de vie et d'existence ultérieure. La purification est l'étape initiale et nécessaire au-delà de laquelle toute entreprise sera agréable au Grand Architecte de l'Univers (abandon des métaux, des préjugés, fuite devant les vices...ne pas médire.).
Celui qui s'y plonge est affranchi de toute souillure terrestre, il retourne aux sources vives et peut communiquer sensiblement avec les plans supérieurs.
Aussi ai-je placé cette mer d'airain sur la ligne charnière donnant accès aux plans supérieurs de l'âme et de l'esprit.
Notons aussi que la mer repose sur 4 x 3 bœufs (symbole des forces fructifiantes) et qu'il y a également 12 portes permettant de passer de la cour des Gentils à la cour des Israélites. C'est maintenant, après les ablutions, que l'initié va faire fructifier le dépôt sacré qui lui fut confié. Le baptême d'eau préfigure le baptême en esprit et le précède...

LE CHANDELIER D'OR A SEPT BRANCHES

Le chandelier fait allusion à l'activité créatrice de Dieu durant 6 jours, puis au repos du 7e jour, quand tout était juste et parfait. Malgré les 7 branches, malgré la diversité des aspects, c'est la même lumière qui rayonne, c'est l'expression de l'unité dans la multiplicité des formes et dans la diversité des manifestations.
Lumière est ici synonyme de Vérité.
La lumière luit dans les ténèbres, symbole de la présence divine.
C'est le feu du chandelier qui rappelle aussi l'embrasement miraculeux de l'holo-causte sur l'autel, signe visible de la réconciliation du peuple avec Dieu.
Ce feu sacré avait été caché lors de la destruction du premier Temple, caché mais conservé, puis réinstallé dans le Temple de Zorobabel, du côté gauche. Comment ne pas penser alors à notre Dieu immanent, conservé dans notre "côté gauche", au centre de notre cœur et dont la lumière, malgré nos chutes successives, nos errements et nos faiblesses, continue pour autant à briller secrètement !
Le chandelier à 7 branches répète le nombre de la lumière supérieure (celle du St.Esprit) qui éclaire et vivifie le sanctuaire mystérieux, le siège de sa gloire... le cœur de l'homme.
Sept symbolise le plan, le but idéal vers lequel s'organisent les forces et tendent les évolutions; c'est le nombre de la plénitude.

LA TABLE DES PAINS DE PROPOSITION

D'après la Loi de Moïse, on déposait 12 pains, chaque semaine, au nom des 12 tribus d'Israël, dans le Sanctuaire. Seuls les prêtres avaient le droit de toucher ces offrandes propitiatoires.
Ce pain préfigure la manne céleste, le pain de Vérité, le pain que Jésus rompra le jour de la Cène et qu'Il partagera avec ses disciples en leur disant: ceci est mon corps.
Selon ce sens, le pain représente l'invisible cause de tout.
Dans le temple de Zorobabel, le pain servait de "véhicule" par lequel la bénédiction divine était communiquée au peuple. Ce pain d'offrande était placé devant la face de Jéhovah, et, séjournant dans le Sanctuaire, il se sacralisait; aussi, seuls les prêtres pouvaient-ils le consommer.
Ce rôle premier fut renforcé par l'institution christique de l'Eucharistie et depuis il est permis de penser que le Christ est réellement présent dans l'hostie consacrée. Mais cet aspect mérite un développement qu'il n'est pas utile d'aborder maintenant.
Les douze pains sont rangés 6 par 6, pour nous peindre les deux lois sénaires, sources de toutes les choses intellectuelles et temporelles. La loi du sénaire est manifestée dans le rapport du rayon à la circonférence et c'est un nombre de 6 actions réunies qui a concouru à la corporisation matérielle de l'univers (les 6 jours); que par conséquent ce nombre de 6 doit diriger toutes les choses sensibles comme par exemple il dirige tout ce qui est relatif au temps: 1h = 60 mn, 1 mn = 60s, 4 périodes de 6 heures durant une journée...
Les pains de présentation sont des "objets sensibles", touchant nos sens, symbolisant tout ce que la terre peut produire de mieux, nourriture essentielle et indispensable. Ce seront donc les vertus les plus élevées, les bénédictions les plus hautes qui se manifesteront "dans" et "par" ces pains. Dans les pains se produira l'union entre ce qui vient d'en-haut (bénédictions de l'Éternel) et ce qui vient d'en-bas (offrandes des hommes, pures et vitales).
Voilà peut-être un sens se rapportant aux deux triangles qui s'entrelacent dans le Sceau de Salomon.

L'AUTEL DES PARFUMS
La fumée d'encens est un puissant moyen de purification. L'encens est le symbole du culte des vertus actives, des prières vraies, le parfum des actes sans cesse faits pour Dieu sans y songer même.
L'encens élève l'état de conscience de l'homme vers les plans de l'intuition et procure à celui qui sait prier dans de telles circonstances, une indescriptible paix intérieure.
L'autel des parfums était "cubique long" et recouvert d'or pour accentuer la pureté et l'inaltérabilité du parfum.

LE TÉTRAGRAMME SACRÉ
Ce sujet, déjà abordé au début de cet exposé, mérite une étude particulière dépassant le cadre de cette planche. Je renvois à l'excellent travail fait par une de nos Sœurs, M.B., et qui figure dans le Bulletin de Liaison N° 4 de l'O.M.L. ainsi qu'à un extrait de l'œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin intitulé « A propos du NOM sacré » paru dans le Bulletin N° 7.

L'ARCHE D'ALLIANCE
De même que le grade de Maître Écossais de Saint-André est un grade pivot autour duquel s'articulent l'Ancien et le Nouveau Testament, de même, me semble-t-il, le Nom sacré IEOVAH, est le pivot qui permet de basculer du Sanctuaire dans le Saint des Saints, où se trouve précisément l'arche au-dessus de laquelle se tient l'Éternel.
La connaissance du NOM sacré et de sa prononciation permet d'accéder, par la troisième naissance, au monde divin, d'être reçu "dans le Ciel" en présence de l'Éternel.
L'arche est le tabernacle des Vérités révélées, le dépôt de toutes les ordonnances que le peuple devait observer. Grâce à la conformité de la réalisation de l'arche, l'homme peut y trouver le modèle de sa gloire ancienne et de ses connaissances primitives. L'arche servait "d'organe" aux vertus supérieures qui y descendaient
Dans Exode XXV, 22, nous lisons: « C'est là que je me rencontrerai avec toi. Du haut du propitiatoire (couvercle de l'arche), entre les deux chérubins placés sur l'arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d'Israël. »
Là, donc, où est l'arche, là aussi est Élohim.

CONCLUSION
Notre visite nous trace un chemine-ment indispensable dans la carrière de notre régénération spirituelle et il est indispensable d'en parcourir toutes les étapes. Il s'agit pour nous de réédifier mystiquement le temple intérieur et de relever les ornements dans le sanctuaire de notre cœur. Il s'agit, en l'occurrence, de purifier nos désirs, nos sentiments, nos idées, nos aspirations et de les élever gratuitement, en don à l'Éternel.
Pour parvenir au Paradis, au Saint des Saints, en ce lieu où coulent le miel et le lait, que de sacrifices sont nécessaires ! Il faut sacrifier nos penchants, brûler nos passions et nos préjugés sur l'autel des holocaustes, enterrer notre orgueil, fuir la paresse et, à chaque fois, il nous faudra plonger dans l'eau purificatrice de la mer d'airain, nous laver de tout ce qui dégrade, qui avilit… Ensuite seulement notre esprit nourri par les pains sacrés peut pénétrer dans un monde supérieur, c'est-à-dire passer le voile tendu à l'entrée du tabernacle et bénéficier des secours nouveaux qui s'y trouvent, accéder en somme à un nouvel état spirituel, sur-naturel. Le but ultime est d'approcher de l'arche sainte, d'entrer en contact avec la « lueur » de l'Esprit et se laisser transfigurer.

Source : www.ledifice.net

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Published by JBW - dans Planches
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 06:04

Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-Maçons par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même role. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son age, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = age + heure / Fermeture = heure pour le 1er...A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\.
Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer.
Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde,nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE,c'est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à « intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbre et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette ré-activation, cette ré-actualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécéssiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est interessant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde celeste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'age, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relache au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demie nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilté de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-Maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-Maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'age invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiales j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait,tel un enfant, décalé,« qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon age = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédo-psychiatres parce que, disent-ils, c'est l'age où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer,et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement...Et là on se demande quel age peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans aprés quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amenera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment aprés l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inéxorablement sur un chemin et le temps qui passe,c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambuis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux.c'est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre éxistence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'aprés. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie,on est obligés de répondre : éprouvez moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa...Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.

J'ai dit,

Source : www.ledifice.net

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Published by G\ O\ - dans Planches
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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 05:59

Le profane est dans un état « amorphe ». Par définition ce mot désigne qui n’a pas de forme apparente ou une structure bien déterminée. Une âme sans structure ne peut que vivre dans la confusion. Le profane qui vit dans le chaos intérieur est de ce fait, dans un statisme qui le prive substantiellement de toute ambition spirituelle. Le profane est entouré par les ténèbres ou, comme on dit couramment, il est dans le noir. Le mot noir provient du latin « Niger ». Le noir est la sensation produite par l’absence, voire par l’absorption complète de tous les rayons lumineux. Cette perception peut être élargie à tous les objets produisant la même réaction. Le noir se caractérise essentiellement comme une absence de lumière empêchant les couleurs d’apparaître dans leur tonalité visible. On dit généralement qu’être dans le noir équivaut à être dans l’obscurité et donc à ne rien comprendre. Néanmoins, lorsque dans le domaine des arts graphiques on veut produire du noir très dense, on doit lui ajouter trente à quarante pour cent de bleu. En effet, ajouter du noir au noir le « salirait » en le laissant toujours plus gris que noir. Dans la nature, la nuit n’est jamais noire. Ce qui laisse présager de bons auspices. Dans le monde profane le noir est souvent symbole de deuil et de détresse. Il peut évoquer le pessimisme et la peur ou alors, plus couramment, il est directement lié à la tristesse. De cela, toutes les expressions passées dans le langage populaire. Ci après, à titre d’exemple, quelques-unes des citations parmi les plus répandues : se mettre dans une colère noire, être la bête noire, être dans le désespoir le plus noir, se faire un sang d’encre noire, avoir les idées noires, ou encore, se trouver dans la misère noire, être sur la liste noire, travailler au noir, etc. Malgré cela, dans le monde profane le noir offre également un autre visage décidemment plus positif. Ceci, sans pourtant exprimer de sentiments passionnés. Au contraire, le noir s’impose avec pureté et sobriété. De ce qui précède, il est loisible de constater que le noir est directement associé à la dignité et à l’autorité, celui des juges et des arbitres par exemple, mais aussi à l’austérité et à la frugalité ou encore à l’élégance et au raffinement. Dans l’Égypte ancien, le noir avait une symbolique positive. Dans la langue des pharaons, le verbe « kem », qui provient du mot « noir » veut dire : mener à bien, s’élever à, accomplir mais le mot « kem » veut dire aussi : complet, parfait, obligation, devoir. Dans la Loge, les Apprentis siègent au septentrion et les Compagnons au midi. Les Maîtres sur l’une ou l’autre colonne pour éclairer et guider les frères Apprentis et Compagnons moins expérimentés. La partie la moins lumineuse est métaphoriquement affectée au septentrion. En effet, l’Initié qui vient de sortir des ténèbres représente inéluctablement le membre le moins éclairé et le moins érudit de l’Institution Maçonnique. De ce fait, il évoque la pierre brute qui nécessite considérablement de travail, soutien et réconfort. L’Initié pour émerger du noir doit travailler avec assiduité et constance et ceci d’une part, pour mériter la confiance et l’amour fraternel qu’on lui a accordé et d’autre part, pour rechercher la paix, l’harmonie et l’équilibre entre lui-même, son corps et son âme. Ce qui au fur et à mesure édifiera les efforts produits et gratifiera son travail. Tous les Initiés avant de commencer leur aventure, étaient métaphoriquement dans le noir. Les initiations se confèrent la nuit car tout ce qui se rapporte à la génération de la vie nouvelle se produit dans le noir. Pour les nouveaux frères le noir représente le point de départ. A ce propos, il me semble utile de rappeler que Jésus est né à minuit, au cœur symbolique de la nuit, au plus profond de l’obscurité. L’Apprenti ne peut qu’associer le noir à l’inconnu, et je dirais, à ce qui est dissimulé à ses yeux ou tout simplement, à ce qu’il n’arrive pas encore à voir et plus précisément pas encore à comprendre ou à interpréter, car la cécité qui engendre le noir tout autour de lui, est substantiellement intérieure.

L’Apprenti n’est tout simplement pas prêt.

Aussi, j’affirme sans hésitation que nous sommes et nous resterons toujours apprentis car nous aurons toujours quelques choses à découvrir et à apprendre et ceci indépendamment du statut de chacun, des études effectuées, des expériences vécues ainsi que de l’intelligence et volonté propre à chacun de nous. Pour revenir au fil conducteur de mon travail, dans la Loge les Luminaires : le Soleil et la Lune, se trouvent à l’Orient derrière le plateau du Vénérable Maître. Dans une optique cartésienne on pourrait s’attendre à voir le Soleil disposé à l’Orient et la Lune positionnée à l’Occident. En revanche, selon l’esprit de l’Univers de la symbolique de la Loge, il prédomine une cohérence spirituelle qui nous amène à rechercher une sensation d’harmonie intérieure. Ce que la logique du monde profane ne pouvait pas nous apporter. Dans les rites anciens, on retient trois grandes Lumières : la Bible, l’Equerre et le Compas et trois petites Lumières : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune. Dans les Rites modernes, c’est précisément le contraire. Il est utile de rappeler que le Rite Emulation, tel que témoigné par la documentation concernée, qui remonte au 27 novembre 1823, est parmi les Rites les plus anciens.

Au Rite Emulation, le Soleil se trouve à gauche tandis que la Lune se trouve à droite.

La position du Soleil et de La Lune peut varier d’un Rite à l’autre. Les explications trouvent leurs origines dans l’influence que la foi a pu exercer dans le temps, sur les différents Rites. Ce qui explique aussi les diversifications qui existent entre les anciens et les nouveaux rites et plus en général, entre un Rite et l’autre. La première vision de tout Initié qui entre dans la Loge, est celle du Soleil et de la Lune qui encadrent le Vénérable Maître. A ce moment donné, le Soleil et la Lune expriment un concept qui dépasse l’Initié. Ceci, d’autant plus que son attention est littéralement captivé par le Vénérable Maître qui s’impose pendant toute la durée de la cérémonie d’initiation. Par la suite, l’Apprenti réalisera que le Vénérable Maître imprimera la cadence des toutes les tenues régulières auxquelles il aura la possibilité d’assister. Le Vénérable Maître ouvre la Loge et dirige les travaux. Dans la Loge on travaille symboliquement de midi, quand le Soleil est au zénith, jusqu’à minuit, quand le Soleil est au Nadir. Le travail est donc placé sous la lumière descendante. De ce qui précède, le début des travaux coïncide avec le midi, quand la lumière est à son maximum d’intensité, tandis que la fin des travaux corresponde à minuit, quand la Lune reflète la lumière solaire. Le Soleil actif et la Lune passive, marquent ainsi l’opposition permanente qui les caractérise. Toutefois, lumière et obscurité vont de pair sans s’opposer. Au contraire, leurs qualités propres s’ajoutent et se complètent et contribuent à la transformation progressive du jeune Initié mais aussi de tous les Maçons. Ceci, selon un processus alchimique qui vise à obtenir, comme déjà énoncé ci-avant, la juste harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Le Soleil, générateur de lumière, est l’emblème de l’énergie mais aussi de l’intellect et de la raison et il éclaire les esprits. Le Soleil désigne par excellence la composante masculine et représente l’élément feu. La Lune symbolise la compréhension et la tolérance propres à la féminité. C’est la figure maternelle qui se révèle avec son mouvement croissant et décroissant qui régularise les rythmes naturels. La Lune représente l’élément eau. Le Soleil et la Lune représentent donc l’alternance d’ondées et d’éclaircies, d’équilibre et d’instabilité, d’activité et de repos, de blanc et de noir. En définitive, la dialectique de l’opposé à laquelle nous sommes confrontés au quotidien. La Lune en tant que Luminaire, est le reflet du Soleil et comme lui est significative de santé. La Lune atteint sa plénitude à l’opposition du Soleil. Elle se lève quand lui se couche et, pendant toute la nuit, elle sert de relais. Elle ne subit pas la lumière radieuse et éblouissante du Soleil. Elle la prend pour la rediffuser successivement mais en la dosant judicieusement. La Lune n’a pas un rôle secondaire. Les deux Luminaires sont complémentaires et si l’un domine le jour, l’autre règle la nuit. Ensemble ils évoquent la mort et la résurrection et accompagnent de manière indissociable le chemin de tous les Frères. Pour les Egyptiens l’Orient représentait le monde des vivants tandis que l’occident représentait le monde des morts. Aussi, ils croyaient que le Soleil allait se régénérer pendant la nuit. Les Egyptiens vénéraient plusieurs dieux. Parmi les plus connus, il y avait le dieu Râ ou dieu Soleil qui était indiscutablement le plus important. Plus récemment, nous constatons que l’empire Inca était très structuré et bureaucratisé, et que leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. La civilisation Inca, qui a connu son apogée au 15ème siècle, vouait un culte au Soleil. Leur empereur, appelé « Inca », était considéré comme le fils du Soleil. Aussi, nous noterons que le culte de « sol invictus » l’invincible Soleil, devint très répandu dans le Rome ancien. La popularité du culte du Soleil influencera successivement l’adoption chrétienne de plusieurs pratiques, dont celle du Dimanche. Les Indiens d’Amérique, peuple qui s’est distingué pour les pratiques ésotériques, dont les connaissances se transmettaient de bouche à oreille, attribuaient au Soleil et à la Lune une valeur symbolique qui influençait significativement leur quotidien. J’ai toujours éprouvé une forte fascination pour ce peuple et actuellement, je ne peux pas dissimuler mon émerveillement face à certaines affinités, puisque je suppose que la Maçonnerie est la dernière institution du monde occidental qui préserve et pratique des procédés traditionnelles. Une tradition conçue comme la transmission d’une influence spirituelle strictement liée à un rituel. C’est pour cela que la tradition initiatique n’est pas comprise ni parfois acceptée par le monde profane.

La tradition initiatique ne laisse pas de traces écrites !

Il est notoire que l’absence de Soleil, notamment en ce qui concerne son influence sur la température, empêcherait toute forme de vie. Toutefois, si l’on minimise le problème de la température, pas de soleil, cela voudrait dire, pas de saison et en conséquence pas de synthèse de la chlorophylle pour les plantes qui viendraient à disparaitre. Il est évident que sans la végétation il n’y aurait plus d’herbivores et donc pas de carnivores…et tout s’écroulerait inexorablement comme un château de cartes. L’homme subit lui aussi, de manière directe, l’influence du Soleil. Selon des études scientifiques, le comportement des humains est commandé par la « physiologie ». Cette science étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants ainsi que les interactions entre un organisme vivant et son environnement. Le Soleil exerce un effet direct sur une parte de notre chimie corporelle et notamment en ce qui concerne la quantité d’albumine dans le sérum sanguin. L’albumine est essentielle pour le maintien de la pression oncotique indispensable à la bonne répartition des liquides entre les vaisseaux sanguins et les tissus. Après m’être attardé sur le Soleil, je suis assez impatient d’approfondir l’autre Luminaire qui surplombe la colonne du sud, celle des compagnons, la Lune. En « Sanskrit » la Lune se nomme « Mas ». J’aimerais attirer l’attention sur le fait qu’il faut considérer le « Sanskrit » non comme la langue d'un peuple, mais comme une langue de culture qui a toujours été l'apanage d'une élite sociale, du moins depuis l'Antiquité. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme la langue qui véhicule la culture. Une déesse, « Mena » représentait la vitalité et la jeunesse ainsi que la défense face à l’adversité. Aussi elle incarnait la Déesse de la période de règles des femmes et par conséquent celle de la fécondité, de la gestation et de la transformation. La racine « ME » qui se retrouve aussi en Europe, signifie mesurer mais aussi milieu ou encore atteindre pleinement. Dans la Loge, la Lune est symbolisée par un croissant de cinq jours en plein progression. Je me compare à elle car moi aussi, je suis dans une phase de développement progressif. En ce qui concerne la Lune, elle ne possède pas sa propre lumière mais reflète la lumière du Soleil. Je dirais comme moi que je m’exprime encore très souvent à travers les paroles des Frères plus expérimentés. Les phases de la Lune se perpétuent de manière immuable. De mon côté, je cherche perpétuellement, à travers un travail de perfectionnement, à m’améliorer. Le cycle croissant de la Lune culmine avec le cercle parfait, qui nous subjugue, mais aussitôt elle replonge dans l’obscurité. Je suis captivé par ce phénomène parce que pour moi représente l’exhortation à continuer à travailler ainsi qu’à me remettre toujours en cause.

La Lune n’est pas passive et d’ailleurs, comment j’aurais pu avoir des doutes !

La Lune influence les semailles et les récoltes mais influence également les marées. La Lune a une influence aussi sur les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Et d’autre part, la phase lunaire dure vingt-huit jours. Exactement comme le cycle menstruel de la femme. Encore plus extraordinaire est le fait que c’est en correspondance de la pleine-lune qu’on enregistre dans le monde entier, sans aucune distinction, le taux le plus élevé de naissances. De même, pour les animaux. Enfin, la Lune influence notre psychisme et donc notre santé. La Lune régit tout ce qui est liquide et notre corps est en majorité composé d’eau. De ce fait, certaines pathologies humaines sont plus ou moins fortes selon la période du cycle lunaire. Je regarde la Lune, et ceci, aussi bien en dehors qu’à l’intérieur de la Loge, et je suis de plus en plus respectueux envers elle. Elle ne m’assèche pas, elle ne m’opprime pas. La Lune propage sa lumière sagement, afin de m’obliger à ouvrir les yeux et à scruter attentivement tout ce qui m’entoure. Tout ce que dans le passé, même s’il était devant moi, je n’arrivais pas ni à entrevoir ni à percevoir. Tout ce qui à cause de mon aveuglement intérieur, me laissait froidement insensible. Et cette illumination qu’on peut recevoir n’est pas un bien matériel. Elle appartient au bien spirituel et le bien spirituel n’appartient pas au temps. Le bien spirituel consiste à se laisser inonder par la lumière et redécouvrir les montagnes, les océans, le firmament, la flore, la faune et, d’une manière générale, tout ce qui nous entoure et pressentir que tout est ou pourrait être envahi de lumière. Aussi, je constate que les deux lumières nous donnent un message clair. Le Soleil se trouve devant la colonne « B » que signifie « en f… » et la Lune devant la colonne « J » que signifie « é… ». Les deux Luminaires associés aux colonnes respectives, symbolisent deux forces qui agissent en synergies. La première représente la puissance qui illumine pour la première fois l’Initié et la deuxième la réception durable de cette Lumière et fondamentalement de ce qu’elle incarne. Juste avant la fin de mon travail mes Frères Compagnons, je me suis posé une question : Pourquoi la Lune, qui se caractérise pour ses phases, ascendantes et décroissantes, dans la Loge ne change pas ? Après réflexion j’ai trouvé une réponse.

Ma réponse !

Et alors mes chers Frères Compagnon j’aimerais vous retourner la question : « pourquoi selon vous dans la Loge la Lune ne change pas ? » De mon côté j’ai eu une intuition et je pense, au moins pour le moment car la pierre que je suis est constamment en évolution, d’avoir identifié la raison. Cependant, dans le respect du serment solennel que j’ai prêté lors de mon initiation, je ne révélerai jamais ce que je découvre dans la Loge ou pendant mon travail maçonnique en général. Je m’engage à garder en moi et pour moi tout secret, parce que je suis profondément et sincèrement convaincu qu’il doit rester soigneusement celé pour le bien de la Maçonnerie ainsi que pour préserver ma paix intérieure. Aussi, je suis persuadé que les secrets maçonniques resteront un mystère pour ceux qui n’ont pas reçu la lumière, et, ceci, même s’ils considèrent en avoir saisi l’essence. Chaque secret recèle en toute probabilité un ou plusieurs secrets plus profonds et intimes qui amènent à la lumière et donc à la connaissance. Ceci dit, le secret maçonnique je le garderai jalousement dans le plus profond de mon âme. Je ne violerai jamais ma promesse, car ce don qu’on m’a confié, le secret que j’ai décelé ou que je découvrirai, je l’emporterai avec moi dans la tombe !D’autre part, peut être que mon interprétation ne coïncide pas avec vos opinions. Ou alors, seulement partiellement. Peu importe mes Frères, nous sommes tous différents mais c’est notre diversité qui fait notre force car ce qui compte réellement sont les valeurs que nous partageons. Et dans la Loge, peu importe la religion, la politique, le travail, les revenus, la voiture qui nous amène, la montre qu’on porte ou le téléphone qu’on utilise. Ce qui compte en réalité est ce que notre esprit ressent dans le plus profond de notre conscience morale et moi je suis persuadé, que nos sentiments pourraient différer sensiblement de l’un à l’autre, sans pourtant diverger radicalement.Toutefois, ce qui pour moi est encore plus remarquable, c’est que dans la Loge j’ai la certitude que je vous montrerai toujours mon vrais visage et vous le votre…et que je pourrai toujours compter sur vous et vous sur moi, mes Frères.

Source : www.ledifice.net

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 10:08

   

Courbez la tête, cette porte est très basse: par cette première parole, adressée au novice, la cérémonie d’initiation se place d’emblée sous le signe de l’inflexion. Le grand expert fait ressortir l’impétrant, le confronte avec le premier élément, puis le ramène.

Courbez-vous cette porte est très basse. Le myste vient de vivre l’épreuve de la Terre. Il lui est rappelé qu’il en est le fils (il en vient, il y retournera). Et à ce fils de la Terre (humus en latin) il est demandé de montrer de l’ humilité par son inclination.

Le néophyte entend: « Courbez-vous, cette porte est très basse ». Hésitera-t-il? Peut-il douter que l’entre-deux par lequel il doit passer pour franchir le seuil ne soit pas ce qu’on lui dit ? Depuis son obscurité, le récipiendaire fait confiance à la parole dans la lumière. Alors il se baisse, par acceptation que la porte soit basse; en réalité ou symboliquement.

C’est CELA l’humilité, se baisser non pour se faire petit, mais pour faire confiance à l’autre; pour laisser place à la parole d’un autre qui sait mieux, qui guide, qui indique, qui dit. C’est l’humilitas selon Spinoza et non la micropsuchia (se minimiser) d’Aristote.

L’humilité n’est pas le mépris de soi, mais une connaissance de soi et une re-connaissance de l’autre.

En se baissant le futur maç\ rend sensible sa confiance sous forme d’un acte qui n’est pas obéissance mais entendement et compréhension. Il se met en relation avec une forme du monde qui l’environne; il s’y adapte, il tient compte de ce qui lui est extérieur en se modifiant pour se conformer à une unité harmonique.

L’humilité est ainsi une conscience extrême de ses limites.

Je suis trop grand pour une porte plus basse que moi, ce n’est pas la porte que j’agrandis, car je ne le peux, c’est moi que je diminue pour me placer avec juste mesure dans l’espace que je traverse.

Ainsi l’humilité vécue par le profane n’est pas une humiliation. C’est une épreuve de savoir-faire par une réponse de réalité adaptée à une parole qui ne commande pas mais recommande. Baissez-vous, la porte est basse et si je me baisse pour passer il y a alors une relation de qualité, de sujet à sujet, qui échange des informations constructives. Il est indiqué que la porte est basse. Une raison est donnée qui explique pourquoi il faut se baisser, il s’agit de pouvoir passer sans se faire mal.

Et le récipiendaire qui vient juste de se baisser, pour toucher la terre, répète son mouvement pour avancer. Il se protège en se rapprochant de l’humus et se présente ainsi dans une position fœtale pour aller vers sa renaissance.

Baissez-vous, c’est comme l’invitation à naître, à se baisser pour vivre debout; baissez-vous cela s’entend, en ce temps initial, comme une indication du moment à renaître. Allez maintenant, sortez de la matrice obscure pour pénétrer dans la loge-mère. Franchissez cette limite au-delà de laquelle il y a votre devenir franc-maçon.

En se baissant, c’est par un changement de position que le profane passe d’une attitude rigide et droite à une autre position dans son mental. Il s’ouvre en laissant place en lui à sa renaissance. La porte basse est à vivre comme une difficulté de l’accès à un autre soi-même, comme nécessité d’une modification du récipiendaire pour parvenir à l’initiation. La porte est basse pour être le lieu de passage d’une arrivée de plus d’être qui, de ce fait, va participer de l’autre côté à la transformation du monde.

La porte basse marque l’espérance de cette possibilité d’accès à une réalité supérieure

Les rites maç\ placent au commencement de l’initiation une recommandation, celle de l’humilité qui de ce fait apparaît comme fondamentale et fondatrice du rapport entre F\et S\

La fraternité c’est avant tout de l’humilité en ce sens qu’elle fait place à l’autre dans un relatif renoncement de la dilatation naturelle de l’ego au profit de la réalité de l’autre : Humilité, synergie de Tolérance. Par l’humilité, c’est à dire en se retirant de soi pour s’ouvrir aux autres, la tolérance se dynamise.

Ce n’est plus seulement : tu penses ce que tu veux mais moi aussi et je ne change pas d’avis; c’est avec l’humilité se replacer, par un pluralisme interprétatif, dans un rapport au monde dans ce mouvement de transcendance vers l’autre qui ne signifie pas appropriation de la vérité, mais convergence vers le possible.

L’écoute de la parole de l’autre permet une mise en mouvement orientée. Il y a articulation et clarification de l’expérience temporelle. Baissez-vous la porte est basse, mais en vérité la porte n’est pas basse. Que peut-on en penser? Pour les maç\ sur les colonnes il leur est donné à voir l’inexactitude de la parole du gd\exp\ qui guide le myste. De fait, cela se passe dans le contexte d’un rite, là où ce qui est dit, comme dans un récit mythique, devient vérité apodictique: ce qui est dit fonde la vérité absolue. Il s’agit évidemment de réalités sacrées car à ce moment c’est le sacré qui est réalité. Alors la porte est vraiment basse. Le temps sacré rend l’espace sacré et cette porte basse est celle du temple érigé dans la matière cosmique sanctifiée.

Le modèle architectural de l’ouverture pour entrer dans le temple est donc une porte basse qui veut ainsi créer une rupture de niveau d’être pour parvenir dans ce nouveau monde que le maç\a choisi d’habiter.

L’humilité maçonnique est cette capacité à se plier pour pénétrer dans le temple parmi les autres. C’est savoir tailler sa pierre avec la juste mesure pour qu’elle s’assemble, pour parvenir à être parmi les hommes.

Mais c’est aussi entrer dans le temple intérieur pour s’accepter dans une recherche de soi à travers des niveaux de compréhension de plus en plus profonds.

L’humilité maç\ est un acte dans le rapport à l’autre.

Ecouter en humilité est en soi un acte complet, il sera celui du F\M\ et tout particulièrement celui de l’apprenti. Cet acte porte en lui même sa liberté parce qu’il s’agit d’œuvrer pour que le moi laisse place à la relation.

C’est l’abandon du vieil homme au profit d’une conscience attentive, c’est le renoncement de la répétition des enregistrements expérimentaux pour un temps sans cesse inaugural qui ajoute du nouveau à l’être, qui le fait avancer vers un être-autrement, un être avec les autres.

L’humilité est cette conscience d’être perfectible et la capacité de douter qui laisse de la place en soi à autre chose qu’à ses certitudes.

L’humble n’est pas un éclopé de la réussite, car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître autrui, non comme négation victimaire de soi mais comme condition héroïque où l’homme fait place à l’homme.

L’humilité est une mise en mouvement du « JE » qui fait place au « NOUS » pour l’instauration d’un juste rapport entre partenaires. L’humilité en tant que tolérance de soi avec les autres est l’indispensable manière d’être du maç\ sur laquelle se solidifie l’édification du temple.

A la fin des travaux, lorsque le “JE” est devenu le “NOUS” rituel sur lequel s’appuie le serment du retour à la vie profane "promettons de garder le silence sur nos travaux ; Nous le promettons", la porte des commencements est devenue immense.

Source : www.ledifice.net

  

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 13:27

Le travail demandé à l’instruction par le Second Surveillant, lors de notre dernière séance d’instruction porte sur le thème de la « Marche de l’Apprenti ». Je me suis de prime abord demandé par quel bout j’allais entamer ce travail avec un thème aussi sérieux et qui demande une réflexion approfondie afin de pouvoir produire une planche qui éviterait le plus possible, de faire du plagiat car à fortiori, il est difficile de parler de la marche de l’apprenti sans rechercher ce qu’en ont dit d’autres bien avant moi. Mais je vais m’efforcer et j’espère réussir, de relater mon ressenti personnel du symbolisme de la marche de l’Apprenti. La marche est le contraire de l’arrêt, de la stagnation, et se définit dans le Petit ROBERT comme l’action de marcher, de se mouvoir avec ses deux membres inférieurs que sont les pieds, soutenus par les jambes. Un dicton populaire dit qu’avant de courir, il faut savoir marcher. Mais il y a plusieurs façons de marcher et la marche en Franc-maçonnerie est toute particulière, notamment pour le grade d’Apprenti que je suis. Particulière parce qu’elle est empreinte de symbolisme et source de stress lorsqu’on arrive en retard en loge et qu’après le tuilage, il faut y procéder pour être accepté parmi les Frères réunis. La marche d’apprenti permet de « prendre le train en marche » après l’Ouverture des travaux et fait pénétrer le retardataire dans l’égrégore de la loge. En Franc-maçonnerie, « tout est symbole » et dans le rite que nous pratiquons à la Grande Loge de France en général et à la Loge D\ F\ E\ (Orient de Brazzaville) en particulier, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, les symboles sont partout. La Symbolique de la marche de l'Apprenti m’a paru être en tout premier lieu,

-un passage du chaos à l'ordonné (Ordo Ab Chao),

-du profane au sacré (du Sol du Parvis au Sol Pavé Mosaïque de la Loge),

-de la mort à la renaissance,

-de l’éparpillement à la concentration.

Cette marche de l’apprenti qui est pénible, hésitante, malhabile, m’a paru comparable à celle de l'enfant à bas âge avec ses images d'apprentissage, entrecoupée de réflexions, d’hésitations. Dans le monde profane, marcher comme le fait l’apprenti en loge, apparaîtrait comme de la folie, toujours être à l’ordre, pieds en équerre, démarrer avec le pied gauche, faire trois pas distincts d’égale distance, etc. on ne saurait marcher ainsi dans la vie courante. Ce qui nous amène à l’importance et au caractère « autre » de ce qui se passe en loge maçonnique, une marche qui constitue un secret incommunicable au profane. La gestuelle qui accompagne la marche de l’apprenti est comme suit :

1. Etre à l’Ordre, la main droite sous le menton et touchant la carotide.
2. Les pieds en Equerre, le pied gauche en avant et le talon du pied gauche touchant celui du pied droit formant avec celui-ci, un angle à 90 (on parle d’angle droit en géométrie).
3. Le sérieux du visage.
4. Le démarrage toujours de la marche par le pied gauche.
5. Trois pas distincts, d’égale distance.
6. Faire le signe pénal.

Que signifie pour moi « être à l’Ordre, la main droite sous le menton et touchant la carotide ? » Il s’agit du signe qui me rappelle le Serment que j’ai prêté sur les trois grandes lumières de la loge (Volume de la Loi Sacrée, Equerre, Compas) lors de mon initiation et qui dit que « je préfèrerais avoir la gorge tranchée plutôt que dévoiler les secrets qui m’ont été confiés au sein de la Franc-maçonnerie ». Le secret maçonnique est de l’ordre ésotérique, donc caché aux non-initiés, il n’est donc pas question pour moi de révéler à qui que ce soit qui ne sied pas avec moi dans la loge, de ce qui s’y passe, de ce qui s’y dit et de l’ambiance qui y règne. Aussi, la notion de secret maçonnique m’interdit, au travers des Devoirs maçonniques figurant dans le Mémento de l’Apprenti, de dévoiler l’appartenance à la franc-maçonnerie de quelque Frère que ce soit, libre à moi de dévoiler la mienne avec les risques d’incompréhension et les conséquences éventuelles attachées à ce manque de discrétion. « Il ne faut pas donner la nourriture des enfants aux porcs… », disait l’autre. Le Silence est d’Or lorsqu’on est franc-maçon et plus encore lorsqu’on est Apprenti ; le fameux silence qui s’est imposé à moi dès le cabinet de réflexion et qui doit me guider tout le long de mon parcours initiatique, silence qui ne veut forcément pas dire « refus de parler » ou « interdiction de parler » mais incitation à « parler intérieurement ». Lorsque je parle intérieurement, je réalise le « connais-toi toi-même » de Socrate et je tais mes passions et mes sentiments les plus vils, je me sonde, je me regarde dans le miroir pour voir ce qui est à corriger. Le silence est donc, plus un avantage pour moi qu’un handicap et à ce titre, le signe d’Ordre en est le symbole. Que signifient pour moi « Les pieds en Equerre, le pied gauche en avant et le talon du pied gauche touchant celui du pied droit formant avec celui-ci un angle à 90 (on parle d’angle droit en géométrie) ? » L’Equerre est le symbole d'égalité, de droiture, de rectitude, de morale que je dois pratiquer en tant qu’Apprenti. La droiture morale est une des Obligations du Franc-maçon que je tente à chaque instant d’être ; et à ce niveau, l’Equerre me rappelle encore la phrase qu’a prononcée le Frère Expert à la question du Vénérable Maître lors de mon initiation :

-Qui va là ?

-Un profane qui demande à être initié en franc-maçonnerie.

-Comment ose-t-il l’espérer ?

-Parce qu’il est « libre et de bonnes mœurs »

Le Franc-maçon doit être un homme libre et de bonnes mœurs, lesquelles bonnes mœurs relèvent de la Droiture morale, symbolisée par l’Equerre. Loin des dogmes religieux, les pratiques qui peuvent me nuire à moi-même et à mon entourage, telles que la débauche, l’infidélité en couple, le vol, le mensonge, l’hypocrisie, la médisance, la colère, (…) doivent être proscrites par moi-même et permettre, tant à ma progéniture qu’à tous ceux qui m’observent, de trouver un exemple de bonnes mœurs à suivre afin de trouver l’harmonie nécessaire à l’épanouissement de tous. Que signifie pour moi le « sérieux du visage » lors de la marche de l’Apprenti ? La Franc-maçonnerie est une école qui forme, non pas à l’obtention des diplômes profanes mais à l’appropriation de valeurs qui rendent l’homme meilleur pour lui-même, pour ses semblables et pour l’humanité. La démarche maçonnique est une école de vie et à ce titre, lorsque je suis sérieux lors de ma marche d’Apprenti, je m’imprègne du caractère solennel de la gestuelle, je m’imprègne de l’égrégore qui règne au sein de la loge, je reproduis une gestuelle que des siècles ont vu de multiples hommes répéter, je ne suis pas le premier à faire cette gestuelle et je ne serai pas le dernier, je dois donc être dans le présent, « je suis » dans la marche et aucune autre pensée ne doit venir déranger ce moment d’intense concentration car la perfection du geste est de rigueur en franc-maçonnerie. La mauvaise exécution de la gestuelle peut avoir des effets néfastes sur le déroulement et l’harmonie de la tenue maçonnique, il faut donc prendre cet instant avec le sérieux que cela requiert. Que signifie pour moi, le démarrage toujours de la marche par le pied gauche ? Cela serait-il juste une distinction des autres rites pour lesquelles la marche d’apprenti commence par le pied droit ? Cela serait il anodin de commencer par le pied gauche ? Serait-ce pour les tenants de la symbolique maçonnique, une façon de passer à contrecourant des préjugés et superstitions profanes ? Lesquels préjugés et superstitions ont toujours placé le côté gauche comme étant celui du mal et le côté droit celui du bien ? La Franc-maçonnerie nous inciterait-elle à marcher en commençant du pied gauche pour bafouer le prêt à penser collectif ? Ou encore, est ce parce qu’étant placé au Septentrion qui est à gauche en entrant dans la Loge, l’Apprenti que je suis est censé démarrer sa marche par le pied gauche pour s’asseoir à gauche ? En politique, on parle de la gauche comme étant le modèle social par opposition à la droite comme étant le modèle capitaliste (…), l’Apprenti serait-il incité à avoir l’esprit de gauche (le Socialisme, le Communisme, l’Ecologie, …) au lieu de celui des Républicains… ? Mais là, je m’égare peut être du sujet, tant est il que la Franc-maçonnerie proscrit, dans l’esprit de tolérance, le prosélytisme et le débat politique et prône la diversité des sensibilités. Bref, j’avoue ne pas avoir d’explication sur le pourquoi du pied gauche par rapport au pied droit mais j’ose espérer que je comprendrai au fur et à mesure que je ferai de nouveaux progrès en franc-maçonnerie. Que signifie pour moi, faire trois pas distincts, d’égale distance ? Trois pas distincts, pourquoi pas quatre (4), pourquoi pas cinq (5), pourquoi pas plus ? Cela doit bien avoir un sens ; et en cherchant et en me remémorant ce que j’ai lu et entendu, il est dit que le nombre trois est celui de l’Apprenti. Les trois pas distincts prennent donc tout leur sens :

• Il y’a trois grades en Franc-maçonnerie dite Loge bleue,

  • le grade d’Apprenti,
  • le grade de Compagnon et
  • le grade de Maître

• Au rituel d’initiation, le Vénérable Maître pose actes :

  • il crée, constitue et reçoit Apprenti Franc-maçon par trois touches.
  • sur l’Apprenti : l’épaule gauche, l’épaule droite et le Crâne de la tête.

• L’apprenti à trois ans ;
• Il y 'a trois grandes lumières en loge,

  • le Volume de la Loi Sacrée,
  • l’Equerre et
  • le Compas

• Le signe d’Ordre se pratique par trois gestuelles,

  • l’Equerre,
  • le Niveau et
  • la Perpendiculaire ;

• Trois Officiers dirigent la loge au grade d’apprenti, 5 l’éclairent, 7 la rendent juste et parfaite ; mais il en faut bien 3 pour la direction de la loge :

  • le Vénérable Maître,
  • le Premier Surveillant et
  • le Second Surveillant ;

• Les Marches pour atteindre le plateau du Vénérable Maître en loge sont au nombre de trois ;
• Le Flambeau sur le plateau du Vénérable Maître est à trois branches ;
• Sur le tableau de la loge au degré d’Apprenti, figurent trois Fenêtres : à l’Orient, au Midi et à l’Occident ;
• Les piliers de la loge sont au nombre de trois,

  • la Sagesse qui préside,
  • la Force qui soutient et
  • la Beauté qui orne ;

• Le Vénérable Maître, le Premier Surveillant et le Second Surveillant marquent l’Ouverture et la Fermeture des Travaux par trois coups de Maillet chacun ;
• Lors de l’Acclamation, le mot « Houzzé » est prononcé trois fois ;
• La batterie d’acclamation est faite trois fois ;
• La Chaîne d’Union est libérée par trois frictions de mains entrelacées ;
• Le rituel d’initiation en loge au grade d’apprenti comporte trois épreuves,

  • L’épreuve de l’Air,
  • L’épreuve de l’Eau et
  • L’épreuve du Feu ;

• Il existe trois niveaux de conscience spirituelle,

  • le niveau matériel,
  • le niveau astral et
  • le niveau mental ;

• L’homme est Tripartite,

  • Corps,
  • Ame et
  • Esprit ;

• L’univers a trois dimensions,  

  • Dimension Physique,
  • Dimension Psychique et
  • Dimension Spirituelle ;

• Trois notions caractérisent l’Homme par rapport aux autres espèces :

  • la Pensée,
  • la Parole et
  • l’Action

• Trois notions forment une aptitude ou un handicap majeur à l’Homme :

  • Voir (ou être Aveugle),
  • Entendre (ou être Sourd),
  • Parler (ou être Muet)

• Etc.

La Franc-maçonnerie m’apprend donc que le dualisme n’est pas la clé de la compréhension de l’homme et de l’univers,

• il n’est ni question de Bien et de Mal qui s’opposent,
• il n’est ni question de Bon et Méchant qui s’opposent,
• il n’est ni question de Paradis et d’Enfer en contradiction,
• il n’est ni question de Dieu et de Satan qui s’opposent,
• il n’est ni question de Blanc et Noir qui s’opposent, Etc.

Il est question du ternaire (le nombre 3) par lequel je dois voir les choses, les « Deux » mis ensemble donnent le Un et l’ensemble forment le Trois, tout comme un homme qui s’accouple avec une femme pour donner naissance à un enfant et ils forment tous une famille de trois personnes. Ce que je pense n’est qu’un complément de ce que pense l’autre, de telle sorte que nos pensées complémentaires nous rendent plus épanouis que chacun se bornant sur son opinion. Ce sont nos complémentarités et non nos différences qui doivent primer, voilà la leçon du nombre trois, enseignée à l’Apprenti Franc-maçon que je suis, du moins, ce que j’en comprends. Venons-en à la seconde partie de la marche à trois pas distincts ; l’égale distance entre les pas. Peut être est ce là juste une différenciation avec les autres rites pour lesquelles les pas peuvent ne pas être d’égale distance. L’égale distance est matérialisée dans le triangle équilatéral (côtés équidistants) par opposition aux triangles isocèles (deux côtés égaux) et rectangles (hypoténuse, côté horizontal, côté vertical). L’égale distance m’apprend que ma progression et mon épanouissement devraient se faire de manière harmonieuse et sans déséquilibre. Une sagesse populaire ne dit-elle pas justement qu’avant de courir, il faut savoir marcher ? Le nourrisson aurait-il les pieds assez agiles pour courir, sans avoir su comment les poser et marcher ? L’apprenti que je suis, ne sais donc ni lire, ni écrire, il ne sait qu’épeler et par conséquent doit s’appliquer à bien faire les trois pas, bien distincts, dans la perfection du mouvement. L’égale distance met aussi en lumière la notion d’Egalité qui fait partie de la Devise des Francs-maçons, Liberté Egalité Fraternité que nous scandons lors de l’Acclamation. L’Egalité m’apprend qu’il n’y pas de naissance supérieure ou inférieure à d’autres, que nous sommes tous nés égaux et avons les mêmes droits naturels. Que signifie pour moi, « faire le signe pénal ? » Comme je l’ai dit précédemment en parlant du signe d’Ordre, le signe Pénal vient sanctionner l’acte de se mettre à l’Ordre en répétant à chaque fois le Serment pris lors de l’Initiation, à savoir garder le Secret Maçonnique mais aussi en précisant par ce signe que je suis astreint au Silence que m’impose ma position d’Apprenti. Après ce développement, je ressors de cette planche avec le sentiment de n’avoir pas approfondi comme il le faut le thème, et avec toujours le besoin d’avoir plus d’éclaircissements et plus d’orientations de frères plus aguerris de la symbolique maçonnique car comme l’Elève qui a répondu à son professeur de philosophie à la question de savoir « Qu’est ce que le courage ? » en se levant et en sortant de la salle pendant qu’il donnait son cours en lui disant « le courage, c’est de sortir de la salle pendant que vous n’avez pas fini votre cours », je dirais qu’à la question « Qu’est ce que la marche de l’Apprenti ? », il me faut juste Me mettre à l’Ordre, les Pieds en Equerre, Marcher en faisant 3 Pas et Finir par le Signe Pénal.

Vénérable Maître, J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 06:41

Pour parler ensemble de la spiritualité et de l’humanisme et comprendre la spiritualité de l’humanisme ou l’humanisme de la spiritualité, il convient de situer l’évolution historique de la notion d’humanisme. Bien entendu a une même époque le mot humanisme n’évoquait pas les mêmes notions pour tous les philosophes, savants et politiciens, aussi j’ai, pour simplifier, retenu l’acception la plus générale pour une période donnée et quelques érudits pourraient bien y trouver matière à débat…mais ce n’est pas là l’objectif premier de notre entretien.
Chez les grecs, par exemple, l’humaniste s’incorporait à la nature et aux besoins de la cité. L’érudition construisait un citoyen humaniste éveillé à la politique et aux arts. Les qualités humanistes s’opposaient à l’homme barbare qui vie comme un animal sans comprendre les lois de la nature et n’a donc aucun moyen de choisir son comportement ni de transcender ses pulsions.
En cela l’enseignement des grandes lois d’architecturassions du monde par les humanistes helléniques est très proche du second degré maçonnique qui ouvre cette conscience particulière déjà travaillée au premier degré, sur l’harmonie possible par un effort d’éveil de la vigilance. Nous y reviendrons ultérieurement.
Pour les philosophes et les sages grecs, vivre en dehors des lois de la nature, ou en opposition à ces lois, ne peut que conduire aux chaos matériel et à la souffrance psychologique dans une agitation intellectuelle sans reperds ni axes. Cette conscience de l’ordre cosmique pouvait se construire en étudiant les lois naturelles telles que les lois de la géométrie ou de l’arithmétique pour Pythagore, les lois de la grammaire ou de la rhétorique pour Socrate, les lois des phénomènes pour les atomistes Lucrèce, Empédocle ou Démocrite. Les rites initiatiques d’Eleusis sont très proches de cette conception de la sagesse et mettaient en oeuvre les moyens d’acquérir la connaissance de l’ultime vérité.
Dès la période pré-socratique l’humanisme reconnaît à l’homme le droit de vivre dans une nature créée pour lui. L’homme est élevé au même niveau que tout ce qui vit sur terre et sa connaissance consiste surtout à s’y intégrer. Quant à la constitution de l’homme lui-même, Platon lui reconnaît trois âmes indispensables justifiant la hiérarchie naturelle de la société.
- Premièrement l’âme désirante qui a son centre au niveau du ventre, ce sont les paysans et les artisans,
- Deuxièmement l’âme courageuse qui a son centre au niveau du diaphragme, ce sont les guerriers,
- troisièmement l’âme raisonnable qui a son centre au niveau de la tête, ce sont les magistrats.
Il est à noter que cette architecturassions de l’homme reste aujourd’hui encore utilisée par les Ordres initiatiques. Nous y reviendrons. Il est intéressant de remarquer que pour Platon la justice c’est l’harmonie. C’est-à -dire que tout est juste si chacun est à sa place et conserve sa place. Vouloir changer de place notamment par la ruse ou le mensonge conduit inévitablement au désordre, constitue une faute et entraîne la maladie de l’âme et de la société. Nous sommes à la fois loin de la notion actuelle de liberté mais proche d’une certaine sagesse que personne ne se risquerait de prôner pour l’ordre sociale.
Avec Aristote il ne suffit pas d’être à sa place ou de se croire à sa place mais de penser sa place. L’intellect acquière ses lettres de noblesse et son autonomie, mais la découverte de la pensé, pour ce philosophe, c’est que les être humains sont des êtres moyens et qu’il convient d’en prendre la juste mesure. La vertu humaine n’est pas un absolu de sagesse, de cœur ou d’intelligence. Nous devons nous contenter de ce que nous sommes. L’homme doit trouver son juste niveau et sa juste place à ce niveau et n’en point souffrir, ce qui débouchera sur le stoïcisme. L’homme d’Aristote ne peut penser à l’acte pur, à la l’état pur ou à la pensée pur car il en est aveuglé de part sa propre nature. Sa vertu ne doit viser ni l’absolu ni l’égalité mais le relatif de sa destiné et de ses possibilités ; d’où par exemple la reconnaissance naturelle de l’esclavage pour les perdants aux combats. Cette notion humaniste ne fait plus du tout parti de nos conceptions. Puis l’humanisme tombe en désuétude au Moyen-Âge. Le cours de l’existence humaine est réglé par le rythme des pratiques religieuses, par la crainte du courroux céleste sur terre et dans l’au-delà, par un perpétuel face à face avec Dieu dans lequel il mesure sa fragilité et sa petitesse. Personne ne raisonne plus, tout le monde récite les sentences contenues dans les ordres religieux sans éprouver le besoin de les penser. La raison est humiliée devant la vérité divine, l’homme n’est plus rien notamment pour ceux qui usent du pouvoir.
A la Renaissance, période difficile à délimiter mais que l’on peut situer entre le XVème et le XVIème siècle, les idées bouillonnent. Institutions, croyances, systèmes de pensées sont contestés et transformés. Alors que la scolastique s’attachait avant tout aux textes, des méthodes empiriques s’élaborent, permettant d’interroger directement la nature. Il y a une volonté de retour à l’expérience en même temps qu’à la raison jusqu’alors, sauf en Grèce ancienne, limitée dans ses démarches par son accord nécessaire avec les dogmes. La raison se libère totalement et conquière le droit d’imaginer et de concevoir, le droit de construire en fonction de sa compréhension comme les initiés cherchent à libérer l’esprit des apprentis prisonnier inconscient de leur histoire. C’est l’époque où Pic de la Mirandole découvre la grandeur de son espèce, celle d’un être vivant librement dans la création grâce à sa raison.
Commence une période complexe, multiforme oů émergent des personnalités puissantes : Giodano Bruno, Erasme, Thomas More, Guillaume Budé, Rablais, Montaigne…etc. Qui nous indiquent par leur esprit combien, si nous nous libérions de notre pauvre prison par la méthode initiatique, non seulement nous n’y perdrions pas notre personnalité mais au contraire, nous pourrions prendre une dimension exceptionnelle, peut-être notre véritable dimension personnelle et universelle.
Nous assistons à cette époque à une sorte d’explosion marquée par la naissance de la science moderne qui détache l’ordre du monde du sens des valeurs ovines et abandonne la vie contemplative des cieux pour se tourner vers les grandes lois qui régissent la nature. Et surtout, l’homme a une place à part dans cette nature parce qu’il découvre que son esprit est capable de transcender la nature donc de la transformer, ne devient capable de dominer sa propre nature, de la perfectionner, de la maîtriser et de la sublimer. Par nature il faut entendre tout l’univers.
Faire ses humanités revient à privilégier la culture ancienne, grec et latine, à se cultiver, à interroger le savoir des philosophes pour devenir responsable de soi-même, politiquement, socialement ou culturellement. Etre un humaniste consiste à polir l’homme animal et à le forcer à bénéficier des bienfaits de la civilisation occidentale.
La méthode consiste à dresser l’homme sans se soucier de son particularisme ou de son individualité. Ce dressage a pour but de l’intégrer dans une société qui sert uniquement la société au profit des dirigeants. Etre un humaniste réaliste consiste à donner à manger, à couvrir et à ne point laisser physiquement souffrir. Les humanistes de cette période, sûr de leur supériorité, cherchent davantage à dresser et à conditionner l’animal corporel qu’est l’homme, plutôt qu’à développer son humanitude. On s’occupe des hommes sur la terre entière comme on s’occupe aujourd’hui des animaux à la SPA. Jamais en tout cas, l’ouverture à autrui n’est incluse dans ces donnés élémentaires.
Ainsi la lutte contre l’obscurantisme n’a pas débouché sur un homme complètement diffèrent, il y a eu déviation et l’humanisme du XVIIIème siècle laisse la société humaine insatisfaite. Peut-être parce que, si les plantes et la faune sont plongés dans la réalité mécanique du monde ou elles naissent, se développent et meurent, il y a pour l’homme une dimension autre à vivre que l’étude archéologique des textes anciens n’éveille pas. Peut-être parce que les humanistes du XVIIIème siècle voulaient, avec la franc-maçonnerie moderne, donner toute sa valeur à l’homme et que l’explosion scientifique l’a donnée à la technologie.
On apparaît petit à petit que les études physiologiques ou chimiques qui accroissent la connaissance du caractère organique de l’homme, de l’organisme animal de l’homme, ne rendent pas entièrement compte de la totalité de la nature humaine. Il existerait une essence inconnaissable, mystérieuse, un Etre profond qui ne se contente pas de savoir scientifiques ou de savoir pensé. L’homme apparaît beaucoup plus complexe et a aussi besoin d’une nourriture radicalement différente.
Le savoir nourrit l’intellect comme l’art nourrit l’affect, pour reprendre la terminologie platonicienne, mais dans quel but ? Comment ne plus être un barbare ? Par quelle vigilance peut-on éveiller la partie qui fait que l’homme n’est pas un simple animal ? Et surtout, comment vivre réellement cette spécificité humaine dans les tourmentes du quotidien ? …Nous approchons d’un questionnement spirituel, d’un humanisme spirituel.
Avec l’avènement de la psychanalyse freudienne et jungienne l’accomplissement du devoir humaniste apparaît alimenter l’ego et épanouir le moi, il donne surtout une satisfaction personnelle mais n’est pas encore proche de l’autre.
Il n’en demeure pas moins que cette forme d’humanisme, lié à la dualité et aux biens matériels, est préférable à l’indifférence. Même si elle ne conduit pas à l’évolution humaine elle conduit à l’amélioration des lois qui régissent la société.
C’est à ce moment là que commence un mouvement philosophique mener par Emmanuel Levinas et Martin Heidegger qui conduira à une notion moderne de l’humanisme et qui deviendra probablement l’enjeu de la société du XXIème siècle. Elle sera peut-être l’aboutissement des connaissances profondes véhiculées par les Ordres Initiatiques depuis l’aube de l’humanité et qu’en dehors des sages initiés personne n’était prêt à appliquer. L’humanisme moderne tient dans la relation avec autrui, la relation désintéressée avec l’humanité considérée comme un autre soi-même. C’est la véritable fraternité vécue comme une manière de reconnaître et de saluer l’autre, une manière de répondre à la présence de l’autre sans crainte pour soi-même.
Cette perspective idéaliste de l’humanisme oů les autres sont perçus comme un autre moi-même sous entend un développement de notre être intérieur qui ferait de nous des hommes capables d’un contact de cœur à cœur, d’une fusion totale avec les autres en dehors de toute emprise de l’ego sur nos comportements conscients ou inconscients, en dehors de toute emprise de nos peurs et de nos désirs sur nos comportements relationnels. Est-ce réaliste ? Non si on considère l’homme barbare agissant instinctivement comme un animal, oui si on considère que l’homme est perfectible et qu’il peut exprimer le meilleur de son humanitude, de l’inconnu qu’il est ou qu’il aspire à être.
Au lieu que l’humanisme soit une opposition entre le civilisé et le barbare et consiste en un dressage de l’homme matériel pour l’intégrer horizontalement à la nature, l’humanisme moderne considère l’état d’un homme hautement évolué pour l’intégrer verticalement dans le mystère d’un univers visible et invisible dans lequel il rejoint l’autre en temps qu’homme. L’humaniste moderne sera un homme qui a rejoint sa propre humanitude et qui est capable de l’exprimer dans sa vie quotidienne.
Reconnaître l’autre comme un autre soi-même, c’est acquérir la capacité de voir, au-delà des différences extérieures, l’identité spirituelle qui constitue toute l’espèce humaine en devenir personnelle. Toute la difficulté consiste à rejoindre notre humanitude pour raisonner, sentir et agir en homme véritable. Ce chemin entre le barbare ou l’animal et l’homme réellement homme, est le chemin initiatique Traditionnel.
Vouloir faire de l’homme, comme les profanes l’on tenté, un animal rationnel plein de savoir, revient surtout à parler d’humanisme sans libérer, comme les ordres initiatiques se le proposent, la partie de l’être essentiel qui réaliserait véritablement notre humanitude spécifique à notre espèce pour l’accomplissement de notre but. Il apparaît alors que l’humanisme n’est pas un objectif mais une conséquence de notre état. Toutefois au même titre que la fraternité l’humanisme constitue un chemin. On est humain dans ses pensées et dans ses actes ou on ne l’est pas ; entre les deux on peut tenter de le devenir avec de plus en plus d’exigence et de finesse. Etre humain ne veut pas dire que l’on accepte d’être un animal-humain mais au contraire que nous voulons faire les efforts nécessaire pour être un humain avec une dimension de vie bien spécifique à l’espèce humaine.
Déshumaniser nos actes produits le goût amer de notre propre déshumanisation au profit d’une dimension racornie et d’un état mutilé qui nous empêche de porter un regard sur notre éternité qui nous appelle aussi en l’autre.
Parce que de tout temps, depuis que l’homme existe, il n’a jamais fait de doute, pour aucune civilisation, que sous l’homme de chair et d’émotions se cache un homme d’esprit et de sentiment, un homme plus vrai que les simples apparences, toutes les civilisations : égyptienne avec le mythe d’Isis et d’Osiris, grecque avec les initiations éleusines et le mythe de Déméter et Perséphone, romaine avec les bacchanales, celle du Moyen-Age avec les initiations de métier jusqu’à la franc-maçonnerie moderne, toutes les civilisations ont laissé les traces de rites capables d’élever l’homme jusqu’à sa véritable dimension.
La correspondance que nous ressentons, en nous, entre le Haut et le Bas, ou entre l’intérieur et l’extérieur, n’est pas due à l’évolution de notre civilisation mais à notre qualité humaine identique aujourd’hui à la qualité des hommes qui tracèrent la Table d’Emeraude à l’époque de l’Egypte hellénistique.
Et c’est parce que l’homme qui nait aujourd’hui, nait identique dans ses structures, à celui d’hier, que la science initiatique d’hier peut permettre aujourd’hui de vivre l’expérience extraordinaire de la dimension universelle pour peu que l’initié fasse l’effort nécessaire à opérer son perfectionnement et son éveil.
Cette rencontre intérieure avec les mystères de la vie où se découvrent les énigmes insaisissables de l’existence, intéresse aussi bien le croyant que l’incroyant et si elle demeure en dehors du champ des préoccupations des profanes qui ne cherchent, par compensation inconsciente, qu’à améliorer leur plaisir terrestre par l’accumulation d’argent et de pouvoir, elle transcende les préoccupations égotistes de l’athéisme ou de la religiosité pour pénétrer dans le domaine de l’expérience concrète de notre identité éternelle dans un univers complexe, ordonné, organisé, où l’initié trouve sa cohérence et sa place en même temps qu’il perçoit la place de chaque chose, de chaque homme et le sens ultime de la création.
Alors la franc-maçonnerie qui nous permet, ou qui permet à certains d’accomplir cette reconnexion avec l’étant ou cette métamorphose aura toujours sa raison d’être, parce que demain, comme aujourd’hui et comme hier, il y aura des hommes à soulager de leurs souffrances et d’autres à guider dans leur exigence de dépasser le mammifère qu’ils sont pour accomplir leur humaine nature prisonnière ou assassinée par le zoologique.
Nous pourrions peut-être, maintenant, voir comment la Franc-maçonnerie conduit à la plus haute spiritualité, c’est-à-dire comment elle permet d’accomplir le sens de sa vie et partant, le sens de la vie de chaque homme. Les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie étudient l’homme, non pas du point de vue de ce qu’il est, ou de ce qu’il croit être, ou encore de ce qu’il parait être ni de ce qu’il devrait paraître pour être adapté à la société, mais du point de vue de ce qu’il peut devenir, de son perfectionnement possible pour que d’une part, il soit conscient des nécessites de la vie et qu’il puisse s’y adapter en fonction de juste besoin et que, d’autre part sa vie prenne un sens universel et qu’il se sente en harmonie avec lui-même, avec la société, la famille et la nature. Cela nous rappelle bien entendu les grandes lignes de la sagesse hellénistique.
La première l’idée fondamentale de la tradition initiatique est que l’homme tel que nous le connaissons n’est pas un être accompli. Il sent par intuition ou par contact avec son inconscient profond, le désir de vivre en paix, en beauté et en amour. Il à la nostalgie d’un monde meilleur oů il pourrait exprimer librement le meilleur de lui-même mais il n’y parvient pas.
Il n’y parvient pas parce qu’il est plein d’idées fausses sur lui-même. Il ne se rend pas compte qu’il est une machine, un robot mis en marche par des influences extérieures à sa profondeur. L’homme intérieur, ce que nous sommes vraiment ne peut rien faire ne peut même pas s’exprimer car nous ne sommes pas le maître de l’homme robot.
Si nous n’admettons pas, et ne comprenons pas notre propre mécanicité, nous ne pouvons rien apprendre de plus que ce que nous sommes, nous ne pouvons pas aller plus loin et rien ne changera vraiment en nous, pour notre être et l’humanisme restera intellectuel sans que nous soyons capable de l’appliquer dans notre vie.
La deuxième idée fondamentale de l’initiation traditionnelle et donc maçonnique, est que tous les hommes pourraient évoluer s’ils le désiraient vraiment, mais leur histoire, leur éducation, leur hérédité, leur hypnotisme aux exigences matérielles, sociales et professionnelles font qu’ils n’ont pas fondamentalement envie de bouger, d’être diffèrent. Que nous n’avons pas fondamentalement envie de bouger, nous souhaitons demeurer les mêmes, avec en plus, une large pincé de bonheur. Et s’il nous arrive de vouloir que quelque chose change, nous voulons que ce soient les autres qui changent.
Là troisième idée fondamentale de la tradition initiatique est, qu’avant de devenir diffèrent et d’acquérir de nouvelles facultés, nous devons voir que nous nous attribuons déjà des facultés que nous n’avons pas et puisque nous croyons les avoir nous ne cherchons plus à les acquérir. Cette troisième idée rejoint celle de Socrate exprimée à Delphes et qui est aussi le premier pas du grade d’apprenti : connais-toi toi-même.
Nous ne connaissons pas nos limites, ni nos fonctionnements, ni nos possibilités. Nous ne connaissons même pas jusqu’à quel point nous ne nous connaissons pas.
Le degré d’apprenti s’attaque à la plus trompeuse et à la plus importante des qualités que nous nous attribuons : la conscience. Le changement initiatique chez l’apprenti, commence par un changement dans sa manière de comprendre la signification de la conscience. Il s’agit comme nous l’indique la descente dans le cabinet de réflexion de nous vivre de l’intérieur, de descendre en soi pour regarder, sentir et comprendre nos mécanismes de penser, d’émotion et de mouvement a partir d’un point de vue intérieur.
La conscience initiatique n’est pas un savoir : « j’ai prie conscience » ne veut plus dire : « j’ai réfléchi à…et j’ai maintenant conscience de… ». La nouvelle conscience en l’apprenti est une sorte très particulière d’enfin trouver à l’intérieur de moi-même, cela reste toujours le cheminement à suivre.
Un échange incessant se produit entre les influences du monde sur nous et de nous-mêmes sur le monde. L’apprenti travaille à se connaître, le compagnon, suivant l’explication du rituel d’installation, travail à connaître les lois du monde, travailler se connaître dans son monde sans que soit interrompue l’élaboration de plus en plus fiable d’une conscience intérieure référentielle. Le maître cherchera à intégrer ce qu’il « connaît » être, dans le monde qu’il a découvert. Le maître est présent non seulement en tant qu’élément zoologique isolé, mais aussi en tant qu’élément conscient de la construction du monde.
Mais la grande affaire de la maîtrise, celle qui va mener l’initié à l’éveil et au sens de la vie, c’est la prise de conscience, par l’intérieur, par le vécu, par l’expérience, par le contact directe que quelque chose t’es mort en lui, un Etre qui savait, un Etre mystérieux, qu’un véritable Maître est mort tué par ce que l’apprenti puis le compagnon ont découvert être.
Nous voyons bien que si le travail de l’apprenti n’a pas été réellement mené et si le travail du compagnon n’a pas non plus été mène avec sérieux, malgré le passage au grade de maître, celui qui a subi les cérémonies d’initiation ne sera jamais un véritable initié. Les cérémonies d’initiations n’opèrent pas de miracles, elles nous indiquent sur quoi nous devons travailler et comment le faire progressivement. Elles ne font pas le travail à notre place d’où les quantités d’initié qui sont restés profanes.
Nous nous rendons compte que s’initier n’est pas simplement vivre une cérémonie d’initiation, il s’agit là simplement d’un début qui nous révèle une méthode de travail, une progression en trente-trois étapes successives, capable, par maturation de nous donner accès à un monde diffèrent, non parasité, non réduit à nos limites relatives, nous permettant l’épanouissement d’une vie supérieure, de toucher une dimension infinie, une présence éternelle de notre individualité dans la rigueur d’une action concrète dans la vie quotidienne.
La pratique d’une éthique humaniste n’est pas un bonheur facile et béat. L’éthiques, lors d’une rencontre avec l’autre ou avec soi-même, est toujours mise à mal par un choix conflictuel entre des pulsions égotistes, un champ de souffrance ou de plaisirs et la conscience d’une activité moins avantageuse mais plus digne. L’éthiques, la dignité et l’humanisme sont des actes gratuits mais producteurs d’un sentiment d’identité avec un goût du respect et du sens de la vie.
Une conduite éthique et humaniste ne s’improvise pas dans l’urgence d’une situation sauf si un axe de liberté existe déjà. Une conduit éthique.

Source : www.ledifice.net

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Published by W\ L\ - dans Planches
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 05:10

Le travail que nous allons vous aujourd’hui et qui s’intitule, « Jacques Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint Martin :La Rencontre » a pour but de vous faire découvrire, les vies, les doctrines et les relations de trois des plus importants personnages de la Franc-Maçonnerie. Ils nous ont légué un héritage fondamental, sous forme d’écrits et de rituels. Martines de Pasqually à été le créateur de l’Ordre des Elus Coëns, Willermoz du Régime Ecossais Rectifié et Saint Martin inspira le système qui devait porter son nom, le Martinisme. Ils ont vécu tous les trois pendant les « années décisives » de la maçonnerie, le 18èmesiècle où tous les systèmes de hauts grades actuels se sont mis en place. La Providence les a fait se rencontrer en 1766 pour Pasqually et Willermoz et en 1768 pour Pasqually et Saint Martin. De 1768 à 1772, date du départ de Martines à St Domingue, leurs vies se sont croisées, l’un visitant l’autre, le troisième travaillant pour le premier.. De cette rencontre, mes Frères, il est sorti des doctrines et des systèmes, à la fois complexes et organisés.  Nous avons décidé de vous présenter Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint Martin en imaginant un débat post-mortem, où ils se présenteraient puis exposeraient leurs doctrines et enfin, sous forme d’interview croisées, ils évoqueraient leurs relations, parfois conflictuelles, mais surtout respectueuses et admiratives.

 

Mon Frère  journaliste (ALS), vous avez la parole.

 

ALS : Mes frères Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint Martin je vais tout d’abord vous demander de vous présenter.

Dom Martines à vous l’honneur.

 

MP : Merci. Mes Bien Aimés frères, je m’appelle Joachim Martines de Pasqually, je suis né en 1710 à Grenoble. Mon père était d’origine espagnole et ma mère française.

On dit ne savoir que peu de choses de ma vie. Et pourtant de culture classique, j’ai embrassé la carrière des armes en 1737. J’ai servi en Espagne en Corse et en Italie avec le grade de lieutenant. En 1754, j’ai quitté l’armée pour me consacrer entièrement à ma vie spirituelle.

Cela n’a pas été chose facile, même si l’époque s’y prêtait.

Pour terminer avec ma vie profane, j’ai épousé en 1767  Marguerite- Angélique de Colas de Saint Michel qui m’a donné deux fils dont l’un est malheureusement mort en bas âge.

Je suis parti en 1772 pour St Domingue, pour le recouvrement de la succession d’un de mes lointains parents. J’y décèderait deux plus tard avec le sentiment d’avoir accompli l’œuvre de ma vie.

 

ALS : Dom Martines, parlez nous de votre engagement maçonnique.

 

MP : en 1754, je suis arrivé à Montpellier avec une mission que je définirait ainsi : je ne suis qu’un faible instrument dont Dieu veut bien, indigne que je suis, se servir pour rappeler les hommes mes semblables à leur premier état de Maçon, afin de leur faire voire véritablement qu’ils sont réellement hommes-Dieux, étant créés à l’image et à la ressemblance de cet Etre tout-puissant. Mon père, Franc Maçon,  avait reçu de Charles Edouard Stuart, en 1738, une patente qu’il était autorisé à me transmettre. Après avoir longuement étudié la religion de mes ancêtres, la Bible et surtout l’Ancien Testament, mais aussi le Talmud et la mystique juive, j’ai décidé de créer mon Ordre maçonnique.

Pendant 20 ans, jusqu’à ma mort, je me suis entièrement consacré à la formation et au développement de cet Ordre en ouvrant des temples à Montpellier, Avignon, Marseille, Toulouse , Lyon et à Paris où je suis venu en 1767 et où j’ai initié les Frères Willermoz et Saint Martin.

 

ALS : merci Dom Martines pour cette présentation qui nous permet de mieux vous connaître, je passe la parole à Jean-Baptiste Willermoz.

 

JBW : la première chose que je voudrai faire avant de vous parler de moi est de remercier le Grand Architecte pour m’avoir fait rencontrer mon Maître Martines ici présent et pour m’avoir accordé une très longue vie..94 ans dont 74 consacrés à la Franc-Maçonnerie, j’ai eu tout le temps pour créer mon Régime et je le dois à la bienveillance de Notre Père à Tous.

Je suis né à Lyon en 1730 ; Ma vie profane et mon activité de marchand de soieries à été tout entière au service de la Franc-Maçonnerie. J’ai été initié à 20 ans. Deux ans après, je suis devenu Vénérable de ma Loge..A l’époque et pour peu que vous soyez dévoué et motivé, l’Ordre n’imposait pas les délais qu’ils vous impose aujourd’hui.. Et c’est heureux car je n’imaginais pas alors, l’ampleur de ma mission.

Jusqu’en 1772 je me consacre tout entier à la pratique des nombreux grades en vigueur à cette époque. Je fonde la Loge « La Parfaite Amitié » en 1753 et m’implique dans la Grande loge des Maîtres Réguliers de Lyon. En 1767, j’ai la chance de rencontrer Dom Martines et d’être admis dans l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers. J’ai trouvé ce que je cherchais, un enseignement profond reposant sur des bases fondamentales et des pratiques rituelliques de haut niveau. Je me souviens avoir écrit à cette époque " Quelques heureuses circonstances me procurèrent dans un de mes voyages d’être admis dans une société bien composée et peu nombreuse dont le but, qui me fut développé hors des règles ordinaires  et me séduisit. Dès lors tous les autres systèmes que je connaissais (car je ne puis juger de ceux que je ne connaissais pas) me parurent futiles et dégoûtants. C’est le seul où j’ai trouvé cette paix intérieure de l’âme, le plus précieux avantage de l’humanité relativement à son être et à son principe. " Cependant et mon Maître me pardonnera mais déjà à cette époque, je constate qu’il manque une organisation solide et efficace pour transmettre ces savoirs. Louis Claude de St Martin, après le départ de notre Maître pour St Domingue, me fait la joie et l’honneur de venir s’installer chez moi à Lyon. Nous y avons de fructueux échanges sur nos doctrines et notre vision de la Franc-Maçonnerie.

Après le départ de Dom Martines, le Grand Architecte de l’Univers m’a permis d’entendre parler d’un système intéressant et bien organisé et de contacter son fondateur  Karl von Hund.

 

INTERRUPTION DE ALS

 

Je crois que notre frère Karl von Hund est dans notre atelier..Mon Frère pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre Rite ?

 

KVH (l’invité surprise)

Mes frères résumer en quelques mots l’œuvre de toute ma vie.. Pas facile.

J’ai bâti mon système maçonnique en Allemagne entre 1751 et 1755, sur les fondations de l’Ordre du Temple ; Notre but, poursuivre l’œuvre d’Hugues de Payns et de ses chevaliers. L’Ordre du Temple n’est pas mort avec Jacques de Molay..Certes il a été dissout par la papauté, mais à resurgit au travers de la Franc-Maçonnerie. Mon grand regret est de ne pas avoir été suivi par mes frères allemands qui après m’avoir fait confiance, se sont ralliés aux idées du Frère Eques Ab Eremo, ici présent, au Convent de Wilhelmsbad, 6 ans après ma mort en 1782. Penser que qu’il n’y a qu’une filiation spirituelle entre l’Ordre du Temple et la Franc-Maçonnerie est pour moi une hérésie. Puisque vous me donnez la parole mon Frère, j’ajouterai que j’ai le sentiment d’avoir été utilisé par notre Frère Willermoz qui s’est servi de l’organisation de mon Système pour développer le Régime Ecossais Rectifié et j’avoue trouver cette attitude peu fraternelle.

 

ALS : mon Frère Jean-Baptiste..

 

JBW : je tiens à remercier mon Frère Karl von Hund. Sans lui, sans ses enseignements, sans son aide et l’appui de son envoyé, le Baron von Weiler, je n’aurai jamais pu créer les bases du Régime Ecossais Rectifié. Notre Frère Karl a su créer un système solide, complet avec des protecteurs puissants et c’est grâce à son intermédiaire que j’ai pu rentrer en contact avec eux et imposer ultérieurement mes idées à Wilhelmsbad.. Cependant sa doctrine était sa faiblesse. Penser qu’un Ordre officiellement dissout pouvait revendiquer ses richesses et ses terres était non seulement dangereux politiquement, mais sans fondement historique.

La Franc-Maçonnerie est l’héritière spirituelle de l’Ordre du temple et c’est cet héritage qui est transmis dans les rituels du Régime Ecossais Rectifié, cet héritage avec la puissance de la doctrine de Dom Martines.. Mais j’en reparlerai ultérieurement ;

 

ALS : revenons à votre parcours maçonnique.

 

JBW : après Wilhelmsbad  je me suis consacré à la rédaction et à la mise en place des rituels du RER, à son organisation et à son développement. En 1809 j’ai pu terminer la rédaction du 4èmeGrade, le Maître Ecossais de St André. A la fin de ma vie, j’ai découvert le magnétisme et le mesmérisme, en obtenant des cahiers d’instructions de l’agent inconnu. Expérience passionnante qui n’a pas été sans me rappeler les opérations théurgiques effectuées avec Dom Martines , mon Maître trop tôt disparu.

 

ALS : quelle vie !

 

LCSM : ça va être difficile d’en dire autant!

 

JBW : je reconnais là l’esprit parfois caustique de mon Frère Louis Claude !

 

LCSM : à moi donc ! Je suis né à Amboise en 1743 dans un e famille dite de petite noblesse.

Après des études de droit je devins avocat ce qui ne me passionna guère.

A 22 ans, en 1765, je suis sous-lieutenant au Régiment de Foix. La carrière des armes me laisse beaucoup de temps libre et j’en profite pour parfaire mes recherches ésotériques.. Et oui, comme Dom  Martines et Jean-Baptiste, je me suis senti très tôt attiré par la spiritualité.

La même année un de mes amis officier me fait admettre dans l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, fondé par Dom Martines. En 1768 je rencontre enfin Dom Martines et deviens son secrétaire 3 ans plus tard. Malheureusement Dom Martines part en 1772 et je retrouve bien seul. Jean-Baptiste me propose de le rejoindre à Lyon, et j’y reste deux ans. Cette période me permet de faire le point sur ma quête spirituelle et je rédige mon premier livre « Des erreurs de la Vérité ». Je remercie mon Frère Jean-Baptiste pour son amitié et son soutient, sans lui cet ouvrage n’aurait jamais pu être écrit !

Malgré tout je me suis éloigné de 'Willermoz. Le travail collectif, les complications des assemblées cérémonielles et le rigorisme des rites maçonniques auxquels Jean-Baptiste restait profondément attaché me paraissaient loin de l’initiation authentique, celle du cœur.

En 1775 , à Paris, tout en restant fidèle aux enseignements de Dom Martines, je comprends que la véritable spiritualité est interne et qu’elle n’a pas besoins des opérations théurgiques pour se manifester. Entre 1782 et 1802, j’ai beaucoup écrit et ma modestie m’empêche ici de vous donner la liste de tous mes ouvrages. Les plus connus sont cependant : Le ministère de l’Homme Esprit, l’Homme de Désir et le Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu , l’Homme et l’Univers. Je me flatte à titre purement profane, d’avoir été reçu par les plus grands et d’avoir eu les faveurs de nombreuses dames de la Cour. De nobles dames m’ont demandé en mariage mais j’ai refusé.. Liberté chérie !!

 

JBW : j’ai fait mieux, je me suis marié très vieux avec une jeune femme très jeune.. Spiritualité et sexualité, les deux colonnes de l’accomplissement , n’est-ce pas mes Frères ?!

 

MP : Mes deux disciples s’égarent !

 

ALS : Il paraîtrait même qu’on surnomma notre Frère Louis Claude, le Philosophe Inconnu.. Allusion aux Supérieurs Inconnus ?!

 

LCSM :  revenons à la maçonnerie. Elle  à cessé de m’intéresser et en 1795 j’ai demandé à être officiellement rayé de toutes les listes de l’Ordre. Trop de cérémonies et pas assez de recueillement. Après cette époque je me rapprochait de Jacob Boehme dont la spiritualité me paraissait être un complément important aux enseignements de Dom Martines.

En 1803, je décède à 60 ans d’une vie trop courte, mais qui m’a apporté beaucoup.

 

ALS : merci mes Frères pour ces présentations..

Je voudrais maintenant que vous nous parliez de vos rites et doctrines.. Je sais l’exercice est difficile car on ne résume pas en quelques mots l’œuvre de toute une vie, mais nos Frères ici présents aimeraient en savoir un peu plus sur vos quêtes maçonniques et spirituelles.

 

LCSM : pour ce qui est de la Franc-Maçonnerie même si elle a été à l’origine de ma quête, je m’en suis séparé car elle ne répondait pas suffisamment à mes exigences spirituelles.

 

ALS : parlez nous de celles –ci

 

LCSM : L'idée essentielle qui se dégage de ma pensée est celle de la réintégration finale de l'homme au sein de la divinité. Eloignons donc de nous les idées criminelles et insensées de ce néant, auquel des hommes aveugles enseignent que nous devons notre origine. N'avilissons pas notre être : il est fait pour une distinction sublime, mais elle ne peut l'être plus que son Principe ; puisque selon les simples lois physiques, les êtres ne peuvent s'élever qu'au degré d'où ils sont descendus. Et cependant ces lois cesseraient d'être vraies et universelles, si le principe de l'homme était le néant. Mais tout nous annonce assez nos rapports avec le centre même, producteur de l'universalité immatérielle, et de l'universalité corporelle, puisque tous nos efforts tendent continuellement à nous les approprier l'une et l'autre, et à en attacher toutes les vertus autour de nous. Observons encore que cette doctrine, sur l'émanation de l'être intellectuel de l'homme, s'accorde avec celle qui nous enseigne que toutes nos découvertes ne sont en quelque sorte que des réminiscences. On peut dire même que ces deux doctrines se soutiennent mutuellement : car si nous sommes émanés d'une source universelle de la vérité, aucune vérité ne doit nous paraître nouvelle ; et, réciproquement, si aucune vérité ne nous paraît nouvelle, mais que nous n'y apercevions que le souvenir ou la représentation de ce qui était caché en nous, nous devons avoir pris connaissance dans la source universelle de vérité... " On peut dire d'avance que tous les êtres créés et émanés dans la région temporelle, et l'homme par conséquent, travaillent à la même ouvre, qui est de recouvrer leur ressemblance avec leur principe, c'est-à-dire de croître sans cesse jusqu'à ce qu'ils viennent au point de produire leurs fruits, comme il a produit les siens en eux. Voilà pourquoi l'homme, ayant la réminiscence de la lumière et de la vérité, prouve qu'il est descendu du séjour de la lumière et de la vérité..."

Je dois aussi vous évoquer ce qu’est pour moi« l’homme de désir ».

D'un côté la magnificence de la destinée naturelle de l'homme est de ne pouvoir réellement et radicalement appéter par son désir que la seule chose qui puisse réellement et radicalement tout produire. Cette seule chose est le désir de Dieu ; toutes les autres choses qui entraînent l'homme, l'homme ne les appète point, il en est l'esclave ou le jouet. D'un autre côté, la magnificence de son ministère est de ne pouvoir réellement et radicalement agir que d'après l'ordre positif à lui prononcé à tout instant, comme par un maître à son serviteur, et cela par la seule autorité qui soit équitable, bonne, conséquente, efficace, et conforme à l'éternel désir. Pour moi le seul véritable Temple de l’Homme est son esprit. L'homme, découvrant la science de sa propre grandeur, apprend qu'en s'appuyant sur une base universelle, son Etre intellectuel devient le véritable Temple, que les flambeaux qui le doivent éclairer sont les lumières de la pensée qui l'environnent et le suivent partout ; que le Sacrificateur, c'est sa confiance dans l'existence nécessaire du Principe de l'ordre et de la vie ; c'est cette persuasion brillante et féconde devant qui la mort et les ténèbres disparaissent ; que les parfums et les offrandes, c'est sa prière, c'est son désir et son zèle pour le règne de l'exclusive. Unité ; que l'autel, c'est cette convention éternelle fondée sur sa propre émanation, et à laquelle Dieu et l'Homme viennent se rendre, pour y trouver l'un sa gloire et l'autre son bonheur ; en un mot que le feu destiné à la consommation des holocaustes, ce feu qui ne devait jamais s'éteindre, c'est celui de cette étincelle divine qui anime l'homme et qui, s'il eut été fidèle à sa loi primitive, l'aurait rendu à jamais comme une lampe brillante placée dans le sentier du Trône de l'Eternel, afin d'éclairer les pas de ceux qui s'en étaient éloignés ; parce qu'enfin l'homme ne doit plus douter qu'il n'avait reçu l'existence que pour être le témoignage vivant de la Lumière et de la Divinité.

Mon Maître Martines de Pasqually m’a montré  le chemin vers la Vérité . Sans lui je n’aurais pas pu comprendre ce but noble et magnifique de l’Homme qui doit retourner vers la Lumière, mais je ne pense pas que cette réintégration passe doivent obligatoirement avoir le concours des gardiens invisibles. Elle se fait à mon sens, plus par le travail que l’Homme accomplit en interne sur lui-même et c’est pour cela que l’initiation et la quête maçonnique m’ont à une époque donné le moyen de travailler à ma réintégration, même si son côté collectif et réglementé m’ont convaincu de la démarche individuelle.

Je n’ai d’ailleurs de mon vivant créé aucun système maçonnique. Après ma mort, et à l’écoute de ma spiritualité l’Ordre dit Martiniste a été construit sur 4 grades à l’instar des rites maçonniques mais en privilégiant l’initiation et la transmission individuelles.

Mes Frères, la vraie quête est individuelle. Vous seuls pouvez ouvrir vos cœurs et prier pour atteindre le but suprême : redevenir l’Image de Dieu.

 

ALS : Mon frère Jean-Baptiste êtes vous d’accord ?

 

JBW : Sur le fait que la vraie quête est celle du cœur..Oui bien sûr. Il n’empêche que je pense sincèrement que mon Frère Louis Claude se trompe quand il nie les bienfaits de l’initiation collective telle que celle pratiquée par notre Ordre.. Il ne voit pas la puissance de l’égrégore qui illumine nos cérémonies. Seul nous ne pouvons pas progresser..La chaîne d’union nous rend plus fort et développe notre spiritualité.

J’ai dés mon entrée dans l’Ordre voulu créer un système organisé et spirituel qui permettrait à nos Frères de parcourir le chemin de réintégration transmis par Dom Martines.

Pour cela j’ai pratiqué de nombreux rites, j’ai été élevé, exalté, armé à de nombreux grades. J’ai longtemps cherché et il m’a fallu la rencontre avec Dom Martines et mes contacts avec Karl von Hund pour organiser et donner un sens à ma démarche.

Avec Dom Martines, j’ai acquis des connaissances exceptionnelles. En m’inspirant du système de la Stricte Observance j’ai pu bâtir l’organisation du Régime Ecossais Rectifié.

J’ai organisé ce Rite en trois classes :

·         une classe maçonnique comprenant quatre grades symboliques : Apprenti, compagnon, maître, maître écossais de Saint-André

·         une classe chevaleresque, l'Ordre intérieur, comprenant deux grades : Ecuyer novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte

·         une classe sacerdotale secrète comprenant deux catégories : les Profès et Grands Profès.

J’ai voulu que mon système repose sur les trois grades bleus de la Franc-Maçonnerie. La chevalerie templière spirituelle étant l’Ordre Intérieur du Régime et enfin la classe secrète de la Profession dans laquelle nos Frères des classes inférieures qui en sont jugés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques. J’ai conçu le Régime Ecossais Rectifié sur les fondements de la doctrine de la réintégration de mon Maître Martines de Pasqually. J’ai voulu que la Profession prépare nos frères aux mystères des grades Coëns et plus spécialement à celui de Réau-Croix que Dom Martinez m’a fait l’honneur de me conférer. Malheureusement m’a victoire au Convent de Wilhelmsbad n’a pas été complète et j’ai du provisoirement et officiellement construire mon Régime en 6 grades, le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte en étant le point d’orgue. Mais c’est pourtant dans mes instructions secrètes aux Grand Profès que l’on trouve exposé l’intégralité de ma doctrine. Je vais maintenant vous en reparler : ..L'homme,  être  intelligent  spirituel,  est  une  émanation  directe  et  immédiate  de  la Divinité, dont il est l'image et la ressemblance-, comme elle, il pense, il veut, il agit, et son action produit des résultats. Provenant de l'essence Divine même, il participe par sa nature à toutes les vertus et puissances qui sont en elle. Nous disons seulement qu'il y participe, parce qu'il ne peut les posséder que dans un degré très inférieur à son origine et comme de simples émanations de l'infinité même de ces puissances. De l'être qui est, qui a été et qui sera, de qui est venu toute existence, l'homme tient une vie à jamais indestructible. Dans le sein de la Toute puissance, de la perfection et de l'intelligence  infinie,  il  est  né  puissant,  intelligent  et  parfait.  Nous  appelons  être parfait, puissant et intelligent, celui qui, par sa propre action d'être spirituel, opère et agit volontairement et en unité avec le Créateur, suivant toute l'étendue des facultés qu'il en a reçues. Ainsi il ne peut y avoir aucune imperfection dans l'être spirituel, qu'au moment où il cesse d'être en unité avec le Créateur et conformément à ses lois. Dès lors il cesse d'être parfait, sa volonté se trouvant opposée à la loi immuable qui le constitue. Il cesse aussi d'être puissant, puisque des bornes impénétrables le séparent des êtres sur lesquels il pouvait exercer sa puissance ; enfin il n'est plus intelligent, restant privé de toute connaissance spirituelle Divine ; c'est là ce que nous appelons un être imparfait… Ceci, mon Cher Frère doit vous donner une juste idée de l'homme dans son origine et vous faire entrevoir la cause de l'état de privation temporelle qui l'afflige aujourd'hui. Cependant quelque imparfait qu'il doive paraître à vos yeux, il n'a pas perdu tous les droits de sa nature, ni les privilèges immenses qui y sont attachés. Il a pu les affaiblir et les méconnaître, mais non pas les détruire, parce qu'ils appartiennent à son existence même. .. Nous avons dit que tous les êtres spirituels proviennent de la même source Divine, participent plus ou moins suivant leur classe aux vertus et puissances du Créateur, et que ces droits sont également indestructibles en eux, comme constituant leur propre essence. Tous sont doués de vertus et de facultés distinctes, relatives à la supériorité ou  à  l'infériorité  d'action  qui  leur  est  confiée  pour  l'accomplissement  des  Décrets immuables  de  l'Eternel.  Ainsi pour connaître la mesure des vertus et facultés dont l'homme  fut  doué  dans  son  origine,  il  faudrait  savoir  quelle  action  il  fut  chargé d'opérer  dans  cet  univers,  quelle  mission  il  dut  y  remplir,  quels  étaient  enfin  ses rapports  de  supériorité  ou  d'infériorité  avec  les  différents  agents  qui  furent  placés avec lui. Car malgré sa dégradation actuelle, cette destination fondée sur les Décrets même du Créateur n'a pu être changée ; et sans doute il reste à l'homme des moyens pour l'accomplir. L'homme fut le dernier acte et le plus parfait de la création temporelle ; il fut placé pour en diriger les agents au nom de Celui qui leur avait donné l'être ; et ce fut dans le septième jour, qui a été appelé jour de repos, qu'il reçut la preuve de sa mission et de l'étendue  de  sa  domination.  Tous  les  agents  qui  devaient  opérer  avec  Lui  dans l'espace  universel,  reçurent  aussi  un  degré  de  puissance  relatif  à  leur  mission particulière; mais l'homme en reçut la plénitude ayant été établi supérieur sur toute la Nature  spirituelle,  et  il  fut  revêtu  d'une  forme  incorruptible,  afin  de  pouvoir manifester son action sur tous les êtres en privation, qui se trouvaient assujettis à des enveloppes corporelles, et sur tous les agents de l'univers chargés de concourir, sous ses  ordres,  à  l'œuvre  qui  lui  était  confiée.  Il  était  venu  dans  l'univers  pour  être l'instrument  spécial de la justice irritée  contre les  coupables et de la clémence qui voulait les ramener. La puissance de l'homme sur tous ces êtres était si grande et si efficace qu'il en fut ébloui au point de vouloir en user, comme s'il eut été lui-même le Créateur de sa propre action. Il était fort, grand et puissant ; il se crut plus grand, plus fort et plus puissant encore; enfin il abusa d'une manière impie des dons qu'il avait reçus et il en perdit l'usage. Sa  forme  impassible  par  laquelle  il  devait  manifester  son  action  temporelle  fut changée  en un corps  matériel  corruptible avec  lequel  il  vint  ramper  sur  la surface terrestre.  Ce  corps  fut  une  barrière  impénétrable,  qui  le  sépara  de  tous  les  êtres spirituels sur qui son action pouvait s'étendre, ainsi il mourut intellectuellement, étant privé de ses droits originels et suspendus de l'emploi de ses puissances. Nous  devons,  mon  Cher  Frère  vous  expliquer  ici  en  quoi  consistait  cette  mort intellectuelle.  L'homme  avait  été  destiné  par  le  Créateur  à  manifester  toutes  les puissances divines dans cet univers, afin de glorifier l'Eternel en présence de tous les agents spirituels Divins et pour molester le principe du mal et tous ses adhérents ; par là il devait être aussi pour ces derniers un moyen efficace de réconciliation de retour à l'unité éternelle. Dans cet état glorieux, l'homme avait communication immédiate avec le Créateur, sa pensée  était  toujours  en  unité  avec  la  pensée  Divine  dans  laquelle  il  puisait continuellement  la  sienne  ;  ainsi  tous  les  actes  qui  en  résultaient  étaient  bons  et parfaits. Sa vie spirituelle consistait donc dans l'action et la réaction virtuelle qui se faisait   immédiatement   entre   lui   et   la   Divinité.   C'est   pour   cela   qu'il   mourut intellectuellement lorsqu'une forme matérielle eut mis, après son crime, des bornes impénétrables  entre  lui  et  tous  les  êtres  spirituels,  car  cette  mort  intellectuelle consistait dans la privation de toute réaction spirituelle Divine immédiate ne pouvant plus lire dans la pensée du Créateur ni dans celle d'aucun agent spirituel ; ainsi d'actif et  pensant  qu'il  était  par  nature,  il  devint  passif  et  l'emploi  de  ses  facultés  intellectuelles  fut  mis  dans  la  dépendance  des  mêmes  êtres  qu'il  dominait  auparavant. Vous ne devez point, mon Cher Frère chercher la preuve de ces tristes vérités ailleurs que dans vous-même à tous les instants de votre vie corporelle ; à tous les instants de votre  vie  corporelle,  vous  approuvez  que  vos  pensées  bonnes  ou  mauvaises  vous viennent par des voies étrangères. II est constant que l'homme actuel ne crée point ses pensées ; il ne peut ni se procurer à volonté celles qu'il cherche, ni conserver celles qu'il a, ni prévoir celles qu'il aura, ni se débarrasser de celles qui l'importunent ; quel est celui qui peut se rendre maître de la série et de la suite de ses pensées ? Qui peut dire pourquoi il n'a point les unes et pourquoi  il  est  obsédé  et  tourmenté  par  les  autres  ?  Quel  est  celui  enfin qui  peut connaître la marche de ses discours et de son intelligence ? L'homme est donc à cet égard dans une dépendance absolue et tout lui prouve que ses pensées proviennent d'une action étrangère à la sienne. Cela ne pourrait être autrement puisque l'homme corporel ne communique plus avec le centre de la pensée et de l'intelligence. Aussi il ne peut être susceptible que de deux sortes d'idées ; les unes purement sensibles sont excitées en lui par la perception des objets matériels soumis à ses sens ; les autres intellectuelles lui viennent aussi par les sens, quoiqu'elles n'aient de rapport qu'avec son intelligence, qui les juge, les adopte ou les rejette. C'est aussi par cette voie des sens qu'il éprouve l'action des deux causes opposées  dont  nous  avons  parlé.  Ainsi  toutes  les  pensées  de  l'homme  actuel  sont produites  en  lui  par  les  êtres  qui  l'environnent.  C'est  pourquoi  toutes  les  lois religieuses et humaines s'accordent à ne placer le crime que dans le consentement de sa volonté qui est aujourd'hui le seul principe d'action qui lui reste. Voilà  quelle fut  en effet la  mort  intellectuelle  de l'homme  après  son crime  ;  étant devenu purement passif dans son être pensant et intelligent, il devint encore sujet à la mort  corporelle  car  toute  forme  de  matière  doit  infailliblement  se  détruire  et  se décomposer.  L’erreur de l'homme primitif le précipita du Sanctuaire au Porche et que le seul but de l'initiation est de le faire remonter du Porche au Sanctuaire… Voilà mes Frères, ce qu’est ma doctrine.. Elle n’aurait pu exister sans les enseignements de mon Maître, Dom Martines et je voudrai profiter de l’occasion pour lui rendre hommage.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:17

Il existe un très beau symbole qui fut largement utilisé au milieu du XIXe siècle, il s'agit de la ruche. A l'image de l'abeille, le Franc-Maçon trouve toujours le chemin de la lumière, afin de travailler à produire le miel de sa vie, et à le partager en-dehors du temple. La devise que nous trouvions alors sur certains tabliers du XIXe siècle était « le travail vient à bout de tout ». Cela illustre bien la persévérance, dans l'œuvre, qui ne doit jamais s'arrêter pour édifier le Temple de l'Humanité, cette Grande Loge de l'Univers où tous les êtres seront frères. Une grande utopie qui est à l'origine de grandes avancées spirituelles et sociales dans le monde. Comme l'abeille sortant de sa ruche pour aller féconder par le travail, les fleurs de notre labeur. Dans le Livre de Mormon, l'abeille porte un nom particulier, elle s'appelle « déséret » qui est un mot utilisé par le peuple Jarédite. Si l'on s'en réfère à la tradition de ces textes anciens, ce mot serait une survivance de la langue de l'Humanité, parlé avant l'épisode de la confusion des langues, lors de la Tour de Babel. Nous citons ici le passage : Ether 2 ; 3 : Et ils emportèrent aussi déséret, ce qui, par interprétation, est une abeille ; et ainsi, ils emportèrent des essaims d'abeilles, et toutes les espèces de ce qui était à la surface du pays, des semences de toute sorte. Lorsque nous recevons la Lumière jeune impétrant, nous recevons une responsabilité, celle d'être de rester toujours digne de notre serment prêté sur le Volume de la Loi Sacré, ouvert au prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Le travail ne fait que commencer, et il durera toute une vie pour nous préparer à l'initiation suprême, que nous entrevoyons au grade de maître, par le relèvement d'Hiram du tombeau. Lorsque nous arrivons en polissant la pierre brute, et par le maniement du maillet et du ciseau, à l'aulne de la règle à 24 divisions, symbole du travail, au second degré, nous apprenons que la Franc-Maçonnerie glorifie le travail, et nous disons tous cette phrase sublime retentissant d'un seul écho Gloire au Travail. En effet, le travail éloigne de nous nombre de maux, que cela soit l'oisiveté, le fait de se sentir inutile quelquefois dans les conditions actuelles de notre société, et fait de nous des Chevaliers de l'œuvre, c'est-à-dire des Compagnons qui doivent à partir de leurs mains transformer la matière pour réaliser le chef-d'œuvre de leur vie. Ce travail qui permet d'avoir le sentiment du devoir accompli, sentiment illusoire, car le devoir n'est jamais parfaitement accompli, lorsqu'on pense que quelque chose est parfait, il y a toujours une imperfection qu'il faut corriger et ainsi, avancer vers toujours plus de travail nous permettant de nous perfectionner et de faire des compagnons de véritables Maîtres d'œuvre. Comme le montre le Livre de Mormon, le travail éloigne de nous les maux de l'oisiveté, et permets d'édifier une civilisation. Le livre d'Ether chapitre 10 versets 23 et 25 l'illustre bien :

Et ils travaillaient toutes sortes de minerais, et ils faisaient de l'or, et de l'argent, et du fer, et de l'airain, et toutes sortes de métaux ; et ils les tiraient de la terre ; c'est pourquoi, ils entassèrent d'immenses monceaux de terre pour obtenir du minerai d'or, et d'argent, et de fer, et de cuivre. Et ils firent toutes sortes de fins ouvrages…Et ils firent toutes sortes d'outils pour cultiver la terre, à la fois pour labourer et semer, pour moissonner et houer, et aussi pour battre. Le 2ème Néphi chapitre 5 verset 17 dit : Et il arriva que moi, Néphi, je fis en sorte que mon peuple fut industrieux et travaillât de ses mains.

Le travail est l'une des vertus de l'ordre maçonnique, l'Art Royal en est la couronne qui sacre chacun de nous de la satisfaction de l'œuvre accomplie, mais nous devons pas nous reposer sur nos lauriers, et continuer inlassablement à travailler à l'édification du Temple. Lorsque nous sommes exaltés à la maîtrise, nous nous trouvons au seuil d'un autre univers symbolique, un pont entre les loges bleues et la maçonnerie philosophique des Hauts Grades. Nous revivons les souffrances d'Hiram, où les trois coups assénés par les mauvais compagnons ne sont pas sans rappeler les trois condamnations contre l'honneur divin que subit le Christ lors de sa présentation devant les trois mauvais compagnons de cette scène biblique : Caïphe, Anne et Pilate, représentant le fanatisme, la superstition et l'ambition déréglée, trois vices que nous devons combattre sans relâche. Le Maître Hiram a été arrêté, (je ne dirais pas tué, car il reviendra à la vie par le signe de l'Acacia qui poussait sur son tombeau), par trois mauvais compagnons, qui étaient sous l'emprise fanatisme, de l'ignorance et de l'ambition déréglée. Qui sont les antithèses de la tolérance, de la culture et de l'humilité que doivent cultiver les francs-maçons afin de pouvoir progresser sur le chemin de l'initiation. Ces trois tares qui rabaissent la noblesse de l'esprit sont la cause, depuis que la Civilisation existe, des malheurs et des maux de la société. Comme disait Albert Einstein, il suffit juste d'une moelle épinière à celui qui aime défiler au pas de l'oie et non d'un cerveau pour penser, le fanatisme, l'ignorance et l'ambition déréglée ne nécessitent pas beaucoup de pensée, car c'est la négation même de la pensée. L'homme est alors sous la domination de ses pulsions, de la bête qui est en lui, c'est alors le renversement de l'étoile Flamboyante, qui devient alors l'image du bouc ancestral. Qui dans notre vie n'a pas rencontré ces trois mauvais compagnons, soit en face de lui, soit en lui ? Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il existe une méthode pour faire fuir ces trois mauvais compagnons de soi, c'est l'Art Royal, qui s'obtient par un travail inlassable sur soi, à l'aide de nos outils symboliques. Le travail dans le monde profane éloigne l'oisiveté et les vices, de même en Franc-maçonnerie, le travail nous permet d'avancer toujours plus dans la compréhension du symbolisme, et de nous changer petit à petit, en un homme nouveau. C'est une véritable alchimie spirituelle qui opère en nous, depuis le cabinet de Réflexion quand nous sommes face à la devise V.I.T.R.I.O.L., qui nous invite déjà, avant même d'avoir reçu l'initiation, à l'introspection. La pierre cachée des sages, se retrouve au départ de l'initiation, de la pré-initiation pour être exacte, et nous accompagne tout au long de notre cheminement. Allongés dans le tombeau d'Hiram, nous sommes prêts à renaître à la vie incorruptible, l'acacia étant l'une des rares plantes dont le bois est imputrescible, à la fois symbole d'immortalité et de pérennité en ce monde. Ce tombeau n'est pas un tombeau comme les autres, il n'est point à l'image romantique où au détour d'une ombre portée par un angelot en pleur, on s'attendrait à voir surgir un vampire de la nuit…Ce tombeau d'Hiram n'a pas de réalité physique, matérielle, il est par essence immatériel, ses dimensions sont celle du Cosmos ; du Septentrion au Midi, de l'Orient à l'Occident, du Nadir au Zénith, il est aux dimensions du cœur et de l'âme de chaque franc-maçon qui s'apprête à renaître, à être revêtu du tablier portant les lettres sacrées du Grade. C'est pourquoi le travail du Franc-Maçon ne s'arrête jamais, c'est comparable à un explorateur qui serait dans un monde inconnu, qui avancerait toujours vers l'horizon, ce dernier s'éloignant toujours pensant enfin arriver au but, tout est à refaire. Cette allégorie illustre bien l'adage que nous sommes d'éternels apprentis. Nous avons toujours quelque chose à apprendre, et la vérité, c'est que nous sommes humble face à l'océan de symboles qui est devant nous, et qui sans arrêt nous renvoie à des interrogations constructives. Nous permettant de nous améliorer toujours. Nous entendons souvent autour de nous dire « nous ne sommes que des hommes avec nos défauts », dire cela, est un constat d'échec quelque part, le travail initiatique s'est donc arrêté, l'initiation ne fait pas de nous des surhommes bien au contraire, elle nous renvoie au mystère de notre nature profonde, qui est peut être celle du petit d'homme perdu dans la forêt recherchant une sortie pour retrouver son chemin. Cette forêt inextricable c'est notre vie avec ses épreuves, le chemin, c'est notre labyrinthe qui nous permet de savoir qu'il existe autre chose que cette forme de réalité contingente. Le franc-maçon doit se tenir à son œuvre, son travail personnel, sur sa pierre brute, qui n'est toujours pas achevé sur la route des épreuves initiatiques qui parsèment son parcours maçonnique. Il crie toujours « Gloire au Travail » face à la tentation quelquefois de baisser les bras face au découragement qui peut assaillir tout adepte de l'Art, et ce cri qui retentit monte au Grand Architecte de l'Univers qui saura à nouveau inspiré son ouvrier pour continuer le chantier. Mes très chers Frères, mes Compagnons en Initiation, c'est avec joie que je me présente devant vous, afin de pouvoir continuer ce labeur, ce travail, pour que l'abeille puisse toujours travailler dans la ruche maçonnique, et produire le meilleur d'elle-même : le miel. Le miel est doux à la gorge, comme la sociabilité entre Frères. Je m'en remets dans les mains du Grand Architecte de l'Univers, afin que je sois un ouvrier qui puisse continuer à travailler sa pierre pour la plus grande gloire de l'œuvre. Le travail du franc-maçon ne s'arrête jamais, cette phrase peut également s'appliquer dans notre enseignement de répandre au-dehors l'œuvre accomplie dans le Temple. Je citerais en exemple l'éducation des enfants dans une famille, une œuvre qui ne s'arrête jamais jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de raison, afin à leur tour d'enseigner et de répandre l'œuvre accomplie au sein de la cellule familiale. Et maintenant l'abeille va retourner dans la ruche, le nectar est produit, reste maintenant l'appréciation du produit spirituel par les bâtisseurs fraternels de la ruche sous le regard bienveillant du Grand Architecte de l'Univers.

Source : www.ledifice.net

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 06:10

La recherche

EGREGORE; ce mot n'est pas dans les dictionnaires, donc il n'existe pas.
Tel est le langage communément tenu, parfois même dans nos Ateliers.
La curiosité nous a conduit à consulter les dictionnaires, grammaires, encyclopédies dont les bibliothèques fourmillent et notre effort a été récompensé par la découverte d'une explication de ce terme dans le dictionnaire général et grammatical par Napoléon Landais 5e édition 1841. Il dit :

« Egrégores: anges qui, suivant le livre d'Hénoch, épris de l'amour des femmes, s'assemblèrent sur le mont Hermon du temps du Patriarche Sared et s'engagèrent par des anathèmes à ne se séparer jamais qu'ils n'eussent pris les filles des hommes pour femmes. »
La même curiosité nous a dirigé vers les textes des écrivains symbolistes et les dictionnaires ésotéristes universels. L'ample moisson que l'on peut y récolter confirme l'existence de l'Egrégore. Chacun ayant ajouté sa propre conception de ce mot.

Qu'estce que l'Egrégore ?

C'est à partir du grec que l'on peut trouver un sens au terme Egrégore. Il signifie « veilleur » ou, aussi, « être éveillé ». Dans le livre d'Hénoch, écrit Gnostique apocryphe du 2e siècle de l’ère actuelle il désigne des entités d'un caractère assez énigmatique. Elles semblent appartenir à ce que certains ésotéristes appellent le monde intermédiaire, d'autres le plan astral.
D'après Hénoch, il s'agirait d'anges êtres créés de nature purement spirituelle recteurs des six directions de l'espace cosmique: Nord, Sud, Est, Ouest, Zénith, Nadir. Ils attendaient sur le mont Hermon de pouvoir posséder les filles des hommes afin d'engendrer des géants.
D'une manière symbolique, les anges qui veillent peuvent représenter l’énergie Cosmique et les Géants à venir, les Initiés qui' vivifiés par la dynamique égrégorielle, travaillent depuis les origines à la construction du Temple de l'Humanité.
Dans la terminologie ésotériste actuelle, on appelle Egrégore, une entité collective psychique issue d'une assemblée et formée par l'addition des forces émises par les volontés en présence. C'est une sorte de pensée collective qui se polarise sur une énergie cosmicotellurique considérée comme une idée mère.

La puissance de la pensée

Selon les théosophes, la pensée est un fluide sécrété par le cerveau. Ils affirment qu'elle est formée de substance réelle animée d'un mouvement qui lui est propre. C'est une sorte de composé matériel dont elle a l'énergie mécanique et l'action moléculaire. Formée de la matière du plan astral et chargée de vigueur mentale, elle constitue une véritable puissance. Elle peut donc être considérée comme une force agissante.
Plusieurs ésotéristes admettent que la pensée provient de l'extérieur, d'un passé personnel et collectif. C'est une onde permanente dynamique qui entre dans le cerveau pour l'animer. Elle peut être modelée, chargée de désirs ou d'émotions, concentrée, mise en réserve en un lieu, projetée dans l'espace vers un sujet et retrouvée avec force et durée.

La mémoire universelle

Conventionnellement, depuis la plus haute antiquité, le Cosmos constitue une sorte de coffrefort, une mémoire universelle qui conserve les richesses des pensées et des sensations émises par les générations d'Initiés qui se sont succédées. Cellesci provoquent, fécondent et attirent les pensées et des sensations analogues qui, en les rejoignant, forment avec elles des sortes d'archétypes psychiques ou spirituels. C'est la Conscience Cosmique Universelle des spiritualistes.
Ne pas confondre
L'Egrégore, pensée collective polarisée, ne doit pas être confondue avec le rattachement initiatique. Ce qui constitue la chaîne des initiés, c'est la transmission ininterrompue de l'influence spirituelle par l'initiateur au postulant au moment de sa réception. Elle est caractérisée par l'apposition de l'épée, ou du glaive, et la triple accolade donnée par l'officiant au néophyte. C'est à ce moment là seulement que l'lnitié est rattaché à tous ses frères et au centre spirituel suprême.
Tandis que l'Egrégore constitue une entité réelle, dynamique. possédant une influence considérable sur le psychisme humain. Penser individuellement une chose la crée, la penser collectivement la renforce et lui attribue la durée. C'est pourquoi les Initiés se réunissent et œuvrent en Atelier.
C'est un lieu privilégié où ils se livrent à des travaux dont la portée spirituelle dépasse la personnalité de chacun en vue de l'aider dans sa métamorphose intérieure.

Créer l'harmonie

Pour aboutir à des résultats concrets, il est indispensable de retrouver à chaque réunion l'harmonie que le Rite Ecossais Ancien et Accepté propose à ses membres. Cette harmonie ne peut se créer automatiquement. Pour la réveiller, les travaux sont ouverts par l'exécution du Rituel dont le but est de renforcer la cohésion des participants. Ainsi se produit une force qui unit tous les membres et forme l'Egrégore de l'Atelier.
Chaque atelier possède le sien propre et la réunion de tous ces Egrégores constitue l'Egrégore général de la FrancMaçonnerie C'est cette force de cohésion éveillée et dynamisée qui assure la pérennité psychique de l'Ordre et lui donne sa puissance. Selon la loi des oppositions, il existe deux types d'Egrégore: maléfique et bénéfique. Celui de la FrancMaçonnerie, comme celui de toute institution initiatique traditionnelle, est naturellement bénéfique. Il I'est d'autant plus que les pensées émises sont pures.

Formation de l'Egrégore

La formation de l'Egrégore nécessite la conjonction de deux énergies. La première, extérieure à l'homme, est d'origine cosmique d'une part et tellurique d'autre part. Elle est dite cosmicotellurique. La seconde est issue d'un courant mental ou spirituel collectif, orienté et focalisé vers un but précis.
La première énergie, qu'elle soit d'origine cosmique ou tellurique. est omniprésente. Elle est plus particulièrement concentrée dans les édifices sacrés. Les cathédrales, les églises, les temples sont de multiples catalyseurs de l'énergie cosmicotellurique. La flèche d'une cathédrale capte les forces cosmiques qui sont fixées par les forces telluriques. Un puits creusé dans l'axe de la flèche constitue une mise à la terre par laquelle l'énergie humaine provenant de l'extérieur, s'écoule de façon permanente.
La seconde énergie est apportée par l'homme qui est une source continuelle de vibrations émanant de deux forces internes conjuguées: la pensée créatrice et la volonté. Ces forces vibratoires de nature électriconerveuse, se propagent sous la forme d'ondes infinitésimalement courtes. Elles sont généralement utilisées à des fins personnelles par l'individu ignorant qu`il fait partie d'un Tout: l’univers qui se reflète en lui.
L'lnitié sait que la rencontre de ces énergies cosmico-tellurique et humaine éveillées et coordonnées par la magie issue du Rituel' est essentielle dans la formation de l'Egrégore particulier de l'Atelier et sa polarisation sur l'Egrégore général de la FrancMaçonnerie.

Une force supérieure de la Nature

L’Egrégore peut être considéré comme l’une des grandes forces supérieures de la nature que l'homme n'a pas encore réussi à comprendre pour l'utiliser à des fins rationnelles comme l'électricité par exemple. Seuls les Initiés qui l'ont ressentie, ont la certitude de l’existence de cette force qui, par analogie, peut être comparée à l’électricité.
L’Energie électrique est produite par deux forces, L’une positive, L’autre négative reliée à la terre. Il suffit de mettre en contact ces deux forces au moyen d'un interrupteur pour produire à volonté dans une lampe, une lumière qui peut aussi, à volonté, être interrompue et renouvelée chaque fois que l'opérateur le désire.
L'Egrégore est également activé par la mise en contact de deux forces:
L’énergie cosmique positive et l'énergie tellurique négative. Celles-ci servent de véhicule à l'influx des pensées émanées de l'Egrégore général déposé dans la Conscience Cosmique qui joue le rôle d'un aimant. L'Egrégore particulier de l'Atelier, représente la lampe à illuminer. Le Rituel constitue l'interrupteur; le Président de l'Atelier, I'opérateur chargé de le mettre en œuvre pour éveiller I'Egrégore de l'Atelier, le dynamiser et le polariser sur l'Egrégore général. Alors s’allume la lampe d'où jaillit la lumière. Le Rituel de fermeture des travaux coupe le courant et produit l'effet inverse.

Le Rituel, outil de mise en œuvre

L'ensemble formé par la disposition du Temple, les couleurs des tentures, les emblèmes et symboles, I'éclairage et l'exécution du Rituel concourt à la formation de l'Egrégore. Le Président, les officiers et tous les participants, par leur concentration, leur attitude, la précision de leurs gestes et des paroles, avec leur volonté et leur pensée créatrice orientée, vont former une entité psychique collective qui pourra être fécondée par l'énergie cosmicotellurique.
Le port des vêtements sombres et les décors du degré marquent la différence entre le profane et le sacré. Les gants blancs symbolisent la pureté du cœur et des sentiments. La circulation dans le sens de la marche du soleil, en marquant régulièrement un temps d'arrêt, permet à l'Initié d'établir le contact avec la source égrégorielle. Le glaive protège contre les forces du mal qui peuvent provenir de toutes parts et son maintien levé ou baissé participe a l'appel des forces cosmicotelluriques bénéfiques. Les signes d'Ordre constituent des gestes de protection contre les impuretés.
La pureté intérieure liée à la pureté physique facilite la communion psychique. Dans la Tradition, la pureté désigne un état du mental obtenu par le détachement des sollicitations du monde profane.

L'invocation au G. . A. . de l'U.

L'invocation au Grand Architecte de l'Univers, en présence du Volume de la Loi Sacrée ouvert, est la partie la plus importante du Rituel. Dans l'Atelier, les Initiés forment une entité spirituelle puissante. Ils ont franchi la porte de la mort à la vie profane pour renaître à la vie spirituelle. Pour qu'un contact puisse s'établir entre eux et la force égrégorielle, un climat favorable doit être créé. L'invocation invite chacun à faire le silence en luimême pour atteindre un état de réceptivité intérieure afin de permettre au courant spirituel de le pénétrer.
L'invocation est une sorte de mise en condition sur une longueur d'onde cosmique afin que l'Esprit du Principe Créateur descende sur les travaux impersonnels de l'Atelier. Il ne faut pas la confondre avec la prière qui est une demande personnalisée émanant de l'homme pour monter vers Dieu.
Dans l'invocation, le courant fluidique descend pour venir soutenir les Initiés dont les actes rituels se réclament de lui.
C'est pourquoi le Rituel doit être exécuté selon un rythme régulier, écouté, vécu, dans le silence en pensant à l'acte qui s'accomplit car tous les Frères sont acteurs. Il s'agit d'un acte sacré qui conditionne l'éveil de l'Egrégore. Quand les travaux ont été correctement ouverts, I'Egrégore se manifeste. Il constitue le lien entre l'lnitié et le Cosmos. Son dynamisme dépend de l'ambiance qui anime les travaux. Le Président, par la place qu'il occupe, est le premier sous son influence. Il agit en tant que porteparole de l'Egrégore dont il représente l'émanation.
Alors, I'Atelier devient un endroit où l'on peut percevoir la pensée nouvelle, I'examiner et lui faire produire son maximum de rendement. C'est dans la force d'attraction de l'Egrégore de l'Atelier que les pensées se polarisent et s'épanouissent. En effet, l'lnitié a la certitude que les pensées à force d'être cultivées prennent une vie personnelle et forment une sorte d'accumulateur.
Cette concentration de pensées a été, et est encore, la raison d'être des Rites. Véhiculés par le Rituel, ils créent une sorte de magnétisme collectif pour produire des effets. On sent présente cette formation psychique dans les endroits où pendant de longues années des êtres se sont réunis dans une même pensée, comme les édifices sacrés, ou des sentiments très fervents ont été exprimés par les mêmes mots aux mêmes heures.
C'est ce qui porte les Initiés à rechercher pour leurs travaux' un cadre inspirateur où se concentrent leurs pensées. Cet endroit est propice au travail intérieur; il en accumule la force et en conserve les fruits. Ce lieu choisi, devient le réceptacle des pensées. Il en est pénétré. Il suffit d'y revenir pour retrouver cet état de douce exaltation qui est le début de l'inspiration, I'atmosphère heureuse du travail.

En guise de conclusion

Là, I'lnitié peut se laisser emporter par les courants qui le dégagent de l'attrait des plaisirs matériels et l'arrachent aux inquiétudes de la vie.
S'il peut trouver le fluide vital émis par les forces bienveillantes de la nature, il s'accorde à ces forces pour élever son esprit jusqu'à elles.
Ainsi sa pensée touche aux grands flux qui aimantent la Conscience Cosmique Universelle.
Celui qui s'en est rendue digne, par un inlassable travail sur lui-même, se sent emporté vers cet océan de rythmes qui est la source de toute pensée.
C'est là que les esprits élevés goûtent l'inspiration, I'illumination, dont les intuitions terrestres ne sont que de pâles reflets.

Source : www.ledifice.net

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