Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 04:40

D. - Comment voyagent les Maîtres Maçons ?
R. - de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre
D. - Dans quel but ?
R. - pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière
D. - Qu’est-ce qui a été perdu ?
R. - les secrets véritables des Maîtres Maçons.
D. – Comment ont-ils été perdus ?
R. – par « Trois Grands Coups » qui ont causé la fin tragique de notre R\M\ HIRAM
(Instruction au 3ème D\)

Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît\ Maç\ nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F\M\ et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maç\.
Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit … mais on peut toujours en parler entre nous.

*
* *


I. De la nécessité du mythe et son contexte
II. De l’outil au Logos
III. Chercher ce qui a été perdu
IV. Les mots forcément substitués


I. De la nécessité du mythe et son contexte.

Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM\ MM\ présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices.
Le T\V\M\déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ». Voilà le problème posé. Aussitôt le T\V\M\ pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ».
La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF\ sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux-même. D’ailleurs le T\V\M\ intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat :
- « arracher les restes à ses meurtriers », il est pragmatique
- « rendre les honneurs funèbres à sa dépouille » : pour le respect et la dignité dus au défunt enfin, pour ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir de recueillir quelques traces de sa science ».

Outre le chagrin, quelles sont les émotions qui habitent les FF\ à ce moment-là ? Quel est leur état d’esprit ?
Vraisemblablement ressentent-ils la colère et la révolte, l’incompréhension, le dégoût, le désir de justice qui mène à la recherche des coupables - avec un désir de vengeance ?
Car après avoir été capturés les meurtriers subissaient, d’après la loi de cette époque, le châtiment suprême pour venger le défunt et sa famille.

Nous connaissons la suite et la fin de l’histoire qui nous amène sur un tout autre plan que celui de considérations matérielles, obscures, brutales et bornées.
Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là.
Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux.
Quant au comportement des Comp\, il est moins clair.
En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? lequel des trois Comp\ a eu cette idée, quel était son dessein ?
En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés.
Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes.
Alors, que savons-nous ?!
Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice. En sommes-nous sûrs ? Et si le mythe nous mentait ? Et si Hiram avait parlé ?
C’est une hypothèse, pas une provocation.
Un autre départ serait alors que les Comp\ se retrouveraient très embarrassés avec de bien encombrants secrets. En effet, en tant que créateur de l’œuvre, Hiram avait en tête la totalité de son projet architectural. Les Comp\, eux, n’avaient qu’une connaissance fragmentaire et imparfaite des plans et de l’idée « divine » détenue par Hiram puisque ces Comp\ n’étaient que des exécutants. Ils auraient été reçus avec les MM\. Qu’auraient-ils faits ? Qu’auraient-ils dits ? Combien de temps auraient-ils tenu sans être démasqués ?

Mais la vérité est que Hiram n’a rien révélé et qu’il a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM\ MM\. Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Comp\ que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal.
Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté.
Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Comp\, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ?

C’est en quelque sorte une mort libératrice mais qui condamne les MM\ MM\ à la liberté.
Il est bien entendu nécessaire que Hiram meurt. Avec ou sans mauvais Comp\, le temple n’aurait-il pas été achevé ?
Il faut se rappeler que deux autres personnes détiennent les clés du savoir et d’une certaine Connaissance. Il s’agit des deux Rois : Salomon et Hiram Roi de Tyr qui, de par leur fonction royale sont investis de pouvoirs particuliers. Ils forment un tri-magistère qui organise le chantier et s’assure du bon déroulement des travaux.
Mais sans la mort de Hiram nous aurions été privés d’une histoire édifiante, édifiante dans le sens d’élévation spirituelle.

De nombreux mythes sur la condition humaine rendent nécessaire la désobéissance, la révolte ou la transgression face à une autorité toute puissante.
Dans l’histoire biblique du commencement, Adam et Eve passent outre un commandement divin et ils acquièrent indûment la connaissance du Bien et du Mal. Cela provoque un changement d’état et de plan de conscience ce qui les rend semblables aux dieux (au pluriel).

Nous comprenons que nos besoins physiques primaires (biologiques) et psychiques nous lient par leur fonctionnement automatique. Par la transgression nous avons la faculté de nous en affranchir sans pour autant nous en abstraire, ce qui serait un non-sens.
Plus tard, Moïse brisera les Tables de la Loi et plus tard encore Judas trahira Jésus. Pour ne citer que ceux-là car les rebellions sont nombreuses dans les Ecritures.

Des récits représentatifs émanent d’autres cultures, je pense au mythe d’Isis et d’Osiris que je n’aborde pas non pas par désintérêt mais parce que je me sens plus à l’aise dans le domaine judéo-chrétien.

Et malgré la mort du Maît\, paradoxalement, l’édifice sera achevé.

II. De l’outil au Logos

Ce paradoxe permet d’aborder les divers aspects de la Parole qui est l’outil qui donne forme au récit, que les mots habillent et que le nom désigne.
Tout d’abord, la Parole véhiculerait-elle des secrets que nous ignorons pour n’en avoir pas conscience ou par ignorance ?

Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam.
Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification.
Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme.
La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde.
Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement.
Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux.

C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir - celui de nommer - et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis.

Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent.

Paroles et mots servent jusqu’ici à nommer des individualités : Dieu, homme, animaux ou objets dans un but métaphysique le plus souvent.
La parole est aussi utilisée socialement pour satisfaire des obligations politiques ou religieuses. La Grèce antique a vu l’éclosion de nombreuses écoles qui exaltaient la puissance de la parole. Celle-ci parfois coupée de la réalité proposait d’accéder à une connaissance logique et désincarnée. Son apprentissage vise l’efficacité et ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l’autre car seule l’intellectualisation du langage est recherchée.

Ces philosophies qui conviennent au monde profane vont à l’encontre de ce que nous imaginons en Maç\ car pour nous elles sont source d’ignorance.
Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Comp\ pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être.

Je m’arrête aussi sur l’épisode Babylonien représentatif des dangers du langage soi-disant unique.
Cette légende nous dit que Noé et les siens ont bâti une ville et une tour dont le sommet atteint le ciel. Leur but est de s’installer durablement et de ne pas disperser leur force. Ils parlent tous la même langue, sont unis et réussissent dans leurs entreprises.
La manifestation de cet orgueil déplaît à Dieu qui les disperse sur toute la surface de la terre car, dit-il, « tout ce que les hommes entreprennent ensemble leur réussit ».
Ce pourrait être une bonne chose mais connaissant les hommes, n’est-ce pas là plutôt une illustration du risque totalitaire ? Un seul peuple, un seul langage, une seule parole dans la bouche d’un seul chef ?
Quelle place aurait été donnée aux étrangers ou à ceux qui refusent dogmatisme et fanatisme ?
Les mots avaient perdu leur sens ce qui rendait la parole incompréhensible ou bien le dialogue devenait un simple bavardage.
De la confusion des langues naît l’obligation pour l’homme de rassembler ce qui est épars, à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’il pense être perdu.

III. Chercher ce qui a été perdu

Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maît\ perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ».
Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM\ MM\ ?!
Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ?
Au XII ème siècle, des philosophes ont utilisé le cercle – symbole de l’espace clos – pour définir Dieu. La phrase est bien connue : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part ».
Ils parvenaient à dire la vertigineuse problématique du cercle avec ses rapports du centre à la périphérie, et la difficulté de trouver les places respectives de Dieu et de l’homme.
Nous, Maç\, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C.à.d. la chose elle-même ou le « ça », avec le sens de son expression qui permet de situer le « ça » dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc.
Ce que les Esotéristes appellent : « la multiplicité dans l’Unité primordiale »
Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux.
En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre.
Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ?
Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ?

Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité.

IV. Les mots forcément substitués

Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle.
Nous avançons prudemment. Tout d’abord, nous épelons, puis au grade Comp\ nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème D\ le F\ 1er Surv\ revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maît\ que le T\V\M\ approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés. Il est clairement entendu qu’il s’agit-là d’un arrangement, d’un accommodement …
Mais plus qu’un mot, le Maç\ devient comme un Dieu qui grave les Tables de la Loi pour lui-même, les autres Maç\ s’y employant aussi.
Il est souhaitable que l’homme ne commette pas l’erreur mainte fois répétée dans l’histoire de faire de cet homme le centre du monde, conséquence d’un nombrilisme désastreux qui altère les vertus de l’espérance. Peut être devons-nous avoir à l’esprit que la voie Maç\ et sa méthode favorisent la connaissance de soi et la transformation de soi pour permettre l’émergence naturelle de la Loi morale.
Les Maç\ travaillent donc à tailler les Tables de la Loi jusqu’à ce que la Loi s’y révèle d’elle-même.
Pour cela, nous allons sans cesse du silence intérieur à la parole qui rend possible le dialogue. Il n’est pas dit que les aller-retour dans la verticalité doivent se faire dans le silence. Mais pour l’horizontalité il est certain que seul le langage permet d’échanger avec nos semblables. Encore que …

Mais je m’en tiendrai au REAA qui nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram.

Frédéric Dard, alias San Antonio, fait dire à l’un de ses personnages : « les autres font ce qu’ils veulent de tes paroles tandis que tes silences les affolent ».
Le silence est l’épreuve que subissent les Ap\ jusqu’à ce qu’ils accèdent au grade de Comp\. Je dis épreuve car pour beaucoup c’est une période difficile qui n’est pas prolongée au-delà du grade d’Ap\.
Le silence est ici une ascèse à durée limitée contrairement à d’autres spiritualités – exotériques le plus souvent – qui érigent le silence en discipline de vie.

La discipline Maç\ vise, bien sûr, à apprendre aux Ap\ à « enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré », qui est le cœur.
Car il n’a jamais été bénéfique pour personne de « jeter des perles devant les porcs », comme le dit durement l’Ecriture. On ne peut communiquer un secret à qui n’a pas vocation pour le connaître. La suite du verset dit pourquoi : « de peur qu’ils se retournent contre vous pour vous déchirer ».

Oui, mais parfois le silence fait peur. Quant à la parole elle peut être dangereuse, parfois aussi. Ou simplement remplir un espace immense et intervenir dans les divers aspects de la vie des individus ou des sociétés.

L’épisode biblique de la résurrection de Jésus (qui devient Christ) illustre cela. Les femmes qui suivaient Jésus de son vivant se rendent à son sépulcre dont elles trouvent l’entrée ouverte et le tombeau vide de son occupant.
Dans cette histoire aussi la mort retire la parole au protagoniste. Mais depuis 2000 ans ne peut-on dire que son absence est parlante ?

Le Temple dit de Salomon a été détruit deux fois au cours de son histoire. Et entre temps, il a été profané à plusieurs reprises. Où étaient les MM\ MM\ pendant ces périodes troubles ? Où s’assemblaient-ils ? Participaient-ils à d’autres constructions ? Quels mots utilisaient-ils pour exprimer leurs secrets ? Comment ont-ils préservé leurs secrets ?
Pour eux, je ne sais pas. Pour nous, aujourd’hui, j’ai quelques idées.

La démarche Maç\ qui est collective est pratiquée par des hommes individuellement faibles, mais forts lorsqu’ils s’assemblent en L\. Forts ils resteront s’ils quittent la L\ avec la volonté de pratiquer fidèlement le Devoir.
Mais on parle à l’extérieur du Temple avec des mots également substitués car il faut « penser en Maç\ et parler en profane » ai-je lu récemment.
Toutefois dans l’enceinte sacralisée, nous « rassemblons ce qui est épars » en utilisant les mots substitués du REAA car seul l’usage de ces mots limite les risques de dispersion dans la manœuvre de recentrage.

Le choix des mots substitués que nous utilisons est, ou a été, l’objet de discussions. J’aimerais être kabbaliste pour en discourir à mon aise. Ce n’est pas le cas. Je préfère donc retenir que le mot est le véhicule de l’idée.
La narration biblique de l’histoire du peuple d’Israël est un cheminement de substitution en substitution.
Souvenons-nous : L’Eternel ordonne un sacrifice à Abraham et son fils semble être le sacrifié alors qu’au dernier moment un bélier le remplacera sur l’Autel.
Plus tard, la Loi morale s’inscrit dans le Décalogue ; la transmission orale devient Loi écrite, gravée. En termes d’interdictions pour certains préceptes : « tu ne … ». Sachant ce qu’il ne faut pas faire, il appartient aux hommes de s’organiser librement socialement. La substitution est double puisque l’expression de la Loi change de forme et que l’homme bénéficie à cet instant de la capacité de prendre des initiatives personnelles et collectives.
Plus tard encore, au cours de son ministère Jésus dit être venu pour accomplir la Loi et non pas la détruire. L’ancienne alliance devient nouvelle – du moins pour les chrétiens – et les sacrifices n’ont plus lieu d’être puisqu’il se propose en victime expiatoire pour l’humanité. Le plan de conscience est une fois encore modifié.
De Jésus il est dit dans le rituel de réception au 2ème D\ qu’ « il vint annoncer à l’Occident la Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine : Aimez-vous les uns les autres ».
Que penser de l’application de ces simples mots au cours des 2000 ans écoulés ?

Les disciples de Jésus dispenseront la pensée de leur Maître par des écrits dont les mots et leur sens vont du plus simple au plus complexe et constituent la Loi morale.
La Maç\ et les Maç\ y trouve la Sagesse, la Force et la Beauté - ainsi que l’Amour - pour relever de nombreux Temples temporairement à terre.

Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T\V\M\lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres. Ils nous reviendront en écho, enrichis de son expérience.
C’est ainsi que, avec des Mots nous bâtissons le 3ème Temple idéal et éternel.

Mon F\ MOHABON, je suis à l’écoute de tes Secrets véritables et de tes Mots substitués.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by Alain BOUCHET – 1er Surv\ - dans Planches
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 04:09

Les Secrets véritables de la légende d’Hiram au cœur du grade de maître

Les Secrets véritables de la légende de Maître Hiram mentionnés dans le rituel du 3ème degré nous amènent au cœur du grade de maître et soulèvent de nombreuses questions : de quels secrets s’agit-il ? Pourquoi sont-ils véritables ? Que recherche vraiment le MM qui est perdu ? Que représentent ces mots substitués ? Où les rechercher ? Ce mythe de Maître Hiram et de la recherche des véritables secrets nous plongent dans les quêtes que l’on retrouve dans les grandes religions ou les traditions, telle la quête du graal chez les chrétiens ou la recherche du grand œuvre chez les alchimistes.
Le mythe nous invite à la recherche et au travail pour découvrir sur quoi s’édifie notre propre quête maçonnique. Il nous invite à revenir aux questions fondamentales que se pose le MM. Si le MM peut donner l’enseignement maçonnique, à la différence du compagnon qui le reçoit, sa quête continue sur un autre plan.

De quels secrets s’agit-il ?

Revenons à la question sur la nature des secrets. Les secrets explicitement mentionnés dans le rituel sont ceux du grade du MM : les signes, l’attouchement, le mot de passe, les 5 points parfaits, le mot sacré et la marche. Les secrets perdus représentent davantage, ils relèvent du sacré. Il existe une grande proximité étymologique entre les mots « sacré » (sacratum) et « secret » (secretum) : il s'agit dans l'un et l'autre cas de ce qui est mis à part. La même proximité existe avec le mot sacrifice : sacrifier, c'est «sacrum facere», rendre sacré l'objet du sacrifice. Maître Hiram nous en donne la meilleure illustration en allant jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ce qu’il considère comme sacré. Il nous démontre que la valeur du secret ne tient essentiellement qu'à la valeur de celui qui le détient. Ces mots «secret», « sacré » et « sacrifice » s’accordent et se complètent dans leur signification respective. Le sacré sans secret, comme le sacrifice sans secret n’existent pas.

Le secret sert à protéger l’accès à une connaissance, ici sacrée. Tout savoir initiatique est sacré, il doit être transmis, il ne peut être ni donné, ni inventé. Seuls les cabalistes, et peut-être le gnostiques, pensaient que les plus hauts mystères, les plus grands secrets de la création, les arcanes de la nature et de l'être se découvrent par la recherche, l'intuition et la méditation. Même avec un peu de patience et de persévérance, il manquera toujours la transmission, élément indispensable de l’initiation.

Ces secrets, sacrés et issus du sacrifice, protègent une connaissance profonde, et c’est la notion de « véritable » qui en donne la nature.

Pourquoi «véritables» ?
Ceci nous amène à une autre question : qu’y a-t-il de véritable dans ces secrets ? Comme si les secrets des autres grades ne l’étaient pas.

L’histoire des mauvais compagnons nous montre qu’il est vain d’avoir un secret, car il faut être prêt, c.à.d. que le secret est dans l’être et non dans l’avoir, ici l’obtention du grade de MM par la simple connaissance de mots. La mort de Maître Hiram est le fruit malheureux de la confusion entre l’être et l’avoir. Le secret initiatique, inaccessible, inexprimable et incommunicable, est lié à l’initiation et comme la vie, il se vit, il ne se décrit pas. La simple communication, comme la lecture seule, ne livrera jamais l’essentiel, ni d’ailleurs la seule communication de mots, aussi sacrés soient-ils. Passer de l’avoir à l’être, c’est passer de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit, du carré au cercle ou de la terre au ciel. C’est ce qu’indique Maître Hiram aux mauvais compagnons lorsqu’il est menacé : « travaille, persévère et tu seras récompensé », il les pousse à agir pour être.

Ces secrets véritables sont des secrets intérieurs qui ne s’acquièrent que par la transmission et le travail sur soi. C’est en ce sens qu’ils sont véritables, car c’est en développant son être que l’on s’approche de sa vérité intérieure, celle qui nous conduit vers l’état d’Homme Véritable.

Les mots substitués

A défaut d’avoir trouvé les mots véritables qui ont été perdus, les maîtres apportent les mots substitués. Cette perte et cette substitution sont des éléments importants du cheminement initiatique et sont présentes dans pratiquement toutes les traditions. René Guénon y voit « la perte de l’état primordial, et par conséquence directe, celle de la tradition correspondante ». Ainsi la perte fait appel à la substitution pour perpétuer la Connaissance. Par analogie, c’est le rôle des symboles qui donnent une signification d’une autre dimension que le support, ou encore la substitution des mots sacrés qui n’étaient jamais prononcés, à l’instar du nom divin dans le judaïsme.

Les mots substitués ont pour fonction d’assurer la nécessaire gradation des connaissances dans le cheminement initiatique. Il peut être dangereux de donner des outils à quelqu'un n'ayant pas les bases pour s'en servir, comme il serait irresponsable de donner des allumettes à un enfant ne connaissant pas les dangers du feu. Il s'agit là d'une réserve pédagogique et d'une élémentaire prudence. Le secret et les mots substitués ont donc pour fonction de mener à maturation les processus intérieurs qu'une révélation hâtive perturberait. C'est en se taisant sur ce qui de toute façon n'est guère communicable, que le cheminement intérieur est mieux mené à terme. Ces secrets ne peuvent qu’être transmis progressivement : en Apprenti nous épelons, puis au grade de Compagnon nous donnons un mot de passe au risque de mal le prononcer. Enfin au 3ème degré nous utilisons un mot de passe et un mot de Maître jusqu’à ce que les mots véritables puissent être retrouvés.

La recherche de ce qui est perdu : d’est en ouest, au centre du cercle

Cela soulève une autre question : où et comment chercher ces secrets véritables qui ont été perdus ? Dans les différentes traditions, la perte de quelque chose est associée à sa recherche, à la quête. Telle la quête du Graal de l’initiation chevaleresque du moyen-âge.

Le rituel nous indique de rechercher d’est en ouest, car éclairé par la lumière qui brille depuis l’est le MM peut initier sa quête et répandre la lumière à son tour.

Il est aussi dit que le MM peut les retrouver au centre du cercle car placé ainsi, il ne peut pas s’égarer. La figure circulaire est le symbole de la divinité, de l’Etre Suprême, le symbole parfait de la totalité. La forme du cercle exprime la plénitude et l’harmonie. Des philosophes ont utilisé le cercle pour définir Dieu, ainsi Blaise Pascal disait : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». Etre au centre du cercle n’est-il pas notre nostalgie ou espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection et de divinité ? C’est retourner au centre de nous-mêmes, revenir à l’essentiel, revenir à l’alpha. Le centre est le pôle où tout débute, d’où tout émane et vers lequel tout revient, c’est le centre du monde dans un espace sacré, lorsque l’on est en parfaite harmonie avec sa personnalité profonde.

La question éternelle et fondamentale, qui donne une autre dimension à notre existence, est de savoir retrouver notre centre, et comment y accéder. L’inscription gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes « connais-toi toi-même » que Socrate aurait choisie pour devise en y ajoutant « et tu connaîtras l’univers et les dieux » nous apporte un premier élément de réponse en nous indiquant de d’abord travailler sur nous-mêmes.

Conclusion : construire le temple

La mort de Maître Hiram représente la mort initiatique, qui avec la renaissance à un autre niveau de conscience permet de continuer la quête vers la vérité et la liberté. Le mythe de Maître Hiram est donc l’histoire d’une quête pour poursuivre l’objectif du Maître qui est la construction du temple de Salomon. L’assassinat de Maître Hiram conduit donc à la question de la finition du Temple. Qui pourra le terminer car le savoir faire du Maître est perdu ? Le mythe pose ainsi la question de la construction de notre temple intérieur.

Le mythe est le moyen d’avancer dans notre quête personnelle, car le mythe pour le mythe, aussi intéressant soit-il, n’a qu’un intérêt limité. Il faut aller au-delà des symboles et des mythes, qui ne sont que des supports qui par analogie sont des déclencheurs de conscience, des moyens, c.à.d. des outils indispensables pour avancer.

Au niveau individuel, le mythe nous guide dans la quête du MM dans sa démarche maçonnique. Cette quête n’est pas la recherche d’un résultat, mais la progression vers plus de connaissance, vers plus de conscience. Nous ne pouvons avancer sur ce chemin de la connaissance et de la conscience que par l’expérimentation, par l’action, car tout ce qui est en dehors de l’expérimentation n’est que possibilité.

Si nous avons tenté d’apporter des réponses à quelques questions du mythe, il en reste de nombreuses qui restent encore ouvertes : pourquoi a-t-on perdu ces secrets car d’autres maîtres devaient le posséder ? Qui va terminer le temple ? Que sont devenus les mauvais compagnons ? Où est la sépulture de Maître Hiram ? Etc. La recherche des réponses à ces questions en s’appuyant sur la transmission et l’expérience permettra de progresser dans la recherche personnelle.

Changer la pierre brute en pierre taillée, l’amener à recevoir et à diffuser la lumière n’est-il pas le travail que nous devons entreprendre sur nous avec nos Frères : seul et ensemble en même temps ? Car on ne peut prétendre améliorer le monde si l’on n’est pas soi-même construit et réalisé, c’est-à dire un Homme Véritable, qui a retrouvé les secrets véritables.

Très Vénérable Maître, j’ai dit.

 Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 05:21

Il était une fois trois rois ou princes maîtres maçons assis sur leur trône dans la salle des trônes du palais des rois et des princes maçons. Salomon, Hiram et Hiram Abif recevaient les compagnons Jacques et Soubise. Ils étaient compagnons depuis un temps suffisamment long pour devenir maîtres maçons ; leurs travaux étaient des travaux de qualité. Ils pouvaient donc subir l'épreuve du 7. Cette épreuve abominable, personne, à ce jour, n'était parvenu à la réussir.

Salomon, Hiram et Hiram Abif faisaient amener vingt-huit bêtes du plus beau troupeau de la région pour les offrir en dédicace sur l'autel du temple qu'ils construisaient à Jérusalem. La qualité des compagnons permettait de choisir des moutons. Les animaux devaient subir une période de purification dans les étables proches du temple. Il fallait les parquer là en suivant les indications des maîtres.

La voix de Salomon se fit entendre : - Compagnon Soubise, Compagnon Jacques, ayez attention ! Salomon quitta son trône, prit un stylet, une plaque de la cire la plus fine et ; Vingt-huit moutons vous attendent ; vous devez les répartir également dans les 7 étables réservées aux 7 sacrificateurs. Pour partager les animaux, nous utilisons, nous les maîtres maçons, une opération mathématique complexe dont je vais vous donner le nom secret et la technique secrète, elle aussi.

Salomon traça sur la plaque de la cire 28, à la droite du nombre, il fit une barre verticale, une barre plus petite horizontale, vers le haut de la barre horizontale mais pouvant lui permettre d'écrire le nombre 7. - Ceci s'appelle la division ! Ayez attention ! Je vous indique la technique opératoire ! Vingt-huit divisé par 7 : en huit combien de fois 7 ? Il y va une fois. Une fois 7 fait sept, ôté de huit, il reste 1. J'abaisse le 2. En 21 combien de fois 7 ? Il y va trois fois. Trois fois 7 font 21, ôté de 21 il reste 0. Mes frères, vous mettrez donc treize moutons dans les 7 étables des sept sacrificateurs et le Saint béni soit-il ! Vous accordera le mot de passe. 28 (7__21) (13 0).

Nos deux compagnons partirent donc se mettre au travail, persuadés qu'avec de telles indications il n'était pas possible de commettre une erreur. Ils revinrent le lendemain, le soleil du matin illuminait la salle des trônes. Salomon les attendait, assis sur son trône, accompagné d'Hiram et Hiram Abif, eux-mêmes assis sur leur trône. La mine dépitée des compagnons indiquait l'échec. Nulle question ne leur fut adressée.

Hiram roi de Tyr, se leva, il fit entendre sa voix. - Compagnons Jacques et Soubise, pour vous prouver la valeur de l'enseignement du sage roi Salomon, je vais vous révéler un autre secret des maîtres maçons. L'opération qui permet de vérifier la division s'appelle la multiplication. Salomon vous a dit qu'il devait y avoir treize bêtes pour chaque sacrificateur. Si vous multipliez treize par 7, vous retrouvez vos 28 moutons.

Hiram, roi de Tyr, écrivit le nombre 13 sous le trois, il écrivit 7 ; sur la même ligne, il fit une petite croix sous la croix et le sept il traça un trait. - Treize multiplié par sept : 7 fois trois font 21, il écrivit 21 sous le trait. 7 fois 1 7. 13 x 7. 21 7 28. Il écrivit 7 sous le 1 ; il traça un trait sous le sept et dit :- sept et un, huit, Vingt et un plus sept font 28. Pour s'assurer de la valeur de la multiplication nous procédons à la preuve par neuf. Hiram, roi de Tyr, fit un grand x, il procéda à la réduction, selon la sagesse divine, des différents nombres. - treize, soit 1 + 3 = 4 je pose 4 dans la partie supérieure du x.

J'écris 7 en dessous, je dis 7 fois 4 vingt-huit, 8 + 2 = 10 1 + 0 = 1. J'écris 1 à gauche du x. Considérez maintenant le résultat 28, soit 2 + 8 = 10 = 1. L'affaire est prouvée. Redoublez d'efforts mes frères, vous devez mettre treize moutons dans chaque étable. Ici, les compagnons Jacques et Soubise auraient pu faire une remarque simple : 7 x 4 = 28 donc... Mais les compagnons maçons sont si admiratifs de la science des maîtres maçons, surtout quand ceux-ci sont assis sur un trône dans une salle des trônes...

Les compagnons revinrent à minuit plein. Leur mine indiquait un naufrage complet et irrémédiable. Hiram Abif intervint : - La division, la multiplication sont encore hors de votre portée, nous allons tenter de vous rendre favorable le Saint, béni soit-il ! Il nous reste encore un secret que nous allons tenter de vous enseigner ; c'est l'addition ! Reprenons le résultat obtenu par la sagesse du Roi Salomon et vérifions-le par l'addition. 13 ; 13 ; 13 ; 13 ; 13 ; 13 +13=28 J'écris 13 sept fois de suite, et j'additionne 3 + 3 = 6 ; et 3 = 9 ; et 3 = 12 ; et 3 = 15 ; et 3 = 18 ; et 3 = 21; et 1 = 24 ; et 1 = 25 ; et 1 = 26 ; et 1 = 27 ; et 1 = 28 !

La démonstration est faite. Votre travail consiste à matérialiser dans les étables des sacrificateurs ce résultat. Nos compagnons repartirent affronter l'épreuve. Il était midi plein lorsqu’ils revinrent le sourire aux lèvres dans la salle du trône. Les maîtres les regardaient inquiets ; jusqu'à ce jour, nul n'avait réussi l'épreuve ; les compagnons devenaient maîtres par la seule grâce des maîtres ! Jacques sollicita l'autorisation de parler et la reçut. - Les animaux sont dans les étables, Très Vénérables Maîtres !

Salomon fit entendre sa voix : - Expliquez-nous comment vous avez procédé ! Soubise parla : - Nous les avons fait entrer un à un dans les 7 étables et pour être tout à fait sûr, Jacques a compté et recompté. - Expliquez-vous ! Qu'avez-vous compté et recompté ? interrogea Hiram, roi de Tyr. - J'ai compté les pattes, et dans chaque étable, j'ai trouvé 16 pattes !

Hiram Abif dit : - Le sage roi Salomon va procéder à la vérification de ce compte ! Vous affirmez qu'il y avait 16 pattes dans chaque étable. Un animal possède 4 pattes ! Si le grand roi Salomon divise 16 par 4 il trouvera 13 seulement si votre compte est bon ! Salomon posa une fois encore la division, le secret des maîtres. Elle fut suivie avec attention par Hiram, roi de Tyr et Hiram Abif.

16 divisé par 4 ; en 6 combien de fois 4, il y va une fois, 1 x 4 = 4 ; 4 ôté de 6, il reste 2 ; j'abaisse mon 1 ; en 12 combien de fois 4 ; il y va trois fois ! Trois fois quatre font douze ! 12 - 12 = 0. 16 (4__12 (13 0). Il y avait donc bien 13 bêtes par étable ! Salomon venait de le prouver par l'usage de la division. Les compagnons débordaient d'admiration pour la sagesse de leurs maîtres.

Hiram insista : - Le Saint, béni soit-il ! Vous a-t-il fourni le mot de passe ? Jacques et Soubise, compagnons de grande intelligence et très admiratifs de la science des maîtres dirent ensemble : - il est possible que le Saint, béni soit-il ! Nous ait fourni l'indication nécessaire à découvrir le mot de passe. Hiram Abif insista à son tour : - expliquez-vous ! Jacques parla : - Dès que les moutons furent rentrés, les sacrificateurs leur offrirent 7 épis de blé ! - Nous pensons que l'épi de blé nous permettra de passer, ajouta Soubise. -Qu'il en soit fait selon la volonté du Saint, béni soit-il ! Proféra Salomon.

A partir de ce jour, cette épreuve ne fut plus imposée aux compagnons. Les maîtres parlaient désormais du sept et plus, sans trop de précisions. Les maîtres changeaient des éléments des rituels, il ne faut pas que les profanes puissent pénétrer nos secrets. Il y avait bien parfois un apprenti ou un compagnon qui posait des questions trop pertinentes mais tant que les maîtres décident de qui devient ou ne devient pas maître il n'est pas utile de remettre en question la tradition.

Mes sœurs, mes frères, il en est de certains secrets des maîtres comme de cette division, de cette multiplication, de cette addition. Quand enseignons-nous comme une véritable sagesse le respect des anciennes obligations ? Quand recherchons-nous les textes qui servirent de base à Anderson pour comprendre sa démarche et vérifier ce qu'il nous apporte ? Quand apportons-nous aux compagnons et aux apprentis tous les outils nécessaires à la connaissance de soi qui seule permet de continuer la construction du temple même lorsque le maître est mort ? Raisonnement mathématique utilisé à partir de graine d'Archimède, numéro 0, « sept étonnant » 

 

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by M\ - dans Planches
commenter cet article
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 05:32

La franc-maçonnerie suscite dans le monde profane une grande curiosité.
Etonnamment, les travaux de notre société ne sont jamais autant commentés que par ceux qui n'en font pas partie. Le mystère présumé des pratiques d'une organisation avive le désir d'en connaître les secrets. Le secret que l'on construit de l'extérieur, par désir, peur ou simple préjugé nous pourrions tout aussi bien le nommer superstition. Suspectée de ramifications politiques occultes, assimilée sans précaution aux pratiques sectaires qui se développent chaque jour un peu plus, soupçonnée et malheureusement parfois convaincue d'affairisme, la franc-maçonnerie jouit dans l'opinion d'une image troublée. On a coutume de dire qu'elle n'est pas une société secrète mais plutôt une société discrète. Je ne souscrits pas à cette distinction qui me semble dangereuse ; résonnent encore à mes oreilles ces mots du serment prêté par l'apprenti lors de son initiation : « Je m'engage à garder inviolablement le secret maçonnique… » Le secret, lui, n'est jamais réductible; il est ou n'est pas. Il est absolu ou inexistant. La question est de savoir ce qui relève en maçonnerie du secret ou de la simple discrétion nécessaires à la sérénité des travaux.
Le secret naît avec l'initiation; un secret qui, dans le même temps, unit et divise. Il unit l'apprenti à la loge dont il partage désormais les travaux. Mais avec ce secret si ardemment désiré par l'impétrant c'est aussi une coupure définitive avec la vie profane qui se joue. Le secret matérialise le passage du profane au sacré, de l'ombre à la lumière. Ce qui m'était jusqu'alors inconnu, m'est révélé progressivement par les différentes phases de l'initiation; pour que la lumière soit donnée, que ses frères se dévoilent à lui, l'impétrant sera débarrassé de son bandeau, ultime vestige de son aveuglement profane; mais cela ne peut se faire sans que le testament philosophique ne soit détruit ; il ne peut pas accéder à la lumière de l'initiation sans le renoncement absolu à cette vie qu'il quitte. Si l'initié accède à un secret, il en porte un autre profondément ancré en lui ; celui des aspirations qui l'ont conduit aux portes du temple. Ce secret il l'aura partagé avec ses futurs frères, et eux seuls, à qui le testament est lu avant d'être brûlé.
Le rappel au secret est constant : lors de l'ouverture des travaux le couvreur s'assurant que la loge est dûment couverte, ou encore les deux surveillants vérifiant que les colonnes ne sont composées que de membres de la loge ou de visiteurs connus. Nul profane ne saurait briser le secret de la tenue. En dehors de la loge il est va de même car on ne peut être franc-maçon sans porter en soi sa promesse fondamentale. C'est ainsi que nous nous retirons après chaque tenue sous la loi du silence. Les constitutions d'Andersen sont assez claires sur la conduite d'un franc-maçon en présence d'étrangers. Vous devez, est t'il écrit, « être circonspects dans vos paroles et votre maintien afin que l'étranger le plus pénétrant ne puisse découvrir ou remarquer ce qu'il convient de ne pas divulguer ». Drôle de secret que celui là, tout de même, un secret si secret qu'on ne puisse même pas l'écrire ni le nommer.
Car à ne pas le nommer, l'on s'interroge ? S'agit t'il des décors du maçon, des symboles qui ornent les colonnes, des rituels qui ordonnent le travail en loge. Tout ceci n'est t'il pas largement connu de tous les profanes qu'un simple achat en librairie peut renseigner avec luxe détails. Que penser de nos frères qui écrivent ces livres. Trahissent t'ils donc allègrement ce secret dont, il y peu, l'apprenti que je suis devenu, prêtait serment de n'en jamais rien révéler. Mais, au fait, qu'ai je donc à révéler ?
Avant d'être un contenu perceptible, un savoir ou une connaissance, le secret est un engagement.
D'un point de vue pratique, il est le fruit d'une nécessité historique; une manière pour l'obédience de survivre aux attaques violentes dont elle a et fait d'ailleurs toujours l'objet; le franc-maçon choisit de se dévoiler ou de ne pas le faire. Mais il s'agit d'un acte de responsabilité et de liberté individuelle. Nul en revanche ne saurait sous aucun prétexte divulguer l'appartenance d'un autre frère à une obédience maçonnique ni révéler ce qui a été dit ou fait en loge. « Je préférerais avoir la gorge coupée que de trahir les secrets qui m'ont été confiés ». Tel est couramment l'une des interprétations que l'on peut faire du signe que chaque maçon exécute lors d'une intervention en loge. La fidélité à cet engagement est de mon point vue tout à fait essentielle, non seulement car elle repose sur un serment et donc symbolise la solidarité sans faille qui unit tous les francs-maçons, mais aussi car elle garantit une formidable liberté de parole. Ne pas avoir à se préoccuper des conséquences de ce que l'on dit, pouvoir exprimer sans arrière-pensée ni crainte sa réflexion, seul l'engagement au secret des débats permet à mon sens de l'obtenir. Seule la garantie du secret absolu sur le travail de la tenue permet d'en préserver la dimension sacrée, d'assurer que les métaux ont bien été laissés à la porte du temple. L'entrée dans le temple ce fait ainsi sous le signe qui est, en ce sens, également symbole de contention et de réserve.
L'initiation devait me livrer un secret, elle m'appelle en fait à la solidarité; elle ajoute à la chaîne qui dans l'espace et dans le temps lie les francs-maçons un nouveau maillon.
La pratique du secret, et plus généralement d'une grande discrétion dans son travail, entretient dans l'opinion un halo de mystère autour des travaux de la maçonnerie, porte ouverte aux phantasmes de tous ordres. L'obédience est vite soumise à un mouvement paradoxal. Comment communiquer sans dévoiler ?

Comment peser sur la vie profane, avec quels mots sans pour autant trahir le secret des travaux en loge ? Car on ne peut travailler à l'amélioration matérielle et morale de l'humanité si l'on se coupe de tout moyen d'influence politique, le mot politique étant naturellement à prendre dans son acception première, la vie de la cité. Mais, en même temps, si de longues épreuves ont été nécessaires pour tester la motivation du candidat et le juger apte et digne de partager le secret, ce n'est certes pas pour le livrer sans précaution à tout profane ; d'un point vue purement profane le secret sert la franc-maçonnerie. Dans un monde livré aux fantaisies des modes, où la communication prime sur le message, la posture mystérieuse entretenue par les travaux maçonniques ne dessert pas forcément la force de son message. D'un point de vue, strictement stratégique, il ne suffit plus aujourd'hui d'avoir une réflexion. L'efficacité de l'action humaniste que nous menons suppose que nos idées passent ; qu'elles passent à travers notre attitude dans le monde, sans compromission, sans trahison du secret fondamental qui nous lie mais avec le souci constant de tenir compte des meilleurs moyens de faire progresser notre approche des grands problèmes de société. La discrétion participe du poids et de la force présumée qui nous est reconnue; nous aurions sans doute tort de ne pas en tirer parti.
Mais je ne mélange pas cette discrétion au secret qui reste, pour moi, avant tout la préservation de l'identité de mes frères et de leurs propos en loge.
C'est une vision réductrice du secret maçonnique pourra t'on m'objecter. Je ne le pense pas. Solidarité, respect de la parole donnée, ce sont pour moi des vertus fondamentales. Que vaut l'aide et l'appui de celui qui ne peut garantir le secret. Envisagée sous sa dimension sociale la franc-maçonnerie doit continuer d'assurer la protection de ses frères. Mais en plus nous devons préserver la dimension sacrée du travail en loge.
M'interrogeant sur le secret maçonnique, je me souviens de ce proverbe d'un soufi du 19ème siècle Salih de Merv qui dit « les aveugles ont besoin d'yeux, pas de lumière ».
Autrement dit il n'existe pas de lumière pour qui ne peut ou ne sait la voir. Le secret maçonnique est aussi et peut être essentiellement une construction intérieure, personnelle et intime. Une construction qui ne s'enracine pas simplement dans domaine de la conscience mais une construction qui vient puiser ses sources plus profondément en nous. Par notre travail, par celui des symboles que j'interroge et du rituel auquel je prends part ce sont les profondeurs de mon inconscient qui résonnent et se révèlent à moi. Nous sommes plus à mon sens dans le domaine de la conscience mais celui de l'indicible ; le secret s'enracine dans l'intimité des émotions, du vécu ou du ressenti du franc-maçon, dans dialogue constant de la raison et de l'expérience intime, de la pensée rationnelle et l'évidence inexplicable du symbole ; il est mon expérience intérieure pour reprendre le titre du livre mystique de Georges Bataille. Il ne se transmet pas, en tout cas par le biais du langage, car il ne s'acquiert pas par le langage. Il se forme par le travail profond du rituel sur le franc-maçon, un travail lent et continu. Un peu à l'image des aiguilles marquant les minutes sur une montre qui paraissent toujours immobiles et pourtant ne cessent jamais de tourner. Chaque frère vit une maçonnerie qui lui est singulière. De secrets il y en a autant que de frères et d'expériences personnelles du cheminement maçonnique. Une multiplicité qui n'exclut pas l'unité, unité que nous retrouvons par exemple dans la chaîne d'union par laquelle nous voulons, affranchis des insuffisances du langage, partager nos secrets intérieurs ; fusionner pour que les anneaux de pur métal forment cette chaîne une et indivisible, si forte et si unie qu'une seule main suffit à prêter serment pour l'ensemble des anneaux qui la composent; ériger avec des pierres lisses et parfaitement ajustées le temple idéal de l'humanité.
Le secret c'est une quête, une quête sans fin, une quête de centralité, d'unité, d'universalité.
L'initiation au sein de la loge, le serment prêté me soustrait au monde profane. Un premier cercle, un nouvel espace s'ouvre à l'apprenti, celui de la loge et des frères qui la composent. Ce premier niveau du secret maçonnique renvoie à l'exigence de solidarité et de discrétion déjà mentionnée. Il délimite la division du profane et du sacré.
Le cheminement maçonnique bien que reposant sur un rituel collectif est en même temps une démarche intérieure, personnelle, singulière à chaque franc-maçon. La communauté du rituel n'a pas pour but de contraindre l'individualité mais au contraire de fait surgir l'unité de la diversité. Un nouveau cercle, un nouvel espace personnel s'érige peu à peu. Les mots sont impuissants à le décrire. Chacun construit peu à peu, consciemment ou non le cercle des ses émotions, de son vécu intime en atelier, de sa méditation.
Chaque frère est ainsi constructeur d'un nouvel espace, d'un secret indicible qui le soustrait aux autres non seulement par sa singularité mais également par son incommunicabilité. Ce second cercle délimite en quelque sorte son espace intérieur de celui de ses frères.
Mais c'est en soi même que se poursuit sans relâche cette quête d'un secret intérieur. Un troisième cercle qui dissimulerait à ma conscience cette centralité, le secret maçonnique. Recherche du principe, de l'origine du tout ou du secret maçonnique, c'est en fait la même chose.
Mais la vérité ne réside t'elle pas dans la quête elle-même, dans les transformations successives qu'elle induit sur le franc-maçon plus que dans l'hypothétique découverte d'un supposé secret maçonnique ?

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article
16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:00

Une fois n’est pas coutume, je souhaiterais aborder cette planche sur un plan très personnel ; non, parce que je suis à la recherche d’un divan confortable et d’une oreille avertie, mais parce qu’à mes yeux, il ne sert strictement à rien ni pour vous, ni pour moi, d’aborder la question du secret initiatique de manière essentiellement intellectuelle. Le mot « intellectuel » étant entendu ici dans sons sens péjoratif d’intellectualisme, cette maladie contagieuse qui nous contamine tous et qui guette tout jeune maçon introduit fraîchement dans ce bouillon de culture qu’est trop souvent la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui.

Cette approche personnelle du secret initiatique confèrera à mon travail une vertu dont je me suis trop souvent éloigné dans mes laïus précédents : celle de la brièveté.

Ceci démontrera par là même qu’il est plus facile, du moins pour ce qui me concerne, de faire un discours long et charpenté de citations et d’exemples, sur l’initiation que de parler de sa propre initiation, ou simplement d’y faire allusion…

Mon père qui n’était pas un intellectuel, et qui n’en était pas pour autant frustré, avait coutume de répéter cette maxime qui semble sortie tout droit de l’Almanach Vermot, ce recueil du bon sens populaire : « Un secret à deux, ce n’est plus un secret ! ».

Son discours était-il inspiré ? Je pourrais le penser aujourd’hui, en constatant qu’en ponctuant chacun de ses « airs entendus » de cette litote lapidaire, il énonçait une réalité que j’ai mis des années de maçonnerie sage et tranquille à découvrir : si le secret initiatique existe, il est impossible d’en parler à deux, et a fortiori à plusieurs.

C’est pourtant à cet exercice que se livrent les 1er et second surveillants dans l’ouverture des travaux du rituel dit de 1802, que je cite en ces lieux non par provocation, mais pour les besoins de la cause :

- « Mon Frère, qu’y a t il entre nous ? » commence le 1er surveillant

Question à laquelle le second surveillant répond :

- « Un secret, mon Frère ! »

Et le 1er surveillant de poursuivre par une question qui brûle les lèvres de tous ceux qui assistent à cette ouverture des travaux :

- « Quel est ce secret ? »

Pour aboutir à cette réponse :

- « La Franc-Maçonnerie. »

qui, pour le moins, dénoterait d’une pauvreté intellectuelle affligeante chez les rédacteurs de ce rituel, si nous n’y soupçonnions une volonté de provoquer chez nous, un questionnement rédempteur.

En fait, nous apprenons par là que le secret initiatique qui intrigue tant ceux qui ne le détiennent pas, c’est tout simplement la Franc-Maçonnerie.

Nous pouvons imaginer que c’est le même sentiment d’étonnement et de frustration dont ont été saisis, ceux qui s’attendaient à découvrir le secret du peuple élu à leur entrée dans Jérusalem au mois d’août de l’an 70 après Jésus-Christ.

Le 24ème jour de ce même mois, les soldats de Titus entrent dans le Temple de Jérusalem et y mettent le feu. Alors qu’ils pénètrent au centre du Temple, dans le Saint des Saints, au cœur de l’ancien palais d’or et de cèdre, là où seul le Grand Prêtre pouvait pénétrer au jour du Kippour, ils se précipitent pour savoir enfin ce qu’il y avait de si mystérieux en ce lieu, pour que les Juifs le gardent avec autant de précautions. Le général romain qui guidait ses soldats vers le centre des centres pensait enfin percer ce secret.

Soulevant alors le rideau du lieu saint, ils ne purent qu’être stupéfaits par le spectacle s’offrant à leurs yeux : il n’y avait rien ! Absolument rien !… Là, au centre de tous les centres, au centre du monde, au « lieu » par excellence, dans le cœur brûlant de Jérusalem, dont l’oubli entraînait pour le Juif que sa dextre se dessèche et que sa langue colle au palais, là était simplement un lieu désespérément vide de tout !

Et bien, mes Frères, pour ce qui me concerne, car comme je vous l’ai annoncé en introduction, c’est une vision personnelle qui préside au travail que je vous livre ce soir, le secret initiatique est aussi un « lieu vide tout »…

Mais ce lieu n’est « vide de tout » que pour celui qui comme ce général romain n’a pas pris la peine de passer par l’ascèse nécessaire et préalable à une véritable expérience que bien pompeusement, je vais qualifier ici de « spirituelle » à défaut de termes plus adéquats pour qualifier cette ouverture de notre intellect (ici, dans le bon sens du terme) vers justement ce qui ne peut être nommé.

Pour celui qui a vécu la plus minime expérience qui soit, ce « lieu vide de tout » déborde d’une plénitude qui lui confère à jamais la Sagesse, la Force et la Beauté, ces attributs qui soutiennent le Temple ainsi élaboré.

Parler plus longuement de ce secret initiatique serait faire œuvre de rhétorique et discuter à l’envi sur l’initiation, chose facile et à la portée de tout homme, mais qui sont autant d’éléments disqualifiants pour parvenir à l’expérience évoquée plus haut, qui est justement le seul moyen pour avoir une petite idée de ce que peut être ce secret si secret.

S’il était besoin de preuve, il suffirait d’être attentif un moment à cette volonté incompréhensible dans le cadre initiatique qui est le notre, que l’on peut constater chez nombre de maçons, à vouloir trouver une réalité concrète et rationnelle à cette idée de secret maçonnique.

Sans vouloir approfondir de trop cette piste purement « intellectuelle », qu’il nous soit permis un instant d’en cerner les quelques lieux communs les plus généralement assénés de manière rassérénante dans nos loges :

Il en est qui trouvent une racine historique à ce secret maçonnique - alors même, que nous le verrons plus loin, cela ne peut être – en rappelant la fameuse tradition opérative : Au temps des « opératifs », les francs-maçons, hommes de métier disposant des secrets du métier, auraient opté pour « dévoiler » dans leurs œuvres ce qui devait rester caché dans leur cœur.

Et alors que ce qui précède nous laisserait croire que le secret maçonnique trouve sa source dans le métier, pour le Chevalier André-Michel de Ramsay, il n’en est rien, lorsqu’il déclare dans son fameux discours en 1737 : « C'était, selon les apparences, des mots de guerre que les croisés se donnaient les uns aux autres, pour se garantir des surprises des Sarrasins, qui se glissaient souvent déguisés parmi eux pour les trahir et les assassiner ». Mais il ajoute tout de suite : « Ces signes et ces paroles rappellent le souvenir ou de quelque partie de notre science ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la foi. » Autrement dit, ce secret, loin de trouver sa source dans l’histoire, va la puiser dans « quelque mystère de la foi »… C'est-à-dire dans un temps mythique et non plus historique.

Vouloir ancrer le secret maçonnique dans l’histoire des hommes ne conduit qu’à faire une confusion entre ce qui est secret et ce qui est ésotérique. Ce qui est ésotérique n’est pas secret, mais tout simplement caché, voilé. Caché en vertu de la discipline de l’arcane exprimée sans ambiguïté dans Mathieu VII, 6 : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.».

Cette discipline de l’arcane propre à toute tradition risquant de remettre en cause l’ordre social établi par les dogmes, c'est-à-dire par des règles essentiellement humaines, il est donc tout aussi naturel qu’important que les « empêcheurs de tourner en rond » observent une discrétion minimale sur leur manière de penser, surtout si cette façon de penser est génératrice de réaction, d’oppression voire, comme cela a toujours été le cas au cours de l’histoire humaine, de répression !

Henri Corbin prétendait « qu'il convient d'avancer de façon inconnue pour nous protéger de ceux qui sont inaptes au cheminement, par manque de qualifications, cela ne les concerne pas, et de ceux qui nous sont hostiles, cela ne les concerne que trop ».

Pour ne point se prendre trop au sérieux, je vous rappellerais ce mot fort à propos et plein de bon sens de l’humoriste Pierre Desproges qui disait que « l’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». On peut en effet parler de tout, mais pas avec tout le monde.

Face à cette nécessité de se protéger des attaques éventuelles de l’extérieur, toute organisation ésotérique se doit d’instaurer des règles internes de fonctionnement, et notamment la première d’entre elles : un serment prêté par tout membre de l’organisation de garder secrets les enseignements reçus, tout comme devaient rester secrets les règles et astuces du métier, qui faisaient justement la différence entre celui qui y avait été initié et celui qui y restait « profane » au sens étymologique de ce terme, à savoir celui qui demeurait devant le Temple, sans pouvoir y entrer…

Comme toute règle de droit, ce serment devait être assorti de sanctions à peine d’être tout aussi inapplicable qu’inappliqué. Delà, les imprécations quelques peu surannées diffusées par nos rituels : gorge tranchée ou autre torture plus ou moins barbare qui rappelle les supplices infligés au Moyen-Âge à celui qui s’était rendu coupable d’un crime de lèse-majesté.

Cette discrétion observée quant aux « secrets » du métier, valait aussi et vaut toujours quant à l’identité des membres de l’organisation.

Il pourrait être objecté ici à juste titre que c’est là une règle élémentaire de courtoisie que de ne pas trahir la confiance qui nous est faite, lorsque nous sommes amenés à connaître la qualité de tel ou tel homme, dans la mesure où notre sens de la morale, de la justice ou de la loyauté envers quelque chose de supérieur, ne nous obligent pas à justement révéler ce que nous aurions été conduits à apprendre.

C’est ainsi que dévoiler tel ou tel frère, sans son accord préalable, ne constitue pas une violation du fameux secret maçonnique, mais tout simplement une violation du serment prêté lors de notre initiation.

Il en serait de même à coup sûr de l’inobservance, malheureusement trop souvent constatée, du principe du secret des délibérations : Ainsi en est-il du Frère peu scrupuleux qui va dévoiler dès sa sortie de l’Atelier, les observations formulées par tel ou tel Frère sur tel ou tel autre Frère admis, par exemple à présenter un travail d’augmentation de salaire.

Mais pour regrettables que sont de tels incidents, plus souvent provoqués par la bêtise que par une réelle volonté de nuire à l’organisation, personne ne pourrait soutenir sans provoquer l’hilarité générale que ces manquements méritent d’être punis d’un égorgement.

Que dire alors de la révélation des mots, signes et attouchements, qui ont déjà fait l’objet d’indiscrétions multiples, et qui alimentent en permanence les étagères du rayon « ésotérisme » des grandes surfaces. Aucun maçon sain de corps et d’esprit (ce qui a priori constitue un pléonasme dont vous voudrez bien me pardonnez) ne peut croire qu’en révélant ces « secrets » de polichinelle, il s’expose à la terrible vengeance d’une sorte de Sainte-Vehme reconstituée pour l’occasion.

Mais, même lorsqu’il donne – sans penser peut-être d’ailleurs que c’est là quelque chose de paradoxal pour un franc-maçon – un caractère « symbolique » à ces sanctions, il ne peut imaginer que c’est en ça que réside le secret initiatique.

Tout simplement parce, que toute cette perspective s’inscrit à un espace-temps, et penser que le secret initiatique puisse se concevoir dans un temps historique risque de rendre inopérante toute tentative d’en percer un jour le ….. secret !

Bien au contraire, le secret initiatique s’inscrit dans un espace-temps qui n’a rien à voir avec l’histoire, et c’est bien pour cela qu’il se trouve être incommunicable avec des mots fussent-ils tirés de nos rituels.

Le seul moyen pour un homme de percer ce secret est de se faire initier. C’est là, cependant, une condition nécessaire mais insuffisante. Encore faut-il pour cet homme devenu maçon de vivre au sein de sa maçonnerie, l’expérience qui lui dévoilera le secret, mais qui ne lui révèlera qu’à lui seul, car le langage par lequel le secret est révélé n’est utilisé que par les deux entités sujet et objet de cette révélation… Pour chacun d’entre nous, il s’avère langage particulier, même si le secret qu’il révèle semble être le même pour tous.

Si l’on reprend alors l’échange entre les deux surveillants qui ouvre les travaux dans le rituel de 1802 :

Frère Second surveillant qu’y a-t-il entre nous ?

Un secret mon Frère !

On comprend bien dès lors que tous deux parlent bien du même secret. Mais lorsque le 1er surveillant demande au second surveillant de lui dire quel est ce secret, ce dernier ne peut faire que cette réponse qui peut paraître dubitative : « La franc-maçonnerie ». Il indique par là que pour découvrir ce secret, il faut passer non seulement par la méthode, mais surtout par l’application de cette méthode dans ce qu’elle a de plus pur, dans ce qu’elle est de débarrassée de toutes les pesanteurs dont la vie dans le monde et dans l’histoire l’a chargées.

On peut alors donner sa juste valeur à ce sonnet anonyme du XVIIIe siècle :

« Pour le public, un franc-maçon

Sera toujours un vrai problème,

Qu'il ne saurait résoudre à fond

Qu'en devenant Maçon lui-même. »

Je pourrais, pour illustrer mon propos, inventer un autre dialogue, dans lequel le 1er surveillant demanderait au second : « quel goût ont les fraises ? », et le second surveillant lui répondrait par cette lapalissade : « les fraises ont le goût de la fraise ! ».

Comment expliquer en effet à quelqu’un qui n’a jamais goûté à une fraise, ce qu’est le goût des fraises ?

Nous savons bien que cela est impossible, et que le secret du goût des fraises est tout aussi incommunicable que le secret maçonnique. Cette incommunicabilité n’ôte cependant rien à sa réalité : les fraises ont un goût, c’est sûr ! Et pour le connaître, il est nécessaire et suffisant d’y goûter, d’en faire l’expérience.

Mais quand bien même cette expérience aurait lieu pour deux êtres, qui dès lors, comme nos deux surveillants du rituel de 1802, semblent parler de la même chose… S’agit-il bien de la même chose ? Qu’est-ce qui peut me dire que le goût que je trouve aux fraises que je mange est le même que celui que mon Frère en maçonnerie trouve à ses propres fraises ?

Les fraises sont identiques et communes à tous, leur goût demeure à jamais particulier à chacun, sans possibilité de communication sur le sujet avec un autre que Celui qui a fait que les fraises aient un goût, car comme le disait Sohrawardi : « Pourquoi Dieu a-t-il créé ses créatures, si ce n’est pour pouvoir converser avec elles en secret ? »

Eric-Emmanuel Schmitt nous dit dans son évangile selon Pilate : « Il est évident que pour décrire le séjour de Jésus au désert, je me sers de ma nuit au désert lorsque, au mois de février 1989, je suis entré athée dans le Sahara et ressorti croyant… En fait, je n’utilise pas tant que cela mon expérience singulière. Je n’écris que ce qui est nécessaire à mon livre. Je continue à garder pour moi cette nuit sous les étoiles qui a changé ma vie. »

Je vais donc le suivre sur ce point et arrêter là mes tentatives inutiles de vous parler de ce qui, par définition, est indicible, en me contentant (et ce ne sera déjà pas si mal si j’y parviens) d’espérer donner envie à ceux qui n’ont jamais mangé de fraises, ceux dont on dit ici, qu’ils ne savent ni lire ni écrire, mais seulement épeler, d’apprendre ce secret merveilleux qu’est le goût de la fraise.

J’ai dit !

Source : http://fm.alsace.tradition.over-blog.com/article-le-secret-ma-onnique-110966558.html

 

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 06:59

Qu'est ce que la Franc-Maçonnerie?

Voici la définition officielle du Larousse : c'est une "association en partie secrète répandue dans divers pays et dont les membres professent des principes de fraternité, se reconnaissent entre eux à des signes et à des emblèmes, et se divisent en groupes appelés loges". A la vue de la définition précitée, tout profane serait mené à croire que la Franc-Maçonnerie est, effectivement une société secrète. Mais on peut arguer que la Franc-Maçonnerie est loin d’être une société secrète mis a part les signes, attouchements et mots sacrés elle ne cache pas ses activités encore moins son existence. Combien reste-t-il de Secrets Maçonniques non publiés ? Des écrits qui inondent les librairies et surtout l’internet. Les auteurs sont souvent des profanes avec l’esprit trop fertile mais comprennent aussi d’autres ayant pourvus le public des ouvrages relativement bien documentés et objectifs. Ils comptent aussi parmi eux des Maçons, des anciens et d’autres qui prônent plus d’ouverture. Alors pourquoi insister autant sur le secret… d’autres organisations sont aussi « secrètes » autant que la notre ?

Le Secret Maçonnique, comme tout ce qui est Maçonnique, est avant tout un symbole qu'il faut interpréter. L’origine de ce symbolisme découle de plusieurs sources : La première étant liée au métier même des bâtisseurs des cathédrales. Ces vrais mâcons avaient un savoir faire prodigieux. Ils étaient dépositaires des secrets relatifs à la construction des édifices, qui des siècles après nous éblouissent toujours. Ainsi tout nouveau mâcon devait prêter serment, sous peine des sanctions les plus sévères de garder inviolables tous les secrets du métier et de ne les révéler qu'à quelqu'un dûment reconnu comme maçon de métier. Pour se faire reconnaître, ces ouvriers du Moyen Âge utilisaient des mots, des signes et des attouchements secrets aussi rustiques – qui sont les nôtres maintenant. La seconde source est liée aux persécutions que faisaient faces les Mâcons pendant des siècles. La Franc-Maçonnerie, pour se protéger des attaques virulentes de la part de l’église et des organisations antimaçonniques évoluaient en secret. Plus récemment, la Franc Maçonnerie de part ses principes de Liberté, Egalite, Fraternité, était la victime indiqué de ceux prônant le nazisme et le communisme, comme le totalitarisme. Or il convient de mentionner que ceci est relativement à un degré moindre de nos jours. À notre époque, même s’il existe toujours des sentiments antimaçonniques, ils ne sont pas aussi démesurés. Mais néanmoins, ces persécutions ont induit une certaine obsession du secret chez beaucoup des Maçons. Cette obsession a moins de raisons d'être aujourd'hui, mais les habitudes sont prises et il est vrai que, dans certains milieux, s'afficher comme Franc-Maçon peut conduire à des désagréments, notamment professionnels. La troisième source est l’expression même de l'amour fraternel, la sérénité, la tranquillité d'esprit et d'âme que nous recherchons en nous réunissant en Loge, la durée d’une tenue. Pour créer cet égrégore, il est essentiel d’avoir une certaine intimité.

Mais le vrai secret réside dans l’expérience initiatique qui débute avec notre Initiation. La cérémonie d’Initiation permet au néophyte, symboliquement, de passer du monde profane au monde sacré. Combien ce moment est intense et personnelle ! D’ailleurs nous nous abstenons à commenter sur l’Impression d’Initiation de l’Apprenti. L'introspection qui est provoqué par l’Initiation enclenche, dans les couches les plus profondes de notre âme, un processus de perfectionnement impossible à exprimer à quelqu'un qui ne le vit pas lui-même. Cette expérience initiatique est absolument incommunicable. Il est indispensable de l’avoir vécu pour pouvoir comprendre. En maçonnerie comme tout est symbolique, toute chose est sujette à une interprétation propre du Franc-Maçon en quête de son idéal personnel. L'expérience initiatique personnelle, qui est vécue et développée selon la Méthode Maçonnique repose sur la compréhension et l'utilisation des symboles Maçonniques traditionnels. Par-dessus tout, il existe, dit-on, un secret d'une autre nature et parfaitement inexprimable, qui n'est autre que la révélation intérieure illuminant chacun des initiés au fur et à mesure qu'il progresse dans la voie de la lumière… Il convient d’ouvrir une parenthèse ici pour mentionner la transition de la Maçonnerie dite “opérative” à celle dite “spéculative”. Avec la diminution dans la construction des cathédrales, les maçons adoptèrent d’autres métiers et s’éloignèrent de l’association. Celle-ci par contre ne cessa pas de s’accroître en recrutant des membres étrangers au métier. Ainsi la notion de la Maçonnerie « spéculative ». Les maçons de métier avaient pour obligation de sauvegarder les secrets du métier. La Maçonnerie “spéculative” est dépourvu de tout aspect physique et la construction n’est que d’ordre intérieur, spirituel. Ceci étant inexprimable, aide à renforcer la perception de secret qui était déjà pressente. Les profanes pensent que la Franc-Maçonnerie est une société secrète. Ils usent leur imagination pour associer toutes sortes des légendes pour se convaincre de la véracité de leurs spéculations. Comme toutes sociétés, la Franc-Maçonnerie a un nombre limité de membres qui sont choisis selon des critères bien définis – la majorité des gens ne pouvant s’y adhérer. Le mystère entourant la Franc-Maçonnerie aiguise d’avantage le désir des aspirants et ne pouvant y accéder ils concordent toutes sortes de spéculations. Je suis d’avis que cette perception persiste parce que le peu de secrets qu’on nous exorde de garder sont, pour les profanes, une source d’imagination. Le secret égale connaissance, donc pouvoir. Il n’est pas difficile de voir qu’un Franc-Maçon c’est surtout quelqu’un de bien... il est vertueux et de bonne mœurs. Les introspections qui lui sont imposées de par nos Rituels n’en fait que lui rendre encore meilleur. Ses efforts perpétuels de dégrossir sa pierre brute afin de faire partie de ce grand édifice, qu’est l’Humanité, lui prodiguent aussi des possibilités de surpasser les communs des mortels dans la cité. Et son appartenance apparente à la Franc-Maçonnerie souvent est interpréter comme s’il a bénéficié d’un quelconque soutien occulte. Il m’est souvent arrivé d’entendre qu’untel est Maçon… simplement parce qu’il a réussi dans les affaires ou qu’il a obtenu appointement important. Ce pouvoir peut faire peur jusqu’à amener l’opinion publique à manifester son besoin de savoir, son obsession de transparence. Le sentiment que la Franc-Maçonnerie est une société secrète est aussi partager par les Maçons de grades inférieurs qui n’ont pas connaissance de ce qui se passe au-dessus de leurs grades. Les secrets sont prépondérants dans les rituels…

- Le profane est déjà sondé lors de son audition sous le bandeau : « Pensez vous que la Franc Maçonnerie est une société secrète ? »

- Au début même de la rituel d’initiation il est exhorté de prendre son premier serment de silence, de ne rien révéler a quiconque

-Dans son Serment d’Affiliation le frère apprenti prend l’engagement de ne dévoile d’aucune façon les secrets de l’ordre Maçonnique au risque d’être voué a un fin atroce.

-L’or de l’investiture il lui est communiquer les secrets de son grade ; signe, attouchement et mot sacré.

D’ailleurs les Règlements Généraux prévoient des peines aussi sévères que l’exclusion du rite si un Franc-Maçon a été trouvé coupable de divulgation du secret maçonnique à des profanes ou même des maçons d’un grade inférieur. Ainsi entourer de secrets le néophyte commence son cheminement initiatique. Et au fil des jours il verra que d’autres secrets lui attendent à chaque augmentation. Il est à noter que le seul secret qu’un Franc-Maçon peut dévoiler c’est sa propre appartenance. Il ne peut sous aucune prétexte divulguer les travaux de la loge, ni les secrets de son grade, signe ou attouchement aux frères de grades inférieurs ou aux profanes. Le véritable secret est trop sublime pour être exprimable car il ne peut que se vivre. Nos Rituels dans entre les mains d’un profane paraîtrait fade et, pour certains, burlesques. Mais exprimé en Loge, nous vivons des moments intenses qui deviennent une source de rejouvance qui nous permet de quitter les travaux de Loge et faire face aux exigences quotidiennes de la vie profane. Cette magie qui plane sur toutes les activités Maçonniques, qui seraient difficilement explicable et tout aussi incompréhensible du profane. Comment expliquer … l’Égrégore, cette communion parmi les Frères. D’autre part combien de fois ayant rencontré un Frère quelque part on commence a cherché du regard le troisième Frère … et invariablement il apparaît ! Le travail effectué en loge, dans la sérénité et hors d’atteinte de l’agitation du monde, aide les Francs-Maçons - surtout s’ils ne partagent pas le même avis – à s’éclairer les uns les autres pour pouvoir ensuite s’affirmer individuellement en citoyens dans leur vie quotidienne. Cette méthode, expérience unique de travail à la fois individuel et collectif, ne peut se transmettre par le discours - il faut la vivre et la pratiquer pour la connaître. Le secret partagé par les membres d’une même société les lie, entre autres, en garantissant, en protégeant leur intimité. Divulguer le secret, c’est rompre cette intimité et briser alors le désir de maintenir ces liens avec, à terme, la destruction de ce qui unissaient. Ceci cimente la fraternité parmi les Frères. Joint à l’assiduité lors des tenues, cela permet à créer cette entente magique qui déborde les murs de la Loge. Nos tenues commencent et se terminent rituellement par une cérémonie, mais le déroulement à l'intérieur du Temple, demeure incommunicable par des écritures. Il nous est impossible de décrire la magie d’une tenue, ceci même, à un frère qui s’était absenté lors de cette tenue. Mais en réalité, la Franc-Maçonnerie est en fait une superposition de sociétés secrètes dont la base ignore ce qui se passe et ce que l'on décide au sommet. Les apprentis, les compagnons et les maîtres ne sont pas admis dans les ateliers supérieurs, dans les loges des hauts grades, mais seulement dans les ateliers inférieurs dit " loges bleues ". Par contre, les frères des hauts grades participent obligatoirement aux travaux des loges bleues, et se mêlent ainsi à leurs frères des premiers grades, dont ils inspirent, guident ou surveillent les activités. Je constate qu’il y a toujours des secrets, même pour moi, Maître Maçon. Mais je conçois qu’il soit ainsi. Pour moi ce secret si bien gardé par mes aînés représente la connaissance, le pouvoir sur soi-même, qui m’est défendu maintenant mais qui me deviendraient accessible quand j’aurais fait montre de capacités requises. Notre Maître Hiram, n’a t-il pas dit aux compagnons qui voulais accaparer des secrets « Insensé ! Ce n’est pas ainsi que je l’ai reçu, ni qu’il doit être demandé … Travaille, persévère, et tu seras récompensé suivant tes mérites ».

T\R\M\, J’ai dis !

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 05:18

Ou comment le bon sens éclaire la réalité

Pour le citoyen lambda, l'influence de la franc-maçonnerie est réelle depuis longtemps, mais elle est rangée au même rang que celle des groupes de pression, aussi puissants soient-ils. La franc-maçonnerie est une société secrète dont la philosophie affichée ne peut plus cacher les véritables mécanismes. Ce que les obédiences nomment dérives est en fait ce qui volontairement ou involontairement ne peut ou ne veut être caché. Le bon sens incline à constater que si la philosophie maçonnique est véritablement axée sur une réflexion visant l'humanité entière, elle ne peut rester secrète et doit être au minimum ouverte. A quoi serviraient donc les "lumières" de quelques hommes réfléchissant à l'humanité si elle ne doit pas y participer ? Considérer que quelques hommes choisis sont aptes à la réflexion, c'est disqualifier la notion même d'égalité si chère à la philosophie maçonnique. Concrètement et sérieusement, quelle que soit la philosophie, la franc-maçonnerie fonctionne sur deux principes de base: la fraternité entre les membres (quels qu'ils soient) et le secret de cette fraternité. Ces deux obligations ont pour effet grégaire l'entraide entre les membres. Cet ensemble leur confère une puissance collective et individuelle. C'est, concrètement, leur seul secret initiatique.

ENTRAIDE

Basée sur la fraternité, la franc-maçonnerie crée entre ses membres des liens dont la motivation pratique individuelle est l'entraide. Donner "un coup de main" s'entend pour tout un chacun comme un acte de solidarité conscient et une démarche individuelle. L'initiative est personnelle, elle résulte d'un constat qui entraîne une réaction consciente positive en opposition à une situation négative. Plus qu'à la morale, l'entraide fait appel à la conscience humaine qui rejette le malheur, l'injustice et l'exclusion. Si cette entraide est parfaitement concevable, elle n'est plus limitée par la conscience individuelle dès lors que la fraternité est secrète. Elle oblige à se porter en aide exclusivement à tout membre qui en fait la demande. Cette aide ne répond plus au discernement mais à l'appartenance de l'autre à la même société secrète. Ce n'est plus l'initiative individuelle qui préside à l'acte d'aide mais l'appel quels qu'en soient les motifs. Ainsi la demande d'aide n'est pas, hormis probablement quelques cas infinitésimaux, un appel à défendre justement, mais à agir délibérément et aveuglément dans l'intérêt exclusif d'un autre frère.

OBLIGATION D'ACTION

De plus, les deux principes réunis (fraternité et secret) créent l'obligation d'action. Il n'est pas envisageable de refuser, en conscience, une action demandée par un frère socialement secret car ce refus s'apparente à la négation de son propre engagement vis à vis de la communauté occulte. La notion de fraternité, dès lors qu'elle est secrète, implique l'obligation de servir le frère et d'être servi par lui. Cette obligation s'étend logiquement au frère retiré organiquement des structures actives de la franc-maçonnerie. Les règles de la mafia sont un exemple de cette obligation stricte. De nombreux petits mafieux ont fini leurs jours dans un caniveau quand ils ont joué l'indépendance ou pire le non-respect de la fraternité. On ne sort donc jamais d'une société secrète.

OBEISSANCE

Le ciment de toute société secrète et la condition de sa pérennité tient dans son organisation. Le secret ne suffit pas. Il faut un but et des moyens. Le but est individuel, les moyens sont collectifsL'homme qui entre en franc-maçonnerie poursuit concrètement un but qui n'est pas philosophique mais pratique. Le "recrutement" par parrainage le lui confirme dans les arguments qui lui sont donnés. Il lui confirme également que, plus qu'une hiérarchie, la société secrète présente des degrés de filiation. Comme la famille ancestrale, l'évolution de l'individu est calquée d'abord sur son obéissance absolue aux anciens (la symbolique du silence), puis sur son "éducation" (la symbolique de l'initiation), ensuite sur ses actes d'allégeance (les services qui lui sont demandés en même temps que ceux qu'il peut rendre, anodins d'abord puis plus impliquant). La franc-maçonnerie devient donc naturellement, inconsciemment, un substitut familial qui prend la place de la famille naturelle et en tout cas fonctionne comme la famille ancestrale sur la base de l'obéissance aux anciens. La confusion entre sagesse et obéissance fait partie de la mystification. Mais l'obéissance, ciment de la société ancestrale lorsqu'elle se réfère à la sagesse, peut également conduire à l'allégeance obligée par le fait même de l'adhésion secrète. Ce qui est secret n'est, par définition, pas communicable mais seulement connu de ceux qui partagent le secret. La trahison implique la sanction et ôte toute envie de quitter le groupe car la connaissance des pratiques liée au secret reste. La perception du risque, non de la révélation des pratiques, mais de la reprise de la liberté de conscience individuelle, exclu l'individu non seulement du groupe secret, mais de la société entière. L'obéissance à une structure ne suffit pas pour la pérenniser il faut qu'elle procure des moyens conséquents, efficaces et utiles à ses membres en respectant les degrés d'implication de chacun. Il faut donc un échange qui bénéficie à l'individu et simultanément au groupe. C'est le principe des obligés. Or ces moyens ne sont efficaces qu'à la condition qu'ils soient tissés lentement, sûrement et dans l'ombre, mais surtout qu'ils présentent un intérêt réel et pratique pour le membre. Quelle que soit la communication officielle des obédiences, l'homme de la rue dit que la franc-maçonnerie est le véritable pouvoir, simplement par la perception de bon sens qu'il a sur des constatations bien réelles éclairant son vécu quotidien par les "affaires" révélées, les hommes qui y participent et les méthodes récurrentes. Il a aussi l'écho grandissant du flot des victimes dont certaines sont inévitablement dans son entourage. L'homme de la rue, même s'il n'a pas les moyens directs d'informations sait repérer les incohérences et les comportements. Il n'a pas confiance dans les institutions et dans le respect des lois (pas seulement juridiques, mais économiques et sociales) car il perçoit les effets, parfois grossiers, des réseaux d'influence et de pouvoir dans son quotidien.

MOYENS

Il est donc incontestable que la franc-maçonnerie, plus qu'un réseau d'influence spécifique qui n'a d'existence qu'en fonction de l'intérêt du moment (lobbing), est en fait une société de l'ombre, un double agissant sur des règles propres et secrètes. En effet, les puissants réseaux maçonniques possèdent des membres dans tous les rouages de la société si bien que par l'effet de la cooptation et de l'entraide, ils finissent par capter la République entière pour s'en servir et asservir sa substance. C'est un constat et non une conclusion. Pour chaque membre, ils représentent à la fois un moyen d'action et une protection optimale. Ces deux raisons qui font appel aux bas instincts de l'homme finissent par devenir une raison de vivre et une reconnaissance de ses choix. De nombreuses affaires, liées à la politique (financements occultes, copinages, maversations, etc...), à l'économie (tribunaux de commerce, mandataires judiciaires) et à la justice (magistrats, avocats, huissiers, notaires) trouvent leurs génèse, leurs explications, leurs mécanismes et leur existence même dans l'action de ces réseaux. On ne peut que constater que les membres de ces réseaux secrets répondent à une logique de dépendance dont le service rendu cimente les liens et endort le scrupule. Les intérêts personnels, qui bien souvent transgressent les règles naturelles de la vie en société, rencontrent d'autres intérêts personnels et cette somme constitue un ciment fondamental à la reconnaissance, à la cooptation et au partage d'une démarche identique. Le bon sens incline à constater que cette dépendance ressemble également en tous points au système mafieux. Pour obtenir dans la société un bienfait individuel, il faut qu'il soit implicitement mérité et reconnu, donc légitime. Si ce n'est pas le cas, il faut l'obtenir directement de celui qui le détient. L'obtention ainsi acquise est opposable à la société entière qui ne peut en contester la validité sauf à renier le principe même de la légitimité de son organisation et de ses "valeurs".

LE SECRET, CIMENT DE LA REUSSITE

Ce système ne fonctionne qu'à la condition qu'il soit secret (prestation de serment), qu'il oblige à un engagement actif qui fait passer de la liberté à l'asservissement consenti et qu'il corresponde à une vision sélective et grégaire du pouvoir sur la société et ses rapports humains. Le tout pour assurer au membre de la société secrète une existence formelle. Dès lors, le mensonge, la dissimulation, la diffamation, la tentation de la forme à la place du fond, les faiblesses, le vice parfois, la perversité, sont les dérives obligatoires d'une société secrète dont les membres répondent à un idéal individuel qui n'a rien de philosophique mais qui, en fait vise à bénéficier et utiliser le patrimoine commun au détriment de la société tout entière. Le secret des liens entre membres est la condition de la dépendance en ce qu'il crée un pacte ou la corruption est une preuve de fraternité et d'engagement inaliénable à ses frères, eux aussi secrets. Les effets sont destructeurs: utilisation de la justice, du pouvoir financier, des institutions collectives, des médias, pour atteindre ses objectifs. La prestation de serment au service de la République pour un magistrat, un avocat, un notaire, un huissier est un engagement écrasant, une responsabilité d'homme ou de femmes libres, possédant une très haute conscience, non d'eux-mêmes à travers la fonction, mais de la fonction en propre. A ce titre, ils sont responsables de l'équilibre de la société, de sa cohésion et de son existence face aux autres citoyens. Or si ce serment fait devant la collectivité entière engage au respect absolu de la philosophie des Lumières et de ce qui préside à notre démocratie péniblement acquise, il ne peut se satisfaire pour ces charges d'un autre serment, qui plus est occulte et opposé dans son principe au respect absolu des principes fondateurs de la démocratie, de la République et de la condition humaine. Quelles que soient les motivations de l'individu, la fonction qu'il occupe dans et pour la société ne lui appartient pas et ne peut être qu'au service de la collectivité. Il ne peut y avoir deux "règles du jeu" dans un même jeu, surtout lorsque celle qui est connue n'est pas celle qui s'applique effectivement mais sert à masquer la seconde. Dès l'instant ou l'idée même d'user de la fonction, par le pouvoir et l'aura qu'elle impose aux autres, germe dans l'esprit du responsable, elle aboutit à la perte, même momentanée, de l'engagement initial et à la déchéance de légitimité au regard de la collectivité et des motifs de la charge. Lorsque cette charge est obtenue par cooptation, parrainage ou par la capacité de l'individu à ne pas être totalement libre de lui-même, et en fait, dépendant du secret d'une communauté parasite, c'est le procès de Kafka qui se substitue à la réalité. On ne peut servir deux maîtres à la fois. Les francs-maçons sont tenus de servir en premier lieu la franc-maçonnerie qui leur procure, à titre individuel, bien plus de satisfactions que les contraintes de l'équité, de la justice, de l'honneur, de la vérité et de l'égalité. Il y a mystification de la société dans l'engagement individuel d'un franc-maçon. S'il est indéniable que des individus aient des affinités entre eux, des intérêts communs et des objectifs grégaires, il n'est pas concevable qu'ils se servent de la conscience collective partagée (principe démocratique, égalité, lois) pour s'affranchir de la sanction ou pire l'utiliser à des fins personnelles. La franc-maçonnerie utilise tous les rouages du régime dans l'intérêt propre de ses membres. Elle n'existe que parce que les liens qui unissent ses membres sont secrets et qu'un régime lui sert de nid. De même, il n'existe pas de francs-maçons "affairistes", il existe que des francs-maçons qui se rendent service.

LE REMEDE

La fin de la franc-maçonnerie ou de tout groupe sectaire occulte n'est pas liée à la fin d'un régime, quel qu'il soit, mais à la fin du secret d'appartenance de ses membresIl est inadmissible que dans une société organisée, certains de ses membres utilisent à titre personnel ou en groupe à visage couvert les institutions qu'ils contrôlent petit à petit. Seule l'existence d'une société secrète en permet la possibilité. La franc-maçonnerie n'est pas la première et ne sera pas la dernière tant que nous n'aurons pas compris son mécanisme fondamental. Elle fait appel aux bas instincts de l'homme qui réduit la vie au paraître, incapable d'accomplir l'être. Rompre le secret de l'appartenance à la franc-maçonnerie, n'est pas s'attaquer à la philosophie humaniste, c'est lui permettre de se développer, de s'auto-contrôler et de mettre enfin les actes en accord avec les mots pour empêcher toute perversité. L'interdiction à des membres de sociétés secrètes de l'accès sans identification aux rouages à vocation collectifs, à commencer par la justice, la police ou l'administration est une évidence du fait même de l'existence du serment. Les corps législatifs de certains pays, comme l'Angleterre et l'Italie, se sont résolus à cette disposition, probablement pour conserver un peu du maigre crédit populaire qu'il leur restait. La laïcité, cheval de bataille symbolique des francs-maçons du siècle dernier, doit être comprise dans son intégralité. Est supérieur à toute démarche individuelle, l'existence des principes de la République et de la Démocratie. Ces dernières garantissent d'ailleurs pleinement l'exercice des convictions pourvu qu'elles ne soient pas en contradiction avec le principe fondateur de la société, résumé dans le triptyque Liberté, Egalité, Fraternité. Il y aurait donc confirmation du pouvoir occulte et néfaste de la franc-maçonnerie à revendiquer le secret, même individuel, d'appartenance de ses membres. Malheureusement, il ne peut en être autrement car cette connaissance permettrait de comprendre bien des affaires inexpliquées, bien des injustices qui touchent chaque citoyen honnête ou son voisin, bien des dysfonctionnements dans tous les rouages de pouvoir du pays et bien des violations de lois par ceux qui ont reçu mission de les appliquer. La seule obligation d'indépendance réduit à néant l'intérêt personnel et rend l'institution elle-même indépendante des individus qui la servent au seul profit de l'ensemble de la communauté dont ils font bien évidemment partie. Il ne s'agit pas de brimer ou de sélectionner les convictions, bien au contraire, mais de restaurer effectivement le principe premier d'égalité qui a présidé, au moins dans ce qu'il était perçu par le peuple et qui en a permis la concrétisation, au ciment de notre société. L'absence de liberté d'un franc-maçon en fait obligatoirement une arme dangereuse pour tous les "profanes" dont l'obligation de survie impose le discernement. Tout ceci relève du bon sens. Dès lors, un des moyens efficaces pour identifier un franc-maçon reste la méfiance qui contribue à affaiblir les mécanismes couramment utilisés par ce groupe, le double-langage, le respect imposé à priori des titres et fonctions sociales, l'utilisation systématique des symboles, l'absence de concrétisation des paroles, etc... Accessoirement cette disposition d'esprit sera de toute façon efficace et salutaire à titre d'antidote envers n'importe quel groupe du même type.

Source : http://leschroniques.net/ana_secret_fm.htm

Repost 0
Published by François Montlosier - dans Planches
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 05:29

De temps immémoriaux, la franc-maçonnerie en tant que développement graduel de la connaissance, porte les traces de beaucoup d'écoles de pensées successives. Mais tous ses messages sont remplis de l'espérance de la régénération de l'humanité.

Le troisième degré en Franc-maçonnerie est dénommé le sublime grade et c'est parfaitement justifié. Même dans son aspect exotérique son pouvoir simple mais impressionnant doit laisser une impression durable sur l'esprit de chaque candidat. Mais son aspect ésotérique contient quelques uns des plus profonds enseignements spirituels qu'il soit possible d'obtenir de nos jours. Ainsi, la première explication de ce degré est évidente : il prépare l'homme à sa fin et fait allusion à une possibilité de vie après la mort.

Les deux degrés par lesquels nous sommes passés sont un entraînement et une préparation pour le message du 3e degré contenu dans pratiquement chaque ligne du rituel. Ici nous apprenons longuement le véritable objet de la Franc-maçonnerie. Ca n'est pas simplement un système de morale voilé sous l'allégorie et illustré par des symboles mais une grande aventure une quête de ce qui a été perdu; en d'autres mots la quête mystique, la soif de l'âme d'appréhender la nature de Dieu et d'accomplir l'union avec Lui.

C'est la voix de la divine étincelle en l'homme qui l'appelle à l'union avec la source de son être et dans de tels moments le 3e degré porte en lui ce que jusqu'à présent le Frère n'a peut-être pas réalisé. Les vrais secrets ont été perdus mais il nous est expliqué comment et où nous pouvons les trouver. Le passage dans la mort ouvre la voie vers le point dans le cercle, là où l'esprit avide de désir trouvera la paix dans les bras du Père de tout.

Au nombre des bienfaits de la maçonnerie, il n'y n'en est de plus grand que celui d'ôter son aiguillon à la mort et de lui dérober sa victoire. Aucun homme ne peut se dire libre s'il vit dans l'angoisse du seul événement de sa vie dont il est certain. Pendant toute sa vie il est sujet à la servitude jusqu'à ce qu'il soit émancipé de la peur de la mort. La Maçonnerie considère la mort comme la porte de la vie et le maître maçon apprend à attendre avec confiance et humilité le moment où il sera invité à monter à la Grande Loge d'en haut.

Le mot de passage transmet l'enseignement que les possessions terrestres en elles-mêmes conduisent à la mort de l'âme et empêchent sa progression ascendante. Tu...ïn en hébreu signifie seulement forgeron, quoi qu'un autre mot prononcé de manière similaire signifie apprentissage. Il est probable que ce mot de passage et en fait tous les mots de passage sont plus ou moins des substituts modernes puisés dans la Bible pour remplacer les antiques mots de 'puissance' dont la vraie signification a été perdue et dont par conséquent la forme a été corrompue et rendue inintelligible.

Pour le candidat, le fait de dévoiler les deux épaules et indique qu'il est maintenant sur le point de consacrer les deux aspects de sa nature, actif et passif, créatif et préservateur, au service du Très-Haut.

Le cercle évoqué au 3e degré est le symbole de l'éternité, par là-même de l'esprit. Un point au milieu du cercle forme pour les Hindous le concept de Paramatma, l'Être suprême de qui nous sommes venus et vers lequel finalement nous retournerons tous. Au centre du cercle se trouve toute connaissance, là nous trouverons tous les secrets perdus. Une pointe du compas reste au centre et l'autre marque le cercle de l'infini. Peu importe la distance entre les deux bras du compas ou quelle taille a le cercle, le fait est sûr qu'un des bras reste au centre.

Ainsi, les compas, pendant qu'ils voyagent à travers l'infini ne sont en même temps jamais séparés du centre et de ce point où on ne peut se fourvoyer. De ce fait, il importe peu à quelle distance se trouve l'autre bras - donc aussi loin que nous pouvons nous trouver de Dieu et peu importe que le voyage soit long et difficile - l'étincelle divine en nous ne peut jamais être vraiment séparée de Lui ou errer loin de ce centre. Ainsi le bras du compas posé au centre du cercle peut être considéré comme l'esprit, sa charnière est l'âme et le bras sur la circonférence, le corps.

Ceci explique donc que le candidat est reçu sur la pointe du compas.

L'âme porte en elle un sentiment de perte et de séparation car elle est issue de Dieu et l'étincelle divine qui est en elle veut retourner où elle est née. Ayant perdu le secret de sa propre nature, et le chemin de retour, l'âme erre en cherchant dans l'obscurité. Et pour l'homme, le chemin de retour passe par le couloir de l'Ouest, la porte de la mort car aussi longtemps que nous sommes des êtres finis, nous ne pouvons pas espérer appréhender l'infini.

Notez que c'est uniquement le corps qui meurt et par sa mort il permet à l'âme et à l'esprit de redécouvrir partiellement les secrets qui ont été perdus. Ceci explique les coups du degré. Dans le premier ( ) l'esprit, l'âme et le corps sont séparés. Au 2e degré ( ) l'esprit est séparé de l'âme qui ont trouvé l'union avec le corps. Au 3e, ( ) l'esprit et l'âme ont fusionné et se sont séparés du corps.

C'est le passage à travers ce voile qui sépare la vie de la mort qui nous met sur la route qui se termine en Dieu. Il ne faut cependant jamais oublier que les vrais secrets ne sont jamais retrouvés dans l'Ordre, même si symboliquement nous sommes relevés de la tombe, car ce secret peut seulement être découvert au centre ou avec lui, c'est-à-dire avec Dieu.

Ainsi les Frères progressent dans la quête qui doit conduire au travers de l'ombre de la mort, telle que la cérémonie d'élévation en est une allégorie. Jamais dans cette vie terrestre nous trouverons la réponse que nous cherchons, même la mort elle-même ne la donnera pas. Il ne faut pas non plus oublier que le corps seul, séparé de l'âme et de l'esprit, ne peut pas se rendre compte de la nature de Dieu c'est pourquoi, sans l'aide des deux autres, Hiram Abif n'aurait jamais pu, ni voulu divulguer le secret.

Même si ce degré est celui de la destruction, il correspond plus au terme Hindou de Amma, "celle-qui-étreint-tout" qu'à la forme du destructeur( Shiva). Sans aucun doute ceci est délibéré car le symbole de ce degré est celui qui chez les Hindous annonce le Très-Haut, à savoir le cercle avec un point en son centre.

Une fois que le candidat a prouvé ses qualités d'Apprenti, puis de Compagnon, et qu'il est digne de progresser, l'Esprit commande à l'Âme de lui faire enseigner la manière de progresser vers l'Orient. Dans les ethnies primitives, un homme qui marchait par dessus une tombe ouverte était considéré comme ayant commis un sacrilège et était à peu près certainement mis à mort.

Le nombre des pas est une combinaison de la Trinité et des quatre éléments représentant la matière. C'est le même nombre qui forme une Loge parfaite et également les sept éléments qui composent l'homme si on l'interprète selon l'ancien système égyptien. C'est une combinaison du triangle représentant l'Esprit (Dieu) et du carré, symbole de la matière (l'homme). Dans ce cas, cela indique que l'homme doit être prêt au sacrifice ou disons plutôt consacré à Dieu, au corps, à l'âme et à l'esprit.

Il faut également souligner qu'à chaque grade le candidat prend son obligation en maçonnerie dans ce triangle et que la même méthode est utilisée dans d'autres anciens rites, dont ceux de la Société du Ciel et de la Terre en Chine, où le candidat s'agenouille sur une épée pendant que deux autres sont tenues au dessus de sa tête pour former un triangle d'acier.

La pénalité indique que le corps est tranché en deux et la suite de la pénalité est très évocatrice de la façon d'incinérer les morts en Inde, en l'honneur de Shiva. Là-bas le corps est brûlé près d'une eau courante, de préférence le Gange, et les cendres sont jetées en l'air par dessus le fleuve aux quatre points cardinaux de manière à ce que le vent les disperse.

La révélation progressive des pointes du compas semble indiquer l'ultime réalisation de la spiritualité et de la matière, la réparation et la réconciliation auxquelles la franc-maçonnerie et toutes les vraies religions tendent.

Dans le rituel Emulation à la française, aussitôt que les Surveillants sont appelés, les Diacres se retirent mais dans beaucoup de formes anglaises, ils reculent jusqu'à la tête de la tombe ouverte. En conséquence les Surveillants forment le triangle de l'esprit avec le Vénérable Maître en même temps qu'ils forment avec les Diacres le carré de la matière sur lequel ce triangle repose.

Dans les rituels écossais et en Amérique les bandits ont des noms. Ils sont Jubela, Jubelo et Jubelum. Les terminaisons des trois noms apparaissent comme avoir une curieuse référence ésotérique à l'Inde. Cela peut difficilement être un hasard pour que ces trois lettres finales forment le mot "AOM" . Les origines de ce mot sont perdues dans la nuit des temps. En Inde, on considère qu'AOM est le son primordial, le son de l'univers, le son avec lequel tous les autres sons sont formés. Ce processus symbolise la création, la préservation puis la destruction de toutes les choses et de leur retour là où elles sont venues. Si c'est bien le cas, nous avons l'aspects créatif, conservateur et destructeur de Dieu formulé dans le 3e degré et c'est l'aspect destructeur, symbolisé par la lettre "M" qui donne le coup final.

La descente au tombeau s'apparente au rite mortuaire de l'ancienne Egypte lorsque le nouveau pharaon devait passer la nuit dans la tombe de son prédécesseur. Allongé à côté du défunt il l'accompagnait dans l'obscurité du tombeau jusqu'au royaume des morts duquel lui-même revenait au lever du soleil, possesseur d'un secret unique : la voie conduisant à la lumière divine.

On peut rapprocher la manière dont le Vénérable (l'Esprit) relève le candidat de sa tombe de la légende d'Osiris qui est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. La légende dit qu'il fut tué par son frère Seth et découpé en 14 morceaux. Isis son épouse recolla les morceaux. Ensuite le corps d'Osiris a été relevé par Anubis, le dieu protecteur des morts, précisément de la même manière qu'un maître maçon est relevé. Quand il fut de nouveau sur ses pieds la vie est retournée en lui et il a pu donner un fils à Isis.

Ce qui est certain, c'est que dans tous les rites qui ont comme thème central la mort symbolique, le candidat est relevé par la même prise et exactement de la même manière. Par exemple cette prise est connue et utilisée dans le rite derviche, ou parmi les africains de l'Ouest, ainsi que chez les Indiens d'Amérique centrale et il était apparemment connu des anciens druides comme le montre une pierre gravée retrouvée dans l'île écossaise d'Iona. Dans les rites anciens de Mithra c'était la méthode utilisée en de semblables occasions. Tout ceci nous montre que c'est un ancien landmark et qu'il doit être préservé avec beaucoup de soins.

Le candidat reçoit non pas les vrais signes mais les signes substitués car les secrets perdus sont la nature et les attributs de Dieu qui doivent être découverts par chaque individu lui-même et aucun autre homme ne peut réellement les lui communiquer.

Les signes sont probablement très anciens. Certains étaient vénérés en Egypte ancienne et au Mexique de même ils sont toujours employés dans certains rites initiatiques des civilisations primitives et sont associés avec les dieux en Inde. Ainsi le signe pénal est utilisé par Shiva le grand exterminateur qui le fait en tenant le lasso de la mort. Le signe de douleur et de détresse est présent partout dans le monde : au Mexique avec Quetzalcóatl, dans les îles du Pacifique Est, au Pérou, en Afrique de l'Ouest et de l'Est, en Guinée, en Malaisie et dans beaucoup d'autres endroits. Le signe d'Admiration et de Triomphe est une forme utilisée de nos jours encore en Asie pour indiquer la vénération et elle était aussi employée dans l'Egypte ancienne.

Si les signes pénaux des deux premiers degrés attirent l'attention sur deux centres occultes importants (la gorge et le torse), celui du 3e degré est pointé vers le plexus solaire, le centre occulte le plus important de tous car le but de tout mystique est d'arriver à la vision béatifique.

Plus que dans les autres degrés, le 3e est pénétré des antiques landmarks hérités d'un passé lointain. Sous la surface des mots se cachent des significations à l'intérieur des significations qu'il faut chercher et découvrir par soi-même.

Si un homme ne peut jamais vraiment comprendre le sens complet du 3e degré, il n'y a pourtant aucun homme digne de ce nom qui a traversé ce degré sans avoir appris une leçon importante, à savoir : comment mourir, et de ce fait il est devenu un homme meilleur.

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/3/Emulinitroisiemegrade/Emulinitroisiemegrade.htm

Repost 0
Published by Claude Roulet - dans Planches
commenter cet article
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 05:04

Nous avons le plaisir ce soir de partager nos travaux pour les raisons que vous savez. Le sujet qui m’a semblé s’imposer était de vous parler de

"Conscience et Fraternité". Là aussi, vous savez pourquoi !

Se référant très souvent à un vécu, nos pairs qui un jour ont décidé de donner un titre distinctif à nos ateliers, ne l’ont jamais fait de façon anodine.

Je reste persuadé que ce fameux titre distinctif détermine pour une longue période l’esprit et l’égrégore de l’atelier.

Pour vous il s’agit donc de : Conscience et Fraternité.

Je ne saurais vous dévoiler pourquoi ils ont fait ce choix, mais simplement vous donner ma vision de la conscience et de la fraternité en tant qu’éléments séparés puis associés.

 

Conscience :

On peut dire que la conscience au sens générale est d’abord, le manifeste qui oscille entre moi et la chose à laquelle je pense et me jette à la fois hors de moi et hors de la chose, comme si la conscience ne manifestait que l’existence de la chose ou du moi.

Toute conscience est acte spontané ou volontaire, mémoire et anticipation.

La conscience est pratiquement indéfinissable et par elle-même insuffisante à se définir, un qualificatif lui est quasi obligatoire pour éclairer quelque peu son sens.

La conscience réfléchie n’est pas la conscience morale.

La conscience philosophique n’est pas la conscience psychologique.

La prise de conscience n’est pas la conscience.

Etc.….

On comprendra par là que la conscience est toujours conscience « de » quelque chose. Nous ne la percevons pas mais nous percevons ses effets.

N’étant ni philosophe, ni psychologue, mais un simple M\, je vais vous développer les résultats de mes diverses lectures et réflexions pour ce qui me paraît être notre sujet à savoir « la conscience morale ».

Pour commencer : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ».

Cette évidence simple ne doit pas masquer la très grande complexité à définir la conscience morale.

Bien des théories ont été développées sur le sujet.

L’analyse de Kant, version relativement minimaliste, la réduit au principe de la « bonne volonté » démontrant par là qu’il est impossible de partir

de la conscience morale compte tenu de sa complexité. Il s’appuiera sur la conception du désir qui précède toute analyse, considérant

que nous ne désirons que ce qui nous semble bon pour nous. Raisonnement qui nécessite l’introduction d’une exception : la loi morale

qui elle n’est pas subordonnée au plaisir.

Autres théories : le culturalisme et le cognitivisme qui ont en commun de considérer la moralité comme survenue accidentellement à l’homme.

Pour le culturalisme par adaptation à la société, pour le cognitivisme par le raisonnement rationnel qui précède la moralité (parce que je connais, je deviens moral.) Partant de ces théories, mis à part l’homme transcendé, l’homme ne serait pas foncièrement moral mais le deviendrait. Il lutterait entre son animalité et la moralité. Idée que l’on retrouve dans l’expression « agir comme un animal.

Une autre théorie dite « instinctiviste » s’appuie, entre autre, sur la théorie darwinienne de l’évolution, basée sur la sélection naturelle favorisant le comportement altruiste dès l’instant où il y aurait quelque chose de commun génétiquement avec un individu et par extension à un groupe.

Ce respect de tout homme par instinct moral serait fondateur du lien social, renforcé par ailleurs par la culture et la raison.

Cette approche m’apparaît comme celle s’appliquant le plus à notre engagement car fondée sur les relations prioritaires et réciproques.

A l’exemple de l’amitié, mais aussi le patriotisme ou le racisme, ces relations ont pour origine un sentiment d’appartenance à un groupe que les experts dénomment « sentiment de tribu ».

Dans la tribu, la relation prime sur les services.

C’est parce que tu es mon ami ou c’est parce que nous sommes de même nationalité que je t’aide.

Au sein de ma tribu je suis prioritaire et je privilégie mes relations avec ses membres. Ce qui ne m’empêche nullement de faire partie de plusieurs tribus (je peux être Polytechnicien, jouer au rugby et faire partie du bagad de Lorient). Plus ma tribu est restreinte plus je me sens en sécurité.

Plus elle est vaste et plus je m’y sens anonyme.

Ces caractéristiques relationnelles constituent la base de la conscience morale de la tribu.

La tribu existe par le fait que ses membres se reconnaissent dans une entité qui leur est commune. Cette entité les mêmes experts l’appellent « totem ».

La plus représentative des tribus c’est l’amitié car le totem n’y est pas préétabli. Une amitié durable est celle où les protagonistes sont en quête de nouveaux totems à partager qui les rapprochent et les unissent.

Il est à noter que si le besoin de tribu et des sentiments qu’elle développe est d’origine instinctive, le totem relève de la raison par le fait de rechercher et de discerner ce qu’il y de commun entre le ou les autres et moi. Loin de s’opposer, instinct et raison sont complémentaires dans le processus de conscience morale.

L’élément essentiel du totem, c’est le langage : adresser la parole à quelqu’un c’est déjà le reconnaître comme un membre potentiel de la tribu.

La puissance unificatrice du langage a différents degrés : bavarder c’est déjà une mise en commun, discuter c’est permettre de dégager des consensus et favoriser la normalisation des points de vue sur le monde.

La tribu, pour le peu que l’on s’accorde sur le totem, établit des relations indifférenciées : n’importe qui peut devenir mon ami. Cela implique la condition de respect de tous les hommes et rend satisfaisant la tentative d’explication de la conscience morale.

Membre d’un groupe, j’ai un sentiment d’attachement envers tous les membres de cette tribu. Celle-ci m’apparaît comme étant à protéger et pour la sauvegarder je dois m’engager. C’est par ce sentiment d’attachement que je peux appliquer ses lois. Par exemple dans le principe fondamental « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » j’exige d’autrui qu’il soit moral et en même temps qu’il l’exige de moi.

Il arrive que la conscience morale se retourne contre elle-même et contredise les principes instinctifs universels, mais ces déviances restent le plus souvent passagères. En revanche celles qui s’appuient sur un dogme restent irréductibles.

Toute proportion gardée la théorie « instinctiviste » paraîtrait s’appliquer aux sociétés et cultures non dogmatiques.

Cette théorie reste profondément humaniste. Comme dit plus haut, tout homme reste potentiellement un partenaire avec qui je suis susceptible de partager un totem par ce fait je dois tous les respecter.

 

Fraternité

Tout comme la conscience la fraternité semble devoir s’étayée d’un qualificatif pour lui donner tout son sens.

Fraternité de sang n’est pas celle d’arme ou communautaire.

Le sentiment fraternel n’est pas la Fraternité.

Persistant sur le développement de la théorie «instintiviste » la Fraternité peut-elle être définie comme le totem qui nous rassemble ?

Déjà, nous pouvons dire que la Fraternité n’est pas l’amitié qui, comme nous l’avons vu, se régénère par la multiplicité des totems.

Notre vécu M:. nous le prouve suffisamment pour le savoir aussi. J’ai des amis en M:., mais je peux également y avoir des ennemis et ces derniers n’en restent pas moins mes Frères.

Les mythes fondateurs ainsi que la Bible sont parsemés de fratricides d’Abel et Caïn en passant par Isaac et Ismaël.

Nous comprenons par-là que notre Fraternité est indissoluble. Il faudra attendre Jésus pour entendre parler de Frères en évoquant ses disciples.

Elle s’impose à nous dès le jour de notre Initiation. Ce qui n’empêchera personne de la renier. Ceci étant un autre sujet.

Par le fait, le totem qui nous lie est l’Initiation et la Fraternité sa conséquence.

L’initiation nous fait naître avec des Frères.

Si l’on reprend le sens étymologique de totem qui vient de l’algonquin (indien du Nord de l’Amérique) « Il est de ma première parenté » qu’y a-t-il de plus proche (à part ma sœur) que mon frère.

Ce sont nos serments qui lors de notre Initiation ont scellé notre Fraternité.

 

Pourquoi avoir réuni « Conscience et Fraternité » ?

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Vous avez bien sur reconnu l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme.

La seconde phrase répond à notre question. Doué de conscience l’humain doit agir dans un esprit de fraternité. C’est bien ce qui a été développé précédemment.

L’esprit de fraternité ne coule pas de source chacun étant ce qu’il est. Notre rituel et les outils qui nous sont proposés sont là pour y parvenir.

Pour que la Loge (la tribu) vive sereinement et pour que je la ressente pleinement, nous l’avons vu précédemment, il faudra qu’elle soit relativement restreinte.

Et à l’évidence avoir avec une majorité de ses membres des relations amicales ou pour le moins quelque totem à partager. D’ailleurs si la majorité d’entre nous, a été cooptée, c’est bien pour cette raison.

Aidée des outils rationnels mis à notre disposition dans l’atelier et de l’éveil au symbolisme, la conscience morale développera les sentiments moraux que l’on est droit d’espérer du sentiment fraternel.

Le respect qui nous fait vouloir le bien et nous empêche de faire le mal.

L’amour qui nous fait préférer le bien de nos proches.

La reconnaisse qui sous-entend la réciprocité de la bienveillance.

La tolérance qui nous fera accepter l’autre dans sa différence.

L’équité- La liberté- l'égalité….. tiens, tiens ….. la fraternité.

Etc...

Le travail (sans relâche) sur notre pierre devant faire le reste.

La Loge ne serait-elle pas cette mère qui fait tout pour rassembler ce qui est épars ?

Mais si nous sommes de la même tribu F\M\ de R\E\A\A\ que nous avons des Totems communs, n’oublions pas qu’après avoir travaillé sur nous-mêmes au sein du microcosme qu’est la Loge, c’est, comme nous le rappelle le rituel, pour continuer nos travaux au dehors, au sein de la Cité.

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by Pierre Mor\ - V\M\ des Templiers de Saint Jean - dans Planches
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 05:26

« Mon Frère, car dorénavant vous ne recevrez plus d’autre qualification parmi nous ».

C’est par ces paroles que, moi, nouvel initié, ait, tout comme vous, été accueilli par le vénérable Maître de ce que l’on désigne notre Loge Mère.

Mon Frère ! Et pourtant avant cette cérémonie initiatique, comme tous, j’ignorais jusqu'à l’existence de la plupart des hommes qui m’entoureront au fil des ans.

« Mon Frère approchez vous et recevez de moi l’accolade fraternelle, au nom de tous les Frères de cette respectable Loge. ».

Que s’est-il passé ? Bien sûr, j’ai ressenti et je ressens toujours la chaleur, l'émotion partagée par tous à ce moment, mais n’étais-je pas déjà le frère de tout homme, quelques soient son origine et sa couleur ?

« Homme, je suis Homme et rien de ce qui est Humain ne m’est indifférent » disait Térence. Homme, je me fonds dans la grande famille des Hommes, dans cette Fraternité Universelle chantée par Lamartine et hissée au même rang que la Liberté et l’Egalité dans la Trilogie Révolutionnaire de la République.

Que s’est il passé ? Qu’est-ce au reste que cette fraternité ?

La première notion qui vient à l’esprit est celle de la fraternité de sang : Est mon Frère celui qui, comme moi, est né du même père et/ou de la même mère. La genèse nous apprend que, sitôt que 2 frères sont apparus sur la terre, ils sont entrés en compétition, se sont livrés à la division, à la jalousie et à la violence.

On parle aussi de fraternité de race, de fraternité de classe ou de religion, car l’Homme ne peut ne pas vivre dans l’altérité absolue, il a besoin d’alliés et va se rapprocher d’autres hommes qu’il juge moins dissemblables et les accepter pour frères.

Ces notions ne sont conçues que pour nous unir, nous protéger contre « l’Autre », le « Différent » vu comme un satellite de notre propre existence pour mieux le dominer et nous conforter dans le sentiment de notre propre supériorité.

On a vu jusqu’où le refus de cette altérité peut nous conduire lorsqu’il est poussé jusqu'à la conséquence ultime : le Meurtre et le génocide.

« Vous ne voyez plus d’épées menaçantes tournées contre vous...Vous n’apercevez que des frères formant une chaîne qui symbolise l’union de tous les Francs Maçons répandus à la surface de la terre... Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la vérité. »

Qu’est-ce donc que la Fraternité Maçonnique ? Je la crois concentrée dans ces phrases du rituel du 1er degré :

« La chaîne est le symbole de l’union » Le mot symbole veut dire signe ou marque qui rassemble un ensemble d’idées qui ne tombent pas sous le sens.

Symbole rassemble, Diabole divise, ce mot est composé avec le préfixe « Dia » qui est le nombre deux en grec.

Cela m’amène à réfléchir sur une autre phrase de l’instruction de l’apprenti :

« La raison divise et borne artificiellement

ce qui est un et sans limites.

L’unité est ainsi partagée en deux extrêmes

auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité... Il convient donc de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. »

d’ou la phrase qui en découle :

« Nos mains vous unissent à nous et à l’Autel de Vérité »

Le principe trinitaire de la fraternité doit unir ce que la dualité divise.

Gardons nous en loge, que la fraternité ne soit qu’un mot, une fausse apparence de réalité .

La prédisposition des hommes à l’agressivité, leur penchant naturel à la lutte et la compétition, les oppose à tous les instants, conséquence d’une vie sociale à laquelle il faut faire face. Ces tendances agressives sont nécessaires à l’individu pour sa survie dans le monde profane. Cependant il aspire à une sympathie profonde et naturelle qui l’aiderait à surmonter les vicissitudes de la vie en commun.

L’article 1 de notre règle en douze points nous dit : « La Franc Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui à pour fondement la foi en Dieu, grand architecte de l’univers ». Les Maçons, dépouillés de leurs métaux, pareils à l’Adam d’avant la chute, pénètrent dans le Temple, Enceinte Sacrée et hors du temps comme dans un nouvel Eden dont on leur aurait ré-ouvert les portes. Dès lors, la Fraternité peut apparaître comme naturelle entre eux. Il ne s’agit pas là de la seule chaleur, de la seule sympathie basée sur une vague tolérance, mais d’une volonté constante à surmonter ses penchants naturels, qui nous oblige à une éducation sociale rigoureuse à entreprendre sur nous-mêmes.

En m’insérant pour la première fois dans la Chaîne d’union le jour de mon initiation, le Vénérable Maître m’a dit : « Nos mains vous unissent à nous et a l’Autel de Vérité, leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas ». Quoiqu’il puisse m’arriver, c’est promis solennellement, mes Frères ne m’abandonneront pas ! Tous mes Frères, aussi bien celui qui m’est proche, avec qui je partage joie et peines dans une chaleureuse amitié, que cet autre, plus discret, plus secret, dont je ne sais presque rien , présent épisodique sur les colonnes, et cet autre encore que je ne connais pas, qui vit loin de moi, de ma ville, de mon pays. Tous ne m’abandonneront pas, je peux baisser ma garde, ouvrir les bras, j’ai trouvé des Frères.

Attention ! Il ne s’agit que du premier terme du contrat, voici le second : « Nous ne vous abandonnerons pas aussi longtemps que la Vérité, la Justice, la Discrétion et l’Amour Fraternel vous resteront sacrés. »

Est sacré ce qui inspire un respect, une profonde vénération.

Est sacré ce qui ne doit pas être violé, enfreint, touché.

Est sacré ce qui inspire la crainte devant la puissance absolue, et le « mystère »devant l’inconnaissable.

Est sacrée la recherche de la Vérité : Trois paroles nous introduisent en loge, tirées de l’écriture :

« Frappez et on vous ouvrira Cherchez et vous trouverez Demandez et vous recevrez »

Quand les portes du temple se sont ouvertes, la longue quête initiatique a commencée qui ne se terminera qu’à l’ultime Initiation et l’Orient Eternel. Cette longue quête, je ne peux la faire seul. Par mes Frères je progresse, par eux, j’ai reçu la lumière.

Sont sacrés la Justice et la Discrétion :

La justice, défini entre autres le Larousse est une vertu morale qui inspire le respect absolu du Droit d’Autrui. Le Juste est fidèle à la Loi du devoir.

De la discrétion, ce même Larousse écrit : « Action de garder le secret, aptitude à ne dire que ce qu’il convient, avec retenue et modération. »

Est sacré l’Amour Fraternel :

C’est le second devoir du Maçon, me dit le rituel, que de secourir son frère, de l’assister de ces lumières et de ses conseils.

Souvenons-nous de notre serment de néophyte : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide. Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de manquer à mon serment ». Nous rappelons ce serment à chaque fois que nous nous tenons « A l’Ordre ».

Je voudrais pour finir, laisser parler St Paul dans son épître aux Galates :

« Frères, si quelqu’un est prit en faute, redressez le en Esprit.

Si l’un de vous s’égare loin de la Vérité, qu’un autre l’y ramène

Portez les fardeaux les uns des autres. L’Amour Fraternel est charité, joie, paix, longanimité, affabilité, bonté et fidélité, Il excuse tout, il pardonne tout ».

Mes Frères, ce sont ces mots que je vous demande de méditer ce soir dans notre chaîne d’Union , ce cri de l’apôtre : « Mes Frères, ne cherchons pas la vaine gloire, pas de provocations entre nous, entre nous pas d’envie ».

Que l’harmonie, l’union et la concorde soient à jamais le triple ciment de nos oeuvres.

J’ai dit.

Source : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/article-16222570.html

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        727 ARTICLES

                       537 ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

 

 irish-flag-cd51f

May St. Patrick guard you wherever you go,

and guide you in whatever you do,

and may his loving protection

be a blessing to you always.

God save the Ireland

           

Michaël Collins

Danny Boy